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Full text of "Biographie universelle ancienne et moderne, ou, Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes : Ouvrage entièrement neuf"

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M 


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in  2010  witin  funding  from 

University  of  Ottawa 


http://www.arcliive.org/details/biographieuniam55micli 


BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE, 

ANCIENNE  ET  MODERNE. 


PARTIE    MYTHOLOGIQUE 


MA-ZY. 


^^^■^  V^'m.'V^^%.'W^^^*/^X.'%^'%'*-%  v-v^ 


par:s,  1  Mrr»iMi  rie  de  p.  duiont  Et  laguiomf, 

Ru«  Je  CrrocUc  Si  fîonort,  a.  S5. 


BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE, 

ANCIENNE  ET  MODERNE. 

P4RTIE    MYTHOLOGIQUE  , 


HISTOIRE,  PAR  ORDRE  ALPHABETIQUE,  DES  PERSONNAGES  DES  TFMP^ 
HÉRliÏQUES  ET  DES  DIVINITES  GRECQUES,  ITALIQUES,  ÉGYPTIENNES, 
HINDOUES,  JAPONAISES,    SCANDINAVES,  CELTES,    MEXICAINES,   CtC. 


TOME  CLN'QUANTE-CINQUIEME. 


A  PARIS, 


CHEZ   L.-G.  MICHAUD,  LIBRAIRE-ÉDITEUR, 

RUE    RICHELIEU,    N,    67. 

1333. 


MYTHOLOGIQUE. 


M 


MA,  c'cat-h-dire  mire  y  la  mère 
par  excellence  :  Cybèle  en  Phrjgie. 
Dà  Ma,  à.»  Ma,  que  nous  voyons 
souvent  répété  dans  les  tragiques,  si- 
gnifie divine  mère,  déesse  mère,  Dea 
Mater.  C'est  de  là  sans  nul  doule  (et 
non  de  ycc  f^uruc)  qu'a  élé  formé 
Dàmàlàr  ,  nona  grec  de  Cérès.  Mais 
de  ce  que  Cérès  a  été  nomr.:ée  Dà- 
mâtàr  il  ne  résulte  pas  qu'elle  seule 
ait  eu  droit  au  titre  de  Dà  Ma  ou  de 
Ma,  qu'elle  seule  Tait  porté.  A  vrai 
dire  ,  ce  titre  appartient  a  îa  haute 
déesse  Passivelé-Féconditë  j  peu  im- 
porte sous  quelle  face  on  la  consi- 
dère. En  Phrvgie  ,  ou  pour  mieux 
dire  chez  toute  la  race  arméno- 
péiasgique  habitante  du  plateau  de 
l'Anadhouli,  ce  fiit  la  Terre-Monta- 
gne, la  Terre-Cuoe,  eu  d'autres  ter- 
mes, Cyhèle.  La  qualification  de  Ma, 
donnée  h  cette  déesse,  se  trouve 
parfaitement  en  rapport  avec  celle 
d'Amma,père,  doiince  au  helAtyssoû 
favori.  Réa  (  aussi  la  Terre ,  mais  en 
Crète)  s'appela  de  même  Ma  en  Lv- 
die.  Les  Lydiens  lui  offraient  des  tau- 
reaux en  sacrifice;  et  c'est  a  cette 
circonstance  que  fut  dû  le  nom  de 
Mastaure,  Mxyrx'jpcc  (de  Mus  Tuv- 
f9i),  imposé  à  une  ville  qui  fut  dans 
l'origine  un  sanctuaire  de  la  déesse. 
Enfin  de  Rée  les  mylliolntiucs  ,  sui- 
vant  leur  usage,  arrivèrent  a  une  sui- 
vante de  Rée.  La  déesse  garda  son 
nom  j  la   suivante  eut  celui  de  Ma. 


Ma,  dit  on,  fut  la  nourrice  (presque 
la  mère)  de  Bacc'nus  •  et  ce  dieu,  ana- 
logue quelquefois  à  3iars,  reçut  k  cette 
occasion  chez  les  Cariens  le  nom  de 
Masaris,  Maj-'^Ap^f,  le  Mars  de  Ma 
[Voy.  Masaris). 

MAAIN'AGARMOUR  eu  Hâté, 
énorme  loup  de  la  mviholoçrie  scandi- 
nave,  doit  le  jour  aux  amours  du  loup 
Fenris  et  de  la  géante  Gigour  ;  lors 
du  crépuscule  des  dieux  il  avalera  la 
lune.  —  Hâté  veut  dire  qui  hait; 
Maanao-armour  siç-nifie  dévoratcur  de 

o  o 

la  lune.  Comp.  M  as  A. 

MABOL\  ,  le  mauvais  principe 
chez  les  Caraïbes  ,  passait  chez  ces 
ignorantes  peuplades  des  Antilles  pour 
l'auteur  des  tempêtes,  des  tonnerres, 
des  maladies,  des  éclipses,  des  appa- 
ritions fâcheuses.  Sou  plus  grand  plai- 
sir, disaient  les  sauvages,  était  de 
revêtir  des  formes  hideuses  et  de 
rouer  de  coups  les  pauvres  mortels 
effravés.  Pour  fléchir  sa  colère,  ils 
portaient  au  cou  de  petites  images  , 
représentations  fidèles  àas  formes 
snus  lesquelles  Mahoïa  leur  avait 
rendu  visite,  et  accomplissaient  en 
son  honneur  i\t%  pénitences  presque 
aussi  incroyables  que  celles  des  péni- 
tents hindous.  Ainsi,  par  exemple,  on 
les  vovait  se  lacérer  la  chair  a  coups 
de  couteaux,  et  faire  couler  de  leurs 
corps  enlr*ouverls  àes  rui.sseaux  de 
sang. 

^LVCAK ,  mLku^j  fils  de  Rhoile  f  t 


LV. 


a  MAC 

cllIclios(li'  soleil),  lu3.,«o^^oinlelnc^rt 
avec  ses  frères ,  Tciiagcs  icur  frcro 
coramnn,  cl  se  rcfiii^ia  (ians  TiJe  do 
Lcs!>o.s  (jtii  prit  (le  lui  le  n.'.t'i  i'e. 
Wacarie. 

MACARl^E,  Macarlls,  hiccxa- 
#i(/f,  fils(l.tole,  commit  un  incesle 
avec  sa  sœur  Cacacé ,  s'enfuit  h  Del- 
plies  (jua-.tl  tolc  voulut  punir  ce  cri- 
me par  la  mort  des  deux  coupaJjles, 
cl  là  se  fil  adraelire  au  nombre  des 
p- cires  d'Apollon.  —  Cinq  autres 
ÂIacariÎe  furent:  i°  un  Ljcaonide  ; 
2*»  un  fils  de  Jason  et  de  Mcdce 
(d'autres  le  nomment  Mermèrc;;  3°  un 
Lapilhe  qui,  aux  noces  de  Pirithoiis, 
tua  le  ceutnure  Erigdupe  ;  4**  un 
conipaguon  d'Llysse,  qui,  né  a  ]Né- 
rite,  finit  par  se  fixer  a  Caïètj?;  5°  un 
fils  de  Crinaque,  qui  a  la  tête  d'une 
troupe  d'Ioniens  passa  d'Achaïe  dans 
l'île  de  Lesbos ,  cl  donna  aux  deux 
villes  principales  qu'il  bâtit  les  noms 
de  Métliymne  et  Milylène,  ses  filles. 

MACÀ  lUE ,  V.ccKo.pU ,  fille  d'Her- 
cule cl  de  Dcjanire.  cl  par  conséquent 
sœur  d'HvUus,  se  tua  elle-même  pour 
le  salut  (les  Iléradidcs,  h  qui  l'oracle 
avait  promis  la  victoire  sur  Eurys- 
thce,  a  condition  qu'un  des  fils  d'Her- 
cule se  sacrilKTail  pour  l'rrmce  des 
Hcraclidi's.  Les  AUiéniens  lui  consa- 
icrèreol  un  temple  sous  le  nom  d'Eu- 
démonie  ou  la  Félicité,  et  appelèrent 
Mararic  la  fontaine  de  Marathon. 
Macaric  est  l'héroïne  de  la  pièce 
d'Euripide  intitulée  \os>  Hcraclidcs, 

MACAKTATE,  M«x«^r«r<,;,  hé- 
ros dont  on  monlrail  le  tombeau  dans 
Athènes.  Macartatos  est  le  super- 
latif lie  MciC(n\  heureux,  usité 
dans  le  fiens  ^ immortel ^  dieu. 

IVLVCKDISrî,  Macf.d:<i:s,  ^\kxi^. 
»of ,  un  des  cinquante  ''Is  de  Lvcacu, 
ne  figure  point,  comme  ou  pourrait 
le  croire,  au  nonibrc  des  person- 
nages mythologiques  à  qui  Ton  atlri- 


ÎMAC 

bue  l'origine  du  nom  de  Macédoine. 
MACÉDO,  dieu  égyptien  que  les 
Grecs  égyplianisants  disaient  aroir  la 
tête  d'un  Joup.  Eils  dOsiris  et  frère 
d'Anubis,  il  suivit  son  père  lors  de  sa 
grande  expédition  dans  la  Perse  et 
les  lodeg,  et,  disent  lei  mythographe» 
du  monde  romain ,  forma  i'avant- 
garde  de  l'armée  conquérante,  comme 
Anul'is,  ce  dieu  à  tête  de  chien  ,  en 
formait  l'arrière -gjrde.  Emblèmes 
frappants,  ajoute-t-on,  de  l'impétuo- 
sité et  de  la  vigilance:  de  l'impétuo- 
sité dont  l'avant  -  garde  doit  faire 
preuve  5  de  la  vigilance,  qualité  néces- 
saire k  Tarrière-garde.  Mais,  comme 
on  peut  le  voir  à  l'art.  Am'BIs,  le 
prétendu  dieu  a  tête  de  chien  n'est 
qu'un  dieu  a  tête  de  chakal,  et  Ma- 
cédo  lui-même  n'est  autre  que  ce  dieu. 
Les  Grecs,  assez  superficiels  dans 
leurs  observations,  prirent  la  tête 
d'Anubis  tantôt  pour  celle  d'un  chien, 
tantôt  pour  celle  d'un  loup  5  et  com- 
me évidemment  le  dieu  h  tête  de  chien 
devait  différer  du  dieu  'a  tête  de  loup, 
ils  imaginèrent  Macédo.  Resterait  a 
décider  jusqu'à  quel  point  ce  dernier 
nom  fut  égyptien.  Etait-ce  un  surnom 
d'Anubis  considéré  relativement  aune 
de  ses  fonctions  et  à  une  de  ses  for- 
mes? était-ce  un  nom  local,  primiti- 
vement renfermé  dans  l'enceinte  d'un 
temple  et  dans  un  cercle  de  dévots? 
était-ce  enfin  ure  dénomination  syria- 
que, arabe,  éthiopienne  ou  grecque? 
C'est  ce  que  jusqu'ici  on  n'a  pu  déci- 
der. Quoi  qu'il  en  soit ,  le  culte  du 
dieu  a  tête  de  loup  parut  a  nombre 
de  Grecs  aveir  été  plus  particulière- 
ment répandu  dans  deux  villes  éL;vp- 
liennes  qu'en  conséquence  ils  nommè- 
rent Lycopolis  (i),  tandis  que  deux 


(i)  ("In  disjîl  lubsi  J.rcon  ,  I.rcu  on  I.rcou  , 
t.rcô,  ri  en  «joutant  polis  ,  Lrcom  polis ,  I.vcup. 
etc.,  qDPlqiie(ow  prul-élre  en  latin  J.uporum.  L« 
nom  Sioutli  qne  nous  avons  douni-  comme  IVqui 


MAC  MAC  3 

autres,  vouées  au  culte  da  cliieD,  re-  que  confirmait  justement  la  coexis- 

çurent  celui  de  Cynopolis  ou  Cynôn  lence  d'une  constellation  du  loup  ad- 

(Ktfv<3îT(JA;?ouKu»5v)  (2).  D'après  cela,  mise  dans  tous  les  planisphères  céles- 

qiii  né  croirait  à  l'existence  de  quaîre  tes.  On  peut  voir,  a  Part.   Lvcus 

villes?  Il  n'en  est  rien.  Caus  les  deux  quel  rôle   aussi  important  que  my- 

Lycopolis.  comme  dans  les  deux  Cj-  stérieux  et  varié  le  loun,  animal  ou 

nopolis.  on  adorait  le  guichetier  in-  constellation  ou  simple  mot  homo- 

fernal   Annbis  •    et  la  différence  des  njnie ,    vient    jouer    au   milieu   du 

dénominalionshelléinquesn'avaitpour  cnlte  tout   solaire  d'Apollon.   Il  est 

origi:ie  que  la  différence  légère  des  impossible  que  l'union  cl'Osiris  Mieu- 

effigies  divines.  Toutefois  les  anciens  soleil  semi-humain  des  légendes  éo-vp- 

cux-mêines  firent  justice  de  ce  double  tiennes)   et   de   Macédo    n'ait  que.l- 

cmploi,  et  réservèrent  le  nom  de  Lv-  que    rapport   avec    ApoUon   Lycien 

copolis  ou  Siouth  a  la  ville  actuelle  et  toutes  les  personnifications  de  ce 

d'Aciouth  ou  Ociouthdans  le  Saïd  à  genre.  En  effet,  un  trait  du  mj-the 

une  demi-lieue  du  iSil ,    et  celui  de  d'Osiris    montre  ce    prince    sortant 


Cvnopoîis  k  El-Chiz  (3).  Il  est  pré-  des  enfers  sous  la  forme  d'un  loup 

sumable  que  p'us  tard  ces  déuomina-  et  venant  ainsi  conribattre  Typhon, 

tions  furent  prises  k  la  lettre,  même  Ici  le   dieu-soleil  n'est  plus  séparé 

autres  que  par  les  Grecs,    et  du  dieu-loup,  il  est  louu  lui-même 

ioiip  joua  un  rôle  quelconque  (qui  ne  songerait  k  Ajiollon  Lvcien 

:?s  rites  et  dans  le  cérémonial.  Avx.icç})^  ce  qui  ne   lempèche    pas 


prises  a  la  lettre,  même  Ici  le   dieu-soleil  n'est  plus  séparé 

par  d'autres  que  par  les  Grecs,    et  du  dieu-loup,  il  est  louu  lui-même 
que  le 
dans  le« 

Plutnrque  racon'ie(/5/^.  et  Osir.,-p.  de  liiiter  avec  un  diej-loup,  le  per- 

38o  d'éd.  Xjl.  )  qu'k-Lycopolis  seu-  ver-    Typhon    (qui    ne  son^-erait   k 

lement   les. habitants  osaient  manger  Apollon  Lycoctone,  AyxojcroW,  c'est- 

dii  mouton;  ce  qui,  de  quelque  ma-  k-dire  tueur  de  loups?}. — Il  est  inu- 

nière  qu'on  entende  la  proposition,  tile  de  réfuter  l'opinion  de  Pindarc , 

indique  au  moins  un  usage  générale-  qui  dit  le  plus  gravement  du  monde 

ment  pratique  a  une  époque  solennelle  que.  comme  Anubis,  Macédo  était  un 

de  l'année.  Les  deux  chiens  [ou  plutôt  des  généraux  d'Osiris  :  qu'ils  étaient 

chakals)  qui,  dans  la  sphère  antique,  revêtus,   le  premier  d'une  peau  de 

gardaient  les  deux  points  soîsliciaux  chien,  le  second  d'une  peau  de  loup, 

(comp.    Clément  d'Alex. ,    Stroni,^  ou,    selon   quelques    autri-s,    qu'ils 

V,  7  ,  p.  671,  éd.  Potier),  et  qui  avaient  des  cas(|ues  ornés,  le  premier 

dans  la  réalité    représentent    k  eux  d'une  tête  de  chien,  le  second  d'une 

deux  le  seul  Anubis  [Voy.  ce  nom)  tète  àc  loup,-   que  nalurèliemt-nt  on 

ont  pu    aussi    corroborer  l'erreur*:  les  désigna  par  les  noms  de  g^hicral  k 

l'un  aura  été  pris  pour  un  vrai  chien  tète  de  lonp,  elc.  ,   de.    (Diod.  de 

sidérique  ,  l'aulre  pour  un  loup,  ce  Sic.  liv.  I,  cli.  18).  Nous  ne  men- 

— — tionnons  de  même  que  pour  mémoire 

Talent  rfrypticn  de  Lrcopoiis ,  sVciivait,  scloa  ^^   fondation  du  Toyaume  de  Macé 

t:hainpollion  (/;Vr/>r  sous  les  Pharaons),  Siaoulh  doine  par  Macédo  (le  même  ,  I,  2  o) 

•  a  Ihebain.Jraofif  ou  Jioott/ en  memphitiqiie.  n     3         •        r   •.  ii         i  • 

(*)  Ou  même  tout  siinpicmc.rt  c yn os .  Pline  ^^  deruicr  tait  pcut  aller  do  pair  avec 

(Wst.  nan,r  uv.  V    chap  x)  rappelle  Cauum  h  fondation  de  Maronée  par  Maron, 

(  ::Ous-cntcn'lu  o/>/7/rf(;/7j;.  I,  ancien  lioiîi  t-'vplicn  •,.  j  >         r  /■« 

f  toujours    snivaut    Chainpollion)     vl a\l  '  Cais  Cl  lllllle  autrcs  OC  même  toTCe.  LomO. 

*^7r  vitaif^î:" »,•..'  Ka^ier,  iMylhoL,  p.   2^7  du  t.  H. 

(j;  ^uIr;al^cIne^t  on  veut  que  c'ait  clcMiuich;  -^,  •         i,     '  c     ■  i 

mais  cette  opinion  est  fausse.  L  CSt    par  SUltC  d  wn'y^    CCniUSIOD  p!us 


4  MAC 

bizarre  encore  que  (jnel(|ues  myllio- 
graplics  ont  fnil  de  Macédo  un  pt-lit- 
tiU  (le  Dtucallon.  Dans  le  cas  où  Ton 
tiendrait  h  concilier  celte  généalogie 
avec  celle  r(iii  donne  Osiris  ponr 
t)èrc  an  dieu-loup  ou  dieu  -  cliakal, 
il  faudrait  ne  le  faire  Ueucalionide 
(jue  du  colc  de  sa  mère.  Or,  juste- 
ment les  Iradilions  parlent  d'une 
Macédonie  cpii  doit  le  jour  h  Jupiter 
cl  a  Tliyia,  lille  de  Deucalion.  Il  y  au- 
rait donc  ici,  outre  Taljsurdilé  du  fait 
primitif  (Macédonie  qui  donne  son 
nom  a  la  Macédoine),  identité  d'une 
uynipbo  et  d'un  dieu.  Ln  rappro- 
chement qui  n'ej.t  pas  sans  intérêt , 
quoique  vraisemblablement  le  ha- 
sard y  donna  lieu,  c'est  celui  de 
Maccdnc  le  Lycaonide  avec  Macédo. 
Les  deux  noms  sont  presque  b  s  mê- 
mes, et  Lvcaon  par  sou  nom  comme 
par  sa  légende  rappelle  Tidée  de  loup 

(A'.'KOf). 

MACÉDOiSIE,  y.ccKièoyfx,  fille 
de  Jupiter  et  delà  Deucalioiiidc-Thyia, 
donna  son  nom  "a  la  Macédoine.  C'est 
la  Macédoine  personnifiée.  De  la 
chaîne  de  monts  qui  rampent  entre  la 
Tliessalie  et  l'Epire  rayonnent  au  sud 
la  Grèce  propre  1 1  le  l'élopouèse,  au 
nord  la  Macédoine.  Or,  comme  Thes- 
sale  lui-même,  Deucalion  est  la  Tlies- 
salie pei  sonnitîée.  Macédonie  de.^cend 
donc  naturellement  de  Deucalion, 

MACÈS,  de  Huthrole,  fit  (jualrc 
fois  le  saut  de  Lencade,  tt  (jualre 
fois,  selon  les  prêtres  du  beu  .  il  fut 
radicalement  ;^uéri  de  laniour  (jui  le 
maîtrisait  et  le  reiulait  malheureux. 

MAC-GRIArS,  MAC-CITLL  ou 
Macuill,  MAC-CEACHT  ou  Ma- 
ceacht)  sont  les  trois  divinités  de« 
Tuatha-Dadan  de  l'Irlande.  Pris  com- 
me hommes,  ils  se  nommenlEa-Thoir, 
Cca-Thoir,  Tea-  Iboir.  Ou  Icir  don- 
ne aussi  les  noms  de  \  ar,  Jurka,  Jur- 
kat.i;;  autrement  l»rias,  Juclior,  Ju- 


MAC 

chorba.  Et  ici  un  fait  remarquable  se 
présente.  Var-Brias ,  Jurka-Juclor, 
Jurkata-Jucborba  descendent,  dit-on, 
deCuîil,  Ceacht  et  Grian  :  Mac  ayant 
siirnifié  fils^  ils  sont  donc  bien  Avi 
Mac-  Cuill,  Mac  -  Céacht  et  Mac- 
Grian.  Ce  n'est  pas  tout.  Cuill  et 
Mac-Cuiil,  Céacht  et  Mnc-Céaclit, 
Grian  et  Mac-Giian  ne  diffèrent  pas. 
Dans  la  mythologie  un  même  être  est 
dieu  et  homme.  On  en  fait  alors 
deux  personnes  ,  et  1  homme  est  fils 
ou  descendant  du  dieu.  Comme  dieux, 
Cuill,  Céacl'.t  et  Grian  ont  pour 
grand-père  Dajibda. 

MACHA,    héroïne    irlandaise. 
P  oy.  Mo^■GH-^lrADH. 

MACHAON  et  PODALIKE,  Ma- 
ZAai^  Uo^uXufio;  y  sonl ,  dans  la 
m\lholog:e  grecque  ,  les  deux  A>clé- 
piades,  les  deux  iils  eu  qui  se  délègue 
Esculape  (Asklêp).  On  leur  donne 
pour  mère  soit  Epione  ,  soit  Arsiuoé. 
Leurs  noms  semblent  indiquer  la  mé- 
decine {f^h^oç^  ^«/;»f  )  ^t  ^^  chirurgie 
(wc^a,  At<;«o«?  ku'i^ul).  jNul  doute 
que  ce  ne  soient  des  dieux  ,  des  êtres 
tout  aliégoriqucs,  des  Dioscures  mé- 
dicinaax  comme  les  Acouins  de  l'Hin- 
douslan.  On  les  donne  de  plus  comme 
habiles  chasseurs.  La  mythologie  épi- 
que les  a  transformés  en  hommesj  ils 
guident  les  troupes  dOEchalie  au 
siège  de  Troie.  Là ,  Machaon  guérit 
Ménélas  bles'é  d'un  coup  de  flèche  j 
Pudalire  ,  attaché  au  chef  suprême 
Agamemnon,  rendit  de  même  de 
grands  services  aux  Grecs  par  sa 
science  médicinale.  Machaon,  selon 
\  irgile,  fut  un  de  ceux  qui  s'enfermè- 
rent dans  le  cheval  de  bois;  la  tradi- 
tion ordinaire  le  montre  tué  par  Eu- 
rypyle,  fiK  deTélèphe.  Podalire  sur- 
vivant à  la  ruine  de  Iroie,  fut  porte 
par  nu  naufrage  en  Carie,  y  épousa 
Svrna,  la  fille  d'un  roi  du  pays,  et 
reçut  en  dot  la  péninsule  sud-ouest 


MAC 

qui  fui  depuis  la  Chersouèse  dorique. 
Àlacha ou  avait  un  loinbeau  el  uu  tem- 
ple a  ]\îessèDe;  Podalire  était  liunoré 
de  inè.'ne  à  Dauiile  dans  la  Carie. 

MACISTE,  MÂkittô;,  Atiiaman- 
tide,  alla  s'établir  en  Triplivlie,  où  il 
donna  sou  nom  à  une  ville  dont  on 
lui  allrlijue  la  fondation. — ^Maciste 
était  aussi  un  siirnoin  d'Hercule. 

MACRIS,  2vî<c>ic;,',  l'Eubée  per- 
sonnifiée. Cette  î'c  à  forme  oMongue 
{tcxKncç)  est  extrêmement  ferille.  On 
en  a  lait  une  déilé  nourricière  5  et, 
comme  tel!e,  c'est  Baccims  que  i  o!i 
a  confié  à  ses  soins.  Mercure  ,  dit-on 
p-us  tard  ,  le  lui  apporta.  D'autre 
part,  TEubée  éîant  consacrée  h  Jun  on, 
on  ju^ea  qie  la  déesse  devait  trouver 
mauvais  que  la  nvmpbe  élevai  le  (ils 
d'une  de  ses  rivales,  el  \oi\  écrivit 
que  la  nvinpbe  Macris,  chassée  de 
l'Eubée  par  junon  ,  s  élait  transp()r- 
lée  à  Phéacie  (Corfou),  où  elle  nourrit 
de  miel  le  dieu  enfant.  F'héacie,  en 
récompense  de  Tlinr-pilalité  qu'elle 
avait  accordée  a  l'inmorlelle  fuj^i- 
llve,  devint  aussi  fc-rtile  cn:e  i  l'e 
d'Enbé.-. 

MACUOSIRIS,  Mci^pco-.;,';  ou 
Mxx.pû(nDiç.,  c'esl-k-direle  i^randOsi- 
ris,  aurait  élé,  suivant  la  L-gende 
albénlenne,  un  énorme  géant.  Suivant 
Phlégon  ,  on  retrouva  un  jour  sou 
corps  près  d'Athènes,  dans  un  tom- 
beau de  cent  pieds  de  long.  Ce  conle, 
comme  tous  ceux  de  même  genre, 
fut  du  sans  doute  a  la  découverte  de 
quelques  ossements  fossiles  de  dimen- 
sions extraordinaires.  Les  Mé.-alo- 
saures,  par  exemple,  n'avaient  pas 
raoiîis  de  quaranle-cinq  pieds  •  les 
Mososaures  en  atlei'inaient  soixante 
el  phis,'  ou  a  trouvé  aux  enviroas  de 
Ba'ionne  des  requins  fossiles  dont  les 
os  annoncent  une  taille  de  plus  de 
:;!):. xante-dix  pieds. 

MACUSAM,  ]\Ucv3A:ivs  ou  Ma- 


TVIAG  5 

GusA^■us,  grand  dieu  dont  le  culte 
semble  avoir  été  porté  Irès-loin  ,  a 
été  pris  pour  Hercule  et  pour  ISep- 
lune.  Des  m.édaiiles  de  la  famille 
Posthumia  portent  le  nom  d'HERcuLi 
Magusa>o  que  Ton  a  dérivé  de  la 
Ville  de  Magusum  en  Afrique.  Une 
statue  découverte  dans  l'île  de  Wal- 
cher?n  (Zélande)  présente  ce  même 
Magusanus  un  bident  dans  la  main 
gauche,  un  dauphin  dans  la  droite, 
une  couronne  de  roseaux  sur  la  tète. 
Il  est  impossible  de  ne  pas  songer 
ici  à  j)^eptuue,  que  justement  des  mé- 
dailles de  la  gens  Poslhumia  repré- 
seultnt  dans  la  même  altitude  et 
a'.ec  les  mêmes  entours.  Ceci  posé, 
qu'esl-ce  que  Macusara?  un  Hercule.* 
uu  ISeptune.^  On  peut  penser  à  un 
Hercule-Neptune  :  1  Hercule  de  Tvr 
vovage  ;  il  passe  le  bras  de  mer  de 
Gadès  dans  une  coupe  ou  bari  sacrée' 
il  i)riHe,  Palèque  immorlel  et  lulé- 
laire.àlapoupe  des  vaisseaux:  il  court, 
et.  frète Pviélicer le,  se  plonge  dans  les 
eaux.  Ajoutons  que  pour  des  peuples 
navigateurs  (les  Carthaginois,  par 
exemple)  le  dieu  des  mers  dut  êlre  la 
lorce  suprême.  Si,  comme  ou  la  dit. 

Le  tridc:;!  «îc.tVplune  est  le  sccii're  du  monde, 

rKerculeVrai,  c'est  Posîdôn. — Magu- 
sam  a  inspiré  au  baron  de  Donoj)  un 
traité  en  deux  volumes,  dûs  iMagu- 
saiilyclia  Europa.  Il  voit  l'Europe 
entière,  et  même  une  p^rlie  de  l'A- 
sie, peuplée  par  les  i\Iagas(/'Oj'. 
l'art,  suix  anl). 

MADIiOU  et REITAIiHA,  géants 
sivaVtcs  opposés  au  bhavauisme  ,  fu- 
rent subjugués  par  Mahamaïa,  iudi- 
vidualisaliou  brillante  autant  cpie  ter- 
rible de  [>havani-Dourga. 

MAX,  iUAGLS,  dieu  phénicien  (U 
grand  mage,  le  mage  modèle),  élait 
le  père  de  Misor  [Voy.  ce  nom).  Oa 
l'appc'ail  au^bi  Amvn  (Amoun). 


6 


MAG 


MAGA  est ,  dans  la  mylliologie 
hindoue  ,  le  fils  du  soleil  et  le  pelil- 
filsdii  dieu  archilccle  Viçouakanna. 
Des  traditions  lui  douuent  pour  père 
A^ni  (le  feu)  né  du  cœur  d'Aditia  (le 
soleil);  jNikchoumba  (Timinobile)  est 
sa  mère.  Il  habitait  une  région  mys- 
térieuse qui  est  le  pays  des  Saces. 
Sanil)a  guéri  par  le  soleil  et  voulant 
lui  dédier  sur  les  rives  du  Cliinab  la 
statue  d'or  pur  qu'il  avait  fait  exécu- 
ter en  sou  honneur,  Samba,  puissant 
dansllambou,  alla  chercher  Ma^a 
dans  sa  résidence  chérie ,  l'enleva  .sur 
l'aigle  blanc  de  Viclinou  avec  dix- 
huit  (aii-illes  sacerdotales,  et  le  déposa 
dans  Sambapoura.  Maga  consacra  la 
statue  du  soleil,  et  reçut  eu  don  la 
ville  de  Sambapoura  avec  de  grandes 
richesses. — iSous  laissons  de  côté 
les  riches  détails  du  mythe,  r.ais  il 
est  essentiel  de  noter  les  points 
suivants,  i"  La  légende  de  Maga  in- 
dique Timporlalion  d'un  culte  étran- 
ger du  nord  dans  le  sud.  Plus  dua 
exemple  de  ces  colonisations  pacifi- 
ques d'un  culte  étranger,  provoquées 
par  les  seclaleiirs  du  culte  indigène, 
se  trouve  dans  Tlnde.  Un  empereur 
mongol  fit  ainsi  venir  des  Bouddhistes 
du  Tibet  pour  civiliser  ses  guerriers. 
2°  Celte  colonisation  est  pacifique. 
3"  Elle  est  favorable  au  vichnouvisme: 
Samba  d'abord  avait  été  Tenncmi  de 
Kiieima.  i'^hcs  Magas  sont  une  race 
sacerdotale.  5°  Le  pays  où  ils  s'éta- 
blirent porte  le  nom  de  Magada  ,  le 
même  que  Sikata.  6°  Dans  le  pays 
même  d'où  Ma}ra  est  dit  originaire 
habitent  tpialre  castes,  les  Magas,  les 
Magacas,  les  Manacasct  les  Magad  '.s 
qui  correspondent  exactement  aux 
quatre  castes  hindoues.  Les  noms  mê- 
mes indiquent  que  â"u\  au  moins 
d'entre  elles  se  rattachaient  aux  Ma- 
gas. 7°  Les  dix-huit  familles  sacerdo- 
tales venues  avec  Maga  s'unirent  aux 


MAG 

Bodjakas.  castes  guerrières  issues 
de  liodja.  La  loi  des  castes  ainsi  vio- 
lée fut  mise  en  oubli  dans  le  pays  de 
Magada.  8"  C'est  aussi  dans  le  pays 
de  Àlagada  que  nous  voyons  naître  la 
religion  bouddhique  qui  abolit  expres- 
sément le  système  des  castes.  Le 
berceau  véritable  de  ce  libéralism» 
religieux  ne  doit-il  pas  ètrecheicht 
dan^  le  plateau  placé  aux  frontières 
septentrionales  de  llnde?  9°  Il  est 
aisé  de  voir  que  Maga  et  Mage  ne  dif- 
fèrent poi:.l.  Ces  Magas  qui  habitaient 
au  nord  du  Kaboul  dans  la  région  où 
«e  trouve  l'antique  Baclres  faujourd. 
Balk)  ou  Zariaspc,  ont  jeté  des  colo- 
nies et  des  idées  dans  la  Perse  d'une 
part ,  et  de  l'autre  le  long  du  Caucase 
el  dans  la  ïransoxane.  La  Sarmatie, 
l'Europe  entière,  les  îles  britanniques 
mêmes  connurent  le  nom  de  Magas  et 
vécurent  sousTinQueucede  celle  idée. 

MAGADA,  c'est-a-diie  probable- 
ment Magd  ou  Maedchek  ou  Maida 
ou  quelque  mot  analogue  ,  était  la 
décsie  favorite  des  Saxons.  Ce  mot 
veutdire^//d  ou  vierge.  Aussi  les 
mvlliolo£:ucs  l'assimilenl-ilsà  une  Vè- 
nus.  C'est  sous  Cbarlemagne  que  fut 
abattu  sou  temple  long-temps  res- 
pecté par  les  Huns  el  les  Vandales. — 
Les  i\iagadas  sont  une  des  quatre 
castes  (|ui  habitèrent  le  pays  des 
Saccs. 

M  AGAIS'CE.  Magantius,  ou  MO- 
GOINCE,  MoGostius,  fonda  Maïen- 
ce  (Mogouliacum).  Celait  un  des 
'J'roveiiS  qui ,  échappés  a  la  ruine  de 
leur  ville  natale,  se  réfugièrent, 
comme  Fraucus,  sur  le  continent  eu- 
ropéen, et  ne  purent  trouver  d'a- 
sile qu"a  sept  cents  lieues  de  leur 
pairie. 

MAG.\RSIDE,  Magarsis,  m^- 
'jufs-15^  Minerve  a  Magarse  en  Cili- 
cie,  où  elle  était  honorée  comme  une 
déilé  médicinale  (  Mincira  J^Jcdica), 


MAH 

et  en  conséquence  représentée  sans 
égide  et  avec  un  serpent  dont  les 
plis  volumineux  enlacent  sa  taille. 

MAG^SÈS,  M^yvsisj  un  des  fils 
d'Eole  et  d'Éuarète,  épousa  une 
Isaïade  dont  il  eut  Polvdecle  et  Die - 
tys,  qui  tous  deux  se  rendireut  plus 
tard  dans  Tile  de  Sériphe  {Ser/b), 
et  s'y  établirent.  Apollodore,  I,  5,  3, 
lui  donne  encore  un  troisième  fils,  le 
célèbre  prince  thracePiéros,  père  des 
Piérides.  Eustathe,  suri  I/iade^  dé- 
roule loule  sa  généalogie  descen- 
dante, Alector  son  fils,  Héinon  son 
petit-fi!s,  Hvpéroque  son  arrière-pe- 
tit-fils ^  suivent  ïenthrédon  bis-ar- 
rière-petit-fds,  Protnoos  tris-arrière- 
petil  -fils.  Protboos  conduisait  \âs 
Magnètes  à  Troie.  EnHu  le  Sc]>o- 
liasle  d'Euripide  {sur  la  Phénic.j 
V.  1740)  assigne  h  Maguès  pour  fem- 
me Pbilodice,  pour  fils  Eioaée  ei 
Eurjnorae.  On  lui  allribue  aussi 
Torioiiue  du  nom  de  Mag-nésie.  îSous 
savons  a  quoi  nous  en  tenir  sur  cette 
espèce  de  mythologie.  jNIagnès  veut 
dire  les  Magnètes  et  la  plîige  habitée 
par  les  Maguètes.  Le  sens  historique 
de  la  légende  sera.it  donc  que  les 
Magnètes  élaient  de  race  éolienue, 
qu'ils  peuplèrent  Lesbos,  qu'ils  jetè- 
rent des  rameaux  vers  la  Thrace.  — 
Un  autre  Mâgises  ,  fils  d'Argus  et  de 
Përimèle ,  descendait  en  conséquence 
de  Phryxus  par  son  père,  d'Admèle 
par  sa  mère.  Il  fut  père  d'Hvménéc, 
et  régna  dans  la  Maguésie.  C'est  aussi 
un  de  ceux  dont  les  légendaires  ont 
fait  l'auteur  du  nom  de  ce  pays. 

MAGUS,  chef  rulule  lue  par 
Enée. 

MAH,  Ized  delà  lune  dans  la  my- 
thologie zoroaslérienne,  est  |irésenlé 
comme  mide.  Comp.  MA^'A ,  Ama- 
zones, eic. 

MAIlAIiALIousimplemenlBALI, 
géant  tcrriblej  avait  oblcnu  la  souve- 


MAH  7 

raineté  des  trois  mondes.  Fier  de  sa 
puissance,  il  se  regarda  comme  l'égal 
ou  plutùt  comme  le  supérieur  des 
dieux.  D'un  avis  unanime  les  dieux 
chargèrent\  ichno'ude  punir  l'insensé. 
A  ichnou,  qui  jusqu'alors  sélait  incar- 
né q  :atre  fois,  mais  sous  des  formes 
animales,  emprunta  les  traits  du  brah^ 
me-nain  \  amana,  et  se  présentant  de- 
vant le  colosse  couronné  le  pria  de  lui 
donner  trois  pas  de  terrain.  Maliabali 
se  prit  a  rire,  et  jura  de  lui  accorder  sa 
demande.  Soudain  \ amana  dévtdoppe 
des  jambes  immenses ,  il  mesure  la 
terre  d'un  pas  ,  le  ciel  de  l'autre,  et 
du  troisième  il  va  embrasser  les  en- 
fers ,  lorsque  le  géant  pliant  les  ge- 
noux devant  lui  le  reconnaît  pour 
mailre  et  seigneur,  et  coniesse  sou 
infériorité.  Vichnoa  lai  laisse  la  sou- 
veraineté des  enfers,  et  prend  a  cette 
occasion  le  surnom  de  Triv'ikra- 
ma  ^  ou  aux  trois  pas.  Au  reste,  ou 
ajoiile  que  chaque  année,  au  mois 
d'août  ou  de  novembre,  le  géant  pa- 
raît sur  la  terre,  livre  bataille  au  dieu, 
et  vaiicu  de  nouveau  se  replonge  dans 
l'abîme.  Bali  est  une  incarnation  de 
Siva.Sa  lutte  coutre  V^amana  indi- 
que celles  qui  eurent  lieu  entre  le 
vichnouvisme,  représenté  d'abord  par 
d'humbles  brahnies ,  et  le  sivaïsme, 
fier  d'avoir  pour  adhérents  les  Rcha- 
triias.  pour  chefs  des  rois.  I!  faut  se 
garder  de  croire  cependant  que  ja- 
mais  Bali  ait  existé,  et  encore  bien 
plws  de  croire  a  l'identité  de  Bali  et 
du  Bélus  des  légendes  assyriennes. 
Bé!u5,  c'est  Baal;  et  Eanî,  c'est  Bali; 
nul  doute î  Mais  Bélus,  B.ial,  Bali, 
n'ont  eu  d'existence  que  dans  Tima- 
giniitiou  des  peuples.  Au  reste,  Baal 
et  Baîi ,  ce  sont  les  ma  lires  et  sei- 
gneurs :  eh  '.  bien,  un  des  caractères 
de  Siva,  c'est  d'être  roi,  Siva  Radja, 
Iça,  Içouara,  Mahéça,  Mahécouara. 
La  conversion  de  Mahabali,  seigneur 


6  MAH 

des  trois  mondes  et  i>nr  ronsé(jiKiit 
du  séjour  lumineux  ,  en  IJall  simple 
bonverain  des  enfers,  esl  curieuse  et 
s'explitjue  aiscmciil.  Siva  est  noir  et 
funeste  :  Kala  ,  voila  son  nom  !  Le 
monde  romain  a  senti  Tinfluence  de 
CCS  myliies  dans  ces  guerres  de  géants 
et  dans  le  rôle  donné  à  l'iulon.  ÎSa- 
turellomeiit  Jupiler  est  dieu  des  trois 
inondes^il  est  Summanus;  et  Aïdonée 
signifie  le  seigneur  :  c'est  par  dé- 
doublement (ju'on  voit  apparaîlre  Piu- 
ton ,  roi  seulement  de  l'empire  des 
morts,  et  Fluton  au  fond  n'est  que 
lui;  témoin  ce  litre  de  Jupiitr  In- 
Jcrnus  qu'on  lui  donne  si  souvent.  11 
est  donc  évident  (jue  Fiali  et  lama  ne 
diilèrenl  pas  aujourd'liuij  mais  l'idon- 
lilé  ne  provient  que  d'une  fusion  des 
cultes. 

MAIIAÇOI  AUAGnAMA  (.aot  li 
mol  la  grandtcclicllcdcs  sons)  est 
aux  Indes  la  gamu:e  ])ersonniliée. 
Les  sons  se  nomment  8ouaras  ,  les 
modes  Ragas.  De  la  :  7°  la  j:;aiiimc, 
Seplaka  (  lieplade)  ou  Souaragrama 
(  1  échelle  àvs  sons  ),  qui  se  compose 
A*:s  sept  sons,  dénommés  Sa,  Pii,  Ga, 
Ma,  Pa,  Da,  IS'i;  2°  les  Kaguinis, 
nymphes  divines  ({iii  représentent  les 
quatre  systèmes  fondamentaux  de  la 
musiipie  indienne.  Oi  compte  cinq 
Raguiuis  pourtant;  mais  la  cin(|uiènie, 
qui  est  eu  un  sens  la  priMuière  ,  ré- 
capiluielcs(piatre  autres,  les  précède, 
les  coutierît.  Dans  une  charmantcîrra- 
vure  (/'^  Guigniaut ,  Irad.  deCieu- 
zcr,  t.  IV,  pi.  xviii).  la  llaguinj  prin- 
cipale sort  (Pun  puits,  le  viua  dans 
la  maiu  gauche,  et  dans  la  droite 
une  espèce  de  balance  (/^"oj".  Ragui- 
Kis).  Sa,  première  note  de  l'échelle 
tonique,  se  nom-ne  aussi  Shardja. 
Souvent  elle  paraît  «oiis  les  traits 
de  Saracouati,  déesse  de -la  musique 
et  reine  îles  sons.  Maljacouaragrama 
u'esl  que  Sa  ouSIiardja  iubUmée:  par 


MAH 

cûnsé(|uent  c'est  une  Luballcrnisalion 
de  Saraccuati.  Dans  la  théorie  bin- 
dotie,  comme  dans  la  nôtre  ,  la  musi- 
que dislingue  dans  une  gamme  ou 
dans  un  ton  la  tonique,  la  médiante 
(ou  tierce)  et  la  dominante  (ou  quinte) 
qui  se  nomment  An'^a,  Graha,  \iaca. 
MAIIAÇOUMDÉRA,  divinité  pé- 
gouane,  parcdre  de  Golama  ou  Sa- 
manakodom  .  se  voit  dans  les  temples 
de  ce  dieu  réformateur.  En  Indochine, 
Mal),iccuimdéra  passe  pour  femme; 
c'est  grâce  h  elle  que  le  monde  se 
conserve,  et  c'est  par  elle  qu'au  bout 
du  iouga  funeste  où  noussom:rcs, 
la  terre  sera  brisée  et  l'univers  plongé 
dans  l'abîme  du  clsaos. 

MA1iADj{VA,  c'est-a-dire  Siva, 
Grand  Dieu  :  Vcy .  Siva;  et.  pour 
Tc  qui  regarde  la  dénomination  de  Ma- 
hadéva,  I^rahma,  LUI,  487  et  suiv. 
MâHâDI,  le  dieu  desDruses,  Ha- 
kcm,  dans  sa  (pialrième  incarnation; 
il  cachait  alors  sa  divinité  sous  les  traits 
d'un  conducteur  de  caravanes  ,  pos- 
sesseur de  njillc  chameaux  {Poy, 
IiAKF.M.  Bio^r.  univ.^  XL\,  52o). 
MAIIA-KÀCLAPA  ,  le  premier 
i\<:s,  sîTcesseurs  de  Cbakia,  fut  en- 
terré a  Koiiddhagaïà.  Son  tombeau 
devinl  un  pèlerinage  célèbre  ;  et,  dès 
le  tin(juièmc  siècle  ,  des  dévots  eu 
graiîd  nombre  visilaierît  des  grottes 
(lui  porlaienl  les  vesli^'cs  dureliirieux 
séjour  de  ce  personnage  fameux. 
MAHAKALi.  'Foy.  Kali. 
MAIIAIÎAIA  ,  c'est  -  a  -  dire  la 
grande  Maïa  :  1°  Maïa  elle-même 
eu  tant  que  femme  de  P>ral!m  ,  et  par 
conséquent  identique  k  Sakti  ou  Para- 
Çitkli  ;  2"  Maïa  ,  eu  lant  (juc  Bhavaui 
(en  celte  qualité,  on  la  voit  dans  le 
S;va-Pourana  combattre  contre  les 
géauls  Madhou  cl  kc.labua,  ainsi 
que  contre  Mabécba  et  Mahécba- 
coura  ,  et  eniin  contre  les  îiéanls 
Sl.'oumbha  çl  r>ijboumbha}  ;    5*»  la 


MAH 

mère  de  Boiulclba.  Celte  cieiiilè.e 
u'esl  qu'une  incarnaliou  de  la  grande 
déesse  que,  tour  a  lo!!r,on  voit  épouse 
de  BrflbiTi  sous  son  nom  de  ?*l;iïa,  et 
femme  des  trois  pcrsonnaj^es  de  la 
Trimoiirll^  sous  les  noms  de  Sii,  de 
Lakchmi  et  de  Bhavaui. 

MAHAÎS'ATÎVÎA ,  la  grande  àrae, 
est,  dans  la  cosmogonie  da  Manava- 
Dliarina-Sa^tra,  une  des  émanai  ions 
les  plus  hautes  de  l'Etre  suprême,  eu 
peui-èire  rémanalion  !a  plus  haute, 
ivlana  seul  peut  lui  disputer  ce  rang. 
Lorsque  Souaïandjhou,  devenu  Pou- 
.  roucha-Viiadj  ,  développe  Tcsuf  d'or 
qui  flotte  dans  les  eaux  primitives  , 
soudain  apparaissent  cinq  éléments  ; 
puis,  Ahankara,  Tindividnalilé,  Tii- 
dividualisation  et  presque  la  force  iu- 
dividu:tlisanle'  Mai^anatma,  la  grande 
âme,  c'est-K-dire  la  vitalité  univer- 
selle qui  circule  dans  tous  les  me;rî- 
bres  de  ce  vaste  corps  qu'on  nomme 
Univers,  et  dont  rinfluence  le  trans- 
forme en  Kosraosj  enfin  Maiia,  l'in- 
lelligence  ,  la  raison,  la  raison  vo- 
lonté, le  Logos.  Ahaiîkara  se  com- 
plique quelquefois  de  Wana,  mais 
plus  souvent  s'en  détache.  Les  com- 
mentateurs du  Manava-Dharma-Sas- 
tra  varient  beaucoup  sur  les  agence- 
ments des  huit  principe^.  Toutefois 
ils  opposent  tantôt  les  cinq  éléments 
qu'ils  nurcn:ent  JMatras,  essences  le- 
melles,  principes  passifs,  aux  trois  es- 
sences actives;  tantôt  les  sept  prin- 
cipes qu'ils  qualifient  de  sept  i^ou- 
ruuchas  à  Maiia  ou  \\  iMahunatma. 

MAHAi>NA,  le  soleil  dans  la 
croyance  d'Olaïti  et  ihs  îles  àcs 
Amis,  appar'it  avec  des  formes  hu- 
maines; et,  coirme  tel.  il  prend  le 
nom  d'Euioa  Tahoa,  septième  fils  de 
Tane  et  de  Tarra.  Il  épousa  i"  Tauna 
sa  soeur  qui,  seule  de  toute  la  famille, 
était  restée  auîcieux,  tandis  que  les 
autres  frères  cl  sccrs  dcscrmlaiept 


MAH  9 

sur  !a  terre;  2°  Popoharra  H.irél.a 
(|ui  est  la  Roche  personnifiée.  Dupre- 
miermariagt*  ileutlesircizemois  (Pa- 
p'ri,  Ovnounou,  Paroromoua,  Paro- 
romori,Mouriha,Hcacha.  Taoa,Kou- 
rororera,  Hnurian-;a,  Teaire,Tetai , 
Ouéaho,  Ouéa).  La  deuiième  le  ren- 
dit père  de  Tétouba  Haraatou  Ha- 
lou.  Mahanna,  en  tnnt  qu'homme  , 
se  métamorphosa  un  jour  eu  pous- 
sière. M'.ihauna  est  comn-:e  un  sep- 
tième Cahire,  représen'ant  du  grand 
être  Tane  ou  Tane  -Tana  (  alors 
androgyne;  comp.  l'art.  Es-i:or>]; 
et  ses  treize  fils  rappellent  Kaciapa 
avec  les  douze  Adi'.ias  ses  fils  (le 
treizième,  con^me  on  sait,  tient  au 
svstème  d'année  lunaire  )  :  Taunou 
resseadde  à  la  belle  Adiîi  et,  fait 
reraaraualde!  Mahanna.  comme  Ka- 
ciapa  a  deux  femnies.  Son  incarnation 
n'est  pas  moins  digne  d'être  notée. 
Yichnou-jKriehna ,  Souria ,  Baal-Bé- 
lus,  Apol'on  pasteur  et  maçon,  et 
la  lono:ue  série  des  lé"is!:;ieurs  so'ai- 
res  dans  toute  l'Amérique  tiennent  h 
la  même   idée. 

MAHAPADMA,  un  des  quatre 
grands  éléphants  cjui  portent  le  mon- 
de (c'esl-a-dire  la  terre  avec  les  Souar- 
gas,  etc.)  sur  leurs  vastes  épaules  et 
sur  leurs  reins,  occupe  l  angle  sud 
de  l'Univers.  Les  trois  autres  sonlYi- 
roupakcha  (est],  Saoumanaça  (ouest), 
et  Hiraapando  ra  (  au  nord  ). 

MAHÉCHA  ou  kAHÉCHAÇOU- 

RA  (vu'g.  Mauisiia  ou  iMaIIISUAsUIIA) 
est,  dans  la  mythologie  hindoue ,  le 
grand  (maha)  seigueur  (  ica  ou  icha) 
des  Acouras  (génies  funestes).  Roi  a 
la  tète  de  bufile,  il  attaque  les  dieux  , 
les  bat,  les  met  en  déroute  ,  les  force 
a  se  précipiter  surla  terre  où  ils  men- 
dient. Sacadvipa  (  le  pays  des  Saces) 
est  le  lieu  de  refuge  où  ils  se  réunissent. 
Cette  fuite,  cet  a.-ile  ,  rh;Mîible  et 
presque  ignoble  rôlç  auquel  se  con^ 


10 


M  A II 


l 


(lamncnllcs  dieux,  rappclU-nt  paifai- 
tcmenl    cl    la  Giganlomacliie    et    le 
Iriomplie   momenlanc  des  géants,  et 
la    fuite    des    dieux    I)elléiiii|ues    ea 
É^'vple,  et  la  forme    animale  qu'ils 
empruntent  pour  se  masquer.  La  vic- 
toire de  i\Iabéchaçoura  ne  dure  que 
peu  d'iuslanls,  c'est-à-dire  en  mvllio- 
O'MC  peu  de  siècles.  Les  dieux  battus 
et    nieconlenls  mendient  ,  outre  leur 
subsistance,  le  secours   des  divinités 
les  plus  hautes,   Brahmà  ,  Viciinou  , 
Siva.  Le  premier  confesse  sou  impuis- 
sance ;  mais  Vichnou  elSiva,  indignés 
de   Tinsolence  du  roi  des   Açouras  , 
se  réunissent  pour  commciuer  sa  pu- 
nition. Viciinou  pousse  un  long  cri  et 
fait  lésonner  sa  conque;  sou  visage 
ravonue    eu    mente    temps    que  ce- 
lui de  Siva.  De  cesflols d'éblouissante 
et  pi;re  lumièie.   dont  s'iilum'ie  la 
proloiuieiir  de  Tespcice,  jaillit  la  puis- 
sante Maliamaïa,  haute  comme  une 
montagne,    armée   de    toutes  pièces 
comme  les  dieux,  guerrière  aux  dix 
bras   ou   aux  dix  énergies  (  aux  dix 
Saktis,    que   bientôt  ou    transforme 
en  dix   Alatris).  Elle   taille  en  piè- 
ces l'armée  des  Acourasj  mais  Ma- 
héelia  revient  à  la  charge,  et  sa  ré- 
sistance ojiiniùlre   jette   quelque  dé- 
sordre dans  Tarmée   lumineuse  que 
comii.aude  la  ILiute  Energie.  Adroite 
et  légère  autant  (jue  forte  et  colos- 
sale, celle-ci  projette  sur  lui  le  lacet 
qui  prend    h  la   course   les  chevaux 
sauvages  et  les  taureaux   furibimds. 
Mahécha  saisi  dans  le  nœud  coulant 
qui    presse    son  cou     musculeux     se 
transforme,     pour     éviter    Tinstanl 
fatal  (|ui  doit  lui  ra\  ir  eu  même  temps 
la  victoire   et  la  vie.   Tour   à  tour, 
homme   .  élépliant,  lion,  il  voit    la 
puissante  IMabamaVa  résister  à  toutes 
lesformesqu'il  revêt  et  qu'il  emprunte. 
H  en  revient  alors  à  son  coi  |k>  pri- 
mitif; et  reparaît  sous  les  traits  de 


AH 

Mahécha.  Mal.amaïa  triomphe  enco- 
re, l'écrase  sous  ses  pieds,  lui  tranche 
la  tête  et  l'apporte,  trophée  hideux  et 
sanglant, auxdicux  réunis dansBrah- 
maloka.  La  ma";ie  infernale  se  trouve 
détruite,  et  les  déilés  de  la  lumière 
entonnent  un  hvmue  en  l'honneur  d« 
Mahama'j'a. —  C'est  surtout  dans  lo 
Maï-sour  que  le  mythe  de  Wahécha- 
çoura  est  populaire.  Au  reste ,  il 
n'est  pas  ddiicilc  de  reconnaître  l'i- 
dentité parfaite  des  deux  noms,  ce- 
lui du  pavs  et  celui  du  géant.  Maïs- 
sour  ,  c'est  la  ré-ion  de  ?tlahéchacou- 
ra.  — Holwell,  en  retraçant  la  lutte 
qui  vient  de  passer  sous  les  yeux  du 
lecteur,  a  par!é  des  dieux  qu'atta- 
que Wahéchaconra  comme  des  an- 
ges ,  et  de  Mahéchacoura  lui-même 
comme  de  Satan.  Puis,  ^oUnire  est 
venu,  et  sur  ces  données  a  nié  la  pri- 
mitivité  de  la  nairati(u  de  la  Genèse 
sur  la  chute. des  mauvais  anges. 

MAHÉCHAMOLUDUNÎ,  la  tueu- 
se debujp.es ^  n'est  autre  que  Dourga- 
Bhavani  qui,  pendant  sa  guerre  avec 
Soumbîia,  revêlitdix  formes. Legéant 
s'était  changé  en  buffle  pour  la  vain- 
cre 'Mahécha,  buffle)  Mahéchamonr- 
diniluint  mordre  la  poussière. Sousce 
point  de  vue,  Ganga  est  jeune,  monte 
un  lion,  agite  tantôt  six  mains,  tan- 
tôt dix,  et  porte  une  conque,  un  dis- 
que, nue  massue ,  un  lys  aquatique, 
un  bouclier  une  longue  lance  ;  sa 
queue  est  celle  d'iin  serpent.  En  gé- 
néral Mahéchamourdini  nous  semble 
peu  diflérrr  de  Siughavahini. 

MAllÉÇOlARi  (  ou  MAHES- 
A\  AKI) ,  c'e^t-a-dire  /  i  ç^rande  si- 
giiora^  est  unedes  huit  Saktis  ouMa- 
Iris  éuumérées  dans  le  Dévi-Mahat- 
miam.  Elle  préside  au  sud.  On  la  re- 
présente montée  sur  un  bœuf  5  ce  qui 
a  engagé  Palerson  a  la  rapprocher 
d'Europe  qu'enlève  Jupiter  métamor- 
phosé eu  taureau. 


MAI  MAI                      I X 

l.MAIA,auxIudes,estlamêineque  immense,  gros  des  mondes  en  germe, 
Sakli,  Paraçakti,  e'pouse  de  Bialim.  c'est  loni  *  déesse  ,  c'es  Dévi  j  éner- 
Aiusi  que  Tessence  céleste  qu'on  lui  gle,  on  l'appelle  Sakli  ;  Mère  par  l'é- 
duune  pour  mari,  elle  s'individualise  nergie,  elle  est  saluée  du  nom  de 
en  formes  inférieures,  et  tour  a  tour  Matri.  Mais  ladénominalion  suWime, 
se  présente  comme  femme  du  créa-  celle  qui  couron-e  et  précise  les  au- 
teur,  du  conservateur  et  du  grand  très ,  c'est  Maïa.  Ce  monde  tant  ad- 
modificateur.  Ainsi  elle  est  donc  a  miré,  ce  monde  qui  suppose  tant  d'ac- 
volonté  ou  Saraeouati  ou  Lakclmn  ou  tionsproduclriccsdislincleSjCe  monde 
Bhavani.  Le  sivaïsrae  Ta  surtout  ren-  qui  n'a  pu  naître  sans  une  énergie  di- 
due  célèbre  sous  ce  dernier  uom^  et  viue,  sans  uneparole  divine,  ce  monde 
leur  immortelle  déesse  a  dans  le  Siva-  matière  ,  ce  monde  visible  .  tangible, 
Pourana,  tous  les  caractères  de  Té-  a  tous  les  sens  accessibles,  ce  monde, 
pouse  de  Brabm.  C'est  elle  quieslla  la  réalite  même,  et  au  dire  de  quelques- 
mère  de  laTrimomti  •  c'est  elle  qui  est  uns  l'unique  réalité...,  eli  bien!  l'Inde 
la  première  vierge  et  la  première  vous  le  déclare,  ce  monde  n'est  pas: 
épouse  j  c'est  elle  qui  est  la  mère  uni-  les  pbénomèaes  ,  illusion!  la  ma- 
verselle  j  c'est  elle  qui  est  la  nature  tière  que  nous  voyons,  que  nous  pal- 
diviniséej  c'est  elle  qui  est  Floui  pous,  illusion  !  les  sens  qui  jugent  et 
(  organe  sexuel  femelle,  qui  tour  à  qui  croient  a  son  existence,  illusion! 
tour  symbolise  ctla  passiveté,  faute  de  l'harmonie  que  nous  apercevons  dans 
laquelle  le  créateur  agirait  eu  vain  ce  grand  tout,  illusion!  la  beauté  que 
pour  produireles  mondes,  et  l'activité  nos  àraes  se  plaisent  k  y  saisir,  et  nos 
même  que  la  passiveté  semble  receler  lèvres  a  y  proclamer  ,  tout,  dans  ces 
dans  ses  profoudeurs^  5  c'est  la  cause  apparences  (jui  se  dessinent  sous  no- 
lalenle  au  sein  de  l'être  suprême  j  tre  œil,  est  fantasmagorie.  \jit\ï  est 
c'est  l'énergie  (soit  énergie  exécu-  comme  substance,  le  w.ovÀe  parait 
irice ,  soit  énergie  -  voblion  ],  qui  de  temps  à  autre,  et  eu  lui  nous  aussi 
après  des  siècles  de  Nivritta  produit  alors,  nous  hommes,  nous  .  simples 
les  mondes  j  c'est  la  phénoména-  phénomènes,  ainsi  que  le  monde,  <'7p- 
lilé.  enveloppe  illusionnelle  de  la  y^â:/^/^^©^.?.  Bientôt  le  monde  cesse 
substance.  Car,  dans  la  mélapby-  de  paraître,  et  nous  aussi.  Et  ici  se 
sique  hindoue,  il  n'est  qu'une  sub-  dessine  la  loi  éternelle:  tour  a  tour 
stance,  qu'un  dieu  :  le  monde  nest  Brahm  est  un  bloc  irrévélé  où  rien 
que  phénomène*  etia substance  seule  ne  se  distingue;  puis,  Brahm  se  dis- 
est,  et  les  phénomènes  ne  sont  pas  j  tingue  ,  se  scinde,  se  fait  substance 
ils  apparaissent ,  rien  de  plus.  Ap-  et  phénomènes.  11  y  a  donc  tour  a 
paraître  n'est  pas  être,  et  ne  pas  être  tour  émanation  et  absorption  5  l'é- 
c'est  n'être  pas.  En  conséquence  ,  le  manalion  est  ce  que  l'on  appelle  créa- 
monde  n'est  pas;  le  monde  n'est  tiou;  la  réabsorplion  de  cequi  émane 
qu'une  collection  d'apparences  de  vi-  passe  pour  destruction.  Des  millier» 
sions,  d'idées,  de  rêves,  de  phautas-  d'émanations, de  créations  ont  eu  lieu; 
mata;  c'est  une  série  d'iIlusiou^5  c'est  des  milliers  suivront.  Quand  la  reab- 
la  grande  illusion.  MaVa  n'est  pas  au-  sorplionest  faite  et  que  le  monde  n  est 
tre  chose.  Elle  a  bien  d'autres  noms,  plus,  même  en  apparence,  Bralim  seul 
cette  divinité  suprême!  vierge,  c'est  est;  quand  une  émanation  commence 
Yiradj  ;  femme  ,   c'est   Ivi  j  utérus  Brahm  est  Brahm-Maïa.  La  réalité 


lîi  MAI  MAI 

ne  cesse  pulnL  cllcf.mlasliijuese  sent  grnmlL'falsriise,lIllljyc(/'.cenoni),et 

déjà;  mais  ce  fankistifjuc  j^ît  dans  la  IHlhve  r.u  f(  iid,«niVsl-ce,  flnonMaïa, 

rc:)lilé  .  ]\iaïa  se  dessine  dans  P.ralun.  ?4«.é<,  rAuiivTf>îa  {'asage-fciîiine)  ?  4° 

L'éponse,  naguère  ùbsorliée  dans  le-  linmaniv.'e  ,  c'csl  iKve  païenne,  TÈve 

poni  ,  n!"(ji:ille  pas  K-s  bras  de   1\'-  delà  l'annllc  d(*  Japcl,  TÈve  des  Dé- 

ponx.    Au    resie,    Maïa  nnlnr.-illu-  daliiles;   c'est  P:-ndore,  la  ])eanlé  el 

sion    n\n   est  pas  moins    WaVa  ni-  la  déception.  Mais  comp.  ici  a  Maïa, 

tiire -lieaulé.  C'est  qn'elfectivemcnl  la  Molianinuaïa ,   en  appnrcDce  sa  con- 

iialure  a    lieau  nVlre  (ju''a})parei:ce ,  tre-partie  ,  Maïa  e!le-inéftie  sous  la 

cllo  est  I)eilo.  Et  (jue    nous  importe-  face  fune.sle. 

(jue  le  monde   so;l    diosc  idéale  ou  2,  MAlA,  rr.ère  de  Mercure  ,  eut 

chose  réelle  ,  si  Tiiléal  nous  cnclianiej  cediiu  de.Tupiler.  Onla  montre  aussi 

(juelcs  fornus  ne  tapiss-nt  point    de  nourrice  d'Arcas.  Quelquefois  Cvl)èle 

iond,  si  les  formes  sont  charmantes  j  (ou  TellusV)  ou  une  fille  de  Faune, 

3ue  nulsuhslralnm  n'élave  ccsmvria-  femme  de  Vulcain  ,  semble  lui  dis- 
es de  phénoir.ènes,  si  les  pbénomè-  pn'er  ce  nom.  On  sait  que  mère,  ac- 
nés s'harmonient  avec  nos  yeux  et  couclieuse  et  nourrice,  dans  la  langue 
s'insinuent  voluptueusement  dans  n'  s  mylhologiqueprimitivc ne lirent qu'un. 
âmes.^INous  avons,  le  monde  et  nous,  De  même  nature  ,  matière,  terre, 
la  mêmeréaîilé.  Eufaul-il  davanlai;e'.'  lune,  onde  primordiale,  ne  diffèrent 
C'est  jii!>lemcnt  le  fanlasmago:iquc ,  pas.  C'en  est  assez  pour  mettre  sur 
le  périss.'ibîe  .  le  changeant  que  nous  la  voie  des  interprétations  vraies 
aimons-  et  cette  substance  vraie,  im-  qu'il  faut  donn.r  ii  la  légende  de 
muai  le,  éteincdle,  qui  jicut  nous  dire  Maïa.  On  complétera  ces  notions  eu 
qu'elle  est  belle  .*  Maïr.  s'appelle  aussi  lisant  les  art.  Ilithye  et  Maïa  n"  i, 
Mahamaïa.  la  grande  Maïa.  Funeste  Faune  et  Ha>ou:>:an.  Au  reble  , 
ou  trompeuse,  sans  être  utile,  elle  on  fil  de  Maïa  une  des  sept  l'iéiadcs, 
s'appelle  Molianimaïa.  —  Presque  lilles  d'Atlas  et  fie  Pléione.  "Mais  lou- 
toules  les  mylhologies  se  sont  cm-  jours  les  cultes,  en  se  fondant,  ma- 
parées  de  Maïa,  c'est- a -dire  de  rièrenl  ainsi  les  familles  étrangères  : 
queîcpies- unes  de  ses  faces  j  mais  la  haute  déesse,  la  sage-femme,  Tii- 
c'est  en  (Irècc  surtout  qu'il  est  eu-  nivers,  fut  liée  au  dieu-mont  primor- 
rieux  de  la  suivre.  Elle  s'y  présente  dial  ;  et,  plus  tard,  cette  fdle  d'un 
sous  desmas(]ues  difléreiits:  i"  éner-  Titan  fut  censée  l'amante  du  cbef  des 
gie,  elle  est  devenue  I\illas,  puis-  Cronides  ou  d'un  de  ses  bis. — On  sa- 
sanle  en  armes,  puissante  en  sagesse,  crillait  a  Maïa  une  truie, 
assise  a  la  droite  de  Jup'ter  .  époux  ?■>.  MAÏA,  autrement  IMajesta,  di- 
de  Ju!U);i  ,  vierge  par  excellence  et  vinité  locale  dn  L:;lii:nv,  était  honorée 
mèrepoiirtant(/^o>'.  EracnTnoNirs)  d'un  culte  particulier  hTiisculnm.  On 
vt  même,  assumaiil  le  rôle  mâle,  la  disait  épouse  de  Vulcin,  cl  le  mois 
l'organe  mâle  dansla  création  (<I>«;.AcV-  «le  mai  (Maïus)  lui  é:ait  consacré 
Pa'ias,  véritable  Arddhanari  )  ;  2"  (Macrobe,  Sat.  1.  l,  c.  12).  Du  res- 
cpouse,  c'est  Maïa,  répousedn grand  le  les  .-înciens  ne  donnent  aucun  dé- 
dieu (elle  donne  naisî-^nee  a  l'inven-  tail  sur  les  fonctions  de  cette  déesse. 
1:.'!n, l'éloquence,  l'industrie  incarnée.  Toutefois  l'idenlilé  de  son  nom  avec 
Mercure);  5"  mère,  c'est  la  grande  celui  de  la  jrrandc  divinité  femelle 
;iccouth;-usc ,   la  grande   illeuse,   la  épouse  de  Brahm,  ainsi  au'avec  c^lui 


3IAL 

de  la  mère  de  Mercure  ,  permet  de 
penser  que,  selon  les  antiques  lliL'ogo- 
iiies  du  Lalium,la  déesse  tusculane 
est  une  espèce  de  .Tuuou-\t'nus  ou 
d'Axiocerse  femelle  {P'oy.  Cabires; 
Comp.  Spangecberg.  De  vet.  Lat. 
rel.dom.^  p.  (^'o)' 

MAIEÇOLTiA.  l'air  divinisé,  passe 
dans  le  Malabar  pour  une  des  cinq 
puissances  primitives,  éoiauées  du 
créateur. 

1\IAIRS  (l::s)  étaient,  suit  cLcz  les 
Celles,  soit  ciicz  les  Germains,  des 
espèces  de  jNornes,  Fées  ou  Parques 
qui  présidaient  aux  accouchements, 
et  qui  douaient  les  enfants  au  mo- 
ment de  leur  naissance. 

MAIS.   Foy.  Iama. 

MAILS,  Jupiter  à  Tusculura  ,  ne 
semble  pas  avoir  été  la  terre  divini- 
sée (Maïa  masculine),  c'est  tout  sim- 
plement ce  le  grand  jj  ,  Aîaha^  Hic:;,- 
dao.  Mai. . .  (d'où  Mugis j  Major, 

fiîiZùiy). 

MAKEMBA,  dieu  congue  dont 
remploi  est  de  présider  a  la  santé 
du  roi ,  n'est  qu'une  natte  bordée  par 
l'extrémité  supérieure  d'une  bande 
d'étoffe  d'où  pendent  coquilles,  os, 
plumes,  sonnette,  petit  panier,  pe- 
tits tubes  de  végétaux  acolvlédcncs 
dépouillés  de  leur  moelle,  tic,  etc. 
La  paix,  la  gurrre,  sont  sous  l'invo- 
cation de  ce  Ferver  des  indigènes 
du  Congo.  Toute  l'adoration  consiste 
dans  une  aspersion  faite  par  un  Ganga 
sur  le  roi  et  toute  la  noblesse.  La 
sainte  liqueur  est  ronge  5  et  même 
on  peint  en  rouge  toutes  les  amulettes 
suspendues  à  la  natte  Mokisso. 

MALA  ou  MALEIn,  un  des  neuf 
fils  que  la  mythologie  hindoue  donne 
au  radjah  de  l'île  de  Cliambara 
Aknidrouvn. — Mala  étail  un  nom 
de  la  Fortune  il  Piome.  Celait,  ou 
If  devine,  la  mauvaise  Fortune* 
elle  y  avait,  comme  telle,  un  temple 


MAL 

situé   dans  le  quartier  des  Esquilles. 

i^.LVLACHBEL  (en  lat.  Malach- 
BELUs),  divinité  palravrénienne  que 
1  on  regarde  ordinairement  comme  la 
Lune.  Son  nom  pourtant  se  décom- 
pose en  Malach  (ou  Mélcch)  et  Baa!  ; 
et  Ton  sait  que  Baal  d'ordinaire  se 
prend  pour  le  soleil,  quoique  dans 
le  langage  piimitif.  et  pris  comme 
substantif  commun ,  ce  mot  veuille 
dire  maître,  seigneur.  Au  resle  il  ne 
paraît  pas  que  Malachbel  ait  été  une 
déesse. Tilaisle  fait  n'auraitriend'élon- 
nant  :  Pharnace,  Lunus  ,  Tcbandra  , 
dieux-lunes,  sont  tous  des  dieux  mâ- 
les, ou  du  moins  des  androgvnes  avec 
prédominance  de  virilité.  L'Artémis 
asiatique,  d"où Diane,  n'est  pas  même 
sans  vestiges  de  ce  genre  d'herma- 
phrodilisme.  D'autres  considérations 
peuvent  se  joindre  encore  a  cel'es-ci 
{P^oy.  Tcha^dèa).  —  A  Malachbel 
est  uni  d'ordinaire  Aglibel,qued'après 
cela  il  faut  regarder  comme  le  so'e.l. 
Cet  Adibel  semble  être  TEla-^haal 
û'Emèse ,  si  célèbre  par  l'éclat  que  le 
jeune  grancl-prétre  lui  donna  lorsque, 
pour  un  instant,  les  artifices  de  sa 
mère  l'eurent  porté  à  l'empire. 

^L\LAD1ES  (les),  en  lat.  :\:orxBi, 
avaient  été  divinisées  par  les  anciens. 
Hésiode  ne  les  nomme  point  dans  cette 
longue  énuméralion  que  Ruhnken  et 
Ilermann  regardent  comme  intercalée 
dans  la  Théogonie  (i>.  211-252), 

MALAÏ^iGHA  (les)  sont  àM^ida- 
gascar  les  anges  du  premier  ordre,  et 
précèdent  par  consécjuent  les  Kou- 
kor.lampons  (deuxième  ordre),  les 
Angalons  (cinquième),  les  Sakaras 
(sixième),  les  Biblis  (septième) 5  tous 
ces  dieux  sont  donc  comme  des  es- 
pèces dlzeds,  tandis  que  les  Malain- 
glia  ressemblent  à  des  Anichasfauds. 
On  les  regarde  comme  présidant  aux 
étoiles  et  planètes,  aux  mouvements 
des  cieux,    à  rallernative   régulicie 


l'i 


MAM 


(les  saluons.  De  p!us,  on  croit  qu'ils 
veillcnl  sur  les  lionirae.s,  donl  ils  sont 
les  anges  j^ardit-ns. 

MALÉANDKE,  ciail  Cuiu%  (\nc\- 
qucs  Ic^^cndc's  if  roi  de  Byl'los,  chez 
qui  le  cuïïrc-  lombeau  d'Osiris  se 
trouva  caclié  dans  une  colonne. 

MALINAR,  le  génie  du  mal  se- 
lon les  Gro'cnlandais ,  s'oppose  en 
tout  a  Tliorn-gard-suk,  leur  Orinuzd. 
]Non  conlenl  d'inspirer  les  mauvaises 
pensées  et  d'eïciler  les  cœurs  au  pé- 
ché ,  il  souille  les  lempêles,  fracasse 
les  barques  el  enlève  les  poissons. 

]\1ALIS,  M«A/r,  nne  des  suivan- 
tes d'Omplia'e.  lïcrcule  eut  d'elle 
ua  fils  nommé  CIcolas.  Comparez 
Jardane  el  Omphale.  Le  nom  de 
Malis  (dont  au  reste  nous  ne  clier- 
cbons  point  l'é.ymo'ogie),  n'est  pro- 
ballenunl  point  sans  rapport  avec 
celui  de  î\Ié  è>,  qui  peut-être  impliqua 
dans  l'Asie  antérieure  et  dans  la 
Grèce  pélasgique  l'idée  de  royauté 
{31cm.  (le  l'ac.  des  Insc.  t.' IV). 

MALOPIiOPxE  ,  Malophorf-s  , 
MetXoVÔfoiy  et  non  comme  ou  l'écrit 
vuljrairement  Mallophore.  Cerès  en 
tant  que  déesse  tutélaire  des  trou- 
peaux ,  en  d'aulres  termes  déesse 
productrice  des  brebis,  était  honorée 
a  Mégare.  IJle  ])ortail  encore  sous 
ce  point  de  vue  le  surnom  de  IMélo- 
Irophos  (Rac.  ^^^Aov  et  dorien  ,««>.of, 
brebis:  :f£ft-^£4A>/fsignilierail laine, 
et  pir  fonsé([u<nl  ne  serait  pas  ab- 
suide  ;  mais  eulin  .  tel  ii'a  pas  été  le 
sens  de  Tanliipiilé). 

]\IALOS  .  li!.^  d'Amphiclion .  donna 
«on  nom  h  la  ville  de  iMaliee. 

MAM\KOT(:HA  était  la  déesse 
de  rOcéan  ehi  z  les  iWnviens.  Ce 
mot  en  (juichua  veut  dire  /ncre  nnr. 

MAMAROl  IN.  félici.es  qui,  selon 
les  habitants  des  Moluques  ,  pr\str- 
veut  ceux  qui  les  portent  de  la  iv.a- 
lignité   des   esprits  de  ténèbres,    et 


MAM 

qui,  lorsqu'on  est  sur  le  point  d'en- 
treprendre (juclquc  guerre,  en  pré- 
di>ent  le.  résultat.  Ce  sont  des  es- 
pèces de  bracelets  de  verre  ou 
d'autres  matières  plus  riches.  En  cas 
de  guerre,  ils  immolent  à  la  nouvelle 
lune  Uî.e  poule,  trempent  les  brace- 
lets daiis  son  sang,  el  puis,  lorsqu'ils 
les  reliient,  examinent  quelle  nuance 
le  fétiche  a  j)ii-5e.  Cette  nuance  leur 
indique  ce  qu'ils  ont  a  craindre  ou  a 
espérei . 

MA"vîA>;iVA,  déité  bind'iue  q-ii 
a  sa  niche  dyns  le  creux  des  acouatiia 
( vuli^aiiemrnt  Oguier  des  Banians), 
reçoit  pour  offrande  an  riz  .  du  mi'- 
fet,  de  la  moelle  de  canne  a  sucre. 
Tons  ses  adorateurs  portent  au  front 
un  siiiue  rou"[e  tracé  avec  du  vermi  - 
Ion.  Il  est  probi.ble  que  cette  dée-sc 
n'est  autre  qne  Hbavani  {f^oy,  cet 
art.,  LUI.  436). 

MAMERS  (gén.  Mamertis},  le 
Mars  des  Sabins.  Ce  nom  ,  qui  dans 
la  réalité  ne  diffère  nullement  de 
Mars  »  est  indiibitabb-menl  la  forme 
la  plus  ancienne.  Maiia-Erl...^  le 
j^.rand  Erta  (Ertosi  en  Orient  veut 
dire  Mars),  se  transforma luccessive- 
menl  par  riulercalalion  de  la  lettre 
M  (désinence  du  neutre  en  sams- 
krit)  et  la  coutraclion  des  vovelles 
fimilaires  en  AlaJianicrt..,^  Maa- 
mert...^  M(Jmcrt...y  tandis  qu'une 
contraction  sim.  le-donnait  Maart  ^ 
Miirt.  Mamers.  selon  lo  système  sa- 
bin  ,  avait  pour  femme  Tsériéné,  Né- 
rine  ou  TSérie,  la  virilité,  la  fore?, 
dans  laquelle  on  reconnaît  encore  le 
«amsi.ril  Nara,  boir.me  \yiv  par  ex- 
cellence). Mamers,  véritable  fétiche 
ilaliole  ,  était  rotaéseiilc  par  une 
lauce(7Mt7r.  cur ,  citri.»:),  d'où  le 
nom  de  Qtiirinus  ijui  le  désigna  crr- 
taiiienient  plus  d'une  fois.  Ordinaire- 
ment on  le  fêlait  conjointement  avec 
ÎVériue  au  printemps,  à  roccitsion  de 


.  3ÎAM 

la  fêle  des  Trorapelles,  à  la  double 
ouverture  de  Taunée  et  des  combats. 
Qnelcpcfois  le  sang  humain  ruisselait 
sur  ses  aulcb.  Lors  d'uue  disette, 
on  lui  vouait  le  produit  entier  d'un 
printemps,  plantes,  animaux  et  hom- 
mes. Le  iléau  passé,  on  immolait  tout 
au  dieu  au  co:nraencemeni  de  rannée 
suivante.  Plus  tard  celte  sauvage  in- 
slilulionfutmodiiiéej  on  ne  consacra 
au  dieu  que  tout  ce  qui  prenait  nais- 
sance du  i*""^  mars  au  i*"  mai,  et  il  fut 
arrêté  que  les  enfants,  au  lieu  de  pé- 
rir sous  la  lance-fétiche,  s'exileraient 
a  l'âge  de  quinze  ou  dix-h'.iit  a.is,  et 
iraient,  la  tête  couverte  d'un  voile, 
fonder  des  colonies  loin  du  sol  natal. 
C'est  ce  que  l'on  appelait  ver  sa- 
crum ou  printemps  sacré.  \oir  Stra- 
bon,  I.  V,  p.  2  5o;  Tite-L.,1.  XXII, 
n.  9  et  I  05  Den.  d'Haï.  ,1.1,  ch.  16 
avec  les  comment.  5  Fest.  ,  p.  587. 
d'éd.  Dac.  ;  et  comp.  Moritz,  An- 
(hus.yt.l,  p.  3295  IN'iebuhr,  H. 
roni.  (eu  ail.),  t.  I,  p.  102  {V  éd.). 
Cet  usage  fnt  introduit  a  Rome  par 
Talius. 

MAMMOrS  ou  MAMMOUN,  cé- 
lèbre dieu  des  richesses,  était  adoré 
des  Syriens.  Miiion  a  mis  ce  Plutus 
philistin  parmi  les  anges  rebelles.  Ce 
Dom  rappelle  le  Mai-Amoun  (aimé 
d'Amoun  ou  fds  d'Ain oun).qui  se  trou- 
ve tant  de  fois  sur  les  listes  6i'S  dy- 
nasties égyptiennes  (V  oy.  Relig.  de 
Vantiq.,Xv?iA,  de  Guigniaut,  1,907). 
Peut-être  aussi  est-ce  un  Amo;in. 

MAMUR,  Mamurius  Yeturius 
(fautivement  dans  quelque  édition 
d'Ovide  Mammurius),  artiste  romain 
cjuc  Numa  employa,  disent  les  lé- 
gendes antiques,  a  la  confection  des 
onze  anciles  humains  au  milieu  des- 
quels le  prince  déposal'ancile  céleslc 
{êÙTTiTiç})^  de  peur  que  la  malveil- 
lance ne  pût  soustraire  ce  gage  de 
rétcruelle  durée  de  Home.  Mamur 


MAM  i5 

refuîa  toutes  les  récompenses  que  lui 
offrait  jNuma  pour  prix  de  son  travail, 
et  voulut  seule.TiCnt  que  son  nom  fût 
mentionné  dans  les  h.ymnes  des  Sa- 
lions (Ovide,  Fastes^  1.  III,  V.  2h^, 
etc.  ,  58  5  ,  etc.).  Cette  simple  com- 
mémoration du  nom  d\i:i  mort  dans 
les  char.ls  (^(iicicls  pas-ait  pour  une 
sor!e  d'apothéose.  Il  est  curieux  de 
voir  de  même,  h  une  époque  d'incré- 
dulité et  d'indiiférentisme,  le  monde 
romain  invoquer  a  table  le  nom  d'Au- 
guste avec  celui  àc^  deux  Dioscures 
vulgaires,  Castor  et  Pollux  (Horace, 
ode  4-  :  liv.  iv),  et  de  comparer  le 
vœu  du  peuple-roi  au  sujet  de  Ger- 
manicus  (Tacite,  Ami..  1.  II,  c.  83). 
Toutefois,  il  n'y  a  pas  ici  d'homme 
divinisé. — Il  serait  joli,  sans  doute, 
en  remontant  le  fleuve  des  âges,  de 
saisir  à  ces  époques  reculées,  sous 
des  formes  nouvelles  pour  nous,  cette 
passion  de  la  gloire,  dominante  cîiez 
les  artistes,  à.i  voir  l'habile  ouvrier, 
au  lieu  d'inscrire  au  bas  de  son  ou- 
vrage Blanmrius  fcci  .  glisser  sou 
nom  dans  les  versets  sacrés  ,  au  mi- 
'icu  des  noms  divi.is  que  répètent  les 
bouches  des  pontifes,  et  assurer  à  sa 
mémoire  la  même  immortalité  qu'à  la 
religion.  Mais  l'ingénieux  doit  céder 
la  place  au  vrai.  Maraurius ,  malgré 
les  longs  détails  de  la  légende,  n'eut 
jamais  d'existence  j  et  l'auteur  des 
onze  ou  des  douze  anciles  (car  rien 
n'empêche  que  les  douze  soient  sortis 
de  la  même  main)  n'a  rien  a  démêler 
avec  le  nom  auguste,  appendice  per- 
pétuel des  Axamenta.  A  notre  avis, 
ce  corn  n'est  autre  que  celui  de  ]\lars 
(Mameri  des  antiques  Sabinsj  comp. 
Court  de  Gébelin  ,  Monda  prini.  , 
t.  IV,  p.  573).  En  effet,  neserail-il 
point  étonnant  qu'un  dieu  tel  (\\\q 
Mars  n'eût  jamais  été  invoqué  par  des 
prêtres  guerriers ,  par  les  prêtres  de 
Fiome  la  forte ,  par  les  prêtres  qui 


iG 


MAX 


porlaieni  proccssionncllemcnl  le  bou- 
clier, tandis  que  le  reste  des  chants 
n'adressait  ii  nne  Mania  ,  K  une  L»icia 
Yolnnuiia,  h  un  Jupiter  Lucelius? 
Varrou,  h  (jui  un  docte  instinct  faisait 
sentir  ralit'goric  qu'inconte.-tableineut 
renferme  tout  le  poème  sur  la  des- 
cente des  Ancilies  et  sur  rinslilulioa 
(Ir.s  Sallens  ,  a  été  moins  heureux 
lorsqu'il  a  pensé  que  Mauiur  était  la 
mémoire  personniiice.  Ovide  peut- 
être  n'a  pas  été  étranger  h  cette 
opinion,  et  il  est  pcriiiis  de  croire  que 
ce  n'est  point  sans  dessein  qu'il  a  en- 
châssé dans  le  long  épisode  des  Anci- 
lies (ouv.  et  p.  d*^')  le  vers  suivant  : 

Tiim  mcmor  impcrii  sortcin  c^jnslslrre  ia  illoi 
<!oiisiIiiiiii  ,  etc. 

1-2.  MAiSA,  déesse  romaine  qui, 
dit  on  ,  présidait  aux  maladies  des 
femmes  ,  nous  semble  avoir  spéciale- 
ment sous  son  patroua^^e  Tindispo- 
sitiou  mensuelle  attachée  à  leur  sexe. 
M'i'y)?,  en  dorien  M(*Ka,  signifie  lune* 
et  qui  ne  sait  que,  même  encore  de 
nos  jours,  c'est  avec  la  révolution 
lunaire  que  quel(|U(s  iidcptes  mettent 
eu  rapport  la  périodicité  du  flux  san- 
guin ,  autpiel  présidait  iManaV  Ou  sa- 
cTifînil  il  celte  déesse  de  jeunes  chiens 
h  la  mamelle,  chair  si  pure,  dit  Pline, 
(ju'ou  Toflre  dans  les  repas  préparés 
pour  les  dieux. — Quelcjuesélynu)logis- 
les  peut-être  rapproc  hcraicul  ici  des 
jeunes  chiens  oflerls  aux  sacrifices  le 
sens  un  peu  priapjcpie  de  Catulirc. 
Un  rapprochement  plus  juste  serait 
celui  Af:s  chiens  d'IIécale.  —  Une 
Ma..\a  ou  Manua>'a  fut  mère  des  Mâ- 
nes, mais  qu'est-ce  que  la  mère  des 
Mânes"?  la  reine  des  Mafcrs,  Hécate, 
Persépliatte.  Or,  Hécate  est  lune.  Vi'ilii 
Mana  dans  ces  deux  rôles  j  et  celte 
Nana-Géiiéta,  surveillante  altcntive 
de  l'engendremenl  des  animaux  ,  ne 
diffère  pas  iioji  plus  de  Wana  men- 
strutUe.    INous  avons  alors   dans  la 


MAN 

déesse  latine  la  triple  face  de  i'Ar- 
témis  des  Grecs  :  une  génératrice  , 
une  lune,  une  reine  du  sombre  em- 
pire. 

MATS'AH,  déité  arabe,  était  figu- 
rée par  une  grosse  pierre  à  laquelle 
on  ol irait  des  sacrifices. 

MAISAr,-I\lAG-LHÎ  était,, on  Ir- 
lande ,  un  des  grands  dieux  des  Tua- 
tlia-Dadan.  Celait  surtout  le  dieu  de 
l'ile  de  INIan  oij  l'on  parle  un  dialecte 
de  1  irlandais.  Ce  mot  veut  dire,  à  ce 
qu'il  paraît,  Thomme  de  1  Océan  : 
on  l'appelait  aussi  Olrbb'irsion.  Lors- 
que l'on  creusa  son  sépulcre  un  lac  en 
jaillit,  cl  prit  le  nom  de  Locboirbhur- 
sion. 

]\îAîsARSOUAMT,dieu  hindou  ado- 
ré parlesKcbatriiasdansde  très-petites 
pagodes^  mais  non  par  les  Brahmes, 
semble  n  être  que  Soubramania,  au- 
tiement  Karlikeia  ou  Skauda,  le  dieu 
de  la  guerre.  En  effet,  Soubrama- 
nia porte  ,  entre  autres  noms  ,  celui 
de  Komaracouami.  et  M.  Guigniaut 
a  lu  au  bas  des  dessins  du  IWah- 
uian  S;uiii,  a  la  bibliothèque  rovale  , 
«Manarcouarai  qui  est  Soubramania.» 
(^e  dieu  inconnu  présuie,  dit-on  ,  à 
Tannét.,  aux  saisons,  aux  mois.  Ses 
temples  sont  aux  champs.  Sanna  et 
lui  rappellent  Sivael  Gaiiéca,  Saturne 
et  .lanus. 

MATSDJOITJ,  architecte  divin 
de  la  mythologie  hindoue  bouddhique 
a,  par  l'ordre  d  Adibouddha,  construit 
sept  Palalas  dont  six  sont  habités  par 
les  Dailias,  tandis  que  le  septième, 
distribué  en  huit  étages  ,  forme  les 
enb-rs  pour  les   pèche  .rs. 

MAjNUOL,  et  peut-être  Mah- 
Doui'i,  en  grec  ML^DI:s  (MsvcTijff), 
un  des  I  uit  grands  dieux  égyptiens 
que  nous  appelons  K'  amépliioïdes. 
Hérodote  (liv.  II,  ch.  46),  le  premier 
(jui  l'ait  {.lit  connaître  aux  Grecs,  le 
cojnparc  a  l\in  ,  ce  qui  a  donué  lieu 


à  des  conjectures  bizarres  sur  le  rang 
élevé  de  Pan  dans  les  théogonies  sa- 
cerdotales, et  k  nue  mauvaise  étTraolo- 
gie  selon  laquelle  Pan  dérivé  de  7r«r, 
ro  7iu'/,  tout,  signifierait  l'nnivers.  Le 
fait    est  que  telles  ne  furent  jamais 
les  idées  ^es  anciens  sur  ?rIandou  et 
sur  Pan,  et  que  l'unique  rapport  ira- 
portant  des  deux  dieux  est  leur  as- 
pect hirciforme.  Des  poils  ,  des  pieds, 
des  oreilles  de  bouc  caractérisent  la 
famille  des  Pans,  des  Satvres.  Man- 
dou  était   représenté   sous  la   forme 
même  du  bouc.  Les  huit  dieux  suprè- 
Dies  ont  été  diversement  nommés  et 
classés  parles  mythographes:  de  telle 
sorte  que,  le  plus  souvent,  en  omet- 
tant quelques-uns  desdieuxvéritable- 
mcnt  importants,  on  a  trouvé  moyen 
d'y  faire  entrer  Mendès.    C'est  ainsi 
que  Grerres,  ne  tenant  compte  de  l'ir- 
révélé  Piromi  et  de  Bouto  la  grande 
mère  par  excellence ,  nomme  successi- 
vement pour  divi«it9«hvpérouranines, 
Knef  et  Athor ,  Fta  et  une  Venus  Au- 
rea  dont  le   nom  égyptien   n'est   pas 
connu  ,  Mendès-Pau  et  TSeith,  le  so- 
leil et  la  lune.  Dans  cette  liste ,  Men- 
dès  et  jNeith  sont  des    émanations  de 
Fta  et  de  la  Venus  Aurea  :  Meodès  , 
dit  Gœrres,  est  le  Phalle  de  Fta,  ZSeith 
le  Clîs  de  Fta.  ÎSous  ne  croyons  pas 
nécessaire  de  réfuter  un- système  que 
l'omission    do  Piromi    et    de   Bouto 
suffit  pour  faire  tomber    en   ruine. 
Ajoutons  néanmoins  que  dès  que  Fta, 
second   Démiurge   androgyne  ,    s'est 
scindé  en  Fta  et  Veuus  Aurea,  il  y  a 
eu  séparation  du  Phalle  et  du  Ctîs  de 
1  hermaphrodite  ,  et  que  par  consé- 
quent  Wendès   et  INeilh ,   troisième 
couple,  seraient  absolument  les  mê- 
mes dieux,  les  mêmes   personnifica- 
tions que  Fta  et  Venus  Aurea.  Creu- 
zer,  dans  sa  nomenclature  des  grands 
dieux ,  ne  classe  point   Mandou  •  et 
^L  Guigniaut,  dans    \ts   excellentes 


MAN  17 

notes  dont  il  accompagne  sa  traduc- 
tion française  ,  semble  peu  fixé  sur  le 
rang  qu  il  doit  donner  à  ce  person- 
nage divin  dont  il  entrevoit  l'impor- 
tance. La  question  reste  donc  tout 
entière  :  où  placer  Mandou?  Le  pre- 
mier expédient  qui  se  présente,  c'est 
d'abord  de  dresser  la  liste  des  trois 
Rhaméphioïdes,  puissi,  comme  Creu- 
zer,  comme  nous  (  Voy^,  l'article 
Rhaméphioïdes),  on  arrive  a  la  com- 
pléter sans  que  Mandou  figure  dans 
le  catalogue  divin,  d'identifier  le  dieu 
avec  un  des  huit  portés  déia  dans  la 
nomenclature,  et  de  douner  son  nom 
comme  synonyme  d'un  des  noms  fon- 
damentaux. Mais  là  encore  s'offrent 
quelques  difficultés.  Pan,  dit-on,  et 
par  conséquent  Mandou,  est  le  dieu 
suprême  :  c'est  donc  ou  Piromi  ou 
Knef.  En  effet,  la  fameuse  inscription 
d'Evandre  (dans  Théon  deSm.,iî/«- 
sique^  chap.  47)  semble  Tidenlifier 
avec  l'Amour,  père  de  tous  les  êtres 
préseuls  et  k  venir,  père  de  tous  les 
dieux;  et  d'autre  part  on  est  unanime 
surlesrapportsd'A.moun  ouRuefavec 
Mandou.  On  parle  sans  cesse  de  Man- 
dou comme  s'identifiant  au  dieu  du 
feu  générateur ,  au  second  Démiurge, 
k  Fta;  et  de  Ik  ,  l'expression  de 
Fta-Mandou,  de  Mendès-Fta,  per- 
pétuelle chez  les  mythologues  mo- 
dernes. Enfin  il  est  difficile  de  ne  pas 
voir  dans  le  Mandulis  des  Grecs  Man- 
dou-Li,  Mandou-Pii,  Mandou-Fré, 
c'est-k-dire  Mandou  Soleil.  Heureu- 
sement ces  difficultés  mêmes,  k  nos 
yeux  du  moins,  accélèrent  et  déter- 
minent, la  solution.  A  priori,  logi- 
quement, Mandou  n'est  pas  plus 
Knef  que  Piromi,  pas  plus  Piromi 
que  Fta  et  Fré  :  il  est  tous  les  quatre. 
L'Etre  suprême,  en  s'émanant,  s'é- 
mane k  la  fois ,  et  comme  degré  de 
détermination  ,  et  comme  propneie  : 
comme  degré  de  détermination,  il  est 


LV. 


,8  MAxN  -^ÏAN 

Piromi-Boulo ,    Knef-Neilh ,   Fia-     la  dlvinllé  par  cxcelleuce  Mandouli 
/ilhor   Frc-Foolij  coinmc  propriété,     {f^oy.  ce  DoiD),MaDdou-Soleil,  iau- 
îlcslAUll.odéinnn,Mandoii,Chir.onn.     di»  que  le  Mandou  ordinaire,  idcnti- 
r'-l-a-dirc-   i°  (/ne  Piromi-Boulo,      que  aKncf,  cumule  les  formesdu  loue 
Knof   IS'tilli    Fta-Allior ,  Fré-Poob     avec  les  cornes  ou  la  léle  de  Lélier 
sont  chacuo  Agalhodémoii,  Mandou,     {Foy.  ci-dessous), que  méditaDt,  sans 
ChiiuHin  •  2"qirAgalliodéraon  ,  Mau-     ]acommencer,la  génération  du  monde, 
dou    Cinnoun  sont  chacun  Piromi  ,     Mandou  -  Piromi  -  Amoun  s'élève  cn- 
Kncf  Fia,  Fré:  5' eu  d'autres  termes     corc,   immobile,   au  rang   de    Pro- 
(cl  pour  passer  dis  noms  propres  re-     kliamépliis,  et  que  Fla-Maudou,  Feu 
li'Menx  a  un  lan^^age  scientifique),  que     père  des  êtres,  conquiert  les  homma- 
Dieu   danscliaquc  espèce  de  détermi-     gcs  de  la  pieuse  Memphis  et  de  lou- 
nalion  où  il  se  localise,  possède  les     le  TÉgypte  Sous  les  formes   grave- 
trois    propriétés  de  l'essence  divine,     ment  bizarres  de  dieu  ithypallique  et 
cl  que  chacune  des  trois  propriétés     éjaculateur.  De  ces  personnifications 
de  l'essence  divine  apparaît  dans cba-     composites,   les  plus  célèbres,  sans 
que  splière  de  détcrniinalion  où  TE-     comparaison,  furent  celles  de  Knef- 
tre  suprême  se  manifeste.  La  fin  de     Mandou  et  de  Fla-Mandou.  Mandou, 
l'article    KuAiMiiPHioÏDES    fait    sai-     en  tant  que  Kucf ,  était  honoré  prin- 
sir  d'un  coup  d'œil  ce  jeu  des  persou-     clpalemenl  dans  les  ^  illes  de  Chmoun, 
ncs-propriélés   se    croisant   a\  jc  les     en  Tbéba'ule.  autrefois  Panos(nÉ«»ûf) 
personnes  -  sphères    de    détermina-     ou  Panopolis,  aujourd'hui  en  arabe 
lion,     et   indique    quelles     divinités     yiA'ûrm///i,  et  de  Chmoun-an-Erman, 
composites  rcsulteul  de  leur  fusion.     Ru'puKÏhn'i  Oclifiiaiui-Taimah,  ei 
Les  réllexiousqul  le -[irécèdcnt  com-      chez  les  Gréco-Romains  .    Mendès. 
ineucent  a  déiiontrer  (pic  cette  ma-     Celle  dernière  appartenait  a  la  Basse- 
nlère  de   voir   est  la  seule  conforme     Egypte  et  donna  son  nom  à  la  bran- 
aux  fails,  la   seule  qui  puisse  cxpli-     che  mende'sienue  du  INll  (la  cinquième 
qucr   les    conlradiclions    apparentes     en  allant  de  1  Ouest  à  lEsl).  Les  ba- 
de  tant  île  légendes  et  de  dénomina-     bilanls  du  nome  meudésique  n'immo- 
lions; et  probablement  ce  (]ue  nous     laient  jamais  de  boucs  ni  de  chèvres. 


avons  dit  de  Manilou  complélera  la 
preuve.  Mandou  cslla propriété  fécon- 
(hilrice.  Celte  propriété  ,  apanage  de 
rÊlre  suiirêmc  comme  la  bienfaisance 


et  s  abstenaient  de  la  chair  de  ces  ani- 
maux qu'ils  regardaient  comme  l'em- 
blème le  plus  slguiHcatlf  de  la  fécon- 
dité. Dans  le  t'*mple  ,  on  cutretennit 


(Agathodémon),  comme  le    pouvoir  magnifiqiiemeul  un  bouc  sacré  dont  la 

conservateur  et  sauveur  (  Chmoun)  ,  mort  causait  dans  la  ville  et  dans  le 

evisle  dans   lètre  irrévélé  anlérieu-  nome    tout   e:itier.    comme  celle  du 

remenl  a  la  création,  et  dans  toutes  bœuf  Apis  h  Memphis,  la  tristesse  la 

les    périodes    de    l'action    créatrice,  plus  vive.  Hérodote  assure  même  qoe 

Knef,  soit  comme  lumière  primitive,  de  sou  temps  on  voyait  publiquement 

soil  comme  ensemble  des  idées  proto-  dans  le  temple  de  Mandou  le  bouc  di- 

iypcs,  est  un  féconil.nleur  du  prrmier  vin  s'unira  une  femme  par  un  com- 

crdre;Fla,feu-huniè!v^,  féconde  d'une  raerce  charnel  ^   et  quelques  moder- 

manière  encore  plus  spéciale  ;  et  quel  nés  ont  cru  que  cette  cohabitation  se 

fécondateurplus  grand  que  Fré-solcil.'  répétait  fréquemment  dans  l'anoée  , 

Aussi  Kalabché  adore-l-el!e  comme  peut-être  ciiaque  semaine.    On   sait 


MAN  ]VUN                    ig 

avec   quel  dédain  Voltaire  a  "traité  surmontée  d'une  coiffure  symbolique. 
ce    récit.     Cependant    l'accent     de  On  trouve  aussi  Mandou-Àmoun  sous 
surprise  et  de  conviction  avec  lequel  la  forme  humaine.  Rien  de  plus  re- 
s'exprime  le  naïf  Hérodote  ne  per-  marquable  en   ce  genre  que    la   su- 
raetpas  de  douter  que  la    cohabita-  perbe  figure  ithyphallique  de  Karnak 
iion  du  bouc  et  d'une  femme  n'ait  été  [Desc.  de   l'Ég.,  t,  III,  pl.xxxvi 
un  fait  admis  par  la  dévote   popula-  n.  5  ).   Son  corps  est  bleu  ;  sur   sa 
tion  de  l'Egvpte.  Seulement  on  peut  tête  s'élèvent  deux  longues  plumes  de 
soupçonner  que  le  prétendu  miracle  diverses  couleurs,  coiffure  habituelle 
était  censé  se    consommer   dans    le  d'Amounj  h  la  barbe  tressée  sous  le 
sanctuaire,  derrière  un  voile  ou  der-  menton,  on  devinerait,  le  phalle  eùt- 
rière  la  foule  des  prêtres  qui  înter-  il  été  absent,  le  mâle  par  excellence, 
ceptaient  le  passage.   Peut-être  mê-  De  son  bras,  il  saisit  ou  va  chercher 
me,  dans  cette  prostitution  sjraboli-  le  van  stimulateur.  Un  riche  collier 
que,  le  bouc,  représentant  de  Knef-  pare  son  cou.  Sur  sa  poitrine  s'épa- 
Mandou  ,  était  lui-même  représenté  nouit  le  plus  saint  des  emblèmes,  le 
par  un    prêtre    a  masque  de  bouc,  globe  ailé ,   flanqué  de  deux  ourées , 
Un  tragocéphale  au  milieu  de  tout  un  symbole  de  rintelhgence  suprême,  de 
cortège  de  ministres  sacrés  n'a  rien  Toth,   tantôt  Amoun   et  tantôt  Pi- 
de  plus  étonnant  que  ces  léontocé-  romi.  A  ses  pieds ,  deux  personnages 
phales,  ces  ibiocéphales,  ces  hiéraco-  subalternes  ,  véritables  pygmées,  si  on 
céphales  si  largement  disséminés  dans  les  compare  au  dieu  qu'ils  assistent, 
les  pompes  sacréesde  l'Egypte.  D'or-  s'occupent  dans  une  attitude   d'ado- 
dinaire  Mandou-Amoun  était  figuré  ration,  l'un  k    stimuler    le   gras    de 
par  un  bouc  criocéphale,  c'est-a-dire  sa  jambe,  l'autre  a  tenir  une  coupe 
à  tête  de  bélier (  on  se  rappelle  que  au-dessous  du  phalle  sacré.    On  peut 
le  bélier  était  l'attribut  d'Amoun)  :  comparer,  à  cette  effigie   si  caracté- 
assez  souvent  les  jambes  et  toute  la  risée,  les  scènes  encore  plus  significa- 
partie  inférieure  du  corps  dénotent  le  tives  peintes  dans  les  tombeaux    des 
roue  ,  tandis  que   sa  tête  est    celle  rois  kThèbes,  et  reproduites  par  la 
d'une  chèvre.   Quelquefois  la  lête  du  gravure   dans   la  Descr.    de  l'Eg, 
bouc  subsiste ,  Toais  alors  il  n'est  pas  (t.  I   ,  pl.Lxxxiv,   lxiivi,  i).  Dans 
rare  qu'outre  les  deux  cornes  habi-  l'une  d'elles  on  voit  le  dieu  darder  au 
iuelles,  elle  porte  deux  cornes  de  bé-  loin  des  jets  de  liqueur  séminale  que 
lier  [V ,  la  médaille  gréco-égyptienne  figurent  de  petites  pointes  rouges,  et 
de  Mendès  daus  la  Desc.  de  l  Eg-,  qui   bientôt  se  terminent  par  un  pc- 
t.  V,  pl.Lviii,n"26).  Tel  est  le  Man-  tit  homme  dans  la  position  d'un  per- 
dou  de  la  table  isiaque  (  Monlfaucon,  sonnage  assis  ,  produit  immédiat  de 
Ant.  cjcpL.  T.  I.    p.  270).  Cette  l'acte  générateur;  autour   de   la  tête 
espèce  de  coiffure  quadricorne  se  re-  de  Mandou  de  petites  étoiles  diverse- 
trouvé  fréquemment  sur  les  moau-  ment  groupées,  et  qui  sans  doute  ont 
ments,  et  indique  constamraenlun  dieu  antérieurement   été  prodiiiles  par  le 
ou  une  déesse,   auxquels,  pour  l'in-  procréateur  suprême, s'émanent  elles- 
stant  on  fait  jouer  un  rôle  très-élevé.  mêmes    en  jets    séminaux    qui   tous 
Le  bouc  Mandou  de  la   médaille  ci-  aboutissent   h  un  petit  homme.  Dans 
dessus  indiquée  se  trouve  daus  la  main  l'autre  be  voient  trois  dieux  genera- 
d'unpcrsonDagebarbu  dont  la  tête  est  teurs,  mais  de  couleurs  différentes  ; 


2. 


so 


MAN 


leur  corps,  forleincnl   courbé  en  ar- 
rière, iorrac  uu  angle  droit  dont   les 
reins  sont  le  sommet  intérieur,  tan- 
dis   qu.;    leur     chevelure     pendante 
tombe  perpendiculairement  k  la  co- 
loune  verk'brale  et  parallèlement  aux 
exlréroifés  inférieures.  J.es  jels  sémi- 
nauï  donnent  cbaciin  naissance  a  uu 
homme  dont  la  face  est   tournée  du 
côté  du  générateur.  Mais  ce  qu'il  y  a 
de  plus  romarqual)le,  c'est  que   sous 
chaque  ligure  ilhvpballique  est  un  sca- 
rabée de  grande  taille  dont  la  pale 
gauche  laisse  aussi  échapper  le  fluide 
séminal.  Ce  fluide  se  rend  a  la  bouche 
du  Mandou,  el  semble  être  le  même 
qui,  sortant  ensuite  parTorgane  pro- 
créateur, engendre  les  jeunes  créatu- 
res   placées   en    regard.    Un    disque 
ovalaire  qui  semble  celui  du  s  deil , 
s'arrondit  au-dessus  de  chaque  scène. 
Ces  trois  Mandous  soul-ils  le  même, 
ou  bien  scraienl-cc  Mandou-Amoun  , 
Fta-Mandou,  etMandou-Li.  tandis 
que  le  scarabée  serait  Piromi.^  C'est 
ce    que   nous    ne    pouvons   décider. 
Les  hiéioglyplies   inscrits  auprès  de 
chaque  figure  n'ont  point  été  déchif- 
frés 5    ils  ne  diffèrent  que  par  leurs 
secondes  lijrncs.   L'<déc  de    Mandou 
se  confond  )US(ju*i>   un  certain  point 
avec  Celle  de  Chmoun  ,  le  conserva- 
teur et  le  sauveur.  Générateur  est  la 
transition  du  premier  au  second  :  la 
génération  d(tit  être  a  la  fécondation 
ce  que  la  conservation  est  K  la  généra- 
lion  :  de-là  eu  quelque  sorte,  un   fé- 
condateur générateur  el  un  généra- 
teur conservateur.     On     peut    ainsi 
concevoir  un  Mandou-Chraoun.  CVst 
tout-h-fait  graluiumenl  que  Dorned- 
den  a  vu,  dans  le  dieu  bouc  Mandou, 
un  emblème  de  la  semaine,  parce  que, 
dit-il,  les  semaines  scugendrent  mu- 
tuellement, et  (jue  le  huilièra*'  jour  , 
censé  fin  ou   continuation  de  la   se- 
maine en  engendre  une  nouvelle.  Or^ 


MAN 

ajoute-t-il,  selon  les  anciens  ,  le  bouc 
est  apte  a  se  reproduire  huit  jours 
après  sa  naissance.  A  ces  raisons  il 
eût  pu  joindre  que  Chmoun,  donné 
si  souvent  comme  synonyme  de  Man- 
dou, signifiait  huit  en  égyptien  (voyez, 
pour  plus  de  détails,  Dornedden, 
Phcmienophis  ^  page  077).  ^  ugel 
{yersuch  iiber  die  Relig,  d.  AU. 
49)  qui  fait  éclore  la  religion  égyp- 
tienne dun  fétichisme  primitif,  com- 
mun a  toute  l'Afrique,  regarde  Man- 
dou comme  un  représentant  de  toute 
la  race  des  boucs,  sur  lequel  TEgypte 
concentra  les  honneurs  jadis  prodigués 
a  tous  les  individus  de  l'espèce. 

MAiSDOL'LI  (MA^iDULis  el  M«»- 
ê'ovXtç).  nom  sous  lequel  le  dieu  égyp- 
tien Fré  ou  le  Soleil,  avait  un  grand 
Icraple  à  Kalabché  (raucienne  Tal- 
mis)  ,  dans  la  Nubie  actuelle  [ï^  oy. 
Lelronue,  i^ec/i.  pour  stn'ir  à 
l'h.  de  l  Egypte,  etc,  iSsS,  in- 
8"5  et  iSiebuhr,  Inscriptiones  niib., 
Rom.,  1820,  iu-4-'^).Les  murs  de  ce 
temple  sont  couverts  de  bas-reliefs 
magnifiques  et  très-variés  ,  que  mal- 
heureusement on  n'a  pas  tous  copiés, 
et  de  •Tipcçx.'jvi^.fiuret.  OU  actes  d'ado- 
ration. Pour  quiconoue  esl  habitué 
aux  phénomènes  des  Iransformalious 
lexicoîogiqucs  orientales,  ce  nom  rap- 
pelait Mendès,  et  ne  pouvait  être 
qu'une  altération  d'un  nom  analogue 
ou  semblabli  à  celui  de  Mandou- 
Rn ^  iMandcit-Rc  (Mendès-roi  ou 
Mendès -soleil).  Les  savantes  lectu- 
res de  ChampoUion  ont  pleinement 
coulîrmé  cette  conjecture,  el  les  mo- 
numents de  Turin  et  de  Paris  lui  ont 
montré  conslamment  un  dieu  à  tête 
d'épervier  ,  ornée  du  disque  solaire 
surmonté  de  deux  longues  plumes^ 
avec  les  légendes  Mand,  Mandou, 
Mand-lli-  d'où  il  a  conclu  clairement 
qu'on  avait  dit  aussi  Maudou-Ri,  el 
par  conséquent  Mandou  selon  les  di- 


MAN 

rers  dialectes  de  la  langue  égyptienne. 
(Voy.  Panihton  égypt.\  de  Cham- 
pollion  jeune,  12''  liv.  ,  -27,  grav.  et 
expl.  ;  plus  sa  Desc.  de  l' Eg. 
ant.^  vul.  III,  pi.  o4-  et  5i-  et 
le  Voy.  de  M.  Cailliaud  à  Méroê, 
pi.  LXXi.)  Dans  le  zodiaque  du 
temple  au  nord  d'Esueli ,  au  milieu 
d'une  longue  procession  de  dieux  et 
de  déesses ,  on  voit  au-dessous  du 
Cancer  un  dieu  hiéracocéphale  aux 
attributs  de  Mandouli.  Couap.  Fre. 

MAjNDLCUS  ,  dieu  romain  , 
était  répouvantail  des  enfants,  et  sans 
doute  une  espèce  d'ogre  [nianduca- 
re,  manger).  Dans  la  suite  on  en  fit 
un  personnage  de  caractère  avec  son 
habit,  son  masque,  ses  traits.  De 
grandes  joues,  une  grande  boucbe,  de 
grandes  dents  aiguës  etLlanclîes,  telle 
Cil  la  caricature  classique  de  ce  Cro- 
quemitaine  de  la  ville  éternelle. 

MAiNE  et  SL]NjNA  sont,  dans  la 
mvtholoîrie  Scandinave,  la  lune  et  le 
soleil  personuifiés.  Celaient  un  jeune 
homme  (IMane)  et  une  jeune  iiile  d'una 
beauté  ravissante,  Roundilfax  leur 
père  osa  leur  donner  ces  noms  am- 
hilieux  et  significatifs  sous  lesquels 
nous  v.enons  de  les  signaler.  Irrités 
de  tant  d'audace,  les  Ases  enlevèrent 
Mane  et  Sunna,  et  leur  duunèient  a 
conduire  le  char  des  deux  astres  dont 
leur  père  leur  avait  imposé  les  noms. 
Hane.a  deux  chevaux,  et  sous  chacun 
deux  outres  pleines  d'air  pour  les  ra- 
fraîchir. Sans  doule  il  trouve  cette 
provision  insuffisante,  car  un  jour  il 
enleva  deux  enfants,  Bil  et  Hiouke, 
qui  portaient  une  crache  suspendue  h 
un  bâton.  Ces  jeunes  gens  depuis  ce 
temps  raccompagnent  toujours.  Le 
loup  Fenrir  poursuit  sans  cesse  la 
lune,  et  quelqucfoi-)  sa  gueule  béante 
l'entame.  De  la  les  éclipses.  Un  jour 
il  l'engloutira;  ce  jo'ir  sera  la  fin  du 
^Donde. — .  Mond^  la  luus ,  çsl  luas-^ 


MAN 


21 


culin  en  allemand. Comp.  Tcha^dra. 
]NL\ZSEROS,  jeune  prince  fils  du 
premier  roi  de  l'Egrpte  (Menés?  ), 
initiales  peuples  a  l'art  de  la  musique 
et  k  l'agricuilure.  U  mourut  a  la  fleur 
de  son  âge.  Les  Egyptiens  célébraient 
annuellement  en  son  honneur  une  fête 
de  deuil,  dans  laquelle  on  faisait  en- 
tendre des  chants  p'aintifs  et  lugu- 
bres, qui  même  prirent  de  leur  héros 
la  dénomination  de  ^îanéros.  C'est 
ainsi  qu'en  Grèce  Linos,  ce  fils 
d  Apollon ,  périt  moissonné  au  prin- 
temps de  sa  vie  par  un  trépas  préma- 
turé, et  que  ses  compatriotes,  en  célé- 
brant sa  mort,  donnent  aux  chants 
élégiaques  qui  retentissent  en  son 
honneur  le  uora  de  Lines  (a/jo*)  ou 
Elines  (A^Aii-c/,  comme  AV,  Aî-n  y 
A;,  Alvi).  De  même  en  Perse,  RaVo- 
morts,  TAdam  de  l'Iran,  déplore  la 
perte  du  jeune  Siamek.  Partout  des 
pleurs  mouillent  les  premières  pa- 
ges de  l'histoire;  partout  les  tristes 
réalités  du  deuil  viennent  précipi- 
tamment se  substituer  a  des  joies 
en  espérance,  et  le  sombre  empire 
se  plaît  à  saisir  les  créatures  les  plus 
parfaites  ,  les  plus  pures,  les  plus  en. 
harmonie  avec  le  dieu  de  la  lumière. 
Partout  le  dieu -soleil  se  présente 
comme  enveloppe  au  bout  de  quel- 
ques pas  d'un  voile  funèbre.  Adonis, 
Osiris,  ne  brillent  que  comme  des 
fleurs  éphémères.  xVilleurs,  au  lieu  de 

f)ens2r  ex\:lusivement  h.  ia  forme  so- 
eil^  on  imagine  au  delà  du  soleil  un 
fils  de  la  lumière.  De  la ,  les  Phaé- 
ihon,  les  Manéros,  les  Memnon,  les 
Linos  ,  transition  asiano-ciuopeenne 
de  régvptianisme  a  l'authropcmor- 
pbisme  hellénique.  Ou  ne  s'étonnera 
point  aprèscela  que  des ravthographe» 
moderncsaient  identifié  Manéros  avec 
Linos  [f^'oy-  Li>os);  et  que  d'autics 
y  aient  vu  Memnon  au  tombeau.  Au 
fond  ce3  idées  iont  justes  5  nais  U 


a»  MAN  MAN" 

caraclérisalion  de  chaque  forme  liéroY-  les  esprits  qu'il  fallait  adorer.  On  a 
qur  nu  divine  ,  K'iirs  rapports ,  leur  tente  de  doniuT  Télymologie  de  Ma- 
histolrc  tout  cela  est  loin  d'être  nés  :  quatre  principales  {manarc, 
éclalrci  et  c'est  ce  qu'il  serait  impor-  découler^  matin,  homme;  Torit-ntal 
tant  d  éclaircir.  Provisoirement  on  moun ,  d'où  moan^  man^  image, 
peut  avec  Creuzer  voir  dans  Mané-  {aniàme '^  manuus^manus.manisy 
ros  :  i"  ^c  génie  musicien  de  la  lyre  h  bon)  se  sont  partagé  l'attention  des 
trois  cordes  (par  opposition  a  la  mu-  savants.  La  dernière  est  la  seule  qui 
siquc  plus  compliquée  qui  remplaça  ait  quelque  degré  de  probabilité.  Bon 
la  musique  sacerdotale)  ;  2°  Memnon  (corn  me  depuis  Z'^/t/z/^  en  latin,  selig 
au  tombeau  (Memnon  lui-même  n'est  en  allemand,  etc.)  était  un  euphémis- 
qu'un  représentant  terrestre  de  Fré,  me  destiné  à  remplacer  le  mot  de 
plutôt  comme  harmonieux  que  comme  défunt.  «Que  personne  de  ceux  qui 
versant  la  lumière  (comp.  Memnoii).  sont  nés  dans  la  maison  ne  devienne 
Au  reste,  voy.  sur  Manéros  Héro-  bon»  {manis  fiât) ,  disait-on  en  sa- 
dotejiv.  II,  ch.  79,aveclesremarq.  crifiant  un  chien  h  la  déesse  Mana 
de  Larcher;  Jacobs,  Ueùer  clic  Généta  (^oj-.  Festus,  Manuos  et 
Graher  des  Mernnons  und  die  Mânes  j  Servius  ,  surliv.  I,  iSp  de 
Inschrifun  (Mémoires  de  l'Aca-  rjE"/?.  :  et  comp.  Plutarq. ,  Ç«^j^ 
demie  des  sciences  de  Munich,  '809  Rom,  ^  lu,  p.  t55  du  t.  II,  édit. 
et  18 10),  page  19,  etc.  5  Mignot,  Wyttenb).  Toutefois  nous  croyons  que 
Mérn.  sur  la  rel.  des  Phén.  la  seule  étvmologie  vraie  est  mana 
(Mém.  de  TAc.  des  Insc.  t.  XXXVI,  ou  mens^  ràrac.  Les  légendes  vul- 
ij'ji). — Selon  Jablonski  [yocab.^  gaires  confondirent  les  Mânes  avec  les 
128),  Manéros  signifiait  fils  de  Lares,  comme  le  dénotent  lesmvthes 
'Eternel.  Ce  qu'il  y  a  de  plus  proba-  sur  Lara  ouLaranda,  mère  des  dieux 
ble,  c'est  que  ce  nom  n'est  point  sans  Lares,  et  sur  Mana,  Mana  Généta  ou 
rapport  soit  avec  celui  d'Araoun  (dit  Mania  mère  des  Mânes.  Evidemment 
aussi  Amen  et  probablement  Men),  ces  de  ix  déesses  ne  font  qu'une ,  et 
soit  avec  celui  de  Ré,  Ui  ou  Ra  (qui  Lara-Mania  elle-même,  qu'e<it-elle? 
ne  diffère  de  Fré  que  par  l'article):  une  personnification  par  laquelle  on 
en  un  mot,  on  croit  reconnaître  dans  rattache  tous  les  Mânes,  tous  les  La- 
Manéros  les  vestiges  d'un  nom  peu  res  autour  d'un  centre  commun.  Mais 
différent  d'Amoun-Ra  [V.  Amou^).  voici  en  quoi  les  Mânes  diffèrent  soit 
Manès  ,  qui  lui-même  revient  K  des  Lares,  soi!  de«  Larves  et  d^s Lé- 
Amoun  et  h  Mana  (mtvj^,  l'àme)  ,  mures  (car  nous  ne  pouvons  nous  dis- 
est  lié  par  le  son  comme  par  lidéc  penser  de  joindre  ces  doux  dernières 
a  Maticros.  —  On  donne  quelque-  classcsd'intelbgencessoutcrrainesaux 
fois  le  nom  de  MA>Kr,r)s  au  jeune  Lares).  Lares,  Larves  et  Lémures, 
fils  du  roi  de  Ryblos,  qu'un  cri  d'Isi»  propic»'S,  funestes  ou  neutres,  cestrois 
fit  mourir  de  frayeur.  peuples  d'esprits  semblent  résider  «r/ 
MAiSES,  MA.-TEs  et  quelquefois  lilnlum  sur  la  terre.  Ils  quittent, 
Du  Mahe?  ,  étaient,  dans  la  pneu-  quand  et  comme  il  leur  plaît,  leur 
matologie  des  Etrusques  et  des  Ro-  sombre  séjour,  et  reviennent  dans  le 
mams,  lésâmes  des  morts.  U:'  tou-  domaine  de  la  lumière  exercer  leur 
chant  souvenir  leur  assignait  quclcjue  bienfaisance  ,  leurs  fureurs,  ou  pro- 
choscdc  divin,  et  les  rangeait  parmi  mener  leur  indifférence.  Les  Mânes 


F 


MAN  MAN                    a3 

restent  confinés  dans  le  domicile  té-  Dec.  Bnitus,  prenant  le  contre-pied 
nébreux,  et  n'en  sortent  que  trois  jours  de  l'usage  romain ,  célébrait  la  fête 
par  an,  le  £4-  août,  le  5  octobre  elle  eu  décembre,  et  par  conséquent  dans 
8  novembre.  De  là,  trois  fêtes  infé-  le  Capricorne,  tandis  que  la  date  or- 
rieures  en  l'honneur  de  la  migration  diuaire  faisait  coïncider  les  Féralies 
périodique  des  âmes.    Nulle   affaire  et  le  Yerseau  ou  les  Poissons.  Cette 
importante  ne  devait  se  traiter  pen-  coïncidence  entre  une  fête  qui ,  cora- 
dautleur  durée.  Les  Mânes  en  masse  me  fête  des  morts,  a  quelque  chose 
étaient  censés  se  répaudre  hors   du  de  purificatoire  {F'oy.  Fébrtjus)  et 
sombre  empire  par  une  ouverture  que  les  idées  d'onde,  d  habitant  des  ou- 
Louchait  la    pierre    manale    {lapis  des,   est-elle  sans  rapport   avec  les 
jnanalis)  dérangée  de  sa  place  habi  doctrines  orientales  sur  les  cataclys- 
tuelle  pendant  ces  trois  jours.  On  ex-  mes  ,    sur    le   gouffre    par  lequel  à 
primait  celte  cérémonie  par  une  for-  Edesse  s'étaient,  dit-on,   retirées  les 
mule     extérieure    mundus    patet  eaux  diluviales ,  sur  les  déités  pois- 
(comme  si  l'enfer,  séjour  des  morts  sons(Addirdaga.Oannès,  Dagon)?Il  y 
et  tombeau  commun  de  tant  de  gêné-  en  a  sans  doute  5   mais  gardons-nous 
rations  écoulées,  était  le  monde  par  d'en  conclure  soit  la  réalité  de  l'éty- 
excellence),  ou  en  développant  ww/z-  mologie  grotesque  qui  tire  mânes  Aq 
dus  Cereris  patet.  Cérès  ne  diffère  jnanare{commQ  si  les  fantômes glis- 
point  ici  de   Proserpine,  ou ,    pour  saienl ,   coulaient  en   quelque   sorte 
mieux  dire  ,  Ce'rès-Proserpine,,  c'est  dans  l'air)  ,  soit  l'idenlité  de  Mania 
A«,  la  Terre,  7rcty.y.kTap  etTry.vh.-^-^ç,  (la  mère  des  ]Manes)avecla  Couronne 
qui  produit  tout,  qui  engloutit  tout 5  Boréale  si  voisine  du  Verseau,  des 
et  ce  point  de  vue  antique  autant  que  Poissons,  du  Taureau  équinoxial,  et 
iranscendantal  nous  fait  remonter  en  dont  le  coucher  annonce  l'expiration 
unclind'œil,  et  par  enchantement,  de  de  l'année  et  le  retour  du  printemps. 
l'Étrurie  a  l'île  sainte  de  Samothrace,  — Les  naturels  de  la  INouvelle-Hol- 
oii  telle  était  la  doctrine  des  Cabires  lande  croient  aussi  aux  Mânes,  elles 
{f^oy,  Cabires;  Miiller,  Etrusf.er,  dépeignent  comme  sortant  de  terro 
II,  95,  etc.;  comp.  Matthicc,   Be-  avec  un  bruit  affreux,  vomissant  des 
merk.  iib.  Stellen  des  Livius^  qui  se  flammes,  brûlant  les  cheveux  et  le  vi- 
prononce  contre  celte  opinion).  A  ces  sage  de  ceux  qu'ils  rencontrent,  etle# 
solennités  joignons  la  fête  des   àraes  retenant  pour  les  brûler  encore 
ou  des   Mânes  connue  sous  le  nom  MANES,  l.iÂr/,?^   fils  de  Jupiter 
de  Féralies  (du  21  au  24.  février?),  et  de  la  Terre,  eut  Cotys  de  l'Océa- 
On  diffère  beaucoup  sur  l'époque  et  nide   Calliroé,   et  fut  roi  de  Lydie 
sur  la  durée  de  celte   fête    funèbre  après  Méon.  —  M.oÈs,    comme  les 
{Voy.  Ovide,  Fast..,  liv.  II,  et  nol.  Minos,  Ménon  ,  Menés  et  Mann,  est 
iii  de  la  trad.  fr.  Bayeux).  Le  der-  un  premier  homme  [rnann).  Sa  fem- 
nier  jour  portait  plus  spécialement  ce  me  est  l'onde.  Son  fils  a  encore  quel- 
nom   qu'Ovide   a    évidemment    tort  que  chose  de  divin  (Crof^,  dieu), 
d'expliquer  par  fcro  ,  et  qui  dérive  MAîSlA,  déesse  que  les  mytholo- 
de  feralis  ,    funeste ,   funèbre.   Peu  gués  a  généalogies  donnèrent  comme 
importe  ensuite  ^uejhralis  impliciue  mère  ou  comme    aïeule  des  Manei 
l'idée  àcfericc,  repos,  inaction,  ou  (Festus,  L  XI).  Généralement  on  la 
quelque  autre.  Oa  a  remarqué  que  regarde   comme    identique  a   Lara 


a4 


MAN 


(INaUl.  Comès,IV,  ^).  Le  fait  est 
qu'autour  de  Mania  se  ;;roupenl  les 
Mânes  ,  comme  autour  de  Lara  con- 
vergent les  Lares  :  admise  ensuite 
(et  Ton  sait  que  les  anciens  Tadmel- 
taienl)ridefitilé  de  ces  deux  famillt-s 
parallèles,  force  fut  d'ideulilier  les 
deux  mères.  Et  au  fond  ,  taudis  que 
les  Lares -Mancs  s'offrent  avec  deux 
faces  ,  Tune  lumineuse  et  terrestre, 
Tautre  sombre  et  inferoale ,  il  est 
Irès-rcniarquablc  de  voir  Lara  (h  elle 
seule)  cumuler  de  même  les  deux  as- 
pects, les  deux  caractères  de  Lara- 
Mania.  En  effei  ,  c'est  avant  d'avoir 

f)assé  le  guichet  infernal  que  Lara  se 
aisse  séduire  par  Mercure,  c'est  dans 
ce  snmjjre  séjour  qu'elle  devient  mère. 
— Dans  les  lepips  primitifs  de  Rome, 
on  sacrifiait  des  enfants  à  Mania. 
Ln  oracle  de  celte  déesse  en  don- 
na l'ordre  a  Tarquiu-le  -  Superbe  • 
mais  Juuius  Brulus,  après  l'expulsion 
de  la  famille  (les  tvrans,  abolit  cet 
usage,  et  substitua  des  tètes  de  pavots 
aux  tèles  humaines.  La  statue  de  Ma- 
nia était  suspendue  aux  portes  lors 
de  la  célébration  des  Conipi taies  (A^. 
ce  nom),  tant  comme  objet  de  véné- 
ration ,  que  comme  talisman  préser- 
vateur (Macrobe,  SalurnaL,  I,  7  • 
comp.  Alex,  al)  Alex.,  II,  c.  22). 

MAiNIPA,  dieu  des  Tangutains, 
est  représenté  avec  neuf  tèles  qui 
s  élèvent  en  forme  pyramidale.  On 
célèbre  en  son  honneur  une  fêle  an- 
nuelle dans  laquelle  les  jeunes  gens 
armés,  en  proie  h  un  enlliou.siasme 
frénéliijue,  parcourent  la  ville  frap- 
pant tout  ce  (ju'ils  rencontrent.  Ce 
culte  farouche  et  délirant  rappelle 
les  Cybébées  et  les  Lupercales. 

M.\]NITOU,  le  grand  esprit  ou  l'Ê- 
tre suprême  chez  la  plimai  l  des  sau- 
vages de  l'Amérique  scple^ltrionale. 
Ce  nom  varie  et  se  complique  de 
beaucoup  de  manières.  Ainsi  les  Al- 


MAN 

gonqulns  et  les  ïchipaouans  disent 
Manitoa  ou  Manitou  5  les  Masikands, 
Mannittouh  (autrement  Poublam- 
maou\  oa  ou  Potlamaouvous)^  les  Cha- 
vauoks,  Manitah,  ^  isi-Mannitto  (et 
ausbi  Véchiliico'.;a)  ;  les  Miamis,  Mo- 
naitova  ou  Kitchi-Manétoua  (aussi 
MaiéhéIangoué);lesMessissoks,Mun- 
go-Minnalo.  Joignons  a  celte  liste  les 
noms  de  Ilaouénéou  (Hoouénéah) 
usité  chez  les  Sénékas;  de  Kiioh  chez 
les  Mahaksj  de  ]Sio.  Havonia  ou  Ha- 
vonio  cl:ez  les  Onondagasj  de  Haou- 
vénégou  chez  les  Kaïougas  5  de 
iSééiooh  chez  les  Onéidas;  dlévaou- 
iiiiouh  chez  les  Touskaroies*  de  Ya- 
kon  et  Tongovakon  chez  les  INado- 
vesiiesj  d'Ifîki-Isa  chez  les  Mozkas; 
d'IchtohoulIo-Aba  chez  les  Chak- 
taouas.  La  plupart  des  peuplades  sau- 
vages confondent  cet  être  suprême  et 
bienfai.^ant  avec  le  soleil.  Quelques- 
uns  l'en  distinguent.  Mais  ceux-là 
même  admettent  un  grand  nombre 
de  divinités  inférieures.  Les  Iroquois 
nomment  ces  dernières  Hondatkou- 
sana,  et  les  distinguent  en  bonnes  et 
mauvaises.  Un  grand  nombre  de  tri- 
bus les  appellent  aussi  Manitous,  et 
alors  sans  doute  ils  mettent  une  épi- 
thète  devant  le  nom  de  Manitou,  pour 
désigner  le  grand  esprit.  De  là  les 
Kitchi-Manitou,Mungo-Minnalo,etc. 
Les  Manitous  vulgaires  deviennent 
bientôt  de  vériliiUes  fétiches  ou  Mo- 
kissos.  Un  arbre,  un  chien,  une  pierre, 
des  serpents,  deviennent  les  Manitous 
familiers  du  s^iuvage  qui  a  le  bonheur 
de  rencontrer  de  ces  animaux  ou  de  ces 
objets  sur  sa  route.  Les  Illinois  font 
des  sacrifices  à  leurs  Manitous.  C'est 
surtout  le  chien  qu'ils  immolent.  Ce- 
pendant ils  sont  convaincus,  et  bien 
d'autres  peuples  avec  eux,  qu'un 
grand  chien  a  donné  naissance  à  l'es- 
pèce humaine.  Au  reste,  les  pratiques 
principales  du  culte  d<;s  sauvages  con- 


MAN 

sisteut  dans  les  opérations  de  sorcel- 
lerie auxquelles  se  livrent  pour  eux 
leurs  Agotkons  ou  jougleurs.  Leur 
croyance  principale  est  celle  de  1  im- 

{)ortance  des  àraes. Quoique,  matéria- 
isles  faute  de  développement  dépen- 
sée ,  ils  fassent  de  l'âme  une  om!)re  , 
ils  distinguent  ses  opérations  eu  Gau- 
niqons'lia  (acte  de  Fenlendement)  et 
Erienta  (acte  de  volonté)  ;  ils  croient 
qu'elle  survit  au  corpsj  ils  lui  assignes  t 
pour  demeure  Eskcunanne  (le  pays 
des  ancèlres}^  i!s  admettent,  du  moins 
quelques-uns  d'entre  eux,  les  trans- 
migrations. Enfin,  et  c'est  ce  qui 
achève  d'exciter  la  surprise ,  ils  re- 
connaissent une  âme ,  non-seulement 
cliez  l'iiomme,  mais  dans  les  animaux, 
dans  les  êtres  mêmes  que  l'on  regarde 
comme  inanimés. — Manitou  veut  dire 
esprit,  et  rappelle  d'une  part  les  ma- 
na  samskrit,  mens  latin,  y.^-i^u.y,  grec,. 
de  l'autre  toute  la  série  Vits  Mann^ 
Menés,  Minos.  Liiomme  est  Tàme , 
l'àme  est  l'homme,  làme-homme  est 
dieu  5  Dieu  est  le  père  des  hommes  j 
un  premier  homme  ,  lige  universelle 
des  peuples,  est  l'émanation  de  Dieu 
sur  ce  globe,  et  forme  la  transition 
du  ciel  k  la  terre. 

MANMADIIS\  Foy.  Kaxa. 

MAjNN,  Ma>^us,  passait  en  Ger- 
manie pour  le  fils  de  Tuiston  leur 
dieu  suprême-  On  lui  donnait  pour  fils 
Ingévon,  Istévcn  et  Heruiioue.  des- 
quels descendirent  les  trois  races  prin- 
cipales de  la  Germanie  Ingévones, 
Islévones  et  Hermiones.  Comp.  Aga- 
THYRSE.  Quant  au  sens  de  Mann  lui- 
même  il  est  évident  :  Manu  est  l'A- 
dam germain  ,  c'est  un  dieu-homme. 

MAISRESPAjND,  un  des  vingt- 
huit  Izeds  dts  livres  zends,  était  le 
génie  delà  parole  divine. 

MANTICLE,  Manticlus,  M^vr/- 
jtAof,  Hercule.  Il  avait  un  temple 
sgus  ce  nom ,  hors  ^^s  murs  de  Mgs- 


MAN 


25 


sine,  eu  Sicile.  Un  chef  de  la  colonie 
messénienue  qui  fonda  Messine,  664- 
ans  avant  l'ère  chrétienne,  portait  ce 
nom  de  Manlicle.  Il  est  k  croire 
qu'Héraclide  de  naissance  ,  ce  chef 
d'exilés  voulut  se  faire  passer  pour 
une  incarnation  d  Hercule. 

MA]MIISEE,  1°  un  des  cinquante 
Lvcaouldes,  2"  père  d'Ocalie,  femme 
de  TAbas  d'Argos ,  donna  son  nom  k 
la  ville  arcadienue  de  Mantinée. 

MA:M0,  UrA.rô^,  fille  de  Tiré- 
sias,  fut  comme  son  père  habile  dans 
l'art  prophétique.  Ses  prédictions 
n'empêchèrent  pas  Thèbes,  sa  patrie, 
de  succomber  sous  les  efforts  des 
Epigoues.  Il  existe  sur  son  compte 
quatre  légendes.  La  première  la  mon- 
tre envoyée  a  Delphes  après  la  prise 
de  Thèbes.  Dans  la  seconde  nous  la 
voyons  inspirer  de  l'amour  au  fils 
d'Amphiaiàs,  Aîcméon,  dont  elle  a 
deux  fils,  Amphiloque  et  Tisiphone. 
Dans  la  troi^iième  elle  est  emmenée 
en  A;àe  où  elle  devient  la  femme  de 
Rhacius  le  Cretois,  et  mère  de  Mopse, 
et  où  elle  fonde  le  temple  Apollinéen 
de  Claros.  Enfin,  selon  une  quatrième 
version,  c'est  en  Italie  que  la  prophé- 
tesse  thébaine  va  rendre  ses  oracles, 
et  Ma;îtoue  qui  porte  son  nom  témoi- 
gne de  sa  présence.  Quelques  bro- 
deries surchargent  encore  ce  récit. 
Mauto,  dit-on,  s'appelait  d'abord 
Daphcéj  et  on  ne  lui  donna  le  nom 
sous  lequel  elle  est  connue  que  pour 
indiquer  sa  science  profonde  de  Ta  - 
venir  (^«fvr;?,  prophète).  Onuionlrait 
K  Thèbes  une  pierre  dite  siège  de  Man- 
toj  c'est  la  que  la  fille  de  Tirésias 
s'asseyait  pour  prédire.  A  Claros,  dit- 
on,  elle  composa  des  vers  fatidiques 
dontlîom.ère  fit  usage  dans  ses  poè- 
mes. On  veut  aussi  qu'un  lac  ,  auprès 
de  la  ville  asiatique,  sa  nouvelle  pa- 
trie, ait  été  formé  des  pleurs  qu'elle 
versa  sur  la  chute  de  Thèbes.  Rien 


26 


MAR 


de  si  facilp  a  cxpli(fiicr  que  tous  ces 
roylhcs.  La  divinalioii  (Manto)  est 
fille  (le  prophète  (Tlit'sias),  mère  rie 
propljètf(Monsi},remmede  prophète 
011  (Win  fils  (le  prophète  (rÀmphia- 
raïdc  Aicme'on).  La  divination  a  pour 
siège  et  sanctuaire  divinatoire  Del- 
phes, Claros,  Mantoue.  Qu'importe 
(jnc  l'un  semble  le  foyer  métropoli- 
tain d'où  émane  la  lumière,  tandis 
tjue  Taulre  .semble  une  colonie?  Le 
lac  même  n'est  pas  un  trait  inutile. 
D'une  part,  elle  est  temple,  elle  est 
femme,  elle  apparaît  sans  cesse  en 
rapport  avec  les  eaux.  De  l'autre,  les 
eaux  sont  inspiratrices  j  on  y  puise  les 
prophéties.  Les  exemples  abondent 
{f^oj.  Abaiî,  etc.,  etc.).  El  effecti- 
vement le  lac  de  Claros  passait  pour 
faire  connaître  Tavenir  h  ceux  dont 
ses  flots  mouillaient  les  lèvres*  mais 
cette  li(pieur  miraculeuse  avait  aussi 
le  don  fatal  d'abréger  la  vie.  Man- 
toue ressemblait  à  Claros 5  elle  est 
bâtie  au  milieu  d'un  lac. — Une  autre 
Manto,  propbétesic,  était  fille  de 
Polyide  ;  on  a  donné  comme  une  troi- 
sième Mamo  une  Italienne,  amante 
du  Tibre  dont  elle  eut  Ocnos,  et  fon- 
datrice de  Mantoue.  Évidemment 
c'est  Manto  la  Thébainc  légèrement 
travestie. 

MANTLRISE  ,  déesse  romaine, 
était  invoquée  pour  que  l'épouse  res- 
tât toujours  dans  la  maison  de  son 
mari  (mancOj  demeurer). 

Main  PLS,  le  même  que  Fébruuî 
(f^oy.  ce  nom).  Quelques-uns l'appel- 
Irnt  Mauus,  et  l'ideDlifient  en  ronsé- 
qnence  a  Summanu^.  Manlus  rappelle 
Mens  (l'esprit).  Menés  cl  les  Mani- 
tous des  Américains. 

MARADJIT  {nij-f/i.  hind),  sur- 
nom commun  a  Adiboi.iidlia  ,  l'es- 
sence suprême  chez,  les  Bouddhistes, 
et  a  Chakia,  septième  cl  dcruièrc  iu- 
carualion  de  ce  dieu, 


MAR 

MARARAS,  dieux  brésiliens,  pas- 
sentchez  les  indigènes  decetle  contrée 
pour  des  dieux  protecteurs  des  mai- 
sons. Leurs  images  sont  les  fruits  du 
Tamaraka,  ornés  de  plumes  et  fi- 
chés sur  des  perches  que  les  prêtres 
enfoncent  dans  la  terre  en  ordonnant 
aux  villageois  d'apporter  des  vivres 
et  de  boire  en  leur  présence.  Les  Bré- 
siliens ont  chez  eux  des  Marakas,  et 
les  consultent  dans  toutes  les  affaires 
importantes. 

MARAMBA  ,  dieu  congue  ,  adoré 
surtout  dans  les  royaumes  de  Maba, 
de  Loaugo ,  d'Angola  et  de  Congo 
proprement  dit,  passe  pour  présider 
à  lâchasse,  à  la  pèche,  h  la  guérison 
des  malades  et  surtout  aux  serments. 
Les  prévenus  d'un  crime  doivent  se 
réfugier  au  pied  de  sa  statue  et  dire  : 
«Vois,  Maramba,  ton  serviteur  est 
venu  se  justifier  devant  toi,  «  et  si  le 
suppliant  est  coupable,  il  tombe  mort 
sur  la  place.  On  porte  aussi  son  image 
h  la  tète  des  armées.  On  lui  offre  le 
premier  morceau  et  la  première  coupe 
de  vin  qui  sont  servis  à  la  table  du 
roi.  Enfin,  dès  l'âge  de  douze  ans, 
les  adolescents  de  Maïamba  lui  sont 
consacrés.  Les  INetquas  président  à 
cette  espèce  d'initiation.  Quelques 
jours  de  réclusion  dans  un  lieu  som- 
bre, un  long  jeune,  le  silence,  sont  le 
commencement  de  la  cérémonie.  Con- 
duits ensuite  lev/int  lidole  par  le 
prêtre  les  jeunes  Mystes  reçoivent 
sur  les  épaules  deux  incisions  en  for- 
me de  croissant,  jurent  fidélité  à  l'i- 
dole, apprennent  qu'ils  doivent,  sous 
peine  de  maladies  dangereuses,  s'abs- 
tenir de  certaines  viandes  et  observer 
certaines  pratiques.  On  termine  en 
leur  suspendant  au  cou  une  petite 
boîte  (pii  vient  tomber  sous  leur  bras 
gauche  f  t  ipii  renferme  quelques  cen- 
dres de  l'idole ,  ou  bien  de  petites 
images,  copies  pcrtatirçs  de  la  stalae 


MAR 

du  grand  temple.  —  Maramba  est 
représenté  dans  une  attitude  élevée 
contre  le  temple  destiné  à  son  culte, 
et  dans  un  panier  qui  a  la  forme 
d'une  ruche. 

MARATHOIS.  Mccc^Ôcov  ,  héros 
eponyme  de  ce  dème  si  célèbre  dans 
l'histoire  des  guerres  médiques  par 
la  victoire  de  Miltiade  sur  Darius, 
était,  dit-on,  un  fils  d'Epopée.  Crai- 
gnant le  courroux  de  son  père  ,  il  se 
réfugia  dans  TAttique ,  et  bâtit  sur 
la  côte  orientale  le  village  qui  porte 
son  nom.  On  le  montre  aussi  re- 
venant après  la  raort  de  son  père , 
dans  le  Péloponèse,  et  la  partageant 
le  royaume  entre  ses  enfants  pour 
retourner  dans  le  pays  colonisé  par 
ses  soio^.  Une  autre  tradition  fait  de 
Marathon  un  héros  qui  se  sacrifia 
pour  donneV  la  victoire  a  son  armée. 
De  ces  deux  légendes.  Tune  a  pour. 
but  de  faire  voir  l'Attique  peuplée 
par  une  irradiation  du  Péîoponèse, 
l'autre  est  une  variation  sur  ce  thème 
éternel  du  sacrifice.  Corn  p.  Hyaci5- 
THiDEs.  Marathon  était  fameux  aussi 
en  mvthologie  par  sou  taureau  dé- 
vastateur que  Thésée  domta. 

MARICA,  déesse  latine,  avait 
nn  bois  sacré  vers  Tembouchure  du 
Liris  (  Garigliano)  dans  les  marais 
de  Minturne.  C'est  comme  Bouto  la 
déesse,  femme  mère,  mère  univer- 
selle, mère  primordiale,  mère  mer, 
et  cette  mer  est  toute  vaseuse,  bru- 
meuse et  marécageuse,  c'est  l'onde- 
lagiine;  c'est  la  Maremma  personni- 
fiée [Mariciis  semble  un  vieil  adjectif 
dérivé  de  Mare).  Ceci  posé  on  com- 
prendra aisément  les  variantes  semées 
snr  son  compte  chez  les  poètes  :  i° 
c  est  une  nymphe  ;  2"  c'est  une  femme 
de  Faune  (dieu  plutôt  que  dieu-hom- 
me), mère  de  Latinus  (homme-dieu); 
3° c'est  une  Circé  (Hésiode);  4.°  c'est 
une  Vénus  (Seryius),  On  a  eu  tort 


MAR. 


27 


de  repousser  cette  identité  sous  pré- 
texte que  la  \énus  italique  est  Mur- 
cie  ;  l'un  n'empêche  pas  l'autre. 
Circé-Vénus  habite  les  eaux,  les  îles, 
est  magicienne  et  génératrice,  haute 
déesse  simple  femme  :  et  voilà 
Marica!  La  forêt  de  Marica  était 
l'objet  d'une  vénération  profonde, 
rien  de  ce  qui  y  était  entré  une 
fois  ne  devait  en  sortir  :  c  était  com- 
mode sans  doute  pour  les  prêtres. 
On  raconte  très-sérieusement  q-.ie 
cette  défense  avait  pour  but  de  sou- 
lager la  douleur  de  la  déesse,  incon- 
solable d'avoir  perdu  Ulvsse.  Comp. 
Calypso  avec  laquelle  Circé  a  tant 
de  rapport.  On  trouve  le  nom  de 
Marica  dans  les  éditions  étrusques, 
suivant  Lanzi  [Sagf^io  di  lingua 
etrw^ca^  I,  240,  II,  422). 

MARIS,  Mi/..r,  et  ATYMNE, 
fiU  d'Amisodarc,  tombèrent  a  Troie, 
Atvmne  sous  les  coups  d'Antiîoque, 
Maris   sous  ceux  de  Tbasvmède. 

MARISTI^',  un  des  dieux  de  la 
guerre  au  Japon  ,  a  une  fête  célèbre 
au  mois  d'avril.  La  cérémonie  prin- 
cipale consiste  en  une  joute  terrible. 
Deux  corps  d'armée  y  procèdent  d'a- 
bord par  des  escarmouches,  et  bien- 
tôt par  une  lutte  sérieuse.  De  jeunes 
enfants  engagent  l'attaque,  commen- 
cent vers  les  deux  heures  de  l'après- 
midi,  puis  les  deux  armées  marchent 
l'une  contre  Tautre  sans  s'arrêtçr, 
s'envoient  des  coups  de  mousquet  dès 
qu'elles  le  peuvent,  et  enfin  se  battent 
à  l'arme  blanclie.  La  boucherie  ne 
cesse  que  lorsqu'un  des  deux  partis 
se  confesse  vaincu.  Chaque  combat- 
tant porte  sur  l'épaule  Timage  de  Ma- 
ristin. 

MARITCHÏ.  Foy.  Aditt. 

MARMAX,  MÂouctl,  un  des  pré- 
tendants d'Hippodamie,  périt  vaincu 
par  OEnoaiaiis,  à  la  course  des  chars. 

MARNAS  (seigneur?)  grand  dieu 


28                     MAR  MaR 

de  Gaz.a  élall  honoré  par  des  cour-  élait  cposé  les  avoir  sous  «on  patro- 
ses  de  char  et  d'autres  jeux.  11  avait  nage.  Les  routes  étant,  dans  la  my- 
dans  la  ville  syrienne  un  temple  tholoi^ic  «grecque  et  romaine,  sous  la 
nia^^nifique.  Ou  i-^nore  quel  élait  ce  surveillance  de  Mercure,  les  Piomains 
dieu,  et  s'd  se  confond  avec  (|uelque  n'ont  point  manque  de  faire  un  Mer- 
autre  dieu  de  la  Syrie.  Plusieurs  en  cure  de  Maroun  tl  de  le  nommer 
font  un  Jupiter  de  Crète.   Platon  y  Marunus. 

vovaillesecrétairedeMinosr'".Tou-  MAROLTA.  f^oy.  Pavana. 

tes  ces  opinions  sont  insoutenables,  MAROLTOjNKELS  (les)  sont  , 

On  ignore  de  même  d'où  peut  venir  dans  la  mvlhologie  hindoue,  de  purs 

le  nom  de  Marnas,  qu  iqu'il  rappdle  esprits   que  vaguement   on   identiHe 

le  mot  {i;rer  ^«er:/;tia/,  combattre.  aux   Dévarchis,    iuais    qiii    au    fond 

MAKON  élait   un    d:eu  é<j;vptien  semblent  des  émanation^  de  Marouta 

très-peu  connu,  quoique  en  le  classant  le  dieu  des  vents,  de  l'air  pur,  des 

parmi  les  suivants  d  Osiris  les  Grecs  odeurs  balsamiques  et  de  la  furaiga- 

lui    aient    allribué    la   fondation   de  tion. 

Maronée  eu  Tbrace,  ou  la  planlalinn  MARPESIE  ,   Marpesia,    Mup- 

des  célèbres  vignobles  de  cette  ville.  T.y.T-u,^  reine  des  Amazones,  soumit. 

