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Full text of "Nouvelle géographie universelle [microforme] : la terre et les hommes"

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#. 


IMAGE  EVALUATION 
TEST  TARGET  (MT-3) 


V 


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1.0 


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2.5 


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1.8 


1.25 

1.4 

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6"     — 

► 

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Photographie 

Sdenœs 

Corporation 


23  WEST  MAIN  STREET 

VEBSTER,  N.Y.  14580 

(716)  873-4503 


^ 


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6^ 


db 


CIHM/ICMH 

Microfiche 

Séries. 


CIHM/ICMH 
Collection  de 
microfiches. 


Canadian  Institute  for  Historical  Microreproductions  /  Institut  canadien  de  microreproductions  historiques 


Technical  and  Bibliographie  iMotet/Notes  techniques  et  bibliographiques 


The  Institute  has  attempted  to  obtain  the  best 
original  copy  available  for  fllming.  Features  of  this 
copy  vvhich  may  be  bibliographically  unique, 
which  may  alter  any  of  the  images  in  the 
reproduction,  or  which  may  significantly  change 
the  usual  method  of  filming.  are  checked  below. 


D 


D 


v/ 


D 
D 
D 


D 


D 


Coloured  covers/ 
Couverture  de  couleur 


I      I    Covers  damaged/ 


Couverture  endommagée 


Covers  restored  and/or  laminated/ 
Couverture  restaurée  et/ou  pelliculée 


I      I    Cover  title  missing/ 


Le  titre  de  couverture  manque 

Coloured  maps/ 

Cartes  géographiques  en  couleur 


0    Coloured  ink  (i.e.  other  than  blue  or  black)/ 
Encre  de  couleur  (i.e.  autre  que  bleue  ou  noire) 


Coloured  plates  and/or  illustrations/ 
Planches  et/ou  illustrations  en  couleur 


Bound  with  other  matériel/ 
Relié  avec  d'autres  documents 

Tight  binding  may  cause  shadows  or  distortion 
along  interior  margin/ 

La  reliure  serrée  peut  causer  de  l'ombre  ou  de  la 
distortion  le  long  de  la  marge  intérieure 

Blank  leaves  added  during  restoration  may 
appear  within  the  text.  Whenever  possible,  thèse 
hâve  been  omitted  from  filming/ 
Il  se  peut  que  certaines  pages  blanches  ajoutées 
lors  d'une  restauration  apparaissent  dans  le  texte, 
mais,  lorsque  cela  était  possible,  ces  pages  n'ont 
pas  été  filmées. 

Additional  commenta:/ 
Commentaires  supplémentaires: 


L'Institut  a  microfilmé  le  meilleur  exemplaire 
qu'il  lui  a  été  possible  de  se  procurer.  Les  détails 
de  cet  exemplaire  qui  sont  peut-être  uniques  du 
point  de  vue  bibliographique,  qui  peuvent  modifier 
une  image  reproduite,  ou  qui  peuvent  exiger  une 
modification  dans  la  méthode  normale  de  filmage 
sont  indiqués  ci-dessous. 


I      I   Coloured  |.ages/ 


J 


k/ 


n 


This  item  is  filmed  at  the  réduction  ratio  checked  below/ 

Ce  document  est  filmé  au  taux  de  réduction  indiqué  ci-dessous. 


Pages  de  couleur 

Pages  damaged/ 
Pages  endomma  "jées 

Pages  restored  and/oi 

Pages  restaurées  et/ou  pelliculées 


I      I   Pages  damaged/ 

I      I    Pages  restored  and/or  laminated/ 


Pages  discoloured.  stained  or  foxed/ 
Pages  décolorées,  tachetées  ou  piquées 


□    Pages  detached/ 
Pages  détachées 


Showthrough/ 
Transparence 


I      I    Quality  of  print  varies/ 


Qualité  inégale  de  l'impression 

Includes  supplementary  material/ 
Comprend  du  matériel  supplémentaire 


Only  édition  available/ 
Seule  édition  disponible 

Pages  wholly  or  partially  obscured  by  errata 
slips,  tissues,  etc..  hâve  been  refilmed  to 
ensure  the  best  possible  image/ 
Les  pages  totalement  ou  partiellement 
obscurcies  par  un  feuillet  d'errata,  une  pelure, 
etc..  ont  été  filmées  à  nouveau  de  façon  à 
obtenir  la  meilleure  image  possible. 


d 
e 
b 
ri 
ri 
n 


10X 

14X 

18X 

22X 

26X 

30X 

V 

12X 

16X 

20X 

24X 

28X 

32X 

The  copy  filmed  hère  has  been  reproduced  thanks 
to  the  generotity  of  : 

National  Library  of  Canada 


L'exemplaire  filmé  fut  reproduit  grftce  à  la 
générosité  de: 

Bibliothèque  nationale  du  Canada 


The  images  appearing  hère  are  the  beat  quality 
possible  considering  the  condition  and  legibility 
of  the  original  copy  and  in  Iceeping  with  the 
filming  contract  spécifications. 


Original  copies  in  printed  paper  covers  are  filmed 
beginning  with  the  front  cover  and  ending  on 
the  last  page  with  a  printed  or  illustrated  impres- 
sion, or  the  back  cover  when  appropriate.  AH 
othar  original  copies  are  filmed  beginning  on  the 
first  page  with  a  printed  or  illustrated  impres- 
sion, and  ending  on  the  last  page  with  a  printed 
or  illustrated  impression. 


The  last  recorded  frame  on  each  microfiche 
shall  contain  the  symbol  ^^(meaning  "CON- 
TINUED").  or  the  symbol  V  (meaning  "END"), 
whichever  applies. 

Maps,  plates,  charts,  etc..  may  be  filmed  at 
différent  réduction  ratios.  Those  too  large  to  be 
entirely  included  in  one  exposure  are  filmed 
beginning  in  the  upper  left  hand  corner,  left  to 
right  and  top  to  bottom.  as  many  frames  as 
required.  The  following  diagrams  illustrate  the 
method: 


Les  images  suivantes  ont  été  reproduites  avec  le 
plus  grand  soin,  compte  tenu  de  la  condition  et 
de  la  netteté  de  l'exemplaire  filmé,  et  en 
conformité  avec  les  conditions  du  contrat  de 
filmage. 

Les  exemplaires  originaux  dont  la  couverture  en 
papier  est  imprimée  sont  filmés  en  commençant 
par  le  premier  plat  et  en  terminant  soit  par  la 
dernière  page  qui  comporte  une  empreinte 
d'impression  ou  d'illustration,  soit  par  le  second 
plat,  selon  le  cas.  Tous  les  autres  exemplaires 
originaux  sont  filmés  en  commençant  par  la 
première  page  qui  comporte  une  empreinte 
d'impression  ou  d'illustration  et  en  terminant  par 
la  dernière  page  qui  comporte  une  telle 
empreinte. 

Un  des  symboles  suivants  apparaîtia  sur  la 
dernière  image  de  chaque  microfiche,  selon  le 
cas:  le  symbole  — ►  signifie  "A  SUIVRE",  le 
symbole  V  signifie  "FIN". 

Les  cartes,  planches,  tableaux,  etc..  peuvent  être 
filmés  à  des  taux  de  réduction  différents. 
Lorsque  le  document  est  trop  grand  pour  être 
reproduit  en  un  seul  cliché,  il  est  filmé  à  partir 
de  l'angle  supérieur  gauche,  de  gauche  è  droite, 
et  de  haut  en  bas,  en  prenant  le  nombre 
d'images  nécessaire.  Les  diagrammes  suivants 
illustrent  la  méthode. 


1 

2 

3 

1 

2 

3 

4 

5 

6 

f 


Nul VKLLK 


GKOGhAIMlIE 


imvi:rsi:lle 


EN    VENTE    A    LA    MÊME    LIBRAIRIE 


.N (M  V  i: 1. 1. 1.  r.  ij M.  i{  \  ni  1 1:  i  m  \  i: n s  i: 1. 1. 1: 


<;i-:o<ii«Ai»i III'    i>i:    i.i:iii<>i»i: 

Compleir   en  S  «olboi*» 

^i.0HOfi.    MLHiOiONALE. 
icRirr.  iiigitr.  koimihie.  skkiii!,  iiâiic.  csncat  et  roiiTib\L> 
Tu   Tiiliini'-   iii-S  jr>iis  oiotrnaol    i  tartr*  <•»  nmii-ur.    171   rarlr»   in»«-rt^-<  <ljii«   !■•   u-wr 

l'I    "   «U«"»  ri    l»J«*»  !flt^<n    Mil    Uil> 

u      .         LA    FRANCE 

In  Tiilunii'  iii-*i  jt^ii'i  nxilrnaiil  une  ^rvKle  Mrtr  <!<•  U  Krjiir.-.  10  c«lc-  <-n  i.MiliMir 
^i  rarle*  invrt<f>  <1jii>  U-  \e\w  rt  ri*.l  \ar-  ol  t«|M>«  ;niti-«  >ur  laiK 

!  'M'  L  tUROPE    CENTRALE 

"ll^NF.     «l>lr.iKN<iV.r.lE.    »LLt.l*&.U 

Tu  toliiiiu*  in-J*  j«-n>  oHiIrnant   lU  rartes  ro  rnuU?ar.  ÏIO  ..«ti.-»  <liiit   !■■  l.\lt 
TS  \ii.-»  «•!  tT|K<«  prai    .  ••ir  l»>i« 

L  EUROPE   OU    NORD   OUEST 

BMt.lutl'     llUtXtMtF.    II»~    BKITtNMVt'CM 
I  II  voliiin<-  in-M  jr^u»  imilnuiit  7  rarUf^  «mi  i-iniicur.  ÏIU  laiit^  <Uii*  \f  tr\l>- 

fl    S|    \i|t-«    ri    t\jN'*    i-i-îw*    *tir     l»*l» 

L  tUROPE    SCANDINAVE    ET    RUSSE 

In  \i>luni<-   iii-S  j^Mi»    molviiant    '.t  i-art<^    <'u    ixml^ur.   ÏÏOO  .arl«-«  lUn»  !<■  l.-ili- 
il  711  Mil'»  il  l«(><->  grm->  >ur   I»m» 

ci^^ooi«Ai^iiii:    i>i:    I.VSII-: 

!    Mr    \,       LASIE    RUSSE 

In    \oliiiiK-    lu-JI  j«u<  ranlruaiit   !<    rartc*   i>n  imilfur.   Mci   rarli-    ilin»    !.•   le\\r 
1*1  K*.)  tu-**  ft  t\(j*»*  rra%f*  »iir  («m* 

L  V-     VII       L  ASIE    ORIENTALE 

l'n  \  •liiine  iii-X  j^ii»  eonU-naot  7  rart«-«  en  n>ul<ur  tirets  a  (aii.  ÎOO  <»rir*  iUn«  !.•  l.-iii- 
i"t  SO  NU"  il  tïp<*«  ;rji>-»  uir  I«ji» 

rrix   4»   chaise   «alSB*   brock*       SO   fr       relié       97   fr. 


2âK71    —  Imprtmriif*  A    l^bun*.  tue  ilv  IWuru».  9.  â  Pan«. 


Noi  vi:lm: 


<;i:(M;it  vimiii 


l  M\  KUSKLLi: 


LA  I  i.r.  i;  i:  1:1   li:s  iiommls 


ELISEE    RECLUS 


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i.imh:  1:1  l'IMmi-ciiim: 


>   w^IKlti^l 


t    CAKTBft   es    COVLKO      TIMCCS     *     rART,     303     0ARTB8    DAB9    LB     TEXTB 


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I  Ilîfî  \  !f!  !  I     II  \i  K  1;  III,    K  r    C" 

■rS.    «olUXtl.li    >AI.M-l.KRVAI>.    7y 

I8sr. 

ir  li>iliwli»l>  r{  ik'  ii'|.roillKli.ili  i-r-iTVl's 


\0|l\  lll.l.l 


(.l'iir.iiAiMiii:  (MVi:itsi:Lij: 


i.ivin:  viii 


L'LNDi:  i;t  l  im)o-ciiim: 


ciim'Hhi:  it.kmilk 


VUE    0  ENSEMBLE 


c  Inilr  •  (vl  lin  ili-  «<■-  inuu-  ijui  l'ul  eu  le  |i|ii>  tr;iC('f|»lioii-  ilillr- 
ri'iili'-»  ih'ihI.iiiI  II  f.Hir^  ili-.  -i.mIc-.  \|t|'liijiu'  il'.ilMtrtl  ;i  l;i  ii-ui'Hi  tjiir  !«• 
SiinlIiiMi.    rimlii^  il'-   Mtci(|i'iiliiii\.    pinniurl   ;i  l.i    -i>rli.'  il.-   -c^  «[«•lil»-  ilr 

inmililUIK--.     il     lui    fliMilll     -IHir^Ni\,'||(i'lll     .1    ImIII.v     I,-    (Ullllfi  -    >>l  li'lllilll><> 

iiiic  \i^il«'H'nl  le-  .iin  n-  l'ii  ijuiil  i!^  i-iilciHliiciil  |>;irlrr.  !.<•  h;i*>»in  ihi 
(liiiiijf  \iiil  ^'.ijiiiili'i-  .1  "'lui  ilii  SiudlhMi  (Diiiiiic  [liiilif  <lc-«  Imlfv;  j.i  |u'iiiii- 
^iilftlii  m-kk.iii.  |tiii-  If-  Ifiit'^  .•nciil;il(-<  «-ilun--  iiii  iitl;i  du  Ciiiiii:»'  i«-«  ukiiI 
(•i::ili>uicul  «fllr  ,i|i|i.ll.tlitiii  «.'l'Ui'ialf.  I.i'»  ilc-  |i;irM'iln''i'»  iiu  -iiii-t'^l  du 
ntlllilliMlt  d' \-|i'  l'uiilll  .111--I  (  iiii-uJcK'iN  riiiiilllr  ;i|i|i;ll  trlMUt  .1  i.l  lV*î:i»>ll 
indiiMiiu*.  df  iiuiiii'  <|Ui'  loii-  II-  ai(lii|M-l-«  jniiil.iin-  di-  l.i  M;dai-i<".  i>ii  li-^ 
Alain'-  d«'\aiirôiciil  1'-  Kmit|i«'<'ii-  dan-  leur-  i'\|t«'dilion><  de  »tiiuui«'iri'. 
i.\u/  It-  aiilfui-  du  iiioNt'ii  àji-,  riiidi'  .iiMiiMcnail  au— i  1"  Vral>ii'  ft 
rKlIiiopn- :dans  It'Ui  iinaiiiualiitu  t'Ilu- fmjira'.^iiinitu-  li'»  «  |>a\-  du  Soleil  •. 
i.',.>|-ii-diio  los  roiilnr- df  lOiifiil  it   ilu  MhIi  ioulia>laiil   par  Itiii-  \>i  *- 

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tliirliiiiis  cl  Iciii  ilmi.il  ,i\i(  11-  iv-hiii- 1|.'  Il  /niic  ii'i:i|HTt'.''.  I  iiliii.  Im|s. 
i|iii'  (  In  i-iii|tlh'  t.iiliMiili  iiiii;l.i  \iis  lu.  I  iilt'iit  |ttiiii  .illi  r  ivlmiivii  riNln'-iiU' 
\vir  ,\r  i'.iiilri'  ti'ili-  <lr  \,\  |«l;iiii'li'.  le»  ilt>.  il  If-  I  n.ii:»-  I  .•nliiiiiil.iin  iIimimi- 
\fi  U  (lim- !<•  Nt>ii\iMii  Moiiil.'  Iiihiil  iiiiliiirlIriiliMil  ilt-i::ii<'-  |i.ii  li'  ii.i\i;:;i- 
liiif  viiii>  II'  iiMiii  lie-  (.'lie-  iiii\i|iiflli"-  il  rmv.Ml  .i\mii  .iIhiuIc.  I  r-  iinii- 
N.'llr-  ..  Ilhli-  ».  r"cNl-;'i-tlilt'  I--  Anllllr^cl  l.i  (.ni.'  Irlliir.  nul  -.iiilr  r.i|i- 
|M'H.iliiiii  i|iii'  leur  «liiiin.i  '  iil.iiiili  ;  ilii  iiiniii-  le-  i||siiii;jiii'-l-c'n  iii.iinliii.iiil 
lie-  linl.-  (  h  i.'iil.ii.-  CM  li's  i|ImIiIi.uii  il'  ■■  I  tcculciil.ilc-.  o.  Luidi-  i|iic.  |mi 
une  i|c|i|mi  ,i|i|c  ciiiilii-inii  u«''>::iM|'îii'|Mi'.  Ir-  iiilui-  .ilmi  i-imh-  'le  I  \mi'- 
I  iiiiii'  .mil  ttinj'iiir-  ilf-iLiiit'cs  |i;ir  |i  iiniti  il'  •■  linlirii-  ».  .i|t|t.illi'liiiiil 
Itirii  |ililliil  .ill\  li.ihil.ilil-  <li'  l.i  |>ciiill-ulr  (  i-;:,ili:;i'lii|iii'.  I,'t\|i|i"»^iiill  urn- 
L;i;i|iliii|iii'  "  liiilr-  »  .1  |>ii-  lin  iintiii-  iiiic  icil.iiiir  |iiim  i-iiiii  :  i.  i»  -i  elle 
-'■i|i|i|ii|iii-  thiii-  lin  -fil-  i''lriiil  ;iii\  tl>'ii\  |itf-i|n'ili'-  niifiit.ili-  ilii  -mi  ilf 
r\-if.fllf  nini|Tfnil  .III--I.  ilin-  un  -en-  |iIm-  jfiifi.tl.  If-  ,iiclii|ifl-  i|iii 
-'flfinIcMi  .111  -iiil-f-i  \fi-  r  \ii-lr:ilif .  iiilif  l.i  nifi  ilii  l.i|iiMi  il  MiiiMii 
liiilicn  .  ^1  If  ii'f-l  il. m-  If-  I  iin-iilf  i.iliitn-  Lifnfi.ilf-  ilf  ;;fii;;i'.i|iliif  fnni- 
|i.ii-ff.  if  Xflnnii-  iif  li,iilfi;i  i|iif  ilf  riiiilf  fiinliiif nl.ilf  il  ilf-  ilf-  <|iii 
fil  -mil  l.i  i|f|ifiiil.iiiff  iiiinifili.ilf . 

\  liifii  ilf-  l'j.iiil-.  If~  Imlf-  lliifiil.ilf-  -"Ml  If-  fitiili'i'f-  iHi  If-  -pi'f- 
tiiflt'-  ilf  II  ii.iliicf  mil  If  l'Iii-  ilf  ^iMMilfiii .  i.f-l  ,111  iimil  i|f-  |il.iiiif- ilii 
(liiiiiif  fl  ilf  riiiiiii-  ijiif  -f  iirf--fni  If-  |i|ii-  li;iiilf-  iiii'nl.i:;iif-  tlf  l.i  |il.i- 
iiflf.  fl  iiiillf  j>.ii  I  mi  Mf  \ml  -f  iMiilmiufi'  -ni  ilf  |i|ii-  \ii-lf-  flfiiiliif-  If 
luiilra-lf  ilf-  l'ii  -  f'iiiiil.inl-  lif  iifi^f  .i\ff  ruinrmiiif  nifi  ilf  xciilnif 
siiu-  l.i(|iiflli  ili-|i,ii;ii— f  iil  II-  ifiillfiiifiil-  iiilfiif  III -.  \ii  ilfl.i  lin  \fi- 
-:imI  -f|ilf  Mil  H'II.iI  ilf  II  fii'lf.  (If-  -iililiiilf-  -.111-  f.iii  fl  -,iii-  \f:;fl,iiiiui 
-f  -iiiifilf  Ml  -MI  If  iii.i--ii' ilf-  |i|;ilf.in\  lilifliiiii-,  -.111.  fil  i|Mflt|iif-  I1P--1- 
|Miilmiilf-  m"i  fiiiiliMl  If-  Imifiii-.  >iii  -r  -mil  .ihiilf-  If-  .nhif-  fl  lf- 
limiiiiif-:  -III  If  \fi-;iiil  iiifi  hlimiiil  ;iii  1  niiliMiif ,  l.i  Ifiic  -';iH.ii--f  p. 11 
f  l.i;jf-  |ii-i|n  .iii\  (ihiiiif-  If-  inif  ii\  iii  1  n-ff-.  |f-  plu-  Ifi  mnlf-  lii  my;iiii-inf- 
\i\,inl-.  Ii.in-  rf(i.ii— fiir  de  h  i-fuimi  iiimil.i:;iifu-f .  ilf-  \iillffx  fmmiif 
1  f llf-  i|f  Kinliiiiii  -'miMf Ml  fiMiii|iif-  iiiiiiifii-f-.  m'i  l'iiiL-iLiiiiiiliun  |iii|mi- 
laiif  a  Ml  ilf-  |i.iiaili-  lialult-  |i.ii-  riiimianilf  |ifiji|,iMl  -mi  ."iLif  (l'm.  l'I 
i|iil  -mil  fil  fllfl  (If-  if;ji(iii-  |ii'f-(|iif  -:ni-  cLalc-  iimir  la  -aliilirilf  du 
cliiiial.  1.1  Ifilililf  dii  -iil.  If  rL.iinif  ft  l.i  iii.il'IiiIh  fin c  df-  |ia\-aL:fs 
l'cllflf-  d.iii-  If-  lac-  fl  If-  caiix  c(iiiiMiilf-.  I'im  l.il  dn  (ici  (|iii  -airmidil 
aii-df— n-    de    r.i!ii|diillii'Mlif    de-    iifi::f-.    \     {'.nilic  f\trfiiiili'   de-   Indo 


'  riii     l,«-~iii,   lnili.\Jii     \llfilhi4iii\k(inili  . 

*    L.dl  Itlllrl  .     \»ll'l.   -      \llle<l   li     \\.(ll.lii,    //((     Mdiait  Alilll/li  lllit<j. 


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<  >lii'illlll<'s,    tliiiiv    le-  .il(  lii|ii|-    i|iil    -(■     I  ,ill;i(  lirlil  ,"i    iV-li'.  Ii   |iiil-»:ill(  r  (|l•^ 

liilii'»  riiMlricrx  se  iiiiilllli'-lc  |i.ii  ilr-  |>lii'llii||iriics  dillfi  l'iiN.  |,;i  h  -  n' aiiilrs 

llliMil;iyiii'>.   III'  |iriiclli'lll    jHiillI  ililll-  lr^   r>|i,Mcs  siijii'ilriii  -   ilc  l'.il  li|ii^|i||('l  r 

un     rilllllinillc    htllllir    lull|ii||r-    .1   I  rl.il   ili'  ('il^l.lllV    llrl::i'l|\,   III, l|«  cllfo   -'|'-|>!>- 

M'Ill    siil    ili'^    liiM'I'N  i|r    l.iVr    liill|iilir^   lHi|||lln||||;illlr  i{l||    ^i'    |i|  ii|ii||;:i'||l    ;'|  )|t"> 

lllillit'l>  lie  klIlMIIt'Il'i'x  :  il. MIS  aïK  llllr  i'hmIii'i'  Ii-  ni||i'>-    \  ii|(  ,illli|l|i'^,  l'IlloUI'i-^ 

ili'  Iriii^  /itwr-  ili'  vrltllllc,  lir  ^c  sin  rnli-ill  .l'.ri    iiilhilll  Jf  I  r:;iiliil  Itr  »iir  lis 

llssiiji's  lin    siil.  |,:'|  (If^  llM's  ijliii's  iiii  iir  i.'1'IIIH'  |i;i^   Ullr  [ilillllr.   ilrs   |i,i|i|m's 

(if   liiillr,  i|r-~     IJiMiiTli"-    iliill    l.l    \.i|ii  III    ^  rr||;i|i|ii-    m  ul  <i||i|,i||l .    ili's  i  iiiitirs 

iiMifIs  i'in|ili-  iriiii    .111   iiii's|iiiali|r.  1  iiiiliii-lciil  ii\n   ili's  juii  u  i!i.  la  m'-c- 

lillimi   hl    |illl-   |illlssalll(',   m'i     les  .iili|r>    l'illlrlllrlriil     lillls    Imiirs    l'I    li'lll's 

l.iliHMiiv.  ilt'-liiinlaiil    iliiih'  '-('M-  i|iii    ^1'   1  li.iii^c  rii   L'iiiiiilK'^,  rii    ai'iilliali-s, 

•  ■Il    |>nisiiii^.    Il    lui  un    liMii|i>-  ou    II"-  |i|ii'iiiiiiifiii-s    Mil*  aiiii|iirs  .inaluL'iirs  à 

ii'll\  ilrs  iirs  (If  |;i  Nuinlc  mi  un  iiii'  sii|ii'ili'ill  s  rii    Moirin  r  ^"aiiii||l|>lissaic|il 

ilaiis  riinli'  |)|u|iii'iiii'iil  ililr.  hi-s  amas  ,\f  iasrs    i'r|iiiliiliir^   ^iir  1rs  |i|:iliMll\ 

ilii    Hrkkaii   ir-iiiiii;;iii'iil   ilc    la    |)| iiilii;ii'ii^i-  ariMli-  i|ii'a\airiil   ailll'i'l'iiis  1rs 

liiM'i  s  siiiiiii  r.iiM>  ilr  la  l'i-iiiiisiili' ;  mais  .irliicllcniiiil  Ir  soi  des  linlcs  nui. 

lilinilalrs   ('«.j   en    ii'|mi>  cl    ii'is|  m||,'.||.   amh'  i|iii'    irnscillaliniis   s(''(  iilaiii-s, 

sflllMaliIrs    ,'(    icllr-  ili'  |iirs(jiii'    loiiv    |,.-.  ii\ai;i's   îles  cniiliiiriil»..    |(aiis    les 

iilaiiii's  ilii  Kniikaii.a  l'i'sl  ilc    |!n|iil>a\.  mi  mi'i.iiI    riirmi'  i|iii'li|iirs  ImiihIics 

il  r'lll|lliil||  '  ;    mais  -Ml    li'v   Irlli's    ilii     llckk.lll    il    llrM-lc    i|||'|int>    -clllf  i'ii|||>r 

riali'l  lliiril!",    ri'lli    i|H  rlll|illl    à   ilrllll    Ir    Lu     ilr    l.iHiliai'  ri    i>ù    l'iUi   iir  \iiil 

liair  ir.iliriiiii'   i'lil|itin||  ilr    la\i'.   I.i   sciilr   i'\|i|n-|iiii    \ii|raiili|iif   l  l'-ii'iili',  »i 

rllr  ,1  M'aiiiii'ill  ru    lirii,  -r  srrail   |iriii|iii  Ir  rii   iiirl'.  ,j   illir  i|illll/.aill(' tir  kilii- 

liirln-s  au   laii:rilr  l'uinlitlirii  v .   Ilaiis   la    |ii'iiiiisiili'   I  i':iiis^aM;:(''lii|iir  mi   a 

iTconiiii,  il  rs|   \r.ii,  ili-s  (•("itii's  ilr  l.m-    à    liuiirlii'    ii-LiiiliriT.  Mulaiiiiiiriil  Ir 

l'a|i|ia-|iMiii;:.   riiln-    \ri'akaii  ri  l'aLiaii.   -m  Tli  laniiaiiili.  mais    ers  Mijraiis 

siiiil  l'Iiiiils  i|i<|iiiis  ri'|iiiini('  miiicriir.  les  •.cuirs  i-i  ii|iliiiiis  que  cacimlc  l'Iiis- 

liiiic  siiiil  ci'llo  (les  ijiimliii'iiv  volcans  ili    Imhic  i|iii  -clcvcnl  dans  le-  ilcs  de 

Kailiri.  de 'icliediiuli.i,   el  sur  le   ciilllllieiil   MUsiil,  de  |)|il  latoilU  .'IIIX  Imnclics 

de   riiraiMiadi'.  (.hieli|iies    iluls  sihies   à    rniieiil   des    \iidaiiiaii  el  i|iie  l'un 

|»eiil    ciilisideler  (•(imiiie  le  snnimel  d'iiiie  cliailie  sniis-maiiiie   |i.ir.illcle  à  ce 

L:i'iiii|ie,  Italien    |s|;ind    el    Naicandam.  MHiiissinl    de    lcm|is  eu   leinps  des 

cendre-  el   des    |a\es. 

Siiiis  le  clinial   des  Inde-,  les   |i|it''iiiimèiies  almiis|dierii|iies  uni  |i!iis  de 
viidenee  )|irailleiiis.  Des  liDids  |ilaleaii\  du  liliel  au\  lirùlaiils  rivai:es  i|i>< 


«   (  l.iik.  Urntrih  nf  llir  C.oliKiinil  Siinrii  „f  liiilid.   m.I    Mil.  |i;irl.   I.   \SS*i. 
'   |tiii>l,    \  (>liaiior\    III     IikIiii.    Jiiuniiil  nf  llif  iiriiiinijihiinl  Smiity  m    Hoiiihim,   Vul.    \; 
It.   SliWvl,  IWmiU  of  tbi-  (ifiiloiiiiiil  Siirvij  nllniliii.   v..|.  \l.    |,S7S. 


4  MllVH  I  t     ni  111.11  U'IIIK    l  MM  lt'>H  I  ^• 

|ii'l|il'-<i!l"  •  •'  'l'"-  l>"lil>  i!r  l'iMiMll  (ïv-  lllilr»  .1  r.'iiN  tic  l.i  MUT  tir  (llillf.  If» 
l'iMll»  ilf  lctll|MM;illin-.  If*  illHfl'flH'f-  triilimulllf.  ilf  l'if^^iitM  ifl  Ifiiilf.  ilf 
If  ll»in||  fliill|i|(H'  -11111   |i,ll  li'l-   --l  I  Ollsltlfllllilfs.  ijllf  II    I  ll.lllt.'f  lllf  iii    (vyiilif  I 

ilf-  \fiil-  n'f-l  |i.i-  -iirii«-;iiii  |>t'iii  ifl.ililii  rfi|iiililiiv  ;  ilf-  niir.fjjiii-  fihilfiil. 
iMii  iiiiiiii^  loi  iMiil.ililf-  i|iif  ffii\  lit-,  \iililli-  il  ili-  N|;i-i  .iifii;iif>.  iiiiii-  l'Iii» 
li'iiililf-  il. m-  Ifiii-  illfl-.  c.ir  lU  |iiisM'iil  -m  ili>  ifjnm-  |ilic«  m  lif  -  fl 
plu-  |tii|iiilfii-f- ;  -iiiiMiil  If  sillii;;f  il'iin  iiiir.iyaii  ili-  Imlf-  lut  m.iii|iif  |t.ii 
If-  luirif-  ilf  I  lit-  iMi  ili-  |iii|iul,ilinii-  fiilii'if-  l'f^l.iitiii  fii-f\flif-.  t.hitiiijUf 
li.iiuiiff  |i.ii  l'OitMii.  I.i  |ifiiiii-iilf  (Il  iiilfiil.ilf  lif-  liiilf-  il  |nMiil;iiil  -f- 
ilf-fil-,  III. Il-  l'f-l  -m  If-  l'fiili-  (If  -f-  iiiiiiila;:iif-  i|iif  -'.ili.iltf ni  If- 
.ixfi'M'-   ifi  |i|ii-  .iliitiiilaiili-    iiif-iirff-  |iiM|ir.i  t  f  jiHii     :    il. m-   Ifl  ili-li  n  I 

ilf  rillllilnll-l.ill.  il  |ilflll  ni  llhiM'Illlf  \\\\li\  Ut\>  l'Ill-  ijllf  -III'  llllf  lllflllf 
Mljtfrlil'lf  llf  rilllllinlf  II. llllf.  I.r-  I  IVII'lf-  mil  llllr  lll.l— f  l|t|ll|llf  (l|l»|llll- 
lliilllH'i';     i|lln|i|l|i'    i|i'     lilllilr     Imii^llf III      li'l.lIlM'     fl    illlll     rlmil     |i.l>-ltl.    llf- 

fiiiii-  iliMii  l'iiiiiiiif  !>'  l'ii  .iliiii  i|iiiiili  .1  |irfiiiifiil  i.iiiu  |i.iiiiii  If-  llfiiVfN  Ir- 
|ilii-  |iin— .ml-  ilf  l.i  II  Ml',  fl  [Ml  rfiiiiiiiif  t|iiiiiililr  ilf  It'iii-  .illiiMiiii 
1  uiili'ilnif ni  il  tli.iiiLjir  i.i|inlfiiii  ni  If  li.in'  tli-  ri\.iu:f-;  Imii  'in  lU  »<• 
ili-M'iMiil  il. m-  lin  lllf. III  il  iiiiiii'fs  ilttiil  If  ifiliiv  iifliiiif  ilfit\  lui-  |iiii' 
|iiiii  If-  l'inliiiiif  liiit'f-,  l.i  |ilii|i.irl  ilf-  llfiiM'- ilf  l'Iiiilf  il  ilf  riiiiliHl.liiiit' 
|ii  ii|illiiil  Ifiiis  ilili.i-  ,1  lit'  L:i,iiiilr-  tli-l.iiiff-  il. m-  l.i  lllf  I .  \|fiiif  |iiir  If 
nlirltif-  liinils  III. Il  III-  il  ji.ii  11-  |ilif  iiiiiiifiir-  i|iii  -"\  ,ini»iii|tli^sfiil,  lt> 
linJi'- -f  ili-liii::iif  ni  ilf- .iiili'f- ifi^imis  Iriiv-li  i-.  I.i-  iiii'i-ilii  >iiil.  If-  |iii- 
ra^ifs  ilf-  \iilillf>  fl  ilf-  l!.ili.iiii.i-  mil  Ifiii-  .iiiiif,iii\  iiUiilliiifiii'-;  niiii- 
aiii'iiii  .lit  lii|M'l  il'ili'-  iii.iiirf|im  iijiif-  iif  jifiil  -f  i  iiiii|iiii'fr  iiii\  <•  ili\  iiiillf 
iirs  «  tir-  .M.iiilivf-  |imii  If  Imiii. llllf  I  fijiiliii  ilf  ilf  M'-  H'iiI-  .iiiniilaii'o,  iiiiii- 
|Mi-i'- fii\-iiii*iiifs  il'.iiilif-  «  iiliills  ».  tjui  -f  -iiliilivi-fiil  fil  ffiii'il-  (If  la 
lllflllf  Im'iiif.  ilf|iiis»iiiil  a  |>fiiif  If  Util  ilf  Ifins  inclic-  liii-cf-. 

I.,i  |i.ii'lif  ilf  riiiiiii.iiiilf  i|iii  vit  tliin-  If-  jinlf-  mifiiliilf-,  cl  -iirlniil  dan- 
riiiiiiliiii-t.in  |ii<i|ii'i'nifiil  ilil.  f-l  ilf  (t'Ilf-  ijiH  ji.ii  riiii|im'tiiiit  1-  de  Ifiir  mlf 
lii-lm  ii|Ui'.  iii'|itii-  If-  iii'i::iiif-  ilf  l.i  f iMli^iilinii,  |ifii\fnl  ili>>|iiilfi  l.i  |ii'f- 
iiiifi'f  |il.ii'f  iiii\  |>f  ii|>|rs  ili  l'I  Ici  nli'iil .  jlfj.i  If  nmiiliif  lui  ii--nii'  un  i.iiit; 
ouiisiiléialilf  |i.iiiiii  If-  ui-mi|ifs  ilcs  iiiilimi-,  |iiii-t|iif  jiln-  trnii  c iiii|iii(*iiif 
de  la  r.iff  liiiiiiiiinf ,  ."!•••  iiiillimi-  d'Iimiinif-.  -f  [Uf-M-  tliiiis  le-  i|fn\ 
|ifiiiii-iilf-.  ilf-  Itmiclic-  i\f  l'Imin-  ,ni  ilclnnl  de  .^itii:a|i(iiii  ;  en  |irti|im- 
limi.  If-  liidtitiiiit-  lie  ce-  if;:iiin-  muiI  dmic  de  i|iiiilrf  à  ciiii|  Im*»  plu-  lap- 
priiilif-  If-  mis  des  iiiilit-  ipic  fciiv  du  if-lf  i\f  hi  ifiic,  fl  diiii-  »|Ufl(|Uf- 
II, i\-  liiMUi-f-,  If  I- (|iif  If-  |il. llllf-  ir.\ttii(||i  fl  du  |!('ii;:;df.  le  -td  pniif  plus 
d'IiiMDiiii's  iju'il  iif  -l'ii  lrmi\f  p.irlmil  ailit'Uis  siu  iiiif  iiiciuf  "«lurarf,  ni 
dfliiii-  lU''^   iiranclfs  i  iic-.  Il  t-l  \i;ii  tjUf  rinnit'  de-  iialKnis  ne  n-  iiif-iirc 


.m- 


IM     s  Kl    AllHK.NS.  S 

|i;i>.  il  l't'liiii'.'.riir  ilf  se»  liMilc»;  lli;ii>>  r'c^l  |ilt'ii>.fillt'lll  |iiil'ini  les  iilltrlrc» 
riillllllllll>  ili'>  illlli|iill-<  .M'IlIt'U  ri  lie  Irllls  Miisiii»,  ^m  \i'  M>r«>illll  M'p- 
Iriilr'pui.il  )lf  l'Iliiiiliiii-kiiiii'li.  i|iii-  II'--  lii^liirii'ti^  nul  iilrniivi',  |i:iiiiii  li'> 
inrmicix  l'iluiiilcilis  lie  riiiiiii.iiillr  i  1\  itiscc,  1 1  U\  t(iH  «.<•  i;i|i|t|iMl|r|ll  |r  plll^ 
lit'-.  (  ti  i|(li'||l;ill\  |l,l|-  h  l.lIlLIIIi'  ri  II'  ^;cllii' cl  i|lll  Mnll-  uni  I,II«m',  .i  I  rl.ii 
Ir  jilii-  |tiii  ,  lr«  niillllirlil-  ili'  mille  riMli^.ili<'ii  |  i  iiiiiliM'. 

I  lÉcmv  ;iii  (li'lincr  -.HtIc,  1rs  s;i\,iilK  i|ili  rn'hriiliairiil  If»  niii;ilics  (II- 
'  ;  iiilluiv  i'iili»|H'fiiiii'  iruiiidiiit'lll  slirloilt  vrl's  |ii  (,ivir  il  r\v|i'  Miiii'ilir: 
il-  ilciiniiiihiii'til  ;iiiss|  liiir>  mmicN  ;i  riililii|iir  l.;jj|ilt'  il  il  l;i  (liiiltltr  ; 
iiiiii»  lii  ilt'i  iiiiMM  II-  t\i-  lii'Mil'S  ijiii'  II'  iiiiiiiilc  iirliirl  iliiil,  |iiil'  ili'li'i  \r> 
i"i;jrs.  iiii\  siici,.|,'s  |ii'tiiiili\i'->  ilii  h, Mil  l'iiinl|iili  .i|i|i,ii  lii'Ml  ;ili\  t'Iirrcht'iil  »  dr- 
;;('IH'l'.il|ii|l>  ici'iMlli  '  r(i|llr||||iiM';mH's.  \  |iill->  île  llni-  niillr  iMlitTs  ilc 
ill-l;ilnr.  If-  liiiliili'»  \<  iii'l'iililfs  ilc->  Niilil-,  i|lli'  |il  niiniHiTi'li!  Ir»  lin  lil»  nu 
je»  «  Sil^l's  u,  ii|i"i!ll'aisM'lll  .ill\  llii'Mlllr»  ili'  lin»  |iiiir»  inlllllli'  (II'»  (  llillll» 
lit'  It'iii'  cnraii  .  il  li'iir  »rli!.ilf  Ir»  .iMiii'  flil(!liiiiu  »  il  Iriii  licirciiii,  lr> 
,iM»ir  n'|irl(r»  ihiii»  m  I"M'.  liiiil  rllc»  i-M'illiiil  iliiii»  liiir  (•»|iril  iriiii|iir-- 
»ioii»  l'oiiiiiii  »  ;  r*  '  'i  iiit'iiiiiiif  iiiliine  ilf  li'iir  |ini|ii't' |>ji»»c  iiu'il»  n'(  iiii- 
liiil»»flll  iliiil>  riil»!iiili'  lit'  rt'lli'  »iH'ii'li'  iriHilirliii»..  I.c  nillr  ili'»  Il  lliii»  M'iIi- 
iillfs  l'Iiililji'»  »'ir  le-,  llillll»  ili»  •  Si'l'l  rii'ilM'»  «  r»l  cfltii  i|iii'  ri'iil.ihl 
Ii'|i|'im1iiiI  il'ili- illirl  l'Il  II  l'illlihllll  ilr\illil  1  nl'.il'i',  rll  IIIMii|iiilllt  !r  ^nli'll  ri  l;i 
(illllr.  rll  |ir' »ulllllli.llll  liill-  li'»  utljl'l»  lli'  hl  llillllic,  II»  ,1!  Iili'»,  II'»  »iiliri'i  > 
l'I  Ir»  llll.i^r».  I.f»  '>il!l|ili'»  liivllir»  ili'ccl'.r  irli;:inli  ili'»  liilMilllilli»  ,ii  vrii , 
»ii|ll  |i;l»»r»  ilr  L'i'IH'ImIIiHI  li  'ji'llt'l'ill  mil ,  (If  cllllf  fil  cilllf.  cl  »iill»  If- 
llllllf  fllilll^fllii'lll»  i|ll('  Iflll  il  l'ilil  »lll'll'  If  lllfl.lll^f  irflfllli'lir<  illVfl».  nll 
iifiil  If»  (li»liiiuin'i'  fiiciii'f  ;  iiii'iiif  If»  iHMiis  lie»  difiix  .iikicii»  ne  »iiiil 
|iiiîiil  diililif».  Telle  liiltif  i|iif  lii  Mfillf  |iii)siiiiiif  île  lii  ilii:niiU('.  de» 
.\lii'ii//f»  (iii  du  l.minu»iii  liifdiilf  diiii»  les  li»iii;iif»  Nfillir»  iTIiiver, 
l'i'»seiiilde  li'iiil  |Miui  Ir.iit  iiii\  lecil»  i|iii  »e  loiil  le  »(iii'  (i;iii»  le»  cii- 
liillli's  du  Itfkkilll  iMi  du  ri;idi|iiMllilllii  :  df  l'f »liliiil'f  du  Mfkdllli  iill\  (':i|i» 
r  iiii»lelic  de  ri'.iini|ie,  lille  |ii'iiti(|iie  »ii|M'rslilieii»e  e»l  Idiijmirs  (dix'i'vee 
piii'  le  |iii\»iili  iliiii»  le»  ii;'le»  iiii|iiirl,iiil»  de  »nii  f\i»lfii('f ,  lufii  i(Uf  le  »eii» 
IHiiiiititilf  lii  n'-n'iiitiiiif  lui  »iiil  ('iiiii|ilèleiiinil  ineoniiii. 

l'.t  liiiidi»  ijne  ee  l'iind»  ('iiiiiiiiiiii  se  iiiiiiiileii;iil  diiii»  re»|i|'ii  |iu|iuliiii'i', 
tU'  l'une  il  l'iiulie  evtn'iuili'  de  r\licifii  Mniidf,  le»  lun^^iè-^  iie('tiii!|ili» 
d.ili»  le»  liiiiileiir»  de  l;i  |ieii»ef,  elif/  If»  iiiilioilN  |iiiiflile»  i|ue  .»e|iiii'e  le 
•  (iiiiU'iiM'  iiiilieii  ».  »e  liiiMiiciil  siiiviiiil  une  ('■viilutiuii  eui't'e><|iiitiiliiiile.  I.e» 
|i|iiliisii|)lie»  llilliliiil»  iiiiiinliiielil  le»  i:l'iillds  |irolilèiue»  de  lit  \ie.i\ei'  lii 
lllèiiie  iUldiU'c  el  lit  même  liii'^eur  de  \iie»  i|iie  le  lii  eut  plus  lii;d  le»  iiié- 
lii|di\»i(ieiis  ili'  lii  (li'èee  el    (i'ii\ile  rOceideill  ;  eu    iiièiiie   teiu|)»,  les    i'ii|i- 


0  Norvriir  cfincRAiMiiK  i'mnkiiski.i.f:. 

simIi's   l'in-onliiii'Hl   lr<  ;icliiiii^  des  1iim(i>  cl  |mmi  ;'i  |mmi  ■«<'  ruriiiiiii'iil  ilc  |U'(Mli- 

uii'i'-cx    (■•|h)|m''("n  (loiil    ri'i-li(i     Inililiiiii    ><('    li'll'ninc   (l;iii>-   l'Iliinlc;    1rs  |;il»|cs 

cl  les  cdiili-s  laisaiciil  [lasscr  en  |ii(i\cili<'  hi  «  >ai;cssc  ,|cs  Indes  i>  ;  !e  diaiiu! 

n:iissail,  nn-lt' d'idiord  ;in\  liunnesilc-  lcni|iles,  ci  Incnli'tl  |>it'nail  s(in  essor 

en  lonle  lilieili'  |iitiir  alleindrc  i"i  nnc  |iuissan(c  de  scnlinienl  ci  d'cxinessinii 

(|iii  n';i  j.ini.iis  (''11' d(''|tassee.  Kl    la  laiiLine    niènic  d;ins  latinclli-   ces   u'inrcs 

ailiiiii;ildcs  claicnt  t'crilcs.  n'c-l-ellc  |ias  sumii'  des  idimncs  «  aryiis  »  i|iii 

(Hil  i:radiicllenienl    |ii(''\,du  en  Kiii(i|ie.  cl   i|ni,   dans   |i>  .Nnuveaii    Monde  el 

en  Ansiialasje.  suni  |iai'l('-s  niainleniuil  |)iii'  |dns  de  ( cnl  millions  d'Iioninies? 

l'arnii  les  lan:;ucs  à   llcxions,  en  isi-d  de  |dns  iiclies,  de  |dns  son|des,   de 

|ilus   siiiioi'cs  ijMc  ce  jieaii  sansciil,  on  les  |diilolouues,  i|iii   l'i-lndienl   |ias- 

siiinnciiienl.    icliinixenl   a\ec   ji.ic   les   radicaux  el  les  Iniines  |iiiniili\es  de 

Iciiis  |ii()|ii('s  laniiaucs   eni'o|>eeiis  .' (  'csj  |iai'  la  |iaiole,   c'es|-à-dire  par  la 

|iei;siv  de\enne  \ivanli'.  ipie  niainN  |ieu|iles  son!  iiri'i\(''s  à  it.'coiMi;iilr'e  leur 

vraie  paienle.   I.Indc  cs|  la  sdiir  de  ri.ino|ie;  de|tnis  <|ii  elle  acte  decou- 

verle  à  minvean   |iar  la  eritii|ne.  elle  a  loiirni  aux  elierelienrs  oecidenlaux, 

|ilus  (|nc  loni  a'ilrc  pays,  les  clenicnis  ijui  leur  onl  permis  de  reconiiailre 

cl  de  classer  liois  scnnce-;  nonNellcs  :  la  plnlolotiie.   lii   mvllndo^ie  el  la  jii- 

risjirndencc  conipari'cs '.   \"cv|-(  i-  pas  anssi    aux  Hindous  (|iie   l'on  doil   le 

sysiènie  dt'ciinal  el    l'eniplin    du  /('•m'' Saut  l'invcnlinn   de  l'irriluie  pli»''- 

nicicinic,  (iriijine  couiniMnc  des  alpliahcls  indiens  aiissi  lucii  (pu'  des  letlies 

prec(pies  el.  laliiics  ■.  esl-il  niic  seule  decuincrle  (pii  ail  plus  conliiliut-  ipie 

celte  mt''llio(|e  de  nuiui'ralion   ,iu\    pro^^iès  accomplis  par  riiumanili'  dans 

la  cininaissaiici-  de  la   planèle  el  rexplinlalioii  di'  ses  Iresors y 

loiilet'ois  le  monde  "  aryn  >■  (pu  (iiinniciicc  au  M'isanl  nn'-i  itlional  de 
rilindoii-koiicli.  par  le  liassin  ,|i'  l'Indus,  rcsja  lonjours  pai •railemenl  distinel 
des  iialioiis  pareilles  de  riKcidciil.  I.es  Indes  sunI  parrailenienl  di'dimilt'es, 
siimn  au  iinrd-es|.  du  , ■(',!,■.  iji-  la  (iliiiie.  du  luoiiis  à  roiicst  d  au  iiord-oiies|. 
du  cote  de  la  l'cise.  par  i\f-  rci:iiiiis  sans  eau,  des  plateaux  inciilles,  de 
liantes  nionlai^ncs  rcvclncs  de  neiL:es.  (.'es  Iroiilières  i:i'o:;raplii(pie-^  sont  tra- 
cées ave(  trop  de  iiclleli'  pour  qu'elli-s  ne  sdient  p.is  dexeniics  aussi  des 
rronlièrcs  etlinolo-jiipics,  niaLit-  les  cxpt'diiiuns  tics  conipii-rants  el  les 
annexions  lempoiaiies  :  ,|e  paît  el  d'antiv.  les  dixeis  peuples  parents  par 
IcMI^  idiomes  onl    smsi   une  )'\oliilioii  dilTereiile.  Cependanl    les   seuils  des 


'   II.  SiiriiiiiT  M:iin.',   t'ffrrts  of  llii-  olwrviiliiiri  nf  Inilni   mi  miMlrr'i  Eurnpenn   thmuih: ,  \n- 

f;f|(i  cil' liiiliciriali-,   I/chocki  luturwi  a'  viiuftfKtUiri  Unhniii  mUr  linlic  Oiii'iitnli. 

'  Clir/N  l'iJ.  t..  Iliiinniif,  \iiiii(ii!i:tliiliiilii:  lliin.iiiil.  )l,iiioin-  sur  l'Iiidr  :  K  K.  Iti.irin-., 
Anriftil  liulinn  .\uiiuriil\. 

'■  Kl.  Kn|.|,,  Hililii    iiiiil  Sclirifln,  ilrr  l,»^■;/.     -   MImiiIiI   \\,),.i.  IihIi^i  hr  SLr.un. 


i!Ki.\iiii\s  i;i:s  iMiKs  \m:i:  i.i>  rv^s  i-riuM.i-iiis.  7 

moiiliii-iio  |);i|-  lr«-((iic|s  !,.•>  .iiiiM'Hv-.  ;ii\ciis  drs  deux  \vis:iiils  aviiiciil  ('li-  en 
ivliiliuris  iniitiii-lli's  ii(>  s.ini  pus  as^'/  cIi'M's,  as^v,  (thsIriK's  de  ii('iy<'>«.  |miiii' 

'!"•'  '«"^   '■"" mic.ilidtiv  .liciil    .'h'    j.iiiiiii»  iiilciii.iii|iiirs  nilif    les    Imli-s 

Orii'llliilo  cl    rVsi,.  anli'iiciiiv.  Aiiiifc^  cl  caiaxaih'v  i aissaiciil    le  clu;- 

liiiii  (lu  ciil  lie  llaiiiiMii  .■!  d'aulivs  |M-a-.'s  de  riliiidnu-k.mcli  ri  si\aifiil 
ilcscnidiv  vcis  1rs  [daiiics  d,.  rindr  par  |a  vuir  Iiisl()ii(|ii('  liacn-  sur  les 
iMirdx  de  la  ii\i('rc  dr  ralmul.  Si  les  |iimi|i|('s  de  |"|jii'n|i(' (cssrrrMl  à  dixerscs 

•  ■|HH|Ufs  d'avnir  des  ra|i|Mirls  din-cls  ou  indiirrts  a\rc  rilindciusliiii,  la  cause 
eu  clail  au\  liucitcs  d'mvasiou  i|ui  s'jnicrposaiciit  cuire  les  i!cu\  cxlri'- 
inilcs  du    uioude  aixeii. 

Dans  leur  cuscuddc  les  icrrcs  aii\(pic||cs  uii  a|)pli([ue  le  uoiii  d'Judo 
'liienlales  u"(ilTreul  pas  un  |,inl  -.■•(.nrapliii(ue  aussi  Itien  liiiiit(''  (pie  le 
(•(iiilinenl  d'Kurdpc.  cl  eu  ciins('(piciicc  l'Iiisidirc  u"\  pn'scule  pas  le  nK'nic 
caracUMV  (ruuil('.  Il  cs|  \rai  (pie  l'Itide  <:is,uaiii:cli(pie.  c(.iisid('r('M'  is,.|(''iiicuL 
t'>.l  iiiie  des  cdiilrecs  (pii  ,.iil  le  plu'^  de  piV-cisioii  H^■,^|ll,■.|ri,p„.  dans  leurs 
liniiles  cvO'rieures.  |.a  merci  les  iiii»nla-ne>i  la  (l(r(m|ienl  eu  une  surlace 
|i(i|\-(i;ialc  [H'cscpi,.  r,'.H„|i,.re;  mais  riude  Traiisi:an^('li(pic  csi  |,iiii  d'a\uir 
(les  (■((iihiiu's  aussi  pr,.,  is  sur  ses  ri(mli("'res  ciuiliiiciilalc^  ;  au  ((Milrairc,  les 
cli.iiiics  de  ni(.ii!a-ucs  e|  les  vall(V>  fluviales  \   siml  disposées  de  lelle  sorlc. 

•  jii"' (le  la  llarmaiHc,  du  l,aos  e|  der\imaiii  au\  provinces  le  l'empire  du 
Milieu,  il  se  Iroine  parioiil  une  /onc  de  liausilion  graduelle;  ainsi  (pie  le 
<lil  le  nom  (rindo-l.liiiic.  prop(.s,'.  d'ahord  par  Mallc-MiMui  '  et  c.imnunK- 
luciil  cniplo\(''  depuis  r,-.miMciil  n,;,.Mra|.|ie  pour  la  péninsule  sud-oricnlale 
(le  l'Asie,  celle  Icrre  a|t|iartienl  ,i;»'Oi;ra|ilii(picnienl.  aussi  |,ieii  (|u'liis|o- 
ii«|ucnient,  aux  deux  mondes  voisins.  Uiianl  aux  iles  cl  aux  airliiiieN, 
leur  dispersion  m.'Uie  au  milieu  des  mers  eu  l'ail  aulaiil  de  pclits  domaines 
a  pari,  dont  (|nel((iies-uiis  soiil  rarcmeni  visiuis,  soii  à  cause  des  iV-cifs  (jui 
les  dérciideiil.  des  |a\es  ,pii  |,...  d(''\asle-i|  ou  des  lurèh  im|it''U(''lral»les  ipii 
les  rccoinrenl.  \j(''iuc  sur  I.  cniilincnl,  ii.ainle  iv^ion  des  Indes  esj  >ar- 
MMiiec  d'eaux  s|  -iiaiilcs  et  r'e\('lue  de  joiiiiles  «pii  roireiil  les  vo\ajj;euisà 
lie  grands  (h'Ioui  s. 

Ainsi  divis.rs  eu  pa.tics  |,iei,  (ii>(ii,cles.  les  Indes  Oricnlales  ne  san- 
raienl  se  eoiii|iarcr  à  llàiiM-pe  pour  l'auiph  iir  du  mouvcmciil  liisl()ri(Hie. 
I/Inde  ne  vil  se  Inmier  aucun  empire  eompaïahle  à  ce  monde  romain  (|ni 
eompreiiail  pres,p,e  imil  le  l.assiu  de  la  Me(lilcnau('c  et  nV^lait  limih'",  an 
ii"i«l<|ne  |.ailes  va-uesde  r\llanli(pie  cl  les  immenses  loivls  de  la  (ier- 
nianic.  au  sud  ipic  par  les  déserts  d'Aiii(|ue.  Om^njuc  l'immense  «  jiaix  10- 


'  lictxjiaphic  iiiiinr!,illi ,  loiiif  \ . 


MUivi;i.i.K  (,K(ii,i(vi'iiii'  r\i\  l'iisi  1 1 1' 


iiiaiiii'  ')  ;iil  l'Ii'  tniiildtv  cl  i|iir  l'Iliiinpc  •«•il  (IinI^im-  iiiiiinlcMiiiil  en  |i|ii- 
viciir»  r.liih.  iniiroiv  ciiiicmi--.  ci'iicmliiiil  U'>  iialinii^-  dr  |ii('>.(|iir  imii  le 
(niiliiii'iil  <itiil  muriili'iiiciil  l'I  iiilcllri  liicllciiii'iil  ;i«-^i7   ra|i|t|nclnr>.  les  iiiic» 


,|  |.|  .    ;m      I  ,s,.l  I  ~    1  •.     1IIM"'I  -TW 


I."  |u>-  I  ■•  Liim»  l,.r.|iii-  ..m  i-lt  Ui«..  rn  W 

I       JM  IlOll  (MIO 


•■0  Kil 


<l.'s  aiiliv.  |iniir  M.  ,lliv  i^Mi...  <|r  1,1  ni,-.|,„.  i;,,,..  parlri  .Ir-  lan-ii.'s  (rime 
liicm.'  "lli:iiir.  |Mi|s,.r  .laii^  !,■  niriiir  inii-l  ,|r  „,j||h..  ,.|  il'i.l.rs.  |,i,ili- 
<i|i.T  à  iiiir  (  iMlisiliuri  (niiiiniiiir.  .Iniil  ),..  .liMdi.lam.-s  lural.'v  i|iiiiiiiii*-iit 
'!'•  .|"lir  .Mljum.  Ilaiis  U-.  |„,|,.v.  ;,„  r..iitlaiiv.  I.-  .I|s|||irtiui|s  ,|,.  ,;,rr^  m.iiI 
n-I.V-    ivlaliwinnil    lirs  |,r,ViM.s:   „„.|„c  .l,ui.  riliih|,,.iMaii    piopiviiu-iil 


i.\.M.rK><  i:r  iii:i.ii;iitNs  iiks  imiks.  9 

«lil.  il  ii'('\i>^li'  plis  m(»iri>i  de  cirni  r'aci'>  lin'ii  (ir'liinih'f»;,  ;"i  |;i  Ini-;  |);ir  l'iiiH 
|iiii'(!ii('('  |ili\si(|iic.  Ic-i  iiKiMii-^  cl  l(w  Liiiiidr-..  La  iMci'  (liiiit  riiitliiciicc  <'sl 
|»r(''|M»M(irMaiilc,  cfllt!  tics  «  Ai)i'ii->  «.  (Idiil  If-,  puis  rcpitisciilanls  \i\ciil  dans 
le  liaiil  Itassiii  ilii  (iaiiLi;',  t'ii  viir  dc^  iiiniits  sacn-s  DjamiKiIri  cl  (iaii'Mitri, 
ne  ciMiiprciidi'ail  ipii-  di\  niillioii-  d'individu-,  >i  l'un  se  Itornc  à  coniplcr 
ceux  qni  |i(ii'lcnl  le  ikhii  de  liralunaiie- ;  niai<  en  di''|)it  de  rinslilnlinn  des 
caslcs,  ipii  d'ailIciiiN  esj  d'nrinin,.  piisiiMieiiic  à  i'cpi»(jue  des  inva>-i(ins, 
cl  (pie  le  lioiiddliisnic  snspendil  pendant  dc:^  siècles,  les  Aivcns  vain- 
tpiciirs  se  niélaii^ci'ent  diveisenicnt  a\ec  les  alMtiijiènes.  Tandis  (pi'ils 
s'indiaiiisaienl  eii\-inènic»,  ils  aiyanisaienl  ^fradncllenicnl  les  peuplades 
de  la  l'(''iiiii-iili'  ;  dans  les  ri-ujnn-  secleiiliionales  cl  movcniics  d(! 
l'Inde,  cl  dan--  l'Ile  de  (!c\lan,  on  ne  coniple  pas  ninins  de  170  niillioiis 
(riii)innics  (pii  parleni  des  langues  arycnnc>.  l/liide  niciidiniiale  cnnsliliie 
dans  sdii  enseinidc  une  aiilrc  m'^moi»  ^dos>(tlni:i<juc,  cclh^  des  idiomes  dravi- 
(lii.'iis.  Dans  les  provinces  ccnli'alc<,  des  p(»pulatiuns  eiiciu'c  à  demi  -im- 
va^i's.  telles  ipie  lo  Kolil,  le-  Moiindali,  les  Santlial,  les  (iuiid,  d'autres 
encore,  «pii  desceuilcnt  prohahlcnicnl  des  anciens  maîtres  de  la  l'énin- 
snle,  rcroiili's  peu  à  p(^u  vers  les  pays  montucuv  et  lioi-t's  de  riiilérieiir, 
pailenl  des  lan^ai;es  d'une  troisième  lamillc.  à  laquelle  on  iloiine  iicnéra- 
Icinciit  le  oo"'  '!•■  !;;;!;!;!!!.  ;iii(.  .!'.ipiè>  rnn  des  peuples  pnncipauv 
(In  «.M'oiipe  antoclillione.  (ne  aiilre  tnlm.  celle  des  Khasi  ou  Kliasia, 
ipii  vil  dans  une  icnioii  inonla;^neiisc.  ciilre  le  lia^sin  du  Hialiniapuutra 
cl  celui  de  l'Iiiaouaddi,  consliliic  à  elle  veille  une  <|uatrième  l'aniille, 
parraitement  di>lincle  de  toutes  se-  voisines  par  >on  l.nmat^c.  Kiilin 
les  idiomes  liod  on  liljcto-harmans  de  l'ijimalaya  et  de  rindo-Cliiiie  ocei- 
denlalc.  le-  lanmies  lai  on  du  groupe  siamoi>,moï  ou  du  fii'oupti  annamite, 
et  les  noinhrcux  paileis  compris  sous  le  nom  de  malais  sont  aiilanl 
de  divisions  iwllcmcnt  Irancliées,  lémoijrnant  de  rextrcine  divcrsiti"  tics 
oii^ines.  (lusl  lie  coni|)lc  pas  moins  de  'Ji,"»  ianfjucs  distinctes  dans  les 
Indes  Orientales,  oiriant  toutes  les  transitions  imaginaltles,  des  idiomes 
moiiosyllaltiipii  s  de  l'Indo-dliine  au\  riches  langages  à  tlexiuii  de  l'ilin- 
dtuislan.  d(''ri\i''s  du  sanscrit'. 

Le  d(tniaiiie  des  religions  ipii  naipiirent  dans  les  |tlaines  se[)tentrionales 
de  l'Inde  s'elciidit.  grâce  à  la  propagande,  Itcaucoiip  plus  loin  <pie  l'aire 
des  langues  aryennes,  et  ces  ctdies  apportèrent  avec  eux  la  civilisation 
corrcspoiidanlc.  Hnoi  (pi'on  en  ait  dit.  le  hralinianisine,  i|ui  succi'da  aux 
anciennes  c('M'enionics    vtitliques,   clierclia,  comme  toutes  les   autres  n-li- 

•  llolicit  (',ii>l,  Les  lU'Iiiiiiiii.s  l'i  /i'.<  l,iiiiiiiit;t  i/r  l'Iiuli- 

VKI  3 


10  Mii\  1 1 1  r  i.iin.!;  \iiiir  I  M\ri>i  1 1  • 

j;iii|l">.  :"l  I 'i|li|Mi'l  II  Ir  lllninli';  il  |iill--.l  Illilllr  -!•»  (  .'inilli-l»'*  JU'-«|I1''  il. 111^ 
l'ilc  ili'  .l.lVi  il  (1,111-  vi's  \ii|-ll|.-  Il.ill  il  !■  IIiIimI,,  Mil  l'iili  r«-ll'ii|H<-  ilirnlf 
VIII  llllllli'llic  il.lll-  Ir  ilLliCiif.  Il-  Il  .mIiIiiHI-.  Il-  liliilil-.  Ii-.tl!-.  Il-  lll-ll- 
tllIi.iii-'l'i'lilMliii'-.  Il  III  II-  II-  LiiiLiir-  lie-  lin  11-  (  •[  h  iil.ili-*  ii.inlriil  ;iii  iiinili- 
It'N  II. UT-  lir-  llivllir-  il  ilr-  i'|iii|irr-  i|l|r  jrlU  i  ll-iM::l!iT«'lll  Ir-  llll  — liHI- 
fiaili'-  hllliliill-;  |ll-i|llr  rluv  Ir-  |Hll|i|,ii|r-  |i.lli  lllu-  lit-»  il»'"-  lll;il.ll-i-  il 
«Ir-  jniri-  lir  I  '  I  llil'>-l  II  1  lir  -r  \ii|i|ll  i|r-  n  I  illliiri  H-  r.l|i|»-l.illl  |'ll  ilUri- 
iplf-  ll;ill-  Ir-  I  lir-  i|ui   -I-  (U   illijll.lli'lll    |,lill-    il. III-    II'  |i.l\-  i|i  -  ^••|il    lilMlTf-, 

NI. Il-   l.i    |iiii{i.i:.j||ili'   ili-   ili-i  i|ili'-    ili'    lli<iiililli.i    lui    l>ii'ii   ;iiilii-tiirlit    .irlivt' 

<|llf  rrllr  lir-  [l'Iulnll-  hl  ,1  II  lll.l  II  |i|llr- .  \mi  llll  /rli'i|lll  ll<-  llll  J.lllltl-  ili'- 
|M--i-.  Il'-  lir:  , llll-  ili'  1,1  •  <il  .unir  ItiH  h  iiir  '  .illrirlll  .1  II  1  r<|ifn|ir  ilr  Imi- 
Ir-  |i<Ml|ilr-.  li;u|i;ili-  llll  il\lll-i-,  |iiilll  Irlll  .1 IIIP  >lliil  l.l  ImMIK'  lliHIVrili' 
ll'f'»';illl<'.  ilr  li'lliiln  rllinil.  ilr  JH-lirr  ri  ir,i|l|.i||l  11  .lliTllrl .  Il-  <lf|i.l— fl  llll 
Illrllli'  Ir-  l'iil  nr-  ilr-  linlr-  (  Inni  l.i  Ir- .  r|  Il  .llll  In--. llll  rilll|i|i<ll-k<)ll<  II.  If  l'.l- 
lllir.  rilllll.ll:i\.l.  il-  llll  In  m  I  l.l  i  .illi|ililr  liinr.ilr  ilr-  imilif.--  «|lll  -".''IcIKlrllI 
|i;ir  tirll'l  1  r-  Illuli!-  |ll-i|ir.l  I'iiumII  r.li|||i|llr.  I.rlll  !i<l  -lll>|ll::ll.t  Ir-  |i<i|illl;i- 
limi-  (lu    lllirl.  lir    Ll    \|iill;jii||r.    lir   l.l   I   lllllr     i|l|  .l,i|.ii||.  .  !   rillllllrlicr   -"rll   lil 

-riiiir.  -mi-   Il  |.ii  iiir  .lu  1  li.iiii.iiiiMiir.  .iii\  liiiiil-  lin  lin  -  .|.--  i  .iii\  |.M|,iiir-. 

rllr/  Ir-  1 1  hiillkli  In-,  II-  I  iillll;:iill-r-  il  |.-  V  1 1||.  i\  l'i  |i  -  ;  .  lUi'Ir  |'rini.llll  l.l 
llliillU-  ilr  ir  -iri  Ir.  .l\.ilil  Ir-  ^r.iinli-  I  r\  ■  ■!  ni  h  m-  i  lilimi-t-  ri  Ir  |i|  uilli:  irll\ 
;H"«-|i'l--rlllrnl   ilr    l.i    r.irr    lil.iinlir  m    l,lirii|ir    ri   il, m-    Ir  \.ill\r;ill  Nlmitlr.    1,1 

i'rli::iiiii   iji    ri.iinlilli.i   k.iiI    un    in>niliir  ir.nlhrinil-   lu  un  •■i.|i   |i|ti-  (un-i- 

•  Irr.liilr  ijllr  Ir   l'Ililr  i',lllni||i|l|r    ri     \r-    illMi-i-     .i  rli  -     i|lil    -i-     Ifil.llllrlll    lill 

imiii  il.'  .Ii--ii— 1  liii-l.  ^I,li-  l;iiii|i-  i|nr  |r  lniinlillii-iiir  -.■  ii'|i.iii<l.iit  .iiii-i  m 
liflnil-  ilr  -.1  |i,ill!r.  .i|i|i. Il  1,111'  ,|\ri  lui  Ir-  nlrr-  Il  |  ||.i.i||r-.  ri  rll  lli;.llllr 
rulllrrr  |,l  <ii|ll|.il--.il|i  r  i|r  -,i  |,i||-nr  -.unir.  Ir  |i.ill.  il  .|i'  rtVl  lllllr 
illMIir  1..  Ir  IIIIL'.II!.  ll  (irli|,l|l  |mII  'i  |irn  -mi  rl|||'llr  il. lit-  l'ill  ll<|iiU-t  ,1  II  r! 
Mirlllr  riait  r.'l  ri  là  I  I  11  l.llrlllr  11 1  Irlmilr  il, m-  Ir-  ll.llltr-  \  ijli  r-  .jr-  Ilimi- 
layilr-;  1  r-lilll  (Ir  r.l-lr,  lr|ilr-rl|lr  |i,ir  Ir-  i  llllr-  (li\r|-  ■r..|J_|l|r  [.|  .ililll.l- 
IIHjUr.  ;i\,lit  lc|il  I-  Ir  lie  — 11-.  l'Ill-  llhl  llllr  1 1 1  il-|r|||r  lr||_i..l|.  ■■  ||r  (ir  l'I  — 
hllll.  llll  l!ll|iiirirr  i|r  1'  \-lr  iirrnlrll  l,i  Ir  |i.i  l  |  i  |  il  i.|  .,i::,i||(ir  cl  |m|  jr-  .il  lllr-, 
ri  r  r-t  |il  ni-rlin  ni  il.ill-  |r  |i,|\^  -,|i  ir  i|i-  ^i|il  lilMrlr-  •.  ■ir^rllll  lll.llll- 
IrtlMIl!  le  l'.llldj.lli  mi  Ir-  ,.  (.linj  rmil.inl-  ■.  i|llr  l.l  loi  ||iill\i'||i-  ,1  |ill-  Ir 
[•lil-  il  llll|Hirl,i|iii-  ;  ,||1|~|  Ir-  irll.imi-  -t|i  i  ri|r||l  ,ll|\  lrll-iii||-  -Iir  Ir  |i|r|l|r 
-ni.   lir    I||.  lllr   i|llr    i|,i||-    lllic    tmcl    |r-    r-|icir-    i|  ,1  llnf-    «  ||,i||-i-|lt    «Ir     -it'-rif 

••Il -ircir  |i,ii  lin  |.|ii'!iiiniriir  lir  i.il.ilimi  iMhiirlIr.  ^iiniiii  i.-^  ;.r.iii(l-  (  I  ir- 
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liumii-  l'irair-.  l,hi.iiil  .m  i  In  i-li.iin-nir.  ||  w,-  iIimuI  i.|i-|.>ii  •l<>iiiiiiaiii<       ir 


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Iraililimi*  «i  1.^  in\lln»  il'oiiumi'  imlirinir  lAt-m'ii-nl  ^nr  If»  |iîiili>».t|ilM'- ri 
I»*»  lluiiloiiicri*  il»' l"\»i«' iinti'iH'iHf.  «Ir  l'I  :;\|>(i'  fl  «l<'  la  tiini-,  |tcMil.iiil 
la  |nmiinI('  i|iii  |i|'i-|)aia  raM'-iii-liitlit  «lu  <  In  i^tiaiii^lilc.  \|ai->  au  |><iiiil  île 
\iif  iiiati-ri(  I  II--  |nii|>l»'*  iiculiMi».  iiiHi  fin-iiH'  ai  i  i\i'*  à  la  ioiiv|iIiiIh<m  ilf 
K'iir  |ii°i>|>n'  iiiiitf  |i<>|itit|iii-.  Ml'  |Miii\aii-iit  »<)ii;:ci-  à  (Ii-ImiiiIci  «m  It-  roii- 
lnf»  \>ti»iii«>..  |i"aillciii>..  i\\U'\  \nt\^  lùl  |iii  li-iir  |>.iiailii'  (li'>iralilf  rii  rum- 
parai^oii  tli-  Inir  |ialrii'.  »i  ihIh-  ru  |ii<Hiiiil^  ilf  Inulr  r^pv»-,  »i  ItII»'. 
a\ri-  «f»  faux  l'iiuraiiti'».  »<'^  ImvK  cl  '•'■-  iii«iiil.ii;i»'s .'  |i  >  Iciics  IhiiiIk»- 
plii»».  au  Miiiilx'^l  II-»  ( DlliiK-N  ||,i|i||i-c^  |i;ii' i|r<  Il  tl)U»  ilr  pillanls.  :mi  uoitl 
l«'»    loivl'.   illvlllllu'i"»  «  I    11  »   lllnlll".  Ili>ii:i'll\.    .1   l'iair-l    Ir»   à|>lr»  ili'lili"-»    il     II' 

lliiiriii' lii'^'l'l.  i-lait  ut  |Hiui  i'U\  ilc»  ivi-imi-  mlmilaltlr»  mi  m*  '>(*  liasiiiLiiruI 
«jilr  ili-  ni.iIrli.iUiU.  rlii-lliinai.t  ••Il  «aiavailr».  \  rr\ri'|iliiHl  il»'  ii->  IIU  — 
•l'iH-iiv  T^maiir».  i|ur  l'itii  iTiiili'lii-  II-  iJi-iTiiilaul-ili".  Iljal  mi  ili-»  Itaiulj.iii 
ilia-».-  i|i-  IxtiiU  ilii  >inil  par  li--  Aial'»-.  au  liuiliiMiii-  ri  au  iitiixii'iiir 
-ii'ilr.  mai»  i|Ui  »'a»»«Mii'irril  à  liaiiln-  rxili--  ili-  rimlr.  —  prul-ilir  à 
rilli' ra>lr  ilr  rliailiinnillirr»  \ii\arrUl»  i|UI  llltrixlui-ilrnt  l«>  Imhii/i- ru  Or- 
l'iiii'iil '. —  aiirilUr  i'-!iiiv'ra;i<>U  il\  iim-m' lii-  |><i|>u|,iliiiii>.  Iiiuilniir»  in-  -i*  lil 
{N-nilaitl  li'N  ii-iu|>-  'hi»loi'ii|Ui-»:  aiiriuii*  mail  lit'  i  niii|ui-ia'ili'  u'rul  -mi 
|Niiiil  lit*  ili'pai  I  •laii»  II'»  |iiaiiii'»  «le  riliinliiu-laii  |iiiiir  m'  |mii  In-  au  ili-là  ili's 
liliiul»  ilaii»  i'V-ii'  <N  riili'iitali  .  !juiiii|Ui'  i  iM'iaiii»  ilr  la  mri  Mtr  un  ili-xr- 
l"|i|H'!iii'iil  iiiliiT  iri'ii\iii>ii  vHKlO  kiliiiiu'lir».  Il»  llimliiii»  m-  ruii-iil  jaiiiai» 
«il-  ^lainU  iia\ii;ali'Ui-».  ri  l'i-xpali  lalnm  «'lail  iii<  iiir  iiilrnlili'  aii\  iliiiv 
ra»U>»  i-Ii-xi'h'».  Il  i»l  xrai  ij'ii'  ilo  haiii::  xaiia  mi  llaiiiaii»  IiiikIiiii-,  xiiiu» 
|H)ill'  la  |>lii|)ai'l  liii  (■(•iiil/iTal  ri  ii<'  lainti-  m>i»iui-.  »i'  h  iiriuiliriil  iLiii-^ 
liiu»  11'»  |»iil»  ilf  la  iiu'i"  i!"  \ialiii';  Inuli-riu»  rr»l  par  ri'Uliriiii»i'  ili» 
\ialK'»  i(ur  ili-  l'Mil  Irmp».  ili'pui»  li'piMpii'  iriliraiii  il  lif  >aliiiuiiii  jii  — 
iju'aii  \n\a;:r  lil-  \a>r"  lii-  liaina.  >»■  lit  l.i  plu»  ::i.iiiilr  jiaiiii'  liti  rummi-nr 
•'Xh'iirur  «If  la  l'i''uiii»uli>. 

Mai»  ipir  lir  »<»u\i'iaiii»  aiiiliilit-u\.  i|Ur  il«'  i;i'urrail\  a\iili»  ilr  ;:li>iii'  l'I 
ili'  tol'luiii-  lilitiTi-lil  la  riillipn-li'  ilr  rr»  liiilf».  ilulll  le  iioiil  liirliu  l'tail 
«li'Vi-nu  !«'  »\ii<tii\iur  lil'  ru  lir»»«'»  iiiliuii'»!  I  "i»l  ili-  là  ipu-  xmaiiiit  li  » 
«■lolTr»  piviirii»!'».  Il'»  aiiuf»  iuiiu»t<i».  Ir»  ivmn»  m  iilpir»,  Ir»  piilr»,  li» 
•  liamaiil»  .1  l"..r:  I.»  |^upli»  .!>•  lO.-.  i.i.nl  .illi  ilmairul  à  «rtlr  roiilii'i'  loti» 
II'»  tii'-xii»  lir»  p.i\»  ili'  la  laltli'.  S'iiiHaïui»  aurait  iinitxt-  ili'jà  »!■»  ariiiii'» 
jn»iprau  Simili. «u  :  «MU»  aurait  luairlu'  lui-in.  uh- v.i»  Ir»  loiiliii»  tii-  riiulr, 
it  la  li'ut'ml»' ilil  «pr.iu  nl.iui  t'-.a»  nu\  «pu  ia.iuiupa^iiaiciil  jH.'iiiviil  il;m> 


«  l'jiil  Bjlailljxl;  —  ùirtrJ  «le  KmIIv,  If*  l'futtht  //,•  !.\tu-  tt  ilt  Vtuyupe. 


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IN\  \>h»N^   lif    I    IIIMHH  ST\N.  1i 

lf>  ili'-iMl-  <!'•  I.i  <ii'<lii<s|,-.  (•■(•^t-iMliiT  II-  lliilniili-lii^lini  in*'>nilii)n:il.  h;!!!!!». 

tlU  iril\-<l.i'>|M->.    ii'|ilil  li'v  |i|'iiifl>  lie  ('.Miio;  \r|-s  I) liilll)>ll*-i>IUrlll  illl  i  ill- 

<|iiii'iiif  ^iiTIf  lie  Ifii-  iiH  II  Mil"',  h  |iiiniii'ii' i-\|Mililn>ii  \  i.imitiil  |ii-l<ii  ii|ii*- 
lit  N  l'.i-.'-.  i|n  ,i\,ui  (>i«'|»;iifi'.  i|iii-|i|iii'^  .iiiiitT^  ;iii|'.u  i\.iiil.  nmi*  dit  II»- 
riiiliili',  iiiir  ririiiiii.iiNNiiiirf  ;ji'iii;i;i|i|ii<|lli'  ili-  >r\l,i\  tli'  (  al  yailil.l,  >f  til 
<lati>  II'»  l'.tx-  ilii  ^imlliitii,  aiiiM  iju'i'ii  li'iinii'jiiriil  ilr^  iii>-tii|iliiiii>  |'ri- 
^aii«-^  .   \aiin|ii(iii-   lii  -    l'iiNC^.    .\|i>\an<ll'i'    1<'    Mari'i|niin-ii    iif    \ouliit    pa^ 


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iiiniaiil  aii\  iialhni-.  i\:\  iimmli'  (•(MUIii.  <lil  ijiiiiilt'-taiiti'.  ilc^  ii-- 
i;i(tii- i|iii'  la  iialiiic  avail  tcinio  liiii;;lfiii|N  i;ulit'<'-  >.  Il  liamliil  en  cIlVl 
riiiilii-:  -iiivaiit  au  -ml-f-l  une  «liitTliou  |iaralli'lf  aii\  [xiiuit'i»  iiiiiln-- 
lorK  tic  rilliuala\a  et  -ail--  iliiiitc  |>«u  <lin't''r«'lll('  ilc  rrtlf  «  louli'  ii>\alf  ». 
iliiiililiv  iiiaiiili-ii.iiit  li'iiiii-  \i)i(-  Il  rnv.i|iii  l'ut  Imijniir»  |i>  uraiitl  rlit>iniii  ilf^ 
(iil-.  (If  riliiiiliUi-lvourii  \fi-  le-  |ilaitit'«;  «lu  tlaiii:»'.  il  Ituia  If  |>a>-.a<:«'  »K» 
r!i\ilas|if  mi  jtjliilaiii.  |ir<i|ialilt'iiifiit  à  uiit-  licutaiii-.-  ilc  kilouu-livs  cm  aval 


•  I,.-»«.Mi  ;  — ti|nx'il     —  \iMeii  tle  Sîiiill-Mitiiiii. 


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.le  riMiilinil  <iii  »'('lt'\«'  jnliifllt'iiit'iit  l;i  \:llr  lin  iiM  iiif  iiniii'.  l/,isjinl  lies 
lii'UN  ntiiliniii'  riiliiTciiniil  If-  (lr-(  I  i|iliiiii-  lit-  ,iii(  un-  .iiilfiii-;  on  \  iv- 
ll.ilixf  liitl.milin'lll  l.i  x.illi'i'  l.ili'IMJr  |ui  I.H|ilrlli'  \lc\.illiliv  lll  -.1  lll.ir'rjic 
(le   Mllll   ixilll    -lll'l'l'ClllIrt'  II-  lli>ll|ir-  ilr   rnl'll-.   ri    1,1   ninllI.ÇIli'  i|lli   ilnlMIMc 

,111  nniil  liMilr  1,1  l'iiiiifi'  |Hiili'  finiiii'  II'  nnin  ilr  "  niiinl  ilii  Sulfil  «  mi 
ll.ijlialli-k.i-lllii.  niiiiinr  im\  liiii|i-  mi  i'niii-  \  imii-iiI|,i  Tmimi  Ir.  \ii  ilrl.'i  ilii 
lljliil.iiii.  MiA.imiiv  liiiMM-ii  -iicifx-iMiiii'iil  iliii\  niliv-  lli'inr-  ilr  l.i  l'rn- 
la|iiiliiinir,  r\tr»im- I  il  liuiiil'l  i-l  I'IIniIi  mli'^  lli.iM)  ;  mai-  -mi  aiim-i'.  I,i—c 
lll'  r<tlli|nclll  II'  llliHlili'.  Ir  lnli.a  ilr  -'.illrltl  Mil  l.i  inr  ili'  rill|ilia-i' 
(Bi'ialii.  iMi  il  liifo-a  ilmi/i'  aiilrl-  à  ^.i  |iiii|iri'  ^Imii'  :  ili'^  liaiilniis  i|iii 
s'i'lt'Xi'lil  an  iiMiil.  ilaii-  Ir  |m\-  ilf  M,niili.  -mil  rinnii'  ilr-iuiirr-  miii-  ii' 
iimii  lll'  >ikaii<lai-k.i-<ili.ir  mi  "  iiiMiit,i:jii('-  il' \l('\,iiiilii' • '.  là  -f  Irmi- 
M'M'iil  lmiL:ti'iii|>-  li'^  jimiii-  ilu  iiimuli' rmiiin,  ,iiii-i  ijni-  riiiilii|iir  la  laMr 
ilr  {'l'iiliii:;!'!  :  "  an  ilrl.i.  il  n  \  ,i  |p|ii-  ipir  li'  llriivi'  (Irt'.iii,  i|ni  l'ii-riir  Imil 
11' rmiliiiriil.  1  i'-l-'t-<liir  II' iiimiili'  » '.  llrM'ii.iiil  -lll'  »i'-  |ia-  |ii-i|ii"aii  lirii 
lll'  -,i  Milmii'.  -ui  li'>  Ixinl-  lin  |l|liilaiii,  m'i  il  aN.nl  lail  liàlir  d'iiii  ci'ili*  la 
\illr  lll'  .Niu''.  lll'  l'aiiliT  II  lll  lll'  jliii  r|i|ialr.  il  ili -(  riiilail  t'ii-iiili'  le  niiii'x 
ilr  1,1  iJMrii'  |n-i|n°à  riiiiln-,  |iiii-  n'  IIiiim'  |ii-i|irà  la  iiirr.  i'\|i|iii'atil  Ir- 
|ii ,1- lln\ ian\,  Ir-  iinlimiilinii'-  ri  li'-  |iml-  il  rmnlaiil  ili'-  nlrs  ;iii\  cn- 
illoil-  r,ivmali|r-.  ,illll  il'i'l.ililll  lit'-  iniiiiiiiiiiii  almii-  |irl'lil,nii'lilr-  rlilir 
llhiriil  ri  II  II  (  hIi'IiI '.  I.'i'\|i|m'alimi  -rii'iililii|i!i'  ilr  riiiilr  riail  iniiiliirti- 
iiT.  lK'|iill»  fi'lli'  i'|iiii|nr.  Il'-  1  liriniii-  ilr  l,i  l'iiiiii-nlr  iir  tiilriil  |ia-  mi- 
|p|ii'-  |iai  11-  \-l.ili-  III  I  nli'lllail\,  ri  iii-i|ir,in\  lrlii(p-  ilr  .lil-l  iiiiril,  ilr- 
llt';jit(  ialll-  ijr  limili',  lir  llw,llir('  mi  il' \lr\,niill  li'  -i'  irllilil  l'ill  iliircli'lllclll 
il, m-  II'-  linlr-,  -ni  li-  II. ni-  ilii  mi  ilr  Mai  rili.iiii'.  I  ii  l'iivuM-  ilr  .S'Iciirn- 
Niritiii',  \|i'L:.i-llit'iir.  |iriii'li.i  iii',iiicmi|)  |ilii-  i\aiil  il, m-  rinliTh-ni'  ili' 
riliiii|iiii-l,in,  |iiii-<|ii'il  M-il,i  1,1  l'Ile-  lll'  l'aliliiillira.  il. m-  l.i  li,i--i'  |i|aiiii'  ilii 
(iaii^^r.  i.i'  un  '',iiiiliiH'nllii-.  i|iii  Ir  itiiil  ,1  -a  rmir.  l'Iait  -an-  ilmilr  je 
laiiH'iix  <.li,iiiiliaun|tl;i  ili--  aiin.tif-  liiinlmic-;  c'r-l  Ir  |iii'iiiii'i'  |n'i-miiiaL:r 
ani|nil  -',i|i|ilii|ni'iil  à  l,i  Im-  Ir-  iitiI-  lir-  lii- luiirii-  ^rcc-  cl  n'iiv  des  aii- 
li'iii-  liiiiilmi-. 

\|pii'-  11'  |ia--ai;i'  irAlrvainlic.  I.i  |iiriiiii''ri'  Luaiiilr  i;iva-imi  l'iil  ci'lli'  ilc- 
Mn-nliii.iii-.  lll'--  II'  rmmiiciiccnii'iii  iln  liiiilirini'  -ii-rlc.  le-  Aialu'-  airi- 
\.iiriil  iliili-  1,1   \,ilii'i'  ilr  l'Iinlii-.  l'I  I M 'I  nia  ni  Ir-  Imil  rr  lll-  aiiiiiv-  il  ni  -r  -iir- 

'   lliiiiic^,   \  ■ifiitiif  II  Itiiukliiint  ;  —  (  uiiuMi^li.iiii,    bn/t'/i/  (',>0(ira)il(ii  uf  liulur.     -   ll.iil  liillci . 

'  .M.«iiri,ill  :  —  \i;.Mii';  —  \i\ii'M  ,li'  S.iiiil-M,iiliii,  LIikIi-  siii  la  ijvoijiditltn-  ijittiiiii-  >l  liitiiif  ilr 
riliilr.  '2'  llii'iii.ilii'. 

•■   Kl  nr-l  llr-j;iiillll-,   .\iilix  iiiniililiilles. 

*  i;.ii  I  lliil.i ,   \\iiii:       Kiii.--i  lic^jiinliii-,  .\(it(s  initinisi  iiliH. 


i."Ni,»i  f.  Il;  m  s  iMtKs.  17 

ri'ili'i'i'iil  iiiMiu'i'i  1,1  rniiihiliiiii  lin  iiili^-^;!!!)  i'iii|Mri'  iii.iliiiinclin  ilil  illi 
«  liiiiiiil  Miiii::ii|  u,  |;i  riiiMlii'ic  iiunl-iM'i  iili'iiLilc  i\,-  riliinliiiiohiii  i)--l:i 
|l|fM|lll'  llt|lii)ll|s  iillMllf  ;ill\  rll\.llll--rll|-,  M;Uv.  le  v|||l;i|i  ll.ilicl  .  i  n||(|ii(- 
IMIll  lli-  I  lllllc  M'illrllll'lilllillt',  ll'.INillI  l'.l^  l'IM  iil'i'  llMIlrllI  li'^  (  uK  ijlll  llli'lli  ni 
•  lu  1  lllkcsi.iii  il, (II-  II'  liilssjii  lin  Siml,  ijiic  i|r|,'i  1rs  |i;i\  i:^iilrl||s  iiii  .i|ici'il>. 
tliilllihllll  If  i;i|i  ilr  l!ii||||c-l>|H'l,llMr,  rllIi'MlifllI  iMI\  -rllll'ls  ilr  ri||||i|iil!- 
kiMirli  iillf  ^iliillilr  |i;U'lli'  ili'  Iciii'  iii||)i)|'laMn'  lii-liilMIili'  |iiiiii  \r  i  iiiiiiiii'i'ii' 
cl  l'iiiir  hi  i^iicnv:  ru  rniiliiiirn.nil  l'Aiu  icii  Muiiilr.  U-  ii;i\iif-  |Miilii^iii> 
.i\,iiriil.  |iiMii'  ;iiii~i  iliir,  iiMiLic  ri\mii|ii'  ,i  l;iiii'  \ii|lr-r;iri' ;  ,iii  lim  de  rc- 
;^.lliln'  \ris  l'Uiirill  |i,l|-ili's-li>.  l'I  -viiii  cl  |;i  l'ci-c  ( 'cs|  M|s  |r  -ml 
i|il  clic  -c  liMll'ii.iil  |Miill'  -c  liicllic  cil  icl.ilioii  ;i\ci'  le-  linlc-,  l.i-liiiiilic.  cl 
lliill  |illl-  \ciii-c.  ;iv;iil  ,1  ili-lii|p|icc  les  lit'snis  i|ii|iurlcs  ilr  |.i  |icrilliM|lc 
li;iii;:r*lii|iic  :  ri''i|iiililiic  iln  inniiilc  -c  limn.nl  i  li.uiuc  |)i'siii'iii;ii-  le-  |iiiis. 
sillircs  iiliuillllics  ilr  riMili>|ic  cl;iiciil  [illls  I  .i|i|irni|iccs  de  I'IihIc  i|iic  les 
r,l;il-  lie  r\sie  cciiIimIc,  simiii  |iiiiii'  l,i  ilisluncc,  ilii  iiiuiiis  |iniii'  je  lciii|is  i||i 
\ii^ii;;c,  cl  |i;ii  cniisci|iiciil  ilis|iiis;iiciil  iliniiiilii::!'-  s|||iciii'ii|s  ;"i  rcii\  des 
iilU'iciis  ciiiHjiii'iMlils.  i.cs  l'iiilii;:,'is  ne  -e  ciuilciilcieiil  |i,is  île  li;ili<|i!ci' 
ii\cc  les  mIIi's  ilii  \|,ij,i|i,ii'  ;  ils  eillciil  liieiiliil  |i||s  |i|eii  dniis  |;i  rt'ilillMlIc, 
m. il-  |ieil  de  lciii(i-  s'i'(iiiil,i  -iiii-  i|iie  de-  li\;iil\  se  |ii  ese|il,iss,.|||  |iiMir  leur 
dispilict'  cl  |iniii  ;ii:i',uiilii'  le  leiiilmic  eiiiii|iiis.  I|idl;iiiil.iis.  \iil:I,ii-.  |I,i- 
iinis,  |'V;iiiciiis  Miiiciil  siicccssi\eiiicril  eiiddir  Iciiis  rniiiiilMiis  sm-  1,.  suj 
des  lndc>,  cl  |iciid,iMl  iiii  Iciiips  dii  |Mil  iiiciiic  se  deiiiiiiidci'  sj  |)ii|dfi\  ne 
doniii'iail  pii-  ;'i  la  liiiiiic  rciii|iii'c  du  iickkaii  :  lniilclni-,  aliaiidiuiiiecs  |i;ii- 
la  iiicie-|ialiic,  les  [icliles  liaiidcs  IVaiK.'ai-cs  rniciil  ainMiilies  jinr  le-  lii)ii|.cs 
de  la  ntiiipa^iiic  aiiulai-e  des  jiidcs,  ci  celle-ci,  |piissediiiil  luiilcs  les  |.i;iiidcs 
placi's  de  cuiiliueicc  ci  le-  |Miiiils  slral(';;i(|iies,  dcMiil  la  |iiiissiiiiee  -ninc- 
l'aine. 

Mes  le  ediniliciii'ciiielil  du  siècle,  eu  iNOri,  les  \ii;jl.iis  s'ciii[i.ii  ,iiciil 
delà  ca|)ilale  du  (liand  MnULinj  cl  laisiiieul  du  snei  cssriii'  d' Vklih.it  un 
siin|»lc  pciisiitiinairt'  delà  «  (iiiui|iamiic  »  :  |»ui-,  -iicecssueiiienl.  il- suln.r- 
dunuaietd  à  Iciii'  |iiiu\iiii'  Inus  les  l'adjalis  de  la  l't'iiin.-ulc  ou  uii'iiie 
auucxaieiil  sini|deuieiil  leurs  duniaines  à  reiu|iii'c  auuln-itidicn.  Mainie- 
iianl,  riiii|i(''ratricc  des  Indes  udiiveriic  dir<'clcnieiil  on  iiidiiecleniciil  |tlus 
de  'Jlill  niilliiMls  d'IiiiuiMies  eu  lliudiuislaii  ;  elle  jnissède  aussi  |;i  |);il°lie  !a 
|dt|s  riche  de  lii  Marniaiiic  cl  coinuiaiide  à  |ires(|ue  Imis  les  inilclcls  de 
la' |it'>ninsule  de  .\lalaci'a;à  rexln-nilir'  nn^'uie  de  celle  |iicsi|u°j|e.  nu  |Hiin( 
de  [lassauc  obli^t-  de  liius  les  na\ii'es  ijui  donldeiil.  le  s|id_es|  ,\\i  conliiiclit 
d'Asie,  L'Ile  a  oiivcrl  le  grand  iiiarelié  de  Siiijiapunr  au  cuniiucrce  du  niuiule. 
De  son  côlé,  la  IVaiice  a  pris,  eu  (lociiiiKliine  cl    dans    le  (.'aniliudge,  un 

Mil  3 


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Nul  \  Il  I  I    1,1  ni.K  \|  lljl     I  MM  l.>l  I  I  I 


ilolll.illir  l'Iii-  <  niiM.lri.ilili'  ijiii'  lii'  !•'  Iiliviil.  ,iil  dil  III.  I  N|,'tlr,  m'»  |mis. 
M«.>i..ii>  <l.'  l'IllMtliniNJ.iji.  I  iiliii.  h-  (  liiii.ii-.  >,ii|v  .iv.i.r  .iiiiii'M'  illivrli- 
lllt'lll  iiil  <  ia\iiiiini'  I  Itiil  1  ■  II'  lliniiiiliv  |i|iilll'illlii|iv,  Ir  liiniiitlic  iliil  des 
liTivs  iiiiliiMiih'x,  |intliliiil  |i|iiv  ili'  ■l's  .iiiiiii'.s  ,|iii'  Ml. unir  |)iii-siiiiiT 
iMlli>|M'i'iilir  :  |>;ii  rimlilsll  H',  k  f.iiiiiiicirr,  l.i  ruliiiii-iiliull.  lU  iloixcill  rll'i' 
niiisiilfn-s  niiiiiiii'  il.'  \ci  il.ililt>  <  Hii(|iii'i;iiil-;  <iii  |iriil  iliir  i|in'  Si. un  Inil' 
;i|i|i,iilii'iil  (•.■iiihiiiiii|iiciiiciil  |ilii>  t|ir,m\  Si;iiii.Hs  |.||\-iiiriiif>-.  |);iii»  litiili-> 
les  lihl.'N  (»l'it'lll;ili'>-.  Il'"-  -•Mil.'-  |Mi|till,illnii-  M.illih'lil  lll(li'(u'lliliilllix  ^niil 
rt'llf^  (lu  Nr|i;i|  fl  <lll  liln.til.iil.  <  I  îles  lrilMI>«  .'l  tifllll  jinlicfi'»  nu  •..un, lue-  di's 
Milli'i".  Iiiiiiiil,i\fiiiir».  tli's  l.iii'U  iihIii-i  liiiiiii«-i''«.  tir  i|iii'|i|iicn  jlrs  inaliii»»'-. 
S|  ,!■  n'cNJ  ihiii^  i|iir|(|iii-.  ic:;iiiiis  ,\,-  l.i  riitiilu-iv  lilM'I.iiiir,  ii'llr-  (|iit' 
If  Itliiilll.lll  l'I  Ir  II. ml  \-».illl,  l.l  |pcllill-ll|c  «Ir  rilllliloll-l.lll  c^l  ilfj.'l  hifll 
ccillinir  .111  l'i'llil  ilr  V!ic  lin  nlii'|^jnt;:r.i|ilni|ili'.  il  Ir^  (.illr>  ili'  i|llfli(lli'>- 
nilr^   i|i'    -1'»    |>|iiuil(t>  l'Uilli'Ill    l'il     |i|rrl-|(i|i     crllr»     ilc^    ciillllfrs    iji'    I  l'.ll- 

ii»|ic  1111  iiji'iil. lit';  111,11^  riihlf  I  i.iii>-i:iiiiuflii|in'  ii'.i  i-li'  iVLiiiln'Trint'iil  r\- 
|i|uicf  i|iii'  tl.iiis  je»  |tii>.>,'*N|iiii,  ,illi;l.(iM'*  l'I  ll.illi,.il^r-  ri  If  liMli;  liil  llltniiil 
lliailll.  I  II  >IIIL'llli<'l'  rnllIlM-lc  l'M-li'  :'i  i  l'I  ftlJinl  l'illir  Ir-  n'ilf»  tlf  I  lllijn- 
(.liiiif  fl  lf>  |i;i\-  ilf  rililiTifiir.  r.iiiili-  (|iif  ilf-  iiiillifi>  ilf  ii.iMlf-  |iii->.,.|it 
fli,ii|iif  .iniiff  il. m-  If  ilch'iil  ilf  Miil.ii  r;i.  L  |)lii|i;ii  I  ilf-  fniitrff»  du  l.;m>-  fl 
tif  l;i  liiii'iii.iiiii'  lin  iiiit'il  -mil  if-li  r-  |n-i|n'.i  niiiinliiMnl  iii  ilflim^^  il*'^  ili- 
iji'r.iiifs  fiiiii|iff  II-,  il  iiii'iiif  If-  \;illcf-  ilr-  L:i;inil-  llfinc-  iif  -mil  |i.i-  fii- 
ciiif  Imilf-  irniiiiiin-.  \|;ii-  il  f-t  iin|Hi--ili|r  ijiii'  cfl  l'Lil  (l'i^iimiiiiff ,  l'f- 
hili\finfiil  ;in\  i niilirf-  -i  riiiifii-f-  ijin  -f|i.iifnt  If  Linllf  ilii  lîfii^^iilf  Ar  lu 
liiHilr  v;illff  ilii  \,iii^l/r  kiiuiu.  |Mii--f  ilnifi'  lmi:;lfiii|i-.  l'mi— ('•-  |i,ir  Ifs 
inifiil-  lin  iiiiiiiiiciif .  If-  (ifn|i|i-  c lifn-lifiil  |i.irliinl  à  -f  i;i|i|iioflifi'  If- 
1111- ilf- .inlii- |i.ii  ilf-  \mf-  ilii'fcif-,  fil  :ili.iiiilmiii;iiil  If-  Imiu- ilfloni- iin 
tifl.i  (|f-  |if iiiii-nif-.  hf  iiii'iiif  i|iif.  ilf  Miir-fillf  ;"i  |!miilKi\.  If- \ii\iii;fni- 
liiV-ififiil  If  |i;i— :iijf  ilf  ."^111/  .1  l;i  Imi^iif  f  il  i  iiiiiii;i\  iiiiilimi  ilf  1' \riii|iif  f  I 
i|irnii  jmir  il--iii\iniil  (ri.niu|if  en  \-if  l'iiiif  un  l'.iiilif  de-  Miic-  IfiiiM'- 
|i;i— .ml  |i;ii' l.mi-l;inliiiii|i|f  fl  l.i  \;illi'f  df  ri!n|i|il'iitf  mi  |i;ii'  le  (linicii-f  fl  If 
Kl.'.nlifi',  df  iiH'iiif  I  .ilfiill.i  -°iiiiii';i  ;m\  Nillf-  lU-  la  (lliiiif  mit'tihdf  |iai' 
i\f-  rmilc-  di\ri-r-;  11'  ^mil  |irffi-i'infiil  Ar^  ii'^imi-  |n'f-<|tif  iiinniiiiifs  de 
iiip-  |mii-  i|nf  li'aVfi-fiM  Tniif  df-  Miji  -  Ir-  |i|ii-  Il r'i|iifiil(''fs  df  la  |ilaiiflf. 
l'Iiidr  fl  la  l.liiiif.  If- dfiiN  luiiliff-  If- jiln-  |Mi|Éulfn-f-  du  liiuiidf,  l'fii- 
rfiiiianl  à  fllf-  -fiilf-  l.l  iiinilif  df  la  |Mi|iidalimi  If iifstif .  ii'mit  |>a- 
fiifiiif  t\t'  imilf  i|ni  If-  nui— 1\  laiil  il  f-l  vrai  inif  rimiiiùu'  (-oiiiiiifiu'C  à 
{ifiiif  d'atiifiia|ifr  If  <i.\{Ani  duiit   il  -f  ilil  le  iiiailru. 


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MèruJien  de  82°  Greemvich 
^éi-^uliBii^f  80°  Pl7i» 


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CILVPIÏRI-    II 


L'HiNDOUSTAN 


VUE   r,  K  N  h:  n  \  I,  K    n  F    i.  a    r  o  m  n  k  f. 


Co  nom,  d'origine  persane,  Hiiuloustan  ou  «  Terre  des  Hindous  »,  n'esl 
autre,  sous  une  forme  légèrement  différente,  que  l'antique  appellation 
Inde  ou  India,  appliquée  à  la  Péninsule  depuis  une  époque  antérieure  à 
l'histoire.  Quelle  est  l'origine  de  ce  mot  qui,  lors  des  grandes  découvertes 
du  quinzième  et  du  seizième  siècle,  était  employé  pour  toutes  les  contrées 
de  la  zone  tropicale  et  qui  désigne  encore  les  Antilles  et  les  terres  rive- 
raines de  la  mer  des  Caïaïbes,  aussi  bien  que  les  presqu'îles  et  les  îles  du 
sud-est  de  l'Asie?  D'après  la  plu|)art  des  commentateurs,  ce  nom  serait 
simplement  celui  du  fleuve  Sindliou',  transformé  eu  nindliou,Iudos,  Indus, 
par  les  peuples  occidentaux  :  toute  la  péninsule  aurait  été  nommée  d'après 

«  Los  grandes  difficultés  relatives  îi  la  nomenclature  géographifiue  de  l'ilindouslan  sont  désormais 
écartées  \y.w  l'adoption  définitive  du  proci'dé  de  transcription  (|ii'a  proposé  Hunier,  d'après  la  mé- 
thode <le  Stanislas  Julien,  et  cpii  est  mamtenanl  accepté  par  la  Société  de  Géographie  de  Londres, 
les  diverses  compagnies  savantes  et  la  plupart  dos  journaux  de  riiide,  les  administrations  locales  et 
le  gouvernement.  Il  est  vrai  (|n'une  rigoureuse  rejU'odiiction  des  sons  hindous  en  caractères  latins 
est  impossible,  pnis(|ue  le  sanscrit  a  cincpiante  signes  et  ipie  l'alpliahet  latin  en  a  seulement  la 
moitié;  mais  la  nouvelle  méthode  a  du  moins  le  précieux  avantage  de  rendre  approximalivenu-nt 
les  noms  en  laissant  aux  lettres  le  son  normal  qu'elles  ont  dans  presque  toutes  les  langues  d'ori- 
gine latine  et  surtout  dans  les  dialectes  mêmes  de  l'Ilindoustan.  Ainsi  disparaîtra  peu  à  peu  l'étraniie 
confusion  que  présentaient  les  caries  et  les  documents  géograpliii|nes,  où  telle  ville  perlait  jusqu'à 
onze  noms  différents,  plus  ou  moins  justifiés  par  la  prononciation  des  uuligènes  dans  les  divers 
langages  de  la  contrée.  Dans  ce  voluuu>,  nous  nous  servu-ons  invariahlement  de  la  méthode  de 
transcription  ((u'a  fait  adopter  lluntei',  en  renqilacant  toutefois  l'«  et  l'oo  par  Voit,  conformément  à 
l'orthographe  française,  et  en  écrivant  cli,  Ich  et  (//  au  lieu  de  .f/i,  ch  et  j,  quand  l'usage  n'en  a 
pas  décidé  autrement. 


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NOJIVKMJ';  (ifinr.RAI'IIIK  rMVERSFI.I.F. 


le  ciMiiMiil  (|iii  iiiTosail  Ir^  cliainps  tle^  Aiyon-i  |iriiiiifir».  Mais  ccllo  rlynin- 
|(tjii(i  a  paru  litip  simple  pdiir  avoir  t'tt''  imivri'^flU'iiH'iil  acccplt'c.  Ih'jà  le 
pèlerin  iioiultlliisle  llioiieii-thsan^  dérivait  le  iiuin  (l<-  la  eoiiliée  des  mois 
iii  l(iU,  ayaiil  le  sens  de  «  lune  »,  parce  ipie  le-  prêtres  érlairaient  le  |>ays  en 
l'ellélanl  eonime  la  lune  la  liiniièri;  du  soleil',  [l'autres  retrouvent  dans  le 
nom  de  l'Inde  relui  du  dieu  Indra,  ipii  e>t  an>^i  la  divinité  tlont  le  hras 
dirige  la  lune  dans  les  oieux  :  l'ilindouxtan  S4'rail  donc  jinr  excellence 
le  monde  «  suMunaire  ».  I,a  Péninsule  |M)rle  iValoment  diverses  a|)p(^lla- 
lions  jioétitpies  :  c'est  la  Soudarcana  ou  la  «  PM-lle  à  voir  »,  c'est  la  jtlia- 
rala  varclia,  la  «  (lonlrée  l'ertilc-  »,  la  «  Fleur  de  Lotus  »,  ou  bien  Djanihou 
dvipa,  «  l'Ile  du  .lamltosier  »,  ainsi  nommée  en  l'honneur  d'une  éléfianle 
myrlacée  [l'jii^cnhi  jnmbohim)  des  Indes;  sui-  un  ilev  monts  de  l'Himalaya, 
se  dresse  un  de  ces  arbres,  «  saint,  immortel,  louchant  les  cioiix,  chargé 
de  l'ruils  <pii  tombent  siu'  la  terre  avec  tracas  et  laissent  couler  leur  suc 
en  rivière  » '.  Ouanl  aux  noms  d'Arya  varia.  Arya  bhoumi,  Arya  de(;a, 
«  terre,  dislricl  ou  pays  des  Aryas  »,  donnée  à  la  contrée'  par  la  race  concpié- 
l'anle,  ils  ne  pouvaient  s'appli(pier  (|u'aux  régions  (K"cu|K'es  par  les  Aryas, 
c'est-à-dire  au  bassin  des  «  Sept  Rivières  »  «  I  aux  campapnes  «pii  s'élen- 
denl  à  l'est  jusipi'à  la  Itjamna.  li'hisloire  des  Aryas  védi(pies  s'airète  à  l'é- 
po(|ue  où  ces  immigrants  du  nord-ouest  arrivent  aux  Inirds  du  (îange"".  Mais 
leurs  successeurs,  i)i'ivilégiés  de  la  haute  casU",  «levaient  aussi  réclamer 
tout  le  pays  qu'ils  hahitaienl  comme  étant  leur  ilomaine  particulici-;  llionen- 
lh>ang,  ])armi  d'autres  noms  de  l'Inde  actuelle,  montionne  celui  do 
«  royauuje  des  l'olomen  »,  c'est-à-dire  des  Hrahmanes. 

Les  limites  naturelles  de  l'Iliinhuistan  sont  si  clairement  dessinées,  (\\n\ 
l'unité  de  la  Péninsule,  même  appartenant  à  des  races  dilîérenlesel  divisé(!s 
en  Klals  ennemis,  ne  cessa  jamais  d'être  comprit';  comme  autrefois  l'Ita- 
lie, rindo  eut  toujours  la  valeur  d'uiu'  «  expivssion  géographique  ».  Siu' 
un  développement  total  évalué  à  1*2  UOd  kilomètres,  la  mer  et  les  mon- 
tagnes enceignenl  complètement  la  conlriV»,  inimonsc  lîrritoire  qui  n'a  pas 
moins  deôTSOUOO  kii(»mèlres  carrés  de  su|H*rricie.  soit  plusde  douze  l'ois  la 
surface  des  lies  Britanniques  ou  plus  du  tiers  de  rEuro|K'',  et  qui  s'étend 


'  Slnnisliis  .liillicii,  llisliii.c  <lc  la  vie  ilf  Hinuen-tluainj. 

*  }liili(i  Itlidialit,  llliislnmi  l'iirva.  sliitu'o-i '.'T'J  ."i  •JT7.  Ii-iiliiolion  il'l!i|<|iolylr  Fniiclif . 

^  (^iii'   t>:iss('ii;  —  Viviiii  ilc  Sairil-Mai lin  ;  —  l!iiiuiirii:liaiii:  —  Maiiiis  Foiilarn's,  L'Inde  n'iliiiue. 

*  Siipoiticic  ili'  la  l'i'iiinMilc,  \  iciiii|iii--  ti^  |>(«s>t>>>hin>  fiançais4^>  ol  |Miiii},'uisi<s,  li'  iV'pal,  U'. 
Itliiiiilaii,  l*>s  |ii'lils  Klals  inil('|><'iiilaiil>  ilc  l'Iliinalaxa  l'I  le  Siii>:pV,  niais  -ans  Mani|i(iiii',  Djiltalnii^  cl 
la  Itai'iiianii'  aiifilaisc  : ,' 7.")r).","i.S  kil.iinrlirs  iai[i''>. 

Sii|ii>rlicic'  (II'  riliiiili)iislan.  avci'  Ci'vlaii,  les  l.ai|iieilivi'^.  Ii-s  Malilixt-s  i-l  les  Unis  île  Tcliagos  : 
ô  S'jli  051  kiliiini'trcs  (.arrés. 


NOMS  IT   I.IMITRS  liK   I.MlIMml  ST  \  \. 


21 


Icfiimhï 


(losivi;iii!i>  tV|n;ilnri;ilt'<  ju<(|(r;"i  |>lii>i  «le  1*2  (Iru'iv^diin-  riiiliM-iiMinh'  l:i  zoiio 
U'iniH-iir.  Il  !'><•  vr;ii  <|iic  ili'-^  cimlil»  |ii;ilim;im'-.  cl  dc^  ijr'ii<iriip|i('s  cuio- 
ivciis.  ciilraiiirs  pur  la  manie  <lf>  ilivi'^ioii^  niii\i-iili<iiiiiflli's.  onl  voulu 
(loniicr  If  nuirs  ilc  rirnlu-  |Miiir  limili'  noiil-iM-iiiIrnlalf  à  riliiiilnuslaii  ; 
mais  ce  n'est  \>:\>\r  lil  clianireant  des  liNièir^.  ce  ^niil  |c>  moiilajines  avec 
leiii-s  zones  île  climats,   a\ec  leur>  |io|>ulalion>  a\:inl  un  ^eiiie  de  vie  tout 

>°  i.  —  SI  ftiinnE  mnnv'.i.  w  i'»isiior>t«t  it  i*  L'i^ciETtiirr. 


C  r'erron 


I 


!•>•>  W. 


difierenl  de  celui  dos  plaines,  qui  constituent  les  véritaliles  limites.  Los 
indiiiènes  du  bassin  de  Tlndu-^  ne  s'y  -onl  jamais  IromjK's;  de  tout  temps, 
ils  ont  compiis  le  contraste  qui  exi-te  entii-  la  *  lésion  cliaude  »,  où  se 
trouvent  K'urs  villes,  et  la  «  ivirion  froide  »  des  plateaux  et  des  liantes 
valh'cs  que  |)euplent  les  Afghans;  ce  -ont  le-  mont-  connus  de  nos  jours 
sons  les  noms  de  Sclid-kidi,  SoulaïmanHla|.'li,  Kliirtar,  ipi'ils  re;^ardent 
comme  la  iVonlière   naturelle  de  leur  patrie.  Si  les  bralnues  zélés  pour  la 


NOIVKI.I.K  (■Kni.liM'lllK  IM VKIISKI.I.K. 


i! 


piirt'lé  (If  It'ur  lui  ont  inlcrdil  aux  liilMi'>-  de  Iravfiscr  riiidiis,  rcllo  dr- 
Iciisf  di'  date  nVcnl-,'  a  |iiiiir  (aii>-(»  lo  iiiva»i(iiis  iiialionM'Iaru':  qui  ont 
cliaiifit'  !»'•<  ri'lii:i(ius  daii";  le  ihhiIhuioI  de  l'Iudf.  Tandis  que  des  im  inniii- 
nanti''>  liialinianiiint's  se  icnt-onlriMil  «-nroif  en  assez  «rraiid  ntiiulirc  dans 
IdiiU's  les  parlii's  tlii  l'andjali  ^iUiéi'»  à  r<ti'iL'iil  do  i'Indus,  elirs  son!  l'oil 
raros  à  ron-idcnl  du  liiand  llcuvi'. 

|t('s  l'oiiiiiiic  d.'N  icniji-  !ii>lorii|nt'>..  les  Hindous  connaissaicnl  la  vraie 
loi'ine  de  la  jM-niiisule  i|u*ils  habilenl;  l(ii-t|ue  le»  jiéonièlres  de  l'exiiédilion 
d'Alexandre  anivèreul  aux  liords  de  rinilu»,  les  lenseigneuienls  qu'on  leur 
donna  et  qui  lurent  eoidirnu'-*  plus  lard  aux  aiiiltassatleurs  des  rois  de 
Syrie,  leur  permirent  de  dre»>-er  une  caite  part'aitenieiil  exacte  dans  ses 
contours  jiéiiéraux.  n'ap^'-s  Kralosiliène.  ipii  utilisa  les  données  des  explo- 
rati'ni"s  jjrrecs,  l'Inde  a  la  l'orme  d'un  quadrilatère  aux  rôles  iné<raux,  et  la 
longueur  qu'il  donne  à  ces  lillV-rent»  côté-  (((ïueide.  à  jieu  de  chose  près, 
avec  les  véiitaldes  dimensions.  Mai-»  quoique  la  ii'fiularit»'  du  pourtour  de 
la  l'éniusule  n'ait  rien  de  iK-ométriipie.  eependanl  le  bel  «Mpiilihre  de  la 
contrée,  entre  les  deux  mei's  qui  la  liaii.Mieut  à  l'orient  et  à  roccideul,  el  à 
la  hase  des  monts  siqterhes  qui  la  dominent  nu  non\,  devait  entraîner  les 
savants  hindous  à  s'exaj;érer  le  rythme  «les  formes  extérieures  de  leur  patrie. 
Dans  la  description  que  le  saire  Sandja\a  l'ail  de  la  Teri-e*,  des  éiudits  ont 
cru  conqu'endre  que  l'Iliiuiou-tau  lui  ap|iaraissait  situs  la  forme  d'un 
triangle  équilaléral  parfaitement  régulier,  divisé  en  quatre  triangles  secon- 
daires, égaux  les  uns  aux  autres';  mais  dans  le  même  récit  Sandjaya  com- 
pare aussi.  ]>lus  poétiquement,  quoitpie  avec  moins  de  justesse,  le  «  cercle 
de  la  Ujanihou  dvipa  »  à  un  disque  de  guerre,  puis  à  un  lotus  à  quatre  pé- 
tales, licite  dernière  comparaison  entre  le  pays  et  la  «  Heur  sacrée  »  est 
celle  (pii  semble  avoir  été  le  plus  communément  acceptée  et  dont  parlent 
les  pèlerins  bouddhistes  veiuis  de  la  riiine.  Hes  astronomes  du  sixième 
siècle  de  l'ère  vulgaire  reprennent  la  ligure  du  lotus  pour  diviser  l'Inde  en 
neuf  parties,  le  centre  de  la  fleur  el  les  huit  pétales,  dont  le  nom  a  du  reste 
plusieurs  fois  changé,  l.e  monde  entier  était  lui-même  conqtaré  à  une  lleur 
immense,  formée,  soit  de  quatre,  soit  de  sepi  dU  neuf  dripas,  «  îles  »  ou 
j)res(priles.  disposées  eu  cercles  concentriques  autour  de  Mé-rou,  la  «  mon- 
tagne d'or  »,  où  résident  les  dieux.  Chacun  de  ces  cercles  de  lerres  élail 
entouré  d'un  océan  l'ornu'  par-  l'ornière  du  chariot  de  l'riyavata'" 

Après  Alexandre  et  les  ."vleucidcs.  la  vraie  forme  de  l'ilindouslun  fut 


r.i 


'  Malia  liliaralit.  Uliishmu  Pinva,  slanro>  I  ^i   l'.H. 

-  Ciili.'biii(ike  ;  —  Williini;  —  l!iinnin;:ii;iiii.  The  diirifiil  d'niiriiphii  of  liiditi 

'■  Miiir,  OriiiiiKil  Siiifkril  tc.tt.t  i./i  tlif  Reliiiion  anil  liittltutiuiis  vf  liittia,  vol.  I. 


t 


«oMnl  lis  liK  l.'IIIMKil  Sl\.\.  25 

ouhiio- |iar  K-^  ••!•«•«>,  cl  K's  ônidils,  s'ciii|iiiriiiil  tics  tltiniinciils  inilcriciir^. 
Ic^  ik*iiiiliiivii-iil  |H'ii  à  |K>ii  en  leur  (loiiiiaiil  un  >cns  tout  ilirti-icnt  ilc  relui 
•|iril<  .naiviil  cil.  i>aii>  la  (i«'Mi<r|'a|)liic  de  l'Ioléniee,  l'Inde  liis^::ini.'étii|nc  ii'i-^l 
liln-  une  |«'-iiin«iilc:  lic->  él.iriiie  dans  le  sens  de  l'esl  à  rmie^l.  clic  >c 
raccijmil  au  eniilraifc  dans  le  sctis  du  nord  an  sinl  et  i|nel<}iics-uns  de  mts 


V    l.    miHE   DE    I.  1\UI:.    Il  AI'IIKS    II  A>tlKNS   ikh:!  MtMS. 


■Tj-jcirt 


1         ^MHHM><H 


|>roniûnliiin*>  |trvnncnt  une  iniporfanco  |tlijs  eonsiih-ialde  (|uc  celle  du  cap 
Giiiioriu:  cTUik^ûl  du  icmmii  des  loniiitiides  el  des  latilndes.  riinlc  t'ijiil 
plii^  dcroriiicc  |iar  le  ^^l'-^iiiraidie  irAlexandiie  qu'elle  ne  l'ctail  |tar  la  liiTun? 
lux-tiiiiic  «Je  1.1  fleurdc  lolns.  Les  dcj^rcs  indiqués  sur  les  caries  ne  >crvireiil 
•|u"à  |i^-ri«^liicr  lc>  cireurs.  jus(|n'à  r»''|io(|ue  où  les  navi-ialcurs  porluirais 
puivat    rvronuailic   la    |i(j>ili(in    vcrilahle  des   cùles   hindoues.    lk'\>m>   le 


i 


S4 


NOUVKLI.K  r.KOi;R\|'IIIK   IMVKIISKI.LE. 


\<naj.M*  tlo  Vi«-n»  «lo  (îiiiiiii,  l;i  rorinc  viiiic  de  hi  iViiiii^-iilc  se  n''l;ililit  i.'r;i- 
«iiii'llriiiciil  |M»iir  lf<  ^'t''Oi.'r;i|tlu'>.  ri  il' Vieille  |iiit  iv-unit'r  IoiiIcn  |i«s  ult- 
v>n;iliiins  «le  sos  (lf\iiiirifi-^  ilaii»  mmi  ailiitirahlc  «Milr,  i|iii  piinil  an  iiiilifii 
ilii  ili\-liiiilièiiii>  «iiVli-:  mais  lc>  |»ii'init'i-«  lf\t''>  li)|iu^i-a|iliii|ii*>s  <lal)>iit  -cii- 
lenifiit  ilo  i'aiiiu'-c   ITCt,"»,  avoc  lc>  cliulos  «lo  ISl'Iiik'II.  le  «  pèio  (l(!  la  {iéo- 


\'  «.   —  i^niitfF  h»    1  i^h»,   utriïi-i  x  ^^:UM-^IIHIP^, 


graphio  liiiulouo  »,  sur  les  plaines  inférieures  tlu  Caniie.  Près  de  quarante 
ans  apivs.en  lS(l"2, 1.aniliton  enninieiu-ail  |iiè<tle  Madras  le  travail  de  Irian- 
,<:ulatiiiii,  qui  n'est  pas  eneore  eiini|dèleiu*Mil  lenniné  (I8N"2).  H  est  vrai  (jue 
cette  onivre  e>t  immense,  et  les  lalii;ue>-  à  endurer,  les  lièvres  à  hraverdans 
lojoniiles  et  les  inai"éeaj;es  la  rendent  plus  périlleuse  (pie  les  batailles  ;  la  mor- 
i.alité  a  toujours  été  moins  loi'lc  sur  les  soldats  des  Indes  on  cauipagne  que 


1 


i 


in\lHll;>   KT   IIKI.IKK   |ii:   l.'IlINfitll  ST  \N.  Si 

sur  les  m'iij:r;i|>lie5  ilf  lu  liii^iidc  lii|iiiL:i-.-i|iliii|iii-'.  >hiiiilrii;Hil  Ir-;  n|!t'r;i- 
tiitii<  ^t'-iHli'>sjt|iics  ï:o  |Hiui'siii\<'iit  ail  dflà  ilii  Stiiilaïin:ii)-<l:i^li  diiiis  r.\r;:lia- 
iii^laii  fl  If  lîalitnlrliiN|;m;  au  nord,  l'Ili's  |H''iit'lrt'iil  ilan>  le- valliv.  ri  -ni- 
le»  civli's  •!«'  riliiiiaht\a,  en  allnidaiil  <iiic  l'on  |iiiis>f  tiinlininr  à  Innri-^ 
le  Tilicl  la  iiK-^iiii'  du  «  L'iaiid  ait'  ».  i|iii  coiiinu'iirc  au  rap  l!oniorin  cl 
doit  altoulii' un  jour  aux  |)i'oiiiiMiloii'r-<  dt>  la  Siltt'i'ir.  Mir  l'iM-i'aii  IJariaJ: 
à  l'c-i,  |(>  iv>i-au  de  iriauiilt's  |H>nMr(>  do  l'Assaui  ilaus  la  haiili'  lîaruiaiiic 
«1  M'  rallaclif  à  naii<:kolv  par  lo^  lia^siiiN  df  rirraoïiaddi  ri  du  Saloiirn. 
la  iMili-  dl''linili^<' tie  177  Ifiiillfo  i|iii  doit  rt'-suiii*-r  rf\|doi-alion  de  riiitlt* 
tl  eu  iiit-iiH'  lrui|i>  ivlli'  di"  la  (■•(le  occidcnlalc  de  rindo-(;iiiiif  «-l  de  lu 
|in'M|n'il"  di'  Malaira,  jii'-iiu'à  Siu<ia|Hiiir,  t"»l  aclifvi'f  au\  ilfiiv  lins,  ri 
i\\-'  iiiillii'ix  lie  cailcs  >-|it''tialL'>  cl  tic  |daii>  rc\t'li'ul  lo  dôl-iU  j:t''«»j:ra- 
|iliit|Ui>>  de  la  t-oulivo. 


^>0' 


Han>-  rcii">i'iuldi'  de  «-on  rclit'l",  l'Iiiili'  (]is;.'ani:cli(|u«'  so  rom|MiM'  <l«*  ili'iis 
n'-iiiou^  di>  roriuc  li'ian;:iilairc  ayant  une  hase  (ouiuiiiiic  cl  (-ontrastani  ruiic 
a\cr  raiilrc:  r<'>  dciiv  it'',i;ions  >oiit  l'Iudc  du  siiil  cl  la  plaine  iiido-;:aiii;o- 
lii|uc  du  nord,  que  daii>  m'<  iiicuioircs  de  liéoj.'iapliie  (iarl  Hillcr  eouip;:- 
i.iil  à  la  pres<|irîlc  d'Italie  cl  aiiv  cainpa<rues  du  l'o.  eiitoun-e»  par  le  ri>ni- 
pail  deuii-eireiilaiic  des  Alpes.  A  maints  éiiards,  la  conliiruralion  des  lenvs 
dans  le  etuitincnl  il'Asie  e<l  ia|»pelc«'  par  le<  eonttuirs  de  rKiiro|M'.  riiaeuiie 
des  deux  parlie>- tlii  monde  se  di-eoupc  au  midi  eu  trois  péninxiile»  -e  n-— 
■«emidant  dune  manière  uciii-iale  par  ipielipics-iins  de  leurs  IraiK.  I.'liide 
e>l  rilaiie  asialitpie*.  Mais  tant  (pic  la  vraie  raison  de  ces  aualo<:ie^  loin- 
laine^  entre  les  tonnes  eontincutalcs  nous  reste  ineonnuc,  il  ^iiilil  de  K- 
^iunaler.  sans  \  elieirlier.  eomme  on  l'a  l'ait  souvent,  une  sorti-  de  eoriv?- 
poudanec  unsliipie  entre  les  diverses  parties  de  la  Terre. 

Le  triaiiiile  méridional  de  l'Inde,  dont  le»  tôles  se  ilévcloppeul  de  la 
timiclie  tie  la  Narli.ulali  à  celles  de  la  Malia  naildi,  est  la.  terre  liante,  celle 
de-»  luiMilaiiUCs  et  tics  plateaux  :  c'est  la  luoili»'  île  riliiiiloiislan  à  lai|uelle 
on  aurait  dû  laisser  spt'cialcnieiit  le  ni>ni  de  «  l'iMiiiisule  i>.  I.a  partie 
centrale  de  ce  territoire,  le  hekkan,  rancien  nekcliin  ou  hakcliina  |iallia. 
c'c»l-à-dire  le  Midi  nu  «  pays  ijui  se  trouve  à  main  droite  a  ijiianii  un 
regarde  roricnt,  est  une  ri'irioii  île  liaiileur  int'i:ale,  variant  en  moveiinc 
de  ÔIMI  à  lOlJO  mètres  d'altitude  et  s'iiiclinant  d'une  manière  uénérale  dan>- 


^ 
'# 


•  (".leiiioi\l>  Varkii.iiii.  .4  Manoir  on  tlw  Initiait  Suntijn. 
»  Caii  Riller.   Asici.. 

TUI. 


•J(!  M>i;vi;i,l,K  flI'iOCIIAMIIK  IMVK.ItSKM.K. 

le  sens  tic  l'on»'»*!  il  l'csl.  Le  l)*-kk:iii  coiisislc.  dinis  |)|'('s(|im'  loiilc  son  ('Icn- 
tliii',  l'ii  un  |)l:il(>:ui  de  ^Miciss  ri  «le  conrlirs  tU>  Ininsilion  (|iii  loiin:!  jiiilis 
nn  ^i'iin|if  |ii't's<|ut'  insnliiii**,  li)rs<|n(>  l'Indr  st'iilcnliioniilc  ('luit,  en  piiilic 
rtM'onvcrli'  |tiir  les  oiinx  de  rOmin.  Mais  ces  nssiscs  |)i't>nii('i'i>s  dn  llckkiin 
sonl  ri'vrlin's,  sur  un  ('s|iiin'  di-  plus  d(;  '((MIOIMI  kilonit'li'os  carros, 
—  iiulant  i|in'  lii  su|tt'i'litit'  de  lu  IViuicc,  —  |»;u'  des  (•((ult-cs  dt*  Irapps 
lKisidli<|U('s  d'une  glande  (''|taiss»'ur,  ayant  en  l'orlains  cnilntils  nuo  pnis- 
sanct;  de  |dnsi*>urs  ccnlaines  cl  uu'uw  dr  plus  d'un  inillirr  dt^  inèlics;  (;à 
«'I  là  sur  If  plateau  d(!  laves,  des  escarpeinouts  ravinés,  se  dressant  en 
eullines,  intliipienl  K^  talus  terminal  de  elieires  sorties  à  l'étal  liipiide  d(^ 
bourlies  d'éruption  depuis  lonjiteinps  (djlitérées.  C'est.  |K>ndanl  la  période 
nétaeée  et  jnsipie  dans  les  premiers  temps  des  ù<ivs  éoeènes  que  se  pro- 
duisirent ces  épaucliemenls  v(il(ani(pies  ;  mais  le  sol  dn  Dekknn  se  repose 
depuis  eelte  époque,  et,  l'alternauet^  des  pluies,  des  vents,  du  soh'il  et  des 
li'oidures,  aceom|)lissant  sou  oMivre  de  dérunlalion,  a  en  maints  endroits 
l'ait  disparaître  le  revèltMueul  des  laves,  (pii  jadis  occupaient  une  étendue 
lieauconp  plus  considérahK;  (|ue  de  nos  jours.  Kn  outre,  la  snrfaci^  des 
tra|»|>s  s'est  décomposét;  sous  riiilliienee  des  intempéries  et  translorméi^  en 
une  couche  de  latérite,  roche  (pii  ne  se  retrouve  pent-<'''tre,  en  dehors  de 
rilindoustan  et  de  l'Indo-dhine,  rpi'an  cap  de  llonne-Kspérauce  :  c'est  nue 
ar^iile  rerrujiiueuse  ayant  une  épaisseur  varialtle  de  1(1  à  (îO  mètres,  et  se 
prolonjieant  en  iuterminahles  plaines  firises  ou  rouijcàtres,  n^vètues  d'une 
niai>>re  vé;.^étation  ;  ses  rubans  de  ronilh;  lui  domieut  ri'éi|uemnuMit  l'aftpa- 
rencedu  jaspe;  ailleurs  on  dirait  des  laves.  L'eau  iU'  pluie  disparaît  aussitôt 
dans  les  pores  de  cette  roche,  et  la  tern!  snperlicielle,  d'ailleurs  très 
nuiice,  resl(!  toujmn's  altérét;.  Des  couches  é|)aisses  de  cette  rurmatiou, 
mêlées  à  des  débris  de  toute  espèce,  j^ravicrs  et  sabh^s,  ont  été  entraînées 
des  |ilateanx  (!t  portées  par  les  vents  et  les  pluies  dans  les  vallées  et  les  plaines 
inférieures;  jus(|u'au  bord  de  la  mer,  on  rencontre  de  ces  latérites  rema- 
niées par  les  va<;ues.  Klles  appartiennent  pour  la  plupart  à  une  époque 
récente,  et  probablement  il  s'en  l'orme  encore  de  nos  jours'. 

Sur  ses  trois  côtés,  le  plateau  trian<;idaire  du  Dekkan  est  limité  par  des 
chaînes  bordières.  La  plus  réjiulière  est  celle  des  (ihat  occidentales,  appelée 
aussi  monts  Sahyadri,  surtout  vers  son  extrémitt'^  du  n(U'd.  Interrompue  de 
tlistance  en  distance  jiar  des  brèches  et  même  de  larj^es  seuils,  les  (ihal 
lorment  tlans  leur  ensemble  uu(-  série  d(!  crêtes  parallèles  cuuianl  «le  l'ouest 
à  l'est  et  s'uuissanl  par  leur  rebord  occidental.  Du  littoral,  elles  apparais- 


'''M 


•ri 


Mi-(llicuU  :iiid  bliiiiCoiii,  Miiiiiuil  of  llw  GcoliKjtj  uflndia. 


i'i,.\Ti:\i   m   iiKKKAN.  i.ii\T  (icciiiKMM  i:s.  a7 

seul  cHiniiit!  iiiic  siiillic  ((iiilimii'  (htiil  les  jumiIcs  csciiriit'cs  se  indhin^riil 
|i;ii;illMi'innil   î\  l;i    cnlf   sur   un   fs|iii(('   (rnivintii    |."(MI  kiloiiit.-liH's,    des 

iionls  (Ir  la  Tii|tti  illl  cilli  (Idllinriii.  A  |»cillt!  ll 'Iinilc  lisiriv  <li>  r;:iii|iajiii('s 

unies,  rà  cl  là  (I('cu|m''('s  par  des  niaii-juls,  st'iian'-l-rllc  les  munis  cl  la 
mer;  c'csl.  la  tv'/um  des  «  ItiM'ijt's  »  ou  îles  Konkan.  V.w  «lurhiui's  cndniils, 
des  |»roui()nl(»ircs  à  paruis  alini|tl('s,  s'avanrani  n\  dclmix  di-  la  niasM-  du 
|dalt'au,  liaijiiiciil  leurs  éeneils  dans  les  eaux  t'-eunieuses  de  la  mer  d'Ara- 
l)ie.  Des  porls  ou  des  eriiines  du  rivajie,  on  apereoit  le>  ('•elianerures  des 
monts  Ideuàlres  par  les(pielles  les  voyafioiirs  peuvent  alleindre  le  versanl 
opposé;  les  terrasser  viudoyanles,  (pie  jiravisseni  en  eourlies  rapides  l<'s 
roules  cl  les  clieiiiins  de  l'er,  apparaissent  eomme  les  niarelies  en  reirail 
•l'un  <t  esralier  »  monnmenlal;  de  là  le  nom  de  yliol  diunu'  à  ces  nion- 
lajines.  Au-dessus  des  cols,  les  remparis  de  laves  se  lerminenl  par  des  saillies 
cireulaires,  Ibrleresses  iialiirelles  (pie  les  souverains  du  Dekkan  avaient 
hérissées  de  tours  et  rendues  ine.\puj;naldes. 

I,a  liauleur  moy(!iiiu^  des  (lliat  oceideiilales  est  d'envinm  l(MM)  mèlr(!s; 
UK^'ine  en  plusieurs  parties  (leleurdévelop|»eiiienl  elles  n'oiil  pas  la  moitié  de 
celle  élévation,  mais  (piel(pi(!s  cimes  dépassent  \UH)  mètres,  et  à  .",'»ll  kilo- 
mèlres  de  la  puiiilu  terminale,  la  cliainc  l)ordi(>re,  unie  à  d'aiilrt^s  cliai- 
iioiis,  se  redresse  pour  former  le  massii'de  jiiieiss  et  de  porphyre  (pie  l'on 
désijiiie,  comme  tant  d'autres  assemhlées  de  cimes,  du  nom  tie  Niljihiri  ou 
«  montagnes  lileuus  ».  Au  sud  de  c(;  «groupe,  dont  le  point  culminant  a  [dus 
de  ^(300  mîitres,  le  mur  des  (iliat  est  iiil(>rroinpii  soudain  par  une  lai^ze 
l)rèclie,  la  vallé(;  de  l'ai  gliat,  (|ui  semble  être  un  ancien  (hHroil,  et  (pie  do- 
mine au  midi  h;  massii'  le  plus  élevé  de  l'Iiuh^  proprement  dite,  l'Aiia- 
iiialah  ou  «  montagne  des  Khîjdiants  ».  L'Anamoudi  ou  le  <  Front  des 
Klé|»liaiits  »,  le  sommet  le  plus  haut  de  cette  région  montagneuse  pres(jue 
insulaire,  dépasse  d'une  trentaine  de  nn'itres  le  Dodahella  des  Nilfihiri; 
c'est  en  l(S5I  (pie  l'aujilais  Micliael,  envoyé  à  la  recherche  des  forèls  de  tek. 
d('!couvrit,  pour  ainsi  dire,  ce  beau  pays  d((  monlafiiies,  cette  «  Suiss(!  dravi- 
dienne  »,  dont  on  voyait  d(!  loin  les  souimets  de  gneiss  et  de  porphyre  se 
profiler  sur  le  fond  jdus  inii  .lieux  du  ci(!l,  mais  dont  une  zone  de  foivts 
marécageuses,  hantées  par  la  fièvre,  défend  les  aliords.  La  montagne 
des  Kléphants  .se  ramilic  au  sud-est  vers  Ceylan  par  la  chaîne  des  l'aliii, 
dont  l'attitude  dépasse  encore  deux  kilomètres,  et  s(!  continue  au  sud  par  la 
rangée  moins  élevée  à  hupielle  ses  productions  ont  valu  le  nom  de  «  mon- 
tagne d(,'s  Cardamomes  ».  C'est  la  chaîne  ipii  va  se  terminer  en  pente  douce 
au  Kamari  ou  cap  Comorin,  le  <.  promontoire  d(!  la  Vierge  »,  où  clia(|ue  an- 
née, comme  aux  temps  des  pnuuiers  navigateurs  grecs,  on  vient  encorts  en 


>iH 


\(trvi:i  II'!  <;f!(i(;ii\i'iiih;  rMVKiisii  i  k. 


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riiiMiiliMii'  (le  lii  tl(''('>*s»'  lliMir^ii,  si>  li;ii;iin'i' tliiii>  les  nndi»;  iiirliVs  ihs  deux 
nii'i's.  Tniilr  la  |)iii'lii'  iiM'i'iiliniiiili'  ilc  l'Iiiilt',  ail  siiil  ilc  la  luiclit'  ilt-  l'ai  ;;lial 
i-l  ili'  la  (laMM'i,  |M'iil-t''li'<'  t'oiisiilt'i'iv  iiiiiiiiir  un  inassil'  iiiil('-|iriMlaiil  :  un  lii- 
lail  <|iii'  la  iialiii')'  >'y  i  ><sji\)t'  à  ruriiicr  une  aiilir  ili>  ilt>  (ir^lan  |iai'  If  irlii'l'  i>l 
les  coiiIdiiis,  cl  n>lli>  ili>  iiirinc,  à  (Inni  liillarliir  an  ntiiliiii'iil  |)ai'  1rs  n-iii'ils 
(In  «  l'ont  (If  Itania  »,  a|)|iai'lii'iil  ^'     '    '<(|ii(>niciil  à  la  cliaini' des  (ilial. 

La  cliainc  lioidiiTc  des  (ilial  oi  ,i's  ne  ininnii'iii'c  iiiiaii  nord  de  la 

d(!|)r('ssi(Mi  on  s(>r|icnlciil  les  eaux  de  la  (iavcri.  (ioiniiic  les  Ijlial  occidin- 
lalcs,  celles  de  l'est  siii\i'nl  nue  direction  |iarall(>le  à  la  ci\le  voisine;  mais, 
siliii'>es  sur  li*  bas  versant  du  |ilatcaii,  (|ni  s'incline  d'une  niiinii'i'e  ^('m'iale 
dans  le  sens  de  l'oiiesl  à  l'es!,  elles  sont  moins  liantes  en  niov'iiiie  et  scjia- 
ives  en  de  iioinhreiiv  rra^ineiits  par  de  lar^ics  vallt-es  et  par  tes  (h'-lili-s 
dc"  l]en\es.  (In  peni  dire  ipie  les  lihiil  orientales,  d'une  cli'vation  moyiine 
de  .')t)il  ini-tres  M'iilemeiil,  se  composent  de  niassil's  et  de  cliaiiions  distincts, 
simples  reliords  e\l('>rieiirs  du  ilekkan.  An  sud,  le  premier  de  ces  luassil's 
e'<l  celui  de  Cliivaraï,  ipii  domiiK'  les  campagnes  basses  de  l'oiidicherry  : 
an  nord,  la  snccessioii  des  raii<;(''es  sit  termine  dans  l'Oiissa  par  un  <^i'onpe 
(lit  des  Nil  ^liit'i  on  des  «  inonta^nos  Itlenes  »  comme  celui  de  l'iiidi'  ini'-- 
l'iilionale,  mais  de  liantenr  deux  l'i  noindre.  Les  saillies  (pii  dmiiinent. 
le  plateau  se  raltaclient  diverseiiK'ii  'iimita^nes  dn   littoral,  et  l'ormeiil 

(;à  et  là  des  laliyrintlies  de  vallirs,  (pu  insipi'à  ces  derniers  temps  (îtaienl 
ivpnti's  inaccessildes. 

La  limite  seplentrionaliMles  hantes  teires  dn  Ilekkan  n'est  pas  indiipi('>e 
simplement  pai-  une  cliaine  liordi("'re  :  deux  ran<{('es  extihienres  de  mon- 
ta^^nes  et  pinsienrs  groupes  de  sommets,  pareils  aux  ouvra<j(>s  avamrs  d'une 
l'orleresse,  constilneiit.  cette  zone  de  s('paratioii  entre  les  plateaux  du  sud  et 
les  plaines  dn  nord  de  l'Inde.  La  cliaine  itordi(>re  proprement  dite  est  celle 
(pii  se  proloii^ic  de  l'oiiesl  à  l'est,  an  sud  d(!  la  valli'c  de  la  Tapti  :  son 
point  cnlininanl,  vers  le  centre  ^(''o^raplnipii;  de  la  IV-ninsnle,  est  dans  le 
massir  de  Maliadeo  on  dn  «  (iraiid  llien  ».  lue  cliaine  paralK'de  court 
entre  la  Tapti  (■!  la  Narhadali  :  c'est  la  i'aiif^('>e  de  Salponra,  dont  la  partit* 
occidentale,  d'oriptine  entièrement  ('iiiptive,  va  coiil'ondre  à  l'est  ses 
aièles  (l((  roches  iiK'Iamorphiipies  avec  le  plateau  raviiu''  des  l'rovinces 
Centrales;  piMdonjii'c  vers  les  plaines  (\\\  (laii^c,  elle  se  lermine  par  les 
('(dlines  hasalliipies  de  lladimahal,  couverts  coinine  une  partie  dn  ilekkan 
d'un  manteau  de  lal('M'ite,  et  par  la  monta<ine  sacive  de  l'arasiiath.  tlelte 
limite  naturelle  dn  plateau  est  en  miMiie  temps  niii>  l'roiiti('>r(!  ellinolo<^iipie  : 
au  nord,  s'ariètenl  les  populations  de  lan^U(>s  aryeiiiii>s,  tandis  ipTan 
sud  de    la    /.one    monlafiiiense,     hordée   d'une    lisi('re   de  jongles   nial- 


>« 


3 


if 


ClIVr  itlilKMU.K.S.    \SS\M,   M(»M^    \ll\\\l.l.l. 


3l> 


''itilir-    cl    |ii'il     IkiImIit^,    sivriil    |iiil'l()ill    ih's    |iii|)iiliilinii»    «li'iividii'lltM's  '. 
I  'l'MiiiH'ii  lie  lii  r;irli>   ne  |iri'iitcl  |)iis  lie  iloiilcr  (|iii<  lu  cliiiiiif  |iiii'iliri'(> 


>'    7.    —     UTITIIIX    IlIvril'M    llM    IlIKIltM    If    IIM    i;ilVT. 


r.„^p 


C. Perron 


so)  U\. 


(lu  |tliilciui  |)(''iiiiisulaii('  tic  I'IikIc  ne  so  coiiliiinàt  jadis  à  roricnl  vers  les 
iiioiits  (Jano  cl  les  autres  luassils  <|iii  liiiiitciit  à  l'est  la  valh'-e  du  lirali- 

'  licnrgt'  Cainplicll.  Miltheilniiiicii  von  l'deniiiiiiii.  I8(I.S,  ii°  I. 


30 


NOUVKI.I.i:   CKOCUAI'IIIK   l'M VKliSKI.I.K. 


m;ipoutra  :  ("vidoniiiKMil  les  deux  llciivcs,  Ciiijjr  et  lir.ilmi.ipoiilrn,  mil  liiil 
It'iif  pcrm'  par  (|ii('l(HM'  lissuiv  de  l'-iiciciiiic  chiiin.'  cl  l'ont  (|»>hliiy(V  peu 
à  peu  pour  en  porter  |(.s  th-hris  dans  le  -(die  du  rH-n-ialc  :  la  lirèclic  (pii 
iiilcrronij»!  inainicnaiil,  les  dcnv  Iraiinicnts  st''par(''>  n'a  pas  niuins  de  l'dll 
kiloiiièlrcs  de  laijic  D'ailleurs,  la  cliaiuc  de  i'Assain  int'ridional.  <pii  se 
d(''V('!op|)c  de  J'oucsL  à  l'csl  cl  an  noi'd-csl,  paralhMcnicnl  an\  aivlcs  de  l'Hi- 
malaya orit'iilal,  se  irouvi'  aussi  en  i'ap|ioil  lit'olouiipic  ;i\('c  ces  nionis  cl 
rappelle  par  sa  rurniaiion  les  cliaiiics  avancées  (|ui,  dans  les  |H(ivinees  dn 
nord-onesj,  limilcnl.  les  has  plateaux  situés  à  ia  hase  des  ni(»nlaiines  nei- 
geuses, (loninie  ces  hauleurs,  celles  de  l'Assani  s<' ((tinposcnl  en  lirandt;  par- 
lie  de  jirès  lerliairc  cl  de  calcaire  nuniniulili(pie  reposant  sur  des  lornia- 
tions  plus  anciennes'.  Lenrallitude  moyenne  est  de  l'JOil  à  l.'jOd  mèlres, 
el  le  pic  suprême,  le  Cliilloui;.  s'c'lève  à  ]!>(;■_)  nièires.  Les  diverses  partie^ 
du  remparl  m(inla}.;neux,  «pii  va  rejoindre  à  l'esl  les  crèles  de  la  IVonlièiv 
Itarmane,  sont  désij-iiées  d'apiès  les  Iriliiis  ipii  |-'s  lialiiteni  :  ce  sont  les 
monis  (larro,  Kliasi,  Mjaïnlia.  Catcliai',  .Na.ua.  Les  An.ulais  leur  donnent 
rii'cpiemment.  le  nom  (VAssdni  Itills. 

An  nord  de  la  Narbadali.  tpie  l'on  considère  (luchpiejois  comme  la  liiiue  de 
séparation  des  deux  moitiés  de  l'Inde,  d'autres  chaînes,  (pie   l'on  désigne 
phis   spécialemeni   sons  h;  nom  de  monts  Vindhya,  allrihué  aussi,  d'mie 
manière    <>énérale.  par    les  anciens   poètes,  à   l'ensendde  du   diaphra.unie 
monlafintiuv  de  l'Inde,  se  dirij;ent  des  rivaacs  occiden'aux  de  la  IN-ninsule 
vers  les  |»lainesde  la  Itjanma;  mais  elles  ne  lormeiil  point  dans  leur  ensem- 
l)i'  de  IVontière  ■;éojiraplii(pie  :  aiUMine  de  leurs  cimes  ne  dépasse  de   I.Ml 
luètivs  le  niveau  des  terres  avoisinanles.  A  rexlré'milé-  occidentale  des  Vin- 
dhya, un  massil"  avancé',  celui  des  monts  liadjpoutes,  projette  dans  la  direc- 
tion du  nord-esi  la  chaîne  rocheuse  des  Aravalli,  tandis  cpruiie  cime  presipie 
isolée,  Iti  mont  Ahou,  couronné  par  tpiehpies-nns  des  sanctnaiies  les  |ilus 
célèhres  de  rilindoustan,  s'élève  au-dessus  des  plaines  déseiles  (pii  s'i'len- 
denl  au  loin  veis  l'Indns.  Les  collines  de  la  péninside  de  (i,.ud/erat  peuvent 
être  aussi  considé-rées  comme  appartenant,  au  systènn;  des  Vindliva.  IVes- 
(|ue  toutes  les  roches  île  la  partie  médiane  de    l'Imle  sont    l'orl  anciennes, 
et  ce  sont   elles  (pii  reidérmenl   les  couches  carlioniières  les  plus   iuipoi- 
lanles,  ainsi  <|ue  les  plus  riches  oisenienis  de  nii'laux.   Hans  h' uroiipe  des 
monia-iiies  de  Tallchir,  entre  Orissa  l't  les  Provinces  Centrales,  les  u.'.olo- 
^ues  ont    ohservé    <les   ai'iiiles  d'origine    i'Jaciaire  et    des    roches   striirs 
el    p(dies:    c'est     un    exemple    de    plus   ajouh'    ;'i    cenv    (pii    ténioi-nent 


'  .Moillitiill  :     -  (ioihMii  \n>Wu,  .hmrnJ  uf  llic  Ccuijniiihiad  Swlii  ni  ImikLil  IST.' 


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■? 


Nonif  i:t  midi  im:  i/iiindiiistan.  33 

(K;  r('\ist('nc(!  d'uni'  pôriodi!  tlo  .ulaco  dans  les  conlin's  de  la  /(int>  Iropicalt! 
siliu'fs  à  une  laiMc  (•It'-valmn  aii-dossus  de  la  mer.  La  ivssiMnlilancc  t|U(* 
idi'scnh'nl  la  lloiv  lossilc  des  conilu's  caihitnilV'rt's  di;  l'Inde  in(''i'idiiin:i'lt' cl 
(•('Ile  de  l'AnsIriiiic  ne  pt-rnict  |ias  non  plus  de  douh'r  (pic  ces  it-rii's,  niain- 
It'tiani  ('Idijitu'cs  l'une  de  l'antiv  de  près  de  UIIOII  kilomèlres,  n'aieiil  liiil 
aulicl'ois  partie  d'un  même  cdiilinenl  '. 

La  "irande  plaine  Iriaii^iulaiie  du  in»rd,  l'orniée  jiar  les  deux  bassins  inl'é- 
rieuis  du  (ianuiî  el.  (I(î  l'Indus  el.  pai'  les  espaces  inlerniédiaires,  occupe 
une  lariiciu"  d'environ  'iiOO  kilomèlres,  éjiale  à  la  distance  dt(  l'aris  à  Mos- 
cou :  c'est  la  contrée  à  la«|uclle  les  l'ersans  avaient  donné  spécialement  le 


(uii'i:   rhiNsvEUSW.E  m:  i.  iMit  pk.mn<i niiiK  *i'  Miiiii  du  iif.kkvn. 


Les  hauteurs  sont  c'itu\  fois  |)lus  çnnJcs  en  proporlicn  quj  Us  longueurs. 


C  Serrer 


nom  d'IIindonslan,  désiiiiiation  (|ni  s'applique  maintenant  à  l'onsemlde  de 
la  Péninsule,  (lelte  région,  <|noi(pie  moins  étendue  (|ue  celle  des  phiteaux  el 
des  montagnes  du  midi,  el  ipioi(|ue  occupé-e  l'n  partie,  entre  les  monts 
Aravalii  et  l'Indus,  par  des  espaces  arides  complètement  inliahités,  est  de 
beaucoup  la  plus  populeuse  des  deux  moiliés  de  l'Inde;  :  I  (ÎO  millions  d'Iiabi- 
laiils  se  pressent  dans  les  cam|>a,i;nes  arrosées  de  la  |tlaine,  tandis  (|ue  le 
Dekkan  el  ses  (k'-pendances  jiV'ourapliiipies  ne  sont  peuplés  (|ue  d'une  cen- 
laiiie  di!  ndllions  d'Iiomnnts.  l'ar  l'elTel  du  contraste  (jue  présenlenl  les  deuv 
lésions,  riiisloire  des  populations  a  dû  suivre  de  pari  el  d'autre  un  couis 
loul  dii'H'rent.  Le  bassin  du  nord,  nivelé  et  fertilisé  par  les  rivières  (|ui  le 
|)arcourent,  est  devenu  nalurellemenl  le  j-rand  loyer  d'ap|»cl  pour  les 
nati(ms  environnantes.  Les  aj^ricullems  se  pressenl  dans  ces  canipajiiu's  11'- 


i\ 


«  Henry  Blniifoitl,  Qimkrlij  Journal  of  lue  Gculoiik-nl  Svciclij,  iiuv.  I,  js" 

VIII. 


fi:iî 

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r.t 


NOIIVKI.I.K   (ifidiil!  M'IIIK   IMVKIiSKI.I.i:. 


