Skip to main content

Full text of "Le procès Girard-Cadière [microform]"

See other formats


w///w/M//,m!^mi^mmm^MmmzsmmMMmMM/MmM///wM!w//^^^^^^ 



(ibc univers U^ of Cblcar^o 
ICibrarie^ 




COLLECTION D'ÉTUDES HISTORIQUES VAROISES 

Publiée sous les auspices de l'Institut Historique de Provence 
2, Rue Sylvabelle. — Marseille 



Le Procès Girard - Cadière 

(Toulon, Aix.... lySi) 

Bibliographie Anecdotique 

(illustrée de 8 gravures) 

PAR 

A. -Jacques PARÉS 

Archiviste de la Ville de Toulon 



MARSEILLE 

AU SIEGE DE L'INSTITUT HISTORIQUE DE PROVENCE 

2, RUE SYLVABELLE, 2 

1928 



COLLECTION D" ETUDES HISTORIQUES VAROISES 



Procès Girard -Cadicre 

Bibliographie Ânecdotique 



TIRE 

A 400 EXEMPLAIRES 

NUMÉROTÉS ET PARAPHÉS PAR l' AUTEUR 

DONT 

350 SEULEMENT MIS DANS LE COMMERCE 



Exemplaire 



N°..i//.^ 



COLLECTION D'ÉTaOSS HISTORIQUES VAROÏSES 

Publiée sous les auspices de l'Institut Historique de Provence 
2, Rue Sylvabelle. — Marseille 



Le Procès Girard ■ Cadière 

! 

(Toulon, Aix.... I73i) 

Bibliographie Anccdotique 

(iifusirée de 8 gravures) 



PAR 



A. - Jacques PARÉS 

Archiviste de la Ville de Toulon 



>^ 



:*î^ 



MARSEILLE 

AU SIEGE DE L'INSTITUT HISTORIQUE DE PROVENCE 

2, RUE SYLVABELLE, 2 

1928 



Tr 






■ ' l .. ,^' 



'' S» 



'^ ','; 



iT'-J 



s ^ V,^^ 






^^ 








t' ' . ' * 






> rf. ■' ' ' _- 







'^^A-v,.-' 













Portrait aux deux crayons 



(Bibliothèque de la Chambre des Députés) 



885384 



INTRODUCTION 



Un de nos amis, travaillant à un ouvrage scientifique sur 
les visionnaires, les possédés ou autres hystériques dont Dame 
Justice eut à s'occuper, nous pria de vouloir bien lui indiquer 
les sources oix il pourrait se documenter sur le procès de Made- 
moiselle Catherine Cadière et du Père Jésuiste Jean-Baptiste 
Girard, recteur du Séminaire royal de la Marine, à Toulon, aifai- 
re bizarre autant que retentissante qui fut portée, en 1731, au 
Parlement d'Aix, à travers un déluge de satires, de cabales, d'in- 
jures, de chansons, de mémoires dont nous avons été amenés à 
rechercher l'existence. 

Quelqu'imparfait que soit cet « Essai », il pourra, souhai- 
tons-le du moins, être utile aux chercheurs et futurs historiens 
du département du Var. Nous espérons, du reste, en le publiant, 
recevoir de ceux qui nous liront, des rectifications, des renseigne- 
ments et des communications qui nous aideront à le compléter 
un jour. (1) 

On pourra se faire une idée du déchaînement de passions 
violentes que provoqua ce procès, qui surexcita nos pères jus- 
qu'au délire, par la lecture des pages écrites par le marquis 
d'Argens (2), au moment même où les faits se passaient: 



(1) Un commencement de bibliographie assez importante a déjà 
été publié dans la Bibliothèque des Ecrivains de la Compagnie de 
Jésus — ou notices bibliographiques — par Aug. de Backer. Liège, 
Paris, 1869 — T. I., col. 2133. 

(2) Argens (Jeah-Baptiste de Boyer, marquis d'), né à Aix, le 
24 juin 1704, mort à la Garde, près de Toulon, le 11 juin 1771, 
était fils d'un Procureur général du Parlement de Provence. D'un 



iO 

« Le baron de Trets, raconte-t-il, avocat général, portait la 
parole pour les gens du Roy. Les deux parties ont parlé avec tant 
de passion de ce magistrat, qu'ils ne lui ont rendu justice ni l'un 
ni l'autre. Les Jansénistes (3) ont voulu l'égaler à un Talon et 
à un Lamoignon; les Molinistes (4) ont écrit contre lui des invec- 
tives dignes plutôt de portefaix que de gens à qui la probité doit 
être chère... 

« Jusqu'ici il n'y avait encore que les hommes qui eussent 
cabale; les dames commencèrent à s'en mêler. La baronne D..., 
la marquise de M... et madame de D... se mirent à la tête de 
l'escadron moliniste. La présidente de B... et la marquise de V... 
se firent chefs du parti janséniste. Dès que les dames eurent pris 
parti, elles entraînèrent avec elles leurs amans. La médisance, 
la calomnie, le mensonge, la fourberie furent mis en usage, il 
ne s'agissait plus ni du Père Girard, ni de la Cadière, mais des 
deux partis qui divisent l'Etat et qui, tôt ou tard, y causeront 
des troubles dangereux. 



esprit aventurier, soldat à 15 ans, puis employé d'ambassade à Cons- 
tantinople, il était, au moment du procès-Girard-Cadière, attaché au 
barreau d'Aix, qu'il quitta pour reprendre la carrière des armes, ce. 
qui le fit déshériter par son père. Une chute de cheval l'ayant obligé 
à renoncer au métier militaire, il fut, après un séjour en Hollande, 
nommé, par l'empereur Frédéric II, directeur des Beaux-Arts à 
l'Académie de Berlin. Il séjourna vingt-cinq ans en Allemagne, puis 
revint à Aix, où il vécut en philosophe. Il a laissé des « Mémoires » 
et un certain nombre d'ouvrages réunis sous le titre de : « Œuvres 
du Marquis d'Argens », 1768, 24 volumes in- 12. 

(3) Jansénistes, ce mot a eu plusieurs significations. Au début, il 
désignait les disciples de Jansénius, évêque d'Ypres. Plus tard, on 
nomma ainsi les adversaires des Jésuites et les partisans d'une 
morale sévère en opposition aux maximes relâchées des Molinistes. 

(4) Molinistes ou partisans du Molinisme, système de théolo- 
gie sur la grâce et le libre arbitre, qui tirait son nom du jésuite es- 
pagnol Louis Molina, né en 1535 et mort en 1600. On accusa les 
molinistes de professer une morale relâchée. 

On confond souvent le Malinisme avec le Molinosisme, ou opi- 
nions mystiques professées par le théologien espagnol Molinos, dont 
les doctrines furent condamnées par le pape Innocent XI en 1687. 
Molinos, après une abjuration publique, fut enfermé dans une pri- 
son, oii il mourut en 1696. 

Le Molinosisme a beaucoup d'analogie avec le Quietisme. 



11 



« Aix n'étoit pas la seule ville ou régnassent les divisions. 
La Provence entière était en feu et le reste du royaume y pre- 
noit part. Les Molinistes, craignant que leur parti ne fut pas 
assez fort, firent entrer au Parlement un vieux conseiller qui de- 
puis vingt ans n'y avait mis le pied. Les Jansénistes ne restè- 
rent pas court; ils en firent revenir un de ses terres où il était 
depuis quinze ans. 

« Les Jansénistes furent les premiers à débiter des libelles 
diffamatoires. Les Molinistes ne restèrent pas en arrière. Ce qu'il 
y a de surprenant, c'est que ces écrits étaient moins faits pour 
la défense du procès que pour porter des coups mortels à la ré- 
putation des plus honnêtes gens des deux partis. M. Lebret (5), 
intendant de Provence et premier président au Parlement, fut 
le moins ménagé. On le regardait comme le chef des Molinistes. 
Avant cette affaire il était adoré; dès qu'on le sut moliniste, il 
n'y eut plus d'infamie qu'on ne vomit contre lui. 

« Jusqu'alors le parti janséniste n'avait point eu de chef 
marqué. Le président de Bandol (6) se mit à leur tête. Il n'était 
pas au nombre des juges, mais il avait un grand crédit dans le 
Parlement. Son autorité donna de nouvelles forces au parti. 

« Les dames agissaient aussi de leur côté. La marquise de 
R..., qui était brouillée avec un mari qu'elle avait épousée en 
secondes noces et dont elle n'avait point d'enfant, déshérita sa 
fille du premier lit en faveur de son époux, à condition qu'il se- 
rait pour la Cadière. Une dame moliniste rendit son amant heu- 
reux, à condition qu'il serait pour le père Girard, et elle lui fit 
faire adjuration du jansénisme dans ses bras. 



(5) Cardin Lebret — deuxième du nom — 1675-1734 — fut suc- 
cessivement conseiller au Parlement d'Aix (1694), maître des requê- 
tes (1696) et intendant de Béarn e tde Navarre. Il succéda à son 
père comme intendant de Provence en 1704 et. comme premier pré- 
sident du Parlement d'Aix en 1710. Il fut nommé, en 1724, conseiller 
d'Etat, fonctions qu'il cumula avec celles d'intendant. 

(6) BoYER (François), seigneur de Bandol, né le 25 janvier 1693, 
mort le 10 septembre 1748, alors deuxième président du parlement 
de Provence. 



12 

(( La division augmentait de jour en jour. Tout était en com- 
bustion dans les familles. Chacun se déchirait par les médisances 
les plus atroces. Le bas peuple était animé au dernier point con- 
tre les Jésuites. Une semaine avant la décision du procès, les 
enfans quêtaient, par les rues avec une clochette, des fagots, 
pour brûler le Père Girard. Les jésuites ne paraissaient pas im- 
punément dans la ville et la populace les maltraitait. » 

Il n'y ait pas jusqu'au bourreau de Marseille, qui ne prit 
parti dans l'affaire. Il protesta qu'il se ferait condamné aux ga- 
lères plutôt que de pendre la Cadière, au cas où elle serait con- 
damnée. (7) 

Bien que près de deux siècles se soient écoulés depuis qu'é- 
clatât cette retentissante affaire (8), dont le scandale retomba 
sur les Jésuites, malgré que celui d'entre eux qui s'y trouvait 
compromis eût été absous par la Justice, chacun des personna- 
ges qui y furent mêlés conservent encore de chauds partisans, 
qui sont d'autant plus difficiles à départager qu'une certaine par- 
tie de la procédure a été tenue secrète et est, aujourd'hui, pro- 
bablement détruite. 

Pour bien s'imprégner de l'atmosphère spéciale créée par 
ce procès, et en suivre paisiblement les détails, il faut, suivant 
le vieil adage: O temporal ô mores! autre temps, autres mœurs! 
se pénétrer qu'à cette époque de tolérance, qui assurait aux 
maîtres des couvents, la possession des religieuses jusqu'à pou- 
voir, sans choquer personne, déclarer les grossesses et consta- 
ter légalement les naissances (9), ce qui, aujourd'hui, blesse 



(7) Lettre de Marseille — 19 septembre 1731 — Manuscrit 23860 
Fpnds Français, Bibl. Nationale. 

(8) Elle fut, encore longtemps après, exploitée en des circons- 
tances ne se rattachant même en rien à la question, comme par 
exemple, dans l'ouvrage suivant, paru en 1851 : 

(i Luxure et mysticisme de François de Sales et de son œuvre; 
outrages à la morale et aux bonnes, mœurs. Un nouveau père Gi- 
rard. Les belles Cadières modernes ». 

(9) Le noble chapitre des chanoines de Pignans, qui avait l'hon- 
neur d'être représenté aux Etats de Provence, ne tenait pas moins 



i3 

profondément notre conception moderne de la morale comme de 
la civilité, était d'usage courant, et, par conséquent, admis par 
le monde le plus austère. 

Le Père Girard était-il un hypocrite voluptueux, adroit am- 
bitieux qui voulant exploiter, au profit de son ordre, les extases 
et ravissements de Catherine Cadière, se serait, malgré son 
âge, réellement abandonné aux révoltantes fantaisies d'une ima- 
gination dépravée? Ou Catherine Cadière, esprit faible, très im- 
pressionnable par conséquent, inventa-t-elle de toutes pièces, 
sciemment ou non, toutes les scènes lubriques, dont, on reste, 
malgré tout, étonné de voir racontées par une jeune fille? La 
réponse à ces questions est impossible; les jansénistes ayant 
mis autant de verve et d'habileté à accuser le Père Girard, que 
les Jésuites, pour le défendre, mirent d'âpreté à noircir la de- 
moiselle Cadière. 

En tous cas, le Père Nicolas, janséniste fameux, ennemi dé- 
claré des Jésuites, fut l'instrument passionné d'une haine de 
secte. Bien que Michelet (10) ait voulu voir en ce père, une 
sorte de défenseur de la morale et de la vertu opprimée, il fut 
maltraité par ses contemporains.. Le marquis d'Argens le mé- 
nage peu; une pièce de l'époque (11), nous le montre comme: 

« Un moine frais, gaillard, jeune, dispos et bien râblé, in- 
triguant s'il en fut jamais. Il fut chassé de Rome pour une avan- 
ture (sic) dans le goût de celle-ci avec une fille naturelle de l'il- 
lustre maison de Lanty. C'est un fait que je sais de source. On 
l'a surpris souvent cajolant nos fillettes et buvant le petit coup 



fièrement à la possession publique des religieuses du pays. Ils 
étaient seize chanoines, la Prévôté, en une seule année, reçut des 
nonnes, seize déclarations de grossesse. (Histoire (manuscrite) de 
Besse, par M. Renoux). Ajoutons, à la louange des religieuses, qu'elles 
se montraient bonnes mères. Celles de Pignans mettaient leurs enfants 
en nourrice chez les paysans qui les adoptaient et les élevaient avec 
les leurs. 

(ÏO) La Sorcière. 

(11) Lettre de M, dç XXX à M. le Chevalier de xxx (Voir Bibliogra- 
phie (page 46), 



14 

dans nos bastides : en un mot on ne peut pas voir un homme plus 
grand parleur, plus hardi, plus entreprenant... ». 

D'après l'auteur des Réflexions sur le factum de M. Chau- 
don (12), le Père Nicolas s'appelait, de son nom patronymique: 
Nicolas Girieux, natif de Bollène, endroit fameux par le nombre 
de sorciers dont le peuple croyait autrefois qu'il était rempli (13). 

Tous ceux qui, depuis le xviii^ siècle, ont raconté cet épiso- 
de de l'histoire de Toulon, semblent avoir été égarés par ce mê- 
me esprit de secte (14) et avoir méconnu les mobiles vrais de 
cette triste affaire, qui, en réalité, ne fut que l'explosion, au 
grand jour, des hostilités sourdes qui, depuis plus de vingt ans, 
mettaient aux prises les Jésuites de cette ville, acceptans de la 
Constitution Unigenitus, avec les Oratoriens et les Carmes, non 
acceptans. 

On n'ignore pas que la Bulle Unigenitus, parue en 1713, 
condamnait les Réflexions morales (15), du Père Quesnel, ora- 
torien, publiées en 1692 et approuvées par une partie du clergé 
français. Ce débat, qui a duré près d'un siècle, n'est peut-être 
pas, sur plusieurs points, entièrement terminé aujourd'hui. 

Quoique ne voulant pas refaire ici l'historique de cette affai- 
re, nous avons cru cependant qu'il était nécessaire, avant d'en- 
trer dans les détails bibliographiques, dont nous nous efforcerons 
d'atténuer l'aridité par des commentaires ou des extraits, de 



(12) Voir page 76. 

(13) Ne figure pas dans le « Dictionnaire historique, biographique 
du Dép. du Vaucluse, de Barjavel ». 

(14) Les historiens de nos jours, affirme Michelet, dans La Sor- 
cière, n'ont certainement pas lu le Procès. MM. Cabasse, Fabre et 
Méry se croient impartiaux et accablent la victime (Voir Bibliographie, 
page 50). 

(15) Le Nouveau Testameni, en français, avec des Réflexions mo- 
rales sur chaque verset, etc. — A. Paris, Pralard, 1693, 4 volumes 
in-8°. — B. Nouvelle Edition corrigée et augmentée par l'auteur. Ams- 
terdam 1727, 4 vol. in-S", — C. Nouvel!© 'Çdition, Amsterdam, 1736, 
8 volun?es in- 13, 



17 

résumer le procès en quelques lignes, mais, afin de ne pas nous 
laisser entraîner par aucune impression personnelle, nous avons 
pensé que le plus sage serait de reproduire l'article que, sous 
la signature de Ad, Rochaz, la « Nouvelle Biographie » (16), ou- 
vrage qui a la réputation d'être des plus impartiaux, consacre au 
principal héros de l'aventure: (17) 

« Girard Jean-Baptiste, né à Dôle (18), versHb^O, mort dans 
la même ville le 4 juillet 1733. D'après les écrivains ecclésias- 
tiques, c'était un homme de mœurs pures et austères. Doué na- 
tiwellement d'une éloquence douce et entraînante, il s'était livré 
à la prédication et à la direction spirituelle des femmes: aussi, 
dit-on, le Ciel avait béni ses efforts en lui permettant de faire 
rentrer dans les voies du salut, un nombre infini de belles pé- 
cheresses du grand monde et en décidant bien des pauvres filles 
égarées à embrasser la vie religieuse. Malheureusement ses 
trop fréquents rapports avec le beau sexe le perdirent. 

(( Au mois d'avril 1 728, le P. Girard arriva à Toulon, en 
qualité de recteur du séminaire royal des aumôniers de la ma- 



(16) Depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, publiée 
par MM. Firmin Didot frères. Paris 1852-1866, 46 volumes in-8°. 

(17) Le fondateur de l'Académie de Lyon, le littérateur Claude Bros" 
sette, dans sa correspondance avec Jean-Baptiste Rousseau, peint ainsi 
le père Girard : 

« Dès les premiers jours qu'il fut arrivé, j'eus l'envie de le voir... 
Vous me demandez son portrait, je le vois bien, le voici... Il paraît 
âgé d'environ cinquante ans, il est d'une taille médiocre, les cheveux 
plats et presque noirs, le teint brun, le visage long et maigre, la bou- 
che grande et le menton earré; ses sourcils avancés cachent deux pe- 
tits yeux ronds, noirs et vifs; son nez, long et un peu aquilin, est 
terminé par deux narines épatées. Tout cela ne fait pas un joli hom- 
me; aussi n'a-t-il la physionomie ni belle, ni noble, ni heureuse ». 

Jean-Baptiste Rousseau répondit, de Bruxelles, le 12 novem- 
bre 1731: 

« On m'a envoyé, de Paris, l'estampe du P. Girard, qui répond 
assez exacternent au portrait que vous faites dans votre lettre .» 

{Souvenirs et Mémoires, P. Bonnefons, Tome II, 1899; p. 228). 

(18) Dans une maison de la rue de la Croix, aujourd'hui rue. An- 
toine Brun; sa famille est éteinte. Sa soeur avait épousé M. Truchis 
de Varenne, dont il existe encore des descendants, 



i8 

rine. La réputation que lui avait acquise l'éclat de ses prédica- 
tions et de sa direction, l'air de modestie, d'austérité et de mor- 
tification répandu sur son visage lui attirèrent bientôt un grand 
nombre de pénitentes. De ce nombre fut Catherine Cadière. 
C'était une jeune fille de dix-huit à dix-neuf ans, d'une merveil- 
leuse beauté. D'un tempérament ardent, l'esprit exalté par la 
lecture assidue de livres mystiques, elle crut voir dans le P. Gi- 
rard le confesseur que Dieu destinait à la direction de son âme. 
Des rapports purement spirituels s'établirent d'abord entre eux; 
les conversations du confessionnal prirent peu à peu un carac- 
tère intime ; le confesseur alla voir sa pénitente chez elle, et 
l'un et l'autre finirent par rester de longues heures enfermés en- 
semble. Les mémoires publiés lors du procès par les avocats en- 
trent dans des détails fort scandaleux sur la manière dont les 
deux personnages auraient employé le temps. Entraînés l'un 
vers l'autre, à leur insu, par l'amour le plus ardent, ils commen- 
cèrent à parler de leurs âmes comme de sœurs exilées sur la 
terre, devant s'aimer et se soutenir mutuellement dans cette vallée 
de larmes; pour avancer en perfection et rendre leur union spi- 
rituelle plus intime, ils se livrèrent aux mêmes pratiques, s'in- 
fligèrent les mêmes actes de mortification. Ils en vinrent à se 
donner mutuellement la discipline. Le confesseur baisait dévo- 
tement les traces laissées par le fouet sur le corps de sa belle 
pénitente; il serrait avec passion sa sœur bien-aimée, qui sous 
son étreinte tombait dans des défaillances et des extases. Ca- 
therine Cadière, qui paraît être toujours restée de bonne foi 
dans ces singuliers égarements, se persuadait, à l'aide d'aspira- 
tions hystérico-mystiques, que tout cela était caresses du divin 
époux, épreuves de l'amour divin. Quant au pieux directeur, 
d'abord sans doute de bonne foi, il dut certainement avoir dans 
la suite la conscience de ses actions, puisque les choses en 
étaient venues au point que, pour cacher la suite dé sa faute, et 
se soustraire à l'imputation de ce. que l'Eglise qualifie d'inceste 
spirituel, il y eut tentative d'avortement. Dès cet instant, soit re- 



^9 

pentir de son péché, soit qu'il craignit les révélations de sa péni- 
tente, il chercha à se débarrasser d'elle en lui persuadant d'en- 
trer dans l'ordre de Sainte-Claire, au couvent d'Olliôules. La 
Cadière obéit et prit le voile. D'abord elle continua à recevoir 
assidûment les visites de son directeur; les entretiens mystiques 
reprirent leur cours, et même, d'après le témoignage de reli- 
gieuses, il y eut plus d'un baiser donné et rendu à travers la 
grille du parloir. Mais insensiblement ces visites devinrent de 
plus en plus rares; au désespoir de se voir abandonnée, la belle 
pénitente écrivit au volage directeur, lettres sur lettres, pour 
l'appeler au secours de son âme, qui, loin de lui, éprouvait de 
« V aridité dans la prière ». Le P. Girard resta sourd à ces ins- 
tances; bien plus, il résolut de l'éloigner plus encore en l'en- 
voyant dans un couvent de chartreuses du diocèse de Lyon. 
Malheureusement pour lui, l'évêque de Toulon vint déranger ce 
projet et à appeler enfin la publicité sur ces mystiques impure- 
tés. Il défendit à la pénitente de s'éloigner d'Olliôules, et lui 
donna pour directeur, à la place du P. Girard, le P. Nicolas, 
prieur des carmes de Toulon. Ce nouveau directeur eut bientôt 
obtenu les aveux les plus complets .de la jeune fille; dès lors 
l'affaire s'ébruita. Pour arrêter le scandale, l'official de l'évêque 
la fit enfermer dans un couvent, et les Jésuites obtinrent ensuite, 
contre elle, une lettre de cachet. Ses deux frères, l'un prêtre, 
l'autre dominicain, prirent sa défense, accusant l'ordre tout en- 
tier, dont la morale pervertie était, disaient-ils, la cause de tels 
désordres. On était alors au milieu des querelles du Jatisénisme, 
et l'on conçoit quelles armes terribles ce scandaleux procès vint 
offrir aux adversaires de la Société de Jésus. Le P. Girard fut 
arrêté; on raconte que le peuple était si furieux contre lui qu'il 
voulait briser les portes de sa prison pour le mettre en pièces. 
Après une procédure longue et compliquée, le Parlement d'Aix, 
qui avait été saisi de l'affaire, rendit, le 10 octobre 1731, un 
arrêt qui mis le confesseur et sa pénitente hors de cause. Le 



20 

P. Girard se retira dans sa ville natale, où il fit bientôt après 
une mort des plus édifiantes. » (19) (Le 4 juillet 1733). 

Les ennemis des Jésuites puisèrent dans la mort préma- 
turée du P. Girard et dans l'éclat qu'on voulut attacher à sa 
sainteté (20), les soupçons d'un crime, mais aucun fait précis 
ne permet d'appuyer cette grave accusation. 

Les biographes parlent peu, et encore généîilcment en ter- 
mes peu flatteurs, de celle que les documents de l'époque appellent 
souvent « La Belle Cadière ». 

C'est par erreur que Michelet la fait naître dans <( la plus 
petite des maisons noires de la me de l'Hôpital » et donne la 
profession de regrattier (21) à son père, qui en réalité, ayant 
acquis une modeste aisance dans le commerce des huiles, était, 
oon seulement propriétaire d'une « bastide » (22) dan^ la vallée 
de Dardennes, près du château de Saint- Antoine, mais aussi de 
l'immeuble qui existe encore, dans ses dimensions primitives, et 
porte le n° 81 de la rue J.-Jaurès actuelle; c'est là que Catherine 



(19) Il est mort « Père Ministre » et non « Père Recteur )> comme 
on l'a écrit par erreur. Il fut enterré dans les caveaux de l'église, au- 
jourd'hui Musée Archéologique. 

(20) Au moment de sa mort, l'on publia des images oii le P. Gi- 
rard était représenté montant au ciel comme la vierge de Murillo, por- 
té sur un nuage et entouré de petits anges. Des cérémonies religieuses 
furent célébrées en son honneur, et le 5 novembre 1733, un père jé- 
suite, nommé Beacan, prêchant au monastère des Bénédictins de là 
Fontaine Saint-Martin (Allier) compara le P. Girard à Jésus-Christ. 

Les partisans des Jésuites n'avaient même pas attendu sa mort 
pour proposer sa béatification; ainsi le fils du Conseiller au Parlement 
de Rouen, Jean Le Sens de Folleville, écrivait, le 13 novembre 1731, 
à une marquise : « On fait icy la fête de la canonisation de deux Jé- 
suites, le bienheureux Stanislas et le bienheureux Louis de Gonza- 
gue. Aux affiches, le peuple a effacé le nom de ces deux saints et a 
mis celui du P. Girard à la place ». [Bul. Hist. et Phil. du Com. des 
Trav. Historiques, 1901, p. 527). 

(21) Regrattier, qui vend de seconde main au petit détail, se di- 
sait plus particulièrement de ceux qui vendaient du sel à petite me- 
sure. 

(22) En Provence, on nomme « Bastide » de petites maisons de 
campagne. 



21 

Cadière vit le jour le 12 novembre 1709 (23). On accédait alors 
aux divers étages par un escalier rustique, au fond de la bouti- 
que; la porte, donnant actuellement sur la rue, a été prise sur 
la superficie du magasin et n'a été ouverte que dans le courant 
de la seconde partie du xix^ siècle. 

Le père mourut jeune (24), laissant à la charge de sa veuve 
quatre enfants; l'aîné (25), continua le commerce de son père, 
les deux autres frères, l'un prêtre séculier (26), l'autre domi- 
nicain (27) — on disait alors Jacobin — sont acteurs, au rôle 
assez imprécis dans ce sombre drame oii toutes les passions sem- 
blent avoir été en jeu. Le mobile qui les poussait n'apparaît pas 
clairement: ambition de se créer une situation en exploitant la 
réputation de sainteté de leur sœur? Naïveté? Hostilité contre 
les Jésuites? Accusés devant le Parlement, l'acquittement des 
autres prévenus entraîna le leur; mais ils furent jugés sévère- 
ment par leurs contemporains: 

« Je dis donc, monsieur, écrivait un magistrat à un de ses 
amis (28), que s'il est vrai qu'il n'y a pas eu une lettre de Ca- 
therine Cadière qui n'ait été fabriqué par Cadière le Jacobin, et 
qui n'ait été écrite par Cadière l'ecclésiastique; s'il est vrai que 



(23) Fille de Joseph Cadière et d'Isabeau Pomette, née et bapti- 
sée ce jour. Le parrain a été Jacques Reboul et la marraine Mlle 
Catherine Ricord. (Extrait des Actes de VEtat-Civil de la Commune 
de Toulon). Bien qu'elle n'eut reçu, en baptême, que 1q prénom de 
Catherine, on la trouve appelée, dans les écrits du temps, sous le dou- 
ble nom de Marie-Catherine, cela tient à ce que, pour marquer sa 

. sainteté et les privilèges singuliers qu'elle avait reçus, les dévotes y 
avaient ajouté celui de Marie. 

(24) Joseph Cadière_, fils d'Etienne et de Catherine Montenard, 
mort subitement le 15 août 1710. Il avait épousé, à Toulon, le 1er no- 
vembre 1689, Elisabeth, dite Isabeau Poumet, née le 2 novembre 1670. 

(25) Laurent Toussaint Cadière, né à Toulon, le 10 août 1693, se 
maria, le 9 novembre 1729, à Thérèse Sibon. 

(26) François Cadière, né à Toulon, le 10 janvier 1696. 

(27) Etienne Thomas Cadière, né à Toulon, le 21 janvier 1697. 

(28) Lettre d'un magistrat désintéressé à un de ses amis, au su- 
jet du procès intenté contre le P. Girard, jésuite. (Voir : Bibliographie, 
page 64). 



22 

les visions soient sorties de la tête du Jacobin, qu'elles ayent été 
inventées et rédigées par lui, peut-on trouver un corps de délit 
plus grave et des coupables mieux connus?... Je dis donc, mon- 
sieur, que tous les faits posés établissent un concours de fraude 
pour fomenter le scandale que l'on a donné au public; que la 
confession de La Cadière a été préparée de . concert avec ses 
deux frères pour tromper le P. Girard; que les lettres de Ca- 
therine Cadière . relatives à sa confession séduit (sic) la simpli- 
cité du P. Girard; que les visions, les extases, les rêveries n'ont 
été inventées que pour accumuler profanation et sacrilèges; que 
le P. Girard est innocent de toutes les abominations dont le pu- 
blic est instruit; que les seuls auteurs de ce désordre scanda- 
leux sont les frères Cadière... ». 

Au moment où le scandale éclata, Marie-Catherine Cadière 
était une jeune fille de vingt-deux ans, peu instruite, sachant 
tout juste lire et signer son nom: 

« Je l'ai vue, écrivait un de ses contemporains (29), quoi 
qu'on en dise, elle a des attraits. Elle n'est point mal faite de sa 
personne; elle n'a pas le bas du visage beau, non plus que le 
nez, qui est gros et marqué de quelques rousseurs; ses joues 
sont aussi gâtées par la petite vérole, mais elle a les yeux jolis, 
la gorge belle, la peau douce, la. bouche un peu grande mais 
vermeille, les pieds longs et plats, et le reste du corps bien pro- 
portionné ». 

Sa vie toute entière, depuis sa plus tendre enfance, sans 
que l'on omette la moindre tare physique ou inconvénient inti- 
me particulier à son sexe, est étalée, sans aucun voile, tout du 
long dans ce procès, véritable calvaire pour la pudeur d'une fem- 
me, et qui laisse l'impression que Catherine Cadière était réelle- 
ment une malade, aussi bien physiquement que moralement. 



(29) Lettre de M. de xxx à M. le Chevalier de xxx, à Paris (Voir 
Bibliographie, page 46). 




J^roce'J: nzé à foulon le 12. nov^rri^Ke Ictn jyoQ 



25 

Après le prononcé du jugement (30), Catherine Cadière 
alla remercier les juges qui s'étaient prononcés pour elle et une 
foule très importante, que certains estiment à dix mille person- 
nes, lui servait d'escorte, baisant le bas de sa robe, comme à une 
sainte. L'enthousiasme la fit rechercher par les personnes de la 
plus haute aristocratie, qui l'invitèrent à leur table, pour en- 
tendre, de sa bouche même, le récit de toutes ses aventures 
réelles ou imaginaires. 

Afin d'arrêter l'effervescence et l'empêcher de dégénérer 
en désordre, le premier président Lebret fit venir à Aix, le len- 
demain de l'arrêt, le régiment de Flandres et intimer à Cathe- 
rine Cadière l'ordre de quitter sur le champ la ville. 

D'après les termes mêmes de l'arrêt, Catherine Cadière 
devait être remise à sa mère, et par conséquent, retourner à 
Toulon, mais tous les historiens s'accordent pour constater qu'à 
partir de ce moment, elle disparaît complètement de la scène 
du monde; les registres de l'Etat-Civil de Toulon sont muets 
sur sa fin. S'éteignit-elle ignorée dans quelque coin perdu, où 
sa célébrité ne l'avait pas précédée? Mystère!! Michelet poussé 
par sa haine féroce contre leur société, accusent les Jésuites 
d'avoir « eu aisément, de Versailles; une lettre de cachet pour 
enfermer la pauvre jeune fille pour étouffer, ensevelir avec 
elle une affaire si triste pour eux. On aura attendu, ajoute-t-il, 
que le public fut distrait, pensât à autre chose et la griffe l'aura 
ressaisie, plongée, perdue dans quelque couvent ignoré, éteinte 
dans un in-pace ». (31) i 



(30) Qui inspira à Voltaire ce quatrain, qui fit rire toute l'Europe: 

« Le père Girard, rempli de flamme, 
« D'une fille a fait une femme. 
« Mais le Parlement, plus habile, 
« D'une femme a fait une fille. » 

(31) La Sorcière... Malgré toutes nos recherches il nous a été im- 
possible de trouver trace dans l'Etat-Civil de la Commune de Tou- 
lon, non seulement du décès de Catherine Cadière, mais encore de 
celui de sa mère ou de ses deux frères. Ce qui laisserait supposer que 
toute la famille quitta la ville, comme le fils aîné : (Voir : pages 35 et 
suiv. : Epilogue). 



26 

Un autre auteur (32), raconte, sans indiquer la source de 
ses informations, que:. 

« Lorsque Catherine Cadière reçut l'ordre de sortir d'Aix, 
elle fut attaquée d'une maladie qui retarda son évasion; mais 
elle se tint si bien cachée dans la ville et fut soignée avec tant 
de secret que personne n'en fut informé. 

« Le vendredi-saint de 1733, un brigadier et douze ar- 
chers vinrent à Toulon investirent la maison de sa mère, à 
6 heures du matin. Ils y entrèrent et fouillèrent partout, me- 
naçant cette pauvre femme de la traîner en prison, si elle ne 
livrait pas sa fille. Tous les papiers qu'ils trouvèrent furent en- 
levés, jusqu'aux • livres de commerce du sieur Cadière, négo- 
ciant, frère de celle qu'ils cherchaient. Lui-même fut arrêté 
dans sa propre maison, sous les yeux de sa femme qui était 
enceinte (33). Ce n'était pas assez d'avoir ruiné sa fortune par 
la soustraction de ses papiers, on l'emprisonna au château d'îf, 
avec la menace de l'y laisser pourrir s'il ne révélait pas le se- 
cret qu'on voulait lui arracher, s'il ne se faisait pas le dénon- 
ciateur de sa sœur. Il eut le courage de refuser et ne sortit de 
prison que deux ans après. » (34) 

L'arrêt du Parlement de Provence qui, suivant l'expression 
d'un magistrat renvoya le P. Girard, moitié sain, moitié brûlé, 
à rOffîcial de Toulon pour le procès ecclésiastique et qui con- 
damnait Catherine Cadière aux dépens et à voir ses « Mémoires 
et Défenses ^y lacérés et brûlés par la main du bourreau, ne 
satisfit personne. L'exaspération générale était au comble. Le 
premier président Lebret, qui avait dirigé les débats, fut hué, 



(32) Jean Pauper : Les débauches d'un confesseur (page 51). 

(33) SiBON Thérèse, femme de Laurent Cadière accoucha, le 25 
novembre 1733, d'une fille baptisée le lendemain, sous les prénoms 
de Catherine Geneviève. 

(34) Voir : pages 35 et suiv. : Epilogue. 



27 

sifflé, son carrosse fut poursuivi à coups de pierres, tandis que 
le président Maliverny (35) était porté en triomphe. (36) 

Nous avons vu, plus haut, les mesures qui avaient été 
prises à Aix, pour calmer l'agitation; les mêmes désordres se 
produisirent à Marseille, à Arles et dans presque toutes les com- 
munes importantes de Provence. 