On  peut  remarquer  ici  le  nom  fameux  dit-on,  les  habitants  du  Caucase  ,  et 

aussi  de  vin  Alaréolique.  C'est  dans  donna   son  nom    a   celte   chaîne  de 

cette  liqueur   que   Cléopùtre  ,   selon  raonlngnes.  Si  jamais  le  Caucase  s'est 

Horace  ,    puisait    sqs   fureurs.  Dans  nommé  Marpèse,  c'est  que  Marpésie 

Homère  ,    Llv^se   enivre  l^olvphème  était  la  montagne  personnifiée.    On 

avec  du  vin    de  Maronée.    iNonnus  aura  identifié  guerrier  montagnard  et 

donne  Silène  ])0ur  père  h  Maron. —  montagne,   montagne  et  lune,    lune 

Un  fils  d'Evanllie,  grand-prèlre  d"A-  et  adoratrice  belliqueuse  de  la  lune, 

pollon  k  Ismare,  fit  cadeau  k  Llysse  Comp.  Amazones. 

d'excellent  vin,  pour  lui  témoigner  sa  MAPiPESSJl,    fiile  d'Evénus  roi 

recoiiiiaissance  de  la  générosité  avec  dElolie,  épousa  Idas  (A 'oj  .  ce  nom), 

laquelle  le  héros  l'avait  sauvé  du  pil-  MARS  (Mamers  des  vieux  Sabins^ 

lage,  lui,  sa  femme  et  ses  enfants.  Mavors  des  puète.s).  en  grec   Ares 

Encore   du   vin!    encore  la  Tlirace!  (dorien.  Aras)  ,  élait  dans  le  monde 

encore  des  cadeaux!  Evidemment  les  gréco-romain  le   dieu   de  la  guerre, 

deux  Maron  n*en  sont  qu'un. — Un  H  naquit,   suivant  Hésiode ,   de  Ju- 

MAROxNq'ii  se  distingua  pi  es  de  Léoni-  piler   et   de    .l'inon.    Des    Iradilious 

das.  àraflaiie  desTbermopyles,  eut  modernes,    mais   qui    au   fond    re- 

un  hérôon  ou  chapelle  héroïque  sur  montent  a   une   haute  antiquité,  lui 

ce  champ  de  bataille.  donnent  bieu  Junon  pour  mère,  mais 

MAROLjN  ,  Marunus,  Mercure,  en    ajoulnnt    que    nul    amant,    nul 

ttitil  lo  dieu  lulélaire  des  voyageurs  époux:  n'eut  part  a  et  lie   maternité 

dans  les  Alpes.  INul  doute  que  ce  ne  miraculeuse  j  il  lui   suilit  de  toucher 

fut  un  dieu  indigène,  soit  des  Rhètes,  des  doigts  uue  fleur  des  champs  d"0- 

soit  des  Eloégriens.   Dès  les   temps  lène,  pour  voir  ce  dieu  terrible  nppa- 

anciens  il  y  avait  dan«  lo.>  anfractuo-  raître  dans  .ses  mains.   Dire  qu'elle 

sites  et  sur  les  crêtes  neigeuses  des  venait  ab>rs  de  se  reposer  auprès  du 

guides  nommés  Marouiics.  LndiiU,  temple  de  Flore,    et    que  Flore  lui 

U'ur  maître,  leur  père  cl  leur  modèle,  avait  cuicigiié  ce  luovcn  d'avoir  un 


fils  5  su 


ISIAK  MAR  zg 

pposer  un  voyage  en  Orient,  il  fut  cité  par  Neptune  au  conseil 
comme  si  Olène  était  eu  Orient^  ima-  des  dieux,  et  l'assemble'e  tenue  dans 
giner  que  Junon  se  mit  ainsi  à  vova-  Athènes  l'acquitta.  C'est  a  cet  anti- 
ger  pour  avoir  un  fils  k  elle  seule,  le  que  et  premier  échantillon  des  causes 
tout  par  jalousie  contre  Jupiter,  qui  célèbres  qu'une  des  légendes  les  plus 
«cul  avait  produit  Minerve  de  son  en  vogue  en  Grèce  attribuait  l'in- 
cerveau,  ce  serait  s'égarer  dans  de  slituiiou  de  l'aréopage.  Ouelquesfails 
vaines  broderies  étrangères  a  Tesprit     particuliers  se  dessinent  encore  dans 

de  Tantique  légende.  D'autres  généa-  la  biographie  de  Mars.  Pendant  la 
logies,rudimentaires  eu  quelque  sorte,  guerre  de  Troie  il  se  déclara  en  fa- 
font  de  Mars  le  fils  d'Enyo  (Enyo-     veur   de   Priam.    Vénus  blessée  lui 

Bellone  ou  Enyo-\énus:  sur    cette  permit   de    prendre  sou    char   pour 

question  capitale  comparez  Axahid).  voler  au  combat.   Il  prit   les    traits 

Au    dire    des    Grecs,    Junon  donna  d'Acaraas,  et  tua  une  foule  de  héros: 

son  fils  à  élever  à  Priape  (Titan  ou  il  vengeait  ainsi  la  mort  d'Ascalaphe 

Dactyle  Idéen),  qui  le  fît  préluder  aux  immolé  parles  Grecs.  Mais  Minerve 

cruels  exercices  de  la  guerre  par  la  le  ramena  du  champ  de  bataille,  elle 

danse  furibonde  et  sanglante  des  Co-  fit  asseoir  malgré  sa  fureur.  Ln  autre 

rybantes.  Dans  cette    iivpothèse  ,  la  tre  jour  il  fut   blessé  par  Dioraèdej 

scène   se  passe    en  Plirygie,  et  les  mais  son  cri  terrible ,  semblable    au 

chaînes  montagneuses  de  l'Anadhouli  houra  de  cent  mille  hommes  qui  char- 

serveut  de  gymnase   préparatoire  au  gent  l'ennemi,  fit  trembler  les  Grecs, 

jeune  dieu.  Une  autre  opinion  place  Hébé  et  Péon  réunis  le  guérirent  de 

le  théâtre  de  ses  premières  années  en  ses  blessures. — Mars  n'a  pas,  chez 

Thrace.   Ailleurs,   c'est   une   déesse  les  poètes,  d'épouse  unie  k  lui  par 

Théro  (la  vie  sauvage  personnifiée)  les  liens  solennels  du  mariage,  mais  la 

{ê^!p  ,  béte   farouche)  qui  veille  sur  liste  de  ses  maîtresses  le  cède  peu  eu 

son  éducation.  Mars  prit   part,   se-  longueur  a  celle  des  dieux  importants 

Ion  Claudien,  a  la  guerre  des  génnts,  du  paganisme.  Rien  de  plus  célèbre 

et  tua  dans  celte  lulle  célèbre  Pé-  que  ses  amours  avec  Vénus  et  les  épi- 

lore  et  Mimas.    En  revanche  il  fut  sodés  qui  s'y  lient.    IXul  doute  que 

obligé  de  fuir  devant  Tvphoéej  et,  dans  les  croyances  primitives  des  Pé- 

pour  mieux  échapper  aux  coups  de  ce  lasgues  Mars,  identique  a  Vulcain,  ne 

prince  des  Açoura  helléniques,  il  se  fût  l'époux  légitime  de  Vénus j  mais 

métamorphosa  enpoi.bSon.  Il  faut  re-  dans  les  siècles  postérieurs,  l'Andro- 

marqucT  qu'Apoliodore  ne  parle  pas  gyne-tolalité  se  dédoublant  en  deux 

de  Mars  dans  cette  guerre,  et  que  le  sexes,  donna  lieu  k  la  disliiuclion  de 

grand  rôle  y  est  joué  par  IMinerve.  V'dcain  et  de  Marsj  l'adéquate  subal- 

heaucoup  plus  tard  les  deux  Alcïdes  terne  devint  un  remplaçant  furtif  de 

triomphèrent  du  dieu  des  combats,  Mars,  et  le  Hiéros  Gamos  de  Samo- 

et  treize  mois  de   suite  Mars  languit  thrace  fut  pris  pour  un  adultère.  Vul- 

dans  les  fers  d'Otos  et  d'Ephialle.  Il  cain  .  continuèrent  les  poètes  ,  en  fut 

ne  dut  sa  délivrance  qu'a  l'indiscré-  averti  par  le  Soleil  (Apollon)  qui  lui- 

lif'n    dTphimédie   et   a   l'adresse   de  même  avait  aspiré  k  la  tendre  affec- 

Mercure.  Il  faut  croire  que  son  élo-  tion  de  Vénus,  et  qui  par  celle  déla- 

quence  surpassait  son   adresse  k  ma-  lion  se  vengea  de  ses  rigueurs.  Vul- 

jiicr  l'épée.   Ayant  tué  Halirrhothe,  cain  fabriqua  le  filet  invisible  [f^oy. 


3o  MAR  MAR 

Vulcain),  le  n'aca  arlislemenl  au-  rcffroî  ella  crainte.  Comme  les. syno- 
toiir  (lu  lil  (liii  rc'  é'.iil  les  deux  cou-  nymes  de  ces  deux  synonvraes  abon- 
pahl^'S,  puis  couvoqiianl  l'Olympe,  denl  en  grec,  il  eut  été  facile  de  don- 
dieux  et  déesses,  leur  administra  la  ner  à  Mars  dix  fils  pareils  a  ces  der- 
preuve  fl.iTanle  de  sa  honte.  Les  niers.  On  sent  du  reste  que  ce  sont 
dieux  en  rirent  sous  cape,  et  Mercure  des  parèdres  transformés  en  filbj  car 
en  ril  font  haut  (/^o/.  Mercure  ,  et  fils  et  parcdre  sont  des  émanations 
comp.  de  nouveau  Vulcai>).  Après  subalternes  du  dieu  principal.  Joi- 
Vénus,  on  trouve  encore  en  rapport  gnons  ici  la  liste  conplète  des  divini- 
avec  Mars  Agraule,  Allbée  ,  A.styo-  tes  parèdres  de  Mars  :  Bellone,Enyo, 
ché,  Alalanle  ,  Bislonie,  Calliroé ,  Lyssa,Eris,Dîmo.s(ouFormido),Pho- 
Céléno,  Chrysé,  Crilobule,  Cyrène,  bos  (ou  Pavor),  Pallor,  Phygà,  INicâ 
Démuiiice  (autrement  Andronicc  ) ,  (la  victoiie). — Les  surnoms  de  Mars 
Otrère ,  Painassa  (ou  Egine?),  Pé-  sont  lou.s  relalifs  a  la  guerre.  IS'ous 
ïopée,  Protogénie,  Pyrène  ,  Réa  ne  donnerons  ici  que  les  principaux. 
Sylvia,  Séta,  Slérope  (ou  Asté-  Ce  sont  d'abord  Marmesse  ou  Mars- 
rope),  Télée ,  Telphuse.  Il  eut  de  Piler.  Ensuite  viennent  les  noms 
ces  nvmphes,  princesses  ou  simples  de  Gradivus  (qui  marche  au  com- 
morlelles,  i°  Alcippe  violée  par  Ha-  bal),  Slalor  (qui  arrête,  qui  attend 
lirrhothe  qu'ensuite  Mars  lua  prur  la  de  pied  ferme),  de  Tîchésiplèle  (qui 
veugerj  2°  Mélcagrej  3"  les  deux  ju-  ébranle  les  murs)  ,  d'Alloprosall  (qui 
nicaux  Argonautes,  Ascalaphe  et  lai-  va,  cjui  saute  de  l'un  h  l'autrt), 
mène*  4°  Parlhéuopée  ,  un  des  sept  d'Alalaxios  (relatif  au  houra  des  an- 
cbefs^  B^Téréej  6"Bislon;  y^Lycus,  ciens,  Alalœ!),  de  Thourios  (l'éuer- 
donné  aussi  pour  fils  de  INeptune  ;  8"  gique),  d'Hvperraénèle  ,  d'Amogète, 
IMilégyas:  9"  Pangée;  io°Diomède,  d'Obrimolliyme,  de  Carlérochîr  (qui 
roi  desBislones;  I  r'Miilus,  Evéuus,  indicjuent  vaillance,  fureur,  et  bras 
Thestiiis  ou  Pylus  ou  Pylèsj  12°  robustes),  de  Phonios,  Mi.tphonos , 
HippolytcTAmazone;  i3°Sinope:iii*  Brololvgos,  Polymochlbos  (qui  par- 
un  des  deux  Cycnu^  qui  furent  tués  lent  de  sang,  de  sueurs  et  de  cala- 
par  Hercule  j  1 5"  Oxyle  ;  1 6Me  se-  strophes)  ;  de  Brisarmale,  de  Chalco- 
cond  Cvcnus  que  tua  Herculej  i  7"  Ro-  chy ton,  Chalcocoryste  ,  de  Chalcéos , 
mulusetRému.s;ii)"Bill.ys;i9''()Eno-  Phéraspis,  Doryslhèue,  Chryséopé- 
mas;  20"  Evadné;  2  i«  le  dragon  que  lex  (pittoresques  épilhètes  qui  font 
tua  Cadmus.  Il  faut  y  joindre  deux  saillir  à  l'œil  i  s -épees  d'acier,  les 
autres  fils  d'amantes  inconnues,  Clia-  cuirasses  de  cuivre,  les  boucbers  d'ar- 
Ijbs  (l'acier  personnifié),  qui  dcnna  gent,lescasquesd'or)j  ceux  eufind'É- 
«on  nom  aux  Chalybes,  et  Calydon,  nyalios(Énvo  mâle  ou  filsd'Ényo);  de 
héros  éponmc  d'une  des  capitales  d.  Balhyptolème  (a  la  guerre  profonde), 
PEtolic.  Vénus  aussi  était  devenue  d'Ullor  et  Bis-L'llor  (vengeur  et  dou- 
mèi  e  par  son  intimité  avec  Mars.  Si-  Me  vengeur)  ;  de  Pacifer  (qui  donne 
monide  nomme  Erôs  (l'Amour)  com-  la  paix),  de  Victor  et  ^'icéplloros  (qui 
me  le  fruit  de  celle  union  clandestine,  donne  la  victoire).  On  consacrait  sur- 


I 


MAR  MAR  3i 

sont  braves,  et  livrent  bataille  kp'us  quence  ils  connurent  peu  un  dieu  de 

fort  qu'eux  (le  g(r  faut",  les  autres  sont  la   guerre.  A  Sparte  on  avait  pour- 

rapaces  et  s'éjouisseut  sur  les  cada-  tait  un  Mars  encbainé  par  les  pieds, 

vres.   On  sacrifiait  à  ce  dieu  le  tau-  LaplupartdestemplesdeJMarsétaieiit 

reau,  le  veau,  le  l)élier,  desclievaui  situe's   bors   des   villes.  —  Mars    est 

peut -être,  et  même  des  chiens,  àes  leprésenlé  sous  les  traits  d'un  o-uer- 

î)oucs,des  ânes,  et  mèiiiedes  prison-  rier  des  temps néroïques,  en  qui  s'u- 

niers  de  guerre  j  mais  les  chieui  étaient  uisscKt  la  force,  l'adresse  et  Faffilifé. 

offerts  par  les  Cariens,  les  boucs  par  Les  belles  médailles  de  Métaponte 

les  Lusitanes,  les  ânes  par  les  Scy-  sont  les  monuments  où  il  a  le  plus 

thés  et  les  Saracores.  Est-ce  que  tous  grand  caractère.  Le  corps  robuste  la 

ces  peuples,  placés  sur  le  globe  a  àcs  poitrine  large,  les  bras  vigoureux,  la 

distances  de  quinze  cents  lieues,  ado-  figure  indilFéremmenl  barbue  ou  sans 

raient  le  même  Mars?  ]Xous  répon-  barbe,  l'aiibardi,  sévère,  sombre  ou 

drons  plus  tard  à  cette  question;  pour  menaçant,  le  costume  héroïque  ou 

Piniitant  notons  que  la  Grèce  ei  Piome  bien  la  cuirasse,  voila  les  traits  qui  le 

au  moins  l'honorèrent  sous  ces  noms  caractérisent*  ses  armes  sont  le  grand 

d'Ares    et  Mars,  Rome  surtout  qui  bouclier  argien ,    le  casque,  l'épée. 

lui  attribuait  la  naissance  de  ses  fou-  Quelquefois    des   génies   les  portent 

dateurs,  Romulus  et  Rémus,  et  dont  (^Villemin,  Cosi.ant.,  Si^,  ou  bien 

toutes  les  idées  étaient  tournées  à  la  préparent  son  trône  (Pitturc  ci' Er- 

guerre.  Le  culte  des  prèf.res  salieus,  colano^  I,  29).  Très-rarement  il  est 

institué  par  ÎSuma  et  lié  aux  Auciles,  précédé  de  la  chouette  de  Minerve 

fut  le  premier  hommage  rendu  par  Évmbolc  de  la  prudence  qui  doit  se- 

ccs  futurs  conquérants  du  monde  au  couder  la  valeur.   De  temps  à  autre 

dieu  de  la  guerre  {J^oy.  Salius),  Le  aussi  il  porte  l'égide  sur  la  poitrine, 

temple  même  de  Janus  ne  doit  être  Un  char,  traîné  par  des  chevaux  fuu- 

regardé  que  comme  un  temple  com-  gueux  que  guide  Bellone.  lemporle 

mun  a  la  paix  et  a  la  guerre.  Dans  la  sur  les  champs  de  bataille  ;  Dimos  et 

suite  il  eut  des  chapelles  au  Capitole  Pallor  le  précèdent,  Pbvgà  le  suit 

et  dans  plusieurs  des  villes  romaines,  quelquefois  jNikà  est  dans  ses  mains. 

Toutefois,  les  Romains  souvent  paci-  Dimos  et  Phobos  (Formido  et  Pavor) 

fiques  en  paroles  élevaient  des  tera-  sont  parfois  les  deux  chevaux  qui  font 

pies  a  la  paix,  âlaconcorde,  ou  bien,  rouler  la  bige  sanglante.  En  général 

concentrant  toutes  les  puissances  par  il  reste  peu  de  Mars  de  Tancieu  style. 

tielles  dans  leur  Jupiter ,  invoquaient  Alcamène  en  fit  un  le  premier  :  la  sta- 

uu  Jupiter  Stator,  Férétrius,  Milita-  iac  était  debout.  Scopas,  un  peu  plus 

ris,   etc.   C'est   plutôt   aux  époques  tard,  figura  le  dieu  assis  de  grandeur 

postérieures  que  l'on  vit  le  dieu  des  colossale.  — Mars  est  uu  dieu  d'ori- 

armes  se  distinguer  très-nettement  du  gine  hindoue,  et  très-probablement  un 

dieu  suprême,    et  avoir  sous  sa  sur-  Siva  subalterne  en  tant  que  force, 

veillance  le  département  de  la  guerre,  c'est-à-dire  un  Skanda,  Soubramania 

Auguste  fit  bâtir  un   te  ni  pie  à  Mars  ou  Karlikéia.  Privé  de  cette  puissance 

Lltor  après  la  bataille  de  Philippes.  qu'il  eut  dans  l'Inde  méridionale,  ou 

Quant  aux  Grecs,  pendant  long-temps  peut-être  grcàce    a  celte   supériorité 

ils  firent  de  leurs  dieux  favoris  des  qu'il  eut  dans  l'Inde,  le  culte  de  Siva 

protecteurs  de  la  cité,  et  çn  couse-  passa  de  bonne   heure  dans  les  ré- 


32 


M\R 


gions  de  la  haute  Asie,  el  la  Tran- 
soxane  rn  fui  lon;;-lcmp.s  le  foyer. 
Oiipput  supposer,  il  est  vrai,  que  dans 
celte  cnii'Taliondu  culte  hindou,  c  est 
Bhavani,  l'épouse  et  souvent  Tanta- 
goniste  de  Siva,  qui  se  popularisait 
dans  Tcsprit    des   A^ialicpies.    INous 
l'admettons.  INIais  que  ce  système  ne 
devienne  pas  exclusif:  Bhavani  dans 
cet    exil   n'est  plus  l'ennemie  de  Si- 
va;  le  couple  sacré  se  réconcilie  ou, 
pour  mieux  dire,   Siva  résume  Bha- 
vani, lihavani  implique  Siva.  Toute- 
fois,  de   celte  idée   commune  éma- 
nent deux  faces  de  culte  :  dans  Tune 
Siva,    le  dieu   IMars,  s'en  v»    vers 
Test  et  le   nord;   dans  l'autre  Bha- 
vani avance,  suivie  de  son  fils  Kar- 
likéia,    vers    le   nord   et    le    uord- 
cuesl.  De  tous  côtés  pleuvent  les  ter- 
res guerrières,  les  lunes  guerrières, 
les  ondes  guerrières,  les  génératrices 
guerrières,  les  routes  éloilées  guer- 
rières.  L'Arménie  a  son  Anahid  ,  le 
Caucase  son  Amazone  modèle,  laTan- 
ride  son  Opis,  le  Danuhe  sa  Bendis , 
la  Phrvgie  sa  Cvhèle.  Dnns  tous  ces 
lieux  un  Alvs,  un  dieu  suhalterne,  un 
parèdrc  jeune,  beau,  agile  cl  robuste 
se  dessine  sous  la  rude  matrone.  Ce 
dieu,  c'est  Mars.  Alys  au-dessous  de 
Cybèle;  Skanda  au-dessous  de  Bhavaoi 
dans  le  pays  des  Saces  ;  Mégabvze  au- 
dessous  de  cette  amazone  modèle  dont 
le  nom  n'est  pas  donné,  mais  que  rien 
n'empêche    de    nommer     Martésie  ; 
Thoas  ou  Taure  (Thor)  au-dessous 
d'Ojiis,  et  INlars au-dessous  de  Bendis: 
voila  les  groupes  mythologiques  tels 
qu'ils  furent  dans  la  pensée  des  peu- 
ples.  Mais  bienlôt   chacun   adore  à 
son  gré  séparément  la  déesse  sans  son 
parèdre  ,  le  parèdre  sans  la  déesse. 
Aras    un    jour    se    trouve    isolé   de 
Bendis.  Vous  croyez  qu'il  Ta  été  de 
tout  tempsV  Toul   prouve  cpio  non. 
Voyez  dans  Samulhrace,  si  voisine  de 


MAR 

la  Thrace,  Aras  couché  dans  le  même 
lit  avec  Aphrodite,  Aphrodite  queles 
Latins,  héritiers  directs  du  langage 
pélasgique  comme  les  Venètes  ou  Ve- 
nèdes ,    nommaient   Vénus.    Vénus, 
Vendis,  Bendis  ,   voila  le  ménoie  mot 
faisant  écho  des  bouches   de  l'Ister 
aux  sources  du   Save  (faux  Danube) 
en  Islrie,  et  de  Tlslrie  dansTEtrurie 
et  dans  les   vallées  des  Sabins.  Des 
coïncidences  bien  plus  curieuses  vont 
encore  se  dérouler.  Mars  en  Thrace 
était  adoré  sous  la  forme  d'un  vieux 
sabre  fiché  en  terre.  Eh  !  bien  à  Rome 
cl  chez  les  Sabins  le  dieu  Quirinus, 
qui  est  Mars  même,  ne  fut  dabord 
que  la  lance,  queir^    la  lance  féti- 
che chéri    des   guerriers,    la   lance 
tour  a  tour  donnée  comme  arme  fi- 
chée en  terre  par  un  bras  puissant, 
ou  comme  produit   spontané  du  sol. 
Le  javelol-figuier  du  vieux  Romulus 
n'est  pas  autre  chose,  ou  tout  au  plus 
V  a-t-il  sous  celte  léc^ende  l'idée  d'un 
Mars  rival.  Mars  sabin ,  d'un  pilum 
futur     vaincpieur    de    la   hasie    des 
Italiotes.    La   Transoxane    offre  le 
même  spectacle.  La  aussi  c'est  a  une 
épée  immobile  en  terre  qu'on  rend 
hommage.    Bhavani    s'appelle    dans 
celle  région  lointaine  Asadévi.  Skanda 
son  fils,  vaincu  par  le  dieu  diplomate 
Ganéca,  comme  JNlars  par  les  favoris 
de  Minerve,  comme  Ajax  par  Liysse, 
s  en  va  frémissant  dans  les  régions  du 
nord,  et  là  piongeson  glaive  dans  la 
gorge  de  la  terre.  Ce  glaive,  ajoute- 
t-ou,  est  Asadévi.  Qu  il  soit  Asadévi, 
qu'il  soit  Skanda,  voila  le  Mars  féti- 
che tout  trouvé;  et  la  Scvlhie  au  nord- 
est,  le  Latium  au  sud-ouest,  la  Thra- 
ce au  milieu,  nous  présentent  trois 
jalons  remarquables  de  l'itinéraire  du 
dieu  de  la  guerre.   ?^e  nous  imagi- 
nons pas   que  ces  jalons  soient  les 
seuls  !  La  Germanie,  la  Gaule,  l'His- 
panie,  adoraient  aus.>i  un  Mars  féli- 


I 


MAR  MAR  33 

cbe.  Le  nom,  certes  nous  ne  sommes  de  neuf  Libetbrides,    Heliconides 
pas  fie  ceux  qui  tenteront  de  le  don-  Plmpléides,  modulant  des  chants  clas- 
ner^  mais  quant  a  TiJée  d'être  aveu-  siques  sur  ceux  du   maître,   et  for- 
gle,   on  doit  reconnaître   qu'el'e  se  mant  autour  de    lui  uu  cercle   dont 
pi  ésente  d'un  bout  de  TEurone  k  Tau-  il    est  Tàme.    Les    svncrélisles  ,  qui 
Ire.  El  quoi  de  plus  simple?  c'est  un  même  en  fait  de  fables  ne  déran^j-pnt 
des  mille    traits  qui  ont  signalé   le  pas  les  existences  acquises,  concilié- 
voyage  (le  celte  grande  race  hindo-  rent  au  mieux  les  deux  récits.  Apol- 
gennauique,  se  répandant  de  proche  Ion    et    Marsvas    ne    firent  d'abord 
en  proche  des  flancs  boisés  de  l'ima-  que    de    la  musique    inslrumen'a'e 
laïa  k  la  pointe  de  A\  ardhiius  et  k  et      ^larsvas     l'emporta.      Apollon 
l'ile  de  Léou,  sur  les  plaines  délicieu-  alors   joignit    la    voix   k  la  Ivre    et 
ses  qui  s'éteudeot  au  sud  deTAlbordj  fil  pencher  la  balance  en  sa  faveur, 
et  du  Caucase,  et  dans  le  voisinage  Une   autre    légende  montre    Midas 
des  Geisers  de  l'Islande  et  des  eaux  choisi   pour    juge;   mais   c'est  entre 
boui'laules  qui  fument  au  sein  de  Thi-  Pan   et  Apollon  qu'eut  lieu  la  lutte 
ver  éterneL  dont  le  roi  de  Célènes était  l'arbilre; 
MAR^E,  Marsus,    Maotoç,  fils  l'erreur  du  reste  n'est  pas  des   plus 
d  Lljsse  et  de  Circé  ,  donna  son  nom  graves,  car  dans  l'un  et  l'autre  cas  il 
à  la  célèbre  peuplade  des  Marses  en  s' agitde  la  supériorité  des  instruments 
Italie.  Toutefois,  les  Marses  préten-  k  veotsur  les  instruments  k  cordes,  et 
daient  aus^i  descendre  soit  d;i  Phrj-  peut-être  d'un  différend  entre  deux 
gien  Marsyas.  soit  de  Mars  lui-même,  systèmes  de  musique.  Admis  ce  point 
Tacite  place  eu  Germanie  un  peuple  de   vue,   Marsvas  représenterait  les 
qu  il  aomme  Marsc;  il  a  tort  de  le  Gluckistes  des  anciens  jouis,  ApoUoa 
rei^arder  comme    une   des  branches  se  trouverait  un  précurseur  des  Pic- 
priicipales  des  (jermains.    Ils  se  di-  cinisles.  Comp.  jVIidas.  Quoi  qu'il  en 
saient  issusimmédialerae  it  du  grand  soit ,  Apollon  déclaré  vainqueur  or- 
dieu  de  la  Germanie,   Tuiston.  On  donna  d'attacher  Marsyas  k  un  arbre 
nomme   aussi   des  Marsaces.    f^oj\  et  de  Técorcher  vif;  il  paraît  que  la 
Pline,  IV,  i5.  peau  du  célèbre  musicien  resta  sus- 
MARSYAS,  My.pTvx;  y    fils  d'O-  pendue  k  l'arbre  :  car,  dil  Elien,  joue- 
lympe     ou    dHvaLtnis ,    ramassa    la  t-ou  de  la  flûte,  elle  s'agite  et  réson- 
flule   inventée  par  Minerve,  cultiva  ne*  joue-t-on  de  la  lyre,  elle  reste 
1  instrument  imaginé  par  la  déesse,  et  immobile  et  muette.  Quand  le  dieu  du 
inventa  la  double  tlùlefcorap.  Pa.n)  et  jour  eut  passé  sa  colère  aux  dépens 
la  ligature  qui  empêchaitlei^onflement  du  pauvre  joueur  de  flûte,  il  eut  re- 
du  visage:  il  finit  par  porter  un  défi  gret  de  ce  qu'il  venait  de  faire,  et, 
musical    au    dieu   possesseur   de    la  sans  doute  pour  consoler  l'ombre  de 
lyre.   Les  Muses  choisies  pour  arbi-  Marsyas.  il  brisa  les  sept  cordes  de 
ires    aonnèrent,   comme  de  raison,  sa  Ivre ,  et  en  déposa  les  débris  avec 
'a  préférence  au  Dieu  Musagète,  Des  les  flûtes  de  son  antagoniste  dans  une 
Icgenàcs  qui  o  it  pour  elles  di'  Tanti-  grolte  consacrée  k  Racchus.  Le  sang 
qnile  rcorésenlent  au  contraire  Apol-  de  Marsvas  devint  un  fleuve  du  même 
Ion  Taiûcu   au   jugement   des  Mu^es  nom.  Au  reste,  les  anciens  connais- 
raêoies.   A    celte  époque    on    n'avait  saieul  trois  rivières  de  ce  nom  ,  l'une 
pas  sans  doute   constitué  un  chœur  dans  la  grande  Phrygie  non  loin  d'A^ 

LV.  3 


34 


MAR 


panée,  Taulre  dans  rApamène  en 
Syrie,  au  milieu  d'une  Irès-grande 
plaine  de  int-mc  noui ,  la  troisième 
<ianslaC\rrlifslicjue. — La  flùle  étant 
jointe  au  culte  de  Cvbèlc,  on  admit 

3ue  Marsyas  était  le  père  nourricier 
e  cfUe  déesse  ou  son  instituteur,  et 
qu'il  l'accompagua  dans  ses  voyages. 
Uiodore  vante  sa  ccnlinence.  \  a-t-il 
là  un  vestige  du  célibat  et  de  l'eunu- 
cbisme  des  Corybantes? — Un  groupe 
célèbre  de  Marsvas  est  celui  qu'on 
trouve  dans  le  recueil  de&  marbres  de 
Dresde,  pi.  65.  Monlfaucon  en  a 
donné  un  grand  nombre  ,  lom.  I ,  i"^*" 
part.  ,  55  ,  54 .  On  peut  voir  encore 
un  ma^niBque  bas-relief  qui  repré- 
sente le  supplice  de  Marsvas,  dans 
\\'iiKke\màim,  jUonurn.  ined.,  42. 
Au  reste,  les  anciens  metlaienl  sou- 
vent sm'  leurs  places  des  sta'nes  de 
Marsvas. — On  représente  Marsyas 
comme  un  être  semi-sauvage,  ù.)p  ou 
(py^j  disent  les  légendes.  C'est  donc 
un  Pan,  un  Sylvain,  un  Ceph  ou 
Cépliée,  un  Kabho-Mansou,  un  lla- 
nouman,  enfin  un  dicu-singe  a  côté 
des  grands  dieux. 

MARTESIE,  Mabtesia,  '^Ixprrr 
c-i'uj  reiue  des  Amazones,  partageait 
l'empire  avec  Lampéto  ou  J^ampéilo. 
Ce  nom  ressemble  singulièrcmtnt  à  ce- 
lui de  ^Jnrpésie,  mais  plus  encore  à 
celui  de  Mars,  et  surtout  k  celui  de 
Brilomarlis(la  doucevicrge).  Ccidciii 
dernières  coïncidences  sont  graves. 
D'Ares  (Arles,  Iirlosi,  etc.  )  à  la  fière 
Artémis  ,  le  passage  est  facile  en 
nom  comme  en  idéej  et  d'autre  pail , 
qu'est-ce  (pic  la  douce  vierge,  la  vier- 
ge des  Cretois?  Aitémis,  on  le  ^ailj 
et  Artémis  est  la  grande  souveraine 
des  Amazones. 

MAR  lit  S,  devin  ilaliote,  passait 
pour  avoir  composé  des  livres  qui 
étaient  conserves  dans  le  tré»ur  du 
Capitule  avec  les  volumes  sibvUins 


MAS 

Le  sénatus-consulte  qui  déclara  ces 
livres  sacrés  avait  été  rendu  après  la 
bataille  de  Cannes  prédite,  dit-on,  par 
Marlius.  \  ers  le  même  temps  aussi, 
les  Romains  instituèrent  des  jeux  en 
l'honneur  d'Apollon,  le  tout  sur  Tor- 
die  ou  la  recommandation  de  Martius. 

MARTZAINA  était  la  déesse  des 
moissons,  selon  les  Slaves  de  Kiev. 
On  a  voulu  en  faire  une  ^énus  des 
Sarmates. 

MARLNLS.  Foy.  Maeou5. 

I\l ARVAINDYN,  Marya>dy>us , 
WastaveTwo?  ,  béros  éponyme  des 
Marvandvnes  en  Bilbvnie.  Comme 
on  ignorait  l'origine  de  ce  peuple 
qu'eu  général  les  modernes  dérivent 
de  la  1  hrace,  ainsi  que  les  Tbvni,  les 
uns  fiferit  de  I\jarvandvn  un  fils  de 
Pbryxos  (origine  ihébaine  pélasgi- 
que)  ,  les  autres  lui  donnèrent  pour 
père  soit  Piiiuée  (origine  thrace),  soit 
Cimmérius  (origine  kimrique,  très- 
douteuse  par  conséquent,  mais  incon- 
testablement plus  septentrionale  que 
les  autres,  transdanubienne  et  peut- 
être  taurique). 

MASAUIS,  Bacchus  en  Carie. 
On  donne  pour  origine  a  ce  nom  Ma, 
nouriice  de  Bacchus,  et  Ares,  parce 
que  Pda  persuada  a  Junon  que  son 
nouirisson  était  un  fils  de  Mars. 
Comp.  l'art.  Ma.  Poumons,  il  sem- 
ble (jue  Masaris  est  le  Mahécouara 
des  I»des(/'^  o y.  Bacchus  qui  a  pres- 
que tous  L's  Uv-ras  usuels  de  Siva). 

MASSIQUE,  Massicus,  chef 
étrusque  qui  conduisit  au  camp  d  E- 
née  les  guerriers  de  Clusism  et  de 
Coses.  Un  vin  de  ce  i  om  (Massicum) 
était  fameux  h  Rome  du  temp^  d'Ho- 
race, et  se  confondait  presque  avec  le 
Falernc.  Tous  ces  vignobles  sent  dé- 
truits aujourd  hni  :  ai;  reste,  il  faut 
noter  que  Massique,  ainsi  que  Massa, 
appartenait  h  l'Elrurie,  tandis  que 
Falemcj  Gaure,  Cales  et  les  coteaux 


MAT 

massiques,  tous  voisins  de  Sorrente, 
faisaient  partie  de  la  Campanie. 

MASTOR,  Muo-la>p,  1°  de  Cy- 
tlière,  père  de  Lvcophron  j  2°  père 
du  devin  Halitherse. 

MATAI,  le  dieu  du  vent,  selon  la 
le'gende  d'OtaVti  (  ^oj^.  Ta>"e;  et 
comp.  la  légende  contraire^  article 
Etoua-Rahai).  Dans  celle-ci  le  vent, 
nommé  Orré-Orré,  est  membre  d'une 
triade  sacrée. 

M\TALI  ,  conducteur  du  char 
d'Indra. 

AlArCHI-MAMTOU  est,  selon 
les  sauvages  de  l'Amérique  nord , 
un  dieu  malfaisant ,  le  même  que  la 
lune.  Les  orages,  disent-ils,  ne  sont 
causés  que  par  l'esprit  de  la  lune  qui 
s'agite  au  fond  des  eaux.  Aussi ,  lors- 
que  les  tempêtes  se  fout  sentir^  jel- 
tent-ils  au  fond  des  eaux,  afin 
d'apaiser  le  dieu  malin  ,  tout  ce 
qu'ils  ont  de  plus  précieux.  —  Mat^i, 
JVJalchi  veut  dire  lune  ,  et  Manitou 
esprit.  Corap.  Amazoises  et  Mani- 
tou. 

ftJATCHIA-VATARAM,  ou  plu- 
tôt Matsiavatar  ,  c'est  Vicliuou- 
poisson  (première  incarnation). 

MATERA,  Micerve-pique,  ou  or- 
née de  piques.  La  Matera  était  un 
trait  a  l'usage  des  Gaulois. 

MATËPvES,  MuTipiç,  c'esl-a-dire 
wiiREs,  déesses-mÈres.  J"^.  Mères. 
MATlLALKUIAjla  déesse  des  eaux 
selon  les  Aztèques,  était  représentée 
vêtue  d'un  linge  Lieu  céleste  eu  forme 
de  tunique. 

Ma  i  KOMEK,  dieu  des  indigènes 
de  l'Amérique  septentrionale  et  prin- 
cipalement desiroquois  ,  était  le  dieu 
de  l'hiver  j  c'est  du  moius  en  cette 
saison  qu'on  l'invoque. 

MATRiE,  Matres.  ;^.  Mères, 
et  comp.  l"arl.  suivant. 

MATRIS  (les)  sont  huit  ou  dix 
déesses,  effloresceuces  divines  de    la 


MAT 


35 


haute  Mahamaïa,  Mahaçakti ,  Maha- 
matri.  On  les  nomme  dans  le  Dévi 
Mahatmiam,  Brahmi  (fille  de  Brah- 
mà  )    Mahécouari     (fille    de   Slva), 
Aindri      (  fille     d'Indra  ) ,     Yarahi 
(fille    de   Yaraha),    Yaichnavi  (fille 
de    \ichnou),    Kaouraari    (fille  de 
Koumara),  Raouvéri  (fille  de  Rou- 
véra).   On  peut  leur  joindre  Nara- 
cigni  (fille  de  ÎNaracingha)  ou  Tchan- 
dika  (surnommée  Aparadjila)ouTcha- 
mounda.  Tour   a  tour  les  énuméra- 
tions  présentent  ou  huit  ou  dix  Ma- 
tris.  Les  trois  dernières  sont  celles  à 
qui  l'on  conteste  le  plus  souvent  une 
place  dans  les   listes.    Il   est  essen- 
tiel  de    remarquer    que    les  Matris 
n'apparurent    dans  la   mythologie, 
telles   que  nous  les  trouvons  aujour- 
d  hui,  que  lors  d'une  fusion  des  cul- 
tes.  Trois  d'entre  elles  ,  Yaichnavi 
Yarahi,  ÎSaracigui  sont  vichnaviennes. 
Brahmi ,  Raoumari,  Raouvéri  appar- 
tiennent au  Brahmaïsme  j  Mahécoua- 
ri ,  Tcharaounda  et  Tchandika  ,  l'in- 
vincible tueuse  de  Mouuda,   sont  A^s 
émanations  sivaitiques.  Aindri  flotte 
sur    les   confins    de  Vichnou   et    de 
Brahraâ.  A   présent,  quels  sont  les 
rôles,  les  caractères  et  les  places  des 
Matris?    i^    C'est    au    brahmaïsme 
qu'on  donne  vulgaireraentles  huit  Ma- 
tris. On  a  tort:  comme  elles  ne  se  lo- 
calisent sous  aucune  des  trois  jurandes 
déités    trimourtlques ,   c'est  dans   le 
brahmisme    quil   faut  les    réabsor- 
ber,    car  Brahm    résume   Bhramâ, 
Yichnou  ,  Siva.    2°  Souvent  on    fait 
des   huit  déités  féminines  un  groupe 
parallèle  aux  Yaçous.  Yarahi,  dit-on, 
préside  au  nord,  Mahécouari  au  sud, 
Brahmi  a  l'est,  et  Raoumari  au  cou- 
chant.   Puis  viennent   au    nord-csl, 
Nararigni,  au  nord-ouest  Aparadji la  , 
au  sud-ouest  Aindri,  au  sud-est  \  aich- 
navi,  Corap.  les  huit  Y"açous  prési- 
dant aux  huit  Rhumb5  principaux  de 

3. 


36 


MAT 


la  rosedfs  venls.  5°I1  est  tout  sim- 
ple que  les  huit  Matris  se  récapilu- 
lent  par  une  IMaliamalri.  Wahamalri, 
nul  n'csl  aiilre  (jue  Mahaiiiaïa  ,  est  un 
c.ntre    Hu   cercle    dont   les   simples 
Ma  tris    occupent    la    circonférence: 
d\lif  paitenlles  huit  rayons  qui  vont 
affleurer  6e  /^o  en  /^o  dcj^rés  a  la  pé- 
ripliéiie  circulaire;  a  elle  reviennent 
converger  ces  luilldivergcnces:  k  elle 
seule    elle  est  le  cercle  entier.   Elle 
dVsI  pas  la  somme  des  huit  unités, 
elle  est  l'entière  somme  des  fractions, 
et  les  fractions  ici  soûl  huitluiilièmes. 
4."  Il  V  a  liaison  intime  eutre  les  idées 
énergie    et    production.     Or,     mère 
nVst  pas  nuire  chose.  Comp.    Tari. 
Maïa  :  Maïa  est  Sakti.  Sakii  est  Ma- 
Iri,  Sakti  se  se  nde  en  hcil  Malris,  et 
Saktis  et  Malris  ne  forment  qu'une 
seule  ogdoade.  5°  C'est  surtout  dans 
l'Épopée  grandio.>e  dei  gu.rresconlre 
lesgéants,(ju'ilesl  question disMatri.s. 
Tcliandi  tl  tous  ses  a'iiés  s'é  ancent 
entre  les  dieux  :  qui  les  sativa?  l'our 
les  Sivaïtes,  auteurs  du  Markandtia- 
Pourana,  c'est  Dourga.  gigantesque 
et  hautecomme  une  montagne,  Dour- 
ga. déesse  a  dix  bras ,  a  dix  armes, 
éblouissante  de  beauté.    «  La  Sakti 
9  Iirnhmi,lesreinsreintsd\iDe  corde 
■a  blanclic,   et    portant   une   gourde 
»  creuse,  vint,  montée  sur  un   char 
»  lire  par  deux  cygnes  :  elle  a  pour 
»  surnom  Brahmani.  Ensuite  apparut 
»  Mahéçouari,  montée   sur   un    tau- 
y>  reau,  armée  du  trident,  portant  un 
■»  large  serpent  en  guise  de  bague  et 
»  le  ciolssant  de  la  lune  pour  orne- 
>i  ment    de   tête.  Parmi  les  ennemis 
n  destines  à  combattre  les  enfants  de 
3»  Diti  (Titans),  se  montre  aussi  kaui:- 
»  raari,  dont   l«  s  mains    tenaient   la 
»  lance,  a  laquelle  ua  paon  seivait  de 
»  monture,   et  (jni,  sous    f'-rme   de 
»  Kartikaïa,  éiail  Aml)ika(la  luère). 
»  Vaicbnavi  ariiva  moulée  sur  uu  ai- 


MAT 

»  gle ,  portant  la  conque,  le  disque, 
j)  la  mas>ue,  l'arc,  l'épée,  que  ses 
»  cinq  mains  soutenaient.  Sousle  nom 
»  de  Varahi,  vint  ^ener^ie  de  Hari, 
»  qui  prit  la  forme  sans  égalede  l'ours 
ï)  sacré.  On  vit  se  présenter  INara- 
»  cigni  (femme-lion),  dont  la  forme 
»  resseii  blait  absob  ment  h  celle  de 
»  ]Naracingh(homme-'ion)-  sa  crinière 
»  se  hérissait  ,  el,  s'élevaul  formida- 
»ble,  menaçait  les  cieux.  Ensuite 
»  Aiodri,  portant  le  tonnerre  dans  sa 
»  main,  el  montée  sur  le  roi  de.«>  élé- 
7)  phnnlsj  semb'able  en  tout  a  Indra 
n  aux  cent  yeux.  Et  eu6n ,  rénerj^ie 

V  tel  rib'e  nommée  Tchandlka  :  Sakti, 
»  qui  s'élança  du  corps  de  Uévi  (Par- 
»  vali  elle-même),  horrible,  poussant 
33  de  longs  hurlements ,    pareils    aux 

V  gémissem^ntsaffreux  deceni  chakals 
»  à  la  lois.  Ce  fut  elle,  la  déesse  in- 
n  vincible ,  ce  fut  Aparadjila  qui 
n  pai  la  en  ces  mois  à  Icana  ,  dont  'a 
7>  tète  est  environnée  des  tresses  noi- 
»  res  de  ses  cheveux.  On  vit  Tcha- 
»  miiida  deîio'it  sur  un  cad.ivre  , 
»  Varahi,  assise  sur  un  buffle  ,  Ain- 
»  dri  moulée  sur  un  éléphant,  Vaich- 
3î  n-vl  portée  par  un  aigle,  Malié- 
»  couari  par  uu  taureau  ,  Ra"umari 
»  par  un  pion,  [»ra'  mi  paruncvgne, 
»  enfin  Aparadjila,  que  le  monde  en- 
ïî  lier  révère.  Ce  sont  les  ÎMalris 
M  douées  de  toutes  les  facultés. 3>  Il 
faut  lire  la  ^n  de  ce  magnitique  épi- 
sode dansEiig.  hmnonï ,  Jo urn .  as . ^ 
tome  1\,  24  ,  02  ,  ou  mieux  en- 
core daiis  Holwel  el  Edward.  Les 
dix  déesses  ici  sont  autant  de  rayons 
du  soleil  de  Bbavan».  «  Les  Saktis, 
va-l-on  dire,  ne  rentrent  donc  pas  ici 
d.ins  le  brahmisMie  ?» — !Non  et  oui. 
INou  :  car  la  Dourga  qui  luede.sgéants 
est  lîhavani.  Oui  :  car  Bhavani  pour 
les  lihavauisles  était  lagra  aie  déesse, 
la  mère  de  la  Trimoirti,  la  reine, 
rèlrc.  Elle  ne  uail  pas  de  Siva,  Siva 


MAT  MAT                   37 

Eaît  d'elle  j  elle  nVst  pas  un  des  an-  qui  ravageait   son  royaume.   Investi 

gles  du  triangle,  elle  est  le  triangle  •  peu-a-peu   de  toute  la  confiance  du 

c'est  Maharaaïa.  Et  ce   n'est  pas    la  prince,  un  jour  ^latiise  l'invite  avec 

une  interprétation.  L'Homère  hindou  ses  fils  a  r.u  repas  splendide  ,  égorge 

qui    a   lais:^é    tomber  le    chant    des  ces  jeunes  victimes  du  crime  de  leur 

splendtnrs de Dévi\e^T0c\3ime\m-  père,  e)  offre  k  Démophtm,  dans  une 

même,  a  dix  reprises.  Daulre  ;^art,  coupe  d'or,  la  pourpre  écnmeusede 

aussi,    il  faut  penser  que  ces  Poura-  leur  sang.    Démophon  ,  échappé  des 

nas  furent  lédigées  à   une  époque  où  raaius  de  Matuse,  le   fit    jeter  à  la 

!e  sivaïsme  av.iit  fléchi  sous  des  cul-  mer  avec  la  coupe  fatale.  Mais  tous 

tes    plus   heureux,   et  où  en  con.^é-  dtux  en  furent  tirés  par  les  dieux, et  la 

quence  les  Orphées  sivaïques,  tout  en  coupe  devint  une  constellalion. 

exaltant  leur  déesse  chérie,  ne  peu-  MA.TLTA,  divinilé  latine,  quivul- 

venl  refuser  Tt-ntrée  dans  leurs  vers  a  gairement  passait  pour  la  même  que 

des  divinilésrivales  ou  ennemies.  la  Leucolhée  ou  Leucolhoé  des  Grecs 

MATTA  est  encore  de  nos  j"urs  [Cic.  Nal.  d.  £>.  ,1.  lîl,  cli.  19),  et 
honorée  à  ?Saj;rakal  (Lahore)  dans  à  qui  l'on  donnait  pour  fils  Portunus, 
uueiiche  pagode  où  se  rendent  beau-  Téquivalenl  romain  du  Pa'émou  bel- 
coup  de  pèlerins.  On  assure  quç  des  léniquefcomp.  PALCMON).Tuusdeux, 
enlhousiasles  se  coupent  u;i  morceau  après^'èlre  précipités  dans  la  nier,  ar- 
de  la  langue  pour  le  lui  offrir.  Se-  rivèrent,  portés  par  les  Néréides,  sur 
rail-ce  un  dieu  du  si'ence  ?  les  côtes  du  Latium,  où  ils  auraient  été 

M  VTTA-SALO.MPO    passait    h  mas.-acrés  par  les  Bacch:inles  si  Her- 

Célèhes     pour  le   premier  roi   de  la  cu!e  ne  fût  venu  à  leur  secours.  Alors 

capitale,   Boni.  Comme  Boichica    et  la  mère   et  le  fi's  adirés  par  les  no- 

IViaukokapak ,  il  s  était  marié   à   une  mndes  du  Latium  recurent  d'eux  des 

Eve  de  même  nom  et  en  avait  eu  un  noms  latins.   Portunus  ,  ainsi  qu'on 

fils  et  cinq  filles  de  qui   descendirent  peut  le  deviner    au    nom  seul,  était 

tous  les  princes  de  Boni.  Au  bout  de  cen>é  présider  aux  ports.    Tout    an- 

quarante  ans  le  couple  divin  retour-  nonce  doue  en  Malula  et  enPortunus 

na  flans  l'empvrée,   sa    patrie.    Les  de.s   divinité»    marines   ( /^.    Ovide, 

Dorabres  i  et  5  sont  ici  assez  remar-  FasUs,  1.  VI,  v.  4-7 3,  eic^  comp. 

quables.    La  maiu   s'émane  en    cinq  Oudendorp,  sur  VAne  d'or  d'Apu- 

doigts.  Puis,  autre  question  :  lessœurs  lée,  p.  ooy).  Mais  sous  d'autres  rap- 

11e  sont-elles  pis  des  épouses?  Comp.  ports  ,  Matuta  semble  s'éloigner  con- 

Bath,  surtout  pag.  4- h,  tom.  LUI.  sidérableraeut    de  Leucothée.   Dans 

MATUR^E,  Maturna,  déesse  Lucrèce  (1.  V,  v.  655,  656),  on 

romaine,    était    invoquée  lorsque  le  la    voit    ramener    l'Aurore  au    sein 

blé  venait  en    maturité.  de    Téther.   L'adjectif  latin    Matu- 

M\TLSE,  Matusius,  dePh^agu-  tinus   ne-  peut  dériver  que  d'in  mot 

se,  semblait  l'ami  le  plus  dévoué  du  bien  voisin  de  Matula.  D'autre  pirt, 

roi  Démophon.  De  sombres  désirs  de  Li   fêle  de  cette  déesse    se    nommait 

vengeance    couvaient  sous  celle    ap-  Malralies  (J/^/r<7/i<^)  ;  et  diverses 

parente  tranquillité.  Démophon  jadis  circonstances  (on  l'invoquait  en  faveur 

enlevant  sa    fille  l'avait  immolée    au  des  enfants  des  autres)  impliquent  ici 

pied    des   aute's    pour    oblei  ir    des  l'idée  de  raaternilé.  Cette  iJée  et  celle 

dieux  la  fin  d'une  maladie  épidémiquc  d'Aurore   se     concilient   facilement. 


38 


MAV 


Maluta,  espèce  d'Aurore  latine,  dées- 
se du  jour,  est  par  là  même  la  di^'esse 
qui  met  au  jour,  la  déesse  qui  faci- 
lite li-s  afCoucliemcDls  :  c'est  presque 
nnt-  llillivc.  Aussi  Junon  porle-t-elfe 
le  nom  de  Matula.  Celle  qualifi- 
cation piouve  tout  simplement  que 
les  deux  divinités  sous  certain  aspect 
se  foudaieut  dans  une  idée  com- 
mune, celle  d'accoucheuse  ,  d'intro- 
duclrice  a  la  lumière.  IMais  y  a-l-il 
moyen  de  conci^cr  de  même  1  idée 
d'Aurore  Ililhye  et  de  Lrucolliée? 
C'est  ce  qui  nous  semble  indubitable, 
quoique  jusqu'ici  Ton  n'y  ait  point 
songe.  Leucolhée,  nourrice  et  tante 
de  Hacchus,  n'est  évidemment  qu'une 
divinité  lumière,  une  aurore  (Awc»;  , 
lumière  j  >.ft»teV,  blanc  :  Albescerc 
liictmy  etc.  /'  o>-.  Leucothot'j.  Les 
Matralies  se  célébraient  le  ii  juin. 
Le  jour  était  néfaste.  Les  dames 
romaines  avaient  seules  le  privilège 
d'entrer  dans  le  temple  de  Matutaj 
elles  y  admettaient  cependant  une 
esclave ,  qu'el'es  renvovaient  après 
l'avoir  légèrement  soufilelée.  ce  qu  0- 
vide  aMribue  a  la  haine  qu'Ino,  d'a- 
boi d  appelée  Leucothée,  portait  à 
l'esclave  l'ériplièrc  ,  qui  entretenait 
avec  son  mari  Atbamas  une  liaison 
criminelle,  et  qui  lui  dévoila  la  ruse 
dont  elle  se  servait  pour  causer  la 
stérilité  dans  la  P.éolie. 

MAL,  di\inilé  des  îles  Snndwich. 
Sa  statue  (Hgurée  dans  Choris,  A  oj  . 
pitt.  autour  du  mondt,  Sandw., 
jpl.  M,  f.  i)  se  distingue  par  lénorme 
bouche  dont  le  goullVe  semble  mena- 
cer d'engloutir  SCS  adorateurs  (Comp. 
Kai.eaoko)  et  par  la  coiffure  den- 
telée (ji.i  couvre  sa  tète  (il  est  essen- 
tiel de  la  voir  dans  les  planches  de 
Choris  pour  s'en  fairt  une  idée). 

MAV01lS(gén.  iMavorti-),  nom 
de  Mars  chez  lesltaliotes,  dérivé  sans 
doute  des  mots  Maha-Erla  par  l'inser- 


MÉA 

tion  ou  la  substitution  de  la  semi- 
voyelle  V,  comme  Mamers  par  celle 
de  la  lettre  M  :  Mahavarta  ou  Ma- 
houarla,  Mauharla,  Mavarta,  Ma- 
vorte. 

MÉANDRE,  M.'EAT.DER,  M«/«»- 
<J>ef ,  le  fleuve  Méandre  personnifié, 
passait  pour  fils  de  Cercaphe  et  d'À- 
naxibie ,  et  pour  roi  sans  doute  de 
quelque  canton  de  la  Pbrvgie.  Lequel? 
11  n'importe.  Toutefois,  il  semble 
qu'on  doive  nommer  Pessinonte.  At- 
taqué dans  cette  ville  par  une  forte 
armée  étrangère,  il  promit  k  la  haute 
déesse  de  Phrvgie  d'immoler  en  son 
honneur  la  première  personne  qui 
viendrait  le  téliciter.  Arcbélails,  son 
fils ,  paya  de  son  sang  la  promesse 
imprudente  de  son  père.  D'autres 
joignent  au  jeune  homme  la  mère 
et  la  sœur  de  Méandre.  Ce  serait 
donc  trois  victimes  au  lieu  d'une.  Il 
est  croyable  que  cette  augmentation 
imprévue  n'a  d'autre  cause  qu'un  syn- 
crétisme sans  critique.  La  légende  du 
sacrifice  offrait  des  variantes.  Des 
mythologues  trouvèrent  tout  simple 
de  réunir  toutes  ces  variaules  en  un 
seul  'ait  :  une  triple  immolation.  Une 
tradition  difi^érente  donne  au  drame 
des  vœux  de  Méandre  un  tout  autre 
dénouement  :  au  lieu  d'immoler  son 
fils,  il  se  noie.  Ailleurs  enfin  ,  encore 
un  trait  de  syncrétisme  I  il  tue  son 
fils,  il  immo'.  sh  fille,  il  verse  le  sang 
de  sa  mère;  puis,  soit  délire,  soit  re- 
mords, il  se  jette  dans  le  fleuve  qui 
baigne  ses  états.  — Le  Méandre  était 
célèbre  chez  les  Grecs  par  les  sinuosi- 
tés de  son  cours,  sinuosités  bien  moins 
remarquables  pourtant  que  celles  de 
la  Seine  ou  du  Missouri  ou  de  mille 
autres.  11  ne  passait  pas,  comme  on 
^e  limaginera  peut-être,  à  Pessi- 
nonte. Au  reste  ,  on  voit  que  plus 
d'un  nom  de  ce  mythe  appartient  k  la 
géographie.   Il  y  avait  en  Phrygie, 


MEC 

?ers  le  nord-est ,  une  ville  d'Arché- 
laïs.  Le  Méandre  était,  au  dire  des 
théûgonistes  grecs,  un  fils  de  TOcéan 
et  de  la  Terre  ,  et  pour  fille  on  lai 
donne  une  nymphe  Cyanée  [y.vunyjj 
azurée). 

xAiÉCHANÉE  ,  MECHATfEUS,  Ur,- 

'^xn-jç  ^  Jupiter.  Au  milieu  d'Argos, 
sur  la  place  publique ,  on  voyait  un 
cippe  de  bronze  qui  soutenait  la  sta- 
tue de  Zévs  Méchanée.  La  tradiliou 
voulait  que  les  Grecs  eussent  prêté 
devant  cette  statue  le  serment  de  pé- 
rir devant  Troie,  plutôt  que  de  re- 
noncer à  leur  expédition  contre  cette 
capitale  de  l'Asie  antérieure.  Mécha- 
née est  une  espèce  de  Bulée  ,  quoi- 
que avec  la  nuance  de  moyen  d'exé- 
cution venant  seconder  les  décisions 
de  la  volonté.  q 

MÉCllAiNÏTIS,  }.^viy,ccuTi;  :  i" 
Minerve,  2°  Yénus,  Tune  et  Taulre 
a  Mégalopolis.  Ces  noms  sont  impor- 
tants ,  surtout  s'il  s'agit  de  Minerve  , 
Minerve  énergie  du  dieu  suprèiKe, 
volonté  par  conséquent  du  dieu  su- 
prême, Sakli-Dourga,  qui  sait,  qui 
décrète  et  qui  exécute  (Comp.  He- 

PHESTOBULE  ,    MaHAMAÏA  ,   MaTRIS  , 

Keite),  Minerve  inventrice,  d'ail- 
leurs ,  Minerve  déesse  a'ix  expé- 
dients, Minerve  qui,  la  où  d'autres  ne 
voient  que  le  but ,  voit  quçUe  grande 
route  et  quel  chemin  de  traverse  mè- 
neront au  but.  Ergauà  déjà  nous  fait 
Toir  dans  Minerve  Tiaduslrielle  par 
excellence,-  mais  atteindre  au  but, 
accorap'ir  une  mission  ,  créer  et  met- 
tre sous  la  main  un  résultat,  c'est 
œuvre  d'art  et  d'industrie  :  dans  celte 
carrière,  comme  dans  la  technologie 
pure,  il  a  fallu  s'industrier j  des 
rouiges ,  des  po!ilies  ,  des  leviers, 
étaient  nécessaires  pour  aboutir  a 
cette  fin.  Minerve  donc,  soit  que, 
M.Tiple  Erganà,  elle  se  borne  à 
l'iDcluslric  vuWairc  des  arts  et  mé- 


MED  39 

tiers,  soit  que,  industrielle  transcen- 
dante, elle  manie  les  cœurs  des  rois, 
les  caprices  tumultueux  des  peuples 
et  les  oscillantes  volontés  des  as- 
semblées délibérantes,  Minerve  est 
une  haute  mécanicienne  :  Ero-anà  est 
Méchanitis. —  Pour  Vénus,  Mecha- 
nilis  n'est  qu'une  épilhète  badine:  la 
déesse  des  amours  est  rusée  et  fertile 
en  expédients;  les  ruses  de  guerre 
ne  lui  manquent  pas;  elle  met  a  du- 
per les  adeptes  autant  d'esprit  que 
Minerve  à  inventer  les  voilures  des 
vaisseaux,  ou  les  miroirs  concaves  qui 
brillent  la  flotte  romaine  dans  les  eaux 
de  Syracuse. 

MÉCÎSTEE,  Mecisteus,  m-/,- 
yjcrrdç  :  1°  Lvcaouide  ;  2<*  père  de 
l'Epigone  Euryale  ;  5°  fils  d'Echius 
et  compagnon  d'Ajax  (Poîy damas  le 
tua  au  siège  de  Troie\  Chez  quelques 
poètes  le  second  est  un  des  sept  chefs. 
Il  avait  TalaS'pour  père,  Adiasle 
pour  frère. 

MÉDÉBROZnTE    ,   Ur.êitocyTy.ç  y 

un  des  fils  dHercule  et  de  Mégare 
{V.  Mégare\ 

MEDEE,  Medea,  yiv.èiia^  la 
grande  déesse  des  Colques ,  passe 
chez  les  Grecs  pour  une  femme,  pour 
une  reine,  pour  une  magicienne.  Son 
père  alors  était  Eète,  sa  mère  Hécate 
ouîdye  ou  ISéère  ou  Astérodie,  etc. 
Au  fond,  qu'importe?  Toutes  ces  gé- 
néalogies reviennent  toujours  à  la 
faire  naître  de  la  terre,  du  ciel  ou  des 
eaux.  Puissante  sorcière,  elle  joignait 
a  Part  terrible  des  enchantements  une 
ravissante  beauté.  On  la  voit  dans 
PloléméeHephestion  disputer  h  Thé- 
lis  ce  prix  que  plus  tard  Junon  ,  \  é- 
nus  et  Pallas  se  disputaient  sur  l'Ida. 
Le  roi  de  Crète,  Idoménée  que  la 
chroncloffie  évhémériste  ne  p. ace 
qu'un  peu  plus  loin,  fut  pris  pour  ar- 
bitre; mais  on  sait  qnTdoménée  figure 
parmi  les  juges  infernaux ,  cl  la  ma» 


4o                     MtO  MKt) 

ritirac  ^Ihclia  et  la  m.igicleune  Me-  uière,  s'évade;  elle  se  fait  nomade 
dce  ont  une  face  chthoniennc.  La  anjoiirdliul  pour  être  demaiu  co<mo- 
léfTcnde  mcrvt-ilit'iisc  de  Medée  se  politr.  Toule  produclicn  nnuvel'e 
coiiipliiine  (le  Ions  ces  caractères,  poiirlanl  suppose  une  deslniclinii.  Le 
Ausî>i  esl-cp  à  la  première  naviga-  perfeclionntmenleD  venant  au  monde 
tion,  au  prcmur  navire  {f^oy.  Ar-  froisse  el  dédire^  chaque  pas  dans  la 
GONAUTEs)  que  les  Grecs  lièrenl  l'in-  voie  du  progrès  sedcs^inepardcs'ar- 
canlalrice  par  excellence.  QuVsl-ce  mes  ou  du  sang;  inilialion  inipli(]ue 
en  effet  que  voguer  sur  les  Cots?  toujours  saci  ilice.  TSe  nous  étonnons 
u'esl-ce  pas  un  prodige  qui  tient  de  donc  pas  que.  lorsque  la  science  (sa- 
la magie .^  El  ce  liâlimcnl  léger  qui  luée  du  nom  de  féerie)  éd  appe  aux 
flotte  imperméable  h  Tonde  sur  Ponde  murs  épais  de  sa  prison  d'Asie,  les 
mii  se  tord  en  longs  sdlons  d'écume  ,  geôliers  qui  l'ont  tenue  au  secr«'l 
et  qui  semble  béer  pour  l'engloutir,  s'indignent,  s*armenl  et  courent  après 
n'est-ce  pas  le  cbef-d'œuvrc  d'un  art  clle.Eèle  envoie  Absvrte  sur  la  trace 
imgique?  Minerve  même,  Ergana  du  navire  (jui  lend  les  flots  de  l'Euxio, 
Wéclianîlis  présida  dans  la  terre  de  emmenant  les  Argonaules,  la  toison 
Grèce  à  la  construction  de  la  nef  et  Médée.  Absvrte  meurt  :  sa  snrur  le 
iniraru'euse.  Dans  U  terie  qu'arrose  déclirede  ses  mains,  etsèn  ela  p'age 
le  Pliase,  une  autre  Erganà  vien-  côtoyée  par  Jason  de  cbairs  li\ides  et 
dra  doubler  ses  rôles .  et  la  r  mp!a-  d'os  lirisés.  Sanglants  vestiges  qui 
ccr  ou  la  refléter.  Enfin  voici  .îason  jabnneul  la  voie  de  l'émancipation  ! 
arrivé  en  Culcbide!  Il  faut  qu'il  lue  Les  légendes  nous  montrent  ensuite 
les  gardiens  de  la  toison  :  exploit  b  s  Argonaulesincertainsdeleuri  oute. 
)mpo>sible  sans  miracles!  mais  la  ]\Iédée  les  aide  de  ses  conseils,  et  si'r- 
femme  aux  niiraclcs  est  là.  Elle  est  mitnle  mille  obstacles;  mais  ici  les 
tente  la  première  prise  au  piège  fas  détai's  n'ont  rien  de  primordial  el  de 
ciiiateur  de  la  beaulé  :  elle  aime  Ja-  grave (/'oj'.ARGo>AUTEb  et  Jason). 
son,  sefailaimer,  reçoit  lessermenls,  On  arrive  enfiu  ,  on  loucl.e  h  Pbéa- 
prodii^ue  en  échange  les  herbes  ma-  cie ,  où  même  quelques  traditions 
giques,  les  formu'es  magiques,  et,  montrent  les  deux  amants  encore 
quand  le  lendemain  Jason  se  hasarde  suivis  par  Absvrte.  La,  grâce  à  l'é- 
dans  la  lice  où  tout  annonce  qu'il  doit  pouse  du  roi,  le  mariage  se  célèbre 
DU  urir,  il  es!  impossible  qu'il  sente  et  se  consomme.  Ainsi  Médée  était 
luême  Tombre  de  l'elnoi.  Sa  bbéra-  vierge,  et  n"us  retrouvons  encore 
trice,  celle  qui  cumule  tant  de  rôles  h  ces  deux  ideeb,  une  île  terre  prirai- 
la  foi      '        ■  '                          •      -Il  .                  .          .    - 


viei'les  terres  où  jadis  la  pensée  l.u-  geur.    La,  plus  que  jamnis,  Médé 

maine,  seule  fée  qu'il  y  ait  au  monde,  se   montre    fée    bienfaisante    et    fée 

enfanta  des  prodiges,  vont  être  dés-  terrible:  elle  rajeunit  le  vieil  Eson  , 

héritées  au  profit  d'u"  nouvel  univeis:  e'ie  fait  déchirer  Pélia:  par  ses  filles  , 

la  métropole  ne  peit  p'us  retenir  la  el  ne  le  rend  pas  à  la  vie.  La  même 


i         .  -  j  -       j.  _.  .  ._      -.„.., j..._      ._  . .^.  ^„  „,, ...^ 

imière  sous  un  huis-clos  jaloux;  la      chaudière  (Argha  m\stique  au  sein  de 
:ieDce,  long-temps  cloîtrée,  prison-     laquelle  s'élabureut  les  êtres)  tour  à 


MED 

tour  remp-ie  de  sucs  féconds  et  d'iier- 
bes  stériles  a  reçu  les  deux  cad.;vres: 
mais  l'un  sort  brillant  de  tou(e  la 
fleur  de  la  jeiiuesse,  et  la  viecmime 
une  sève  puissante  circule  pc;r  torrents 
dans  ses  veines;  la  froide  de'pouil!e 
de  l'aiitre  ne  peut  s'impréguer  du 
principe  vital ,  et  reste  inanimée  au 
fond  de  la  cuve.  Le  vase  berceau 
d'Eson  est  le  tombeau  de  Péllas. 
Dans  rhisloire,  telle  que  les  évhé- 
méristf's  l'ont  faite,  Pélias  était  an- 
tagoniste d'Eson  ou,  ce  qui  revient 
au  même,  des  Esonides.  Sa  mort  est 
donc  pour  le  clief  des  Argonautes  ou 
une  voie  simp'e  pour  recnntjuéilr  le 
trône  usurpé  par  cet  oncle  and)ilieux 
(toutefois  comp.  Acaste),  ou  une 
vengeance  s'il  ne  pouvait  ressaisir 
le  rang  suprême.  C'est  h  celte  seconde 
bypothèse  qu'on  est  forcé  de  donner 
la  préférence.  Car  un  peu  plus  tard 
Dous  voyous  Jason  et  Médee  a  Co- 
rinllie.  Médéeest  mèrp,  mais  Jason  lui 
est  infidèle  :  il  va  s'unir  à  la  fil'e  du 
roi  d'Ephyre.  La  jalouse  magicienne 
offen>ée  empoisonne  sa  rivale  par 
une  tunique  semblable  a  celle  de 
Nessus  ,  égorge  ses  fils,  gages  d'un 
amour  profane,  abandonne  aux  re- 
mords et  a  'a  solitude  Tépoux  qui  Ta 
trabie,  et  plane  dans  un  char  attelé 
de  dr::gons  au-dessus  du  pa'ais  de 
Corinlbe  inccntiié.  Ici  la  scène  cban- 
ge,  et  la  magicienne  va  se  ti  ouver  en 
rapport  av^c  deux  autres  personnifi- 
catious  solaires.  Selon  les  uns,  c'est 
elle  qui  avait  guéri  de  sa  démence 
Hercule  furieux,  et  quand  elle  s'éloi- 
gne de  Corinlbe,  c'est  auprès  du  fils 
d'Alcmène  qu  elle  ya  cbercber  uji 
asi'e;  selon  les  autres,  ses  reptiles 
ailes  abais>-ent  leur  vol  sur  la  terre 
d'Attique.  Egée  y  règne,  Egée  l'é- 
pouse. On  devine  que  certains  rav- 
ihologues  ont  dû  ne  rien  voir  d'iii- 
conciliable  dans  les  deux  faits,  et  que 


MÉD 


Ai 


la  Mingrélienne,  a  leur  dire,  passera 
de  Ja^on  à  Hercule  et  d'Hercu'e  à 
Egée.  Le  tout,  pourquoi?  Parce 
qu'Hercule,  alors  eu  exil,  ne  pouvait 
proléger  efficacement  la  réfugiée. 
Médée  auprès  d'Htrculeest  bien  une 
terre  ou  lune  auprès  du  soleil,  mn's 
rantagou'srae  n'est  point  marqué. 
Auprès  d'Egée,  c'est  autre  cbose. 
Un  fils  d'Egée  arrive  un  JDur  dans 
Albèues  :  c'est  Thésée,  Thésée-soleil; 
chlbonienne  ou  lunaire,  la  fée  le  voit 
de  son  mauvais  œil  :  elle  ^eut  l'em- 
poisonner. On  peut  voir  aux  arti- 
cles Egée,  Ethba,  ThÉsÉe,  com- 
ment le  jeune  prince  évite  le  piè- 
ge. Médée  impuissante  cette  fois  s'en- 
fuit eiicore;  mnis  elle  va  encore  dans 
une  cour  (en  Phéuiciej;  elle  épouse 
encore  un  roi;  elle  a  un  fils,  Midas; 
elle  passe  pour  la  mère  d'un  grand 
peuple,  les  Mèdes.  —  Les  modernes 
se  sont  crus  d'habiles  critiques  ,  les 
uns  en  prêtant  encore  des  crimes  a 
Médée,  les  autres  en  plaquant  sur  sa 
légende  un  vernis  romanesque  de  fem- 
me vcrlueiise  ,  innoctnte  ^i  ptr^ 
sécutée.  Réfuter  ces  deux  manières 
de  voir,  qui  au  fond  n'eu  forment 
qu'une,  serait  du  temps  perc'u.  En- 
fin, il  y  a  dans  Ihistoire  tabuleuse  de 
Médée  quelques  traits  empruntés  à 
des  réalités,  mais  ces  léalités  n'ap- 
partiennent pas  plus  k  tel  siècle  ,  à 
telle  race,  a  telle  partie  du  monde 
qu'à  une  autre.  En  tout  pays  et  en  tout 
temps  il  y  a  eu  des  filles  de  rois,  des 
amoureuses,  des  voyageuses,  des  em- 
poisonneuses, des  vendeuses  de  remè- 
des; il  y  a  eu  de  prét(  ndues  sorcières, 
il  y  a  eu  des  jalouses  qui  tuent  leur 
rivalesetlaissent  laleursamants.  i\Jais 
qu'u  .e  princesse  du  lô^  siècle  avant 
J.-C,  ait  couru  toutes  ces  aventures 
exprès  pour  fournir  des  tragédies  a 
Euripide  et  des  (lisser lat ions  a  Cla\ier, 
il  est  impossible  de  le  croire.  Medce 


4t 


MÉD 


est,   autant  et  plus  que  tout  autre 
personnage  de  la  mythologie,  un  être 
d'imagination.  Dune  part ,  le  drame 
jjjrec  a   singidicrcnieut  brodé  sa  lé- 
gendej  mais  de  Taulre,  avant  que  le 
drame  grec  surgît  avec  ses  boucs  et  son 
masque  de  lie  du  lond)crfaii  de  Thes- 
pis,  la  légende  existait.  De  tout  lemps 
on  crut  aux  fées.  La  iiaute  déesse  aux 
Indes  ,  c'est  MaVa  ,  rilliision  .  l'éner- 
gie, la  beauté.  Illusionner,  c'est  être 
fée;  agir  avec  énergie,  c'est  étie  fée; 
être  belle,  c  est  élre  (ee.  Les  croyan- 
ces indiennes  se  sont  répandues  jus- 
que  dans    la   Geru.anie    et    dans   la 
Scandinavie  par  une  longue  diagonale 
dont  l'islbme  qui  sépare  la  Mer-IS'oire 
de  la   mer  Caspienne  est  peut-être  le 
nœud  le  plus  important.  Ma's  quand 
ce  fait,  admis  aujourd'hui  par  ton!  ce 
qui  comprend  riiistoire  ,  serait  con- 
testé, ridée  de  magie  n'en  sérail  pas" 
moins  une  des  formes  éternelles  de 
l'esprit  humain.    Dans   la  ÎS'ouvelle- 
Zemble  comme  sous  riù|uatcur,  en 
Irlande  comme  en   Chine,   dans  les 
îles   de   corail  de   l'Océanie  comme 
sur  le  continent,  riium^uité  admet, 
n'importe  sous  quel  nom,  la  féerie  et 
les  fées.  El  qu'est-ce  au  fond  que  la 
féerie?   Des    effets   dont    on  ignore 
lescausps.  Or,  les  peuples  jeunes  ne 
voient  dans  les  faits  (]ue  des  fai^.s.  Les 
causes  qui   les   produisent ,   ils  n'en 
savent  ni  le  nom  ni  la  théorie;  tout 
pour  eux  est  donc  magie.  Qu'un  hom- 
mc  un  peu  plus  habile  découvre  le 
moiudie  eucliaînement  de   causes  et 
d'effets  inconnu  au  vulgaire,  et  i;ràce 
à  celte  cause  reproduise  Pefl'el  a  vo- 
lonté, cet  liorme  passe  pour  un  ma- 
gicien ,  et  il  resl.  11  Test  jusqu'à  ce 
que  tout  le  monde  eu  sache  etrn  fasse 
autanl  que  lui.  l.a  natur.-  siirlout  est 
une  puissante  magicienne.  Fée  subli- 
me,  file  agit  sans  ces^e ,   crée  sans 
cesse,  nous  ravit,  nous  éblouit ,  nous 


MÉD 

étonne  sans  cesse.  Sans  cesse  elle  jette 
la  heauté  a  pleines  mains  et  dans  tout 
l'univers.  Energie  et  Magie ,  il  n'est 
pas  surprenant  (jue  tel  ait  été  long- 
temps son  nom.  Ainsi  deux  ordres 
d'idées  :  la  grande  fée  JNature;  les 
magies  secondaires,  émanations,  indi- 
vidualisations de  la  grande  fée.  Apré- 
sent,  un  mol  encore.  C'est  chez  les 
femmes  surtout  que  s'est  localisée  l'i- 
dée de  féerie.  Trois  causes  y  ont 
concouru.  La  beauté,  cette  espèce  de 
mystère  qui  plane  sur  lidée  de  sexe, 
enfin  ridentification  de  la  nature  (fée 
suprême)  a  une  femme.  Médée  peut- 
être  en  est  une  preuve  plus  frappante 
encore  que  tant  d'autres.  Si  ce  nom 
rappelle  les  Mèdes ,  et  semble  la  Mé- 
die  person  liliée ,  il  fait  penser  aussi 
h  la  médecine  (mais  qui  peut  dire  que 
Medos  et  medicus  n'aient  pas  un 
lien  commun.');  Médée  aussi  se  rap- 
proche de  maid  ^  la  vierge  (d'où 
inaiitU  tnœdclit'u). 

MÉDÉIDE  ,  'Siyjii^y.ç ,  pilote  du 
navire  tyrrhénien  qui  prit  Bacchus, 
fut  seul  épargné  par  le  dieu.  Comp. 

AciiTE. 

MEDÉOjN,  M-Jfû'»,  hé  rus  épo- 
nyme  d'une  ville  deBéotie,  devait  le 
jour  a  Pvlade  et  K  Electre. 

MÉDÉSICaSTE,  MyJiTiKâTTt,^ 
fille  naturelle  de  Priam  ,  épousa  Im- 
biios,  dePedase^  et  fut  emmenée  en 
captivité  par  les  Grecs,  après  la 
chute  de  Troie. 

]\11:DICITUCS,  Mercure.  Ce  fut, 
dit-on,  son  premier  nom.  La  paro- 
nomasie  des  deux  mots(  medicitna , 
Mercurius)  a  seule  pu  engager  à 
ém.eltri'  celte  opiiion. 

MEDICLS,  MÉDECIN,  Apollon  : 
c'est  uu  des  surnoms  les  plus  impor- 
tants de  ce  dieu  {f  oj\  Apollon  et 
comp,  EscuLAPi:).  A  ce  titre,  Apol- 
lon avait  le  serpent  au  pied  de  sa 
statue  et  élail  honoré  à  Balanagrcs 


MED 

(Cyrénaïque),  où  on  lui  immolait  des 
chèvres. — Minerve  aussi  avait  le  nom 
de  Medica.  Sagesse  suprême  ,  il  n'est 
pas  étonnant  qu'elle  se  délègue  en 
déesse  médicinale;  mais  sous  d  autres 
rapports  encore  elle  a  droit  à  ce  titre. 
Nature,  magie,  gé  'ie  inventif  (mécha- 
nîtis  ) ,  qui  peut  mieux  qu'elle  trou- 
ver, pour  rendre  Thomme  à  la  santé, 
de  massiques  expédients.'* 

MEDIOXDIES  (les)  passaien  t  pour 
des  dieux  railovens  (aériens).'  vu  que 
l'air  tient  le  juste  milieu  entre  le 
ciel  et  la  terre.  Servius  en  fait  des 
dieux  marms,  et  Apulée  des  êtres 
supérieurs  à  Ihomme  et  inférieurs 
aux  dieux. 

MÉDUSE.    Médusa,  Mr^'ccva-x, 
la  grande  Gorgone,  est  une  fée,  une 
vierge ,  une  espèce  de  Médée  dans  la- 
quelle prédomine  la  face  chthonienne 
et  ténébreuse.  Aussi  certaineslégendes 
lui  donnent-elles  une  éclatante  beauté. 
Rien  surtout    n'égale    sa    longue   et 
blonde  chevelure.   Des  milliers  d"a- 
mants  sollicitent   sa  main.   iSeptiîne 
aspire  à  ses  faveurs  5  et,  métamor- 
phosé en  cheval  ailé  (c'est  a  tort  qu'on 
dit  en    oiseau),  il  l'enlève,   la  por- 
te dans  un  temple  de  Minerve,  et  là 
se  livre  avec  elle  aux  voluptés  d'un 
amour  clandestin.  Ainsi,  beauté,  vir- 
ginité,  clandestinité,    cheval-oiseau 
{f^oy.  Hippîos),  onde,  et  par  consé- 
quent magie  se  trouvent  ici.  Survient 
la  face  ahrimanienne  de  la  légende. 
1°  Méduse  est  laide.  Soit  qu'elle  ait 
porté  à  Minerve  le  défi  de  la  beauté, 
soit  que  la  violence  qu'elle  a    subie 
dans  son  temple  ait  (ail  naître  le  cour- 
roux  dans    le   cœur  de  la  virç^inale 
Athana,  on   voit   Méduse  odieuse  à 
cette  brillante  déesse  de  la  lumière. 
Au  lieu  de  la  belle  chevelure  qui  flot- 
tait autour  de  ses  jambes,   des  ser- 
pents aux  deuls  vénéneuses  coiffent  de 
leurs  spirales  grisâtres  la  tête  de  la 


MED 


43 


vierge  insolente  ou   de  la  concubine 
déshonorée:  une  teinte  feri ugineuse 
remplace  cette  blancheur  éblouissante 
qu'admira  le  dieu  des  eaux.  Ses  yeux 
rigides  pétrifient  quiconque  en  reçoit 
unregard,  et  transforment  le  cœur'qui 
battait  naguère    en    épais    minéral. 
Nombre   d'infortunés  périssent  ainsi» 
dans  les  euvirous  du  lac  Trilonis  sous 
l'ascendant  de  ce  coup  d'ceil  imraobi- 
lisateur.  2°  Méduse  doit  mourir.  On 
lui    donne  deux    sœurs,    Eurvale  et 
Sthényo  :    celles-ci  défient   la  vieil- 
lesse et  le  trépas.    Des  trois  Gorgo- 
nes c'est  d>nc   elle   oui  est  la  moins 
haute,  la  moins  grande  j   c'est   elle 
pourtant  que  l'on  regarde  comme  la 
Gorgone   par    excellence.    Serait-ce 
donc   que  les  Gorgones,    étant  une 
personnification  du  malheur,  et  que 
la  mort  étant  un   malheur,  la  Gor- 
gone   mortelle    est    la    Gorgone    la 
plus  terrible?  5°  Il  y  a  lutte  entre 
le    soleil   incarné    d'Argos   (Persée) 
et  Méduse.   Le  glaive   d'or  du  Mi- 
thra  de  la  Grèce  décolle  la  tête  de  la 
Gorgone;  des  gouttes  de  sang  jaillis- 
sent et  teignent   en  pourpre  l'écume 
blanche  de  la  mer  :  Khoucor  et  Pé- 
gase naissent.  Encore  du  sang!  Tan- 
dis que  Persée  traverse  Pespace  sur 
Pégase,  tenant  a  la  main  la  tête  hi- 
dense,  chaque    goutte    que  laissent 
échapper  les  artères  se  change,  lors- 
qu'elle  touche  la  terre,    en   un  ser- 
pent de  dimension  colossale.  Enfin  , 
la  tête  elle-même  conserve    au    sein 
de  la  mort  sa  propriété  terrible.  Oui- 
conque  arrête  son  œil  sur   l'œil  de 
Méduse  est  chaniié  soudain  eu  un  ro- 
cher  à  for;ne  humaine.  Persée  lui-mê- 
me subirait  ce  destin  funeste  si  la  tête 
qu'il  emporte  en  trophée  n'était  ca- 
chée  sous  un  tissu  protecteur.    Dans 
la  suite  on  voit  Minerve  placer   sur 
l'égide  qu'elle  a  reçue  en  don  de  Ju- 
piter, la  tête  aux  mille  serpents.  C'est 


4^                    MÉD  ^Il^G 

l'arme  lapins  trrriMe  de  la  Dourga  Beger,  Thes.^  Brand.,  IIÎ,  3i5, 
(les  Ihllfiips  qua-id  tlle  vole  sur  It-s  3  i  6;  A/«.N<'e //or.,  lom.  I,  pi.  Sa,  n. 
cnamps  di-  halaiTe,  quMle  tue  les  4 — lo,  pi.  33,  n.  1  —  95  un  denier 
céanls  et  (urille  I.dioure  k  coups  de  de  Plancus  (ErkI  el,  Niim.  JneccL, 
lance  le  corps  ài^s  impies  pour  faire  page  i3)  pre'sente  Méduse  et  au  re- 
passer leurs  âmes  avec  le  san}r  parles  vers  l'Aurore  sur  5on  char.  Une  suile 
plaies  qu'elle  a  ouvertes.— Tout  ce  de  sujets  relatifs  h  I*i  rsée  et  à  Mé- 
(niel'on  peut  dire  pour  donner  a  Me-  duse  Sf  trouve  dans  Milin,  Galerie 
dusc  un  aspect  de  reine  africaine,  myllial.  ^  586,  586-587,  387. 
chasseresse  et  guerrière,  n\  si  quf  fa-  1  ous  les  anlicjuaires  ont  remar- 
ble.  Il.sufHra  de  lire  l'art.  GoRGO^ES  (jué  l;i  Méduse  assise  sur  des  rochers 
pour  revenir  de  rette  erreur  si  on  la  accai)lée  de  douleur  de  voir  des  ser- 
parlageait.  Ajoutons  (pie  Médnvc  est  penls  s'alongeV  sur  sa  lêle.  à  la  place 
une  Miner\e,  mais  Minerve  terrible,  de  sa  he'le  chevelure,  et  même  sur- 
Minerve  est  née  au  sein  du  lac  Trilo-  gir  de  toutes  paris  autour  de  sa  peau 
nide  :  aquatique  ainsi  (|uc  iS\'plune,  dél, cale,  dresser  leur  lète  qui  semble 
elle  est  rivale  de  IScplune;  lun'ière  sifder,  et  s'enrouler  autour  de  son 
éthérée,elle  est  Topposéde  INeplune.  corps  et  de  ses  jambes.  Cjelte  idée  a 
Cette  opposil  on  n'est  queli|uefois  été  souvent  reproduite  par  les  litho- 
qu'uupar.d'élisme: alors  les  deux  èl'  es,  glvplies.  Quelc|i!eloiila  têtede  Méduse 
fruits  dune  scission,  a-îpirent  h  se  ^on-  a  des  ailes.  Léonaid  de  Vinci,  parmi 
fondre.  Neptune  aime  la  déesse  tji-  les  modernes,  a  fjiit  une  tète  de  Mé- 
tonienne*  il  la  possède.  Vnleain  aussi  duse.  monument  qu'on  regarde  comii-e 
dans  les  mythes  dédalides  ,  domte  un  de  ses  chefs-d'œuvre.  — Deux  au- 
dans  sa  fort;e  la  pudeur  d'Alhùnà.  très  Méduse  étaitnt  filles,  Tune  de 
Athènes,  depuis,  sauva  par  un  anîre  Sthénèle,  Pnulre  de  Priam, 
conte  la  virgin  té  de  sa  déesse  [f^.  MEGABROjNTE,  Megabrontfs, 
ERicnTHOMrs).0n  fit  de  même  dans  Miy uZftcvTys^  chef  dulim.fut  tué  par 
les  mvlhes  bini-solaires.  A  présent  Hercule  sur  les  côtes  de  Sicile  dans 
nous  éirndrons-nous  sur  l'ideiilifica-  une  batai'le  entre  les  Argonautes  el 
tion  de  Lune,  de  Terre,  de  ténèbres,  ses  compalrioles. 
d'inori;anismc  ,  de  pélrificaiiou,  de  MI'.GaLAIxTE  ,  Mt'/aAtfrrc?,  et 
mort  et  de  m  al  fa  1  sauce.-*  Les  art.  MEG  ALOMAZ.E,  Mf/ot/o^a^aj,  in- 
Gonr.oNES,  DlA^E,  etc.  peuvent  venteurs  de  la  panification,  portèrent 
lions  exempler  de  ces  détails.  — On  celte  invention  ♦  n  lU'olie.  Tous  deux 
f:a)daità  Tégée  (\ille  Minervienne  )  eurent  des  statues  à  Scolion.  Cérès 
des  cheveux  de  MédiiSf.  Ils  servirent  aussi  a\ail  le  nom  de  Mégalarle. 
de  P.  lladium  h  la  vile.  Deux  iégen-  Déios  célébrait  en  son  honneur  les 
des  couraient  s'Ji  l'origine  de  ces  che-  Mégalarlies,  lète  remarquable  par 
veux  Sniv.Mil  Tune,  celait  Hercule  une  procession  où  l'on  portail  des 
qui  en  avait  lait  cadeau  à  Ercpe,  lille  pains(Rac.:  fféyaj-,  graud  5  «proj-, 
de  Gépiu'e;  suivant  l'autre,  Céphée  pain,  aa^«,  pâte), 
les  tenait  de  Minerve. — Une  foule  de  MEGALÉTOR  ,  MiyxX-rap^  fut 
monuments  ai. li(|ues  représentent  Me-  rhangéenlchneumon^/'''.  Ml'nyque). 
duse  même  ou  bien  sa  tè-te.  f'oy.  — MégalÉior,  était  aussi  uu  sur- 
Lipp- rt,  Z)<7r/^ //()///.,  II,  26;  Maf-  nom  d'A|i)l]on. 
fei,  Gcmm.y  tom.  lY,pl.  27  el  28;  IMEGALUSSAQUE  MfyaAcV«- 


MEG  MEG                   45 

xaf,  DoHen,  tué  par  Castor  et  Pol-  épousant    soit   une    princesse    spar- 

lux  dans  la  balaille  que  les  Cyzicènes  liale  ,  fille  d'Alector,  soit  Hermioae. 

livrèrent  aiu  Argnnautes.  I'  était,  ainsi  que  son  fière,repré- 

MÉGAMÈDE,    Mi/ctu-^<^y,  ,   fille  seule   sur   le    trône  d'Amycles.    Une 

d'Arné,  est  une  des  femmes  de  Thés-  tradition   rhodit-nne  portait  que  Mé- 

pius.  mère  d'vs  cinq  Thespiades.  S^i'^'-'the  et  iSicustrate  chassèrent  Hé- 

MÉGAjNIRE,  Meoamra  ,  M?-/^^-  lèue  de  Sparte,  t-t  la  contraignirent  à 

yeipx^  dont  quelquefois  on  fait  MÉ-  se  réfugier  chez  les  Rhodiens. 

TAMRE,   est   1°  femme  d'Arcas  ,   2°  ^I^EGAIIE,  MEGARA,M:7d«p3«  pre- 

femme  de  (>élée.  Comp.  des  varian-  mière  femme  d'Hercule,  est  fameuse 

tes,' art.  CÉbÈs. — Me'ga>'.re  est  la  par  la  mort  déploiahle  qu'Hercule  lui 

grande  INérée,  la  grande  androgvne.  fîisubir aiiisiqu'àsesenfantslorsqueles 

idée  venue  de  Tlude  où  elle  est  très-  enfers  le  rendirent  k  laferre,  en  proie 

fréquente,  et  où  le  mot  qui  veut  dire  à  de  sombres  accèi  de  démence.  Mé 

homme  entre  dans  la  composition  de  gare  passait  pour  fille  du  roi  de  Thè- 

beaucoup  de  nom.s  de  femmes  (AV//-<T.  bes,  Créon.  Hercule  l'avait  obtenue 

en  samskrit,  àvyip  en  grec,  Nérieo  en  en    récompense     du    triomphe    qu'i! 

zend,  homme,  vir).  Comp.  NÉre'e^  avait  remporté  sur  Torrhoménien  Er- 

jNl'rike,   etc.  gine.  Ou  uo.iime  les  fi's  de  Mégare  , 

MEGAI^ENTHE,  Megapenthes,  Thérimaque  ,  Cré^mlias,  Déicoon  et 

Mi-/X7riy&-J,5  ,  fils  de    Prœtu^  ,  neveu  Déiou.  Du  reste,  il  existe  des  varian- 

d' Acrisius  et  cousin  de  Danaé,  régna  tes  sur  leurs  noms  et  sur  leur  nombre, 

d'abord  k  Tirynthe,  tandis  que  Per-  Hygin   n'en  cmpte  que  deux,  Euri- 

sée,  l'héritier    d'Acrisius  son  aïeul,  pide  va  jusqu'à  trois.  La  léo-ende  vul- 

avait  Argos  sous  sa  domination.  Plus  gaire  montrait  Créun  spolié  du  trône 

tard  ,   les    deux     princes    firent   un  par  Lvcus,  et  Mégare  pendant  l'ab- 

échange  et    Mégapenthe  alla   s'éta-  sence  d'Hercule  obsédée  par  les  sol- 

tablir  dans  Argos,  tandis  que  Persée  iicitations  du  tyran    qui  vou'ait    en 

émi^rait    dans  Tirynihe  et   de   plus  faire  sou  épouse.  Tout  k  coup,  Her- 

fon  lait  Mvcènes.  Ce  fait  de  l'histoire  cule  arrive  en  fureur,  iinmole  Lycus 

fabuleuse  a  de  l'importance.  Entendu  et  rend  le  trône  à  Créon.   Mais  soit 

a  laleitre,  il  fait  comprendre   com-  excès  de  colère  ,  soit  jalousie,  il  est 

nient  la  postérité    de  Pensée    occupe  encore  agite  pir  une    noire    frénésie 

Tirynihe   et  Mycènes  et  noi  Argos,  quand  l'usurpateur  n'est  plus,  et  son 

rirynlhe,  par  Hercule,  et  Mvcènes  courroux  s'étend  sur  Mégare  el!e-mè- 

par  Crissée.  Hygin  assure  que  Méga-  m&.  Une  autre  légende  fait  périr  sous 

pentlie  tua   Persée    pour  venger   la  les  coups  d'Hercule  eu   démence  sQi 

mort  de  Prœtus,  c'est  probablement  fils,    mais    non     sa   feunne.    Rendu 

un  conte  forgea  plaisir.  Mégapenthe  bientôt  k  la  raison_,  Hercule  déplore 

laissa,  en  raouraut ,  le  trône  k  son  fils  i>a  fatale  vengeance  ;  et ,  ne  pouvant 

Anaxagore  qui  tut    le  dernier  de  sa  regarder  Mégare  sans   ho'.ile  et  -^ans 

race.  —  Un   MÉgapetîthe,    fils   de  regrets  amers,    il   la  cède   a    lolas, 

Meoelas  et  de  l'escl  ive  Piéri>  ou  Té-  son  a  ni  et  son  compig  ion  le  plus  \\- 

nlée,   avait    pour  frère   ÎS'icostr  ife.  dele. — [j[\  \1Égarë,  J/c^'-'/r /?,  M;- 

Toiis    deux    furent    exclus  di    trône  7*53,  fils  de  Ju.iiler  «-t  d'une  nvra- 

coinine  H;s    d'un-   cou  ubine;    ipn  1-  p'e  Sithn  de  écha;)Ta   a  is   fl'ls   lors 

quefois     on     monte     Mégapenthe  du  déiuga  de  Peucdiion  en  gagoaul  à 


46 


MtG 


la  Bage  la  cime  d'un  mont  snr  lequel 
croissaient  des  grues.  La  n.ODlagne 
prit  de  la  le  nom  de  Céranicnne  (^é- 

]MK(;AKEE,AlEGAREr8,M£yfi6^tt/f, 
héros  t'|)un\me  de  iM<gare,  passait 
tantôt  pour  fils  d'Apollon,  tanlûl  pour 
fils  de  INepluiie  et  dÉnope,  ou  même 
pour  fils  d'Hippomène^  tué  en  por- 
tant du  secours  à  ISisiis  assiégé  par 
Minos,  le  fils  de  INeptune  aurait  été 
enlerré  aux  pieds  du  mur  de  la  ville 
dont  sa  cendre  était  comme  le  Palla- 
dium. Une  tradition  différente  le  fai- 
sait gendre  et  successeur  de  ISisus. 
Deux  fils  et  une  fille  furent  les  fruits 
de  son  hvmen,  maisTun  périt  sous  les 
coups  des  Dioscures,  devant  Aphid- 
nés,  l'autre  (OEdipe)  fut  mis  en  piè- 
ces par  le  lion  du  Citliéron.Mégarée, 
alors,  promit  sa  fille  a  celui  .,ui  la 
vengcrail,  en  tuant  le  lion.  Alcathoiis, 
oblinl  ce  prix  de  la  valeur.  —  Un 
second  MÉgable,  petit- fils  d'Hercule 
fut  père  d'Hipp'mène;  peut-être  cette 
généalogie  esl-ille  due  a  quelque  ré- 
daction imparfaite  de  la  précédente. 
—  Mégarée  et  la  ville  de  Mégare  ne 
font  (prun.  Les  légendes  laissent 
apercevoir  deux  faits:  1°  que  Mégare 
tirait  son  origine  de  Thèbes;  2° 
qu'elle  avait  des  prétentions  a  la 
puissance  maiilirae. 

IMEGAS,  Miyuçy  père  de  Périme, 
fut  t'ié  par  Palioclc  a  Troie.  Comp. 
MegÈs. 

MÉliÈRE  ,    MeG.T.RA  ,  Mîyuipa. 

yoy.  Furies. 

MEGES,  Miy*!ç  1  (les  Doriens  di- 
saient IMegas)  :  i"  clief  grec  j  fils  de 
Phylée,  prétendant  d'Hélène  et  con- 
ducteur des  quarante  navires  de  Duli- 
cliiura  et  des  îles  Ecliinadcs  à  '1  roie; 
2*  chef  troyen.  Messe  la  nuit  de  la 
prise  de  Troie  par  Admète  d'Arjros. 
Mégès  avait  été  représenté  le  nrss 
eu  écharpe  sur  un  tableau  de  Polv- 


MEI 

gnote  qui  était  consacré   à  Delphes. 

MÉGESSARE,  Megessares, 
Miyi<7'7Â^y.i^  père  de  Pi  arnacé,  une 
des  mvstéiieuses  déesses  qu'on  fait 
femme  de  Sandak  et  mère  de  Cinyre. 
Phainacé  veut  dire  luue  ;  Sandak 
élaille  soleil.  H  est  croyable  que  Mé- 
gessare  est  une  e^pèce  de  temps  ,  ce 
grand  sare,  ce  cvcle  de  cycles,  le  Ma- 
nouantara  personnifié. 

MÉHADU  (il  faut  lireMAHADÉvi, 
d'où  Mahadev,  MahadÉo,  etc.)  n'est 
pas  une  diviuite  subalterne.  Ce  sont 
les  Brahraes  qui  le  disent.  Mais  les 
Brabmes  adorent  Brabraà  et  veulent 
a  toute  force  que  Brahmà  ait  la  préé- 
minence sur  tous  les  autres  dieux 
de  la  Trimourti.  Au  reste  'es  Brab- 
mes mènjes  avouent  que  Méhadu  fut 
créé  avaut  la  formation  du  monde, 
et  qu'un    iour  il  détruira  le  monde. 

MÉHER  /^oj.  MiuR. 

MEIBDH,  célèbre  reine  du'Co- 
naugbt,  dit  le  jour  hEocbaidh-Ficdh- 
liocli  descendant  d'Erreambun;  et  en 
conséqnence  fut  la  sœur  à^ts  trois  Fi- 
néamlinas.  Elle  eut  pour   mère  Bé- 
nia.  fille  de  Criomtban,   issue   de  la 
même  race  d'Erreamhon.  Elle  était 
fort  jeune  encore  lorsque  son   écla- 
tante beauté  inspira  un  amour  crimi- 
nel à  ses  trois  frères.   Ceux-ci  dans 
l'ivresse  commirent  l'inceste  a?ec  leur 
sœur.  De  cette  liaison  criminelle  na- 
quit   Lughaidb  -  Riabhdearg.    IVous 
n'avons    pas    besoin    d'avertir     que 
tout  ici  est   falsifié  a  plaisir,  et  que 
les    triades,    les   incestes,    sont   les 
cadres   systématiques    dans    lesquels 
tourne    perpétueilcmeni   la    mytho- 
logie irlandaise.  Eochaidli-Fiedhlioch 
avait    trois    favoris  Fiodhach ,    Eo- 
chaidb-Allat   et  Tinne.    Tous    trois 
prétendaient   h  la  main  de  la  belle 
Meibdii.   Le   roi  issu  de   Kourach- 
Magh-Sainbh    partagea   le  Conaught 
entre  ces  trois  princes,  san.^  doute  à 


aiE  MEI  47 

tilre  de  vassaux,   et  les  somma    de  tour,  et  pria  son  mari  de  lui  perraet- 

lui  indiquer  un  lieu  propre  à  devenir  tre  d'all-r  se   plonger  dans  les  flots 

sa  résidence  souveraine.  Les  deui  pre-  bien    loin    de    Teudroil    où  Feargus 

raiers  déclarèrent  qu'ils  ne  paieraient  nageait.  Le    bon   prince    y    consen- 

de  tribut  qu'au  cbef  qui  résiderait  k  lit;  mais  Meibdh  ne  resta  pas  long- 

Tara.  Tinne  au  contraire  dit  a  Eo-  temps  dans  la  pet, te  anse  nue  formait 

cliaidh-Fiedhîiocb  :    a\a   bâtir   ton  le  lac  et  où  elle  s'élait  d'abord  jetée 

palais   où  bon  te  semblera;  là  j'irai  aux  yeux  d'Oilioll;  enlraîuée  par  un 

te  payer  l'impôt.  Jî  ïiune  obtint  ainsi  irrésistible  penchant,   et  habiie  dans 

la  préférence  sur  ses  deux  rivaux  et  l'art  de  nager,  elle  se  ranproclta  in- 

ful  le  premier  mari  de  Meibdb.  Eo-  sensible  ment  du  jeune  homme.  Oi'ioll 

chaidh-AlIat  osa  lever  l'éteudard  de  à  cette  vue,  en  proie  k  une  amèreja- 

la  guerre  contre  son  heureux  conipé-  lousie,  donna  ordre  a  un  de  ses  pa- 

titeur  ;  il  perdit  k  la  fois  son  royaume  rents  de  percer  Feargus  d'un  coup 

et  la  vie.  Tinne  abandonna   le   ter-  de  lance  et  fut  obéi.  Feargus  expira 

ritoire   conquis  au  bloud  Oi'ioll,    k  presque  iuimédiatemfnt;  mais  aupa- 

Oiiioll-Fionn.  Dans  la  suite  il  suc-  ravant,  arrachant  le  fer  de  sa  bles- 

comba  lui-méiiie  dans  une  bataille  k  sure,  il  tua  le  lévrier  d'Oilioîl  en  vou- 

Tara  contre  le  Meath  Monuidhir  ou  lanl  atteindre  le  roi  inhospitalier.  Ce 

Maceacht.   Devenue  par  celle  mort  massacre  du  lévrier,  symbole  connu 

souveraine   de  tout  le  pavs   (on  ne  du  druïdisme,  du  sacerdoce,  a  trait 

nous  dit  pas  comment;  Oilioll-Fionn  sans  doute  k  une  guerre  de  religion 

et    Fiodhacb  étaient  donc  morls  ) ,  k  une  révolte  des  classes  opprimées 

Meibdii  régna  dix  ans  sans  partager  conlre  les  oppresseurs.  Cet  incident 

l'aiitorilé  avec  qui  que  ce  fut.  ÏSotons  au  reste  est  très-commun  dans   les 

en  passant  que  dans  l'ancienne  légis-  anuales  fabuleuses  de  1  Irlande.   Oi- 

lation  les  femmes  étaient  toujours  ex-  liol!-More  fui  tué  d'un  coup  de  lance 

dues  de  la  dominalion.  Au  bout  de  dansuncombatparKonnall-Kearnach 

ce  laps  de  temps  elle  épousa  en  se-  un  des  trois  fameux  Fins  ou  héros  de 

condcs  noces    OilioU-More,   Oilioll-  i'Ulster.  OilioU  était  alors  parvenu 

le -Grand,    fils    de     Rona-Ruadh.  a  un  âge  très-avancé.  Meibdh  versait 

M.   d'Eckstein     soupçonne    cet   Oi-  encore     des    larmes    sur    le   trépas 

HoU-More  de  ne  pas  différer  dOiliol!-  prématuré  du  beau  Ronnor.  Isolée, 

Fionn.  Meibdh  par  suite  de  cel  évè-.  méprisée,    malheureuse,   elle  quitta 

Dément  donna  le  jour  k  sept  fils  qu'en  Cruachan.  son  ancienne  drmeure, pour 

appelle  les  sept  Maine.  Quelques  an-  aller  habiter  Inis  Cloilhroin  près  du 

nées  après  arriva  le  beau  Feaigus.  lac  Ribh.  Pendant  i'élé   elle  passait 

Accueilli  avec  transport  par  Oilioll  des  jours  entiers  k  se  jouer  dans  ces 

et  mieux  encore  par  Meibdh,  Ihole  eaux  fraîches  et  délicieuses.  Un  jour 

d«s  souverains  du  Conaught  alla   un  le  fils  du  roi  Konuor  de  I'Ulster,  Jor- 

jour    se  promener  avec  eux  au  bord  buidhe  ,    vint    secrètement    prendre 

d'un  lac.  Le  roi  eut  la   fantaisie  de  avec  sa  ligne  de  pêcheur  la  mesure 

voir  Feargus  se  baigner.  L'exilé  con-  exacte  du  lac,  d'un  rivage  k  Tautre,  du 

sentit  k  satisfaire  ce  bizarre  désir;  il  côté  où  s'élevait  le  fort  de  Meibdh  , 

se  dépouilla  de  ses  vêtements  et  se  Inis  Cioithroin.  De  retour  dans  l'Uls- 

plongea     dans     les     eaux.      Bientôt  ter,    il   arracha  deux   arbres  et  les 

Meibdh  eut  envie  de  se  baigner  k  son  planta   tous    deux    k   une    dislance 


A» 


MEl 


f^ale  à  celle  qiii  séparait"  les  deux 
bords  (lu  lac,  puis,  ayant  fixé  une 
poranie  sur  la  cime  dépouillée  d'un 
de  ces  troncs ,  il  alla  se  placer 
auprès  de  Taulre  ,  sVxcrra  long- 
temps a  frapper  au  moyen  d'une 
pierre  plaeée  au  bout  d'un  lacet  la 
pomme  élevée  sur  le  pieu,  et,  a  for^e 
de  multiplier  es  épreuves,  parvint  à 
être  sûr  de  l'abattre  a  son  gré.  Vint 
un  jour  où  conformément  à  un  plan 
concerté  d'avance  les  clans  du  Co- 
nau^ht  et  de  l'U'ster  s'assemblèrent 
pour  mettre  fin  h  de  bmgues  que- 
relles par  une  paix  solide.  La  reine 
était  occupée  dès  l'aube  naissante  h 
se  liaigner  dans  son  lac  favori.  Kon- 
nor  et  .lorbuidlie  se  rendirent  a  l'as- 
semblée. Jorbuidhe  lance  sa  pierre  : 
Meibdh  atteinte  à  la  tête  et  blessée 
mortellement  disparut  dans  le  flots. 
En  tout  elle  avait  régné  qiialre- 
vlntrl-dix-luiit  ans.  INuus  n'avons 
pas  besoin  de  faire  ressortir  tout  ce 
qu'il  y  a  de  mythique  dans  la  vie  de 
cette  reine  de  Tauticpie  Conauglit. 
Meibdb  est  une  seconde  Mélusine, 
une  Nymphe,  une  ÎSaïade,  une  On- 
dine  :  sa  vie,  son  bonheur,  c'était  de 
folâtrer,  de  s'ébattre  au  sein  des 
eaux.  Ces  Ondines  a  leur  tour  ne 
sont  point  snns  rapport  avec  les  belles 
INymphes  lacustres  ou  fluvialiles  en 
tant  que  fécondes  et  fécondantes 
{P^oj\  A>>a-Pereî<>'a,  CA'MAsî;^E, 
Juturke).  Quant  aux  nombres  dont 
l'histoire  entière  est  semée,  5,  lo, 
98,  tous  sont  svmbtdiques  et  ont  trait 
à  des  thèmes  rovthiques  tracés  d  a- 
vancp,  vral^lils  de  Prociustc  aux- 
quels il  a  fallu,  bon  gré  mal  gré  que 
les  détails  de  la  faîjle  fussent  ac(  om- 
niodés.  Restent  les  aventures  amou- 
reuses de  la  nine,  '<\s  inceste^ ,  le 
double  mariajie  ,  l'adull-ère.  Les  in- 
cestes,  nous  le  disons  plus  haut .  re- 
tiennent à  tout  instant  dans  les  ori- 


MEI 

gines  irlandaises.  Le  père  et  la  fille, 
la  mère  et  le  fils,  voila  un  premier 
cvfle  d'unions  monstrueusesqu'à  cha- 
que inslaul  proclame  l'Irlande  thén- 
logique  :  l'Orient ,  l'Egypte,  l'Inde 
nous  en  offrent  des  myriades  d'exem- 
ples :  les  cohabitations  fréquentes  du 
irère  et  de  la  sœur  se  déroub-nl  en- 
suite. Qui  admet  le  plus  tolère  na- 
turellement le  moins:  1  s  incestes  de 
frère  à  sœur  ne  sont  pas  moins  fré- 
quents que  les  premiers  dans  la  my- 
thologie de  quelque  peuple  que  ce 
soit  5  et  en  Orient  ils  passèrent  dans 
la  mora'e  prati(jue  rédigée  par  les 
instituteurs  des  ro\sfrd  iisuni.  D'ail- 
leurs de  l'iucesle  du  père  avec  la  fille 
à  celui  du  frère  avec  la  sœur  le  pas 
est  facile,  si  l'on  songe  que  les  fils  ne 
sont  que  desémanationsdupère.  Dans 
le  mythe  de  INIeibdh  en  particulier, 
les  trois  jumeaux  Finéamhnas  forment 
à  eux  trois  une  Trimourli  adé(juate 
d'Eochaidh  -  FiedhI  och.  L'infidélité 
que  Meibdh  fait  a  Oilioll  en  faveur 
de  Feargus  rappelle  d'abord  le  com- 
merce scandjleux  de  la  reine  femme 
de  Barlolara  avec  le  serf  Togadh  , 
puis  la  mort  de  Fiai,  femme  de 
Lughaidh  ,  fils  d'Ilh  le  Brigante. 
Celle-ci  naçrcait  toute  nue  dans  la 
rivière  de  Feil,  quand  sou  époux 
l'aperçut  5  elle  en  ressentit  tant  de 
bonie  qu'elle  en  perdit  la  vie.  La 
mort  du  léviier  d'Oiboll  a  son  pen- 
dant ou  plutôt  sa  contre-partie  dans 
celle  du  lévrier  de  la  reine,  femme  de 
Baitolam.  Le  roi  certain  de  son  mal- 
heur que  lui  confirmait  encore  In  bou- 
che de  sa  femme  arratha  violemment 
SanuT  (c'était  le  m-m  du  lavori  lé- 
>r,er)  du  sein  de  l'épouse  crimiue'ie 
et  le  jeta  par  terre  si  bruscjnement 
que  riunoc»'nt  anima!  péril  sur  la 
place,  depuis  appelée  Liis-Samer. — - 
Lue  ai' Ire  MtiBDU  ,  femme  d'Art 
fils  de  Konn  aux  cent  batailles,  donna 


MEL 

son  nom  a  un  fort  d^is  environs  de 
Tara,  Ralh-Meilxlh. — Une  troisième 
Meibdh,  (livinilé  des  Tiiallia-Dadan, 
faisait  parlie  de  la  Triraoïirti  fé- 
minine Eilliua-Yatacli  ,  Mollira  et 
M  ibdh.  Ou  rappelle  vuli^aiiement 
Meibdh-Kruachna,  parce  qu'elle  avait 
pour  mère  Kruacban. 

MÉLAMPE,  Melampls,  M'^Xa^i^- 
TTos,  mt^decin  babile,  était  fils  d'A- 
mithaon  et  de  Dorippe,  et  neveu  de 
Jason  {tua-êcci,  guérir).  Il  semble 
aussi  avoir  été  devin  et  poète.  Fa- 
meux déjà  dan^  toute  la  Grèce,  il 
mit  le  comble  à  sa  gloire  eu  guéris- 
sant de  leur  monomauie  les  Proetides 
qui  crovnient  avoir  élé  trau^forraées 
en  vaches.  En  récompense ,  il  exigea 
que  le  roi  de  Tiryntbe  lui  cédât  les 
deux  iiers  de  son  royaume  j  il  épousa 
Iphiaiiasse,  une  d?s  pi  incesses  qu'il 
avait  guéries,  et  laissa  trois  fds,  An- 
tiphale,  Abas  et  Mantius.  — On  a 
beaucoup  divagué  sur  Mélampe.  Se- 
lon les  uns,  il  guérit  lesPrœtides  avec 
de  Tellébore  et  même,  comme  l'ont 
fait  depuis  les  naturalistes,  il  imposa 
son  nom  a  cetle  plante  [niclarnpo- 
diiun).  Les  antres  veulent  qu'il  n'ait 
mis  en  usage  pour  la  guérison  que  des 
formules  magiques.  De  même  on  s'est 
demandé  quelle  était  la  maladie  à.QS 
Prœlides,  démence,  bystérie, névrite, 
etc.?  On  eût  dû  voir  que  les  Prœtides 
étaieul  les  Bacchantes.  Prœtiis,  c'est 
Fré;  Fré  est  le  sokil,  le  soleil  est 
Bacchus.  Les  Prœtides  sont  donc  des 

Î)arèdfes,  des  hiérodoules,  des  fil- 
es du  soleil  ,  et  comme  Bacchus- 
joleil  a  presque  toujours  l'aspect 
tauroraorphique  ,  ces  dociles  mi.is- 
trantes  aifictent  les  formes  et  le  ca- 
ractère delà  vache.  La  guéri.von  des 
Prœlides  par  Mélanq;e  n'est  donc  que 
la  cessation  des  liantes  chaleurs,  sym- 
bolisées par  des  reslrictons  qi'ap- 
porle  un  sage  au  culte  trop  orgia-stique 

LV. 


MEL 


49 


de  Bacchus.  On  a  donc  eu  tort  de  voir 
dans  Mélarape  un  propagateur  de  ce 
culte:  tout  au  plus  le  paili  que  sou  nom 
représente  le  régularisa-l-il  en  i'asser- 
viss mt  a  des  formes  plus  pures.  11  y  a 
p'us  :  une  des  épllhètes  favorites  du 
lumineux  Dévauiclia,  c'est  celle   de 
Levkopous  {A-vKQ7iovs)a.\\  pied  blanc: 
Mélampe  veut  dire  an  pied  noir.  Au 
re.^te ,  on  a  expliqué  ce  nom  par  d'au- 
tres causes.  Dorippe,  dit-on, avait  ha- 
bitué  son  fils  k  marcher  sans  chaus- 
sure ,  et  l^  soleil  avait  noirci  les  pieds 
de  l'enfint.  Le  peuple,  toujours  hy- 
perbolique dans  ses  récits,  prétendait 
que  Mélampe  entendait  le  langage  des 
animaux,  et  Apollodore  rapporte  uu 
coûte  bizarre  a  ce  sujet.  Les  évhémé- 
ristes  ont  placé  la  guérison  dts  Prœ- 
tides tantôt  sous  Prœlus,  tantôt  sous 
Anaxagore.  Ce  dernier  priuce,  dit- 
on  ,  avait  d'abord  refusé  a  Mélampe 
le  prix  qu'il  demandait  pour  la  gué- 
rison de  ses  cousines.  Jusque-la  Mé- 
lampe n'avait  demandé  que   le    tiers 
des  états  de  son    auguste  client.   Il 
partit;  r;";ppelé  au  bout   de   quelque 
temps  il  en  exigea  les  deux  tiers,  et 
eu  donna  moitié  k  son  Irère  Bias. — 
On  trouve  encore  deux  Mélampe: 
le  premier  est  uq  des  Dioscui  es  Tri- 
topators  (les   deux    autres  se  nora- 
me^it  Alcon  et  Eumole),  le  second  un 
compagnon  d'Hercule,  père  de  Cissée 
et  de  Gvas. 

MÉLAMPY(;E,  UiXÛy.7rvyoç , 
Hercule  en  tant  que  tournant  les 
épaules,  le  dos,  etc.  (^yy>î',  c'est- 
à-dire  passant  d;ins  l'hémisphère  aus- 
tral qui  est  opposé  au  nôtre,  et  l:iis- 
sanl  aux  habitants  de  l'Iiémisphère 
boiéal  fhivfr.  les  frimas,  les  lo  ignes 
nuits,  les  ténèbres.  Hercule  Mélam- 
pyi^e  est  n.is  eu  i apport  dans  a  n  y- 
tholo^ieaveclebCercopes.Nou..  avoua 
dit  dans  cet  ai  licle  tout  ce  qu'il  est 
essentiel  de  savoir  sur  leMélimpyge. 


5o 


MEL 


MÉLANÉE,  Melanea,  fille  de 
Neptune  ,  fut  aimée  du  dieu-Qeuve 
Wil,  et  lui  donna  le  ncm  de  Mêlas. 

MELAIS liE,  MI:LA^EU5,  M^Xy.- 
ifCs  :  1"  Ethiopien  tué  aux  nores  de 
Perst-p;  li»  fameux  Centaure^  3  '  Grec 
si  liahile  ii  tirer  de  l'arc  (ju'ori  !e  di- 
sait filsdxVpollon. 

MÉLAINÉGIS,  Mllan.tgis,  Mê- 
>i«v£6<7/y  :  Bacchus  ii  IlerFiiione,  où 
cha(|ue  année  on  célébrait  en  son 
honneur  des  jeux  dans  lesquels  ou  se 
disputait  le  prix  de  la  niusique,  delà 
nalnti'in  et  de  la  rame.  Ce  nom,  dij^nc 
de  remarque ,  nou.s  ramène  à  Tégide 
possédé^  par  Jupiter  cl  par  ]Minerve, 
h  ridée  de  puissance  général!  ice  su- 
prême ,  enfin  a  celle  d'esprit  funeste 
et  ahrimanien.  Les  Apaluries  aliié- 
niennes  étaient  consacrées  a  Dioîiyse- 
Mé'ané^is,  h  Jupiter  et  h  Vul.ain. 

MELAINIOIN  iM.^av.^vi'IIippo- 
mène;   li"  un  des  disciples  de  Cln'ron. 

]MÉLAINIPPE,  femmes,  l'ojtz 
MÉ^Ai.irPE. 

MÉLA>,IPPE,  Melatîippus,  m- 
Ai^yiVro;.  i°  Fils  de  Mars  cl  de  la 
nymphe  Trilia,  fonda  en  Arcadie  une 
ville  h  lacpielle  il  donna  le  nom  de  sa 
mère.  s^Filsdu  cheftliébain  Ithaque, 
l'ut  tué  par  Ampliiaras.  Tydée,  (ju  il 
avait  blessé,  se  lit  apporter  sa  tète, 
et  la  (bcliira  de  ses  dents.  Minera  e 
irritée  enleva  de  la  tente  du  barbare 
le  remède  qu'elle  lui  avait  apporté 
pour  le  g'^érir.  5"  Fils  de  Thésée  et 
de  Pcrifi^one  ,  remporta  le  prix  de  la 
course  aux  jeux  néméens  que  célé- 
brai :lil  Es  Épigones  vainqueurs  de 
Thèbes,  et  conduisit  une  colonie  arec- 

o 

que  enCaiie.  A°  Jeune  tomme  de 
Pcltles,  vio'a  Comélbo,  prêtresse  de 
)iane-Tric1arie ,  dans  le  temple  mê- 
le de  la  déesse.  \.  v"  éiiidémie  ef- 
•oyable  s'ensuivit,  et  4)ianc  clle- 
léme  révéla  l'impiété  des  d':\)X 
mants.  Comélbo  et  Mélanippc  péri- 


MÉl 

rent  au  pied  de  l'autel,  et  il  fut  dé- 
crété que  cbaijue  année  verrait  de 
même  verser  le  ^ang  d'un  jeune  rou- 

f)!e  remarquable  pai  sa  beauté.  —  De 
mit  autres  MÉnalippe,  tmis  sont 
des  chefs  troyens  tués  par  Anliloque, 
parPatrocle,  par  Teucer  •  uu  (juo- 
Irièmefut  fils  de  Priam;  uu  fils  du  roi 
dElolie,  un  fils  de  Mêlas,  tué  par 
T^déc,  se  présentent  ensuite,  et  la 
liste  se  complète  par  un  prêtre  d'A- 
pollon à  Cyrène,  éj^orgé  parles  or- 
dres du  Ivran  iSicocrate. 

MELÂNOPE,  Melakopus,  y  t. 
>.'j.va>~cij  de  Cumes,  était  auteur  d'un 
liymnc  en  Thouneur  d'Opis  et  d"Hé- 
caerge.  Conp.  Ole». 

MÉLAINTllE,  fils  du  IN'éléde 
Audioponipe,  fut  chassé  avec  ses  frè- 
res de  la  Messéuie  par  les  Héraclides, 
trouva  un  asile  dans  Athènes ,  tua 
Xaulhus  roi  des  Béotiens  en  combat 
singulier,  grâce  k  une  supercherie  qui 
fil  instituer  la  fête  des  Apaluries,  et 
fui  élu  roi  des  Atl.éniens  en  rempla- 
cement de  Thymèle.  Codrus  son  fils 
lui  succéda.  Ovide  nomme  un  Mélan- 
liie  compagnon  de  Bacchus.  —  Deux 
auties  MLLA>TnE  ,  Mtlanthius , 
MrAavf.'Of,  furent,  l'un  un  chef  troyen 
lue  par  Euryale,  l'autre  un  prétendant 
de  l'énélope  ,  pendu  hune  colonne, 
puis  niulilé  et  misa  mort.  Ce  soupi- 
rant de  la  reine  n'était  pourtant  qu'un 
simple  berger  d'Llyssc. 

MIXASTHÉË  ,  Melasthels, 
MO.'xii^i'j; ,  père  d'Amphimédon ,  un 
des  prétendants  de  Pénélope. 

MÉEAM  HIDE,MELA:sTnis,  Mî- 
>^xv^is.  Bacchus  dans  A;bènes,  en  mé- 
moire de  ce  qu'il  avait  paru  derrière 
X:nilbus,  affublé  d'une  peau  de  chèvre 
noire  sur  les  épaules, pendant  son  com- 
bat a;ec  Mélanîhe.  a  D'où  vient,  s'é- 
cria le  jeune  champion  d'Athènes,  que 
vous  avez  un  second  à  vos  côlés;  » 
Xnulhui  regarde  derrière  lui,  Me- 


MEL 

laDtlie  profitant  de  cet  instant  d'inad- 
vertance rétend  a  ses  pieds  (  Koy. 

MeLA>-THE,   et   COmp.     MELA>-ÉGli). 

MÉLAMHIE,  UiXccvi.'cc,  fille  de 
Deucalion  et  de  Pyrrha. 

MELArsTHO,  Maûstôû^,  Océa- 
nide  aimée  de  jNeplune,  qui  triompha 
d'el'e  sous  la  forme  d'un  dauphin. 
C'est  une  ISeith  noire  ou  INeith  infé- 
rieure, IXeith  mère.  iSeptune  viole 
Athànà,  si  nous  comprenons  hien 
l'histoire  de  Méduse.  —  Une  autre 
MÉlais'Tho,  suivante  et  amie  de  Pé- 
nélope, eulreteuait  une  intimité  cri- 
minelle avec  Eurymaque. 

MELAS.  MU^.ç:  1°  fils  de  Nep- 
tune (Minerve  emprnute  ses  traits 
dans  niiade);  2°  fils  d'Ops;  5°  fils 
de  Protée;  4^"  fils  de  Porthaon  et 
d'Eurvte  (ses  neuf  fils  périrent  tués 
par  Tydée  .  an  moment  où  ils  se 
préparaient  a  tuer  OEnée  leur  oncle, 
pour  donner  le  trône  a  leur  père)^ 
5"^  Argonaute  qu'on  dit  fils  dePhryxus 
et  de  Clialciope  (comme  Hellé  ,  sa 
tante,  il  se  noya  en  route);  6°  un  des 
Tvrrhéniens  delà  troupe  d'Acète. 
MELCARTUS.  f\  Melkarth. 
MELCHOM,  dieu  des  Ammoni- 
tes, eut  de  Salonnon  un  temple  dans 
la  vallée  d'Ennnn  ,  et  de  Manassès  un 

I    autel  dans  le  temple  de  Jérusalem. 

!  Josias  renversa  ce  monument  de  1  i- 
dolàlrie  de  son  aïeul.  Généralement 
on  prend  Melchom  pour  ?vIoloch.  Ne 
serait-ce  pas  Cham  (ou  Chamos),  qui 
justement  était  la  grande  divinité  àcs 
Ammonites.* 

MELEAGKE,  Meleager,  Me- 
Aé«y^o,',liisu'()Enée,roi  de  Calvdon, 
elde  la'rhes  tiade  A'  ihée,  prit  pai  t  dans 
sa  jeunesse  a  l'expéuilion  drs  Argo- 
nautes, puis  fut  le  chef  de  cette  chasse 
fameuse  dirigée  contre  le  sanglier 
devasldlcur  des  campagnes  calvdo- 
niennes.  Le  saiiglicr  succomba  3  mais 
Diane  dont  ranimai  farouche  servait 


MEL  5i 

les  vengeances  ,  Diane  qui  l'avait  en- 
voyé pour  punir  OEnée  de  l'avoir  ou- 
bliée dans  ses  sacriBces,  Diane  irritée 
du  bonheur  de  ses  antagonistes  excite 
une  rixe  cruelle  entre  les  triompha- 
teurs.  Amant    d'Atalante ,  la  belle 
chasseresse  qui  a  la  première  blesse 
l'animal,  Mé-éagre  offre  a  cette  ama- 
zone de  l'Arcadie  la  hure  énorme  du 
sanglier.  Les  frères  d'Allhée  se  ré- 
crient :  de  part  et  d'autre  on  court 
aux  épées  ,  le  sang  coule.  Méléa^re, 
toujours  destiné  à  la  victoire,  étend 
ses  oncles  roides  morts  sur  la  pelouse 
de  la  forêt.  Allhée  alors  se  soutient 
que,  quand  elle  donna  le  jour  a  ce  futur 
meuitrier  de  ses  frères,  les  Parques 
présentes  ala  naissance  du  jeune  prince 
lui  ont  révélé  que   la  destinée  de  son 
fils  était  liée  à  la  durée  d'un  tison 
posé  au  milieu  du  brasier.  A  ce  mot , 
Althée  oubliant  les  douleurs  de  la  fiè- 
vre puerpérale  s'est  précipitée  hors 
du  lit,  a  retiré  du  feu  le  bois  fatal,  a 
éteint  les  traces  de  flamme,  et  l'a  ca- 
ché dans  les  réduits  les  plus  secrets 
de  son  palais;  mais  ses  frères  ne  lu 
étaient  pas  moins  chers  que  son  fils. 
Elle  court  k  l'asile  mystérieux  qui  a 
reçu  ce  dépôt  si  cher,  saisit  le  tison, 
le  jette  au  milieu  d'un  vaste  brasier. 
Soudain  un  feu  secret  s'insinue  dans 
les  entrailles  de  Méléa^re,  le  torture, 
le  dévore,  le  consume,  et,  quand  le 
tison  n'est  plus  que  cendres,  Méléa;^re 
n'est  plus  qu'un  cadavre.  —  A  cette 
légende  que  le   tragique  Phrynichus 
popularisa  le  premier  ,  substituons  h 
présent  le  récit  primordial.  Diane  et 
le  .sanglier  y  figurent,  mais  point  d'A- 
talante. Les  deux  peuples  qui  se  sont 
caaiisés  pour  délivrer  leurs  canipa- 
gnes  du  rapace  mammifère  se  dispu- 
tent sa  peau  et  sa  hure;  ia  guerre  .s'al- 
lume eutreles  Etoliens,  d'un  coté,  et 
les  Curetés  de  l'autre.  Les  frères  d' Al- 
thée, les  fils  de  Theslius  commandent 


52 


MÉL 


aux  Curetés;  M^lcagre  conduit  lesban- 
des  élolienoes,  fl  Ks  guide  à  la  \ic- 
toir<'.  ISoD-seulemeiil  il  laille  en  piè- 
ces lai  raée  ennemie:  les  ciiefs  mêmes 
périssent  de  sa  main.  Mus  dès-lors 
ce  guerrier  intrépide  est  comme  souil- 
lé: c'esl  presque  le  sang  maternel  (ju  il 
a  versé;  ce  sang  ,  c'est  une  fiirie  (jui 
va  s'attacher  a  ses  pas ,  planer  sur 
sa  tête;  sa  mère  elle-même  dé\oue 
Tassassin  aux  tuméuide.s.  Ln  allaii- 
semeut  mortel  oppi  iuie  alors  le  cœur 
de  Méléa^re.  Les  Curetés  reprennent 
Tavanlage.  Ils  frémissent  en  armes 
autour  de  Calydon.  et  rieu  ne  peut  ti- 
rer Méléa^re  de  la  somnolence  dou- 
loureuse  qui  pèse  sur  lui  comme  un 
invincible  cauchemar.  La  vo  x  seule 
de  Cléopùlre,  son  épouse,  rarraclie  à 
cette  sumb  e  lorpeur  ;  il  marc'ie,  il 
ranime  Tardeur  des  siens,  il  refoule 
jusque  dans  son  camp  l\  nuemi  déjà 
maîli  e  des  avenues  du  palais  et  sur  le 
point  d'incendier  la  ville;  mais,  dès 
que  le  danger  n'e.-l  plus,  lardeui  fac- 
tice que  lui  inspirait  le  spectacle  eni- 
vrant des  balailles  s'éteint,  el  la  noire 
mélancolie  asson^brit  de  nouveau  son 
âme.  Il  meurt.  Ce  sont  les  Furies 
maternelles,  dil-on.  qui  ont  abrégé 
ses  joi.rs.K  Falal  exemple,  dit  le\ieux 
Phénix  a  ion  élève,  des  désaslres  que 
la  Colère  eiilraîne  à  sa  suite,  el  dts 
amères  douleurs  par  lesquelles  la  ven- 
geance expie  pendant  des  années 
SCS  joies  d'un  jour  !  «  Autour  du 
pâle  et  mourant  Méléa^re  se  grou- 
pent des  fij^ures  non  moins  doulou- 
reuses. Althée  qui,  dans  l'une  et 
dans  l'autre  légende  ,  est  la  cause  de 
ea  mort,  se  tuel  rsqu'elle  n'a  plus  de 
fils;  Cléopàtre,  sa  l'emme,  se  pt  nd  de 
désespoir;  ses  sœuis,  Gor^é  ,  l)éja- 
DÎre,  Menai, ppe,  Fuximédée,  se  cou- 
chent,  les  yeux  baignés  de  piturs, 
auprès  de  son  tombeau,  et  traîueut 
un  deuil  sans  fiu,  jusqu'à  ce  que  Diane 


MEL 

par  pille  les  transforme  en  oiseaux, 
l'iimilivemt  lit ,   saus    doute,   on    ne 
di-nnait  à  Méléagre  que  deux  so-urs , 
Déj.iiilre    el    G' rgé  ;    nais    comme 
celles-ci  apparaissent  ai  leurs  mariées, 
l'une  à  Andrémon,  l'autre  a  Heicnle, 
on  en  ci éa  deux  autres,  puis  tour  à 
tour  on  dit  que  les(jualre  princesses, 
ensuite  que  deux  princesses  seulement 
avaient  subi  la  transformation.  Sans 
doute  aussi  on  cessa  plus  tard  de  comp- 
ter  exactement,    et  l'on  admit    des 
Méléaiîrides  eu  nombre  indéfini.  Mé- 
léagrides  I   tel   est    leur  nom;   il   est 
analogue  a  celui  des  Fhaélhonlides 
donué  aux  Héliades.   La  Cléopàtre, 
feuime  de  Méléagre,  étail  la  Hlle  d'I- 
das  et  de  la  célèbre  Marpesse. — Un 
voit  combien   la   légende  qui  l'admet 
dans  la  lamile   de  Méléagre  s'éloigne 
de  ce'le  qui  fait  d'Atalante  sa  parè- 
dre  habiluelle.  Il  y  a  dans  cette  iler- 
nière  queUpie  chose  de  cabirique.  Les 
oncles  de  Méléagre  se  nomment,  se- 
lon lesuns,Piolhoos  et  Comète,  selon 
les  autres.  Toxée  et  Plexipje. — La 
guerre  des  Etoliens  el   des  Curetés 
rappelle  de  loin  celle  des  Pandous  et 
des  K  ■urou>.  Réduite  a  la  Grèce  et  a 
une  donnée  historicjue,  c'esl  une  que- 
re'le  entre  Calvdon  et  Fleuron,  les 
deux  villes   importantes  de  l'Etoile. 

—  Méléagre  ne  laissa  qu'une  hlle, 
Polvdore,  qui  fut  mariée  à  Protési'as. 

—  Milllu  a  ^^ onoé  ,  dans  sa  G^il. 
nijl/i.  ^  4o9*-4i3  5  une  admirable 
suite  de  représentations  figurées  re- 
latives h  Méléagre. 

MELECH,  c'est-a-dire  roi,  dieu 
phénicien,  ou  mieux  surnom  commvH» 
à  plusieurs  divinités  phéniciennes  mct- 
les  ,  Adramjlech  ,    Anamélech  ,   etc. 
Walak,Molok,  Melkarlh,  ne  sont  que- 
do  \ar:antesoudesdéiivalionsdu  mé 
me  mot.  Ai  reste,  le  non)  de  roi  appli 
que  aux  dieux  n'est  point  particulie: 
aux  religions  sémitiques.  Pi-ftcetc. 


MÉL 

Egypte  n'a  pas  d'autre  sens;  Erôs  ou 
Eros,  Héré  (Junon),  sign  iîenl  de  mê- 
me maîlre  et  seigneur  {hcrr,  oilera., 
ht-rus,  î^t')?  Axie'ros  vient  a  l'appui; 
le  dieu  des  enfers  est  dil  roi  d'Amenti, 
RacJjamenli  d'où  Rbadamaute.  L'ai  l. 
Baal  fournit  encore  d'autres  rap- 
prochements qui  embrassent  un  nom- 
bre de  noms  di\ins  considérable.  — 
Comp.  ausbil'arl.  Don. 

MÉLÉCHER,  dieu  que  les  Juifs 
adorèrent  ,  fut,  selon  les  uns,  le  so- 
le 1,  belon  les  aulres,  la  lune.  Les 
femmes  lui  offraient  un  gâteau  con- 
stellé; c'était  aussi  Toffrandeque  les 
Grecs  faisaient  à  la  lune.  Comp.  l'art, 
qui  précède. 

MELES,  VLiXvjç  (qu'il  ne  faut  nul- 
lement rapprocher  des  MÊLAS  de  la 
Grèce,  et  surtout  de  l'a  Ijecl.f  r^cActç), 
passe  en  mylho  ogie  pour  le  père  de 
Caudaule  .  dernier  prince  que  la  mai- 
son des  Candau  ides  ou  Héraclides 
donna  au  royaume  de  Lvdie.  «  Si  le  roi 
Mêles,  »  disait  un  de  cei  vieux  orac'es 
qui  courent  les  p.iys  après  que  Ls 
événements  sont  irrévocablement  ac- 
complis, a  avait  jadis  conduit  autour 
«  de  la  ville  de  Saides  le  lion  qu'une 
«  de  ses  concubines  avait  mis  au  jour, 
a  lamais  celte  cauitale  ne  serait  tom- 
«  bée  aux  raaiusde  Cyrus.  »  Au  reste, 
Mélès,  comme  tant  d'autres  person- 
nages, semble  un  nom  géographique 
personnifié.  Non  loin  de  Sinyrne  cou- 
lait une  petite  rivière  qui  tarit  eu 
été,  et  dunl  le  nom  était  Mélès.  C'est 
d'elle,  assure-t-on,  qu'Homère  lire 
son     épilhète    de  Mélésigèue. 

MELIBEE,  Meliloea,  Mîa/oû<«, 
et  AMVCLE,  biles  de  Mobé,  furent 
seules  épargnées  par  Diane,  et  dans 
leur  reconn  iissance  élevèrent  a  La- 
tone,  dans  Argos  ,  un  temple  où  Mé- 
libée  eut  une  .>>tatue  près  de  la 
déesse.  Mélibée  était  surnommée 
Chloris  la  verte,  la  pide,  \  cause  de  la 


MEL 


53 


pâleur  que  lui  inspira  le  sort  de  ses 
frères  et  de  ses  sœurs. — Une  MÉLt- 
BÉE,  Océ;inide,  épousa  Félasgue.Une 
Ville  de  'Ibeftsalie  portait  ce  nom, 
piobableraenl  a  cause  des  beaux  pâ- 
turages de  cette  délicieuse  contrée 
(,<«:/£<;  ^o.ç).  Ph.loctète,  qui  était 
de  cette  ville,  lui  dut  le  surnom  de 
MtlihœiLS . 

MÉLICERTE.  Voy,  I>o ,  et 
comp,  Melrarth. 

MÉLIE,  Melia,  MfA/a,  Océa- 
uide,  euld  Apollon  deux  rils,Térèi}e 
et  Ismène  et  les  nymphes  Méllades. 
—  Deux  aulres  Mélie,  Océanidrs, 
et  qui  sans  doute  ne  diffèrent  pas  de 
la  pren  ière  .  sont  dites  Tune  amante 
de  jNeptiine  el  mère  d'Amjcus;  l'au- 
tre femme  d'inachus  et  mère  de  Pho- 
rnnée  et  de  Phégée.  Comp.  Inachus, 
fin. 

MÉLIES,  Meli.^  ,  UY,-Kl.a,t  :  1° 
Nympbes  qui  naquirent  du  sangd'U- 
ranu.->,  mutilé  par  Saturne,  et  de  la 
Terre.  Lue  d'elles  fut  aimée  de  Si- 
lène, et  en  eut  le  Centaure  Pholus, 
2<>  ISvraplies  protectrice^  des  trou- 
peaux [P^oy.  Épimllides). 

jNIÉLIGLjNIS,  MAr/cvv/^,  hé- 
roïne épcmyme  de  Tiie  actuelle  de 
Lipari  ,  passait  pour  tille  de  Véuus. 
A  vrai  dire-,  Méligunis  est  une  Vénus; 
et  probablement  le  nom  signifie 
femme-reine. 

MELIjNE,  une  des  cinquante  Thes- 
piades. 

MÉLIÎSOÉ ,  fille  de  Jupiter  et  de 
Proserpine,  est  peinte  tantôt  blanche, 
tantôt  noire,  tantôt  couverte  de  vê- 
tements jaunâtres,  et  affecte  a  tout 
instant  des  formes  effrayantes.  Au 
fond,  c'est  une  Hécate,  c'est-à-dire 
une  Proserpine.  La  fille,  la  mère,  la 
sœur,  l'épouse,  c'est  tout  un  eu  nij 
thologie. 

MELISSE,  Mel^ssa,  M.a/c-s-^c, 
filU  de  Mélis§e,  le  roi  de  Crèle,  el 


54 


MEL 


cBur  d'Amallhéc  ,  nourrit  conjointe- 
ment avec  elle  Jupiter  au  berceau. 
INous  ne  croyons  pas  qu'elle  diffère 
d'AinrilllK-c/et  en  conséquence  nous 
rejetons  bien  loin  Télymologie  qui 
tire  sou  nom  de  meUssa  .  fAtXi<rTa,  ^ 
abeille  'J  oy.  Amalthle  ,  et  romp. 
Adrastée  qu'on  donne  ainsi  qu'Ida  , 
sa  sœur,  pour  une  nourrice  de  Jupi- 
ter). Amallbée  et  Mélisse  s'appellent 
nymphes  Mélissides. — La  prétendue 
Océanide  Mélisse  n'est  autre  que  I\Jé- 
lie.  On  donnait  encore  ce  nom  en 
Crète  aux  prêtresses  de  Kée  (la 
grande  mère),  dans  Epid^iure  a  une 
fille  de  Proc'-ès,  femme  de  Périandre* 
dans  Corinthe  h  une  femme  que  le 
peuple  mil  en  pièces,  parce  qu'elle 
refusait  de  se  faire  initier  aux  mys- 
tères de  Cérès. 

MÉLITE,  MiXl-Y,^  1°  ]N''iéide, 
2°  ISymphc,  5*^  fille  du  dieu-fleuve 
Egée,  Elle  eut  d'Hercule  Hyllus. 

MÉLITÉE,  MCLITEUS,  MEA/r^t/V, 

fils  de  Jupiter  et  d'Othréis,  fut  exposé 
dansun  bois  parsa  mère, nourripar  des 
abeilles, et  découvert  par  Plirague, que 
déjà  Othrei>  avait  eu  de  Jupiter.  Du 
nom  des  insectes  industrieux  cjui  lui 
avaient  fourni  les  premiers  aliments, 
il  se  fit  appeler  Méiitée  et  fonda  un 
clablissemenl  dans  un  lieu  qui  prit 
son  nom  [Mcleda  de  l'Adriatique  ou 
bien  Malte). 

WELIOS,  M)jA/(>f,  aux  brebis 
ou  aux  pommes;  Hercule  a  Thèbes 
et  à  Thespies.  L'usage  était  de  sncri- 
lier  aux  dieux  une  brebis  [melon, 
/«»>oy).  Un  jour  TAsDpe  débordé  ne 
permettant  pas  de  porter  la  brebis, 
un  jeune  homme  lit  remar(juer  que 
Tntlon  signiHait  pc^mme  ,  et  tout 
bonnement  on  saciifia  au  fds  d'AIc- 
mèiie  des  pommes  supportées  par  de 
petits  bâtons  en  guise  de  jambes.  Le 
dieu  Addéphage  lit  de  rexjK'ditnl  , 
*i\.y  depuis  ce  temps,  les  pommes  rem- 


MÉL 

placèrent  les  brebis  dans  les  sacrifices. 
WELKARTH  est  familièrement 
nommé  l'Hercule  phénicien,  IHerculc 
deTyr.  C'est  le  quatrième  des  Her- 
cules mentionnés  par  Cicéron  [ISat. 
des  D(cux).  Généralement  on  expli- 
que ce  nom  pcir  roi  de  la  ville  (M»  lek- 
Kartha.)  Il  est  plus  simple  d'y  voir  le 
roi  fort  (Melek-Arta).  Cette  désinence 
Arta  se  retrouve  dans  d'autre.>  noms 
sacrés  et  spécialement  dans  celui  de 
lagraude  déesse  phénicienne  Astarté. 
Ainsi  que  l'Hercule  gnc  ,  Melkai  ih 
se  présente  dans  la  théogonie  comme 
un  Cadmile,  un  Dieu-Rapport  ,  un 
servant,  réabscrbable  soit  en  Axio- 
cerse,  soit  enAxiéros.  Cadmile  pur, 
il  cumule  les  traits  d'Hercule  même  et 
d'Hermès  :  il  est  force  et  sagesse,  il 
est  action  elverbe(verbe  parié  comme 
verbe  éciit),  il  est  vainqueur  et  voya- 
geur (c'est-à-dire,dansb  s  idées  phé- 
clennes,  navigateur  ).  Il  est  guerrier 
et  commerçant.  Ceci  sur  la  terre  !  au 
ciel  llestsolei'(le  solei' agit,  voyage, 
navigue  même^  le  ciel  était  censé  un 
grand  océan  suspendu  sur  nos  têtes- 
f^\  Tpé).  D;ins  l'un  et  l'autre  cas,  il 
nuit.  Et,  pour  déterminer  ce  fait  \  ague 
(union)  par  quelques  exemples,  lors- 
qu'il cingle  le  long  de  la  vouie  céleste 
ou  au  travers  de  la  Méditerranée,  infati- 
gable voyageur,  il  fait  correspondre, 
rapproche,  met  en  contact  le  couchant 
etrorieiit,  Gadèsel  1  vr,  lesdeux  moi- 
tiés du  zodiaque,  ies  deux  moitiés  de 
la  sphère.  Psvchologiquement,  il  est 
le  iiœrtd  qui  uiiil  le  projet  et  l'acte  : 
lavollllonet  laforce  (activité^  accom- 
plissent et  déterminei  t  un  produit. 
Politiquement,  il  est  le  lien  féderatif, 
ici  de  toutes  les  villes  qui  forment 
un  ét;U  indivisible  ,  la  des  colonies 
et  de  la  métropole  :  c  est  le  concen- 
tus  ,  l'harmonie  ,  la  centra'isation. 
Comp.  ici  tous  les  développements 
sur  Cadmile,  Mercure,  Bacchus^Her- 


MEL  MEL  55 

cule,  Harmonie  et  Amour,  art.  CABi-fetbographes  grecs  substituèrent  Zevs 
REs.  Voyager  et  lier  ainsi,  c'est  être  ■;■:•  àBaal.  Melkarlli  était  adoré  a  Gadès, 
Démiurge(c'est-a-direaclivitë,furce,  à  Malte,  a  Cartilage  comme  à  Tjr, 
personnification  herculéenne)  j  effec-  et  d'immenses  débris,  d'énormes  sub- 
tivement,  le  soleil  en  Egypte  était  structions  témoignent  encore  de  la 
compté  parmi  les  Démiuiges.  Mais  magnificence  de  son  culte  (Bres, 
d'autre  part ,  c'est  être  messager,  in-  Malia  aiitica  ^  p.  14.4.  5  Miinter 
termédiaire,  c'est  être  parole  el  idée,  p.  4-5  ,  etc).  Les  colonies  de  cette 
c'est  être  Mercure.  Melkartb  au  fond  dernière  ville  envoyaient  anuuelle- 
esf  donc  plulôl  un  Herméracle  qu'un  ment  a  leur  métropole  une  théorie  et 
Héraklès,  et  rien  de  plus  juste  que  la  de  riches  tributs  a  l'occasion  de  la  fête 
conjecture  qui  le  rapproche  deSumès-  du  Bûcher  ou  de  1  Autocaïsme.  Car- 
Hermès.  Il  paraîtrait  aussi  que  Mel-  thage  même,  a  1  époque  de  sa  splen- 
karlhfut  identifie  avec M;irs,  du  moins  deur,  ne  manqua  jamais  de  rendre 
k  Carthage,  ce  qui  conviendrait  en  cet  hommage  au  grand  Cadmile  io- 
effet  soit  au  caractère  guerrier  du  digène(/^'.  Polybe,  fragm.des  ^/;z^., 
dieu,  soit  à  sa  phvsionomie  sidéri-  c.  114,  etc.,  et  comp.  les  détails  cu- 
que  (continuellement  on  voit  le  so-  rieux  rasserabicsa  ce  sujet  par  Miin- 
leil  s'incarner  en  planète  ).  Déplus,  ter). Long-temps, sausdoule.Melkarth 
la  racine  des  noms  grecs  Ares,  Héia-  n'eut  point  d'images  autres  que  le  feu. 
klès,  est  la  raêiue  de  part  et  d'autre.  Une  flamme  éleruelle  brûlait  dans  les 
Essavous maintenant  d-  localiser ?Tlel-  temples  querxVfnque,  que  l'Espagne 
karth  eu  tant  que  Cadmile  dans  i;n  méridionale  avaient  élevés  en  son  hou- 
Ccîdre  cab:ri;]ue  adapté  a  la  religion  ncur.  Toutefois  il  est  probable  que 
phénicienne.  Le  cîasseraents'opèrede  cet  usage  cessa  plus  tard.  Les  médail- 
hii-même..Baal,  Astirlé  et  Melkartb  les  de  Thasos  (  colonie  de  Tyr  )  pré- 
(  Baal  Axiéros  et  Axiocerse  uiàîe,  sentent  Hercule  armé  de  l'arc  et  des 
Aslarté  Axiocerse  femelle,  puis,  flèches,  et  on  le  retrouve  sur  des  mé- 
Melkarlh)  ,  voila  les  trois  dieux,  voila  dailles  de  Gadès  (avec  légendes  soit 
ia  sainte  triade,  contre-épreuve  facile  puniques  soit  romaines)  caractérise 
de  la  triadi'  cabiriqiie,  Hépheste,  par  la  peau  de  lion  et  la  massue. 
Aphrodle,  Heraéracle,  dans  laquelle  Ajoutons  que  le  choix  même  de 
Hépheste  remplit  deux  rôles,  dans  la-  ces  accessoires  symboliques  dépose 
quelle  Héphe,-lc,  a  la  fois  élevé  et  fu-  et  de  la  tardive  apparition  et  de  To- 
Dcsle,  laisse  Irès-faciljment  entrevoir  rigine  grecque  de  cet  aulhropomor- 
qu'il  ne  répugne  point  a  s'incarner  en  phisme.  La  btalue  de  Melkarlh  était 
Crone  et  eu  Ares  (^Mars).  La  généa-  chargée  de  liensj  ce  qui, dit-on,  avait 
logiecicéronienriederHercule  de  Tyr  trait  a  la  faiblesse  accidentelle  ou  pê- 
ne contredit  que  supeificiellement  ces  riodique  du  dieu  soleil (/^.  Adoms). 
données.  Jupiter  et  Astérie  se  résol-  A  Gadès,  il  avait  un  autel  comme 
vent  en  Baaî  et  As!arlé.  I*ourcelle-ci  année  (comparez  ici  Ja>'Us),  et  c'est 
le  rnpport  n'est  point  douteux  :  le  sous  un  point  de  vue  analogue  que 
nom  et  Tidéf'  établlssenl  ridculité.  INonnus  (Z>/o/zj6-.,  liv.  xl)  appelle 
Pour  l'autre  il  s:iffil  de  se  reporter  Hercule  Ménagèle,  c'est-a-dire  con- 
à  l'art.  Baal  (et  sidisidiairement  a  docteur  des  mois.  Enfin,  .\îelkarth 
C.\BiREs  et  a  Fta)  pour  se  convain-  faisait  partie  de  la  série  des  Cabi- 
cre  delà  facilite  avec  laquelle  les  roy-  res  phcuicieus,  et  venait  sans  doute 


56 


.\IEI. 


immcdiaieiî-Mi  après  Sidik  leur  pè- 
re, ou    plulol  Si«lik   reslant  dnns  la 
hauti-  splière  cosinogoni(jue  se  dèlé- 
gu.iil,  s'incarnait  en    Melkarlh  'or.^- 
ciii'il   s'ngissait    de  donner  naissance 
aux  sppl  Ca!)ires.  La  série  planétaire 
des    Trezc-Douzc  Egyptiens,  série 
doni  Djoni  est  le  chel ,  sem!»le  repré- 
senter pnrfailemeiit  les  sept  Cabijes 
dont  Melkarlh  est  comme  le  chef  de 
file.  Ce  (jue  nous  avons  nommé  Aulo- 
caïsnie  est  celte  pompeuse  cérémonie 
commune  a  (^arthage  et  h  Tjr .  dans 
laquelle  on  voyait  un  immense  biiL'hrr 
devenir    la  proie  des  flammes,  puis 
{oul-"a-coiij)  du  sein  des  cendres  res- 
plendissantes el  des  braises  colossales 
uu  aigle  sortir  et  se  perdie  dans  la 
DU»',  pareil  au  phénix  d*Egv|)le.  Cet 
aigle  était  le   symbole  de  TanuLe   el 
du  temps  qui  renaît  de  ses  cendres. 
L'Ili  rcule  au  Mont  OEta  des  lé";en- 
des  hilléuiques  n'est  qu'un  embellisse- 
ment épique  de  cette  so'ennité.  Miin- 
1er  V  reli  o:;ve  Tor'gine  d'une  des  p!us 
célèbres  cij  constances  des  apothéoses 
impériales  (l'aigle  qui,  du  sein  du  bû- 
cher,  allait    porter  aux  cieux  lame 
du  divin  emp^Teur}.  Des  victimes  hu- 
maines (des  pris'  nniers?  des  étran- 
gers? des  nègres  ?) arrosaient,  dil-on, 
de  lur  sang  le  pied  du  bûcher  élevé 
a  Melkarlh.   Les  Phéniciens   lui  sa- 
crifiaient   aussi  des   cailles  :  allusion 
à  la   dispari ti(jn     périodique     de    la 
force  solaire  (prise  pour    une  mort, 
une  léthnrgie,  un  évanouissement)  et 
a  1  exci  llence  prétendue  de  la  cervelle 
de  caille   contre   Tépilt-psie.     Coinp. 
loLAS.  Le  M.  licerte-Palémon   de  la 
familfe    Cadn)éenne   a  Thèbes    n'est 
évidemment  qu'un  Melkarlh  [f'oy. 
Itjo   cl     I*alÉmon  )   :     même    nom 
(aux  voyelles   près)   ,!    même    lôle 
(divinité    de   la    mer)j'  notez    de 
plus  qu'Hercule  en    grec   se  nomme 
XlecXecf/4avj  le  lutteur.  On  peulsoun- 


:\IEM 

conner  aussi  que  c'eit  à  la  diffu.sion 
du  cnlle  de  Melk.'irtli,  vers  la  Imite 
occidentale  de  l'ancien  monde,  que 
sont  dues  en  partie  les  fab'cs  ,:;rec- 
ques  relatives  aux  exploits  de  l'Her- 
cule il  ébaiii  dan?  l'Ilespérie. 

MELLOrsE.  Mellona,  déesse 
latine,  avait  les  aleil'es  et  le  miel 
sous  sa  proteclion.  Voler  le  miel  de 
son  voisin  était  s'exposer  a  sa  co- 
lère. 