Iitn- 


CDiidiis;  fie  iiimiliitMiscs  ville»  de  lUiiiclK'.  <li-«  iriilio  ilc  cMiiiim'rcc  s'y  l'i 
il('i'ciil.  riiiiliisli'ic  s'y  ili'>v(>lo|)|i;i  i-ii|iiilfiiii>iil.  ht  <-ivilisiili(>ii  y  nccDinpIil 
SCS  iiit'ivcillcs.  Mais  c'est  là  aussi  qui'  île»  iii\ii>i(iiis  Miccessives  ameiièrciil 
les  plus  violeiils  coiillils  et  «|iie  se  rciioiivclcrciil  le  plus  ric(jiiciiiiiieiil  l(S 
races.  Vasli^  bassin  eiitoiiii'  île  lnii>.  Ie>  kiIi-^  par-  île-  n'-uions  plus  élcvccs,  la 
plaine  iiulo-^anuétitpie  l'-tail  expo-i'e  iraxaiue,  cmiiine  l'Ilalie  ilii  iinid, 
aux  incursions  île  tiins  ses  voisins.  A  roue-l.  le-  M^lians,  et  nièine  îles 
envaiiisseurs  venus  ilc  par  ilelà  riiiniliiu-kourli.  trouvaient  des  portes 
larjicinent  ouvertes  pour  descendre  \er>  ce»  riche- lauipajines  et  ces  villes 
sonipliieiises  ipii  se  reniplisseiit  de  lré<or>  |M'nilaiil  la  moindre  jtériodc  de 
paix;  au  nord,  les  populations  liuerrière-  de-  nionlaiiucs  n'i-taient  si'pa- 
d'cs  des  cidlivateius  de  la  plaine  ipie  par  une  «'Iroile  /une  niaicca- 
j;euse;à  l'est  aussi,  les  Irilius  sauvai;e-de- muiilMi'uii  -'éiliappe  le  liraluna- 
poutra  voyaient  devant  eux  de-  ilieniin-  l'acile-  |iour  leurs  expéditions  de 
pillaj^e.  hiiraiit  des  siècle-,  le-  incur-ion-  -e  lenoiivelaient  incessaninieul, 
tantôt  sur  un  point,  tantr»!  sur  un  autre,  et  parl'oi- i-e-  visites  années  de- 
venaient de  vérilaldes  migrations,  (l'e-t  nin-i  ipie.  pendant  le  cours  de  l'Iiis- 
loire,  la  masse  de  la  population  ne  ce— a  de  cliani;er  dans  les  plaines  de 
rindus  et  du  (la nue.  Les  ancienne-  race-,  le- langues  d'aulrclois  ne  se  re- 
li'ouvenl  plus  dans  ces  pays  si  souvent  r.ivaiîés  pai'  le  l'eu  et  par  le  ter, 
tandis  ipie  les  plateaux  et  les  valli'-e-  rore-lière- de  l'Inde  méridionale  ont 
pu  garder  pure  de  midan^e  mainte  peuplade  ayant  encore  la  même  ap- 
parence physique,  le  même  lanuaue,  le-  même-  lontumes  ipi'il  v  a  deux 
ou  ti'ois  mille  aniii'i  s;  mais  ces  peuplade- devaient  e— aimer  quand  leurs 
ruches  i-laienl  trop  pleine-,  et  de  quel  nUi-  -e  dniiicaienl  surtout  leurs 
i''mi,urants,  guerriers  ou  pacilique-,  -i  ce  n'e-l  ver-  le-  hellcs  cités  de  la 
plaine  dont  ils  vovaient  resplendir  le-  rou|Mde-  duri'c-!'  A  ci-t  éj;ard,  on 
remarque  dans  la  péninsule  de  l'Inde  un  rniilra-le  analogue  à  celui  ipie 
présente  la  Irance,  dailleur-  en  proportion-  hien  moindres.  Les  deux 
contnrs  ont  au  nord  leur  loyer  d'appel,  au  -ud  leur  centre  de  disper- 
sion. Mais  le»  émifirants  des  plateaux  et  de-  montagne-  ne  descen- 
dirent pas  seulement  vers  le-  plaine-  du  nord,  il-  -e  portèrent  aus-i 
sur  le  pourloui'  même  de  la  l'i'-nin-ule.  le  luni;  des  ciites  de  (ioro- 
niandel  et  de  Malahar.  Des  réuions  jdii-  idevi-e-  de  rinlérieiu',  la  popu- 
lation au^nienle  ^raduelliMuent  vi-r-  le  lillural  .  où  se  -uccèdent  les 
villes  et  les  villages,  entonri'îs  de  verdine.  Il  e-l  tout  natmel  aussi  que 
dans  l'Inde  méridionale  le-  campaL'iie-  mililaire-,  le-  déplacement» 
de  peuples,  le-  rormalions  d'Ktat-,  e'e-l-à-ilire  le  mouvement  histo- 
rique, 'aient    eu    poiu'  tli(''àtre    priiici|)al   le    vei-ani    qui   s'iin  line  vers   le 


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{•uj'ii.M  ii"\s  |pi:  i.'iiimkii  V  i  ,\.  iini\i.\',A.  ."là 

•ji)\\\'  ilii   l!ciiL:iil<',  tiii-  ••■.-I   <l:iii-  n'  ■.l'ii-  i|iif  >";illtiiii;L'nl  lo>  \\'i\U'^,  *\nc 
>'(iiiviiiit  II-  hiriif-  viilltr-  <•!  <|in'  nmli-iil  l<-  IIlmim-. 


l.'Ilim,iliiv;i.  (|iii'  l'iiii  «uii-iili'Ti'  liniliii-  «-'iiiiiif  iim-  imrlic  de  l'IliiH 
ilon-l;iii.  i'»!  l'ii  iciililé  un  iiininl.- ;i  |i;iil,  iii.li<-ii  |i.ii-  si  liii-c.  |ntr  sa  \ô\ic,- 
laliiiii.  |i;ii-  M»ii  rliiiial.  |iar  li--.  Ili-iivc-  i|iii  -'i-ii  r-|iaii(liciil.  lilu-laiii  par 
i  r-iiniiiic  |iinli!!i(''iaiicc  Inirslif  iliMil  il  liiiiiir  le  irliniil  iiiL'iitliitiial.  Mais 
cC-l  aii--i  II'  nniiiiii.t^i'iiK'ii'  ilii  lailr  ilc  I  A-n-.  !.<'  iiniii  iji-  <-  loil  ilii  iiniiiili'  », 
i|ii('  l'iiii  .i|i|ilii|iii-  irunliiiin-  :iii  -l'iil  l'.iiiiii-.  ii|i|iai-liciil  m  n'Mlih-  j'i  tons 
II"-  iihiliMiix  ri  à  Imili'-  Ir-  nvli'- i|iii  >ti-(-ii|N-iil  l<-  o-iilir  ilii  loiiliiiriil ,  (l(> 
riliiiiliiii-kiiiirli  aux  M|m">  <lii  Si-lrliuiii-n.  •■!  ilii  Tliiaii-rliiiii  ;iii\  iiiiiiila^iifs 
■  II'  I  A-'^aili.  l!r-  aivli's  <lr  si-|iai'ali>iii.  avant  nii  ili''Vr|ii|i|ii'iiirlit  liilal  ilc 
|i|ii-i(>iii--  niillicr-  de  kiliiini>li'i->.  liuiiii-iil.  |Hiiir  aiii-i  iliic,  nn  i-unliiiciit 
iliviincl.  >ii|)crj!n-t''  à  ti'liii  ilr  TA-ir  inrrrjfiiir.  !.<•*  L'iamli'-  ilivisimis 
liii  iliiiialr-  smit  naliircllniifiil  «i-llr-  i|iir  ilr— iiuiil  Iciiis  |pnisvaiili's 
ma-- r-.  An  iinril-inu-l.  Ir  lia— in  ilf  rVinmi  ruiiiiiii-iKr  la  va-lr  il(''|iirs- 
-imi  ili-  lA-ir  rn--r:  an  nmil-r-l.  Ir-  ilt'-ril-  <ln  lariiii  -c  ruiitinni'iil  par 
II-  lia-  plalraii\  «Ir  la  Miiiii;i)lif  l'I  Ir-  plaiiir-  ilr  la  l!liiiic;  au  siuj-tnk'sl, 
riliiiil<>n-l\iiiirli  alnili'  rAri^liaiii-laii  i-l  la  l*i-r-i-.  lainli-  ipi'an  -ml  ri  an  snil- 
iiiii'-l  -  iiuMviil  Ir-  lia--in-  pinrinul-  ilr  rimlu-il  ilii  liaiiL'f. 

|li>  liiiilt'-  i-i'-  partir-  ilii  lailr  raiiiilii-  ili-  IV-ii-.  Ir  plu-  i'-li-M-.  -inmi  par 
!'i  ii-riiilili'  (Ir  -a  ma— 1'.  ilii  iiioiii-  par  li-  -aillir-  -i:pi'i-mi--  ilc  -a  nrlc.  c-l 
prolialiltiiK'iil  rilimalaya,  mai-  il  n'i--!  pa-  iiudh'  pu— iMc  ilr  -i-  piiininirrr 
avi'i-  rcriiinili'.  pni-ipir  Ir-  poiiil-  (nlminanl-  ilii  plateau  lili('-laiii  ri  iln 
Silrlmurn  nniilnilal,  cl  inr-iiu- m  partit- iru\  du  Tiaii— llimalava.  alli-ii- 
di'iil  un  i'\|i|iiialrnr  ipii  li--  iin'-nii-.  An  rniniiiriii-i-iiiriil  du  -iril;'.  Ic- 
Aiiulai-.  \ii\aiil  II'-  liaul-  -mninrl-  iiri:;i-u\  dr  riliinalaxa  -i-  dii'-si'r 
an-di— us  di'-  plaint'-  dn  (iaii;;i'.  ii^nniaiciit  fiiiiiir  riiiipurtancc  ri'lalivr 
i|r  iT-  iiiiinf-  dan-  If  irlii'l'  |ilaiir>laiiv:  dt-piii- rcvploraliini  df  lî(in;;uri  ri 
di-  la  (juidamini-  dan-  li'-  Andi'-  t'ipLitoiiali'-.  mi  «uii-idi'rail  Ir  (!li:ni- 
l)iira/ii  riimnir  li-  ui'anl  di-  iiinnlai^nc-  du  -jinlir.  ipi<<iipio  ri'Itr  mi.ntaiiiK' 
n'ait  pa-  iiH'inc  dniil  à  la  pn-rMiiini-iirc  dan-  le  rniiiiiii-nl  -nd-ami'ri- 
cain.  tirpriidaiit  William  .Imn'-.  m  I  "Ni.  i''ni\anl  .'ii  iiii'-iiiuirc  qui  lui  pii- 
Idii-  -i-iili'iiiriil  \ini:l  anm-i-  apiv-.  r-iiirtlait  rupiiiinii  ipit>  |i>-  iiiniits  de 
rilimalasa  -mil  "  li'-  pin-  liaiil-  ih-  la  iniv  .  Kn  |Mi"i.  Tiawlnnl.  le  prc- 
iiiii-r.  nic-nra  ipiclipn  — nu-  dr-  rnln— r-  ipii  iliiinini'iil  |i-  valli'-c-  dn  .Wpal 
ri  II'-  -ii;iiala  aii\  L:i'i>,i;rapli('-  nniimi'  Mi-ii  -ii|K.'rii'iii-  an\  \iidi-.  mai-  il 
Iruiix.i  i\i'^  riiiili.iiliilcni-  parmi  -t-  nnupaliiolL'-:  -mi  jumiial  de  Mivajio 


'.■■■.  {; 


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30  MUVKI.I.K   ilÉiHiliM'IllK   IM  V  KI'.SKI.I.i:. 

-.■.•Iitiil  iH-nlii,  l;i  i|in'<lioii  in'  lui  .iriiiiiliM-iiifiil  ivsi.liic  qnVn  riiniK-c  iSi.*», 
|orsi|iic.  «...Ils  h  .liivflioiMl".\inliv\v\V;ni.-li.  «•  lit  le  Ifv»'  lii-;<.iioin(''lri(|m'  (!<• 
I"lliiii;ila\a  octiilt-niiil  ri  «le- inoiilai^iif-  .lu  Sikkim'.  Waiiuli  <■<!  «cliii  <|iii 
ivciiimiil  fi  mi'Miia,  ^iir  la   rnuilii'ii-  (•ninimiiif  du  Tilu-I  cl  du    .NV|>al,    »•• 

iiiDiil   «   l'iavniiiiani  «.If  <ia isiiikar.  dont  Ir  Mtmmrl  -Vl' u-  le  |»lus  aii- 

d.-Mis  lie  la  -m  liKc  di-  inn-.  -nil  à  |nv-  '••  kilniiit-lrc».  dfii\  lois  la  liaii- 
liMirdii  ni.iiil  li.iM-:  .'.-.l  aussi  à  un.'  luoroiidciir  d.-  |nvs  de  !>  kiloiiit-livs 
.|ii'a  rit-  dtVoiiv.Tt  par  le  ïuscnroni.  au  larm-  dc^^  côlis  oriculali's  du  .la|M)n, 


^.  ,.  iivirEiR  iiiiirvRtE  DE  giELoii;*  lrimies  montagnes  du  hosde. 


il.  Eliia. 

10.  III)III|K 

11.  l'iiy  lie  I»yni(.'. 


le  plu-  liiaud  aldun'  iin-anlipic  mnnu  .jusf|n'à  uiainlouanl:  l'éfail  lolal  des 
-aillir-  h-nr-liv-.  rnliv  1."  poiiil  tiiluiiuanl  do  l'Asie  .'I  le  civux  I.'  plus 
pioloMt!  di'  M",  nifi-s.  f-l  d'riiviiim  17  kijdnu'-livs  cl  demi'.  Ce  sont  là,  icla- 
lixiMucul  à  la  idaiiMr.  des  im-alil.'--  pai  raiicnii'nl  aiipiVrialdi-^-;  la  saillie  du 
r.K.uiisiukar  ivpré-eiile  envinni  la  T'id'  partie  du  ravnu  leiieslie. 

Au  uiilieu  de-  appellali.iu-  sm-ciile-  .•!  lil.élaines  tpie  piuleul  les  diveis 
vMuniel-de   riliuiala\a.  ee  umu  auulais  d'Kv.'rosl.  (iii.'  Vau-li  donna,  eu 


•  (;ll■llll■lll^  M.iiklKim,  t  iiifiifiir  O'i  Ihr  Inihoii  S(/nv//.<. 

-  Mlilml.'  ilii   ll.imiii>.ink;ir 

Lieux  ilu  TuM.iitir.1 

Kiiiil 


S  8 10  iUL'Iii's; 

8  :û:,     )- 


17  Hô  inities. 


F;\I'l.n|;\||n>   |i|:    |.-||l  M  \l,.\  \  \. 


•tl 


v  isi:., 

■i(|iic  (le 
('lui  )|iii 

'|lill,      (T 

plus  iUl- 
hl   IlilU- 

iiiiii'lro 
Il  .hi|i(iii, 


-.8000- 
7030- 
60CC' 
5000" 
4000^ 
5000- 

:ooù" 

1000- 
_J    0" 


iii.-iH'»in-  ilr  -4(11  luxsli'Cf— iiir.  ;iii  «  liiiyoniiniil  »,  |i;iiiiil  lii/;iiii'  il  iiH'int- 
i-iiiH|iiaiil  :  mai-  ii'i-«t-il  |t;i-  jii-lc  <|iic  l:i  |>;iit  tltTisivc  |iii>t'  |i;ir  la  -«ifiio- 
i>iin>|iiV-niii' fl.-iii-  rii-uMf  (rt'\|iiiiiiili()ii  des  liidc^  se  rclniuvf  i|iioli|i;f  |mii 
ijail-  l;i  n.iiiii-iirl.iliiiv  V"'""'"i|'l'i'l"'' '''  '|"  '""'  i'I'l"'""''""  ''l";"'-'"'  ''•'m- 
;ila«v  If-  |i-lln--  <•!  If-  «liinir-  ijoiil  le-  iii^r-iiifiii»  lii|ii»^;iii|ilic-.  ii;ii.>iari»-  «li- 
iiiiiu>  iiiiliri-ii«>. «iuiciil  -<•  •«.•i\ii'  (l'alHinl'.'  Ouiiit|iir  U's  lliiiili>ii-  :iiriit  miar- 
iii'iueiil  i-uiiiiii  Imu-  I'-  liiaiiil-  iiia--!!'-  •|iii  se  ii'(lr<'--i'iil  -ur  If  l><inl  incri- 


—  im  iiv.iim  Nf    i.t  -  iiiMiiii^  >\iNri:>   \rTiiim  lu:  i.  anhut.i. 


ÉTior-*  ■*^jaiit'..iï  âulKai 


•Iu'ImI  iIii  |i|nUMU  lilK-laiii.  i|iiiii)|iril-  les  aiciil  iliaiilc-  dan-  Iciii-  |»h  in>  -. 
iV-l«'*l»n--  «laii-  Ifin-  |iiii'ii'-,  cl  (juils  aiciil  ('iiiiinr-it''  le-  iiiillin- df  i:«''nii- 
i|iii  ii>iiiliilliiiiiu-iil  auloiii- d'ciiv  dan-  la  liiniirif  du  malin,  il-  m'  -•■inl>i>-iit 
jKi-  :n"ir  t-ii  l'idiv  |uvti-<'  di-  la  vriilaldc  ioriuf  de  rilimalaxa:  al>iiii«> 
•laii-  r.ii|iiniti<>ii.  il-  m-  |Hinvaiciil  iintlancr  le  ciillt'  |iar  dr»  t>l>-oivation- 
rii;«»ui\'H-4--.  il  «•-!  dilliciit'  d'idciililicr  les  divciM's  nmiila^nf-  dont  lf> 
liKiii-  -<•  livnivfiil  «lii'/  le-  aiiricn-  aiilciii-.  cl  loiil  à  l'ail  iiii|)0— ii>l«'  île 
faiix' rMiiifiiliT  leur-  di-ii  i|>lii»ii-  avec  le  vôiilaMc  ii'lii'l' ilf  la  ri»iili»V.  car 
il-  rliiTt-liaifiil  à  ivliituxcr  |iai'ti)ul  une  syniôtiic  de  liti'iuf-  i|iii  nC-t  |m>iiiI 


:  i 


38  MHVKI.I.K  <iK>M,|î\M||K   IM\  KIIM  I.I.K. 

iliiii»  riurliilirluii- i|i'>  inunl.i'jiu'o  cl  ICliiilcnifiil  ilc^  \;ill(v«-.  Toiilcrui-  il 
rsl  (.Trlaiii  i|ii<>  |Hiiii-  rii\  le-  |ii'iii(-i|iaii\  iiiax-il'^  dt-  rilitiiala\ii  ii  r-laitiil 
|ta<  ffiiv  aii\<|iifU  h-"  <'\|>liiialfiir^  iinnli'iiu-.  ilniiiiciil  li'  |iri'initM'  laiii:. 
IK-  im'-mi'  i|iu'  lt'>  xKvaLii'iii-  du  niil.i'  ili-  rKnin|;c.  ^iiixaiil  h'-  coiiix 
•  li's  ^•i-anilf>  liviôii'-.  lîliiii.  liln'uii',  IV-Nin,  ^t-  \ii\aiciil.  |Hiiif  aiii^i  iliir, 
uuidi'^  M-i^  II-  i:|-<>ii|M-  cciiliai  du  Sailit-dolliaid.  i-l  le  |i|-riiait>iil  iialilirl- 
IfiiiiMil  |>iiiir  |i>  raili- du  miiliiiriil.  de  iiiriiir  ir^  |it'lri'ins  di- l'Inde,  rrnioii 
laiil  II-  l'Mui'^  di'  Icni'^  llru\c>-.  Sindlmu,  Sallnlj,  lljaiuiia,  faillie,  cl  Mixaiil 
>-f  dii'x^i'i-  de»  uii)iil->  marci'^^ildc-  l'iiliv  li-s  ^(lU^t•es  di*  cc^  ii»niaiil>  ■•aciV"^, 
^'Muai:iiirii'iil  i|Ui'  là  ^n-m'aii'iil  li-^  dieux  •'•li-incU,  i-iinli'in|daiil  Ic^  aliiuio 
du  iiiondt-:  ("e-i  là  ipn-  ^'i'Iôm'IiI  le  Mi'inu.  «  uninlaunc  d'ur  >.  cl  le  Siiii^;;!- 
Viil  <•  rcvclu  de  liiu^  Icv  uielauv  ».  le  KaMa^  »  ii unie  de  |iicireiie-  «.  le  Nila 
<  lail  de  la|ii^-la/uli  ».  I.e^  Ic^cndc^  relali\e<  à  celle  ((iiiliiv  nn-lciicuvc 
devinienl  |tlu»  utiinlncu-c^  île  ^iècli'  eu  «-ièele  cl  Inule  rcalili'  iliiil  |iaidi>- 
[laiailic  ~iiu-  le  li-^u  de^  laMi'^.  (.'e^l  aihoi  (|u'au  -e|ilièinc  siècle.  Iiii»i|ue 
le  |iélci  in  eliiuiii->  IliiMien-lloani:  paicourail  riliiidnu^lan.  le  nioni  Ancnula 
iMi  Souuiilitu.  I  "c^l-it-due  le  uiiMil  iiMuic  de  <|uali  ■e^•lll•^e>>  |iit''iieu-c^  ». 
0*1  ic|>ri''M'nle  comuic  *"a|i|iu\anl  *îir  une  niue  d'ui-  el  liai;.;ué  pai  le- 
iMU\  d'une  va-le  niei.  he  -e-  llaiie-  -'elaure  «.  l'iuinuu'lel  Mcéan  »  di\i-e 
en  »|ualre  livièie-  -ainle-  i|ui  lnuruoienl  en  de>  valli-e-  iiineenli'ii|ue< 
|iiiur  if-ler  liini;leni|>-  |iiè-  de  la  iniuilaiiiie  mère  :  re  -uni  le-  le-le-  de- 
-illnii*  liaei-  |iai'  la  eliaiiiie  de- dieux    . 

l'ai'un  -enliuieiil  naturel  de  \eneralion  |iiiur  luul  ce  i|ui  n'a  |iiiinl  d'eijal. 
eeiix  i|ui  eouleui|ilenl  l'Iliuialaxa  -nul  di-pn-i'--  d'avanie  à  lii-uiii'  d'adiuiia- 
linii  dexaul  riiir<>iu|iaralde  iieaul*-  de-  cime-  «''clalanle-.  |>ar  ilelà  le— 
i|uclle-  ^'elcndcnl  le*  morne-  |ilaleau\  du  liliel.  Mai-,  lu— enl-clle-  iu- 
rericmc-  eu  alliludc  aux  \n<le-  nu  au  (iauca-c.  le-  uinnla^ues  du  laile  de 
r\-ie  n'en  iitlriiaienl  |>:i-  mnin-  un  de-  laldeaux  le-  |du-  im|i(i-aul-  de  la 
Terre  |iar  la  nnillilude  el  la  l'nrnie  -ujierlie  de-  -nmmel-.  i|ui-  l'un  aper- 
i;oil  de-  plaine-  de  l'Ilindiui-lau.  \apiireux  el  doux  comme  -il-  elaicnl 
philol  de- jeux  lie  lumière  tpie  d'cunrnic-  a— i-e-  de  inclicr-.  i'rc-ipic  Inu- 
le* lieux  laineux  nfi  -r  iiiidcul  le*  \ii\a:;ciir-  piiiir  Ji'iiir  d'une  \iie  d'eii- 
-enildc  -III  une  pailic  cnn-idéralde  de  I:;  <  Imine  -mil  déjà  l'nil  l'Icvi'-. 
au  lier-  mi  incnic  à  la  moitié  de  la  liauleiii  de-  cime-  ipie  liiiiilc  l'azur 
loiiilaiii:  mai-  de  pioroiidc-  xalli'c-  -'ouvieiil  au  pied  de  ce<  idisorvalnirc-. 
hc-  i'oicl-    de  la    /one   -ulilropic;dc.    ipii    -c    moiilrrnl    comme   dans    un 


'    Mii'iii-llhiifiihi.  Itliifiioi-I'iirrii.   11. 1-1.  Ili|'|'-  K.iinliL'. 

-   WIIIokI.    Imii/c    /fi  ■• -(Cr/i.  *  ;  —  Sl.(ii|s|,tx  Julien.  Hiflmit   'U   lu  II.    '/>    lliiiinit-llisilini. 


1IIMAI.\V\.   lllMiiil  -hi'l  I  II. 


iliiiii.i- 

•I   I,— 

f^  iii- 

iiilc  lie 

1^  lie  la 

.'lii'iil 
m-  loii". 
ili'ii- 

l'a/iir 
iliiirc-. 

IIS     llll 


aliîiiii'.  Il'  II-;;. llll  lii'iil  ii'iiiiiiili  1  M'i-.  !(•>  |M'iili'^  it'Mliu-  ili'  l.i  \t'':jt''lalioii 
ili-  /iiiii-  li'iii|>rTir-.  |iiii-  Ml-  If-  |ii(liiiiiL!(">  al|M'-lit'-  l'I  lr>  iii-i^f- i|iii  uni 
\alii  -(■>  iniiii-  ili\('i-  à  riliiiiala\a.  iliiiiaval.  Iliiiiailii.  Iliiiiatriiala.  liinio- 
ila\a  I  \i'iiiiiilii-.  Iinaii-i.  haii-  riiiiiiifii-i'  aiii|iliillii'àlr('  ili-  immlaiinc-  i|iii 
-i'  (It'i'tiilf  lit'  liiii  à  jaillir  ii'il"'  lii'  riiitri/.ttii.  le-  [>\r>  mi  le-  iIkiiii--  ilr 
la  liaiilfiir  du  iiiniil  lilaiic  irKiin>|ic'  mhiI  fiitnii'  )in>  de  di-lui-  mi  m-iI- 
lie  i:aziiii  |ii>iiilaiil  iim-  [lailir  ilr  raiimr;  mai-  à  uni-  iaililf  ili-laiio-  au- 
(!(■— Il-,  la  iii'iuc  ii'cdiivif  le-  (u'iitc-  cil  Iniil  lc!n|i-.  Sur  rciinrmc  -orlc  île- 
ai|it's  \citlii\aiil(-  llll  nulifu-r- ,  -r  illf— cul  d'aiillc-  al|ic-  lituj<iii|-> 
lilaiK  lie-,  -i  ce  n'c-l  ijuaiid  le  -idcil  le  l.ii'c  ou  i|iie  roiiilu'c  le-  lileiiil.  cl. 
diiiiiiiiaiil  liMit  cel  aiuitiiccllcniciil  de  |i\iauiides  uciueii-c-.  a|i|iaiai— eut  ile- 
|Miiiilc-  Icriiiiliale-,  iiiviulee-  par  riiiiliiiiie.  d'aiilaiil  |ilu-  liaiilc-  eu  a|>|ia- 
iciice  iiu'tiii  le-  -ail  iiiacce--ilile-.  Ilii  -iiiiiiiiel  de  ce-  |iic-,  -il  le-  alleiiil 
jaiiiai-.  le  ^ia\i— I  iir  |iiiiirra  ciiiileiu|)ler  à  la  lui-  le-  |ilaleaii\  du  lilieirl  lr> 
[•taille-  de  riiide,  la  \allce  i(iic  >'c-l  crcii-ee  le  Tsailuitu  cl  le- cam|iaj;iii'S 
daii-  lc-i|iielle>  -er|ieiilciil  le  liaiii^c  cl  la  hjainiia. 

la  tiuiile  de  -é|>araliiiii  eiiliv  riliiiiala\a,  le  Karakoriiiiiii  cl  rHiudi)U- 
kiiucli.  i|iii  rnrmciil  cii-ciiihlc  la  <<  (!eiiiliire  idclieii-c  de  la  Tel  le  t.  e-l  |  ii- 
niiieiil  ciiineiiliiiiiiielle.  Kii  cilel,  la  vaste  n'-iiiiui,  d'ciniriiii  ((UIMMIO  kili>- 
iiiclre-  carre-.  t|ue  liuiilciit  le-  [dalcaux  du  l'aniir  cl  du  Tilicl.  le-  |ilaiiicN 
de  Vilkaml  cl  du  l'aildiali.  c-t  daii-  Iniilc  -nu  cleiidiie  lu'ii— ce  de  iiiuii- 
lauilc-  clevi'c-:  à  re\ce|iliiiu  de  i|uelt|iie-  lias-iii-  lacii-lie-.  encore  ciii|>li- 
oii  déjà  vidé-.  l'I  des  jioi jii's  |initoinle- où  couleiit  le-  lixièrc-.  loul  le  |i.i\- 
lic-l  i|u'iiii  laliM'iiillie  de  iiia--ii-  et  de  cliaiiioii-  *|iii  -e  rallacliciil  di- 
\ei-euieiit  au\  ai'cle-  |iriiici|ialc-  du  |ioui'liiur;  soit  |)ai-  la  iialuic  ueolo- 
;.:ii|iic  de-  nielle-,  -oit  |i;ir  la  roriiie  du  relie!' ou  la  direction  iiio\eiitio  di>> 
raii'ice-.  le-  Irois  -y-lciiics  oroi;ra|iliit|ue-  -"ciitreiiièlciil  cl  -e  |M'-iièliviil. 
rc|ieudaul  llll  |iciil  dire,  d'une  iiianicre  Licnéialc.  i|iie  le-  ninnl-  liiinaiava 
-arrcteiit  au  -ml  de  la  vallée  de  (iilyil':  il-  ne  dc|ia--eiil  ^ucre  riiidii-.  cl 
le  ili'illi'  |iar  lei|ucl  ce  lleme  -'(''clia|i|ie  des  hautes  valli'-c-  -e  tiou\t>  ;i 
|icii  |irè-  -m  le  inèiiie  lut'-ridiuji  <|iie  le  nu-iid  de  nhintai^nc-  m'i  la  citaiiic  de 
riliiiiiiiii-koucli  -e  raiiiilie  |iiiiii  loruicr  le-  arête-  du  Karakoroiiui  cl  «lu 
Kiiiiciiliiii.  landi-  ijii  à  rmic-l  de  riiidii-  la  direclioii  iioriualc  de-  :iVi>< 
nioiilaLiiieux  c-l  celle  du  -ud-oucst  au  iiord-e-l.  le-  crèlc- de-  iiioiit-  -ilu«''> 
à  Ic-I  du  llciive  s'alloniit'iit  iirt-ci-i'iucnl  dan-  le  -eus  o|»|io-e.  c'e-t-à-<lir«' 
du  iiord-ouc-t  au  -iid-c-l,  |iarallcleuieul  aux  vallt-es  -u|icrieiiic-  île  l'Indio 
et  de  -e- ai'IIiiciil-.  IJiiaiil   ;iu\  limite-  oricnlale- du -v-tciiic   liinialavoii.   le 


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Tri'l.iwmn  S;nui»loi>.  .Vi-Z/iV/i/  nu'elimj  of  Uu'  DriUsh  Associaiittu,  !nT'.>. 


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NMIIVKI.I.K  CKddIUl'Illi:   IMVKUSKI.I.i:. 


|ii'(ilili''iiit'  ii'i'vl  |i;is  niroi'f  m'-xiiIii.  I.a  |i|ii|iai'l  <lf>  aiilt'iii's,  ac('(>|)l!iiil  l'Iiy- 
|iiil|i(Ki>  lie  ltt'iiiii<ll  siii'  l'idiMililu  ilii  Tsaii^lM)  cl  ilii  Itialiiiiaiioiilra,  |ii'ii- 
liiiiiiviil  riliiiiala\a  jiis(|irà  la  iiririv  par  la(|iii'll('  cr  llciivc  s't'iiriiiiail  Ncis 
riliiiiliiiislaii  ;  mais  co  m'csI  là  t|ii'iiiic  sii|i|Misili(Mi  iiioiiliV  à  il'aiiln's  sii|i- 
|tn>iliiiiis.  |Miis(|iii>  les  cxiilttialciiis  noiil  pas  ciicon' \isil(''  co  ciiiiliirs  cl 
t|iriiii  iijiioir  loiiidiirs  la  iiiait'lic  des  i'i\i<>i'('s  (|iii  les  Iravcisnil  cl  la  <lir(>(- 
liiiii  lies  laiiuirs  (le  iiiiMila^ncs  qui  les  (loiiiinciil.  <i(>  <|iii  cs|  ccilaiii,  c'!--! 
)|iic  dans  le  Itlioiilaii  niiciilal  les  ai'èles  l'iaiicliics  par  le  VM\a^ciir  Naïii- 
siiiiili  apparlieiineiii  liieii  au  sy>ièiiic  de  riliiiiala\a,  cl  ipi'à  MMI  kilii- 
iiuMics  plus  à  l'es!,  sur  les  hords  du  liOUl/.t'-kiau^  nu  Salouen,  les  uioiils,  se 
diriueaiil  du  uoid  au  sud,  I'diiI  parlie  d'un  svstèuie  ont^i'apliiipic  dil- 
IV'rcnl.  Les  cxpliiratious  ou  inciiie  les  c(Uii|uèles  ipii  ne  peuv<'iil  inani|uer 
<le  se  l'aire  prneliaiiienicul  dans  ces  espaces  inciuinus,  nous  ilironl  ciHinnenl 
les  arcles  de  l'Ilinialaya  cl  celles  du  Tihcl  oricnlal  se  raccordcnl  par  des 
massifs  inlernK'diaires. 

Ilans  son  ensemide,  la  cliaine  de  monis  (pii  Itorde  cNlérieuremcnl  le 
plateau  tilM''lain,  se  dév(doppe  «  en  l'orme  de  cimelerre  »  au  nord  cl  au 
nord-es|  de  l'iliiulouslan.  en  lournani  sa  convcxilc-  vers  les  plaim-s.  Sa  lon- 
iiuciir  dépasse  certainiMncni  '2'2()()  kilomèlrcs,  cl  sa  iarficiir  moyenne,  des 
avanl-nutnls  de  la  plaine  du  (iaii^e  à  la  l'ossc  profonde  du  Tihet dans  la<pielle 
jiassc  le  'l'sanulio,  est  d'au  moins  l'.M)  kil(unèlri.'s.  l/cspaci,'  recouverl  par 
ces  monla^nes  est  donc  luen  [dus  considt'ralde  (|ue  celui  de  la  France 
l'ulière;  icparlie  sur  l'ensemble  des  conliiu'uls,  la  masse  de  l'Himalaya,  en 
évaluant  sa  liaiileiir  moyenne  à  iOOO  mètres  seulemeni,  représenterait  plus 
(le  |S  nit'lrcs  d'épaisseur.  Miiis  dans  celle  évaluation  on  ne  tient  aucun 
('()mpt(;  de  la  cliaine  hordit'i'c  |)ropremenl dite  du  liant  |daleau  de  Klialclii. 
(ielle  ciiaine,  on  l(>  sait,  conliniic,  parallèlement  à  l'Himalaya,  la  raii^(''e  des 
mollis  KarakiHduiu,  et  sous  divers  noms  se  |>rol(mj!(î  au  nord  des  sources 
du  Salledj  et  de  la  valh'c  du  TsanjilM»,  puis,  au  sud  du  Tcnjjri-nor,  se  coii- 
l'oiid  avec  l(!  massii'  du  .Nindjin  taiiji  la  :  c'est  la  crêtes  <pie  plusieurs  ji(''o- 
^raplies,  depuis  Kiaprotli,  (l(''siiinenl  sous  le  nom  de  (laiiii-dis-ri.  Fn  des 
mollis  les  pins  l'ameuv  de  la  mythologie  hindoue,  la  pyramide  du  Ka'ilas, 
(liiiit  les  iieiues  se  rcllèteni  dans  les  eaux  du  hu^  .Mansaraour,  est  l'un  des 
s(Hiiniets  de  ceUe  cliaine  du  llanji-dis-ri  cl  se  Irouverait  par  cons(''(pieiil  en 
dehors  de  l'Himalaya  des  ^(>o^raphcs  :  il  est  pourtanl.  dans  l'histoire  poé- 
lii|ue  cl  religieuse  des  Indes,  le  mont  le  plus  sacré,  cl  s(ni  nom  se  conlond 
avec  celui  du  (iiel. 

L'Himalaya,  sans  le  (ianji-dis-ri,  se  compose  de  deux  chaînes  parallèles, 
rUiniiiliiya  propremonl  (lil,<'es|-à-ilire  la  ranii(''e  niéridioiiale,  (jiii  se  dresse 


IIIMM,\V\   I:T   TIIANS-IIIM  VI,AV\ 


4! 


itiinl  riiy- 
llll'il,  |Mn- 
lii'iiil  \ci's 
lires  sii|i- 

(IllIl't'CS   cl 

I  la  (liiiM- 
liiiii.  c'c^l 
ciir  Niini- 
MMI  kiln- 
iikhiIs,  M" 
liii|iic  «lil- 

I  iniiiM|ii('r 
!  coiiiiiiciil 

II  |iiir  (les 

iri'iiit'iil    If 

101(1    cl     illl 

es.  Si)  l(tii- 
ijt'iiiic.  (les 

lis  llll|ll(>llc 

oiivcil  |iiir 
In  Fia  lift' 
iialiiva,  *'ii 
Iciait  |iliis 
lit  aïK^iiii 
•  Klialclii. 
raii^i't'  (les 

l'S  SIMII'CCS 

H",  se  citii- 
iciii's  ^(''(1- 
-li.  l'ii  (les 
(lu  Kaïlas, 
si   l'un  (les 

S(''(|ll('lll  (Ml 

sidirc  iMi(''- 
s(>  coiiroiul 


|iai'all('k'S, 

li  se  (llVSSC! 


iliinK'ilialellieiil  aii-ilessiis  îles  plailli^s  de  l'Inde,  el  le  Tiaiis-lliiiialaya,  (|iii> 
limite  au  ikhiI  la  d(''|)i'es-i(tii  nn  cdiile  le  Tsan^lid.  De  ces  dru\  eliaîiie^.  c'esl 
le  Tiaiis-lliinalaya  (|iii  dntl  (!li'(>  ciinsiih'MV  eniiiiiic  Idiiiianl  la  li^iie  de  l'aile, 
(|Miiii|ne  ses  |iiiiici|iales  cimes  nu  liiiiijniir  iralleiiiiieiil  |ienl-(Hi('  pas  la 
liauleiir  des  sdiiiiiiels  de  rilimalaya  du  sud.  Siii'  un  (--iiacc  de  piès  di* 
(SIIU  kildui(>lres,  les  iiidiils  du  Tiaiis-llimalaya  se  sncci'dcnl  i'(''uuli('-i-eiiieiit, 
sans  laisser  ciilreeiix  une  seule  lurclie  |iar  la(|iielle  (inisseni  «."('"chaiiiier  les 
eaux  de  la  d(''|)i'e>>idu  iii('>(liaiie  siliK'c  cuire  les  deiiv  idiaiiics.  La  ran^(-e  du 
sud.  au  cdiilraire,  (■clic,  i|ii(>  doniiiieiil  les  c(ddsscs  Tcliainalari,  Kiiilcliiii- 
djiuya,  (laonrisaiikar,  Davalaiiliiii.  es|  |ierc(''((  de  valli'es  el  de  ^(irjjcs 
proldiides  livraiil  passade  à  dt-  iidinlM'cux  ariluenls  du  (laii^ic,  la  Kd>-i,  l(^ 
(iaiidak.  la  Kariiali,  la  Kali  cl  les  liiiuls  liilnilaires,  Alakiianda  el  iia^lii- 
rati  ^aii;:a.  La  cliaine  s(>  trouve,  ainsi  d('>eou|M'>e  eu  de  iioiiiIm'ciix  i'ra^nienls 
ou  massils,  doni  (|nel(|iies-uns  onl  ra|i|)ai'eiicc  de  ^rou|ies  ('Oiiipl(>leiiieiil 
is(d(!s  el,  (|iii  ne  s'ali^^iuMil.  pas  aviîc  la  ivf^ularili'f  des  eièles  ordinaires'. 
Iniini''dialciiieiil  à  l'iuiesl  des  sources  du  (iaii^c,  une  peiriie,  plus  pro- 
loiide  ipii>  les  piviM'deiiUis,  s'ouvre  non  senleiiiciil  à  Iravcis  rilimalaya, 
mais  aussi  à  Iraveis  la  (diaiiic  paiallèle  du  nord;  le  reiiiparl  csl  coupt'-  en 
eiilier  par  le  cours  du  Salledj,  (pii,  après  avoir  suivi,  du  siiiIh-sI  an  nord- 
ouest,  la  direclioii  <i('ii(M'al('  de  l'axe  liinialayen,  s'irliappe  par  une  succes- 
sion de  cluses  poui'  aller  rejoindre  riiidns  vers  le  sud-oiiex|.  Au  didà.  li- 
Tcliinal»,  moins  puissant  (pie  le  Salledj,  liait  eiilre  les  deux  cliaines  et  n'a 
(pi'à  Iraverser  la  lan^i'c  niiMidionale,  de  rilimalaya;  il  eu  est  de  iiK^ne  du 
lljliilani,  (pii  liait  dans  le  hassiii  de  Kacliinir;  mais  riiidns  nw'oil  ses 
pi'eiiii('res  eaux  sur  le  plateau  iikmiic  du  Tihel,  au  nord  de  tout  le  svsU'mik; 
liimalayen.  (ioinine  h;  Satledj,  il  coule  d'aliord  dans  la  direclion  du  iiiu'd- 
oiK^st  pour  clierclier  une  issue;  loiilel'ois  il  ne  peut  Iroiiver  de  hrèclie  (pi'à 
l'eiidroitoù  il  se  rapproclu!  des  contreforts  iiK-ridionaiix  de  riIiiidoii-k(Micli. 
i.c  (iliayok  ou  «  Indus  i'em(!ll((  »,  ipii  rejoiii',  l'Iiidus  «  inàle  »  à  une 
"iiande  dislanee  en  aimml  de  la  perci'e,  apparlienl  dt-jà  par  S(;s  ariluenls  du 
nord  à  la  iviii(Ui  du  Karakoroiim,  la  cliaiiie  (le>^  «  Khonlis  Noirs  ». 

Les  ('rosioiis  oui  ainsi  (h'-conpi'ï  tout  le  voisanl  occidental  du  Tiltet  en 
raiifii-es  dislinctes,  ^(■'ii(''raleiii(Mil  (n'i(!iil(5(!s  dans  le  iiKMne  sens  (pie  l'Hiina- 
laya  et  le  Traiis-llimalaya  ;  mais  les  aiètes  sont  si  nomlireuses  et  leurs 
ramilications  s'eiitreiiu'lenl  lellemenl,  (pi'il  est  diflicihî  d'en  reconnaître 
partout  avec  cerlilnde  la  direction  normale.  1,'Miiiialaya  propr(!nieiit  dit  se 
continue  au  delà  du  Satledj  par  les  monts  (pie  limilent  au  mud  les  ('-lioulis 

m 

'  llcîiltcri:  —  Sli'nchey;  —  Meilliwill,  Mémoire  nfllic  Gcohifiral  Siinu'ii  n/  Imlid.  ISti.1. 


I-Kv, 


il 


UtJ 


,'{'{.> 


t.' 


.N()iivi;i.i.i;  tii'ddiiM'iiii;  iMvi;iisri,i,r. 


il  li's  liiliisilf  siililr  tir  |;i  \;illtr  <lii  Spili,  |Miis  nii  ilfh'i  il  ruriuc  l'iiivlr  ilii 
l,;ilniiil  inriiiliuiiiil  cl  Ir  l'iiiiiljiil,  ijiii  ilniiiiiic  ;iii  iiiiili  l;i  |ihiiii' ilc  Kiiiliiiiii'. 
(i'i'sl  lit  ('h;iiiif  <|iic  (liiiiiiiii^liiiiii  :i|i|iclli'  tl;iii>  son  rii^i'iiiltlc  riliiiiiiliiui 
iiiovni  cl  i|ii'a('(-()iii|)ii^iic  Mil  Miil,  tl;iii^  une  (liirlic  de  mmi  iir'\clii|i|ii'iiiciil, 
lu  l'iiii^ir  lin  Dliiiola-illiai'  ou  ilcs  «  .MnnK  Ithiiits  j>.  Oiiiiiil  nu  iniii>- 
IliiiiiilaNti.  il  >c  |iri»liiii^;c  pai  la  civlc  île  jlaïa-lalclia  ou  tic  Zaïi^kac.  |iiiix,  eu 
ilccà  lies  pir^cs  (le  riiiiliis,  se  reilrcssc  |iiiui'  ruriiiei'  la  |iyi'aiiiiile  su|iei'lie  du 
.Naii^a  l'iii'hal  ou  ili^aiinii-,  Immiic  iinid-occidciilale  de  riliiidiiiislau.  li'est 
au  riaiis-lliiiialajia  i|ira|i|iai'lieiil,  dans  la  pailie  iircideiilale  du  sNsiciiie, 
la  |)ir'*''iuiucurc  |mmii'  la  liaiileiii'  des  siuiiiiiels.  Au  nord  de  celle  cliaiiie, 
nue  anin;  cictc,  i|ue  l'ou  |ii)iiirail  iidiiiuici'  «  lUDiila^iics  de  Lcli  »,  d'aiiiès 
la  \illc  siliit'c  à  sa  base  inéiidiuiialc,  se  iir'velii|t|te  eu  une  Inutile  saillie 
i)rcsi|iic  iiisiilaii'c,  liiiiilée  d'un  côti'  par  l'Indus.  de  l'aulie  |iai'  le  (iliayiik. 
le  l'aii^lvuii^  cl  un  ariliieiil  de  ce  lac  d'eau  saiiiuàli'c.  Miiliu  le  Kaiakornuiii 
lui-iiiciiie,  iliuil  les  cliaiiies  cl  les  cliaiiiitus  oui  t'-lc  dt'jiaiii's  de  la  masse 
iiiiirni'iiie  du  plaloaii  cl  sciilpir-s,  |mmic  ainsi  dire,  par  les  érusiiuis,  res- 
scinlde  aux  ran<;ées  parallèles  de  l'Iliiualaya  par  la  iMiiiie  cl  riirienlalioii  de 
siui  relicl'  :  seulcnieiil  ses  |»ics  siuil  licaiiciiiip  plus  l'Icvi-s  ipic  ceux  de  l'Ili- 
iualaya lu'cidenlal,  les  neijics  cl  les  jilaccs  ipii  lui  oui  valu  le  iKUii  de  Mniis- 
la^ili  nu  de  "  Munis  .Neijieux  »,  cniivreiil  nue  suiiace  heaiicniip  plus  t'-lcii- 
diie,  cl  ses  mis  soiil  plus  dilliciles  à  rraiicliir.  In  iiionl  du  Karakiirniiiii, 
le  hapsan<i.  n'a  de  sii|)('>ricur  eu  aililiide  ipie  le  (iaïunisankar  cl  dépasse 
le  Kinlchiudjiiifia  ;  eu  lunyeiiiic,  les  seuils  cniinus  p,u' lcs(|iicls  un  péiièliv 
de  la  vallée  de  riiidiis  dans  celle  du  Kara-kach  ou  du  Varkaiid-daria,  n'oiil. 
pas  iiiiiiiis  de  ,')7(M)  luèircs,  laiidis  (|ne  les  cids  de  l'ijinialaya  cl  du  Traiis- 
Iliiualaya's'Diivreul  à  ."»i'-''»  iiièlres,  lianlcur  ipii  di'passe  de  lilM)  uièlres 
celle  du  iiioiil  Hlanc  d'IJiropc'.  Kailc  des  versanis  eiilic  le  bassin  de  l'Iu- 
diis  fl  celui  du  Tariiu,  le  Karakoroiiiii  esl  dcvi'iiii  par  cela  uicuic  la  véri- 
table liinilc  de  riliiidouslaii.  Toulc  la  n'^inii  de  iiioiils  cl.  de  ravins  (|ui 
conlinuc  au  nnrd-oucst  les  mniue-  plaleauxdn  (Iraiid  Tibcl  el  dnni  niu; 
parlie  esl  désijiiiéi^  parl'nis  sm  les  ii  ,,  .le  «  pelil.  Tibcl  »,  de  «  Tibcl  des 
Abricols  »,  de  «  TU"'  '  icii  ».  esl  cnlri'e  dans  le  cercle  d'aUracliiui 

de  riiislnire  liindiui  liniive  suus  I      <tiuinaUuii  brilanniipic  par  l'in- 

leriuédiaire  du    rajai  Kacliniir;   riliudouslan,   comme  groupe  d'Klals 

poliliqucs  dépendanis  de  i  \iil  'leirc,  esl  aiiir-i  devcmi  liinilidplie  du  Tiir- 
keslan  cliinois  par  les  seuils  du  Kiirakoroiim.  Mai'-  à  rorieiil  des  pro- 
vinces kaclimirienncs,  la  rroulièie  de  l'Inde  aiifilaisc,    m  Népal  el  du  lîlioii- 

'   ilrriiiîiiiii  MMi  Si'lihi^iiilweil,  lli'iscii  in  liidini  iiiiil  lldiliiii^ii'ii. 


4 


'lllM'If   tlll 

kiirliiiiir. 
Iliin;iln\:i 
|)|iriiii'nl, 
Il  iiiiii^- 
.  |iiii»,  l'ii 
i|i('I'Im-  iIii 
laii.  Col 

>\>liMlli', 
le  t'Iiaiiic, 
»,  d'iiiut's 
lie  saillir 
(■  (lliaytk. 
lakiMiiiini 

la  iiia^'M' 
iiiHis,  l'o- 
iilalioii  lit- 

IX  il.'  riii- 

1  (le  Mdiis- 

jlIllS    l'ICII- 

l'akoiiMiiii, 
cl   il(''|iasM' 
Il  |H''ii('lrr 
lia,  ii'oiil 
lu  Traiis- 
Ml    iiit'lics 
Il  (le  riii- 
(>  la  v»'-ii- 
•aviiis  (|ui 
titiiit  une 
TiIm'I  tli's 
altiarlioii 
('  par  l'iii- 
ic  (n'ilats 
('  ilii  Tiir- 

ilcs   |tl(»- 
llll  lilioii- 


■      ■?!■ 


r 


C(»LS   l)K  1,'IIIM.\I.\V\. 


45 


liiii,  csl  iii(lif|iu'i'  (liiiis  la  plus  fii'aiidc  \r.\ii\i',  clo  son  (l(''vcl(i|i|K>in('nt,  non 
(Ml'  lu  cliaîne  <'onliiuio  lin  Trans-IJinialaya,  mais  par  les  iiiassils  Irajimcii- 
laircs  lie  riiinialaya  proprcmcnl dit. 

Les  hnVIics  par  losipicllcs  s'ôrliappcnl  les  rivières  sont  Irop  ohsirnées 
'le  l'oeliers,  li'op  eoiipées  de  |ireei|iiei's  ponr  (pie  des  elieniins  |)nissenl 
en  longer  le  eonrs  cl  c'est  pres(pie  (ini<[nenienl  |»ar  les  eols  onveris  entre 
les  sommets  neiticnx  ipi'il  l'aiit  s'élever  vers  le  socle  (pii  porte  les  deux 
eliaines  liimalayennes;  les  seuils  les  plus  bas  entre  les  versants  oppo- 
s(''s  se  trouvent  tantôt  sni'  rilimalaya,  tantôt  ^uv  le  Trans-llimalaya  ou 
même  dans  l'espace  inteiinédiaire.  Ces  c(ds.  inlvi-ieurs  en  élévation  à  ceux 
du  Karakoroum,  olTrenl  aussi  aux  voyajieurs  l'avantafie  d'èti'c  situés  sous 
une  latitude  plus  iiiériditmalt-  de  0  à  «S  dej^rés,  mais  la  plu|»arl  d'entre  eux 
n'en  sont  pas  moins  eomplètcmonl  inlrancliissaltles  pendant  la  mousson  du 
sud-ouest,  l(»rs(pi((  le  vent  soulève  les  neiges  en  tourbillons.  i,a  dilTéreiice 
des  climats  eiitie  les  jdateaux  et  les  plaines  inférieures  est  telle  <pie  les 
liahitanls  des  coi\trées  respectives  seraient  moins  sé-parés  les  uns  des  autics, 
si  un  lar^c  hras  dt;  l'Océan  passait  entre  eux.  Ce  n'est  point  des  liod  des 
hautes  terres  (pie  les  cultivateurs  de  l'Inde  eurent  jamais  à  redouter  des 
incursions;  ils  n'eurent  à  su  délèndre  (pie  des  [XMijdades  iiuerrif'res  vivant 
sur  les  pi'iite-;  et  dans  les  valhrs  jus(jii'à  'iOlMI  ou  500(1  nu'îtres  d'altitude; 
au  delà  s'étend  la  zone,  pres(pie  inlialtil(!e,  des  pierres,  des  ;;azoiis  et  des 
iiciui"-.  SiMils,  les  voya<;curs,  lialutiu's  di'-jà,  soit  par  U\  >ieiire  de  vie,  soit 
par  les  escalades,  à  respirer  l'air  des  hautes  montafiiies  peuvent  se  hasarder 
à  IVaiicliir  les  crêtes  himalayennes;  la  rareté  de  l'air  y  rend  le  moindre 
travail  physiipie  e\livinement  pénible;  les  vo\a,ucurs  indigènes  se  disent 
eiipoisoniiés  par  les  é'inanalioiis  du  his  in\  s(ir((ii,  ipi'ils  disent  être,  soit 
une  Heur,  — siirloiit  une  e><p('ce  d'aconit ',  —  soi!  un  air  particulier  de 
la  iiKnilaune.  Kn  IS,"»,'».  Adolphe  et  li(d)ert  Sclila,uiiit\veil,  les  premiers 
parmi  les  voyaiiciirs  europi'cns,  travers("'reiit  le  cid  de  l'Ibi  (ianiiii,  dont  la 
liaiiteiir  l'^ale  celle  (pi'aiirait  le  l'iiy  de  Dêiine  placf'  sur  le  mont  Itlaiic. 
hepiii'-.  .Iidiiistoii  a  dt'passc'  cette  altitude  :  le  sommet  uravi  par  lui  n'a  pas 
moins  de  liOdO  mètres.  .Iiisipi'à  préseiil,  nul  vo\a,ueiir,  si  ce  n'est  parmi 
ceux  (pii  SI!  sontenlev(''s  par  des  ballons  dans  les  es|iaces  aériens,  ii'attei- 
,miit  de  liaiiieiiiN  plus  Liraiides. 

'•'  ^\^lt' de  rilimalaya  ne  paraît  pas  être  aussi  ancien  (pie  le  Fvoiienliiii 

dans  l'histoire  de  la  Terre.  Autant  ipiVui  peut  en  jiiiicr  par  les  observati(»iis 
ipic  de  rares  \ojajieurs  ont  laites  sur  la  partie  du  kuueiiluu  voisine  du 


\Â. 


» 


:v. 


WiiJlidi  : 


ll.iiiiilloti,    1//  tiKiinitt  ii/Wcinil 


4(J 


NOUVKLLK  (ifiOCUAI'MIK  l M VKKSKLLK. 


'4 


Kliolan,  la  civlo  médiaiiu  du  cunlinciil  d'Asii!  en  serait  aussi  la  saillie  pri- 
mitive; elle  consisterait  en  roches  anciennes,  tandis  que  tontes  les  chaînes 
(jni  se  succèdent  du  nord  an  sud  de  cette  première  ranjiée,  seraient  des  plis- 
sements formés  à  une  (''[»of|ue  plus  récenle.  !a's  j>ranits  proprement  dits  sont 
rares  dans  l'Himalaya';  les  roches  cristallines  (jui  constituent  la  nuisse 
centrale  sont  pour  la  j>luparl  des  gneiss  et  des  schistes  métamorphiques; 
certaines  régions  de  l'Himalaya  devaient  être,  à  l'époque  miocène,  peu  éh;- 
véos  au-dessus  de  la  mer  et  jouir  d'un  climat  aussi  tempéré  (pie  l'Europe 
centrale  :  on  a  trouvé  dans  le  Tihet  les  restes  fossiles  d'un  hi|)popolanie  à 
plus  de  iS,')()  mètres  d'altitude".  Cependant  on  a  découvert  dans  les  assises 
de  la  chaîne  des  fossiles  a|iparlenant  à  toute  la  sérit;  des  roches  depuis  l'é- 


i.iiiii'K  i.KNcnn  iiiNAi.K  ni-:  I.  jiiMAi.WA,  m:  i.  i.mius  au  iiiiaiimai'oitjia. 


1       ^j                                 "1                       il}       1 

f  lll       "lit     1       1  1  1 

0-      ■                                            /                                                                                      ^ 

5000- 
4000  - 
JOÛO- 
3 

r  dcl-                                                      W                                                                                                     ^iU" 

Los  liautc'iii'â  sont  \  iii^t-ciiii[  l'uia  [tins  {;r(iiiiU'S  cil  |ir>t]ioi  Imiii  c|uc  les  longiioiint 
l     ao  onn  ooo 


l_  i'c  fon- 


poque  siliu'ienne"  ;  »'à  et  là  quelques  formations  ignées  se  sont  fait  jour  à 
Iravers  les  strates  supérieures,  mais  nulle  part  on  n'a  reconnu  l'exisUuice 
de  houehes  d'éruplion.  Oiu^l  (pie  soit  l'âge  des  deux  chain(!S  de  l'Himalaya 
et  du  Trans-llimalaya,  les  couches  (pii  se  déposèrent  sur  les  lianes  méri- 
dionaux des  uu)nts  t(»uru(''s  vers  les  plaines  de  l'iliiuloustan  appartiennent 
aux  dernières  périodes  des  âges  lertiaires.  Disposés  en  chaînes  paiallèles 
à  ra\(\  principal  du  faîte  de  l'Asie,  les  avant-monts,  connus  |»ar  les  géo- 
logues sons  le  nom  de  Sid)-llimalaya,  se  composent  pres(pu'  Ions  de  grès 
massifs,  associés  diverseuKîUl  à  des  conglomérats  et  à  des  argiles.  Des  rives 
du  Ih'ahmapoiilra  à  celles  de  l'Iiidiis,  ces  chaînes  se  siicc«'dent  rc'gidièie- 
ment  vers  l'onesl,  puis  vers  le  nord-ouesl,  inlerrompues  seulemeni  de  dis- 
tance en  distance  par  les  «  portes  »  (pi'y  ont  ouveiles  les  lorreuts  pour  s'é- 

'  lleiniiinii  von  .Sclilii'iinlwi'il,  ll-is.'ii  in  Imlieii  iiiid  lUuhu.wn,  II. 

-  Mlicil  il.  Wiilliicc,  Vf(ifcc(liii<is  of  llio  Gciuiriiplùciil  Sncit'lii  i>f  Ltiiiiltiii,  si'jil.  m,  1877. 

■'  Thi'iihiild;  —  l.jddi'ki'r;  —  SlnliivKa;  —  liudwiti  Aii>(cii. 


î^ 


illio  pri- 
cliaiiies 
(losplis- 
ilils  sont 
il  mass(! 
[(Iii(liu;s; 
|K'ii  v\o- 
rKtii«»[)e 
|>(>laint'  à 
js  assises 
j|tuis  l'o- 


VALI-fiKS  I;T  CIIÈTKS   |)K   IIDIAI.A  Y  \.  M 

cliappor  dos  valhVs  loii^iliidinalcs  évidoos  à  la  liasc  des  iiKinlairnos  siipé- 
l'icnros;  on  oorlaiiis  oiidroils,  la  niassi»  d'oaii  (pii  sV'|)aiiolio  dos  liants 
<||aci(!is  ol  l'orino  dos  livioios  orraiilos,  imissiiiil  ol  sônaranl  loin-  à  loiir 
jours  lils  do  cailloux,  a  siifli  pour  dôblayor  sur  de  vasles  ôlenduos  les  col- 
lines de  la  chaîne  avancée. 

I,a  plus  laniouse  cl  la  plus  régulière  de  ces  arôlos  du  lias  Himalaya  est 
colle  du  Sivaiik,  qui  se  dévelo|)pe,  du  sud-esl  au  nord-ouest,  sur  une  lon- 
j;uour  de  plus  do  500  kilomètres,  entre  la  porte  du  (lanjio,  à  Ilardwar,  et 
colle  du  Ilias,  l'une  dos  «  cin(|  rivières  »  du  l'andjal».  La  Djamna  et  le 
Satlodj  oou|)ont  ootlè  chaîne  vAi  l'ragments,  inéga  x  par  les  dimensions,  mais 
tons  semhlahlos  par  la  nalni'o  de  leurs  assises  et  la  forme  (h;  leurs  escai- 
poments  et  de  leurs  ravins.  Les  duun,  analogues  aux  dour  ilu  lilioulan, 


N"  1».    —    COUPE   THANS'  KUS.U.E   nE    I.  HIMALAYA   mXIIIKSTA!. 


iOOOm 

500Q  • 

y  40L10  - 


Les  hauteurs  8oitt  cinq  Tuis  plus  gramius  ?ii  pro|K)i'lion  quo  les  longueurs 

1  :  \  :iu<l  u  >  I 

I — — _  1 

0  MO  k.l. 


l'ail  jour  a 
'existence 
Himalaya 
nos  méri- 
artionuenl 
parallèles 
w  les  géo- 
us  de  grès 
.  Dos  rives 
rogulièio- 
onl  de  dis- 
s  pour  s'é- 

1877. 


s\n\mari  du  Sikkim,  c'est-à-dire  les  vallées  longitudinales  quo  la  saillie 
des  Sivaiik,  haute  en  moyenne  d'un  millier  de  mètres,  sépare  des  plaines 
de  l'Inde,  lurent  autrefois  des  lacs.  Vidéos  peu  h  peu  par  les  fleuves  qui 
s'en  échappent,  qu(!hpios-unos  de  ces  vallées  ont  le  fond  trop  resserré  et 
sont  tro|i  obstruées  de  jongles  pour  offrir  d(!s  tableaux  pittoresques;  mais 
d'autres  se  sont  transformées  on  campagnes  qui  rappellent  aux  Anglais 
les  sites  de  leur  patrie  ]>ar  la  richesse  de  leur  verdure,  la  beauté  pit- 
toresque des  bouquets  d'arbres  épars  sur  les  boi'ds  des  ruisseaux  et  siu" 
les  anciennes  buttes  insulaires,  le  contour  gracieux  des  collines  couronnées 
d(!  villages.  Jadis,  les  eaux  des  lacs  enfermés  charriaient  fréquemment  sur 
leurs  rives  les  corps  do  grands  mammifères,  dont  on  retrouve  aujoiu'd'liui 
los  ossements  dans  les  couches  do  grès  <lu  Sivaiik  ou  Sivalaya.  Parmi  ces 
animaux,  dont  (pielquos-uns  ont  été  découverts  pour  la  premièie  fois  dans 
cotte  région  de  l'inilo,  lo  plus  remarquable  est  le  puissant  sivatlierium,  au- 
<piel  on  a  donné,  comme  aux  collines  elles-mêmes,  le  nom  do  Siva,  h"  dieu 


1*^ 


I      ■    !> 


V;i| 


T== ^ 


48 


NOUVKLLK  (;f:0(;itM'IIIK  IMVKRSKI.I.K. 


(|iii  clôlriiit  sans  cosso  cl  lriins(l;;iir('  l:i  IVrif  |i;ir  des  <  iv;ilioiis  nniivollos. 

Dans  leur  cnscnihl*',  les  nioiils  Himalaya  nnl  une  ccrlaino  unilbi-mil); 
il'asiMTl.  Ils  ini|K)S('iil  jtar  leur  niasse  |iIun  iju'iK  n'cni-liaiilonl  par  la  variélé 
(le  leurs  sites.  iSeuls  les  voyajicurs  )|ui  iiénèlrenl  au  Idin  dans  la  «  Ité^iou 
lies  Neiges  »  cl  (|ui  gravisseiil  |it''nil)leiuenl  quelque  sonnnel,  liant  comme 
les  {grandes  Alpes  (l'iairope,  peuvent  se  l'aire  une  idée  <le  la  majesté  sereine 
de  ces  montafiiies,  que  les  liahitanls  de-,  plaines  vciient  seulement  oomnK! 
des  plaques  de  métal  hrillaul  à  l'Iiori/on  sou»  les  rellels  du  soleil.  Au  milieu 
des  solitudes  sans  l»ornes,  à  des  hauteurs  qui  dépassent  de  centaines  et  de 
milliers  de  mètres  celles  où  séjournent  le-,  hommes,  on  voit  encore  des 
cimes  se  dresser  au  delà  d'autres  cimes,  dominant  nu  espace  illimité  renq)li 
de  nuées,  de  «ilaces  et  de  rochers;  nulle  part  les  moraines  et  les  «jlaciers, 
li!s  champs  de  neij'e,  les  éhoulis,  les  crcle-  et  les  aiiiuilles,  les  pics  siq)er- 
posés  ne  se  monlreiit  avec  [dus  de  ijrandein".  Ainsi  que  le  disent  les  V»'- 
das,  c'est  hien  là  nu  «  troisième  monde  »  luul  dilTérent  des  deux  autres, 
les  vallées  inlérieures  e!  la  plaine.  Mais  entre  la  région  des  neif^es  et  celle 
des  l'orèls  on  ne  voit  presque  partout  qut-  des  roches  nues  et  grises  s'éla- 
;i((ant  en  dcgn-s  inégaux;  les  avalanches,  les  eaux  avivent  partout  la  sur- 
face de  la  roche  et  ne  laissent  germer  qu'en  de  rares  eiidioils  des  gazons 
pareils  à  ceux  des  Alpes.  Des  montagnes  entières,  de  la  hast;  au  sonunel, 
sur  un  espiice  vertical  de  plusieins  kilmnèlres,  piésentenl  une  pente  ré- 
gulière, à  |teine  striéi;  cà  et  là  :  on  dirait  la  l'ace  (ei'nie  et  rayt-e  d'un 
ciislal  gigantesque.  Ainsi  fe  Itakipoch.  l'une  des  cimes  (Kcidenlales  du 
Mouslagh,  dresse  d'ini  jet,  à  près  de  ti  kilomèlre-.  de  hauteur,  son  liane  de 
pierre  au-dessus  des  gorges  où  s'unisst>nt  letiiliiil  et  la  llounza. 

Sur  les  couches  supt'rieures  de  l'Himalaya,  au  delà  de  ÔOOO  mèti'cs,  la 
plus  grande  p;u'lie  de  l'humidih'que  laissent  échapper  les  nuages  se  compost; 
de  llocons  neigeux  et  tous  les  sommets  de  la  crête  principale  sont  hiaucs  de 
neiges  et  de  glaces.  Mais  plus  lias  la  mousson  du  sud-ouest  n'apporie 
ordinairement  (pie  des  averses;  même  à  l'allilnde  de  iri,"»!)  mètres,  il  est 
rare  de  voir'  tomher  sur  les  monts  «lu  .'^ikkim  ini  llocon  de  neige  pendant 
l'été.  C'est  à  '2001)  mètres  seulement  que  l'on  voit,  an  cceur  de  l'hiver,  des 
cristaux  ntiigeux  se  mêler  aux  goultelelles  de  pluie;  à  Kalmaudtin,  ehel- 
lieu  du  .Népal,  situé  à  \7rl~  mètres  d'allitude.  «  il  neige  sans  tpi'on  le 
sache  »,  c'est-à-din;  tpi'au  lever  du  soleil  -.c  fond  aussitôt  la  légère 
couche  hlanchàtrtî  qui  recouvre  le-,  gazon-,  cl  le  fenillauc'.  La  limite  inl'é- 
rienre  des  neiges  descend  plus  lias  sin-  le-  jienle-.  de  l'Himalaya  orieiilal  ipie 

'  llcnii.inii  von  ScliJiifiinlwcil.  oiivrn^p  ciu- 


J 


NEIGES  ET  GLACES  DE  LIIIVAI.AVA. 


sur  celles  ilos  moiila<riies  oceidenlaies,  siliiws  iMjurt.anl  l)eaueonp  plus  au 
nord.  La  cause  en  esl  à  la  plus  grande  altontlance  d'Iiuniidilé  que  reçoivent 
les  parties  de  la  cliaine  voisines  du  golfe  du  15enirale.  Une  lorli;  jtarl  de  ces 
vapeurs  se  précipite  eu  neiges,  qui  n'ont  pa>  le  temps  de  fondr)'  entière- 
u>enl  [leudant  le  cours  de  l'aMuée;  les  couches  neigeusi-s  nouvflles  s'ajou- 
tent aux  anciennes  et  se  translbrment  graduellement  en  névés.  Tandis  «pie 
dans  niinialaya  moyen,  sur  les  monts  du  Koumaun,  l'altitude  de  la  limite 
inférieure  des  neiges  ne  dépasse  guère  -iSUtJ  mètres'.  — ce  qui  est  déjà  la 
hauteur  du  monl  Hlanc,  —  la  même  limite  dans  les  montagnes  du  Kacli- 
uiir  est  d'au  moins  0050  mètres;  au  mois  d'octohre,  les  frères  derard  ne 
trouvèrent  que  de  la  neige  fraîche  à  5010  mètres,  sur  un  mont  de  la 
frontière  tihétaine,  le  l*org\al;  même  à  0 ).')••  mètres,  sur  un  sommet 
voisin,  le  sol  était  à  nu.  Naturellement,  le^  |»entes  tournées  vers  le  nord 
sont  celles  qui  ont  le  moins  de  neiges;  les  vents  humides,  arrêtés  sur  le 
versant  opposé,  ne  leur  apportent  que  de  rares  llucons,  ramenés  pai'  le 
remous  des  lournienles.  Quelques  chaînons  inlermétiiaires,  plus  has  «pie 
les  remparts  extérieurs,  sont  dépourvus  de  neig«'s. 

[-es  glaciei's  de  l'Himalaya  ne  sont  inférieui-s  en  étendue  qu'à  ceux  des 
nioulagnes  du  (Iroenland  et  des  autres  régions  polaires.  Ia's  meilleures 
conditions  pour  la  naissance  et  le  dévelop|H'menl  de  glaciers  considérahles 
se  renconlienl  dans  les  cirques  et  les  vallées  de  l'Himalaya  occidental, 
c'est-à-dire  précisément  dans  ces  montagnes  où  la  limite  inférieure  des 
neiges  est  à  la  plus  grande  hauteur  au-tle>-sus  du  niveau  marin.  La  cause 
en  c'-t  à  la  fusion  rapide  des  neige-»  dans  les  contrée^  himalayennes  les  plus 
rapprochées  de  l'équateur;  les  couches  neigeuses  y  sont,  il  esl  vrai,  plus 
é|)aisses  el  relativement  plus  étendues,  mais  elle>  se  transforment  en 
torrents  sans  l'intermédiaire  de  vastes  névés  el  de  longs  glaciers.  En  outre, 
les  chaînes  du  nord-ouest,  avec  leui-s  nomhreuses  vallée>  intermédiaires  à 
faillie  pente,  où  les  amas  de  neige  restent  constamment  à  l'ahri  des 
rayons  solaires,  sont  heaucoup  mieux  disposées  que  le«-  hrusques  versants 
de  l'Himalaya  oriental  pour  garder  dan<  leuis  dépre<si(uis  les  lents  cou- 
?'auts  des  glaciers.  La  chaîne  du  Zuiskai-  ou  de  Hara-latcha,  qui  se  dirige 
au  nord-ouest  vers  Kachmir  entre  les  afnuenl>  de  l'Indus  el  ceux  du  Tchi- 
nah.  esl  entièrement  frangée  de  glaciers  donl  un  grand  nomhre  ont  plus 
de  "2^}  kilomètres  «le  hmgueur,  el  dé|)ass«'nl  ain<i  en  étendue  le  glacier 
d'AleIsch,  le  plus  consiilérahle  de  l'Kurope.  Mai>.  «'«■>  fleuvt's  «le  glace  le 
cèdent    eux-mêmes  aux    énormes   courants  cristallin>  du  Baltistan,   qui 


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'  Straetiuy;  —  Al.  cl  J.  Gerurd;  —  Al.  Gunuiii^liaui  ;  —  Fr.  brew. 
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50 


Mirvii.i.K  (;ko(;h.vi'IIIK  imvkiisiii.i:. 


sV'|t;inclit'iil  di'-^  llaiic-H  du  Kiii'iikdi'otiiii  dans  li's  liaiilos  valhVs  Iriliulaiivs 
du  (iliayitk  cl  de  l'Iiidus.  lr>  <j.\;\{'u'v<  mi  ijinisc  du  Saïlcliai',  An  Italloro, 
ilu  ISial'i),  tlu  Tclinijo  oui  rliar'.ui  |>lu>  de  <)l>  kilontt'li'cs  de  lou^ucur,  de 
leur  fiit|ut'  lie  léeeiilion  à  leur  moraine  iKUilale,  el  e'esl  par  (li/aiues(|u'ils 
reeoiveul  des  placiers  secondaire-»  a\anl  au  moins  les  dimen-ious  des  plus 
vasies  eliamps  de  jilaee  des  Alpes  sui^M's;  eu  sui\aul  la  liiiue  supérieure 
d<'s  névt's  el  des  i^jaeiei"..  un  pourrait  |iridialdeuienl  ne  pas  ipiiller  la  i^laio 
sur  nu  espace  de  l.">"  kilomèlri's.  \.v>  pliénoniènes  que  l'on  «d(ser\e  sur  les 
lleu\e>  c!iiiL;elé^  de  I "Kinope  centrale  se  relrouvenl  Ions  dans  l'Himalaya, 
avec  de  plus  vasies  proporlious.  |,à  aussi  les  ohservaleurs  peuvent  éludier 
rimiyes   el  crevasse?,  séracs  i-i  muiilins,  murailles  médianes,  lalérales  ou 


N*    l;     UL1L1E115    lit-    UALTISIAN. 


h'ai  rt^  ;!'  il.\iii-.\';*Uii  el  I  r\M 


1  ■  1 1-.»  ...1 


Mkîl. 


frontales.  De  même  (pie  dans  les  Alpe^.  ikuuIuv  de  rivièr(«s  issues  des  pla- 
ciers s'élancent  à  l'air  lilne  par  des  [lorlcs  à  plein  ciiilrt!  ou  à  conriies  sur- 
baissées tpii  donneni  à  leur  entrée  dans  le  monde  lumineux  tpiel(|ue  chose 
d'Iiéidïiiue  el  de  Iriomplial;  en  face  du  lU-uve  lirnyanl  qui  s'échappe  de  la 
somhre  arcade  el  de>  hautes  parois  crislallines,  rayées  de  fentes  i'idiipiant 
la  pie--.ioii  di's  Lilaces  eu  uionvemenl.  on  ciuupreiid  l'acilemenl  le  sentiment 
d'adoration  (pri'prouvcul  les  pèlerin^,  am'iniuilli's  devant  (cs  laldeaux  gran- 
dioses. Ce  <pii  distiniiue  le  plus  lo  i;lacieis  de  l'Himalaya  el  du  Kara- 
koroum  de  ceux  des  Alpe>,  c'est  l'énorme  tpiaiililé'  de  déhris  que  chai- 
rienl  la  plupart  ireiitre  eux  et  ipii  eu  recouMcnt  pioipie  complèlenienl  le 
cours  inférieur;  les  amas  de  pi«'rres  tpii  cachent  la  ;;lace,  excepté  dans  les 
endroils  où  des  crevasses  ont  ouvert  leuis  ahiiues.  miuI  eux-mêmes  revêtus 
de  terre  où  croît  le  gazon,  où  lleurissenl  des  plantes  nombreuses;  le  champ 


GLACIERS  ni:  l/III\l.\l,\Y.\. 


M 


mlaifcs 
lalloit», 
l'iir,  (11' 
'siiu'ils 
los  plus 
)érii'Uio 
la  y  lace 

sur  les 
inalaya, 

élmlii'i' 
iaK's  ou 


■H'i; 


^-i 


tlos  iihi- 
ilu's  slll- 

IIC  l'IlOM' 

ic   (le  la 

'itlitiuaiil 

H'iiliiiit'nl 

aii\  ^l'aii 

il  11  Kara- 

i[ii('  cliar- 

'U'iiK'iil  Ir 

dans  les 

es  revèlus 

le  cliaui|) 


tlii  chcitT  1*^1  lran^r<iniit'  en  jardin  '.  I-c  filacierdc  llalloro.dont  une  hi-anflic 
n:iil  il;in^  !«•<  lu-vé»  dn  ha|i>-anji,  csl  dans  sa  [tailic  inCéiieniv  enlirremoiil 
roHwrl  dt' «léliri-,  nu-r  de  |iicnvs  formée  par  la  jonclion  de  qnin/e  ino- 
i-iine<  de  nulirs  ilivrrx'MienI  culoitrs,  crises,  lirunes,  jaune  .  r  .iii:)-:. 
Meuàln-.  (|iii  <"alipnenl  |iarallèlenienl  sur  le  courant  du  lilaeii'r  ". 

Les  vallée*  infériemvs  de  l'Ilinialaya  jiardeni  eneore  les  traces  do  pla- 
ciers bien  aiilivmenl  considérables  que  ceux  d'aujounriuii.  < 'à  cl  là  do 
iiioraiiK**  lalénile*  •-«•  voient  sur  des  terrasses  dominant  le  lit  t]n\ial  de 
plu-ieui^  tviilaiiies  de  mètres;  des  moraines  IVonlales,  moins  nondireii^os 
paive  i|uVlli-s  mil  été  |MUir  la  plupart  déldayées  par  les  torrents,  m-  -<»nl 
au-'-i  mainli-nue^  dans  m:iinle  vallé-e  à  l'aliitude  d(>  I.MID  mètres  sculcmeiil 
aH-«lf^su^  ilii  niveau  de  la  mer.  Di's  lleuves  de  ylace,  descendant  du  Kam- 
kitmuni.  allaient  s'épanclier  jusipie  dans  le  bassin  de  Kaclimir,  à  plus  ilf 
•2tMI  kiloniè!n*s  de  leurs  névés  d'orijiincv"  ;  celui  de  la  Noulira.  tributaire 
de<  ;L'l;i«-e<  du  Cliayok.  n'avait  pas  moins  de  ir>()Oà  IlOO  mètres  d'i'paisseiir 
au  ciinfluenl  d«-s  deux  vallées,  jiarsemées  maintenant  de  riants  village-'. 
fV'  même  dans  la  partie  niéi'idiouale  de  l'Himalaya,  la  vallée  île  Kani:ra. 
ipie  |«iii'Oui1  le  |{ia<.  e^l  rouverte  de  blocs  errati(|ues,  d'orij;iue  lilaciaiit;. 
jus«|u'à  KMv»ie  d«' <»0(l  mètres  sciilemenl  ;  le  courant  central  de  la  vallée, 
alimenté  par  d'aulnes  «ilaciers  secondaires  descendus  de  la  cliaine  cristal- 
line do  moiil^  niancs  un  Dlia(da-dbar,  dépassait  iOll  kilomètres  en  lon- 
gueur*. Mais  les  lénii)i<;najies  de  l'ancienne!  période  glaciaire  disparaissent 
|>lns  \ile  dans  lo  monts  Himalaya  tpie  dans  pres(|U(î  toutes  b-s  autres 
iVL'ioiis  nionlai;ueus4-.  de  la  Terre,  à  cause  de  la  marcbe  rapide  des  érosions 
dans  b*»  valliV-s  Iribulaircs  de  l'Iudus  et  du  (ianjic.  Les  coucbes  silici'ust's 
dfs  hautes  cimes  et  des  jK-ntes  moyennes,  les  yrès  des  monts  sub-bima- 
lavens  s^ml  des  plus  friables  et  cèdent  facilement  à  l'action  des  eaux:  bs 
-iiciss  fendilli'-s  <e  ilélil4Mit  aussi  prom|»lement  sous  l'action  alternante  dts 
iieb'-es.  ilu  dtniel.  de  la  chaleur  solaire  et  des  pluies;  (piant  aux  débris 
ai'cumub's  jailis  jvir  des  torrents  jilaciaires.  ils  sont  saisis  de  nouveau  par 
tliaipie  inon<latiiin  «•!  |Mirtés  plus  avant  vers  l'issue  des  vallées.  Les  lits  i|ue 
les  |leuv«»s  de  riiimrdaxa  se  simt  creusés,  soil  dans  les  amas  de  cailloux. 
soit  même  dans  la  nxlie  vive,  alleij;neut  en  beaucoup  d'endroits  la  pro- 
fondeur lie  ï'iMl  mètres  au-dessous  des  anciennes  i)erges,  et  les  moindres 

'   Vivlr»"*  Wil-4in.  T*'  Àhid-  «f  Sh  .ir. 
-  y..nl;.HKiirtii-.  Mitll eilutiiftH  t> m  l'iirimniiii.  Il,  I8(ir>. 

'•  lfi"ik»T.  HitmiLjj^i.i  J'iMinaU  :  —  (lu  Jwiii-Aiislcii,  Jnnnial  of  ihc  Geoyraphiail  Society,  iMiî; 
—  TIms.IkiIiI.  Meimoirtci  th-  GrulnijUal  Suvvetj  of  Imlia. 
'  Ki>^Uik  I%'-w.  Jmmim'.'o  aii'l  A<(»Ai(i.'V  Ti'rrilorit's. 
■'  Tlf->4al«i.  lUtvrdt  ofthf  Geolcgical  !\unrij  of  Inilia.  vol.  Vil,  1871. 


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NOUVKLI.E  r.ÉOC.RAI'IIIE  IMVKUSKI.LE. 


tril)ut<iitvs  ont  (lù  onlaillrr  la  nv>nliij:no  <;ur  des  ('paissoui-s  do  cinq  ou  six 
ivuls  iiu'tirs  pour  allrr  icjoiiulre  lo  ninraiit  |iriiu-ipiii.  l-c  Salh'dj,  d.ti^s  son 
niiu's  sii|K>i'ifur  sur  li>s  plateaux  du  Tihot,  cl  plus  lias  dans  le  pays  de  La- 
dak,  rindus  (>l  ses  divers  allluouls  hinialayeus,  le  tîange,  eu  amont  de 
llardwar,  oiTivnt  d»'S  exemples  i-emarcpialdes  de  ees  érosions  profondes  à 
près  de  mille  mètres  au-dessous  du  |ilan  île  leur  ancien  lit,  dont  (pielipies 
restes  s»«  voient  cà  et  là  sur  les  terrasses  latérales'.  Kn  |h'u  de  eonirées 
au  monde,  il  n'est  à  la  l'tiis  plus  nécessaire  et  plus  facile  d'étaldir  sur  les 
rivières  tics  jMuits  snsp«-ndus,  car  mainte  tissure,  ([uoique  profonde  de  cen- 
taines de  nu''tres,  a  seulement  un  jet  de  pierre  en  larj^enr.  Dans  les  vallévs 
indiennes  de  l'Himalaya,  (pieltpies  appareils,  semblables  à  ceux  du  Tibel 
oriental,  sont  de  simples  tilioiika,  cordes  sur  lesquelles  <;lisse  un  anneau, 
purlani  le  voya^'cnr  d'un  bord  à  l'autit';  toutefois  la  plujtart  des  ponts 
sus|M'ndus  ou  iljhiiHlti  sont  tressés  en  câbles  d'écorce  ou  de  lianes,  balancés 
par  le  vent,  mais  assez  scdides  pour  <pie  les  voyageurs  libres  de  vertij^e 
puissent  s'y  s'aventurer  sans  crainte  el  «prou  y  fasse  nuMue  passer  des 
clièvres  »'l  des  bivbis;  elles  durent  en  moyenne  |K.'ndanl  trois  années. 
Les  talus  d'érosion,  fréquemment  sculptés  à  nouveau  par  les  pluies  et  les 
éboulis,  se  sncoHlenl  le  lon|j  des  lleuves,  en  forme  de  cônes  jrris  ou  rou- 
j.'eà[ies,  que  b;  cn'puscule  (Ui  l'éloignemenl  font  ressembler  à  des  ranm's 
lie  tentes  •;i<:aiilesques. 

Uans  les  rocbes  j.néyeuses  du  Sub-llimalaya,  le  travail  de  destruction  se 
révèle  luoins  par  la  formation  de  talus  (jue  par  celle  de  parois  verti- 
cales; «les  pans  entiei-s  se  tiélacbent  à  la  fois  en  donnant  aux  rocbers  l'as- 
pect de  citadelles  construites  de  main  d'bomme,  avtv  des  tours,  des  en- 
ceintes, des  terrasses  régulières.  Ni  les  masses  cubiipjes  de  la  «  Suisse  » 
>-a\iiiine,  ni  les  blocs  rectangulaires  de  certaines  |)arties  du  Nouveau- 
Mexiipie  el  du  (lidorado  n'ont  plus  de  symétrie  dans  leurs  formes  que  plu- 
sieuis  des  rocbes  du  Sub-llimalaya.  Oueltpies-unes  de  ces  bauleurs,  à  pans 
cou|H's,  oflVenl  uiu'  surface  qui  n'est  pas  moins  unie  que  celle  des  causses 
du  midi  de  la  France.  D'autres  blocs  de  rocbei-s,  dont  la  surface  est  d»» 
plusieuis  centaines  ou  même  de  milliers  de  kilomètres  earivs,  se  composent 
d'assiM's  su|H'rposées.  en  retrait  les  unes  sur  les  autres,  el  piésenleni  de  Ituis 
les  côtés  l'aspect  tl'une  |iyramiile  aux  énormes  d«'grés. 

Les  glands  écroulements,  dont  ou  voit  partout  les  traces  dans  les  monts 
Himalaya,   appartiennent  aussi  à   la  itt-riode  actuelle.    1,'liisloire  conlem- 


•  Iiii'w,  AikIii  w  Wilxiii,  ouvraijos  t-ités;  —  itolM'ii  toii  Sclil;i^iiitweil.  Veber  ErosiuHi.fonm'n  tter 
inilisilu-ii  Flû-vst.'. 


GoRr.KS.   Kllitms  IIK  L'HIMALAYA. 


55 


inq  ou  SIX 
,  (l.ii's  son 
nys  (le  La- 
it mont  ih 
rolomles  à 

t  (|U«'l)|Ul>S 

e  conims 
lir  sur  lis 

tic  (II'  Ct'M- 

K's  valK't's 
i  (lu  Tibet 
Il  annoiiii, 
(.les  ponts 
.,  ItalaïKi'S 
(le  vt'ili^c 
tasser  des 
s  annt'os. 
uics  et  les 
is  ou  rou- 
es ran!,'(H's 

ruclion  so 
■ois  verli- 
lors  l'as- 
,  (les  Cil- 
Suisse  » 
Xouveau- 
qne  |ilu- 
s,  à  pans 
s  causses 
'c  est  (le 
iMiiposcnt 
Il  de  tous 

es  monts 
c«tnleni- 


pnrnino  do  l'Indus,  du  Tcliinal»,  du  Satledj  en  a  fourni  de  ivmaif|ualdes 
exemple^.  Il  arrive  fmpicmmeiit  que  tes  trois  lleuves,  arivlés  dans  leur 
cnuiN  supérieur  par  des  cliules  de  }.daeiers  et  de  pierres,  se  lran»|°ormenl 
en  lacs,  landi-^  (piVu  aval  de  la  di{,nie  teni|>oraire  les  lils  se  des>.ètlienl 
peu  à  peu;  mais,  aprî's  dos  journées  ou  des  semaines  d'arrêt,  les  lacs  reto- 
iins  Unissent  par  Iraiuliir  leur  harrafic,  et  hienttU  les  masses  de  déhris  et 
de  lioue,  mèliics  aux  eaux  d'inondation,  se  ruent  sur  les  tori-cs  d'aval  en 
di'vasiant  les  eampajines  riveraines,  en  rasant  les  maisons  et  déracinaiil 
les  arlues'.  Lorsipie  ces  l)arra<;es  d't'boulcment  se  produisent  dans  les  val- 
Itrs  su|H'iieiires,  les  torrents  «pii  rejoignent  en  aval  la  vallée  maîtresse  coii- 
linuenl  d'aliinenler  le  lleuve,  et  les  riverains  des  campagnes  plus  basses  ne 
s'a|K-rt;oivcnt  de  révcnemcnt  (pie  |)ar  une  légère  diminulion  des  eaux;  mais 
il  arrive  parfois  (pie  les  chutes  de  neiges  et  de  rochers  se  font  dans  les  dé- 
lilés  rapprochés  de  la  plaine,  et  le  fleuve  se  li\)uve  alors  complètement  tari. 
L'explorateur  (lodvvin-Aiisten  et  ses  compagnons,  surpris  par  une  débâcle 
de  barrage,  eurent  à  |>eine  le  temps  de  s'enfuir,  avertis  par  le  lonneiiv  des 
ntclies  eiilre-clio(piées.  La  dura  de  pierres,  de  boue  et  d'eau  se  pnVipile 
dans  les  valUfs,  haute  et  droite,  et  lan(;ant  des  projectiles  comme  un  ivm- 
pail  de  forteresse  mouvante  :  les  fragments  de  roches  brisées  sont  eiivovés 
au  loin,  tandis  que  sur  les  berges  les  plus  gros  blocs  tournoient,  puis 
s'engouffrent  dans  le  torrent  noir*. 

Ces  phénomènes  d'érosion  ont  eu  pour  coiisinpience  de  donner  aux 
torrents  et  aux  fleuves  de  l'Himalaya  une  courbe  normale  et  de  supprimer 
les  cascades  et  les  lacs  qui  jadis  en  interrompaient  le  cours.  A  cet  ('gard. 
les  inonts  hindous  contrastent  avec  les  Aljies  d'Europe;  ils  ont  [H'idu  leur 
jeunesse,  pour  ainsi  dire,  puisque  les  traits  primitifs  des  vallées  sont 
oblil(''i"és.  Les  saillies  de  roches  (pii  retenaient  les  eaux  dans  les  bassins 
lacustres  et  d'oîi  les  torrents  s'abattaient  en  cascades,  ont  été  graduellement 
démidies  par  les  eaux;  tandis  que  les  lacs  se  vidaient,  les  cataractes  s'abais- 
saient. Maintenant  l'Iiimalaya  proprement  dit  n'a  plus  (pi'uu  |>etit  nombi-e 
v'e  ces  nappes  d'eau  qui  donnent  tant  de  charme  aux  régions  de  mon- 
la;'ii(>s  et  la  |)lnparl  des  cascades  ne  sont  que  chutes  temporaires,  simples 
lilt's  d'eau  de  neige  fondue  par  le  soleil  d'été  et  se  changeant  en  va|)eur 
dan  l'ail  où  ils  ondoient.  Les  seuls  grands  lacs  de  l'Himalaya  se  trouvent 
au  nord  de  la  cliaine,  dans  la  déjiression  qui  la  sépare  du  Trans-Hima- 
laya,  et  à  l'ouest,  dans  les  nombreuses  vallées  parallèles  du  Ladak  et  du 


«, 


ifiinm'ii  tier 


'  \  r.iiniiiii^liaiM,  Luilik : — Shaw,  ///(//i  Tiiiiarij,  Yaïkaiitl  and  Kai<ltiiar;  —  hirw.  Jumimm 
uiul  Ktisliiiiir  Te  rilcrifs ;  —  Mi'illicull  :iiiil  itl^iiiloni,  Maiiual  af  llic  Gcoloi/ij  of  liidiii. 
-  Ii»ilwiii-Aii»li'ii,  Journal  uf  llie  lifoiiraiiliical  Sm-ictij  of  Lii.don,  I  t'C»  ». 


r 


&t  NOUVELLE  (•.(■nr.nAI'IlIE  INIVEnSELLi:. 

K;icliinii'.  Mais  il  csl  (rrlîiin  que,  diiiis  ces  ivfiioiis  (>c('itl(MiliiI("^,  noinitrt' de 
liios  oui  (liiiiiiui*'-  (rrlcndiii',  nmi  à  cause  de  rapinnrcmilisscniciil  niiiilin'l  de 
liMir  ('luissaiiv,  mais  par  rclïcl  du  (IcssècliciMciit  i^iaducl  dr  la  nuilirt'. 
Ourli|u<»<-iius  dt'S  lacs  dr  celle  |iai'li(>  de  riliuiala\a  nul  perdu  luul  ('coule- 
uieiil,  el,  deveuus  liassius  leriné>i,  se  sunl  peu  à  peu  cliaiijii's  eu  ci'.sctvoirs 
d'eau  salée.  De  vasies  plaiues,  jadis  couvertes  d'eau  douce,  n'oiil  plus  «pie 
de  pelils  «  lacs  amers  »,  eutmirés  d'elllorescences  salines  se  couloudiiiil 
parfois  avec  les  iieijivs 

Les  zoues  <l(>  vi'^V-laliou  sur  les  peiiles  de  l'Himalaya  correspoudeni  rialu- 
rellemeul  à  celles  de  la  leuipt'ialure.  Ile  tilMI  en  'JOII  uièlres,  la  chaleur 
diuiiuue  d'un  (le<^ré,  el  loules  les  coiulilions  du  cliuial  se  iiioililienl  eu 
uièu)e  temps;  les  plantes  liopicales  ou  semi-lropicales  de  la  lias-  s(»nt. 
renijtlac(''e>  plu>  Inul  par  des  vt'\iit''lau\  de  la  /.one  temp(''r(''e.  puis  par  ceux 


ziim:s  ih'  teiui  et  nu  innviii. 


D*.'»orcsi  LUtM^iOr 


l;jV;r,-on 


ri<Hi  liil. 


de  la  /(Uie  arcli(|ue.  Mais,  «mire  c«'s  ^rau«les  «livisions  d«'  «•limai  el  de  v«''^«''- 
tation,  aualojiiu's  à  C('ll«'s«pie  l'on  «d»s«Mv«' sur  l«'s  p«'nl«'s  «l«'  loules  les  autres 
cliaiiH's  «|«>  nnuila^iu's,  «ui  coiislnt«'  eiicor«'  à  la  Itastî  «M  sur  l«'s  pr«'mi«'rs 
ii'ullemeuls  «le  l'Himalaya  «l'aulres  /«mes  «le  li>rrain,  liien  lran«-lii''es  |iar 
la  mitur«'  «In  s«d  «'t  l«'nrs  |>r«)dnils,  «'I  «l«'vaul  leurs  «•«)iilrasl«'s,  imn  à  la  «lillV-- 
]vm-v  «l'allihnle,  uiais  à  la  «lisjiosilion  «les  ««(iicIh's  sup«'rli«'i«'ll«'s  el  à  r<''i'«»ii- 
l«'Uieiit  des  eaux  ;  ««-s  /«mes,  hieu  couinu's  «le  l«)nl  l«'mps  par  l«'s  naturels  «pii 
uu''iieiil  h'urs  lioupeaux  de  vaclies  «'I  «l«'  liul'IL's  «lans  l«'s  valhvs  l»ass«'s  «le 
l'ilinialaya,  se  suc«'è«lent  pn>-alli>lem«'nt  à  ra\«'  d«'s  monts.  «I«'s  plaines 
inlérieiiivs  aux  premiers  escarp«'ments,  La  ltan«l«'  de  l«'rraiii  la  plus  m«''- 
ri«li«uial«' est  c«'ll«',  «lu  Irrai,  lara'i,  tari,  ou  moratuj,  c'est-à-dir«'  «  pays 
luimi«l«>  ».  r<'',iii«)M  njait'ra^cuse.  couv«'rle  d«'  i«m,ules.  «I«>  i«is«'aux  «M  <l«' 
lMm«|Mels  d'arhres  'pii  arr«'!l«'nt  l«'  s«mril«'  «les  v«'uts  «'t  ne  laissent  |»as 
«'■clntp|ier  l«>s  |ir«)uillar«ls  «i«>  miasmes  entr<'lei)us  par  r('>vap«)ralioa  «lu    sol 


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•diiliVi'. 
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sci'voirs 
lins  »|iit' 
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ni  niiln- 
(•li;\l(Mir 
iliiMil  en 
as»'  stinl 
|tiii'  ('t'n\ 


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Foi;Éis    m.'    MhiiMi,    —    vil.    m.    i;uu:ii-iiii.i.,    m     miiih    m.    dai.iuilinu 
Llt^-iii  ili'  li.  \uillhi',  il'apn-  »\\i:  ii|iii|ii^i;i|i|iio  il.'  M,\l.  11.  uiui'  il  .slK'plii'iil. 


> 


TKflAl  KT  IIIIWKU. 


5T 


liiiiniilt  ;  ^i  l'nii  cii  croit  les  indigcincs,  (|ii('|i|ii(>s  |iiii'lii>s  du  Utiiï  t'nrrnut'- 
niit'til  iiiH'  jiliMo>.|»lii>r('  Imp  ('IoiiITh!  [unir  t\[w.  les  laiivcs  ol  h-s  oiseaux 
|Misst>nl  la  i'<-s|)ii'('i'.  Wrs  li^  iionl-oiicsl  cciHMKlaiil,  It;  Icriairi  <|ui  eoiiliiiiK' 
le  tcraï  se  ivliécil  peu  à  |m'ii,  cl  dans  le  l'aiidjid)  ce  ii'esl  i|u'iiii  espace 
saliloniieiix,  où  l'eau  disparail  rapiileuicul,  cl  ipie  coupent  de  distance  en 
distance  de  ncHnhreuscs  ravines;  d(t  liaules  lierlies,  au  milieu  desquelles  se 
cache  l'antilope,  y  remplacenl  les  l'oiuTés  qui  recouvieut  le  Icraï  propre- 
menl  <lit.  La  /.une  parallèle  ipii  se  |irolon^u!  (tnlru  les  marais  (;l  la  liase 
des  roches  ((réyeuses  du  Suh-llimalaya,  (unilrasle  avec  le  leraï  par  la  sé- 
clmresse  du  s(d  :  c'est  h;  bhiirer,  bhabhur  ou  (Ijhari,  réjiion  l'oreslière  pres- 
i)ue  entièrement  rocouvei'le  de  sais  (x/jo/'m  ntbusla),  beaux  arbres  à  braii- 

N*   1.1.   —  l.dl'PK   UKULOaiQUK   DK   LA    ll£0IU<(    PU   TERaI  IT   nU    IIIIAV»:n. 


Cu/turea 


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chafic  étalé  (pie  des  lianes  rallaclient  les  unes  aux  autres  et  aux  plantes  du 
sous-bois.  IjCS  </otm,  mari  ou  (/oa/'  (|ui  se  |)rolon<{eiit  parnlIèliMuenl  au  Itérai 
ou  bhaver,  (!l  dont  les  sépare  la  saillie  des  roches  gréyeuses,  première  anMo 
à  peine  indiipiée  de  l'énorme  ossature  des  monts  Himalaya,  sont  égalem«'nt 
insalubres  dans  une  <frande  partie  de  leur  étendue.  Ce  n'est  pas  sans  dan- 
f^t'r  (pie  les  voyageurs  traversent,  au  galop  de  leurs  montures,  les  trois 
bandes  juxlai»os(k's  du  teraï,  du  bhaver  et  des  doun,  pour  se  rendre  des 
campagnes  riveraines  du  (jauge  dans  la  région  des  montagnes,  au-d(;ssus 
du  brouillard  malsain  cpii  rampe  sur  les  pentes  intérieures  jusqu'à  l'alti- 
tude moyenne  de  1200  mètres;  on  cite  de  nombreux  exemples  d'Anglais 
ayant  succombé  aux  lièvres  contractées  dans  la  rapide  traversée  du  leraï. 
En  certains  endroits,  le  conlrasle  du  leraï  et  de  la  r(îgion  des  cidtures  csl 
aussi  net  (pie  celui  d(!  la  terre  et  de  la  mer  le  long  d'un  rivage  à  pic'. 


jli 


'  lluolicr,  Hinuilaijan  Jounuds. 

VIII. 


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_   ,-         I  n'y» 


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58 


NOUVEL LK  f.ÉOCILU'IllK  UNI VEUSELLi:. 


L'insaliibi'ik' (1(1  ces  régions  basses  s'explique  r,!'ileinenl.  Dos  onnx,  nr- 
riMéi's  dans  les  doim  |)ai'  les  saillies  ties  chaînons  jjréyeiix,  s'y  »''lalent  en 
nappes  slajiiianles;  plus  bas,  le  bliaver,  qui  eousisle  en  un  sol  de  f^ravier, 
est  1res  sec  au  coulraiic,  giàce  à  la  porosité  du  terrain,  mais  le  gravier  re- 
pose sur  une  coucIh!  d' iruile  inipern'.'able  et  les  vapeurs  qui  s'élèveni  du 
sol  a|)rès  la  cbule  des  pluies  reslent  enlerniées  sous  le  brancbaiic  ('-pais; 
(Milin,  dans  la  /.ouc  du  leraï,  la  nappi;  d'eau  (pii  glissait  siuis  les  graviers 
du  bliaver  reparait  à  la  surlaiM!  et  s'étale  en  marais  au  milieu  des  jongles. 
\\\\  eetli^  zon(;  basse,  les  rivières  (hiscendues  de  l'Himalaya,  (pii  viennent 
do  traverser  la  r(''gion  du  bliaver  par  des  lils  profonds  et  bien  déiiuis, 
s'élalent  dans  le  ttiraï  eu  y  promenant  des  cailloux  et  des  sables  et  eu 
charriant  des  i roues  d'arbres  et  des  ib'  iris  de  lout^i  espèce;  Ions  ces  (»bsla- 
cles  forment  (;à  et  là  des  (lig;ies  naturelles,  eu  amont  (les(iuelles  l'eau  llu- 
viale  se  répand  à  droite  el  à  gauche  en  marécages  permanents  ou  tempo- 
raires. I.e  l'cmède  à  cet  élat  d(!  choses  est  i"  même  que  dans  les  régions 
maiécageuses  de  i'Ivn'opi*;  il  consiste  à  régulariser  l'écoub  ui 'it  des  eaux, 
à  di'fricher  el  à  cultiver  le  sol.  Déjà  des  familles  d  colons,  fournies  par 
les  |)0[tulalions  limitropluîs,  ([ui  d'.iilleurs  ont  moins  à  cr"  idi'c;  Vannai  ou 
uiidaria  ([uo  les  voyageurs  européens,  ont  commencé  (;à  et  là  à  mt>ltre  eu 
culture  les  clairières  les  j)Ins  saines  du  teraï  et  du  bliaver.  De  leur  côté, 
des  bergiM's  descendent  des  uiontagnes  eu  hiver  avec  leurs  familles  el  leurs 
troupeaux,  aiiii  de  «  manger  le  sob'il  »,  et  des  cultures,  des  villages  suc- 
cèdent bientôt  à  leurs  campemenis.  Des  clairières,  de  plus  en  plus  nom- 
breuses, s'ajoutent  aux  es|»aces  relalivemeiit  sa'  dtres  qui  inierrompent 
eu  beaiiiiuip  d'endroits,  notamment  au  sud  du  Sikkim,  les  zones  dange- 
rcusos  du  leraï  et  du  bliaver.  Depuis  longtemps  la  roule  qui  mène  des  bords 
du  riange  à  Dardjiling  a  perdu  ses  teneurs,  il  fut  un  temps  au  contraire 
ou  l(îs  popidalioiis  de  la  plaine  laissaient  la  zone  du  lei-aï  s'accroître  aux 
dépens  de  leurs  cultures,  alin  d'augmenter  ainsi  la  «  luarclie  »  ipii  bv.  '«'-- 
parait  de  leurs  ennemis,  les  peuples  pillards  dtî  la  montagne. 


Dans  l'angle  nord-occideiilal  de  l'Inde,  loule  la  région  supérieure  <ln 
Pandjab,  entre  les  iikmiIs  avancés  de  l'IIiiualaya  et  le  Soiilaïnian-dagh,  est 
occupée  |)ar  des  plateaux  peu  (•lev(''s  et  de  petits  cbaînons,  ivniarquables 
par  la  régularité  géom(''tri(pie  (b-  leurs  alignenients.  Tandis  (pie  le  l'aiidjal, 
la  dernière  chaîne  bimalayeiine,  coiilouiiii'-e  à  l'ouest  par  le  Djliilani  à 
sa  sortie  de  la  vallée  de  Kachuiir,  suit  la  direct  ion  normale  du  système,  celle 
du  sud-est  au  nord-ouest,  les  cliaîiioiis  du  llazara  et  du  haut  Pandjab  sont 


w 


1 


TKIIAÏ  KT   llllAVKIi,    l'OTWAI!,    MdNTS   lUJ   l'ANDJAIÎ. 


59 


(lis|)ost5s  pour  la  pInpiU'l  pt'ipoïKliciilaii'oiiKMil  à  l'nxo  dt;  l'ilimiilaya.  dans  le 
sens  (In  iionl-csl  an  s'.id-diifsl.  \.c  smiimcl,  lo  plus  ('li'vô  do  cclli^  iv^ioii 
d'(iiiliv-l>iliilam,  le  Mari'i,  cU  encore  une  des  unindes  cimes  de  l'Ilinialava 
exlciicui',  pnis(pi'il  atleinl  la  lianlenr  de 'J'27*J  nièlres;  mais  au  snd  de  celle 
lionie,  diessée  eiilro  deux  réfiions  dislincles,  les  jdaleanx  »inl  une  allilude 
ni(i\(>nne  ipii  diminue;  ficaduelleuicnl,  île  .'jltU  à  ,"00  uièlros,  el  les  civles 
des  cullines  ne  les  dominent  (pie  d'une  liauleur  à  peu  près  égale.  Trop  peu 
(•le\écs  poni'  frapper  l'imagiiialion  populaire,  ces  saillies  de  rochers  n'onl 
pas  d'appellulions  géoui'apliicpies  précises  :  elles  sont  désignées  d'aijrès  les 
li'ihns  »pii  les  lialiileni,  les  villes  on  les  villages  (pii  sont  liàiis  dans  lo  voi- 
sinage, les  co!>  (pii  les  Iraversenl,  les  l'orleresses  qui  les  dominent  on 
(jnchjiie  parlicuiarilé  locale'.  Les  noms  les  plu>  connus  s'applicpient  à  des 
régions  entières  :  [elle  est  l'appellalion  l'olwar,  diunéo  à  tout  lo  j)laleau 
monlncux  de  liawaî-i'indi. 

Jl  n'esl  pas  à  la  surface  d(!  la  planèlo  do  masses  pierreuses  qui  aient  été 
plus  (k''rliiip.;''.es  par  les  <''lémenls  (pie  les  aivles  du  l'otwar  et  des  anii'cs 
cliaincs  do  la  contrée  dans  lo  Cis-lndu  <  el  le  Trans-lndiis;  plusieurs  se  ler- 
niinent  au  sommet  par  des  lames  ai^Mics,  si  mincos  et  si  décliir(''e-^  p,ir  eii- 
didils,  (|u'on  les  dii'ail  laillées  à  jour.  Toutes  les  parlios  de  ia  roclio  faciles 
à  délilcr  ont  ("lé  empoi'lées  par  les  eaux  de  pluie  :  il  lu;  reste  plus  t|ne 
le  s(pielelle  de  la  monlagne;  les  ('éliris  suporiiciois  ayant  élé  eidevés, 
It;  géologue  peiil  reconnaître  à  [)remièro  vue  la  nature  des  roches  (p;i  for- 
maient le  nojan  primitif;  mais  (|uel(iues  crèh's  ont  une  si  grande  ré'gnla- 
rilé  (pi'on  lient  y  confondre  les  lenvres  de  la  nature  avec  ceiles  do  l'homme: 
telle  montagne  est  inditpu'o  sur  la  carte  de  l'élal-inajoi' comme  portant  un 
château  fort,  ipioiipie  ses  murailles  el  ses  hasiions  ne  soient  dus  (ju'à  l'ac- 
tion des  intemj:éries^  A  cet(''gard,  l'une  des  chaînes  les  plus  remartjuahles 
est  celle  tpii  limite  au  sud  ces  plateaux  ravin(''s  du  i'andjah  el  ipii  a  ret;u 
des  Anglais  lo  nom  d(î  .S'«//-/7///j/r  on  «  chaîne  Saline  ».  Klle  se  développe; 
(K;  l'est  à  l'ouest  entre  le  Ojhilam  et  l'Indns,  dont  elle  resserre  lo  cours  an 
délilé  de  Kalahagh,  puis  se  prolonge  au  delà  du  llenvi;  sous  divers  noms, 
Tchitchali,  (ihingarh,  Kalir  kol.  (iheïk  hoiidin.  Klle  fut  jadis  la  limite  mé- 
ridionale (In  ('(Uilincnl  d'Asie,  el  '-es  ocarpemenls,  sa|iés  à  la  hase  pai'  les 
eaux  de  la  nn'r,  oITicnl  encore  (.à  cl  là  rappar(!nce  do  falaises.  I.a  chaîne 
Saline  est  nue  des  plus  curieuses  de  l'Inde  par  la  formation  de  ses  assises, 
car  on  y  éindie  des  roches  appartenant  à  tous  les  âges;  les  couches  siln- 


.1   ^  .'i 


f-î4i 


'   Mfillii-otl  iiikI  libiil'iinl,  .1   MciiiUdl  uf  llir  Coiliiiiji  af  liulitt. 

'■'  WyiiiiL-,  Meiiiuim  ufllic  Cculuiiical  Siinyij  uf  Imliti,  vui.  \l.  ISTo. 


r 


60 


NOUVELLE  CÊOCR.M'IIIK  IM VEIISELLE. 


rit'iinos  y  sont  ropit'sciiNM's,  de  inriiic!  »|iic  les  lonains  carhonil'èros,  le 
Irias,  lo  jura,  la  craie;  eiillii  des  siraies  de  r»''|)0(|iu^  lerliainî  recouvrent  les 
autres  l'orinalions  el  l'on  y  trouve  surtout  des  nu  lies  calcaires  nuniniuli- 
ti(|ues;  niènu^  des  dioriles  se  montrent  au-dessus  des  couches  sédinien- 
taires.  I>a  variété  des  j^isenu'Uls  minéraux  n'y  est  pas  moindre  (|U(!  celle  des 
roches;  on  y  a  découvert  en  (|uanlités  diverses  de  l'or,  du  cuivre,  du  |domh, 
du  l'er,  ainsi  (|ue  le  soufre,  l'alun,  le  sal|HMi'e,  h^  pétrole,  la  iiouille,  et 
des  soni'ces  thermales  y  jaillisseni  en  niainls  endritils.  I,e  frypse  y  (ïst  eu 
al)0iidance  et  le  sel  ipi'il  renlerme  a  fail  donner  à  juste  tilr('  le  nom  de 
chairu!  Saline  à  ses  escj-rpemeuts'.  Les  couches  de  sel,  hianches,  grises, 
rougeàtres,  (!t  dilTérenles  en  pureh-  comme  en  couleur,  ont  jusqu'à  50  mè- 
tres de  puissance,  et  dans  (juehiues  endroils  les  carriers  peuvent  attaipier  la 
roche  de  sel  gemme  sni*  une  épaisseur  totale  de  pli>  de  lôtl  mètres.  Dans 
IHU'  partie  de  la  chaîne  du  Pandjah,  Wyriiie  a  mesuré  des  couches  de  sel 
représentant  une  masse;  cuhitpie  dc^'JS  kiiomèti'es  cultes,  ;issez  i  oui' suhvenir 
au\  hesoins  ih;  (ous  les  honnnes  pendant  des  milliers  d'années. 

!)(!  même,  dans  le  proi-iugemeut  dt  la  chaîne  à  l'ouest  de  l'Indus, 
les  collines  sont  en  gramli-  partie  composées  de  sel.  '  ''cui  y  voit  (;à  et  là 
des  hlocs  isolés  de  40  mètre-  île  hauleur  (|ui  sont  ni'n'  ..-uïent  l'oi'més  i\{\ 
ci'islaux  salins.  I,a  percolation  de  l'humidité  à  travers  les  roches,  l'action 
des  pluies  sur  les  paiois  extérieures  du  sel  et  la  pression  des  assises  su- 
péi'ieures  ont  eu  pour  consécpience  dt!  dislocpier  le^  strates  sons-jacenles  el 
d'y  produire  des  l'outis  et  des  renverseuieiil>  ipii  déroutent  souvent  les  géo- 
logues. Parmi  les  cui'iosilés  de  celle  chaîne,  si  intéM'cssante,  se  rencontrent 
aussi  des  hlocs  de  granit  roulé  <pii  portent  des  traces  évidentes  de  l'action 
glaciaire  :  un  erraticpie  de  gi'anit  rouge,  dont  on  n'a  pu  découvrir  encore 
le  lieu  d'origine  dans  l'Himalaya,  a  été  trouvé  par  Tli(Mthald  dans  le  Salt- 
l'ange  et  déposé  au  inus(''e  de  Calcnlta;  les  polis  et  les  siriesde  sa  surface 
n(i  laissent  aucun  doute  sur  sa  provenance.  Toute  la  surface  du  [dateau 
(pii  s'étend  au  nord  de  la  chaîne  Saline  est  recouverte  de  graviers  el  de 
sahles,  au  milieu  des(piels  sont  |»arsemés  des  hlocs  erralitpies;  on  voit 
aussi  de  ces  ntches  eu  grand  nomhre  sur  h's  hords  de  tontes  les  rivières, 
notamment  le  Sohan  et  l'Indus,  justpi'en  aval  d'Allock.  i'endant  la  période 
géologiipie  moderne,  des  changements  considi'rahles  oui  eu  lieu  dans  l'hy- 
di'ographie  de  la  coulrtr;  il  (".t  piohahle  ipi'uu  lac  la  recouvrait  presque  en 
entier. 

\  l'ouest  de  l'Indus,  les  diverses  chaînes  de  uionlagnes  qui  cunslitueiit 


iii'iij.  I.Mihiii;  —  Mcillii'iill  c'(  3hiii((ir(l  ;  —  Wuiiio,  cit. 


M 


oiilicnl 
l'acliDn 

encore 
|(>  Siill- 

surlaco 

philcaii 
'l's  et    (If 

(Ml  voit 
rivit'ics, 
a  ih'miihIi' 
ins  riiy- 
•(•s(|u»'  en 


CIIAI.NK  SAUM:,   S(I|  LaLmaN-DAGII.  01 

la  rmiilièi'o  fiCMifriapliiquc,  de  riliiuloiislaii  Sdiil,  (•(imiiu'  l'Hiinalaya,  les 
ai'èles  lidi'dièi'cs  (l'iiii  [ilaleaii  el  iimii  des  monts  indi'iM'ndaiils,  à  rexccplion 
liiiilt'Iois  des  raiifiécs  (|iii  fuiilimit'iil,  à  l'est,  la  eliaiiie  du  Salid-koli  on  des 
«  monts  IJIancs  »  et  (pii  séparenl,  [lerpendienlairemeiil  an  eonis  d(!  rindns, 
/es  (lenx  l)assins,  jadis  laenslres,  dn  l'ecliaver  et  dn  Hannon.  La  |)riiui|iale 
eliahu!  du  Trans-Jndns,  (|ni  |)orle  le  nt)m  Inre  de  Soiilaïman-dajili  (mon- 
lafinedc  Salonion),  ou  d(!  Koli-i-Sonikli  ou  «  (iliaine  lionne  ■>,  s'a|i|inie  à 
ron(!sl  sui'  les  hautes  terres  dn  pays  des  Wa/iri;  de  dislance  en -distaricc! 
ell(^  est  percée  do  bi'èclies,  d'où  s'éeliappenl  en  temps  de  jiluie  les  eaux  de 
rivières  torrenlielles,  nt-essur  les  pentes  d'une  chaîne  parallèle,  à  laquelle 
on  pourrait  duniKM'  le  nom  de  Sonlaiman-da^h  occidental,  ou  de  Djadrani, 
des  Irihus  qui  en  hahiteut  les  vallées.  Seul  do  Ions  les  cours  d'eau  i|ui 
traversent  le  .Suulaïinan  oriental,  le  Konram  atlcMiit  l'Indns  sans  se  perdre 
complètement  en  roule  dans  les  «rraviers;  les  antres  torrents  (|ni  se  diri- 
iU'ul  vers  le  ^rand  ileiive,  (piel  (pie  soit  le  versant  d'ori^iiu',  larissenl  à  la 
hase  de  la  UKUitagne,  dans  leurs  lits  d(î  cailloux  cpii  se  déplacent  et  s'entre- 
mèlenl  à  ehaipie  nouvelle  inondation.  Au  nord,  l'arête  des  montagnes 
de  Salomon  se  rattache  au  niassil'  élevé  du  Saiid-koh.  que  la  pr(d'ondo 
vallée  de  la  rivière  de  (JahonI  sépare  des  coulrelorts  de  rilindcui-koncli;  à 
l'est,  1(!  Sonlaïman  s'unit  aussi  par  des  crêtes  latérales  aux  massifs  de 
hauteurs  qui  appaitiennenl  nu  prolougemenl  de  la  chaîne  Saline;  mais  au 
sud  du  Kourani  elle  se  dégage  et  l'orme  une  saillie  régulier»!  dans  la  direc- 
tion du  nord  an  sud.  Vue  de  la  plaine  de  l'indus,  (>lle  présente  un  aspect 
iiiqiosani  :  sa  pointe  la  plus  élevée,  (pii  se  dresse  dans  le  pays  des  W'a/iri, 
«s!  le  jlirgonl  (.".JOO  mètres);  la  plus  fameuse,  connue  sous  le  injm,  si 
Irécpient  dans  les  c(Uilrées  musulmanes,  de  TakIit-i-Sonlaïman  ou  «  Trône 
de  Sahnnon  »,  est  un  peu  moins  haute;  elle  atteint  o.'i."  mètres.  Toutes 
les  roches  des  escarpements  sont  aiides  el  nues  :  hlanches  le  jour,  elles  pa- 
raissent Iransparenles  dans  l'air  du  soir. 

S'aliaissarit  giaduellement  vers  le  sud,  la  chaîne  des  monts  Soulaïman 
disparaît  après  s'êlre  di'veloppée  sur  une  longueni'  «l'environ  GOO  kilo- 
mètres, el  l'indus,  (pii  vient  de  recevoir  les  eaux  des  «  (]in(|  fSivières  », 
contourne  au  suil  les  derniers  rochers  de  l'arête  j)onr  aller  se  hciirler  contre 
la  hase  d'une  antre  chaîne  lundière,  limitant  à  l'est  le  |)laleau  du  IJalou- 
Ichislan,  hahilé  parles  Itraliui.  (!elle  cliaine,  d('-signée  dans  la  plupart  des 
cai'tes  sous  le  nom  de  llala.  qui  s'applicpie  seidemeni  à  un  col,  et  gé-nt'- 
ralemenl  appelt'e  Khirlar  pai'  les  indigènes,  suit,  comme  le  Soulaiman- 
dagh,  la  direction  du  nK'ridien  et  se  compose  de  plusieurs  arêtes  paral- 
lèles, consistant  surtout,   comme  les  rangées    du   Sind,   eu  calcaire  num- 


mm 


6-2 


NOUVKLLK  CKOCnAI-IIIE  IM VEIISELLE. 


muliliqtio;  môino  à  l'csldi'  l'Iinliis,  (|iii'I(|iu's  saillies  rocheuses,  enloiirées 
soilpar  les  alluvions  du  lleiive,  soit  par  les  saMes  du  déserl,  apparlieiiiienl 
à  la  inènio  i'ormaliou  el.  [leiivenl  èlre  eniisidcTées  eoinme  laisaut  |)artie  du 
luèmo  système  orogra[tlii<|ue.  Moins  élevé  que  le  Soulaïniaii,  le  Kliirlar 
alleiut  seulenienl  '2I0U  mètres  par  smi  point  eulmiiianl.  el  la  jtlupart  de 
ses  pies  dé[)assenl  à  [leine  18U0  mèlres.  Dans  sa  partie  méridionale,  il 
s'abaisse  «iraduellemeiil  et  n'est  plus  qu'une  rangée  de  collines  haute  de 
000  mètVes,  puis  un  simple  n-nilement  du  sol  au-dessus  des  plaines  envi- 
lonnanles.  Cependant  la  saillie  se  maintient  justpi'au  eap  Monze,  limjio  j^eo- 
{iraphicpie  el  jjolitiipie  de  l'Ilindouslan,  el  nième  se  eonliiuie  jusqu'en  mer 
par  l'ilo  rocheuse  de  Tehourna.  De  même  que  le  Souiaïi^an,  le  Khirlaresl 
traversé  par  une  rivière  qui  nait  à  l'ouest  sur  les  plateaux  el  qui  vu  se  jeter 
dans  rindus  :  c'est  le  (iadj,  dont  la  vallée  oITre  un  passajje  i'acile  pour 
remonter  des  plaines  de  l'Inde  sur  les  hautes  terres  du  Haloulchistau'.  On 
croyait  jadis  ipie  les  chaînes  hordant  à  l'oMest  la  vallée;  de  l'indus  oppo- 
saienl  un  obstacle  |)res(pi(!  insurmontable  au  passage  des  caravanes  el  des 
armées  el  qu'un  pelil  nombre  de  cols  s<'ulemenl  pouvaient  èlre  lian- 
chis.  Le  Kliaïber  el  le  Païwar,  au  nord  du  Soulaïman-dagh,  au  milieu  L- 
Goumoulet  le  Siuighar,  le  Hliolan  au  sud.  telles  étaient, disail-on,  les  seules 
brèches  de  ce  rempail.  Ia-s  explorations  faites  récemment  par  les  géomètres 
anglais  0!il  prouvé  «pie  les  chaînes  bordières  sont  au  contraire  percées 
d'un  <  rand  noudne  de  cols  praticable-i  :  Xarkham  en  énumère  j)his  d'uiuf 
cinqiiiintaine'.  (a\  ne  sont  pas  les  dii'ticultés  lie  la  marche,  mais  celles  des 
approvisionnemenls,  qui  de  toul  ti'uqis  oui  limité  à  (pielques  chemins  de 
montagnes  les  comnuniicilions  entre  le>  deii\  jiays  limitrophes,  liieii  plus 
que  les  escar|(emeuts  des  rochers,  les  cluunps  de  cailloux,  les  sables,  les 
espaces  sans  eau  el  sans  culture  constituent  de  ce  cùlé  la  véiilable  IVoulière 
dél'ensive. 


I 


I 


Les  eaux  courantes  sont  réparties  d'une  manière  très  inégale  dans 
l'ilindoustan,  suivant  la  marche  df^  \enl-.  la  diiection  el  l'abondance 
des  pluies.  Dans  l'ensemblt»  de  l'hydrographie  indienne,  le  versant  du 
g«df(!  du  Bengale  est  arrosé  par  un<'  ipiantile  d'eau  beaucou|)  plus  consi- 
dérable (pie  \o.  vei'sant  de  la  mer  d'Arabie;  il  e-t  même  certain  (\\n\  l'extiv 
mité  seplenlriiniale  du  gollê  recoil  plu-  di-  la  moitié  des  eaux  de  la  l'éniii- 


'  McMllicolt  :iii(l  llluiiriiiil,  .1    '•!  uiiiiil  of  tlw  lieoltiijii  iif  liirliii. 

*  Proceedimis  of  ilic  Gi'o<ii(iphical  Suviely  uf  Lumiuii,  j;iii.  181  y. 


éÊ 


I 


■Il 


SOULAIMAN-nACII  TT  KIIIRTAI!,   niVIEKES  DE  L'INOP. 


C3 


^1 
III 


siilo.  Aci'rtnriinl  cii  >.('iis  (i|i|)o<r's.  l'un  df  l'offidonl  »M  l'aiilrc  do  l'oriont,  !« 
(iiiiigo  et  lo  liraliiiKiiMHilia  iiiii<-rnt  daii»  leurs  lils  toiiU's  les  rivières  nées 
<i;ms  rilimalaya,  sur  une  lon;jn»'ur  de  idu-  île  iUOU  kilunièlri's,  cl  les  vor- 
iil  à  la  nu'r  par  les  cent  ranaux  rnanN  .ju'ils  se  siml  ffirniés  cnlro  les 
ijini's  de  Radjnialial  el  les  monts  (iarro.  l'ar  celte  lirèclie  s'écnide  une 
masse  liquide  au  .noins  quadruple  de  celle  (|ne  la  France  entière  donne  à 
la  Médilerranée  't  à  l'Océan.  La  réj:ion  du  delta  commune  aux  fleuves  en- 
licinèlés  semble  tenir  des  Anix  élénienl-»  à  la  foi-,  la  tcr'e  et  la  mer:  'es 
ri  aiies,  les  îles  émergent  à  peine,  el  les  l»ancs  de  sabh-  ou  do  vase  viennent 
jircsqne  alfleurer  la  suri'aco  de  l'eau;  le>  arhre-;  apparlicnuonl  aux  flots  par 
leurs  raciiu's,  tandis  qu'un  lit  de  houe,  ania^-é'  autour  îles  troncs,  indique 
déjà  les  empiétements  prochains  du  continent.  A  l'autre  angle  de  l'IIin- 
liiiiislan.  le  fleuve,  dont  le  nom  est  devenu  celui  île  l'Inde  entière,  corres- 
pond symétriquement  au  (iange  et  au  nrahmapoulca  ;  il  e^l  alimenté  par 
Il  V  neiges  do  l'Himalaya  occidental,  nièkvs  à  celles  de  îllinilou-koucli,  du 
Karakoroum,  du  Trans-Iliinalaya  el  mémo  du  plateau  liliélain;  ia  superficie 
(le  son  bassin  dépasse  certainement  un  million  de  kilomcln-'  carrés;  mais 
coulant  sous  un  climat  beaucoup  plus  |iauvre  en  humidité  que  le  iViigalo 
il  l'Assam,  il  roule  une  ipianlilé  d'eau  bien  moindre  que  celle  des  fleuves 
orientaux,  et  ménu"  une  partie  considérable  de  sa  région  d'écoulement  est 
un  pa\s  de  sables  arides;  néanmoins  il  est  utilisé  par  les  baienux  el  com- 
plète avec  le  Tianj.  >  el  la  mer  la  ligne  de  navigation  qui  mérite  à  l'Ilindous- 
lan  le  nom  de  «  Péninsule  »  pai'  lequel  ce  pays  osl  souvent  désigné.  A  cer- 
tiiins  égards,  rinilus,  que  l'on  compare  d'ordinaire  au  ("iani;e  comme  son 
ili'iive  jumeau,  présente  avec  lui  un  contraste  rrajipant.  Tandis  que  le  (lange 
roide  surtout  de  l'ouest  à  l'est,  en  longeant  les  contivforis  méiidiniiaux  de 
l'Himalaya,  rindus  coule  surtout  du  nord  au  sud,  à  la  snitie  de  la  région 
lies  montagnes.  De  même  que  son  grand  affluent,  le  Saticdj,  il  naît  sur 
II'  revers  de  l'Himalaya  propiement  dit,  dans  le>  réi;ions  libélaines;  enlin, 
dans  son  cours  inférieur,  il  ne  re(;oit  plus  de  lri!»utaires  :  il  est  tout 
loinié,  bien  dilTérent  du  (^lange  qui  s'unit  au  pui^s:int  Braliniapoutra.  Les 
ie--cmblances  que  les  poètes  liindo!is,  et  à  k'ur  suite  main!-  géographes 
niiiilernes,  ont  voulu  établir  entre  les  deux  Meuves  sacrée.  r-«>iiiine  s'il  existait 
entre  eux  une  sorte  de  parenlt-  m\<tiquo,  ne  s«inl  en  grand»  partie  qu'un 
jeu  d'imagination. 

I.e^  rivières  qui  parcourent  l'Inde  péninsulaiiv,  au  sud  du  diaphragme 
lie  monts  et  de  collines  l'ormi''  par  le  Vindhya,  offrent  aussi,  de  l'un  à 
l'aiilre  versant,  un  remarquable  conlra>le.  D'un  côté  les  deux  ri\ières 
jaiuellos,  Narbadah  el  lapli,  nées  vers  lo  centre  géographique  do  l'Hin- 


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MHVKi.i.i:  nfior.itM'iiiE  universellk. 


(loiisliiM,  coiilcnl  |iiiialli'ltMi)t'iil  !'iini>  ;"i  rnulic  cl  se  (It'vorscnl  <lnns  le  mi'ino 
•jollV  ili'  lu  iiici'  d'AiMliii';  (|iiiii.|iii'  aviiiil  des  IkhicIu'S  st'pMivcs,  elles  sein- 
lileiil  ii|)|»arleiiir  an  même  «•yxième  li\tlro;jiii|ilii(|ue.  .Mais  ces  «leii\  rivières 
sont,  les  seules  de  la  cùle  (tccidciilale  ([iii  aieiil  une  ceilaine  ini|i(»ilance; 
paiioiil  ailleurs,  le  \ei>ant  des  liiial  csl  hop  clniit  |M»ur  (ju'iin  bassin  citn- 
sid(''ial)le  ail  pu  se  l'ormcr.  Tous  les  «iiauds  cours  d'eau  du  sysièmc  des 
<llial  orcidenlale>^  on  oiienlales,  la  Maha  naddi,  la  liodaveii,  la  Kiiclina,  les 
tieux  l'auar.  la  Kaveri.  descendenl  vers  le  «iolledu  IJcnj^aie,  ou  élalaul  leurs 
alluviousen  larges  deltas  au  devant  de  leurs  cmlioncliures.  Il  esl  peu  de 
rivières  dans  le  monde  (pii  aient  une  alternance  plus  iytluiii(pie  entre  la 
période  des  maii;res  et  celle  des  crues  :  toutes  leurs  oscillations  sont  ré- 
lili'cs  par  les  mouvements  de  l'atuKxfdière;  avant  d'apparaître  à  la  snr- 
l'ace  du  -^ol,  les  conis  d'eau  se  lorment  di-jà  dans  les  espaces  aériens  :  elles 
sont  avant  tout  un  plii'nomène  météorolouique.  Dans  aucun  jtays  de  la 
Terre,  les  cultivateurs  n'ont  un  plus<>:rand  souci  d'aménajjt'r  leurs  rivières 
pour  se  rendre  indé-jUMuliMits  de  l'alternance  des  saisons;  c'est  nue  condi- 
tion dt>  vie  ou  de  mort  |iour  eux.  pressés  en  multitudes  dans  leurs  cani- 
paunes.  Tandis  (pie  dans  l'Inde  du  nord  la  faible  pente  des  lleuves  a  né- 
cessité pour  l'airoseuienl  des  terres  le  creusement  de  l(Mi<fs  canaux  se  ra- 
miliant  à  l'inllni  dans  les  plaines,  la  nature  iuéj^abMlu  sol  sur  les  plateaux 
du  D/kkau  et  sur  le  versant  de  la  côte  de  (".oromandel  a  forcé  les  babitants 
à  recourir  à  la  construction  de  réservoirs;  ils  ont  réiabi  ,  pour  ainsi  dire, 
l'étal  primitif  de  la  contrée,  tel  «pi'il  était  lorsque  les  rivières,  n'ayant  pas 
encore  eu  le  temps  île  reiiulariser  leur  lit,  desceiidaieut  de  bassin  lacustre 
eu  bassin  lacustre  par  <les  rapides  ou  des  cascades;  ainsi  l'industrie  a  re- 
;'"odnil  dans  l'Inde  méridionale  des  sites  (pii  lappellcnt,  du  moins  parle 
il  'ief.  ceux  de  la  Scandinavie.  Onelques-uns  de  ces  ."MMIO  lacs  restaurés 
pai'  les  aiiriculteui's  du  Hekkau  et  des  côtes  de  (  jimmandel  ont  des  centaines 
de  kilomètres  carrés  de  -uperlicie;  ce  sont  les  plus  vastes  cpii  se  trouvent 
dans  tout  l'Ilitidou-taii,  en  debors  de  l'Himalaya.  Des  dijiues,  appelées 
(iniiiifK  \y.w  le^  Aniilo-lndiens,  retiennent  les  eaux  {hi--  i'  -rvoirs  pour  la 
■maison  des  séciieiesM's  ;  le  surplus  q\ii  s'écliajtpe  par  le  sein,  des  nilniijdios, 
seit  à  icmplir  jdus  bas  ,ui  deuxième  étauu  cl  c'est  ainsi  que,  d'étage  en 
étaiic.  lies  bassins  marquent  le  parcours  des  canaux  d'irri^iatiou,  de  leui' 
oriiiiiie  à  leur  lin.  comme  de-  uanj^lions  sur  un  lilet  nerveux.  I.ors  ile< 
fjrandes  pluies,  il  ariive  fri'quemment  que  le»  anicuts.  mal  entretenus  peu- 
liant  une  pén.tde  d'oppres-ion,  de  uuerre  ou  de  pauvreti'.  cèdent  sur  quel- 
que point;  ■,\\ov<  un  ié>«ervoir  m-  vide  toul  à  coup;  les  eaux,  mêlées  aux 
[tierres,   .'i    la  boue,   aux   délnis  de  tonte  espèce  enlevés  sur   U'wv^  rives. 


CANAIX   IfVliUOSr.ME.NT,  CLIMAT   l)K   l/IM>H. 


1*5 


If  IIKMIIO 
Iles  stMll- 

toiiiiiii'i-; 
ssiii  cuii- 
Inmi'  (les 
flma,  K's 
liiiil  leurs 
4  peu  (le 
>,  LMlll'C   la 

sont  IV- 
■|  la  siir- 
'iis  :  cl  lis 
lys  (If  la 
s  rivières 
lie  eoiitli- 
Mirs  eam- 
ives  a  iié- 
lux  se  la- 
s  plateaux 

Itabitanls 
linsi  (lire, 
'ayant  pas 
Il  lacustre 
si  rie  a  re- 
lus par  le 

restaurés 

eenlaiues 
tiouveut 
appelée»; 

.  poui'  la 
(iliiniiil((s, 
ti'(''la<i('  en 

1,  (le  leur 
Lors  (le- 
leiius  |ieM  ■ 
I  <ur  (piel- 

lèlées  aux 

ur--  rives. 


I 


s'tvroulenl  «lan<  un  étang  inlérieur;  eelui-ci  crève  s('s  remparts  à  snn  tour. 
»t  la  luass**  li)|ni<ie.  >if  «ronnaiil  d'élaffe  ou  élaj;e,  se  déverse  <ur  le-  lfrn*> 
lias-HT-  »'ii  formidalile-  in(UKlati(»ns. 


■  i' 


N*  I'.  —  iTAvi.x  niv^  1^:  pvvs  m:  m\im  i  lu. 


Tiiule  la  •H-rie  îles  te.iipéralures  terrestres  se  sueeède  du  ^ui\  au  nord  de 
rilindiiu>tan.  df-  tûtes  de  (ieyiau,  situi'es  dans  le  voisinage  de  IVvpialeur. 
aux  neige*  du  Karaktjroum,  reeduvraul,  à  ôoOl)  kilonièlie»  plus  près  du 
|i<>le.  des  monts  élevéN  de  OÔOO  à  Nlîlll)  mètres.  Taudis  (pie  dans  certaine* 
iV-tiions  de  la  Péninsule  l'air*  (jue  \\>u  respire  parait  eml)ra>e.  il  en  e<l 
iraulii-s  où  riiitmnie  ne  peut  séjoui^ier  ou  qu'il  ne  saurait  même  atleindii-. 
iuansedu  froid  el  de  la  rai(''l'actioii  de  ralmos|)lière.  (iependanl.  <i  Ton  cun- 
-idèn-  le  nMnjiarl  de  monts  (pii  se  dresse  au-dessus  de<  plaine-  du  tlanui- 
et  de  l'Indu-  eoinuie  lai-ant  partie  d'un  domaine  ^éo^'aplii(pie  distinct,  un 
\)iiti|ue  le<  zones  de  tem|M''ralure  moyenne  se  succèdent  assez  réiiridièremenl 
'!.■  I°.e}lan  el  du  cap  (lomorin  aux  premières  vallées  liimalayennes.  Dans 
-ou  ensemble,  la  |tt'nin-ule  Cis<;anj;(''ti(pie,  sans  être  hrùlée  comme  certaine- 
ivyious  de  l'Afrique  liopicale.  n'en  est  |»as  moins  une  des  contrées  les  plus 
iluuules  «le  la  Teriv  :  l'iMpiateur  de  plus  jirande  clialeur  moyenne  pa-^e 
inum'tliatemenl  au  -iid  de  la  IVninsid",  el  même  la  lijrne  isolliermique  de 
'1\  de^'rés  se  nVouriM-  dans  les  plaines  septentriouales,  de  manière  à  lon- 
;;er  le-  pn-miers    ivntleuientN  de   l'Himalaya.  L'écart   annuel   de  l'une   à 


t     j 

!<l 

4 


•       \ 


M 


NorvFi.i.F  (;finr,RM'ijiF  rMVKnsRi.i.E. 


l'iuilrt'  t'xlrrmilr  (If  riiiilc.  •.m-  un  i-.|i,iit'  dr  pin-  ilc  .'1(00  kilomôlrt»-  en 
liiiiitMir,  l'-t  onli'nirnl  ilc  .'»  dt'iirt's  ci-nliuiaili-x.  »i.  ne  Icininl  |ia-  cnniiili'  ilc 
la  ilivfixiU'  dt»^  allilnilos.  on  ranitMir  lonlr^  les  slalions  au  niveau  ilc  la  nirr. 
l'i-mlanl  !<•<  ilivciM'-  >-ai>-(ms.  le-  (Vails  en  sens  invcis-  sont  pins  ntnsiilt'- 


N'  i:.  —  iviTHEii»i>  nr.  i.  iiiM»ii^Tt\. 


rallie-,  ircnviiiiri  N  dcLiivs  pcndanl  le-  cliali'urs  vl  de  10  degrés  pendant 
la  périddc  di'  riaitlieur  :  niai^;  ce  sont  là  de  l'aildc-  diiréreiu't's,  ivlalive- 
nit'Ml  à  la  vaste  élendne  de  la  iuntitr.  i'Iii-  de  '2dO  stations  nïétéorolouiipies 
élaldies  dan<  toute-  les  parties  de  la  IVnin-ule  pemieltent  d'elndiei-  les 
oMillation<  ilu  eliinat  de  l'Inde  et  d'en  tracer  les  eonilies  avee  |dns  de  pré- 
rision  que  celle  de  mainte  contrée  de  l'Kurope  occidentale. 


i:i.iM\i  hk  i.'iiiMiorsTVN. 


67 


1 ,1  plii-  ;:r;iiitl('  <''i:;ilil<'  ilr  ti'm|»(''i;iliiir  s,-  miiiiiliciil  iialtirt'IlcnuMil  tlan>i 


Ifs  ro'nniis  (le 


'ln*l 


*>   iiit'i'iuKiiiiilf,  ^larc  ail   viiisiiiap'  ilc  I  ('i|iiali>iii'.  *■(  à 


'iiilliii'iici'  modr'i'aliic»'  di-s  cnix  et  de»,   lui 


M"<   iiiaiiiu- 


t.'i'oi  iiiiisj  i|i 


l.oliiiiiliii,  tiaii»  l'ijc  lie  (à-vlaii,  la    varialinn  ilr  mois  i-n  mois   nsiillc  Je 


\    ;<•  —  iv>riir.ii<ii:-  h  itt.  i>a>«  l  iiimnii -.rAS. 


|)(Miilanl 
iflalivt'- 
iluuitlius 
iilicr  les 
(le  pré- 


1*  tleurés,  ontiv  '20"  et  '2S';  au  Malaltar.  cnlit'  Manjraloro  t>t  Cocliin.  la 
xarialidii  du  tlifriiionit'lre  u'altciiil  iiiôuu'  pas  i  ilcj^iés;  mais  à  mesuiv 
qu'on  sVloiixiu'  do  la  mer,  los  iiu'jualiU's  de  saisons  dcvifiiiicnt  |>lus  l'oitcs  : 


itoiidanl  la  saison  rliaudc,  nolammciil  de  mai"; 


mai.  !»'<  clialcurs  >onl 


licauioii|»  plus  iiilciisfs  mit  le»  plaloaux  de    iK'kkaii  ipic  sur  les  côlt's  de 
Malabar  ou  di'  CoromaïuK-l;  touU'l'ois  l'air  y  ost  en  mènu'  temps  plus  sec,  et 


lis  MMVKM.I':  CfdCllM'IllK  IMN  KIISKI.I.i:. 

lii  scnsiilittii  (l'i'tDiiiïciiiriil  (|ii'mii  \  (■•|iiiHiv»'  (•>!  iiKiiiis  iiccalihiiilc;  sur  h. 
liltoi-iil,  il  st'inlilf  (|ir<Mi  n's|iiivii  In  ImmicIic  il'iiii  Iimii,  siirloiil  i|iiiuiil  la  hiisc 
iniiiiiic  cesse  (If  l'iiiic  sdii  !i|i|taiiliiiii  (itiiiiialièic  cl  (|iic  sonrilc  le  «  veiil  (h 
lerre  ».  NaliirclleiruMil,  l'écart  de  leiii|>éialiii'e  enlic!  les  saisons  aiinmeiilc  tlii 


ainiRiiMO  iiiirvHi  ruNt  i.  iiiMimvrAV. 


lldjHès  lli'iii)   de  Scliliiginlwsit. 


1  ;  Ml ODOnnO 


Inna  kil. 


siitl  au  nord,  <'n  raison  de  In  latitude,  el  la  raii<<ée  du  Sat|ioiira,  diaplira^nne 
(le  l'Inde,  peut.  (Hre  (îonsiihiri'-e  ((•ninie  l'orinanl  aussi,  au  |Hiinl.  de  vue  mé- 
lé()rol(»^i(|ue.  une  limite  secondaire  entre  I'IikKï  seplenirionale  el.  le  Dek- 
kan.  Ainsi  dans  le  Pandjal),  à  liera  Isniad  khan,  <|ui  se  trouve  au  loin 
dans  l'intérieur  des  terres  et  à  pn'îs  de  l(MM)  kil(»niètres  au  nord  de  la  lif-ne 
Irojiicale,  l'ijcart  (!st  d'environ  "IG  dej;rés  entre  la   température  du  mois  le 


CLIMAT   liK   I.IIIMIOI  M  AN. 


til) 


jiliis  (V((i(l,  jailvit'P  (îl"),  cl,  ci'llc  tin  jiiillrl,  le  mois  le  plus  cIhiikI  (ri.'i'.i). 
li'i'sl  lii  nVi**»  <!<'  l'Iiiilt'  nù  h  rlialnir  r-l  hi  plus  \\n\v  en  l'U';  prndiitil 
ii>lli'  saisiMi,  l't'ipiiili'ui-  llifiiual  s't>sl  rcplir  yci's  le  nord,  de  iiiariit-ir  à 
iiassci'  sur  lt>  l'andjali;  la  IcinpiTaliiif  y  t>sl  alors  aussi  ôl(;v<r  (pic  dans  les 
rt'jiioiis  les  plus  Utrridcs  do  la  Tcirc,  nirinc^  dans  U'  Saliai-a',  Uiiaiil  aux 
cxhVnu's  do  clialt'ur  ol  de  froid  oliscrvt's  à  diverses  ('poques*,  ils  oITii'iil 
dans  l<'  l'andjali  un  ('carl  lolal  d'un  |mmi  plus  de  Ml  dt'Hr(''s,(>uli<>  !<■  point  de 
•;liu'i' t'I  les  chalcMirs  oxccplionucllcs  dtt  Ml  à  .'»'J  degrés  l'cnlijiradcs.   A  Ma- 


1^  vue  nn'- 


'  lliM'iiiann  \m\  Sfhlafiinlwi'il,  Itcisi'it  in  Imlifii  uiid  lldiliasioi, 

I  Triii|i('i'iiliiri's  iiKiyL'iiiu's  l't  l'xti'ùiiics  ilr   (|iii'li|ii<'s  villi's  i\v  riliiiil<iiislaii,  dans  la  iliiciliiin  du 

(I  au  >iid  : 


Mm 


Mn 


Inlitiiilf. 

....  7.1»  rs.v 

....  r.i".'.',('ri(i" 

....  r.i"."ri(i" 

....  r.(;"-.'r-.»4" 

....  '.'S"  .".S' .M" 

....  '.'""liri'/' 

....  'j(i":.ri>i'' 

Aiijiiiii- wrnr 

l'.iliia -2 


lli'i.i  hinad  kliaii. 

I.,ilhiii' 

Aiidialla 

Ili'hli 

A;'n 

I,:<ktiiiii 


'\r 


Alhdialiad  . 


"■HV 


Diikk; 


l>iidial|ii)i 

Ciilciilla 

Diillal 


'  i'i'  l'i" 

1  \nr 


t;ij|>i 


Midial 

ItHhir 

li;inf!a 

Aïkiil 

Miin^alori 

l'diidiclit'i 


a       •j>j"l 

,i„- '-''Jni 

dilatai' 

.    .    .        lil» 

.    .    .       18".") 

lali'rlivar  .... 

.    .    .       17".") 

ipataiii 

...     I7n 

'i            .        <    • 

.    .    .       lu" 

diiri' 

.  .  .    l'J".- 

.  .  .    l>J"i 

Kaiiiiiiiir.  .    . 
lliilakaiiioiiiii 


i; 


iiii'iit 


dialii 


2'j"'j0'."(l" 

d' 

10' 


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«'M" 
STTiil" 
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1-2»  51' l'i" 
ll'T.ti' 
I^M'I-J" 
\\"'i')"i-2" 
ll"l.Vf2" 
II"  .V 

II"  r 


TrichinoïK.li l(l"ilt'4S" 

i;(K-iiin !i":.,s'(i" 

Miidia.s '.l";i.Vl8" 


u  mois  le 


K^iiiili 
iliiliiiii 


riiiiilr-de-ll; 


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TEST  TARGET  (MT-3) 


1.0 


l.l 


1.25 


I-  |2^     |2.5 


1.4 


1.6 


Photographie 
>  Sdences 
Corporation 


33  WiST  MAIN  STReiT 

WeBSTIR,  N.Y.  MS80 

(716)  S72-4503 


T 


7(1 


NOIIVKLLK  (;f:Or.RAPIIIK  ItMVEKSEM.K. 


,•.  1 


(Iras,  au  climiil  t'qunlorial  ol  marilimis  la  lonfriK-  snric  dos  observations 
(li«>i-iiioiiicln(|iu>s,  t'ailvs  depuis  les  premiers  leiniis  deToccupatiou  an<^laise, 
niai'ipie  dans  ses  éearls  une aiuplilude  deux  l'ois  moindre,  enlre  17  degrés 
cen lij,f rades,  l'exlrème  de  IVoid,  el  i'2",.'),  l'exlrème  de  chaleur. 

Les  Aryas  <pii  s'étaient  établis  dans  les  plaines  du  nord  avaient  divisé 
l'année  en  six  saisons  :  ce  sont  b's  c  six  jeunes  l.ommes*  des  mythes  anciens 
(pii  l'onl  tourner  la  roue  de  l'année,  entraînant  per|M;tuellement  le  cercle 
des  êtres  el  d(!S  mondes'!  Mais  celte  division  de  l'année,  que  l'iullnencedes 
chants  el  d(^s  poèmes  sacrés  a  fait  adopter  dans  l'Ilindoustan  el  même  sur  les 
l'roids  plateaux  du  Tibel',esl  loin  de  convenir  éj^alemenl  à  toutes  les  réf'ions 
de  la  l'éninsule,  surtout  parce  que  les  saisons  ne  se  sucecdenl  pas  du 
manière  à  présenter  au  sud  comme  nu  nord  les  mêmes  caractères  el  la 
mêuK^  durée.  1-e  printemps  ou  raxanto,  cpii  cori'cspond  aux  mois  de  mai-s 
el  d'avril,  est  la  saison  de  l'amour  el  du  plaisir  chantée  par  les  poètes  : 
l'air  est  serein,  le  ciel  est  pur,  les  brises  du  midi  murmurenl  doucement 
dans  U'  f'euilla<j:e  el  piu'tenl  dans  les  cabanes  l'odeur  enivrante  des  fleui's  du 
man^niier;  les  grands  travaux  de  la  culture  sont  terminés;  le  temps  est 
venu  pour  les  mariages  el  les  l'êtes  en  l'honneur  des  dieux.  Mais  la  yrichiiui, 
la  «  saison  des  sueurs  »,  vient  bientôt  avec  ses  nuées  de  poussière  cpii  s't'lè- 
vrnl  des  chemins  el  des  champs,  avec  ses  fréquents  incendies  qui  naissent 
parmi  les  herbes  et  les  bambous  froissés  :  ce  sont  les  mois  brûlants  de 
mai  el  d(;  juin.  L'air  est  calme,  mais  déjà  se  préparent  les  orafies,  les  nuées 
s'amassent  el  la  fondre  éclate  annonc-ant  la  mousson,  (pii  commence  avec  la 
ni  relui,  la  saison  des  pluies  :  les  lleuves  arrosent  les  campajrnes;  la  na- 
liiie  se  renouvelle,  la  semence  germe  dans  les  champs  labourés.  A  ces  deux 
mois,  juillet  el  août,  succède  la  (pialrième  saison,  le  rhorail,  l'automne  de 
septembre  et  d'octobre,  qui  mûrit  les  fruits  sons  sa  chaleur  encore  moite 
des  pluies  de  la  période  précédente.  \Jiiinanta,  ou  l'hiver,  qui  répond  aux 
derniers  mois  de  l'année  européenne,  a  des  nuits  et  des  matinées  froides, 
mais  des  journées  éclatantes,  pendant  lesipielles  le  cullivaleur  moissonne 
les  champs,  bat  el  recueille  son  grain.  Puis  vient  le  siisi  ou  sisira,  la  der- 
nière saison,  la  période  des  rosées  et  des  brouillards,  (|ui  finit  avec  le  niois 
(le  février  des  Occidentaux.  Knsiiite  le  cycle  de  l'année  recommence'". 

Kn  réalité,  les  divisions  netlemeul  tranchées  du  climat  pour  tout  l'Ilin- 
doustan se  réduisent  à  trois  :  ce  sont  les  saisons  de  la  chaleur,  de  la  pluie 
cl  du  froid.  La  grande  crise  annuelle,  le  drame  que  racontent  les  anciens 

'  Malm-Uharala,  Adi-Varva. 

"  lli  l'iiiiiiiii  von  Srliliifiintwcil,  niivr.i|.'(!  ciliî. 

''  IVnj.iiiiin  llrinr,  Tracti,  HisUirlcal  and  Slatixlical  on  Imlia. 


SAISONS.   MOi;SS;>.N   IH'   SI  Il-OIKST. 