Le docteur Gustave Lambert a narré dans un chapitre de 
son « Histoire de Toulon », les excès qui se commirent dans 
cette ville lorsque le jugement y fut connu. A son récit, assez 
circonstancié, nous préférons celui d'un contemporain, témoin 
des faits, non pas parce qu'il est encore inédit, mais parce qu'il 
nous semble avoir conservé un parfum de l'air ambiant, au 
milieu duquel se déroulèrent ces extravagances : 

(( Je vais vous raconter, écrit ce témoin (37), en fidèle 
spectateur les scènes tragi-comiques que nous avons ici (à Tou- 
lon)... Pour vous mettre dans le point de vue nécessaire pour 
comprendre l'esprit qui les a excitées, il faut commencer par 
vous dire que la sécurité avec laquelle M. de. Toulon, et les 
pères Jésuites comptaient ou débitaient journellement que la 
Cadière serait au moins fouettée, avait tout à fait consterné le 
peuple, il fut- un peu rassuré, mais non pas consolé, lorsque par 
quelques billets que M. de Toulon, qui est à sa maison de cam- 
pagne à St-Antoine, envoya à la ville. Le jeudi matin, on apprit 
que le Père Girard avait été mis hors de cour et de procès tout 
d'une voix, que La Cadière avait été sauvée in mitiorem et que 
MM. Chaudon et Aubin avaient été décrétés de prise de corps; 
content de ce que la Cadière n'avait été ni pendue, ni fouettée, 
chacun- rongeait son frein tacitement, mais lorsque sur les six 
heures et demie du soir, il arriva un exprès des Citdières par 



(35) Maliverny Jean-Baptiste, né à Aix, le 4 novembre 1666. Con- 
seiller au Parlement (1690). Président à mortier, (1702), mort le 3 
septembre 1736. 

(36) Mémoires du Marquis d'Argens. 

(37) Lettres de Toulon, 13, 14 et 26 octobre 1731. Manuscrit 23.860. 
Fond français. Bibl. Nat. 



28 

lequel on sut la véritable façon dont cette grande affaire avait 
été jugée, cette nouvelle fut répandue dans l'instant par toute 
la ville de suite comme si tout le peuple s'était donné le mot; 
ce fut partout des cris de joie, les parents et les personnes atta- 
chés à la Cadière firent des feux dans les rues au devant de 
leurs maisons. 

« Le peuple, je veux dire la canaille, ne cessa pendant trois 
nuits de courir les rues avec des cordes goudronnées allumées, 
qui leur tiennent lieu de flambeaux, on en voit passer des trou- 
pes de. plus de cent à la fois, criant, dansant, les uns traînant 
sur la claie un fagot couvert d'un drap noir, les autres portant 
une figure couverte d'une soutane avec un bonnet à trois cornes, 
qu'on accompagne de qualifications atroces. 

« Pendant trois jours, on a promené au bout d'une perche 
un sac de paille couvert d'une soutane avec une de ces têtes 
de bois dont les perruquiers se servent pour peigner les perru- 
ques. Cette tête était surmontée d'un trépied de potager trian- 
gulaire renversé dont les pieds étaient ornés d'une corne cha- 
cun, un peu repliée comme celles que les peintres donnent au 
diable pour le caractériser. On promena cette effigie par toute 
la ville, et on faisait station devant les maisons des Girardins. 
Là, un de la troupe faisait subir un interrogatoire à l'effigie et 
lui demandait, par exemple, s'il ne s'était enfermé avec la Ca- 
dière, s'il ne fermait pas la porte, etc., etc.; celui qui la portait 
faisait des aveus, après quoi, on le condamnait au feu, ce qui a 
été enfin exécuté et l'effigie a été brûlée, en grande cérémo- 
nie, au Champ de Bataille. L'ignominie a été complète, et si 
on avait tenu l'original, on n'aurait rien pu faire de mieux que 
ce qu'on a fait sur la copie. 

« Il est impossible de raconter toutes les folies qui se fai- 
saient en même temps dans tous les quartiers de la -ville. 

« Je vis, entr'autres, arrêter un grand coquin qui avait un 
manteau noir et que d'autres poursuivaient avec des torches à 
la main, pour lui mettre le feu au derrière, la garde qui le sai- 



29 

sit avait été envoyée par M. du Pont (38) pour barrer la rue 
qui vient du quartier vieux aux Jésuites. Elle était posée vis- 
à-vis la maison de M. Mithon, cette précaution avait été prise 
sur le péril qu'avait couru celle des pères. (39) 

« Cinq à six cents personnes y étaient accourues avec des 
sarments et des brandons, les uns avaient tâché de mettre le 
feu à la grande porte et les autres en avaient jette quantité 
dans leur jardin dont les arbres commençaient à s'allumer. 
Comme le tumulte ne passait pas et que M. du Pont n'en savait 
rien, c'en était fait de la maison des Jésuites, si le père Gri- 
guet, moitié rnort, moitié en vie, n'eut eu le courage de sortir 
par une fausse porte pour aller demander du secours au Com- 
mandant, qui envoya, sur le champ, des troupes pour dissiper 
cette populace. 

(( Le Gouverneur consent bien qu'on se divertisse, mais il 
veut empêcher le désordre; cela n'a pas garanti néanmoins la 



(38) Gouverneur de Toulon. 

(39) Le Séminaire Royal de la Marine, fondé en 1685, pour ser- 
vir de logement aux élèves Aumôniers des vaisseaux, était situé dans 
la rue J.-Jaurès actuelle. Cet édifice ne fut commencé qu'en 1687 
et construit par Pierre Gombert, ingénieur de la marine, et César 
Aguillon, architecte et maçon. 

La direction de cet établissement fut confiée aux Jésuites jus- 
qu'à la suppression de leur ordre (1762), époque où ils furent rem- 
placés par les Recollets. Après avoir été transformé en hôtel, pour 
y loger quatre-vingts gardes ou élèves de marine, il devint le 25 
janvier 1785, grâce à la persévérance de l'intendant Malouet, Hô- 
pital de la Marine. Démoli en 1910, sa porte principale, classée com- 
me monument historique, a été placée sur le mur de l'Arsenal qui 
borde le côté Sud de la place d'Armes et sert, aujourd'hui, d'entrée 
aux bureaux du Préfet Maritime. 

Cette porte a pour cadre quatre colonnes d'ordre dorique, enga- 
gées et accouplées, supportant un entablement sur lequel deux fi- 
gures : La Religion et la Force, statues, assises, en pierre de Ca- 
lissanne, par Pierre Tombarelli, d'après les modèles de Raymond Lan- 
gueneux. Entre ces deux figures qu'ils dominent: deux enfants sou- 
tenant un grand écusson, autrefois timbré des Armes de France. 

Les vantaux et l'imposte ont été moulinés et sculptés, sur bois, 
par Louis Imbert, d'après le dessin de Claude Dubreuil, élève de 
Pierre Puget. 



3o 

maison de la Guiol (une des stigmatisées, confidente, dit-on, du 
père Girard), dont toutes les vitres furent brisées et l'auvent de 
sa boutique brûlé et tout cela accompagné d'injures et d'épi- 
tectes un peu plus fortes que celles d'amie et de confidente du 
père Girard; les diverses patrouilles que M. du Pont envoya 
dispersèrent ces bandes de furieux; le lendemain le tapage 
ayant recommencé, le gouverneur fut obligé d'y poser deux 
sentinelles, mais comme sa maison donne sur deux rues et 
qu'elle n'était gardé que d'un côté, on l'a insulté de l'autre pen- 
dant la nuit. On dut lui faire quitter la ville. 

Le couvent des Ursulines où la Cadière avait été si long- 
temps détenue courut à peu près ' même risque que celui des 
Jésuites. 

« Les bourgeois témoignèrent une joie plus modérée, ils 
se contentèrent d'illuminer extraordinairement leur lieu d'as- 
semblée qu'ils ont comme les officiers de la Marine sur le quai du 
port, auprès de l'HôteL de Ville, et de mettre, comme en triom- 
phe, sur une espèce de tronc une chaise qu'on apelle, comme 
vous le savez, en provençal « cadière », le tout orné de nœuds 
de rubans couleur feu et blanc. 

« Le fermier des Madragues (c'est la pêche du thon), avait 
promis aux vendeuses de marée, qu'on apelle les poissoneuses, 
le plus gros thon qu'on pécherait, si la Cadière gagnait son 
procès; on le somma de tenir sa parole, il la fait, et le hasard 
voulu que le premier porsson qui est venu s'est trouvé peser 
au delà de 500 livres; il est rare qu'on en prenne de si gros, 
depuis plus de 50 ans on en avait point pris de pareil. Il le 
leur livra, et elles l'ornèrent de rubans et de guirlandes et vou- 
laient le promener par la ville, mais la police fort politique 
l'empêcha, on se contenta de le tenir avec cette parure exposé 
aux halles aux poissons. 

« Quelques habitants furent assez sots pour aller deman- 
der au gouverneur la permission de brûler une nouvelle effi- 
gie du Père Girard; vous jugez de quelle façon ils furent re- 
çus, cependant ils ne laissèrent pas d'exécuter leur projet au 



3i 

milieu de la Place St-Pierre, mais la chose fut faite avec tant 
de dextérité et de précaution que le pauvre père fut consam- 
mé avant que les patrouilles arrivassent. Cette effigie était de 
carton et remplie de serpenteaux qui faisaient un grand fracas 
à mesure qu'ils prenaient feu; à chacun qui sortait, on criait: 
voilà un diable qui sort! » 

« Ce fut alors, dit le marquis d'Argens, le temps des pros- 
criptions, les Molinistes ne furent pas plus réservés que ne 
l'avaient été les Jansénistes. On arrêtait tous les jours un nom- 
bre infini de personnes, les lettres de cachet (40) arrivaient en 
foule et une terreur panique avait saisi tous les esprits. » 

Quatre négociants de Marseille, sous prétexte qu'ils avaient 
parlé indiscrètement pendant le cours du procès, furent arrêtés 
et mis aux fers. Trois d'entre eux tombèrent dangereusement 
malades, sans qu'on laissât à leurs parents et à leurs amis la 
liberté de les secourir. 



(40) « Lebret en sollicita même secrètement une contre Mme de 
Simiane, Pauline de Grignan, petite-fille de Mme de Sévigné, qui 
demeurait alors à Aix depuis la mort de son mari, lieutenant du roi 
en Provence, et qui s'était prononcée ouvertement contre le jésuite. 
L'affaire n'eut aucune suite que grâce à la protection de la Duchesse 
de Modène, Charlotte Aglaé d'Orléans, fille du Régent, qui avait 
Pauline de Grignan, en particulière amitié, et qui put détourner de 
sa destination la lettre écrite au Ministre par Lebret. 

<( Or, il arriva, que la duchesse de Modène, passant en Pro- 
vence, en retournant dans sa principauté, s'arrêta à Aix et combla 
d'amitiés Mme de Simiane qu'elle appelait « sa chère Maman ». Le 
premier président s'étant trouvé en tiers avec cette dame chez la 
Princesse : « Que diriez-vous, monsieur, lui dit celle-ci, d'un homme 
qui, ayant sollicité les rigueurs de la Cour contre une personne d'une 
opinion opposée à la sienne, accablerait néanmoins cette personne de 
prévenances et de marques d'attachement? — « Je dirais, répondit 
Le Bret, que cet homme est un monstre ». — « C'est vous qui l'avez 
dit, et vous êtes ce monstre. Voilà les lettres que vous avez écrites 
contre ma chère maman, répliqua la princesse, en lui montrant les 
missives accusatrices ». 

« Le premier président, frappé de cette apostrophe comme d'un 
coup de foudre, se retira et mourut quelques heures après, à pareil 
jour qu'il avait signé, trois ans auparavant, l'arrêt du P. Girard et de 
la Cadière. » — {Essai historique sûr le Parlement de Provence, par 
Cabosse). 



32 

L'avocat, le procureur de Catherine Cadière furent égale- 
ment persécutés. L'abbé de Caveyrac (41), pour avoir rimé 
quelques mauvais vers sur le procès, fut arrêté. L'abbé Gas- 
taud, célèbre avocat du parlement d'Aix, qui avait eu l'impru- 
dence d'écrire quelques lignes où il blâmait la sentence des ju- 
ges, fut exilé à Viviers; il y mourut au bout de dix-huit mois et 
la sépulture ecclésiastique lui fut refusée; son corps fut enterré 
dans un champ près d'un grand chemin. 

Parmi les victimes des lettres de cachet, on citait le sieur 
Charbonnier, bourgeois d'Aix, qui avait chez lui une coterie 
d'amis assez zélés pour la Cadière; son plus grand crime était 
d'avoir laissé causer chez lui et d'avoir été fort exact à ramasser 
■ tous les vers qui ont été faits à ce sujet. Le pauvre homme fut 
envoyé au château de St-Tropez, il avait pourtant sa femme et 
cinq enfants que cette disgrâce réduisit à la mendicité. (42) 

Si Toulon fut moins frappé par la proscription que les au- 
tres villes de Provence, il le dut à la fermeté de son gouver- 
neur, M. du Pont, qui, lorsque les Jésuites toulonnais écrivirent 
au premier Président, Le Bret, pour lui mander d'informer de ce 
que c'était que « cette assemblée de bourgeois qui s'attrou- 
paient tous les jours sans permission et aussi de cette poupe 
de « Plongeurs » et contre « ceux qui ont fait tant de fracas à 
l'occasion de la Cadière », répondit: 

« L'Assemblée des bourgeois est composée de quarante 
bourgeois ou négocians de cette ville, gens de probité et incapa- 
bles de faire aucun tumulte, ils ont la permission et la protec- 
tion de M. de Villars; pour l'assemblée, je leur ai accordé la 
mienne. Dans cette académie, ils parlent de leurs affaires, 
n'ayant point de loge. Le soir, ils y jouent, mais c'est à des jeux 
de commerce. 



(41) Voir page 96. 

(42) Lettre de Marseille, 2 décembre 1731. Manuscrit 23860, 
déjà cité. 



, 53 

« Pour ce qui est des « Plongeurs », c'est une troupe de 
Messieurs protégés par M. de Maurepas qui font un bien infini 
à cette place par la quantité d'ouvriers qu'ils employent à leurs 
travaux. On les appelle « Plongeurs », parce qu'ils doivent aller 
tirer du fond de la mer quelques vaisseaux chargés de piastres. 

« Si c'est un crime à quelques personnes d'avoir témoigné 
la joie qu'elles avaient de ce que la Cadière n'avait pas été in- 
criminée et punie, toute la ville est dans ce cas ». 

Aussi les Toulonnais reconnaissants adressèrent-ils à leur 
gouverneur, le compliment suivant: (43) 

« Monsieur, 

« Nous n'oublierons jamais les bontés que nous venons 
d'éprouver de la part de notre illustre commandant. Thémis 
vous a confié sa balance, vous avez arrêté son glaive que des 
délateurs infâmes voulaient faire tomber sur nous. L'amour de 
la Patrie^ cejte vertu admirable à laquelle on ne saurait trop 
exciter la Nation française, était notre crime, auriez-vous pu 
dissimuler notre innocence. 

« L'échec qui est arrivé à nos voisins... (les Marseillais)... 
ajoute un nouveau prix à vos bontés; ils ont envié notre sort, 
que n'avons-nous pu parer à leur disgrâce. Nous avons ressen- 
ti en cette occasion une douleur d'enfants tendres et pleins de 
naturel, qui partagent les malheurs de leur père. 

« Notre reconnaissance, monsieur, publiera sans cesse vos 
bienfaits, et mille bouches demanderont au ciel la durée d'une 
vie d'où dépend le bonheur de la Nation. » 

Ce qui n'empêcha pas, malgré tout, que trois marchands, 
des plus accrédités de Toulon, furent obligés de fermer leur bou- 
tique, déclarés incapables de commerce et exilés à Brigno- 
les. (44) 



(43) Manuscrit 23860, déjà cité. 

(44) Lçttre de Marseille, 9 février 1732. Manuscrit 2386Q, 



34 

Lorsqu'on 1735, M. de La Tour (45) succéda à Le Bret, 
comme premier président, il demanda et obtint le rappel des 
exilés et la délivrance des prisonniers qui devaient leur infor- 
tune aux suites de cette affaire, qui, certes, n'aurait pas eu 
autant de retentissement, si on avait suivi les conseils d'un 
brave artisan toulonnais, assez sensé pour juger sainement le 
mal, qui lorsque se produisirent les premiers crises nerveuses 
suivies d'extases ou d'hallucinations de Catherine Cadière, 
s'écria: a Si on me laissait faire, je guérirais la maladie, l'usa- 
ge d'un nerf de bœuf suffirait pour cela! » (46) 



(45) Gallois (Jean-Baptiste des), Seigneur de La Tour (en Fo- 
rez), Intendant du Poitou, puis de Bretagne en 1728 et de Provence 
en 1734; reçu premier président au Parlement de Provence, le 24 
mai 1735; mourut à Aix, le 7 mars 1747. 

(46) Essais historiques sur le Parlement de Provence, p. P. Cu- 
basse, 



EPILOGUE 



Le bruit causé par cette affaire s'atténuait avec le temps; 
elle cessait d'être l'unique sujet des conversations entre les 
commères de Marseille ou de Toulon, quand elle faillit rebondir, 
après une accalmie de plus de dix ans. 

Cette fois les passions n'étaient pour rien dans le procès 
que l'on évoquait devant le Lieutenant de Sénéchaussée de 
Toulon; il s'agissait d'une affaire que nous pourrions qualifier 
de tentative de chantage. 

« Dans le trouble et l'agitation oii se trouva d'abord le Sr 
Laurent Cadière, lors des premiers mouvements de l'affaire de 
sa sœur, qui a entraîné la ruine et la désolation de cette fa- 
mille, il eut recours à Jean-Baptiste Artigue, natif du Revest, 
mais habitant Toulon depuis fort longtemps, comme à un ami 
de confiance, pour concerter avec lui les précautions les plus 
convenables à sa défense. » (56) 

Voyant le développement que prenait cette affaire, Arti- 
gue (57) cru pouvoir se faire un titre des quelques menus ser- 
vices qu'il put avoir rendus lorsqu'elle éclata dans Toulon, pour 
se dire ensuite: « Avoir été employé comme agent, solliciteur 
et mandataire dans le procès de Dlle Cadière », et exiger une 
forte rétribution pour sa peine, le remboursement des dépenses 



(56) Extrait du « Factum » ci-après... 

(57) Artigue Jean-Baptiste, né au Revest, fils de Jean-Baptiste et 
de Catherine Henry; se marie à Toulon, le 8 mars 1721, avec A'^a- 
deleine Julien. 



36 

que ses démarches lui auraient occasionnées; dans sa note, il 
réclamait ihême « des dommages et intérêts pour l'écroulement 
d'une partie de sa maison », qu'il disait être arrivé pendant un 
séjour qu'il fit à Aix, non pas pour le procès Girard-Cadière, 
mais pour un autre qu'il soutenait personnellement devant le 
Parlement de Provence. 

En réalité, Artigue fit comme la mouche du coche, plus de 
bruit que de besogne, et comme il avait « la langue trop bien 
pendue, il voulut, après le jugement de ce grand procès, où l'on 
avait pas eu besoin de lui, faire l'homme important. » 

« Ses discours téméraires et imprudents firent présumer 
qu'il devait avoir des papiers propres, à jeter un jour nouveau 
sur cette affaire, encore mal éteinte et lui valurent d'être arrê- 
té, par ordre du Roi, le 7 septembre 1732. » 

« Ses papiers furent saisis quoiqu'inutilement, parce qu'on 
y trouva rien pouvant fournir les éclaircissements qu'on vou- 
lait trouver. » (58) 

Nous ignorons si sa détention fut de longue durée, mais 
ce n'est que le 12 juin 1742, c'est-à-dire dix ans après, que 
Artigue « s'avisa de demander, par une requête incidente, que 
Laurent Cadière fut condamné au payment de la dépense qu'il 
avait fait pendant son emprisonnement et à tous ses domma- 
ges et intérêts. » 

Disons de suite que Laurent Cadière voulant reconnaître 
les bons offices du sieur Artigue,^ lui avait déjà remis 300 livres, 
en argent, plus onze livres « prix de marchandises expédiées à 
sa femme ». 

Nous n'aurions probablement pas parlé de ce procès, dont 
nous ne connaissons pas le dénouement, si le seul factum qui 



(58) Mémoire précis et abrégé pour Laurens Cadière, marchand 
de la Ville de Toulon, intimé en apel (sic) de sentence du Lieutenant 
de Sénéchal au siège de la même ville, le 27 juillet 1743, contre Jean- 
Baptiste Artigue, bourgeois dudit Toulon, apellant... S. 1. n. d. In-4°, 
14 pages. 



37 

soit parvenu à notre connaissance, ne nous avait pas confir- 
mer — avec un renseignement précis — ce que nous avons déjà 
dit sur les persécutions qu'eut à subir la famille Cadière, après 
le jugement d'Aix qui acquitta l'héroïne du procès. Nous y li- 
sons, en effet, à la page 5 : « Cadière avait été lui-même arrêté 
et traduit au Château d'If, oii sa détention durant environ deux 
ans d'une rude prison, l'a mis. plusieurs fois sur le point de 
mourir, encore n'en est-il sortir qu'en continuant d'être exilé 
à SoUiers (59), comme il l'est encore... (1743)... et toujours 
plus incommodé. » 

La femme de Laurent Cadière, Thérèse Sibon, mourut à 
Toulon, le 26 octobre 1746, et fut ensevelie aux Dominicains; 
son mari était encore vivant. Nous ignorons la date du décès de 
Laurent Cadière, n'ayant pu retrouver son acte mortuaire dans 
les registres de catholicité de Solliès. 



(59) Commune du Var. Seigneurie de la famille de Forbin. 



BIBLIOGRAPHIE 



A VANT-PROPOS 



Dans cette affaire tout fut bizarre, la bibliographie elle- 
même n'échappe à cette anomalie; contrairement à ce qui se 
passait alors pour tous les procès, les factums (47), au lieu d'être 
imprimés pour les besoins de la cause, furent pour ce procès, 
au contraire, plutôt écrits pour la galerie, bourrés d'autant de 
détails croustillants que de maximes de jurisprudence, et eu- 
rent, pour satisfaire la curiosité du public (48), d'importants 
tirages. La vogue de certains d'eux dépassant même les prévi- 
sions des imprimeurs, il fallut les réimprimer; on le fît, mais 
non sans les avoir revus, corrigés, élagués ou augmentés (49). 
La curiosité grandissante avec le scandale, vinrent les réim- 



(47) On appelait ainsi les mémoires que l'on remettait aux ju- 
ges; parce primitivement, ils étaient rédigés en latin et commen- 
çaient par l'exposé du fait. 

(48) Dans son « Journal », Barbier affirme que l'on les distri- 
buaient « publiquement à la porte des promenades et des spectacles. 
Ils s'impriment à Paris, ajoute-il, quoique faits à Aix et on ne peut 
pas y suffire. » 

(49) « Pour tromper le public, écrivait M. Chaudon, dans ses 
« Observations pour demoiselle C. Cadière », n'ont-ils (les Jésuites) 
pas fait faire de fausses impressions des « Mémoires de la Dlle Ca- 
dière », pour lesquelles ils ont rétranché toutes les dispositions et 
les aveux de l'accusé qui étaient en caractère italique (au singulier) 
et les raisons les plus fortes ? » 



39 

pressions et contrefaçons clandestines, sans indication du lieu 
d'impression, ni nom d'imprimeur — (s. 1. n. d.) Ici la fantai- 
sie se donna libre cours, chacun retranchait ce qui était con- 
traire à ses convictions personnelles, mais soulignait, par de 
gros caractères d'imprimerie, ce qui était favorable à son par- 
ti. On imprima, plutôt réimprima, ces factums, en tous formats, 
depuis le grand^in-folio, pour les cabinets d'études, jusqu'au 
petit in-douze facile à mettre dans la poche. 

Les échos du procès franchissant les frontières de France, 
on résuma, on traduisit les principaux mémoires en diverses 
langues; nous n'indiquons que quelques ouvrages en anglais, 
en allemand et hollandais, mais certainement, il doit en exister 
en d'autres langues, qui ont échappé à nos recherches. 

Lorsque le jugement fut prononcé, il restait encore dans 
les magasins des libraires, un grand nombre d'invenSus, qu'il 
fallait écouler, sous peine de voir se perdre une partie des bé- 
néfices déjà réalisés, c'est alors qu'ils eurent l'idée de réunir, 
un certain nombre de pièces, publiées séparément, en volu 
mes, pour lesquels, ils confectionnèrent des titres et des ta- 
bles. C'est à cette manifestation commerciale que nous devons 
les « Recueils », que nous serons obligés d'étudier de très près, 
pour mettre fin aux agissements de louches bouquinistes, qui, 
au rebours de ce qui fut fait en 1733, brisent aujourd'hui ces 
volumes pour vendre séparément chacun des factums qui les 
composent, faisant ainsi payer très cher aux bibliophiles ce 
qu'ils pourraient avoir à bien meilleur compte, en achetant les 
« Recueils » complets. 

Ces recueils ne furent pas exclusivement composés par les 
libraires, éditeurs des titres et tables, mais aussi par des ama- 
teurs ou curieux, qui en les faisant relier, intercallaient, entre 
les pièces portées aux tables, d'autres qu'ils possédaient égale- 
ment ou qui reflétaient mieux leurs opinions personnelles, de 
là une grande diversité dans la composition de ces « Recueils », 



40 

.dont certains d'eux contiennent même des copies de pièces 
n'ayant jamais été imprimées. (50) 

C'est ce maquis, que nous avons tenté de désembrouissail- 
ler; la tâche n'était pas facile, et nous avons la certitude que 
notre travail est loin d'être parfait. 

Pour faciliter les recherches, nous avons divisé cet « aEssai 
Bibliographique » en: 

1° Histoire Générale et Anecdotique, englobant tous les 
écrits racontant l'affaire toute entière ou seulement un 
point particulier du procès. 

2" Pièces de Procédure, comprenant les Recueils, Mémoi- 
res et Factums, publiés durant le cours des débats. 

3" Jugement, et les réflexions qu'il suscita. 

4" Après le Jugement, c'est-à-dire les pièces concernant les 
suites de l'affaire, y compris celles publiées au sujet 
de la mort du P. Girard. 

5° Romans, Pièces de Théâtre et Chansons, inspirés par 
cet événement. 

Pour ne pas surcharger cette bibliographie, nous n'y avons 
compris que les ouvrages concernant exclusivement cette affai- 
re, écartant systématiquement ceux où il en est parlé incidem- 
ment, même lorsqu'ils y consacrent un ou plusieurs chapi- 



(50) « L'Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux » signa- 
lait, en 1886 (vol. xix, 60), l'existence d'un « gros in-folio bourré de 
pièces, formé par le greffier du Parlement d'Aix à l'époque du pro- 
cès, et, dans une note écrite et signée par lui, en tète du volume, il 
indiquait qu'il avait recueilli toutes les pièces du procès, ou parues 
à l'occasion du procès, dont la plupart avaient été détruites par or- 
dre du Parlement ». 

Qu'est devenu depuis ce recueil? Malgré toutes nos recherches 
il nous a été impossible d'en connaître l'heureux propriétaire actuel. 



41 

très (51), nous avons repoussé aussi les collections de « Causes 
Judiciaires ou d'Arrêts » (52), dans lesquelles le procès est ana- 
lysé ou commenté, sans cela, nous aurions été entraînés à y 



(51) Histoire de Toulon, par le docteur Gustave Lambert, Tou- 
lon. Imp. du Var, 1886-1892. 4 volumes in-8". 

Essais historiques sur le Parlement de Provence, par P. Cabasse. 
Paris, 1820. 3 volumes in-S". 

Les Rues d'Aix ou recherches historiques sur l'ancienne capitale 
de Provence, par Roux-AIpheran. Aix, Typ. Aubin, 1848. 2 vol. in-8". 

Annales du Collège Royal-Bourbon d'Aix, Aix, Nicot, 1892, 4 vol. 
in-S", par l'abbé Melchin, que cette publication obligea de sortir.de la 
Compagnie de Jésus. 

Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV, par 
E. J. F. Barbier, avocat au Parlement de Paris, publié par la Société 
de l'Histoire de France. Paris, 1856. 

Chronique de la Régence et du règne de Louis XV ou Journal de Bar. 
hier. Paris, Charpentier 1857. Volumes in-8°. 

Chroniques de Provence, par Louis Méry, Marseille 1839, 2 vol. 
in-8". (Ne contiennent qu'une nouvelle s'éloignant considérablement de 
la vérité historique). 

Les Vestales de l'Eglise, par M. de iVlontifaud, Bruxelles 1877, 
in-8°. (Un chapitre est consacré à Catherine Cadière). 

Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux. 1886, volume xix, 
17, 60, 125. — 1890 ,volume xxiii, 387-501. 

Geschichte des Jésuite n von einem Klosterzogling, Wien 1870. 
(Contient l'histoire du procès). In-4". , 

Index lihrorum prohlbitorum. London 1877, pages 64 à 70. 
Centuria librorum absconditorum. London 1879, pages 225 a 253. 
Manuel de bibliographie, biographique et d'iconographie des fem- 
mes célèbres par un vieux bibliophile. Turin, Paris 1892, 3 vol. in-8°. 

Le Marquis de Sade et son temps, par le Dr Eug. Duchren, tra- 
duit de l'allemand par le D. A. Weber-Riga. Berlin-Paris, 1901. In-8". 

Histoire des villes de France. Paris, Fume, 1844. Tome P"" à l'ar- 
ticle Aix, rédigé par A. Guilbert et Taxile Delort. 

Dictionnaire contenant les anecdoctes historiques de l'amour de- 
puis le commencement du monde jusqu'à ce jour (par Mouchot, magis- 
trat à Troyes). Paris 1788, 2 vol. in-8''. Troyes-Gobelet 1811 (ou avec 
de nouvelles couvertures, 1832). 5 vol. in-8". (On y trouve des extraits 
de la procédure, notamment de l'information de l'officialité toulonnaise). 

(52) Causes célèbres et intéressantes, par Gayot de Pitaval. Pa- 
ris 1738-50. 20 vol. in- 12. 

Causes célèbres et intéressantes, publiées par N. Lemoyne Deses- 
sart. Paris, 1773-89. 196 tomes en 98 vol. in-12. 



42 

faire figurer toutes les éditions des « Œuvres de Voltaire » (53), 
qui fit maintes critiques satyriques sur cette affaire dans divers 
de ses ouvrages, souvent même dans ceux où l'on est le plus 
étonné d'y trouver une allusion comme « La Pucelle d'Orléans » 
où il n'a pu résister à glisser dans le « Chant second », ces 
quatre vers: 

« Tel on nous dit que le moine Girard 

(( En confessant la gentille Cadière 

« Insinuait de son souffle paillard 

(( De diablotaux, une autre fourmillière. » 

Dans notre bibliographie, nous indiquons les documents 
manuscrits inédits, aussi bien judiciaires que satiriques, que 
nous savons exister dans les bibliothèques publiques de Fran- 
ce, avec les numéros, sous lequels ils figurent dans le Catalo- 
gue Général des Manuscrits (54) de ces établissements, toute- 
fois, nous avons éviter de mentionner les copies des pièces 
ayant été imprimées, ainsi que les Recueils désignés sous les 



Causes célèbres et intéressantes, rédigées de nouveau par Richer. 
Amsterdam, 1778-1788. 22 vol. in- 12. 

Le tome II, qui ne contient pas moins de 633 pages, est exclusi- 
vement consacré au procès Girard-Cadière. 

Causes célèbres et arrêts qui les ont décidées, rédigées par M. 
Méjean. Paris 1808-14. 21 vol. in-8°. 

Annales du crime et de l'innocence ou choix de causes célèbres 
anciennes et modernes, réduites aux faits historiques, par R. (Rous- 
sel) et P. (Plancher de Valcour). Paris 1813. 20 volumes in- 12. 

Répertoire général des causes célèbres anciennes et modernes, 
par Saint-Edme. Paris f830-37. 15 volumes in-8". 

(53) A titre de curiosité, nous indiquerons, d'après l'édition de 
« Garnier frères », les principaux passages des œuvres de Voltaire, 
où il est parlé de nos héros: Tome ix, p. 44-65 — T. x^ p. 491-530. — 
T. XXIV, 243 — T. XXVI, p. 118. — T. xxix, p. 160. — T. xxx, p. 549 — 
T. XXXVIII, p. 239. 

(54) Catalogue générai des Manuscrits des Bibliothèques Publi- 
ques de France publié par le Ministère de l'Instruction Publique et des 
Beaux-Arts. Paris, Imp. Pion. 80 vol. in-8". 



43 

titres très vagues de Affaire, Procès Girard-Cadière, Pièces 
diverses, sans autres indications. (55) 

Bien que nous nous soyons efforcés de suivre l'ordre de 
classement indiqué ci-dessus, que nous pensons être le plus lo- 
gique; comme nous savons, par expérience, combien le lecteur 
peu familiarisé avec les ouvrages bibliographiques, à de diffi- 
cultés à y retrouver l'ouvrage qu'il recherche, nous avons désiré 
lui faciliter cette tâche, en complétant notre « Essai » d'une ta- 
ble alphabétique des noms et lieux, plus une seconde des ou- 
vrages cités. 

A.-Jacques Pares. ' 



(55) Paris. Bibliothèque Nationale. Mss. français, n"" 10980, 
12800, 15243. Nouvelles Acquisitions, n"'' 20082, 22139, 20250. Fm. 
17843. — Bibliothèque de l'Arsenal, n° 3307 — de l'Université, n" 
710. — Dijon, n"'^ 332, 1125, 1257. — Rouen, n'"* 1919, 1923. — Aix. 
Bibliothèque Méjanes, n"" 758, 827, 999, 1000. — Musée Arbaud, n"-" 
MD, 76-77, MQ 365-366. — Arles, n" 205. — Nantes, n° 2135. — 
Vesoul, n° 237. — Lyon, Bibliothèque Palais des Arts, n"^ 51, 51 
bis, 54, 126. — Besançon, n" 561. — Carpentras, n°" 954, 1009, 1922, 
2046. — Tours, n" 760. — Reims, n" 1378. — Chartres n° 1817. 



BIBLIOGRAPHIE 



HISTOIRE GÉNÉRALE ET ANECDOTIQUE 



Histoire du Procez entre demoiselle Cadière et P. Cadière, 
Jacobin; Mre Cadière, Prêtre; P. Nicolas, Prieur des 
Carmes Déchaussez de Toulon, d'une part; et le P. 
Girard, Jésuite, Recteur du Séminaire Royal de Tou- 
lon, de l'autre. 

A — S. 1. n. d. — In-folio, 19 pages. 

G — S. 1. n. d. — In-4°. 

B — S. 1. n. d. — In- 12, 40 pages. 

B. A. — S. 1. n. d. — In-12, 36 pages. (60) 

B. B. — S. 1. n. d. — In-12, 48 pages. 

Cet opuscule, publié au cours du procès par un ex-jésuite, ori- 
ginaire de Lambesc (61) contient l'appréciation suivante de cette 
affaire : 

« Si on envisage ce procès de près, l'on verra que les 
Acteurs sont des personnages assez communs. Un Jésuite mys- 
tique et dès lors crédule; une Fille extravagante et folle à en- 
fermer; un mauvais Prêtre; un Moine fourbe et voluptueux; un 
Jacobin qui s'y prend en sot pour perdre un Jésuite; tous ces 
gens-là. dans un pays plus septentrional auraient joué des rôles 
assez passables; mais le climat de Toulon est fort exposé au 
Soleil; et il faut se souvenir que l'histoire fut concertée dans les 
chaleurs de la canicule. » (62) 



(60) C'est la pièce n° I des cinq volumes du « Recueil », contre- 
façon en cinq volumes in-12. 

(61) D'après ce que dit M** Chaud on dans sa « Réponse au Mé- 
moire instructif du Pèr.e Girard ». In-fol. T. 1, p. V. 

(62) Les lettres sont en majuscules dans la brochure. 



46 

Recueil de diverses pièces nouvelles en Prose et en Vers 
pour et contre la Cadière. 

A — Paris, chez Le Moine, rue de l'Enfer, à l'Enseigne de 
la Direction, 1731. — In-8°. 

B — Même indication d'imprimerie. 1731. — In- 12, 21 pages. 

Ce recueil publié, en faveur du Père Girard, pendant le cours du 
procès comprend : 

LETTRE DE Mr DE "«^ à M. le Chevalier de ""'' à Paris, 
au sujet du fameux procès pendant au Parlerrient d'Aix {dont 
nous avons déjà donné quelques extraits). 