MELPOMÈISE,  MîXTTOf^'itK,  muse 
de  la  tragédie,  porte  d'ordinaire  le 
colliurne,  le  poignard,  le  sceptre  et 
une  couronne.  Sun  mainlien  est  grave 
el  sévère.  On  la  voit  dans  la  AIo- 
saïque  d'Ilaliea,  pag.  19,  le  masqi;e 
tragique  a  l  s  main.  Dans  les  Pilture 
cV Jîn  olano  eile  a  .  outre  la  grande 
tunique  et  Tamp'e  manteau  trafique, 
et  la  massue  el  le  masque  hercu- 
léen, l'espèce  de  coiffe  que  les  mé- 
dailles mitylénii-nnes  donnent  à  Sa- 
pho.  La  massue  se  retrouve  aussi 
dans  Vi  incke'mann,  il/c/îw/;/.  inéd.y 
n°  45.  Une  Melpomène  colossale  du 
Musée  Pio-CU'nitnt, , n"  1 9 1 , 1  26^ 
a  un  pied  appuyé  sur  un  rocher,  atti- 
tude (jue  les  anciens  ont  quelquefois 
donnée  aux  héros.  On  retrouve  ces 
attributs  dans  ce  même  Muée  Pio- 
Cli'nitutin  ^  IV,  i5. —  AJe/po  en 
grec  inditjue  un  chant  large,  et  qui 
participe  à  la  fois  du  grandiose  de  1  é- 
popée  et  de  l:^  mpgnilùence  du  Ivri- 
que.  Telle  était  eu  eifet  la  tragédie 
antique.  — ^lELPO!MÈ^E,  AJt/fJO- 
7/ienos ,  est  aussi  un  surnom  d'A- 
pcUoii.  H  existe  une  belle  statue 
d'Apoilon  Meîpoméuos  dans  le  Musée 
Plo-  CUinmlin.  Comp.  Muses. 
L'Acarnanie  et  Alhèut  s  adoraient  sur- 
tout Apollon  Melpoménos. 

MEMAL,  M.EMAEL>,  M«/^aAfl?, 

père  du  chef  grec  Pi.saudre,  qui  alla 
au  .siè^e  de  Troie. 

^UiMljLL\ll,  MtMBLULUs,  sui- 


vant  fie  Caf^imis ,   duuna  son  nom  à  donné  comme  synonymf  exact  Egypte- 

une  île  de  TEgée,  une  des  Cyclades,  Méroé.  Ai  laqué  par  les  Giecs,  Priam 

entre  Anaphe  et  Théra.  euvoya     demander    des     secours    au 

MÉMEHCLS.   /^oj'.  ^ÎER.MtRE.  splmdide    seigneur    de    la    Susi  me. 

MEMNON,  Miuvav,  incarnation  Memnou  était  son  neveu  :  la  force 
extia-hellénii|ue  de  la  lumière-sola-  du  >ang  et  une  vl^ne  d'or  que  lui 
rilé,  passait  en  Grèce  pour  un  prince  envoya  son  oncle  le  délermiuèrent 
venu  des  loi  ilaiues  contrées,  pairie  à  parlir.  Diclys  de  Crète  le  raon- 
ou  siège  favori  de  Tastre  du  jour;  tre  arrivant  à  la  lèle  d'une  année 
mai>  quelle  contrée?  Ici  Ton  var  ait.  innombrable  d'Ethiopiens  et  d'In- 
C'est  de  Test  que  vi'^nt  la  lumière ,  diiiis,  et  d'une  armée  navale  non 
c'est  au  sud  que  brille  la  lumière,  nidins  considérable  sous  les  ordres 
Deux  légendes  se  sont  formées  aussi-  d  ■  Taii  irai  Phalas.  Ailleurs,  ce  puis- 
tôt.  L'une  localise  le  prince-dieu  dans  saut  renfort  se  trouve  réduit  k  vingt 
Thèbesj  l'autre  p'ace  son  troue  dans  mille  hommes,  fournis  moit  é  par  la 
l'orient,  au  centre  raème  de  l'Assy-  Susiane,  moitié  par  I  Ethiopie,  et  k 
rie,  k  Suse  ,  la  ville  des  lys.  Les  gé-  deux  cents  chariots,*  et  Memnon  lui- 
néal'gies  reflètent  ce  doible  point  de  mèrap  n'est  que  le  général  du  roi 
vue  :  dans  l'une  Memnon  est  né  d'Assyrie  Teutame,  dont  Priam  est 
d'Héméra  ,  le  jour  (le  jour  dans  toute  le  vassal.  Long-temps  après  on  mon- 
sa  beauté,  la  lunière  au  méridien  et  trait  encore  les  traces  de  sa  marche, 
au  zénith,  le  midi);  dans  l'autre  il  depuis  le  fleuve  Choaspe  jusqu'à 
doit  le  jour  k  1  Aurore  (et  l'Aurore  Troie  assiégée. Quelques  èvhémérisles 
est  l'orient).  Au  reste,  l'Aurore  parlent  dune  rue  magn.fique,  bàlie 
s'offre  accompagnée  d'un  époux,  1  i-  par  ses  ordres  et  sur  son  passage, 
thon  (et  Tilhou  .  au  dire  des  Grecs  ,  Chemin  faisant  il  t^ut  a  combattre  les 
était  le  frère  de  Priam  et  le  fils  de  Solynaes.  Arrive  k  Troie,  il  tua  An- 
Laomédon),  ou  bien  Aslrée.  Eina-  tiiocpie, fils  de  ^Nestor,  blessa  Achille, 
tliio'i  était  son  trère.  Un  riche  palais,  conibaltii  Aja^,  et  en'in  fut  tué  par 
un  imraenselabyrinthe  prèsd'Abydos,  le  roi  des  Phlhiotes,  soit  comme  le 
en  Egypte,  signalèrent  la  magnifi-  disent  que'ques-uns ,  en  combat  siu- 
cence  de  Memnon.  Les  partisans  du  gulier.  soit  a  la  suite  de  sou  com  • 
système  oriental  ont  placé  ces  deux  bat  avec  Aj<ix.  L'Aurore,  sa  mère  , 
nobles  édilites  k  Suze.  Le  syiicré-  parut  aussitôt,  et  vint  pl^-urer  sur 
tisme  soupçonna  .  sous  la  douljle  son  cadavre  ;  ce  sont  ses  larmes  cjui 
légende,  uu  empire  qui  aurait  ein-  brillent  le  matin  sur  l'herbe  et  les 
brassé,  par  la  conquête,  toute  la  ré-  fleurs,  en  perles  liquides  qu'on  nom- 
giou  du  ^.1  et  l'Asie  juscju'a  Tcmbou-  me  la  rosée.  Deux  récits  plus  cir- 
chure  du  Choaspe  ou  de  lEulée.  constanciés  nous  montrent  Grecs  et 
Comme  les  historiens  évhéméristes  Trovens  faisant  une  trêve  après  la 
qui  donnent  l'Egypte  a  Memnon  era-  mort  de  M  mnou  ,  le  corps  du  prince 

f)loient,  pour  indiquer  son  royaume,  de  Suse,  rapporté  a  Troie,   déposé 

e  terme  vague  d'Ethiopie,    on  eut  sur  le  bûcher,  réduit  en  cendres,  et 

dû  penser    aussi     que  ce    mot    avait  l'urne  qui  contient  ses  restes  inf  r- 

deux    inlerprélatious   différentes,   et  tunés  reprenaut  le  chemin  de  la  pa- 

que  1.  s  uns  l'avaient  traduit  par  Assy-  trie.  A    Paphos  ,  Hàméra  ,  si  sœir, 

rie-Iude,  tandis  que  d'autres  avaient  les  prend  dans  s(is  mains,  et  l'Aurore 


Sd  MEM  MEM 

supplie  les  dieux  dMionorer  son  fils  par  enla^se  une  montagne  de  sable.  8" 
quelque  prodiije nouveau.  Soudain  des  Mtranon  fif;ure  dans  quelque  légende 
oisfaux  iuconniis  surgissent,  ballent  sous  le  nom  d'Eôos  (roriental).  9° 
des  ailes,  st*  becq  ne  lient  avec  fu-  La  tombe  était  placée,  suivant  les 
reur,  et  chaque  année  s'élancent  dans  uns  ,  sur  les  bords  de  PEsèpe  ,  selon 
les  n];iiiics  de  la  Troade  pour  s'y  les  autres  k  Paphos.  ou  en  Svrie 
ballre  sur  le  tombeau  de  Meinnon.  sur  le  fleuve  Bala ,  ou  en  F^alt-sline 
La  Paphlagonie  donna  le  nom  du  sur  le  Hâtée ,  non  !oin  de  Ptolémaïs, 
liéroi  h  une  de  ses  rivières.  l'Assyrie  <»u  en  Ass;  rie,  ou  à  Suse,  ou  a  Ec- 
bii  é'eva  un  temple,  Suse  lui  rendit  batane-  en  un  mot  les  Memnonium, 
les  bonneurs  héroïques .  et  les  TLé-  car  tel  était  le  nom  des  tombeaux 
bains  instiluèrenl  eu  son  lionneur  un  de  Memuon  ,  abondaient  parlouf. 
sacrifice  anuuel.  Ils  lui  dédièrent  en  i  o"^  Ces  Memnoulum  étaient  aussi 
même  temps  ce  colosse  célèbre  qui,  des  palais,  des  tours,  de  vastes 
lorsque  le  soleil  dardait  ses  premiers  édih'ces.  11°  Lépée  et  la  laiice 
rayons  sur  la  pierre  ,  rendait  un  son  de  Meranon  étaient  conservées  dans 
distinct,  et  semblait  saluer  de  la  voix  le  tombeau  d'Esculope  à  INicomédie. 
ses  adorateurs. — Autour  de  ces  traits  12"  Les  Elbiopien*  en  apprenant  la 
généraux,  (jui  se  récapitulent  pjr  trois  mort  de  Meumon  appendirent  leurs 
points,  rapport  avec  le  sud  ou  l'est  couronnes  aux  pointes  des  ronces,  et 
(en  d'autres  termes  avec  la  lumière),  ces  couronnes  tombèrent  dans  les  sa- 
secours  donné  a  Troie,  mort  et  ré-  Lies.  i3  Memuou,  dans  uu  passage 
suneclion  sous  forme  d'oiseaux,  sous  du  Schoiiaste  d'Arislopbane ,  est  ex- 
forme  de  voix  ,  se  groupent  une  foule  pressémenl  qualifié  de  lils  de  Jupi;er 
de  détails  secondaires,  les  uum  anli-  (ailleurs  on  lui  donne  Cissie  pour 
ques,  les  autres  récents,  et  forgés  k  mère).  1 4" LeTeulame  que  quelques- 
plaisir,  mais  sur  des  données  antiqnes.  uns  donnent  comme  le  sultan  de  la 
!*•  Memnon  était  le  plus  beau  des  Susiane  peut  sembler  aussi  son  père, 
mortels,  le  plui>  blauc,  et  pBurlaiit  a  i5°  Le  son  que  rendait  au  le\er  du 
toute  minute,  et  en*sa  qualité  d'E-  soleil  la  pierre  vivante  (A.'VofV^4*'';i»5) 
lliiopien  ,  on  le  fait  noir,  2°  Il  oppar-  était  .septuple,  selon  quelques  mvtbo- 
tcnait  k  la  race  de.^  Etliiopieiis  Ma-  logiies.  16°  De  Thespie  (ou  Asop's) 
crobiens.  5°  Cinq  générations  s'écou-  il  eut  les  sept  Muses  d'Epicharme. 
ièrenl  durant  son  règne;  et  cepen-  17°  Memnon  figure  comme  archi- 
danl  on  le  pleura  comme  prémalu-  tecte,  artiste,  inventeur  de  Técrilure. 
rément  ravi  k  Tamour  des  peujtles.  1 8°  Enfin,de.s  Iradilionsélbiopiennes 
ii°C  est  par  le  secours  des  Phéniciens  niaient  que  jamais  Memnon  eût  été 
que  l'Aurore  retrouva  les  restes  de  k  Troie.  Par  Ethi^^piens,  il  faut 
son  fils  a  Paphos.  5"  Les  oiseaux  entendre  sans  doute  habitants  de  la 
gladialenrs  qui  vont  célébrer  des  joù-  Thébaïde  méridionale  et  des  contrées 
tes  funèbres  sur  son  sarcophage,  par-  interti  opicales  ^iluées  au  sud  de 
lent  (le  Cy/iquej  lo  !)ataijle  a  lieu  Syèr.e,  peut-être  même  de  Méroé 
eu  automne  5  iis  v  ieiiuent  par  bandes,  ou  Axoum.  —  A  ces  traditions  a;ou- 
et  ne  s  eu  retournent  ([ue  (piaud  la  tons  les  idées  conjecturale>  que  les 
moitié  d'entre  eux  est  restée  sur  le  anciens  regardaient  comme  des 
champ  de  bataille.  6'  Ils  sont  noirs,  ceililutles.  i'^  Hérodote  identifiait 
^7""  Du  vivant  même  de  Memuou  le  xVil  SésOitris  cl  Memnon.  2"  Plus  lard ^ 


MEM  MEM                    59 

on  regardait  Memnon  comme  ne  dif-  rant  législateur  et  de  tene,  d'Hercule 
férant  point  du  célèbre Osjmaudyas  k  lutteur  et  de  reine  persécutée.  Thè- 
la  couronne  d'or  de  trois  cent  soixante  bes  plus  naïve  ,  plus  voisine  des  tro- 
coudées"  et  CreuzM,  parmi  les  mo-  piques,  plus  iucqrpoiée  en  quelque 
dernes,  adopte  cette  opinion.  5^  A  sorte  a  rincaudescence  tropicale, 
partir  du  siècle  qui  précéda  l'ère  Thèbes  qui  alors  peut-èlre  n'éiait  que 
chrétienne,  l'ancien  Pharaou,  Amé-  Técho  de  Téquatoriale  Méroé,  adora 
Dof  (avec  Tarlicle,  Faménof),  fut  pris  la  pure  lumière,  mais  la  lumière  iu- 
pour  l'exact  svnonyme  de  Memnon.  carnée  et  humanisée.  ^  oyez  le  jour, 
Une  foule  d'inscriptions  qu  on  lit  en-  Hàméra,  donner  nais^auce  a  son 
core  sur  les  débris  de  la  statue  de  Memnon.  Ou  bien,  si  nous  rappro- 
Memnon  attestent  la  vogue  de  cette  chons  les  généalogies  helléniques  qui 
idée.  M-./!^voyoç  il  <t>Ât(,ivaTf  ^  tel  est  donnent  tantôt  Astrée  ,  tantôt  Tithon 
rhémi>tiche  que  l'on  trouve  textuelle-  pour  éponx,  et  quelqucfuis  le  beau 
ment  sur  la  pierre,  et  sous  l'influence  Céphile  pour  amant  a  L'Aurore  ,  nous 
duquelsemblent  avoir  été  rédigés  les  apercevons  sous  tous  ces  noms  tra- 
vers des  autres  visiteurs.  4-°  On  com-  vestis  k  la  grecque  To  (dédoublement 
prend  qu'Osiris,  Haroéri,  Hercule,  de  Fia),  Imôouth  (le  ciel  étoile  tout 
durent  être  chacun  k  son  tour  co:ti-  comme  Astrée),  Tpé  qui  en  égvptieu, 
parés  a  Memnon,  et  ta!:tô-t  distingués  comme Céphale  en  grec,si4nifiail  tète, 
de  ce  prince,  tantôt  confondus  avec  et  qui  de  plus  était  le  nom  de  Thèbes. 
lui.  En  ajoutant  k  cette  liste  de  noms  Ce  n'est  pas  tout:  quel  est  le  fils  de 
ceuxdeMitbra,d' Adonis,  dePhaétiion  Céphale  et  de  l'Aurore?  Dans  certai- 
el  de  Leucippe,  on  aurait  k  peu  près  la  nés  légendes  Phaéthon  :  et  Phaéthon 
nomenclature  complète  des  êtres  rav-  c'est  Fta  j  Fia,  c'est  la  lumière.  Ce 
thiques  que  rappelle  Memnon.  Pour  n'est  pas  que  la  lu!U;ère  ne  se  méta- 
nous,  nul  doute  que  les  légende.s  de  raorpliose  parfois  en  soleil.  Memnon 
Leucippe,  de  Phaélhon,  d'Adonis,  de  assume,  lui  aus^i,  la  fonne  solaire, 
Mithra,  d'Haroéri,d'0^iriS,  d'Ocou-  mais  peu  :  il  reste  surtout  lumière  j 
mandouéi  (Osvmandyas),nesiiientba-  et  comme  tel  il  est  le  rayon  qui  glisse 
sées  sur  des  idées  analogues  ,  et  que  rapide  du  ciel,  le  rayon  splendide , 
dans  ce  laps  de  temps  elles  ne  se  soient  riche,  beau,  blanc,  dore  ou  d'or,  le 
fait  des  emprunts  les  unes  aux  autres,  rayon  qui  joue  dans  l'air  et  qui  s'iden- 
Quant  aux  différences  de  détail  .  elles  iifie  k  Tair,  le  rayon  sonore  (car  l'air 
sont  naturelles,  et  c'est  k  les  bien  produit  les  sons,  et  1  on  a  vu  Apollon 
.préciser  que  doit  tendre  l'habile  my-  inventer  la  cithare),  rayon  qui  fait 
thologue.  Sans  dire  encore  comnieut  naître  les  l?s  blancs  comme  lui,  rayon 
la  légende  grecque  posthomérique  qui  pompe  les  eaux  ,  et  les  vapoiise, 
se  forma,  proclamons  qu'au  fond  afin  que  la  nuit  suivante  le  froid  les 
le  Memnon  de  la  Susiane  auquel  ils  condense  pendant  son  absence,  peu- 
donnèrent  la  préféience  est  bien  le  daut  qu'il  semble  gisant  dans  le  tom- 
Meranon  de  Thèbes,  mais  qu'à  Thè-  beau,  et  les  rende  kla  terre  au  lever 
bes  même  ce  Memnon  était  la  lumiè-  de  TAurore  sous  forme  de  rosée.  Ce 
re.  Osiris  et  Isis  en  furent  les  lucar-  doux  et  pur  rayon  aériforme  ne  scm- 
nalions  lumineuses  mempliiliques  et  ble-t-il  pa^  toujours  venir  de  l'oiieul. 
alexandrines,  et  prirent  surtout  l'as-  n'est-il  pas  une  harmonie,  une  voix 
.pect  de  soleil  et  de  lune  ,  de  conque-  qui  chante  les  louanges  de  la  nature 


€o 


MEM 


créatrice,  une  lyre  ou  une  beptacorde 
qui  résonne  spontanément  sous  le 
baser  de  TAiirore  .'  El ,  quoique  lu- 
mière plutôt  que  soleil,  Memiion  ne 
demande  pas  mieux  que  d\*lre  l>ora- 
me.  Mais  alors  c'est  un  p'i  ce 
jliilol  qu'un  roi,  un  neveu  plulol 
qu'un  oncle,  un  jeime  liomme  plutôt 
(ju'un  aclulle,  un  èlre  pur  et  que  ne 
t<  rnit  aucune  amante,  un  souille  qui 
n'a  pas  le  temps  de  devenir  un  cri, 
une  fleur  qui  lonihe  sans  s'être  éna- 
nouiej  ce  n'est  plus  le  fi's  de  la  li- 
liacée,  c'est  le  lys  'ui-Uièrae.  Le  sable 
aride  que  roule  le  dévorant  Si;i  ouu 
entoure  la  colonne  5  le  rejeton  des 
Macrobiens  ne  vil  que  cinq  âges 
d'homme-  comme  Kaïomorls  et  Li- 
uos,  comme  Adonis  elManéros.il  périt 
emportant  dans  la  tombe  les  rei^rets. 

Il  I  O  ' 

les  larme.>  et  les  hvmnes  de  :out  ce 
qui  ren\ironne.  E\  toujours  le  mvthe 
lait  jouer  ensemble  de  vives  couleuis: 
du  sang  cou'e  de  la  bles>ure  de  la 
blanche  victime  ;  c'est  la  pciirpre  si:r 
la  neige,  le  cora.l  sur  ralbàtre,  îa 
rosp  sanglante  sui  les  lys.  Le  sano^ 
d'Ado  iis  aussi  joua  un  rôle  semi  la- 
bié; elles  roses  ,  de  blanches  qu'e  les 
étaient,  devinrent  rouges  k  p.irtir  du 
jour  où  elles  s'aiïaisserent  sous  son 
agonie.  Les  oiseaux  aussi  apparais- 
s^nl  jtour  verser  du  sang.  La  ri- 
vière pnphiagoiiienne  imite  l'exem- 
ple iUs  volatiles,  et.  lurs  du  fa- 
tal anniversaire,  substitue  a  l'azur  de 
ses  e;iux  un  rou^e  foncé  (comp.  Ado- 
nis). A  ces  nuances  vivement  purpu- 
rines s'oppose  toujours  du  blanc,  de 
Mancs  courtiers,  une  île  blanche, 
une  ville  blanche  ;  l'aurore  même 
s'apprlli'  l'aube,  Alba,  et  a  pour  mère 
Leucippe.  «Mais,  dit-on,  alors  Mem- 
non  est  Fia?  »  ISon  '  Fia  n'est  qu'un 
dieu,  Memnon  est  dieu-homme.  Fta 
dieu  est  un  n  in  giotescpie  ,  Memno  1 
est    un    bel  adolescent.   Fta   est   'a. 


MEM 

deux  pôles ,  et  souvent  effraie  le 
monde  par  sa  face  sini^lre:  Memnon 
ne  solfie  qu'avec  un  air  liant.  Il 
plaitaux  veux,  et  chatouille  dtdicieu- 
seraent  l'oreille;  il  est  brave,  mais 
ses  armes  ne  ser\ent  qu'a  secourir 
l'opprimé  :  c'e^t  toujours  Mai  moun 
le  bien-airaé  d'Amouu,  le  bien-aimé 
de  l'univers,  le  bien-aimant.  L'iden- 
tité partielle  pourtant  est  dans  tout  ce 
que  nous  avons  dit,  et  dans  cette  épi- 
thèle  daimé  d  Amoun  (ce  qui  semble 
dire  fils  aine  d'Amouu),  et  dans  son 
identification  à  la  colonne,  et  dans 
les  rôles  d'artiste,  d'architecte,  d'in- 
venteur de  l'écriture  5  car  le  \icoua- 
raithra  d'Egypte  c'est  F"la,  et  Tôt 
(icribe  par  excellence,  Tol-colonne) 
est  piesqueFta.  Et  il  ressuscite  !  Ces 
oiseaux  qu'un  mol  de  l'Aurore  fait  ^ol  - 
tir  de  son  urne,  ce  sont  a  eux  tous  la 
monnaie  du  j)héuix,  reuaissml  de 
ses  cendres.  L'oiseau  ,  selon  le  Ivre 
d'Hirmès,  était  le  degré  immédialau 
sortir  du(|Ut  l  l  àme  rentrait  dans  le 
corps  humain,  et  atteignait  dons  le 
soleil  ou  Sirius  l'apogée  de  la  gloire 
à  l  rquelle  les  dieux  l'avaient  léser- 
vée.  L'oiseau  de  proie  (jui  fixe  le  so- 
leil éiaii  le  roi  des  animaux  sacrés; 
Eo  och  était  un  Mithra.  Plus  tard 
quelques  auleuis  ,  en  élaborant  le 
mythe, donnèrent  aux  oiseaux  un  plu- 
nia":e  de  deuil  et  de  mort  ,  emblème 
de  la  brune  couleur  des  Ethiopiens  , 
emblème  Ivphonîen  et  abiimanique. 
En  celai  s  eus-ent  eu  tort,  s'ils  avaient 
été  exclusils. — F*assons  eu  revue  les 
autres  traits  lumineux  et  solaires  de 
Mtmnon.  1°  Il  va  v  is  le  couchant 
ou  vers  le  nord.  2°  On  le  voit  couler 
sous  forme  de  fleuve  (Osiris  est  bien 
le  jNiP.  3°  Sa  voix  au  lever  de  l'au- 
rore s'émane  en  sept  voix  (la  gamme 
a  sept  notes,  la  Ivre  sept  cordes,  la 
l*:éiade  sept  étoiles,  le  svstème  pla- 
nétaire sept  planètes,  la  terre,  seign 


MÉM  MEM  6i 

Zoroastre,  sept  Keclivar,  le  Nil  sept  plus ,  sa  stalue  ,  ainsi  que  l'a  voiilir 
bouches  j  la  Sicile  ava'il  sept  Muses).  Jahlouski,  était  une  colouue  destinée 
4"  Cette  route  q^i,  de  i'eraboucliure  à  des  obaervations  célestes,  ainsi  que 
du  Cboa^pe,  nous  mène  à  Troie  ,  est  Ta   iinaj^iné    Dornedden,    était    un 
une  ébauche  du  vaste  slade  zodiacal  gnomon,  un  chroDomèlre  solaire,  ua 
que  traverse  l'astre-roi.  5  Les  obé-  caleudiier.     Enlin  ,     Ocoumandouéi 
lisques,  les  tours  s'élèvent  de  toutes  ayani  loriué  une  bibliulhèque  k  Thè- 
parts  sous  le  nom  de  Meranonium  eu  bes,  Memuon  a  dû  être  ualurelleraent 
rhonneur  du  héros:  obélisques,  ai-  pris  pour  Tinvenleur  de  l'alphabet  et 
guilies,   pyraii.ides  et  colonnes   sont  de  l'écriture.  On  a  regardé  le  Alcin- 
aulant  de  svmbolisations  de  la  flèche  nonium  et  l'Osvmandeum  comme  sy- 
so'aire.   6°  Les  Muses  qu'on  donne  nonymes;    et  Jablonski,  par  rexiili- 
coinrne  ses  lille.>,  son!  filles  aussi  du  cat  on  qu'il  donne  du  nom  d"Osvman- 
soleil  primordial,  Jupiter,  et  sœurs  djas,  a  fra^é  'a   voie  à  ceux  qui  ont 
du  soleil  subalterne ,  Apo  lou  j  d'ail-  vou'u  ideulifier  !e  roi  de  ce  nom  avec 
leurs  Apollon   lui-même  a   aussi  des  Memn^m.  —  A  présent  e^l-il  certain. 
Muses  pour  sœurs,  des  Muses  pour  que  nul  prince  réel  n'a  servi  de  mo- 
[illei.  les  Hcliades  ;  et  même  ces  Hé-  dèle   k  ce  Memnon   fameux  dan>   la 
liades  on  lei  fait  naure  d'un  prétendu  J  hébaVde  et  en  Grèce?  A  vrai  djre 
héros  humain  ,    Hélios.   7°  Le   nom  quelque  vagues  qne  soient  les  tradi- 
d'Eoos  lui  est  commun  avec  Adonis,  lions,  il  est  impossible  de  nier  celte 
8"  Le  Ba!a  ou  Hélène  sur  lesbords  du-  pos-ib.lilé.  D^-s  recherches  modeines 
quel  est  enseveli  Memnon  n'est  aulre  ont  mis  au  rang  des  vérités  démon- 
que  Baal-ûeuve.  9''  C'est  en  Assyrie  Irées  l'immense   puissance  des  Pha- 
qu'onl  lieu  les  avenlures    de    Clytie  raous  de  la  dix-huitième,  de  la  dix- 
el  de  Leucothoé,  épisode  de  la  légende  neuvième  et  de  la  vingtième  dvnastie 
d'Apolhm.   10°  Paphos  où  Tuine  fa-  (de  1822  a  i3oo  avant  J.-C.)-  et  de 
taie  passe  dans  les  maiusd  Hàméra  et  gigantesques  bas-reliefs  qu^il  est  ira- 
la  ville  des  Cinyrades,  nous  lancent  possible  de  prendre  pour  des  a'iéwo- 
dans  le  monde  des  Sandak  ,  des  Ce-  ries,  mène  lorsqu'on  les  regarderait 
li.idéris,  des  Oxypore.  I  1°  La  pierre  comme  des  hyperboles  ,   font   foi  de 
vocale  ou  animée  rappelle  les  pierres  conquêtes  lointaines,  au  moins  par  le 
sensibles  a  la  lyre    d'Amphion;  ces  grand  Sésostris.  Ce  n'est  pas  dans  un 
pierres  aussi  étaient  tliëbaines.  quoi-  siècle  qui  a  débuté  par  la  période  de 
que  Irolscentslieuesséparenl  les  deux  1800  k  1812  qu'on  doit  inscrire  ces 
terres.   12»  Memnon  passait  pour  le  prodiges  dans  la  liste  des  faits  im- 
prolecteur,  le  Kha'iiéphls,  le  grand  possibles  [J^oy.  l.  II,  III  des  An- 
Prylaue  de  Thèbes  j  le  foyer  conser-  tiquilés  de  la  Descrinlion  de  l É- 
valeur  était  confié  a  sa  garde,  et  une  ^'y/'fe;  Denon,  Atlas;  Gan,   An- 
flamme  éternelle  devait  y  luire  par  tlq.  de  la  JSubit).  Les  scènes  sculp- 
ses  soins.  — Creuzer   ajoute  k   ces  lées  sur  les  palais  «ui  les  temples  de 
idées.  CoQvain'U  que  M^înunn  ne  dif-  Thèbes   ou   de  la  Nubie     les  belles 
1ère    pas    d'Ocouunndoiiéi ,    il    voit  pe  nlures  du  tombeau  é^-yplien  ex|)o- 
('a:is  noire  héros,  pour  l'œil  le  cercle  sées  par   B(lz"iii,   nous  ont  fait  voir 
d'or  de  l'année,  pour  l'orei  le  u  1  cer-  Asiali  pies,  Assyriens,  M''des  ou  au- 
cle  annuel  de  ranlijUfS  qui  se  répè-  ties     iiiarchint    pr  cess  onieliement 
teûl  chaque  jouv  eu  sonhouneur.  De  aux  luuérailles  du  Pharaon  Ousiréi, 


62 


ivrEM 


fils  de  Rarasès  I".  Le  voyage  de 
Champollion  jeune  annonça  biend'au- 
tres  découvertes  encore  au  monde  sa- 
vanl  :  ici  Méneflha  F""  livrant  bataille 
aux  peuples  ennemis  de  l'Egypte,  et 
rentmnt  en  triomphe  dans  sa  capitale; 
là,  Raiîiscs-le-Grand  soumettant  h 
TEgypte  la  foule  des  peuples  orien- 
taux ;  plus  loin,  Sésoncliis  [f^oy. 
ce  nom,  Diogr.  iiniv.  XLI ,  i5o) 
traînant  aux  pieds  de  la  liinité  tlié- 
baioe  les  chefs  de  plus  de  trente  na- 
tions vaincues ,  entre  autres  iouda- 
bamalek  (le  royaume  àts  Juifs  ou  de 
Juda)  dont  le  nom  se  lit  en  toutes 
lettres.  11  v  a  plus,  ces  vastes  con- 
quêtes sur  la  liante  Asie  sont  attri- 
buées par  lis  auteurs  où  a  puisé 
Diodore  a  Osvm.'^ndyas ,  80.»  ans 
avant  Sésosfris.  Mais,  de  tous  ces 
princes,  quel  est  celui  dans  lequel  il 
faudrait  leconnaîlre  le  prétendu  neveu 
de  Priam  ,  le  spleudide  satrape  du 
Teutame  d'Assyrie,  le  héros  à  qui  fu- 
rent dédiées  les  statues  colossales  et 
les  gigantesques  palais  (caries  laby- 
rinthes, nous  n'en  parlons  pas)?  Si , 
avec  les  anciens  Egyptiens  ,  nous 
cherchons  un  Faménof  dans  les  listes 
généalogiques,  nous  trouvons  dans  la 
dix-hullième  dynastie  trois  Aménopliis 
selon  Maiiéllion ,  deux  seulement  se- 
lon les  monuments;  mais  ces  Aménj- 
phis  ne  concordent  point  les  uns  avec 
les  autres.  Kous  trouvons  aussi  un 
Aménoftp;  les  ^laïamojn  et  Amon- 
roaïne  manquent  pas  nonp'us,  et  des 
Thon!:.'  ^sis  abondent  de  même.  Dans 
rimpossil)illlé  de  fa'reun  choix  daus 
cette  foule,  et  de  saisir  un  fil  dans  ce 
dédale,  nous  nous  bornerons  a  don- 
ner sur  deux  colonnes  rimporlanle 
liste  de  Manéthon  et  la  série  entière 
des  noms  royaux,  moruiuieiitaux ,  mis 
en  ordre  par  Champollion  jeune 
au  moyen  de  la  table  des  prénoms 
d'Ab 


loyen 
vdos. 


MEM 

D'air  t    Nanéthon,  D'après    les  fmonu« 

ments. 

I.  Amosis  Ttiontmo-  Aiiëuoft^)  ; 
sis,  (its  (\k  Misfra- 
tlioulmosis; 

1.  Cliehmn,  fils;  TlioutiDOsis; 

3.  AnjiijO|)his  ;  Aiuon-Maî; 

4. -Vrncnsès,  scpur  ;  Aincnsé  ; 

5.  Mifjhrés    011    Mi-  Thoulmosis  (u)  ; 
phra,  fils ,  Mœris  ou 

.Myris  (J'Ilé;  odotc  et 
de  fJiodorc; 

6.  Mijifirathoulino-     Afflcoophis  (i)  ; 
sis ,  fi.s  ; 

7.  Tlioiilinosis,  fils  ;     Tboutinosis  (ru)  ; 

8.  Aménopliis  (11);        Arnénophis  (11)   ; 
9   lloriis,  fils;         •-"     Hor  ; 

lu.  Akcnthcrscs,  fille;  Maumot; 

I  r .  Ratliotis,  Allioris  ,  Ramscs  (  t)  ; 

frère  ; 

12.  Achcnchércs,  fils;  Oiisirci  ; 

I  i.Achentlicrès, frère;  Maudouei  ; 

i4-  Ariuais  uu  Armes,  Ramscs  (11'^  ; 

fiJs; 

i5.  Ramessès,  fils;  Ram.scs  (m)  ; 

16.  Ramessès- M aïa-  Ramscs  (iv)  ; 
moun; 

17.  Aménojjbis  -  Ra-  Rimscs  (v). 
messes  (  Vménophis) 

(m). 

Ce  dernier  est  le  père  du  grand  Sé- 
sostris  ,  Ramhès  VI-  Chanipollion 
jeune  regarde  Arnénophis  (II)  comme 
le  Faménof  que  les  Grecs  ont  méta- 
morphosé en  Memnon.  Deux  textes, 
Tuu  d-.'  Georges  le  Syncelle  ,  l'autre 
de  Pausanias(I,  4-2),  le  mettaient  sur 
la  voie  de  celte  opinion,  qu'ensuite 
sont  venus  confirmer  plusieurs  cartou- 
ches cjui  tous,  au  reste,  se  résolvent 
en  une  seule  et  même  légtnde  :  «  le 
a  roi  du  peuple. )béissap.t,  dominateur, 
«  par  Fié  el  par  Salé  filsdt  Fré,  Amé- 
a  uof  président  de  la  région  supérieu- 
«  re.  »  Vn  nombre  immtnse  de  rao- 
numeuts  égyptiens  répète  cette  légen- 
de royale  :  telles  sont  les  plus  y*iei!les 
constructions  du  palais  de  Luxor  a 
Tlièbes  ;  les  grandes  ruines  connues 
sous  le  nom  de  Memnonium;  le  tom- 
beau royal  de  Touesl  dans  la  vallée 
de  Biban-el-Molouk  ;  le  temple  de 
Knef  (Rnoufi)  dans  Eléphantiue ,  et  K 
cent  lieues  au  sud  de  Philes  les  colon- 


3IEM 

nades  du  palais  de  Soleb.  Quant  a 
Osymandyas,  ridentilé  de  Meranou  et 
de  ce  prince  ne  peut  plus  être  adraise, 
depuis  que  le  cavalier  Giulio  de  S. 
Quinlino  a  lu  sur  une  magnifique  sta- 
tue colossale  de  seize  pieds  et  demi 
de  haut,  de  la  coUectiou  de  Burelîi  : 
«Le  loidu  peuple  obéissant,  soleil  gar- 
ce dien  des  mondes .  aimé  d'Amouu 
«  (AmonmaV),  filsdu  soleil  Maiidouéi, 
«  serviteur  de  Fta.  »  Ce  cartouche  se 
retrouve  sur  les  plus  anciennes  cou- 
slrnclions  du  grand  temple  ou  pnlais 
de  Kirnak  aThèbes.  En  compulsant 
les  documents  antiques,  puis  en  les 
comparant  aux  données  modernes 
fournies  par  les  cartouches,  on  arrive 
à  reconnaître  trois  ?\Iandouéi  qui,  si 
nous  rétrogradons,  sont  i°  le  3Îen- 
dés  de  Diodore  (dix-neuvième  dynas- 
tie), 2°  Manduuéi  (treizième  prince  de 
la  dix-huitième),  o'  Ocoumandouéi, 
rOsvmandvas-ïsmandès  vukaire.  Ce 
premier  des  Mandouéi  connus  jus- 
qu'ici remonte  jusqu'à  la  quinzième 
dynastie  ou  tout  au  moins  à  la  tète  de 
la  seizième  j  et  bien  certainement  il  ne 
peut  avoir  régné  plus  tard  que  le 
vingt-troiiième  siècle  après  notre  ère. 
Meraphis  alors  n'existait  pas,  etThè- 
bes  elle-même  avait  au  plus  deux  ce:its 
ans  de  date.  Il  est  doue  imj,>osbible  de 
faire  descendre  ce  roi  dans  la  période 
qui  suivit  Sésostris.  Déjà  les  anciens 
avaient  reconnu  ce  résultat  j  et  Dio- 
dore, qui  place  le  Mendès,  auteur, 
dil-i!  ,  du  labyrinthe ,  après  Sé- 
sostiis,  fait  Osymandjas  antérieur 
à  Tépoque  où  semble  devoir  se  pla- 
cer Aménophis-ÂL  mnon.  Au  reste, 
peut-être  Améuoit  ou  Aménoftp 
est-il  le  même  nom  qu'Aménof,  et 
alors  on  pourrait  reconnaître,  non 
plus  trois,  mais  quatre  Aménoftp. 
L'Aménoftp-Memnon  serait  le  troi- 
sième. ChampoUion  jeune  traduit  le 
nom  d' Aménoftp  par  celui  de  ^uA- 


MEM 


63 


moini.  a  f;oûtê.  Nous  épargnerons 
au  lecteur  Tétymnlogie  de  Jablouski 
et  les  rapprochements  que  d'autres 
ont  fait  veuir  à  la  suite.  -^  J.e 
Memnonium  d'Ecbatane  était  une 
tour  du  soleil  a  sept  enceintes  et  à 
créneaux  de  sept  diverses  couleurs, 
représentation  symbolique  des  sphè- 
res célestes.  On  la  regardait  comme 
le  chef-d'œuvre  des  mains  de  Mem- 
nun  :  elle  portail  le  noin  de  tour  de 
Cyrus.  Quant  au  Memnoniura  de 
Thèbes  ou  Aménophiou  des  Eo^vp- 
tiens,  seul  Memnonium  dont  le  temps 
les  nous  ait  laissé  des  restes,  il  était  situé 
sur  la  rive  gauche  ou  libyque  du  ISd, 
c'est-à-dire  dans  3Iédiuet  -  Abou  et 
Gournàh.  Il  consiste  aujourd'hui  en 
une  immense  suite  de  ruines  qiii  s'é- 
tendent sur  un  espace  environ  de  dix- 
huit  cents  p;eds  de  longueur-  dix- 
huit  colosses,  dont  les  moindres 
avaient  vingt  pieds  de  haut,  s'y  voie.it 
encore  mutilés  ou  brisés;  deux  sur- 
tout du  côté  du  fleuve  n'ont  pas  moins 
de  soixante  pieds  de  haut.  Celui  du 
nord  était  la  statue  sono;  e  5  ses  jam- 
bes, ses  cuisses,  ses  bras  et  les  autres 
parties  du  corps  couverts  dinscrip- 
tions  latines  et  grecques  attestent  en- 
core qu'au  5^  siècle  de  notre  ère  on 
enteudait  des  sous  partir  de  ce  bloc 
énorme,  au  lever  du  solei!  (  Vov. 
Dcsc.  de  CEgypt.^Ant.^  vol.  Il, 
pi.  22).  Lis  inscriptions  recueillies 
par  Pocotke  et  les  savants  de  l'Egyp- 
te ont  été  répétées  à  l'ei  vi  par  Ja- 
blonski,  Jrcjhs,Champo!lion-Figeac, 
Lelronue  :  il  en  reste  encore  à  resti- 
tuer et  à  inlerprétei'.  Le  docteur  Ri- 
chardson  y  a  reconnu  cell  s  de  Julie 
Romdla,  Cécile  Trébouila,  Phlitha 
Balbina  et  autres  dames  d'honneur 
et  courtisans,  q':i  accompagnèrent 
Adrien  et  sa  femme  Sabine  dans  une 
excursion  à  ces  ruines  imposantes. 
Près  du  2:rand  colosse  ou  eu  voit  un 


64  MI^>i  '^^N 

autre  de  dix  pieds  de  hauteur  et  de  debout.  Quant  au  son  de  la  statue, 

granit  j^ris  :  cV-lail  aussi  un  Memnon;  ce  miracle  qui  a  beaucoup  occupé  les 

ainsi   le  prouvent  les  carlouches  ab-  auli(juaircs  ne  nous  étonne  nullement: 

soliimeul  identiques  à  ceux  de  lai;ran-  le  cnncn  du   Palais-Royal  annonçant 

dehtatue.  Ou  y  avait  soupçonné  Os\-  midi  ne   frappe  pas  d'élonnement  le 

iTiandyas.  Ses  pieds   posent    sur  une  rentier  narisun  (A'oj.  dans  la  ///o^ç. 

statue  au-debsusde  la  grandeur  nalu-  univ.,  les  art.  IiAMESbks,  XXX\  II, 

relie,  mais  remarqualtle  par  le  cos-  /t5;  StsosTP.is,  XLl,   idij  Tbout- 

lume  d'un  monarque  di  nii-barbare.  Nosis,  XL\ ,  522). 
C'est  h  Helzoni  (pie  Ton  doit  la  décou-  IVIEMPHIS,  Me^ttP'f ,  déesse  épo- 

verle   de  ce  monumei  tj  la   tèle  qui  nyme  de  la  ville  de  ce  nom,  dite  en 

est   d'une   rare   beauté,  et  qui  pèse  Egypte  fille  d'Lchorée  ,   amante   du 

douv-e  tonneaux,  se  retrouve  au  mu-  ISil,  transformé  entauieau,  et  mère 

sée  britannique,  auquel  Pu  Izoni  en  a  d'un  fils  noii^mé  Ej^yptus.   En  Grèce 

fait  iiréseiit.  C'esl  a  une  partie  seule-  on  la  fit  épouse  d'Eplièse  et  mère  de 

ment  du  iNIemnoniuin  (jue  Ton  a  dnuné  Libye.  Cette  mylh(dogien'a  rien  pour 

le   nom  dOsymandeiim  ou    lomLeau  nous   que  de  clair.  —  Me>. puis  aussi 

d'Osymandyàs^  et  MM.  Jo  lois  et  De-  passe  pour  un  être  mâle,  elcomme  tel 

villeis,    dans     leur    description    de  il  fut  nommé  iils  de  Jupiter  et  de  Pro- 

Tlièbes,  ont  même  voulu  prouver  Ti-  togéiiie.  Lydie  ,  assure-t-on,  était  sa 

denlilé  comp'ètedu  Memnoniu' I  avec  femme.  TS'eseiait-ce    pas  Libye  qu'il 

rOsymandeuiii  tel  que  le  décril  Dio-  faut  lire? 

dore.  M.  Lelionne  au  contraire  .  non  iSjLMKOLM,  MEi\îBrMrs,  MÉ^- 
conlenl  de  ruiner  Tliypollièse  de  ce  povucç  ,  le  \  icouakarama  pbéuicien , 
savant,  en  vient  a  due  (pie  dès  le  apprit  aux  bomu  es  à  se  couvrir  de 
temps  de  Plolémée  V  (322-3oo  ans  peaux  de  bêle,  lan(:a  eu  mer  un  arbre 
avant  J.-C.)rOs\maudeum  n'existait  ébiancbé,  modèle  du  premier  vais- 
plus,  et  que  peûl-èlre  jamais  il  n'a-  seau,  consacra  deux  pieires,  en  guise 
vait    existé  que    dans   l'opinion    des  d'autel,  au  veut  et  au  f<  u,  en  un  mot 


prel 


res 


nui  avaient  réuni  les   traits     dtnn.    l'essor  à  la  civilisation  et  aux 


empruntés  à  tout  ce  qu'il  y  a  de  p'us  arts  dans  la  Phénicie.  Il  passait  pour 

gii^anlesque  dans  tous  les  débris  de  fils  des  génies  et  en  conséquence  pour 

Thèbes.  ALuxor,  surlarivedroile  ou  le  premier  homme:  anneau  précieux 

arabique  du  iSil,  se  voient  les  restes  de  la  cliaîne  qui  unit  a  une  race  qnasi- 

d'un  palais  immense  bàli  encore,  se-  divine  la  rare  humaine  si  fragile  el  si 

Ion    ChampoUidU    jeune,    par  Amé-  peu  riche  d'idesl  On  le  divinisa,  dit- 

nuftp  (111)   el  par  Sésostris.    Deux  on,  après  sa  mort.  Des  morceaux  de 

grands  obélisques  de  soixante-douze  bois  et  de  pierre  lui  furent  consaci es. 

el  de  soixante-quinze  pieds  de  haut  ,  et  l'on  établit  des   fêtes  annuelles  eu 

chacun  d'un  seul  bloc  de  granit  rose,  son  honneur. 

en    signalent    Tenliée,    el    «ni    ]  r-s  MEIN,  .Mu'»,  passe  souvent  pour  le 

d'eux  (piaire   ci  lusses  de  mêim   ma  même  (pie    Luuiis  :  peut-être  y  a  l-il 

lière  ,  dont  dvux  de  (piarjnle-tjualr.-  cette  dillêrenee  ipie  le  dieu  Lune,  en 

pieds  et  deux  de    trente.  Arri\  e  en-  se  dêdoubl  nt,eniaule  pîu.  ieur>  Men, 

sui;e  un    immeuH'    pylo:ie    haut    de  comme   Ailili    aux    Indes    p'u.^i(•u^s 

cinipiante  pieds   et    un   périolyle  de  Adilias.  0:i  a  en  .  tl'et  un  Me    Arcaîus. 
deux  cents  colonnes  la  plupart  encore  MEINA  ou  MEINE.  A'.  Mam. 


MEN 

MÉ^'ACH,  Mekachijs,  M>iW<jf5 

Egvplide  t'îé  par  TSélo. 

MÉNALGÈS,  Mti.NALCEs,  Mîv^>.- 
xyç^  un  dfs  ciiiijiiante  Lvcannides 
q'iî  ouvrit  le  conseil  de  tuer  un  en- 
fant pour  énrourer  la  divi  ité  de 
Jupiter.  C'est  lui  qui  fut  le  héros 
épo  ivme  de  la  vil  e  et  de  la  nion- 
tairne    '■rcadienne  de  ce  nom  ,    inon- 

o 

la.^ne  fameuse,  el  par  la  bicLe  aux 
cornes  d'or  qu'H-rcule  v  prit,  el  par 
'a  mélamoiphose  de  D  phué,  el  par 
la  résidence  de  Pan,  ou  parles  ex- 
cu'S  ons  fré(|uentes  de  Diane  au  rai- 
lieu  des  forèt>dont  e'ie  est  rouverte. 
— Menalcès  s'appelait  aussi  MÉ>'ale. 

M  -^SALIO^N  ,  M.î>- ALTON,  Mxl- 
Mec'A  'm^  un  de  ceux  que  la  mvlhnloi^ie 
donne  pour  père  d'Alalanle  TArca- 
dienne.  Peut-être  ce  nom  est  l'altéra- 
tion de  Milnnion,  époux-amant  de  !a 
belle  chasseresse. 

1.  MÉxNALIPPE,My'-'A/T:-;y,  ou 
MfltifsjA  Vît;?  ,  dont  on  a  tiré  MÉla- 
TfiprE  ,  est  une  Eve,  Eve  à  fo  m('  de 
cheval  ,d(s  E()liens-P)éotiens.  Hippé, 
Evippé,  Ménalippé,  tous  ces  noms  re- 
vienni-nt  au  même.  Leiadical  A//7/)... 
cheval  nu  cavale,  y  domine.  Aussi  Hip- 
pé,  Evippé  ,  Ménalippé  est-elle  la 
fille  du  Centaure  par  excel'enpe,  de 
Chiron:  c'est  la  Centauresse  primitr- 
diale  en  qui  se  résume  tout  le  peuple 
centaure.  A  présent  il  faut  trouver 
en  elle-même  la  mère  des  hommes. 
Là  commencent  de*>  divergences.  Éole 
est  tour  a  tour  son  fils,  son  amant, 
son  père.  De  là  trois  filiations  as- 
cendantes, (iliiron  Pbl-il  «<f»n  père,  elle 
a  deux  fils,  É..1,-  el  I  éole,  el  c'est 
Neptune  qui  l'a  s>^\  ile.  Esl-ce  Eole 
qui  'nia  donué  h-  jour,  el'e  est  en- 
core Pâmante  de  INeptuue  et  lui  don- 
ne deux  Hls.  Sou  père  iirilé  lui  f.iit 
crever  les  yeux  et  la  jette  en  pr  son. 
Ses  fih  la  déchirent  el  ^'eplune  lui 
r«ndU  vue  :  U  roi  de  Mt^apoule  l"é- 


MEN 


65 


pouse.  Enfin,  Chiron  redevient  son 
père.  Cette  fois  TÉole,  fils  d'Hellen, 
e>t  le  corrupteur.  Ménalippé,  qui 
jnsque-la  ^'appfl.iit  Thetis  et  faisait 
prrtie  de  la  suite  de  Diane,  cessa  de 
(hasser,  el  la  déesse  punit  sa  faute 
]  ar  la  métamorphose  qu'annonce  son 
nom.  Suivant  d'autres  vers  ons,  la 
jeune  fille  alla  se  cacher  dans  les 
bois  pour  dérober  sa  grossesse  aux 
yeux  vigibints  de  son  père.  Les 
dieux  et  même  (selon  Eratoslhène)  la 
sévère  Diane  sensible  à  sou  malheur 
exaucèrent  sa  prière.  Elle  fut  placée 
aux  cieux  sur  la  même  route  que 
Chiron,  mais  au  point  diamétralement 
oppusé.  Selon  Théon,  c'était  un  ex- 
ct^lK'Dt  mnyfn  pour  que  Chiron  ne 
put  la  voir.  Diamétralement  opposé 
ne  veut  donc  point  dire  vis-à-vis. 
Ou  ajoute  que,  pour  cacher  son  sexe, 
ou  n'a  pas  fiijiiré  la  partie  posté- 
rieure du  corps  du  cheval.  Il  est  cer- 
tain en  effet  que,  toutes  les  fois  que 
la  constellai  on  monte  sur  l'horizon, 
le  centaure  Chiron  achève  de  se  cou- 
chi  r.  Il  seii  ble  même  que  le  centaure 
Chiron  est  la  moitié  du  cheval  dont 
Ménalippé  est  Paître  raotéj  et  en 
réunis>aîit  les  deux  moitiés  de  ces 
constellations,  on  aiira  le  cheval  tout 
entier. — Remarquons  quatre  autres 
délai's.  1°  Neptune,  pour  triompher 
de  Ménalippé,  s'était  changé  en  che- 
val :  encore  Posidôn  HippiosI  2"  On 
a  fait  de  Ménalippé  une  propbétesse 
que  les  dieux  changèrent  en  jument , 
po  ir  la  punir  de  ce  qu'elle  révélait  les 
secrets  de  l'aven  r.  5"  La  cousl-ila- 
t'on  mén.ilippine  <e  uomine  vul^'aire- 
menl  cheval,  ou  cheval  Pégase;  on 
l'appe'le  aussi  Méduse.  4"  Ou  célé- 
brait à  Sicvone  des  Méualippies  ou 
Mélanipp  es  ,  soit  en  l'iioai.eur  de  la 
Centauresse,  soit  en  mémoire  de  Me- 
lauippe  l'Astaei  le. 

2-Zi.    M£>AL1PPE  :   f  roiiia 


LV. 


^B 


»IÉN 


de*  Amazoues  (  elle  'jonnaj  sa  cein- 
ture à  Hercule  à  qui  Euryslhée  avait 
ordonné  de  la  ccnquerir  :  bonger in 
el  aux  llippomolgues  el  au  solvtre 
zon'ini  des  anciens);  2°  une  des  Mé- 
léagndes  (/^.  WtLÉAGRE);  3"  nym- 
phe,  roère  de  Béole  ,  quelle  rut 
d'Ilone  (nul  doute  que  celle  dernière 
ne  doive  être  legardée  comme  ideu- 
tique  a  lu  précédente). 

MÉNALIL'S,  MoE^■ALlus,  passe 
ç\v:7.  Cicéron  pourle  père  du  qualriè- 
lue  Vulcain. 

l^il-lNArsE  0.1  AMÉNAÎSE  f  Me- 
TSAMJS,  A-viEKANUs)  ,  flcuve  divinisé 
que  les  Iradilions  sicilitnnes  recueil- 
lies par  S.  Clément  d'Alexandrie 
[IIoincL  VI,  105  comp.  Creuzer  sur 
AV//. <-/.£>.  de Cicér.. III,  2  2,p.6oi, 
etc.)  font  père  des  Paliquts.  Peut- 
être  est  ce  le  fleuve  de  Tannée  (Comp. 
A^^'A-I'ERE^^■A  ).  Ptul-étre  mèii:e 
le  iMéuoiiès  auii  durci  d'Assyrie  INi- 
nus  et  qui  épouse  la  femme  coissou, 
Sémiramis,  se  réfèrc-l-il  K  h  labîe 
de  Mt-naue. 

MÉNASIISE,  Menasisus,  fils  de 
Pollux  .  avait  une  statue  h  Curiullie 
dans  le  temple  de  son  père. 

MEISATE,  était  citez  les  auci.ns 
Arabes  le  dislribuleur  des  grâces  , 
et  tel  élait  le  si  us  de  son  nom. 

ME.NDÈS.  yoy.  Makdou. 

MENÉ,   k^'oy.  Ma>a. 

MÉx^i■XE,MI:^oETlus,M?>c.•V«o,', 
fils  de  Cetithoiiyme  et  gaidien  des 
troupeaux  de  Pluton  ,  .s'o:  posa  tou- 
jours aux  vicloires  d'ileieule  ,  aver- 
tit Céryon  que  le  héros  ibébaiu  lui 
avail  enlevé  ses  bœufs,  el  o.^a  Tas- 
saillir  lorsqu'il  descendit  aux  enfers. 
Hercule  se  contenta  de  lui  fracasser 
les  côtes.  Il  Teùt  tué  indubilable- 
meul  sans  rinlervenl''»n  de  ProsiT- 
pine.  Ce  Méuèce  diffère-l-il  d'un  (ils 
de  Japct  el  de  Climene  qui  prit  parti 
pour  les  Titant)  contre  les  Cionidcs, 


MEN 

ci  que  Jnpiter  d'un  coup  de  foudre 
précipita  dans  l'Erèbe.^  INous  ne  lo 
pensons  pas.  Ce  Ménère  csl  l'Iiomme 
[mensck).  Comp.  PeomltuÉe.  — 
Ln  autre  MÉ>nf:c;e.  bis  d'Actor  et  d"É- 
gine,  mari  de  Slhénèle,  j;ère  dt-  Pa- 
Irocle,  A'gonautc  ,  tenla  en  vain  de 
(létrôiier  son  père,  se  relira  en  Lo- 
cride,  et  y  soumit  un  territo  re  dont  il 
se  fil  unpctil  empire,  palrocle  son  fils 
prit  de  lui  le  surnom  de  Menœtiades. 

MEINECEE,  M ;^ECEus,  Mi^a- 
Kivs,  fils  du  roi  de  'I  bèbcs,  Créou,  se 
sacrifia  pour  sauver  la  ville  attaquée 
parles  Argiens.  En  vain,  son  père 
voulut  s'y  opposer  et  lui  ordonna  de 
fuir  pliit«)l  que  d  aller  livrer  sa  vie  sur 
les  remparts.  Ménécéecourul  recevoir 
le  coup  de  la  mort  pour  déliver  scn 
pavs.  Selon  ïirésias ,  ainsi  le  vou- 
lait Mars,  à  qui  était  consacré  le 
dragon  mystique  que  tua  Cadmus, 
et  dont  la  soif  de  vengeance  ne  par- 
vint h  s'apaiser  que  quand  le  sang 
du  [lus  jeune  des  princes  issus  dusjng 
du  drrgon  eut  coulé  en  son  honneur. 
—  Le  tombeau  de  Ménécée  était  or- 
né d'un  grenadier  venu  de  lui-même, 
et  qui  se  reproduisait  par  des  reje- 
toiis.  iMures,  les  gren:ides  se  fen- 
daici:!  et.  comme  le  jeune  rejeton  des 
Sparks,  épanchaient  volontairement 
le  suc  rou,i;e  qui  semblait  leur  sang. 

M£]NÈCLE,Miv=«>«,  lillc  d  Hyl- 
lus,  épouse  d'Hippole  el  mère  d  Eole. 

^i  É jN  t  D L  ME  ,  MtyEDEMus , 
M  it'}y,y.c5^  filo  de  Buiiée  el  parèdre 
d  Heuule,  ind.ipia  au  héros  le  moyen 
ne  nettoyer  les  étabies  d'Augias, 
comballil  avec  le  fils  d'  Vlcmène  con- 
tre le  pei  fille  roi  i\cs  Ei'éens,  périt 
dans  la  bataille  el  fut  inhumé  au  cap 
de  Lépréum.  Hercule  y  fit  célébrer 
ihs  jeux  funèbres  en  sor  honneur. 

MENELAS,  ME^ELAUs,  Mt»i- 
Aaof  OU  MinMusj  était  le  frère  d'A. 
gamemnoD.  Sur     son   père,    yo^. 


MEN 

Agamemnon.  Du  reste  on  le  nom- 
mait Atride  ainsi  que  son  frère.  Il 
passa  la  |)lu.>  grande  partie  de  sa  jeu- 
nesse a  Sparte  près  de  Tyndarée  ,  et 
fui  un  des  concurrents  a  la  main 
d'Hélène.  La  jeun?  princesse  lui 
donn.i  la  préférence. Ellelui  apportait 

en  dot  la  survivance  du  royaume  de 
Sparte  j  car,  lorsque  Tyndarée  mou- 
rut, Castor  et  Pollux  restèrent  dans 
Amvcles,  Menelas  et  Hélène  régnè- 
rent sur  Lacédémone.  Créthée,  son 
aïeul  maternel,  mourut  en  Crète  sur 
ces  entrefaites  :  Ménélas  partit  pour 
nie  où  était  situé  l'héritage  à  recueil- 
lir. Il  n'était  pas  le  seul  qui  eût  des 
vaisseaux  :  Paris  débarqua  dans  le  Pé- 
loponèse ,  tandis  que  le  roi  de  Sparte 
se  rendait  en  Crète,  a'ia  recevoir 
l'hospitalité  dans  le  palais  du  prince 
abseut,  et  proposa  tout  simplenieul  a 
Hélène,  dont  l'affabilité  le  charmait, 
de  se  laisser  en'eier  par  son  hôte. 
On  partit^  et  l'île  célèbie  de  Cythère, 
(d'autres  disent  Migonitis)  recul  les 
deux  fugitifs  a  leur  première  station. 
Mé.iélas,  revenu  sur  l'avis  qu'on  ne 
manqua  pas  de  lui  expédier  lorsque 
les  précautions  étaient  d  venues  inu- 
tiles, trouve  un  palais  vide.  Aussitôt 
il  annoucesondésapoointementk  tous 
les  chefs  de  la  Grècej  et.  comme  ceux- 
ci  avaient  iuré  de  se  liiiue:"  contre 
ceux  qui  raviraient  Hélène  a  l'e- 
poux  choi-^i  par  elle  ,  ils  mirent  tant 
de  célérité  a  leurs  piéparalifs  de 
guerre,  qu'au  bout  de  quatre  ou 
dix  ans  ils  eurent  autour  d'eux  une 
centaine  de  mille  hommes  prèls  a 
mettre  a  la  voile.  On  conçoit  que 
Ménélas  faisait  parlie  de  cette  coa- 

tion  entreprise  uniquement  pour  lui 
rendre  son  Hélène.  Soixante  vaisseaux 
fe  suivaient  et  portaient  les  trou- 
pes de  Sparte,  de.  Phare,  de  Messène, 
ie  Brisée,  d'Amycles  ,  d'Hélos,  de 
Laas,  d'Engvc  et  d'OEtvle.  Il  mon- 


MEN  67 

tra  du  courage  dans  cette  expédition 
Déjà,   avant  le   départ,  il  avait  été 
en  ambassade  à  Troie  avec  Ulysse, 
et  tous  deux  y  coururent  degraves  dan- 
gers. On  assure  même  que  sansAuté- 
nor,  le^peuple,  animé  par  Paris,  leur 
eût  ôté  la  vie.  Arrivé  devant  Troie 
avec  la  confédération,  Méaélas  se  si- 
gnala dans  plusieurs  occas'ons.  On  le 
voit  dans  le  liv.  3  de  Ttliade  se  battre 
eu  combat  singulier  avec  Paris  et  le 
vaincre;  mais  cet  avantage  devint  inu- 
tile. Une  flèche  lancée  par  Pandare 
contre  la  foi  des  traités ,  Tempècha  de 
luer  Paris;  et  Paris,   revenu    parmi 
les  siens,  trouva  moyen  d'éluder  l'o- 
bligation où  il  était  de  rendre    Hé- 
lène et  ses  tréiors.  A  la  prise  de  !a 
ville,  Ménélas  donna  des  ordies  pour 
qu'on  respectai  la  tjiaison  d'Anténor: 
mais  il  fit  horriblement  mutiler  Déi- 
phohe  alors  époux  d'Hélène.  En  re- 
venant, il  s'arrèta'a  Ténédos,  puis  à 
Suni  !m  pour  donner  la  sépulture   a 
Phrontis  son  pilote. Une  violente  tem- 
pête le  jeta  sur  l'Ile   de  Crète  où  il 
perdit  la  majeure  partie  de  ses  vais- 
seaux. Cinq  seulement  lui    restèrent 
et  l'aidèrent  a  gagner  l'Egypte.  Le* 
évhéméristesqui  calculent  avec  exac- 
titude les  dates  de  ces  temps  reculés, 
assignent  sept  ans  et  quelque  chose 
au  séjour  de  Ménélas  en  Égvpte.  Re- 
venu a  Sparte,  huit  ans  après  la  prise 
de  Troie,  dix-huit  ans  aprèsle  départ 
des    Grecs  ,  vi,i-t-deux  ans  après  le 
rapide  sa  femme,  il  y  régna  paisible- 
ment pendant    plusieurs  années,    et 
maria  sa  tille  Hermione   à  Pyrrhus. 
Comme  il    ne  laissait    pas    de   fils, 
Oreste  son  neveu   devint  possesseur 
de    ses   étals    ainsi  que   de   ceux  de 
Cyllabare,  fil^  de  Sthçnèle,  Ménélas 
était    adoré   a     Thérapné.    —  Mé- 
nélas est  un  personnage  plus  fabuleux 
qu'Agaraemnon.  Ses  voyages  sont  di  f 
rèveï.    Son    nom   l^cs^  que  celui  c'a 

5, 


6t 


MRy 


Minos.  Comp.  surtout  Canobe,  Hl- 
LÈ.Nt,  Paris.  —Euripiclt- s'est  plu  à 
représenler  iVlé  leias  sous  des  cou  leurs 
vraimrnl  iijnohU-s.  f^oy.  les  deux 
tra^'éili  s  d'Jfnlroma'/ue  el  (i I- 
plii  l'iiif  im  AuUde. 

MÉNELEE,Me>eleus,M  »:Aï^?, 
ccniiiure. 

ME^ÉPIIIRAS,  Menepiuraus, 
Mti'î'P'^e&j,  géant ,  devait  le  jour  au 
Tarlare  tt  à  la  Teire, 

ME.NÉl'HOrs,  M^îrep&'y,  Thessa-, 
lien,  fut  changé  en  InMe  fauve  pour 
avoir  voulu  surprendre  sur  le  mont 
Cyllare  sa  mère  endormie  QueKjurs 
Iradi.itms  le  font  mourir  de  la  main 
de  sa  mère  a\anl  ipi'il  ail  cousoiiimé 
l'allenlnl. 

MÉNEPTOLÈME,  MEy£7rAf«oç, 
Grec  agde,  était  av^  c  Médun  a  la  lèle 
des  l'iitiotes  devant  Troie. 

MEjNES  lui,  dans  la  chrono'o^ie 
égyptienne  que  notis  a  conservée  en 
p  rlie  Manélhon,  e  cliel  d  •  cette  dy- 
nastie ThiniteTliébaine  (jue  Ton  Vdil 
à  la  tète  de  tuuies  les  dyu  isli-  s  é^vp- 
tiennes  humaines.  On  'e  donne  cuinme 
le  successeur  immédiat  (\^s  dieux.  Il 
uio.liha  le  cours  du  INi' ,  dessécha 
el  rendit  hahitab'e  la  Basse- Egvple 
qu'dccupaienldes lagunes, fonda  Mem- 
phis  ((pli,  suit  dit  eu  passant,  uVxis- 
lail  pas  eucoi  e  bOUs  la  Ireiziène  dy- 
nastie), appiit  aux  hommes  K  ho- 
norer Dieu  jiar  un  culte  el  des  sicri- 
fices,  et  enfin,  selon  de  bizaires  tra- 
ditions, leur  fil  connaître  le  lixe.  Un 
de  ses  descendants,  Ténéphace  .  le 
maudit  solennelK  ment  en  phin  tem- 
ple pour  avoir  iilroduit  le  1  xe  en 
Ej;vple.  — Il  est  clair  (jueMénè»  est 
un  personnage  mvtlioldgiipte  (pu  ilé- 
%  gue  Vespère  humaine.  îmmi  non,  le 
nièine  cpi  ceux  lU  Men>,  Meii.Nch , 
Meiiiiu,  Minos.  .ndi(p:easse  (piecVjl 
dans  ce; te  liste  de  prêt' ndiii»  héros 
qu'il  faut  aller  le  chercher.  Il  sérail 


MÉN 

plus  ridicule  encore  de  prétendre 
fixer  SDU  époque  dans  l'histoire,  à 
minns  (lue  par  son  épiKjue  ou  entende 
celle  où  le  liella  de  l'Egvpte  fut  for- 
nu- •  mais  il  est  évident  que  Ci  tte 
épotuie  est  antédiluvienne.  Les  monu- 
menl.s  nou>  font  remonter,  pour  l  oii- 
gine  de  la  seizième  dynastie,  a  Tan 
2272  avant  J.-C.  La  plupart  des 
savants  modernes  ont  placé  Menés 
v(  rs  lan  2100.  —  Un  autre  Me- 
ttes figure  a  la  lèle  des  dynastes 
d'Eraiit-thène.  Ce  nom  seul  suHirail 
iiiinr  faire  compreuilre  ce  que  Fou 
doit  entendre  par  le  Menés,  pre- 
m  er  d»  s  rois  humains  I\léiiè> devient, 
selon  les  diveis  systèmes  nue  Ton 
adoptera  poir  la  concordance  des 
décans  et  di  s  dynastes  ,  Choularé  , 
Soncho  eu  Sohis. 

MExNE^^lHE,  Mîvfcr-.s:  1°  chef 
grec  tué  par  Hedor;  2"Me>esthius, 
'S\i\ij-ho<,  HU  de  Pul^dure,  mariée  à 
Boie,eldu  tleuvcSperd  ius,  était  un 
dts  capiîaines  d  Achille.  —  Un  troi- 
sième iNjÉ>EbTHE,  lils  d'Aréitiiiiiis  et 
de  Phi  («méduse,  loi  d  Arue ,  lut  tué 
par  Paris  d(  vaut  lioie. 

MÉrsLSIHEE,  ME^EsTHEus , 
MtyfcrtfÈ^ç,  fils  de  l'a'ée,  el  par  con- 
sét|Urnl  arrière  -  peàt -fils  d'Eiech- 
thée,  usurpa  le  Ircme  d'Alh(  nés  sur 
1  hésée,  (ju  il  contraignit  de  se  réfugier 
à  Srvros,  rendit  de  grands  servi- 
i«s  h  Ag  roeranon  devant  Troie  ,  el 
mourut  au  retour  dans  Tiie  de  Mélos 
après  vingMrois  ans  de  règne. 

MErsElE.  MtisocTEs,  MfKojTr?, 
pilote  de  (ivas,  lit  perdre  le  prix  de 
la  course  navale  k  ce  chef  troyen  qui, 
dans  son  dépit,  le  jeta  à  Te.iu. — 
Lu  autre  Mené  e,  de  la  suite  de 
P-.l  as,  lui  ti.é  par  lurnns. 

MEiNGi.ADE  esl ,  d.  ns  lamvlho- 
logie  .sr.indinave,  une  vierge  géante, 
b.thil.iule    d'un  pilais  enchanté. 

ME^iluS,  Lycauuidc  tbdiigc  eo 


MÉN 

loup  ainsi  que  son  père ,  pour  avoir 
blasp'iéiné  la  divinité  de  Jupiler. 

MÉNII>PE,  M.vVt.;,,  nile  rrO- 
rion  ,  se  sacrifia,  ain^i  i)ue  Mélioque 
sa  sœur,  pour  iléllvrer  son  pays  d'une 
épidémie.  Proserpine  el  Plu  Ion  cé- 
dèffQl  leurs  corps  a  Tempyrée,  où 
ils  briilenl  mêla  '  orpbosées  en  comè- 
tes à  longue  cheveluie.  Un  temple  cé- 
lèbre d'Orchomène  était  sous  Tinvo- 
calion  des  dt-ux  jeunes  Orlonides  ^  et 
chnrpje  année  Li  it-nnesse  d^s  deux 
sexes  leur  uffrait  des  sacrifices.  La 
fondation  du  temple  remontait  aux 
temps  des  Aoiies.  Le  mythe  eut  donc 
été  antérieur  h  la  domiiation  ilt^s  Pë- 
lasgiies.  Ménippe  l't.Méti^que  étaient 
parées  de  tous  les  dons  de  Minerve 
et  de  Vénus,  en  d'autres  termes 
Aphrodite  leur.jvait  prodigué  la  beau- 
lé,  et  l'industrieuse  Erga  lâ  les  avait 
initiées  à  Tart  de  lisser. 

MÉNIPPIDE ,  Memppidas  ,  Me- 
»/^7T  ''^Vs ,  fib  d'Kercule  et  de  l.i  Thes- 
pia  'e  Endéis. 

MÉNIS,  le  même  sans  doute  que 
MénÈs,  apprit  à  TEgyple  l'usage  de 
l'argent  monnoy^*  Lue  stèle,  plicée 
dans  un  temple  a  Thèbes,  portait  une 
imprécation  contre  cet  inve  ileur  d'un 
usa^e  fatal.  Un  loi  d'i:]gvnte  s'élanl 
trouvé  par  hasard,  dans  une  guerre 
contre  les  Arabes,  réduit  a  coucher 
sur  le  sol  et  h  savourer  de  grossiers 
alime.its,  se  trouva  si  bien  du  bivouac 
et  de  la  chair  de  cheval,  qu'd  dit  ana- 
ihème  aux  douceurs  de  la  vie,  aux 
richesses,  au  luxe,  a  la  monnaie  et 
a  rintrodiicteui"  insensé  de  ces  vl's 
mélaiix.  Revenu  dans  Thèbes,  il  fit 
graver,  ad  menioriarn  rei\  'a  stoï- 
quo  formule,  sur  une  colonne, 

MÉNOrS,  Mivry,  cheflioyen  tué 
devant  Tioie  par  Léonlée. 

MÉ.NO  r\  ilAN  NOS  ,  My.^orûp-^v- 
»«;,  c'cst-a-dire  roi  des  mois,  Alys 
en  Phry^ie. 


MEN 


6g 


MENOU,  un  des  filsde Brahmâ,  est 
1  àmemème,  est  Thomuie  même. Manà, 
IVlanou,  Mann,  Mens,  Mensch,  Menés. 
Toula  fait  imaginaire  et  hors  de  T  em- 
pire des  êtres  réels,  il  n'en  doit  pas 
moins  sembler  a  tout  évhéraériste  un 
homme,  un  roi,  un  civilisateur.  Nous 
n'y  voyons,  nous,  que  la  clvilisalion 
même,  cette  émanation  de  Mana,  et, 
si  nous  tombons  drns  une  splière  plus 
élrolie,  la  'égislalion.  En  effet  ,  Me- 
nou  ,  c'ais  les  Indes,  passe  pour  'e 
législateur  par  excellence,  elle  plus 
ancien  code  de  lois  se  nomme  Ma- 
nava- Dharma -Sastra.  ou  code  dts 
lois  de  Menou.  Un  code  c'est  un  mo- 
nument ,  vont  dire  ceux  dont  nous  si- 
gnalons la  tendance  a  tout  traduire  en 
histoire  lodivi  luelle  j  un  homra  •  donc 
en  est  l'auteur:  il  a  existé  un  Menou. 
El  ils  se  mettent  a  rechercher  a  quelle 
date,  à  quelle  race,  à  quel  p.iys  ap- 
partenait le  législateur.  Une  fois  lancé 
dans  cette  sphère  d'investigation  ,  on 
peut  varier.  Aussi  a-t-on  long-temps 
varié  dans  nos  écoles  sur  les  époques 
de  Menés  et  de  Minos.  Pour  nous^ 
ces  problèii  es  ne  peuvent  sembler  gra- 
ves Menou.  Menés,  Minos,  Minyas, 
^iéon  ,  Mann,  ces  êtres  éuigm  ti- 
ques, qui  tous  revienne;it  a  un  seul  ^ 
là  e  homme,  Tàm  humaine,  et  dont 
Minerve  n'est  que  la  récapitulation 
suprême,  ne  sont  pas  dn  domaine  de 
rhisloire  proprement  dite.  La  seule 
tàch'^  que  doit  s'imposer  le  mytholo- 
gue d'élite  est  celle-ci  :  caractériser 
la  législation  elle-même,  s'il  existe 
des  vestiges  de  celte  législation  ,  la 
comparer  aux  autres  grands  traits  de 
la  législaliou  "indigè  te,  se  fixer  sur 
rhomov^énéité  des  |  rinclpes  formu'és 
dans  ce  code  ,  eu  déduire  et  leur  va- 
leur intrinsèque  ,  et  leur  date  ,  el  leup 
place  chionologi(|ue,  non  pas  daug 
telle  ou  telle  année,  mais  dans  lelle 
période.   C'est  ce  qu  approximalive. 


ment  on  peut  faire  pour  Menou.  i' "3^ 
Poiircequ'on  appelle  son  code,  il  exis- 
te; nous  en  avons  do-né  le  titre.  W. 
J(  nés  en  a  pul'lié  la  traduction  en 
anglai*  (Calcutta,  i794,in-4";  Lon- 
dres, 1796,  in-(5°);  Hukncr  Ta  repro- 
duite eu  allemand  avec  un  |^lo>saire 
et  des  notes  (\Vein)ar,  1797).  2"  On 
«ait  h  présent  distinguer  ce  code  sa- 
cré, décoré  par  Jones  du  nom  d'In- 
stitut, de  deux  autres  reci;eils,  dont 
l'uD,  publié  en  français  sous  le  titre  de 
Codtdfs  lois  des  Gt-ritoiix  [\*  ans  y 
1778),  nVbl  qu\ine  compilation  ré- 
eeute  des  Bralnuanes  du  Beno[ale.  lan- 
dis  que  Tautje,  connu  sous  le  titre 
de  Pandtctes  hindoues^  a  été  tra- 
duit du  saraskrit  en  anglais,  donné  eu 
partie  par  Colebrooke  (  Digtst  oj 
lundu  law.  etc.,  Londres,  1801, 
in -8°).  5"  Voici  les  époques  de  la 
littérature  hindoue  selon  Sclilegel  : 
les  Véda,  avec  tous  les  livres  qui  s'y 
rattachent  (de  ce  nombre  est  le  Ma- 
nava-Dharma-Saslra  ) ,  les  systèmes 
philosophiques  antérieurs  à  la  philo- 
sophie Védanta,  les  ouvrages  altri- 
biiés  a  Viaca,  c'est-à-dire  les  dix- 
tuit  Pouranas,  le  Mahabharala  et  la 
philoso|)hie  Védanta,  enfin  la  poésie 
drauialique  de  Kaiidaca.  Gœrres  tait 
suivie  les  grandes  masses  littéraires 
de  llnde  dau^  l'ordre  suivant  :  \  éda 
ou  mythes  pi  iniitils;  Pourana,  1  omaiis 
niythiijiies;  poéiieshistoriques,  parmi 
lesquelles  Kamaïana  et  .Maliahharata; 
morale  dont  le  code  de  IVJenou  est  'a 
principale  expn  ssion  ;  systèmes  théis- 
tes ou  orthodoxes  ,  c'esl-à-dire  \çs 
deux  plliio^opllies]^iaïa,  les  deux  Mi- 
Inan^a  et  les  deux  Sankliia.  Creuzer 
adopte  le  même  ordre,  et  place  ainsi 
l'épo(jue  de  la  législation  entre  cel'e 
des  poèmes  épiques  et  celle  de  la  phi- 
losophie. Ajoutons  que  .les  lois  de 
Menou  ne  citent  jamaKs  (jue  les  ^  éûas 
«l  Us  AngAS  ou  Védano^as  (couimeu- 


MEN 

taires  des  Védas  au  nombre  de  six). 
Au  reste,  le  code  lui-même  est ,  avec 
les  Pouranas,  la  INiaïa  et  laMimansa, 
philosophie,  un  des  quatre  Oupangas 
ouSous-Aiigas.  4°  La  morale  du  Ma- 
nava-Dharma-Sastra  n'est  pas  tou- 
jours la  même,  et  par  conséquent 
elle  ne  dnit  pas  être  regardée  comme 
l'œuvre  d'un  seul  siècle.  5  Mais  quels 
que  soient  les  siècles  qui  en  peuvent 
revendiquer  la  rédaction ,  tous  re- 
montent à  une  époque  ancienne,  a 
une  époque  où  le  sau'skrit  n  était  pas 
encore  tombé  eu  désuétude.  Rhode 
cependant,  dans  deux  écrits  succes- 
sifs [ûh.  Aller  iind  H'^trlh  einiger 
morgenlœndl.  Urkunden.  p.  62- 
65  ;  et  Beitrage  ziir  Alterthumsk. , 
p.  98,  etc.),  a  voulu  rapprocher  cou- 
sidéiablemenl  Tépoque  des  lois  de 
Menou,  cc^ans  toutefois  dépasser  la 
>3  période  où  les  états  de  l'Inde,  jouis- 
n  saut  de  leur  indépendance  piimi- 
jî  tive,  n'avaient  pas  encore  subi  la 
»  conquête.  »  Cump.  1  art.  suivant. 
MEJNOLS,  êtres  mylho'ogiques 
du  SYslènie  bi.hmaïque,  sont  au  nom- 
bre de  quatorze,  savoir  :  i"  sept  qui 
ont  déjà  paru,  Souaïarabhouva,  Soua- 
lotcbilcha,  Oultama,  'lamaca  ,  Rai- 
vata,  1  chakchoucha,  \aivacuuata,* 
2"  sept  qui  sont  encore  à  paraître, 
Souria  -Savarni,  Dal  cha  -Savarui , 
Bralimà-îsavarni ,  Uharma  -  i^avarni , 
Roudra-Sa\arni,  Routchéia,  Agni- 
Sa\arni.  Lolei>roDke  ,  ir.  bihlegel, 
Majer,  etc.,  etc..  legardentles  Me- 
nons comme  des  êtres  humains,  des 
rois,  des  priphèles,  des  pati iarches 
de  ranliquité.  Celte  Mpinion  est  in- 
admissible. rSous  ne  sommes  pas  ten- 
tés pourtant  d'y  voir  des  constella- 
lions  d'un  ordre  supérieur.  Autour 
de  Menou,  premier  homme,  premier 
législateur,  piemier  patriarche,  gra- 
v.teni  des  M«  nous  secondaires  en  qui 
il  à  est  scindé.  Adili  s  émane  eu  douze 


MEN 

Aditias,  Hanouman  en  Hanoumansj 
de  même  il  serait  naturel  que  Me- 
nou  s'émanât  en  Menoiis  d'un  ordre 
inférieur. Toutefois  il  faut  dire  que  ce 
Menuu  idéal,  dont  il  est  ici  ques- 
tion, celte  espèce  d'Addlii-Menou, 
n'est  pas  le  M-uou  législateur.  De 
Brahm  découle  virlui  Ueraen!  un  Me- 
Bou.  sagesse  et  sainteté  suprêmes,  un 
Menou  qu'on  n'a  poiîit  songé  a  dis- 
tiugiier  dans  le  catalogue  des  dieux. 
et  dont  les  quatorze  Menons  d'une 
part ,  le  Menou  législateur  de  l'autre, 
sont  des  efflorescences. 

MEISS,  c'est -a- dire  la  pensée, 
avait  k  Rome  deux  temples,  l'un  dans 
le  Capilole,  l'autre  dans  la  huitième 
région.  Ce  dernier  avait  été  élevé 
après  la  perle  de  la  bataille  de  Tra- 
simènej  l'autre  élait  une  construc- 
tion du  préleur  Otacilins.  Mens  était 
prise  tantôt  pour  i'àme  du  mond? , 
tantôt  pour  i'àme  indivilnelle.  On 
rinv()(|uait  comme  une  Volumnia  ou 
inspirai! ice  de  bonnes  idées. 

MEjNTÈS,  Mcvtî;?,    roi  des  Ta- 
plûens  et    fils    d'Anchiale.    Minerve 
prit  ses  traits  pour  annoncer  à  Tclé- 
maque  le  retour  d'Ulysse,  On  a  voulu 
faire  de  ce  ?»Ienlès  un  n<gociant  de 
Leiicade  qui  prit  Homère  avec  lui  »  et 
le  condaisit  dans  tous  ses  voyages.  Le 
)e te  ,   dil-on,  pour  reconnaître  ses 
bienfaits,  idéalisa  Meutes  et  rendit 
son  nom  immortel. — Lu  autre  ]\Ie>'- 
TÈs,  roi  desCicoîies,  était  a  Troie  5 
Apollon  emprunta  ses  traits  pour  em- 
pêcher Ménélas  d'emporter  les  armes 
de  Panlhoos. 

MENTHE.  Foy.  Mixtht. 
MEiNTOR,  MiiTcdp^  ami  d'Ulysse, 
fui  charj'é  nar  ce  prince  de  la   sur- 


MÉP 


71 


vcillance  de  sa  maison  pendant  son 
absence.  Minerve  prenait  souvent  ses 
traits  et  sa  voix  pour  encor.ra^er  Té- 
emaque  a  ij  vertu.  Ceux  qui  ont 
voulu    nous  donner   une  biographie 


anecdotique  d'Homère  ont  assuré 
que  ce  poète  reçut  dans  Ithaque  un 
accueil  bienveillant  de  Mentor,  et  l'en 
récompensa  en  insérant  son  nom  avec 
éloges  dans  i'Odvssée.  Ou  sait  quel 
parti  Fénélon  a  tiré  de  Mentor  pour 
son  Télémaqiie. — Trois  autres  Meî*- 
TOR  furent  :  i"  un  fils  d'Hercule  et  de 
la  Thespiade  Asopis  j  2°  un  fils  d'Eu- 
rysthée  [Foy.  ce  nom);  5°  îe  père 
d  Imbrios. 

MÉNUTHIS,  n'est  autre  qu'A- 
mdun-Noiit»"  ou  Noule-Fen  [Foy. 
ce  der.'.ier  nom). 

MÉON,  M-Î.01S',  Mxim,  roi  d'une 
partie  de  l'Asie  antéri.-ure  occiden- 
tale, a'ors  désignée  par  le  tilre  vague 
de  Phrv^^ie.  eul  Cvbèle  de  Uindvme, 
sa  femme.  On  ajoute  qu  mstruit  des 
amours  de   Cybèle  avec  Atys,  il  fît 
mourir     ce  jeune   héros  et  les    sui- 
vantes de  sa  fille.  Corap.  des  varian- 
tes, art.  Atys  et  CybÈle. — Évidem- 
ment  Méou  est  un  être  ambigu  qui 
tient  du  dieu  et  de  Thomme  3  c'est  un 
Adam  tvpique   et  un  Zévs.  Il  est  le 
père  d'une  Eve-Terre;  il  est  l'épou-s 
d'un  mont  rigide  et  ii.assif.  le  Din- 
dvrae,  aux  deux  cimes  jumelles;  enfin, 
lui-même  est  la   généialrice  n.asculi- 
nisée  (Ma.  Maïa),  il  est  la  terre  ,  et 
l'on  voit  la  Lydie  s'aipcler  de   son 
nom  Méonie,  avant  da  prendre  celui 
du  héros  Lvdos.  Ausji  Omphale  et 
Arachné  so!it-e!les  titrées  Mœonis. 
Humère,  ainsi  que   l'.acchus  .  qu'on 
honcie  en  Lydie,  preud  l'épilhète  de 
Mceonius,  et  les  Muses  ,  qui  ont  in- 
spiré riliade,  s'app.dlenl  !\lœouL({es, 
— Deux  autres  IMÉo>'  furent ,  Pun  un 
chef  thébain  qui  seul  échappa  au  car- 
ni^îie   que   fit    Tvdée   des   cinquante 
g'itrriers  aposles  por  Eieocle  pour 
l'assassiner;    l'nulre    un    chef  lalm 
qu'Énée  blessa  d'un  coup  de  javelot. 
MEPHITÏS,  déesse  de  l'air  vicié 
pc.r  les  exhalaisons  méphitiques,  n'é- 


72 


MER 


tait  autre  que  Jnnon.  Elle  avait  un 
temple  a  Crc'mone  et  dans  la  vallée 
du  lac  (J'Amsanlo.  Qiiel(|ues  salses  ou 
volcans  l)oiitMix  pi.icés  dans  le  voisi- 
Dai^e  de  Crémone  exp'i(|iipnl  assez 
Tori^ine  u'u  culte  de  Rléphilis;  et 
dans  les  cnvirous  du  'ac  d'Ara-;anto 
on  voit  encore  arjonid'hui  des  creux 
appf-lés  niefile  et  wefilintlle. 

MKR.    i^Oy.    Th  A  LASSA. 

MÉllA,  compagne  de  Diane,  fui 

séduite  par  Jupiter  sous  la  forme  de 
Minerve,  percée  de  flècliespar  Diane 
et  chnngée  en  ch.enue.  Quelcp'es  poè- 
tes n'adinetltnl  de  la  part  Je  Jupiter 
qu'une  tentntivej  mais  le  dénouement 
est  lonjoiirs  le  même.  On  peut  voir  h 
Tari.  Erigoe  le  rôle  de  la  chienne 
Mérn.  Il  est  cl.iir  que  la  légr^nde 
qui  la  donne  comme  nymphe  d'Ar- 
témis  n'a  été  imaginée  que  dans 
l'inlenlion  de  ne  point  laisser  sans 
précédent  un  acteur  au-si  important 
dans  le  drame  d  Erigone  et  d'icarius. 
Lorsque  l  on  donna  une  géiéa'ogie  a 
Méra.  son  pZ-rc  fut  Prolée  (!e  pre- 
mier. Taïui  n  des  jours),  et  sa  ri  ère 
la  nymphe  Asie  (la  déesse;  comi) 
AsAîfÉvi  et  AsKs),  dont  on  a  fait  Au- 
^ie  et  Anaihie. — jUnc  nnîre  iMtRA, 
Atlantide,  eut  de  Lvcûdn  Té^éatt^.Ou 
en  nomme  aussi  une  parmi  les  Prœ- 
tiiles;  mais  elle  ne  figure  pas  parmi 
Cell^•^  de  la  Triade  furihond''. 

MEnCÉDONA.  déesse  latine  qui 
présidait  au  commerce  [inerccs , 
marchandises.} 

MERCI  I\E.  Mercurius  en  grec 
rÎERMiis,  'Eouist  est,  dans  la  my- 
thologie VI  Igaire  ,  le  d.eu  du  com- 
meice,  de  l'éloquence  et  des  voleurs, 
le  messager  de  Jujiiler  et  des  dieux  de 
l'Olympe,  enfin  le  gu  de  des  âmes  aux 
enfers.  11  passait  pour  fds  de  Maïa 
[^^oy.  ce  nom),  et  par  c-nséquent  du 
dieu  suprême  Jupiter.  On  le  fai*  raî- 
tra  d'ordinaire  sur  le   muut  Cyllcue 


MER  » 

dans  l'Arcadie.  Sa  légende  se  com- 
pose en  grmde  p'rtie  de  Irait  s  d'a- 
dips-c  et  de  filouterie.  Enfant,  il  vola 
l"  trident  de  Neptune,  Tépée  de 
Mars,  la  ceinture  de  Vénus;  Anollon, 
réduit  a  garder  les  troupeaux  d  Ad- 
nièle,  peidil  un  jour  Ls  pins  beaux 
d'entre  eux;  avant  couru  après  le 
vol  ur,  il  le  menaça  des  paroles  et 
du  poing,  quand  tout  a  coup  I  s'a- 
pi  rçut  qu'il  était  sans  carquois.  Lors 
de  la  mésavenluie  de  Vénus  surprise 
avec  Mars  dans  les  invisibles  filets 
du  dieu  du  feu.  Mercure,  tém  in 
du  fl  ii^r'nt  délit  avec  le  reste  des 
b^' itants  de  TOIympe,  dit  lnut  haut 
qu'il  s'accommoderait  a  meruille  de 
la  place  de  rintorluné  captif.  Ces 
brillantes  dispositions  enijagèrent  Ju- 
piter a  le  choisir  pour  le  confident 
de  ses  amours  et  le  commission- 
naire des  dieux.  C'est  a  lui  que 
fut  confiée  1 1  garde  de  la  bellf  gé- 
nisse lo;  et, lorsque  Junon  jalnuse  eut 
mis  celle  future  rivale  squs  la  "sur- 
veillance d'Arjrus,  il  se  cbarjjea  de 
le  idormir  et  d--  le  tuer:  il  v  réussit. 
Envoyé  par  les  dieux  a  Tlubes  et 
à  !Ka\os  pour  v  recueillir  le  jeune 
Pia(  chi.s  et  le  confier  a  des  nourrices 
alleulives,  c'est  lui  qui  avec  l'aide  de 
Vulcain  attache  (selon  Hvgin, //^zA. 
CXL1\  )  le  triste  Pi  oraétbée  sur  le  Cau- 
case Dans  Homère,  il  vend  Hercule 
esclave  à  Omp'ale.-D.in.'»  TOdvssée, 
il  est  député  a  i.gisihe  par  le  vénéra- 
ble cercle  de  1*0  \mpé,  pour  le  dis- 
suader de  ses  projets  d'assass  nal  et 
d'usnrpali  n.  Ai  leurs  il  enchaîne  ïxion 
sur  la  roue  dont  les  rooevements  éter- 
nels le  toi  lurent.  Il  va  porter  à 
Plirvxos  et  a  Ilellé  le  bélier  à  toison 
d'or  qui  «loit  les  mettre  h  l'abri  des 
coups  d  lui).  Il  a.ssisie  Persée  dans 
son  expédition  contre  les  Gorgones, 
cou  Ju.t  Priam  au  camp  des  Grecs,  se- 
coude  Lly^se  dans  toutes  ses  entre- 


MEP». 

prises.  Long-lemps  avant  la  ouerre 
(les  Til;ius  il  a^ail,  de  concerl  avec 
Ej^ipan,  esf^amolé  la  (l'Apolline  insen- 
sible et  glacée  de  Jupiter  d'i  fond  de 
1  anire  coryc  en  où  Pavait  pi  icée  Ty- 
phon. Il  rendit  un  service  de  même 
nature  à  Mars,  en  brisant  les  Ters  dont 
Ta  va'e M  t  chargé  les  deux  AloïJes.  Eu- 

o 

Hn,  la  Gi":anloa:a(lne  le  vit  terra-^ser 
Hippdvle,  et  prendi  e  le  cas(jue  Invi- 
siMe  de  Plulon:  sa  bravoure  pourtant 
ne  put  'e  soustraire  h  la  né'-essilé  de 
fuir  en  Ej^vple,  avec  tous  les  autres 
dieux ,  déguisé  en  ibis.  Des  scènes 
plus  doue  s  allireut  ensuite  noire  at- 
trnlion.  Il  dunne  à  Pandore  le  lan- 
gage ,  Taiiiabilité  .  Ks  grâces,  et  la 
conduit  a  Promélliée,  puis,  .sur  le 
refus  de  ce  fin  Tilan,  a  Epim'tlée. 
Ami  de  la  paix,  il  glisse  entre  deux 
serpents  qui  fixaient  la  baguette  qu'il 
porte  dans  tous  ses  voyages,  et  se 
forme  ainsi  un  sceptre  paré  de  ser- 
pents, un  sceptre  end)lème  d'amour 
et  de  concorde,  et  lui  donne  le 
nom  de  caducée.  Un  jour  une  tor- 
tue se  préseule  sur  S(/U  passage  ,  il 
eidève  sa  cirapace  écadleuse  et  eu 
forme  la  lyre.  Des  traditions  moins 
grecq'ies  le  donnent  comme  inventeur 
de  la  musique  tout  entière,  du  disque, 
de  récriture  et  de  Talphabel ,  d."s 
poids  et  mesures,  de  Te^crime,  delà 
tlepsvdre  ,  de  la  géométrie,  des  sa- 
critjces ,  etc.  Quoique  complaisant 
messager  du  maître  des  dieux  dans  ses 
amours,  il  opère  quelquefois  pour  son 
propre  compte  ^  téjuoin  C'iioné , 
Creuse,  Hérà,  Anlianire,  Polvmèle, 
et  même,  suivant  Tliéocrile,  Péné- 
lope ((omp.  Han).  Enfin,  c'est  lui 
qui  condu.t  aux,  enfers  la  foule  des 
pâ'es  ombres  :  alors  surtout  il  est 
pacifique^  il  prés  de  au  voyage,  il 
agile  le  caducée.  Ses  .^u^noms  hellé- 
niques expriment  assez  ses  diverses 
aventures,  ainsi  que  l'éloquence  dont 


MER 


7^ 


les  compatriotes  d'Isocrate  lui  font 
honneur.  Les  yrincipaux  sont  ceux 
d'Argiphonle  (meurtrier  d'Argus), 
Angelos  (messager),  Agorée  (qui 
Siège  au  forum),  Chai  idole  (qui 
donne  la  paix,  la  béat.tude),  Cliiy- 
sorrh.ipis  (a  !a  bigu^-fte  d'or)  :'il 
faut  v  joindre  ceux  de  RI  abdouque, 
Ithyphaili(]ue,  Hégemouf^,  Chthonios 
(ou  souterrain),  Criojihore (porte-bé- 
lier), Diactor  (qui  sert  d'intermé- 
diaire), Empolée  (marchand),  [fo- 
lios et  Stropliée  ('e  matois),  d'E- 
pithalainios  (paièdredu  'il  nuptial), 
etc.  Qui  Iques  autres  épithètes  ou 
surnoms  se  rapportent  a  des  vues 
plus  Iran  cendantales  :  tels  sont  le^ 
mots  de  Tricéphale  ou  aux  trois  tè- 
tes, de  Parammon  (gr:iiid  Anoun  • 
f^oj-.  encore  P<iN),  ou  parèdre  d'A- 
moun  ,  d'Agonios  ou  (jui  préA  le 
aux  jrux  ,  de  jNomios  ou  pasteur,  et 
dTiubra  e  nue  nous  regardou'^  com- 
II  e  une  alît'ralion  ii'Hiraéroo  ((mé- 
ros  ,  Imrros  ).  INous  ne  p.-.rlons 
point  dis  innom'ijables  surnoms  lo- 
caux, Cvlléuios  ou  Cvlbo>,  Lvcos, 
etc.  ?»leicure  n'est  pas  un  dieu  grec 
d'origine.  Li  Thra  e,  Samothrace,  la 
Syrie,  1  Egypte,  bien  d'auires  pays 
encore  le  représente  't  sous  le  nom 
d'Ht  rmès  et  de  Toth  légèremen'  al- 
téré, To'h,  nul  doute,  étail  le  Mer- 
cure d'Egypte.  Or,  ce  nom.  cpjiss  m- 
tle  identique  aux  /)ft'  zend,  Do' 
slave,  7^/W  Scandinave,  /  é\'a  sam- 
skrit,  Eiuua  ou  ^/om<2  polynésien, 
Th'.  os  (o»  oi)  des  Grecs  et  Dcus  des 
Lal.ns,  rappelie  Tuiston  et  reniâ- 
tes, les  Tu-itha-Dadan  ,  dieux  me- 
taîlur-islès  de  l  Irbinde,  etc  ;  cpiaut 
au  nom  d'Hermès  usuel  en  Grèce, 
on  a  vu  déjà  le  mot,  autant  par 
le  son  que  par  l'idée ,  rclléler  le 
Piromi  de  rÉgypte,  le  Hrahiià  ou 
lîrahm  des  Indes  (lar  on  dit  ussi  bien 
Hiruia,  Birouraa,  etc.),  IHermau  ou 


f4  MFR 

Anr.iniiis  des  Germains  et  des  Her- 
miooes,  TErréainhon  des  Irlandais, 
puis  les  mois  'alins  Termes  cl  Fir- 
mos,  le  grec  Ilirma,  etc.  ISous  nous 
bornerons  à  réunir  en  un  même  ta- 
bleau les  failseonnusou  évidenis,  {\ir- 
ini  les  plién(»raènes  aisémenl  fii\inisn- 
bles  se  présentent  sur  une  ligue  paral- 
lèle la  force  exécutante  el  !a  [lensé'.- , 
la  pensée  qui  chez  riiomrae  est  tout 
l  homme,  qui  chez  Dieu  est  tout  Dieu, 
la  pensée  qui  tour  à  tour  présente  et 
plusieurs   faces   el    plusieurs  degrés. 
Lesquels?  Les  voici.    i°  C'est  Dieu 
même  aPétat  d'irrévél  ition.  2"Qunnd 
Dieu  se  révèle  ,  c'est  l'intelligence  di- 
vine, la  raiiou,  la  sagesse  individua- 
lisée ,  en  grec  le  Logos.    5"   Quand 
Dieu    déjà    révélé  se    communique, 
c'est  la  communication,  la  tran  mis- 
sion ;  cette   transmission  a  lica   par 
deux  voies,  la  paro'e  et,  plus  lard, 
récriture.  L'une  sUj>pose  l'autre,  il  est 
?rai^  mais  chaque  peupl-  envisage  un 
aspect   favori,   et  arbore  un  drapeau 
diflérent.  L  Egypte  avec  ses  in.Ntitu- 
ti(ms  silencieuses  et  immobilisantes, 
1  Egvple  toute  mystérieuse  el   enve- 
loppée de  langes  comme  ms  momies, 
l'tgvpfequi  sculptait  ses  lettres  sur 
lapeiTe,  ou  les  peignait  laborieuse- 
ment sur  les  enduits  des  hvnoijées  el 
des  catacombes  ,  l'Egypte  Ht  de  son 
dieu  conimuuicaleur  un  pi!aslre  ba- 
riolé d'hiéroglvphes ,   et  le  saliin  du 
titre   de  Tolh -colonne.   La  Grèce, 
dont  l'esprii  était  l'antipode  du  staCu 
^^/f>  saceidiilal ,    éloquente,    iriion- 
slante  et  turbule:ite  comme  toutes  les 
démocraties,  devait  finir  par  adorer 
l'élocpie.ice.  Toulflois  les  deux  points 
de  vue  ne  lurent  pas  contemporains  j 
et  il  y  avait  des  siècles  que  Tolli-co- 
loune  était    une    éni'^ai'.  sau^   mot, 
lorsque  la  Grèce  de  Périclès  et  d'A- 
lexandre donna    au    fils  de  Maïa  le 
département  de   1  éloquence.    Si   les 


MEll 

Égyptiens  se  bornèrent  à  voir  dans  la 
communication   de   la  pensée  récri- 
ture .  i's  conçurent  pourtant  d'autres 
commimi(  alioiis.  Ce  furent  celles  de 
roi  h  snjel   (voila  pourquoi  dans    la 
légende  d'Osiris  on  voit  ffern^.ès  ,  ce 
no. ri  tout  grec,  jouer  un  rôle)  et  celles 
du  monde  sujiérieur  au  monde  infé- 
rieui-:  de  la,  l'idée  d'Anél-o  qni  n'est 
an  fond  qu'un  'lolh,  quoique  la  my- 
iho'ogie  égvplienne  lui  ail  donné  une 
indiv  idual  té,  et  l'ait  constitué  h  part. 
Anébo    alors  devint    le  gardien   des 
âmes,etTotlilescril;epar  excellence, 
le  juge  el  presque  le  souverain  àts 
enfers.  11  faut  voir  aux  art  c\qs  Ami- 
bis  et  ToTii  les  développements  des 
deux  rôles  et  les  considératioiis  a>lrc- 
Domiqucs,  cos  >  ogoniqnes,  phv>iqies 
et  morales  qui  s'y  rattachent.  Il  faut 
songer   au>si  que,  d'^ns  ce  passage  h 
un  rôle  nouveau,  lolh,  jusqne-lk  k 
tèie  d'épcrvier,  devient  un  dieu  ibio- 
céplia"e.    De   l'Egvpîe,    Tolh  passa 
sans   doute    en    Fhéiûcie ,    et   v   fut 
nommé    Taaut    (k    moins  peut-être 
qd'on  admette  cju'Egvptiens  et  Phé- 
niciens eussent  emprunté  leur  dieu- 
écrilaie  k  une  source  cominuue).  \ 
a-l-il  seulement  rapport,  ou  bien  y  a- 
t-il  identité  entre  Sirmobel  (Herniès- 
})£aly  et  Taanl.^  le  fait  au  moins  sem- 
blait queTaaut, scribe  par  excellence, 
ne  fut  pas  chez  les  infatigables  com- 
mercanls  de  Tyr  le  greffier  des  en- 
fers ,  mais  bien  le  commis  préposé  k 
la   tenue    des  livres.   De  la  l  idée  de 
commerce    personnifié,    Tidée    com- 
mentée depuis  par  la  Grèce.  De  part 
et  d'aulre  au  reste  les  a  tributs  étaient 
semblables    :  de   part  et   d  autre    le 
stylet  de  cuivre;    la   règle    dentelée 
dont  chaque  dent  est  une  unité;    de 
part  et  d'aulre  la  balance.  Mais  dans 
la   balance  égvptienne  Toth  juge  les 
âmes,  pè^e  les  bonnes  œuvres  et  les 
péchés;  la  balance   phénicienne  est 


I 


MER 

celle  de  la  dépense  et  de  la  recette. 
Ainsi,  voi'a  une  troi  ièrae  manière 
de  traduire  lidée  de  communica- 
tion. Les  Pélasgues,  ou  pl'itôt  le 
peuple  inconnu  à  qui  les  Pélasgues 
durent  leur  civili^atioi ,  l'entendirent 
autrement.  Communication  pour  eux 
signifia  rapport,  et  le  rapport  fut  dé- 
veloppé de  milîe  manières  tour  a 
tour,  contact,  jonction  des  sexes, 
amour,  désir,  produit,  harmonie,  or- 
ganisation. Ces  trait.»  importants  ont 
été  développés  aux  arliclesCABiREs  et 
Cadmile.  Saraolbrace,  en  systéma- 
tisant la  ll)éoj{onie.  donna  le  nom  de 
Cad  nile  au  dieu-rapport,  et  fit  sou- 
vent de  son  Carlmile  un  phalle.  Parmi 
les  noms  qu'elle  lui  donna  se  trouvent 
ceux  d'Hercule,  de  racchus,  d'Éros, 
d'Hermès,  enfin  d'Harmonie.  Har- 
monie, on  l'a  vu,  n'était  qu'Hermès 
fémiuisë,  Mercure  aussi  nommé  Im- 
brame ou  Iinbre  ne  reste  pas  toujours 
Ca<lmile5  une  fois  sorti  du  sanctuaire 
de  Saraotluace,  il  se  dessme  soiisdes 
faces  partielles,  en  apparence  exclu- 
sives tes  unes  des  autres.  Pariura  et 
Lampsaque l'appellent Priape, et  met- 
tent les  jardins  sous  sa  protection  j 
caria  propagation  se  reflète  en  fruc- 
tification, ïbebes  prend  Cadmile  ou 
Cadme  ou  Gadmos ,  sou  Cadmus , 
pour  Tinveuleur  de  l'écriture ,  et  du 
reste  ne  le  sépare  pas  de  l'ordre  et  de 
la  beaiilé  ,  car  elle  lui  donne  pour 
femme  Harmonie.  Atbènes  fait  de  lui 
ùtt  dieu  pâtre,  soit  parce  que  dans  son 
exubérance  ithyphallique  il  a  .  ainsi 
qu'Egipan,des  formes  de  bouc(corap. 
Makdou),  soit  parce  que  le  monde 
est  une  vaste  prairie,  un  mont  tapissé 
de  verdure,  un  roc  paré  de  vé-éla- 
tion  spontanée  et  d'espèces  aninales 
na.ssantes.  C'est  le  culte  des  É^iro- 
res  ou  patres.  Plus  lard  seulement, 
©n  le  voit  s'unir  aux  déesses  n"^ricul- 
Uiralcs  par  Hersâ  ou  par  A^laure. 


MER 


75 


Les  progrès  delà  civilisation  amènent 
ensuite  ia  fusion  de  tous  les  cultes; 
Heimès,  Po.^iîion,  Hépheste,  Dàmâ- 
tàr  s  unissent  -ucce  sivement  dans  une 
espèce  de  Pautbéun  a  la  tète  duqurd 
brille  'iiajestueusement  un  dieu  suprê- 
me ,  Zévs-  Aitbànà.  Des  quatre  dieux 
principaux  qui  lui  so  it  subordonnés, 
deux  sont  ou  frères  ou  sœuis.  Deux 
autres,  et  niême  Athànà  ,  se  dessi- 
nent ci>mme  fiis  ou  filles.  jMais  la.  que 
de  différences  !  At!iàni\  iaillil  de  Zévs 
seul;  le  sein  dHéra  donna  naissance  a 
Héphesie;  plus  antique  et  plus  pio- 
foiidément  oriental,  Hermès  n'a  d  an- 
tre mère  que  la  haute  génératrice  elle- 
même  ,  Maïa  racc"ncbeu.se,  dont  le 
nom  transporté  des  bouches  du  Gange 
aux  sources  du  Céohise  et  de  llli-se 
nous  ramène  a  la  sublime  cosmogonie 
desVédas:de  Brahm-M  :ïa,Birran  ;  de 
Zévs  et  Viaïa, Kermès. — Kécapitulons 
ces  préliminaii  es.  Le  dieu-peu  ée  a 
été  pour  nous  essence  suprême  .  rai- 
son, voie  de  communie jtion  ;  et  la 
communication  a  été  écriture,  com- 
merce, amour.  amour-CoVt,  et  au-si, 
mais  en  revenant  sur  nos  pas,  vovagedu 
ciel  aux  enfers,  passnge  d'une  vif  à  l'au- 
tre,mort. Mercure  fut  doicHermèsC?^- 
fiat,^  colonne),  Patèque, Phalle,  Psvco- 
pompe.  L'itiee  arrive'e  a  ce  p.dut  a 
pris  encore  les  formes  de  vie  pasto- 
rale,  d'ordre  méloriieux  et  harmo- 
nieux (  musique -lyre  ,  etc.),  d'élo- 
quence, puis  enfin,  lorsque  le  génie 
ironique  des  Grecs  broda  la  mvtholo- 
gie ,  de  filouterie.  Le  commerce  eu 
général  impliq-ie  un  -leii  Tari  de  faire 
des  dupes,  de  surfaire,  d'avoir  deux 
pouls  et  deux  mesures,  selon  qu'on 
vend  ou  qu'on  achète.  Tons  les  fa- 
voris de  M^^rcure  ont  plus  ou  moins 
ce  caractère.  Il  faut  y  jo:ndrp  pour- 
tant Tespil  el  la  finesse.  Le  rusé 
commerça  «t  conuît  les  hommes;  sa 
voix  change   selon  ses  chalands  j   il 


75                    lAIER  MEP»^ 

parle    il   cliaciin  son  Ianj;agp.  Ainsi  rence  consiste  en  c»  ci  ,  qup  Minerve 

commerce,  éloqueirre,    friponnerie,  se    dessine    comme    fille-épouse,    en 

voici  |»ar  le  pnle  scri«nix  coinmenl  se  d'aiilris    termes,    comme   Axior(rse 

préseiile  le  Mercure  grec.  Cliarlala-  p''ôs  de  .Inpiler,  tandis  que  Mercure 

Disme  el  belles  paroles,  escrotpierie  et  u'apparaîi  que  comme  rapport,  éma- 

loiirs  de  pnssc-passe  ,   voila  le   pnle  nation    ou    til>i ,    en  d'autres   termes, 

l)iirles((iie. — .ïusqiTici  Mer(  uren'aélé  que  comme  Cadmile.  De  là.  Minerve 

envisaj^é   (ju'en   lui-même;   mais   re-  déesse,  tandis  que  Mercure  est  dieu, 

laliv- ment  aux  autri'S  (li  iix  el  déisses  el   [lOurlMiil  Tanalogie    fondainetita'e 

quell'  place  orcupc-t-il  ?  La  voici,  i"  est  grande;  ^iinerve  parfois  est  hora- 

Dans  rOlvmpe   lielléuitpie,  aira'gf-  me,  puisqu'elle  est  Fba  le,  el  Mercure 

menl  arhilraire  et  moderne  .  i'  est  MO  est  femme,   puisqu'il  est    Harmonie, 

des  dou/.e  <:;rands  dieux  (ni  Tolli  en  3'  Dans  la  sphère  astronomique  Mer- 

Egvpte,  ni  Maliadéva  aux  Indes,  n'ont  cure  fut  pris  comme  planète;  il  pré- 

aussiévidemmenlcecaraclère).2"  Pris  side    au   quatrième    )our,  Altrcmii 

dans  la  sphère  idéolo;.;ii|ue  el  priscom-  dits  en    lalin,  ilont  nous  avons  fait 

me  pen>ée  .  il  a  pour  rivaux  Apollon  raereredi  :  les  Hindous  de  même  ont 

el  Minerve  ,  et  par  suite  qnchuies  au-  leur  Boiiddhadinam  ou  jour  de  Boud- 

très  dit  ux  que  K  s  truisceudanlalisles  dlia.    D.ius    la   suite    des   temps  ,  et 

nomment  esprit  du  soleil  ou  àme  du  q"and  Rome  et  la  Grèce  se  laissèrent 

monde.  Il  V  a  donc  en  qui  1  pie  M)rle  alh  r  aux  chimères    de    l'Orient    el 

doulle  ou  triple  ou  quadruple  emploi  aux  romans  de  laslrologie,  Mercure- 

d.ins  tous  ces  noms.  Mais  en  mviho-  plauèle  tut  lié  k  la  lune  et  a  la  cani- 

logie  les  doulde>  emplois  se  tolèrent;  cule.  Ou  le  nomma  l'inlilligence  lu- 

ca^  en  ^raudt- partie  ils  provienne  'tde  nnire  (et  aux  Indes,  en  effet.  Bouddha, 

la  iusiondedt^uKsvsièmesqui  originai-  Tesinit,  est  mari  d'ila,  la  lille  de  la 

reraent  n'offrirent  pa>  ce  vice  de  dou-  lune).  En  Sviie  il  Til  nomm^-  Kébo  : 

ble  emploi.  De  plus,  Apollon  el  Mi  r-  or  lu'bo  veut  dire  le  ehien.  Aiiého  des 

cure  diffèrent  du  tout  .lU  tout  :  en  ce  Egvpliens  n't  si  pas  autre  chose.  Le 

que  Merrure  intelligence  universelle  chien  èiail  o'acé  sur  la  limite  des  hé- 

est  par  là  autant  au-dessus  d'Apol'on  misphères  hoiéal  et  auvtral;  el  bien- 

inle'ligeîice  solaire,  ou  plutôt   so  eil  loi,  comme  la  ligne  équiuoxiale  sera- 

élevé  a  rinlilligence  que,  Kta,  le  feu-  blait  l.-  couper  en  deux,  il  fut  divise  en 

vitalité  (pli  court   en  ruisseaux    éK-c-  deux  personnages ,  Tun  au  ciel,  Her- 

tritjues dans  les  veines  du  monde,  s'é-  mes,  el  l'autre  aux  enfers,  Mtrctire. 

lève  au-dessus  de  Fré ,  le  feu-soleil,'  Le  premier  fut  Pi^ythop»  mpe  .  et  le 

on    que    Vulcaiii     selève    au-dessus  seiond  gardien   des  enfers.    Par   les 

d'Apo|!on  conducteur  du  char  solaire,  mêmes    raisons  Mercure    fut    uni    a 

A  plus  forle  raison,  faut-il  eu  dire  Cérès,  à  llilhye  (dans  Égire),  k  Lis. 

aulniit  des  l*>ac(  hus,  desILrcule,  des  Isis ,  llllhve,  Cérès,  ne  sont  pas  seu- 

Esculape.  De  Minerve  a  Mercure,  au  lemenl    d.  s    génér.ilrices     ou    reines 

contraire,  la  dislan^^e  en  hauteur  n'est  dont  il  est  le   lécondaleur  ou  le  con- 

pas  aussi  grande. Minerve,  la  JNeilh  de  seil ,   ce   sonl  aussi  les   Ivpes   de    la 

Jupiter,  est  une  Sakti .  la  haute  rii-  vierge  céleste  qui  vient  dans  le  70'iia- 

son  ,  l'idée   engendrante  ,.  et  comme  que  entre  K'  Lion  et  la  Balance.  Or, 

telle  la  pensée  et  presipie  lànK   iiiii-  Sirius    s*ap|Klle    l'éloile     d'isis  ,    le 

verselle  ;  tel  est  Hermès.  La  diilé-  chieu  d'isis ,   enfin  Tétoilç  du  chien. 


MER 

A  É'eusis  le  héraiil,  l'Hiérocéryx  re- 
préseolait  Mercure  :  servauî  du  culle, 
c'éldil  un  Cadmile.  Di\ns  la  classifi- 
cation des  travaux  humains,  le  cum- 
merce  s'oppose  à  la  production,  ei  la 
production  à  son  tour  se  srinde  en 
exploitation  du  sol  (  !e  vulgaire  la 
réduit  à  Tagriculture)  et  en  art  in- 
dustriel. Cérèset  Viilcain  symbolisent 
ces  deux  hrancbes  d'utiles  travaux. 
Hermès ,  Hépheste  et  Dàraàtàr  se 
groupent  donc  en  uae  grande  Tri- 
mourii  qui  récapitule  l'industrie  hu- 
maine entière;  et  chaque  tiers  de  !'iu 
dustrie  a  son  leprésentant  di\in  qui 
est  aussi  son  légis'ateur  et  son  pa- 
tron. Ainsi  se  pose  la  hiérarchie  di- 
vine au  premier  coup  d'œil,  et  cet 
agencement  dis  trois  personnes  a  du 
vrai.  Mais  un  examen  plus  approfondi 
n'en  révèle  pas  moins  et  des  lacunes 
et  des  empiétements.  Dans  celle, 
agriculture  où  sont  les  travaux  des 
mines?  est-ce  qu'ils  sont  abandon- 
nés à  Vulcain?  Mais  Vu!cain  travaille 
le  fer,  et  ne  l'extrait  point  des  pro- 
fondeurs qui  le  cachent.  Et  en  deliors 
d;  s  trois  branches,  où  sont  les  tra- 
vaux de  l'esprit,  le  fait  même  de 
1  invention,  la  médec  ne,  et  ce  que  \ts 
anciens  admii aient  surtout,  la  niaoie? 

o 

Entin,  en  dehors  même  de  ces  sciences 
utiles,  où  sont  les  arts  inuli  es  ou  fu- 
DCites,  le  jeu,  la  guerre.^  Ces  pro- 
blèmes une  fois  posés  nous  mènent 
k  comprendre  tout  Mercure.  Ce  n'est 
pas  seultment  le  dieu  du  commerce  : 
dans  sou  empire  il  réunit  encore  les 
mine.^  et  les  carrières,  section  souter- 
raine des  exploitations  dn  sol;  les 
prairifs,  sous-Mclion  de  l'agricai- 
lure  proprement  dite;  lin  enlion  <.n 
génér;)l  ,  la  diviualiou,  la  Uiagie, 
l  a.^lrtilogie,  les  pratiques  niéilicina- 
Jes,  en  un  mol  toute  la  fami'le  dts 
arts  libéraux;  j)ui^  les  jeux  ^_\mni- 
quc5,   setliuu  ilK  la  grande   famille 


MER 


77 


des  arts  inutiles.  De  là  les  surnoms 
d'Agonios  ou  Euagnnios,  d'Acacèle 
et  d'Acacésios,  de  Cblhouios,  d'É- 
riouuios;  de  la  l'uuion  au  bélier 
et  au  bouc.  —  L'Élrurie  apj)e'ait 
Mercure  Turms,  nom  que  Ton  a 
souvent  comparé  à  Hermès;  m;  is 
Dous  ne  savons  quel  culte  elle  lui 
rendait.  Seulement  on  rencontre  soa 
Dom  avec  celui  de  Setliians  sur  les 
monuments  avec  la  traduction  la- 
tine. On  peut  comparer  Tag^s.  Les 
Latins  placèrent  Mercure  au  lang  de 
leurs  divinités  principales  ou  dieux 
d'élite  dits  Selecli.  Home  lui  dédia  un 
grand  temple  le  r5  mai  79  a  ant 
J.-C;  et  le  i5  mai  devint  en  effet  le 
jour  de  la  fêle  solennelle  de  ce  dieu. 
C'étaient  surtout  les  marchands  qui 
la  célébraient.  Ovide  nous  peint 
{FasleSy\)  le  boutiquier  de  Rome  en 
tuiiique  retroussée  et  pur. aul an  t{|u'on 
peut  Tèlre  à  l'aide  d'eau  lustrale, 
demander  pardon  au  dieu  deb  filous 
des  petits  pai  jures  qu'il  a  commis  et 
de  ceux  qu'il  espère  commettre  en- 
core. On  lui  offrait  du  miel,  du 
lait  et  les  prémices  jdes  figues.  Cet 
usage  venait  sans  doute  d'Alhènes. 
On  lui  sacrifiait  des  veaux  et  des 
coqs.  Celait  surtout  les  langues  des 
victimes  qu'il  était  censé  aimer.  Les 
voyageurs  de  retour  lui  offraient 
des  pieds  ailés  k  titre  d'ax-i^oto. 
Amphion,  qui  descendait  de  Cadmus, 
1«  Alercure  pélasgique,  lui  éleva  le 
premier  i.n  autel.  Le  Féloponèse  et 
la  Crète  l'admirent  ensuite.  Cjllèue, 
sur  les  confins  de  l'Arcadie  et  de  l'É- 
lide,  se  vantait  d'être  le  berceau  de  ce 
d.eu.  PoMrniius,c'est<lire  iju'e  leélait 
un  des  fover.'i  d'où  le  culte  avail  éma- 
né. L'Arcadie  l  1  consacra  un  [<  inple 
avec  un  oracle,  u'ou  les  lousullanls 
devaient  sur  11  le.i  orei'b  s  bouchées, 
làchani  néann  o.ns  d'entendre  ce  que 
l'un  dirait  autour  d'eui.  La  première 


7t              Aira  ^ER 

parole   ainsi  recueillie   était  la    ré-  du  vieillard  ;  dieu  de  la  musique,  il  a 

ponse  (le  Mrrcure.  En  Allique  nous  près  de  lui  la  tortue  dont  Técaille  four- 

avons  vu  les  lvMCore.s  honorer  Cad-  nil  la  première  lyre;  invenknir  des  sa- 

inus    el  par  suite  ,  comme  chef  d' A-  crilices,  il  est  caractérisé  par  la  patère 

thènes    Punir  à  Cérès  dans  les  Eleu-  et  le  bélier  (  tantôt  il  est  assis  sur  cet 

sinies.  Ici  le  culte  rayonne  du  centre  animal,  tantôt  il  le  conduit  veis  l'au- 

principal,  Thèbcs.  À  Crotone  ,  dont  tel  ou  en  emporte  la  tele  dans  un  plat)j 

la  métropole  religieuse   ne  nous  est  psychopompe ,    cVst-k-dire    conduc- 

pa^  connue,  nous  voyons  Mercure  et  teur  desàmes,il  pousse  lesmcrts  avec 

h  lune  présider,   selon  Pythagore  ,  son  caducée  :  sa  ciilamydealois  est  mi- 

aux    deux    planètes  ou  sous-pinnètes  partie  de  noir  el  de  blanc,  el  chaque 

de  leur  nom,  et  faire  entendre,  Mer-  paire  d'ailes  aucalcanéum,  aux  orao- 

curerul,Jiinon  le  si.— On  représente  plates  et   aux  pariétaux    se  compose 

ordinairement  Mercure  avec  des  ailes  d'une  aile  blanche  et  d'une  aile  noire, 

aux  épaules  et  aux   talons  (ces  der-  Ce  trait  frayait  la  voie  aux  deux  Gé- 

nières  se  nomment   talonnières)  j  sa  meaux.  Ca.stor  et  PoUux,  et  a  Her- 

main  porte  le  '  aducée,  ailé  aussi  ;  sur  manubis.  C'eî>t  peut-être  en  celte  oc- 

sa  tête  se  voit  le  pélase,  qui  a  .lussi  casion  qu'il  porte  a  la  main  des  pa- 

des  ailes;  de  plus  le  pélase  l)icn  sou-  vols.  La  corne  d'abondance,  la  lance  , 

vent  coiffe  le  caducée.  Dans  les  monu-  la  perche  armée  de  traits ,  le  cygne  , 

menls  d'ancien  style  le  caducée  seul  le  symbole   ({'éloquence ,    étaient  aussi 

caractérise.  Rarement  il  est  lui  de  la  ses  attributs.  On  sait  qu'on  donnait 

tète  aux  pieds.  L;»  chlamyde  enlor-  le  nura  d'Hermès  k  des  tètes  de  Mer- 

tillée  autour  de  son  bras  indique  avec  cure   qui  se    teiminaienl  en  colonne 

quelle  célérité  il  accomplit  les  ordres  cariée.  Depuis  ce  nom  fut  appliqué  a 

aont  il  est  chargé.  Le  doigt   sur  sa  toutes  les  tètes  de  dieux,  de  poêles, 

bouche  indique  assez  sa  discrétion.  Sa  de  phi'osophes  et  d'hommes  célèbres 

position  oblique  au  milieu  du  ciel  in-  jiosées  sur  une  pi.  rre  carrée.  Ces  lê- 

dique  qu'il  vole  a  travers  l'espace,  tes  étaient  un   oruemeul  convenable 

Touche-l-il  la  terre,  il  est  debout,  ou  dans  les  gymnases  ,  et  servaient   de 

quelquefoisse  reposenprèsdes  courses  but  dans  les  palestres.  Quelquefois  la 

longues   et    pénibles.    Président  des  même  pierre  portait  deux  tètes  divi- 

palestres  el  dvs  exercices  gymnasli-  nés  dont  Tune  était  la  tête  de  Mer- 

ques,  il  offre  k  l'œil  des  formes  ro-  cure;  c'est  ce  qu'on  appelait  tètes  gé- 

bustes,  el  s'appuie  sur  le   palmier,  miuées.  Plus  tard,    ou  voulut  réunir 

symbole    dvs    vicl«ires    athléli(jues.  en  une  seule  tête  les  divers  caractères 

Klo<{uence  j)ersoniiifiée,  il  accompa-  de  Mercure  et  de  la  déilé  sa  voisine, 

giie  .sa  voix  du  geste;  commerce  ,  il  a  De  Ik  la  nombreuse  série  des  Hermé- 

k  bourse    ou    bien   la    balance  k  la  racle,  Hermalhèue,  Herméros_,  Her- 

main;  pacilique,  il  portedes  tètes  de  manubis, Hermarpohrat,Herniaphro- 

pavots;  brave,  il  a  la  massue,  le  tri-  dite,  lleruiammou.   La  plus  célèbre 

dent  ou  une  tète  d'Ardus,  sauiîlaut  statue  de  Mercure  esl  sans  contredit 

trophée,  a  la  main;  solei',  il  a  la  tète  le  fameux  antique  connu  sous  le  nom 

radiée;  ciel,   il   est  én^illé  d'étoiles  d'Autiuoiis  [Musée  Pio-Clémen- 

commc  le  lirmameut  ;   es>ence  suprè-  tm.  I,  vu}.  C'était  un  Mercure gyni- 

me,  il  a  la  barbe,  le  manteau  tom-  uique.   Ou  peut  citer  après  ce  chef- 

kanl  aux  pieds  et  les  rides  imposantes  d'aMivrc  le  Mercure  de   l'autel  rond 


da  Musée  capitolin  ,  et  celui  du  bas- 
re'ief  de  la  viila  Albaui.  Le  !\ier- 
cure  a  la  barbe  cuuéifornie  d'A.éiion 
(Millin.  Pitrres gra\^ées  inéd),  le 
Mercure  mes.'^airer  de  Diosroride 
(Bracci,  J/e/7Zor.,n,  65):  le  Mercure 
de  Cléomèue  avec  la  tortue  à  ses 
pieds  {L'cLndon,  Jnjiai.,^  ,  12};  le 
Mercure  enfant  qui  lient  une  bourse 
{Musée  Pio-Ciéin.  ,1,5)5  le  Mercure 
qui  se  repose  sur  un  rocher,  il  a  en- 
core les  taiounières  ,  mais  n'a  plus  de 
petase.  Beaucoup  de  scènes  diverses 
relatives  a  la  vie  de  Mercure  se  trou- 
vent dms  la  Galerie  inythol.  de 
Millin  :  il  déclare  sa  passion  à  Hersa, 
204.J  il  reçoit  Bacch'is  sortant  de  la 
cuisse  de  Jupiter  ,  220  ,  le  porte  aux 
nymphes,  2  2  6,1e  remet  dins  leurs 
mains  ,  227,  228  ;  il  préce  le  le  char 
de  Plutoa  ravissant  Proserpine,  559^ 
et  1  amène  la  jeune  déesse  a  sa  mère., 
219,  54  I  :  il  lient  l'échelle  a  JupiJer 
qui  va  entrer  par  la  fenêtre  chez  A'c- 
mène,  et  reçoit  le  petit  Hercule  après 
sa  naissance,  429;  il  le  ^uide  au  ciel, 
k^^  ;  il  assiste  kla  conquête  des  pom- 
mes d'or  des  Hespérides,  444-5  il 
conduit  Priara  au  camp  des  Grecs,  il 
pèse  les  destinées  dWchiUe  et  de 
Memnon,  3975  i!  conduit  Psyché  aux 
enfers,  582;  il  en  tire  Protéiilas  et 
l'y  ramène,  56 1.-^ — Remarquons  en- 
core un  bélier  de  Mercure  chargé  ds 
la  bourse  du  dieu  (Buonarolti.  Mi- 
dail.  ant.  ,  4i),  et  des  génies  de 
Mercure  (ouv.  à"). 

MERES  ou    DÉESSES  IMÏiRES  (les), 

étaient  selon  les  uns  des  divinités 
champêtres  comme  les  Sulèveb,  les 
Comuiodèves  ,  les  Sylvatiques,  avec 
lesquelles  on  les  confondait  dans  des 
inscripl  ons:  selon  les  autres  des  gé- 
nies parlifuliei's  à  telle  ville,  a  tel 
pays 5  suivant  une  troisième  opinion, 
les  Parques  elles-mêmes.  Les  trois 
ijpothèses  ont   du  vrai,  et  ne  pc- 


MER  79 

chent  que  lorscfu'elles  deviennent  ex- 
clusives. Les  Parques,  fileuses  des 
desti  :ées  humaines,  sont  nos  Mères  j 
elles  le  sont  encore  bien  davantage 
lorsque  Ton  voit  en  elles  les  éma- 
nations d'Ilithye-Iraarmène,  ou  lors- 
que leur  rôle  de  fileuse  devient 
celui  de  dispensatrice  universelle  des 
biens.  Dès-lors  aussi  qu'on  se  rap- 
pe'le  que  tonte  déesse  est  une  face 
plus  ou  moins  indiridueile  de  la  Gé- 
nétvilide  suprême,  de  la  nature  di- 
vinisée, de  la  prodiiclion-énergie. 
^éiiUs,  Cybèle,  Arlémis  ,  Cérès, 
Junon.  Proserpine.  ne  furent  jamais 
autre  chose, \  uila  les  vraies  Déesses- 
Mères  d  ns  11  plus  hai;le  acception! 
Ilithye,  leur  tvpe,  est  h  Parque  mn- 
dile  j  les  Parques  vulgaires  sont  donc 
aussi  des  Mères.  Que  sont  doue  'es 
déesses  des  moi-^sous,  des  fleurs,  des 
vendanges,  productrices  et  dispensa- 
trices de  Pabondaîice?  Ce  sont  dts 
Parques,  ce  sont  des  Mères;  et  ces 
Parques,  ces  Mères  ne  sout-elles  pas 
les  génies  bien  faisants  des  lieux  qu\' lies 
enrichissent?  La  déesse  qui  fait  mi:- 
rir  les  olives  n'est-e'le  pas  la  protec- 
trice de  la  Provence?  les  coteaux  de 
Sorrente  n'ont-ils  pas  une  déité  tuté- 
laire  dans  celle  qui  fait  mûrir  les  rai- 
sins sous  hs  pauîpi  es?  Tout  se  tient  j 
et  Heures,  Grâces.  iSymphes.TSapée?, 
]Naïades  ,  Parques,  hautes  déesses- 
monades  .  sont  des  mères,  et  à  divers 
titres  se  reabsorbent  les  unt-s  dan.-»  les 
aulies. — ^N'oublions  pas  que  Cybèle 
s'appelaii  la  mère  des  dieux,  la  Mère, 
Ma  j)âr  excellence.  C  est  surtout  par 
des  inscriptions  que  .'on  connaît  les 
Mères,  ijanier  a  laissé  une  disserta- 
tion sur  les  déesses-nàères  (  Méni. 
de  L' Acad.  des  Insc.  et  Belles- 
Lettres  ,  t.  X  de  Tédition  in-12). 

MERlOiSE,  Meriones,  yi-^iiôifif-, 
fils  de  Môle  et  de  AL-lphis  ,  et  p  r 
conséquent  neveu  de  DeucaJion  ,  pré- 


I 
I 


8o                      MÉR  aiES 

tendit  à  la  main  d'Ht'lènp.  Suivi  d'I- '  fil'edeCvpsMe,  femme  de  Cresphonle 

d(Mnénét^  sonroiisin.  il  alla  à  Troie,  rHéracldi-   et  mère  d'Êpvle,    et    de 

on  il  t*iil  en  propre,  sous  son  roiiiiian-  plusieurs    tnfan's   qui   lou«   périri  ni 

dtnient,  une  pai  lie  des  qnalre-\  ngls  sous  les  coups  des   as^assins  de  leur 

Toiles  de  la  tlolle  créloise.  conduisit  père    Eur  pide  avail  conipoaé  une  tra- 

la  seconde   colonne  desCiéinis  aux  gédie  de /lic'/o/ eqn'ArlsIole  rro;arde 

diverses  attaques  qui  eurml  li'ii  dans  comme   b^n  clu  f  d  œiive.   Maffi  i  et 

la   plaine    JTIion  ,    lua   Har|)âlion,  Voltaire  oni  trailé  le  mén.e  sujei  avec 

Morvs, Hippolion,  Acam  is.  Lao^one  ,  le  \)\\\^  o;ran(l  succès, 

remporta  aux  jeux  lMnèl)|Ps  donné»  à  MEIlOTlS,     td  e   d'Eumèle  ,  fut 

propos  de  la  mort  de  Pafrorir  le  p  il  cliangée   en   cl  ouetle    avec   sa    sœur 

de  laïc  et  celui  du  javelot,  et  S(  Ion  bvvsa  et  son  frère  Agrf>n. 

quelipies    ni\  lliolcgues    pas^a    de    la  MEUOFS,  Mef^-vJ',  ''Adam  de  IMe 

Cièle  dans  l'Ilalie  mér  diop^le  après  de  Cos,  qui  quel(jue  temps  porta  son 

la  prise  de  Troie.  Lue  tr.idilion  vul-  nom,  et  <  ù  Ton  suppove  (juM  régna, 

gaire  le  faisait  mouiir  en  Crèle,  et  fut  si  affligé  de  la  mort  de  sa  feu  m  • 

même    on   montrait   son    tom!)eau   k  Eilième,    que  Junon    le  changea  eu 

Cno>se.  — Un  auire  MtRiOMi,  fa-  aigle  et  'e  mil  aux  cieux  ,  où  il  br  Ile 

meux  par  ses  ri.  hesses  et  son  3\arice,  sous   forme  de    constellation  (con<p. 

et  lil  le  fi's  de  Jason.  PÉbiphas^  e  ilre  la  lêtedu  Serpenta  re 

MEIiMEHE-Mer    ERUs,M!;u,£fof,      el  le  iJon Quatre  autres  ]\1É;  ors 

fils  de  Jas'iu  et  de  Médée,  lui  mis  en  fui  eut  :  i  un  îles  géanis  qui  entre- 
pièce.» par  un  lion,  ou  tué  par  sa  mère  pnient  d'escalade)  le  ciel;  2"  u  1  loi 
(A  O)'.  MtDtE).  ou  'apidé  avec  IVrès  de  Peicole,  père  d'Amphius  el  d\\- 
son  fi  ère  .  en  punition  d»-  la  io!)e  fa-  draste  (/^o^.  Adbaste  5);  5°  époux 
laie  (ju'ils  avaient  apportée  k  Créuse.  de  C  imèiie  ,  mère  de  Pliaéthon; 
— Deux  autres  Mekmhire  lurent  :  Pun  4°  un Troven  tuéeu  Ilalie  par  Tur'ius. 
un  Oolnure  lue  .lux  noces  de  Piri-  MESlHIA  et  MESCH1A!\E  , 
thoiis,  Taulre  un  chel  troven  tué  par  étaient  en  Perse  le  ruupk-  primitif, 
Auliloque.  auteur  du  genre  humain,  tous  di  lix 
iMEliUPE,  Mîf)  a-jj  :  1°  Allautide  ,  S(»rtis  de  rarljreRei\as,  dix  ans  après 
femme  de  Sisvplie.  et  par  co  isétpu  ni  sa  naissance,  et  cinq  ans  aj>rès  la 
la  Seule  des  sepl  lilles  d'Alias  el  de  mort  violente  de  Thon. me  Ivpique 
Pleione  qui  n'ait  paj)  ét<-  Tépoused':  n  KaïomoilN  La  semence  de  cette  \ic- 
dieu  (aussi  dil-ou  (jue  c'est  elle  qui  éti'.it  time  dWliriman  s'était  épanchée  sur 
la  moins 'u.i.ineu>p  des  >ept  étoilescpie  la  terre  k  l'iuslâut  de  sa  mort.  Né 
l'on  distingue  k  l'œil  nu  dan»  la  cou-  riocengli  el  Sapa'idomad  veillèrent 
blellation  de>  l'iéiades)  ;  2"  J^haéthon-  sur  el  e.  Le  soleil  la  puiifia,  el  au 
lide.' 5"(ille<rErecl  ihée,femmed'Eu-  b(uil  de  quarante  ans  la  lige  de  Rei- 
p.ilame  et  mère  de  Dédalr  ;  4"  feuune  \as  s  éleva  du  I  eu  0.1  l«  sesn  de  la 
de  iMégarée  et  mèn-  «lllippomène:  terre  s'élail  impré.né  du  ferment 
5°  fille  (rOEuopiou  ,  aimée  il  Urion;  préci  ux.  L'arbre  mit  dix  ans  encore 
6'  une  des  trois  fi  les  di-  Pan<laie  le  k  prendre  sa  croissance;  el  au  bout 
Mé  opide;  y'  el  8"  n\u'plies  llivia-  de  ce  temps  présenta  l'.ii  âge  d'un 
tiles  li-es  a  la  fain  lie  de-Pridin  (l'une  hoitune  t-l  d'une  fi  inme  unis  '*un  k 
fil  e  du  Sangariuselait  s.,  leirme,!'.  u-  l'autre  ;  il porl..il,  au  lieu  de  lruit>,dil 
tre,  fille  du  Cébren,  fut  sa  bru):  9"  homjiies  et  dix  ffitmes  forniaut  dix 


«i 


MES 

couples.  Mescliia  et  Meschiane  étaient 
les  premiers.  Tous  deux  à  cette  épo- 
que fortunée  étaient  pK'ins  d'inno- 
cence et  crées  pour  le  cielj  mais  Pas- 
tucieux  Ahriman  eut  l'art  de  séduire 
leurs  âmes  trop  crédules.  Il  leur  fît 
boire  le  lait  d'une  chèvre  et  ils  se  sen- 
tirent malades.  Il  leur  présenta  en- 
suite des  fruits  et  ils  perdirent  cent 
béatitudes^  une  seule  leur  demeura. 
La  femme  fut  la  première  a  sacrifier 
au  Dev  maudit.  A  cinquante  ans  ils 
eurent  deux  filsSiamek  et  \écbak,  et 
vécurent  encore  un  demi-siècle.  Ils 
porteront  ,  dit  le  Bouudéhech,  dins 
l'enfer,  la  peine  de  leur  péché  jusqu'à 
la  résurrection.  On  ne  s'explique  pas 
nettement  sur  la  descendance  détail- 
lée de  Meschia  et  de  Meschiane.  Les 
neuf  couples  placés  comme  eux  sur  la 
tige  de  Reivas  ne  sont-ils  que  les  pré- 
formations des  neuf  premières  géné- 
rations qui  vont  suivre,  ou  bien  veut- 
on  dire  que  l'humanilé  se  composait 
de  tribus  distinctes,  a  la  tète  de  cha- 
que tribu  se  dessine  un  couple  humain? 
La  première  hypothèse  implique  la 
préexistence  des  germes  inclus  de 
toute  éternité  les  uns  dans  les  autres 
par  un  merveilleux  emboîtage  j  la 
deuxième  se  rapproche  davantage 
des  idées  modernes  qui  tendent  a  faire 
déiiver  les  races  humaines  de  plu- 
jSieurs foyers  distincts.  Ce  qu'il  y  ade 
iCertain  ,  c'est  que  le  Boundéhech  dis- 
jlingue  dix  espèces  d'hommes  reflets 
des  dix  couples  de  l'arbre.  De  plus  il 
'fait  mention  de  quinze  peuples  ou 
iraces  nées  de  Meschia  et  de  Mes- 
phiane  :  six,  dit  le  livre  canonique,  de- 
meurèrent dans  le  Khonneretsj  les 
leuf  autres  passèrent  dans  les  six 
fCechvars  latéraux,  et  montèrent  sur 
e  dos  du  taureau  Sarécéok. 

MESITE,  M£(r;T>jf,  Mlthra  com- 

oe  cenirf5  de  l'univers  et  foyer  com- 

jbun  dans  lequel  viennent  converger 


MES 


8t 


Ormuzd  et  Ahriman.  Si  ces  idées  ont 
réellement  été  persanes,  il  est  sur 
qu'au  moins  le  nom  persan  a  été 
changé.  Mésile  vient  du  grec  fcia-os, 
qui  litnt  le  milieu. 

MESSAPE,  MEssAPus,MÉ<r(r«T<»f, 
seconda  Turnus  dans  sa  guerre  contre 
Enée  et  se  signaLi  par  de  hauts  faits 
d'armes.  Virgile  le  fait  fils  de  Nep- 
tune, et  comme  tel  lui  donne  une 
grande  habileté  dans  l'art  de  conduire 
les  chevaux.  Jupiter  sur  le  Tavgète 
en  Italie  portait  le  surnom  de  Mes- 
sapie. 

MESSÈjNE  ,  Ml<r<r■;i^,i,  ,  fille  de 
Triopas  d'Ari^os,  épousa  Polvcaon, 
et, voyant  ce  fil<  cadet  de  Lélex  obligé 
de  céder  la  Laconie  à  son  frère  My- 
lès,  décida  son  mari  k  se  créer  un 
royaume  dans  lot.  Messéuie.  Tous  deux 
ensemble  consacrèrent  sur  Tlthume 
une  enceinte  k  Jupiter  j  et  Glaucos 
l'Epytide,  en  la  rétablissant  plusieurs 
siècles  après ,  consacra  une  statue  k 
Messèue.  On  voit  que  cette  reine  est 
simplement  l'béroïne  éponyme  de  la 
Messénie.  Quant  k  fa  richesse  de  la 
statue  moitié  or  ,  moitié  marbre  de 
Paros,  y  croira  qui  voudra.  On 
donne  aussi  Messènecomme  importa- 
trice du  culte  de  Cérès  et  de  Proser- 
pine  dans  la  Messénie.  Si  l'on  doit 
prendre  ce  détail  en  considération,  il 
faut  entendre  par  là  que  le  couple 
fondateur  de  la  Messénie  réunit  dans 
une  même  enceinte  religieuse  Zévs 
(ciel)  principe  actif,  puissance  mâle 
et  Arets  (terre),  passivelé,  puissance 
femelle.  Arets  a  fait  Cérès,  et  Cérès 
ne  diffère  pas  de  Proserpine.  Ici  s'en- 
trevoient dans  un  lointain  obscur  les 
vieilles  croyances  pélasgiques  qui 
donnèrent  Perséphone  pour  épouse  a 
Jupiler. 

MESSIES  (déesses  des  moissons?) 
étaient  aussi  nombreuses  que  les  es- 
pèces de  récoltes. 


LV, 


$2  MET  MET 

AIESSOÎN  ,   ttre    surnaturel  que  Apollon  Agyiée  leur  servait  de  con- 

rAmérique    senlenlriouale     regarde  ducteur;  il  faisait  le  déménagement , 

comme  le  réparateur  du  monde  après  il  était  (je  jour-la  le  Mélagilnios  de 

le  déliio-c,  élalt  un  jour  a  la  chasse  Méllte.  C'est  a  ce  propos  qu'eut  lieu 

quand  ses  cliiens  se  perdirent  dans  un  Tinstilulion  des  Métagilnies. 
grand  lac.  Soudain  l'eau  monte,  fran-  MÉTALCE,  Mctalces,  M'.raA- 

chitscs  rives,  et  inonde leglobe;  mais,  x>îV,  un  des  Égyptides,  fut  tué  par 

par  un  miracle  qu'on  a  peine  a  corn-  Cléopàtre,  sa  femme, 
prendre.  Tonde  en  se  répandant  de  METAiSOEA  ,    lS]iToi,i>oiec  ,    n'est 

tous  cotés    perd   en   profondeur    ce  que  le  repentir  personnifié, 
qu'elle  gagne  en  surface,   et  bientôt  MÉTAPOME,    MetapoiîTI's  , 

quelques  animaux  gigantesques  créés  '^Ur^'^rovros ,   héros   éponyme    de   la 

ou  envoyés  par  INIesson  absorbent,  à  ville  larentine  de  Mélaponte  ,  est  dit 

force  de  laper,   cet  Océan  maréca-  fils  de   Sisyphe   et  mari  de  Tliéano. 

geux  qui  couvrait  la  terre.  Est-il  pré-.uinable  qu'il  y  ait  de  la  dif- 

MESTLËS,  Mî<rôX-^s,  et  AÎSTI-  férenceenirece  Métaponte  et  Métabe 

PHE  commandaient  les  Méoniens  du  le  Sisyphide? 

mont  Tmole,  qui  vinrent  au  secours         ME  THARME,  fille  de  PygraaîioQ 

de  Troie.  Tous  deux  étaient  fils  de  dans  les  généalogies  solaires  de  Cy- 

Pylémène.  pre  ,  épouise  Cinyre  ,   et  donne  a  ce 

MESTOR,  M£Vr4>p,  un  des  quatre  prince  cinq  enfants,  dont  trois  filles 

fils  de  Persée  et  d'Andromède,  eut  (Orsédicc,  Brésie,  Laogore),  et  deux 

Mycènes  en  partage,  épousa  Lysidice,  fils ,  Adonis  et  Oxypore.  On  sait  que 

etfulpèred'Jlippothoé({u'enleva]Nep-  celle  légende  n'est  point  la  plus  ré-' 

tune.  —  Deux  aulrcs]\lESTOR  furent,  pandue  ,  et  que  presque  toujours  on 

l'un  uu  des  (ils  légitimes  de  Priam  ,  se  figure  Adonis  sans  Irères  ni  sœurs, 

l'autre  un  des  descendants  du  Mestor  naissant  de  l  inceste  de  Myrrba  et  de 

Perséide.  Cinyre.  Mais  incontestablement  elle 

META,   fille  d'IIoplès  et  femme  est  précieuse,  en  ce  sens  qu'elle  nous 

d'Egée.  N'est-ce  pas  Méîile.^  présente  une  analogie  plus  complète 

METAliE,  Metabus  :  i°  fils  de  des  phénomènes  du  soleil  et  de  l'an- 

Sisyplie,  donna  son  nom  a  la  Mêla-  née.  Adonis  est  la  i°  le  soleil  en  gé- 

ponle  d'Etolie  (Comp,  MÉTAroNTE)j  néral,  et  2",  dès  que  Ton  spécialise,  le 

2"  chel  des  Privernales.  Il  avait  été  soleil  en  tant  que  beau,  puis  faiblç  et 

çhasséparsessujcts.  Père  de  Camille,  pale,  et  se   laissant  tuer  par  l'hiver: 

il  lui  donna  celle  éducation  guerrière  Oxvpore  est  le  soleil  en  tant  que  ro- 

fjui  fit  delà  jeune  Italienne  l'Amazone  buste    et  infatigable  voyacreur.   Les 

du  Lalium.  La  Mélaponte  larentine  trois  sœurs  sont  les  trois   saisons  de 

rhoiiorait  comme  son  fondateur.  l'année  primitive.  Il  est  fâcheux  que 

AIEI  AGlliNIOS,  M£T«7£/r»/(9s-,  nous  ne  comprenions  pas  le  sens  du 

Apollon  dans  rAliique,  soit  à  cause  nom  de  Mélharmé   qui  dut  en  avoir 

(\cs  Métagilnies  célébrées  en  son  bon-  un  (peut-être  grande  nicte     J^ar- 

neur  dans  le  mois  de  Métagilnion  ,  mouth).  La  parenté  de  ceinte  reine 

soit  parce  (lu'il  présidait  ii  la  Iransla-  avec  un  roi  de  Tyr,  un  Pygmaliop, 

tion  de  domicile.   Les  habitants  du  n'est  qu'un  remnfjssacre  sans'^  î- 


vieux  dème  de  Mélite  avaient   ainsi     tance,  et  qui  sert  seulem         **  f^-  " 

transporté   leur    séjour    îi    Diomée.      voir  que  dans  les  lé'^p-        -c^^ij  V^'î^ 

'  ^"     ..des  solaires  de 


MET 

celte  partie  de  l'Asie  antérieure ,  la 
Ciliciè ,  Ta  Phénicie  et  Cypre  furent 
toujours  dans  la  plus  étroite  corré- 
lation. 

MÉTROS,  Sleêav,  héros  épony- 
me  de  Méthone  ,  passait  pour  fils 
d'Orphée. 

MÉTHONE,  Miêo-f>,,  fille  d'Al- 
cyonée  le  géant.  P'oj^,  Mothone. 

MÉTHIER,  Isis,  selon  Plutarque 
qui  explique  ce  nom  par  la  pléni- 
tude et  la  cause.  C'est  sans  doute  un 
nom  altéré.  jSous  y  soupçonne- 
rions plutôt  Moylhj  la  mer,  ou  Mot, 
la  matière. 

MÉTHYMJNE,  Mé^v</v«,  héroïne 
éponvme  de  laMéthymne  leibienue  , 
passait  pour  fille  de  Macarée  et  pour 
femme  de  Lépvdne, 

MÉTHYINÉ,  Mîêv,>i,  déesse  du 
vin  nouveau  ou  du  vin  pur ,  avait  sa 
fête  a  Rome  le  3o  nov.  (Rac.  '.fAîiv). 

METIADLSE,  Mv^Tiâècva-a.^  de 
la  race  des  Dédalides,  fut  fille  d'Eu- 
palame,  femme  de  Cécrops  et  mère 
de  Pandion  (R.  :  /aîinç'^  êccîjioci). 

MÉTIO?S ,  M>îr/a»,  un  des  filbd'É- 
rechthéeet  de  Praxithée,  eut  de  Chal- 
ciope plusieursfils,  entre  autres  Eupa- 
lame  et  Chalcon.  La  branche  dont  il 
fut  le  père  porta  le  nom  deMétionide, 
et  parmi  les  Mélionides  se  distinguent 
les  Dédalides  issus  de  Dédale,  un  des 
fils  d'Eupalame.  Les  Métionides  pro- 
prement dits  détrônèrent,  dans  la 
personne  de  Pandion  U,  la  branche 
laînée  légitimement  en  possession  du 
itrône,  et  furent  plus  tard  chassés  eux- 
mêmes  par  la  branche  puînée. 

METIS,  M^T/ç.  la  méditation,  la 
îagesse   personnifiée ,   est ,   plus  que 
l'oute  autre  déesse  grecque,  la  iSeilh, 
ikli  de  Jupiter.  Les  uns  l'ont  faite 
ÎL'mme  et  la  mère  de  Minerve  j 
n.ii  Minerve,  c'est  Métis  brodée  de 
égendes.   Les  autres  disent  que  Ju- 
nior l'avala,  elle  et  son  fruit.  En 


MET 


83 


Brahm  repose  Sakti,  en  Dieu  la  rai- 
son. Ailleurs  ce  n'est  que  l'associée 
du  dieu  devenu  grand,  associée  in.^é- 
parable,  nous  le  comprenons.  Quel- 
ques théogonistes  parlent  d'un  ora- 
cle qui  faisait  voir  a  Jupiter  dans 
l'avenir  un  enfant  de  Métis,  plus  sage 
et  plus  puissant  que  lui.  C'est,  disent- 
ils,  pour  cette  raison  qu'il  avala  Mé- 
tis, et  c'est  à  la  suite  de  cette  absorp- 
tion que  son  cerveau  conçut  Minerve. 
De  subtils  mythologues  nous  montrent 
Métis  préexistant  en  quelque  sorte  a 
Jupiter  et  présidant  a  sa  naissance. 
Les  pierres  massives  englouties  par 
Saturne  sont  bien  les  fils  de  ce 
dieu 5  Métis,  à  l'aide  d'un  breuvage, 
lui  fait  rendre  Pluton  ,  JNeptune  et 
Jupiter.  Platon  a  fait  de  Métis  la 
mère  de  Poros,  Tahondance .  la  ri- 
chesse.— Une  autre  MÉTIS, Océanide, 
ne  doit  pas  être  distinguée  de  lalSeith 
péla>^iqiie   dont  il  vient  d'être  parlé. 

METISQLE,  Metiscus,  conduc- 
teur du  char  de  Turnus. 

MÉTOPE ,  Mira^y,,  héroïne  flii- 
viatile  :  i°  fille  de  Ladon  et  mère 
d'Asope  ;  2°  femme  de  Sangariùs  et 
mère  d'Hécube. 

MÉTRA,  M>}V;)«.  Voy.  Éry- 
siCBTHO'.  Une  tradition  lui  fait 
épouser  ,  après  la  mort  de  son  père  , 
Autolycus,  grand-père  d'Ulysse. 