7! 


|i<M>mPS  ot  qui  a  pris  uni*  iiii|M)iiiiii<'(>  rii|Hli)l«>  ilans  In  mytlin|o(:i(>  dos  llin- 
ildiis.c'i'sl  l'iit-rivéc  dt;  la  iiitiussoii  |iliivit'iisr  :  ainsi  «|iii;  li;  <«i^'iiilit!  son  nom 
iiialM'ili'  maiisKiiii,  la  mousson  est  la  <  saison  >  par  cxn-lli-nrc.  Li>s  ^'lantlfs 
clialfurs  <pii  accompa^ncnl  la  niairlic  du  soleil,  dardant  vn'lirali>nirnt  ses 
l'iiyons  au-dessus  de  rilindousian,  dilalrnl  ralinosplirii>  de  la  eonlm;  el 
hi  l'ont  uionler  en  eulonnes  dans  les  régions  su|HM'ienres;  l'Inde  entière  se 
«liante en  lournaise  d'ap|H>l;  les  masses  aériennes  qui  re|Ntsenl  sur  l'Oréan, 
suturées  de  vapeurs,  s'éhrnnient  et  s<'  portent  vei's  la  Péninsule.  Sur  les 
cotes  de  Malaliar,  des  Konkan,  du  Homliay,  le  eourant  aérien  de  la  mousson 
[iluvieuse  vient  du  snd-nuesl,  et  marche  précisi'menl  en  m-us  invers»;  des 
M'uls  ali/és  du  nord-esl.  Il  semblerait  être  Tormé  par  les  CDUlrt^aliMs 
descendus  des  régnons  s!i|>érieures  de  ralniosplière  pour  sonllller  à  In  ^ur- 
l'ace  du  sol;  il  est  prohaltle  ttuitet'ois  tpi'il  Iniit  y  voir,  du  moins  en  partie, 
la  continuation  des  vents  alixés  de  l'Iiéniisplière  méridional,  altirés  nu  nord 
par  le  loyer  des  Indes,  (>l  grnduellenienl  inlléeliis  vers  le  nordn-st  par  In 
idialionde  la  Terre,  f-es  (d)sei-vations  laites  dans  lesdivers<;s  stations  météo- 
nilo^iipics  de  In  Péninsule,  de  même  ipi'à  Ixu-d  des  navires',  prouvent  ipie 
les  vaprues  aériennes  de  In  mousson  du  sud  sont  dues  nnssi  à  un  relhix 
local  de  rntmosplière  au-ilessns  de  la  mer  de  l'Inde  :  souvent  une  zone  de 
calmes  et  d<'  v«'nls  irréjfuliers,  oecu|)ant  les  mei-s  équnloriales,  si'pare  eom- 
plèlemcnl  la  zone  des  nlizés  du  sud-csl  el  celle  de  In  muusscni  du  sud. 
|,:i  direction  de  ce  vent  n'est  pas  unirormément  du  sud-uuest  au  nordn'sl 
sur  toutes  les  côl(>s  de  IMnde;  il  se  meut  souvent  du  sud  au  nord.  Dans 
!;i  vail(''(!  d<!  rindus,  dans  celle  de  l'Irraounddi.  sur  les  rives  des  Snnder- 
liand  el  d'Oi'issn,  nu  noni  du  <;(dre  du  R(>n<;nle,  le  cuurnnl  nérien  se  dirige 
perpendiculairement  nux  côtes  qui  rappellent;  parfois  il  provient  du  sud- 
csl'.  Tnndis  (|uo  les  vents  nlizés  sont  un  phénomène  d'ordre  cosmique, 
ayant  pour  cause  premièi-e  les  mouvements  tie  In  pinnète  el  sn  position  re- 
lativement au  soleil,  la  mousson  |irovientde  l'inégnle  distrihution  des  conti- 
iiciils  à  la  surface  du  globe;  que  hîs  terres  et  les  mers  soitMil  réparties  au- 
ti'enient,  et  par  cela  même  toute  lu  géographie  des  moussons  m'  trouvera 


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m-' 


Mais  tout  régional  que  soit  en  partie  le  phénomène  de  la  mousson,  il 
n'en  est  pas  moins  l'un  des  plus  remarquables  de  la  Terre  par  sa  puissance 
el  la  majesté  diî  son  nppnrition.  De  Mathcrnn,  [très  de  Bombay,  de  Mnlia- 
lialechvnr  ou  de  tel  nuire  promontoire  des  (ihnl  occidenUilcs,  d'où  l'on 


:   r 


'  Rranll,  Carte*  de  la  Direction  el  de  l'Intemitâ  probable  de»  tient»  dan»  la  nur  de*  hulet. 
*  Muhry,  Zeiltchrift  fUr  Météorologie  von  Carlielinek,  1867,  n*  1\ 


7« 


.NOi;VKM,K  Cf^OCItAI'IIIR  l'M VRKSKI.f.E. 


ronlt'iiiplt'  i'i  lii  t'ois  la  mer,  les  iiv:i^i>>  l't  It's  ■.'or<!(>s  des  iiinnlii^'iit's,  on  |mmiI 


ciuhrasscr  ihiiisson  «misimiiIiIc  I«'  s|H'rliifli>  i|iii>|)rt>>('Mt*>  I  jutivcc  du  iiicicoi't'. 
hii  ()  iiii  |S  juin,  suivant  les  annt'fs,  s'amassent  1rs  |iiviiiin's  niiap's  ilt^ 
t(>ni|>r-t(',  avanl-ciMinMiis  ilt>  la  mousson.  Sur  un  côti'  <lt>  l'Iiorizon,  lfs.va- 
piMiis  cuivivi's  s't>m|)iii-nt  vu  loui-s,  s«>  ^'i-ou|H'nl  m  *  rl(''|iliants  »,  suivant 


('\|irt'ssion  l(M;al('  ,  puis  s  av 


anct-nl  Iculfmt'nl 


v«'rs  la  ti'iT»';  la  nuo  sVpais- 


sil,  dit'  i-tTouvrt!  une  uioilii;  tlu  ciel,  lan(lis(|U(-  Tauln' moitié  n'a  pas  une; 
taclii'  dans  son  azur.  D'un  côlt',  les  l«*nèlir<,*s  cnvtdopiH'nl  liieutôl  les  niou- 
ta<iues  cl  la  vallée,  taudis  ipi'au  loin  le  traeé  des  rivages  apparaît  avec  une 
netteté  nieiveilleiise,  vl  que  la  mer,  les  rivières  pareilles  à  ties  plaques 
d'aeier,  les  eampairnes,  les  villes  éparses,  semliienl  briller  d'un  éelat  sur- 
naliirel.  I.e  tonnerre  eommenee  à  <;ronder,  les  nuages  se  lieurtenl  contre 
les  esearpeuK'nts  des  (îlial  el  la  lem|MHe  se  déeliaîne,  les  éelairs  se  sue- 
i-èdent  sans  interriq>tioii,  la  l'oudm  roule  ineessamment  dans  l'espare,  la 
pluie  s'alial  en  torrents,  l'uis  une  déeliirure  se  lait  dans  l'épaisst'ur  des 
nuées,  la  elarté  revient  |m>u  à  peu,  la  nature  s'illuiiine  de  nouveau  sous  le 
soleil  eourliant,  el  de  tontes  ces  masses  érroulées  du  eiel  il  ne  reste  plus 
tpie  de  légers  brouillards  remontant  les  vallées,  ou  s'eri'ran<.'eanl  auv  som- 
mets des  arbivs.  Tel  est  ordinairement  le  premier  orage  de  la  mousson, 
|iréeédant  les  pluies  régulières;  mais  il  arrive  aussi  que  les  nuées  pluvieuses 
se  présentent  sans  aeeompagnement  de  loniu'rre;  l'obseurité  s'enqtare  sou- 
dain de  l'espare  et  l'averse  commence.  Parfois  les  nuages  déiilenl  (lendanl 
un  ou  deux  jours  le  long  des  promontoires,  comme  des  vaisseaux  de  guerre 
passant  au  large  d'une  forteresse;  en  doublant  l«>  cap,  cha<|ue  nuage  en- 


voie  son  éclair  el  sa  foudre  :  on  dirait  <|ue  le  ciel  esl 


en  guerre  avec  les 


montagnes'. 

La  régularité  du  pbénomène  des  moussons,  de  juin  en  septembre,  a 
certainement  eu  pour  conséquence  de  rythmer,  pour  ainsi  dire,  les  allées 
el  venues  des  tribus  de  l'inlériein',  de  même  qu'elle  a  longtemps  manjué 
les  mouvements  du  commerce  le  buig  des  eûtes  de  la  Péninsule.  Avant 
qu'on  n'ulilisàt  les  bateaux  à  vapeiu'  dans  la  mer  des  Indes,  les  saisons 
étaienl  pai'faitemenl  réglées  pour  le  va-«'t-vienl  «les  navires  sur  les  <'ôles  de 
Malabar  et  de  (loromandel.  Bien  avant  .Nearque,  [  >  Arabes  (pii  purlaienl  les 
richesses  de  l'Inde  dans  les  ports  d»;  la  mer  Itouge  avaient  appris  à  con- 
miitre  la  marche  des  vents  réguliers,  alternanl  d'un  rivag«'à  l'autre;  ce  jdié- 
noniène  du  renversement  tIes  airs  devait  fra|>|R'r  les  marins  dès  les  origines 


'  Tlit'ionol,  Voyoïif  au  Levant. 
-  IVmi's,  jiiiuiai  y '.),  1880. 


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MOISSONS  KT  l'I.riES. 


75 


lit»  la  navijrnlinn  ol  It's  onconmf^or  à  («'tulrc  Iciii-s  voiles  aux  smiffli-*  fnvt»- 
laMfs,  niiiliniils  dans  la  iiioiissoii  fiiliin*  (|iii  lt>s  ramoiitM'ail  dans  la  |Mli'ii'. 
Si  |iiiissanto  iiraiimuiiis  qu'ail  «'U;  l'iiilliicnro  «l«^  In  nioiisMin  sur  Ii>  t-om- 
iiitTci;  (l(!  l'Asii',  (>llu  vsl  d'oi*drc  sccondairt;  en  c()U)|)ai-aist)n  de  sou  iui|ioi-- 
lance  pour  l'arruserneul  du  sol,  saus  le4|uol  il  n'y  aurait  eu  ni  cullure. 


K*  M.  —  norrrs  pe  NnviGtTio?)  kiitiie  ■«iiiits  »:t  mmiT  to  Dii-HnTit«r  <iirrir. 


E   deP 


U' 


10' 


•*'  S»yof>m//ks 
\ 


VreA»l  s 


r.  de  G 


e.o" 


EO* 


) jpres  VValaon 


Toyi(<c  en  aoûU 


Toyi^  en  t^'embrr  «t  tn  ocithtt. 


IP 


ni  |)ouplcment  de  la  contrée.  C'est  la  mousson  d'été  qui  apporte  les  eaux 
d'orale.  Fie  vent  alizé  du  nord-est.  qui  desrend  des  plateaux  du  Tiln'I. 
iiprcs  avoir  traversé  les  déserts  de  l'Asie  centrale,  ne  donne  aucune  hu- 
midité; les  quelques  pluies  d'hiver  qui  tombent  sur  les  campagnes  de 
l'Inde  septentrionale  durant  ia  période  où  domine  ce  vent,  proviennent  de 
remous  locaux  et  des  nuages  que  les  contre-alizés  ramènent  du  golfe  du 
Hengale,  soufllanl  «lans  l'espace  au-dessus  des  courants  inférieurs.  Ce  sont 


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^.  ' 


70 


NouvKi.i.K  r.fiocuAi'MiK  ,rMVKitsi;i,t.i:. 


;.  ' 


,  I. 

!  i 


1rs  pliiios  d'étc  (|iii  nlimcnUïnt  Ion  flouvcs  lUi  rilindoiislim,  qui  font  croitiv 
K's  fonUs  ol  prosjM'ror  les  jmiIIiiii's  l'I  qui,  t'n  doimanl  It^  piiin,  oui  ôh'  l«^ 
fîi'anil  nfriuil  <!«'  la  civilisation  dans  la  (•('•ninsiilr.  (l'osl  là  ce  mio  n''|M'U'nl 
sans  cesse  les  premiers  chants  des  Iticliis,  invocpianl  Indra,  qui  l'end  la 
nue  |i(>ur  délivrer  les  Iroiqteanx  du  ciel  ut  verser  la  richesse  et  l'alion- 
dance  à  ses  athira leurs.  <  La  pluie  nous  vient  des  dieux;  elle  nous  donne 
l(>s  plantes,  desquelles  dé|H>nd  le  l)ien-«Hre  des  hommes'.  » 

l.a  (piantitt*  des  pluies  qu'a|>porte  la  mousson  d'été  est  inégale  d'année 
en  année  et  varie  singulièrement  dans  les  diverses  régions  de  l'Ilindoustan. 
Sur  les  pentes  occidentales  des  fdiat,  elle  est  très  considérahh^  et  s'élève  en 
moyenne  h  plusieui-s  mètres  d'épaisseur.  Pressés  par  le  vent  contre  les 
escarpements  et  dans  les  vallées  étroites  des  montagnes  cpii  forment  le 
rchord  du  IKikkan,  l(!s  nuages  se  transfoi'ment  en  torrents  qui  descendent 
rapidement  vers  la  mer,  complétant  ainsi  on  peu  de  joiu's  le  circuit  des 
eaux  qui  se  fait  entre  l'Océan,  les  airs  et  le  continent;  mais,  dans  leur  court 
trajet,  les  eaux  du  versant  m'cidental  de  l'Inde  font  naître  sur  leurs  bords 
une  végétation  toulTue  et  renouvellent  le  sol  nourrit^ier  des  campagnes 
riveraines,  en  lui  apportant  les  débris  des  lav«!s  écroulées.  Ce  sont  les 
pluies  violentes  «pie  lance  la  mousson  contre  le  liane  des  Ghat  qui  les 
ont  ainsi  découpiVs  en  toni^s  et  en  aiguilles,  ravinées  de  gorges  et  de  piV'- 
cipices.  Mais  au  delà  des  saillies  (pii  couronnent  le  renqiart  des  (ibat, 
les  nuages  qu(>  porte  la  mousson  sont  allégés  de  la  plus  grande  partie  de 
leur  humiditt!  et  les  fortes  pluies  ne  tombent  guèi-e  (pie  sur  les  pointes  les 
plus  élevées  des  collines  (pii  dominent  çà  et  là  le  niveau  général  des  hauttis 
terres  du  Dekkaii.  Tandis  cpu;  la  chute  moyenne  des  pluies  dépasse  7  mètres 
en  quelques  endroits  du  versant  occidental  des  (îhat,  elle  est  de  4  mètres 
seulement  à  Mercara,  sur  le  plateau  accidenté  de  Courg;  plus  à  l'est,  elle 
est  moindre  encore.  Sur  une  même  monUigne,  la  différence  est  très  consi- 
dérable de  l'un  à  l'autre  versant;  c'est  ainsi  que  sur  la  Tchambra,  mont 
des  Ghat  qui  s'élève  à  l'ouest  des  Nil  ghiri,  les  pentes  occidentales  reçoivent 
472  centimètres  de  pluie,  presque  im  mètre  de  plus  que  les  pentes  orien- 
tales. Et  non  seulement  la  proportion  de  l'eau  tombée  diminue;  de  l'ouest  à 
l'est  du  rempart  des  Ghat,  elle  s'amoindrit  aussi,  à  partir  de  liombay, 
dans  la  direction  du  nord  au  sud,  ce  qui  provient  sans  doute  du  rétré- 
cissement graduel  du  corps  péninsulaire  et  de  la  moindre  force  d'appel 
exercée  en  conséquence  par  l'atmosphère  échauffée.  Ainsi,  la  moyenne  de 
précipitation  n'est  plus  que  de  2  mètres  dans  les  plaines  basses  de  Tra- 


Mtilm  llharala,  Aili  Parva,  distiques  1730,  1731. 


l'MIKS  IIK   L'IlINDorSTSN. 


77 


vnncor  et  <l'iin  môln'  sciilcinonl  au  rn\)  Oonioi-in,  h  r*<\lirinitt'  mr'i'iilionnli» 
ilf  lii  iircsqn'ilo'.  (l'est  un  liiil  i'(<niiin|Uiil)lt',  (|u'uiiu  iiltondiuin'  (rt-au  (K* 
|tliiir,  iiiiHaitcnicnt  suriisiiiili'  (MI  des  ir},'i»ns  plus  l<>in|)<>m>s,  |m)ui-  nilii'- 
Iniir  une  ri«'lu'  végéliilion  lun-slii-rc,  uVsl  pas  «ssc/  l'orl»'  dans  l'Inde  niéri- 
dioiialc  pour  nourrir  du  grands  arlii-cs.  |)c  iiiènii;  (pi'en  Russie  et  dans 
l'Aniérique  du  Nord,  où  la  plus  ou  moins  faraude  préeipilation  d'Iiumidilé 
liniiliiil  le  eonlrasle  des  hois  ol  des  prairies,  de  mémo  dans  le  haut  liassiii 
de  la  (lavcri  l'épaisse  t\)vH  allernc?  en  j)i'oporlion  des  pluies  avec  les  founV's 


>°  II.   —  ««HRfMBÎIT!!  fin  GM»T,   A   I.  (ll'l-T  Dr*   Sdl'IHllS  liK  H   11I»T>1«. 


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de  linmltous:  li^  où  la  cinile  d'i'au  moyenne  est  do  5  moires  à  .''",75,  là  se 
développe  dans  loulo  sa  loufjuo  l'imponélrahlo  forêt  Iropieale;  dans  les 
endroits  où  la  précipitation  varie  do  l"",;')!!  à  2"", 50,  les  pentes  des  collines 
n'ol'frent  plus  qu'un  fourre  de  bambous  parsemé  d'arbrisseaux*. 

Au  nord  de  l'IIindoiistan,  c'est  dans  l'ordre  inverse,  e'osl-iWlire  dans  In 
direction  de  l'est  à  l'ouest,  tpie  décroît  l'abondance  des  pluies.  A  la  base  du 
Sonlaïnian-da^b  et  dans  b's  déserts  qui  s'étendent  à  l'orient  de  l'Indus 
jus(prà  la  base  du  mont  Abou,  les  averses  sont  rares  et  ne  tombent  pas  avec 
l'égularilé  :  la  saison  continue  des  pluies  est  remplacée  par  une  |)ériode  de 


'  Clrmcnls  R.  Maïkliaiii,  Journal  ofllw  Geoijraphical  Society  of  Lomion,  vol.  XXXVI,  IXGC. 
'  Uidic,  iiiûinc  recueil,  vol.  XXXIX,  18G0. 


t4  1  •■  -, 


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NorVKI.I.K  C.fioCHM'IlIR  rMVKUSKI.I.F. 


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s«Vlii'iv<«'i4'  nltcrnnnt  iivt'c  des  onip'»».  Mt^inc  «liins  le  l'iiiitljali.  »  h  Ikim*  <1«»s 
nvant-inoiils  il«'  riliiiiiiltiyii,  li>s  ciiltiviilnirs  ir^ranli'iit  soiiM>n(  v(>i*!«  li'  l'irl, 
iliiiis  ratlmli»  il«>  la  pluie  <lrsim',  cl  la  l'orvi-iir  ilt's  aiirinis  Arytis,  iiiv«M|iiant 
{•■s  ilit'iix  )l«'  rura^t',  nous  |ii'<miv<>  (|u'à  IV'|)im|U(' où  ils  lialtilait'iil  la  ronlm', 
les  iiuiip-s  «'•laitMit,  coinnii!  <l«.'  nos  jours,  liop  avares  de  Icui's  eaux  r«M-oii- 
tlank's'.  Mais  à  l'est  la  iiioiissoii  de  la  iner  des  Indes.  iV'gulièivinenl 
infltrliie  vers  le  nord-esl,  déverse  un  lourd  fardeau  de  |dni<>s,  dont  la  eliule 
cuïneide  pm-isi'nienl  avoe  la  fonle  des  neiges;  les  lorrenls  et  U's  fleuves 
grossissent  à  la  fois  des  eaux  que  leur  a|)|M)rte  le  vent  et  de  relies  (|ue  leur 
envoie  la  montagne.  Si  eonsidérnide  que  soit  dans  Taunn-  la  |iiiVi|iitnlinn 
d'Iinmidilé.  sons  (orme  de  neige  et  de  pluie,  sur  les  pentes  de  l'Iliuialaya, 
surtout  dans  le  Sikkini,  eette  qunntilé  est  notaldenient  dépassin*  par  la 
einile  d'eau  qui  se  l'ait  an  nord-4!sl  de  l'Ilindonstan,  dans  l'impasM^  de 
Miontagniv  on  vient  s'engoulTrer  la  mousson  d'été.  Tandis  qu'à  Oaleiitla, 
dans  les  plaines  basses  du  (îange,  les  nuées  ne  laissent  tomlH'r  que  2  mèli-es 
d'eau  par  annn»  moyenne,  elles  apportent  une  masse  liquide  presque  dép- 
euple sur  les  monts  (îarro  et  Klinsi,  formant  promontoire  an-<It>ssus  des 
ram|»iign«>s  du  ltralima|)outra.  Jusqu'à  maintenant,  la  station  de  Tcliera- 
|M>ndji,  dans  une  vallée  des  monts  Kliasi,  est  celle  où  les  méttHinilogistes 
ont  observe  la  tranclu;  annuelle  d'eau  de  pluie  la  plus  eonsidénble  : 
elle  l'st  de  10  mètres  en  moyenne;  en  1801,  elle  atteignit  même  20", 4i, 
e'est-iMiire  (|ue  dans  ees  contrées  il  tomlu>  parfois  plus  d'eau  en  douze 
mois  que  dans  la  r.liani|)agne  |H>ndanl  cinquante  anné«'s.  Kncon;  est-il 
fort  probable  que  cet  énorme  abat  d'eau  (^st  dépass<'>  en  quelques  enton- 
noii-s  de  vallées,  mieux  disposés  pour  recevoir  les  nuages  et  les  faire 
ruissi'leren  jduies.  D'après  llooker,  une  seule  averse,  comparable  à  l'écron- 
lement  d'une  trombe,  ivcouvrit  le  sol  d'une  couclie  liquide  de  700  milli- 
niêln-s,  autjinl  que  la  part  annu(!llc  de  la  France.  De  même  que  les  Gliat 
occidentales,  les  montagnes  de  l'Assam  qui  reçoivent  le  cboc  des  pluies 
bathintiN  sont  profondément  décou|)é(;s  par  des  ravins  et  des  clwulis  :  nulle 
|)arl  les  roclieis  ne  portent  de  marrpies  plus  évidentes  du  constant  travail 
d'émsion  accompli  par  les  intempéries. 

F^T  moindre  irivgularilé  dans  les  balancements  annuels  du  climat,  sui- 
vant la  pn'ssion  atmospliéri(|ue,  la  marcbe  des  vents  et  des  nuages,  a  les 
tonsi-quences  les  plus  graves  en  llindouslan.  [,orsque  les  pluies  manquent 
ou  S4Î  réduisent  à  de  légères  ondées,  quand  les  rivières  sont  dessécbées 
et  les  canaux  taris,   la  famine  est  inévitable,  et  des  millions  d'hommes 


niiiliam.  Ca/ru/(n  lieriew.  jiilj  1X7i. 


l'LlIKS  liK  1,'MIMtltl'STA.N. 


soiil  ini'iiiin's  (li>  la  inorl  |iai'  intinilioii.  Les  disrllcs  smil  à  ci'iiiniln'  siir- 
tiiiil  dans  le  Siiiil  cl  li>  l'aiuljali,  dans  l«'s  (ilaiiics  du  hassiii  ^'aii^(>lM|ni>  ri 
sur  les  (Vtlt's  (U'icnlairs  d*>  la  IV'niusulo,  (•'t'sl-jMJiic  dans  It^s  iV>f;i(His  oii 
lu  pluii;  HKiyonnu  fsl  do  1  à   {'"«ôO;  eus  ninlnrs  st;  d(''|M!U|)l(>rai(!nl  [tcrio- 


lUMul  Dk  riVIM  0X\»  L  III.MWVtlt». 


I  I  llnflOSAD 


1000  Ul. 


t  Perron 


diquemcnl  si  les  ennnux  d'irrigalion  ne  ])crmellciient  de  suppléer  aux 
pluies  :  les  arrosemcnls  arlificiels  ne  sonl  tenus  pour  inutiles  que  dans  les 
pays  de  l'Inde  où  la  précipitation  d'humidité  atteint  2  mètres  par  an.  Les 
météorologistes  ont  cru  trouver  un  rapport  constant  entre  la  fréquence 
des  taches  du  soleil  et  les  oscillations  des  pluies;  le  cycle  des  deux  ordres  de 


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NOIIVKI.I.K  (if^OCIlAI'IIIK  IINIVRnsei.LK. 


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|>liûnoiii(>iu;s  stM-nil  li;  iiuMiic,  soit  ili;  otixc  aniiôcs,  et  |)ar  conNt'qiicnl  la 
|H'«!visioii  (lu  (Itui^t'i'  |H)iii'i-iiil  (It'jà  poi'iiicUi'c du  lu  cotijiu'oi'  on  partii';  mais 
rulilisalioii  coinitlèlu  dus  <'aii\  «'ouraiili's,  naissaiil  |)oui'  la  |dii|iarl  eu  dus 
rûgiotis  uîi  lus  |>liiiuH  loinhuiit  un  aliondancu,  usl  lu  suul  nioyun  d'assurur 
la  rôussilu  dus  l'ûuullus  ul  par  uonsûiiiicnl  IVxislunuu  dus  uullivaU'Ui's  dans 
lu  Sind  ul  loulus  lus  ruf{ions  du  vuisaiil  oriunlal  du  l'Indu. 

Muins  ruduulablus  un  l'û.ililû  (|uu  lu  nian(|uu  du  plnius,  lus  uyriunus 
i-ausunl  |iuui'lanl  plus  dV-pouvanlu,  parcu  ipiu  lunr  œnvru  dii  duslrnuliou 
usl  snliilu  ul  qui;  l(;s  scùnus  d(!  dûsaslrt^  laissuus  sur  luur  passagu  su 
nionlivnl  à  la  lois  dans  lonlu  lunr  luirrunr.  U'aillunrs,  si  lus  faniinus  fonl 
Itûrir  dus  millions  d'Hindous  dans  l'uspacu  du  cpiulipius  mois,  il  usl  dus 
cyclonus  qui  noiunl  plus  du  cunl  millu  pursonnus  un  quulqnus  liunrus,  ul 
dus  ûpidûmius,  dus  Faminus  loualus,  sonl  aussi  lus  inûvilaldus  uonsûipiuncus 
du  eus  lutrihlus  mt>(ûoi'<!s.  Ihins  It's  murs  du  l'Indu,  an  nord  du  rû(|naU!ur, 
lu  plupart  dus  cyulonus  dûvuloppunl  luur  spiralu  an  nord  dus  ilus  Andaman, 
unlru  lus  cùles  d'Orissaul  uullus  d'Arrakan;  mais  ils  houluvurMml  aussi  lus 
eaux  siu'  la  udlu  du  Coromandul  ul,  du  l'aulru  uAlû  du  la  l'éiiinsulu,  dans  la 
mur  d'Arahiu.  Cus  évùnumunls  su  pruduisttnl  soil  au  uommuncumunt  suil 
plus  souvuul  uncuru,  à  la  fin  du  la  mousson  d'ûlû.  D'ordinairu,  la  rnplnru 
d'ô({uilibru  usl  prûuûdûu  par  un  lumps  calmu,  avuc  nu(!  prussiun  bai'ouiû- 
lri(pi(t  h  puu  prùs  û<;alu  sur  unu  ûlunduu  uonsidûraldu.  Lus  vapuurs  ûclianl- 
fû(!s  qui  s'ûlôvunl  dans  cus  para|j[U9,  nu  trouvanl  pas  à  s'ûpancliur  h  droilu  ul 
à  gaucliu,  su  condunsenl  de;  nouvuau,  la  ulialuur  laluntc  su  du};agu,  cl  l'air 
froid  usl  a|ipulù  du  loulus  paris  vers  eu  l'oyur  du  haulu  luui|iûraluru;  c'usl 
ainsi  quu  du  contlil  dus  massus  aûriunnus  naît  lu  lonrliillon.  Lus  plus  grands 
dusaslrus  onl  liuu  nalurullumunl  sur  lus  cotus  bassus,  où  dus  raz  du  marûu, 
du  quulqucs  niùlrus  suuluniunl  plus  ûluvûs  quu  lu  nivuan  moyun  du  llol,  snC- 
fisunl  à  ravager  dus  campagnus  s'ûlundunl  à  purlc  du  vnu  dans  l'intûriuur. 

C'usl  aux  boucbus  tU',  la  Kislnali,  du  la  (ïodaveri,  du  la  Malia  naddi,  du 
Gange,  du  Rrabmapoulra,  quu  lus  cyclones  onl  rasé  lu  plus  du  villages, 
cnglouli  les  |)opulalions  lus  plus  nombruuscs.  Le  plus  lurriblu  ouragan 
dont  parle  l'Iiisloini  d(!  la  Turru  csl  cului  (pii  vinl  frapper  en  1870  la 
region  orienlale  dt!s  Sanderband,  sur  l«;9  deux  bords  de  la  Meglma  :  on  le 
connail  sous  le  nom  di;  <  cyulonu  du  Rakurkandj  >,  d'aprùs  rap|)ullalion 
du  dislricl  dont  il  dûvasla  lus  campagnus.  Dans  la  huil  du  51  oclobru  au 
l"  novembre,  vers  miiiuil,  les  Irois  vagues  successives,  du  !>  à  0  mùlres  de 
hauleur  lolale,  abordèrenl  lus  rives  de  l'embouchure  et  dans  l'espace  de 
qu<>lqu(;s  buurus,  trois  gi'nndes  îles,  les  îlots  voisins  et  près  de  00  000  licc- 
liu-us  sur  lu  continent,  étaient  recouverts  par  lus  uaux  :  plus  d'un  demi- 


■I 


l'UIlKS  KT  CYCI.ONKS  DE  l/il    DOlSTAN.  81 

niillinn  d'Iiommc^'  s(>  troiivaii'iil  pivsqiio  on  ini^ino  tomps  siii'|)i'is  pnr  lo 
ili'hi^'t'.  I.(>H  inalht'un'iix  qui  s<>  irrii^it'n'nt  sur  les  Utils  di»  loius  caliiiiies 
riii'cril  oiiiporlôs  avoc  olk's.  Seuls,  n>u\  i|iii  avaient  ou  le  temps  du  grimper 
aux  arbi'UH  gi'uu|it's  en  Im)si|uo(s  auttiur  des  villages,  réussirent  à  se  sauver, 
mais  ils  ne  purent  descendre  dt;  leur  lieu  de  rt^l'uf^e  (pie  dans  l'apiès-niidi 
du  lendemain,  l'rosipie  tous  lus  vill»^os  l'uront  rasés,  tous  les  animaux  pé- 
rirent ut  lus  statistitpies  sommaires  du  désastre  évaluèivnt  à  plus  de 
'illOUOO  |M)rs()iM>i's  lu  nombre  d(!S  victimes.  Presque  partout  où  passa  la 
va}.Mie,  il  nu  r<'4tu  «pie  lu  tiers,  ou  même  le  quart  des  habitants;  puis  lu 
choléra  naquit  de  In  putréraelion  des  cadavres,  et  ou  qui  subsistait  du  la 
population  fut  encore  plus  quu  décimé.  On  n'n  commencé  (piu  sur  une 
faible  partie  du  la  cùlu  bassu  des  !^  x'urband  la  conslrnctiim  dus  remparts 
de  défunsu  (pii  pourraient  um|)écher  l<  ,  'tour  du  semblables  désastres. 


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Avec  SCS  climats  divers  des  moni  ijint .;  de  l'Assam,  ruisselantes  do 
pluies,  aux  déserts  sans  eau  du  Situl,  iMindoustati  offre  (hins  sa  flore  une 
variété  de  plantes  considérable,  mais  il  ne  constitue  point  d'aire  spéciale 
pour  la  vé^[étation.  Loin  d'étru  un  cent'"  de  dis|KM'sion  comme  l'Afrique  du 
sud,  In  Mahiisiu,  l'Australie,  il  est  un  terrain  <  ituimun  ofi  viennent  se 
juxlaposeret  s'entremêler  les  ilorcs  des  légions  limitrophes,  h;iuf  quelques 
espèces  qui  se  sont  individualisées  localement,  mais  dont  les  genres  se 
rclrouvenl  ailleurs,  les  plantes  que  l'on  rencontre  dans  l'Inde  a|)parti(  iinenl 
aux  aii-cs  de  la  Perse,  du  bassin  méditerranéen,  de  l'KgypIi',  de  la  Malaisie, 
de  la  Chine,  de  l'Asie  centrale*.  Dans  l'unsumble  du  la  végétation  hindoue, 
CCS  éléinunts  divers  su  combinent  pour  former  quatre  régions  distinctes, 
correspondant  au  climat  :  la  région  des  pentes  himalayennes,  le  bassin  du 
l'hidus,  prusque  dépourvu  de  pluies,  l'Assam,  où  l'humidité  est  en  surabon- 
dance, cl  l'Inde  péninsulaire  proprcmunl  ditu,  sans  uxcès  de  séchcrasse  ni 
de  pluies. 

Lu  flore  de  l'IIimalnyn,  surtout  dans  les  monts  du  Knchmir,  offre  h 
proportion  la  plus  forte  d'es|)èees  euro|Hîennes  :  en  mainte  vallée,  le  vojn- 
geur  venu  de  l'Occident  pourrait  se  croire  encore  dans  sa  patrie  un  voyant 
les  herbes  et  les  arbres  qui  l'entourent.  Comprises  jadis  dans  le  même 
domaine,  puis  graduellement  séparées  les  unes  des  autres  par  les  chan- 
gements du  climat,  les  plantes  de  l'Europe  ut  celles  des  monts  Himalaya 
ont  gardé,  malgré  la  distance,  leur  physionomie  première  cl  leur  pa- 


■  I>ycr,  Encyclopœdia  Britannica. 

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83 


NOUVELLE  GÉOGlUl'illK  UNIVERSELLE. 


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icnlc.  Les  pins,  les  snpins,  les  gcnévriei-s,  les  ifs  et  d'aulres  conilï'res, 
qui  forment  les  grandes  forôls  de  l'Himalaya  jusqu'à  l'allilude  de  ôGOf) 
mètres,  ressemblent  beaucoup  aux  espèces  congénères  de  l'Europe;  l'ad- 
mirable deodar,  «  arbre  des  dieux  »,  qui  croit  sur  les  monts  du  Kacbmir 
et  de  Koumaon  et  que  l'on  a  maintenant  introduit  dans  les  parcs  et  les 
forêts  de  l'Occident,  est  un  cèdre  ])eu  distinct  de  ceux  du  Liban  cl  des  ri- 
vages atlantiques,  surtout  quand  il  a  pris  toute  sa  croissance.  Dans  l'Hima- 
laya oriental,  les  genres  représentés,  tels  que  le  magnolia,  l'aucuba,  l'abe- 
lia,  appartiennent  principalement  à  la  zone  sinique,  et  l'arbuste  à  tbé,  qui 
croît  spontanément  dans  les  forêts  de  l'Assam,  n'est  qu'une  variété  de  la 
plante  cbinoise. 

La  région  nord-occidentale  de  l'IIindouslan,  manquant  de  l'bumidité 
nécessaire,  est  naturellement  peu  ricbe  en  espèces  végétales,  et  celles-ci 
font  partie  de  lu  flore  que  l'on  trouve,  de  l'autre  ''  '»té  du  Soulaïman- 
dagli,  en  Perse,  en  Arabie,  en  Egypte.  Plus  des  neuf  dixièmes  de  la  vé- 
gétation du  Sind  se  retrouvent  dans  la  flore  auloclitbone  de  l'Afrique; 
les  jongles  qui  avoisinent  le  désert  sont  composées  presque  en  entier 
des  mêmes  broussailles  épineuses  que  celles  des  sables  de  l'Asie  anté- 
rieure, et  le  popuJm  enphmtica,  qui  croît  sur  les  bords  des  canaux  d'ar- 
rosement,  est  le  même  arbre  que  ces  «  saules  de  Babylone  »  auxquels 
les  Juifs  exilés  avaient  suspendu  leurs  barpes.  La  plante  «  aryenne  »  par 
excellence,  Vasclepias  acida  ou  sarcostema  vimiiialis,  qui  produisait  le 
«  divin  »  hom,  lioma  ou  soma,  est  aussi  bien  persane  qu'bindoue,  et  les 
sages  du  Zend  Avesta  ne  le  célébraient  pas  avec  moins  d'entbousiasme  que 
les  ricbis  des  Yédas  ;  mais  le  suc  enivrant  du  borna  n'est  plus  la  liqueur 
sacrée,  le  breuvage  de  vie  et  d'immortalité;  on  ne  va  plus  cueillir  la 
plante  au  clair  de  lune  pour  l'écraser  sous  la  pierre  sainte  et  la  mêler 
au  beurre  clarifié  et  à  la  pure  farine';  nul  adorateur  ne  l'invoque  plus 
comme  une  divinité.  Au  culte  du  soma  succéda  celui  du  vin,  versé  en 
l'bonneur  de  dieux  nouveaux. 

La  flore  des  régions  bumides  de  l'Ilindoustan  contrasté  avec  celle  du 
Sind  par  sa  force  et  son  éclat.  La  liante  plaine  de  l'Assam,  la  zone  de  terres 
marécageuses  qui  longent  la  base  de  l'Himalaya,  les  vallées  des  monts  Kbasi, 
le  bas  Bengale,  le  littoral  des  Konkan  et  de  la  côte  de  Malabar,  Ceylan  et 
d'aulres  terres  bien  arrosées  de  l'Inde,  sont  loin  d'offrir  exactement  les 
mêmes  espèces,  mais  la  physionomie  générale  de  la  végétation  y  est  bien  la 
même  :  la  nature  y  présente  avec  autant  de  richesse  les  formes  végétales  que 

'  Rig  Veila;  —  Wiiidisclim;inn,  SomacuUus  de^  Ai'ivr. 


FLORE  I)K  L'IlINlUtrSTAN. 


83^ 


l'on  rencontre  dans  la  iiéninstile  Transgangéliqiic  et  dans  les  îles  de  la 
Sonde.  C'eîl  la  zone  qui  produit,  du  moins  «lans  ses  parties  les  plus 
tliandes,  le  poivrier,  le  canncllier,  les  cardamomes,  les  arhres  à  gomme, 
et  d'où  sont  venues  aux  Kuropéens  quelques-unes  de  leurs  plus  précieuses 
acquisitions  dans  le  monde  végétal,  le  colon,  l'indigo,  le  sucre,  et  de  nom- 
breuses i>lantes  nu-dicinalcs;  ses  forêts  fournissent  le  sal  et  le  tek,  les  plus 
estimés  des  bois  de  construction.  Les  diverses  es[)èces  de  palmiers,  droits  et 
fermes  «  comme  des  javelots  lancés  du  ciel  »,  qui  subviennent  à  tous  les 
besoins  de  la  iK)pulatiou  en  leur  donnant  la  nourriture,  la  boisson,  le  vête- 
ment, les  meubles  et  les  outils,  croissent  principalement  le  long  des 
côtes;  dans  l'intérieur  des  terres,  notamment  dans  les  vallées  tributaires 
du  Gange,  le  mliowa  [bussa  lalifalia)  laisse  tomber  sur  le  sol  des  myriades 
de  fleurs  qui  servent  à  la  nourriture  des  Iiommes  et  des  animaux,  cl  qui 
pendant  mainte  i^ériode  de  disette  ont  sauvé  la  vie  à  des  populations  en- 
tières'. \À  grandissent  aussi  les  diverses  variétés  t',e  l'arbre  sacré,  le  figuier 
des  banians,  qui  peut  ombrager  toutes  les  foules,  accourues  pour  fête, 
marcbé  ou  cérémonies  religieuses,  et  qui  devient  à  lui  seul  une  forêt,  les 
appendices  des  brandies  prenant  racine  autour  du  Ironc  primitif  et  s'en- 
roulanl  parfois  autour  de  palmiers  ou  d'autres  arbres.  Par  une  transition 
graduelle,  le  type  de  la  flore  troi)icalc  s'entremêle  à  celui  que  présente  la 
végétation  plus  sobre  de  l'intérieur,  et  celle  des  pentes  de  montagnes, 
caractérisée  par  les  arbres  à  croissance  lente,  mais-à  fibre  dure  ou  od^ranle, 
comme  le  bois  de  fer  ou  le  sandal.  Des  bambous  liérissenl  le  sol  là  où 
les  pluies  annuelles  ne  sont  pas  suffisantes  pour  le  développement  des 
arbres  forestiers,  et  les  remplacent  tous  pour  l'économie  domestique, 
li'élonnement  des  indigènes  est  qu'il  puisse  y  avoir  des  populations  civi- 
lisées dans  les  pays  désbérités  où  ne  croît  pas  le  bambou*. 

Mais  le  labourage,  l'irrigation,  tous  les  soins  v^)nnés  par  l'bomme  à  la 
culture  modifient  d'année  en  année  les  limites  naturelles  des  zones  de  vé- 
gétation. Les  cultivateurs  '  nt  même  réussi  à  obtenir  des  récoltes  de  grains 
jusqu'à  des  bauteurs  que  i  épasse  à  peine  la  limite  des  neiges  persistantes. 
Ainsi  dans  le  pays  de  Ladak  un  miissonne  de  l'orge,  dans  quelques  endroits 
abrités,  à  l'altitude  de  plus  de  4500  mètres  ;  à  400C  cl  4200  mclres  se 
tronvent  des  villages  dont  la  population  dépend  entièrement  de  la  réussite  de 
ces  cultures'.  Presque  tous  les  groupes  d'babitation  de  la  haute  vallée  du 
Sallcdj,  jusqu'à  l'altitude  de  5400  et  en  certains  endroits  de  4000  mètres, 

'  lt,ill,  Jungle  Life  in  India. 

■  Yiilfl,  îhe  Book  ofser  Marco  Polo. 

^  Frcdci'ic  Drew,  Jummoo  and  Kuthmir. 


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NOUVELLE  fifiOfiRAPlIIE  IMVERSELLE. 


sont  onlourcs  de  saiiles  et  d'abricolicis,  îuixquols  se  iikMo  çà  et  là  le  juni- 
pcrm  excelsa,  arliro  sacré  tics  hoiuldliislcs'.  Dans  l'IIinialaya,  la  liniilo 
snpôi'iciirc  des  diamps  et  des  plantes  spontanées  s'élève  •graduellement  des 
pentes  extérieures  qui  re-rai-dent  la  plaine  vers  celles  qui  dominent  les  val- 
k!(!s  dans  le  cœur  des  nionlapnes.  Tel  arbre  qui  s'arrête  à  '2000  mètres  au 
sud  de  Dardjiling,  s'élève  à  2'200,  puis  à  2500  mètres  au  nord  de  celle 

N"  a.  —   ÉTAGES  DE  VÉGÉTATION  ET  ZONFS  DE  crLTl'IlF.S  SCR  LES   PENTES  DE  l'iIIXALATA  MÉItlIIIONAL 

IIA>S   LE   SIKKIM. 


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même  ville,  dans  l'espèce  de  serre  liiimide  et  chaude  que  forme  la  vallée  du 
Sikkini,  de  loutes  parts  entourée  de  hautes  montagnes*. 


De  même  que  la  flore,  la  faune  de  l'IIindoustan  ne  se  distinjjue  jias  de 
celle  des  conirées  limitrn|>hes;  elle  se  rattache,  suivant  les  frontières,  à 
l'aire  du  Tibet  et  de  la  Cliiue,  à  celle  de  l'Asie  antérieure,  de  l'Iudo-Chine 
et  de  la  Malaisie"'. 

Naturellement,  h;  versant  mériilional  de  l'Himalaya  est  habile  par  les 

•  Sinliczka,  MilIlirUiiiKjCii  von  Pctirmaiiii,  1870,  n"  I. 

^  Finiics  Hoyle,  ISolanij  and  iSulitial  llitluiy  of  tlie  Himalaya  mouutains ;  —  Ifookcr,  Hima- 
layan  Jmirnah. 

*  lHiiiiforil,  Qiiailerli)  Juiinial  uf  Ihc  Gvoluijiral  Society,  iiov.  1875. 


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FAINE  DE  L'IIIXDOISTAN. 


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mt^mos  ospèccs  qun  les  vallées  du  Trans-IIinialfiya  cl  les  plateaux  du  Tihel; 
les  limiles  de  elia(|ue animal,  dans  la  direclion  des  vallées  basses,  sonlcelles 
(]iu>  lui  o|)|)osenl  les  eondilions  du  elinial,  au\  diverses  altitudes.  Ainsi 
toute  la  riclic  l'aune  du  Tibel,  yaks  sauvages  el  d(iniesli(|ues,  antilopes, 
gazelles,  chamois,  porte-muse,  chevreuils,  brebis.  Anes,  béniiones,  ours, 
loups  blancs,  noirs  el  rouges,  chacals,  renards,  chiens  sauvages,  se  len- 
conlro,  soil  dans  les  régions  neigeuses,  soit  dans  les  forets  des  pentes  hi- 
maliiyennes;  mais  elle  ne  dépasse  guère  les  limites  de  la  région  sèche  :  là 
où  commencent  les  forêts  alimentées  par  l'air  humide  du  Sikkim,  là  s'ar- 
l'èti'iit  les  bètcs  de  la  montagne  '.  A  la  base  d(!s  grandes  montagnes,  la 
région  forestière  du  teraï  cft,  avec  les  fourrés  de  l'Assam  el  de  la  contrée 
nionlneuse  qui  sépare  le  Bengale  de  la  Barmanic,  le  principal  refuge  des 
animaux  sauvages  de  l'Inde;  certaines  csjièces,  exterminées  dans  le  reste 
de  la  Péninsule,  ne  se  trouvent  même  que  là  :  tel  est  le  sanglier  nain 
{jiomilia  satviania),  qui  ne  pèse  pas  plus  de  5  kilogrammes  cl  n'atteinl 
(pic  'J5  centimètres  de  hauteur. 

I;'('(lépliant  est  une  des  bètcs  qui  ont  pu  se  maintenir  en  grand  nombre 
diiiis  le  teraï  el  dans  les  montagnes  de  l'Assam,  protégées  par  les  foui'rés  cl 
les  marécages.  Il  a  été  chassé  de  presque  toutes  les  autres  régions  de 
riliiidoustan;  ailleurs,  on  ne  le  Irouvt;  plus  que  dans  le  pays  des  Kond, 
dans  les  forets  vierges  de  Courg,  de  Maïssoiu-,  de  Travaiicore  el  dans  l'île 
de  Ceyian.  L'éléphant  de  l'Inde  n'habite  pas  les  plaines  comme  celui  de 
l'Afrique;  il  a  ses  retraites  dans  les  pays  de  collines,  el  même  dans  les  ré- 
gions montueuses  il  préfère  les  crêtes  escarpées'  :  c'est  là  peut-(Mrc  un 
clinngemenl  récent  dans  les  conditions  d'existence  imposé  par  le  voisinage 
de  l'homme.  Dans  le  Sikkim,  il  parcourt  les  forêts  jusqu'à  1200  mètres 
d'altitude;  des  chasseurs  capturèrent  même  un  de  ces  animaux  à  plus  de 
oOOO  mètres  de  hauteur,  puis,  après  l'avoir  apprivoisé,  le  nu;nèrenl  à 
I-iissa  par  les  cols  de  l'Himalaya  et  du  Trans-IIimalaya  *.  Il  est  probable 
que  l'éléphanl  aurait  bientôt  disparu  des  forêts  de  l'Inde  si  la  chasse  n'en 
élail  pas  rigoureusement  limitée  et  si  la  capture  dans  les  fosses  cachées 
par  les  branchages  n'était  pas  interdite.  I^e  gouvernement  de  l'Inde  s'est 
réservé  la  propriété  de  tous  les  éléphants  de  la  Péninsule,  maknas  sans 
défenses  ou  gandas  armés  de  leurs  longues  dents  d'ivoire.  Quoique  choi- 
sis pour  animaux  domestiques  de  Ganesa,  le  dieu  do  la  sagesse,  les  pau- 
vres éléphants  ont  l'imprudence  de  se  laisser  diriger  par  les  chasseius 

■  Ilonker,  ouvrage  cité. 

'  Hunier,  Gatetteer  of  India. 

^  llormann  von  Sclilbgintwcit,  Reisenin  Indien  ttnd  Uonliaticn,  voi.  il. 


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NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  UNIVERSELLE. 


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vcre  les  mliiils,  entourés  de  fortes  palissades,  qui  doivent  leur  servir  de 
prisons  :  là  ils  sont  peu  à  peu  domptés  par  la  faim,  puis  apprivoisés  par  des 
compagnons  déjà  faits  à  l'étal  domeslicpie.  On  en  prend  ainsi  chaque  année 
plusi(>urs  centaines,  qui  sont  employés  presque  tous  à  la  construction  des 
routes  ou  au  transport  du  bois  dans  les  chantiers  et  des  affiUs  dans  les 
arsenaux.  Les  pi-inces  et  les  hauts  personnages  de  l'Inde  ne  sauraient  non 
plus  célébrer  de  fêles  ni  se  livrer  à  leurs  chasses  sans  ajouter  à  leur  cor- 
tège quelques  éléphants  somptueusement  caparaçonnés  et  ])ortanl  des 
huuuthis  ornés  de  métaux  précieux,  de  velours  et  de  soie. 

Le  l'hinocéros,  aulre  représentant  de  la  faune  ancienne,  est  aussi  devenu 
rare  dans  l'IIindoustan,  quoiqu'il  en  existe  encore  quatre  variétés,  à  une 
ou  à  deux  cornes.  Cet  animal  vil  surtout  dans  les  forêts  de  Djitlatong, 
à  l'orient  des  embouchures  de  la  Meghna,  et  dans  les  terres  boueuses  des 
Sanderband,  où  il  aime  à  se  vautrer.  De  redoutables  ruminants,  tels  que  le 
gayal,  le  gaour  {box  (jaurux),  appelé  généralement  «  bison  »  par  les  chas- 
seurs, et  le  buffle  sauvage,  parcourent  aussi  les  forêts  cl  les  jongles  de 
l'Inde  centrale,  de  l'Assam  et  des  frontières  d(  la  Barmanie.  La  chasse  de 
ces  animaux  n'est  pas  moins  périlleuse  que  ceile  du  tigre  ou  de  l'éléjdiant. 
Le  buffle  surtout  est  dangereux;  seul  de  toutes  les  bêtes  sauvages  de  l'IIin- 
doustan, à  l'exception  du  tigre  accoutumé  à  la  chair  humaine,  il  fond 
sur  l'homme,  principalement  sur  l'Européen;  même  les  buffles  apprivoisés 
ont  une  singulière  aversion  pour  les  étrangers  blancs.  Quant  au  sanglier,  il 
attaque  rarement  l'homme,  mais  c'est  l'animal  le  plus  détesté  des  cultiva- 
teurs, à  cause  des  dégâts  qu'il  fait  dans  les  champs;  on  voit  en  lui  l'en- 
nemi par  excellence,  et  dans  mainte  région  de  l'Inde  le  tigre  est  considéré 
comme  une  sorte  de  protecteur  de  l'agriculture,  parce  qu'il  délivre  le 
paysan  des  sangliers  et  des  autres  ravageurs  des  sillons. 

Le  tigre  dit  «  royal  »,  en  vertu  de  sa  force  cl  de  sa  férocité,  est  la  bête 
sanguinaire  qui  a  le  mieux  conservé  son  empire  dans  toutes  les  parties  de 
l'Inde,  à  la  ibis  dans  les  plaines  et  dans  les  vallées  des  montagnes,  jusqu'à 
une  assez  grande  hauteur  sur  les  pentes  de  l'Himalaya.  Il  attaque  surtout 
les  gazelles,  les  antilopes,  les  chevreuils,  les  sangliers  et  tous  les  petits 
animaux  de  la  forêt;  quand  il  trouve  de  ce  gibier  en  suffisance,  il  est  rare 
qu'il  s'attaque  aux  bêles  domesticjues.  Mais  que  les  forêts  commencent  à 
se  dépeupler,  ou  que  les  tigres,  devenus  vieux  ou  infirmes,  ne  puissent  plus 
poursuivre  le  cerf  ou  la  gazelle,  ils  s'en  prennent  aux  troupeaux  des  culti- 
vateurs et  aux  villageois  eux-mêmes  ;  dès  qu'ils  ont  goûté  la  chair  hu- 
maine, ils  n'en  cherchent  plus  d'autre.  Comme  dans  les  âges  préhis- 
toriques, la  lutte  continue  entre  les  bêles  fauves  et  l'homme,  cl  dans  plu- 


FAUNE  DE  L'INDE,  Cl-ÊPHANTS  ET  Tlf.RES..  M 

sieurs  dislricls  dt;  l'Iiuk',  cVsl  nu  ft'lin  qir.-ippartennit  encore  récem- 
nienl  la  victoire.  Uiie  seule  li<,'resse  du  pays  de  Trliauda,  dans  les  l'rovinces 
Centrales,  dévora  lô'i  |iersoniîes  en  IS07  et  en  1S08'.  On  raconte  il'un 
nuire  «  uiaugeur  d'hommes  »  que  sa  ration  annuelle  était  de  KO  individus: 
les  habitants  du  pays  voyaient  en  lui  une  sorte  di;  dieu  ayant  réuni  dans 
ses  membres  la  force  de  toutes  ses  victimes.  Le  voisinage  de  ces  ligivs 
sulTil  pour  faire  abandonner  complètement  des  routes  publiques;  l'une  de 
CCS  bètes  inspirait  une  si  grande  frayeur,  que  treize  villages  se  dépeu- 
plèrent et  qu'un  espace  évalué  à  650  kilomètres  carrés  cessa  d'être  mis 
en  culture.  Im  léopard,  connu  d'ordinaire  sous  le  nom  de  «  panthère  », 
est  encore  |)lus  redoutable  au  chasseur  que  le  tigre  lui-même:  il  est  plus 
courageux,  plus  leste,  plus  adroit,  ce  qui  comjiense,  et  au  «îelà,  sa  moindre 
vigueur  de  muscles.  Quand  il  a  goûté  de  l'homme,  il  devient  le  fléau  du 
pays;  il  lui  faut  sans  cesse  de  nouvelles  victimes  humaines,  dont  il  se  con- 
tente de  sucer  le  sang*.  Une  autre  espèce  d«;  léopard,  la  Irlilta,  originaii'e 
du  Dckkan,  est  devenue  l'alliée  de  l'homme  comme  le  faucon;  elle  accom- 
pagne le  chasseur  à  la  poursuite  de  la  gazelle  et  bondit  sur  le  gibier,  si 
rapide  que  le  regard  la  suit  à  peine. 

Plusieurs  autres  espèces  de  félins  parcourent  les  jongles  de  l'Ilindoustan, 
mais  le  plus  grand  de  tous,  celui  que  l'imagination  populaire  célébrait 
comme  plus  puissant  que  le  tigre  lui-même,  le  lion,  a  cessé  d'exister 
depuis  le  commencement  du  siècle  dans  la  région  continentale  de  l'Inde; 
encore  en  1810,  on  chassait  cet  animal  dans  le  Pandjab;  actuellement  les 
seuls  représentants  du  lion  hindou,  dépourvu  de  crinière,  vivent  dans  les 
rochers  du  Gir,  vers  l'extrémité  méridionale  de  la  presqu'île  de  Katbiavvar  : 
les  indigènes  lui  donnent  le  nom  de  «  <;hameau-tigre  ».  C'est  aussi  près  de 
cette  région,  dans  le  voisinage  du  Rann,  que  s'est  refugié  l'âne  sauvage; 
lenilghau  (portax  pictm),  que  l'on  rencontre  d'ailleurs  en  d'autres  parties 
de  l'Hindoustan,  jusqu'à  l'Himalaya,  cherche  également  à  éviter  les  chas- 
seui-s  en  parcourant  les  confms  de  ce  pays  désert.  Quant  aux  loups,  ils  se 
sont  maintenus  dans  toutes  les  régions  ouvertes  de  la  Péninsule  et, 
quoique  moins  redoutés,  ils  font  cependant  plus  de  ravages  que  les  tigres; 
quelques  tribus  sauvages  les  révèrent  comme  des  dieux  et  s'attendent  aux 
plus  grands  malheurs  quand  le  sang  de  ces  animaux  a  été  vei'sc  sur  leur 
territoire  par  des  chasseurs  étrangers.  Les  hyènes  sont  aussi  fort  dange- 
reuses pour  les  troupeaux,  et,  en  temps  de  famine,  pour  les  enfants  des 


'  Granl,  Central  Provinces, 

*  Foi-sytli,  The  Highlandu  of  Central  India. 


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villagoois.  Les  rlincnls,  (rôs  communs,  omplissonl  In  nuit  de  leurs  linrlo- 
ineiits,  ('l  non  moins  adroits  rôdeurs  que  les  rennrds  d'Euro|M>,  ont  mé- 
rilé  de  prendre  dnns  les  faldes  de  rjn<le  le  rôle  de  fins  conseillers  et 
d'ourdisseurs  de  complots.  IjOs  dhnle  ou  chiens  sauvages  se  rencontrent 
aussi  rré<|uemment  dans  les  régions  forestières;  ils  chassent  par  handes, 
sans  donner  de  la  voix,  et  ne  craignent  pas  mt^nie  de  s'attaquer  au  tigre; 
quel  que  soit  le  gihier  poursuivi,  il  ne  manque  pas  de  succomher;  la  chasse 
peut  durer  des  journées  entières,  à  la  fin  les  chiens  forcent  leur  pi'oie  et 
la  déchirent.  Les  ptewmys  on  «  renards  volants  »  des  Anglais,  ces  écureuils 
dont  la  peau  des  flancs,  largement  étalée,  forme  parachute,  se  suspendent 
en  multitudes  aux  hranches  «les  arhres.  (^)uanl  aux  singes,  les  espèces  en 
sont  nomhreuses,  et  dans  quelques  districts  ils  sont  devenus  les  véritahles 
maîtres  du  pays,  grAce  à  la  vénération  que  Ton  éprouve  pour  la  famille  du 
dieu  llanouman;  ils  pénètrent  dans  les  maisons,  font  main  hassc  sur  tout 
ce  qui  Itîur  plail.  l'our  conserver  leurs  approvisionnements,  les  indigènes 
sont  ohligés  de  les  couvrir  d'épines. 

Des  relevés  statistiques  puhliés  dans  les  diverses  provinces  de  l'Inde 
donnent  la  liste,  toujours  incomplète,  des  grands  carnassiers  tués  et  des 
hommes  dévorés  dans  l'année.  Grâce  aux  primes  offertes  par  le  gouver- 
nement et  au  procédé  facile  d'empoisonnement  que  donne  la  strychnine,  le 
nombre  des  hètes  féroces  dont  les  Hindous  se  débarrassent  augmente, 
tandis  que  le  nombre  des  victimes  humaines  diminue'.  Mais  il  est  plus 
diiricile  de  se  défendre  contre  les  serpents,  qui  se  glissent  dans  les  trous 
des  masures  et  s'enroulent  aux  branches.  En  aucun  pays  du  monde, 
les  serpents  venimeux  ne  sont  plus  redoutables  que  dans  les  Indes. 
Chaque  année,  les  statistiques  officielles  parlent  de  milliers  de  morts  cau- 
sées par  ces  animaux  :  d'après  Fayrer',  c'est  à  plus  de  20  000  par  an  qu'il 
faut  évaluer  le  nombre  des  victimes  '.  Le  zoologiste  Gunther  compte  dans 
l'Inde  entière  79  espèces  d'ophidiens  venimeux,  dont  plus  de  la  moitié,  il 
est  vrai,  sont  des  serpents  d'eau  salée  :  toutes  les  espèces  qui  vivent  dans 
la  mer  ou  les  marigots  des  côtes  ont  des  glandes  à  venin,  tandis  que  les 
serpents  d'eau  douce  sont   inoffensifs*.  Parmi  les  reptiles  à  crochets,  il 

'  Aiiimniix  cnrnnssict's  tués  liiins  le  Beng.ilc  de  1870  h  1875  : 

18  190.  (lonl  7278  titres,  5068  léopards,  1071  onces,  1388  loups. 

Ilnmincs  tués  pendant  la  inémn  période  de  six  années  : 

l.')410,  dont  4218  par  les  tigres,  4287  par  les  loups,  etc. 

»  Thnnnlophidia  of  India. 

^  Morts  d'honnne  causées  par  des  serpents  en  1877  :  16  777. 

Surpenis  tués  |Mmr  lesquels  des  primes  ont  été  payées  :  127295. 

Victimes  humaines  des  serpents  et  des  bétes  féroces  en  1880  :  21  990. 

*  On  the  Reptiles  of  British  India, 


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en  est,  tels  que  la  cobra,  la  liaboin,  i'opliiopliai^o,  dont  la  moi-suru  ost 
|)res(|uc  iiiûvilablcmonl  mortelle.  La  cobra  ou  «  surpcul  à  lunettes  »  (noya 
liiiiiididus),  nommée  e  cobra  di  ca|)ello»  par  les  conquérants  portugais,  do 
l'espèce  de  capucbe  formée  par  la  peau  étalée  de  son  cou,  est  le  plus 
diui};ereux  de  tous  ces  reptiles;  c'est  aussi  l'un  des  plus  communs  :  d'après 
le  médecin  Nicliolson,  on  en  trouverait  au  moins  400  par  kibunèlre  carré 
d;ins  le  district  de  Dangalore.  La  cobra  est  le  reptile  que  manient  surtout 
les  ciiarmeiu's  de  serpents,  quelipiefois  même  sans   leur    avoir   «'ulevé 
leurs  crocbels  ou  après  les  avoir  laissés  repousser.  L'animal   se  balance 
au  son  des  instruments,  s'enroule  autour  d(;s   bras  et  du  corps  de  son 
maitrc,  feint  de  le  mordre  en  le  caressant;  mais  souvent  on  a  vu  ces  jeux 
gracieux  se  terminer  par  la  mort  du  cliarmeur.  La  cobra  est  un  animal 
sucré;  c'est  le  représentant  du  dieu  de  la  destruction,  et  comme  tel  il  u 
droit  aux  liommagcs  des  hommes.  Quand   le  pieux  braliminc  bindou 
découvre!  le  reptile  dans  une  crevasse  de  sa  demeure,  il  se  garde  bien 
de  le  déranger,  mais  au  contraire  il  lui  porte  du  lait,  il  s'incline  de- 
vant lui,  le  vénère  comme  une  divinité  domestique;  si  par  malheur  la 
cobra,  manquant  de  reconnaissance,  mord  un  enfant  de  la  maison,  le  père 
de  famille  emporte  l'animal  meurtrier  dans  les  champs  et  s'excuse  en 
s'éloignaiit  de  lui.  Si   quelque  impie  tue  le  serpent  sacré,   le  brahmine 
aclièlc  le  corps  et  le  brûle  avec  de    pieuses  cérémonies.    Ainsi  se  per- 
pétue cet  ancien   culte  des  migns  qui   précéda  dans  l'Inde  les  religions 
bi'alimanifpies  et  que  l'on  retrouve  sous  diverses  formes  en  tant  d'autres 
contrées  (le  l'Ancien  et  du  Nouveau  Monde'.  Le  serpent,  issu  des  fentes  de 
la  roche,  ne  sembic-t-il  pas  sortir  des  ténèbres  comme  le  représentant  du 
nioiulc  souterrain  et  des  puissances  inférieures?   C'est  le  dragon  des  lé- 
gendes qui  vomit  le  feu  et  la  fumée,   le  monstre  qui   saisit  les  méchants 
et  les  plonge  dans  les  gouffres  brûlants;  c'est  aussi   l'animal  sacré  qui 
porte  une  pierre  précieuse  cachée  dans  les  replis  de  son  front',  le  posses- 
seur des  mystères  que  recèlent  les  profondeurs  du  sol.  Le  grand  art  de  la 
magie  est  (1(>  savoir  lui  arracher  ses  secrets  pour  découvrir  les  mines,  con- 
naître les  simples  et  les  racines  qui  guérissent  les  maladies  ou  même  devi- 
ner l'art  d'èlre  puissant  et  fortuné.  Nombreux  sont  les  personnages  de  la 
mythologie  hindoue  qui  ont  pris  le  serpent  pour  attribut,  afin  de  témoigner 
ainsi  de  leur  connaissance  profonde  des  mystères.  Le  diadème  que  porte  Siva 
est  formé  des  sept  tèles  de  la  naga,  jointes  et  se  rejetant  en  avant  conmie 

•  Fergusson,  Trec  and  Serpent  Worship. 

*  Pline,  Histoire  naturelle  ;  —  Troyer,  Railjalnramjini,  Uidoire  des  rois  de  Kacimiri  — 
Fritsche,  Hilopadem,  Einc  imiitche  Fabclsammïuny. 


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M  NorvKLi.K  f.f:of;n\i'iiii';  rMVKiisKi.LK. 

|M)iir  nicniicci-  l«>s  iKliniiiilcurs  du  dieu,  (lit  adore  iiiissi  ViiliiKni  (!nrdé  par 
ilii  s4'r|M-iil  iiiix  iiiillt'  (èlcs.  Diilis  |)|'(>m|i|('  Ions  Irs  l)>iii|tlL>s  liiiidoiis  s«>  rc- 
lr*iii\e  irl  tiniciiiml  s)inliolii|ii(>,  doiil.  lu  sens  |iriiiiilit'  sVst  f^radiirllcinciil 
|H>i-dii  cl  (|(ii  a  liiii  |iiii' di>\i>iiir  un  sini|d('  niolil' (U;  dmtralion.  h>s  païa- 
|tliiies  cl  les  oniltrcllcs,  d'alioi'd  réserves  aux  grands  personnages,  ont  une 
l'orme  rap|H'lanl  cell((  des  serpenls  de  Siva. 

1^1  faune  de  l'Ilindonslan  comprend  aussi  quelques  sauriens  redoulaldes, 
doux  c>|Mfes  de  cioeodiles  et  le  gavial  du  (lange,  mais  le  nomlire  de  ces 
animaux  diminue  rapidement,  depuis  que  les  falirieanls  en  utilisent  la 
|H.'au  et  la  graisse  et  (pi'on  a  entrepris  de  les  combattre  en  employant  les 
moyens  mis  par  l'industrie  moderne  à  la  disposiliiin  des  cliasseui's.  Dans  ce 
travail  incessant  de  l'iKUiune  pour  l'anuinagement  de  la  nature,  suivant  ses 
intérêts  ou  son  caprice,  il  lui  est  |ilus  l'acile  de  supprimer  ou  de  s'asservir 
les  grands  animaux  (pie  de  lutter  contre  la  foule  sans  nomlire  des  insectes 
ou  de  petits  rongeurs.  Tandis  qu'il  extermine!  le  lion,  comliat  le  tigre, 
assiijélil  l'éléphant,  peuple  les  lorèls  liimalnyennes  de  giliier  importé 
d'AngIc-lerix;  et  remplit  d(!  poissons  du  nord  les  viviers  des  Nil  gliiri,  il  reste 
aussi  impuissant  que  l'étaient  ses  ancêtres  contre  les  vols  de  sauterelles, 
les  liaiules  de  rats,  les  fourmis,  et  toutes  ces  nuées  d'ennemis  im|»ercop- 
tildes  qui  s'attaquent  aux  récoltes  eu  les  détruisant  dans  le  fruit  ou  dans 
la  fleur,  (ionire  ces  adversaires,  il  lui  faut  compter  sur  le  secours  d'autres 
|»etils  animaux  ou  animalcules  qui  pullulent  ou  disparaissent  suivant  les 
oscillations  du  climat.  Du  moins  a-t-il  dans  le  monde  immense  des  oiseaux 
des  alliés  sûrs  pour  le  débarrasser  de  tous  les  débris  qui  pourraient  engen- 
drer la  |K.'sle  dans  les  cités.  Parmi  les  espèces  de  vautours,  il  en  est  deux, 
(jyjix  hidirm  et  yyjis  bciiyalcnsis,  (pii  ont  mérité  le  nom  spécial  de  «  net- 
toyeurs >  :  un  les  nomme  «pbilosopbes»  ou  bien  «  adjudants  »,  à  cause  de 
la  gravité  de  leur  démarche.  A  Calcutta  notamment,  on  voit  en  foule  ces 
grands  volatiles,  au  long  bec,  à  la  tête  chauve,  au  goitre  violet,  aux  ailes 
noires,  iHîrcliés  mélancoliquement  sur  les  murailles.  l)e  fortes  amendes 
protègeiil  ces  bienfaiteurs  publics  contre  toute  atta(|ue.  Les  Hindous  ont  les 
mêmes  volatiles  de  basse-cour  que  les  Kuropéens,  et  de  plus  ils  ont 
conservé  dans  plusieurs  provinces,  notamment  dans  le  Sind,  l'usage  de 
dix'ss<'r  les  faucons  à  la  chasse.  L'oiseau  que  les  habitants  de  l'Inde  centrale 
élèvent  avec  h;  plus  d'amour,  est  une  espèce  de  saiisoiuiet  {tiiridotlinrs 
Irhiis),  qui  devient  1res  familier  et  que  l'on  habitue  à  prononcer  quelques 
mots,  entre  autres  celui  du  dieu  Krichna  ;  mais  les  oiseaux  chanteurs  sont 
iK'aucoup  plus  rares  dans  les  forêts  hindoues  que  dans  celles  de  l'Occident. 
Le  moineau  a  suivi  l'Anglais  dans  les  vallées  des  monts  himalaycas. 


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FAUNK  KT  l'Ol'III.ATIONS  DK  l/llINDOrsT  \N. 


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A  IVxce|>lioii  (le  (|Mi'li|u*'s  Irihiis  <riiii('  ((lijiiiif  iiitoiiniic,  (|iii>  l'un  <lil 
iiiilnclillioiics,  |iiir  iHiioi'iiiicc  de  leur  lili.ilioii  iirllr,  1rs  i-acrs  <li>  Tliulf  se 
riilliulit'iil,  un  II!  siiil,  iiiix  iiiros  l'iliiiolo^iqiifs  liiiiilroplics.  |l«>  inriiu;  (|iic 


. H  (iouTwii.i.E'MHiii'iiit'iitlimilillIlHMtiliilIliBil 


TICItNOO  OABDÉ  TAH  U.N  Sr.BPENT.   —  SCrlPTrng  DO  TEMPLE  DI\IXA  DE  SADIII      (ofDAÏPOUn 
Dessin  ili>  (ioiiuwillcr,  ira|)rL'S  une  liliotograpliie    du   MM.  Bournc  et  Slio|iliPnl. 


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les  csp6ccs  V(!<ï(Ualos  ol  animales,  los  peuples  hindous  appartiennent  à  des 
ccnli'os  de  ionnalion  plus  vastes  que  la  Péninsule  dans  laquelle  ils  se  ren- 
contrent et  s'entremêlent  de  nos  jours.  F^es  Aryens,  conscienls  de  leur 
civilisation  commune,  se  reeonnaisseiit  comme  frères  de  lan;,qie  et  de 
pensée  des  deux  côtés  du  Caucase  indien;  à  l'ouest,  des  transitions  gra- 


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NOUVELLK  GfiOCIUI'IIIK  UMVKRSELLK. 


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(luellcs  (lo  raro,  d'idiuinos  ni  du  liaditions  iinissi>nl  los  |K)piilulions 
miiliomûlniics  du  ririin  cl  do  riiidi;;  du  iiK^inu  iiii  nord  ul  nu  iiord-4>Hl, 
lu  paieiilû  su  ruruiinait  du  |H>ii|)lad(!  un  |M>ii|dndu  uiUru  lus  valléus  du 
vursaiU  mûridiunal  ut  uullus  qui  s'iucliuunt  vurs  l'esl  du  l'Asiu.  Knlin, 
lus  DravidiuHH  uux-iiu^mcs ,  (|u<m(|uu  rupoussûs  niainU'uanl  un  dulioiti 
duH  plainus  liindouus  vurs  lus  plaluaux  du  sud,  paraissent  iHro  vunus 
du  nord-ouust,  ut  l'un  croit  voir  dans  lu  Haloulchistan  dus  Iraeus  du  luur 
passagu,  lu  larigagu  braliui  étant  considurû  coininu  d'originu  dravidiunnu 
ut  l'anciun  inûdicpiu  ayant  ulû  ruconnu  coinniu  appartuiuuit  au  mi^niu 
groupu  du  ramilles  glossologiquus.  Lus  inscriptions  trilinguus  du  Uuliistan, 
racontant  l'iiistoiru  du  Darius  llystasiMJs,  ont  fourni  aux  tiaductuurs  dus 
tûmoigiiagt's  incontustahlus  do  l'anciunno  parenté  dus  idionius  dravidiuns 
avuc  lus  langues  <  scytliiipics  »,  rcprésuntécs  principalumunl  de  nos  joui-s 
par  les  dialectes  finnois*. 

D'ailleurs,  l'antiquité  des  migrations  cl  les  changements  qui  s'accom- 
plissent dans  le  vocabulaire  et  la  structure  des  langues,  d'autant  plus 
rapidement  que  lus  populations  sont  plus  barbarus  ut  plus  mobilus,  uxpli- 
qiiunt  lus  différences  considérables  qui  se  sont  produites  dans  lus  tribus 
cl  lus  nations  depuis  qu'elles  ont  cessé  d'être  en  relations  directes  les 
unes  avec  les  autres.  Aux  preuves  tirées  de  Tbistoire  elle-mi^me  s'ajou- 
tent les  innombrables  trouvailles  des  archéologues,  pour  témoigner  du 
l'ancienneté  du  séjour  de  l'hommu  dans  la  péninsule  hindoue.  Du  mi^nu; 
que  l'Europe,  l'Inde  a  ses  dolmens  et  ses  menhirs,  ses  pierres  à  écuullus 
ut  ses  gisements  de  silex  travaillé  :  on  y  retrouve  toute  la  série  dus  jlges 
prélustoriqucs  pendant  les  époques  de  la  pierre*.  C'est  même  en  Ilin- 
doustan  que  l'on  a  reconnu  les  traces  les  plus  anciennes  du  séjour  du 
l'homme  sur  la  Terre  :  à  l'est  de  Goa,  les  géologues  ont  découvert,  ù 
demi  enfoncé  sous  une  couche  de  basalte  et  de  latérite,  une  forêt  de 
palmiers  et  du  conifères  transformés  en  silice,  et  quelques-uns  de  ces 
troncs  d'arbres  changés  en  pierre  portent  encore  les  marques  évidentes 
de  la  hache  qui  les  a  coupés".  Ainsi  des  bûcherons  poursuivaient  déjà 
leur  industrie  à  une  époque  où  les  coulées  de  lave  s'épanchaient  encore 
dus  ciMtères  du  Dekkan,  depuis  si  longtemps  fermés  et  méconnaissables  : 
c'est  aux  âges  éocènes,  peut-être  môme  à  la  fin  de  la  période  crétacée, 
qu'on  doit  faire  remonter  l'existence  de  ces  habitants  de  l'Inde  occiden- 
tale. Le  temps  n'a  donc  pas  manqué  aux  populations  de  la  contrée  pour 

'  Rnsk;  —  JL-ix  Mollcr;  —  Vinson;  —  Caldwdl,  Grammar  ofthc  Dravidian  lunguages. 

•  Foote,  Proceeding»  oflhe  Geologicnl  Sociehi,  june  17,  1868;  —  Bail,  Jungle  Life  in  India. 

^  UaicheseUi,  Bolteltino  délie  sciense  '.alttrali,  ii*  2,  un.  II. 


l'Ol'ri.ATlUNS  l)¥.  I/IM)K.  IIIMMAYA  nCCIDKNTAL. 


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s(»  nn'liingor  ol  so  foniln*  ilivoi'^cinont,  en  rormiinl  cl  rcforninnl  h  nnxwcm 
les  }r|-oii|N>H  |)i'iinilirs. 

()r|M<n(liiiil  la  sliiltililo  ili>s  niroH  osl  iKtiiiicoiip  plus  gniridi*  on  ilimloiiKliin 
(|ii('  tliins  l(!  coiiliiKMil  (ri']iir(i|H',  Cl!  qui  s'cx|ili<|ii(!  eu  |mi'lii!  |mi'  Ich  coii- 
loiirs  ruliilivcmciil  uiassils  di;  la  pciiiiisulc  (jan^cli(|iic,  cniiipaivc  à  l'en- 
semble  il'ilcs  ul  de  presiprili^s  ipii  conHlilne  la  région  nord-occidenlalu  de 
l'Ancien  Monde  :  InnU's  choses  é^ales  d'ailleurs,  les  populations  y^n'icoIeH 
duivenl  iHi'c  d'autant  moins  sédentaire''  iju'il  leur  est  plus  facile  de  changer 
(le  climat  et  que  la  nature  environnante  est  elle-nu^mc  plus  mobile  et  plus 
variée.  A  maints  é^aids,  les  Hindous  représentent  un  élément  presque 
jinniobile  en  comparaison  <les  Kuropéens;  [HMidanl  cette  même  période  do 
vin;;t-trois  siècles  qui  a  vu  la  plu|R)rt  des  tribus  barbares  de  l'Occident 
s'élever  au  degré  de  civilisation  h;  plus  liant  qui  ait  été  jamais  atteint,  les 
habitants  de  l'Indi;  sembleraient  presque  être  restés  stationnaires.  Les  des- 
criptions sommaires  du  peuple,  laissées  par  les  premieis  écrivains  élran- 
f:ors,  s'appliquent  encore  aux  habitants  de  la  l'éninsuh'  :  même  l'institution 
(les  (;ast(!S,  que  le  bouddhisme  avait  partiellement  abolie,  a  reparu,  do 
même  que  la  vraie  nuance  d'une  étoffe  se  montre  de  nouveau  sous  un  bain 
(le  couleur  superficielle.  GrAce  h  cette  persistance  remarquable,  les  types  d(>8 
tiibus,  des  nations  et  des  races  divers(>s  qui  se  trouvent  en  contact  les  unes 
avec  les  autres  dans  les  provinces  de  l'Ilindouslan,  so  |)résentent  avec  plus 
(le  netteté  (|ueceux  des  populations  occidentales,  incessamment  mélangées. 

A  chaque  région  spt'^ciale  de  l'Inde  appartiennent  donc  des  populations 
oiic'oi-e  distinctes,  barbares  ou  civilisées,  qu'il  importe  de  décrire  h  part. 
Dans  les  pages  qui  suivent,  on  essayera  de  tenir  compte,  autant  qu'il 
est  |)ossihlo,  du  groupement  des  habitants  de  même  origine,  tout  en  étu- 
(linnl  le  pays  conformément  à  ses  divisions  naturelles,  brutalement  modi- 
nées  çù  et  lu  par  les  conquêtes  cl  les  divisions  administratives. 


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IIIHAI.ATA    OCnnRNTAL 

HAUTES    VALL^.RS    DE3    «  CINQ    FLEWCR   S, 
lACHMin,    DARDISTAII    ORIENTAL,    IIAZAIIA,     TCHANUA      KANGRA,    £TATS    DO    ilAOT    tATLKI». 


Dans  son  cnscmblo,  cette  terre  montagneuse  est  un  espace  neutre  n'a|i- 
parlenant  géographiquement  ni  au  Tibet,  ni  à  l'Inde,  ni  au  Turkestan.  Les 
crêtes  qui  la  dominent  sont  le  prolongement  des  saillies  tibétaines  et  les 


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M  NOUVELLE  GÉOr.RAI'IlIE  UNIVERSELLE. 

vallées  inlcrmcdiaiies  continuent  les  dépiessions  du  plateau;  si  l'écoulc- 
ment  des  eaux  se  fait  vers  les  plaines  du  Sind  et  la  m  ••  d'Arabie,  les 
gorges  profondes  dans  lesquelles  passant  les  torrents,  les  escarpements  et 
les  cols  qu'il  faut  traverser  pour  se  rendre  dans  les  bassins  supérieurs, 
séparent  complètement  les  deux  régions  de  la  plaine  et  de  la  montagne,  de 
même  que  celle-ci  est  séparée  des  glaces  :  ainsi  que  le  disent  les  anciens 
poêles  hindous,  «  trois  mondes  »  sont  superposés  dans  -.'ette  contrée. 
Presque  toutes  les  populations  du  Kachmir  et  des  vallées  limitrophes  con- 
trastent aussi  par  l'origine  avec  les  habitants  des  campagnes  unies  du 
Pandjab.  C'est  au  pied  des  montagnes  (juc,  dans  les  premiers  âges  histo- 
riques, s'arrêtait  de  ce  côté  le  pays  des  Aryens,  et  souvent  le  Kachmir  a 
suivi  des  destinées  politiques  différentes  de  celles  des  «  Cinq  Rivières  ». 
Encore  en  1819  il  se  trouvait  sous  la  domination  des  Afghans;  le  maha 
radjah  de  Srinagar  ne  reconnaît  la  suzeraineté  anglaise  que  depuis  l'an- 
née 1846.  D'ailleurs,  la  limite  politique  de  ses  possessions  coïncide  assez 
exactement  avec  les  frontières  naturelles;  au  nord,  les  crêtes  du  Kara- 
koroum  et  ses  brèches  neigeuses,  si  difficiles  à  francliir,  séparent  le 
Kachmir  du  Turkcstan  chinois,  tandis  qu'au  sud  les  dernières  saillies 
parallèles  des  monts  Himalaya  indiquent  les  bornes  du  royaume;  seulement 
une  lisière  de  terF'ain,  variant  en  largeur  de  5  à  oO  kilomètres,  empiète  sur 
la  région  des  plaines  :  c'est  la  zone  que  l'on  appelle  du  nom  persan  de 
Daman-i-koh,  c'est-à-dire  «  Piémont  ».  Chacune  des  régions  naturelles  de 
la  contrée  a  reçu  ainsi  une  désignation  générale  :  la  chaîne  des  avant- 
monts,  aussi  bien  dans  le  Tchamba  et  le  Spiti  que  dans  le  Kachmir,  s'ap- 
pelle le  Kanti  ou  le  «  Rebord  »  ;  au  delà,  tous  les  pays  accidentés  de  l'inté- 
rieur sont  le  Pahar  ou  la  «  Montagne  »  '. 

De  beaucoup,  la  plus  grande  étendue  de  cette  vaste  région  du  haut  bassin 
des  Cinq  Fleuves  se  compose  d'espaces  inhabiles'.  On  comprend  qu'il  en 
soit  ainsi  pour  un  pays  qui  représente  dans  son  ensemble  un  plan  incliné 
dont  le  bord  supérieur  a  GOOO  mètres  d'altitude.  La  hauteur  moyenne  de 
toute  la  contrée  doit  être  évaluée  à  |»lus  de  4000  mètres  :  un  bien  petit 

'  Fredoi'ic  Drcw,  Tlic  Jummoo  and  Knshmir  knilories. 

^  Superficie  et  |  opuliilion  tlo  l'iliiiialayu  noL'i(Ionl;il  : 

Supprlkio.  l'upulaiioii  en  1871     Population  kilomclrùiuc 

Kitchiiiii- 178  558  kil.  car.  1  r.'.5  000  liiib,            8,0  liai.. 

Diinlistan  iiidépondanl.  .    .         35  700      )>  .iOOOOO(?)  »  10,0     » 

ila/ara 7  5V2       »  507  200       .'  50 

Tchamba 8.^29       »  1.50  000        »  l.")        » 

Kanf,'ra 25  278       »  745  900        .<  52         » 

Élats  (lu  haut  Satledj      .    .         20  023       .  72!»  700        ».  ."5         « 

Ensoiiiblu 275  850  kil.  car.        5  905  800  (!)  hah.      15,0  liai). 


KACHMiR,  PLATEAUX  DI'  KOIJENLIIN.  07 

nombro  des  pics  alpins  d'EuropodépasspraionI  celle  liaulcnr  de  leurs  pointes. 
Toute  la  parlie  nord-orientale  du  pays  forme  même  un  vaste  plateau 
d'environ  5000  mèlres,  que  l'on  peul  considérer  conune  apparlenanl  encore 
l'éofiraphiquenienl  au  Tibel,  car  les  montagnes  ne  s'y  élèvent  (ju'(M»  sail- 
lies relativement  faibles  au-dessus  d(!s  baules  terres  et  celles-ci  sont  jiar- 
!'iiilt'menl  unies  sur  des  espaces  considérables.  Pans  celte  réfjion  du  faîte 
('(iiitinental,  les  voyafi;es  d'Adolplie  Scblagintweil  el  de  Moliammed  Amin, 
(le  Johnson,  Hayward,  Sliaw,  Cayley,  Slol'czk.'.,  Drew,  Lydekker  el  autres 
explorateurs  anglais  ont  /ait  connaître  des  plaines  qui  n'ont  pas  même  la 
pente  nécessaire  pour  écouler  leurs  eaux  d(^  neige  fondue,  soil  au  sud  vers 
le  riiayok,  soit  au  nord  vers  le  Kara-kacb.  Ces  plaines  sans  écoulement 
sont  celles  du  Iiinglzbitban<>,  dites  aussi  de  Tchangtcbenmo,  el  le  plateau 
que  Drew  appelle  «  Kuenlun  Plains  »,  du  rempart  de  montagnes  qui  en 
lornie  le  rebord  septentrional  ;  ensemble,  elles  occupent  une  surface  d'au 
moins  18  000  kilomètres  carrés.  ^ 

Ces  plateaux  intermédiaires  eri-i'e  b»  Kaiakoroum  et  le  Kouenlun  sont  le 
prolongement  occidental  du  K;iatclii  tibétain.  ^'i<e  arête  |)eu  élevée  de 
roches  fossilifères,  le  Lokzboung,  qui  sépare  ces  plateaux  en  deux  plaines 
bien  distinctes,  aligne  ses  pointes  dans  la  direction  de  l'est  à  l'ouest, 
puis  dans  celle  du  nord-ouest.  Les  rai'es  voyageui's  qui  ont  traversé  cette 
légion  la  décrivent  de  la  même  manière  (jue  >'aïn-singb.  Hue,  Pi-ji!- 
vidskiy  ont  décrit  les  plateaux  du  Ilod-youl  oriental.  Au  cœur  de  l'étt-, 
seule  saison  pendant  laquelle  on  ait  jusqu'à  maintenant  osé  aborder  ce 
«  |)ays  de  la  mort  »,  les  neiges  sont  fondues,  il  est  vrai,  si  ce  n'est  en  cer- 
tains endroits  où  elles  se  sont  accumulées  pour  former  des  névés  ou  même 
(les  niasses  cristallines  sans  mouvement,  ressemblant  de  loin  à  des  amas 
on  à  (les  nappes  de  sel.  La  terre,  blanche  ou  grisâtre,  s'étend  à  perte  de 
vue  sans  présenter  d'obstacles  à  la  marche,  mais  la  rareté  de  l'air,  l'inten- 
sité de  la  chaleur  pendant  le  jour,  la  violence  du  vent  qui  afllue  chaque 
iqirès-niidi  vers  le  plateau,  puis  le  refi'oidissement  rapide  des  soirs  sous 
l'inlluencedu  rayonnement,  rendent|chaque  effort  singulièrement  pé  :ible  : 
les  mirages,  qui  se  renouvellent  sans  cesse  dans  l'air  vibrant,  montrant 
piirlout  des  lacs  fanlasli(pies,  sont  une  grande  cause  de  fatigue.  Les  ani- 
maux de  la  caravane,  ponies,  yaks  ou  brebis  de  somme,  ont  à  porter 
leur  propre  nourriture,  aussi  bien  que  les  objets  de  campement,  car  la 
v(''gétation  est  pres(|ue  nulle  sur  ces  plal(\')ux  ou  même  man<|ue  tout  à  fait; 
c'e'^t  à  15  ou  20  kilomètres  de  distance  que  se  présentent  les  touffes  d'eu- 
rotin  ou  les  plaques  de  lichens  qui  servent  à  allumer  le  feu,  et  des  inter- 
valles d'une  centaine  de  kilomètres  séparent  les  lieux  de  pâturage  pour 

VIII.  15 


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NOUVELLE  (if;0(;iUI'IIIK  IJNIVEHSKLLE. 


les  bfisliaux.  Cependiiiit  qii('l(|U('s  aniinaiix,  yaks,  ânes  sauvagos,  antilopes, 
cirent  encore  dans  ces  déserts,  moins  nomhrenx  que  ne  poniraienl.  le 
faire  supposer  les  traces  de  leurs  sabots,  visibles  pendant  des  années'. 


^''   2V.   —   l'I.ATtAl'X    DE   LINCTZIIITANO    l.T    tlll    KOIIKMI)!!. 


Il  »|iii'5  Mtiiitj^i  iiierie. 


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Il  est  certain  «|ii('  les  étendues  du  Lin<jt/liitan<>'  et  les  «  j>laines  du 
Kouenlun  »  lurent  autrefois  recouvertes  par  les  eaux.  Le  sol  est  évidemment 
une    terre  d'alluvions,   réfiulièremeut  stratifiée,  <.'l    l'on  peut  y  discerner 


•  Frédéric  Drew,  The  Juimmo  ami  Ka»hmir  tcrrilorien ;  —  llenileibon,  Fntm  hiliore  lo  J'ai- 
kand,  elc. 


PLATEAUX  DU  KOI'KNLUN,  HOUITIIOl. 


9» 


(It's  liimfllos  légèivs,  d'orifjiiii!  vé<çéliile,  qui  sr  (lôposiîiTiil  sur  les  loiids 
aviM",  la  vas(î.  1/Os  ('rosioiis  l'ormées  sur  les  bords  du  |)l;ik>au,(>l  (;;i  cl  là  dans 
rinhirioui"  des  bassins,  |)enneUenl  de  n-connaitre  coninienl  s'est  accompli 
le  combleuicnl  ^;i'aduel  des  bassins  lacustres.  Jadis  ils  devaient  constituer 
lUie  double  iikm',  car  des  grèves  se  voient  jusque  sur  le  seuil  des  monts 
bokzboung,  entre  les  deux  plaines;  puis  la  nappe  se  divisa  et  les  deux  lacs 
se  desséclièrent  peu  à  peu  :  il  en  reste  encore  quelrjues  lla<{ues,  les  unes 
permanentes,  les  autres  temporaires,  entourées  d'elllorescences  salines,  et 
laissant  des  l'onds  d'argile  sablonneuse  qui  se  «lurcit  en  «  biscuit  »  au  vent 
cl  au  soleil.  ï)iv\\  pense  que  l'écoulement  des  lacs  se  Taisait,  au  nord  jiar 
la  l'ivière  Kara-kach,  au  sud  par  le  Tcbangtcbenmo.  Suivant  la  liauteiir  d(>s 
barrages  que  formaient  les  avalanclies  et  les  glaciers,  les  eaux  ont  même 
pu  s'épanclier  tantôt  d'un  côté,  tantôt  de  l'autre  ou  mèm(!  «les  deux  côtés  à 
lu  l'ois.  Sur  ce  va:  le  faîle,  la  ligne  de  sé|)aration  entre  les  deux  versants  de 
l'Asie  pouvait  être  cbangée  par  la  eliite  d'un  roclier  ou  récroulement  d'un 
talus  de  sable,  il  est  bien  certain  (|u'«!n  cet  endroit  de  leur  développement 
ht  Karakoroum  et  le  Kouenlun  n'ont  rien  d'une  cbaine  de  montagnes.  I,e 
nom  tibétain  de  la  saillie,  le  même  que  celui  d'autres  monts  du  Hod-youl, 
est  Nindjni-langléou  «  Col  des  steppes  du  Grand  Désert  »  '. 

Le  Houpcbou,  qui  l'orme  l'angle  sud-oriental  du  royaume  de  Kacliniir, 
sur  les  conlins  du  Tibet,  ressemble  par  quelques  traits  de  sou  relief  aux 
plateaux  du  nord-est.  Moins  élevé,  puisque  l'altitude  moyenne  des  liimds 
est  d'environ  4500  mètres,  il  est  traversé  de  crêtes  plus  nombreuses,  les 
unes  parallèles,  les  autres  perpendiculaires  ou  obliques  à  l'axe  d»;  l'Hima- 
laya, et  <lressanl  partout  leurs  pointes  en  massifs  irréguliers.  Néanmoins  le 
Itoupcbou  peut  être  consid(>ré  comme  imc  sortie  de  plateau  :  c'est  un  socle, 
portant  des  montagnes  de  diverses  bauteurs  et  découpé  sur  ses  bords  [lar 
le  liant  Indus,  son  affluent  le  Zanskar,  et  des  affluents  du  Satledj  :  c'est  là 
que  se  trouve  le  faîte  de  partage  entre  le  fleuve  et  la  rivière  maitiesse  du 
Pandjab.De  même  que  le  Lingtzhilhangct  les  plaines  du  Kouenlun,  le  Houp- 
diou  était  jadis  en  grande  pai'tie  couvert  de  lacs,  dont  il  reste  encore  «|uel- 
(pies  bassins  devenus  salins  ou  du  moins  saumàlres.  Tels  sont  les  deux  lacs 
(lils  «  d'Kau  douce  »  et  «  Salé  »,  qui  occupent  une  dépression  au  nord-ouest 
(lu  Roupcliou,  et  le  vaste  Tso  Moriri,  emplissant  au  sud  une  cavité  du 
plateau.  A  lUO  mètres  au-dessus  du  lac  de  Sel,  on  distingue  d'anciennes 
plages  (|ue  baignaient  les  eaux  du  bassin,  alors  Iribiilaire  du  Zanskar.  \)c 
même  le  Tso  Moriri,  plus  élevé  d'au  moins  16  mèirt's,  s'épancliait  par  la 


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100 


NOUVELLK  «ÉOCRAPIIIK  rMVEUSKM-K. 


rivière  Para  dans  le  Sallcdj  :  le  barrante  «|ui  en  relient  le  !lol  est  un  simple 
délia  de  cailloux  charriés  par  la  rivière  P'irsa,  qui  lanlùl  se  jelle  dans  le 
lac,  lanlôl  coule  direclemenl  dans  la  Para  ou  lui  envoie  ses  eaux  souterrai- 
nemenlà  travers  les  fjraviers '  ;  le  lac,  irlenu  [tar  celle  digue  de  débris,  a 
seulemenl  75  inèlres  de  prolondeur  dans  la  parlii;  la  plus  creuse  de  son 
bassin;  un  ilôt,  auloui-  duipiel  lourbillonnenl  les  mouelles,  s'élève  près  de 
la  rive  occidentale.  Des  lacs  ou  inarécaffcs  salins  occupent  aussi  l(!s  autres 


K"    iS.    —   ANCrKNS    I.ACS   DU    PLiTHAl'    DE   BOUPCIIOl'. 


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cavités  du  plateau;  partoul,  du  Kouenliin  à  rilinialaya,  de  même  (pie  dans 
la  réf^iou  tibétaine  où  se  Irouviî  le  lac  l'an<rkon<>,  ou  reconnaît  les  elïels 
d'un  climat  devenu  plus  sec  pendant  la  période  actuelle;  partout  les  eaux 
ont  baissé  et  les  substances  salines,  cbloruie  de  sodium,  sels  de  maynésie, 
carbonate  de  sonde,  se  sont  concentrées  dans  les  fonds;  des  gisements  de 
soufre  et  d('  borax  sont  éfialenient  exploités  dans  li'  pays  pour  le  compte 
du  souverain  d(!  Kaclimir*.  l.ors(pi)>  llunningham  visita  ilanlé  en  1847,  tin 
assez  ««rand  lac  d'eau  douce  occupait  une  partie  de  la  plaine;  dix-sepl  ans 
après,  en  ISOi,  la  nappe  d'eau  avait  complètement  disparu. 


'  Fi'L'tleric  Diew,  Tlii'  himmuu  uml  kaxhmir  Ivriilorie». 

*  Kuiit.  Stolic/ltn,  Weiiwir.1  of  tlic  (ieuloyiful  Siirvey  of  India,  V,  1806. 


ltOIU>CI(OI!,  GLACIKRS  1)11  KAUAKOROUM. 


101 


A  l'excoplion  de  la  haute  vallée  du  Chayok,  que  ronionle  le  sentier  du 
col  de  Karakoroum,  le  plus  Iréquenlé  des  marchands  entre  le  pays  do 
Kaclunir  et  le  Turkeslan  chinois,  toute  la  région  replentrionale  du  hassin 
(It!  riiidus  est  harrée  par  des  glaciers  presque  infranchissables.  Sur  une 
loiijiiiciir  d'au  moins  300  kilomèlres  du  sud-est  au  nord-ouest,  autant  (ju'on 
ikiiil  en  juger  par  le  résultat  des  explorations  partielles  faites  dans  ces 
refilons  le  Karakoroum  ou  Moustagh,  ainsi  qu'on  l'appelle  également  dans 
1(!  Kaciiniir, s'élève  en  un  rempart  continu,  obstrué  déglaces  (|ui  descendent 
iW,  iO  il  50  kilomètres  au  sud  de  la  crèlc  :  dans  les  premiers  temps  de 
l'exploration,  c'est  de  loin  seulement  et  par  de  Jiombreuses  visées  que 
Tliiiillier  et  autres  officiers  du  bureau  topographique  de  l'Inde  |)arvin- 
reiil  à  reconnaître  et  à  mesurer  la  [tliiparl  des  géants  neigeux  de  cette 
fliaîiie.  Les  plus  hautes  pointes  de  la  chaîne  étaient  depuis  longtemps  si- 
fiiialées  par  les  indigènes  :  ce  sont  le  Macherbroum  aux  trois  cimes,  le 
(i(»iK'.herbroum,  et  un  pic  à  deux  cornes,  coupé  à  l'ouest  par  des  précipices 
(le  plus  de  1000  mètres;  il  resta  longtemps  désigné  sur  les  caries  par 
luic  simple  lettre  et  un  chidre.  Cette  montagne,  le  K',  connue  désormais 
sons  le  nom  de  Dapsang,  s'élève  à  8600  mètres  d'altitude  :  elle  occu- 
perait donc  le  deuxième  rang  parmi  les  sommets  de  la  Terre.  Les  indigènes 
Kiilli  ont  (pielquefois  franchi  le  Moustagh  à  l'ouest  de  ce  pic,  en  contournant 
les  crevasses  du  glacier  de  ISalloro  ;  mais  ce  passage  est  praticable  seule- 
ment pendant  une  courte  période  d'été,  et  même  alors  les  dangers  sont 
grands;  les  hommes  se  suivent  à  la  file,  attachés  les  uns  aux  autres,  et 
les  petits  chevaux  du  Yarkand,  qui  accompagnent  leurs  maîtres,  doivent 
Hiv  |)orlés  par-dessus  les  crevasses.  Aucun  Européen  n'a  franchi  ce  pas 
redoutable  du  Moustagh,  et  les  Balti  paraissent  l'avoir  pratiqué  pour  la 
(Icrnière  fois  en  1803.  Arrêtés  par  le  brouillard,  un  des  frères  Schla- 
j;iiil\veit,  puis  Godwin-Austen  essayèrent  vainement  d'alleindre  le  seuil'. 

Les  glaciers  que  verse  le  Karakoroum  sur  ses  pentes  méridionales  et  qui 
oLi  u|)ent  toute  une  moitié  de  l'ancien  royaume  de  Haltistan,  sont,  on  le 
sait,  les  plus  vastes  de  l'Asie  et  du  monde,  en  dehors  des  régions  polaires. 
(j'cst  un  fait  remarquable  que  la  chaîne  de  Leh,  s'élèvant  en  massif 
insulaire  entre  h's  profondes  dépressions  du  Chayok  et  de  l'Indus,  soit 
liiuigée  de  ipielqiies  petits  glaciers  à  peine,  tandis  que  d'une  part  les  monts 
(In  ivarakoroum,  de  l'autre  l'arêle  du  Zanskar  épanchent  de  si  vastes  fleuves 
de  glace  dans  leurs  vallées.  Bien  que  la  hauteur  moyenne  de  ses  pics 
(li'passe  5000  mètres  et  même  yà  et  là  6000  mètres,  la  chaîne  de  Leh, 


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'  Journal  oftlie  Qemjrufhkal  Swietij  of  Loiuloii  ;  —  Frédéric  Drew,  ouvra);e  cité. 


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102 


>OUVKLLK  tiÉOGKAIMIIK  UMVKHSKLLK. 


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iruilluurs  lorl  élroilc,  est  un  pou  moins  «levée  (|ii(;  celle!  du  Zanskar;  aussi 
les  vents  pluvieux  qui  rcnionlenUle  la  mer  et  des  plaines,  passent  au-dessus 
d'elle  en  ne  liaignanl  de  leurs  vapeurs  (|ue  les  plus  hautes  |)ointes;  la 
part  des  pluies  ipii  n'est  pas  tombée  sur  les  monts  Zanskar  est  réservée 
pour  le  haut  rempart  du  Karakoroum,  contre  lequel  vient  se  presser  le 
courant  nuageux.  Ce  contraste  dans  la  précipitation  des  pluies  et  des  neiges, 
et  par  conséquent  dans  l'abondance  des  glaces  entre  les  deux  chaînes  voisines 
de  Leh  et  du  haut  Baltistan,  a  aussi  pour  résultat  une  grande  différence 
dans  l'aspect  de  la  végétation.  Dans  les  monts  de  Leh,  presque  toutes  les 
vallées  sont  stériles  et  pierreuses;  quelques  nappes  de  verdure,  dues  à 
l'industrie  humaine,  sont  de  toutes  parts  entourées  de  roches  et  de  sables, 
blessant  le  regard  par  la  violence  du  contraste'.  Les  pentes  n'offrent  (jue 
broussailles,  et  (;à  et  là  quelques  touffes  de  gazon  ;  sur  les  croupes,  des 
plantes  aromatiques  et  de  petites  graminées  interrompent  de  leurs  teintes 
grisâtres  le  fond  plus  clair  des  rochers.  Dans  les  vallées  du  Karakoroum 
au  contraire,  les  pelouses  épaisses,  embellies  au  printemps  par  une  grande 
variété  de  fleurs,  s'étendent  jusqu'à  la  base  des  moraines,  et  même  plus 
haut,  sur  les  pentes  latérales;  des  cyprès,  des  bouleaux  et  des  saules  crois 
sent  dans  le  voisinage  immédiat  des  glaces,  et  comme  dans  les  Alpes  suisses 
on  voit  les  terrains  de  culture  dominés  par  les  séracs*. 

lia  limite  inférieure  des  glaces  dans  le  haut  Baltistan  est  évaluée  à 
r>OUO  mètres  environ  par  les  divers  observateurs.  Le  glacier  de  Biafo  des- 
cend, près  du  village  d'Askoli,  à  une  cote  de  niveau  un  peu  inférieure  à 
cette  altitude;  la  limite  supérieure  de  la  zone  des  arl)res  le  dépasse  en 
hauteur  d'au  moins  500  mètres.  Grâce  au  long  développement  de  ces  gla- 
ciers, dont  l'un,  le  Baltoro,  n'a  pas  moins  de  56  kilomètres  entre  le  cirqui; 
de  l'éception  et  la  moraine  frontale,  leur  pente  moyenne  est  peu  considé- 
rable; elle  est  de  2  degrés  seulement  sur  le  glacier  d'Arandou,  ainsi  que  le 
constata  Dnnv,  en  le  remontant  à  [)lus  de  25  kilomètres  en  amont  de  l'ai-clK! 
terminale  d'où  jaillit  la  rivière  de  Bâcha.  Plusieurs  lacs  sont  retenus  entre 
les  glaces  et  les  roches  voisines;  mais,  comme  le  lac  suisse  de  Moerill,  au 
bord  du  glacier  d'Alelsch,  ils  se  vident  parfois  tout  d'un  coup,  lorsque  le 
mouvement  id  la  fusioti  des  glaces  inférieures  ouvre  à  la  pressiou  de  l'eau 
des  crevasses  et  des  galeries  profondes.  De  même  que  les  glaciers  d'Europe, 
ceux  <lu  Karakoroum  présentent  des  successions  de  progrès  et  de  recul.  Les 
moraines  du  glacier  d'Arandou  gagnent  peu  à  peu  sur  les  pâturages,  en 


'  Sliuw,  Visils  lo  Ui(jh  Taiinry. 

*  Lydi'kker,  Recordx  of  the  Geological  Survey  of  India,  vol.  XIV,  part.  I,  i88J , 


liLACIERS  DU  ItALTISTAlS,  MUNIS  DU  ZANSKAH.  50'. 

ivlitviinl  li's  loiTus  giizoniiécs,  comm(^  le  soi;  d'une  }rij.'an!('s(|iio  charruf;  do 
iiirinc  l'ollos  du  i'idniii,  entre  les  deux  courants  de  glace  du  Hiafo  et  du  Hal- 
loio,  sont  dans  tnie  période  de  croissance,  tandis  que  celles  du  Tapsa,  à 
l'ouest  du  iSiafo,  sont  abandonnées  dans  le  val  par  les  glaces  en  retrait. 
Mais,  quels  que  soient  les  changements  actuels  dans  le  front  des  glaciers, 
il  est  certain  qu'à  une  époque  antérieure  les  fleuves  congelés  descendaient 
beaucoup  plus  bas  dans  les  vallées  :  tous  les  voyageurs  parlent  des  barrages 
de  moraines,  des  roches  polies  et  moutonnées,  des  fonds  biirinés,  qu'ils 
ont  trouvés  bien  au-dessous  de  la  zone  où  descendent  actuellement  les 
^hicts.  Des  sources  thermales  abondantes  jaillissent  en  grand  nombre  dans 
les  hautes  vallées  du  Baltistan,  à  proximité  des  fleuves  cristallins,  ou  m»Miie 
s'ouvrent  de  lai'ges  entonnoirs  fumants  au  milieu  des  névés. 

ha  partie  occidentale  du  Moustagh,  qui  va  se  confondre  avec  le  massif  où 
se  séparent  l'Ilindou-koucb  et  le  Kouenlnn,  est  une  des  régions  les  moins 
coiiniH^s  de  l'Asie.  Habitée  par  des  tribus  en  guerre  avec  leurs  voisins 
plus  civilisés  des  vallées  inféricMires,  la  contrée  n'a  pu  encore  être  cîxplo- 
K'i'  cl  les  cartes  (ju'on  en  donne  ne  reposent  que  sur  les  descriptions 
plus  ou  moins  vagues  des  indigènes  et  sur  les  profds  de  montagnes  dessinés 
dt!  loin  par  les  voyageurs  anglais.  Mais  il  est  certain  que  cette  région  est 
t'iialemenl  très  riche  en  courants  de  glace,  notamment  aux  sources  des 
livières  Ilounza  et  Nagar,  qui  donnent  leurs  noms  à  deux  petits  Ktats.  Les 
deux  rivières,  affluents  de  l'Indus  par  le  Gilgit,  contournent  au  nord  le 
Mallistan  occidental  et  le  séparent  ainsi  des  monts  qui  forment  la  chaîne 
bonlière  du  grand  Pamir;  mais  la  rivière  Gilgit  coule  dans  une  vallée  qui 
(iintinue  directement  vers  le  nord-ouest  la  dépression  au  fond  de  laquelht 
passe  l'Indus  :  du  Kaïlas  à  l'Ilindou-kouch,  sur  une  longueur  en  droite 
ligue  d'environ  HOO  kilomètres.  Indus  et  (Jilgit  venant  à  la  rencontre  l'un 
de  l'autre,  indiquent  ainsi  i)ar  leur  cours  l'existence  d'une  fosse,  peut-être 
(l'inie  ligne  de  iVactui-e  parallèle  aux  saillies  <lu  Karakoroum  et  des  chaînes 
liinialayenncs.  En  aval  du  confluent,  l'Indus,  changeant  brusquement  de 
cours,  traverse  de  défilés  en  défilés  la  région  des  montagnes  que  domine  le 
Niinga  Parbat  des  Hindous,  le  IJiyarmir  des  indigènes. 

La  chaîne  du  Kachmir,  qui  rivalise  presque  avec  les  monts  du  Baltistan 
pour  l'abondance  des  neiges  et  des  glaces,  est  la  rangée  du  Zanskar  nu  de 
Itiira-latcha  (Bara  latsé),  ainsi  nommée  d'une  brèche  entaillant  profondément 
la  crête.  Malgré  quelques  irrégularités  d'allures,  cette  chaîne  peut  être 
considérée  comme  la  continuation  du  Trans-Himalaya,  dont  la  borne  occi- 
dentale est  le  Raldang  Kaïlas,  une  de  ces  montagnes  d'or  et  d'émeraude  que 
hindoue  dit  porter  le  ciel.  Mais  au  pied  de  ce  mont  se  sont 


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NOIIVKLLU  CfiOdllAl'HIK  UNI VKHSKLLK. 


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ouvei'lfs  It's  itrolondos  cuiipiiros  du  Siillcdj  *>l  de  son  iil'lliicnt  lii  l'iii'ii,  l'iin 
|»oiir  dcscîcndrc  du  |)liiU'!m  lilM'hiiii,  l'iuiti'n  des  liimics  Irrics  de  IlonpclKtii. 
F.OS  gorpos  par  lesquelles  ees  rivièics  écliii|)|ieMl  iuix  iV-ffioiis  supérieures 
pour  descendre  dans  les  plaines  sonlciïrayanles  à  coulempler.  A  l'endroil 
où  le  SalliMlj,  pins  ^{énéralenient  connu  dans  le  pays  sous  son  nom  tihélain 
de  Sanfzpo,  —  comme  le  j^rand  lleuve  du  Tiliel  oriental,  —  s'nnil  a>i 
S|>ili,  venu  des  jiorjics  (pie  domine  le  rocher  de  Dankar,  c'est  à  faraud  |)oine 
si  le  voyaj^cnr  |umiI  discerner  la  jonction  des  eaux  dn  lianl  d(^  (pielqne  pro- 
montoire; de  presque  tous  les  |)oiuls  dn  sentier  <pii  serpente  sur  les  hautes 
terrass(^s,  on  u'aper(;oil  que  le  vide  entre  les  parois  des  roches  verticales 
on  hruscpienient  inclinées  :  on  sait  seulement  (pio  là,  dans  le  l'oud  du 
fiouiïre,  filissent  les  deux  courants,  à  .'.'tO  mètres  de  proloiideur  au-dessous 
des  hords  de  la  coupure,  taillée  peu  à  |>eu  dans  les  mass(>s  schisteuses'. 

Immédiatement  à  l'ouest  des  fiorjjes  du  Salledj,  la  civie  des  moutajines 
qui  s(ï  profile  dans  la  direction  du  nor(l-ou(!st  dresse  ses  hautes  cimes  à 
plus  de  00(10  UR'lres,  et  de  cluKjue  hrèche  elle  déverse  des  nei{,fes  et  des 
«{laces;  mais  c'est  au  delà  du  v,o\  de  Itara-latcha,  près  diKpiel  naissent  la 
Tchandra  et  la  Ha<>ha,  les  deux  allluenls  supérieurs  de  la  Tchandra-I{a|j;ha 
on  Tchinah,  (|uc  la  chaîne  ihi  Zanskar  se  montre  dans  toute  sa  sauva}i(! 
majesté,  secouant  de  cha(pie  côté  son  vtMemenl  de  ««laces.  Les  monts  du 
Zanskar,  composés  de  «iiu'iss,  de  porphyres,  de  schistes  et  de  conjjlonuM'ats 
«piart/eux,  n'ont  point  de  livanx  dans  tout  l'Himalaya  pour  l'éclat  des 
couleuis,  la  fierté  tics  lignes,  la  hizarrc  et  superhe  architectiwe  de  l'en- 
scmlde;  la  variété  des  formes  y  est  infinie  :  dômes,  aifiuilles,  tours,  dents, 
arêtes  et  pyramides  se  succèdent  eu  désordre  apparent,  et  cha<|ue  ««radin, 
chaque  saillie  a  sa  nuance  spéciale  de  vert,  de  poiu'pre,  de  jaune  ou  d'autre 
(duleur  resplendissant  au  soleil  ou  rom[taut  runilormilé  des  omhres.  Mais 
ju'u  de  voyajieurs  hravent  les  (atigues  de  loufiiies  expéditions  dans  ces  pays 
de  froiduie  pour  venir  admirer  ces  tahleaux  firandioses.  Les  deux  torrents 
qui  coulent  en  sens  inverse  à  la  hase  septentrionale!  de  ces  monts  et  (jui 
l'orment  la  rivièn;  du  Zanskar,  trihulaire  du  haut  Indus,  arrosent  des 
champs  et  des  pàturafics  situés  en  moyenne  à  4000  mètres  d'élévation;  les 
hameaux,  dont  les  cahanes  sont  couvertes  de  broussailles,  pioté}>eant  la 
charpente  contrt!  la  sécheresse  de  l'air,  si;  distinfiiienl  à  peine  du  sol  envi- 
ronnant. Deux  à  trois  mille  individus  seulement  sont  épars  sur  un  espace 
de  plus  de  '200  kilomètres  de  longueur  :  loin  des  voies  natundies  du  com- 
nuM'cc,  le  Zanskar  ne  pourrait  se  peuplei'  que  si  les  gisements  de  cuivre 


*  Aiiilicw  Wilsiin,  Tlic  Ahode  of  Siiow. 


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107 


qui  ont  viilii  son  nom  h  lu  contrt'o',  cl  qui  livronl  pm-lois  an\  toi-n'iils 
il'nioi'nK's  hlocs  roiilanl  au  niilicii  ilcs  fralrls',  (iliiicnl  cxploitôs  sôi-icnsc- 
niriit  par  les  Kii('lin)iri(>ns.  ho  i'aiilro  nUô  <lo  la  cliaino,  l<;  Spili,  on  pinlôl 
le  l'iti,  d'apivs  la  prononciation  dos  indif^ônos,  n'osl  ^^nôrc  moins  ôlovô  <|iic 
|((  /aiiskar.  I,a  haiiloiir  moyonno  des  villafius  osl  do  7tW)\)  moires,  ol  c'est 
il  jieinu  si  l'on  voil  un  arlue  dans  loul  l'espace  <|ni  les  enloni'e;  les  indi- 
^vues  nionlrèi'enl  à  Wilson  comnn?  nn  olijel  morveili<Mi\  rnni(|ne  ahric.olier 
(lu  val.  Les  défilés  par  lestpiels  s'éclia|)po  lo  torrent  étant  inaccessibles, 
ou  no  piMit  entrer  dans  la  vallée  (pie  par  des  cols  aux  pentes  redontabics; 
celui  de  Hliabeli,  (pii  comninni(|ne  an  snd  avec  la  vallée  du  Salledj,  est 
impraticable  pendant  la  mousson  du  sud-ouest  l'i  cause  do  la  violence  des 
oiiifies  (pii  s'y  enfjoulTrent;  le  passaj;»!  de  Maniroun^,  beaucoup  plus  élevé, 
csl  souvent  (distrué  par  les  n(!i^:es.  >tais  à  l'ouest  du  S|)iti  le  pays  de 
lliirclia  mérilo  moins  (pie  les  ((uiln'îes  limitroplies  le  nom  sanscrit  de  l.aboul 
ou  «  l;ieu  Sauvai'e  »,  sous  le(|uel  il  est  i;énéralement  connu;  liant  de 
.'11(10  à  5500  mètres  à  son  ori;;ine,  il  s'incline  graduellement  vers  b;  nord- 
ouest,  (it  tous  ses  villajfcs  sont  entourés  d'ar!)res  ot  de  cultures. 

l)(''('ou|)ée  à  son  extrémité  orientale  par  de  larf^es  vallées  (>t  se  ramidanl 
(Ml  chaînons  latéraux,  d'un  ccMé  vers  l'Indus,  de  l'autre  vers  la  plaine  de 
Kiuliniir,  la  cliaine  du  Zaïiskar  so  redresse  pour  l'ormcr  le  massif  (\\u\ 
(loiiiinent  les  deux  monts  ('fiaux  d(!  Noiin  et  de  Konn  (Mer  et  Sei-),  sur- 
iiionlés  de  pyramidions  refinliers.  De  ce  massif  s'i'pancbenl  aussi  de 
Moiiibreux  glaciers,  au  sud  dans  la  vallée  de  Wardwan,  au  nord  dans  celles 
(lu  Sourou  et  div  Dras;  mais  vers  le  nord-ouest  la  crête  s'abaisse  de  plus 
(Ml  plus,  offrant  des  seuils  nombreux  aux  voyageurs  (|ui  se  rendent  de  la 
|iliiiiie  de  Kacbmir  dans  la  liaut<'  valb'îo  de  l'Indus;  un  passage  consacré  à 
Siva,  le  Zodji  bal  des  Kacbmiri,  le  Zodjila  des  Tibétains,  c'est-à-dire  le  col 
(le  Zodji  ou  de  Dras,  par  lecpiel  on  s'élève  brus(piem(Mit  des  campagnes  du 
sud  aux  terres  froidc^s  du  nord,  a  seulement  5444  mètres  d'altitude;  à 
l'exception  des  coupures  d'érosion  dans  les(pielles  passent  des  tornMits 
coinnie  le  baut  Salbidj,  c'est  la  brèclie  la  moins  élevée  de  toute  la  cliaine  du 
irnus-llimalaya;  un  glacier  voisin,  celui  de  Melcliiboï,  descend  à  la  cote 
(le  5500  mètres,  bien  au-dessous  de  la  zone  sii|»érienre  dcis  cultures',  dette 
!(''gi(ui  des  montagnes  est  peut-être  celle  de  l'Himalaya  où  les  neiges 
s'idtattent  en  plus  grande  abondance.  Les  flocons  y  tombèrent  presque  c<m- 
sliuiiment  d'octobre  1877  en  mai   1878,  et    sur  le  col  de  Zodji  on  Irou- 

<  Al.  riiiiningli.iin,  Liiilak. 

iicmoir»  o(  tlie  Gcolixjn  oflmlia. 
■'  Fi'cdoric  Drcw,  ouvrage  cilt'i. 


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vjiil  rricniv  iiii  mois  iraoïtt  Im>imicoii|)  d'cndroils  où  la  ncifto  u'aviiil  pas 
iiioiiis  lie  i*>  niôlivH  dVpaisseiii''. 

La  civU'  |iiiii(i|»alf,  (riiiic  liaiilcnr  iiioyt'nnc  de  4r»00  à  TilMU)  moires,  so 
coiiliinK!  ail  nord  do  la  valh'-o  du  Kiiiiliaii  ^allf.'a  ou  Kiit'liiia  ^allf>a  (riviôio 
do  Kricliiia),  ^laiid  aHIiiciil  du  hjliilam,  cl  |ii'ojollo  au  nord  do  nomliroiix 
ramoaiix,  doiil  l'un  sort  do  cliaiiio  hordiôro  au  lar){o  |ilaloaii  do  Doosaï  :  co 
jdaloau  roriiKMin  hassin  do  âftlM)  à  HHW  môli'os  d'alliludo,  ompli  d(;  cail- 
loux ol  do  graviers  (|uo  dô|iosôroiil  aiitrolois  los  IoitoiiIs  nlaciairos  dosooii- 
diis  dits  iiioiila^nos  onvii'onnantos,  aoliiollomonl  |)i'osi|uo  luutos  inloriouros 
à  la  Ijniilo  des  ni%'es  persislanles;  i|uol(|U(!s  lacs  sonl  ô|iars  dans  les  ca- 
vités du  Doosaï, et  la  livièi'o  du  (llii^ar,  Iriltiilairo  do  l'Indiis  par  lo  Soiiroii, 
s'écliiippo  à  l'an^lo  sud-oi-ioiital  du  plateau,  on  déldayanl  dos  calots  aiix- 
ipicls  se  niôlcnl  dos  pailloltos  d'or.  Kai^ile  à  Iravorsor  poiidanl  la  saisiui 
d'été,  U'  Doosaï,  lo  «  l'Iatoaii  du  Diable  »,  osl  foi'l  dangereux  en  liivor  à 
cause  dos  loiirmontos  do  neige;  il  n'a  d'autre  vé<j>élatioii  dans  ses  creux 
ipie  dos  lioritos  courtes,  et  nulle  lialiilalioii  no  s'y  montre  :  les  animaux  y 
sont  rares,  à  r(>xcoplioii  de  marmotlos,  pareilles  aux  larhagaiis  de  l'Asie 
centrale  et  do  la  Sii)ério  méridionalts  elles  veillenl  à  la  porte  de  leurs 
terriers  et  s'oni'iiient  onsirilanlà  l'approclu;  dos  voyageurs,  mais  [lour  repa- 
raître elles  regarder  eiiriousomonl  aussitôt  ajtrès  leur  passage. 

Les  profondes  vallées  de  l'Aslor  ou  Ilazora  ol  de  ses  alïliionts  séparent  lo 
Doosaï  du  massir  do  Nanga  l'urbal,  borne  angulaire  do  l'ompire  indien. 
Cotte  montagne,  l'un  des  colosses  du  continent,  parail  d'aiitanl  plus  élevée 
(|U0  toulola  |)artiooccidental(t  de  lacrètoduTrans-llimalaya,  audolàdiiNoun 
et  du  Koiin,  n'atteinl  pas  la  limite  dos  neiges  persislanles.  La  <  Monlagnc 
Nue  »,  —  car  toi  est  le  sons  dos  njols  liindi  Naiiga  Parbal,  —  on  Diyarmir, 
domino  de  'iOOl)  mètres  les  monts  onvironiianls  et,  des  côtés  de  l'est  et  du 
sud.  ses  parois,  ùop  abriiples  |tour  retenir  los  neiges,  si  ce  n'est  en  qiiel- 
(pics  anfractiinsiié-.,  se  dressonl  d'un  jet  au-dossns  des  glaciers.  De  presque 
tous  les  soiniiii'.s  du  Kaclimir,  on  voit  apparaître  le  Nanga  l'arbat  comme 
le  roi  do  l'espac-j;,  on  raper<;oil  aussi  de  la  plaine  |)ar-dessiis  Ions  les  chaî- 
nons intermédiaires;  do  Ramnagar,  dans  lo  Paiidjab,  à  la  distance  de 
7uA\  kilonièlres  à  vol  d'oiseau,  (lunningiiain  pul  lo  distinguer  à  l'Iiori/on 
dans  l'air  nettoyé  de  poussières  par  los  vapeurs.  Un  dos  glaciers  qui  versenl 
au  nord  les  cliamps  de  neige  du  Nanga  Parbat,  descend  dans  la  vallée  de 
l'Aslor,  |)rès  du  village  de  Tarcliing,  jusqu'à  la  cote  do  280r>  mètres;  dit 
Ions  les  courants  glacés  du  système  bimalayen,  c'est  probablement  celui  ipii 


'  l,y(l(lcl<(ir,  ll/joil  on  Un-  Mdeoroioijical  Dcimiimcnl  ofindia,  1877-1878. 


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NANCA   l'AIIIIAT. 


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se  rn|)|)i'nclM>  le  plus  du  iiiv<>aii  îles  |iliiiii«>s'.  Le  ^liicicr  ilit  TiiiTliiii^,  qu'ii- 
liiiifiilcnl  i'i  (lniili>  i>l  h  ^aiiclic  des  (^liicicis  sccoriilains,  iiinsi  (|ui'  des  iiiiiiis 
<|i>  sônirs  s'iM-ninlant  i>ii  avalaiirhi  s  du  haiil  des  nichcrs,  vit'iil  lit>iirli<i', 
près  (II'  suii  fxli'oniilr  iiilV'iiciiru,  la  base  <riiiit'  iiKHilai^iic,  cuiilrc  latpifllc 


1"  jn.   —  I  ai:  tkiiI'iiiiuiiK  lii'  i(ur  iMiis 


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loiilc  sa  masse  est  coni|ii'imn-.  Kii  IS.'iO,  le  j^laciei',  hcaïu-oup  plus  élovc! 
(|ii('  de  nos  jours,  roloiiail  en  anionl  nn  lac  de  plus  de  2  kilonièlics  de 
lim<;n(Mir  et  de  90  luèlres  de  profondeur  exlivine.  Les  iiidifiènes,  eonipre- 
iiiinl  lo  danger,  avaient  posté  des  sentinelles  piès  du  glacier;  dès  (\iu^  la 
rupture  de  la  digue  s'annonça,  tous  s'enl'nirent  sur  les  hauteurs  voisines, 
mais  les  maisons  lurent  emportées,  les  clinm[is  dévastés,  et  toute  la  lopo- 


'  Kmlpi'ic  Di'cw,  ouvrage  cilé. 


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110  NOUVKLLE  (".ÊOGIIAI'HIE  UNIVEUSELLK. 

«fraphie  <lii  val  «l'Astor  se  liouva  cliaiifréo.  Los  glaces,  assez  lassées  avant  l'é- 
croulemenl  pour  qu'on  pût  nu^me  les  parcourir  à  cheval,  deviiirenl.  sou- 
dain fendues  de  crevasses  et  coniplèl;>mcnl  infrancliissaliles;  mais  la  pres- 
sion d'en  haut  les  comprime  de  nouveau  el,  tôt  ou  lard,  la  ibrmalion  d'un 
nouveau  lac  aura  pour  résultat  une  nouvelle  débâcle.  Lorsipi'un  désastre 
se  prépare,  les  riverains  d'amont  l'annoncent  à  ceux  d'aval  au  moyen  de 
messages  écrits  sur  des  fcuiilles  d'écorce  '. 

C'est  aussi  des  flancs  du  Nanga  Parbat  que  s'écroula  le  pan  de  montagne 
qui  arrêta  complètement  le  cours  de  l'Indus  en  1841.  Godwin-Austen, 
Sliaw,  d'autres  voyageurs  encore  avaient  cru  pouvoir  attribuer  cet  arrêt  du 
flenve  à  un  barrage  formé  par  le  glacier  du  Chayok,  mais  cet  obstacle  n'eût 
pas  empêché  l'Indus  proprement  dit,  le  Gilgit  el  tant  d'autres  afflnenls 
d'emplir  le  lit  d'aval,  où  coulait  un  maigre  (ilet  d'eau,  que  les  riverains 
passai(!nt  à  gué*.  Ainsi  que  le  prouvèi'ent  bientôt  Montgomerie  et  Bêcher'", 
\y,\\vi\  phénomène  d'assèchement  ne  pouvait  avoir  lieu  que  par  la  forma- 
tion d'un  clapier  au-dessous  de  tous  les  grands  affluents  supérieurs, 
c'(!sl-à-dire  au  'ud  de  Gilgit,  et  c'est  en  effet  là,  à  Halor  Pir,  près  du 
village  de  Gor,  que  les  indigènes  montrèrent  à  Drew  les  i-estes  de  l'énorme 
chaos  de  pierres.  Lorsque  la  débâcle  d'eau,  de  cailloux  (!t  de  boue,  évaluée 
par  Cuuningham  à  plus  de  600  millions  de  mètres  cubes,  se  préci- 
pita hors  des  gorges  supérieures,  une  petite  armée  de  Sikhs  était  campé(> 
sur  les  bords  du  lit  presque  desséché  de  l'Indus,  dans  la  partie  de  la  plaine 
du  Tchatch,  voisine  d'Altok.  Plus  de  cinq  cents  hommes  fnrtmt  emj)ortés 
par  la  vague  d'inondation,  haute  de  10  mètres,  des  villages  situés  sur  les 
hautes  berges  du  bord  furent  complètement  rasés,  le  courant  de  la  rivière 
de  Caboul  fut  refoulé  jus(|u 'à  plus  de  52  kilomètres  de  son  embouchure  et 
la  j)laine  se  recouvrit  de  plus  d'un  pied  de  boue. 

Les  montagnes  de  Tchamba  et  du  Kachmir  méridional,  comprises  entre 
les  deux  vallées  du  Satledj  el  de  l'Indus  et  séparées  des  hautes  chaînes  de 
l'iiilérieur  par  les  dépressions  oii  coulent  le  Tliinab  et  le  Djhilam,  ne  sont 
(pie  des  arêtes  secondaires  en  comparaison  des  monts  de  Zanskar  el  du 
Nanga  Parbat.  Les  premières  saillies  qui  sei'vent  de  limites  naturelles  à  la 
contrée,  au-dessus  de  la  plaine  du  Pandjab,  élevées  seulement  de  oôO  à 
7(00  mètres,  ne  sont  guère  que  de  hautes  collines,  continuant  les  assises  du 
Sivalik;  âpres  et  rocheuses,  coupées  de  cluses  par  les  torrents,  di'pourviu's 
de   toute  végétation  en  certains  endroits,   n'ayant  ailleurs  d'autres  arbres 

'  llpnderson,  Journal  of  llie  Axialic  Sociclij  of  liriKjnl,  lit,  ISM. 

*  A.  rimninjrliuiii,  Liiiluk. 

'  Joiirmil  ofthe  Amilic  Sociely  ofBi'n;al,  III,  IS.V.t. 


•  ) 


MONTS  DU  KACIIMIK. 


111 


(juc  clos  ucucias  el  des  jujubiers  cnlremôlés  de  broussailles  épineuses,  elles 
suiit  pénibles  à  Iruncliir  parluul  où  manquent  les  chemins  de  conslrucliun 
moderne  el  les  voyageurs  répèlenl  les  plaintes  que  poussait  Bernier,  suivant 
le  cortège  de  l'empereur  Aurengzeb.  Des  séries  de  gradins  ou  des  parois  à 
pic  forment,  du  côté  des  doun,  les  escarpements  de  ces  chaînes  exté- 
rieures, tandis  qu'au  nord  les  pentes  des  montagnes  sont  relativement 
douces  et  régulières;  déjà  la  végétation  qui  les  revêt  appartient  à  la  zone 
tempérée,  et  pendant  l'hiver  la  neige  blanchit  toutes  les  cimes  :  c'est  là 
(ju'on  entre  dans  une  nouvelle  zone  et  que  les  voyageurs  d'Europe  croient 
se  retrouver  dans  leur  patrie  ;  surtout  les  forêts  des  versants  tournés  au 
nord  rappellent  la  végétation  de  l'Occident  '.  Ces  monts,  qui  forment  le 
prolongement  occidental  de  l'Himalaya  proprement  dit  et  que  le  Salledj, 
la  Havi,  le  Tchinab,  le  Djhilam  découpent  en  fragments  inégaux,  élèvent 
leurs  pics  à  la  hauteur  moyenne  de  3000  à  4500  mètres  :  ils  atteignent 
donc  à  peu  près  la  même  altitude  que  les  Alpes  d'Europe.  Le  Pandjal, 
c'est-à-dire  la  «  montagne  »  qui  limite  ai  sud  le  bassin  lacustre  de  Kach- 
mir,  fait  partie  de  cette  chaîne;  elle  est  traversée  par  un  grand  nombre  de 
cols  auxquels  on  a  pris  l'habitude  de  donner  le  nom  de  Pir,  d'après  les 
«  saints  »  ermites  qui  se  sont  établis  près  du  seuil  pour  bénir  les  passants, 
en  échange  de  quelques  cadeaux  et  des  restes  du  sacriiice  que  l'on  fait  eu 
cet  endroit  au  génie  de  la  montagne'. 

Une  arêttî  transversale  relie  le  i'andjal  aux  monts  du  Wardwan,  et  par 
ceux-ci  au  système  du  Zanskar.  A  l'ouest  et  au  nord-ouest,  les  montagnes 
de  Kadjnag  et  celles  (jue  contourne  la  vallée  du  Kinchan  ganga,  complè- 
tent l'amphithéâtre  de  sommets  neigeux  et  de  pentes  noires  de  pins  ou 
vertes  d'arbres  fcM,  is,  de  pâturages  et  de  cultures,  qui  entourent  le 
paradis  de  hacliui'i  :  d'après  le  géologue  Verchèio,  ce  sont  pour  la  plupart 
d'anfiops  OiCans.  Setilement  au  nord,  quelques  montagnes  de  l'immense 
ovale  iille.giient  la  limite  des  neiges  persistantes.  L'une  d'elles  estleHara- 
mouk,  d'où  l'on  peut  contempler  à  la  fois,  domi  lant  l'horizon  des  neiges, 
les  deux  ji;vaniides  du  Nanga  Parbat  et  di.  ^..ipsang,  et,  iout  en  bas, 
dans  la  plaine  vaporeuse,  les  campagnes  unies  de  Srinagar,  avec  ses  bou- 
(|ucts  d'arbres,  ses  l'ivières  serpenl«nes  et  ses  hics  reflétant  le  ciel.  Au 
delà,  les  monis  sont  inleirompus  par  la  vailée  de  la  Kichan  ganga,  parcelle 
du  Kouidiar,  puis  par  les  gov|.',i's  de  rendus;  mais  toute  'a  contrée,  en  de- 
hors de  ces  cou|)ures,  res'e    béiisséiî  de  montagnes  dépassant  4000  ou 


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'  itlcdlicotl,  Memoirs  of  (he  \1colf>i;iK  ■   Suney  of  Imita,  vol.  III,  1805. 
*  Vigne,  Traveh  i;i  Knihiniv,  Lmlak    'hmh. 


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NOUVKI.LE  GÉOGRAPHIE  UNIVERSELLE. 


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5000  mèlros  de  hauteur.  A  l'ouest  do  l'Intlus,  elles  se  dirij^ont  parallèle- 
ment au  fleuve  et  à  son  affluent  le  Swat,  pour  se  terminer  par  le  massil'  du 
Mahaban,  qui,  vu  de  la  plaine,  semble  presque  isolé'. 

La  plaine  de  Kachmir  est,  on  le  sait,  une  des  contrées  les  plus  belles  de 
la  Terre  :  les  poètes  hindous  et  persans  l'ont  eliantée  comme  un  lieu  de 
délices,  et  le  nom  même  de  Kachmir,  repris  dans  tout  le  monde  civilisé 
d'Occident  par  la  tradition  littéraire,  est  devenu  synonyme  do  pays  de 
merveilles  et  d'enchantement.  Les  voyageurs  modernes,  pourvus  de  tous 
les  éléments  de  comparaison  que  leur  donne  l'exploration  presque  complète 
de  la  surlace  planétaire,  confirment  ce  qu'ont  dit  les  poètes  de  ce  pays 
admirable,  et  d'ailleurs,  la  vallée  de  Kachmir  eût-elle  de  nombreux  égaux 
pour  la  magnificence  des  horizons,  ceux  qui  sentent  la  nature  savent  qu'il 
n'est  pas  une  contrée  au  monde  dont  la  beauté,  vraiment  comprise,  ne 
soit  supérieure  à  toutes  les  descriptions  qui  en  ont  été  faites,  à  tous  les 
tableaux  qu'en  ont  peints  les  artistes.  L'impression  que  l'oi;  ns'^ent  à  la 
vue  de  cette  plaine  heureuse  est  d'autant  plus  profonde,  que  le  contraste 
est  plus  grand  avec  les  pays  environnants.  Si  ce  n'est  quand  on  pénètre 
dans  le  Kachmir  par  les  cluses  pittoresques  où  s'engouffre  le  Djhilam,  on 
ne  peut  entrer  dans  la  vallée  que  par  des  chemins  pénibles,  soit  en  franchis- 
sant les  âpres  escarpements  du  Pandjal,  soit  en  descendant  des  montagnes 
et  des  plateaux  du  nord,  obstrués  do  neiges,  de  glaces  et  de  pierres  balayés 
par  des  vents  redoutables,  qui  se  changent  parfois  en  tourmentes.  Après 
des  semaines,  ou  même  des  mois  d'un  pareil  voyage  par  les  gorges  et  les 

'  Altitudes  en  mètres  des  monts  et  des  cols  principaux  du  l'ilinuiluya  occidental,   ainsi   que  de 
(|iiel(|uus  villes  avec  leurs  positions  respectives  : 


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MAINE  DE  KACIIMIR. 


113 


de 


cols  siins  chemins,  après  la  dure  épreuve  des  falipues  incessantes  et  les 
souffrances  endurées  dans  les  campements,  par  le  froid  ou  même  par  la 
fiiim,  voici  qu'on  entre  soudain  dans  cette  région  foi-lunce  où  l'on  pourra 
jouir  du  repos.  Le  voyageui-  s'y  dispense  même  de  la  marche.  Arrivé  au 
bord  du  Rehat,  — nom  (pie  les  Kachmiriens  donnent  au  Djhilam,  la  Vilasla 
des  Aryens,  l'Hydaspes  des  Grecs,  —  on  n'a  plus,  pour  atteindre  Srinagar, 
qu'à  se  laisser  porter  par  le  courant  du  fleuve.  C'est  aloi*s  que  la  vallée  se 
montre  dans  toute  sa  beauté.  L'eau  s'étale  (;à  et  là  en  lac;  des  rideaux  ou 
des  groupes  d'arbres  feuillus,  platanes,  ormeaux  aux  larges  ramures,  peu- 
pliers à  branchage  élancé,  ne  laissent  qu'entrevoir  les  champs  et  les  ha- 
meaux épars  ombragés  de  noyers  et  d'autres  arbres  à  fruit;  chaque  méan- 
dre change  le  point  de  vue,  et  toujours  dans  h;  lointain  se  profilent  les 
grandes  montagnes  et  leurs  contreforts  avec  l'infinie  variété  de  leurs  forêts 
et  de  leurs  neiges.  Les  villes,  les  palais,  les  jardins  rappellent  partout  le 
séjour  de  l'homme,  et  des  ruines  de  temples  ou  de  châteaux  forts,  se  dressant 
sur  des  buttes  insulaires,  ajoutent  à  la  vue  du  présent  la  perspective  des 
siècles  écoulés. 

Le  climat  du  Kachmir  est  unique  dans  l'Inde  et  ressemble  à  celui  de 
l'Europe  occidentale,  avec  moins  d'inconstance.  Le  printemps  ouvre  rapi- 
dement l'année,  mais,  comme  aux  bords  de  l'Atlantique  boréal,  il  a  de 
brusques  retours  de  giboulées  et  de  vent.  La  saison  heureuse  est  celle  qui 
dure  de  mai  en  septembre.  Même  quand  la  mousson  du  sud-ouest  éclate 
sur  les  plaines  de  l'Inde  et  sur  les  monts  himalayens,  le  ciel  reste  pur 
au-dessus  du  Kachmir;  on  voit  les  nuées  pluvieuses  s'enrouler  autour  des 
montagnes,  mais  les  averses  ne  tombent  sur  la  plaine  qu'à  la  suite  d'un 
remous  des  vents  ou  bien,  après  quelque  journée  de  chaleur,  en  de  soudains 
oftiges.  La  température  d'été  est  en  moyenne  plus  élevée  que  celle  de  la 
France  atlantique  et,  dans  le  voisinage  des  lacs  et  des  marais,  des  nuées 
de  moustiques  ajoutent  souvent  à  l'accablement  que  la  tiède  moiteur  de  l'air 
fait  éprouver  aux  étrangers.  Mais  la  j)liipart  des  résidents  européens, 
—  dont  le  nombre,  limité  par  convention  diplomatique,  est  fixe  à  550  pour 
l'année  1882,  —  se  réfugient  en  été  dans  quelque  vallée  des  montagnes 
environnantes,  au  milieu  des  prés  fleuris  où  serpentent  les  ruisseaux.  Les 
neiges,  dont  on  voit,  vers  la  fin  de  l'automne,  la  limite  s'abaisser  graduel- 
lement sur  les  pentes,  ne  blanchissent  guère  la  plaine  qu'en  décembre,  et 
pendant  deux  mois  elles  fondent  et  ri'paraissent  alternativement;  dans 
cette  saison,  des  brouillards  é|)ais  pèsent  fréquemment  sur  les  campagnes; 
du  haut  des  collines  qui  forment  le  pourtour  de  l'amphithéâtre,  on  les 
contemple,  déroulant  leurs  vagues  comme  celles  du  lac  qui  recouvrait 
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NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  UNIVERSELLE. 


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iiiilrofois  la  conlire.  Le  calmo  ordinairo  do  l'air  est  un  dos  pliénomônos  los 
plus  remarquables  du  climat  de  Kaclimir  :  d»;  là  celle  merveillouse  Iran- 
qiiillilé  des  eaux  dans  lesquelles  se  rollèle  presque  toujours  avec  une  nellelé 
parfaite  le  tableau  des  arbres,  des  montagnes  et  du  ciel'. 

On  ne  peut  mettre  en  doute  que  la  plaine  n'ait  été  on  effet  dans  les  temps 
géologiques  un  réservoir  lacustre  d'environ  100  kilomètres  de  long  sur 
60  kilomètres  de  large,  ayant  son  grand  axe  du  sud-est  au  nord-ouest,  dans 
la  môme  direction  que  le  système  bimalaycn.  D'ailleurs  les  traditions  des 
Kacbmir'i  et  les  légendes  qu'ils  racontent  sur  l'écoulement  de  cet  ancien 
;  c  n'ont  aucune  origine  dans  l'histoire  et  s'expliquent  tout  naturellement 
]  :  ''  '•  '.'.ence  même  du  fait  géologique.  Les  liabilanlsdela  plaine,  de  même 
que  '(•  js  les  peuples  de  la  Terre,  furent  entraînés  à  donner  une  date  pré- 
cise el  a  mettre  sous  le  nom  d'un  héros  ce  (|ui  est  le  lent  travail  des 
Ages.  Le  sol  du  Kaclimir  est  formé  de  terres  alluviales  mêlées  à  des  cen- 
di't!s  volcaniques,  rejelées  des  cratères  depuis  longtemps  éteints  qui  domi- 
nent une  partie  de  rampliithéàlre  immense*.  Sur  tout  le  pourtour  de  la 
plaine,  se  voient  des  témoins  géologiques  du  niveau  des  berges  primitives  : 
ce  sont  les  kurecus,  terrasses  de  75  à  100  mètres  de  hauteur  moyenne 
au-dessus  du  bassin,  s'appuyant  d'un  côté  sur  la  montagne,  et  festonnés 
du  côté  de  la  plaine  par  des  torrents  temporaires  ou  des  ruisseaux  perma- 
nents. Le  défilé  de  Baramoula,  par  lequel  s'échappent  les  eaux  du  Djhilam, 
offre  sur  ses  versants  des  terrasses  de  même  nature,  berges  de  l'ancien 
fleuve,  dont  le  lit  était  alors  beaucoup  plus  élevé.  Aciuellemcnt,  le  lac  est 
vidé  :  des  fosses  marécageuses,  communiquant  avec  la  rivièi-e,  le  petit  lac  de 
Srinagar,  tantôt  tributaire  du  Djhilam,  tantôt  réservoir  d'inondation,  le  bas- 
sin de  Manas  bal,  abrité  par  une  butte  isolée,  au  pied  de  laquelle  les  eaux 
se  sont  creusé  une  cavité  de  14  mètres,  et  la  vaste  napjH)  du  Walar,  dont  les 
rives  indécises,  au  sud  et  à  l'est,  se  continuent  par  des  roselières  cachant 
dos  myriades  d'oiseaux  nageurs,  tels  sont  les  restes  de  l'ancienne  mer  de 
Kachmir.  A  l'ouest  et  au  nord,  le  Walar,  profond  de  3  à  4  mètres,  baigne 
la  base  des  montagnes  et  prend  l'aspect  d'un  lac  des  Alpes,  comme  le  Lé- 
mpu.  Le  Djhilam,  portant  des  boues  alluviales,  prolonge  d'année  en  année 
se^:  ."  -s  fangeuses  dans  l'intérieur  du  lac;  tôt  ou  tard  le  courant  supé- 
rieur, dressant  à  droite  et  à  gauche  les  lovées  de  ses  nouvelles  rives,  ne  peut 
man(|uer  de  rejoindre  le  lit  de  sortie  par  lequel  l'émissaire  s'enfuit  pour 
serpenter  vers  la  gorge  de  Baramoula,  puis  descendre  de  rapide  en  rapide 


•  Dii'w  ;  —  AikIiow  WilsdH,  tîlc. 

*  Voi-clièrc,  Journal  of  Ihe  Asialic  Society  of  Bengal  III,  1806. 


PLAI.NK.   POPUI  ATIONS  DU  KACllMIU. 


vers  les  plaines  du  Pandjcilt,  siliiôes  à  l'iOO  nièlrcs  plus  bas  cl  à  plus  de 
jOO  kilomèli'os  do  distance  en  suivnnl  le  cours  du  fleuve.  H  est  peu  do 
vallées  [)lus  belles  que  celle  porle  du  Kncbmir,  avec  ses  rocbes  à  pic,  ses 
fiiands  arbres,  ses  brusques  détours  cl  ses  eaux  retentissantes. 


Les  populations  de  l'Himalaya  occidental  se  distribuent  suivant  la  penle 
(lu  sol  et  la  marclie  des  fleuves.  Tandis  que  les  districts  du  nord-est  et  du 
iKird  sont  trop  élevés  pour  être  babitables  ou  pour  avoir  d'autres  popula- 
lions  que  de  rares  nomades,  les  i-égions  moyennes  où  les  neiges  ne  séjour- 
nent que  pendant  une  partie  de  l'année  ont  déjà  quelques  villes  et  des 
bourgs  considérables  dans  les  fonds;  mais  les  babitants  ne  se  groupent  en 
nombre  que  dans  la  |)laine  de  Kacbmir  et  dans  les  larges  vallées  qui  s'ou- 
vrent au  sud  vers  le  Pandjab. 

Toute  la  région  orientale,  qui  appartient  encore  géographiquemcnt  au 
Til)et  par  la  bauteur  de  ses  plateaux  et  de  ses  vallées,  lui  appartient  aussi 
par  l'origine  de  ses  babitants,  par  la  langue  qu'ils  parlent  et  la  religion 
qu'ils  professent,  lue  de  ces  peuplades,  ti-op  pou  importante  pour  qu'on  la 
cilAt  même  en  d'autres  pays,  n'est  connue  que  par  son  isolement  sur  un 
leiriloire  immense.  C'est  la  tribu  des  Kbampa  ou  Tcbampa,  vivant  sur  le 
plateau  de  Rounchou.  Toute  la  population  de  la  région,  qui  s'étend  sur 
nn  espace  d'environ  10  000  kilomètres  carrés,  se  compose  d'au  plus 
500  individus  nomades  qui  cbangenl  de  pâturages  quatre  fois  par  an  sui- 
vant les  saisons,  et  qui  vont  passer  l'biver  dans  la  vallée  du  baut  Indus  : 
le  village  de  Dora,  près  de  la  frontière  du  Tibel,  à  4200  mètres  d'altitude, 
est  leur  principal  campement.  Ces  nomades,  dont  l'industrie  est  le  transport 
(les  marchandises  entre  le  Tibet  et  le  pays  de  Ladak,  se  distinguent,  comme 
leurs  frères  du  plateau  tibétain,  par  leur  gaieté,  leur  bonne  humeur,  leur 
é^^alilé  d'Ame  dans  les  fatigues,  la  misère  et  la  faim  ;  au-dessous  de  5500 
mètres  d'altitude,  ils  ne  se  sentent  plus  dans  leur  élément  natal  :  l'atmo- 
sphère basse  les  étouffe.  Quelques  moines  bouddhistes  vivent  aussi  dans  le 
couvent  de  Ifanlé,  bâti  sur  une  crête  escarpée  qui  domine  la  plaine  ma- 
récageuse de  ce  nom,  à  1595  mètres  d'altitude  :  api-ès  la  laverie  d'or  de 
Tliok  yaloung  dans  le  Tii)et,  c'est  |)robablement  le  point  de  l'Asie  le  plus 
élevé  qui  soit  habité  d'une  manière  permanente. 

Les  Ladaki  du  pays  de  Leh,  sur  le  Chayok,  le  haut  Indus  et  le  Zanskar, 
les  riverains  du  Satledj,  dans  le  Kounawar,  les  habitants  du  Spili'et  la  plu- 
part de  ceux  du  bahoul,  sont,  comme  les  Kbampa, de  purs  Bod  ou  Tibétains. 
Comme  leurs  frères  du  Bod-youl,  les  Lai'.aki  sont  presque  tous  de  petits 


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homnios  trapus,  î'i  liir;j;(>s  fiicos,  h  pommcKcs  snillantcs,  A  paiipicivs  obli- 
ques; ils  so  (lisliiifiucnt  aussi  par  leur  Iticiivcillaïuc,  leur  gaiclé,  liuir 
amuur  du  travail,  lo  Ixm  accueil  qu'ils  Ion!  aux  étrangers.  Ils  se  laissent 
également  opprimer  par  les  lamas  et  ItiUissent  pour  eux  dos  monasièros, 
des  temples,  des  ïUftni,  portant  rinscri|)lion  sacrée;  toutefois  il  parait  (pio 
<laus  ces  dernières  années  le  recrniemont  des  prêtres  est  pins  difiicih'  et 
(pie  plusieurs  couvents  sont  déserts.  La  lailile  étendue  des  terres  arrête  dans 
le  pays  de  l-adak,  comme  dans  le  liant  Tibet,  l'accroissement  de  la  popula- 
tion, et  les  mariages  polyandritpies  sont  la  règle  :  une  seule  femme  est  la 
ménagère  et  la  com|»agne  de  travail  de  plusieurs  frères  à  la  fois,  devenus 
héritiers  du  vivant  même  de  leurs  parents.  Dans  la  partie  la  jdus  basse  du 
pays,  les  métis  tibétains  et  d'autres  races  sont  nombreux,  et  jnsqu'tm  1871 
ils  étaient  encore  les  esclaves  du  gouvernement  :  grâce  à  l'intervention  du 
géologue  Drew,  ils  fiu'ent  émancipés  et  ne  diffèrent  plus  maintenant  du  reste 
de  1-1  ptqndation.  Les  seuls  individus  que  l'opinion  mainti<'nne  à  l'état  de 
jKirias  et  avec  lesquels  les  alliances  par  mariage  soient  défendus,  sont  les 
musiciens  et  les  forgerons;  ceux-ci  sont  tout  particulièrement  méprisés, 
al(»rs  (pi'en  tant  d'antres  pays  ils  forment  au  contraire  une  caste  supé- 
rieure. Sans  doute  c'est  à  d'anciennes  inimitiés  de  race  qu'est  dû  le  mépris 
des  Ladalvi  pour  ceux  qui  travaillent  le  fer. 

D'ailleurs  l'innuence  des  Hindous  s'est  fait  sentir  de  diverses  manières 
sur  les  Tibétains  du  Ladak  :  ceux-ci  ne  laissent  plus  leurs  morts  expose^; 
sur  des  rocbers  à  la  dent  des  animaux  sauvages,  mais  ils  les  brûlent 
après  les  avoir  gardés  pendant  plusieurs  jours  à  côté  d'eux'.  Quant  à  la 
langue,  elle  a  rct-n  qnebpies  termes  'l'origine  sanscrite,  mais  elle  ne  diffère 
point  assez  de  l'idiome  du  Dod-youl  |)our  que  les  indigènes  des  deux  pays 
aient  la  moiiulre  difliculté  à  converser  les  uns  avec  les  antres;  mêm(!  les 
mendiants  kliamîia,  venus  de  la  province  de  Kliani,  à  l'extrémité  orientale 
(lu  grand  Tiluit,  parviennent  à  se  faire  comprendre  des  Ladaki.  F.es  gens  du 
Spiti  |tarlent  aussi  le  pur  tibétain,  mais  dans  la  |irovince  d(!  Lalioul  divers 
iiliomes  luttent  pour  la  prééminence  avec  ce  langage  :  dans  quebpies 
vaili'cs,  le  dialecte  usuel  est  le  bounan,  l'approcbé  du  tibétain  (pie  l'on 
parle  dans  la  baille  vallée  du  Satledj,  mais  ayant  sa  grammaire  propre: 
ailleurs  on  paile  le  manlchal,  tibétain  mêlé  de  hindi  et  de  mots  d'origine 
inconnue;  eiiliii,  le  liiian,  formé  comme  la  «  langue  franqiie  »  'l'iiii 
mélange  d'élémenls  divers'.  Dans  le  Laboul  le  lamaïsme  est  déjà  très  me- 

'  Fipilciic  Dicw,  oiivi.'ip;  cili'. 