LETTRE DE LA SUPERIEURE DES URSULINES DE 
TOULON à une de ses Nièces à Marseille... datée du 1er avril 
1731 {renferme de curieux détails sur le séjour de Catherine Ca- 
dière au Couvent des Ursulines à Toulon). 

ODE et deux SONNETS, l'un pour « La Cadière », l'autre 
pour le P. Girard, tous deux sur les mêmes rimes. 

Suivant une note contemporaine, se trouvant sur l'exemplaire de 
la bibliothèque municipale de Marseille (n" 213), ce recueil était 
vendu dans la Sacristie des Jésuites d'Aix; il fut supprimé au mo- 
ment du jugement. 



Histoire du procès de la demoiselle Cadière et du Père 
Girard. 

La Haye, 1731 — 8 volumes in- 12. 

Comme nous n'avons trouvé cet ouvrage signalé que sous le 
n" 565 du catalogue de la vente du Comte Abrial — 1841 — nous 
pensons que ce n'est qu'une indication erronée du ce Recueil » en 
8 volumes in- 12, de la même date .(Voir page 74). 



The memoirs of miss Cadière and father Girard. 
London, 1731. In-8°. 



Démonstration !? (63) 

Suivant une lettre de Marseille du 7 août 1731, on avait la veille 



(63) Manuscrit 23.860, déjà cité. 



47 

« distribué sous le manteau », un ouvrage dont les échevins avaient 
refusés de permettre l'impression ». C'est, dit cette lettre, une his- 
toire de l'affaire en question écrite dans un style fort léger. II paraît 
que l'auteur connaît les poètes latins et français; qu'il a beaucoup de 
feu et encore plus d'insolence, il fait un roman assez galant où le 
Carme est grossièrement maltraité et le père Girard faiblement justifié. 

« Il appelle et intitule « Démonstration » un certain petit tissus 
de concepti où son esprit brille aux dépens de son jugement, et ce 
roman est clos par un lambeau de panégyrique qui fait baisser les 
yeux à force d'être effronté. 

« On donne cet ouvrage à l'abbé « Pagy », coadjuteur d'un vieux 
chanoine de Cavaillon. Il est jésuite et neveu du fameux père Pagy, 
le chronologiste. Je crois que ce panégyrique est de la façon du père 
Rousselot, jésuite qui a prêché à Marseille un Carême avec assez 
d'applaudissements. » 



Histoire du P.J. B. Girard et de Mlle Marie Catherine 
Cadière, divisée en 32 planches, contenant les faits 
principaux mentionnés au procès suivant les factums. 
S. 1. n. d. (vers 1731). 

Suite très curieuse et fort rare de 32 planches in-4", à .l'eau-forte 
dont quelques-unes libres. 

On trouve quelquefois cette suite intercallée dans les « Re- 
cueils » in fol. ou in-4°. 

Nous avons retrouvé ces gravures, sans avoir pu conclure, si 
nous nous trouvions en présence du tirage original ou d'une réim- 
pression, dans un ouvrage paru en Hollande, sous le titre de : 

HISTORISCHE PRINT en Dicht Tafereelen, van Jon Baptist 
GIRARD, en Juffron Maria Catharina CADIERE. 

S. 1. 1731. — Grand in-S". 

Ces gravures sont accompagnées soit d'un : 

Texte explicatif, en hollandais. — Petit in-4°, 24 pages. 

Soit d'un: 

Poème hollandais — Grand in-8°. 

Titre en deux couleurs (rouge et noir), 24 pages d'introduction, 
plus 32 ff. imprimés seulement au recto, face à chaque gravure. 



48. 

Lettres écrites d'Aix pendant le procès du,. P. Girard et de 
la Cadière, contenant plusieurs anecdotes curieuses 
que le public n'est pas encore instruit (20 juillet 
1731-30 mai 1732). 

S. 1. n. d. — In-4°, 72 pages. 



Le Jésuite Girard et sa pénitente, Catherine Cadière. 
S. I. 1732 — In-8°. 



La Sainte d'Ollioules ou Eclaircissement sur le rapport 
mystérieux entre le P. Girard et la demoiselle Ca- 
dière. 

S. 1. 1732 — In-8°. 



The case of miss Cadière against the father Girard in a 
memoir presented to the parlement of Aix. 
London, 1732 — In-8°. 



Factum oder Vertheidigungs - Schrift Marien Catharinen 
Cadière wider den Jesuiten Pater J. B. Girard worin 
dieser Monch angeklagt wird, dass er sie unter der 
Quietisterey zur unzucht verfiihret, etc.. Aus dem 
Franzosischen. 
Colin 1732 — In-8°, figure. 



Gesprâche in Reiche der Lebendigen zwischen dem Pater 
J. B. Girard und der Mademoiselle Cath. Cadière, 
worin der verlauf vost den sonderbaren Sachen, was 
zwischen ihnen zu Toulon vorgefallen, ent decket ist, 
Aus dem Franzosischen. 
Côlln 1732. 



49 



Fernerer Verlauff in Sachen der Demoiselle Catharine Ca- 
dière wider den Pater Jesuiten J. B. Girard. Aus dem 
Franzosischen. 
Colin 1732 — figure. 



Erstaunenswûrdige Historié des P. J. B. Girard, welcher 
unter dem Schein der Heiligkeit die Jungfer Cadière 
zur entsetzlichsten Zauberey Blutschande etc., Abthei- 
lung der Leibesfrucht uberfiihret worden. Aus den 
Acten. 
Colin 1732 — In-8°. 



End-Urtheil in Sachen C. Cadiere wider den Jesuiten J. B. 
Girard. Die von dem Jesuiten verfiihrte Cadière. 

S. 1. 1732 — In-8^ 



The case of jésuit father Girard and miss Cadière. 
London. 1732 — 4 vol. in- 12 avec figures. 

Nous n'avons jamais rencontré cet ouvrage, signalé dans la « Bi- 
bliothèque des ouvrages relatifs à V Amour, aux Femmes, etc... du 
Comte d'I""" (64). C'est probablement une traduction du Recueil gé- 
néral des pièces concernant le Procès... 



Mémoires de M. le Marquis d'Argens avec quelques Lettres 
sur divers sujets. 
A — Londres, aux dépens de la Compagnie, 1735. — In-18. 
B — Nouvelle édition, augmentée d'une notice sur la vie et 



(64) Turin et Londres — 1871-73 — 6 volumes in-12... Mentionné 
également dans la Bibliothèque des Ecrivains de la Compagnie de Jé- 
§us, de Backer. 



3o 



les ouvrages de l'auteur (par Peuchet), et suivie de Lettres du 
même auteur sur différents sujets. * 

Paris, Buisson, 1807 — In-8° de 426 p. 

Si parmi les « Mémoires », publiés au xviii" siècle, dans les- 
quels il est fait mention du « Procès Cadière-Girard », nous mention- 
nons plus spécialement ceux du marquis d'Argens, ce n'est pas seu- 
lement parce qu'ils renferment des détails non reproduits ailleurs et 
qu'ils reflètent l'opinion de son père, procureur général au Parlement 
de Provence, qui fut commissaire enquêteur délégué à Toulon pour 
instruire cette affaire, mais aussi, parce que l'on- a attribué au marquis 
d'Argens, la paternité de « Thérèse Philosophe »... (Voir cet ouvrage 
au chapitre « Romans »). 



Der Jesuit Girard und seine Heilige (Girard et sa Sainte. 
Contribution religieuse du siècle précédent), par 
A. Kurtzel (publié dans le Raumers histor. Taschen- 
buch. Neue Folge IV. pages 413-485). 
Leipzig, 1843 — In-8''. 



Détails historiques sur le P. Girard, Jésuite, et Mademoi- 
selle Cadière de Toulon. 

A — Se vend à Paris, chez M. L. Deshayes, et, à Avignon, 
chez M. Clément, Mme Canonge, M. Godefroi, 1844 (Nîmes, typ. 
Ballivet et Fabre). In- 12 de 23 pages. 

B — Paris, L. Deshayes, 1845 — In- 12. 

Compilation sans intérêt, publiée pour servir de prologue à l'opus- 
suivant, sorti des mêmes presses, et, dont chaque exemplaire porte 
la signature autographe de l'auteur « Marne ». 

DETAILS ' HISTORIQUES SUR LA RELIGIEUSE, qui a 
été trouvée enchaînée, depuis plusieurs années, dans la prison 
du couvent des religieuses de l'hôpital d'Avignon (1844). 



La Sorcière, par Michelet. 

La première édition de cet ouvrage, mis à l'index par décret du 
26 janvier 1863, parut, chez Dentu, dans le courant de l'année 1862, 



/ 



5i 

en format in- 12. Il fut très souvent réimprimé depuis, notamment dans 
la « Bibliothèque Contemporaine à 3,50 » éditée par Calman-Lévy, et 
dans la « Collection in- 18 à 3,50 » de Flammarion. 

La première édition .publiée en France, en 1862, y a, dit-on, été 
saisie (Otto Lorenz, t. VI,i p. 270). Toutefois nous croyons que l'in- 
tervention de l'autorité s'est bornée à un simple avis de ne pas tirer 
une seconde édition à Paris, ce dont, on a tenu peu de compte, puis- 
que nous avons vu un exemplaire de la troisième édition publiée à 
Paris et datée de 1862, tandis qu'une contrefaçon belge, in- 12, avec 
mention « deuxième édition, revue et augmentée, Bruxelles et Liepzig », 
porte celle de 1863? 

Une très belle édition, avec préface de A. Van Bever, est parue 
à Paris, chez Chevrel, en 1911. In-8" avec 15 planches hors texte. 



Les débauches d^un confesseur. Roman historique anti- 
clérical, par Jean Pauper. 

Fascicule supplémentaire de. la 

Bibliothèque Anti-Cléricale. Paris (sans indication d'impri- 
merie), 1880. — In- 12 de 76 pages, 1 gravure. 

La « Bibliothèque Anti-Cléricale », fondée en mars 1879 par 
Léo Taxil, faisait paraître un fascicule « dit régulier » à la fin de 
chaque trimestre, plus des fascicules supplémentaires pour lesquels 
des collaborateurs étaient acceptés, les réguliers étant exclusivement 
écrits par Léo Taxil. 11 est paru, croyons-nous, une quinzaine de fas- 
cicules en tout (1879 à 1881). 



Le Procès de la Cadière et l'opinion publique en Provence, 
d'après une lettre inédite de Mgr de Surian, évêque 
de. Vence... Octobre 1731. 

Publié par Georges Doublet dans la Revue historique de Pro- 
vence, 1901, page 133. 



U Aventure du Père Girard. 

Nouvelle historique dont le commencement fut publié dans le 
n" 808 des Coulisses — journal hebdomadaire toulonnais — (22-29 
novembre 1913), mais qui ne put être continuée, l'auteur M. Oursou 
(alias Georges Varoy), étant mort quelque temps après, des suites 
d'une opération chirurgicale. 



52 



Le Procès devant le Parlement d'Aix du Père Girard, jé- 
suite, et de Catherine Cadière, en 1731, ou Un Epi- 
sode provençal de la lutte entre les Jésuites et les 
Jansénistes au dix-huitième siècle. 

Thèse soutenue, en 1918, devant la Faculté des Lettres 
d'Aix, par M. Armand Chambon. — non imprimée. 



Anecdotes, chansons, comédies, poésies diverses ^ lettres, 
relations, relatives au Procès du Père Girard et de la 
demoiselle Cadière. 1730-1731. 

Sous ce titre modeste figurent dans le Catalogue des Manuscrits... 
(fonds français n" 23.859, 60 et 61) de la Bibliothèque Nationale, 3 
volumes, in folio, reliés en velin vert, qui constituent le Recueil le plus 
complet de pièces extra-judiciaires sur le procès Girard-Cadière que 
nous ayons rencontré. 

Il a, sans aucun doute, été formé par un haut personnage de la 
cours de Louis XV, peut être même pour l'amusement du roi, fort 
friand de ce genre de nouvelles, et pour qui, le Lieutenant de Police 
n'hésitait pas à faire rédiger, journellement, par ses inspecteurs, une 
chronique scandaleuse. Les trois volumes en question contiennent, 
en effet, nombre d'anecdotes affriolantes très aptes à amuser le 
monarque. 

Quelques lettres : « sailles », subsistant encore au verso d'une 
pièce (65), il semble que l'on peut conclure qu'il fut formé à Versailles 
avec les éléments fournis par un correspondant... haut placé dans la 
société provençale, ayant ses entrées partout, même au Parlement 
d'Aix, probablement un magistrat, qui se déplaçait fréquemment d'Aix 
à Toulon par Marseille, et qui, sur son chemin, glanait tous les ra- 
contars, qu'il enregistrait fidèlement sans les atténuer, ni gazer, ne 
déguisant pas sous des initiales les noms des héros ou des victimes. 

C'était, en tout cas, un assez singulier personnage, qui commence 
par déclarer, à son protecteur, qu'il n'a pas « de plus grande ambition 
que de vous êtes bon à quelque chose et de reconnaître les obligations 
que je vous ai », mais qui, cependant, est assez prudent pour penser 
qu'il ne trouverra « pas mauvais que je me sois servi d'une main 
étrangère pour écrire cette lettre (66) que je ne signerai pas pour les 
mêmes ». Cet anonymat, il le conserve précieusement au cours de 
cette correspondance qui dura du 23 mars 1731 au 15 mai 1733, ne 
laissant percer un peu de sa personnalité qu'au sujet de l'estampe du 



(65) Manuscrit n° 23.859, folio 105 bis. 

(66) Lettre de Marseille^ 22 mars 1731, Manuscrit 23860. 



53 

Nouveau Tarquin (67), « actuellement sur mon bureau, mais que je ne 
puis vous envoyer parce qu'on m'a donné pour tâche de découvrir si 
effectivement c'est un leurre- ou non » (68), mais il dévoile, du moins, 
la souplesse de son échine lorsqu'il avoue : « J'ai fait ma cour à la 
bonne année, et on m'a rendu visite; il n'y a point de jésuite qui n'aye 
de ma part une grande révérence à c... ouvert « (sic) (69). 

Les pièces réparties en ces trois volumes sont de plusieurs écri- 
tures, cependant aux marques des plis que le temps n'a pu effacer, il 
est facile d'y reconnaître les originaux expédiés de Provence à Ver- 
sailles. 

Chaque volume porte un titre, écrit à l'encre noire, sur le velin 
même du dos. Nous les indiquerons donc ci-dessous, en analysant 
chacun de ces volumes : 

1° Manuscrit n" 23859... 

Vers faits pendant le procès de la Cadière. 

Nous réservons la nomenclature des pièces formant ce volume 
pour le chapitre consacré aux CHANSONS ET POESIES DIVERSES. 

2° Manuscrit n" 23860... 

Anecdotes sur le Procès de la Cadière. 

Sous forme de lettres, écrites de Marseille, Toulon ou Aix, du 23 
mars 1731 au 10 mai 1733, c'est, non seulement, l'historique anecdo- 
tique de toutes les phases de la procédure de cette affaire, émaillée 
d'historiettes où magistrats, ecclésiastiques, bourgeois, juges et accu- 
sés ne sont nullement ménagés, mais encore un aperçu, très curieux et 
vécu, de la vie provençale pendant cette période enfiévrée, car main- 
tes anecdotes, et non des moins piquantes, ne se rattachent que de loin 
au sujet principal. 

Nous y avons fait de nombreux emprunts, qui ne donneront 
qu'une bien faible idée de l'intérêt que présente cette correspondance, 
dont le style, par trop réaliste, ne permets pas une publication in- 
extenso. Parmi ces lettres se trouvent quelques copies de pièces, déjà 
rencontrées dans d'autres recueils, à l'exemption toutefois de : 

SENTIMENS DE Mlle CADIERE depuis les conclusions de 
Roy (Septembre 1731). 

LETTRE ECRITE PAR M. LE NORMANT ,avocat au Par- 
lement de Paris, à M'= Chaudon, avocat de la DUe Cadière. — 30 
octobre 1731. 

Au sujet d'un libelle contre M. Chaudon, publié par les Jésuites. 



(67) Voir page 105. 

(68) Lettre de Marseille, 10 novembre 1731, Manuscrit 23860. 

(69) Lettre de Marseille, 10 janvier 1732, Manuscrit 23860. 



54 



HISTOIRE ARRIVÉE A ROUEN (70). 



II serait difficile de faire, même en latin, l'analyse de cette aven- 
ture, véridique, assure-t-on, à laquelle le père Girard se trouve mêlé 
à propos d'un baptême par... injection!!! 



3« Manuscrit ri" 23861... 

Différentes relations et pièces fugitives qui ont parues dans 
le tems du procès de la Cadière. 

Comme l'indique le titre ci-dessus, c'est un recueil de copies de 
pièces parues à l'époque du procès, mais qui, bien que plusieurs aient 
été imprimées, ne semblent pas avoir été livrées au public, soient 
qu'elles fussent : 

1° — Des requêtes particulières, non versées au procès telles que: 

LETTRES DE Mlle CADIERE A M. LE CHANCELLIER, 
datées de: Aix, les 13, 27 Avril; 2, 4, 11 et 21 Mai; 6 juillet 1731. 

LETTRES DE LA VEUVE CADIERE ET DE SA FILLE, 
à M. le Chancelier... Toulon, 10 Dec. 1730, 11 Janvier, 4 et 1 1 
Février 1731. 

PLACET DE LA MERE ET LA FILLE CADIERE. M. le 
Cardinal de Fleury, à M. le Chancelier et à M. le Garde des 
Sceaux. (Novembre 1730). 

LETTRE DES MEMES à Monsieur le Comte de S.-FIoren- 
tin... Toulon, 10 décembre 1730. 

LETTRE DE LA Vve CADIERE à M. le Cardinal Fleury, 
avec une déclaration de sa fille contenant plusieurs faits contre le 
Père Girard... Aix, le 21 mars 1731. 

LETTRE DES ENFANS ALLEMAND à S. E. Mgr le Car- 
dinal de Fleury, pour demander l'élargissement de leur mère — 
Toulon, le 26 novembre 1730. 

LETTRE DU PERE NICOLAS, carme déchaussé, écrite de 
Toulon, le 27 avril 1731, au sujet de sa confrontation avec le 
Père Girard. 



(70) Un extrait de cette lettre a été publié dans : La Côte d'Azur 
Médicale. Tome 3, n° 1 (janvier 1922), sous le titre de: Un Baptême 
par Injection suivi de Une Affaire de Sorcellerie à Toulon - le Procès 
Girard- Cadière. 



55 



Cependant nous avons trouvé imprimée une requête: 

A NOSSEIGNEURS DE PARLEMENT SUPPLIE HUM- 
BLEMENT Dlle EISABEAU POMET, veuve de St-Joseph Ca- 
dière (7 mars 1731) — S. L n. d. — Pet. in-f", 4 pages. 

2" — Des demandes d'instruction aux autorités supérieures: 

LETTRES DE M. LE BRET A M. LE COMTE DE St-FLO- 
RENTIN — Aix, 20 novembre, 7 décembre 1730 et 10 février 
1731. 

LETTRE DE L'EVEQUE DE TOULON à M. le Comte de 
St-Florentin — 22 novembre 1730. 

MEMOIRE SUR L'AFFAIRE DU PERE GIRARD, Jésuite 
— 24 mai 1731. 

Cette pièce porte en marge : « Mémoire donné à S. E. qu'elle m'a 
renvoyé, disant qu'il fallait expédier des « Lettres de Continuatur et 
attendre le projet' de M. Le Bref. » 

3" — Des lettres particulières interceptées, telle que: 

FRAGMENTS DE QUELQUES LETTRES D'AIX. 9 et 15 
mars 1731. 

LETTRES DE Mme D'AUBERT, Supérieure du Couvent 
des Religieuses de Ste-Claire à Dlle Artigue de Toulon — Ollioul- 
les, le 7 mars 1731. 

LETTRE DE M. DE GAUFRIDY, au sujet de l'affaire de la 
Dlle Cadière — 15 avril 1731. 

LETTRE — (à une dame) — Août 1731. (71) 

relatant de très curieuses anecdotes, légèrement scabreuses, con- 
cernant l'évêque de Toulon, représenté comme très... naïf. (72) 

LETTRE DU PERE GIRARD à un Jésuite de ses amis — 
Lyon, le 17 novembre 1731. 

4° — Pièces diverses: 

RELATION DE L'AFFAIRE ARRIVÉE A LA DEMOI- 
SELLE CADIERE avec le Père Girard, directeur des Jésuites de 
Toulon. 

RELATION DE LA PRETENDUE SAINTETE DE CA- 
DIERE et de son exposition contre le Père Girard, jésuite, son. 



(71) Publiée, en partie, sous le titre de: Un Cas Réservé... Anec- 
dote toulonnaise... dans Les Coulisses, n° du 25 juin 1927. 



56 

directeur, pour servir de Mémoire. Fait à Malte sur des mémoi- 
res envoyés de Toulon. 

Quelques-uns des documents éontenus dans ce recueil ont été 
utilisés à l'époque même par les 

NOUVELLES ECCLESIASTIQUES <72) 

journal qui s'est fort occupé de (ie procès, auquel il consacra, pen- 
dant l'année 1731, de nombreux âl'ticles. 



(72) Le lieutenant général de police, Hérault, homme très adroit 
et très fin, ne put jamais parvenir à découvrir, à Paris, le lieu où 
s'imprimaient les Nouvelles Ecclésiastiques ; leur publication secrète 
commença en 1728, sous le titre dé « Mémoires pour servir à l'His- 
toire ecclésiastique », et leur distribution régulière dura jusqu'en 
1789. Cette feuille janséniste s'iinprimait, en uft atelier improvisé, 
dans une pile de bois sur le port aux planches, les ouvriers étaient 
tous déguisés en débardeurs et manœuvres... {Histoire du Livre en 
France, p^r Werdet. Paris 1861. T. IV, p. 136). 



PIÈCES DE PROCÉDURE 



Recueil général des pièces concernant le procez entre la 
demoiselle Cadière, de la ville de Toulon, et le Père 
Girard, jésuite, Recteur du Séminaire Royal de la 
Marine de ladite ville. 
S. 1. ni nom d'imprimeur. MDCCXXXI. 2 vol. infol. 

Ce recueil n'est, en réalité, que le groupement, sous le titre ci- 
dessus, imprimé plus que probablement par J. David, d'Aix (73), d'un 
certain nombre de pièces éditées séparément, et, suivies, pour chacun 
des volumes, d'une table où elles sont énumérées dans l'ordre chro- 
nologique de leur publication, c'est-à-dire, suivant la marche du procès. 

La nomenclature ci-dessous n'est donc que la reproduction de 
ces tables, que nous avons corrigées, en rétablissant les titres exacts 
des pièces, et, en faisant suivre chacune d'elles de la mention biblio- 
graphique de tous les tirages qui nous sont connus. 

Nous indiquons également la concordance de tous ces mémoires 
ou factums avec ceux composant les « Recueils » in- 12 ou in-8", qui 
présentent la même particularité que celui in-folio, c'est-à-dire de 
n'être qu'une réunion, plus ou moins complète, de contrefaçons ou 
copies, publiées au jour le jour, sans lieu d'impression, nom d'impri- 
meuur, ni date. 

TOME PREMIER 

I. — Justification de la Demoiselle Cadière, contenant un 
récit fidèle de tout ce qui s'est passé entre elle et le 
Père Jean Baptiste Girard (Jésuite) . 

(Ce mot n'est pas sur le factum, qui porte en plus: Recteur 
du Séminaire de la Marine des Jésuites de Toulon [et Elle] et 



(73) Nous avons rencontré également ce recueil avec les men- 
tions suivantes : 

A. A. — A Aix, sans nom d'imprimeur, 1731. 

A. B. — A Marseille, sans nom d'imprimeur, 1731. 

A. C. — La Haye, sans nom d'imprimeur, 1731, 



58 



dans le cours du Procès qui pend à juger devant la Cour... (Signé: 
Cadière). 

A — S. I. 1731 — In-fol. 10 pages. 

A.A. — A Aix, de l'Imprimerie de la Vve Joseph Senez. 
In-fol. 

B — RECUEIL in- 12. Tome I, pièce 1 — 30 pages. 
(les mots entre [ ] n'y figurent pas). 

B B ~ S. 1. n. d. — In-12. Edit. différente. 



IL — Mémoire instructif pour Demoiselle Catherine Ca- 
dière, de la ville de Toulon, Appelante comme abus 
de Procédure de l'Official de ladite ville, à la Re- 
quête du Promoteur, et par Appel simple de la Pro- 
cédure faite contre elle par Messieurs les Commis- 
saires du Parlement d'Aix, Demanderesse en Lettres 
Royaux incidentes de restitution, du 19 May 1731. Et 
au principal. Querellante en Enchantement, Rapt, In- 
ceste spirituel, Avortement et Subornation de Témoins, 
Contre le Père Jean Baptiste Girard, Jésuite, Recteur 
du Séminaire Royal de la Marine dudit Toulon. Que- 
rellé: Et encore M. le Procureur Général du Roy, In- 
timés, tous deux Défendeurs en Lettres Royaux... 
{Signé: Chaudon.) 

A — (à la fin) A Aix, de l'Imprimerie de Joseph David, 1731. 
In fol. 57 pages. 

A. A. — Edit. différente, sortie des mêmes presses. In-fol. 

B. — RECUEIL in-12. Tome I, pièce 2. 172 pages. 

B. B. — S. 1. n. d. — In-12. Edit. différente. 

D. — A La Haye, chez Henri Scheurbeer. — Sur la copie 
imprimée à Aix chez Joseph David, 1731. (Voir page 81). — In-8° 
de 164 pages. 



III. — Mémoire Instructif pour le Père Jean Baptiste Gi- 
rard, Jésuite, Recteur du Collège Royal de la Marine 



59 

de la Ville de Toulon. Contre Marie Catherine Cadiè- 
re: Et encore M. le Procureur Général du Roy, Que- 
rellant... (Signé: Pazery Thorame.). 

A — (à la fin) A Aix, des imprimeries de René et Clément 
Adibert. S. d. — In-fol. 58 pages. 

A. A. — (avec un titre portant) : A Paris, chez Gissey et Bor- 
delet, 1731. — In-fol. Titre et 58 pages. 

B — RECUEIL in- 12. Tome II, pièce 1 — 144 pages. 
Dans le « Recueil » in- 12, cette pièce est suivie du: 

III bis. — Recueil des Lettres du Père Girard et de la De- 
moiselle Cadière, dont les originaux ont été produits 
au Procès, avec les Réflexions générales sur ces 
Lettres. 

A — (à la fin) A Aix, des imprimeries de René et Clément 
Adibert frères. S. d. — In-fol. 58 pages. "^ 

A. A. — (à la fin) De l'Imprimerie de Gissey, 1731. — In-fol. 
44 pages. 

La table du « RECUEIL in 12 » porte en sus du titre ci-dessus 
« Et le Mémoire du Carême » qui, quoique, non annoncé figure éga- 
lement dans les éditions in-folio ci-dessus. 

B — RECUEIL in-12. Tome II, pièce 2 — 147 pages. 

B. B. — Les deux pièces ci-dessus se trouvent réunies sous 
une même pagination (1 à 180 pour la Ire; et 181 à 302 pour la 
2me), dans une autre édition: In- 12, 328 pages. 

A la page 303 commence le Mémoire des faveurs dont j'ai joui 
par la grande miséricorde du Seigneur pendant tout le cours du 
Carême passé. Van 1730. 

D — A La Haye, chez Henri Scheurbeer. Sur la copie im- 
primée à Paris, chez Gissey et Bordel et. 1731. {Voir page 81). — 
In-8°, 284 pages. 



IV. — Mémoire instructif (des Objets proposés contre les 
Témoins) pour Demoiselle Catherine Cadière, contre 



6o 

le Père Jean Baptiste Girard, jésuite (et encore M. 

le Procureur général du Roi) . 

Signé: Chaudon. 

Les mots entre parenthèses ne figurent pas soit sur le factum, 
soit à la table. 

A — {en tête) A Aix, de l'imprimerie de la Vve de Joseph 
Senez, 1731. — In-fol., 18 pages. 

A. A. — Edit. différente (remplie de fautes d'impression), 
sortie des mêmes presses. — In-fol. 18 p. 

B. — RECUEIL in- 12... Tome I, pièce V, 38 pages. 
B. B. — S. 1. n. d. — In- 12. Edit. différente. 



V. — Réponse au Mémoire instructif du Père Girard, jé- 
suite, pour Demoiselle Catherine Cadière, appelante 
a minima de décret d'assigné rendu par messieurs les 
Commissaires du Parlement, le 23 février dernier... 
contre le Père Girard. 

A — {en tête) A Aix, de l'imprimerie de la Veuve de Joseph 
Senez, 1731 — In-fol. 84 pages. 

A. A. — Edit. différente, sortie des mêmes presses. In-fol. 
B — RECUEIL in-12... Tome III, pièce 1. 191 pages. 

B. B. — S. 1. n. d. In 12. Edit. différente. 231 pages. 

D. — A La Haye, chez Henri Scheurbeer. Sur la copie im- 
primée à Aix de l'Imprimerie de la Veuve de Joseph Senez, 
1731. {Voir page 81) In-8°, 181 pages. 



VI. — Mémoire du P. Girard, jésuite, pour détruire le 
bruit que la Cadière et ses complices publient, que 
M. l'Avocat général doit requérir que Lalemand mère 
et fille, la Batarel, la Guiol, la Gravier, la Laugier, 
la Reboul et autres pénitentes du Père Girard, qui 
ont déposé dans la procédure, soient décrétées de pri- 
se de corps. Réponse de la demoiselle Cadière... {Si- 
gné: Chaudon.) 
Se trouve également répertorié comme : 



6i 



Petit Mémoire du Père Girard, Jésuite, avec la réponse de 
la demoiselle Cadière. 

A — (à la fin). A Aix, chez Joseph David^ 1731. In-fol. 
4 pages. 

A. A. — Aix, Impr. de J. David, 1731. In-fol. 4 pages. 

A. B. — (Sur la copie imprimée à Aix) — Marseille, Veuve 
Bpy et fils. S. d. In-fol. 3 pages. 

B. — RECUEIL in- 12. Tome II, pièce VI, 8 pages. 
B. B. — S. 1. n. d. — In- 12. Edit. différente. 

B. C. — S. 1. n. d. — In- 12. Suivie avec pagination continuée 
(11 à 51) de la pièce VIII, tome I, B. B. 



VII. — Mémoire instructif pour Messire François Cadiè- 
re, Prêtre de la ville de Toulon, Appelant du Décret 
d'assigné contre lui rendu, le 23 février 1731, et de 
ce qui s'en est ensuivi : Demandeur en Requête d'adhé- 
rance à l'Appel comme d'Abus i élevé par la Demoi- 
selle Cadière, sa Sœur, de la Procédure faite à la Re- 
quête du Proinoteur en l'Evêché de Toulon; entre 
M. le Procureur général du Roy... {Signé: Bougarel.) 

A — {En tête) A Aix, de rimprimerie de la Veuve de Joseph 
Senez, 1731. — In-fol. 60 pages. 

A. A. — Edition différente sortie des mêmes presses. In-fol. 
B — RECUEIL in-12. Tome III, pièce 2, 131 pages. 

B. B. — S. 1. n. d. — In- 12. EdU. différente. 



VIII. — Observations sur le Mémoire Manuscrit, distri- 
bué par le Père Girard, dans le cours de la Plaidoirie 
de M. l'Avocat général. (Pour le Père Estienne Tho- 
mas Cadière, Dominicain) ... {Signé: Fouque.) 

A — {à la fin) A Aix, chez Joseph David, 1731. In-fol. 14 p. 
A. A. — (à la fin) A Aix, chez Joseph David, 1731. In-fol. 10 p. 

A. B. — S. 1. n. d. — In-fol. 

B. — RECUEIL in-12... Tome IV, pièce 2, 28 pa^s. 

B. B. — S. 1. n .d. — In- 12, publiée à la suite de la. pièce V4, 
tome I. B. C, dont elle continue la pagination (11 à 51), 



62 



IX. — Réflexions sur la Récrimination en prétendu com- 
plot imputé au Père Estienne Thomas Cadière, Prê- 
tre, Religieux de l'Ordre de Saint-Dominique, par le 
Père Jean Baptiste Girard, Jésuite, Recteur du Sé- 
minaire Royal de la Marine de la ville de Toulon.., 
[Signé: Fouque.) 

A — {En tête). A Aix, de l'Imprimerie de René Adibert. 
S. I. — In-fol. 52 pages. 

A. A. — Edition différente sortie des mêmes presses. In-fol. 

B. — RECUEIL in-12. Tome I, pièce 1, 144 pages. 

B. B. — S. 1. n. d. — In- 12. Edition différente. 168 pages. 



X. — Premiers Actes et Contrat Protestatifs de la Demoi- 
selle Cadière, signifiés au Père Girard et à M. le Pro- 
cureur général. 

Comprend, en paginations séparées : 

1° Acte protestatif de Mlle Catherine Cadière signifié au 
Père Girard, le 15 Mars 1731. 

A— {En tête) A Aix, chez René Adibert. S. d. In-fol. 8 pages. 

2° Acte signifié le 9 avril à M. le Procureur Général du 
Parlement d'Aix. 

A — {En tête). A Aix, 1731. — In-fol. 3 pages. 

Ces deux pièces sont réunies en une seule pagination dans: 

B — RECUEIL in-12. Tome I, pièce 3—16 pages. 
B. B. — S. 1. n. d. — In-12. Edit. différente. 



XI. — Recueil des premières Requestes de la Demoiselle 
Cadière, du Père Estienne Thomas Cadière, Jacobin, 
et du Père Nicolas de Saint- Joseph, Prieur des Car- 
mes de Toulon. 

Titre inprimé pour réunir les huit pièces suivantes, qui se pré-^ 
sentent avec pagination continue dans le « RECUEIL in-12 ». Tome I, 
pièce 4v 



63 

1 " A Nosseigneurs de Parlement suplie (sic) humblement Ca- 
therine Cadière... Remontre que le 27 du mois de février. 

C — S. 1. n. d. — In-4'', 9 p'àges. 

2° Remontre que le 13 Mars dernier... 

3° Remontre que par une injustice énorme... 

C — S. 1. n. d. — In-4", 5 pages. 

Les trois pièces réunies sous une pagination continue : 

A -— A Aix, Impr. de J. David, 1731. — In-fol. 
A. A. — S. 1. n. d. — In-fol. 12 pages. 

4° Remontre qu'elle vient d'apprendre... 

5° Remontre que le neuvième du courant... 

A — S. 1. n. d. — In-fol. 4 pages. 

6° Remontre que le 12 mars... 

A — S. 1. n. d. — In-fol., 4 pages. 

7° Supplie humblement Frère Estienne Thomas Ca- 
dière... Remontre que par un événement... 

A — (En tête) A Aix, chez Joseph David, 1731. In-fol. 3 p. 

C — A Aix. De l'imp. de R. Audibert. — S. d. — In-4° 3 p. 

8° Supplie humblement Frère Nicolas de St-Joseph. 

A — (En tête) A Aix, chez Joseph David, 1731. In-fol. 3 pag. 

A. A. — N"" 7 et 8... réunis avec pagination continue. — 
S. 1. n. d. — In-fol. 4 pages. 



XII. — Interrogatoire, Recollement et Confrontation du 
Père Girard et de la Demoiselle Catherine Cadière 
avec des Observations. Ensemble la Révocation de la 
Variante de ladite Demoiselle Cadière, et sa Confron- 
tation mutuelle avec le Père Nicolas, Prieur des Car- 
mes de Toulon... {Signé: Chaudon.) 
A — (A la fin) A Aix, chez Joseph David, 1731. — 45 pages. 

Le RECUEIL in- 12 comprend, en pagination continue: 

Recollement de la Demoiselle Cadière ... (avec) Observa- 
tions {Signé: Chaudon^) 



^4 



A — (A la fin) Chez René Adibert. S. d. In-fol. de 6 pages. 

A. A. — A Aix. Impr. de R. Adibert. S. d. In fol. 

B. — RECUEIL in-12. Tome IV, pièce 3. 128 pages. 



XIII. — Lettre d'un Magistrat désintéressé, à un de ses 
amis, au sujet du Procès intenté contre le Père Gi- 
rard, Jésuite. 

A — (Sur le titre) A la Haye, chez Dhondt. In-fol. 19 pages 
(titre compris dans la pagination). 