METRAGE  RTE  ,  Mijrpccy6pr>^ç , 
initiait  les  Athéniennes  aux  mystères 
de  Cybèle ,  quand  tout  à  coup  les 
Athéniens  fondirent  sur  lui  et  le  tuè- 
rent. Ou  éleva  dans  la  suite  à  ce  mar- 
tyr du  culte  phrvgien  une  statue  au 
lieu  même  où  il  avait  succombé.  Il  est 
évident  que  Métragvrte  n'est  que  la 
personnification  de  ces  prêtres  men- 
diants et  nomades,  dont  le  vagabon- 
dage encombrait  les  grandes  villes  du 
monde  romain.  Comparez  ce  que 
nous  avons  dit  des  Métragyrtes  k 
l'article  Coryba>'TEs,  IIV,  45. 


8/,  Mt:/ 

MÉTRÉS  esl,  chez  Semus ,   le 
père  de  Pygraalion  et  de  Didoii. 
MÉVRl    ou   MÈVRE   (en  grec 

MeUROSOU  MtURES,  MiZiOç,  Mtîfl<î;, 

vingt-iuiilièiiic  dyiiasle  du  lalercule 
d'Ératosliiene,  répond,  suivant  les  di- 
verses hypothèses  (  f^'oy.  l'art.  Dl- 
Lsys  et  le  tableau  des  concordances 
j  annexé),  à  un  des  quatre  personna- 
ges célestes  suivants  :  Cnat  (Smat  de 
Saumai.>e ,  Théméso  de  Lirraicus), 
premier  Décan  du  Capricorne  , 
Pbouor  (Tepisatosua  de  Firtiiicus), 
troisième  Décandes  Gémeaux,  Chom- 
mé  (Chénen  de  Firmic),  troisième 
Décan  du  Sagittaire,  ou  Plëliiou 
(Atemboui  delirmic.},  troisième  Dé- 
can des  Poissons.  L  auteur  du  later- 
cule  Joint  au  nom  de  Mévii  ou  Mèvre 
ks  quatre  svllabes  grecques  t.AcV«o- 
Mff  qui,  si  on  les  divise  en  deux  mots 
<p{}.oç  Kopoiy  signifient  5'7/i'e^J  amie. 
Fjut-il  traduire  ami  de  la  saliélé, 
Gomme  s'il  v  avait  (Ç(à«s  Kcpov,  ou 
bien  duiî-on  supposer  quelque  aulre 
altération  dans  ce  qui  semble  un 
deuxième  mot  ,  et  lire  par  exemple 
Z<ipov  (de  la  danse).  x.ipsiv  (des  jeunes^ 
filles).'  Ce  qu'il  v  a  d'incontestable  , 
c'est  que  le  passage  grec  ,  et  peut- 
être  aussi  le  nom  égyptiaque  ,  a  été 
iJléré  d'une  manière  quelconque.  Du 
reste,  le  commencement  du  nom  pro- 
pre {Mai,  Mi,  Mé,  Meu)  veut 
dire  efFeclivemenl  aimé  de  ou  qui 
aimt  [P  oy-  l'art.  Mem.non)  j  et  le 
nom  de  Mévri  ou  Mèvre  se  rappro- 
che assez  de  ceux  de  Méris,  Maris, 
Mlpbre,  Miphra,  etc.,  pour  que 
l'on  soupçonne  entre  eux  tous  une 
identité  tondamentale. 

MÉZENCE,  ]Meze>til  s,  célèbre 
roi  d'Agylle  ou  de  Cère  en  Etrurie, 
joignit  Timpiélé  a  !.i  barbari''.  Sou 
spectacle  favori  elail  de  taire  lier  uu 
corps  vivant  à  uu  cadavre,  etd'assis- 
ler  à  celte  horrilde  agonie  d'un  hoiu- 


me  qui  meurt  à  la  fois  asphyxié  par 
l'atmosphère  fétide  de  la  mort,  et  dé- 
voré par  les  tourments toujourscrois- 
sants  de  la  faim.  Selon  \  irgile  ,  ses 
sujets  se  soule\  èrent,  et  mirent  le  feu 
à  son  palais.  Mczence  trouva  un  re- 
fuge chez  Turnus,  le  seconda  de  tou- 
tes ses  forces  dans  sa  lutte  contre 
Kuée,  vit  périr  à  ses  côtés  Lausus  , 
5on  fils,  dont  les  vertus  formaient  le 
contraste  le  plus  cojuplel  avec  les  vi- 
ces de  son  père,  et  eufiu  fut  égorgé 
par  le  roi  des  Troyens.  Des  tradi- 
tions toutes  différentes  montrent  Mc- 
zence  attaquant  Enée  après  la  mort 
de  Turnus,  le  battant,  puis,  quand 
ce  chef  des  Troyens  n  existe  plus  , 
faisant  assiéger  Asca^ne  dans  Lavi- 
nimn.  Enfin  Laususpérit  dans  1  entre- 
prise ,  Mézence  demande  la  paix  ] 
selon  d'autres ,  c'est  k  lui  qu'on  la 
demande.  Quoi  rpi'il  en  ^oit,  nue  des 
conditicms  du  traité  semble  être  celle- 
ci  :  que  tous  les  ans  on  lui  paiera  un 
tribut  en  vins.  Chez  les  uns,  Mézence 
dès-lors  n'a  plus  été  qu'un  intrépide 
buveur  ;  les  autres  ont  voulu  que 
cette  imposition  annuelle  fût  comme 
un  hommage  exigé  par  un  suze- 
rain. Ou  soupçonne  aussi  Mézence 
de  netre  qu'un  Jupiter.  Le  vin  se 
change  alors  eu  une  guirlande  de 
feuilles  de  vigne  en  or.  Enfin  les 
év.hémérisles,  qui  o;  t  voulu  tracer  de 
point  en  point  la  biographie  de  Mé" 
zence  ,  se  sont  demandé  ce  qui  était 
arrivé  après  la  mort  de  Lausus  :  Mé- 
zence se  mit-il  à  la  tète  de  son  armée 
pour  arracher  un  tribut  onéreux  aux 
fugitifs  de  Troie,  ou  bien  crut-il  que 
le  seul  parti  à  prendre  était  de  renon- 
cer K  une  guerre  désormais  douteuse? 
Mézence  n'est  pas  plus  qu'Enée  un 
personnage  historique.  Comme  les 
Trovens  ne  sont  pas  venus  daus  ITta- 
lie  centrale,  \\n  conflit  de  Trovens  et 
d'Etmsques  nVst  pas  pins  admissible* 


MID 

ISul  doule  que  Mézence  n'ait  été  un 
grand  dieu  [mezd^  maha.  uiyaç) , 
mais  dieu  funeste,  tvpbouique,  abri- 
nianien,  le  grand  Antée  (mezdao 
'AyT«7«,''.  Les  Mo'och,  les  Siva.  en 
sont  des  tvpes  frappants;  et  puisque 
ici  nous  parlons  de  Siva,  comprenons 
que  Mézence  est  un  Zévs  Dionysos 
imité  de  Siva.  Quant  au  trait  dis 
corps  vivants  attachés  aux  cadavres , 
on  s'accorde  a  imputer  cette  atrocité 
aux  pirates  deTvrrhèue,  et  on  dut  na- 
turellement en  taire  un  des  traits  du 
dieu  terrible  qui  peut-être  était  ho- 
noré ])ar  des  victimes  humaines. 

MIDAS  .  MîJsc; ,    célèbre  roi    de 
PhiTgie,  passait  pour  fils  de  Gorgias 
et  de  Cybèle.  Il  est  connu  surtout  à 
deux  titres  différents  :  i°  sa  richesse, 
son  avarice,  sa  sottise;  2°  l'arbitrage 
qu'il  exerça  entre   Pau  et  Apollon. 
Bacchus  étant  venu  en  Phrygie ,  Si- 
lène resta   assez  long-temps   auprès 
d'une  fontaine  de   vin    remplie   par 
Midas  pour  inspirer  des  inquiétudes 
à  son  élève;    mais  Silène  qui  avait 
été  conduit  tt  livré  endormi  au  palais 
de  Midas  avait  reçu  k  la  cour  phry- 
gienne Taccueil   le  plus  gai ,    et  re- 
vint,   au  bout  de    dix   jours  de  re- 
jouissances et  de  festins,  enchanté  de 
cette  hospitalité.  Bacchus  permit  au 
roi  de  lui  demander  en  récompense 
tout    ce    qu'il    souhaiterait.    «   Que 
tout  ce  que  je  touche,    s'écria   Mi- 
das ,  se  ciiange  en  or  à  l'instant  mê- 
me !  »  Ce  souhait  fut  accompli.  Q.-.el- 
3ues  heures  durant  ce  fut  poui-  le  roi 
e   Phrygie  un  enchantement  :  tout 
ae  convertissait  en  or  sous  ses  doigts. 
Mais, quand  la  faiiu  le  fil  asseoir  a  une 
table  richement  servie,  le  prodige  con- 
tinua  :  les  aliments,  a  mesure  qu'il  les 
approchait  de  .ses  lèvres,  devenaient 
des  lingots.  L'imprudent  se  vit  obligé 
tl  implorer  encore  Bacchus.  Le  dieu 
çousciilit  H  lyl  retirer  le  don  funeçtc 


MID 


8: 


qui  avait  été  l'objet  de  ses  vœux,  et 
lui  commanda  d'aller  se  laver  dans  le 
Pactole.  La  brillante  prérogative  du 
roi  passa  aux  eaux,  et  long-temps  le 
Pactole  a  été  célèbre  par  les  paillettes 
dor  qu'il  roule  (  f^oy.    la  curieuse 
dissertation  de  Piarthéleray  a  ce  su- 
jet). La  seconde  aventure  de  Midas 
montre  ce  prince   donnant  a  Pan  la 
préférence    sur  Apollon.    Apollon  a 
joue  de  la  lyre,  Pan  de  la  syrinx;  en 
im  sens ,  c'est  une  querelle  entre  les 
instruments  à  vent  et  la  foule  des  ins- 
truments  à  corde;  eu  s'élevant  plus 
haut ,  il  y  a  lutte  entre  la  religion 
agreslo  d'Atys  et  le  culte  si  pur ,  si 
élégant  d'Apollon;  plus  haut  encore, 
c'est  une  lutte  entre  la  doctrine  des 
dieux  impondérables  et  celle  des  féti- 
ches quenveloppe  la  croûte  épaiise 
du  matérialisme.  Midas,  le  bon  roi, 
prononce  en  faveur  des  instruments  à 
vent,  delaluurdemtlodie, de  la  syriux 
monotone    rivale   de   la  cornemuse* 
habitant  des  monta2;nes  ou  du  moins 
des  pararaéras,  il  s'accommode  d'un 
culte  grossier  et  rudimentaire  comme 
cette  roche  du  sein  de  laquelle  sortit 
un  jour  Agdistis.  Au  reste,  Apollon  le 
punit  en  affublant  sa  tète  d'oreilles 
longues  et  velues.   Midas,   affligé  de 
la  dimension  formidable  de  ses  carti- 
lages auditifs,  ne  s'occupa  plus  qua 
les  cacher  sous  une  tiare  mi'grafique. 
i\Iais  il  n"e.-.t  tiare  qui  tienne;  quand 
vint    le    barbier,    le  pauvre  Midas 
obligé  de  quitter  le  diadème  employa 
sans  doute  et  menaces   et  promesses 
pour  obtenir  le  secret  :  il  devait  lui 
rester  encore   quelque  chose  de   ses 
lingots.    Mais  que  sont  des  millions 
devant  le  plaisir  de  parler.'  Le  coif- 
feur promit   le    silence,    mais    avec 
une  restriction  mentale  qui  gala  tout. 
Sorti  du  palais,   il  fait   un  trou  en 
lerre  ,  y  plante  des  roseaux  ,  dit  tout 
basj  dans  ces  éljoite?  cavilé<;  n  \ç  rgi 


86 


MID 


Midas,' mon 'maître,  a  des  oreilles 
d'ànej  »  puis  ferme  le  trou  et  se  retire. 
Au  bout  de  quelques  mois  les  acoty- 
lédones  mystérieux  s' elanceut  de  teire, 
et,  syrinx  vivantes,  dès  qu'un  vent  lé- 
ger les  agite,  répètent  «  le  roi  Midas  a 
des  oreilles  d'âne!  nOn  comprend  que 
tous  CCS  mythes,  quoique  bizarrement 
caricaturés  par  Tironie  naturelle  aux 
Grecs,  posent  sur  des  idées  graves. 
D'abord  il  y  a  lutte  de  deux  base:»  re- 
ligieuses, lutte  de  deux  cultes,  lutte 
de  deux  ordres  d'instruments.  Arii- 
venl  ensuite,  avec  l'idée  de  montagne, 
celle  d'air,  de  vent,  de  sonorité,  d'é- 
cbo  ,  et ,  quand  on  arrive  au  roman  , 
d'indiscrétion.  La  syrinx  n'est  pas  au- 
tre chose.  Pan  aima  Syrinx.  et  Pan 
aima  Écho.  Pan  est  Pavana,  Ma- 
routa,  \aïou  aux  fibres  sono.  es.  Au 
simple  contact  de  l'air  à  peine  a^ilé, 
le  tube  léger  gemil  et  parle  ,  et  ra- 
conte ses  secrets  aux  échos.  Enfin, 
la  Phrygie  est  une  riche  terre  où  rit 
la  pourpre  des  raisins,  on  flotte  l'or 
des  moissons  :  cet  or  ,  cette  pourpre , 
se  marient  K  merveille.  11  semble 
qu'un  même  dieu  les  dispense,  Déva- 
nicha.  Et  ces  moissons,  au  fond,  que 
sont-elles?  Des  richesses,  de  l'abon- 
dance, de  l'or  :  1  agriculteur  en  fait 
de  l'or,  le  commerçant  en  fait  de  l'or, 
le  roi  qui  prélève  la  dîme  sur  sou 
peuple  en  fait  de  l'or.  Malheur  à  lui 
pourtant  s'il  thésaurise,  s'il  enfouit  la 
raois-on  et  affame  les  peuples,  s'il 
garde  l'or  et  ne  veut  plus  semer  ,  dans 
cette  fausse  croyance  que  le  métal  est 
tout,  que  le  travail  des  hommes  n'est 
rien!  Bien  des  praticiens  en  économie 
politique  se  l'imaginent  encore  ,  et 
croient  or  et  richesse  synonymes.  On 
voit  par  quel  personnr.ge  mythologi- 
que le  sens  exquis  de  lantiquité  réca- 
pitule et  symbolise  leur  théorie. — Mi- 
das envoie  a  Delphes  une  chaîne  d'or 
d'un  prix  inestimable  dans  Hérodote, 


MIL 

I,  t4,  et  avale  du  sang  de  taureau, 
soit  pour  ne  pas  tomber  vif  entre  les 
mains  des  Cimmériens,  envahisseurs 
de  la  Phrvgie  (Strabon,  I) ,  soit  pour 
se  débarrasser  des  songes  fâcheux  qui 
l'obsèdentdepuislong-temps.  Le  beau 
marbre  grec  trouvé  en  1729  dans 
le  stade  d'Athènes  représenle-t-il  Mi- 
das? Nous  ne  le  croyons  pas.  Le  Do- 
miniquin  ,  parmi  les  modernes,  a  fait 
une  très-jolie  composition  représen- 
tant le  jugement  de  Midas  et  la  ven- 
geance qu'en  tire  Apollon. 

MIDÉE,  MiDEA,  Milita  :  1°  nym- 
phe que  Neptune  rendit  mère  d'As- 
plédon  ;  2°  Phrygieune  ,  maîtresse 
d'Electrvon  et  mère  de  Licymuius;  3" 
fille  dePhylas,  femme  d'Hercule, 
mère  d'Antiochus.  Asplédon  et  Mi- 
dée  sont  des  villes  de  Béotie. — Une 
autre  MidÉe  en  Argolide  forma  un 
royaunte  indépendant  sous  Electryon. 

MIGO^NITIS,  Al</«v7r/?,  Vénus  k 
Migouiura  dans  1  île  d'Hélène,  où  l'é- 
pouse de  Ménélas  céda  pour  la  i'*  fois 
à  l'amour  de  Paris  (Rac.:  ui'-/>vui). 

MIHR,  dieu  perse,  est  unMtthra 
typique.  Trois  feux  principaux, Gou- 
chaip,  Mihr,  Bersin ,  donnent  lieuk 
trois  dieux  ,  Anahid,  Milhra  et  Ber- 
sin. Kaciapa,  Mithra,  Vrihaspati  aux 
Indes  en  sont  les  reflets.  Gouchasp 
symbolise  les  feux  del'Empvrée.Mihr 
les  feux  solaires,  Bersin  les  feux  mé- 
téoriques oj  atmosphériques.  Une 
co'i'ncidence  remarquable ,  c'est  que 
Mihr  en  parsi  signifie  amour  en  même 
temps  que  feu.  Le  soleil  est  tout 
harmonie,  attraction,  fusion,  nmour: 
le  monde  s'aime  en  lui  {F'.  Mithra). 

MILAMON.  roy.  Atalante. 

MILÈSE  ou  mLESS  (autrement 
MiLEss  Spai>),  héros  irlandais,  épo- 
nyme  de  la  race  guerrière  des  Mi  léadbs 
ou  Milésiens,  passe,  dans  la  mvlholo- 
gie,  pour  époux  de  Scuta,  pèred'Am- 
hergiu,    père    d'Ir  çl  d'Èrreamhon 


MIL 

et  d'un  grand  nombre   d'autres  en-^ 
fants.  Ce  qui  caractérise  lesMileadhs, 
c'est    l'aspect    belliqueux    et  laïque 
qu'ils  imprimèrent  a  l'Irlande  jusque- 
là  peuple'e  de  clans  agricoles ,  soumis 
à   une    domination  pastorale  et   sa- 
cerdotnle.   Cette  révolution  est  sans 
contredit  l'événement  le  plus  impor- 
tant des  annales  fabuleuses  de  l'Ir- 
lande. La  légende  rattache  l'expédi- 
tion de  Miless  en  Irlande  au  meurtre 
d'Ith.  Ce  dieu  suprême  des  Milésiens 
débarque  a  peine  sur  le   littoral  de 
l'Irlande  que  trois  rois  des  Tuatlia- 
Dadan,  qui  se  disputent  la  possession 
d'un  bijou  (l'Irlande),  le  prennent 
pour  arbitre.  Mais  Ith  a  l'imprudence 
de  vanter  devant   eux  la  beauté  de 
leur    territoire  :   ils    conçoivent  des 
soupçons ,  et  l'assassinent.  Ses  com- 
pagnons ,    ses  fils  portent  le  cadavre 
sur  leur  vaisseau  ,   comme   les  Ases 
portent  le    cadavre    de   Balder   sur 
Ringhorn,    traversent  la  mer ,  elle 
déposent  aux  pieds  du  noble  Miless 
Spain  (Miless  l'Espagnol)  qui  arme 
et  part,  arrive  et  remporte  la  victoire. 
Le  meurtre  d'Ith  est  regorgement  de 
Dionyse  par  les  Corybantes,  ses  frè- 
res. Ce  meurtre  est  un  des  types  fa- 
voris des  mythes  pélasgiqiies  5  et  Ir, 
le  fils  de  Miless  y  se  trouve  de  même 
j    victime  d'une  mort  prématurée  dans 
la  mythologie  primitive  d'Erin. 

MILET ,  MiLExrs ,  MiAsrro?,  hé- 
ros éponyme  de  Milet  en  Carie,  était 
le  fils  d'Acacallis  (  ou  d'Arcé  )  et 
d'Apollon.  Exposé  dans  un  bois , 
nourri  par  des  loups ,  élevé  par  des 
bergers,  il  quitta  sa  patrie,  la  Crète, 
quand  il  eut  atteint  Tàge  d'adoles- 
cence,  passa  en  Carie,  s'y  fit  aimer 
du  roi  Euryte  et  plus  encore  de  sa 
fille  Idclhée, l'épousa,  eneulCauneet 
Biblis,  et  régna  sur  une  pnrtie  de  la 
côte  sud-est  de  l'Asie-Mineure.  C'est 
là  qu'il  fit  bàlir  U  ville  de  Milçt,  Ce 


MLM  87 

mythe  donne  a  Milet  une  origine  Cre- 
toise. Comp.  Raoul-Rochette.  Col. 
gr..  t.  II,  107. 

MILÉTIE ,  M  A;ît/*  ,  fille  de  Scé- 
dase,  fut,  ainsi  que  sa  sœur,  violée 
par  deux  jeunes  Thébains. 

MILICHIUS,  ^hixlyjoi  ^  surnom 
commun  à  Zérs  (Jupiter)  et  a  Dionyse 
(Bacchus).  Tout  commode  qu'il  peut 
sembler  de  l'expliquer  par  le  grec 
ionien  yM'kiy^c^  ou  f/.ii>Jyjci  ^  doux 
comme  miel  [f/AXi],  nous  aurions 
de  la  peine  a  croire  que  cette  forme 
hellénique  ne  voile  pas  le  nom  orien- 
tal mélech,  roi,  donné  a  tant  de 
dieux  (Anamélech,  Adramélech,  Ma- 
lachbel),  et  qui  ne  convient  k  per- 
sonne mieux  qu'a  Jupiter  (le  suprême 
monarque)  et  a  Bacchus  (Vincarnation 
perpétuelle  ,  ubiquescente  et  multi- 
forme de  l'essence  divine  en  tant 
qu'active  ).  Au  reste  ,  les  Grecs 
voyaient  la  raison  de  leur  f^nXr/joç  ^ 
doux  comme  miel,  i"  dans  la  cessa- 
tion des  guerres  civiles  dans  l'Elide , 
due  k  Jupiter,  2^  dans  l'importation 
des  figues  due  k  Bacchus. 

MILTHA  ,     ou    plutôt    MlLlTHA, 

Diane  chez  les  Phéniciens,  les  Cap- 
padociens  et  les  Arabes. 

MIM ITSS  ,  Mt'yaç  (  gén .  -avroç  ), 
chef  bébryce,  tué  par  Pollux  lors  de 
l'expédition  des  Argonautes. 

MIMAS,  m!l(,xç  (g.  -ccvToç)  :  i" 
géant  foudroyé  par  Jupiter.  On  con- 
naît ces  beaux  vers  de  Malherbe  : 

Et  là  suait  Mimas  à  dctaclicr  les  roches 
Ou'Encelade  jetait. 

2"  Centaure  tué  aux  noces  de  Piri- 
thoiis;  3°  fils  d'Éole;  4-*  compagnon 
de  Paris,  né  la  même  nuit  que  ce 
prince.  Il  lui  survécut,  suivit  Enée  en 
Italie,  et  fut  tué  par  Mézeuce. 

MI.MIR  ou  MIMIS  ,  géant  célèbre 
de  la  mythologie  Scandinave  et  de  la 
poésie  épique  des  Germams.  Lhei 
ceux-ci  c'est  Tiinciefl  dieu  des  f»rge- 


88 


MIM 


rons.  Quiconque  veut  s'initier  aux. 
merveilles  de  l'art  et  aux  mystères  in- 
dustriels ^'adresse  à  cet  Archi-Cabire 
septentrional  et  à  sa  forge  r  si  Mimir 
daigne  lui  conférer  le  marteau,  il  est 
artiste  comme  le  géant  lui-même. 
Ainsi  se  reflète  dans  les  légendes  ce 
tait  déjà  connu ,  que  les  arts  métal- 
lurgiques ne  se  répandirent  que  par 
l'intermédiaire  des  aflilialious.  Dans 
la  mythologie,  Mi  lir  déjà  sublimé, 
Mimir  n.aîlre  de  Velint  et  de  Fvei- 
giun,  Mimir  le  PrométLée  d'un  peu- 
ple à  croyances  cabiriques,  quelque 
temps  indépendant,  mais  opprime, 
Mimir  occupe  un  puits  aux  oiufes  clai- 
res. «C'est  dans  ce  puits  qu'Odiu,  le 
«monocle  suprême ,  cache  son  œil 
w  'chaque  soir  .sans  doute  pour  toute 
"  la  nuit).  Chaque  matin  Mimir  s'a- 
»  breuve  d'une  jioissun  immcrtelle, 
«  puisée  dans  ce  gage  que  le  père  des 
>)  batailles  lui  a  abandonné  dans  l'a- 
n  bîme  {f  œlutpa).  »  Ce  puits,  c'est 
1  Océan  où  Odin,  soleil  à  l'œil  unique, 
seii.ble  se  plonger  pour  trouver  le 
repos.  Le  lendemain,  à  l'instant  du 
départ,  l'immense  surface  liquide  pa- 
raît miraculeusement  enflammée,  et 
relient  pour  un  moment  cette  pourpre 
que  le  soleil  a  l'occident  y  a  déposée. 
On  ajoute  que  tuule  sagesse,  toute 
création  viennent  du  puits  de  Mimir. 
En  général,  la  création,  suivaut  les 
cosmogonies,  a  été  tirée  d'un  Océau- 
Chaos  où  tout  flottait.  D'autre  part, 
on  sait  que  des  eaux  suigissent  les 
MuseSjles^orne^  les  Nymphes  inspi- 
rées (corap.  AcAMPrE).  Ainsi  Mimir 
nourrit  les  êtres  encore  a  l'état  la- 
tent dans  l'abîme;  Mimir  veille  sur 
les  trésors  de  sagesse  contenus  dans 
1  abîme.  La  Odin  lui-même  \ient  la 
puiser  ,  et  pour  rob'enir  il  laisse  en 
gage  un  œil  ,  et  sVn  retourne  aux 
cieux  mnnoc'e.  On  a  mis  en  re^.ird 
limer  et  Mimir.  La  difl"s.'rçnce  qu'il  v 


MIN 

a  entre  ces  deux  géants ,  c'est  que  le 
premier  .symbolise  la  masse  brute  et 
inorganique,  tandis  que  Mimir  c'est 
Tori^anisme  près  de  faire  son  appari- 
tion dans  le  monde. 

MIMilUES  (les>u  AUrsYADES, 
Miynù^i; ,  Mitvu^is.,  Alcathoé  ou  Al- 
clthoéjClimineetlris,  d'autres  disent 
LeucippeetLeucouoé,61lesdeMinyas, 
héros  éponyme  des  Mmyes.  Ce  peuple 
brave,  industrieux  et  riche  se  trouvait, 
vers  le  16"  siècle  avant  J.C. ,  ré- 
pandu dans  la  Thessalie  à  lolcos,  dans 
la  Béolie  "a  Orchomèue,  dans  les  îles 
h  Téos  et  à  Li  mnos.  Les  Mlnyes 
de  Téos  venaient  d'Orchomène  ; 
ceux  de  Lemnos  devaient  sans  doute 
leur  origine  k  lolcos.  Aux  Minyes 
appartient  le  rolc  majeur  dans  l'ex- 
]iédition  des  Argonautes;  aussi  voit- 
on  souvent  le  nom  de  M  nves  donné 
en  commun  a  tous  les  héros  de  l'ex- 
pédition. Les  Minves  d'Orchomèue 
étaient  souvent engucrre avec lesThé- 
bains.  Sous  Ergine  ils  recevaient  un 
tribut  de  ces  fiers  voisins.  Hercule  en 
délivra  de  bonne  heure  ses  compa- 
triotes. Dans  la  suite,  on  voit  les  Mi- 
nyes d'Orchomène  s'associer  aux  Io- 
niens pour  passer  dans  l'Asie-Mlneure. 
Les  Minyes  dTolcos,  après  avoir  pos- 
sédé c\es  établissements  a  Lemnos,  en 
furent  chassés  par  des  bandes  pélas- 
gique^.  Ils  allèrent  alors  s'établir  dans 
Auiycles  en  Laconie  ,  s'annoncèrent 
pour  descendants  des  Dioscures,  ob- 
tinrent terres,  droit  de  cité,  mariage, 
aspirèrent  alors  à  une  part  dans  la 
rovauté,  s*iosurgèrenl,  et  furent  tous 
jetés  en  prison.  Gràcv-  à  un  strata- 
gème de  leurs  femmes,  ils  parvinrent 
h  eu  sortir,  pas>èrent,  les  uns  en 
Tri|ihylie,  les  autres  à  Théra  ,  les 
autres  a  Mélns  et  en  C.ète  avec  Fol- 
11s  et  De'phos.  Mlnya>  qui  récapitule 
tout  ce  pei'plf  lut  ,  au  dire  des  my- 
thologues, célèbre  par  se?  richesses. 


i 


MI"ï  MÏN                    Bg 

elfit,  le  premier  parmi  les  rois  d'Or-  saiite  Métis.  11  ne  larda  pas  h.  être 

chomène,  bâtir  im  asile  secr»  t  pour  affecté  d'un  niai  de  tête  épouvantable. 

ses  trésors.   On  lui  donne  pour  père  Pour  se  délivrer  de  cette  violente  cé- 

Chrvsès,   pour  fils  Orchomèue.    Ses  pbalaîgie ,  le  roi  des  dieux  ne  trouva 

filles  furent  mariées  aux  princes  voi-  i  ien  de  mieux  que    de   s'adresser   h 

sinsj  mais  quand  la  gloire  des  Minyes  \ulca;n.  L'artiste  boiteux  vient  a  la 

cessa  de  briller  dans  la  Grèce,  les  Mi-  sollicitation  du  malade  au  front  nua- 

néides  fournirent  matière  à  des  fables  gf'ux  {HCpi^itiyicirec  Zsy?),  et  d'un  coup 

abrimaniennes.   Selon  les  uns,  el'es  demarleaului  ouvrelecràne.  Aussitôt 

s'opposèrent  au  culte   de    Baccîuis,  jaillit  Miiierve  armée  de  pied  en  cap  et 

travaillèrent  le  jour  des  orgies,  et  poussant  le  terrible  alalev  au  son  du- 

furent  cbangéespar  le  dieu  du  vin  en  quel 'es  armées  rangées  en  bataille  s'é- 

chauve- souris.  Les  autres  nous  mon-  branlent  pour  cbarger  Tennemi.  Mi- 

trent  ces  jeunes  insensées  possédées  du  nerve,méme  dans  cette  bvpolbèse, doit 

désir  effréné  de  manger  de  la  cliair  donc  le  jour  a  Métis  ou  a  Corvpbe. 

buraaine,  et  dévoranlHippase.  Enmé-  Au  brandissement  de  salanceTOUm- 

moire  de  cet  horrib'e  événement,  le  pe  trembla,  la  terre  gémit,  l'Océan 

grand-prètre  dOrcbomène,  lors  d'un  bon  llonna  en  mugissant,  le  char  du 

sacrifice  annuel,  poursuivait  le  glaive  soleil  s'arrêta  [Hymne  boméroïdi- 

au  poing  les  femmes  qui  venaient  au  que  (i  iMinei^'e).   Le  jour  même  de 

temple,  et  ne  s'arrêtait  qu'au  premier  cette  miraculeuse  naissance,  Apollon 

sang.  voulut  qu'à  Rhodes  on  offrît  un  sa- 

Ml^SERVE ,    Mi>'ERVA    (  d'où,  ciiBce  à  la  belliqueuse  délié;  et   une 

dans   les     inscriptions     étrusques    ,  pluie  d'or  ruissela  en  riches  torrents 

Mkerv,  M>"erf),  en  giec  Athaxa  autour  de  tous  ceux  qui  prirent  part 

ou  AtbÈ>'a,  'Aèuva,  'AcJîîva,  et  très-  à  cet  bomm-ge  improvisé.  ÎSée  ainsi 

souvent  dans  l'une  et  l'autre  langue  du  plus  noble  des  organes  paternels  , 

Pallas  [UuXXctç]  est,    dons  la  mv-  née   sans   le     concours  charnel    des 

tbobigie  gréco  -  romaine  vuliraire,  la  deux    sexes.  Minerve  pure    et   im- 

dée^se  delà  sagesse,  en  d'autres  ter-  matérielle  divinité,  fut  àur  le  champ 

mes,  l'intelligence  dans  sa  plus  haute  placée    par    son  père   a    la   tête    de 

comme  dans  sa  moindreacception. —  la    foule   qui    peuple    lOlvmpe,     et 

Dans  la  légende  la  plus  usitée-Minerve  presque    sur  la  même  ligne  que  lui. 

est  fille  de  Jupi'er  seul.  Quelques  uns  II  voulut  encore  lélever  au  rang  de  sa 

la  tont  naître  de  Jupiter  et  de  Cory-  femme,    ou  plutôt  de  sa  concubine 

phe  ou  de  Métis.  Corjphè  (««^«pjj)  favorite.  A  peine  née,  dit  une  légende, 

veut  dire  la  tête;  Mélis  (M;;T/f),  que  elle  tut  à  se  déftndre   des  tentatives 

d'ordinaire  on  traduit  par  méditation,  erotiques  de  sou  père.   Le  souverain 

signifie  au  fond  esprit,  entendement,  de  l'Olvnipe    n'ayant  pas  eu  l'avan- 

comme  en  latin  mens.  On  va  voir  tage  dans  celte    lutte  renonça  dafini- 

que,  de  ces   trois   récits,  ceux   qui  tivement  a  ce  dessein,  etperrail  même 

donnent,    soit  Métis,  soit   Coryphe  (|ue  désormais  Minerve  vierge  se  re- 

pour   mère  a  Minerve,  ne   différent  fusât  h  l'bvmen  et  h  l'amour.  Seul, 

de  celui  qui  fait  la  déesse  fille  de  .Tu-  le    roi   des  dieux    était  digne  de  sa 

piler  seul,  que  parce  que  ce  dernier  couche;   puisqu'elle  Tavail  repoussé, 

est   plus  riche,   plus  compliqué.  Ju-  nul  concurrent    ne  devait  aspirt-r  a 

piler,  dit-ofl  ,  avala  un  jour  la  puis-  sa  moin.  Ailleurs,  c'est  M'Herye  qui 


90 


MIN 


adresse  celle  requête  en  virginité  à 
son  père.  Une  autre  série  de  svs- 
lèmes  niviliologi(|ucs  faisait  venir  Mi- 
nerve du  sciu  des  eaux.  Ogjgès,  se- 
lon les  uns,  Neptune  suivant  les 
autres,  fut  son  père  :  la  nyfnphe 
Trilonie  lui  donna  lo  jour.  Curaine 
une  autre  Auadyoïnène  elle  apparut 
au  bord  du  lac  Triton.  L'idée  primi- 
tive de  ce  récit  a  été  variée  de  plu- 
sieurs manières.  Triton,  Trit^  au 
fond  signifia,  dans  quelques  langues 
inconnues  aujourd'hui,  eaz^.  Venir  du 
lac  Triton,  c'était  venir  du  sein  des 
eaux,  comme  jaillir  du  cerveau  de 
Jupiter  et  sous  le  marteau  \ulcanien, 
c'est  naître  du  feu.  Ensuite  il  s'est 
agi  de  donner  un  père  k  la  fille  des 
eaux  5  naturellement  ce  fut  iNeplune 
pour  ceux  qui  ne  recoiinaissaieiit  que 
ce  dieu  k  la  tête  des  mers,  Ogvgès 
pour  ceux  ipii  avaient  conservé  le  sou- 
venir de  cet  Océan  primordial.  La 
mère  fut  nommée  Tritonie  :  c'est  le 
lac, c'est  Teaii  personnifiée,  c'est  Am- 
phitrite.  Le  lac  même  (par  lequel  on 
a  formulé  l'eau  )  a  été  transporté  en 
diverses  contrées  5  les  Béotiens  le  mi- 
rent en  Béotie,  fortifiant  ainsi  le  sys- 
tème généalogique  d'après  lequel  ils 
faisaient  de  Minerve  la  fille  de  leur 
vieil  Ogygès.  Quelquefois,  au  lac  Tri- 
ton ils  substituaient  le  Copaïs,  qui 
peut-être  fut  le  mêmej  puis  par  Ik, 
comme  Alalcomène  était  auprès  du 
lac  Copaïs,  ils  arrivaient  a  métamor- 
phoser la  déesse  en  Alalcoraénienne. 
Alalcomène  devenait  son  nom  (toute- 
fois on  peut  penser  qu'Alalcomène, 
ville,  prit  son  nom  d'Alalcomène, 
déesse).  Eîifin,  on  alla  plus  loin  5 
Alalcoménie  se  détacha  de  Minerve  , 
et,  lille  vraie  d'Ogygès  ,  devint  la 
parèdre,  la  nourrice  de  la  déesse. 
D'autres  imaginèrent  un  Ala'cumè- 
ne,  père  nourricier  de  la  belle  Héo- 
Ijeuûç.   L'idée  dominanlc  daus  les 


r= 


MIN 

temps   postérieurs,    fut  qu'il   fallait 
chercher  le   lac   Trilonien  (  Trilo- 
nis  palus)  dans  la  lisière  septentrio- 
nale de  TAIrique,  a  peu  de  distance 
de  la  grande  Syrte.  Le  lac  actuel  de 
Chibka-el-Loiideah  (bc  des  marques), 
se  divise  en  deux  parties  k  peu  près 
égales  5  vers  le  milieu  de  la  portion 
nord-est  se  trouve  une  île  qu'on  ap- 
pelait île  de  Fta  (se  souvenir  que  Fia 
etVulcain  sont  des  dieux  analogues): 
les  eaux  au  deik  de  l'île  de  Fta  por- 
tèrent le  nom  de  Palus  Trilonis,  cel- 
les   qui    étaient    en    deck  jusqu'aux 
Marques  s'appelèrent  Pallas  Palus. 
D;i   reste,  on  lui    fabriqua  aussi  un 
père  nourricier ,  Triton  ,  et  une  com- 
agne    familière  de   ses  jeux  ,  Pal- 
as.  fille  de  Triton.  Ainsi,  en  Libye 
comme  en  Béotie,  la  déesse  nait  des 
eaux  5    on  la  dédouble  :  son  père  de- 
vient son  père  nourricier,  elle-même 
devient  une  paièdre.  Arrivèrent  en- 
suite les syncrétisles  qui  firent,  com- 
me on  pouvait  s'v  attendre,  une  ten- 
tative de  conciliation  entre  les  deux 
traditions  capitales  relatives  k  la  nais- 
sance de  Minerve  :  la  déesse,  il  est 
vrai,  sortit  du  front  de  Jupiter,  mais 
cet  événement  eut  lieu  sur  les  bords 
du  lac  Triton.  La  réunion  des  deux 
légendes  n'est  pas  aussi  étrangère  aux 
vraies  bases  de  la  généalogie  miner- 
vienne    qu'on    le    croirait     d" abord. 
Cette  maguif 'jue  déesse  naît  de  l'eau 
et  du  fea  ,   et  mieux  encore   du  feu 
qui  s'élève,  pyramide  brillante  et  in- 
attendue,    au   sein   des  eaux  mères 
(  f^'oy.   Athor  ,    BouTO ,    Ethra  , 
Neith).  L'onde-Ioni-nature  préexis- 
te •  la  flamme  ,  Lingam  démiurge  ,  y 
gisait  inaperçue  :    l'Ioni  alors  était 
un    tombeau.   La    flamme   s'éveille, 
palpite,  jaillit    en  colonne    vivante; 
rioui  n'est  plus  que  le  magique  cof- 
fret dépositaire  de  la  vie.  On  devine  à 
^  présent  comment  par  quelques  légères 


MIN  MIN                    91 

tnodlfications  onarrive  à  ce  résultat  :  consommé,  et  que  Minerve,  la  nuit 

Minerve  fille  de  l'encépliale  de  Tupi-  des  noces,  se  déroba  du  lit  conjugal, 

ter,  Minerve  fait  sa  première  appari-  Le  lendemain  Yulcain  se  plaignit  au 

lion  an  bord  des  eaux.  Vénus  aussi,  maître    des  dieux.   Minerve   appelée 

cette  génératrice  universelle ,  Vénus ,  répliqua;  et  le  maître  des  dieux,  après 

qui  est  une  Anadyomène,  doit  le  jour  avoir  entendu  les  deux  époux  ,  donna 

a  une  substance  venue  de  l'Empvrée  raison  k  sa  fille  qui ,  dès  ce  jour,  (ît 

{f^oy.  URA^fUS,  VÉiS'Us)  ;  au  sein  de  vœu  de  rester  étrangère  a  Tamour. 

l'humide  Boiito  grandit  Haroéri ,  fu-  Une  autrelégende  plus  comique  el  plus 

tur  fanal  des  mondes  j  c'est  de  TO-  scandaleuse  supprime  le  fait  du  raa- 

céan  lacté  que  sort  Souria  aux  Indes,  riage  ,  et  nous  montre  tout  uniment 

Et  qu'est-ce  pour  presque  toutes  les  Minerve  occupée  k  visiter  dans  Lem- 

raythologies    que   la   voûte    céleste?  nos  les  brûlantes  officines  de  \  ulcain, 

Une  mer;  el  pourtant  sur  cette  mer,  et  \ ulcain  s'élancant  sur  elle  au  mo- 

dans  cette  mer  scintillent  les  étoiles.  ment  où  elle  est  le  plus  loin   de  s'y 

Le  feu  dans  l'eau  ,  et  non  l'eau  dans  attendre.  Déjk  il  Ta  acculée  dans  un 

le  feu,  voilà  l'idée  qui   préside  sans  angle  de  la  forge,  il  Tétreint  de  ses 

cesse  aux  conceptions  primitives  des  bras  musculeux  ,  il  est  sur  le  point  de 

peuples.  Leurs  naïves  idées  se  for-  la  posséder.  Un  brusque  effort   dé- 

mulent  dans  ce  sloka  du  lyrique  de  barrasse  la   déesse;  l'artiste   divin, 

nos  jours  :  cbez  qui  bouillonnent  a  l'instant  de 

Le  sérail  deStamboul  brillant  de  feux  sans  nombre  la  défaite  tOUS   leS    feuX    de  l'aniOUr, 

Se  mirait  dans  la  mer  resplendissante  et  sombre.  jjg  macule  d'une  écume  alcOolique  que 

Comme  le  Jupiter  de  notre  première  le  sol  de  l'atelier.  Mais  le  sol  s'amol- 

légende,  Neptune  fut  épris  de  la  mâle  lit  ious  ces  flammes  liquides ,   et  le 

et  majestueuse  beauté  de  sa  fille.  Il  bizarre  Ericbthonius  aux  jambes  ca- 

voulut   lui  faire   violence  (comp.  la  gueuses  naît  pour  attester  que  cette 

fin  de  l'arl.   Méduse).  Irritée.   Mi-  fois  le  divin  artiste  n'a  qu'ébauché  son 

nerve  quitta  l'humide  empire ,  et  vola  ouvrage.  Apollon  aussi  dans  quelques 

aux  cieux,  près  de  Jupiter  qui  lui  as-  vieilles  traditions  passa  poui  le  fils  de 

sura  que  Neptune  ne  viendrait  pas  la  Minerve  et  de  Vulcain.  C'est  Fta  et 

troubler  dans  ce.  nouveau  séjour,  et  Neilh  (au  lieu  d'Athor)  donnant  le  jour 

qui  lui    assigna     dans    TOlympe    la  kFré.  Leslégendesfamilièresauxpoè- 

filace  qu'elle  y  occupe  depuis.  Selon  tes  montrent  Minerve  mêlée   a  une 

es  Grecs    des  temps   sémi-hislori-  foule  d'aventures  tant  divines  qu'hu- 

ques.  Minerve  eut  a  se  défendre  des  maines.  Dans  laGitrantomachie,  c'est 

mêmes  assauts  de  la  part  de  Vulcain.  elle   qui  donne  k  Jupiter   le   conseil 

Mais,  dans  une  des  théologies  origina-  d'appeler   Hercule  a  son  aide.   Elle 

les,   au  moins    elle    fut  son  épouse,  perce  de  sa  lance  le  géant  Pallas  dont 

Rien  de  plus  naturel  que  cette  union,  elle  prend  la  peau  pour  tapisser  son 

nous  le  démontrerons   plus   bas.    Eu  égide  (mais  voy.  plus  bas  une  autre 

un  sens  c'est  elle  qui  est  le  tvpe  du  tradition),  et  jette  sur  le  corps  de  l'é- 

mariage,  du  Hiéros  Garaos.  Pour  les  norme  Encelade  une  île  non  moins  co- 

Grecs  doriens,    jaloux  de  conserver  lossale,  la  Sicile.  Lorsque  Promélhée, 

a  Minerve  son  caractère  d'immaculée  Vulcain  tltanide  ,  a  formé  l'homme 

virginité,  ils  commencèrent  par  dire  du  limon  de  la  terre,  elle  anime  ces 

que  le  mariage  célébré  ne  fut  point  formes  belies;  mais  encore  vides  d'in- 


{^a  WIN  MIN 

telligence,  ou  du  moins  elle  entraine  mais  la  jelaal  lorsqu'elle  s'aperçoit 
Piomélbée  sur  son  char  jusque  sous  que  les  contractions  auxquelles  elle 
les  voûtes  célestes,  et  lui  laisse  pi  en-  se  livre  pour  tirer  du  buis  un  son, 
(ire  léliucelle  qui  doit  faire  couler  la  déforment  son  beau  visage  j  favori- 
vie  dans  les  veines  et  la  pensée  dans  saut  Ulvsse  dans  toutes  ses  entre- 
les  nerls  de  Targile  qu'il  ;i  pétrie.  pri*>e5;  lançant  la  foudre  sur  Ajax 
Quand  Athènes,  future  métropole  des  1  Oïlide  qui  a  outragé  Casaandre,  pre- 
arts,  s'élève  à  quelques  stades  de  la  nant  pitié  dOresIe  livré  aux  Furies, 
mer,  Miner\e  ne  cède  pas  il  jNeplune  instituant  1  aréopage,  et  joignant  sa 
Ihonneur  de  donner  son  nom  k  la  ville  viix  aux  voix  qui  l'absolvent  j  aveu- 
naissante;  et  tandis  que  le  dieu  des  glanl  Tirésias  qui  Ta  vue  au  bain, 
eaux,  dun  coup  de  trident,  fait  jaillir  puis,  par  commisération  pour  Cbari- 
du  Sol  lecheval eralilèmede  la  guerre,  clo,  sa  mère,  compensant  la  perte  des 
el'e  donne  naissance  a  Tolivicr,  divin  veux  que  l'adolescent  a  perdus  par 
emblème  de  paix,  llus  jette  les  fou-  la  science  divinatoire  dont  elle  lui 
déments  de  Pergame  :  jalouse  d'être  déi  oile  les  secrets.  Dans  des  mythes 
la  protectrice  d'ilion  elle  laisse  toin-  moins  connus  Minerve  figure  au  nom- 
ber  de  rEmpvrée  le  palladium  son  bre  des  arbitres  qui  doivent  d^'cider 
image,  gage  d'inexpugnabilité,  de  la  querelle  musicale  entre  Apollon  et 
pui>sance  industrielle  et  guerrière,  de  Marsyas,etavec  Jupiter  et  Juuon  elle 
richesse.  Persée  ,  Hercule,  belléro-  regarde,  comme  pour  la  diriger,  la 
plion,  lesArgonautes,  l'ont  pourauxi-  coursed  Hélios(lesoleil)danslescieux. 
liaire  dans  leurs  aventureuses  et  loin-  Selon  les  agencements  les  plus  scho- 
taines  expéditions.  C'est  d'elle  que  lasliques  de  la  hiérarchie  dans  ce  pa- 
Pandore  ncoil  le  don  de  filer,  de  lais  des  dieux,  Minerve  n'a  guère  au- 
tisser,  de  broder,  découdre.  Par  dessus  d'elle  que  Junon ,  l'épouse  lé- 
r-lle  Argus  construit  Argos,  Méthar-  gitime  de  son  père.  Mais  dans  les 
nion  le  vaisseau  de  Piiiis.  A  elle  ,  doctrines  traiisceudanldles  ,  les  seules 
non  moins  qu'à  Hermès,  les  Dédalides  vraies.  Minerve  est  la  plus  haute 
doivent  celle  habileté  qui  crée  des  des  déesses.  C'est  la  Sakti,  la  Para- 
merveilles.  Arar'hné  la  surpasse,  el  cakti  de  son  père.  C'est  Jupiter  fe- 
Minerve  jalouse  la  lue  j  mais  pour  qui  nielle,  mieux  encore  c'est  le  phalle 
comprend  le  mythe,  Arachné  n'est  même  de  Jupiler,  dès  que  l'on  aper- 
qu'une  Minerve  changée  d  abord  en  çoil  le  phalle  à  part.  Ici  le  dieu  père 
parèdre,  ensuite  en  rivale,  enfin  en  de  la  haute  déesse  se  présente  à  létal 
impie  contemptrice  de  la  divinité,  d'irrév^lé;  le  révélaleur ,  c'est  Mi- 
Méduie  aussi,  celle  Archi- Gorgone  nerve.  Dès-lors  elle  est  tout  ce  par 
violée  par  Neptune,  n'est  que  Mi-  quoi  l'irrévélé  se  révèle j  elle  est 
nerve   elle-même.     Les    trois  njm-  phalle  ,  intelligence,  raison  ou  verbe 

Î)hes  Agraulides  auxquel'es  elle  remet  (Vaich),  volonté,  inielligenccvolou- 

a  cassette  qui  renferme  trichlhonius  té-parule  pour  la   génération    même 

Ile  sn;it  qu'elle.  Hersù  surtout,  Hersà  de  la  matière  piemière,  pour  l'orga- 

aioiée  de  Mercure  est   une  Minerve,  nisalion  des  mondes,  pour  l'harmo-. 

Nous  retrouvons  oncore   la  fille   du  nisalion  des  masses,  inlelligence-vo- 

cer\  eau  de  Jupiter  disputant  a  \  émis  lonle-parole  aussi  pour  les  détails  : 

et  à  Junon  sur  l'Ida  la  pomme  d'or  nous  le  verrons  plus  bas.  Seule,  elle 

prii  de  la  beauté;  iuvciilaat  la  flule,  a  comme  Jupiter  le  pouvoir  de  lancer 


MIN 

la  foudre,  ou,  si  on  le  veut,  k  elle 
seule  Jupiter  confie  de  temps  en  temps 
le  terrible  instrument  de  ses  vengean- 
ces. Il  lui  donna  aussi  Tégide  ou  bou- 
clier formé  de  la  peau  de  la  cbèvre 
Araallbée.  Dans  la  suite  la  déesse 
plaça  sur  cette  arme  défensive  la  tète 
livide  et  sanglante  de  la  Gorgone  Mé- 
duse que  Persée  avait  tuée,  grâce  a 
se.i  secours,  et  dont  l'aspect  pétrifiait 
ceux  qui  l'apercevaient  un  instant, 
rlusieurs  ravtbolosues  atlacbent  de 
l'importance  a  l'iustant  auquel  eut 
lieu  ce  don  de  Jupiter  k  sa  fille. 
C'est,  disent-ils,  après  le  combat  des 
géants  et  des  dieux  que  le  maître 
de  rOlvmpe,  rétabli  sur  son  trône, 
récompen.sa  la  brillante  valeur  de 
Pallas  par  le  don  de  légide.  — Les 
fondions  de  Minerve  sont  nombreu- 
ses, et  a  cbacune  d'elles  se  rattachent 
quantité  de  surnoms  importants  et  cé- 
lèbres. 1°  C'est  une  Sakti,  énergie- 
volonté,  émanée  du  cerveau  de  Ju- 
piter. A  ce  titre  on  la  nomme  Poly- 
bulos  ou  Polvmétis  (la  mullipen- 
sante)5  Pronœea  (la  prévoyante  ou 
la  providence  même),  nom  qui  al- 
terne, vu  la  paronomasie,  avec  Pro- 
naea  (celle  qui  est  placée  eu  avant  des 
temples);  Philenthéos,  Tinspiralrice  : 
P.ulée,  (la  conseillère);  Budèe  (Boud- 
dha femelle);  Draca^na  (dragon  fe- 
melle :  car  dans  la  théologie  trans- 
cendante  non-seulement  le  serpent  est 
prophète,  il  est l'Etre-suprème^comp. 
Knef).  2°  Minerve  est  phalle,  caria 
forme  symbolique  la  plu^  saillante,  la 

Îiliis  nette  de  l'énergie  créutrice,  c'est 
e  phalle.  Sons  ce  point  de  vue  elle 
prend  d'abord  le  nom  de  Pallas,  a  tort 
expliqué  par  ^ÂXMtv  ^  par  jt^PiAé/v, 
par  sxxxcc^.  Elle  se  manifeste  comme 
gigantesque  Açoura  (le  géant  Pallas 
qui  ne  diffère  pas  d'elle)  tombant  sous 
lescr.upsde  la  Dourga  grecque. Elle  se 
localise  dans  la  péninsule  tbraco-ma- 


cédonienne  et  le  dème  athénien  qui 
portent  le  nom  de  Pallène,  dans  la 
ville  de  Pallantiura  :  elle  jette  le  p.'d- 
ladium  k  Troie;  elle  se  lie  en  Alti- 
que  k  Hermès- Phalès;  elle  est  le 
type  de  Paies  et  des  Paliques  ;  elle 
est  déesse  slabililrice  (ithvphallis- 
roe  tout  pur  :  comp.  Fta  ).  3^  (Et 
c'est  la  suite  naturelle  de  la  lance 
substituée  par  la  civilisation  nais- 
sante au  phalle  )  Minerve  est  guer- 
rière: delà  les  nombreuses  épithèles 
qui  désignent  ses  armes  (Cbrvsolon- 
chos,  Dorvsthènes,  .^Egiouchos);  sou 
humeur  belliqueuse  (Obrimolhvmos, 
Aïslos,  Polémoclouos,  Hoplocharès, 
Stratià  ,  Ormastîra  )  ;  ses  opérations 
(  Léîtis  ou  Agelîa  ,  spoHalrice);  ses 
victoires  (  ISicéphoros  )  ;  ses  liaisons 
avec  Mars  (Arée  )  ;  son  enveloppe  do 
cuivre  transformée  en  temple  (Chal- 
ciœcos).  On  a  eucore  dans  ce  sens 
Athànà  Hippia  (Minerve  aux  che- 
vaux), et  Alhànà  Salpinx  (Minerve 
trompette).  4-°  Miiierve  est  la  pro- 
tectrice des  états,  des  empires.  Aussi 
l'appelle-t-on  Polias,  Poliàtis,  Po- 
liouchos  (patrone  ou  reine  de  la  ville)j 
Erysiptolis  (re!i:part  de  la  cité);  Py- 
laïtis  (qui  préside  aux  portes);  Clè- 
douclios  (gardienne  des  clés).  5°  Mi- 
nerve est  l'jnventiice  des  arts.  Nous 
avons  déjà  vu  son  nom  d  Erganâ 
[Voy.  ce  mot).  Il  faut  y  joindre 
ceux  d  Eurésitechnos  (inventrice  des 
aits),  iEthyia  (teinturière),  Mécha- 
nilis  (mécanicienne),  Telchinie  (fel- 
cbine  femelle  ou  grande  Telchine). 
6°  Minerve  a  tous  les  ai  ts  de  la  pen- 
sée sous  sa  protection.  De  Ik  Minerve 
Musicienne.  Minerve  Hysiefexercaut 
la  médecine  ou  rendant  la  santé), 
Minerve  Pausophos  ou  Philosophes, 
et  surtout  la  Minerve  magicienne  dont 
Circé,  Méduse, Médée. sont  en  grande 
partie  les  reflets  terrestres.  7  '  Mi* 
nerve  est  tour  a  tour  l'espace  et  l'onde 


54  MIN  MIN 

ou  tous  les  deux  à  la  fois;  et  onde,  Bhavanî,'el  surtout  Bhavam-Dourga 

air  espace,  etc.,  nous  indiquent  d'une  aui  Indes.  Isis  et  JNeilh  en  Egypte, 

pari  pureté  ou  purification ,  de  Tau-  offrent  une    ressemblance  frappante 

tre  asile   de  paix  ou  défense  contre  avec  Alhânâ.  On  a  même  prétendu 

les  maux   de  Ja   vie.  Alée  n'est  que  qu'Alliànà  et  Keilh  étaient  le  même 

l'espace    refuge.    Il    faut  y    joindre  nom-   autant  comparer  au  nom  grec 

les  épilhètes  de  Sotîra  (salvatrice),  le    nom    arménien    ÎSabid    ou   Ana- 

dlrênophore   (Pacifèrt),    et    toutes  hid  (dont  même  on  a  fait  Anaïtis)  î 

celles  qui  n'en  conique  les  synonymes.  Quoi  que  Ton  en  dise,  on  ne  saitcn- 

A  la  tête  des  dénominations  relatives  core  d'où  vint   le  culte  dAtl.ânâ  en 

h  l'onde  sont  Tritogénie,  Tritonis,  Grèce?  Et  dans  ce  cas,  Cècrops  et  la 

etc.  C'est  dans  cette  classe  aussi  que  tiiade    récropide   repré^enteut-ils    la 

se  placent  les   nombreuses   appella-  tribu,  la  caste  qui  la  première  courba 

tions  relatives,  les  unes  aux  genres  de  la  tète   sous  cette  déesse?  ou  bien, 

beauté  de   la  déesse,  Xanthocome,  faut-il,  avec  les  anciens,  courir  tan- 

Glaucopis    (blonds   cbeveux ,    yeux  tôt  k  Sais  en  Egypte  d'où  Cécrops 

pers),  et  a  son   éternelle  virginité,  était,  dil-on  ,  originaire  ,  ou  bien  eo 

Parlbénos,  Aîpartbenos,  Pbygolec-  Libye,    ou  bien  dans  T^^friquc  ro- 

tros.  IVlisonvmpbos.  8°  Minerve  est  maine,  pour  arriver  à  troiM cries  ves- 

la  nature  j   de  là  la  célèbre  Atbànà  tiges  primordiaux  du  mytbe.  A  notre 

Physis    et    Tépilbèle    iEolomorpbos  avis,  Minerve  est  une  déesse  pélas- 

(aux  formes  variées,  fantastiques), —  gifj^e.    ISul    doute   qu'elle   n'ait  été 

Une  foule  de  noms  locaux  seraient  conçue  sous  1  influence  des  souvenirs 

nécessaires  pour  compléter  cette  liste  j  de  llnde  sivaïte  ou  plutôt  bbavaniste. 

tels  sont  entreautresceux  deSuniade,  Mais  depuis  long-tempsl'idée  de  bba- 

Acrée,  Agorée ,    Alée,  Alipherée,  vani-Dourga  la  guerrière  s'éloncant 

llonie,  Pallénide,  etc.,  etc.  11  est  es-  brûlante  de  l'œil  de  Siva,  plantant  ie 

sentiel  de  remarquer  ici  que,  de  ces  glaive    dans  la  terre  de  Scvtbie,  et 

épitbètes  regardées  comme   locales,  se  iL^nt  dans  la  Colcbide  a  l'eau  ,  fée 

plusieurs  ont  trait  a  l'idéologie  de  la  suprême,  était  implantée  dans  l'esprit 

déesse.  INous  l'avons  dit ,  Telcbinie  ,  des  Pélasgues,  lorsque  des  co'onics 

c'est   son    industrialisme^    Pallénis,  phéniciennes  ou  autres  arrivèrent  cbez 

c'est  sa  face  pballi(jue^  Alée  est  celte  eux.  Elles   n'y  exercèrent  point  une 

hospitalité  purifiante  qu'elle  offj  e  à  grande  influence  j   et  il  n'y  avait  pas 

qui  veut  fuir  le  mal-être.  Ajoutons-y  besoin  du  ce  îingent  d'idées  qu'elles 

qu'Alalcoménéide  c'est  la  force  (Alcé)  y  apportaient  pour  donner  naissance 

femelle  5  quilonie  c'est  raclivilé;  que  à  Minerve.   La  Béotie  ctrAltiquc, 

Corypbasie  ou   Corie ,   c'est  soit  la  une  fois  débarrassées  des  eaux  infé- 

pensée,  soit  la  virginité,  soit  le  cad-  coudes   symbolisées  par  Ogygès,    se 

milisme  (il  se  lie  aux  Curetés  et  aux  peuplèrent   d'adorateurs  de  la  pure 

Corvbanles);   que  ^édusie,  c'est  la  lumière.  Lumière,  chaleur,  air  salu- 

niateruilé  (conciliable dans  les  mythes  bre  ,  rosée  limpide,  végétation  opu- 

avec  la  pureté  virginale);  qu'Agorée  lente,    fragiles  bourgeons,    fruits, 

n'est  pas  seulement  îa  déesse  du  fo-  fleurs  et   verdure  se  marièrent  dans 

rum  ,   mais   la  délibérante ,  laicine  leur  imagination;  et  Ton  eut  bientôt 

des  Consentes  ,  la  Bule'e-Budée,  sa-  une  fille  des  lacs,  étiucelante,  tiède  et 

gesse-volonté  de  Jupiter.  —  Maïa  ,  pure ,   quoique   pluviole  et  fluviale. 


MIN 

D'ailleurs  le  ciel  et  l'onde  s'unissent  ,* 
ils  sont  d'azur,  ils  semblent  courbes, 
ils  changent  de  forme;  on  dirait  des 
magiciens,  des  Protées!  puis  le  ciel 
«e  mire  dans  F  eau  ,  le  feu  solaire  s'y 
reflète  et  v  tremble,  les  étoiles  s'y 
couchent,  ijaigneuses  charmantes.  La 
déesse  par  qui  Ton  symbolisa  tant  de 
phénomènesgracieux,  électriques,  im- 
pondérables et  facilement  réductibles 
les  uns  aux  autres,  fut  comme  l'agri- 
culture éthérée,  elle  eut  pour  organe 
Cécrops  ,  pour  représentantes  terres- 
tres ses  filles.  Toutefois  est-ce  la  to- 
talité de  la  Béotie  ou  de  l'Altique  qui 
rendait  ses  hommages  a  la  radieuse 
Alhànâ?  Ce  ne  furent  d'abord  que  les 
Pédiaéens  ou  habitants  de  la  plaine. 
Les  Egicores  honoraient  Hermès,  les 
pêcheurs  ou  habitants  de  la  côte  Po- 
sîdôn.  Depuis,  les  cultes  tendirent  à 
se  fondre.  Alhànà  définitivement  su- 
blimée affecta  surtout  les  cieux  ,  et 
plana,  déesse  suprême,  avec  Jupiter 
sur  les  divinités  inférieures:  Cérès  la 
remplaça  comme  divinité  agricnltu- 
rale  bornée  à  la  terre.  Alors  Hermès, 
Dàmàlàr,  Posîdôn,  forii  èrent  com- 
me la  triade  terrestre,  honorée  par- 
tiellement suivant  les  lieux  dans  la 
personne  d'un  de  ses  membre^j  Athà- 
nà  et  Zévs  furent  honorés  en  commun 
dans  tous  les  lieux  par  toutes  les  cas- 
tes. Delà  les  Pandies,  les  Panathé- 
nées ou  fêtes  universelles  de  Zévs, 
d'Athànà.  Sparte,  Erythres,Trézène, 
la  Crète,  l'ionie,  l'Arcadie  adoraient 
Minerve  ;  mais  l'Atlique  ne  cessa  pas 
d'être  son  sanctuaire  de  prédilection. 
Dès  la  haute  antiquité  elle  y  eut  des 
statues,  des  palladium  grossièrement 
sculptés,  mais  dont  justement  ces 
sculptures  grossières,  non  moins  que 
le  noir  luisant  et  la  matière  (de  bois 
d*olivier)  attestaient  l'antiquité.  La 
tradition  les  donnait  comme  tombés 
du  ciel.  Quelques  légendaires  faisaient 


um 


95 


venir  ce  culte  deTroie(/^o/.PALLAs). 
Après  la  bataille  de  Marathon,  les 
Athéniens  élevèrent  a  Minerve  une 
statue  colossale  en  bronze.  Enfin  Pé- 
riclès  en  fit  faire  une  d'ivoire  et  d'or 
par  Phidias.  Elle  avait  vingt-six  cou- 
dées de  hauteur,  et  faisait  le  plus  bel 
ornement  du  Parthénon  bâti  en  mê- 
me temps  par  Tamani  d'Aspasie  en 
l'honneur  de  l'Aiparlhénos.  La  ma- 
gnificence de  cet  édifice  ne  fit  point 
oublier  les  deux  petites  chapelles 
anciennes  consacrées,  Tune  à  jNep- 
tune-Erechthée,  l'autre  à  Minerve. 
A  Rome,  Minerve  avait  une  cha})elle 
dans  le  Capitole ,  et  des  temples 
dans  neuf  régions  différentes.  Les 
plus  remarquables  étaient  ceux  qui 
avaient  été  construits  par  les  ordres 
de  Pompée  et  d'Auguste.  —  L'idéai 
de  Minerve  est  une  tail'e  imposan- 
te, un  visage  noble,  jeune  et  beau, 
et  une  mâle  sévérité,  souvent  un  air 
méditatif  et  grave.  L'inventrice  des 
airs  sérieux  ne  peut  promener  au  ha- 
sard ses  regards  sur  ce  qui  l'envi- 
ronne. Aussi  dans  les  belles  statues, 
a-t-elle  les  veux  lég;èrement  bais- 
sés^  indice,  non  pas  de  modestie, 
mais  de  réflexion.  Sa  pose ,  ses 
traits,  indiqueraient  autant  un  beau 
jeune  homme  travesti  en  femme  qu'u- 
ne femme  même  j  et  ici  se  reflète  heu- 
reusement l'idée  de  phalle  et  d'Ard- 
dhanari.  Ses  yeux  sont  glauques,  ou, 
selon  l'expression  de  La  Fontaine , 
pers  (c'est  la  nuance  des  veux  des 
lions  et  des  léopards)^  ils  sont  grands, 
et  reposentdans  des  orbites  profonds. 
Le  plus  souvent  ses  cheveux  flottent  eu 
spirales  ondoyantes  derrière  sa  tète. 
Ln  casque  a  visière  [yita-ûv)  couvre 
presque  toujours  sa  tête.  Sur  sa  poi- 
trine s'arrondit  la  peau  écailleuse  du 
monstrueux  reptile  dont  elle  délivra 
la  Libye  ;  celle  espèce  de  spencer 
estceq'ne  l'on  appelle  l'égide  ;  (mais 


g« 


MlN 


comparez  les  traditions  sur  la  chèvre 
Amaltole)  :  le  bouclier  argolique 
charge  ses  mains;  au  milieu  du  large 
tlisque  q'ie  foi  me  celle  arme  déicusiv  e 
impénctrahle  apparaît  la  lèle  san- 
glante de  Méduse  (  Voy.  ce  nom)  à 
Taspect  de  laquelle  les  ennemis  de  la 
iiaute  déesse  sont  subilemeiil  méta- 
morphosés en  pierre.  Très-rarement 
l'égide  seule  placée  sur  le  bras  gau- 
che de  la  déesse  lui  sert  de  bouclier. 
Une  longue  tunique,  un  péplum,  et 
<]uelqucfois  un  riche  collier,  des  bra- 
celets, des  pendants  don  illes,  com- 
plètent le  costume  de  la  belle  guer- 
rière. 

MIISOS,  M/v4'?,  célèbre  roi  de 
Crète,  n'est  pas  un  nom  imaginaire 
comme  les  Ogvgès.  les  Eurôlas  elles 
Pliorônée.  ISul  doute  qu'un  prince  de 
ce  nom  n'ait  réellement  gouverné  la 
Cl  èle,  couverl  l'Egée  desesflollilles, 
porté  au  loin  son  nom,  ses  armes  et 
&t%  denrées,  vers  la  (in  du  (juatoi- 
zièrae  siècle  avant  notre  ère.  Mais 
avant  d'cnlrer  dans  les  détails  de  sa 
biographie  il  est  nécessaire  de  bien  se 
lixer  sur  quatre  faits.  i°Le  nom  de 
IVlinos  étant  un  mot  générique  qui 
veut  dire  homme  et  âme  (  V oy. 
l'art.  Me>oi]).  et  qui  dans  tous  les 
pays  du  monde  ancien  a  été  donné  a 
une  foule  de  rois,  il  est  possible  que 
dans  Ihistoire  de  Miuos  les  légendes 
aient  conipris  des  évèuemenis  (jui  ont 
prépare  ou  développé,  ou  modifié  ses 
conquêtes.  2"  Antérit  urement  h  celle 
période  de  conquêtes  que  récapitule 
le  nom  de  Minos,  et  dont  sans  in- 
vraisemblance on  peut  comprendre 
une  grande  partie  dans  la  vie  de  ce 
prince,  se  déroule  une  époijue  pri- 
mordiale qui  est  celle  de  la  civilisa* 
lion  commencaiiU  ;  c'est  ce  (|uc  l'on 
peut  appeler  période  adamiipie.  5** 
La  civili.Nalioa  devient  promplcment 
législation.  Uncode  perdu  pour  nous. 


MIiN 

lin  code  qui  peut-être  n'eïisla  jamais, 
semble  la  formuler;  et  ce  code,  si 
Ton  s'en  rapportait  aux  lé.endes,  il 
semblerait  (ju'un  homme  1  écrivit,  le 
promulgua  antérieurement  a  Minos. 
Tout  prouve,  au  contraire,  que  ce 
code  ne  date  guère  que  de  Minos, 
et  qu'il  fut  l'ouvrage  d'un  long  laps 
de  temps.  En  conséquence  le  mot 
Lois  de  Minos  exprime  toule  une 
période;  le  mot  Conquêtes  de  Mi- 
nos ne  résume  que  la  vie  d'un  hom- 
me. i°  Dans  Tune  et  l'autre  pé- 
riode ,  au  lieu  d'être  narrées  histori- 
que meut,  ces  légendes  ont  été  tra- 
duites en  langue  fabuleuse  ;  de  telle 
sorte  que  ce  qu'il  y  a  d  histoire  dans 
les  récits  mythiques  doit  être  extrait 
delà  lettre  de  ces  récils,  comme  le 
métal  de  la  gangue  impure  qui  le  ca- 
che, et  le  rend  pour  1  instant  inappli- 
cable aux  besoins  de  la  vie.  La  lâche 
du  mythologue  est  donc  triple  dans  le 
dépouillement  de  l'histoire  de  Minos: 
discerner  la  législation  d'avecles  con- 
quêtes, la  civilisation  adamique  d  avec 
la  législation  ;  discerner  la  table  d'a- 
vec l'histoire  ;  discerner  dans  la  con- 
quête même  le  vrai  Minos  de  ses  pré- 
décesseurs et  de  ses  successeurs.  Jadis 
ou  a  procédé  plus  simplement  en  ap- 
parence. Législation,  conquêle ,  tout 
était  amalgamé.  C'était  un  bloc  uni- 
que, hérissé  d'incohérences  et  d'ana- 
chronisme.'t  et  l'on  crovail  à  cet  en- 
semble extravagant.  Lu  peu  plus  lard, 
eu  reconnaissi.nt  l'impossibilité  des 
faits, les  habiles  du  jour  proclamèrent, 
les  uns,  que  tout  était  fabuleux  dans 
la  légende,  les  autres,  qu'elle  recelait 
de  rh;stoire.  C'était  un  pas  bien  fai- 
ble vers  une  solution.  On  en  fit  un 
secoud  quand  plus  tard ,  essayant  de 
classer  les  faits  dépouillés  de  leur  in- 
vraisemblance dans  un  cadre  chrono- 
logique, on  distingua  deux  Minos. 
11  est  naturel  qu'on  ait  été  divisé  sur 


MIN  31IN                     97 

la  repartition  det  événements ,  que  contre  les  enfants  du  soleil.  Pasi- 
ceux-ci  donnèrent  au  premier  Mi-  phaé,  femme  légitime  du  roi  auquel 
nos,  tandis  que  d'autres  les  mettaient  on  donne  aussi  pour  épouse  Crète 
8ur  le  compte  de  Minos  II.  Enfin  le  (la  Crète  personnifiée),  Pasiphaé  de- 
jour  vint  où  l'on  discerna  dans  la  vait  le  jour  au  soleil.  Déjà  Minos 
masse  des  faitsdeuxpointsculminants,  avait  eu  d'elle  quatre  fils,  Deucalion. 
véritables  foyers,  noyaux  ou  centres  Catrée,  Glaucos,  Androgée,  et  qua- 
vers  lesquels  convergent  comme  au-  tre  princesses  ,  Hécale  ,  Xe'nodice  , 
tant  de  rayons,  les  détails  de  la  lé-  Ariadne  ,  Phèdre.  Ces  huit  enfants 
gende.  Dès-lors  on  dut  dire:  civilisa-  étaient  vraiment  le  pur  sang  de  Mi- 
lion  et  législation,  Minos  P*^:  conque-  nos  :  Pasiphaé  compléta  Pennéade 
les,  empire  de  Crète,  domination  ma-  par  un  étranger.  Elle  se  sentit  amou- 
ritime ,  et  par  conséquent  voyages,  reuse  du  taureau  que  son  mari  avait 
guerres,  succès,  revers,  colonies,  négligé  d'immoler  ,  et  bientôt  le  Mi- 
Minos  II.  La  ligne  de  démarcation  notaure  naquit.  Ainsi  les  deux  conju- 
ainsi  tracée  ,  il  restait  un  problème  rés  accomplissaient ,  h  Taide  l'im  de 
capital  à  résoudre.  Les  deux  Minos  l'autre  ,  leur  vengeance  :  Keptune 
«ont-ils  des  rois,  sont-ils  la  Crète  ou  avait  donné  Tamarit,  ^  éuus  inspirait 
une  partie  de  la  Crète  personnifiée  la  passion.  On  demandera  comment 
dans  deux  époques  fondamentales?  la  bizarre  passion  de  la  reine  put  être 
Les  deux  solutions  ont  eu  chacune  connue  et  partagée,  conmient,  par 
des  partisans;  on  sait  la  nôtre.  j\ous  quel  biais  le  désir  put  se  transformer 
croyons  Minos  P'  une  période,  el  Mi-  en  acte  réel  et  complet ,  par  quel  pro- 
Bos  II  un  homme. — Voici  la  légende  dige  ou  par  quelle  déception  le  ma- 
dusecond,  le  seul  qui  ait  une  haute  im-  gnilique  herbivore  quitta  son  espèce 
portance  historique.  Lycasle  (d'autres  pour  aller  consommer  avec  une  espèce 
disent  Astérion)  était  son  père,  Minos  inconnue  plus  qu'un  adultère.  Des 
P' son  trisaïeul.  Son  frère  Sarpédon,  difficultés  si  simples  n'arrêtent  point 
ou  même  ,  disent  quelques  mytholo-  des  mythologues.  Léda  et  son  cygne  , 
gués,  deux  frères  lui  disputèrent  la  Junon  et  son  coucou,  ne  sont  pas  plus 
couronne.  Minos,  prenant  l'Olympe  extraordinaires;  d'ailleurs  Europe  et 
pour  arbitre,  supplia  les  dieux  de  son  taureau  étaient  bien  un  antécédent 
donner  a  celui  des  deux  princes  qu'ils  respectable.  Mais  ,  chose  étonnante  î 
préféraient  un^  marque  éclatante  do  on  daigna  expliquer  le  mystère.  Oa 
prédilection.  Neptune  fit  sortir  aussi-  fit  venir  d'Athènes  tout  exprès  Dc- 
tôt  des  flots  salés  un  superbe  taureau  dale,  alors  en  butte  aux  persécution» 
blanc,  et  la  victoire  lui  fut  adjugée,  pour  avoir  voulu  s'emparer  de  l'au- 
Minos  de  plus  plaça  le  taureau  dans  torité  ou  pour  avoir  tué  son  neveu 
•es  étables,  et  le  fit  paître  avec  le  Acale,  ou  même  tout  simplement 
reste  de  ses  troupeaux.  Il  paraît  qu'il  pour  s'être  montré  honame  de  génie, 
eût  dune  pas  le  garder  si  précieuse-  Cet  habile  mécanicien,  afin  d'être 
ment,  et  qu'il  fallait  en  faire  hom-  bien  vu  de  la  reine,  et  d'avoir  pour 
mage  au  dieu  son  patron.  Le  fait  est,  long-temps  sçs  entrées  à  la  cour  de 
selon  les  mythes,  que  le  dieu  des  Crète,  eut  bientôt  imaginé  un  moyen 
•^'  lui,  irnté  de  son  avarice,  résolut  de  de  satisfaire  les  goûts  monstrueux  de 
se  venger.  Justement  Vénus  avait  à  Pasiphaé.  Ce  fut  une  vache  mou- 
"^ette  époque  une  ancienne   rancune  vante  dans  laquelle  la  reine  entrait, 


i.v. 


98  Mli\ 

s'enfermait,  cl  variait  sa  position  a 
volonté.  Le  taureau  s'y  trompait,  ou 
du  moins  y  fut  trompé  assez  lon;^- 
temns  pour  que  la  reine  devîut  mcro 
d'un  rejeton  en  qui  la  nature  avait 
uni  au  hu-ste  du  mari  de  Paslphaé 
la  tète  énorme  et  lef  cornes  me- 
naçantes deTamant.  Mlnos,  informé 
de  celte  naissance  extraordinaire , 
«oupçonna  dans  sa  sagesse  que  sa 
femme  l'avait  joué,  cl  pour  empêcher 
qu'on  ne  jasàt  en  Crète  de  celte  hi- 
deuse anomalie,  il  décréta  i"  que  Dé- 
dale complice  du  crime  lui  construi- 
rait un  labyrinthe,  a*  que  ce  laby- 
rinthe servirait  n  jamais  de  prison  au 
Mlnotaure  (tel  fut  le  nom  donné  au 
monstre).  11  s'agissait  ensuite  d'avoir 
des  mets  choisis  pour  la  table  du 
jeune  prince  :c'élaltdifficile.  Le  jeune 

{)riDCe  annonçait  un  goût  marqué  pour 
a  chair  humaine;  son  père,  Kcequil 
paraît,  ne  lui  avait  pas  légué  ses  ap- 
pétits ,  et  s'il  avait  sur  ses  épaules  le 
cou  el  la  tête  du  taureau,  11  n'avait 
pas  ces  molaires  qui  broient  l'herbe. 
Sur  ces  entrefaites,  Androgée  était 
allé  remporter  dans  Athènes  les  prix 
de  tous  les  jeui,  ou,  à  ce  que  disent 
quelques  auteurs,  tuer  le  taureau  de 
Marathon,  ou  enfin  seconder  les  ma- 
nœuvres des  Pallanlides  contre  Egée. 
Égee  le  fil  tuer;Miuos  alors  se  mil  à 
la  têle  d'une  flotte,  d'une  armée; 
opéra  un  rapide  débarquement  sur  les 
côtes  delà  Mégaride;  prit  Megare 
par  la  trahison  de  Scvlla  qui  ,  trop 
éprise  de  lui  et  se  berçant  de  fausses 
espéiances,  avait  tranché  sur  la  lèle 
de  son  père  le  cheveu  fatal ,  palla- 
dium de  la  ville;  entra  dans  l'Allique, 
pilla,  brûla  tout  sur  son  passage  ;  ne 
put  prendre  Athènes,  mais  la  ran- 
çonna grâce  h  la  pcsiv,  el  h  la  famine, 
et  imposa  aux  Athéniens  la  loi  d'en- 
voyer annuellement  eu  Crète  sept 
jeiuics  garçons  el  sept  jeunes  filles. 


MIN 

Ces  quatorze  enfaols  d'Athènes  de- 
vaient servir  de  pâture  au  Mlnotaure. 
Pendant  ce  temps,  Dédale,   quoique 
conGné  dans  une  prison,  avait  trouvé 
moyen   de   s'échapperj    ne  pouvant 
percerles  murs  de  son  cachot,  il  avait 
du  moins  percé  les  toits,  el,  grâce  à 
des  ailes   dont  il   n'a  pas   laissé  le 
secret  à  la    postérité,    traversé    un 
vaste  bras  de  mer  et  gagné  lltalie, 
selon  les  uns ,  la  Sicile ,  selon  les  au- 
tres. Minos  jura  de  se  venger,  et  mit 
a  la  voile  pour  cette  île  triangulaire , 
tant  de  fols  fatale  a  ceux  qui  en  ont 
essayé  la  conquête.  Côcale,  roi  des 
Sicanes,  le  reçoit  en  apparence  avec 
transport,  et  ses  filles  le  conduisent 
au  bain;  mais  la,  tandis  qu'il  se  livre 
aux  délices  du  repos,   des   vapeurs 
étouffantes  emplissent  la  salle  étroite 
dans  laquelle  on  l'a  conduit,  et  l'as- 
phyxient. Une  tradition  fausse  et  sans 
autorité  montrait  Dédale  fuyant  vers 
l'Allique  qu'il  a  jadis  quittée  pour  la 
Crète,  el  Minos  l'v  poursuivant.  Au 
milieu  ou  autour  de  ces  événements 
se  place  l'histoire  de  Thésée,  venant 
de  lui-même  se  ranger  parmi  les  vic- 
times du  Mlnotaure.  — On  voit  que 
jnsquici  les  mythes   étouffent  Ihis- 
toire   comme   les    vapeurs   du    bain 
chaufté  par  les    Côcalldes  étouffent 
le  roi.  Il  y  a  plus,  les  savantes  ana- 
lyses de  Hœck  ont  prouvé  que  ce  qui 
semble  résul'- rie  plus  clairement  des 
légendes  qui  précèdent^  une  guerre  de 
la  Crète  contre  Athènes,    puis  une 
revanche  d'All.ènes  sur  la  Crète,  n'est 
qu'une  illusion.  C'est  beaucoup  plus 
tard,   et  dans  les  temps  réellement 
historiques,  qu'éclatèrent  des  inimi- 
tiés   violentes    entre   Athèucs    et  la 
Crète;  et  c'est  alors  que  les  poètes 
travestissant  l'antique  récit  l'accom- 
modèrent h  la  passion  du  jour.  Les 
mylhes  riches  de  Pasiphaé,  du  blanc 
taureau  dont  Tonde  fait  cadeau  à  U 


MIN 

terre,  d'Ariadne  qui,  de  plus  en  plus 
idéalisée,  vole  par  rinterme'diaire  de 
Thésée  dans  les  bras  de  Bacchus, 
tous  ces  mythes  irapliquent  diverse- 
ment le  ciel  et  Tonde,  les  feux  et  la 
terre.  La  Crète  est  une  terre  féconde 
que  broute  le  taureau  ,  que  caresse 
l'onde  avec  des  rauîrissements  d'à- 
mour,  que  baise  la  pure  lumière  des- 
cendant de  TEther  en  filets  d'or,  et 
rebondissant  dans  TEther.  Pasiphaé 
veut  dire  toute  lumière,  Phèdre  la 
brillante,  Ariadue  Tétoilée  ou  la  reine 
fcomp.  ce  dernier  article  qui  four- 
nit d'autres  indications).  Ainsi  voilà 
uu  culte  de  lumière  -  lumière  et  lu- 
mière-ioleil.  Au-dessous,  et  sur  une 
ligne  moins  nettement  tracée,  la  terre, 
la  mer,  ont  aussi  leurs  autels.  Puis  , 
UB  fait  capital  se  promulgue  sousTu- 
nion  delà  forte  lumière  (solaire  ou 
autre)  et  de  la  terre  :  la  terre  mâle, 
la  terre-taureau,  enceinte  du  ciel  fe- 
melle, du  ciel-lumière,  Pasiphaé  (c'est 
tout  le  contraire  de  Jupiter  louchant 
lo)  ,  la  terre  qui  absorbe  ,  engloutit 
et  dévore  les  flèches  lumineuses ,  la 
terre  met  au  jour  un  fils  semblable 
à  elle,  un  fils  affamé,  un  fils  qui 
absorbe ,  engloutit  et  dévare.  Ce 
fils,  c'est  le  Mahadéva  de  l'Inde, 
c'est  (chose  bizarre)  le  Mithra  Bou- 
phagos,  c'est  surtout  l'affreux  Mo- 
loch  de  la  Phénicie,  c'est  IHebdo- 
nagène  ou  Hebdomagète  des  Grecs, 
mais  plus  terrible  que  ne  l'ont  fait 
les  Grecs.  Soleil  a  forme  de  taureau, 
soleil  adéquate  à  la  semaine,  il  ré- 
absorbe conlinuellement  sept  jours  et 
sept  nuits,  voilà  les  sept  garçons  et 
les  sept  filles.  Mnévis,  Bacis  en  E:,vpte 
sont  moins  cruels,  mais  au  loiid  dif- 
fèrenl-ils  de  lui?  Non  :  ce  sont  des 
incarnations  solaires;  seulement  leurs 
formes  ne  sont  empruntées  (}u"h  une 
espèce,  et  tout  au  plus  peut-on  dire 
que  de  l'horDme   ils   ont  l'àrae.    Le 


MIN 


99 


Miûotaure,  lui,  est  un  monstre,  si 
l'on'  prend  la  légende  à  la  lettre  : 
car  il  a  deux  formes  inconciliables. 
Mais  c'est  justement  cette  coexistence 
de  formes  inconciliables,  cette  mons- 
truosité, ce  cumul,  qui  doit  ouvrir  les 
yeux  de  tous,  et  faire  dire  «  c'est  un 
symbole,  w  Le  soleil  en  Crète  s'in- 
carne, non  pas  en  taureau,  non  pas 
en  homme,  mais  en  homme -tau- 
reau. Ici  deux  types  se  présentent, 
Héborj  et  le  Minotaure.  Le  Mî- 
nolaure  a  la  tète  du  taureau  et  le 
corps  de  Thorame  ,  Hébon  la  tète  do 
l'homme  et  le  corps  du  taureau.  En 
tous  cas,  le  fait  est  que  l'incarnation 
solaire ,  telle  que  la  présentent  Hé- 
bon et  le  Minotaure,  implique  et 
force  et  pensée.  Et  telle  était  l'idée 
des  anciens,  a  qui  le  soleil  sembla  sou- 
vent un  esprit  recteur,  une  àrae  des 
mondes.  Dédale  se  glisse  naturelle- 
ment au  milieu  de  tous  ces  êtres  my- 
thiques, II  est,  lui ,  l'incarnation  du 
feu  pansée,  mais  non  du  feu  peusée  in- 
offensive et  pure.  Le  feu  lue  souvent: 
Dédale,  vrai  Sovk  à  formes  humaines, 
est  espiègle,  impie ,  jaloux:  il  aspire  a 
tout  ce  que  Dieu  interdit  à  l'homme; 
il  fend  les  mers,  il  fend  l'espace,  il  unit 
ce  que  la  nature  voulut  séparer,  les  es- 
pèces dissemblables;il  crée  les  métis, 
le  meurtre  lui  plaît,  l'inceste  le  char- 
me :  c'est  lui  sans  doute  qui  a  inspiré 
aux  Côcalides  l'idée  diabolique  de 
tuer  son  ennemi  au  bain.  Du  reste, 
lors  méraequ'il  est  bienfaiteur,  il  nuit: 
il  invente  les  bains  chauds,  I^Iinos  y 
laisse  la  vie  5  il  invente  les  ailes,  Icare 
se  tuej  il  invente  l'architecture,  c'est 
pour  v  mettre  à  l'abri  de  toute  atta- 
que ua  monstre  avide  de  satig.  Là, 
u:i  sens  nouveau  se  présente.  Le 
Lihvrinthe  est  bien  une  construc- 
tion architecturale,  mais  c'est  de  plus 
une  mine,  Lauva  veut  dire  aligner, 
ranger  comme  une  rue,  une  galerie, 


i.' 


ci3lk:)thfca 


lOO 


MIN 


iinlongcorrlflorjet  labyros:^\  eiifon- 
cement,  le  creux  d'une  mine.  Cetar- 
chllecte,ce  sculpteur ,  ce  forgeron, 
«ait  donc  encore  quelque  chose  de  plus 
<juc  bùlir,  ciseler,  forger  et  foudre 
les  métaux  :  il  sait  aussi  fouiller  dans 
la  terre,  et  poursui\Te  dans  ses  ténè- 
bres le  riclie  filon  métallifère  qu'il  va 
couler  en  gueuse,  qu'il  va  tour  à  tour 
affiner,   aciérer.   laminer,    tréfiler, 
qu'il    va  transformer   en   épe'es  ,  en 
charrues  ,  en  serrures  et  en  miroirs. 
La  culture  industrielle  que  supposent 
ces  légendes  nVst  certes  pas  contem- 
poraine   de    Minos  :  elle  commença 
long-temps  avant  qu'il  naquîlj  elle  se 
développa    et   atteignit   son    apogée 
long-temps  après  sa  mort.  De  même 
aussi  les  fréquents  échanges,  plagiats, 
emprunts  d  idées  religieuses  ei    in- 
dustrielles, auxquels  doivent  se   ré- 
duire les  prétendues  guerres  athéno- 
mégariennes,  et  le  rapt  de  deux  prin- 
cesses Cretoises  par  Thésée  ,  ne  sem- 
blent pas  ëvidemmeLt  avoir    eu  lieu 
sous  Minos.  Voici  ce  qu  ou  peut  avec 
vraisemblance   regarder    comme    sa 
biographie. — Lvcaste  était  origiuoi- 
rement  sa  capitale.  Son  royaume  élait 
borné  au  territoire  de  cette  ville  et  à 
quelques  annexes.   Sa   race   était  la 
race  dorienue  ou  helléui(juc.  Autour 
de  lui  se  trouvaient  deux  autres  races 
issues  de  même  souclie  ,   les  Achéens 
et  les  Pélasgues,  les  Achéens  qui  sont 
de  race  hellénique,  mais  qui  pourtant 
diffèrent  des  Doriens,  les  Pélasgues 
venus  de  plus  haut,  et  qui  dans  l'his- 
toire s  opposent  sans  cesse  à larace  do- 
rienne.Ces  trois  races  peu  amies, mais 
dont  la  dernière   venue  est  évidem- 
roent  la  race  dorienne  ,   s  opposent, 
rises  ensemble,    aux  Sidoniens  et 
aux  Elcocrèles  (\rais  Ciélois,  francs 
Cretois).  Peu  a  peu  la  race  dorique 
dirigée  par  Minos  prend  de  l'ascen- 
dant sur  les  deux  anircs  races  venues 


du  Pélopouèse.  Un  jour  arrive  où  le 

f)rote€leur   commun  se  fait  déclarer 
e  maître  :  les  Cretois  de  l'ancienne 
roche  résistent  peu  h  Ihabileté  guer- 
rière desDoriens,  alorsdansla  période 
des  conquêtes.  Le  chef  suprême  de  la 
confédération   achéo-pélasgo -dorique 
réunit  sous  ses   lois  la  belle  ile  aux 
cent  villes.  La  constitution    dorique 
alors  s'harmonise  avec  les  vieilles  cou- 
tumes j  et  Ion  s  habitue  a  refouler  ces 
lois  dans  les  âges  antiques  eu  les  at- 
tribuant a  Jupiter  ou  a  son  émanation 
directe,  le  vieux  Minos,   Adam  des 
ttéccrètes.    C'est    Sparte     surtout, 
la  cité    dorienne,   despote   et  guer- 
rière   par    excellence,   qui  accrédite 
ces  idées  et  qui  exalte  la  sagesse  du 
code  de  Minos  pour  croire  sur  parole 
à  la  perfection  des  lois  de  Lycurgue  j 
car  Minos  est  le  précurseur  de  Ly- 
curgue,  et  le  code  de  la  Crète,  le 
programme  du  code  de  Sparte.  Sou- 
verain incontestéde  l'îlcfertile,  indus- 
trieuse et  riche  eu  ports,  Minos  en- 
courage labatta^e  des  bois  de  llda. 
Aux  canots,  aux  frêles  pirogues  ,  suc- 
cèdent des  navires;  la  voile  seconde 
la  rame;   en  quitte  la  côie  pour  la 
pleine  mer.  Ce  ne  sont  plus  des  pê- 
clieurs,    avec  leurs  filets,    qui   vont 
guetter  des  mulets  et  des  trigles;  ce 
sont  des  guerriers  qui  vont ,  armés  de 
pied  en  cap,  chercher  fortune,  expor- 
ter, importer,    trafiquer,    jeter  des 
comptoirs  sur  tous    les  rivages,   et, 
quand  il  le  faut,  modifier  par  le  poids 
de  leurs  épées  les  oscillations  de   la 
balance  du  commerce.   Des  colonies 
alors   s'établissent.  La  Carie    qui   a 
semé  les  mers  de  corsaires,  voit   la 
piraterie  détruite;    on   accueille    les 
Cretois  tomme  Aç?,  bienfaiteurs.  La 
mer  Egée  applaudit  lautocrate  fidèle 
a  la   loi  des  nations;   les   Cyclades, 
etDélosplus  particulièrement,  la  Ly- 
cir ,  la  Carir,la  Mconici  la  Troade 


MIN 

recoIveQt  des  élablisscraenls  Cretois. 
Les  modernes  ajoutent  que  daus  ces 
colonies  l'iiabile  roi  de  Crète  déporte 
et  fond  des  pelotons  de  pirates,  que 
la  majorité  ciéloise  contient  et  sur- 
veille. Des  princes  du  même  sang  que 
lui,  deviennent  vice-rois  dans  tous 
cespavs.  Ici  peut-être  on  peut  douter. 
Plus  tard ,  il  veut  enfin  compter  aussi 
la  Sicile  au  nombre  dés  îles  qui  re- 
çoivent ses  lois.  L'établissement  ne 
rencontre  d'abord  aucun  obstacle. 
Bientôt  des  défiances  s'élèvent  j  et 
la  colonie  cré  toise  étoutFée  dès  son 
berceau  se  réduit  k  rien.  Minos  mou- 
rut sans  doute  peu  de  temps  après 
cette  tentative  malheureuse,  mais  en 
Crète,  mais  au  sein  de  sa  capitale 
nouvelle.  Ce  n  était  plus  Lvcaste,  c'é- 
tait Cnosse.îSous  allons  voir  aue  celle 
du  premier  Minos  avait  été  Cvdon. 
Minos  en  mourant  laissa  au  moins' 
trois  fils  :Andro2[ée.  l'aîné  d  entre  eux. 
était  mortj  mais  deux  fils,  Sibénèle 
et  Alcée,  lui  survivaient.  Catrée,  Deu- 
calion,  Cbrysès,  succédèrent  à  Minos 
et  se  partagèrent  ses  états.  Catrée 
passe  pour  le  successeur  véritable. 
Mort  sans  postérité ,  il  laissa  le  trône 
à  Deucalion  qui  lai-niêine  eut  deux 
fi's,  Idoménée  et  Môle,  leloménée  k  la 
suite  de  la  guerre  de  Troie  s'exila;  et 
c'est  Mérione,  fils  de  Môle,  qui  fut 
la  tige  de  la  dynastie  créloise  dans  les 
temps  postérieurs  KTr  oie. iS'ous  aurons 
complété  la  liste  des  noms  fameux  qui 
se  rattachent  a  Minos,  ijuand  nous 
aurons  dit  que  Sarpédon  et  Rliada- 
manthe  passent  daus  la  mythologie 
pour  ses  frères,  et  que  c'est  à  eux 
qu'il  confia  les  !:,'ouvernements  de  la 
Lycie  et  de  Rhodes. — Rétrogadonsk 
présent  et  dessinons  ce  qu'on  appelle 
MinosL  11  eut  pour  père  Jupiter,  pour 
mère  la  belle  Europe.  D'autres  le  font 
n;*ître  d'Aslérius  ou  Astérion.  Enfin  on 
ci  idefllifi»  Jupiter  çl  A^tévJuç  et  ot^ 


AlIN 


loi 


en  a  fait  un  roi  de  Crète.  Nous  admet- 
trions cette  identité  que  nous  ne  croi- 
rions pas  k  l'existence  d'un  roiZévs 
Astériôn.  Qu'est-ce  qu'Ouranos ,  cet 
aïeul  de  Zévs?  Astraeos,  les  Astres 
mêmes  personnifiés.  Et  le  patrony- 
mique à'Jstéres,  c'est  Astériôn.  Le 
Zévs  des  Grecs  est  Kronîôn ,  est  Ou- 
raniôn,  est  Astériôn.  Vingt  autres 
voies  nous  amèneraient  k  ce  résul- 
tat. Les  marbres  d'Arondel  lui  assi- 
gnent pour  capitale  Apollouie ,  de- 
puis Cvdon.  Du  reste,  sous  mille 
rapports,  on  le  confond  avec  son  il- 
lustre homonyme  le  thalassocrale. 
Ainsi  on  donne  po»r  frères,  au  vain- 
queur des  Athéniens,  Sarpédon  et 
Khadamante.  Nous  crovons  que  c'est 
k  Minos  I  qu'appartiennent  les  deux 
paièdre-s.  On  voit  parfois  Crète  rem- 
placer Pa-sipliaé  dans  la  couche  du 
conquérant*  nous  croyons  que  Crète 
fut  une  femme  de  Minos  I  (car  par- 
tout la  terre  est  l'épouse  de  î  homme 
primitif;,  ce  qui  n'empêche  pas  qu'il 
ait  aussi  pour  femme  ïtone.  En  re- 
Tauche  on  donne  a  Minos  II  Cnosse 
pour  capitale;  Ariadne  est  sa  fille, 
idoménée  son  pelit-fils.  Ces  confu- 
sions ne  sont  plus  des  énigmes  pour 
nous.  —  A  présent  arrivons  au  trait 
important  :  la  civilisation-législation. 
Est-ce  (pie  la  période  représentée  pair 
Minos  eut  une  civili>ation?  Oui.  Eul- 
el'e  une  ]éi;isîalion?  jXon;  elle  eut 
des  coutumes  j  c'est  tout.  Mais  na- 
turellement les  Doriens  rattachèrent 
leurs  institutions  aux  usages  depuis 
long-temps  reçus  j  et  naturellement 
les  indigènes,  les  Etéocrètcs,  admi- 
rent cette  explication  consolante  pour 
des  vaincus.  Au  reste  ,  comme  dans 
toutes  les  ravthologies,  leur  loi  est  une 
révélation.  Tous  les  neuf  ans  Minos 
se  rend  dans  une  «irotte  sacrée     et  v 

o  » 

confère  avec  Jupiter  (nous  sommes  au 
fftit  de  ÇÇ5  grollçs:  ^cj',  J^Jithpa, 


I02 


MIN 


DiOîîYSE,  etc.)-  De  la  lépillièle 
d'Ennéùros.  Quehiues  traditions  di- 
saient que  celte  épithète  indique 
seulement  un  règne  de  neuf  ans.  II  est 
possible  que  cette  explicalion  posât 
sur  des  données  antiquesj  mais  a  coup 
.sur  elle  était  combinée  avec  l'autre. 
Minos,  à  ce  que  Ton  voit  par  la,  était 
paifaitement  avec  Jupiter.  11  limita 
dans  ses  amours  ,  et  il  aima  pltis  que 
déraison,  les  uns  disent  Milet  son  fils, 
lesaulresAtvranc.  Ces  deux  noinsdoi- 
vent  selocaliser  dans  d'au tresépuques. 
Ou  lui  donne  aussi  pour  fille  Acalle  ou 
Acacallis.  Encore  une  confusion  avec 
rhistoire  de  Minos  II!  Minos  en  mou- 
rant laissa  le  trône  a  Ljcaste  qu'il 
avait  eu  dltone,  sa  femme  (Itoiia,  la 
même  peut-être  qulla,  rappelle  l'Ida, 
et  par  suite  Crété,  la  Crète  mén-e  qui 
peut  s'individualiser  par  son  mont 
principal). — On  a  gravement  assuré 
que  les  Cretois  élevèrent  a  leur  vieux 
souverain  un  tombeau  sur  lequel  se 
lisaiten  toutes  lettres,  MivaoçTcZ  Siog 

TC4pO?,   TOMBE  vu    DE    Ml>OS   FILS  UE 

Jupiter.  Malheureusement  le  temps 
enleva  les  deux  premières  lettres  de 
Tiiiscription ,   et  il  ne  resta  que  Aïoç 

TUÇoç,  TOMBEAU  DE  JuPlTER,  CI  GlT 

Jupiter.  Les  Cretois  dirent  partout 
que  Jupiter  avait  été  leur  premier  roi, 
qu'il  était  enterré  chez  eux,  qu'ils 
avaient  encore  son  tombeau,  que  les 
monuments  font  foi,  etc.,  etc.;  et 
les  rhéteurs  dissertèrent  pour  et 
contre.  Pour  nous ,  jusqu'à  ce  que 
nous  ayons  vu  le  tombeau  ,  ou  que 
nous  lisions  chez  quelque  auteur  un 
peu  moins  aisé  h  surprendre  que  les 
Tite-Live,  les  Calliraa(|ue  et  les  De- 
nvs  d'Halicariîasse  qu'il  a  vu  le  tom- 
beau, qu'il  en  a  constaté  l'âge,  qu'il 
a  vérifié  raulbenlicité  ,  la  contempo- 
ranéité  de  l'inscription  ,  nous  [.ren- 
drons la  liberté  de  douter  du  monu- 
ineat,  Eusuilç  nQU§  demanderions  c» 


MIN 

que   signifient  les  mots  dont  voici  le 

sens:  Ci-gît de  Zt'vs  :  qui 

ou  quoi?  un  homme  ou  une  chose .^ 
le  corps,  ou  les  entrailles,  ou  le 
cœur.^  parent  uu  fils  de  Zévs?  ami 
ou  antagoniste  de  Zévs?  Enfin,  y 
eùt-il  une  affirmation  nette  et  claire 
dans  ces  fragments  mutilés,  il  reste- 
rait a  dire  que  les  Cretois  (selon 
les  anciens)  étaient  les  Gascons  de  la 
Grèce. 

MINOTAURE.  Foy.  Mmos. 
MINTHI,  M/v^/?,  fut  la  concubine 
de  Plulon  avant  que  ce  dieu  ravîlPro- 
serpine.  Irritée  de  la  préférence  don- 
oée  ala  fille  de  Cérès,  elle  ose  linjurier 
et  se  préférer  à  elle  pour  la  naissance 
ainsi  que  pour  la  beauté.  Elle  fut  mé- 
tamorphosée en   menthe  (parCérès? 
Appien,  HaL,  III,  484  et  suiv.  ;  ou 
par  Proserpiiic?  Ov.,  Métam..  X, 
728).  Minlhi  est  qualifiée  de  nymphe 
du  Cocvte.  C'est  tout  simplement  le 
Cocyte  lui-même,    c'est- à-dire  le 
«ombre  empire,  l'Amentbi,  Menti/ 
ou  Émcnt  personnifié.  Dans  les  per~ 
sonnificatiousde  ce  genre,  l'habitant 
est  censé  dieu  mâle  ,  le  lieu  est  fe- 
melle. Ainsi  le  Ciel  est  Tpé  ,  TEgvpte 
Isis,   l'Espace  îieith  ou  Saté,  Mi- 
nerve oa  Junon.  Et  l'on  sait  ce  que 
veut  dire  en  laliu  loca.   Quant  à  la 
transform:ition    de     la    nymphe    en 
menthe,  c'est  en  grande  partie  une 
paroMomasie,  résultat  du  hasard;  et 
les  Grecs  n*ont  pas  manqué  de  remar- 
quer une  ressemblance  entre  l'hum- 
ble ti;ie  foulée  aux  pieds  {7raT-/:6i1a-oLi 
non  ciTTxrtjh.iTXv ,  comme  on  lit  dans 
Strab.on;  /^(O/t  Apollodore  de  Da- 
cier,  II,    65J  et  la  maitresse  de  la 
veille  écrasée  par  l'éponse  du  lende- 
main. —  Toutefois  il  faut  noter  que 
la  mauve,  avec  laquelle  se  confon- 
dait la  menthe,  figurait  justement,  à 
cause  de  son  extrême  mollesse,  parmi 
Içj  plante?  fuuèbrç?  (f^c/.  Apq^ïs}. 


MIR 

MIISUÏIUS,  dieu  romain  invo- 
qué pour  les  minuties,  avait  à  Rome 
un  sacellum  près  de  la  porte Minutia. 

MIPHLESETH,  dieu-pballe, 
Priape  ou  Mithra  selon  les  uns  , 
Hécate  selon  les  autres,  fut  honoré 
•n  Judée  par  l'aïeule  d'Asa.  Parvenu 
aa  trône,  Asa  en  fit  réduire  Viraage 
en  cendres.  {Rois,  III,  xv ,  lôjet 
Paralip. ,  II,  xv,  1 6).  C'était  peut- 
être  une  divinité  parèdre  de  Baal- 
Péor?  [V .  ce  nom).  Les  textes  saiuls 
p  jrtent  aussi  ISiphla  :  nous  incline- 
rions a  croire  que  c'est  plutôt  Miplila 
qu'il  faut  lire.  JMiphléseth  serait  un 
mot  composé  ou  une  forme  dialectique 
(peut-être  nuance  féminine  :  on  sait 
que  Paies,  Pallas  et  autres  déesses 
n'en  ont  pas  moins  le  caractère  viril^. 
La  syllabe  jla  rappelle  le  pballe. 
Les  peuples  du  ^ord  regardaient 
Mipbléseth  comme  le  dieu  de  la 
terreur. 

MIROKOU,autrementrOTTÉE, 
un  des  quatre  diei;x  de  la  ricliesse  et 
du  bonheur,  dans  le  siuloVsme  japo- 
nais, est  représenté  avec  un  ventre 
énorme.  Ce  sont  surtout  les  mar- 
chands qui  l'invoquent  :  outre  la  ri- 
chesse, assure-t-on,  ils  lui  demandent 
de  la  sauté  et  des  enfants  (Ksempfer, 
Bescli.  von  Japariy  I,  277). 

MlilïEE  (  communément ,  mais 
a  tort,  Myrtle  ,  en  latiu  Myrtl's, 
en  grec  '^Iv^roîtoç) ,  vingt -troisième 
dynaste  de  la  liste  d'Èratnslhène , 
suit  le  roi  oula  reineTS'itocris,  et  pré- 
cède Thysimare.  On  traduit  son  nom 
par  don  cVAmmon;  effectivement 
Mai,  Ml,  Ma,   en  égyptien,  indi- 

Suent  liflée  de  don  5  mais  il  est  assez 
ifficile  de  deviner  quelle  portion  du 
mot  Mirtée  ou  Myrtée,  signifie 
Ammou.  Du  reste  on  peut,  en  atten- 
dant mieux,  rapprocher  ce  nom  des 
suivants.  Mares  '^neuvième  dyuaste), 
Maris  (trente -quatrième),  Meuros 


MIS 


io3 


(vingt-huitième), Thyosimarès  (vingt- 
quatrième)  e  I  Moschéri  (dix-septième). 
Peut-être  en  les  confrontant,  en  U$ 
contrôlant  les  uns  par  les  autres, 
approchera-t-on  de  leur  orthographe 
véritable.  Comme  tous  les  dynastes 
du  latercule ,  Mirlée  ne  fut  sans 
doute  qu'un  Decan  rangé  au  nombre 
des  rois  et  des  êtres  humains.  Admis 
ce  point  de  vue,  ce  serait  Sesmél, 
(Tepiseuth  de  Firmicus)  ou  Chous,  ou 
Slochénè,  ou  PliaU  (/^oj-esDÉCANs 
et  la  table  de  concordance). Dupiiis  re- 
marque que  la  constellation  du  Cocher 
(Myrtile^  suivant  les  légendes  vul- 
gaires), se  couche  aprè.s  Cassiopée  et 
se  lève  après  Airmon,  autrement  le 
Bélier  jet,  comme  selon  lui  la  INito- 
cris  du  latercule  a  de  grands  rapports 
avec  Cassiopée,  il  trouve  dans  cette 
suite  d'apparitions  sidériques  la  raison 
et  du  nom  de  Myrtée  et  de  l'ordre  dans 
lequel  nous  apparaissent  INitocris  et 
Mirlée  (Myriiîe).  qualifié  de  don 
d' Ammou  ou  fils  d'Amoun  (  Ori^r, 
des  Cultes ,  éd.  Aug. ,  1 8  2  2 ,  t.  vit  , 
p.  75).  ^ 

MlSEE,'M<5-ci/;e,mèredcBacchus, 
selon  les  Orphiques  est  une  Maïa  ou 
Bhavani  supérieure  a  Sivalul-mème  : 
c'est  Mabéchaférainisé.^  ierse.Mère, 
Reine  ,  Androgyue,  et  partout  répan- 
due, voi'a  ses  traits  principaux.  Les 
vers  orphiques  qui  exaltent  sa  gloire, 
reviennent  adiré  :  «c'citlalune,  c'est 
la  terre ,  c'est  la  nature  ,  c'est  Cvbèle, 
c'est  \énus,  c'est  Cérès,  c'est  Isis». 
Et  en  effet  voyez  quel  rapport  de  son 
entre  Misée  et  Maha-Isi  fia  grande 
Isis)  ou  Mais;  (Lis  mère).  Isis  rappelle 
tant  par  le  nom  que  par  l'idée,  Icani. 
On  peut  aussi  songer  a  la  Mvsie. 

MISEjNE  ,  MiSENUS ,  trompette 
de  l'armée  d'Enée ,  défia  un  jour  les 
dieux  de  la  mer  de  l'égaler  en  talent 
musical.  Triton,  qui  soune  de  la. 
conque  devant  le  char  de  N'^ptUDC, 


i"4 


>II'J 


répondil  ii  la  bravade  dt^Misèoe,  en 
venaut  le  saisir  et  en  le  noyant  sous 
les  flots.  Enée  lui  éleva  un  tombean 
ei  donna  son  nom  au  cap  Misènc 
Virgile  qualiOe  Misène  de  phare 
d'Éole. 

MISÈRE  (la),  .Erlmna,  dans  le 
«eus  d'Angoisse,  était  la  fille  de  TÉ- 
rèbe  et  de  la  INnit. 

MISÉRICORDE.  Foy.   Pitil. 

MISMA,  Mo^^jj,  mère  du  Cad- 
mile-Gigou  Ascalabe  (Ant.  Liberalis, 
Ulélani. ,  c.  24  j.  Creuzer  soupçonne 
avec  raison  que  le  nom  est  corrompu 
{Syinb.  a.  Myth.^w^  467).  On  a  vu 
(art.  Ascalabe)  que  Taveal  ire  de 
cet  éplièbe- moqueur  est  attribuée 
dans  Ovide ,  a  un  Abas ,  fils  de  l'alhé- 
nienne  Méganire.  Méganire  elMisma 
au  iond  ne  sont  qu'une.  Elles  sont 
rAxiocerse  femelle  d'une  tétrn<ie  ca- 
biroïdique^  où  Céres-Proscrpiue  e>t 
1  Axiéros. 

MÎSOR,  dieu  syriaque»  filsdcMvn 
(ou  Amj'n),  fui  père  de  Taaut.  11  est 
uisé  de  déiuèler  dans  tous  ces  noms, 
tantôt  des  dieux,  tantôt  de  simplets 
cpilhètcs  e'gypllenues  et  hindoues, 
Mahécoura  (le  grand  Acoura)  Mahé- 
cha,  Amoun  et  Totli.  Rien  de  si  natu- 
rel que  Tidenlification  d'un  dieu  su- 
prême, espèce  d'Amoun  de  la  Syrie, 
de  mage  modèle,  Mag;  et  rien  de  plus 
aisé  à  comprendre  qiie  le  nom  de  Mi- 
sor,  si  c'est  l'analogue  de  Mahécoura. 
Le  deuxième  démiurjje  d'Eiivnle  de- 
Vient  souvent  fatal ,  \\  s'émane  en  Sovk 
aMemphis,  eu  Dédale  dans  Athènes , 
eu  '1  dchine  k  Rhodes  et  dans  le  Pélo- 
ponèse.  Il  c^l  possible  aussi  que  Misor 
ne  soit  qu  une  épltiiète. — Comp.  Ma- 

UÉCQA  ou  MlQliCUAÇOURA,    dout   le 

nom  est  devenu  celui  d'un  état,  le 
Maïssour,  Mysore  d.s  Anglais. 

MITG  est  chez  les  Kâmtchadalcs 
la  mer  personniliée.  Dieu  puissant, 
ttaw  égoïste,  Aljtg  envwic  les  pois- 


MIT 

sûDS,  ses  agiles  et  tremblants  esclavei, 
lui  chercher  dans  la  profondeur  do 
l'abîme,  du  bois  propre  h  la  construc- 
tion de  ses  canots.  On  le  représente 
lui-même  sous  la  forme  d'un  poisson 
(loi  pensez  aux  Addirdaga,  Dago.v, 
OA>Nh:s  (  t  \  icunou-Matsia). 

MITHODIS,  dieu  cimbre,  faisait 
partie  d  une  Trinité  de  dieux  subal- 
ternes, analogue  peut-être  à  celle  des 
trois  Démiurges  de  PEgvpte.  Peut- 
être  aussi  cette  Trinité  ne  résulte-t- 
cUe  que  d'un  dédoublement,  comme 
les  Furies,  les  Gorgones,  les  Cj- 
clopes.  Et  justement  l'Edda  nou» 
présente  un  puissant  magicien,  Mi- 
thotln  qui  s'est  sans  doute  scindé  en 
parèdres  et  en  ministranls,  comme 
en  Grèee  Hépheste  s'est  émané  en 
trois  Cvclopes  principaux,  Argès , 
Brontcs  et  Slérope. 

MlTHOTHirs,  magicien  modèle 
selon  !a  mvlhologie  Scandinave,  ^'em- 
para  du  trône  d'Odin,  absent  à  la 
suite  des  iuhdélilés  de  Frigga,  et  en- 
treprit de  se  faire  dieu.  Au  bout  de 
dix  ans,  Odin  cessa  de  gémir  sur  la 
légèreté  de  sou  épouse,  revint  au 
ciel  et  força  Milhothin  et  ses  adhé- 
rents a  céder  la  place  aux  Ases.  Ce 
mythe  rappelle  celui  de  la  Gigan- 
lomachie. 

MlTIIRA,MrrHRAS,  M/^p«?,  dieu 
jiarsi ,  célèbre  non-seulement  dans  la 
région  médo-p*-'saue,  sa  patrie,  mais 
encore  dans  l'Asie  occidentale  entière, 
dans  lEgvpte,  dans  la  Grèce,  dans 
ITtalie  ,  dans  tous  les  lieux  que  sou- 
mirent les  armes  romaines,  a  été  dans 
les  temps  modernes  une  des  énigmes 
les  plus  désespérantes  pour  les  savants. 
Deux  causes  y  ont  concouru  :  1°  Télal 
de  mystère  auquel  s'offre  la  religion 
milhriaque  dans  l'octident;  2°  le 
vague  avec  lequel  le  Zend-Avesla 
énonce  le  nom  de  Milhra.  Parlons 
d^  cç  que  Milhra  offre  çu  premier 


MIT 

lieu  de  plus  saisissalde  ,  sou  culte 
dans  l'occideul.  D'abord  se  pré- 
sentent des  mouumenls  en  grand 
nombre.  Les  plus  remarquables  sont 
le  bas-relief  de  Ladeuburg,  trans- 
porté dans  le  cabinet  de  l'électeur  à 
Manbeira  ;  celui  de  la  villa  Albani 
(planche  XXVI,  i3i,  dans  Guiguiaut, 
trad.  delà  Sytnb.  de  Creuzer);  ce- 
lui de  Felb.Tch ,  décrit  par  Satler 
{Hcst.  de  PVûrltnberg,  pag.  i55, 
192  ,  etc.);  enfin  le  monument  aux 
douze  tableaux,  successivement  décrit 
par  Hormayr  (G.  von  Tyroi)^  Gio- 
vauelli  (  Ltltert  ]  ,  de  Hammer 
[H'ien.  lit.  ZeïLschr.^  18 16,  p. 
I465,  etc.),  de  Pallbausen  (7b- 
pog.  romano  -  celt.  ) ,  enfiu  par 
Seel  [Mitkragtlicimnissty  1825, 
p.  496-557  ).  Il  faut  y  joindre  deux 
autres bas-re!iels  trouvés  a  Mauls  en 
Tyrol  et  à  Stix-^eusiedel  (ce  dernier 
en  I  3 1 6  ),  et  une  pierre  gravée  don- 
née par  M.  de  Hammer.  L'iilée  es- 
sentielle de  la  scène  représentée  par 
les  sculpteurs,  c'est  le  meurtre  d  un 
taureau  que  Ton  peut  comparer  au 
vaste  Aboudad^  contenant  le  germe 
des  êtres,  par  un  adolescent  en  bon- 
net phrygien.  La  scène  se  passe  dans 
une  grotte  sous  la  vuùte  qui  en  forme 
l'entrée.  Le  jeune  assassin  est  négli- 
gemment posé  sur  le  dos  du  puissant 
mammifère  ,  comme  sur  un  divan  ou 
sur  de  moelleux  tapis.  Sa  main  plon- 
ge nn  cimeterre  persan  dans  la  gorge 
de  sa  victime,  la  lame  aiguë  est  pres- 
que tout  entière  cachée  dans  les  mus- 
cles du  taureau  qui  lève  la  tète  ,  et 
semble  pousser  un  mugissement  plain- 
tiFj  des  gouttes  de  sang  bouillonnent 
CD  légère  écume  autour  de  la  garde 
du  glaive.  Le  taureau  est  à  demi 
couché  et  plie  les  genoux  j  un  chien  , 
un  serpent,  un  scorpion,  une  four- 
mi, s  acharnent  autour  des  parties 
gçMitalçs  dii  wouxaat.^  ^  ces  traits 


MIT 


ioj 


principaux  se  joignent,  dans  quel- 
ques monuments,  de  nombreux  ac- 
cessoires. Un  personnage  tient  la 
queue  du  taureau ,  et  se  trouve  sur 
le  même  plan  que  Mitbra;  dans  sa  main 
est  le  bâton,  objet  d'un  vers  sacré 
dans  les  mystères.  In  lion  et  un  oi- 
seau se  tiennent  auprès  du  céleste  sa- 
crificateur. Les  bas-reliefs  de  Laden- 
buig  et  de  Felbacb  présentent  au- 
dessous  de  ce  sacrifice  principal,  et 
sur  un  second  plan ,  un  sacrifice  ter- 
restre: ou  voit  le  bàlon  du  pasteur 
levé,  le  glaive  tiré,  la  palèrepenchée, 
le  ciiieu  fixant  les  veux  sur  le  taureau, 
le  serpent  plongeant  dans  le  vase 
mystique.  Le  bas -relief  aux  douze 
tableaux ,  remarquable  par  la  ri- 
chesse des  accessoires,  offre  deux  ban- 
des latérales  divisées  chacune  en  six 
co:riparliraenls,  dont  quatre  présen- 
tent le  bélier  et  le  taureau,  le  lion 
el  le  scorpion.  I!  n'est  personne  qui  k 
cette  vue  ne  songe  au  zodiaque.  En- 
fin^ dans  un  de  ces  monuments,  le 
jeune  homme  a  des  ai'es  ;  a  ses  côtés 
se  voient  un  dieu  qui  élève  un  flam- 
beau et  un  dieu  qui  a  le  flambeau 
baissé.  Ailleurs,  c'est  un  être  aux 
formes  et  aux  gestes  priapiques,  qui 
darde  des  flots  de  semence  sur  le 
taureau.  Enfin  arrivent  les  foudres, 
les  triples  étoilts,  les  vans  stimula- 
teurs, Ijs  arbres  semblables  au  pal- 
mier de  Hora  el  au  pin  d'Atys ,  des 
êtres  mythiques  entortillés  de  ser- 
pents, le  char  solaire  à  quatre  che- 
vaux, les  autels  où  briiîe  un  feu  éter- 
nel. Le  bas-relief  de  Slix-Keusiedel 
paraitavoirélépeintde  troiscouleurs, 
bleu,  rouo;e  et  blauc.  Tous  ces  acces- 
soires  sans  doute  ne  datent  pas  de  la. 
même  époque,  et  ne  peuvent  préten- 
dre à  la  même  autorité.  Toutefois  il 
est  clair  que  sous  ces  broderies  dif- 
férentes persiste  un  même  fond  d  i- 
dcçs,   sacrjficc   du  l^iiireAU.  Ce  «a-. 


io6 


MIT 


crifice  est  cosmogoulque  et  solaire. 
Un  dieu  jeune  ,  beau  ,  brillant ,  ro- 
buste, égorge  la  victime.  Ce  jeune 
boinme  u'est  autre  que  le  soKil  :  il 
tue  l'année  ancienne  pour  ramener  la 
nouvelle  •  d'un  glaive  d'or  il  perce  le 
sein  de  la  terre,  féconde  femelle  du 
taureau  •  il  laboure  profondément  des 
flancs  stériles  pour  y  jeter  à  flots  les 
germes  reproducteurs.  Ces  actes  de 
la  puissance  solaire  ont  leur  type  dans 
les  phénomènes  du  monde  entier. 
Partout,  c'est  la  destruction  qui  don- 
ne naissance  a  de  nouveaux  êtres.  La 
mort  est  la  condition  de  la  vie.  Le 
gazon  et  les  fleurs  ne  tapissent  que 
des  cimetières.  Quant  aux  principaux 
cntours,  on  voit  d'abord  dans  le  cliien, 
le  scorpion  et  la  fourmi,  détestés  de 
Zoroaslre.  lidée  d'abrimauisme.  Il 
n'est  pas  sur  que  le  serpent  ait  le  mê- 
me sens,  du  moins  sur  toutes  les  pier- 
res milhriaques.  Les  deux  flambeaux 
parleur  position  inverse  indiquent , 
l'un  Tannée  qui  finit,  l'autre  l'année 
qui  va  naître.  La  grotte  connue  déjà 
par  tant  de  légendes  indique  biver  et 
ténèbres,  vie  latente  et  utérine.  C'est 
rioni ,  et,  dans  un  sens  moins  haut, 
c'est  l'asile  secret  d'où  l'on  va  s'é- 
lancer a  de  hautes  destinées.  Achille 
à  Scyros.  Haroéri  aRouto,  ont  là 
aussi  leur  grotte  mystique,  froide, 
opaque,  aqueuse,  et  où  ils  ne  vivent 
que  d'une  vie  préparatoire.  La  fou- 
dre,  le  van,  les  étoiles,  n'ont  rien 
qui  doive  nous  embarrasser.  Ou  le 
jeune  dieu-soleil  se  sublime,  et  devient 
le  darde -tonnerre,  le  stimulateur, 
l'étoile  monade  en  qui  se  résument 
les  étoiles  j  ou  bien  il  est  sous  la  pro- 
tection de  tous  ces  êtres  divins,  et 
leur  sert  de  Cadmile.  Il  reste  un  fait 
important,  c'est  cette  espèce  de  dicu- 
pàtre  armé  du  bâton,  et  qui  s'orrupe 
a  lever  la  queue  du  taureau.  Nous 
crojo.m  îivcc  Crçuzcr  que  c'est  h 


MIT 

lune,  la  lune  androgyne  ou  mâle,  qui 
tantôt  était  censée  ne  recevoir  la  se- 
mence du  soleil  que  pour  la  rendre  h 
la  terre,  tantôt  passait  pour  un  dieu 
fécondant  [J^'oy.  LrNUs).  Au  reste 
l'idée  de  pasteur  et  de  nourricier- 
producteur  sellaient.  A  présent  quel 
est  le  nom  du  jeune  dieu-soleil  qui 
tue  le  taureau?  Le  monument  de  la 
villa  Piorghèse  porte  en  toutes  let- 
tres :  INama  Sebesio  deo  soli  in- 
viCTo  MiTHRiE.  Tous  les  doutes  sont 
donc  levés,  et  nous  voilà  certains  que 
le  jeune  dieu  s'appelle  Mithra.  Quant 
à  Sebesio,  ce  nom  rappelle,  il  est 
vrai,  le  Sabos  ou  Sabazios  des  Thra- 
ces  5  mais  nous  n'en  concluons  pas 
que  c'est  le  nom  du  bouvier  parèdre, 
et  moins  encore  qu'il  veuille  dire  la 
lune.  jNous  nous  sommes  expliqués 
ailleurs  sur  le  sens  des  deux  mois  que 
nous  traduisons  par  «Gloire  à  Sivaî  » 
Siva  et  Sabos,  Sabos  et  P)acchus  se 
tiennent  de  près;  ils  tiennent  aussi  de 
très-près  au  soleil,  soit  comme  in- 
vincible, soit  comme  roi  des  mondes, 
soit  comme  s'élancant  de  la  grotte 
montagne  Mérou-Ioni,  soit  comme 
rapide  immolateur.  Nous  ne  vovons 
pas  qu'il  tienne  ainsi  à  la  lune.  Sans 
donc  prononcer  encore  que  Siva, 
Mithra  et  Bacchus  ne  font  qu'un, 
nous  admettons  un  rapport  entre  eux, 
surtout  lorsque  nous  remarquons  la 
posture  et  la  pV  vsionomie  de  Siva  sur 
son  taureau  Nandi.  —  hcs  mystères 
de  Mithra  se  composaient  sans  doute 
de  dogmes  et  d'épreuves.  Celles-ci 
étaient  d'abord  légères ,  puis  violen- 
tes et  presque  insupportables  •  c'était 
la  natation,  la  prison,  une  continence 
rigoureuse,  de  longs  jeûnes,  des  fla- 
gcflations  cruelles,  enfin  des  tourments 
de  plus  d'un  genre,  et  qui  souvent 
menaient  la  vie  des  aspirants  en  pé- 
ril. Les  épreuves  duraient  de  quarante- 
cinq    ou   cinquante  à   quatre-ringtâ 


MIT 

jours.  Les  récipiendaires  étaient  en- 
suite baptisés.  Un  autre  jour  on  im- 
primait sur  leur  front  un  sceau  qui 
les  consacrait  au  bon  principe j  ce 
sceau  &ans  doute  n'était  qu'une  onc- 
tion avec  de  l'huile  et  une  pâle  lé 
gère.  Plus  tard,  venait  Toiffrande  du 
pain  et  du  vin  5  des  paroles  mysté- 
rieuses accompagnaient  cette  cérémo- 
nie. Enfin  on  mettait  sur  la  tète  du 
néophyte  une  couronne,  et  il  la  reje- 
tait par  dessus  l'épaule,  en  disant; 
«C'est  Mitbraqui  est  ma  couronne». 
Il  gardait  l'épée  qu'on  lui  offrait  en 
même  temps,  et  soudain  il  était  dé- 
claré soldat  de  Milbra,  et  saluait  tous 
les  assistants  du  nom  de  frères  d'ar- 
mes ou  syslratiotes  (  a-o<rrçxriù;Tut  , 
commilitones).  La  confrérie  mi- 
thriaque  était  divisée  en  sept  grandes 
catégories  ,  et  par  conséquent  recon- 
naissait sept  grades  distincts.  C'est  la 
cette  mystique  échelle  aux  sept  éche- 
lons qui  a  joué  un  sigraudrôle  dans  tout 
l'orient,  et  par  suite  dans  l'occident, 
depuis  la  période  alexaudrine.  Les 
adeptes  du  grade  inférieur  se  nom- 
maient soldats*  ceux  ou  celles  du  se- 
cond s'appelaient  lions  s'ils  étaient 
bommes,  hyènes  si  elles  étaient  fem- 
mes 5  ensuite  venaient  au  troisième 
rang  les  corbeaux  (Coraces,  kÔçuk-s)^ 
an  quatrième  les  Perses,  au  cinquième 
les  Bromes  [Bromii .  Bpcuoi),  au 
sixième  les  Hélis  ou  soleils  (^e/iï, 
iixtoi)  y  au  septième  les  Pères  [Pa- 
tres). De  laies  noms  de  Léontiques, 
Coraciqnes  (ou Hiérocoraciques) ,  Per- 
•iques,  Bromiques,  Héliaques  et  Pa- 
Iriques  pour  désisfner  tantôt  les  gra- 
des, tantôt  les  solennités  reli<rieuses 
ou  les  mitiatious  a  tel  ou  tel  degré  du 
milhriasme.  A  la  tête  de  toute  la 
hiérarchie  était  le  père  des  pères, 
grand  pontife  du  culte  secret  de  Mi- 
thra.  Chaque  classe  d'initiés  était 
dislin^uçe  par  un  CQStumç  qui  proba- 


MIT 


107 


blement  reproduisait ,  soit  par  l'atti- 
tude, soit  par  l'habillement  ou  un  mas- 
que, l'animal  auquel  était  emprunté 
le  nom  du  grade.  1!  est  question  de 
griffon ,  d'aigle  ,  d'épervier  ;  il  serait 
a>)Sez  difficile  de  dire  a  qui  ces  noms  ap- 
partiennent.Toutefois,  BOUS  croirions 
facilement  que  les  griffons  étaient  le 
cinquième  grade  (plus bas  on  va  voir 
pourquoi),  les  aigles  le  sixième,  et  les 
éperviers  le  septième  ou    les  pères. 
Il  ne  nous  manque  donc  d'espèce  ani- 
male que  pour  le  quatrième   grade , 
c'est  peut-être  le  taureau.  jXotonsici 
que  l'aigle  était  confondu  avec  l'éper- 
vier,  ce  qui  réduit  deux  grades  a  un 
seul  représentant  volatile  5  et  d'autre 
part  que  le  chef  suprême  n'a  pas  k  lui 
en  propre  un  adéquate  mystique  par- 
mi les  animaux  supérieurs.  Au  reste, 
ce  dernier  fait  n  est  pas  étonnant. 
Ici  rappelois  les  noms  des  quatre  oi- 
seaux sacrés  parsis  .   Eoroch ,  Hou- 
frachmodad,.  Eorochasp  ,   Achtren- 
gad.   L'Eoroch  ,   épervier  seloa  De 
Hammer,  a  pu  être  le  représentant  des 
Pères.    L'Houfrachmodad  Simourgb 
du  même  orientaliste  aurait  alors  re- 
présenté les  Hélis  (.soleils-prophètes;. 
L'Achtrengad  dans  le  nom  duquel  en- 
tre  certainement   l'idée    d'astre ,    et 
qui  sans  doute  est  quelque  gallinacé 
au  brillant  plumage,  l'oiseau-lyre  par 
exemple  ,  aurait  été  le  Brome  5   car 
dans  l'opinion  de  l'antiquité  les  astres 
sont  moins  que  le  soleil:  les  étoiles 
sont  donc   d'un  cran  au-dessous  des 
soleils.  Quant  à  l'Eorochasp,  ce  se- 
rait le  griffon  :   car  asp  veut    dira 
cheval,    et  nous   reconnaissons  déjà 
l'Eoroch  pour  l'épervier.  Quelle  était 
l'autorité  du  père   suprême  sur   tous 
ses  fils?  Une  autorité  despotique;  et 
probablement     sa    prétention     était 
d'offrir   en  lui   sous  les   traits  d'un 
homme    un    dieu  incarné,     Milhra 
lui  -  paçme    se    perpétuant    eu    une 


loH  MIT  Mil 

iuccession  nouiuleiroinpue  d"Éoiocli  bulisalion  bidcilque,  il  faudrait  re- 
ou  d'Iioinmes  sur  celle  terre  qu'il  connaître  dans  celte  échelle  une 
échaiiiïe  de  ses  rayons,  qu'il  e'daire  image  physique  -du  cercle  que  doi- 
dc  sa  lumière,  quil  ameublit  de  son  vent  parcourir  les  âmes  de  plus  eu 
glaive  d'or,  qu'il  féconde  de  st-s  efllu-  plus  épurées  el  sublimées,  pour  arri- 
ves étbérés  ,  qu'il  vivifie  de  son  ver  h  la  béatitude  et  se  réabsorber 
amour.  On  appelait  Pater  Palralus,  dans  l'être.  C'est  ici  le  cas  de  se  rap- 
l'inilié  auquel  avait  été  conféré  le  pebr  les  sept  Cabires  de  la  Phénicie 
plus  haut  grade.  —  Les  offrandes  et  et  le  huitième  qui  est  tout,  Esmoun. 
les  sacrifices  différaient  selon  les  de-  — L'idée  de  Milhra  semble  avoir 
grés  d'iniliaiion  el  selon  les  jours,  commencé  a  faire  irruption  dans  l'A- 
L'eau  était  bannie  des  Léouliques;  sie-Mineure  vers  le  6^  siècle  avant 
dans  les  Persiques  on  offrait  du  miel  J.-C,  et  quand  les  conquêtes  de  Da- 
à  Mitlira.  Près  d'Alexandrie  et  a  rius  eurent  popularisée  la  puissance 
Rome  on  immolait  des  victimes  hu-  persane  au  delà  de  la  haute  Asie.  Les 
maines.  Adrien  prohiba  ces  horribles  troubles  qui  eurent  lieu  dans  la  mo- 
sacrifices,  mais  ils  continuèrent  ;  et  narchie  persane,  l'expédillon  du  jeune 
Commode,  dit-on,  immola  de  sa  main  Cvrus,  les  soulèvements  de  l'Egypte, 
un  homme  a  Mitlira.  Le  24  avril  Alexandre,  la  guerre  qui  suivit  sa 
était  fameux  par  la  fête  des  Gryjjhes.  mcrt,  et  enfin  rétablissement  de 
Les  inities  portaient  des  robes  nario-  monarchies  helléniques  dans  l'orient 
lées  de  bizarres  figures  dans  lesquel-  amenèrent  Mifhra  sur  les  rives  de 
les  étaient  réunis  le  mammifère  au  rOronle  ,  du  Méandre  et  du  j\il. 
long  corps  maigre  et  Voiseau  aux  Alexandrie,  fournaise  ardente  où  tou- 
grlffes  profondes,  au  bec  courbe  cl  à  tes  les  doctrines  furent  mises  en  ébul- 
l'immcnse  envergure;  on  doimait  par-  lition  pour  arriver  h  se  fondre,  vanta, 
fois  le  nom  d'idympique  à  ce  genre  commenta  Mitlira,  s'extasia,  parce 
de  desbin.  —  Origène  nous  a  trans-  qu'elle  n'v  comprenait  rien,  et  en 
mis  d^s  détails  curieux  sur  l'échelle  donna  une  édition  nouvelle  aux  cu- 
aux  sept  échelons.  Ils  étaient,  le  pre-  rieux  du  monde  grec  -  romain.  Wi- 
raier  de  plomb  ,  le  deuxième  d'étaiu  ,  ihra  arrive  ainsi  dans  Piorae  vers 
le  troisième  de  cuivre,  le  quatrième  1  an  101  de  J.-C.  Peu  à  peu  il  s'é- 
de  fer ,  le  cinquième  d'un  amalgame,  tendait,  mais  sans  .doute  par  une 
le  sixième  d'argent,  le  septième d*or.  autre  vole,  au  milieu  des  Alpes  no- 
Voici  les  noms  des  dieux  auxquels  riques  et  rélii-;;ne.s;  et  c'est  en  effet 
chacun  éiail  consacré  :  Saturne  ,  Vé-  l'Allemagne  qui  nous  a  donné  le  plus 
nus,  Jupiter,  Mercure,  Mars,  la  grand  nombre  de  monuments  mllhria- 
lune,  le  soleil.  Les  raisons  alléguées  (jucs.  Des  données  nouvelL^s,  basées 
a  l'appui  de  chacune  de  ces  consécra-  î^ur  l'iiisloire  par  masses  des  grandes 
lions  sont  trop  subtiles  pour  être  émigralious  qui  ont  peuplé  le  monde, 
vraies.  Toulcfuis  ,  l'argent  cl  l'or  cl  sur  la  comparaison  des  docUlues 
symbolisaienl,  dit-on,  par  leur  cou-  reli^iieuses ,  permellent  d'aller  plus 
leur  la  lune  elle  soleil.  Le  long  de  loin:  Milhra  aurait  sa  racine  dans 
l'échelle,  el  correspou^ianl  a  chaque  l'Inde,  el  serait  a  la  lois  un  Siva  et 
degré  ,  élaienlsepl  portes;  a  Vexlré-  un  ^ichnou.  L'un  el  l'autre  sé- 
mite supérieure  il  y  eu  avait  une  hul-  manant  de  la  Trimourli  hindoue 5 
Uèmc.  M'allie  en  iiJmeUaul  U  S'Suw  a^sumvi^l  le  rôle  de  soleil.  Siya  te 


MIT  MIT                   109 

nomme  Souria  :  Mitra  (ce  nomme-  muzdiens.   Mithra  figure  parmi  les 

me  se  trouve  dans  la  liste  des  Aditias),  Izeds.  Ormuzd  est  son  créateur,  il  est 

voila  le  nom  deYiclmou.Milrapossède  soumis  a  Ormuzd;  il  est  plus  grand 

lî  11*11                        ^                                L                 O 

quelque  chose  de   plus  pur,  de  plus  et  plus  briUaul  que  les  autres  Izeds , 
doux,  de  plus  bienfaisant,  que  Souria.  il  est  le  haut  des  hauts,  il  a  l'éclat  de 
En  Perse  donc,  sous  l'empire  d'une  la  lune,  rélévation  de  Tachter.  On 
loi    d'amour.  Mitra  efface    Souria,  l'invoque  avecle  soleil,  il  paraît  en 
l'aksorbe  presque  tout  entier,  et  se  même  temps  que  lui;  cependant  il  en 
place  a  un  haut  rang  sur  la  liste  des  est  distinct;  il  est  le  Hamkar  d'Haran 
divinités  bienfaisantes.  Quel   fut    le  et  du  Gah  Séfandomad^   il   préside 
foyer  de  son  culte,  la  Perside  ou  la  seul  au  16  du  mois,  et  avec  Ormuzd 
Bactriane?  ÎSous    inclinons  pour  la  au  8,  au  :  5  ,  au  20.  Il  reçoit  le  Sa- 
seconde  ,   quoique    la    première    ne  déré  de  tout  êlre   qui  s'est  absorbé 
manque  pas  de  raisons  a  faire  valoir,  dans  la  perfection;  il   donne  Tsour 
Alors  deux  routes  s'offrent  à  Mitra,  (la  vigueur),    accomplit  la  loi  d'Or- 
l'une  au  nord  par  les  Paropamises  et  muzd  dans  les  hauts,  et  anéantit  la 
la  Transoxane;  l'autre  par  le  sud  et  loi  d'Ahriman.  Sans  cesse  il  élève  les 
le  long  du  golfe  Persique  et  de  l'Eu-  mains  vers  Ormuzd,  et  le  reconnaît 
phrate,  pour  delà  passer  dans  l'Asie  pour  le  souverain  de  la  nature.  Il  a 
Mineure  et  en  Syrie.  Mitra  envahit  mille  oreilles  et  dix  mille  yeux;  il  fait 
les  deux  routes,  et  par  Tune  il  se  entendre  une  voix  de  vérité  au  milieu 
glisse  dans  l'île  de  Tyr ,  entre  dans  des  Izeds.  Médiateur   dans  Béhecht 
Alexandrie,   débarque    dansPiome;  (la  partie  du  ciel  habitée  par  Ormuzd) 
c'est  par  l'autre  que  contournant  la  et  sur  l'Albordj  (lamonta^-ne  primor- 
Mer-Caspieune,  franchissant  la  porte  diale),  il  procure  aux  hommes  les  se- 
de  fer  (de  Derbend),  laissant  derrière  cours  de  Kachnérast,  couvre  la  terre 
lui  le  golfe  Putride,  il  file  le  long  du  de  fruits,  de  fleurs  et  de  verdure.  Par 
Danube  ,   et  va  chez  les  rudes  ancè-  lui  de  nombreuses  populations  se  par- 
tres  des  Hongrois,  des  Styriens,  des  tagent  ces  aliments.  Il  les  défend  des 
Grisons,  inspirer  de  grossières  sculp-  attaques  de  l'armée  ahrimanienne.  Il 
tures.  Il  y  a  plus:  on  le  voit  par  cette  garde   toutes  les    créatures.    Héros 
voie  sans  doute  ,    plutôt   que  grâce  voyageur  et  coureur,  il  s'élance  dans 
aux  navigations  phéniciennes  ,  s'éta-  l'espace  armé  de  pied  en  cap,  frappe 
blir  dans  les  Iles  Britanniques  (car  ca  et  laies  fainéants,  écarte  Daroudj 
Mithra  en  irlandais  ancien  veut  dire  des  rues  ,    des  grands  chemins    des 
le  soleil) ,  et  même  M.  de  Humboldt  lieux  habités  ;  trace  a  l'eau  la  roule 
le    retrouve  dans   le   dieu   mexicain  qu'elle  doit  parcourir;  donne  le  repos 
Tonatiouh.  Peu  de  cultes  ont  donc,  a  l'Iran.  Il  dispense  la  lumière  et  le 
quoique  dans  les  ténèbres  de  l'orga-  soleil  a  la  terre  ;  il  place  sur  le  trône 
nisalion  mystique,    fait  une  fortune  les  bons  rois,  a  la  télé  des  proviu- 
plus  brillante  que  la  religion  de  Mi-  ces  les   loyaux  satrapes  ,  dans  l'ar- 
thra;  rien  pourtant  de  moins  précis  mée  les  braves  guerriers;  il  est  bien- 
que  son  caractère,  en  Perse  même,  faisant,  compatissant,  clairvoyant,  vi- 
Voici  le  résumé  des  phrases  éparses  gilant ,  actif;   il  donne  la  santé,  la 
rù  le  Zend-Aveslale  nomme  avec  ces  vigueur.  Ormuzd  l'a  comme  placé  en 
éloges  emphatiques  dont  il  est  prodi-  sentinelle    sur   Gorotraan,    bien    an 
guc  pour  !-  moindre  des  esprits  Or-  dessus  des  quatre  oiseaux.  De  la  il 


iio  MIT  MNÉ 

Teille   sur  Tunivers.   Il  ressemble  à  lliras- soleil  organisateur  devint ,  non 

Houfrachmodad.  C'est  lui  qui  a  insli-  pas  soleil  physique,  maisTcspritrec- 

tué  les  liens  moraux  ,  quia  gradué  les  leur  du  soleil,  rinlclligcnce  solaire, 

rappdrls  des  hommes  avec  les  hora-  la  pensée  recliice  des  mondes  qu'elle       | 

mes  qui  pèse  les  actions  humaines  au  meut  avec  amour  et  en  cadence  ,  la  loi       ' 

passajre  du  pont  Tchinévad  qui  se-  pensante.    8''  Milhras  soleil -pensée 

parc  les  demeures  mortelles  du  royau-  fut  regardé  comme  le  centre  des  mon- 

rae  de  Téternité.  On  doit  l'invoquer  des,    et  à  plus  forte  raison  du  so- 

trois  fois  le  jour,  au  lever  de  l'aurore  leil  et  de  la  lune  que  Ton  regardait 

à  midi    au  coucher  du  soleil.  Un  des  parfois  comme  deux  pouvoirs  oppo- 

mois  de  Tannée  parsi  lui  est  consa-  ses.    9°  Milhras  soleil  au  milieu  du 

cré    et  dans  tous  les  autres  mois  il  a  monde  ,  in  medio  ,  fut  le  médiateur 

un  iour  {P'oy.  plus  haut}.  Le  péché  au  moral ,  médiateur  entre  le  ciel  et 

commis  ce  mois-la  ou  ce  jour-la  est  la  terre,  médiateur  entre  Ormuzd  et 

plus  (^rave  que  les  autres,  et  on  ne  l'homme,  médiateur  entre  la  lumière 

l'expie   que  par  des  pénitences  plus  et  les  ténèbres,   médiateur  entre  le 

austères.  Ainsi  s'expriment  les  tex-  péché  et  la  pureté  (c'est  donc  lui  qui 

tes   sacrés.   Si    nous  les    comparons  inspire  le  repentir   et  ramène  a  la 

à    ce    que    nous    savons    des    cultes  vertu).    10°  ^Iithras  idéalisé  s'élève 

élranf-ers  au  parsisme  et  des  détails  au  rang  suprême  de  la  hiérarchie  di- 

non  bio^^raphiques  de  la  religion  par-  vine  ,  et  c'est  le  premier  des  Izeds. 

siquc,  voici  ce  qui  en  résultera.  i°  Il  IS'ul  doute  5  mais  il  est  de  plus  TEo- 

y  a  six  feux  (/^ov".  BÉRiîctciNGH).  roch  lui-même,  il  est  TAmchasfand 

Parmi  ces  feux  se  distingue  le    feu  des  Arachasfauds,  il  est  Ormuzd,  il 

IVlihr,  soleil  et  amour,  consacré  à  Vé-  est  Zervane-Akérène. 
nus.    2°  De  cette  double    propriété  MITRA,  \  ichnou-solcil   aux  In- 

(solarité,  amour),  ou  a  conclu  liden-  des.  Toj.  Mithra. 
tification  du  soleil   a  bienfaisance  ,  MTsASÏNOOS  ,  MvxTno»s,  fut  fils 

harmonie,  affinité,  attraction,  amour,  de  F  'llux  et  de  Phébé  leLeucippide, 

5°  On  a  ensuite  identifié   le    soleil-  selon  quflcjues  auteurs, 
harmonie- amour    a    une  grande    et  MÎSEME,  Mv>;;M>î,  une  des  trois 

haute    déesse.     4-"    Le    nom    de   la  Muses  primitives,  /^oj-.  Muses. 
grande  déesse,  c'est  Mithra,  le  même  MJNEMOS\jNE,   Mi>r^oc-y»j  ,  cé- 

qu'Anahid  (Vénus-Luna,   disent  les  lèbre  dans  la  mythologie  romaine  et 

traducteurs  hellcnoYdes).  5"  Milhra-  grecque    coi-^me    mère     des    ]\Iuses 

Mithras  est  un  audrogyne  dont  tour  qu'elle  eut  de  Jupiter,  naquit  du  Ciel 

à  tour  prédominera  le  sexe  mâle  ou  cl  de  la  Terre,  ou  bieu  de  Saturne  et 

le  sexe  femelle.  L'Arménie  a  donné  de  Rhée.  Jupiter,  pour  la   séduire, 

la  préférence  a  ce  dernier.  Des  tem-  s'était  transformé  en  berger.  Diodore 

pies  rivaux  se  sont  voués  au  culte  du  a  fait  de  celle  Tilanide  une  femme 

premier.  6«  Milhras  se  dégageant  de  qui  apprit  aux  hommes  le  raisonne- 

Milhra    ne    s'est    point    dégagé    de  ment,  et  imposa  des  noms  h  tous  les 

IToui  :  t  est  resté   a  l'entrée  de  la  objets  de  la  nature.  Des  modernes  y 

grotte  qui  est  aussi  l'Albordj ,  et  en  ont  presque  vu  les  procédés  mnémo- 

uénéral  Tenlréc,  le  seuil,  le  \  ?stibule,  techniques. Une  statue  du  ^luséc  Pio- 

hVzia'um  général  (comp.ZoROASTRE,  Clémentin  ,  1 ,  28,  représente  Mnc- 

Biogn  unw.^  Lllj  457).  7"  Mi-  mosyne  le  bras  enveloppé  dans  son 


MNÉ 

ample  manteau  et  dans  une  attitude 
qui  exprime  la  raédilation.  Mengs  l'a 
peinte  sur  le  plafond  de  la  magnifique 
galerie  de  la  Yiila-Albani.  Ou  nom- 
me quelquefois  les  Muses  Mnémosj- 
uides  ou  Mne'mouides,  c'est-k-dire 
filles  de  Mne'raosyue  ou  fiilts  de  Mé- 
moire,- en  effet  Mnémosyne,  en  grec, 
signifie  Mémoire. 

MiNÈSE ,  Mv^Vi?,  M^Esrs,  chef 
troyen  tué  par  x\chil!e. 

IVIjNÉSIMAOUE,  Mnesimache, 
MvyjTiuâx,ij  1  avait  été  enlevée  par 
Eurvlion,  et  fut  délivrée  par  Her- 
cule. Quelques-uns  la  font  maîtresse 
volontaire  d'Eurytion. 

MiSESTHÉE ,  M>ESTHEus,  Mv;;- 
cêîv; ^  chef  troyen,  suivit  Enée  dans 
l'Italie,  remporta  aux  jeux  donnés 
en  Sicile,  pour  l'anniversaire  de  la 
mort  d'Anciiise,  le  second  prix  de  la 


MOE 


III 


course   des  vaisseaux ,    se 


dis  tin 


2:ua 


dans  la  guerre  contre  Turnus,  et  fut 
la  tige  de  la  famille  Memmia. 

MîNESTHÈS,  Ur«rêy,ç,  Grec  tué 
par  Ulysse. 

MNESTRA,  Mv>îVrf:e  :  1"  Da- 
raïde,  2"  la  même  que  Métra  [P^oy, 
Erysichtho>'). 

MINEYIS ,  un  des  trois  taureaux 
qu'honorait  l'Egypte,  a  titre  d'uue 
incarnation  solaire,  était  révéré  dans 
Héliopolis.  Les  deux  autres  étaient 
Apis  et  Oufis  ju  Onufis  (vulgairement 
Omphis)  auxquels  il  est  permis  de 
joindre  Bacis.  Ces  quatre  noms  se 
resolyenl  en  trois  taureaux.  L'opi- 
nion est  qu'Apis  était  consacré  a  la 
lune,  tandis  que  les  autres  l'étaient 
au  soleil.  Il  y  aurait  beaucoup  à  dire 
sur  ce  système.  A  notre  avis,  Apis 
serait  plutôt  le  soleil,  en  tant  qu'in- 
férieur a  la  lune  ou  h  la  terre.  Un 
soleil  lunaire  en  quelque  sorte;  un 
soleil  descendu  aux  enfers,  et  y  deve- 
nant le  juge  des  âmes  (ainsi  Indra  est 
lama,     Osiris,     Busiris,     Jupiter, 


Plulon'^.  Bacis  au  contraire  aurait 
été  le  soleil,  soleil  dans  toute  sa 
gloire  (Baccl-.us,  Baghis,  Bhagavan). 
Mnevis  aurait  tenu  de  l'un  et  de 
l'autre.  Vrai  soleil,  il  eût  été  pourtant 
le  soleil  affaibli,  vaincu,  voilé  p'ar 
les  noires  ténèbres.  Le  fait  est  que 
Mnévis  et  Onfis  devraieut  être  noirs 
et  avoir  le  poil  tourné  en  sens  con- 
traire des  autres  taureaux. 

MOCHTARA,  dieu  arabe,  le 
même,  dit-on,  que  Jupiler. 
^  MODGOUDOUR.  chez  les  Scan- 
dinaves, est  la  jeune  fille  à  laquelle  est 
confiée  la  garde  du  pont  jeté  sur  le 
Giault,  et  qui  mène  du  monde  d'en 
haut  dans  le  iMflbeim.  Avant  d"y  ar- 
river cependant  il  faut,  neuf  jours  et 
neuf  nuits  durant,  traverser  d'im- 
menses et  sombres  forêts.  Il  passe 
par  jour  vingt-cinq  mille  morts  sur  le 
pont  du  Giault.  Corap.  Charo^-. 

MOERAGETES,M..,;aysr,,,en 
français  MeragÈte,  c'esl-a-dire con- 
ducteur des  Parques,  des  Deslins: 
1°  Pluton;  2^  Jupiter  en  Arcadie  et 
en  Elide.  Ce  surnom  ,  pour  ce  der- 
nier dieu,  est  très-remarquable. 

MOEROR  :le  Chagri>)  est  daus 
\  irgile  le  fils  de  la  Mort ,  et  a  pour 
frère  Momus,  pour  sœurs  les  Hespé- 
rides.  C'est  un  des  dieux  allégoriques 
que  l'Enéide  place  h  la  porte  des 
enfers.  Les  Grecs  aussi  avaient  divi- 
nisé le  Chagrin,  mais  sous  des  noms 
différents  :  i°Algos  qui  est  du  neutre 
et  fils  d'Erisj  2"  ^ypé,  quHésiode 
montre  sur  le  bouclier  d'Hercule  au- 
près des  Parques.  Les  représenta- 
tions figurées  du  Chagrin  n'ont  au- 
cune importance.  C'est  uue  femme 
assise  tenant  ses  genoux  des  deux 
mains  :  c'est  un  homme  à  visage  livi- 
de, au  teint  hâve,  aux  deuls  ser- 
rées,  aux  griffes  aiguës,  aui  joue» 


sanglantes. 


MOEZ,  dieu  druse,  n'est  aotre 


112 


MOH 


que  Hakem  dans  sa  scpllème  incarna- 
tion. Comme  tel,  de  Mahadid,  bril- 
lant tliéàlre  de  sou  incarnation  sous 
le  nom  deKaiem,  i!  se  transporta  vers 
Test,  et  fonda  Rosette  sur  les  bords 
de  la  Méditerranée. 