'  Wilsmi,   Ahuilc  vf  Siww  ;  —  Ihucourl,  Journal  of  thc  Gco<jruphicul  Socidij  of  Londuii, 
vol.  XU,  1871. 


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lïI'ES    ET    COSTl!ll;>.    —    riJIMIÇ    TrUÉTAlNtS    l>l'    LABAK. 

Dcs^ill  de  E.  noiijal,  il'niiiis  une  iilK'loj.'i!i|iliie  Je  .MM.  Bomiic  cl  Slioiilicnl. 


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TIBÉTAINS  DU  LAIIOI'I,. 


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nncô  pnr  les  ciilfos  l)r:i)imi\ni(|iios  ;  la  plupart  des  lamas  no  \o.  soiil  qiuî 
noiiiiiialciiKMil;  en  IS7S,  sept  d'ciilro  eux  sur  plus  d'un  niillicr  m'uIc- 
nicnl.s'dccupaiptit  des  clioscs  roli^ii'usos.  Pour  su  rendre  los  diviniU-s  l'axn- 
rables,  les  indijiènes  s'adressent  aux  hralimes  aussi  hien  qu'aux  lamas;  do 
même  ils  invoquent  les  arbres  et  les  serpents  et  pratiquent  des  cérémo- 


N°  S7.   —  rdrulATIONS  DU   KACiimil. 


)  après  Or-ew 


C  Pcrrc.i 


Tcliuiiijia 


Durdoa 


Pi 

Kicbmirï  Ptbari 


Dogr» 


Tchiball 
I  :  6  SOO  000 


Kacligari         Tays  iiiliabitét 


iro  kil. 


nies  spéciales  pour  appeler  les  démons  à  leur  aide'.  Le  christianisme  est 
aussi  l'un  des  cultes  du  Lalioul,  depuis  qu'une  mission  de  frères  moravcs 
allemands  s'est  établie  à  Kaïlan}?,  dans  l'une  des  hautes  vallées  du  Zanskai-. 
l/instruction  est  plus  répandue  chez  les  Tibétains  du  Kachmir  que  chez  les 
autres  habitants  du  royaume;  la  plupart  savent  lire;  ils  dressent  facilement 
(les  caries  grossières  et  sont  d'excellents  guides  pour  les  topographes  an- 

*  llaiTourt,  mémoire  cité. 


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NoiJVKi.i.K  r>  fi  0(1  II  AI' Il  IF  i'Mvkhshm.k. 


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}îlai<;  uno  îles  nonnos  d'iiii  cniivciil  du  liiilioiil  aiiniil  inrmo  n|'nris,  d'après 
ilnirniirl,  à  cnlciilfr  le  rcloiir  des  ('"cliiiscs! 

b's  Italli  ou  |{.dli-|)a,  (|ui  vivent  à  l'oiicsl  de  Hod  sur  h;  Cliajitk,  l'indiis 
el  son  alllucnl  le  Sourou,  sont  considéivs  par  la  plupart  des  voyageurs  qui 
les  ont  visités  comme  de;  même  origine  ^\{w  les  Ladaki'  :  ils  parlent 
Lvaleiiieiil  un  dialeete  tiliétain  jieu  dilTérent  des  autres,  et  ee  (pii  est  plus 
im|M)rlant  au  |ioint  de  vue  de  la  race,  ils  ont  en  {jénéral  la  même  forme  de 
corps  L't  de  visage  (jue  les  gens  du  Ladak,  notamment  les  |)(miinettes  sail- 
lantes et  les  paupières  bridées.  Les  pi-incipales  dilTérences  (pie  l'on  observe 
enta*  les  Dalli  et  leurs  voisins  les  Kod  de  Ladak,  proviendraient  de  la 
diiuceur  plus  grande  du  climat  sous  lecpicl  ils  habitent  et  de  leur  conver- 
sion au  niabométisme,  cause  de  changements  |)roronds  dans  le  genre  dévie. 
Il  est  certain  d'ailleurs  (|u'il  y  a  eu  croisement  de  races  et  que  l'élémenl 
arven  est  fortement  représenté  cliez  les  IJaIti;  M.  de  l'jfalvy  en  a  même 
tr4iuv(''  (pi'il  croit  être  de  race  ai'yenne  moins  mélangée  que  les  tribus 
limitrophes,  les  Dardou'.  Quoi  qu'il  en  soit,  ils  ont  en  général  le  nez 
moins  aplati  (pie  les  gens  du  Ladak  et  la  barbe  plus  fournie;  ils  sont  plus 
granils  et  moins  tra|>us.  Le  mélange  des  sangs  se  révcde  aussi  dans  le  earac- 
t«>rede>  Haïti  :  ils  n'ont  pas  la  touchante  dou(;eiiret  l'inaltérable  gaieté  des 
Dod;  il«isonl  moins  généreux  et  plus  habiles,  cependant  ils  sont  loin  d'avoir 
l'opiit  du  négoce  dévelo|>pé  comme  b^s  Kacbmiri,  el  dans  leur  propre  pays 
iN  se  laissent  expioiîer  par  des  immigrants  de  cette  nation.  Ils  aiment 
be:uicoup  les  exercices  violents,  et  dans  leur  contrée,  de  m(*'ine  que  dans  le 
n,u-ili>tan,  on  se  livre  av(!e  passion  à  ce  jeu  de  polo,  introduit  récemment 
en  Angleterre,  dans  le(|uel  des  cavaliers,  armés  de  crosses,  luttent  pour 
se  renvoyer  la  balle.  Le  maha  radjah  de  Kachmir  recrute  un  grand 
nitiobre  de  ses  soldats  dans  le  Baltistan,  et  tout  un  régiment  se  compose 
d'biimnies  de  ce  pays,  habillés  à  l'écossaise.  Convertis  à  l'Islam  par  des 
mi-oionnaires  du  Khorasan,  les  Balli  sont  de  secte  chiite,  mais  bien  des 
pratiques  hindoues  se  sont  glissées  chez  eux;  c'est  ainsi  (|u'ils  ont  des 
castes  nettement  délimit(;es,  celles  des  piètres,  des  cullivateui"s  el  des  arti- 
sans'". La  polyandrie  n'existe  plus  chez  eux,  mais,  comme  les  autres  malio- 
inétans,  ils  ont  accepté  la  polygamie,  el  la  femme,  si  libre  dans  le  pays  de 
Ladak,  est  asservie  et  voilée  dans  le  Dardistan.  Les  étroites  vallées  ne 
suffisent  pas  à  la  |)opulation  (|ui  s'y  presse  el  (pie  la  misère  étiole;  aussi 
chaque  année  un  grand  nombre  de  Haïti  doivent-ils  s'exjiatrier  pour  aller 


'  Firilo.ir  l).(\v.  Jummoo  ami  Ktisliniir;  —  liiililiil|ili,  Tlia  HimUw-Kuo.sh  tiihes. 

-  liiilUtin  (le  lu  Sjcii,'-  (iAiithropoluijic,  18SI  ;  —  Bulletin  de  ta  Société  de  Gcoijiapliie,  1882. 

'■  lii'hliilpli,  ouvia^'f  tili'-. 


l'Ol'L'LATIONS  DU  D.VRDISTAN. 


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clicrclu'i"  forlmio  dnns  U>,  Tmki'slau  cliinois,  dans  la  plaini  ilc  Srinapar, 
nirnio  dans  lu  j'aiidjal),  cl  siii'loiilà  Siiiila  vl  dans  les  nivirons,  partout  ofi 
les  Aiifilais  ont  licsoiii  dd  niinjons,  do  ti'i  rassiiTs,  du  niaii(i>iivi'(>s.  II5  piirlcnt 
lit;  c()in|tapiiii',  |)(>rlanl  des  cliaipcs  d'aliricots  dcssûcliôs,  (m'ils  vcndt'iil  lu 
loup  do  loiir  roiilo;  |)iiis,  après  dos  annûus  de  labour,  i|iiand  ils  ont  papnù 
iiM  pi'lil  [luculo,  ils  rulonrnunl  dans  la  patrio,  avec  une  nouvollu  pacolillo 
(!(<  marchandises,  gônéralonienl  do  la  vaissollo  du  cuivre,  très  a|i|)réciée  dans 
lu  Itidiislan. 

Km  aval  du  pays  dus  Balli,  lus  Dardou  lialiilonl  la  vallôu  du  l'Iiidus,  dans 
linilu  la  fourbu  que  dûcrit  eu  lluuve  autour  du  massif  du  Nanpa  l'arbat  ;  ils 
p('U|»lonlau  nord-ouusl  lu  bassin  du  (lilpil,  ol  par  delà  lus  controlbrlsdu  l'Ilin- 
(loiikoiich,  sui-  lu  vursanl  du  la  riviùru  du  Caboul,  lus  pays  i\o  Masioudj  ut  de 
Tcliitnd;  un  ouli'u,  ils  ocoupent,  épars  en  colonies,  la  liautu  vallée  de  la 
Kic'liiin  gaupa  ut  certaines  parties  des  bords  de  l'Indus  et  lu  pays  de  Dras, 
un  plein  Baltistan  ;  niùmu  plusieurs  villapes  des  environs  du  Lob  sont  babilés 
par  des  Dardou,  originaires  du  fiilpit,  d'apiùs  luur  propru  tradition. 
Voyapuurs  et  antliro[)ologistus  sont  d'accord  pour  classur  parmi  les  p()[)u- 
lalioiis  dites  aryennes  les  diverses  tribus  du  Dardislau,  ([uollu  (piu  soit  leur 
conslitulion  polili(|ue,  leurs  mœurs  et  la  suctu  rolipiuusu  à  laquelle  ils 
appartiennent;  mais  il  nu  parait  pas  probablu.commu  l'avait  admis  F.eitnur, 
lu  premier  explorateur  de  la  vallée  de  fiilgil',  que  lus  peu|tlades  de  la  con- 
Iréu  soient  toutes  proclios  parentes  du  racu;  car  il  en  est  qui  (liffèrent 
n(tlid)lemunt  d'aspect,  et  leurs  idiomes,  d'origine  <r  aryenne  »,  sont  néan- 
moins très  distincts'.  Cependant  les  Dardou,  appelés  Hrok-pa,  c'est-à- 
diru  «  Cens  des  Hautes  terres  »,  par  leurs  voisins  d'origine  tibétaine,  for- 
mont  un  groupe  ethnique  bien  délimité.  Considérés  d'une  manière  géné- 
rale, ils  sont  jtour  la  plupart  de  taille  moyunne,  forts,  biun  proportionnés; 
lu  front  ust  droit,  le  nez  ai|uilin,  les  traits  un  peu  grossiers,  mais  préson- 
lanl  l'ovale  européen.  F.es  Dardou  ne  sont  pas  moins  intelligents  ni  moins 
conragoux  que  les  Balti  et  se  distinguent  en  outre  par  un  grand  amour  de 
rindépendance. 

Lo  régime  des  castes  prévaut  dans  lu  Dardistan  u,  comme  dans  l'Inde 
pro|)roment  ditu,  a  curlainement  pour  origine  première  la  superposition  de 
ponplcs  conquérants  et  de  peuples  conquis.  La  caste  la  plus  honorée  est 
coll(!  dos  Rono,  respectée  à  l'égal  des  familles  régnantes  dans  les  divers 
Klats  du  Dardistan  où  ils  résident,  notamment  dans  le  haut  bassin  do  la 


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'  Tlii-  LinigiKiijes  ami  Races  of  Dardislan. 
'  i>iililiil|ih,  ouvrage  cité. 


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NorvKM.K  c.f.ncnAi'iiiF;  imvkhskii.k. 


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rivii'-i'o  (liljiil  011  (lilil;  c'csl  p'iM'iîiIcmcnl  piii'iiii  eux  (|iii>  les  priiicos  clidi- 
sissciil,  leurs  iiiiriislivs.  Apivs  les  iloiiii,  par  (inlrc  de  i'onsi(l('>riil.ioii,  vicii- 
iii'iil  les  (iliiii,  i|iii  c'oiisliltioiil  la  inajoriU'!  dans  les  Klals  riv<>i-aiiis  (!<• 
riiidiis  siliiiis  à  i'oiit'sl  du  Nan^a  l'arhal,  cl  dans  une  parlittdu  liaul  (lil^il, 
mais  qui  partout  ailleurs  sont  peu  iionilireuv  :  iiéauMioins  ils  uni  donné 
à  toute  la  contrée  lo  nom  de  (iliiiikari,  c'est-à-dire  <  ijS  des  (lliin  »; 

il  laiil  probaldemenl  voir  en  eux  les  (Jiina,  <|uu  mentionnent  l(;s  lois  de 
Manou  et  le  Malia  llliarata',  et  ipi(>  les  anciens  commentateurs  eiuopéens 
c(Mirondaient  avec  les  Chinois.  Ilaliitant  jadis  plus  bas  dans  la  valléi;  de 
rinilus,  ils  furent  l'ei'oulés  peu  à  peu  vers  la  ré<;ion  des  neiges;  (pielipies 
territoires  situés  eu  aval  des  districts  (pie  |)(>iipl«!nt  actuellement  les  (lliin 
et  n'ayant  d'autres  lialiilanls  (pKt  des  Irihiis  de  race  alghane,  sont  lt)iijours 
considérés  comme  faisant  |)artie  du  (^liinkari.  Fiers  de  leur  orif^ine,  les 
(lliin  ne  s'aliaiss(!nt  point  à  porter  de  fardeaux  et  considèrent  l'aiiricultureet 
la  chasse  comme  les  seules  occupations  dif^nes  d'eux;  on  les  dit  d'une 
avarice  extrême  :  pr<>s(pi(>  tous  ont  leur  cacliellc  dans  la  monla{|i[nc,  oii  ils 
vont  porter  h  la  dt-roliée  des  i)ièces  de  monnaie,  des  vases  de  cuivre,  des 
liijoiix  de  femnii;.  Hien  qui;  maliométans,  ils  ne  ^nngent  point  de 
volailles,  ni  la  chair  du  bœuf,  ne  boivent  pas  du  lai  «clie,  repoussent 

le  lt(Mirre  et  ne  veulent  pas  même  effleurer  le  vase  qi..  .,  contient  :  celte 
abstinence  est  jieul-être  un  l'esle  de  |)rnti(pies  brahmaniques;  mais,  au  lieu 
de  respecter  la  vaclie  comme  le  font  les  Hindous,  ils  ont  pour  elle  une  sorte 
d'horreur,  pareille  à  celle  du  maliométan  à  l'égard  du  pourceau;  d'après 
eux,  une  tempête  ne  peut  manquer  d'éclater  si  une  peau  de  vache  est  dé- 
posée dans  une  de  leurs  fontaines.  Ils  ne  loiicbenl  les  veaux  nouveau-nés 
(pi'avec  le  bàlon,  et  p<'ndanl  toute  la  période  de  l'allaitement,  nombre 
d'entre  eux  laissent  la  \ache  et  le  nourrisson  à  leurs  voisins  de  caste  infé- 
rieure. Ceux-ci,  les  Yachkun  ou  Yechkun,  qui  se  désignent  eux-mêmes 
par  les  noms  de  Hoiiricb,  Douriohaski,  Ouricbki,  forment  de  beaucoup  la 
majorité  des  Dardoii  :  ils  constituent  la  population  presque  entière  du 
Houn/a,duNagar,  de  Yasin  et  l'emportent  iiuméii(piemcnl  sur  les  autres 
castes  dans  les  pays  de  Gilgit,  de  Darel  et  d'Aslor;  la  masse  de  la  popula- 
tion agricole  se  compos»;  de  Yachkun.  Tandis  que  les  Cliin  peuvent  prendre 
pour  femmes  des  filles  de  Yachkun,  ceux-ci  n'ont  pas  le  droit  de  chercher 
d'épouses  dans  la  caste  supérieure":  c'est  chez  eux  que  les  familles  sont  le 
moins  mélangées.  Une  quatrième  caste,  celle  des   Kremin,  correspond 


'  Vivicm Ho  S.iiiil-Miiilin ;  —  Rnwlinson ;  —  Yule. 
•  Leitnoi',  oiiviage  cité. 


l'dl'I'IATKtNS   m;   IlMllllSTAN. 


I..>5 


(iiiK  SdiidiiiH  liiiiilniis;  c'est  |i:iriiii  eux  (|iii!  ^^'  iviuiiiilronl  los  pdlicis,  les 
iiii'iinicrs,  les  iii'lisiiiis  dn  loiilo  i>s|ii>('(>,  d'ailItMiis  |i('ii  iidiiiIiiimix  ilmis  <(• 
Mii^s  sanvii;^o  :  ils  (Icscciulcnl  pnilialiltiiiciil  des  indigènes  (|iii  h'  soiiini- 
rciit  l(!  |il(is  iaciloinciil  à  la  doiiiiiiatioii  dt>s  cnvaliisscuis.  <jiianl  à  la  caslc 
(les  Ddiini,  i|ii(!  l'on  i-oiicotilic,  sous  divors  noms,  dans  tous  les  Klals  du 
iiiidia  radjah  dn  Kaciniiii',  ils  ont  encore,  en  lace  des  iiulres  lialiilanls, 
raltiliide  do  vaincus'.  Les  l'oigeruns  et  les  ét|uai'isseurs  apitailieiiucnt  à 
(l'Ile  cnslc;  mais  comme  musiciens  ils  l'^a^etit  tuulc»  les  filles  :  ce  sont  les 
IsiLiaiics  d(!  la  contrée. 

A  l'exceplion  des  Ihirdoii  du  I.adak,  devenus  houddliisles  comme  leur- 
voisins,  toutes  les  peuplades  qui  [tortent  ce  nom  appartiiinnenl  à  l'islam; 
mais,  landis  (|ue  les  unes  professent  le  sunnisme,  les  auli'es  sont  chiites  ou 
liii'ii  l'ont  parli(^  de  la  secte  des  mollaï  ou  di's  «  divins  »  ;  en  oulre,  des 
re>les  d(^  l'anciiMine  idol!Uri(!  subsistent  en  un  frrand  nomlti'e  de  villajjes, 
surtout  dans  la  région  méridi(uial(^  du  Dardislan,  près  de  la  frontière 
al^iliane.  Les  Tcliilasi,  (pii  vivent  sur  les  pentes  occidentales  du  massif  de 
.Naiif^a  Parhat,  sont,  dit-on,  eu  leur  ipialilé  de  nouveaux  convertis,  les  plus 
l'iiiial.i(pies  des  niahométans  de  la  contrée;  sunnis  xélés,  ils  coupent  la 
lèle  aux  chiites  dont  ils  peuvent  s'emparer;  ils  ne  se  contentent  jioint 
de  réduire  en  esclavajie  leurs  captifs  de  culte  différent,  comme  le  font  la 
plupart  des  autres  tribus  indépendantes  du  Hardistan.  Quant  aux  radjahs 
(le  Vasin  et  de  Ilonnxa,  dans  l(>  haut  bassin  dn  (jil^it,  non  seulement  ils 
asservissent  leurs  prisonniers  (h;  ^;nerre,  mais  encore  ils  font  la  traite  des 
iKunnies,  et,  à  défaut  d'étrangers,  ils  vendent  ou  éclianj^ent  leurs  propres 
sujets  pour  des  chi(Mis' ;  les  trafiquants  du  Hadakcban  emmènent  les  cap- 
lil's  au  delà  de  l'Ilindou-kouch,  dans  les  pays  de  l'Oxus  ;  d'a|)rès  ISid- 
ilulpli,  ce  n'est  point  une  exajjéi-ation  de  dire  qu'an-dessus  de  40  ans  près 
(le.  la  moitié  d(!s  habitants  de  la  contrée  ont  servi  coninHi  esclaves  pendant 
une  notable  partie  de  leur  existence.  Ces  puerres  fait(>s  pour  capturer  des 
lioninies  et  les  grandes  expéditions  des  armé(,'s  kachniiriennes,  laiiliU 
viiloi'ieuses,  tanttit  reponssées,  ont  eu  pour  conséquence  la  (léjiopulation 
(lu  pays.  Dans  la  province  du  (liljjit,  où  vivent  actuellement  4500  per- 
souiies,  le  nombre  des  habitants  devrait  être  six  ou  sept  fois  plus  consi- 
(l(Tal)le,  si  l'on  en  juge  par  les  terrasses  de  culture,  maintenant  aban- 
doiiniVs,  (pie  l'on  voit  de  toutt^s  parts  sur  b'  liane  des  montagnes".  Des 
iiisi  riplions,  non  encore  déchiffrées,  gravées  sur  les  rocs,  de  chaque  ciité 

'  Fioilci'ic  Di'cw,  Bi(liliil|iii,  ouvia^'cs  cili's. 

-  libeller,  Journal  oflhe  Asiatic  Society  ofUcmjal,  III,  59. 

■'  lii(liliil|)li,piivi'iigc  cilé. 


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NOUVELLE  GflOr.RAPIIlE  UNIVERSELLE. 


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de  la  vallée,  ténioignonl  de  l'iinlique  tivilisalinn  du  pays  de  Gilgil,  el  plus 
haut,  dans  le  Yasiri,  se  voieiil  des  cercles  de  jtierres  }»a!'eils  à  ceux  do  la  IJi'e- 
lagnc.  11  est  |)eu  de  contrées  liinialayennes  qui  aient  un  plus  licureux 
climat  et  soient  naturellement  |»lus  l'ertiles  que  la  basse  vallée  du  Gilgit. 
Les  campagnes  riveraines,  dont  l'allitude  moyenne  est  de  1500  mètres 
seulement,  donnent  tous  les  produits  de  la  zone  lenqiérée  et  l'on  y  cultive 
aussi  le  maïs,  le  cotonnier,  le  figuier,  le  grenadier,  le  mûrier.  Les  soieries 
de  Gilgit,  pures  ou  mélangées  avec  la  laine  ou  le  coton,  sont  d'une  grande 
solidité. 

Depuis  1847,  époque  à  laquelle  les  officiers  anglais  Young  et  Vans  Agnew 
traversèrent  l'indus  à  Boundji  ou  Bowandji,  la  vallée  de  Gilgit  est  connue 
des  Européens;  Leilner,  Drew,  Biddulpli  l'ont  parcourue  ou  même  y  ont 
résidé,  llayward  y  l'ut  tué,  en  1870,  près  du  liameau  de  Darkol,  et  son 
corps,  racheté  par  ses  compatriotes,  est  déposé  sous  un  groupe  d'arbres, 
près  des  murs  de  Gilgit.  Actuellement,  des  Ibits  kachmiriens,  qui  ressem- 
blent aux  constructions  féodales  de  l'Occident,  avec  leurs  murs  crénelés, 
leurs  toiu's  carrées,  leurs  donjons,  commandent  les  villages  de  Boundji, 
de  Saï,  de  Gilgit,  d(!  Cher,  leurs  champs  el  leurs  vergers;  mais  au  delà,  les 
tribus  dardou  ne  j)ayent  qu'un  léger  tribut  au  maba  radjah  ou  même 
sont  politiquement  indépendantes.  Au  nord,  la  ti'ibu  du  Nagar,  sur  le  re- 
vers seplenlrional  du  massif  de  Baki-poch,  est  de  celles  qui  se  sont  le 
moins  fait  resoeeter  par  ses  voisins  :  prise  entre  les  gens  de  Gilgit  au  sud, 
et  ceux  de  Ilounza  au  nord,  elle  n'ose  se  défendre,  et  paye  aux  deux 
voisins  un  tribut  de  poudre  d'or  et  d'abricots.  Les  Ilounza,  au  contraire, 
qui  occupent  les  vallées  de  l'ilindou-kouch,  jusqu'aux  frontières  de  Sirikol, 
dans  le  Turkestan  chinois,  sont  renommés  pour  leur  bravoure,  mais  aussi 
redoutés  pour  leurs  habitudes  de  brigandage;  ils  pillent  les  caravanes  qui 
ne  leur  payent  pas  le  droit  de  transit  et  souvent  font  des  incursions  sur 
les  territoires  limitrophes.  Au  nord-ouest  du  Pounial,  trihutaire  du  Kach- 
mir,  leYasin,  défendu  par  ses  défilés  presque  infranchissables  et  l'àprelé 
de  SCS  montagnes,  a  presque  de  tout  temps  maintenu  son  existence  poli- 
ti(pie  distinct(>,  mais  sous  le  lourd  despotisme  d'un  i-adjab.  C'est  en  celle 
région  de  l'Himalaya  que  les  deux  empires  qui  se  disputent  l'xVsie  musul- 
mane, l'Inde  anglaise  et  la  Bussie,  sont  le  plus  i  ipprochés  l'un  de  l'autre 
par  leurs  Ktats  feudalaires.  Une  chaîne  de  montagnes  et  quelques  étroites 
vallées  forment  en  cet  endroit  la  zone  de  sé[)aration. 

Les  tribus  dardou  (pii  vivent  sur  les  bor.ls  encore  inexploré.-;  de  l'indus, 
entre  le  conduent  du  torrent  d'Astor  et  le  pays  de  Ilazara,  paiaissent  être 
celles  qui  ont  le  mieux  gardé  les  traditions  et  les  mœurs  anciennes,  quoi- 


rOPULATIONS  DU  nARDFSTAN. 


Vib 


que  plusieurs  d'cnlrc  elles  soient  des  fugilils  des  vallées  aff^lianes.  Leur 
territoire  est  celui  auquel  on  donne  spécialement  It;  nom  de  Ya{.',lieslan  ou 
Pays  «  rebelle  »,  parce  qu'il  n'a  jamais  voulu  recevoir  de  maîtres',  Les  Tclii- 
lasi,  les  Koli,  les  Ilerbandi,  les  Sazini,  les  Palasi,  à  l'est  du  fleuve,  les 
lloudari,  les  Dareli,  les  Tangiri,  les  gens  de  Kandia,  de  Seo,  de  Pouttoun, 
à  l'ouest,  d'autres  encore,  constituent  autant  de  petites  républicpies  :  l'une 
d'elles,  Tlialitclia,  se  compose  de  sept  maisons  seulement.  D'après  les 
rajipor'.s  que  l'on  a  faits  à  Biddul[di,  le  résident  anglais  de  Gilgit,  l'en- 
semble des  hommes  valides  de  tout  le  Y'agbestan  serait  de  G3G00  hommes, 
ce  qui  donnerait  une  population  d'au  moins  ôOO  000  individus.  Les  hommes 
(le  cbacpie  village,  jeunes  et  vieux,  convoqués  au  son  du  tambour,  se 
ivuiiissenl  en  assemblées  générales  ou  siijns,  et  discutent  de  tous  les  inté- 
rêts communs;  un  coup  de  sifflet  annonce  la  fin  de  chaque  délibération,  et 
la  foule  se  dispei'se,  laissant  les  djonclitero  ou  délégiu'ss  élus  régler  les 
détails  d'exécution  ;  les  citoyens  qui  n'assistent  pas  à  l'assemblée  ont  à 
paj(!r  l'amende.  Qu'un  seul  proteste  contre  les  décisions  communes  et  le 
vole  est  ajourné  :  c'est  à  l'unanimité  que  doivent  être  prises  les  résolutions 
de  quelque  importance.  Quand  il  s'agit  des  inlérèts  de  la  république,  l'as- 
semblée délibérante  se  compose  des  djouchtero  de  villages,  mais  ils  sont 
obligés  d'en  référer  aux  sigas  dans  les  conjonctures  graves.  En  cas  d'inva- 
sion étrangère,  les  communautés  s'unissent  contre  l'ennemi.  La  pi'incipalc 
richesse  de  ces  montagnards  étant  leurs  troupeaux  de  brebis,  ils  sont  obli- 
f;és  souvent  de  les  mener  en  des  pâturages  apparlenant  à  d'autres  tribus, 
notamment  dans  le  pays  de  Yasin,  et  de  payer  en  échange  un  tribut  de  sel, 
de  labac,  de  poudre  d'or  ou  d'animaux;  mais  ce  payement  n'impli({ue  au- 
cune dépendance.  Ainsi  le  Tangir,  qui  est  en  relations  fréquentes  de  com- 
merce avec  le  Yasin,  se  vante  d'être  le  lieu  d'asile  de  tous  les  souverains 
(le  ce  pays  dépouillés  par  les  guerres  intestines,  mais  il  a  toujours  re- 
poussé avec  succès  les  incursions  faites  sur  son  territoire,  et  les  gens  de 
la  tribu  ne  permettent  pas  h  leurs  filles  de  se  marier  avec  des  Yusini, 
à  cause  de  l'esclavage  qU'  règne  dans  le  pays.  Pans  les  hautes  vallées  du 
Swat,  connues  plus  s|)écialement  sous  le  nom  de  Kohistan,  donné  quebjue- 
fois  à  l'ensemble  du  pays  «  Hebelle  »,  les  principaux  clans,  les  Torwalik 
et  les  Rouchkar,  sont  aussi  des  Pardon,  mais  ils  n'ont  pas  gardé  Icui' 
indépendance  politique  comme  ceux  des  Apres  vallées  rivei'aines  de 
riiidus.  Mahométans  chiites  ou  sunniles,  les  Dardou  rebelles  ou  soumis 
ont  encore  bien  des  coutumes  en  désaccord   avec  le  clmi'ial.  Ainsi  les 

'  ltiii(luli)h,  ouvrage  citi!. 


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180 


NOUVELLE  GÉOGRAI'IIIE  UNIVERSELLE. 


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femmes  marchent  la  fi|,nire  tlécoiivcrte,  cl  jouissent  d'une  grande  liberté. 
De  même  les  mollahs,  chargés  d'appliquer  la  justice,  doivent  se  con- 
former aux  traditions  nationales.  Les  meurtres,  d'ailleurs  très  rares,  ne 
sont  point  punis  par  la  communauté;  ce  sont  les  parents  de  la  victime 
qui  ont  eux-mêmes  à  verser  sang  pour  sang.  Chez  la  plupart  des  tribus, 
hommes  et  femmes  restent  complètement  à  l'écart  les  uns  des  autres  du 
mois  de  mai  jusqu'en  septembre  :  c'est  alors  la  saison  des  expéditions 
guerrières,  et,  suivant  une  idée  généralement  répandue  chez  les  |)euplcs 
batailleurs,  jusque  chez  les  Hellènes  et  les  Albanais,  la  victoire  appartient 
aux  plus  chastes'. 

Les  diverses  tribus  ont  chacune  leur  dialccic  ou  leur  patois  distinct,  se 
rattachant  au  kachmiri  par  les  parlers  des  po|)ulalions  du  Djhilam  occiden- 
tal ;  une  seule  langue,  le  bourichki,  parlée  dans  le  Ilounza,  le  Nagar,  l's 
Yasin,  est  d'origine  «  touranienne  »,  mais  liiddulph  n'est  pas  d'avis  qu'il 
faille  la  classer  parmi  les  idiomes  turcs.  Chez  tous  les  Dardou,  le  pouchtou 
des  Afghans  est  devenu  la  langue  policée.  Au  sud  de  Pouttoun,  qui  est  la  ré- 
publique la  plus  prospère  du  Yaghestan,  le  pouchtou  est  le  seul  idiome  que 
l'on  emploie;  la  population  de  tout  le  pays  de  Boneïr,  de  même  que  celle  de 
la  basse  vallée  de  Swat,  étant  pui-ement  afghane,  la  langue  ne  diffère  que 
peu  de  celle  du  Caboulistan.il  n'en  est  pas  de  même  sur  la  rive  gauche  de 
riudus.  Les  habitants  de  cette  région  des  gorges,  en  amont  de  la  «  Porte  » 
ou  Derbenl,  sont  connus  sous  le  nom  de  Ilimtcha  ou  «  Métis  »,  et  les 
purs  Afghans  Youzoufzaï  njfusent  de  se  marier  avec  leurs  filles  ou  de  les 
prendre  pour  alliés  dans  leurs  expéditions  de  guerre.  Une  des  colonies  de 
la  rive  droite,  celle  de  Palosa  ou  Parousa,  se  compose  d'ennemis  irrécon- 
ciliables de  l'Angleterre,  tous  Wa habites  venus  de  l'Inde  et  entretenus  aux 
frais  de  leurs  coreligionnaires.  Au  nombre  d'environ  cinq  cents,  ils  s'exer- 
cent au  maniement  des  armes,  construisent  des  forts,  envoient  leurs  espions 
et  leurs  prophètes  dans  toutes  les  parties  de  l'Asie  musulmane'.  Ainsi,  à 
quelques  milles  de  la  frontière  anglaise,  les  envahisseurs  de  l'Inde  tnuive- 
raienldes  alliés  dans  le  Pays  «  Hebelle  ».  Naguère  le  chef  spirituel  des 
clans  sunnites  du  Swat,  désigné  par  le  titre  d'akhoimd,  avait  acquis  une 
autorité  presque  incontestée  sur  ses  coreligionnaires  de  l'Afghanistan  et 
des  régions  de  l'Indus;  il  recevait  des  ambassades  de  toutes  les  parties  de 
l'Inde  et  même  de  Constanlinople. 

Lu  haute  valléo  de  l'IIydaspe  ou  Djhilam  a,  comme  les  autres  bassins 


'  Freilei-ic  Drcw;  Biiiilulph,  ouvrages  cites 
'  Uiddulph,  ouvrage  cite. 


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I)AIU)0U,  SWATr,   KACIIMinr. 


127 


(Itiviaiix  lie  coWo  irjiion  th  l'Himalaya,  sa  population  parliciilièi'c.  Los 
Kacliniin,  qui  ont  tlonnô  leur  nom  à  tout  l(>  royaume,  mais  cpii  obôissonl 
(Mix-mômcs  à  dos  maîlros  de  race  lUrangèic,  peujdont  la  plaine  lacustre  ipie 
parcourt  le  Djliilam  en  amont  de  la  cluse  de  Baramoula  et  ne  se  rotroii- 
vont  qu'en  faibles  colonies  en  dehors  de  cet  étroit  domaine.  Au  point  de 


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^°  «8.  —  PonxATiuss  «  iicbllles  »  uu  uabdista:!  oiiiental. 


ISSIUS 


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MU'  physique,  les  Kachniiri  ou  Kachouri,  ainsi  qu'ils  se  nomment  oux- 
int-mes,  sont  peut-être  les  plus  beaux  des  Hindous  :  de?  tailh;  moyenne, 
lut'ii  découplés,  adroits  et  forts,  ils  ont  aussi  on  général  des  liaits  réguliers, 
lin  front  élevé,  un  ne/  lé;>èrement  aiiiiilin,  hi  bouche  fine,  les  veux  bruns 


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cl  doux.  Oii«»i  qu'en  ait  dit  Jacipiemont,  les  femmes  de  Kaciimir  qui  mô- 
ritcnl  leur  réputation  de  beauté,  universelle  dans  l'Hindoustan,  sont  fort 


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138  NOUVELI.K  GÉOCUAI'IIIE  UNIVERSELLE. 

nombreuses;  elles  se  disunguenl  surtout  par  la  noblesse  et  la  pureté  des 
traits,  qu'elles  gardent  jusque  dans  la  vieillesse.  L'intelligence,  l'esprit,  la 
finesse  et  le  goût  des  Kaelimiri  sont  connus  dans  l'Inde  entière;  mais 
pauvre  peuple  opprimé,  habitant  une  plaine  unie  où  les  conquérants  peu- 
vent descendre  de  toutes  les  montagnes  environnantes,  ils  n'ont  pour  se 
défendre  que  les  armes  du  faible,  la  ruse  et  la  flatterie  :  ils  rampent  devant 
leurs  maîtres,  qui  leur  laissent  à  peine  la  pari  de  récolte  nécessaire  pour 
les  sauver  de  la  faim. 

Hindous  par  la  race,  les  Kachmiri  parlent  une  langue  d'origine  «  aryenne  » 
dont  le  vocabulaire  est  pour  les  deux  tiers  d'origine  persane  et  sanscrite  ; 
néanmoins  les  étrangers  l'appreniient  difficilement;  elle  n'a  de  rapports 
directs  qu'avec  les  idiomes  parlés  au  sud-est  dans  la  baute  vallée  du 
Tcliinab;  c'est  par  leur  intermédiaire  qu'on  reconnaît  les  traits  de  famille 
entre  le  parler  de  Srinagar  et  ceux  du  Paiuljab'.  D'ailleurs  les  Kacbmiri 
s'approprient  avec  la  plus  grande  facilité  les  dialectes  de  leurs  maîtres; 
presque  tous  parlent  le  dogri  ou  l'bindostani,  beaucoup  connaissent  le 
persan,  qui  est  le  «  français  de  l'Orient  »  et,  depuis  l'époque  du  drand 
Mongol,  le  langage  officiel  de  la  cour  de  Kachmir.  Une  seule  caste  du  pays 
a  gardé,  avec  sa  religion,  le  souvenir  de  son  origine  :  c'est  la  caste  brah- 
manique à  laquelle  on  donne  le  nom  de  «  pandits  »,  comme  s'ils  méritaient 
cette  appellation  réservée  aux  savants  dans  l'Inde  proprement  dite;  du 
moins  la  plupart  d'entre  eux  sont  écrivains  publics  ou  scribes  dans  les  bu- 
reaux du  gouvernement;  d'autres  se  livrent  au  commerce,  mais  aucun 
d'eux  n'est  agriculteur  ou  manœuvre.  Malgré  la  conversion  de  la  grande 
majorité  du  peuple  à  l'islamisme,  le  régime  des  castes  s'est  maintenu 
j)oui' diverses  professions;  mais  il  est  beaucoup  moins  rigoureusement  ob- 
servé que  dans  l'Inde  brahmanique,  ce  qui  provient  peut-être  de  ce  (pie 
l'immigration  aryenne  se  fit  avant  la  séparation  stricte  des  classes  chez 
les  [)euples  de  l'IIindouslan  '.  Une  seule  caste  est  tenue  pour  complète- 
ment impure,  celle  des  Datai  :  s'ils  osaient  invoquer  le  nom  d'Allah,  on 
verrait  en  eux  des  blasphémateurs.  Ce  sont  probablement,  comme  les 
Doum  du  Uardistan,  les  re|)résentants  des  aborigènes  vaincus.  Le  langage 
des  tisseurs  de  châles  offrirait  aussi,  d'après  Leiiner,  un  vocabulaire  con- 
sidérable provenant  d'un  idiome  antérieur  aux  autres  langues  du  nord- 
ouest  (le  rilindoHstan'. 

A  l'ouest  et  au  sud-ouest  de  la  plaine  du  Kachmir,  lu  région  montagneuse 


'  Freilerif  J)n>w,  ouvrage  cilé 

*  Hunier,  Annal»  of  Rural  lienyal. 

'  Anjiinwn-i-Punjab,  iM\.  4,  1882; 


Allen's  Indian  Mail,  feb.  27. 


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POPULATIONS  DU  KACIIMIH. 


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<|iK>  [inrcourl  lo  Djhilnin,  uni  i'i  la  Kicliaii  ;j:anf>a,  est  liahilri;  |)i-iiici|ia- 
Il'Iiil'mI  par  dos  Tchibliali,  c'cst-à-diic  par  des  iiuini^ranls  radjpoiilos 
dovcniis  nialioinétans.  La  rolifiion  et  les  divers  cliaii}j;(;int>nts  (pii  on  onl  élu 
la  conscHpiciico,  lollcs  sont  les  raisons  ipii  pernicllenl  de  dislinjfuer  les 
jViiildiali  do  leurs  voisins  orientaux  les  Hof^ra,  de  culte  hralinianiipie, 
vivant  au  pied  des  montajjnes,  sur  les  deux  bords  du  Tehinab,  dans  la  con- 
livc  (pii,  do  leur  nom,  esl  appelée  le  Douj^ar.  Los  idiomes  lebibliali  et 
dojini,  hindous  l'un  et  l'autre,  dilïèrent  léjièromont,  mais  si;  londcnt,  de 
district  (Ui  district,  par  dos  transitions  ^fraduellos.  Malgré  l'égalité  proclamée 
par  l'Islam,  les  Tcliiblii\ji  ont  même  maintenu  les  castes,  |)rovenanl  soil 
d'inimitiés  etimicpies,  soit  de  la  diversité  des  proressions.  La  masse  des  cul- 
tivateurs se  compose  encore  de  Djat  asservis,  descendants  dos  anciens 
possesseurs  (l(!  la  contrée,  tandis  (pie  d'autres  tribus  immigrées  dans  le 
pays  sont  toujours  considérées  comme  ayant  une  certaine  prééminence. 
Les  maîtres  radjpoules,  fiers  de  leurs  habitudes  guerrières,  dédaignent  pour 
la  plupart  une  vie  de  travail  numuel  on  de  commerce;  ils  prélèreiil  servir, 
soit  comme  soldats,  soit  comme  employés  de  l'Klat,  et  généralemiîul  ils  se 
Ibnl  craindre  par  leur  violence  ou  détester  pour  leur  morgue;  ce  sont  eux 
ipii  constiliient  en  grande  partie  l'armée  du  maha  radjah  de  Ka<'hmir, 
appartenant  à  leur  race.  D'aillem's  ils  oui  changé  à  maints  égards  depuis 
jciu'  émigration  du  Uadjpiuilana  et  depuis  longlem|»s  on  ne  les  accuse  plus 
(le  prati(pier  l'inranticide  des  lilles.  (iuanl  aux  radjpoules  mahométans, 
ils  (iiil  peu  de  zèle  religieux;  il  n'était  pas  rare  autrel'ois  de  les  voir  se  ma- 
rier à  (les  (enuaes  hindoues,  en  leur  permettant  d'apporter  avec  elles  les 
idoles  domestiquos;  tel  lien  de  pèlerinage  est  également  fré(pienlé  par  mu- 
sidniaiis  et  hindous.  Naguère,  dit-on,  l'Islam  empiétait  peu  à  |ieu  sur  les 
populations  du  Daman-i-koh;  maintenant  ce  serait  jilulôt  le  contraire  :  les 
iiilliionces  brahmaniipies  reprennent  le  dessus'. 

A  l'est  et  au  sud-est  de  la  plaine  du  Kachmir,  les  diverses  vallées  qui 
s'iiiclinenl  vers  le  ïcliinab  et  les  rives  de  ce  (louve  sont  habitées  égalemenl. 
par  des  tribus  chez  lesquelles  on  trouve  plusieurs  éhimenls  elliniques  super- 
posés en  castes;  ces  tribus  sont  désignées  par  leurs  voisins  sous  le  nom 
général  de  Pahari  ou  «  Montagnards  ».  I*ai'  les  traits  du  visage  et  la  slature, 
les  l'ahari  ressemblent  aux  Hindous  du  Pandjab,  mais  hiur  genre  de  vie;  les 
a  rendus  j)lus  loris,  plus  résistants  à  la  fatigue;  les  dialectes  qu'ils  parlent, 
d'ailleurs  incom|)réliensibles  aux  Dogra  et  aux  autres  habitants  de  la  plaine 
voisine,  indiquent  la  triuisition  entre  le  kachmiri  et  les  idiomes  du  Pandjab. 


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'  Firileric  t)rew,  ouvrage  cilû. 
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NOIJVKLLE  (ifiodRAI'IIIK  l'.M VIinSKLLE. 


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Dans  rliaqiic  vallée,  le  parl(!r  dilTèn';  à  50  kilonièlres  de  ilislanee,  dos 
<  Monlagiiai'ds  »  ne  se  (■iiiii|iiviiii(>iil  plus. 

Oiilre  les  |ieii|ihules  sédeiilaires  du  l'aliar,  i|iii  vivent  de  l'aj^i'icullure  cl 
du  produit  de  leurs  verjfcrs,  il  en  est  aussi  qui  (■lian<,'i>nl  réjjulièrement  do 
lieu  «le  séjour  suivant  les  saisons.  Tels  sont  les  Gaddi,  pasteurs  de  brebis 
cl  de  chèvres,  qui  ont  leurs  villii;ies  dans  la  ntonlagne,  mais  qui  descendent 
en  été  sur  les  collines  extérieures,  aux  contins  de  la  plaine.  Les (îoudjar,  au 
contraire.  (|ui  résident  dans  les  ré<,fions  basses,  poussent  leurs  troupeaux 
de  bultles  vers  les  palis  des  montagnes  pendiint  quel<|ues  mois  de  la  belle 
saison.  Ix's  bùclierons,  qui  coupent  les  billes  de  deodar  dans  les  Ibrèls  et 
les  livrent  au  courant  du  Tcbinab,  mènent  aussi  une  vie  nomade,  descen- 
dant des  hautes  régions  froides  aux  j)laines  du  Pandjah.  Quel(|ucs 
groupes  de  «  Montagnards  »  appartieimcnt  à  l'Islam;  au  nord-est,  un 
petit  nombre  de  l'amilles  sont  restées  bouddhistes  cimimc  leurs  voisins 
du  Lahoul,  mais  la  grande  majorité  des  tribus  se  rattachent  aux  cultes 
hindous,  non  sans  avoir  gardé  mainte  cérémonie  des  religions  antiques. 
Dans  le  l'adar,  sni'  haut  le  Tchinab,  des  temples  sont  encore  élevés  aux 
iHKj-ilntas  ou  «  dieux  serpents  »,  égaux  des  autres  divinités  du  panthéon 
indien.  Dans  les  montagnes  de  Dragai-,  «|ui  s'élèvent  à  l'ouest  du  Tchi- 
nab, les  fondeurs  de  1er  n'essaycuit  jamais  un  fourneau  sans  élever  sur 
une  butte  voisine  un  autel  au  dieu  Dragar  pour  brûler  an  son  honneur  du 
beurre  éj)uié;  ils  laissent  sur  l'autel  les  cuillers  du  sacrifice  et  l'en- 
tourent de  Iridcnls  de  fer  et  de  pierres  aux  formes  bizarres'. 


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Il  n'y  a  point  de  villes  dans  le  pays  de  Ladak,  à  l'exception  de  Leli, 
capitale  de  l'ancien  royaume,  annexé  maintenant  à  l'empire  indien,  sous 
le  gouvernement  «  médiatisé  »  du  maha  radjah  de  Kachmir.  Leb  est  situé 
à  5500  mètres  d'altitude,  non  sur  la  rive  de  l'indus,  mais  à  5  ou  4  kilo- 
mètres au  nord  du  fleuve,  à  l'issue  d'une  vallée  d'où  s'échappe  un  talus 
de  débris  s'élalant  largement  en  éventail  et  l'ecouvert  de  cultures.  Un  palais, 
qui  est  en  même  temps  une  citadelle,  dresse  au-dessus  de  la  cité,  sur  un 
dei'nier  contrefort  des  montagnes,  ses  hautes  murailles  blanches,  ap- 
puyées sur  un  socle  concave,  suivant  le  mode  d'architecture  tibétaine. 
Les  vieux  quartiers,  aux  ruelles  sinueuses,  se  blotissent  au  pied  du  cbà- 
leau,  taudis  que  le  bazar,  de  construction  moderne,  occupe  la  partie  in- 
férieure de  la  ville,  à   l'endroit  où  vient  aboutir  la  route  de  Srinagar: 

'  Frédéric  Drow,  ouvriigo  cilé. 


P0I'IIL.\T10NS  ET  VILLES  llll  ROYAUME  IlE  KAr.IlMin. 


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(les  jardins,  dos  cliamps  de  rérôîdcs  ol  qii(!l(|ii(>s  lioiii|iii'ls  de  saiiK's  cl  de 
|)('ii|di('rs  s(!  inonln'nl  aiilmir  de  la  ville,  sur  les  penles  du  talus.  Leli  est 
je  cenlre  <lu  coinmerce  du  Kacliniir  avec  les  territoires  chinois  du  Tibet 
cl  (In  Tliian-clian  Naidou  :  c'est  là  que  s»;  forme  la  caravane  annuelle  qui 
VII  porter  à  I;assa  des  soieries,  des  cliAles,  du  safran,  des  objets  de  matiu- 
riielurc  anglaise,  et  qui  prend  en  échange  du  thé  de  (ihine,  des  laines. 
(ji's  tin"qnoises'.  Au  printemps,  lors  du  départ  des  caravanes,  au  com- 
lucncernenl  de  l'hiver,  lors  du  retour,  les  Yarkandi,  les  Kachmiri,  les 
porteurs  de  toute  race  campent  en  grand  nombre  autour  de  Leh.  Des  enclos 
(le  prairies  se  succèdent  dans  tous  les  endroits  favorables  le  long  des  sen- 
tiers qu(î  suivent  les  marchands.  Çà  et  là  des  restes  de  forteresses,  où  les 
agents  du  souverain  (hs  Ladak  pereinaient  les  droits  de  transit,  dominent 
les  passages  obligés  des  caravanes,  (l'est  ainsi  qu'en  aval  de  Leh  le  fort 
(le  Klialsi  commande  un  pont  de  bois  jeté  sur  une  cluse  de  l'Indus,  large 
en  cet  endroit  de  20  mètres  seulement.  A  50  kilomètres  au  sud  de  Leh. 
dans  une  vallée  des  montagnes  qui  s'élèvent  en  face,  huit  cents  lamas  et 
religieuses  habitent  le  plus  grand  monastère  de  la  contrée;  partout  se  voient 
(les  monuments  bouddhiques,  et  des  figures  gigantesques  de  Cliakya  Mouni 
sont  taillées  en  maints  endroits  sur  bîs  parois  des  rochers'. 

Au  nord-ouesl  de  Leh,  Skardou  (Iskai'do),  la  capitale  du  Baltistan,  que 
les  linbitants  des  contrées  voisines  connaissent  sous  le  nom  de  Palor  ou 
ltalor\  n'est  pas  même  une  ville:  c'est  un  groupe  de  hameaux  situé  à 
l'allitiide  moyenne  de  2267  mètres,  dans  une;  plaine  |)icrreusc  que  ti-aver- 
sciil  des  canaux  d'irrigation  dérivés  de  l'Indus  et  bordés  de  jardins  et  de 
vergers.  Deux  rochers,  hauts  d'environ  oOO  mètres  et  polis  par  d'anciens 
coulants  de  glace,  s'élèvent  face  à  face,  de  chaque  côté  du  fleuve,  portant, 
l'un  des  fortifications  récentes,  l'autre  les  ruines  d'une  citadelle.  Presque 
toutes  les  maisons  sont  à  toits  jdats,  ayant  sur  la  terrasse  une  petite  con- 
struction en  torchis  qui  sert  d'habitation  d'été;  les  abricots,  qui  font  la 
richesse  du  pays  et  lui  ont  fait  donner  le  nom  de  Souri-Bhoutan,  «Tibet 
des  abricots  »  \  sèchent  au  soleil  sur  ces  toitures.  La  position  commer- 
ciale de  Skardou  est  des  plus  heureuses  et,  sous  un  climat  moins  fioid, 
elle  assurerait  à  la  ville  une  importance  considérable.  Les  deux  vallées  de 
l'Indus  et  du  Chayok,  le  Tsou-fo  ou  «  rivière  mâle  »  et  le  Tsou-mo  ou  «  li- 


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'  Commerce  extérieur  ùii  Ladak  en  1 87"»,  d'après  Drew  : 
linporlations  :  2.580000  francs;  Exportations  :  2  000000  francs.  Ensemble  :  4 440  000  francs. 
^  Uclli'.w,  Kashmir  ami  Kusligar  ; —  A.  Cunningliain,  Ladak. 
'  liidiiiilpli,  Tribes  of  Ihe  Uiiidoo-Koosli. 
Vi;;ne,  Travels  in  Kashmir,  Ladak,  Iskardo. 


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vi("'r'('  r('in('llt\  »,  se  n'iiiiissciil  en  iiiiii»iil  ili'  lu  coiiliV'c.  laiidis  (\\]\'n  fiicc 
ini'^inc  (le  Sk;ii'<l()ii  s'oinro  la  InlJlf  viillir  di-  (ilii^ar,  cinlit'llic  par  les 
(Mii\  coiiiiiritt's,  ronilii'a^f^  (oiilïii  des  plalarics  cl  la  vue  des  placiers.  \)o 
iiitiiilirciiscs  caiavams  de  mai'rliaiids  |»ass('iil  à  Skaidnii  cl  des  (issoiands 
du  Karlmiir  s'y  sont  claldis  |miiii'  y  lisser  ilcs  ('loiïcs  de  la  |in''ciciisc  laine 
ou  /Kirliin  n|»|ii>rlée  des  |>laleaii\  lilu-lairis.  Ouel(|ues  (H'|iailleurs  icciieil- 
lenl  aussi  djins  les  environs  des  |)é|Hles  de  un'lal,  suiloul  dans  les  saltles 
des  lonviils  jilaciaiies  :  d'aprcs  l(>s  indijiciiiîs,  l'oi-  sciait  dû  au  rrolleineni 
des  jiliicici's  eonli'c  les  loelies'.  Au  sud-es(  d((  Skjiidoii,  dans  les  valliVs 
Irihulaircs  de  l'Indus  <|uc  suit  le  eiieniin  de  Sr'ina<^ai'  à  l,cli,  des  •^i'ou|ies 
|)illoi'es(|ues  d(t  villages,  Kai'^il  cl  hras,  ont  aussi  une  ecriaiue  iuiporlauec 
coiMUie  licu\  dVlaiie  cl  de  marché.  I.c  seiUier  ipii  descend  îles  hauts  pays 
du  liallistan,  dans  la  «  praiiie  d'or  »  (ju'arrosc  le  Sind  kachniirien  et  dans 
la  plaine  de  Srinauar,  est  celui  qui  pjissc  au  col  de  Zodji,  où  sicjic  Siva  sur 
s(m  In'iue  de  nei^^cs. 

l-a  ville  d'Islanialiad,  la  «  Dcineni't^  de  Tlslanï  »,  élait  pour  les  Kachiniri 
la  cili'  d'Anal  naji  on  Auanl  na^,  le  "  Lac  du  Seipent  de  Vichnou  », — inuu 
qui  rappelle  rancien  cidie  dos  serpents  — :  c'est  le  cliel-lien  {\{i  Kacliniir 
orienlal.  Les  hateanx  (|ui  rcnionlenl  le  Djliilain  s'arrêtent  à  une  |ielile 
dislance  en  aval,  là  où  couinieiicc  l'i^cnlail  des  liantes  vallées,  emplies 
cliacnne  du  hriiil  d'un  torrent;  de  toiilcs  parts  en  amont,  d'aliondaiiles 
sources,  oml)i'a;i(>es  de  plalan*>s,  reilclanl  îles  temples  on  des  pavillons  de 
plaisiiice.  jaillissciil  des  lissiircs  iln  calcaire;  l'une  d'elles  est  celle  de  Ver 
liai;,  qui  l'oiine  un  pelil  lac,  clianlé  par  les  poêles;  nue  aiilre  s'i'lancc  de 
la  «  ^idlli!  de  riiumorlalilé  ».  l'oint  d(^  départ  naturel  des  marcliands  qui 
se  rendent  dans  le  hiissiii  du  liaiil  Tcliiiiah,  Islamahad  a  ipiclque  iiiipor- 
lance  comme  vilht  de  ciininiei'C(f  et  d'indiislrit»,  snitoiil  pour  la  l'ahrica- 
tion  du  salVan.  Sur  rime  des  lei-rasses  avanciVs  qui  doiuinaicut  rancien  lac 
de  Kac!imir,  ou  ap'M-i'oit  de  loin  les  ruines  du  temple  de  Marland,  eonsa- 
cii'  an  soleil,  cl  liàli.  dil  la  l(''jien(le.  par  les  llls  de  ''.nidc  '  -  iii'ros  de 
l'épopée  du  Malia  l'Iiarala  :  c<'t  édilice.  cnloiii  1'  •  coloniiail(  t''leL;anle, 
oriK' (le  Irises  el  (le  lias-reliefs,  date  évidem  .e  l'êpiupie  oè    ';trl    'j,\vv, 

apporli'  par  les  Séleiicides,  était  imité  pai  arcliitectcs  liiiidoiis- ;  c'es| 

le  moiiiiiiu'iil  le  pins  lieaii  du  Kaclimii',  l'un  'es  ■  lus  remarqnaltles  de 
rOi'ieiil.  et  sa  majeslé-  s'accroît,  aux  veux  des  V()\,,i;eiirs,  de  la  pie-ilioii 
isolée  ipi'il  occupe   sm' un  (iromontoire,  au-dessus  de  la  plaine  du  Kacli- 


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'   [!i(l(iiil|ili,  (iimajjc  iilc'>. 

-  A.  Cdiiiiinjiliiiiii;  —  Vi;;iii';  —  Iturjji'ns;  —  Fergiissdii  ;  —  l.cjciin,  vie. 


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SK\lll)(i|'.  COI,  l)K  ZOlir,   ISMM.MIAII, 


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iiiir,  en  l'iH')' lies  iiii>nt>' nt'i^ciix   ilii  l'iiiiiijiil  ;   lu   loiiliiiiic  i|iii  jiiillil  |iivs  du 
iiiii|ilt' ii'ii  (riiiilii' iKim  (|iii' (cliii  (le  «  llawiiii  »  an  sdiiivc  :  c'csl  \'r;\\\  dj. 


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l'ASSK     lu;     ZIIIUI. 

Dessin  (!.■  T.iyini',  d'apivs  iiiii<  |iliiiin'.'n|>liii'  dp  MM.  l'oiiriu'  1 1  SliopliiM'il. 

\iii(' pnr  excellence.  Kii  desceiidiiiil  le  cours  du   Djliiliini,  |tnr  lîidili.iliiirn, 
rnilcienue  c;i|»itale  de  lii  vallée,  S(!  veieiil  les  l'esles  de  leuiples  de  la   uièiue 


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NOUVELLE  f.fior.UM'JHE  UNIVERSELLE. 


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époqiie,  près  *lu  villiiffo  (rAviiiilipoiir,  cl  à  Padianlliiin,  là  où  sVlovail 
I'an(M(>imo  Srinaptr;  on  coiiiplo  dans  h;  Kai'lnuir  plus  de  70  édilicos  roli- 
giciix  dont  le  slyh>  est  jïm'o-l)a(;lrien  comme  celui  de  >farland. 

La  capitale  actuelle  de  la  plaine,  la  «  Cité  dn  SoKîil  »,  (|ni  liéiila  du  nom 
de  la  cité  détruite,  est  bâtie  sur  les  dcuix  bords  du  Djliilani,  assez  rapide 
dans  celte  partie  de  son  cours  et  traversé  par  sept  ponts,  dont  chaque  pile 
so  compose  d'un  noyau  de  pierres  retenues  par  des  troncs  d'arbres  su|)er- 
posés.  De  nombreux  canaux  serpentent  au  milieu  de  la  ville,  el  l'un  d'eux, 
le  «  canal  des  Pommiers  »,  fermé  par  des  portes  d'écluse,  communique 
avec  le  «  lac  »  ou  dal  qui  se  ramifie  à  l'est  de  Srinaf^ar  en  baies  et  en 
détroits,  ayant  eu  moyenne  de  2  à  ."»  nu''tres  d(!  profondeur.  Des  barques 
effilées,  qui  font  penser  aux  fjondoles,  parcourent  dans  tous  les  sens  la 
«  Venise  indienne  »,  el  <!<•  distance  en  distance  des  ylial  ou  grands  esca- 
liers baignent  leurs  marches  dans  l'eau  du  lleuve.  Quoique  entourée 
d'eau,  la  ville  est  tout  entière  au-dessus  du  niveau  des  inondatiotis.  De 
hauts  cubes  de  pierre,  contre  lesquels  vient  se  briser  la  force  des  eaux 
débordées,  forment  les  socles  sur  lesquels  s'érigent  les  maisons  en  briques 
ou  en  bois,  encadrées  de  poutrelles  légèn^s  qui  vibi'ent  aux  secousses  des 
tremblements  de  terre,  assez  fréquents  dans  la  contrée,  mais  y  résisleni 
mieux  que  toute  autre  construction',  (iliaque  maison  est  isidée  et  s'élève 
sans  plan  régiiliiir,  s«il  dans  le  voisinage  d'autres  bâtisses,  soit  au  milieu 
des  grands  arbres.  De  même  qu'autrefois  les  cités  de  la  Géorgie,  Sriua- 
gar  a  la  plupart  de  ses  toits  recouverts  de  gazons,  lleuris  au  |triiitt!inps  : 
du  haut  de  la  coll-ne  de  Ilari  (Ilari  Tarbat),  qui  domine  la  cité  du  côté 
de  l'est,  Srinagar  ressemble  à  un  immense  jardin  suspendu,  s'étendant  à 
perte  de  vue.  Srinagar,  la  ville  la  plus  populeuse  des  régions  liima- 
layeuiies,  est  riche  en  tenij)les  el  ^m  |)alais.  Hésidence  d'été  du  nialia  radjah 
de  Kachmir,  elle  fut  souvent  capitale  d'Klat,  depuis  l'époipie  de  sa  fonda- 
tion, au  commeiicemenl  du  sixième  siècle  de  l'ère  vulgaire,  l/iiu  des 
«  Grands-Mongols  ».  Jehaugbir,  y  lit  construire  des  édifices  de  |)laisance 
qui  sont  encore,  grâce  à  l'abondance  des  eaux  jaillissaiiles  et  au  b-au- 
chage  touffu  des  platanes,  K's  merveilles  de  la  «  Vallée  des  Uoses  ».  Au 
sud-est,  se  di'essant  entre  la  Srinagar  actuelle  et  Padranthaii,  l'ancienne 
capitale,  le  sommet  du  Takhl-i-Soulaïinan  ou  «  Trône  de  Salomoii  »  porte 
les  débrîs  du  plus  vieux  temple  de  Kachmir,  bâti,  disent  les  brabmaiies  de 
la  vallée,  ':••..,  le  courant  du  lr(»isièine  siècle  de  l'ère  ancienne.  G'est  de 
ce  monticule  de  Irapji  (jue  le  tableau  de  la  plaine,  avec  ses  eaux  éliiice- 


'    Fli'dfl  ic  Dl'L'A',  Olivni^i'  cili';. 


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lanles,  ses  avenues  d'arbres  et  ses  palais,  se  inoiilre  dans  loulc  sa  beauté. 

Srinagar  est  une  ville  indusli-ieuse.  I>es  campagnes  des  alentours  sont 

utilisées  jusqu'à  la  dernière  motte  et  les  maraîchers  ont  même  imaginé 


N*    Sil.    SIIIVAUAR. 


.7S°50'"- 


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0  après  l9C3rt«  del  Ltat  Mjjor  et  Jwtre3  dccumcnl) 


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(l'élablir  sur  K;  lac  des  jaidius  lloltanls,  longs  radeaux  formés  de  racines 
de  plantes  acjuatiqiics  liées  eu  laisccau  et  recouvertes  de  terre,  sur  laquelle 
on  cultive  surtout  des  melons  cl  des  concombres'  :  le  prix  moyen  d'une  de 
ces  nattes  llottanlcs  de  joncs,  que  l'on  cloue  sur  le  fond  du  lac  au  moyen  d'un 


'  Beruicr;—  Vif-ne;  —  llu^t'l; 

VIII. 


Li'ji.'iiii  ;  —  Wilion,  elc. 


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NOUVELLE  GÉOGRM'JIIE  UNIVERSELLE. 


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pieu,  est  do  2  à  .">  francs  pour  une  loiigiuur  île  10  inèlres  sur  2  ou  3  mètres 
de  liu'jio.  I,('s  racines  tic  néniipliar  et  les  graines  do  la  cliàlaigno  d'eau 
[Irapa  bispinosd),  réduites  en  farine,  servent  à  i)ré|>arer  le  pain  d'une 
grande  |)arlic  de  la  jiopulalion.  Kiicore  aujourd'hui,  la  principale  industrie 
manufacluiière  de  Sriiiauar  est  celle  des  dimchala  ou  cliàlos,  tissés  do  la 
pichma,pndimin(i  ou  jidrhm,  duvet  de  chèvre  importé  du  Ladakh,  du  Tibet  et 
du  Turkoslan  chinois.  Des  milliers  de  malheureux,  dont  le  salaire  journa- 
lier est  on  moi|Oniie  do  15  ceiilimes,  travaillent  on  d'impures  usines  au 
lissage  de  ces  bandes  étroites  (jui  servent  à  fabriquer  les  admirables  cliàlcs 
si  ap[)réciés  en  Europe,  et  notamment  en  France'  :  c'est  à  Paris  que  se 
vendaient  naguère  l(!s  quatre  cinquièmes  de  ces  tissus  do  l'Inde;  mais  la 
concurrence  que  font  à  Srinagar(|uelques  villes  manufacturières  du  Pandjab 
et  surtout  les  vaiiatioiis  de  la  mode  en  Occident  ont  porté  le  i)lus  grand 
dommage  à  l'industrie  de  Kachmir,  et  depuis  dix  années  la  ville  a  beau- 
coup jierdu'.  Siinagar  possède  aussi  des  lilatures  do  soie,  dos  ateliers  do 
fdigranes  et  de  peintures  sur  papier  mâché,  et  nombre  d'autres  établis- 
sements où  l'on  s'occupe  de  la  fabrication  des  objets  qui  demandent  de 
la  dextér'ié  dans  la  main-d'œuvre  et  du  goi'it  dans  le  choix  des  nuances. 
Le  comniei'ce  de  Sriiiagai-,  (pioique  bien  déchu,  est  considérable;  mais,  en 
dé[)it  des  lois,  un  des  «  articles  »  de  Iralic  consiste  en  petites  lilles  envoyées 
par  contrebande  dès  leur  |dus  tendre  jeunesse  dans  les  grandes  villes  du 
nord  de  rilindouslan.  A  l'ouest  de  la  [)laine,  deux  villes  servent  de  lieux 
d'étape  aux  marehamls  cpii  se  rendent  de  Srinagar  au  Pandjab  :  Sopour, 
«  la  Ville  d'Or  »,  où  vient  aboutir  un  canal  qui  contourne  au  sud  les  ri- 
vages marécageux  du  Wahw,  et  Baramoula,  située  à  l'entrée  des  gorges  par 
les(|uclles  s'enl'uil  le  Djhilam;  ime  stou|>a  bouddhique  élève  encore  ses 
assises  ruinées  au-dessus  de  cette  ville. 

Dans  la  région  nictutagiiouse  du  Kachmir  méridional  et  du  llazara  où  se 
sont  établies  des  j)opulatioiis  d'origine  hindoue,  se  trouvent  plusieurs  villes 
importantes  j)ar  leur  situation  sur  des  routes  historiques,  mais  parmi  ces 
villes  il  en  est  peu  (pii  aient  un  nondjro  d'habitants  considérable. 
Mou/.afarai)a(l,  dont  la  forteresse  domine  le  eoniluent  du  Djhilam  et  de  la 
Kiclian  ganga,  est  à  l'issue  tie  la  piinci|>ale  route  du  Kachmir  par  les 
gorges  de  13  iramoula  et  comnuinique  facilement  avec  Att(tk  et  Pechaver. 
Mari,  sur  le  territoire,  anglais  du  llazara,  et  jtrès  de  la  montagne  qui  lui 
a  donné  son  nuni,  est  une  de  ces  villes  de  santé  que  les  Anglais  ont  bâties 


■  Valuiir  annucllu  dus  cliùles  tibbùs  ù  Sriiiu^ar  de  18UU  ù  1870. 
Exiiui'lutiuu  •  »  (Ml  Europe         »  » 


5  250  00U  francs: 
2  250  000      > 


PA.MCH,   MIRPOUR,   AKHNOUR. 


139 


sur  les  avant-monts  de  l'Himalaya  :  clic  parsème  ses  villes,  ses  hôlcls,  ses 
casernes  sur  une  arête  fcrruf-incuse  s'élevant  à  l'altitude  moyenne  de  2200 
mètres.  Ahbottabad,  plus  à  l'ouest,  non  loin  de  la  l'ronlièrc,  n'a  d'impor- 
tance que  comme  station  militaire;  les  réffiments  qui  l'occupent  ont  à  sur- 
veiller les  tribus  «  rebelles  »  du  Yagheslan,  vivant  à  l'ouest  dans  les  val- 
lées tributaires  de  l'Indus.  Le  cantonnement  militaire  se  trouvait  autrefois 
plus  au  sud,  à  Ilaripour,  ville  située  déjà  dans  la  plaine,  en  deliors  de 
l'Himalaya;  c'est  près  de  là  que  s'élève  Torbela,  à  la  sortie  des  gorffcs 
do  l'Indus.  L'endroit  le  plus  sauvage  du  délllé  a  gardé  son  nom  turc  de 
Dcrbcnd  ou  a  Porte  ». 

Pantcli  (Puncb),  située  à  1000  mètres  d'altitude  dans  une  belle  plaine, 
au  confluent  de  deux  torrents  dont  les  eaux  descendcint  au  sud  veis  le  l)jiiilam, 
est  au  sud-ouest  la  ville  la  plus  avancée  des  Ktats  de  Kaclimir  ;  elle  trafique 
avec  Srinagar  par  le  Pir  Pandjal  et  le  Ratan  pir.  Mirpour,  dans  une  région 
de  collines  basses,  est  voisine  de  l'importante  station  di;  Djliilam,  sur  le 
chemin  de  fer  du  Pandjab,  et  ses  négociants  ont  monopolisé  r(!X|>orlalion 
des  céréales  de  la  région.  Rhimbar  était  le  point  de  ihipart  des  Grands-Mon- 
gols sur  la  route  du  Kacbmir,  et  chaque  étape  de  ce  chemin  a  gardé  h^  i)a- 
lais  où  les  souverains  se  reposaient  au  passage;:  encore  de  nos  jours,  les 
niaha  radjahs  du  Kacbmir  se  sont  réservé  l'usage  de  ce  chemin,  et  les  Eu- 
ropéens ne  peuvent  le  suivre  :  quatre  autres  routes  leur  sont  assignées. 
De  tous  les  lieux  d'étape  de  l'ancienne  roule  impériale,  le  plus  pojiuleux  est 
lu  ville  de  Radjaori,  dont  h  nom  a  été  transformé  en  celui  de  Rampour 
par  les  souverains  actuels.  Dans  celte  conli'ée  qui  changea  si  souvent  de 
maîtres,  il  n'est  guère  de  colline  (jui  ne  [)orlc  au  sommet  quelque 
château  fort,  rappelant  les  constructions  féodales  de  l'Occident.  La  plu- 
part de  ces  fortei'esses  ont  encore  leur  garnison,  composée  maintenant  de 
Ddgra,  à  la  fois  gendarmes  et  douaniers,  ([ui  vont  en  patrouille  sur  les 
souliers  des  montagnes  environnantes. 

Akhnour  est  la  gardienne  du  Tchinab,  et  sa  forteresse,  qui  défend  l'entrée 
d(î  ce  fleuve  dans  les  plaines  du  Pandjab,  est  l'une  des  plus  vastes  et  des 
plus  puissantes  de  la  contrée.  Au  pied  de  ses  bastions  crénelés,  le  fleuve 
rapide  entraîne  au  printemps  les  billes  de  deodar  et  de  pins  qu(>  les  bûche- 
rons ont  préci|)itées  dans  les  cataractes  du  cours  supérieur.  Dans  la  saison 
du  floUage,  presque  tous  les  habitants  de  Riassi,  d'Akhnour  et  des  vil- 
lages voisins,  en  amont  et  en  aval,  n'ont  d'autre  occupation  que  d'allei" 
saisir  le  bois  flotté  et  de  le  lier  en  radeaux.  Le  débardeur  n'a  pas  be- 
soin de  bateau;  s'aj)puyant  sur  une  .s7////y/,  outre  en  peau  de  chèvre  gon- 
flée d'air,  dont  les  pattes  de  derrière  sont  attachées  en  forme  d'anse  pour 


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NOUVELI-E  r.fior.UAI'IIIK  UNIVERSELLE. 


qu'il  y  passe  los  jambos,  il  plisso  sur  l'onu  on  la  frappant  flos  mains,  ol,  so 
laissant  pousser  par  le  courant,  va,  vient  sans  cesse,  remorquant  les  troncs 
«l'arbrcs. 

Djammou,  la  capitale  officielle  des  États  du  «  grand  roi  »  de  Kaclimir, 


N»  sn.  —  AKiiNOiin  HT  niAMMon. 


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ne  saurait  se  comparera  Srinagar,  ni  pour  la  beauté  du  site  et  du  climat, 
ni  pour  l'aclivilé  industrielle,  ni  |)our  le  nombre  des  babitants:  elle  n'a 
pas  non  plus  cette  j)osition  centrale  qui  convient  aux  cliefs-lieux  de  gouver- 
nement. Djammou  est  à  l'extrême  limite  méridionale  du  territoire  qui  lui 


nj.vMMor, 


n\ 


est  soumis.  Tout  on  vendant  lo  Kiiclimii-  à  rioiilnh-sinfili  pour  une  soinmi* 
(le  1(S  750  OOt)  francs,  la  Compagnie  des  Indes  n'était  pas  ràclirc  dt>  uardcr 
son  allié  dans  lo  voisinaj^o  ininu>diatd(!s  camps  anglais  du  l'aiidjal);  le  juinro 
(k|  souverain  dans  son  territoire,  mais  il  voit  à  riioriz(»n  du  sud  la  |umis- 
sière  soulevée  par  la  marche  des  ré;jiinients  l)ritanni(pies.  Située  sur  le 
dernier  renllenient  des  collines,  à  la  lisière  même  de  la  plaine,  Djaninioii 
csl  à  00  ou  XO  mètres  du  cours  d'un  loi'rent,  la  Tavi,  (pii  serpente  à 
l'est  dans  un  champ  de  piernîs,  limitée  au  nord  par  un  cirque  monta^nieux 
que  dominent  les  trois  pointes  de  la  Tn'kotla,  «  trident  de  Siva  »';  une 
Ibrèt  d'acacias  et  d'épaisses  jonj^les,  dans  lesquelles  se  cache  le  fiiliiei'. 
(lél'endu  contre  les  liraconniers  ])ar  des  lois  sévères,  entoure  la  colline  de 
Djammou  et  horde  le  torrent.  De  hauts  palais,  des  temples  aux  toits  dorés 
iiiontrenl  de  loin  la  ville  aux  voyajieurs,  mais  ceux-ci  ne  viennent  qu'en 
|n'(it  nomhre.  Djammou  est  en  dehors  des  routes  do  commerce,  et  la  vie, 
à  l'fmihre  des  édilices  hahités  par  des  princes  l'aslueux,  est  fort  cou ItMise. 
Eh  outre,  la  ville  n'est  alimentée  que  de  l'eau  des  citernes;  un  canal  dérivé 
ijii  Tchinah  doit  lui  apporter  prochainement  en  ahondance  l'eau  puiv  de 
celle  rivière;  hienlôt  aussi  elle  sera  rattachée  par  un  emhrancheinent  au 
ré'ieau  des  chemins  de  l'or  de  l'Inde. 

Aucune  des  autres  villes  du  sud-est  du  royaume  n'a  d'importance  par  sa 
population;  Ramna<;ar,  sur  la  haul(^  Tavi,  est  une  ancienne  capitale  déchue 
(le  sa  prospérité;  Bas(di,  sur  la  rive  droite  de  la  Havi,  à  l'enlrée  de  sa 
vallée  de  montafjnes,  est  aussi  une  cité  découronnét;  et  les  sinj;es  rou<;('s 
(l'un  hois  sacré  viennent  gamhader  jusque  sur  les  colonnades  du  piihiis 
dévasté  des  radjahs.  Du  moins,  un  site  de  la  contrée  l'ourniille,  une  l'ois 
piu'  an,  d'Iiahitants  de  passa<i(;  :  c'est,  au  nord  de  Djammou,  le  lieu  Ac 
|ièieriuage  de  Parmandal,  où  les  lidèles  viennent  en  multiludes  se  pui'ifier 
de  leurs  piîchés  dans  les  eaux  qui  sourdent  à  la  hase  de  roches  préyeuses. 
Souvent  l'eau,  trop  hasse,  ne  jaillit  |)as  à  la  surface,  et  les  pèlerins  ont  à 
oivusor  le  sol  pour  voir  suinter  l'eau  salutaire,  j)resque  aussi  sainte  (\\\c 
relie  de  Ilardwar,  à  la  «  ])orte  »  du  fiange.  Dans  la  région  des  montagnes 
que  parcourt  au  nord-est  le  haut  Tchinah,  la  ville  la  plus  animée;  est  Dha- 
derwah  ou  Rradawar,  la  «  Forteresse  d(î  Houddha  »,  dont  les  maisons, 
inities  on  hois  de  deodar,  s'élèvent  au  milieu  des  arhres  fruitiers  et  des 
piatanos,  au  hord  d'une  eau  courante.  L'altitude  de  Dhaderwah  est  d'en- 
viron 1050  mètres;  des  officiers  gourkha  ap|)artenant  à  des  régiments 
anglais  y  viennent  avec  leurs  familles  res|iirer  un  air  pur  comme  celui  de 


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rmlitel  d'Alviolla,  Inile  cl  Hinuilmja. 


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NOUVELLE  «ÉOfiRAPIIIE  UNIVERSELLE. 


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leurs  vnlléos  du  Nopal.  Kirhtwar,  le  Karlawar  dos  Kaclimiriens,  situé  n  In 
môme  hauteur  que  IJiiaderwali,  dans  une  plaine  fleurie,  qu'un  ampliitliéàliv 
de  monts  boisés  et  neigeux  environne  de  toutes  parts,  est  considéi-é  comme 
la  capitale  de  la  vallé(!  du  Teliinal»,  qui  décrit  en  cet  endroit  l'un  do  ses 
plus  brusques  détours;  mais,  e.n  r('!alit(i,  ce  village  ne  doit  son  im|H)r- 
tance  qu'à  la  réunion  des  sentiers  qui  (hîseendent  du  Lalioul,  do  la  val- 
lée de  Wardwan  et  de  la  |ilaine  de  Kaclimir.  De  Kicbtvvar,  on  aperçoit  au 
sud-ouest,  de  l'autnî  côté  d'une  fiorge  de  400  mètres  do  itrol'ondeui-,  la 
fissure  d'un  rocher  d'où  s'élance  un  torrent  par  bonds  succossils  d'une 
hauteur  totale  de  700  mètres  :  c'est  la  plus  haute  cascade  connue  de  l'Hi- 
malaya; de  la  ville,  située  à  ô  kilomètres,  on  entend  le  grondement  de  In 
chute  ot  l'on  voit,  au  soleil  du  matin,  la  pcmssière  d'écume  briller  de  toutes 
les  couleurs  de  l'iris  :  ce  sont,  disent  his  Pahari,  «  les  écharpes  des  fées  qui 
se  baignent  dans  le  flot  »  '. 


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L'Ktat  de  Tehamha,  qui  comprend  la  région  des  montagnes  située  à  l'est 
des  districts  de  Djammou  et  de  Kichtwar,  dans  la  haute  vallée  de  la  Uavi  ot 
dans  une  partie  de  colle  du  Tcliinab  ou  Tchandra-Bliaga,  ne  diffère  point  du 
pays  des  Pahari  par  l'origine  de  la  population;  ses  habitants  sont  aussi  des 
Hindous  Hadjpoules,  des  cidlivateurs  Thakar,  des  pasteurs  nomad('s  Goudjar 
otGaddi;  le  nombre  des  lé|)reux  est  proportionnellement  très  eonsidérablc 
dans  h;  pays  de  ïchamba.  Lors  du  traité  de  1S40,  ce  territoire  faisait  éga- 
lement partie  des  États  du  maha  radjah  de  Kachmir,  mais  il  lui  fut  rejïris 
bii^ntôt  après  par  la  Compagnie  des  Indes  pour  être  conlîé  à  un  autre  sou- 
verain n'ayant  jdus  que  ra|)parence  du  pouvoir.  La  ville  principale  du  polit 
Étal  est  celle  qui  lui  a  donné  son  nom;  bâtie  sur  les  bords  do  la  Ravi  à 
Q^2l  mètres  d'altitude,  elle  est  exposée  à  des  chaleurs  à  peine  moins  fortes 
que  celles  do  la  plaine  voisine;  mais  le  gouvernenKîut  anglais  a  fondé  au 
sud-ouest,  sur  un  promontoire  de  la  dernière  chaîne  himalayenne,  une 
ville  de  santé  pour  ses  emj)Ioyés  et  ses  militaires.  De  cet  observatoire 
superbe  de  Dalhousie,  haut  de  1224.'  mèlres,  le  panorama  comprend  la  belle 
vallée  de  la  Havi,  les  montagnes  de  Kangia  aux  pontes  noires  de  |)ins,  aux 
cimes  zébrées  de  neiges,  et  la  plaine  grise  ou  verdoyante,  suivant  les  sai- 

'  Villes  principales  du  royaume  de  Kuchiiiir  et  du  llazara,  avec  leur  population  approximaliM' ; 


Srinagar  en  1869 ir,ri  000  liai., 

Djammou  en  187*2 ■il  800     » 

Mirpour           «       10  000     » 

Mari OiOO     .. 


Islamabad. 
Itaianidula 
Itliadarwali 
Luh  .   .    . 


i)  050  linli. 

4  .'iOO     » 

5  000     « 
7>  000    » 


KiciiTWAn,  DALiiorsiE,  DiiAioisALA,  Nompom. 


143 


sons,  s'ôhMidanl  au  loin  vors  Ami'ilsar  cl  Lalioi'c.  Au  sud-osi,  un  conlrcfort 
(lu  Dliaola  Dliar  ou  «  M(>iita<jii(>  IManclu^  »  porU;  les  maisons  de  jtlaisaïu'i;  do 
iJliaiinsala,  ('-parsos,  ouiro  I. "»,')()  nic'lics  cl  IDMI  niclrcs,  sur  les  |iL'ntcs 
(le  la  nionla^Mic.  Celle  autre  ville  de  saiih-,  (|ui  a  rcniplacc  un  anli(|ue  sanc- 
tiiiiire  in'ahniaui(|iie,  —  d'où  son  nom  ih  Dliarmsala,  —  est  devenu  h 
riicl'-lieu  de  tout  \o  dislricl  de  Kanjii'a  cl  des  nondireuses  planlalions  d((  llié 
qui  recouvreni  les  pentes  bien  cxposc'cs.  De  cette  ville  cl  de  Dalliousie,  à 
I;i  fois  si'jonrs  de  |)laisii'  et  post(!s  d'observation  militaire,  les  Anj^lais  do- 
niinenl  les  deux  villes  hindoues  les  plus  importantes  de  la  vallée  du  Ijias, 


N»  r.l. 


TnAMOS   D  ANCU.NS   CI.ACIKIIS    DANS    LA    VAI.IKK    IIK    KANCOA. 


D  après  TheobalJ 


C  Perron 


I  :  «Tonnn 


Il  r>  kil. 

,î  i'onesl  la  ville  déchue,  Nourpour  ou  la  «  Cité  de  la  Lumière  »,  jadis 
|ii'ii|)l(';c  de  tisseurs  kachmiri',  cl  au  sud  Kan;,n'a,  rauti([ue  \a<{arkot,  dont  le 
l('m|)le,(leux  l'ois  pillé  par  les  musulmans,  est  (îiicore  l'un  des  plus  riches 
(le  l'Inde.  Onel(|ues-uns  des  rochtirs  dos  environs  portent  des  l'ortercsses 
d'iiii  aspect  {grandiose  qui  passaient  jtoiu-  imprenables  avant  les  récentes 
Iriiiblormalions  de  la  },nierre  (h's  sièiics.  Bientôt  les  locomotives  feront  leur 
ii|)|rarition  à  l'entrécï  de  la  vallée  de  l\  uigra,  à  Pathankol,  qu'un  chemin  de 
Il  r  doit  relier  à  la  cité  d'Aiiirilsar. 

l.a  haute  vallée  du  Bias  foiine  le  district  de  Ko\dou,  directement  admi- 
nistré [lar  les  Auf^lais,  tandis  que  la  réfiion  des  montagnes  basses  et  des 
aillincs  extérieures,  avant  l'entrée  du  lleuve  dans  le  Kangra,  est  occupée 


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WA'^: 


Vigne,  Travels  in  kaslimir,  Ladak,  kkaido. 


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141 


nouvklm:  (i  (■:()(;  Il  a  l' Il  ik  umvkuskllk. 


•'.) .  ■■ 


piir  les  Kliils  iii('Mlialis('s  dr  Maiidi  cl  dr  Siikol  cl  par  d'aiilrcs  pclilos  piiii- 
cipauh's  (Idiil  les  ladjalis  jdiiissciil  d'un»!  iiidrpcndaiict;  liclivc.  \a'.  ikhii 
i|f  Koiilnii,  ahiv^V;  dr  Koidoiil  l'il,  a  Il>  sons  di;  <  Houl  du  Monde  j> ', 
ipiuiipic  an  delà  se  Iniuvenl  encoi»!  des  régions  pins  clcîvéos,  le  LalnMil, 
le  Spili,  t'I  (pie  pins  loin  s'élendent  les  os|mees  inlialiitûs  du  KliaUlii.  MaiN 
déjà  le  Kiinlon  doil  paraitre  an\  Ilindons  de  la  plaine  eoninie  un  lei-riloiiv 
sans  issue.  An  nord,  la  cliaine  des  nionis  Itolilan;^,  prnlitnj^enienl  de  l'Ili- 
inala>a  proprement  dil,  dresse  ses  pics  à  .')i)(K>  nièlrcs  de  lianlenr;  ;'i 
l'onesl,  les  munis  de-  lîara  llanf^alial,  déversant  ipiehpics  glaciers  dans  la 
lianlc  \alléc  île  la  Havi,  altcigncnl  la  même  élévation  et  st^  relient  à  la 
cliaine  du  IHiaolo  Dliar,  dont  l»(s  cimes  dé'passent  encore  ôjdU  mèlr('>. 
ITaulres  inonis  limitent  la  conlré'c  du  côté  de  l'est,  et  de  nonilnciiv 
chaînons  la  divisent  en  un  {('sean  de  vallécis  étroites  et  d'accès  dilli- 
cile,  mais  ollranl  les  vues  les  plus  grandioses  :  an  plus  la  viii}ii-<iii- 
(piièine  partie  de  la  conirée  a  pu  rire  soumise  à  la  culture;  en  moyeniu', 
l'altitude  des  champs  cultivés  atteint  certainement  lùUd  nn'Hres  et  (picl- 
ques  villages  sont  à  plus  di!  oôUd  mètres,  hauteur  de  la  Maladellii. 
Pourlant  c'est  par  le  Konlou  (|ue  passe  l'une  des  grandes  voies  de 
commerce  à  travers  les  hauts  laites  de  l'Asie.  D'Amritsar  à  Yarkand. 
le  chemin,  remonlanl  la  vallée  du  Bias,  passe  au  col  de  [{(ditang,  l'i 
41  li  mètres,  puis  traverse  le  pajs  <l(!  Lalioid  au  milieu  des  élioidi^ 
cl  lies  glaces  pour  gagner  un  des  allluents  du  haut  Indus,  le  Zanskai, 
par  le  col  de  iJara-latidia.  Vai  I(S(]"),  soixante-douze  montagnards,  sur- 
pris par  une  tourmente  sur  le  col  de  Uohlang,  lurent  ensevelis  dans  lis 


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liCs  hahilanls  du  Koulon  appartiennent,  comme  ceux  des  pays  voisins,  à 
plusieurs  races  ipii  se  sont  l'Ialdies  successivement  dans  la  contrée.  \a< 
Koulon  observés  sont  petits,  très  dolichi)cé|)hales,  aux  pommettes  eliaci'o, 
mais  ayant  des  arcades  zygomatiipies  saillantes  :  ce  sont  des  Hindous 
lladjpoutes  et  Pahari,  mais  parmi  eux  on  remarque  aussi  des  individib 
au  type  très  loncé,  prohahlement  un  reste  des  tribus  plus  anciennes.  Lis 
dialectes  du  pays  sont  le  |iahaii,  et  chez  les  plus  policés  de  la  contrtr 
l'hindouslani  ;  quelques  mots  tibétains  se  retrouvent  aussi  dans  le  hiii- 
gage,  soit  comme  héritage  d'une  ])opulation  aboi'igène,  soit  comme  appml 
de<  marchands  ipii  se  rendent  de  l'une  à  l'autre  vallée.  C'est  dans  la  régidii 
mériiiiimale  du  Koulou,  le  Sioradj,  peu  i'réquenlé  des  étrangers,  que  le- 
anciennes  mœurs  se  sont  le  mieux  consei'vées  :  le  mariage  polyandi'ique  s'y 


'  Uarcourt,  Journal  oflhe  Geogm/iliical  Society  of  Londoii,  1871. 


PAYS  DR  KOUL(UI. 


11^ 


osl  maiiitonu  commi»  dans  loTihcl;  |>liisi('urs  hommes,  pénérnhuiu'iU  des 
IViMVs  (jiii  lU!  vcMilcnt  pas  divisiT  leur  lu!rila|ro,  sonl  les  ('|ioiix  d'iiiic  seule 
l'einme,  el  toutes  leurs  économies  sont  employées  à  la  rouvrir  de  liaijiies, 
(le  bracelets,  dc!  c(dliers,  de  pendants  et  autres  bijoux  en  or  el  en  argent; 
parmi  et^s  ornements,  il  en  est  du  travail  le  plus  remarqualde'.  De  f>randes 
richesses  nrtisti({ues  se  rcncontienl  encore,  en  dehors  des  palais  et  des 
lemples,  dans  les  maisons  des  paysans  du  Kouhui  et  des  autres  vallées  de 
l'Himalaya  occidental.  Telle  ménagère  des  bords  du  Ilias,  du  Tchinab,  du 
lljliilam  a  pour  chaudrons  et  pour  aiguijîres.dos  vases  de  cuivre  merveil- 
leusement décorés  el  couverts  d'inscriptions  persanes,  objets  d'art  d«' 
deux  à  trois  siècles  d'existence  et  d'un  travail  trop  délicat  pour  (|u'on 
puisse  en  faire  actuellement  de  semblables  dans  h;  pays'.  Les  riches  gise- 
ments d'argent  de  la  conlrée  sont  à  peine  exploités. 

Oriiciellement,  la  religion  des  habitants  de  Koulou  se  rattache  aux  cultes 
brahmaniques,  mais  on  ne  trouve  pas  dans  la  contrée  un  seul  temple  de 
jondalion  liindoue  antérieur  au  dix-huitième  siècle.  Les  anticpies  sanc- 
liiaires  ra|)penent  tous  la  forme  des  temples  bouddhiques  du  Tibet  et  la 
|iliq)art  ont  encore  dans  les  parvis  de  longues  percluîs  à  bandcrolles, 
semblables  h  celles  qui  llotlent  sur  les  lieux  sacres  du  pays  bod.  Le 
culte  du  serpent  n'a  pas  non  plus  complètement  disparu.  Kn  réalité, cb.ique 
village  a  gardé  sa  divinité  locale,  décorée  de  (pielque  nom  hindou  apporté 
par  les  Radjpoutes;  les  gens  de  Koulou  adorent  aussi  le  «  diable-dieu  » 
sous  la  forme  d'un  fauteuil'.  Les  sources  thermales,  assez  nombreuses  dans 
If  pays,  sont  très  vénérées  par  eux  el  ils  vont  s'y  baigner  v.n  pèh'rinage. 
Maintenant  de  nouveaux  changements  vont  se  produii'e,  sous  l'inlluence 
(l'aiilriis  éléments  ethniques.  Des  spéculateurs  anglais  ont  déjà  pénétré  dans 
lu  basse  vallée  pour  y  établir  des  plantations  d'arbustes  à  thé  comme  dans 
lu  Kangra,  el  (;à  et  là  se  voient  des  maisons  de  construction  anglo-hindoue 
à  côté  des  chalets  indigènes,  formés  de  couches  alternantes  de  bois  cl  de 
pierres  et  surmontés  de  toits  en  auvent. 

L'ancien  chef-lieu  du  Koulou,  qui  porte  encore  le  nom  de  Nagar  ou  de 
<r  Cité  »,  est  un  simple  village.  Un  peu  plus  grande,  la  capitale  actuelle  du 
Koulou,  Sultanpour,  située  en  aval  de  Nagar,  mais  encore  à  plus  de 
l'iOO  mètres  d'altitude,  sur  la  rive  droite  du  Bias  et  à  la  bouche  d'un  autre 
torrent,  n'est  qu'un  bourg  aux  maisons  pressées  les  unes  contre  les  autres 
dans  une  étroite  enceinte  de  murailles.  Une  route  muletière,  récemment 


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'  r.alvprt,  Kiiln,  The  Siher  Conntry  and  Ymiri  rupi. 

■  Ile  Ujfalvy,  Hulh'lin  (le  la  Société  de  Géographie,  1881  ;  —  Nature,  Û  m.ii  1882. 

■'  Calvcrt,  mciiiuiro  rilu. 


VIII. 


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NouvFME  r.finr.nAriMF:  rMVFRSEi,i,F, 


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ll'iictV,  iiioiiti'  ili<  Siillaii|H)iii'  !\  l'diit'^l  fl  tnivn'S)'  la  <t  Mniihigiic  HIanrIic  <> 
au  cul  (le  Itahha  (Ttl 'tll  iimMit^)  poiir  r('ili>s('(>ii(lr*>  dans  l'Klal  Irihiilaiii' île 
Maiiili,  m  ('>vil;iril  le  loii^  ili'lmii'  par  la  valh'r  tlii  |{iii>.  La  capilalit  de  cclh' 
t'iiclaM'  |i()i'h'  aii'^'-i  li>  iioiii  «le  Maiiili  nu  «  Marcli)'  »;  plus  ^l'ainlc  cl  d'un 
aspcci  plus  niodcnic  ipic  SullanpiMir,  clic  a  nicinc  un  pont  suspcntlu  siu'  le 
lîias  cl  (les  niulcs  Ar  vnilui'c  it'^jidicrcnicnl  liacccs.  Uucl(|ucs  mines  de  l'er 
se  Iniuvcnl  dans  le  Mii'-inafic,  ainsi  (|ue  des  caiiières  di!  sel,  (Hivei'les  dans 
les  l'itclies  du  Sult-lliniala^a.  La  cliaine  (pii  liniile  à  l'onesl  les  vallées  de 
Mandi  cl  du  Siikcl,  la  M'paianl  de  la  i'é<{i(in  îles  collines  liasses,  est  la 
ci'cle  raniciisc  ciiuuuc  snus  le  niun  de  Sikandar-ka-dliai' un  «  Muni  d'Alexan- 
dre»; on  y  \oil  ipiclipics  ruines,  dans  lesi|uelles  Vi^nie  a  cru  retrouver 
les  traces  des  luilcls  »'lcv('s  à  sa  i^loire  pai'  Alexandre  de  Macédoine,  lors- 
(pTiJ  l'cpril  le  clieniin  d(!  lïhridenl.  Non  loin  do  ces  collines,  sur  les  bords 
du  Itias,  des  llannnes  s'échappent  d'nniî  fissur»;  de  roches,  et  tics  vapeuis, 
jailli'^sanl  en  ahondance,  l'ornient  un  petit  lac  d'ean  luiné'iale.  (linipiante 
mille  pèlerins  accourent  clia(|ue  année  pour  se  purilier  dans  l'ean  de  hja- 
walaïuoidvi  ou   de  la  «   l'Iamme-Dieu  »  '. 

A  l'orienl  du  Koiilou  et  du  Spili,  le  hassin  du  Satledj,  entre  le  territoiic 
tihi'lain  <'t  la  plaine  liasse,  est  occupi'e  par  de  nombreux  petits  Ktals,  d'ail- 
leurs privi's  de  luule  indi'pendance  poliliipie.  Le  pins  important  de  ces 
l'.lals  cs|  le  Itacliahr  (ilnssahir),  qui  s'étend  sur  les  deux  versants  du  lleuve, 
des  cluses  de  l'Iliuialaya  extérieur  aux  l'rontièn^s  d(^  la  (Ihiiie  :  le  radjah 
radjpituif  i|ui  le  i^ouvcrne,  sous  la  surveillance  d'un  résident  anglais,  se 
dil  le  descendant  de  hJO  prédécesseurs.  Son  royaume  n'est  (|u'un  étroit 
In^si-,  vers  lc(|uel  conver^cnl  d'autres  fissures,  coninu^  celles  du  Spiti  cl 
ipiejipics  lariics  vallé'cs  omhreuses,  comme  ccdie  de  la  Baspa.  Dans  ce;  cou- 
loii',  lonji  de  'iOII  kilomètres,  sans  compter  les  détours,  tons  les  climats  se 
succèdent;  tandis  ipic  les  dernières  hahitations  voisines  du  Tihel  sont 
culounrs  de  ?iiaijires  arbustes,  bi-avanl  le  IVoid,  Tcbini,  vers  le  milieu 
de  la  valli'c,  à  'iTt'Il  mètres  d'altitude,  a  des  vifines  (pii  produisent  des  rai- 
sins cxipiis  scivant  à  l'aire  uti  vin  très  riche  en  alcool;  enlin  vers  ir»(lll 
mètres  s('  voit  dé-jà  un  lijiuier  banian  ou  multipliant  :  la  véfrétation  tropi- 
cale s'iinneucc  di'ià  par  diverses  espèces  de  jdantes.  Mais  à  tous  les  étafjcs 
d(!  la  valb'-e  on  respire  avec  peine;  l'atuiosphèrc  n'est  pas  assez  renouvelée 
|>ai'  les  vents;  en  été,  la  chaleur,  réfléchie  par  les  roches  imes,  est  pénible 
à  supporter.  Le  dt-boisénu^it  des  pentes  a  détérioré  le  climat  local  :  les 
teni|iératures  sont  devenues  plus  extrêmes,  et  les  terrasses  latérales,  où  se 

*  Cai'i  von  IIUuuli  Katchmiv  uml  dus  lieich  dcr  Siek. 


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IIAl'Ti;    VALLKK    ru    SATI.HIJ.    —     tl  0  H  T  K    II  II    T  1  II  K  T  ,     V  I  i;    niISK     Ml  i:  S    lu:    1111(1 

Ui'>»iil  lie  (j.  Yuillici',  l^il|||L'^  une  |ilioUi};i';i|iliii!  île  M.M.  Uoiii'iie  et  Slii'|iliei>l. 


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IIATTK   VALLKE  DU  S\TLEDJ. 


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Inmvoiit  !ns  villMfços  cl  los  oiillurcs,  n'oI!V,'nl  |)>'us  la  mémo  ivsislanco  aux 
avcistïs;  elles  se  ravinent,  rapidomenl,  la  leire  végétale  diminue  cl  en  même 
Icmiis  la  i^pulalion. 

l'our  les  habilanls,  les  dialectes,  les  cultes,  des  transitions  analogues  à 
celles  du  climat  se  font  du  haut  on  l)as  de  la  vallée.  Dans  la  région  supé- 
liiiiic  vivent  des  [)0|)ulations  d'origine  bod,  parlant  tibétain  et  pratiquant 
la  religion  bouddhique;  dans  la  partie  basse  au  contraire  ont  pénétré  des 
Hindous,  dont  l'idiome  dérivi;  d  une  souche  «  aryenne  »  et  (pii  ressemblent 
aussi  pour  le  culte  aiix  riverains  du  Hauge.  On  peut  dire  que  la  vallée  du 


N"   5Î.   nOUTR    DU    TinF.T,    BR    SUri.A    V   CIIU'Ul. 


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d  après  Montiomcrc 


C  J'ef'O'i 


bO  kil. 


S:'lle{!j  n'est  qu'une  fissure  ouverte  transversalement  de  l'ilindouslau  vers 
le  rii.jl,  ei  1(>  gouverneiuent  britanniipie  s'oceiq)e  de  changer  cetlc;  fissure 
cil  une  route  eommereiale.  Les  radjahs  de  la  vallée  ont  dû  renoncer  au\ 
droits  de  transit  sur  les  maichandises,  et  de  la  sliitiou  iinglaise  de  Simla, 
si'drcssanl  sur  une  arête  entre  le  bassin  du  Satledj  et  celui  de  ia  Djamna, 
une  idiile  serpentine  contoui'ue  les  llaïus  des  inoulagiie>^  à  mi-hauteur  pour 
s'cicvcr  graduellement,  le  long  du  Satledj,  juscpie  vers  les  confins  du  Tibet; 
(Icjn  (Il  liSTC»,  c(^  chemin,  où  les  voyageurs  trouvent  de  distance  en  distance 
(iL'>-,iid)crges  bien  tenues,  se  dt''vel(>|ipait  siu-  un(\  longueur  totale  de  ^l^}  kilo- 
hicIi'n'.  Tôt  ou  tard  elle  atteindra  l.assa.  Sans  dmite  aussi  un  embraiiclie- 
mciil  (le  cette  route,  remontant  la  vallée  du   l'ara,  au  nord  du  Léo  l*or- 


'  Andrew  Wilson,  The  Ahudc  nfSuuic. 


rr^mm^ 


IJO 


NOUVELLE  r.LOGRAI'IIIE  TNIVERSELLE. 


jryal,  s'élèvera  vers  le  jtlaleau  de  Roupclioii,  «huis  la  direcUon  du  haut 
indus,  du  l*aiigkong  et  du  Karakorouni;  c'est  la  roule  future  de  l'Asie  cen- 
trale. Presque  aucun  obstacle  ne  se  montre  sur  cette  voie  naturelle,  que 
clioisissont  les  oiseaux  pour  se  rendre  des  plaines  de  l'Ilindoustan  dans  le 
Turkestan  chinois'.  Néanmoins  les  seules  bètes  de  soituik!  qui  se  voient 
encore  dans  la  haute  vallée  du  Satledj,  sont  les  brebis  qui,  après  avoir  été 
tondues  iiu  marché  de  15ampour,  retournent  au  Tibet  cliar<^ées  de  céréales'. 
La  haute  vallée  du  Satledj  n'a  que  des  villages  ou  des  hameaux,  il  en 
est  de  même  de  son  tiibulaire,  le  val  de  Spiti.  Le  cbet'-lieu  de  celle  pro- 
vince himalajenne,  Dankar  ou  plutôt  Drankhar,  le  «  Fort  Froid  »,  mérite 
bien  sou  nom  :  c'est  un  nid  d'aigle,  perché  au  sommet  d'un  roc,  à  ÔOtl 
uu'ilres  au-dessus  du  torrent  de  Spiti,  à  j89i  mèti'es  aunlessus  de  la  mer. 
Mais,  dans  la  j)artie  basse  de  la  vallée  du  Satledj,  Ram|)oiir,  la  «  vilhî  de 
liama  »,  ipui  son  titre  de  capitale  d'Etat  peut  faire  ranger  au  nombre 
des  villes,  est  un  lieu  de  marché  très  ImpuMilé,  surtout  pour  l'achat  (le^ 
laines  du  Tibet.  Bilasj)our,  autre  chef-li«>u  d'un  Ktat  inéjgène,  situé  dc-jà  i'i 
l'etiliéede  la  plaine,  à  -jOO  mètres  au-<lessous  do  Hampour  et  à  î  '?'  'Mè- 
tres d'altitude,  est  aussi  une  ville  de  trafic.  En  1762,  le  Satledj,  aiirté  pur 
un  éboulis  de  rochers  dans  les  gorges  qui  se  trouvent  au  nord  de  Simia, 
cessa  couqilèlement  de  couler.  Un  lac  de  ["20  mètres  de  profondeur,  relluani 
jusque  dans  le  voisiiuige  de  Rampour,  s'était  formé  en  amont  du  clapier. 
Après  (piaraule  jours  d'interruiition.  le  fleuve  repai'ut  soudain  en  une  vague 
de  plus  de  ÔO  mèires  de  hauteur;  il  rasa  com|)lètement  la  ville  de  Rila'.- 
pour,  et  plus  bas.  dans  le  I*andjab,  changea  tout  le  régime  hjdrogia- 
phique  de  la  plaine^. 

ni 

IIIMAI.AVA    CKNTnAl, 
VEIISASI    BE    LA    BJAMNA    tT    DU    GA.NUK,    SUILA,    GUtlIWAL,    KOl.'MAON,    NF.TA 


A  l'iu-ient  du  Satledj  et  de  rindus,(|ui  percent  d'outre  en  outre  le  système 
de  l'Himalaya,  et  pcsrmirent  ainsi  aux  con([uéranls  radjpoules  de  prendre 
les  montagnes  à  revers  pour  s'emparer  du  Tibel  occidental,  les  hautes  val- 

'   lliiiiloi',  (•iiiettcer  of  Imliii . 

'  Sloliczk;],  Millhciluiujcii  vmi  Pi'Icriiiiiiiii,  1870,  ii'  1. 

■'   Villes  piiiii  i|i;il('s  ili'  riliiii;il:iy;i  iiccidriilal  tic  \;'.  Ilavi  ,iii  Sallodj  : 

Nniii|pciiir 7  IMIli.ili.    I   ltili's|.,iiir 4  000  liai. 

K.iniira (!  TiSO     i.      j    |)li;iniisalii.    .        '-' *<•'()     .■ 

Tchamb:i ,    .    .  5  000     ..      i    Dalliuusie Vi  000     • 


BILASI'OIR,  SIMLA. 


151 


léos  (le  la  Djamna  et  des  divorsosf^anfia  unies  dans  le  courant  du  Hange  ne 
(liiiinonl  accès  que  jusqu'au  faite  du  Traiis-Ilimalaya;  c'esl  en  eflct  celle 
|i<:iie  de  parlajjçe  t\m  a  servi  de  IVonlière  polilique  aux  États  hindous,  puis 
à  l'iiérilier  commun  de  toutes  ces  principautés,  remj)ire  anglo-hrilanuique. 
Mciuc  l>lus  à  l'est,  le  versant  méridional  du  Trans-llimalaya  n'appartient 
|);is  tout  entier  à  l'Étal  indien  du  Népal;  l'iùnpire  Chinois,  représenté  par 
(les  ijarnisons  en  partie  tihétaines,  empiète  de  ce  côté  jusqu'aux  monts  de 
rilimalaya  proprement  dit,  et  possède  par  conséquent  les  sources  et  le 
nmrs  supérieur  de  mainte  rivière  qui,  par  la  Kosi,  descend  vers  le  Gaufic 
cl  le  golfe  du  Benfiale.  Toutefois  la  région  naturelle  du  versant  gan- 
liclique  de  rilimalaya  est  dans  son  ensemble  assez  hien  limitée  politi- 
([ucnient;  environ  les  trois  quarts  de  celle  hande  de  territoire  consti- 
liiciil  même  un  Ktat  distinct,  le  Népal,  qui  ne  s(!  rattache  que  par  une 
licliiin  diplomatique  à  remjuic  anglo-indien.  La  plus  grande  partie  de 
ce  versant  liimalayen  est  iuliahilahle;  au  nord  les  neiges  et  les  glaciers, 
iiii  sud  les  forêts  marécageuses  du  tisraï,  arrêtent  les  pas  de  l'homme,  et, 
d'iiiie  zone  à  l'autre,  les  chaînons  transversaux  et  les  arêtes  parallèles  à 
l'Himalaya  forment  un  labyrinthe  de  rochers  et  de  hautes  pentes  où  toute 
ciilliiie  est  impossible.  Helativemeut  à  la  faible  étendue  des  terres  que 
riionime  peut  utiliser  1»;  long  des  rivières  et  sur  les  premières  terrasses  des 
mollis,  le  pays  est  assez  peuplé,  du  moins  dans  les  districts  anglais,  car  il 
n'exislo  aucune  statistique  du  Népal  et  c'est  sans  aucune  donnée  précise 
(pic  la  p()|)ulation  en  est  évaluée  pai-  les  divers  auteurs  de  deux  à  cinq  mil- 
lidiis  d'habitants'. 

l.a  ville  de  Simla,  entourée  d'une  vingtaine  de  petites  principautés  hin- 
doues (pii  ont  conservé  quelques  formes  de  l'indépendance,  et  dont  les 
l'ioiilières  sont  plus  entremêlées  que  celbî  des  anciens  Ktats  de  la  «  Con- 
lcil(Talioii  Germaiiiiiue  »,  occupe  un  domaine  à  part  entre  les  provinces 
II'  l'ouest  et  du  centre  de  l'Himalaya.  Elle  est  de  fondation  récente, 
iii;iis  les  avantages  de  sa  position  et  le  cap,nce  d'un  vice-roi  des  Indes  en 
oui  l'iiit  la  capitale  d'été  pour  tout  l'empire  :  dès  qu'arrive  la  saison  des 
ihalt'urs,   les  routes  qui  mènent  de  la  plaine  vers  Simla,  se  couvrent  de 


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'  Yi'isinl  indien  de  l'IIiinid.'iya  ccnlral  : 

Siuda 

liai'iiwid  iiidôpendiiiit 

Koiiniuuii  et  (îurliwal  aiiu'lai^.   .    . 
Kepii 

Ensemble.   .    .    . 


Siiporficii* 
en  kiloin.  niiTL'S. 

47 

l()82ti 

2!»  784 

140  7!t.". 


187  45'i 


Popiilntioii  on  1872.  Population  kilom 


54  000  hall. 

l.SOOOO       » 

745  000       .. 

i()00  000(?)  » 


721 
14 

25 

20 


3  500UO0(î)lial).         l'.l 


mmmm^^fm 


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NOUVKLLK  (;KOGRArillK  l'M VKUSKI.I.i: . 


fdiivois  cl  (r('(|iii|):\<;rs  ([iii  porlciil  l\  la  «  villt;  de  siiiiUi  »  les  hauts  l'onc 
lion  liai  l'os  (1(!  Calcutta,  suivis  de  la  plu(mrl  de  leurs  cniploycs;  (iiie!(|U('s- 
iiiK's  des  priiieipalos  institutions  de  l'Elal  (Miiijirenl  annuellement  do  I'iiik 
il  l'autre  cilé.  Il  était  naturel  (|ue  les  An;ilais,  si  él(iij;nés  de  leur  pairie, 
chereliassent  en  lliiidoustan  des  lieux  iap|»elaiit  le  iliniat  natal;  il  leur 
l'allait,  sur  les  pioinoiiloires  avaiieés  de  riliinalaya,  des  silesoù  ils  piisseiil 
retrouver  la  vigueur  et  l'élaslieilé  des  muselés,  perdues  dans  les  plaine^ 
l)rùlaiites  du  (!aiij;t!  et  de  l'Indus.  Ainsi  tout  un  tordoii  de  rites  nouvelles, 
l'ormant  une  sorte  d'Anfileterre  liindoiie,  s'allonjre  sur  les  avanl-monts  lii- 
lualayens,  à  la  hauteur  nioyenno  de  '20UO  mètres;  nulle  part,  la  prisi    le 


'■  .   * 


s"  55.  —  sim*. 


possession  du  sol  par  les  eontjuéranls  oeeidenlaux  ne  se  montre  d'iiiie 
manière  plus  saisissante  (pie  dans  ces  villes,  si  peu  semhlahles  d'aspect  à 
celles  dont  on  |ieut  voir  dans  la  plaine  les  murs  déiielés  et  les  leiii|il('s 
resplendissant.  !.;>  plus  oiiuide  |)arini  l(»iiles  ces  vilhîs  anjilaises,  Simia,  c-l 
aussi  la  plus  iinporlaiile  jtai'  sa  |>osition  ijéoi;raphi(pie  :  elle  n'est  pu-- 
seulement  une  ville  de  |tlaisir,  ainsi  qu'on  pou:  rait  le  supposer  en  assis- 
tant à  ses  l'êtes  et  à  ses  darbar  où  se  préseiitent  les  radjahs  par  dizaine.. 
Se  dressant  sur  une  arèle  entre  le  Saliedj  et  un  alïlueiit  de  la  DjamiiM, 
elle  indi<|ue  précisf'meiit  \r  sommet  du  triaiiiile  formé  par  les  deux  ha^- 
siiis  de  riiidus  et  du  (laii^e;  elle  survi-ille  la  seule  entrée  l'clalivemeiil  la- 
cile  du  Tihel  et  de  rilmpire  (ihiiioi^;  enliii,  elle  e>«l  placé-e  enlic  les  dcii\ 
{fraihU  Klats  du  Kachmir  et  du  Népal  el    jiar  les   iiiiinhreuv  camp»^  des  co- 


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SIMLA,   PAYS  DK  CAIUIWAI,. 


152 


Ipniix  et  (le  la  plaiiK!  voisiiio,  cllt^  lient  ou  ('clitu;  les  po|mlalinns,  jadis  si 
iriiorriôi'f*^»  dis  Siklis  cl  dtîs  Radipoiilcs. 

|,ii  jirtMiiièio  maison  anfilaisc  s'éleva  en  l(S|0  snr  la  erèlo  de  Sinila,  dé- 
cniivei'le,  pour  ainsi  dire,  denx  années  auparavant  par  les  i'rères  (ierard, 
iiKiis  le.  Iianieau  ne  reçut  son  nom  qu'en  iN'iG;  lorscpie  .iacipiemonl  le 
vi-;ila,  en  1SÎ)|,  il  no  s'y  trouvait  encore  (lu'iuie  soixantaine  de  maisons. 
(i'csl  en  4804  (pio  Simla  ju'it  son  ranf^  de  deuxitune  capitale  de  l'Ilindous- 
1(111.  I5àti(^  an  sommet  et  sur  les  ])cnles  d'une  colline  en  croissant  (pii  se 
(lév(!lo[)pe  de  l'ouest  à  l'est,  cWo.  parsème  ses  hôtels,  ses  palais,  ses  maisons 
(le  plaisance  sur  un  espace  d'environ  10  kilomètres,  et  se  leimine  à 
l'nrient  par  une  cime  arrondie,  1(>  Djako,  recouvert  de  pins  deodar,  de 
chênes  et  de  rhododendrons;  déjà  la  ville  est  devenue  trop  vaste  et  trop 
populeuse  pour  que  les  sources  do  la  conti'ée  puissent  lui  suflîre  cl  Ton 
n'a  pas  encore  détourné  de  torrent  liimalaycn  pour  lui  l'aire  remplir  les  ré- 
servoirs (l(!  Simla.  Au  sud  do  cette  capitale,  (luedél'endenl  à  l'ouest  les  Itat- 
Icries  de  Djalok,  plusieurs  autres  «  sanatoires  »  ou  villes  de  santé  s'éta- 
«rcnt  sur  les  pentes  ou  couronnent  les  sommets  de  collines.  Souhalhou, 
Kiisaoli,  Dp^cliaï,  Kalka,  sont  principalement  des  stations  militaires,  pro- 
lc»oant  à  distance  la  position  de  Simla;  mais  toute  la  réf^ion  montueuse, 
i|iu'  domine  à  l'est  la  pyramide  du  Tchaour,  couverte  de  Imis,  forme  un 
massir  presque  isolé  entre  le  Sivalik  el  l'Himalaya  ;  de  chaque  cime  on  a 
le  panorama  jrrandiose  des  forêts  i.l  des  neiges  dutJiirhwal  jus(iu'aux  monts 
superhcs  où  naissent  les  premières  eaux  la  Djamna. 


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Celle  région  des  sources  est  un  des  pays  sacivs  de  la  mythologie  hindoue: 
là  se  dressent,  connues  maintenant  sous  d'antres  noms,  plusieurs  des 
iiionlagnes  célébrées  par  les  anciens  poètes.  Le  groupe  du  Ujamnotri. 
d'iii'i  jaillissent  les  hauts  torrents  de  la  rivière  sacrée,  n'alleinl  poiir- 
taiil  pas  la  hauteur  des  sommets  de  la  grande  crête;  le  Banderpountch 
el  le  Sargaroin,  les  deux  cimes  les  plus  élevées  de  ce  massif,  ne  dé|)assenl 
jiiièiv  O'iaO  mètres  vl  de  leurs  ilancs  ne  s'éj)anchenl  point  de  glaciers. 
D'ailleurs,  la  Ujamna,  que  la  légende  fail  naître  dans  le  voisinage  immédiat 
lin  (iange,  ne  prend  ]»as  comme  ce  lleuve  son  origine  sur  le  versant  du  faîte 
|inii(ipal,  le  ïrans-llimalaya;  elle  appartient  plutôt  à  la  rangée  irrégulière 
(les  monts  Himalaya  proprement  dits.  Si  l'on  dénommait  les  rivières  d'après 
l'ahoiidance  de  leurs  eaux,  ce  n'est  pas  la  haute  Djamna  qui  devrait  garder 
le  nom  de  la  rivière  inférieure;  la  rivière  maîtresse  est  la  Tonse,  qui  naît 
sur  le  versant  septentrional  du  Djamnotri  ou  Banderpounicli  et  qui,  après 


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NOUVELLK  CKOCRM'IIIK  l'MVKIlSKLLK 


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avoir  dirril  un  vasU»  (Icini-ccnlf  vers  l'ouest,  vj\  icjoiiidro  la  Ojamna, 
près  (le  sou  culn'itr  dans  les  plaines.  (!(^  i|iii  vahil  pidhahleuienl.  à  celle 
i'ivièi'e  (l(!  j^ai'der  le  noui  saiii-,  c'est  (pi'à  une  l'ailde  distance  en  aval 
des  sources,  à  'J1)S4  mètres  d'altitud(!,  s'idanceul  des  eaux  tlieiniales, 
rendez-vous  des  pèlerins  :  d(!  même,  dans  les  Al|)es  d'Knropc!,  une  source 
lénèreuienl  lliermale  ii  donni'^  sou  nom  au  <iros  torrent  sorti  du  },da- 
cier  du  lUiône.  C'est  dans  le  petit  lac  Ibrmé  par  les  sources  cliaudes 
de  la  Djamua,  dit  la  léjfcnde,  ^[Ul'.  le  dieu-sinf^t!  Ilauouman  éteignit 
un  jour  sa  cpieue  eu  l'eu;  depuis  ce  ti.'inps,  l'eau  est  restée  brûlante  : 
telle  est  l'origine  du  nom  de  la  montagne  lîanderpounich ,  qui  sij^ni- 
(ie  «  Queue  de  Sin^e  ».  Les  l'oulaines  Ihermali's  d((  Djamuotri  sont  les 
plus  chaudes  de  tout  l'IFimalaya  :  leiu'  température  est  de  (S!)  de^nés 
cc^ntijirades,  moins  de  "2  dej^rés  au-dessous  du  point  d'éluillition  à  cette 
altitud(t'. 

La  |)opulation  du  tlarliwal  est  spécialement  hindoue;  si  l'on  trouve 
encore  quelques  éléments  liiiétains  parmi  les  Khasija,  c'est-à-dircî  les 
Iladjpoutes  du  |)ays,  auxquels  les  croiseiuents  do  race  ont  fait  perdre 
leur  caste,  ces  traits  s'elTacent  de  plus  eu  |)lus,  une  partie  de  la  popula- 
tion se  renouvelant  sans  cesse  par  l'arrivée;  de  pèlerins  et  d'iminiiirants  du 
sud.  Jadis  des  seifiiieurs  se  disputaient  la  possession  des  vallées.  Sur  cluupie 
éperon  de  monta<,nu>  si;  voient  d'anciens  châteaux  forts  ou  ifirli,  (pii  ont 
valu  son  nom  actuel  à  la  contrée!.  Sous  hî  réfiinie  féodal,  le  (iarhwai  ne 
pouvait  j)ros|)érer;  mais  les  hahitants  devinrent  beaucoup  plus  malheu- 
reux encore,  au  conmienecjmenl  du  siècle,  lors  de  la  conquête  du  pays  par 
les  Gourkhas  du  Népal.  Décimés  par  la  guerre  et  vendus  en  esclavage,  Iin 
Khasiya  diminuaient  en  nombre;  maintenant  ils  s'accroissent  de  nou- 
veau, et  les  cultures  empiètent  de  toutes  |)arts  sur  les  terres  en  friche; 
d'année  en  année,  les  vagues  pâtis  des  mortagnes  et  les  jongles  des  val- 
lées et  du  teraï  sont  réduits  en  étendue.  Mais  il  n'y  a  point  encore  de 
villes  hindoues  dans  la  haute  vallée  de  la  Djamna.  Là  aussi  les  agglo- 
mérations urbaines  sont  d'origine  briianuique  :  ce  sont  à  la  fois  des  villes 
de  santé  et  des  cantonnements  militaires,  d'où  les  Anglais  jieuvent  sur- 
veiller à  leui'  aise  les  populations  des  alentours,  tout  en  jouissant  de  la 
pureté  de  l'air  et  de  la  magnificence  des  horizons. 

Une  de  ces  villes  est  Tchakrata,  bâtie  à  iîIOl)  mèti'es  sur  un  étroit  plateau 
dominant  l'hémicycle  dt;  vallées  que  l'orment  la  Touse  et  la  Djamna,  eu  amoiil 
de  leur  coniluent.  Une  autre  ville  d'été,  la  plus  importante  de  l'Himalaya 


î 


'  liermann  von  ScliliigiiUweit,  liàscn  in  Indien  uiiil  Huchc^u'ii. 


l'AYS  l)K  CAIIIIWAL,   MASSOI  HI,   liKIlIlA, 


i:.7 


C('nlriilii|)r('s  Siinhi,  csl.  Miissoiiii,  qui  s'i-lond  sur  iiiii>  lonniioin-  de  (i  kihi- 
iiiiMics,  |i(isir  à  peu  pivs  /i  hi  iiirint!  liiiiiU.'iii'  ([iio  Tcliakiiilii.  sur  uni-  arrlt; 
|)arrailciii('iil  n'giiiitM'c  an  [)ic<l  du  laqiiello  s'('>l('iid   la  plaiiK;  de.  iKdira  ou 

s"   ^\.   —    1.1    IIEIIIH    IIIIIN,    I.K    SIV.M.IK    Kf    l.F.S    l'IlllTK'i    111'    li  VM.K    KT    lit:    l\    HMUNA. 


Station  centrale  tri^onomêtrique  de  1  Inde 
I  t  7,-,;)  nno 
n  !0  kil. 

DelM'a-doiui.  A  IVsl,  sur  un  ronflcinonl  de  l'arèlc,  s'ôlèvi'nt  los  casernes  et 
II^  liùpilaux  de  la  slalion  niililaire  de  Landour,  uo.  tonnant  avec  Massoiiri 
i|n'une  seule  numicipalilé.  Au  nord,  des  avant-nionls  einpèclionlde  voir 
l;i  urande  chaîne  dt^  la  fronlièrc  libélaine,  mais  la  (laiob  de  Dehra,  la  plus 
liu-jfe,  la  plus  régulière  de  l'Inde,  el  le  rempart  unii'orme  des  Sivalik,  type 


fMlk 


h'-' 


158 


NnrVKM.K  (ifindllAI'IIIK  imvkhski.le. 


l  ^^-v 


(lc<  iiiilivs  cliiiiiu^  (In  Siili-lliinnliiyii,  oiïii'iil  un  liiltit'aii  des  plus  rriuiii- 
(|Uiil)K>>  :  il'iiii  côU'  on  ii|)i'i'(,'()it,  à  l'oiirst,  la  |U)i't*>  dt;  la  Djanitia,  de;  l'an- 
lit',  vers  le  snti,  la  |iml('  dn  (lan^c;  les  deux  hirclics  d'ôiosioii  m-  inonlrcnl 
à  la  l'ois,  i'ai'iui  les  stations  do  la  inonta^iie,  Massouti  oITir  de  ^'rand^ 
avanlafifs  |iar  l'éjialilii  de  sa  tempéra  turc,  d(!  l'élé  à  l'hiver  et  du  Jonr  à  h 
nnit:  mais  pendant  la  saison  des  pinies  la  ville  est  e\|iosée  à  lonle  la  vio- 
jenee  de  la  monsson  :  en  JS.'.'j,  nn  vctyaj^cnr  allemand,  Ihiiiol,  y  vil  plenvoii 
pendant  8.*»  jonrs  eoiLsécntil's'.  Anssi  nomlno  d((  résidents  anjrlais  onl-iK 
préréré  s'élalilir  on  Ikis,  dans  la  vallôo  do  Dolira,  plus  eliande,  il  est  vrai, 
mais  beaneonp  mieux  |)roté<rét!  eoiilre  les  vents  et  les  pinies.  Cette  }ira- 
«•iense  ville,  dont  rallilnde  est  do  700  métros  senlemont,  n'est  juis  do  l'on- 
d:ili<»n  anglaise;  olh^  s'éleva  an  dix-soptièmo  sièelo  antonr  d'un  temple 
liàti  par  nn  apôtro  sikh,  (pii  s'atlrii)nait  le  ponvoir  do  monrii'  et  do  ressus- 
citer à  volonté.  \a'  temple  oxist<!  encore;  son  haut  portail  et  sa  ronpole 
émaillée  en  lont  l'édifuo  le  pins  remarqnahic  de  la  vallée,  h',  (juarlior  an- 
•îlais,  sitné' on  dehors  de  la  vilh^  hindoue,  est  llan(pié  do  easeriios  eomnie 
tons  les  autres  lieux  de  résidenre  choisis  par  les  Kuropéons.  C'est  à  J)ehra 
que  le  Itureau  tri}fonométri(pio  do  l'IIindoustan  a  otaMi  son  cpiartior  «féné- 
ral,  principal  contre  d'études  pour  la  géographio  de  l'Inde  et  dos  monts 
Himalaya. 

Quoirpie  déjà  située  sur  lo  versant  d'ccouloment  du  Gaupe,  Dohra  est  très 
rapprochée  du  laite  do  partage  de  la  <l()un,  ot  les  eaux,  reployant  |mmi  à  peu 
leurs  lits,  de  manièi'o  à  couler  parallèlement  aux  Sivalik,  doscondent  entre 
Ie>i  coteaux  hoisés,  d'un  coté  vers  lo  Gange,  do  l'autre  vers  la  Djamna.  La 
l)olle  vallée  à  douhlo  versant,  si  hion  séparée  du  reste  lU'  l'IIindoustan  |>ar 
la  chaîne  des  Sivalik  et  ne  communiquant  avec  les  plaines  que  par  les  doux 
«  portes  »  des  rivières  et  les  hrèclies  de  la  montagne,  no  pouvait  maïupier 
do  prendre  une  importance  considérahlo  dans  la  mythologie  hindoue;  les 
épopées  en  font  le  lion  ih  refuge  dos  fils  do  l'andon;  lu  aussi  Rama  vint 
faire  j)énitence;  d'innombrahlos  légendes  rattachent  au  souvonii'  dn  dieu 
des  ser|ients,  de  Siva,  d'Indra  ou  autres  divinités,  cha(pio  monticule, 
chaque  fontaine,  cliaqno  bosquet  de  la  vallée.  In  des  |)lus  anciens  monu- 
ments do  l'Inde  témoigne  do  la  sainteté  du  pays  :  c'est  un  bloc  errati(|ut' 
de  quartz,  situé  sur  une  terrasse  dominant  la  rive  droite  de  la  Djamna,  non 
loin  de  son  confluent  avec  la  Tonse.  Cotte  roche  fameuse,  connue  sous  le 
nom  do  «  pierio  de  Kaisi  »,  —  nom  tiré  de  celui  d'un  village  voisin,  — 
porte  la  figure  d'un  éléphant  et  les  tables  de  la  loi  bouddhi(|ue  inscrites,  il 


'  Oii'i  von  ltiJi;ol,  Kaschmir  iiiid  das  Hcicli  der  Sick, 


I)  H  II  II  A. 


Ib'.» 


\  Il  \\\]<^\  cl  iiii  sirrics  ol.  iloiiii,  par  ordre  de  l'<'in|U!r(Mir  Asoka.  Kvitlciu- 
iiiciil,  rrixlroil  où  lii  Diaiiiiiii,  ^M'ossii*  ii(^  la  ïuiist>,  (M'iièlnMlaiis  la  iloiiii, 
('>l:iil  cDiisiilérr  alors  coiiiino  la  horiu;  di;  riiide.  I^a  lirôchr,  li)<aiifoii|)  plus 
l'aiili',  par  laipicllc  la  hjaiuiia  cnlri'  diMiiiilivoniciil  dans  la  plaiiu^  aprtN 
nviiir  IravtM'si'  la  doiiii  <<l  r('(jii  I(ïs  eaux  (pii  s'en  ('■coidciil,  parail  avoir  eu 
hcaucoiip  moins  {riniporlaiiœ  coiiiiiic  lie»  sacré.  Ou  y  voit,  au  liord  de  la 
rivière,  qui  s(!  rauiilic;  autour  d'îles  boisées,  les  restes  de  lladcliali  malial, 
palais  de  chasse  du  drand-Mofiol.  De  nos  jours,  coiniuc  aux  temps  d'Ak- 
liar  cl  d(^  Djehaiifiliir,  les  uionlafiiKis  voisines  servent  de  retraite  aux  élc- 
pliaiils,  aux  lifires,  aux  Kîopards  cl  à  d'autres  animaux  de 


la  I' 


mue  sauva'a'. 


Devenu»'  l'un  des  centres  de  l'inllmMice  hrilannicpie  en  Ilindoustau,  la 
Delua-douu  a  repris,  au  point  de  vue  de  l'agricultur*',  l'importance  ((u'clle 
nviiil  pci'dut!  sous  la  domination  des  (îourklias;  les  canaux,  qui  de  toutes 
paris  sorpentaienl  dans  la  vallée,  ont  élé  rétablis  ou  remplacés,  les  jongles 
ont  clé  déiVicliées  pour  la  seconde  l'ois,  et  les  bouquets  de  manguiers  (|u'a- 
\ail  entourés  la  solitude  des  grands  bois,  ont  reçu  de  nouveau  des  cabanes 
sous  leur  ombre.  Des  cultures  ont  élé  introduites  dans  hî  pays,  notamment 
(('!!(!  d<!  l'arbusleà  thé,  et  des  immigrants  de  toutes  les  provinces  voisines, 
iiicmi!  de  l'Afghanistan,  accourent  <lans  les  plantations.  Depuis  ISI,'), 
cpoipie  de  l'expulsion  des  Gourkhas,  le  nombre  des  habitanis  a  li'iplé  et  de 
nouveaux  éléments  se  sont  ajoutés  à  l'ancienn»^  population  brahman»;  et 
te.  (là  (!l  là  se  voient  encore  (luchiues  restes  des  tribus  niebra  et 


ri)il||)oul 


loum,  que 


(pU'l({ 

l'on  croit  avoir  élé  les  aborigènes  de  la  contrée.  Les  Mebra  se 
licimenl  timidement  à  l'écart  dans  les  bois  rapprochés  du  Gange,  tandis 
iiuc  les  Doum,  noirs  de  |)eau,  crépus  de  cheveux',  étaient  répandus  dans 
hmlis  les  |)arties  de  la  vallée,  où  ils  travaillaient  comme  esclaves.  Par  haine 


(le  leurs  anciens  oppresseurs 


hind 


ous,  un  certain  nombriMl'entre  eux  se 


sont  convertis  à 


'Isli 


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\in  ou  au  christianisme. 


be  haut  bassin  du  Gange,  plus  vaste  que  celui  de  la  Djanina,  commence 
à  la  frontière  tibétaine,  sur  le  versant  méridional  du  Trans-Ilimalaya; 
inènie  la  branche  du  nord,  la  Chagirali  ganga,  re(;oit  du  Hod-youl,  par  les 
formidables  gorges  de  Nilaiig,  son  al'lliient  le  plus  considérable,  la  Djanevi. 
I.i;  cours  d'eau  que  l'on  regarde  comnu;  étant  la  véritable  Ganga,  bien  qu'il 
no  roule  pas  la  plus  grande  quanlilé  d'eau,  jaillit  à  420G  mètres,  de  l'arche 
tiM'iiiiiiale  d'un  glacier  se  terminant  par  des  parois  crevassées  hautes  de 

'  liimlcr,  Impérial  Gazellcer  of  liuliu. 


.^K.. 


IMAGE  EVALUATION 
TEST  TARGET  (MT-S) 


1.0 


l.l 


:f  i࣠ 12.0 


2.2 


IL25  lllll  1.4 


m 


1.6 


P 


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Hiotographfc 

^Sdenœs 

Corporafion 


23  WEST  ».' <M  STRIET 

WEBSTER, N. Y.  I4SS0 

(716)  •72-4503 


^ 


iS 


rt 


Ufil»'       J* 


160 


NOUVKI.I.K  CFOOKAI'IIIK  UNI VKIISKLI.K. 


I  '  ■ 


■;;,>•!  ^ivr-  ..^ 


JOO  inôlrcs  :  c'csl  là  «•elle  «  Itoiiclic  de  la  Viiclu*  »  «loni  parlcnl  les  lôfrcnilrs, 
iiiiiis  que  |MMil-«Mn'  niicnii  île  ses  iwlorntciii's  n'"iviiil  ww  aviinl  qiu!  Ilodj,'- 
son,  cil  IS|7,  cl  d'iiiilrcs  ^ravisseurs  ciiropccns,  csciiliidaiil  les  |»r»Vi|ticcs, 
hravanl  les  iicijics  cl  les  choiilis,  ne  l'iissenl  iiKtnlés  justiiic  sur  le  «tlacier  dt; 
la  source;  là  csl  la  |irenii»'re  inarclie  du  IrôiiiMlc  Siva,car  lescin(|  ^iraiulcs 
in(iiila<;Mes  <|ui  liinileni  l'Iiori/oii  au  nord-est  cl  à  l'osl,  sont  d«''si;^nt'es 
parmi  toutes  les  cimes  comme  étant  le  sièvre  spécial  de  Malia  Deo  on  du 
«  Grand  Dieu  ».  De  ces  monis  de  Kaïlas  nu  du  Itoudrou  llinialali,  dont 
l'un  s'élève  à  0725  nièlres,  dcsccnilcnt  les  neijfcs  en  un  ciri|ue  immense; 
proj<;lant  dans  clia(]Ui!  vallée  une  lanf.Mie  de  ^lace  et  des  nmas  de  débris. 
Au  sud,  les  monts  sont  encure  plus  élevés.  ]r  Kidaniatli  ou  Maliapanlli. 
dont  la  cime  est  éf^alemcnt  consacrée  à  Siva,  atteint  la  hauteur  de  (iîlôO 
mèlres.  Lue  autre  cime,  le  Tliarlasa}.'ar  ou  nmnt  Moira,  isolée  dans  sa  ma- 
jesté, n'est  {.Mièrt!  inlérieurfï  en  élévation,  et  |ilusieurs  autres  sommels  de 
ce  chaînon  tpie  conlourm;  à  l'ouest  la  lUia^'irali  ^'an^a,  dépassent  OOUO 
mètres;  les  trois  dernières  pointes,  enroulées  di;  neifjes  hlanches,  ont 
re(;u  le  nom  de  Trikanta  ou  de  «  nioni  aux  Tiois  Tèles  ».  Hohcrt  von  Schla- 
jlinlweil  essava  vainement  di;  traverser  le  chaînon  de  Kidarnalli,  au  sud  de 
Ganffoiri;  la  mer  de  jilace  sur  laipielle  il  s'enj.Mjiea  était  trop  crevassée 
pour  rju'il  lui  lût  |»ossilile  de  continuer  son  voyajic. 

Le  lieu  saint  «le  Ganfiolri,  dans  la  haute  vallée  de  la  Bhauirati  p:anf;a, 
est  l'endroit  le  plus  élevé  où  les  hrahmanes  adorateui's  de  la  déesse  aient 
pu  s'élahlir,  v.l  (pioiipie  nul  pèlerina^'c  ne  soit  plus  méritoire,  c'est  néan- 
moins un  de  ceux  «pii  se  l'ont  le  moins;  les  dil'iicultés  et  les  l'a  ligues  du 
voyafje  arrêtent  la  jrrande  Ibule  des  pèlerins,  sur  les  hords  iUi  la  rivièi'c 
sainte,  aux  sanctuaires  les  moins  élevés.  Jadis  les  fidèles  (pii  se  rendaient 
dans  cesli«'iix  sacrés  portaient  le  drapeau  de  Yama  «  qui  conduit  à  la  mort  » 
et  se  donnaient  eux-mêmes  le  nom  d'iinirartliiui,  «  celui  cpii  ne  revient 
pas  »'.  Dans  la  dernière  partie  de  la  roule,  il  faut,  en  s'en<îa<i;eanl  dans 
plusieurs  mauvais  pas,  «rravir  des  parois  verticales  au  moyen  d'échelles 
branlantes,  l'ormées  de  pieux  enfoncés  dans  la  roche  au-dessus  du  torrent. 
Un  de  ces  escaliers  est  siis|iendu  à  une  muraille  perpendiculaire  de  rochei's 
nu  eonnuent  de  la  Ithairirati  et  de  la  Djanevi,  qui  coulent  Tune  et  l'autre 
en  des  cluses  eiïntyahles.  Les  pèlerins  (pii  se  rendent  au  sanctuaire  de 
Caufiolri  doivent  l'aire  leurs  jtremières  ablutions  dans  les  eaux  réunies  des 
deux  torrents;  ils  y  re(;oiveiit  le  pain  bénit  <le  la  main  d'un  brahmane  et 
jettent  dans  le  remous  du  courant  iiik;  touffe  d'herbes  symbolisant  sans 


'  TnivLi',  RadjaUiiangini,  Hn,lom'  dit  )uii>  Je  Aui/imir, 


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ini  GAMIN.  TKMI'I.KS  l»U  KOUMAON. 


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(Iniilo  leurs  pécliés'.  En  aval,  clia(|U(î  limi  (IVdapo.  cliaqno  J'onlainc,  fliafjiic 
nrdinonlitii'c  osl  iin  antre  lieu  sacre  où  les  (idoles  font  lonrs  cérémonies 
iiréiKiraloires  avant  d'arriver  an  temple  de  la  sonrce. 

la  rivière  Alaknandn,  (pioicjne  moins  sacn>c  (|ne  la  lUiagirati  dans  l'opi- 
iiioii  (les  Hindous,  est  cependant  la  branche  maîtresse  du  fleuve;  elle 
('>l  jires(pie  deux  fois  plus  large ',  et  les  monlafrnes  qui  lui  envoient  ses 
preniières  eaux  dépassent  en  hauteur  celles  de  (langolri.  li'Ihi  Gamin, 
diinl  les  flancs  niMffeux  versent  à  droite  ol  à  franche  les  hauts  torrents  qui 
l'ormeMl  l'Alaknanda,  élève  son  dôme  supérieur  à  778!  mètres;  de  tontes 
les  monlafrnes  du  Trans-IIimalaya,  c'est  jusqu'à  maintenant  la  plus  liante 
(pii  ail  été  mesurée;  son  nom  tibétain,  qui  signifie  «  Grand  mère  des 
Neifîcs  »,  prouve  qne  les  habitants  du  Uod-yoïd  ne  lui  connaissent  point 
de  rivaux  dans  celte  partie  de;  la  contrée.  Les  bi'ahmcs  hindous  l'ont  con- 
sai  r(ie  à  l'untî  de  leurs  divinités  comme  tous  les  autres  pics  des  alentours 
cl  lui  donnent  {(énéralement  le  nom  de  Nanda  Parbat,  «  Mont  de  la  déesse 
Nanda  »,  tandis  que  sur  la  plupart  des  caries  anglaises  elle  est  ap|)eléc 
Kanicl.  A  l'ouest  de  la  cime,  le  col  d'Ibi  Gamin,  que  les  frères  Schlagint- 
w.'il,  Adolphe  et  Robert,  tra' •.  isèrent  en  18ô6,  est  la  plus  élevée  des  brè- 
ches hinialayennes  que  franchissent  les  bergers  :  il  a  G250  mètres.  Même 
les  seuils  les  |>lus  fréquentés  de  cette  région  du  faîte,  à  l'ouest  le  col  «le 
Maita  ou  le  Tchirbiltia-la,  à  l'est  le  col  de  Nili  on  de  Tchindon,  déliassent 
Ions  les  deux  de  plusieui's  centaines  de  mètres  la  hauteur  du  mont 
Blanc.  IjCs  Bhotia,  d'origine  tibétaine,  quoique  se  prétendant  Hindous  et 
parlant  à  la  fois  les  deux  langues,  sont  les  intermédiaires  uniques  du  com- 
merce entre  les  deux  versants;  en  été,  on  les  rencontre  toujoui's  par  bandes 
sur  les  sentiers  des  cols,  poussant  devant  eux  leurs  brebis  de  charge.  Ils 
sont  au  nombre  d'environ  5000. 

Le  lenipl(!  le  plus  fréquenté  de  toute  la  région  des  montagnes  du  Garhvval 
et  du  Konmaon  est  le  sanctuaii'e  de  Badrinath,  enrichi  d'offrandes  par  les 
i>iilliers  de  pèlerins  qui  s'y  présentent  chaque  année.  Tons  les  douze  ans, 
(piand  la  planète  Jupiter  entre  dans  le  signe  du  Verseau,  de  (juarante  à 
cinquante  mille  fidèles  accourent  à  ce  temple,  et  les  pâturages  environnants, 
que  domine  à  l'ouest  la  pyramide  superbe  du  mont  Radrinath,  sont  trans- 
loriiiés  temporairement  en  champ  de  foire.  Riosimath  on  Djhosimai' 
Vichnouprayag,  sur  l'Alaknanda,  et  Kidarnalh,  sur  un  affluent  di*  celle 
rivière,  sont  aussi  des  lieux  de  pèlerinage  où  se  portiî  la  foule  et  où  vivent 


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'  Jnines  Dnillic  Fraser,  Tour  ofthe  Himalah  Mnuntains;  —   Ilogdson,  Siirvcij,    1817; 
IlilliT,  Axirn. 
"  II.  Slraclicy,  Journal  ofthe  Geographical  Sociely  o(  Loitdon,  1851. 


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161 


NOUVELI.K  OÉOdRAI'IME  l'MVKRSKI.LK. 


1              ' 

1 

y;- 


à  l'aisp  dos  romniiinnutés  do  l)ndimaiips,  mnis  il  n'y  a  fnièro  dans  lo  pays 
do  pnpnlalinn  civilo  [ii'oii[)ou  on  Ixnn'^'s  considorahlos.  lia  soulo  villo  di^no 
do  co  nom,  ap|H!l(!0  Srina^'ar  ou  c  Cilu  du  Soleil  >,  commo  la  oapilalo  du 
Kaoliniir,  so  Irouvo  non  loin  tlv  l'issue  do  la  vallô(!  do  l'Alaknanda;  ollc  m';i 
pas  lo  lilro  do  oliof-liiiii  du  (larliwal,  allribuô  an  villa^'o  de  Paori,  silné  au 
sud  dans  une  rô}>:ion  plus  aoréo. 

Vn  t<>niple  IViMpiontô  no  pouvait  manquer  de  s'élovor  au  conflucnl  do  lu 
Blia^^nrali  ol  de  l'Alaknanda,  là  où  les  deux  rivières  unies  prennent  le  nom 
de  lîan<;a  :  c'est  le  «  ('.onfluonl  divin  >  ou  le  Deopraya^.  (Jo|)endant  <;'ost  plus 
bas  «put  so  ti'ouvo  le  ^n-oupe  le  plus  fréquonté  dos  sanctuaires,  celui  (pii  ;i 
ro(;u  lo  nomd(!  Ilardwarou  Ilari-dwara,  (r'ost-iWIirela  «  Porto  do  Vichnou  », 
ou  bien  Hara-dwara,  la  «  l'orle  do  Siva  »,  car  les  sectateurs  de  cliaquo 
culte  réclamont  pour  leur  dieu  principal  rbonneur  d'avoir  ouvert  la  c  porto 
du  (lan^o  ».  Il  est  probable  toutefois  que  des  temples  s'élevaient  déjà  dans 
le  défilé  bien  avant  <]ue  lussent  invoqués  les  noms  do  Vichnou  et  de  Si>a; 
maintes  scul|)lures  découvertes  dans  les  débris  de  Mayapour,  la  cité  qui  pro- 
céda llanhvar,  etque  visita  le  pèlerin  bouddhiste  lliouon-llisan<^,  sont  évi- 
demmont  aniérieuros  aux  formes  actuelles  des  religions  hindoues.  A  col 
endroit  <lo  son  cours,  la  c  divine  Ganga  »  est  déjà  un  tlouvo  tout  fornii'. 
Sortie  do  la  ré<.non  dos  montagnes  à  une  |)etite  distance  en  aval  du  con- 
fluent do  la  lihagirali  et  de  l'Alaknanda,  elle  a  traversé  la  région  desdoun 
et  roi;!!  do  part  et  d'autre  les  ruif  seaux  que  lui  (invoient  ces  vallées  laté- 
rales :|)our  outrer  dans  la  plaine  do  l'Ilindoustan,  il  ne  lui  reste  |)lus  qu'à 
s'engager  dans  une  brèche  des  monts,  qui  d'ailleurs  a  plusieurs  kilomètres 
do  large  et  où  lo  fleuve  peut  se  diviser  en  bras  tortueux  autour  des  îles  boisées. 
A  l'endroit  où  la  vallée  s'évase  on  forme  d'entonnoir  du  côté  de  la  |daint', 
la  villo  dresse  ses  temples  le  long  do  la  riv(»  droite  du  Gange,  on  face  d'un 
autre  édiric<î  sacré  couronnant  un«'  colline  de  la  rive  opposée.  Au  sud  so 
pr(donge  lo  beau  (piartioi-de  Kounkoul,  appartenant  à  de  riches  brahmanes 
et  à  des  négociants  de  toutes  les  parties  de  l'Inde.  Des  singes  gambadent  on 
multitudes  sur  les  arbres  des  jardins. 

Les  visites  <t.^  pèlerins  commencent  au  milieu  de  mars  et  continuent  pen- 
dant près  d'un  mois.  Les  premiers  voyageurs  anglais,  llardvvickc,  Hapor, 
d'autres  encore,  évaluaient  la  foule  qui  scsuccédaildans  les  temples  de  llard- 
warà  plnsde2  millions  d'hommes,  nombre  que  Johnson,  en  1827,  trouvait 
encore  inférieur  à  la  réalité;  en  1807,  le  camp  des  pèlerins  occupait  une 
surface  de  57  kilomètres  carrés.  C'est  que  la  multitude  ne  so  compose  pas 
seulement  do  fidèles  qui  viennent  baiser  la  trace  du  pied  do  Vichnou,  se 
baigner  «lans  l'étang  sacré  on  dans  les  eaux  du  Gange;  elle  comprend 


IIAHDWAII,  AI.MdllA,   HAMKIIKT. 


1G5 


aussi  los  mnrclinnds  «le  tonUi  race  cl  do  loiilc  rasic  arcnuriis  pour  trafiquer 
aux  abords  di'is  temples.  A  moins  (pie  les  aiici(>iiiies  évaluations  n'aient 
mancpié  d«  ton!  fondement  sérieux,  le  nombre  de  pèlerins  de  relijjion  el  de 
commerce  n  singiilièremenl  diminué,  tandis  <pie  s'accroissait  la  po|mla- 
tion  de  l'Inde,  li'élablissemenl  des  routes  et  des  chemins  de  Ter  a  concenlié 
le  mouvement  des  échauffes  dans  les  «jrandes  cités,  el  la  i'erveur  religieuse 
s'esl  amoindrie  :  il  esl  rare  mainlenanl  ipie  le  nombre  des  visiteurs  de 
llardwar  dépasse  70  000,  si  ce  n'esl  chacpie  douzième  année,  lors  de  la  lele 
du  Verseau,  i/inlervcnlion  de  la  police  aiifflaise  pour  isoler  les  malades  en 
temps  d'épidémie,  pour  répilor  la  distribution  des  camps,  surveiller  lu 
foule  aux  abords  des  temples,  ne  pouvait  mampier  non  plus  de  diminuer 
l'alfluence  des  fidèles.  En  1810,  la  poussée  de  la  multitude  qui  se  préci- 
pitait w'rs  le  bain  fui  si  <j:raiide,  que  430  |wrsonnes  s'y  nojèrenl,  foulées 
aux  pieds  des  autres  baij?neurs.  Parfois  des  combats  éclataienl  entre  les 
sectes  rivales  :  ou  dit  qu'en  I7G0  dix-huit  mille  cadavres  couvrirent  le  sol 
autour  des  sanctuaires.  Mais,  en  p<<rdaiil  do  son  importance  comme  ville 
religieuse,  llardwar  a  pris  un  rôle  de  premier  ordre  dans  l'aménagement 
agricole  de  l'IIindoustan  :  c'est  là  qu(^  commence  le  grand  canal  d'irrig"- 
lion  du  Doab,  dérivé,  malgré  l'opposition  des  brahmanes,  des  eaux  saintes 
de  la  Ganga. 

Une  autre  ganga  naît  dans  les  montagnes  du  Koumaon  situées  au  sud 
de  l'Alaknanda  :  c'est  la  Ram  ganga,  qui  rejoint  le  Gange  dans  la  plaine 
après  un  cours  de  GfîO  kilomètres  de  longucui-.  La  capitale  du  Koumaon. 
Almora,  est  située  dans  le  bassin  de  ce  cours  d'eau,  sur  une  arête  de  mon- 
tagne commandant  un  vaste  horizon.  Anli(|uc  forteresse,  souvent  prise  el 
reprise  pendant  les  guerres  locales,  Almora  est  devenue  l'une  des  villes 
préférées  des  Anglais,  grâce  à  l'élévation  <lii  sol  (I6;)0  mèlres)  el  à  la  fraî- 
cheur de  l'air  (pi'on  y  respire.  Elle  a  pour  rivale  comme  «  ville  de  sanlé  » 
la  moderne  Itanikhet,  située  à  1G5  mètres  plus  haut,  sur  un  plateau 
offrant  aux  conslrucleurs  ce  qui  manque  dans  presque  toutes  les  autres 
villes  de  l'Himalaya,  de  l'eau  en  abondance,  uii  sol  uni  el  d'excellenls 
matériaux,  pierres  et  bois.  On  a  proposé  de  remplacer  Simla,  comme 
centre  de  casernemenl  des  soldais  en  convalescence,  par  Ranikhel,  où  l'air 
esl  plus  salubre;  déjà  plusieurs  élablissemenls  militaires  font  de  celle 
ville  une  place  d'armes  surveillant  la  frontière  du  Népal.  Mais  la  plupart 
des  hommes  de  loisir  qui  visitent  la  contrée  pendant  les  chaleurs  de 
l'été,  suivent  le  gouverneur  d'AIlahabad,  qui  a  fait  choix  pour  résidence 
de  la  ville  plus  élevée  de  Naïni-lal  (1945  mèlres),  ainsi  nommée  d'un 
lac  consacré  à  la  déesse  Naïni,   la    même  que  Parvalli,  la   Vénus  bin- 


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NOrvUM.K   ('.(•OCItAI'IIIK  IM VHnSKI,!,!-. 