A. A. — S. 1. n. d. — In-fol. 1 1 pages. 

B — RECUEIL in-12. Tome VI, pièce 3. — La pagination 
se continue (11 à 35) avec celle de la pièce 2 du même tome. 

Cet ouvrage a été condamné par « Arrêt du Parlement de Pro- 
vence » du 19 octobre 1731. 



XIV. — Requestes incidentes de la Demoiselle Cadière, 
et du Père Estienne Thomas Cadière, Jacobin, sur les- 
quelles ils ont obtenu la permission de' parler à leurs 
Parens et à leurs Conseils. 

Titre imprimé pour réunir les deux pièces suivantes, dont la jus- 
tification du texte est in-4", tirées en format in-folio. 

1° A Nosseigneurs de Parlement supplie humblement Fr. 
Etienne Thomas Cadière... Remontre, que, par l'Arrest du 30 
Juillet... 

A — {A la fin) A Aix, de l'Impr. de René Adibert. S. d. 
In-fol. 3 pages. 

2° A Nosseigneurs de Parlement suplie (sic) humblement 
Demoiselle Catherine Cadière... Remontre, que le 18 novembre 
1730. 

A. — {En tête) A Aix, chez René Adibert, s. d. In-fol. 5 pag. 
A. A. — S. 1. n. d. In fol. 4 pages. 

Les deux pièces réunies, avec paginaion continue. 

A. B. — {A la fin). Sur la Copie imprimée. à Aix. — Mar- 
seille, chez D. Sibié. S. d. — In-fol. 4 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VI, pièce 2 (Réunissant les 
deux articles ci-dessus sous la même pagination)' 10 pages, 



65 



C. — La supplique d'Etienne Cadière réunie à: 

A Nosseigneurs de Parlement suplie humblement Demoi- 
selle Catherine Cadière... Remontre, que dans le procès qu'elle 
a... (à la fin)... Sur la copie imprimée à Aix, chez D. Sibié, Im- 
primeur et Libraire sur le Port. S. d. — In-fol. 4 pages. 



XV. — Réflexions sur, les Mémoires du Père Jean Baptis- 
te Girard, Jésuite, et de Catherine Cadière et ses co- 
accusés. 

A — S. l..{A la fin) MDCCXXXI. In-fol. 8 pages. 

A. A. — S. 1. 1731. In-fol. (Edition différente). 

A. B. — S. 1. n. d. — In-fol. 8 pages. 

B — RECUEIL in- 12 — Tome VI, pièce 6. — La pagination 
se continue (38 à 49) avec celles des pièces 2 et 3 du même 
volume. 



XVI. — Copie de la Lettre dç Mademoiselle Agnès, Pen- 
sionnaire au Couvent d'Ollioules (74), adressée à 
M. l'Avocat Chaudon, du premier Juillet 1731. 

A — S. 1. n. d. — In-fol. 7 pages. 



(74) La commune d'Ollioules, située à 8 kil. de Toulon, à l'entrée 
des Gorges du même nom, connut à cette époque un moment de célé- 
brité mondiale, grâce au séjour forcé que fit Catherine CadièrCj au 
couvent des Ursulines de ce village, c'est du moins ce que nous affir- 
me Lefranc de Pompignan dans son « Voyage de Languedoc et de 
Provence » : 

« La route de Marseille à Toulon, dit-il, n'aurait rien de distin- 
gué, sans le fameux village d'Ollioules. Ce fut là. 
Comme cent plumes l'ont écrit. 
Que la pénitente aux stigmates. 
Régala les nonnains béates 
Des beaux miracles qu'elle apprit. 
Dans ce métier, qui fut son maître? 
Point n'importe de le connaître. 
Quant à ce pauvre directeur 
Qu'on menaçait de la brûlure. 
Hélas! il n'eut jamais l'allure 
a D'un sorcier ni d'un enchanteur. » 



66 



B. — RECUEIL in-12. Tome VI, pièce 5. — La pagination 
se continue (61 à 66) avec celles des pièces 2 à 4 du même 
volume. 

Cette pensionnaire du Couvent d'OlIioules répond ou plutôt ré- 
fute une « Lettre de Mlle Blanc, écrite à son frère, avocat à Aix, con- 
seil du P. Girard », que M. Chaudon dans sa « Réponse au Mémoire 
instructif du Père Girard », dit avoir été publiée; nous n'en avons re- 
trouvé que des copies manuscrites. 



XVII. — Acte Protestatif et Interpellatif, fait par la De- 
moiselle Cadière, à la Dame Supérieure du second 
Monastère de la Visitation de la ville d'Aix (avec les 
Réponses, Réplique et Observations qui ont suivi...) 
(Signé: Chaudon.) Daté: 18 Août 1731. 

A. — (En tête et à la fin). A Aix, de l'Imprimerie de René 
Adibert. S. d. — • In-fol. de 9 pages. 

Daté: 18-21 Août 1731. 

A. — (En tête et à la fin) A Aix, de l'Imprimerie de René 
Adibert. S. d. — In-fol. 1 1 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome Vî, pièce 6. — La pagination 
se continue (69 à 92) avec celles des pièces 2 à 5 du même 
volume. j 

TOME II 

I. — Mémoire Instructif pour le Père Nicolas de S. Jo- 
seph, Prieur des Carmes Déchaussés de la Ville de 
Toulon, décrété d'ajournement personnel à l'occasion 
de la plainte formée par la Demoiselle Cadière, con- 
tre le P. Jean Baptiste Girard, Recteur des Jésuites 
de la même ville, son Directeur. Contre le Procureur 
général du Roi... {Signé: Pascal.) 

A — (A la fin) A Aix, chez Joseph David, 1731. — In-fol. 
53 pages. 

A. A. — A Aix (à la fin). Imprim. J. David, 1731. — In-fol. 
56 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome V, pièce 1. — 168 pages. 
B. B, — S. 1. n. d. — In-12, 175 pages. 



67 

II. — Précis des charges pour Demoiselle Catherine Ca- 
dière contre le Père Girard... {Signé: Chaudon.) 

A. — (En tête) A Aix, de rimprimerie de la Veuve de Joseph 
Senez, I73I. — In-fol., 25 pages. 

A. A. — A Aix. Impr. de Vve J. Senez, 1731. — In-fol.. 
Edit. différente. 

B. ~ RECUEIL in- 12. Tome V, pièce 2. 51 pages. 
B. B. — S. 1. n. d. — In- 12. Edition différente. 



III. — Analyse des Témoins produits par le Promoteur en 
rOfficialité de Toulon, pour Demoiselle Catherine 
Cadière, contre le Père Jean Baptiste Girard, Jésuite. 

A. — {En tête et à la fin) A Aix, chez René Adibert. S. d. 
In-fol. 39 pages. 

A. A. — A Aix. Imp. R. Adibert. S. d. — In-fol. 48 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome V, pièce 3. 108 pages. 
B. B. — S. 1. n. d. — In- 12. Edit. différente. 



IV. — Résultat des Mémoires de la Demoiselle Cadière 
et Adhérants contre le Père Jean Baptiste Girard, Jé- 
suite. 

A. — S: 1. n. d. — In-fol. 67. pages. 

A. A. — S. 1. n. d. — In-fol. Edit. différente. 49 pages. 
A B. — A La Haye. 1731. — In-fol. 50 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VI, pièce 1. 160 pages. 

Ce mémoire est attribué au Père TOURNEMINE (75), Jésuite, 
d'après une note manuscrite contemporaine... Il a été condamné par 
Arrêt du Parlement de Provence, du 19 octobre 1731. 



V. — M.émoire des Faits gui se sont passés sous les yeux 
de M. VEvêque de Toulon, lors de l'origine de l'afFai- 



(75) Ecrivain fougueux, l'un des rédacteurs du « Journal de Tré- 
voux ». 

Cet ouvrage fut également attribué à l'abbé de Boisrenard.,, Voir 
page 119, 



68 

re du Père Girard, Jésuite, et de la Demoiselle Ca- 
dière... (Signé: Louis, évêque de Toulon.) 

A. — (A la fin) A Toulon, chez Jean Antoine Mallard, 1731. 
In-fol. 7 pages. 

A. C. — Sur l'Imprimé à Toulon, chez Jean Antoine Mal- 
lard. 1731. — In-folio de 4 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VI, pièce 7. — 15 pages. 

La Bibliothèque des Ecrivains de la Cie de Jésus, mentionne un: 

Témoignage de Mr VEvêque de Toulon, des faits qui se 
sont passez sous ses yeux, lors de l'origine de l'affaire du P. 
Girard et de la Cadière. 

Cracovie. 1732. — In- 12. 

que nous n'avons pu retrouver. 

Un chroniqueur contemporain (76) rapporte que la crédulité de 
M. de La Tour du Pin de Montauban, évêque de Toulon, sur les pré- 
tendus miracles de la Cadière était telle qu'il portait pieusement sur 
lui, une prétendue relique, c'est-à-dire une coiffe de cette fille, sur 
laquelle l'empreinte de la couronne d'épines dont elle avait reçu le 
stigmate, avait laissé quelques marques de son sang; c'était, selon 
lui, un spécifique à tous les maux. 

On l'aurait vu dans les temps orageux substituer cette coiffe à sa 
calotte pour se garantir du tonnerre, se l'appliquant sur les yeux et 
assurer qu'il y voyait beaucoup mieux ensuite; s'en frotter le bas 
ventre pour calmer les douleurs d'une colique et mille autres fatuités 
et puérilités de cette espèce dont le bon prélat n'était que trop capable, 
ajoute le chroniqueur. 



VI. — Réponse à l'Ecrit qui a pour titre Mémoire des Faits 
qui se sont passés sous les yeux de Monseigneur 
l'Evêque de Toulon, lors de l'origine de l'Affaire du 
Père Girard, Jésuite, et de la Cadière... {Signé: Chau- 
don.) 

A. — {A la fin). A Aix, chez Joseph David, 1731. — In-fol. 
18 pages. 

A. A. — A Aix. ïmp. de J. David, 1731. — In-fol. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VI, pièce 8. 55 pages. 
B. B, — S. 1. n. d. — In-12. Edition différente. 



(76) Lettre à une dame ~ août. 1731 .— Mss. 23860. Bibl. Nat. 



69 

VIL — Second Mémoire pour le Père Girard, Jésuite, ser- 
vant de Réponse au nouveau Mémoire de la Cadière 
et de ses Frères... {Signé: Pazery Thorame.) 

A. — {A la fin). A Marseille, chez Dominique Sibié, 1731. 
68 pages. 

A. A. — Marseille. D. Sibié, 1731. — In-folio. Edit. différ. 

B. — RECUEIL in- 12. Tome VII, pièce 1. 203 pages. 



VIII. — Réponse au second Mémoire Instructif du Père 
Jean Baptiste Girard pour Demoiselle Cadière (Pre- 
mière Partie) , de la Ville de Toulon, Querellante en 
crimes d'Enchantement, d'Inceste spirituel, d'Avorte- 
ment et de Subornation de témoins. Contre ledit Père 
^ Girard, Querellé... {Signé: Chaudon.) 

A. — {A la fin) A Aix. Imprimerie René Adibert. S. d. 
In-fol. 40 pages. 

A. A. — A Aix, chez R. Adibert. S. d. In-fol. Edit. différente.. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VII, pièce 2. 104 pages. 
B. B. — S. 1. n. d. — In- 12. Edition différente. 



IX. — Réponse de la Demoiselle Cadière à la Seconde 
Partie du second Mémoire du Père Girard... {Signé: 
Chaudon.) 

~ A. — {En tête) A Aix, chez Joseph David, 1731. — In-fol. 
40 pages. 

A. A. — S. 1. n. d. — In-fol. 40 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VII, pièce 3. 106 pages.. 



X. — Second Mémoire pour Messire Cadière, Prêtre, ser- 
vant de Réponse à ce qui le concerne dans le nouveau 
Mémoire du Père Girard, Jésuite... {Signé: Bougarel.) 

A {En tête). — A Aix, de l'Imprimerie de la Veuve de Jo- 
seph Senez, 1731. — In-fol. 36 pages. 



70 

A. A. — Edition différente sortant des mêmes presses. 
In-fol. 40 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VIII, pièce 1, 79 pages. 
B. B. — S. 1. n. d. — In- 12. Edit. différente. 



XI. — Réponse au second Mémoire imprimé sous le nom 
du Père Girard, pour le Père Estienne Thomas Ca- 
dière, Prêtre, Religieux de l'Ordre de Saint-Domini- 
que... {Signé: Fouque.) 

A. — {A la fin) A Aix, de l'Imprimerie de René Adibert. 
^ S. d. — In-fol. 21 pages. 

A. A. — A Aix, de ï'Imp. de René Adibert, 1731. — In-fol. 
40 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VIII, pièce 2. La pagination 
se continue (81 à 133) avec celle de la pièce 1 du même volume. 

B. B. — S. 1. n. d. — In-12. Edition différente avec pagina- 
tion spéciale. 



XII. — Démonstration des Im^postures Sacrilèges des 
Accusateurs du Père Girard, Jésuite, et de l'Innocen- 
ce de ce Père. Tirée uniquement des Mémoires des 
Visions, et autres prétendues Faveurs que la Cadière 
dit avoir reçues pendant le Carême de l'An 1730... 
{Signé: Pazery-Thorame.) 

A. — (En tête et à la fin). A Aix, chez René Adibert. S. d. 
In-fol. 8 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VIII, pièce 3. 16 pages. 
B. B. — S. 1. n. d. — In-12. Edit. différente. 

B. C. — S. 1. n. d. — In- 12, 22 pages. Suivie avec la pagi- 
nation continue (43 à 71) de la pièce XIV, B. B. 

Même ouvrage sous le titre de : 

XII bis — Mémoire pour le P. Girard... ou démonstration 
des impostures sacrilèges de ses accusateurs, et de l'innocence 
de ce Père... 

A. — (En tête et à la fin) Aix. Imp. de R. Adibert. S. d. 
In-fol. de 8 pages. 

A. A. — (En tête). A Marseille, de l'Imprimerie de D. Sibié. 
S. d. — In-fol. de 8 pages. 



71 

XIII . — Réflexions sur les prétendues Contradictions que 
le Père Girard oppose à la Demoiselle Cadière dans 
ses Réponses pardevant l'Official, avec des Observa- 
tions sur le nouveau Mémoire abrégé dudit Père, qui 
a pour titre: Démonstration des Impostures, etc.. 
{Signé: Chaudon.) 

A. — (En tête) A Aix, de l'Imprimerie de la Veuve de Jo- 
seph Senez, 1731. — In-fol. 14 pages. 

A. A. — A Aix, Imprimerie de Vve Senez, 1731. — ^ In-fol. 
Edit. différente. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VIII, pièce 4. La pagination 
se continue (17-46) avec celle de la pièce 3 du même volume. 



XIV. — Réponse à tous les Factums faits contre le Père 
Girard... (Signé: Pazery-Tliorame.) 

A — S. 1. n. d. — In-fol. 12 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VIII, pièce 5. La pagination 
se continue (47 à 83) avec celles des pièces III et IV du même 
volume. 

B. B. — S. 1. n. d. — In-12. Publiée à la suite de la pièce 
XIIj tome II, B. C., dont elle continue la pagination .{2^ à 71). 

Cette pièce a été également publiée sous le titre de : 

Briève réponse slux divers Mémoires faits contre le Père 
Girard. 

A. — (En tête) A Marseille, chez D. Sibié. S. d. — In-fol. 
12 pages. 

C'est sous ce dernier titre qu'elle est réfutée dans la pièce suivante: 



XV. — Observations sur l'Ecrit intitulé: Briève Réponse 
aux divers Mémoires faites contre le P. Girard, dis- 
tribué le 28 septembre 1731, supprimé le 29, de l'or- 
dre de l'Avocat qui l'avait signé, revu, corrigé et aug- 
menté d'une Déclaration de sa part, en forme de désa- 
veu, et donné au Public, le 2 octobre suivant... Pour 



12 

le Père Nicolas de Saint-Joseph, Prieur des Carmes 
déchaussez de Toulon... {Signé: Pascal.) 

A — (En tête). A Aix, chez Joseph David, 1731. — In-fol. 
9 pages. 

B. — RECUEIL in- 12. Tome VIII, pièce 6. La pagination 
se continue (84 à 110) avec celles des pièces S à 5 du même 
volume. 

B. B. — S. I. n. d. — In- 12. Edit. différente à pagination 
séparée. 



XVI. — Observations pour Demoiselle Catherine Cadière 
contre le Père Girard... {Signé: Chaudon.) 

A. — (En tête). A Aix, chez Joseph David, 1731. — In-fol. 
9 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VIII, pièce 7. La pagination 
se continue (111 à 132) avec celles des pièces 3 à d du même 
volume. 



XVII. — Parallelle des Sentimens du Père Girard avec 
ceux de Molinos et... justifié par les Lettres qu'il écri- 
vait à la Demoiselle Cadière, par ce qu'il lui ensei- 
gnait, de même qu'à ses autres Pénitentes, et par ce 
qu'il pratiquait lui-même... {Signé: Chaudon.) 

A. — {En tête) A Aix, chez René Adibert. S. d. — In-foL 
12 pages. 

A. A. — A Aix. Imp. R. Adîbert et J. David. S. d. — In-fol. 
12 pages. 

Il existe un titre collectif, destiné à réunir les deux pièces pré- 
cédentes, mais dont l'ordre est investie, c'est-à-dire, en commençant 
par l'énoncé de la pièce 17, suivi de celui du 16. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VIII, pièce 8. 33 pages. 

Bien que la pagination soit distincte, cette pièce fut éditée en 
même temps que la précédente, comme le témoigne le mot « Para- 
lèlle » mis, comme remarque, au bas de page 132 des Observations. 



73 

XVIII. — Les véritables Sentimens de Mademoiselle Ca- 

dière tels qu'elle les a donnés à son Confesseur pour 

les rendre publics. 

cotée à la Table XXIII . 

.A — {En tête) A Aix, chez Joseph David, 1731. — In-fol. 
4 pages. 

B. ^ RECUEIL in- 12. Tome VIII, pièce 10. 8 pages. 

La pagination de la première page (chiffrée 133) semble vouloir 
continuer celles des pièces 3 à 7 du même volume, tandis que les 
suivantes sont numérotées 2 à 8. 

B. B. — Imprimerie J. David. S. d. — In- 12. 
B. C. — Rotterdam. Imp. de Lanchefel. S. d. — In-12 de 
8 pages. 



XIX. — Copie du prononcé de VArrest de la Cour de par- 
lement de Provence au sujet de l'affaire du Père Jean 
Baptiste Girard, Jésuite, et de Catherine Cadière, Ni- 
colas de S. Joseph, carme, Estienne Thomas et Fran- 
çois Cadière, Frères. Du 10 octobre 1731... précédée... 

■ {impression au verso du titre) des: Conclusions de 
Monsieur le Procureur général du Roy, au Parle- 
ment d'Aix, du 11 Septembre 1731... 

1° Texte de l'Arrêt commençant par Dit a esté que la Cour. 

A. — S. 1. n. d. — In-fol. 4 pages. 

2? Texte de l'Arrêt commençant par II sera dit que la Cour. 

A. A. — S. 1. n. d. — In-fol. 4 pages. 

B. — RECUEIL in-12. Tome VIII, pièces 9 et 11. La pièce 
9 a une pagination séparée (2 pages'}, celle du, 11, chiffrée 9 à 
11, est la suite de la pièce 18. 

C. — S. 1. n. d. — In-4°, 4 pages. 

3° Sans les CONCLUSIONS. 

Texte du 1° — S. 1. n. d. — In-fol. Titre et 2 pages, chif- 
frés 1 à 4. 

Texte du 2° — S. 1. n. d. — In-fol. Titre et 2 pages, chif- 
frés 1 à 4. 



74, 

4° CONCLUSIONS, etc. Suivies de la Copie de l'Arrêt 
rendu... — S. 1. n. d. — AnA^ 4 pages. 

5« Copie de l'Arrest de la Cour du Parlement de Provence, 
au sujet de l'Affaire du Përe Jean-Baptiste Girard, Jésuite, et de 
Catherine Cadière, Nicolas de S. Joseph, carme, Estienne Tho- 
mas, et François Cadière, frères. Du 10 octobre 1731. — S. 1. 
n. d. — In-folio. 4 pages. 



Recueil général des pièces concernant le Procès entre la 
demoiselle Cadière, de la Ville de Toulon, et le Père 
Girard, Jésuite, Recteur du Séminaire Royal de la 
Marine de ladite ville. 

A. — A La Haye, chez Swart (A la Sphère) — 1731 .— 

8 vol. in-12. 

B. — S. I. n. d. — 8 volumes "iri- 12. 

. -Erb'sus des pièces que, nous- avons, indiquées parmis celles du 
« Recueil y) précédent nous trouvons dans celui-ci: 

, 1° COPIE DE LA LETTRE ECRITE D'AIX, le 21 octobre 
1731, 2. pages. 

Cette lettre, toute en faveur du P. Girard, fait remarquer que si 
Mlle Cadière n'a pas été punie d'une manière exemplaire, c'est « que 
par la procédure, sa friponnerie n'a pas été aussi bien établie que sa 
folie et son imbécilité. ». 

2° DENONCIATION DES FACTUMS; DE MAITRE; CHAU- 
DON.à Messieurs les Avocats du Parlement de Provence... — 
La pagination (3 à 363 se continue avec celle de là pièce pré- 
cédente. 

Nous avons trouvé les deux pièces ci-dessus réunis sous le titre de: 

DENONCIATION DES ECRITS DE M« CHAUDON à MM. 
les Avocats du Parlement de Provence. Avec la copie d'une let- 
tre écrite d'Aiji, le 21 octobre 1731. 

A. — {A la fin) A Nancy, chez Nicolas Barbier, 1731. 
In-fol. 13 pages. 

A. A. — Le même avec le mot: Factums, remplaçant 
Ecrits. . .:,.,:.., 

A Nancy, chez Nicolas Barbier, 173L — In-folio, 13 pages. 

, : B, — RECUEIL in'12. Tome VIII, pièce 13. 

D'après cette « Dénonciation », ce serait à la cupidité de l'avo- 
cat Chaudon que nous serions redevables de cette multiplicité de piè- 



75; 

ces faisant l'objet de cet « Essai Bibliographique »,• car on y, affirm.e 
qu'il aurait dit en présence de ses amis: « Où j'y gagnerai, vingt 
mille francs ou j'y brûle ». Dès lors il ne songea plus qu'à entasser 
Requêtes sur Requêtes, Mémoires sur Mémoires, Actes sur Actes, 
Observations sur Observations, Répliques, Placets, Sommations,; et 
à les faire imprimer. Le débit surpassa ses espérances et le projet 
s'accrut », puis, plus loin, on hésita pas non plus à attaquer sa vie 
privée, en insinuant qu' « à voir l'acharnement de Chaudon à persé- 
cwter le Directeur de sa première femme, on serait tenté de penser 
qu'il est intéressé à venger des injures personnelles. » 

Il ne faut pas oublier que ce n'était volontairement que M. Chau- 
don s'était chargé de la cause de Catherine Cadière; les Jésuites 
étaient tellement redoutés qu'elle ne put trouver .aucun avocat d'Aix 
qui voulut se charger de sa défense, tous craignant de se perdre à 
jamais, en défendant une fille si diffamée. En ce cas c'était, d'après 
les coutumes du barreau provençal, le syndic qui devait se constituer 
le conseil de l'accusée. M. Chaudon, alors syndic, ne se déroba pas 
à pareil devoir, et, il faut le constater à son honneur, il se montra, 
quoique son ministère eût été forcé, (9e qu'il était réellement: un hom- 
me d'immuable honnêteté et d'un grand courage. Il plaida avec cha- 
leur, s'efforçant de démontrer l'irrégularité des procédures. Il accusa 
le Père Girard : 1" de quiétisme; 2" d'enchantement et de sortilège (77) ; 
3° d'inceste spirituel; 4° d'avoir provoqué un avortement; 5° de subor- 
nation de témoins. . . 

Les écrits de M. Chaudon lui attirèrent également les foudres 
ecclésiastiques et du haut de la chaire, un évêque lui lança l'ana-' 
thème par un : 

MANDEMENT DE Mgr L'EVEQUE DE SISTERON por- 
tant condamnation des écrits faits par l'avocat Chaudon, en fa- 
veur de la Cadière. 20 octobre 1731. 

dont nous avons retrouvé des copies manuscrites dans les bibliothè- 
ques de Chartres (Mss. n° 1817), d'Aix (pièce 3 du Mss n° 827, et 
du Mss. 23861 de la Bibliothèque Nationale). 

La copie qui figure dans ce dernier manuscrit est suivie de cette 
note: Ce mandement n'a jamais été rendu par M. l'Evêque deSiste- 
ron; les Jésuites l'avaient projette dans l'espérance qu'il voudrait bien 
l'adopter et le père L'Allemand l'avait remis au Sr Gisset, imprimeur, 
qui en avait arrangé la planche, qui a' été ensuite rompu'e, ce f*rélat 
ayant refusé de le signer. Il est à croire que les copies, manuscrites 



(77) Ce qui fit dire à Voltaire: 

Je ne m'attendais guère .. 

De voir entrer le diable en cette affaire. 
Girard, Girard, tous vos accusateurs 
Jacobin, carme et feseurs d'écriture, 
Juges, témoins, ennemis, protecteurs. 
Aucun de vous n'est sorcier, je vous le jure. 



76 

qui ont été répandues dans le public dans le mois de novembre 1731, 
ont été donnés par les jésuites. 

A rapprocher de ces documents : 

LETTRE ANONYME A M. CHAUDON ET REPONSE. 

dont une copie figure dans le Mss. n" 205 de la bibliothèque d'Arles, et 
une autre dans le n" 23861, de la Bibl. Nationale. Dans celui-ci la ré- 
ponse est intitulée : 

LETTRE ECRITE D'ARLES PAR M. LE CKEVALIER DE R. (Ro- 
mieu) à M. le Commandeur de M... {Montolieu) ... à Marseille. 

Suivant une note terminant cette copie, elle aurait été imprimée 
séparément. 

Aix, novembre 1731. ? 

Elle a été réimprimé dans : Recueil au sujet du Procès de la 
Cadière... (Voir page 84). « 

et les : 

REFLEXIONS SUR LE FACTUM DE M-^ CHAUDON: 

Manuscrit que l'on distribuait à Marseille le 16 août 1731, et dont 
la paternité fut attribué au Père ROUSSELOT. 

L'auteur « qui n'est pas un jurisconsulte ni même un habile 
écrivain, avait dessein de répondre article par article au factum de 
M* Chaudon, mais le factum étant long, l'auteur a perdu patience et 
s'est arrêté dès le commencement. Cette ébauche imparfaite ne paraît 
pas mériter, une copie, ajoute le correspondant de Marseille, auteur 
de la lettre insérée dans le manuscrit 23860, déjà cité, qui, cepen- 
dant en donne une analyse assez curieuse. 



Recueil général des pièces contenues au procès du Père 
Jean Baptiste Girard... et de demoiselle Catherine Ca- 
dière. 
Aix. Imprimerie de J. David, 1731. — 5 volumes in-8°. 

1er volume, 431 pages. 
2me volume, 471 pages, 
3me volume, 399 pages. 
4me volume, 446 pages. 

Tables en tête de chaque volume et non paginées. 

Le cinquième volume se compose de deux recueils à pagination 
séparée. Le premier de 312 pages, et le deuxième de 172 pages, se 
terminant par un placard petit infol. portant comme titre : 



77 

Jugement du procès criminel entre le P. Girard, jésuite, et 
la demoiselle Catherine Cadière... (avec la Relation abrégée, 
etc..) — Voir: Jugement). 

La table de ce volume mentionne 18 articles dont 1' : 

Antifactum criti-comique. — (Voir page 86). 



Recueil général des pièces au Procez du Père Jean Baptis- 
te Girard, Jésuite, Recteur du Séminaire Royal de la 
Marine de Toulon et de Demoiselle Catherine Cadiè- 
re, Querellante. 

Sur l'Imprimé. 

A Aix, chez Joseph David, 1731. — 5 volumes in- 12. 

CONTREFAÇON DE L'EDITION précédente, dont les titres des 
quatre premiers volumes sont identiques, sauf que les tables se trou- 
vent à la fin des volumes au lieu d'être au commencement. 

Le cinquième volume... sans table... est composé dans cette con- 
trefaçon des cinq pièces suivantes, toutes à paginations séparées, 
sans 'lieu, ni date d'impression: 

1° HISTOIRE DU PROCES. (Voir page 45). 

2° ANTIFACTUM CRITI-COMIQUE (Voir page 86). 

3° LE NOUVEAU TARQUIN. Comédie en 3 actes. (Voir p. 102). 

4° RESULTAT DES MEMOIRES DE LA DEMOISELLE CA- 
l!)IERE et adhérans. Contre le P. Girard, jésuite. 160 pages. 

5° RELATION ABRÉGÉE. Placard in-folio (semblable à celui 
qui termine l'édition précédente). 

En tète de ce cinquième volume, une très- curieuse figure dessinée 
par Vanloo et gravée par M. de Larmessin, représentant la Cour de 
Justice, les Chambres assemblées, les accusés en présence, avec pour 
légende une pièce de vers débutant ainsi : 

« L'Aréopage d'Aix contre toute apparence, 

« Malgré les préjugez et la commune voix 

« Aux yeux de l'Univers opprime l'Innocence, 

« Et protégeant le Crime, il la met aux abois... » 

La bibliothèque du British Muséum (Londres) possède une autre 
contrefaçon en 5 volumes in- 12, portant cette indication fantaisiste 
d'imprimerie : 



78 

A Chinon^ de l'Imprimerie de François Rabelais (78), s. d. 

dont les titres des tomes 2, 3 et 4 portent également la mention : 

Sur l'Imprimé. A Aix^ chez Joseph David, 1731. 

Il nous a été malheureusement impossible de nous procurer le 
détail bibliographique de cette édition. 



ŒTTINGER ,dans sa « Bibliographie-biographique universelle » 
mentionne une traduction en allemand du : 

RECUEIL GENERAL DES PIECES, etc. 
imprimée à Coin, 1738, in-8", sans en donner le titre exact. — Voir 
pages : 48-49,; la liste des ouvrages en langue allemande concernant le 
procès. 



Recueil des mémoires ou factums qui ont paru pardevant 
le Parlement de Provence, pour et contre la demoi- 
selle Cadière, V. Estienne Cadière, et Messire Fran- 
çois Cadière, ses frères ; le P. Girard et le P. Nicolas. 

A Marseille, chez Dominique Sibié, imprimeur du Roy de 
la ville, et marchand libraire, sur le Port, 1731. — In-folio. 

■ Ce recueil se compose " de 26 mémoires ou factums, suivis de 
3 pièces anonymes; ce qui forme un total de 29 pièces, en un gros 
volume in-folio. 

En tètQ du volume se trouve une « TABLE PAR ORDRE D'AR- 
RANGEMENT DE TOUS LES MEMOIRES OU FACTUMS QUI ONT 
PARUS PAR DEVANT LA COUR DU PARLEMENT D'AIX POUR 
ET CONTRE LA DEMOISELLE CADIERE ». 

C'est s'ous un titre spécialement imprimé pour le libraire mar- 
seillais: D. Sibié, une réunion de pièces déjà décrites dans le RE- 
CUEIL de 1731... (page 29) sous les n"'* 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 13, 16 
et 17 du Tome I, et 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 
16, 17 du second, auxquelles on a .joint la: 

Dénonciation des Factums de Chaudon. 



Recueil de factums... Edition de Rouen!!! 

Nous n'ayons pu identifier cette collection de factums dont l'édi- 
tion, toute entière, aurait été détruite, si nous en croyons la note sui- 



(78) De cette même imprimerie imaginaire. Barbier signale : LE 
MOYEN DE PARVENIR, de Beroalde de Verville : A Chinon, de l'im- 
primerie de François Rabelais^ rue du Grand Bracquemart, à la Pierre 
Philosophale, l'année Pantagruéline (vers 1610), 2 vol. in-12. 







O^ma wtea rt'cff ^u Cc^/t t&a »^/?Mrwv ec ^ss -^tj; . 



Voir description page 77 



8i 

vante que nous trouvons reproduite dans le manuscrit 23.860 du fonds 
de la Bibliothèque Nationale : 

« Le mercredi 2 avril 1732, le commissaire Reynard, accom- 
pagné de Vaneroux (ou Vancroux), saisirent dans le collège de 
M. Gervais... (à Aix)... tous les exemplaires, tant in-folio qu'in- 
douze, des factums de la Cadière et du père Girard. Il y en avait 
pour 10.000 écus, toute L'Edition de Rouen s'y trouve comprise. 
Les libraires ont, en vain, demandé la permission de la vendre à 
l'épicier qui en aurait donné 3.000 livres. L'ordre du Lieutenant 
de Police portait seulement de saisir des livres contre la Reli- 
gion et l'Etat, on leur dit qu'il leur avait été permis d'imprimer 
tacitement!!! » 



Factum pour Marie Catherine Cadière contre le Père Jean- 
Baptiste Girard, Jésuite. Où ce religieux est accusé de 
l'avoir portée par un abominable Quiétisme, aux plus 
criminels excès de l'impudicité, et d'avoir sous le 
voile de la plus haute spiritualité, jette dans les mê- 
mes excès six autres Dévotes, qui, comme elle, s'étaient 
mises sous sa Direction. 

A La Haye, chez Henri Scheurbeer. Sur la copie imprimée 
à Aix, chez Joseph David. 1731. — 3 volumes in-8°. Figures. 

Recueil, analogue aux précédents, composé des pièces suivantes, 
à paginations séparées, portant toutes la mention de l'imprimerie 
Scheurbeer, de La Haye : 

1° AVERTISSEMENT DU LIBRAIRE — 1 page. 

2" PRIERE DE LA DEMOISELLE CADIERE, sonnet — 1 page. 

3" Pièce 2 du tome I. MEMOIRE INSTRUCTIF POUR DEMOI- 
SELLE C. CADIERE (Voir: D. page 58) — 164 pages. 

4° Pièce 3 du tome I. MEMOIRE INSTRUCTIF POUR LE PERE 
J.-B. GIRARD. (Voir D. page 58) — 284 pages. 

5° SUITE DES PROCEDURES de Catherine Cadière contre le R. 
Père Girard, contenant la réponse au Mémoire instructif de ce Jésuite 
et plusieurs autres pièces essentielles dont on trouvera la liste à la fin 
de ce volume. 

A La Haye, chez Henry Scheurbeer. Sur les copies imprimées à 
Aix, chez Joseph David, Imprimeur du Roi, et chez d'autres libraires, 
1731. — 132 pages. 

6" Pièce 5 du tome I. REPONSE AU MEMOIRE INSTRUCTIF DU 
P. GIRARD. (Voir D. page 60). — 181 pages. 

7° TABLE DES MATIERES. 



82 



Recueil des Factums de la Demoiselle Catherine Cadière, 
du Père Jean-Baptiste Girard, Jésuite, Recteur du Sé- 
minaire Royal de Toulon; du Père Estienne Thomas 
Cadière, Dominicain; de Messire François Cadière, 
Prêtre; et du Père Nicolas de Saint-Joseph, Prieur 
des Carmes déchaussés de Toulon. 
A Aix, chez Joseph David, 1731. 

Ce titre n'a été imprimé que pour vendre réunies les pièces dont 
il est donné énumération dans la 

LISTE DE TOUS LES FACTUMS, Mémoires, Réponses et 
autres Ecritures qui ont été produites et communiquées respecti- 
vement dans le Procès au Parlement de Provence; d'entre le Pè- 
re Jean-Baptiste Girard, Jésuite, la Demoiselle Cadière; le Père 
Nicolas de Saint-Joseph, Carme Déchaussé, le Père Etienne Tho- 
mas Cadière, Jacobin, et l'Abbé Cadière, Ecclésiastique. 