MOGHA  ISL ACHAT,  fille  du 
sang  des  Eibhears  (les  Ibères),  chassa 
du  Munster  en  Irlnnde  les  Earnaci 
qui  avaient  pour  défenseurs  Qonn- 
aiix-cent-balailles  ^  et  alors  eut  lieu 
le  partage  de  ITrIandc  en  deux 
grandes  parties,  la  moitié  de  Mogha, 
Leath-Mogba  et  la  moitié  de  Quun, 
Leatii-Qonn.  La  dernière  était  au 
nord.  Le  vrai  nom  de  Mogba  IN'ua- 
gbat  fut  Kogan  Mor. 

MOGODA  et  SARIP.OUT,  dis- 
ciples favoris  de  Bouddha  [Foyez  ce 
nom). 

MOGO^S  était  adoré  par  les 
Cadènes  (peuple  du  î^orthuraberland). 
Une  tradition  portait  qu'il  avait  dé- 
fendu le  pays  des  ravages  d'un  tyran. 
On  a  trouvé  en  1607,  dans  le  Kiver- 
head,  des  monuments  qui  attestent  le 
culte  de  ce  dieu. 

MOGOSTOCOS.    F.    Im-ihye. 

MOHAINLMAIA  ou  MAHAMO- 
HAISI,  la  fausse  beauté  aux  Indes, 
naît  comme  Lakchmi  de  la  mer  de 
lait,  et,  (juoique  trompeuse  et  fantas- 
tique ,  n'a  point  l'aspect  assombrissant 
et  désolé  de  Moudévi.  A  vrai  dire, 
Lakchmi  est  plus  Mohanimaïa  que 
Moudévi. Moudévi  c'est  la  face  unique 
du  pôle  noir.  Lakciuni  etMahamohaui 
sont  deux  faces  du  pôle  blanc.  Ainsi 
en  Grèce  la  Néphélê  dont  les  con- 
tours simulent  les  formes  de  Junon 
est  plus  voisine  de  Junon  que  la 
sombre  Proserpinej  et  justement 
cette  ISéphéi'ê,  de  laquelle  le  nom 
vient  de  se  placer  so.is  notre  plume, 
cette  nuée,  a  Tnide  de  laquelle  Jupiter 
mvstifie  la  crédule  insolence  d  Ixion. 
ejl  bien  un  reflet  de  Mahamohani. 


MOK 

Au  jour  où  Dieux  et  Acouras'se  sont 
unis  pour  la  distillation  delAmrita, 
lorsque  les  génies  fu'iestes  se  sont 
emparés  du  barril  d'immorlalilé, 
Vicbnou  emprunte  l'exlérieur  sédui- 
sant de  Mahamohani.  et  moitié  folâ- 
trant, moitié  usant  de  cette  force  in- 
vincible qu'il  développera  dans  acs 
incarnations,  reprend  le  liquide  pré- 
cieux qu'il  partage  entre  les  dieux  de 
la  lumière.  Un  peu  plus  tard  la  tête 
de  Rahoi  qui  seule  a  su  se  glisser 
dans  les  rangs  des  futurs  immortels 
tfimbe  sous  ses  coups  (^.  Ambrosie). 
Mahamohani  excita  les  transports  de 
Siva  lui-même  et  eut  de  lui  un  fil» 
nommé  Aïéuar.  Au  reste  qui  pourrait 
tenir  rigueur  a  l'irrésistible  beauté  de 
Mohanimaïa.^  aimable  quand  elle  est 
Maïa  l'illusion  véridiquc,  ne  l'esl-elle 
pas  bien  plus  encore  lorsqu'elle  de- 
vient Mahamoïani ,  l'illusion  men- 
teuse? 

MOKISSOS  (les)  sont,  chez  les 
Congues  du  Loango,  les  dieux  secon- 
daires soumis  a  Zambam-Congo,  qui 
peut  a  son  gré  les  châtier  et  leur  ôtcr 
la  vie.  Leur  puissance  pourtant  est 
grande.  Rien  au  monde  ne  se  passe 
sans  qu'un  ^lokisso  s'en  occupe. 
Chaque  homme  même  a  le  sien.  Est-il 
heureux  et  bien  portant,  c'est  qu'il 
est  dans  les  bonnesgràcesduMokisso. 
ijurvienne  un  revers,  une  maladie, 
cela  s'expliaue  encore  :  le  Mokisso 
boude.  Pour  prévenir  ces  caprices 
funestes,  les  vœux,  les  offrandes, 
les  sacrifices  ne  manquent  pas. 
Nombre  de  Mokissos  soiît  représen- 
tés avec  des  formes  animales,  dont 
presque  toujours  les  oiseaux  et  les 
mammifères  font  les  frais.  Le  bois  ou 
des  pierres  grossières  sont  les  maté- 
riaux de  CC&  statues  inélégantes  qui 
s'élèvent,  les  unes  dans  les  tem- 
ples, les  autres  dans  les  rues  el  sur 
les   grands  chemins.    Ces  dernières 


MOL 

sont    beaucoup     plus     nombreuses. 

MOKOCH  était,  chez  les  Slaves , 
le  protecteur  spécial  des  cbèvres  et 
des  moutons.  Au  reste  un  dieu  plus 
grand,  Volosse,  présidait  aux  trou- 
peaux eu  général. 

MOKOURIS  passe  chez  lesBoud- 
dhistes  Japonais  pour  un  des  apôtres 
modèles.  Il  se  montra  d'abord  sur  les 
cotes  de  Malabar  et  de  Coromandel, 
puis  peu  à  peu ,  k  mesure  que  sa  doc- 
trine s'étendit,  il  envoya  de  saints 
missionnaires  annoncer  les  vérités 
prèchées  par  lui-même  :  c'est  ainsi 
que  le  culte  de  Bouddha  arriva  à  la 
Chine  et  de  là  au  Japon.  Toutefois  il 
faut  noter  que  le  Bouddha  prêché  par 
Mokouris  se  nomme  Amida.  11  y  a 
beaucoup  de  traditions  différentes  sur 
l'introduction  du  Bouddhisme  au  Ja- 
pon. Comp.  Bouddha. 

MOLES,  MoLiE,  déesse  latine  des 
meuniers,  passait  pour  fille  de  Mars 
qui  moud  les  hommes,  comme  la 
pierre  meulière  broie  le  blé. 

MOLIOrs,  Mo^^oiv  :  i'  filsd'Eu- 
ryte  ,  tué  par  Hercule,  à  OEchaliej 
2°  écuyer  de  Tymbrée  ,  renversé  par 
Ulysse,  au  siège  de  Troie. 

MOLIOISE,  MaXiû'nt;,  femme 
d'Aclor  et  amante  de  iNeptune  dont 
elle  a  deux  fils,  Euryte  et  Ctéate,  ap- 
pelésdu  nom  deleur  mèreMoliouides, 
Aclorides  du  7iom  de  leur  père  puta- 
tif. Les  noms  d'Aclor  (««t>!,  rivage) 
et  de  Neptune  font  penser  k  une  lutte 
entre  le  continent  etles  mers.  Celui  de 
Molioue,  que  se  partagent  les  deux 
rivaux,  semble  être  l'expression  de 
celte  lutte.  Molione  est  la  femme  des 
combats,  comme  ledit  Creuzer,  mais 
il  ne  faut  voir  rien  en  elle  qui  res- 
semble k  une  Amazone. 

MOLIOMDES,  Mc,K,a,u'ê\ç  et 
MuXiOfit^cti^  fils  de  Molione,  épouse 
d'Aclor, et  de  Neptune,  étaient  quel- 
quefois nommés  Aclorides  par  allusion 

LV. 


MOL 


ii3 


kl 


a  leur  père  putatif  quApollodore(liv. 
II,  ch.  vu),  Ovide  {Met.,  l.YIIL 
ch.  viii)  et  Homère  {Iliade,  1.  U, 
V.  621)  prétendent  avoir  été  leur 
père.  Selon  le  lyrique  Ibycus  ,  dont 
Athénée  (1.  II,  t'.  I,  p.  221  ,  édition 
Schweigh.)  uous  a  conservé  les  vers, 
les  Molionides  étaient  sortis  d'un  œuf 
d'argent.  Un  peu  plus  bas  il  les  re- 
présente comme  inséparablement 
unis  l'un  k  l'autre  {'îtiyv/ovs)'^  ce 
qu  x\pollodore  confirme  en  disant 
qu"k  eux  deux  ils  ne  formaient  qu'un 
corps  {a-vwpvûç),  et  ce  qu'Hésiode 
avait ,  long -temps  avant  le  poète  de 
Locres  ,  consigné  dans  ses  vers.  L'u- 
nion intime  des  deux  Molionides  de- 
vint une  espèce  de  proverbe  en  Grèce, 
s  il  faut  en  juger  par  cette  phrase  de 
Plutarque,  dans  son  Traité  de  l'a- 
mitié fraternelle  (  t.  Il,  p.  290  de 
l'édition  deA\  yttenb.):  «De  nos  jours 
on  n'est  pas  moins  surpris  en  voyant 
deux  frères  d'accord,  que  si  l'on 
voyait  les  Molionides  dont  les  deux 
corpsétaientréunisenun. 3)  Cependant 
il  paraît  que  tout  le  monde  ne  comprit 
pas  la  tradition  ,  et  au  lieu  d'un  hé- 
téradelphe  pourvu  de  deux  têtes  et  de 
quatre  bras,  on  imagina  deux  frères 
doubles  (J<^vé7s-)  et  qui  chacun  avaient 
deux  tètes,  quatre  bras ,  quatre  pieds 
et  un  seul  corps  (Phérécvde,  dans  le 
Schol.à'^om.surll..  l.II,  v.  708), 
Cléate  et  Eurvte  étaient  leurs  noms 
spéciaux.  Comme  héros  humains, 
Ctéate  et  Eurvte,  neveux  d'Augias, 
prennent  part  dès  l'enfance  k  la 
guerre.  Ce  prince  se  soutient  contre 
les  Pyliens  commandés  par  Nélée. 
j^estor  s'élançait  sur  eux  afin  de  les 
immoler,  lorsque  Neptune  leur  père 
les  enveloppa  d'un  nuage  épais  et  les 
déroba  aux  coups  de  l'ennemi  (/^<V7(i. , 
X,  v.  708  et  7^9).  Plus  tard,  ils 
parurent  aux  jeux  d'Amaryncee,  et 
remportèrent  sur  Nestor  le  prix  de  la 

8 


ii4 


MOL 


course  des  chars.  Enfin ,  lors  de  l'in- 
vasion d'Hercule  en  Élide,  ils  vinrent 
encore  au  secours  d'Augias  ,   tuèrent 
Dame'on,  un  des  fidèles  suivants  du 
héros  (  Pausan. ,  1.  VII ,  ch.  xx) ,  et 
même  expulsèrent  de  TElide  le  vain- 
queur du  lion  de  INémée.  Il  est  vrai 
qu  ils  ue  durent   la  victoire  qu'à   la 
perfidie   :   Hercule  ,    malade,    avait 
conclu  une   trêve  avec  les  Molioui- 
des;  ceux-ci  la  rompirent,  et  se  je- 
tant a  l'improviste  sur  l'armée  d'Ar- 
gos,  la  mirent  aisément  en  déroule. 
Hercule  en    courroux    employa   les 
mêmes  moyens  contre  ses  vainqueurs. 
Les  Molionides  se  rendaient  comme 
députés  des  Éléens  aux  jeux  isllimi- 
ques;  toutes  les  hostilités  étaient  sus- 
pendues dans  la  Grèce  à  celte  épo- 
que. Hercule  se  mit  en  embuscade  à 
Cléones  et  les  tua.  Long-temp^  après 
on  montrait  encore  leurs  tombeaux 
auprès  de  Cléones  (Pausan.,  liv.  II, 
ch.   I  5).  Quant  à  Tinterprétatiou  de 
ce  mythe  ,   il  est  a  peu  près  évident 
que  c'est  moins  aux  aventures  pure- 
ment humaines  prêtées  à   ce   couple 
héroïque,  qu'a  leur  coexistence  en  un 
seul  et  même  corps,   qu'il  faut  faire 
attention.   Le    plus   souvent  on  n'y 
a  vu  que  deux  guerriers  qui  condui- 
sent un  char.  Cléate  et  Euryte  réunis 
représentent ,   selon  Creuzer^  la  ri- 
chesse avec  la  force  qui  la  défend. 
Sans  la  guerre,  sans  une   puLssauce 
militaire  prolectrice  (ti/pyraf,  d\i)  et 
pùoju.ui  avec  signification  active),  il  est 
impossible    de  se  maintenir  dans  la 
possession  de  ses  bieus(Kréarfic).  «Qui 
veut  rester  maître  de  sa  terre  natale 
doit   tenir  d'une   main  le  glaive,  de 
l'autre  le  soc  qui  fend  la  terre  :  il  lui 
faut  deux  bras  pour  Tépée  et  le  bou- 
clier (  ou  si  Ton  veut  ^  cisr  Tépée  et  les 
rênes,   pvTu,   du  cbar  lûiblaire  qu'il 
dirige),  deux  bras  pour  stimuler  la 
lenteur  de  ses  bœufs,  n  Mais  que  d'uu 


MOL 

seul  corps  s'élance  ce  double  appareil! 
qu'une  seule  volonté  soit  protomotrice 
des  deux  paires  de  bras!  cette  expli- 
cation admirable  commence  à  devenir 
subtile,    lorsque    Creuzer,    dérivant 
Mo'ione  de  Molos  {iu,àXoç  j  combat), 
veut  qu'Euryte  et  Cléate,   par  leur 
double  nom  de  Molionides  et  d' Ado- 
rides  (  emblème  en  quelque  sorte  de 
leur  diphyisme)  soient  à  la  fois  et  des 
hommes  de  guerre  et  des  hommes  de 
paix.  «  Aclor  ,  dit-il,  est  l'homme  de 
la  mouture,  du  blé  écrasé,  moulu.» 
D'autre  part  aussi  Aclor  est  homme 
du  rivage  («xtjj)  et  par  conséquent  le 
symbole  de    cette  côte  sur   laquelle 
expire  et  se  brise  la  puissance  de  la 
mer.  Ce  n'est  que  lorsque  enfin  on  a 
mis  un  terme  aux  envahissements  de 
cette  puissance  terrible  et  conquis  la 
terre  sur  l'onde,  que  l'homme  peut 
acquérir  des  richesses  et  se  livrer  aux 
opérations  militaires  qui  lui  assure- 
ront la  possession  de  sa  propriété  : 
c'est  quandActor  a  fait  son  apparition 
sur  la  terre  qu'apparaissent  les  Aclo- 
ro-Molionides.  Hermann  (  Ueù.  d, 
ff'tseii  u.  d.  Behandl.  d.  My- 
thol.  -  p.  5i  )  regarde  le6 Molionides 
comme  des  hommes  qui  débarquent 
(«>tTO|fl£j),    apportent  par   monceaux 
(^^Aof)  desmarchandises  qui  s'écoulent 
bien  (tùflyro^f),  et  qui  leur  procurent 
de  grands  gains  («réaTa).  En  substi- 
tuant ici  a  1  idée  de  gain   celle  de 
denrées  ou  richesses  quelconques  ap- 
porléespar  les  marchands  d'Hermann, 
on  a  certes  une  explication  ingénieuse 
et   jo!ie.    Mais  ces  idées   n'ont  rien 
d  hellénique,  ni  même  d'antique,  et 
elles  ne  peuvent  que  faire  sourire  un 
instant.  On  trouve  une  iuterprélalion 
de  \\  elcker  dans  la  traduction  fran- 
çaise de  Creuzer,  tome  II,  note  5. 
MOLOCH,  MoXix. .  est  le  plus  cé- 
lèbre dieu  de  la  famille  phénicienne 
des  Mlachiai,  c'esl-k-dire  de  cette 


I 


MOL  MOL                 ii5 

famille   de    divinités   dont    tous  les  Oliviers.  Trois  siècles  après  l'impie 

membres  portent  le  nom  de  Mélecb  ,  successeur  d'Ezéchias  renouvelle  cet 

comme Anamélech,AdraméIecli, Ma-  exemple  et  consacre  son  fils  au  dieu 

lachbel.  Melecb  ouMolocb,  dans  les  des  Chanaau'tes.  Peut-être  même  ja- 

langues   sémitiques,    veut  dire   roi.  mais  ce  culte,  tantôt  protégé,  tantôt 

Ainsi,   par  lui-même,  et  quand  nul  toléré  par  les  rois,  ne  souffrit  d'in- 

autre  mot  ne  vient   en  déterminer  le  terruption    réelle,    et   la  vallée    de 

sens,  c'est  moins  un  nom  qu'une  qua-  Topbet  et  d'Hennon,    k  l'orient  de 

lification  générique  également  appli-  Jérusalem,   vit   toujours  affluer   soit 

cable  à  tous  les  dieux.  TSous  savons  ostensiblement,    soit  en    secret,    la 

qu'il  en  était  de  même  des  mots  Baal,  foule     des     pèlerins     superstitieux. 

Adonaï,   Marnas.    Toutefois,    dans  L'occident  connut  aussi  ce  culte  que 

l'usage,  ces  noms  d'une  vague  gêné-  nous  retrouverons  à  Cartbage.   Dé- 

ralité    s'appliquent  plus    souvent   à  crire  tous  les  détails  des  sacrifices  k 

quelqu'un.  A  qui  s'applique  le  nom  de  Molocb  ou  des  cérémonies  pratiquée» 

Molocb?Il  est  clair  que  pour  résoudre  dans  son  temple  seraItimpossible.il 

cette  question,   il  est  bon   de  jeter  est    présumable    que    les    premiers 

préalablement  un  coup  d'œil  sur   le  furent  aussi  variés  que  les  dernières 

culte,  sur  le  caractère,  surles  formes  étaient  compliquées    et  minutieuses. 

du  dieu.  Seulement  notons  k  l'avance  Ce  qu'on  a  le  plus  répété  c'est  que 

que  ,  l'esprit  du  culte  pbénicien  ayant  l'on  brûlait  des  enfants  tout  vivants  en 

été  essentiellement  solaire  et  sidéri-  son  bonneur.  Que  cette  borrible  eou- 

que,  tout  nous  porte  k  présupposer  turae  eût  été  eu  effet  vantée  par  les 

que  Molocb  fut  ou  une  planète  ou  le  prêtres  et  mise  en  pratique ,  c'est  ce 

soleil.  La  lecture  de  divers  passages  dont  on  ne  saurait  douter  sans  nier 

soit  de  l'ancien  soit  du  nouveau  Tes-  tout  ce  qu'il  y  a  de  plus  inc(Jntestable 

tament  ne  peut  laisser  aucun  doute  dans  l'histoire  j  mais  il  est  k  croire 

sur  ce  point  (/^oj^ez  entre  autres,  que  l'on  s'est  plu  a  exagérer  le  nora- 

Sopbonie  ,  cb.  I,  v.  4-  et  5  5  Amos,  bre    des    victimes    de'vorées    par   le 

cb.  V,  V.  6,  et  Act.  des  Apôtres  ^  dieu,  et  que  presque  toujours  la  ce- 

ch.  VII,  V.  4-2  et  45).  C^est  dans  le  rémoniese  réduisait  k  faire  passer  les 

Cbanaau ,    et   plus   particulièrement  enfants  par  les   flammes,    ce  que  le 

cbez  les  Ammonites,  que  fleurit  le  charlatanisme     sacerdotal     appelait 

culte  de  Molocb.  Les  législateurs,  les  purifier  par  le  feu.  Cette  consécra- 

propbètes   y  reviennent    .a    chaque  lion    valait    beaucoup    d'argent  aux 

instant,  et  l'interdisent  aux  Israélites  prêtres  j  et  ils  la  recommandaient  à 

avec  les  menaces  les  plus  sévères,  La  tous  les  gens  disposés  aies  entendre  : 

mort  seule  peut  expier  le  crime  de  ne  point  faire  passer  son  fifs  par  les 

celui  qui  a  sacrifié  k  Molocb  [Lé^it. ,  flammes  ,  c'était  l'exposer  k  tous  les 

cb.  XX,  V.  2).    Cependant  dans  le  dangers.  Les  rois  mêmes  obéissaient  k 

désert  même  et  quand  Moïse  ,  k  force  ces  injonctions,   et  c'est  ainsi  qu'on 

de  miracles,   arrachait  ses  compa-  voit  le  fils  du  roi  juif  Manassé  ,  puri- 

triotes  k  la  servitude  d'Egyple  ,  les  fié  par  le  feu  dans  la  vallée  de  Topliet. 

Hébreux  faisaient  déjà  des   vœux  k  Mai.^  qu'a  chaque  instant  le  fanatisme 

Molocb  (Amos,  pass.  cité).  Plus  tard  allât  jfusqu  k  brûler  vifs  déjeunes  en- 

Sabimon    lui  éleva  un    temple  tout  fants,  que  des  mères  pieusement  bar- 

près  de  Jérusalem  ,  sur  le  mont  des  bàres  envoyassent  leurs  fils  de  la  ml- 

8. 


li6  MOL  ^ÏOL 

aellealaslaluedeMoloch,pourquMs     taux,  a  la  farine  :   dans  la  seconde 
n'en  revinssent  pas ,  qu'à  Tépoque  où     se  plaçaient  les  iourlerelles  ;  dans  la 
Aeathocle  vint  mettre  le  siège  devant     Iroisit-me  une   brebis,   dans  la  qua- 
Cartliage  .  deux  cents  enfants  des  pre-     Irièrae  un  bélier  ,  dans  la  tinquit-rae 
iiiières  familles  de  la  ville  aient  été     un  veau  ,  dans  la  sixième  un  bœuf; 
offerts  en  bolocauste  au  prolecleur  de     enfin  dans   la  septième   des  enfants. 
Terapire,  c'est  ce  que  des  historiens,     Une    cavité    intérieure   contenait  la 
plus  véridiques  et  plus  sceptiques  que     flamme  qui  devait    consumer  ou  pa- 
ies anciens,  ne  feront  jamais  admet-     rifier   les  offrandes.    VraisemUable- 
îre.Même  ainsi  modifié  et  déblayé  des     ment ,  lorsqu'il  ne  s'agissait  que  d'une 
atrocités  dont  on  Ta   surchargé,  le     consécration  par  le  feu^  l'enfant  ou 
culte  du  dieu  de  Chanaan  et  de  Car-     l'objet  qu'on  voulait  soumettre  à  la 
ihage  est  encore  assez  horrible.  Selon     purification    était    conduit    par    les 
Diodore  de  Sicile  (5/Z'//o//i.Jiv.  XX,     ressorts   dans    une    espèce  de  canal 
ch.xiv    éd.  Wesseling)  combiné  avec     dont  les  parois  d'airam  le  séparaient 
les  récits  des  Rabbins   (  f^oy.  Sel-     de  deux  brasiers  latéraux.  Peut-être 
den ,  1 ,  6),  la  statue  de  IMoloch  était     quelquefois     recevait  -  il     la    vapeur 
de  métal  et   avait  les  bras  étendus     d'objets  soumis  a  la  combustion,  et 
comme  pour  embrasser  les  offrandes     en  élail-il  quitte  pour  des  fumigations    4 
humaines ,  qu'apportaient  ses  adora-     violentes.  Au  reste  ces  modes  de  pu-     f| 
leurs.  D'autres  disent  que   se^  bras     purification  purent  varier  a  l'infini, 
étaient  penchés  vers  la  terre.   A  ses     Ainsi,    par    exemple,  dans   les  Pa- 
pieds  et  quelquefois  dans    son  inté-     lilies  romaines,  les  enfants  sautaient 
rieur,  était  allumé  un  grand  feu.  Dans     par    dessus    les    flammes.    (  Corap. 
cette  fournaise  invisible  venaient  s'en-     Ovide,  Fastes,  liv.  IV,    y.    781, 
gloutir  les  victimes  que  Ton  posait  dans     et  comm.)  Les  adorateurs  d'Apollon 
lesmains  de  l'idole.  Probablement  des     au  mont  Soracte  en  Italie,  ceux  ds 
ressorts  intérieurs,  dont  le  jeu  était     Diane  Pérasie   en  Cappadoce,    pas- 
connu  des  prêtres,  faisaient   tomber     saient    pieds   nus    sur   des  charbons 
ces  tristes  offrandes  des  bras  du  dieu     ardents.  Le  rabbin  Lévi  Ben  Gerson 
dans   la    flamme    que    cachaient   ses     (liv.  IV)  prétend  que  dans  la  vallée 
parois.  On  dansait  au  son  des  cym-     d'Hennon  les  enf;inls  passaient  entre 
baies  et  des  tambours  autour  de  la     deux  bûchers,  ou  entre    deux   feux 
statue  pour  étouffer  les  cris  des  vie-     placés  vis-a-vis  l'un  de  l'autre.  Quelle 
limes.  Les  statues  ainsi  décrites,  ou     que  fût  la  .statue,  il  est  a  croire  que, 
l'ont  été  superficiellement  ou  n'étaient     dès  que  l'on  se  bornait  a  la  purifica- 
que  d'un  rang  secondaire.  Mais  pro-     lion  par  le  feu.  de  nouveaux  ressorts 
bâillement  il  y  avait  des  idoles  plus     portaient  l'enfant  ou  l'objet   purifié 
complètes.   Telles  furent  celles   que     hors  du  corps  delastatue.Dansle  pays 
mentionnent   les  rabbins   Siméon  et     des  Ammonites  elle  'tait  très-riche. 
Saloraon  {Foyez  dans  Selden).  L"i-     Sur  sa  tête  était  posée  une  couronne 
mage  creuse,  comme  toutes  les  au-     d'or,  ornée  de  pierreries,  le  tout  du 
très,  présentait  a  l'extérieur  sept  com-     poids  ou  du  piix  d'un  talent  (le  poids 
partiments,  capsule.   ;u  petites cham-     serait  i25  livres,  et  par  conséquent 
hit\ics [convia via  Molochi)^  ihns     indiquerait,    en    supposant  le  métal 
lesquelles  on  déposait  les  otlrandes.     au    titre    de    900,     une   valeur  de 
La  première  était  destinée  aux  végé-     400,000  francs):  sur  son  front  étin- 


MOL  MOL                  ïi- 

celait  une  perle  de   la   plus  grande  d'hypothèses    absolument    gratuites, 
beauté  :   le  corps  du  dieu   était    de  s  est  imaginé  que  Moloch  et  Priope 
pierre,    mais    doré   depuis  le   haut  ne  faisaient  qu'un.  Dupuis  (On^me 
jusqu'en  bns  :   de  plus  il  était  assis  des  Cultes ,  t.  lU,  p.    525,  etc.) 
sur  un  trône  et  avait  de  chaque  celé  incline    à    croire   que  Moloch  n'est 
une    statue  de  femme     pareillement  qu'un  des  noms  de  la  planète  de  Mars  : 
assise.  D.ms   Carthage  devenue    ro-  à  Tnppui  de  cette  opinion,  il  rappelle 
maine,  les  termes  ainsi  que  les  mots  que  les  Carthaginois  dans  leurs  t^uerres 
furent  modifiés,   et  Saturne  prit  la  malheureuses  contre  Agathocle  solli- 
place  de  Baal   :    il   ne   faut   pas   en  citèrent  l'aide  de  Moloch-  il  invoque 
conclure  avec  Creuzer  que  cette  mo-  la  couleur  éminemment  rouge  de   la 
dification  ait  été   au  point  de    con-  planète,    couleur  a   laquelle   semble 
fondre  le  dieu  avec  Apollon.  Que  cette  faire   allusion  le   mot^rer.  Azder 
statue  colossale  d'Apollon  conquise  à  qui  entre  dans  la  composition  du  nom 
Gela  en  Sicile,  par  les  Carthaginois,  Àdramélech_,  dieu  des  SépharvaVtes, 
puis  donnée  par  eux  a  Tyr,  leur  mé-  selon  Hvde  [De  rcl.  vet.  Pers.  ),  et 
tropole  (Diod.  de  Sicile  ,  livre  XUI,  couséquemment  le  même  que  Moloch 
io8,  et  X\TD[,  4-1  ,  46  j  Plutarque,  selon  Dupuis.  Ces  raisons  paraîtront 
f^ie  d'Alex. y  ch.X"Siv;  O.-Curce,  sans   doute  bien  pauvres  a  nos  lec- 
livre  IV,  ch.  m);   que  cette  autre  leurs.    Dupuis    fait   preuve    de  plus 
statue  colossale  dorée,  transportée  de  de     perspicacité,     lorsqu'il     soup- 
Carthage  a  Rome  par  Scipion  vain-  conne   un   ^loloch    bucéphale    iden- 
queur  [J^oy.  Plut.  .  Pie  de  Flam.  tique  a  Mithra  monté  sur  le  bœuf, 
ch.  I  ;  Polyb.,  liv.  Vil,  ch.  ix)  aient  et  lorsque,  après  beaucoup  d'autres 
représenté  un  Baal,  et  que  Moloch  il  est  vrai,  il  rapproche  de  la  légende 
lui-même  ait  porté  le  nom  de  Baal,  du  dieu   aux   sept  capsules    les  sept 
ces  deux  faits  peuvent   être  admis:  pvrées  qui  brûlaient  autour  de  Mithra, 
mais  qu'en  résulterait-il?que  Carthage  les  sept  portes  par  lesquelles,  pour 
adorait  plusieurs   Baals,    dont    Tun  transcrire    textuellement  le    langage 
sembla    ani    Romaici   en  Apollon,  mystique,  les  initiés  devaient  passer 
tandis  que  l'autre  leur   semblait    un  dans     les    mystères   de    Mithra.  En 
Saturne.    A    une   époque     plus    au-  suivant  ces  idées,  nous  arriverions  à 
!   cienne.  Moloch  avait  été  figuré  avec  voir  dans    Moloch    la    personnifica- 
une    tète  de   veau    ou    de    taureau,  tion  du  système  planétaire  des  anciens 
Maintenant    reprenons   le    problème  (les  sept  capsules,  les  sept  pyrées, 
posé  au   commencement  de   cet    ar-  les  sept  portes  étant  autant  de  sym- 
ticle  :  qu'est-ce  que  Moloch?  Sel-  boles  de  leurs  sept  planètes)  ou  le 
den  ,    Beyer  et     surtout    Fourmont  soleil  lui-même.  Gér.  Vossius  [De 
[Mèm.  de  V Acad.  des  Inscript. ,  orig.  et  prog.  idolol.)  développe 
t.  III,  p.  56-69)  cherchent  k  expli-  très-habilement    la    dernière  de  ces 
qner  l'origine  de  toutes  les  traditions  deux  opinions.  Sabbathier  a  consigné 
relatives    k    Moloch    par    des    faits  la  première  dans  sou  Z//cfZ0'2.  ^oz/r 
historiques    de    la    vie   d'Abraiiara.  tintell.  des  aut.  class.  ,  t.XXiy^, 
Nous  nous  dispenserons  de  les  suivre  pag.  235^  art.  Moloch.  Dom  Cal- 
dans  cet  inconcevable  examen.  Disons  met  (£>zc/.  delaBiù.,  art. Moloch) 
la  même  chose  d'Ant.  Fouseca  qui,  n'a  point  ouvert  un  avis  méprisable 
à  Taide  d'analogies  superficielles  et  en  faisant  de  Moloch  uq  dieu  herma- 


ii8 


MOL 


phrodite,  tour-a-tour  soleil  et  lune. 
Mais  l'opinion  commune  qui  identifie 
Moloch  à  Saturne  est  encore  la 
poeilleure.  Aslrologiquemenl  parlant, 
Saturne  est  un  aslre  sinistre;  aslro- 
nomiqneraent,  c'est  un  aslre  énorme, 
c'est  le  plus  élevé,  le  plus  distant  de 
tout  le  système  planétaire  des  anciens; 
mythologiqueraent  ,  il  dévore  ses  (\\s. 
Certes  il  n'est  point  sans  rapport  avec 
le  soleil,  car  perpétuellement  les  my- 
thologies  ont  lié  ce  grand  astre  et  les 
planètes  :  h  Isis  ou  la  Lune  l'Egypte 
annexa  Vénus;  à  Osiris  ou  le  soleil 
elle  joignit  Jupiter  ,  mais  quelquefois 
Jupiter  et  Saturne,  Jupiter  comme 
bienfaiteur  ,  Saturne  comme  destruc- 
teur. En  ne  quittant  point  la  sphère 
solaire  Jupiter  est  un  Ormuzd,  un 
Vichnou,  Saturne  un  Ahrima:i,  un 
Siva.  Or,  si  dans  un  système  où  le 
soleil  garde  la  primauté  il  revêt  quel- 
ques caractères  de  Saturne  et  de  Ju- 
fiiter ,  dans  ceux  oii  quelque  planète 
uî  ravira  le  premier  rang  celle-ci 
empruntera  quelques  caractères  du 
soleil.  Doit-on  s'étonner  après  cela 
que  Moloch  ait  jusqu'à  un  certain 
point  une  physionomie  solaire,  et  que 
des  savants  l'aient  rapproché,  les  uns 
de  Milhra,  les  autres  d'ApoUoa?  Tou- 
tes ces  conjectures  sont  vraies,  mais 
elles  ne  posent  que  sur  des  traits  épi- 
sodiques  :  le  fond  de  Moloch,  c'est 
Saturne. 

MOLON  était  honoré  comme  un 
dieu  à  Gortyne,  où  on  le  regardait 
comme  petit-fils  de  Miuos. 

MOLONGO  est  rÊtre-suprème 
chez  les  peuples  voisins  du  Monomo- 
tapa.  Au  reite,  ils  donnent  ce  nom  à 
leurs  rois,  auquel  ils  prodiguent  les 
litres  magnifiques  de  souveraiu  de  la 
uature,  seigneur  du  ooleil  et  de  la 
luûe,  roi  de  la  terre  et  de  la  mer, 
etc. ,  etc.  Les  seuls  ohjets  de  ce  culte, 
après  MoloDgo  cl  les  rois,  ce  sout 


MOM 

les  iimes  en  Thonneur  desquelles  ils 
célèbrent  une  fête  dite  Musimos. 

^lOLOROUE,  MoLORCHus,  Mc- 
Moy^ost  ditu-berger de Cléones, donna 
l'hospitalité  a  Hercule  qui,  pour  le 
récompenser,  tua  le  lion  de  ^émée , 
redoutable  aux  habitants  de  Cléones, 
ainsi  qu'à  ceux  de  la  vallée  à  laquelle 
il  dut  son  nom.  La  légende  ordinaire 
ne  fait  pas  mention  de  Molorque. 
C'est  sur  l'ordre  d'Eurysthée  quHer- 
cule  va  combattre  le  lion  dévastateur 
de  TArgolide.  On  institua  en  Thon- 
neur  de  Molorque  des  fêtes  dites 
Molorchies. 

MOLOS,  MoLus,  MiAof  :  j  fils 
de  Mars  et  de  Démonicel'Agénor^de  j 
2°  fils  du  roi  de  Crète  MinosII; 
3°  fils  de  Deucalion,  frère  d'Idomé- 
née  et  père  de  Mérione. 

MOLOSSE,  MoLossus ,  MaiAotr- 
(ris ,  héros  éponyme  des  Molosses  et 
de  laMolosside,  contrée  de  l'Epire, 
passait  pour  fils  de  Pyrrhus  et  d'An- 
dromaque.  A  la  mort  de  son  père, 
Hélénus,  troisième  époux  d'Andro- 
maque,  prit  les  rênes  de  TEpire. 
Molosse  ne  fut  que  sou  successeur. 
On  voit  Molosse  dans  l'Andromaque 
d'Euripide  ,  qui  du  reste  ne  lui  donne 
qu'un  rôle  <\cs  plus  secondaires. 

MOLPADIE,  MoLPADiA  :  i"  Ama- 
zone qui  tua  Antiope  devenue  femme 
de  Thésée;  2°  fille  de  Staphyle,  ho- 
norée à  Cast?-ie(/^o>-.  ParthÉnie). 

MOLPHKE,  Mqlpheus,  un  des 
adhérents  de  Phinée  dans  la  rixe  qui 
eut  lieu  aux  noces  de  Persée  et  d'An- 
dromède, fut  tué  par  Persée. 

MOMIME,  MoMiMus,  et  AZIZE, 
étaient  les  parèdres  du  Baal  (soleil) 
d'Edesse.  Jamblique  en  faisait  Mer- 
cure et  Mars. 

MOMLS.  Mi'^wflf,  dieu  delà  spi- 
riluiUe  ironie  et  du  sarcasme^  n'est 
que  la  moquerie  personnifiée.  Hésiode 
le  uomme ,  mais  saos  ealrer  daus  le 


MON  MON  119 

moindre  détail  sur  son  compte.  La     pas  comment.  Sans  doute  le  miracle 
haute  antiquité  n'y  a  pas  songé  da-     consista  tout  simplement  a  vider  le 
yantage.  En  général  une  gravité  res-     trésor  enfoui  dans  les  crvptes  du  tem- 
pectueuseprésideau  berceau  des  êtres     pie.  Junon  Moneta   avait  un  temple 
divins,  et  ce  n'est  que  quand  on  s'est     au   Capilole  ,  sur  la  place   où  jadis 
déjà  un  peu  familiarisé  avec  ces  ce-      s'était  élevée  la  maison  de  Mardius. 
lestes  soliveaux  que  l'on  commence  a     Ce  temple  futlhôtel  des  monnaies  de 
mettre  le  mot  pour  rire  dans  les  lé-     la  république   et  de  l'empire.  Aussi 
gendes.  Tout  ce  qu'on  a  imaginé  sor     les  médailles  représentent-elles  sou- 
Momiis  est  relativement  moderne.  Il     vent  Junon  les   balances  et  la  corne 
lançait,  dit-on,  le  brocard  sur   les     d'abondance  dans  les   mains,  et  un 
dieux  mêmes.  ÎSeptune  .  \alcaiu  et      monceau  d'argent  monnayé  sous  les 
Minerve  l'ayant  prié  de  juger  de  l'ex-     pieds.  — Il  est  simple  qu'on  ait  fait 
cellence  de  leurs  ouvrages,  il  les  cri-     de  Moneta  la  mère  des  Muses 5  car 
tiqua  tous  trois.  ÎS'epluue  eût  dû  mettre     Meus,  Mnémé,  Mnémosyne,  Moneta 
au  taureau  les  cornes  devant  les  yeux     furent  synonymes.  Mais  cette  généa- 
ou  du  moins  aux  épaules.  La  maison     logie,  qui  ne  se  trouve  que  dans  Hy- 
de  Minerve  eût  dû  être  portative  en     gin,  fut  mal  entendue  à  une  époque 
cas  de  mauvais  voisinage.  L'homme  ,      où  Tappàt  du  lucre  formait  toute  Tin- 
ce  cbef-d'œuvre  de  \ulcain,   eût  dû     spiration  des  poètes.  Quelques  my- 
avoir  une  petite  fenêtre  au  cœur.  Mo-     tliographes,  songeant  au  sens  de  mo- 
mus  alla  jusqu'à  critiquer  la  chaussure     neo  ,  et  non  au  sens  radical ,  dirent 
de  Vénus.  Il  est  vrai  que ,  pour  un     que  ce    nom  signifie  l'avertisseuse , 
épigrammatiste  de  profession  ,  lancer     et  qu'il  fut  donné  k  Junon  lors  d'un 
un    mot  sur  la  chaussure  et  se  taire     tremblement  de  terre  pendant  lequel 
sur  le  reste,  c'était  avouer  la  beauté     une  voix  inconnue,  sortant  du  temple 
de    la   déesse.   Le   seul    trait  anti-     de  la  déesse,  avertit  les  Romains  de 
que  dans    tout  ce  qui  nous  a  été  lé-      sacrifier  une  truie  pleine  pour  apaiser 
gué  sur  Momus,  c'est  qu'il  était  fils     les  dieux. 

du  Soleil  et  de  lalSuit.  On  le  repré-  MO?sGH-RUADH  ou  MACHA, 
sente  un  masque  et  une  marotte  a  la  la  grande  déesse  des  ISémèdes  (une 
main.  des  races  qui  peuplèrent  l'Irlande), 

MOjSEQUE,  MoNiECUS,  guerrier     a  été  transformée   par  l'histoire    en 
colque,  fut  tué  par  Jason.  une  héroïne  humaine,  reine  et  con- 

MOISETA,  Junon.  Ce  surnom  est      quéraute.  Il  existe  sur  son   compte 
célèbre.  Il  nous  montre  dans  Junon,     plusieurs  traditions.  Les  voici  selon 
la  Sakti,  le  Logos,  l'intelligence  de     M.  d'Eckstein. —  1.  «  Trois  princes 
Jupiter.  Junon  alors  est  une  Minerve     issus  dTr,  prétendus  monarques  de 
(Rac.  :  niens^  d'où  même  monere).     toute  l'Irlande ,  et  fils  de  trois  frères 
Au  reste,    selon  le  vulgaire,  Junou      quigouvernaienlle  royaumed'Ulster, 
Moneta  présidait  dans  Rome  au  frap-     régnaient  chacun  a  son  tour  pendant 
page  des  monnaies.  La  légende  fai-      vinst  ou  yino:t-un  ans.   C'est  là  une 
sait  remonter  l'origine  de  cette  allri-      disposition  systématique  particulière 
bution  au  temps  de  Pvrrhus.  Pressés      a  cet  arranjremcntde  l'histoire  irlan- 
par  le  besom  d'argent,  les  Romains     daise ,  et  qui  s'y  reproduit  constam^ 
s'étaient  adressés  a  Junon.  La  déesse     ment.  On  y  voit  toujours  trois  prin- 
les  tirA  bieuloL  dç  peine  ,  ou  ne  dit     c;s  dtf  la  même  race  picûdre  aller- 


X20 


MON 


nativemenl  les  rênes  du  gouvernement 
pendant  un  espace  de  temps  donne' , 
ou  se  succéder  régulièremenl  ;  et  tous 
périssent  de  mort  violente.  Cette  ar- 
tificielle combinaison  ne  laisse  aucun 
doute  k  quiconque  a  étudié  l'antiquité. 
Après  s'être  long-temps  disputé  l'em- 
pire ,  les  princes  dont  nous  parlons 
convinrent  de  régner  sept  années  cha- 
cun, et  de  se  céder  l'empire  a  l'amia- 
ble. Ces  sept  années  répétées  trois 
fois  composent  le  total  de  vingt-un 
ans  accordés  a  chacun  des  rois.  De 
même  ,  quand  les  Milésiens  abordè- 
rent en  Irlande,  trois  dieux  des  Tua- 
tha-Dadan,  trois  frères  y  régnèrent  j 
ils  se  disputèrent  l'empire  jusqu'à  ce 
que  la  même  convention  d'alterner 
le  pouvoir,  au  lieu  de  le  partager,  les 
eut  pacifiés  et  réconciliés.  La  reine 
Macna  était  fille  de  l'aîné,  fem:.ie  du 
cadet  de  ces  frères.  Elle  se  nommait 
Mongh-Ruadh,  aux  cheveux  rou- 
ges ;  son  père,  Aodh-Ruadh  ,  se 
nommait  aussi  le  rouge  (ruadh).  Le 
second  des  cinq  frères  a  cinq  fils  qui 
disputent  l'empire  à  Mâcha,  et  ne 
veulent  pas  qu'une  femme  soit  maî- 
tresse du  gouvernement.  L'héroïne 
Maclia ,  redoutable  amazone,  triom- 
phe des  cinq  princes  rebelles.  Obser- 
vons encore  ce  nombre  de  cinq  con- 
stamment reproduit  dans  ces  mythes 
irlandais  dont  on  a  fait  de  l'histoire. 
Par  exemple ,  le  père  de  Mâcha  lue 
les  cinq  Luighaidh  qui  se  ressemblaient 
de  figure  comme  de  nom.  Ces  cinq 
Luighaidh  rencontrent  dans  la  forêt 
une  sorcière  décrépite,  ils  la  touchent, 
elle  devient  jeune  et  belle.  Mâcha  se 
rend  aussi  dans  la  forêt  où  se  sont 
cachés  les  cinq  ennemis  qu'elle  a 
vaincus.  Pour  se  rendre  méconnais- 
sable ,  elle  voila  ses  ch«>vt  ux  rouges  , 
puis  elle  s'approcha  de  l'endroit  où 
les  frères  venaient  de  faire  rolir  un 
ours  sauvage.  Les  jeunes  gens  la  rc- 


MON 

gardèrent  avec  étonnement,  et  l'invi- 
tèrent h  partager  leur  repas,  ce  qu'elle 
accepta.  Un  des  princes,  épris  de  ses 
charmes,  lui  demande  une  entrevue 
secrète  qu'elle  lui  accorde.  Dans  ce 
rendez-vous  .Mâcha  saisit  le  prince  , 
le  garrotte,  l'attache  à  un  arbre,  et 
revient  trouver  les  quatre  frères 
(ju'elle  séduit  tour  à  tour ,  attire  dans 
des  lieux  écartés  ,  et  enchaîne  sépa- 
rément. Ensuite  les  ministres  de  Mâ- 
cha condamnent  les  princes  a  mort  ,• 
mais  Mâcha  leur  laisse  la  vie  sous  la 
condition  qu'ils  lui  bâtiront  un  palais. 
Elle  se  sert  de  la  grande  aiguille  qui 
rattache  ses  cheveux  pour  tracer  le 
plan  de  cet  édifice  nommé  Eomuin 
(Eamhuin)  Mâcha ,  du  nom  de  Tins- 
trument  employé  pour  en  faire  le 
tracé.  Ce  fut  ensuite  la  résidence  des 
rois  de  l'Llster.  »  2.  «Suivant  une 
autre  version  de  la  même  fable,  Mâ- 
cha est  femme  de  Qruin,  fiIsd'Adna- 
nihuin.  11  faut  savoir  que  INémed, 
époux  de  Mâcha  ,  est  aussi  le  fils  de 
cet  Adnamhuin,  l'une  des  divinités  des 
Tualha-Dadan.  Ainsi  Qruin  n'est  que 
Kémed  lui-même  sous  une  nouvelle 
forme.  Qonnor,  roi  de  l'LLter,  con- 
traignii  Mâcha  a  entrer  en  lice  pour 
disputer  le  prix  de  la  course  a  sts 
chevaux.  Elle  remporta  le  prix,  et 
arriva  la  première  au  lieu  où  fut  bâti 
le  palais  qui  porte  son  nom.  Elle  était 
grosse,  et  accoucha  de  deux  jumeaux, 
un  garçon  et  une  fille.  Dans  les  dou- 
leurs de  l'enfantement,  saisie  d'in- 
dignation contre  la  barbarie  de  Qon- 
nor, elle  lança  une  malédiction  contre 
les  guerriers  de  l'Lls  er.  Pendant 
long-temps  les  héros  du  Clanna  Ru- 
ghraide  furent  en  proie  h  des  douleurs 
qui  ressemblaient  à  celles  de  Tenfau- 
tement.  C  est  le  souvenir  effacé  d'un 
mythe  fréquent  dans  les  religions  an- 
tiques, et  qui  se  rattache  h  la  doctrine 
d'une  naluic  active  et  passive,  tour  à 


MON 

tour  souffrante  et  réhabilitée.  Suivant 
cette  croyance,  les  dieux  changent  de 
sexe,  d'hommes  deviennent  femmes, 
de  femmes  liommes,  et  leurs  secta- 
teurs les  imitent.  —  «  Cette  Mâcha  , 
continue  M.  d'Eckstein,  cette  Mâcha, 
déesse  des  ISémèdes  et  des  Tuatha- 
Dadan,  des  pontifes  et  des  agricul- 
teurs de  l'ancienne  Irlande,  est  trans- 
formée eu  Amazone  dans  1  Irlande 
guerrière.  Elle  devient  reine  ,  elle 
reste  établie  dans  l'Llster,  introduite 
dans  sonhistoire  ;  et  cependant,  même 
à  travers  cette  métamorphose,  on  voit 
encore  percer  le  caractère  de  la  vieille 
divinité,  d'une  déesse  de  la  nature 
passive  et  active,  au  génie  hermaphro- 
ditique.  Au  sexe  delà  femme,  Mâcha 
joint  le  génie  de  Tliomme  :  elle  est  la 
seule  femme  qui  ait  gouverné  l'Irlan- 
de; elle  adopte,  encore  enfant,  L gaine 
More  ,  ce  grand  roi  qui  porte  les  ar- 
mes milésiennes  sur  les  rives  de  la 
Gaule  et  de  Tlbérie,  oii  il  exerce  en- 
core ses  pirateries.  Pour  dernière 
preuve  de  l'identité  de  Mâcha  avec  la 
déesse  deslNémèdes, ajoutons  que  dans 
l'histoire  de  celle-ci  on  voit  également 
paraître  quatre  frères,  quatre  archi- 
tectes. Ce  sont  quatre  Fomoraïcesou 
pirates  établis  dans  ILlsterj  ils  op- 
primcntlNémed  et  Mâcha,  son  épouse. 
Ils  sont  vaincus  et  forcés  de  construire 
un  palais  pour  INéraed.  Deux  de  ces 
frères  ou  architectes  se  nomment  Boç; 
et  Robhog  :  ce  sont  lesRobhogdii  de 
rUlster  dont  parle  Ptolémée.  Quand 
les  Milésiens  devinrent  maîtres  de 
l'empire,  une  partie  des  anciens  pira- 
tes, qui  avaient  quitté  leur  métier 
pour  se  confondre  avec  les  aborigè- 
nes et  devenir  agriculteurs  ,  furent 
contraints  de  bâtir  des  forteresses 
pour  les  conquérants  5  de  même  que 
dans  les  leropsanlérieurs  ils  avaient  été 
forcés  de  construire  des  temples  pour 
le^  Druides.  Tel  est  le  sens  de  ce  mj- 


MON 


121 


the  défiguré  des  pirates  architectes. 
Némed  fit  égorger,  selon  la  tradition, 
ces  quatre  architectes  le  lendemain 
du  jour  où  le  palais  fut  achevé.  II 
craignit  qu'ils  ne  construisissent  pour 
d'autres  des  palais  aussi  magnifiques 
que  le  sien.  Doire  Lighe  fut  le  théâ- 
tre de  ce  meurtre  accompli  au  lieu 
même  où  ils  avaient  terminé  leur  édi- 
fice,  monument  de  leur  génie.  Chez 
beaucoup  de  peuples  anciens  on  re- 
trouve la  même  fable  :  souvent  ie  sano- 
d'un  homme  arrose  et  consacre  les 
murs  du  palais  bâti  par  un  prince  ; 
souvent  aussi  le  cadavre  de  l'archi- 
tecte lui  sert  de  fondement.  Des  tra- 
ditions toutes  semblables  se  retrou- 
vent parmi  les  Russes ,  les  Scandina- 
ves et  les  Serviens.  Chaque  temple  où 
réside  le  dieu  de  l'univers,  chaque 
palais  où  demeure  le  roi ,  pontife- 
guerrier  qui  représente  cette  divinité, 
offre  le  symbole  du  monde  entier  qui, 
selon  beaucoup  de  mvthes ,  a  été  ci- 
menté par  le  sang  d'un  dieu  créateur 
de  l'univers,  offert  en  holocauste  pour 
conserver  sa  propre  créaiiou.  Les  Fo- 
moraïces  ou  pirates  enseignèrent, 
dit-on,  aux  iSémèdes  l'art  de  cons- 
truire des  maisons.  Ensuite  ÎSémed 
défrichadouze  forêts,  douze  772rti?-/25.» 

MO^^OECUS  ou  MOrsOECOS, 
McyoïKoç  ,  Hercule  sur  une  petite  cri- 
que de  la  Méditerranée  ,  où  la  hutte 
qui  lui  était  consacrée  ne  portait  au- 
cune image  d'autre  dieu  (  /ucvcç , 
seul,  o<>i:/y,  demeurer).  Ce  lieu  devint 
dans  la  suite  la  ville  de  Portus  Her- 
culis  Monœci,  anjourd'hui  Monaco. 

MOMAGTS'ES  (les),  Montes, 
O^j;, figurent  dans  laThéogonie  d'Hé- 
siode comme  filles  de  la  Terre  seule. 
Elles  apparurent  après  Ouranos  (la 
voùle  céleste  personnifiée)  et  avant 
Ponlos  (le  profond  abîme).  Presque 
tous  les  peuples  ont  adoré  les  Mon- 
tagnes ,  énormes  fétiches  qui  sem- 


121 


MOP 


Lient  fouler  la  terre  qu'ils  domincût 
de  leur  tète  ,  et  coraraauder  k  la  fon- 
dre, aux  nuages,  aux  glaces,  aux 
orages  :  TAlbordj  en  Per^e,  le  Mé- 
rou aux  Indes,  dans  la  hanlc  Asie  le 
Caucase,  en  Plirygie  le  Cvbèle,  en 
Lydie  le  Tmole,  à  Rliode^  TAlaby- 
rius .  en  Grèce  TOlympe  ,  en  Libye 
l'Atlas  ,  en  sont  des  preuves.  Si 
nous  parcourions  de  même  ioules  les 
contrées  habitées  par  les  Slaves,  les 
Talars,  les  Malais,  les  Papous,  les 
iunoinbrables  peuplades  de  TAméri- 
que  incivilisée  et  de  1  Océauie  ,  par- 
tout le  même  spectacle-se  reprodui- 
rait h  nos  yeux. 

MOINTIN,  MoNTiMJs,  dieu  ro- 
main, passait  pour  le  génie  des  mon- 
tagnes 

MOrsYQUE,  MoNYCHLS,  Cen- 
taure qui  déracinait  les  arbres  ,  it  les 
lançait  comme  des  javelots  (/Ki'vy;;^^? 
en  grec  épique  est  l'épithète  usuelle 
du  cheval,  h  qui  certes  elle  convient 
à  merveille). 

MOOUT.  Foy.  MorTH. 

MOPSE  ,  MonJ/;?,  une  des  Sirènes 
selon  certaines  traditions. 

MOPSOPE,  Mol^y'Oîj  donna  son 
nom  k  l'Atlique. 

MOPSLS,  Moyôf,  fameux  devin, 
passait  pour  Hls  d'Apollon  et  de  Mau- 
to.  Il  se  distingua  par  la  vcrilc  de 
ses  prophéties  au  siiège  de  Tlièbes, 
k  la  cour  d"A:uphimaque,  enfin  k  Cla- 
ros.  Après  sa  mort  il  recul  les  hon- 
neurs divius,  et  le  souvenir  de  son 
habileté  lit  naître  l'adage,  plus  cer- 
tain  que  MopSUS.  Ou  voit    (jllC 

Mopsus  e.^l  1  incarnation  clarienne 
d'Apollon.  Da  reste,  ses  adorateurs, 
pour  Tcxalter  plus  alsémenlpar  des- 
sus tous  les  autres  devin-?,  assuraient 
qu'il  avait  vaincu  Cil-'ias  eu  talents 
proj)h^tli[uei.  Ampliiinaq-iie  méditait 
une  eutrepiise  iiu^)orldnte  ,  et  ,  sui- 
Yaallusaj^e  du.  le  nps,  consulta   d'à- 


MOP 

bord  les  devins  sur  la  réussite  plus  ou 
moins  probable  de  ses  projets.  Mopv- 
sus  ne  prédit  que  malheurs,  Calcbas 
au  contraire  alhrraa  qu'Amphimaque 
reviendrait   vainqueur.    Caîchas   eut 
tort  et  mourut  de  chagrin.  Lne  autre 
légende  relative  k  la  victoire  de  Mop- 
sus sur  Calcbas,  nous  mon  tfe  les  deux 
devins  s'occupant  k  dire  quel  nombre 
de  figues   couvre  le    figuier  qui    est 
sous  leurs  yeux,  et  combien  une  truie 
pleine  qui  passe  devant  eux  porte  de 
petits  dans   ses  flancs.  Enfin,  selon 
Plularque,  un  gouverneur  de  Malles, 
athée  ou   peu    s'en   faut,    envova  un 
billet  cacheté  k  l'oracle  de  Mopsus. 
Le  commissionnaire,  selau  la  coutu- 
me, dormit  dans  le  temple,  et  k  son 
réveil  trouva  un  billet  cacheté  k  ses 
pieds ^   il   l'emporte,    rumeur    k    la 
cour,  on  se  hâte  d  ouvrir  la  lettre, 
onn'y  trouve  qu'un  mot  :  Noir.  Tous 
les  courtisans  de  crier  a  l'absurdité, 
k  l'imposture;  mais  le  gouverneur  leur 
fait  voir  le  duplicata  de  la  lettre  quil 
a  envoyée  au  dieu ,  et  qui  contient  la 
question  suivante  :  T'immolerai-je  un 
bœuf  blanc    ou  noir.^  —  Six  autres 
Moi'sus  furent  :  i°  un  devin,  fils  de  la 
nymphe  Chloris  et  d'Amvcus,  Argo- 
naute ,  fondateur  de  la  ville  de  Ten- 
chira,  non  loin  du  port  où  fut  bàlie 
depuis  Carthage  ,  et  divinisé  après  sa 
mort    par    ses   anciens   compagnons 
dinfortune;    a°    Lydien  qui    se  ré- 
volta contre  la  tyrannie  d'Addirdaga 
et  dichthys,  sou  fils,  et  qui,  s'étant 
emparé  par  les  armes  du   trône  de 
Lvdie ,  força  le  fils  et  la  mère  k  se 
précipiter  dans  un  lac  voisin  d'Asca- 
lon  (Comp.  Addirdaga)  ;  5°  chef  ar- 
gien  qui  fonda  Phasèle  sur  le  coteau 
de  Colophou  ;  I^°  fils  d'OEnée,  reine 
des  Pvgmées  ,  et  de  Nicodamas (les 
Pvgmées  lassés  des  cruautés  de  sa  mère 
l'enlevèrent  de  la  cour  pour  Télever  à 
leur  maiiière)  j  5<>  ïhrace  qui ,  banDj 


\ 

i 


I 


MOR 

de  son  pavs  par  Lycurgue,  s'adjoi- 
gnit Sipjle ,  attaqua  les  Amazones 
commandées  par  Mvrine,  et  remporta 
sur  elles  une  victoire  complète^  6"  La- 
pithe  qui  se  rendit  cé.èbre  au  siège 
de  ïhèbes ,  et  qui  passa  pour  avoir 
donné  son  nom  k  la  ville  de  Mop- 
sueste.  Il  faut  réduire  le  héros  épo- 
njme  de  Mopsueste  et  les  deux  de- 
vins Mopsus  à  un  seul  personnage. 

MORDAD  ,  l'ange  de  la  mort 
dans  la  mvthologie  parsi. 

MORGES,  Mcf/y,;  ^  roi  d'une 
partie  de  lltalie,  après  Itale,  donna 
aux  OEnotres  !e  nom  de  Morgètes. 

MORïSAQTJI,  un  des  saints  du 
Japon,  soit  Bouddha  (Cbakia)  dans 
une  de  ses  incarnations  ou  sous  un  de 
ses  points  de  vue,  soit  un  de  ses  dis- 
ciples ou  des  propagateurs  de  son 
culte. 

MORITASGUE,  dieu  celte.  On 
a  trouvé  son  nom  sur  une  inscription 
déterrée  en  i652,  a  l'entrée  du 
vieux  cimetière  d'Alisia,  aujourdliui 
Sainte-Reine. 

MORMO  reçut  de  l'oracle  l'or- 
dre de  former  une  ville  au  confluent 
de  l'Aradis  et  du  Rhodanus  ,  et  jeta 
les  fondements  de  Lvon  sur  la  mon- 
tagne qui  forme  aujourd'hui  le  fau- 
bourg de  la  Croix-Rousse. 

MORMONES,  espèce  de  Lares  ou 
fantômes  (^R.  :  uocuâ). 

MOROUTCnÔLDA,  pénitent  cé- 
lèbre, dix-neuvième  arrière-petit- fils 
d'Ikchimadida ,  étonna  par  ses  pe'ni- 
tences  la  ville  hindoue  de  Coliban,  Il 
n'est  pas  mort,  quoique  les  prodiges 
de  sa  vie  érémitique  remontent  à 
plus  de  deux  mille  ans,  et  Sonsra  dans 
e  Bhagavat  prédit  qu'il  vivra  jusqu'à 
1  expiration  du  KaUiouga  pour  renou- 
veler dans  l'âge  suivant  (le  cinquième) 
la  famille  des  Souriavansi. 

MORPHÉE,  MoRPHEL-s,  le  dieu 
des  songes,  fils  du  Sommeil  et  de 


MOR 


ia3 


la  Kuit ,  passe  vulgairement  pour  le 
Sommeillui-mèmej  et  en  conséquence 
on  le  place  dans  la  ténébreuse  et  sta- 
gnante reg  on  des  Ciramériens  aue  ni 
Cook  ni  Bougainviile  n'ont  rencontrée 
en  faisant  leur  voyage  autour  du  mon- 
de. On  Ta  représenté  affaissé  sous  le 
poids  du  soaimeil:  oa  lui  a  donné 
pour  attributs  les  soporifiques  pavob, 
mais  le  nom  même  du  dieu  [uctcpoii, 
formes)  indique  assez  qu'il  préside  a 
ces  formes  fant.isliq-jes  et  vaines  qui 
viennent  se  peindre  au  cerveau  dé- 
tendu par  le  sommei'.  Morphée  se 
dédouble  en  trois  dieux,  Icèle,  Phan- 
tase  et  Phobétor,  que  l'on  regarde 
tour  k  tour  comme  ses  fils  ou  comme 
ses  frères.  C'est  lui  qui  est  de  tous 
les  songes  le  plus  habile  k  preudie 
l'air  ,  le  ton  ,  la  voix  ,  de  ceux  qu'il 
veut  représenter. 

MORPHO,  Vénus  voilée  et  en- 
chaînée a  Lacédémone,  avait  été  con- 
sacrée en  ce  lieu  par  Tvndare  ,  selon 
les  uns  comme  emblème  de  la  chas- 
teté et  de  la  fidélité  des  femmes:  se- 
lon les  autres  ,  comme  le  svn^.bole  de 
ce  caractère  inconstant  et  lascif  qu'il 
faut  tenir  dans  la  captivité,  et  en- 
raver  par  des  chaînes  de  fer.  Le  bon 
Tvudare ,  a'oute-t-on,  avait  sur  le 
cœur  la  conduite  de  ses  CUes,  Hélène 
et  Clvfemnestre,  peut-être  aussi  le 
trop  facile  laisser-aller  de  sa  femme 
Léda  avec  son  cygnej  et  les  voiles  et 
les  chaînes  dont  il  affublait  ^  énus 
étaient  une  petite  vengeance,  des  me- 
nottes en  effiirie. 

MORT  (  la ) ,  Mors  ,  QâiccTô; , 
déesse  grecque  et  romaine,  passait 
pour  fille  de  la^uit  et  sœur  du  Som- 
meil. Les  enfers  étaient  sovf  séjour. 
Son  nom  n'était  en  quelque  sorte  ja- 
mais prononcé  par  les  Grecs.  La  fa- 
ble d'Alceste  nous  la  montre  lut- 
tant avec  Hercule.  Élis.  Sparte  l'Iio- 
aoraient;  mais  la  Phénicic  et  1  Espa- 


124 


MOS 


gneliii  rcndalenl  plus parlicullèreinent 
un  culte.  Feul-ètre  dans  la  mytho- 
logie la  plus  anll(|ue  fut-elle  en  rap- 
port avec  la   Faim,  l'insatiable  Faim 
qui  dévore,  et  par  suite  avec  l'Amour 
(jui  est  aussi  de  la  faim ,  de  Tappctit ,  du 
désir.  L'Inde  a  eu  la  même  concep- 
tion,  et  Brahm  Pomnivnre,  Brahm 
est  Moulli.la  Faim,  la  ^lorl. — Les 
p  êtes  donnent  a  la  INIort  un  cœur  de 
fer,  des  entrailles  d'airain,  des  ailes 
noires,  un   filet  dont  elle  enveloppe 
la  tête  de  ses  victimes  comme  le  gla- 
diateur réliaire  ,    enfin  la  harpe  ou 
faux  de  Saturne.   Les   sculpteurs  et 
les  peintres  ont    tous  conservé  cette 
faux.  De  plus  ,  ils  ont  fait  de  la  déesse 
un  squelette.  C'est  seulement  au  sa- 
lon  de    1781  que   M.  Barthélémy, 
ftour  peindre  Apollon  commandant  h 
a  Mort  et  au  Sommeil  de  porter  en 
Lvcie  le  corps  de  Sarpédon  ,  a  fait 
de  la  Mort  une  belle  femme  au  vis3":e 
hâve,  aux  lèvres  blanches,  aux  yeux 
fermés  et  empreints  de  la  rlgidilé  ca- 
davcri(jue.  C  élnit  juscju'a  un  certain 
point  rentrer  dans  les  idées  anciennes 
(Comp.    Qaïaïp).    Si   les   Etrusques 
sur  leurs  vases  ont  donné  a  la  Mort 
une  gueule  béante,    ou  bien  la  tète 
de  la  Gorgone,  ou  bien   la  forme  du 
fabuleux  Voltar  •  plus  souvent  les  re- 
présenlations  de  la  Mort  se  distin- 
guaient par  des  traits  graves  ,  mais 
beaux,  lugubres,  mais  nobles.  Telle 
était  la  statue  de  la  PSuit  tenant  dans 
ses  bras  le  Sommeil  et  la  Mort ,  l'un 
doi  niant   profondément,   l'autre  fei- 
gnant de  dormir. 

MOÎllS,  Mopyj-,  fils  d"Hippotion, 
fut  tué  parMérioiie  au  siège  de'Froie. 
MOSCniîULS  01.  MOSCHLRl, 
dix-septième  roi  d'Kgyple  ,  selon  le 
laterculed'Kralostlièn.  qui  interprète 
ce  nom  par  que  donne  le  .soleil  (ce 
(jui,  pour  le  dire  en  passant,  nous 
engagerait  h   soupçonner  que   Mos- 


MOU 

chéri   est  une  corruption  de  Maris, 
Mari,    Miré,    etc.),    serait,   selon 
Dupui-;,  le  second  Décan  de  la  Vier- 
ge (Ouestucati  de  Saumaise,  Topite 
de  Firmicus).  Gœrres  le  fait  tomber 
avec   Mousthi    et    Pamm-Archondès 
dans  les  Poissons,  domicile  du  soleil, 
et  par   conséquent  l'assimile  à  Pté- 
biou  ou  Erébiou  ,  premier  Décan  des 
Poi'-sons,  enélasTuantMénès  du  nom- 
bre  des  Décaus  •  et  du  reste,  suivant 
Dupuis,  on  identifierait  Moschéri  avec 
Tomi.  Enfin,  en  partant  d'Atothès  I 
dans  le  latercule ,  et  de  Sothis  dans 
la  lÎNte  des  Décans,  on  ferait  coïnci- 
der Moschéri  avec  Réuo. 

MOSKOI'TSAR,  le  roi  mariti- 
me, était,  selon  le  dogme  de  Kiev, 
le  roi  de  la  mer.  Probablement  ce 
n*est  la  qu'une  épithètej  mais  jus- 
qu'ici l'on  ignore  le  vrai  nom  du  Nep- 
tune des  Slaves. 

MOT  est ,  dans  la  cosmogonie 
phénicienne,  la  matière  première  qui 
résulte  de  la  fécondation  de  Baaut , 
laTSuit,  par  le  vent  Kolpiah  a  l'aide 
du  Désir  ou  de  l'Amour  dont  on  ne 
donne  pas  le  nom  phénicien.  On  peut 
comparer  l'art.  Mouth. 

MOrHOINE,  Mo&âir^^  la  même 
que  MiÎTHONE  ,  passait  pour  fille 
d'OEnée  ,  tandis  que  Méthone  avait 
pour  père  le  géant  Alcvonée. 

MOrVE,  MoTYA,  Morva,  hé- 
roïne éponvm"  d'yne  ville  de  Sicile, 
fit  connaître  a  Hercule  celui  qui  avait 
osé  lui  voler  ses  taureaux.  Reflet  si- 
cilien du  mythe  italique  relatif  à  Ca- 
cus  î 

MOIDÉVI.  aux  indcs,  est  la 
face  noire  et  funeste  de  la  grande 
Sakti,  mais  plus  spécialement  de  Sakii 
produisant,  de  Sakti  subalternisée, 
de  Sakti-Lakchmi.  La  discorde  et  la 
misère,  voilà  les  œuvres  de  Moudévi. 
Elle  stérilise  la  terre  et  dessèche  les 
âmes.  Elle  est  peinte  de  couleur  vcrtej 


^1 


« 


m 


MOU 

son  vahanam  est  Tâne,  animal  im- 
jnonde  et  abhorré^  ses  mains  portent 
une  bannière  au  milieu  de  laquelle  le 
corbeau  étend  ses  ailes  sinistres.  Mal- 
heur a  celui  que  protège  la  glaçante 
déesse!  il  ne  rencontrera  pas  même 
un  grain  de  riz  pour  apaiser  la  bou- 
limie affreuse  qui  dévore  ses  entrail- 
les. Moudévi,  dit-on,  ne  trouva  point 
d'époux  parmi  les  dieux.  Pourtant 
on  la  donne  souvent  comme  seconde 
femme  de  Yicbnou.  D'autre  part,  son 
nom,  identique  h  celui  de  Mdhadévi, 
nous  reporte  dans  le  Slvaïsme.  Mou- 
dévi est  une  Ra'i  (la  noire),  Rou- 
drani  (la  mère  des  larmes),  Moha- 
nimaVa  (la  fausse  beauté)  5  c'est  l'en- 
semble des  amères  réalités  de  la  vie  , 
c'est  l'adverse  fortune,  c'est  la  rixe 
qui  demande  la  guerre  et  du  sang, 
c'est  le  froid,  l'inertie,  l'improducti- 
vité, la  mort.  ISikIas  jMiiller  la  rap- 
proche d'Alilat,  de  Lilith,  d'Enyo, 
de  Bellone,  des  Furies ,  de  la  mau- 
vaise Fortune. 

MOURTARÉCHI,  Bbavani  Dour- 
ga    en  tant  qu'ennemie  des   géants. 
Elle  est  nue  5   sa  couleur  est  bleue. 
Debout  sur  le  sein  de  Siva,  elle  tient 
de  ses  deux  bras  gauches  une  épée  et 
un  casque;  des  deux  bras  droits,  Tun 
plus  élevé  est  nu  ;  l'autre  un  peu  plus 
bas  ordonne  d'approcher  sans  crainte. 
MOUMBO-IOLMEO,  dieu  nègre, 
préside  aux  ménages  et  notamment  à 
Fantorité  des  époux  sur  leurs  fem- 
mes. L'idole,  au   dire  des  crédules 
habitants  du  pays,  intime  souvent  ses 
ordres  aux  femmes,  et  celles-ci  man- 
quent rarement  d'y  obéir.  Le  peuple 
jure  par  celte  idole,  et  il  n'y  a  pas 
de  serment  plus  saint.  Des  voyageurs 
nous  assurent  que  presque  tous  les 
ÎNegres  marquants  savent  à  quoi  s'en 
.  tenir  sur  Moumbo-Ioumbo  5  ce  dieu  , 
I  ou  du  moins  le  rôle  qu'il  remplit  si 
(jbien  aujourd'hui  au  proHt  des  maris, 


MOU 


125 


n'aurait  été  imaginé  que  dans  la  vue 
de  maintenir  plus  aisément  la  subor- 
dination dans  le  ménage.  A  l'intérieur 
de  la  statue ,  qui  a  de  huit  a  neuf 
pieds  de  hauteur,  et  dont  une   robe 
d'écorce    d'arbre  et  un  chapeau  de 
paille  composent  le  costume,  se  cache 
un   rsègre.  Des  moyens  particuliers 
donnent  a  la  voix  du  vice-dieu  un  son 
qui  semble    n'avoir    rien  d'humain. 
C'est  d'ailleurs  la  nuit  qu'on  le  con- 
sulte.  Survient- il   dans   une   maison 
quelque  différend  entre  l'homme  et  la 
femme  ,    les    deux  contendants  s'en 
vont  chez  Moumbo-Ioumbo ,    et   le 
prennent  pour   arbitre.  La  décision 
est  presque  toujours  à  l'avantage  du 
mari.  Il  faut,  pour  être  sur  des  sen- 
tences de  Moumbo  ,   se  faire  initier 
à  ses  mystères,-  on  prête  serment  de 
ne  jamais  ,  quelque  chose  qui  puisse 
arriver,  révéler  le  secret  à  des  fem- 
mes j   du  reste,   on   n'est  reçu  dans 
cette  espèce  d'assurance  contre  la  ty- 
rannie  du   sexe  qu'à  l'âge  de  seize 
ans.^  En  1727  ,  le  roi  de  Jaga  ayant 
révélé  le  secret  à  une  de  ses  femmes, 
fut  tué  par  les  grands  aux  pieds  de 
Moumbo-Ioumbo.  On  ne  se  présente 
que  couvert  devant  la  statue.   Pen- 
dant le  jour  elle  est  exposée  sur  un 
poteau-  a  l'entrée  de  la  nuit  on   la 
transporte  dans  l'enceinte  sacrée  uù 
ont  lieu  les  opérations. 

MOU^DA,  TCHANDA  et 
D0LMRAL0rCHAK4  sont,  dans 
le  Dévimahatmiara  (épisode  du  Mar- 
kandéia-Pourana),  les  trois  généraux 
de  Soumbha  l'Açoura,  dans  la  lutte 
sacrdège  et  gigantesque  qu'il  soutient 
contre  Dourga-Dévi.  Tous  trois  pé- 
rissent ,  et  la  déesse  prend  des  deux 
premiers  les  surnoms  de  Tcharaounda 
Tchandika(;^oy.  soit  anal,  et  trad. 
d'Eug.  Burnouf  dans  le  Journal 
asiatique j  IV,  2  4.-32,  so'xiduSiva 
Pourana,  ch.  V,  §  6 ,  par  le  baron 


ia6 


MOU 


F 


d'Eckslcin,(lans/eCr///20/.,t.  XIV, 
n"  42).  Moiiiula  etTchanda  étaient 
eux-mêmes  des  Acouras,  Danavas  ou 
Dailias  (Tilansliindous).  On  les  voit, 
non  seulement  combattre  ,  mais  veil- 
ler et  remplir  le  double  rôle  de  senti- 
nelle et  de  messager.  Soumbha  les  a 
lacés   en  vedette   sur  les  cimes   de 
'Hlmalaïa,  et  quand  la  divine  Ara- 
bika  paraît,  ce  sont  eux  r,ui  vont  lui 
en  donner  avis,   et  qui  Texcilent   à 
mettre  en  œuvre  tous  les  moyens  pour 
posséder  cet  te  incomparable  inconnue. 
MOURDiO,  chez  les  Beljouanas 
(aulremenl     IMouliljoiianas    et    Sit- 
jouanas .  et ,  dans  la  langue  des  Hot- 
tenlots,  Brigouas),    est  le  dieu  su- 
prême ,   dispensateur    invisible    des 
biens  et  des  maux.  Son  nom  rappelle 
le  n;ot  Mourinna  qui,  dans  la  langue 
de  rAfri(}uesud-esl, lignine  seigneur. 
Ses  adorateurs  semblent  avoir  pour  lui 
plus  de  crainte  que  d'amour.  Au  reste, 
ils  sont  peu  attachés  aux  pratiques  re- 
ligieuses. Les  missionnaires  qui  ont 
tenté  leur  conversion  v   ont  échoué, 
non  pas  qu'ils  soient  enthousiastes  du 
culte    indigène  ,    mais    pvirce    qu'ils 
tiennent  peu    a  uu  culte  quel    qu  il 
soit.  Un  seul  a  obtenu  la  considération 
des  Heljowanas  ,  c'est  celui  qui  leur  a 
fait  connaître  la  charrue,   lis  ont  la 
prétenliou  de  deviucr  l'avenir  h  l'aide 
de  dés  pyramidaux   faits  de  cornes 
d'antilopes.  Leurs  prêtres  sont  char- 
gés de  l'observation  des  astres  et  de 
l'arrangement  du  calendrier,  divisent 
l'aunée  en  Irei/e  mois  lunaires,  et  sa- 
vent distingueriez  planètes  des  étoi- 
les Hxes.  Leur  chel  e«t  le  premier  <hi 
pays  après  le  voi. 

iViOL  TH,  ^i(X)UTH  ou  MOYTII, 
{myth.  hifuL),  d-iriurté  phénicienne 
que  l'on  regarde  comme  roi  ou  reine 
des  enfers,  et  pnr  conséquei.l  comme 
une  espèce  de  Pluton,  a  été  confondu 
par  plusieurs  myllïologues  avec  Mot 


MOU 

qui  est  la  matière  première,  mère  uni' 
verselle  des  êtres  et  principe  de  tout 
ce  qui  est.   L'identité  de  Mot  et  de 
]\Ioutli    n'est    pas   prouvée  5  mais    si 
l'on    songe  au  rapport  soit  idéologi- 
que, soit  phonique  des  mots  mater  et 
matcria.,  si  l'un  se  souvient  que  tour  a 
tour  la  matière  comprend  l'esprit  dé- 
miurge, et  l'esprit  démiurge  la  matiè- 
re, si  l'on  pense  que  le  développement 
du  monde  suppose  destruction  comme 
création  ,  et  qu'en  conséquence   tout 
Zévs  est  un  ïiadcs,  si  l'on  se  rappelle 
que  Brahm  -  Brabmanda  -Hirania- 
gharba-Souaïambhouva,parla  même 
raison  qu'il   contient  tout,  absorbe 
tout,  dévore  tout,  est  Moutli  la  faim  et 
Mouth  la  mort  ,  on  ne  s'étonnera  pas 
que  la  matiÎTc  et  la  mort  ne  fassent 
qu'un.  Et  sous  un  autre  point  de  vue, 
pour  les  spiritualistes  par  exemple, 
quoi  de  p!us  naturel  que  de  voir,  dans 
l'esprit  principe  actif,  la  vie ,  dans  la 
matière    principe   pas.^if,    la  mort? 
MOUTCHOUKOUISÏHA,radjab 
hindou  de  îadvnastie  de^Souriavansi, 
avait  aidé  les  dieux  à  combattre  les 
Dailias,   et   pour  récompense  avait 
obti  nu  le  privilège  de  dormir  éter- 
nellement jusqu'à  la  venue  deRrichna. 
a  Si  quelqu'un    ose  me  rsveilîer  ,  » 
avait-il  demandé    k  Indra  ,  «  que  la 
«  flamme  de  mes  yeux  irrités  le  dé- 
«  vore.  »    Poursuivi  par   le    «Faîte 
Kala-Iavauu  .    victorieux  ennemi  de 
son  culte,  Krichna  entra  precipilam- 
ment  dans    la  caverrre    où   dormait 
Moutchoukounlha  ,  et  eut  soin  de  se 
placer  derrière  sa  tête  pour  ne  point 
être  exposé  a  ses  regards.   L'arde"Bt 
Kala-lavana,  eu  s\'!aiicant  à  Fa  suite 
de  Krichna  dans  l'antre  ,  pousse  avec 
rudesse  les  pirdsdu  radjah  endormi. 
Soudain  le   prince  s'éreille  en   sur- 
saut; les  flammes  divines  le  dévorent 
lui  et   son  armée.  Le    sommeil   de 
Moutchoukounlha  rappelle   ceux  de 


MUN 

Koumbhakbarna  (F".  Ravaîta),  d'É- 
piménide,  d'Endvmion,  de  la  BeUe  au 
bois  dormant.  L'eDsemble  da  mythe 
s'harmonise  d'une  part  avec  la  mort 
de  Ransa  sivaïte  lui-même,  de  Ransa 
que  pétrifie  la  vue  de  Yichnou  •  de 
Tautre  ,  avec  l'histoire  de  la  mer  de 
lait  battue  par  les  dieux  qui  ont  en 
main  la  queue  du  grand  serpent  Adi- 
cécha,  tandis  que  les  Daitias,  qui 
tiennent  la  tête  ,  sont  exposés  aux 
poisons  délétères  que  dislille  sa  bou- 
che. 

MULIEBRIS.  Voy.  Fortune. 
MLLIOS  ,  Mo-jy^ioç  :  1°  époux 
d'Ao^amède  TAu^éide  :  2°  chef  épéeu 
tué  par  ÎNestorj  5°  chef  Iroyen  tue 
par  Patrocle^  4°  héros  natif  de  Du- 
lichium  et  au  service  d'Araphinome , 
un  des  prétendants  de  Pé/iélope. 

MLNYOLE,  ^îr^\cHus,  Mou- 
»u'^a?,fils  d'Acamas,  d'autres  disent  de 
Démophon  et  de  Laodice  ,  fui  élevé 
dans  Troie  par  Etl'.ra.  suivit  son  père 
en  Grèce,  et  donna  son  nom  k  un  dème 
deTAltique  (  ^^oy.  Acamas),  qui  plus 
tard  devint  unfaubo-Jrg  et  un  des  trois 
ports  d'Athènes.  On  sait  que  Diane 
honorée  dans  cette  ville  prit  le  nom 
de  Munychienne.   H  y   eut  des  fêtes 
appelées  Munychies,  et  l'cii  nomma 
Munychion  le  dernier  mois  du  calen- 
drier athénien.   Quelques  "traditions 
faisaient  aller  Muuyque  en  Thrace  a 
la  suite  d'Acamas,  et  ajoutaient  qu'il 
y  mourut  de  la   morsure   d'un    ser- 
pent.— Un  autre  Mu>'yque,  devin, 
n'eut  pas  l'art  de  deviner,  ce  qui  pour- 
tant lui  arriva,  que  des  brigands  met- 
traient un  jour  le  feu  k  sa  maison  trop 
fortement  barricadée,  et  Vinvestiraient 
ainsi  d'un  réseau  de  flamme,  lui,  sa 
ieinme  (Lélante)  et  ses  quatre  enfants 
Vlcandre,Mégalétor,  Pliylée,  Hypé- 
rippe).Les  dieux,  par  pitié,  les  ch  aa- 
gèrent  en  oiseaux.  Munyque  fu>  un 
triorchis  (espèce  de  balbuzard'.'). 


MUR 


117 


MURCIE  ,  MuRCiA ,  Vénus  des 
Celtes  et  des  Ibères,  avait  un  temple 
k  Rome  au  pied  de  l'Avenlin  ,  jadis 
Murcus,  on  l'assure.    On  a  dit  que 
celte  \énus  Mnrcie  est   la  fainéan- 
tise   personnifiée,    vu  d'abord   que 
sa  statue  était   couverte,  vu  ensuite 
que  la  volupté  frappe  Thomme  d'ato- 
nie, l'énervé,  le  rend  incapable  de 
tout  ce  qui  est  grand   et  généreux. 
]Xous  ne  pouvons  nous  empêcher  de 
soupçonner  d'étranges  erreurs  dans 
ces  assertions  tranciiantes.  D'abord, 
Murcie    a-t-il    le    moindre   rapport 
avec  les  Murcus,  l\hircidus\,  [\îur- 
ginari  et  Marccre^  comme  on  le 
suppose;  puis,  quand  cela  serait,  Vi- 
dée naturelle  kdéduiie  ne  serait-elle 
pas  celle  d'une  Bouto  pâteuse  et  va- 
seuse, analosiue  au  Sable-et-Eau  ou 
Limon  pri.iiilif  des  Egvptiens?    Ou 
arriverait  ainsi  a  une  A  énui-Thalassa 
grande  génératrice,  stagnante,  il  est 
vrai,  mais  apte  a  prendre  vie  et  mou- 
vement. Les  lagunes  de  l'Adriatique, 
les  lacs  d'Arasanto,  les  palus  du  La- 
tium    (marais  Poutins,    etc.),    ont 
du  donner  des  idées  de  ce  genre.  ]NuI 
doute  que  les  bassins  que  forment  les 
monts  de  RomeeldelElrurie  n'aient 
été  remplis  de  Caspiennes  microsco- 
piques. Si  la  mythologie  de  la  Grèce 
assainie  et  'îéchée  nous  offre  encore 
dans   ses  Fjîéochora  des  vestiges  de 
la  Grèce  Tjoarécageuse,  pourquoi  veut- 
on  que  le.  Latiuin  ne  laisse  pas  percer 
le  même  fait  dans  les  seules  archives 
qu'ait    un    peuple   sans  écriture,  la 
myt'nologie.'  Si  Ton  admet  que  Mur- 
cie, est  une  Mer  Putride,  n  est-elle  pas 
'jue  déité  paresseuse.-*  n'a-t-elle  pas 
l'ahiiraanisme  de  la  fainéantise?  Mais 
tant  que  les  preuves  manqueront,  11 
sera  téméraire  d'arranger  ainsi  les 
faits,  fùt-il  cent  fois  démontré  que 
les  Venètes  (anciens  habitants  de  ce 
que  nous  ^^)pelons  le  déparlement  du 


128 


MLS 


Morbihau)  eussent  une  Vénus  pour 
déesse,  et  que  cette  déesse  était  une 
paresseuse,  et  que  celle  paresseuse 
se  jouait  dans  les  eaux  sous  furmc  de 
cane  {anas  ,  g.  anatis  ;  >?  vI^ttcc  ) , 
d'où  le  nom  de  Venèles,  etc.  ,  etc. 
—  ]\Iiircie  diffère-t-elle  de  Marica? 
MLRRAjN,  MuRRA^us.  cliefla- 
tiu  du  sang  roja!  ,  fut  renversé  de 
son  cliar  par  Turnus. 

MLSAGËTE,  Musagetes,  Mo«- 
a-ccyiTrjs,  c'est-a-diie  guide-inuse:  i" 
Apollon,  i^  Hercule.   Ce  surnom  de 
la  plus  haute  importance  se  conçoit 
aibcment  tant   que  c'est  Apollon  qui 
le  porte;  mais  Hercule,  quel  rapport 
y  a-t-il  entre  lui  et  les  Muses V  Le 
voici:  non  moins  qu'Apollon,  Her- 
cule eslle  soleil,  il  est  le  recteur,  le 
guide,  le  chef  d'orchestre  de'-  mon- 
des; rharmonie,  c'est  lui-,  il  ouvre 
la  voie  a  Tannée,   aux  saisons,  aux 
heures,  qui  chacune  douent  la  terre, 
aux  Grâces  qui  embellissent  le  vaste 
ensemble   et   les   minces   détails    du 
grand  tout  :  il  se  meut  en  mesure  ,  en 
cadence;  il  décrit  dans  l'espace   sa 
courbe   magnifique;  le  reste  des  as- 
tres semble  se  régler  sur  lui  ;  il  est  la 
flûte  dirigeante  qui  donne  le  la  aux 
concerlanls  étoiles;  il  est  la  tonique, 
centre  et  base  de  tous  les  autres  sons; 
il  est  l'accent  de  chaque  accord  har- 
monique. Les  Muses  donc  sont  bien 
ses  fdles,  sespaièdres,  ses  suivantes. 
Elles  forment  autour  delui  cettegale- 
rie  fraîche  et  variée  que  forment  les 
Gopis  autour  de  Rrichna.  Dar'slamv- 
thologie  vulgaire,  on  voit  Hercule  se 
faire  rival  d'Apollon.  ASamothrace, 
il  est  Cadmile  comme  lui;  a  Delph-'îS, 
il  prend  le  trépied  et  prophétise  com- 
me lui;   dans  Athènes,  il  prend  le 
masque  dramatique  comme  lui.  Dans 
l'atelier    des  artistes,  il  a  la  massue 
sous  les  pieds;  il  tient  a  la  main  une 
Ijre,  et  les  Muses  ne  deoiandenl  pas 


MUS 

mieux  que  de  faire  vibrer  la  lyre  au 
spectacle  des  hauts  faits  d'armes  et 
des  grandes  découvertes. 

MLSÉE.    Vov.    Biogr,    unh\, 

XXX,  471. 

MUSES   (les),   MusjE,    M-.va-cti, 
déesses  grecques  et  latines  qui  prési- 
dent aux  arts,   aux  sciences  et  aux 
lettres,  en  un  mot  à  tout  cet  ensemble 
de  connaissances  élégaiites  que  les  an- 
ciens comprenaient   sous  le  nom  de 
musique.     Originairement     on     n'en 
comptait  que  trois  ,  Mnémé  ,  Mélété 
et  Aédé,  ou  bien,  selon  Euméle,  Cé- 
phise,  Boristhénis  et  Apolionis;  Ci- 
céron  en  nomme  quatre.  Mnémé,  Mé- 
lété, Aédé,  Thelxiopc.  Dans  Aratus, 
Thelxiope  devient  Theixinoé.  et  Ar- 
che remplace  Mnémé.  La  Siciie  por- 
tait le  nombre  a  cinq  et  même  a  sept; 
INilo  ,    Trito  ,    Asopo  ,   Heplapore  , 
Achéloo  ,  Pactolo  (vulgairement  Ti- 
poplus)  et  Erodie.  Enfin  ,  on  en  vint 
h  une  ennéade,    mais  la  encore  les 
neuf  noms  différèrent.  La  Piérie,  en 
Macédoine,  donnait  aux  neuf  déesses 
des  noms  que  noi'.s  ignorons.  Les  Pé- 
lasgues  les    nommaient    Cnllichore, 
Euuice,    Hélice,   Theixinoé,   Ter- 
psichore  ,  Euterpe  ,  Enrelade  ,  Dia  , 
Eunope.  Enfin .  voici  la  nomenclature 
dorique,  la  seule  qui  ait  prévalu,  el 
qu'ait  adoptée Tusage  moderne:  Clio, 
Euterpe  ,  Thalie  ,  Melpomène  .  Ter- 
psichore  ,  Eratq,  Polymnie  ,  Lranic, 
Calliope. — La  généalogie  des  Muses 
est  tout  aussi  contestée  que  leur  nom- 
bre et  leurs   noms.  Cicéron  les  fait 
naître  de  son  Jupiter  HI  et  de  Mué- 
mosyne;  Phurnute  et  Alcman  d'Ou- 
ranos  et  de  Gaea  (le  ciel  et  la  terre); 
Eumèle  d'Apollon;  Aratus  d'Ether  et 
et  de  la  njmphe  Plusie  ;  Epicharrae 
de  Piérosel  de  la  nvmphe  Pimpléis  ; 
ÎSalalis    Comcs  de    Memnon;   cnfio 
la  légende   qui  prévalut  de  Jupiter 
cT  de  Mnémos^ne  (la  mémoire  selon 


MUS 

St.  Augustin,  rinlerigence  selon  Gi- 
raldi,  la  volonté  ou  Tavertisseuse , 
Moneta,  selon  Hygiu).  —  Nul  doute 
que  les  diverses  personnifications  et 
les  groupes  divers  auxquels  Tide'e  de 
Muse  a  donné  lieu  n'appartiennent  ou 
à  des  tribus  ou  a  des  époques  diffé- 
rentes. Des  luttes  dirent  lieu  entre 
les  arrangeurs.  La  dispute  des  Mu- 
ses avec  les  Piérides,  qui  finirent  par 
être  vaincues,  dépouillées  et  chan- 
gées en  oiseaux,  en  est  une  trace  évi- 
dente. Ainsi,  plus  tard,  on  voit  Her- 
cule ravir  le  trépied  de  Delphes  au 
bel  Apollon,  et  crier  qu'il  ne  connaît 
pas  d'Adonis  parmi  les  dieux.  — 
Les  Muses  avaient  chacune  des  attri- 
buts distincts  ;  Calliope  présidait  a 
l'épopée,  Clio  k  l'histoire,  Euterpe 
à  la  musique  ,  Thalie  k  la  comédie 
(et  peut-être  aux  chants  de  table), 
Melpomène  k  la  tragédie,  Terpsi- 
cbore  k  la  danse,  Ei  ato  k  la  poésie 
erotique,  Poljmnie  k  l'ode,  Uranie 
k  l'astronomie  et  aux  mathémati- 
ques. Quelques-uns  attribuent  la  der- 
nière de  ces  sciences  k  Euterpe ,  on 
le  comprendra  pour  peu  que  l'on 
songe  au  rapport  que  la  philosophie 
ancienne  admettait  entre  la  musique 
et  les  nombres.  L'astronomie  d'ail- 
leurs est  presque  une  science  musi- 
'  cale,  car  les  astres  roulent  barrao- 
j  nieusement  dans  l'espace.  La  régu- 
I  larité  de  leur  course  est  une  barmo- 
I  nie,  et  au  physique  même  ils  ren- 
!  dent  un  son  :  le  Maître  l'avait  dit. — 
On  verra  aux  articles  particuliers  les 
mots  grecs  desquels  les  neuf  Muses 
tirent  leurs  noms.  Quelques-unes  des 
;  Muses  ont  encore  d'autres  fonctions 
que  celles  que  leur  assigne  l'élymolo- 
gie.  Tbalie  passait  dans  les  campa- 
gnes pour  protéger  les  jeunes  pousses. 
D  autres  présidaient  aux  bergeries  ou 
aux  fraîches  herbes  des  prés.  Au  res- 
te ,  toutes  prennent  souvent  les  carac- 


MUS 


13 


9 


tères  de  prophétesses,  de  Bacchantes 
et  de  INyraphes,  particulièrement  de 
Naïades  5  et  ici  se  dessine  plus  nette- 
mentle  véritable  caractère  desMuse.v. 
Ainsi  que  le^  belles  Raginis  des  Hin- 
dous, ce  sont  des  Nymphes  des  eaux. 
L'eau  murmure  ,  l'eau  coule  en  ca- 
dence ,  leau  est  la  mesure  naturelle 
du  temps,  témoin  la  clepsydre  (qu'an 
reste  un  mvthe  donne  comme  l'in- 
vention de  Mercure,  léloquence,  la 
voix  faite  homme).  De  la  l'eau  Muse 
primordiale  ,  première  cantatrice, 
première  musicienne,  première  pro- 
pliétesse,  première  magicienne,  pre- 
mière Sirène,  première  Circé  ,  pre- 
mière Muse.  Cette  Muse  dont  les  au- 
tres ne  sont  que  le  dédoublement-, 
quel  est  son  nom?  L'ame  ,  mens. 
lénergie  dansante,  pensante.  /u.îvo;  ^ 
la  pensée,  inana  (samskrit).  Dans 
ces  mots  deux  lettres,  m>',  dominent  ; 
et  l'antiquité  identifiant  l'intelligence 
k  une  des  facultés  intellectuelles,  l'an- 
tiquité qui  dit  mémento  ,  yJîy.Mr.a-c 
(songe),  changea  sa  Mens,  première 
Muse,  en  Mnémé  ou  Mnémosyne.Mais 
toute  haute  déesse  se  dédouble.  De 
Ik  Mnémé,  la  mémoire;  Mélété,  la 
pensée  j  enfin  Aédé,  le  chant;  puis, 
comme  la  pensée  traduite  en  chant 
ra^it  l'oreille  et  l'ame,  Thelxiope  ou 
Thelxinoé.  Il  serait  inutile  de  pour- 
suivTe  ce  développement  :  revenons 
aux  Muses-Naïades.  Si  les  preuves 
théologiques  manquaient,  une  des  no- 
menclatures ci-dessus  y  suppléerait. 
Qu'est-ce  que  les  Pactolo,  les  Asopo, 
les  Nilo,  les  Achéloo,  les  Heptapore  , 
les  Trifo,  si  ce  ne  sont  des  fleuves- 
femmes?  et  qu'est-ce  qu'un  fleuve- 
femme,  sinon  une  Naïade?  Trilo  sur- 
tout nous  force  k  un  rapprochement 
que  nous  aurions  sans  doute  trouvé 
sans  elle.  Trito  est  un  des  noms  de 
Minerve;  et  Minerve,  c'est  l'ame, 
c'est  la  Muse  par  excellence,  c'est  Té- 


LV. 


i3c)  MUS  MUS 

louse    iranscendanlale    de    Jupiter,  génëralat  de  la    troupe   sacrée.    Ce 

.liipller  et  Minerve  reviennent  à  Ju-  point  de  vue  remarquable  a  valu  à 

piler  et  Mnémosvne.  Les  Muses  sont  rliacun  des  trois  dieux  le  surnom  de 

des  Minerves  inférieures  et  partiel-  Musagète.  Les  Heures,  les  Grâces, 

les.    Les  eaux    sont  dans  la  cosmo-  ont  aussi  de  loin  des  rapports  avecles 

i:onîe  mvthique  le  grand  principe  fe-  Muses.  Après  ce  qui  précède,  ces  rap- 

melle.    Ôr ,   ce   principe,  c'est  tour  ports  n'ont  pas  besoin  d'être  expli- 

?  (our    la    volonté-raison-méraoire,  qués. — Les  Muses  passaient  pour 

rénergie,  le  pba'le.    Au  reste  tout  vierges  ainsi  que  Minerve.  'AttTiup- 

rela  existe  dans  Minerve,  tout  cela  ^£vo/  (c'est-à-dire  toujours  vierges), 

existe    donc    dans    les    Muses;     et  voila  Tépithète  favorite  de  ces  chastes 

voilà  pourquoi  les  Muscs  sont  Tonde  filles  de  Miiémosyne  et  de  Jupiter. 

incarnée.    Cependant  nous    croyons  Prosit  mitii  vos  dixisse  puellas, 

que  les  Muses  aussi,  pour  quelques  s'écrie  le  caustique  Juvénal.  Denom- 

pçuples,    ont  pu   être   des    person-  breuses  légendes  de  maternité  con- 

nificalions    terrestres ,    montueuses  ,  trasiaient  bizarrement  avec  ce  titre, 

continentales.    Les    Piérides,    sans  Clio,  un  jour,  s'étant  moquée  de  Ta- 

doute,  appartiennent  à  celte  classe,  mour  qu'Adonis  avait  inspiré  à  Vé- 

La  querelle  de  ces  Muses  rocailleuses  nus,  se  passionna  pour  Apollon ,  pour 

avec  les  Muses,  filles  de  l'éléracit  hu-  Magnés  et  pour  Piéros,  et  ceux-ci  la 

mide,  reflète  doue  la  lutte  de  la  terre  rendirent  mère   d'Ialème  ,  d'Hvmé- 

et  deseaux  des  montagnardsriverains.  née  et  d'Hvacinthe;  Calliope,  éprise 

Peut-être  aussi  la  querelle  des  Muses  d'OEagre,  donna  le  jour  à  Orphée  , 

pvec  les  Sirènes  doit-elle  s'entendre  et,  ajoutent  quelques-uns ,  à  Linos; 

d'une  opposition  entre  l'onde  fluviale  d'Euterpe  unie  au  dieu-fleuve  Aché- 

et  la  mer,  entre  les  habitants  de  la  loiis  naquit  un  autre  dieu-fleuve,   le 

plaine  fertilisée    par  les  rivières   et  Strymon;  Erato  avec  le  même  Aché- 

les  habitants  de  la  côte  que  baignent  loiis  donna  le  jour  aux  Sirènes  ;  Rbé- 

les   flots   salés.   Toutefois,   on   voit  sos,  héros  ou  fleuve,  devaitTexistence 

poindre  un  sens  moral  sousl'écorce  à  ïerpsichore  ;  Uranie .  quittant  les 

de   la  fable.  C'est  l'antagonisme  de  astres    pour    Apollon  ,    devint    en- 

1  art  sévère  et  grave  et  de  l'art  effé-  ceinte  de  Linos  que  nous   avons  va 

miné,  corrupteur.  Les   Muses   for-  passer  aussi  pour  fils  de  Calliope.  Au 

maieni  un  chœur  sacré  dont  la  prési-  reste,  ou  varie  beaucoup  dans  toutes 

dence  ajipartenait  à  une  haute  déité  ces  listes  généalogiques.  Les  Sirènes 

récapitulatrice  :  Minerve  ,  Métis   ou  dans  plusieurs  légendes  ont  pour  mère 

Mnémosvne,  voilà  celle  qu'implicite-  soit   Melpomène  ,  soit  Terpsichore, 

ment  l'idée  d'Ennéade  pensante  sup-  etc.  —  Les    Muses    étaient   placées 

pose  et  implique;  mais  la  mythologie  par  quelques  poètes  f^ans  le  ciel,  où 

usuelle  des  siècles  postérieurs  plaça  elles   charmaient  les  dieux   par  leur 

un  dieu  au  milieu  du  groupe  sacré,  voix  et  par  les  accords  de  la  lyre. 

Ainsi  \iclinou   aux    Indes  danse  au  Plus  souvent  on  les  montre  habitan- 

son  de  sa  propre  fli''p  au  milieu  des  tes  de  la  terre.  Des  montagnes,  de 

Gopis.  Ce  dieu  ,  coryphée  du  chœur  riants  bosquets  ,  de  frais  rivages  sont 

des  Muses,  fut  tour  à  tour  Hercule,  alors  leur   demeure  ordinaire.   C'est 

Kacchus,  Apollon.  C'est  à  ce  dernier  ou  de  ces  localités   diverses,  ou  des 

«urtout  que  les  poètes  attribuèrent  le  régions  dont  elles  faisaient  partie  que 


I 
I 


MUS 

furent  tirés  leurs  noms  ou  surnoms. 
Voici  les  principaux  :  Parnassides , 
Héliconides ,  Piérides,  Pindides(le 
Parnasse,  THélicon,  le  Piéros  ,  le 
Pinde,  étaient  des  montagnes);  Pim- 
pléides  (Pimpla  était  un  vallon)  j  Cc- 
rycides  (  Corjque  était  un  antre  fa- 
meux) 5  Libéthrides,  Castalides,  Hip - 
pocrénides,  Aganippides  (Libéthra, 
Castalie ,  Hippocrène  ,  Aganippe , 
étaient  des  fontaines).  On  les  appelait 
encore  Aonides,  Tbespiades,  Ardali- 
deSjMnémonides, c'est-à-dire  habitan- 
tes de  l'Aonie  ou  deThespies, protégées 
d'Ardale,  filles  de  Mémoire.  Rome 
leur  donnait  le  nom  de  Camèues.  Le 
culte  des  Muses  fut,  dit-on,  introduit 
dans  la  Béotie  par  les  Aioïdes.  11  est 
possible  qu'il  ait  été  établi  antérieu- 
rement dans  les  contrées  septentrio- 
nales du  Rcum-Ui,  soit  Thrace,  soit 
Macédoine  ou  Tbessalie.  Le  rôle 
majeur  que  jouèrent  les  écoles  orphi- 
ques dans  ces  régions  engage  à  le 
croire.  Rien  n'indique  qu'il  en  ait  été 
ainsi  pour  Samothrace.  Provisoire- 
ment donc  on  peut  regarder  les  Emi- 
neh-Dagh  et  les  Balkans  comme  le 
fojfer  primitif  de  la  religion  des  Mu- 
ses. La  Béotie  les  mit  plus  tard  sur 
la  liste  de  ses  dieux.  L'idée  de  Muses 
aquatiques  prédomina  chez  elle  j  et 
les  grottes,  les  bois,  les  monts,  ne  fu- 
rent admis  que  comme  accessoires 
des  eaux,  ou  comme  conquêtes  des  fil- 
les des  eaux.  Le  Psord  au  contraire 
semble  avoii'  donné  de  l'importance 
aux  monts  eux-mêmes.  Là  c'est  une 
Agdistis  qui  récapitule  les  Muses;  c'est 
une  Trito  dans  la  Béolie.  Les  Aones 
étaient  sans  doute  encore  les  maîtres 
du  pays  ,  lorsque  l'introduction  du 
culte  des  Muses  eut  lieu.  Thespies  en 
fut  un  des  sanctuaires,  Thespies  de- 
puis célèbre  par  le  culte  des  Grâces  ! 
mais  les  Grâces  ont  quelque  chose  des 
Muses:  comme  elles,  elles  sortent  des 


MUS 


l3i 


eaux  ;  comme  elles,  elles  se  lient  aux 
Heures  ;  il  est  même  un  nom  commun, 
ou  peu  s'en  faut,  aux  trois  nomencla- 
tures, Thahe,  légèrement  infléchi  en 
Thallo.  Aussi  à  Rome  voit-on  les 
Grâces  et  les  Muses  habiter  le  même 
temple,  les  Grâces  et  les  Muses  invo- 
quées aux  mêmes  repas.  La  Béotie  et 
l'Atlique  en  ces  temps  reculés  se  te- 
naient. Les  Muses  passèrent  vite  du 
Copaïs  aux  bords  du  Cépkise.  Pausa- 
nias  mentionne  un  autel  magnifique 
dédié  aux  Muses  dans  Athènes.  Le 
Péloponèse  y  resta  long-temps  étran- 
ger ,  mais  les  événements  qui  portè- 
rent les  Pélasgues  en  Sicile  et  en 
Italie  y  portèrent  aussi  l'idée  de 
nymphes  chantantes,  législatrices  et 
fatidiques.  Les  Sirènes,  les  Sibylles^ 
Çircé,  Fauna,  Carmente,  Camasène, 
Egérie,  naquirent  ou  se  développèrent 
sous  cette  influence;  et,  de  phis,  le 
nom  même  de  Muses  persista.  Seule- 
ment les  déesses  ,  les  nymphes  du 
chant  furent  des  rinères.  Le  Nil, 
l'Asope,  le  Pactole,  etc. ,  furent  méta- 
morphosés en  déités  inspiratrices.  Ce 
point  de  vue  était  frappant;  le  nom- 
bre de  sept,  reflet  des  sept  notes  de 
la  gamme,  des  sept  cordes  de  la  lyre, 
des  sept  sons  de  la  voix  de  Memnon  , 
des  sept  bouches  du  INil  ,  des  sept 
planètes  et  peut-être  des  sept  Cabi- 
res,  ne  l'est  pas  moins.  Les  nombres 
de  huit  et  de  neuf  n'ont  rien  de  plus 
étonnant;  tous  deux  étaient  sacrés, 
tous  deux  résultaient  d'opérations  ca- 
balistiques. Les  sept  notes  avec  la 
ionique  reproduite,  l'octave,  forment 
une  ogdoade.  Esmoun,  le  premier, 
est  aussi  le  huitième.  Huit  d'ailleurs 
est  la  troisième  puissance,  le  cube 
de  deux.  Quant  à  la  triade  par  la- 
quelle peut-être  on  débuta,  c'est  un 
groupe  si  fréquent  dans  les  personni- 
fications mythologiques  qu  il  serait 
puéril  de  s'y  arrêter ,  surtout  si  l'oa 


i3ft 


MUT 


ne  sait  Voir  dans  les  Irols  Muses  que 
les  trois  modes  de  imisinuc  primitifs, 
la  voix ,  les  instruments  a  vent  et  l«s 
lyres  ou  les  instruments  a  cordes.  Les 
.Koraains  dédièrent  trois  temples  aux 
Muscs  dans  leur  capitale.  Un  d'entre 
eux  sans  doute  était  antique  :  car  Ih 
les  déesses  étaient   honorées  sous  le 
nom  de  Camène»,  identique  a  Cama- 
.sène,  rétrusque  épouse  de  Janus. — 
Les     Mus^    ont    élé     fréquemment 
représentées  :  le  plus  souvent  on  les 
a  figurées    sur  les    rochers  du  Par- 
nasse ,    tantôt    assises,    tantôt    de- 
hont.  Leurs  attributs  sont  très-nora- 
l^reux,  mais  presque  toujours  les  ar- 
liites  modernes  en  ont  créé  d'imagi- 
naires.  Ceux    qui   tiendraient  à   les 
connaître  doivent  consulter  les  monu- 
ments, mais  non  les  statues  qui  pres- 
que loHtes  ont  été  cassées  aux  extré- 
mités ,   et    réparées   arbitrairement. 
!Les  bas-reliefs,  les  pierres  gravées  et 
les  nrédailles  sont  donc  les  documents 
les  plus  utiles.  ISous  indiquons  aux 
articles    particuliers  et  ces  attributs 
véritables   et  les  plus    belles   repré- 
sentations figurées  de  chaque  Muse. 
Ici  nous  nous  bornerons  a  mentionner 
les  monuments  où  se  trouvent  réunies 
les  neuf  Muses.  Ce  sont  :  i"  un  bas- 
relief  de  Tex-collection  de   Towley 
gravé  dans  la  Mosaïque  d'ilalica^ 
pag.  19;  les    Muses  plumant  les  Si- 
rènes dans  Millln,  bas-relief  inédit  5 
3°  le  supplice  de  Marsyas  (  M  inckel- 
raann,   Monumenii   inedili).   On 

Seul  ajouter  le  bas-relief  des  Génies 
es  Muses  apportant  chacun  les  attri- 
buts d'une  des  déesses  a  un  adoles- 
cent sous  les  traits  irApollon  {Jllusce 
Pio-Clénicutin^W ^  i5). 

MUSUCCA,  l'esprit  du  mal  chez 
quelques  peuples  de  1  Airicpie. 

MUTA  était  la  même  que  Lara. 

MUTH.    roy.  MouTu. 

MUTIME,  MuTiMus,  dieu  latin 


MUT 

du  silence  [miUus)  ou  du  gromelle- 
ment  [imilira)  ^  ne  nous  est  connu 
qie  par  Tnrnebe. 

MUTIMTUTIVI,  pballes  pro- 
tecteurs ,  étaient  des  Hermès  priapi- 
des  placés  a  l'entrée  des  édifices  pri- 
vés on  publics  (Voy.  Mtjtinl's). 

MLTIIMTI^LS  ou  MLTUSUS 
TITIINUS,  dieu  étrusque  ou  latin  j 
passe  pour  un  dieu  du  silence.  INoUs 
pensons  (juc  c'est  un  loni-Lingam. 

MUTUNUS  ou  MUTUINIJS,  ou 
plus  brièvement  Mtjto,  était,  dans  le 
vieux    Latium    ou    eu    Étrurie,    le 
j)halle  personnifié.    On  en  a  conclu 
que  c'était  Hermès  ou  Priape.   H  pa-- 
raît  que  la  naïveté  antique  voyait  par- 
tout ces  fétiches  bizarres,  et  sérieu- 
sement les  adorait.  Le  sens  de  Mutù 
en  latin  est  connu  par  Lucile  {Frag- 
ment Mil,  12)  et  par  Horace  (liv. 
1,  satire  11,  v.  68).   Martial  et  les 
Priapées   nous  ont  initié  au  dérivé. 
Les  pères  de  l'église,  Tertullien(â'WJ: 
Gentils,  II,  1 1),  Arnobe,  Lactance, 
reviennent  souvent  sur  ce  Lingam  dé 
l'Italie.  ISous  apprenons  par  eux  que 
les  jeunes  mariées,  lors  de  la  cérémo- 
nie n  ipliale,  prenaient  pour  siège  ou, 
si  Ton  veut,  pour  selle  l'obscène  idole, 
lui  donnant  ainsi   leurs  prémices  en 
effigie  (i).  Il  nous  reste  une  foule  de 
simulacres  de  Mutunus  chargés  d'au- 
nexes  qui  semblent  autant  de  carica- 
tures, un  nc:  ,  une  bouche  ,  une  tète 
tout  entière,  des  oreilles,  des  bras, 
les  uns  en  forme  de  terrine,  les  au- 
tres en  fonne  de  lampe. — Tulunus, 
que  Ton  donne  comm-^un  autre  Mutu- 
nus, nous  semble  être  plutôt  l'organe 
sexuel  féminin.  Il  en  résulte  que  Mu- 


(i)  El  MiTiMs,  iu  ctiju,  siiiu  pudendo  nu- 
bcntcs  prxsiilenl ,  ut  illaïuin  ))udicitiain  prier 
deus  di'lihasso  videatur.  Lacta>t.,  de  Falsa  Re- 
li^-,  1.  20  — KtiDuine  Muti^is,  ciijiis  iminanibus 
pudindis  hoiiontiqucfiiscino,  Ttstras  incquil.nr^ 
la.ilronas  tl  auspicabile  dicitiSi  et  optatis?  At- 
^o•.,  .4dv.  Cent.,  II. 


MYC 

tunus  Tulunus  est  un  phalle-ctîs  ou 
un  loni-Liusam. 

o 

MYGALE ,  Mv^tf  A;? ,  mère  de  deux 
Lapithes  célèbres,  Brotèe  et  Orios 
(non  pas  Orion),  était  Thessalienue  , 
et,  comme  beaucoup  de  femmes  de  ce 
pays,  exerçait  la  magie.  Une  ville  de 
l'île  de  Samos,  célèbre  dans  les  guer- 
res médiques,  porta  le  même  nom. 

MYGALESSIE,  M,y.xX,<r.-/x  :  Gé- 
rés adorée  k  Mvcalesse  en  Béotie. 
Elle  rétait  en  beaucoup  d'autres  en- 
droits de  cette  contrée  qui,  comme 
l'Attique,  prétendait  k  Tbonneur  d'a- 
voir reçu  sa  visite ,  et  de  lui  avoir 
donné  l'hospitalité  lorsqu'elle  par- 
courait le  monde,  cherchant  sa  fille. 
L'origine  de  Mvcalesbie  était  toute 
fabuleuse.  On  dérivait  son  nom  du 
mugissement  [tiVKoi'rêui  ]  de  la  vache 
qui  avait  servi  de  guide  k  Cadmus 
lorsqu'il  fonda  Thèbes  (Comp.  My- 
CÉîîee).  On  apportait  aux  pieds  de 
Cérès  Mycalessie  les  prémices  des 
fruits  de  l'automne  qui  se  conservaient 
frais  toute  l'année  suivante.  L'Her- 
cule Dactvle  Idéeu  était  uni  a  cette 
déesse  par  ses  adorateurs.  On  assurait 
que  chaque  nuit  il  ouvrait  et  fermait 
les  portes  du  temple. 

MYGÈÎSE,  Mvy^Ti,  fille   d'Ina- 
j  chus,  épousa  Areslor,  et  donna  son 
!  nom  k  la  ville  de  Mycène  [V'oy.  Tart. 
suivant). 

M\CE]NEE,  Mycenels,  M^kk- 
Hvç ,  fils  de  Sparte  ou  Sparton  qui 
j  lui-même  est  fils  de  Phoronée,  fonda, 
;  dil-on,  Mycèiies.  Ainsi  dans  cette 
tradition  absurde  un  fils  de  Phoronée 
aurait  été  fonder  Sparte,  et  le  fils  de 
cet  occupateur  prématuré  de  l'angle 
sud-est  du  Péloponèse  serait  revenu 
vers  le  nord  jeter  les  fondements  de 
Mycènes.  ISul  doute  que  tout  ceci  ne 
soit  de  la  mythologie  topographique; 
mais  ici  la  mythologie  lopographique 
ne  se  traduit  qu'eu  invraisemblances. 


MYC 


i33 


Au  reste,  un   autre  Inachide  (mais 
Inachide  femelle)  dispute  k  Mycéuée 
la  gloire  d'avoir  fondé  Mycènes.  C'est 
Mycène,  Mu«;:y!î,  que,  par  le  plus  ri- 
dicule des  anachronismes  ,  on  tait  fille 
d'Iuachus  ,   et  cependant  femme  d'A- 
restor,  son  représentant  k  la  cinquiè- 
me   ou  k   la   sixième  génération  ,  k 
moins  pourtant  qu'on  ne  prenne  ici 
fille  pour  descendante,  ou  qu'Inachus 
ne  soit  lase  (  f^oj-.  Iase  ,  Inachus, 
lo).  A  ces  deux  traditions  différentes, 
mais  qui  s'accordent  en  ceci  .  qu'elles 
résument  Mycènes    en  un   être  hu- 
main, en  un  Inachide  (ce  qui  indique 
ou    confirme  l'origine  proto-pélasg^i- 
que  de  la  ville),  s'opposent  deux  ou 
trois  autres  étymologies.  La  premiè- 
re, c'est ^y«£i5-3a<(mykâsthae),  mugir. 
Mycènes  alorsa  trait,  soit  aux  meugle- 
ments de  la  vache  lo  ,   soit  aux  mu- 
gissements des  Gorgones ,  qui  Ik  gé- 
mirent elles-mêmes  sur  le  triste  sort 
de  leur  sœur  Méduse  décapitée  par 
J'Argien  Persée.  Dans  tout  ceci  re- 
marquons que  les  Gorgones  ,  person- 
nifications   téuébroso-lunaires ,    ont 
naturellement  pour  emblème ,  poux' 
adéquate  la  vache.  Il  en  est  de  même 
dio.  Mvcènes  alors  se  trouve  être  la 
ville  d'Io  (une  lopolls  comme  il  y  en 
avait  en  Asie  et  ailleurs),  la  ville  lu- 
naire,  la  lune  ville,   la  lune  terre. 
La  terre  est  une  vache    mugissante 
[Voy.  Ga>'Ga).  La  seconde  étymo- 
logie  nous  mène  k  reconnaître  Per- 
sée pour  fondateur  de  Mycènes.  My~ 
Jiès  ,  /xUtjç,  veut  dire  champignon, 
{fiuifius  de  Liun.  )  et  bouterolle  ou 
poignée  deTcpée.  Selon  les  uns,  Per- 
sée dévoré  de  soif  arracha  un  cham- 
pignon dans  la  plaine  mycénéeune  : 
aussitôt  une  source  bienfaisante  jail- 
lit; et  en  commémoration  de  cet  cvc- 
ncHient  la  ville  voisine  prit  un  nom. 
dérivé  de  celui  de  cette  plante.  Au 
dire  des  autres,  Persée  laissa  tomber 


i34 


MYC 


(sans  doute  du  haut  des  airs  oà  il 
voyageait  porté  sur  Pégase)  le  four- 
reau de  6on  épëe  en  ces  lieux  j  et  le 
fourreau  donna  son  nom  a  la  capitale. 
Choisir  entre  ces  opinions  serait  pué- 
ril. II  est  clair  qu'une  même  idée 
préexiste  à  tous  ces  mythes,  c'est  celle 
de  passivete'  féconde.  Lune,  terre, 
onde-source ,  plaute  qui  suppose  les 
eaux,  enfin  épée  qui  ouvre  le  sein  de 
la  terre  et  la  rend  féconde,  tout  ren- 
tre dans  cette  idée  fondamentale. 
Quant  a  ce  qu'il  peut  y  avoir  d'histo- 
rique sous  tous  ces  mythes,  on  l'i- 
gnore. Mycènes,  dit-on  ,  fut  d'abord 
nommée  Argos.  Mais  si  Argos  signifie 
originairement  plaine  ,  comme  on  le 
prétend,  il  serait  probable  que  cette 
tradition  revient  à  dire  qae  la  plaine 
avant  de  céder  la  place  hune  ville, 
était  une  plaine.  Pour  le  vrai  fonda- 
teur de  celte  ville,  jamais  on  ne  le 
connaîtra  ,  rien  de  si  évident.  D'ail- 
leurs n'y  en  a-t-il  eu  qu'un?  On  sait 
assez  que  les  anciens  qualifiaient  de 
fondateur  tout  colon  important  qui 
agrandissait,  embellissait,  modifiait 
ou  peuplait  de  nouvelles  tribus  une 
cité  dont  l'existence  était  antérieure 
à  son  arrivée.  Tout  au  plus  pourrait- 
on  se  demander  h  quelle  race  doit 
être  rapportée  l'érection  primitive  de 
Mycènes.  La- dessus  nous  crovons 
qu'on  peut  l'attribuer  sans  crainte  aux 
Pélasgues  :  Mycènes  n'existait  point 
sous  les  Lélègues  j  Mvcèues  existait 
depuis  long-temps  lors  de  l'appari- 
tion des  Hellènes.  C'est  ce  dont  font 
foi  les  ruines  de  murailles  cyclopéen- 
nes  qui  abondent  dans  les  environs. 
Reste  une  autre  question.  Mvcènes 
est-elle  plus  ancienne  qu' Argos?  Les 
savants  varient  sur  cc  point.  Cepen- 
dant on  penche ,  et  nous  penchons 
pour  l'antérioritë  d' Argos.  Plus  tard, 
Mycènes,  grâce  k  Persée,  prit  la  su- 
périorité, cl  fut  la  vraie  capitale  dc« 


MYC 

suzerains  de  l'Argolide.  A  sa  mort, 
l'Argolide  ayant  été  divise'e  entre  les 
quatre  princes  ses  fils,  cette  supré- 
matie de  Mycènes  devint  de  plus  en 
plus  marquée.  Cependant  elle  ne  dura 
qu'autant  que  les  temps  héroïques, 
et  définitivement  le  manque  d'eau  fit 
abandonner  une  ville  qui  jamais  n'a- 
vait été  ce  qu'il  fallait  pour  devenir  la 
capitale  d'un  empire  puissant.  M.  Bar- 
bie du  Bocage  avait  composé  sur  l'o- 
rigine et  les  divers  fondateurs  de  My- 
cènes un  mémoire  (mss?)  souvent  cité 
par  M.  Raoul-Rochette.  Comp.  aussi 
Welcker,  Gesch.  der  griech .  P^œl- 
kerst.,  tom.  I,  Pélasg. 

MYCOÎS'E,  MvKmlç,  héros  épo- 
nyme  de  Mycone  la  plus  pauvre  des 
Cyclades ,  passait  pour  fils  d'Ennius 
(Anius?  de  Dëlos?  ). 

MYDON,  mûèaiv  :  i«  frère  d"A- 
mycus  et ,  comme  lui,  tué  par  Her- 
culej  2°  fils  d'Atvmne  et  conducteur 
du  char  de  Pylémèue  (Antiloque  le 
tua  devant  Troie) 5  5°  autre  Troyen 
tue  par  Achille. 

MIGDON,  Myye^&iv,  prince  phry- 
gien, donna sonnom  aux  Mjgdoniens. 
C'est  aire  assez  qu'il  n'est  autre  chose 
que  le  peuple  ravgdouien  personnifié. 
On  le  voit  s'opposant  aux  Amazones 
avec  Otrée  long-temps  avant  la  guerre 
de  Troie,  et  pourtant  son  nom  repa- 
raît pendant  h  guerre  de  Troie.  Le 
fiancé  définitif  Je  Cassandre.  Corèbe^ 
qui ,  la  dixième  année  du  siège ,  va 
porter  du  secours  à  Priam,  est  un  fils 
de  Mygdon.  Ce  n'est  pas  qu'à  toute 
force  un  même  princt  n'ait  pu  vivre 
de  l'époque  des  Amazones  h  celle  de 
la  chute  de  Troie.  Hercule  fit  la 
guerre  »ccsbolli(|ueuses aventurières, 
et  Hercule  mourut  peu  le  temps  avant 
la  guerre  de  Troie.  Les  évhémérisles 
ont  voulu  mettre  en  relief  la  possi- 
bilité des  deux  faits  en  nous  montrant 
Priam,  encore  fort  jeune ,  auxiliaire 


MYI  MTL  î35 

de  Mygdon  dans  sa  querelle  contre  cidences  curieuses  l'art.  Baal-Péor. 
les  riverains  du Thermodon.  Mvgdon  MILES,  ISlvXtjç ,  fils   de  Lélex, 

en  lui  envoyant  Corèbe  et  des  trou-  inventa,  dit-on,  les  meules  de  moulin 

pes  mvgdonienues  ne  fait  donc  que  (^oA;?). 
lui    rendre   la  pareille.  MlLliNE,    Mylikûs,    MôXivoss 

MYGDOINIDE  :  i"Mygdonides,  roi  de    Crète,   tué  par  Jupiter. 
Mv/^ovtê'-^ç,  Corèhe(P^oy.  Tart.  qui  MILITTE^  Mu^<rra,  était  sans 
précède);  z°  Mygdo'is,  Mvy^ovi^ç,  doute  la  grande  déesse  de  Babjlone. 
Cybèle  honorée  enPbrygie  (les  Myg-  Hérodote,  qui  Ta  fait  connaître  à  l'o- 
dones  habitaient  la  Phrvgie).  rient,  la  regarde  comme  une  Aphro- 
MlIA,   Mvîci ,    nymphe-mouche  dite  (Vénus)  Uranie  ,  et  raconte  que 
(^w7a  en  grec  veut  dire  mouche),  est  le  jour  de  sa  fête  a  Babylone  toutes 
devenue,  sous  la  plume  deslégendai-  les  femmes  devaient  se  rendre  dans 
res  grecs,  une  amante  d'Endymion  et  sou  temple  ,    et   la  s'abandonner  au 
en  conséquence  rivale  de  Diane.  Elle  moins  une  fois  au  premier  qui  vien- 
avait  les  formes  humaines.  La  déesse  drait,  une  pièce  de  monnaie  ala  main, 
la  changea  en  mouche.  Myia  qui  cher-  et  au  nom  de  Mylitta,  Tinviler  au  bi- 
che partout  son  Endymion  se  pose,  zarre  sacrifice.  La  sommation  sacrée 
toutes  les  fois  qu'elle  en  trouve  Toc-  était  conçue  en  ces  termes  :  «  A  ce 
casion,  sur  les  peaux  rosées  et  tendres  prix  je  te  rends  Mylitta  propice  (ou 
dont  la  vue  lui  cause  une  douce  illu-  je  supplie  Mylitta  de  t'ètre  propice).» 
sien,  en  lui  rappelant  le  beau  berger,  Peu  importait,  du  reste,  la  somme 
le  beau  dormeur  qu'elle  a  tant  aimé  offerte  par  l'invitant  a  sa  partenaire, 
pendant  sa  vie.  L'argent  reçu  par  celle-ci  était  donné 
MYIAGREjMy/tffypes-,  dieu  chasse-  aux  prêtres,  et  entrait  dans  les  cof- 
raouches,  était  sans  doute,  chezchaque  fres  de  la  déesse.    On  sait  que  cette 
peuple  qui  insérait  dans  son  catécliis-  coutume ,  qui  au  fait  semble  si  peu  en 
me  religieux  de  semblables  épithètes,  harmonie  avec  les  mœurs  orientales, 
le  dieu  même  auquel  on  allait  offrir  avec  la  jalousie  des  hommes,  avec  la 
des  sacrifices.   Chasser   les  mouches  séquestration  absolue  du  sexe  au  fend 
était  une  de  ses  fonctions,  une  de  ses  des  harems  et  des  gynécées,  est  en 
faces.    Elis  et  l'Arcadie  invoquaient  des   objets  sur  lesquels  s'est  le  plus 
ainsi  Myiagre,  et  tout  annonce  que  exercée  la  verve  acre  et  sceptique  de 
Myiagre  c'était  Zéys.  Il  y  avait  des  Voltaire.    Mais  ses  plaisanteries   ce 
légendes  ace  sujet.  Etien  raconte  gra-  jour-la  ne   valaient   pas    mieux  que 
vemcnt,  et  du  ton  qu'Hubert  eut  mis  celles  qu'il  faisait  sur   les  éléphants 
k  décrire  la  formation  de  ces  alvéoles  fossiles  des  Alpes,  qu'il  transformait 
hexagones   où   les   abeilles   déposent  en   éléphants  d'Annibal,   et  sur  les 
leur  miel,  que  l'on  fait,  lors  des  grands  énormes  bancs  coquilliers  qu'il  disait 
sacrifices 'a  Jupiter,  la  part  des  mou-  provenir   des  pèlerins  qui  passaient 
ches,  et  que  ces  pieux  coléoptères,  les  monts  pour  aller  a  Notre-Dame  de 
cédant  a  la  voix'de  la  reconnaissance,  Lorette.    C'est  justement  parce  que 
s'en  vont  d'eux-mêmes  sans  attendre  le  sexe  était  si  étroitement  et  si  inep- 
qu'on  les  débusque  ,  et  ne  reviennent     tement  asiiervi  au  buis-clos  des  harems 
que  lorsque  la  fête  est  achevée. — On     qu'il  salsiss^t  avec  transport  toutes 
appelait  aussi  Hercule   Myiagre   ou     les  cccssicns  de  se  précipiter  au  de- 
Mjiode. Consulter  pour  quelques  coïn-    hors.  Alors  les  vieilles  coutumes ,  les 


i36 


MYL 


mœurs  «juolidiennes  ,  les  maximes  du 
fcarem,  disparaissaient  abîmées  dans 
un  cataclysme  de  volupté.  Les  reclu- 
ses, tout  h  coup  métamorphose'es  en 
nomades,  erraient  de  plaisir  en  plai- 
sir, et  sans  doute  ne  se  bornaient  pas 
h  l'unique  sacrifice  que  commandait 
Mjlitta.  D'ailleurs  Ici hommes,  leurs 
tyrans,  avaient  leur  part  de  ces  excès. 
Que  l'on   n'oublie  pas  non  plus  que 
c'est  presque  sous  les  parallèles  inlcr- 
Iropicaux  que   se   jouent  ces  scènes 
brûlantes     que     nous      proclamons 
si  hardiment  incroyables.  Enfin  les 
faits  viennent  à  l'appui.  Les  déliran- 
tes cérémonies  du  sivaVsme  hindou  ne 
peuvent  être  révoquées  en  doute j  et 
dès-lors  quoi  de  plus  naturel  que  cette 
série  d'imitations  que  nous  offrent  la 
Perse,  la  Babylouie  ,  la   Phé'iicie, 
l'Egvpte  ,  la  Grèce  même  et  lltalie. 
Qu'il  nous  suffise  ici  d'indiquer   les 
nombreuses  Phallagogies  égyptiaques 
et  grecques,  les  Paamylies ,  les  Or- 
gies, les  Floralies,  les  pierres  coni- 
ques ou  pyramidales  de  Cypre,  de  la 
Sardaigne,   Priape,   Isis,    Cotytto , 
Astarté  ,  Succoth-Bénoth  ,  Fauna  ou 
la  bonne  déesse.  Les  mœurs,  il  est 
vrai,    semblent  moins    ouvertement 
violées  dans  les  contrées  occidentales 
qu'en  orient.  Mais  la  se  trouvent  deux 
graves  modifications.  D'abord  le  cli- 
mat est    moins   ardent  j    ensuite  les 
femmes,  plus  libres  dans  le  cours  or- 
dinaire de  la  vie,  s'adonnaient  avec 
\m  peu  moins  d'énergie  et  de  fureur  à 
!a  volupté.  Enfin ,  qui  sait  bien  ce  qui 
se  passait  dans  l'ombre  des  temples, 
des  grottes,  des  bois  sacrés  et  des 
sanctuaires  ?  Les  boucs  des  fètcs  de 
Maiidou,  les  asell  ides  Mystères  de  la 
bonne  déesse,  ne  sont  peut-être  pas 
aussi  imaginaires  que  nous  voudrions 
le  penser  pour  l'honneur  de  l'huma- 
m[é[f^oy.  Juvénal,  sat.  VI)* — My- 
lilla,  selon  les  anciens,  signifiait  Ft- 


MYR 

firftpx,  génératrice.  Il  est  impossible, 
une  fois  cette  traduction  admise,  de 
ne  pas  songer  à  Ilithye  ou  Eleutho. 
Le  M  initial  est  sans  doute  l'analoj^ue 
du  niaha  ^amskrit  (grand,  grande) 
ou  du  ma  phrvgien  (mère).  Ma-Eleu- 
iho  ou  Maha-îlilta,  Mahélitla,  Mou- 
lilta  est  donc  la  Haute  -  Déesse,  la 
Dîa,  la  Dévi  par  excellence,  la  Fé- 
condabilité,  la  Passiveté,  la  Matière, 
l'Eau,  l'Eau-Flamme,  l'Elhra,  la  vé- 
ritable Vénus -Uranie,  épouse  adé- 
quate du  Feu,  d'Héphesle,  de^Fla. 
Comp.  Ilituve,  SivA,  VÉ^us. 

MïlSES,  Myvîjf,  régnait  k  Lyr- 
nesse,  etélait  l'époux  de  celle  Hippo- 
damie,  fille  de  Brisés,  dont  Achille 
fit  sa  concubine.  Mynès  était  tombé 
sous  ses  coups  lors  du  sac  de  la  ville. 

MYRIÎSE,  My/)/y>7,  héroïne  épo- 
nyme  de  la  ville  de  Myrine  en  Eolide, 
était  reine  des  Amazones  lorsque  ces 
intrépides  guerrières  furent  vaincues 
dans  les  plaines  de  la  Cilicie  par 
Mopse.  Elle-même  fut  tuée  dans  la 
bataille  par  le  devin-prince.  —  Une 
autre  Myrine,  femme  de  Thoas  et 
mère  d'Hypsipyle,  est  connue  par  les 
légen'k's  de  Lemnos.  Mais  que  sont 
les  Lemnienues  de  la  légende,  si- 
non des  Amazones?  Les  deux  reines 
Myriue  ne  sont  donc  qu'un  même 
nom  que  chaque  ville  aura  brodé  dif- 
féremment. 

MiraON^/ME,  MvRio>yMA,et 
en  grec  ^  '^Ivpimvf^os  (sous-ent.  êiâj 
déesse),  c'est-h-dire  aua:  dix  mille 
noms\,  surnom  qu'on  pourrait  donner 
h  toutes  les  grandes  déesses,  puisque 
toutes  étant  des  personnifications  d'at- 
triduls  divins  arrivent  (en  verlu  de  ce 
principe  que  la  personne  divine  est 
dieu)  a  être  la  divinilé  tout  entière, 
et  par  conséquent  peuvent  devenir 
personnifications  de  tout  autre  attri- 
but divin,  mais  que  la  déesse  égyp- 
tienne accapara  de  préférence  a  ton- 


MYR 

tes  les  autres.  On  sait  qu'a  l'époque 
de  la  décadence  égyptienne,  autant  le 
culte  d'Osiris,  d'Isis  et  d'Haroéri  de- 
vint popidaire  par  les  légendes  et  les 
cérémoniesdudelîors,  au  tant  il  affecta 
dans  l'intérieur  des  temples  et  sou<  les 
voûtes  consacrées  aux  mystères  une 
tendance  transcendantale.  Isis  monta 
dans  la  première  dvnaslie,  et,  femme 
de  Fré-Osiris,  elle  fut  Isis-Pooh 
(Isis- Lune);  femme  de  Fta-Osiris, 
elle  fut  Isis-Atbor;  femme  de  Ruef- 
Osiris ,  elle  fut  Isis-îseitli  ;  antérieure 
aux  trois  Démiurges  eux  -  n.èmes  , 
elle  fut  Isis-Bouto.  Bouto  ,  xSeitli , 
Atbor,  Pooh,  ne  conlieunent-ellcs  pas 
en  elles  les  germes  du  moude?  as  1res, 
éléments,  agents  majeurs  de  tous  les 
phéuoraèues  célestes,  premiers  mo- 
teurs de  la  machine  de  l'univers,  tout 
n'est-il  pas  là.  ÎSe  nous  étonnons  donc 
point  de  voir  les  poètes,  les  orateurs, 
les  philosophes  elles  théosophes  syn- 
crélistes  lui  prodiguer  les  qualifica- 
tions les  plus  pompeuses  comme  les 
plus  variées,  et  lui  déférer  les  nums 
ae  mille  autres  divinités  hellénico- 
romaines.  C'est  la  Nuit,  mère  univer- 
selle des  êtres  (Bouto);  c'est  li  Na- 
ture ou  la  Matière  (  Athànà-Phvsis , 
identique  a  Neilh,  ou  Boulo^;  c'est 
Vénus  céleste,  et  l'Eau  primitive,  et 
l'Amour  (Athor?);  c'est-  la  Lune 
(Pooh)  ;  et,  soit  a  titre  de  Lune  ,  soit 
k  titre  de  Nuit,  c'est  Hécate,  c'est 
Salé,  la  reine  des  enfers.  Aussi  Apulée 
{Ane  d'or  y  liv.  XT ,  p.  078  de  l'éd. 
Paris,  1601)  lui  fait-il  tenir  le  lan- 
gage suivant  :  a  Me  voici  :  voici  la 
H  Nature,  cette  mère  univer.>>olle  acs 
«  êtres  ,  souveraine  des  éléments , 
«  tige  primordiale  des  siècles,  anneau 
«le  plus  élevé  de  la  chaîne  des  dieux, 
«  Tcina  des  Mânes,  reine  des  essences 
«  célestes,  type  fondamental  dont 
a  dieux  et  déesses  ne  sont  que  des 
u.  reflets.  Cimes  élincelantesdeTEm- 


MYR  137 

«  pyrée,  brises  salutaires  de  l'Océan, 
a  silence  plaintif  des  enfers,  un  s'icrne 
«  cle  ma  tele  vous  mamtient  eu  equi- 
«  libre  !  Une  par  mon  essence  ,  jen- 
cc  lève,  sous  mille  formes,  sous  mille 
«  noms,  sous  mille  cultes,  les  homma- 
«  ges  de  l'univers.  Les  Phrygiens , 
a  ces  premiers-nés  de  la  Terre 
a  m'appellent  la  raère  des  dieux,  la 
«  grande  mère  de  P'j  s  siuonte^Cvbèie): 
a  je  suis,  chez  les  autochthones  de 
«  l'Attique,  la?Jinerve  de  Cécrops  : 
«  dans  liie  de  C^,  ;.re  que  battent  les 
ce  vagues,  la  ^  éuus  de  Paphos;  pour 
a  les  Cretois  aux  flèches  rapides, 
ce  Diane  Dictynne  j  pour  la  Sicile  au 
«  triple  cap ,  Froserpiue  ,  la  reine 
«  du  Styx  ;  aux  Eleu.-iiuies,  l'antique 
a  Cérès;  pour  d'aulrcs,  Junon,  Bel- 
ce  loue,  Hécate,  Rhamnusie.  L  Elhio- 
cc  pie,  pliis  voisine  des  feux  du  soleil 
ce  naissant, l'Asie,  1  Egypte,  sainte  dé- 
cc  posilaire  des  doctrines  antiques , 
ce  m'offrent  les  homm.igcs  les  plus  di- 
u  gnes  de  moi ,  et  me  donnent  mon 
ce  vrai  nom,  Isis-Rcine.  n  Donnée 
pour  épouse ,  non  plus  simplement  a 
Oiiris,  mais  a  Jupiter-Seiapis  (sou- 
verain seigneur  des  cieux  et  des  eu- 
fers),  ITsis  Mvrionynie  des  temps  pos- 
térieurs a  été  représentée  avec  son 
époux  sous  les  traits  du  serpenl,  em- 
blème du  bon  principe  et  de  l  infini- 
tude.  Les  deux  reptiles  ont  une  tète 
humaine  j  siir  la  première  est  le  mo- 
dius,  insigne  mystérieux  de  Sérapisj 
sur  l'autre  se  balance  une  coiffure  de 
feujlles  ou  de  p^lules(^  ov.  Dcscr.  cle 
lÉg.,  t.  V,  pi.  69,  il). 

MirtMEX,  Mvp.^.;;!  (fourmi;  :  1° 
femme  d'Epiméthée  et  mère  d'Ephyre 
(c'est  faire  venir  les  Corinthiens  des 
Myrmidons ,  ou  bien  encore  ramener 
les  légendes  a  fourmis)  ;  2"  jeune  fille 
favorite  de  Minerve  qui  lui  fit  cadeau 
de  la  charrue.  ]\Iyrmex  y  ajouta  le 
vcrsoirj  puis,  au  lieu  de  reconnaître 


i38 


MTR 


qu'elle  n''avalt  que  perfccllounérins- 
trumcnt  imaginé  par  Minerve ,  elle 
^'en  attribua  Tinvention.  Minerve, 
pour  la  punir,  la  cliangea  en  fourmi , 
et  elle  devint  raère  d'une  raultiliidc  de 
fourrais  que  Jupiter ,  h  la  prière 
d'Eaque,  changea  en  hommes  [f^oy. 
Éaqie;  el  comp.  Clytoris). 

MYRMDON,  MvpyJ.ê'a^v,  fils  de 
Jnpilcr  et  d'Eurymeduse,  régna  dans 
la  Thessalie,  et  donna  son  nom  aux 
Mjrraidons.  Ce  peuple,  on  le  sait, 
habitait  aussi  Egine,  î'c  du  golfe  Sa- 
ronique.  On  a  varié  sur  l'origine  el 
sur  le  mode  de  sa  dispersion.  Les 
Eginètes  donnèrcnl-ils  naissance  aux 
Myrmidons  de  la  Thessalie,  ou  bien 
les  Myrmidons  de  la  Thessalie  la  don- 
nèrent-ils par  une  émigration  h  leurs 
homonymes  Eginètes?  Pour  qri  sait 
apercevoir  la  physionomie  des  peu- 
plades antiques  et  reconnaître  des 
Pélasgues  dans  les  Myimidons,  la  ré- 
ponse ne  peut  être  douteuse.  De  la 
Thessalie  partit  la  colonie  qui  alla 
peupler  Egine.  Il  n'est  plus  permis 
aujourd'hui  de  faire  irradier  les  Pé- 
lasgues  d'un  centre  méridional  vers  le 
nord  :  il  est  bien  reconnu  que  ce  haut 
plateau,  nœud  commun  delà  Thessa- 
lie, de  la  Macédoine,  de  TÉpire  et 
de  ITllyrie ,  fut  le  vrai  berceau  des 
Pélasgues.  Il  est  vrai  qu'une  troisiè- 
me solution  pourrait  s'offrir  h  l'esprit. 
Les  Myrmidons  Eginètes,  dirait-on, 
n'ont  nul  rapport  avec  ceux  de  la 
Thessalie.  Le  nom  seul  est  le  même 
de  part  et  d'autre  5  et  dans  le  fait  une 
origine  tout  autre  que  celle  du  Thes- 
salien  Mvrmidon  est  assignée  aux 
gmèîes.  La  population  primitive  de 
cette  île  fameuse  venait  de  périr 
victime  d'une  épidémie;  il  ne  restait 
que  le  roi.  Eaque ,  c'était  son  nom, 
supplia  Jupiter,  son  père,  de  lui  donner 
de  nouveaux  sujets,  ne  fussent-ils  pas, 
dit-il ,  en  plus  grand  nombre  que  les 


MYR 

fourmis  que  je  vois  sur  ce  chêne  qui 
t'est  dédié.  Jupiter  l'exauça,  et  les 
fourmis  devinrent  toutes  des  hommes. 
Eaque,  en  mémoire  de  cet  événement 
miraculeux,  les  appela  Myrmidons. 
Eh  bien!  celte  tradition ,  en  appa- 
rence si  éloignée  de  l'autre,  n'en  dif- 
ffîre  pas  essentiellement.  D'abord 
Eaque,  pèredePélée,  aïeul  d'Achille, 
nous  ramène  à  la  Thessalie.  Le  rap- 
port de  la  Thessalie  et  d'Egine  est 
donc  déjà  établi  :  l'antériorité  de  la 
Thessalie  est,  nous  l'avons  vu,  incon- 
testable. De  plus,  Eaque  est  fils  de 
Jupiter, comme  Myrmidon;  Eaque  est 
l'homrae-fourmi,  comme  Myrmidon. 
Pour  les  preuves,  les  voici  :  Myrmi- 
don est  toute  la  race  myrmidoniennej 
la  race  myrmidonienne  ,  c'est  la  race 
myrmécienne;  et  la  race  myrmé- 
cienne  qu'est-ce,  sinon  les  fourmis, 
o\  f/.vf)(^>iKiç}  Myrmidon  est  donc 
riiomme-fourmi  ,  Eaque  Test  aussi  5 
car  c'est  un  être  chthonien  (il  est  juge 
aux  enfers)  ;  car  c'est  un  législateur 
agricultural ,  et  l'agriculture  {Voy, 
Cecrops)  a  son  emblème  dans  la 
fourmi.  Les  Athéniens  aussi,  ces  Pé- 
lasgues qu'avaient  précédés  les  Lelè- 
gues  ,  et  que  suivirent  les  Hellènes  , 
les  Athéniens  en  se  prétendant  Au- 
tochthones  admettaient  des  symboles 
analogues.  Cécrops ,  leur  Tolh  a  face 
humaine,  est  l'homme-clgale,  et  ils 
portaient  des  cigales  d'or  a  leurs 
cheveux  comme  indicé  de  leur  autoch- 
thonat,  et  comme  preuve  de  leur  ci- 
vilisation agricole. 

MYRRHA,  Mtîp/j'*,  fille  de  Cinyre 
roi  de  Grèce ,  eut  un  commerce  in- 
cestueux avec  son  père ,  s'enfuit  du 
palais  dès  qu'il  se  découvrit,  et  ar- 
riva ainsi  dans  les  déserts  embrasés 
de  l'Arabie,  où  les  dieux  la  métamor- 
phosèrent en  arbre  h  myrrhe.  Quoi- 
que enveloppée  d'une  âpre  écorce  , 
elle  mit  au  monde  Adonis  au  bout  du 


MYR 

terme  ordinaire  de  lageslatiou;  et 
ce  fruit  d'un  amour  infortuné  acquit 
en  peu  de  temps  des  grâces  égales  à 
celles  de  sa  mère.  Plusieurs  mjtho- 
graphes  font  naître  Adonis  tantôt 
d'une  aatre  mère  que  MyrrLa,  tantôt 
d'un  autre  père  que  Cinyre  {T^oy. 
Adoms,  lui,  71).  Quelques-uns, 
en  lui  donnant  Mvrrha  pour  mè- 
re, font  de  cette  princesse  l'épouse 
du  roi  égvptien  Ammon;  et  alors 
Adonis  est  le  fruit  légitime  de  l'by- 
men.  L'idée  orientale  vraie  est  celle 
qui  admet  Tinceste  ,  mais  Tinceste 
sans  culpabilité  [J^oy.  Sakti).  Du 
reste,  Ammon,  ou  mieux  Amoun,  n'est 
que  le  grand  dieu  époux  naturel  de  la 
haute  déesse  Mjrrha  ou  autre.  Ce 
dieu  distinct  du  soleil  (et  Cinvre  est 
un  soleil)  peut  pourtant  se  déléguer 
en  un  soleil.  Cinvre  et  Mvrrha  sont 
donc  une  légende  cvpriote,  Amoun  et 
^ïjrrha  une  légende  gréco-cvpria- 
que  des  Grecs  égyptianisants.  Il  est 
inutile  d'ajouter  que  Mvrrha  est  l'ar- 
hre  à  myrrhe  personnifié.  Les  épou- 
ses, les  amantes  du  soleil  sont  souvent 
des  arbres.  D'autre  part,  qui  dit 
haute  déesse,  dit  fécondité,  passive- 
té  ,  matière ,  tige  qui  effleurit  a  la 
surface  de  la  terre,  en  conséquence 
plante,  arbre,  fleur.  Admirons  aussi 
la  délicatesse  du  mythe  qui  fait  d'A- 
donis un  produit  balsamique  ,  un  en- 
cens vivant,  un  parfum,  une  ara- 
brosie,  digne  et  si^^ve  objet  des  inex- 
tinguibles amours  de  Vénus.  Mvr- 
rha en  arabe  se  disait  mor.  Ouel- 
ques  traditions  regardent  le  nom  de 
Myrrha  comme  identique  à  celui  de 
Smyrna,  et  substituent  ce  dernier  à 
celui  de  Myrrha.  —  Alfiéri  a  fait  une 
tragédie  de  Myrrha,  qui  est  plutôt 
un  opéra  qu'une  tragédie,  mais  qu'on 
a  eu  torl  de  dédaigner. 

M^  RSE ,  Myrsus  ,  Mupo-os-,  de  la 
race  des  Héraclides,  régna  en  Phry- 


MTR  i39 

gîe,  et  fut  père  de  Myrsile,  le  même 
que  Candaule. 

MYRTILE,  MvRTiLrs,  "Slv^n- 
Aîf,  cocher  d"OEnomaiis ,  devait  le 
jour  ,  selon  les  uns .  a  Mercure  et  k 
Cléobule,  ou  a  Théobule ,  ou  K  Clv- 
tie,  ou  k  l'Amazone  Mvrto ,  ou  a  la 
Danaïde  Phaéthuse  ;  suivant  les  au- 
tres, k  Jupiter  et  k  Climène.  OEno- 
maiis  avait  vaincu  k  la  course  des 
chars  ,  et  par  suite  avait  massacré 
inhumainement  tous  ceux  qui  préten- 
daient à  la  main  de  sa  fille  Hippoda- 
mie,  quand  Pélops,  amoureux  de 
cette  princesse ,  et  désespérant  de 
l'obtenir  par  les  voies  ordinaires, 
entreprit  de  corrompre  Myrtile.  Il 
lui  promet ,  au  dire  des  uns ,  la  moi- 
tié de  son  rovaume  ou  bien  la  moitié 
de  TElide,  selon  les  autres,  la  pre- 
mière nuit  d'Hippodamie.  Quelques 
traditions  portent  qu'Hippodamie 
elle-même  lui  en  fit  le  serment.  Quoi 
qu'il  en  soit .  Myrtile  docile  aux  vues 
de  Pélops  négligea  d'arrêter  les  roues 
du  char  d'OEnomaiis  par  le  moyeu: 
leroid'Elidetombadès  le  commence- 
ment de  la  course,  et  se  fracassa  la 
tête.  Pélops  vainqueur  lança  Mvrtile 
k  la  mer  ,  lorsqu'il  vint  réclamer  le 
prix  de  sa  trahison.  Son  corps  arriva 
(on  devrait  bien  nous  dire  comment)  h 
Phéuée  en  Arcadie,  où  les  Phéaéates 
instituèrent  une  fête  funèbre  en  son 
honneur.  Pélops  lui-même  éleva  un 
monument  k  celui  dont  il  venait  de 
se  débarrasser,  et  chercha  par  tous 
les  movens' imaginables  k  calmer  le 
courroux  auquel  il  croyait  Mercure  en 
proie.  Il  lui  bâtit  même  un  temple  k 
Elis.  Cependant  Mercure  irrité  ne 
cessa  pas  de  poursuivre  la  dynastie 
des  Tantalides,  et  il  plaça  sou  fils  au 
ciel,  où  il  devint  la  constellation  du 
Cocher  (Foy.AcsYRTE,PHAETHO>-). 

MYRTO,  Mv/iT^;  :   1°   Amazone 
dont  Mercure  eut  le  célèbre  cocher 


i.'.o 


MYS 


Myrlile;  2"  fille  de  Ménèce  et  sreur 
de  Palrocle,  fut  femme  dllercule  el 
inèred'Euclée(Eù'xA£/a).C'estderune 
d'elles  (et  non  de  Myrlile}  que  vient 
le  nom  de  Mer  Myrloïque  ou  Myr- 
toeone  (Myrtoum)  donué  h  une  ré- 
gion de  r Archipel. 

MYSCÈLE    et    quelquefois    Ml- 
CYLLE  ,   Myscelus  ,    Micyllus, 
'M-Ja-KiXos  j  M'V-vA^oj,  d'Aigos  ,  avait 
pour  père  Alémon.  Deux  fols  Hercule 
lui  apparut  en  songe  pour  lui  ordon- 
uer  de  quitter  s:i  patrie  et  de  fonder 
au    dehors  une   ville  nouvelle.  Mvs- 
cèle,  qui  craignait  les  peines  portées 
contre   les    émlgranls  par    le    code 
d'Argos,  n'obéit  qu'à  la  deuxième  in- 
jonction.   Ce  qu'il   redoutait   arriva 
justement  :  on  eul  vent  de  ses  prépa- 
ratifs de  départ.  11  est  pris,  t'-aduit 
en  justice,  condamné  :  mais  quand  on 
dépouille  le  scrutin,  au  lieu  des  bou- 
les noires  que  chaque  juge  v  a  placées 
ostensiblement  ,    on  ne  volt  que  des 
boulei  blanches.  Il  devient  évident 
qu'un  dieu  protège  Mjscèle.  Il  pari, 
touche  rilalie,  et  voyant  au  lieu  où 
il  aborde  le   tombeau    d'un  nommé 
Crolon,  il  donne  h  la  ville  qu'il  bâtit 
le  nom  de   Crotone.    Maintenant  on 
va  dire  pourquoi  s'arrèle-t-il  au  tom- 
beau de  Crolon?  C'est  qu'une  cour- 
tisane y  pleurait.    L'oracle   lui   avait 
ordonné  de  fixer  son  séjour  au  lieu  où 
il  verrait  pleuvoir  par  un   temps  se- 
rein.   iMyscèle  crut    avoir  trouvé  la 
vraie  solujion  de  l'énigme  dans  cette 
espèce  d'antiîiomle  que  presenlenl  les 
larmes  el  le  rôle  plus  gai  que  jouent 
d'ordinaire  les  femmes  de  l'espèce  de 
celle  (jui  s'offrait  à  sa  vue.  Les  dou- 
leurs d'une  ûl!e  de  joie  ,   n'est-ce  pas 
là  la  pluie  et  le  beau  temps? 