<loiii>.  Rn  IS|.'),  il  ne  se  Imiiviiit  ni  ccl  ciidroil  (lu'iin  ti'inplc,  on- 
loiiiVt  lit!  (|ii*'li|iii>s  inasiii'i's;  iiiaiiilni.uil  iiik;  villi>  cliariiiiiiilt'  tlôrniilf  ses 
riios  siniKMisKs  «Itiiis  IViroilc  |iliiiiu'  <|iii  ronliiiiio  lo  lac  iiii  iioid-oiicsl;  de 
.Im-.iiix  nlilici's  sVliîvcnl  siii-  tous  les  proinoiiloiit's  ol  dos  maisons  ilo  plai- 
sancc  sont  parst'iiu'rs  dans  le  vasio  aiiipliillir'iUn;  de  vtu'diiri;  jusqu'aux 
sommuls  des  inonla^Mii's.  .Niillr  pari  la  naliirr  (>nvirniinaiil(!  n'onVe  d'aspccl 
grandiose  :  les  plus  hautes  vrî'U's  des  alentours  ne  tiépassent  guère 
'i5l)0  mètres,  mais  il  est  peu  de  sites  dans  l'Himalaya  qui  ressemblent  plus 
à  In  naluie  de  rKnrop<>  tempérée  ;  e'esl  là  ee  en  ipii  l'ail  le  e.liai-me  aux 
yeux  des  résidents  anglais  de  l'Inde.  \u  sud-est  du  Naïni-lal,  plusieurs  bas- 
sins (le  la  montagne  sont  rom|i]is  d'autres  petits  Uil  ou  lacs,  dont  les  ruis- 


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seaux  d'écoulement  vont  tous  n'joindre  la  rivière  (l(da,  près  d«'  son  en- 
trée dans  la  gi'ande  plaine  biiuloue.  Aucun  de  ces  réservoirs  d'(!au  douce 
n'est  considérable.  Le  Naïni-ial  n'a  guère  qu'une  vingtaine  d'hectares  et 
sa  plus  grande  iirofondeur  n'atteint  pas  5U  mètres;  le  Bhim-tal  ou  t  lac 
de  Siva  »,  le  plus  vaste  après  le  Naïni-tal,  a  1200  mètres  de  longueur, 
mais  il  est  |)lus  étroit  que  le  lac  de  Naïni.  L'existence  même  de  ces  [M'tits 
réservoirs  est  un  des  [)hénoniènes  remarquables  de  cette  région  de  l'Hima- 
laya et  les  géologues  en  ont  fréquemment  discuté  le  modcî  de  foi-mation. 
Los  cboulis  sont  fréquents  dans  <'('tle  partie  du  Koumaon  :  en  1880,  une 
masse  de  pieri-es  et  d'argiles  délayée  par  des  sources  profondes,  se  détacha 
des  collines  de  l'est  et  recouvrit  une  partie  de  la  ville  de  Naïni-tal,  enseve- 
lissant plus  de  180  personnes. 


WhI-IM..  WMrV-liKVI.  '  Ifl? 

|,:i  i'i\i('ri'  Kali,  Sanljoii,  Siii'tliili  on  (io^iii,  un  dfs  n)iirs  irtsiii  li>s  pins 
iilxuuliinls  (l(>  riliin.iliivi  «'(miIimI,  ii  rU'  \*v'\sv  <>n  iSliS  |tat-li>s  Anglais  ctininiu 
liniili!  «lo  l('Ui-('ni|iii'i;u(  (In  .NV|)al.  Ile  nirniu  que  r.Maknaïula,  rt>Ui>  rivière 
(lu  i^ysU'MiH'  gang(Mi(|no  rcyoil  s(>s  |nvini(!i-os  (<aux  des  niuiila^ncs  dn  Traiis- 


^''    V,    —    MIM-T»I. 


d  Jfcj  H  Mu^nc; 


CPcTOn 


ûe  ûj20i 


7a.. 

1 

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ilimalayn,  snr  la  fronliùro  lili(>lainc,  (>t.  cliarnn  de  ses  hauts  afllucnls  est 
idiniciiU' |)ar  lui  ^daci(M-.  La  c  d(!*t'ssc  Nauda  >  ou  \an(la-(l(ni,  la  plus  vij- 
nnïM'  des  divinili's  locales  dn  Kriuniaon.  domiiu;  (•clic  ivjjion  de  {places  et 
<l(!  rochers.  Quand  les  Bholia  ont  à  Iravcrser  un  col  p('rillcux  eu  vue  de  cette 
l'ttinc  des  neiges.  «  la  plus  haute  montagne  du  monde  s,  disaient-ils  encore 
a'cemmcnt',  ils  ne  manquent  jamais  de  lui  sacrifier  dos  chcvivs;  mais 


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Hcg.  Ilohcr,  Joitnieij  Ihrotujh  the  Uj)per  provincet  of  ludin. 


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NOIIVKLl.K  (;fO(;«AI'IIIE  HNIVKnSKLLK. 


il  ne  ImiiI  point  (iu'iiii  infidrli-  Mtuillola  (rréinonitMlosoii  rcgiird  :(-ii  pan'illt; 
oi-ciisioii,  A(lol|ilii'  Sclllilvill(^^l'il  dut  su  ciiclu'i'  dcrt-irrc  un  roclin''.  Li 
Niindii-ilcvi  sV'It'Vfà  7N"_*."  inôlrcs  cl  le  col  ilc  lii  IVonlicrc  le  plus  l'.ippru- 
flic,  le  Kioun^iir,  n'a  pas  moins  de  .VjSO  nièlnts,  470  niclrcs  de  plus  ipic 
le  nionl  lilanc.  Il  c>^l  li'c>  rivipienic,  malgré  les  dillicnllés  de  l'ascension  dans 
l'ûpie  vallée  de  la  (]ori  ganiia  el  par-dessus  les  crevasses  du  glacier  de  Mi- 
\ 


h'  ST.   —  U   XA.VDA-DCVI   ET  LES  GLACIERH   HE  NIIAII. 


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10  kil. 


lani.  I.e  village  de  ce  nom,  silué  à  ôiiJO  mèlres,  près  de  la  moraine  ter- 
minale du  ((Ku-anl  de  glace,  est  reni|)li  do  voyageurs  pendant  la  courte 
saison  du  Irafir.  Mais  dès  le  mois  d'octobre  il  est  complètement  alian- 
donné,  de  même  ipie  Marloli  el  d'autres  villages  situés  plus  lias;  toute  la 
population  se  réfugie  dans  les  vallées  inférieures.  I,e  faninux  pandit  Naïn- 
singli,  celui  de  tous  les  voyageurs  modernes  (pii  a  le  plus  fait  pour  l'explo- 
rMioii  du  Trans-Himalaya  et  des  plateaux  du  Tibet,  fut  longteni|ts  maître 
d'écol(!  à  Milani'. 


i  * 


i-  '■ 


«  lli>rin:iim  von  Sclilauiiilweil,  Rehei,  in  liiilifii  uiid  llocha»ien  ;  —  Sli'aclicy,  Journal  of  Ihe 
(ieoijirtiiliicii!  Sixii'li/,  i  S."» t . 

"  Villes  |>iiiii'i|>al('>  il>->  Klal>  <lii  Ci-Siiilcil],  du  Ciirwlial  et  du  Kuuinaon,  avec  leur  populatiun 
lii  lUli,  iiuii  i''ini|ins  les  résideul>  tt'ni|Hii'aii'cs  : 


Siinla 

)la:>i>oui'i  et  Laiidour 
Dehra  


lô(l-rilia)). 
8  Util)     » 
7  Ô'M    » 


.Vlnioi'a.  .    . 
Natui-tid  . 
Tcliakrata.  . 


C  '250  hab. 

6  000     • 

1  250     :) 


KOI'MVON,   NKPU,. 


ino 


1,0  Nopnl  psI  uno  fins  «  Icitcs  inconinn's  »  de  rilimlonslnn.  Bien  i|iio  le 
^oiivcrni'iiiciil  l)ritanniqii<>  ail  rli*  nToiiiiii  par  Ir  roi  du  [lays  comiiic  la 
«  |Miissaiic(!  siizci'aiiK'  »  cl  tiu'iiii  r<'si(lt>iil  anglais  ail  le  dioil  de  M'jiinrnci' 
iliiiis  la  caiiitalc,  ^'ardr  par  des  oipayes,  n-pt-ndaiil  la  l'i'oiili*>ri>  du  Nopal 
f^l  st'vèri'incul  inlcrdili'  aux  voya<;i'urs  ordinaires,  aussi  hien  (pi'aux  ingé- 
nieurs topographes  :  si  <piel(|uc.s  explorateurs,  nolanimenl  l'un  des  frères 
Scidaginhveit,  lleruiann,  ont  pu  visiter  Katmandou  et  en  parcourir  les  en- 
virons, c'est  à  la  suite  de  longs  pourparlers  diploniatiqu(>s.  |,es  niesiu'es 
(les  colosses  de  l'Ilinialaya  (|ui  s  élèvent  au  centre  du  Népal,  onl  drt  être 
prises  dos  plaines  do  l'Inde,  au  moyen  de  visées  (aitos  pnr-<lussus  losavnnl- 


I<°  M.   —  ITHKIl.linK  DE«    Vor*OE(ll»   l!UlinP».E!IS   »!    Ml   P^KPm  n«K«   I.K    Mf»!.. 


Cfer 


lt<nerB>re» 

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monts,  et  pour  obtenir  dos  itinoraii'its  piV'cis  dos  régions  de  l'inléi-iour,  il 
a  fallu  envoyer  dos  pandils  hindous,  voyageant  sous  divei's  déguisemenls, 
comme  marchands  ou  moines.  <>uanl  à  l'histoire,  aux  langues  et  aux  popu- 
lations du  Nopal,  elles  ont  pu  être  mieux  étudiées,  grAce  aux  recherches 
(les  quelques  Anglais,  diplomates  ou  médecins,  qui  ont  résidé  à  Katmandou. 
L'existence  du  Nopal,  comme  fital  <lislincl  du  reste;  de  l'Inde,  s'explique 
par  la  géographie  do  la  contrée.  Nulle  part  on  ne  peut  mieux  constater 
(pie  les  divisions  dites  «  naturelles  »  tracées  uniquement  d'a|)rès  les  bassins 
fluviaux,  sont  parfois  une  convention  pure.  Plusieurs  grands  cours  d'eau 
(lu  système  gangétiquo,  la  Karnali,  le  Gandak,  la  Kosi,  traversent  le  Nopal 
(lu  nord  au  sud,  séparés  les  uns  des  autres  par  de  hautes  montagnes; 
même  les  sommets  les  plus  élevés  de  la  Terre  se  drossent  entre  la  Bhotia- 


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MtllVKI.I.R  lif^OCIUI'IIIK  rMVKIISKI.I.K. 


Kosi  fi  l'AnMiii.  iil'lliit'rils  irmi  iim'^iih*  Iriliiitiiii-i'  tlii  (liiiip*.  <>l  pnnrlnnl  cr 
iii>  suiil  |Miiiil  li's  liinili's  (If  ('(N  Imssiiis  llihiiiiix  t|ui  scrvtMil  d*'  Itornos  jiii 
N<>|)iil.  (Ir  l'd^iiiiiiic,  viistr  irrtiiii^li'  (|iii  se  |lnl|on^(•  <lt!  I'oiichI  i'i  I'oaI  siii' 
lin  i's|)iin'  (lt>  plus  <li>  7(10  kiliiiiirlri's  ri  dont  la  liiip'iir  iiioyiinn  ohI  (Ii> 
1*2.*»  kiloinôti'i's  snilniii'iil,  ilcssiiii'  m-s  rrunlii-n's  li'iiiisvtM'salcinitnl  iiii\ 
Viilln's  (If  >«(>s  llfiiu's.  Tandis  (|ii('  la  paiiic  sii|H'Tii>iir(!  des  cours  dVnu  a|t- 
parlicnt  à  rKiii|)ii'(^  riiinois,  U>  cours  inri'M'iciir  csl  dans  l'Inde  brilaii-^ 
iii(|U('.  Au  nord,  ce  sont  les  vasics  plalcaiix  di^crls  (•iilri^  rilinialaya  ol  le 
Ti'ans-jjiinal.'iya  (|ui  coiislitncnl  la  limite  naturelle  du  Népal;  au  sud, 
c'est  la  FoimH  iiiaircn^eiisc  du  teraï  i|ui  fait  I.irri6re,  à  la  fois  etJuHdogifpie 
et  p(dili(|iie,  ciilre  la  ivf;ioii  des  valN'es  et  C(>lli  <le  la  plaine.  I,a  p()|iiilalion 
de  (■Iia(|iie  valhV  du  .Népal  comprise  entre  les  iiei^t's  dos  monts  et  les  ma- 
rais du  teraï  cliercli(!  à  coiistilnet' nu  corps  ptditiip  <•  distinct;  la  con(piiH(^ 
les  a  ^rnnipi's  un  un  nu'^ine  Klat,  mais  sans  pouvoir  uepnsser  l(>s  fronlit'i'es 
trac(>es,  pour  ainsi  dire,  par  lus  coui'Ih^s  de  niveau.  Considéré  dans  son 
eiisenilde,  le  Népal  se  compose  des  /oiuisdu  végétation  élagues  sur  les  flancs 
de  l'Himalaya  central;  c'est  le  climat,  et  non  la  |H'nte  d'(>rx)ulemcnl  (|ui  en 
l'ail  l'iinilé  ^M'ograplii(pie.  Les  guerres,  les  invasi(ms,  les  traités  ont  diver- 
seiii(>!il  modilié  les  limites  politi(pies;  les  douanes  de  la  frontiitre  liliélaine 
ont  dû  rré(|uummeiit  avanc(>r  ou  reculer  leurs  postes;  de  mi^me,  les  compa- 
gnies de  soldais  népalais  ont  pu,  en  vertu  des  Imités  avec  l'Angleterre, 
étaldir  dans  le  teraï  une  n(mvulle  haie  de  bambous  et  d(>s  piliers  en  mn(;oii- 
iierie  plus  éloignés  de  la  base  des  montagnes;  mais,  un  dépit  de  ces  modili- 
catioiis  du  pourtour,  le  contraste  g(!ograpliique,  avec  s(!s  consé(|uunces  dans 
la  vie  des  peuples,  n'en  subsiste  pas  moins.  Au  commencement  du  siiVIe, 
le  rectangle  du  Népal  se  prolongeait  mi'^me  beaucoup  plus  à  l'ouest;  il  occu- 
perait toute  la  ivgi(m  des  |iciites  bimalayennes,  si  la  trop  grande  longueur 
du  territoire  et  la  difficulté  des  communications  (pii  en  résulte  ne  dimi- 
nuaient la  force  de  cohésion  de  l'eiiseinble.  C'est  ainsi  (|ne  l'Italie,  «  une  » 
par  sa  forme  et  la  langue  de  ses  peuples,  resta  longtemps  bris(;e  en  plusieurs 
fragments;  c'est  ainsi  (pie  le  Chili,  sur  la  C(jte  américaine,  se  romprait 
immédiatement  en  plusieurs  fitats,  si  la  mer  n'en  rapprochait  lus  ri- 
vages. 

On  sait  (pie  le  Népal  csl  le  pays  où  les  saillies  de  l'écorce  plané- 
taire ont  le  |)lus  de  relief  :  entre  les  poinls  les  plus  bas  et  les  sommets 
les  plus  élevés  de  la  région,  la  disîance  verticale  dépasse  8  kilomètres;  sur 
les  coupoles  neigeuses  des  cimes,  l'air  n'a  pas  même  la  moitié  du  poids  de 
l'almosphère  rpii  baigne  les  campagnes  inférieures.  De  môme  que  l'Hima- 
laya occidental,  les  monts  népalais  sont  séparés  de  la  plaine  par  une  pnv 


SKI'M.  KT  SFS  MONTAt.NKS. 


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mihc  siiilli<<  <li>  liiiiitt'iifs,  <'oiii|mis«V's  <|i<  roches  lt>rtiiiin<s  coiiiiik;  \v  Sivalik, 
(liiiil  t'IK's  loi'inciil  II'  |ii-i)lon^rt>iiit'iil.  (ii'llf  cliiiiiH'  Mili-liiniiilii^'iiiu',  <'uii|n''«' 
|iiir  les  (oi'it'iih  il<'  ilistiinn'  cii  ilisliiiicc,  csl  la  Tt'li(<i'i'ia^liiiti.(i')'sl  au  iidi'iI, 
(II*  l'aiiliv  vMi\  ili*  la  <l('|in'ssioii  l(iii^nhiiliiialt>  <li-s  <loiiii  nu  uiaii,  i|u«'  su 
ilivssnil  los  «-unli't'roi'ls  <l<' riliuialaya  |ii'o|>ri>ui«'iil  dit,  uionlaul  *  l'ai  vit*  en 
aivlc  jus(|u'auK  uiassirs  supn'^nK^s. 

Ihins  If  N'cpal  •!•'  rtiut-sl,  se  iln-ss»',  prcsquo  isok'«  au-dessus  île  la  pn»- 
loiiilo  valloc  (le  l'un  des  «  sept  >  (landak,  1(3  massif  du  .Nai'a\aiia  ou  du 
«  h'ils  d(;  riIuiniiK*  »,  c'usl-i^-din;  Vichnou  ;  le  s(iiiiin(!t(|ui  doiiiinu  ce  ;.'|-(iu|h* 
csl  le  Ibvala  ^liii'i  (Dliaolo  gliii'i)  ou  c  uionl  Itlaiic  »,  (pic  l'on  a  cru  pciidaiil 
pn's  d'un  dcini-sièclc  ûln^  l(!  pic  '  |ilus  ('Icx*  du  la  Terre;  à  l'esl.  le 
Mnirliiadi,  le  liarallidi',  ht  Yassa  rivali.  i  1  d(t  iiiajuHU;  avec  lu  mont  Ithinc 
(In  Népal.  Le  massif  du  (losainllian  (u  du  Kiron^,  dont  les  sommets  les 
plus  liei's  s(nit  le  !)eo>'ali  et  le  P  ^  baii^,  (;sl  de  idiM)  iiu'tres  moins  liant 
(pie  le  Davalaffhii'i,  mais  il  (  l  plus  V(>ni''(>.  .>ans  (hnite  parce  (pi'il  est  plus 
n^|)proch(!  des  pop)ilalions  civilis(''es.  Ile-  iissures  de  ses  l'ot  lies  s'élancent 
les  trois  cascades  sainles  ipii  focneiil  le  lac  (h;  Nilkhiat,  le  dieu  au  «  liou 
hl(!u  »  :  c'est  le  r«5servoir  d'où  s'épanche  l.i  Trisoul  j^anga,  ainsi  iKuninéi; 
du  trident  de  Siva  (pii  la  fit  jaillir  de  la  inontagne'.  Désormiiis  le  premier 
ran^  |)(>nr  lit  hauteur  appartient  au  (îaoïirisankar  (Ui  Tcliingoj/ainari,  le 
tnonl  su|M>rl)e  du  Népal  de  l'est,  consacré  au  Kuiple  <li>iii,  à  Siva.  le 
(lieu  de  la  Force,  à  Parvatti,  la  d(>esse  de  la  lleauté.  I.e  Kintchindjinga, 
entouré  des  ciii(|  vastits  champs  de  neige  (pii  lui  ont  \.du  son  nom  de  <  (]in<| 
Né\és  rilincelanlso,  appartient  également  au  Népal;  il  s'élève  entre  cet  Ktal 
etIeSikkim,  à  ruxliémité  sc|il(!ntrionalu  du  chainon  transversal  de  Sin- 
ghalila.  Plusieurs  autres  pies  de  la  contrée,  sans  compter  h^s  contreforts 
des  sommets  principaux,  dépassent  la  hauteur  de  7000  mètiTs.  Sans  nul 
doute,  le  Trans-llimalaya,  ipii  forme  l'aiV'le  de  partage  entre  le  hassiii 
du  Tsangho  et  celui  du  Gange,  mais  qui  se  trouve  sur  territoire  chinc's 
dans  la  plus  grande  étendue  de  son  parcours,  se  couronne  de  |iics  ii\atix 
des  colosses  de  l'Himalaya,  ou  ne  leur  cédant  gii('i'(t  en  hauteur.  I.e  pandit 
(pii  Ht  complèlemcnl  le  lour  du  massif  de  Gaoïirisankar  en  1871,  sans 
réussir  pourtant  à  distinguer  cette  monlagni;,  cpic  lui  cachaient  d'autres 
cimes,  ne  cessa  de  voir  au  nord  des  sommets  InNs  élevés,  (pii  ne  lui 
paraissaient  point  inférieurs  à  ceux  de  l'Himalaya  proprement  dit.  De 
tous  les  monts  de  celte  rt'gion,  celui  (pii  lui  paraissait  lu  plus  haut  ap- 
partient au  Trans-llimalaya;    il  domine  au  loin  l'espace,   au  nord-est  du 

•  Olilficlil,  Skelchet  from  Nipal. 


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172 


iSOUVELLE  f.fiOGUAI'IlIE  UNIVERSELLE. 


la  grande  plaine  appeK-e  Dingri  Maïclan  ou  «  Place  tic  Dingri  »  (Tingri)'. 

On  coniprorid  qu'avoc  de  pareilles  diilérences  de  relief  les  coniiniinica- 

lions  soient  liés  dilliciles  entre  les  vallées  et  le  [daleau,  aussi  bien  que  de 

vallée  à  vallée.  La  plupart  des  rivières  qui  descendent  du  Tibet  traversent 


iC  !»,  —  LE   GAOURISADIUll. 


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le  mur  avancé  de  l'Himalaya  par  des  gorges  d'une  telle  profondeur  et  à 
parois  tellement  abruptes,  qu'il  est  impossible  aux  voyageurs  de  s'y  engager. 
C'est  en  (iscaladant  les  contreforts  voisins,  par  un(i  succession  de  cols  de 
plus  de  4000  mètres  d'élévation,  que  l'on  peut  continuer  sa  roule.  Il  est 
même  certaines  brèches  de  la  cliaine  que  l'on  évite  à  droite  ou  à  gauche 

'  .Muntguinei'if,  Journal  ufllw  (Jeograpliical  Society  ofLomhn,  vol;  XLV,  187b. 


MOXTAf.NES  ET  COLS  DU  NEPAL 


175 


|)iirdos  détours  de  plus  de  oO  kilonièlres  :  telle  est,  piU'  »!xeniple,  la  percée 
lie  l'Arouii,  à  l'est  du  massil'  de  Gaoui'isaukar.  Ailleurs,  les  sentiers  sont 
tratx'sdans  les  cluses  mêmes,  mais  de  manièn*  à  faire  reculer  tous  autres 
voyageurs  que  les  montagnards.  Kn  aval  de  Tclioksam,  où  un  pont  d'une 
vingtaine  de  mètres  de  longueur  IVanchit  la  puissante  rivière  de  Bliotia-Kosi, 
le  sentier  se  compose  de  775  marches  de  pierre,  lai'ges  de;  25  à  45  centi- 
mètres, et  reposant  sur  des  barres  de  lèr  enfoncées  dans  le  roc;  le  torniut 
gronde  à  450  mètres  au-dessous  de  cet  escalier  suspendu  dans  le  vide.  Il 
est  rare  (pie  des  brebis  ou  des  chèvres  s'aventurent  à  suivre  l'homme  sur 
ces  périlleux  degrés'. 

Pai'mi  les  brècbes  que  les  trafiquants  peuvent  utiliser  pour  passer  de 
l'un  à  l'autre  versant,  un  petit  nombre  seulement  sont  ouvertes  au  com- 
iiHîrce  nar  les  sévères  agents  de  la  douane  lilnHainc,  d'autant  plus  soup- 
çonneux que  l'entrée  d'un  espion  ou  d'un  missionnaire  leur  serait  im- 
putée à  crime  capital.  A  rextréinité  occidental»'  du  royaume,  le  col  de 
Nialo  ou  Thakia  khar  est  l'un  des  plus  importants,  car  il  permet  d'al- 
U'indre  les  bords  ilu  lac  Mansaraour  et  le  seuil  de  partage  entre  les  eaux 
(lu  iSatledj  et  ceux  du  Tsangbo;  c'est  là  (pi'est  la  région,  sacrée  par  excel- 
lence, où,  d'après  la  légende,  les  animaux  mystérieux  cachés  dans  les 
grottes  du  Kaïlas  vomissaient  les  quatre  fleuves  de  l'Inde:  du  moins  le 
Salledj,  le  Tsangbo,  la  Karnali,  prennent-ils  naissance  autour  du  massif 
(le  la  Gourla  Mandhata,  et  l'indus  jaillit  à  une  petite  distance  au  nord 
(lu  Kaïlas.  Le  col  de  P'olou,  d'où  les  voyageurs,  après  avoir  remonié  jus- 
(pi'à  la  source  la  vallée  de  la  Kali-fiandak,  vont  rejoindre  sur  le  Tsangbo 
le  monastère  et  lieu  d'étape  de  Tadam,  est  aussi  l'un  des  plus  fréquentés 
du  Népal.  Plus  à  l'est,  le  No-la,  haut  de  5000  mètres  environ,  offre  nu 
passage  moins  facile.  La  route  royale,  pour  ainsi  dire,  est  celle  (|ui  s'élève 
de  Katmandou  vers  le  nord,  par  la  vallée  de  la  Trisoul,  la  plus  orient,.ie  du 
bassin  du  Gandak,  et  passe  à  Djonka-djong  pour  e.  '''er  à  l'est  dans  la  dé- 
pression occupée  en  partie  par  le  grand  lac  tibétain  de  Palgou;  mais 
jusqu'à  maintenant  aucuii  des  pandits  envoyés  en  exploration  par  les  offi- 
ciers géographes  de  riTudoustan  n'a  réussi  à  prendre  cette  voie,  la 
moins  difficiles  de  toutes;  elle  es',  réservée  aux  jiersonnages  importants, 
que  suivent  des  chevaux  de  charge.  En  I70'2,  les  Chinois  descendirent  par 
cette  brèche  dans  l'intérieur  du  Népal.  Le  Thoung-la,  Kouti  ou  Nilam-djong 
est  la  brèche  par  laquelle  passent  les  marchands  ordinaires  en  remontaitl 
les  formidables  cluses  de  la  Hbotia-Kosi.  Enfin,  vers  l'est  du  NepuI,  plusieurs 


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174 


.NOUVELLE  CÉOfiHAI'IIIE  UNIVERSELLE. 


cols,  Ilalia,  Tipta-la,  Nila-la,  Tinki-la,  Uango-la,  permellcnl  de  IVanchir 
les  diverses  arêtes  qui  sépareiil  le  versant  du  tîange  de  celui  du  Tsangbo  '. 
De  tous  les  cours  d'eau  (jui  traversent  le  Népal,  celui  dont  le  bassin  est 
le  plus  considérable  et  qui  reçoit  le  plus  de  ruisseaux  glaciaires,  est  le  tor- 
rent d'Aroun  (Aran),  branche  maîtresse  de  la  Sapt  Kosiki  ou  des  t  Sept 
Kosi»  .  Il  s'est  formé  deux  lortes  rivières  qui  naissent  dans  la  dépression 
du  plateau  entre  l'Himalaya  et  le  Trans-Himalaya,  et  marchent  à  la  ren- 
contre l'un  de  l'autre.  Sur  un  espace  d'au  moins  200  kilomètres,  la  vallée 
longitudinale  qui  sépare  les  deux  arêtes  principales  du  système  himalaycn, 
sert  de  lit  à  ces  eaux  courantes,  le  Dingri-lchou  et  le  Tinki-djong.  I^  fleuve 
qui  les  unit  dans  son  cours  et  qui  reçoit  les  eaux  de  neige  fondue  du  Gaou- 
risankar  et  du  Kintchiudjinga,  s'engouffre  en  de  profondes  cluses,  à  6000 
mètres  au-dessous  des  montagnes  qui  le  dominent  à  droite  et  à  gauche, 
puis,  avant  de  sortir  du  Népal,  mêle  ses  eaux  à  celles  de  la  Kosi  et  du 
Tamrou  ou  Tambour.  Jadis  un  grand  lac  parallèle  à  l'Himalaya  et  à  la 
ch.iine  des  avant-monts  recevait  ces  torrents,  mais  l'émissaire  qui  s'en 
échappait  a  depuis  longtemps  creusé  son  lit  et  déblayé  sur  de  larges  es- 
paces les  roches  de  grès  et  de  conglomérats  qui  obstruaient  son  cours.  Il  est 
pi'obabie  que  celte  disparition  du  lac  des  Sapt  Kosiki  est  bien  antérieure 
à  riiistoire,  quoiipie  les  légendes  hindoues  en  racontent  le  dessècbemenl. 
De  même  les  Sapt  Gandaki  ou  les  «  Sept  Gandak  »  emplissaient  un  vaste 
réservoir  avant  de  percer  la  chaîne  extérieure  des  monts.  A  la  vue  de  ce 
bassin  cl  de  tant  d'autres  tar  qui  se  succèdent  dans  les  vallées  des  rivières 


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riliniHJiiYn  central  : 


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•  <:ul  il<'  Malu 

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•  Aliiioni  1650 

•  Knïiii-tal 

IU4S                     0  <*jniinil.i     •  [>'nlnii-lu 

aUl             ViO» 

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Diivaliaiiit 

7217    . 

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KiuU'liiiicljiii;a 

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8183* 

13i7  • 

FLEUVKS,  POPULATIONS  DU  NEPAL. 


175 


ilii  Népal,  il  est  impossible  de  ne  pins  en  reconnaître  anssildl  l'origine  la- 
c'iislre.  Mais  presque  tous  les  réservoirs  ont  été  vidés  par  la  pression  des 
eaux;  à  l'exception  des  lacs  de  Pakra,  situés  dans  le  bassin  du  Swcla-Gan- 
dak,  il  ne  reste  plus  que  des  étangs,  et  çà  et  là,  dans  le  voisinage  du  teraï. 
des  espaces  marécageux'.  Jusqu'à  la  sortie  de  la  région  des  montagnes, 
la  j)enle  des  torrents  est  très  forte  et  nulle  part  ils  ne  portent  bateau,  b's 
riverains  ne  les  utilisent  que  pour  l'irrigation  et  le  flottage. 


Naturellement  la  |)opulation  du  Népal  se  répartit  par  zones;  très  rare 
dans  les  hautes  vallées  voisines  de  la  frontière,  s'accroissant  du  nord  au 
sud  \o.rs  le  débouché  des  vallées,  elle  diminue  brusquement  à  l'approche 
du  teraï.  A  l'étroit  dans  leur  pays  raonlucux,  les  habitants  ne  se  bornent 
j>as  à  cultiver  les  campagnes  unies  des  tar  et  les  épaulements  peu  inclinés 
qui  bordent  les  vallées,  ils  savent  aussi  construire  des  terrasses  artidcielles 
sur  les  pentes  trop  inclinées;  de  même  que  les  montagnes  de  l'Ardèche, 
les  avant-monts  des  Al|)es  lombardes  et  les  coteaux  du  Rhin,  les  escar- 
pements du  Népal  moyen  sont  transformés  en  une  succession  de  gradins,  en 
gigantestpies  escaliers  dont  chaque  degré  porte  un  champ  de  céréales.  Sur 
les  pentes  douces  et  sur  le  sol  uni  des  vallées,  les  arbres  fruitiers  croissent 
en  fouirés  épais,  enveloppant  les  villages  de  leur  verdure  et  de  leur  parfum. 
Plus  haut,  les  forêts,  composées  surtout  de  conifères,  occupent  toute  la  ré- 
gion moyenne  des  montagnes.  C'est  par  centaines  que  les  Anglais  trouve- 
raient au  Népal  des  sites  favorables  pour  y  construire  des  villes  de  santé 
comme  celles  du  Garhwal  et  du  Koumaon;  elles  seraient  séparées  toutefois 
des  plaines  gangétiqucs  par  la  région  la  plus  dangereuse  du  teraï,  où  les 
fièvres  déciment  la  population  et  où  des  milliers  d'individus  sont  affectés 
de  goitres.  La  population  des  montagnes  souffre  aussi  de  cette  maladie. 
La  cause  en  est  attribuée  par  Hooker  à  l'habitude  générale  dans  le  pays  de 
soutenir  des  fardeaux  au  moyen  de  courroies  qui  passent  sur  le  front  et 
font  ainsi  porter  l'effort  sur  les  muscles  du  cou.  Les  brebis  et  les  chèvres 
do  charge,  dont  le  faix  est  également  soutenu  en  partie  par  une  courroie 
attachée  au  cou,  ont  aussi  des  goitres'. 

La  variété  d(!s  races  est  encore  très  grande  au  Népal,  les  familles 
des  valltîes  se  maintenant  pures  de  tout  croisement,  si  ce  n'est  aux 
époques  d'invasion  guerrière  ;  excepté  dans  les  ports  de  mer,  on  ne  sau- 


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'  II.  Ton  Schiaginlwcil,  Reiiien  in  Indien  und  Hocbaêien  ; 
*  llooker.  Journal  of  Ihe  Asiatic  Society,  mny  1849. 


Oldfield,  Skekhei  front  Kipal. 


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NOUVELLE  f.fOr.llAPIIIE  UNIVERSELLL 


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rait  voir  plus  de  représcnlîinls  de  populations  diverses  que  dans  les  villes 
du  Nopal.  A  l'ouest  du  Gandnk,  la  race  prédominante  est  celle  des  a  Aryens  » 
hindous.  De  m(''nic  que  dans  le  Kouniaon,  des  conquérants  radjpoutes 
s'emparèrent  de  la  contré»',  — vers  le  quatorzième  siècle,  disent  les  tradi- 
tions, —  et  d'autres  immigrants  dû  sud  les  suivirent,  surtout  des  brah- 
mines  fuyant  le  fanatisme  musulman  et  modifiant  de  proche  en  proche  la 
pojHilation  primitive  ;  ils  ne  se  laissèrent  point  conquérir  à  leur  tour,  et 
les  Népalais  sont  les  seuls  habitants  de  l'Jnde  dont  le  territoire  n'ait  pas  été 
fondé  par  les  soldats  de  l'Islam.  Les  habitants  de  l'occident  du  Népal  ont 
des  noms  hindous  et  parlent  des  dialectes  qui  se  rattachent  à  la  souche 
commune  du  sanscrit  :  ils  se  classent  aussi  comme  appartenant  aux  deux 
castes  supérieures  des  brahmanes  et  des  kchatryas.  En  réalité,  la  race  est 
très  mêlée,  et  nombre  de  Radjpoutes  du  Népal  ont  des  traits  tout  à  fait 
tibétains;  il  serait  plus  vrai  de  les  classer  parmi  les  nholia,dans  la  caste 
des  vaincus,  que  d'en  faire  des  représentants  de  la  race  conquérante;  mais 
ils  prétendent  d'autant  plus  à  la  pureté  du  sang,  que  les  castes  hindoues  non 
mélangées  pourraient  le  mieux  les  tenir  à  l'écart  comme  indignes.  Tan- 
dis que  dans  l'hide  proprement  dite  les  enfants  suivent  la  caste  de  la 
mère,  au  Népal  ils  appartiennent  à  la  condition  du  père;  c'est  ainsi  que 
s'explique  l'existence  d'une  si  nombreuse  population  de  brahmanes  et  de 
kchatryas  dans  les  vallées  de  la  Karnali  et  des  Sapt  Gandaki'. 

La  langue  parlée  par  la  grande  majorité  des  Parbattia  ou  «  Monta- 
gnards »,  habitants,  du  Népal  occidental,  est  nommée  d'après  eux  parbat- 
tif»  ;  on  la  désigne  aussi  sous  le  nom  de  khas,  d'après  la  tribu  guerrière 
qui  l'emploie.  Même  à  l'est  de  la  Kali,  jusqu'à  la  Trisouli  (Trisoul  ganga), 
elle  est  aussi  répandue  que  les  dialectes  d'origine  tibétaine  :  devenue 
l'idiome  des  maîtres  du  pays,  elle  doit  au  rang  de  ceux  qui  la  parlent 
une  influence  evceptionnelle.  C'est  d'ailleurs  un  langage  clair,  vigoureux, 
bref,  convenant  bien  à  un  p<!uple  de  soldats,  mais  n'ayant  qu'une  pauvre 
littérature.  Entièrement  «  aryen  »  par  la  structure  grammaticale,  le  par- 
battia renferme  encore  un  cinquième  de  mots  appartenant  aux  langues 
aborigènes;  pour  l'idiome  comme  pour  la  race,  les  éléments  tibétains  se 
sont  indianisés'. 

Les  Khas,  que  l'on  appelle  plus  fréquemment  Gourkha,  mais  à  tort, 
car  le  nom  de  Gourkha  s'applique  aux  habitants  de  toute  race  qui  peuplent 
le  district  situé  autour  de  la  ville  de  Gourkha"",  ne  permettent  pas  qu'on 


.  \  .. 


t,  •• 


•  llcriiiann  von  Sclilagiiilwcit,  ouvrage  cité. 

»  lliian  II.  Ilogilson,  Essays  on  tlie  lanrimges,  literature  and  religion  of  Népal  and  Tibet. 

'^  (lldiieid,  Sketches  from  Niixil. 


l'OPlIlATlO.N'S  DU  NEPAL 


177 


doiilc  d«î  leur  provenance  hindoue  et  de  leur  rang  de  kfhalryas;  mais 
il  esl  d'autres  tribus  militaires  qui,  tout  en  se  disant  hindoues,  ont 
beaucoup  mieux  gardé  leurs  traditions  et  leurs  mœurs  :  ce  sont  les  Ahigar 
ou  Magyar  et  les  (jouroung,  qui  vivent  au  nord  d«!  Gourkha,  en  diverses 
vallées  tributaires  de  la  Trisoul  ganga.  Us  parlent  kbas  avec  leurs 
maîtres,  mais  entre  eux  ils  se  servent  toujours  de  leur  idiome  de  sou- 
che tibétaine;  de  même,  s'ils  pratiquent  quelques  cérémonies  brahma- 
niques, ce  n'est  point  avec  ferveur.  Avec  les  Kbas  du  Gourkha,  les  Ma- 
giir,  les  Gouroung  et  'es  Limbou  des  districts  orientaux  composent 
presqu(!  toute  la  force  armée  du  Népal;  mais  cela  ne  suffit  pas  à  leurs 
instincts  militaires  :  de  même  que  les  Suisses  d'autrefois,  ils  émigrcnt 
pour  servir  comme  mercenaires.  Ces  Népalais,  uniformément  désignés 
sous  le  nom  de  «  Gourkha  »,  sont  fort  nombreux  dans  l'armée  hindo- 
britannique,  où  ils  sont  très  appréciés  à  cause  de  leur  courage,  de  leur 
endurance  dans  les  fatigues,  de  leur  adresse  et  do  leur  promptitude. 
Vrais  soudards,  ils  ont  le  plus  profond  mépris  pour  la  tourbe  des  Madhc- 
sia,  c'est-à-dire  des  gens  de  la  plaine,  et  massacreraient  des  révoltés  avec 
joie.  Faciles  à  discipliner,  ils  ne  seraient  peut-être  pas  moins  dangereux 
contre  leur  propre  patrie,  si  la  guerre  devait  éclater  un  jour  entre  l'empii'e 
anglo-indien  et  le  Népal. 

lios  Limbou,  les  Kiranti,  les  Yakha,  qui  vivent,  au  nombre  d'environ 
250  000,  dans  les  vallées  du  Népal  oriental,  sur  les  frontières  du  Sikkim, 
représentent  peut-être  les  tribus  kohiarienncs  dans  les  monts  tlimalaya, 
car  par  leur  apjiarence  physique,  leurs  mœurs,  quelques  traces  de  religion 
et  des  particularités  du  langage,  ils  se  rapprochent  des  Kohi  du  Tchota 
Nagpour  et  d'Orissa'.  Ix;s  autres  tribus  du  centi-e  et  de  l'est  du  royaume 
sont  encore  purement  tibétaines  par  les  traits,  les  mœurs,  les  dialectes,  la 
religion.  Presque  tous  les  habitants  de  cette  partie  de  la  contrée  sont 
beaucoup  plus  blancs  que  les  Hindous;  ils  ont  la  tête  et  la  figure  plus 
large;  les  yeux  rapprochés  et  légèrement  obliques,  le  nez  déprimé  à  la  base, 
large  au  bout  et  percé  de  gi'andes  narines  rondes;  ils  sont  petits,  mais  tra- 
pus et  forts.  La  prestesse  intellectuelle,  la  vivacité  de  l'Hindou  leur  man- 
quent, mais  ils  n'ont  pas  non  plus  sa  ruse  et  sont  généralement  doux  et 
de  belle  humeur.  Ils  se  divisent,  non  en  castes,  comme  les  immigrants  de  la 
plaine,  mais  en  tribus  ({ui,  tout  en  se  ressemblant  par  les  mœurs  agricoles 
ou  pastorales,  se  distinguent  par  les  dialectes,  les  coutumes  locales,  les  tra- 
ditions, et  ne  se  croisent  point  les  unes  avec  les  autres  par  des  mariages. 


«  llodgson-,  —  Dalton,  Etinwlogy  ofBengal. 

VIII. 


98 


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■ils 11    II 


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178 


NOrVKLLK  (;fTO(;IIAI'IIIK  l.mvehskli.k. 


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llodgson  110  coinplc  pas  inuins  de  doiizo  langues  tibétaines  dans  le  N'e|ial, 
parlées  chacune  par  une  Irihu  liien  nelleniunt  séparée  des  autres.  Il  y  a 
très  |ieu  d'artisans  parmi  ces  Népalais  orientaux;  les  corps  de  métiers  sont 
repi'ésentés  par  des  groupes  d'ilotes  (pii  n(;  dilTèrent  point  de  leurs  maîtres 
par  l'apimrence,  mais  (pii  sont  tenus  par  eux  en  un  profond  mépris  :  po- 
tiers, vanniers,  charpentiers,  maçons,  forgerons,  bijoutiers,  tailleurs,  blan- 
chisseurs, barbiers,  musiciens,  tous  ces  ouvriers,  indispensables  à  la  com- 
munauté, vivent  néaimioins  en  dehors  d'elle,  ce  (|ui  semble  impliquer  uni; 
différence  oi'iginaire  de  race.  L'esclavage  |)roprement  dit  existe  aussi  au 
Népal  :  le  père  |)eul  y  vendre!  ses  enfants  et  leur  faire  |)erdre  ainsi  rang  et 
nationalité. 

Parmi  les  tribus  népalaises  d'origine  tibétaine,  la  plus  civilisée  est  celle 
des  Newar,  ipii  vivent  dans  la  plaint;  de  Katmandou,  sur  les  bords  de  la 
Baghmali,  entre  les  bassins  de  la  Trisoiil  ganga  et  de  la  Kosi.  Leur  idiome, 
le  newari,  est  le  seul  dialecte  bod  du  Népal  qui  ait  luw  écritui'e  spéciale  et 
(pii  possède  une  littérature,  d'ailleurs  très  fortement  influencée  par  les 
modèles  sanscrits.  (le  sont  les  Newar,  bien  mi<  ix  que  les  Klias  ou  Gourkha, 
qui  représt!iil(Mit  l'élément  national,  entre  les  deux  forces  op|iosées  qui,  de 
part  et  d'autre,  agissent  sur  le  |)ays.  D'un  côté,  les  mœurs  et  la  politique 
hindoues,  de  l'autre  celles  du  Tibet,  cherchent  également  à  s'emparer  du 
Népal.  Au  sud  et  à  l'ouest,  les  Hindous  l'ont  emporté;  au  nord  et  à  l'est, 
l'Empire  Chinois  s'est  agrandi  aux  dé|)ens  de  l'Inde,  et  les  tribus  hima- 
layennes  du  Népal  se  rattachent  à  celles  du  Bod-youl  par  des  transitions 
insensibles.  Mais  les  Newar,  qui  occupent  le  centre  du  pays  et  sur  le  terri- 
toire desquels  se  trouve  la  capitale,  ont  conservé  une  certaine  originalité 
qui  ne  permet  de  les  confondre  ni  avec  les  Hindous,  ni  avec  les  Tibétains. 
Quelques  restes  de  l'antique  matriarcat  se  seraient  même  maintenus  parmi 
eux;  d'après  Kirkpatrick',  les  femmes  de  Newar  ont  le  droit  de  prendre 
autant  d'époux  qu'il  leur  convient  et  de  les  répudier  sous  le  moindre  pré- 
texte. Dès  le  deuxième  siècle  de  l'ère  vulg  lire,  de  zélés  bouddhistes,  fuyant 
la  persécution  des  brahmanes,  vinrent  demander  asile  aux  Newar,  et  en 
échange  de  l'hospitalilé  rcc-ue  ils  leur  apportèrent  leurs  livres  et  la  con- 
naissance des  arts  et  des  sciences  de  Tllindoustan;  de  |)récieux  ouvrages  de 
cette  époipie,  dont  on  ne  connaissait  (jue  les  noms,  ont  été  retrouvés  par 
Ilodgson  dans  les  bibliotliècpies  du  Népal.  Grâce  aux  instituteurs  venus  de 
l'Inde,  la  civilisation  des  Newar  se  développa  peu  à  peu;  mais  ils  n'ou- 
blièrent point  leur  langue  et  se  bornèrent  à  y  introduire  les  termes  «  aryens  a 

*  An  uccounl  of  Ihe  Kiimtlom  of  Nepuul. 


i 


l'OI'L'LATIONS  DU  NEI'AL 


17» 


répondant  l'i  dos  idées  ou  à  des  choses  nouvolles  pour  etix.  De  mi^me  la 
religion  rpii  leur  fut  onsei<j:née  se  inodilia  peu  à  peu.  Environ  les  deux  tiers 
dos  iNewar  sont  encore  houddliisies,  <lu  moins  de  nom;  mais,  tandis  «pie  les 
tribus  voisines,  au  nord  et  à  l'est,  ont  des  lamas  comme  les  Tiliélnins  et 
pratiquent  une  sorte  de  chamanisme,  les  Népalais  |)ropremcnt  dits  n'ont 
point  de  monastères  et  leurs  cérémonies  se  rapprochent  de  celles  des 
cultes  hindous;  les  divinités  et  les  symboles  brahmaniques  sont  entrés  dans 
leurs  temples,  [.es  anciens  couvents  existent,  mais  ils  ont  été  utilisés  par 
les  corporations  ouvrières.  Les  bouddhistes  Newar  ont  même  accepté 
le  régime  des  castes  :  leurs  prêtres,  devenus  héréditaires,  appartiemsent  ù 
la  classe  des  banhra,  (|ui  correspondent  aux  brahmanes;  ils  ont  aussi  la 
caste  des  marchands  et  celle  des  artisans  ;  mais,  appartenant  à  une  religion 
essentiellement  pacifique,  ils  n'ont  point  de  kchatryas.  Lorsqu'une  dispute 
relative  aux  castes  s'élève  entre  boiiddbistes,  c'est  au  radj  gourou,  grand- 
prétre  des  brahmanes,  (|u'ils  s'adressent  comme  à  leur  chef  ;  ils  n'ont  au- 
cune relation  de  dé|iendance  à  l'égard  du  dalaï  lama  du  Tibet.  Le  boud- 
dhisme se  meurt  au  Népal,  et  <  dans  cent  ans,  dit  Oldfield,  il  aura  disparu 
de  la  vallée  de  Katmandou,  comme  il  a  disparu  de  l'IIindoustan.  »  L'archi- 
tecture des  deux  mille  temples  ou  sanctuaires  qui  s'élèvent  dans  la  vallée 
témoigne  de  la  lutte  entre  les  influences  du  nord  et  du  midi  et  le  croise- 
ment des  deux  styles  s'y  est  fait  avec  une  certaine  originalité  :  les  ornements, 
que  des  artistes  hindous  sculptèrent  les  premiers,  rappellent  bien  ceux 
«(u'on  voit  sur  les  temples  des  bords  du  Gange,  mais  l'emploi  du  bois  dans 
la  construction,  la  saillie  des  étages  supéi'ieurs,  la  superposition  des  toi- 
tures sont  des  traits  d'architecture  chinoise. 

S'il  est  des  tribus  du  Népal  qui  ont  progressé  en  civilisation,  il  en 
est  d'autres  qui,  repoussées  dans  les  foi'cHs  et  dans  les  hautes  vallées  par 
les  invasions  étrangères,  sont  retombées  dans  la  barbarie.  D'après  Ilodgson, 
les  Tchepang  et  les  Kousounda,  qui  vivent  dans  les  régions  montueuses  et 
boisées  situées  à  l'occident  de  Katmandou,  sont  au  nombre  de  ces  tribus, 
jadis  policées,  que  dégrada  la  conquête.  Du  moins  ont-elles  gai'dé  leur 
indépendance;  elles  ne  cultivent  point  le  sol  d'un  maître,  ne  servent 
point  dans  les  armées,  ne  payent  aucun  impôt.  Les  Tchepang,  les  Madjhi, 
les  Koumbar  se  nourrissent  de  baies  sauvages  et  du  produit  de  leurs  flè- 
ches, mais  leur  ventre  ballonné  et  leui's  membres  grêles  témoignent  de  l'in- 
suflisance  et  de  la  grossièreté  de  leur  nourriture;  ils  n'ont  pour  demeures 
que  des  huttes  de  branchages  enti'olacés.  D'autres  peuplades,  moins  sau- 
•/agcs,  vivent  aussi  complètement  en  dehors  des  autres  Népalais,  grâce  à 
la  ceinture  de  marais  qui  hss  défend  contre   les  empiétements  de  leurs 


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180  NOUYELLK  (llvUdRAi'IIIK  UMVKKSKLLK. 

voisins;  ce  sonl  les  hiiliiliiiils  (1rs  Itiisscs  viiliécs  cliiiiiiies  ft  du  UM-aï.  Ccllo 
l'ûgioii,  iiioi'UtlIc  |iuur  lous  autres,  lliiuliius  on  TiliiHains,  t>sl  sans  dan^t'i- 
pour  <!ux;  aussi  leur  donne-l-on  soiivonl  lo  nom  d'Aoulia,  parci;  qu'ils 
bravent  l'noual  ou  malaria.  Depuis  un  nombre  inconnu  du  f;énéi'alions,  ils 
séjournent  sur  c«'s  terres  bumides  dont  ils  cultivent  les  clairières  et  où 
ils  exercent  leurs  diversj's  industries,  entre  auti'(!s  la  citasse  à  I  elépliant  ; 
mais  cet  animal  se  l'ait  rare'  ;  naguère  la  cour  de  Katmandou  l'.n  d<!- 
mandait  cinq  cents  cbaque  année,  mais  cet  impôt  ne  peut  plus  être 
ac(|uitté. 

Jadis  les  tribus  du  bas  Népal  |>arlaient  des  lan^:a^es  dilTérents;  acluelle- 
menl  elles  ont  le  kbas  pour  idiome  commun  et  s(>  disent  Hindous,  bien 
qu'elles  ne  se  conlorment  point  aux  rites  brabmaniques.  Qw.i  b>s  Den- 
vvar,  ceux  (pii  l'onl  ollice  de  prêtres  dans  «'liacpie  lamille  sonl  les  gendres 
et  les  lils  de  la  sœur.  A  maints  égards,  ces  peuplades  du  teraï  népalais 
semblent  Ibrmer  une  transition  etbnologique  entre  les  populations  kobla- 
riennes  di;  l'Inde;  citntrab;  el  les  Tibétains  de  l'Himalaya'.  Dans  la  zone  du 
teraï  la  plus  rapprocbée  des  possessions  anglaises,  les  colonies  prédomi- 
nanles  sont  celles  des  Tbarou  et  des  Melcli  :  c(;ux-ci  se  donnent  le  nom  de 
Dodo  ou  Duro  cl  se  rattachent  ccrlaincmcnl  h  cette  nation  des  fiodo  ou  Ka- 
Icbari  nomades,  épars  dans  toute  l'Indu  nord-orientale,  jusqu'aux  confins 
delà  Darmanie'.  Ils  s'indianisenl  rapidement,  parloul  où  ils  s<>  trouvent 
eu  contact  avec  les  Hindous  et  se  ciuilorment  au  culte  de  Siva,  tout  en  y  in- 
troduisant leurs  propres  superstitions,  ils  vendent  leurs  lilles  en  mariagr  à 
leurs  voisins  (^t  s'enricbissenl  de  celte  manière,  car  les  l'emmes  metcli 
ont  la  réputation  d'être  belles. 


Katmandou,  le  cbei'-lieu  de  la  vallée  (|ui  a  donné  son  nom  à  tout  le 
Népal  el  la  capitale  du  loyaume,  est  située  à  i5tî7  ntèlres  d'altilude,  au 
confluent  des  deux  rivières  Viclinounuili  el  Daglimati,  dont  les  eaux  réunies 
descendent  directement  au  sud  veis  les  plaines  bindoues;  très  irrégulière- 
ment bâtie  le  long  des  berges,  la  ville  a  la  l'orme  du  «  glaive  de  Dieu  », 
disent  les  indigènes.  Des  amas  de  décombres  obstruent  (;à  el  là  les  rues 
tortueuses,  et  la  plupart  des  maisons,  construites  en  briques  rouges,  sont 
de  véritables  sentines;  plusieurs  s'élèvent  à  deux  ou  trois  étages,  mais  elles 
n'ont  [)as  d'escalier,  seulement  des  échelles  cummuuiquual  pur  des  trappes. 

*  Oldlieltl,  oiivi'iigc  cilù. 

-  Iti'iiiii  II.  Ilu!>(lsuii,  uuvrajiu  cité. 

^  lliilloii,  Ethiwloiiji  (if  Ikiiijal . 


>     Il .  .( 


Tllllll  s  m    TKII.U.  K.\TMA.M)(M. 


181 


h'  piiliiis  niyjil  un  iliii-har  se  f()iii|Mis*;  d'iMlilici's  hiis,  groii|H!s  vn  (Irsoi'ilrc, 
|)nV(''(l»''s  (lo  |M)r(-lu;s  i|ii<!  rtM-oiivit'iil  des  s(;iil|)liii'i;s  Itizari'cs.  Des  pa^MMlcs 
('lèvi'iil  |iarloul  leurs  t'iiii|H>lcs,  tloclii'luiis,  ityramidcs  ou  toils,  rvcouverls 
Je  liiih's  (k-lalanlc's  ou  di;  liroiizt;  duré,  cl  {lurlaiil  auv  angles,  coniuio  los 
l('iU|tlos  cliiiiois,   des   clocliellcs  ((u'airile  h;  veut.  Vus  de  loin,    plusieurs 


cil  C'vr  •  v::l::i 


KATNAXIIOU.   PORTE  DF.    HAMOITMa;!,    \V   I<M..VIS   DU    RUI. 

Duuiu  de  Gout2willi.'r,  il'aiii-ùs  uuu  pliutugrapliiu  de  MM.  boui'iie  ut  Shi'pliurd, 

(|narliers  de  la  ville  semblent  n'»Hre  qu'une  vaste  pagode;  partout  s'ouvrent 
de  petits  sanctuaires,  barbouillés  du  sang  des  victimes  (|u'on  vient  y  oITrir 
en  sacrifice,  coqs  ou  canards,  clièvres  ou  buffles  ;  çà  et  là  se  dressent 
des  monolitlies  portant  des  statues  de  princes  ou  de  dieux,  que  pi'o(è<>e 
un  serpent  d'aii'ain  à  la  tète  menaçante.  A  5  kilomètres  à  Test  s'élève  le 
Itaddiinatb,  le  plus  vaste  temple  bouddhi(|ue  du  Népal,  énorme  coupole  en 
l'orme  de  sloupa,  surmontée  d'une  tour  sur  la(|uelle  est  peinte  la  ligure  du 
(lieu,  et  d'une  pyramide  à  degrés  terminée  par  une  sorte  de  tiare.  C'est  la 


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|tîif;o(lt' de»  liiniii'^  tilM'Iaiiis  i|iii  visilcnl  Ir  Népal  en  hiver  cliafiiic  îiiiiu'c;  iU 
la  ivpai'i'iit  n\«r  >tiiii. 

I.('  bul  tivali-  <le  la  |)laiiic,  luii^  d'iinu  viii^laiiK;  ilc  kilomèlivs  <lii  non! 
ail  sud,  l'I  dcMiiiiit'  de  Ions  les  nUés  par  des  iiKHiliijiiics  <pii  sV'lèvfiil  de 
r>()ll  à  '2(MI(I  iiii''li-«'s  aiMicssiis  de  raiicioii  Ibiid  laciislri',  es!  parsciiié  de 
villes,  de  villa<res  t-l  de  temples  à  demi  caeliés  par  la  verdure.  I,a  villa  du 
résideiil  anglais,  siUiée  sur  un  immlinilc,  au  nord  de  Katmandou,  oeeiipe 
l'un  des  sites  les  pliisgraeieuxde  ceeliarniant  pays'  ;  siirloul  les  pentes  sep- 
ti'iitrionales  des  eollines  et  des  monts  sont  rieliemeiil  lioisées.  l'oiii'  eoii- 
lempler  la  mer  de  verdure  ut  le  tableau  pilloresipie  do  la  ville  eoiironiiée 
de  |iagodes.  ou  moule  aussi  sur  la  Darera,  eoloiini*  ereiise,  de  fort  «'•légalités 
proporlioiis,  tpii  s  élève  à  T.'i  mètres  de  hauteur.  Les  niairliés  de  Katman- 
dou sont  parmi  les  plus  beaux  de  l'Asie  par  la  richesse  ol  la  variété'  des 
fleurs,  des  Irtiits  el  des  légumes  (ju'y  apporleiil  les  eampagnards.  D'après 
Kirk|)ali'irk.  la  populalion  de  toute  la  vallée  de  Kalmandon  était  de 
ISlilIDO  habitants  au  eimimeiieemcnt  du  siècle;  Oluliekl  pense  qu'elle 
dépasse  maiiitenant  un  quart  de  million. 

A  .'  kilomètres  au  sud-est  de  Katmandou,  la  ville  de  l'alii  ou  Pataii, 
—  e'esl-à-dire,  etunnie  la  Palna  du  Gange,  la  «  Cité  »  ])ar  excellenee,  —  et 
à  ir»  kilomètres  à  rttrieiil,  Hbalgaoun  ou  lihatgong,  sont  ciieoru  plus 
riches  ipie  la  capitale  en  temples  de  luulos  les  époques  postérieures  à 
rinlroduclion  des  religions  hindoues,  mais  la  plupart  di;  ces  édilices  sont 
très  délabrés  et  plusieurs  d'entre  eux  ajoulenlà  leur  décoration  de  scul|)- 
lures  celle  de  toulîes  d'herbes  et  d'arbustes  jaillissant  des  lézardes  du  ino- 
niimenl.  Au  huitième  siècle  de  l'ère  vulgaire,  lors  de  la  t'undation  de 
Katmandou,  l'ataii  était  déjà  une  ville  considérable;  elle  est  encore  la 
deiixièiiH!  citt'  du  royaume  et  celle  où  les  Newar  bouddhistes  se  trouvent  en 
plus  grand  nombre.  KaUnandim  est  naturellement,  comme  résidence  du 
liiiljah,  le  lieu  de  rendez-vous  pour  les  Gourkha  et  autres  gens  de  race 
guerrière;  cependant  la  majorité  j  est  également  formée  de  Newar;  les 
brahiiKines  si'journenl  |)riiicipalemeiit  à  Hbalgaoun.  A  l'oiiesl  de  la  vallée, 
sur  une  petite  colline  dominant,  d'une  centaine  de  mètres  les  campagnes 
(Mivironnanles,  est  une  autre  ville,  maintenant  presque  ruinée,  Kirtipour  : 
elle  l'ut,  il  y  a  plus  d'un  siècle,  le  boulevard  de  l'indépendance  nationale 
des  Newar,  et  les  Gourkha  ne  réussirent  à  s'en  emparer  que  par  Irahison. 
l'our  se  venger  de  la  longue  résistance  des  assiégés,  les  Gourkha  coupèrent 
le  nez  et  les  lèvres  de  tous  les  habitants,  n'épargnant  «pie  les  enfants  à  la 


'  \Viij,'lil,  llixlmii  ofNepaiil;  —  OI<lfii'i(l,  Skelches  from  Nipal. 


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KATMANDOU.   NAVAKOT. 


185 


iiiiiiiK'llt*.  <'l  kii-(i|ioiii-  Tiil  ntiiiiiiu  lorigU'iii|iH  houh  Ii;  nom  du  N)isciii|H)iir 
iiii  «  Villt!  <li>s  nez  n)ii|H>s  •'. 

An  iioid-oiirst  <l<<  KiitiniMMioii,  Niiyakol  on  .Naokol  est  liAlif  «liiiis  nni; 
(li'>|irt'ssion  <>n  lonnu  ilt;  cnilôrt!  (|ni  s'onvro  iin  soinincl  irnni'  nion- 
lii^rii;  iluniinanl  It^  ninlIni'Ml  il''  lu  Trisonl  ^illl^a  i>l  <l'nn  |N>til  tribn- 
hiiiv.  liullt!  ville  élnit  jadis  In  résidonn*  d'iiivrr  des  radjahs  dn  Nr|ial, 
mm  le  palais  usl    niainlunanl  Hltatulonnc  <'l  Nayiikul  a  |MTdn  du   son 


N"  w.  —  inH»i<i  n>.  kArii«:<iiov. 


D'i|iii»riiiiii.Hi  uiui. 


lOkil, 


iniportanco  coinmorcialc;  ccpondanl  nn  niairliô  annncl  so  lient  au  pied 
de  la  nionlagnc,  au  uiilicm  de  jardins  runomin«''s  pour  rexcelleiur  du 
l(>ni's  produits  a<!;ricoles,  snclont  l(>  rix,  le  sucre,  les  ananas,  les  nuin- 
gu(!s;  les  oranges  du  Nayakot  et  celles  des  districts  occidentaux,  autour  de 
(îourklia,  sont  considérées  comme  étant  sans  rivales.  Ia's  jardins  de 
Nayakot  sont  à  700  mètres  d'altitude.  C'est  juscpie-là  que  lesCliin(»is  et  les 
Tibétains  descendirent  en  179!2,  lors  de  leur  campagne  victorieuse  contre 
les  Gourklia. 


■  Oldlleld,  ouvrage  cilo. 
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186 


NOUVELLE  f.ÉOGRAl'IllE  INIVERSELLE. 


Dans  toulu  la  partie  oceiduntalo  du  royaume,  limitée  par  laTrisoul  ganga 
et  jadis  partagée  en  (piarante-six  petites  principautés  i'éodi  I<îs,  les  Baïsi 
radj  ou  «  Vingt-tleux  royaumes»,  et  les  Tehaoubisia  radj  ou  «  Vingt-fpiatre 
royaumes  »,  il  n'y  a  point  de  grandes  villes;  les  pi'incipales  agglomérations 
d'habitants  sont  des  bourgs  entourés  de  murailles,  comme  Djamia  ou 
Djhoumia,  la  capitale  des  fiaïsi  radj,  des  lieux  de  marché  comme  Loh- 
mantf-ng  (Mastang,  d'après  Oldlield) ,  sur  le  sentier  (pii  monte  au 
P'otou-la,  ou  des  sanctuaires  de  pèlerinage  fréquentés,  comme  Mouktinath. 
En  cet  endroit,  situé  à  5459  mètres  d'altitude,  sur  la  pente  de  hautes 
montagnes  neigeuses,  jaillissent  des  eaux  thermales  sulfureuses,  que  les 
indigènes  disent  être  quelquefois  accompagnées  de  flammes'.  La  ville  la 
plus  commerçante  des  frontières  tibétaines  est  Kirong,  située  au  nord  de 
Katmandou,  à  2775  mètres  d'altitude,  dans  une  vallée  que  domine  à  l'est  le 
massif  du  Gosaïnthan;  on  y  cultive  encore  le  froment  et  l'orge,  mais  le 
riz  y  est  importé  des  plaines  basses. 

Le  commerce  du  Népal  est  singulièrement  entravé  par  les  rigueurs  de  la 
douane.  Non  seulement  aux  frontières,  mais  aussi  dans  plusieurs  stations 
de  l'intérieur,  des  taxes  sont  prélevées  sur  les  marchandises  et  certains 
objets  sont  complètement  prohibés;  royaume  militaire  menacé  par  les 
deux  empires  plus  puissants  que  lui,  le  Népal  ne  peut  se  défendre  que  par 
des  tarifs  et  des  passe-ports,  mais,  en  dépit  de  sa  mauvaise  grâce  envers  les 
commerçants  étrangers,  il  est  obligé  de  l(!s  accueillir.  Des  Tibétains  vien- 
nent acheter  de  l'opium  pour  l'introduire  en  contrebande,  des  centaines 
d'Hindous  se  présentent  aux  foires  annuelles  de  Katmandou,  et  les  mar- 
chandises anglaises,  devenues  de  plus  en  plus  nécessaires  aux  Népalais, 
doivent  être  payées  en  denrées  locales,  telles  que  le  bois  et  les  gommes  du 
calcclm  ou  cachou,  en  bois  de  construction,  en  fers  et  en  cuivres,  en  laines, 
en  chevaux,  petits  animaux  sobres  et  infatigables,  en  sel  et  en  poudre  d'or, 
en  minei'ais  divers,  en  turquoises,  en  borax,  importés  des  ])lateaux  tibé- 
tains. Même  le  Népal,  représenté  pai'  une  cinquantaine  de  gros  marchands, 
peut  envoyer  aux  Anglo-Indiens  des  produits  de  son  industrie,  notamment 
des  couvertures  et  le  pa|)iei',  aussi  solide  que  le  i)arclicmin,  fabriqué  avec 
la  fibre  de  la  dapline  cannabinn.  Malgré  son  désir  de  s(!  maintenir  isolé,  le 
gouvernement  du  Népal  ne  peut  empêcher  la  nation  d'entrer  en  rapports 
de  plus  en  plus  frécjuents  avec  ses  voisins  de  l'inde;  il  doit  entretenir  les 
routes  qui  existent  déjà,  en  ouvrir  même  de  nouvelles;  enfin,  il  a  pré- 
posé des  brahmanes  à  l'établissement  des  postes  sur  les  chemins  de  la 

*  MoDtgoinmiu,  Journal  of  the  (ieoijiaiiliicat  Society  of  London,  1875. 


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NEPAL.  SIKKIM. 


181 


contrée;  mais  la  route  qui  mène  de  Khatmandou  à  Sigaouli,  station  de  la 
voie  ferrée  qui  longe  la  frontière,  n'est  toujours  qu'un  sentier  traversant 
encore  une  large  zone  de  leraï  et  franchissant  deux  cols,  le  Sisaghari  et  le 
Tchaiidragiri,  qui  s'élèvent  resperUvement  à  1960  et  21P0  mètres  de  hau- 
teur '.  Des  Népalais  émigrenl  en  grand  nomhre  dans  les  plaines  de  l'IIin- 
(loustan,  surtout  ù  liénarès,  et  rapportent  dans  leur  pays  des  idées  et  des 
mœurs  nouvelles,  qui  transforment  de  plus  en  plus  le  Népal  en  un  pays 
hindou.  Même  la  plupart  des  riches  propr.étp.ires  du  teraï  résident  sur  le 
territoire  anglo-indien. 

Quant  à  l'indépendance  politi(jue  du  Népal,  elle  n'est  point  menacée. 
Bie.i  au  contraire,  le  gouvernement  de  Katmandou  est  de  ceux  que  le  vice- 
roi  des  Indes  traite  avec  le  plus  de  courtoisie,  se  conformant  à  tous  ses 
désirs  et  consentant  même  à  garder  pour  lui  des  prisonniers  d'Ëlat  dans  sa 
forteresse  de  Tchanar,  sur  le  Gange.  C'est  que  le  radjah  du  Népal  dispose 
d'une  armée  de  cent  mille  homme*,  renommée  pour  sa  vaillance  et  dont 
une  partie  considérahle  est  arm-'e  à  l'européenne  et  fournie  d'un  excellent 
matériel  de  guerre.  Précieux  alli},  le  Nej:al  sera:    un  très  redoutable  en- 


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IV 


HIMALAYA    ORIENTAL 

aiUTKS    VALLÉES    DES    .VPrLUEXTS    DU    B  R  ANNAPOVTnt , 
SIKKIM    ET    BHOnTAN. 


La  partie  orientale  de  l'Himalaya,  quoique  la  plus  rapprochée  de  Calcutta 
et  la  plus  accessible  par  voies  navigables  juscju'à  la  base  des  montagnes,  est 
restée  la  moins  connue;  nombre  de  vallées,  habitées  par  des  populations 
sauvages,  n'ont  pas  encore  été  scientifiquement  explorées  et  l'on  ne  sait  pas 
même  quelles  rivières  les  parcourent;  seulement  quelques'  sommets  de 
montagnes,  aperçus  des  plaines  à  100  et  150  kilomètres  de  distancj,  ont 
été  mesurés  et  servent  de  premier  point  d'appui  aux  linéaments  précis  des 
cartes  futures.  Certiùnement,  la  première  cause  de  l'étal  d'ignorance  dans 

*  Eustwick,  Hantibouk  uf  the  Benyal  Prexidency, 

*  l'opulation  tlo  quelques  villes  du  Ncpnl  : 

Kalinaïuluu,  d'après  Oidfield 70  000  habilants 

P&ian  »  » 60  000         » 

Bhalgaoun  »  ii 50  000        » 

r.mirklia  »  10  000        » 

Kirlipimr  »  » 5  000        » 


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188 


.NOUVELLK  GÉOr.RAl'HIK  UNIVERSELLE. 


loquol  on  se  li'ouvo  encore  rcIiUivement  à  ces  réfrions  orientales  dc^  l'Hima- 
laja,  consiste  dans  l'extrême  al)on(lance  des  pluies  apportées  par  la  mousson 
du  sud.  Ces  averses  donnent  l'imjwrtance  de  fleuves  à  des  cours  d'eau  qui, 
sous  tout  autre  climat,  seraient  de  simjdes  ruisselets  ;  la  végétation, 
nourrie  par  ime  humidité  surabondante,  recouvre  tout  le  pays  de  l'our- 
rés  d'arbres  entremêlés  t!;  lianes  où  l'homme  ne  peut  pénétrer  que  diffi- 
cilement; la  percolation  des  eaux  dans  le  sol  cause  de  fréquents  éboulis, 
et  dans  les  moindi-es  cavités  s'amassent  des  marécages.  L(!s  forces  de  la 
nature  sont  trop  puissantes  dans  cette  région  pour  que  l'homme  civilisé 
ail  pu  tenter  encore  de  les  disciplinei'.  Des  tribus  se  pliant  à  toutes  les  con- 
ditions du  milieu,  étrangères  aux  besoins  qu'ont  les  populations  policées 
de  la  plaine,  sont  les  seules  qui  puissent  vivi-e  dans  ces  contrées,  et  jadis 
la  crainte  qu'elles  ins[)iraicnt  contribuait  à  éloigner  les  voyageurs  de  leurs 
vallées. 

Cependant  une  partie  du  versant  bimalayen  descendan  ■  Brahmapoulra 
est  annexée  indirectement  à  l'Empire  Indien,  et  mêui^  .  :s  Anglais  ont 
étendu  les  limites  de  leur  province  médiatisée  du  Sik!»im  jusqu'au  faite 
du  Trans-Ilimalaya;  le  haut  bassin  de  la  rivière  Aroun,  la  plus  importante 
du  Népal,  est  marqué  sur  plusieurs  cartes  comme  appartenant  à  l'Angle- 
terre, quoique,  privé  de  toute  population,  il  n'ait  en  réalité  point  de  maître. 
Des  postes  britanniques,  militaires  et  commerciaux,  sont  interposés  entre 
les  deux  États  indigènes  du  Népal  et  du  Bhoutan.  A  l'est,  les  Anglais, 
sans  conquéi'ir  le  Bhoutan,  ont  du  moins  annexé  à  leur  empire  les  dix- 
huit  iloar  qui  en  dépendent  naturellement,  c'est-à-dire  les  «  portes  » 
de  l'Himalaya,  les  seules  régions  du  pays  dont  les  productions  aient  de  la 
valeur  et  où  les  habitants  se  soient  groupés  en  nombre  considérable;  d'ail- 
leurs, pour  assui'er  la  tianquillité  de  sa  frontière,  le  gouvernement  anglais 
sert  au  radjali  du  Bhoutan  un  subside  annuel  dont  la  régularité  dépend  de 
la  sag(!sse  du  pensionnaire.  A  son  extrémité  orientale,  le  Bhoutan  est 
limité  par  le  pays  de  Tovang,  l'oute  commerciale  dont  le  Tibet  est  devenu 
propriétaire,  grâce  à  l'influence  des  lamas,  à  la  fois  prêtres,  maîli'es  poli- 
tiques et  marchands;  mais  là  aussi  les  Anglais  se  sont  emparés  des  doar 
voisins  de  la  plaine,  et  les  deux  empires,  de  l'Inde  et  de  la  Chine,  y  sont  de- 
venus limitrophes.  Plus  à  l'est  conunencc  le  domaine  inexploré  des  ti'ibus 
sauvages,  (]ue  les  planteurs  de  l'Assam,  remontant  de  [)lus  en  plus  haut 
dans  les  vallées,  ont  dû  faire  pensionner  par  leur  gouvernement  pour 
éviter  les  incursions  de  |)illage.  On  ne  peut  émettre  que  des  suppositions 
sur  le  nombre  total  îles  habitants  (pu  peuplent  le  vei'sant  bimalayen  com- 
pris entre  le  Kintchindjinga  et  les  monts  orientaux;  il  n'atteint  pas  même 


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HIMALAYA  OIUKNTAL,   BASSIN  I»K  I.A  TISTA. 


189 


lin  demi-million,  h  on  juger  par  ce  qnc  l'on  sait  de  la  partie  occidonUile 
(il'  la  j-égion*. 


La  rivière  Tisia  ou  Trisrota, —  c'est-à-dire  les  «  Trois  Sources  t,  —  dont 
le  bassin  supérieur  est  connu  sous  le  nom  de  Sikkiin,  pourrait  «Hre  juMpi'à 

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Q  après  1  f  Lsi-Major 


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un  cerliiin  point  considéré  comme  la  branche  maîtresse  de  tout  le  système 
friuigétique,  puisrpi'elle  descend  directement  au  sud  vers  le  gitlle  du  Reii- 
frale,  en  suivant  la  ligne  d'écoulement  la  plus  rapide.  Le  Gangi?  et  le 
Hrabmapoulra,  qui  viennent  à  l'enconlre  l'un  de  l'autre,  cheminent  au 


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Distrirt  de  Darrijiling  .    . 

Sikkiin 

Illiuulaii 

l'ays  de  Tovaiig.       .    .    . 
i'uvs  dus  trilius  orieiilnles. 


Supei'llcie,  Po|mlnUon.  Populntion  kiiou. 

5  106  kil.  ciir.    157  000  li:d).  en  1881      W  lial>. 


6  589  > 

55  200  » 

T)  850  . 

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100  000  .  •? 

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Ensemble 95  835  kil.  cm i'.    453000  liub.  * 


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NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  UNIVERSELLE. 


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coiUrnire  piirallMoment  à  la  base  dt;  l'Himalaya,  ol  c'osl  en  entrant  dans 
la  plaine  déjà  nivelée  par  l'erranle  Tisla  que  les  deux  lleuves  prennent  la 
direction  du  sud.  Fendant  la  période  de  l'histoire  contemporaine,  la  Tista 
s'est  unie  tantôt  avec  l'un,  tantôt  avec  l'autre  de  ces  deux  grands  cours 
d'eau;  il  est  peu  d'exemples  de  rivières  (|ui  aient  aussi  rréi|uemment  clian^îé 
de  lit.  .Maintenant  encore  un  bras  de  la  Tisla  s'unit  à  la  .Maba  naddi,  tribu- 
taire du  (lange  ayant  gardé  le  nom  de  «  fii'ande  Hivière  »,  (pie  lui  valait 
l'abondance  de  ses  eaux.  De  même,  d'après  une  tradition  que  rap|)orte 
Fergusson,  la  Kosi,  (pii  est  actuellement  un  des  alUuents  du  Gange,  aurait 
coulé  jadis  au  sud-est  pour  s'unir  au  Brabmapoutra.  Dans  cette  vaste  plaine 
alluviale,  les  rivières  oscillent,  pour  ainsi  dire,  entrecroisant  par  leurs 
nouveaux  méandres  bîs  traces  des  anciiMis. 

I^e  bassin  de  la  haute  Tista  est  parl'aitement  limité  par  un  amphithéâtre 
de  hautes  montagnes.  .V  l'est,  se  dresse  la  masse  puissante  du  Kinlcbin- 
djiuga,  composée  d'assises  de  gneiss,  reconnaissables  de  loin  par  leurs  cor- 
niches de  neige'.  S'ap|niyant  sur  ses  contreforts  neigeux,  elle  se  continue 
au  sud  par  IaKoubra  et  par  d'autres  sommets,  qu'une  profonde  coupuir 
sépare  de  la  chaîne  de  Singalilah  on  «  mont  des  Hêtres  »,  frontière  natu- 
relle entre  le  Sikkim  et  le  Népal.  Les  habitants  des  deux  pays  ne  peuvent 
communiquer  que  par  des  cols  ayant  au  moins  2000  mètres  d'altitude. 
Au  nord-est  du  Kinlchindjinga  (liambntsinga,  d'après  Jules  Hemy)  so  |)ro- 
longe  le  faîte  de  l'Himalaya  proprement  dit,  sur  lequel  se  succèdent  le 
Tcliomiomo,  le  Kiutchindjhaou,  le  Donkiah,  enfermant  entre  leurs  som- 
mets des  cirques  neigeux  et  de  petits  bassins  lacustres  où  prennent  nais- 
sance les  plus  hautes  sources  de  la  Tisla.  Moins  élevé  (lue  le  Kintchin- 
djinga,  le  Donkiah  est  cependant  plus  large  et  plus  important  comme 
nœud  de  montagnes  dans  l'ensemble  du  système;  il  se  rattache  par  un 
chaînon  transversal  au  faîte  du  Trans-llimalaya,  tandis  qu'à  l'est  des  monts 
fort  élevés  le  l'ejoignent  au  Tchamalari,  dont  la  pyramide  aiguë  le  dépasse 
encore  en  altitude;  enlin  au  sud  du  Donkiah,  une  arête,  plus  haute  ipie  celle 
de  Singalilah,  et  s'élevant  sur  un  socle  |mrsemé  de  petits  lacs,  est  dominée 
par  des  monts  escarpés,  le  Gnariam.  le  Tchola,  le  Gipmotchi;  elle  sépare  le 
Sikkim  d'une  longue  band(!  de  territoire  t[\w  le  Tibet  possède  en  cet  endroit 
sur  le  versant  méridional.  Des  avant-monts,  (pii  s'abaissent  gradiudlemeiit 
>ers  la  j)laine,  mais  dont  les  dernières  cimes  se  dressent  l'ncorc*  à  1800  et  à 
2000  mètres,  limitent  au  sud  le  long  rectangle  formé  par  le  haut  bas- 
sin de  la  Tista, et  h'  fleuve  ne  peut  s'échapper  ((ue  parnne  cluse  étroite,  celle 


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•  Slierwill,  Journal  of  the  Aiialic  Society  of  lieiujal,  185'),  n*  VU. 


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MONTAtlNKS  1)1    SIKKI.M. 


101 


(le  Sivdk-golfi.  Dons  l'inlérieur  (l(î  la  fiiandc  cnceinU.'  de,  monlaj,mt's,  com- 
proiianl  lo  Sikkiin  cl  le  ciistricl  anglais  île  Danljilin}^,  dos  arèlcs  secondaires, 
se  tlélaclianl  des  principales  crêtes  el  se  ramiiianl  elles-mêmes  en  conti'c- 
lorls  déconpés  dans  tous  les  sens  par  les  érosions,  l'ormcnl  un  prodij^ieux 
liiltyrintlic,  où  l'on  ne  retrouve  (|ue  diliicilement  l'ordonnance  primitive 
(les  saillies,  orientées  de  l'est  à  l'ouest,  parallèlement  à  l'axe  liimalayen. 
L'exlrime  humidité  du  climat,  la  Imjuence  des  pluies  et  des  brouillards 


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m  permettent  pas  aux  «iravisseurs  de  s'aventurer  loin  de  Dardjiling  sur 
les  hautes  pentes  du  Kintchindjinga  ou  du  Kintchindjhaou.  Il  est  très  rare 
(pi(>  Von  i)uissevoir  liînsemhle  des  grands  somnii^ls  se  proliler  dans  un  ciel 
piu'.  Pendant  la  mousson  d'été,  les  pluii!s  sont  prescjue  incessantes,  el 
nièuK!  en  hiver,  lors(pic  les  vents  alizés  du  nord-est  dominent  dans  l'espace 
cl  descendent  le  long  des  crêtes,  ui:  ^lus-courant  humide,  venant  du  golfe 
(lu  Mengale,  rellue  vers  les  vallées  du  Sikkini.  Après  les  averses,  des  brouil- 
lards semblent  s'élever  des  forêts  comme  une  fumée  el  rantpenl  sui-  toutes 


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NOUVELLE  GÉOdRAlMIlE  UMVERSELLK. 


K'3  montagnes  :  fré(|ui'mnienl,  les  couches  de  viipeurs  qui  s'étendent  en 
voile  unilbruie  sur  tout  le  ciel  ont  |)lusieurs  milliers  do  mètres  d'épaisseur, 
et  les  paysages,  qui  semblent  éclairés  par  les  rayons  lunaires  plus  que 
par  la  lumière  du  soleil,  prennent  un  aspect  fantastique  :  on  croirait  voir, 
non  des  montagnes,  mais  des  spectres  de  montagnes,  d'autant  plus  liants 
en  apparence  que  les  vapeurs  de  l'air  semblent  les  éloigner  davantage. 
Dans  celte  almosphèrt;  humide,  à  température  presque  toujours  égale,  les 
vents  ne  soufilent  que  rarement  et  avec  peu  de  violence,  même  sur  les 
hautes  croupes;  seulement,  quand  les  voiles  de  nuages  se  déchirent  et  que 
les  monts  se  montrent  dans  le  ciel  clair,  des  foyers  locaux  de  chaleur 
attirent  l'air  environnant,  et  l'on  voit  alors  d'en  bas  les  neiges  s'élevant  en 
aigrettes  sur  les  sommets. 

Un  pays  aussi  humide  que  l'est  le  Sikkim  est  parmi  ceux  qui  doivent 
le  moins  attirer  les  populations.  La  marche  même  y  est  difficile,  à  causi; 
de  la  nature  argileuse  des  roches  qui  se  délayent  en  boue  gluante,  et  dans 
la  saison  des  pluies,  excepté  pendant  les  très  fortes  averses,  les  voyageurs 
qui  traversent  les  forêts,  entre  !l200  et  2500  mètres',  ne  peuvent  échapper 
aux  morsures  d'innombrables  sangsues,  pareilles  à  de  petits  filaments,  qui 
tombent  de  toutes  les  feuilles.  Les  vallées  étroites  de  la  Tista  et  de  ses 
afiliienls,  dans  lesquelles  s'engouffrent  les  eaux  d'averse,  sont  de  véritables 
entuiinoirs  où  ne  jieuvent  s'élever  les  cabanes,  de  crainte  de  brusques 
inondations;  les  meilleurs  sites  pour  la  construction  des  villages  sont  les 
hauts  promontoires  d'où  l'eau  s'écoule  rapidement  dans  tous  les  sens. 
L'exubérance  de  la  végétation,  qui  se  dévelop|»e  avec  une  extrême  rapidité 
dans  les  pluies  et  dans  la  brume,  oppose  aussi  un  grand  obstacle  aux  tra- 
vaux de  l'Iumime  et  même  étouffe  souvent  ses  plantes  cultivées,  qui  pour 
la  plu|)art  auraient  besoin  de  longs  intervalles  de  beau  temps.  La  flore 
tropicale,  apportée  par  les  vents  du  sud,  s'élève  plus  haut  sur  les  monts 
du  Sikkim  que  dans  aucune  |>artie  de  la  Terre  située  sous  la  même  latitude  : 
on  y  voit  encon;  des  palmiers  et  des  bananiers  à  2100  mètres,  sur  les 
pentes  tournées  vers  le  midi.  Les  plantes  de  la  zone  torride  s'entremêlent 
dans  les  forêts  de  Dardjiling  à  celles  de  la  zone  tempérée;  des  noyers  crois- 
sent à  côté  des  palmes;  des  rhododendrons  contrastent  avec  les  fougères 
arboresccnies;  dos  orchidées  épiphytes  s'attachent  aux  branches  de  chêne. 
liCs  fougères  surtout  sont  représentées  jiar  de  nombreuses  espèces  dans  cette 
zone  tro[)icalc  des  montagnes;  Ilooker  en  a  compté  une  trentaine  sur  la 
seule  montagne  de  Sentchal,  au  sud-est  de  Dardjiling.  Ces  plantes  s'empa- 

'  Shei'will,  Journal  oflhe  Atiatic  Society  of  Bemjal,  1853,  ii°  VI. 


STl 


FOHfiTS  DU  SIKKIM. 


1113 


rcnl  do  loulos  les  cclaircies  do  In  fonH  ou  les  dispulent  aux  loiifTcs  do  la 
nHloulabie  «  oi'lic  gigantesque  »  ;  à  peine  un  arbre  esl-il  tombé,  (ju'aussi- 
lôl  sur  son  trône  se  dressent  les  banipes  gi-acieuses  de  la  tbugèrc.  Au- 
dessus  de  la  lisière  ou  se  mêlent  les  deux  zones,  s'étend  la  grande  ibrèt 
des  arbres  feuillus,  parmi  les<piols  dominent  le  cbènc,  le  magnolia,  le 
châtaignier,  le  noyer;  mais  dans  cette  région  c'est  à  jteinc  si  les  Ibrèts 
])cnv(Mit  iburnir  un  fruit  mangeable,  à  l'exception  de  la  noix  :  la  pomme 
nulril  à  [wine;  la  poire  et  la  pèebe  se  nouent  seulement.  Les  pluies  trop 
abondantes  font  couler  tous  les  IVuils.  La  pbospborcscence  des  bois  est  un 
pliénomène  très  commun  dans  cette  bumidc  région  :  pendant  la  saison 
|)luvieuse,  une  lueur  pâle  rayonne  des  for»Hs'. 

Des  pins  occupent  presque  exclusivement  les  pentes  supérieures  à  la  zone 
qui  correspoiul  aux  régions  tempérées  de  l'Elurope;  mais  ce  ne  sont  pas  ces 
arbres  qui  montent  le  |)lus  liant,  quelques  saules  se  voient  encore  ù  l'al- 
titude du  Mont-Blanc  d'Europe.  Le  rhododendron,  l'une  des  plantes  arbo- 
rescentes que  l'on  rencontre  le  plus  fréquemment  au  Sikkim^  et  qui  ne  se 
montre  nulle  part  en  variétés  plus  belles,  borde  de  ses  fourrés  presque  tous 
les  tori'enls,  mais  il  ne  se  rapproche  pas  autant  que  le  saule  de  la  limite 
dos  neiges  persistantes.  Jusque  sur  les  cols  élevés  qui  font  communiquer 
le  Sikkim  et  le  Tibet,  on  trouve  d'éiiais  gazons  de  plantes  phanérogames, 
leniplagant  les  mousses  et  les  lichens  des  monts  européens;  Hooker  en  re- 
cueillit plus  de  2UU  espèces  sur  le  col  de  Kangra  lama  (4701  mètres),  à 
l'ouest  du  Kintcbindjbaou  ;  à  5500  mètres,  sur  le  Bhomtso,  il  en  trouva 
encore  dix-huit,  et  chose  curieuse,  ces  plantes,  insensibles  au  froid, 
(lirait-on,  ne  sont  point  protégées  par  un  duvet  laineux,  comme  celles  des 
Alpes  d'Europe^'.  Au  delà  des  crêtes  d(!  |)artage  commencent  les  déserts  sa- 
lins du  |)lateau  :  tandis  que  sur  le  versant  méridional  les  forêts  s'étendent 
immédiatement  au-dessus  des  neiges,  au  nord  on  ne  voit  que  rochers 
nus,  bleus  ou  rougeàlres,  d'aspect  sinistre.  Il  n'est  pas  de  région  plus  dé- 
solée sur  la  Terre;  cependant  les  animaux  ruminants  y  vivent  on  foule,  atti- 
rés par  les  plages  salines. 

La  population  du  Sikkim  est  presque  entièrement  tibétaine.  Les  FiCp- 
Icha,  qui  sont  les  plus  nond)reux  dans  le  pays,  mais  qui  se  perdent  |)cu  à 
peu  comme  race  pure',  ne  diffèi'ont  point  de  leurs  frères  les  Rod  des  hauts 
plateaux,  si  ce  n'est  que,  sous  l'influonco  du  climat  pluvieux,  les  liabi- 
lants  du  Sikkim  ont  une  peau  singidièroment  unie  et  lustrée;  leurs  mus- 

-  lliMiktM',  Himaliijidn  JvuriiaLs, 

"  lliHiker,  (m\raj:e  l'ilé  ;  —  Miltheiliiiificii  imn  fetcrmunn.  1861,  u'  2 

^  Bengal  GovemmeiU  Sélections,  Benyal  Cciiuu,  \isTi, 


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des,  quoi(jue  très  vigoureux,  lonl  à  peine  une  saillie  sous  l'épiderme'. 
Comparés  aux  Hindous,  toujours  réservés,  mélianls  et  polis,  les  joyeux  Lep- 
Icha,  pleins  de  connancc  et  d'aliandon,  paraissent  aux  Anglais  les  plus  ai- 
mables compagnons  de  voyage;  la  fliUe  est  leur  instrument  favori,  et  ils  en 
jouent  avec  beaueoup  de  douceur  et  un  charme  singulier;  ils  n'ont  dans 
leurs  idiomes,  bien  différents  à  cet  égard  de  toutes  les  langues  de  l'Inde, 
aucune  expression  injurieuse*.  Les  dialectes  des  diverses  tribus  du  Sikkim 
diffèrent  entre  eux,  mais  se  rattachent  également  à  la  souche  tibétaine; 
de  même  les  mœurset  la  religion  sont  celles  des  Bod  de  la  valléeduTsangbo. 
La  formule  sacrée,  Om  mani  padmi  hntim,  résonne  dans  tous  les  villages 
du  Sikkim,  comme  sur  l'autre  versant  de  l'Himalaya,  et  se  gi-ave  sur  les 
pierres,  au  bord  des  sentiers,  l'ne  vingtaine  de  lamaseries  s'élèvent  aussi 
dans  les  plus  beaux  sites  de  la  contrée,  et  les  jeunes  gens,  fuyant  l'op- 
pression des  radjahs,  entrent  dans  les  ordres  pour  jouir  tranquillement 
de  l'exisUmce,  sans  avoir  à  payer  d'impôt  ni  à  fournir  de  corvées  :  environ 
NOO  individus  habitent  ces  couvents.  L'un  des  monastères  les  plus  célèbres 
du  Sikkim  est  celui  de  Pemiongtchi,  situé  à  2100  mètres  environ,  au  som- 
met d'une  terrasse!  d'où  l'on  voit  au-dessus  de  sa  tète  la  masse  puissante 
du  Kinlchindjinga,  et  à  ses  pieds  la  vallée  du  Grand  Handjit,  affluent  de  la 
Tisla;  lA  s'élevait  autrefois  un  chef-lieu  du  Sikkim'.  F^a  résidence  actuelle 
du  radjah,  Tamioung,  est  située  dans  la  partie  orientale  de  la  contrée, 
sur  un  escarpement  de  1636  mètres  d'altitude,  que  contourne  un  tribu- 
taire de  la  Tista.  Cette  capitale  est  partiellement  abandonnée  pendant  la 
saison  des  pluies,  le  radjah  se  réfugiant  alors  avec  les  principaux  digni- 
taires sur  le  lerriloire  chinois,  dans  la  vallée  tibétaine  de  Tclioumbi,qui 
s'ouvre  n  l'est,  abritée  des  averses  par  une  chaîne  de  montagnes. 

Dardjiling,  le  chef-lieu  du  district  que  les  Anglais  ont  détaché  de  l'an- 
cien état  du  Sikkim,  moyennant  une  rente  de  7500  francs,  a  pris  une  im- 
portance exceptionnelle  comme  capitale  temporaire  de  la  province  de  Cal- 
cutta. Fondée  en  1835,  lors  de  îa  cession  du  territoire  à  la  Compagnie  des 
Indes,  la  ville,  dont  le  nom  tibétain  signifie  «  Saint  Lieu  »,  est  située  sur 
l'étroite  arête  d'une  montagne  en  croissant,  de  2000  à  2250  mètres  d'alti- 
tude, d'où  l'on  ajicrçoit,  à  1800  mètres  plus  bas,  au-dessous  de  pentes 
boisées,  la  gorge  par  laquelle  s'enfuient  les  eaux  du  Grand  Handjit.  Dardji- 
ling, comme  toutes  les  auti-es  t  villes  de  santé  »  de  l'Himalaya,  est  flan- 
(juée  de  casernes  et  de  batteries  de  canon,  mais  son  aspect  général  est 

'  lluukur,  uuvi'ugu  cilé;  —  lluniiiinii  von  Scliliii^iiihveit,  «mviagis  cilô. 

•  lluoker;  —  Oiiinplit'll  ;  —  Sherwill;  —  Tlie  Intliun  Alpn,  bij  a  Ludij  Pioneer. 

^  Jules  Réiiiy,  Pèlerinage  d'un  curieu.K  au  munantère  bomldhique  de  PemmianUi 


I'KMIUNGT<;|II.  TAMI-OUNO.   DARDJIMN'G. 

celui  (l'un  grnupe  de  palais  el  île  villas.  Comparée  à  Siinln  et  aux  nulles 
villes  anglaises  do  l'Ilimnlaya  occidental,  elle  a  de  grands  désuvanlages 
h  cause  de  son  climat  trop  humide;  mais  aux  heures  matinales,  avant  que 
les  nuages  n'aient  caché  le  ciel  pour  déverser  les  pluies  journalières,  on 

l>°   M,  —  DAROJILINO. 


d'aprca  l'Indi&n  Atlaa 


10  kil. 


jouit  i^.ouvent  à  Dardjiling  du  panorama  merveilleux  de  l'Himalaya,  depuis 
la  pointe  vaguement  entrevue  du  Gaourisankar  jusqu'aux  massifs  puis 
sants  du  Donkiah  et  du  Tchamalari  ;  au  centre,  le  Kintchindjinga,  dres- 
sant deux  cimes  égales  en  apparence,  semhle  être  le  point  de  convorgeuce 
de  toutes  les  arêtes  ;  toujours,  quand  le  temps  est  clair,  il  est  surmonté 
comme  un   volcan  d'une    aigrette  de  nuées  qui   se  replie  vers  l'est,  au 


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NUI  VKLLK  (;(-Or.KAPIIIK  lî.MVKHSKM.K. 


souffle  (lu  contiv-aliz»''.  Au  sud,  s»?  prolilanl  sur  I«îs  plainos  vaporeusos  du 
Gange,  su  nioulro  la  cr(>u|)c  hoisuc  du  StMitclial. 

Outre  de  la  douiiiialiou  an;;laisu  dans  l'Himalaya,  el  jouissant  en  outre 
d'une  position  •;éo^;raplii(pie  remanpiahie,  au  soumiet  de  l'angle  de  sépa- 
ration entre  les  allIntMits  du  (langi;  el  eeux  du  Hrahmapoulra,  Dardjiling  ne 
pouvait  nian<iuer  de  devenir  un  marché  très  actif  comme  intermédiaire 
entre  Hindous  et  Tibétains.  Le  Sikkim  (expédie  par  ses  torrents  beaucou|) 
de  bois  de  construction  dans  le  district  de  Dardjiliug;  le  Tibet  envoies  dans 
la  ville  même  des  laines  et  des  cornes;  le  Népal  Iburnil  surtout  des  animaux 
en  échange  des  marchandises  d'oi'igine  anglaise'.  Mais  les  frontières  tibt'"- 
taines  sont  si  bien  gardées,  que  le  Sikkim  ne  {Hiul  vendre  à  Lassa  aucune 
partie  de  la  récolte  annuelle  de  thé  qui  se  fait  depuis  l'année  1856  dans 
les  plantations  du  l)ardjiliug\  Le  cinchonas  ont  été  aussi  introduits  dans 
le  district;  en  187,*),  on  a  |)u  écorcer  les  ai'brcis  pour  la  première  fois  et  en 
fabriquer  de  la  quinine.  Les  planteurs  ont  également  tenté  dans  les  forêts 
voisines  la  culture  de  l'ipecacuanha,  celle  des  cardamomes,  cl  un  jar- 
din d'essai  leur  fournil  d'autres  plantes  tropicales  du  Nouveau  Monde; 
en  outre,  des  mines  de  houille  el  des  gisements  de  fer  et  de  cuivre  sont 
pour  la  ville  anglaise  des  ressources  en  réserve,  que  les  progrès  de  l'indus- 
trie locale  permeltronl  d'exploiter.  Déjà  Dardjiliug,  la  prcniièr(!  parmi 
toutes  les  stations  himalayennes,  a  l'avantage  de  commuuicpier  avec  le 
réseau  des  chemins  tle  1er  hindous.  Une  voie  ferrée  ordinaire  amène  les 
voyageurs  à  Pounkabarri,  au  pied  des  montagnes,  et  de  là  une  ligne  de 
rails,  à  fortes  rampes  de  i  el  même  5  centimètres  par  mètre,  vi  à  bi'us- 
ques  détours  de  "21  à  '2'2  mètres,  s'élève  de  crête  en  crête  jusqu'à  la  hau- 
teur de  2^25  mètres,  au  sommet  que  couronne  la  cité  nouvelle.  Au  delà, 
des  roules  nombreuses,  parcourant  les  plantations  d'arbres  à  thé  el  de 
cinchonas,  serpentent  sur  les  flancs  des  monts  el  vont  aboutir  aux  vil- 
lages du  Sikkim.  Le  voyageur  hongrois  Csoma  de  Koros,  qui  a  tant  fait 
pour  la  connaissance  de  la  langue  tibétaine,  fut  enseveli  à  Dardjiling. 

Dardjiliug  possède,  comme  Simia,  sa  «  grande  route  du  Tibet  ».  Le 
chemin  «lescend  à  l'est  dans  la  vallée  de  la  Tisla,  traverse  le  fleuve  sur  un 
beau  pont  suspendu  et  monte  par  les  crêtes  dans  la  direction  du  nord-est 


'   The  liidian  Alp-t  bij  a  La'lfi  Pioneer,  —  Kiintzc,  Ans  allen  WeUtheUen,  1881. 

"  Exportalioii  de  Dardjiling  au  Sikkim  en  1877 354  100  francs. 

Ini|)orlatiun  du  Sikkim  ù  linnljiling 2  OOC  6ii5       » 

Ensemble  do  comnierco  en  1877 2  300  725  francs 

'  Plantations  d'arlircs  à  tliii  dans  le  distriet  de  Dardjiling  en  1875  :  121. 
Production  annuelle  :  2  000  000  kilosramines  do  feuilles. 


DARDJIMNC,  l'Ol'ITLATIO.NS   DU  HIIOIITAN. 


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vors  h'  col  (l((  I)jaïla|)  (.lyclni»),  au  nord  du  riipmoli'lii.Ci'l/c  hrôclu»,  i-i'lative- 
iiu'iit  liicihs  puis<|u'(dl(!  a  sculcmeul  7t\HW  mt'lrus  dVdûvation,  donne  accès 
dans  la  vallco  tiliclainu  de  Tchounilii,  mais  cellu  vallée  est,  comme  le  Sik- 
kim,  une  du  celles  <|ui  a|)|iarliennenl  au  vei-sanl  hindou  de  l'Himalaya,  et 
probahlement  les  Chinois  ne  se  décideront  pas  de  longtemps  h  conlinuer  la 
route  anglaise  sur  leur  territoire  par-dessus  les  crêtes  (h^  l'Himalaya  et  du 
Trans-llimalaya.  D'ailleurs,  c'est  là  que  s'ouvre  l'une  des  voies  les  plus 
faciles  entre  les  d(!ux  versants,  celle  (|ue  suivirent  au  siècle  dernier  et 
au  commencement  do  celui-ci,  lus  envoyés  anglais  ù  la  cour  du  Tihot, 
Uogic,  Turner  et  Manning. 


Privé  maintenant  de  ses  dix-huit  doar  s'ouvranl  sur  les  plaines  du 
Bengale  et  de  l'Assam,  le  Blioutan,  ou  plutôt  le  Hhoul-ant,  c'est-à-dire 
l'extrémité  du  pays  de  Dhout  ou  Uhot',  no  comprend  plus  que  d'étroites 
vallées  jIc  montagnes,  séparées  les  unes  des  autres  par  des  arêtes  élevées, 
que  franchissent  des  sentiers  difficiles.  La  vallée  la  plus  occidentale,  celle 
de  la  Toursa,  limitée  au  nord  par  le  territoire  tibétain  du  Tchoumbi,  est 
même  pres(|uc  complètement  isolée  du  reste  du  Bhoutan  et  ne  lui  appar- 
tient politiquement  que  par  la  complaisance  des  Anglais.  La  première  vallée 
entièrement  bhoutanaise  est  celle  du  Tchin-tchou,  (pii  prend  son  oi'igine 
sur  les  flancs  du  Tchamalari  :  c'est  dans  cette  vallée  que  se  trouve  la  capi- 
tale. Le  Sankos,  torrent  parallèle  au  Tchin-tchou,  est  aussi  alimenté  par 
les  neiges  de  l'Himalaya,  et  l'un  des  monts  qui  dominent  cette  partie  du 
faîte,  encore  inexplorée,  si  ce  n'est  par  les  instruments  des  ingénieurs 
topographes,  dépasse  même  en  hauteur  la  pyramide  du  Tchamalari.  Mais  à 
l'est  le  rempart  de  l'Himalaya  est  pei'cé,  comme  en  tant  d'autres  endroits, 
par  une  vallée  d'érosion,  qu'emprunte  la  rivière  Manas,  née  dans  la  large 
dépression,  qui  sépare  les  deux  rangées  principales  du  système  himalayen. 

Les  Bhoutia  appartiennent  à  la  même  race  que  les  Tibétains,  et  le  nom 
qu'ils  portent  provient  de  la  même  racine  (|ue  celui  des  Bod  du  plateau  et 
des  Bhotia  du  versant  méiidional,  dans  le  Aepal  el  le  Koumaon;  on  leur 
donne  aussi  l'appellation  générale  de  Lo.  Ils  sont  petits,  mais  robustes, 
et  pourraient  être  considérés  comme  l'une  des  belles  races  de  l'/nde,  si  la 
proportion  des  goitreux  n'était  pas  très  forte  parmi  eux.  Les  Bhoutia 
semblent  être  aussi  parmi  les  plus  opprimés;  rien  ne  leur  appartient  et 
leur  sort  dépend  du  caprice  des  seigneurs  ou  «les  moines  qui  les  gou- 

*  Lalliain,  Descriptive  Elhnologij;  —  Dallon,  Klhnology  ofUengal. 


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NOIÎVKLLF.  (îfiOCHM'IllK  rMVKHSKLI.K. 


vui'nt'iil.  Li's  onviiyôs  miglnis  (|tii  oiit  visiiô  ItMir  pays  ilôcrlvcnl  la  sitnntion 
(1rs  KlioiiliiiiJiis  l'oiiiiiiit  tit's  |)lus  iiiis('>nilili>s;  lu  l(>n'<>  n'est  pas  à  oiix  ol. 
rKliil  luirilo  (l<>  UmU's  Inirs  acipiisilions;  ils  ne  ^ardciil  de  leur  moltn 
tpii'  la  pat'l  stricloiiutiit  iiôccissairc  poiirso  [H'ocuit'i'  (|ii(>l<pi(>s  rciiiilcs  (l(>  Ix'v 
Ici  (il  lut  pas  iiioiirir  de  l'aiiii;  \i<  ivsle  csl  pris  par  les  ^oiivormuirs,  (pii  ne 
rc(;iiiv(Mil  miciin  Irailuiuuiil,  iiiain  uiix(|iicls  sont  altriliiK's  des  droits  (l(> 
priHèvemont  sur  riinp(^t.  Aliii  de  jouir  imi  paix  du  produit  do  leur  travail, 
(les  milliers  de  lUioutia  ('uni^^reiit  clia(pie  aiini'ie  dans  les  provinces  de  l'om- 
|)ire  indien  et  surtout  dans  lu  Sikkini  l)ritanni(|UO,  où  ou  les  considiuv  en 
g(Mi(>ral  coninK!  très  intérieurs  aux  licptelia  poui'  la  gaiut(!,  la  franchise, 
l'amour  du  travail. 

Il  n'est  pas  (>tonnant  (pte  sous  un  pareil  n'ginK;  le  pays  se  soit  ap|)auvri, 
liO  commerce,  (pii  est  un  monopoh;  du  ffimvernemenl,  est  resl(!  sans  im- 
portiince  ou  UKMuea  diminntV,  (pioitpiu  lu  Hlioulan  ait  iU\  ^^randes  richesses 
naturelles  ut  possùd(!  une  excullunlu  race  du  chevaux,  [tonius  charmants  et 
d'mie  siujïuliùre  lorcu  de  rtjsislancu.  (.)unnd  ils  n'ont  point  à  craindru  d'(Mre 
d(-pouill('s  (lu  Iruil  du  leur  Iravail,  les  lilioulanais  sont  industrieux;  ils 
culliveut  avec  soin  les  torrasses  ('la}i(!es  sur  les  flancs  dt>s  collines,  tissent 
de  solides  étolTes,  rubri(|uunt  d'('dé}ïants  ohjuls  en  fer  et  en  cuivre,  trans- 
forment rûcorc(t  du  diah  ou  daphne  pap^jt-ifcm  en  pa[)iur  et  m('>mu  en  une 
esp('!ce  (l(t  satin,  sculptent  hi  bois  avec  goût,  construisent  des  chalets  spacieux 
et  commodes,  qui  ressemblent  assez  à  ceux  dus  Alpes  suissus.  Dans  plu- 
siuurs  villes  s't'lùvent  du  riches  pagodes  d'architecture  chinoise.  Un  pont  de 
chaînes  (|uu  Turnur  vit  à  Tchouka,  sur  lu  Tchin-lchou,  lui  parut  une  œuvre 
admirable,  (!t  du  longuus  années  su  passèrent  avant  quu  l'Eui'opu  pîll  en 
offrir  du  pareille;  lus  Bhoutanais  attribuunt  eux-ini>mus  eu  monument  à  la 
main  d'un  dieu*. 

liU  gouvernument  du  pays  a  poui'  modùlu  cului  du  Tibet,  si  eu  n'est  quu 
lus  ministres  chinois,  vrai?  d(![U)sitairus  du  pouvoir  dans  lu  nod-youl, 
n'ont  point  fait  Kîur  a[tj;'.''i!ion  dans  lu  iihoiilau.  Le  souverain  en  titre, 
sorte  de  grand  lama,  ;••  rut;i!  le  nom  de  khoHfijal,  en  sanscrit  dharmarad- 
jali,  c'ust-à-diru  «  roi  du  la  Loi  ».  A  la  mort  de  eu  bouddha,  lu  ccmseil  des 
lenehen  ou  ministres  churchu  pundant  un  an  ou  deux  à  trouver  l'enfant 
dans  lucpud  le  dieu  a  daitfniî  s'incarnei-  et  le  trouve  gén(jralemuut  dans  la 
famille  de  l'un  des  grands  dignitaires  du  pays.  A  c()i('  du  souverain  spiri- 


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'  Moiiveinoiil  eommorciiil  entre  le  ItlioiUan  et  I'IiiiIp  nnp;lnisp  en  1877  :  785  000  Trancs. 

Inipoiliitinn 2(iO 000  francs; 

Kxpuiliilion .Vi,')O00      » 

-■  Samuel  Tiirncr,  Amiuiil  nf  un  Einlxi^iKH  lo  Ihe  Court  of  Ihe  Teshoo-Lama, 


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VILLES  DU  nilOUTAN,   BHOT  ABBATIAUX. 


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lue!,  rôgno  un  aulrc  nuJjah,  lo  ileb,  qui  est  aussi  nommé  par  le  conseil  dcïs 
minisires,  ou  plutôt  par  le  parti  qui  dispose  alors  du  pouvoir  ;  en  principe, 
l'autorité  du  del>  ne  devrait  durer  ipie  trois  années,  mais  il  |)eut  toujours  se 
maintenir  sur  le  trône  s'il  jouit  de  la  favci/'-  des  grands.  Les  deux  princi- 
paux gouverneurs  ou  penio  sont  ceux  du  Blioutan  occidental  et  du  Blioiitan 
oriental,  qui  résident  respectivement  dans  les  villes  de  Paro  et  de  Tongso'. 

La  capitale  du  Bhoutan  est  la  ville  de  Tasisoudon  (Tasitcho  song),  située 
dans  un  cirque  de  montagnes,  au  bord  du  Tcliin-lchou.  La  résidence  d'hiver 
du  radjah  temprel,  Panaklia  ou  Pounakha,  se  trouve  à  l'est  dans  une 
autre  vallée,  déjà  très  basse  (530  mètres),  quoique  dans  le  cœur  des  mon- 
tagnes. Le  palais  est  entouré  de  manguiers  et  d'orangers  :  on  pourrait  se 
croire  dans  les  plaines  du  Bengale,  si  l'on  ne  voyait  au  nord  se  dresser  les 
oscar|)cments  des  monts  neigeux.  Paro  est  située  dans  un  autre  val,  à 
l'ouest  «le  Tasisoudon.  Quant  au  chef-lieu  de  la  province  orientale,  Tongso. 
ce  n'est  qu'un  hameau  communiquant  avec  les  campagnes  de  l'Assam  par 
le  col  de  Boudou  (5668  mètres),  souvent  obstrué  de  neiges. 

Le  pouvoir  du  c  roi  de  la  Loi  »  ne  s'étend  pas  ù  l'est  au  delà  du  bassin 
du  Manas,  et  même  quelques  affluents  orientaux  de  cette  rivière  n'appar- 
tiennent pas  à  sa  juridiction.  Entre  l'Étal  qui  reconnaît  oITiciellemenl  son 
pouvoir  cl  les  tribus  indépendantes  de  l'Himalaya  oriental,  s'interposent 
les  domaines  de  lamas  radjahs  ou  «  prêtres  rois  »  qui  se  disent  les  vassaux 
(lu  dalaï  lama,  mais  qui  sont  en  réalité  souverains,  grâce  à  leur  éloignc- 
nient  de  Lassa  et  à  la  diflicullé  des  communications  par-dessus  les  crêtes 
himalayennes;  ils  se  font  même  parfois  la  guerre  et,  suivant  le  résultat 
(les  batailles,  changent  les  limites  de  leurs  possessions',  sans  avoir  à  en 
aviser  leur  suzerain'.  Malgré  ces  rivalités  entre  petits  potentats,  le  pays 
(les  Khanpo  Bho'.  c'e-  •.Và-î-e  des  Bhot  «  abbatiaux  », .  st  assez  important 
comme  voie  di.  commeroo  entre  le  Tibet  et  l'Assam.  Toute  la  zone  orientale 
(l(^  riIiniaV^y.",  j)euplée  par  des  sauvages,  étant  interdit!!  aux  caravanes, 
colles-ci  "^ont  r>rcées  de  suivre  la  lisière  de  ce  terri lou'o  par  la  ville  de 
Tovang.  Au  nor*  de  ce  lieu  de  marché,  s! tué  à  J'T>  «  ^ètres,  presque  tout 
l(î  pays  dépend  da  monastère  tibétain  de  Tchonanljong,  îandis  qu'au  sud 
les  viiilées  iqipartiennent  aux  lamas  de  Tovang,  jusqu'à  la  frontière 
anglaise;  jadis  même,  une  partie  des  disiricls  annexés  maintenant  à  l'em- 
|)ire  indien  était  sous  le  régime  des  moines.  IVir  ordre  du  lli'Ao  ou  conseil 
directeur  du  couvent,  les  caravanes  tibéifines  (doivent  s'arrêter  à  Tchona- 


'  AshKy  Kdeii;  —  Ware  Edgar;  —  bi>;V'iu  I'- .  ihoi-lon,  Offirial  Records 
*  lli»'ii;aaii  von  Schiagiiitweit,  ReK'.enin  i'  'ien  unil.  Hm-hamn. 

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202 


NOUVELLE  GEOGRAPHIE  UNIVERSELLE. 


(Ijong,  et  ce  sont  dos  g;ons  du  pays  qui  transportent  les  denrées  dans  l'As- 
sani,  en  payant  les  droits  au  monastère.  Celle  roule  du  Tibet,  qui  côtoie 
de  grands  liu-s,  francliil  des  cols  de  4000  à  5000  mètres'. 

Le  poste  militaire  de  Dovangiri,  conquis  par  les  Anglais,  est  situé  à 
450  mètres  d'altitude,  sur  un  dernier  contrefort  de  la  montagne  de  Tas- 
gong  (4"200  mètres)  et  surveille  à  la  Ibis  hîs  [utpulations  du  Bhoutan  orien- 
tal et  les  Bliot  abbatiaux  ;  on  y  tient  annuellement  l'une  des  plus  grandes 
foires  de  l'Assam.  A  l'autre  oxtiémité  du  fihoulan,  l'ancienne  forteresse 
de  Buxa,  bâtie  sur  une  plaie-forme  de  rocbers  aplanie  par  le  travail  hu- 
main, a  le  même  rôle  de  sui-veillance  à  l'égai'd  des  Bhoutia  occidentaux. 
C'est  dans  le  voisinage  de  ces  forts,  sui'  les  pentes  des  f/oa/',  qu'il  a  été  sou- 
vent question  de  diriger  un  mouveni(;nl  de  colonisation  européenne  par  la 
concession  de  terres  et  la  remise  d'impôts;  mais  jusqu'à  maintenant  ces 
onli'eprises  sont  restées  à  l'état  de  projets.  Dans  la  région  du  teraï  qui  l'orde 
ces  doar,  de  vastes  territoires  appartenaient  jadis  à  des  propriétaires  diffé- 
rents suivant  les  saisons  :  de  juillet  en  novembre,  pendant  les  chaleurs,  ils 
étaient  occupés  par  les  Assamais  et  les  Melcit  ;  le  resle  de  l'année,  ils  deve- 
naient la  propriété  des  Blioutanais. 


A  l'est  des  petits  Ktals  aux  frontières  changeantes  que  gouvernent  les 
abbés  bouddhistes,  le  territoire  se  partage,  on  le  sait,  entre  diverses  tribus 
(pii  n'ont  encore  laissé  pénétrer  chez  elles  ni  le  Chinois,  ni  l'Hindou,  ni 
l'Anglais,  mais  qui,  retenues  par  la  crainte  de  perdre  les  subsides  que  leur 
paye  le  gouvernement  britannique,  ne  font  plus  d'incursions  de  pillage 
dans  les  campagnes  riveraines  du  Brabniapoutra.  Les  Akha,  qui  occupent, 
au  nombre  d'un  million  d'individus,  la  partie  occidentale  de  ce  teriitoire, 
se  désignent  eux-mêmes  par  l'appellation  de  Hrousso;  ils  ne  méritent  |)lus 
les  noms  que  l'on  avait  donnés  à  leurs  tiibus  :  Ilazari-khoa  ou  «  Mangeurs 
de  Mille  Foyers  »  et  Kappalchor  ou  «  Voleurs  de;  coton  ».  Un  des  clans  a 
même  accepté  du  gouvernement  de  l'Assam  la  concession  de  terrains  situés 
dans  la  plaine  et  des  rites  hindous  remplacent  [)eu  à  peu  ses  anciennes 
pratiques  du  fétichisme.  Naguère  les  Akha  ne  savaient  même  pas  cultiver  le 
sol  et  n'avaient  d'auti-e  industrie  (|ue  l'élève  des  troupeaux  ;  poui'tant, 
comme  la  plupart  des  sauvages  de  l'Inde,  ils  s'abstiennent  de  boire  du  lait, 
boisson  qui  les  dégoûte".  D'après  Hesselmeyer,  leur  idiome  ressemble  à  ce- 


'  Nnïii-singli,  Journal  oflhe  Geographkal  Sucieltj  of  London,  1877. 
•  Dalton,  Ethnulutjii  of  lienqul 


BIIOUTAN,  AKIIA,  DAI'I-A,  ABOIl. 


205 


lui  (It's  Chaii  cl  des  iiahilnnls  du  Manipour  :  celle  dernière  conlrée  serait 
leui'  lien  d'origine.  Au  nord  des  Akha,  les  vallées  sonl  occupées  par  les 
Midji,  dont  on  ne  connaîl  guère  que  le  nom'.  A  l'est  vivent  les  diverses 
tribus  que  les  gens  de  la  plaine  appellent  Dapla  ou  Daffla,  mais  qui  se 
donnent  à  eux-mêmes  le  nom   de  Banghni,    c'yst-à-dire  <r  Hommes  ». 


N°   H.    —   PAVS   DKS    n\PI.A. 


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d  iorcs  I  Indian  Atias 


C  Perron 


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(i'élaienl  autrefois  les  plus  redoutés  des  |)illards,  mais  ils  sont  divisés  en 
une  multitude  de  peupliides  (pii  n'ont  pas  su  offrii'  de  résistance  col- 
Icclive  aux  planteurs,  soutenus  par  les  soldats  anglais.  Kn  187*2,  le  nom- 
bre des  cliefs,  indépendants  les  uns  des  autres,  auxquels  le  gouvernement 
servait  une  ran(,'on  en  dédommagtMnenl  de  leur  droil  d»;  pillage,  n'était  pas 
moindre  de  '2j8;  il  est  vrai  quecbacun  d'eux  ne  touebail  guère  jilus  d'une 
livre  sterling  par  an.  De  même  que  le^  Aklia.  les  Dapla  l'ournissenl  main- 

■  llc»L'liiu')i.'i',  JuuiHul  iif  llw  .4«(i<it'  Sofietjitif  Ikntjul,  18138,  \mi.  Il,  ir  IV. 


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soi  NOUVELLE  CfiOORAPIIIE  IIMVEUSKLLE. 

lenanl  aux  planteurs  do  l'Assam  un  nombre  eroissanl  de  travailleurs  et  se 
laissent  pénétrer  peu  à  peu  par  les  idées  de  leurs  voisins  d'origine  liin- 
iloue.  Comme  leurs  voisins  du  Tibet,  ils  admettent  toutes  les  l'ormcs  de 
mariages,  aussi  bien  la  jmiyandric,  usuelle  cliez  les  pauvres,  que  la  jwly- 
gamie,  pratiquée  d'ordinaire  par  les  riclies', 

Los  l'adam  ou  Pagdani,  désignés  par  les  Assamais  sous  le  nom  général 
d'Abor  ou  Abar,  e'est-à-dii-e  «  Sauvages  »,  peuplent,  avec  les  Miri,  les  val- 
lées que  pareouronl  le  Dibong  et  le  Dibong,  dans  l'Himalaya  oriental.  Ap- 
partenant au  même  gi'oupe  etbni({ue,  d'origine  tibétaine,  (pu;  les  Dapla 
et  les  Aklia,  et  parlant  des  dialectes  analogues,  ils  ont  mieux  conservé 
leur  indépendance,  mais  ils  acceptent  aussi  de  leurs  puissants  voisins 
des  c;i  ',  mx  ,mnt;'jls,  gages  de  leur  soumission.  En  1855,  lorsque  le  mis- 
sionnaii'  !».ii'.k  pénétra  dans  leur  contrée,, ils  ne  l'admirtint  qu'après  l'a- 
voir couvei  i  le  '"uillage,  comme  pom*  le  transformer  en  liomme  des  l'orèts, 
et  après  l'avoir  lait  passer  sous  une  arcade  bérisséc  d'arcs  et  de  flèclies. 
Dans  leur  voisinage  vivent  les  Miri,  c'esl-à-tlii-e  les  «  Intermédiaires  »,  car 
ils  s'emploient  en  effet  aux  écbanges  entre  les  gens  de  la  plaine  et  ceux  de 
la  montagne.  Les  Padam  se  disent  les  frères  aînés  des  IMii'i  et  se  croient 
spécialement  privilégiés  parmi  les  tribus.  Ils  sont  en  effet  plus  heureux, 
grâce  à  leur  iiulépendance.  Ils  ne  reconnaissent  point  de  maîtres  poli- 
ticpies.  Tous  les  hommes  font  de  droit  partie  de  l'assemblée  communale, 
(jui  se  réunit  chaque  soir  et  traite  de  toutes  les  questions  intéressant  la 
grande  famille;  le  conseil  des  élus  n'a  qu'à  promulguer  les  décisions 
prises  i)ar  l'ensemble  des  citoyens.  Mais  la  discipline  volontaire  est  com- 
])lèle.  Après  le  conseil,  des  jeunes  gens  parcourent  le  village  en  criant 
l'ordi'e  du  jour  pour  le  lendemain  et  tous  s'y  conforment,  qu'il  s'agisse 
d'aller  à  la  (diasse  ou  à  la  pèche,  «le  travailler  aux  champs  ou  de  célébrcîr 
(|uelque  fête.  Dans  les  grandes  circonstances,  on  nomme  des  délégués,  qui 
se  réunissent  dans  le  village  de  Bor-Abor,  —  d'aj)rès  lequel  on  désigne  (piel- 
quefois  l'euseinble  de  la  ti'ibu,  —  mais  le  résultat  de  la  délibération  n'est 
valabh^  qu'après  avoir  été  ratifié  par  les  communes.  Les  villages  sont  d'uni; 
grandi!  propreté,  la  maison  de  ville,  où  couchent  les  jeunes  hommes  non 
mai'iés,  et  qui  sert  d'ouvroir  pendant  les  jours  de  pluie,  est  parfaitement 
tenue,  les  cMemins  sont  bordés  d'arbres  fruitiers,  les  ponts  de  rotin  sont 
l'dégants  et  l;.i  amarrés,  les  cultures  |)ourraieiit  servir  de  modèles  à  celles 
des  planteurs  de  l'Assam.  Les  Ahor  ont  des  prêtres,  mais  ceux-ci  uv.  sont 
point  héréditaires;  on  les  choisit  parmi  les  vieillards  dont  les  prédictions 

-  Hubinbon,  iiiùmu  recueil,  l^ôl,  ii*  Il  ;  —  Diilluii,  ElhnoliKjij  uf  licmjaL 


\IIOK,  MICIIMI. 


20b 


ont  été  le  plus  souvent  justifiées  par  l'événement  et  qui  ont  su  guérir  des 
iniilades,  «  Ibrcé  les  démons  à  rendre  aux  malades  l'âme  qu'ils  enlevaient 
déjà.  »  Les  l'adam  se  tatouent  et  h'  croix  est  l'ornement  principal  dont 
ils  marquent  leur  front  et  leur  nez.  Les  femmes  ont  le  même  signe  sur 
les  lèvres  et  les  mollets;  elles  ont  aussi  des  colliers,  des  bracelets  et  de 
lourds  pendants  en  fer,  qui,  après  avoir  allongé  le  hdie  de  l'oreille,  re- 
[loseiit  sur  leurs  épaules.  C'est  du  Tibet  que  viennent  ces  objets,  de  même 
(pie  les  cuirasses  des  bommes  et  leurs  casques  de  métal,  oi'nés  d'un  bec 
d'oiseau  ou  des  défenses  croisées  du  sanglier'. 

!-a  région  la  plus  inexplorée  des  montagnes  où  naissent  les  eaux  du  l)i- 
bong  et  du  Brabmakound  est  babitée  par  les  Micbmi,  que  Dalton  croit  les 
frères  de  race  des  Miaotze  cbinois,  et  dont  luie  tribu  ressemble  d'une 
manière!  étonnante,  par  les  traits,  la  forme  du  corps,  le  dév»!lop|)emcnt  des 
mollets,  aux  Japonais  de  basse  classe  dans  tout  le  centre  de  la  grande 
Ile'.  Ceux  avec  lesquels  les  Anglais  de  l'Assam  sont  en  relations  sont  de  très 
babiles  commerçants  et  portent  anx  marcbés  de  la  plaine  du  musc,  de  l'a- 
conit, diverses  drogues  médicinales  et  même  des  étoffes  solides  (pi'ils 
tissent  des  fibres  de  l'ortie.  La  plupart  des  Micbmi  ont  le  teint  jaunâtre  et  la 
ligure  plate  ;  cependant  on  remarque  cbez  plusieurs  d'entre  eux  des  tiaits 
presque  aryens,  ce  qu'ils  expli(pient  eux-mêmes  par  les  croisements  avec 
les  pèlerins  bindous  qui  viennent  annuellement  au  Brabmakound  ;  ils  sont 
vêtus  d'une  espèce  de  sac  qui  lein-  tombe  jusepi'aux  genoux.  La  religion  des 
Micbmi  n'est  autre  que  l'art  de  la  sorcellerie  et  des  conjiu'ations  ;  leurs 
prêtres,  comme  les  cbamanes  des  Toungouses,  savent  cbasser  les  diables  et 
guérir  les  maladies  par  leurs  contorsions,  leurs  danses,  leurs  roulements 
de  tambour.  Les  Micbmi  sont  polygames  et  l'orgueil  des  cbefs  consiste  à  se 
procurer  beaticoup  de  femmes,  dont  le  prix  varie  singulièrement,  d'un  |>orc 
à  vingt  bœufs.  Après  les  épouses,  la  principale  ricbesse  du  Micbmi  est  le 
béhiil;  ils  apprécient  surtout  l'espèce  de  bœuf  ap|ielée  milboun  (lins  fron- 
tdlh),  qui  vit  presque  sauvage,  mais  qui  ne  mampie  jamais  d'accourir  à  la 
voix  du  maître  quand  celui-ci  lui  offre  à  léclier  lui  |)eu  de  sel.  Les  énornuîs 
maisons,  dont  cbacune  renferme  une  po|)ulation  de  cent  Micbmi  ou  davan- 
tage, sont  ornées  à  l'intérieiu'  des  cornes  du  mitboim  et  de  tropbées  des 
animaux  tués  à  la  cliasse.  L('  mot  «  têl(î  »  s'emploie  cbez  les  Micbmi  pour 
lous  les  objets  d'écbange''.  La  cause  en  est-elli!  aux  cbasscs  à  l'bomme 
qu'ils  faisaient  autrefois? 

'  Kiifk,  Relation  d'un  voijatic  au  Thibel.  i 

-  I.iiiili  Mt^lrlillikiiv,  A'u/ftv  iiKlinisiiiloi.  I 

"  (lonpcr,  New  rvutet  for  (Àimmcnr.  ..  . 


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Mais  les  seules  peuplndos  iniclinni  que  l'on  ('onnaisse  sont  celles  qui  ha- 
bitciil  dans  le  voisinage  des  plaines.  Celles  de  l'inlérieur  ne  sont  connues 
que  de  nom,  et  si  l'on  en  croit  les  récils  des  uiarcliands,  bien  des  années 
se  pasMTonl  encore  avant,  (jue  des  routes  pénèlfent,  dans  le  territoire  de  ces 
sauvages.  L'une  d'elles,  riveraine  du  Diliong,  ne  pourrait  être  visitée,  dit- 
on,  que  par  un  chemin  passant  sui-  une  corniche  de  rocher,  qu'interrom|>l 
dans  un  endroit  une  surface  lisse  j)ercée  de  trous  pour  l(!s  mains  et  les 
pieds  des  voyageurs'.  La  géographie  de  ces  contrées  sera  d'autant  plus  dil- 
ficilc  à  élucider,  que  les  villages  n'ont  point  de  noms;  ils  sont  désignés  d'a- 
près ceux  des  chefs  de  clan  \ 


IMlK    MAIIOMI  TANK 

1. 1:  s  ij  I  s  y   n,  K  r  V  K  s ,    i.'  i  n  ii  r  s   k  t    i.  i:    li  L  s  i.  ii  t, 

l'AM'JAll.     llhlIADIAT,     Il  (Il  AWAI.I'UI  II,     Il  A  U  J  lUI  U  T  A  N  A    DClJIDtNTAL,     SIND    LT    L  A  r  L  II 

Toute  la  contrée  de  Ibrnie  quadrangulaire  comprise  entre  l'Himalaya 
kachmirieii,  le  rebord  des  plateaux  afghan  et  haloulche,  la  mer  et  les 
monts  du  Hadjpoutana  est  une  région  natun^lle  ])arfaitement  distincte  du 
reste  de  l'Inde,  .ladis  golle  de  la  mer,  ainsi  qu'en  témoignent  les  fos- 
siles d'eau  salée  rticueillis  (;à  et  là,  le  Pandjah  et  le  Sind  sont  arrosés 
maintenant  |)ar  des  rivières  issues  des  mêmes  monts  neigeux  et  s'unissant 
en  un  mèmtî  bassin  fluvial.  A  l'est  du  bas  Indus,  tout  le  territoire,  actuelle- 
ment presque  sans  eau,  qui  s'étend  jusqu'au  mont  Abou  et  aux  Aravali, 
fut  aussi  parcouru  par  ces  i-ivières,  et  l'on  voit  (encore  les  traces  des  anciens 
lits,  petits  lacs  serpentins  ou  marécages,  bordés  de  dunes.  La  rivière 
L(»uni,  qui  descend  vers  le  Hauu  de  Catch,  parallèlement  à  l'Indus,  se 
reliait  autrefois  au  réseau  des  courants  himalayens.  Dans  ce  pays  de 
grandes  ehaleurs  estivales,  toutes  les  cultures,  et  par  conséquent  les  agglo- 
mérations humaines,  dépendent  de  la  distribution  des  eaux.  0»'»ne  rivière 
<e  dessèche  ou  se  (lé|)lace,  et  les  populations  sont  condamnées  à  s'expatrier 
ou  à  périr,  bien  plus  snn'nieut  (pie  si  une  armée  de  massacreurs  avait 
envahi  la  contrée.  C'est  ainsi  (|ue  presque  tous  les  habitants  du  nord-ouest 
de  rilindoustan  ont  dû  se  grouper  dans  le  territoire  d(!s  Cinq  Ilivières  et  le 
long  du  fleuve  Indus,  juscpi'à  la  mer;  seulement  de  faibles  colonies  se  sont 


'  lialloii,  Elhiivlufin  of  Bemjul. 

•  (.oopiT,  At'if  loitti's  l'or  (iomiiirnr. 


RIVIÈRES  DU  PANDJAII.  207 

établies  à  l'est  le  long  des  canaux  et  dans  les  fonds  Inimides.  Au  plus  une 
moitié  du  pays  est  habitée,  et  quoique  certaines  parties  du  Pandjab  soient 
couvertes  de  villes,  la  densité  générale  des  populations  est  beaucoup 
moindre  dans  l'ensemble  de  la  contrée  qiu!  dans  le  reste  de  l'Iiule.  Un 
désert  sépare  de  la  Péninsule  h;  bassin  de  l'Indus;  les  deux  régions  ne 
sont  rattachées  l'une  à  l'autre  commercialonKMit  et  jtolitiquement  que  par 
la  zone  de  cultures  longeant  la  base  de  l'Himalaya,  entre  le  bassin  du 
Gange  et  le  Pandjab'.  On  comprend  combien  grande,  au  point  de  vue 
stratégique,  est  l'impoitance  de  celt(!  lisière  (jui  rattache  à  l'empii-e  anglo- 
indien  la  région  presque  exléi'ieure  du  bassin  fluvial  dont  le  nom  est  pour- 
tant devenu  celui  de  toutes  les  Indes.  Par  loin"  position  même,  les  |)rovinces 
nord-occidentales  que  parcourt  le  Siud  ont  été  la  partie  vulnérable  de 
l'Ilindoustan  et  leurs  destinées  polili<]ues  ont  IVécpuMument  changé.  La 
brèche  qu'oiîre  la  vallée  du  Ko|)hen  ou  rivièi'c  de  Caboul  a  souvent  permis 
aux.  conquérants  de  pénétrer  dans  l'Indc!.  C'est  par  là  que  vinrent  les 
Aryas  eux-mêmes,  repoussés  peu  à  peu  vers  l'est  par  le  flot  des  immigra- 
lions  nouvelles.  Des  plateaux  de  l'ouest  descendirent  les  envahisseurs  pei- 
sans,  puis  les  Grecs  d'Alexandre,  les  Arabes,  les  Turks  du  Grand-Mongol, 
les  Afghans,  et  c'est  du  même  côté  (jue  regai'dent  sans  cesse  les  popu- 
lations de  l'Inde,  se  demandant  si  les  Russes  ne  se  préparent  pas  à  des- 
cendre à  leur  tour. 

Le  nom  de  Pandjab,  —  en  sanscrit  Pandclianada  —  ou  «  Cinq  Rivières  », 
ayant  succédé  à  l'ancienne  appellation  d(!  Sai)ta  Sindhavah  ou  «  Sept  cours 
d'eau  »,  prouve  que  l'hydrographie  di;  la  plaine  noid-occidentale  de  l'Inde 
a  changé  pendant  les  temps  hisloi'i(|ues.  Des  rivièies  se  sont  desséchées, 
«  perdues,  »  suivant  l'expression  populaire;;  de  vastes  teri'itoires,  jadis 
populeux,  se  sont  changés  en  déserts;  des  dunes  de  sable,  poussées  par  le 
vent,  ont  englouti  mainte  cité  dont  on  retrouve  maintenant  les  édifices.  Le 
climat  est  devenu  probablement  plus  sec  et  \)nv  conséquent  le  sol  plus  ai-ide. 
Il  est  vrai  qu'à  l'époque  où  les  premiers  Aryas  habitaient  les  campagnes 
arrosées  par  les  «  sept  »  rivières,  ils  avaient  à  souffrir  fi'équeniment  de 

'  Superficie  et  population  des  bassins  de  i'Indus  et  du  Louiii  et  des  îles  de  Gutch  : 

Siiiioi'licic!  Popiilution  Pnpulntioii 

t>ii  kil.  i.im's.  l'ii  IS7Î.  kiloniôui(|ue. 

Piuidjab  (sans  Delhi) 257.117  15  6!»5  O'olial).  fil  Iwb. 

fitats  li-ibuliiiies  de  la  plaine  (Siihiiid,  Ka- 

poui-tala,  Bahawalpom- fil  ÔÛ!)  2  952  100     ..  W     ,. 

Radjpoulana  OL-eidenlal  (Manvai- et  Bikanii)  1111»  285          0  885000     :<  TM     ,< 

Sind,  Kliaii|K)ur  et  Catch IfiO.ÎSO  2  810  070     »  |8     i> 

Ensemble 678  297  28  512  245  hab.  40  ha  h. 

Population  probable  en  1 882 30  000  000hab.  4iliab. 


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si'clici'csses  jn'olongws,  et,  rio  rossaient  d'iiivoquor  Indra,  \o.  suppliant  do 
«  verscM'  la  pluie  |H)iir  le  sacrilicalcur  »;  mais  rt;s[)aci;  désort  on  «  pays  do 
la  mort  »  était  moins  élondii,  «it  los  régions  léoondéos  par  los  eaux  oou- 
ranles  occupaient  une  superlicii;  pins  considérable.  ]/assèchenionl  <{i'adnol 
d(>s  lacs  do  l'Himalaya,  dont  la  plupart  se  sont  Iranslonués  on  nappes 
salines,  témoigne  d'un  changement  de  climat  qui  devait  se  faire  sonlir 
aussi  dans  les  plaines;  en  même  temps  que  l'apport  dos  i.iges  diminuait 
sur  les  cimes,  les  pluies  s'amoindrissaient  dans  les  campagiu*s  basses. 

L'hydrographie  du  l'andjab  a  dû  changer  aussi  i)ar  relTet  naturel  du 
va-et-vient  des  torrents,  cpii,  au  sortir  dos  «  portes  »  himalayoïmes,  ont  à 
chercher  leur  pente  sur  un  sol  presque  uni  :  une  grève  de  cailloux  cédant 
sur  un  point  ou  sur  un  autre,  un  tronc  d'arbre  (pi'emporle  le  cou- 
rant, suffisent  pour  que  le  lit  se  déplace;  le  cours  d'eau  pi'end  une  diroc- 
ti(m  nouvelle  et  ijarlbis  vers  un  autre  bassin.  La  plaine  de  partage,  d'oiivi- 
ron  25(1  mètres  d'altitude,  qui  sépare  le  cours  du  Satledj  de  c(dui  de  la 
Djamna,  est  parlaitement  horizontale  en  apparence  et  s'élèvo  en  elTel  si 
peu,  que  le  seuil  intci-médiaire,  situé  à  144  kilomètres  à  l'ouest  de  la 
Djamna,  est  de  20  mètres  seulement  au-dt!ssus  dos  eaux  moyennes  de  ce 
lleuve.  La  plupart  des  rivières  cpii  descendent  de  l'avant-chaîne  de  l'Ilima- 
Laya  sont  tellement  de  niveau  les  unes  avec  les  aulnîs  et  avec  la  plaine, 
qu'elles  se  rejoignent  par  des  canaux  naturels  et  artificiels,  formant  tout 
un  réseau  liquide  pendant  les  mois  d'inondation  :  elles  ramifient  leurs 
bras  comme  les  branches  d'un  éventail,  formant  au  milieu  des  cultures  et 
des  forêts  do  la  plaine  une  sorte  de  delta  (|ui  va  se  perdre  non  dans  l'Océan, 
mais  dans  le  désert  ;  on  peut  donner  en  exemple  de  ce  phénomène  de  diva- 
gations la  (lola  naddi,  la  rivière  où  couler  le  trop-plein  des  lacs  du  Kou- 
maon.  H  semble  probable  que  la  Djamna,  aclu(>llement  le  grand  affluent 
du  Gange,  se  dirigeait  autrefois  vers  l'Indus,  fertilisant  les  contrées  du 
liadjpoutana  occidental,  désertes  de;  nos  jours.  D'autre  part,  la  rivière  Sa- 
rasvati,  (pii  va  se  j)erdi'(î  maintenant  dans  les  sables,  entre  la  Djamna  et 
le  Satledj,  est  énumérée  dans  le  Maha-Dharala  comme  l'un  des  affluents 
du  Gange'. 

Le  faible  ouadi  qui  reste  actuellement  de  la  Sarasvati  ou  Sarsouti  semble 
bien  peu  méi'iter  les  chants  que  lui  adressèrent  les  anciens  poètes  aryens. 
Née  dans  les  avants-monts  do  l'Himalaya,  elle  n'apporte  guère  dans  la 
plaine,  siu'  le  seuil  qui  sépare  la  Djamna  du  Salloilj,  que  des  eaux  de  pluie, 
abondantes  seulement  après  los  averses;  mais  d'ordinaire  le  flot,  détourné 


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Aili  Purva,  (listi(|ue  0455. 


'•  H 


N*  45.    —   DIRANATIONS   DE   LA   UULA    >'ADDI. 


77-I.I-  EdoP 


77- 1 9' 


RIVIÊKES  DU  l'ANDJAB,  SAHaSVATI.  200 

à  droite  et  h  gauche  dans  les  canaux  d'iiTigalion,  est  Moulât  tari;  il  faut 
même  le  retenir  par  dos  barrages  pour  que  les  pèlerins  puissent  venir  s'y 
laver  de  leurs  pécliés';  un  étang 
d'eau  boueuse  a  remi)lacé  le  large 
cunducnt  des  «  Sept  Sarasvati  » 
dont  parle  loMalia-Bliarata.  La  Sa- 
rasvati ne  peut  plus  rejoindre  un 
cours  d'eau  parallèle,  le  Gliaggar, 
avec  lequel  elle  coulait  autrefois, 
soit  à  l'Indus  %  soit  mémo  directe- 
ment €^  la  mer,  vers  le  Ilann  de 
Catch.  La  disparition  de  la  Saras- 
vati dut  s'accomplir  à  une  époque 
déjà  très  éloignée  de  nous,  puis- 
que les  poèmes  hindous  parlent  de 
cet  événement,  et  que  mille  lé- 
gendes locales  se  rattachent  à  la 
fuite  de  la  déesse.  En  aval  des 
dernières  mares  où  l'eau  de  la  Sa- 
rasvati se  montre  encore  dans  les 
sables,  on  retrouve  de  distance  en 
distance,  bordée  de  villages  aban- 
donnés et  de  digues  effondrées,  la 
large  fosse  dans  laquelle  serpentait 
autrefois  son  courant;  les  ingé- 
nieurs topographes  l'ont  reconnue 
jusque  dans  le  Bahawalponr,  à 
300  kilomètres  au  delà  de  Bbat- 
ncr,  le  bourg  le  plus  méridional 
qu'elle  atteigne  dans  la  période  des 
crues.  Sans  doute  les  Aryas,  vivant 
sur  les  bords  de  la  Saravasti,  don- 
nèrent une  importance  exception- 
nelle à  ce  cours  d'eau  qui  leur  servit  longtemps  de  fronlière  ;  mais,  si  dési- 
reux qu'ils  fussent  de  célébrer  le  courant  sacré,  ils  n'eussent  pu  le  décrire 
comme  ils  l'ont  fait,  s'il  n'avait  été  réellement  un  fleuve  considérable.  Le 


•  Logiii,  Quurlerly  Journal  oftiic  Gcographical  Society,  iiiay  1,  1872. 

•  Vivien  de  Saint-Jlailin,  Géographie  du  Vida. 

viii.  j27 


79- 34'  L'joG.-  79"39' 


Daprèdl  Indion  Atlas 


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NOUVELLK  (JKOCRAI'iriR  UNIVERSF.LLK. 


nom  mC'mc  qu'ils  lui  nvaionl  donné  :  «  Itiviùrc  uu\  Kaux  nbonilnnlcs,  » 
finit  par  s'a|t|ilit|uor  à  la  nior.  Le  lliff  Vcda  (l('|)(>iiil.  la  Sarasvati comme  «la 
plus  belle,  la  plus  aimalile,  la  plus  honorée  |)arnii  les  sept  sa>urs  »  ;  elle 
est  (T  plus  rapide  (pi'un  char  »,  el  <  protège  les  siens  comme  un  mur  de 
fer  »  '  ;  c'est  un  courant  immense,  penjant  les  monts  et  dépassant  tous  les 
autres  fleuves  de  ses  vagues  retentissantes*.  Certes,  on  ne  saurait  expliquer 
le  contraste  entre  la  paresseuse  rivière  actuelle  et  le  torrent  impétueux 
d'autrefois  par  le   creusement    de   canaux   emportant  les   eaux  de   la 


K*   Ml.   —    fïRTE    HT.    I.\    «ABASVAII. 


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Sarasvati  dans  les  campagnes  rivcrames,  car  les  autres  rivières  subvien- 
nent dans  la  même  proportion  à  l'arrosement  des  campagnes.  De  même, 
on  ne  peut  arguer  d'uu  changement  de  climat  ou  du  déboisement  des  mon- 
tagnes pour  expliquer  l'appauvrissement  de  la  Sarasvati,  puisque  les  mêmes 
causes  se  sont  fait  sentir  dans  tout  le  bassin  de  l'indus.  11  faudrait  admettre 
que  la  Sarasvati  actuelle  n'est  pas  celle  des  poètes  hindous,  c(!  qui  ne 
s'accorde  nullement  avec  l'ensemble  de  la  géographie  du  Yéda,  ou  bien  voir 
dans  la  perle  de  la  puissante  rivière  l'eflet  d'un  de  ces  dé|)lacements 
comme  il  s'en  est  produit  si  fréquemment  aux  «  portes  »  de  l'Himalaya.  De 
même  que  la  Tista,  au  lieu  de  couler  vers  le  firahniapoutra,  descendait  au- 


•  Rig  Veda,  Irad.  Langlois,  lonio  III. 

*  Langlois;  —  Vivien  de  Saint-Mdrtin ;  —  Zimmer,  AUindiiches  Lcben, 


RIVIEHES  DU  l'A.VnJAB. 


211 


Irefois  vers  I(!  Giinge,  «le  iiu'^nK!  \o.  Sitllcdj,  ou  l'un  de  ses  bras,  n'allail  pas 
rt'joindrc  diroclenicnl  l'indus  el  ne  s'unissail  puinl  au  liias  :  coulant  plus 
au  sud,  il  nîLTvail  dans  son  cours  lo  (flia<rgar  cl  la  Sarasvali.  C'csl  lui  pro- 
bablement qui  remplissait  ce  large  lit  sans  eau  qui  se  voit  maintenant 
dans  le  désert  et  continuait  ainsi  la  rivière  «  sainte  a  '.  D'après  Kergusson, 
ce  serait  au  contraire  un  bras  de  la  bjanina  qui  aurait  été  l'ancienne  Sa- 
ra svati'. 

Quoi  qu'il  en  soit,  toute  la  contrée  du  Pandjab  est  sillonnée  du  nord-est 
au  sud-ouest  de  lits  fluviaux,  les  uns  emplis,  les  autres  vidés,  complètement 
ou  en  partie,  aux(|uels  se  mêlent  (jà  et  là  des  canaux  artificiels  que  les  crues 
ont  transformés  en  courants  vifs.  Telle  l'ivièrc  a  successivement  appartenu 
à  deux  bassins  différents;  telle  autre,  après  avoir  été  la  brandie  ])rincipale, 
s'est  trouvée  réduite  en  simple  affluent.  Aussi  les  traditions  et  les  docu- 
ments bistoriques,  contradictoires  sur  beaucoup  de  points,  ne  j)ermet- 
tent-ils  pas  d'identifier  avec  certitude  tous  les  traits  du  lacis  bydrogra- 
pliiquc,  incessamment  modifié  pendant  le  cours  des  i1gcs  ;  les  seuls 
points  fixes  du  réseau  sont  les  brèclies  ouvertes  entre  les  massifs  de  collines 
du  liant  Pandjab.  GrAcc  à  ces  défilés,"  les  «  Cinq  l'icuves  »,  malgré  tous 
les  déplacements  de  leur  lit  d'aval,  ne  se  sont  pas  éloignés  de  leurs  val- 
lées supérieures  depuis  l'expédition  d'Alexandre.  Les  commentateurs  n'ont 
point  de  doute  sur  la  synonymie  des  noms  anciens  et  modernes  de  ces  cours 
d'eau,  les  «  mères  vénérées  »,qui  descendent  du  ciel  et  par  lesquelles  la 
terre  devient  féconde  \ 

De  tous  ces  fleuves,  le  plus  considérable,  à  la  fois  par  la  longueur  de 
son  courant  et  par  l'abondance  de  ses  eaux,  est  le  Satledj,  né  près  du  Kaïlas 
tibétain,  dans  le  voisinage  des  sources  de  l'indus,  du  Gange  et  du  Tsangbo. 
S'unissant  de  nos  jours  au  Bias,  déjà  dans  la  région  supérieure  du  Pandjab, 
il  court  directement  au  sud-ouest  et  rejoint  le  grand  cours  d'eau  du  Trimab 
ou  des  «  Trois  Rivières  »  formé  du  Tcbinab,  du  Djbilain  et  de  la  Ravi. 
Ainsi  réunis,  les  cinq  fleuves,  auxquels  les  différents  auteurs  maintien- 
nent les  noms  de  Satledj  ou  de  Tcbinab,  tandis  qu.    '''autres  emploient 


'  Olilhnm,  Notes  on  thc  losl  Hivers  nf  Ihe  Indian  Désert. 
-  McdlicoU  and  Blanfonl,  .V«;iu«/  of  thc  Geoloyij  of  India. 
^  lUvici'os  (lu  Pandjab,  du  l'uuest  ïi  l'est  : 

Nom»  soiisci'iU.  ^'om»  proc». 

Vilasla.  Ilydaspùs,  Didaspès. 

Asikni,  Tchandra-Bliaga.  Akesinès. 

Pnruuchiii,  Irnvati,  !'«  Abondante  «.  Hydraolos. 
Yipasa,  «  la  Ducbaincc  ».  llyphasis,  llypasis,  Bipasis. 

Satadrou, Soutuudri  (Cent  Bras).  Zadudios. 


Non»  artueU. 
Djbilam,  Bubat,  Bedasta. 
Tcbinab,  Tcliandca-Bbaga. 
Ravi,  Rawa,  Bawati. 
Bias.  Rcyah. 
Salledj,  Gharrah,  Gliasa,  etc. 


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NOUVELLE  r.fincIlAI'IIIE  IINIVEIISELLE. 


la  (losignnlion  du  Pnmljnad,  vont  i'(<jiiiii(lri!  rfiidiis,  donl  ils  doublent  lo 
voliiino*  ot  ((iii  les  ('uiiliiiiiu  dans  la  dinrlion  du  sud-ouesl.  L(!  lieu  du 


N*   *7.   —   INCtlNS   LIT»   mi   TrlIlMADi 


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Daprèd  I  Indien  Atlas 


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C  Horron 


Anciens  lita. 


confluent  est  seulement  à  79  mètres  au-dessus  du  niveau  de  la  mer  d'Arabie. 
Pendant  la  saison  des  crues,  le  Satledj  et  les  autres  rivières  sont  vrai- 
ment iniposunles  et  leur  lit,  large  d'un  ou  de  plusieurs  kilomètres,  est  assez 


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'  D('l)il  dos  rivières  du  l'niidjali  pendiinl  lu  saison  des  eaux  basses,  à  la  sortie  des  montagnes, 
d'après  Baker,  (jinnin^'hani,  Napier,  etc. 


Tcliinab.  .    ,   .     lâl  met.  en)),  par  seconde. 
Djliilani.   ...      112     »       »  » 


Satledj 8!)  met.  euh.  par  seconde. 

Bias 80     II       II  » 

Ravi 7.")     Il       »  » 

Débit  du  Pandjai)  ou  des  (!ini|  Rivières,  eu  tenant  rnmpte  de  révapnration   •         "lO  met.  cul). 

»     de  «  maigres  »  du  l'indus,  au  roufluent 420         » 

t  »  des  deux  fleuves  réunis 7>^>G         » 

*    moyen  de  l'indus  au  confluent 4i98        » 


vulé. 


RIVIÈRES  Dr  PANDJAIl,  IM>US. 


SIS 


profond  pour  porter  do  ffrandcs  («mhnrcalions;  dos  halcaux  à  vapeur  rcnum- 
li'iit  alors  le  Satliulj  jusqu'à  Kiro/poiir,  au-dessous  de  la  houelie  du  Ilias. 
Vues  dans  la  période  des  inondalious,  les  rivières  du  l'audjali  niérilent 
bien  la  comparaison  des  poêles  hindous  (|ui  nous  inoutreni  le  cortège  do 
l'Jndus  comme  celui  d'un  roi  autour  (lu(|uel  se  pressent  les  cliel's  aux  cour- 
siers ra|»ides'.  Mais  pendant  la  saison  des  séclieiesses  les  rivières  du 
Pandjali  ne  sont  plus  (|U(!  d'étroits  et  plats  courants  serpentant  entre  les 
i!(;s  et  les  bancs  do  sable  et  n'ayant  pas  m(1me  toujours  assez  d'eau  pour 
entraîner  le  bois  de  flottage.  Souvent  les  riverains  peuvent  les  passer  à  gué, 
sans  avoir  besoin  de  s'appuyer  sur  leurs  outres  en  peau  d(!  bui'lle  qui  res- 
semblent de  loin  aux  animaux  eux-mêmes,  donnant  un  si  étrange  i>~qieci 
aux  cai'avanes  de  voyageurs,  chargés  de  leur  bizarre  esquif.  D'année  en 
année,  les  saignées  laites  aux  rivières  du  l'andjab,  pour  leur  enlever  le 
lroj»-plein  des  crues  au  profit  des  campagnes  altérées,  amoindrissent  le 
diîbit,  et  his  espaces  infertiles  des  duub,  c'estsi-dire  des  «  Eiilro  Deux 
Maux  »  ou  «r  Ëntr'aigues  »,  diminuent  en  proportion.  Fn  sortant  des  mon- 
tagnes, la  Havi  roule  deux  fois  plus  <'  Cau  qu'à  Lahorc,  trois  fois  plus  qu'i^ 
Moultan  ;  certainement  aucun  des  cinq  fleuves  n'atteindrait  la  mer  isolé- 
ment; chacun  se  perdrait  comme  la  Sarasvati,  s'il  n'atteignait  l'indus*. 
Au  sud  de  ces  défilés,  encore  si  peu  coninis,  dans  lesquels  il  s'engage 
après  avoir  contourné  le  Nanga-Parbat,  l'Indus  ou  l'Aba-sihd,  c'est-à-dire  le 
«  Père  des  Rivières  »,  entre  dans  le  Pandjab  comme  par  une  porte  triom- 
phale :  <le  là  le  nom  turc  de  Derbend  donné  à  ce  passage,  que  domi- 
nent à  l'ouest  les  montagnes  de  Mahahan.  Ci-tte  porte,  dont  les  voyageurs 
n'osaient  point  franchir  le  seuil,  est  le  lieu  qu'on  appelait  jadis  les  c  sources 
de  l'Indus  »,  quoique  le  fleuve  se  trouve  en  cet  endroit  à  jdus  de  1500  ki- 
lomètres de  sa  véritable  origine  et  qu'il  ait  di^à  fourni  près  de  la  moitié 
de  son  cours  jusqu'à  la  mer.  11  s'étale  d'abord  dans  un  large  lit,  au  milieu 
d'une  vaste  plaine  qui  fut  jadis  un  lac,  et  s'unit  à  la  rivière  de  Caboul,  aussi 
forte  que  lui  en  apparence,  et  beaucoup  plus  importante  au  point  de  vue 
historique,  puisipie  là  est  la  grande  voie  de  l'Inde,  suivie  de  tout  temps 
par  les  migrations,  le  commerce  (il  la  guerre.  A  peu  de  distance  en  aval 
de  la  jonction  des  deux  courants,  le  fleuve  vient  se  heurter  contre  des  ro- 
chers qui  ont  valu  à  la  ville  gardienne  son  nom  d'Attok  ou  «  Arrêt  »  et 
dont  le  pont  de  bateaux  est  remplacé  maintenant  par  un  viaduc  de  che- 
min do  fer  à  quatre  travées,  puis  il  doit  se  glisser  de  nouveau  dans  une 


'  Rig  Veda,  X,  75  ;  —  Vivien  de  Saint-Martin,  Gdographie  grecque  et  latine  de  tlndc. 
'  Adolpli  von  Sclilaginlwcit,  ilitlheilunyen  von  Petermann,  iSbl,  n'  7. 