M. CHAUDON : Mémoire instructif pour la Demoiselle Cadière. — 
56 pages. 

M. CHAUDON : Second Mémoire instructif pour ladite Cadière conte- 
nant les objets contre les Témoins. 

M. PAZERY : Mémoire instructif du P. Girard contre la D. Cadière. — 
58 pages. 

M. CHAUDON. — Réponse de la D. Cadière au Mémoire instructif 
du P. Girard. — 84 pages. 

M. CHAUDON : Réponse de la D. Cadière à un Mémoire manuscrit 
du P. Girard, en deux colonnes. — 3 pages. 

M. CHAUDON : Précis des charges au nom de la D. Cadière. — 24 p. 

M. CHAUDON : Observations sur les réponses personnelles du P. Gi- 
rard et de D. Cadière en deux colonnes. 

M. CHAUDON : Analise des Témoins produits par le Promoteur pour 
la D. Cadière. — 3Q pages. 

M. PAZERY: Second Mémoire du P. Girard contre la D. Cadière et 
les Coaccusés. — 68 pages. 

M. CHAUDON: Réponse de la D. Cadière au second Mémoire du P. 
Girard, en deux parties. — 40 pages. 

M. CHAUDON : Réflexions au nom de la D. Cadière sur les préten- 
dues contradictions que le P. Girard lui oppose dans ses réponses 
par devant l'Official. — 14 pages. 

M. CHAUDON : Mémoire de Monseig. de Toulon avec la réponse, au 
nom de la D. Cadière, en deux colonnes. 

M. PAZERY : Mémoire du P. Girard, ou démonstration des impostures 
de la D, Cadière. — 8 pages. 



83 

M. CHAUDON : Observations au nom de la D. Cadière contre le P. 
Girard. — 9 pages. 

M. CHAUDON : Parallèle des sentiments du P. Girard avec ceux du 
P. Molinos, au nom de la D. Cadière, en deux colonnes. — 12 p. 

M. BURGAREL : Mémoire instructif de Messire Cadière, Prêtre. — ■ 
60 pages. 

M. BURGAREL : Second Mémoire instructif dudit Messire Cadière 
Prêtre. ; — 36 pages. 

M. FOUQUE : Observations du P. Cadière, Jacobin, sur le Mémoire 
manuscrit distribué par le P. Girard dans le cours de la plaidoi- 
rie, en deux colonnes. — 10 pages. 

M. FOUQUE : Réflexions dudit P. Cadière, Jacobin, contre le P. Girard. 

M. FOUQUE : Réponse dudit P. Cadière, Jacobin, au second Mémoire 
du P. Girard. — 21 pages. 

M. PASCAL : Mémoire instructif du P. Nicolas, Prieur des Carmes 
déchaussés de Toulon. — 56 pages. 

M. PASCAL : Observations dudit P. Nicolas contre l'Ecrit intitulé, 
Briève réponse aux divers Mémoires faits contre le P. Girard. — 
11 pages. 

LISTE DES FACTUMS DANS L'ORDRE QU'ILS ONT ETE COM- 
MUNIQUES A LA PROCEDURE. 

Les véritables sentiments de la D. Cadière, tels qu'elle les a 
donnés à son Confesseur, écrit de sa propre main. Brochure in-octavo. 

Se vendent, séparément ou tout complet, trois sols la feuille. 

LIBELLES ET PIECES FUGITIVES qui ont paru pendant le 
cours de la Procédure, et qui n'ont point été communiquées au procès 
ni signées de leurs Auteurs. 

L'Histoire du Procès, Brochure in-douze. 

Ânti-Factum, Brochure in-douze. 

Tarquin et Lucrèce, Comédie, Brochure in-douze. 

Lettre d'un Magistrat écrite à un de ses amis, in-fol. — 3 pages. 

Réflexions sur le Mémoire du P. Girard et de la D. Cadière. — 
2 pages. 

Résultat des Mémoires de la D. Cadière et Adhérants contre le père 
Girard. — 12 pages. 

"Toutes les pièces in-folio mentionnées ci-dessus se retrouvent 
dans le RECUEIL GENERAL DES PIECES CONCERNANT LE PRO- 
CES... (Voir page 57). 

Nous avons vu un exemplaire auquel on avait ajouté une copie 
manuscrite de : 

Interrogatoire et réponses de Dlle Cadière, le 30 octobre 1791 

Interrogatoire, oti furent posées les questions libres sur les rapT 
ports charnels, qui ne fut jamais imprimé. 



84 

Recueil au sujet du Procès de la Cadière. (A la fin) : Ou- 
vrages faits en divers tems, depuis l'ajfFaire de la Ca- 
dière, par M. le Chevalier de R"*"" (Romieu) . 
S. 1. n. d. — In-12, 12 pages. 

Contient diverses pièces de vers et : 

Coppie d'une lettre écrite d'Arles par M. le Chevalier de R"°° à 
M. le Commandeur de M"°° (Montolieu) à Marseille, en réponse. 



Procédure sur laquelle le Père Jean-Baptiste Girard, Jé- 
suite, Catherine Cadière, le Père Estienne Thomas 
Cadière, Dominicain, Mre François Cadière, prêtre, 
et le Père Nicolas de S. Joseph, Carme déchaussé, 
ont été jugez par Arrêt du Parlement de Provence, du 
10 octobre 1731. Divisée par des nombres pour la 
facilité des citations-; avec les Pièces, Lettres et Mé- 
moires joints à cette Procédure- Le tout exactement 
collationné sur les originaux. On a joint à la fin un: 
Précis, oiî tous les faits sont reportez, pour tenir lieu 
de Table des Matières, par ordre alphabétique. 

A Aix, chez Joseph David, 1733. — Petit in-fol. se compo- 
sant du: Titre, 4 pages, non chiffrées, de Table, 422 pages, plus 
22 pages, noii chiffrées, pour le « Précis ». 

« Ce RECUEIL (79) dit Michelet, dans la SORCIERE, est suivi 
d'une table habilement combinée contre La Cadière. A son article, on 
trouve indiqué de suite et au complet, (comme faits prouvés), tout ce 
qui a été dit contre elle; mais on indique pas sa rétraction de ce que 
le poison lui a fait dire. Au mot « Girard » presque rien; on vous 
renvoie, pour ses actes, à une foule d'articles qu'on n'aura pas la pa- 
tience de chercher. Dans la reliure de certains exemplaires, on a eu 
soin de placer devant le « Procès » pour servir de contre-poison, des 
apologues de Girard. » 

L'extrait de cette « Procédure « forme le 2me volume des 
« Causes intéressantes » de Richer. 



(79) Ce « RECUEIL » paru deux ans après le jugement, est, sem- 
ble-t-il, le seul qu'ait compulsé Michelet pour écrire « La Sorcière », 
puisqu'à la fin de cet ouvrage, il affirme s'être documenté à la bi- 
bliothèque municipale de Toulon qui, alors, ne possédait sur le pro- 
cès que ce seul ouvrage. 



85 



Memorie voor V acier J. B. Girard tegen Maria Catherina 
Cadière. 

Amsterdam, 1731. — In-8". 



Process zwischen dem P. Girard, Soc. Jesu und der Jung- 
fer Cadière. 
Cologne 1732. — 2 volumes in-fol. avec fig. 



The Case of Mary Katherine Cadière. 

London. Printed for the Proprietor and sold by J. Crickley 
1731. — In-8", VIII et 47 pages. 



The case of Mrs Mary Catherine Cadière, S" édition. 
London. J. Roberts, 1732. — In-S". VI et 96 pages. 



A compleat translation of the sequels of the prôccedings 
of miss Cadière against the father Girard. 

London. Printed for J. Millau, 1732. — In- 12 de 255 pages 
(avec 5 gravures). 



A compleat translation of the case of Mary Catherine Ca- 
dière, 
London. Printed for J. Millau, 1732. — In- 12, 164 pages. 



A compleat translation of the Mémorial of the Jesuit Fa- 
ther John Baptist Girard. 
London. Printed for J. Millau, 1732. -^ In-12, 143 pages. 



Examen de la cause du Père Girard, Jésuite. 

A la Haye, chez Henry Prud. 1732. — In-12, 72 pages. 



86 



Trial of Father John Baptist Girard. 

London. Printed for J. Isted, 1732. — In-8", 48 pages. 



A Defence of F. John Baptist Girard. 

London, J. Roberts, 1732. — 3 parties in-8°. 



Réponse du P. Girard, recteur de Toulon. (Interrogatoire 
subi par le P. Girard, le 23 février 1731, devant les 
commissaires du parlement d'Aix, délégués à Toulon 
pour instruire son procès contre la demoiselle Cadière. 

S. 1. n. d. — In-fol. 12 pages. 



Observations sur les réponses personnelles du P. Girard, 
Jésuite, et de la demoiselle Cadière. {Signé: Chau- 
don.) 

A. — ,{A la fin) A Aix, chez Joseph David, 1731. In-folio 

43 pages. 

A. A. — (A la fin) (Edition différente) A Aix, chez Joseph 

David, 1731. — In-folio, 48 pages. ' 
A. B. — (En tête) A Aix, Impr. de J. David, 1731. — In-folio 

44 pages. 



Anti-factum criti-comique du P. Girard, ou réponse anti- 
cipée aux écrits que M. Pazery donnera un jour au 
public avec l'aide du ciel, adressée à ce célèbre avo- 
cat par son très humble serviteur, le nouveau Chry- 
sostome Mathanasias... (4 juillet 1731). 

A. — S. 1. n. d. — In-folio, 7 pages. 

B. — S. 1. n. d. In-12, 12 pages. 

(Compris dans le 5me volume ^de la contrefaçon de l'édition d'Aix 
1731, en 5 volumes. Il figure également dans certains exemplaires de 
cette édition, avec une pagination chiffrée 302-312. 

D. — S. 1. n. d. — In-8° 

D. A. — A. Cologne. — In-8°, 24 pages. 

Le Père Girard avait choisi pour défenseur l'avocat PAZERY DE 
THORAME, qui mit une grande ardeur dans ses plaidoiries. 



JUGEMENT 



Jugement du Procez entre le Père Girard et la Dlle Ca- 
dière. (A la fin) : Relation abrégée de ce qui s'est 
passé à Aix le jour du Jugement. 

S. 1. n. d. — Grand placard in-folio, imprimé d'un seul côté. 
(Justification du texte: 0,450x0,337.) 

Cette affiche se retrouve dans la plupart des recueils, mais en 
un in-folio plus petit. (Justification du texte: 0,266x0,175). 

II y eut deux tirages de cette pièce. Dans le premier tirage, on 
avait imprimé : // serq. dit, formule insolite. Aussitôt on donna l'ordre 
de supprimer tous les exemplaires parus, et de procéder à un nouveau 
tirage où l'on remplaça ces mots par : Dit a été. 

La première formule n'était en usage que dans les Justices infé- 
rieures, mais dans les Justices supérieures comme les Parlements, on 
ne se servait que de la seconde qui indiquait le caractère de supériorité! 

Ce document, qui résume en somme toute l'affaire qu'il termine, 
nous a paru trop curieux, pour que nous hésitions à reproduire ici, 
la partie qui explique, non seulement, le jugement qui, comme nous 
l'avons déjà écrit, ne satisfit, personne, mais qui, encore, nous fait 
connaître le nom des juges avec leurs opinions : 

Il s'en fallut donc d'une seule voix pour que le Père Girard ne 
fut condamné au feu. (80). 

Les deux frères Cadière furent mis à l'unanimité hors de Cour. 

MM. Chaudon, avocat, et Aubin, Procureur de la Demoiselle 
Cadière, contre qui « les Gens du Roy » demandaient « Décret et 
Prise de Corps » furent également mis hors de Cour. 



(80) Il ne pouvait pas être brûlé, assure Barbier, dans 

« Journal »; l'anagramme de son nom lui prédisant que l'on le 

sortir de prison pour lui éviter le bûcher. Ce chroniqueur aurait-il 
fait allusion au quatrain suivant : 



son 
ferait 



Jean Baptiste Girard, 
Abi pater ignis ardet, 
Allez-vous en mon Père 
Car le feu brûle . 



«<5 

o 



a 
03 



e 

o' 

«3 

aï 

(U (U 



(U 






" rt 8 






go 



4^ <u 
C3 '- 

So 

o. c 

.5 w 
03 

II 

a> u 

3 O 
^ îfi 3 

^" J? ^ 
000 



l-( (-, tH 

3 3 3 
000 

U uu 



«> 



es 
o 
c/> 

a> 
•O 

M 

c 
o 



c 
o 



4) 
-O 

t/3 

O 

X 



(D (U 
T3 T3 



O O 

II 



to m 

■*5 *^ 

co en 

.2 °* 

>~— * »— < 

O o 

o o 

a> <u 

w co 

3 3 



-a 



3 
O 

(U 

•a 

c/} 

3 

o 

3 
O 



s >< 5 
330 

U « es u 

B" <n > > M 

CTI t-. r- r- t-. 

3 5 ^ § 5 

£ K Oi cti I 



a> 



c3 



en 
•3 



ai 

2i • 

3 w 

•=; 3 



3 3 

o o 



2 « ai 

^ T3 -3 

TO fc^ t-. 

3 



.2f 

<u o 
o 



en 



en 

3 
O 

««— * 

O 

c 
o 



(U 

M 
<U 

M 

3 



3^X33 
O ai 3 O o ^ 

CO o. > 03 «3 
Xi es rr t-. t-> 
O O 5 O O 



KEPlî^OiEDCDi 



tn 


w 




en 


(U 


a» 




a> 


3 


3 




3 


.2* 


.S* 




.2" 












•4-^ 




'^ 


w 


en 




en 


.5 


M 




os 










'w 


03 




en 


^ 


v<U 




<(L> 










"o 







t) 













Ci 


« 




(U 


en 


03 




en 


4> 


(U 




(U 


tuo 


M 




M 


3 


3 




3 


►-5 


'—5 


^ 


^ 


X 


X 


3 


><! 


3 


3 





3 


as 


ctf 


U 


cS 


>(D 


>(U 


4) 


^(U 


>» 


>v-a 


>. 













> 


> 


en 


> 


3 


c 


t-i 


3 


(U 


0) 





(L> 


oi 


« E ûi 



5U 



a 



(U 

3 
a, 

;-. 
(U 

o, 
<u 

3 
C4-1 
(U 

3 



, • • • - 03 • 

.-4-» • ■ > *3 - 
(D3(U<Ui1)<D*-><U 



-(U 

g 

os 
en 



> <a) '(U '(D «<i> 

2 g E S S 



cS cS cj es 
ai en w ai 



S g 

ai 



<D "■' <u "■' "■" "' "' m 

5P -os "3 ,cs -rt 'rt 'ca 5? ^i3j- 
«-C ii)en(Di}(U(ui^_(i) 

<L> 3333^3(03 

CxjCB3C_n 

(U.C;<L>a)<u<D3<u 



C 

> 
3 
o 
u 

<u 
•tJ 

03 

C 
es 

o* 
c 



s • 

> 2 

3 ,a> 



ûiûcc:e:i««<[:cc;o 



o c3 

t3 03 

en '''S 

S « 

■^^ 3 

3 î^ 

-w ai 



CD (D 
;-( u. 

g g 



<SS 
en 



g g 



(U 

3 • 
.-•r; <1> <1> (D ; <U 0) 

a u- i~t u-4 i-, i-4 

G, <u »<u <eu • • <(L3 »a) 

<u g 

»< os 

flj en ^ ^ 

W) 'rt -cS /i3j S) S) ,03 .PS 
3 3 3 

<U333<0<U33 

_-5=C3__,3C 
3(ua)(i)33<i)(U._ 



3 

> 

3 
o 
o 

(U 

•3 

en 

S 
ca 

cr 

3 



3 . 
« eu 



73 



^ '?i " 
3 P 

■^ '^ eu 



en 



en '« g 

S d) ta 

ca 3 

en -a X 

•333 

g o o 
t- Di Q 



<43 



a 



en 

/(U 

o 

o 



3 
o 

u 

ai 
•3 



o 

X 



ai 

3 
O 



.?î •■= 








3 



(X, 








<D 



-t-* 




3 


3 










C ) 


<D 




•3 


(1) 




•3 





O 



en 

o 

o 

3 -" 

ca 

.>< ë 

CCS -S 
•3 ^ 

s en 



*— < »-M 



3 3 3 3 
(U O) 01 <1> 
[Ih U-, [X| [L, 



en 
O 

o 

;-i 
CL, 



(U 

3 
O 

U 

(D 
•3 



3 3 
O o 

u CJ 



_ a <ii 

3 T3 "3 
o 



p-( 



33330300 
<e, <C, < -^X <XX 



o 
U 

a> 3 3 3 
"3 D eu (U 

en "^ ^ ^ 



3 3 
O O 

u U 



30333 

<x<<< 



"3 
en 
o 



■3 3 

en [L, 
o 3 

X < 



v<U 



en 

(U 
3 



3 5 

c3 ° 
u u 

=2 -3 ^ 
(U '-' T3 

li< en en 
300 

•< K X 



3 .2 

<L> en 

"o 
o 

<U 

en 
<U 
W) 
3 



3 
O 

o 



(U ^ 
Pi en 

=^ .2 



03 

a 



S 
o 



tu 
> 

tu 

z 

« 
►J 



(U 



-3 



Z 

w 

CL, 

D 

T3 



0) 
■3 



< 



(D 

■3 



en 
w 
►J 
Z J 
< O 
w a: 
—5 >- 
fi '^ 



(U 

•3 



Z 

o 
o 

<: 



-3 "3 



O 

•< 
M 

en 
O 

;^ 

(D 
■3 



W 
Z 

TJ 



O 

Z 

< 
w 



•3 



Q 

Z 

o 

g 

s 



■3 -3 



Z 

o 

►J 
I-) 
<; 
> 

Z 

o 



o oq "=: 1^ ^ 



J 
> 

D 
O 

O 

f- 
w 
Z 

^ CQ 
ca 



<u 

•3 



0} <Lt 
•3 TJ 



ta 
en 

O 
Z 



■ <D T3 (D 

aq "9 -3 



■3 



S ,3 <u 

•3 .3 Tî 

"3 -^ 

-0) <" 



en 

'g 

■- Oh 



"(D 



O. ^ P. 

(U ai ep 



>, Z 

Z w 

ce! 1=; 

W eo 

> •■Ui 

~ oi 



< 



•S^ 



S'^' ;^' §■ ^' ;^' ^* :s ^" ;^' s' ^ 1^ ^ ^" g' ;? ;^' ^* :5* ^' §■ s" § 



Jugement du procès criminel entre le P. Girard, jésuite, et 
la demoiselle Catherine Cadière. Relation abrégée de 
ce qui s'est passé le jour du jugement à Aix, le 10 
octobre 1731. 
S. 1. n. d. — In-folio. 



Jugement du procès criminel entre le P. Girard et la de- 
moiselle Catherine Cadière. Récapitulation des voix 
des juges. Relation abrégée de ce qui s'est passé à 
Aix, le jour du jugement. 

S. 1. n. d. — In-folio. 



Examen de la cause du Père Girard, jésuite, à l'occasion 
de l'arrest du Parlement d'Aix, rendu en sa faveur 
avec la critique d'un ouvrage intitulé « Le Nouveau 
Tarquin ». 

A La Haye, chez Henry Prud, marchand libraire, à la Cha- 
rité, MDCcxxxij avec permission des supérieurs. 
In-16, 55 pages. 

B. — La Haye. H. Prud, 1732. — In- 12, 2 ff et 72 pages. 



Anatomie de VArrest rendu par le Parlement de Provence, 
le 10 octobre 1731, sur l'affaire de la Demoiselle 
Cadière, et du R. P. J. B. Girard, adressée à M. Le- 
B. (Le Bret) par un magistrat d'un autre Parlement. 

Suivi de: 

Relation de ce qui s'est passé au Parlement d'Aix, dans le 

Jugement de l'affaire de Madernoiselle Cadière et du 

Père Girard, le dix Octobre 1731. Opinions des 

Juges. 

4 pages, en pagination séparée, mais faisant partie intégrale de 
la pièce précédente, ainsi que l'indique la remarque « Relation » 
la terminant. 

S. 1. n. d. — rn-4", 19 plus 4 pages. 



90 



Les 2 pièces précédentes en éditions distinctes : 

1° ANATOMIE DE L'ARREST, etc.. 
S. 1. n. d. — In-fol. 15 pages. 

2° RELATION DE CE QUI S'EST PASSE. 

A. — {En tête) A Aix, chez Joseph David, 1731. — In-folio 
3 pages. 

A. A. — S. 1. n. d. — In-folio, 3 pages. 



Relation ou Journal de ce qui s'est passé dans l'intérieur 
de la Grand'Chambre, depuis que le procès de la Ca- 
dière et du P. Girard a été mis sur le bureau. 

Document manuscrit de 102 feuillets in-folio, qui se trouve 
conservé à la Bibliothèque Méjanes, à Aix, dans le Recueil n" 
928 du Catalogue des manuscrits. 

Notons que cette même bibliothèque possède parmi les piè- 
ces formant le n" 758 de son Catalogue de manuscrits, les: 

Arrêts (originaux) concernant l'affaire du P. Girard. 



A Monsieur de Raguse, l'un des Ignicoles et Président au 
Parlement d'Aix, tant pour lui que pour ses confrè- 
res... ou... Réflexions sur l'Arrest du Parlement d'Aix 
invenu dans l'affaire de la Demoiselle Cadière contre 
le P. Girard, jésuite. 
Une copie se trouve dans le manuscrit 23861 déjà cité. 

Imprimé sous le 2me titre : 
REFLEXIONS, etc. 

La Haye, d'Hondt, 1731. — In-4°, 7 pages. 



Arrêt rendu par le Parlement d'Aix contre le Père Cadiè- 
re, jacobin, sa sœur et ses adhérants, pendus le 5 oc- 
bre 1731 ??îî 

L'existence de cet « Arrêt » fantaisiste nous a été révélé par une 
curieuse lettre, adressée au R. P. Supérieur des Jacobins de Toulon, 
par celui du couvent d'Angers (7 octobre 1731). 

Elle nous a paru trop typique et montrant si. bien l'état de surex- 
citation des esprits causé par cette affaire, que nous n'avons pas 
hésité à la reproduire : 



91 

(( Vous me ferez, écrivait le Supérieur du couvent d'Angers, 
de me tirer de la perplexité continuelle où nous sommes touchant 
le père Cadière. Vous ne sauriez croire le bruit que cette affaire 
fait dans nos cantons. Ce qui nous a été le plus sensible, c'est 
qu'hier, 6 du courant, une bande de coureurs et gens sans aveu, 
se partagèrent dans les places et carrefours de cette ville pour 
publier des billets qu'ils disaient être des véritables copies de 
l'Arrest rendu par le Parlement d'Aix contre le père Cadière, 
Jacobin, sa sœur et ses adhérants, qui avaient été exécutés le 
5 courant. 

« Quatre de ces insolens affectèrent de se tenir aux portes 
de notre maison et de notre église, qui ne cessèrent de crier pen- 
dant trois heures: 

« Le Père Cadière, jacobin, sa sœur et ses adhérans, ont été 
pendus le cinq du courant! 

« Nous eûmes recours à M. le Gouverneur qui acquiesa à 
la prière de notre prieur. Il fît partir incontinent la garde avec 
ordre de les ramasser tous, mais on n'a pu en saisir que quatre 
qui sont à la tour du Château. 

« Ce matin, deux ont été interrogés par notre prieur, en pré- 
sence de M. le Gouverneur, savoir quels ordres ils avaient de 
publier de tels billets; ils ont avoué que c'étaient les Jésuites de 
La Flèche qui leur ont donné ce brimborion pour le publier de 
ville en ville, de bourg en bourg, de village en village et qui 
leurs avaient promis une bonne récompense. Les deux autres 
n'ont point été interrogés. 

« Si le père Cadière n'est pas exécuté aussi bien que ses 
adhérans... plut à Dieu... M .le Gouverneur prendra parti contre 
les Jésuites de La Flèche. 

« Toute la ville d'Angers crie vengeance contre les Jésui- 
tes. » (81) 



Nous avions trouvé dans le « Catalogue des Manuscrits de la 
Bibliothèque de la ville de Reims », sous la côte « Mss 1960. Nouveau 
fonds ,page 42: 

Arrêt du Parlement de Toulouse... 10 octobre 1781... dans 
l'affaire du P. Girard, jésuite et de Marie Catherine Cadière. 

Mais vérification faite, ce n'est qu'une erreur d'impression, il 
s'agit en réalité de l'Arrêt du Parlement de Provence, du 10 octobre 
1731. 



(81) Manuscrit n" 23860 déjà cité, reproduite dans un article sur: 
Les grands Procès et l'opinion publique, publié dans le n° du 3 sep- 
tembre 1927 des Coulisses, et reproduit dans Le Petit Niçois, du 21 
octobre 1927. 



APRÈS LE {JUGEMENT 



Lettre de Monseigneur Uévêque de Viviers au P. Girard... 
{Signée: François de Villeneuve, évêque de Viviers) ... 
14 octobre 1731. 

S. 1. n. d. — In-folio, 4 pages, titre compris. 

L'évêque de Viviers témoigne sa plus haute estime au Père Girard 
et lui prodigue son admiration. 

La bibliothèque de Carpentras possède (Fol. 125 bis du Mss 
n" 1922), une copie de la 

LETTRE QUE Mgr L'EVEQUE DE VIVIERS a écrit à M. l'abbé 
d'Oppède ,ce janvier 1732... au sujet du Père Girard. 

Dans le Mss 23.861, de la B. N., existe Une lettre du même au 
miême, mais datée du 29 décembre 1731. 

Nous n'avons pu vérifier si le texte est le même, malgré la 
différence de date. 

Puis, au folio 131 du Mss. n" 2046, de Carpentras, une autre: 

LETTRE DE M. DE MARSEILLE à M. le Cardinal de Fleury, 
au sujet de l'affaire de la Cadière. S. d. 

Qui montrent que les hautes autorités ecclésiastiques n'aban- 
donnèrent pas le Père Girard. 

De Backer, dans sa Bibliographie qui suit l'article concernant le 
Père Girard mentionne : 

Lettre de M. de Belsunce, évêque de Marseille, du 10 mai 

1732, sur la sœur Remusat et contre les factums de 

Chaudon dans l'afifaire du Père Girard. 

Marseille, chez J. P. Brebion. — S. d. — In-4°, 16 pages. 

II est certain aussi que le Père Girard dû recevoir de nombreu- 
ses lettres de félicitations, ou marques d'affections des partisans des 
Jésuites; la collection Leber, léguée à la bibliothèque de Rouen, 
renferme sous le n° 3043 des Mss, un recueil de 

Lettres {autographes) des P. P. Lallemand, de Lynières, 
Belon, jésuites, et de Madame d'Albert de Sassenage, 
adressées au Père Girard et à diverses personnes de 
la cour, et autres pièces manuscrites de 1731 à 1733, 
toutes relatives au procès du Père Girard et de la Ca- 
dière. 



93 

Si nous comprenons, jusqu'à un certain point, les persécutions 
qui vinrent fondre sur les partisans de Catherine Cadière, nous nous 
expliquons mal celles qui atteignirent les partisans des Jésuites, alors 
tout puissants; cependant les deux parties eurent leurs victimes. 
Nous avons retrouvé les traces d'un commencement de procédure 
d'incrimination contre M. de Faucon, l'un des Juges qui avait opté 
pour l'acquittement du Père Girard et la séquestration perpétuelle 
de sa pénitente : 

Délibération au sujet de l'INCRIMINATION DE MM. FAUCON 
ET CHARLEVAL dans l'affaire de la Cadière. 

Pièce 15 du Mss 827 de la Bibliothèque Méjanes à Aix. 

LETTRE DE M. DE FAUCON, commissaire, écrite à M. le Chan- 
celier lors de l'évocation et la menace d'être pris à partie. 

LETTRE DE M. LE CHANCELIER, en réponse, à Monsieur, 
le Conseiller Faucon. 

Mss n" 999 de la même bibliothèque (82). 

MOTIFS de M. DE FAUCON, commissaire de la procédure. 

12 feuillets mss. in-folio, compris dans le Recueil n° 999 de la 
même bibliothèque. 

Les deux recueils de la bibliothèque Méjanes cités ci-dessus, 
contiennent, entre autres documents manuscrits, les pièces suivantes, 
qui nous semblent inédites : 

LUNETTES pour éclairer l'oeil droit de M. l'avocat général de 
Gaufridy. — (Mss 999). 

PREMIERE ET DEUXIEME LETTRE à M. le Chancelier après 
les registres. — suivies de trois autres lettres. 
(Mss 1000), 23 feuillets in-folio. 



Sentence de monsieur VOfficial de VEvêché de Toulon, qui 
renvoie le P. Girard absous des accusations à lui im- 
putées et du délit commun... Extrait du greffe de l'évê- 
ché de Toulon... (20 février 1732). 
S. 1. n. d. — In-folio, 3 pages. 



(82) Egalement dans le manwscrit 23801 de la Bibliothèque Na- 
tionale. 



94 

Extrait des registres du Parlement d'Aix, à l'occasion du 
procès criminel contre le P. Jean-Baptiste Girard... 
Catherine Cadière... les Cadières, frères, et le P. Ni- 
colas de Saint-Joseph... Avec l'arrêt du Conseil d'Etat 
qui ordonne la radiation du registre de la Tournelle 
et de celui des enquêtes... 27 mars 1732. 

A. — S. 1. n. d. — In-folio, 10 pages. 

A. A. — Seconde Edition... — S. 1. n. d. — In-folio, 12 p. 



Motifs des juges du Parlement de Provence qui ont été 
d'avis de condamner le P. Jean-Baptiste Girard, en- 
voyés à M. le Chancelier, le 31 décembre 1731; en- 
semble la lettre de ce magistrat à M. le Président de 
Maliverny, la réponse de ce juge, et celles des autres 
messieurs qui ont été de son opinion... (11 octobre 
1731-23 novembre 1732). 

A. — S. 1 . n. d. — Petit in-folio, 52 pages. 

• A. A. — 3me Edition, avec des notes critiques tirées de La 
PROCEDURE ET DES LETTRES écrites d'Aix servant de Motifs 
aux juges de l'opinion contraire. 

S. 1. n. d. — In-folio, 52 pages. 

A. B. — 3me Edition à laquelle on a joint les EXTRAITS 
DES PRINCIPALES PIECES DE LA PROCEDURE qui les fon- 
dent. — Amsterdam, 1733. — In-folio, 72 pages. 

A. C. — (à la 4me page) A Aix, chez René Adibert, S. d. 
In-folio, 28 pages... (chiffrées 1-4 et 1-24). 

C. — S. 1. n. d. — In-4°, 36 pages. 

Dans ces trois dernières éditions, les LETTRES ont une pagina- 
tion séparée. 

C. A. — Aix, 1733. — In-4°. 

C. B. — S. 1. 2733. — In-4°, 32 pages. 

Une année s'était écoulée depuis l'arrêt d'acquittement général 
que le bruit de cette affaire retentissait encore auprès des ministres. 
Le chancelier d'Aguesseau, en vue d'une revision probable du pro- 
cès, avait écrit au premier président Lebret, et au président de Ma- 
liverny, pour connaître les opinions contradictoires. Elles furent ré-. 



93 

digées de part et d'autres, puis soumises au Chancelier qui jugea, 
avec sagesse, qu'il fallait mieux laisser tomber cette affaire dans 
l'oubli, que de soulever de nouveaux désordres. 



Lettre de M. le Chancelier à M. le Président de Maliverny. 

11 octobre 1732. 

S. 1. n. d. — In-f°. 

Une copie des lettres du chancelier d'Aguesseau avec les ré- 
ponses du Président Maliverny existe à la Bibliothèque de la ville 
de Lyon. N" 2.338. 



Lettres écrites d'Aix sur l'affaire du P. Girard et de la Ca- 

dière... 15 mars-ler avril 1733. 

S. 1. 1733 — In-folio, 80 pages. 

Le manuscrit original, qui existe à la bibliothèque Méjanes 
d'Aix (n" 1291) porte le titre de: 

HISTOIRE DU PERE GIRARD ET DE LA CADIERE, tirée de 
la pr'^'^édure, par M. de Montvallon. 

D'après une note manuscrite contemporaine qui accompagne 
l'exemplaire de la bibliothèque de Marseille (n" 213), les exemplai- 
res distribués à Paris, portent le titre de : 

Motifs des juges qui ont mis le P. Jean-Baptiste Girard 

hors de cour et de procès, distribués en quatre livres. 

Par M. de Montvallon. 

A Aix, chez Clément Adibert, s. d. — In-f°, 80 pages. 

Brochure très rare, puisque M. Cabasse, dans ses « Essais sur 
le Parlement de Provence », dit n'en avoir jamais eu connaissance, 
et, doutait même qu'elle eusse été imprimée. 



Deffense quasi- posthume du R. P. Girard, par le R. P. 
Pancrace, de Pertuis, imprimé à... chez... à l'Enseigne 
de la Barbe d'or. 

Nous n'avons vu signalé nulle part de copie de cette « capuci- 
na<de » qui a valu une triste mésaventure à son autçur présumé, l'ab- 



96 

bé de Caveyrac, fils du Lieutenant de Sénéchal de Nîmes, « homme 
d'une physionomie baroque et qui a beaucoup d'esprit » (83). 

Soupçonné d'avoir collaboré avec M. Chaudon, aux factums pour 
Catherine Cadière, et d'être également l'auteur du « NOUVEAU 
TARQUIN » (84), l'abbé de Caveyrac fut attiré dans un guet-apens 
dans une bastide près de Marseille, et arrêté au milieu d'un déjeuner 
en galante compagnie (85). Il fut trouvé porteur d'un exemplaire ma- 
nuscrit de cette « satire très plaisante où le frère Pancrace justifiait 
le P. Girard, avec épttre dédicatoire au seigneur Evêque de Toulon », 
(86). II avoua que cette copie était de sa main, mais il nia en être 
l'auteur, l'original lui avait été communiqué par un gentilhomme 
d'Avignon, dont il refusa de faire connaître le nom, avec mission de 
la faire passer à Genève, où l'on se proposait de l'imprimer. 

Malgré ses dénégations l'abbé de Caveyrac n'en fut pas moins 
conduit au Château d'If « dans un misérable cachot, pourrissant sur 
un grabat par le froid et l'humidité. L'ennui lui a fait tomber tous les 
cheveux et la fièvre qui le consume, l'a réduit à l'agonie. Ses médecins 
n'osent pas aller en prison pour le visiter, et on lui réfuse les secours 
que ceux qui sont destinés là la roue, se croyent en droit d' exiger '.yy (87) 
Il ne fut rendu à la liberté qu'au milieu du mois de janvier 1732. 



Lettre du Père Préfet du Collège des Jésuites de Dôle au 
R. P. Triboulet, recteur de la maison du noviciat de 
Nancy, au sujet de la mort du Père Girard... (4 juillet 
1733.) 

A. — S. 1. n. d. — In-folio, 4 pages. 

suivie d'une Lettre circulaire du Recteur du Collège de 
Dôle. (Voir ci-dessous). 

C. — S. 1. n. d. — In-4°. 

D. — S. 1. n. d. — In-8", 4 pages. 



(83) Lettre de Marseille, 14 octobre 1731. Manuscrit 23860, dé- 
jà cité. 

(84) Voir pour cette « Comédie », page 102. 

(85) Lettre de Marseille, 31 octobre 1731. Manuscrit 23860, dé- 
jà cité. 

(86) Ainsi conçue : A Monseigneur l'illustrissime, révérendissi- 
me et savantîssime Henri François Xavier Baise Cul, premier pa- 
triarche du Paraguay et second apôtre des Indes. 

(8.7) Lettre de Marseille, 19 décembre 1731. Manuscrit 23860, dé- 
jà cité. 



97 

Eloge funèbre du R. R. P. P. Girard, par les R. R- P. P. 

Jésuites de Dôle, avec les notes d'un J. de Paris. 

En Franche-Comté, 1733. — In-4° de 6 p. (plus le titre). 

Le titre de départ porte : 

Lettre du P. Préfet du collège des Jésuites de Dôle au R. P. Tri- 
boulet, recteur de la maison du noviciat de Nancy, au sujet de la 
mort du P. Girard, de sainte et glorieuse mémoire. 



Lettre circulaire sur la mort du R. P. Girard, jésuite, décé- 
dé à Dôle, le 4 juillet 1733. 

Insérée dans la « Gazette Ecclésiastique » du ? 1733 — 1 colon- 
ne et d-emie, format in-4". 