MYT 

MYSIE,  MvsiA  ,  Mva/xy   Cérèa 
ainsi    nommée   en    Achaïe ,    en  La- 
conie  ,  et  sans  doute  aussi  a  Argos, 
en  mémoire  de  Myse  (Mysos  ou  Mv- 
sios),    Péluponésien    qui  lui    donna 
rhospltalilé.    A   Pallène   en   Achaïe 
son  temple  s'appelait  Mvsée,  en  La- 
conic  ses  iètes  élaienl  dites  Mysies. 
Les  Mysies  palléniennes  duraient  trois 
jours.  Le   troisième,    on  chassait  du 
temple  les  hommes  et  les  chiens  mâ- 
les; les  femmes  restaient   enfermées 
toute  la  journée  et  toute  la  nuit  sui- 
vante. Le  lendemain  de  ce  pervigi- 
lium  bizarre,  les  hommes  rentraient 
dans  le   temple,  et  les  brocards,  à 
ce  qu'il  parait,  pleuvaient  départ  et 
d'autre.  Comp.  CérÈs. — Diane  aussi 
porta  le  nom  de  Mysie  en  Laconie. 

MISTE,  iNIïSTEs,  Mva-TKs  (qu'à 
tort  on  a  traduit  par  le  înjslérlcux)^ 
Bacchus  qui  joue  un  si  grand  rôle 
dans  les  Eleusinies  et  le  Cabiroïdi^me 
des  Corybantes. 

MYT'HIDICE,  M.^J/x^,  fiUe  de 
Talàs,  sœur  d'Adraste ,  femme  de 
IMuéiimaque  et  mère  d'Hlppomédon  , 
un  des  sept  chefs. 

î\n  TO  ,  ^hrw  (g.  MvTcTvs)  ,  fdle 
de  Mytilène  el  de  ÎSeptune,  fonda 
la  ville  de  Mytilène  ,  et  lui  im- 
posa le  nom  de  sa  mère.  Il  est  diffi- 
cile de  trouver  de  la  mvtholosie  to- 
pographique  plus  pauvrement  imagi- 
née et  rédio;é--.  .Evidemment  Mvli- 
lene  dut  son  nom  à  limmense  quan- 
tité de  mytiles  (les  mollusques,  qu'au- 
jourd'hui nous  appelons  moules)  dont 
étaient  remplies  les  eaux  des  envi- 
rons. Mytilène  veut  dire  pays  aux 
moules  (comp.  les  noms  géographi- 
ques Moxoène,  Sophèue,  Abrellène, 
etc.,  etc.). 


NAI  NAI  i4i 

N 

jSABO.  Voy,  Nebô.  cjuefois  des  perles;   comme  le  dieu- 

NAGAKAiS'IA  (la  femme  au  ser-  fleuve  elles  ont  a  la  main  une  urne 

peut)    se  montre    dans  le    Skanda-  dont  l'eau  s'échappe.  Près  d'elles  se 

Pourana   assise   au   pied   de  l'arbre  trouve  quelquefois  le  serpeut  asclë- 

de    la  sagesse  (Kalpavrikcha),    qui  pique,  symbole  de  santé.  Les  INaVades 

fleurit  dans  l'île  du  soleil  'Souvarna-  alors  deviennent  plus  spécialement  les 

Douipa  )  ,    vers   l'occident.    L'enfer  déesses  des  eaux  thermales.  Quelque- 

(  Patala  )     développe    ses     gouffres  fois,    ainsi  que  les  Grâces,  elles   se 

aux  pieds  de   la  sagesse.  Une   autre  tiennent  parla  maiu.(^o_/.Paciaudi, 

section    du    même     Pourana     nous  Monum.  Pe/op.  .  I,   220.)  Elles 

montre  un   arbre  magnifique  aussi,  ont  souvent  Hercule ,  Pan,  les  Dios- 

surgissantdu  sein  de  Tabîme.  C'est  le  cures  auprès  d'elles.  Un  bas-relief  da 

même  que  Kalpavrikcha;  il  se  nomme  Musée   Capitolin  (IV,  54-)  les  mon- 

Lakchmivrikcha  ou  Vichnavavrikcha.  tre   enlevant  Hvlas.  Dans    quelques 

C'est    l'arbre    solaire,     l'arbre   aux  monuments  elles  servent  a  indiquer  la 

pommes  d'or  ,  l'arbre  des  richesses,  contréedans  laquelle  l'action  se  passe. 

et  c'est  aussi  l'arbre  Plutonien.  Quant  à  la  différence  qui  sépare  les 

1NALA.de,    ÎS aias  ,   qu'on  donne  TSaïades  des   Potamides,  des  Lim- 

pour  la  mère  de  Priam,  n*est  qu'une  niades  et  même  des  ISjmpbes,  il  faut 

naïade     anonyme,     de    même    que  recourir   a  l'article  iSymphes. 
toutes   les    autres  naïades   que  l'on         TSAIIRAS  (les)  dans  l'Inde  sont 

pourrait     rencontrer    chez  les    poè-  huit  jeunes  et  belles  nympbes,  musi- 

tes ,    sans   qu'un   nom  propre  y  fût  ciennes,  qui  comme  les  Gopis  forment 

adjoint.  Notons  de  plus  que  INaïs  ou  avec  le  céleste  dieu  bleu  des  danses 

INéis  est  le  même  nom  que  Naïade.  ravissantes.  On    les     nomme     aussi 

naïades  (les),  NfitiÉi^Êf^ nymphes  Naïagas.  Au  fond  ce  ne  sont  que  les 

des  eaux  fluviatiles.  Filles  de  Jupiter,  Gopis    considérées    sous  une     autre 

elles   apparaissent   souvent  chez   les  face.  Yichnou  a  pour  femme  Lakch- 

poètes   a    la    suite   de    Bacchus ,    et  mi  ,    a  la  fois   lumineuse   et    lactée 

même  C8  sont  elles  qui  donnent  nais-  (fille   de  la  mer    de  lait)  :  Lakchmi 

sance  aux  Satyres  (Comp.  ce  nom),  monade  s'émane  en  huit  Lakchmis  5 

Celte  association  des   eaux  et  d'un  Lakchmi  lumineuse  et  lactée  se  scinde 

dieu  brûlant  n'a  rien  qui  doive  éton-  en  huit  déesses  étoiles  et  huit  déesses 

ner  :   Ganga  est  la   femme  de  Siva.  laitières,  c'est-à-dire  en  huit  Naiikas 

D'ailleurs    les   nymphes    en    général  et  huit  Gopis. 
isont  liées  au  culte  dionvsiaque.  Vin,  NAINS,  f^oy.  Dvergar. 

:raiel ,    huile,    fruits,    fleurs,   telles  NA1S,N«<5-:  i"  maîtresse  de  Sa- 

étaient  les  offrandes  qu'où  présentait  turne  et  mère  de  Chironj  2"  fem- 

à  ces  déesses.  On  leur  sacrifiait  aussi  me  de  Bucolion  et  mère  d'Esèpe  et 

des  chèvres  et  des  agneaux.  Dans  les  Pédase  {F.  AbarbarÉe);  3°  femme 

représentations  figurées,  les  Naïades  d'Otryntéeetmère  d'Iphition. — Nais 

sont   jeunes,    jolies,   minces  j    des  n'est  pas  un    nom    propre,    c'est  le 

roseaux  ornent  leur  chevelure  j  leurs  mot  générique  Naïade. — On  nomme 

mains  portent  un  coquillage,   quel-  encore  une  Naïs,  nymplie  de  la  mer 


J4a  NAN 

Rouge.  Elle  prodiguait  ses  faveurs  h 
tout  venant,  puis  changeait  les  mal- 
heureux en  poissons  j  enfin  Apollon 
vint  et  lui  fit  subir  à  elle-même  cette 
irauslormation.  Il  est  clair  pour 
nous  que  cette  dernière  n'est  qu'une 
Ondine-magicienne  dont  le  type  s'est 
reflété  dans  les  Addirdaga,  les  Circé, 
les  Méibdh  ,  etc.,  et  même  au  moyen 
âge  dans  TArmide  du  Tasse. 

TS'ALA,  le  vaillant  singe,  devait 
le  jour  à  Tarchilecte  céleste  Viçoua- 
karma.  Il  fait  partie  de  toute  cette 
troupe  de  guerriers  singes  qui  suivent 
Rama  lors  de  l'expédition  contre 
Lanka  (Comp.  Sougriva). 

iSAiS  (les),  esprits  médicinaux 
selon  les  Lapons,  affectent  surtout  la 
forme  de  mouches.  Les  bons  habitants 
duLapplanden  prenant  ces  insectes 
croient  avoir  des  puissances  préser- 
vatrices, et  les  purtent  soigneusement 
avec  eux  dans  des  sacs  de  cuir. 

ÎSAlSAj  nom  qu'Arnobe  {cont. 
les  Gentils  y  Y,  4-),  on  ne  sait  sur 
l'autorité  de  quelle  légende  ,  donne  k 
la  jeune  nymphe,  fille  du  fleuve  San- 
gar  ou  Sagar  {Sagaris  ou  Sanga- 
rius ,  auj.  Sakaria),  et  mère  d'Alys. 
On  sait  qu" elle  devint  enceinte  pour 
avoir  caché  dans  son  sein  les  fruits  du 
phalle-amaudier,  jadis  organe  viril  de 
Tandrogyne  Agdistis  {t^oy.  ce  nom). 
Évidemment  JSana  est  une  nouvelle 
personnifM:ation  de  l'organe  sexuel 
femelle,  comme  conceplivité;  et  en 
vain  l'on  objecterait  à  celle  idée  le 
double  emploi  qui  résulte  de  la  co- 
existence d' Agdistis  et  de  la  nymphe 
préalablement  mentionnée  :  on  peut 
en  mvtholocie  rentrer  dans  Tombre 
et  en  sortir  a  volonté. 

NAISDA,  célèbre  roi  pasteur, 
avait  pour  femme  iachuda.  lachoda 
venait  de  mettre  au  monde  une  jeune 
fille,  incarnation  de  Kali.  Les  deux 
époux  la  changent  contre  le  jeune 


Krichna  qui  vient  de  naître  de  Dévagi 
(ou  Dévaki)  et  de  Vaçoudëva.  Ransa, 
le  Ivran,  à  la  nouvelle  de  Taccou- 
chement  de  sa  sœur,  court  a  sa  pri- 
son, et  s'empare  de  l'enfant  que  les 
prophéties  désignent  comme  le  futur 
instrument  de  sa  punition,  a  C'est  une 
fille» ,  crie  la  mère  tremblante.  Kansa 
allait  néanmoins  écraser  Tenfant  con- 
tre la  muraille  lorsque  tout-à-coup 
Kali,  repoussant  son  bras  avec  vio- 
lence ,  s'élève  radieuse  au  sein  des 
airs,  ce  Ecoute,  Kansa,  dit- elle, 
et  tremble  I  Je  suis  bhavani  :  lu  vou- 
lais m'égorger,  je  saurai  te  punir. 
Sache  que  ton  meurtrier  est  né 
dans  un  impénétrable  asile  j  il  gran- 
dira pour  revenir  ceint  du  glaive  de 
justice.  M  ISanda,  en  effet,  emmenait 
le  jeune  Krichna  dans  son  domaine 
de  Vrindavant  ou  Gokoulam.  lachoda 
le  nourrit  de  son  lait.  Plus  tard,  se 
croyant  menacé  à  \  rindavant,  ils  émi- 
grèrent  encore,  et  choisirent  Nan- • 
dagrama  pour  séjour.  Le  taureau 
Vahauam  de  Siva  s'appelle  ausài 
ISanda.  JNous  abandonnons  au  lec- 
teur les  incontestables  rapports  qu'il 
y  a  entre  ce  taureau  de  la  mytholo- 
gie bivaïque  et  le  père  nourricier  de 
Vichnou-Krichna. 

]SA]NDI,  déesse  hindoue  de  la 
joie,  est  identifiée  tantôt  à  Bringhi, 
tantôt  à  Radha.  Le  fait  est  que  toutes 
trois  sont  d'^s  incarnations  parallèles 
mais  non  identiques  de  la  déesse-ier- 
tililé,  Frilhivi  ou  Louki,  qui  elle- 
même  est  une  face  de  Lakchmi.  Les 
Gentoux  nous  font  voir  Kissen  dan- 
sant au  milieu  des  deux  belles  nymphes 
INandi  el  Bringhi:  Kissen  (Kisna, 
Kistnah)  n'est  autre  chose  que  \ich- 
nou. 

TSANjS,  ]Sak>us,  roi  des  Ségo- 
brigcs,  enGaule  ,  donna  sa  fille Pella 
ou  Gvptis,  en  mariage  au  chef  pho- 
céen Proies,  et  favorisa  rétablisse- 


oN'AO  NAR                  143 

menl  de  la  colouie   qui  fonda  Mar-  NAPEES  .    ISap^^  ,     nymphes 

seille.  On  lit  Mann  au  lieu  de  INanu  présidant  aux  collines,  aux  vallons, 

dans  quelques  écrits.  aux  bosquets. iY<3'^o^  en  grec  se  prend 

NAISINA,   femme    de  Balder ,  le  pour  vallée  et  pour  tout  lieu  couvert 

plus  beau  des  Ases  Scandinaves,  mou-  d'arbres  [Foy.  ?Symphes). 

rut  de  chagrin  a  la   nouvelle  de  sa  ÎSARAIAJS'A  [celui  qui  s'agite 

mort ,  et  fut  brûlée  en  même  temps  sur  les  eaux),  Dieu  même,  courant, 

que   lui    sur  le  grand  navire  Ring-  en  quelque  sorte,  sur  l'eau-pàte-raa- 

horu.  Uq  nain  vivant  et  son  cheval  tière,  chaos,  de  laquelle  sa  puissance 

furent  livrés  aux  flammes  en  même  créatrice    tire  le   monde.  Ce  nom , 

temps  que  son  cadavre.  aux  Indes,    est  donné  a  Brahm  et  a 

jNANxSAK,  ]NA>'>'ACUS,Niiv»«e«tfr,  Vichnou  ;  le  dernier  surtout  est  cé- 

uh  des   rois  les  plus   anciens  de  la  lèbre  sous  ce  nom.  Il  est  alors  l'ame 

Grèce,  avait  prédit  le  déluge  de Deu-  du  monde  qui  pénètre   et  conserve 

calion.  toutes  choses,   qui  les  produisit  par 

NAISOS,  NaifûV  :  1°  fils  de  Teuta-  l'intelligence  au    commencement  des 

mide  et  descendant  de  Lycaon   (on  temps,  et  qui,  lors  de  la  destruction  du 

le  donne  comme  un  des   plus  anciens  monde)  les  recueillera  dans  son  sein. 

rois  de  la  Grèce);  2°  Ulysse  (c'était  Dans  ce  système,  Brahmà  est  subor- 

selon  les  uns  son  premier  nom  ;  selon  donné  a  Vichnou  et  naît  du  nombril  de 

d'autres,  qui  le  fout  mourir  en  Tyr-  ce  dieu.  L'idée  de  Brahm  ou  de  Vich- 

rhénie,  le  dernier  :    on  le  traduisait  nou-jNaraïana  est  un  des  types    les 

par  errant).  plus  remarquables  de  la  mythologie. 

NAOIS  ,  Cadmile  irlandais  ,  fili  Bien  d'autres  dieux  aussi  apparais- 
d'Ouisnéach,  inspira  un  vif  amour  à  sent  en  quelque  sorte  a  fleur  deau. 
Déirdre;  il  vit  cette  jeune  recluse  Le  Padma-Ioni-Univers  flotte  pareil- 
grâce  k  la  complaisance  de  Léabhar-  lement  sur  l'onde  bleue.  Les  dieux 
cham,  et,  secondé  d'Aïnle  ou  Anle  et  qui  naissent  duPadma  ne  sont  qu'un 
Ardan  ses  frères  et  de  cent  cinquante  calque  moins  étroit  du  même  modèle, 
guerriers,  la  tira  d'esclavage,  lui  fit  Les  Liugam  qui  se  dressent  orguell- 
traverser  les  mers  et  la  conduisit  en  leusement  sur  les  coupes  profondes, 
Ecosse.  Mais  bientôt  le  roi  des  ou  aux  larges  contours,  appai'tien- 
Scob  conçoit  pour  l'Hélène  d'Irlande  nent  h  la  même  série  de  svmboles. 
une  passion  fatale;  et  INaoïs,  avec  ses  Mithra  sur  le  seuil  de  sa  grotte,  et 
frères  et  ses  guerriers  qui  forment  le  tant  d'autres  qu'on  montre  dans  la 
clanna  d'Ouisnéach,  se  réfugie  dans  mêmeposition,  rentrentdanslemême 
une  île  située  sur  les  côtes  d'Ecosse  :  ordre  de  conceptions.  Qu'est-ce  enfin 
Déirdre  l'y  accompagne.  Ses  amis  queLakchmi  sortant  delà  merde  lait, 
auxquels  il  demande  dir  secours  s'a-  et  Anadyomène  vomie  par  la  mer  avec 
dressent  tous  kQonnor,  roi  d'Irlande,  l'écume  et  l'algue  sur  sa  surface  azu- 
et  sollicitent  la  rentrée  du  brave  rée?  Evidemment  des  Naraïana. — 
clanna.  L'astucieux  Qonnor  consent  On  représente  aux  Indes  jSaraïaua, 
a  tout,  et  envoie  Eogan  chercher  les  personnification  de  Vichnou,  couché 
trois  frères  et  leur  suite;  mais  Eogan  et  flottant  sur  les  eaux.  Il  a  le  corps 
a  des  ordres  secrets  ,  et  bientôt  Naoïs  bleu  :  l'onde  salée  a  la  même  couleur, 
et  Ardan  tombent    sous    sa   lance.  jNARASSLM A-VATARAM ,  qu'il 

Couip.    DÉIKDRE.  fautlire>'AIlAG15GHAVATA«  0UN..A- 


i/»4 


NAR 


VATARAM  :  Vichnou  dans  sa  qiia- 
Irième  incarnation  ,  c'est-à-dire  à 
forme  de  lion  [Joy-  Ep.ouma). 

TSARCEE,  Narceus,  Nxpxiii  ^ 
fils  de  Bacchus  et  de  Physcoa,  insti- 
tua le  premier  des  sacrifices  h  Bac- 
chus, établit  un  cbœur  de  musique  en 
l'bonneurdePhyscoa,  ethàlitun  tem- 
ple a  Minerve, 

NARCISSE,  ISarcissus,  Nâp- 
Ki<ro-o5,  est  célèbre  en  mvtliologie  par 
le  bizarre"  amour  quMl  conçut  pour 
lui-même  en  voyant  sa  ravissante  fi- 
gure réfléchie  par  le  cristal  des  eaux. 
On  a  brodé  ce  tlièrae  si  simple, 
i**  Tiresias  avait  prédit  que  Narcisse 
vivrait  tant  qu'il  ne  se  verrait  pas. 
2**  Sa  mort  fut  une  vengeance  de  l'A- 
mour. II  avait  méprisé  l'amour  d'E- 
cho ,  Echo  était  morte  de  désespoir  j 
Narcisse  alors  se  vit  dans  l'ePi,  et, 
comme  la  Nymphe  qu'il  avait  mépri- 
sée, mourut  d'un  amour  qu'il  était 
impossible  de  faire  partager.  5°  Il 
fut  changé  en  une  fleur  qui  porte  son 
nom.  4-"  On  ajouta  que  Narcisse  aux 
enfers  se  regarde  encore  dans  Teau 

o 

du  Styx.  5°  Enfin,  on  donne  pour 
père  a  Narcisse  le  dieu-fleuve  Cé- 
phise  et  la  nymphe  Liriope.  A  ces 
traits,  dont  les  deux  derniers  ont 
de  l'importance  ,  joignons  l'explica- 
tion ridicule  des  évhéméristes.  C'est 
que  Narcisse  avait  une  saur  jumelle 
(jui  lui  ressemblait  parfaitement.  Il 
eut  le  malheur  de  la  perdre  ,  et  dans 
sa  douleur  il  venait  au  Lord  d'une 
iontaine  où,  en  regaidanl  son  image, 
il  croyait  la  revoir.  On  pourrait  soup- 
çonner dans  cette  hvpolhèse  que 
Narcisse  aima  sa  sœur,  n'en  put  être 
aimé,  et  mourut  de  douleur. —  C'est 
ici  le  cas  de  faire  l'histoire  d'Echo. 
Cette  Nymphe,  dont  le  nom  vent  dire 
voix,  sou,  briiit  {yi^of)  y  était  une  des 
suivantes  de  Junon.  Plus  fidèle  à  Ju- 
piter qu^a  sa  maîtresse,  elle  sut  a  di- 


NAR 

verses  reprises,  par  les  charmes  de  «a 
conversation  ,   empêcher  la    jalouse 
souveraine  des  dieux  de  découvrir  les 
intrigues  galantes  de  Jupiter.  Juoon 
enfin  s'aperçut  de  la  ruse:  Echo  fui 
bannie   de    TOlympe  ,    et    condam- 
née a  ne  plusrépétt-r  que  les  derniè- 
res syllabes  que  prononceraient  ses 
interlocuteurs.  Descendue  sur  la  terre, 
e'ie  fut  aimée  de  Pan  ^  elle  lui  résislu. 
Eprise  a   son  loi:r  de  Naicisse  ,   et 
ne  pouvant  pas  lui   faire   connaître 
sou  amour,  au  moins  par  la  voix,  elle 
se  consuma  de  douleur,  et  peu  à  peu 
s'évapora  dans  les  airs.  A  partir  de  ce 
jour  ce  ne  fut  plus  une  Nvmphe,  ce 
fut  un  son. — L'amour  et  la  mort  de 
Narcisse  ont  inspiré  à  Ovide  un  des 
épisodes  les  plus  spirituels  des  Méta- 
morphoses (III,  54.r-5io).  Dumous- 
tier.  Lettres  sur  la  Mythologie,  a 
heureusement  imité  et  quelquetois  em- 
belli ce  morceau,  qui  est  à  coup  sîir 
le  plu  s  agréable  de  son  ouvrage. Le  my- 
the de  Narcisse  tient  k  la  religion  de 
Thespies,  où  sans  cesse  on  voit  repa- 
raître les  eaux,  lacs,  sources,  flieuves, 
dieux-fleuves,  nymphes,  et  les  fleurs  ; 
les  fleurs  se  mirent  dans  les  eaux,  el, 
d'autie  part, les  fleurs  jaunes  sont  des 
symboles  de  deuil.  Ce  n'est  rien  en- 
core; à  toute  minute    des  éphèbes , 
de  jeunes  braves,  des  vierges   s'iden- 
tifient aux  fleurs:  Clytie,  Ajax,  Hya- 
cinthe, Abder,  Daphné  ,  en  sont  les 
charmants  et  Iri'sles  témoins.  Allons 
plus  haut  h  présent.   Ces  existences 
qui  s'effacent   de  plus  en  plus,   ces 
héros,  ces  vierges  qui  deviennent  des 
fleurs,  ces  fleuves  qu*  se  résolvent  en 
images,  ces  images  qui  ne  sont  que  le 
néant,  symbolisent  la  vanité,  non  pas 
des  choses  humaines,  c'est  dire  trop 
peu.  mais  de  Tuniver^  entier.  Qu'est- 
ce  que  le  monde.'  Maïa,  Maïa  beauté 
maisillusion.  Sansdouteilest  beau, cet 
univers,  avec  ses  astres,  sa  lumière, 


NAR 

ses  couleurs ,  son  Larmouie  et  sa  po- 
pulation cranimaux  et  de  fleurs  j  mais 
tout  cela  dans  les  doi'm'îs  du  si^iri- 
iualisme,  est-ce  ou  n  est-ce  pas/ 
voilà  la  question.  Et  la  réponse,  la 
voici  :  cela  n'est  pas  (coinp.  l'article 
Maïa).  Qu'arrive-t-il  donc?  L'uni- 
vers, tout  illusiocnel  qu'il  est,  ne 
s'imagine  pas  que  tout  soit  illusiou  :  il 
s'aime,  il  se  mire,  il  s'admire ,  il  as- 
pire h  la  possession  de  quelipie  p.Trtie 
de  lui-même.  11  soupire  pour  des  il- 
lusions. Il  tend  les  bras  a  des  images, 
il  trouble  l'eau  paisible,  condition  du 
phénomène  :  et  alors  adieu  le  specta- 
cle daus  lequel  il  s'est  co'iiplu!  JNar- 
cisse  est  doue  le  monde.  En  un  seus 
moins  baut ,  Narcisse  est  IVime  qui, 
avide  de  positif,  prend  la  fanlas- 
magorie  pnysique  pour  une  réalité, 
et  tantôt  sur  les  ailes  du  plaisir  la 
poursuit,  l'embrasse,  l'élreint,  et  s'a- 
perçoit qu'elle  n'étreint  qu'une  om- 
bre, tantôt,  se  livrant  aux  spéculations 
delà  métaphysique,  scrute  le  phéno- 
mène ,  cherche  un  critérium  ,  et  ne 
trouve  a  la  place  de  la  certitude  que 
de  désolantes  raisons  de  tout  révo- 
quer en  doute.  Les  idées  que  nous 
esquissons  ont  été  variées  de  plus 
d'une  manière  par  d  habiles  raytho- 
graphes.  jNons  ne  pouvons  les  suivre 
dans  tous  les  détails  auxquels  ils  se 
livrent.  Le  phénomène  si  fameux  du 
mirage,  qui  a  donné  lieu  h  la  création 
de  la  fée  Morgane  et  a  Mébisine,  etc., 
se  lie  de  loin  aux  fables  de  ^Narcisse. 
L'eau  est  la  grande  magicienne. 
Que,  pénétré  de  celte  idée,  on  par- 
coure les  fables  de  Circé,  de  Calvpso, 
d'Addirdaga,  deNeith,  on  sera  éton- 
né de  la  richesse  de  ces  mvlhes  en 
eux-mêmes,  et  des  rapports  qu'ils  of- 
frent avec  INarcisse  et  lant  d'autres. 
Comp.  aussi  le  mythe  des  Nvmphes 
ascanides  enlevant  Hylas,  aiusi  que 
celui  des  Sirènes  attirant  a  elles  qui- 


r. 


NAR  i.;5 

conque  passe  et  le  gardant  à  (ont  ja- 
mais dans  leurs  eaux.  — La  plus  cé- 
lèbre représentation  figurée  de  Nar- 
cisse est  celle  qu'on  trouve  dans  le 
Musée  florentin^  III,  pi.  71  : 
yoy.  aussi  Vt'inckelmann,  31onuni. 
ont.  ined.,  XXIV;  et  les  remarques 
de  ViscoîUi,  Jllusét  Pio-Clémen- 
tin,  IL  p.  60,  etc. 

NAREDA,  fils  de  Saraçouati  et 
ar  conséquent  de  Brahmà,' inventa 
a  vina  ou  lyre  indienne.  Musicien 
habile,  il  est  lié  a  Krichna  et  Hanou- 
raan  jouant  de  la  flûte  au  milieu  des 
chœurs  célestes  des  Gandharvas,  des 
Kinnaras ,  à.QS,  Raguinis  et  des  autres 
personnih'cations  hindoues  de  l'art 
musical.  I'  y  a  plus  :  la  vina  fut  faite 
d'écaillé  de  tortue,  et  celte  tortue  à 
la  carapace  sonore  n'est  autre  que 
Vicbuou  [Voy.  Kouiima\  On  voit 
parfois  TSaréda  naître  de  Saraçouati 
seule,  ainsi  que  Dakcba  et  les  six  ou 
douze  Ragas.  Saraçouati  alors  doit  être 

■  ■>  r      P  -*  .  ... 

considérée  comme  la  sagesse  divine. 
—  Nare'da  figure  toujours  sur  la  liste 
des  Pradjopatis,  mais  non  sur  celle 
des  ?»Icnous;  toutefois,  comn^e  les 
Pradjapatis  émanent  tantôt  de  Brahmâ 
immédiatement,  tantôt  de  Pîrahra  par 
Menou  son  Hls,  il  est  évident  qu'on  a 
pu  qualifirr  abusivement  iSaréda  de 
iSaréda-Manoii.  De  la  le  nom  de 
INardman  sous  lequel  on  le  désigne. 
Est-il  besoin  de  faire  remarquer  l'ana- 
lof(ie  de  INaréda  et  de  Mercure?  De 
part  et  d'autre  se  rencontrent  sagesse 
cl  Ivre  faite  avec  l'écaillé  de  la  tor- 
tue.  Maintenant  un  autre  trait  de 
coïncidence  plus  importaut ,  ces!  la 
ressemblance  de  ïSaréda  et  d'Ha- 
nouman,  et,  comme  Hanouman  a  une 
tête  de  singe,  de  Naréda  et  de  Toth- 
Hermès-Anubis. 

ISAllFE  est,  chez  les  Scandina- 
ves ,  le  fils  de  Loke  et  le  frère  de 
Vale.   Ce  dernier  le  dévora,  et  $eî 


LV. 


10 


i46 


NAT 


iiiteslius,  changés  en  cbaîues  de  fer, 
•servirent  (\c  liens  a  sou  père. 

]NAUF1,  la  nuit  infernale  person- 
nifiée chez  les  Scandluaves. 

INARS,  dieu  arabe  ,  était  repré- 
senté sous  la  forme  d'un  aigle. 

rsASAMOjS,  héros  épouyme  des 
Nasaïuones  eu  Afri(jue ,  selon  les 
Grecs  pàssnit  pour  fils  de  Triloni,s(ou 
Diane)  et  d'Araphilhémls,  el  avait  pour 
frère  Céphallon. 

IN'ASCIO  ou  ÎSATIO  ,  déesse  ro- 
maine, était  ceusée  présidt-r  K  riicu- 
reuse  naissance  des  enfants  et  h  la  dé- 
livrance de  leur  ii  ère.  Elle  avait  un 
temple  a  Aidée  où  on  lui  offrait  an- 
nuellement uu  sacrifice  solennel.  La 
cérémonie  principale  était  une  pro- 
cession (Rac.  :  nasci^  naître). 

INASTE,  ÎSastes,  Narrjjs-,  chi^f 
carien,  secourut  Priam  assi-'gé  par 
les  Grecs.  11  avait  pour  pèrelSomion. 

ISATAGAI  est  le  créateur  du 
jnonde  chez  les  Mongols,  qui  du  reste 
ne  lui  rendent  aucun  culte. 

ISATIGAI  ou  STOGAI.  Foy.  ce 
dernier  nom. 

INATTS  (les)  sont,  chez  les  Bir- 
mans, des  esprits  aériens  et  malfai- 
sants. 

ISATLRE  (la)  tant  de  fois  divini- 
sée par  tous  les  peuples  du  monde 
sous  mille  non.s  différents  (Z^'^.  Rha- 

VAM  ,    DlA>E,    GlMLTVLLIDE,  IlI- 

TH\E,  Isis,  Maïa,  etc.),  Ta  été  de 
plus  sous  les  noms  mêmes  de  ÎSa- 
tura  et  de  Physis.  Ou  la  faisait 
fenuue  ou  fille  de  Jupiter.  Ces  va- 
riaatesse  traduisentpournousen  fille- 
épouse,  el  n'offrent  aucune  contra- 
diction. C'est  surtout  Isis  et  Minerve 
qui  ont  été  prises  pour  la  îNalure.  On 
peut  voir  la  ISalure  sous  les  traits 
d'un  enfant  dans  le  superbe  bas-re- 
lief ciu  Musée  Pio-Clémentin,  repro- 
duit pnr  Millin,  Galcri<i  wyihol.^ 
543. 


NAU 

INAUBOLE,  Naubolus,  Kxuco- 
^os  :  i"  fiis  de  Leruos  el  père  de  Clj- 
tonée  (  Foy,  INauplius);  2"  lils 
(THippasej  3°  père  de  deux  chefs 
phocéens,  Epi'^trophe  et  Schédius. 

jNALPIDAME,  Nxvziêû^»,,  fille 
d'Amphidamas  ,  maîtresse  d"liélios 
el   mère  d'Augias. 

INALPLILS  ,  Kx''7:>ucç,  le  héros 
par    cicelleuce   des    Eiibëens ,    n'est 
<]iic    la  navigation  personnifiée  dans 
(juel(|ues-uues  de   ses  circonstances. 
J/iinpossibililé  de  concilier  les  détails 
de  sa  biographie  a  mis  les  modernes 
évhémérisles  dans  la  nécessité  de  le 
scinder    en   deux  et   même  en  trois 
personnages.   Du  premier,    ils    font 
un  filé  de  ]Scplune  et  de  la  Danaïde 
Amvmuuc  :  navigateur  habile,  il  fon- 
da  INauplie,  porta  en   Mysie,  à  la 
cour  du  roi  Teiithras  ,   Auge  rejeté 
par  son  père  loin  de  la  continentale 
Arcadie  ,  et  enfin  périt  noyé  sous  les 
flots  marins,  pour  s'être  indigné  que 
les  dieux  noyassent  les  hommes.  jNau- 
plius  donna  le  jour  à  Prœtus,  de  qui 
descendirent  eu  ligne  directe  Lernos, 
JNaubole,  Clylonée  et  enfin  INauplius 
le  jeune.  On  fait  aussi  de  ce  JNau- 
plius  II  un  fils  d'Araymone  ;  son  père 
est  Clvlonée.  Il  fut  Argonaute.  C'est 
lui  qui  le  premier  guida  les  navires  à 
Tciide   des  étoiles,    et   fit   connaître 
la  grande  Ourse  aux  Grecs.  On  as- 
sure qu'a  la  mort  de   Tiphys  il   se 
présenta    pour  'la   place  de  pilote , 
mais  Ancée  Tempurta  sur  lui.  —  Un 
troisième    ÎSauplius  ,    puissant    en 
Eubée,  passa  sa  jeunesse  sur  les  mers. 
Le    roi   Catrée  lui     onfia  ses  filles, 
Erope  (ou  Aérope)  et  Climènc,  pour 
les  conduire  en  pays  étranger.  ^»'au- 
plius  maria   Erope  à  Pli^thène  ,  et 
garda  pour  lui   Clinv'ne  dont  il  eut 
trois  fils  ,  Palamède,  OEax  et  !Nausi- 
médou.   Qutlques  mvlhologues   font 
naître  ce  dernier  de  J*hilvre  ou  Hé- 


i 


i 


NAU 

sione.  On  sait  comment  Palamède^i 
périt  devant  Troie,  victime  des  ru-  . 
ses  d'Ulysse.  TSauplius  s'en  vengea 
en  allumant  un  brasier  en  guise 
de  phare  sur  les  nombreux  écueils 
du  cap  Capharée,  a  l'époque  du  re- 
tour des  Grecs  victorieux.  Ballot- 
tés par  la  tempête  ,  ceux-ci  se  di- 
rigèrent vers  ce  qu'ils  croyaient  un 
refuge  favorable  ,  et  ils  se  brisèrent 
sur  la  côte.  Jusqu'ici  tout  est  mytho- 
logie maritime.  Qui  ne  voit  sous  ces 
légendes  le  creusement  d'un  porl, 
Téreclion  d'un  entrepôt  commercial 
sur  les  rives  de  la  mer,  l'idée  d'un 
phare  sauveur  des  navires,  et  enfin 
le  voyage  maritime  qui  transporte  It- s 
Européens  sur  la  côte  de  l'Asie  } 
Plus  tard  on  renchérit  sur  le  mv- 
the,  et  l'oa  voulut  que  ISauplius 
commençât  sa  vengeance  par  ren- 
dre toutes  les  femmes  des  chefs 
grecs  infidèles  à  leurs  maris.  Pour 
y  parvenir,  il  n'eut  qu'a  leur  faire 
annoncer  par  les  fils  qui  lui  restaient 
la  défaite  de  Tarmée  grecque,  et  re- 
gorgement ou  la  captivité  de  leurs 
époux.  Les  (ils  de  ISauplius  secouru- 
rent Egislhe  coutre  Oreste,  et  furent 
tués  par  Pylade  dans  celte  entreprise. 
Il  doit  être  clair  pour  tout  lecteur  aue 
ces  trois  TSaupUus  se  réduiraient  à 
deux,  s'il  fallait  prendre  les  légendes 
pour  des  histoires.  Pour  ceux  qui 
comprennent  l'esprit  des  anciens,  il 
est  plus  clair  encore  qu'il  n'a  existé 
ni  un ,  ni  deux  TSauplius.  Les  Grecs 
firent  naufraçre  en  revenant  de  Troie; 
on  broda  le  récit  du  naufrage;  ou 
Toulut  qu'un  fanal  perfide  eût  été 
allumé  sur  le  littoral  de  TEubée ,  puis 
on  imagina  ,  pour  amener  à  ce  dé- 
nouement ,  une  fable  dans  laquelle  la 
jalousie,  la  vengeance  et  l'astuce  ta- 
niilières  aux  peuples  marins  jouaient 
leur  rôle. — Sophocle  avait  fait  sur 
"Nauplius  deux  pièces  inlitulécs,  l'une 


NAU 


147 


les  jVauigatioiis,  l'autre  le  Phare 
de  NaupUus.  Le  cap  Capharée  se 
nomme  aujourd'hui  d'Oro.  jNauplius 
dérive  de  vxÙ;^  vaisseau,  et  de  -jMlt  y 
naviguer. 

ISAUSIKAA  ,  NxvTiKâx  ,  fille 
d'Alcinoiis,  roi  de  Phéacie(Corfou) , 
lavait  ses  robes  k  la  rivière  avec  ses 
compagnes  quand  Ulysse  ,  après  son 
naufrage,  se  présenta  nu  sur  le  rivage. 
Les  jeunes  filles  de  s'enfuirj  j\auiikaa 
prévenue  par  Minerve,  qui  avait  em- 
prunté l'a  figure  d'une  de  ses  amies 
pour  lui  annoncer  son  prochain  maria- 
ge, resta,  écouta  le  récit  du  héros, 
lui  fit  donner  des  vêtements,  el  le  con- 
duisit ainsi  au  palais  de  son  père,  tou- 
jours marchant  la  première  ,  et  lui 
recommandant  de  se  tenir  à  dis- 
tance, ce  Plut  k  Jupiter,  dit -elle, 
que  le  mari  qu'il  me  destine  fut  fait 
comme    cet   étranger!  »    L'Odvssée 

o 

ne  dit  pas  comment  Minerve  ac- 
complit sa  promesse  ou  sa  prophé- 
tie 5  mais"  Euslalhe  certifie  que  la 
princesse  phéacienne  épousa  Téiéma- 
que  dont  elle  eut  Perseptolis  ou  Plo- 
liporthe.  Ou  attribuait  k  îSausikaa 
l'invention  de  la  spheristique,  danse 
qui  s'exécutait  eu  lançant  une  balle 
en  l'air. 

iSaLSITHÉE,  Kccva-i^iccj  de  Sa- 
lamine,  fut  donné  daus  Scjros  k  Thé- 
sée pour  guider  son  navire  eu  Crète. 
Phalère  avait  un  naïdion  consacré  a 
l'habile  pilote  ,  et  la  tradiliou  vou- 
lait qu'il  eut  été  dédié  par  Thésée. 
Aiusi  Canobe  ,  pilote  de  ?»lenélas, 
avait  sa  tombe  et  sou  autel  kRhaco- 
lis  (  bourgade,  noyau  d'Alexandrie). 
ISAL'SITHOLS  ,  Kuv^;'ô.c;,  et 
jNAUSIjNOLS  ,  Kuva-itùo;,  passent 
pour  des  fils  d'Llyjise  et  de  Calypso. 
Le  radical  de  tous  ces  noms  est  vxvi , 
vaisseau  (v  joiudre  voo;,  esprit  ;  êoos^ 
rapide).  -^  Un  autre  ISausituous, 
père  d'Alcinoiis,  qui  devait  le  jour  a 

10. 


i48 


yE\ 


î^eptune  cl  a  Péribéf,  réj^na  dans  IMo 
de  Phéacic,  et  enseigna  aux  habitants 
de  celte  île  l'art  de  la  navigation. 

?{AUTÈS  suivit  Enée  en  Italie, 
et  fut  chargé  par  le  pieux  fugitif  de 
la  garde  du  Palladium. 

INAXIOS,  N«|/«,  fils  de  Vidv- 
mou,  donna  son  nom  a  Vile  de  ISaxos 
(f^oy.  Part,  suivant) • 

NAXOS  ,  iiûU? ,  liis  d'Aiacallis  rt 
d'Apollon  selon  les  uns,  d"Endyniiun 
selon  les  autres.  Un  TSaxios  et  non 
IS'axos,  fils  dePaléraon,  a  été  aussi 
nommé  par  les  mvlliologues.  Il  est 
clair  que  ce  héros  imaginaire  n'est  que 
l'ile  de  Naxos  personnifiée.  Nous 
ne  nous  arrêterons  point  a  relever 
la  contradiction  qui  existerait  entre 
ce  mythe  et  la  légende  qui  montre 
Baccbus  élevé  dans  ÎSaxos  rar  une 
triade  de  nymphes  (Philie,  Cronià 
et  Cléis).  Ce  qui  nous  importe  da- 
vantage,  c'est  de  bien  voir  i"  que 
jNaxos,  INysa  (le  mont  de  Inac- 
chus),  INicha  (la  nuit  en  samskrit, 
d'où  Dévanicha),  enfin  v-.a-oç  (île 
en  grec)  ont  été  confondus  de  telle 
sorte  que  Dévanicha-DiouYse  a  été 
non  plus  le  dieu  de  ISysa ,  mais  en- 
core le  dieu  des  des,  AeJj  (pour 
Zivs  ou  èiôs)  vKO-m'^  ii°  qu'Ariadne 
dans  l'île  de  INaxos,  c'est  Ariadne  sur 
l'île,  Ariadne  sur  le  lotos,  Ariadne 
Anadyomèue,  une  Bhavani-Ramalà- 
cana. 

IS'ÉAÇA  était,  dans  la  mythologie 
de  l'Irlande  ,  fille  d'Eochaidh  Sal- 
bindhe  ,  femme  de  Fatiitna  et  mère 
du  crrand  Oonnor ,  le  célèbre  roi  de 
iXlsler,  (jui  souvent  est  nommé 
Qonnor  ^lac  ISéaca  ou  Qonqovor 
iMac  ]Séaca.  Qonnor  la  viola  dans  un 
moment  d  ivresse,  et  en  eut  un  fils 
u^mmé  Qrruîaq  Qunlingios.  Il  faut 
bien  se  tarder  de  voir,  soiî  dans  ces 
généalogies,  soit  dans  l'inceste  qui 
s'y  mi'le,  le  moindre  fait  historique. 


iSÊB 

Tout  y  pose  sur  des  données  mytho- 
logiques modifiées  à  plaisir. 

INÉALCE,  INealces,   HiuXkkç., 
ami  de  Turnus,  tua  Salius. 

rsÉAMAS,  ^iky^ccç^  Troyen.  tué 
par  Mérionc. 

ISÉAlNDKE,  KiiiTt^of,  fds  de  Ma- 
carée,  régna  dans  l  de  de  Cus. 

^EAjN'IIIE,  ÎSea^thes,  NÊcty^ijî, 
fils  du  roi  Piltacus,  acheta  des  pré- 
Ires  d'Apollon  la  Ivre  d'Orphée,  qui 
résonnait  d'elle-même,  et  alla  daus 
les  champs  pojir  attirer  les  rochers  et 
les  arbres,  mais  il  n'attii  a  que  des 
chiens  qui  le  dévorèrent.  Comp.  Or- 
phée. 

jNEB,  N>;to,  une  des  formes  du 
nom  de  Kneph  ou  Knef.  INous  la 
concluons  du  nom  composé  Améuébis 
pour  Amen-INeb  .  Amoun-Knef),  lu 
par  M.  Letronne  [Rtch.  surVEg.^ 
p.  257  et  suiv.)  dans  une  inscription 
grecfjue  de  la  grande  Oasis  (/^.  K>ef 
et  INoub).  (Jette  forme  ISeb  est  im- 
portante comme  transition  du  nom  de 
Knef  a  celui  d'Anubis ,  d'une  part  et 
de  l'autre  au  radical iWZ»...  ou  Sab.. . 
que  l'on  retrouve  h  la  tète  ou  dans  le 
corps  de  tant  de  noms  rovaux  ou  di- 
vins tant  égvptieus  qu'asiatiques,  ]Na- 
bukliadnézar,  jNrctanébo,]Nabo,  etc. 
iNÉBO,  MBAZ,  ISIBCHAS, 
Nijes; ,  Nt««tÇ,  ^iZyÂif  divinité  as- 
syrienne à  tète  de  chien,  était  surtout 
adorée  chez  a^sHévéens.  INous  n'avons 
pas  besoin  de  faire  remarquer  l'ho- 
mophonic  de  ce  nom  et  de  celui 
du  dieu  égvplien  Anbo  {latrator 
Anubis).  ISibch«is  n'est  donc  qu'uo 
Anbo  assyrien,'  et  il  ne  diilèrcde  son 
homonyme  memphitique  que  parce 
(|u"il  n'est  point  lié  en  Assyrie  a  une 
légende  dccon(juëlcs  et  de  civilisation, 
puis  peut-être  parce  que  Ton  s'habitua 
plus  (pi'en  Egvple  a  fideutificr  avec 
un  génie  planétaire,  avec  Mercure. 
Eu  eiîcl,  les  Chaldéens,  chez  qui  le 


NEB 

ciilleîle  iSébo  était  plus  parlicnlière- 
raentélab!i(/i'«i'e,XLVi,i;,doDnaicDl 
h  Mercure  le  nom  de  jNébo  ou  jNabo 
(Hyde,£/e  i'tt.Pers.rel.,  67:  comp. 
Kiccio'i,  127  j  Selden,  de  D.  Sjr.^ 
svnt.  II,  ch.  12].  Un  cbieii  ligure 
parmi  les  parauattUons  du  Cancer  et 
du  Lion  dans  la  spbère  de  Scaliger  : 
ciaus  les  planispLères  de  Rucher  se 
dessine  un  bouime  a  tète  de  chien. 
Celse  (Orig.,  c.  CelseAiv.W)  faisait 
mention  d'un  îréuie  à  tète  de  chien 
(le  sixième  parmi  ceux  qui  président 
aux  sept  deux  ou  aux  sept  planètes), 
et  lui  donnait  le  nom  d'Eralhaolh. 
Mais  l'Aubo  d'Egypte  est-il  un  Mer- 
cure? Si  ce  n'est  le  même  dieu,  c'est 
une  forme  du  même  dieu,  un  rôle  du 
même  fonctionnaire.  C'est  lliermès 
infernal,  'Ee/u,-'is  ;;rjciii5  {f'''oy.  Am:- 
Bfsj. — Dans  ce  cas,  pourquoi  lui 
donner  la  tète  «le  chien?  lirnorc- 
t-on  que  TAnbo  d'Egypte  é'ail  un 
dieu  à  tète  de  chakal?  Soit,  mais 
il  suffit  qu'on  s'y  soit  trompe  ou 
qu'on  ait  une  fois  pour  toutes  jugé  la 
diflérence  assez  légère ,  pour  que  les 
Assyriens,  en  s'emparant  du  dieu, 
n'aient  plus  songé  a  être  fidèles  à  la 
tradition  égyptienne  orthodoxe.  Les 
rabbins  prétendent  du  reste  que  l'on 
représentait  aussi  ïNibchas  avec  les 
attributs  du  serpent.  Ce  serait  un 
nouveau  rapport  avec  Hermès  (se  rap- 
peler le  caducée),  avec  Esmoun-Es- 
culape,  avec  Sffrapis.  Enfin  saint  Jé- 
rôme [surlsaïe,  pass.  d")  attribue  a 
l'idole  de  ^Nibchas  le  talent  de  la  di- 
vination.— Les  noms  de  ÎSabopoulas- 
sar,  ^aboupharzan ,  et  en  Egvple 
les^Seclanebo  nou>.  rappellent  ce  nom 
qu  on  voit  encore  dans  lisraélite  ?Ha- 
bal,  le  Lacédémonlen  jNabis,  les  Ara- 
bes Nabathéens,  et  peut-être  la  !Nu- 
bie.  Naboullone  {iSabulioîie)^  nom 
original  de  ÎSapoléon,  en  vient  aussi, 
çt  c'eïl  H  tort  qu'on  expliquç  ce  mot 


?iEC 


149 


par   liûu  des  vallées  (v«:7s-',   aU'>). 

ISÉBROPHO>'E  :  i^Nfc^opcW, 
fils  de  Jason  et  de  la  Lemuienne  Hvp- 
sipylej  2-'  Ki^ii-:pcyy,  ^  nymphe  de  la 
suite  de  Diane. — JSebr...  veut  dire 
faon,  Néùrophone  qui  tue  les  faons. 
La  néhride,  on  le  sait,  était  une  peau 
de  jeune  faon  dont  s'enveloppaient  a 
demi  les  suivants  de  Bacchus.  Au  faon 
depuis  on  subslitua  la  panthère,  et 
l'on  conserva  le  nom  de  néhride. 
Plusieurs  surnoms  de  Bacchus  se  tirent 
de  celte  circonstance  ^  tels  sont  ISé- 
brodès,  îSébridopéplos .  etc.  —  Ou 
appelle  Apollon  ISébrocbarès.  c'est- 
à-dire  qui  aime  les  faons. 

iSECESSIÏE,rstCESSiTAS,  en  grec 
A^A>KnL',  'Avay-A-:,  déesse  latine, 
dont  le  nom  ne  fut  connu  qu'a  partir 
du  beau  siècle  de  la  Grèce  civilisée  et 
métaphysicienne.  Platon  lui  donne  un 
fuseau  de  diamant  qui  touche  d'un 
bout  la  terre  et  de  l'autre  les  cieux  , 
et  que  tournent  les  trois  Parques. 
Horace  la  peint  avec  uu  marteau,  des 
coins,  des  mains  de  bronze,  des 
crampons,  des  c'ous  et  du  fer.  Les 
clous  sans  doute  tiennent  à  l'usage  où 
Icn  était  d'enfoncer  solennellement 
uu  clou  dans  les  murs  du  Capilole  , 
pour  indiquer  qu'un  an  s'était  écoulé  j 
de  la  par  suite  l'idée  de  chose  sure  . 
irrévocable  et  sur  laquelle  il  est  im- 
possible de  revenir.  Anankhé  se  con- 
fond avec  ïyché  (ou  la  Foi  lune), 
ou  Mœra  (la  Parque),  ou  Imarmè- 
ne  [Falum,  le  Destin),  et  enfin 
avec  rsémésis,  Adiai>lée,  etc.  Quel- 
ques poètes  l'ont  faite  fille  de  la  For- 
tune.  —  Anankhé  avait  à  Corinihe- 
un  temple  où  les  prêtres  seuls  en- 
traient. 

INÉCR0P0MPE,>'Ecnopo3iros, 
Kîx.oo7:oj^7:oç  y  Mercure  qui  conduit  les 
morts  aux  enfers.  C'est  un  de  ses 
buruoms  les  plus  rcmarqual>'es.  Il 
dvi.l  êire  rapproché  de  celui  de  Psj- 


i5o 


NÉK 


chopnmpe  (Rac.  :  nKfôç^  rrôwxtç). 

I^ÉCVS,  Ntxy?  ,  mort,  cada- 
vre. Mars.  Ce  dieu  recevait  en  Es- 
pagne* de  grands  honneurs  sous  ce 
nom  ,  et,  chose  bizarre ,  avait  la  tête 
radiée.  Quelques  philologues  veulent 
qu'on  lise  Nicon  (vainqueur)  ou  iSéron . 
Nous  pencherions  pour  ce  dernier 
nom,  qui  se  rapproche  de  INara, 
homme  (en  samskril)  et  de  ses  nom- 
breux dérivés. 

ISEDA,  Nsj't^*,  une  des  nourrices 
de  Jupiter,  avec  Hagno  et  Thisoa, 
«elon  la  légende  d'Arcadie ,  passait 
pour  une  Océauide.  C'était  K  tort* 
Kéda  n'était  que  la  rivière  Mes- 
sénienne  de  ce  nom,  Longarche  per- 
sonnifiée. — Minerve  avait  aussi  un 
temple  sur  le  bord  de  la  ÎS^éda,  té- 
moin le  surnom  de  ÎSédusie  qu'on  lui 
donne  quelquefois. 

IS■ÉDYM^E,     rSEDYMTCUS,      N>î'- 

di^/LiJoç,  Centaure,  fut  terrassé  par 
Tliésée,  aux  noces  de  Pirilhoiis. 

INÉERE,  TN'e.îra,  t^Unu,  est 
dans  la  mythologie  transcendjntale 
la  fille-épouse  du  soleil:  et  comme 
celte  fi  le-epouse,  assimilée  à  la  lune, 
est  soit  mâle,  soit  rmdrosvne,  chez  les 
anciens,  son  nom  tiré  de  Nara,Ntfro 
tiAncr,  homme,  son  nom  identique 
a  r...av£<^«,  qui  termine  tant  de  mots 
de  la  langue  ionienne,  et  qui  revient 
a  9)  «»»/f ,  indi(|ue  assez  virilité.  On 
1  a  dédoublée  en  deux  héroïnes  prin- 
cipales: r  Une  amante  d'Hélios,  more 
des  Iléliades  Phaélhuse  et  Lampélie 
qu'elle  envoya  dans  une  île,  île  tri- 
mourliquc,  île  triangulaire,  île  qui, 

...au  loin  sur  trois  fronts  s'étendanl. 
Oppose  un  triple  écueil  à  rabime  crrondant, 

pour  y  garder  les  troupeaux  de  leur 
père.  2"  Une  fille  de  Férée  (Fré), 
femme  d'Alée  et  mère  de  Cé^ihce  (le 
dieu-singe, le parèdre  héliaquedePcr- 
sée,  de  Brahmâ,  d'Osiris),  de  Lycur- 


NEF 

gue  [yJjy.y,.  lumière)  et  d'Auge  (aùyi»', 
écl^jt).  —  On  nomme  encore  trois 
Niit:RE  qui  sont:  1°  fille  de  ÎSiobé; 
1"  femme  du  dieu-fleuve  Strvraon; 
5°  femme  d  Autolycus. 

1.  ^EFTE  (le  véritable  nom  fut 
?Îatfi,  probablement  aussi  ISatfÉ, 

puis      IS'ATPnÉ  ,     ISAXrHI   ,    IN'ATPt'  , 

ISetphé,  ISetpe  j  quelquefois,  en  in- 
tervertissant les  deux  consonnes  du 
milieu,  ÎSephtre',  TSEPHTni,  d'où  les 
Grecs  ont  fait  la  forme  usuelle  ISe- 

PHTHYS  0UrSEPHTYS,N£TeJf,N6?ruj), 

la  dernière  des  cinq  grandes  divinités 
osirides  {Voy.  OsiRis),  naquit,  le 
cinqtiième  jour  épagoraène .  de  Sa- 
turne (Crone.  Suvk  ,  Renia)  et  de 
Rhéa  (INalfé),  selon  les  légendes 
h 
d' 

que  les  rayllies  1  associent  de  pi 
rence,  etdans  le  dualisme  manichéen, 
auquel  celle  répartition  des  quatre 
personnes  divines  donne  lieu ,  elle 
l'orme  avec  Typhon  le  couple  mauvais 
et  slérile,  commeOsirisellsis  forment 
le  couple  bienfaisant  et  fécondateur. 
Toutes  les  inHuences  funestes  sont 
des  0  livres  et  des  émanations  de  ces 
deux  déilés  ennemiesde  l'homme ,  de 
Tordre  et  du  bonheur.  Toutefois,  en 
sa  qualité  de  femme,  ISeflé  est  plutôt 
passive  qu'active,  tandis  que  vents 
sinistres,  ardeurs  brûlantes,  vapeurs 
délétères,  flé.iiix- endémiques  ,  mala- 
dies homicides ,  sont  les  événements 
par  lesqutls  Typhon  se  manifeste. 
Nefté  se  présente  surtout  comme  la 
terre  inféconde,  comme  la  lisière 
sablonneuse  du  désert,  comme  la  por- 
tion de  TEi^'Vpte  située  a  l'occident  de 
la  vallée  du  ÎS'il,  tandis  qu'Isis,  l'épouse 
chérie  dOsiris,  en  tant  que  Nil,  est 
sous  un  point  de  vue  la  vallée  niliaque. 
Mais  le  mau\ais  pri  icipe  femelle 
n'est  pas  tellement  fatal  par  lui-même 
qu'il  ne    puisse   subir   des   influen- 


NEF 


NEF 


5i 


ces  salutaires 5  sa  slérilite  fécondée      arabique    (Ti-Arabia    de     l'ancien 
produira    a    son    tour.  Le    mauvais     éo;yplien  :  Voy.  Charapollion  jeune, 
principe  lui-même  ne  peut  jamais     Eg.  sous  les  Phar.,  t.  I).  A  notre 
opérer  lebieii;  maisTauxiliaire  dans     avis  Neflé  n'est  qu'une  délégation  de 
laquelle  il  dépose  les  germes  du  mal     la  grande  ?^eflé  que  nous  nommons 
et  qui  alors  devient  funeste  par  con-      INatfé  ,  la  Rhéa  égyptienne. La  déesse 
tre-coup,ue  répugne  pas  ainsi  quelui,      du  second  ordre  s'est  émanée  dans 
par  le  tait  même  de  son  essence,  a  la      une  déesîe  du  troisième  ordre-  voila 
production  du  bien.  L'humus   peut     tout.  Du   reste   nous  ne  prétendons 
amender  le  sable  infertile;  les  eaux     point  qu'elle  s'y  soit   émanée  entiè- 
limoneuses  du  ]Nil  peuvent  atteindre      rement.  Elle  s'y  émane    surtout   en 
l'aride  limite  où  commence  le  désert  5      tant  qu'épouse  d'un  dieu-planète  re- 
le  fécond  Osiris  peut  se  rapprocher     gardé   comme    éminemment   funeste 
de  rSelté.  Ainsi  le  comprirent  les  dua-      (Remfa-Salurne).  Fiemfa  est  Torigi- 
lisles  de  l'Egypte;  et  dans  les  légen-     nal,  le  type  de  Typhon  5  INatfé  est  celui 
des    osirityphoniennes    on   voit,    1°     de  notre  jNefté.  C'est  ce  qu'expriment 
Osiris  avoir  un  commerce  furlit  avec     encore,  pour  ceux  qui  comprennent 
!Neflé  qu'il  prend  pour  Isis  (Anbo,      la  langue  mythologique,  1°  la  filia- 
tion prétendue   de  Fihéa  (^Satfé)   et 
de  ?^eflé:  2^  l'identité  ou  du  moins 
l'extraordinaire     ressemblance     des 
noms  que  maintes  fois  les  textes  des 
monumenlscoufondent.TSelté  ne  pou- 
Haroéri,  de  cet  adolescent,  vivante     vait  manquer  de  paraître  aux  enfers, 
image  du  héros  avec  lequel  une  douce     Effectivement   c'est  une  des  déesses 
erreur    Ta  unie  un  instant.  Isis  ne     les  plus  puissantes  de  l'Amenli  et  une 
voit  pas  de  mauvais  cil  une  sop'jr  qui     des   plus  fréquemment  représentées 
Icjjlus  souvent  se  contente  de  souffler     sur  les  peintures  des  monuments  fuué- 
ses  pernicieuses  influences  sur  d'autres     raires.  Elle  est  quelquefois  jointe  ou 
contrées  que r Egypte;  elle  n'est  point     opposée  a  Isis,  comme  dans  la  belle 
jalouse   de  l'épbemère  complice  des     scène  du  bas-reliei  du  petit  temple  au 
infidélités  de  son  époux,  quoiqu'elle     sud  du  palais  de  Oarnaq,  reproduite 
ail  reconnu  sur  le  sein  dé  >'eflé  la     Z).^vc.  r/e/'^^^.,  t.  III,  pi.  64.  Isis  et 
guirlande  de   mélilotos  qu'Osiris    y     INefté  (et non  ,  comme  le  veut  Creu- 
laissa  par  mégardc.  Il  y  a  plus ,  c'est     zer ,  Tlsis  céleste  et  l'Isis  terrestre  ) 
elle  qui  se  charge  d'élever  et  de  nour-      se  tie  nent  debo-it ,  Tune  à  la  tête, 
rir    l'infortuné    Anbo  ,     exposé    au     l'autre   au  pied  d'un  It  fi-nèbre  sur 
fond  des  bois  par  une  mère  pl.is  sen-     lequel  est  étendu  Osiris  mort.  Nous 
•ible  à  la  honte  qu'aux  affections  de     recommandons  la  scène  011  Haroéri, 
U  maternité.  Ou're  Kei'lé ,  Typiion     sortant  du  sein  d'un  lotos  épanoui, 
a    pour  concubines   Aso,    la    reine     reçoit  de  ISefté  la  croix  ansée,  syra- 
d'Ethiopie,elTbouéri.  ludubilable-     bole  de  sa  vie  divine  (Z>c.yc.r/e/''£'^., 
mf-nl  ces  deux  héroïnes  ne  sont  que      tora.  I,  pi.  9.5  ,  i  ).  A  l'exemple  des 
des  formes  de  ÎSefté  ;   mais  elles  re-     anciens  qui  prirmt  toujours  ÎSephtys 
présentent, au  lieu  de  la  terre  inféconde      pour  Aphrodite ,  c'est-à-ciire  V  enus , 
en  général  et  delà  terre  libyque  en      U.?Tk\\dirà[anInfjuiry-,elc.)iàeU' 
particulier  ,   l'Éihiopi*  et  la  lisière     tifie  Atbor  et  Neflé.   M.  Guigniaut 


le  dieu  h  tête  de  chien,  ou  pour 
mieux  dire  cynocéphale,  est  le  fruit 
de  celte  union  insolite  et  involon- 
taire); 2"  TScfté  déserter  le  parti  de 
Typhon  pour   suivre  celui  du  jeune 


i  )2 


l^hk  NEF 


(trad.  de  Creuzer,  t.I,  p.  807,  not.;,  gionhvllcnique  dérivée  de  la  iLéogo- 

d'après  JaljIonski(/^^«^/i./£:;;/7^,  nie  égyplieiine  ne  j;ej'.venl  5?  refuser 

III.  p.    1  i2-i3û),  les  dislingue   et  de  recouna'itre  dans  TSalfé  (tel  esl  le 

voit  dans  Albor  une  Vénus  céleste  ,  nom  que  nouseinploicrous)le  type  delà 

dans  INefté  une  Vénus  inférieure  ou  llliéa  créloise,  assimilée  depuis  h  Cy- 

terrestre.   Selon  nous  ?ieflt .  parmi  Lèle,  et  même  lolalenienl  londue  avec 

les  Osirides,  représente  JNatlé  parmi  elle  dans  les   poètes  et  chez  les  mj- 

les  dieux-dyuasles.  jNatfe  k  son  tour  tbograplies    vulgaires.    Récapitulons 

se  lie  en  bien  des  points  à  la  jeune  siiccinctemeul  les  principaux  traits  de 

Atbor,    et   se    réubsorbc    avec    elle  la  divinité  qui    nous  occupe,    i*^  Elle 

comme  sabîe  cl  eau  dans  Tunilé  pro-  est  de  la  deuxième  penlade-hexade  (en 

fonde    et    suprême    de  IJoulo.   Maiii  d'autres   termes,    pentade    femelle, 

comme  d'autre  pail  les  femmes  su-  penlade  élémentaire)  de  la  série  des 

hordonnées  ne  tendent  pas  moins  à  Treize-Douze,  penlade  qui  a   pour 

se  confondre  entre  elles  qu'a  rentrer  correspondante   une    première   pen- 

dans  leur   type  supérieur,  PSalfé  se  tade-bexade  coiiiposée  de  dieux  raà- 

rapprocbe de  Salé,  dominatrice  de  la  les,  de  dieux  astres.  2"  Elle  a  pour 

région    iiiférieure    en   même   temps  Arcbi-Dynasle  me'dial  Fré-Djom  ou 

qu'Atbor  de  Tpé.  Le  ciel   se  blinde  leSoleil,pnurArcni-Dvnaslei;nmédiat 

pour  ainsi  diie  en  Tpé  (hémiî,pbère  Pooh,  la  Lune.  5"  Les  quatre  autres 

supérieur)  et  Salé,  ce  que  dans  cer-  élémenls  (ou  se   rappellera  que  les 

laines  localités  on  traduisit  par  «se  Egyptiens  en  avaient  cinq),  Félber 

tciuder  en  Atbor  et  iSatré.  »  jN'eflé  à  (Salé),  le  feu  (  Anouke),  l'air  (Bonto 

son  tour   se   trouve   donc   avoir  des  II),  Teau  (Albor  11),  la  précèdent- 

rapports  avec  Salé  et  est  en  quelque  en  effet  la  terre  est  le  cinquième  des 

sorte  la  Tpé  de  l'hémisplière  austral,  cinq  éléments,  celui  qui  a  le  plus  de 

îseflé,  Albor,  INefléSalé,    Albor-  pes:iuleurspécinquo;  elTon  comprend 

Salé,  toutes  ces    fusions    mylbiqucs  assez  que   daus  des  théogonies,  qui 

s'enchaî  leut,   se   tiennent,    se   sup-  sont  au  fond  de  vraies  cosmogonies  , 

posent,  s'enfauleni  muluellenienl -,  et  cet  excès  de  pesanlenr  ait  fait  ranger 

quand  ]Natfé,  s'éaianaul  daus  la  sphère  au  bas  de  la  hiérarchie  la  déesse  re- 

osirilypbonicnne  ,    devie.il     ÏNefté  ,  présenlative  de  rélément  pesant.  4" 

elle  est  encore  une  Albor-Salé,   une  A  Naifé,  déesse  femelle, répund.  dans 

Vénus  des  régions  iuféiieures, 'A rpj-  la    colonne    siJérique  ,    le    dyoa:ite 

<?;V>>  5)  KXTu.  Au  reste,  c'est  bien  ce  Sovk  ou  Répban ,  Pban-Ré,  Remla, 

qu'indique  Pétymologie  même  de  son  etc.,  qui  uest  autre  que  la  plauèle 

nom  INé-Tpé,  le  non-ciel  [Vcy.  Tar-  Saturne.  5°  L'union  conjugale  de  Sa- 

ticle  suivant).  lurne   et  de  Rhéa  dans  les  légendes 

2.   INEFTE   ou  INATFE,   Net-  bellénoïdes  n'est  donc  que  la  simple 

PUE,  ^^ETPi-:,  ISetfi:  ou  NaTPhe  ,  eu  traducti  m  du  rapport  quasi-conjugal 

grec  N£T>çi ,  déesse  égyptienne,  une  établi  pir  les  Egvpliens  entre  Rem- 

des  Treize-Douze,  figure  [armi  les  f;i    et  JNalfé.    6"  JNi    Sovk-Remfa , 

Dyuasles  (/^oj'.  Tr^/e -Dolzl)  à  ni    iS'atfé    ne  sont    précisément  des 

Textrémilé  in'.érieure  de  la  penlade  émanations  dedeux  dieux  de  la  famille 

femelle,  cest-a-dire  des  déesses  élé-  kbaméphiuïde.     Ce   sont   plutôt  des 

inents.  C'est,  hce  qu'il  p:iraît.  lateire  espèces  de  lra:isition  enlre    le  Pro- 

persoawtiée^ctcem  i^uiçryiciiUaicU'  khaiLéphis  l^irgu^i  çt  le  prejuier  Kba- 


NEF 

méphi5  AraouD ,  de  telle  sorte  que 
tour  à  tour  Rcmfa  serable  uu  Pi- 
romi  ou  uu  Amouii  iuférieur,  et  lo'.ir 
à  tour  Nalfé  une  Bouto  ou  uue  jNeiih 
subordonnée.  Peul-êlre  se  rappro- 
cherait-ou  du  vrai ,  eu  se  souvennul 
de  rbvpolhèàe  par  laquelle  nous  Ideu- 
liboni  complètement  Bouto  a  'a  coa- 
cepliou  mrstérieuse  et  inudmlaée  de 
Sable-et-Eau.  Que  Sable-et-Eau  d  lis 
ridée  des  docteurs  memphitiques  et 
ibcbaius  aient  collecliveiiieut  sisfuiiié 

O 

matière,  matériaux,  c  est  ce  dont  il 
n'est  pj3  permis  de  douter  :  Sablc-el- 
Eau  ne  forment  donc  qu'un   sc'.d  et 
même  être,  un  seul  et  inème  dit^uj 
mais  ce  dieu  en  sémananl  dans  une 
sphère  inférieure  peut  se  scinder,  et 
donner  lieu  i°k  une  déesse-eau,  2"  a 
une  décîise-terre  :  Atbor  II  serait  la 
décsse-ean,  etiSatfé  la  terre.  Piemfa 
et  îialfé  étaieut,  dil-on,  les  plus  jeu- 
nes des  dieux  dynastes.  Cela  signifie 
sans  doute   qu'ils  furent  ajoutés  h  la 
liste  des  majestés  divines  long-temps 
après  sa  confection  primitive.  Mais 
pourquoi  cette  postériorité?  A  notre 
avis,  elle  a  pour  causes  et  la  difficulté 
que  lœil  nu  avait  à  saisir  la  planète 
de  Saturne  [J^oy.  art.  Sovk),  et  la 
subtilité  du  dédoublement  de  Bouto 
eu  eau  et  sable,   en  Alboc  et  jNatfé. 
Comme  dans  la  doctrine  sacerdot.ile 
Teau  était  le  principe  par  excellence, 
Alhor  se  trouva  imaginée  loug-lemps 
avant  qu'on  s'avisât  d'avoir  besoin  de 
INatfé.  Mais,  quand  aux  dieux  planè- 
tes on  eut  ajouté    Remfa ,  il  fallut 
lui  chercher  une  épouse ,  et  le  cin- 
quième élément  se  trouva  là  fort  heu- 
reusement. Il  nous  semble  même  pro- 
bable que  la  dénomination  ou  la  pé- 
riphrase de  Sable-et-Eau  pour  Bouto 
ne  prit  naissance  qu'après  la  création 
de    'Natfé.   Ce    n'est  pas  la    grande 
déesse  Sable-et-Eau  qu'on  a  dédoublée 
ça  dççssc  çau,  dresse  sable  \  ce  sont 


NEF 


i5i 


les  deux  déesses,  déesse  eau,  déesse 
sable  (ou  déesse-terre),  qu'après  coup 
on  a  réunies  en  une  grande  dée.^se  uni- 
que, la  déesse  Sable-et-Eau,  la  déesse 
matière,  la    déesse    nuit  profonde, 
Bouto.  Si  dans  la  mythologie   grec- 
que  Saturne   et   Pvhéa  sont  iio:i:ii  es 
parmi  les  dieux  les  plus  anciens,  puis- 
que leur  domination  précède  celle  de 
Jupiter,  et  suit  immédialemeut  celle 
d'Ourane  (ou  Uranus),  cette  diffé- 
rence tient  sans   doute   1°  a  ce  que 
dans  l'Egvpte  même  quelques  corpo- 
rations purent  intervertir  l'ordre  pri- 
mitif des   dieux   p'anètes.   et  p!.  ct^r 
Remfa    immédiatement    après    Fié- 
Djora  et  avant  Zéou  (Juniler) ,  ce  qui 
est  juste  ,   puisque  de  cette  manière 
les  cinq  dieux  planètes  se   trouvent 
rai^gés  dans  nu  ordre  conforme  a  ce- 
lui de  leurs  distances   du  soleil  j  2^  a 
ce  que  les  dieux  dynastes  étant  souvent 
absorbée  dans  les  Khaméphiuïdes  on 
put  idenl .fier  Imooutb  !^le  ciel)  à  Pi- 
rorai,    et  Remfa  à    une   espèce    de 
Piromi  subalterne,  transition  du  vrai 
Piromi  à  Knef.  Au   reste  ,    nous  ne 
parlons  ainsi  qu'en  faveur  de  Thvpo- 
thèse  (peu  exacte  à  cotre  avis)  qui  fait 
découler  toutes  les  crovance>  grecques 
des  idées  égvnliennes.  Ajoutons  que 
cette  jeunesse  comparative  de  Kailé 
et  de  Pierafa  nous  explique  comment 
dans   des  îiénéaloiries  vulgaires  toui 
les  dieux  osirides  ou,  comme  on  peut 
les  nommer,  osirityphonides  naqui- 
rent de  Saturne  et  de  Rhéa.    Placés 
dans  un  tableau  synoptique  de  la  re- 
ligion égvptienne,  à  l'extrémité  de  lu 
seconde  dynastie  de  dieux  et  avant  la 
troisième,  ils  semblent  donner  nais- 
sance à  la  troisième.  Quelques  autres 
explications  non  moins  plausibles  doi- 
vent être  fondues  avec  celle-ci,  et  la 
complètent  {f^'oy.  OsiriO-   î^''>'fé 
s'émane  dausjNefté  (^oj-cel  art.), 
vulgairçuient    >'çphlbvs.    Diodore, 


i54  NEf  NEI 

dans  les  livres  mythologiques  par  les-  liques,  les  unes  étant  au  dessus  de  sa 

quels  débute  .>on   hisloire  tout  em-  tête  et  d*'  ses  bras,  les  autres  se  dé- 

preiile  des  fausses  couleurs  dirévlK'-  roulant  il  ses  pieds.  Il  n'est  pas  rare 

mérisme.  fait  de  Crone  (Saturne  lo-  alors  que   deux   images   de    Salé  se 

main)  et  de  Rhéa  deux  dieux  terres-  trouvent  Tune  il  sa  droite,  l'autre  h  sa 

Ires  [i^c/iiov,],   les  deux    premiers  ^rauche,    et  déplient  leurs   ailes  au 

dii'ux  terrestres   issus  des  dieux   du  dessous  de  ses  bras.  Enfin  elle  passe 

ciei(Tàr  rv  oùpxii  ovtù>>).  Synésius  et  aux  enfers;  mais  la  plus  que  jamais 

Plufarque  (Jsis  et   Osiris)  en  di-  elle  se  confond  avec  son  émanation  et 

seul  autant,  et  .semblent  ne  pas  dou-  bomo  ivme  ÎScl'té. 
ter    que    rétllemenl  ces    deux  per-  îNtHALLÉiSIE,     ]Sehalle51A, 

sonnages  n'aieni  régné  sur  l'Egvple ,  doit  cire  une  déesse  slave,  apologue 

et    n'aient   été    divinisés   après  leur  dr-Ganga,  qui  est  k  la  fo-s  Tonde  ir- 

raorl.   Que'que   fausse  que  soit  celte  rigatiice,    la    terre   fertilisée    et   la 

idée  londamenlaie  ,  et  quelque  clair  lune  a  lueur  pâle  et  bienfaisante.  On 

qu'il   soit    pour    nous   que  les   dieux  a   frouvé   en    164^6  plusieurs  statues 

célestes  sont    les    Kbamépbis    et  le  de  INéhallenie  dans  l'ile    I  oUandaise 

Prokhamépliis,  les  dieux   terrestres  de  M  alcheren.    Depuis,    la  France, 

les  Treize-Douze  dynastes ,  il  ne  fa!  -  l'Allemagne,  Tllalie,   en    ont  offert 

lait  pas  en  conclure   avec  Jab'onski  d'autres.    Ces    statues    lui    donnent 

{Panth.  j^'^ypt.,  liv.  II,  ch.   i,  toujnurs  l'air  jeune  avec  un  vêtement 

p.    i4o    el    141)  que    jamais    l'E-  qui  la  couvre  de  la    tête  aux  pieds, 

gypte  ne  connut  de  déesse  analogue  a  Tantôt  debout  ,  tantôt  assise,  elle  a 

Ilhéa,  et  tpie  tout  ce  que  les  anciens  une  corne  d'abondance,  des   fruits, 

ont  laconlé  de  celle-ci  doit  s'entendre  un  panier,  un  chien.  Trois  fois  elle 

d'Atiior.  sans  doute  la  jeune  Athor.  se  trouve  en  compagnie  de  TSeptune; 

Ce  que  nous  avons  dit  ci-dessus  sur  de  la  les  diverses  idées  qu'on  s'est 

rémanalioii  de  Boulo  en  Albor,  puis  forra'es  sur  son  compte.  On  y  a  va 

en  Alhor  et  IS'aifé.  peut  faire  coai-  tantôt  une  des  Déesses  Mères  (  f^oy. 

prendre  la  cause  de  Terreur  de  ià-  MiiREs),  tantôt  une  divinité  marine, 

blonski. — Clnmpollioii  jeune  a    re-  La  ressemblance  de  ISeballeuia  et  de 

trouvé  Nalfé  sur  beaucoup  de  monu-  INova  Luna  ou  nt,  'EAÉv*  a  fait  pen- 
ments  originaux;  la  planche  56  de  son     ser  que    c'était   une    nouvelle   lune. 
Pantliéon  és;ypt.enrt'^TQSiïi\c  une     Reisler  v  voit  Ia  divinité  de  Halle, 
image  simple.  Les  chairs  sont  de  cou-      Comp.  Tarticle  suivant, 
leur  verte   :  un  modius  surmonte  la  ISEHAV!,  (jue  peut-êtreon  devrait 

tète;  le  vautour  décore  celle  lètear-     lire  ISéhat."^!,  é'ait   adorée  dans  la 
mée    de  cornes    de    vache;   un    dis-      Germanie ,  au  lieu  où  est  maintenant 
que  rouge  plane  au  des>us  de  Teffigic     la  ville  de  Halle, 
sainte.  Ces  deux  derniers  signes  indi-  ^EITH,  d'où  quelquefois  chez  les 

quent,  l'un  que  îValfé  esl  une  mère  ou  Latins  !Neitha.  ,  lirj'6  (  abusivement 
nourrice  divine,  Tautre  qu'elle  fait  par-  N>!<É>),  grande  divinité  de  l'Egypte 
tie  de  la  famille  de  i  ré-Djom  ,  dieu-  dont  les  Grecs  ont  tait  leur  Athànà 
soleil,  Arclii-Dynaste.  Sur  les  mouu-  ('A#;:»r-Minerve)  par  latransposilion 
ments  funéraires  elle  occupe  fréque m-  des  deux  consonnes,  doit  être  prise 
ment  la  place  de  Salé,  et  lorme  le  pourledédoublement feraellede  Rnef, 
centre  des  représentations  nécro  du-     c'est-a-dire ,  si  nous  employons  U 


NEI  NEI                   i55 

terminologie  populaire,  pour  sa  fille  ligence-rolonté,  intelligence-énergie, 
et  pour  sa  femme.  Priicitivemenl  on  volor  té  -  énergie.  ALïa-Sakti  aux 
se  figura  Ruef,  ainsi  que  Fia,  ainsi  Indes  présente  un  spectacle  ana- 
que  Fré,  comme  un  être  unique,  sans  logue,  Maïa  volonté,  Àlaïa  énero^ie, 
songer  à  le  décomposer  :  plus  lard  ,  Maïa  volonté  créatrice  de  Bralira. 
lorsque  Ton  se  demanda  comment  a  On  objectera  peut-être  que  ÎSeilh 
Knef  avaient  succédé  Fia, Fré,  on  fut  danscesTslèmedevraitprécéderKnef. 
conduit  à  Tanalvser.  Le  vulgaire.  Oui,  si  un  esprit  géométrique  avait 
pour  qui  Knef  était  le  père  ,  l  aïeul  présidé  a  la  science  la  plus  antlo-ëo- 
aes  deux  Dém'urges  inférieurs,  le  métrique  qui  ail  jamais  été.  Mais,  si 
dédoubla  en  mâle  et  femelle^  It  s  chronologiquement  le  projet  précède 
prêtres,  plus  ou  moins  transcendan-  l" action  ,  chronologiquement  aussi 
talistes  dans  le  secret  de  leurs  lem-  l'action  s'aperçoit,  se  sent  avant  le 
pies,  le  scindèrent  en  deux  facultés,  projet.  Un  acte,  comme  fait  unique, 
Lesquel'es?  le  fait  ici  échappe  à  la  nous  frappe  :  c'est  un  peu  plus  tard  que 
certitude.  Toutefois,  on  pressent  nous  l'analysons ,  et  que  nous  distin- 
que,  cmme  la  doctrine  populaire  est  guous  'e  dessein  qui  a  présidé  a  l'exé- 
toujours  un  reflet  des  théories  sa-  culion  de  Tacte  même.  Ainsi  en  théo- 
cerdolales,  l'essence  divine  dut  être  rie  on  a  long-temps  admis  Knefcom- 
parlagée  en  deux  facultés  ,  dont  me  première  révélation  demiurgique 
Tune  active  et  l'autre  passive,  et  de  Tétre,  avant  de  descendre  dans  l'a- 
que  celle-ci  devint  le  Knef  femelle  nalyse  de  ses  éléments,  avant  de  se 
ou  ÎSeilh.  Mais  des  facultés  divines  dire  que  le  passage  de  la  première  à 
laquelle  peut  sembler  passive  et,  par  la  seconde  révélation  suppose  la  dé- 
suite, femelle?  Aucune,  .««ans  doute,  composition  de  Knef:  lors  donc  que 
si  des  métaphysiciens  modernes  eus-  la  décomposition  a  été  opérée,  peu 
sent  travaillé  à  la  confection  de  toute  importait  que  la  faculté  trouvée  ao^ît 
cette  théologie.  Mais  les  Egvptiens  antérieurement  k  la  faculté  essentielle 
décidèrent  que  c'était  riutelligence  ,  qui  gardait  le  nom  de  Knef  Elle  avait 
la  Volonté,  lEnergie  ,  et  tantôt  ils  élé  aperçue  postérieurement,  en  d'au- 
distinguèrent ,  tantôt  ils  fondirent  et  très  termes,  elle  avait  une  postério- 
idenlifièrentcestrois  classes.  Au  fond,  rite  objective,  on  ne  tint  compte  que 
on  peut  opposer  Tintelligence  qui  es-  de  rantériorité  objective;  et  INeith- 
quisse  les  idées  prototypes  des  êtres  intelligence,  iSeith  volonté,  JSeilh 
à  la  puissance  volonté  qui  les  réalise  j  énergie  fut  fi!le-épouse  de  Knef,  c'est- 
on  peut  aussi  opposer  la  volonté  qui  à-dire,  aux  yeux  du  vulgaire,  fut  un 
se  détermine  à  créer  a  l'activité  qui  peu  postérieure  et  un  peu  inférieure 
crée;  enfin  on  peut  opposer  l'énergie  à  Knef.  D'autre  part,  l'idée  de  l'é- 
(it  (fée-/ £<a,  SI  ÈvE^VE?)  créatrice  en  re-  lernité  ou,  si  on  Taime  mieux, 
lief  k  la  préfonralion.  Intelligence,  de  la  coéternité  de  la  matière,  ne 
volonté,  énergie,  c'est  jNeilh  :  Knef,  pouvait  manquer  dans  une  occasion 
dans  chacune  de  ces  trois  hvpothè-  semblable  de  s'offrir  a  l'esprit  des 
ses,  est  ou  puissance-volonté,  ou  théologiens.  Certes,  quand  on  croit 
puissance  seulement,  ou  activité  pré-  en  Dieu,  et  que  l'on  proclame  la  raa- 
formalrice.  IS'olons  encore  qu'assez  tière  Cdélernelle  ,  il  n'est  pas  difficile 
souvent  les  trois  hypothèses  se  réu-  de  traduire  ces  deux  mots  far  aclivilé 
Dissent,  et  que  Keiib  se  trouve  intel-  et  passiveté.  Inerte  et  inorgani<juc, 


la  maliÎTP  subit  cl  souffre  tous  les 
actes;  Dieu  est  r.Tgcnl.  Former,  pé- 
trir, ordonner,  harmoniser,  voilà  des 
actes  de  Kiiel;  prendre  formes^  s'as- 
siijél  r  aux  lois  de  l'ordre,  se  inéla- 
luorphoser  en  un  loul  harmonieux  , 
voila  le  destin  di-  la  m.ilière,  voila  la 
nature,  voila Neilli  passiveté  de  Kotl. 
Knef  et  INeith  dans  la  trinilé  démiiir- 
gique  foriîieril  donc  le  Démiurge  su- 
prême, et,  soit  qn  on  les  envisage 
comme  acli\ilé  et  matière,  cou. me 
puissance- volonté  et  intelligence  ,  ou 
de  toute  autre  manière  méia[)hysii|ue, 
on  a  tour  à  tour  en  eux  ou  un  her- 
inapliiodile  divin,  Knef-ïNeith, 
!Neilh  -  Ivnef,  ou  un  couple  piolo- 
plasle  ,  Kuef  et  ÎNeilh.  Ces  deux  for- 
mes pi'iivenl  ensuite  se  riimifier,  et, 
par  exemple,  dans  l'hermaplirodile 
divin,  on  peu!  faire  à  volonté  pmémi- 
ner  le  sexe  mâle  ou  dtjmiuer  le  sexe 
contraire;  et  dans  les  scènes  où  les 
deux  dieux  se  trouvent  séparés,  on 
peut  rendre  Tandrogynisme  a  l'un 
d'eux.  Ainsi  le  veut  le  sYslème  de 
l'émanation;  là,  chaque  personne  est 
Tèire  entier;  la  partie  égale  le  tout. 
ÎNeilh  égale  soit  Ruff-JNeith ,  soit 
Knef  et  _\eith  ;  et  quand  Tandrogvne 
s'est  divisé  en  deuz  sexes ,  chaque 
sexe  égal  h  1  androgvue  primitif  con- 
tient en  lui  les  deux  sexes. — .lusqu  ici 
^eilh  n\i  été  considérée  que  comme 
fille-épouse  de  Knef,  et  par  consé- 
quent comme  la  première  des  révé- 
lations féminines  démiurgiques,  révé- 
lation inférieure  à  Tirrévélee  Boulo  , 
supérieure  ii  la  deuxième  ibrme  dé- 
miurgique  ,  Fia.  Il  est  essentiel  de 
remarquer  (jue  sa  place  dans  la  hié- 
rarchie khaméphioïde  n\i  pns  tou- 
jours été  aussi  expressément  détermi- 
née. Revêtue  du  caractère  comjilet  de 
la  pasïiveté,  et  idenliiéc  h  la  nature, 
elle  fut  prise  pour  Tanlnjuc  Routo  ; 
çt  Tçrrçur  de  çcuj  pgvr  cjui  Amouu 


était  le  dieu  suprême  ,  vu  qu'ils  ne 
connaissaient  point  Piromi,  le  Pro- 
khaméphis,  ne  pouvait  que  donner  du 
poids  a  cette  o|)inion  sur  ISeith. 
D  autre  part,  soit  parce  que  iSeilh 
î»'émane  dans  Athur  ,  Glie-épouse  de 
Fta,  soit  parce  que  Knef  et  Fta  sont 
souvent  fondus  en  un  dieu  unique, 
INeith  fut  proclamée  épouse  de  Fta, 
et  par  conséquent  mère  du  soleil  (Fré) 
fils  de  Fta  et  troisième  Démiurge. 
Cette  seconde  doctrine,  vraiment 
inorthocioxc  au  fond ,  fut  une  des 
plus  répandues  en  Fgvpte.  Dau5 
les  classes  iufériei.res  INtilh  se  re- 
produit, 1°  en  Souan  et  en  Saté , 
li"  en  Isis;  Souau  déesse  des  accou- 
chements, S.ité  personnificatien  de 
l'éllier,  Isis  déesse  semi-terrestre  qi:i 
tour  a  tour  identifiée  h  chaque  haute 
divinité  femelle  ne  se  retrouve  nulle 
part  mieux  qu'eu  Pooh  et  en  INeilh. 
De  là  Pexpression  d'Isis-lNeith  em- 
ployée  par  Creuzer(»S'7'/;iZ>.z/. /T/j7/i., 
p.  619  de.  la  trad.  Guigniaut),  ex- 
pression parallèle  à  celles  d  Isis- 
Alhor,  Isis-Pooh,  Isis-Bouto,  que  l  on 
pourrait  employer  également,  et  qui 
a  coup  sur  seraient  chacune  le  calque 
fidèle  le  quelque  opmion  égvplienne. 
quoique  probablement  nulle  de  ces 
opinions  n'ait  eu  partout  la  vogue 
populaire,  et  que  du  temps  d'Héro- 
dote peut-être  l'identité  de  jNeilh  et 
d'Isis  n'eût  point  encore  été  prêchée 
hors  des  collèges  .sacerdotaux.  Reve- 
nons au  caractère  et  aux  propriétés 
de  iNeith.  C'est  surtout  comme  Asycc, 
comme  verbe,  que  M.  Guigniaut,  en 
partie  d'après  Crcuzcr  (notes,  page 
828  du  1. 1), considère  !^cith. Cl  Knef, 
tt  dit-il  ,  (|ui  est  toute  lumière  et 
•c  toute  vie,  qui  est  à  la  fois  mâle  et 
a  femelle,  vo'daut  créer  dans  la  pié- 
té nilude  de  la  iorce,  la  parole  dniue 
a  fit  éruption  dans  le  pur  ouvrage  de 
«  la  nature ,  et ,   s'uni?saut  avec  le 


NEI 

a  démiurge  Knef  dont  elle  partageait 
K  Tessence,  elle  mit  au  monde  Fia.  » 
D'après  ceci,  iNt^ilh  est  donc  parmi 
les  Rhaméphioïdes  la  grande  mère 
par  excellence  j  comme  hermapliro- 
dite  el  partageant  la  puissance  virile 
de  Knef,  elle  est  génératrice  et  mo- 
trice; femme  du  souverain  archilecle 
du  monde,  elle  est  conservatrice  et 
gardienne  j  femme  du  plus  puissant 
dea  Rhaméphis  ,  elle  domine  sur  les 
régions  supérieure  et  inférieure  (la 
force  accoutpagiiée  de  sagesse  et  dou- 
blée par  elle  ,  tçl  est  son  apanage)- 
femme  du  principe  bienfaisant,  elle 
domle  le  génie  du  mal  et  punit  les 
perversj  c'est  la  grande  castigalrice. 
Toutes  ces  attributions  se  concilient 
les  unes  avec  les  autres,  et  jusqu'à  un 
certain  point  se  supposent  mutuelle- 
ment. IN'en  voir  qu'une,  c'est  être 
exclusif  et  faux,  c'est  méconnaître  le 
génie  égyptien.  Tel  a  été,  parexem- 
ple,  le  défaut  de  Vogel  dans  son  Essai 
sur  la  religion  égyptienne  ( /^er^wc/t 
ûlf.  ci.  Rel.  cl.  ait.  /Eg.,  p.  i36), 
lorsque,  sur  la  foi  de  Platon  (  t.  IX  , 
£90  de  l'éd.  Dcux-P.),  dHérodote 
(II,  169)  et  d'autres  auteurs  relati- 
vement modernes,  il  dit  que  jNeitb  eu 
Egypte,  comme  Atbànà  en  Grèce,  fut 
la  déesse  de  la  sagesse.  Conformé- 
ment  aux  assertions  toujours  étroites 
el  graluilci  de  Dornedden.(PA«W- 
nophisy  10,  Ole.,  3  i,  etc.,  67,  elc), 
f;iut-il  admettre  que  Neith,  à  la 
lois  déesse  et  signe  hiéroglypbique , 
représentait  a  l'œil  ainsi  qu'à  l'esprit 
des  dévots  l'année  de  trois  cent 
soixante-cinq  jours  un  quart  opposée 
a  l'aunce  ancienne  de  trois  cent 
soixante-cinq  jours,  ou  la  différence 
de  six  heures  qu'il  y  a  entre  ces  deux 
années,  ou  eniin  un  cycle  d'années  au 
bout  duquel  le  commencement  de 
Tannée  de  trois  cent  soixante-cinq 
jourd  et  deVaulie  coïncident  (ce  cy- 


cle  serait  de  1 460-1 461  an.-,)?  Nous 
ne  le  pensons  pas.  A  part  même  l'ex- 
clusivité du  système,  rien  ne  prouve 
que  jamais  iSiilh  ait  passé  en  Egypte 
pour  un  cycle^  pour  une  période  quel- 
conque de  temps 5  el  cette  idée  d'ail- 
leurs serait  assez  difficile  à  concilier 
avec  les  attributions  élevées  que  nous 
avons  reconnues  appartenir  h  Ja 
déesse.  Toutes  sont  prouvées,  etpar 
les  caractères  emblématiques  des  ani- 
maux en  rapport  avec  ÎSeilh ,  et 
parles  monuments.  Ainsi,  par  exem- 
ple ,  d'une  part  nous  voyons  le  vau- 
tour accompagner  presque  toutes  ses 
images,  la  tète  mâle  du  bélier  généra- 
teur s'élever  sur  son  Cf^rps  ainsi  aue 
sur  celui  d'Amoun  ,  b-  lion  à  la  fois 
symbole  de  force  irrésistible,  de  flam- 
me ardente  et  de  sources  féco:ides, 
lui  prêter  tantôt  sa  tête,  tantôt  son 
corps  (  de  là  le  sphinx  )  •  et  de  l'autre 
les  monuments  accumulés  dans  les 
musées  européens  nous  la  montrent 
successivement  géuéiatrice  (tant  mâle 
que  femelle),  motrice  et  conserva- 
trice, castigalrice.  îSous  nous  borne- 
rons à  citer  1°  les  effigies  habituelles 
qui  représentent  une  femme  ailée  as- 
sise (quelquefoisagenouillée)  et  coiffée 
du  pcheut  placé  sur  la  dépoudle  du 
vautour,-  2°  les  innombrables  ligures 
de  INeilh  léontocépliale  (c'est-h-dire  à 
tète  de  lion  5  voy.  Desc.  de  l'Eg., 
t.  IV,  pi.  V,  el  les  ciselures  de  la  tète 
colossale  du  musée  Durand,  aujour- 
d'hui au  musée  égyptien  du  Louvre),- 
5"  la  magnifique  iN'eilh  castigalrice, 
écrasant  le  serpent-géant  Apoph  ,  re- 
présentée dans  la  pi.  vi  septits  du 
Panth.  ég.  de  Cliampollion  jeune; 
4.°cclledu  Rituel  funéraire (III' part., 
§111,  form.  20^qni  présente  la  déesse 
avec  le  phabe  (l'organe  mâle)  el  trois 
tètes,  dont  l'une  humaine  coiffée  du 
pcbent,  l'autre  léonine  avec  deux  pal- 
mes, la   troisième  de  vaulour  aosci 


i55 


NEI 


avec  les  deux  palmes  ;  5"  le  Ijas-rclief 
(le  Kiihhché {ii au, yJn t.  de  la  Nul/., 
pi.    x\\ ,  n°  I  j  Pantli.  égypt.  de 
Champolllon  jeune,  pi.  vi  (juinq.\ 
où  ISeilh  criocéphale,  avec  les  chairs 
vertes   ou  d'uu  bleu   foncé   (  comme 
AmoMu),  porle  sur  la  paire  de  cornes 
caraclérisliques  du  bélier  la  coiffure 
symbolique  de  Souan  (Iliibye  égyp- 
tienne); on  rcmapcjue  que   derrière 
elle  se  trouve  Souan  même,   et  que 
sur  le  ba:>-relief  suivant  Knef-lNeilh 
dédoublé  (ail  place  a  un  Araoun-Ra, 
asstslé  de  ISeilh  sous  sa  forme  divine 
et  coiffée  du  vautour;  6"  le^  INeilh- 
Panlhées  dont  une   image  se  trouve 
représeulée   dans  le   même  Ptinth. 
ég.jM  ter). — ^eilhélail  parliculière- 
menl  adorée  a  Saïs  dans  TEgvple  in- 
férieure.  Une  inscription  célèbre  lui 
faisait  dire  :  «  Je  suis  tout  ce  q-ii  est. 
«  qui  a   été  et  qui  sera  :  le  soleil  est 
«  mon   fds  {'ci    ïyeà    x,apvcv    truccv  , 
a  y;?vioç  r/ÉïETo),  et  nul  mortel    n'a 
«  soulevé  mon   voile.  »    Ces  paroles 
mystérieuses    et    emphatiques,    que 
Dorneddeu  commente  dans  le  sens  de 
son  explication  (passage  cité),  s'en- 
tendent plus  naturellement  du  carac- 
tère tour  k  tour  métaphysique  et  cos- 
moi;oiiinue  prêté   a  Neith  que  d'un 
cycle  solaire  ou  autre.  Dieu  est  tout, 
eu  conséquence  iSeilh  est  tout.  Elle 
l'est  bien  plus  encore  comme   partie 
intégrante  du  premier  Démiurge.  Ce 
premier  Démiurge  identique  au  Pro- 
khaméphis    est   ce   qui   a   été  (  l'ir- 
révclé  )  ;    identique    aux     deux    Dé- 
miurges qui  suivent,  est  ce  qui  sera  : 
il  est  trop  évident  qu'il  est  ce  qui  est. 
Maintenant  de  Knef-Neith  passons  h 
Knef  cl  ISeilh,  c'est-a-dire  au  dédou- 
blement du  grand  Androgyne.  Epouse 
de  Fia  (idenliliée  ii  Knef),  Neith  en- 
fante Fré  le  soleil;  épouse  de  Knef, 
Neith  enfante  la   lumière  qui  devient 
{iytiiTo)  le  soleil,   c'esl-a-dire  qui 


NEI 

s'individualise  en  une  troisième  for- 
me ,  et  devient  Fré  :  ainsi  dans  les 
deux  hypothèsesTinscription  dit  vrai. 
INulmorltl,  ajoute  Keith,  n'a  soulevé 
mon   voile.    C'esl  ici    Neith-Bouto , 
Neilh-nuit  profonde,  ISeitb-nalurc , 
TSeith- abîme  d'immensité,  ou  mieux, 
en  mariant  toutes  ces  qualifications, 
ÎS'eith-  immense    et  obscure    nature 
{'  A^Kvy,-^ù(riç)  dans  la  plus  haute  ac- 
ception, qui  prononce  un  oracle  vrai 
encore  de  nos  jours,  incontestable  au 
temps   des   anciens.    A  la   porte  du 
temple   de    Saïs    étaient    figurés  un 
vieillard  et  un  enfant  (Plut. ,  Jsis  et 
Osir.,  p.  80  de  Téd.  Squire).  Vrai- 
semblablement ils  représentaient  Pi- 
romi,  l'irrévélé,  et  la  première  révé- 
lation, Knef,  ou  mieux  Kuef-Piromi 
et  Fia;  on  pouirait  dire  aussi  Téter- 
nilé  et  le  temps.  On  célébiait  annuel- 
lement en  Egypte  une  fête  magnifique 
en  l'honneur  deNeilb.  Elle  consistait 
principalement  en    illun  inations    et 
peut-être    en    lampadodroraies    ou 
courses  a  la  lueur  des  flambeaux.  On 
devine  que  cette  cérémonie  se  réfère 
k  Neith,  mère  et  épouse  de  Fia.  Les 
poètes    et  les  mylhoi;raphes   gréco- 
roma  lis  ouldouc  trouvé  dansla  Neith 
égyptienne  tous  les  éléments  de  Mi- 
nerve ,  la  haute  sagesse,  la  forcp,  la 
virilité  :  et  destradilions  anciennesou 
trr.nscendantales,  ordinairement  en- 
veloppées d'une  obscurité  profonde, 
s'expliquent  .  iséjnenl  par  la  compa- 
raison dei  deux  théologies.  Ainsi  Mi- 
nerve est  prise  pour  la  région  supé- 
rieure de  l  air,  tandis  que  Junon  n'est 
que  l'air  inférieuretsublunairequi  oc- 
cupe l'espace  entre  l'clher  et  l'atmo- 
sphère   terrestre  :  c'est   que    Neith 
khaméphioïde    sémace      eu    Satc, 
déesse-dvnasle.  Minerve    est  femme 
de  Vulcain(Cic.,iV.  des  dieux,  III, 
21):  Neith  a  été  prise   pour  fille- 
épouse  de  Fta.  Minerve,  dit-on,  fut 


jNEL 

fille  du  ISil  :  c'est  qu'Amoun  ou  Knef 
est  pris  souvent  pour  ce  fleuve  [f^oy. 
K>EF  et  ]Noute-Fe>).  Minerve  naît 
du  cerveau  de  Jupiter  :  jNeith  est  la 
fille  intellectuelle  d'Araoun.  D'autres 
points  corrélatifs  sont  indique's  a 
l'art.  Minerve.  Selon  les  élymolo- 
gistes,  Neilli  (en  égyptien  iNaieiouit) 
&igni6aityb/j<r/û/nce  du  tfinpsfixt, 
ou  bien  je  suis  venue  de  moi- 
même.  jNous  ne  croyons  guère  plus 
à  l'une  de  ces  explications  qu'a  l'autre. 
ÎSELÉE,  ÎSeleus,  N;îA£y?,  lils  de 
Neptune,  ou  de  Crélliée  .  ou  d'Hippo- 
coon,  et  de  Tyro  ,  fut  exposé  par  sa 
mère  avec  Pélias,  sou  frère  jumeau,  et 
recueilli,  ainsi  que  lui,  par  des  bergers. 
Plus  tard  Pél;as  tua  sa  mère  a  l'au- 
tel de  Junon.  Puis  tous  deux  se  mi- 
rent en  possession  des  états  de  Sal- 
monée,  leur  aïeul,  sur  les  confins  de 
l'Elide  et  de  la  Messénie.  C'est  là 
que  Nélée  bâtit  Pylos .  que  d'autres 
disent  avoir  été  l'ouvrage  d'un  héros 
éponyme  dépouillé  par  INelée,  épousa 
Cbloris  de  laquelle  il  eut,  outre  Péro, 
trois  fils,  iSestor,  Périclyraène,  Chro- 
raius,  et  s'unit  par  des  liens  moins 
graves  a  d'autres  femmes  qui  le  ren- 
dirent père  de  neuf  enfants:  Tanrus, 
Astérius,  INicoon,  Déimaque,  Eury- 
bios  ,  Epiléon,  Pbrasis  ,  Antimène, 
Alaslor.  étaient  leurs  noms.  Des 
douze  jeunes  herôs  que  nous  venons 
ide  citer,  le  Sclioliasle  d'Apollonius 
Iretranche  Nicaon,  Epileon,  Pbrasis, 
Antiraèae,  Chromius,  et  les  remplace 
par  Pylaon,  Epidaiis,  Cbadios,  Eury- 
|mène,  Evagoras.  Pbylaque  lui  ayant 
jvolé  des  bœufs,  il  promit  sa  fille  Péro 
[à,  celui  qui  les  lui  ferait  recouvrer. 
jMélampe  remplit  cette  condition, 
jet  obtint  la  main  de  la  princesse. 
Mais  d'abord  il  fut  employé  un  au 
Ide  suite  par  son  beau-père  à  des 
lœuvres  serviles,  et  même  il  fallut 
'qu'il  lui  cédât  toutes  ses  richesses. 


yhh 


iSq 


jNélée  soutint  la  guerre  contre  les 
Arcadieus,  et  leur  livra  bataille  près 
du  fleuve  Céladon  et  k  Phée  sur  Jar- 
daue;  Nestor  y  tua  Éreuthalion.  Est- 
ce  avant  ou  après  celte  expédition 
que  Nélée  refusa  de  purifier  Hercule 
du  meurtre  qu'il  avait  commis  sur  la 
personne  d'Iphitus,  ou  plutôt  osa  re- 
misier aux  prétenliit'is  du  héros  de 
Tirynthe,  qui  \oulait  lui  faire  r^con- 
uaitre  la  suzeraineté  des  roisd'Ar<^os.^ 
Ce  qu'on  donne  ponr  certain  ,  c'est 
que  tous  les  Néléides  re.^^tèrcnt  sur 
le  champ  de  bataille,  h  Texceptiou 
de  Nestor  qui ,  trop  jeune  a'nrs  pour 
prendre  part  à  la  guerre,  avait  été 
envoyé  à  Géréuie.  Quelques  poètes 
arrachent  au  massacre  général  Pe'ri- 
clymène  q;i  fut  changé  en  aigle.  Né- 
lée conserva  pourtant  le  trône.  Il 
mourut  dans  so;i  lit  k  Corinthe  ,  et 
Sisyphe  ,  son  ami .  l'ensevelit  si  mvs- 
térieusement  que  Nestor  lui-même  ne 
put  savoir  où  était  son  tombeau.  — 
Nélée  était  un  roi  pasteur,  et  les 
myt'iologues  lui  donnent  des  trou- 
peaux delà  plus  grande  beauté.  Il  fit 
venir  de  Pvlos  des  bœufs  que  toute 
la  Grèce  admira.  Ses  chevaux  étaient 
magnifiques  5  aussi  envoya- 1 -il  un 
quadrige  k  Olyrapie  pour  y  disputer 
le  prix.  Chevaux  et  char  ,  tout  fut 
perdu  pour  lui-  mais  quelque  temps 
aprèj) ,  Nestor  reconquit  par  son 
adresse  ce  que  les  envoyés  de  sou 
père  avaient  perdu.  Nélée  est  un  de 
ceux  qu'on  donne  comme  a»^ant  fondé 
ou  renouvelé  les  jeux  Olympiques, 
Nestor,  son  fils,  lui  succéda.  Les  Né- 
léides, ses  descendants,  étaient  divi- 
sés en  quatre  branches  quand  les 
He'raclides  envahirent  le  Péloponèse. 
—  NÉLEE,  fils  de  Codrus  et  frère  de 
Médon,  exclu  du  trône  par  Toracle 
qui  prononça  en  laveur  de  sou  frère, 
alla  fonder  un  établissement  à  Milet, 
et,  afin  de  pourvoir  de  femmes  ^a  ce- 


i6o 


NEM 


lonie  ,  fit  tuer  les  Milésiens  par  les 
aventuriers  qui  s'étaient  associés  h  sa 
loriune. 

IN  KMAUSE ,  TS'em.m'sus,   héros 
éponvme  de  ISifne.>,  iSemansui. 

]NÉMEî)H  (vulg.  INemedhius  ou 
INemetiiius)  est,  dans  la  invlliologie 
irlandaise ,  un  fils  de  Dnainliain  on 
Aduamhaiu ,  et  a  de  .Mâcha  ,  son 
épouse,  quatre  fil-;  ,  Si-Tiearna , 
Aixinn  ,  Jarbliainiol-Faid  ,  Fergus 
Lealhdearg.  jNuI  doute  que  tous  ces 
noms  ne  puis.^ent  être  pris  pour  les 
noms  de  héros  réels.  Mâcha  est  la 
divinité  suprême  d'une  race  sacerdo- 
tale, les  Tualha-Dadan  ;  les  quatre 
fils  de  ISémedh  en  sont  les  dieux  su- 
balternes. ÎNémedh  lui-même  émane 
en  (juelque  sorte  de  Mâcha.  Un  agen- 
cement moderne  lui  donna  Dnam- 
hain  pour  père.  Une  fois  ceci  com- 
pris, il  devient  clair  que  par  ^'émedh 
est  représenté  un  gi  oupe,  un  clan,  un 
peuple  irlandais.  Ci*  peuple  sera  nom- 
mé u's  jNémèdes.  Plis  comme  peuple 
qui  émigré,  n'importe  d'où,  et  va 
chercher  fortune  eu  Irlande ,  il  se 
place  entre  Bariola  m  et  les  Fiibolg. 
Tout  semble  prouver  qu  il  est  identi- 
que aux  Tuatha-Dadan  j  seulement  il 
faut  noier  que  la  nation  sacerdo- 
tale désignée  par  ce  nom  a  une  ma- 
gie et  des  lois.  Magicienne,  elle 
affectionne  le  nom  de  Tuatha-Dadan; 
pourvue  de  lois  et  docile  à  ces  lois, 
e  le  se  nomme  INémèdes.  Neime.idh 
était  le  nom  des  antiques  lois  d  Ir- 
lande. Elles  étaient  appliquées  par 
des  juges  sacerdotaux  dont  on  appe- 
lait les  sentences  lîreith-^emeadh. 
Ces  lois  étaient  en  vers  dans  foriiiine; 
d'où  JVcmcad  dans  le  sens  de  poè- 
me, et  ISaoni^  IScinifod  pour  juge 
pontifical.  —  Les  INémèdis  élaii-nl 
de  race  gaeli(|ue,  et  passent  dans 
rhistoire  iabuleuso  de  Taucienue  Ir- 
lande pour  être  toiube's  scus  le  joug 


des  étrangers,  des  Afrigh,  des  Fir- 
ho'g  et  même  des  guerriers  indigè- 
nes, Tuatha-Dadan,  (jui  h  leur  tour 
plier  nt  sous  1  épée  des  Mileadhs  ou 
Scuilhs.  Soumis,  les  uns  vécurent  soos 
le  joug  des  pirates  (Afrigh)  jusqu'à 
l'arrivée  des  Firbolg.  que  l'on  a  vou- 
lu a  lorl  rattacher  à  la  race  des  Ne- 
mêdes,  les  autres  vidèrent  le  pays. 
Originellement  pourtant  ils  en  avaient 
vaincu  les  antiques  possesseurs.  Leurs 
demeures,  dit-on,  furent  construites 
par  les  Fomhnraïces  ou  Afrigh.  Cela 
veut  bien  dire  que  les  Afrigh  avaient 
fléchi  sous  leurs  armes,  et  qu'en  bat- 
tant les  ÎSémèdes  ils  ne  tirent  que 
prendre  une  éclatante  revanche.  — 
Valencey  a  fait  des  INémèdes  une  co- 
lonie uumidique.  Il  n'est  pas  besoin 
de  faire  sentir  le  ridicule  de  celte 
idée. 

INÉMÉE,  NaaU,  îSe^iea,  fille 
du  dieu  -  fleuve  Asope  ,  donna  son 
nom  a  une  ville  de  l'Argolide, 

rsEMESlS,  Kima-iç.  passe  vulgai- 
rement pour  la  Vengeance.  Puis,  en 
élargissant  de  plus  en  plus  ce  rôle , 
pour  la  grande  Furie,  pour  la  Justice, 
pourlmarmèneoulaForlunejusticière 
souveraine,  de  qui  tout  émane.  Puis, 
en  l'individualisant  derechef,  poir  la 
haute  génératrice  et  pour  la  lune 
prolotvpique.  Ceci  posé,  ou  compren- 
dra (ju'on  l'ait  confondue  avec  Hé- 
cate, Proserpine,  Clutho,  Carraenle, 
avec  Dicé,  Thémis,  Adrastée ,  avec 
Tvché  (la  Fortune)  et  toute  la  longue 
série  des  personnifications  du  destin, 
avec  les  Véuus,  Ilithve  ,  Latone, 
Léda ,  Junou,  avec  Lis.  On  com- 
prendra qu'on  lait  faite  successive- 
ment rdle  de  la  jNuit  seule  (Hésiode), 
de  la  INiiil  et  deTErèbe  (  H\gin) ,  de 
rOcéan  (Paui:ai  ia>) ,  de  la  Justice 
(Ainmien  Marcelliu),  de  Jupiter  et  de 
UlSécessilé  (anonviueiff/'  Callmia' 
rjue^.  On  coirprcndia  que  cette  fille 


II 


ISEM 

de  Jupiter  ,  suivant  les  uns ,  ait ,  sui- 
vant les  autres,  ioué  près  de  lui  le 
rôle  d'épouse.  Il  la  posséda  endormie; 
lui-raéme  avait  alors  la  forme  d'un 
cvgne.  Un  œuf  provint  de  celte  union 
clandestine,  et  Mercure  alla  le  porter 
à  Léda  qui  se  chargea  de  le  faire 
éclore.  On  comprendra  que  nous  re- 
jetions bien  loin  la  vulgaire  étymolo- 
gie  Hf^tc-xvj  s'indigner,  pour  voir  dans 
ce  nom  la  grande  mère,  nama-iça , 
namœca.  Nu!  doute  que  la  déesse 
Vengeance  ne  soit  une  Bbavani  Içani 
chez  qui  prédomine  parfois  la  face 
Kali,  Donrga  qui  fait  verser  des  lar- 
mes et  ruisseler  du  sang,  Mahécha- 
mourdini  qui  tue  ,  perce  ,  lacère,  as- 
somme, flagelle,  asphyxie,  empoi- 
sonne. Celte  Bhavani,  sombre  exler- 
minatrice,  n'en  est  pas  moins  la  blan- 
che lune  dont  les  rais  d'argent  trem- 
blent moelleusement  dans  l'eau  bleuâ- 
tre du  Gange,  et  le  Gange  qui  roule 
la  fraîcheur  et  la  fertilité  sur  sept 
cents  lieues  de  terre,  et  la  terre  que 
bariolent  les  fleurs,  veloutenl  les  her- 
bes et  couronnent  les  fruits  :  plus 
haut  encore,  Bhavani  est  la  passiveté 
nature,  la  mère  universelle,  la  grande 
monade  enceinte  de  tous  les  dieux. 
Si  l'on  se  rappelle  la  danse  pro- 
fonde pendant  laquelle  séchappent 
deTamplesein  de  la  nouvelle  Hirauia- 
ghar]3a  les  trois  œufs  trimourtiquesj  si 
Ton  rapproche  ^c  celle  grandiose  cos- 
mogonie sivaïte  celle  du  brahmaïsme 
qui  sous  Brahmà  (le  dieu  au  beau  cv- 
gne-aigle)  montre  Brahmanda  ,  œuf 
du  monde  ,  œuf  unique  cette  fois, 
n'esl-il  pas  évident  (|ue  l'œuf  orphi- 
que est  l'œuf  pondu  par  îNémésis, 
couvé  par  Léda,  porté  par  Mercure , 
le  dieu  transition,  de  la  déesse  con- 
ception a  la  déesse  incubation,  n'est 
qu  un  Brahmanda  né  de  Bhavani  par 
Brahm-Hanisa? —  Hellénisée,  ÎS'é- 
mésis  surveille,  juge,  châtie,  com- 


?^EM 


161 


mande  à  l'aveugle  destin, fait  ad  libi- 
tum sortir  de  l'urne  fatale  la  boule 
blanche  ou  la  boule  noire,  humilie 
les  superbes,  courbe  les  notabilités 
qu'enorgueillissent  bonheur,  génie, 
force  ou  beauté ,  accable  surtout  du 
poids  de  sa  haine  l'enlant  coupable  du 
criraede  lèse-paternité,  et,  au  dire  des 
poètes  erotiques,  venge  les  amants 
malheureux  des  infidélités  qu'iU  pleu- 
rent, le  jour  où  ils  s'aperçoivent  qu'on 
les  trahit.  — Sans  dire  que  Perses, 
Assyriens,  Babyloniens,  Ethiopiens , 
l'adorèrent  j  sans  rappeler  que  quinze 
chapelles  lui  furent  dédiées  sur  les 
bcyrds  du  lac  Mœris  (iSémésis  seiait 
alors  une  Tithrambo)^  sans  assurer 
enfin  que  les  Etrusques  l'aient  connue 
et  couronnée  d'un  diadème  de  pierres 
précieuses^  on  peut  admettre  que  son 
culte  s'introduisit  dans  les  contrées 
subdanubiennes  par  Orphée  (les  éco- 
les orphiques,  bien  entendu);  que 
Samos,  Ephèse  ,  Smyrne  ,  Sidon, 
l'honorèrent  sous  son  nom  classique  \ 
qu'elle  eut  un  temple  a  Rhamnonte 
(d'oii  le  nom  local  de  Rharanusie)j 
qu'une  fois  répandue  dans  l'empire 
romain,  elle  eut  un  autel  au  Capitole, 
un  temple  à  Brixia,  des  sacrifices  en 
mill e  lieux  différents.  —  Oh  la  repré- 
sentait couverte  dun  voi'e,  que  vul- 
gairement on  explique  par  l'impéné- 
trabilité des  vengeances  célestes;  mais 
Bouto,  mais  Isis  le  portent  ce  voile  , 
et  ne  sont  pas  essentiellement  des 
déesses  de  la  vengeance.  Ailleurs, 
c'est  une  roue  qu'elle  a  sous  les  pieds , 
ou  un  gouvernail  qui  sert  de  support 
a  sa  main,  ou  un  vase  et  une  lance 
qu'elle  tient  dans  une  altitude  majes- 
tueuse. Tous  ces  emblèmes  sont  hin- 
dous ,  sauf  le  gouvernail.  Avec  la 
roue  ,  ses  pieds  iouleut  uu  compas 
dans  la  statue  de  Brixia;  de  plus 
une  couronne  de  laurier  orne  sa 
tête.    Ailleurs   le   narci^'^e  remplace 


LV, 


1 1 


1Ô2 


>»E> 


#clle  feuille  sévùre  ,  et  rappelle  le 
Padma  ou  Kamala  de  l'Inde.  Des 
ailes  ,  soit  lombanles,  soil  éployées  , 
un  griffon  qui  semble  voler,  un  glaive, 
uu  péplum,  enfin  la  courouue  radiée, 
voilales  autres  attri!)ulsde  ÎSéméàis. 

On  voit  celle    déesse   auprès  de 

.lunon,  dlsis,  d'Ariadne,  qu  elle  sem- 
ble consoler.  Plus  souvent  encore  clic 
est  beul'e.  Telle  était  l.i  magnifujue 
8lalue  qu'Agoracrile,  élève  de  Phi- 
dias, avait  faite  pfMir  les  habilanls 
de  Rliamnontej  elle  avait  a  la  main 
îjue  branche  de  frêne  ou  de  pommier. 
— ÎSémésis  se  dédoublait  en  une 
JîODue  et  une  mauvaise  ÎSémésis  :  ci- 
taient des  !NémèsPs(y£«Ê(r£<f  ).  Il  est 
aussi  question  deiNémèsesdont  ou  ne 
Jiie  pas  le  nombre  ^  dont  on  ne  ca- 
ractérise pas  les  fondions.  Ce  ne  sont 
que  desxSéuiésis  subalternes.  Alexan- 
dre ,  dit-on,  recul  d'elles  en  songe 
Tordre  de  rebâtir  Smyrne.  On  les 
voit  avec  Jupiter  (\enuti.  J^lus. 
alb.  .  xxï^iii ,  1  )  près  d'Apollon 
(Morell,  Mcdaillons  du  roi^  viii, 
8) ,  et  dans  la  main  de  Cybèle  (ouv  . 
do,  xvn). 

ÎNÉMESTRliS' ,  ]NiiMESTRi?.us, 
dieu  latin,  ])rcsidait  aux  forets,  et, 
quand  les  Romains  commencèrent  à 
connaître  la  mytliologie  grec(|ue ,  so 
transforma  en  souverain  desDryades, 
Faunes  .  et  autres  divinités  des  bois. 

KÉMÉTOR,  Nij^Àrcjp,  c'est-à- 
dire  /tf  f^rnp;eur  :  Jupiter,  auquel 
appartiennent  toutes  les  fonctions,  et 
consénuemmeut  celle  de  puufr  le  cri- 
me. Ici  le  .surnom  est  remarquable, 
vl  a  cause  delà  foudre  dont  ou  l'ar- 
uie  principalement  dans  ce  but,  et  a 
Ciiusc  de  ses  liaisons  avec  ?sémésis ,  la 
vengeance  personnifiée. 

SÉjSIE,  TS.iiMA  ,  le  cbaul  funé- 
raire personnifie  ,  a.vait  un  temple 
bors  de  Rome  .  près  de  la  porte  A  i- 
tuiuaW.  On    l'iuvoqi'ait  des  le  com- 


raeucement  de  l'agonie. On  assure  que 
les  vieillards  surtout  l'imploraient. 
On  peut  comparer  lalèrae  ,  qui  est 
aussi  un  chant  de  deuil  personnifié,  et 
Liuos,  qui  semble  avoir  élé  dans  le 
même  cas. 

]NE0H1R0_N,  Kiivp^v.  fils  de 
Timandra,  fut  métamorphosé  en  vau- 
tour par  Jupiter  (/' .  Egype). 
INÉOPTOLÈME.  F.  Pyrrhls. 
!SÉPE?sTHE,  ]SEi'E:«THEs,  N;;- 
TTÉv^viV,  Apollon.  Ce  dieu,  par  sa  pure 
lumière,  dissipe  la  tristesse.  Ce  serait 
en  quelque  sorte  le  INépenthe  j>er- 
sounifié.  Le  ÎSépen\he  ,  selon  10- 
djssée,  est  une  plante  d'Egypte  qui, 
mêlée  au  vin,  endormait  la  dnu- 
leur.  Hélène  en  sert  a  Télémaque  a 
la  table  de  Ménélas.  Le  poète  n'ou- 
blie pas  de  dire  qu'elle  l'avait  reçu 
de  la  reine  Polvdamna  ,  femme 
de  Thonis.  Il  est  absurde  de  voir 
dans  celte  plante,  avec  Plutarque  , 
Athénée,  Pi.iloslrale  et  Macrobe,  les 
contes  qu'Hélène  faisait  aux  convives 
pour  les  divertir.  Evidemment  le  INé- 
penthe, dans  l'idée  dil  poète,  étaii.  de 
l'opium,  ce  qui  ne  signifie  certes  ni 
qu'on  le  distillait  du  temps  d'Homère 
avi  c  l'ejcjuise  perfection  qu'on  y  met 
aujourd'hui,  ni  que  Tonne  pensât  pas 
au  nectar  et  a  Tamrila -ambrosie  en 
parlant  du  TSépeulbc  (R.  :  y;?',  uég.j 
^evPcf ,  deuil). 

INÉPHALIOTS',  iiyj(çuxîavj  un  des 
fils  de  ^linos.' 

ISÉPHÉLÉ  ,  N£7fA>7  (  ce  mot 
veut  (lire  nuée)  :  i°  première  ou 
deuxième  femme  d'Alhamas,  mère  de 
Phryxos  et  d'Hellé  'A  o^■.  Athamas, 
Chr\somali.e,I>oi;  2"  nymphe  sub- 
stituée par  Jupiter  h  Junon  et  prise 
pour  elle  par  Ixion,  dont  elle  eut  1rs 
Centaures.  La  lablc  vulgaire  parle 
d'une  nuée  j  mais  on  vient  de  voir 
que  nuée  se  dit  en  grec  ?sépbélé. 
TSÉPHOS,  Nifpeo  fils  d'Hercule. 


NEP 

^EPHTÉ,  îSEPHTlh'S.  P'oy. 
Nefte. 

ÏNÉPIA,  HtjTTiXf  fille  de  Jason  , 
épousa  Olvmpe,  roi  de  Mvsie  ,  et 
donna  son  nom  aux  champs  népiens. 

]NEPTU>E,  ISeptu.nus  ,  et  en 
grec  PosÎDA^î  ou  PosÎDÔ^,  noç-aéccv , 
JloT-iiê'àv ,   dieu  des  mers  ,    selon  les 
Grecs  et  les  Latins,  passait  pour  fils 
de  Saturne  et  de  Rhée,  et  en  consé- 
f|uence  pour  frère  de  Jupiter,  de  Plu- 
ton,  de  Junon,  de  Cérès  et  de  Vesfa. 
Comme  ses  deux  frères  ,  il  fut  caché 
par  sa  mère  qui,  au  lieu  de  l'enfant , 
donna  au  vorace  Saturne  uee  pierre 
énorme  à  dévorer.  Quelques  mytho- 
logues substituent  a  cette  pierre  un 
jeune  poulain. ChezHygin(/îzZ'.cxxx} 
c'est  dans  la  mer  qu'elle  va  lui  cher- 
cher un  asile,  et  c'est  Saturne  lui- 
même  qui  l'y  cache.  Tzetzéslui  donne 
pour  nourrice  Arné,  ou  Arno.  INep- 
tuue  aida  Jupiter  dans  sa  lutte  con- 
tre lesTitanides,puisdansla  Gi^anto- 
machie.  C'est  lui  qui,  lors  du  dénoue- 
ment de  la  première  de  ces  guerres, 
enchaîna  les  Titans  dans  le  Tartare, 
et  en  ferma  l'entrée  avec  des  chaînes 
de  fer.  Lorsque  les  trois  frères  victo- 
rieux   se    partagèrent    l'empire    du 
monde  ,    INeptune    eut    les    mers , 
et    pour    sceptre    le    trident.    Dans 
la   Gigantomachie ,   il    combattit   le 
géant    Polybote  ,    le    contraignit    à 
prendre  la  fuite  ,  et  dans  sa  course 
l'écrasa    sous   le    poids    de  lîle   de 
Nisyre,    qu'il  lui   jeta    sur  le    dos. 
Lors   de   la    retraite    des   dieux   en 
Egypte ,  ii  les  accompagna   sous  la 
forme  de  cheval.  Plus   tard,  il  prit 
part  à  la  conspiration  d'Apollon  con- 
Ire  Jupiter,  et  résolut  de  mettre  aux 
fers  ce  maître  des  dieux.  Mois  le  roi 
de  rOlyrape  découvrit  le  complot  et 
condamna  ses  deux  ennemis  a  vivre 
un  an  sur  la  terre.   C'est  alors  qu'A- 
pollon tt  ?feplune  réunis  élevèrent 


>EP 


i63 


les  murailles  de  Troie.  Lorsqu'ils  eu- 
rent achevé  ce  travail,  Laomédon  leur 
retusale  salaire  convenaj  la  part  de 
ÎSeptune  consistait  en  chevaux.  ÎNep- 
tune,  irrité,  submergea  le  pavs,  puis, 
se  laissant  fléchir  par  les  prières  des 
Troyens.  consentit  a  n'envover  contre 
eux  qu'un  monstre  raariu   auquel  on 
finit  par  promettre,  pour  arrêter  ses 
ravages,  une  jeune  filîe  k  dévorer  cha- 
que jour.  Hésione,  fille  de  Laomé- 
don, venait  d'être  désignée  par  le  sort, 
et  dêlre  attachée  au  rocher  fréquente 
par  le  monstre,  quand  Hercule  parut, 
et,  moyennant  un  prixconvenuavecle 
roi  de  Troie  ,  tua  le  colosse  dévasta- 
teur. Andromède  ,  délivrée  par  Per- 
sée,  offre  les  mêmes  faits  sous  d'au- 
tres noms,  et,  la  aussi,  c'est  ÎSep- 
tune qui  a  envoyé  Tanimal  marin  qui 
mange  les  jeunes  filles.  INous  voyons 
aussi  Neptune  envover  à  l'Attique  le 
terrible  taureau  de  Marathon;  et  a  la 
Crète  le  beau  taureau  que  Minos  ne 
veut  point  sacrifier  ,   et  qui  ensuite 
devient  l'objet  de  l'ardente  passion  de 
Pasiphaé.  Enfin,  dans  Athènes,  quand 
Thésée  trompé  par  Phèdre  maudit 
Hippolyte,    il  lâche  contre  le  jeune 
homme  un  autre  monstre  marin  dont 
l'aspect    épouvante  les   chevaux.   11 
di'sputa  la  possession  de  l'Argolide  a 
Junon,  et  celle  de  l'Attique  a  Pallas. 
mais  il  échoua  dans  lune   et  l'autre 
prétentions.  Inachus  avait  été  arbitre 
dans  la  première  affaire  j  les  dieux 
iéunis  avaient  prononcé  dans  la  se- 
conde :  on    sait  que   dans  celle-ci  le 
prix  avait  été  promis  a  celui  qui  fe- 
rait k  la  ville  d'Athènes  le  présent  le 
plus   utile.  ISeptune  ,  d'un  coup   de 
trident  ,  fit   jaillir  du  sol  un  cheval 
aux  crins  ondovanls  :  Minerve  donna 
naissance  k  l'olivier.  ÎS'eptune  perdit 
aussi  un  autre  procès  devant  Tareopa- 
ge.Halirrhothe,  son  fils,  avait  été  tue 
par  Mars  :  il  \  oulut  qu»  Mars  fut  «oa* 


II. 


l'»; 


>KP 


damne  par  les  dieux  :  Minerve  ,  en 
s'opposaul  K  sa  demaade  ,  lui  fit  en- 
core manqu^Tscn  but.  Dans  la  guerre 
«le  Tro-e,  Neptune  prit  le  parti  des 
(jrccs.  Lorsque  leur  armée  recula  de- 
vant Hector,  il  s'élança  en  tpiatrc  ])as 
a  F.<^e.s,  attela  son  cliar  ,  le  fil  rouler 
rapidement  sur  les  flots,  et,  arrivant 
au  cliarap  de  bataille ,  ranima  l^ir- 
'leur  des  deux  Ajax  et  d'autres  béros. 
Pendant  le  sommeil  de  Jupiter  sur 
Vida  ,  il  parut  en  personne  dans  les 
rangs  :  les  Trovens  plièrent ,  et  il  fal- 
lut que  Jupiter  éveillé  lui  intimât  par 
Iris  Tordre  de  revenir.  TS'eptune  avait 
donné  pour  présents  de  noces  a  Pelée 
îes  deux  célèbres  chevaux  Xantbe  et 
Balios;  c'est  lui  q-ii  changea  Péricly- 
iiiène  en   aigle  ,  Hiérax  en  oiseau  de 
proie,  et,  chose  bizarre,  la  jeune  Cé- 
jiis  en  borame.  C'est  lui  aussi  qui,  par 
pitié  pour  les  douleurs  de  Latone, 
lis  a  au  milieu  des  flots  Tîle  jusqu'a- 
l<»rs  flottante  de  Délos.  —  Ondonue 
pour  femme  à  î^f  ptune  la  belle  Ara- 
philrite,  souvent  confondue  (a  tort) 
avec  Tétbvs.  Parmi  ses  nombreuses 
maîtresses  se  distinguent  îes  suivan- 
tes (la  2*  colonne  désigne  leur  père, 
l:j  5'  leurs  enfants)  : 


A>iy|>.ilee. 
Artn. . 

AnlinpC  • 
Eiirynoiiie. 

1  héiiii^tn. 

Agamci''. 

Europe. 

M.l.e. 

Alopp. 

Kurvalt. 

rbrysospnie. 

McliMilbo. 

Aiislra. 

Scainandicxlice 

M  idée. 

Cléodore. 

Cliloiie. 

Euryte. 
Leis. 


le 


hcenix. 
Ebale* 


Aucee. 


i:ole . 
Nisns. 

Al  gee. 

Épopt'C. 

Tilye. 

f>rcyoii. 

Minus. 


Danaiis. 
Cliton. 


(  Béote . 
)  liellen. 
t  Ag-ii"r. 
(Beilirophon. 


Aclor. 

Kuphéme. 

Ainyca.». 

Hip}K>tbout, 

A>ope. 

Orion. 

Chrvsè». 


Ogyg«. 


Homs. 


\splédon. 
Parnasse, 
lo    cnfiinls   in- 
connus. 
Malirrfaolbc. 
:.\llhcpe. 


'l  b«T''sa. 
IVr  b«e. 

.Tyro. 

Iphiinedit-. 
M.^lione. 

Hippothoé. 

Libye. 

lysianasse. 
Colenu. 

Ualcyoïic. 

riiioné. 
•  iinis 

Amymoiir. 
♦>rrs . 
Uithyiiis. 
•>ly  t?. 


Orrai)? 
Eorymédon. 

Saliuoni-«. 


Phorcv». 

Mestor. 

Epnplir. 

Kp.ipho  :■ 
Atlas. 

Allas. 

n.-n-*-. 

Iixjditj<;? 

Unnaus. 

S.Uuriie. 

Ho<:atf'n. 


I'olv|ibtfiii»». 
iSait^itboiit. 
Pélias. 

/Olr.1 
lÉpUialtr, 

!■  Kuryle. 
«:U'àtr. 

\  C.hr)  saor. 
j  T.-'pbiiis. 

'^A-inor, 

Busiris. 

Lycii-s. 
.  Ilyricc. 
)  Hypcrilc. 
f Èibuse. 

Huuiolptr. 

.N.'ioplius. 
Anon  le  cheval. 
\myru8. 


On    donne   encore  pour    fils  à  iSejv 
tune,   mais    ici   les    mères    sont  ou 
douteuses  ou  inconnues,  Aon,  Albioo 
ou  Alébius,  Amphimane  ,   Actorion, 
Bergion,  Cercvon,  Cenchrée,  Cliius, 
Crocon  ,  Cronuis  ,  Dercvle,  Doru.>, 
Lamie.  Lélex,  Leslrvgon,  INIégarée, 
Melion,  Messape,  ]Nvctée,  Onclieste, 
Pélasgue  ,  Phéax  ,  Sicule  ,  Sicanios, 
Taras ,  etc.  Ces  noms  offrent  les  in- 
dications les   plus    précieuses  j   tous 
font  allusion  h  des  circonstances  cen- 
sées maritimes  ,    aux  rivages  ,    aux 
montagnes,    aux   mugissements   des 
flots,  ou  bien  ce  sont  des  liJros  épo- 
nymes,  soit  des  plages  riveraines,  ^oit 
des  villes  situées  sur  le  littoral.  Re- 
marquons que  Ton  donne  comme  fils 
de  ISeptune  beaucoup  de  brigands  et 
de  chefs  tyranniques.  Neptune  portait 
un  très-granrt  nombre  de  surnoms. 
A'oici  les  seuls  importants:  l'Hippios, 
en  \aù\\  K  relies  tris  j  et  tous  ceux  dans 
lestjuels  entre rélémcnt///yYJ....  che- 
val* 2°Ennosigée,  ELOsichlhon,Ciue- 
sichthon  ,  Sisichthon  ,  c'esl-a-dire  qui 
ébranle  la  terre  j  ?>''  Asphaliée.  Thé- 
meliouquc,  G^TÔokhos,  qui  Tenloure 
ou  la  tient  sous  sou  pouvoir,  qui  la 
consolide-  4° Mêlante,  Mykète,  lav- 
rîo>,    ^tgïcn,    tous  indiciteurs  de 


force  puissante,  de  puissanles  figures 
animales  ,    de    vasles   bruissements  j 
5"   Damée,    qui   domte  ;    Basilévs, 
roi;    6"    Prosclystios,    alluviqunel; 
7"  Pliytalmios,  nourricier;  8°  Erecb- 
thée,  îe  terrestre;  9°  Consus,  Cano- 
be,etc.  (ce  sont  les  noms  de  person- 
nes divines  étrangères  à   la   Grèce, 
mais  réabsorbables  dans  Tidéal  d  un 
dieu-mer);  10"  Cyanoclièle,  ou  a  la 
chevelure  bleue,  etc.;  11°  Eutiiène  , 
Aglaoiriène,  Mégatriène  fallu^ions  au 
trident,   en  grec  triccna);  12^  Enfin 
la  foule  des  surnoms  locaux,  Téua- 
rios,  iSisyreos,  Onebestios,  etc.  Ce- 
lui   d  Islhmios   mérite    une    menlion 
pnrliculière  ,  parce  qu'il  indique  mn\- 
seulement    le    culte    dont    ISepluue 
était  l'objet  dans  l'isthme  de  Corin- 
ihe,  mais  le  voisinage  et  la  puissance 
de  îSeptune  dans    tous    les  isthmes 
imaginables. — Le  séjour  de  ]Seplune 
était  au  fond  des  mers,  mais  quelques 
îles,  quelques  villes,   quelques  caps 
étaient  aussi  ses  résidences  tavoritos. 
La  plupart  de  ces  lieux  célèbres  sont 
ceux  où  il  avait  fêtes,  temples  ou  au- 
tels ;  et  presque  tous,  de  manière  ou 
d'autre,  ont  été  incorporés  h  sa  lé- 
gende. Tels  furent  ISisyre  ,  Eges  en 
AchaVe,   Eges  sur  la  cote  d'Eubée , 
l'isthme  de  Gorinthe  ;  le  cap  de  Té- 
nare,  où  il  avait  un  tempîe  qui  servait 
d'asile  aux  criminels;  Onchcsle  dont 
le  bois   sacré  et  le  temple   existaient 
encore  à  l'époque  de  Pausanias;  Ca- 
lamrie  où  l'on  n'admettait  pour  prê- 
tresses que  de  jeunes  filles  d'un  âge 
trop  tendre  encore  pour  être  nubiles; 
Mantinée   où  nul  homme  ne  devait 
entrer   dans   son    temple;    Suninm, 
Géresle,    Thérapne,    Sparle,    Rho- 
des ,  Tbèbes  ;  Hélice  où  les  Ioniens 
célébraient    en     son    honneur     une 
grande  fêle  solcn-ielle  dite  Panionie; 
Trézène  qui  lui  était  consacrée,   et 
qui  se  nommait  Posidonie;  Patres  en 


■nr. 


KEP  i'>o 

Achaïe.  Platon  assure  dans  son  6V/- 
tias   que  ISeptune  avait  un   templo 
dans  Vile  poétique  de  l'Atlantide.  Ce 
temple,  dit  le   philosophe,  avait  un 
stade  de  longueur ,  et  trois  plèlhres 
de  large;  sa  hauteur  répondait  aux 
deux  autres  dimensions.  L'or,  l'ar- 
gent, les  pierres  précieuses  y  resplen- 
dissaient de  toutes  parts,  et  de  riches 
incrustations  ornaient   les  murailles. 
Une  précieuse    mosaïque    s'étendait 
sous    les   pieds    des    adorateurs    du 
dieu.  Parmi  ces  chefs-d'œuvre  duu 
art  miraculeux  se  vovait  ÎSeptune  lui- 
même  sur  un  char  attelé  de  chevaux 
ailés,  et  entouré  de  cent  ISéréides  qui 
avaient  des  dauphins  pour  montures. 
Devant  le  temple  étaient  des  statues 
d'or   massif,   représentant    tous    les 
rois  et  tous  les  princes  de  la  famille 
royale  par  qui  l'Atlantide  était  heu- 
reuse d'être  gouvernée.    C'est   bien 
déchoir  que  de  retomber  de  cette  îh-; 
éblouissante  a   Rome,    où  nous  ne 
trouvons   en   l'honneur  de   TSeptuue 
que  quelques  temples  dont  un  surtout 
(ians  la  neuvième  région;  la  magnih- 
.que  galerie  d' Agrippa,  qui  offrait  en- 
tre autres  chefs-d'œuvre  le  tableau  des 
Argonautes  :  et  enfin  les  Consualies 
au  mois  d'août  et  les  ISepîunalos  en 
juillet.  Dans  Athènes  le   8  de  chaque 
mois  était  consacré  a  ISeptune  ainsi 
qu'a  Thésée,  On  sait  que  deux  mois 
athéniens    portaient   son    nom.    Le 
dernier    n'était    qu'un    mois    inter- 
calaire, et  se  plaçait  après  le  douziè- 
me mois  de  Tannée,  tantôt  de  deux 
en  deux,  tantôt  de  trois  en  '.rois  ans 
(dans  l'octaéléridc,  Posidônll  venait 
terminer   les   années  trois,   cinq  et 
huit).  Corinlhe  célébrait  en  Thonneur 
de  Neptune  les  jeux  isthmiques.  Se- 
lon les  uns,  Thésée  les  avait  institues; 
suivant  les  autres ,  ils  remontent  au 
temps  de  Mélicerte  et  de  Palémon. 
Des   svncréliàtes   admettant  la  dei- 


i*i6 


>'EP 


mère  hjpolhèse  oui  soupçonuc  iioc 
réorganisation  par  Thésée  :  Tun  n  est 
pas  plus  croyable  que  Taulre.  Le  fait 
certain  est  que  ces  jeux  étaient  au 
nombre  des  quatre  grands  Agônes  de 
la  Grèce;  ils  se  célébraient  de  quatre 
en  quatre  ans  (Pindare  dit  de  deux 
en  deux  :  peut-être  en  fut-il  ainsi 
pendant  un  laps  de  tems.  Les  cou- 
ronnes varièrent;  primilivement  le 
feuillage  du  pin  était  eu  possession 
de  les  fournir 5  plus  lard  ou  y  sub- 
stitua le  persil  llétri,  puis  on  sup- 
prima le  persil,  et  le  pin  reprit  ses 
droits. — Les  surnoms  de  ÎS'eptune 
ont  du  faire  comprendre  ses  divers  ca- 
ractères. Nous  nous  bornerons  h  en 
présenter  un  rapide  résumé.  TSeptune 
est  Teau  personnifiée.  Il  diffère  de 
Pontos,  d'Océan  et  de  INérée,  i°par 
la  richesse  de  sa  légende;  2°  par  sa 
jeunesse  relative.  A"5siPontos  Ogèn, 
Thalassa  sont-ils  des  dieux  pélasgi- 
ques,  ou  peu  s'en  faut;  Posîdôn  ariiva 
dans  le  Péloponèse  par  les  Doriens 
de  la  Crète,  qui  eux-mêmes  l'avaient 
reçu  des  Phéniciens  ou  de  la  Libve. 
A  l'époque  élégante  de  la  (irèce, 
Neptune  fut  placé  par  les  ihéogo- 
nistes  parmi  les  Cronides,  antago- 
nistes des  Titans,  des  géants  ,  cl 
en  général  de  toutes  les  forces  aveu- 
gles et  brutes.  Qu'on  ne  s'y  trompe  pas 
pourtant,  ÎSeplune  avait  élé  primiti- 
vement un  être  h  face  abrimanieiine. 
Son  nom  n'est  autre  que  celui  de  iStllé 
(Ne-tpé,  le  non-ciel),  selon  les  Gracs 
Neplithjs.  L'iigypte  avait  la  mer  eu 
liorrtur.  La  déesse  fatale,  l'ennemie 
d'Lsis  était  et  le  sal)le  brûlant  de  la 
Libye  et  la  mer  qui  baigne  ses  rives. 
Les  Grecs  qui  durent  de  bonne  heure 
lanl  de  remerciments  h  la  mer  ne  fu- 
rent pas  aussi  exclusifs  quelTigvple, 
-et  tour  h  tourlNeflé  masculinisée  lut 
use  déité  bienfaisante  et  une  déilé 
fatale.  Souvent  pour  tenir  le  milieu 


NKP 

entre  ces  deux  points  de  vue  inlerviu  t 
l'idée  de  force  :  la  force  est  alterna- 
tivement utile  et  funeste,  lulélaire  e! 
destructrice,  attrayante  et  farouche. 
De  là  cette  présence  perpétuelle  du 
taureau,  du  cheval  dans  les  mythes  de 
INeptune.  Sou  père  dévore  un  cheval  a 
sa  place:  il  est  cheval  afin  de  jouir  des 
faveurs  de  Cérès;  il  fait  sortir  un  che- 
val du  sein  des  mers;  il  est  le  père  du 
cheval  Ariou,  l'aïeul  du  cheval  Péga- 
se ;  il  secoue  les  flots,  comme  le  che- 
val sa  crinière  ;  il  fait  trembler  le  sol, 
commele  cheval  impatient  du  combat; 
il  roule  des  masses  d'écume,  comme 
le  cheval  qui  mord  son  frein  ;  il  va  et 
vient  (Vénilie  et  Salacie),  comme  le 
cheval  qui  prélude  dans  l'hippodrome 
h  une  course  sérieuse  :  les  flots  hen- 
nissent. Les  taureaux  se  conçoivent 
de  même  :  et  d'ailleurs  les  fleuves 
aussi  sont  représentés  sous  cette  for- 
me. INul  doute  que  l'hippopotame,  et 
aussi  l'hippocampe  a  cause  du  nom  , 
le  dauphiu  comme  vahanam  favori 
des  Tritons,  et  les  formes  subrondes 
des  gros  cétacés,  n'aient  subsidiaire- 
ment  contribué  h  populariser  ces 
idées  de  taureau  et  de  cheval  dans  le 
cul  le  de  ÎSeptune.  Jusqu'ici  jNeptuue 
n'est  qu'un  dieu  robuste ,  et  comme 
tel  il  n'a  pour  fils  ou  pour  représen- 
tants que  des  héros.  Dans  d'autres 
légendes  va  se  dessiner  uu  Neptune 
robuste  et  funeste.  Celui-là  est  le 
père  des  Cercvon-Sinnis,  des  Halir- 
rhothe,  des  Lcstrvgon,  des  Busiris, 
tous  noirs  de  crimes,  de  vols,  de 
viols,  de  meurtres,  de  sacrifices  hu- 
mains ou  d'anthropophagies.  Celui-là 
inspire  et  fait  cingler  H  pleines  voiles 
snr  la  mer  Tvrrhénienne  les  pirates 
qui  infestent  la  rôle.  Cclui-îà  se  ré- 
volte contre  la  divinité  suprême,  et 
rêve  la  chute  de  Jupiter.  Celui-là  se 
venge  et  punit  l'arrogance,  la  perfi- 
die, le  meurtre.  Celui-là  enfin  l'in» 


11 


NEP 

corpore  a  la  raiil;  la  cliouci'e  esl  son 
symbole-  et  les  eaux  marécageuses, 
la  vase,  les  brumes  épaisses,  les  mias- 
mes délétères,  les  oiseaux  stvraphali- 
desjles  reptiles  lernéens,  semblent 
sous  sa  protection.  Les  autres  traits  de 
la  physionomie  de  TSeptune  sont  plus 
doux!  i"  Il  caresse  les  vierges  quil 
enlace  de  ses  bras  5  il  jette  Teau  fer- 
tilisatrice  sur  lesguérets  qu'il  inonde, 
il  s'attelle  k  la  charrue ,  laboure  le 
sol  aride,  brise  sous  sou  sabot  la  glèbe 
rebelle  ,  ameublit  le  sillon  qui  va  re- 
cueillir les  semailles;  il  concourt  avec 
Cérès  a  l'alimentation  des  peuplades 
humaines  :  le  voila  lié  a  l'agriculture. 
2°  Il  transporte  les  richesses  de  l'A- 
sie, de  la  Crète  et  des  îles  lointaines 
dans  le  Péloponèse.  Les  trésors  af- 
fluent sur  les  rives  qu'il  baigne.  Par 
lui  le  sud  et  le  nord,  Test  et  l'ouest 
se  rapprochent  et  sont  eu  contact;  il 
esl  la  m.er  Egée  'car  Egée  est  son  in- 
carnation et  Egéon  un  de  ses  uoms). 
Le  voila  l'instrument  principal  du 
commerce  qui  sans  lui  languirait  dans 
d'étroites  limites  (comp.iNloLio'iDEs). 
y  II  aspire  a  être  la  pure  lumière 
(le  ciel  et  l'onde  sont  souvent  en 
jonction  dans  lamytholngie).  Il  tend 
h  être  l'époux  de  Minerve  (l'éther), 
ou  a  remplacer  Junon  (l'atmosphère) 
dans  la  possession  d'Argos, — L'idéal 
de  iSeplune  diffère  peu  de  celui  do 
•Jupiter  quaut  a  la  physionDmie.  Ses 
Iraits,  ses  cheveux  et  la  forme  de  la 
barbe  sont  les  mêmes  a  peu  de  cliosc 
près;  iitais  chez  lui  la  puissance  a 
quelque  chose  de  moins  facile,  la 
majesté  quelque  chose  de  moins 
cthéré  que  chez  le  roi  de  l'Olympe, 
Sou  corps  est  plus  mince,  plus  agile  5 
ses  muscles  tendus  et  forts,  sa  taille  , 
son  air  ,  expriment  la  rudesse.  Le 
plus  souvent  il  est  nu.  De  tems  à 
autre  une  légère  cldamyde  et  plus  ra- 
rement nu  ample  manteau  Veuvelop- 


NER 


167 


peut.  Un  ISeplune  Irès-occupé  près 
d'une  nvmnhe  qu'on  croit  Ainymoiie 
la  Danaïde  a  le  pied  sur  un  rocher 
(Millin,  Peint,  de  vases,  II,  20). 
Sur  une  médaille  d'argent  de  Titus 
(Gessner,  LX,  1,2},  sou  pied  foule 
un  globe  :  ce  détail .  mieux  encore 
que  Taplustrum  qu  il  lient  a  la  main, 
rappelle  le  vers  de  Lemierre  : 

Le  trident  de  fseptune  est  le  sceptre  da  monde. 

Sur  le  pied  d'un  candélabre  on  voit 
ISeplune  marchant  sur  la  pointe  des 
pieds,  ce  qui  indique  la  célérité  do 
sa  course,  et  tenant  k  la  main  droite 
un  long  trident  de  forme  élégante 
(3Iusée  Pio-Clément.,  IV,  32  ). 
Très-souvent  il  a  un  dauphin  k  la 
main.  Ce  dernier  attribut  appartient 
au  stvle  d'imitation.  Sur  les  monu- 
ments de  raucien  stvle  il  n'a  quo  le 
trideul  5  tel  est  le  ÎVeptune  de  Pestuin 
(primitivement  Posidonie,  du  nom 
mène  du  lieu)  (médaille  d  argent 
dans  iNIillin ,  Gai.  inyth,.^  293). 
Phidias,  Praxitèle,  Scop as  s'étaient 
signalés  par  de  belles  statues  de  iSep- 
tune  que  nous  n'avons  plus.  On  doit 
regretter  le  ISeplune  de  bronze  que 
Corinthe  s'était  fait  faire  du  butin  en 
cuivre  arraclié  aux  vaisseaux  de  Xer- 
xès.  Un  bas-relief  brisé,  aujourd'hui 
a  Ravennes,  offre  un  Irùne  de  îSep- 
lune  voilé  j  un  hippocampe  ,  une 
grande  conque ,  un  grand  trident  et 
d'autres  plus  petits,  des  dauphins,  des 
coquilles,  sont  les  principaux  orne- 
ments de  ce  morceau  de  sculpture  où 
1  on  voit  encore  trois  génies. 

îSÉQUIROiN,  DÉMCHI  etMA- 
PJSTIjS  ,  sont  dans  la  mythologie 
sintoïque  japonaise  les  trois  dieux  de 
la  guerre. 

^iEPiEE  ,  Nfjpiv;,  l'onde  persx)n- 
nifiée  ,  faisait  partie  de  ce  cycle  de 
hautes  divinités  marines  dont  Pontes, 
Ogèn  (ou  rOcean)  et  Posîdôn  sont 
les  sommités  roules,  et  Thala?sa,  Do- 


\ 


1^8 


>'ER 


ris,  Télhys.  Amphitrite,  les  person- 
nifications femelles.  Creuzer  entend 
par  ISérée  le  fond  à  jamais  immobile 
de  la  mer  ,  el  par  Ponlos  le  lil  des 
eaux.  INous  avons  de  la  peine  a  le 
croire.  Ponlos,  Ogén,  ?sérée,  passè- 
rent ciiacun  cbez  quelque  peuple  pour 
la  mer,  et  eurent  la,  dans  la  croyance 
indigène,  une  épouse  5  mais  c'est  après 
coup  que  les  syncrétisles,  admettant 
toutes  les  personnifications  qu'avaient 
rêvées  des  tribus  différentes,  préten- 
dirent les  encbàsscr  symétriquement 
dans  un  tableau  ,  et  faire  naître  du 
lil  de  la  mer  le  fond  h  jamais  immo- 
bile de  la  mer.  Nous  ne  faisons  au- 
cun doute  que  ce  n'ait  été  la  mer 
pour  les  insulaires  de  la  mer  Egée. 
Quoi  qu'il  en  soit  ,  voici  les  généalo- 
gies vulgaires  de  ISérée.  Il  doit  le 
jour,  selon  Hésiode,  àPontos  et  h  la 
Terre  5  selon  Apollodore ,  jui  rap- 
porte aussi  d'autres  opinions,  à  INep- 
tune  et  a  Canacé  :  ce  dernier  narré 
est  absurde.  ISeptune  ne  fut  connu 
que  postérieurement  à  INérée.  Auprès 
de  INérée  se  dessine,  a  titre  de  sœur- 
épouse,  Dùris  (la  Donneuse),  et  sous 
ce  couple,  que  toujours  ou  représente 
comme  accablé  de  vieillesse,  se  dessi- 
nent les  5o  ISëréides.  Le  trait  prin- 
cipal de  la  physionomie  de  ISérée, 
c'est  la  divination.  Il  dit  à  Hercule 
où  étaient  les  pommes  d'or  des 
Hespcrides.  Horace  le  fait  surgir, 
comme  Camoens  sou  Adaraastor  , 
au  sein  des  flots  qui  séparent  deux 
mondes  (l'Europe  et  l'Asie),  pour 
prédire  a  Paris  les  maux  dont  Troie 
allait  être  la  victime.  Devin,  il  avait 
de  plus  le  pouvoir  de  clianger  de 
forme;  et,  comme  Prolée,  il  ne  ré- 
vélait Tavcnir  que  quand,  ayant  épuisé 
le  cercle  des  transformations  à  lui  pos- 
sibles, il  était  oblig-^  dt-  prendre  sa  fi- 
gure première.  Celte  faculté  proplié- 
iique  ne  doit  pas  nous  étonner^  nous 


NÉR 

qui  savons  que  Teau  est  la  prophé- 
tessc  par  excellence  ,  et  qui  voyons 
partout  magiciennes  ,  sibvlles  mariti- 
mes cl  devineresses  surgir  de  Tondej 
et  nous  rions  lorsque  nous  entendons 
Psalalis  Comesfaire  deNérée  l'inven- 
teur de  Ihydromaucie.  Nous  ne  par- 
lons pas  de  ceux  qr.i  voient  dans  ce 
dieu  un  prince  babile  navigateur,  et 
que  Ton  venait  de  tous  côtés  consul- 
ter sur  les  chances  plus  ou  moins  pro- 
spères des  expéditions  maritimes.  H 
était  adoré  a  Gylheum.  Nérée  faisait 
son  séjour  dans  la  mer  Egée. 