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longue  sério  do  défilds  cnlrc!  dos  cscariKMncnts;  sur  un  ospaco  d'onviron 
100  kilomètres,  los  nionliigucs  cl  les  collines  roiciiicnl  les  voyageurs  à  se 
délourner,  soit  au  nord,  soil  au  sud  pour  travciser  l'indus.  Il  ctail  d>;iic 
impossible  que  la  posiliou  d'Allok  ne  devint  |)as  un  lieu  de  passage  oblige 
dans  riiistoin^  du  monde  :  les  roitoresses  cpii  se  sont  succédé  en  cet 
endroit  surveillent  la  route  descendant  de  rilinduu-koucli  au  Gange.  Sou- 
vent on  a  donné  à  l'Jndus  le  nom  d'Atlok  ou  celui  de  Nilal),  d'après  un  fort 
situé  en  aval  d'Altok,  sur  un  éli'oit  du  lleuve.  Alin  de  consolidei- leur  fron- 
lièie  du  côlé  dt;  rAlgiianislan  et  de  pouvoir  iui  besoin  fain;  mouvoir  paral- 
lèlement deux  armées  dans  la  direction  de  Caboul,  les  Anglais  ont  construit 
au  sud  d'Atlok  unt^  deuxième  ligne  de  cliemiu  tl(!  fer,  qui  va  rejoindre  le 
fleuve  à  Koucbal  garh  et  se  continuera  plus  lard  vers  Kohat  et  le  revers  mé- 
ridional du  Selid-koli. 

A  la  cluse  de  Kalabagli  (Karabagli)  ou  du  «  Jardin  Noir  »,  l'indus  échappe 
délinilivemenl  à  la  région  des  moulagnes,  et  libre  de  nouveau,  serpente  en 
longues  sinuosités  dans  la  plaine  bordée  de  coulées  et  de  fausses  rivières, 
indiipiant  d'anciens  cours  du  lleuve.  Ne  recevantqu'un  seul  afiluent  perma- 
nent du  côté  occidental,  le  Kouram,  il  diminue  peu  à  peu  |)ar  l'effet  de  l'éva- 
|)oraliou  Mistpi'à  Milbankot,  où  il  re(;oit  le  Pandjnad,  formé  de  l'union  des 
«  Cin(|  Rivières  ».  Dans  celle  région,  où  s'enlre-lieurtent  les  courants  des 
deux  lleuves,  les  caprices  du  lleuve  débordé  sont  plus  redoutables  (|u'ail- 
leurs.  Mitliankot  même  fut  déiruile  en  180."  piu"  une  crue  de  l'indus,  et 
l'on  a  dû  la  rciconslruire  à  S  kilomètres  de  la  rive  actuelle,  sur  un  renfle- 
ment du  sol,  à  l'abri  d's  inondations.  Les  renqiarls  de  défense  (pie  les  in- 
génieurs élèvent  d(!  part  et  d'aulre  pour  proléger  les  rives,  laissent  en 
moyenne  aux  eaux  fluviales  ime  largeur  de  8  kilomètres,  encore  insuffisante 
pendant  la  saison  pluvieuse!.  Mais  le  niveau  des  crues  diminue  constamment 
vers  l'aval;  tandis  qu'au  défilé  d'Atlok  elles  dépassent  de  10  mètres  le  cou- 
rant d'iiivcir,  elles  atleigniMil  5  mèlres  seulement  au  passage  de  llobri. 

Kn  cet  endroit,  le  fliMive  se  resserre  pour  traverser  un  petit  chaînon  de 
collines  calcaires  (pii  rompt  un  peu  riiorizonlalilé  di!  la  plaine.  Une  falaise, 
(pii  |>orle  la  ville  de  Rohri,  s'élève  de  15  mèlres  au-dessus  du  niveau  moyen 
de  l'eau,  et  l'ilol  rocheux  d»;  Dakkar  (lloukkour),  sur  bnpiel  se  dressent  les 
murailles  d'un  château  fort,  interrompt  hî  courani;  d'avance  celle  pil« 
naturelle  indi(|iiait  l'endroit  où  wn  poni,  non  encore  terminé,  devait  un 
jour  fraïu'hirle  fleuve.  Ainsi  que  l'étude  géologique  du  sol  \o  i-end  1res  pro- 
bable, cl  que  le  raconte  la  tradition,  —  m-  s'appuyant  d'ailleurs  sur  aucun 
locument  hist(U'i(|ue,  — l'indus  se  détournait  au  sud  à  l'endroil  où  il  ren- 
contre la  chaîne  calcaire  de  Uohri  et  prenait  direclciïient  le  clicmin  du  liai  ii 


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COURS  DE  L'INDUS. 


217 


(le  CiUch,  s'iinissnnl  au  fleuve  que  l'on  croit  avoir  eonliniié  jadis  le  Sallodj 
cl  la  Sarasvali  par  le  canal  maintonanl  dcsséclitWle  Ilakra  ou  Waliind.  La 
([(■pression  de;  l'ancien  lil  fluvial  est  connue  d'ordinaire  sous  le  nom  «le 
Narra  «Orientale  »  ou  simplement  Narra  (Rivi(''re),  et  |)endantla  saison  des 
pluies  elle  livre  en  effet  passage  à  une  l'ivière,  i-h  et  là  s'étalant  en  lacs 


^''    18.    —  l  TSnUS    EN   AVU,    nK    1.*   r.LlSK   de   KAUBir.K. 


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o(  en  marécafres.  D'ordinaire  les  cartes  représentent  la  Narra  Orientale 
comme  un  simple  émissaire  de  l'Indus,  comme  la  branche  supérieure  de 
son  délia.  Mais  il  est  bien  rare  qu'il  en  soit  ainsi  de  nos  jours.  Un  canal, 
fermé  d'écluses,  établit  la  communication  entre  l'Indus  et  la  dépression  de 
la  Narra.  SeulemenI,  dans  les  crues  exceptionnelles,  l'eau  d'inondation  du 
gi-and  lleuve  s'épanclie  par-dessus  les  dignes  dans  le  désert  oiicntal  et 
VIII.  28 


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va  se  perdre  dans  les  [>laine^  Ju  Pal  ou  môme  dans  le  désert  salin  du  Rann. 
Mais  si  le  bassin  de  la  Narra  est  aujourd'hui  presque  indépendant  de  l'In- 
dus,  il  est  certain  qu'il  ne  l'était  pas  encoi-e  à  une  période  historique  ré- 
cente. On  voit  encore  le  large  lit,  connu  sous  le  nom  deIUiaïn,qui  portait 
les  eaux  du  (leuve  dans  la  Narra  et  que  la  tradition  dit  avoir  été  le  lit  princi- 
pal. D'autres  caïuiux,  larges  et  profonds,  ti'acés  plus  en  aval  dans  le  désert, 
racontent  les  divagations  incessantes  du  courant  à  la  recherche  du  chemin 
le  plus  favorable  vers  la  mer.  D'après  Bui'ues,  un  bras  de  l'indus,  désigné 
sous  le  nom  de  Pourana  ou  «f  Ancien  »,  coulait  encore  en  107'2  à  200 kilo- 
mètres à  l'orient  de  la  bouche  actuelle.  Tous  les  indices  Tournis  par  l'é- 
lude de  la  contrée  montrent  le  grand  lleuve  empiétant  sans  cesse  dans  la 
direction  de  l'est  à  l'ouest,  soit  (!n  vertu  d'un  mouvement  de  bascule  du  sol 
dans  ce  sens,  soit  par  l'cITet  dt;  la  rotation  du  globe  (jui  fait  dévier  natu- 
ndlement  vers  leur  droite  les  lleuves  de  l'hémisphère  septentrional.  Ce  dé- 
placement graduel  de  l'indus  vers  l'occident  a  pour  consé(juencc  de  des- 
sécher de  plus  en  plus  les  régions  orientales,  et  de  changer  en  lac  de  sel 
mainle  coulée  d'eau  douce.  Le  travail  de  régularisation  l'ait  par  des  in- 
génieurs anglais  a  eu  des  conséquences  analogues.  Dans  une  partie  de 
son  cours,  la  Narra  Orientale  rase  les  berges  sabloimcuses  du  désert  de 
Thar  et,  tout  récemment  encore,  se  ramifiait  entre  les  dunes  par  de  nom- 
breuses baies  parallèles  rap|)elant  par  leur  forme  les  longs  marigots  qui 
séparent  les  iowjjf/'t  de  la  Cas|)ienne.  Ces  baies  dii'igées  uniformément  dans 
le  sens  du  nord-est,  suivant  l'alignement  des  dunes,  se  changeaient  en 
lacs  pendant  la  saison  des  sécher(;sses,  lorsque  la  Narra  cessait  de  les 
alimenter;  plusieurs  d'enlri!  elles  d;venaienl  alors  des  réservoirs  d'eau 
salée,  évités  par  les  ariiniaux  sauvages,  tandis  (pie  d'auli'cs,  toujours  em- 
plis d'eau  douce,  étaient  le  rendez-vous  des  gazelles  et  des  oiseaux  aqua- 
tiques. Afin  d'employer  jusqu'à  la  dernière  goutte  pour  l'irrigation  l'eau 
si  précieuse  de  la  rivière,  les  ingénieurs  ont  barré  l'entrée  des  baies,  et 
pour  la  plupart,  celles-ci  se  sont  desséchées  et  changées  en  bancs  de  sel. 
L'aspect  primitif  d(î  la  bizarre  frange  lacustre  s'est  complètement  modifié. 
Le  delta  de  l'indus  conimence  à  l.')0  kilomètres  de  la  mer  et  comprend 
un  triangle  d'environ  8000  kilomètres  carrés,  s(!  dévelo|>pantsur  un  espace 
de  200  kilomètr(!s  le  long  de  la  mer  d'Arabie.  Cependant  une  grande  partie 
du  lacis  d'estuaires  ramifiés  qui  découpe  le  littoral  entre  la  principale 
embouchure  et  le  poit  de  Karatchi,  est  improprement  désignée  sous  le  nom 
de  «  Bouches  de  l'indus  »,  et  doit  être  considérée  comme  tout  à  fait  indé- 
pendante du  fleuv(!.  Ces  marigots  reçoivent  bien,  surtout  pendant  la  période 
des  crues,  (juehpies  petits  émissaires  du  delta,  mais  pi-esque  toutes  les  eaux 


INDUS  ET  N\RRA. 


919 


en  sont  salines  et  pénclrenl  dans  l'inféncnr  sous  l'impulsion  du  vent  et  de 
la  marée'  :  ce  sont  des  estuaires  océaniques  pareils  à  ceux  que  l'on  ren- 
contre en  tant  d'endroits  sur  les  cotes  de  la  lluinéc.  Toutefois  il  est  pro- 
bable que  ces  criques,  sans  communication  avec  le  lleuvo,  furent  à  diverses 


N"    19     —   NAIin\   OniE.NTALE. 


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Bcr[;c5  irinondation  lors  do*  crues  ilc  l'Indiis, 

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époques  des  branches  de  l'Indus:  des  méandres,  oblitérés  çà  et  là,  se  ra- 
niilient  et  s'enlre-croisent  enlre  le  llcuve  et  la  mer;  partout  le  sol  est 
évidemment  composé  d'apports  fluviaux  remaniés  par  les  courants;  même 
là  où  les  anciennes  coulées  n'uni  plus  laissé  de  flaques  d'eau  pour  ténioi- 
fiucr  de  leur  passade,  des  bouipiets  de  tamaris  ou  de  mimosas  et,  près  de 
la  mer,  des  rideaux  sinueux  de   palétuviers  iiidi(pienl  de  loin  les  bords 

'  Trciiitiiilieerc,  Journal  oftiw  Geogniphical  Society  ofLondon,  1867. 


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220  ISOUVKLLK  GÉUGUAI'IIIE  UNI VKKSKI.LK. 

des  lils  miiintennnl  comblés.  Pendant  le  conrs  de  ce  siècle,  la  boncho 
|>rinci|ialu  s'csi.  plusieurs  (bis  déplacée;  en  hSOO,  le  lit  majeur  élait  celui 
du  Bagliar,  cpii  serpentait  dans  la  direction  de  l'ouest,  et  dont  on  ne 
voit  plus  que  des  traces.  f,a  Sata  ou  Wanyani  lui  succéda;  en  1811),  un 
des  bras  méi'idionaux,  la  Kedewari,  devint  la  grande  entrée  des  navires; 
puis  ce  l'ut  le  tour  de  la  Kakaïwari,  grau  (jui  s'ouvrit  au  sud  du  précédent, 
après  n'avoir  élé  (pi'un  simple  marigot.  Kn  1807,  ce  clienal  s'était  éga- 
lement oblitéré.  La  brandie  du  delta  devenue  maintenant  le  véritable 
fleuve  est  \v,  lladjanro,  où  les  j)etits  escpiil's  pouvaient  seuls  se  hasarder 
vers  le  milieu  du  siècle.  Les  érosions  des  berges  se  l'ont  si  rapidement  pen- 
dant les  crues,  que  l'on  entend  [jarlois  le  Tracas  des  écroulements  se  succé- 
der plusieurs  ibis  par  minute,  connue  le  bruit  du  canon  dans  ies  batailles. 

On  ne  saurait  lixer  le  nombre  des  boucbes  fluviales,  puiscpi'il  varie  de 
la  saison  des  sécheresses  à  celle  des  crues  et  que  plusieurs  îles  marigots 
temporaires  se  ramiiienl  en  bras  char'geants;  eu  moyenne,  les  branches 
navigables  pour  les  l.ar(jues  varient  de  deux  à  dix  pendant  l'annéi!. 
Les  villes  de  commerce  situées  sur  l'un  ou  l'autre!  des  courants  tempo- 
raires ont  dû  nécessairement  se  déplacer  ou  dépérir,  suivant  les  divaga- 
lions  des  embouchures.  C'est  ainsi  que  Cliali  boundar  ou  le  «  Port  du 
Uoi  »,  jadis  séjour  des  flottes  de  guerre,  est  resté  au  loin  dans  l'intérieur, 
à  l'est  du  cours  actuel  de  l'indus;  de  même,  (jliora  Bari  ou  Vikkar,  sur  le 
lladjanro,  vit  le  fleuve  lui  échapper  en  1848;  Keti  s'éleva  pins  bas  sur  li; 
nouveau  lit,  mais  les  habitants  durent  bientôt  reporter  leur  ville  un  peu 
plus  loin.  A  son  tour,  la  deuxième  Keti  a  perdu  son  importance  depuis 
«pie  la  construction  du  chemin  de  ler  de  Karalchi,  au  nord  du  delta, 
permet  au  commerce  d'éviter  le  cours  cbangeant  du  lleuve;  dès  que  It; 
Iraflc  lie  les  retient  j)as,  les  habitants  ont  hâte  de  l'uir  ces  liures  basses, 
plus  redoutabhis  que  les  marais  Pontins'.  A  nuirée  basse,  les  barres  qui 
lerment  l'entrée  de  toutes  les  bouches  (le.  l'indus  n'oflrenl  aux  navires 
qu'une  profondeur  variable  d'un  à  deux  mètres;  la  hauteur  moyenne  du 
flot  en  syzyzie  est  d'environ  5  mètres. 

Si  peu  accessible  aux  grands  navires,  l'indus  n'eu  est  pas  moins,  par 
l'abondance  de  ses  eaux,  un  des  fleuves  eonsidé-rables  de  l'Asie;  toutelois 
il  est  de  beaucoup  dépassé  par  h;  Yanglze  kiang,  le  Mékong,  l'irraouaddi, 
le  Brahmapoutra,  le  Gange;  il  serait  même  inlérieur  en  portée  au  Cbatel 
Aral),  mais  il  a  plus  d'eau  en  moyenne  (pie  le  lloang-ho".  C'est  l'un  des 

'  Ilichai'd  Iliirlon,  Sinil  rcvi-^iled . 

*  Portée  de  l'Inilus  |iiii'  seconde  : 

En  crue  :  1 7  500  inèlres  cubes;     en  maigre  :  1150  mètres;     en  moyenne  :  i'oM  mètres. 


IIOIICIIKS  DK  l.'IMil  S. 


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iii.i.TA  un  I)  isiii-s. 


E.d.jP.  6.1'. 10 


fleuves  les  plus  cliai'gés  de  ti'oubles;  son  eau  les  enlraîiio  clans  la  pro- 
portion nioyeniK!  ihï  2  à 
5  millièmes,  et  l'on  a  cal- 
culé qu'ils  pourraienl  l'or- 
mer  dans  l'année  une  île 
de  100  kilomètres  carrés 
sur  un  mètre  de  rrofon- 
deur'.  A  chaque  nouveau 
levé,  les  dessinateurs  ont 
à  re[)orler  sur  les  cartes 
marines  des  îlots  et  des 
bancs  de  sable  de  tbrma- 
lion  récente.  Néanmoins, 
le  delta  ne  lait  qu'une  sail- 
lie j)eu  considérable  en  de- 
hors de  la  lij^ne  normale 


du  rivage,  ce  (pi'il  faut  at- 
tribuera l'action  d'uncou- 
rant  riverain.  En  venant 
Irapper  le  continent,  le 
Ilot  que  pousse  la  mous- 
son du  sud-ouest,  est  forcé 
de  s'inllécbir  et  de  raser 
le  littoral  dans  la  direc- 
tion du  nord  vers  Kara- 
tclii.  Ce  courant  s'enq)arc 
des  troubles  de  l'indus  et 
les  distribue  le  lon<,r  de  la 
côte,  ainsi  qu'en  témoi^qie 
la  composition  du  sable 
micacé  des  |)lages,  iden- 
ticpie  à  celui  que  le  fleuve 
dé[tose  sur  ses  bords.  Les 
alluvions  (|ui  ne  sont  pas 
entraînées  au  loin   par  le 

courant  côtiei-,  vont  en  grande  partie  se  perdre  au  sud  dans   une  pro- 
l'ondc  vallée  sous-marine,  qui  s'ouvre  directement  au    sud  des  bouches 

'  Tremenheere,  mémoire  cilé. 


C.PoTon 


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fluviales  ol  donl  la  sondo  no  trouve  pas  le  fond  à  400  mètres.  Cet  al)îme, 
connu  ))ar  les  marins  an<,'lais  sous  le  nom  tlo  sivitlvh,  est  le  pendant  }ïéo- 
grapliique  parfait  de  la  cavité  sous-marine  du  même  nom,  creusée  de 
l'itutre  côté  de  la  l'éiiinsule,  en  lace  du  delta  du  rian<f(î'. 

La  partie  orientale  de  la  dépression  (|ui  s'étend  juscpi'aux  monts  Ara- 
vali  est  occupée  en  grande  partie  par  \i\  désert  :  les  solitud(;s  commencent 
à  une  faible  distance  au  sud  de  la  zone  de  villes  et  de  cultures  qui  longe 
la  base  des  avant-monts  liimalayens.  Retardées  dans  leur  marche  par  l'Iio- 
rizontalité  du  sol,  hues  par  les  canaux  d'irrigation,  les  rivières  issues  de  la 
montagne  ne  fournissent  |)as  une  longue  étape;  elles  diminuent  peu  à  peu 
en  avançant,  puis  se  fractionnent  en  mares,  et  plus  loin  n'ont  plus  même 
assez  d'eau  pour  humecter  le  sable.  Les  pluies  allongent  leur  cours  de; 
quelques  lieues  vers  le  sud  ;  les  sécheresses  le  font  reculer  de  nouveau  vers 
le  nord.  Cependant  ces  rivières  continuent  de  suinter  dans  les  profondeurs 
jusqu'à  une  certaine  distance  en  aval  de  l'endroit  où  elles  ne  sont  plus  vi- 
sibles, et  des  puits  creusés  sur  leur  pai-cours  souterrain  vont  chercher  l'eau 
à  7)0  mètres,  puis  à  GO  mètres,  à  100  mètres  même;  à  Djaïsalmir,  on  ne 
trouve  l'eau  (pi'à  170  mètres  de  j)rofondeur.  Au  delà,  la  nappe  est  abso- 
lument tarie;  jusqu'à  l'océan  Indien,  sur  un  espace  de  500  kilomètres  en- 
viron, il  n'existe  plus  un  seul  cours  d'eau  apparent  ou  caché,  à  l'exception 
des  anciens  émissaires  de  l'indus  et  de  la  Louni  ou  «  rivière  Salée  »,  des- 
cendue des  montagnes  du  Radjpoutana;  on  entre  dans  les  solitudes  redou- 
tables du  Thar. 

Celte  région  n'est  point  une  plaine  uniforme  comme  on  la  représente 
souvent.  C'est  un  pays  de  dunes,  une  vaste  mer  de  sables,  donl  les  vagues, 
pareilles  à  celles  de  l'AlIanlique  sous  les  vents  alizés,  se  suivent  en  gonfle- 
ments parallèles.  Rurnes  dit  que  près  de  Pjaïsalmii'  ces  monticules  sont 
orientés  dans  le  sens  du  nord-ouest  au  sud-esl*  ;  mais,  d'a|>rès  les  caries 
qu'ont  publiées  les  ingénieurs  to])ogra|)hes  du  gouvernement  anglais,  l'o- 
rientation générale  des  dunes  est  celle  du  sud-(mesl  au  nord-est,  et,  dans 
quelques  parties  de  la  contrée,  celh;  du  sud  au  nord  ;  mais  partout 
<'lles  maintiennent  dans  leur  direction  une  régularité  presque  géomé- 
trique. Toutes  ces  dunes  ont  leur  pisnte  rapide  tournée  du  coté  du  sud- 
est  ou  de  l'est,  et  leur  pent(!  douce  regardant  au  nord-ouest  ou  à 
l'ouest.  Ces  monticules  ont-ils  été  dressés  par  le  vent?  S'il  en  est  ainsi,  le 
courant  aérien  qui  souleva  le  sable  cl  qui  en  forma  les  rangées  du  Thar 


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'  Treincnhcftre,  mémoire  cilû. 

*  A.  Rurnes,  Journal  of  Ihc  Geoijraphical  Society  of  London,  1854. 


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DUNES  DU  THAR. 


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provenait  du  nord-oiicst,  c'ost-à-diro  il  oùt  soufflé  prôcisémonl  à  ariffle 
droit  des  courants  qui  dominent  de  nos  jours,  le  vent  ali/é  du  nord-est  et 
la  mousson  du  sud-ouest;  mais  on  ne  saurait  admettre  que  la  direction 
générale  des  airs  a  pu  dilTéier  à  ce  point  des  mouvements  actuels  de  l'at- 
mosphère, puisque  ceux-ci  ont  pour  cause  première  la  rotation  de  la  pla- 


>■'  31.   —  DÉFILÉ   IIK   liUlllil  ET   liU.VES  DU  TlUll. 


27' 


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nètc.  Peut-être  faudrait-il  voir  dans  toutes  ces  huiles  sahlonneuses,  non  des 
dunes  alignées  par  le  vent,  mais  des  amas  formés  par  la  vihralion  du  sol, 
si  fréquemment  agité  dans  la  région  de  l'Indus  :  ce  serait  un  phénomène 
analogue  à  celui  que  produit  l'airhet  des  physiciens  sur  les  plaques  vi- 
brantes. D'ailleurs  les  buttes  régulières  du  Thar  ne  sont  point  mobiles, 
si  ce  n'est  lorsque  des  troupeaux  en  ont  piétiné  la  surface  ou  que  les 
hommes  en  ont  coupé  les  broussailles  et  les  herbes;  alors  le  veut  s'empare 


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dos  innirciilos  sii|)('ri(Mircs  du  s;iltlt\  los  fiiil.  Iniiihillonncr  dans  l'air  pour 
los  n'|Mirl<'i'  sur  il'iuilrc"*  dunes.  Les  plus  liaulcs  dos  rnn;,M''i's  doiuincul  de 
l.'O  nit'lrcs  les  pliiiucs  (>uvironnanl(<>^,  dépassaul  d'cnvircui  un  Mers  les 
arèlcs  de  saldc  les  plus  rlcvcTs  des  landes  j'raneaises;  mais  la  hauteur 
moyenne  des  monticules  est  de  .'>(l  nu"'tres  seulenuMil  et  dans  mainte  par- 
tie du  Thar  ell(>  est  eneore  moins  eonsid(''raM(\  Autour  de  lazoneoecii- 
pôe  par  les  duiu's  sVlend  la  plaine  connue  sous  le  nom  de  Pat,  vaste  sur- 
face jaune  ou  roufjc.  çà  cl  là  laclieléede  Idanc  par  les  ellloi-escences  salines. 
Ouoi(piedésij;néd'oiilinaire.danslo  lanjfa^feetdanslesdocumenlsde  Imite 
es]ièc(!,  par  l'appellalion  de  «  (l(''<ert  »,  le  Tliar  n'est  point  complètomenl 
iidiahilé;  des  inuni<:rants  vtMUis  des  |iays  surpeuplés  d'alentour  cherchent  à 
lui  arracher  dt^  luaiiires  rt-colles.  Kn  moyenne,  les  pluies  no  dépassent  pas 
iT)  centimètres  dans  cet  te  part  iode  l'Inde;  elles  sont  en  outre  Corl  irrégulièics 
et  des  années  se  passent  sans  ipie  io  vent  du  midi  amène  une  seule  averse. 
Alors  la  llore  du  Thar  resMMuhle  à  celle  de  rArai)ie;  (pielques  arbustes  épi- 
luuix  et  des  plantes  piosipu'  sans  feuilles,  mais  aux  longues  racines  tra- 
ctantes, composent  à  peu  près  toute  la  véjrétalion  ;  les  rares  troupeaux  trou- 
vent à  peine  leur  nourriture  dans  les  dépressions  où  l'humidité  a  le  plus 
longlemps  séjourné.  Sauf  les  Hhil  autochthoues  et  les  descendants  jwu  nom- 
breux d'Hindous  fpii  se  réfuj^ièrent  jadis  dans  le  Thar  pour  ne  pas  se  con- 
vertir au  mahonuHisme,  les  habitants  émifirent  dans  lesréj^ions  plus  favori- 
sées de  rindus  ou  des  monts  Aravali;  nul  ne  se  hasarde,  de  peur  des  coups 
de  soleil,  dans  le  pays  des  sables.  Mais  dès  »pi(>  les  pluies  sont  venues  rafraî- 
chi '  le  sol,  se  présente  la  foule  des  colons  temporaires:  les  pasteurs  des  ré- 
fiions voisines  accourent  pour  faire  paître  à  leur  bétail  riierhe  excellente  ((ui 
perme  aiissit(U  du  sable  et  recouvre  le  fond  des  vallées  et  les  pontes  mêmes 
des  dunes;  la  végétation  est  si  active, que  l'on  peut  couper  du  foin  et  en  faire 
provision  pour  les  temps  de  jiauvreté.  L'élève  des  bœufs,  des  moutons,  (b^s 
chameaux  a  pris  uiu'  grande  importance  dans  celte  région,  que  l'on  pour- 
rail  croire  condamnée  à  une  stérilité  absolue.  Par  malheur,  les  troupeaux 
sont  décimés  par  des  loups  d'une  extrême  sagacité  qui  chassent  en  bandes 
et  se  laissent  rarement  surprendre.  Le  ;  (  ul  moyen  de  se  débarrasser  d'eux 
est  de  les  poursuivre  dans  la  saison  la  plus  brûlante  de  l'année,  sous  les 
rayons  verticaux  du  soleil  du  midi.  Alors  le  sable  est  tellement  chaud,  que 
les  animaux  «  se  brûlent  les  pattes  »,  pour  ainsi  dire;  ils  ne  peuvent  plus 
courir,  et  les  chasseurs  bbil,dont  les  pieds  sont  protégés  par  des  enveloppes 
de  peaux  fraîches  de  brebis,  atteignent  facilement  leurs  victimes'. 


B.irlle  Frère,  Journal  of  tlie  Geogiaphical  Society  of  Lomlon,  1870. 


TIIAR  KT  CANAI  X   hlRHICATION. 


225 


îl  osl  prohiil>Io  fiuc,  tiaiis  nu  avenir  prochain,  nn(^  partie  du  Tliar, 
colle  ré}i:ion  si  laihlcmonl  peuplée  cm  proportion  île  son  élcnduo,  deviendra 
nii  pays  afji'icole,  conlinuaiil  les  champs  de  hié  du  l'andjah  septentrional. 
Si  la  phiic  ne  tonilie  |ias  en  quantité  suilisanU;  pour  nourrir  les  plantes, 
le  Salledj,  lu  Tchinal),  l'indus,  roideiil  à  la  mer  un  Ilot  (|ui  pourrait 
cire  laif.Tment  utilisé  pour  rarrosenicnl  des  terres.  Ku  tout  ten)|)s,  le  Sat- 
ledj  déhite  au  moins  IT^O  mèli'cs  cubes  d'eau,  qu'il  serait  i'aci le  de  captera 
la  sortie  des  moutafiiies;  pendant  la  saison  des  crin's,  il  verse  parfois  dans 
l'Iiidus  jusqu'à  0000  mètres  cuhes  d'eau  |)ar  seconde,  niasse  liquide  énorme 


11°  .11. 


CANAUX    nil    P.«MIJAD. 


lVu|irêâ  divers  (tocumeii:! 


.VHl  kil. 


que  l'on  dcvi-ait  diriger  par  un  canal  vers  le  centre  du  Thar,  où  les  rangées 
parallèles  des  dunes  ofl'renl  des  facilités  exceptionnelles  pour  la  construc- 
tion de  bassins  de  retenue.  Non  seulement  le  Satledj,  mais  aussi  la  Djamna 
pourrait  envoyer  dans  le  désert  le  trop-|)lein  de  ses  eaux  de  crue;  la  pente 
du  sol  permet  de  rétablir  le  canal  creusé  en  IojI  entre  la  haute  Djamna 
et  l'ancien  lit  de  la  Sarasvati.  Ces  travaux  de  canalisation  ont  été  déjà 
repris  en  partie;  un  bari'age  arrête  le  Satledj  à  llou()ar,  c'est-à-dire  à  la 
sortie  des  «  portes  »  de  l'Himalaya  et  fait  relluer  une  part  de  son  courant 
dans  un  canal  qui  se  ramifie  au  sud  dans  les  campagnes  naguère  sans  eau; 
des  travaux  analogues  se  font  plus  bas  à  Firozpour.  Ainsi  se  rétablit,  sous 
une  autre  forme,  le  cours  de  la  «  brillante  »  Sarasvati,  jadis  la  plus  célébrée 
de  tontes  les  rivières;  les  anciennes  terres  alluviales  dites  bungliar,  où  l'on 
vni.  20 


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NOUVELLE  r.Cor.nAI'IlIE  l'MVEUSELLE. 


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voit  pnrlnul  los  li-act-s  de  ciilliiros  (!l  d'aulrcs  iravaiix  Imniniiis.rommoncoiil 
à  ivprciiiliv  (-h  «>l  là  li>iii>  |)anii'<^  di'  villa^rcs  cl  ilc  moissons.  Toiilclbis  la 
rct'omjinHc'  du  sol  n'osl  ncliuvùc  {\\io.  dans  les  Umtcs  dites  khitilour,  allii- 
\ions  des  vallôcs  livci-aincs  du  l'andjal)  cl  de  l'Imlus.  Dans  le  seul  Italia- 
ualpour,  l(!  l't'scau  de  caiialisalion  couiitrcnd  plus  de  7IIIM)  kilouièlics  de 
rifioles  :  eu  ein(|  années,  de  IS(j7  à  INTI,  l'iniporlanee  des  eulliu'es  a  plus 
fpie  doublé,  et  des  villes  nouvelles  ont  sur^i  au  milieu  des  espaces  rccon- 
qnis.  I;'une  d'elles,  Italie  eu  IS08  an  bord  du  j^rand  canal  de  Fordwali, 
porte  le  nom  hybride;  de  Mincliinabad,  en  l'Iiouncui'  de  l'Anglais  Mincbin, 
sous  l'administration  du([uel  a  été  entreprise'  la  restauration  des  canauv 
d'arrosemeut'.  Après  chaque  rétoltc,  plus  de  dix  mille  o\ivriers,  veniuil 
principalement  des  Ktals  radjpoules  tpii  conlineul  au  désert  du  Thar,  sont 
occupés  au  curaj{(Mles  ri<ioles  obstruées  à  demi  [lar  les  boues  d'alluvion. 
l/ii  réf^ion  (pii  s'étend  au  sud  du  pays  îles  dunes  n'est  pas  moins  étrauffe 
ipie  le  Thar  :  c'est  une  vaste  étendue  (pii  n'est  ni  la  terre  ni  la  mer,  et  (pii 
lionl  à  la  l'ois  du  désert  et  du  marécage.  On  lui  donne  le  nom  de  Itann  ou 
«  Solitude»  de ("alch,  d'après  l'Ile  moutuense,  en  l'orme  d(!  croissant,  ipii  la 
limite  au  sud.  Ouvert  du  c«)l('Mle  la  mer  par  une  sorte  de  ffoulet  d'um;  l'aible 
lar;,feur,  le  llannse  prolouficà  l'ouest  sur  un  espace  d'environ '2i(>  kilomèlros. 
t!l  dans  certains  (Midroils  il  a  jusipi'à  1(10  kilomètres  d'une  rive  à  l'autre.  A 
l'ouest  de  l'ib'  de  Catch,  un  deuxième  détroit  l'ail  communiipier  le  Itann  du 
nord  avec  une  étendue  de  même  nature,  qui  va  rejoiiulre  les  phifres  basses 
du  fjolfe  de  (latcli.  Dans  sou  ensemble,  le  llann  est  une  plaine  saline, 
d'un(^  conqtiète  unil'orniité  et  tout  à  l'ait  horizontale  en  apparence  :  les 
espaces  les  plus  élevés,  cpii  se  trouvent  vers  le  centre  du  bassin,  ne;  dépas- 
sent le  niveau  jiV'uéral  (pie  de  ."ÎO  ou  (il)  cenlimètivs.  Kn  hiver,  et  pendant 
la  saison  des  sécheresses,  le  sol  du  llaun,  çà  et  là  blanc  d'erilorescences 
salines,  est  uni  comme  une  ••lace,  ferme  el  résonnant  sous  les  pas;  les 
pluies,  ne  trouvant  de  pent(;  d'éc(»ulement  dans  aucun  sens,  l'<trment  des 
llatpies  temporaires  (pie  le  vent  pousse  devant  lui,  bonb'-c  diii.  réd'e- 
cume.  Aucune  végétation  ne  s(!  montre  dans  le  ci  '  •  .jnense  de  l'hori- 
zon, si  ce  n'est,  au  sud  du  Hann,  sur  la  tern  .e  toujours  éi  l'uiie 
qu'on  appelle  le  Hauni  el  où  croissent  (pielques  .  las  doniinnl  un  maigre 
ombrage  aux  tioupisiux  el  aux  bergers.  Quelques  pi  ùn<  nsulaires  el  le 
pourtour  des  îles  rocheuses,  dont  l'une  est  la  plus  éicvt'e  de  l'archi- 
pel de  Catch  (i."8  mètres),  se  recouvrent  aussi  d'une  herbe  épaisse,  lors  de 
la  mousson  pluvieuse.  Les  animaux  (jvitenl  avec  soin  celte  jjlaine  sans  eau 

•  Banis,  Journal  of  the  Gcographical  Society  of  Lomlon,  1872. 


IIASSIN   ItK  l/nDi:s,  n.VNN   "K  CATCH.  227 

(•I  sîtns  vordiirc;  seulement  des  ilnes  Miiiviit;es,  de  la  même  es|)èee  que  eeiu 
lies  sleppes  du  Tiiikeslaii,  |iai'e(iiii'eiil.  ces  snliliides  peiidaiil  le  jour,  aliii 
ifavitii' devant  eiiv  h;  eliam|)  lilire  |miiii-  la  Idile;  la  iiiiil,  ils  voiil  |)aili'c 
liiiiis  les  joiiH|fs  et  les  marais  du  lilloral.  Le  llaiiiiest  la  lé^iioii  du  miraj^e; 
le  iiioiiidre  olijet  laissé  sur  le  sid,  une  pierre,  une  eai'casse  de  (diameau,  si; 
voit  à  des  lieues  de  dislaiiee,  non  dans  sa  l'orme  réelle,  mais  avee  des 
conliMirs  ranlaslii|ues;  sinivent  il  se  tiresse  en  tour  ou  se  déeom|)ose  (*ii 
iina;^(>s  llotlantes  qui  ne  semldeiit  plus  tenir  à  la  terre  (pie  par  un  lil  lia- 
laïu'é  du  vent.  Les  villaj^es  di's  péninsules   uu  des  iles  loinlaities  su  mon- 


Il  B  x^:2:cïss:i*î5ïs*^'* 


CIIAKCAU\    TnVVKII»A>T    I.  K.    lUNN    II  i:    CVTCII. 

Dos<iiiili;C.  ViiilliiT, il'niiri'i  Wyiiiii'. 


Irent  au-dessus  de  l'Iiorizon,  allant  rejoindre  dans  l'espaec  des  palais  et  des 
temples  renversés.  I)'a|)rès  la  légende,  une  cité  peuplée  de  justes  flotte 
dans  l'air  au-dessus  du  llann,  mais  elle  n'a  pn  s'élever  encore  jusqu'au 
ciel,  et  e'est  elle  que  lait  apparaître  le  mirajie. 

La  saison  des  pluies  <'liaiij;('  l'aspeet  du  Kanii  :  alors  les  eaux  de  la  mer, 
poussées  par  les  vents  du  sud-ouest,  pénèlient  dans  l'intérieur  des  terres 
piir  les  deux  portes  (|ui  leur  sont  ouvertes  au  nord  et  au  sud  de  YiU'.  de 
(laieli  et  l'entourent  complètement,  ainsi  que  les  IVajfments  insulaires  des 
roches  jurassiques  situées  au  nord  et  an  nord-est.  La  plaine,  où  ne  se 
voyait  naguîiie  pas  une  {goutte  il'eau,  est  uniformément  recouvcrie  d'une 
najipc  liquide  de  près  d'un  mètre  d'épaisseur,  et  même  un  peu  plus  pro- 


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228 


NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  UNIVERSELLE. 


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l'onde  sur  les  bords,  la  surface  du  Ilanu  étant  Icgèremcnl  bombée  vers  lu 
centre.  Dans  celte  saison,  le  vaste;  estuaire  i'e(;oit  aussi  les  eaux  douces  que 
lui  apportent  le  Banas,  la  Louni,  la  Narra  et  les  coulées  orientales  du  dei'a 
de  rindus.  Néanmoins  les  communications  ne  sont  pas  interrompues  pen- 
dant cette  saison  entre  les  rivages  opposés  :  l'Iiorixontalité  du  sol  est  telle, 
que  les  caravanes  j)envcnt  s'aventurer  en  tout  temps  dans  le  Hann,  tantôt 
lac,  tantôt  désert.  Mais  il  est  rare  que  le  voyage  se  lasse  le  jour  :  la  chaleur 
directe  et  la  réverbération  des  rayons  solaires  sur  les  eaux  ou  sur  la  tei-rc; 
unie,  les  illusions  du  mirage  Uniraient  par  alïoler  bêles  et  gens;  les  guides 
éblouis  ne  sauraient  plus  même  distinguer  la  place   du  soleil  dans  l'im- 


N"   55.    nA.\S    nu   CATCH. 


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EdpG.-  C9' 


C  Po-'or 


Chamin  def*r  projett 


MO  kil. 


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niensi!  Ilamboiement  de  l'espace;  bientôt  la  caravane  tournerait  sur  place; 
la  mort  deviendrait  inévitable.  C'est  la  nuit  que  se  font  toutes  les  traver- 
sées du  Rann  :  guidés  par  les  étoiles,  les  voyageurs  qui  ont  à  franchir  la 
plaine  à  l'est  du  goulet  occidenlal  calculent  leur  marclie  de  manière  à  pou- 
voir canqu'r  sur  l'une  des  îles  intermédiaires.  H  est  probable  que  dans  un 
avenir  prochain  le  chemin  dt;  fer  direct  de  Ilomliuy  à  Ilaïderabad  traversera 
la  partie  orienlau*.  du  llann. 

Quelle  est  l'origine  de  celte  plaine  saline?  Klie  fut  jadis  inondée  par  la 
mei',  ainsi  (|ue  le  prouve  la  salinité  du  sol  et  (pi'on  a  pu  le  constater  direc- 
tement (;à  et  i.  '  n  i.  Liranl  de  la  vase,  près  des  villages  du  bord,  les  débris 
d'embarcations  u  u'ines;  jusque  sur  la  côte  orientale  du  Rann,  près  de 
Nagar  Parkar,  on  montre  d'anciens  ports.  D'après  une  vague  tradition, c'est 


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lUXN  DE  CAÏCII. 


929 


au  commencement  du  quatrième  siècle  qu'aurait  ou  lieu  la  retraite  de  la 
mer.  Mais  comment  l'émersioii  a-t-elle  pu  se  l'aire  avec  une  si  parfaite  ré- 
gularité? Des  terres  alluviales  ordinaires,  f()rmées  de  lais  marins  ou  flu- 
viaux, ne  présentent  jamais  cette  horizontalité  presque  géométrique  sur 
(les  dizaines  de  milliers  de  kilomèlivs  carrés.  Ne  i'aut-il  pas  voir  dans 
cette  plaine,  de  formation  unique  au  monde,  le  |iroduit  d'un  tassement  dii 
sol?  Cette  l'éjiion  de  l'Inde  est,  on  le  sait,  une  de  celK^s  qui  fiémissent  \v 
plus  IVécpiemment  par  l'effet  de  secousses  intérieures.  Kn  1819,  un  trem- 
blement de  terre,  que  l'on  ressentit  sur  un  espace  d'au  moins  i2oO  000 
kilomètres  carrés,  accrut,  dit-on,  d'une  étendue  considérable  la  surface  du 
Rann,  par  l'ciffondrement  de  l'izièi'es  que  les  «louvernemenls  du  Sind  et  de 
Catch  se  disputaient  |)rès  deLakh|)at;  la  tour  de  Sindri,  ((n'occupait  une 
garnison  de  douaniers,  fut  entourée  tout  à  (;oup  d'un  lac  s'étendant  de  cha- 
qu(^  c(Hé  à  25  kilomètres  de  distance,  tandis  qu'ati  nord  un  ancien  bras 
de  rindus,  que  rejoignait  jadis  la  Narra  Orientale,  était  bai'ré  par  une  dune 
transversale  d'environ  bO  kilomètrtîs  de  long,  de  |)liisieurs  kilomètres  de 
large  et  de  3  à  6  mètres  de  haut.  Les  indigènes  donnèrent  à  ce  rem|)art 
le  nom  d'Allah-bound  ou  de  «  IJarrage  de  Dieu  »,  poiu'  le  distinguer  d(îs 
digues  élevées  d(î  main  d'homme  en  travers  des  coulées  de  l'indiis'.  Le 
Barrage  de  Dieu,  qui,  depuis  le  tremblement  (l(î  terre,  a  livré  passage  à 
un  courant  d'érosion,  ressemble  parfaitement  aux  dunes  du  Tliar,  et 
comme  eux  présente  une  saillie  tei'niin('!e  d'un  c()té  par  un  brusque  talus, 
de  l'autre  par  une  longue  contre-pente;  en  se  brisant,  l:i  surface  du  sol  a 
maintenu  sa  couche  entière  sur  une  face  de  la  duiur.  C'est  probabicnnent 
à  la  même  cause,  la  vibration  du  S(d,  que  doivent  »Hre  altribu(''es  la  forma- 
lion  de  la  grande  plaine  unie  et  celle  des  coteaux  |tarallèles  du  Thar.  Sui- 
vant l'inlensilé  et  la  direction  des  chocs  souterrains,  telle  partie  du  sol 
s'('galise,  tandis  que  lelb;  autre  se  ride  et  se  fracture. 

D'après  la  tradition,  les  nombreux  tremblements  de  terre  qui  ont  se- 
coué la  n'gion  de  l'Indns  ont  renversé  plusieurs  villes  et  dépeuplé  la  con- 
trc'o.  Une  des  cités  détruites  lut  celle  de  Dalniir,  sur  la  lisière  méridionale 
du  Thar;  mais  la  plus  fameuse  est  Dralnuauabad,  qui  s'c'levait  à  80  kilo- 
mètres au  nord-est  de  la  ville  actuelle  d'Haïderabad,  sur  un  ancien  cours 
d(!  rindus,  à  l'ouest  de  la  dépression  dans  laquelle  s'épanche  maintenant  la 
Narra  Orientale  dans  la  saison  pluvieuse.  A  la  suite  de  la  secousse  fatiile, 
la  rivière  qui  baignait  les  mius  de  la  ville  se  déphxja,  et  les  ruines  furent 


'  tînmes;  —  Miii"  Mui'(ii):  —  Lycll,  PiiiuipU'n  ufCeulinm. 

'  Uai'tle  FiL-re,  Journal  nfthe  Ccuympliical  Socielij  uf  Lmdon,  1870. 


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950 


NOUVELLE  GfJOGRAIMIlE  UNIVERSELLE. 


délaissées  dans  le  désert;  (elle  e^f.  la  raison  qui  empêcha  le  repeuplement 
de  [{ralimanahad,  dont  queUpies  étiiCices  sont  restés  presque  intacts.  Celte 
ancienne  caj)i(ale  n'avait  pas  moins  de  7  kilomètres  de  tour  et  de  vastes 
faubourgs  là  rejoignaient  à  deux  antres  v'iles,  la  résidence  du  roi  et  celle  du 
vizir.  Les  Ibuilles  pratiipiées  dans  les  ruines  ont  prouvé  que  les  liabi- 
lants  étaient  d'habiles  artisans  poiu'  la  fabrication  des  poteries,  la  peinture 
du  verre,  la  scidptnre  des  ivoires,  la  taille  des  pierres  précieuses'.  Cun- 
ningham  voit  dans  Ijiahnianabad,  on  plutôt  lirahmana,  l'ancienne  ville  des 
Brahmanes  dont  Alexandre  s'empara  lors  de  sa  descente  de  l'indus'; 
d'après  Heinaud'',  le  viai  nom  de  la  ville,  ISahmana,  serait  d'origine  per- 
sane. Le  désastre  (jui  la  frappa  et  qui  en  lit  périr  les  habitants,  «  en  puni- 
tion des  crimes  de  leui-  roi  »,  parait  avoir  eu  lieu  pendant  h  ooui-s  du 
onzième  siècle.  Diverses  traditions  parlent  aussi  d'éruptions  qui  auraient 
eu  lieu  dans  la  contrée,  mais  l'examen  des  terrains  n'a  pas  justifié  ces 
récils.  C'est  dans  les  âges  antérieurs  que  les  trapps  et  autres  loches 
ignées,  brillant  au  soleil  des  couleurs  les  plus  vives,  se  sont  l'ait  jour  dans 
l'ile  de  Catch  à  travers  les  craies  et  les  assises  jurassiques.  Plusieurs  géo- 
logues ont  signalé  à  tort  comme  un  volcan  la  colline  de  ûhenodour,  qui 
s'élève  à  ô'i?  mètres  dans  bipartie  occidentale  de  Catch*. 


'•^.^x: 


La  majorité  des  habitants  qui  peuplent  le  Pandjab  et  les  régions  du  bas 
indus  appartiennent  à  la  foi  mahoinélaue,  mais  il  s'en  faut  cpie  les  musul- 
mans de  la  contrée  soient  tous  des  représtMitants  des  races  conquérantes 
descendues  des  plateaux  de  l'Afghanistan  pour  arracher  le  sol  à  ses  anciens 
possesseurs.  Ainsi  la  région  qui  longe  la  base  de  l'Himalaya  a  parmi  ses 
habitants  des  Awan  et  desGakkar,  dans  lesquels  on  a  voulu  voir  les  descen- 
dants dt^  Yavana  ou  loiliens  et  de  Grecs,  et  qui  en  tout  cas  peuplaient 
déjà  la  contrée  bien  avant  les  invasions  musulmanes.  Dans  toutes  les  [tai- 
ties  du  Pandjab,  excepté  dans  les  districts  du  Trans-lndus,  et  sur  ii.-.  (da- 
teaux  accidentés  du  Potwar,  b^  fond  de  la  population  se  com|)ose  de  Djal, 
(pii  ont  embrassé  l'Islam  partout  oi'i  les  mahomélans  dominent,  mais 
ailleurs  sont  restés  hindous  |)ar  les  pi'ati(jues  du  culte  ou  s(!  ratlachent 
aux  Sikh,  suivant  la  prépoiulérance  de  lel  on  tel  élément  local.  Les  Itjal, 
<|ui  représentent  évidemment  des  éléments  ethniques  d'origines  très  diverses, 

'  llclliissis,  Joiiriml  of  Iho.  Asialir  Sociclii  uf  Uciiijul,  V. 

"  The  Amii'iit  Gvoyraphij  oflmliii. 

'  FraijmciUs  amiliqucu. 

♦  Wyniie,  Memoirs  of  tlie  Geological  Survey  of  India,  IHl'i. 


RANN  DE  CATCH,  POPULATIONS  DU  PANDJAB.  SSi 

pont  pcut-t'lrc  les  descendants  des  tribus  aborigènes,  antérieures  à  l'in- 
vasion des  Aryas,  mais  ils  sont  très  mélangés  par  les  croisements,  et  ne 
ressemblent  nullement  à  ces  Dasyou,  ces  liommes  à  peau  noire  et  à  boucbe 
lippue  (pie  combattirent  les  riverains  des  «  Sept  Rivières  »  et  qu'ils  rédui- 
sirent en  esclavage.  1/lioslililé  de  race  s'est  graduellement  alTaiblie  pen- 
dant le  cours  des  siècles;  seulement  les  Djat  sont  classés  par  les  Brah- 
manes comme;  appartenant  en  masse  à  la  caste  des  Soudra.  Au  nombre 
(l(!  plus  de  vingt  millions,  ils  présentent  de  grandes  diversités,  des  plateaux 
du  Ualoutchislan  aux  rivages  de  la  mer  d'Arabie  ;  les  uns  sont  presque  noirs, 
les  autres  ont  la  peau  jaunâtre  et  dilïèrent  à  peine  des  Ra(lj|)outes  et  des 
Brahmanes  par  le  teint.  Il  en  est  que  l'on  considère  comme  des  barbares  : 
tels  les  bergers  qui  vivent  dans  les  solitudes  du  Thaï';  d'auli-es,  au  con- 
traire, ont  l'esprit  vif  et  la  ligure  intelligente.  Au  Baloutchistan,  le  nom 
de  Djat  est  pris  dans  l'acception  de  «  voleur  »  ;  dans  le  Sind,  il  est  synonyme 
(le  Bandjari  et  s'applique  à  des  populations  qui  ressemblent  aux  Tsiganes 
d'Kurope';  sur  les  bords  de  l'jndus  moyen,  il  signifie  «  propriétaire  »;  sur 
les  IVontières  (lu  Radjpoutana,  il  a  le  sens  de  «  métis  »  radjpoulc  et  sou- 
dra ".  Cependant  l'ensemble  de  la  population  djat  paraît  bien  offrir  les 
uK-'ines  caractères  ethniques  et  se  rattacher  à  la  race  aryenne  :  c'est  par  le 
lialoutchistan  (ju'elle  est  probablement  descendue  dans  l'Inde.  Sobres, 
actifs,  ingénieux,  fort  braves,  malgré  les  coiupuHes  et  l'oppression  que  leur 
ont  l'ait  subir  successivement  tant  de  maîtres,  les  Djat,  pris  en  masse, 
forment  un  des  éléments  ethniques  les  plus  remarquables  de  la  Péninsule^; 
c'est  du  milieu  d'eux  que  sont  sortis  ces  vaillants  guerriers  sikh  qui 
dispulèrent  avec  tant  d'acharnement  aux  Anglais  la  possession  du  nord- 
ouest  de  rilindoustan. 

Les  Sikh,  c'est-à-dire  les  «  Disciples  »,  devinrent  un  peuple  après  n'avoir 
élé  (pi'iin  groupe  de  fidèles.  Leur  religion  naquit  dans  le  l'andjab,  à  la  lin 
du  (piinzième  si(Vle;  il  était  naturel  que  dans  ce  pays,  oii  niahométans  et 
sectateurs  des  cultes  hindous  vivent  partout  à  C(ité  les  uns  des  autres, 
un  novateur  tentât  de  n'concilier  les  deux  religions,  ^anak,  le  fonda- 
teiu'  de  la  secte  nouvelle  et  le  rtîdacteur  des  premiers  chapitres  du  Grantli 
(Ml  «  Livre  »  par  excellence,  (pie  révèrent  les  Sikh,  n'avait  guère  d'autre 
dogme  (pie  la  foi  en  un  seul  dieu,  et  rejetait  la  plupart  des  |)ratiques  spé- 
ciales aux  différents  cultes;  mais,  peur  réunir  musulmans,  hindous  et  djat. 


'  Ricliiird  Rurlnn,  Sind  lievinitcd. 

s  iVlor  Minus,  Journal  of  thc  Asiatir  Sorielji  ofBcngal,  1808,  iiMII. 


'  Tdih'iil,  Journal  of  tlic  Axinlic  Socielij  of  Ikngal,  1871,  n°  I  ;  —  Canipbfill,  Ethnologij  of  In- 
dia;  —  Louis  lloiissulel,  Tableau  des  raees  de  l'Inde  centrale  (Revue  d'antliropoloijie). 


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NOUVELLE  OÉOfiRAPIlIE  UNIVERSELLE. 


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il  n«  snrfisiiil.  pas  de  loiir  moiilror  l'iiniU'  londanicnlîilo  de  leurs  rolijiions, 
il  fallait  aussi  les  lapproclicr  les  uns  des  autres  eu  suppriinnut  les  distine- 
tions  de  races  et  d(î  castes.  Lui-uièmu  liiudou  et  kclialiya,  Nauak  prnclauia 
réj>alité  des  hommes.  Toutefois,  voulant  éviler  d'être  classés  dans  la  foide 
des  })ens  qui  n'ont  point  d'ancèlres,  les  «  disciples  »  durent  se  l'aire  nobles 
pour  resloi'  libres,  et  tous  se  considèrent  maintenant  comme  kcliatryas; 
c'est  le  nom  cpi'ils  se  donnèrent  pour  établir  leur  égalité.  D'ailleurs  ils 
surent  la  coiupiérir  par  leur  vaillance  dans  tontes  les  «juerres  intestines  qui 
dévastèrent  le  Pandjab,  et  vers  la  lin  du  dix-septième  siècle  la  nouvelle 
secle  était  devenue  puissante.  Afiuerris  par  la  lutte,  débarrassés  des  faux 
fières  j)ar  la  persécution,  liers  de  leur  pai-ticipation  commune  au  gouver- 
ncnuHit  de  la  société,  les  Sikli  juslilièrenl  la  propbétici  de  leur  fondateur, 
qui,  les  comparant  à  des  moineaux,  leur  avait  en  même  temps  promis  la 
victoire  sur  l'aifile'.  (liierriers  par  excellence,  tous  les  Sikh  devaient  porter 
constamment  sur  leur  corj)s  un  objet  d'acier,  cotte  de  mailles  ou  poignard. 
Fort  beaux  d'ordinaire,  couverts  d'armes  resplcndissant(>s,  laissant  llotter 
sur  leurs  épaules  une  chevelure  i\\\o.  le  1er  n'avait  jamais  touchée,  les  Sikh 
se  reconnaissaient  de  loin  dans  les  batailles,  el,  par  un  jeu  de  mots  na- 
turel, ils  furev>t  bientôt  connus  sous  U\  nom  de  Singh  ou  «  Lions  ». 
Constitués  en  républi(|ue  fédérale,  ils  élisaient  leur  chef  et  celui-ci  devait 
en  toute  circonstance  grave  consulter  la  kltaha,  «  assemblée  nationale  » 
formée  des  sages  et  des  principaux  capitaines.  Malgré  les  divisions  de  sectes 
et  les  querelles  intestines,  la  nation  guerrière  des  Sikh  finit  par  devenir  la 
puissance  maîtresse  dans  toute  la  région  qui  s'étend  du  Gange  à  l'Indus, 
et  les  Anglais,  loris  de  la  supériorité  de  leur  armement,  ne  pui'ent  briser 
la  puissance  des  «  Lions  »  que  ])ar  de  longues  campagnes  et  des  batailles 
rangées.  Maintenant  les  Sikh,  qui  ne  forment  pas  même  la  dixième  partie 
de  la  population  du  bassin  de  l'Indus,  ont  cessé  d'être  une  nation.  Jls  ne 
sont  i)lus  qu'une  secte  religieuse,  groupant  la  plupart  de  ses  communautés 
autour  de  la  ville  sainle  d'Auiritsar;  mais  ils  restent  unis  par  les  tradi- 
tions et  n'ont  cessé  d'exercer  sur  tous  leurs  voisins  une  grande  influeuce 
polilicpie  et  religieuse;  niênu!  les  brahmanes  lisent  avec  lévérence  le 
(I  Livre  des  Disciples  »  ;  (pielques  Anglais,  parmi  lesquels  le  fameux  voya- 
geur Burton,  se  sont  fait  initier  au  culU;  prêché  par  le  prophète  Nanak'. 
Les  populations  agricoles  apparlenant  à  la  religion  des  Sikh  sont  les  plus 
remarquables  di;  l'Inde,  à  la  fois  par  leur  industrie  pendant  la  paix  et  par 


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'  Miilcoliii.  Ski-Uh  oflhi-  Sikhs. 
*  Siiid  rcvUitcd,  I.  |>.  '21)0. 


SIKH,   IIINOOIS   DU  PAN'nJAB. 


'J33 


leur  vailliini'c  poiidaiU  la  f,niorro  :  los  soldais  sikii  sont  l((s  meilleurs  de  l'ar- 
iii(;e  indienne;  égaux  aux  (loiirklia  ea  cmirafje,  ils  lenr  sont  sn|)érieurs  par 
la  discipline  et  par  la  noblesse  du  caractère.  Très-avenlnreux,  ils  ont  volon- 
ticM's  suivi  les  Anj^lais  en  Chine  et  en  Ahyssinie  et  demandaient  à  les  suivre 
en  Kfivpte  on  dans  l'Asie  Mineure.  Quant  à  leur  amour  de  l'inslruction, 
il  est  lel.ipuUeur  principale  association  scienliiiipie,  à  l.aliore,  a  demandé 
au  gouvernemont  d'assurer  à  tous  les  eul'ants  sikii  les  avantages  de  la  i'ré- 
(|uentation  des  écoles.  Aucun  des  autres  éléments  ellinirpuîs  du  nord-ouest 
de  rind(!  n'olTre  une  proportion  de  lellrés  aussi  considérable. 

Les  Hindous  proprement  dits,  IJrabmanes  ou  Vaisya,  sont  relativement 
peu  nombreux  dans  le  bassin  de  l'iudus,  (|noi(|ue  les  niligions  d'origine 
aryenne  y  aient  pour  scclaleurs  au  moins  un  tiers  des  liabilauls  et  (pie  les 
langues  dominantes,  le  pandjabi  au  nord,  le  sindi  au  centriN  le  goudze- 
rali  au  sud,  le  marwari  au  sud-(!st,  soient  d'origiiu;  sanscrite.  Réunis 
principalement  dans  les  villes,  où  ils  occupent  les  |)laccs  les  mieux  rétri- 
buées et  se  livrent  au  négoce  et  à  l'industrie,  ils  ont  recoiupiis  la  supério- 
lilé  sur  les  uuisnlinans,  Kiurs  anciens  op|»resseurs  :  c'est  à  eux,  maliadjan 
ou  «gros  bourgeois»,  qu'appartient  l'argent  et  ils  n(^  le  |)rèlent  aux  agri- 
culteurs mabométans  des  alentours  qu'eu  prélevant  des  intérêts  iisuraiies. 
Les  Haniabs  ou  Banyans  de  ces  régions  sont  les  plus  habiles  commercjants 
de  l'Inde  et  ils  ne  craignent  pas  de  s'expatrier  pour  vendre;  des  pacotilles 
d'(d>jets  de  toute  espèce.  Dans  toutes  les  villes  de  l'Asie  centrale,  on  ren- 
contre de  ces  marchaiuls  hindous  du  Paudjab,  connus  en  général  sous  le 
nom  de  Moultani,  d'après  \c.  marché  central  du  Pandjab  et  du  Sind  :  ce 
sont  les  porteurs  des  nouvelles  (it  des  rumeurs  d((  guerre  <|ui  se  propagent 
avec;  une  si  étonnante  rapidité  des  bords  de  l'Oxiis  à  ceux  du  Gang(î;  sans 
1(!  vouloir,  ils  l'ormiiut  l'avant-gardt!  des  llusses  sur  la  Ironlière  de  l'Jude 
et  proch'îMcit  sa  puissance.  Dans  l'Inde  centrale,  dans  le  Dengale  et  jusque 
sur  les  IVonlières  de  la  Barmanie  et  de  la  Chine,  les  Baniahs,  marcbamls, 
préteurs  à  la  |telile  semaine  ou  baïuiuiers,  sont  des  Marwari  ou  des  Hindous 
du  pays  radjpoute  de  Marwar;  ils  ont  le  monopole  du  maniement  de  l'ar- 
licnl,  comme  en  d'autres  pays  les  Arméni(;ns  <'t  les  Juifs.  Les  Hindous  de 
l'Inde  occidentale  sont  pour  la  plupart  des  adoi'atcurs  de  Vichnou,  mais  la 
niarcpie  rougetprils  |>orlent  sur  le  iVonI,  en  témoignage  tie  leur  foi,  est  sou- 
vent tracée  horizontalement,  comme  s'ils  invoquaient  Siva.  [ùitourés  de  mu- 
sulmansetde  sikh,  éloignés  des  centres  brahmaniipies,  ils  ne  s'atlachentpas 
strictement  aux  observances  de  leiu'  culte  et  scandalisent  par  leur  nuuKpie 
de  zèle  les  cipayesde  l'Hindoustan  oriental  (|ui  viennent  tenir  garnison  dans 
leurs  cités.  L'usage  des  liqueurs  fortes  est  très  ré|)andu  chez  eux,  et  plus 
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NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  UMYEUSELLE. 


encore  ci'lui  (hi  blidiuj  ou  cliaiivrt'  imlicii,  diogiie  |iliis  fimosle  que  l'opium. 
Dans  la  plupart  des  villages  du  l'andjab,  un  groupe  de  cabanes  est  liahilé  par 
des  Tclioura,  gens  de  caste  inférieure  qui  ne  din'èrenl  point  pliysiquenienl 
de  leurs  voisins,  mais  qui  sont  tenus  pour  impurs,  même  par  l(!s  musul- 
mans ;  la  lonclion  de  veilleur  de  nuit  est  liérédilaire  chez  les  Tchoura'. 

A  l'est,  des  Uliil  du  Uadjpoulana  se  sont  avancés  au  loin  dans  les  oasis 
du  désert,  tandis  qu'à  l'ouest,  Algiians,  IJaloutches,  Uraliui,  Persans,  ]]uklia- 
rioles,  Turks  et  A^'abes  ont  à  diverses  épocpies,  depuis  l'hégire,  pénétré 
dans  la  contrée,  soit  en  conquérants,  soit  comme  aventuriers  ou  ccdons,  cl 
se  sont  plus  ou  moins  mêlés  auv  populations  aborigènes.  Ces  immigrants 
constituent  le  gros  des  musulmans  sur  les  bords  de  l'indus  et  dans  toute  la 
région  tK-cidcntale  du  Pandjab,  tandis  qu'à  l'est  les  lidcles  (jui  se  réunis- 
sent dans  les  mosquées  sont  en  majorité  des  Hindous  convertis  à  l'isla- 
misme. Du  reste,  la  division  est  loin  d'ètn^  bien  tranchéi;  entre  les  deux 
grandes  classes  des  mahomélans  de  l'Inde;  grâce  à  la  su|)|iression  des  castes 
par  l'Islam,  il  est  facile  aux  musulmans  zélés  de  s'attribuer  l'origine  qui 
leur  convient.  Des  centaines  de  milliers  d'individus  dans  le  Pandjab  disent 
appartenir  à  la  descendance  du  prophète,  et  prennent  en  consé(pience  le 
litre  d('  .sy//(/  et  de  clidli  :  les  Daoudpoti-a  ou  «  Fils  de  David  »,  qui  régnent 
au  Dahawalpour,  sont  de  ceux  qui  croient  être  de  la  famille  de  Mahomet. 
D'autres  prétendent  au  titre  de  Mongols,  et  ceux-ci  paraissent  du  moins 
avoir  droit  à  un  nom  spécial,  car  dans  les  villes  où  ils  demeurent,  ils  se 
tiennent  rigoureusement  à  l'écart  et  se  livrent  à  des  occupations  spéciales; 
liers  d'avoir  eu  parmi  leurs  ancêtres  les  com|)agnons  des  Timourides,  ils  ne 
mélangcMit  |)oint  leur  sang,  et  chez  plusieurs  d'entre  eux  on  reconnaît  en 
effet  ces  ligures  larges  et  plates  (pii  caractérisent  les  Mongols  du  (lobi.  On 
leur  donne  ordinairement  le  litre  de  bctj  ou  viirza.  Qiuml  aux  musulmans 
de  race  afghane,  presque  tous  groupés  sous  le  nom  de  Pathan  ou  de  Uo- 
hilla  ;  ils  sont  l'oit  nombreux  dans  les  districts  du  Trans-lndus,  où  leurs 
chefs  de  famille  se  rangent  sans  exce|)lion  au  nombre  des  khans.  Knfin, 
tous  les  autres  musulmans  non  hindous,  (pi'ils  soient  de  race  persane, 
tunpie  ou  baloulche,  se  disent  cheikh,  titre  devenu  tellement  banal,  qu'il 
a  cessé  d'en  être  un  et  d(!  constituer  la  moindre  distinction  :  tous  les 
riches  l'échangent  pour  une;  plus  haute  dignité.  C'est  là  ce  qu'exj>rinie  un 
proverbe  ironique  du  Pandjab  : 

I.  Aujounl'iiui  cliuik,  inaiianl  liicr;  —  demain  saïd,  si  le  blé  se  vend  cher*.  » 


•  raniplu'll,  Elliiwlogy  of  India, 

*  EUiut,  Haccs  of  Ihe  Koilli'WciU'in  p)vvtnce$  of  India. 


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Le  ri'^iiiK!  de  la  pelile  cullure  domine  dans  le  l'andjal),  mais  en  bean- 
cou|)  d'endroits  l'anliiine  propriélé  colleelive  s'est,  niainleniie;  Ions  les 
cultivatenrs  sont  eonsidérés  eonime  de  simples  fermiers  de  la  commune  el 
lui  payent  une  renie  annuelles  en  outre,  ils  sont  solidairement  responsables 
envers  l'Ktat  et  l'impôt  s'ae(|nitte  pour  le  villaffe  entier.  Il  arrive  aussi  que 
des  communiers  aliènent  une  partie  de  leurs  terres  pour  ralïermer  à  des 
étranjjcis;  dans  ce  cas,  ils  jtartajient  le  prolit  de  la  vente  en  proportion  de 
leurs  droits  à  la  j)ropriété  do  tous;  ils  ont  aussi  le  droit  de  racheter  le  sol 
à  d(!s  conditions  plus  l'avorahles  (pie  les  gens  d'autres  villages.  Parmi  les 
tribus  afghanes  du  district  de  Dera  Ismaïl-khan,  on  procède  tous  les  six 
ans  à  une  nouvelle  distribution  du  sol.  Même  dans  les  districts  où  des  con- 
ipiérants  se  sont  emparés  de  la  terre,  (piehpies  coutumes  témoignent  en- 
core de  ranci(;niie  comnuinauté  du  sol  et  le  village  a  gardé  sa  constitution 
républicaine,  lia  nécessité  d'arroser  les  t(M'rains  devait  nécessairement  grou- 
per les  habitants  d'iui  même  district  pour  h;  creusement  des  canaux  d'irri- 
gation :  pres(pie  |>iulout  l'unité  de  la  commune  a  pour  raison  d'être  maté- 
rielle l'existence  d'un  canal,  d'un  étang  ou  d'une  source'.  Il  a  fallu  les 
grands  boubîversements  produits  par  les  conquêtes  et  les  guerres  intes- 
tiiu's,  pour  détruire  la  comnuine  agricole  (!t  sépan-r  les  intérêts  des  ayants 
droit.  Dans  (pielques  districts,  les  canaux  et  les  fontaines  appartiennent  à 
d'autres  pro|)riétaires  que  les  champs  arrosés,  el  depuis  l'intervention  de 
l'Etal  pour  le  creusement  de  grands  canaux,  les  communes  riveraines  ont  dû 
s'inféoder  aux  concessionnaires  des  travaux  d'irrigation.  Néanmoins,  les 
cultivateurs  du  Pandjab  sont,  parnu  les  rayot  de  l'Ilindoustan,  ceux  qui, 
pris  en  masse,  peuvent  être  considérés  comme  ayant  le  plus  d'indépen- 
dance, et  cette  liberté  relative  est  certainement  l'une  des  causes  qui  don- 
nent aux  Djat  du  nord  leur  audace  et  leur  lierté.  Dans  le  Sind,  au  con- 
traire, la  domination  baloulclie  el  les  prêts  usuraires  des  marchands 
hindous  ont  réduit  la  population  agricole  à  une  véritable  servitude,  et  la 
dégradation  morale,  junir  les  Djat  aussi  bien  <pie  pour  les  autres  élé- 
ments ethniques,  en  a  été  la  conséipience. 

Parmi  les  immigrants  des  plateaux  de  l'Occident,  il  en  est  qui  ont  con- 
servé leur  caractère  comme  ti  bus  ou  classes  distinctes;  tels  sont  les 
Swati,  les  Momound,  les  Yousoulzaï,  qui  vivent  au  nord  de  Pechaver,  dans 
la  plaine  et  sur  les  montagnes  voisines.  Ce  sont  des  Afghans,  parents  de 
ceux  (pii,  franchissant  l'Indus  et  pénétrant  dans  le  bassin  du  Gange,  fon- 
dèrent au  pied  de  l'Himalaya   ces  petits  Klats  de  gueri'iers  connus  sous 

'  PuHJab  Admiiiittratioii  lieport  for  IS/'J-TJ. 


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NOUVELLE  r.Cor.nAPlIIE  llMVEnSELLE. 


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le  nom  <f('ii('ral  do  iioliilkliand  ou  «  Pays  des  Moiila<.Miards  a.  Les  Yoii- 
soiil'zaï  ou  Vazoufsaï  soûl  l'uni"  des  Irihus  nlj^liancs  ([uc  l'on  a  le  plus 
sotivcnl  coniitan'rs  aux  ani-icns  .luil's.  cl  noinliic  de  missionnaires  oui  ac- 
('0|)lt'>  la  li'iulilion  niusnlmanc  qui  voit  dans  ces  Al'^liatis  l*>s  dcscciulanis  dt<s 
caplils  de  Jiidt'c  amiMir-s  à  llaltylono.  Il  csl  icilain  q\w.  leurs  UKL'urs  vl  leurs 
c'oulumes  reli;;iousessonll)ien  colles  des  liahilanlsdo  lal'aleslincî  aux  temps 
dos  Jiijies  :  à  piès  do  trois  mille  années  d'inlorvalle,  ils  traversent  la  niènu' 
|)t>riododo  civilisation.  Naguère  nomades  et  mainlenanl  agriculteurs,  mais 
toujours  guoi-riors,  l'rémissant  d'impalienco  au  récit  do  leurs  balailles,  les 
Yousoul/aï  se  divisent  en  un  grand  nombre  de  clans,  subdivisés  eux- 
mêmes  en  groupes  secondaires,  souvent  on  Inlle  les  uns  avec  les  autres. 
Do  longues  vengeances  se  succèdent  entre  les  laïuillos  de  g/'uération  on  gé- 
nération; pour  terminer  lojirs  disputes,  il  leur  arrive  de  clioisii'  une  l'èle 
nationale  et  de  se  provocpior  on  duel  public,  parfois  cause  (U)  mêlée  ot  do 
nouvelles  dissensions  liérédilaires.  Maliométans  sunnites,  ils  se  dislinguenl 
[lai-  l'àprolé  de  leur  fanatisme  ot  servent  n'-gulièrcnienl  la  dinio  à  leurs 
prêlros  nombreux;  ceux-ci,  constitués  on  tribu  spéciale, coninu;  les  enfants 
de  Lévi  chez  les.luifs,  ne  payent  point  dt^  taxes,  et  leurs  villes,  considérées 
comme  saintes,  sont  de  lieux  d'asile  pour  les  criminels.  Mais  quelle  que 
soit  la  ressemblance  de  mœurs  entre  les  anciens  Juifs  et  les  Yousoufzaï, 
ceux-ci  sont  bien  i\o  purs  Afgbans,  ot  leur  langue  est  le  pouchtou,  peu 
différent  de  celui  des  liabilants  du  pbileau.  Ils  ont  fourni  quelques  mots 
à  l'ourdou,  l'idiome  prt'pondérani  dans  les  plaines  du  nord  de  l'Inde. 

D'autres  tribus  afghanes,  celles  des  Afridi,  occupent  le  massif  de  mon- 
tagnes (pii  limite  au  sud  la  plaine  de  Pcchaver,  et  se  divisent  on  klu'ïl, 
c'est-à-diro  on  clans,  souvent  on  guerre  les  uns  avec  les  autres.  Plus  au 
sud,  les  vallées  du  Soulaïman-dagli  s(ml  liabitées  par  les  Maiwatli,  peu- 
plades agricoles  et  jiastoralos,  dont  le  naturel  est  beaucoup  plus  doux  qu(! 
celui  des  Afridi  (!t  (|ui  se  distinguent  par  leur  franchise,  leur  sini|)licité  de 
manières,  le  respect  (pi'ils  lémoignenl  aux  femmes.  F-os  Hannoiitchi  ou  gens 
de  Hannou,  au  contraire,  dejtuis  Ionglom1)s  asservis  par  do  petits  chefs  et 
soumis  par  eux  au  travail  forcé,  n'ont  rien  de  la  ilerté  et  de  la  droiture  des 
monlagnards  des  alentours  :  petits,  émaciés,  maladifs,  ils  forment  un  ra- 
massis d(!  gens  d'origines  diverses,  mais  ayant  également  les  mœurs  de 
l'esclave.  A  cet  égard,  ils  contraslonl  singulièrement  avec  les  libres  VVazi ri, 
dont  les  races  pai'couronl  les  montagnes  à  l'ouest  de  Dera  (îhazi-khan.  Tou- 
jours armés,  do  même  que  les  Palban  leurs  voisins,  les  Waziri  s((  ra|)pel- 
lont  (pie  leurs  ancêtres  ont  souvent  guerroyé  dans  l'Inde,  conquis  Delhi, 
commandé  aux  rois  et  aux  brahmanes.  Kncore  maintenant  ils  servent  vo~ 


lontioil 
armes] 

Au 
cxcellil 


AKIWIM.  ATTiiK.   l'KCIIA VKIt. 


S.'.ll 


lonlitii's  comiiK'  soldais  ;  iiii  inoiiidn;  si<,'iiiil,  les  Wiiziri  se  monlit'iil  on 
armes  iiiiloiir  du  ('liL>i'i|iii  les  ii|i|ii>lle  à  une  cxpédilion  de  f^iicrre'. 

Au  nord-ouosl  do  l'Ilindituslan,  l'ecliaver  esl  la  forlcrcsse  ^aidionno  par 
excellence.  Siluceau  milieu  do  la  j)laine  (jue  jmrcourl  le  Lander  ou  rivièie 


N"    5».    —    ri. MX:    l)K    l'KCIIWIll. 


EljeP 


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60*30 


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C,  Perron 


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1)  kil. 


do  Caboul  avant  do  s'unir  à  l'Indus  et  que  des  canaux  arrosent  dans  tous 
les  sens,  elle  forme,  pour  ainsi  dire,  à  l'extrémité  de  l'empire  indien,  et  sur 
la  {"rande  route  du  commorct»  et  des  conquêtes,  la  tète  de  pont  du  Traus- 
Indus.  Attok  est  le  Hou  de  passage,  Pecliavor  la  place  d'armes,  d'où  les 
Anfilais  surveillent  les  populations  guerrières  des  montagnes.  Ce  n'est 
d'ailleurs  qu'une  ville  de  briciuos  et  de  pisé,  délondue  des  voleurs  par  un 

'  Raverly  ;  —  Kowney,  The  wiid  Tribe*  of  India. 


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iiiiii'tif  Ixiiit' ;  in:ii>' iiii  iiMi'il  s't'lèvf  Ir  t'oil  iiii|)osiinl  ilt<  ll;ih-liissiir,  cl  (Icn 
('iiiiloniiciiiciils  iiii^ltiis  occii|)i'iil  li's  |)t'iil('s  d'iiii  rtMillciiinil  du  xtl,  d'où  l;i 
viii>  t>iiilii.i>>s(>  loiili!  la  |iliiiiii>  cl  ^'clciid  iiii  loin  >ci's  lis  <'i)ls  des  iniiiils 
nr{i>liiiiis.  h'aiilrcs  jinslcs  t'nitilics  coinplctciil  la  dclciisr  du  vasic  caiii|i 
l'clianclH'  <|U(!  le  •iiiincincnicnl  anglais  il  (Irn'laldii' sur  ce  |i<iiiil  l'ailde  de 
ses  IVoiilières,  vers  les(|uelies  se  iirojellc  déjà  la  Claude  luiilti'c  de  la  llussie  : 
an  1101(1,  le  l'or!  d'Alia/aï  jiarde  rciilit'e  des  ^oii^cs  du  SwaI,  et  d'auli'cs 
ouvrages  selcveiil  de  dislancc  eu  distance  au  |iie(l  des  luoula^ncs;  au 
UDi'd-oucst,  la  vallée  |ii'inci|ialc,  celle  de  la  rivière  de  liahoiil,  est  siirveil- 
léi!,  à  la  Itil'urcatiou  des  canaux  de  la  plaine,  |iar  lu  i'url  du  Miclini;  à  l'ouest 


>*   .il.    —   l'ASSXUH    DK    I.  AKillAMMtN,    KNTIlt.    l'KDIIAVl.ll    Kt    (AIHIUL 


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et  au  sud-ouest,  les  torts  de  Djaniroiid  et  de  hcU'a  protèficnl  les  canlou- 
nerueiils  de  l'ecliaver,  taudis  <|u'au  sud  le  l'iut  Mackcsoii  déléud  les  cani- 
pafiues  coulre  les  incursions  des  Al'^lians  Alridi.  Au  sud  de  ce  l'orl  passe 
la  l'oule  ipii  l'ait  coninuiiiit|uer  les  deux  villes  an^lo-iniliennes  de  Pecliaver 
et  de  Koliat,  par-dessus  les  nionlafines  (|ui  proioniient  à  l'est  l'axe  du 
Selid-koli  ou  «  nionlajiue  HIanclie  »,  le  Spiu^liardes  Ai'fjhans.  Maintes  l'ois 
les  Afridi  ont  fermé  la  roule  ou  refusé  de  l'entretenir,  ainsi  que  les  Irai- 
lés  les  y  oblificut,  cl  les  An<:lais  ont  dû  reconquérir  leurs  libres  conunu- 
nicalions  par  de  btufiues  et  |)énil)les  canq)a}>ncs  contre  des  ennemis  insai- 
sissables, à  l'affût  (Kirriùre  les  rocheis.  Du  icsle,  les  limites  p(ditiquos  sont 
toujours  indécises  dans  ce  pays.  Les  tribus  républicaines  et  ;iiierrières  (|ui 
le  peuplent  ne  reconnaissent  point  la  suzeraineté  de  l'émir  d'Afghanistan, 


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PLAINE  DE  l'ECHAVER,  IIACHT  NAfiAR. 

cl,  (lo  son  cntô,  lo  fouvorncmonl  iuifiliiisa  cessé  do  i-evcMidiquor  la  «  fron- 
lii'TO  s('i('iitili(|iit'  »  m'cmnKMit  tracco  sur  la  cari  j  de  l'Asie,  par  les  seuils 
(lu  l.alaband  el  d<>  (llioular-jiardan,  à  l'est  de  Kaboul,  cl  le  long  du  faîte 
de  partage  parallèle  au  Sinilaïman-dagli.  ïoutclbis  l'Angleterre  yvvA  bien 
('lie  considérée  comme  suzeraine  de  la  contrée,  en  deliors  des  limites 
niai'(piées  par  les  loris,  car  les  cliefs  des  tribus  environnantes  sont  pen- 
siiiniiés  par  elle.  Ceux-ci  reçoivent  l'argent  comme  un  tribut,  mais  en 
écliange  ils  consentent  à  entretenir  les  routes  et  les  sentiers,  et  graduel- 
lement ils  deviennent  vassaux 

L'antique  pays  de  Cdiandara,  dont  Pecbavei  e3t  maintenant  le  chef-lieu, 
n'a  que  peu  de  moninnenls  de  son  pas'é;  les  conquérants  qui  ont  successi- 
vement suivi  celte  voie  historique  de  la  vallée  de  Caboul  ont  démoli  les 
éiliUces  élevés  par  leurs  prédécesseurs.  L'ancienne  capitale,  Pouchkalavati, 
lu  Peiikhelaotis  des  (îrecs,  n'est  |)lus  indiqué"  que  par  des  amas  de  débris 
situés  près  de  la  jonction  de  la  rivière  de  Kaboul  et  du  Swat,  là  où  se 
liouvent  actuellcjnent  Tcharsoudda  et  Prang,  deux  des  Ilacht  Nagar  ou  des 
«  Unit  Villes  ».  Ohiiid,  sur  l'indus,  que  l'on  croit  avoir  été  l'ancienne 
Kmbolima,  a  clé  en  partie  dévorée  par  les  érosions  du  courant,  et  ne  livre 
jdus  aux  chercheurs  (pie  des  médailles  et  des  objets  en  bronze  enfouis  sous 
les  éboulis  ('es  berges'.  Quant  à  la  fameuse  position  d'Aornos,  ce  rocher 
dont  Hercule  n'avait  pu  s'emparer  el  que  sut  conquérir  Alexandre,  on  n'a 
pu  encore  l'identifier  d'une  manière  cei'taine;  les  descriptions  dos  autours 
grecs,  compliquées  d'exagérations  nombreuses,  ne  guident  point  assez  les 
counnen  ta  tours  dans  leurs  recherches.  Los  principaux  monuments  de  l'épo- 
que bouddhique  ont  dis|)aru  comme  ceux  dos  temps  aryens  et  grecs;  la  hante 
stoupa  que  les 'oviigcurs  chinois  virent  à  Pochavor,  arrondissant  sa  cou- 
|iiile  à  l'20  mètre  i\o  hauteur,  n'existe  plus;  mais  des  «  |)iorres  écrites  » 
se  vniiMi'o  oiiciro  dans  les  vallées  des  montagnes  au  nord  de  la  plaine,  et 
sur  la  roLUi,  du  Khaïber  quelques  stoupas  n'ont  cessé  de  dominer  les  pro- 
montoires, témoignages  de  la  foi  do  souverains  qui  avaient  placé  leur 
royaume  sous  la  protection  de  la  «  (Irande  doctrine  ».  Dans  le  pays  des  You- 
sonfzaï,  les  restes  d'anciens  monuments,  surtout  des  fragments  d'aichi- 
Iccturo  giéco-bactriens,  sont  aussi  fort  nombreux;  des  mégalithes  d'nrigiiu' 
inconnue,  disposées  en  cercle  comme  les  piei'i'os  de  Stonelienge,  s'y  dres- 
scnl  à  l'entrée  des  'orges  de  montagnes,  et  l'on  voit  encore  près  de  ccl'o 
iVontière  un  des  piliers  où  l'empereur  Asoka  lit  graver  ses  édils*. 


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■'  liavcity,  Traiisactiiinn  of  llir  liumbuij  Gvulogical  .Soa'cfi/.  vol.  X.    ISà'2  ;        l.uiweiilliiil,  Jour- 
nul  of  the  Asiulic  Sucii'lij,  1805,  n'  1  ;  — Ailliui'  l'iiayrc,  iiiiSme  recueil,  1871.  a"  l . 


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KOUVKLLK  (;RO(;U    l'IllK  IIMVKRSKLLK. 


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Au  siid-t'st  (II'  la  travorsL'c  (II!  riiiiliis  par  li'  |>()iil  d'Allok,  la  voie  liivi,,. 
ri(|iu!  tl(>  I'lliii(l(iii-k()ii('li  au  (iaii;^i>,  acc-ompa^uiV  niaiiilLMiaiil  d'au  cliriinn 
(li(  Ici',  a  pour  lieux  (l'étapo  les  villes  les  plus  eonsiiléraliles  du  l'aiidjali. 
Itawal-l'iudi,  sui'  K;  liaiil  Solian,  esl  d'ori^iue  niodci-iic,  mais  la  ville  niili- 
taii'c  auiilaise,  qui  s'étend  au  su(l,oceupe  l'cMiplacenieiil  de  rauli(|ue  (l;iil- 
jipour,  et  c'est  au  uui'd-ouesl  que  s'élevait  la  puissante  eajiilaie  Takcliii- 


\"     il'.  IVIIIKK    IIK    M    II.ISK    II  ATTOk,    AVANT    I.A    UINSIIHI;  TIIIN    IIU    i:HKMI\    111.    IKII. 


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>ila  (Ta\ila),  la  plus  iuiportanti^  des  eil(''s  que  vit  Alexandre  dans  -a  imhi- 
pauue  de  l'Inde,  liunninijliani  en  a  reeiuinn  l'eniidacenient  près  du  Imuri; 
de  Cliali  deii  ;  les  iiiiiies  de  la  ville  propri-nient  dite  s'élendeul  sur  un 
espaee  li'eiivii'iU!  l't  kilomètres  carrés,  et  tdul  autour  de  renceiulc  '•e 
\oient  les  re'<les  de  vastes  l'aulMiui'jis.  Teniplo.  mouasières  el  plii>  de 
eimpianle  sluiipa^,  ilont  (pielqne^-uni's  suni  parmi  les  plus  urandi's  de 
l'Inde,  rappellent  les  temps  d(!  la  ferveur  bouddhique,  alors  que  Takcliasila 


HAWAL-l'INDI,   DJIIILAM. 


245 


(lovint  la  rt'sidciicL' (l'Asokii,  lo  pitîiix  cdiisliiiciciii'  des  plus  beaux  édilicfs 
consacrés  à  lioiulillia.  l'iic  aiilrc;  sidiipa  liiiiiciisi',  celle  (l(i  .Maiiiksahi,  i|iie 
découvrit  Kl|iliiiisl(iiic,  à  l'est  de  la  vallée  du  Solian,  s'élevait,  non  dans 
iMUï  cilé,  mais  an  milieu  d'un  <;ronj)e  de  leni|iles  et  d('  moiiaslères  lioud- 
dliiques  :  des  cenili'es  cl  Ai'-  [inulres  carbonisées,  (|ne  l'on  li'ouve  dans  les 
amas  de  décombres,  juslilient  la  tradition  d'après  latjuelle  Manikyala  au- 
rait élé  déxorée  par  un  incendie. 

Djliilam,  situécï  sur  la  rive  droite  du  llenve  de  même  nom,  n'est  pas  l'une 
des  cités  importantes  du  Paudjab,  mais  dans  le  voisinaiit;,  comme  sin-  tout 
le  parcours  de  la  voie  bist(iii(|ue,  se  voient  des  ruines  d'anciennes  villes. 
Celles  ([u'Alexandre  l'onda  sur  les  deux  lioi<ls  d(  rijydas|(e  ou  Djliilam,  |)oni' 
célébrer  sa  \ictoire  sur  Poriis,  n'ont  point  laissé  de  vestiges  idenliliés  d'nne 
manière  ci-rlaine  ;  les  monnaies  jiréco-baclriennes  (pie  l'on  Irouvt;  dans 
les  décombres  |)rès  de  |)jalal|)iiin',  ne  dillèrenl  point  de  celles  tju'out  rame- 
nées à  la  suii'ace  les  Touilles  entreprises  en  divei'ses  parties  de.  l'Ind»;  nord- 
occidentiile;  mais  on  a  voulu  voir  les  descendants  de  comjiajiuons  ilii  Macé- 
donien dans  la  tribu  des  Awan,  ipii  occupe  une  partie  du  district  et  s'étend 
à  r(iue>t  jusipie  vers  Kawal-l'indi  ;  le  nom  de  ces  Hindous  malio.nt'Ians,  (pii 
ont  une  antre  prétention,  (.'elle  d'appartciiir  à  la  l'amille  du  proplièle,  est 
considéré  comme  étant  le  même  «pie  celui  de  Vavaii  on  Vavaiia,  sous  lerpiel 
étaient  connus  les  (irecs,  mais  <pii  était  allribué  aussi  à  des  envaliis- 
seurs  d'antres  races,  piiist|iii'  l'Orissa  et  les  Provinces  Onirales  tmnbèrenl 
sous  le  pouvoir  des  \avana  et  que  ceux-ci  péiu-trèrent  jiis(pie  dans  les  pays 
dravidiens  du  --ud  '.  Actuellement,  la  ville  la  plus  populeuse  el  la  pluscom- 
men;ante  de  la  c(mlrée  est  Pind  Kadan-klian,  située  sur  la  rive  didile  du 
Djliilam,  an  pied  des  jieutes  méridionales  de  la  cliaine  Saline;  c'est  le 
princijial  cliantierde  coiistructi(tn  ponr  les  bateaux  du  Kjliilam  et,  en  lace, 
sur  l'autre  rive  du  llenve,  à  Miani,  est  le  vaste  enirepôt  du  sel,  qu'un 
cliemiii  de  l'er  apporte  des  carrières  (1(!  Klu^onra,  désij^iiées  dans  Ions  les 
documents  ol'liciels  sous  le  nom  de  mines  di;  Mayo,  en  riionnenr  d'un 
vice-roi  di;  l'Inde'.  Le  gouvernement  s'est  attribué  la  pro|»riété  exclusive  des 
carrières  de  sel.  et  les  travaux  se  l'ont  sous  la  direction  de  ses  ingénieurs; 
les  ouvriers  ipi'il  emploie  sont  une  caste  des  plus  cliéiives,  dont  les  i:oî- 
treuv  et  les  inrirnies  l'orment  une  prii|Mii'lion  considérable. 

Sur  les  bords  du  Tcliinab,  ipii  coule  parallèlement  au  lljliilam,  les  villes 
de  la  grande  roule  ont  accru  ou  diminué  d'importance,  suivant  les  va-et- 


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*  l'n.iliiil  ilrs  ininrs  .le  Mavi.  t'ii  IS7'i  :  7  4(1(1  0(t(l  liants. 


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NOUVKLLK  r,(:0(iIl'.I'llIK  l'M YKliSKI  l.i:. 


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vient  du  flfiivc,  ('riiiul  ;iii  loin  dans  les  canipaniics.  (iondjral,  aelucllomcnl, 
à  7  kilonit'li'cs  au  sml  du  lit  lliivial,  i-sl  suflciiil  une  cih''  d'indusli'ic,  cl 
l'un  y  raliriijui!  de  cliannanls  clijels  en  liliuraiii'  d'oi'  cl  d'acier,  (|ui  sdiii 
|)ai'nii  les  articles  les  plus  appréciés  de  Tai'l  hindou.  Wazicaliad,  sui' 
la  rive|jauelie  du  Tcliinali,  à  l'exlréniilé!  d'un  pont  de  clieniin  de  l'er  (pii 
n'a  pas  moins  de 'JSIMI  niètivs  de  lon.u  et  ipii  ccpose  sur  (îi  piliers  cnroncés 
à  plus  lie  '20  mètres  dans  le  salde,  est  en  jii'ande  partie  une  ville  moderne. 
CiOnslruite  suivant  un  plan  réiiulier,  pai'  l'Italien  Avilalnlc,  l'un  des  ^V'né- 
raux  éli'anjiers  ipii  s'étaient  attaidii's  à  la  loiliine  du  radjah  sikh  lîandjil- 
sinjih,  elle  est  devenue  le  principal  chantier  et  cenli'c  de  navij;atioii  sur  le 
Tchinal).  Nai^uère  un  cantonnemeni  militaire  iwnh'jieait  en  cet  endroit  le 
passajie  du  lleuve,  mais  les  lrou|ies  ont  rir  IransIV'n'iis  à  l'est,  près  de  la  ville 
de  Siaikol,  où  elles  surveillent  plus  l'acilemenl  la  IVontièi'eel  la  capitale  les 
Klals  de  Kaehmir.  Siaikot  ne  doit  pas  unicpiemeni  à  ce  ri'de  slratéj;ique  son 
im]>orlance  actuelle;  elle  possède  d((ux  mamilaclures  de  colon  cl  de  noui- 
hreuscs  papeteries;  en  outre,  elle  attire  à  ses  l'oires  des  milliers  d'i'lran- 
<;t'rs,  à  la  l'ois  pèlei'ins  el  comnierijanls.  Déjà  mentionni-e  dans  les  poèmes 
hindous,  Siaikot  était  capitale  de  la  contrée  il  y  a  plus  de  deux  mille  ans. 
Taki,  qui  l'ut  plus  tard  li;  cliel'-lieu  de  tout  le  haul  l'andjali,  à  l'i'poipie  où 
les  pèlerins  chinois  visitaient  l'HindousIan,  s'élevait  au  sinl,  dans  un  |iays 
aujourd'hui  |)res(pie  déseit,  qui-  le  déplacement  du  coin's  de  la  llavi  el  h- 
dessèchement  des  canaux  ont  condamné  à  la  stérilité.  Les  ruiner  de  l'an- 
tique cité',  re.iinnues  par  (liinninjil.am,  se  voient  près  du  village  d'Asarour, 
au  nortl-est  de  la  petite  cidline  de  Saunai  (San;!(da.  Sakala).  où  l'armé'c 
d'Alexandr(>  rempoila  l'une  de  ses  victoires.  De  nos  jour--,  la  \dle  princi- 
pale du  doali  ou  «  entr'aiiiues  »  limilt'  jiar  le  Tchinali  cl  la  l!a\i  est 
(ioudjranwala,  l'une  des  stations  de  la  voie  l'errt'e  du  l'andjali.  l,a  c(Hiliée 
environnante  est  nue,  poussiéreuse,  sans  arhres;  nidie  pari  le  pavs  ne 
mérite  davantauc  le  re|troche  île  «  laideui'  »  (pie  le  sultan  l'aiier  l'aisail 
à  ces  plaines  de  rilimioustan  qu'il  avait  lui-nièni<'  si  riiMpieiumenl  dé'- 
vastées.  Au  ditrnier  siècle,  quelipies  handes  de  rôdeurs  é'Iaiciil  la  scide  po- 
pulation du  district  de  (loudjranvvala,  où  vivent  mainlenant  plus  d'un 
demi-million  d'hommes'. 

Lahore,  (pii  est  é^alemtiut  iitu'  antique  cité,  le  l.oliawa;  des  ancien-- 
ailleurs,  hi-rila  de  Taki  comme  capitale  du  l'andjali.  l'endant  Irois  siècles, 
elle  l'ut  le  centre  de  la  résistance  contre  ^inva^ion  mahonM'IaM".  puis  elle 
devin!  la  résidence  des  sdnvei'aius  uha/.neviiles.  Sou-  la  dominalion  nion- 


llunk'i',  h'.iKjldiiil's  Wtnk  m  liulia. 


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golc,  cil 
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une;  ère 
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Kavi,  d( 
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lires  et 
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gol(!,  cllo  fut  aussi  fréquemment  le  lieu  de  séjour  des  empereurs,  et  lors  de 
la  fondai i(in  de  l'Ktat  épliéuièrc;  des  Sikh,  les  «  Lions  »  y  hàlireiit  leur 
palais;  maintenant  les  Aufilais  en  ont  fait  le  sièfic  de  leur  administration 
dans  tout  le  nord-ouest  de  l'Ilindoustau.  Beaucouj»  plus  vaste  à  l'époijuc  des 
(irands-Monjiols,  Lalion^  prolon;i('ail  ses  l'au|jour;;s  bien  au  delà  de  son 
eneeinte.  Après  une  période  de  décadence,  elle  est  entrée  de  nouveau  dans 
une  ère  de  rapide  accroissement.  Une  ville  aufilaise  s'est  construite  au  sud 
de  la  cité  hindoue,  le  htng;  d'une  herj^e  que  suivait  jadis  le  cours  île  la 
Uavi,  déplacé  maintenant  du  côté  de  l'ouest,  et  ses  quartiers  se  rajtpro- 
chent  à  l'est  par  d'élégants  boulevards  des  cantonnements  de  Mian  inir  ; 


N°   57.    —   I.AIIOKE    fT    AMIlITSAn 


ainsi  la  ville  s'élend  sur  une  longueur  de  plus  de  l'i  kilunièlres,  entre  le 
tombeau  de  Djehanghir,  (|ui  s'élève  à  Chah  ;!;ira.  au  Jiord  de  l.ahore,  et  les 
dernières  casernes  de  Mian  mir.  L'inijuirlance  dti  la  capitale  du  l'andjab 
(îsl  désormais  assurée,  bien  jdus  par  sa  position  commerciale  ipu'  par  ses 
privilèges  administratifs.  C'est  à  Lahoi-e  que  hî  chemin  de  fer  d(>  Karatchi 
vient  s'embrancher  sur  la  grande  ligne  de  Pecbaver  à  Calcutta. 

Les  plus  l)eau\  monuments  de  Laborc  datent  de  répoi|ue  des  (Irands- 
Mong(ds,  et  quoique  plusieurs  d'entre  eux  aJent  été'  dépouillés  de  leurs  mar- 
bres et  de  leurs  faïences  ('Uiailh'cs,  (|uoi(|ue d'autres,  pailiellemeiit  démolis, 
aient  exhaussé  le  sol  de  leurs  di-combies,  ce  qui  icsle  n'eu  est  pas  moins 
merveilleux.  Vus  entre  1rs  bouquets  de  |)almiers,  au  milieu  de  jardins  où 
les  eaux  jaillissent  eu  |ierles,  palais  et  niosipiées  paraissent  adnrrables  avec 
leurs  largi^s  vestibules   ou  leurs  péristyles,  leurs    fenêtres  à  baies,  leurs 


I  !,;,■■''■■. 


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m 


■i*f.> 


MiIvr.M.K  CKdCUAI'lllK  IM  VMIISKI,!,!'; 


'     .1 


vôi'iiiitliis  sii-'iit'iMliii's,    leurs  |in\ill()iis  i 


irmiul 


es  i"i  (■(iliiimclt 


t'iirs   iiim;i- 


l'i'ls  lriiv;iill('>  rdiiiim'  l'ivoil'c,  Iciiis  cniiiiolcs  ;iii\  iiiiilhrcs  de  nMilcill'.  M.iih 
ii'l  (le  riiidi' se  iiiMi'ii' à  ci'liii  ili'  lu    I'ci'^m',  niiiniic  la   hiiii;ii( 


(■('S  (MlllICCS. 


(iiuhImii  iiiiif   ni   un  ciisciiiMi'  liiinnoiiiciiN  I"  loiid  saiisciil 


IM\ 


Im'imI 


Cllf 


I' 


'l'saiios.  (lompair 


s  au 


x  liHMiiiiiifiils   lie  la  \illr   liiiiildiic,  l'ciix  ilc  la  v 


illc 


anglaise  soiil.  ili>  hiiMi  iiiiN<|iiiii(>  ai'cliilccliii'r,  mais  il  ni  rs|  du  iiniins  (|ui 
soiil  iililisés  |iuiii' dcsd'iivi'cs  de  l't'ltnciiinil  ;  IcIssimiI  les  cidlèucsih'  Lalmc, 
doiil    l'iiii  a  lili'c  d'iiiiivt'i'silé;  Ici  csl,  aussi  le  iiiiisir,  où  se  Iroiivc  la  |iliis 


rcciciisc  en 


lirl 


1011  (les  oliicls  ( 


d'ai'l 


HriM-o-haclrinis,   hoiKldliitincs,  hiinloiis 


(|ll('  |IOSSl!( 


l(^  la  IV'iiiiisiili'.  Iii'à('(>  à  l'csiiril  d'iiiilialivc  de  ses  haliifaiils  sikii 


Lalioi'c  l'sl  le  foyn'  des  (-Indes  el  de  la  lilh'raliii'c  dans  loiil  le  iionl  de  l'Iliii- 
doiistaii. 

lJl\o  ville  dis|»iile  à  lialiore  le  raiii;  de  iii(''li'o|iole  des  Sikii,  e'e>;|  Anii'ilsar. 
f|ui  s'élève  à  une  eiii(|iianlaine  de  kilunièlres  à  l'esl,  dans  une  pelile  dé- 
pression  do  sol  (|iie  pareoiii'l  un  canal  d'an'oM'inenl  d('-i'iv('>  de  la  liavi.  Une 
ville  aiieienne,  IVIiak,  oceiipail  eel  eiii|ilaeeni(<iil,  mais  elle  avail  dis|iani. 
loi's(|u'uii  a|iôli'e  desSikIi  (;(>iisli'uisil,  le  saiieluaire  i|iii  a  pris  de  r(''laii,ii  dans 


OIIIK 


I  il 


i"ue  ses  murs  el  ses  nerrons  de  marltre,  w.  nom  d  Amiilsai'  on 


lac  d'Immoi'Ialilé 
II 


(•  esl    |»ai' eenlaiiies   de  milliers  «(iie  les    peleriiis 
ill 


viennenl  i'liai|ue  aiiiiet;  s  agenouiller  sur  le  poni  i|iii  reuiiil.  le  iniiple  a  la 
lerre  renne  el  sous  la  voùle  (''h'-iianle  que  recouvrir  un  lar^e  dôiiK'  de  enivre 
doiv.  I,(niji|i'm|>s  Amrilsar  lui  la  pro|iri(''li''  eommiine  de  la  conrédéialioii 
sikh,  el  cliaenn  des  (dans  en  avail  un  (piarlier;  mais  r(''i'e('liiin  de  la  eila- 


delle  de  lioviiK 


dul 


lar,  (|ui  ('(nnmaiide  le  lemple,  ne  permi 


il  iil 


us  anv  iielernis 


sikh  de  se  pivsenler  aiilremenl  (pTeii  siijels.  I,e  (■oiieoiirs  des  lid("'le> 
(pii  viennent  de  loiiles  paris  a  doniu'  aux  IViircs  d'Ainrilsar  une  jii'aink 
importance  commercia 


le.  Li 


ville  esl   h)  depo 


)l  (I 


es  marcliaiidis(>s  exiiediees 


(l((  ISomhay  et  de  (laknlta  dans  le  Kacliniir  et  sur  les  niar(di(''s  (l((  l'Asit 
ccnlrnle.  Des  immigrants  kaclimiri  ont  porté  dans  Amrilsar  rindiislrie  des 


oliales,  celle 


(les  drans  d'or  (!t  des  nass(!meiileries:  dans  les  Ixni 


M' 


ne: 


années, 


plus  d(!  quatre  mille  métiers  travaillaient  dans  AinriNar.  l,ois  des  grandes 
lètes.  loules  les  rues  sont  tendues  d(^  cli<àles  et  d'étoffes  pivcieuses.  An  nord- 
est    d'Auiiilsar  s'éli've   iiikî  autre  ville  indiistrieusi!  et  comiiier(;aiile,  lîa- 


tal; 


où  se  voient  à  peine  (piehpu 


Si  kl 


1,   SI  nomhreux  dans  les  villes  voi- 


sines, (l'est  bien  an  (l(dà,  sur  les  Ixn'ds  du  Satledj  et  à  |ieii  de  distance  (l(! 
sa  cluse  de,  sortie,  que  se  Iroiive  l'autre  cité  sainte  des  Sikh,  Aiiaiid|iour 
on  la  «  Ville  de  la  l'aix  »,  doiniii(''e  par  le  mont  en  l'orme  de  liirhan  ap- 
pelé Nina  devi.  !,((  (irantli  on  livrt;  sacr»'  des  Sikhs  est  pivcinisemeiil  con- 
servé dans  un  lemple  de  Karlarponr,  hoiir^  voisin  de  Djallandar. 


LMKilli;,   AMIilTSAIi 


m 


\  l'oi'ii'iil  lie  I.iiIkii'c,  lu  /(HIC  tic  ciillurcs  cl  tic  |iti|Mil;ilitiii  se  ivlivcil  tli; 
(ilii>  cil  |iliis  ciilic  la  hase  de  j'ijiiiialaya  cl.  les  plaines  du  sud,  |iarseiiu''cs 
de  rares  tiasis;  c'csl  là  tjiie  eoiiiiiieiicc  le  |iays  di''si,ti|it'',  au  |t(iiiil  de  viir  iiiili- 
laire.  jiar  le  nom  île  «  lîcl,L:ii|iie  de  riliiiilmislaii  /).  Les  aiieiciiiies  t''ji(t|u'es 


AMiuisMt.  —   n.Mi'ij:  h'Jii  i.i    i.vi:  m:  i.'niMiiirrAl.lIK. 
l).--ill  ili'    llliri.li.l,   .l:i|ilvMllu;  |ilhil";;l:iplii.-  .!.■  .M.   ll.iu-N'Icl. 


1;>f-J 


H 


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1-1 


1  '[•- 


If.    i  h: 


laediileiil  le's  lulles  d'exlermiiiaruiii  tlaus  k'siiuellcs  s'y  l'eiicoiilrèreul  jatlis 
les  Kiiiii'iiiiiilcs  cl,  les  eiilaiils  tic   l'aMdtiii,  cl  tle|)uis  les   leni|is  inylliii[iies 


-l  ciieDre  tiaiis  ce  lerrilnire,  clieiiuu   iialiirel  des  ualiuiis  cl  des  arii 


lecs. 


(|u'oiil  t'It'  livives  |)i'est|ue  Imites  les  grandes  batailles  où  s'est  ili^eidij  le  sort 
des  |iciijdes  tiaiis  le  iiunl  tie  la  IV'niiisiiIe.  Aussi   les  Anglais   ii'unt-ils  [las 


S.Vi 


NOUVKI.I.K  (;f:0(;KAIMIIK   II.MVKKSKI.I.H. 


■>  '  .  I  • 


iniin(|iir  (rrlaltlir  (liuis  *'(>ll<>  iv^rjon  mic  cliiiiiic  di;  ('iiiii|is  lorlirM's  pour 
iissiircr  li'iirs  (•((iniiiunii'iilioiis.  An  sud  d'Aiiirilsiii',  sv  la  rive  dioilo 
du  Salli-dj,  l''ini/|M)ui-  csl  devenu  le  plus  vasU^  arsenal  dt;  riiindonstan. 
An  iKM'd-esl,  sur  la  lijfMc  niaili'cssc  du  clicniiii  do  Icr,  Hjallaiidar,  rénninn 
de  villes  groupées  dans  une  mémo  eneeinle,  esl,  aussi  l'un  des  points 
d'ap|)ni  de  la  pnissanee  mililaiio  anj^laise,  el  ses  eauloiuiemenls  oeeupenl 
plus  dViendiie  <|iie  huiles  les  eilés  hindoues  do  la  eoult'éo.  iMus  juin, 
Londianali,  ipii  surveille  do  la  Imm'}(u  oi'ientalo  lo  passa;;o  du  Salledj,  li'a- 
vorsc  i>ar  im  poul-viaduc  de  l'.KIO  mèlies  de  lori^'ueur,  esl.  (die-mèmo  «'om- 
maudée  par  nue  l'orlo  ciladelle,  el  ses  marchés  de  crains  approvisionnent 
loiiles  les  ^iU'uisons  du  l'aiuljah.  Puis  vient  Amhala,  sur  le  (iha^^ar,  dont 
lo  camp,  plus  pen|dé  (pie  la  ville,  oeciipo  tîlMIO  hectares  (!(•  siiperiicie. 
Tonl(ï  une  «livision  militaire  <jarde  ceth;  position  centrale,  douhleinenl  im- 
porlaiile  comme  place  inlermédiairc  entre  Lahoro  el  Delhi,  et  comme  ^mi- 
dieniie  de  Simia,  la  capitale  d'été  de  rilindouslan,  (pii  n'est  pas  encoii; 
ratlacliée  au  réseau  des  chemins  de  ler  de  la  |)laine.  l'oint  de  dépari  des 
voyai^curs  (pii  cluKpie  année  se  rendent  en  l'ouïe  dans  les  licMels  el  les 
maisons  de  plaisanc(>  de  la  ville  himalayenne,  Amhala  est,  pour  les  plaines 
septentrionales  de  riliinhuislan,  le  marché  le  mieux  approvisionné  en  oh- 
j(!ls  importés  d'Aniileterre.  (lonstrnile  près  de  la  lisière  des  solitudes,  sur  un 
sol  où  les  rivières  ne  coulent  déjà  plus  que  diriicilemout,  Amhala  n'avait  à 
sa  disposilion  (prune  l'aihhi  (piaulité  d'eau,  souvenl  malsaine;  pour  reni(''- 
dier  à  celle  cause  d(!  maladies,  on  a  ircemment  creusé  près  do  la  ville  un 
puits  arUisien  d(!   I.IU  mètres  de  profondeur. 

Les  stations  militaires  aiijjlaises  du  Pandjah  orienlal  ont  singulièn;menl 
dépassé  en  population  les  anciennes  villes  hindoues  de  la  contrée,  même 
l(!S  capitales  des  petits  Klats  uix(|uels  le  gouvernemcnl  anglais  a  concède! 
un  simulacre  d'indépendance,  telles  (pie  Kapuurthain  et  Pouliala.  Sarhind, 
(pii  fui  jadis  le  chef-lieu  du  royaume  de  Satadrou  (m  Salledj,  n'a  laissé 
(pie  des  ruines,  (puii(pie  tout  le  [>ays  environnant  soit  encore  désigné  gc- 
nérahîmenl  sous  son  nom.  Un  de  ces  jeux  de  mois  dont  la  nomenclature 
géographique  offres  tant  d'exemples  a  donné  à  ce  terme  de  Sarhind  le  sens 
de  «  Frontière  de  l'Ilindouslan  »,  c(mime  pour  iiuli(iuer  la  limite  approxi- 
mative entre  les  terres  musulmanes  du  nord-ouest  el  les  r(''gi()ns  [jure- 
ment hindoues';  mais  par  les  souvenirs  nulle  conlrcîe  de  la  l'éninsulo 
n'est  plus  indien lu^  :  c'est  la  terre  sainte  par  excellence  des  Aryas  cl  la  tra- 
dition des  temps  aiili(pies   n'est   j)oinl  perdue.    Les  pèlerins   se  portent 


A.  Cunninghain,  AiiciciU  Gi'oyraphij  of  India. 


AMIIAI,\,    ilIVNKSAII.   Miill.TW.  588 

riicDi'tH'ti  IViiih^  à  Tliimrsiir,  i'i  l'ilioiii,  vns  hiiis  les  siiricttiiiircs  i|iii  Imi- 
ilcrit  le  cours  inci'i'liiiii  (lt>  l;i  Siii'iisviili;  piiilois  .'IMI IMIII  Itiii^^iuMirs  vicn- 
iiiiil  siicccssivciiiciil  st>  li't>iii|H'i'  «hiiis  le  lijis'iiii  \iisi'ii\  «le  Tliiiiit'siir,  cl.  ilcs 
iiiillici's  i\r  veuves  |iai'ci)iirciil  les  |iliices  <le  j'ilioia  en  se  liiineiiliuil cl  <  il 
s'arracliiiiil  les  clieveiix.  La  ville  de  Sirsa,  l>àlie  |>rès  des  ruines  de  Sai- 
sduli,  se  Innive  iticii  au    sud,    aux  cmiiIIiis  du   déserl;   mais  |ieiidaiil  les 

n"  su. —  iiiiri.T\»  i.r  i.'amim  (hiih  w.  i\  luvi. 


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Il  a|<rfts  IVinlian    \\\-is 


leiiips  du  crue  la  rivière  qui  lui  donna  son  nom  lui  porlu  encore  linéiques 
goulles  do  son  onde  sacréi;. 

La  l'orme  des  «  (;iiu|  Vallées  »  du  Pandjal»  est  celle  d'un  éveninil;  très 
écartées  les  unes  des  autres  dans  la  réj{ion  du  «  Piémont  »  ou  l)amaii-i-koli, 
elles  se  ra|)|)roclient  fiiaduellement  vers  le  hee  de  Mitliankot.  Tandis 
(|iie  dans  la  réjiion  du  nord,  |iarfailement  arrosée  |)ar  les  cin((  rivières, 
les  {grandes  villes  se  s(Uit  distribuée  nit  le  louff  de  la  voie  historique 
aux  passafics  des  cours  d'eau  et  (i.  is  les  doal)  inteiniédiaires,  l'angle 
méridional  du  Pandjal),  beaucoup  plus  étroit,  moins  bien  arrosé,  plus  ex- 
posé aux  sécheresses  et  aux  tourmentes  de  poussière,  n'a  pu  avoir  (pi'un 
centre  de  commerce.  C'est  la  ville  de  Moultaii,  l'ancienne  capitale  des 
Malli,  (pie  vaiiKpiit  Alexandre;  ses  origines  datent  des  temps  mythiques,  et  la 


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lô^'cndc  (>n  iittrihin;  la  r(iii(l;ilioii  an  |i(M'i>  dits  diiMiv  solairos  ri  des  Titans; 
sous  li>  ri>^rni>  d'Anionfrxul),  h;  niilicn  de  la  ciladrllt'  de  Moiillan  (-lail en- 
core (KMMipô  par  nn  Icnipht  du  Sidfil,  i|ni'  dôlniisil  le  lanaliqni' cniporcnr 
pour  it>  l'oniplaœr  par  uiu>  mosquée.  Jadis  Monltan  sVilcvail  sur  deux  ilos 
qnVntouraicul  les  eaux  <li;  la  Itavi,  mais  iv\W  rivièro  a  depuis  lon<;U>nips 
clinn^é  de  (  jui-s  el  s'iinil  mainlcnanl  au  Teliiiiali,  à  (ill  kilomèli'es  au  nord 
de  la  ville;  seulemenl  loi's  des  iiioiulalions,  un  lailih;  cMiranl  passe  en- 
eore  dans  l'aneieii  lil  lluvial.  I.a  rivière  la  plus  proelie  de  Moullan  esl  ac- 
luellemenl  le  Teliinali,  (pii  coule  à  7  kilouuilres  à  l'ouest;  c'est  là  que  son! 
les  porls  el  le  clianlier  de  Cher  eiiali. 

Kaliawalpour,  capitale  d'un  des  plus  vastes  Étals  médiatisés  du  nord  di; 
l'Iiïde,  est  une  des  villes  (pii  ont  le  plus  proiité  de  la  Irauquillilé  ^léné- 
ralc  du  pays,  depuis  rélahlissenienl  de  la  domination-  hrilanniciue.  Le 
chemin  do  fer  du  Sind  lait  un  lonji'  détoni-  vers  l'est  pour  traverser  cette 
ville,  qu'il  atteint  |)ar  nn  pont  snperhe  jeté  sur  le  Salledj.  Des  canaux  d'ar- 
rosement  dérivés  (h;  ce  flenvt^  parcourent  dans  tons  les  sons  les  caMq)a<(nes 
environnantes,  et  des  villes  nouvelles  se  sont  élevées  au  milieu  de  teri'cs 
richement  cultivées,  qui  na},nière  étaient  des  soliliules.  L'industrie  manu- 
i'acturière  conlrihne  aussi  à  la  pr()S|HM'ité  di;  liahawalpuur;  la  laliricatioii 
des  soieries,  introduit(>  par  d(>s  artisans  de  Hénarès,  alimente  le  commerce 
d'exportation  de  la  conlréc  vers  l'Ar-^hanistiin  et  les  Ktats  de  l'Asie  centrale. 

Qm'lqnes  villes  importantes  se  sont  également  fondées  dans  le  Deradjat, 
sur  le  cours  ou  dans  le  voisinai,^'  de  l'îiidus,  dans  le  !)ainau-i-koli  ou  «  Fié- 
moul  >>  ipii  loutre  la  IVontière  al'^diane.  Kilaha^li  on  \c  «  Jardin  Noir»  éla<;e 
ses  maisons  eu  anqdiitliéàtre  sur  un  rocher  de'  s(;l  •remme,  à  l'issue  de  la 
cluse  par  laquelle  h^  fleuve  traverse  la  chaîne  Saline;  l(!s  terrasses  de  cha- 
que ran<,H>e  de  maisons  servent  «le  rue  aux  maisons  supérieures,  et  par- 
dessus ces  gradins,  disposés  comnut  ceux  d'un  cirque,  se  dresse  une  falaise 
de  sel  d'où  les  enqiloyés  du  lise  surveillent  les  liahilants,  pour  les  empêcher 
de  ^:r.Uler  le  sol  de  leurs  demeures  ou  même,  suivant  le  dicton  local,  d(; 
laisser  leurs  bestiaux  «  lécher  les  pierres  du  sentier  ».  L'exploitation  des 
carrières  salines  ne  se  fait  (pie  de  l'autre  côté  de  l'Iudus,  près  du  villajre 
de  Mari;  elle  est  d'ailleurs  peu  imporlaiile,  la  consommation  du  sel  étant 
limitée  par  nn  monopole  jaloux;  on  relin;  aussi  de  l'alun  et  du  minerai 
de  fer  des  collines  environnantes.  A  l'ouesl,  dans  le  cinpie  des  monta^nies 
de  Kannou,  nhoulipna<;ar,  appidét^  olïiciellement  du  nom  an^do-|iersan 
d'Kdwanh'sahad,  n'est  (pi'iiue  petite  ville;  mais  son  ini|tortance  commerciale 
el  militaire  esl  grande,  cai'  là  viennent  alioiitir  plusieurs  des  chemins  tpii 
ilescendeul  des  plateaux  afghans.   Sur  presque  tous  les  promontoires  des 


MOILTAX.  KALAinOII.   MLI.KS  M    OKUADJAT.  255 

iilt'iiloni's  s(î  voient  U'-^  n'^sU's  iraiiriiMis  inoniimonts,  ilnlanl  «le  loiiU's  los 
(•|)(K|iu>s,  depuis  les  A^'os  iNiiii|i||iii|iie'i  ;  un  leur  donne  nnilormément  le  nom 
lie  Kiilir  k(»l  ou  *  foil  de<i  Inlidèlev  •.  |.e  sonnuet  ilu  <llieïk  houdin  (ir»7.'» 
nièli'es)  porte  ni:iinten:int  tie-i  <-:i-eriies  où  l'on  envoie  les  soldats  en  eonv.i- 
lesconee,  mais  sur  re  pie  la  elialetu'  est  tncore  trop  forte  en  été  pour  qu'on 
ail  pu  y  fonder  une  ville  de  santé. 

Dera  Ismnïl-klian,  ville  in<Hlerne,  héritière  «l'une  cité  de  même  nom 
que  «létruisit  une  crue  de  l'Indus  en  IStiâ,  est  aussi  une  forte  position 
niililiiii-e  et  commande  le  déhoiielié  du  eol  de  (iomoni,  qui  contourne  nu 
iioi'd  le  massif  du  Takiit-i  Soulaînian;  deux  fois  par  an,  des  caravanes  de 
l'ovindali  ou  «  Coureur<i  »  tiennent  se  former  à  Hei-a  Isuitiil-klian,  |)our 
allei'  faire  leur  tour  d'.\f;.'lianislaii  :  l'JddO  hommes,  .l.'iOOO  chameaux 
passent  chaque  année  par  le  col  de  (lomoul'.  Une  autre  cité  de  fondation 
lialout*  lie,  Dera  (ihazi-khan,  avant-|M)ste  du  commerce  de  Moultan  sur  l'In- 
(his,  est  également  un  lieu  de  traiie  très  animé;  elle  a  succétié  comme 
nisu'ché  du  Deradjat  méridional  à  Mithankol,  qu(^  les  dévastations  de  l'In- 
dus onl.  forcé  à  se  rehàtir  dan-i  l'intérieui*  des  terres  et  que  depuis  celle 
époque  ont  aliandonné  les  marchanils.  l'ne  <;rau(le  foire,  à  laquelle  nccou- 
reiil  Hindous  et  musulman»,  m-  tient  aussi  |irès  du  temple  fameux  de 
Sakki  Sarwar,  qui  pendant  tout  le  reste  de  l'année  n'est  entouré  que  île 
solitudes  ;  la  trilm  de  plus  de  ItiOl)  personnels  qui  garde  le  sanctuaire  se 
partage  les  ofl'randes  des  [M'Ieriu-'.  Kn  «'elte  région,  les  montagnes  de  Sa- 
hunon  sont  très  |H>nildes  à  franchir,  à  cause  <le  la  longueur  des  chemins 
qui  serpentent  dans  les  clus4's,  sur  le  fontl  sahlonneux  ou  pierreux  des  tor- 
rents à  sec,  entre  les  rm-ln-s  des  avant-monts  parallèles,  unifornu>ment 
recouvertes  «h*  palmiei*s-nains,  d'acacias,  cl  plus  haut  dn  conifèivs. 

Le  centre  commeirial  «le  toute  la  ri'gi'in  de  l'Indus  comprisi;  entre  l«;  Iwc 
(les  Cinq  Hivières  et  la  hifun-atiim  du  «lelta  est  la  ville  de  Chikarpoiir,  hàtie 
nu  milieu  des  vergers  el  des  janlins  dans  une  plaine  bien  arros(>e,  qui  fut 
jadis  un  golfe  «le  la  mer  et  qui  se  pndonge  au  nord  par  des  espac«'s  sahlon- 
neux.  [/imporlan«'e  capitale  de  (lhikar|)our  provient  «le  sa  position  sur  la 
route  qui  passe  au  su«l  «lu  Soulaïman-dagh,  |)our  ahonler  les  plateaux  «lu 
iialoutchislan.  soit  par  l«*  «'<d  «le  llolau,  soit  par  celui  d<^  liarnaî.  L>s 
marchands  «le  Cliikarpour  sont  encore  |ilus  enlrepr«>nanls  que  «•«•iix  «le 
Moultan,  et  leur  ville  «'sl  l«;  prin«-ij)al  «h'-pol  «1(>e  diMirées  «l'échange  ex|»é<liées 
«le  toutes  les  parties  «le  rilindou<lnn  el  même  de  l'Angleterre;  des  lapis  cl 


<  Vaipur  (Ips  drhangps  par  ]e  rnl  de  r.nmotil  dans  l'nnnpo  lisraln  1869-70  :  8  i50  000  fraiKS. 
''  ilaverty,  Journal  of  ihe  Asiatic  SociHif  ofUengal,  1835,  n*  iV. 


''}l. 


[i\m 


1^..:.-A^ 


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.M)iivKiJ.K  (;F:o(;itAi'iiii':  iimvkhskllk. 


dos  colnniindt's  sonl  iiussi  fabriqués  à  (]|iikni*|)oiii'  pour  ce  commerce  dVx- 
portalion.  En  1880,  lorsque  le  gouvernemenl  anglais,  envoyant  ses  armm 


Méd 


•  I .  ■   ^     . 


^°  59.   —   IIU.'<TAC!te!l  PAHÀlUlED  <U   MUKI>  un  DUlt   VHAII-KHAV. 


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7Û-JjO- 


d*dprt:9  I  X.\à\  Mdjur 


CPix-ron 


dans  l'Afghanistan,  paraisssail  résolu  à  rectifier  du  côt»;  de  l'ouest  s«'s  fi'on- 
tières  de  l'empire  indien,  (lliikarpour  avait  ét(>  choisie  comme  point  de  dé- 
part du  chemin  tie  fei-  qui  doit  un  jour  réunir  l'Inde  aux  rivages  de  la 


CIIIKAIIl'orit,  CIIKIUIN  liK  FKII  lll    II M.OI  TCIIIS T AN. 


iWl 


Mi>(lil<*i-i'iiiK'(!  |)iir  Kaiidiiliiii- (>l  l:i  viilltu' (l*>  ri']ii|ilii'iitc.  (hi  s<>  mil  à  ruMivru 
,ivec  iiii  7.M(!  <]iii    si'inlthil  |Mvs;i^r(;r  un  ai-liôvuiiit'iil  rii|ii(l('  dt;  h  •;i-iiii(lt' 


<"  •>.  —  n.wiy.  hk  htphi  (;«mhv>. 


D  Jpreà  Turnêr 


C  fv.Tf 


-fr  l-f''::  •¥■ 


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voie  |ir(ijt'lô('  :  le  piviiiior  troiinin,  long  di'  '21'»  kiloiiiùlrt's.  l'iil  «Milit'i'cnu'iil 
tei'iiiinu  (liiiis  IVs|ijico  de  lili  jimis',  vl  r<iii  Iravailli:  '  dt'jà  aux  rauijii'- 
d'accès  du  |)latfaii,  liM-squ'un  (-lian<;*'nuMil  tlo.  diriTlion  |Hdili<|u<>  fil  altaii- 
duniicr  l'enlreprisc.   I.a  voie,    coiiinien(;anl  à  Siilvknr,  cinimuiutiut!   avoc 

■  llii-li»i'il  THin|>l<>,  l'roceeiliiiy»  nftlw  Gvuyrapliical  Sovielij  o(  l.ondon,  sc'pl.  1880 

*nt.  ').% 


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J.M( 


MtUVKLLK  (;I^O(ill.\l'IIIK  rM\  KKStiLI.K. 


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V»'    '. 


■  1 


Itoliri.  riuTilu'iv  (II'  ranlii|iu<  Aror,  |iiir  des  bars  à  vii|H'iir,  i|iit>  iviu placera 
l>ii*iilot  un  |MMi(-via(liii-  :  au  imnl,  ('Ile  s'anvlo  ilau>  um*  ^.'or^o  «U*  iiionla- 
^lll>^,  à  u:iu  faillit'  tlisianco  do  Silii.  raiR-iciiiiL'  ra|)itali'  du  S<>\voslan.  I.c 
;:uuv«'riu'iiii'nl  indien  n'a  pas  rinlcntitui  de  lui  laiii'  dépa^M'i'  le  lurl  de 
kellali,  dans  It-  Italuutcliislan  ;  <lu  niuius  t-c  rlicuiin  df  l'er  i''viu.>-l-il  aux 
vuya^i'ur>  la  (H-niblc  IravrrMv  du  dései'l  do  Kalclii  (■andava.oniciullt'nieut, 
la  plus  }:randt'  pailii'  du  tciTitoirc  qui  s'olcml  au  pii'd  dos  nitmls  est  une 
dt'|N*ndanci'  |»ulili<|Ut' du  Hahiutcliislan;  un  réalilé,  la  domination  an<:laisc 
y  e>l  cuiuplèk'.  Ix's  l'anlonnt'nu'uls  de  Jacoliahad,  «'laidis  près  de  la  IVon- 
lièix'  nominale,  surveillent  l'ensemble  de  la  plaine. 

Ilaîdenibad,  l'aneienne  Nerankol,  commande  du  haut  de  sa  colline  la 
iv^'ion  alluviale  où  commence  le  delta  de  l'indus.  La  branche  dite  l'ouleli 
M' «n'iui-e  du  ti'one  principal,  à  près  de  "20  kilomètres  en  amont  de  llaïde- 
rabad.  |>our  aller  rejoindre  l'estuaire  de  LaMipat  à  l'enlive  du  Kanii  ;  mais 
il  {Kirait  qu'à  une  L'|MHpie  antérieure,  lorsque  le  coin-ani  princi|*al  de  l'indus 
|ta->Niit  à  l'es't  dans  lu  lit  du  la  i'ourana  ou  c  Vieille  Itivière  >,  la  bifurcation 
se  faisiil  au  pied  du  lurlre  de  Nerankol.  U'après  Cunnin^diam  el  d'autres 
cummenlateurs  de  l'aneienne  géographie  des  Indes,  la  ville  moderne  occu- 
lterait reniplacunieul  de  l'antique  l'alida,  capitale  du  la  contréi;  lors 
de  rus|iédition  d'Alexandre  ;  elle  obtint  une  si  grande  célébrité  comme 
le  |H)rt  dn  lieuve  sacré,  <piu  le  nom  eu  de\int  svjionymu  du  «  Porte  du 
Salut  »:  c'est  en  son  honneur,  d'après  Jaschke,  ipie  le  temple  bouddhitpie 
de  Lis>a  aurait  re«;u  l'apiiellalion,  à  |ieine  dilTéreute,  «le  l'otala.  Actuelle- 
ment. Ilaîdenibad  n'a  guère  d'importance  qu'au  point  de  vue  stratégique; 
in.ii>  elle  [MisHtle  aussi  quelques  industries,  ut  les  produits  qu'ellu  envoie 
aux  e\|iositions  d'Euro|)e,  armes,  soies,  broderies  d'or  el  d'ai'genl,  bijoux 
émaillé>,  sont  |>arini  les  objets  du  ce  gunru  les  plus  appréciés,  Kloignée 
d'environ  0  kilomùlres  du  lit  actuel  du  l'Indiis,  llaïderabad  a  |iour  port  le 
village  de  (iidoii-bandar,  qui  coiumiiniipie  par  un  bac  à  va|)eur  avec  la  ville 
dekotri,  iluuc  sur  la  rive  droite  du  lleuvu  :  de  hautes  levées  la  piolègeiil 
coiilix'  l>->  inondations  de  rindiis  el  les  crues  soudaines  de  s«ui  allluent,  le 
Baraii.  Gn'ice  au  chemin  de  fer  qui  réuiiil  Karalclii  à  Kolri,  le  |Hirl  de  mer 
au  jHtrl  de  riviùr»',  celui-ci  jouit  longlenips  d'un  niouveiiieiil  d'é»-banges 
irès  considérable,  et  dt  vaiil  ses  ipiais  le  lleuvu  était  encombré  de  baiipies; 
iiiai>  le  pndongemenl  de  la  voie  fériée,  rall.icliée  inainlenant  à  ronsi'iiiblu 
du  réM.'au,  a  lieaucoup  diminué  l'imporlancu  de  Kolri.  qui  n'est  plus  lu 
point  de  Iraiisbordumenl  forcé  dus  marchandises.  En  proportion,  la  ville  de 
Tatta.  -iluée  en  aval  près  du  la  fourchu  dus  passes  lus  plus  iVéquentées  du 
riudus.  a  (•ei'du  bien  davanUigu  uncoru.  Vers  la  lin  du  dix-seplièuie  siècle, 


SIRI.    IIAlDKIUIIAI).   KVKATCIII. 


ÎÎM» 


In  [M»*!!»  y  fil  |»«''rir,  «lil-<ni.  f|iialn'-vinf;l  mille  |M'rsonn<'s.  Pourtant,  au  milimi 
ilii  sitVIt!  suivant,  lor>i<|iie  .Nadir  cliali  s'nii|»ara  de  Talla,  a|i|H'l(''<>  aii^^i 
N'a<.'ar  nu  la  «  (lit*'  >  par  (>\n-lli>iirf,  sa  |M)|Milation  aurait  «-(inipris  (iO  IXM) 
inartlianti^.  il)  tMM)  tisseurs.  'Jtl  (MMI  autres  ouvriers.  Arlu«'llenienl.  le 
nombre  des  lialiilauls,  lîiVinu's  par  la  lièvre,  esl  de  SOOO  seulement. 

I>e    même  (|ue    Mai-seille.    Venise,    AK'xandrie,    Odessa,    IJarrelone   et 
d'autres  eili's  eommen-iales  ipii  s«'  sont  élevées  en  dehors  du  hassiii  fluvial 


>"    «I.    lltihl  ItMVIl, 


dont  elles  sont  les  niarcliés.  Karatchi,  dont  le  porl  est  maintenant  la  véri- 
talde  eulive  commeiviale  «le  l'iudus,  est  en  dehors  de  la  réiriou  basse  par- 
rourue  par  les  bras  errants  du  ileuve  et  ne  se  rattache  à  l'Indus  «pie  par  un 
l'anal  récemment  civusé.  La  navigation  «>sl  trop  «lilTicil«>  siii-  ces  eaux  int«''- 
ri«'ures,  pour  «pie  les  Anglais  n*aienl  pas  l'onslruil  l'une  de  leurs  premi«'r«'s 
voi«>s  ferri'es  ««ntre  Karatchi  et  la  t«Ho  du  delta,  afin  d'expédier  homnx's 
et  marchandises  par  la  voie  de  terre.  Les  bat«!aux  à  rames,  à  voil(>s  ou  à 
va|H>ur  «pie  l'on  emploie  sur  le  bas  Indus  n'onl  gutire  plus  «lc«piatre  ou  cinq 
pie«ls  de  ralaison.  Depuis  ISù."»,  époque  de  l'inlroduclion  des  bateaux  à 


nr. 


Wf 


tM  XtlVF.LLE  r.f:iH,R\|'|IIR   l'MVFRSRLLr. 

Vii|H>iir  siir  riiitlii«>.  II'  Ir.iiir  »'i>o|  nirrii.  mais  iH-aiiniiip  inoiiis  ipron  m* 
s'y  .-illi'iiilail  :  ilaii>  riiiili-,  otiiiiiii-  daii"  rKiin>|N' iN-riili-iilalf.  !<■  Imhi  mar- 
cIh'  it'lalir  ili's  \n\i>^  lie  roiiiiniiiiiralioii  par  raii  n'a  pii  Mtiih'iiir  la  «-onnii. 
iviirt!  de»,  voies  i-a|)iil<  s'.  [>•%  |NVlK>rirN  i|i>  l'Intlus  ont  loiijuiii-s  il«>  riiii|Mir- 
laii(-i>,  iiolaiiiiiii'iil  liaiis  la  i  'num  du  drila,  l'I  roiiriiisM-iit  un  |Mii>s4iii,  le 
liulil, —  |n;ii  dilTi'ii-iil  ilii  /i«7«i  du  <iau;^r,  —  )|iii  xtI  à  raiiiurnlaliciii  de  lou» 
l»'s  riverains;  les  |N'rlimi->  le  ea|iluren(  s«»il  enjelanl  ties  lilels  Miulenus  lan- 
des lioiiles  vides  en  [tulerie,  soit  en  diri;;eanl  le>  ean\  d'imindalion  \ei-s 
des  bassinstiii  les  animaux  viennent  se  faiiv  iirendii-queliiuefois  |Mrdizain«*s 
de  milliers.  Les  inei-s  voisines  lournisMMit  une  oimix*  de  hareng  et  des 
requins,  dont  les  ailen»ns.  tix*s  a|»|iiV'eii'*s  des  ;:oiirmels  eliinois,  Miul  ev|M'«- 
diés  à  Bunihay  pour  les  niarehés  de  (ilian<!liaî  et  île  ilun^kun<.'.  Li  rasie 
des  pèelieurs  se  dislin'.'ue  des  .lulres  |Ni|iulalions  du  Sind  |iar  son  inlelli- 
•jence  et  son  aiidaee'. 

Karalelii  |iritenil  au  litre  de  €  |toml»ay  »  du  Sind.  Simple  villa<!e  au 
l'unimeneement  du  siècle  dernier,  karatelii  ne  prit  ipielipie  activité  euni- 
nierciale  qu'après  rens^ildement  deCliali-liandar.  sur  l'Indus;  mais  les  lianes 
qui  uhstruent  le  passa*.'!'  et  la  faible  pritrondeur  du  chenal  ne  |)erniet- 
laient  l'eulrêe  du  |Htrt  qu'aux  (letils  navires  hindous.  Il  a  fallu  défienser  des 
millions pourélaldii  un  avant-|Nirt  à  l'est  delà  |iuinteileManura,quiahritela 
bail!  des  vents  du  huve,  jMHir  minir  les  îlots  au  continent  |>ardes  jetées  et 
des  chemins  de  fer.  pour  combler  les  maniis  intermétliaires  et  cn-user  des 
chenaux,  lînke  ù  tous  ces  travaux,  des  navii-es  d'un  linint  de  7  mètii-s 
ptiuvuiil  entrer  dans  le  havn*  en  utilisant  la  marée;  lors  du  reilux,  il  reste 
encore  plus  de  0  mètivs  d'eau  sur  la  |i;isse.  Toutefois  le  |K>rl  de  karatchi 
est  un  de  ceux  qu'on  ftourra  maintenir  seulement  (tar  de  continuels  efTorls, 
les  alluvions  qu'ap|iorle  l'Indus  étant  enlr:iin<'t's  le  Ioul'  de  la  cote  du  nonl- 
ouest  par  le  courant  littoral,  ressac  de  la  mousson  du  sud'.  Avant  que  le 
pays  n'a|q)artint  à  r.\n<.'leterre.  karatchi  faisait  surtout  la  Imite  des es4-laves. 
nègres  ou  abyssins,  qu'aïqNirtaieiit  des  bâtiments  de  Mascate.  Sous  la  ili>- 
minalion  an<;laise,  les  objets  de  commerce  les  plus  im|iorlanls  sont  les 
céréales  et  le  colon  :  aussi  les  «rnindes  années  de  pn»s|i<''rilé  jiour  le  |>orl 
du  Sind  furent-elles   la  |»ério<le   de   la   jnieri-e   civile  de  l'Amérique   du 

■  Itali'unx  il  \;i|iour  (l*r  rin>lu->  en  I8T4  :  \i. 
Valeur  lies  iiiari-iuii<li3>-s  tm>>pa>r1n»  sot  le  fleute,  par  liateaiu  el  l)ari|uei  : 

A  la  iiKmkV â7  700  0OU  francs; 

A  1j  ilewale l5irxilN)0       • 

En^tiible 4:2  80II0U0  franc». 

s  Cnrifiss,  Journal  itflhe  Geographical  Society  of  LunJuit,  |}C»8. 
'  Tavlor,  Thi"  Hiirhonr*  nf  India. 


^  [-^'i|l_ 


klRlTClll. 


'iUi 


Niinl'.  Kanilrlii  •*^Mhh' •I»'*  «*^al«'^  •!«•  l'IntltMiii  m'  prôscnlonl  K;  plus  snii- 
\i>iil  il«'>  Uiliint'iitH  rniii^-.-ii».  Villr  •!«•  fonstriictioii  an^liiisc,  Kiinitrlii  iu> 
liiiil  S4m  a<i|Nf(  oricnhil  i|ir.i  la  luiiiim*  »\fii^liiiiU'  ivlliM-liit;  ptir  les  iiiii- 
niilles,  :ui\  arlin>s  ih*^  aTfnii<*N  el  «lu janlin  |iiil)lic,  aux  costiiiiics  cl  aux  pliy- 


W  m.  —   lAlâTlM. 


6'l>40' 


sionomies  il(>s  Hindous,  des  BaluuU-lii's,  des  Ar^liuns  qui  se  pressent  sur  les 
«piais  et  aux  aUtrds  des  caratanM-niils.  Li  ville  de  plaisance  des  Anglais, 
Cliflun.  s'élève  à  l'est  de  la  baie,  sur  une  |iéninsule  cuupée  de  falaises  <|uc; 
viennent  battiv  les  HoLs  du  lan^e.  A  une  diziiinede  kilunièlres  au  nurd,  les 
sources  iberuiales  de  Pir  Mauirhu,  que  les  prêtres  disent  être  un  lilet  suu- 


'  Coiiiiuerce  nlérieor  Je  Kaialrhi  : 

En  18ii,  {jrcfuicrr  laiw  Je  b  daminalim  anglaise 5  05t  000  fi-jHrs. 

.   IM(.  penJanl  b  ptrm  J'Ain«iqu<- 104  1S»2  000  » 

.   1874.  aniirt  Donnab' 870'.t'J000  . 

Muufeineiit  Ju  fur!  puur  le  euwmtrce  eilérieur  en  1K75  :  480  000  luriiieaux. 


r; .  il' 


■■'■,'■  /h 


il 


n 


M2 


NOnVKI,l,K  r.fiocnM'IllH  IMVKIISKI.I.K. 


tiM'i-.-iin  )lt>  lit  llavi,  j:iillis<ii>nt  cnlri'  ilf<^   l)oii(|iii'ls  <li>  (hllitTs,  <li<  In  lia>ii' 


n  iiiM> 


hiill 


t'   «■alfiiii'i',  où   M'  Iroiixt'  lin  \a>>li'  niilfii'  il  ciroiiiln-iiit'iil 


ri'iii|iliHs«>iit  un  l'Ian^'  siu-n*  icinpli  •!<'  ri'iM-oilili's  i|ih>  noiii'iisxciil  rdii^icii- 


siMiion 


l  ili's   l'iikiis.  Ili'rniiinn  tli-  Srlila^int\M-il    raroiili-  i|iii'  h 


'S  Naiiiini», 


liailaili'iiii'iil  a|)|ii'ivoisr>s.  xmairnl  à  l'apiii-l  ilc  Inirs  ^anliiMis  cl  iiarlnj^ 
inr'inr  «'laii'iit  clii'vaiiclir's  par  îles  nrli^ti's  i|iii  Inir  |H-i^rnaii'nl  >iii'  le  ciAih' 
ili's  iiiiajit's  Iiii>ri)<r|y|iliii|iii>s  ri  ili's  M'iilcnci's  pioiisi-s*;  mais  li-s  oriiririN 
ani>lais,  insoiii;iiMix  ilii  rnlli*  |Hi|iiilaii'*>,  |iiiiii-siiiM'iit  les  aiiiniaiix  à  i-tiii|is  ilr 
|iii>iTi>  l'I  ili!  fiisir.  Au  ilflà  ili-s  liaiili'iii's  «pii  iluniiiii'nl  l'ir  Mau^'lio  s'i'lcii- 
ili'iil  ili-s  plati'aiix  iir>M>rls,  on  si>  voicnl  i|iii'li|u«>s  iiiini's.  .Iimiu'i'ii  |)li>iu  Ha- 
loiilrliislaii.  iliviM'si's  luralilrs  |MM-trnl  ili's  noms  liiniloiis,  ipii  ItMiioi^ni'iil 
ilii  |iHssa<ri>  (lis  missiiinnaitvs  lioiiililliii|ui>s  ilans  la  (;l>nl^^>l■^  \'.i\  iIIm-is 
l'iiili'oils  ili>  la  Ironlirri'  orcliliMilali'  s*i>li>vi>iil  ili's  stitu|ias,  mais  nulli>  pari 
aussi  linutos  qni>  ciMIos  ilo  la  passo  ilr  KliaïhiT. 

A  l'oriiMit  ili's  l(>i'i'i>s  alluviali's  ili>  rinilns,  li>s  trois  Kliils  radjpoiilrs  ili>  la 
|ilaini',  Hikaiii'i',  Djaïsalinii*  i>l  Manvar,  ont  ilo  vasifs  i>spari>s  sans  a^';:lomi'>- 
lalioiis  iirliaiiii's,  i>l  mi'^mi^  ilans  uiii>  fM'aiiili>  partir  ili>  leur  (Hrnilui'  les  vil- 


011   nr  voit  ipii< 


lap's  nianqurnt;  sur  ili's  riMilaini's  ili>  l\iloiiii'>tri>s  carrr! 
iliincs,  Ii'hIi's,  saliiii's  ou  broussailles,  i>l  le  ili-scrl  empiôli*  ^railurlli'iiii'iil 
sur  les  lori'cs  cultivées.  Dans  it  pauvre  pays,  où  les  lamines  ilevieiineiil  de 
plus  un  plus  Impientes,  les  gens  se  nourrissent  souvent  de  pain  d'écoire, 
de  racines,  de  <;raines  sauva<{:es\  Le  Marwar  mérite  bien  son  nom,  i|ui  si- 
«jiiilie  <  ltéf>ion  de  la  Mort  »,  et  les  deux  autres  Ktals  sont  lialiilés  par  une 
population  plus  misérable  encore;  la  plupart  des  villages  n'ont  d'autres 
maisons  que  des  cabanes,  en  tonne  de  ruclies  d'abeilles,  tress<;es  en  bran- 
clia^ies  d'arbustes". 

Pourtant  Hikaner,  la  capitale  de  rfitatqui  confine  au  Pandjab  et  à  Halia- 
walpoiir,  est  une  ville  considérable,  et  vue  de  loin,  dressant  ses  murs  et  ses 
leniples  au  sommet  d'niie  colline,  elle  é<;ale  par  la  majesté  de  sou  aspect  les 
|diis  lières  cités  de  l'Inde.  Ses  babitants  siuil  renommés  pour  leur  indus- 
trie dans  tout  le  [ladj|ionlana  :  ils  sculptent  les  boiseries  et  les  pierres  des 
maisons,  fabriquent  des  tapis  et  des  coiiverturps,  taillent  l'ivoire,  |iréparenl 
des  pAtisseries  exquises.  Djaïsalmir,  bâtie  l'n  pierre  jaune,  qui  de  loin  a 
l'aspect  du  jiisé,  est  aussi  une  cité  pittoresque,  dominée  |iar  des  palais  à 

'  BiiisI,  Traiimclionx  of  Ihe  dcviirapliiail  Sociclji  of  BoiitOiiij.  vul.  X,  iS.'t'i. 

^  /<('»>(•«  in  Indien  und  lliirlia.iien. 

'•  \\.  lliirUin,  Sind  Itrvisilfd. 

'  A.  Oiinniiifiliani,  Ancicnl  Ik'mjraphii  nf  Indin. 

'  licoi'{;o  Kiii}.'.  Prnreediniis  of  Ihe  Asinlir  Socii'li/  of  Rniçittl,  apiit  1869. 

"  Alex.  \imm^.  Journal  oftiic  Geofiniphicnl  Sui-idji,  I8."»l. 


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lUIlOlil'iM  II.  l'AI.I.I.   lllloriiJ.  NAMiWI. 


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l(Mtr('lli's(>lilt>s  Ifinplrs  tljin'iiii.  hjliit(l|Miiir,  hi  rii|tiUili>  ilii  Miirwar,  n'sM-iiililr 
à  liikiinci'  pur  sn  position  sur  un  culcnn  cl  \i'  prolil  liiinli  ili>  m's  t'><liliri>«t  : 
II'  fort  <| ni  ronuniinilo  l.i  villf  cl  rpii  rcnlcrmc  le  pahii^  «In  niiiliii  i-:i<lj.'ili. 
se  dresse  sur  un  liloc  de  ^n-ès  l'i  'JiO  nicircs  uu-ilessns  de  la  plaine.  A  l'est, 
de  nonilu'cnses  rivières,  ipii  niiissenl  sur  les  lianes  occidcnlaux  de» 
nionlH  .Vravidi  cl  ipii  vont  se  réunir  à  la  l.ouni  ou  m>  |N'rili'e  dans  le  dé- 
sert, arrosent  le  (îodwar  ou  «jardin  »  du  Marxvar  oriental  cl  nourrissent 
nue  population  eo>!  •idtMalde.  IMusicnrs  villes  se  sont  élevées  dans  cette 
région,  Nagar,  Mcita,  l'alli,  Sodjal,  Ujallor.  .\van'  la  construction  dn  che- 
niin  de  1er  ipii  rejoint  .Minicdahad  à  Ihdlii  par  le  plateau  du  Itadjpou- 
tana,  Palli  était  le  ^raiid  enlrcpôl  des  Marvvari  cuire  le  (ioud/cral  cl  le 
bassin  lUHînnfre.  Vaste  champ  île  toire,  i'.\  i  de  larges  mes,  coinnie  une 
cité  russe  hiUie  dans  la  steppe,  et  devant  cli.iipie  maison  les  tisserands  tra- 
vaillent en  plein  air  h  leurs  métiers'  I,es  cliamcaux  om  l'on  vend  à  l'.illi 
sont  renommés  pour  leur  agilité;  et  ,ir  l'oice  d'cmitirauce  :  d'aprùs  Kur- 
tnn,  il  existerait  quinze  variétés  de  ces  ani  aux  dans  lu  Sind  et  le  Thar. 
Les  IhimiIs  du  Marvvar  sont  aussi  lamenv  lans  l'Inde;  en  temps  de  disette, 
on  les  envoie,  par  centaines  de  milliers,  pâturer  sur  les  plateaux  du  Itadj- 
poulana  cl  du  Malvva. 

\a'  petit  Klal  médiatisé  de  Catcli.  dont  la  grande  ile  et  K>  iiuls  secon- 
daires se  déve'.)p|H>nl  en  t'oi-mo  décroissant  an  sud  du  (îi-and  Itann.  re(;oit 
plus  d'eau  «pic  ics  -'tyanmes  radjpoutes  de  la  plaine,  et  grAce  à  sa  vé^élatinn 
et  aux  facilités  du  c.imnierce,  peut  alimcnlei-  nue  population  heaiiconp  plus 
considérable  sin'  une  même  sui-face.  Illioudj,  la  capitale,  ipii  porte  en- 
core le  nom  du  diitu  serpent  auquel  elle  lut  consacrée,  est  une  cil'  Tort 
ricliu  un  construcliouK  ancieinu*s,  intéressantes  pour  les  archéologtu's;  mais 
elle  le  cède  en  importanc<>  à  la  ville  de  Manilvi  on  Mandavi,  située  sur  la 
côte  méridionale,  à  l'entrée  du  golfe  du  (latcli  :  c'est  le  porl  le  plus  aninn- 
de  la  ciHe,  entre  Karalclii  et  Idunliay*.  Ses  marins,  hindous  et  nnihiMuétans, 
|M)Ssùdenl  plus  de  deux  c«'nls  emltarcalions,  jangi^anl  ensumide  plus  de 
10  01)0  tonneaux,  qu'ils  savent  diriger  avec  une  singulière  hardiesse  entre 
les  écueils  et  le,s  bancs  qui  parsèment  le  golfi;;  seuls  les  navires  d'un  ti- 
rant de  moins  de  5  mètres  |MMivenl  franchir  la  barn;  à  marée  haute.  Man- 
davi Iraliqne  dircelemenl  avec  Zanzibar,  d'où  elle  imjHtrte  du  i'ivoiie  el  des 
pi'aux  de  rhinocéros;  jadis  ses  piratiîs  redoutés  y  prenaient  aussi  des 
esclaves.  Les  bateaux,  presque  tous  dépourvus  de  pont,  partent  au  commen- 


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'  A.  Glarilim,  Mon  voyage  aux  Indes  orientale*. 