Le Catal. de M"°" (Paris, Sylvestre, 1841), annonce sous le n° 
1991 : RELATION DE LA. MALADIE ET DE LA MORT DU P. GI- 
RARD, Jésuite, mort à Dôle le 4 juillet 1733, 4° (Manuscrit). — Le 
Catal. de Courcelles (1834), Ire part. n° 19, cite: « Copie manuscrite 
de la lettre du P. Veschère, sur la mort du P. Girard. » 



Nous avons déjà écrit... (Note de la page 20) qu'au moment de 
sa mort, les Jésuites tentèrent l'impossible pour réhabiliter la mé- 
moire 'du Père Girard, osant.' rnêine le comparer à Jésus-Christ; la 
pièce suivante conservée dans un recueil manuscrit (n" 205) de la 
Bibliothèque d'Arles, en est la preuve : 

PARALLELE DES ACCUSATIONS DU P. GIRARD AVEC 
CELLES DE J. C. 

A cette époque, il courut même à Paris, la chanson suivante: 

Qu'un criminel évite le Trépas 
Et que le crédit et la brigue 
Ayant sceu tirer Girard d'intrigue. 
• ■• Cela ne me surprend pas. 
.. r Mais qu'à sa mort pour Saint on nous le donne 

Et qu'on nous' croye assez benest ■ 

Pour penser qu'on juge- des faits 
Au ciel, comme au Parlement d'Aix, 
C'est ce qui m'estonne. 

dont une copie se trouve dans le manuscrit n.° 1422 (p. 360), de la 
Bibliothèque de la Chambre des Députés. 



L'Entrée triomphale du P. Girard, jésuite, aux enfers, sui- 
vie de son retour sur la terre. Les Ides d'octobre. 1731, 



98 

suivant la copie imprimée à Rome, par les frères Ghe- 
rardi, au collège de la sapience. Avec privilège et l'ap- 
probation de la Sainte Inquisition, ad majorem socie- 
tatis gloriam. 
S. 1, n.d. — In-12, 24 pages. 

Une première édition avait parue sous la rubrique : 
Rome, au collège de la Sapience, 1731. — In- 12. 

Nous supposons, n'ayant pu voir aucun exemplaire de l'ouvrage 
ci-dessous, que c'est cette « Entrée Triomphante » qui a été réimpri- 
mée, sous un nouveau titre dans : 

LE PORTEFEUILLE DU R. P. GILLET, ci-devant soi-di- 
sant Jésuite, ou le Petit Dictionnaire... Seconde édition aug- 
mentée de la descente du P. G°°° (Girard) aux enfers et de son 
retour (par Mentelle). 

Madrid. (Paris, Valade) 1769. — In-12 

Car l'initiale G""" peut aussi bien se rapporter à Girard qu'à 
Gillet. 



ROMANS - THÉÂTRE - CHANSONS 



ROMANS 

Les Amours de Sainfroid, jésuite, et d'Eulalie, fille dévote. 
Histoire véritable suivie de quelques nouvelles. 
La Haye, 1729 — In- 12. 

On a dit que cet ouvrage racontait les amours du père Girard et 
de la Cadière, mais, à moins d'une erreur volontaire dans le millési- 
me de cette première édition, cela ne serait pas exact, puisque l'aven- 
ture qui nous occupe n'est arrivée qu'en 1731. 

Il existe trois autres éditions : 

La Haye, 1743. — In- 12. 
La Haye, 1748. — In- 12. 
La Haye, 1760. — In- 12. 

et une traduction anglaise intitulées 

VENUS IN THE CLOISTER, or Saindfroid and Eulalie. 

qu'il ne faut pas confondre avec la VENUS DANS LE CLOITRE OU 
LA RELIÇÏEUSE EN CHE^ÎISE, de l'Abbé du Prat, dont la premiè- 



99 



re édition est parue vers 1682, et réimprimé dernièrement dans la col- 
lection du « Coffret du Bibliophile ». 



Thérèse philosophe ou Mémoire pour servir à l'Histoire de 
D. Dirrag (Girard) et de Mlle Eradice (Cadière) , avec 
l'histoire de Mme Boislaurier. 

Ouvrage célèbre et très souvent réimprimé. L'abbé Sepher en attri- 
buait la paternité à d'Arles de Montigny, commissaire des guerres, 
qui fut mis durant huit mois à la Bastille. Barbier, dans son Diction- 
naire des Anonymes (tome IV, p. 41), est du même avis. Mais le 
marquis de Sade, dans sa. Nouvelle Justine (88) (Hollande, 1797, to- 
me VII, page 97), dit que l'auteur serait le marquis d'Argens (89). 
A l'appui de cette thèse, on peut invoquer que le marquis d'Argens 
avoue dans ses « Mémoires » (Editions de Paris, 1807, In-8°, p. 
304), avoir vu les procédures les plus secrètes de l'affaire Girard- 
Cadière; son père, procureur général au Parlement de Provence, avait 
été commissaire enquêteur, délégué à Toulon, pour instruire ce procès. 

La scène de Thérèse Philosophe se passe en Provence {Vence- 
rop) et à Toulon (Uolnot). Le style en est médiocre, mais la fable est 
attachante. Toute la partie philosophique de cet ouvrage est em- 
pruntée. Les réflexions sur les « Passions, sur la Liberté de l'homme, 
sur le mot Nature, sur V Amour-propre; l'Examen de la Religion, etc., 
etc., se trouvent textuellement dans les pièces imprimées à la suite 
de VExamen de la Religion, par La Serre, (édition originale. Lon- 
dres. Cook 1745. In-8°) et dans les Doutes sur les Religions révélées 
(imprimés pour la première fois sans lacunes. Paris 1792, In-8''). 

L'Histoire de Mme de Boislaurier, qui tient presque toute la 
deuxième partie, offre des tableaux fort licencieux, mais il en est un 
au moins bien imaginé. Clément dans ses Cinq années littéraires, dit, 
dans la 24me lettre, « que le livre ne laisse pas de se vendre bien 
cher, parce qu'il est proscrit, orné d'estampes infâmes, en un mot, 
libertin en tout sens et à toute outrance. » 

On reconnaît comme édition originale celle de : 

La Haye (à la Sphère) s. d. — 2 volumes ou parties, petit. 
in-8° de 148 et 72 pages encadrées, avec 1 frontispice et 16 
grandes figures libres, non signées, se repliant dans le volume. 

Ces eaux- fortes ne sauraient être réellement du comte de Caylus 
auquel on les a attribuées. Cet artiste a laissé d'assez nombreux 
spécimens de sQn talent comme aquafortiste pour qu'on ne puisse lui 



(88) R. Wredé dans « Les peines corporelles chez tous les peu- 
ples anciens et modernes )?. (Dresde, 1899, page 167), prétend que le 
marquis se serait inspiré de cette affaire pour écrire sa « Jiistine ». 

(89) EHç a étç égajenrpnt attribuée quelquefois à Didçrot. 



100 

attribuer ces seize estampes médiocres ou même mauvaises, à l'ex- 
ception d'une, toutefois, la sixième, qui est un chef-d'œuvre. Elles 
sont d'un dessinateur français, peut-être de Pesne, peintre de Pria- 
pées, et dont Voltaire parle dans sa « Vie privée du roi de Prusse. » 

Un « Bibliophile Poitevin » signale dans V Intermédiaire dés 
Chercheurs et Curieux (tome xix-60) une édition toute semblable, 
comme texte, mais n'ayant qu'une seule figure, la 16me, représentant 
les Fêtes de Priape, se dépliant, les autres étant du format du volume. 

Dans la collection Hankey se trouvait une édition parue sans 
doute à peu d'intervalle de la Ire, avec l'indication: « Edition correc- 
te et corrigée ». Dans celle-ci, les figures sont gravées au burin, au 
lieu de l'être à l'eau-forte. Chaque titre y porte une couronne com- 
me fleuron. Le premier volume a 141 pages plus une introduction, 
chiffrée VIII, et le 2me volume : 70 pages. 

Les éditions anciennes de Thérèse philisophe sont fort nombreu- 
ses, et toutes sont devenues rares; voici l'indication de quelques-unes: 

La Haye (à la Sphère), 2 voL in-8°, 144 et 71 pages. 

La Haye. 2 v. petit in-8°, 141 et 69 pages. 

S. 1. n. d. — 2: vol. in-8° de 182 et 87 pages de texte, en- 
cadré, 1 vignette sur chaque titre ; 2 frontispices, 22 belles fi- 
gures in-8° par Delaroche, artiste hollandais. 

Londres, 1771 et 1776, très petit in- 12 de 172 pages, avec 
20 figures libres, y compris . le frontispice. 

La Haye, 170000, très petit in- 12. 

Glasgow, 1773 et 1776, petit in- 12, 20 figures. 

Les caractères de ces petites éditions sont très fins. 

Paris, chez moi, malgré lui, 1774, sans approbation, ni pri- 
vilège. Avec une épigraphe de Freret, tirée des lettres de Thra- 
sybule à Leiicippe. 

Une préface de huit pages, particulière à cette édition. Les figu- 
res au nombre de douze, paraissent empruntées à quelque série d'es- 
tampes gravées en Hollande, au commencement du xviii^ siècle dans 
l'école de Bernard Picart. 

6me édition, plus correcte et plus complète que les précé- 
dentes. Paphos, chez les frères Cupidon, à l'enseigne de Vénus- 
Uranie. — 2 parties en 1 vol. petit in-8°. 

Avec une suite de 18 figures fort dissemblables entre elles pour les 
dimensions, le dessin et la gravure, elles peuvent avoir appartenu dans 
le principe à différentes suites gravées pour les éditions précédentes, 
mais elles ont été réunies en une seule pour cette édition ainsi que 
l'indiquent les lettres de classement A à RT. 

Cette édition a été contrefaite à une époque plus récente. 

Londres, 1780 — 2 tomes ou parties, grand in-8°, 99 et 
66 pages. _. 



loi 

Les gravures de cette édition diffèrent de celles des autres 
éditions. 

Londres (La Haye), 1783. — 2 vol. in- 12, 2 frontispices, 
2 titres et 36 iRgures libres. 

Les illustrations de cette édition, extrêmement rare, paraissent 
à Cohen devoir être attribuées à Binet. Leur nombre prouve que 
Cazin a eu tort de dire sur le titre de l'édition de 1785, qui n'en con- 
tient que 20 : « ornée d'un plus grand nombre de figures que toutes 
les précédentes ». 

Londres (Paris, Cazin), 1785. — 2 vol. in- 18 161 et 80 p. 
20 figures par Borel, gravées par Elluin, non signées. 

Ces figures sont très soignées et très fines comme toutes celles 
qui sont dues à l'association de ces deux artistes hors ligne dans le 
genre erotique; les costumes sont de la fin du règne de Louis XV, 
époque à laquelle les chapeaux des femmes avaient parfois des di- 
mensions extravagantes. 

Cazin fit de nouveaux tirages de cette édition, en 1791, 1796, 1797, 
1800. Les anciens tirages sont les plus recherchés. 

Une imitation de l'édition Cazin de 1785 existe en 2 vol. in- 12. 
La plupart des figures sont, sinon les mêmes que celle de la précé- 
dente, du moins parfaitement copiées. L'une pourtant est entièrement 
différente; c'est celle de la 2me partie, qui représente la scène entre 
Thérèse, sa compagne, le courtisan et le valet de chambre; elle est 
d'une moins bonne exécution. 

L'édition de Cazin fut souvent contrefaite sous les rubriques de; 
Londres, Paris, Bruxelles. Un second tirage des jolies figures de Binet 
et d'Elliun a été placé dans une édition qui a pour titre simplement : 
Thérèse Philosophe. 

A Constantinople, de l'imprim. du serrail (sic) 17000000. 

In-16. 
Au. Bazar, 1797. — In- 12. 

orné de 20 .figures à la manière noire. 

A partir de 1825 il y a eu un grand onmbre de réimpressions de 
ce roman, mais la plupart très mal faites, avec de mauvaises litho- 
graphies sans valeur. La seule qui mérite une mention est celle de 

La Haye (Bruxelles), sans. date (1866 et 1868). — In- 12 de 
182 pages. 

avec 20 figures gravées sur acier et reproduisant celles de l'édition 
Cazin. Cette édition est précédée d'une « Notice bibliographique ». 

La plus récente édition que nous connaissons est : 

Au Palais, sous les Robes, 1882. — In- 12. 

La destruction de cet ouvrage immoral et anti-religieux a été or- 
donné : 

1" Par Jugement du Tribunal correctionnel de la Seine, du 6 juin 



iol 

1822, condamnant Jean François Leroux, libraire à Paris, à deux 
mois d'emprisonnement et 500 fr. d'amende. 

2" Par Jugement du même Tribunal^ en, date du 25 février 1825, 
condamnant Basson, Bourrut, Cottenet et Merlot, colporteurs et li- 
braires, à des peines variant de 3 mois à 1 an de prison et à de for- 
tes amendes. 

3" La Gazette des Tribunaux des 13, 20 mai et 3 juin 1865, con- 
tient de curieux détails sur les débats d'un procès qui se termina par 
la condamnation de 10 prévenus, à des peines et amendes diverses, 
pour outrages à la morale publique et religieuse, ainsi qu'aux bon- 
nes moeurs pour impression, vente et colportage de huit gravures obscè- 
nes et 87 ouvrages immoraux, dont la « Thérèse Philosophe ». Parmi 
les condamnés se trouvaient les libraires éditeurs bien connus : Poulet- 
Malassis et Jules Gay. 



Bien que sortant de notre sujet, mais simplement pour démontrer 
la vogue qu'eut au xviii" siècle ce roman, mentionnons le livret poli- 
tique suivant : 

APPARITION DE THERESE PHILOSOPHE à Saint- 
Cloud, ou le Triomphe de la Volupté. — Dédié à la Reine. 
Ouvrage volé dans la poche d'un aristocrate par M. Barnave... 
A Saint-Cloud, chez la mère des Grâces, 1790. — In-I2, 24 p. 

(Bibliot. Nationale L b 39 — 3812. Res.). 

(Malgré son titre, ce pamphlet réactionnaire est surtout dirigé 
contre la garde nationale de Paris). 



Histoire de D. Ranucio d'Alètes, écrite par lui-même (par 

Ch. G. Porée) . 

Venise, 1736. 2 tomes in- 12, avec figures. 

Dans certains exemplaires ,on trouve une clef manuscrite oîi l'on 
resmarque entr'autres noms ceux du père Girard et de Catherine Ca- 
dière. 



THÉÂTRE 



Le Nouveau Tarquin, comédie en 3 actes. 

A..— S. 1. n. d. (Hollande 1730). — In-8° de 48 pages. 

B. — Cologne, 1731. — In-8°. 

C. — Amsterdam, Jacques Desbordes, 1732 — In-8°, 76 p. 

D. — Amsterdam. L. Foubert, 1737. — In- 12. 

Figure également dans le 5me volume de la Contrefa,çx)n 
in- 12 de l'édition d'Aix, même format. 




Communiqué par M. Bruno-Durand^ Archiviste du 5* Arrondissement 
Maritime — Toulon. 



io5 

C'est une es'pèce d'opêra-comïque, non représenté, assez gai, 
passablement écrit et rempli de bonnes plaisanteries. Tarquin ,c'est le 
Père Girard, et Mlle Cadière, se présente sous les traits de Lucrèce. 

La- Bibliothèque du Théâtre Français (90) lui consacra, dans son 
troisième volume (pages 323 et suivantes) une analyse assez longue. 

Cet ouvrage, supprimé par « Arrêt du Parlement d'Aix » (91) com- 
me « plein d'obscénités », a été attribué à LE BEL par Quérard (92) 
et au père BOUGEAUD, par le Comte d'I""" (93), mais suivant l'opi- 
nion provençale contemporaine, la paternité reviendrait à l'abbé de 
CAVEYRAC, fils du Lieutenant de Sénéchal de Nîmes, dont nous 
avons raconté la mésaventure. 

Cette opinion est étayée par l'anecdote suivante : « Comme l'abbé 
était abandonné de ses parens et qu'il avait renoncé aux fruits d'un 
sien bénéfice, ii était assez embarrassé pour vivre à Marseille. Pour 
lui donner du comptant, on débita clandestinement une petite estampe, 
qui représentait un étendard sur lequel étaient graves ces mots : 

<( Souscription pour la somme de trois livres, l'éditeur d'une 
comédie italienne intitulée « Le Magicien Amoureux » en pro- 
se et en vers, vaudevilles et fables allégoriques avec des airs 
notés, enrichie d'une planche en taille douce où tous les per- 
sonnages sont gravés d'après nature par le fameux M. Robson, 
promet de faire délivrer partout le mois de septembre, un exem- 
plaire de laditte comédie à chaque porteur de pareille souscrip- 
tion, fait à Amsterdam le... La comédie imprimée chez Isaac 
Tirion à Amsterdam. Le public est averti que l'on distribuera 
dans tout le mois d'octobre seulement des brochures de ladite 
pièce à Amsterdam, La Haye et Genève pour la somme de sinq 
livres à ceux qui n'auront pas souscri.» 

L'étendard sur lequel était gravé cette promesse était tenu 
d'un côté par « une fille d'assez grande taille qui est ou doit être 
Mlle Cadière, et de l'autre côté par une espèce de Pantalon (94) qui 
paraît avoir la physionomie du Père Girard. De la robe de la Cadière 
sortait un petft diablotin et du côté -du père Girard, uti autre diablotin 
déchire à belles dents l'étendard. Sur le terrain on voit trois corbeaux 
croassant avec cette devise « Frustra raucant crocitant que corvi ». 
La fureur que le public avait de cette affaire fit distribuer plus 



(90) (du duc de . La Vallière, avec la collaboration de Mercier 
Saint-Léger, Marin, Caperonnier et l'abbé Houdot) Dresde (Paris), 
1768. 

(91) Voir plus loin. 

(92) Supercheries littéraires, tome VI, colonne 515. 

(93) Bibliographie des ouvrages relatifs à' l'amour, etc. 

(94) Personnage de la comédie italienne. 



io6 



de cinq cents exemplaires de cette souscription, ce qui produisit • par 
conséquent 500 écus qui furent retirés par un ami de l'abbé (95). 

Une « CRITIQUE DE L'OUVRAGE INTITULE: LE NOUVEAU 
TARQUIN », ce trouve à la suite de l'Examen de la Cause du Père 
Girard (Voir page 89). 



Arrest de la Cour du Parlement de Provence qui ordonne la 
suppression d'une comédie intitulée Le Nouveau Tar- 
quin, d'une Lettre écrite par un Magistrat désintéressé 
et d'une brochure intitulée: Résultat des Mémoires de 
la Deméiselle Cadière et Adhérons contre le Père Gi- 
rard, jésuite, et de tous autres écrits et libelles anoni- 
mes. 19 octobre 1731. 

A Aix, de rimprimerie de la Veuve de Joseph Senez. S. d. 
1 page. In-f°. 



Ce procès aurait également inspiré à FIELDING {96) : 

The débauchées, or the Jesuist caught, a comedy acted at the 
Royal Theater in Drury Lane. 

London, 1732. 

mais n'ayant pu nous procurer aucun exemplaire de cette comédie, il 
nous a été impossible de vérifier, si la pièce ceprésentée sur la scène 
de Drury Lane, a quelques rapports avec l'afifaire Girard-Cadière. 



CHANSONS - POÉSIES DIVERSES 



Comme en France, tout finit par des chansons, le procès du 
Père Girard et de Catherine Cadière ne pouvait échapper à la 
règle générale. Tout le monde s'en mêla, pas un clerc, pas un 
étudiant qui ne .fisse sa chanson, ou son épigramme sur Girard 
et son écolière. Lè^ partisans de l'une et l'autre partie ne furent 






(95) Lettre de Marseille, 10 novembre 1731. Manuscrit 23860 
déjà cité. 

(96) FIELDING Henry, auteur anglais, né le 22 avril 1707, mort 
le 8 octobre 1754, dont l'ouvrage le plus connu est: Tom Jones. Ses 
comédie n'eurent que peu de succès et ne sont pas restées au répertoire. 



lOy 

pas épargnées non plus, cependant le jeu n'était pas sans dan- 
ger; nous avons déjà dit que l'abbé de Caveyrac fut emprison- 
né à Marseille pour avoir écrit une satire contre le Père Gi- 
rard (97). 

Il en fut de même à Paris ou en octobre 1731, les vers sui- 
vants, attaquant trois des partisans de la chasteté du père Girard, 
circulaient dans tous les cafés: 

Pellegrin, prêtre d'opéra, 
Marettes, fripon sans scrupules, 
Boindin, athée et oœtera, 
Composent de concert la bulle 
Pour faire dé Girard un saint. 
Or, en ceci, tous trois vont à la fin, 
"Ils canonisent: leur semblable. 
Un athée, un fripon, un prêtre abominable. 

Ils furent attribué au poète Fuzelier (98) que l'on arrêta le 
18 novembre 1731, et- conduisit au Chatelet. La seule présomption 
que l'on avait contre ce poète était que son écriture ressemblait 
à celle d'une lettre envoyée du Café Procope à l'adresse de M. 
Maretes, dans laquelle se trouvait cet épigramme. 

Malgré cette débauche poétique, nous n'avons retrouvé im- 
primée qu'une seule: 

Chanson nouvelle, sur l'air: Que je regrette rnon amant. 

S. 1. n. d. — ; Petit in-fol. 2 pages. 

Elle a été inspirée par la lettre qu'écrivait le père Girard à 
Catherine Cadière, le 22 juillet 1730; elle commence toutes les 
deux par: 

Vous recevrez, ma chère enfant. 
En trois jours la troisième lettre. 

Cependant une note du manuscrit 23859 de la Bibliothèque 
Nationale affirme que les vers suivants auraient été imprimés 
a Aix, novembre 1731, 

Qui prétend annoncer le succès véritable 
D'une dispute si durable 
Des sorciers dont on connaît l'art 
Plus que ne fait Père Girard. 



(97) Voir page 96. 

(98), Fuzelier Louis, né à Paris en 1672, poète, auteur drama- 
.tique, ami et collaborateur de Lesage, rédigea le « Mercure de Fran- 
ce », depuis 1744 jusqu'à sa mort arrivée en 1752. 



io8 



L'affaire n'est pas encore mûre, 

Qui sait comme elle tournera, 

Mais sans parler à l'avanture, 

Je dis comme une chose sûre 

Que dans ce demesle confus 

C'est l'imprimeur qui gagnera le plus. 

Les manuscrits du « Journal de Barbier » contiennent deux 
chansons de la GIRARDIERE qui n'ont pas été imprimés dans 
l'édition de Charpentier: 

1" — Chez les Jésuites de Toulon 
Est arrivé grand carillon. 



2"' — Un Jésuite admirant de la jeune Cadière 

La beauté. 
Pour éteindre ses feux prit la route ordinaire, 

La rareté. 
En faveur de ce choix, pardonnez à ce Père 

La curiosité. 

dont nous retrouvons la variante suivante dans l'ANTI FACTUM 
CRITI-COMIQUE: 

Girard considérant de l'aimable Cadière 

La beauté. 
Avoue qu'il voulait voir de sa gorge entière 

La rareté. 
En faveur de l'aveu, pardonnez au bon Père 

La curiosité. 

Cette même pièce donne également des citations de deux 
autres chansons, dont celle inspirée par le conseil du Père Gi- 
rard à Catherine Cadière-: 

Oubliez- vous et laissez faire! (100) 

On trouve des spécimens de ces élucubrations satiriques 
dans maints recueils (101) de pièces manuscrites dissiminés dans 
les bibliothèques publiques de France, et un contemporain, peut- 
être un toulonnais, un provençal sûrement s'est amusé à en réu- 
nir un certain nombre, tout ce qui est parvenu à sa connaissan- 
ce, sans doute, dans un : 



(100) Une copie se trouve dans le Mss 23856 de la Bibl. Nationa- 
le, folio 96 v. 

(101) Paris. Bibl. de l'Arsenal. Mass 3307-3329-3128. Bibl. Maza- 
rine, Mss 3944. Besançon. Mss 561. Carpentras Mss 954. Lyon Bibl. 
du Palais des Arts.' Mss. 51-51 bis-54-126. ^Chartres Mss 1817. 



109 

Recueil des Poésies sur V affaire du P. Girard, Jésuite, avec 
la demoiselle Cadière, le P. Cadière, Dominicain, 
l'abbé Cadière et le P. Nicolas, Carme déchaussé. 
MCCXXXI. 

déposé à la bibliothèque municipale de Toulon, sous le n° 
R 1362/48. 

Ce recueil est trop typique pour, qu'à défaut de pouvoir 
donner des extraits de toutes ces poésies, dont plusieurs sont 
erotiques ou scatalogiques, nous hésitions, malgré sa longueur, à 
en reproduire la 

TABLE ALPHABETIQUE DES POESIES CONTENUES 
DANS CE VOLUME: 

Affiche: Corp de délit perdu. — Prose. 

Fermés boutique St-Médard. — Vers. 
Arrest Comique. — Prose. 
Avis: De part Chaudon, avocat en la Cour. — Vers. 

Du sieur Couilli Bouni (charlatan à Aix): — Prose. 

Aux Jésuites. — Prose. 

Des Chimistes Florentins. — Prose. 
Anagrammes pour le Père Girard et Cath. Cadière. 
Celui du Père Girard signalé par Barbier n'y figure pas. 
Brevet de la Calotte (102) pour le Père Sabatier. — Vers. 

Cette satire dont Michelet eut connaissance, lui sert de pré- 
texte pour porter un jugement sévère sur le Père Sabatier, qui, 



(102) REGIMENT DE LA CALOTTE. Une des plus célèbres de 
ces sociétés bizarres que produisit l'esprit satyrique du 18* siècle. Fon- 
dée vers 1702, par de joyeux officiers qui frondaient les ridicules de la 
cour, elle se composa d'originaux qui avouaient leur bizarrerie; elle 
distribuait des brevets, en vers, aux personnages les plus en vue dès 
qu'on pouvait leur reprocher une sottise ou un ridicule. On se fera une 
idée du style de ces brevets lorsque l'on saura que Piron en était l'un 
des rédacteurs. 

II existe sur cette singulière société plusieurs études. Nous signa- 
lerons particulièrement Mémoires pour servir à l'Histoire de la Calotte... 
Aux Etats calotins, de l'imprimerie calotine... 1752-54... 6 parties en 
3 vol. in- 12. 

Recueil de pièces satiriques et facétieuses, très curieuses au point 
de vue des mœurs du temps, avec des détails souvent fort scabreux, con- 
tenant quantité de documents historiques qu'il serait difficile de trouver 
ailleurs. 

Le Régiment de la Calotte, par L. Hçnnçt. Parig, Jouaust, 1886, 
In-16. 



110 



dit-il, <( avait l'insolence de notre ancienne marine; on lui re- 
prochait à Toulon, non d'avoir une maîtresse, ni même une fem- 
me mariée, mais de l'avoir insolemment, outrageusement, de ma- 
nière à désespérer le mari. Les choses furent poussées si loin, 
que le pauvre homme, un chirurgien nommé Navarre, en mou- 
rut. )) (103) 

La même accusation se trouve dans l'Ode: Les Jgnacides, 
2me Ode. 

Brevet pour les Pères Girard et Sabatier. — Vers. 

publié dans VAnti-Factum Criti-Comique (Voir page 86). 

Brevet pour l'Evêque de Toulon. ^ ^ Vers. 

Brevet pour les sieurs Honoré (104), Meringon (105), Gré- 
goire et Patau (106). — Vers. 

Brevet pour le sieur Grégoire (à propos d'une chanson con- 
tre Cath. Cadière, ses frères, et le Père Nicolas) — Vers. 

Brevet pour Mesdemoiselles Barry et Payan (Girardines) — 
Vers. 

Brevet pour le sieur De Ville (Avocat de la Supérieure du 
Couvent de la Visitation d'Aix, où fut enfermée Mlle 
Cadière, pendant le procès) (107) — Vers. 

Brevet pour Mme la marquise de Chi... ? — Vers. 

Brevet pour l'abbé Pagi, de Valbonne {Prévôt de Cavaillon). 

— Vers. 

Brevet pour le Parquet du Parlement d'Aix. — Vers. 

Brevet pour Monsieur Gueydon {Avocat général du Parle- 
ment d'Aix). — Vers. 

Brevet pour le sieur Julien {Avocat, ayant écrit contre la 
Cadière). - — Vers. 

Brevet pour le Parlement d'Aix {Deux pièces différentes). 

— Vers. 



(103) Quelque temps après la mort de Navarre on trouva cette sin- 
gulière affiche placardée sur les murs de Toulon et d'Aix : 

« Je laisse mion âme à Dieu, mon corps à la terre, mon bien à mes 
enfans, mes maux aux Jésuites, ma femme au Père Sabatier, et ma 
cornette à M. l'Evêque de Toulon ». (Mss. 23861 de la B. N. fol. 104 v.) 

(104) Avocat. 

(105) Père Jésuite. ' 

(106) Qui ont fait des chansons en faveur du P. Girard. 

(107) On prétend qu'en se mariant l'avocat DE VILLE fit faire à sa 
femme, conjointement av§c lui, vœu de garder pendant trois ans la 
chasteté. 



111 

Brevet pour l'abbé Reymond (108). — Vers. 

Brevet pour Mademoiselle Saint-Antonin (partisan de Gi- 
rard). — Vers. 

Brevet pour la brigade Girardine et l'abbé Fénélon (grand 
archidiacre d'Avignon). — Vers. 

Les brevets de la Calotte étaient d'une satire avisée. Un contempo- 
rain constate le nombre prodigieux de Calottes que reçoivent de mo- 
ments à autres les Girardins. Et tel homme qui vient de soutenir une 
thèse en faveur du père Girard, de retour à son logis trouve sa calotte 
affichée à sa porte ou sous son assiette. Ces ouvrages précités ne valent 
pas grand'chose, mais ils marquent la disposition des esprits. (109) 

CHANSONS : 

Girard, dans le siècle où nous sommes. 

Venés écouter vieux p... 

Père Girard. 

Colas l'honneur du mont Carmel {chanson qu'on a laissé 
tomber dans la place des Prêcheurs à Aix, le 6 juil- 
let (?) qu'on dit avoir été jetée par les Jésuites). 

Quand pour chasser d'un si beau corps (Réponse faite par 
les « Cadières » à la précédente). 

Non, non ce n'est qu'à Toulon. 

Vous recevrez ma chère enfant. (A été imprimée. Voir 
page 107). 

Divines filles d'Apollon (A propos de la lettre citée ci- 
dessus.) 

Un dernier jour du Carnaval. 

Oh! par ma foi, monsieur Chaudon. 

Paire Nicolau laissés Cadière (chanson en provençal attri- 
bué à Grégoire, d Avignon). 

Sias lou ben vengu mon brave Carme (attribuée au même 
auteur). 

Veni d'apprendre per hazard. 

Appren nous un peu Gregori (contre lui). 

Toureloure- loure de Cadière. 

Père Girard prédicateur. 

Amour où sont tes rigueurs. 



(108) Prêtre de Cavaillon, qui fut, étant déjà prêtre, enfermé dans 
une maison de correction de Marseille, par ordre de son père. 

(109) Lettre de Marseille, 14 septembre 1731. Mss 23860, déjà cité. 
Nous indiquons plus loin unç liste complémentaire de , dignitaires 4u 
Régiment de Ig. C<3lQttç, 



112 

Girard, plein d'une ardeur infâme. 

Le Père Nicolas vainqueur. 

Le Royaume de France. 

Girard considérant de l'aimable Cadière. 

Chez les Jésuites à Toulon {reproduite dans les manuscrits 
du Journal de Barbier). 

Reprend Vénus, reprend tes droits. 

Cadière ce monstre nouveau. • 

Admirons de l'arrest du -Sénat de Provence {Nouvelle va- 
riante des deux chansons citées page 108). 

Girard n'a pas trouvé dans la fourbe Cadière. 

Sabatier a dit au dépard (sic) (110). 

Puisque tant d'honnêtes gens. 

COMEDIE DE TARQUIN {Analysée, page 102). 

Conclusions des gens du Roy, données lé 1 1 septembre 
1731. — Vers. 

CONTES: Lucifer dédommagé. — Vers. 
La Girardière (111). — Vers. 
Le monde renversé. — Vers. 
Le cas privilégié. — Vers. 
Pour rendre droit ce qui fut tord. — Vers. 

Se retrouve reproduit dans plusieurs recueils sous le titre de: 
La chose impossible devenue possible en 1731. 

Dialogue de Minos et de Radhamanse. — Vers. 

ELEGIES: Vérité de tout tems chérie parmi nous. Ire Edition. 
Vers. — 2me Edition. — Vers. 

EPIGRAMMES: Canonisons Girard sans nul obstacle. 

Ah, que je plains ton sort malheureuse Cadière {contre 

Honoré, Grégoire, Mérignon et.Patau). 
Je vous le dis en vérité. 

Thémis de tes arrêts modère la. rigueur. . . 
Les Jésuites effrontément.;. 
Girard fameux jésuite et Paris appellent. 
La guerre s'allumait souvent. 
Jusqu'à quand verrons-nous d'indignes ' imposteurs. 



(110) Après l'affaire Girard-Cadière, le Père Sabatier se retira 
à Lyon, dans le Grand Collège de la Trinité, appartenant aux Jésuites. 

(lll)Suivant une note du Manuscrit 23859 de la Bibliothèque Na- 
tionale,, cette pièce serait «..d'une jeune avocat de beaucoup- d'esprit 
nommé De Genne. — Ne. pas confondre avec LA GIRARDIERE OU 
JEU DU QUIETISME, dont la règle est mentionnée p&ge lia,. , 



ii3 



Tu nous berne, Chaudon, et raisonne pantoufle. 
Un officier qui n'a qu'un bras. 
Enfans d'Ignace il est tems de nous rendre. 
Absoudre Barrabas, condamner Jésus-Christ {On y accu- 
se les juges d'avoir, pour la plupart, une origine juive.) 
Pourquoi paraître si piqué {contre M. de Faucon). 
Cadière, quel est ton destin. 
On tena donc punir Cadière sans ressource. 
Pour noircir de Jésus la chaste compagnie. 
Les ennerflis de Girardier. 

A vous censeurs maudits, d'Argens, Gueidon, Ripert. 
Pour vos conclusions détestables, infâmes. 
Thémis dans ce fatal procès (III bis). 
Sur cette affaire embarassée (III bis). 
Voyés, comme le monde est fait (III bis). 
Etes-vous janséniste, êtes-vous moliniste (III bis). 
Hatés-vous de juger, parlement équitable. (III bis) . 
Depuis plus d'une année entière (III bis). 
Trois mauvais prêtres sont l'appui. 
Je veux, disait certain vaurien. 
Tandis que l'Europe entière. 

Ouy, cher maure s'il arrive {Réponse à la précédente). 
Les pères sont dans une estime. 
Indigne Sénat de Provence. 
La chaise accrut votre pouvoir. 
Pour vous indignes magistrats. 
L'esprit saint à qui rien n'échappe. 
Un vieux cafard de gros cas antiché. 
Pour avoir immolé le fils du Tout-Puissant. 
Un échappé de la Guinée. 
Père Girard, ce monstre infâme. 
Le père Girard a grand peur. 
C'en est fait, Girard est perdu 
Un Loyolliste embrassant sa dévote. 
Sauterelles du noir abisme. 
La grande affaire de Cadière. 
Que des gens déclarés en faveur de Cadière. 
Si dez longtems Victor, sous un masque pieux. 
C'est assez faire les mutins. 
De la société disciples peu fidelles. 



1 1 1 bis) Reproduits dans Recueil au sujet de Procès de la Cadiè- 
re. (Voir page 84}v 



iii4 

Que diséè Paire Coustillaire. 

Tout homme juge à sa guise (111 bis). 

Que Paris à ses malades. 

ÉPITAPHE: Piae sanctae que memorine. 
Extase quietiste: Un matin qu'à l'écart. 

FABLES: Du Corbeau, et de la Colombe. 

De l'hirondelle et du moineau. 
IMPRECATIONS : Girard l'unique objet de mon ressentiment. 

D'Eguilles, Gueidon et Ripert 
Vils ' esclaves d'un Jésuite. 

(au sujet des conclusions des gens du Roy, prises con- 
tre Mlle Cadière.j 

On prétend que le Procureur général ne put voir ces vers avec 
modération, et indifférence. Il s'en est plaint et sur sa réquisition, on 
dit qu'il a- été. rendu Arrest portant défenses de les retenir, de les lire 
en public sous peine de punition corporelle. (Note accompagnant la 
copie du Mss 23859 de la Bibl. Nationale). 