ISÉRÉIDES  (les),  K»!ty/i<^içy  sont 
les  cinquante  filles  de  ISérée.  On  va- 
rie sur  leur  nombre  et  sur  leurs  noms 

{Voy.  Oci'A>lDE.s). 

ISERGEL  (Nî^yîA)  ou  ISlbgal, 
idole  des  Culhéens  {Rois,  IV,  xvii), 
était  figurée  par  un  coq  (selon  quel- 
ques-uns par  un  coq  de  bois).  Qu'in- 
diquait ce  symbole.^  Les  Culhéens 
étaient  de  sang  perse.  Etait-ce  'e  feu 
qu'ils  adoraient  sous  ce  nom  et  sous 
celte  forme  (Nergel,  dit-on,  signifie 
feu)?  Etait-ce  la  brillante  constel- 
lation nommée  par  les  Grecs  Toiseau, 
le  cvgue  ,  par  les  Arabes  la  poule 
(Adegije) ,  par  les  Hébreux  le  coq 
(Tharnigolel)?  ou  bien  faut-il  com- 
prendre que  c'est  à  Mars  (  planète  et 
dieu  de  la  guerre)  qu'ils  adressaient 
leurs  liomma>ies.^  Le  gallinacé  dont 
les  chants  devancent  l'aurore  est 
l'oiseau  de  Rellone  autant  que  l'oi- 
seau du  soleil.  Les  légendes  gréco- 
romaines  le  consacrèrent  il  Mars.  Un 
Auerg  (mentionné  sur  le  monument 
de  la  reine  barbare  Comosarve,  con- 
joiniemenl  avec  AsLara  et  Vénus) 
était  en  Tauride  le  dieu  de  la  ouerre. 
ISérig,  dans  toutes  les  langues  de  la 
Phénicie  el  de  la  Syrie,  était  la  pla- 
nète de  Mars. 

JNÉRINE,  autrement  ISÉRiE,  Ne- 
RiA  et  Nlrilne,  femme  de  Mamers, 


êi 


ISER 

le  Mars-Fëticlie  des  Sabins,  est  nom- 
mée dans  Plaute  [Rust.  ,  II ,  vi ,  v. 
ôi),  dans  Aulu-Gel!e  (1.  XIII,  ch.  22), 
dans  Jean  le  Lydien  [Mois,  p.  85 
d'éd.  Scbœn)  ,  dans  Sue'tone  (  Pie 
de  Tibère),  et  dans  Tite-Live  (liv. 
XXYII,  c.  4i,  etc.)-  Selon  Tau- 
teur  des  ^uits  atliques ,  ce  nom, 
qui  doit  se  traduire  par  vaillance , 
virilité',  venait  du  sabin.  Il  e.'it  im- 
possible de  ne  pas  être  frappé  da 
rapport  qu'il  présente  avec  le  sams- 
kritiy/2r<2  (homme, r/r}.  Au  res  e.  il 
paraît  que  jNériène  était  prise  tantôt 
pour  une  Vénus,  tantôt  pour  une  Mi- 
nerve- A  celle-ci  convient  surtout  ce 
caractère  de  force  qu'indiquerait  le 
nom  même  de  jNériène  5  à  celle-là  le 
rôle  de  femme  de  Mars.  On  fêtait 
JNériène  avec  son  époux  le  20  mars, 
jour  des  Tubdustries  ou  lustralion 
des  tro'iipetles.  Ou  comprend  que 
cette  solennité  avait  trait  ésalement 
a  l'ouverture  et  de  l'année  et  des  com- 
bats. Comp.K.-Ottf.  Miiller,£^/7/5  A. 
t.  II,  p.  5o  ,  etc.  —  Une  autre  ]Sé- 
KiÈîfE  était  la  même  que  INévérita.  la 
déesse  du  respect  et  de  la  vénération. 
\  irgiîedonnelenom  de  ]Neri>e  aGa- 
latée  ,  mais  la  ce  mot  ne  veut  dire 
que  ^Néréide. 

]NÉRIOGE]NGH  ,  un  des  vingt- 
buit  Izeds  parsis ,  est  le  feu  qui  ani- 
me les  rois  ,  et  selon  la  plupart  des 
Destours ,  Tlzed  du  feu  Bérécécin^h  ; 
c'est  aus6i  Tlzed  de  la  paix.  Il  pro- 
tège les  justes  j  c'esllui  qui  jadis  veilla 
sur  les  deux  portions  de  la  semence 
de  KaVomorts,  dont  furent  formés 
Meschia  et  Mescbiaue,  pballe  et  àme 
delà  vie:  il  garde  aussi  la  semence 
de  Zuroaslre.  Enfin,  du  temps  de  ce 
sage,  c'est  Nériocengb  qui  fut  cbargé 

far    Orrauzd  d'aller    le    trouver    en 
ran  pour  lui  ordonner  de  convertir 
le  monde  "a  la  loi  ormuzdienne. 
]NÉRITE  (TSeritus  ,  N»)<T«r) , 


NES  1 69 

Ithaque  et  Polyctor  étaient  trois 
frères  jumeaux,  et  construisirent  près 
de  la  ville  d'Itbaque  un  bassin  pour  y 
recevoir  les  eaux  d'une  fontaine.  Un 
mont  de  Tile  d'Itbaque  porte  ce  nom. 

JNÉSIMAQUE  ,  ÎÎEsiMACHus  , 
Ns5-,««;^05-,  père  d'Hippomédou,  au'il 
eut  de  Mvlhidice,  fille  deïalàs. 

NÉSO  ,  N^jc-w  (  R.  :  nT6? ,  île  )  : 
1°  ÎSéréide  j  2°  fille  de  Teucer,  fem- 
me ae  Dardanus  ,  mère  de  Sibylla. 
C'est  évidemment  une  Océanlde  ,  et 
peut-être  la  même  que  la  précédente. 
Suivant  Lycopinon,  Dardanus  épou- 
sa en  même  temps  qu'elle  Bâtie,  sa 
sœur  {Voy.  Teucer';. 

INliSR,  ^'ESRA,  ?>ESROCH,  di- 
vinité assyrienne  que  Ton  représentait 
sous  les  formes  ou  avec  la  lête  de 
1  accipiter  ou  vautour  (Hvd.,i/<;  vet. 
Pers.  ral.^  c.  5,  p.  102,  et  comm. 
sur  UlugbBeigb,  p.  18  ;  Selden,  Je 
Dits  syr.^  p.  4-7).  L'Ancien-Testa- 
ment (Rois^  lY,  XIX,  57)  nous  mon- 
tre le  roi  Sennacbérib  ,  lors  de  son 
retour  a  rsinive,  allant  offrir  ses  bom- 
jnages  a  IN'esroch.  La  même  idole 
était  consacrée  par  un  culte  supersti- 
tieux chez  les  Arabes  avec  celle  dLïik, 
a  figure  de  cbeval,  dTagouth,  à  figure 
de  lion  ,  et  de  Soonà  ,  à  figure  de 
femme.  On  a  prétendu  aussi  que  c'é- 
tait le  grand  féticbe  de  la  tribu  de 
Ilamiar,  adoratrice  zélée  du  soleil 
qu'elle  représentait  sous  la  forme 
du  vautour.  Resterait  a  déterminer 
si  vraiment  ce  fut  au  soleil  même 
que  s'adressaient  les  adorations ,  ou 
a  la  constellation  de  l'aigle  et  du 
vautour  céleste  appelé  cbez  les  Ara- 
bes vautour  tombant. 

NE^SUS,  Nio-Toç:  f°  célèbre  Cen- 
taure, babitait  sur  les  bords  de  TE- 
vénus{s(m  histoire  est  contenue  dans 
celle  d'Hercule )j  2°  fleuve  de  l'Océan 
et  fils  de  Tétbys. 

^'ESTOR,'N£ff^-*/> ,  le  plus  jeune 


I70 


NGO 


des  douze  fils  de  ÎSélée,  passa  son 
«nfance  à  Gt'iriiie ;  échappa  ainsi  au 
massacre  général  des  INéléides  par 
Hercule  j  tua  Ereulhalion  pendant  la 
lulle  ([uc  son  père  soutint  eu  Arca- 
die,  Itvmonée  dans  la  j^uerre  contre 
les  Epéens  ,  Mulius  dans  une  antre 
bataille  où,  non  content  dereconqué- 
rir  le  char  de  son  père  ,  il  s'empara 
de  cinquante  chariots  ,  chacun  sons 
la  garde  de  deux  hommes,  et  leur  fit 
mordre  la  poussière  à  tous  j  poursui- 
vit les  deux  Molionides,  qu'il  eut  le 
chagrin  de  voir  soustraire  k  ses  coups 
par  Neptune  j  puis,  passant  en  Thes- 
salie,  secourut  les  Lapithes  attaqués 

Far  les  Centaures  ,  devint  Tami  et 
hôte  de  Pelée  •  s'acquit  uu  renom 
de  sagesse  et  d'éloquence  égal  a  sa 
valeur  ,  et  enfin  ,  après  la  mort  des 
Apharéides  (Lvncée  et  Idas)  .  réunit 
dans  la  Triphylie  et  la  Mes5^énie  les 
états  d'Apharée  k  la  plus  grande  par- 
lie  de  ceiix  de  son  père.  Quelques 
mythographes  veulent  que  dans  son 
adolescence  il  ait  été  Argonaute.  La 
traditiou  le  montre  au  siègre  de  Troie 
dans  sa  vieillesse.  Homère  lui  donne 
pour  âge  trois  générations,  c'est-k- 
dire  ,  dans  la  manière  dont  on  comp- 
tait alors,  environ  yo  ans.  Il  condui- 
sait les  soldats  de  Pylos  ,  d'Arène  , 
de  Thryon,  d'Epy,  de  Cvpnrisse,  de 
Ptéléon,  deDorium  et  d'Hélos.  Après 
la  prise  de  Troie  il  revint  heureuse- 
ment dans  ses  états  ,  et  dix  ans  plus 
tard  nous  le  vovons  recevoir  Téléma- 
que  dans  sou  palais,  et  lui  donner  ses 
conseils  sur  les  movcns  de  retrouver 
Ulysse. INestor  avait  épousé  Eurydice, 
puis  Anaxihie,  dont  il  eut  sept  fils  : 
Echépliron  ,  Stralitjue  ou  Stratios , 
Persée  ,  Arèle,  Thrasymède,  Pisis- 
trate  et  Antiloque.  11  l'aut  y  joindre 
deux  filles,  Pisidice  et  Polycaste. 
ISÉVÉRITA.  hoj;.  ISl'rine. 
INGOIA-CHILVAISI,  antique  roi 


d'Angola,  enivré  de   ses  conquêtes,    i  | 
se  fit  rendre  de  son  vivant  Its  hon- 
neurs divins.  Son  culte,   aboli  dans        ' 
f>resque  tous  les  pays   qui  ont  formé 
c  royaume   d'Angola,  existe  encore 
chez  les  Singbiles  (  espèce  de  prêtres 
de  la  secte  des  Giagas).  On  lui  attri- 
bue surtout  le  pouvoir  de  faire  tom- 
ber la  foudre  ,  et  sans  doute  aussi  le 
titre  de  roi  du  monde  souterrain  j  car     |iti 
les  Singhiles  consultent  sans  cesse  les 
nu\nes  des  ancêtres,   et   sous  ce  pré- 
texte conservent  ou  prétendent  con- 
server dans  des  châsses  portatives  les 
ossements  de  leurs  rois.  La  rehViou 
des  Singhiles  est  atroce.  Au  moindre     i-! 
sonftle  de   vent   ils   veulent    que  du 
sang  humain  arrose  l'idole  k  laquelle 
ils  ont  voué  leurs  adorations. 

INÏA,  Cérès  chez  les  Saimales;  on 
donne  aussi  INia  ou  Niam  pour  une  j  • 
espèce  de  Pluton  slave.  Ce  INiara  ne..  |P 
serait-il  pas  le  même  que  ?Sia  ,  et  lajil^ 
dëité  infernale  ne  serait-elle  pas  une»li 
espèce  dKccate  androgyne  ?  |if! 

NIRCHAS.  Foy.  INebo. 

jNICE,  Victoire.  Foy.  ce  mot. 

rNlCEE,J\ic.t;A,  Niy.cci*^  héroïne 
éponyme  de  la  ville  de  ISicée,  en  Bi- 
thvnie,  est  une  ]Naïade  fille  du  fleuve 
Saiigare  (Comp.  ISa>'a  et  Sa>'GA- 
Ris).  Elle  fui  aimée  de  Bacchus,  qui, 
pour  triompher  d'elle  ,  l'enivra  en 
changeant  en  vin  Teau  d'une  fontaine 
où  elle  se  désaltérait.  Elle  fut  mère 
des  Satvres. 

iMCiPrr.,.N;y-<VT»7  •  i°  Thespia- 
de  j  2"  fille  de  Pélops,  épousa  Slhènèle 
et  en  eut  Eurvsthée;  5"  prêtresse  de 
Cérès,  la  même  peut-être  qu'uue  de 
celles  dont  on  vient  de  parler.  La^Ni- 
cippe  femme  de  Slhcnèlectmèred  Eu- 
rysthée  se  trouve  aussi  nommée  Leu- 
cippe,  Archippe  et  même  Astydamie. 
— L'u  INicippE,  Ivran  de  l'île  de  Cos, 
avait ,  a  ce  que  l'on  assure,  reçu  des 
dieux  rassurance  de  son  élévation  : 


MR 

uoe  de  ses  brebis  avait  mis  bas  un  lion  ! 
!  jNICODROME,  îS'icoDRoMrs  , 
Ktxo^pofAoç  y  fils  d Hercule  et  de 
Nicée. 

jXICOMAQUE  ,  NicoMACHL's  , 
HtK()f^,uyog  ,  fils  de  Machaon  et 
d'Antic'ée,  avait  pour  frère  Gorga- 
sej  et  après  la  mort  de  Dioclès, 
leur  aïeul  maternel ,  tous  deux  mon- 
tèrent sur  le  trône  de  Phères. 

]\ICO>'  ,  Telchine.  Foy.  ce 
îDot,  et  comp.  ]Xecys. 

NICOSïRATE,lamême,  dit-on, 
|uc  Carraente.  P'oy.  ce  nom. 

NICOSTRâTE,  >"icosTRATrs , 
îlMÉGAPEMHE  devaient  le  jour 
i  Ménélas.  Leur  mère  était  Hélène  , 
>eIon  les  uns  j  suivant  les  autres,  une 
:oncubine  ,  une  esclave  du  nom  de 
Piéris.  Ce  mot  n'est  pas  un  nom  pro- 
ire,  et  doit  se  traduire  par  de  la 
Piérie.  Ils  ne  régnèrent  pas  à  Sparte 
iprès  la  mort  de  leur  père  ,  ce  qui 
levrail  nous  faire  pencher  contre  la 
égitimité  de  leur  naissance  ,  s'il  v 
ivait  a  prendre  au  sérieux  la  réalité 
les  deux  personnages.  .Nul  doute  que 
Vicoslrate  et  Mégapenthe  ne  soient 
les  espèces  de  Dioscures  [voy.  ce 
not).  Ils  étaient  tous  les  deux  figurés 
;ur  le  bas-relief  du  trône  d'Amycles. 

jMCOTHOÉ,  N;«oti.'„,  Harpye, 
pie  Zélhès  et  Ca'aïs  forcèrent  a  se 
irécipilcr  dans  le  Tigre. 

JSIÉMIZA  ou  ISÉMÎZA  était,  se- 
on  les  Slaves,  le  dieu  des  vents  et  de 
'air.  On  le  représentait  tantôt  avec 
les  ailes  et  couronné  de  rayons,  tan- 
ôt  avec  le  corps  d  un  oiseau  et  des 
ûles  déployées.  On  dérive  son  nom 
iu  samoïèdc  niim  ^  air,  ciel,  ou  du 
•usse  ncbo ^  (|ui  a  le  second  seiis. 

MKCHOUr.A  ou  KCH0U13A  e>t 
me  des  femmes  de  ^lartanda  (le  so- 
eil  aux  Indes  V).  Ce  dieu,  briila  ;ie 
ncarnation  de  Vichnou,  adeuxépou- 
;c«,  Radjini  au  ciel,  Kchouba  sur  la 


MK 


i-i 


terre.  Kchouba  se  nomme  encore 
Souranouh  (la  femme  du  soleil).  Son 
nom  veut  dire  la  mobile,  et  INik- 
cbouba  rimmobile.  Yicouamitra  était 
son  père.  jNe  pouvant  supporter  l'é- 
blouissante splendeur  des  regards  de 
son  époux,  Kchouba  s'enfuit  delà 
couche  conjugale,  et  laissa  son  ombre 
seule  d-insle  palais  de  Martanda.  Le 
dieu  cherche  inutilement  son  épouse. 
Enfin  il  s'adresse  à  son  industrieux 
beau-père.  L'habile  chef  des  Tchoub- 
daras  lui  révèle  !  a  cause  delà  désertion 
qu'il  déplore.  «  E  n'est  qu'un  moyen, 
Martanda,  de  rappeler  a  toi  l'épouse 
timide  qu'accable  ton  trop  de  beauté: 
laisse-toi  couper  tes  rayons!  «  Et  sou- 
dain les  rayons  posés  sur  une  roue 
de  potier  dans  la  péninsule  de  Saces 
(Sakadouipa,  région  scrtliique)  sont 
rognes  par  la  main  de\  içouamilra.  Il 
ne  met  k  cette  œuvre  importante  que 
cent  ans.  Kchouba  revient ,  et,  en- 
chantée de  la  forme  nouvelle  de  son 
époux,  elle  vit  six  mois  de  suite  avec 
lui.  Elle  le  quitte  périodiquement  le  7 
sravana ,  et  revient  le  7  maga  (jan- 
vier ).  Yicouamitra  en  barbifiant 
son  rendre  l'avait  si  sfrièvement  et  si 
souvent  écorché  que,  l'œuvre  finie, 
il  fut  obligé  de  lui  appliquer  des  on- 
guents. De  la  l'aspect  maladif  et  lan- 
guissant de  Tastre-roi  lorsqu'il  se 
montre  le  soir.  —  La  langueur  et 
la  physionomie  ou  glabre  ou  chauve 
du  soleil  sont  des  svmbolisalions  de 
l'affaissement  périodique  de  la  cha- 
leur. Cet  affaissement  est  double: 
annuel  et  diurne.  Les  mythes  confon- 
dent l'un  et  l'autre,  quoique  le  pre- 
mier domine  toujours  (Adonis  et 
Proserpine  ^e  présenlert  sans  doute 
ici  àla  uiémoire).  Cesrapprochemenis 
sont  vrais:  les  Hindous  eux-mêmes  s'y 
sont  livrés. — Du  reste,  rien  de  plus 
élégant  et  de  plus  naturel  que  la  filia- 
tion de  Kchouba.  Elle  a  pour  père 


17^ 


ISJN 


ringcnicur  en  chef  des  cieiix:,  Tarll- 
«an  par  excelleore,  riiidustricl  mira- 
culeux. Or  qu'est-ce  que  la  créa- 
tion .'  Le  plus  mai^iiifique  des  cluls- 
d'œuvre  de  rarchiteclure  et  des  arts. 
Et  qu'est-ce  que  Kchouba.'  La  créa- 
tion. La  trait  charmant  couronne  ce 
mythe  :  les  rayons  retranchés  par  le 
Dédale  céleste  an  menton  ou  du 
cràoe  de  Martanda  lui  servent  ensuite 

fiour  achever  sur  la  terre  les  merveil- 
es  des  arlsî — Selon  les  Hindous,  un 
rayon  du  soleil,  nommé  Souchorana 
ou  Souchmana,  devint  la  lune.  Eu  uu 
.sens,  c'est  dire  que  la  lune  est  fille  de 
l'orhe  solaire.  Dans  uu  autre  ,  c'est 
Iransformerla  sons-p'anète  qui  éclaire 
les  nuits  en  ùme,  euSakli  du  soleil. 
— Encore  aujourd'hui  on  regarde  aux 
Indes  la  coupe  des  ravons  du  soleil 
comme  se  renouvelant  tous  h  s  soirs, 
un  peu  avant  l'instant  où  le  soleil  dis- 
paraît. Les  vapeurs,  eu  s'élevanl  au 
dessus  de  l'horizon  ,  semblent  alors 
décolorer  !e  disque  solaire ,  et  le 
spolier  de  ses  rayons. 

INIL.  /''oy.  jNoute-Fets. 

]N1LP^E,]N'(LEUS, d'Athènes,  était 
un  des  fils  de  Codnis,  et  fut  le  chef 
d'une  colonie  ionienne  qui,  tantôt  fon- 
datrice, tantôt  amélioratrice  ,  habita 
Ephèse  ,  Milet,  Priène,  Colonhon  , 
Myontc,  Téos,  Lebédos,  Clazomè- 
ne  ,  etc.  —  Un  autre  Psilée  s'était 
déclaré  pour  les  ennemis  de  Perséc, 
lors  du  maria;j;e  du  héros  racssénien 
et  d'Andromède. 

INIMIFO,  dieu  chinois,  préside 
aux  plaisirs  deTamour. 

JNIiSOS  ,  ^l^us ,  fils  de  Bel  et  en 
conséquence  arrièrc-peiit-fils  d'Her- 
cule, est  un  des  princes  qu'on  nous 
donne  comme  roi  de  Tanliipie  Lvdie. 
Une  dynastie  héraclidc  (candanlide 
est  le  vrai  mot)  gouverna  ce  pays. 
Quant  au  jNinus  roi  d"Assy:ie,  vi'y. 
iiiogr.  imù'.,  XXXÏ,  288. 


1.  ISIOBK,  N.o:„,  fdie  de  Tan- 
tale  et  de  Dioné ,  épousa  Amphion 
de  Thèbes,  et  en  eut  sept  fils,  Sipy- 
le,    ?*inyle   (  Enpinvle  dans  Tietzès 
et  Hv£;in) ,  Lsmène  ,  Damasichthon, 
Agénor,  Phédime,  Tantale;  et  sept 
filles,  iSéèrc  (Aslyochc  ou  Astymne 
dans    Hygin  )  ,     Thera    (dans    Ici 
vieilles  éditions  d'Apollodore  ,  Etho- 
dyie),  Gléodore  ,  Asiyoché,  Phthie, 
Pélopie  .   Astvcratie  ,    Ogygie.   Ho- 
mère réduit  ce  nombre  a  six  fils  et 
six  filles,   Hérodote  a  trois  filles  et 
à  deux  fils.  Hésiode  l'avait  porté  à 
dix    enfants   de    l'un    et   de    Tautre 
sexe,  en  tout  vingt.  La  double  hep- 
tade  est,  de    tous  les  systèmes,  le 
plus  suivi.  La  légende  nous  montre 
jNiobé  orgueilleuse  et  de  ses  charmes 
et  de  ses  enfants,  oppcsant  kLalone 
sa  fécondité,  et  prétendant  se  substi- 
tuer au  Latoïde  dans  Tadoration  de« 
peuples.  Lalone  se  plaint  a  Phébé, 
h  Phéhus,  et  soudain  le  couple  iras- 
cible descend  sur  la   terre   et  tue  à 
coups   de  flèches  la  famille   entière. 
Les  fils  tombent  sous  les  conps  d'A- 
pollon, les  filles  sous  ceux  de  Diane. 
Ovide  les  fait  mourir  tous.  Apollodore 
en    auve  une,  Chloris,  depuis  épouse 
de  jNélée.  Télésillas  donne   h    celle 
qui  échappe  le  nom  d'Amycle  ou  Mé- 
libée.  Quelques  mythologues  font  pé- 
rir en  même  temps  Zéthus  et  Amphion 
(leur  oncle  et  leur  père).   Les  victi- 
mes du  courroux  des  Latoïdes  res- 
tèrent neuf  jours  gisant  sur   le   sol 
et  baignées  dans  leur  sang.   Enfin, 
les  dieux  les  ensevelirent,  et  du  temps 
de  Pausanias  on  montrait  encore  leur 
monument  a  Thèbes.  ^iobé,  en  proie 
il   d'amers   regrets,    déserta  la  ville 
témoin  de  taul  de  catastrophes,  et  ne 
s'arrêta  qu'en  Lydie  où ,  à  force  de 
verser  des  larmes,  elle  fut  métamor- 
phosée en  pierre.  Chez  quebjues  poè- 
tes, c'est  uu  tourbillon  qui  l'emporte 


MO 

en  Lvdie  sur  le  sommet  d'une  mon- 
tagne.   On  varie   sur   le  lieu   de  la 
scène.  Le  Cithéron  selon  les  uns,  le 
Sipyle  selon  les  autres,  voila  le  lliéà- 
tre  de  cette  lamentable  tragédie.  Le 
fait  est  que  les    auteurs   du  <lrarae 
n'ont  pas  songé  a  l'unité  de  lieu.  Le 
blasphème  et  le  massacre  ont  lieu  dans 
Thèbes,  In  métamorphose  de  ]Niobé 
s'opère  en  Lvd  e.  11  y  a  plus,  et  c'est 
le  trait  essentiel,   on  n'a  pas  songé 
que  les  lieux  étaient  différents  •  et  la 
Iranslalion  par    terre    ou   par  eau, 
ou    sur    l'aile    des    brouillards  ,    est 
une  invention  postérieure  du  svncré- 
tisme.  Parlhénius,  d'après  Siinmias, 
I>éanlhe  cl  Xanthus  de  Lvdie  racon- 
tent le  mythe  de  ]Niobé   tout  autre- 
ment. Fille  d'Assaon,  femme  de  Phi- 
lole,  elle  s'enorgueillit  de  la  beauté 
de  ses  enfantî ,  qu'elle  dit  plus  beaux 
que  ceux  de  Lalone.  Latone  se  venge 
en  faisant  périr  son  époux  a  la  chasse, 
et  en  inspirant  pour  elle  h  .son  père 
une  passion  incestueuse.  ÏNiohé   ré- 
siste en  vain,   et  bientôt  ne  trouve 
plus  le  moyen  d'éciiapper  au  sort  qui 
la  menace^  elle  égorge  ses  enfants, 
et  se  précipite  du  haut  d'un  rocher: 
son  père  se  donne  la  mort  sur  son 
cadavre .  — Il  est  pito vable  d' expliquer 
par  un  événement   historique   la  lé- 
gende qui  vient  de  passer  sous  nos 
veux.  Pour  les  uns,  c'est  une  peste 
qui  lue  toute  la  famille  de  !!Ntobé  •  et 
sa  pétrification  k  elle  ,  cesl  la  stupé- 
faction de  la   douleur.   Ailleurs,   ce 
sont  des  prêtres  d'Apollon,  qui  se  dé- 
barrassent a  coups  de  flèches  des  en- 
nemis de  leur  culte ,  contraignent  la 
mère  des  jeunes  Kchatriias  égorgés  à 
quitter  le  pays,  et  laissent  les  corps 
de   leurs  victimes  exposés  à  la   dent 
vorace    des    bêtes  farouches  et  aux 
oiseaux.    La  pierre,  c'est    une   co- 
lonne   sur    le   monument    que    plus 
tr<r(l  (H  l"ur   élè^•p.    ^u!  doute  pour 


MO  175 

nous  que  Niobé  ne  soit   une  antique 
héroïne,    lune  prototypique   par  la 
face  inférieure ,  génératrice  par   la 
face  transcendautale.  Les  sept  fils, 
les  sept  filles  de  ^iobé  ne  sont-ils  pas 
une   sjmbolisation  élégante  des  sept 
jours  et  des  sept  nuits  de  la  semaine  ? 
que  sera-ce  si  Ton  songe  que  Niobé, 
iobé,  iopé,  iope.  ioft,  ioli^  se  tien- 
nent de  près  ,   et  veulent  dire   lune 
[voy.  \o)l  que  sera-ce,  si  Ion 
songe  qu'Amphion   est  une    person- 
nalisation   du     soleil    (  voy.     Ly- 
cus)? — La  mort  des  jNiobides  tt 
la  douleur  comme  l'impiétéde  la  mère 
avaient  fourni  un  riche  sujet  tragi- 
que aux  poètes   de  l'antiquité.    Es- 
chvle,  Sophocle,  Euripide  même,  se- 
lon quelques  savants,  l'avaient  traité. 
Parmi  les  modernes,  le  peintre  Miiîler 
nous  a  laissé  sur  ce  sujet  une  tragédie 
dans  laquelle  il  v  a  du  Michel- Ange. 
\oici  comment  se  termine  cettecom- 
positionquitient,ditM.d'Eckstein.du 
Promélhée  d'Eschyle  et  des  douleurs 
du  Laocoon.  ISiobé  brisée  par  la  mort 
de  treize  enfants  implore  Diane  en 
faveur  de  la  dernière.  Diane  semble 
dire  que,    si   par    des   supplications 
la  reine  reconnaît  sa  puissance  ,  elle 
ne  frappera  plus;  mais  quand  iSiobé 
trompée   invoque    la  fière  Latoïde  , 
et  a  ôté  la  couronne  de  sa  tète,  Diane 
frappe.  ]Niohé  alors  se   relève,  re- 
place sur  sa  tète  le  diadème  marbré 
du  sang  de  ses  enfants  ,  et  dit  :  «Je 
«  n'ai  pas  succombé.   C'est  par   un 
«  artifice  intame,  par  un  lâche  stra- 
te tagème  que  tu  as  fait  fléchir  mon 
ce  genou.   Cœur  de  marbre!    jamais 
tt  l'innocence  et  les  bégaiements  les 
a  plus  doux  ne  pourront  l'émouvoir! 
«  Jamais,  ô  vierge  cruelle  !    tu  n'as 
«  senti  ces   mouvements  rapides   et 
«  brillants  du  cœur  d'une  mère.  Sois 
«  nicre  un  jour,  et  souffre  autant  que 
«  moi  !    Ecroule-toi ,    temple  où  les 


174  ^'lO  ^lO 

«  dieux  cl  les  hommes  s'oublient  éga-  plus  ce'lebres  en  ce  genre  soûl  celles 

m.  leraeulî  »  (Le  temple  croule  sous  que  Ton  découvrit  à  Rome  en  i555 

les  éclats  du  tonnerre.)  «Ma  patience  ou,  selon  d'autres,  en  i585  auprès 

«  est  encore  un  triomphe^  reine  na-  de  la  porte  Lateranensis.   Elles  sont 

«  guère  et  la  plus  nohle  des  mères,  au  nombre  de  dix,  dont quelques-uues 

«  je    suis   aujourd'hui  reine   par    la  douteuses.   Long-temps  les   gens  du 

«  douleur.  Jupiterm'appclle  5  je  l'en-  palais  méconnurent  Texquise   beauté 

«  tends.  La  desUuclion  ne  peut  rien  de  ces  figures  et  la  noble  simplicité 

«  sur  moi;  je  brave  le  temps,  et  des  de  composition  de  ce  groupe  qui  ne 

«milliers   de   siècles  coulempleroni  fut  placé  que  dans  les  jardins  fdu  card. 

«  les  larmes  de  ISiobé.  Où  suis-je?  Ferd.de  Médicis).  En  1770  lerape- 


est-ce  la  terre  qui  me  porte  .^  quel  reur  Lëopold  .  alors  grand-doc  de 
o  ciel  nouveau  roule  sur  ma  tête?  Toscane,  le  fit  transporter  à  Flo- 
«  pourquoi  mes  vtiues  se  glacent-  reuce  ,  el  Winckelmann  le  révéla  aux 
«  elles.'  Dieux  horribles,  jumeaux  au  artistes  en  1779  ^^^^  ^°°  histoire  de 
«  cœur  de  bronze,  vous  fuvez!  l'O-  Tart  ;  la  même  année  Fabroni  pu 
«  lympe  plenre,  Icsdieux  s'indignent;  blia  sa  Dissertazione  sulle  statue] 
«  ils  n'osent  me  contempler  dans  une  apparûncntiallafavola  di  Nio 
«  lutte  terrible,  moi  mère,  moifrap-  bc ,  Flortnce,  1779,  Depuis,  Vis- 
er pée  de  tant  d'angoisses  1  Je  triom-  couli ,  Galli,  INilsch  et  d'autres .  l'ont 
ce  phe,  mes  enfants,  ne  plei  rez  pas!  minutieusement  décrit.  INous  rappel- 
le Ces  deux  fils  de  Latoue  ont  poussé  lerons  seulement  que  ISiobé  serrant 
u  trop  loin  la  volupté  de  la  'ven-  entre  ses  genoux  la  plus  jeune  de 
«  geance  ;  a  l'aspect  de  mon  tremble-  ses  filles,  INiobé  majestueuse  sans 
ce  ment  silencieux,  le  ciel  même  s'ef-  offrir  la  morgue  hautaine  des  Ju-< 
a  fraie.  33  (De  longs  éclairs  frappent  dou,  sévère  sans  cette  froideur  gla- 
les  épaules  de  ISiobé.)  «Mon  sein  est  ciale  qui  ôle  tout  charme  aux  figu- 
«  froid;  mon  cœur  s'apaise;  mon  res  de  Pallas ,  est  un  idéal  de  la 
«  oreille  se  ferme;  mon  œil  s'éteint  ;  haute  beauté.  Rien  de  plus  aérien,  de 
€t  ma  langue  cesse....  3>  iSiobé,  s'é-  plus  gracieux,  que  la  troisième  el 
crie  ensuite  M-  d'Eckstein  ,  est  une  la  quatrième  des  ^Siobides. — Oupré- 
aulre  mère  des  Machabées  placée  sume  que  ce  groupe  est  le  même  que 
dans  une  sphère  idéale  et  surhumai-  celui  dont  Pline  parle  (XXXVI,  4) 

ne Humainement  et  religieusement  comme  d'un    des   chefs-d'œuvre  qui 

parlant,  il  ne  peut  y  avoir  de  compa-  étaient  placés  à  Rame  dans  le  temple 

raison  entre  les  deux  sujets.  Celui  que  d'Apollon.  CeiiX  qui  ont  voulu  que  ce 

l'Ecriture  a  fourni  offre  ce  que  1  hu-  lût  une  copie  n  ont  pas  apprécié  le 

manilé  peut  donner  de  plus  vrai  et  de  slvle  sage  et  ferme  de  ce  morceau, 

plus  grand,  de  plus  senti,  de  plus  naïf  On  l'attribue  h  Scopas  ou  à  Praxitèle, 

et  de  plus  colossal;  le  sujet  tiré  de  la  Une  épigramme  de  l'anthologie  sem- 

fable  ancienne  est  un  symbole  riche  blo  couhrmcr  la   première  opinion, 

enhaules  pensées,  plein  d'uue  terreur  que  repousse  la  manière  un  peu   re- 

graudiose  et    d'une   gigantesque  au-  cherchée  dont  a  élé  exécuté  l'ouvrage 

dace  qui  ébranle  l'imagination  sans  (ccmp.  Propylœt'.,  t.  II,  n°  1,  p. 

émouvoir   le   cœur.  — Les   arts   du  4S;  et  n°  2,  p.   120).  On  peut  citer 

dessin  a  leur  tour  se  sont  emparés  de  encore  quatre  beaux  groupes  de  ^io- 

ce  magnitique  snjet.   Les  figures  les  hé,  i«  dans  la  villa  Borghè^e  .  -i"  au 


; 


I 


\ 


! 


]N10 

Vatican  .  5<»  ala  villa  Albani,  4°  dans 
la  collection  de  feu  le  comte  de  Pein- 
broke  k  A\  ilton.  L  ne  Tsiobé  tendant 
la  maia  h  Junoa  forme  le  sujet  d'un 
tableau  des  Pitiure  d'Erc^  I,   i. 

2.  TvIOBÉ,  fille  de  Pboronée  et, 
selon  quelques-uns ,  d'Iiiacbus.  Elle 
fut  îa  première  mortelle  aimée  de 
Jupiter  (toutefois  curap.  lo)  :  elle  en 
eut  Pélasgiie,  qui  régna  sur  TArgo- 
lide  après  la  mort  de  sou  aïeul . 

MO?s>'UALL,  c\>sl-a-dire  le 
fiL  de  rbéiitage,  est  dans  la  mvtiio- 
logie  irlandaise  le  fils  aîné  de  Fénius- 
Farsa .  et  comme  tel  reflète  absolu- 
ment les  Aiteacbla  ou  Fatocbda  de 
qui  descend  Bartolam.  II  s'oppose  en 
tout  ù  ]Nioul  son  frère ,  et  sa  race  con- 
traste fortement  avec  celle  de  iSioul. 
Ainsi  partout  se  dessine  lanlinomie 
des  aîués  et  des  cadets,  des  antédilu- 
viens et  des  postdiluviens  ,  des  bom- 
mes  typiques  et  des  bommes.  iSion- 
nuaîl ,  un  des  babitants  primitifs  de 
rirlande,  est  un  bomme  violent,  fou- 
gueux ,  meurtrier  de  ses  procbes.  11 
symbolise  !a  race  belliqueuse  et  fa- 
roucbe  des  anciens  temps  j  iSioul  re- 
préseuîe  les  tribus  paisibles  et  déjà 
demi-civilisées  de  l'âge  postérieur. 

MORD,  ÎSIORDR,  MOR- 
DOUR,  le  premier  des  \anes  Scan- 
dinaves ,  préside  au  vent,  apaise  la 
mer  en  fureur ,  et  a  le  feu, "surtout  le 
feu  central,  sous  son  empire.  Aussi 
est-ce  lui  qu'invoquent  navigateurs, 
chasseurs,  pécheurs  et  mineurs.  Il  fut 
él#Fé  h  \anlieibnr;  mais  depuis,  les 
\anes  Tayaut  donné  en  otage  aux 
dieux  pour  recevoir  a  sa  place  Hamer, 
échange  qui  rétablit  la  paix  entre  les 
Ases  elles  Vanes,  il  a  choisi  pour  ha- 
bitalionlSolan.  Epoux  de  Skada,  fille 
du  géant  Tbiasse  et  chasseresse  in- 
trépide, il  passe  neuf  nuits  sur  douze 
avec  elle  dans  les  montagnes.  E» 
levajche,   Skada  eu   passe   trois  de 


MR 


175 


suite  avec  lui  sur  les  bords  de  la  mer. 

TSIOLL,  INlULouMLL,  deuxiè- 
me fils  de  Fénins-Farsa  dans  la  my- 
thologie irlandaise,  émigia.  et  devint 
le  père  des  Miléadhs  ou  Scots.  Une 
cciîaine  renommée  de  science  l'envi- 
ronne j  et  cependant  sa  race  est  guer- 
rière. Mais  ces  guerriers  possesseurs 
de  l  Irlaiide,  en  détruisant  le  svstème 
sacerdotal  des  Tualha -Dadan,  sub- 
stituèrent un  autre  culte  k  celui  au'ils 
renversèrent.  Comp.  ]\io>->uall. 

ISIOUSTITCHITCH  ,  le  dieu  su- 
prême desKamtchadales  qui  le  regar- 
dent comme  une  espèce  d'ancien  des 
jours. 

jXIPARAIA  est  l'esprit  bicnfai- 
sant,  selon  les  Édues  de  la  Californie. 
Ils  lui  opposaient  Touparan  ou  Ouac 
(A\ac).  ]Niparaïa  créa  le  ciel  et  la 
terre.  Attaqué  par  Touparan  ,  il  le 
défit,  le  dépouilla  de  sa  puissance,  le 
chassa  des  plaines  de  Tair,  et  le  con- 
fina, ainsi  que  tous  ses  adhérents, 
dans  une  grande  caverne  souterraine 
qu'il  donna  en  garde  aux  baleines 
pour  Terapécher  d'en  sortir.  Toupa- 
ran exerce  pourtant  encore  de  l'in- 
fluence sur  les  actions  et  le  cœur  des 
bommes  5  il  les  excite  k  la  guerre. 
iSiparaïa  au  contraire  déteste  ces 
rixes  sanglantes  5  ceux  qui  meurent 
par  la  flèche  ou  par  l'épée  ne  vont 
point  au  ciel.  Ils  tombent  dans  la  ca- 
verne de  Touparan.  Les  Californiens 
se  divisent  en  deux  partis,  Tuu  qui 
adore  ]Niparaïa,  et  qui  tsl  docile  a  sa 
loi,  l'autre  qui  sacrifie  a  Tuaparan.  . 

iSTPHÉ,  N/^.'î,compague  de  Dia- 
ne aux  bains,  était  sans  doute  une 
jNaïade  (R.  ;  ^Vra;,  laver). 

jNTPHÉE,  jNiph.ius  ,  N<qp««7e5- , 
cbei  latin  du  parti  de  Turnus,  fut  tue 
par  ses  chevaux. 

jNTRÉE,  ÎSirlus,  Nipivç,  fils  de 
Charops  (le  visage  gracieux),  et  d'A- 
giaïa  (lasplcudeui).  naquit  dausTile 


,76 


MS 


de   Syrae,  entre  Cnidc  et  Loryme. 
C'était  le  plus  beau  des  Grecs  après 
Acliille.  Il  conduisit  en  Troade  Irois 
vaisseaux  (seize  selon  Hygin).  Diodore 
lui  donne  le  titre  de  roi  de  Cnide.  11 
lut    tué   par  Eurvpvle.    Nirée    sans 
doute  fut  le  héros  de  beaucoup  de  fa- 
bles en  Grèce.  Ainsi,  par  exemple, 
nous  le  voyons,  dans  Ptolémée-Hé- 
pbestion,  figurer  comme  favori  d'Her- 
cule qui  saide  de   lui  pour  tuer  le 
liou  de  jNéraée. —  iNirée  sans  doute 
n'a  pas  existé;  c'est  une  personnifi- 
cation de  la  beauté   chez  Tliorame, 
comme   Anadyomène  est   la  beauté 
chez  la   femme.    îSirée  et   Anadyo- 
mène sont,  dans  celle  liypotlièse,  des 
individualisations  marines;  Anadyo- 
mène est  une  Amphitrite  Boulo  .  et 
ÎSirée  né  au  milieu  des  mers  et  dans 
une  île  semble  un  jSérée  subalterne. 
INIKOLTI,  un   des  Imit  Vacous 
du  brahmaïsme,  a  sous  sa  garde  Fan- 
gle  sud-ouesl  du  raoude,   et  préside 
aux  génies  malfaisants.  i)ous  ce  point 
de  vue,  il  se  rattache  a  lama  chargé 
de  la  garde  du  sud,  et  à  Varouna  qui 
a  l'ouest  sous  sa  dépendance.  On  sait 
de  plus  que  lama  préside  auX  morts  et 
aux  enfers,  et  que  Varouna  est  le  roi 
des  mers.  Or  c'est  toujours  l'hémi- 
sphère  austral  que   les  peuples    du 
nord  ont  pris  pour  l'enfer;  et  le  so- 
leil, brillante  lormule  de  la  lumière, 
a  toujours  semblé  s'éteindre  dans  la 
mer  et  klouest. 

INISL'S ,  N7<ro; ,  fils  de  Pandion  II 
et  frère  dEgée,  régna  sur  Mégare.  La 
légende  lui  attribue  un  cheveu  d'or , 
véritable  palladium,  auquel  tenaient 
et  la  stabilité  de  son  trône  et  l'indé- 
pendance de  î\Iégare.  Minos  étant 
venu  assiéger  sa  ville,  Scylla,  sa  fille, 
coupa  ce  cheveu  pendant  sou  soranuil, 
et  alla  le  porter  a.,  roi  de  Crète  dont 
la  vue  l'avait  charmée.  Minos  la  fit 
chasser  de  son  camp;  et  Scylîa  all'^il 


Mi- 
se jeter  dans  la  mer,  quand  les  dieux 
la  changèrent  en  alouette.  Son  père 
se  trouvait  transformé  en  épervier, 
et  depuis  ce  temps  le  terrible  falc oné 
ne  cesse  de  faire  la  guerre  au  timide 
conirosire.  Il  est  possible  que  Ta- 
louelte  dont  on  parle  soit  l'alouette 
de  mer,  espèce  qui  appartient  au  genre 
bécasseau,  de  h  famille  des  numénécs 
et  de  l'ordre  des  grolles. 

iNISLS  et  ELKÏALE  sont  célè- 
bres dans  l'Enéide  par  leur  amitié  et 
par  l'héroïsme  qu'ils  déployèrent  dan» 
une  sortie  nocturne  au  camp  de  Tur- 
nus.  L*uu  et  l'autre  périrent  dans  leur 
entreprise.  L'épisode  de  ^isus  et 
Euryale  est  un  des  plus  louchants 
de  l'Enéide.  Il  a  donné  l'idée  de  ce- 
lui de  Cloridau  et  Médor  dans  TOr- 
laudo  furioso  ;  mais  celle  fois  l'imita- 
teur s'est  élevé  au-dessus  de  son  mo- 
dèle {voj^.  Ginguené,  Hist.  littér. 
d' lialit .  IV,  410). 

JNITOCRIS, roi  ou  reine  d'Egypte, 
figure  dans  le  latercule  d'Eratosthèue 
au  vingt-deuxième  rang,  entre  Akken- 
kharé  et  Myrtée.   Son  nom,  que  le 
grec   rend   par  ' A^v,^yi  nKr^pôfoç  ^    et 
le  latin  par  Minerva  viclrix  (Mi- 
nerve victorieuse) ,  a  peut-être  quel- 
que autre  signification.  Qui  empêche- 
rait, par  exemple,  qu'il  ne  signifiât 
vainqueur  par  .Minerve,  vainqueur  en 
sagesse,  etc.?  11  n'indique  donc  pas 
évidemment  qu'il  s  agisse  d'une  ffine 
plutôt  que  d'un  roi.  L'idée  commune 
est  que    iSitocris  fut  reine.  Jusqu'à 
quel  point  élait-ce  l'opinion  des  prê- 
tres de  l'Egypte .-*  C'est  ce  que  nous 
ignorons.  Mais  on  ne  peut  douter  que 
ce  ne  soit  à  eux  qu'Hérodote  ail  dû 
les  légendes  qu'il  nous  a  transmises 
sur    cette  souveraine  fabuleuse ,   ou 
plutôt  sur  deux  souveraines  de  ce  nom. 
INée  eu  Ethiopie,  la  première  régna 
en  Egypte  après  son  frère  ,  dont  les 
grands  de  l'état  s'étaient  défaits  par 


( 


i 


NIT  NOC                  177 

un  meurtre ,  et  vengea  sa  mort ,  en  ISitocris  est  ou   Stochnené  premier 

faisant  entreries  eaux  du  ÎSUdans  un  Dëcan  du  Scorpion  ,  ou  Séket  troi- 

canal  creusé  a  grande  frais ,  et  où  elle  sième  Décan  du  Bélier ,  ou  Chontaré 

donnait  un  festin  magnifique  aux  as-  troisième  Décan  de  la  Balance,   ou 

sassins  (Hérodote,  liv.  II,  ch.   100).  Isrô  (THomotli  deFirmicus)  troisiè- 

La  seconde  parut  eu  Médie  à  Tépoque  me  Décan  du  Capricorne.  Du  reste, 

de  la  plus  grande  puissance  des  Mè-  Dupuis  {Orig,  des  Cuit. ,  t.  VII, 

des,  et  se  signala  par  des  construc-  p.  ']i  de  l'éd.  Auguis)  remarque  que 

tions  le  long  de  TÈuphrate  :  des  le-  parmi  les  paranatellons  du  Scorpion 

vées,  deségouts,  des  canaux,  un  vaste  se  trouve  aussi  une  reine  dÉlhiopie, 

pont,  le  cours  du  fleuve  alongé  par  Cassiopée  5  et,  comme  cette  constel- 

des  sinuosités  artificielles,    voila  les  laliou  a  son  coucher  est  accompagnée 

ouvrages  que  lui  prête  le  vieil  histo-  du  fleuve  d'Orion,  il  croit  qu'on  peut 

rien  d'Halicarnasse  (liv.  I,  ch.  i85  parla  coïncidence  des  deux  faits  si- 

et  suiv.  ;   ou  Rollin  ,  ^i,s^.   anc.  ^  dériques  expliquer  la  fable  égyptienne 

t.  I,  p.  364).  Il  est  évident  que  ja-  qui  nous  montre  la  princesse  ëthio- 

raais  reine  de  Babylone  ne  porta  le  pienne  noyant  ses  sujets    d'Egypte  à 

nom   de   jNitocris,  et  qu'en  consé-  l'aide  du  fleuve  qu'elle  introduit  dans 

quence  toute  la  tradition  relative  à  la  un  palais  souterrain. 

dernière  des  deux  reines  n'est  qu'une  INITOÉS  (jNitweys)  ,  génies  des 

imitation  et   une   contre-épreuve  de  iles  Moluques,sont  toujours  invoqués 

celles  qui  se  rapportaient  à  la  pre-  au  commencement  des  entreprises  un 

mière.     Celle-ci   à    son    tour    n'est  peu  graves;  non  pas  qu'ils  aient  l'ha- 

qu'une  personnification  de  l'industrie  bitude  de  les  mener  a  bien,  mais  de 

humaine  creusant  des  canaux,  et  ré-  peur  qu'ils  ne  les  mènent  k  mal.  Dans 

gissant  le  cours  des  fleuves.  Que  le  chaque  famille   on  tient  des  cierges 

nom  de  Minen^e  triomphante  ou  allumés  en  Thonneur  du  Nitoé  qu'on 

triomphant  par  Minerve  s'appli-  s'est  choisi ,    et ,    lorsqu'il  s'agit   de 

que  k  l'être  humain  dans  lequel   on  quelque  entreprise,   on  1  invoque  au 

réalise  l'histoire  et  les  vicissitudes  de  son  d'un  petit  tambour  ,  on  lui  sert  à 

cette  grande  branche  de  l'architec-  dîner ,    on   Tinvile  a   manger    et  k 

ture   publique,    on  le    conçoit  sans  boire  ;  puis  les  assistants,  au  nombre 

peine.   Ces  ponts  jetés  sur  les  eaux,  de  trente  ou  quarante,   font  dispa- 

ces  routes  tracées  a  un  fleuve  rebelle,  raître  les  restes,  c  est-a-dire  tout  le 

ces  écluses,   ces  canaux,  ces  larges  festin. 

saignées  a  l'aide  desquelles  l'homme  jNIXI  DII  (les)  étaient  trois  dieux 

va  porter  les  eaux  et  la  fertilité  dans  qu'invoquaient  les  femmes  en  couche, 

des  terres  arides,    ce  sont  bien  les  On  les  représentait  agenouillés  et  les 

triomphes   du  génie.  Pour  la  iSilo-  mains   entrelacées  sur   les    rotules, 

cris  ératosthénienne  ,    qui   vraisera-  Leurs  statues  se  voyaient  au  Capi- 

blablement  n'a  point  de  rapport  avec  lole,  devant  la  statue  de  Minerve, 

celle  d'Hérodote,  c'est    au   ciel  et  Selon  la  légende,    ils   avaient   été 

dans  un  des  trente- six  Décans  que  apportés  de  Syrie  par  Attilius. 

les  mylbograplies   modernes  la  re-  JNOCTLLILS,  dieu  lalin  connu 

cherchent.  D'après  les  quatre  bypo-  par  une   statue    et  une    iùscriptioa 

thèses  de  concordance  entre  les  Dy-  trouvées  a  Brest,  était  figuré  la  cape 

»aîle5ellesDccau5(/^^o;  .  DÉtA>s),  de  Télc^phf.rc  sur  la  tète,  lo  costume 

jv.  la 


l'^ 


NOK 


d'Atys  autour  du  corps  ,^  un  dol^t  a 
l'oreille  et  une  chouette  k  ses  pieds  j 
il  éteint  un  flambeau.  On  en  a  conclu 
un  Atvs  IN'octulius  ou  présidant  a.  la 
nuit.  JN'est-ce  pas  plutôt  un  dieu- 
nuit? 

WCTURNUS,  dieu  romaîn  des 
ténèbres. 

NODINUS,  NoDosus,  iS'odutus, 
NoDUTis,  dieu  latin,  présidait  au 
nœud  qui  serre  le  grain  de  b!é  dans 
l'épi. 

NODUTERUS,  déilé  italique, 
agricole,  présidait  au  battage  du  blé 
(R.  :  nodus^  terere). 

ÎS'OÉMOri  ,  Hoviu.m  :  1°  chef  ly- 
cien  venu  au  secours  de  Priam  et 
tué  par  IJlvssej  2°  habitant  d'Itha- 
que à  qui  Téléraaque  emprunta  un 
vaisseau  pour  aller  k  la  recherche  de 
son  père  ;  5°  compagnon  d'Anli'oque. 

ÏNOÉTARQLE,  l'essence  suprê- 
me, le  Nous,  le  Logos,  selon  les  éclec- 
tiques ,  selon  les  théosophes  partisans 
de  la  doctrine  des  Eonsj  après  INoé- 
tarque  venaient  Émeth  et  Amen. 
Cette  espèce  de  théogonie  appartient 
à  la  pbdosophie  védanta ,  modifiée 
par  quelques  idées  égyptiennes. 

ÏSOGAINDARAGOIJ  ouNOGA^N- 
DARA-EKE  (c'est  k-dirc  la  mère 
verte)  en  mongol,  et  Doulma-INgod- 
CHAN  en  tangutaiu  iVoy,  ce  der- 
nier nom). 

IXOHetHI^GiNOIlsoul  chez,  les 
indigènes  de  la  Hottenlolie  le  couple 
primordial.  Tous  deux  eulrèrent  dans 
le  pays  par  une  porte  ou  une  fenêtre. 
Ils  mirent  au  monde  plusieurs  enfants, 
et  leur  communiquèreut  entre  autres 
arts  celui  d'élever  les  bestiaux. 

rsOKKA  ou  INIKKEIN,  le  dieu 
de  la  mer  dans  la  péninsule  danoise, 
était  représenté  sous  la  forme  d'un 
raoustremarin  klète  numaine.  Comp. 
OannÈs.  Il  apparaissait  tantôt  sur  la 
merj  lanlôt  sur  les  fleuves, 


NOMIE  ,  ZSoMiA  ,  nymphe  d^ 
l'Arcadie,  donna  son  nom  au  mont 
ISoraien.  Evidemment  c'est  une  déesse 
des  pâturages.  C'est  la  vie,  la  région 
pastorales  personnifiées. — On  donne 
aussi  ce  nom  k  Paies.  Nouvelle  preuve 
de  ce  que  nous  avançons  (R.  :  tifiîiVf 
faire  paître). 

NOMIOS  :  1°  Apollon,  2"  Mer- 
cure, 3"  Pan,  ^^  Jupiter,  5°  Bac- 
chus.  Ce  surnom  est  important,  sur- 
tout pour  les  deux  premiers  dieux. 
Comp.  Admète,  Gopis,  Krichna* 
—  Un  fils  de  Cyrène  et  d'Apollon 
porte  aussi  ce  nom  de  Nomios. 

jNOMOS  ,  Ko^arf,  la  loi  per- 
sonnifiée ,  est  dans  un  fragment  or. 
phique  le  parèdre  de  Jupiter;  dans 
un  autre  le  roi  des  dieux  et  des  hom- 
mes, le  recteur  des  étoiles,  etc.: 
dans  Pindrire  el  dans  Platon  c'était 
la  Nécessité.  Tous  ces  points  de  vue 
philosophiques  aisément  justifiables 
laissent  toujours  un  doute.  Nomos 
a-t-il  été  réellement  personnifié  et 
divinisé  .^  L'affirmative  est  plus  pro- 
bable./^o/.,  art.  LAO-TsEU,ce  que 
nous  disons  du  Tao,  et  comp.  Thé- 
mi  <. 

N0NACRIS,Nô.«»^/V,  fille  d'Hé- 
licaon,  était  l'héroïne  éponyrae  d'une 
\ille  d'Arcadie  célèbre  par  le  voisi- 
nage du  Styx.  On  appelle  Mercure 
IVonacriaies ,  Evandre  Nonacrins 
hcros,  etCallisto  Nonacrina  tantôt 
virgOy  tantôt  tirs  a,  etc. 

NOR,  père  de  Nolt,  la  Nuit  dans 
la  mythologie  Scandinave,  fondateur 
du  royaume  de  Norvège.  Goe,  5a 
sœur,  ayant  été  enlevée,  Thorron  , 
son  père,  lui  ordonna  d'aller  la  cher- 
cher, et  institua  des  sacrifices  pour  la 
réussite  de  cette  entreprise.  Goe  fut 
retrouvée  dans  le  deuxième  mois  de 
Tannée,  auquel  on  donna  son  nom,  el 
^or  chassa  du  pays  ou  assujettit  k  ses 
armes  tous  les  pctils  princes  de  la 


NOR 

contrée  où  ses  recherches  l'av«ilcnt 
amené.  Ces  traditions  sur  l'origine  de 
1.1  jSorvège  rappelleni  les  mvthes 
d'At^éiior  et  des  Agénorides. 

iS'ORAX  (Nâ^'tf^l,  g.  ciKos)  fCheï 
de  la  peuplade  ibérienne  qui  vint  a 
uiîfi  époque  très-reculée  habiter  la 
Sardai^ne,  et  v  fonder  la  ville  de 
JXora,  la  plus  ancienne  des  cités  de 
la  Sardaigne  ,  selon  la  plupart  des 
auteurs  :  quelques-uns  cependant,  par 
exemple  Pausanias,  regardent  comme 
antérieures  la  colonie  d'Aristée  et  la 
fondation  d'Olbia  ,  depuis  Agylle 
f?;or.  IoLAs\  Les  légendes  faisaient 
de  2Sorax  un  fils  d'Hermès  et  d'Erv- 
ihrée,  fille  de  Gérvon  (Pausanias , 
1.  X ,  c.  17).  Il  est  évident  que  dans 
le  langage  antique  ceci  se  réduit  h 
dire  que,  des  rives  occidentales  du 
royaume  prétendu  ,  Gérvon  vint 
dans  lîlc  de  Sardaigne.  Toute  colo- 
nie se  récapitule  en  un  homme;  et 
toujours  cet  homme,  chef  de  la  colo- 
nie, est  une  incarnalion  ou  un  fils  de 
Cadmile  (ici  deCadmile-Mercure}. — 
La  similitude  des  noms  ]Nora  et  JNo- 
rax  appuie  encore  celte  manière  de 
voir.  D'ailleurs  les  deux  noms  font 
penser  h  ces  mystérieuses  construc- 
tions terminées  en  cône,  qui  se  trou- 
vent en  si  grand  nombre  dan.^  les 
parties  de  l'île  sandaliforme  ,  et  qui 
sont  connues  sous  le  nem  tradilion- 
nel  de  TSuraghs.  H  est  vrai  que  gé- 
néralement ou  a  penché  a  croire  ces 
édifices  d'origine  polasgique.  Mais  il 
sn.'nblc  plus  probable  que  c'est  aux 
Ii)ères  et  aux  Celtes  qu'il  faut  en 
rnpporler  lusage,  surtout  s  il  est  vrai 
(pa  il  s'en  rencontre  de  semblables 
dans  l'Irlande  et  dans  l'Ecosse  sep- 
tentrionale. Comp.  sur  ces  (juestions 
Petit-Uadel,  police  sur  les  I\u- 
raghs  de  la  Sardaigne  (Paris, 
ii)26.  avec  planches);  Miinler,  Rcl. 
der  Korth,  ,  p.  1 14  et  1 1 5  .  ch. 


NOR 


1:9 


21^  ti  Anpend.  du  même  lib.  Sor- 
dische  Idole,  p.  9,  etc. — ÎN'orat 
peut  faire  penser  aussi  à  toute  cette 
famille  de  noms,  ÎSérot,  ISériène,  etc. , 
dérivés  du  samskrit  nara ,  homme, 
et  en  relation  avec  le  grec  ùf^e.  Au 
reste ,  M.  Petit-Radel  attribue  la  fon- 
dation de  Nora  à  une  colonie  de  Pé- 
lasgues  qui,  après  avoir  abandonné  la 
côte  du  Laliiim  et  de  l'Etrurie,  au- 
raient été  s'établir  dans  llbérie.  Bo- 
chart  veut  que  Caralis  (Cagliari)  et 
iSora  aient  été  l'ouvrage  des  Cartha- 
ginois. ISiebuhr  admet  ,  sans  même 
tenter  la  discussion  ,  la  tradition  de 
l  origine  de  rSora. 

iSORIK,  TS'oRicus,  fils  d'Hercule, 
ou^  selon  quelques  traditions,  d'Al- 
mane,  donna  son  nom  au  iSoricura. 

_NOR?sES  (les)  sont  les  Parques 
des  Scandinaves,  mais  elles  ne  filent 
pas  •  elles  disposent  k  leur  gré  la  vie 
et  l'être  ;  elles  prophé!i«;enl  ;  leur 
puissance  s'exerce  sur  la  créatioTi 
entière.  C'est  grâce  aux  iSorncs 
que  tout  existe,  se  conserve,  se  mo- 
difie et  meurt.  Les  phénomènes  eux- 
mêmes  se  produisent  par  elles.  Oa 
ne  s'étonnera  pas  k  présent  de  leurs 
noms,  Ourda  (le  passé),  Vérandi  (le 
présent),  Skalda  (l'avenir).  Toutes 
trois  sont  vierges.  Ce  sont  les  magi- 
ciennes, les  fées  ,  les  hautes  déesses 
par  excellence.  La  dernière,  Skalda, 
donna  son  nom  aux  scaldes,  prêtres 
Scandinaves  qui  prédisent  l'avenir. 

>'OSSA.  roy.  HîJossA. 

>ORTIA  ou  ]NURSIA,  déesse 
italique  que  Ton  honorait  k  Volsinirs 
(aujourd'hui  Bolsena},  une  des  prin- 
cipales villes  de  la  confédération 
étrusque  ,  et  dans  tout  le  reste  (\c 
l'Etrurie.  C'était  une  véritable  For- 
tune latine,  une  souveraine  du  temps 
cl  des  années,  tout  au?si  bien  qu'une 
dispensatrice.  Comme  les  déesses  de 
Prénî'stc  çt  (VAnlium,  elle  avait  le 


12. 


x8a 


TSOT 


clou  pour  allribut ,  et  l'on  cnfonçail 
annuellcrnt'flt  un  clon  dans  son  temple 
de  VolMuies  (  clavus  annalis  )  pour 
faciliter  au  peuple  le  calcul  des  années. 
Cet  usao-e  passa  depuis  aux  Romains, 
chez  qui  long-temps  le  consul  ou  le 
dictateur  enfonça  successivement  le 
clou  symbolique  dans  le  mur  droit  du 
Capitole,  tout  près  de  l'autel  de  Mi- 
nerve. Quelquefois  même  on  ne  nom- 
ma, assure-t-on,  un  dictateur  que  pour 
cette  cérémonie  (  clavo  fii^tndo). 
Plus  tard,  et  lorsque  les  Romains 
devinrent  assez  forts  sur  le  calcul  du 
temps  pour  ne  plus  avoir  besoin  de 
points  de  rappel  aussi  grossiers,  on 
conserva  encore  cette  cére'monie,  mais 
seulement  pour  les  circonstances  ex- 
traordinaires. Ainsi  tantôt  la  peste 
(Tite-Live,l.  Yll,  c.  3,  1.  lX,c. 
28),  tantôt  de  graves  mouvements 
populaires  (le  même,  l.  YIll,  c.  18) 
donnèrent  lieu  à  planter  des  clous  ba- 
créb  au  Capitule.  Le  nom  de  ISorlia 
se  rencontre  assez  souvent  dans  les 
inscriptions  (Goji,  tom.  11,  p-  175 
3o3,  etc.).  Ruperti  (sur  Juv. ,  Sat. 
X,  V.  7i,  I,  p.  2i6j  et  II,  p. 
567),  d'après  un  passage  de  Ter- 
tullien  (Ap.,  24),  a  prétendu  quil 
fallait  distinguer  INortia  de  TSursia. 
On  sait  qu'il  existait  dans  le  La- 
lium,  vers  les  sources  du  jNar ,  une 
ville  de  ce  dernior  nom  (  aujour- 
d'hui INorcia).  C'est  là  qu'était  née 
la  mère  de  Vespasien  (^Suétone,  P  ie 
de  f^esp.y  ch.  I  ).  Quelques-uns 
soupçonnent  que  Norlia  était  la  mê- 
me que  Pomone,  ce  qui  est  mvrai- 
semblable.  Comp.  Mari,  Capella, 
ISocrs  de  La  PliUol.^  1,  18,  9  ;  et 
Oltf.  Mliller,  II,  p.  54  et  suiv. 

ÎSOTOS,  en  latin  Auster  ,  le 
vent  du  sud  personnifié,  est  un  des 
huit  vents  principaux  représentés  sur 
les  huit  faces  de  la  tour  des  vents  dans 
Athènes.  Il  09  se  distingue  de  Lips  el 


xou 

de  Zépliyre  ,  qui  le  suivent,  que  par 
son  air  de  jeunesse  et  par  l'absence 
de  barbe.  A  sa  main  est  uu  vase 
qu'il  vide  ,  ce  qui  indique  les  pluies 
chaudes  que  ce  vent  amène. 

iSOlB.  HolZ,  forme  égyptienne, 
probablement  très-peu  usitée  ,  de 
Knef,  a  été  proclamée  par  Cbam- 
poilion  jeune  {Panlh.  cg.  ,  exp.  de 
la  pi.  3),  et  rend  plausible  la  conjec- 
ture qui  admet  auasi  la  forme  iSeb 
{yoy.  ]Neb).  Noub  en  nubien  si- 
gnifie or'^  et  c'est  de  la  que  l'on  a 
voulu  tirer  i'étymologie  taulde  Knef 
que  d'Anbô  ou  Anubis.  Ces  dériva- 
tions nous  semblent  fausses  [Voy. 

K>EF  et  A>UD1S). 

jNOLM,  Now^,  d'où  le  grec  Ckou- 
31  is  {\s.yoZui;)  et  non  Chnoumis,  est  le 
même  que  Knef  [f^oy,  ce  nom). 
C'est  un  bien  singulier  rapport  que 
celui,  i^de  ISuma  et  de  Knef  (ou  de 
la  première  personne  de  la  triade 
égyptienne)  ainsi  adouci,  2'**de  Pio- 
mulus  (ou  Romus  ou  Rémus)  el  de 
Piromi,  Pi-Uomi,  antérieur  et  su- 
périeur aux  trois  personnes  de  la 
triade. 

ÎSOUTE-FEN  était  en  Egypte  le 
INil ,  du  moins  en  tant  que  personne 
divine.  Il  est  probable  que  ce  nom 
veut  dire  qui  verse  les  eaux.  Les 
mythologues  grecs  en  firent  un  fils  de 
Pontos  et  de  Thalassa  (la  Mer)  (Hy- 
gin,^reA,p.5),  ou,  ce  qui  revient  au 
même,  dOcéan  et.de  Télhys  (Hésio- 
de ,  Tlif^og. ,  vers  33^),  et  lui  don- 
naient pour  fille  Memphis,  épouse 
d'Lpaphe.  Le  sens  de  ces  mythes 
étroits  se  comprend  assez.  Les  astro- 
nomes, lorsqu'ils  plactrent  au  ciel 
une  couslellaliondu  tleuve,  voulurent 
hien  se  diviser  sur  le  nom  propre  le 
plus  lonven.  ble  au  lleuve  :  la  plupart 
se  déclarèrent  pour  TLridan,  le  ÎNil 
eut  quelques  partisans. Plus  tard,  sur 
le  seus   auibi^u  du  mol   Eridan,  on 


>'0V 

imagina  d'identifier  Éridan  et  Nil.^ 
Ce  n'est  pas  une  faute  aussi  grave  que 
le  supposent  quelques  personnes.  Le 
nom  propre  du  fleuve  qui  figure  au 
ciel  comme  conste5ation,  c'est  a  vrai 
dire  le  fleuve  Océan  ^  et  l'on  a  pu 
prendre  pour  Océan  tout  grand  et 
large  fleuve  à  vaste  embouchure.  Le 
Pô,  le  Nil  étaient  de  ce  genre.  Reve- 
nons a  l'Egypte.  Nul  doute  que  le 
grand  fleuve  nourricier  qui  coule  des 
monts  de  la  lune  a  Damiette  et  à 
Rosette  n'ait  été  regardé  par  les 
Egvptiens  comme  une  de  leurs  divi- 
nités principales  5  mais  cette  divinité 
n'est  qu'une  face  de  divinités  supé- 
rieures à  la  terre.  Knef  qui  est  pre- 
mier Démiurge  ,  qui  est  le  ciel ,  ou 
même  le  ciel  prototypique,  ou  mieux 
encore  la  volonté  créatrice,  exhibi- 
tion première  de  l'être  naguère  irré- 
vélé, Knef  en  descendant  sur  la  terre 
est  le  Nil.  Son  nom  le  témoigne:  car 
Knef  et  Canope  ne  diffèrent  pas ,  et 
Canope  dieu-vase  aux  raille  trous  est 
le  type  du  Nil,  Noute-Fen  {^ffu- 
sor  aquarum  )  ;  et  quoi  d'élon- 
nant!  le  ciel  est  une  mer,  un  fleuve- 
Océan.  Knef  Démiurge  était  le  ciel. 
Le  ciel  avec  ses  astres  se  représente 
par  un  serpent  au  corps  bleu  semé 
d'étoiles:  Knef,  comme  Piromi,  était 
ce  serpent.  Qsiris  aussi  était  le  Nil, 
qui  féconde  sur  la  terre' par  les  eaux 
cojpme  le  soleil  au  ciel  par  la  cha- 
leur.   . 

NOVEMBRE .  November  ,  a  été 
personnifié  plu  tôt  quedivinisé.  Ausone 
le  caractérise  par  des  attributs  qui 
conviennent  aux  prêtres  d'Isis ,  parce 
que  c'est  dans  ce  mois  qu'on  célébrait 
a  Rome  les  fêles  de  cette  déesse. 

NOVENSILES,  dieux  sabins  sur 
la  nature  desquels  les  savants  varient^ 
étaient  au  nombre  de  neuf  (  Voy. 
Arnobe,  C.  les  nat.^  1.  III,  c.  38 
et  59).  Selon  Granius,  c'étaient  les 


NUÉ 


i8r 


neuf  muses.  Pîson  les  regardait  com- 
me des  divinités  propres  aux  Sabins", 
et  par  conséquent  sans  analogie  con- 
nue  dans   les  religions   étrangères. 
D'autres  donnent  à  ces  neuf  dieux  les 
noms  d'Hercule,  Romulus,  Esculape, 
Bacchus,  Enée  ,  Vesta.,  la  Santé  ,  la 
Fortune,  la  Foi.  Maniiius  y  recon- 
naissait les  neuf  dieux  ou  génies  qui 
seuls  avaient  reçu  de  Jupiter  le  droit 
de  lancer  la  foudre.  Cette  indica'tion 
précieuse  est  conforme  aux  traditions 
de  la  discipline  étrusque   qui  parle 
souvent  des  neuf  dieux  de  la  foudre 
(ou^  si  l'on  veut,  de  dix,  mais  en  y 
comprenant  Jupiter),  et  qui  distingue 
douze  espèces  de  foudres  dont  neuf 
appartiennent  au  seul  Jupiter.  Toute- 
fois rien  ne  prouve  que  les  neuf  dieux 
fulminateurs  de  TEtrurie  aient  porté 
le  nom  de  Novensiles  ;  et  il  semblerait 
plutôt  que  cette  dénomination  appar- 
tînt exclusivement  aux  Sabins.    Les 
Etrusques  l'adoptèrent-ils  plus  tard? 
avaient-ils  déjà  donné  des  noms  k  leurs 
génies  fulguriteurs?  les  changèrent- 
Ds,  ou  bien  se  bornèrent-ils  a  pronon- 
cer leur  identité  avec  les  Novensiles? 
Ce  sont  autant  de  questions  indéci- 
ses [Voy.  Oltf.  Miiller,  Etriisk., 
t.   II,   p.   84,  n"   10  5  et  Creuzer, 
t.  II). — Quelques  mythologues  regar- 
dent les  Novensiles  comme  les  dieux 
que  Rome  reçut  de  Tatius ,   dieux 
nouveaux  pour  la  ville  de- Rome.  Ces 
dieux  étaient  au  nombre  de  quatre, 
la  Santé,   la    Fortune,    Hercule   et 
Vesta.  De  là  deux  étymolngics  :  l'une 
tire    Novensiles    de  yiOi'em   (nenf), 
l'autre  le   fait  venir  de  novi  (nou- 
veaux).. 

NUE  ou  NUÉE.  F.  Néphele. 
NUÉES. Nebl'LJE,  N£^îA<*/.  Per- 
sonne n'ignore  qu'Aristophane  Us  a 
personnifiées  dans  la  pièce  de  ce  ncm; 
mais  elles  se  proclament  .llcs-mt mes 
les  divinités  s.upréme5. 


l82 


NUI 


TSTIT,  NoT,  Nt/'l,  divinité  allé- 
gorique, est  dans  Homère  le  principe 
<Jc  tous  les  êtres.  Dans  la  théogonie 
d'Hésiode  c'était  la  fille  du  Chaos, 
nui  est  une  des  quatre  essences  pri- 
mordiales,  et  la  sœur  de  rÉrebc. 
Sœur-f'pouse ,  elle  a  de  ce  frère  son 
mari  TÉther  et  Hémera  (le  jour). 
yma  elle  engendre  d'elle-même  le 
Sort,  Kér,  la  Mort,  le  Sommeil,  les 
»Songes,  ÎS^omos,  OVzys  (Taflliclion }, 
les  Hespérides,  les  Parques,  les  Ké- 
rcs,  iSeraésis,  la  Fraude,  TAmilié, 
ia  Vieillesse,  la  Discorde.  Hygin,  eu 
lui  donnant  le  Chaos  pour  père ,  y 
ajoute  une  mère,  Caligo  (en  latin  les 
ténèbres).  Dans  Varroii  l'Erèbe  ekt 
sou  père.  A  cette  hypothèse  se  lie 
celle  qui  lui  donne  pour  époux  TA- 
théron  et  pour  filles  les  Furies.  Hà- 
ioDS-uous  de  joindre  ici  la  lise  des 
enfants  que  lui  assignent  Cicéron  et 
Hygin.  Dans  Cicéron  ,  h  la  suite  des 
noms  déjà  donnés  par  Hésiode,  se 
trouvent  l'Amour,  la  Peur,  le  Dul,  la 
Ruse,  le  Travail,  l'Obstination.  Dans 
Hygm ,  sa  postérité  se  compose 
de  Typhon,  Epaphe,  Porphv- 
rion ,  Némésis  ,  Euphrosyne  (  la 
joie  ou  la  volupté?),  le  Slyx,  la  Dis- 
corde, TAmitie  et  la  Pitié.  Les  hym- 
nes orphiques  la  qualifient  de  fille 
d'Erôs  (l'amour).  Aristophane,  d'a- 
près l'école  d'Orphée  ,  la  dépeignait 
«tendant  ses  longues  ailes  noires  sur 
l'œuf  du  monde  que  son  incubation 
fait  éclore.  La  ISuit  habitait  le 
Tartare,  l'Hespérie  5  on  sait  com- 
bien on  varie  sur  l'application  de  ce 
mot.  Le  pays  des  Cimmériens ,  le 
uord,  passait  aussi  pour  le  séjour  de 
prédilection  de  cette  déesse.  On  la 
montre,  du  reste  ,  quittant  périodi- 
quement sa  demeure  pour  assombrir 
les  brillantes  régions  iie  l'Olvmpe. — 
La  Nuit  avait  en  Grèce  des  temples  cl 
^^$  oracles.  On  lui  sacrifiait  des  brc- 


NLI 

bis  noires  el  des  coqs.  Le  hibou  lui 
était  consacré. — On  lui  donnait  le  sur- 
nom d'Érébée,  d'Euphronie  etd'Eu- 
bulic,  c'est-a-dire  donneuse  de  bous 
conseils;  de  PredAîmôn  (au  costume 
bariolé),  de Mélanarmate,  Mélanippe, 
Mélanîmôn.  Mélanupléryge  (au  char 
noir,  aui  noirs  chevaux,  au  noir  cou- 
tume, aux  noires  ailes,  etc.).  — Les 
artistes  de  la  haute  antiquité  ionl  re- 
présentée sous  la  figure  d'une  femme 
portant  deux  enfants  endormis,  l'un 
blanc  ,  l'autre  noir,  tous  deux  avecU-i 
pieds  crochus  (le  Sommeil  et  la  Mort, 
dit  Pausanias).  Sur  quelques  pierres 
gravées  ,  elle   tient  au-dessus  de   sa 
tête    un    voile    éloilé.     Parfois     on 
lui  donne  des  ailes  de  chauve-souris, 
et  elle  fuit  devant  le  soleil.  Dans  plu- 
sieurs monuments  un  enfant  la  précè- 
de, portant  un  flambeau.  Un  jaspe  san- 
guin du  cabinet  de  Paris  la  présente 
les  cheveux  épars  et  tenant  des  bou- 
quets de  pavots.  Elle  a  aussi  les  che- 
veux épars  dans  une  sardoine  du  même 
cabinet,  mais  de  plus  elle  est  endor- 
mie et  presque  nue  5  sa  main  retient 
négligemment   un   voile.    On   a  tort 
d'attribuer  aux  Etrusques  l'idée  des 
ailes  j  rctées  h  la  INuit:  les  Grecs  les 
connaissaientdéja.  Lorsqu'on  peint  la 
déesse   sans  ailes,   on  lui  donne  un 
char.  Ce  char  n'a  que  deux  chevaux. 
Et  en  cela  la  ISuit  portée  dans  l'espace 
par  des  Biga?  diffère  du  soleil  qu  en- 
traîne le  quadrige  ou  char  a  quatre 
chevaux.  Voici  donc  les  attributs  sym- 
boliques de  la  Nuit  :  char  ou  ailes 
(parfois  de   chauve-souris),    voile, 
étoiles,  flambeau  à  lueur  pâle  ou  ren- 
versé, hibou,  pavots,  sommeil  et  son- 
ges, mort.  Les  poètes  ont  diversement 
groupé  ces  caractères.  Les  artistes 
modernes  ont  encore  renchéri  sur  ces 
finesses.    Est-il  besoin  de  dire   que 
d'autrespersonuifications  peuvent  être 
prises  pour  parèdrcs  ou  adéquates  de 


MM 

la  Nuit  ?  Caligo  ,  Tenebra? ,  Dnopbos 
(qu*on  peut  aussi  appeler  Zopbos  et 
Scotos) ,  sont  tous  dans  ce  cas.  Arri- 
vent ensuite  les  divinités  e'trangères 
qui  ont  des  rapports  voisins  avec  la 
JN yx  grecque  ou  jN ox  latine ,  par  exem- 
ple le  Noctulius  de  Brescia,  la  Nott 
Scandinave,  la  Po  commune  a  tant  de 
nations  de  la  Polynésie,  la  Baaut  des 
Phéniciens  ou  Bouto  égyptienne.  A 
celle-ci  se  lient  beaucoup  de  déesses 
eau  brumeuse  ou  pâteuse  primor- 
diale ,  et  d'autre  part  beaucoup  de 
déesses  Lunes.  Enfin  arrivent  les 
personnifications  anti  -  lumineuses  , 
Grées,  Géryon ,  Acrisius,  Nyctée, 
etc.,  non-seulement  en  Grèce,  mais 
par  toute  b  terre.  Un  trait  im- 
portant a  signaler  ici,  c'est  que  la 
Nuit  en  mythologie  se  distingue  en 
Nuit  primordiale  plus  ou  moins  iden- 
tique alinorganisme,  Tirrévélation , 
les  périodes  antédiluvienne  et  anté- 
adamique,  et  Nuit  vulgaire,  Nuit  qui 
revient  périodiquement  de  vingt-qua- 
tre en  vingt-quatre  heures  ,  et  qui 
règne  plus  ou  moins  long-temps  sur 
l'horizon,  selon  le  climat  auquel  ap- 
partiennent les  localités. 

NUMA,  chef  rutule,  tué  par  Ni- 
sus  et  Euryale.  Quant  au  roi  Numa  , 
voyez  Biog.  wniV.^XXXI,  449,  et 
comp.  les  art.  Nou>i.  Mi50S,  Me- 
îîou,Nemedh,  etc. 

NLMÉRIE,  NuMLRiA,  déesse 
latine  de  l'arithmétique.  Les  femmes 
enceintes  l'invoquaient  (R.  :  numéro  ^ 
compter) . 

NUMICLS,  dieu-fleuve  d'Italie  , 
se  nomme  aujourd'hui  Paterno(ou, 
selon  Ligorius,  Rivo-di-Nemi).  Quel- 
ques antiquaires  veulent  qu'il  n'existe 
plusj  en  effet  c'était  un  simple  ruis- 
seau. Il  est  célèbre  en  mythologie 
par  la  disparition  d'Enëe  et  d'Anna 
Pérenna,  que  la  mythologie  vulgaire 
y  noie  iVoy-  ces  articles).  On  ne  se 


NYC 


i83 


servait  pour  les  sacrifices  de  Vesta 
que  de  l'eau  de  ce  fleuve. 

NUMITOR.  r.  Amulius. 

NUNDINA  présidait,  selon  les 
Latins,  à  la  purification  des  enfants. 
Cette  cérémonie  avait  lieu  à  Rome 
neuf  jours  après  la  naissance. 

NUPTIALES  (Du),  ou  dieux  des 
noces,  étaient  au  nombre  de  cinq, 
Suada  ,  Vénus ,  Lucine  ,  Jupiter  et 
Junon.  On  pourrait  y  joindre  les 
Prema,  Pertunda,  Perfica,  Volupia, 
et  autres  déesses  non  moins  accom- 
modantes que  Suada  et  Vénus. 

NTCTÉE,  Nycteus,  tivKriùs'. 
1°  fils  de  Neptune  et  de  Céléno  (il 
fut  père  d'Antiope)j  2°  fils  d'Hyriée 
et  frère  de  Lycus;  3**  fils  de  Chtho- 
niusj  4°  père  de  Nyctimène  (c'était 
un  roi  d'Ethiopie)  ;  S°  compagnon  de 
Diomède,  fut ,  ainsi  que  tout  le  cor- 
tège du  héros,  changé  en  oiseau  (oi- 
seau de  nuit?).  —  Un  des  quatre 
chevaux  de  Pluton  s'appelait  auss 
Nyctée.  Il  est  aisé  de  voir  que  tous 
ces  noms  sont  des  personnifications 
anti-lumineuses.  Eau,  vent  {ovpes^ 
car  nous  ne  voulons  pas  parler  d'«w- 
fov)f  nuit,  chouette,  région  lointaine 
comme  l'Ethiopie,  toutes  ces  idées 
se  supposaient  mutuellement  chez  les 
anciens. 

NYCTÉIS ,  NwjÉTPjiv ,  femme  de 
Polydore  et  mère  de  Labdaque.  Etait» 
ce  la  fille  de  l'Hyriéide? 

NYCTEL,  Nyctelius,  Nwtrt- 
Xios,  Bacchus.  A  ce  nom  se  lie  la 
fête  athénienne  des  Nyclélies  qui  se 
célébrait  de  trois  en  trois  ans ,  vers 
le  commencement  du  printemps,  et  de 
nuit.  Ceux  qui  prenaient  part  à  la 
solennité  couraient  tumultuairemea 
portant  des  flambeaux,  des  bouteilles 
et  des  verres  ,  chantant  des  airs  a 
boire,  et  faisant  d'amples  libations  à 
Bacchus.  On  présume  assez  que  quel- 
ques désordres  devaient  »j  commet- 


i84 


NYM 


tre;  du  moins  les  pères  en  parlent 
souvent,  et  toujours  avec  Taccent  de 
témoins  oculaires.  On  donnait  aussi 
le  nom  de  Nyctélie  à  une  fête  de 
Cybèle. 

NVCTIME ,  Nyctimus  ,  Nc/V.t/- 
tcoç,  le  quatrième  (d'autres  disent 
Taîné)  des  cinquante  Lycaonidcs, 
régna  en  Arcadie  ou  sur  FArcadie 
après  la  mort  de  son  père.  11  fut  le 
seul  que  les  flèches  de  Jupiter  é{?ar- 
gnèrent.  et  survécut  au  déluge  de 
Dencalion.  Quelques-uns  ont  présumé 
qu'il  y  avait  eu  deux  ISyctirae  parmi 
les  Lycaonides;  que  le  plus  jeune  fut 
sacrifié  par  son  père  sur  l'autel,  et 
que  Taîne'  seul  lui  succéda. 

NYCTIMÈNE,Nv«r;^É»;?,  prin- 
cesse qui  eut  un  commerce  incestueux 
avec  son  père  et  fut  changée  en 
chouette.  Les  uns  en  font  la  fill-  d'un 
Nyctée  roi  d'Ethiopie  5  les  autres  pla- 
cent la  scène  a  LcNbos,  et  donnent 
au  père  le  nom  d'Epopée.  On  varie 
aussi  sur  les  circonstances  du  crime, 
et  l'on  voit  tantôt  Nyctimène  se  glis- 
ser furtivement  dans  la  couche  pater- 
nelle, tantôt  le  père  violer  sa  fille. 

IS'YCÏIS,  N««r/f,  fille  de  ÎSvc- 
tée,  femme  deLabdaque,  et  mère  de 
Laïus.  — D'ordinaire  on  ne  nomme 
pas  la  femme  de  Labdaque.  N'aurait- 
on  pas  confondu  Nvctis  avecNjctéis.^ 

NYMPHES  (les),  Nymphe,  n.>- 
(pa<,  sont  dans  la  mythologie  hellé- 
nique, qu'imitèrent  les  Romains,  des 
espèces  d'Izeds  ou  sous-Izeds  femel- 
les préposés  K  de  simples  détails,  à 
des  spécialités ,  à  des  faits  immobiles 
et  isolés  de  la  nature  physique. iV^///- 
pha  en  grec  veut  dire  j'aime  mariée  et 
par  suite  jeune  femme.  LesNvmphes 
sont  jeunes,  mais  ne  sont  pas  essen- 
tiellement vierges,  ou  bien  elles  sem- 
blent sur  cette  li^ne  Jouteuse  oh  la 
virginité  le  cède  k  l'amour  et  au  ma- 
riage. De  là  dérirent  tous  leurs  car<ic- 


N'YM 

tères  :  1°  jeunesse,  fraîcheur,  amabi- 
lité, naïveté,  beauté,  quasi-virginité; 
2"  aspect  de  simples  mortelles  et  im- 
mortalité douteuse  (tantôt  on  les 
donne  pour  immortelles,  tautôt  on  ne 
donne  ce  privilège  qu'a  quelques-unes 
d'elles,  tantôt  la  vie  immortelle  n'est 
plus  qu'une  longévité  presque  indéfi- 
nie); 5"  pouvoir  lin^iilé  et  quant  au 
temps  et  quant  au  lieu  et  quant  à  la 
sphère  d'action  ;  aussi  allons-nousvoir 
des  Nvraphes  des  eaux,  des  Nymphes 
des  bois,  etc.;  4^"  existence  ter- 
restre en  quelque  sorte  (  les  Nym- 
phes vraies  habitent  toutes  le  globe 
que  foule  l'espèce  humaine,  et  c'est  à 
l'époque  du  syncrétisme  que  l'on  ad- 
mit des  Nvmphescélesles);  5"  l'absence 
des  légf-ndes  ou  symboles  individuels. 
Les  légendes  en  efi^et,  quand  elles 
existent,  se  bornent  presque  toutes 
h  nommer  le  père,  l'amant  et  le  fils 
de  la  Nymphe.  De  temps  a  autre  on 
la  voit  se  changer  en  arbre  ou  en  fleur. 
Quelquefois  c'est  une  princesse  que 
les  dieux  transforment  en  fontaine, 
et  alors  la  princesse  est  Nymphe. 
On  voit  aussi,  avant  l'apparition  de 
la  fontaine,  la  jeune  fille-source  qua- 
lifiée '!e  Nymphe. — Ne  tenant  aucun 
compte  de  l'époque  h  laquelle  ont  été 
imaginées  les  épilhèles  additionnelles 
par  lesquelles  on  veut  caractériser  les 
Nvmphes ,  nous  les  classerons  de  la 
manière  suivante  : 

I.  ZS'jinphps  crlci-'S  qa  Uranies. 

II.  ISym|>hes  terrestres  ou  Epigées. 

1"   Nymphes  des  eaux  ou  Ephj  driades. 
I .  .Nymphes  in.irines  : 

Uc«anides  ;    Nèwides. 

7    Nymphes  dVaa  douce. 

>ymphes  des  fontaines: 

Œillades  ;  Creuees  ;    Vgres. 
Nymphes  des  fleuves  : 

Po  fa  mi  des. 
Nymphes  des  lacs  et  étang.<  : 
I.imn.ide'i. 
>'  Nymphes  de  la  tprre. 

1.   Nymphes  des  inont.'t^cs  : 

()ri,idc';  Orcstiades  on  Orodemnîades. 
7.  Nymphes  des  raUen  et  des  bocages: 
N.Tjx-es  ; 
Autoniades. 


,  . .      ,      ,  Diane,  soit  qu^ elle  srravisse  les  monts, 

3.  Nymphes  des  près  :  .         ',  „     "  °      i        r      «.  'l 

Méiies.  soit  qu  elle  parcoure    les  lorels.  soit 

4.  Kyinphes  des  forêts:  qu\4Ie  cléUsse  ses  atlrails  (laDsle  boiD. 

Dryades;  a  '      •  i      -\-  i  •  * 

Hama<ir\ades.  Ainsi  les  iSymphes,  qiioique  se  prêtant 

5.  îsymphesdes  grottes  :  Corycdes.  facilement  a  k  vie  forestière ,  mon- 

Une  nomenclature  différente  cora-  tagnarde  et  agricole,  furent  essentiel- 
prendrait  les  noms  locaux  des  j\jm-  leineni  dans  la  mythologie  grecque 
phes.  Tels  sont  ceux  de  Pactolides,  des  habitantes  des  eaux.  Addirdaga, 
Ilissides,  Céphissides,  Isménides^Ani-  la  Bouto  pisciforme  ,  le  Mat.siavalar 
grides,  Achéloïdes,  Ascanides  relalifs  syriaque,  l'Oannès  femelle,  sont  leur 
a  divers  fleuves  ;  de  Cvthéroniades  type.  Qu'on  ne  s'imagine  pas  pourtant 
à  cause  du  mont  Cylhéron,  de  Silhni-  que  ces  Nymphes-poissons  ou -onde 
des  à  cause  d'un  lieu  de  ce  nom  dans  fussent  des iirigatricfS  etrien  de  plus. 
la  Mégaride,  de  Dodonides  acause  de  II  a  été  dit  nr.ille  fois  que  Tonde  ins- 
Dodone  ;  de  Lélégéides  eu  mémoire  pire  :  mouvement  etcadence,rhylhme, 
de  la  Lélégie  ,  depuis  Lacouie.  En-  chant,  harmonie,  poésie;  mouvement 
suite  viendraient  les  Corycides  déjk  et  pensée,  génie,  invention  ;  mouve- 
nommées,  les  Amnisiades  ,  les  Tibé-  meut  et  tendance  vers  l'avenir  ,  pré- 
riades,  etc.,  etc.  —  En  général  tout  voyance,  diviualion,  oracle;  raouve- 
groune  de  jeunes  femmes  ou  de  jeunes  ment  et  rénovati' n  des  choses  hu- 
lilles  qui  flottent  entre  la  divinité  et  raaines.  ces  idées  se  tenaient  de  près 
Thumanilé  aspire  au  nom  de  iS'ym-  dans  l'esprit  anti-analytique  des  an- 
phes.  Délaie  titredelNymphesCécro-  ciens  :  aussi  appelait-on  souvent  les 
pides  ouAgr3uliennes,Nvmphes  agri-  devins  ou  antres  personnages  inspi- 
culturales^  donné  par  d'habiles  my-  rés  iS  vmpholeptes.  Nous  avons  déjà 
thologues  aux  trois  filles  de  Cécrops.  creusé  ces  faits  aux  articles  CAyoBE, 
Les  compagnes  de  Minerve  sont  des  Méduse,  Meibdh  ,  Muses. — Toute 
Nymphes  Athânàïdes.  Les  trois  filles  gracieuse  que  nous  semble  la  mytho- 
deMynéesont  desNymphesMynéides  logie  des  Grecs,  avouons  que  son  élé- 
ou  Myniades  ,  des  Nymphes  Anti-  gance  offre  des  Incunes.Dansles  Nym- 
Dionysiaques.  Les  trois  tantes  de  phes,  sans  doute  elle  asesOndines; 
Baccbus  au  contraire  sont  des  Nym-  mais  où  sont  ces  génies  malicieux  et 
phes  Dionysiaques.  Les  trois  Grâces  avares  qui  veillent  sur  les  trésors  mé- 
sont  des  Nymphes  Aphrodisines.  Les  talliques  enfuuis  dans  le  sol,  et  ces 
trois  Heures  oont  des  Nymphes  cos-  Nymphes  impondérables  qui  glissent 
mogoniques.  Les  Muses  sont  des  dans  l'air,  qui  folâtrent  dans  la  sphère 
Nymphes  Apollinaires.  Enfin  les  sept  de  feu  ?  où  sontles  Robold  des  mineurs 
Cabires  femelles,  c'est-a-dire  les  dé-  allemands,  les  salamandres  et  les  gno- 
doublements  femelles  des  sept  Cabi-  mes  de  la  Cabale,  les  aériennes  Pé- 
rès,  sont  nommées  Nymphes  Cabi-  ris  du  Farsistan  et  les  mélodieuses 


paj 

Océanides  forment  la  cour  du  vieil  tés  du  lait,  du  miel ,  des  fruits.de 
Océan  ,  les  Achéloïdes  habitent  les  l'huile,  peu  de  vin ,  encore  moins  de 
^ux  de  rAchéloiis;  mille  Nymphes  victimes  sanglantes  :  une  chèvre,  nn 
chasseresses   se   pressent  autour  de     mouton  pourtant  tombaient  de  temps 


i8G  OA> 

a  autre  en  leur  honneur.  Elles 
eurent  en  quelques  lieux  des  fêles 
annuelles  dites  Nyraphées.  Dans  la 
Triopidc  on  les  honorait  conjointe- 
ment avec  Apollon  et  Mercure  (dieux 
ISoraioi  ).  Dans  les  siècles  poslé- 
lieurs  à  Tère  chrétienne  les  invoca- 
tions et  les  sacrifices  aux  ISymphes 
devinrent  chose  fréquente  ^  une  l'ouïe 
d'inscriptions  attestent  cet  usage.  On 
les  représente  tour  à  tour  vêtues,  rai- 
nues  ou  nues ,  portant  des  roseaux  , 
des  vases,  des  coquilles,  isolées  ou  se 
tenant  par  la  main,  assises,  accrou- 
pies ou  dehout.  En  général,  tout  ce 
que  nous  avons  dit  des  INaïades  leur 
convient.  On  les  place  souvent  sur 
les  rives  des  fleuves  ou  dans  des  grot- 
tes. Ces  grottes,  qu'on  appelle  ]Nym- 
phées,  ont,  outre  le  sens  physique  que 
tout  le  monde  devine  ,  un  sens  sym- 
bolique analogue  a  celui  de  lu  grotte 
de  Mithra.  Porphyre  a  écrit  sur  ce 
sujet  un  traité  intitulé  :  De  Antro 
Nympharum. 

JN'YSA,  Nucr«,  passait  pour  la  nour- 
rice de  Bacchus.  Dans  la  magnifique 
procession  que  Ptolémée-Philadelphe 


établit  en  Thouneur  de  Bacchus,  INysa 
était  représentée  par  une  actrice  vi- 
vante. On  se  doute  assez  que  INysa 
n'est  pas  antre  chose  que  la  INuit  en 
général ,  tel  est  le  sens  de  ce  mot. 
\to>v<ro5,  Dcvanicha^  ne  signifie  que 
le  dieu  de  la  nuit  ou  le  dieu  de 
ISysa,  et  ces  deux  mots  sont  complè- 
tement synonvnaes  Pun  de  1  autre. 
— Hygin  mentionne  un  père  nourri- 
cier de  Bacchus  ,  et  Tappelle  Nysus. 
Ce  ne  serait  que  ISysa,  la  ZS'uit,Etre 
Ats  êtres.  Génératrice  masculinisée  ; 
et  jusqu'ici  notre  étonneraent  serait 
médiocre 5  mais,  ajoute  Hygin,  Bac- 
chus avant  de  partir  pour  l'Inde  con- 
fia Thèbes  a  INysus.    Or    Thèbes  a 


ele  gouvernée  aussi 


dit- 


on 


)ar  un 


]N  vclée  ,  ]Nuit  personnifiée  j  et  quand 
Bacchus  revient  à  Thèbes  on  ne  veut 
pas  lui  rendre  l'empire.  Il  faut  que 
Bacchus,  prétextant  des  orgies,  ar- 
me ses  bacchantes,  et,  grâce  au  dés- 
ordre d*une  fête,  s'empare  de  sa  ville 
natale.  Ainsi ,  le  dieu-soleil  expulse, 
qui?  la  réponse  est  simple  ,  la  ISuit. 
rsYSO  :  1°  rSymphe  dyonisiaque 
[V.  l'art,  qui  précède )j  2'>  F.lSiso, 


o 


OATSTsÈS  ,  €lÂvv^ç  (  quelquefois 
Oe>',  'f2>!'v),  Hermès  des  cosmogonies 
babyloniennes  ,  se  présente  non-seu- 
lement comme  législateur  et  civilisa- 
teur,  mais  comme  esprit  sortant  pé- 
riodiquement du  sein  des  eaux  et 
comme  Démiurge.  Ainsi ,  d'un  côté, 
on  nous  moalre  Oannès  venant  ap- 
prendre aux  hommes  les  lettres,  les 
sciences  ,  les  arts;  il  fait  fleurir  Ta- 
gricullure;  il  élève  des  villes  ,  des 
temples;  il  donne  des  lois  ,  polit  les 
mœurs,  institue  de-  fcles  ;  il  laisse 
des  livres  àurla  cosmogonie,  sur  l'ad- 
rainistratioD,  etc.  Jusqu'ici  li  a  ♦ouïe 


la  physionomie  des  Hermès.  D'un  au- 
tre côté,  des  merveilles  inattendues 
s'accumulent  dans  sa  légende  :  i°  il 
sortchaque  matin  de  la  mer  Erythrée 
et  V  rentre  le  soir  (quelques-uns  di- 
sent que  chaque  nuit  il  se  rend  à 
Memphis  ,  et  que  chaque  jour  il  se 
trouve  auprès  des  murs  de  Babylone); 
2*  il  a  le  corps  d'un  p  lisson,  les  pieds 
d'un  homme,  et  deux  têtes  dont  l'une 
est  celle  d'un  poisson  et  l'autre  celle 
d'un  homme;  ô**  il  semble  quadruple, 
selon Abydène  (danslcSvncel.,p.  58): 
d'après  Bcrose,  quatre  animaux  moos- 
trucux,Eudo(j-ac,  Encugame,Enaibu- 


OAN  OAN                   187 

le,  Auémenle,  sortirent  àes  flots  com-  qu'un  seul.    C'est  moins  un  homme 

meOannès.  Apollodore  (aussi  dans  le  qu'un  ensemble  de  faits  et  d*inslilu- 

Syncel.j  09)  parle  de  quatre  Annédo-  tions,  qu'il  faut   voir  dans  THerraès 

tes  qui  firent  leur  apparition,  lèpre-  babvlouienj  et  alors  les  quatreOannès 

miersous  Araraenon,  ledeuxième  265  seraient  comme  quatre  phases  d'une 

ans  plus  tard  ,  le  troisième  sous  Dao-  civilisation   soit   babylonienne,    soit 

nus ,  le  quatrième  sous  Evérodasque.  commune  kplusieurs  régions  de  l'Asie 

Ildouue  au  premier  le  nom  d'Oanuès,  méridionale.  Dupuis(  Or.  Je?  Cuit., 

cl  au  quatrième  celui  d'Odacon  ,  qui  1-    HI  ,    ch.    xvii)    regarde   Oaonès 

rappelle  Dagon^  4°  enfin  dans  le  li-  comme  le  poisson  austral  ,  ou  (ce  qui 

\re   des  Origines    (Cosmogonie?),  n'en  diffère  point)   comme   la  belle 

attribué  a  Oannès,  il  était  question  étoile  de  sa  bouche  (on  l'appelle  vul- 

d'un  temps  oii  eaux  et  ténèbres  étaient  gaireraent  Fomalbaut).  Cet  astre,  de 

confondues  cl  contenaient  des  myria-  seconde   grandeur,  se  lève  au  cora- 

des  d'êlres  h  formes  incompatibles  et  mencement  de  la  nuit  solsticiale  et  se 

monstrueuses:  des  hommes  à    deux  couche  au  moment  de  l'aurore.  Mar- 

ou  à  quatre  ailes  ,  des  androgyues  ,  quant  ainsi  son  époque  astronomique 

des    hippocentaures,    des   chiens    à  par  un  double  phénomène,  tandis  que 

quatre  queues,  etc.;  toutes  repré-  d'ordinaire  les  autres  constellations 

sentatious  depuis  consacrées  par  la  n'en  indiquent  une  que  par  leur  lever 

religion,   et  que  la   sculpture  avait  ou  par  leur  coucher,  il  devait  attirer 

vingt  fois  reproduites  dans  les  tem-  particulièrement    Taltenlion.    D'ail- 

ples.  Que  conclure  de  tout  ceci?  Pri-  leurs  il  se  lève  au  sud-est  de  l'Egypte, 

mitivement  on  a  vu  dans  la  légende  avec  environ  5o  degrés  d'amplitude, 

l'histoire   fabuleuse   d'un  chef  qui  ,  et  par  conséquent  au  point  même  de 

venu  de  pays  étranger  par  mer,  au-  l'horizon  oii  l'habitant  de   Memphis 

rait  apparu  dans  la  Chaldée  vêtu  de  plaçait  la  mer  Rouge.  Il  est  k  noter 

peaux  de  cétacés  ou  d'autres  grands  qu'ici  Dupuis  ne  tient  nul  compte  de 

mammifères  marins,  et,  comme  Ce-  l'apparition  d'Oannès  aux  environs  de 

crops,  Cadmus,  Evandre,  aurait  fait  Babylone.  A  notre  avis  pourtant  ce  qui 

faire  k  l'ignorance  des  indigènes  quel-  caractérise  la  légende ,  c'est  le  péle- 

ques  pas  vers  la  civilisation.  Chaque  rinage    périodique   et    perpétuel  du 

soir  ce  législateur  quittait  la    terre  dieu  qui  va  de  Test  k  Touest  ,  delà 

pour  rentrer  dans  son  navire,  etc.  Chaldée  dans  l'Egypte,  de  la  mer  Ery- 

Aujourd'hui  on   ne    discute    plus  de  thrée  babylonienne  (golfe  Persique)a 

telles    hypothèses.   Toutefois,    ceux  la   mer  Erythrée  memphitique  (au- 

mème    qui    les    adoptaient    auraient  jourd'hui  mer   Rouge).    Voir    dans 

été  fort  embarrassés  pour  expliquer  cette  mer  Rouge  un    lieu  à  l'est  de 

le  retour  périodique  d'Oannès  le  soir  Memphis ,    c'est  parler    en   géogra- 

h  Memphis  et  le  lendemain  malin  k  phe  mais    non  en  mythologue.  Ba- 

Babylone.  Au  reste,   on  doit  «entir  bylone  et   golfe  Persique   c'est  tout 

que  l'explication  historique   s'appli-  un,  c'est  dire  l'est  ;  Memphis   et  mer 

ue    aussi  facilement    k    la   légende  Rouge    c'est    aussi   tout    un  ,    c'est 

es  quatre   Oaunès    (chefs   d'école,  l'ouest.  Ceci  posé,  Oannès  est-il  en- 

de  dynastie  ou   d'instituts   religieux  core  le  poisson  austral?  La  chose  est 

»jui  i.c   continuent   ou  qui  se   succè-  douteuse  :  Oannès  a  tout  autant  les 

eut  )  qu'à  celle   où  l'on  n'en   voit  caractères  soit   du  ciel  entier  (  d'un 


ï88  OAN 

Tpé  andro^^e) ,  soit  du  soleil  (une 
espèce  d'Hypérion),  que  relui  de  tel 
ou  Ici  astre,  de  telle  ou  telle  coDslel- 
lalion.  Le  fond  des  cboses  c'est  que 
ces  explicntions  diverses  sont  conei- 
liables,  et  qu'Oannès  nous  semble 
tout  ensemble  ciel,  soleil  et  constella- 
tions (les  quatre  qui  sont  censées  pré- 
sider aux  deux  solstices  et  aux  deux 
équinoxes)  •  car,  d'une  part,  le  soleil 
représente  le  ciel ,  et  de  l'autre  il  se 
trouve  tour  h  tour  associé  aux  quatre 
aslérismes  qui  marquent  les  quatre 
époques  cardinales  de  l'année.  De  là 
deux  soupçons  :  Oannès  borizon 
(Anubis  babylonien),  et  Oannès  an- 
née. Et  Totn-Hermès  lui-même,  en 
Egypte,  n'esl-il  pas  l'année  peisonni- 
fiée,  en  même  temps  que  le  civilisa- 
teur ?  Comp.  aussi  le  Janns  italique  , 
quadriceps  comme  Oannès,  soleil-an- 
née comme  Oannès  (d'ailleurs  les 
noms  mêmes,  Jan,  Oan,  ont  déjà  été 
rapprocbés).  Et,  quoi  qu'on  en  dise, 
Hermès  et  Anubis,  lorsque  l'on  ar- 
rive dans  les  bautes  spbères  d'identi- 
fication ,  ue  se  fondent-ils  pas  dans 
une  idée  commune  {P'oy.  Anubis)  ? 
Mais  ce  n'est  pas  tout  :  les  quatre 
époques  cardinales  de  l'année  (  et 
par  suite  les  quatre  périodes,  les  qua- 
tre saisons)  n'expliquent  point  suffi- 
samment la  pbysionomie  pisciforme 
d'Oannès.  Cette  conformation  mons- 
trueuse recèle  quelque  cbose  de  plus  : 
incarnation  quadruple,  quoique  tou- 
jours semblable  a  elle-même.  De 
même,  aux  ludes ,  Vicbnou  s'in- 
carne quatre  fois  avant  de  prendre 
les  formes  purement  bumaines.  Il  est 
vrai  (jue  la  se  trouve  p'us  de  variété  : 
le  dieu  se  montre  tour  h  tour  poisson, 
tortue,  sanj^lier  et  lion-  mais  est-il 
étrange  que  les  imitateurs  n'aient 
point  connu  les  détails  de  la  légende 
indienne,  et  que,  frappés  seu>lt ment  de 
deux  idées,  poisson  et  quatre  ,  ce 


OAN 

soit  K  celle-l'a  qu'ils  se  soient  altacbés? 
Les  quatre  incarnations  primitives  de 
l'Inde  ont  trait  à  quatre  créations  dif- 
férentes. Il  serait  téméraire  sans 
doute  de  dire  que  les  prêtres  baby- 
loniens eurent  d'abord  la  même  idée 
avec  tous  st-s  détails.  Véritab'eraent, 
l'idée  de  quatre  invasions  de  la 
mer,  de  quatre  ordres  divers  de  créa- 
tions animales  marines  (poissons, 
crustacés,  mollusques  ou  autres),  fut- 
elle  formulée  par  eux  en  raylbes 
inintel'igiblcs  pour  le  vulgaire,  pleins 
de  sens  pour  leurs  adeptes  et  pour 
eux  ?  Il  est  difficile  de  le  croire  ;  mais 
l'Inde  avait  rêvé  quelque  cbose  de  ce 
genre.  Il  y  eut  donc  aussi  au  fond  du 
mytbe  d'Oannès  une  aperception  va. 
gue  de  périodes  cosmogoniques  très- 
diverses.  C'est  ce  qu'acbève  de  prou- 
ver ce  trait  déjà  cité,  que,  dans  son  li- 
vre de  l'origine  des  cnoses,  le  scribe 
sacré  mentionne  des  formes  mons- 
trueuses, des  andrngynes,  etc.  Ces 
quatre  périodes  cosmogoniques,  dont 
le  quadruple  Oannès  est  l'emblème, 
sont  comme  les  prototypes  des  quatre 
périodes  de  l'année.  Les  saisons  ne 
sont  en  un  an  que  ce  que  des  myria- 
des Tannées  seraient  dans  un  cycle 
de  siècles;  en  d'autres  termes,  les 
saisons  sont  pour  les  mythologues  les 
miniatures  des  périodes  co>mogoni- 
ques.  Aussi  l'Inde  les  nomme-t-elle 
Ka!a  (temps);  car  les  Rilus  ne  sont 
que  des  demi -saisons.  Quant  au  rôle 
si  important  que  jouent  et  l'eau  et 
la  ^orme  poisson  ,  ce  n'est  pas  a 
présent  que  nous  devons  nous  en 
étonner.  L'eau  éla»t  ,  pour  pres- 
que tous  les  anciens,  le  principe 
premier  :  transition  des  solides  aux 
gaz,  elle  récapitule  à  elle  seule  toute 
la  matière  ;  d'ailleurs  tout  corps  est 
censé  être  en  dissolution  chez  elle,  et, 
au  fond,  tout  ce  qui  nV  subit  pas  li 
dissolution  y  forme  au  moins  un  pré- 


OA.N  OBA.                    189 

cipilé.    Admis  ainsi  la  préexistence  nous  verriûris  dans  les  quatre  Oannès 

et  la  prééminence  de  Tcaii .  tout  ce  des  différences  manifestes;  probabîe- 

qtii  u:i  jour  arrive  à  être  hors  d'elle  ment  la  forine  animale  s'élèverait  de 

sort  d'elle^  ce  qui  sort  d'elle  a  forme  plus  en  plus;  et  si  le  premier  tenait 

de  ce  qui  habile  en  e^le  (poisson,  rep-  bien  plus  du  poisson  que  de  l'homme, 

tile,  cétacé.  etc.).  A  Babvlone,  ainsi  le  quatrième  ^erail  bien  plus  voisin  de 

que    dans  toute  la  Syrie  ,  la  forme  Thomme  que  du  poisson.   Le  Dagon 

poisson  a  presque  été  la  seule.    On  des  Philistins  semble  n'être  que  TO- 

coucoit  a  présent  ce  que  c'est  qu'A-  dacon,  quatrième  incarnation  dOan- 

uadvomèue:  c'est  la  Génératrice  sor-  nés.  Addirdaga  esl  un  Oannès  dans 

tant  des  eaux,  c'est-à-dire  se  raaui-  lequel  Vénus  efface  Hermès,  comme 

feslant.  La  force  féconde  était  cachée  J  dans  l'Oannès  proprement  dit  Her- 

elle  se   révèle.   jNuile  donc  plus  que  mes   éclipse  Venus.  Les  étvmoloo^ies 

Vénus  ne  mérite  ce  titre  d'Anadyo-  tirées  d'&iey ,    œuf,    ou  du  syriaque 

mène  ,   ce  rôle   de   portée  sur  les  Onedo ,   étranger ,  ne  doivent  être 

eaux  ,  se  mou^'ani  sur  les  eaux  citées  que  pour   mémoire.   La  pre- 

[f^oy,  Kaeaïa^'a).  Et  l'on  conçoit  mière  nous  lance  dans    le    système 

aussi  qu'en   u:i  sens  Aphrodite   soit  cosmogouique  quifaitéclore  le  monde 

mâle  auiaut  que  femelle.  Génération  d'un  œuf;  et  l'œuf,   ec  effet,  est  le 

suppose  deux  forces  :  une  activité  se-  vestibule  de  la  vie  pour   toutes  les 

mant  la  vie,  une  passiveté-réceplivité.  classes  animales,  sauf  lesmammifèresj 

Lespeupleaenfantsnaperçoivcntsou-  la    deuxième  n'a  trait  qu'aux  hvpo- 

vent  que  l'un  des  deux  pôles, le  second  thèses  des  évhéméristes. 

alors  n'existe  plus  que  viituellement  OAX,  Oaxus,  "o«|of,  héros  épo- 

et    implicitement    dans  le    premier,  nyme  de  la  ville  de  Crète,    était  le 

Dès-lors  on  a  tantôt  un  V  énus  mâle,  fils  d'Apollon  et  d'Acacallis  ou  Acalle 

tantôt  une  A  énus  déesse.  Eh  bien  I  dont  ou  a  fait  Anchiale — On  nomme 

Oannès  est  justement  un  Vénus  mâle,  un  Oax  ,    Oaxes  ^   fils  aus^i   d'A- 

Ce  nom  de  Vénus  ,  dont  Tétymologie  pollon  et  héros  éponyme    d'un  fleu- 

a  été  cherchée   si  loin(£yoâ»,   unir;  ve  de    Crète;    c'est   sans    doute  le 

Bendis;  £y,  dans,  etc.),  ce  nom  n'est  même. 

autre  qu'Oannès.  Prenez  de  part  et  OB,  dieu  syrien,  rendait  des  ora- 
d'autre  les  radicaux  (\eu,  Oaun  ou  clés;  mais  d'une  voix  si  basse,  que  le 
Oen)  ;  songez  a  la  facilité  avec  laquelle  consultant  s'en  retournait  sans  avoir 
V  devient,  ad  libitum^  voyelle  ou  rien  entendu  ,  ou  était  obligé  de  de- 
consonne  (V,  W,OU,0  ;  Ven,  Wen,  viner  les  trois  quarts  de  la  réponse. 
Ouen ,  Oen),  et  prononcez.  Oannès  Ce  filet  de  voix  semblait  émaner  des 
est  donc  un  Hermès-Vénus,  du  moins  parties  sexuelles,  des  aisselles  ou  de 
dessinateur  (sinon  architecte)  des  for-  la  tête  de  la  statue.  Nul  doute  que 
mes  des  êtres,  et  civilisateur  du  genre  ?>t?>  prêtres  ne  fussent  des  adeptes  en 
humain;  pisciforme  parce  qu'il  se  ré-  veulriloquie.  Dans  toute  l'Asie  auté- 
vèle  au  sein  du  grand  tout,  du  grand  rieure  ou  croyait  que  les  êtres  surna- 
chaos,  vu'gairementreprésentécomme  turels,  lorsqu'ils  consentaient  a  parler 
1  Océan;  quadruple,  cest  k-dire  se  ré-  aux  hommes  ,  faisaient  à  peine  enlen- 
vélanl  dans  quatre  créations  successi-  dre  leur  voix. 

vef.  11  estprésumable  que  si  nous  cou-  OBA  ou  mieux  BOA  est,  dil-on  , 

naissions  a  fondlesmylhesbabylQiiiçns,  le    dieu    suprcme   des   Toungouses. 


ir)o 


OCC 


Roa  rappelle  Foé  :  e,sl-ce  que  le 
cnlle  (les  Tounf,'oiiscs  sérail  une  bran- 
che du  cbamanisme.'* 

OHARATOR  ,  un  (les  dieux  agri- 
culluraux  du  Lalium  ,  présidait  au 
deuxième  labour. 

OBI  (le  vieillard  ue  l'},  dieu  des 
As-Iaks  (Osliaques  de  l'Obi),  est 
peul-éIrerObi  personnifié.  Il  est  sur- 
tout invoqué  comme  favorable  à  la 
pêche.  Son  idole  eu  boià  a  des  yeux 
ne  verre,  la  tête  armée  de  grandes 
cornes,  le  nez  en  forme  de  groin  de 
piiurceau  j  un  crochet  de  fer  lui  traverse 
les  deux  narines.  On  lui  fait,  de  trois 
en  trois  ans,  traverser  TObi  dans  une 
barque  ad  hoc.  véritable  bari  sacrée 
de  ces  peuples  septentrionaux,  qui  doi- 
vent en  effet  avoir  pour  leur  fleuve  la 
vénération  que  l'Egypte  sentait  pour 
le  iSil.  Quand  la  glace  cora'nence  h 
fondre^  et  que  les  eaux  inondent  leurs 
rives  ,  les  Osliaques  demandent  au 
vieillard  une  pêche  abondante,  et 
lui  en  donnent  bonne  part  lorsque  le 
succès  couronne  leur  vœu  ;  ils  Tinsul- 
tent  et  le  maltrailent  au  contraire 
s'ils  trouvent  que  leur  prière  n'a  pas 
été  exaucée. 

OBODjdieu  arabe,  avait  été  adoré 
hOboda,  dans  l'Arabic-Pétrée,  jus- 
qu'à rélablissement  du  mahomélisme. 

OBRIMO,  'Otciuô^,  Proserpine. 
Ce  nom  esl  très-remarquable  par  sa 
ressemblance  avec  Rrimo  ,  la  même 
qu'Hécate,  la  même  quUis. 

OBSTL^A'^IO^,  fille  de  la  ^uil 
[Voy.  ce  nom). 

OCALKE,  OcALEv,  'n>iaAÉ;e,  fille 
de  Manlinée,  fut  femme  d'Abas  et 
mère  d'Acrlsius  cl  de  Prœlns  (on  a  eu 
tort  de  chanirer  ce  ndm  en  Ajrliiïa'. 
La  Béolie  avait  une  ville  d'Ocaléc. 

OCCASION  ,  Occ^sio  ,  K«<flc,-, 
était  en  Grèce  le  uieu  et  à  Home  la 
déesse  de  rà-propos.  Les  (îrecs  le  di- 
saient Iç  plu?  jeuue  des  lijs  de  Jnpi- 


OCK 

ter  j  il  eut  un  autel  a  Elis.  Phidias  en 
fit  une  femme  a  pieds  ailés,  à  longs 
cheveux  sur  le  devant  de  la  tête,  mais 
chnuve  par  derrière.  Phèdre  la  fait 
courir  sur  le  tranchant  des  rasoirs 
sans  se  blesser.  A  Sicyone  et  sous  le 
ciseau  de  Lvsippe,  ce  fut  \\n  adoles- 
cent, avec  des  ailes  aux  pieds  dont  la 
pointe  portait  sur  un  globe,  une  bride 
h  la  main,  elles  tempes  seules  garnies 
de  longs  cheveux. 

OCCATOPi,   un  des  dieux   agri- 
culluraux   du   Latium,   présidait  au* 
hersage. 

OCCUPO,  Mercure;  c'est  un  so- 
briquet. Il  indique  assez  le  degré  de 
respect  que  les  Romains  au  siècle 
d'Auguste  avaient  pour  leurs  dieux. 
Ce  grotesque  surnom  ne  peut  se  tra- 
duire que  parle  mot  d'cmpoigneur, 

0CEA^*,0cEA>us,'i^2x;£«ya?,  l'on- 
de personnifiée,  n'était  pourtant,  se- 
lon Homère,  qu'un  dieu-fleuve,  mais 
fleuve  primordial,  fleuve  A uandisécha, 
semblable  au  serpent  égyptien  de  qui 
la  tête  mord  la  ([ueue,  et  dont  l'em- 
bouchure et  la  source  se  confondent. 
Dans  la  théogonie  bésiodéenne,  1*0- 
céan  n'apparaît  qu'au-dessous  de  la 
ïei'.e  (Gœa)  et  du  Ciel,  de  la  Terre 
essence  primordiale,  du  Ciel  fils  delà 
Terre.  L  Océan  ,  selon  les  modernes 
commentateurs,  serait  la  masse  des 
eaux  primitives  qui  vint  combler  le 
profond  abîme  Ponlos.  Sans  donner 
trop  d'excluMvilé  a  cette  idée,  on  peut 
admettre,  et  c'est  une  vue  haute,  que 
de  la  terre  seule  naît  le  lit  des  eaux  , 
que  de  la  terre  et  du  ciel  résulte  l'eau 
même.  Ainsi  descend  des.  sphères  ce-  I 
lestes  Cau^a  la  «rrande  irri'j^atrice.  Et  ' 
cosmogoniipiement  d'où  vient  l'eau  i*  ^J 
(les  vapeurs  habitantes  de  celte  al-  H 
mosphère  qu'on  nomme  ciel.  Lhvpo- 
ihèse  du  ieu  central ,  par  la  même  * 
qu  elle  pose  en  principe  lincandes- 
ccnçç  dy  roirc  plpète,  implique  upç      ' 


OCÉ 

vaporisation  énorme  j  puis,  à  mesure 
que  le  refroidisseraenl  a  lieu  ,  une 
masse  d'eau  énorme  qui  vient  s'amas- 
ser dans  les  concavités  de  la  surface 
solidifiée  du  globe.  L'Océan  est  donc 
le  plus  ancien  des  Titans  :  Cœos , 
Crios,Hypérion,Japel,  Rhéa,  Tbéa, 
Tliémis,  Mnémosyne,  Piiébé,  Téthys, 
Crone,  naquirent  ensuite.  Des  six 
Titanides  ici  nommées  .  la  dernière , 
Téthys,  devint  son  épouse;  il  en  eut 
les  fleuves  et  les  Océanides,  au  nom- 
bre de  plus  de  trois  mille.  Du  reste  , 
la  légende  d'Océan  n'a  pas  élé  beau- 
coup brodée  par  les  poètes.  Dans 
Homère,  on  le  voit  recevoir  la  visite 
des  dieux  qui  vont  périodiquement 
passer  dans  ses  domaines  huit  jours  ; 
et  ses  domaines  sont,  dit-on,  en 
Ethiopie.  Diodore  donne  Océan  et 
Télhvs  comme  les  éducateurs  de  Ju- 
non.  Ne  voit-ou  pas  aussi  Bouto  éle- 
ver Haroéri ,  l'Egée  servir  d'asile 
à  Neptune?  Délos  a  peine  arrachée 
aux  flots  offrit  un  berceau  aux  deux: 
Latoïdes.  Chez  Eschyle, Océan  arrive 
près  de  Prométhée  enchaîné  sur  le 
Caucase  et  lui  témoigne  de  Tinlérèt. 
Il  a  pour  monture  un  phoque  dont 
les  nageoires  d'immense  envergure 
traversent  l'air  épais,  et  une  pique 
arme  ses  mains.  Les  représentations 
vulgaires  font  d'Océan  un  vieillard 
assis  sur  les  flots,  ayant  iin  cétacé 
a  ses  cotés  et  une  hasle  ou  une  urne 
h  la  main.  Dans  ce  dernier  cas  il 
épanctie  de  l'eau,  svrabole  des  mers , 
des  fleuves,  et  des  fontaines.  On  voit 
Océan  dans  le  bas-relief  du  Musée 
Capllolin  qui  a  pour  sujet  l'incaténa- 
tion  de  Prométhée  (Millin,  Gaf. 
nijrlh.,  483),  bas-relief  dont  évi- 
demment l'auteur  s'est  inspiré  d'Es- 
cliyle.  On  croit  avoir  trouvé  un  Océan 
dans  l'Hermès  colossal  du  Vatican  , 
découvert  a  Pouzzoles  en  lyyS.  Ses 
joues,  iç5  sourcils,  §a  poitrine,  soat 


OCE 


i«*ï 


couverts  de  peaux  ,  les  unes  squam- 
raeuses,  Us  autres  membraneuses  et 
lisses  comme  celles  des  chondroptéry- 
giens;  de  >a  barbe  ondulée  sorlent  des 
dauphins  5  des  cornes  arment  sou 
front,  et  rappellent  l'épithète  de  Tau- 
rocràne  que  lui  donne  Euripide,  et  à 
laquelle  au  reste  ont  droit  toutes  les 
divinités  marines  ou  fluviatiles  raàles. 
Quelques  antiquaires  voient  dans  ces 
cornes  des  pattes  d'écrevisse.  Le 
pampre  qui  couronne  la  tète  du  dieu 
peut  pourtant  inspirer  des  doutes  : 
les  cornes  sont  aussi  l'attribut  favori 
de  Bacchus.  Poy.  d'autres  figures 
dans  Beger,  Thés.  Brand.j  et  dans 
Monlfaucon,  ^nt.  expL,  I,  6,  5. 
— Océan  ne  diffère  pas  d'Ogén,  et 
le  vieil  Ogygès  et  Gvgès  le  centimane 
ne  sont  que  des  Ogên.  Agénor  (ou 
Cnàs)  en  est  une  déformation  :  aussi 
est-il  fils  de  TSeptune. 

OCÉA^NTDES,  Ocea>-ites,Ocea- 
MTiDEs  OU  0cÉA?f)NEs,  filles  de  rO- 
céan  et  de  Téthys,  étaient  au  nom- 
bre de  plus  de  trois  mille.  On  les  dis- 
lingue des  jXéréides.  Comme  ,  à  vrai 
dire,  jNërée  et  l'Océdu  reviennent  au 
même  ,  la  distinction  se  réduit  aux 
trois  circonstances  suivantes  :  1°  les 
jNéréides  ont  pour  père^érée,  pour 
mère  Doris,  les  Océanides  ont  pour 
père  Océan,  pour  mère  Téthys;  2° les 
ÎSéréides  appartiennent  a  la  religion 
des  Pélasgues  de  rÉ^ée,  les  Océani- 
des  à  celle  des  Asiatiques  continen- 
taux; 5°  on  ne  compte  que  cinquante 
jNéréides,  les  Océanides  vont  a  plu- 
sieurs milliers.  Au  reste,  dans  le  ca- 
talogue qu'on  donne  des  unes  et 
des  autres  se  retrouvent  quelques 
noms  semblables.  C'est  ce  que  prou- 
veront les  nomenclatures  suivantes: 
la  première,  consacrée  exclusivement 
aux  ^Néréides  ,  résulte  de  la  combi- 
iiai:5on  alphabétique  des  qnalre  listes 
fournies  paç  di^s  aiilvurs  diftérçnts , 


igl  OCÉ 

Héslofle,  Homère,  Apollodore  el  Hy- 
gin  (en  abré^^é  lU.,  Hm. .  Ap.,  Hg.)- 
La  liste  dHésiocle  est  la  «eule  qui 
présente  cinquante  noms  dont  un  deux 
iois  ,  Proto.  Hygin  eu  a  quaraulc- 
neuf  dont  un  aussi  deux  fois,  Cli- 
mène.  Apollodore  en  a  quarante-cinq, 
et  Homère  trenle-tmis.  Mais  Homère 
ajoute  à  sou  énuméraliou  «  el  tout 
le  reste  des  INéréides  » .  Dans  le  ta- 
bleau suivant,  les  INéréides  d'Hésiode 
sont  indiquées  en  lettres  romaines. 
Lea  noms  en  lettres  italiques  appar- 
tiennent à  celles  qui  ne  soûl  mention- 
nées que  par  les  trois  autres  auteurs. 
Des  étoiles  placées  h  la  suite  des 
noms  désignent  celles  qui  se  trouvent 
portées  sur  plus  d'une  liste. 


OCÉ 


Aclce*". 
Agave.***.    • 
Amathie*, 
Ampliinome* . 
Amphithoé* . 
A'.nplùtiite*. 
Apseude* . 
Arétliuse. 

Asie. 

AiitoDoé. 

Berce. 

CulUanasse* . 

Callianire. 

Caljrpso. 

Ceto. 

C  limé  ne. 

Clirnène  II* 

Clio. 

Cranta. 

Creuse. 

Cjrdippe. 

Cvinalolégé. 

Cjino. 

Cvmôdocé**. 

Cyrootlioé**'. 

Deiopée. 

Dtjanire. 

Déro . 

Dexaviène* . 

Dioné . 

Doro. 

Doris**. 

Doto***. 

Dry  me . 

Djnauiène***. 

Éionc. 

Éphjrre. 

tralo*. 


Ils.,  Ap.,  Hg.,  Hm. 

Ils.,  Aj).,  Hg.,  Hm. 

Hg.,  Hm. 

Hg.,  Hiu. 

Hg.,  Hm. 

Hs.,  A|j. 

HiT..  Hm. 

"i 

Hs. 

"S- 
Hî.,  Hm. 

Hm. 
Ap. 
Ap. 
HiT. 
H^.,  Hm. 

Hg. 

Ap. 

"S- 
«S 

Ils. 
Hs. 

Hs.,  H:;.,  Hm. 
Hs.,  .\p.,  H:;.,  Hm. 

"S- 
Ap. 

Ap. 

Hg.,  Hm. 

Ap. 

Hs. 

Hs.,  Hg.,  Hm. 

Hs,  Ap.,  Ilij.,  Hm. 

lia.,   Ap.,  Hg.,  Hm. 

Hs. 

H- 

Ils.,  .\p. 


Eucrate. 

Eudorc*. 

Kulimcuc*. 

Eumolpe. 

Euiiicc*. 

F.upompc. 

Eurydice. 

F.vagore* 

Évarné. 

Gnlatce***. 

Galène. 

Glaiirc  **. 

Glaiiconomc*. 

Jfulie  **. 

Halimèdc*. 

Hipponoé*. 

Ilippotljué*. 

Jone 

fanasse* . 

lanire* . 

lerè*. 

LaoméJic. 

Leucothné. 

Liagore. 

Ligee, 

Limnorie  **. 

Lycorjas. 

Lvsianasse*. 

Melite***. 

Méuippe*. 

Mera  '. 
Nausithoé. 
Nemertès**. 
Neomeris. 

ISésée***. 

Késo. 

Opis . 

OrUhye*. 

Panopc***. 

Panopée. 

Pasitlicc. 

Phéruse**. 

Pliyllodocé. 

Pioné. 

Plexaure. 

Polynoé. 

Polynôme. 

Pontomeduse. 

Pontoporic. 

Pronoe. 

Proto***. 

Prnto  II. 

Protomédie. 

Psamatlic. 

Piamathoé. 

Sao* 

.Spio***. 

Thalic**. 

'Ihcmislo. 

TUctis*. 

Thot*. 


Hs.,  Ap. 

Hs.,  Ap. 

Ils.,  Ap. 

Ap. 

Hs.,   .\p. 

Hs. 

Hs. 

Ils.,  Ap. 

Ils. 

Ils.,  Ap.,  Hg., 

Hm. 

Hs. 

Hs.,  Hg.,  Hm. 

Hs.,  Ap. 

Ap.,  Hm. 

Hs.,  Ap. 

Hs.,  Ap. 

Hs.,  Ap. 

Ap. 

II?.,  Hm. 

Hg.,  Hm. 

■■ 

Hg.,  Hm. 

H. 

II::. 

Ap. 

Hg- 

Ils.,  Ap.,  Hg., 

Hm. 

Hg. 

Hs.,  Ap. 

Hs.,  Ap.,  Hg., 

Hm. 

Hs.,  Ap. 

Hg.,  Hm. 

Ap. 

Ap.,  Hg.,  Hm 

Ap. 

Ils.,  Ap.,  Hg. 

,  Hm. 

Hs. 

Hg 

Hg.,  Hm. 

Hs.,  Ap.,  Hg. 

,  Hm. 

H-. 

Hs. 

Hs.,  Ap.,  Hg., 

Hm. 

Hg. 

Ap. 

* 

Ap. 

! 

Ap. 

Ils. 

Ap, 

Hs. 

'-i 

Hs. 

Ils.,  Ap.,  Hg. 

,  Hjb. 

Ils. 

Hs. 

* 

Ib. 

• 

Ap. 

Ils.,  Ap. 

Hs.,  Ap.,  H? 

,  Hm. 

Ils.,  Hg.,   Hm 

. 

H.. 

™ 

Ils.,  Ap. 

Hï.,  Hui. 

Hi. 

0C£ 

— Passons  delà  aux  Oc-'anides:  neuf 
noms  absolument  semblables  à  ceux 
des  rséréides  vont  sV  retrouver,  ce 
sont  :  Asie,  Calypso,  Climène,  Dio- 
né,  Dorls,  Eudore,  lanire,  Plexaiire, 
Thoé.  On  peut  v  joindre  deux  autres 
Boms,  Araphiro  et  Xantlié,  qui  diffè- 
rent a  peine  d'Ampliilhoé  el  de  Xauth  j. 

r»  '  r  •       • 

Ivestenl  trente-neur  noms  qui  n  o;U 
aucun  rapport  avec  Taulre  nomencla- 
ture. Les  voici  :  Acaste  ,  Admèle, 
Adrastée,  A'.thée,  Calliroe,  Cercéis  , 
Clytie,  Crisie,  Electre,  Elhra ,  Eu- 
rope, Eurvnome,  Galaxaure.  Hippo  , 
lanlbe,  Idvie,  IJolliée  ,  Libve,  Melo- 
bosis,  Méncsto,  Métis,  Ocyroe,  Par- 
tbénope  ,  Pasitboé,  Pétraie,  Perséis, 
Pbilyre,  Pilbo,  Pléione,  Pluto,  Po- 
lydore,  Prymero,Rbodie,  Styx,ïéles. 
to,  Thrace,  Tycbé ,  Uranie  ,  Zeuxo. 
Parmi  ces  dernières,  Eurvnome  fut 
amante  de  Jupiter  et  mèredesGràcesj 
Métis  passe  pour  la  première  épouse 
de  Jupiter  et  la  mère  de  Minerve; 
Perséis  était  unie  à  Hélios,  Calliroe  h 
Chrysaor  ,  Climène  à  Japel,  Idyie  a 
Eète.  — Des  noiiis  tels  qu'Asie,  Eu- 
rope ,  Libye ,  Tbrace  et  Partbénope 
nous  montrent  de  vastes  terres  re- 
gardées comme  des  Océanides.  \  ir- 
gile  donne  quelques-unes  d'elles  (Bé- 
roé,  Clio)  pour  des  cbasseresses.  On 
les  confond  avec  les  ^i^ympbes  ,  et  on 
ne  se  donne  pas  toujours  la  peine  de 
distinguer  si  ce  sont  des  Nymplies 
terrestres  on  des  Nymphes  habitantes 
du  continent.  Au  reste  ,  roj'.  l'art. 
Nymi'Hes.  —  On  représente  ordi- 
nairement les  Océanides  avec  des 
yeux  bleus  ou  des  tissus  de  même 
couleur.  L'idée  réelle  qui  gît  au  fond 
de  toutes  ces  descriptions,  c'est  celle 
de  chairs  bleues.  Les  flots  de  la  mer 
sont  bleus  ou  semblent  bleus.  Le  ciel 
qui  se  reflète  dans  l'Océan  ,  et  qui 
lui-même  est  un  Océan  solide,  est 
bleu.  Un  peu  plus  lard  les  Grecs  em- 


OCN 


195 


ployèrent  le  mot  de  cyanéos^  qui  in- 
dique un  bleu  noir,  pour  rendre  la 
nuance  de  leurs  cheveux,  de  leurs 
sourcils  :  ou  se  complut  ainsi  a  lais- 
ser aux  jeunes  et  belles  déilés  la 
blancheur,  apanage  de  la  race  cauca- 
sienne; les  yeux  bleus  et  la  cheve- 
lure bleue  furent  tout  ce  qui  resta 
d'azur  aux  déesses  de  la  mer.  Quant 
aux  draperies  qu'on  leur  donne,  c'est 
une  parure  grotesque  pour  des  habi- 
tantes de  la  mer.  Il  tant  en  dire  au- 
tant de  la  nuance  bleue  de  ces  dra- 
peries. Quelquefois  les  poètes  donnent 
aux  Océ'anidcs  et  aux  rséréides  des 
teintes  vertes. 

OCHESE  ,  OciiEsius,  'Oy^jo-Zo; . 
chef  étolien,  tué  au  siège  de  Troie. 

OCHL^IE,  OcHiMLs,'  0/ji,«i)5-,  fils 
d'Helios  et  de  Rhodé,  de  la  nympjie 
Hégétorie  et  père  de  Cydippe,  n'a- 
vait pris  aucune  part  au  meurtre  de 
Ténasjée. 

OCHX\,'  0;<iva,  fille  de  Coloneet 
deTanaiira,  aimait  Eunosle  sins  être 
payée  de  retour,  l'accusa  de  lui  avoir 
t'ait  violence,  et  le  fil  tuer  par  ses 
deux  frères.  Hélicon,  sans  doute  roi 
du  pays,  mit  les  meurtriers  en  prison 
et,  plus  tard,  instruit  par  Ocbna  de 
tout  ce  qui  s'était  passé,  leur  ordonna 
de  quitter  le  pays.  Ocbna  <e  jeta  du 
haut  d'un  rocher. 

OCIOUVO-MLNO-MIROTTO, 
héros  japonais,  se  distingua  par  ime 
foule  d'exploits  iccrovables.  Le  plus 
célèbre  fui  l'immolation  d'un  dragon 
gigantesque  qui  portait  le  ravage  dans 
tout  le  pays.  Il  perdit  un  jour  son 
glaive  dansleTakamano-Farro.  Com- 
parez ici  AsADÉvr.  Après  sa  raort 
on  le  divinisa  sous  le  nom  d'Itsourao- 
no-o-Iésiro. 

OCNOS,  'Oxvo,-,  fils  du  Tibre  et 
de  Manto,  fonda  Mantoue.  Dans  \  ir- 
gile,  c'est  un  auxiliaire  d'Eaée  dans 
la  guerre  des  Rutules,  — Les  Grecs 


i.v. 


I  i 


^9^» 


OCR 


pcrsonnificrcnlla  fainéanllse,  ou  plu- 
tôt les  lenleurs,  diplomalkjuesou  au- 
tres sous  le  nom  d'Ocnos,  et  don- 
Derent  à  cet  èlre  prétendu  ,  pour  pa- 
raîlre symbolique,  un  âne  qui  dévore 
une  corde  K  mesure  qu'il  la  fait.  De 
là  Tadagc  grec,  c'est  la  corde  d'Oc- 
nos  ;  pour  dire,  beaucoup  de  peine 
pour  ne  rien  faire.  Pausanias  a  ima- 
giné un  Ocuos  liomme  fort  labo- 
rieux ,  pourvu  d'une  femme  fort  dé- 
pensière, et  a  cru  voir  la  une  admira- 
ble explication  du  mythe.  Le  fait  est 
qu'un  tel  ménage  est  bien  une  des 
spécialités  auxquelles  peuvent  s'appli- 
quer et  le  mylhe  et  l'adage;  mais 
d'autres  sont  tout  aussi  possibles,  et 
avoir  foi  en  l'existence  d'un  Ocnos 
en  chair  et  en  os  est  une  erreur  par 
trop  grossière. 

OCRIDION,  'OKpt^/m.  roi  de 
Rhodes,  fut  mis  au  rang  des  dieux 
après  sa  mort. 

OCRISIE,  OcRisiA,  mère  mytho- 
logique de  Servius-TuUlus,  était, selon 
riiislolre,  native  d'Ocriculum. Esclave, 
ainsi  que  toutes  ses  concitoyennes,  elle 
eut  de  Tarquin-l'Aucien  un  fils ,  ce 
Servius  qui  régna  sur  R.ome.  La  lé- 
gende plaçait  en  avant  de  cette  nais- 
sance une  conception  miraculeuse. 
Ocrisie  vit  un  jour  se  peindre  sur  les 
lisons  ou  dans  la  flamme  Timage  d'un 
phalle.  Tanaquil  lui  dit  d'approcher, 
et  l'esclave  docile  devint  soudain  en- 
ceinte de  Servius.  Ceux  qui  ont  fait 
de  ce  phalle  un  Vulcain  n'ont  pas 
beaucoup  avancé  l'explication  j  car  et 
les  tisons  et  la  flamme  se  prennent 
en  mythologie  pour  Yulcaiu ,  la  co- 
lonne rougeùtre  que  forme  la  flamme 
lorsqu'elle  se  dresse  en  pyramide  est 
prise  pour  un  phalle,  et  enfin  le 
principe  ii^né  que  formule  le  nom- de 
A'ulcaina  été  toujours  regardé  comme 
le  principe  mule.  Du  reslL  on  con- 
naît celte  fascination  bizarre  qu'exor- 


ODI 

ce  sur  l'œil  à  demi  endormi  le  tison 
qui  tend  h  passer  du  rouge  vif  au 
blanc. 

OCTOBRE  était  personnifié  chez 
les  anciens  par  un  chasseur  ayant  un 
lièvre  aux  pieds,  des  oiseaux  au-dessi:s 
de  la  tête,  et  une  cuve  près  de  lui. 
On  donnait  à  Rome  le  nom  d'Oclo- 
ber  Eqiius  h  un  cheval  que  l'on 
immolait  à  Mars  le  i4  septembre 
(XVIII  kal.  oct.).  La  victime  était 
sacrifiée  au  champ  de  Mars  ;  et  sa 
queue  devait  être  transportée  au  tem- 
ple du  dieu  avec  assez  de  célérité 
pour  qu'il  en  tombât  encore  des  gout- 
tes de  sang  dans  le  feu ,  lorsqu'on 
arrivait. 

'OCYALE:!"  Oxy«A^,  Amazone; 
2"  'i2*:o«eAof,  Phéacien ,  disputa  le 
prix  de  la  course  aux  jeux  donnés 
par  Alcinoiis. 

OCYPÈÏE,  "SlKVTnryis  '  i"  Har- 
pye;  2  ■  Dan  aide. 

'  OCYROÉ,  'nKupci::i°  Océanide; 
2."  fille  de  Chiro  et  de  Chariclo , 
prophétesse  habile.  Elle  découvrit  a 
son  père  et  a  Esculape  leur  dernière 
destinée,  irrita  ainsi  Jupiter,  et  fut 
changée  en  jument. 

ODACON,  dieu  syrien,  le  même 
sans  doute  que  Dagon  (ô  Aecxuv  j  « 
ùixyûv)  et  une  des  quatre  incarna- 
tions d'Oannès  (J^oy.  ce  nom). 

ODE,  dieu  arabe,  n'est  mentioinc 
que  dans  le  Koran ,  et  .comme  de  la 
plus  haute  .Miliquité. 

ODÉDOQLE,  Odoedocus,'o/#/- 
^ox.oç,  fils  d'Oponte  (  Ottcvs^'  Otto*- 
Tos)  ^  fut  père  d'Oïlée  et  de  Cal- 
liare ,  qu'il  eut  de  Laonome,  et  en 
conséquence  fut  l'aïeul  d'Ajax  TOï- 
lide. 

ODIN,  et  dans  les  langues  du 
nord  Oden  ,  AVgden,  M'odan,  le 
premier  et  le  plus  grand  des  douze 
Ases  Scandinaves  et  le  chef  de  tous 
les  êlres  divins  de  celte  mythologie  j 


ODl  OEB                   tqS 

avait  pour  père  Bor  et  pour  frères  a  aussi  oiipconné  qu'Odin  était ,  si- 

Vilé  et   Vé.  Les  autres  Ases   sont  non  Bouddha,  du  moins  un  Bouddha, 

ses  fils  ;  aussi  le  nomnae-t-on  gêné-  Votan  en  Ame'rique  présente  de  raê- 

raleraent  Alfader,  le  père  de  tous,  rae  ,  tant  par  le  nom  que  par  l'idée, 

Comme  le  Jupiter   du   monde  grec-  un  bien  singulier  rapport  avec  -Odin 

romain,    il   préside,    soit  par   lui-  (Vodan). 

même,  soil  par  les  fils  ses  émana-  ODIOS  était  un  chef  halizone  j 
lions,  à  tout  ce  qui  se  passe  dans  Tu-  Agamemnon  le  tua. 
nivers,  mais  plus  particulièrement  ODITE,  Odites,  'oèiry,;  :  i** 
aux  naissances,  aux  mariages,  à  la  Ethiopien  tué  par  Climène  aux  noces 
mort,  à  la  guerre,  aux  arts  et  k  la  de  Persée  et  d'Andromède;  2°  Cen- 
magie.  Ses  amours,  aussi  nomb^eu^es  taure  tué  par  Mopse  aux  noces  de  Pi- 
que celles  de  Jupiter,  donnèrent  lieu  rilhoiis. 

à  une  foule  de  légendes  consignées  ODRISE,  Odrysus,  "o^pvres-, 
dans  TEdda.  Une  tradition  célèbre  dieuthrace,  donna  son  nom  à  un  peu- 
le  montre  privé  de  Tempire  pendant  pie  et  à  une  ville  de  la  Thessalie. 
dix  années.  Une  autre  non  moins  fa-  Etait-ce  un  Adam  des  Druïdes  ou 
meuse  détaille  sa  lutte  contre  le  roi  Draot?  était-ce  un  arbre  primordial 
Gilfe.  On  lui  donne  pour  palais  Ya-  [ê'pZ; ,  ô  ^pZ?)  personnifié  (corap. 
Iholl.  Fréia,  une  de  ses  filles,  devint  Bob)?  enfin  serait-ce  l'un  et  l'autre? 
sa  femme.  Les  livres  sacrés  lui  don-  iS 'oublions  pas  qu'a  ces  époques  re- 
nent  une  foule  d'épithètes  raagnifi-  culées  la  Thrace,  encore  plus  que  le 
ques.  On  en  compte  jusqu'à  cent  Roura-Ili  actuel,  était  couverte  de 
vingt-six.  Odin  de  plus  eu  plus  idéa-  bois,  de  monts  et  de  glaces.  —  On 
lise  devient  un  vrai  Janus.  Deux  cor-  donnait  le  surnom  d'Odrysios  a  Bac- 
beaux  placés  sur  ses  épaules ,  Hougin  chus  et  a  Borée,  à  Térée  et  à  Rhé- 
( l'esprit)  et  Mounin  (la  mémoire),  sos. 

lui  révèlent  sans  cesse  le  passé  et  l'a-  OEAGRE,   OEagrus,    OÏxypoçy 

venir.  C'est  Odin  qui  donne  aux  dieux  fils  de  Tharops  et  père  d'Orphée,  ré- 

l'immortalité  j  aussi  les  légendes  le  gna  en  Thrace.  Comme  on  donne  à 

présentent-elles  enlevant  l'hydromel  :  Orphée  Calliope  pour  mère  ,  OEagre 

c'est   Odin    qui  inspire  les  poètes  j  se   trouve  époux  ou  amant  de   Cal- 

aussi  le  voit-on  en  laisser  tomber  une  liope. 

partie  sur  la  terre.  De  plus ,"  c'est  lui  OEAATHE  ,     Oiiih  ,    héroïne 

quia  diclé les  strophes  de  l'Havamaal.  éponvme  d'une  ville  de  la  Locride, 

C'est  Odin  qui  a  donné  naissance  par  passait  pour  ISjmphe. 

son  fils  Heimdall  h  toutes  les  tribus  OEAX  ,  0/«| ,  frère  de  Palamède 

du  INord. — L'ensemble  des  diverses  [J^oy.  Nalplius).    Ce   nom   veut 

aventures  attribuées  a  Odin  reflète  dire  gouvernail,  et  se  lie  aux  person- 

assex  fidèlement  l'histoire  de  la  reli-  nifîcations  de  la  famille  de  Nauplius. 

gion   Scandinave.   Profondément  sa-  OEBALE,    OEbalus  ,    oî'oaAo?, 

cerdotale  d'abord,  elle  devint  ensuite  fils  du  roi  lacou  Cynortas ,  épousa 

plus    laïque,   plus   guerrière.     Les  Gorgophoneet  eneutTyndarée,  nom- 

évhéraéristes  qui  d'avance  avaient  dé-  mé   souvent  OEbalide  ,  ainsi  qu'Hc- 

claré   Odin  un  personnage    réel  en  lèue.  Castor  etPollux,  etc. —  l-n 

conclurent  deux  Odin ,  l'un  prêtre  ,  autre  OEbale  ,  fils  de  la  nymphe  Sé- 

l'atitre  chef-roi  des  Scandinaves.  On  béthis  et  du  roi  téléboen  Télnn  ,  se- 

i3. 


19^  OF.D 

courut  tnce  dans  sa  guerre  contre 

Turnus. 

0EI50TE,  OEbotas,  OI^ctxs, 
patron  des  allilètes  acliéens,  élail  ho- 
noré en  AcliaVe.  La  légende  voulait 
an  A  eut  été  lui-même  athlète  pendant 
i,a\'ie.  Aucun  monument,  ajoute-t-on, 
n'honora  sa  victoire,  et  les  Acliéens 
restèrent  long-temps  sans  remporter 
d'avantages  aux  jeux  Olympiques. 
Surpris  enfin  ils  consultèrent  Toracle 
de  Delplies,  et  il  leur  fut  répondu  que 
leur  ino^ratitude  seule  était  la  cause 
de  leur  malheur.  Aussitôt  ils  erigc- 
rent  une  statue  a  OEbotc  dans  Oljm- 
pie,  et  aux  jeux  suivants  Soslratede 
Pallène  fut  déclaré  vainqueur. 

OECliALIE,OEcuÂLiA,o;;i«A/^, 
femme  de  Mélané,  donna  son  nom  à 
rOEchalie  dans  la  Messénie. 