*  Mouvement  du  port  lie  Manilavi  i-n  1877  :  lOOOiiAliinents  rtiargés  ii  l'entrée,  S1S)I  h  U  t>orii<*. 


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34 


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■  V 


306  NOUVELLE  r.fior.RAPHIE  UNIVERSELLE. 

ccmenl  do  (iwembro  cl  rcvieiinenl  avec  la  mousson  du  sud-ouesl  ;  mais 

souvonl  ils  trouvent  une  mer  trop  houleusi-  en   entrant  dans  h  polie  de 

Catch  ot  sont  obligés  do.  se  réfugier  dans  les  criques  de  la  côte  opposée, 
sur  le  littoral  de  la  péninsule  de  Kattyavvar' 


VI 


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I>KMNSI'I.K    DK    KATTVAWAII    KT    VEIISANT    DES    GOI.ri:S    DK    CATCH    ET    tfLÙ    CAXRtT. 
DISTRICTS    AXULAIS    ET    INDIUÈNES    lll     UOl'DZERAT,    AI)     M)IID    DE    LA    HAIII. 

f^a  presqu'île  Je  Kattyawar  reproduit  en  grand  la  forme  de  l'île  de  Catch, 
et  «pioiqu'elh;  n'ait  pas  été  explorée  enlièremeat  par  les  géologues,  ce  qu'ils 
en  ont  ui  suffit  pour  montrer  que  la  disposition  des  roches  présente  dans 
les  deux  contrées  une  certaine  analogie.  Le  Kattyawar  et  le  Catch  uid  leur 
côtiî  océanique  dirigée  dans  h  même  sens,  du  nord-ouest  au  sud-est,  per- 
|iendi('ulairementà  la  marche  de  la  mousson  pluvieuse,  et  de  part  et  d'autre 
le  littoral  est  presque  rectiligne,  à  peine  cou|)é  de  légères  indenlations  par 
les  rivières  «'l  les  nallah  de  l'intérieur.  De  même,  le  Kattyawar,  aussi  bic^n 
que  le  Catch,  dévelo|)|)e  en  croissant  sa  côte  méridionale,  également  bordi'ti 
de  roches  calcaires  modernes  et  d'une  lisière  de  trapp.  Si  le  Kattyawar 
tient  encore  au  continent  par  un  étroit  |)édoncule,  tandis  que  le  Catch  en 
est  séparé  par  les  eaux  marines  pendant  la  mousson  du  sud-ouesl,  du  moins 
le  seuil  compris  entre  le  Itann  et  le  golfe  de  Cambay  est-il  jmîu  élevé,  de 
Vt  mètres  au  plus;  vers  le  milieu  de  l'isthme,  s'étend,  sur  une  longueur 
de  oO  kilomètres,  un  lac  ou  plutôt  un  marécage  d'eau  saumàtre,  le  Nal, 
qui  est  évidemment  le  reste  d'un  ancien  détroit;  des  coquillages  des  mêmes 
espèces  que  ceux  des  mers  avoisinantcs  parsèment  le  sol  aux  alentours 


<  Villes  princip.ilus  du  hassin  des  n  Cinq  Rivières  • ,  du  Sind,  dus  Klats  nidjpoutes  du  Tliar  et  de  Cati-h  : 

PANDJAB. 


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Amritsar,  en  1881 

Lahoi-c  et  faubourgs,  en  1881. 

l'etliaver,  eu  1881 

Moultan  »        ... 

Djallandar,  en  1872  .    .    . 
Ainbala  "        .    .    .    . 

Luudhiana  »       .    .    .    . 

Datai»  >'       ... 

Sialkot  »       .    .    .    . 

Dera  Ismad-khaii,  eu  1872.   . 
Firoz|)our.  »       .    . 

Dera  (iliazi-klian         »       .    . 

MNII. 

Haratfhi,  eu  1S72 


1V2  .080  hab. 

128  4&0  » 

bô  450  >. 

50  850  » 

45  tinO  » 

40  «50  » 

40  OUO  » 

28  725  >. 

25  350  • 

24  900  » 

20  000  .. 

20 120  1. 

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llaïderab.id,  en  1872  ...    .  41  150  hab. 

Cbikarpniir      »       38 100  <> 

ÉTAT8   RADJPOL'TES. 

Djodh|)uur 60  000  » 

l'alli 50  000  » 

Nagar 40  000  » 

Dikaner(1874) 33  750  k 

Meiia 20  000  » 

Djnïsaliuir 20  000  • 

Sodjal 20  000  « 

Itjallor 15  000  » 

r.ATCll. 

Maiidavi,  en  1872 36  000  » 

Uboudj           u       .....  23800  » 


14»'*' 


l'ÉNINSlILK  DK  KATTVAWAU. 


867 


du  iiiiiniis'.  Deux  Ibis  par  jour,  le  tlux,  péuélraiit  dans  lu  gollu  du  (]ainl)ay, 
recouvre  les  places  du  8  à  10  inùlres  d'eau  :  que  la  vague  de  marée  fût  double 
ou  triple  en  hauteur,  et  la  pénirifiulc  dt;  Kattynwar  redeviendrait  ce  qu'elle 
fut  jadis,  un  inassil'insulaire.  De  même  qu'en  France,  dans  lu  golfe  du  Saint- 
Michel  ut  dans  lu  détroit  de  \oirnioutier,  des  chemins  du  reflux  sont  tracés 
sin-  les  fonds  sableux  entre  lus  villes  des  rivages  opposés  :dùs  que  le  flot  s'est 
retiré,  les  piétons  et  les  cavaliers  se  mettent  en  marche  pour  faire  leur  tra- 
versée avant  le  retour  des  eaux,  mais  ce  voyage  n'est  pas  toujours  sans  dan- 
gei-,  des  i-ivières  suintant  on  courants  pcM'fides  dans  les  profondeurs  dus 
sablus.  Au  largu  de  l'ile  Purim,  devenue  fameuse  par  ses  fossiles  de  l'âge  ter- 
tiaire, une  fosse  de  1 10  mètres  de  profondeur  s'ust  creusée  au  milieu  du  golfe. 
Le  Kaltyawar,  plus  étendu  que  le  Catch,  est  aussi  plus  élevé.  La  chaîne 
du  (lir,  qui  longe  la  côte  méridionale,  a  des  sommets  qui  dépassunl  r)00 
mètivs,  tandis  que  vurs  le  centre  de  la  pres(ju'île  sc^  dresse  le  massif 
gi'anitique  d'Oudjayanta  ou  Hevati,  plus  connu  maintenant  sous  le  nom  d(! 
(jirnar  :  sa  plus  haute  cime  atteint  1067  mètres.  D'autr-es  rangées  de 
collines,  variant  en  altitude  de  500  à  500  mètres,  occupent  la  partie  occi- 
dentale de  Kattyawar,  mais  le  pays  s'abaisse  graduellement  au  nord  et  au 
nord-est,  vers  les  bords  du  Dann  et  les  plaines  du  Goudzerat  continental. 
Celles-ci  n'offrent  d'ailleurs  qu'un  étroit  passage  entre  la  région  basse  du 
nord-ouest  de  l'Hindoustan  cl  le  versant  occidental  des  Ghat  :  russerrées 
entre  les  golfes  et  le  plateau  du  liadjpoutana,  elles  ne  sont  arrosées  (|U(î 
par  du  courtes  rivières  descendues  du  mont  Abou  et  des  hauteurs  du  Malwa; 
de  ces  cours  d'eau,  les  deux  plus  considérables,  la  Mabi  et  la  Sabarmatti, 
vont  ouvrii-  dans  le  golfe  de  Gambay  leurs  bouches  élargies  par  lu  flot 
de  marée;  deux  autres  rivières,  au  cours  intermittent,  suivant  les  saisons, 
descendent  vers  le  Rann  de  Catch  :  l'une  porte  l''  nom  de  Sarasvati, 
comme  la  sainte  rivière  des  portes  himalayennes.  De  c»  côte,  h  transition 
se  fait  graduellement  des  fertiles  canpagnes  du  (ioudzerat  vei's  lus  solitudes 
du  Thar;  l'abondance  ou  la  pénurie  des  eaux  font  avancer  ou  reculer  la 
zone  du  désert.  La  population  s';3st  répartie  d'une  manière  très  inégale 
dans  le  fioudzcrat'.  Les  plaines  inclinées  au  mi'.''  vers  la  mousson  pluvieuse, 

•  MedlicoU  and  Bianrord,  Maimnl  oflhe  Geolo(iy  of  India. 
"  Superficie  vl  popiilaiioii  du  Katlyawiir  cl  du  Goudzerat  : 


Kattyawar  (avec  Diu)   . 

Iiuudzurat  continental 
au  nord  de  la  Nahi, 
avec  le  «listr.  de  Kaïra 

Superlicio. 

51  830  kil.  carres. 
36  059    »        » 

Population  en  I87j. 

2  520  125  hab. 
2105  500     » 

Population  kilométrique 
45  hab.. 

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Ensemble .... 

87  869  kil.  cari-és. 

4429  925  hal). 

50  hab. 

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268  NOUVELLK  GËOCRAI'IIIK  UNIVKRSELLK. 

sont  (le  celles  OÙ  la  popululion  se  presse  en  plus  grandes  miilliludes,  tandis 
qu'au  nord,  sur  les  bords  du  Haun  et  dans  les  vallées  Irihulaires,  les  villes 
et  les  bourgades  sonl  clairsemées  :  c'est  le  pays  que  les  montagnes  du 
Kaltyawar  privent  de  pluies  abondantes 

Situé  en  dcliors  de  la  voie  (pie  suivaient  les  caravancïs  et  les  armées,  le 
Kattyawar  devait  être  le  rel'uge  de  toutes  les  tribus  repoussées  des  plaiiuis 
du  Goud/erat.  U'autre  part,  la  pr(;squ'ile,  s'avaiujant  à  une  grande  distance 
en  debors  du  continent,  invitait  le  commerce,  et  surtout  le  pourtour  s'éta- 
blirent des  colons  d'origine  étrangère,  <pii  s'unin^iit  diversement  avec  les 
indigènes.  Des  Arabes,  m(une  des  AlVicains,  furent  au  nombre  des  immi- 
grants, et  l'on  sait  que  dès  1555  les  Portugais  s'emparèrent  de  l'île  de 
Diu,  sur  la  convexité  méi-idionale  (K;  la  c(ile  du  Kattyawar.  Ces  diverses 
races,  qui  se  disputent  le  territoire  monlueu\  di!  la  presqu'île,  n'ont  pu 
s'unir  en  un  même  groupe  politique;  encore  au  milieu  du  siècle,  le  pays 
se  parlag(!ait  en  :2IG  Klats'.  Ce  nombre  s'est  réduit  sons  la  domination  an- 
glaise par  voie  d'extinction  graduelle;  (m  compte  aujourd'lmi  188  princi- 
pautés, toutes  dilTérentes  par  leur  statut  politique  ut  administratif.  Il  en 
est  m(''nie  (pii  ne  payent  point  de  tribut  à  l'Angleterre,  mais  elles  n'en  sont 
pas  moins  soumises  à  sa  juridiction  suprême. 

Souracbtra  est  l'ancien  nom  de  la  presqu'île,  et  celui  que  lui  donnent 
encore  les  brabnianes  et  diverses  ti'ibus  indigènes.  L'app(;llation  de  Kal- 
lyawai"  lui  vient  d'une  peuplade  conrjuérante  venue  du  nord  pai'  l'île  de 
(]atcli  du  treizième  au  quinzième  siècle,  époque  à  laquelle  les  Kalti  devin- 
rent la  puissance  la  plus  redoutée  du  territoire.  D'où  venaient  ces  guer- 
riers? Ktai(!nl-c(?  des  Kcliatryas  aryens  ou  se  rattacbaient-ils  aux  tribus 
afglianes?  Kux-mèmes  se  disaient  originaires  des  bords  de  l'Indus  et  se 
«lislinguaient  des  indigènes  par  une  taille  plus  baute,  des  traits  plus  fms, 
une  nuance  de  peau  moins  foncée.  Ils  se  mélangèrent  diversement  avec  les 
Djaredja  et  autres  tribus  de  Radj|)outes  qui  st^  taillèrent  des  liefs  dans  la 
plupart  des  Ktats  du  Goudzerat;  mais  les  anciennes  populations  se  sonl 
maintenues  dans  le  pays  et  en  cultivent  le  sol,  soit  comme  petits  proprié- 
taires, soit  comme  mercenaires.  A  l'est,  le  Goudzerat  continental,  au  nord 
de  la  Malii,  est  occupé  |)rinci|)alement  par  les  Koli,  qui  ressemblent  aux 
Dliil  des  plateaux,  mais  qui  disent  être  de  caste  supérieure,  parce  qu'ils 
sont  plus  civilisés  et  se  rapprocbent  davantage  des  Hindous  par  les  mœurs. 
Les  Koli  se  divisent  en  plusieurs  clans,  d'ajirès  leurs  métiers;  les  uns  sont 
cultivateurs,  les  autres  coupeurs  de  bambous,  d'autres  bergers  on  porteurs 

'  Thoi-nton,  Gaietleer  of  India, 


PENINSULE  i»E  KATTYAWAK. 


•Hi9 


d'eau.  Le  nom  général  de  la  tribu  à  laquelle  appai'lionni'ul  lous  ces 
lininmes  du  travail  cl  qui  fournit  lN>aucou|i  de  iiorlefaix  aiiv  commerçants 
)!(>  Ilumbny  a  fini  par  être  allriliué,  sous  la  forme  dt;  nmli  (roolie),  à  tous 
les  émigrants  hindous  et  même  ehinois  transportés  <lans  les  divei-s*'»  par- 
lies  du  monde.  Jadis  un  clan  des  ltadj|)outes  du  (îoudzeral,  les  Teliaroun, 
(•lait  considéré  comme  jouissant  de  la  lav(Mii-  sjHJciale  de  Siva.  Fx's  Teliaroun 
élaienl  sacrés  et  toute  injure  subie  par  eux  devait  être  vengée  au  centuple 
par  le  <leslin;  aussi  n'hésilaient-ils  pas  à  se  tuer  pour  ap|)eler  le  mauvais 
sort  sur  les  familles  de  leui>  ennemis;  dans  les  districts  hantés  par  les 
lirigands,  ils  s'olTraient  comme  guides  aux  voyageurs,  et  grâce  à  leur  pi-é- 
seiice,  le  voyage  se  faisait  toujours  sans  risque;  mais  celle  industrie  e>t 
tombée  en  désuétude  depuis  que  les  guerres  civiles  et  le  bi'igandage  ont 
cessé  de  régner  dans  la  contrée.  La  pratique  de  riufanticide,  jadis  univer- 
selle dans  les  clans  djaiitlja,  est  devenue  très  rai  j  cl  maintenant  elle  est 
tenue  pour  un  crime. 

Itefugc  de  mainte  |N;uplade  expulsée  du  continent,  la  péninsule  de 
Kiillyawar  fut  aussi  l'asile  d«'s  religions  pi'rsécutées;  les  cultes  nouveaux 
importés  de  l'Inde  ne  pouvaient  s'y  ét;d)lir  qu'après  avoir  longuement  lutté 
foulrc  les  anciens  rites.  Ix;  bouddhisme,  qui  laissa  dans  le  pays  quelques- 
uns  de  ses  monuments  les  plus  curieux,  s'est  continué  au  Kattyawar  par 
les  sectes  des  Djaïna,  qui  ont  mêlé  tant  de  souvenirs  de  Bouddha  à  leurs 
rites  brahmaniques.  C'est  dans  le  (ïuudzerat  péninsulaii'c  que  se  trouvent 
les  groupes  de  temples  les  plus  vastes  cl  les  plus  célèbres  des  Sarawak  ou 
Djaïna  :  des  villes  entières  sont  uniquement  consacrées  aux  dieux.  L'une 
d'elles,  que  l'on  peut  considéivr  comm»'  le  type  de  toutes  les  autres  cités  du 
même  genre,  couronne  le  double  sommet  de  la  montagne  de  Satroundjaya, 
au  sud-est  de  la  |)éninsule,  non  loin  du  golfe  de  Cambay;  la  ca|iilale  d'un 
petit  État,  Falitana,  s'étend  à  la  base  du  mont  sacré  et  se  rattache  aux  sanc- 
tuaires par  une  série  d'escaliers  interrompus  i\o.  (lislanc(;  en  distance.  \à^ 
grands  temples  de  la  cime  sont  entoui'és  de  murs;  les  autres  bordent  les 
rues  silencieuses.  Quchpies  prêtres  i"ésident  dans  l'enceinte  pour  entre- 
tenir la  |)ropreté  des  édifices  et  nourrir  les  pigc(»ns,  les  tourterelles,  les 
|)erroquets,  les  paons,  les  écureuils,  qui  vivent  de  la  charité  des  fidèles. 
Mais  ceux-ci  ne  («"uvent  séjourner  dans  la  ville  des  temples;  il  leur  est 
interdit  d'y  manger  ou  d'y  dormir;  après  avoir  accompli  leurs  cérémonies, 
ils  redescendent  à  Palitana.  Knli'c  toutes  les  sectes  hindoues,  les  Djaïna  se 
distinguent  par  leur  zèle  à  bâtir  des  temples,  moins  pour  y  prierque  |»our 
en  faire  hommage  à  leurs  tirlhamkaras,  c'est-à-dire  à  ceux  qui  ont  €  tra- 
versé »  l'abime  séparant  |;i  \it;  apparente  de  l'existence  absolue.  On  compte 


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270  NOi:VKLLK  CKOr.nAPHIE  l'MVKUSKLLK. 

tics  fonlaiiios  tUi  ces  ûdilicrssiii'  le  Siilroiiiiiljaya,  diiliiiil  de  loiiU's  Icscpoquos 
dquiis  lo  on/.ii!ine  sitVIc  ri  lorinanl  un  admirable  miiséo  airliiloclural  ;  t\v 
nouvelles  consli-iicliuiis  s'ajoiiUMil  (-lia(|iii>  annt'«>  auv  ancitMiiics  et  m;  Iciir 
paraissunl.  pas  trop  iiircriciircs  pour  l'él«;yance  cl  la  pureté  du  slylc.  i)t^ 
mC'iïH'  «pi'au  moyen  à^c  les  eorporalions  s'oecupaieni  à  l'envi  d'embellir 
les  calliédrales  de  l'Oecidenl,  de  même  les  Djaina  mellenl  Iciu'  «iloiie  à 
décorer  l(!s  lemples  :  des  (fénéralions  enlières  s'emploiiMit  à  sculpler  des 
porches,  à  ciseler  la  pierre  des  autels',  l'roporlioniiellement  à  leur  nomlu'i-, 
les  Ilijaïna,  cpii  comptent  d'ailleiu's  parmi  eux  un  ^n'anit  nombre  de  mar- 
chands et  de  bancpiiers,  ont  beaucoup  plus  d  edilices  reli}|;ieux  (|ue  les  fidèles 
des  autres  cultes  hindous,  «pii  constitU(>nt  la  masse  de  la  population  dans 
le  (ioudzerat.  Les  musulmans  ne  se  trouvent  guère  en  groupes  considéra- 
bles que  dans  les  villes,  et  les  l'arsi  ne  s'y  rencontrent  qu'en  familles  isolées. 
La  langue  générale  du  pays  est  le  goudzerali,  l'un  des  dialectes  littéraires 
dérivés  du  sanscrit  et  non  mélangés  au  persan,  ccmime  l'hindoiistani. 

liC  (ioudzerat  est  une  des  contrées  les  plus  riches  de  l'Inde,  grâce  aux 
soixante  ports  qui  en  bordent  la  côte  et  à  la  lertilité  de  sa  <  terre  noire  » 
ou  rff/a/',  que  l'on  utilise;  ])rincipaleineiit  pour  la  culture  du  coton  :  il  est 
jieu  de  provinces  hindoues  où  l'argent  importé  d'Kurope  en  payement  des 
denrées  locales  s'enlasse  plus  qu»;  dans  le  Kallyawar.  (Ihevaux,  brcdtis, 
grains,  s'ex|»ortent  régulièrement  de  la  péninsule  à  Bombay  et  sur  la  terre 
ferme.  Mais  il  ari'ive  parfois  qu'une  espèce  de  rat  hrun  |)ullule  en  quan- 
tités si  prodigieuses,  que  les  récoltes  sont  dévorées.  En  1815,  «  l'année  des 
rats  »,  la  lamine  décima  la  population.  On  dirait,  dans  ces  années  fatales, 
que  les  rats  naissent  du  sol  :  c'est  en  vain  qu'on  essaye  de  les  arrêter  par 
des  fossés  pleins  d'eau  ou  parles  ilammes;  il  en  reste  toujours  d'innom- 
brables multitudes  jiour  mai:ger  les  grains,  el  les  amas  de  chair  jiulrcliée 
répandent  la  peste  aux  alento  irs. 


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Ouoi(|ue  la  prescpi'ile  de  Kattyawar  soit  divisée  oniciellenienl  en  une 
multitude  d'Ktats,  les  Anglais  n'en  ont  pas  moins  choisi  Tune  des 
villes  comme  capitale  de  la  contrée  :  c'est  Uadjkot,  située  dans  la  partie 
centrale  d"  la  péninsule,  sur  le  versant  du  golfe  de  Catch;  ils  y  ont  établi 
leurs  cani  nnements  militaires  et  fondé  le  collège  dans  lequel  tous  h;s 
princes  mineurs  du  (ioudzerat  sont  tenus  de  faire  leur  éducation  sous  la 
direction  de  professeurs  et  d'officiers  cuiropécns.  Mais  plusieurs  autres  villes 

'  Uui'jjess,  ¥i»U  lo  Salrunjaya  liill  ;  —  Fei'gussoii,  Hislurij  uflndiuii  and  Easlern  Architecture. 


SATROINriJAYA,   RAIWKOT,   nJOrNAGARH. 


971 


(lu  Kiillyawar  onl  uni;  iinportniicc  coininurciale  hioii  sti|M'ri('iin'  à  celle  <lu 
('li>'l'-lieu  uiiiniiiisli-iilif.  >'iiwanu<rai'  (l)jaiTiiia<;ar),  pi-ès  de  la  rive  du  golfe 
lie  Calcli,«'sl  une  cilé  lorl  industrieuse,  suiioul  pour  la  leinlure  des  élolTes  ; 
niais  pour  qu'ctile  devienne  un  marché  *le  premier  ordre,  il  lui  manque 
un  mouillage  :  c'est  plus  à  l'ouest,  à  l'abri  des  pointes  et  d<!S  îles  ter- 
minales de  Kaltyawar,  soil  à  l'ochelra,  soit  à  Seraya,  que  pourrait  le  plus 
l'acilemenl  s'établir  un  gi-and  port  de  commerce  pour  les  navires  d'un  fort 
tirant  d'eau.  Les  havres  de  la  eôlc  occidentale,  Por-bandar,  Mangrol  ou 
Mangalpour,  VerawaI,  sont  piîtits  cl  'rès  exposés  aux  vents  du  large;  néan- 


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moins  ils  ont  depuis  des  siècles  un  mouvement  d'échanges  considérable, 
cl  li!s  temples  qui  s'y  trouvent  témoignent  de  la  richesse  de  ses  marchands. 
Mangrol  a  la  plus  belle  mosquée  du  Kaltyawar,  el  dt;  l'autre  coté  de  la  cri- 
({uc  où  s'élève  VerawaI,  cité  nouvelle,  se  monlrcnl  les  palais,  les  temples, 
les  mausolées  ruinés  de  Somnalb  ou  Deo  l'atlan,  ancienne  capitale  con- 
sacrée à  Siva  et  conquise  par  Mahmoud  le  (Jhaznévide  dans  la  première 
moitié  du  onzième  siècle;  il  y  prit,  pour  les  transporter  à  Ghazni,  des 
portes  fameuses  que  les  Anglais  prétendent  avoir  reconquises  el  rapportées 
dans  l'Inde,  en  184'2  ;  mais  il  est  douteux  que  ce  trophée  soil  authentique. 
C'est  à  Somnalb,  dit  la  légende,  que  fui  brûlé  le  corps  de  Krichna  et  l'on 


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272  NOUVKM.K  (;fi(tt;i»M'IIIF.  l'MVERSKl.l.K 

niontiv  ciuoiv,  au  conthicnl  de  Irois  ruisseaux.  I«>  lieu  où  se  «hvssait  le 
biirlifi-.  A  unr  lifiilaiiit'  du  kilomclirs  do  la  côlo.  la  vdl«>  de  hjuuiia<>ai'li 
o«il  é<;ali'ni<Mit  laMUMisc  pai'  s«'s  Icuiples,  dont  (|Ufli|ut's-uus  suul  rrciisi's 
dan>  la  roche.  L'  luassil'  du  (iiruar,  (|ui  douiiui*  hjouna<;ai-li  du  roté  de 
roi'/i>nl,  |)urlt>  »ui-  uue  leirasse  voisiue  du  souim«'l  une  \ill<'  de  leui|)l('s 
dji'ina.  qui  ne  le  mie  en  ivnonim«'o  et  en  splendeur  i|u'à  ceux  de  l'alilana  : 
u'i  des  pics  «lu  (iirnai',  le  Kniika,  n'est  habité  <|ue  par  une  Irihu  île  i'akii-s, 
•pii  Si"  sont  consacivs  à  Kali.  la  déesse  du  sau}.',  et  ipii  sont  devenu<i  prestpie 
sauvajies  :  ils  se  nouii-issent  de  dialogues  et  la  voi\  puhliipu*  les  accuse 
d'avoir  snmenl  dévoi-é  des  voyajieurs.  D'ailleurs  le>  rocher>  du  inoiil  (iii- 
nar  smil  parfois  visités  par  de>  hoiuiiies  cpie  leurs  propres  parents  oui 
voués  à  la  mort  :  les  malheureux  vont  se  pré(  i|)iler  tlu  haut  des  l'alaist-s  de 
•.'Hiiiit  rose  |ioiir  accomplir  le  vieil  malernel '.  Le  (iiriiar  est  un  mont  cé- 
lèlin*  dans  l'histoire  de  l'épigraphie,  L'n  rocher  situé  à  la  hase  de  la  moii- 
ta<;ne  |Mirie  depuis  plus  de  viiifil  et  un  siècles  la  l'ameuse  inscription  d'A- 
<ioka.  par  laquelle  ce  souverain  consacra  sou  royaume  à  la  foi  hoiiddliiipie: 
une  autre  inscription,  de  plus  de  'JtMIO  années,  rap|K>ll  une  victoire  reni- 
|iorlée  sur  un  roi  du  l)ekkaii;uue  troisième,  postérieure  de  six  siècles,  parle 
des  travaux  publics  entrepris  dans  la  contrée.  Mais  ces  monuments  précieuv 
ont  été  eu  partie  détruits  par  des  ingénieurs  chargés  de  ivpairr  une  roule'. 

Diii.  la  ville  portugaise  illustrée  par  les  hauts  faits  de  Joào  de  Castro, 
n'est  plus  que  l'ombr»'  irelli^mème.  Klle  occu|»e  poiniaul  une  |H)sitioii 
commerciale  beureiiM-.  dans  une  petite  Ile  située  à  l'extrémité  niéri- 
tliouale  de  la  |HMnnsule,  entre  la  nui  ù'Araiiie  et  i'eniree  du  golle  de 
Cambay  :  les  navires  de  ô  mètres  de  tirant  d'eau  mouillent  i'aeileineiit 
ilan<  le  |Nu-t.  Mais  le  territoire  de  l)iu,  de  toutes  parts  entoiiiv  par  un  terri- 
ioiiv  élninger,  ne  peut  alimeiiter  un  coinmeree  considérable.  Ia's  habitant^ 
ne  s*«Kcii|M'nt  guère  que  de  p/ehe  ou  de  cabotage;  quelques-uns  éinigreiil 
dan-  le  Mozambique  portugais,  avec  l'espérance  de  revenir  au  pays  après 
avoir  fait  fortune.  Toute  déchue  qu'elle  est,  Diu  a  fort  grand  air,  avec  sa 
haute  forleressi' au  pied  de  laquelle  se  blottissent  les  deux  villes,  la  l'raia 
euro|»éemie  el  le  quartier  païen.  Les  Portugais  possèdent  aussi  le  village  de 
liogola  sur  la  terre  voisine'. 

A  l'est  de  Diu,  le  petit  port  de  Djaffarabad,  appartenant  à  un  prince 
d'origine  abyssinienne,  fait  uu  commerce  assez  actif,  mais  le  mouvement 
de-  «'•changes  s'i'st  porté  principalement  sur  la  côte  occidentale  du  golfe  de 


Cniubî 
abri  lu 
<l'im  I 
l'espri 
niarini 


•  Biiiloa,  Siiid  rerisiUil. 

*  EJur;:i*<^  aiicl  Kt-r^ujson.  Cui\'-lfm>)les  itf  Western  liiilin. 

'•  [tunuiiie  imrliipais  de  Diu  :  ."lO  liilotiiMrcs  ranvs  cl  l."i  SUS  liuliitanb  eu  1S76. 


DIU.  BIIAOUNAGAR. 


97S 


Cnnihay.  Ui  s'ouvre  anx  navires  d'un  faiblo  tirant  ('.Vaii  l«'  porl  bien 
iibrilu  de  Bhaotinagar.  La  ville  moderne  qui  entoure  la  liaie  est  la  capitale 
d'un  des  États  les  plus  considérables  de  Kattyawar  et  se  distingue  par 
l'i'spril  d'entreprise  «le  ses  liiibilants,  aussi  bien  que  par  l'audace  de  ses 
marins,  connus,  comme  tous  les  matelots  liindous,  sou'i  le  nom  de  la»- 


X"  ((.    —  [IHiOII<l*GAR   ET  CO0H4> 


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carsK  Héritiers  de  l'activité  commerciale  d'une  cité  voisine,  Gogha  ou 
Ciogo,  dont  la  rade  est  protégée  par  l'îlot  de  Perim,  les  habitants  de 
Bhaounagar  ont  rattaché  leur  ville,  sans  attendre  d'y  être  conviés  par  les 
Anglais,  à  la  ville  de  Dhoradji,  située  au  centre  de  la  péninsule,  à  Wad- 
wan  et  au  réseau  des  chemins  de  fn-  de  l'Inde  ;  ils  ont  même  des  filatures 
de  colon  pour  utiliser  dii-ectemenl  la  fibre  végétale.  Au  nord,  Dholera, 
qui  a  donné  son  nom  à  une  variété  de  coton  bien  connue  des  industriels 


>  Exportation  du  coton  de  Bhaounagar  en  1816  :  32  815000  francs. 


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50PVELLK  r.l^or.RArillF.  IMVEP.SELLE. 


européens,  est  aii«<ii  une  ville  d«Vhne,  ainsi  que  l'antique  eilc  de  Cam- 
bay  ou  khambal,  <ra|)rî>s  laquelle  le  ^oITe  oi  ilé^i<;ni>  et  qut>  nii'n- 
tioniie  liéjà  Mairo  Pnlu.  Ia's  dan;:ei-s  de  la  barre  et  la  \iolenee  du  u):i— 
caret  ne  |)ermettenl  plus  aux  naviii's  de  m»  lia»ardi'r  sur  Iin  bas-fonds  qui 
parsèment  l'extrémité  du  gulfe  et  l'entrée  de;>  deux  rivières  Malii  et  Sa- 

V  a.  —  imttnt  HmTrtu^tiï  w  cotn  k  caikit. 


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0  Après  Mrptrosilê  B*-^  i  :*, 


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barmatti.  De  majestueuses  ruines  attestent  l'ancienne  importance  de  Cam- 
bay.  Son  industrie  princi|>ale  est  la  taille  des  cornalines  et  des  agates, 
provenant  des  promontoires  occidentaux  «le  la  cbaîne  des  Yindhya.  Ijcs 
terres  fertiles  qui  s'étendent  au  nord  entra  les  deux  fleuves,  produisent 
d'excellents  tabacs,  qui  contribuent  à  enricbir  les  cités  de  Kaïra,  Nariad, 
Kapadwandj. 


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CAVBAV,  AIIMKDABAI). 


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AliiiieilalKid.  la  mi'*(ni|Hil«-  du  (ioiul/i-iMl  et  la  cité  la  plus  |)0|Uileus(>  de  la 
loU'  iHT-idiMilale  de  l'Inde  apn'*^  Itomliay.  est  eiitiVr,  depuis  la  (luuiiiiation 
iUii^laiso,  dan>  une  |H'Tiode  de  pru>pi*nlé;  ee|)emlaMl  ulli;  l'ut  jadis  beaucoup 
plu>  vaste  et  phiH  pui<isante.  Koiidr-«*  ou  plutôt  a'hiUie  au  cominencumcnt 
du  «|uinzièine  sièide,  AliiiieilalKid  eut,  dit-4in,  juscpi'à  UOO  000  liabitants;  à 
celte  é|NN|ue,  aurune  cité  d'Kuro|ie  ne  l'é^.ndail  en  grandeur.  Ia>s  guerres  la 
dévastèivnl,  mais  elle  «Nru|N'  une  |M»sitiun  trop  heureuse,  au  milieu  d'une 
rii'lie  plaine,  sur  lu  gninde  vuie  histuri«pie  et  à  la  hil'urcatiun  de  la  roule  du 
Ik-llii  par  le  ltadj|H)Ulana.  |iuur  <|ue  l'aclivilé  industrielle  cl  commerciale 
n'ail  |Kis  ivpris  en  cet  endruit  dès  le  rétaldissement  de  la  paix.  En  1810,  un 
Iremidenieni  de  terre  n-nversi  quel<|ues-<ins  des  monumcnls  d'Alimedabad, 
mais  cette  ville  n'en  e>l  |ki>  moins  encoiv  l'une  des  |)lus  riches  de  l'Inde 
l'ii  édilîces  ivmarquable>,  temples,  mausolées,  palais,  arcs  de  lriom{)hc. 
Klle  est  même  unique  an  monde  par  le  style  particulier  de  son  architecture, 
tlù  au  cmiseuient  de  l'art  maliométan  et  de  l'art  djaïna.  Dans  celle  lutte 
d'inlluences,  ce  sont  le»  artistes  hindous  qui  l'ont  emporté,  même  pour  la 
construction  des  mosfiuéi's  :  la  disposition  générale  est  bien  hindoue,  les 
colunnes  el  les  nefs  ressemblent  à  celles  des  temples  djaïna,  cl  nulle  part 
ie>  ouvertures  ne  sont  encadrées  de  plus  fines  broderies  de  pierre;  néan- 
moins, l'ensemble  oiïre  une  certaine  ampleur  qui  est  celle  du  génie  ma- 
liumétan;  les  architectes  ne  se  sont  |kis  iJCitlus  dans  l'infmi  des  détails  et 
•ml  débarrassé  leurs  temples  du  symbolisme  des  dieux  hideux  avec  leurs 
iviil  bras  et  leurs  tètes  d'animaux.  I^  plupart  des  mosquées  sont  entourées 
d'arbivs  el  s'élèvent  sur  des  terrasses  à  gnidins  :  en  sortanl  des  rues  som- 
bres, on  aperçoit  soudain,  à  travers  la  verdure,  les  porches  sculptés,  les 
minarets,  les  coupoles  se  dessinant  sur  le  ciel  bleu'.  Vus  des  remparts,  assez 
lai-ges  |)our  qu'on  ail  pu  le>  transformer  en  promenades  publiques,  ces 
monuments  entourés  d'arbres  oITrent  les  plus  charmants  tableaux.  La  ville 
mililaiiv  anglaise,  construite  au  nord,  à  5  kilomètres  en  dehors  de  l'en- 
irinte,  est  loin  d'égaler  en  pittoresque  la  cité  des  Hindous  avec  ses  pa- 
\m<;  ses  temples,  ses  maisons  en  briques  el  en  bois  aux  balcons  ouvra- 
gé>,  mais  elle  a  la  beauté  que  lui  donnent  les  avenues  de  grands  arbres 
il  ses  jardins. 

Suivant  un  proverbe  local,  €  la  pros|)érilé  d'Alimcdabad  lient  à  trois 
l\h  »,  de  colon,  de  soie  el  d'or.  Plus  d'une  fois  ces  fils  ont  menacé  de  se 
iiiinpiv:  cependant  les  industries  du  lissige  et  de  la  broderie  sont  encore 
celles  qui  occupent  la  plus  grande  |>arlie  de  la  population.  Ahmedabud 

'  llopc  uni  Fergawa,  ArchiUeturt  of  Akmedabad ;  —  L.  Kuii!>:>eli-t,  L'Inde  ih-g  Rajahs. 


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NOUVKI.LK  Cfior.nAPIIIF;  UMVKItSKI.I.K. 


iin|)orto  dos  soies  fjrt'm'î*  'I"  ni'iiffiilc,  de  la  (lliiiu',  do  l'Asie  outitralo  tl 
nïvi'iid  les  (ildllcs  à  llniiiliiiy  et  dans  l'Inde  méridionale;  des  nsimisà  vii- 
pciirriVeinnienl  étidtlii's  lonl  maintenant  une  conçu rrenee  redontahle  aux 
tisserands  indigènes.  Les  poteries  «l'Alimiidaliad  sont  les  meilleures  de 
toute  la  r»''}iion  côlière,  et  ses  papiers  sont  supérieurs  en  s(di(lilé  à  ceii\ 
qu'on  importe  d'Angleterre.  Ancienne  résidence  de  souverains,  Alimedaliiul 
excelle  aussi  dans  la  laluication  de  tous  les  (dijets  d(>  luxe,  hijoiix,  éniau\, 
iaipies,  métaux  ciselés.  (îri)ce  aux  chemins  de  Ter  dont  la  capitale  du  (îoud- 
zeral  est  maintenant  la  station  centrale,  elle  prend  aussi  di>  jour  en  jour  une 
iniportanci;  plus  considéralde  mmme  entrepôt  de  commerce,  et  ses  négo- 
ciants, indépendants  de  ceux  de  Homhay,  sont  en  ndations  directes  avec  tous 
les  grands  marcliés  du  monde,  i'ar  l(^  chemin  de  tei'  (pii  la  réunit  aux 
hordsdn  Hann  par  Viramgam,  l'atri  et  Kliaragora,  et  qui  doit  se  continuer 
un  jour  u  travers  le  itann  dellatch,  Ahmedahad  est  aussi  devenue  l'un  des 
principaux  dépôts  de  sel.  Les  sauniers  de  Kliiu-agora  no  recueillent  pas  les 
d'IIorescences  salines  laissées  par  les  eaux  sur  l'argile  du  llann,  mais  iU 
exploitent  des  nappes  d'eau  profonde  dans  lcs(pielles  le  sel  est  graduelle- 
ment concentré. 

Des  villes  nomhnuises,  parmi  lesciuellesl'antiqui^  Dholka  est  la  plus  jiopu- 
lcus(;,  entoui'enl  Ahmedahad,  tandis  <pi'au  nord,  vers  les  plaines  du  Thiii', 
les  agglomérations  urhaines  diminuent  de  plus  en  plus,  en  proportion  de 
la  sécheresse  du  climat.  Sur  les  hords  de  l'une  des  nond)reuses  Sarasvnti 
de  l'Inde,  la  pi'iuci|)ale  cité,  l*atan,  est  une  de  celles  où  les  Djaïna  ont  le 
plus  d'im|)ortance  numérique  :  ils  forment  environ  le  huitième  de  la  popu- 
lation et  possèdent  plus  de  cent  temples,  ainsi  que  des  hihiiothèques  sa- 
crées, «lonl  les  ouvrages,  écrits  sur  des  feuilles  di^  palmier,  scmt  jalouse- 
ment gardés  par  les  |)rètres.  A  l'ouest,  la  ville  tV'.  |{adlianp<uir  occu[i(!  une 
oasis,  pi'ès  de  l'endroit  où  le  IJanas  va  s'éva|torer  sur  les  argiles  du 
Hann.  Enfin,  à  l'extrémité  septentrionale  du  (ioudzerat,  la  ville  de  Palan- 
pour',  voisine  des  pentes  boisées  du  mont  .Vbou,  est  le  point  de  départ  de 


'  Villes  |)i'inci|nil(>s  du  Kntlyiiwar  et  du  (!uudzci-:il  scfitcntrinuni 

KATTÏAWAIl. 

Bliaounagni' .'■'>  875  linl). 

Naw.in.ig.ir ôl  70U     » 

Djounagarli  .       20  0'J5     » 

Wadwan 17  4()0     » 

Dhoradji 15  500     i> 

Mangrol !  .">  .j  iO     » 

Por-bandar 1  i  5lil)     » 

Diu 15  900     I. 

Dholera  l'i  iOU     » 


Kiidjkol,  cajiitnle.    .    .    . 

.    .    .       119801 

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oniri/KRAT. 

Aluurdaltad 

.    .    .     ]  10 875 

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(^Muibav 

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l'alan   . 

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Nariad 

.    .    .       '24  550 

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Dholka 

.    .   .       20  850 

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Vinuugain 

.   .    .       19  000 

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17190 

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Kadliaiipour 

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la  ligne  <lo  cliomin  ilo  Ter  qui  tnorilo  iiiix  iilatuaiix  <lii  Radjimiilaiiii.  I'ivh 
(lt>  là,  lus  nuiluniiuinuiilii  mililaitvs  du  IHsa  siii-vuillotil  lus  tiiliiis  du  la 
IVuiiliùi'u. 


VII 

MOIITI    *nAV;tl.l,   VINAIITA,   Arri.VI!ITl    ll<IIIPIO!l«U(    PV    0110I, 
RABjrOVTAIIl,    f.TlT»    DU    1IAI.WA,    OWillOII,    lOVIIOKt  III A  NI)    KT    I  H  AO  f  LIN  A  RH, 

Ln  plus  grnndu  pnrliu  du  l'uspan;  Irian^nlain;  compris  unli-u  la  cliaino 
liordiùi'U  dus  Aravali,  lu  cours  du  la  Djainna  ul  la  Ioii^miu  duprussion  où  sV>- 
panuliunl,  d'un  uôlû  la  iNai'hadah.durauli'u  laSouu.su  uoniposc  d'Klats  poli- 
l!(|'i(!s  ayanl  unuoru  uiiu  iud«>pundauuu  uoiuinalu.  Siluûs  un  duliors  dus  voies 
i.isloriipics  du  l'Indu,  uns  Klals  du  Mudya  dusa  ou  <lu  la  «  Turru  du  Miliuu  > 
l'uslùi'unt  ionglumps  sans  ruialions  iniuiûdialus  avuc  lus  uonipiûrants  uuro- 
pûuus  i\o,  la  rùninsulu.  Lus  suuvuraius  du  eu  pays,d('rundus  itardu  noinhi-uiix 
ohslaulus  nalui'ttls,  s'appuyai(Mil  sur  «le  solidus  forlurussus  ul  luurs  arniûus 
ulaiunt  lus  plus  vaillanlus,  les  miuux  organisûus  Af  l'ilindouslan,  cul  lus 
que  lu  souvunir  dos  viuluirus  nvall  aniniûus  du  plus  d'orguuil  ul  dont 
lus  vélûrans  anglais  uurunl  lu  plus  du  puini;  à  triouqiliur.  I^a  <]onq)agniu  dus 
Indus,  puis  lu  gouvurnumunt  anglo-brilanniquu  nu  pouvaiunt  donc  procûdur 
à  l'annexion  de  ces  conlruus  par  dtis  moyuns  aussi  «tcmmairus  qu(!  pour 
lus  régions  du  la  pininu.  Les  ap|)arenccs  d(!  l'aulonouiiu  ont  ulé  sauvu- 
gardûus;  mais  des  résidunls  anglais  gouvurnunl  au  nom  <lus  radjahs,  donl 
plusiuurs  sont  des  mineurs  ou  dus  fummus,  et  le  pays  tout  unliur  a  élu  di- 
visé un  <  agences  »  dont  l'organisalion  administrative  correspond  à  c<'llu  (U'^ 
futures  provinces.  D'ailleurs  il  est  |ieu  de  territoires  hindous  où  la  ili\i- 
sion  des  vaincus  assure  mieux  le  règne  des  vainqueurs.  Le  Itadjpoulana  ut 
les  régions  orientales  du  plateau  que  les  Anglais  désigiu>nt  sous  le  nimi 
d'  «  Agence  de  l'Inde  Centrale  »,  se  partagent  en  plus  du  (|ualru-vingts  Klals, 
eux-mêmes  divisés  en  enclaves  et  exclaves  :  c'est  à  une  époque  toulc;  ré- 
cente que  le  gouvernement  anglais  a  permis  aux  radjahs  de  donner  plus 
(lu  cohésion  à  leurs  domaines  en  échangeant  les  fiels  éloigni's  contre 
des  terres  plus  rap|)rochées  de  leurs  capitales  respectives.  Tout  un  laissiuit 
aux  princes  radjpoutes  ou  mahrattcs  la  |)ossession  de  leurs  trônes,  ainsi 
qu'une  forte  part  de  leurs  revenus,  les  maîtres  britanniques  ont  pris  soin 
de  s'attribuer  en  toute  propriété  une  bande  de  territoire  qui  traverse  en- 
tièrement la  région  des  plateaux,  de  la  plaine  gangétique  à  la  vallée  de  la 
Narbadah  ;  maintenant,  deux  lignes  de  chemins  de  fer,  dont  l'une  située 


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NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  UNIVERSELLE. 


presque  on  enlior  sur  lo  sol  des  provinces  anglo-indiennes,  unissent  dire, 
lemcnl  liomhay  nnx  villes  de  la  Djamna  »!t  du  Gange,  par-dessus  les 
hautes  terres  du  Itadjpoutana  et  du  Mahva.  L'union  politique  et  eommer- 
ciale  des  Ktats  du  plateau  avec  l'einiùre  anglo-indien  est  donc  consom- 
mée; cependant  les  populations  de  ces  contrées  ont  conservé  leur  physio- 
nomie originale  pirmi  les  habitants  de  l'Inde.  De  même  que  le  pays,  si 
nettement  limité  au  point  de  vue  géographicpie,  elles  ont  un  caractère  dis- 
tinct. Dans  l'histoire  générale  de  la  l'éninsuh',  leur  influence  a  toujours 
été  considérable,  quoique  leur  im[)ortance  numérique  reste  très  inférieure 
à  celle  des  foules  qui  se  pressent  dans  les  plaines;  égalant  en  étendue 
les  quatre  cincpiièmes  de  la  France;,  les  hautes  terres  de  Malwa  sont  deux 
fois  moins  peiq)lées  ;  elles  semblent  presqui;  désertes,  relativement  aux 
campagnes  de  l'Aoudh  et  du  Bengale' 

Du  côlé  de  l'ttccident,  la  borne  terminale  du  plateau  est  le  massif  presque 
insulaire  du  mont  Abou,  dominant  de  ses  roches  de  granit  les  plaines  basses 
du  Cioudzerat  et  du  Marwar;  même  à  l'ouest,  la  profonde  vallée  du  Banas 
sépare  le  mont  Abou  de  la  rangée  des  Aravali.  La  partie  supérieure  du 
massif  est  assez  vaste  pour  former  un  |)lateau  accidenté  de  collines  riantes 
et  de  vallé(^s  gracieuses  :  grâce  aux  nuages  pluvieux  qu'arrêtent  au  passage 
les  pentes  supérieuies  de  la  montagne,  une  riche  végétation  a  pu  se  déve- 
lopper sur  ces  hantes  croupes,  oasis  entourée  de  vallées  et  d'escarpements 
arides.  Un  lac,  le  Nakhi-tal,  parsemé  d'îles  boisées  et  désigné  sous  le 
nom  de  «  lac  de  la  Pierre  Précieuse  »,  occupe  l'une  des  cavités  du  plateau: 
jadis  peine  de  mort  était  prononcée  contre  le  profane  qui  tirait  sur  les 
oiseaux  volant  en  nuée---  au-dessus  du  bassin.  La  beauté  des  sites,  l'isole- 
ment majestueux  du  mont  Abou  en  ont  l'ait  un  dos  lieux  sacrés  de  l'Inde, 
et  son  ancùen  nom,  Ar  ISouddha,  rappelle  le  sage  ou  plutôt  le  dieu  qu'on 
y  vénérait*.  La  pureté  de  l'air  qu'on  respire  dans  le  village  du  mont  Abou 
lui  a  valu  d'être  la  capitale  anglaise  de  toute  la  contrée  du  Radjpou- 
tana. 

La  chaîne  bordière  des  Aravali  ou  «  Monts  de  la  Force  »  commence  dans 


*  Uadjiioulnua  oriental,  plateau  de  Malwa  et  iiionts  de  Kaïiiioiii'  : 

Suiii'ilii'ii' 

on  kil.  rnri'UH.  ropiilntion  en  IRKI 

Itndjpoiilana  orieiil:il   ....             iOC8ôO  ti  870  000  liah. 

Agence  de  riiide  Ceiili aie   .    .              t'J,"î  8jO  0 '201  000     n 

Adjinir 6  «02  4Û3  000     « 

Division  de  Djliansi L'IS'i  t  000  000     » 

Disliict  de  Safjai'  el  de  Danioh              1 7  fi'i'2  800  000     » 

Eiiscndilc.    .    .    .            428  .')I7  18  524U00  hali. 
«  Cari  Riltcr,  Agien. 


('opul.  lùlomot. 
.)5  liab. 
47     » 
65     » 
75    » 
45    » 


42  hab. 


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MONT  AnOU,  ARAVALI. 


S81 


Ip  voisir.njïe  de  l'Abou  et  se  dirige  vers  le  nord-esl.  sur  un  espace 
(le  plus  do  500  kilomèives;  encore  dans  les  campagnes  de  la  Djamna, 
(|iiolques  éniinence>  indiquonl  le  proloiigemeat  de  la  saillie  rocheuse.  Le 
versant  occidental  des  Aravali  domine  de  500  à  1000  mètres  les  plaines  du 
Marwar,  tandis  que  l'autre  versant  s'élève  à  peine  de  250  mètres  en  moyenne 
iiu-dessus  du  plateau  et  même  en  beaucoup  il'endroits  se  confond  avec  lui. 
D'ailleurs  le  caractère  de  chaîne  se  perd  (jà  et  là  ;  les  arêtes  sont  à  peine 
indiquées  ou  bien  forment  un  dédale  de  roches  pai'allèles,  entre  lesquelles 
il  est  impossible  de  reconnaître  une  crête  principale  indiquant  l'axe  du 
système.  Comp)sés  presque  en  entier  de  formations  anciennes,  gneiss, 
syénites,  ai'doises,  les  Aravali  sont  |)resque  partout  dépourvus  de  végéta- 
lion;  ils  n'ont  pas  même  de  brousses  sur  leurs  pentes;  de  loin,  on 
les  dirait  couverts  de  neige,  et  le  soir  ils  semblent  flamboyer  sous  les 
rayons  du  soleil  couchant;  des  assises  de  quai"'/  d'une  teinte  légèrement 
rosée  produisent  le  même  effet  d'illuminatl.i'i  que  les  glaciers  des  Al()es*. 
Quelques  charmantes  oasis  de  verdure  occu|:entdes  .allées  i  î<>rmédiaires 
tournées  vers  les  vents  pluvieux,  mais  d'autres  dépressions  sont  emplies  de 
sable  ou  d'eau  saline.  C'est  ainsi  que  le  lac  de  Sambhar,  ainsi  nommé 
d'une  déesse  dont  la  statue  se  dresse  sur  un  îlot,  occupe  le  fond  iVmw  ca- 
vité des  Aravali  du  nord,  formés  en  cet  endroit  de  roches  jiermiennes 
riches  en  sel.  D'après  les  voyageurs  des  premières  années  du  siècle,  le  lac 
aurait  eu  à  cette  époque  60  kilomètres  de  long  et  16  kilomètres  de  large 
pendant  la  saison  des  pluies;  beaucoup  moindre  de  nos  jours,  il  a  au  plus 
la  moitié  de  son  ancienne  étendue  lorsqu'il  atteint  son  niveau  le  plus 
élevé,  et  dépasse  à  peine  1  mètre  de  profondeur.  Après  les  pluies,  en 
août  ou  septembre,  la  surface  du  lac,  dont  la  densité  est  alors  celle  de  l'eau 
do  mer,  s'abaisse  graduellement,  et  vers  le  mois  de  juin  il  ne  reste  guère 
dans  le  bassin  qu'un  lit  de  vase  et  une  épaisse  croflto  de  sel,  diversement 
colorée  par  les  algues  en  bleu,  en  rouge  ou  en  blanc.  Les  travailleurs, 
hommes  et  femmes,  de  la  caste  des  Barrar,  détachent  des  rondelles  de 
ce  sol  impur,  qui  s'exportent  au  loin  dans  le  Pandjab,  le  Radjpoulana, 
les  provinces  de  l'Inde  centrale;  suivant  les  usages  traditionnels,  chaque 
district  se  fournit  d'une  variété  particulier»;  du  sel  de  Sambhar.  Le  tra- 
vail se  fait  au  compte  de  souverains  radjpoutes,  mais  sous  la  haute  sjirveil- 
lance  du  gouvernement  anglais,  qui  parfois  a  défendu  l'exploitation  dans 
l'intérêt  de  son  monopole.  Sur  le  plateau,  qui  s'étend  à  l'est  des  Aravali, 
le  sol  inégal  est  en  quelques  endroits  parsemé  de  lacs  d'eau  douce,  mais 


'  Tod,  Annali  of  Rajatthan. 

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NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  UNIVERSELLE. 


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co  sont  des  bassins  artificiels,  dont  le  courant  de  sortie  est  réglé  par  des 
écluses.  Tel  est,  non  loin  de  la  cité  d'Oudaïpour,  le  lac  de  Debar,  qui  n'a 
guère  moins  de  50  kilomclres  de  tour;  tout  le  rivage  inférieur  de  ce  ré- 
servoir, l'un  des  plus  vastes  de  la  Terre,  est  une  levée  en  maçonnerie 
soutenant  la  pression  des  eaux. 

Le  plateau  de  Malwa,  où  naissent  le  Tchambal  et  d'autres  tributaires  du 
Gange,  s'incline  en  pente  douce  vers  le  nord-est,  tandis  qu'au  sud-ouest,  des 
chaînes  bordières,  connues  sous  divers  noms  locaux,  dominent  par  des 
escarpements  brusques  les  plaines  du  Goudzerat.  Elles  rejoignent  les 
Aravali  à  la  saillie  des  Vindliya  proprement  dits,  longeant  au  nord  la 
vallée  de  la  Narbadah,  puis  celle  de  la  Sone.  Une  ancienne  légende  raconte 
que  ces  monts  firent  de  vains  effoi'ts  pour  s'égaler  à  l'Himalaya  ;  ils  restent 
en  effet  bien  inférieurs  en  élévation  aux  grandes  montagnes  du  nord 
de  rilindoustan,  mais  ils  n'en  ont  pas  moins  une  importance  capitale 
comme  diaphragme  transversal  de  l'Inde  et  comme  limite  entre  les  ;s. 
Les  formations  «  azoïques  »  des  Vindhya,  grès,  schistes  et  marbres,  sont 
parmi  les  plus  anciennes  de  la  Péninsule  et  se  rattachent  du  côté  de  l'orient 
aux  massifs  de  gneiss  du  Boundelkhand,  antérieurs  par  l'origine  à  toutes 
les  autres  roches  de  l'Inde.  Des  frontières  du  Goudzerat  à  celles  du  Ben- 
gale, sur  un  espace  de  1000  kilomètres,  se  succèdent  les  hauteurs  en 
chaînes  ou  en  massifs.  Sous  le  nom  de  Kaïmour,  elles  occupent  le  territoire 
péninsulaire  limité  par  les  vallées  du  Gange  et  de  la  Sone  et  se  terminent 
h  l'est  par  un  long  plateau  creusé  de  vallons  en  forme  de  coupes,  emplies 
de  terre  végétale  où  se  récoltent  les  meilleurs  grains.  Les  saillies  des  roches 
cristallines  du  Boundelkhand  sont  en  maints  endroits  surmontées  de  tours 
de  grès,  portant  elles-mêmes  un  couronnement  de  laves,  et  la  plupart  de 
ces  blocs  isolés  ont  servi  de  bases  à  des  châteaux  forts  où  les  seigneurs 
féodaux  de  la  contrée  ont  souvent  bravé  les  souverains  les  plus  puissants. 
Les  Vindhya  renferment  de  nombreux  gisements  d'argiles  et  de  métaux, 
mais  on  n'y  exploite  guère  que  des  pierres  de  construction,  surtout  des 
grès  rouges  ou  blancs;  dans  le  Boundelkhand,  des  chercheurs  de  dia- 
mants lavent  les  graviers  apportés  par  les  torrents  des  collines  de  Panna. 

La  pente  générale  du  plateau  de  forme  triangulaire  compris  entre  les 
Aravali  et  les  Vindliya  est  dans  le  sens  du  nord-est;  c'est  dans  cette  direc- 
tion que  s'épanchent  toutes  les  rivières  :  le  rebord  méridional  des  monts 
ne  laisse  couler  vers  la  Narbadah  que  de  faibles  nallah,  à  sec  pendant  la 
moitié  de  l'année.  Le  cours  d'eau  principal  du  Malwa,  le  Tchambal,  naît 
à  CI 5  mètres  d'altitude,  près  d'un  seuil  d'où  l'on  voit  à  ses  pieds  la  vallée 
de  la  Narbadah  et,  bientôt  grossi  d'affluents  nombreux,  serpente  dans  la 


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PLATEAU  DU  MALWA,  BHIL. 


285 


région  supérieure  du  plateau  pour  en  descendre  par  une  série  de  cascades 
dans  les  gorges  de  Mokindoura.  Uni  au  Uanas,  le  Tchambal  devient  un 
large  fleuve  (jue  ne  |M!uvfnt  plus  même  traverser  les  élé|)liants,  et  qui, 
pondant  la  saison  des  crues,  roule  plus  d'eau  que  la  Djamna  :  son  coui"s 
développé  n'a  pas  moins  de  D'JU  kilomètres  de  long.  Une  autre  rivière 
considérable,  le  Sindh,  entre  dans  la  Ujamna  immédiatement  en  aval  du 
cunlluent  du  Tcliamhai  ;  le  triple  confluent  ou  Triveni  est  un  des  lieux  les 
[ilus  vénérés  de  l'Inde,  l'ius  bas,  la  Belwa,  le  Ken,  le  Tons,  descendent 
aussi  des  plateaux  vers  la  Djamna  et  le  Gange,  mais  aucun  de  ces  coure 
d'eau  n'a  d'importiuice  pour  la  navigation  ;  ils  ne  sont  utilisés  que  pour 
l'arrosemcnt  des  campagnes. 


Les  groupes  ethniques  constituant  des  tribus  ou  des  castes  sont  très  nom- 
breux dans  le  Kadjpoutana  et  dans  les  autres  régions  du  plateau  et  des 
collines  bordières  :  dans  ce  pays  tourmenté,  découpé  en  tant  de  vallées  dis- 
tinctes, la  diversité  des  populations  correspond  aux  inégalités  du  sol.  11 
reste  même  dans  la  contrée  des  tribus  qui  se  sont  à  peine  mélangées  avec 
les  envahisseurs  hindous  ou  musulmans  et  que  l'on  peut  désigner  sous  le 
nom  d'aborigènes,  puisque  aucun  document  historique,  aucune  tradition  ne 
parlent  de  leur  venue.  Ainsi  les  Bhil  ou  Bhilla  savent  qu'ils  possédaient 
autrefois  les  fertiles  vallées  et  les  plaines  entourant  leurs  forteresses  de 
montagnes  et  qu'ils  ont  été  refoulés  peu  à  peu  dans  les  districts  les  plus 
sauvages  de  leur  patrie  :  leur  nom  même  aurait  le  sens  de  «  proscrit  »  ; 
mais  sont-ils  Dravidiens,  comme  les  |)opulations  de  l'Inde  méridionale',  ou 
Kohiariens,  comme  la  plupart  des  tribus  du  plateau?  Les  cthnologisles  de 
l'Inde  ne  sont  pas  d'accord  sur  celte  question.  Diverses  cérémonies  rappel- 
lent encore  l'ancienne  prééminence  des  Bhil  :  c'est  ainsi  que,  lors  du  cou- 
ronnement des  princes  radjpoutes,  un  Bhil,  représentant  des  dominateurs 
d'autrefois,  marque  le  front  du  souverain  de  gouttes  de  sang  qu'il  re- 
tire de  son  pouce  et  de  son  orteil;  il  le  sacre  ainsi  coran^"  un  indi- 
gène et  lui  transmet  le  droit  de  posséder  la  contrée.  La  plupart  des  tribus 
liliil,  privées  du  sol  qui  les  nourrissait  jadis,  déchues  de  leur  antique 
civilisation,  n'eurent  longtem|)s  d'autre  ressource  que  le  brigandage. 
Les  «  Voleurs  du  Giand  Dieu  »  établissaient  leurs  repaires  sur  des  hauteurs 
i'orliiiéus,  d'où  ils  descendaient  à  l'improviste  sur  les  villages  hindous  ou 
sur  les  caravanes  île  commerce  :  (|uand  des  armées  se  présentaient  pour 


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Dnlton,  Ethnology  of  Bengal . 


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'284 


NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  UNIVERSELLE. 


les  châtier,  ils  savaient  se  dérober  aux  poursuites  en  fuyant  de  montagne 
en  montagne;  mais  ils  résistaient  vaillamment  aux  petites  expéditions 
commandées  par  les  seigneurs  radjpoutcs;  par  la  ruse  et  la  vaillance,  ils 
ont  réussi  à  se  maintenir  en  tribus  prescpie  indé])endantes.  Une  partie  des 
monts  Aravali,  le  Bagliour  ou  la  région  de  montagnes  qui  limite  au  sud- 
ouest  le  plateau  de  Malwa,  le  pays  de  Kandech,  au  sud  de  la  Narbadah, 
enfin  presque  toutes  les  hautes  vallées  des  Vindhya  sont  encore  occupées 
par  des  tribus  de  Bliil  qui  se  gouvernent  elles-mêmes,  mais  auxquelles  il  est 
désormais  interdit  par  les  Anglais  de  ravager  les  territoii-es  voisins;  les 
sauvages  ne  peuvent  obéir  à  leurs  instincts  batailleurs  qu'en  s'enrôlanl 
comme  mercenaires  dans  les  armées  anglaises. 

Le  nombre  des  Bliil  non  mélangés  est  évalué  à  plus  d'un  million.  Ils 
sont  en  général  d'une  taille  moyenne,  beaucoup  moins  élégants  et  moins 
beaux  que  les  Hindous,  mais  plus  robustes  et  plus  agiles.  Presque  noirs, 
ils  ont  le  nez  très  aplati,  les  yeux  étroits,  sans  aucune  obliquité  dans 
la  tension  des  paupières,  les  pommettes  peu  saillantes;  leurs  cheveux, 
retenus  par  une  simple  cordelette,  sont  longs  et  lisses,  mais  ils  n'ont  qu'une 
barbe  rare,  croissant  en  petites  touffes  autour  du  menton.  Dédaignant  les 
vêlements  des  civilisés,  ils  ne  portent  d'ordinaire  qu'un  pagne  pour  tout 
costume,  et  les  armes  dont  ils  se  servent  sont  encore  celles  des  sauvages, 
l'arc,  le  javelot,  l'épieu.  Ils  cultivent  le  sol,  mais  leurs  occupations  favo- 
rites sont  la  pêche  et  la  chasse;  ils  parcourent  les  montagnes  à  la  pour- 
suite du  gibier,  avec  l'ardeur  qu'ils  apportaient  j.idis  dans  leurs  chasses 
à  l'homme;  ils  sont  fort  habiles  à  imiter  les  cris  des  animaux  et  se  com- 
muniquent ainsi  des  avis  sans  éveiller  l'attention  des  voyageurs.  Les 
Bhil  n'ont  point  de  castes,  mais  ils  reconnaissent  l'autorité  de  chefs 
nommés  par  les  vieillards  de  la  tribu.  Leurs  cérémonies  religieuses 
datent  pour  la  plupart  d'une  époque  antérieure  aux  invasions  aryennes  : 
ils  sacrifient  des  animaux  aux  arbres  sacrés,  aspergent  de  sang  des 
autels  rusti((ues  élevés  au  bord  des  sentiers,  les  badigeonnent  d'ocre 
rouge,  autre  symbole  de  la  vie;  reconnaissants  envers  le  fer  qui  leur  a 
fourni  les  armes  et  les  instruments  de  travail,  ils  suspendent  aux  bran- 
ches des  pointes  de  lances  et  de  charrues  et  leur  portent  des  offrandes. 
Enfin,  parmi  les  dieux  du  panthéon  brahmanique,  celui  qu'ils  vénèrent  le 
plus  est  le  dieu-singe  llanouman,  comme  s'ils  voyaient  en  lui  le  représen- 
tant des  anciennes  races  dépossédées*.  Récemment,  quelques  tribus  se  ré- 

'  Malroliti,  Meinoir  of  Central  India;  —  Niilleson,  Native  States  of  India;  —  Gruliam,  tf/'«- 
torkal  Sketch  of  the  Bheel  tribes;  —  Tml,  Anmls  of  RujaMun; —  L.  Housselet,  L'Inde  de»  Ra- 
jahs; Bulletin  de  la  Société  d! Anthropologie,  1874. 


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BIIIL,  MHAlR,  MINA. 


285 


voilèrent  contre  des  officiers  an^'Iais  qui  parcouraient  leur  territoire  sans 
autorisation.  En  vertu  du  traite  de  paix  conclu  après  la  bataille,  les  Anglais 
se  sont  engagés  à  ne  recenser  la  population  ni  mesurer  les  terres,  à  sup- 
primer la  moitié  des  taxes,  à  n'instituer  aucun  poste  de  police,  à  défendre 
aux  mahométans  l'entrée  de  certains  villages  sacrés.  Une  clause  du  traité 
porte  que  les  Anglais  ne  demanderont  à  aucune  femme  bliil  de  se  faire 
peser'. 

Les  Bhil  se  sont  diversement  mélangés  avec  les  populations  environ- 
nantes et  forrnent  ainsi  divers  groupes  se  rapprochant  plus  ou  moins  des 
habitants  civilisés  de  la  plaine  :  tandis  que  les  uns  sont  restés  purs  ou 
«  blancs  »,  les  autres  sont  devenus  €  noii^s  »,  c'est-à-dire  impurs.  Les 
Mhaïr  ou  Mougri,  qui  peuplent  les  vallées  septentrionales  des  monts  Aravali, 
au  nombre  de  trois  ou  quatre  cent  mille,  sont  d'ordinaire  considérés  comme 
constituant  une  nationalité  distincte  et  le  pays  qu'ils  habitent  est  coniui 
d'après  eux  sous  le  nom  de  Mhaïrwara;  mais  la  plupart  présentent  le 
même  type  que  les  Bhil,  et  leurs  anciennes  coutumes,  abandonnées  peu  à 
peu  pour  celles  des  Hindous,  étaient  celles  de  leurs  voisins  du  sud.  On  les 
désignait  jadis,  comme  tous  les  autres  sauvages  des  régions  montueuscs, 
par  l'appellation  méprisante  de  palita  ou  <  gens  des  pal  »,  enceintes  forti- 
fiées au  milieu  desquelles  leurs  demeures  étaient  parsemées,  à  plusieurs 
centaines  de  mètres  les  unes  des  autres  :  c'est  ainsi  qu'en  Europe  les 
termes  de  «  païens  »,  de  «  manants  »,  de  «  rustres  »  furent  donnés  aux 
habitants  des  lieux  écartés.  Soumis  directement  aux  Anglais  depuis  plus 
d'un  demi-siècle,  les  Mhaïr  sont  maintenant,  parmi  les  populations  de 
l'Inde,  une  de  celles  qui  se  sont  le  plus  rapidement  transformées.  Presque 
tous  ont  abandonne  leurs  pal  pour  descendre  dans  les  vallées;  des  bas- 
sins de  retenue  pour  l'arrosement  des  terres  ont  été  construits  par  eux 
dans  les  endroits  favorables,  des  routes  se  ramifient  dans  tout  le  Mhaïr- 
wara. Les  Mhaïr  se  disent  Hindous  et  pratiquent  les  cérémonies  brahmani- 
ques, mais  sans  beaucoup  de  zèle;  même  ceux  qui  appartiennent  à  la  caste 
supérieure  mangent  de  la  viande  et  boivent  des  liqueurs  fermentées.  Les 
Mina,  autres  palita,  se  sont  encore  plus  éloignés  que  les  Mhaïr  de  l'ancien 
type  aborigène.  Epars  dans  le  royaume  de  Djaïpour,  entre  les  Aravali  et  la 
Djamna,  s^urtout  dans  la  vallée  du  Banas,  ils  se  sont  mêlés  aux  cultivateurs 
djat,  en  parlent  le  dialecte  hindou  et  en  pratiquent  les  coutumes.  On 
évalue  leur  nombre  à  plus  de  deux  cent  mille. 

Les  Radjpoutes,  qui  ont  donné  leur  roui  à  l'une  des  contrées  du  plateau 

*  Weekly  Times,  june  3,  1881. 


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tM  NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  UNIVERSELLE. 

ainsi  qu'aux  récrions  basses  siluéos  ù  l'ouest  des  Aravali,  sont  probable- 
menl  des  immi'ri'anls  venus  après  les  premiers  Aryens;  bien  qu'ils  se  d«3si- 
gnent  eux-mêmes  comme  kcluili-yas  et  se  disent  les  deseeiidanls  de  celte 
caste  guerrière,  bien  qu'ils  désignent  l'une  des  villes  saintes  des  Hindous, 
Adjodiiya.  dans  les  plaines  gangétiques,  comme  leur  lieu  d'origine,  ils  ne 
se  rattachent  que  d'une  manière  indirecte  aux  kcliatryas  propn>ment  dits. 
Itefoulés  des  bords  du  Gange  vers  les  plateaux,  ils  ne  s'empaii'rent  du  pla- 
teau de  Malwa  que  du  dixième  au  douzième  siècle  de  l'èi-e  vulgaire.  Tous  les 
chefs  de  bande  devinrent  Radjpoutes,  les  «  lils  d'un  mèmej^re  »;  mais  tel 
d'entre  eux,  qui  se  donne  pour  ancêtre  une  vache  ou  un  serj»ent,  estBhil, 
Gond  ou  de  toute  autre  tribu  aborigène.  Leur  vaillance  et  le  succès 
qui  accompagna  partout  leurs  armes  les  curent  bientôt  anoblis  et  trans- 
formés en  «  l>eux  fois  nés  »  aux  yeux  des  Aryens  de  la  conti-ée  ;  dans  la 
plupart  des  États,  les  «  Fils  de  Roi  »,  —  car  tel  est  le  sens  du  nom  de 
KadjjMutes,  — ont  le  pas  sur  les  brahmanes,  sinon  en  droit,  du  moins  en 
fait.  D'ailleurs  on  ne  saurait  douter  qu'ils  s'unii-enl  aux  anciennes  fa- 
milles hindoues.  Il  n'est  point  de  famille  princière  de  l'IIindoustan  qui 
ne  soit  apfiarenlée  aux  Uadj|H)utes,  et  dans  plusieurs  pays,  notamment 
dans  les  vallées  de  l'Himalaya,  les  familles  régnantes  se  donnent  le  titre 
de  Kchatrjas-Ra*lj|)oules.  Mais,  si  ré[)andus  qu'ils  soient  dans  toutes  les 
parties  de  l'Inde,  les  Radjpoutes  ne  sont  grou|iés  nulle  part  en  nombre 
assez  considéi"able  pour  former  la  majorité  des  habitants  :  c'est  dans  le 
Mewju-eldans  les  États  septentrionaux  du  Radj|)outana  qu'ils  ont  la  plus 
grande  im|>orl^uice  numérique. 

Depuis  réiKKjue  de  l'invasion,  les  «  trente-six  »  koula  ou  races  royales, 
issues  du  Soleil  et  de  la  Lune,  ont  maintenu  leur  division  en  tribus  ou 
salcha  et  en  clans  {gotra}  et  sous-clans  {campa),  qui  se  distinguent  tous 
par  des  traditions  spéciales.  Au  nord  et  au  nord-ouest  dominent  les  Rali- 
tor,  les  gens  issus  du  rahl,  «  é|)ine  dorsale  »,  d'Indra  ;  ce  sont  les  plus  nom- 
breux :  les  €  Cinquante  mille  Glaives  »,  tel  est  le  nom  par  lequel  on  les  dé- 
signe souvei  t.  A  l'ouest,  dans  les  oasis  du  Thar,  se  grou|KMit  les  Bliatli  ; 
les  Kalchwhala  régnent  dans  la  |)artie  nord-orienlale  du  RadjpouUina;  les 
Tchaoulian  se  sont  altiibué  les  l'iats  de  l'est,  et  les  Boundela,  de  race  très 
mêlée  avec  les  populations  indigènes,  ont  fondé  les  principautés  du  Boun- 
delkhand.  Le  Mewar,  au  sud,  est  le  domaine  des  Sasodia,  ceux  des 
Radj|)outi*>  qui  prétendent  à  la  plus  granile  pureté  de  race,  et  se  don- 
nent connue  les  descendants  directs  de  Rama,  le  héros  des  épopt'es 
ai-yennes.  Le  rana  ou  •  grand  roi  »  d'Oudaïpour  est  vénéré  par  tous  les 
Hindous  comme  le  représentant  de  l'antiipie  race  solaiiv;  quoique  très 


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RADJPOUTES 


987 


inférieur  h  d'autres  souverains  de  l'Inde  pour  la  puissance  et  la  richesse, 
il  est  un  •  Soleil  »  parmi  les  rois  :  seul  parmi  les  radjahs  il  est  en 
même  temps  pnMre,  et  quand  il  entre  dans  le  temple  des  divinités  protec- 
trices du  pays,  c'est  lui  qui  célèbre  les  sacrifices'.  Le  mariage  des  souve- 
rains secondaires  avec  ses  lilles  constituait  jadis  le  seul  lien  politique  entre 
les  différentes  maisons  royales,  et  jamais  il  ne  daigna  céder  une  princesse 
de  sang  royal  aux  em|)ci'eurs  musulmans  de  Delhi  en  échange  de  titres,  de 
trésors  ou  de  provinces.  C'est  lui  qui  préside  dans  les  assemblées  de  sou- 
verains, et  tous  les  Radjpoules  voient  en  lui  un  juge  infaillible  dans  les 
questions  d'étiquette,  de  rang,  de  point  d'honneur,  qui  passionnent  les 
c  Fils  de  Roi  »  bien  autrement  que  les  points  de  doctrine  ou  de  pratique 
religieuse.  Convei'tis  aux  cultes  brahmaniques,  les  Radjpoutes  n'ont  en 
général  aucune  ferveur  pour  les  dieux  hindous,  mais  ils  vénèrent  encore 
une  divinité  qui  les  mena  jadis  à  la  conquête  de  l'Inde.  Celte  déesse  est 
l'Épée.  Soldats  avant  tout,  ils  n'ont  d'autre  souci  que  de  tenir  en  res|XK:t 
les  races  asservies;  comme  fils  des  conquérants,  ils  sont  tous  nobles,  et 
parmi  eux  les  pauvres  savent  maintenir  une  certaine  égalité  dans  leui-s 
rapports  avec  les  riches.  D'ailleurs,  beaux  pour  la  plupart,  grands  et 
bien  faits,  |)ortant  fièrement  la  tète,  que  parc  une  chevelure  soyeuse  et 
bouclée  contrastant  avec  la  blancheur  mate  de  la  peau,  ils  ont  vraiment 
l'aspect  de  dominateui-s  au  milieu  des  représentants  d'autres  races  ;  ils 
dédaignent  de  combattre,  si  ce  n'est  à  cheval,  précédés  de  bannières  et  de 
tambours.  Fort  coquettes,  les  femmes  radjpoutes  se  chargent  de  bijoux. 

Les  tribus  guerrières  des  Radjpoutes,  fières  de  leur  sang  royal,  ont  gardé 
mainte  coutume  qui  rapj)elle  les  Ages  féodaux  de  l'Occident.  Dans  la  plupart 
des  Klats  du  plateau,  la  terre  se  divisiî  en  fiefs,  et  les  possesseui*s,  disposant 
librement  de  la  récolte,  ne  doivent  au  suzerain  que  l'hommage  ou  quelques 
€  fruits  de  vénération  »  en  temps  de  paix,  le  service  personnel  en  temps  de 
guerre.  Aux  grands  joui"s  de  fête,  les  vassaux,  portant  les  armoiries  du 
seigneur,  avec  les  emblèmes  traditionnels,  le  paon,  le  lion  ou  tel  autre  ani- 
mal, se  pressent  autour  de  leur  maître;  à  côté  de  lui  se  tient  le  poète 
domestique,  chantant  la  gloire  des  aïeux,  les  combats,  les  amours,  la  ri- 
chesse de  ses  maîtres;  c'est  lui  aussi  qui  consulte  les  astres,  jette  les  sorts, 
va  porter  les  défis  ou  les  messages  d'amitié.  Très  chevaleresques ,  les 
Radjpoutes  égalèrent  certainement  les  paladins  de  l'Occident  par  leur  dé- 
vouement héroïque  aux  dames  de  leurs  pensées  :  «  Aux  hommes  de  faire 
les  grandes  choses,  aux  femmes  de  les  inspirer,  »  pensaient-ils  comme 

Tod,  ouvrage  cite. 


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NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  UMVERSELLE. 


les  chevaliers  «les  cours  d'amour.  Eux  aussi  bravaient  la  mort  pour  rece- 
voir une  fleur,  une  fninfîe  d'wharpe;  des  tournois,  des  batailles  nit^me 
avaient  pour  prix  la  conquête  d'un  bracelet;  une  dame  pei-sécutée  n'avait 
qu'à  faire  parvenir  une  l>.i;.aic  ou  tel  autre  objet  symbolique  au  champion 
choisi  par  elle  |K)ur  dikhainer  aussitôt  la  jnierre  entre  les  tribus  ;  main- 
tenant encore,  le  mariage  ne  se  conclut  |»oint  sans  que  la  fiancée  ait  en- 
voyé au  fiancé  une  noix  de  coco,  emblème  de  son  choix,  et  qu'elle  lui  ait 
passé  au  cou  une  «niirlande  de  fleurs  ;  devenu»'  femme,  elle  reçoit  le  titre  de 
«  divine  »  et  le  mari  n'entreprend  rien  sans  la  consulter.  Les  devoirs  n-ci- 
proqucs  sont  ceux  d'une  fidélité  mutuelle  jusqu'à  la  mort;  cependant  les 
chefs  ne  se  brûlaient  point  sur  les  tombes  de  leurs  épouses,  comme  les 
femmes  sur  le  bûcher  du  mari.  L'histoii-c  du  Radj|M)utana  n'est  qu'une 
longue  succession  de  guerit?s  livrées  pour  des  Ilélènes  de  l'Inde;  la  dernière 
grande  guerre  du  Hadjpoutana,  avant  la  conquête  anglaise,  se  termina  par 
l'empoisonnement  de  la  princesse  que  se  disputaient  les  grands  feuda- 
taires'. 

Le  mariage  devait  toujours  commencer  par  un  enlèvement.  Strictement 
exogames,  les  Radjpoutes  ne  pouvaient  se  marier  dans  leur  propre  clan; 
c'est  dans  une  autre  tribu  qu'ils  prenaient  et  qu'ils  prennent  encore  leurs 
femmes,  soit  de  foree,  soit  \ar  un  simulacre  de  rapt.  Mais,  dans  leur  fol 
orgueil  de  race,  les  Radjpoutes  ne  voulaient  à  aucun  prix  s'exposer  à  voir  leurs 
filles  devenir  les  épouses  d'hommes  inférieurs  en  noblesse;  d'autre  part, 
ils  se  croyaient  tenus,  lors  du  mariage,  à  faire  un  tel  étalage  de  faste,  que 
leur  fortune  s'y  dépensait  tout  entière,  et,  pour  éviter  ce  double  danger,  ils 
n'avaient  imaginé  d'autre  moyen  que  l'infanticide.  L'abominable  pratique 
du  meurtre  des  filles  était  générale  avant  que  les  Anglais  ne  devinssent, 
par  leurs  résidents,  les  véritables  maîtres  du  pays.  D'api-ès  un  rapport 
publié  en  1818  par  une  société  littéraire  de  Bombay,  huit  mille  familles 
d'un  district  radjpoute  n'avaient  pour  résidu  qu'une  soixantaine  de  filles 
encore  vivantes.  Telle  était  l'aberration  u'esprit  causée  par  cette  affreuse 
coutume,  que  certains  parents,  après  avoir  laissé  vivre  leurs  filles  jusqu'à 
Tâgc  de  la  puberté,  les  tuaient  alors,  afin  de  ne  pas  avoir  le  prétendu 
déshonneur  de  les  mésallier.  Une  seule  tribu  des  Radjpoutes  du  désort,  les 
Soda  musulmans,  était  restée  fidèle  aux  mœurs  humaines  des  ancêtres  en 
s'abstenant  du  meurtre  des  filles.  Aussi  les  Sotia  ont-ils  depuis  des  âges 
une  sorte  de  monopole  pour  fournir  d'épouses  les  nobles  du  Catch  et  du 
Radjpoutana.   I>!s  filles  de  race  soda,  ayant  une  grande    réputation  de 


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'  Tod,  AnnaU  of  RaJMthaR. 


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RAUJPOI  TES, 


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lM>aul«''.  «le  fniiv  ol  irinli-lli%'rn('<>,  |<>^  Hicfs  de  Iriliiis  fort  «''loifriKVsticniicnl 
à  lioim.-iii'  «l'alliT  i-h«'irlier  rfraiiii*  «l;iii>i  <•«•  piiys,  et  inôine  il  n'ost  pas  rare 
(|ii'ils  on'n-nl  "i't  «Ml!»  fninr>  |irnir  k-iir  iïaiim'.  Tandis  (|iio  dans  les  aiili'cs 
|tarli«-i  di'  l'Indi'  li-^  |>tTis  s«?  vanlciit  siMilcnioiil  de  Iciii's  lils,  les  Soda 
-ont  d'autant  idii-^  Tifr^  t\uih  |M>->v4'>4l«>iit  un  plus  «rrand  noniliro  de  filles'. 

I.<'  niani|Ui'  |u-i'«|ii«'  i*om|ilfl  de  frinmes  dans  los  tribus  radjpoulcs  du 
platriu  avait  eu  piMir  cons<>ijurn(-«'  de  faiit*  surgir  un  grand  n(unl)ru  do 
Irihus  inélissé»»s,  rndjpfiules  par  It^  |H.'iies,  Idiil,  mliaïr  ou  mina  par  los 
nioi-es.  Choz  ns  lribi:v  «  demi-sang  »,  les  mœui's  cl  los  institutions  étaionl 
li's  nièmi>s  que  chez  le^  Itadjpoules  d'origine  pure,  et  rinlanticido,  morne 
Its  satriliees  humain-,  >'y  pmliquaient  encoiv  rérommonl.  .luscpron  iNôô, 
on  avait  riiahiluded'égup^'er  un  métis  nidj|>oute  et  Itliil  toutes  los  fois  que 
le  i-ana  d'Oudaï|M)ur  se  préparait  à  passer  une  rivière  :  le  sang  do  la  victime, 
en  se  mêlant  aux  eau\,  devait  satisfaire  les  dieux  méchants  et  détourner 
leur  colère  de  la  tète  «lu  Mjuverdin*.  Parmi  les  ti'ihus,  quelques-unes  sont 
nominalement  de  foi  musulmane,  mais  leur  vie  se  règle  moins  par  les 
lois  de  l'Islam  que  par  l«'s  anciennes  coutumes.  L'opium,  l'une  des  prin- 
eipalos  nroltos  du  plateau  de  Malvva,  est  le  fléau  de  toutes  les  populations 
delà  conti-ée.  «  .Vvez-vous  pris  votre  opium?  »  telle  est  la  première  question 
«pi'on  s'adresse  en  s'abordanl'- 

Outiv  les  Ra(ij|K)Ute>  et  Ses  aborigènes,  des  représentants  de  toutes  les 
races  hindoues  se  pressent  dans  le  pays.  I.^  bralunines  y  sont  nombreux, 
el  c'est  une  de  leurs  familles  qui  tient  les  archives  de  la  noblesse  radjpoute. 
Fx^  grand  commeive  est  entre  les  mains  des  Sarawak  ou  Djaïna.  Dans  los 
campgnes  du  nord,  les  Djal  et  les  Goudjar  cultivent  le  sol  ;  à  l'est,  les 
lalHiureui-s  sont  aussi  des  immigrants  hindous  do  diverses  castes;  au  sud, 
les  koumbi,  les  Soudia  el  les  Koli  ou  Kouli  ont  colonisé  le  pays,  venant 
des  basses  terres  du  fioudzerat.  I>a  caste  dos  Grassia,  qui  s'airogoait  le 
droit  de  rançonner  tous  les  voyageurs,  est  ivpresentée  dans  le  Malvva  comme 
dans  le  Goudzerat  jKir  quelques  tribus;  mais  des  Tcharoun  y  vivent  aussi, 
di-scendants  tie  ces  guides  et  {latrons  inviolés  (pii  garantissaient  la  vie  el 
l'avoir  à  tous  ceux  qui  leur  étaient  confiés.  Avant  la  construction  des  routes 
et  des  chemins  de  fer,  tout  le  trafic  du  Radjpoulana  et  du  Mnlvva  se  faisait 
par  l'entremise  des  Bandjari,  nomades  dans  lesquels  un  grand  nombre 
(i'ellinologistes  anglais  voient  les  frères  des  Tsiganes  d'Europe.  Les  Band- 
jari, qui  s«'  distinguent  |iamii  tous  les  Hindous  par  la  beauté,  la  force  et 


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'  Barlle  Frere,  JomrH.ii  of  Ihf  Geoqraphkal  Soririy  of  London,  1870. 
-  Nalleson,  yalite  ttaUt  jj  India, 
''  Twl,  ouTrajc  cité. 


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l'iiiln'ssc,  siiiil  fiMislitiirscti  liibiis,  on  |iliitôt  m  riiniviiiics,  ii'iiyiiiil  tl'iiiiln* 
jtiili'it'  i|ii«>  It's  rliriiiiiis.  lit'  soiil  l(!s  ItiiiitljiM'i,  (ioliiir  on  |jiiiih:i<li,  i|iii,  de- 
puis un  li'iii|is  iiniix'inoi'iiil,  soiil  ('liiir};(''s  du  ti'iins|)oi'l  tirs  ;i|i|)n)visioiin('- 
niciits.  (ioiiiiiic  (lislrilxilfurs  tics  i^raius,  ils  ttnl  un  t-araclùrf  |)i'i'st|ui^  siit-it'; 
iiii^unt',  lorst|iii>  (It's  ^iit'i'i'fs  fivili's  tlt'>si)liiit'iil  les  ttMilit'u's  tlii  |)liilt>iin,  ils 
|toiiviiii'iil  liiiM'iscr  li's  arnit't's  sans  ciaiitli'.  Li's  ttinxtis,  t'ttin|tt»st5s  [larlois 
tlt>  plnsii'ins  niillici's  tlf  litinils,  stini  |M't'>('t'>ilt'>s  par  ini  lanrt>aii,  If  tlicn  dtr  la 
Irttnpi!,  convi'il  ilf  drapt'iit's  cl  d'orniMncnls;  f't-sl  à  ses  pieds  «piVin  ap- 
porte les  nialailcs  ptxir  leur  rendre  la  saiilt'*,  et  ipie  viennent  les  t'pon\ 
pour  eonsaerer  leur  union,  .lailis,  il  siillisail  aux  Itantijari  tl'allaelier  aux 
etH'nes  des  liiiMd's  la  liste  ties  niairliantlises  ipi'ils  portaient  pour  entrer 
dans  les  villes  sans  avtiir  à  ei'ainilre  la  visite  des  (It)uanicrs,  tant  l'Iiorint'- 
lel('>  des  niareliands  ntiniailes  était  rt)nn(ic\ 


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Dans 


Klat: 


s  t»ù  les  (ormes  extérieures  du  reyinie 


ftîotlal 


se  sont  niani- 


lennes,  les  villes  tnil  jiartlt'  l'apparenee  «fuerrit're  tpi'avaient  au>*si  tians 
l'Oceident  lt>s  eilt'ts  ilii  inoven  àfif.  Toutes  sont  tIes  capitales  tie  rt»is  t)ii  de 
sei^iiieins,  groupant  leurs  maisons  sur  les  pentes  tl'une  t-tdline,  aulttin- 
triine  eriMe  (mi  d'un  idoi'  isidt'î  tlt;  roeliers  tpii  porte  les  murs  ertineltis  et  les 
tours  d'nut!  l'orleresse.  A  élites  seules,  les  ronstriielions  pittorestjues  du 
eliàteau  seinideut  avtiir  plus  trinipoi'tanie  que  tout  le  reste  de  la  eitt's  chaos 
tlt^  masures  tl'tiii  s'i'lt'vent  t;à  cl  là  les  eouptiles  des  temples,  t^epcntlant,  en 
beaucoup  de  villtîs,  les  princes,  vivant  tlt'soruiais  en  paix  avec  leurs  voisins, 
sont  tiescendus  tIe  la  citadelle  poiu"  se  conslruii'e  un  |>alais  sur  les  pentes 
tIe  la  colline  ou  même  tIans  la  |)laine,  au  inilitui  de  la  vertiure  tics  parcs, 
sur  le  Imrtl  tics  élanj's  sacrt-s.  Les  faidwurf^s,  dt;  miMue  (pie  le  tpiarticr 
principal,  se  st)nt  hàtis  autour  do  la  résitlence  d'un  chef,  ttl  jusipit;  ilans  les 
canipajiues,  tics  khdthi  ou  ptilits  dtînies  supporttis  par  tics  ct»lonnes  rap- 
pellent aux  passants  la  f;loire  des  princes  radjpoutes  :  ce  sont  les  monu- 


ineuls  l'uiuM'aires  tilevt'îs  sur  les  cendres  des  rois 


lirùli's  jadis  avec  Ituirs  le 


mines  ( 


t  leur 


s  t^sclaves, 


et  d 


es  "l'antls  seigneurs. 


ans  son  i;iisi>mhle. 


ar- 


cliileclurt;  ratljpoute  prt'seiile  un  caracttîre  orijiinal  :  Itiiii  d'iHre  de  simples 
copies  des  édilices  du  l'antljal),  dt;  Delhi  ou  du  (îoudzerat,  les  |)alais  du 
lladjpoutaiia  ttnl  un  style  propre  unissant  la  simplicité  des  ••randes  lignes 
à  l'éléjiance  cl  au  fini  des  détails.  Un  des  traits  particuliers  do  cette  archi- 


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'  lidlicils,  /)('  Mhi  à  Rumbtiji;  —  Tod,  Aiiii(il.i  uf  Hujuslltan;  —  L.  l(ou!^suI(>l,   'l'ahleau  des 
fiici's  (le  riiitlf  leitlmle. 


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HANDJAHI,   MONT  AIHU. 


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liTtiii st  iiii  niiviMit  cil  loriii)'  <li'  ci'oissiiiil  <|iii  l'iiloiiri'  la  |mi'li('  sii|it>i'ii>iin! 

lies  IriitHrcs  iiii  hoitlc  hi  iiiiissaiici'  des  coiiimiI)»^. 

Le  lioiii';;  lin  iiioiil  AImiii,  Iii  rii|Hl:ilit  il'i'li'  ili's  Aii^liiis,  sur  un  Inii- 
liiii'i'  conn'ili'  |):ir  If  rinljnli  ili>  Sirolii,  rst  un  de  cfiix  i|iii  soiil  ilt-M'iins  Ii<s 
jiliis  riiini'iix  |i;ii'  liMii's  s|ilt>iiil('iii's  iiirliilcrhiiiilrs.  I,<'s  Iniipli-'i  <li>  iK'Wiiini, 
silui's  il  pri's  lie  "2  kiliniirtivs  an  nonl  tic  la  slalion  anglaise,  sinit  des  saiir- 


MIINT    Alinlt,    M.IION!)    I(  IN    SlSCITl' VIIIK    IIJIÏVA. 

ILissiii  iKi  Ti  iiil/will,'!',  (I'!i|iivs  uni'  pliulo^i'U'Iiii!  >l<!  MM.  Ilmini.'  ri  Slii'iihciil. 


Iiiaiivs  lijaïna  irniiesin<inli«!n'  ricliossc:  ilciix  siiiloiil,  ('(inslrnils  en  inailuc 
hhint',  lin  iiM/.ii>in(^  au  Iri'iziiîiiic  siiVIc,  soiil  îles  iiicivcillos  iriMiicmcnla- 
liini,  l'I  nnllc'  pari  (mi  lit;  voit  la  picirc  pins  ilrlicalcnu'iil  (nivram'c'.  Jaili>> 
l'une  ili's  pi'inci|)alus  rilés  di'  rindc,  Tt-liandravati,  sVdi'vail  dans  la  plaiiir 
an  snd-onosl.  du  mont  A  lion  ;  mais  on  n'y  voil  pins  (|ne  des  amas  di*  dé- 
nimlires  à  la  plaee  des  aiieiens  temples  ol  des  palais.  Sirolii,  elief-lien 
d'Klal  radjpoule,  eélèhie  par  ses  fabriques  d'armes,  occupe  un  conli-elorl 


Fui'gussoii,  Hiilonj  of  liiilian  and  Emlern  Architecliirc. 


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NDUVUM.K  (;!■(»(;  Il  M' Mil;  IMVI'.IISKI.I.K. 


iiii  iKii'il  (lu  molli  Aliiiii,  cl  (liin><  h'  vi)isiiiiip>  du  (litscrl,  iiviiiit-|i<>sti' des  Aii- 
filiii>,  In  villf  iri']i'iii|MMii',  iiiii"!  Miiintnn' |iiinlt's  (ils  de  la  <<  \rvU\  Kriii  »'. 
Mirvrillo  les  l'idiilirit'"- ilii  Miiiwjii'.  Siii  rime  dis  cirlcs  |t>s  |diis  Imiili's  dis 
Ai'iividi,  l'i  lll'J'i  nii'li'cs  d'alliliid**,  h  riii'l*>i'i>>.s<<  dtt  Kiiiiiiiniiliiiii'  c»!  un 
inonde;  de  haslioii^,  de  liiiM'>i,  di'  l<'in|drs,  dt>  |ialai>,  ciiiiiiiniit''  \y,\v  U'  Ita- 
doulnialiid  on  «  l'alais  des  iNiia^cs  ».  I.a  caiiilalt' aclni'llr  dn  Mrwar,  llndai- 
|Miiii',  ol  à  W'M,  |)ivs  dt!s  sonrt'cs  du  llaiias;  U>  cliciniii  d*'  l't'i'  du  Itadj- 
|ioiitaiia  l't'vilf,  |ioiir  conlouiiirr  les  i  ron|)i's  iln  inoiil,  AImmi. 

ha  ((  dW'  d(!  l'AuroiL"  »,  —  It-l  est  lu  st'iis  du  nom  d'dndya  |ioiiiii  (Ou- 


\'  m.  —  i'i.\rf;Ar  nu  MiPMf  \iiO(i. 


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diiïiioiir),  —  rsl  l'une  des  vilk-s  îModcincs  de,  l'Iiidi;,  car  clic  no  fut  hAlic 
(|ue  dans  la  dcrnicnî  nioilic  du  sci/iènie  siècle;  mais  clic  |)(»sscdc  lo  palais 
le  plus  vasic,  le  plus  cl<'';.^u«ii  lie  |tlus  somphieux  de  la  Péninsule,  con- 
sliiiclion  de  <;ianilelde  niarlt!»',  en  parlic  soiilcnuc!  par  des  ranimées  d'ar- 
cades; ses  (errasses,  ses  pavillons  ot  ses  jardins  s(!  rcllèlent  dans  un  lac, 
bassin  artiliciel  (pu;  rem(»lil  U'.  Hanas,  et  donl  les  eaux  vonl  récondcr  les 
jardins  cnvironnanls.  N(tn  loin  d'Ondîiipour  s'élève  Aliai-,  la  ville  des 
morts,  liàtie  sur  l'ein placement  d'une  anli(|ne  capilale.  (l'est  là  (|uo  les 
cendres  des  rois-Soleils,  descendants  d((  Hama,  sont  dé|)osécs  sous  des 
coupoles   de    marbre,  entre  des  colonnes  et  des  balustrades  brodées  de 


Glurilon,  ilon  vunaije  aux  Inde»  oiieiUaUs. 


MONT    Aiiui.   —   Vil.    i.\  r  iuiKi  lu:    »  in    nts    sam.i  i.niws    iuaIxa. 
Do«iii  (11'  llniTliiy,  il'iipn^s  iiiip  |iIm  lo;.'in|iliii'  ilc  M.M.  Ilouriic  cl  Sliopliciil. 


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TCIIITTOR,  ADJJIIR.  295 

sculptures;  ces  petits  temples  recouvrent  à  la  fois  les  bûchers  funéraires  et 
les  tomheiuix  des  épouses  royales.  Au  nord-iist  du  Mewar,  située  sur  le  Ha- 
iias  connue  Oudaipour,  est  une  autre  cité  de  ruines,  la  merveilleuse  Tcliil- 
t(ir,  le  «  Parasol  de  la  Terre  »,  (jui  fut  longtemps  la  ré'  "lence  des  souve- 
rains Sousoudia.  Thomas  Hoe,  ambassadeur  d'Angleterre  à  la  coin-  tlu 
(irand  Mongol  au  commencement  du  dix-se|)tième  siècle,  l'apporte  (pie  cetle 
ville  contenait  cent  mille  maisons  de  pierre.  L'ancienne  forteresse  cou- 
ronne le  sommet  d'une  colline  étroite,  de  5  kilomètres  de  longueur  cl 
d'une  hauteur  de  90  à  i'20  mètres  au-dessus  des  plaines  avoisinanles. 
l/espace  enfermé  dans  cette  enceinte  crénelée,  nanquée  de  grosses  liuirs 
rondes,  est  envahi  maintenant  par  des  ronces  et  des  arhres  épineux,  mais 
au  milieu  de  celte  jongle  se  dressent  encore  plus  de  trois  cents  édilices  en 
hou  état  de  conservation,  temples  et  palais,  colonnes  et  tomheaiix,  contras- 
tant par  la  splendeur  de  leur  architecture  avec  les  pauvres  tahanes  en 
torchis  des  habitants  actuels;  des  amas  (!e  décombres,  enguirlandés  de 
ronces,  couvrent  le  sol;  des  colonnes  et  des  slalues  gisent  au  bord  des 
étangs  d'où  s'élaii<>aieiil  autrefois  les  jets  d'eau  et  que  les  débris  ont  à  demi 
comblés.  Tcliittor,  «  bâtie  parle  grand  Indra  lui-même  »,  est  un  labyrinthe 
de  monuments,  tous  remarquables  par  la  beauté  des  proportions  et  la 
délicatesse  infinie  du  détail;  mais  le  prodige  architectural  de  la  ville  aban- 
donnée, le  Kliirat  kuoumb  ou  «  Tour  de  la  Victoire  »,  érigé  par  le  mi 
Khoumbou  au  commencement  du  seizième  siècle,  est  de  forme  ini!;pie  au 
monde  :  aucune  autre  tour  de  victoire  n'a  pu  lui  servir  de  modèle;  c'est 
un  prisme  de  07  mètres  de  hauteur  et  de  10  niètrcvs  de  côté,  divisé  en 
neuf  étages  à  colonnes,  séparés  les  uns  des  aulies  par  des  cordons  sculptés 
et  surmontés  par  une  sorte  de  t';<e:  l.i  (ùerre  du  monument,  taillée  en  re- 
lief, s'est  ornée  de  niillie"    de  ;  i   lOi-'s'. 

La  ville  de  T(uilaïti,  y>iuée  à  la  !)ase  du  rocher  de  Tchillor,  a  succédé  à 
l'ancienne  capil;.!e,  î;v.is  elle  n'a  point  d'imporlance.  L'activité  lomnier- 
ciale  du  pays,  conccittrée  jadis  dans  la  ville  de  Uhilwara,  au  no"".!  de  Tciiil- 
lor,  s'est  portée  au  sud,  vers  la  ville  militaire  anglaise  (  '^"  .•■itcb,  can- 
tonnement central  du  pays  des  Hadjpoutes  entre  ia  vallé(!  du  ll;iiias  et 
celle  du  Tchainbai.  Au  nord,  dans  la  régijn  des  Aravali,  la  cité  ma.'tresse 
est  aussi  une  ville  anglaise,  raiili(pie  Adjniir  (.\diami;'.\),  deveniu'  capitale 
de  renc'avc  britannique  du  Mhaïrwara  et  point  de  convergence  de  trois 
ch(>mins  de  fer  (pii  pénètrent  dans  le  nudjpoutaiiji.  t/e-l  une  ville  de  ba- 
zars, de  même  que  sa  voisine  Nasiri'bad,  et  (piiiIquev-iMis  des  palais  que 

'  TuJ,  Annal»  of  HajiuUum  ;  —  L.  ttuu&i<ul«:i,  Lln'U    ta  Raïahs. 


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NorVEI.LE  GÊOGRAI'IIIE  UNIVi:HSKI.I.i:. 


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les  mairliiinds  djaïna  y  ont  conslruils  rm'iiiintMil  dans  le  s(yli^  radjpoiilc 
flciii'i,  sont  parmi  los  plus  soinplueux  do  l'Inde.  Adjinir  a  peu  de  nio- 
nmneiils  anciens,  mais  ceux  qui  existent  sont  dijines  de  se  comparer  aux 
palais  de  Tcliiltor,  et  de  plus  Adjmir  a  la  Iteaulé  que  lui  donnent  les  col(>:iu\ 
environnants,  son  lac  bordé  de  pavillons  et  de  terrasses,  ses  îiosipiels,  ses 
champs  de  rosiers,  le  «  Jardin  de  la  Splendcuir  »  où  les  empereurs  mon- 
gols avaient  élevé  leur  château,  devenu  maintenant  la  résidence  du  gou- 
verneur britannique.  Une  ville  de  santé  groupe  ses  maisons  de  plaisance 
autour  de  la  forteresse  de  Taragarh,  dominant  la  cité  de  40(1  mèlres.  Dans 
les  environs  d'Adjmir,  à  l.j  kilomètres  à  l'ouest,  sui'  les  contins  du 
désert,  est  une  autre  merveille  de  l'ilindouslan,  le  lac  sacré  de  Pocli- 
kour,  nappe  de  Ibi'me  ovale  entourée  de  collines  et  de  dunes  :  c'est  un  des 
lieux  de  |)èlerinage  les  plus  fréquentés.  Les  brahmanes  qui  en  habitent  les 
palais  se  sont  enrichis  de  li-ésors  apportés  de  toutes  les  parties  de  la  Pé- 
ninsule; avant  d'être  ruinés  par  les  guerres  et  d'être  foi'cés  à  l'économie 
par  la  surveillance  jalouse  du  gouvernement  anglais,  lespriiu-es  i-adjpoutes 
rivalisaient  de  pi'odigalités  envers  les  gardiens  du  saint  lieu.  Le  lac  est 
entouré  de  temples,  de  pavillons,  de  tourelles,  de  galeries  surplombant  les 
eaux,  d'escaliers  baignant  dans  le  flot'  leurs  degi'és  de  marbre  blanc; 
même  d'anciennes  constructions  se  montrent  sous  le  niveau  actuel  du  lac 
sacré.  Adjmii'  est  la  cité  liltéi'aire  du  Radjastan  et  le  gouvernement  an- 
glais y  a  fondé  deux  collèiies  qui  sont  |)armi  les  élablisscuuents  d'instruc- 
tion publitpie  les  plus  importants  de  l'Inde  :  l'un  d'eux,  le  Mayo-college, 
est  une  d(!  ces  écoles  aristocratiques  où  l'on  ne  recjoit  (jue  des  lils  de 
ladjahs,  dressés  à  une  vaniteuse  sujétion  pai'  leurs  professeurs  eui'opéens. 
Djaïpour  n'a  pas  été  choisie  par  les  Anglais  comme  centre  administratif 
du  Hadjpoutana  et  n'est  que  la  capitale  d'un  petit  Ktat  médiatisé,  mais  elle 
n'en  est  pas  moins  la  cité  la  plus  populeuse  de  tout  le  plateau  et  se  vante 
d'être  le  u  Paris  de  l'Inde  »,  la  ville  la  plus  élégante  et  la  mieux  tenue  entier 
l'induset  le  Gange'.  Fondée  en  17*29,  elle  n'a  point  l'apparence  pittoresque 
des  autres  capitales  du  Hadjaslan;  elle  est  bâtie  dans  une  plaine,  qui  pa- 
raît avoir  été  un  lac,  et  ne  montre  que  çà  et  là  des  sommets  d<(  tours  et  de 
lenq>les  au-dessus  de  ses  remparts  crénelés,  peints  en  rouge.  A  l'intérieui'. 
elle  est  divisée  en  îlols  réguliers  par  de  larges  rues  ((ui  se  coupent  à  angle 
droit;  toutes  les  maisons  sont  en  granit  ou  en  marbie.  Si  la  ville  elle-même 
est  bâtie  sur  un  plan  monumental,  aucun  édifice  ne  se  distinguer  par  le 
style  ou  la  magnificence;   le  vaste  palais  n'est  qu'iui   amas  de  bâtisses 


Drew  Giij ,  h'rom  Ihe  l'all-iltitl  lu  tlie  Peiijtmh. 


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DJAIl'Oril,  A.MIIKH. 


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sans  goAt,  niiiis  s'élcvant  au  milieu  d'admiroblirs  jardins;  la  principale 
cnr-iosité  d»;  la  ville  est  l'observatoire  qu'élablit  Djaï  singh,  le  construcleur 
de;  la  cité.  Les  monuments  remarquables  se  trouvent  dans  l'ancienne 
capitale,  Amber,  située  à  7  kilomètres  au  nord-est,  sur  le  versant  oriental 
des  «  monts  Noirs  »  on  Kali  klio,  et  réunie  à  la  cité  moderne  par  une  lijine 


N»   61.    —   WAÏlHlim   KT    AIIBKH. 


'<'aprç5l  Indian  Atlas 


II)  kil. 


de  fortifications.  Cette  ville  fut  jadis  la  «  Mère  Univei-selle  »,  la  «  Heine  des 
Montagnes  ».  Abandonnée  maintenant  aux  fakirs  et  aux  singes,  elle  est 
d'autant  plus  belle  que  ses  coupoles  dorées,  ses  pavillons  multicolores 
sont  à  demi  cachés  par  la  verdure;  les  dalles  de  marbre  sont  descellées  par 
les  racines  des  arbres,  des  lianes  s'enroulent  aux  colonnes,  l'eau  des  fon- 
liiines  s'écoule  en  filets  serpentins  à  travers  les  salles,  entre  les  mui's  dé- 


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NOIVKLLE   OÉOGRAPIIIK   UNIVERSELLE. 


forés  tl'ivniivs  ol  tic  liois  pm-iciiv.  Niilli'  pari  In  nnliiiv  no  rohausso  plus 
rlriiaiimn'iil  la  liiàrc  de  cclU'  sdiiiptiii-iisf  aicliilrrlinr  i|iii  a  l'ail  tlii  Had- 
ja<laii  rime  di-s  Icrri's  promises  de  l'artisU*.  Los  rili-s  du  nord,  voisines 
d»'s  plaiiii->-  lU'  la  Djainiia,  Alwar  (Oïdwoiir).  Dijï,  IUiar(|>oiii-  ou  IJIia- 
ratpour.  la  cilo  (lu  roi  léj^endairc  liliarala,  ont  aussi  d'atlminihles  palais. 
Ii-s  uns  ruinés,  les  aulros  cucorc  dt'lioul.  La  lorlfrosso  do  IJliarlpour  ré- 
sista loniih-nips  aux  Anglais  :  i-n  iM'iG,  ollf  no  lut  réduite  tjue  |)ar  une 
armée  di-  HU  (KHI  hommts. 

A  l'orienl  du  Itadjpuutana,  le  bassin  du  Tchambal  e>l  à  p'iue  moins 
rii-lieen  eou>lruelions  mouumenlales  eneore  liahilées  ou  laissées  aux  hèles 
fauves,  l/une  des  eilés  abandonnées,  Mandou,  est  unitpie  par  son  étendue 
et  la  Insmlé  de  sa  position.  Située  sur  un  promonloire  méridional  des  Vin- 
dliya  <pii  s«'  rattat-lie  au  ntassil"  par  une  étroile  arèle  el  domine  de  .'lOO  niè- 
tivs  la  prol'i;  '  valii'"  mi  serpente  la  Narbadali,  Mandou  n'a  pas  moins  de 
•»!»  kiloméir*  ■•  de  tour;  elle  (teeupe  un  espaee  deux  l'ois  aussi  considéraldo 
ipie  Puis,  mais  il  ne  m'  trouve  plus  dans  l'enceinte  qu'un  petit  villaire  perdu 
r.u  milieu  •  U,  >>,  rpielipies  Bliil  sauva;ies,  des  reli>.'ieux  mendiants, 
S4^nl  les  seuls  lialuianis  humains  de  ce  ipii  fut  la  capitale  du  Malwa,  el  des 
li;!F"es.  des  léopards,  des  ours  ffilenl  sous  les  fourrés  au  milieu  des  décom- 
bivs;  le  |dateau  est  changé  en  un  immense  pare  dédiasse.  Ce|»endant  il  y 
reste  encoiv  de  l'orl  beaux  édilices,  palais  et  mosquées,  el  surtout  des  baoli, 
étages  su|>erposés  de  galeiies  à  colonnes  qui  descendent  dans  les  profon- 
deuiN  d«' ia  roche  jusqu'à  l'eau  courante.  C'est  dans  la  première  moitié  du 
seizième  si«Vle  que  Mandou  penlil  son  rang  connue  chef-lieu  du  Malwa. 
Au  siiVie  suivant,  Djehanghir,  le  souverain  mongol  qui  appréciait  le  |)lus 
le>  Ikmux  sites,  transféra  pendant  «pielque  temps  sa  ivsidonce  sur  le  plateau 
de  Mandou.  mais,  après  le  passage  des  ravageurs  mahrattes,  la  ville  fut  di*- 
linilivemenl  abandonnée:  ses  marbres  sont  employés  à  faire  de  la  chaux 
pi»ur  les  consiruclions  de  Dhar,  petite  ca|)itale  d'Ktat,  bâtie  au  nord  sur  un 
ailluent  du  Tchambal. 

Imlor.  cité  ile  fondation  récente,  est  maintenant  la  plus  prospère  de  tout 
le  bassin  du  haut  Tchambal.  (ihef-lieu  de  l'une  des  plus  puissantes  j)rin- 
cipautés  niédialisévs  du  plateau  de  Malwa,  eUe  est  devenue  le  centre  du 
commeive  d'ex|)édition  de  r(q>ium;  «'u  1878,  elle  en  fournil  au  gouverni"- 
uienl  anglais  pour  une  somme  de  plus  de  '20  millions  de  francs.  Indor  est 
le  "«ièiie  d'un  de  ces  collèges  de  radjahs  où  les  lils  souverains  indigènes 
apprennent  leur  rôle  de  feudalaires  anglais.  Mliao,  l'une  des  stations  mili- 
taiix's  l«»s  plus  considéiables  de  l'Inde,  surveille  au  sud  la  |dace  d'indor  el 
se  rattache  par  un  chemin  de  fei'  aux  cantonnements  principaux  du  Hadj- 


MANDor,  iNDon.  nrnjEïN,  roiniu,  c.wai.ior. 


301 


poilinna,  Nimntcli  cl  Nnsiraliad.  Ce  clicniin  do  l'cr,  coiislniil  surtout 
coinuic  ligue  stratégique,  laisse  de  côté  la  ville  la  plus  importante  de  la 
coiitiéo,  l'une  dos  «  Sept  villes  saintes  »  de  la  l*éninsulo,  la  rameuse  Oud- 
jfin,  où  régna  le  plus  célèbre  ties  souverains  connus  sous  le  nom  de  Vikra- 
Miiidityn,  celui  dont  la  naissance  est  le  point  de  ilépart  do  l'ère  hindoue, 
(l'est  par  la  ville  d'Oudjeïn  que  les  géographes  de  l'indo  lra(;aienl  leur  pre- 
mier méridien  pour  le  diriger  au  sud  vei-s  Lanka  ou  Ceylan,  au  nord  vers 
le  mont  Mérou'.  Ujaï  singh  y  établit  un  observatoire  pour  en  compan>r 
les  calculs  à  ceux  «le  Djaïpour,  do  Delhi,  de  Rcnarès.  Les  ruines  de 
l'ancienne  ville  d'Oudjeïn,  perdues  au  milieu  des  jardins,  se  voient  au 
nord  de  l'enceinte  actuelle;  cejwndant  on  montre  près  du  palais  une  porte 
(pie  l'on  dit  avoir  fait  partie  du  château  de  Vikramaditya.  Sur  le  Tcham- 
lial  moyen,  |)rès  tles  Icltanli  ou  «  remous  »  fameux  que  forme  cette  rivière, 
le  grand  temple  de  Barolli  n'a  laissé  que  des  fragments;  mais  il  en  est  d'ad- 
mirables, entre  autres  des  colonnes  dont  les  fûts  sont  formés  de  quatre 
statues  de  femmes*.  A  l'ouest,  Boundi,  la  résidence  d'un  souverain  radj- 
poule,  est  dominée  par  un  ensemble  de  palais  qui  rivalisent  en  beîiuté  tivcc 
ceux  d'Oudaïpour. 

L'Étal  médiatisé  le  plus  considérable  de  cette  région  de  l'Inde  est  celui 
que  gouverne  la  dynastie  des  Sindhya,  descendants  de  «  porteurs  de 
pantoufles  »  mahrattes,  devenus  les  concpiérants  du  Uadjpoulana  septen- 
trional. Sa  capitale,  la  cité  de  Gvvalior,  est  située  à  une  faible  distance 
des  plaines  de  la  Djamna,  entre  les  vallées  du  Tcbambal  et  du  Sindh. 
Au-dessus  de  la  ville  ou  plutôt  dos  deux  villes  distinctes,  du  nord  et  du 
sud,  se  dresse  un  rocher  do  grès  d'une  longueur  d'environ  2500  mètres, 
sur  500  de  largeur,  et  dominant  les  campagnes  de  plus  de  100  mètres 
à  l'endroit  le  plus  élevé  :  en  quelques  parties  de  la  roche,  les  parois  sont 
verticales  ou  même  surplombantes.  De  tous  les  blocs  de  pierre  isolés  qui 
parsèment  la  contrée,  portant  chacun  sa  forteresse,  aucun  n'était  mieux 
disposé  pour  recevoir  une  vaste  citadelle,  et  les  travaux  de  toute  espèce 
entassés  sur  cette  roche  montrent  que  les  habitants  du  pays  surent  ap- 
précier l'importance  stratégique  do  la  position;  ils  furent  également  frap- 
pés do  la  beauté  de  ces  parois  blanches  contrastant  avec  les  cultures  et  les 
maisons  do  la  plaine;  des  figures  colossales  de  dieux,  taillées  en  relief  dans 
la  pierre,  témoignent  de  leur  vénération  pour  ce  lieu  sacré.  Depuis  le  hui- 
tième siècle  de  l'ère  vulgaire,  le  fort  construit  sur  la  roche  de  Gwalior  est 


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'  Roinniid,  Mémoire  iidor,raphique,  historique  et  scientifique  sur  flnde,  1849. 
-  Tud,  Anmils  of  Rajatthan. 


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un  (le  cnix  <|iir  \v-  iiiiiilii-  de  l'Iiiili'  >^'  »itiil  tli-|Mili'->  iivii-  !••  plii»  irachiir- 
nciiifiil,  cl  diiiixi'- ili'riii«'i-<  li'iii|i-  lf>  .\ii;il;ii»  \  oiil  ;ijiiiil«''  il'iiiilii-^  iiu- 
vni<;t>s  (le  dt'l'i-iiv.  I  ii  iidiiiiriililc  |)iil:ii«,  lonslniil  ii  m  •.'niiiili- «.'■|hn|iii>  ilc 
l'arl  liiiiiliMi,  t-'f-|-à-<lii'c  à  l;i  lin  du  i|iiin/ii-nif  et  au  romniciK-iuicnl  du 
><t'i7.u''nu'  sit'clf.  ((luniunr  uni'  parlir  du  luclu-r  cl  m-  latlache  à  dauln-^ 
(■(Uislriictioux.  qui  foiiiit'iil  avit-  leurs  luni»,  l«'ur>  pavilltui^  d'anult-,  Iimii-^ 


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dômes,  leurs  leiTa*>-es  à  ruiunnes,  leuiN  farades  ouviaj:r'es.  l'ensoinhle  d'éili- 
liccs  le  plus  |)itlitivM|ue  de  l'Inde.  IVs  (eni|deî>  djaïna,  \ichuouïte>i.  sivaîle^. 
appailenant  à  diverses  ép^pie<.  font  aussi  partie  du  vasle  musée  arehili-»- 
liH'al  de  dwaliiii'.  et,  dans  l'intérieur  uièuiedu  rocher,  près  d'une  lentaiue 
d'excavaliniis,  le>  unes  siniple^  nitlie-,  le>  autres  s».  pi-tdun<.'eonl  en  f:a- 
leries,  renrernienl  de  eurieu-^-s  >culjttures  djaïna,  dont  l'une  n*a  pas  uioin- 
de  17  uièlres  en  hauteur.  Li  \ille  militaire  auulaise  de  Morar.  silu*^>  dans 


•.\V\LlnH.   >n|NM;Altll. 


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l.i  |>liiiiii- l'i  0  kiliiiiH-lii-^  ;'i  l'i-^l  «lu  rixlicr  il«' liwiiliiir,  xirvoillc  lu  rii|Mliilr 
•  In  ^illllllia.  \ii  -iiil-<-i.  les  .\n::l:ii<  oui  aii>>i  i-liiltli  des  ciiiilniiiM'iiiniK 
iiiililiiii-i-<  \nv-  tlr^  xillc^  ili-  |lli:rli\a  cl  île  Hjlniiisj.  l/iiiit'  cl  l'iiiiliv  sont  do- 


|k— in  tl-  Tk-mo-L  -T»!*»^  un'  i<tii>l<>i:ni[ihii-  iti-  M.  liiiu^M'Iit. 

miiiws  par  tle<i  iwlie-  |Htrtanl  ir.inli<|iies  forleivssos.  A  dix  kildiiièlros  au 
noiil-iuiesl  de  ilhaliya.  -iir  nue  odliiie  eiilomée  de  blocs  é|iars,  se  drcs- 
»eiil  les  qualre-viiiuls  !».»ni|de^  djaîiia  du  Siuna<,rai'ii  ou  «  Ciiàleau  d'Or  », 
daUint  de  diverse:»  époques  depui»  le  Ireizièiiie  siècle  et  dilléreiils  les  uns 


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(les  nulri's  piir  le  slylc  :  lu  li<>ii(>  d'Iioi'i/oii  est  rompue  par  des  cunlninns  de 
coupoh's,  de  cliati-yas,  de  flèrlius,  de  cloclieloiis,  de  d«)ines  à  buli)e  coinuu' 
ceux  des  (''<ilises  russes'. 

Des  muiiiiiiieiits  plus  anciens  que  ceux  de  «îwalior  altirenl  les  voyageurs 
dans  la  iiaule  vallée  de  la  llelwa.  Là  se  trouvent  les  restes  de  l'areliitectuic 
bouddhique  les  plus  cnnq)lets  et  les  plus  curieux  du  l'Inde,  et  quelques-uns 
dépassent  même  pour  le  Uni  des  scidplures  tout  ce  qu'ont  l'ail  à  d'autres 
époques  les  artistes  de  la  l'éiiinsule.  Knli'e  les  deux  villes  de  llliopal  et  de 
Itliilsa,  célèbre  par  ses  champs  de  tabac,  s'étend  un(^  région  presque  inha- 
bitée où  se  groupent  par  massifs  distincts  une  soixantaine  de  stoupas  boud- 
dhiques, découvertes,  pour  ainsi  dire;,  en  18'22,  par  des  voyageurs  anglais. 
Ces  hauts  monticules  artiliciels,  auxquels  on  donne  généralement  le  nom 
de  Bliilsa  tnpcx,  n'étaient  certainement  jioint  les  plus  grands  qu'eussent 
élevés  les  bouddhistes,  car  l'histoire  en  mentionne  plusieurs  dont  les  dimen- 
sions étaient  autrement  considérables;  mais  les  monuments  grandioses 
qui  se  trouvaient  dans  les  plaines  ou  sur  les  chemins  de  complète  n'ont 
j)U  éviter  la  destruction;  les  pierres  et  les  briques  de  ces  stoupas  sei-vireiil 
à  élever  des  tenq)lcs  hindous  ou  des  mosquées  musulmanes,  tandis  (pie  les 
tombellcs  de  lihilsa,  situé(îs  en  dehors  des  voies  historiques,  au  milieu  des 
l)opulalions  sauvages,  rest(!rent  pendant  des  sièehîs  protégées  par  la  j(mgle*. 
La  principale  stoupa  est  celle  de  Santchi  :  c'est  un  dôme  hémisphérique  de 
phis  de  100  mètres  de  tour,  (jà  et  là  coupé  de  lézardes  dans  lesquelles  les 
arbrisseaux  ont  inséré  leurs  riicines;  un  cordon  circulaire  permettait  jadis 
aux  fidèles  de  faire  processionnellemenl  le  tour  de  l'édillce  et  de  le  décorer 
de  fleurs.  Des  piliers  richement  sculptés  se  sont  écroulés  sur  les  terrasses 
exl«rieures,  mais  il  reste  encore  une  gi-ande  partie  de  la  ciciture  en  pierre 
qui  formait  l'enceinte  sacrée.  Deux  des  porches  d'entrée  sont  encore  de- 
bout et  l'un  d'eux,  presque  entièrement  conservé,  (h'ploie  la  séri(î  merveil- 
leuse de  ses  sculptures  r(!préscntant  des  éléphants,  des  lions,  des  chimères, 
des  dieux  et  des  emblèmes  divins,  et  surtout  de  précieux  documents  his- 
toriques, des  cérémonies  religieuses  et  civiles,  des  scènes  de  mœurs  lo- 
cales, toute  la  vie  populaire  de  rilindoustan  bouddhique,  il  y  a  plus  de 
deux  mille  anmîes.  Les  porches  de  Santchi,  imités  évidemment  d'anciens 
portails  construits  en  poutres  équarries,  se  retrouvent  sous  une  forme 
à  peine  modifiée  en  Chine  et  principalement  au  Nippon  :  ce  sont  des  tnriyi, 
semblables  à  ceux  qui  se  trouvent  à  l'entrée  des  temples  de  Naïtsi  ;  sans 


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'  L.  Koussclet,  L'Indu  des  Hajuh». 

*  Fergussuii,  Ilistonj  uf  Indian  and  Euslcrn  ArdiilSitun 


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SANTCIII,  SACAR.   ItlIARAIIOUT.  3(i;> 

It's  mnnumonfs  do  Rhilsn,  on  aurait  ('lé  Icnli'  de  donner  aux  loriyi  japonais 
une  orii^inc  localo  on  polynésionnc.  Panni  les  nomlnvuses  anli<|iiil('>s  du 
pays  d«»  Bhilsa,  il  on  est  anssi  (pii  so  nipporU'nl  à  d'antres  religions  «pie 
celle  de  liouddha  :  telles  sont  les  j,M'ottes  sculptées  d'Oud^'liiri. 

A  l'orient  de  la  Hetwa,  dans  le  lrian}i;lt>  fornié  |)ar  le  (iaiiffe  et  la  Sono, 
lioanconp  d'autres  chefs-lionx  de  districts  an^flais  on  capitales  de  petits 
Klats  ont  de  l'importance  par  leurs  produits  on  I(Mir  conunerce,  ou  pos- 
sèdent quelques-uns  de  ces  beaux  édificcis  qui,  dans  tout  autre  pays  moins 
riche  en  monuments  superlxîs,  sui'iiraient  à  la  {gloire  d'une  cité.  Safiar, 
l'une  des  jurandes  stations  militaires  des  Provinces  Centi'ales,  a  ses  temples 
et  les  vingt  tours  do  sa  ibrloi'osse  so.  reflétant  dans  l'eau  d'un  lac.  ïcliatar- 
pour  groupe  ses  maisons,  ses  papeteries,  ses  fabriques  do  couteaux  autour 
(les  ruines  d'un  palais.  Kadjrahn,  cité  déchue  qui  l'ut  l'une  d(!s  plus  puis- 
santes do  l'Inde,  dresse  encore  dix-huit  temples  on  gnss  jaune,  parfaitement 
conservés,  qui  sont  des  merveilles  de  sculpture  '.  Naogaon  (Nowgong),  le 
cantonnement  militaire  du  Boundelkhand,  a  pris  rang  parmi  les  cités 
commerçantes;  Hewali  possède  des  gisements  de  charbon:  Pannah  et  [du- 
sieurs  des  villes  do  la  contrée'  exploitent  des  bancs  do  cailloux  diamanti- 
fères situés  pour  la  plupart  à  plusieurs  mètres  au-dessous  du  sol  :  la  va- 
leur des  diamants  que  les  mineurs  envoient  chaque  année  aux  bijoutiers 
d'Allahabad  et  de  Bénarès  est  d'environ  1  500  000  francs '.  A  l'ouest  de 
Hewah,  près  du  chemin  do  1er  d'Allahabad  à  Djal)alpour,  MM.  Cunninghnm 
et  Beglar  ont  découvert  en  1872  les  restes  do  la  stoupa  bouddhi(iue  do 
Bharahoul,  dont  la  balustrade  est  couverte  de  figures  représentant  des  traits 
de  la  vie  do  Bouddha  et  des  scènes  do  mœurs  ;  presque  chaque  pierre  a 
son  inscription.  Parmi  les  monuments  de  l'Inde  ancienne,  il  n'en  est  pas 
qui  soient  plus  utiles  pour  reconstituer  l'histoire  des  premiers  âges  boud- 
dhiques'. 


•  L.  Rousselel,  L'Inde  de»  Rajahs 

*  Villes  principales  du  plateau  euinpris  entre  les  Ai-avali,  le  Gange,  la  Narbri;  l'i  il  la  Sone 

RADJPOUT.VMA. 

njaïpour 137  850  liai). 

liiiarlpour (il  400     » 

Alwar 52  350     » 


Oiulaïpour 40  000     » 

Kiçr 20  000     :> 

lîTATS  ni;  5IAI.WA  El   IIU  D(IUNDKI.KIIA>D. 

Gwalior 200  000     » 

-  Rail,  The  Diamomh,  Coal  and  Gold  of  India. 
*  Heiwrls  of  Ihe  Surveys  in  India  for  1872-1875. 


VIII. 


Dhaliya 

Djhaiisi I 

Uliilwara 

Rcwali 

VII.LF.S  ANai.AISFS. 

Sagar,  eu  1872 

Adjinir,  en  1870 

Na^irahad    »       


40  000  liai) 
:^0  000  » 
15  000  >< 
10  000     » 


45650 
.'il  150 
20  100 


30 


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VIII 

iiAssn   iiii  r.ANfiF. 

nii.  m,   l'nnviirr»  nu   •  MOnD-iii'fsT  •    »*>-   KDiiiAn»   it  r.  »hiiwii.  ,  n^Mprmn,  *•  t'iAii, 

niNiiAi.t:  iNKMiii.C'ii    yy   iiki;\      im    ri  ii  i  iim  vimiiitii  «. 

Lu  |)liiin<>  iill<Mi<.M'>i'  i|iii  snil  la  l)iisi'  ilc  l'Iliiniilaya,  îles  |)iir'lt>s  de  la 
Djairina  t>l  du  (ian^'o  aux  Iimics  alliiviiilcs  i|t>s  Sainlcrltaii.  coniiinMid  un 
(>s|)a('c  à  |M>ii  |Mrs  aussi  nMisidt'ialilf  <|uc  la  l'iaiict',  mais  (die  est  Idcii  auli-c- 
ux'mI  |iru|di'-<<.  l'ivs  de  ccnl  iiiillioiis  d'Iiahilanls  s'y  Innivt'Mt  rounis  :  à 
|)ni|i()i'lioi)  t''<i\\\i\  rcnsciiddt'  des  ivifioiis  ntiiliuciitalcs  |MMiri'ail  iiouriir 
|dus  d(!  '2.'*  inilliiit'dsd'iiidividiis'.  l'oui-lanlci'lhM'ontiVH'csl  «'iicorcloiii  d'rlrr 
rouvcrio  dcM'ullurcs.  KiilitUcs  cduis  d'eau,  les  (nixar,  vastes  élenducs  de 
lenains  situées  au-dessus  du  niveau  des  ciues  ei  privées  d'irri^alidu. 
sont  autant  de  solituiles  se  (ouvrant  de /v/*,  eriloicscences  salines  qui  res- 
senddent  à  la  neiue;  dans  le  voisinait;  du  ii\",\iu\  ileuve,  l(>s  eampagnes 
délaissées  par  le  eoui'ant  siuit  |>arseniées  de  mnrécajjcs  au  nii'ieu  s(|UeU 
le  ndlivateiir  n'use  s'aventurer;  enfin,  dans  la  ré<rion  basse  d  clies 

lluviales,  une  part  considéralde  du  sol  se  compose  de  terres  à  diMin  ..oyées 
(pii  ne  sont,  pas  mémo  assez  résistantes  pour  porter  les  eahanos  de  l'homme, 
l/ensendde  de  la  eontrée  n'est  pas  encore  approprié  aux  besoins  de  eeini 
<pii  riiabilr,  et  plus  d'unt^  l'ois,  dans  le  coiu's  de  l'histoire  moderne,  lt> 
mancpie  de  eanaiix  d'arrosenient  a  eu  pour  cousé'cpienre  de  terribles  la- 
mines. Kn  revanche,  un»!  sé-ric;  de  bonnes  récoltes  l'ail  aM;inienier  rapide- 
ment la  population  :  pendant  les  dix  dernièivs  années,  de  l'irrr  à  l'autre'  re- 
censement, la  présidence  drr  |{erit;ale  s'est  accrue  de  près  d'rrn  million 
d'hommes  par  an. 

]r.  (laiifio  —  on  plirtôt  la  (larifia  —  est  la  «  Hivièr'C  »  par  excellence.  A  la 

<  l'Iiiiiios  (In  rinn<,'c  pl  ilc  In  Djaninii,  on  1872  : 

SlIlM'HirU'.  I'<>|>lll.'lli<ill.  l'o|Mll,'iliilll    kiliilllrll'. 

Ilollii 1 1  ilM)  kii.  carrés.  1 '.ll(U2()  liai)  llil)  liali. 

Aniiilli (12ir)7  »  l|2'J2'->in  ..  180  « 

l'niviiin'sdii  «  Niiid-iiiiisl»  181011  •  ."0  0.">7  000  »  I0,">  » 

KaMi|Hiiif 2  ii7  ..  :)07  010  i.  208  » 

lli'liar 10!)  8.").'.  ..  I0  7.Î0  100  «  180  » 

IttMigalc,    iridiiis    le    Siii<;|i. 

Iioiiin  er  les  disliicls  du 

ltralinia|i(iiiri'a 101  18!l  »  20ri810r)0  «  I  iO  « 

Kiispinhif  .    ,    .    .       r)C1  I.V.)  kil.  carrés.       !)0  101  200  liah.  llil  Iial>. 

Popiilalinn  iipproximalive  cri  1882  .  100000  000     n  178» 


^ÉLàL, 


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iiA.NliK   Kl'  CAWL   lll    [KIAII 


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|tiii'l(>  (to  lliirdwiir,  ui'i  srs  isiiin  l'iilrciil  ihiiis  hi  |iliiini',  à  Till  iiirlit's 
il'iilliliHlr,  lt>  (iiiiipii- *'sl  ili'jà  nii  nMii>  irriiii  ((Hioiilt'i'iil)!)',  rnriiit'  |iiii'  l'Aliik- 
Miirnlii  r\  la  Kliii^^iiiili,  Icn  ilt-iix  <>iiii\  siiifilrs  iiiilli>siiiil  «liiiis  If  inic^sii'  liiiiia- 
liiyii  tldiil  l<<  Tliai'lii>^a<^ai'iMi  Mmia  rs|  le  "-oiiiinrl  le  plus  iiiaii'shn'iix,  mai» 
iiiiii  If  plus  ('liar;^!'^  di'  glaces.  hcsciiiltMitalmiis  (l'iiii  l'aiMo  loiiiia^r  priivciil 
n'iiiiiiitcr  l(>  llciivc jiisi|irà  la  piulc  i|*>  l'iliiiiala^a,  i|ii(ii(|ih>  plus  ilrs  ciiui 
sivirincs  ilii  ilôltil,  iiKiyrii  siiinil  «It'vi-i'scs  «laiis  It;  ciinal  d*;  navigation  i-l 
iraiTuscinenl  qui    s(>    laniilic   m    de    iiondireiises  rigides  (iaii»  h*  doal». 


v  e\)    —  CMIWX  w  liOAB  i;\Sii;i.Tigll.. 


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(le  canal,  (|iii  va  rcjoiiidn'  It;  llcnvi!  à  Kai)p(Mir  ((lawiiporu),  \pirs  avoir 
irrigué  un  ospacc;  d(!  plus  de  l<S(IO(l  kilonirlics  carrés,  csl  li;  li-avail  de 
ce  genre  le  plus  iniportani  (|ui  exisic  :  son  irouc  |)riucipai  a  4!l!l  kiloinèlres 
de  loiigueiii'  en  ligru>  droile,  cl  h;  (h'diil  moyen  du  coui'anl,  à  la  première 
porle  d'écluse,  esl  do  "J.")!)  uiôlres  culies  à  la  seconde;,  près  de  (|uatrt'  l'ois 
la  portée  de  la  Muzza,  le  canal  d'iriigation  de  la  vallée  du  Pc  qui  féconde 
eu  Kurope  la  |>lus  grauile  étendue  de  terrains,  l'our  le  soûl  canal  du  Gange, 
sans  compter  les  diranialions,  il  a  l'allu  déplacer  autant  de  terre  <|ue  poiu' 
le  canal  do  Suoz,  soil  plus  do  70  milliuus  do  uièlros  cubes.  C'esl  à  la  ville 


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NOUVKLLK  f.fior.RAI'IIIE  l'M VKIISELLK. 


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ilo  Hoiirki,  non  loin  do  Hardwar,  que  se  Irouvonl  les  grands  aloliors,  IV;- 
clnsc  principale,  les  bassins,  et  le  collège  des  ingénieurs  «pii  ont  dirigé  le 
travail'. 

Réuni  aux  eaux  du  canal,  puis  à  la  Djamna,  le  (îange  vient  se  lieur- 
ler,  près  de  Tclianar,  aux  derniers  escarpcunenls  des  collines  gréyeuses 
du  Vindhya;  mais  il  s'en  détourne  aussitôt  pour  couler  désormais  dans  la 
direction  de  l'est,  jusqu'à  la  hrèclie  (pi'onvre  son  courant,  uni  avec 
celui  du  JSraliniapoulra,  entri;  les  monts  Madjinalial  et  les  monts  (îarro. 
Les  dernières  roches  du  lit,  blocs  de  granit  autour  desquels  tourbillonnent 
les  oiseaux,  se  voient  en  amont  de  ce  méandre,  près  de  Colgong^  C'est 
en  amont  de  celle  large  ouverture;  que  le  (Jangt;  i'e(;oit  tons  ses  grands 
ari]u(Mits,  d'un  côté  ceux  que  lui  envoient  les  monts  bimalayens,  la  (iogra 
ou  Sardjou,  le  (iandak,  la  Baghmati,  la  Kosi,  de  l'autre  la  Sone,  (jui  des- 
cend du  massif  d'.Vmarkantak,  dans  les  collines  du  Vindbya,  par  une  dé- 
pression continuant  au  nord-ouest  celle  où  passe  la  Narbadah.  L'ariluenldu 
versant  méiidional  est  bien  différent  par  son  régime  des  rivières  du  versant 
opposé.  Tandis  que  ceux-ci  ont  toujours  une  notable  quantité  d'eau,  prove- 
nant soit  des  neiges,  soit  des  pluies,  la  Sone  est  qnebpiefois,  |M>ndant  la 
saison  des  sécheresses,  |)res(pie  enlièremc^nt  |)rivée  d'eau;  mais  après 
les  averses  son  courant  est  parfois  aussi  fort  que  celui  du  (lange  :  le 
débit  de  la  rivière  oscille  d(!  49  (KIO  à  17  mètres  cubes  par  seconde''. 
Lors  des  maigres,  un  sinq)le  lili'l  d'eau  glisse  à  travers  les  sables;  le  lit 
lluvial,  large  en  certains  endn  ils  de  plusieurs  kilomètres,  est  occupé  par 
des  dunes  qutî  déplace  le  vent  et  qui  rendent  la  traversée  de  la  Sone 
1res  p(!nibl('  aux  voyageurs  :  un  convoi  de  chars  emploie  en  moyenne  trois 
heures  à  franchir  les  sables.  Un  pont  de  chemin  de  fer,  de  l'27!)  mètres, 
se  compose  de  ^8  travées,  dont  les  piles  sont  enfoncées  de  10  mètres 
dans  le  lit  ;  ou  a  mis  (piin/e  années  à  construire;  ce  pont,  l'une  des  grandes 
œuvres  de  l'industrie;  moderne.  La  Sone  est  trop  inégale  dans  ses  allures, 
trop  soudaiiu'  dans  ses  crues,  pour  epi'il  soit  possible  eh'  l'utiliser  comme 
chemin  di;  navigation;  elle  ne  sert  cpi'au  llottage  des  bambous  :  des 
millions  de  tiges  sont  ainsi  envoyées  tous  les  ans  de  la  région  des  plateaux 
aux  villes  du  Dengale.  Inutile  |»our  le  transport  des  marchandises,  la 
Sone  ne  l'est  point  peuir  l'irrigation,  et  nulle  part  il  n'était  |dus  urgent  de 
régulariser  le  di'bit  lluvial  en  ca|>lant  l'eau  de  crue  pour  la  saison  des  sé- 
cheresses.  Une  digue  transversale  ou  anicut  de  3800  mètres  de  longueur 


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'  (liiiilli'y,  Hciioris  on  llie  Ganijcn  wurks. 

'  [iiill,  Jumjh'  Life  in  Imlia, 

'  lluiiter.  Impérial  Gun'Ucev  of  India , 


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AFFI.IEMS  M  r.ANGE. 


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r-elienl  les  eaux  de  la  rivière,  h  la  sortie  des  collines,  près  du  villape  de 
Doliri,  et  rejette  une  part  considéral)le  des  eaux  en  deux  canaux  majeurs 
([ui  longent  chaque  rive,  puis  se  ramifient  au  loin  dans  les  campagnes  :  le 
plus  large  canal,  celui  de  l'ouest,  re(;oit  en  moyenne  l'27  mètres  cubes  d'eau 
par  seconde. 

Il  est  probable  que  flepuis  vingt-deux  siècles  de  grands  changements  se 
sont  accomplis  dans  l'hydrographie  dt;  la  contrée.  Megastliène,  l'envoyé  de 
SeleucHs  Nicator,  décrit  la  cité  de  Falibolhra  comme  se  trouvant  au  con- 


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fiuenl  du  Gange  et  de  l'F.rannoboas.  Ôr  totis  les  historiens  s'accordent  à 
voir  l'antiqui^  l'alibolhra.  la  Palalipoutra  du  pèlerin  bouddhiste  lliouen- 
thsang,  dans  la  cité  moderne  de  l'atna.  et  depuis  Raveushaw  '  la  pbqtarl 
des  archéologues  retrouvent  l'Erannoboas.  «  la  troisième  rivièi'e  de  l'Inde 
par  l'abondance  des  eaux  »,  non  dans  le  juiissant  (îandak,  qui  débouche 
en  face  (b;  l'atna,  mais  dans  l'Hiranyabaha,  la  t  .laune  »  ou  1'  «  Auii- 
lèrt!  »,  uoiU  que  la  Sone  doit  aux  sables  ou  aux  pépites  de  son  lit.  )lai«i 
celte  rivière  ne  se  joint  |)bi>^  au  (lange  sous  les  murs  de  l'atna;  par  de 
constantes  érosions  vers  l'amont,  le  bec  des  fleuves  n'a  cessé  de  se  reporter 

'  Joiinial  ofllif  Asiatic  SurHy  of  Beiujal. 


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plus  à  ron('sl;(lo  1780  à  1855,  ontre  lo  vnynge  de  Ronnoll  et  celui  do  Fer- 
gusson,  il  se  serait  déplacé  de  près  de  5  kilomètres:  il  h:  trouve  maiutc- 
nant  à  10  kilomètres  au-dessus  de  Palna.  D'anciennes  coulées,  des  criques 
incertaines  n'offrant  de  lit  continu  que  dans  la  saison  des  pluies,  j)er- 
mett(!nl  «le  reconnaître  encore  les  traces  d'un  courant  rejoignant  le  (îange 
en  aval  de  la  cité. 

D'autres  changements  de  même  importance  se  sont  accomplis  pendant  la 
période  liistoricpie  dans  le  cours  même  du  (lange.  Chacun  de  ses  méandres 
actuels  ci'oise  la  direction  que  les  premières  cartes  donnent  à  des  courbes 


N»  71.    —  SIKAXDRK  DU  C*NCE   A   COI.GON0. 


D  après  ILtjt  Mdicf  an^'a'S 


C  Perrûf^ 


antérieures;  errant  <lans  sa  large  plaine,  le  (lange  d('i)lace  constamment  son 
cours,  en  rongeant  et  en  accroissant  alternativement  l'une  et  l'autre  rive. 
C'est  ainsi  qu'au  milieu  du  siècle  dernier  le  (lange,  contournant  à  l'est  le 
massif  des  collines  do  itadjmahal,  passait  à  une  graiule  «listanco  des  ro- 
chers on  sorpoutant  au  loin  dans  les  campagnes  unies.  En  1788,  il  s'était 
attaqué  aux  collines,  et  non  seulement  il  eu  avait  entamé  la  base,  il  s'élail 
même  ouvert  un  «'hemin  à  ti-avers  la  masst;  rocheuse,  et  dos  écuoils  in- 
sulaires, ayant  a|)pai'lonu  naguère  à  la  rive  droite,  se  trouvaient  |>rôs  de 
la  rive  gauche.  Dix  ans  après,  tout  vestige  de  ces  récifs  avait  disparu,  mais 
à  la  place  où  passait  autrefois  le  courant  principal,  une  ile,  de  15  kilomè- 
tres de  long  et  de  plus  de  5  kilomètres  de  large,  dépassait  le  niveau  des 


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MÉANDRES  DU  GANGE. 


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plus  liantes  inondations'.  C'est  par  le  (léplacement  tlii  Gange  et  les  éro- 
sions continuelles  (les  collines  deHadjniahal,  ancienne  capitale  du  Hengale, 
que  s'expli(pient  la  déchéance  de  Pandouali  et  celle  de  (îaour,  F,akuaouli 
ou  Djanalabad,  villes  délais- 

séesdansl'inlérieui'desleiTcs.  ^''  t-  —  «iises  hk  <;*oni. 

Au  comnienceinent  du  siècle, 
il  n'y  avait  plus  un  seul  point 
de  l'enceinte  de  Gaour  qui  ne 
fùl  au  moins  à  7  kilomètres 
de  la  rive  du  Gange,  et  meniez 
en  certains  endroits  ce  fleu- 
ve coulait  à  20  kilomètres 
des  ruines.  Les  villages  qui 
remplacent  Gaour  ne  com- 
muniquent plus  avec  le  Gange 
que  par  un  affluent,  la  Malia 
naddi,  ou  par  un  ruisseau  na- 
vigable pendant  la  saison 
pluvieuse';  des  jongles,  des 
marécages  occupent  la  plus 
grande  partie  de  l'espace, 
d'environ  50  kilomètres  car- 
rés, où  se  reconnaissent  en- 
core des  vestiges  de  la  cité; 
quelques  murailles,  quelques 
porches  de  mosquées  sont 
tout  ce  qui  reste  des  édifices  : 
la  végétation,  les  ouragans  et 
peut-être  plus  encore  les  ma- 
çons (|ui  édifièrent  les  villes 
de   Maldali  et  de  Mourchida- 

bad,  ont  démoli  les  constructions  de  Gaour.  Des  cluuigemenls  analogues 
dans  la  géographie  locale  se  sont  produits  dans  loute  la  région  alluviale 
du  Gange  et  «le  ses  affluents  :  partout  les  lits  fluviaux  se  sont  promenés 
à  travers  les  campagnes,  entraînant  à  leur  suite  la  foule  des  riverains  et 
les  forçants!  rebâtir  incessamment  leurs  cités. 


'  f.iiloliinnko,  Transaction»  ofthe  Asialic  Socielij,  vul.  Vit,  ISO.î. 

"  lleiinell,  tiad.  Bouclieseiclie,  vol.  Il,  p.  l4-lo;  —  Ciul  lliller,  Auen,  DnntI  IV,  Theil  VI. 


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NOL'VKM.E  CÉOdUAI'IIIK  L'MVERSELLE. 


y  n.  —  coniï  di  l*  biugibiti,  m;  i.» 

lUCLU^oHI   ET   DI.   L>    ll\Tl    IIIU\U\. 


C'est  iHlaoïii' (|iu'  se    trouvait  jadis  la  hiriircalion  «les  liraïu-lies  supé- 
rieures du  delta    :    au  pied   do  celle  autre  Menipliis.    se   séparaient  les 

bras  du  Nil  liintlou'.  Mais  l'enseinlde  du 
delta  s'est  •ji'aduelleineiil  déplacé  vers  le 
sud  :à  mesure  (|ue  les  alluviunsj;ai>nai«>nl 
sur  la  mer  et  (pie  le  courant  lluvial  se 
prolon<ieail,  les  terœs  des  cani|>a<;nes  su- 
périeures se  conscdidaieni,  et  le  (lan<;e  s'y 
niaiuteuait  dans  un  lit  plus  fixe,  sans  s'é- 
panelier  à  droite  et  à  jrauche  en  branches 
laléiales.  Acluellemenl  la  tète  du  «lelta 
est  à  '2S  kilomètres  au  sud  des  ruines  de 
(iaour,  à  ô."»()  kilomètres  de  la  mer  à  vol 
d'oiseau,  à  480  kilomètres  en  suivant 
les  sinuosités  du  courant  ;  le  territoire 
embrassé  j)ar  les  coulées  extrêmes  du 
("ian;ieel  du  Hrahmapoutra  dépasse  8(MHHI 
kilomètres  carrés.  Le  bras  principal,  qui 
perd  le  nom  de  Tianfie  pour  prendre  celui 
de  Padnia  ou  de  l'adda,  a  Fleur  de  Lo- 
tus »,  serpente  dans  la  direction  du  sud- 
est  à  la  rencontre  de  la  Djamouna,  qui 
est  le  vrai  lirahmapoutra  :  le  bras  secon- 
daire du  (îaii>:e  <:ardelenom  de  Hlia^irali, 
comme  la  source  sacrée  du  (iange,  et 
c'est  en  elVel  dans  ce  lit,  maintenant  rt'*- 
tréci,  que  passe  le  flot  le  plus  vénéré. 
Sans  nul  doute,  la  lUia<;irati,  maintenant 
l'erméc,  même  pour  les  banpies,  pen- 
dant une  grande  partie  de  l'année,  et 
près  de  devenir  un  c  bras  mort  »,  était 
aulrel'ois  le  véritable  (ianj!e;  la  ru[ilure 
des  terres  argileuses,  «^-à  et  là  mêlées 
de  knuiiktiur  ou  concrétions  calcaires,  ipii  limitaient  le  cours  du  fleuve,  per- 
mit à  la  l'adma  de  s'épauclier  vers  l'orient  pour  aller  rejoindre  le  lîrali- 
inapouti*:!,  jadi>  distinct  du  Gange;  tel  est  probablement  le  si>ns  «le  la 
léjfcnd»',  d'aprè>   laquelli-   un   génie   aurait   englouti   en    cet  endroit    les 


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'  Ori  llil!-r,  A$ifn,  Baïul  IV,  (i  I.tTIm'JI. 


(iANT.K,  RIIAGIRATI,  HOUOLI.  ôl5 

t'iiiix  (le  1.1  rivière  siicri'i''.  Kii  conlinuiuit  de  descendre  vers  le  sud,  ser- 
pentant en  méandres  qui  forment  des  ovales  presque  complets,  la  Bha- 
•firati  s'unil  à  la  lljellin<;lii  el  à  la  Tehourni  (Mata  hhan^a).  que 
lui  envoie  le  bras  principal  du  (ian^v,  et  prend  alors  un  autre  nom,  relui  de 
llou<ili,  qu'il  porte  ji'S(|u'à  la  mer.  A  l'est,  toute  la  région  qui  s'étend  jus- 
(pi'au  Itralimapoulra  est  parcourue  par  des  rivières  entremêlant  leurs 
eaux,  |M>rdant  et  iepiL';:,int  leurs  noms  :  chaque  inondation  modifie  la 
géographie  el  la  nomenclature  de  ce  territoire.  A  l'ouest  se  voient  aussi  des 
traces  d';'.nciens  lits  du  Gange  :  l'estuaire  de  la  Houpiiarayan  est  encore 
désigné  par  les  riverains  comme  une  embouchure  du  lleuve  sacré. 

Le  llougli  lui-même  a  singulièrement  changé  depuis  l'épocpie  où  les 
commentants  euro|)éens  établirent  des  comptoirs  sur  ses  bords,  et  nombre 
de  cités,  jadis  impoiUintes  par  leurs  relations  directes  avec  les  ports  de 
l'Atlantique,  ne  voient  plus  que  des  barques  mouiller  devant  leurs  tpiais. 
Mais  si  les  Anglais  ont  laissé  s'envaser  les  chenaux  de  Satgaon,  de  llougli, 
de  Tcbinsourah.  de  Chandernagor,  de  Serampour,  comptoirs  qui  apparte- 
naient ou  qui  appartiennent  encore  à  d'autres  puissances  que  la  (îrande- 
Hretagne,  ils  ont  il'autant  mieux  soigné  la  partie  du  Hougli  qui  forme 
l'entrée  de  leur  grand  port  de  Calcutta;  ils  n'ont  reculé  <levant  auciuie 
dépense  pour  maintenir  el  approfondir  les  passes  du  chenal,  fixer  les  berges, 
empêcher  les  déplacements  des  bancs  de  sable,  baliser  les  dangers,  et  grâce 
à  la  discipline  qu'ils  ont  su  imposer  au  llux  el  au  reflux  de  marée,  ils  ont 
en  elïet  réussi  à  transformer  en  un  chemin  relativement  facile  une  des  voies 
fluviales  les  plus  périlleuses  jadis.  Le  mascaret,  dont  le  rouleau,  s'élevanl 
lie  "2  mètres  au-dessus  «l<«  la  l'ivière,  remonte  U'.  courant  avec  une  vitesse 
de  .S  mètres  par  seconde,  est  encore  un  danger  pour  les  petites  embarcations; 
niais  les  navires  ayant  un  tirant  d'eau  de  près  de  8  mètres  cinglent  main- 
tenant avec  passagers  et  marchandises  devant  les  deux  estuaires  de  la  !>a- 
moudali  et  de  la  lioupnarayan,  dont  les  sable»  ont  englouti  autrefois  un  si 
grand  nombre  de  bâtiments.  Dès  (pi'iui  navire  louche  les  bancs,  le  cou- 
rant «pii  tourbillonne  en  cet  endroit  soulève  les  sables  autour  de  la  carène, 
qui  s'enfonce  i)eu  à  peu,  comme  par  une  sorte  de  succion  :  on  vit  par- 
fois, en  l'espace  d'une  demi-heure,  des  bateaux  à  trois  mâts  s'engloutir 
ainsi  jusipi'aux  vergues. 