LETTRE (supposée et en vers) au marquis de Senas (par Cath. 
Cadière, datée de la prison d'Aix, le 17 septembre 1731). 

LOGEMENT des gens du Roi. 

ODES: Qu'ai-je vu? Quel affreux libelle (s«r un mémoire de M"= 
Chaudon). 

Vous qui de l'équitable Astrée (apologique pour le Père 
Girard). 

Quel est ce mortel téméraire (réponse à la précédente). 

Une autre réponse commençant par : Toy qui donne l'essort à 
ton faible génie, se trouve dans le manuscrit 23859 "de la Bibl. Nat. 
foIio-7. 

Dans le trouble où je suis que mon sort est à plaindre. 

Quels nouveaux traits, Phoebus m'inspire. 

Les Ignacides. Ode Ire. Ode 2m&. 

Les Girardines. • 

PARODIE: d'une scène d'Iphigénie. — Vers. 

Oui, nous Chaudon, avocat en la cour. — Vers. 
PASQUINADE. — Vers. 

PRIERES : Toi qui mieux que la faculté (pour Cath. Cadière au 
diacre Paris). — Vers. 

(du père Girard) : Pulchra Lauerna. — Vers. 

Dieu qui du haut de l'Empirée. — Vers. 

(du- père Girard) : De la. Société, disciple peu fidèle. — Vers. 

C'est sans doute un démon sous la forme d'un ange. — Vers. 



ii5 



PROPHETIES. — Quand poil crasseux, pieds nus et barbe cale. 
— Vers. 

publiée comme : Centuries de Nosira-Damus, dans VAnti-factum 
(Voir page 86). 

An mil sept cent trente un, ce qui soutient le c... 
Pour finir demeslé fatal (111 bis). 

Quant pour orner son escu d'une crosse {pour L'abbé de 
Charleval). 

RONDEAU: Oubliés-vous, et laissés faire {imprimé dans VAN- 
TI-FACTUM CRITI-COMIQUE.) 

SONNETS: Grand Dieu de vos décrets quelle est la profondeur. 

De mes crimes. Grand Dieu, quelle est la profondeur {sur 
les mêmes rimes que le précédent) 

On dit qu'un tricornin, rance comme un vieux lard. 

Les viles courtisans, dangereux politiques. 

Je ne saurais, d'Argens, trouver assez de voix (112). 

Partisans de Girard, protecteurs de Cadiëre. 

Du jugement de Dieu connaît la profondeur {signé: Abbé 
de La Jardine.) 
STANCES: Sur le sieur Reybaud, promoteur de Toulon. 
Testament du sieur Navarre. 

VERS MAROTIQUES : Que maligne est, Girard, ton accointance. 
Amy Chaudon tes écrits satyriques. 

VERS : Diligens examinateurs des mœurs de vos confrères. 
(111 bis). 

On nous chante soir et matin (111 bis). 

De tes noirs attentats, de ta noire malice {en faveur du 
Père Girard). 

C'est trop lontems, en paix, laisser l'iniquité {sur le Père 
Nicolas). 

De la cour de Vénus, je viens en diligence. 

Cardin (113) ta piété caustique. 

Ministres du pouvoir suprême {contre le Parlement de Pro- 
vence). 

Brave Brancas dont l'illustre naissance. 

La table, reproduite ci-dessus, s'arrête à la page 393 du manus- 
crit, qui a été continué par une autre personne, vivant également à la 
même époque, qui y a ajouté. 



(112) Sur ce que le Procureur général avait fait mettre un cade- 
nas à la porte et une grille à la fenêtre de la cellule de Catherine Ca- 
dière. 

(113) Nom de Lebret. 



1 (6 

VERS: (contre le chevalier de Prillis (114); Limousin, poète; 

Hugues, négociant, et l'abbé des Henriques, grands 

partisans de Cath. Cadièré). 
Grand chevalier de nom Prillis, ta bonne amie. 
ODE: {sur le père Girard) Ennemi déclaré du vice. 
CHANSON: {sur la mort du père Girard) Le Père Girard a 

single. 

CONTE: Le Chat Huant, 
et enfin la règle de : 

LA GIRARDERE ou Jeu du Quiétisme, renouvelé de celui de 
l'Oie, mais dont les gages, les plus innocents, étaient des 
baisers. 

Non moins important est le manuscrit intitulé: 

Vers faits pendant le procès de la Cadière. 

conservé à la Bibliothèque Nationale, sous le n° 23859 (Fonds 
français), formant le premier volume du RECUEIL, que nous 
avons déjà signalé. (115). 

Si, dans ce volume, on peut regretter l'absence d'un cer- 
tain nombre de pièces figurant dans le Recueil de Toulon, il 
faut se féliciter d'y en rencontrer de nombreuses, qui en font 
un heureux complément, et dont voici la liste: 

ACROSTICHE: Impie directeur, orgueilleux Jésuite. 

ANAGRAMME pour le père Girard et Cath. Cadière. 

AMBIGU GIRARDIQUE... contre l'auteur du Nouveau Tarquin. 

APOLOGIE ironique du très révérend père Girard. 

ARREST {en vers) du Conseil souverain de Momus, qui reforme 
celui du Parlement d'Aix, touchant l'affaire du père 
Girard. {Une copie se trouve à la Bibliothèque de Nan- 
tes sous le n° 272 des Mss) 

ARREST DU REGIMENT DE LA CALOTTE confirmant celuy 
qui a été rendu par le Parlement d'Aix, en faveur du 
père Girard. 

BREVET DE LA CALOTTE pour Ventre père {Procureur) et 
son fils. 
Motet... Ame damnée des Jésuites. 
Vignes (Jean -François). 
Mlle Marie, femme de M. de Cavaillon, partisante de Girard. 



(114) Gentilhomme d'Avignon, chez lequel les partisans de Cathe- 
rine Cadière se réunissaient et qui prônait partout le zèle de M. de 
Sénas pour sa protégée. 

(115) Page 52 et suivantes. 



117 

Reboul, avocat au Parlement d'Aix. 

Mlle Thérèse Bertot, sceur d'un Procureur. 

Le père Thomas, capucin d'Aix. 

Masse, Procureur, sa femme et l'abbé, son frère, avocat 

plaidant. 
de Charleval... 
d-Ansouis... 
de décrotteur pour le sieur Patot, secrétaire de M. d'Argens. 

Le sieur Patot ayant pris trop vivement la défense du père Gi- 
rard, fut houspillé une première fois, et reçut, la seconde, une volée 
de coups de bâton, après quoi, il lui fut ■décerné le brevet ci-dessus. 
Quelques jours après, un décrotteur l'aborde pour lui cirer ses sou- 
liers, et quand il fut question de paiement, le décrotteur le refusa, en 
lui disant: « Eh! vous vous moquez. Monsieur, de décrotteur à dé- 
crotteur, il n'y a que la main. » (116) 

CANTIQUES sur le désert de la Foy... 

Ces cantiques, dit une note marginale, qui respirent le Quiétis- 
me, ont été trouvés parmi les papiers de la Battarelle, l'une des pé- 
nitentes et stigmatisées du père Girard, écrits de la propre main de 
cette fille. 

CHANSONS : Rions comme des perdus... de l'onguent pour la 
brûlure. 
Or écoutes avec horreur. 
Je suis de vos amis, mes pères. 

Or, écoutes petits et grands... Le putassier ravissement. 
Or, écoutes petits et grands... Quel est l'arrêt des plus criants. 
Les Jésuites sans contredit. 
Ces messieurs les Jésuites. 
L'affaire est trop publique. 
Sans embarras. 

Un directeur trop bien faisant. 
Les Jésuites, nos bons amis. 
Père Girard n'est plus Jésuite. 
Un vieux Jésuite confessait. 
L'Eglise infaillible. • 
Thomas dit à Nicolas. 
Cithère était le seul pays. 
Escobar, Sanchez, tambourin. 

Près de l'innocente Cadière. < 

Du Moliniste Vaurical. 



(116) Lettre de Marseille, 20 septembre 1731, Mss 23860, déjà 



cité. 



ii8 



Mon cher Girard, pauvre jésuite. 

Taisez-vous malheureuse... avec musique notée. 

Sans crainte qu'on me menace. 

Compliment que le geôlier de la prison d'Aix a fait au père Ni- 
colas à son arrivée. 

Désespoir du père Girard. 

... Elégie en lamentations. 

Dialogue entre le père Girard et Mlle Cadière...: ]e deviens ton 
amant. 

Entretien de Mlle Cadière avec son directeur, le jour de l'arrivée 
de ses juges...: C'est ton amant que tu livres aujourd'huy. 

EPIGRAMMES: Le démon était peu content. 

Incomparable Parlement. 

Un Jésuite brûlant d'une impudique flamme. 

J'admire cet Arrest, tout y tient du prodige. 

Père Girard est hors d'affaire. 

O tems! o mœurs! il n'est plus de franchise. 

Infâmes artisans de l'Arrest monstrueux. 

Hérault blâme le jugement. 

Pourquoi dire dans nos écoles. 

Girard est mal dans ses affaires. 

Quand le Pape dans sa joie. 

Les ennemis de Vendrok hérétique. 

Grand Dieu qui pour régner en paix. 

...Conversion d'un Incrédule... Je crois tout, ma foy n'a plus 
d'obstacle. 
Epitaphe du père Girard. 
FABLE: Le mouton, l'agnelle et les chats. 
La Cadière condamnée. 
Lettre anecdote du R. P. Tartuffe au R. P. Caffard, supérieur des 

Missions Apostoliques. 
Logement de Mrs de la Grande Chambre du Parlement d'Aix. 
Motifs de l'Arrest du 10 octobre 1731... Pourquoi juger que Gé- 
rard soit coupable. 
ODE... sur le père Girard... Quel est ce mortel plein d'audace. 
Placet ou requeste de la brigade de Momus. 
Plainte de la Religion sur le bruit que l'affaire dii père Girard 

et de la sœur Cadière a fait par le monde. 
La Religion se plaint à Dieu... du langage qu'on lui fait tenir 

dans les vers précédents. 
POEME: Que par sentence de commande. 
QUATRAINS : Excusez le pauvre père Girard. 

Oui, Pilate à mes yeux moins exécrable. 

Que les Jésuites soient contents. . : 



ij9, 

Réplique à l'abbé de Boisrenard... auteur du « Résultat en fa- 
veur du père Girard ». 
SARCELADE... Une copie de cette pièce figure également dans 

un RECUEIL de pièces satiriques sur les Jésuites conservé 

à la Bibliothèque de la Chambre des Députés (N" 1422)... 

mais sous le titre du : PAYSAN DE SARCELLE. 
SONNETS: De l'amour de son Dieu faire un affreux problème. 

Girard est accusé d'un inceste odieux. 

Simples fornicateurs, enfants de la nature. 

D'un insolent Arrest, infâmes précurseurs {contre les con- 
c'usions des deux Procureurs.) 

Du glaive de Thémis cruel dépositaire {contre le Parlement 
d'Aix.) ■ 

Vous, qui du cœur humain sondez la profondeur. 

L'univers étonné, sensible à tes disgrâces {adressé à la Ca- 
dière.) 

Cher auteur du sonnet {précédeni) les charmes de ta lyre. 

Disciples ingénieux du docteur Molinos. 

De crimes capitaux en vain pour la Cadière. 

Que ton crime est flatteur! Pour devenir fameux. 

Mon nom seul me suffît pour devenir fameux {Réponse au 
précédent avec les mêmes rimes.) 
STANCES : Objet d'un amour très coupable. 

Vos deux récusés jugeront... {sur MM. de Mons et de Parade). 
VERS: ...par un MarseillaJs... Rassurez-vous, enfants d'Ignace. 

Girard contre le peuple d'A.ix. 

Très révérends pères Jésuites. 

C'est en vain que Thémis en ta faveur préside... supposés 
adressés à Mlle Cadière par M^ Chaudon. 

Paris et Girard. 

Le Bret, ton jugement imite les Dieux {contre lui). 

Dieu d'Israël soit mon refuge..'. Ces vers sur l'affaire La Ca- 
dière sont attribués à un jeune homme de Marseille: 
le sieur ARTAUD. 

Cadiero siou pas estounat. 

Il existe à la Bibliothèque du Palais des Arts, à Lyon, un autre : 

Recueil de poésies faites à l'occasion de tout ce qui s'est 
passé à Toulon dans l'affaire du père Girard, jésuite 
avec Mlle Cadière (117). 

qui est beaucoup moins complet, que les deux précédents, cependant 



(117) Cote: M 54. 



i20 



nous y avons rencontré, ne figurant pas dans ces derniers, les pièces 
suivantes : 

Enfin Girard a le dessus... Epigramme. 

Prière au tombeau de Paris... O bienheureux Paris quand la 

Cour déclarée. 
Ensorceler sa pénitente... Quatrain. 

On comprendra facilement qu'il nous a été impossible de vérifier 
tous les « RECUEILS » épars dans les bibliothèques publiques de 
France (118), dans lesquels nous aurions probablement rencontrer cer- 
taines satires dont la vogue n'a pas dépassé les localités oîi elles fu- 
rent conçues, cependant nous croyons devoir signaler, comme ne figu- 
rant pas dans les précédents : 

Te Deum du père Girard, jésuite. (119) 

Gémissements de la demoiselle Cadières (sic), de Toulon, 

Sonnet (120). 
Plainte de la demoiselle Cadière. Poème (121). 
Le Monde renversé. (122) 

On pourrait, sans doute, également allonger encore cette nomen- 
clature en dépouillant le « Chansonnier de Maurepas » (44 volumes) 
et celui dit de « Clairambault, » (58 volumes), tous deux conservés à la 
Bibliothèque Nationale (123). 

D'un manuscrit du temps, ayant pour titre: GIRARDINA 
(600 pages), l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux... (N° du 
30 novembre 1895, col. 567), cite ces vers inédits sur la Cadière, 
parlant à Dieu: 

Grand Dieu, de vos décrets quelle est la profondeur! 

Je me trouve à la fois innocente et coupable : ; 

De crimes, de vertus, mélange inconcevable! 

Je ne dois pas rougir, et je me fais horreur, 

Croïant marcher vers vous, j'ay suivy l'imposteur: 

Sous l'appas dangereux d'uh zèle charitable, 

Le fourbe a profané votre loy redoutable; 

Ma jeunesse a cédé, séduite par l'erreur. 



(118) Mentionnés page 108. 

(119) Folio 224 du manuscrit tC 3128 de la Bibliothèque de l'Ar- 
senal à Paris. 

(120) Folio 16 du manuscrit n" 1733 de la Bibliothèque Ste-Ge- 
neviève à Paris. 

(121) Pièce 18 du manuscrit n*" 827 de la Bibliothèque Méjanes 
(Aix) et Manuscrit 205 de celle d'Arles. 

(122) N" 1518, Bib. Amis du Vîeux-Toulon. 

(123) Manuscrits français n"' 12616 à 12659 et 12686 à 12743. 



121 



Vos mistères sacrés, votre divin langage, 

Le ministère saint de ce faux personnage, 

Tout a servi de piège à ma crédulité; 

Seigneur, si le Démon prend votre ressemblance, 

(Pardonnez ce transport à ma fragilité) 

Oîi pouvoir désormais découvrir l'innocence? 

Le père Girard a grand peur, 

Il est chez Guîllot le songeur: 

Le buscher l'allarme sans cesse; 

Si l'horreur de son crime, le presse, 

Il craint, ce qu'il a mérité. 

Pour le tirer de cette affaire. 
Il offre, à ce qu'on m'a dit, d'épouser la Cadière : 

La puissante Société, 

Dans une entière confiance, 

Assure que Sa Sainteté 
Ne refusera pas d'accorder la dispense. 

Nous mêmes nous avons pu relever dans le manuscrit n° 1422, 
de la bibliothèque de la Chambre des Députés, ceux-ci, égale- 
ment inédits: 

Très Révérends Pères Jésuites. 

Dont l'on chante par tout les vertus, les mérites 

Un de vos anciens autrefois fut pendu 

Pour avoir trop de vertus. 

Père Girard pour avoir le cœur tendre 

On le brûle aujourd'hui pour avoir de la cendre. 

Un de pendu, un de brûlé. 

Lequel d'entre vous tous doit donc être broyé. 

Sans manquer au respect que l'on doit à l'Eglise 
Ce doit être à la Grève où l'on vous canonise; 
On devrait souhaiter, élevant vos vertus. 
Que dans une forêt vous fussiez tous pendus. 



ICONOGRAPHIE 



Compliquée par les nombreuses figures destinées à illustrer 
les multiples éditions de la THERESE PHILOSOPHE, de la SOR- 
CIERE et même de RECUEILS publiés à l'étranger, une Icono- 
graphie du Procès Girard-Cadière est presqu'impossible à faire, 
car il est fort probable qu'un certain nombre de gravures apo- 
logiques, satiriques, caricatures, dessins, et même peintures, ne 
sont, pas plus parvenus jusqu'à nous, que les fameux rubans 
« à la Cad' ère », qui furent à la mode au moment du jugement, 
et sur lesquels, étaient brodés les principales scènes de cette 
affaire. 

Cependant la bibliothèque de Lyon conserve (124), dans un 
exemplaire de la « Procédure sur laquelle le père J.-B. Girard », 
etc. (125), un signet fait d'un ruban de soie blanche moirée, de 
3 cm. de large, avec une dentelle en chenille de soie bleue,- sur 
lequel sont peints, à la gouache, le père Girard, en noir, et Ca- 
therine Cadière, en rose; les fleurs qui alternent avec les per- 
sonnages paraissent imprimées avec quelques roucîies de goua- 
che (126) (Voir reproduction). 

Cette excentricité de la mode peut nous paraître ex- 
cessive aujourd'hui, mais il ne faut pas oublier que nous som- 
mes en plein xviiP siècle et qu'alors les « roués » venaient de 
lancer les « vestes de petits soupers ». Comme les pourpoints, 
suivant l'usage du moment, se portaient boutonnés jusqu'en haut, 
on ne pouvait voir que la partie supérieure de ce vêtement; mais 
pendant les fêtes, d'un certain genre, les débauchés débouton- 
naient leurs pourpoints et montraient à leurs compagnes des 
scènes d'orgies, avec tous les détails lascifs inhérents, peintes 
ou brodées sur leurs vestes. (127) 



(124) Sous le numéro 27373. 

(125) Voir titre complet, page 84. ■ 

(126) Renseignement dû à l'amabilité de M. H. Joly, conservateur 
de la bibliothèque de Lyon. 

(127) Chronique Scandaleuse. Paris 1791. 




Ruban de soie blanche moirée 

avec personnages peints 

servant de signet à un volume 

de la Bibliothèque de la ville de Lyon 



125 

Si nous avons parlé de peinture, c'est que le souvenir d'un 
« Tableau dans lequel on dépeint le père Girard, les yeux levés 
au ciel et les mains élevées au-dessus de sa tête, mais en le re- 
gardant dans un certain jour, on aperçoit une jeune fille peinte 
au-dessus de luy », nous a été conservé par les vers suivants qu'il 
inspira (128) : 

Lorsque ce directeur sonde sa pénitente 
Et qu'il porte sur elle, une main pétulante, 
N'allez pas critiquer sa vive charité, 
Il poursuit l'ennemy de sa Société. 

Soleinne possédait un recueil de 48 gravures (n° 3782 de 
son catalogue) qui comprenait: 

La suite des 32 planches, publiées sous le titre de « Histoi- 
re du P. Girard » (130). 

Une suite, peu commune, de 7 jolies figures, in-8°, gravées 
par Larmessin d'après Vanloo. 

Cinq estampes gravées, par Diacre: 

Deux dessins à l'encre de Chine et quelques autres gravu- 
res, malheureusement, non décrites. 

Il y eut, sans doute, de nombreux dessins, que l'on colpor- 
tait sous le manteau et qui ne furent jamais gravés, témoins les: 

Cinq Estampes que l'on a prétendu avoir parues à Toulon... 
(en mars 1731) et dont le manuscrit n° 23861 de la Bibl. Nat. nous 
a conservé la description: 

LA Ire ESTAMPE représente l'Evêque de Toulon, en ha- 
bits pontificaux, crosse, ayant pour mître la coiffe de la sœur 
Cadière, sur laquelle on avait mis une calotte de plomb. Derriè- 
re luy, on y voyait le père Sabatier, jésuite, qui le tenait par des 
rênes et au-dessus, on y lisait, en gros caractères: « A Monsieur 
de Montauban, Grand Vicaire du Père Sabatier, Jésuite. » 

On a voulut, par cette estampe (131), reprocher au bon prélat qui 
n'est pas moins respectable par sa naissance que par sa dignité, son 
peu de génie, sa crédulité sur les prétendus miracles de la Cadière et 
son aveuglement pour le père Sabatier qui a toujours passé pour avoir 
un empire absolu sur son esprit, chacun veut que l'esprit turbulent de 
ce père soit la seule cause de l'éclat qui a fait cette affaire et cela sur 
l'assurance qu'on donne qu'il n'a pas tenu au Carme et à la famille 



(128) Dont une copie figure dans le « Recueil n° 14606/831 de la 
Bibliothèque de Chartres. 

(130) Voir: Bibliographie, page 47. 

(131) Ces appréciations, ainsi que la description des estampes, 
sont copiées textuellement sur le manuscrit 2386Ï, déjà cité. 



1 26 

Cadière qu'elle n'ait été assoupie dans son commencement, et M. l'Evê- 
que qui en avait apparemment d'abord senti la conséquence, leur en 
avait, dit-on, . donné sa parole d'honneur, mais la demande qu'il fit 
faire le lendemain à son officialité, rompit toutes ces mesures, rendit 
la chose publique et ces gens-là, dans leur surprise, furent forcés 
d'avoir recours à la justice séculaire. 

LA 2me ESTAMPE représentait la Cadière dans un nuage 
de gloire tenant d'une main l'habit de la Société (de Jésus) et 
les trois Commissaires placés au dessous dans ces situations: 
M. l'abbé de Charleval regardant cet habit avec crainte. M. de 
Faucon en décrottait les. bords et M. d'Argens y passait les ver- 
gettes (132) pour masquer leur crainte et leur envie de plaire à 
la Société. 

LA 3me ESTAMPE représentait M. l'abbé de Charleval assis 
dans un fauteuil et le père .Girard qui lui présentait une mître 
avec ces mots: Asperges me hyssope et mandabor la vabis me et 
supes nivem dealbabor. 

LA. 4me ESTAMPE représentait les trois Commissaires et 

le père Girard qui leur présentait une bourse en leur disant: 

Quoniani iniquitatem. mean ego cognosco, et peccatum moiin 
contra me est semper. 

Enfin une CINQUIEME oh ces mêmes commissaires étaient 
représentés et auxquels ce Jésuite tenait ce discours: Bénigne 
fac Domini in bona voluntati tua Sion; ut œdificentur mûri Jé- 
rusalem... 

Allusion que faisait apparemment l'auteur à une maison de Jé- 
suites qu'on voyait dans le lointain. 

L'arrivée à Toulon des deux Commissaires délégués par la 
Grande Chambre du Parlement d'Aix: M. de Faucon et l'abbé 
de Charleval, soupçonné d'aspirer à la mître et du Procureur gé- 
néral, M. d'Argens, à qui l'on prêtait certains projets cupides, 
donna naissance également à une estampe, dont le dessin, à 
l'encre de Chine, après avoir circulé dans Toulon, fut, dit-on, 
envoyé à Genève pour y être gravé. (133) 

On y voyait Catherine Cadière dans une espèce de nuage 
lumineux. Le père Girard, assis dans un fauteuil la contemplait, 
l'abbé de Charleval d'un côté, à genoux, décrottait le bas de sa 
robe et M. de Faucon, vis-à-vis, lui disait: « Vous n'ôterez pas 
tout ». M. d'Argens, de l'autre côté, frottait également la robe 
avec un mouchoir, avec la légende: « Vous noircirai plutôt votre 



(132) Brosses pour habits. 

(133) Manuscrit 23860, déjà cité. 



p. L. 152. F. 




Girard délit. Cadiére - Sculpsit. 

J'ay une grande faim de vous revoir!!!... 



129 

mouchoir «. Dans l'éloignement des Jésuites apportaient une mî- 
tre à l'abbé de Charleval et une bourse à M. d'Argens. 

La Bibliothèque Nationale, de Paris, et, le Musée Arbaud, à 
Aix, conservent dans leurs cartons: 

Une suite de quatre gravures, à l'eau-forte, portant l'indica- 
tion d'origine « London, 1730 », signées de noms de peintres et 
graveurs imaginaires: /. B. Girard, Cath. Cadière, etc. 

Elles représentent: 

\° Le P. Girard contemplant les seins de la Cadière. 

Signé: Battarelli P... Guioul S... Légende: Ma chère Petite de 
3 ans, oubliez et laissez faire. ■ 

2° Le P. Girard regardant la Cadière se tordant sur son lit. 

Signée: J. B. Girard, inv... Cat. Cadière. Seul. Légende: J'attends 
qu'elle revienne pour lui parler de Dieu. 

3° Le P. Girard fouettant la Cadière. 

Signée: Molinos, inv... Girard Se... Légende: La justice de Dieu 
exige que vous soyez mise à nue. 

4" Le P. Girard embrassant la Cadière à travers la grille 
du couvent. 

Signée: Escobard inv... Girard Se... Légende: J'ay une grande 
faim de vous revoir et de tout voir. 

Nous donnons une reproduction de cette même scène, mais 
renversée de sens, avec les signatures imaginaires: Girard, dé- 
lit... Cadière sculpsit, mais simplement gravée aux traits, et por- 
tant, en haut, à droite, la mention « P. L. 152 F. », dont nous 
ignorons la provenance. (Reproduction). 

Le JOURNAL DE BARBIER 'signale deux estampes « indé- 
centes lorsque l'on les regarde par derrière ». Dans l'une, nous 
dit-il, le père Girard donne la discipline à Cath. Cadière; dans 
l'autre, lé père Girard la caresse pendant qu'elle se confesse à 
un carme! 

On nous a également signalé une pièce in-folio, anonyme 
avec cette légende satirique: 

« Girard délivré ainsi que Barabbas, le B. H. Paris, condamné 
ainsi que Jésus-Christ. » 

Dans la collection d'estampes relatives à l'histoire de France, 
léguée, en 1863, à la Bibliothèque Nationale, par M. Michel Hen- 
nin nous retrouvons une caricature anonyme, gravée à l'eau for- 
te, nous montrant: 

« Catherine Cadière montée sur un perchoir et embrassée par un 
pisçau à tête d'homme; autour d'elle, sur des branches (j'arbres, sont 



i3o 

perchés d'autres oiseaux, également à têtes d'hommes. » (129 (Re- 
production). 

-A 

Grâce à l'amabilité de MM. P. Fournier, conservateur à la 
Bibliothèque Nationale, et, Raimbault, conservateur du Musée 
Arbaud, à Aix, nous avons pu identifier quelques portraits de: 

CATHERINE CADIÈRE 

1" En cheveux frisés, buste de trois-quarts, dirigé à gauche, 
dans une bordure ovale au bas de laquelle on lit « Mlle Catherine 
de la Cadière, de la ville de Toulon ». Le cartouche inférieur 
est resté vide. 

Gravure au' burin, anonyme, dont il existe 2 tirages, qui se 
distinguent par le fond de l'ovale. Dans l'un, il est constitué par 
des lignes horizontales, tandis que dans l'autre, elles sont dia- 
gonales. 



2" Coiffée d'un bonnet, buste de trois-quarts dirigé à droite, 
dans une bordure ovale, au bas de laquelle on lit: « Mademoi- 
selle la Cadière ». 

Gravure au burin, anonyme. 



3" Coiffée d'un bonnet, les deux mains croisées sur le. devant, 
la droite tient un pli cacheté, buste de trois-quarts, dirigé à droi- 
te, dans une bordure ovale. 

Gravure au burin, anonyme, au dessous de laquelle on lit: 
Mlle Catherine La Cadière, connue par son fameux procès, née 
à Toulon, le 12 novembre 1709 ». 

Reproduction, page 23. 



4° De profil à gauche, agenouillée devant un autel sur lequel 
est exposé un ostensoir; des rayons partant du cadre, derrière 
l'ostensoir viennent jusqu'à elle ou passent derrière. Elle est 
en costume de religieuse, les pieds nus, ceinte d'une corde, les 
mains jointes. - 

Gravure aii burin, dont le Musée Arbaud possède une pho- 
tographie. 



(129) N° 8165 de VInventaire de la Collection d'Estampes relati- 
ves à VHistoire de France-., rédigé par G. Duplessis. Paris, Picard, 
1891. 



i33 



PORTRAITS DU PÈRE GIRARD 

1" Buste de trois-quarts, dirigé à droite, dans une bordure 
ovale, au bas de laquelle on lit: « Le R. P. Jean-Batiste (sic) Gi- 
rard » et dans le cartouche au dessous du cadre « de la Société 
de Jésus, Recteur au Collège royal de Toulon ». 

Gravure au burin, anonyme. (Reproduction, page 16). 



2" Buste de trois-quarts, dirigé à gauche, dans une bordure 
ovale, au bas de laquelle on lit: « Le R. P. Jean-Baptiste Girard » 
et plus bas, dans un cartouche : <( professeur au Collège Royale 
(sic) de Toulon. » 

Gravure à l'eau-forte, anonyme. 



3" Buste de trois-quarts, dirigé à gauche, dans une bordure 
ovale, au bas de laquelle on lit: « Le R. P. Jeanbatiste (sic) 
Girard, de la S. J., recteur du collège royal de Toulon ». 

Gravure à l'eau-forte, anonyme. 



4" Buste de trois-quarts, dirigé à droite, la main droite ou- 
verte, sur la poitrine, au fond une draperie à glands. Dans un 
ovale à écoinçons, sur lequel on lit: Le RRme Père Jean Batis- 
te (sic) Girard, Jésuite et Recteur du Collège Royal de Toulon, 
en Franche-Conté (sic). 

Gravure au burin. 



5° Il existerait également un portrait in-4° gravé par Des- 
rochard, qui a échappé à toutes nos recherches. 



6" Buste de trois-quarts, dirigé à droite, assis devant sa 
bibliothèque, le père Girard, coiffé d'une calotte, écrit sur un 
livre, dont la tranche présente une extraordinaire faute de pers- 
pective, .ï < f^l 

Gravure au burin. 



7° Buste de profil, dirigé à droite, sans cadre ni bordure. On 
lit en bas « Le Père Girard, d'après un portrait original ». 
Lithographie anonyme. 



i34 



8° Buste de profil, dirigé à droite. 

Même lithographie que le numéro précédent, mais signée: 
Lith. de Engelman. 



9" Même lithographie que les deux précédentes, également signée: 

Lith. de Engelman, mais portant l'inscription fautive de 
Père Gérard au lieu de « Girard ». 



10° En pied, de profil, à droite. 

Le Père Girard est représenté parlant à Mlle Cadière, à travers 
une grille, une femme au fond les épie. 

En bas, la légende « Portrait du R. P. Girard et de Mlle Ca- 
dière, désinée (sic) et gravé par Qintenberque à Toulon, 1731, 
Ce vent 12 s. 

Gravure au burin (15 1/2x20). 

Un exemplaire se trouve, à Paris, Bibliothèque Ste-Geneviève. 
W. fol. 319 2, page 161. 



11° Buste de trois-quarts dirigé à gauche. 

Le Père Girard a la main droite appuyée sur un crâne; devant lui, 
une table avec un livre ouvert. 

Gravure au burin, anonyme. Au-dessous, on lit: « Pater 
Girard ». 

En soulevant une partie du vêtement du Jésuite, laissée flottante, 
■on voit une 2me gravure représentant le père Girard embrassant Ca- 
therine Cadière, avec comme légende : « Wolt Ihr euch mir nicht 
ubergeben ». 

Bibliothèque Nationale. Estampe, 9 b 293. 



12° Portrait, aux deux crayons, non signé. 

se trouve au folio 361 du manuscrit n° 1422 de la bibliothèque 
de la Chambre des députés. 

{Reproduction, page 8). 



Suivant les racontars de l'époque, un peintre aurait fait les 
Portraits de CHAUDON... et du CARME (Le PERE NICOLAS)... 
et l'on « verra bientôt l'un et l'autre gravés de bonne main. 
C'est un secret que peu de gens savent » (134). Nous n'avons 
pu retrouver ces deux portraits et ignorons s'ils ont été réelle- 
ment gravés. 



(134) Lettres de Marseille des 22 octobre et 8 décembre 1731. 
Manuscrit 23860 du fonds français Bibl. Nat. 



Table des Ouvrages cités 



Acrostiche : 116. 

Acte protestatif de Mlle Cadière : 62. 

Acte protestatif et inlerpellatif fait par Dlle Cadière : Q6. 

Acte signifié le 9 avril : 62. 

Affaire de Sorcellerie à Toulon: 54 (Note). 

Affiches: 109. 

Ambigu girardique : 116. 

A Monsieur de Raguse : 90. 

Amours de Sainfroid : 98. 

Anagrammes: 87, 109, 116. 

Analyse des témoins produits par le Promoteur : 67, 82. 

Anatomie de l'Arrest rendu par le Parlement: 89^ 90. 

Anecdotes, chansons, comédies, etc. (Recueil Mss. de la Bibl. Nat.) : 52. 

Anecdotes sur le Procès de la Cadière (Mss. 23860 de la Bibl. Nat.) : 53. 

Annales du Collège Royal-Bourbon d'Aix : 41 (Note). 

Annales du crime et de l'innocence : 42 (Note). 

A Nosseigneurs du Parlement. 

Dlle Cadière remontre qu'elle vient d'apprendre : 63. 

Dlle Gadière remontre que le 12 mars: 63. 

Dlle Cadière remontre que le 13 mars: 63. 

Dlle Cadière remontre que le 18 novembre 1730: 64. 

Dlie Cadière remontre que le 27 du mois de février: 63. 

Dlle Cadière remontre que le 9me du courant: 63. 

Dlle Cadière remontre que par une injustice énorrne : 63. 

Dlle Cadière remontre que dans le procès criminel qu'elle a : 65. 

Dlle Eisabeau Pomet, veuve de Joseph Cadière: 54. • 

Frère E. T. Cadière remontre que par un événement : 63. 

Frère E. T. Cadière remontre que par l'Arrest du 30 juillet : 64. 

Supplie humblement ie P. Nicolas : 63. 
Anti-factum criti-comique du P. Girard: 77, .83, 86, 108, 110, 115. 
Apologie, ironique du R. P. Girard: 116. 
Apparition de Thérèse Philosophe : 102. 



i36 



Arrêt rendu par le Parlement contre le Père Cadière : 90. 

Arrêts (originaux des) : 90. 

Arrêt du Parlement de Provence ; 64, 67. 

Arrêt du Conseil Souverain de Momus : 116. 

Arrêt du Parlement de Toulouse: 91. 

Arrêt" du Régiment de la Calotte: 116. 

Arrest comique : 109. 

Aventure du Père Girard: 51. 

Avis (satiriques) : 109. 



B 

Baptême par injection : 54 (Note). 

Bibliographie des ouvrages relatifs à l'Amour, etc. : 49, 105. 

Bibliographie biographique universelle : 78. 

Bibliothèque anti-cléricale: 51, 

Bibliothèque contemporaine: 51. 

Bibliothèque des Ecrivains de la Compagnie de Jésus: 9 (N), 49, 68, 92. 

Bibliothèque du Théâtre Français : 105. 

Brevets de la Calotte: 109, 116. 

Briève réponse aux divers mémoires faits contre le P. Girard: 71. 

Bulletin hist. et philol. du Comité des Trav. historiques : 20 (N). 



Cantiques sur le désert de la Foy : 117. 

Cas réservé: 55 (N). 

Case of Mary Katherine Cadière : 85. 

Case of Miss Cadière against the father Girard : 48. 

Case of Mrs Mary Catherine Cadière : 85. 

Case of the Jesuit father Girard : 49. 

Catalogue de Soleinne: 125. 

Catalogue gênerai des Manuscrits des bibliothèques publiques de 

France : 42. 
Causes célèbre§ et intéressantes par Lemoyne Dessessart : 41 (N)f 
Causes célèbres et intéressantes par Payot et Pitaval : 41 (N). 
Causes célèbres et intéressantes par. Richer : 42 (N) : 84. 
Causes célèbres et arrêts qui les ont décidées par Méjan: 42 (N). 
Centuria librorum absconditorum : 41 (N). 
Centuries de Nostradamus : 115. 