OEDlPE,OEDiPus(g.  i  or  odos)^ 
olêiTic'jg^  fils  de  Laïus  et  de  Joca^te, 
si  célèbre  dans  la  mythologie  grecque 
comme  tvpe  de  la  fatalité  que  1  hom- 
me ne  peut  fuir.  L'oracle  avait  an- 
noncé a  Laïus  que  ce  fils  serait  l'as- 
sassin de  son  père  et  Tépoui  de  sa 
mère.   Aussi  ful-il  confié,  quelques 
heures  après  sa  naissance,  a  un  piilre 
qui  devait  l'égorger,  et  qui  par  pitié 
se  contenta  de  lui  percer  les  pieds  et 
de  le  suspendre  a  un  arbre.  De  la 
son  nom  [oldùvj  s'enfler;  ttoZ;,  pied^. 
Phorbas,   berger  de  Polybe,  roi  de 
Corintbe,  le  détacha,  Temporla  au 
palais  5  et  comme  le  couple  roval  était 
«ans  enfants,  le  vit  adopter  par  les 
deux  époux.   OEdipe  adulte  consulta 
un  jour  l'oracle  sur  sa  destinée,  et  en 
reçut   une  réponse  analogue  a  celle 
de  Laïus.  Son  père  devait  mouiir  de 
sa  main,  et  sa  mère  le  recevoir,  san- 
glant encore  ,  dans  la  couche  de  l'é- 
poux assassiné.  OEdipe  ,  afin  d'éviter 
ces  malheurs,   quitta  Corinlhe  ,   et 
partit  pour  la  Phocide.  S.t  la  roule 
de  Daulis à  Delphes,  à  rerabranche- 


OED 

ment  de  la  roule  de  Thèbes,  un  char 
lui  barra  le  passage,  et  une  voix  im- 
périeuse lui  cria  de  faire  place.  Le 
jeune  prince  ne  tint  compte  de  l'ordre, 
continua  d'avancerj  et  quand  les  che- 
vaux   menacèrent    de  le   fouler  aux 
pieds,  les  arrêta  :  une  rixe  s'ensuivit; 
OEdipe  eut   tout  l'avantage,    et   le 
maître  du  char  et  les  cinq  domestiques 
qui  formaient  son  cortège  mordirent 
successivement  la  poussière  sous  ses 
coups,  a  l'exception  d'un  seul.  Ce  maî- 
tre du  char  était  Laïus.  Peu  de  temps 
après  nous  voyons  OEdipe  prendre  la 
roule  de  Thèbes  privée  de  roi  et  gou- 
vernée  par   Créon   régent ,  deviuer 
Ténigrae  bizarre   du  sphinx    (  voy. 
ce  nom),  et,  conformément  au  pro- 
gramn^.e  publié  par  Créon,  recevoir 
a  la   fois  la  main   de  Jocaste  et  le 
sceptre.  Les  deux  parties  de  l'oracle 
alors   se   trouvaient   accomplies.    En 
vain  le  père  avait  voulu  se  débarras- 
ser k  jamais  de  sou  fils,  eu  vain  le  fils 
en  quittant  Corinthe  avait  tenté  de 
s'écarter  des  auteurs  de  ses  Jours:  la 
fatalité  ,     après    avoir    ajourné   ses 
coups  et  avoir  permis  dans  l'enfance 
du  jeune  prince   qu'il  fût  séparé  de 
ceuv  auxquels  il  devait  la  naissance, 
les   a  tout  a  coup  réunis  :  l'enfance 
toujours  inoffensive  s'est  passée  dans 
l'isthme     qui     joint    le    Péloponèse 
a  la  Grèce  septentrionale;   1  âge  des 
combats  et  des  amours  une  fois  venu, 
les  dislanci  s  deviennent  inutiles,  et 
le  jeune  Thébain  prédestiné  au  parri- 
cide et  a  l'inceste  revient  vers  Thè- 
bes. Selon  Homère,  linceste  ne  fut 
pas  consommé;  mais  chez  la  plupart 
des  mythologues  ou  voit  l'union  de 
la  mère  et  du  fils  donner  naissance  à 
deux  fils,  Etéocle  et  PoWnice,  a  deux 
filles  ,  Antigone  et  L<mène.  Au  bout 
de  quelques  années  une  épidémie  ef- 
froyable   se  déclara   dans    Thèbes; 
l'gracle  annonça  qu'elle  ne  cesserait 


OED  CED                   ly: 

que  quand  La'i'us  aurait  été  vcDge.  Les  donne  la  mythologie  vulgaire.  Athè- 
perquisitions  amènent  bientôt  OEdipe  nés,  il  est  vrai ,  moutrait  son  tom- 
a  connaître  non-seulement   qu'il   est  beau  5  inaisj  outre  que  de  semblables 
le  coupable,  mais  encore  que  la  veuve  reliques  ne  tirent  pas  a  conséquence, 
deni  il  est  Tépoux  est  sa  mère.  De  on   conciliait    les    deux  légendes  eu 
désespoir  il  s'arrache  ou  se  crève  les  disant  que  ses  ossements  avaient  été 
yeux  j    ses    fils  le    chassent   du   pa-  transportés   de    Thèbes  a  Athènes, 
lais  ,  et  s'emparent  de  Tautorité  que  Sophocle  a  laissé  deux  tragédies  sur 
bientôt  ils  se  disputeront  le  glaive  à  OEdipe,    Œdipe  roi,  OEdipe  à 
la  main.  Quelques  traditions  font  vi-  Colone.  Eschyle  cbez  les  Grecs,  .Se- 
vré  OEdipe  aveugle   au  palais ,  jus-  nèque  chez  les  Latins  en  composè- 
qu'au   jour   où  Polynice  revient    en  rent  d'autres.  Corneille   et  Voltaire 
armes  demander  a  Etéocle  sa  part  ont  fait  représenter  sur  la  scène  frau- 
d'empire.    Le   sens  antique   et  l'ac-  çaise   deux  tragédies  d  OEdipe  y    et 
cent  véritable  des  traditions  indiquent  Guillard  un  opéra  intitulé  :  OEdipe 
que  la  découverte  du  crime  suivit  de  à  Colone.  ^\  iuckelmann,  iMoniim. 
près  le  crime  5  et  dans  cette  hypothèse  ined.,  io5,   loi,  a  fait  connaître 
il  faut  admettre  une  longue  régence  deux  bas-reliefs  relatifs  aux  aventu- 
de  Créon.  Quelle  que  soit  la  légende  res  d'OEdipe.  11  faut  y  jomdre  qua- 
à  laquelle   ou  s'arrête  ,  OEdipe  sort  tre  pierres  gravées  publiées  par  Mil- 
de  Thèbes  en  maudissant  ses  fils  ou  lin,  et  qui  toutes  représentent  OEdipe 
l'usurpateur,   erre  de  pays  en  pavs  avec  le  sphinx  (\oy.  Gai.  niyth.  , 
conduit  par  sa  fille  Antigone,  et  enfin  5o2-5o5). — Les  penseurs,  aux  noms 
arrive  au  bourg  de  Colone  près  d'A-  seuls  de  sphinx  et  de  Thèbes,  doivent 
thènes  et  y  rend  le  dernier  soupir,  voir  que  le  lieu  de  la  scène  dans  toute 
Sa  cendre  devient  un  talisman  pro-  cette  fable  n'est  pas  la    Thèbes    de 
lecteur   et   un   palladium.  Ainsi   en  Béolie,   car  c'est  autour  de  la  Thè- 
tout  pays  les  grandes  infortunes  sont  bes  aux  cent  portes  qu'abondent  les 
une  notabilité.  On  regardait  avec  \u\  sphinx.  L'inceste  n'a  rien  qui  doive 
respect  prodigieux  et  l'homme  et  le  surprendre  :    l'Egypte  ,     ainsi    que 
lieu  que  la  foudre  avait  frappés.  L'O-  l'Orient  et  1  Inde  ,  en  fut  prodigue, 
rient  vénère    encore   les  fous,  qu'il  Et  quant  au  meurtre  du  père  ,  c'est 
regarde    comme    des    inspirés  ;     et  la  formule  ordinaire  de  la  rénovation 
Alger,  du  temps  de  Cbarles-Quint,  des    formes.    Ainsi  les     Corybantes 
se  sauva  ranimé  parles  véhémentes  tuentDyonise,Corybaute  comme  eux. 
allocutions  de  l'insensé  loussouf.  Les  La  différence  c'est  que  d'ordinaire  la 
tragiques  ont  brodé  cette  circonstance  victime  est  jeune,    et  qu'ici  elle  ne 
dernière  de  la  vie  d'OEdipe.  Ce  sont  l'est  pas.  Enfin  les  frères  rivaux  sont 
eux  qui  nous  montrent  auprès  d'OE-  desDioscures,  des  Açouins,  des  moi- 
dipe  à  Colone  Créon  d'abord  et  en-  tiés  d'un  œuf-monade.  Les  deux  jeunes 
suite  Polynice  :  tous  deux  viennent  filles  elles-mêmes   en  sont  le  dédou- 
le   supplier  de   prendre   parti    pour  blement.  En  résulte-t-il  que  l'épopée 
yeux;  OEdipe  résiste  a  tous  deux.  Une  d'OEdipe  soit  venue  directement  de 
tradition  voulait  qu'OEdipe,  après  la  la  Thél)aïde  a  la  Béotie  ?  Non  ,  sans 
rupture  de  son  mariage  avec  Jocaste,  doute.   En  résulte-t-il  même  qu'elle 
eût  épousé  Eurygauie,  et  l'eut  rendue  soit  venue  de  la?  Nous  n'en  repou- 
mère  de  ces  quatre   enfants  que  lui     drious  pas.  Le  fait  est  que  la  Beotie, 


lyS  OEN 

ioule  saïuolliracieiine  dans  son  ori- 
iiiiie,  admit  un  luylhe  doul  les  parè- 
dres  (les  .sphiiix}  cuieul  de  Jii.  p(  r- 
tance  en  Égyj»lc.  La  Phénicie,  ïol- 
cos,  Samolhrace  et  les  traditions  ve- 
nues de  la  côle  d'Kgyjilc  ont  pu  , 
chacune  dans  sa  sphère,  contribuer  a 
la  formallon  de  la  fable  lolale.  Samo- 
llirace ,  il  ne  faut  pas  1  oublier  ,  con- 
sacrait en  quelque  sorte  l'adultère  cl 
Tincesle  en  substituant  x\rès  a  Hé- 
pheste  da.ns  le  lit  d'Aphrodite. 

OEMÉ,  0<]t6>;,  Danaïde  ,  une   de 
celles  qui  avaient  Crino  pour  mère. 

OEÎSÉE,  OEkeus,  olviûs-,  fils  de 
Parthaon  et  d'Eurvle,  régnait  à  Ca- 
lydon,  tandis  qu'a  Pleurou  coramau- 
dait  Thespius.  Il  eut  deux  femmes, 
Althée,  Péribée.  La  première  le  ren- 
dit père  de  Méléagre .  de  Théras  et 
de  Climène(d'aulres  disent  de  Vhérée, 
d'Agélas  et  dePeriphas),  et  de  quatre 
filles,  Gorgé,  Eurymède,  Wélanippe, 
Déjanire.  De  la  seconde  il  eut  Tvdée, 
père  de  Diomède.  Bellérophon  était 
son  hôte  et  son  ami. C'est  lui  qui,  dans 
un  sacrifice  offert  k  tous  les  dieux, 
oublia  Diane ,  et  vit  en  conséquence 
le  sanglier  de  Calydou  ravager  ses 
domaines.  Méléagre,  son  fils ,  l'eu 
débarrassa,  grâce  h  la  coopération 
des  jeunes  chefs  grecs.  On  sait  com- 
ment ensuite  moururent  et  ce  liéros 
et  sa  mère.  Plus  tard,  il  eut  à  soute- 
nir la  guerre  contre  les  Curetés^  ses 
iie\cux  se  déclarèrent  contre  lui.  Ty- 
dée  en  tua  deux,  Alcathuiis  et  Lyco- 
pée.  Forcé  de  fuir  après  ce  double 
meurtre,  il  passa  en  Argolide  où  il 
rejoignit  Priam.  Pendant  ce  temps 
OEnée,  vaincu  par  les  fils  de  son 
frère  Agrius,  échangea  le  trône  con- 
tre une  obscure  relraile  (comp.  de 

nombreuses  variante  ;  à  i'arl.  Ar.Rius\ 
Diomède  revenu  en  Etolie  battit  /a 
branche  usurpatrice,  t'[,  ne  voulant 
iii  garder   le  trône  poui    lui,   ui  le 


OEN 

donner  a  un  père  affaibb  par  les  ans, 
il  y  fit  monter  son  frère  Andrémon. 
OEnce  mourut  quelque  temps  après 
dans    Argos.    La    défaite    d  OEuée 
a  singulièrement  exercé  la  verve  des 
poêles  tragiques  ancien^.    De  là  les 
nombreuses  légendes  sur  son  compte. 
INous  nous  bornerons  k  une  remar- 
que :  OEnée  {oïvcç) ,  le  INoé  de  l'E- 
tolie,  est  le  vin  personnifié.  Une  tra- 
dition le  montre  prêtant    sa  femme 
Allliée  aBacchus,  et  en  revanche  re- 
cevant delui  le  via.  Il  faut  ici  compa- 
rer IcARius.  La  guerre  contre  les  Cu- 
retés rappelle  Taltaque  des  Kourout» 
contre  les  Pandous.^ — Trois  autres 
OE>tE  furent  i"  un  Egypticle  j  2°  un 
fils  naturel  de  Pandiou  j  3"  un  fils  de 
Céphale  et  de  Procris,  qui  régna  dans 
la  Phocide  après    la  mort  de    son 
grand-père  Déionée  (  aies  o/v*?)  5  4- 
un  prince  dont  Hercule  tua  léchansou 
du  bout  du  doigt. 

OEiSEIS  ,  Ohy.iç  ,  nymphe  d'Eto- 
lie,  eut  de  Jupiter  le  dieu  Pan. 

OEZSLV,  Oivîcty  fut  une  des  douze 
filles  du  dieu -fleuve  Asope  et  de 
Melhone. 

OEINO,  Otyay  fille  d'Anius  et  de 
I\ha  0  (ou  Dorippe),  avait  pour  sœurs 
Elaïs  et  Spermo.  Ces  trois  jeunes  filles 
furent  métamorphosées  en  colombes. 
îSul  doute  que  ce  ne  soient  trois 
Grâces  ou  INymphes  approvisionna- 
trices.  Leur?!  noms  (cnre^ua,  ixaiêi^ 
ôttas)  sio^nifient  grain,  huile,  fin. 
Leur  mère  est  la  fructification  ou  la 
munificence  ;  et  le  nom  de  leur  père  , 
quelque  aUéré  rniil  soit ,  est  le  nom 
aiiluiuede  Tannée  {tioç^  ivixvrcç)' 

OErsOE,  Oôou:  I  "  reine  des  Pyg- 
n3ëes(les  dieux  irrités  de  sa  barbarie 
la  ch.-\ngèrenl  en  grue};  2°  nymphe, 
une  des  «ournces  de  Jupiter  (comp. 
OE^o  et  OEnée);  5°  héroïne  épo- 
nyme  d'un  bourg  de  l'Atlique. 

OENOMAS,   OE>oMAUs,  Om- 


OEN  OEX                 199 

fittaçy  roi  de  Pise ,  devait  le  jour  à  fleuve  Cébrène  et  Nympte  du  mont 

Mars  et  aStérope  (ou  Harpinne  ,  ou  Ida,  en  Phrygie,   reçut  d'Apollon, 

Eurjlbémis).  On  nomme  aussi  pour  son    amant,    la    science   de   l'avenir 

son  père  Alxion   ou  Hypéroque.   Il  et  l'art  de  connaître  les  simples.  Plus 

eut  pour  femme  Évarèle.  Leucippe,  tard,  elle  eut  de  Paris,  encore  ber- 

son  fils,   était  aimé  de  Dapbné  ,  et  ger  ,    un   fils    nommé   Corytbe.    La 

Apollon  se  vengea  en  le  faisant  pé-  légende  la  lie  intimement  a  deux  in- 

rir.  Hippodamie,  sa  fille,  était  ce-  stants  solennels  de  la  vie  fabuleuse 

lèbre  dans   toute    la  Grèce  par   sa  de  Paris.  Lors  de  son  départ  pour  la 

beauté.  Averti  par  l'oracle  que  son  Grèce,  elle  lui  prédit  ses  infidélités , 

gendre   le    tuerait,    il    publia   qu'il  la  ruine  deXroie  et  sa  mort.  «Tu  seras 

ne  la  donnerait  qu'a  celui  qui  le  sur-  blessé,  dit-elle,  blessé  à  mort,  et  alors 

passerait  à  la  course  des  cbars.  L'a-  tu  te  souviendras  d'OEnone  .  tu  re- 

mant  courait  en  avant ,   et  le  roi  le  viendras  près  d'elle,  tu  lui  demande- 

poursuivait    l'épée    a   la   main.    Ou  ras  merci  :  OEnone  te  refusera  ».  En 

nomme  quinze  prétendants  a  qui  leur  effet  la  dixième  année  du  siège  Paris 

audace  coiitala  vie:  Acrias,Alcatbous,  blessé  par  Philoclèle  se  fil  porter  sur 

Aristomaque ,    Gapet ,    Chalcodou ,  le   mont   Ida,    implora   les   secours 

Chronius,  Eole,  Euryale,  Euryma-  d'OEnone,  et  mourut  dans  ses  bras. 

que,Euryte,  Lasios,Lycurgue,  Mar-  Toules  les  traditions  la  montrent  sui- 

max ,    Prias,    Tricoloue.    Quelques  vaut  au  tombeau   cet   objet  de    sey 

poêles    restreignent    ce    nombre    a  amours  :   elle  meurt  de  regret,  ou. 

treize;   Diodore    le   porte    a    seize,  s'étrangle  avec  sa  ceinture  en  arri- 

Enfin  Pélops  apparut,  gagna  Myrtile,  vaut  dans  le  palais  de  Priam.  Chez 

cocher  du  roi,  et,  grâce  a  lui,  arriva  Dictys   elle  est  saisie  d'un   accès  de 

le  premier  au  but  (/^O)'.  Mybtile).  démence,  et   se  laisse  consumer  de 

Diodore    montre    seulement  Pélops  douleur.    Enfin ,    dans    Quinlus   o.e 

parvenant   le  premier    au  but    sans  Smyrne ,  elle  se  brûle  sur  le  bûcher 

que  Myrtile  porte  la  perfidie  jusqu'à  de  Paris.    Du  reste  ,  on  varie  sur  la 

le  faire  mourirj  et  OEnomas  se  don-  manière  dont   elle  reçut  le  coupable 

nant  la  mort  a   cette  vue,  puisqu'il  repentant.   Selon  les  uns,  elle  em- 

voit  l'oracle  accompli.   Lne  variante  ploie  tous  ses  soins  pour  le  guérir, 

présente   OEnomas   comme  éperdu-  et   n'échoue  que    parce  que   la  flè« 

ment  amoureux  de  sa  fille.  Ses  che-  che  qui  l'a  blessé  est  empoisonnée; 

vaux  s'appelaient  Philla  et  Harpye. —  selon  d'autres,  elle  le   renvoie  brus- 

OEnomas  est  la  personnification  des  quemenl    avec    ces    mots    :    «  Qu'il 

jeux  Olympiques.  Hippodamie,  c'est  aille  se  faiie  panser  par  Hélène l:» 

le  piix  des  jeux;  les  quinze  ou  seize  Mais  bientôt  elle  court  a  Troie,  a'i 

prétendants  sont  les  régions  grecques  chevet  du   lit    du  malade.  Malheu- 

admises    au    concours.    Les    Eléens  reusement  il  est   trop  tard.  Suivant 

aussi  disputent    le   prix:    OEnomas  d'autres  enfin,  elle  ne  porte  aucun  se- 

alors  semble  épris  de  sa  fille. — Deux  cours  au  prince;  mais  on  transporte 

autres  OE>omas   sont  :  l'un  un  chef  près  d'elle  le  cadavre,  et  on  la  charge 

troyen  tué  pj^r  Idoméuée  au  siège  de  de  l'inhumer.  C'est  a  celle  vue  qn  elle 

Troie  ,  Vautre  un  chef  grec  tué  par  se  consume  de  désespoir. 

Hector.  0E>0PE,Oi*yâ;5iîî,  fille  d  Epopée, 
0£>'OiSE,  O/vs^'k.),  fille  du  dieu-     femme  de ^'eptune,  mère  dcMcgauc, 


2urJ 


oe:^ 


s 


OEÎsOPE,  OEnopeus,  olv&TTt'jç, 
OuOE!SOPlON,o;v67r/û/»,roldeCliio 
qu'on  a  mal  à  propos  scindé  en  deux 
personnages ,  était ,  dll-on,  le  fils  de 
The'se'e  (ou  de  Dlonyse)  et  dWriadne. 
Il  épousa  Hélice,  et   eut  pour  iille 
Héro  ou  Mérope.  Orion  demanda  sa 
main,  et,  las  aes  délais  qu'on  lui  op- 
posait, la  viola.  OEnopion.  fcignaut 
d'ignorer  l'outrage,  enivra  le  géant , 
lui  creva  les  yeux  ,  et  le  jela  sur  le 
rivage  •  puis  il  se  caclia  si  bien  dans 
une  grolle,  que  le  fils  d'Hyriée  ne  put 
lui  faire  sentir  le  poids  de  sa  ven- 
geance.   Jusqu'ici   le    mythe    recèle 
1°  opposition  de  la  terre  au  soleil, 
2®  syzygie  du  soleil  et   de  la  lune, 
3°   éclipse.  Selon  Diodore,  Rhada- 
manlhe  avait  rendu  Chio  à  OEnopion. 
lieu  avait  donc  été  dépouillé.'    Par 
mi?  Par  des  pirates.  La  préscice  de 
ihadamanthe  ici  lie  encore  OEnopion 
an  mylhe  crétois  et  h  la  famille  de 
Minos.  Pour  qui  sait  que  ôÏvûv  yr/vea 
veut  dire  boire  du  vin,  et  e/vo»  ttoi-Jv^ 
faire  du  vin  .  que  Chio  élait  célèbre 
par  ses  vins  délicats  ,  que  Tiiésée  est 
un  dieu-soleil  de  Tiiasos  et  un  Bac- 
cbus ,  qu'un  commerce  d'importation 
et  d'exportation  unit  la  Crète  et  les 
îles  de  rEgée,les  traditions  relative:^ 
à  OEnopion  s'expliquent  sans  peine. 
OEnopion  eut  encore  pour  fils  Evan- 
tbe,    Tbalos,    Méléna ,    Salaque   et 
Atliaraas.  On  montrait  son  tombeau  h 
Chio. 

^  OE]\OPS,  o'Ui  :  i«  fils  d'Hé- 
lénus,  chef  grec  tué  au  siège  de  Troie- 
2°  père  d'iliode,  devin  dlthaque. 

ŒINOTRE,  OE>oTRus,  o/vo- 
rposj  la  race  œnotrieune  personnifiée, 
passait  pour  le  plus  jeune  des  Lvcao- 
nides.  Nyclime,  son  frère,  qui  lui  dis- 
pute ce  titre  ainsi  que  U  rare  privilège 
d'avoir  été  seul  épargné  par  Jupiter 
lorsqu'il  foudroya  les  Lycaonidcs,  lui 
<ionna   de    l'argent ,  des  vaisseaux  , 


0E>' 

des  hon'imcs  ;  et  c'est  alors  qu'Œno- 
trc  arriva  en   Italie.  Celte  colonisa- 
tion aurait  été  la  première  émigra- 
tion que  les  Grecs  opérèrent  dans  la 
péninsule.  ^Malheureusement  il  plane 
des  doutes  sur  l'époque  et  même  sur  la 
réalité  de  l'émigration.  Denys  d'Ha- 
licarnasse  ,  d'après  Acusi'as  et  Phé- 
rëcyde ,  la  place  dix-sept  générations 
avant  la  prise  de  Troie.  M.  Raoul- 
Rochette,   d'après  un   synchronisme 
tiré  d'Apollodore,  réduit  ces  dix-sept 
générations  a  huit.  Frérel  aussi  avait 
combattu   la    haute    antiquité   attri- 
buée a  celte  émigration.  Divers  cal- 
culs    sur  les  Inachides  eux  -  mêmes 
pourraient  permettre  de  flotter  entre 
les  deux  dates   extrêmes.    Dans  ces 
derniers  temps  Petit-Radel,  compa- 
rant   les  divers    synchronismes   que 
nous  ont  laissés  les  anciens  ,  réintè- 
gre l'émigrat  on  d'Œnotre  à  la  dix- 
septième  génération  avant   la   prise 
de  Troie  j  et  par  conséquent,  dans  le 
système  qui  fait  les  générations  de 
trente  aus ,    Œlnotre    en  igre    vers 
1710  avant  J.-C.  Reste  h  examiner 
si  l'émigration  eut  lieu.  Denys,  Stra- 
bon,  Pausanias  sont  unanimes  sur  ce 
point,   mais    rien    ne    prouve  qu'ils 
aient  raison.  Aristote,  dont  on  a   in- 
voqué l'autorité  à  propos  des  monu- 
ments de  la  colonie  d'Œnotre,  ne 
parle  que  de  quelques  usages  de  la 
vie  civile  introduite  parmi  les  Œno- 
tres  par  Itale  kur'roi.  Le  fait  est  que 
toutes    ces    questions    sollicitent   un 
nouvel  examen.   1°  Les  Cïlnolres  se 
lient-ils,    comme   on   a  droit   de  le 
soupçonner,  aux  Peu\.ètes,  et  quels 
sont  leurs  rapports?  2"  Sont-ils  Pé- 
lasgues?  5°  Est-ce  d'Arcadie   qu'ils 
tinrent?  4"  Trouvèrent-ils  des  indi- 
gènes i    esl-il  vrai  que  tfes  indigènes 
s'appelaient  Ausones?   5"  Est-il  vrai 
qu'ils  débarquèrent  dans  le  golfe  de 
ote-Euphcmic,  et  qu'ils  s'étendirent 


OGH  OGY                  20  r 

d'une  mer  a  l'autre,  entre  Métaponte  attirail  une  immense  multitude  d'hom- 

et  Pestum?  est-il  vrai  que  les  Auso-  mes  qui  paraissaient  le  suivre  volon- 

ucs   étaient  une  de  leurs  branches?  taireraent.    C'est  Lucien   qui  donne 

6"  Esl-il  vrai  qu'ils  étaient  les  pre-  ces  détails.  Raphaël,  sur  sa  descrip- 

miers  colons  venus  du  Péloponèse  ou  tion,  a  fait  un  Ogbam  qui  a  été  grave 

de  la  Grèce  septentrionale,  ou  bien  par  Cochin  et  Lesueiir. — On  nomme 

doit-on  admettre  que  trois  colonies  Ogbam    l'Hercule  gaulois.    Ces    fils 

les  avaient  précédés  ?  d'or  qui  tirent  et  groupent  auprès  de 

ŒjNOTROPES  ,  Œ^'otrop.î;  ,  lui  la  multitude  seraient,  dit-on  ,  le 

OivorpeTTccî ,    les  Irois    filles  d'Auius  symbole  d'une  éloquence  entraînante 

[P^oy.  Œno).  et  persuasive.  Qu'on  donne  donc  à  cet 

ŒOCLE,    OEocLUS,    bàlit  *eu  Hercule  le  nom  d'Hercule-Hermès  ou 

l'honneur  d'Ascra,  sa  mère,  qui  l'a-  d  Herméracle.  Toutefois,  il  peut  en- 

vait  eu  de  son  commerce  amoureux  core  rester  des  doutes  sur  le  vrai  ca- 

avec  îSeptune  ,   une  ville   de    même  ractère  d'Ogham  :  peut-être  éfait-ce 

nom  en  Béolie.  un  dieu  des  mers.  On  explique  Ogli- 

ŒOTSE,  ŒoNUs  ,  0/û;v«:V,  cou-  Am  par  puissant  sur  mer. 

sin  d'Hercule(par  Licjrane,  son  père,  OGOA  ou  OSOGO,   ISeptune  k 

qui  était  le  frère  d'Alcmène),  fut  tué  Mylase  ,  ou  plutôt  l'eau  même  prise 

a  Sparte    par  les   Hippocooutides  ,  comme  essence  suprême.  On  croyait 

sans  que  la  présence  d'Hercule  empê-  entendre  la  mer  bruire  sous  le  pavé 

châtie  meurtre. Quelque  temps  après,  de  son  temple.  Sans  doute,  grâce  au 

Hercule   reviut  mieux  accompagné,  mécanisme  de  quelque  pompe  cachée, 

massacra  Hippocoon  et  sa   famille,  ou  de  tuyaux   hydrauliques,   la  mer 

et  déposa  les  os  d'Cïione   h   Sparte  était  censée  se  répandre  dans  le  tem- 

mème.  La  ville  lui  rendit  les   hou-  pie,  et  y  renouveler  limage  du  grand 

neurs  héroïques,  et  dédia  un  temple  à  cataclysme.  Une  de  ces  miraculeuses 

Hercule  près  du  tombeau.  inondations  ôta  la  vue  a  Epyte,  fils 

OESTROBLÈS  ,  O/VrflooAij'r,  fils  d'Hippotboiis. 

d'Hercule  et  de  la  Thespiade  Hésy-  OGIGÈS,    'Q.yvyy.5^     vieux    roi 

chie.  du  plateau  béoto-atlique,  passait  pour 

ŒTYLE,    Œtylus  ,    o'irvXo;,  fils  de  Neptune   et  d'Alistra   ou   de 

héros  éponyme  d'une  ville  de  Laco-  Tarmère  (on  lui   donne  aussi  pour 

nie,  était  d'Argos,  et  avait  pour  père  père  Béote).    W  eut  pour  sujets  les 

Amphianax  et  pour  aïeul  Anlimaque,  Hellènes.  Tbèbes,  Eleusis  furent  bà- 

OGEN,  le  même  qu'Océan,  passait  ties  pas  ses  soins.  Une  Tbèbes  aussi 

pour  le  dieu  des  vieillards,    que  les  est  sa  femme,  et  un  Eleusis  figure 

Grecs  nommaient  ironiquement  Ogé-  parmi  ses   enfants.   Cadmus    et  «ne 

nides.  triade  femelle,  Alalcoménie,  Aulis  et 

OGHAM ,  dont  on  a  faitOcMios  Thelsinie,  complètent  sa  famille.  Un 

et  Or;Mius,"oy,ti<o?,  dieu  celte,  était  déluge  effroyable   eut  lieu  sous  son 

représenté  sous  les  traits  d'un  vieil-  règne,  et  inonda  s^s  domaines.  Var- 

lard  à  tète  chauve,  aux  rides  profon-  ron  et  d'antres  auteurs,  cités  par  Si- 

des,  au  teint  olivâtre  5  arc,  carquois,  Augustin,  rapportent    très-sérieusc- 

massue  chargeaient  ses  mains  et  ses  ment  qu'à  celte  époque  la  planète  de 

épaules.  De  sa  langue  parlaient  des  Vénus  changea  de  couleur,  de  direc- 

fils  d'or  et  d'ambre   avec  lesquels  il  tion  et  de  forme  j  et  des  modcrnea, 


Îl02 


OÏL 


calculaul  la  périodicité  de  la  grande 
comèle  de  67 5  aas,  en  ont  conclu 
que  le  déluge  d'Ogygès  eut  lieu  vers 
1769  avant  J.-C.  Nous  ne  pouvons 
que  rire  de  ces  calculs.  Voy.  au 
reste,  sur  Ogygès,  It  Catholique ^ 
t.  XVI,  dernière  livraison. 

OGIGIE,  Ogygia, 'H'/vy/a,  une 
des  sept  filles  de  ISiobé.  On  donne 
aussi  ce  uom  a  la  Béolie,  à  une  porte 
de  Thèbes  ,  et  enfin  à  lile  si  mal  dé- 
terminée de  Calvpso. 

OHINA.  Voy.  Étoua-Rahai. 

OIIIRA-RLNE-MOU]N'A,  déiié 
polynésienne ,  fille  de  Ti  et  d'Osira, 
épousa  le  premier  après  la  mort  de 
sa  mère,  et  lui  donna  trois  fils ,  Ora  , 
Yanou,  Titon,  et  trois  filles,  Hen- 
na^ou-Monourou,  Héuaroa,  jNouna. 
Ces  généalogies  trimouriiques  offrent 
la  plus  curieuse  comme  la  plus  frap- 
pante analogie  avec  les  légendes  ir- 
landaises. 

OIAROU  est  cbez  les  Iroquois 
le  fétiche  spécial  de  chaque  individu  \ 
ce  fétiche  est  à  volonté  un  calumet, 
un  outil,  un  animal,  une  peau  d"ours, 
etc.  Toutefois,  ils  doivent  Tavoir  vu 
en  songe  avant  de  le  choisir  pour  fé- 
tiche. Ils  croient  que,  grâces  a  ce  ta- 
lisman, ils  se  transportent  oii  ils  veu- 
lent, et  se  transforment  a  leur  fan- 
taisie. —  Leurs  devins  sont  ceux  qui 
ont  acquis  par  ces  visions  répétées 
un  pouvoir  surualurel. 

GICLÉE,  OÏCLEUS,  'OïxAeuff,  fils 
d'Anliphate  el  de  Zeuxippe ,  époux 
d  llypermnestre  et  père  dAinphiarùs, 
de  Dùlibée  et  dlphiauirc.  Il  fut  tué 
en  Troade  ,  lors  de  l'expédition 
d'Hercule  contre  la  capitale  de  Lao- 
médon. 

OILÉE,  OÏLEus,  'o;/«wf,  fils  du 
roi  locricn  Odédoque  (d'autres  disent 
Léodoque)  el  d'Agrianome ,  fut  un  des 
Argonautes,  seconda  Hercub'  au  lac 
Slympbale,  y  fut  blessé,  succéda  eu 


OLE 

Locrlde  a  son  père,  épousa  Eriopis, 
en  eut  Ajax,  el  rendit  l'esclave  Rhéné 
mère  de  Médon.  — Un  autre  Oïlee, 
écuyer  du  roi  Bianor,  voulant  ven- 
ger son  maître,  fut  tué  par  les  Grecs 
devant  Troie. 

OKI  (Okle)  ou  KIOLAZA(Ki- 
^VASE),  déesse  qui  chez  les  Oumas, 
et  chez  quelques  peuplades  indigènes 
de  la  Virginie  et  de  la  Floride ,  était 
censée  veiller  à  la  garde  des  morts, 
et  avait  dans-ce  pays  un  temple  qui 
fut  abandonné  lors  de  Varrivée  des 
Européens  dans  ces  parages,  et  que 
l'on  n'essaya  point  de  relever.  On  la 
nomme  aussi  Kuioccos  (Quioccos^j 
seulement  ce  dernier  nom  se  donne 
a  une  foule  d'autres  dieuj. 

OKISIK,  esprits  gardiens  daus  la 
mythologie  hurone,  sont  lei.  uns  bien- 
faisants, les  autres  funestes.  Cbaque 
homme  en  a  au  moins  un  attacbé  à  sa 
personne. 

OLBE,  Olbos,  allié  dOchale  (dans 
Valérius  Flaccus,  Argonautique  ^ 
liv.  VI). 

OLBIE,  Olbia,  'oxtîety  donna 
son  nom  a  une  ville  de  la  Bilhynie. 

OLE?s,  'î2A>î'»  (g.  'nx£>cî),  poc- 
tife.-poète  ,  premier  chantre  de  la  re- 
ligion de  Délos,  passe  généralement 
pour  le  cbef  d'une  colonie  sacerdo- 
tale qui,  des  côtes  de  la  Lycie 
(Suidas,  art.  'iîAn'r  )  ,  alla  porter 
dans  1  île  flottante  si  célèbre  par  U 
délivrance  de  Latone ,  le  culte  d'A- 
pollon et  d'Arlémis.  Quelques  tradi- 
tions cependant  (par  exemple  un  des 
hymnes  que  l'on  chantait  à  Délos) 
indiquent  Olen  comme  Hyperboréeu 
(Pausanias,  1.  X,  c.  5).  Mais  peut- 
être  la  première  migration  bvperbo- 
réenne  (c'est- a-dire  colchico-armé- 
uienue,  bactrieune  ou  persane),  qui 
popularisa  en  Lycie  le  nom  et  le  culte 
des  deux  dieux-lumière,  valuL-elle  à 
tous  les  prêtres,  a  tout  les  adhérents 


OLE  OLE  2o3 


la  Lycie  détachait  dans  l'Egée,  dut  (productrice  du  monde  par  TAmour?), 
être  pris  pour  un   chantre  hjperbo-  d'Ilithye    plus  ancienne  que  Crone, 
réenj   et  certes  il  y  avait  dans  cette  d'Ilithye  la  même  qu'Imarraène  (Ei- 
espèce  de  qualification,   dans   cette  f&ap/Lcw/i).)   la  destinée ,    dllilhye  la 
origine   k  la  fois  immédiate  et  loin-  bonne  fileuse.  Toutes  ces  notions  al- 
laine,  qui  rattachait  Délos  k  la  vraie  légoriques  et  transcendantes  nous  re- 
métropole religieuse  et  non  k  une  suc-  portent  bien  loin  par-delà  la  Perse, 
cursale,  quelque  chose  de  plus  mer-  C'est  ia  métaphysique  relic^ieuse  de 
veilleux  et  de  plus   séduisant.  Oleu  rHiudoustan(comp.  Ilithye).  Pau- 
était  antérieur  a  Pamphos  et  même  sanias    cite  aussi   d'Olen  un  hymne 
a  Orphée.    Creuzer    scinde  la   fon-  k  Junon  ,    et    dit     qu'il  prophétisa 
dation     du    culte     solaire    (  ou  hé-  dans   Délos.   Ailleurs  Creuzer,  par- 
Ijoïde  )    k  Délus   en   trois  époques  :  tant    de  ce   principe  que  deux   Ly- 
i"  la   migration  qui    donne    k  l'ile  eus  (un  Telchine  et  un  prince  alhé- 
sainte  l'idée  dllithye,   2**  celle  qui  uieu,fils  de  Pandion  II)  vinrent  a  des 
amène  Apollon  et  Artémis  avec  les  époques  différentes  s'établir  en  Lycie, 
trois  (ou  deux)  premières  vierges  hy-  eu  conclut  que  la  colonie  religieuse 
perboréeines,  3°  celle  qui  conduit  aux  d  Olen  eut  lieu  entre  ces  deux  événe- 
raèmesl'eux  deux  autres  vierges  et  les  ments  (probablement  vers  le  i^  ou 
Perphsres.    Si    nous  prenons   poux  le  16^  siècle  avant  J. -G.  ).  Dès  cette 
base  cette  hypothèse,  il  est  indubi-  époque  le  soleil   était  en  Lycie   un 
tabb  que   ce  barde  sacré   (person-  dieu-loup,  et  le  loup  joue  un  rôle  dans 
na^e    réel   ou  allégorique)  se   rap-  la  mythologie  de  Délos  :  c'est,  comme 
porte  kla  deuxième  migration.  Long-  on  sait^  une  bande  de  loups  qui  mène 
temps    après   Alexandre,    et    même  Latone  du  pays  des  Hyperboréens  à 
après  notre  ère,   on  chantait  encore  Délos,'  et  elle-même,  pour  échappera 
à    Délos    les    hymnes    de    l'antique  la  colère  de  Junon  ,  prend  la  forme 
Oleu,  en  vers  hexamètres?  (Pansa-  d'une  louve  pendant  ce  long    et  pé- 
nias  ,   Au.  et  Arc;  comp.  Héro-  rilleux   trajet.   Pline   le   îSaturaliste 
dote,   IV,    cap.    35,  et  Blackwell,  (XXMII ,  2  )  parle  d'un  Olen  ancien 
Vie  et  ouv.  dUom.^^.  iii),  et  et  célèbre  poète  delEtrurle.  Proba- 
toutes  les  piubabilités  se  réunissent  blement  le  nom  d'Olen  n'est  qu'une 
en  faveur  de  l'authenticité  de  ces  vieil-  altération  de  ceux  à' Il  y  El,  Aal , 
les    poésies  ,   que    tout  au    plus  on  svnonymes  de  Baal,  et  nue  forme  qui 
peut  supposer  arrangées,  retouchées,  commence  k  se   rapprocher  du  nom 
interpolées  par    les   desservants  de  vulgaire  du  dieu-soleil,  Apollon  (gén. 
l'île  sacrée.  Dans  ces  hymnes  le  culte  Apolliiiis,  rad.  ApoUin...  ,  'atioA- 
d'Apollon  et  d' Artémis  se  présentait  a«v...?).    La    syllabe    additionnelle 
sous  des  formes  presque  spiritualisles,  in ,  e/i ,  se  trouve  dans  plus  d'un  dé- 
et  qui  prouvent   en  dernière  analyse  rivé  de  la  même  famille  :  ainsi,  pour 
1  origine  quasi-persane  de  la  doctrine  ne  point  parler  d'Apolliu...,  Sélène, 
religieuse.  Mais  c'est  surtout  dllithje  Hélène  (  et  la  forme  mascuhne  Hélé- 
(Latone)  qu'il  est  question,  d'Ilithye  nus),    Bélène  (Belenus),  en  offrent 
grandefécondatrice(^m/ied'Hom.  des  exemples.  Dans  ce  cas  ne  pour- 


10  fi 


OLL 


ralt-on  pas  soupçonner  que  le  barde 
mythologique  Olen  n'est  autre  chose 
qu'Apollon  incarné,  se  faisant  propa- 
gandiste de  son  culte  qu'il  popularise 
dans  la  Grèce  iu^ulaire  par  le  mis^io- 
nariat ,  par  la  colonisation ,  par  les 
chants^  peut-être  même  par  la  pro- 
phétie? Trois  vierges,  dit-on  (Argé, 
Opis,  Loxo),  accompagnent  Artémis 
dans  son  pèlerinage  k  Délos.  Ces  trois 
vierges,  à  notre  avis,  sont  des  incar- 
nations de  la  déesse  [F'oy.  Opis). 
Pourquoi  Olen  ne  serait-il  pas  Tin- 
carnalion  du  dieu?  quoi  de  plus  ra- 
tionnel et  de  plus  conforme  a  l'espril 
des  anciens  que  de  voir  aussi  les  deux 
puissances-lumières  (lumière  mâle  et 
lumière  femelle)  se  répandre  par 
elles-mêmes  ,  revêtues  de  formes  hu- 
maines et  directrices  de  la  colonie 
sacrée? 

OLÈNE,  Ole>us  :  i"  fils  de  Ju- 
piter et  de  la  DanaVde  Anaxithée.  Il 
épousa  Léthéc,  et  fut  changé  avec  elle 
en  rocher  sur  l'Ida  :  c'était  le  héros 
éponyme  d'Olèue  en  Achaïe.  ::"  Fils 
de  Vulcain  et  d'Aglaéj  il  eut  deui 
filles,  Hélice,  Éga,  Tune  et  l'autre 
nourrices  de  Jupiter  :  Théou  lui  don- 
ne pour  fille  Araalthée  ;  on  sait  que 
la  cnèvre  nourrice  de  Jupiter  s'ap- 
pelle souvent  la  chèvre  olénienue 
{uMt/u  ccîi).  5°  Parèdre  d'Hercule  , 
lors  du  déblaiement  des  étables 
d'Augias  :  quelques  mythographes  le 
réduisent  à  être  un  roi  d'Olène,  et  le 
nomment  Deiamèno. 

OLLAM  FODHLA  est  dans  la 
mythologie  irlandaise  l'aïeul  de 
toute  la  race  des  Iiiens  de  TLlster, 
dont  Qonnor  était  censé  descendre. 
Il  sortit  de   l'enceinte  de  sa  provin- 

5  et  sous  sa  domination  le  clanna 
Rughraidhe  obtint  une  prépondé- 
rance en  vertu  de  laquelle  les  chefs 
siégèrent  a  Téamhair  ,  résideuce  des 
pontifes  suprêmes  et  d'une  espèce  do 


OLL 

chef  politique  auquil  on   rendait  un 
hommage  de  suzeraineté.  Il  eut  trois 
fils  qui  gouvernèrent  l'un  après  l'au- 
tre d'après  leur  rang  d'ancienneté. 
Fionn  Sneachia  [la  neige  blanche) 
régna d'abord(de  i  Skzo  ans). Ensuite 
vint  Slanoll  [la  santé  vigoureuse) 
qui  donna  i  5  ans  des  lois  a  l'Irlande. 
Gcide  Ollgotach,  le  troisième,  occupa 
le    trône  dix-sept   années.  Son  nom 
répond  a  haute  parole^   grande 
parole.   Les    interprètes   modernes 
ont  pensé  avec  raison  que  ces  déno- 
minations tout  allégoriques  ont  trait 
à  des  groupes,  a  des  masses  de  faits. 
Le  premier  règne  indique  une  épo- 
que rudimentaire,   et   a  laquelle    la 
neige    semblait  ensevelir  ,    asservir , 
glacer  et  rendre  insalubre  la  contrée 
entière. Sous  Slanoll  le  pajs  reprend 
la  force,  la  vie,   la  jeunesse.  Enfin, 
par  Geide  Ollgotach  est   sysibolisée 
l'ère  des  discordes   et  des  cUmeurs 
populaires  :  le  peuple   avait  la  voix 
oaute  et  libre  dans  les  assemblée:. 

OLLONDOU  -  EURGHEUCiD- 
JIKSIX-KHA>(  appartient,  selon  les 
Mongols,  a  l'époque  primordiale  où  il 
n'existait  ni  lois,  ni  tribunaux,  et  où 
les  hommes,  ne  reconnaissant  point 
de  tien  et  de  mien ,  s'emparaient  de 
ce  qui  était  a  leur  convenance  et  à 
leur  portée.  Fatigués  enfin  des  rixes 
perpétuelles  auxquelles  donnait  lieu 
cet  état  de  choses,  ils  convinrent  d'é- 
lire un  arbitre  sujîrême  qui  déciderait 
du  juste  et  de  l'injuste,  et  qui  aurait 
le  droit  de  punir  les  coupables.  Ce 
juge  étendit  bientôt  sa  juridiction  sur 
toute  la  terre,  et  finalement  il  fut 
élevé  K  la  dignité  de  Khan.  Son  nom 
alors  fut  Ollondou-Eurgheucidjiksin- 
Khan.  Il  eut  pour  fils  et  pour  suc- 
cesseur Usus-Kullengfou-Guiéreltou- 
Khan.  Ce  deuxième  souverain  des 
hommes  donna  le  jour  a  Bouïantou- 
Khau.  D-    Bouïantou-Khan  naquit 


OLL 

Dédé-Bouïantou-Khan  qui  lui-même 
fut  père  de  Telkau-Açaraktchi-Khou- 
touktou-Khan.  A  la  suite  de  ce  der- 
nier se  dessinent,  à  la  première  gé- 
nération ,     ISanna  -  Roko  -  Kémaki- 
Rhan- a  la  seconde,  Usus-Rullengtou- 
Rhan;   à  la  Iroisièaie,   Saïn-Usus- 
Rullengtou-Rhan  j  enfin  a  la  quatriè- 
me (c'est-a-dire  comme  bis-arrière- 
petil-fils) ,   Teugheus-Usus-Rulleng- 
tou-Rhau.  Enfin  arrivent  et  se  succè- 
dent toujours  de  père  en  fils ,  et  sans 
que  jamais  l'ordre  de  primogéniture 
semble  changer ,  les  six  princes  Tab- 
blktcbi-Rhan,TaIbiu-Bariktcin-RhaD, 
Cbaguni-Rban^  Ruchi-Rban,  like- 
Ruchi-Rbau ,   Saïn-Usuktchli-Rhan . 
Voila  en  tout  quinze  princes.  Ils  se 
répartissent    en    trois    groupes    qui 
correspondent  a  trois  âges  différents, 
et  dont  l'ensemble  forme  comme  un 
grand  âge,  un  Manouantara  primitif, 
anlé-historique,  anté-lmmain,  anté- 
cosmiquej  et  cependant  la  terre,  les 
hommes,  selon  la  légende,  existaient. 
Oq  a  vu  assez  de  ces  contradictions 
pour  n'en  plus  être  étonné.  Brahmà 
est  Brahmà-Pouroucba,  et  pourtant 
nul  homme  encore  n'existe.  Les  trois 
phases  ,  les  trois  iougas  (risquons  ce 
nom)  du  INlanouantara  divin  primor- 
dial se    scindent   en   ào;e  valiraVque 
(cinq  khans),  âge  sarvaradi(|ue  (qua- 
tre khans;    on   en  compte    cinq    en 
ajoutant  le  dernier   de  la  première 
période  .  double  emploi  fréquent  en 
mythologie),  âge  innominé(six  khans). 
Les  noms  des  quatre  khans  de  l  âge 
sarvaradique  veulent  dire  roi  de  qua- 
tre parties  du  monde  et  khan  d'or, 
roi    de   trois   parties  du   monde   et 
khan  d'argent,  roi  de  deux  parties  du 
monde  et  khan  de  cuivre,  roi  d'une 
partie  du  monde  et  khan  de  fer.  Cette 
double  dégradation  de  caractères  est 
des  plus  remarquables.  D'une  part, 
nous  avons  un  reflçl  de  la  grande 


OLY 


9.o5 


doctrine  des  âges,  reflet  en  tout  sem- 
blable aux  quatre  âges  des  Gréco-Ro- 
mains: de  l'autre  ,  voila  une  diminu- 
tion de  puissance  qui  originairement 
ne  put  être  que  symbolique  et  trans- 
cendanlale,  et  qui  semble  en  consé- 
quence n'être  que  la  détermination 
de  plus  en  plus  étrécie  et  abaissée  de 
l'Etre -suprême.    Où    sommes-nous 
alors?   Probablement  sous  un   Etre 
suprême,  véritable  Adibouddha  mon 
golique,  se  dessinent  cinq  Bouddhas; 
puis  le  dernier,  devenant  un  Boddhi- 
catoa,  s'individualise  de  pins  en  plus 
en  Boddhicatoas  de  moins  en  moins 
complets ,   de  moins   eu  moins  puis- 
sanls.  Ainsi  se  fait  la  transition  de 
Dieu  k  l'homme.  Sous  le  khan  de  fer 
s'alongent    encore     six    khans ,    ses 
émanations ,    et    qui   avec    lui    for- 
ment une  heptade  cabirique.  De  nom- 
breux rapports  unissent  ces  généalo- 
gies prétendues   à  la  mythologie  si 
énigmatique  des  Dactyles,  des  Tel- 
clù.oes  et  des  Cabires  du  dogme  phé- 
nico-égyptiaque ,  qui  sont  portés  au 
nombre  de   sept  et    non   k   quatre. 
Les   quinze   khans  des   trois   iougas 
qui  forment  le  Manouantara  primitif 
occupent  quatre-vingt  mille  ans  dans 
la  durée,   et  Garga-Sindé  (peut-être 
les  quinze  khans  idéalisés  et  fondus 
en  un  seul  Dieu-Homme)  monte  aux 
cieux.  Le  Manouantara  humain  com- 
mença ensuite;  il  fut  de  quatre  mille 
ans  :  Gança-Gamméni ,   nommé  aussi 
Ganga-Mouni ,  le  récapitule  ,   et  son 
ascension  marque  la  fin  decetle  deuxiè- 
me période.  Un  troisième  Manouan- 
tara se  distingue  par  le  pèlerinage 
terrestre  de  Gachip  ,  et  dura  viugt 
mille  ans.  Enfin  succéda  le  quatrième 
Manouantara    (quatre   mille   ans;'), 
dans    lequel     Chakiamouui   [Poy, 
Bouddha)  fit  son  apparition. 

OLY,  idole  madécasse,  n'est  qu'une 
petite  boîte  divisée  eu  tnyau;e  remplis 


20G 


OLY 


crimmnndiccs  ou  de  bagatelles  inuti- 
les, de  sang  de  serpent,  de  prépuces 
d'enfants  circoncis,  de  lambeaux  de 
chair  de  crocodile  (ou  même,  ajoute- 
t-on,  de  Français  égorgés).  Des  ra- 
cines aphrodi.siaques ,  des  fleurs  por- 
tées jadis  par  la  femme  aimée,  for- 
ment le  complément  de  cet  assem- 
blage hideux.  Chaque  objet  est  mis 
avec  beaucoup  de  solennité  dans  le 
compartiment  destiné  à  le  recevoir. 
Tous  les  Madécasses  ont  une  boîte  de 
ce  genre,  et  la  portent  autour  d'eux 
attachée  a  une  courroie  de  cuir.  Les 
riches  font  enchâsser  l'Oly  dans  une 
boîte  de  métal,  et  souvent  la  portent 
au  cou  suspendue  à  une  chaîne  qui 
forme  un  collier  très-làche.  Dans  le 
cas  où  ils  gardent  l'Oly  à  la  ceinture, 
ils  ont  au  cou  une  autre  boîte  rem- 
plie de  caractères  magiques,  ju'ils 
nomment  aussi  Oly.  LOIy  est  censé 

f)réserver  de  tout  malheur.  Du  reste, 
orsque  la  conduite  de  l'idole  leur  dé- 
plaît, ils  ne  se  gênent  point  pour  la 
punir  5  ils  plantent  en  terre  une  per- 
che au  haut  de  laquelle  ils  placent  la 
boîte  sacrée,  puis  rabaltentà  grands 
coups  de  gaule.  C'est  surtout  lorsque 
les  Madécasses  ont  été  battus  qu'ils 
se  livrent  à  cette  cérémonie.  La  for- 
tune vient-elle  à  changer,  ils  sont 
convaincus  que  l'Oly  est  venu  h  rési- 
piscence. 

OLYMPE,  Olympus,  'o>.vuTtoç, 
joueur  de  flûte ,  a  deux  ou  trois  gé- 
néalogies qui  reviennent  a  une  seule. 
L'une  en  fait  un  Phrygien  contem- 
porain d'Apollon ,  l'autre  le  donne 
comme  Mysien  et  fils  de  IVIéon  ;  il 
eut  pour  maître  Marsyas.  Enfin  on 
le  donne  pour  un  salvre  frère  de  Mar- 
syas. Il  inventa  trois  nomes  ou  chants 
classiques  en  l'honneur  (\(?s  dieux:  : 
i»  celui  de  Minerve;  2!*  celui  des 
chars  ;  5°  celui  d'Apollon.  -  -  On 
cite  encore  deux  Olympe  ,  Vun  in- 


OLY 

sliluteur  de  Jupiter,  auquel  il  apprit 
les  verlus  et  les  letlres  ,  l'aulre  fils 
d'Hercule  et  d'Eubée.  —  Il  est  aisé 
de  voir  qu'OUmpe  est  une  montagne 
personnifiée.  C'est  comme  TAlbion  , 
l'Atlas  et  l'Aldbordj  des  raythologies 
étrangères.  Ici  Olympe  a  deux  faces 
principales  :  par  l'une  c'est  simple- 
ment la  montagne  en  tant  que  mon- 
tagne 5  par  l'autre  c'est  la  montagne 
en  tant  que  liée  au  son  et  produisant 
la  mélodie.  Cette  mélodie  monta- 
gnarde suppose  surtout  des  instru- 
ments a  vent.  Comp.  MARSYAS.L'an- 
tiquitë  connaissait  deux  monts  Olym- 
pes ,  l'un  en  Thessalie  (aujourd'hui 
mont  Lâcha  ou  Olumbos),  l'autre  en 
Bithynle  (Kerch'ch  Tagh).  Us  ne  sont 
pas  extrêmement  élevés  ,  puisque  le 
second  n'atteint  peut-être  pas  i4oo 
toises,  et  que  le  premier  .  selon  Wer- 
noulli  (dans  Buflon,  Epoques  de  la 
nature),  n'en  a  que  i  0 1  7 ,  Xénagore, 
chez  les  anciens,  l'avait  aussi  mesuré, 
et  lui  donnait  960  toises  (  10  stades 
et  I  piètre  moins  4  pieds).  Il  est  vrai 
que  probablement  il  ne  prenait  pas  la 
hauteur  a  partir  du  niveau  de  la  mer. 
Comme  néanmoins  par  leur  poï>ilion 
ces  monts  semblaient  aux  Grecs  avoir 
une  grande  élévation,  et  que  d'ailleurs 
ils  étaient  souvent  couverts  de  nua- 
ges et  de  frimats  ils  y  placèrent  le 
séjour  des  dieux.  Ainsi,  aux  Indes  , 
Siva  habite  les  cimes  du  Mérou.  Peu 
à  peu  le  MérOi'  idéalisé  devint  Kai- 
laça  (le  ciel).  L'Olympe  aussi  devint 
le  z\ç\^cœluin.  De  laie  nom  d'Olym- 
piens donné  aux  douze  dieux  qui  for- 
ment le  conseil  céleste  et  qui  sont  : 
i"  la  Irimourti  mâle,  Jupiter,  ]Nep- 
lune,  Pluton;  2"  la  tiiade  femelle  , 
Junon,  Vesta,Cérès;  5"  les  trois  fils 
du  couple  suprême,  M:irs  ,  Vulcain  , 
Apollon;  4"  les  trois  filles, Minerve, 
Diane  et  \  éuus  [f^oy.  Consentes). 
De  ces  douze  dieux,  Jupiter  fut  sans 


0MB 

contredit  le  plus  fréquemment  identi- 
fié a  l'Olympe,  soit  comme  ciel ,  soit 
comme  montagne.  Aussi  voit-on  se 
lier  a  son  éplthèted'olvmpieri les  jeux 
olympiques,  les  olympiades,  les  olvm- 
péum,  les  statues  magnifiques  ,  etc. 
Parmi  ces  dernières  brillait  le  magni- 
fique colosse  de  Phidias,  qui  était  en 
ivoire,  ei  dont  la  hauteur  était  dé  4o 
pieds.  Sans  entrer  dans  les  détails 
connus  sur  les  jeux  Olympiques  et 
!e  temple  de  Jupiter-Olympien,  nous 
nous  bornerons  a  renvoyer  pour  les 
premiers  à  deux  excellentes  mono- 
graphies allemandes  (l'une  de  Reben- 
kees,  Abh.  iib.  d,  Tempelu.  die 
Bildsœule  Jupiters  zu  Olympia^ 
IXurenberg.  179^5  l'autre  de  A  cel- 
le er  ,  ûb.  d.  grosse?!  Tempel  u. 
die  Statue  des  Jupiters  zu  Oi.)j 
pour  l'autre,  au  Voyage  dAna- 
charsisy  tome  III ,  et  à  T Archéo- 
logie   de  Potter. 

OLYMPUSE ,  0LY3IPUSA,  Thes- 
piade ,  mère  d'Halocrate. 

OLYuNTHE,  OLYNTHUSj'OAyy^os^, 

héros  éponyme  de  la  ville  de  même 
nom  sur  les  confins  de  la  Thrace  et 
de  la  Macédoine.  On  l'a  scindée  en 
trois.  Fils  d'Hercule  et  de  Balie  (Baal 
femelle),  il  est  donné  ailleurs  pour 
fils  du  dieu-fleuve  Strymon  et  a  pour 
frère  Brangas,  Un  lion  le  dévore, 
et  Branga^  inconsolable-  dépose  sqs 
restes  dans  un  tombeau  qui  devient 
le  noyau  d'une  ville  importante. — Le 
port  d'Olynthe  s'appelait  Macyberne. 
On  croit  que  c'est  aujourd'hui  Hagio- 
mama. 

OMA^T.   Voy.  Aman. 

OMBRIOS,  Outpics  (c'est-a-dire 
pluvieux,  pluvial),  surnom  de  Jupiter 
en  Altique.  Il  avait  sous  ce  nom  un 
autel  sur  le  mont  Ilymette.  Probable- 
ment ses  adorateurs  lui  demandaient 
de  la  pluie  (Rac:  oy^opoç).  Il  s'appe- 
lait Jupiter-Pluvius  chez  lesRomains. 


OMO 


^Gy 


Ce  nom  se  lie  k  celui  de  Néphélégé- 
relia.  On  disait  encore  en  grec  Hye- 
lios,  et  en  latin  Pluvialis.  Dans  tous 
ces  cas,  Jupiter  est  évidemment  un 
dieu -atmosphère.  Il  se  lie  à  Nep- 
tune ,  puisqu'il  verse  les  eaux ,  et  a 
Pluton  ,  puisque  ces  eaux  roulent 
dans  des  profondeurs  souterraines. 
La  pluie  d'ailleurs,  lorsqu'elle  tom- 
be, a  quelque,  chose  de  purificatoire. 
C'est  donc  en  quelque  sorte  un  Fe- 
bruus  ou  Mantus,  que  le  Jupiter-Plu- 
vialis.  Les  médailles  présentent  des 
Jupiter  tenant  la  foudre  dans  la  main 
droite  ,  tandis  que  la  pluie  tomba 
de  la  main  gauche.  Sur  la  colonne 
trajane  l'eau  sort  a  grands  flots  des 
deux  bras  étendus  et  de  la  longue 
barbe  d'un  vieillard  ailé  :  ce  vieillard 
est  Jupiter-Pluvius.  Il  fut  ainsi  repré- 
senté en  mémoire  du  vœu  que  lui  fit 
un  jour  l'armée  de  Trajan,  mourant 
de  soif.  D'ordinaire,  Zévs-Ombrios 
est  caractérisé  par  la  présence  de  la 
Pléiade. 

OMITO,  le  même  qu'AMiDA. 

OMORKA,  ou  OMOROKA,  an- 
tique  déesse  chaldéenne  ,  femme  de 
Baal  ou  Bel  ,  n'est  que  la  vaseuse 
Bouto,  et  conséquemment  s'identifie 
au  Sable-et-Eau  qui  est  une  des 
formes  du  chaos.  On  voyait  ce  désor- 
dre figuré  sur  les  temples  de  la  Sy- 
rie par  une  infinité  de  figures  gigan- 
tesques et  monstrueuses.  Quand  le 
temps  delà  création  fut  venu,  Omorka 
fut  coupée  en  deux  par  son  mari  :  la 

fortion  supérieure  devint  le  ciel  , 
inférieure  fut  la  terre  5  Bel  lui- 
même  s'ouvrit  le  sein.  De  son  sang 
coulant  à  grands  flots  se  forma  l'es- 
pèce humaine  ,  que  quelques  mytbo- 
graphes  pourtant  assurent  être  née  de 
la  tête  d'Oraorka.  A  vrai  dire  ,  les 
dpux  traditions  s'expliquent  par  deux 
races  humaines: l'une  antédiluvienne, 
qui  naît  d'Omoïkaj  l'autre  postdi-» 


liivienne,  qui  naît  de  Bel.  Toute  cette  le  veut.  Les  uus  le  supposent  esclave 
cosmo'^ome  rappelle,    i"  Couto  ;  2"  tout   de  bon.  Il  a  été  vendu  à  Om- 
Fta    scindé  en  To  elPoliri;  3"  l'im-  phale  :  c'est  Mercure    (le   dieu   des 
molalion  du  taureau  Aboudad;  4.°  la  marchands)   qui   a  fait  ce  maicbe; 
dilTéreuce  de  Raïomorts  et  des   dix  c'est  roracle  qui  l'a  ordonué;  c'est  le 
couples  humains  issus  de  la  tige  de  seul  moyen  que  les  dieux  recnnuais- 
lleivas,    Meschia    cl    Meschiane    a  senlallercule  d'expierleineurlred'E- 
leur  tête  ;   5°    Brahman    issu   de  la  gislhe  (fds  d'Euryte  et  frère  dloie). 
tête  de  Brahmà  ,    et  Alhànà  du  cer-  Heureusement    que  plus  tard   'trois 
veau  de  Zévs;  6"  enfin  le  dogme  qui  ans  après)  Ompbale  consent  a  lui  ren- 
proclame  la  nécessité  de  la  mort  po:ir  drc  sa  liberté.  Pour  d'autres ,  c'est 
la  naissance,  delà  destruction  pour  la  d'un  servage  d'amour  qu'il  s'agit  :  le 
reconstruction  ,  du  sang  versé  pour  vainqueur  de  tant  de  rois,  de  tant  de 
l'apparition  de  formes  nouvelles   et  monstres,  tombe  aux  pieds  delà  briU 
<l'ètres  nouveaux,  etc.  Corap.  Iimer,  lanle  souveraine  de  Lydie  et  abjure 
et  Mldl'e.    En  rapprochant    le  sys-  sa  fierté.  La  belle  reine,  orgueilleuse 
tème  relio-ieux  dont  celle   fable  fait  de  son  triomphe,  veut  le  savourer  à 
partie  de  la  cosmogonie  phénicienne  l'aise,  le  faire  envier  h  toules  les  rei- 
conservée  par  Damascius  {des  Prin-  nés  :  il  faut  qu'Hercule  révèle  In  san- 
c//>».  dans  J.-Chr.AVolf,  Jntccl.  gr.,  dyx  .  diaphane  parure  des  voluptucu- 
l.  HI  ,  p.  209  et  suiv.),   on  ne  peut  ses  lydiennes;  des  bagues  brillent  il 
manquer  de  reconnaître   dan^  le  Bel  ses  doigts,  des  chaussures  de  pourpre 
qui  coupe  en  deux  Omorka  le  Kt;ou-  emprisonnent  ses    pieds;   un   fuseau 
cor   (Chusor,    Xcvc-^pc?),    ou    dieu-  renq)lacera  la  lourde  massue  :  il  file, 
ouvreur,   représentant    asintique   du  le  héros  dont  la  main  étrangla  des 
Ela  égyptien,   et,  par  conséquent  ,  lions,  et  dont  l'épaule   supportera, 
dans  Omorka  même  l'œuf  du  monde  pour  délasser  Atlas,  le  poids  immense 
personnifié  et  divinisé.  T  oy.  \\  l'art,  des  cieux  ;  el  la  reine,  en  riant,  essaie 
MoLTH,  le  parallèle  des  cosmogonies  de  soulever  la  clava  meurtrière;  la 
égvptienne  ,    phénicienne    et    chai-  femme   frêle  et  gracieuse  drape  sur 
déênne.  ses  épaules  et  autour  de  sa  taille  la 
O^NIPHALE,  'Ou.:^ctXy,,   Cybèle-  peau    velue   el    fauve     du    lion     cf- 
Vénus  de  la  Lydie,    n'élail ,  suivant  froi  de  Némée  (Ovid.  ,  Héro'id.  , 
les  légendes  ordinaires,  qu'une  reine  L\,  v.   53;  Séuèq.,  Tlcrc.  fur.,  v. 
de  cette  bille  contrée  asiatique.  Pour  4^4,  e[  Hippol.,  \.  5 17).  Du  reste 
époux  elle  eut  Tmole ,  dont  le  nom  Hercule  (a  s'en  prendre  supeificielle 
rappelle  cc'ui  d'un  mont  fameux  par  ment  aux  notions  extérieures}  se  rend 
ses  \ins ,  Tmoie  qui  fut  arbilre  dans  coupable  d'infidélité.  Jardane  .  nue 
la  contestation  musicale  d  Apollon  et  suivante,  devient  par  lui  mère  d'Alcée 
de  Marsyas.   Omphale  fut-elle  reine  ou  de  Cléolas.  iNJais,   au  tond,  qui 
dans  toute  la  force  du  mot  .*  en  d'au-  ne  sent  déjà  que  Jard.  ne  et  Omphale, 
très  termes  fut-elle  veuve.'  Les  poè-  fille  de  Jardaue,  sont  le  même  per- 
tes ne  nous  le  disent  pa'?.  Ce  qu'il  y  sonnage?  On  parle  aussi  d'une  Ma- 
a  de  certain ,    c'est  qu  a  une  époque  lis   ^\oy.    Mcni.   da  f.îcad.   des 
indéterminée  de  sa  \ie  Hercule   de-  Jnsc.  ,    I,    iv).    De    ses    entrevues 
vint  son  esclave.  Mais'comment  es-  avec  la  reine  naît  un  fils:  Lame  (A*- 
çlave?  De  toutes  faconscl  conunc  en  ^ec),  selon  Diodore  (l.  IV,  Ct  50; 


OMP 

Laomède  ,  selou  Paléphale  {d.  ch. 
incroy.,  c.  4-5);  Alcée,  au  dire  de 
quelques-UDs;  Agélas ,  suivant  Apol- 
lodore(Il,  vu,  8).  Ce  fils,  quoique 
illégilime  si  Pou  ue  voit  qu'un  adul- 
tère dans  les  rapports  d'Hercule  et 
d'Omphale,  deviut  le  chef  d'une  des 
races  royales  de  la  Lydie  (la  2*"). 
Quoique  l'on  se  figure  toujours  Al- 
cide  a  Sardes  sous  les  traits  d'Anni- 
bal,  h  Capoue  il  n'en  est  pas  tout  à 
fait  ainsi,  et  bon  uombre  d'exploits 
signalent  sa  présence  daus  les  états 
d'Ompliale.  D'abord  il  tue  un  énorme 
serpent  sur  les  bords  du  Sagare  (au- 
jourd'hui Sakaria)  •  et  c'est  a  cette 
occasiou ,  disçnt  les  légendaires  , 
quOmphale  lui  accorde  la  liberté. 
Autour  de  cet  acte  éclatant  se  grou- 
pent encore  et  la  prise  des  deux  Cer- 
copes  ,  Acmon  etPassale,  a  qui  leur 
mère  avait  envain  répété  «  Gare  le 
MélampYge  (  t^oy.  ce  mot).'  •>■>  et  la 
déroute  des  Itonesqui  ravageaient  le 
royaume  d'Omphale  ,  et  la  mort  du 
tyran  Scolce  que  notre  esclave- 
araaut  étend  a  ses  pieds  ainsi  que  sa 
fille  Xéuodice.  Ovide  (mais  sans  nul 
doute  c'est  lui  qui  a  imaginé  l'his- 
toriette )  retrace  une  scène  assez 
plaisante,  k  laquelle  donnelieu  le  dé- 
guisement d'Hercule  et  d'Omphale. 
Ces  deux  amants  s'étaient  rendus  a 
une  fête  champêtre  près  du  Tmole' 
le  soir  ils  se  iraveslirent.  Or  Faune 
était  devenu  amoureux  de  la  reine  ; 
et  la  nuit  suivante,  kla  faveur  des  té- 
nèbres, il  s'avance  furtivement  et  h 
tâtons  vers  les  deux  lits.  La  fortune 
îe  favorise  :  il  arrive  d'abord  h  celui 
qui  a  reçu  Omphale  ;  mais  il  sent  la 
peau  du  lion  de  Némée,  il  tremble, 
il  retire  au  plus  vile  sa  main  te'mé- 
raire  ,  et  pa:3se  a  l'autre  lit.  La  des 
vêlements  moelleux,  des  étotfes  légè- 
res ,  la  chlamyde  d'Omphale  ,  tout  , 
sauf  Ouiphali,',  Pau  ^e  tryil  déjà  au 


OMP 


209 


comble  de  ses  vœux  ,  quand  tout  k 
coup  le  robuste  dormeur  ,  que  voilait 
la  saudyx,  s'éveille  et  jette  a  bas  de 
sa   couche   rustique   l'intrus   désap- 
pointé {Fastes,  bv.  Il,  5o5,  etc.,- 
cet   épisode  a  été  imité  par  Dorât, 
Fab.  nouif.,  t.  I^\  Cléarque  (peut- 
être    d'après  Xanlhus   de    Lydie  ; 
voy.  Eustathe  ),  et  après  lui  Athé- 
née (  Dipnos.y  XI,  3),  qui  s'abu- 
se ,  parlent  d'Omphale  comme  d'une 
femme  de  condition  ordinaire  que  sa 
rare  beauté  avait  rendue  l'idole  des 
premiers  du  royaume.  Ses  amants,  af- 
nrme-t-ou  ,  s'unirent  pour  la  mettre 
sur  le  trône  j  mais  k  peine  y  fut-  elle 
montée  que,  honteuse  du  rôle  infâme 
qu'elle  avait  joué  par  force  dauslcurs 
orgies,  elle  prostitua  leurs  filles  et 
leurs  femmes  aux  esclaves  les   plus 
vils.  Du  reste  elle-même  elle  s'aban- 
donnait k  tous  les  étrangers  qui  pas- 
saient en  Lydie  ,  puis  les  faisait  exé- 
cuter afin  d'assurer  le  secret  de  ses 
plaisirs.  Le  seul  trait  qui  puisse  sem- 
bler local  et  fondé  sur  des  faits  est 
celui  de  l'infériorité  primitive  d'une 
reine  célèbre.  En  Lvdie,  comme  daus 
toute  VXsle  ,    les  grands  ,   les  rois 
avaient  leur  sérail.   Une  des  odalis- 
ques, par  son  esprit  et  sa  beauté,  au- 
rait acquis  assez  d'empire  sur  le  maî- 
tre commun  pour  être  reine  ,  pour 
succéder  k  l'empire.  Un  fait  de  ce 
genre  dut  se  conserver  dans  la  mé- 
moire des  Lydiens  ,  et  on  l'intercala 
dans  la  létrende  sacrée. —  Est-ce  h. 
dire  qu'Omphale  a  existé  .*   indubi- 
tablement   non  !    Peu  de   légendes 
ont  plus  que  la  sienne  la  physiono- 
mie fabuleuse  qui  exclut   Ihisloirc. 
ÎSous  le  répétons,  Omphale  fut  une 
Cybcle-Yénus  de  la  Lydie.  C'est  la 
passiveté,  la  nature,  la  matière  con- 
sidérée comme  souveraine  absolue  et 
de  beaucoup  supérieure  k  raclnile  ou 
iurtc  qui  Porijauisc.   Dans  uu  sens 

14 


'210 


OMP 


plus  clioil  c'est  la  lerre ,    qui  a  pour 
œinislre,  pourservaut,  pour  humble 
«sclave  le  soleil  j  dans  un   sens  plus 
restreint  encore,  c'est  la  Lydie.  Déjà. 
C}bèle,  en  Phrygie,  nous  a  offert  le 
spectacle  de  cette  me'lapliysîque    sa- 
crée. Passivelé-huiiiide  ou  terre^Cy- 
bèlc  se  dessine  majeslueusemeiit  sur 
son  trône  de  montagnes,  sous  sa  cou- 
ronne de  créneaux  ,  comme  une  ma- 
trone impérieuse   et  jalouse  j  Atys- 
Soleil   se  laisse   subjuguer    par  elle 
(Comp.  Baatu  et  Keasaire).    La 
même  idée,  mais  plus  fortement  mar- 
quée encore,  quoique  sous  des  formes 
bien  plus  riantes  et  plus  délicates ,  se 
reproduit  ici.  Le   dieu-soleil  d'Om- 
phale  n'est  plus  un  Apollon  (comp. 
Adoms),  comme  Alys,   coirme  Es- 
moun,  c'est  un  Hercule.  Candaule, 
Sandon  ,    voilà  ses    noms.    Achille, 
dans  la  nuageuse  .Scyros  et  près  de 
sa  Déldamie,    a   quelque   chose    de 
semblable.  Sous  ces  images,  que  pein- 
tres cl  poètes  se  sont  plu  a  rendre  de 
toutes  les  manières,   voici  les  idées 
que    l'antiquilé     voulut   voiler    :    i" 
la  prééminence  éternelle  ou  périodi- 
que,  complète  ou  partielle,  du  prin. 
cipe  matériel  (d'ordinaire  supposé  fe- 
melle et  passif)  sur  le  principe  spiri- 
tuel, actif  et  màlc;  2°  la  disparition 
Îicriodique   de  la  haute  chaleur  so- 
aire  ,  quand  l'astre  du  jour,  s'incîi- 
naut  vers  l'hémisphère  austral,  sem- 
ble, relativement  au  nôtre,   faiblir, 
languir  et  mourir  (comp.  Adonis  et 
Atys)  ou  ,  pour  parler  le  langage  des 
anciens,  disparaît  dans  T'O^w^etAos,  ou 
nombril  du  monde,  au  milieu  des  con- 
stellations méridionales;  5"  le  carac- 
tère viril  que  prend  alors  la  femme 
soit  comme  maîtresse  du    mâle   son 
Cadmile,  .soit  comme  se  revêtant  du 
costume,  des  insignes  ,  des  attribuls 
de  l'autre  sexe.  Ainsi  la  mas?u«»,  le 
grandarcetles  flèches,  la  peaudelion^ 


OMP 

quelquefois  le  casque  d'Hercule,  nous 
nionlrent  dans  Omphale  une  espèce 
d'Ama/one,  de  Diane-Pallas,  Et,  au 
fond,  nul  doute, a  notre avi^,  qu'Om- 
phale  ,  pour  le  sens  comme  pour  le 
son,  ne  revienne  presque  h  Phalle, 
et  Paies,  et  Pallas,  androgynes  chez 
qui  proémine  si  souvent  la  virilité. 
En  revanche  ,  que  l'on  examine  l'a- 
mant;   et  ,    outre  celte    énervalion 
toute  féminine  ,  on  retrouvera  encore 
en  lui  un  trait  précieux  de  la  physio- 
nomie mythique  des  grandes  fécon- 
datrices.  Il   tile  :  or    filer,  dans  la 
mythologie  transcendante,  c'est  or- 
ganiser, dérouler,  révéler  a  l'œil  avec 
successivilé.   Ililh  -  Artémis    est   la 
bonne  fileuse  par  excellence  ,   est  la 
déesse  à  quenouille  d'or,  Y.cv(rcc>.ÙKu.- 
ros  6(û.  A  présent  un  mot  sur  quel- 
ques détails  :  i°seIon  Hvgin  [Astron, 
poét.,  II,  1/4),  Hercule  lue  sur  les 
bords  du  tleuve  Sangare  (Sakaria)  un 
énorme  serpent.  Encore  une  de  ces 
légendes  qui  ont  trait  au  Serpentaire, 
et  dont  on   trouve  tant  d'analogues 
soit  dans  les  récils  sur  Hercule,  soit 
dans  ceux  dont  Cadmus ,  Phorbas , 
Jason,  etc.,  sont  les  héros;  2°  Om- 
phale i  pour  époux  Tmole.  Encore  un 
mont  pour  représentant  du  principe 
màleî    3°  dans  le  cas  où  Tmole  et 
Alcide  se  partagent  Omphale,  il  y  a, 
comme  à  Samothrace,  coexistence  de 
l'époux  et  de  l'amant.  Omphale  est 
donc  infidèle!  IN'onî  on  doit  savoir 
par  vingt  exemples  rtne  dans  tous  les 
cas  Tamant  n'est  qu'une  émanation 
de    l'époux.    Mars    est    comme    Uu 
Vu'caiu    subalterne.     Des     amours 
d'Hercule  et  d'Omphale  descend  une 
dynastie  des  Héraclides,  la  seconde 
de  celles  qui  régnent   sur  la  Lydie, 
Ou  sait  que  presque  partout  les  dy, 
iiaslies   font    remonter   leur  online 
.;iu  soleil  et  h  la  lune,  Les  Aty^des 
descendaient  d'Alys,  Pâmant  de  Cv- 


OMP  ON A                 an 

tèle,  déjà  incarnation  du  soleil  ;  les  rapport  avec  la  ville  d'Ombos  (au- 

Héraclides  ou  Candaulides  venaient  jourd'hui  Rouombo)j  2°  le  contraire 

d'Hercule.  Notons  ici  que,  selon  les  d'Anbo  ou  ÎSbo  (Anubis)  j  3°  le  prO' 

légendes,    Omphale  était    du    sang  ^eciez^r  d'On  (ou  Héliopolis):...  q)/?, 

des  Atjades  et  en  était  la  dernière,  signifiait    gardien  :    témoin  Khamé- 

C'est  donc  comme  Tanneau  qui  lie  phis,  cju^on  explique  par  gardien  de 

les  deux  races  royales,  le  ligament  Khami ,  XkuU,  l'Egypte. 

par  lequel   les  Héraclides  s'articu-  OMSET  ou  AAISET ,  un  des  qua- 

lent  aux   Atjades.  Les  monuments  Ire  génies  qui  dans  la  théologie  égyp- 

anciens    reproduisent   souvent  Her-  tienne     président    au    royaume    des 

cule   vêtu   en  femme   et  travaillant  morts  et  que  l'on  trouve  perpétuelle- 

à  la  laine  parmi  les  suivantes  de  la  ment  reproduits  dans  toutes  les  scè- 

reine,    qui    tient    la    massue   et   lui  nés  funèbres.  Il  a  une  tète  humaine, 

donne  (selon  la  coutume  des  cour-  tandis  que  les  trois  autres  portent  des 

tisanes  anciennes)  des  coups  de  pan-  tètes  de  chien  (ou  de  cynocéphale), 

loufle.  Le  même  déguisement  se  re-  de  chakal,  dépervier.  Il  est  facile  en 

trouve  dans  une  pâte  antique  du  ca-  conséquence  d'y  reconnaître  des  re- 

binet  de  Stosch  (classe  2,  n°  i8o5},  présentants  infernaux    dOsiris  ,  de 

où  l'on  voit  Hercule,  coiffé  en  femme,  Toth-Herraès,  d'Anébô  et  d'Haroéri. 

prèsd'Iole  coiffée  de  la  peau  du  lion.  Toutefois,  les  quatre  génies  ne  sem- 

Annibal  Carrache  a  représenté^  dans  blent  pas  moins  en  avoir  une  existence 

les  galeries  du  palais  Farnese  ,   un  propre    et    totalement  individuelle. 

magnifique  Hercule  filant  aux  pieds  C'est    Champollion   jeune    qui   a    le 

d  Omphale.  On  croit  avoir,  dans  un  premier  fait  connaître  au  monde  sa- 

bas-relief    du   cardinal   Borgia  ,   un  vaut  le  nom  d'Omset  [Syst.  hiéro- 

Hercule-soleil  descendu    dans  lOm-  gfyph..  expl.   des  pi.,  p.   6  et  7), 

phalos  ou  nombril  du  monde.  Lestd.  ainsi  que  celui  de  Hapi  ou  Api,  le  se- 

CLXXIV,  672,  a,  b,  c ,  CLXXXV,  cond    génie.    Tous    quatre    s'offrent 

CXCI  de  la  trad.    de   Creuzer  par  tour  à  tour  sous  deux  aspects  diffé- 

M.  Guigniaut,  t.  IV,  offriront  des  re-  rents  :  tantôt  ils  ont  le  corps  serré 

présentations  qu'il  faut  comparera  dans  des  gaines,  et  ressemblent  a  des 

celle-là.  momies,  ainsi   que  presque  tous  les 

OMPHIS    ou   OiSTJPHIS    (Om-  dieux:  infernaux;  tantôt  leurs  têtes 

Fi,  0>Fi,  0>'OUFi)  :  Osiris.  On  ex-  surmontent  des  Canopes  ou  vases  ni- 

plique  ce  mot  par  bienfaiteur,  nom  liaques,  comme  si,  fidèles  images  des 

très-convenable,  dit-on,  à  l'astre  du  eaux  fécondantes  et  bienfaitrices  du 

jour.  Le  mieux,  peut-être,  est  de  se  fleuve  d'en  haut,  les  eaux  rafraîchis- 

rappeler  ici  que  l'Egvple  avait  trois  santés   offertes   aux   âmes  dans  TA- 

bœufs  sacrés,  Apis,  Mnévis,  Onuphis  menti  étaient   en   quelque  sorte  un 

ou  Bacis.  Ce  dernier  avait  pour  ville  ÎSil  infernal. 

sacréeHerroonthis^soupoildevaitêtre  O^S,  le  soleil  en  égyptien  (c'est 
noir  et  hérissé.  Apis  étciit  une  incar-  aussi  le  nom  d'Héliopolis). 
nationauimale  d'Osiris.  Un  est  point  OiNAllE  ,  0>'arus,  ^  Q.^ctpo5  .  iu- 
impossible  que  les  autres  bœufs  fus-  carnation  de  Baccims ,  passait  pour 
sent  également  des  incarnations  de  ce  roi-prèlre  de  iSaxos;  il  époui^a,  dit- 
bienfaiteur  par  excellence.  On  peut  on,  Ariadne  exilée  daus  son  ile  par 
soupçonner  aussi  dans  Omphis,  1"  un  Thésée. 


212  ONO  OPH 

ONCHES TE  ,  OiV'JHEïTUs ,  "Oy-  que  Ton  volt  en  avant  do  tant  de  dieux 
yrç-ro;^  héros  époiivine  dr  la  ville  ma-  cgvplieiis,  et  Tœuf  orphique  qui  offre 
rilimc  de  ce  nom  en  tiéotie  ,  est  cher,  de  même  réunis  les  reptiles  et  les  ai- 
les uns  un  fils  de  INeplune,  chez  les  tributs  de  l'oiseau, 
autres  un  fils  d'Agrius.  C'est  lui  qui  OOGEjNK,  'Q.cyivKi',^  ou  né  de 
tue  Œnée  retiré  dans  Argos.  l'œuf  :  TAmour  [f^  oy.  Erôs).  Dans 

OJNCOS.  "Oyy.or,  héros  éponyme  la  cosmogonie  orphique  c'est  uu  des 

de  rOucéalide  en  Arcadic  ,   passait  surnoms   les    plus    [graves   du   dieu, 

pour  fils  d'Apollon  (Ap.    NomiosV)  Corap.  Brahma  (qui,  œuf,  s'appelle 

ot  pour  possesseur  de  cavales  magni-  Brahmanda)  et  Orphle. 
fiques.  Cérès  changée  en  cavale  pour  OPHELESTE,  'OÇeÀsVr;;?,  chef 

fuir  Neptune  daigne  se  cacher  parmi  Iroyen  tué  par  Teucer. 
6es  troupeaux  5  elle  ne  s'en  laissa  pas  OPHELTE,    'O^ïAtjjs-  ou  'O^ù.- 

moins  surprendre    par   le  dieu    des  r«f ,  fils  du  roi  de  ÎSémée  Lycurgue, 

mers,  Posîdùn-Hippios.  L'agile  clie-  avait  été  confié  aux  soins  d'Hvpsi- 

val  Arlon  ,  fruit  de  celte  union  hi-  pyle.  Celle-ci,  en  allant  indiquer  une 

zarre,    devint   la  propriété  d'Oncos  source  à  Tarmée  argienne  que  com- 

qui  en  fit  présent  à  Hercule.  mandaient  les  sept  chefs,  avait  laissé 

OjNESIPPE,O.NESiPPrs,'Oî'>:V<7r-  l'enfant  sur  l'herbe.  En  revenant  elle 

TToç  ,   fils  d'Hercule  et  de   la  Thés-  entend    des    cris,    et    voit    0|ihelte 

piade  Chryséis,  mourant.  In  serpent  à  la  dent  veui- 

OINETOR,  '0;;3Vâ'p  :  1°  père  du  meuse   se  relirait  en    même  temps, 

pilote   Phronlis.    qu'Apollon   tua   k  Hypsipvie   rappelle  les  Argicns  ;  ou 

coups  de  flèches;  2"  père  de  Laogo-  tue  le  reptile,  mais  cette  vengeance 

ne,  tué  par  Mérionc  (il  était  prêtre  «e  prolonge  pas  les  jours  d'Ophelte. 

de  Jupiter-Idéen).  Il  meurt  j  elles  braves .  cause  invo- 

OiSGiSE-KOîNGErKong-Foutsée  lontaire   de  sa  mort,  célèbrent  une 

(ou  Coufucius)  selon   les  Tonkinois  joute  funèbre  en  son  honneur,  insti- 

(f^oy.  CoNFUCius  ,  Biog.  unn>.,  tucjit  les  jeux  INéméeus,   et  donnent 

IX,  4  10).  à  la  je  ine  victime  de  leur  imprudence 

ONIR  ,    Onirus  ,     Ovufioç ^    fils  le  nom  d'Archémore  (tué  de  bonne 

d'Achille  et  de  Déidan)le,  fut  tué  par  heure).  —  D'autres  Opuelte  sont  : 

Oresle  dans  une  dispute  qu'ils  eurent  1"  fils  de  Pénélée,  père  de  Damasich- 

à  propos  de  leur  habitation.  thon  et  successeur  d'Authésion  sur  le 

OjNIT,  fils  d'Hercule  et  de  Dé-  Irone  de  Thèbes;  2" compagnon  d"A- 

auire.  cèle;  3'  roi  de  Thessalie,  conducteur 

OPsOUAVA,  déesse  celle  dont  la  d'une  colonie  de  Béotiens  en  Thessa- 

tèle  seule  était  figurée  sur  les  raonu-  lie  avec  le  devin  Péripolte.  Ou  nomme 

ments.  Deux  larges  écailles  a  la  place  encore  deux  Opuelte,  OpkcltiuSy 

des  oreilles  ,  deux  grandes  ailes  dé-  Tun  chef  grec  tué  par  Hector,  Tautre 

ployces  au-dessus  de  la  tête,  et  deux  chef  troven  tué  par  Eurvale. 
serpents  dont  les  queues  vont  se  per-  OPHION,  '0(ptaiv  :  1°  le  premier 

dre  dans  les  ailes,   voila  les    traits  principe  selon  Boèce;    2°  roi  vaincu 

principaux  de  ces  représentations  fi-  par  Saturne;  5"  géant,- 4°  un  des  cinq 

gurées  évidemment  symboliques.    H  Spartes,  dit-on  ,  qui  survécurent  à  la 

est  impossible  de  ne  pas  se  rappeler  bataille  que  les  fils  de  la  Terre  se  li- 

les  globes  ailéiclllanqués  de  serpente  vrèreqt   eutrc   eux.   cl  qui  aidèrcul 


OPI 

Cadrans  a  bàlir  Thèbesj  5°  père  du 
Rcbrvce  Araycus. — Les  trois  pre- 
miers au  moins,  et  même  le  qna- 
trième  de  ces  personnages ,  appar- 
tiennent aux  existences  antédiluvien- 
nes, et  se  réabsorbent  en  une  seule. 
Ophis  veut  dire  serpent,  et  l'on  sait 
que  la  race  géante  détrônée  par  le 
principe  organisateur  s'offre fréqueni- 
nient  avec  les  formes  de  serpent. 
Comp.  l'art,  suivant. 

OPHIONÉE,  Ophio>-eus,  "orp/a- 
vfuf ,  passe  lour  à  tour  pour  le  chef 
des  génies  funestes  qui  s'insurgèrent 
contre  Jupiter  (Titans  ou  Géanls),  el 
pour  Plulon  hi:-mèrae.  Ces  deux  opi- 
nions rentrent Taue  dansTaulre.  Mais 
de  plus  il  faut  remarquer  quOpiiio- 
née,  le  dieu  aveugle,  parce  que  le 
serpent  loge  dans  les  profondeurs  où 
l'on  ne  voit  pas,  était  le  dieu  des  pro- 
pbètes  ,  des  voyants.  Car  qu'est-ce 
([ue  voir?  C'est  voir  de  l'œil  de  Tin- 
telligence,  el  jamais  l'intelligence  ue 
voit  mieux  que  quand  la  rétine  refuse 
le  service.  De  la  la  liaute  clairvovance 
des  Tirésias ,  etc.  Sur  celte  idée  se 
basait  une  légende  célèbre  relative  a 
la  chute  de  la  Messéuie.UnOpliionée, 
deviu  eu  chair  et  eu  os,  était  aveugle: 
«  Un  jour,  dit-il,  la  vue  me  revien- 
dra; mais  alors.  6  I  Messéuieus,  mal- 
heur k  vous!  la  Messénie  sera  dé- 
truite.» Quelque  temps  après,  une 
céphalalgie  violente  lui  arrachait  des 
plaintes  :  ses  yeux  s'ouvrirent.  A 
cette  nouvelle  Aristodème,  reconnais- 
sant que  les  destins  étaient  accom- 
plis, désespéra  du  succès,  et  se  perça 
de  son  epee  pour  ne  pas  survivre  a 
la  chute  de  sa  patrie. 

0PHlTE,-O?/r,„,undesfils  d'Her- 
cule et  de  Mégare. 

OPHILSSE,  'Oç/flurra,  la  même 
peut-être  que  Chalciope  ,  eut   pour 
père  Eèle  et  pour  époux  Phryxus. 
OPI]NIO]N(r),sçlonle«ôAçiçns; 


OPI 


213 


etail  uue  jeune  femme  a  démarche  ti- 
mide ,  mais  dont  les  regards  étaient 
très-assurés. 

OPIRA,  sœur  et  femme  de  Ti, 
devait  le  jour  a  l'union  de  Tétuuba- 
Amalou-Halou  et  du  Sable  de  la  mer. 
Etant  tombée  malade,  elle  supplia  son 
époux  de  la  guérir,lui  promettant  d'en 
faire  autant  pour  lui,  lorsqu'un  acci- 
dent pareil  lui  arriverait.  Linfidèle 
ou  indifférent  Té  touba-Araatou-Halou 
ne  tint  compte  de  ses  supplications. et 
Opira  mourut  laissant  deux  enfants , 
Ti  et  Ohina.  Celle-ci  devint,  à  la 
mort  de  sa  mère  ,  la  seconde  femme 
de  Tétouba-Amatou-Hatou, 

1.  0PÏS,"O;r/?  {uurieu^n:T;ç  ,  oZ- 
TTij),  une  des  divinités  principales  (la 
première  peut-être]  de  la  Chersonèse 
Taurique.  Le  sang  humain  arrosait 
ses  autels.  Ce  fut  au  pied  de  sa  statue 
qu'Ojeste,  dit  la  légende,  se  vil  sur 
le  point  de  périr  par  les  mains  de  sa 
sœur  Iphigénie.  Ou  sait  que  cette  sta- 
tue, qui  probablement  était  h  tète  de 
taureau,  et  donl  la  vue  (comme  celle 
de  la  tète  de  la  Gorgone)  iuspirait  la 
démence  ou  donnait  la  mort,  fut 
eidevée  par  le  héros  Spartiate,  et 
portée  dans  cette  Lacédémone  ^ 
bien  digne  par  sa  firucilc  d'adorer 
rOpis  scythique.  Primitivement  auàsi 
des  victimes  humaines  tombèrent  im- 
molées dans  son  temple.  Plus  tard  , 
et  notamment  après  que  Lycurgue 
eut  promulgué  ce  code  de  lois  si  dur 
auquel  ses  compatriotes  ont  dû  leur 
gloire ,  on  se  contenta  de  fustiger 
cruellement  les  adolescents  au  pied  de 
l'autel.  La  cérémonie  se  nommait 
dianiasiigosc  {êiaud^j-ri^ariç)'^  et 
celui  des  jeunes  gens  qui  souffrait  les 
tortures  avec  le  plus  de  constance  pre- 
nait le  titre  de  Bomonique.  Souvent 
des  enfants  de  douze  ou  treize  ans 
perdaient  leur  sang,  s'évanouissaient 
sans  jeter  un  cri  j  et  Xon.  a??'!re  qu'un 


2l4 


OPI 


jour  la  couronne  de  Bomonique  fut 
posée  sur  une  tombe.  Opis  portail 
encore  le  nom  ou  lY-pitlièle  d'Orlliià. 
Il  est  parlé  aussi  de  deux  tables  d'ai- 
rain qui  accompagnaient  sa  statue. 
Opis  est  presque  toujours  comparée 
h  Diane.  C'est,  dit-on,  la  Diane 
Taurique  ,  la  Diane  de  Scytbie , 
pourvu  que  l'on  n'oublie  pas  que 
Diane,  nom  latin  par  lequel  on  a  tra- 
duit Artérais,  doit  être  pris ,  non  pas 
dans  son  sens  vulgaire ,  mais  dans  un 
sens  plus  transcendantal  peut-être 
qu'Artémis  elle  -  même.  Car  rare- 
ment Artémis  s'élève  au-dessus  du 
rôle  de  grande  fécondatrice,  d'ac- 
coucheuse suprême  ,  de  déesse  nour- 
ricière (raaba  mater,  malia  maïa, 
maba  potna).  Opis  fut  tout  cela  sans 
doute  ,  mais  plus  encore  :  e'ie  fut 
la  matière  primordiale,  la  nombre 
nature  ,  la  nuit  aveugle  (  Boulo  , 
Lêlo  ,  llilhye).  Et  de  cette  idée  de 
nuit  a  celle  de  déesse  d'un  sombre 
et  noir  pays,  de  déesse  de  l'Ameuti, 
de  déesse  aux  sanglants  sacrifices , 
il  n'y  eut  qu'un  pas.  Au  reste,  la 
Grèce,  toujours  remarquable  par  sa 
tendance  h  la  civilisation  et  a  Tbu- 
manité,  modifia  sans  doute  dès  une 
haute  antiquité  les  prescriptions  san- 
guinaires des  sacrificateurs  scvthesj 
et  tel  doit  être  le  sens  de  la  substitu- 
tion miraculeuse  d'une  biche  h  Iphi- 
génie.  La  Diane  qui  veut  la  tête  de 
la  fille  du  chef  n'est  autre  qu'Opis  : 
mais  Opis  en  Grèce  se  contente  d'un 
commencement  d'obéissance ,  et  le 
sano;  d'une  biche  sufîit  h  ses  exitren- 
ces.  Sombre  et  impitoyable  en  Tau- 
ride,  Opis  n'en  est  pas  moins  apte  h 
devenir  une  déesse  tutélaire  en  d'au- 
tres lieux.  C'est  probablement  elle 
que  l'Italie  antiqu"  honora  sous  le 
nom  d'Ops,  depuis  regardée  comme 
identique  à  la  Terre,  h  Rhea,  à  Cy- 
bèle.  Mais  ces  assimilations  en  sens 


OPO 

divers  n'ont  rien  de  contradictoire. 
Eau  et  pâte  primordiale  ,  Opis  de- 
vient h  grande  mère  (fécondatiice, 
accoucheuse,  nourricière)  :  la  Lune 
(Phébé,  Artémis,  Diane)  est  la  pas- 
sivelé  humide,  qui  féconde  la  terre, 
par  conséquent  est  la  grande  raèrej 
de  son  côté,  la  Terre  (Titaia,  Thîa, 
llhéa  ,  Gaea  ,  Cybèle  ,  Dà -Mater) 
n'est-clle  pas  la  mère  universelle  des 
êtres  [y>i  "STccu/naTûip)  ,  la  passivete 
épouse  du  feu  actif;*  Donc  Artémis 
revient  a  Cybèle,  Opis  k  Ops:  et 
quoique  l'usage  nous  montre  Opis 
comme  sanguinaire  et  cruelle,  et  Ops 
comme  propice  et  secourable,  il  ne 
faut  pas  croire  que  ces  différences  de 
rôle  tiennent  K  l'essence  de  la  divi- 
nité. Ops  pourrait  opprimer  et  tuer 
les  hommes,  Opis  leur  être  utile,  sans 
qu'il  y  eût  en  tout  ceci  d'altération 
fondamentale.  La  ISuit,  mère  suprê- 
me, est  bonne  et  fatale-  et  la  Kuit, 
mère  suprême,  a  été  adorée  dans  ses 
fureurs  par  ceux  qui  ont  dit  Opis,  et 
dans  ses  bienfaits  par  ceux  à  qui  le 
Lazard  a  fait  dire  Ops,  O-i. 

2.  OPIS,  OTTiÇy  vierge  hyperbo- 
réenne  qui,  selon  Creuzer,  appartient 
K  la  deuxième  misration  fondatrice 
du  culte  d'Apollon  et  d'Artémis.  Evi- 
demment c'est  une  incarnation  de 
cette  dernière  ou  ,  pour  parler  plus 
exactement,  d'Arlémis-Ililhye  (La- 
tone).  Comp.  Perphères  et  l'article 
précédent. 

OPITE,  OpiTÊs,  'O^t/tkçj  chef 
argien  tué  par  Hector. 

OPOIAM  se  dessine  avec  l'impur 
Anaboïa  au  -  dessu-  d'Akambouié  , 
comme  Ormuzd  et  Ahriman  sous 
Zervane-Akérène  :  Opoïam  est  lOr- 
muzd.  Du  reste,  comme  tous  les  dieux 
des  Caraïbes ,  il  n'a  ni  temple ,  ni 
autel.  On  ne  l'honore  guère  que  par 
des  sacrifices  qu'on  nomme  Anakri , 
çt  qui  ont  lieu  sur  de  petites  tables 


OPS  OPS                 2i5 

(raatalou)  de  roseaux,  et  on  ne  l'in-  ilon,  parlurîtion,  lactation,  voilà  les 

voque  que  dans  les  cas  de  maladie,  trois  grands  phénomènes,  Da^^arû»^, 

Les  jongleurs  auxquels  alors  les  pau-  TIuvtokos  ,  ncivTpô(Çoç,  voila  les  trois 

vres  sauvages  remettent  le  soin  d"in-  grandes  épilhètes  de  la  passiveté  fé- 

terroger   Opoïam ,    et  de  le  rendre  condée  ou  fécondable  :  peu  importe 

favorable,  se  livrent  à  toutes  sortes  de  qu'on  restreigne  son  rôle  a  celui  de 

pratiques  superstitieuses  dont  le  ré-  passiveté  terrestre  (Terre,  Rhéa, Cy- 

sullal  est  de  s'emparer  des  meilleures  bêle),  de  passiveté  lunaire  (Poon, 

provisions  du  malade,  et  par  consé-  Phébé,  Artémis  au  sens  étroite,  de 

quent  de  le  sauver  par  la  diète  ,  si  la  passivetéaquatile(Bouto-Athor,Maïa- 

diète  peut  le  sauver.  Ganga,  Dercélo  ,  etc.  ) ,  de  passiveté 

OPOjNTE  ,    Opus    ou    Opuns  ,  céleste  (Tpé),  ou  bien  que  ce  rôle 

"OTtovç    Ço-zovvro;) ,   la   race   opon-  s'élève  a  celui  de  mère  virtuelle  de 

tienne  personnifiée ,  était  fils  de  Ju-  l'univers.  Utérus  où  gît  la  Nature- 

piter  et  ami  de  Ménèce.  fœtus,  matrice  des  êtres,  Hirania- 

OPORA,  ''OTrapx,  la  Fécondité,  gharba.  La  Pbrygie  ,  centre  de  l'A- 

est  dans  Aristophane  une  déesse  pa-  sie-Mineure,  fit  naturellement  de  sa 

rèdre  d'Iréné,  la  Paix.  grande  mère,  la  Terre,  l'immobile  et 

OPS,  '  04/ ,  "f^-vj/,  déesse  italique  massive  Cvbèle.  Cela  n'empêche  pas 
que  Ton  considère  comme  femme  de  qu'en  même  temps  Ephèse ,  sous  les 
Saturne,  et  en  conséquence  comme  inspirations  delà  Colchide,  ne  put  voir 
identique  a  Cvbèle  ou  RhéaflaTerre).  dans  sa  grande  mère  la  déesse  aux 
En  latin  et  pris  comme  nom  commun,  nombreuses  mamelles,  la  nourrice, 
Ops  (inusité  au  nominatif)  signifiait,  la  nuit  profonde  et  humide  prête  k 
secours,  et  sans  doute  en  étendant  le  laisser  jaillir  de  son  sein  la  création, 
sens  un  peu  restreint  du  mot  (  comme  et  que  pour  le  vulgaire  cette  antique 
au  pluriel  dans  oyï?e5)  ressources,  ri-  déiténeprîtlaphvsionomiedelumière 
chesses,  biens  quelconques.   Certes,  femelle,  de  lune.  Yoici  maintenant  ce 
rien  de  plus  convenable  qu\in  nom  qui  résulte  de  cette  de'rivation.  L'an- 
pareil  pour  la  Terre,  pour  cette  mère  tique  nuit-onde-pàte  primordiale  dé- 
universelle (:ra^t«^Étr»^),  productrice  terminable  d'une  part  comme  terre  , 
et  dispensatrice  de   tous   les  biens,  de  l'autre    comme    lune,    Artémis, 
cX'ooêôrnocc  partout  et  toujours  agis-  porta  sans  doute  un  nom  semblable  a 
santé.  Et  quant  a  ce  titre" de  secou-  Oupa(Oupadéva),  Oupis  (Oyir*?).  Les 
rable    (ou    même    secours,    déesse-  adorateurs  d' Artémis  en  Tauride  eu 
secours),  Ops-Rliéa-Cybèle  y  a  droit  firent  Opis  ('i27r<?  ou  "'OTr/?),   nom 
«DUS  deux  rapports  :  comme  Terre  que  Lacédémone  inscrivit  plus  tard 
(car   toutes    ces    richesses,    opes  ^  sur  la  liste  de  ses  divinités;  les  ado- 
que  nous  prodigue  la  Terre  ne  sont-  rateurs  italiques  de  Cybèle-Terre  en 
elles  pas  autant  les  étaies  que  les  dé-  firent  Ops.  Peut-être  serait-ce  dans 
cors  de  la  vie?};  comme  mère  uni-  ce  sens  qu'il  faudrait  tracer  l'itiné- 
verselle  ,  comme  grande  accoucheu-  raire  du  nom  sacré.  Venu  delà  Perse 
se.   Trois    hautes   fonctions  carac-  (ou  de  ITnde)  dans  la   Chersonèse 
terisent  la  grande  mère  par  excel-  cimmérienne,  il  fut  de  la  porté  dans 
lence  :  i**  concevoir,  porter  dans  son  la  péninsule  de  Pélops,  d'où  une  émi- 
sein  et  mettre  au  monde  j  2°  opérer  gration  facile  put  le  faire  passer  dans 
raccouchement;  3**  nourrir.  Go€ta-  l'Italie  méridionale.   L*iliDéfîJ*'e  d« 


ai6  OR  A 

V'iàcp  srrait  tliffi-renl.  Nous  ne  \cn\e- 
roiis  pas  (le  le  destiner.  On  sent  assez- 
par  ce  qui  précède  que  nous  ne  croyons 
nullement  aux  ctymologics  latines  par 
lesquelles  débute  cet  article.  Elles 
n'ont  de  valeur  que  comme  iiidiquaut 
des  idées  secondaires  épisodiques  en- 
veloppées dans  le  sens  fondamental. 
Nous  ne  croyons  pas  davantage  à  Té- 
tymologie  grecque  que  Ton  tirerait 
de'Ov  ou"o.|^  vue,  regard.  Ops 
était  représentée  la  main  droite  éten- 
due comme  pour  accorder  des  se- 
cours, et  delà  main  gauche  donnant 
du  pain  aux  pauvres.  Elle  avait  à 
Rome  deux  temples,  qui  passaient 
pour  avoir  été  dédiés  [\\n  par  Ta- 
tius,  l'autre  par  Tullus  Hostilius, 
Pbilocliore  ,  dit-on,  lui  éleva  un 
autel  en  Afrique  :  et  cet  autel  et  le 
temple  de  Tullus  Hoslilius  ftaieut 
communs  h  Saturne  et  h  Ops.  On 
institua  aussi  deux  fêtes  en  l'iionneur 
de  cetle  déesse-  l'une,  célébrée  le 
19  décembre,  tombait  au  milieu 
des  Saturnales,  quand  celles-ci  du- 
rèrent plusieurs  jours j  Tautre,  que 
l'on  appelait  Opeconsiva,  revenait  au 
5  5  août.  C'était  une  solennité  do- 
mestique, et  qui  tenait  de  près  aux 
mystères.  On  en  ignore  les  détails  : 
de  plus  on  immolait  a  Ops  une  vache 
pleine  et  une  truie  au   mois  d"avr!l. 

OR.  f^oy.  Haroeri. 

ORA,  nymphe  dont  Jupiter  chan- 
gé en  cygne  eut  Colaxe.  Ne  serait-ce 
pas    Léda    (Ilithve  -  beauté  ,    A^ru 

ORAGALLS,  dieulapon, créé  par 
Perkel  (  l'esprit  du  mal  )  ,  élevé  par 
loumala  (l'esprit  du  bien),  n'est  que 
le  tonnerre  personnifié.  11  lance  la 
foudre,  fracasse  les  rochers,  pulvérise 
les  immondes  entrepreneurs  de  sor- 
tilèges- les  météores  semblent  lui 
obéir-  et  les  saisons,  les  fruits  de  la 
terre,  les  produits  de  la  chaç$e,  c'est 


GRC 

lui  qui  les  dispense,  selon  :nn  gré. 

OPiAKAL,  BacchusenScytliie.  Ce 
nom  mérite  d'être  rapproché  d'Er  • 
clé  ,  antique  nom  d'Hercule,  et  d'Ha- 
rakala ,  un  des  noms  de  Vichnou- 
Rama. 

ORBONA,  déesse  latine,  était  in- 
voquée par  les  parents  pour  ne  pas 
être  privés  d'enfants  (O/'^i),  et  par  les 
orphelins.  Son  autel  K  Rome  touchait 
au  temple  des  dieux  Lares. 

ORCHAME,0?.cHAMtjs,  Of>/<*^6f, 
roi  d'Assyrie  (  et  abusivement  de  Per- 
se),  n'est  autre  que  le  feu,  et  même 
le   soleil  personnifié.   On  lui  donne 

f)Our  filles  Clvtie  et  Lcucothoé,  que 
a  mythologie  grecque  transforme  en 
amantes  d'Apollon,  et  que  le  potentat 
sévère,  gardien  delà  virginité, ordonna 
d'enterrer  vives.  Qui  ne  songe  ici  au 
supplice  des  Vestales,  à  la  perpétuité 
immaculée  du  feu  de  \esta,  h  'a  pu- 
reté virginale  dont  cetle  flamme  était 
l'emblème,  enfin  a  l'origine  orien- 
tale de  ce  culte  du  feu,  et  par  suite  à 
Moîoch  i  Les  Grecs  fondirent  une  fa- 
ble orientale  avec  leur  légende  accou- 
tumée, et  introduisirent  ainsi  dans  le 
monde  occidental  lidée  de  mort  liée 
h  cell  •  de  feu  (mort parle  ieu  ou  mort 
à  cause  du  feu).  —  Etymologie  : 
1°  Cliam  (Chamos,  ou  (7r,  tr,  augm. 
et  CJiam)  ;  2°  'a^xciuùi  {a^yjtv),  roij 
o'À'pv/j-.  Il  y  aurait  alors  corrélation 
de  feu  et  phallc. 

1.0RCH0V[ÈNE,0RcnoME>-us, 
'Oc^^^ouivoi.  héros  éponvme  de  la  célè- 
bre ville  béotienne  de  ce  nom,  passait 
pour  fils  de  jMinyas.  Selon  Eustathe  il 
eut  trois  fils,  Asplédou,  Climèue  et 
Amphilhoos.  A  ulgairement  on  le  fait 
mourir  sans  enfants,  cl  le  sceptre  a  sa 
mort  passe  dans  les  mains  d'un  fils 
de  Phryxus.  Au  reste,  ce  fils  s'appelle 
ici  Climène.  On  fait  aussi  Orchomène 
fils  de  Zévs  et  de  la  Danaïde  Hésione, 
fl  dans  ce  cas  il  a  pour  femme  Her- 


ORC 

mlppe ,  fille  de  Benle,  pour  fils  Mi- 
njas,  pour  fille  El  ara.  On  a  trouvé  un 
moyen  simple  de  couciller  les  deux 
traditions  en  admettant  l'existence  de 
deux  Orcbomèucs ,  et  alors  Orclio- 
mène  I  est  fils  de  Zévs  et  père  de 
Minyas  j  Orcliomène  II  est  fils  de 
Minyas ,  et  père  ou  prédécesseur  de 
Cliraène.  Le  seul  sens  dans  lei^uel  il 
soit  possible  d'admettre  celte  hypo- 
thèse serait  le  suivaut  :  i°Zévs  et  la 
Danaïde,  Arddhanari,  encore  à  l'état 
d'irrévélation  ou  peu  s'en  faut;  Or- 
chomène  premier  [Uz^f^-'-^os  ->  l'arri- 
vant,  le  venant),  l'essence  suprême 
se  révélant 5  Minyas,  l'homme  pri- 
mordial; 2'  Orchomèuo  II,  l'espèce 
humaine  qui  vient ,  l'homme  pri- 
mordial et  la  ville  qui  est  son  sé- 
jour. Au  reste,  cet  Orchomène  II 
n'est  pas  le  seul  enfant  de  Minyas  5 
et  cet  homme  primordial,  marié  s'ic- 
ccssivemenl  à  Clylodore  (véritable 
Pandore)  et  a  Phanosvre  ,  a  eu  de 
l'une  Presbon,Périclvmène  et  Théo- 
clymène  j  de  la  seconde  Orchomène  , 
Athamas  et  Diachthonde.  —  Enfin, 
les  ïhébains  voulaient  rattacher  Or- 
chomène aleur  ville,  en  le  disant  fils 
deïhémistoet  frère  de  Plinthe.  Tous 
deux  périrent  tués  par  leur  mère. 

2.0RCHOMÊ]NE,héroséponyme 
de  la  ville  d'Orchomène,  enArcadie, 
est  un  des  5o  Lvcaonides. 

OriCIDE,ORCiDES,'Ooy-/<^;îf,  chef 
bébryce,  blessa  Talas  d'un  coup  d'é- 
picu  lorsque  les  Argonautes  eurent  h 
^on tenir  les  attaques  d'Aravcus. 

ORCUS,  Platon  a  Rome.  C'est  un 
des  noms  les  plus  éiiigmaliques  que 
l'on  connaisse.  On  le  dérive,  i°d'Z7/-- 
/^■eo, presser  •  2"  d'î/pv^;,  enfermer;  5° 
d'Ores, vase  creux el  profond.  Pour- 
quoi pasd'Orr^, énorme  célacé  connu 
sur  les  côtes  de  l'Italie?  On  peut  aussi 
songer  aux  mots  :  Ârgha  (samsk.), 
péme  sens  qu'/^rcaj  «/>;>;...  coramau- 


ORE 


S17 


drr  ;  ZT/A',  d'où  Hercule  j  opxoçy  ser- 
ment. Pluton,  en  effet,  était  invoqué 
lors  de  la  prestation  des  serments,  et 
l'onde  du  Slyx  était  le  garant  le  plus 
terrible  de  la  sainteté  des  promesses. 

OREADES  .  ''OfnâèiSj  nymphes 
des  montagnes.  T'^oy.  INymphes. 

ORE.\S,  'Ooîi'cc;,  fils  d Hercule 
et  de  Chrvséis. 

OREE,  0rea,'O^£:«,  une  des  huit 
Hamndrvades  {T^oy.  ce  nom^ 

OREE,  OpxEUs,  "Ofiios,  Centaure 
tué  par  Hercule,  était  représenté  sur 
les  bas-reliefs  du  trône  d'Apollon 
Amvcléen.  Hésiode  le  nomme  comme 
fio;uré  sur  lebouclier  d'Hercule.  Orée 
veut  dire  moutagnard. 

ORESBIOS,  'OpécToioç,  chef  grec 
qui  alla  au  siège  de  Tioie;  il  cu- 
mulait le  sacerdoce  et  le  rôle  de 
guerrier.  —  Bacchus  aussi  porte  le 
nom  d'Oresbios  (  qui  vit  dans  les 
monts) 5  Oreskios  (qui  se  plaît  à  l'om- 
bre des  monts)  est  aussi  une  de  ses 
épilhètes;  Orésilèpe  ,  qui  a  un  sens 
tout  contraire  (déserteur  des  monta- 
gnes), doit  être  ajouté  à  cette  liste 
des  noms  du  dieu  du  vin. 

ORESTE,  Orestes,  'Opétrr^f, 
fils  d'Aqamemuon  et  de  Clytemnes- 
tre  ,  avait  de  10  h  1 1  ans  lorsque  de 
retour  h  Mvcènes  son  père  fut  assas- 
siné par  une  épouse  parricide  et  par 
Egisthc  ,  son  complice.  Sauvé  des 
mains  des  deux  coupables  par  Elec- 
tre ,  sa  sceur  ,  il  trouva  un  asile  a 
la  cour  du  roi  de  Phocide,  Stro- 
phius ,  son  oncle,  et  s'y  lia  intime- 
ment avec  le  fils  de  ce  prince  :  c'é- 
tait Pvlade.  Au  bout  de  sept  ans, 
Oreste  et  Pylade  rentrèrent  furtive- 
ment a  Mvcènes  ,  se  cachèrent  chez 
Electre  ,  répandirent  le  bruit  de  la 
mort  dOreste;  puis,  pénétrant  dans 
le  temple  d'Apollon  ,  où  Égisthe  et 
Clvtemneslre  s'étaient  rendus  pour 
rendre  grâces  au  dieu  ,  ils  les  cgorgè- 


2l8 


ORF: 


reni  l'un  ctrantre.  Ainsi  Tavait  or- 
donné h  son  fils  Tombre  mêaie  dW- 
"amcmnon.  Cette  pieuse  cause  de 
parricide  n'cmpêclia  pas  que  les  Fn- 
ries  Devinssent  s'abatlresurlui comme 
des  vautours  sur  une  proie  vivante  , 
et  l'envelopper  de  ténèbres  et  de  tor- 
tures. Oreste ,  pour  fuir  les  épou- 
vantables déesses  ,  se  mit  à  errer 
de  contrée  en  contrée.  Delphes  l'en- 
tendit interroger  Pbébus,  de  qui  la 
voix  lui  avait  intimé  Tordre  d'as- 
sassiner sa  mère  ,  sur  les  raovens 
d'en  finir  avec  ces  funestes  compa- 
gnes. «  Albènes,  dit  ledieu  ,  t'offrira 
le  remède  h  tes  maux.w  Oreste  y 
court  ,  les  Euménides  l'y  suivent  ; 
Apollon  le  protège  contre  elles  et 
veut  nu'elles  s'écartent;  Minerve  ap- 
parait  et  se  constitue  I  arbitre  impar- 
tial du  débat.  A. sa  voix  et  par  se'  soins 
un  triliunal  s'élève,  c'est  l'Aréopage 
(comp.  Halîrp.hothe). Douze  j'iges  y 
siègent  :  six  déclarent  1  accusé  coupa- 
ble; mais  Minerve  donne  sa  voix  h 
l'accusé,  et  le  verdict  d'acquittement 
se  prononce  à  la  majorité  de  sept 
contre  six  :  toujours  la  sagesse  opine 
en  faveur  de  la  mansuétude  ,  et  c'est 
la  sagesse  qui  doit  prés'der  dans  le 
temple  de  la  justice.  Cependant  , 
Oreste  absous  n'est  pas  encorequitte. 
En  vain  il  élevé  dans  Athènes  un  autel 
à  Minerve  guerrière  :  il  faut  encore 
qu'il  aille  a  Trézène  attendre  long- 
temps qu'il  plaise  au  peuple  de  cette 
ville  neptunienne  de  l'expier;  il  faut 
enfin  qu'il  dise  adieu  a  la  terre  ,  qu'il 
traverse  l'Egée  ,  la  Propontide  ,  le 
Pont-Euxin  ,  et  qu'après  avoir  laissé 
derrière  lui  les  deux  Bosphores  il 
aborde  chez  les  Taures  faroucbes. 
Pjlade  l'a  suivi  ,  Ta  encouragé  dans 
ses  excursions  fatigantes;  maisquraid 
il  touche  au  terme  de  sa. route, le  pé- 
ril devient  plus  grand  qu'il  n'a  jamais 
été.  Iphigénie,  sa  sœur,  prétresse  de 


GRE 

la  sinistre  et  somijre  Opis ,  qui  fait 
des  cadavres  humains  son  marche- 
pied, et  du  sang  des  victimes  humai- 
nes son  nectar,  Iphigénie  balance 
déjà  le  coulelas  sacre  sur  sa  tète,  lors- 
que tout-a-coup  elle  le  reconnaît  hun 
signe,  ajourne  sous  un  prétexte  frivole 
le  sanglant  sacrifice  ,  et  la  nuit  sui- 
vante part  avec  les  deux  amis  et  la 
statue  de  la  déesse.  Selon  les  uns, 
Thoas,  roi  de  Tauride,  rugit  en  proie 
à  un  courroux  impuissant  ;  selon  les 
autres  ,  Thoas ,  avant  le  départ ,  a 
senti  le  glaive  fouiller  ses  entrailles. 
De  retour  en  Grèce,  Oreste  consacre 
a  Sparte  le  Palladium  qu'il  a  ravi  aux 
Taures  ,  et  qui  plus  tard  fut  appelé 
Orthià,  monte  sur  le  trône  d'Argos , 
V  joint  celui  de  Lacédéraone  à  la  rnort 
de  son  oncle  Ménélas  ,  se  trouve  a 
Delphes  en  même  temps  que  Pvr- 
rhus,  le  fait  massacrer  par  le  peuple 
de  celte  ville,  épouse  Hermione,  sa 
veuve,  et  meurt  en  Arcadie,  h  Ores- 
tée,  à  1  âge  de  50  ans  ,  mordu  au 
talon  par  un  serpent.  Long-temps  au- 
paravant il  avait  donné  Electre,  sa 
sœur,  en  mariage  à  Pvlade.  Il  eut 
pour  successeur  son  fils  Penlhile.  Aux 
légendes  se  liaient  beaucoup  de  tra- 
ditions spéciales  ,  de  reliques  et  de 
représentations  figurées.  La  Diaue 
liée  de  Sparte  passait  pour  l'Opis 
Taurique  apportée  par  Oreste.  L'A- 
réopaL;e  était  aussi  un  monument  vi- 
vant des  puiss::ntes  aventures  du  par- 
ricide par  piété  filiale.  Sparte  avait 
un  tombeau  dOreste,  et  disait  que 
cet  antique  roi  avait  été  un  géant  de 
sept  coudées  de  hauteur,  et ,  comme 
preuve^  elle  conservait  des  os  énormes 
trouvés  à  Tégée  par  un  nommé  Li- 
chès.  A  Trézène  surtout  abondaient 
les  souvenirs  de  l'ami  de  Pvlade. 
Ici  c'était  la  hutte  où  Oreste,  mal- 
gré son  acquittement,  avait  été  obli- 
gé de  demeurer  jusqu'à  ce  que  les 


ORE 

prélres  consenlissent  K  l'eïpier  5  là 
c'était  un  laurier  sorti  du  lieu  même 
de  l'expiation:  plus  loin  c'était  la 
pierre  sur  laquelle  les  neuf  juges  s'é- 
taient assis  :  on  la  nommait  la  pierre 
sacrée.  A  trois  stades  de  Gythiiim 
était  une  autre  pierre  sur  laquelle  s'é- 
tait assis  Oreste  délivré  des  Furies; 
on  la  nommait  Kappautas:  il  y  a 
mieux,  on  regardait  ce  bloc  informe 
comme  Jupiter  même,  et  Zévs  Kap- 
pautas {Zivç  KcCTrTrccùra;  pour  Koiru- 
TTxvTiîsi  Jupiter  qui  fait  cesser)  était 
son  nom.  Les  tragiques  se  sont 
beaucoup  exercés  sur  Oreste;  une 
seule  pièce  pourtant ,  parmi  celles 
que  nous  a  laissées  rinclém.ence  des 
temps  ,  est  intitulée  Oreste  :  c'est 
une  des  plus  belles  d'Euripide.  Es- 
chyle avait  donné  le  même  titre  à 
une  des  siennes.  Les  deux  Electre 
(l'une  de  Crébillon,  l'autre  de  \  ol- 
laire),  Iphigénie  en  Tauride  (de 
Guymond  de  La  Touche),  nous  mon- 
trent aussi  Oreste.  —  La  Galerie 
mythologique  de  Millin  ,  616-626, 
nous  présente  une  suite  magnifique 
de  bas-reliefs,  de  pierres  gravées ,  et 
de  peintures  relatives  à  l'histoire 
d'Oreste.  —  Une  foule  de  circon- 
stances accessoires  se  sont  mêlées  , 
sous  la  plume  des  tragiques,  aux  aven- 
tures d'Oreste;.  nous  les  avons  a  peu 
près  négligées  ici,  car  leur  importance 
mythologique  est  nulle.  La  seule  idée 
capitale  de  ce  mythe  si  large,  c'est  la 
nécessité  de  l'expiation.  Dent  pour 
dent,  voila  la  loi  ;  et  pourtant,  le  bras 
même  qui  n'a  été  que  le  ministre  des 
vengeances  célestes  est  passible  d'une 
peine.  Apollon.  Minerve,  Neptune, 
Diane,  cimentent  de  leur  haute. ap- 
probation la  mort  sanglante  de  Cly- 
temnestre  dont  le  crime  était  inex- 
piable ;  de  Clytemnestre  qui  de- 
vait périr  par  son  fils,  afin  d'ap- 
prendre k  la  Grèce  la  sainteté  de  la 


ORE 


219 


loi  du  talion;  de  Clytemneslre  dont 
la  mort  devait  prouver  que  la  fou- 
dre ,  pour  punir,  jaillit  de  l'angle  de 
l'horizon  qui  semble  le  plus  calme, 
(c  Plutôt  un  crime  nouveau  ,  ont  dit 
les  dieux,  oui, plutôtun  parricide  que 
l'impunité!  »  £h  bien,  malgré  ce 
jugement  d'en  haut,  Oreste,  choisi 
pour  l'exécuter,  n'est  pas  pur.  Il  faut 
du  temps  avant  que  le  sang  a  bon  droit 
répandu  par  ses  mains  pâlisse  et  s'ef- 
face ;  il  faut  des  années,  des  purifica- 
tions, de  longs  vovages  ,  des  absolu- 
tions solennelles.  Est-ce  a  dire  qu'il 
lui  faut  trois  purifications  :  une  dans 
Athènes,  une  sur  la  plage  trézénien- 
ne,  une  par-delà  les  mers?  Nous  ne  le 
croyons  pas.  Trois  grands  états,  l'At- 
tique,  rArgolide,  la  Laconie  ,  s'em- 
parèrent de  ce  grand  mythe  d^Oreste 
passant  par  des  purifications ,  et  va- 
rièrent le  thème  chacun  h  son  gré. 
Le  syncrétisme  des  temps  postérieurs 
amalgama  les  trois  légendes  ,  et  les 
disposa  dans  uu  ordre  semi-chronologi- 
que. Poumons,  discernons  la  légende 
Irézénienne,  la  légende  d'Athènes,  la 
légende  de  Sparte  e t  de  Gythium. Dis- 
tinguons quel  dieu  joue  le  grand  rôle 
dans  chacune,  Athànà  dans  Athènes, 
Posîdôu  dans  Trézène  ,  Opis  dans 
Sparte.  Sachons  retrouver  dans  celle- 
là  les  hautes  prétentions  des  Athé- 
niens à  la  science  du  droit,  a  la  sa- 
gesse et  aux  procédures  spéciales  sur 
le  meurtre  ;  dans  celle-ci  le  reflet  du 
dogme  qui  voulait  qu^Orthià  fut  une 
Scvthe,  protectrice  des  hommes  forts 
qui  savent  la  garder,  et  avide  buveuse 
du  sang  qui  coule  des  veines  géné- 
reuses ;  enfin,  dans  la  version  Irézé- 
nienne, le  culte  sévère  rendu  à  Hé- 
cate, K  Hécate  purificatrice  par  les 
eaux,  à  Hécate  Phytalmios,  k  Hécate 
Océan.  De  ces  trois  versions,  la  plus 
attrayante  peut-être  est  celle  qui  fait 
intervenir  dans  la  querelle  d'Oreste 


220  ORl 

les  douze  juges,  ^^  colline  de  Mars, 
Albànà  présidant  ,  Apollon  plaidant 
lui-mt'iuc  contre  les  Eumcuides  ,  et 
ecifin  ces  fouets  vengeurs,  ces  formes 
hideuses  et  fantastiques,  ces  ailes  de 
HarDves.  ces  reptiles  qui  se  tordent 
en  spirales  bleues  autour  du  jeune 
matricide.  La  plus  riche  en  couleurs 
est  celle  de  Sparte.  Posîdûn  ,  sur  le 
dos  duquel  cingle  la  gondole  d'O- 
resle ,  est  déjà  un  premier  purifi- 
cateur :  car  Tonde  est  sainte  j  le  sel 
qui  charge  les  eaux  est  plus  sacré  en- 
core. Heureux  le  coupable  qui  lou- 
che la  mer  où  bout  Técume  salée 
et  qui  en  est  mouillé  I  Mais  c'est 
en  Tauride  que  l'expiation  devient 
complète.  Celui  quia  tué  va  èlie  tué, 
relui  (jui  a  violé  par  le  glaive  la  ma- 
melle maternelle  voit  une  sœur  bran- 
dir le  couteau  sur  sa  tête;  celui  qui 
a  verse  à  Cols  un  sang  criminel  perd 
quelques  gouttes  d'un  sang  innocent  ! 
C'eu  est  assez  :  le  sang  du  juste  ne 
doit  pas  couler  a  Ilots  comme  ce- 
lui du  coupable;  il  ne  doit  qu'es- 
sayer la  mort;  l'essai  accompli,  la 
lâche  s'en  va  ,  le  crime  n'est  plus  ; 
ce  que  l'Océan  n'a  pu  laver  ,  un  peu 
de  son  sang  Tellace;  il  ne  reste  que 
d'amers  souvenirs,  des  regrets,  et  de 
temps  à  autre  une  larme  solitaire. — 
Quatre  autres  Oreste  sont  :  i''  un  fils 
d  Achéloiis  et  de  Périmède:  2''  un 
chef  grec  tué  par  Hector;  5°  et  4." 
deux  chefs  troyens,  l'un  tué  par  Pc- 
lypèle,  l'autre  par  Léonlée. 

DRESTHEE,  Orestueus,  'Ofc- 
oôiv; ,  donna  son  nom  à  Orestlié- 
iiuin  rn  Arcadie,  depuis  Oresléc. 

OUION  ,  "Of/ûv,  héros  insulaire 
célèbre,  est  riucarnalion  grecque  d'un 
Fia- Boulo- Atiior.  l\  a  pour  père 
tantôt  Tseptime  (amant  d'Èuryale)  , 
tantôt  Hjriée  qui  u'v.st  qu'un  autre 
lui-même  (///r,  hor,  hôur,  ie  diflè- 
rcnl  p('ii}t),  Cet  Hyriée ,   villageois 


ORI 

béotien,  donna  l'hospilalllé  a  Jupi- 
ter, ÎSeptune  et  Mercure  qui,  pour 
le  récompenser,  lui  promirent  de  lui 
accorder  ce  qu'il  leur  demanderait. 
Hyriée  veuf,  et  qui  avait  fait  vœu  de 
ne  pas  se  remarier,  désira  qu'il  lui 
naquît  un  fils  sans  avoir  commerce 
avec  une  femme.  Alors  les  trois  dieux 
urinèrent  sur  la  peau  de  la  génisse 
qu'il  avait  tuée  pour  leur  repas;  ils 
lui  dirent  de  l'enterrer,  et  au  bout 
de  neuf  mois  naquit,  de  cette  peau 
ainsi  fécondée,  Oriou  ,  dont  on  dé- 
rive le  nom  du  grec  ovpoi ,  urine. 
TSul  doute  qu'il  n'y  ait  ici  rapport 
et  avec  l'oulo,  la  vase  irrévélée, 
et  avec  Haroéri  développé  en  si- 
lence dans  les  profondeurs  de  Bou- 
lo-Ioîii.  Haroéri  d'ailleurs  s'appelle 
Oros  ou  Or;  c'est  Orion.  L'ély- 
mologie  par  oùfov  est  aussi  détesta- 
ble que  célèbre ,  quoique  ev^ot  et 
(r,7ifU7.  deviennent  parfois  svnonv- 
raes.  Orion  Haroéri,  Orion-soleil,  est 
donc  un  dieu  jeune,  un  dieu  beau; 
c'est  cfiectivementce  que  content  les 
mythes.  Et  ce  n'est  pas  tout,  il  est 
Géant,  Titan,  soleil.  Il  se  mire  dans 
les  flots;  il  aime  la  chasse;  il  aspire 
h  la  possession  de  Diane,  et  Diane  le 
lue.  Le  soleil  n'est-il  pas  en  rapport 
avec  la  lune.'  la  lune  ne  semble-t-elle 
pas  de  lem[!S  k  autre  triompher  du 
suleil?  Sur  Icscirconstances  de  la  sy- 
zvçie  ,  il  est  vrai,  l'on  varie.  Tantôt 
Orion  tente  d-:  vjoler  Diane,  tantôt  il 
la  viole,  tantôt  la  violence  ne  consiste 
q  l'a  forcer  la  déesse  de  jouer  au 
disque  avec  lui ,  ou  même  a  loucher 
àon  voile  d'une  main  impure.  Chez 
quebjues  poètes  au  contraire,  c'est 
Diant  qui  est  éprise  du  beau  chas- 
seur ,  et  c'est  par  jalousie  qu'elle  le 
tue  :  Orion  s'est  laissé  enlever  et  por- 
ter dans  Délos  par  l'Aurore.  On 
narre  aussi  sa  mort  de  diverses  ma- 
pif  res.  Ici  Diape  lue  Orion  h  coups  de 


ORI  ORI 


22r 


flèches;  là  elle  envoie  contre  lui  un  blement  d'Orion  lui-même.  Le  couple 
scorpion.  Certains  mythologues  ap-  décrit  par  la  fable  n'a,  en  quelque 
pellent  Opis  Tobjel  des  brutales  ten-  sorte,  que  deux  pieds  et  deux  jam- 
iatives  d'Orion,  et  semblent  faire  de  bes ,  car  les  veux  du  géant  et  les 
celte  Opis  une  nymphe  deladéiléchas-  jambes  de  l'éphèbe  ne  comptent  point, 
seresse;  mais  Opis,  nous  le  savons.  Les  deux  personnages  se  réduisent 
est  Diane  même.  Des  traditions  dif-  donc  à  uuseulj  mais  dans  cet  unique 
férentes  font  d'Orion  le  mari  de  Sidé;  personnage  on  distingue  la  lumière 
et  après  la  mort  de  cette  jeune  épouse  d'une  part,  et  de  l'autre  le  mouve- 
que  lui  ravit  le  courroux  de  Junon  ment.  —  Dans  quelques  écrits  on 
(analogue  au  courroux  de  Diane  montre  Orion  violant  Mérope.  Ca 
contre  Tépoux) ,  il  demande  au  roi  de  viol  est  précédé  de  circonstances  allé- 
Chio,  OEnopée  ,  la  main  de  Mérope.  nuantes.  OEnopée  avait  promis  sa  fille 
Le  roi  vigûicole  feint  de  consentir  au  sous  la  condition  qu'Orion  délivrerait 
mariage,  enivre  son  gendre  futur,  lui  Chio  des  monstres  qui  l'infestaient, 
crève  les  veux,  et  le  laisse  ainsi  sur  et  Orion  avait  obéi.  On  le  mun- 
ies rives  de  la  mer.  Que  fait  Orion  ,  tre  aussi  entrant  par  la  fenêtre  dans 
quand  au  bout  de  quelques  heures  il  la  chambre  de  Mérope.  Parfois  c'est 
s'est  débarrassé  de  son  vin?  Il  se  Mérope  qui  résiste  à  Orion,  tandis 
lève,  il  arrive  près  d'une  forge  au  que  le  père  lui  est  favorable.  Parfois 
brasier  e'tincelant,  y  trouve  occupé  k  c'est  tout  le  contraire.  Certains  ray- 
entretenir  le  feu  sacré  un  tendre  ado-  tlioîogues  fout  intervenir  Bacchiis  a  la 
lescent  aux  blonds  cheveux,  le  charge  prière  d'Œnopée:  Bacchus  envoie  les 
sur  ses  vigoureuses  épaules,  et  guidé  Satyres  contre  Orioo,  et  ce  sont  eux 
par  lui  s'avance  vers  la  plage  où  le  qui  l'enivrent  et  lui  crèvent  les  yeux, 
jour  se  lève  ;  k  peine  il  a  posé  les  Au  nom  de  Mérope  quelquefois  on 
pieds  sur  ces  terres  lumineuses,  ses  substitue  celui  de  Héro.  De  même, 
yeux  se  rouvrent,  et  il  court  k  la  au  lieu  de  la  forge  souvent  on  nomme 
vengeance.  Qui  ne  reconnaît  dans  ce  Lemnos.  ÎSous  nous  bornerons  k  re- 
mythe la  disparition  et  la  réapparition  marquer  ici  que  Lemnos  est  une  des 
du  soleil.-*  D'ordinaire  ces  deux  phéno-  forges  par  excellence  du  dieu-feu  de 
mènes  se  réalisent  par  une  mort  et  une  la  Grèce;  quHéro  et  Mérope  sont 
résurrection.  Ici,  par  une  traduction  Hérà  et  Opis  (Junon  et  Diane)  per- 
gracieuse,  on  s'est  contenté  d'appeler  sonniSées  sous  formes  terrestres  et 
cécité  les  ténèbres,  et  rétablissement  inférieures. — Deux  mots  encore  I  i** 
de  l'organe  visuel,  la  lumière.  On  Orion,  après  avoir  recouvré  l'usage 
a  brodé  ce  fond  par  une  fable  sur  delà  lumière,  chercha  partout  Œno- 
l'ivresse.  Qu'importe?  Cette  mer  sur  pée  pour  se  venger  de  sa  perfidie; 
les  bords  de  laquelle  Œuopée  abau-  mais  les  habitants  de  Chio  l'avaient 
donne  l'aveugle  de  fraîche  date,  c'est  si  bien  caché  qu'il  fut  impossible  au 
la  mer  oîi  chaque  soir  se  plonge  le  fin  chasseur  de  le  retrouver.  2°  Orion 
soleil;  la  grève,  c'est  l'horizon  ;  la  n'est  pas  toujours  un  chasseur ,  c'est 
forge, c'estrhémisphèreinférieurdans  un  digne  fils  de  Vulcain  ,  de  Fia  ,  du 
lequel  la  lumière  semble  s'apprêter  k  dieu-feu;  il  bâtit  (k  Neptune  )  un 
reparailre;radolescent,c'est  le  jeune  beau  palais,  et  c'est  k  la  vue  de  ce 
Boleil ,  le  soleil  qui  veut  se  faire  voir  magnifique  édifice  que  l'Aurore  se 
dans  quelques  bçures,  c'est  uu  dédou-  met  k  l'adorer.    ^    On  uc  donae 


222  ORI 

au  bel  Orlou' (l'autre  postérité  que 
des  filles.  Ainsi  à  la  suite  du  soleil 
se  "roupent  les  Héliades.  Une  épidé- 
mie désolait  ïhèbes,  etroracle,  se- 
lon l'usage,  prescrivait,  pour  faire 
cesser  le  fléau  ,  la  mort  de  deux 
vierges  du  saug  des  dieux.  Deux 
Oriouides  s'offrirent.  Elles  furent 
placées  sur  le  bûclier  :  de  leurs  cen- 
dres s'élevèrent  deux  jeunes  gens  que 
Ton  appela  Sléplianotes  ou  Slépha- 
néphores.  C'est  la  fable  du  phénix 
hellénisée  I 

ORIOS  ,  'Ope/o?,  c'est-à-dire 
montagnard  :  i"  Centaure  tué  par 
Hercule,  lorsque  les  Centaures  vou- 
lurent forcer  l'entrée  de  la  grotte  de 
Pbolus;  2°Lapilhe,  fils  de  la  magi- 
cienne Mycale  ,  fut  tué  par  Gynée , 
Centaure,  aux  noces  de  Pirithoiis. 

OUIPPE,  Orippus,  ''QpiTT^rùs,  de 
Megare^  le  premier  des  Grecs  qui 
courut  tout  nu  aux  jeux  Olympiques. 
11  remporta  le  prix,  et  lut  honoré 
après  sa  mort  par  l'érection  d'un 
monument  héroïque.  Ainsi  l'avait  or- 
donné l'oracle  de  Delphes,  au  moins 
selon  l'inscription  aujourd'hui  dépo- 
sée au  musée  des  Antiques.  ISous 
douions  un  peu  qu'il  faille  entendre 
à  la  lettre  ce  qu'où  dit  des  limites  de 
sa  patrie  étendues  par  ses  conquêtes. 
ORISSA,  le  dieu  supièmc  à  Bénin, 
passe  pour  un  esprit  invisible,  créa- 
teur du  ciel  et  de  la  terre,  bon, 
sage,  et  qu'il  est  inutile  dhonorer. 
Le  peuple  croit  aussi  au  diable,  et 
comme  le  diable  est  méchant,  il  l'ac- 
cable de  prières  et  de  sacrifices. 

OIUTHVIE  ,  Orithyia  ,  Opw 
6uicc,  fille  dErechlhée  et  de  Diogé- 
uie ,  jouait  sur  les  bords  de  l'Hisse, 
quand  Borée  l'enleva  ,  et  la  rendit 
mère  de  Calais  et  de  Zélhès.  ISuI 
doute  que  cette  fabl.c  ne  se  rap- 
porte à  des  personnificalijus  soit 
agriculluioles ,  soit  anti-agricuilura- 


ORM 

les  ,   qui  du  reste  n'empêchent  pas 
d'antiques  relations  entre   les  Alti- 
ques  et  la Thrace.  Comp.  ErechthÉe 
et  EuMOLPE.  Mais  s'imaginer  qu'un 
roi  de  Thrace,  du  nom  de  Borée, 
épousa  une  princesse  athénienne  du 
nom  d'Orithyie;  dire  que  cette  prin- 
cesse emportée  d'un  coup  de  vent  se 
noya  dans  l'Hisse  5  enfin  dériver  son 
nom  de  cpcç  et  de  Ka  ,  parce  qu'elle 
sacrifiait    sur  les   montagnes,    c'est 
donner  à  rire.  La  seule  étvmologie 
admissible  est  celle  de  'opoç  qui  met 
le  mont  et  le  vent  en  rapport.  Tisch- 
bein    (frases  peints,  III,    3i)  a 
produit    un    enlèvement    d'Orithyic 
par  Borée.  — Deux  autres  Orithyie 
sont  l'une  une  jSérélde,  l'autre  une 
Amazone  fille  de  Marthésie  et  sœur 
d'Aniiope.  Hercule  s'étant  emparé  de 
celle-ci,   Orithyie  pour  la  venger  de- 
manda des    renforts  a  Sagille,   roi 
Scythe ,  qui  lui  envoya  un   corps  de 
troupes  commandé  par  son  fils  Pana- 
sagore;  tous  ensemble  alors  se  jetè- 
rent dans  l'Attique  ,   mais  la  division 
se  mit  parmi  les  troupes,  et  les  Ama- 
zones succombèrent.  Toutefois   elles 
opérèrent  heureusement  leur  retraite. 
Oriihyie  en  mourant  laissa  le  sceptre 
à  Penthésilée. 

ORME]NE,  Or-mz^\:s,  Ocuivcç  : 
i"  roi  dolope  ,  père  et  prédécesseur 
d'Amyntor  ;  2°  tils  du  roi  de  Thes- 
salie  Cercaphe  5  5°  père  de  Ctésiiis 
et  aïeuldlumée;  4°  et  5°  chefs 
troyens  tués  1  un  par  Polypète ,  l'au- 
tre par  Teucer. 

ORMLZD,  en  zend  Ehoro  Mez- 
DAO,  eu  pehlvi  Hohmisda  ou  Hor- 
mizda-Choda  (Ormuzd  Gott)  d'oiî 
les  Grecs  firent  Oromazde  et  Oro- 
MAZE  [Oromazdus y  Orom-azus , 
'Op'}jUMÇ,e)oçy  'Opofiales) ,  était  cheZ 
les  Perses  le  bon  principe.  11  se 
dessinait  immédiatement  au-dessous 
de  Zcrvane-Akérène,  le  dieu  suprc- 


ORM  ORM                  223 

me,  et  à  la  tête  des  Amcbasfancls  du  point  de  vue  sous  lequel   on  le 
dont  il  faisait  partie.  C'est  lui  qui  par  considère.  Ormuzd  est  dans  tous  les- 
les  ordres  de  réternel  Zervane  créa  mondes  visibles  le  déléo-ué de  Zervaue- 
le  monde  entier  [F'oy.,  à  l'article  Akérèue,  il  émane   de  lui  dans  le 
Ahriman,  les  détails  de  la  création),  temps,  il  est  en  lui  dans  réternité. 
c'est  lui  aussi  qui  est  le  verbe  ou,  De  là  les  deux  qualifications  diverses 
comme  le  disaient  les  Parsis,  Hono-  dont  le   revêtent  successivement  ses 
ver,  l'excellent,  !e  pur,  le  saint  qui  adorateurs.   Pour  \qs  uns,  il  a  corn- 
était  avant  que  le  ciel  fut.  Ce  roi-ver-  raencéj  pour  les  autres,  il  est  éternel, 
be.cet  Ormuzd-Honover,  estenméme  Ce  ne  sont  pas  des   coniradiclinns. 
temps  la  lumière*  ici  se  dévoile  toute  Ormuzd-Honover  existe  d'abord  in- 
la  théologie  parsique.  Les  peuples  de  distinct    et  enfoui  au  sein  de  l'être 
ce  vaste  plateau  qu'occupent  aujour-  irrévelé  ,•  s'en  distingue-t-il,  il  est  sa 
d'Luil  Iran,leKabouî,lesBeloutches,  semence,  il  est  le  fils  de  sa  semence 
étaient  actifs  et  belliqueux.  L'idée  de  il  est  sa  parole,  sa  voix,  sa  raison 
lutte  fut  une  de  leurs  idées  favorites,  son  orani-science,  son  omnipotence 
Autour  d'eux,   a  Touesl  et  au  nord,  sa  volonté,  sa  bonté.  Il   est  le  pre- 
étaient  les  nomades,  hardis  pillards,  mier-né  de   la  création  et  la  créa- 
De  la    opposition  de  l'Iran,    patrie  tion  même.   Il   est  l'image  resplen- 
du  bonheur  et  de  l'ordre,  au  Touran,  dissante   de  TinSui;  il  est  le  corps 
patrie  de  la  misère  et  du  caaos.  Enfia  des  corps  et  l'âme  des  âmes.  Il  est 
l'Iran  au  ciel  d'azur   et  sans  nuages  le  novau   et  la  substance  des  êtres 
voyait   son    soleil    poindre    derrière  le  principe  des  principes,  la  loi  per- 
des   montagnes    inaccessibles-    Des  manente   et    vivante   autour   de   la- 
montagnes     entouraient     la     lisière  quelle   et    en    vertu   de  laquelle   se 
septentrionale    du   pavs.    Dès -lors  produisent    les    êtres    et  les  phéno- 
nord,  nuit  profonde,  ïouran,  désor-  mènes.   Son  nom  rappelle  le  grand 
dre  ,   poison,    massacre,   misère  et  roi,  etrappelîeHaroéri  (vulgairement 
malfaisance  furent    synonymes,    ou  Orus,  Orion,  Oros,  Har-Kéri).  Le 
bien  s'impliquèrent  mutuellement.  Au  Zend-Avesta  lui  donne  les  titres  ma- 
conlraire  sud,  lumière,  jour,  Iran,  gnifiqiies  d'essence  ivre  de  béatitude  , 
santé,  bonheur,  richesse,  gloire  ,  fu-  desouveraineperfeclion,dejUstejuge. 
rent    regardés   comme    ne    formant  C'est  lui  qui  est  l'auteur  de  la  créa- 
qu'uu  seul   et  même   groupe.    Quels  tion  pure,  ciel,  lumière,  feu,  astres, 
lurent  donc  les  traits  fondamentaux  métaux,  espèce  humaine  et  toutes  ses 
de  la  religion  des  Parsis?  i°  Le  dua-  races,  troupeaux,  eau,  arbres,  etc. 
lisme,  2°  la  pbotopyrolàtrie  (adora-  Il  l'alimente  et  la  conserve,  il  donne 
tion    du    feu -lumière  ).  —  Ormuzd-  aux  arbres  leurs  racines,  et  h  tous  les 
lumière  n'en  est  pas  moins  Ormuzd-  êtres  le  feu  qui  les  anime  j  il  veille  sur 
Iran,  la  terre  chérie  de  la  lumière.  Il  le  juste,  il  ouvre  les  voies  de  la  pu- 
est  aussi  Ormuzd-Ardvisour  ou  l'eau  reté  à  celui  qui  a   soif  du  bien  •  il 
primordiale.  Il  a  pour  grand  antago-  aide  l'homme  à  l'heure  de  la  mort, 
niste    Ahriman-  ténèbres  -  Touran-  A  l'instar  des  six  fêtes  qu'il  célébrait 
stérilité.  Ormuzd  est  tour  a  tour  pré-  après  chacun  de  ses  six  travaux  (les 
sente  comme  plus  puissant  que  cet  six  principales  époques  de  la  créa- 
adversaire  redoutable  et  comme  égal  lion  ),  il  institue  les  six  Gahanbars 
à  lui.  Les  deux  solutions  dépendent  ou  fêtes  de  la  création.  Chacune  du- 


22^1 


ORN 


rait  cinq  jours.  A  la  fin  du  monde, 
Ormiizd  ,  pour  achever  la  ruine 
d'Ahriman,  enverra  sur  la  terre  le 
prophète  Sosioch  ,  sauveur  des  âmes 
qui  par  lui  seront  préparées  a  la  ré- 
surrection générale.  11  siège  au  grand 
Ponl-Tchiuévad ,  qui  forme  la  bar- 
rière entre  les  deux  mondes,  et  y 
juge  les  âmes,  cumulant  ainsi  les 
rôles  d'Indra  et  dlama ,  de  Zévs  et 
d'Hadès.  Ormuzd  dans  toutes  ces 
l'onctions  lutte  contre  le  génie  im- 
monde. Créateur,  il  restreint  les 
prétentions  d'Ahriman;  descendu  sur 
la  terre  ,  il  protège  Dchemchid,  Zo- 
roaslre,  Féridoun,  et  se  déclare  con- 
tre leurs  ennemis  :  au  lit  de  mort,  il 
écarte  de  Tagonisant  la  troupe  des 
Devs.  —  Tour  a  tour  on  confond 
Ormuzd  avec  Honorer  et  Tarbre 
Hom  dieu-homme  et  llzed  dv  soleil. 
Mithra  est  son  propre  Ferver,  et  on 
l'en  dislingue.  Ain^i ,  par  exemple, 
on  dit  qu'Ormuzd  triomphe  d'Ahri- 
raan  par  Honover.  —  La  demeure 
d""Orniuzd  s'appelle  Béiiecht,  et  son 
royaume  Gorolman.  C'est  la  plus 
élevée  des  trois  sphères  célestcsj  elle 
est,  disent  les  livres  zends,  bien  par- 
delà  l'Aldbordj.  Le  soleil  roule  bien 
au-dessous  de  son  trône,  et  semble 
pendre  au-dessous  de  ce  dôme  ma- 
gnifique qu'illumine  la  présence  d'Or- 
muzd  ,  comme  un  riche  diamant  à 
l'extrémité  d'une  chaîne  précieuse. 
Du  reste,  on  invoquait  Ormuzd  avant 
le  soleil.  Sous  le  nom  de  juste  juge, 
il  préside  au  i*"  ,  au  8,  au  i  5,  an 
23  du  mois.  Des  quatre  oiseaux  cé- 
lèbres dans  la  myliiologie  parsique , 
Houfrachraodad  est  pi obnblement  ce- 
lui qui  représente  Ormu/.d. 

ORÎSEE.  Ornea,  Opja.  nvm- 
phe  qui  donna  so»  nom  a  la  ville 
d'Ornée,  n'élait  sans  doute  qu'un  dé- 
doublement téniinin  de  Pnape  (pii 
portail  le  uyui  d  Ornéos,  cl  eu  l  hoU' 


ORP 

neur  de  qui  on  célébrait  à  Ornée  ,  et 
surtout  à  Colophon,  des  fêtes  dites 
Ornées.  11  est  à  noter  que  les  vierges 
étaient  exclues  de  ces  fêtes,  qui  se  dis- 
tinguaient par  une  grande  affluence 
de  spectateurs. — Trois  Orm;e,  Or- 
jieus,  étaient  i°  un  Geutaurej  2"  un 
Lapithe  qui  fut  contraint  aux  noces 
de  Pirithoiis  de  prendre  la  fuile  j  5* 
un  fils  d'Erechthée,  père  de  Ménes- 
thée,  donné  aussi  comme  fondateur  de 
la  ville  argolique  d'Ornée. 

ORÎNITHE,  0RMTHus,'Of!v<^«f, 
conduisit,  avec  loxe  le  Méianippide, 
une  colonie  en  Carie. 

0R]MTHI0?sVop>'^''«»7  ^lail  fils 
de  Sisyphe  el  de  Glaucns. 

ORO ,  le  dieu  suprême  deTaïti. 

OROBANTE  ,  'OpôZoLs,  vieux 
barde  grec  antérieur  a  Homère.  Le 
mot  indique  un  chantre  montagnard. 

ORODE  ,  Orodes  ,  compagnon 
d'Enée,  fut  tué  par  Mézence  à  qui 
il  avait  prédit  sa  mort  prochaine. 

OROMASE.  Foy.  Ormuzd. 

OROMÉDO>',  'Opo^éc^c^v,  géant 
écrasé  sous  le  poids  de  1  ile  de  Cos  , 
lors  de  l'entreprise  de  ses  frères  con- 
tre les  habitants  de  l'Olympe. 

OROISERTOLR,  premier  fils  de 
Zoroastre  et  de  sa  seconde  femme , 
fut  le  pontife  de  Yardjengerd  et  le 
vivant  modèle  de  la  caste  des  agri- 
culteurs. 

ORO]NTE ,  Oro>tes,  'Opotrtsç: 
1°  chef  trOjOn,  périt  dans  le  nau- 
frage de  sept  vaisseaux  d'Euée  sur 
la  côte  d'Afrique  5  2°  géant  des  an- 
ciensàges,dont  on  trouva  le  tombeau, 
long  d'au  moins  ouzr  coudées,  dans  le 
lit  de  POronte  eu  Syrie,  un  jour  que 
Ton  détournait  ses  eaux  pour  travail- 
ler a  le  rendre  navigable. 

OROPE,  Orofus,  'iîfieTs-os^  fils 
de  Macedo  el   pclil-fils  de  Lvcaon. 

ORPHEE,  Orpueus,  'OsÇivsf 
le  civiliutcur  ^aieiduiitldt;  UThuce) 


ORP  ORP                  225 

selon  la  mythologie  vulgaire,  naquit  ^\x  bois  sacré,  réceptacle  mystérieux 
dans  celte  contrée,  à  peu  de  distance  de  la  toison.  7°  Il  endormit  le  dragon 
de  rOlympe  qui  alors  v  était  compris,  ignivome.  8''  Dans  la  mer  Ionienne , 
^t  eut  pour  père  Apollon  ou  bien  le  hérissée  de  brisants  harmonieux,  il 
roi  OEagre,  pour  mère  la  Muse  Cal-  captiva  si  exclusivement  par  ses  chants 
liope.  P