Si  le  Hougli  est  devenu  le  Gange  au  point  de  vue  commercial,  si  même, 
historiquement,  il  doit  être  considéré  comme  la  continuation  de  la  rivière 


'  Walier  S.  Slicn<ill,  Report  iipon  Ihe  Bhauij'mtlhee  River,  1857;  —  Fcrgussoii,  Proceedhigs 
ofthe  Ceologicttl  Society,  april  1863. 


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316 


NOUVELLE  (ÎÉOCRAI'IIIE  IMVERSELLE. 


sacrée,  la  vraie;  liouclie  «lu  •ianj:e  pour  la  inasso  dos  eaux  esl  le  eouranl  de 
la  Meffhua,  i|ui  euiporle  aus.>i  les  eaux  du  l{raliuia|MKilni  el  qui  >uil  du 
nord-ouesl  au  sud-est  la  direelion  de  la  l'aduia.  La  Me<;liua,  qui  d'ailleurs 
se  raniifle  elle-même  eu  plusieurs  liras  autour  îles  Iles  de  sou  e-luaire. 
large  d'une  cenlaine  de  kilouièlres,  est,  de  tous  les  eouranls  <iu  délia,  ce- 
lui qui  mérilerail  le  plus  de  douner  sou  nom  au  système  liydrogra|iliique 
comnuiu  du  (lan<.'e  et  du  liralimap<julra.  (7csl  par  ee  canal  que  roulent  les 
eaux  ingouvernables  des  deux  fleuves  unis,  rasant  les  iles,  eu  rorniant  de 
nouvelles,  se  perçant  des  gnuis  vei"s  la  mer,  eoniblant  les  anciens  passages. 
C'est  aussi  par  la  Megluia  que  le  flot  de  la  mer  pénètre  le  plus  avant  dans 
l'intérieur  des  terres  :  tandis  que  dans  le  llougli  le  lluv  marin  s'anvle 
devant  la  ville  de  ee  iiiun,  il  h?  propage  par  la  Meglinael  la  l'adria  bien  au- 
delà  du  delta,  jusqu'à  Itadjmalial  el  même  au  coniluenl  de  la  (ïogra  ;  à 
rembouehure,  la  dilTérenre  de  niveau  entre  le  flux  el  le  ivflux  est  d'environ 
•i  mètres.  |,e  piiénomène  du  mascaret,  im|ifjsanl  dans  le  llougli.  l'est  en- 
core bien  plus  dans  la  Meglina  :  parfois,  dil-<^in.  la  vague,  haute  de  0  nu"'- 
tres,  ri'Uionle  le  fleuve  avec  une  vitesse  de  '25  kili»mèlre<.  à  l'heure.  Ia- 
choc  de  l'onde  contre  la  rive  s'entend  à  des  kilomètres  de  distance:  e'e^l 
probablement  à  ce  Tracas  qiu'  doit  s'iitlribuer  la  légende  locab'  relative  au 
«  canon  de  Harisal  »  fient  le  vent  du  soir  apporte  le  bruit  aux  riveniins 
de  la  Meghna  :  le  bombardeuienl  fpie  l'on  entend  de  cette  ville  est  celui  des 
flots  s'éiroulant  sur  le  rivage.  Il  est  ran*  que,  pendant  la  mousson,  les 
bateaux  s'aventurent  la  nuit  sur  les  eaux  dr*  l'estuaire. 

FiCs  grands  animaux  marins,  tels  que  les  souffleurs,  remontent  au  loin 
par  la  Meghna  jusqu'à  des  centaine<<le  kilomètres  de  l'Océan.  Mais  l«'(ian.i:e. 
de  même  que  l'Indus  et  le  Bralima|Hjutra,  |K>ssède  déjà  une  es|tèce  que  l'on 
croit  d'origine  océanique  :  c'est  le  dauphin  d'eau  douce  ap|K'lé  plalanista: 
il  se  joue  à  côté  des  bateaux  jusque  dans  le  voisinage  même  de  la  |Mute 
de  llardvvar.  (lomment  ce  célacé  a-t-il  pu  s'accommmier  gniduellemenl  aux 
eaux  douces  dans  lesquelles  il  se  dévclop[te  île  no>  joui>?  (Comment  a-l-il 
franchi  le  seuil  qui  séjtare  ai-luellemeut  le  bas>in  du  (iange  et  celui  de  l'In- 
dus? Ce  sont  là  d'importante^  questions  d'histoire  naturelle  que  l'o?!  cher- 
che à  expliipier  par  des  hy|M)lhèses  sur  rexi>tence  d'un  ancien  golfe  de  In 
mer  d'Arabie  qui  se  projetait  ai  nord-<'st  vers  l'Himalaya  et  qui  se  ser;:it 
graduellement  transformé  en  l'sluaires.  puis  en  plaines  fluviales.  irailletu->. 
on  le  sait,  le  seuil  qui  s«'pare  les  deux  bassins  du  Cange  et  de  l'Indus, 
entre  Saharaiipour  et  I.oudiana,  e-l  à  :iSI  mètres  d'altitude  seulement,  el 
souvent  les  rivièies  ipii  de>cendeut  des  montagnes  vers  ce  faîte  ont  nut- 
difié  leur  cours,  portant  leurs  eaux,  tantôt  dans  l'un,  lautôt  daus  l'autre 


i:nlRl>T   tT   ItKLTA   Dl    (iAMJK. 


317 


has^iii  lliivini'.  In  :iiitn>  phénomène  iviii<ii'(|ii:il)lo  do  la  l'aiMif  gangéli(|iic 
i-l  l'isolemonl  <le  l'esitèco  de  cniOMlile.  bombi/nim,  qui  ne  se  renconlre  (jiie 
dans  Ion  (Il  m  II  en  nmont  des  |Mirle<  de  l'Himalaya,  tamlis  que  le  gnvial  vil 
ihiiss  les  eaux  inférieui"es  du  lleuve*. 

La  |NM-ltV  niityenne  du  linn^'e  a  cer(;iinenient  diminué  depuis  le  milieu 
ilu  siècle,  les  canaux  d'irriLMtion  livic»*-  dan^  les  cantpagnes  rivei'aines  ne 
lui  rendant  qu'une  i'ailde  |»ai'lie  de-,  eaus  empruntées;  mais  si  forte  (|ue  soit 
l;i  dé|HM-ilition  du  courant,  le  liante  n'en  reste  pas  moins  l'un  des  fleuves 
idiondanls  de  In  Tern>,  quoique  iiien  inlérieiu'  en  masse  liquide  à  des  cours 
il'eau  tels  que  le  lleuve  dts  Amazones  et  le  (Jongo  :  en  [tériodc  extrême  de 
crue,  il  rouleau  pit^l  di-s  collines  «le  Kadjmalial  plus  de  ÙU  000  mètres 
(idK's  d'eau  par  seconde":  il  e^l  vrai  que,  lors  des  plus  Ibrles  sécheresses, 
If  déliit  aunit  été  réiluit  parfois  à  6U7  mètres',  écart  étonnant  qui  s'ex|)li- 
ipie  par  l'alternance  des  moussons;  ia  moyenne  «le  la  portée  est  évaluée  de 
l-J(MIOà  ir>000  mètits  cul»e<  par  seconde,  ce  qui  re|)résente  au  plus  la 
moitié  de  l'eau  tomU^'  {tendant  l'année  dans  le  hassin.  Lurs  des  inonda- 
liiiiis.  le  lleuve  dépasse  pre^pie  |i.-n'tout  ses  rives  et  s'étend  au  loin  dans 
li'>  campagnes  jusqu'à  une  grande  «lisljince  du  lit  majeur.  Au  lieu  de  viu- 
li-nler  la  nature,  les  rivei-ain-  du  (iange  ont  préféré  accommoder  leur 
••violence  à  ses  lois;  si  ci»  n'est  dans  le  voisinage  de  grandes  villes,  ils 
n'ont  point  bordé  leur  lleuve  de  ces  l«'vé«'s  coûteuses  qu'il  faut  exhausser  de 
dt'fatle  en  décade,  à  mi-sure  que  s'élève  le  liiHid  du  lit  ohstrué  d'alluvions, 
et  que  l'on  doit  frt^piemmenl  consolider,  fortifier  de  contre-digues  ou 
même  refaire  entièrement,  lorsque  des  crues  exce|)lionnelles  ont  houle- 
verM"  tous  les  travaux  «le  d<'f«*nso.  Ne  s'abritanl  point  derrière  un 
rempai-t  de  levées,  comme  le>  riveniins  du  Fleuve  Jaune,  du  l*ù,de  la  Loii'e, 
du  Mississippi,  It^^  cultivaleui"s  du  Bengale  ne  peuvent  donc  labourer  leins 
champs  en  vue  de  récolti-s  éloignée^;  ils  ont  deux  espèces  de  cultures,  les 
unes  pour  la  jiériiMh*  «l«'x  eaux  basses,  les  autres  qui  succèdent  immédiate- 
ment à  la  |)éritMle  d'inondation,  «piand  le  sol  est  «'ncore  vaseux.  En  re- 
vanche, l'immense  danger  des  crevas>es  el  des  inondations  soudaines  leur 
c-l  éfiangné,  les  cata>tn>plies  sont  «*viléi's.  la  terre  est  «lébarrassée  des  four- 
mis blanches  qui  l'inft'stenl  el  renouvelle  incessamment  sa  ferlililé.  (juanl 
aux  villes  el  aux  villages  pour  les<juels  on  n'a  pu  utiliser  des  tertres 
naturels,  on    a  constmil  des   terrasses    artificielles  s'élevant    au-dessus 

■  Mediirott  and  Blantonl,  Mnnual  of  Ihe  Gfolngy  of  Imita. 

-  Faleoiier.  Pnx-eetlingi  oflhe  GfiAogical  Sorirtw,  iiiai-cli  22,  1865. 

^  Jacluun.  Hyilraulic  Maiiual  and  Stalittics. 

*  lVinse|>.  Obterratioiu  un  the  Gange*  as  a  natigabU  lieev. 


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NOIÎVKLLK  (;f;0(iRAPIIIK  lINIVKnSKM.K. 


(In  nivcainlos  criu^s,  qui  est  du  1.1  à  II  iiiùlrcs  à  liôiiiirAs  (•!.  (|iii  iliiniiiiK; 
f{rti(lii(>lli>iii('Ml.  v*>rs  l'iiviil:  lt>s  gi'oii|)i>s  (riiahilnlions  su  tmiivcnl  ainsi  Icin- 
pnrniruinuiil  li'aiisloiniûs  m  ilols.  Malliuiii'i'iisuirKMil  ci's  traviinx  du  tur- 
i'ass(>m(;iil  sonl  l'ails  sans  inélhodu;  |)oiir  avoir  dus  malûi-iaux  du  rumlilni,  on 
t'i'onsu  tlu  ffrandus  uxuavaliiMis  (|iii  su  runiplissunl  d'uau  ut  on  ponrrissonl 
lus  dûbris  de  lonlu  uspùcu,  rûpandant  an  loin  lunr  puantunr;  (\ti  lon<i;nus 
annûus  su  passunt  avant  rpiu  lus  houus  ailuvialus  aiunl  comble  cos  marus 
iiisalnhrus. 

Lus  Irouhlus  que  runlurmunl.  lus  uaux  du  (langu,  —  on  proportion  d'an- 
tant  pins  considûraidu  qiiu  lu  courant  ust  plus  rapidu,  —  nu  sonl  pas  tous 
uni|ioi'lûs  vtîrs  l(>  lai'<i;u  :  la  plus  l'orlu  part  du  cos  allnvions  su  dûposu  sur  lus 
rives  basses  et  sur  lus  tchar  ou  «  tuys  »  dus  Sandurban.  Il  ust  donc  tout 
naturel  (piu  de  nouvelles  îles  su  ibrnient  dans  la  iner  ut  quu  dus  bancs  du 
sablu  l'assunl  Unir  apparition  au  duvant  dus  c()tus;  lus  cartes  mariiius  sonl  à 
rul'airu  à  ubacpiu  nouvullu  exploration  du  littoral  ut  lus  directions  ilus  pilotes 
su  niodifKMit  inci'ssainmunt.  A  l'ust,  aux  boucbus  du  la  Mu<{lina,  lus  lurrus 
{fa^'^îiunt  rapiduniunt  sur  lufrolftidu  Djittajfonfr,  mais  à  l'ouost,  où  la  ligne 
dus  côtes  ust  d'ailluurs  beaucoup  plus  avancûu  en  dubors  du  littoral  primi- 
lir,  il  nu  |)araît  pas  quu  dans  lus  tumps  modurnus  lu  délia  se  soit  accru. 
Lors  des  oura<;ans,  la  mer  démolit  nnu  partit;  des  turrtîs  nouvulle- 
munt  i'ormûes  et  en  emporte  au  loin  les  débris;  on  outre,  ini  mouvemeni 
•général  paraît  abaisser  peu  à  |)eu  lu  plan  du  dulta  moytîii;  du  mùuju  que  les 
basses  terres  du  IV),  de  l'Amazone  et  de;  plusieurs  autres  ^n-ands  ll(!uvus, 
cul  lus  qui  bord(;nt  le  (lange  se  trouvunt  dans  une  aire  de  dé|)ression.  Dans 
aucune  partie  du  delta  gangétique  on  n'a  reconnu  an-dessous  de  la  cou- 
cliu  supurficiullu  dus  alluvions  tluvialus  la  moindre  trace  dus  formations  ma- 
rin(!S(pii  devraient  s'y  trouver  si  la  mer  avait  occupé  à  un(!  épofpiu  rccenl(! 
lus  parages  où  s'étendent  d(;  nos  jours  les  campagnes  du  I{engal(!  inlérieur. 
A  (lalculta,  un  sondage  poussé  jusqu'à  la  prolbudeur  d(!  147  nu'Mrus  nu 
ramena  au  jour  (piu  dus  rustes  végétaux  du  terre  ferme;,  des  toui-lu^s,  des 
co(piillages  Muviatilus,  dus  strates  déposées  par  les  eaux  douces;  la  sonde  tra- 
versa m^mu  un  banc  du  gravit'r  cristallin  ipii  duvait  provenir,  soit  des  col- 
lines du  Itadjmabal,  soit  de  massifs  de  bauteurs  qui  s'éb^vaiunt  ab)rs  dans 
la  région  du  dulta  ut  que  les  érosions  ont  fait  disparaître'.  Ainsi  pendant 
la  période  gé()logi(|ue  moderne;,  le  delta  gangétique  a  toujours  été  terre 
émergée!  :  les  formations  marines  les  plus  récentes,  trouvées  au  nord, 
à  la  base  dus  montagnes  de  Garro,  appartiennent   aux  âges    tertiaires. 


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Blac  Glelland,  Topography  ofBengal;  —  Calcutta  RevteWf  1876. 


DKLTA   DU  r,AM;i:;. 


M» 


Mais  lt>  sol  (l(;()alciillii,(|iioii|iuf  sii|M''rii'iii-tiii  iiivfaiHltts  llcits  (lo|iuis  uikm'I»)- 
i|iit'  si  r(!ciilt'r,  n'a  (.tss»'>  d»;  s'altaisscr,  |)iiis(|U(!  les  anciennes  eonclies  du 
vé^élalion  s'y  sneeèdenl  dans  les  piolondcMii-s  hien  au-dessons  dn  niveau 
acinol  de  la  mer.  (^o  [iliénoniène  d'an'aissenienl,  d'anlani  [tins  ii>niar<|ual)li^ 
(jiiedes  deux  eôlés  dn  gtille  {\i\  Mentale,  à  l'onesl  sur  les  riva^l■s  d'Orissa,  à 
l'est  sni-  le  littoral  d'.\rrakan,on  constate  nn  nionvenient  en  sens  inverse,  se 
continue  proliahlenienl  an  sud  du  delta  vei's  la  i'osse  ctMilrale  de  la  liaie. 
l'eul-èlre  l'énornie  entonnoir  connu  par  les  marins  anglais  sous  le  nom  dt^ 
sindili  of  un  (jrouud  serait-il  le  centn'  d'elTondiemenl  de  la  réjiion.  ("osl 
un  <;oulïre  marin  qui  s'ouvre  à  l.'ll  kilomètres  au  sud-est  de  la  Ixmclie  du 
]loii<ili,  mais  à  proximité  immédiate  des  bancs  (jiii  oitstruent  l'entrée  de 
la  Matlali  et  des  estuaires  voisins,  l.es  l'omis  <|ui  l'entourent  ont  seulement 
(le  40  à  75  mètres,  tandis  que  dans  l'intérieur  de  la  cavité  on  jette  la 
soiid(!  à  400,  même  à  500  mètres  sans  tronvtM'  \c  l'ond  :  on  dirait  nn  cra- 
tère immense.  Les  berges  suus-marines  dn  swatcli  sont  tellement  accores, 
que  les  marins  penv(;nt  reconnaître  par  l'inclinaison  du  lit  l'endroit  précis 
où  ils  se  trouvent.  U'a|»rès  lM'r|,niss()n',  l'existenct;  de  cet  entonnoir  devrait 
cire  attribuée  seul(;menl  au  mouvement  tournoyant  des  marées  et  des 
lioides  (|ui  se  rencontrent  à  l'extrémité  seplentrionah;  du  goli'e. 

La  région  méridionale  du  delta  est  une  tei-re  indécise  entre  I»!  continenl 
el  la  mer;  ell(>  appartient  aux  côtes  parla  végétation  qui  la  recouvre,  à  l'Océan 
par  l'eau  qui  la  |iénèlre  dans  tous  les  sens  et  l'inonde  nuiine  en  entier  lors 
(lu  retour  olfensil"  des  malines  et  des  tempêtes.  L'ensemble  de  c(!tl(^  con- 
tr(''e  est  connu  sons  le  nom  de  Sandorban  (Sounderban,  Sounderband),  (!xpli- 
(pié  de  diverses  manières  par  les  étymologistes  :  ce  serait  le  Sindourban  ou 
la  <r  Forèl  Honge  »,  le  Souderban  ou  la  «  Forêt  Superbe  »,  le  Cbanda- 
blianda  un  «  l'ays  des  Sauniers  »,  h  Sounderband  ou  la  «  Buiuie  Lo- 
\('!e  »,  ou  bien  enccu'e  la  «  Forêt  des  stiunilri  »,  appellation  btcab;  de 
l'arbre  (lierilicm  littOfaliH)  le  ])lus  comnuin  de  ces  terrains  à  demi  noyés  : 
(;'(!sl  aussi  à  une  plante  des  Sanderban,  la  liougla  {lijphd  elephantiai),  (|U(! 
la  rivière  de  Calcutta,  le  Hougli,  d(!vrait  son  nom*.  La  supcirlicie  de  celte 
r('!gion  neutre  entre  la  t(!rre  el  la  mer  est  d'environ  '20000  kilomètres 
(iirr(';s;de  l'ouest  à  l'est,  les  Sanderban  ont  plus  de  '200  kilomètres.  L'im- 
mense labyrintbe,  découpé  au  milieu  d'îles  et  d'îlots  par  quatorze  grandes 
livières  el  des  centaines  de  coulées  se  raniilianl  à  l'inliui,  n'est  accessible 
(pi'au  batelier,  glissant  entre  les  roseaux  ou  sous  les  vortles  de  feuillage, 

'  Qniirlirly  Journal  uf  tlie  Geolo<jkal  Sockitj,  iiii},'.  18(i5. 

»  Dn  riiiiiul()ré,  Yoijaiie  dan»  l'Inde  cl  an  lieiKjalc; —  lierinaiin  von  Sclila^'iiilwcil,  Ikixeii  in 
Imlien  nnd  Horliasien. 


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«liiiis  s.'i  liiii'<|ui>  ('oiisti'iiiif  ilii  liois  roiin(M]i>  soiiiidi'i.  Ih'  iiitiiilirt'iiscsilcsdeH 
Siiiidi'i-liiiii,  lii(!ii  pi'oh'^V'fs  piii'  (les  diiiios  d(>  sald<>  i|iii>  dirssi'iil  les  vciils 
di!  Il)  iiiKiissitri,  sont  rccdiivt'ilt's  dt>  l'oivls  (''|iaiss('s  doiil  lu  ^(oiivcriit'nit'iit 
s't'sl  it-scrvi!  lii  |ii'{i|»ri(''li''  t'I  «in'il  l'ail  aiiiriia^irr  avec  Mtiii;  d'aiilics  ii'oiil 
|)oiii'  V('-;:r>lalii)ii  )|iii'  «les  paliiiicis-nains  [jihwuix  iiiiluiliiim)  ou  des  lii'(iii>^- 
><aill('>;,  siMis  lcs(|iirlli's  fiileiil  It's  ImMcs  l'iiiivcs.  Des  niiiics  rcli'oiivt'cs  (■•( 
et  là  |ii'iiiivfiil  (|ii(>  les  Saiidi'rltaii  ii't'liiiciit  |)«)iiit  iidialiilt's  à  l'arriv(>*<  dr^ 
lùii'ii|nriis  dans  la  (•iiiilit'f  cl  ([u'il  s'y  ôltiva  ini^niu  de  liraiidcs  cihis;  It's 
picmit'i»  rciivaiiis  poiliiiiais  s'accoidciil  Ions  à  dire  (iiic  les  Icrrcs  des  Saii- 
dcrbaii  r-lairiil  lorl  |i('ii|)I*'m's  di>  leur  Icnips';  mais  la  liiiiiU*  ciilic  la  ti'- 
^ii)M  des  (MdUircs  cl  la  /.miic  iidialiiN'-c  du  lilltital  scnildc  s'clrc  iiiaiiilcmic 
pn<s(|iic  sans  clian^cnicnl  |)cndant  des  siècles.  I)c|iiiis  nnc  centaine  d'an- 
n(''cs,  les  cnipièlcincnis  des  aj;iicnllciiis  sur  ces  Icircs  vierj^es  sonl.  con^ii- 
d(''i'altles,  principaleiiienl  du  c(H('  de  la  Mciilina,  où  le  sol  esl  en  moyenne 
plus  l'Ievc'  :  eu  JST'J,  la  surface  ilu  leniloire  mis  en  cidliii'c  dans  les  San- 
«Ici'han  s'élundail  sut'  un  espace  (\c  'JNIIDOO  li(M-l<ires,  mais  la  plupail  des 
champs  soûl  exposi'^s  au\  itioiidalious  cl  l'on  a  dû  les  cnlourer  de  dignes. 
Souveiil  les  mai«''es  clianp'nl  loule  la  rc^ion  dos  culliiies  en  d'iiinoni- 
liral»lcs  Mois  de  l'oiuie  polyjidiiali!.  (l'esl  dans  ces  esluaiivs  clianficauK 
des  Sanderhan,  où  l'eau  de,  mer  cl  l'eau  douce  se  rcucoulivut  avec  leurs 
llores  cl  leurs  Jaunes  diverses,  cl,  dans  les  hhil,  iljliil  ou  djniilh,  ih'- 
pressiiMis  marécajiCMises  des  cam|iajiues  voisines,  (pie  naîl  la  «  lièvre  du 
lleuuale  »  ou  lièvre  des  joufiles ,  l'une  des  plus  rcdoulaldes  maladies  de 
l'Inde,  alL'Kpiaiil  indislinclemenl  les  hommes  d<>  loule  race,  iudiuène^ 
aussi  liicu  (pi'éli-aiif'crs.  \  Calculla,  la  lièvre  choisil  le  plus  souveul  ceii\ 
(pii  viveul  eu  pailiesur  la  livièie,  les  halelitus,  les  marins,  les  portclaix, 
les  douaniers;  les  chasseurs,  les  hommes  (|ui  Iravailleiil.  dans  les  piaula- 
lions  hasses  sont  aussi  1res  menacés.  Au  mois  de  seplemhre|)rincipalemcnl, 
ipiand  les  marais  c(unmeiicenl  à  haisser  cl  laissent  à  (h'couvcrl.  des  phifics 
vaseuses,  les  cas  de  lièvre  sont  pailiculièremenl  rcdoiilahles".  le  clhl.Ma  es| 
aussi  l'une  des  maladies  emlt-miques  du  Jias-lJenjialc.  ''I  c'  i  de  là  «pi'il 
se  ri'panilil dans  la  première  nioilié  du  siècle  sur  '  ic  l'IlindousfMn 

cl  (laus  le  moudi^  cnlier;  il  existe  prohahlemeiil.  de         <-  antiquité  sui 
hunls  du  (ianjic   iuli-i'ieur,  tpioiipu'  le   llisui,    lors  m    -on  iiniption  sou- 
daine dans  riùiriipe  occidenlale,  lût   considéré  c(uume  une     laladie  nou- 
velle. L'humidité  siuahondanlcde  la  contrée  el  la  putréfacliou  des  matières 


'  J.  I.oiifr,  rroccedimjK  of  llir  jUiatir  Society,  1868. 
*  Mjiuk'i,  l'iufiri's  métlkal,  12  iriiii  1877. 


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m('l('os  à  l'tMu,  qui  so  roncnntrc  partout  j'i  quelques  centimètres  de  la  sur- 
!':ice,  sont  la  cause  de  cette  terrible  endémie  du  Henyale. 

On  sait  que  des  milliers,  et  même  des  millions  de  cadavres  rejelés  jadis 
clia(|ue  année  sur  ses  bords  par  Ui  courant  du  (ianjie  contribuaient  à  l'in- 
salubrilé  de  l'almosplière.  Depuis  que  les  Anglais  sont  devenus  les  maîtres 
du  pays  et  que  leur  police  intervient  dans  les  questions  d'hygiène  publiciue, 
le  (jange  n'emporte  plus  dans  ses  flots  les  corps  de  Ions  les  adorateurs  qui 
vivaient  sur  ses  rives;  mais  combien  souvent  la  piété  liliale  sait  éluder  les 
prescriptions  sanitaires  en  assurant  aux  morts  le  lieu  de  repos  le  plus  sa- 
cré! Que  de  ibis  on  aperçoit  la  nuit,  sur  l'eau  du  fleuve,  pareilles  à  des 
lucioles  égarées,  de  petites  lumières  (pic  le  courant  entraîne  avec  lenteur! 
La  lueur  vacillante  éclaire  la  planche  sur  laquelle  est  posé  le  cadavre; 
les  amis  se  pressent  au  bord  de  l'eau,  suivant  anxieusement  du  regard  le 
voyage  siq)rèni(!  de  celui  qu'ils  jdeurent,  jusqu'à  ce  (pi'un  bateau,  un  banc, 
(le  sable,  un  tournant  de  la  rivière  ou  l'éloignement  fasse  disparaître  le 
point  lumiî.eux  qrie  leur  regard  disputait  aux  ténèbres.  Les  Hindous  voient 
plus  qu'un(!  déesse  diins  la  rivière  qui  airose  leurs  champs  et  fait  naître 
leurs  moissons  :  ils  voient  en  elle  une  mère.  D'après  la  légende,  elle  ne  con- 
sentit à  descendre  s(n"  la  Terre  que  pour  baignei'  et  puriliei'  les  restes  ties 
{lieux  du  roi  IMiagirati;  mais  sa  source  est  toujours  aux  cieux  et  son  flot 
pur  est  celui  dans  lequel  se  jouent  les  immortels.  Lorsqu'!  son  courant 
s'épancha  du  ciel,  un  dieu,  le  robuste  Siva,  (pii  a  [)our  tète  et  pour  é|)aules 
les  rochers  de  l'Himalaya,  put  seul  soutenir  le  poids  de  la  rivière,  «  tom- 
bant de  son  front  comme  un  collier  de  perles  dont  le  iil  s'est  brisé  '». 

il  n'est  pas  un  endroit  sur  les  bords  du  fiange  qui  ne  soit  sacié,  et 
1(^  nom  même  de  la  rivière,  |)rononcé  avec  révérence,  serait-ce  à  cent 
lieues  de  son  courant,  suflit  à  effacer  les  péchés  commis  pendant  une  ou 
plusieurs  existences  antérieures.  Des  |)èlerins  emplissent  de  l'eau  divine  de 
])etiles  fudes  qu'ils  placent  ensuite  en  deux  paniers,  orn('s  de  plumes  de 
paon  et  réunis  par  un  bambou;  chargés  de  ce  fardeau,  à  la  manière  des 
porteurs  auvergnats,  ils  parci»iiient  l'Inde  entière  pour  revendre  à  grand 
prix  rond(î  sacrée'.  Les  riches  Hindous  peuvent  donc  jouir  du  pi'ivil(!ge 
inestimable  de  se  purifier  d'eau  sainte;  en  outre,  dans  toutes  les  partiiîs  de 
la  IV'iiinsule,  la  superstition  |)opulaii'e  a  désigné  comme  des  bras  souter- 
rains du  (lange  les  fontaines  jaillissant  {\e  la  roclie.  Mais  la  sainteté  parfaite 
ne  peut  s'ac(piérir  ((ue  par  un  pèlerinage  an  bord  de  la  «  mère  Ganga  », 


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*  li.  lloljerls,  De  Delhi  ii  Hdinhuii. 


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surtout  par  prndakchina,  qui  consisto  à  cheminer  pinidanl  six  années  sur 
la  rive  du  fiangc,  de  la  source  à  l'enihoueluire  et  de  remhouchure  à  la 
source.  Dans  ce  voya<i(%  les  endroits  saints  par  excellence  sont  tout  natu- 
rellement indicpiés  par  les  conlluents,  les  roches  isolt-es,  les  brusques 
détours,  les  déillés  :  c'est  là  que  les  bains  ont  toute  leur  vertu  puriliante. 
[,es  pèl(M'ins  y  séjournent,  les  marchands  s'y  établissent  et  tles  villes  s(^  bâ- 
tissent autour  des  templ(!S.  Kn  aucun  pays,  la  religion  n'a  contribué 
comme  dans  l'Inde  à  la  l'ondalion  des  cités. 

Après  le  Yan^itzc^  kianj;,  la  sainte!  (janga  est  certainement  le  cours  d'eau 
qui  a  la  plus  gi'ande  importance  au  point  de  vue  économique.  Le  sol 
que  cultivent  les  cent  millions  d'habitants  de  son  bassin  est  des  plus  fé- 
conds et  produit  en  abondance  des  deiuées  d'(!spèces  diverses;  leurs  cités 
sont  riches  et  industrieuses  ;  les  bateaux  se  pressent  par  milliers  aux  abords 
des  marchés,  .luscpi'à  une  époque  récente,  la  voie  du  fleuve:  <(t  les  canaux 
de  son  delta  étaient  les  seides  voies  de  commerce  dans  h;  Bengale,  et 
quoiqu(!  les  chtiuiins  de  fer  aitml  maintenant  enlevé  au  Cii\npn\  u;;e  part  con- 
sidérable de  son  trafic,  ce  cours  d'eau  n'im  reste  pas  moins  l'un  des  plus 
fréquentés  du  monde  entier.  La  seule  ville  de  Calcutta  re(;oit  des  ports  de 
l'intérieur  pour  une  valeur  de  plus  de  400  millions  de  francs  importée 
par  bateaux  :  t(d  bourjf  voit  passer  devant  ses  quais  plusieurs  centaines 
d'embarcations  par  jour;  c'est  par  millions  de  tonnes  qu'il  faut  évaluer  le 
mouvement  annuel  ilans  les  ports  du  delta  f^anjiétique.  Sans  doute  le  Gange 
ne  saurait  se  comparer  au  Iludson,  au  Mississippi,  à  la  Tamise,  pour  la  na- 
vigation à  vapeur,  mais  nulle  part,  si  ce  n'est  dans  les  fleuves  de  la  Chine, 
les  petites  embarcations  ne  sont  plus  nombreuses. 

A  l'ouest  du  bas  Gange,  la  rivière  la  plus  importante  est  la  Damoudah, 
très  redoutée  des  riverains  à  cause  de  ses  fréquentes  inondations,  mais 
d'autant  plus  vénéréi^  par  les  populations  sauvages  des  collines  environ- 
nantes. Dans  une  de  ses  crues,  en  IT.')",  la  Damoudah,  s'ouvrant  un  nou- 
veau lit  vers  le  sud,  descendit  directement  vers  l'estuaire  du  Gange;  l'an- 
cien lit,  qui  l'unissait  au  Hougli,  à  l'endroit  où  ce  cours  d'eau  a  gardé  son 
caraiîtère  fluvial,  est  complètement  abandonné  depuis  1702'.  C'est  dans  la 
région  de  la  haute  Damoudah  et  de  ses  affluents  »|ue  s'élèvent  les  seuls  mas- 
sifs de  hauteiu's  du  Bengale  |)roprement  dit,  qui  continuent  sous  divers 
noms  le  système  des  Vindhya,  mais  en  diffèrent  |tar  les  formations  géolo- 
giques. Les  grès,  qui  terminent  à  l'oritMil  les  |)laleaux  du  Baghalkand,  sont 
remplacés  par  des  roches  métamorphiques  et  carbonifères;  seulement  quel- 

'  Forgiisson,  l'rucfeiliiiys  <>f  Iho  Gtoloijirnl  Sociely,  a|iiil  ISCiS. 


r.ANGE,   DAMOIDAH,   MONTS  DE  RADJMAHAL. 


325 


qiios  firoupes  isolés,  itit-'ino  de  simples  blocs,  ténioif;nenl  de  l'ancienne  ex- 
h^nsion  des  rangées  du  Vindliya.  Au-dessus  du  ffrand  coude  du  (îan<,'e,  les 
nionis  de  Radjmahal  sont  lorraés  de  Irapps  basaltiques  d'origine  beaucoup 
plus  récente  que  les  laves  du  Dekkan,  et  l'on  montre,  à  ô5  kilomètres  au 
sud-est  de  Colgong,  de  petits  cônes  de  Iracbyte  et  de  porpliyre  qui  lurent 
probablement  le  noyau  des  anciennes  montagnes  ignivomes'.  Quoique  très 
rapprochées  des  régions  les  plus  populeuses  de  l'Inde,  les  collines  situées  à 
l'occident  de  la  ligne  du  chemin  de  fer  de  Bardwan  à  Patna  sont  parmi  les 
moins  connues  de  la  Péninsule  et  celles  où  les  villes  et  les  bourgades  sont 
le  plus  clairsemées.  Les  bêles  féroces,  telles  que  les  tigi-es  et  les  éléphants 
sauvages,  en  ont  rendu  certains  districts  presque  inhabitables  ;  dans  les 
clairières  des  jongles  qui  entourent  le  mont  Parasnatli,  les  paysans  ne  peu- 
vent aller  iaire  leurs  semailles  et  leurs  l'écoltes  qu'en  grou|)es  nombreux, 
au  son  du  tambour*.  Cependant  les  indigènes  de  ces  pays  montueux  contii- 
buent  j)our  leur  part  à  l'accroissement  des  richesses  du  Bengale;  ce  sont 
eux  qui  préparent  le  cachou  en  traitant  le  bois  de  l'acacia  catecini,  qui 
recueillent  la  cire  blanche  végétale  et  ramassent  sur  l(!s  branches  de  cer- 
tains arbres  la  laque,  sécrétée  par  un  insecte  {coccus  lacca). 


Presque  toutes  les  populations  qui  vivent  dans  les  plaines  du  Gange  et 
que  la  voi(!  fluviale  met  en  relations  constantes  de  commerce  les  unes 
avec  les  autres  peuvent  être  classées  dans  leur  ensemlde  comme  appartt^ 
nant  à  l'humanité  policée,  quelb^  qu(!  soit  d'ailleurs  la  diversili'  de  leurs 
origines,  aryenne,  dravidienne,  kohlarienne,  indo-chinoise.  Cependant  il 
existe  encore  dans  le  bassin  gangétique  un  certain  nombre  de  tribus  et 
de  castes,  les  unes  asservies,  les  autres  relativement  iiulépendanles,  qui 
ont  gardé  leurs  caractères  «lislinclifs  de  race,  sans  acce|)ter  les  dehors  de 
la  civilisation  hindoue  ou  mahométane.  Parmi  ces  peu|>lades,  il  en  est  que 
l'on  peut  qualilier  de  barbares:  refoulées  j)ar  les  invasions  *pii  se  sf>nt 
succédé  dans  la  région  des  plaine^;,  elles  se  sont  réfugiées  soit  dans  les 
forets  marécageuses  qui  longent  la  base  de  l'Himalaya,  soit  dans  les  mas- 
sifs de  collines  que  contimrne  le  (jange  dans  son  coiu's  inférieur.  Encore 
d'autres  tribus,  pareilles  aux  Tsiganes  d'F.urope,  évitent  le  danger  j)ar  une 
vie  nomade,  c'est-à-dire  par  une  fuil<!  incessante.  Les  Nat,  kandjar,  Badya, 
Bazigar,  ainsi  qu'on  nomme  ces  bohémiens  de  l'Inde  gangétique,  (mt  pour 


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-  limmh  of  llii'  Goviriimnit  nj  Hniyal,  XWVIII,  iHlil  ;  —  Bail,  Juiitjlfi  Life  in  Imlia. 


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NOUVELLE  GÉOGRAPHIE  lî>'IVERSELLE. 


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villages  leniporaii'es  dos  gi-oiipes  ilo  huttes  en  bois,  couvertes  de  nattes  el 
(le  leuillages;  les  bords  de  la  route  servent  de  pâlis  à  leurs  animaux;  eux- 
mêmes  se  nourrissent  d'impurs  débris,  même  de  eliarogiu's,  (puind  leurs 
mille  métiers,  de  prestidigitateurs,  de  montreurs  d'ours  et  de  singes,  de 
maquignons,  de  diseurs  de  bonne  aventuiv,  ne  sulïisent  pas  à  leur 
procurer  l'abondance.  Comme  leurs  l'rèi'es  d'Kurope,  ils  savent  toujours  as- 
surer leur  sécurité  en  se  tenant  prudemment  à  l'écart  de  tout  mouvcmieni 
politiipu',  OH  religieux.  Les  souverains  du  pays  n'ont  pas  de  sujets  plus 
lidèles  que  ces  étrangers  errants,  dont  la  religion  est  toujours  la  loi  domi- 
nante de  la  contrée  :  mabométans  pour  la  plupart  parce  que  les  maîtres 
étaient  mabomélansjusfpi'à  une  époque  récente,  ils  semblent  n'avoir  en 
réalité  d'autre  religion  ipie  la  rechercbe  du  bien-être  commun  de  la  tribu. 

Dans  l'Aoudli,  el  plus  à  l'est,  le  long  des  frontières  du  Népal,  les  IJbar, 
les  Tliarou,  qui  se  disent  d'origine  radjpoule,  et  d'autres  peuplades  vivent 
en  groupes  épars  qui  n'ont  aucune  communication  avec  les  babitants  ci- 
vilisés de  la  plaine  el  (pie  leurs  marais  jtrotègent  contre  toute  attaque.  Mais 
d'autrtîs  tribus,  qui  n'ont  pu  l'uir  les  conquérants,  ont  été  n'-duiles  par  eux 
à  la  dure  condition  d''  serfs  ou  bien  rejelt'es  en  debors  de  toute  caste.  Ainsi 
les  Kori  et  les  Tcbauiar,  auxquels  on  permet  dans  les  villes  d'exercer  quel- 
ques industries,  de  tisser  des  étoffes  et  de  travailler  le  cuir,  sont  leslés  es- 
claves dans  les  campagnes;  ils  cultivent  toujours  le  sol  pour  les  maîtres 
brahmanc's  ou  radjpoules,  quoi(pie  les  lois  aient  officiellement  proclamé 
leur  liberté.  Mais  que  leur  servirait  de  faire  appel  aux  tribunaux?  Méprisés 
comme  ils  le  sont,  ils  ne  pourraient  s'enfuir  des  laniî'res  qu'ils  occu|(ent, 
à  côté  des  jjorcs,  dans  un  quartier  séparé  du  village,  sans  être  l'epoussés  de 
partout  comme  des  bêles  immondes.  Une  autre  peuplade,  celle  des  Pasi, 
qu((  l'on  croit  descendre  également  des  anciens  maîtres  du  jiays,  occupe  un 
rang  plus  élevé  parmi  les  babitants  de  l'Aoudb;  elle  s'est  à  demi  indiani- 
s(!e,  et  c'est  elle  (pii  fournit  la  plupart  des  individus  emplojV's  par  le  gou- 
vei'uement  pour  la  police  rurale.  Dans  l'Aoudb,  un  million  d'hommes  sont 
classés  parmi  les  aborigènes. 

Ceux-ci  sont  plus  nombreux  encon;  dans  les  provinces  du  Ijengale; 
on  les  évalue  à  |)lus  de  trois  millions,  sans  compter  les  individus  de  basses 
castes  (pii  icprésentenl  les  anciennes  races  du  |)ays  diversement  mélan- 
gées avec  les  envahisseurs  hindous.  (Iràce  aux  massifs  de  collines,  entourés 
de  jongles  et  de  forêts,  (pii  s'élèvent  au  sud  de  la  Sone  el  du  Cange,  jdusieurs 
tribus  ont  trouvé  un  asile  et  se  sont  maintenues  jusipi'à  nos  jours,  sinon 
libres,  du  moins  respectées  par  leurs  voisins.  Ainsi  les  Maler  ou  Faha- 
riah,  les  ///////«'/(.des  Anglais,  (|ui  peu|)lent,  au  ntnnbrc  d'environ  400000, 


POPULATIONS  l)K  I/AOUDII  KT  IMI  BKNdALK. 


327 


les  liauUis  vallées  di's  in(»iils  Uadjinahal  el  îles  massifs  cnvimiinanls  jusque 
vers  le  sud  de  .Monj^liyr,  jouissaieul  encore  de  Ituir  indépendance  |)olili({ui; 
au  milieu  du  siècle,  et  les  Anjilais  envoyèrent  contre  eux  mainte  expédi- 
tion, (|ui  dut  se  Itorner  à  |iarcourir  les  jonuies  et  à  l)rrder  les  villages. 
Mais  ce  que  n'avait  pu  acc(>ni|tlir  la  force,  la  ruse  a  su  le  l'aine.  Les  chefs 
pidiariali,  comblés  de  préseuls,  sont  devenus  les  |>ensiounaires  du  gouv(M'- 
nement  anjilais,  el  désormais  leur  terriloire  est  nettement  limité  :  des 
liornes  en  ma(.'onnerie  placées  à  l'issue  des  vallées  indiquent  les  frontières 
(le  la  tribu,  el  les  indigènes  qui  descendent  de  leurs  montaf^nes  ne  se  mon- 
trent plus  en  eimemis,  mais  en  commer(;anls  paisibles.  l)'aill(;urs  les  Pa- 
liariah  sont  loin  d'être  sauvajres.  Us  construisent  soigneusement  leurs  ca- 
banes en  tij-es  do  bambou,  les  <;arnissent  de  meubles  sculptés,  en  or- 
nent les  abords;  leurs  jardins  et  leurs  champs  sont  bien  entretenus  et 
lournissent  d'ordinaire  une  récolte  suffisante  pour  alimenter  un  petit  com- 
merce d'exportalion  ;  mais,  (juoique  marchands,  ils  sont  très  véndi(|ues  : 
«  Plutôt  mourir  que  de  mentir  »  est  un  de  leurs  proverbes.  De  même  que 
la  plupart  des  tribus  de  l'Assam  et  de  l'Indo-Cbine,  les  Pahariah  ont  dans 
leurs  villages  une  sorte  de  palais  commun,  où  tous  les  jeunes  hommes 
vivent  ensemble.  Devant  les  demeures  et  près  des  aibres  sacrés  sont  plantés 
de  hauts  bambous  pour  écarter  les  mauvais  génies  qui  volent  |)endaut  les 
nuits,  profilant  de  l'absence  du  Soleil,  le  grand  dieu  de  l'univers.  La  plu- 
part des  aulhropologisles  voient  dans  les  Pahariah  des  Dravidiens  parents 
de  ceux  de  l'Inde  méridionale;  ils  le  sont  du  moins  par  la  langue,  (|ui 
se  rattache  à  celles  du  midi'.  On  affirme,  mais  sans  preuves,  qu'ils  dimi- 
nuent rapidement  en  nombre  et  (|u'ils  disparaissent  |>eu  à  peu',  mais 
les  méprises  du  recensement,  provenant  surtout  des  changements  de  nom 
que  subissent  les  tribus  et  leurs  clans,  sont  trop  fréquentes  pour  qu'on 
puisse  admellre  comme  un  fait  certain  la  décadence  de  la  nation. 

Les  Santal  ou  Sonlal,  au  nombre  de  deux  millions  peut-être,  habilt^nt 
aussi  le  Bengale  et  le  Hehar  et  peuplent  notamment  les  vallées  et  les  |)re- 
miers  lalus  des  |daines  aux  |)ieds  des  montagnes  des  Pahariah:  de  là  ce 
nom  de  I)aman-i-koh  ou  «  Piémont  »  que  l'on  donne  à  la  partie  de  leur 
territoire  voisin  des  collines  de  Uadjuudial.  Les  Santal  sont  assez  nomades 
de  leur  nature;  ipmique  agriculteurs,  ils  aiment  à  changer  de  campement: 
dès  (pie  le  sol  cultivé  par  eux  est  appauvri,  ils  \out  chercher  dans  la  jongle 
daulres    terrains   à  défricher.    Kn  plusieurs  districts,    surtout   dans    le 


'  Dation,  Ethnnlniin  of  licngal  ;  —  il    Bickerstaffo  Kowney,  The  wild  Tribct  ofindia. 
'  Caldwell,  Dravidian  Languaycii. 


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NOUVELLK  ilfiOCHAl'HIK  UMVEKSELLK. 


l»amaii-i-koli,  où  ils  olaiciil  ÔHOO  on  17ÎHI  cl  plus  do  '200(1(10  cinquante 
ans  après,  la  plus  «irando  partie  du  sol  est  dt-jà  uliliséo  et,  inal|.nv  eux, 
les  Santal  sont  devenus  sédentaires,  mais  jtourètreen  même  temps  asservis 
ù  la  «îlèlM?  :  aucune  populatitm  de  l'Inde  n'eut  plus  à  soulïrir  du  réj;ime  de 
propriété  introduit  dans  le  pays  par  les  conquérants  niuiiffols  et  les  An- 
jrlais.  Accablés  de  taxes  et  d'impôts  par  les  «rrands  tenanciers,  vexés  de 
toutes  les  manières  par  les  aî^ents  du  fisc  et  autres  intermédiaires,  ron-iés 
par  les  usuriers,  la  plupart  des  Santal  voisins  des  canq)a<ines  hindoues 
se  trouvèrent  bientôt  réduits  en  esclavajie;  pour  leur  nourriture  même,  il 
leur  lallail  s"adr«'sser  au  prêteur,  enga<:er  d'avance,  à  ôô  pour  cent 
d'intérêt  par  an,  le  produit  de  leui'  pntpre  travail  et  celui  de  leurs  en- 
fanU.  En  vain  s'adressèrenl-ils  aux  tribunaux  anjjlais  pour  reprendre  pos- 
session de  leur  terre  et  de  leui-  liberté;  leurs  doléances  ne  Turent  point 
entendues.  Ils  résolurent  alors  de  descendre  en  masse  vers  Calcutta  pour 
aller  demander  justice  au  vice-roi.  Le  50  juin  1855,  les  Santal  orientaux, 
ceux  qui  avaient  le  plus  à  souffrir  de  l'usure  et  de  l'impôt,  se  niireul  en 
marcbe,  avec  femmes  et  enfants,  précédés  de  leurs  bérauls  battant  le 
tambour  :  la  seule  avant-garde  des  tribus  se  composait  de  trente  mille 
hommes.  La  prwession  niilitaire,  précédée  |)ar  la  foule  des  fujiitifs  hindous, 
descendit  assez  avant  dans  la  plaine,  pillant  les  plantations  des  usuriers  et 
brûlant  leurs  maisons.  En  toute  hâte,  le  gouvernement  rassembla  des 
Inuipes  et  les  envoya  contre  les  pétitionnaires.  (!e  ne  fut  |tas  une  guerre, 
mais  un  hideux  massacre,  que  nul  oflicier  anglais  ne  put  raconter  sans 
honte'.  Les  Santal,  protestant  qu'ils  n'en  voulaient  point  aux  Anglais,  mais 
seulement  aux  prêteurs  d'argent,  n'en  accepteront  pas  moins  le  combat  ; 
mais  que  pouvaient  leurs  flèches  conti'o  les  armes  de  précision  des  ci- 
payes'.'  Tant  que  résonna  leur  tambour,  ils  se  laissèrent  tuer  sans  de- 
mander (|uartier;en  jtlusieurs  villages,  il  ne  restait  plus  un  homme  debout 
quand  y  |K''nétrèreiil  les  troupes  de  la  Com|)agnie.  Après  la  tuerie,  les  An- 
glais songèrent  à  examiner  les  griefs  dos  Santal  et  à  leur  donner  quebjue 
satisfaction.  Les  terres  furent  rendues  à  ceux  qui  les  cultivaient,  certains 
pactes  usuraires  lurent  déchirés,  et  l'esclavage,  qui  jusqu'alors  avait  été 
tolën''  par  les  juses  anglais,  fut  solennellement  aboli,  mais  pour  être, 
trop  souvent,  rétabli  sous  une  autre  forme.  Le  chemin  de  fer,  pénétrant 
dans  le  pays  des  Santal,  où  la  population  surabonde  par  l'excédent  conti- 
nuel des  naissances  sur  les  morts,  appelait  les  travailleurs  par  dizaines  de 
milliers;  les  planteurs  de  thé  de  l'Assam  domaudaient  des  ouvriers  pour 


lluuter,  AnnaU  uf  Rural  Beiigai. 


SANTAL. 


."29 


leurs  cultures;  mémo  do  Miiurioo  et  <lo  la  Hôunion,  les  firands  propriétaires 
l'aisaieut  aux  «  enjfajrés  »  deix'ilcs  proniossos,  «pii  dovaiout  prescpio  toujours 
avoir  un  vitrilablo  ostlavajio  pour  rôsullal.  Très  |»orlés  au  cliau^onu'iil,  les 
Saiilal  tMingrent  voiouliors;  des  uiillicrs  d'oulro  eux  dosccndcut  dans  la 
plaine  pour  louer  leurs  bras,  jx'ndanl  une  saison  ou  pendant  des  années; 

.1'  71.  —  CÛLLINK4  nr  niPj\iAii\i,  nvs  des  pahariaii  kt  nrs  santvi.. 


EldeP 


3?'i0- 


O'apres  I  lod'a"  Allas. 


C   PçrrQn 


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d'autres  se  laissent  même  expatrier,  mais  bien  jieu  nombreux  sont  ceux 
qui  reviennent  dans  leur  liameau  natal. 

Le  type  national  e<l  un  des  plus  remarquables  parmi  ceux  des  popula- 
tions de  rintle.  Les  Santal  n'ont  pas  la  finesse  de  traits  des  Menjiali,  mais 
ils  ont  plus  de  forée,  et  de  plus  la  beauté  (pie  donnent  la  Irancliise  et  le 
couraj;<'  ;  en  général,  leur  lato  est  large,  les  pommeltes  saillantes,  les  lèvivs 
un  peu  grosses,  le  front  plat,  la  tèlearrondie;  leur  aspect  témoigne  de  la  vi- 
gueur corporelle  et  de  la  santé.  Vifs,  alertes,  toujours  gais,  très  bienveil- 
VII  •  42 


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.NOUVELLE  fiÉor.RAI'IIIE  l'MVERSELLE. 


laiils,  ils  nnl  niiillitMiit'iiM'iin'iil  ;i|ij»ris  à  s»*  «lélier  <l«'  i"i''lran;:«'r.  ot  rarriv»'-»- 
tl'iiii  IliiMliiii  iliiiis  Ifiir  |ia\>i  Ifs  ctTrayc  *  plu»  <|iit'  la  |ii'i*m>iilv  iI'iiii  léo- 
pai'tl  011  (l'un  ti^Mf  »  :  n-|>fiiilaiil  iN  arrii<-illi-iit  t(>iijiiiii'>  liicii  le  voyaircur  i-( 
(levant  cliatiiiL' iriai-iiii -c  lioiivc  un  ^ié^f  iriimiiifiii',  le  «  banc  de  l'clran- 
fftil*  »,  où  les  passants,  (juclles  (juo  xticnl  leur  ratr,  leur  njuleur,  leur  ivli- 
fiion,  s(jnl  inviltîs  à  s'asseuir  et  à  jouir  de  l'IioNpitalité  t'amilialc  N'ayant 
point  d'artisans  de  leur  race,  ils  ont  été  ohli-jés  d'uiviler  des  fur^'erons,  de- 
tiss(;i"ands  et  d'autres  ouvriei-s  de  race  étranjière,  mais  ils  traitent  ees  iniiui- 
pranls  eoniuie  des  lioninies  de  leurs  propres  tril)U>,  le>  admettent  par 
mariagt>  dans  leurs  raniille<  et  peu  à  |)eu  la  naturalisation  de  ee^  Hindou'^ 
est  coiuplète.  Sur  les  douze  triluis  des  Santal  sept  se  >ont  eonserxj'r^ 
pr(>s(|U(;  pures,  sans  aueun  préjugé  de  caste;  mais,  dans  le  voisina^-e  de-, 
plaines,  des  peuplades  -e  sont  déjà  ù  demi  indianisées,  et  se  laissant  |)é- 
nétrer  peu  à  peu  par  le-  nueurs  des  lien^rali,  [H-rdent  leur  dignité  de  nation 
libre  pour  tomber  au  rang  des  demi-castes  métissées,  (|ue  méprisent  les 
hommes  de.  sang  pur.  La  langue  (pu'  parlent  les  .Santal  a|ipartienl  au 
groupe  kohlarieu,  (jui  >e  distingue  par  ses  formes  agglutinantes.  Ih*  tous  les 
idiomes  de  cette  famille,  le  leur  est  le  plus  dévelop|té;  il  semble  avoir 
(emprunté  beaucoup  de  radicaux  au  sanscrit,  mais  en  revanche  il  lui  en 
a  donné  plusieurs,  cl  c'est  même  dans  le  dialecte  santal  que  la  c  divine 
écriture  »  aurait  pris  (juebjues-unes  de  ses  consonnes'.  Cejteudant  le  san- 
tal n'a  point  de  lilli'-rature,  ni  même  d'alphabet  (|ui  lui  a|ipartienne  en 
propre;  (juciiiues  t'-crils  religieux  rédigés  par  les  missiidinaires  et  des 
traductions  de  la  Bible  sont  jus(pi'à  maintenant  tout  l'avoir  littéraire  des 
indigènes  :  dans  les  écoles,  ils  apprennent  la  langue  de  leurs  op]>resàeurs 
délestés,  les  Bengali. 

La  famille  est  très  fortement  constituée  chez  les  Santal.  Les  mariages  ne 
sont  pas  décidés  d'avance  par  les  parents,  comme  chez  les  Hindous;  Ie< 
jiMiues  gens  l(»nl  leur  choix  librement,  mais  toujours  dans  un  clan  difiérenl 
du  leur;  l'inl 'rvention  du  jière  n'a  li<'U  ipie  pour  la  forme,  afin  de  n'-gida- 
riser  la  venue  ik  l'étrangère  dan-  la  tribu.  La  polvL'amie  n'est  pas  défendue, 
mais  il  est  rare  (pie  le  .Santal  en  profile;  les  UKeui-s  nationales  ne  le  lui 
permettent  (jue  si  la  première  é[M»use  est  stérile.  Les  divorces  sont  rares.  L- 
respect  (|ue  les  Santal  témoignent  aux  femmes  se  révèle  surtout  par  leurs 
habitudes  d'i-légance  et  de  propreté:  ils  aiment  à  -'orner  de  Heurs, de  plumes, 
de  houppes  (rt''toi'le<  et  de  crins;  ils  couvivnt  leurs  femmes  et  leurs  filles 
d'ornements  en  métal,  en  fer  (piand  ils  sont  pauvres,  en  cuivre  ou  même 

•  I'.  \V.  KIlis,  Préface  tft  Cnmiibi-irx  Telugu  Grninmar  ;  —  Hunier,  Ànnah  uf  Rural  Benaal . 


S\>TAL 


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on  arpent,  lorsqu'ils  ont  pu  fain' qm-lquos  économies.  Los  maisons,  isolées 
(le  chaque  côlé  de  la  t  voie  des  Tamilles  »,  el  |»ein(es  en  bandes  idleinanles 
de  roHfie,  noire!  blanc.  *onl  lri>  |»r<t|ir«'menl  lennes,  el  c'est  Imijonrs  à 
l'écart  que  >'élèvent  étaldi'>  i-t  jii).'e«jnniers.  (]|ia<|iie  maisonnée  a  son 
(«Ite  particnliei-,  qui  m.' célèbiv  en  eonnnun  sous  la  direction  du  père;  sur 
-on  lit  de  mort,  celui-ci  ré\èli-  au  lils  aine  le  nom  de  son  dieu  el  les  paroles 
secrètes  quil  lui  adressiit,  pui-,  en  mourant,  il  passe  Ini-mènu^  au  ranji 
des  divinités,  avec  lous  les  ancêtivs.  Le  devoir  suprême  du  lils  aîné  ou  du 
plus  proche  parent  e>t.  apiv^  axoir  lirùlé  le  corps,  de  porter  trois  l'rajj:- 
ments  tlu  cràii"'  au  boitl  de  la  Ihimoudah,  la  rivière  sacrée,  el  (le|dongorces 
os>eraent>  dan-  le  Ilot  alin  qu'il>  aillent  rejoindre  ceux  des  aïeux.  Lors- 
((u'un  Santal  a  été  dévoré  j»ar  une  U-te  féroce,  le  plus  proche  parent,  se  pri- 
vant de  nourrituiv  el  de  ximuieil.  -uit  l'animal  jusqu'à  ce  qu'il  ail  pu 
retrouver  un  débris  de  la  victime  el  h-  porter  au  Ilot  de  la  rivière  sainte. 

I^  patrioti>me  de  clan  e<l  au»i  fort  chez  les  Santal  que  l'esprit  de  famille. 
l>es  cérémonies  spéciak-»  célèbrent  l'entrée  du  jeune  homme  dans  le  clan 
et  les  ancien-  lui  expliquent  si's  devoirs  envers  la  communauté.  Des  man- 
(piements  à  riionneur.  de-  crimes  entraînent  l'exclusion  du  clan,  c'est- 
à-«lire  la  mort  civile:  dan-  les  ca-  ordinaire^,  le  coupable  penl  racheter  son 
droit  de  cité,  mais  dans  le<  ea-  {iraves  il  ne  lui  reste  qu'à  piendre  son  arc 
et  ses  flèche--  et  à  s'enfuir  dan-  la  jongle,  d'où  il  ne  nvienl  jamais.  La 
suspension  des  droits  el  Tespul-ion.  tels  sont  les  deux  seuls  moyens  de 
«.'oiivernemenf  pour  les  tribus  -;mlid  :  les  majrislrals  anglais  ont  compris 
que  toute  lein-  police.  p«Miélranl  dans  les  tribus,  ne  servait  qu'à  troubler  la 
notion  du  droit  chez  le<i  in<lii;èni-  i-l  à  diminuer  l'inllueiue  des  «  pères  »  el 
des  représentants  ipie  le-  Santal  -<■  clmi-is-aient  eux-mêmes.  Des  mission- 
naires cathidii|ues  el  pi-olestanls  de  dixerses  sectes,  établis  dans  le  pays 
santal,  ont  eu  dan-  Irurs  Icntalive-  de  conversion  plus  do  succès  ipu'  n'en 
ont  leui-s  confrèris  en  |»;»ys  hindou,  mais  la  graiido  niasse  de  la  nation 
reste  très  attacher  à  son  ancien  culte.  Plusieurs  lois  par  an,  les  villapoois 
se  réuni-senl  à  l'ombre  d'im  sal  Ishorra  nihustti),  l'arbre  natiimal  par 
excellence,  pour  dan-er  m  rond  et  chanter  des  hymnes  en  l'honneur  de 
leurs  aïeux. qu'ils  croient  h's  resardei  lu  haut  des  branches;  ils  leur  offrent 
en  sacrifice  des  co<[s,  des  chèvres  ou  bien  des  (leurs  ou  des  fruits  rouges, 
dont  la  couleur  donne  aux  ancêtre-  l'illusion  du  sang.  Ils  apportent  les 
mêmes  offrandes  au  sideil  et  à  la  €  Grande  Montagne  »,  divinité  qui  se 
confond  souvent  avec  Siva.  le  dieu  des  monts  neigeux,  et  qui  semble 
témoigner  de  l'ancien  x-jour  de  la  nation  dans  (pielqiie  haute  vallée  de 
l'Himalaya.    Les  Santal  vénèrent  aus-i   réléplianl  comme   un  prolecteur 


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NouvKLLK  (;f;(ir,HAi'iiiK  i'mverskij.e. 


des  Iriltus,  cl  los  iiièros  aiiiiciil  i'i  plîicci'  li'iirs  (miIiiiiIs  aux  pii'ds  de  l'animal 
en  lui  d(;niandanl  de  les  litMiir'.  Les  Kold  cl  les  Kliond  donncnl  à  l'élé- 
phant le  nom  de  «  ^land'inci'c  ». 

Les  Oraon  on  Idiangar,  c'esl-à-diie  les  «  Montagnards  »,  antre  tribu 
ifidi}{ène  des  districts  de  Tclidla  NMfi|Mti'c,  sont  <le  race  et  de  langne  dravi- 
dicnnes  cuninie  les  l'aliariali,  cl  disent  èli'e  venus  a\ec  eux  de  l'Index  occi- 
dentale; ils  se  donnent  enx-inènies  le  nom  de  Klionruiik.  (l'est  parmi  eux 
que  se  recrutent  surtout  les  ouvriers  employés  dans  les  travaux  publics  du 
Bengale  vX  les  coulis  engagés  par  les  planteurs  de  colonies  lointaines.  Les 
Uraon,  (jue  l'on  évalut;  au  nondire  de  OUU  UllO,  et  (|ui  st;  divisent  en  nom- 
breux clans,  iiyanl  chacun  son  toleni  ou  animal  synd)oli(pie,  se  disent  la 
«  Iribu  du  labeui'  a  et  se  plaisent  à  donner  des  preuves  de  vigueur  et 
d'intelligence  dans  les  travaux  ipron  leur  coidie;  simples  d'espril,  ils  s'a- 
musent d'un  rien,  dansent  et  rient  volontiers  pour  se  l'eposer;  eu  leve- 
nant  des  champs,  la  tète  couronnée  dt;  Heurs,  ils  se  tiennent  par  la 
taille  et  se  balancent  en  chantant  pour  rythmer  leur  marche*,  lis  con- 
trastent pour  la  |)lupart  avec  les  Hindous  par  leur  laideur;  ils  ont  la  [)eau 
noire,  la  màchoircî  inl'érieure  avancée,  la  lèvre  épaisse,  le  Iront  bas  et 
étroit,  les  cheveux  longs  et  légèrement  ciépus,  souvent  oints  de  bouse  de 
vache,  et  la  nature  de  leurs  occupations  les  condamne  à  la  malpropreté; 
néanmoins  ils  aiment  beaucoup  les  (»rnements  et  se  tatouent  diverses  |>ar- 
lies  du  corps,  l'rescpie  [larloiit  leurs  demeures  sont  de  simples  buttes  en 
terre;  le  |>riiicipal  édiiice  du  village  est  la  doum-kharia  ou  <  gai(;onnière  », 
dans  la(|uelle  les  jeunes  gens  s'exercent  à  Ions  les  jeux  de  force  et  d'a- 
dresse. Plusieurs  coutumes  des  Oraon  les  ra|»prochenl  des  Santal;  comme 
eux,  ils  adorent  le  soleil,  les  génies,  les  ancêtres,  leur  sacrilient  de  petits 
animaux  et  ItMU' portent  des  oITrandes;  comme  c^ux,  ils  laissent  leurs  en- 
fants se  marier  à  leur  gré,  mais  s(udement  en  dehors  de  h'urs  villages,  et 
donnent  à  la  femme  une  grande  pari  d'iniluence.  Lors({ne  deux  jeunes 
lill(!s  se  choisissent  pour  sœurs,  elles  échangent  leurs  colliers,  eu  présence 
de  témoins,  cl  jusqu'à  la  iln  de  leurs  jours  s'appellent  l'une  l'autre  <;  ma 
Heur  »  ou  «  mon  sourire"  ;;. 

Oueh|ues  autres  tribus  babilent  les  |)lateaux  à  l'ouest  du  delta  gangé- 
tique;  telles  sont  les  Mounda,  qui  se  rattachent  aux  Kohi  d'Orissa,  et  les 
Karvvar,  parents  des  Santal,  (pii  parcourent  les  forêts  au  sud  de  la  Sone, 
vivant  en  partie  de   l'ruils  sauvages  et  d(!  racines,  qu'ils   disputent  imx 

*  llimtcr,  Aiimils  af  lliiial  liniiiat. 

*  W.  Liilhi'i';  —  Ihilliiii,  l'AhmdiKjtj  of  licngal, 

^  Dalton,  ouvnigu  cité-  —  II.  Ijickerslaiïo  Uowney,  The  witd  Tribes  ofittdia. 


\  r: 


SANTAL,  ORAON,   MOIINDA.  ">3ô 

sinpos';  mais  la  plupart  des  p(Mi|ihi(li's  aliori^viies  sont  à  demi  indinnisécs 
(III  iiu'^ini!  110  so  disliiigiienl  dos  Hindous  (|iu>  par  la  position  ird'ôriouro 
(jiii  leur  ost  allriliuôo  liaiis  la  lii(''iairliio  dos  oastos.  Los  Tcliaiidal,  la  oasto 
liiiidoiit;  la  plus  iiii'-prisôo,  qui  ooinproiul  plus  d'un  niilliou  ol  donii  d'in- 
dividus, doscond  évidoniiuoiil  do,  oos  anciens  p(»ssossouis  do  la  ooulrôo  ipio 
los  onvaliissours  aryens  (pialiiiaiont  avoo  niôpiis  du  nom  do  Dasyas,  do- 
venu  maintenant,  sous  une  l'orme  lô<ièromonl  allérôo,   l'une  des  appolla- 

N"   ^T,.   —   IVIPI'I.ATIONS   AIIDlUnKNKS   mi    IIKSnAlK. 


SIW)  kil. 


lions  de  famille  les  plus  communes  du  Bengale'.  Los  Radjbansi  on  Pâli,  qui 
parlent  un  dialecte  rapproché  du  bengali,  les  Malda,  los  Kotcli  et  autres 
castes  de  cultivateurs,  encore  plus  nombreux  dans  le  bassin  du  Ci'alima- 
poutra  que  dans  celui  du  Gange,  sont  aussi  de  race  indigène  ot  se  ratta- 
client  probablement  au  groupe  barman:  de  môme,  les  agriculteurs 
Bliouya,  les  pècbeurs  Bagdi,  les  Bari,  porteurs  do  palanipiins,  les  Moutcbi, 
qui  travaillent  le  cuir,  sont  les  représonlants  des  antiques  populations  abo- 
rigènes. C'est  à  eux  que  l'on  attribue  mainte  coutume  religieuse  étrangère 


*  Hall,  Jungle  Life  in  fndia:  —  Journal  of  Ihe  Asialic  Socielii  of  Bcrigal,  XXXVl. 
'  lluntei',  ouvrage  ciUÎ, 


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nux  Aryns,  cl  noIiimiiirMl  ((■><  siiciiiircs  hiiiii.-iiiis  <|iio  In  police  iin^rliiisu 
cul  liuil  <li!  |icinc  i'i  sii|)|iriiiici'.  Le  i-iiltc  siti^ihuil  ilcSiva  cl  di;  Kiilidciiinn- 
diiit  fies  vicliiiics  (le  cluiiv,  cl  jiis((ii'cii  l'iiiHM'e  INIÎII  des  jeirics  ^ciis  l'iireiil 
sacrilii-s  en  leur  liiiiiiieiii',  à  lliessni'c,  à  Dakka  cl  daiis  les  li>rèts  de  Teliolii 
Nii^poi'c.  Sur  les  liords  des  ri\icrcs,  la  tradition  désif>ne  cticorc  les  enipla- 
ceiiienls  où  les  |irètrcs  vcisaieiil  le  sau^  humain'.  Il  parait  (|U(!  ces  lior- 
rcins  n'oul  plii^  lieu  dans  le  Keu^ale,  mais  t|uc  do  rites  d'oi'i^Mne  non 
aryenne  auxquels  les  hrahmanes  sont  eneoru  tonus  du  se  plier,  soit  en 
eonjiMant  les  d(''mons  «pii  se  caclient  dans  les  l'orcMs,  soit  en  olIVaul  des 
poi^'ui-es  de  lerr(^  au\  divinih-s  des  eliani|ts!  Sous  de  nouveaux  noms 
sultsislenl  toujours  les  anciens  eiillcs. 

Il'csl  dans  la  provinei;  d'Aoudli  (|no  l'clémont  hindou,  d(!  pure  oi'i^inu 
aryenne.  |iarait  èlre  le  plus  i'orleinent  rcprésenlé.  I,cs  lirahmancs,  prêtres, 
^(•ns  de  proicssions  lihéralcs,  indusiriels  ou  cultivateurs,  y  ■•oiistituent 
au  moins  la  liuilième  |)arli(;  de  la  population;  les  Kadjpoutcs  et  ^ens 
des  rastes  fiuerrières  se  donnant  le  tKuii  de  Kclialr'yas  y  possèdent  la  plu- 
pari  des  nranils  domaines,  où  ils  oITrcnt  aux  An^ilais  une  hos|)ilalilé  l'as- 
lueus(t;  les  Kayasth,  «  intelligents,  sulilils  et  laux  comme  des  Ry/.intins  du 
Has  Kinpire  »',  sont  devenus  les  «  écrivains  b  par  excellence,  e',  de  con- 
cert avec  les  Vaisya,  se  sont  (emparés  d(^  tout  l(^  commerce;  Icis  agriculteurs 
Ahir  ou  (iopa,  tiesccndauts  de  l»erji;ers,  se  vantent  d'apparlenir  î'i  la  même 
race  (pie  le  dieu  Krichna;  l(>s  Kourmi,  premiers  lahoureurs  élahlis  dans  la 
contr(''e,  et  les  .Moiirao,  (pii  constitiKiut  iivec  les  Ahir  la  masse  de  la  nali(»n, 
se  donnent  (''{.talemenl  connue  des  Hindous  de  race  non  ni<jlang(}e.  (ieux  des 
Aryens  (pii  descendirent  dans  les  plaines  basses  du  (lan<;e  fi  l'époque  des 
niiiirations  primitives,  prétfMuhtnt  aussi  à  la  pureté  du  sanj^;  «h;  inèm(!  (pie 
les  coloris  de  toiiU;  race,  ils  s'allriltuent  une  noblesse  su|)éricu.e  à  celle 
qui  leur  appartient  en  réalité;  ils  se  disent  «  thiux  Ibis  nés  »,  comme  les 
descendanis  des  premiers  immijirants  anjilais  e?i  Virf^inie  prennent  tous  le 
raiij;  de  «  cavaliers  »  et  comme  les  Anfj;lais  de  l'Inde  se  donnent  sans  excep- 
tion le  titre  d'  «  es(piire  ».  Mais  de  mèm(!  que  les  n(d)les  de  la  tîrandoUrc- 
taf^ne  ne  riîconnaissent  point  a;'x  «  gentilshommes  »  de  l'Australie!  et  du 
Canada  l'f'ïyalité  du  ranfi,  de  même  les  brahmanes  de  l'Aoudh,  surt(mt  les 
Kanoudjea,  ou  brahmanes  de  Kaiiodj,  ranli(|ue  capitale  hindoue',  lieiuienl 
ceux  du  lieiijjale  comme  de  beaucoup  leurs  inIV'iieurs  en  position  sociale  et 
même  en  privil(!j;cs  relifjieux.  Jus(prù  maintenant  ils  rel'usont  de  manger 


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•  Wiillcr  S    Slicvill,  R()wvl  iipan  Uœ  lihauginillicc  River. 
"  Etiiol,  Custcs  uf  Ihe  î\ortli-\Ve&l  l'iuvintcs. 

*  Caïupbell,  Ethnoloyy  of  India. 


iiilitl^j 


iiiM)Mi:s  v.T  M\ii(»Mf:TANs.  :.:•;. 

h  la  iik'^iik'  liililf,  cl  U'\  volriir  <!' Mliiliiilind  on  tir  |{r>riiiri'>s  siiliira  sl(iït|iii'- 
iiinil  iliins  sa  prison  la  |M'iiif  du  I'imicI  itliihtl  i|iii>  tl'avali'r  un  ^lain  ilc  ri/. 
|ir('-|iarr'  par  un  Itraliniauf  de  (ialcnlla.  Itr'irninifnl  rru-ori',  un  pur  Aryn 
(II!  l'Aondli,  nirnii;  sinipl<>  cullivalcur,  ne  pouvait  contraclcr  de  niariap*  ir>- 
gilinio  av(!(;  iint;  hi'aliinanc  licn^ali,  si  ricin*  ipic  lût  le  pcrc;  ses  cni'ants 
claicnl  r'C|iut(''s  hiUards'.  (i'csl  aux  con(r(ics  où  prcduinincnl  les  hraliniancs, 
Hindous  par  (^xcellciico,  dans  les  hautes  plaines  de  la  Hjanuia  el  du  (ianp>, 
que  les  eonqu('<ranls  lirands-Mon^ols  oui,  applirpié  d'une  manière  spéciale  le 
nom  d'IliniJiMislan,  (Uendu  depuis  d'unie  manière  ^''nérale  à  Ions  les  pays 
où  scï  |)arlcnl  des  lanf,Mies  et  si;  prali(|ucnt  des  rclif^ions  hindoues,  c'est-à- 
dire  à  toute  la  péninsule  (lis^anf^('-li(jue'. 

I.cs  mahométans,  si  nomhreux  dans  la  région  luird-occidentalc  de  l'Ilin- 
doustan,  sunl  en  minorité  dans  lu  hassin  du  liante,  (pioiipi'ils  ait  ni  t'-lé  les 
maîtres  politiipies  sur  ce  versant  de  l'Inih*  aussi  hien  que  dans  le  l'iindjah, 
cl  qu'ils  aient  souvent  us(>  de  leiu'  pouvoir  pour  convertir  leurs  sujets, 
par  des  ordres  de  circoncision  en  masse.  Dans  les  plaines  supé-ricnres 
du  (îan<;e,  les  musulmans  ne  comprennent  (pie  la  septième  partie  de 
la  population:  dans  l'Aoudh,  U'  pays  hindou  par  e\cellenc(s  ils  ne  for- 
ment qu'un  dixièiiK^  des  hahitanls;  un  peu  plus  niMuhreux  dans  le  licliai-, 
ils  mancpient  presipie  complètement  dans  li^  Tcliota  Na<ipore,  où  prédo- 
minent les  éléments  indigènes  antérieurs  aux  Aryens;  mais  au  lleiifiale 
proprement  dit  ils  i'(!|)r(tnnent  une  importance  uuni('M'ii|iie  considérahle.  A 
C((t  é^ard,  li;  recensement  d(!  187'2  a  été  une  révélation,  (-es  «louvcrnants 
anjilais  apprirent  avec  étonnement  (pic;  dans  la  seule  province  du  Ileiifialt^ 
leurs  suj(;ts  musidmnns  dépassaient  en  nomhre  ceux  du  sultan  de  (!(hi- 
stantincqtle  en  Kuropo  et  en  Asie.  Près  du  tiers  des  haliilants  du  Heiifrale 
appartient  à  l'Islam.  Il  est  vrai  ((ue  les  mahométans  de  cett(!  |iartie  de  l'Inde 
sont  loin  (l(!  ressemblera  ceux  (l<!  l'Arahie:  dans  uiaint  district  ils  i<;norent 
même  les  plus  sinq»les  l'ormules  (h;  leur  relijiion,  (!l,  divisés  en  castes 
comme  les  Hindous,  |)ratiquant  les  menues  cérémonies  dans  les  sanctuaires, 
ils  ne  diffèrent  dtî  I<mus  voisins  que  par  l'observance  do  la  circoncision. 
Mais  dans  ces  derniers  l(;mps  im  ^rand  mouvement  de  réveil  reliffieux  a 
resserré  les  liens  qui  rattachaient  les  nmsulmans  du  Bengale  les  uns  aux 
autres.  Des  |trédicaleurs  itinérants,  veinis  pour  la  |)lupart  des  provinces  du 
nord,  ont  détourné  leurs  c(»rélif|i(»nnaires  des  ttMuples  hindous  et  leur  ont 
enseifiné  les  dofiines  essentiels  de  leur  fui.  L'esprit  <le  s(didarité  des  malio- 


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•  Hunier,  Annah  of  Rural  lionfial. 

*  Kuniuill.  Mcmoir  a  mup  of  llindnmtan. 


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NOUVELLE  OfiOfiRAI'HIE  liNIVERSELLE. 


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iiKîlans  (lu  ncnff.'ilc  ixwc  ceux  dci  l'Indu  ol  du  mnndi'  sVsl,  aorni;  ils  savent 
niaiiilciiiuil  ci  qu'ils  i^iioi'ait'nl  naguniv,  (|U('II('  osl  I  ini|ii»rlan('(!  d(!  I(!ur  rùlc 
ivlifiicux  et  |K)lili(|U('  parmi  les  nations;  et,  (|U()i(iU(' divisôs  cux-nirmos  on 
castes,  ils  présentent  un  corps  n>lativement  uni,  en  coni|iaraisori  des  mille 
fractions  irréduetihliîs  de  la  société  hindoue.  D'ailleurs,  la  dilTérencc  des 
occupations  ne  peut  que  maintenir  et  même  accroître  le  contraste  entre 
les  sectateurs  des  religions  distinctes.  Ainsi,  dans  le  Dehar  et  dans  rAoudh, 
les  musulmans  appartiennent  jiour  la  i)liiparl  aux  classes  supérieures; 
dans  le  Bcupah',  ils  sont  groupés  surtout  en  communes  de  cultivateurs, 
tandis  que  les  (unpioyés  cl  les  artisans  sont  prcscpuï  tous  hindcms.  Même 
il  existe  en  plusieurs  districts  d'inconieslables  différences  de  race,  \insi 
dans  le  lîoiiilkliand,  au  sud  du  Koinnaou  et  du  Népal,  les  Roi'iilla,  les  an- 
ciens maîtres  du  jiays,  sont  de  juirs  Afghans,  et  la  plupart  des  autres  ma- 
homélans  de  la  contrée,  saïd,  cheikh,  «  mongols  »,  palhans,  sont  aussi 
d'origiui^  étrangère,  du  moins  par  les  hommes,  descendants  des  compa- 


ijnons  ue 


Mahmoud,  d(!  llaher  et  d'Akhar 


C'est  à  l'inlluence  maliométane  ([u'esl  due  la  naissance  de  l'idio  ne  parlé 
par  la  majorité  des  hahilanls  dans  le  bassin  du  Gange.  L'Iiindousiani  eut 
sa  premièr(^  origine  dans  \o  camp  du  Grand-Mongol,  dans  Vtnirdou  de 
Delhi  :  de  là  le  nom  d'ourdou,  langage  de  la  «  liordt!  »  |)ar  lequel  il  est 
ordiuaii'ement  d(''signi'';  mais  de  simple  ]tat,ois  de  camp,  de  grossier  .sffftjV 
comme  le  parler  des  l'ranco-Arahes,  i'iiiudoustani  devint  bientôt  uiui  véri- 


ibe  et 


oersan.  a  la 


table  langue,  et  grâce  a  son  lu.'puisiiide  vocaiiulairc;  ara 
facilité  avec  laquelle  il  s'assimile  les  nouveaux  mots,  à  l'harmonie  de  ses 
cnnscmuances,  à  la  souphisse  de  sa  phrase.  i|ui  lui  permet  d'avoir  à  son  gré 
toute  l'ampleur  ou  toute  la  brièv^'lé  (l(''sirables,  il  a  (lui  par  déplacer  plu- 
sieurs dialectes  hindous,  tombés  maiuteiiant  au  rang  de  patois;  il  est 
mnno  parlé  par  un  ])lus  grand  nondire  d'bomvnt's  que  le  bengali,  employé 
dans  la  ri'gion  du  bas  (iauge  par  quarante-ciuci  millionsd'lliudous  ;  comme 
idiome  |)olicé,  il  l'emporte  siu*  toutes  les  langues  sœiu's,  pandjabi,  sindlii, 
goudjarati,  marathi,  ne|)ali.  Il  béiite  de  l'influenci^  qu'eut  autrefois  la 
langue  |Kdi  dans  la  civilisation  de.  l'Orient.  D'ailleurs,  tout  mélangé  qu'il 
soit  de  |.'rm(!s  arabes  ei  persans,  s'élevant  dans  quelques  ouvrages  jus- 
qu'aux trois  cinquièmes  du  vocabulaire,  l'ourdou  n'en  reste-  pas  moins  un 
dialecte  hindou  par  la  grammaire,  l(>s  désinences,  la  construction  de  la 


niiue  indKMiiie  ( 


lans 


phrase.  De  même,  le  bengali  garde  son  caractère  de  la 
les  tribunaux,  où  il  e- 1  mi-langé  d'un  tiers  de  mots  élra:igeis,  anglais  pour 
la  pliq)art.  Ouoique  dérivé  de  l'hindi,  l'hiiidoustani  est  généralement  écrit 
en  caractères  persans,  comme  s'il  n'était  [las  d'origine  nationale;  mais  il 


POPULATIONS  D      lîE.NfiALE. 


337 


jXMil  C'Uv   ri'prodilil  on  «  Icllics  divines   »  aiiïsi    ricilcmcnt  (|ii('  lc;s  ou- 
vi'iijios  (les  anU'cs  lanjincs  de  rilindoustaii  dt''i'iv(''cs  du  sanscrit'. 

Dopuis  plus  d'un  sièuli',  l(is  Anulais  adminislrcnl  dircclcinonl  les  ivjiions 
inrôncurcs  du  liassin  «^anfirticpR'.  Dès  I7()!),  dos  agonis  spéciaux  ôlaionl 
iionimôs  di.ns  oliaipio  province  pour  surveiller  la  l'enliir  dos  inipdls  et  on 
niodilier  i'assietlo.  Los  cliaiii;euuMils  inlroduils  dans  l'administralion  locale 
ont  été  frrands  depuis  cotte  épocjue.  Les  anciennes  instilulioris  communales, 
peu  dilTérentes  du  mir  de  la  Graiide-Mussic,  oui  |U'es(|ue  entièrement  cessé 
d'exister,  du  nioins  dans  la  plain((  du  lionuale,  sons  le  régime  nouveau  de 
la  propriété  introduit  par  les  Anglais.  Jadis  o':a(pie  village  »''tait  une  «  Ira- 
lorni té  »  possédant  les  lorèts  et  les  pâturages  en  commun  et  distrilmanl  à 
chacun  <!<■  ses  membres  lo  sol  qu'il  avait  à  cultiver  dans  l'année  pour  la 
production  du  riz  ou  d'autres  céréales,  d(!  l'indigo,  des  légunuis  ou  dos 
fruits.  Kn  (lé|)it  des  cLangoments  politicpios  et  dos  conversions  l'oligioiises, 
s'epérant  de  gré  ou  do  l'orce,  la  jiolite  répul)!i;;'.o  villageoise  conservait  la 
possession  commune  du  sol  ot  se  maintenait  commt'  uiu'  jjorso  inc  mo- 
rale vis-à-vis  de  l'Ktat;  oll'-mèmo  prélevait  l'impôt,  dont  elle  était  .'olloc- 
livemenl  responsable;  elle  faisait  la  |Mdic(!  locale,  rendait  la  justice,  mo- 
difiait à  son  gré  son  organisation  inlérioure.  Mémo  lorsque  lo  villages  avait 
été  détruit,  il  continuait  d'exister  virluellomont;  les  membres  do  !a  «  iVa- 
ternilé  »,  n'-fugiés  dans  les  bois,  n'en  restaient  pas  moins  unis,  et  souvent 
après  vingt,  trente  années  d'exil,  on  les  vit  utiliser  une  révolution  poli- 
ti(pie  |)our  rebâtir  leur  villagt!  à  la  même  place  et  repi'ondro,  sans  (prune 
seule  disputt!  éclatât,  la  culture  dos  clianqts  (pie  la  li'adilion  leur  assi- 
gnait". Kn  succédant  aux  anciens  maîtres  de  la  contrée  comme  |)roprié- 
laire  éminent,  le  fO'<vernement  anglais  changea  pres(pie  partout  la  tonuro 
des  terres  au  profit  do  fermiers  généraux  ;  on  I7'J8  mémo,  il  renonça  coiii- 
plètemeiu  <"  '  i  ;  )ssossion  du  sol  au  profit  des  concessionnaires  lesponsablcs 
de  rinqiôt.  Oiiel<pies  domaines  fiu'ont  vendus  ou  cédés  on  toute  pr(tprié!é; 
la  plupart  furent  transmis  à  dos  zanniular,  Idloiihhii'  ou  fermiers,  moyen- 
nant inuMvnte  ainniello;  dans  l'ancien  l'oyaumo  d'Aoudli,  TM]  individus 
se  partagent  ainsi  tout  le  pays.  Les  zamindar.  à  leur  tour,  ont  sous-loué  la 
terre  ou  la  livrent  à  des  agents  (pii  no  s(Hit  pas  oux-mèmos  les  vrais  culti- 
\atours  ot  tpii  fout  labourer  lo  sol  par  des  rayai;  ainsi  toute  une  série 
ti'inlermédiaires  ju'élèvo  la  grosse  part  du  produit  agricole  :  même  quand 
le  travail  futur  du  paysan  n'apj.artient  pas  d'avance  an  maître  du  sol,  même 


5>  l(::;i,:' 


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'  Rajendnilala  MitiM,  liulo-Ariinnii. 

*  Lung,  Villuijc  cjininunUics  m  India  and  Hi..-iu. 


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■i-^lfri. 


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338 


NOUVELLE  r,f:or,UAi'iiiE  l'mver:.elle. 


f|iian(l  sa  pnivision  do  riz  ne  lui  a  pas  été  l'ournio  par  des  usuriers  nu 
taux  lialiiluel  de  cinquante  pour  cent  par  an',  il  doit  payer  trois  ou  (piatrc 
l'ois  l'impôt  aux  sous-l'enniers  des  zaniindar.  Dans  la  plupart  des  dis- 
tricts, les  rayât  ne  sont  pas  même  assurés  du  di'oit  de  séjour  sur  le  sol 
qu'ils  cultivent.  Il  est  vrai  que,  d'après  la  tradition,  une  "ésidence  de 
douze,  vinjit  ou  trente  années,  suivant  les  j>rovinces,  garantit  le  pay- 
san contre  une  expulsion  sommaire! ;  mais  avant  (|ue  cette  [)eriode  ne  soit 
écoulée,  il  est  à  la  merci  du  propriétair(!%  et  [dus  lard  la  niisèi'e,  |)arfois 
même  la  disette  ou  la  lamine  le  lorcenl  à  subir  toutes  les  conditions  ipi'ij 
|)laît  au  maître  de  lui  inq)oser.  Dans  les  provinces  du  haut  (lange,  «pie  le 
gouvernement  anglais  possède  depuis  moins  longtemps  que  le  IJengale,  un 
grand  nombre  de  communes  agricoles  sont  encore  constituées  en  bliaya- 
Ichara  ou  «  fraternités»,  mais  les  marcbaudsetlianquiers,  djaïna  et  banya, 
se  sont  emparés  do  villages  entiers  qu'ils  ex[)loiteMt  à  leur  |)rolit.  (l'est  dans 
le  Hehar  surtout  que  la  situation  du  paysan  est  lamentable  et  que  le  poids 
des  délies  en  l'ait  l'esclavi!  des  usuriers.  Dans  les  di>iruns  orientaux  et 
septentrionaux  du  Dengale,  les  paysans  sont  moins  rongés  par  la  misère 
et  (pielques-uns  même,  surtout  parmi  les  musulmans,  jouis-«'nl  d'une  vé- 
ritable aisance;  mais  là  aussi  l'ancienne  organisation  communale  n'est 
plus  rappelée  que  par  de  vaines  praticpies  :  des  panlrhayat  ou  «  conseils 
des  ciiKj  »  se  réunissent  encore  cà  el  là.  mais  leurs  délibérations  n'ont  au- 
cune force  contre  le  jugeinent  des  tribunaux  ou  la  volonli-  des  pnqirit'taires. 
dépendant  la  plupart  des  villages  nomment  leur  conseiller  officieux,  el 
c'est  lui  que  l'on  choisit  d'ordinaire  comme  arbitre  dans  les  discussions. 
Telle  est,  on  dépit  des  révolutions,  la  persistanc»;  des  coutumes  qui  roj)osent 
sur  le  sonlimoiil  du  droit,  que  l(!s  habitants  dos  communes  reconnaissent 
géni-ralement  comme  viouniloul  ou  «  chef  de  village  »  héréditaire  un 
h(tnime  de  basse  caste,  représentant  des  anciens  |)ossesseurs  du  sol  avant 
l'invasion  aryenne;  lors  des  fêles  locales,  ils  l'ornent  de  guirlandes  et  lui 
font  un  présent  de  bois  de  sandal.  Dans  la  région  de  Calcutia,  15  «  chefs 
de  village  »  seulement  sur  (j(l(HI  a|»parliennent  à  de;  hautes  castes;  13(1(1 
sont  de  castes  intermédiaires,  ."(iOd  de  castes  inférieures''.  Deux  mille  an- 
nées de  domination  n'ont  pas  encore  donné  à  l'Aryen  ses  droits  de  nalu- 
ralisalion  déllnilive. 

l,es  deux  moitiés  de  la  plaint!  du  diinge,  dont  les  capitales  sont  Deliii  el 
Calcutta,  contrastent  l'une  avec  l'autre  par  la  distribution  des  habitants; 


'  lîii'itor,  Impérial  Ciiifllcfr  of  Iwlia. 

-  Iii<liaril  Tciii|ilc.  Iiidiii. 

'  Hiintor,  Impérial  Gazctlecr  of  hulia;  —  Ofjirial  lieporU. 


BASSIN  DU  GANGE,   KAR.NAL,  PANIPAT,   MIRATII. 


339 


d'un  côté,  les  grandes  agglomérations  urbaines  sont  nombreuses,  de  l'autre, 
la  j)o|)ulation,  en  dehors  du  clief-lieu,  cîst  presque  exelusivenient  rurale. 
Les  provinces  du  Doah,  où  se  succédèrent  les  capitales  d'empire,  appe- 
lant le  commerce  et  l'industrie,  se  sont  couve  tes  de  villes  où  s'élaldis- 
saienl  les  immigrants  de  la  l'erse,  de  l'AIglianistan,  de  la  Boukharie,  grou- 
j)anl  autour  d'eux  par  millions  les  artisans  de  la  contrée.  Le  Bengale,  au 
contraire,  est  resté  un  pays  essentiellement  agricole,  l)i(>n  que  sa  capitale 
soit  en  même  temps  celle  df  loiil  l'empire  anglo-indien.  Calcutta  est  In 
seule  grande  cité  de  la  province;  la  |)lupai'l  des  Bengali  vivent  en  de  |)etits 
villages  environnés  de  bouquets  d'arbres.  Ouoi(|ue  le  pays  soit  l'un  des  plus 
p()j)uleux  de  la  Terre,  le  voyageiu'  ipii  le  traverse  pourrait  le  croire  inhabité, 
tant  les  cabanes  sont  discrètenu'iil  cachées  sous  le  l'euillage. 


Limite  officielle  du  Pandjab  et  des  provinces  dites  «  4»  Nord-Ouest  »,  — 
quoiipie  formant  le  centre  di-  l;i  jdaine  hindoue,  —  la  Il)^nma  serpente  dans 
les  cam|)agnes  de  la  «  Btlgique  »  de  l'ilindouslan,  ou  se  décida  le  plus 
souvent  en  de  sanglantes  batailles  le  sort  des  dy!!„slies  du  nord.  Karnal. 
ville  qui  date  des  temps  légeud;iin -^dont  le  Maha-B!wrata  r^^-onle  les  glandes 
luttes,  est  mentionnée  dans  l'histoire  de  toijl»'s  les  campagnes,  depuis  les 
invasions  mahométanes  ;  de  même,  Panipat,  située  au  sud  de  Kariial.  et 
comlne  elle  sur  une  aiu-ienne  iierge  ■*!»}« ndon née  pwr  la  Djamiia,  qui  cowle 
maint(înant  plus  à  l'est,  est  devenu»'  célèbre  da»*  i*^  fastes  de  l'Inde  |»ar 
les  cin<(  victoires  dé'cisives  qu'y  remportèrent  les  «  Mongols  »  de  Timour, 
de  BabiM' et  d'Akbar,  en  IjDX,  en  ir>'26  et  en  f^r»)).  les  Persans  de  Nm- 
dir  chah  en  ITÔ!*,  et  b>s  Afghans  d'Ahmed  rhali  en  17'îl.  C'est  à 
Panipat  que  se  décidait  entre  les  arniées  le  sort  de  Delhi,  et  en  même  temps 
celui  de  toute  l'Inde  septentrionale.  La  grande  «  route  Ironcale  »  de  l'Ilin- 
douslan  traverse  Panipat  et  Karnal;  le  chemin  de  fer  passe  plus  à  l'est,  au 
milieu  du  Doal),  et  les  points  stratégiques  se  sont  déplacés  tîu  conséquence. 
Saharaupour,  Deoband  la  ville  sainte,  Mouzaflainagar,  Mirath  se  suc- 
cèdent du  nord  au  sud  sur  cette  voie  ferrée.  .Mirath,  déjà  fameuse  du  temps 
du  roi  bouddhiste  Asoka,  qui  y  fil  élever  un  de  ses  piliers  à  inscriptions, 
transféré  maintenant  à  Delhi,  est  l'un  des  princi|)aux  cantonnements  de 
l'armée  anglo-indienne:  c'est  là  qu'éclata  en  1857  la  terrible  insurrection 
descipayes;  pourtant  les  troupes  anglaises  purent  s'y  maintenir  pendant 
toute  la  durée  de  la  giu'rrc.  A  55  kilomètres  au  nord-est  de  ^firatil,  sur  une 
berge  qui  dominait  un  ancien  lit  du  (lange,  se  voient  quelques  décom- 
bres; c'est  tout  ce  qui  reste  de  la  e  ville  des  Klépbanls   »,  Ilastinapuura. 


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340 


NOUVELLE  r.fiOCRAl'IllE  UNIVEUSELLE. 


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la  cil('  quo  se  clis|>utt'r('nl  si  loiifitomps  les  Koiiroiiidos  cl  los  fils  «lo  Pan- 
don.  IVpnis  pins  de  deux  mille  ans,  los  érosions  du  (ianjic  onl  ivnvorsô  les 
murailles  de  celle  Troie  de  riliiidouslan. 

Delhi  (l)eliii,  Dihii,  Dili),  ipii  lui  aussi  l'uiu!  dos  capitales  de  l'Inde  el 
dont  le  {fouvernemont  anglais  lit  léeeninii  ni  choix  pour  y  drosser  lo  Irôno 
impérial  de  la  reine  d'Aiifj;lelerr'',  a  maintes  fois  'lé  détruile  comme  Ilasli- 
napoura,  non  i)ar  les  déhordomenls  d'un  lleuve,  mais  par  la  main  dos 
hninnies  el  par  l'action  du  temps.  La  ville  actuelle,  dont  le  nom  ofiiciol  est 
Chahdjahanahad,  du  nom  de  son  fondateur,  date  seulement  de  la  i)remièro 
moilié  du  dix-seplièmo  siècle,  mais  jnsipi'à  20  kilomètres  de  distance 
anlour  des  murs  se  voient  dos  ruines  tpii  appartcnaionl  aux  nombreuses 
Delhi  d'autrefois;  la  surface  sur  hupiello  s'élèvent  d'anciens  monumonls  ou 
des  amas  do  décombres  est  évaluée  à  1  1(5  kilomètres  carrés.  De  toutes  ces 
villes,  la  plus  aniicpie,  encore  indiquée,  à  i  kilomètres  au  sud  de  l'enceinte 
actuelle,  par  les  murailles  d'lndour|)out,  est  celle  d'Indraspatha,  dont 
répo|)ée  attribue  la  fondai  ion  à  Youdichtira;  trenlrc-quatro  siècles  se  se- 
raient écouI(!s  de|iuis  (pie  le  lils  de  l'andou  conquit  ce  pays  sur  les  Naj^a, 
adorateurs  indigènes  du  serpent.  Il  y  a  dix-neuf  siècles  que  les  villes 
successives  portent  le  nom  de  Delhi.  D'après  la  légende,  le  |»ilier  de  fer  de 
Radjah-dhava,  coloiiue  isolée  do  métal  qui  marque  le  milieu  de  l'une  des 
anciennes  villes,  reposerait  sur  la  l(Me  du  roi  dos  serpents  :  un  piince  in- 
crédule voulant  s'assurer  du  prodige,  lit  déterrer  lo  j)ilier,  dont  la  base  se 
trouva  teinle  de  sang. 

La  moderne  Delhi,  demi-cercle  dont  le  diamètre  longe  la  berge  occiden- 
tale lie  la  Djamn:  et  qui  tourne  vers  le  snd-ouesl  le  croissant  oxtéi'ieur  do 
ses  murailles,  occupe  uiu;  superficie  d'environ  7  kilomètres  carrés;  quel- 
ques saillies  pari)ilèles  de  rochers  qui  rasent  la  partie  nord-occidcntalo  dq 
l'enceinte  et  dont  h  dernière  arête  disparaît  au  nord  sous  los  alluvions  de 
la  Djamna,  ex|)liquont  l'étonnante  fortune  de  Delhi.  Là  se  trouve  en  effet  la 
pointe  (lu  iiiangle  de  hautes  lorros  (jue  limitent  d'un  c()lé  les  plaines  du 
Gange,  de  l'aulre  le  désert  du  Thaï-  el  les  campagnes  de  l'Indus  ;  h^s  plal(\aux 
(le  tout  le  système  des  Viiulhya,  (pioi([ue  découpés  au  sud  par  de  nombriMifos 
valli't's.  lie  se  terminenl  conqdèlement  qu'au  ridgr  ou  <r  crèl  »  de  Delhi  : 
là  finissent  lo  is  les  obstacles  que  les  in(''galilés  du  sol  opposent  à  la  marche 
des  caravanes  el  dos  armtvs.  Delhi  occupe  donc  exaclemen!  l'endroit 
de  l'Inde  où  divergent  le«  grandes  voic^s  hislori((ues  de  la  Péninsule,  vers  lo 
bassin  inférieur  du  (lange,  les  passages  de  l'Ilindou-Ncuch,  les  bouches 
de  riiidus  et  le  golfe  de  (^aujbay.  Avant  la  construction  des  grandes  routes, 
Delhi    était  h;  j^iint  slrat(''gi(jue  par  excellence  de  tout  le  nord  de  l'Ilin- 


DELHI. 


341 


(Iniislan,  ol  los  onpilalos  dovaipiil  y  ronaîtie  après  cliainio  dôsaslrc  ou  pé- 
riode! (l'ahandcMi;  do  nos  jours,  idle  csl  devniiie  It;  principal  enlrcpôl  do 
conimorco  ot  la  station  contralo  dos  voies  forroos  onlro  los  trois  points  ox- 
Uvmos,  (lalcnUa,  IVcliavor  ot  Honibay.  Mônio  riiydroj;raplii(!  localo  lônioijiiio 
(lu  rôlo  d'interniôdiairo  do  Dollii  onlro  l'orionl  ot  l'oecidont  (\i}  l'Indo.  Kn 
amont  do  la  villo,  la  Djamna  se  divise  on  doux  i)ranclios,  dont  l'nno 
se  dirige  au  sud-ouest,  comme  pour  aller  se  joindre  à  l'Indiis;  elle  emj)lit 


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10  kil, 


la  dépression  marécageuse  ou  djhil  do  Nadjafgarli,  qui,  à  son  tour,  après 
les  pluies,  reverso  dans  la  Djamna  le  trop-plein  de  ses  eaux. 

Pans  son  enceinte  actuelle,  Delhi  se  partaf^o  on  doux  cités  distinctes. 
Le  cpiarticr  du  nord,  où  vient  aboutir  le  chemin  do  Icr,  après  avoir  Iranchi 
sur  un  Itoau  pont  do  for  los  sables,  los  îlots  ot  l'élioit  coiuanl  do  la  Djamna, 
forme  la  villo  anjjlaise,  séparée  do  ci'llc  des  inilii:ènos  par  do  vastes  jardins 
ot  do  larfios  avenues.  L'ancien  paIai'^  du  (irand-Monj;!)!  Chah  Djalian,  };éné- 
ralemont  connu  sous  le  nom  do  «  fort  ».  est  é'jMlonient  isolé  du  reste  de 
la   cité  par  dos   places  ondiragées   d'arbres.    Transformé  maintenant  on 


542 


NOl'VEI.LK  r.f.OOR.M'IllK  l'MVERSELLE. 


fasorne<i,  il   n   sinuulirrcincnt   jifidii  de  sa  hciuité;  m'aiimoiiis  ri'iioriTK 
paralIt'IoL'nimnic.  qui  ne  convie  pas  moins  de  i"  licclaics,  le  long  «le  I, 


I) 


i-L't'  «If  la  l»jainiia,  rt'iirL'rmfciicorfnU('lf|ut'<-iiiistlt's  i('iuaii|ualilest'ililiri 


ilf  riii(h'  :  la  salle  (rciilrc'c,  loiiuuc  dt'  1 1  i  nirlrcs,  c^t  mit'  tics  fiefs  les  |»lus 


pavillon- 


iijeslueiises  du  muiide  eiilier,  el  la  salle  d'aiidieiue.  (Imil 
doiniiieiil  le  eoiii>  de  la  livièrt^  et  ses  iles  lioi>ées,  e-»t  une  meiveille  déle- 
ganci' el  de  grâce,  jiisliliaul  par  ses  aialiesipies  («l  ses  eiilrelacs  l'iusciiplion 


m 


qui 


tlèvel 


lippe  autour  du  plal'oiK 


>"il  e>t  un  ciel  sur  la  terre,  le  voici. 


le  VOICI 


I, 


a  grande  uiosipK'e  ipii  s  (Meve  tiaus  la  ville  iiuligeiie,  sur  une 


saillie  rocheuse,  est  aus<i  l'une  des  gloiii's  architecturales  de  rilindouslan  ; 
coiii|iaive- à  cet  éiliiice  de  si  indiles  proporliiuis,  (pii  dresse  liien  au-des.ll^ 


(le 


la  vill 


e  ses  |»orcHes  ouvrages,  ses  iiiiiiarets.  ses  trois  coupoles  de  inarhre 


irbn 


Inanc 


les  hàti»si's  des  Aimlais.  collèi; 


if.  musée,  hôpitaux,  casei'nes,  églises. 


paraissent  œuvres  de  ha 


rhai 


•es. 


Mai- 


^l  eu  dehors  de  la  ville  actuelle,  au  milieu  de-  anciennes  Uelhi 


(pie  se  voient  encore  les  moiumieiits  les  plus  reiiiarcpiahles.  temples,  mos- 
quées, tomheaux,  colonnes,  l'ortilicalions,  appartenant  à  toutes  les  époques 
de  l'art  hindou  de|mis  plus  de  deux  mille  aiiné-es.  |,e  palais  de  Kerozaltad. 
renfermant  le  pilier  d'Asoka.  les  ruines  d'indoiirpout.  le  lomheau  de  Hou- 
mavuiin.  l'oltservatoire  (pi'éleva  le  radjah  de  hjeïpoureii  I7"2S,  se  succèdenl 
dan<  la  plaine  au  sud  de  la  ville  et  les  avenues  d'édiiices  se  terminent,  à 
J.'>  kilomètre-  des  murs  de  Delhi,  par  le  grou|)e  des  mosquées  et  des  col 


011- 


nai 


le-  <le  Koutah.  l 


ne 


tour  de  la 


Vieil 


oire  »,  élevée  au   treizième  siècle, 


domine  ce-  construction-  :  c'est  un  laisceaii   de  coliuines  divisé  en  cinq 
étage-  I 


lar  ili 


il. 


eries  circulaires,  des  cordons  de  -culnlures  el  d  inscri 


'1>- 
lioii-  en  relief.  I.a  tour  diminue     ■.,  ,  irgeiir  de  la  hase  au  somiuel,  el  sa 

hauteur,  qui  esl  de  ~i'2  mèlfes,  se  liouve  ainsi  accrue  en  apparence  |)ar  un 
efl'et  de  |)er-pective.  De  la  coupole,  en  partie  brisée  par  le  Iremhlemenl  de 
terre  de  iMI.",  on  aper(,dit  à  ses  pied-,  limitée  à  l'oiie-l  par  la  thaîne  des 
collines,  toute  l'éleiidne  de  la  plaine  historique  où  surgirent  tant  de  cités. 

Il  e.-t  facile  de  comprendre  l'orgueil  (pi'éproiivent  les  patriotes  de 
l'Inde  à  la  vue  de  es  léinoignages  de  la  gloire  des  an  ux.  Kii  1857,  lorsque 
le-  Anglais,  après  avoir  é'té  chassés  par  les  cipayes  révoltés,  fiirenl  obligés 
de  reprendre  la  cité  d'à— aul,  pui<  de  taire  le  siège  du  tombeau  de  llou- 
mayouu.  |»iiur  -*eiii|)arer  de  la  personne  du  «  ("irand-Mongol  »,  ils  expul- 
sèrent tou-  le-  habitants  de  Delhi,  hindous  et  luu-ulmans,  et  ceux-ci,  tant 
que  dui-a  le  ri'L'ime  de  la  loi  martiale,  durent  rester  en  dehors  des  murs, 
iit'iilrés  dan-  la  ville,  il-  y  sont  maintenanl  jilii-  nombreux  qu'avanl  la 
LTUerre,  el  c'est  à  eux  principalement  qu'appartiennent,  dai  -  !a  rue  de 


■Pie" 


tNviRo\>    in:    iii.iHi 


M  11     Df.     Kl  m  TAU 


Dessin  ilo  Thi'i'iiiiii.  .I.npiv-  un.'  |ili.iio^Tapliie  de  M.  Fiilh. 


Tf-r 


DELHI,  MniTTRA.  315 

Tchandni  Irhok.  Ie<  b«\nu\  m:i^a>ins  (l'orlY'vrorie,  de  cnnlomicric.  il'rlotTcs 
|)riK'h»kîs  d'oiMlf  iuc'ul>l«>>  ciM'l»'-»,  qui  Minl  les  industries  spck-ialcs  de  \)v\\n. 
mais  qui'  |H,'rvi'rhl  inallifun-UM-nicnl  riinilation  des  iniulèlcs  curopôtMis. 
Au  sud-oue>l,  >ur  le  eliemiii  de  ler  du  l{adj|)iiutana,  la  ville  popuieiise  de 
lîewara  e»!  l'eiiti-eptil  avaneé  de  iJellii  poui-  l'approvisioniienieMl  indusliiel 
de  tous  les  peliU  Klab  du  plateau. 

Au  sud-e^t.  daii»  le  iloalique  traversout  •rraiide  route  troneale,  clioniiude 
ler  et  ciual  du  (ian<.'e,  s<*  |»iv>s«'nl  les  villes  po|tuleuses  :  houlandclialir  ou 
Haran.  Sikandaraliad.  kliourdja.  eité  conimer(;anle  que  douiini!  un  somp- 
tueux lemjde  tijaina  bâti  par  vs  marchands,  Koïl  et  Aligarli,  près  de  laquelle 
> "élève  une  lortere-*-^'  dont  le  franeai^  Perron  avait  l'ail  le  boulevard  de  la 
|iui<sanee  malii-atte  et  qui  arivla  lun<:temps  les  Aufilais  au  conuneneemeni 
du  sièi'Ie.  Ilatlira^,  >ituée  plus  au  sud,  est  le  principal  entrepôt  de  com- 
merce entre  Delhi  et  Kanfnjre.  11  se  rattache  |)ar  un  chemin  de  fer  à  la 
populeuse  Mouttra  iMattra*,  hàtie  comme  Delhi  sur  la  berge  occidentale  de 
la  DJanina.  C'e>t  l'une  de^  villes  saintes  de  l'Uindoustan  et  le  zèle  d(!s  pèle- 
rins qui  accourent  en  foule  y  eulretieut  des  multitudes  d'oisifs  vivant  autour 
des  temples  :  les  habitanl^  de  Mouttra  n'ont  guère  d'autre  industrie  que 
rex|)loitation  lies  carrièn*^  et  la  taille  des  pierres  poui"  la  construction  des 
édilices  religieux,  au  nombre  de  plusieurs  milliers.  Mouttra,  l'antique 
Mathoura,  l'une  des  capitales  de  la  dynastie  «  Lunaire  »,  était  déjà  l'un  des 
foyers  de  la  religion  bouddhique,  et  Ptoléniée,  qui  la  mentionne  sous  le 
nom  de  Modoura.  lui  donne  le  nom  de  *  cité  des  Dieux  »  ;  dans  les  amas  de 
décombres  qui  s'élèvent  çà  et  là  au  sud,  on  a  retrouvé  de  nombreuses 
sculptures  de  la  |)ériode  Itouddhirpie,  témoignant  de  l'inlluence  gréco- 
bactrienne  par  l'oinJonnance  des  groujxis  et  le  mouvement  des  drapeiies'. 
Après  l'expulsion  des  Iwuddhisles.  les  noms  des  temples  changèrent,  le 
style  d'architecture  se  modifia,  les  légendes  s'ap|)liquèreul  à  d'autres 
|)ei"sonnages,  mais  la  ville  n'en  resta  pas  moins  l'un  des  lieux  sacrés  de 
l'Inde  :  t'est  dans  le  voisinage  que  naquit  Krichna,  le  patron  des  bergers, 
adoré  depuis  comme  le  Chri>t  des  Hindous;  cluujue  site  des  environs  a  son 
histoire  qui  se  rapporte  à  quet<|ue  trait  de  la  vie  du  dieu.  Pnîsque  tous 
les  monuments  de  la  ville  et  de  la  contrée  ont  été  érigés  en  son  honneur, 
et  quoique  les  souverains  musulmans  les  aient  fait  démolir  une  pre- 
mière fois,  ils  ont  été  reconstruits  plus  nombnîux  et  plus  beaux.  A  7  ki- 
lomètres au  nord,  Brindaban,  l'ancienne  Vrindavana,  indi(|ue  l'endroit  où 
Krichna  s'enjpara  tlu   roi  des  serpents,  enroulé  autour  d'un  arbre,  et  le 


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laïujii  ilatis  les  Ilots  (lt>  la  njaiiiiia;  lo  l'emous  des  onux  i|(ii  viftiiiciil  schfiii'- 
{(■r  conln;  la  Imm'^i'  si'raii  cause  par  1rs  i)s<-illati)iiis  <li>  la  <|iH>iit'  ilii 
iiii)ii>^ti'(''.  In  lies  li'iiiplcs  (lt>  iSririilabaii,  r('>(-(>iiiiuciil  conslriiil  par  dt-s 
liaiiipiicrs  (Ijaiiia,  a  coùtt'!  plus  (lt>  six  inilliuiis  de  IVatuis;  iiii«'  aiilif  pa^^odc, 
de  la  lin  du  si>i/.ittiiic  sitVIr,  csl  un  des  rares  niouuinculs  de  la  l'i'iiinsidr 
où  s(>  voie  l'uniou  des  piliers  hindous,  di^s  areades  pei'sanes  el  de  la  voi'lle  ogi- 
vale. Toules  les  eanipa^nes  (|ui  enloureni  .Moullra  el  |{i'irnlahan  son!  livrées 
|iar  la  piéle  piil)li(|ue  aux  dépit'dalions  des  animaux  :  les  singes,  les  t'eu- 
l'cuils,  les  paons,  les  perro(|uels,  les  oiscsuix  sanvaj;es,  son!  des  liôles  in- 
e(»UMn(tdes  contre  lestpicds  les  i^ens  du  |tays  ont  à  dél'endre  respect neuse- 
nienl  leurs  provisions. 

Af^ra  (»n  Akltaraliad,  ipii  s'élève  à  .'»()  kilomètres  au  sud-est  de  Moutti'a, 
au  liord  d'un  méandre;  de  la  Djamna,  n'est  |ias  une  antiipie  eiti's  elle  n'a 
fiuère  (pie  trois  siècles  d'existence:  mais  choisie  comme  résidence!  pai' 
Italier,  et  devenue  sous  Akhar  la  c.a|)ital(!  dt;  l'empire  des  Grands-Mongols, 
elle  attira  hienlôt  la  l'ouïe  des  hahiliuils,  et  miilfri'é  les  dé'sastres  (pii  la 
IVappèrenl  depuis  la  |)ériode  de  sa  splendeur,  elle  est  encore,  après  Delhi, 
la  premièie  cité  dans  le  bassin  supérieiu'  du  (lange.  (Juehpies  vestigtis  d'une 
ville  antérieure  à  l^aher  se  voient  sur  la  iiv(!  orientale  (h;  la  Djamna,  et 
l'enceinte  actuelle  est  entourée  de  vastes  espaces  inhahilés,  ou  des  amas  de 
décombres  et  des  fragments  de  murailles  témoignent  de  l'ancienne  impor- 
tance! d'Agra.  La  villi!  actuelle,  de  moitié  moindre;  (pi'aux  le;mps  d'Akbar, 
mais  llanepiée  au  sud  ele;  la  cite;  militaire-  eles  «  cantonnem(;nts  d,  a  du  metins 
gardé  la  plupart  des  l)e>aux  ('ililices  qui  en  l'ont  la  perle;  de-  l'Ilindoustan.  Iie> 
fort,  epii  s'élève  au  heu'd  du  fleiuve,  elre'sse'  à  plus  de  20  mètres  de  hauteur 
ses  murailles  de  grès  rouge,  eletniine''e;s  ele  toiu's  aux  orncme^nts  de  marbre 
blanc;  dans  son  e'n(M;inle  de  241)0  mètres,  il  re;nferme  (!ncore,  à  ceMé  du 
palais  dont  le;s  Anglais  e)nt  fait  ele-s  (•asern(!s,  maint  e'-difice;  ayant  garelé  sa 
pureté  ele'  style;,  l'eielat  de'  ses  marbres,  l'élégance  de'  se;s  arabe'sepies.  Kn  l'ae-e; 
(II;  l'enlre'e;  du  fort,  la  Djamma  Masdjid  ou  «  Mosepiée  Maje«u'e'  »,  élève  ses 
trois  nefs  majest.U(!use;s  siu"  une  haute  terrasse;,  tandis  qu(;,  dans  l'intérieiu' 
(le  l'eneMMUle,  un  autre  t(;mple;,  la  Mosquée  ele^s  Perles,  termine  la  série  des 
palais;  entièrement  construit  en  marbre  blanc,  à  la  fois  simple' de  propor- 
tions et  ae'hevé  ele'  formels  jusque  élans  les  derniers  détails,  l'édifice  est  de 
moyeiuie'  granelenu',  mais  il  n'e'n  est  jtas  moins  l'un  eles  plus  imposants  ele 
l'Inde  par  la  se)lennelle'  hai'uionie  de  ses  nefs  et  l'essor  ele'  ses  v(»ùles.  En 
dehors  el'Agra,  epielepie's  teuubes  im|u'!riales  sont  iiussi  parmi   les  monu- 


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Al.  Ciiniiin^'liniii,  Anciciil  Geogmphij  itf  liuliu. 


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monl><  (fraiidinscs  de  l'Indr  :  un  iniid,  |iir»  de  SiToiitidiii.  If  liiinlicjm 
d'\khiii',  l'iilonri'  do  iniriiii'cts,  de  l\ios(|ii<'s,  d'iiv(tiiiii<s  d'nrlin>s,  r^l  i'i  lui 
xiiil  lin  vaste  palais,  liilli  en  jf|'(">  rdii;;»!  «'oiiiiiic  |»n'sf|ii('  tous  les  «''dillces  de 
celle  époque,  el  ina):nilifpiemeiil  (tiiH'  de  niailii'es  seidpN's  avec  une  e\<|iiise 
délical.(!sse;  mais  l,i  ineiveilie  d" A^ra,  riiii  des  jnyaiix  de  l'art  dans  !(•  niniide 
entier,  est,  an  sndn'sl  de  la  cil('',  l'admiialde  Tadj  iiïalial.  le  hnnliean  cpie 
liliali  lljalian  lit  élèvera  sa  femme  Ardjanian  Keintii,  pins  cunnne  par  l'i'pi- 


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llicle  de  Monmia/.  on  la  «  Vrii'o  ».  De  nièmi!  (pie  le  mot  de  Partliénon  l'ail 
sni'f:ir  aussitôt  devant  l'esprit  le  type  idéal  du  leni|defireeavec  s(tn  péristyle, 
ses  Irises,  ses  métopes  et  les  dieux  sculptés  sur  le  l'ronlon,  de  même  le  nom 
dn  Tadj  malial  évocpie  l'idée  dn  monumeni  parlait  de  l'art  persan  avec  ses 
liants  portails  en  o<;ive,  encadrés  dans  un  rectangle  d'arahestpies,  sa  piiis- 
'•aiile  coupole  oiivraffée,  ses  élé^ianls  minarets  à  jialeries  et  à  clochetons. 
Kntièremenl  construit  de  firès  rose  el  de  marlire  itiaiie,  le  Tadj  malial  les- 
pleudil  d'aulant  plus  iju'il  conirastt;  avec  le  sombre  l'euillage  des  cyprès;  il 


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semlilc  l'iiyoïinci- d'iiii  n-hil  siinialnrcl.  A  l'IiarriKitiic  tics  lipiics  il  joinl  la 
rirhcssc  Ao.  l'oMiYrc;  des  inailircs  iiicriislt's,  dos  coriloiis  «•!  des  ciilrclacs  de 
pierres  fines  en  linideni  la  siiiiaee;  lonlelois  nne  «rrando  parlie  de  cesohjels 
de  prix  a  disparu,  en  même  lempsipie  ses  portes  d'ai'<j:enleisel«>,  ravies  par 
les  eoïKpiérarits  maliralles.  Iti'eemmenl,  nue  n-ne  <lt>  la  Djainna  menai.a 
d'emporter  l'édilice  :  il  l'allnt  en   tonte  hâte  ronsolider   la   Ix'r^'u  sur  la- 


<pi(dle  s  appni(>  la  terrasse  dn  Hinnumenl.  Les  indnslries  princi  <ales  des 
artisans  d'A<>;ra  sont  eneore  eelles  ipii  lenr  turent  ensei<;iiées  lors  de  la 
eonstrnelion  du  Tadj  malial,  l'inernstation  des  marlires,  le  serlissa^:*'  des 
pierres  préeieuses,  la  taille  des  inosaï(|ues  :  l'ouvrier  bordelais  Auslin 
est  le  ffrand  ai'liste,  ineonnu  <lans  sa  pairie,  cpii  iorma  l'éeole  des  mosaïstes 
d'A^i'a;  les  indigènes  lui  avaient  donné  le  surnom  de  Nadir  el  Asonr  on 
«  l'rodi<>f  lin  Sièele  ». 

A  7ùt  kilomèli-es  vers  l'ouest,  s'élève  une  antre  eilé  (|ni  lut  rivale  «l'Aura 
el  donl  Akhar  lit  même  pendant  (pudtpies  aniiirs  la  eapilalede  son  empire: 
c'est  l'ateliponr,  la  «  ville  dt;  la  Vieloirt;  »,  située  à  l'extrémité  d'une  arête 
de  filés  rouffe,  (|ni  l'oni'nil  les  matériaux  pour  la  eonsli-iiclion  des  édifiées. 
I,es  restes  de  la  ville  ou  plutôt  les  deux  villafres  de  Kaleliponr  el  de  Sikii 
sont  «•oinine  perdus  dans  l'enceinte,  vaste  cercle  de  S  kilomètres  de  tour, 
mais  la  plupart  d(>s  monumenls  élevés  par  Akliar  el  hjelian<iliir  existeiil 
eneore  dans  un  élal  de  conservalion  presque  parfait.  Le  palais  impérial,  la 
lomlie  de  Seliin,  ermiti!  donl  la  saintt^lé  valut  à  l''ateli|ioui'  les  faveurs 
d'Akhai',  le  l'aiidj  malial,  sorte  de  |)yramide  ipie  forment  cinq  colonnades 
superposées,  le  porche  des  éléphants,   le  minaret  des  antilopes,  le  palais 


des  femmes,  ou  f  on  croit  reconnaître  un  édifice  liahite  jadis  par  nne  des 
('pouses  d'Akhar,  la  portiifiaise  Marie,  tous  ces  édifices  ont  ^^ardé  les  défjiils 
les  plus  tins  de  leurs  sculptures  i>t  de  leurs  marines  découpés  à  jour. 

Kn  aval  d'Ajjra,  ijiu'hpies  villes  populeus<>s  se  succèdent  an  hord  de  la 
lljamna,  Klawah,  Kaipi,  Ilamir|)oiir,  Hadjapoiir,  cl  des  cités  jadis  impor- 
tantes comme  capitales  d'Ktal,  telles  que  Ojahuni  et  llanda,  s'élèvent  dan< 
le  voisinaffe  de  la  vallée  fluviale,  sur  les  confins  du  plateau  de  llhonndel- 


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laml;  mais  l(>s  chan<i(>iiienls  polili(|ues  et  sur 


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I  révoluUon  commer- 


ciale amenée  par  les  chemins  de  fer  ont  déplacé  le  mouvement  du  trafic  de 
la  hjamiia  vers  li>  <îanf>e.  Itanda,  qui  fut  jadis  le  •rraiid  entrepôt  des  cotons 
du  iihounihdkliand,  est  nne  ville  déchue;  elle  a  été  privée  de  son  commerce 
par  le  port  de  Itadjapour,  ipii,  à  son  tour,  est  remplacé  comme  lien  dVx|M;- 
dition  par  les  stations  du  chemin  de  fer  d'Allahahad  à  Kanporu. 

Les  plaines  fertiles  du  Holiilkhand  qui  s'étendent  an  sud  des  montagnes 
du  Kamaoïi, entre  le  cours  du  (lange  el  celui  de  la  (lo;ira,  soiil  couvertes  de 


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BUKI.I.   IIAMI'On;.   KMIIIDI  KIIVRAD. 


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ville*,  toutes  i>nlniim»>  ilf  Unis  ijr  iii;iiii.'iii«'i-s.  dt*  l)uu(|ut'h  île  l)amb«m^. 
l<)iiles)iomiii<r>(  par  (r:iiiri<'ii>.  loris  «intit  un  iiMi'ilMit*  la  ntiistnirtion  aui 
Itli.'ii',  l)'>  nnriciis  i|iiiiiiiialfiii-N  iln  pays,  cl  cpit*  ivltàlirt'iil  les  AL'Iiaii»  mi 
l'atliaiis  Koliillas,  cVslsMliri'  «  .Miiiila<;iiai-ils  j.  I.a  plus  pnpiili'iisi;  lU'  n-^ 
villes,  ISaieli  (Itai-eillv),  esl  une  eilé  ivlaliveiuenluuMlerno,  pnisiprellea  ••lé 
tlindée  vers  le  milieu  <iu  s«>izième  sièele.  h'ahuid  simple  [ijiNle  mililain', 
elle  a  eouM-ivé  Mtn  earaelère  essentiel lenienl  strat<''};i<pie.  et  son  l'orl.  •  s«* 
ranlonnemunts  •  s<>nl  le»  n-ules  curiosités  ipu;  Hareli  puisse  op|M>M>r  aii\ 
palais  (les  cités  do  la  hjamna.  L<'s  autres  ^M-andes  villes  du  l'ioliilkliaml. 
.Nadjibaltad.  .\a<.'in:i,  liidjiior,  Anirolia,  Moradahad,  Samidial,  Tcliand:iou«i. 
Itoudaon,  Saliasvvan.  l'ilihliil,  rcss4>niidenl  |.res<|ue  toutes  à  Kareli  parTuni- 
lormité  de  leur  construction:  »'e  sont  do  simples  a<r<.'lom«'ralions  urhaint-^. 
ipii  sesimt  rapidenieiil  a<:i-andies,  ;ji'àce  à  raccruissement  des  ciilluie^  dan^ 
celle  jiarlie  du  hassiii  <!an^éti(pie.  Les  plantations  «le  sucre  surtout  ont 
donné  une;.'rande  ini|Kjrlancu  commerciale  à  Miu'adaliad  el  à  Tcliandaousi: 
NadJibabatI,  voisine  des  nionta<.'nes,  ex|)édie  des  bois  de  construction.  An 
unlieu  de  toutes  ces  villes  an<;lo-indiennes,  la  citédeltampour,  capitale  d'un 
Ktat  indt''|M>ndant  de  non),^ardenne  certaine  ori<;inalité:  ses  artisan»  tissent 
des  cliàles  el  dis  damas  très  appréciés  dans  l'Inde. 

(^Iialidjaliaupour,  la  princi|)ale  station  el  la  ville  la  plus  populeuse  entre 
Itareli  et  l.aknau.  n'est  <.Mièiv,  comme  les  autres  cités  du  Itoliilkliand,  iprnn 
centre  de  conimeix-e  el  de  travail,  mais  c'est  l'une  de  celles  qui  ont  li>  plu^ 
rapidement  ^'randi;  elle  s'est  enricliie  surtout  aux  dépens  de  s;i  vi>i»ine 
Karroukliabad,  assis«' an  l»urd  du  Gan<.'e  et  jouissant  na<;uère  du  mono|Nd<' 
des  e\|)éditions,  par  le  lleuve,  délaissé  maintenant  pour  le  cliemin  île  fer. 
l'arroukliabad  |H'Ut  être  considérée  comme  ne  Ibrmanl  tpi'une  seule  villf 
avec  la  cité  militaire  an^laisi-  de  Faleli<>:arli,  coniplétée  par  un  tort  ipii  com- 
mande le  passa<îe  du  Tianfie  el  où  le  •rouvornemenl  possède  une  rabrii|Ui- 
d'alTùts  et  des  inannractures  de  tentes.  A  l'ouest  de  Farroukliabad.  Main- 
pouri.  sur  la  route  d'A^ra,  est  aussi  une  ville  d'iiM|iortance,  mais  Kanodj. 
la  cité  ipii  lut  jadis  la  plus  célèbre  de  la  contrée,  et  ipii  même  {^'Hilant  pn>^ 
de  six  cents  ans.  jusiju'à  la  fin  du  troisième  siècle  de  l'ère  ancienne,  fui 
la  capitale  du  |ilus  puissant  royaume  aryen  de  l'Inde,  est  une  ville  décime, 
l'.n  IDIG,  lorsque  Malinioud  le  (iliaznévide  vint  mettre  le  siè<:e  devant  s«>^ 
murs,  elle  «  dressait  sa  tète  jusqu'aux  cieux  »  el  n'avait  point  d'i'>^ale  «.n 
Ibrce  et  en  solidité.  Li  citadelle, qui  renferme  toute  la  ville  miMlerne,  pnniit 
en  elTet  avoir  été  l'une  des  plus  puissantes  de  l'Inde,  mais  elle  i  |N>rdn  lunle 
importance  depuis  que  le  (ian^ie  s'est  détourné  de  7  kilomèti-es  vers  l'ouesi. 
laissant  Kaninlj  au  iHinl  d'une  laible  rivière,  la  Kali  naddi.  app«>l«-e  au«M 


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Tchota  ganga  nu  le  «  petit  rinn}.'i>  «'.  (>■  ii«*|(liit-eiii<'nl  liii  fl«'iiv(>,  siicci'ilniil 
au  passait»  de««trurti'ni' ili.'s  c()n<|uéi'anls,  n'a  |ia>|M>niiis  à  KaiitNlj  il«>  s(>  ic- 
li*vcr  :  la  plus  gruiiili.*  partir  (J«;  r«'spa('«!  eiit'Ius  |uii'  le>  iv^tcs  «le  iniiraijjis, 
est  inlialiilt^  on  nV^t  pais4>niû  ipii*  «l«>  villu^i»>:  rà  ri  là  sV-lèvfnl  qurlipics 
ruiner»  de  teiuplo  ut  des  uius4|nées,  dunt  l'une  i>>t  enrori*  dési^MiiH:  par  les 
ilinduu>  >ous  le  nom  de  a  cuisine  de  Siva  ».  ll'aprtK  leur  tradition,  tuu> 
le>  bi~j|iniane>  du  deiki  gangétique  S4;raient  is<».|s  de  raniille»  n'*sidant  à  Ka- 
nudj  au  neuvième  siècle'. 

Kan|*un;  (Ca\vn|K)ns  Kantifiour),  l'une  des  villes  les  plus  modernes  de 
l'Inde,  a  singuliènunent  dépassé  en  importance  l'antique  citt';  de  kanodj. 
Simple  |MisU;  militaiit;  en  I77S,  elle  grandit  |n-u  à  |)eu.  à  la  fois  comme 
rentiv  stratégiipie  e(  comme  marché:  maintenant  elle  e-l  l'une  des  pre- 
miènrs  cités  de  l'Inde  pjir  l'activité  de  sim  commeire.  (À*  n'est  pas  à 
kan|ioi-e  qu'éclata  l'insurrection  des  cipayes  en  I8.*i7.  mais  c'est  là  qu'eu- 
rent lieu  \«s  luttes  les  plus  sanglantes  et  les  ntassaci'es  les  plus  alTœux. 
h>  chef  reliellu  qut;  la  polici'  anglais4>  clierclie  encore.  Nana  Iktundliou 
l'antli,  plus  connu  sous  le  nom  de  Nana  Saliili,  y  lit  massacivr  les  soldats 
an<:lai>>  qui  s'éUiienl  rendus  par  capitulation,  puis  jeter  dans  un  puits  les 
remme>  et  l«.>s  enfants  de  la  garnison.  <lliass«''s  de  Kan|iore,  les  insui-gés  la 
reprin*nl  sur  le>  Anglais,  puis  duivnt  l'aliiindonner  tie  nouveau,  laissant 
dL>s  milliei's  d'i  ïtre  eux  enliv  les  mains  des  vengeurs  qui  versèrent  sang 
pour  sang,  rendin'Ul  outrage  |KUir  outrage.  Ix'  souvenir  de  la  terrible  ainuk* 
sé|iare  encuiv  les  vainqueurs  et  les  vaincus  :  nul  indigène  n'est  admis  à 
|ténélrer  dans  rinttu'ii'ur  du  monument,  d'ailleurs  sans  beauté,  qui  cache 
l'ouverture  du  puits  i'atal.  La  ville  anglaiM*  de  Kan|M)re,  qui  bonle  la  ri- 
vtèn*  droite  du  fleuve  et  (|u'un  |H)nt  à  treillis  |)ortant  le  chemin  de  fer 
de  l^knau  l'attache  à  l'auti'e  rive,  est  complètement  séparée  de  la  ville  in- 
digène |tar  des  jardins,  des  parcs,  des  champs  de  manœuvres.  Un  faubourg 
industriel,  où  se  trouvent  même  des  ûlatuivs  de  coton  outillées  comme  celles 
de  Manchester,  s'élève  à  côté  de  la  ville  anglaise. 

l^-iknau  (Likhnao,  Lucknovv),  la  capitale  de  l'ancien  royaume  d'Aoudli, 
devenue  province  anglaise  depuis  1856,  est  de  même  «pie  Kanpore  une  cité 
moderne  :  il  n'existait  en  cet  endroit  qu'un  village  de  fondation  radjpoute, 
bâti  sur  un  monticule  cunsacii;  à  Sesnag,  le  «  ser|)ent  aux  mille  tètes  qui 
porte  le  monde  «.  La  ville  actuelle  date  du  seizième  siècle.  Du  temps 
•l'Akbar.  elle  était  digà  l'une  des  l)elltis  cités  de  l'empire;  mais  elle  ne  prit 


*  A.  Cuiuiin^liain,  Gewjraithy  of  Ancient  India. 

<  Cjin[4idl,  Elhmilogif  of  liuliii  ;  —  iiuiitcr,  Impérial  GaxtUetr  of  Iméia. 


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k\Mi|iJ.  kiM'ORK.   LAKNAl'.  Stt 

s(»n  iiii|MHlanr«'  i>\i-i-|>tioiin<'llc  «1(1*1111  sièrli*  (IrriiiiT,  rnmini'  ivsiflfnn-  ilc 
soiivcniins  in(l«'-|M'iulaiiU:  maiiileiiaiil  fllo  i>>>t  la  ((iialriiMiK*  des  vil lo  du 
riiulo  [Miiir  l(*  numlin*  do  li:d)i(aiiU  cl,  h  rerliiins  «'giinls,  elle  est  consi- 
iltM'ée  par  les  ||iiidoii'>  rmiime  iiru*  iiiélro|Ktle  :  |Miur  les  iiKNles,  la  miisi<|iie, 
le  lliéîUiv,  les  lini'sM'*  de  l-i  laii<!iie.  e"esl  vers  Lakiiau  «|iie  Ton  n'jiaitle. 
Teiiteluis  elle  a  lM>aiiruii|i  |ienlii  de  re  rùle  d'arbiln*  dans  les  choses  du  piAl 

»•  î«    —  tik<>c  et  «I»  t^rnami. 


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depuis  les  évèncnienls  qui  suivirent  la  révolte  des  eipayes  en  I8r>7.  Alors 
la  garnison  an-jilaise  eut  à  Miulenir  un  premier  siè<;e  dans  le  palais  de  la 
ré>i<lence,  puis,  après  avoir  élé  dé;:aî;ce  par  une  armée  de  secours,  elle  dut 
s'enreruier  dans  un  jardin  fortifié  voisin  de  la  cité;  l^iknau,  défendue  par 
30000  eipayes  et  50  000  volontaires,  servant  100  pièces  de  canon,  ne  fut 
reprise  qu'après  uu  siè^ie  meurtrier  et  le  massacre  de  milliers  d'Hindous, 
mitraillés  à  bout  |)ortant.  Quoique  les  Européens  soient  en  général  assez 
«III.  i5 


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jiorvn.i.E  i.ro(;n\piiiF  iMvrRSELi.E. 

far  U  (■•{•iil.ilinii  ili-  L-ikii:iii,  liinilniii*  <■!  inii'>iilm;in<*,  ri>|M'ii<l:in(  il 
*h|  pmérvitti--  ttit  iU  •<•  mihmiI  rliililis  *>ii  aussi  ^'nuiil  iinmlui';  vn  lS7*J,  le 
il  com\>lx  i'2'2'î  iv>.i«lt'nls  de  nie»-  lihinrlio,  lion  roiiipris  li»'  Kii- 


IIp  IcMB.  Laknaii  prps4'nlo  iiii  :is|Nrl  ni«'i'vi>ill<>ii\  :  on  |M»iirniit  rroiii'  t|iif 
■■llrrîlir  a'<'M  {«lu"  o|ilfii<li<ir.  Kii(n-viis  à  Iravfi's  Irs  ;uiin>s  «|iii  oiiilirap'iil 
Ir  tTomr*-  4f  b  OtNimli.  I«'s  niii|Hili>s  iIhiVn's,  |i>s  ininiiri'ls  ri  h's  «-ItM-iii'Ioiis 
<ir»  ■»r»^uôr«  H  4i<*s  timilN'.iiix  M-iiililnil  |iruiiii-ltn>  mit*  iiiiln*  A^ra;  mais 
4r  f»i^  oa  Kfil  n»inl>i«'n  «"st  Ii-oiii|n'iisc  tniilc  (-rllc  arcliilirtuii>  d'aiiparal. 
La  p^«ar1  <lt^  |alai«  m)ii(  <Iv  \iil<.'aii-i»>  plagiais  il<*s  HKiiiiiiiinils  hiinloiis, 
4nn«r*  4'«fYi<fiicnl«  a|i|iaii«-naMt  à  Imiis  les  s|\|i>v  rt  |N>iiits  i|t>  (■oiiIlmii's 
crianftr^:  <fc-*  «iiapiUMiiN  roriiilliii'iis  sii|i|MirU>iil  «les  aira«li-s  |N'rsaiit's,  cl 
4^  lîlU*-  itJiii«'niH*s  s«Hil  rnint'fs  ii«'  liaivs  (i^'ivalrs  :  Irs  |iii<*s  iiiiilalioiis 
jiael»««*>  4t^  uionitm«'iil-  (:n'<-»  ou  romains  ont  *>lt*  imiU'fs  :i  lour  tour 
fur  Iro  auç'Hi'»  «l«*  Likiiaii.  Kl  r'i'sl  à  r«'s  iniH>ral)l«>s  iiàlis^'s  ijiu'  |»as- 
«<rrral  proaLinl  iilu^d'iiii  d<'iiii-sit>rli>  |)ivsi|iir  toiilcs  les  i-t>ssoiiivi>s  d«>  l'Ktal, 
piMirHlf**- <|uc  «lii  million^  d'Iialulanls  nirml  à  sonlTrir  un  in;iini>  airon' 
4r  oMi<4jioir  ««itiin-^Moii.  0>|N-iidanl  i|iii>l«|ii«'s-iiiis  drs  «'>dili«-cs  ancifiis  ont 
■■  orriain  cararlèn'.  I.'linaiiil)ara  on  r  Iji'u  Saint  > .  iransloniu'  inaintf- 
«aal  ««  arsenal  ft  d4>|MMiill*''  de  |tirs(|ne  (onh's  ses  srnl|)(iires,  est  nn 
««ff^riv  |aUi<.  <k>  |iro|Mti-lioiis  é|é;:anles  ol  siin|iles.  et  m'  termine  par  une 
firtcW-  M»*^ve  d  un  ao|Mvl  «.'randioM'.  I.e  palais  de  la  Késidenee,  devenu  le 
rrmlrt  *4nÙ^v\nf  de  la  eili'  et  le  point  de  dépari  des  avenues  «pii  rayonneni 
éMm*  Um*'  le*-  ^-ti"  |Miiir  faeililer  la  inarrlie  des  lrou|N*»  entiv  les  a  canloii- 
memÊml*-  »  «-l  la  tille,  est  aus^i  un  des  lieaiix  édiliees  de  Liknan:  enfin,  le 
tfÊUtti'yr  <ii«miiK'r(;anl  a  lN>aneou|t  de  maisons  élé<;antcs  à  halc«>ns  onvragés 
H  rr«r4iv^  d'un  Mue  plus  Itrillant  <pie  le  inaritre.  In  des  monuments  les 
fJo*-  rnrîmi  d*-  l^aknau  «'sl  le  fo|lè<.'0  de  l.a  Marlinière.  ainsi  nnmnic  du  gé- 
•^■«1  franrais  Claude  Martin,  qui  le  construisit  dans  le  stylo  hybride,  à 
b  t'A*-  italk^ .  hindou.  |M-rsan,  «pi'avait  adopté  son  maitiv,  le  radjah 
4'AMMlli.  pour  b  (vinstriielion  de  ses  propres  palais.  Les  trois  villes  de 
lakaam.  4^  Cakulla  et  de  Lyon,  patrie  de  Martin,  Turent  dési<:néos  par  lui 
ctmum^  **««.  héritières,  et  dans  chacune  d'elles  un  collée  perjN'tue  la  iné- 
mmir  6f  Tofllkier  de  fortune. 

Iv  mt^ne  qiM'  Iliutes  l««s  richesses  d'Aondh  allaient  sVnjronlTn'r  dans  les 
faAMi*-4f  l^aLnau.  de  même  la  population  urbaine  s'était  |M)rté«>  presque  en 
calMT  »»-r-  rHl4'  capitale.  Kn  dehors  de  Laknau,  dans  ces  riches  campagnes 
i|a*<«i  a  MinKminiées  le  «  Jardin  <le  l'Inde  >,  il  n'y  a  qu'un  |>etil  nombre 
de  «îUe»«  et  leur  iiu|iortance  est  toute  locale,  cuinmc  lieux  d'eiilre|)ôt  el  de 


Lii>4r.  ADJODiiv;.  Ai.LMivnAn.  a» 

ni.-trrhiF.  Ilrat  «-n<rp>  dv  «livisiniis  admiiiislnitivt^,  Sitii|M>iir  au  ii«>nl  ri 
Rai  BarHi  jq  mxI.  ih*  smiiI  ^uèic  (|U(!  iIch  liuiii^iitlis,  mai^.  Kahr^ilrfa. 
•roaskcrrr  â  BtalinM.  kliairaiiad  oi  rjiiiti<|iH'!  (llialiaitail  «ont  plir*  i'^ft- 
|«>UM-^.  \fn>  LiLiiaij,  la  |iriiit-i|)al*'  \illi>  tir  raiit-it-ii  rovaiiiiic.  I-km!»»!. 
•■^t  ïiàlit  *ur  l'rtn|iUr4'ni*>iil  <lt>  la  lih't  *|iii  iloniia  son  nom  ifAoïMlb  à  b 
ttHiIrvr.  La  tictllc  AdJ4Mlhyii,  «  qiio  lontia  Manon,  l«>  |ièiv  îles  lioiiim-^  ».  H 
«|iii  fut  jadrs  b  raftitale  du  royannie  de  Kosala  (>l  la  ivsidi'iice  du  n>i  «  Sa»- 
l.iin>  •  Ukskrallu.  le  |ièn'  du  Haina,  n'a  pins  ancnn  vesti<;«>  de  moouiDmU 
dont  l>-  Rmmimftma  ciianle  la  spli'udeur,  elK;  n'a  |ias  conM.'né  l«>  (lrli«i> 
de  Mrs  zonetiy  iii<ina>tèn's  bouddlii(|n(>s,  ci  s«!s  («>in|des  djain.i  Mml  ij'ijrî- 
Mxw  rvnmlr.  Ijo  ui<i*4{uui's  nialioni«!tiines  fondées  à  rr'|itM|ne  de  la  oMi«|urlr 
^>nt  tn  rmnfSt.,  mais  elles  inanpienl  les  lieux  sainl^  entre  tous  au\  y«tii 
des  ||io>^Mis. où  na4|uil  Itama,  où  il  eéléhra  un  de  ses  ^'lands  sai-riikv».  où 
ii  uitMiral.  Un  dil  que  la  foire  d'AdjodIiya  attire  un  di m»-iuilliwa 
d'homoMs-.  La  f  lUe  niuderne  qui  a  ^ardé  le  nt)ni  d'AdjtNiliya  esl  braun>a|* 
moins  |ien|4tV  que  sa  voisine  Kaïzahad,  située  à  l'ouest  fi  comme-  Aie 
"Ut  la  n\r  dr<4k-  de  la  (io^ra.  Les  deux  villes  sont  à  rais4>  snr  l'imuim^^ 
espace  dr-  :îi4>  kilomètres  e;>rrés  que  l'on  prétend  avoir  été  occupé  par  i'au- 
eieniW'  Adjttihia.  L'iai|MirLanee  actuclli)  de  Faïzabud  lui  vient  surt»>ul  de  ?a 
por>ili«Mi  d'rta|ir  entre  Ik'uarès  et  Laknau. 

AlUhakad  «lu  b  «  cité  du  Uieu  »,  que  les  Hindous  nomnienl  Pra«as.  à 
raus*'  du  «  «Miflueut  >  des  deux  rivières  saintes,  le  (îange  et  b  Djamua, 
unies  dt^anl  <<:^  Lcaiples,  n'est  pas  la  plus  f;ranile  ville  des  pruviiKo  dil«r<> 
du  <  Nonl-ilur»!  >;  iH'anmoins  elK;  a  été  elioisio  par  les  Anglais  jiour  rbrtf- 
lieu  de  ttilt  vaste  section  de  leur  empire;  elle  le  doit  à  son  importaïKT' 
«Iraléwiqur  H  rumuHTeiale  de  premier  ordre  coninie  lieu  de  divenrenw  des 
jîrantli»*^  nonk»  rers  l'Aoudli  et  le  Népal,  IK'llii  et  le  Fandjab.  Ws  Pr»- 
vincvs-l^alrak^  et  les  (ii>t4*s  du  la  mer  d'Arabie  :  e'est  là  que  se  bifun|ur 
b  princifale  voie  Cerm*  de  l'Inde  septentrionale,  pour  former  les  dnu 
braocbes  Af  iVrhaTer  et  de  Bombay.  Ville  de  eommeree  et  centre  admi> 
nistraltf.  Albhakad  a  |terdu  les  monuments  (|ui  faisaient  sa  gloire.  Le  fort 
qui  s'élève  à  b  puinle  même  ilu  continent,  sur  l'emplacement  de  «mi- 
«Irui-tions  datant  des  temps  lé<;(^ndaires,  n'a  plus  les  tours  ériârées  |car 
Akbar  H  rr<i«cmble,  avec  ses  glacis  el  ses  talus  gazonnés,  à  toutes  les  forlt- 
tir.iti«>ns  aMKlemes;  mais  il  renferme  un  beau  palais,  transformé  en  arve» 
nai.  et  i|aeli|iMS  débris  du  constructions  antérieures.  Un  pilier  dresaé  dan< 
le  jardin  porte  le  fameux  édil  de  l'empereur  bouddbiste  Asoka  pn>mul£ué 
deux  «ièrlM.  H  dinni  avant  l'ùru  vulgaire,  el  cette  inscription  est  suiiie  de 
lieux  autres  crIéliFuit  les  victoires   remportées  quatre  siècle:»  aprc»  yar 


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M  NADVF.I.I.K  <;^m;r\|>HIF  l'!<l|VFIIsri.|.r_ 

S;imnii(lni<;nii|it.i,  «>|  rnrc«'s>ii«m  au  ti-ôii«>  du  liraml-MiinL'iil  |ljohiin(!!iir. 
l'rès  (1«*  rc  |tili«-r  m>  tmiivc  IViidtV  tl'iiM  li*m|tlt>  i|iii*  k'^  allinion»  lliivialc*. 
t>t  l<>s  di'H'oinlin>s  ont  «-llall^«'•  en  riitiiniinlH's  :  r'fot  là.  iIïm'iiI  I«-h  llin(i<Mi<i, 
i|ii(>  la  SaniHvati  Icriiiiiii*  son  nMir<«  nn^liTifiix  |iour  '>'nnir  aii\  iI«mi\ 
aiiln*s  Ihriivi»^  sirrés,  (îanp'  ot  hjanina;  rininiiiliU-  i|ui  nini|K!  sur  les 
murailli's  osl,  d'aiirès  oiix,  IVnu  dt;  la  i-ivi«'n>  qui  s'i>n(  on;;i>urrn-«>  \>ri'>  dt> 
Tliam-^ir.  Dans  un  min  de  la  cour  du  U>m|dc  MUili-min  <<*  toirni  l«*^  n*sti>s 
d*un  Ironr  d«>  Iwinian.  l'arhn*  «  iii(-oiTU|tlildi>  •  dan>  !•>%  Imnrlu-^  du<|n('l 


«*  n.  —  tiitaiii». 


virait  un  démon  mangeur  d'hommes;  los  |H>l«'rins  Tenaient  «e  tuer  par 
(vntaines  |H)ur  siitisfaire  la  faim  du  uionstiv;  des  ama>  d'ossements  rou- 
vraient le  sol'.  Du  temps  d'Akbar,  le  (îange  ayant  ron»é  sa  berpe  jusqu'au 
|»ie»l  de  l'arbre  sacré,  les  niartyi-s  se  jeUtient  de  ses  brandies  dans  l'eau  du 
fleuve'.  Actuellement  Allaliabad,  quoique  l'une  des  villes  saintes  de  l'ilin- 
duustau,  a  certainement  |M*i'du  de  son  preslige  aux  veux  des  Hindous,  sans 
doute  |iarce  que  des  canons  m>  UKmtrent  dans  les  embrasures  du  fort 
au-<lessus  des  rives  du  tiani^e  et  de  la  Djamna;  les  |ièlerins  et  les  mar- 
chands accuuivnt  à  la  foire  d'Allahabad  au  commencemeol  de  l'année  en 


•  HtiNirii-tbïaiig,  Mfmoirrs  tur  les  contre*  occidenUtUt,  Induib  par  Sfaonla»  Job». 

'  F.IIhiI.  MtJtammadan  Hitloriaitt  of  India;  —  A.  Cunningliani,  Amarml  UitUrg  of  Imdia. 


'n 


AM.VIUB^D.  viRjrxpniR.  Tril\X\R. 


m 


moins  firunA  nomhro  qu'à  «■•'lli>  <r.\iljiNl\,ili.  ()«>|M^nilanl  on  n  ru  juMprik 
*J.MMH)0  |H>i->«)nn«>s  i':ini|N't' .'i  lu  fois  «iano  hi  |iliiMii-  )|ni  iKinif  la  riv«>  ilniilo 
ilii  (ii)ii^i'  iMi  amont  du  ronlliicnl;  rVsl  |(ti-<>  «le  la  ploino  lune  t|iii>  la  |tlii|»nrl 
ili>s  \isiU>iirs  S4'  |>lon^'«>nt  dan'^  li>s  faux  tlii  llciivo  muis  la  su n°i>i liant"  il'unc 
rhi'iM'  s|Mk-ial«'  (If  liraliniiUK's;  jj  «>st  «lans  l'Intlo  |nmi  cI«>  s|Nvla(-l('s  aussi 
rnrifux  que  ivlui  dr  (vtU'  l'oulf  en  d<'>sonln!  dont  l<>s  f;i-ou|M's  rlian^fants 
Irouldcnt  di'  millt'  ivmous  l«>  oounuit  niaj«'olu«'U\  du  (ian^o. 

U'  mi'nic  <|u«!  touU's  |«>s  vilit'x  adniini^lralivi^s  d«>  IVm|>iii;  an^liMndion, 
Allaliahad  si'  divise  eu  «l<>u\  cili's,  (rllo  des  easernes,  des  villas,  des  {Kins 
i>l  des  jardins,  où  >e  sonl  établis  les  niaitivs,  ei  les  i|uai'liers  hindous,  hien 
•M'(»ai»''s  de  e»'U\  qu'lialiite  la  easte  des  eonqut'nmts  élranf.'ei's.  T'est  dans 
r.MIaliahad  an};laise,  '^ituéo  pivs  du  fiirt  et  voisine  du  lîan^'e,  <|ue  m>  trouve 
le  collèffe  Oentral.  élahliss4>nient  d'instruction  su|M''rieuiv  iivenimenl  établi 
|M»ur  toutes  les  provinres  du  «  Non