Chanson nouvelle sur l'air: Que je regrette mon amant: 107. 
Chansonnier de Clairambault : 120. 

Chansonnier de Maurepas : 120. . 

Chansons: 97, 111, 116, 117. 



i37 

Chansons et Poésies : 53. 

Chat Huant, conte: 116. 

Chose impossible devenue possible en 1731: 112. 

Chronique de la Régence: Voir Journal de Barbier. 

Chronique Scandaleuse: 122 (N). 

Chroniques de Provence, par Louis Méry : 41 (N). 

Cinq années littéraires : 99. 

Compleat translation of the case of Mary Catherine Cadière : 85. 

Compleat translation of the Mémorial of the Jesuit. F. Girard : 85. 

Compleat translation of the sequels of proccedings : 85. 

Compliment que le geôlier de la prison d'Aix : 118. 

Conclusions de M. le Procureur général du Roy : 73. 

Contes: 112, 116. 

Copie de l'Arrêt de la Cour du Parlement : 74. 

Copie de la lettre de Mlle Agnès : 65. 

Copie d'une lettre écrite d'Aix, le 21 octobre 1731 : 74. 

Copie d'une lettre écrite d'Arles : 84. 

Copie du prononcé de l'Arrest de la Cour : 73. 

Côte d'Azur Médicale: 54 (N). 

Coulisses: 51, 55 (N), 91 (N). 

Critique d'un ouvrage intitulé: Le Nouveau Tarquin : 89, 106. 



D 



Débauches d'un confesseur: 26 (N)^ 51. 

Débauchées, or the Jesuist caught : 106. 

Defence of F. J. B. Girard : 86. 

Deffense quasi-posthume du R. P. Girard : 95. 

Délibération au sujet de l'incrimination de MM. Faucon et Charle- 
val: 93. 

Démonstration : 46. 

Démonstrations des Impostures sacrilèges des accusateurs du P. Gi- 
rard : 70. 

Dénonciation des écrits de M' Chaudon : 74. 

Dénonciations des f actums de M'' Chaudon : 74, 78. 

Descente du P. Girard aux Enfers : 98. 

Désespoir du Père Girard: 118. • 

Détails historiques sur le Père Girard : 50. 

Détails historiques sur la religieuse qui a été trouvée enchaînée : 50. 

Dialogue de Minos et de Radhamause : 112. 

Dialogue entre le P. Girard et Mlle Cadière: 118. 

Dictionnaire contenant les anecdotes historiques (par Mouchot) : 41 (N). 

Dictionnaire des Anonymes : 99. 

Dictionnaire historique, biographique du Dépt du Vaucluse : 14 (N). 



i38 



Différentes relations et pièces fugitives (MSs 23861. Bibl. Nat.) : 54. 
Doutes sur les Religions révélées : 99. 



Elégies: 112. 

Eloge funèbre du RR. PP. Girard: 97. 
End. Urtheil in sachen G. Gadière : 49. 
Entrée triomphale du P. Girard aux Enfers : 97, 98. 
Entretien de Mlle Gadière: 118. 
Epigrammes : 112, 118, 120. 
Epitaphe : 114. 

Epitaphe du Père Girard: 118. 

Erstaunenswurdige historié des P. J. B. Girard : 49. 
Essais historiques sur le Parlement de Provence : 31 (N), 34 (N), 41 (N.) 
Extase quiétiste : 114. 
Examen de la cause du P. Girard : 85. 

Examen de la cause du P. Girard à l'occasion de l'Arrest du Par- 
lement : 89. 
Examen de la cause de la Religion : 99. 
Extrait des registres du Parlement d'Aix : 94. 



Fables: 114, 118. 

Factum oder vertheidigungs schrif. M. G. Gadière: 48. 

Factum pour Marie Gatherine Gadière: 81. 

Fernerer verlauff in sachen der Dlle G. Cadière : 49. 

Fragments de quelques lettres écrites d'Aix : 55. 



Gazette des Tribunaux: 102. 

Gémissements de la demoiselle Gadière: 120. 

Geschichte der Jesuiten : 41 (N). 

Gesprache im Reiche der Lebendigen : 48. 

Girardière (La), conte: 108, 112. 

Girardière (La) ou Jeu du Quiétisme : 112, 116. 

Girardina : 120. 

Grands procès et l'opinion publique: 91. 

Gravure apologique : 20 (N). 



i39 

H 

Histoire arrivée à Rouen : 54. 

Histoire de Mme de Boislaurier : 99. 

Histoire de D. Ranucio d'Alètes : 102. 

Histoire de Toulon, par le Dr Lambert: 27, 41 (N). 

Histoire des villes de France (1844) : 41 (N). 

Histoire du livre en France: 56 (N). 

Histoire du Père J.-B. Girard et de Mlle M. G. Cadière : 47, 125. 

Histoire du Père J. B. Girard et de la Gadière : 95. 

Histoire du procès de la Dlle Cadière et du P. Girard : 46, 83. 

Histoire du procès entre Dlle Gadière, etc. : 45, 77. 

Histoire manuscrite de Besse, par Renoux : 13 (N). 

Historische Print en Dicht Tafereelen : 47. 



I 

Ignacides : 110, 114. 

Imprécations : 114. 

Index librorum prohibitorum : 41 (N). 

Intermédiaire des Ghercheurs et Gurieux : 40 (N), 41 (N), 100, 120. 

Interrogatoire et réponses de Mlle Gadière : 83. 

Interrogatoire, recollement et confrontation du P. Girard et de Dlle 
Gadière : 63. 

Inventaire de la GoUection d'Estampes relatives à l'Histoire de Fran- 
ce: 129. 



Jésuite Girard et sa pénitente La Gadière : 48. 

Jésuite Girard und seine Heilige : 50. 

Jésuite Girard et sa Sainte : 50. 

Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV ou 

Journal de Barbier: 38 (N), 41 (N), 87 (N), 108, 112, 129. 

Journal de Trévoux : 67 (N). 

Jugement du Procez entre le P. Girard et Dlle Gadière : 77, 87. 

Jugement du Procez criminel... Récapitulation des voix : 89. 

Jugement du Procez criminel... Relation abrégée : 77, 89. 

Justication de la Dlle Cadière : 57. 

Justine: 99 (N). 

L 

La Gadière condamnée: 118. 

Lettre anecdote du R. P. Tartuffe: 118. 



1 40 

Lettre anonyme à M" Chaudon : 76. 
Lettre à une dame: 54^ 68 (N). 
Lettre circulaire sur la mort du P. Girard : 97. 
Lettre de la supérieure des Ursulines de Toulon : 46. 
Lettre de la Veuve Cadière et de sa fille au Chancelier : 54. 
Lettre de la Veuve Cadière et de sa fille au Cte St-Florentin : 54. 
Lettre de la Veuve Cadière et de sa fille au Cardinal Fleury : 54. 
Lettre de Mme d'Aubert: 55. 
Lettre de Mlle Agnès : 65. 

Lettre de M. de Belsunce, évêque de Marseille : 92. 
Lettre de Mlle Blanc : 66. 

Lettre de M. le Chancelier en réponse à M. de Faucon : 93. 
Lettre de M. le Chancelier à M. de Maliverny : 95. 
Lettre de M. de Faucon : 93. 
Lettre de M. de Gaufridy : 54. 
Lettre de M. de Marseille : 92. 

Lettre de l'Evêque de Toulon au Cte St-Florentin : 55. 
Lettre de Mgr l'Evêque de Viviers au P. Girard : 92. 
Lettre de M. de """ à M. le Chevalier de """ : 13 (N), 22 (N), 46. 
Lettre des enfans Allemand au Cardinal Fleury: 54. 
Lettre d'un Magistrat désintéressé: 21, 64, 83, 106. 
Lettre du père Girard : 55. 
Lettre du père Nicolas : 55. 

Lettre du père Préfet du collège des Jésuites de Dôle : 96. 
Lettre du père Veschere : 97. 

Lettre écrite d'Arles par M. le Chevalier de R (omieu) à M. le Com- 
mandeur de M (ontolieu) : 76, 84. 
Lettre que Mgr l'Evêque du Viviers a écrit à l'Abbé d'Oppede : 92. 
Lettre (supposée) en vers: 114. 
Lettres de Thrasybule à Leucippe : 100. 
Lettres de Mlle Cadière au Chancelier : 54. 
Lettres de la Vve Cadière et de sa fille au Chancelier : 54. 
Lettres de Le Bret au Cte de St-Florentin : 54. 
Lettres diverses : 92. 

Lettres écrites d'Aix pendant le procès du P. Girard : 48. 
Lettres écrites d'Aix sur l'affaire du P. Girarid : 95. 
Liste de tous les facturas : 82. 

Liste des facturas dans l'ordre qu'ils ont été communiqués: 83. 
Logement de Mrs de la Grande Chambre: 118. 
Logement des gens du Roi: 114. 
Lunettes pour éclairer l'œil droit : 93. 
Luxure et mysticisme de François de Sales: 12 (N). 

M 

Magicien amoureux : 105. 



141 

Mandement de Mgr l'Evêque de Sisteron : 75. 

Manuel de bibliographie, biographique et d'iconographie des femmes 
célèbres: 41 (N). 

Manuscrit 23860. Bibl. Nationale: 12 (N), 27 (N), 32 (N), 33 (N), 
46 (N), 52, 53, 68, 76, 81, 91, 96, 106, 109, 116, 126, 134. 

Manuscrit 23861. Bibliot. Nationale: 52, 54, 76, 90, 93, 110, 125. 

Marquis de Sade et son temps: 41 (N). 

Mémoire des faits qui se sont passés sous les yeux de M. l'Evêque 
de Toulon: 67, 68, 82. 

Mémoire des faveurs : 59. 

Mémoire du Carême : 59. 

Mémoire du Père Girard : 60, 82. 

Mémoire instructif pour Dlle Cadière, dit: (des Objets proposés con- 
tre les témoins) : 59,' 82. 

Mémoire instructif pour Dlle Cadière: 58, 81, 82. 

Mémoire instructif pour le Père J. B. Girard: 58, 81, 82. 

Mémoire instructif pour le Père Nicolas : 66, 83. 

Mémoire instructif par Messire François Cadière: 61, 83. 

Mémoire précis et abrégé pour Laurens Cadière: 36 (N). 

Mémoire pour le P. Girard ou démonstration des impostures : 70. 

Mémoire pour servir à l'histoire de la Calotte: 109 (N). 

Mémoire sur l'affaire du père Girard : 55. 

Mémoire sur l'Appel comme Abus, émis par la Cadière : 

Mémoires de M. le Marquis d'Argens : 27 (N>, 49. 

Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique: 56 (N). 

Mémoirs of miss Cadière, et father Girard : 46. 

Memorie voor Vader J. B. Girard tegen M. C. Cadière: 85. 

Monde renversée : 120. 

Motifs de l'Arfest du 10 octobre 1731: 118. 

Motifs de M. de Faucon : 93. 

Motifs des juges du parlement de Provence (qui ont condamné le 
P. Girard) : 94. 

Motifs des juges qui ont mis le P. J. B. Girard hors de cause : 95. 

Moyen de Parvenir: 78 (N). 

N 

Nouveau Tarquin, comédie: 53, 77, 83, 89, 96, 102, 106, 112, 116. 
Nouveau Testament en français, avec des Réflexions morales (par 

Quesnel) : 15 (N). 
Nouvelle Biographie (de MM. Firmin Didot frères) : 17. 
Nouvelles Ecclésiastiques: 56, 97. 



Odes: 46, 114, 116, 118, 



142 

Observations du P. Cadière : 83. 

Observations pour Dlle Catherine Cadière: 38 (N), 72, 83. 

Observations sur l'écrit intitulé: Briève réponse: 71, 83. 

Observations sur le Mémoire manuscrit distribué par le P. Girard: 61. 

Observations sur les réponses personnelles du P. Girard: 82, 86. 

Œuvres de Voltaire : Voir Voltaire. 

Œuvres du Marquis d'Argens : 10 (N). 



Parallèle des Accusations du Père Girard : 97. 

Parallèle des Sentiments du Père Girard : 72, 83. 

Parodies: 114. 

Pasquinade : 114. 

Paysan de Sarcelle : 1 19. 

Peines corporelles chez tous les peuples: 99 (N). 

Petit Mémoire du Père Girard: 61. 

Petit Niçois: 91 (N) . 

Placet de !a mère et de la fille Cadière : 54. 

Placet ou requeste de la brigade de Momus : 118. 

Plainte de la demoiselle Cadière : 120. 

Plainte de la Religion : «1 18. 

Poème: 118. 

Portefeuille du R. P. Gillet : 98. 

Portraits de Mlle Cadière : 132. 

Portraits du Père Girard : 133. 

Précis des charges pour Dlle C. Cadière : 67, 82. 

Première (et 2me) lettre à M. le Chancelier : 93. 

Premiers Actes et Contrat p'rotestatifs de la Dlle Cadière : 62. 

Prière au tombeau de Paris (diacre) : 120. 

Prière de la Dlle Cadière: 81. 

Prières: 114. 

Procédure sur laquelle le P. J. B. Girard : 84, 122. 

Procès de la Cadière et l'opinion publique en Provence: 51. 

Procès, devant le Parlement d'Aix, du Père Girard : 52. 

Process zwischen dem P. Girard : 85. 

Prophéties: 115.' 

Pucelle d'Orléans: 42. 



Quatrains: 25 (N), 118, 120. 

Qu'un criminel évite le trépas, chanson : 97. 



143 

R 

Raumer's histor. Taschenbuch : 50. 

Recollement de Dlle Cadière : 63. 

Recueil, au sujet du Procès de la Cadière: 84, 113. 

Recueil de diverses pièces nouvelles, en prose et en vers : 46. 

Recueil de pièces satiriques sur les Jésuites: 119. 

Recueil de factums... Edition de Rouen : 78. 

Recueil des factums... Edition d'Aix : 82. 

Recueil des lettres du P. Girard et de Dlle Cadière : 5Ô. 

Recueil de Poésies faites à l'occasion, etc., etc.: 119. 

Recueil de Poésies sur l'affaire du P. Girard : 109. 

Recueil des Mémoires ou factums qui ont paru : 78. 

Recueil des premiers Requêtes de la Dlle Cadière : 62. 

Recueil général des pièces au Procez : 74. 

Recueil général des pièces concernant le procez : 57. 

Recueil général des pièces contenues au procès : 76, 78. 

Recueil général des pièces (traduction allemande) : 78. 

Réflexions du dit P. Cadière : 83. 

Réflexions morales (sur le Nouveau Testament) : 14, 15. 

Réflexions sur l'Arrest du Parlement d'Aix : 90. 

Réflexions sur le factum de M*" Chaudon : 14, 76. 

Réflexions sur les mémoires du P. J. B. Girard : 65, 83. 
Réflexions sur la Récrimination en prétendu complot : 62. 
Réflexions sur les prétendues contradictions: 71, 82. 

Régiment de la Calotte: 109 (N). 

Relation abrégée de ce qui s'est passé le jour du jugement: 77, 87. 
Relation de ce qui s'est passé au Parlement d'Aix : 89, 90. 
Relation de l'affaire arrivée à la Dlle Cadière : 55 
Relation de la maladie et de la mort du P. Girard : 97. 
Relation de la prétendue sainteté de la Cadière : 55. 
Relation ou Journal de ce qui s'est passé : 90. 
Religion (La) se plaint à. Dieu: 118. 
Répertoire général des causes célèbres: 42 (N). 
Réplique à l'abbé de Boisrenard : 119. 
Réponse à l'Ecrit : Mémoire des Faits : 68. 
Réponse à tous les factums faits contre le P. Girard: 71. 
Réponse au Mémoire instructif du P. Girard: 45 (N), 60, 66, 81, 82. 
Réponse au second mémoire du P. Girard pour Messire Cadière: 69. 
Réponse au second mémoire du P. Girard pour Estienne Cadière : 70, 83. 
Réponse au second mémoire instructif du P. Girard pour Dlle Ca- 
dière: 69, 82. 
Réponse de la Dlle Cadière à la 2me partie du 2me mémoire : 69. 
Réponse de la Dlle Cadière au Mémoire manuscrit : 82. 
Réponse du Père Girard (Interrogatoire du 23 février 1731) : 86. 



144 

Requestes incidentes de la Dlle Cadière : 64. 

Résultat des Mémoires de la Dlle Cadière: 67, 77, 83, 106, 119. 

Revue historique de Provence: 51. 

Rondeau : 1 15. 

Rues d'Aix: 41 (N). 



Sainte d'Ollioules : 48. 

Sarcelade: 119. 

Second mémoire pour le Père Girard : 69, 82. 

Second mémoire pour Messire Cadière : 69, 83. 

Sentence de M. l'Official de l'Evêché de Toulon : 93. 

Sentimens de Mlle Cadière : 53. 

Sonnets: 46, 81, 114, 119. 

Sorcière (La) par Michelet : 13 (N), 14 (N), 25 (N), 50, 84, 109, 122. 

Souvenirs et Mémoires (P. Bonnefons) : 17 (N). 

Stances: 115, 119. 

Suite des Procédures de Catherine Cadière: 81. 

Supercheries littéraires: 105 (N). 



Tableau peint: 125. 

Te Deum du Père Girard-: 120. 

Témoignage de M. l'Evêque de Toulon : 68. 

Testament du sieur Navarre: 110, 115. 

Thérèse Philosophe: 50, 99, 122. 

Très Révérends Pères Jésuites: 121. 

Trial of the Father J. B. Girard : 86. 



Vénus dans le cloître : 98. 

Vénus in the cloister: 98. 

Véritables sentiments de Mlle Cadière : 73, 82. 

Vers: 115, 116, 119. 

Vers faits pendant le procès de la Cadière (Mss 23859 de la Bibliot. 

Nationale) : 53, 116. 
Vers marotiques : 115. 
Vestales de l'Eglise: 41 (N). 
Vie privée du roi de Prusse: 100. 
Voltaire (Œuvres de) : 25 (N), 42 (N), 75, 100. 
Vpyage de Languedoc et de Provence : 65. 



Table Onomastique 

Les noms de personnes sont précédés du signe 
Ceux des villes et villages en italique 



• "Abrial (Comte) : 46. 

Académie de Lyon: 17 (N). 

Acceptans de la Constitution Unigeni- 
irs : 14. 

"Agnès (Mlle) : 65, 66. 

"Aguesseau (Chancelier d') : 93, 94, 95. 

"Aguillon (César) : 29 (N). 

Aix: 19, 25, 26, 27, 31, 32, 36, 38, 
40 (N), 41 (N), 46, 48, 52, 53, 55, 
66, 74, 75, 81, 89, 94, 95, 97, 109, 
110, 111, 114, 118, 119, 120, 130. 

"Allemand ou Lalemand : 54, 60. 

Angers: 90, 91. 

"Ansouis (d') : 1 17. 

Arbaud (Musée) : 132. 

Arles: 27, 84, 120. 

"Argens (Procureur général) : 9, 50, 
113, 114, 115, 126, 129. 

"Argens (Marquis d') : 9, 13, 31, 49, 
50, 99. 

"Artaud : 119. 

"Artigue (Jean-Baptiste) : 35. 

"Artigue (Mlle) : ' 55. 

"Aubert (Madame d') ; 55. 

"Aubin (avocat) ; 27, 87. 

Aumôniers de la Marine : Voir Sémi- 
naire. 

Avignon: 50, 96, 111, 116. 

"Backer: 49 (N), 92. 
"Bandol: Voir Boyer. 
"33rbiçr; 78, 99, 109, 



"Barbier (E. J. F., avocat): 38 (N), 

41 (N), 87 (N), 108, 112, 129. 
vBarjavel: 14 (N). 
"Barnave : 102. 
"Barry (Mlle): 110. 
"Batarel: 60, 117, 129. 
"Beacan (le Père) : 20 (N). 
"Belon: 92. 

"Belsunce (Mgr de) : 92. 
"Beroalde de Verville : 78. 
"Bertot (Thérèse) : 1 17. 
Besse: 13 (N). 
"Besson: 102. 
"Binet: 101. 
"Boindin: 117. 
Bollène: 14. 

Bourreau de Marseille : 12. 
"Blanc (Mlle) : 66. 
"Blanc (de) : 88. 

"Boisrenard (abbé de): 67, 119. 
"Bonnefons (P.) : 17 (N). 
"Borel: 101. 
"Bougarel: 1, 69, 83. 
"Bougeaud : 105. 
"Bourrut: 102. 

"Boyer (François), Seigneur de Ban. 

del: 10 (N). 
"Brancas : 115. 
Brignoles: 33. 

"Brossette (Claude) : 17 (N). 
Bulle Unigenitus ; H, 



146 



"Cabasse: 14 (N), 31 (N), 41 (N), 95. 
"Cadière (Elisabeth Pomet, veuve : 

Voir : Pomet. ' • 

"Cadière (Etienne Thomas, Jacobin) : 

19, 21, 45, 61, 62, 63, 64, 65, 69, 

70, 73, 74, 78, 82, 83, 84, 87, 90, 

91, 94, 109, 110. 
"Cadière (François, prêtre) : 19, 21, 

45, 61, 69, 73, 74, 78, 82, 83, 84, 

87, 94, 109, 110. 
"Cadière (Joseph) : 21 (N). 
"Cadière (Laurent Toussaint) : 21 (N), 
26, 35, 36, 37. ' 
Calotte (Régiment ou Société de la) : 

109, 111. 
"Capetonnier : 105. 

Carmes: 13, 14. (Voir: Nicolas, père). 
Cavaillon: 110, 111. 
"Cavaillon (Mme Marie de) :116. 
"Caveyrac (Abbé de) : 32, 96, 105, 107. 
"Cayius (Comte de) : 99. 
"Cazin: 101. 

"Chambon (Armand) : 52. 
Chanoines de Pignans : 12 (N). 
"Charbonnier : 32. 
Charlatan: 109. 

"Charleval (de) : 93, 115, 117, 126, 129. 
"Chaudon (avocat): 14, 27, 38 (N), 45 

(N), 53, 58, 60, 63, 65, 8Q, 67, 68, 

m. 11, 72, 74, 75, 76, 78, 82, 83, 

86, 87, 92, 96, 109, 111, 113, 114, 

119, 134. 
"Chi... (Marquise de): 110. 
"Clairambault : 120. 
Clarisses : 19, 55. 
"Clément: 99. 
"Cohen: 101. 

Collège de la Trinité, de Lyon: 112. 
"Cottenet: 102. 

"Couilli-Bouni (charlatan d'Aix) : 109. 
"Courcelles: 97. 

Dardennes {Vallée de) : 20. 
"Delaroche: 100. 
"Delprt (Taxile) : 41 (N). 



"Diacre (graveur) : 125. 
"Diderot: 99. 
Dôle: 17, 20, 96, 97. 
Dominicains : Voir Jacobins. 
"Doublet (Georges) : 51. 
Drury-Lane (Théâtre de) : 106. 
"Dubreuil (Claude) : 29 (N). 
"Duchren (Dr Eug.) : 41 (N). 
"Du Pont (Gouverneur de Toulon) : 29, 
30, 32. 

"Eguilles (d'): 114. 

"Elluin: 101. 

"Espinousse (d') : 88. 

"Etang (de 1') : 88. 

"Etienne (d') : 88. 

Evêque de Marseille : 92. 

Evêque de Sisteron : 76. 

Evêque de Toulon: 19, 27, 55, 67, 68, 

82, 96, 110, 125, 126. 
Evêque de Viviers : 92. 

"Fabre: 14 (N). 

"Faucon (de) : 88, 93, 1 13, 126. 

"Fénélon (Abbé) : 111. 

"Fielding: 106. 

"Fleury (Cardinal de) : 54, 92. 

Fontaine Saint-Martin (AlUer) : 20 (N). 

"Fouque (avocat) : 61, 83. 

"Fournier (P.) : 130. 

"Freret: 100. 

'Fuzelier: 107. 

"Galice (de) : 88. 

"Gallois (Seigneur de La Tour) : 34. 

"Gastaud (abbé) : 32. 

"Gaufridy (de): 55, 93. 

■Gay (Jules) : 102. 

"Gayot de Pitaval : 41 (N). 

"Genne (de), avocat: 112. 

"Gervaix: 81. 

"Gillet (le Père) : 98. 

Girardins et Girardines : 28, 110, 114. 

"Girieux : Voir : Nicolas (le Père). 

"Gombert (Pierre): 29 (N). 



147 



"Gonzague (Louis de) : 20 (N), 
"Gravier : 60. 
"Grégoire: 110, 111, 112. 
"Grignan (Pauline de) : 31 (N). 
"Grlguet (le Père) : 29. 
"Gueydon: 110, 113. 
"Guilbert A.: 41 (N). 
"Guiol: 30, 60, 129. 

"Hankey: 100. 
"Hennet (L.) : 109. 
"Hennin (Michel): 129. 
"Henriques (Abbé des): 116. 
"Hérault (Lieut. gén. de Police) : 55, 

118. 
"Honoré: 110, 112. 
Hôpital de la Marine: 29 (N). 
"Houdot (Abbé) : 105. 
"Hugues: 116. 

"I""" (Comte d') : 49, 105. 
// (Château d') : 26, 37, 96. 
"Imbert (Louis) : 29 (N). 

Jacobins ou Dominicains: 21, 37, 90. 
Voir : Cadière, Estienne François. 

Jansénisme : 19. 

Jansénistes: 10 (N), 11, 31, 113. 

Jésuites: 9, 12, 13, 14, 19, 20 (N), 
21, 25, 27, 29, 32, 38 (N), 75, 91, 
92, 93, 96, 97, 109, 110, 112, 114, 
115, 116, 117, 118, 119, 121, 126, 
129. 

"Julien: 110. 

"Julien (Madeleine) : 35 (N). 



"Kurtzel : 50. 



88. 



"La Boulie (de) 

La Flèche: 91. 

"La Jardine: 115. 

"Lalemand ou Allemand : 54, 60. 

'L'Allemand ,1e Père): 75, 92. 

"Lambert (Gustave) :' 27, 41 (N). 

Lambesc: 45. 



"Langueneux (Raymond) : 29 (N). 

"Lanty (de) : 13. 

"Larmessin : 77, 125. 

"La Tour (G.) : Voir Gallois. 

"La Tour du Pin de Montauban : Voir 

Evêque de Toulon. 
"Laugier : 60. 

"La Valiière (Duc de) : 105. 
"Le Bel: 105. 
"Leber: 92. 
"Lebret (Cardin) : 11 (N), 25, 26, 31 (N), 

32, 34, 55, 89, 94, 115, 119. 
' Lefranc de Pompignan : 65. 
"Lemoyne-Desessart : 41 (N). 
"Le Normant: 53. 
"Leroux (Jean-François) : 102. 
"Le Sens de Folleville (Jean) : 20 (N). 
"Le Serre : 99. 
"Leucippe : 100. 
"Limousin: 116. 
'Louis de Gonzague: 20 (N). 
'Louis XV: 52. 
Loyolliste: 113. 
"Lynières : 92. 
Lyon: 17 (N), 19, 55, 112, 119, 121. 

Madragues (fermier des) : 30. 
"Maliverny (le Président) : 27, 88, 94, 

95. 
"Malouet: 29 (N). 
Malte: 56. 
"Marettes: 107. 
'Marin : 105. 
"Marne: 50. 
Marseille: 12, 27, 31, 35, 46, 52, 53, 

76, 84, 90, 92, 105, 106, 107, 117, 

134. 
"Masse: 117. 

"Maurepas (de) : 33, 120. 
"Melchin (abbé) : 41 (N). 
"Mentelle: 98. 

"Mercier-St-Léger : 105. ' 
"Meringon: 110, 112. 
"Merlot: 102. 
"Méry (Louis) : 14 (N), 41 (N). 



148 



"Meyronnet (de) : 88. 

"Meyronnet-Courville (de) : 88. 

"Michelet: 13, 14 (N), 20, 25, 50, 84, 
109. 

"Mithon: 29.^ 

"Modene (Duchesse.de) : Voir : Orléans- 
Charlotte Aglaé d'. 

-Moissac (de)'-. 88.- 

"Molina: 10 (N). 

Molinisme: 10 (N). 

Molinistes,: 10 (N)^ 11, 31, 113. 

Molinos: 10 (N>, 72, 83y 11», 129. 

Molinosisme-i 10 (N). 

"Mons (de) : . 88,1 19. 

"Montenard (Catherine)-: 21 (N). 

"Montifaud • (Marc de) : 41 (N). 

"Montigny (Arles de) : 99. 

"Montolieu (de) : 76, 84. 

"Montvallon (de) : 88, 95. 

"Montvert (de) : 88. 

"Motet: 116. 

"Mouchot: 41 (N). 

Nancy: 96, 97. 

"Navarre: 110, 115. 

"Nibles: 88. 

Nicolas (le. Père): 13, 14, 19, 45, 47, 
54, . 62, 63, 66,' 72, 73, 74, 78, 82, 
83, 84, 88, 94, 109, 110, 111, 112, 
115, 117, 118, 125, 134. 

Nîmes: 105. 

"Œttinger: 78. 

OUioules: 19, 48, 55, 65, 66, 

"Oppède (Abbé, d'): 92.. 

Oratoriens : 14-; 

"Orléans (Charlotte Aglaé d') : 31. (N). 

"Oursou: 51. 

"Pagy: 47, 110..; 

"Parade (de): 119. 

Parlement de Provence : 19^ 36, 40 (N), 
41 (N), 52, 64, 67; 73, 74, 77,. 78, 
86, 89, 90, 110, 112, 113, 115, 116, 
118, 119; 126, 



"Pascal : 72, 83. 
"Patau: 110, 1 12. 
^■Patot: 117. 

"Pauper (Jean): 26;(N),.51. 
"Payan (Mlle) : 110. 
"Pazery Thorame: 59, 69, .70, 71, 82, 86 
"Pellegrin : 107. 
"Pesne: 100. 
"Peuchet: 50. 
"Peyrolles (de): 88. 
"Picart (Bernard) : 100. 
Pignans: 12 (N). 
■^^Piolène (de) : 88.- 
"Piron: 109; 

"Plancher de Valcour : 42 (N). 
Plongeurs: 32, 33. 
Poissonnières de Toulon: 30 
"Pomet Elisabeth (dite Isabeau Pom- 
mette) : 21 (N), 26, 55 
"Poulet Malassis: 102 
"Porêe (Ch. G.): 102. 
"Prat (Abbé du): 98. 
Prêcheurs : 111. 
"Prillis: 116. 
"Puget. (Pierre) : 29 (N). 

"Qintenberque : 134. 
"Quérard:: 105. 
"Quesnel (le Père) : 14, 15. 
Quiétisme : : 117.. 

"Raimbault:.130. 
"Reboul: 60, 117. 
"Reboul (Jacques: 21 (N), 
Récollets: 29 (N).- 
'Régusse (de) : 88, 90. 
"Rémusat (la Sœur) : 92. 
"Renoux: 13 (N). 
Revest {Le) : 35. 
"Reybaud: 115. 
"Reymond (Abbé): 111: 
"Reynard.: 81. 
"Ricard (de)::88.- 
"Richer: 42 (N), 84. 
"Ricord (Catherine) : 21 (N).. 



149 



"Ripert: 113, 114. 

"Robson: 105. 

"Rochaz (A.): 17. 

"Romieu (Chevalier de) : 76, 84. 

Rouen: 20 (N), 54, 92. 

Roués: 122. 

"Rousseau (Jean-Baptiste) : 17 (N). 

'Roussel: 42 (N). 

"Rousselot (le Père) : 47, 76. 

"Roux-Alphéran : 41 (N). 



Thrasybule: 100. 

"Tombarelli (Pierre): 29 (N). 

Toulouse: 91. 

"Tournemine (le Père) : 67. 

"Trets (Baron de) : 10. 

Tribunal correctionnel de la Seine 

101, 102. 
"Triboulet (le Père) : 96, 97. 
"Trimond : 88. 
"Truchis de Varenne : 17 (N). 



"Sabatier (le Père) : 109, 110, 112, 125. 

"Sade (Marquis de) : 41 (N), 99. 

Saint-Antoine (Château de) : 20, 27. 

"Saint-Antonin (Mlle): 111. 

"Saint-Edme: 42 (N). 

"Saint-Florentin (Comte de) : 54, 55. 

"Saint-Jean: 88. 

Saint-Tropez: 32. 

Sainte-Claire (Ordre de) : 19, 55. 

"Sassenage (Mme d'Albert de) : 92. 

Séminaire des Aumôniers de la Mari- 
ne: 9, 17, 29. 

"Senas (Marquis de): 114, 116. 

"Sévigné (Madame de) : 31 (N). 

"Sibon (Thérèse): 21 (N), 26, 37. 

"Simiane (Mme de) : Voir : Grignan 
(Pauline de). 

Sisteron: 75. 

°Soleinne : 125. 

Solliès: 37. 

"Stanislas (Le bienheureux) : 20 (N). 

"Suffren (de) : 88. 

"Surian (Mgr de) : 51. 

"Taxil (Léo) : 51. 
"Thomas (le Père) : 117. 



Unigenitus : Voir Bulle. 
Ursulines: 30, 45, 65, 66. 

"Valabre (de) : 88. 
"Vancroux ou Veneroux : 81. 
"Vanloo : 77, 125. 
"Varoy (Georges) : 51. 
"Vauricaî: 117. 
Vence: 51. 
"Ventre: 116, 
"Veschère (le Père) : 97. 
Vestes des petits soupers : 120. 
"Vignes (Jean-François): 116. 
"Villars (de) : 32. 
"Ville (de): 110. 
"Villeneuve (de) : 88. 
"Villeneuve (F. de), évêque de Vi- 
viers : 92. 
Visitation (Monastère de la): 66, 110. 
Viviers: 32, 92. 
"Voltaire: 25 (N), 42, 75, 100. 

"Weber-Riga (Doct. A.) : 41 (N). 
"Werdet: 56. 
"Wredé (R.) : 99. 



TABLE DES MATIERES 



Introduction 9 

Epilogue 35 

Bibliographie. Avant-propos 38 

» Histoire générale et anecdotique 45 

» Jugement 87 

» Après le Jugement 92 

» Romans 98 

» Théâtre 102 

» Chansons. Poésies diverses 106 

Iconographie '. 122 

» Portraits de Catherine Cadière 132 

» Portraits du Père Girard 133 

Table des ouvrages cités 135 

Table onomastique 145 



TABLE DES GRAVURES 



Portrait du Père Girard 7 et 16 

Portrait de Catherine Cadière 23 

Séance du Parlement d'Aix 79 

Souscription au Magicien Amoureux 104 

Ruban avec portraits peints 123 

Le Père Girard et la Cadière au Couvent 128 

Allégorie : La Cadière sur un perchoir 131 



=Î!É.= 



Collection d'Etudes Historiques Varoises 

publiée sous les auspices de 

rinstîtut Historique de Provence 



-■i^^»^' 



Paru : 



E. CouLET : Essai de Monographie du Fort et de la Seigneurie de 
Brégançon. In-8°. Vues, plans et cartes. Prix 10 fr. 

En souscription: 

Pierre Fraysse : Jean-Joseph Rigouard, évêque constitutionnel du Var 
(1735-1800). In-8% gravures. 

En Préparation: 

Toulon pendant la Révolution. Essai de bibliographie et sources ma- 
nuscrites, par A. J. Parés et E. Coulet. 

^^^ 

BliotDèiiue de riostitut Historiqoe de Provence 

(Collection de textes et d'études sur la Provence et les pays limitrophes) 

Parus: 

I. — Brun (Auguste) : La Langue française en Provence de Louis XIV 

au Félibrige. Un vol. grand in-S", Prix 16 fr. 

II. — La Tragédie du Sac de Cabrières, publiée avec une introduc- 

tion historique de M. F. Benoit et une préface de M. Vianev. 
Prix 12 fr. 

A Paraître incessamment: 
BouRRiLLY J. : Le Costume en Provence au Moyen-Age, avec planches. 



■ ^^^>% 



Mémoires de Tlnstitut Historique de Provence 

(Annuels en deux fascicules). Années 1924, 1925, 1926, 1927. 
4 volumes 100 fr. 

On ne vend que des collections complètes. 



UNIVERSITY OF CHICAGC 



8 842 398 







OCT 2 2 la 9 Interllbrary Loaii I 



I3X373J 



TYSd^-f 



• :■■■ %;;\î