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Full text of "Le Don Quichotte montréalais sur sa Rossinante ou M. Dessaulles et la Grande guerre ecclésiastique [microforme]"

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«MAGE EVALUATION 
TEST TARGET (MT-3) 



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Photograptiic 

Sciences 
Corporation 




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Ç17 



23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N.Y. 14580 

(716) 872-4503 






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W, 



CmM/ICMH 

Microfiche 

Séries. 



CIHM/ICMH 
Collection de 
microfiches. 




Canadian Institute for Historical Microreproductions / Institut canadien de microreproductions historiques 






1981 



Technical and Bibliographie Notes/Notes techniques et bibliographiques 



The Institute has attemptcd to obtain the best 
original copy avaitable for filming. Features of this 
copy which may be bibliographxally unique, 
which may alter any of the images in the 
reproduction, or which may significantly change 
the usual method of filming, are checked below. 



□ 



D 



D 
D 



D 



Coloured covars/ 
Couverture de couleur 



I I Covers damaged/ 



Couveiture endommagée 



Covers restored and/or laminated/ 
Couverture restaurée et/ou pelliculée 



I I Cover title missing/ 



Le titre de couverture manque 

Coloured maps/ 

Cartes géographiques en couleur 

Coloured ink (i.e. other than blue or black)/ 
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

Coloured plates and/or illustrations/ 
Planches et/ou illustrations en couleur 



n 



B<,und with other matériel/ 
Relié avec d'autres documents 

Tight binding may cause shadows or distortion 
along interior margin/ 

La reliure serrée peut causer de l'ombre ou de la 
distortion le long de la marge intérieure 

Blank leaves added during restoration rr.ay 
appear within the text. Whenever possible, thèse 
h'ive been omitted from filming/ 
Il se peut que certaines pages blanches ajoutées 
lors d'une restauration apparaissent dans le texte, 
mais, lorsque cela était possible, ces pages n ont 
pas été filmées. 

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Commentaires supplémentaires; 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire 
qu'il lui a été possible de se procurer. Les détails 
de cet exemplaire i;ui sont peut-être uniques du 
point de vue bibliographique, qui peuvent modifier 
une image reproduite, ou qui peuvent exiger une 
modification dans la méthode normale de filmage 
sont indiqués ci-dessous. 



n Coloured pages/ 
Pages de couleur 

□ Pages damaged/ 
Pages endommagées 



D 
E 
D 
H 
D 



D 

D 



Pages restored and/or laminated/ 
Pages restaurées et/ou pelliculées 

Pages discoloured, stained or foxed/ 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 

Pages detached/ 
Pages détachées 

Showthrough/ 
Transparence 

Quality of print varies/ 
Qualité inégale de l'impression 



i I Includes supplementary material/ 



Comprend du matériel supplémentaire 

Only édition available/ 
Seule édition disponible 

Pages wholly or partially obscured by errata 
slips, tissues, etc., hâve been refilmed to 
ensure the best possible image/ 
Les pages totalement ou partiellement 
obscurcies par un feuillet d'errata, une pelure, 
etc., ont été filmées à nouveau de façon à 
obtenir la meilleure image possible. 



This item is filmed at the réduction ratio checked below/ 

Ce document est fil. né au taux de réduction indiqué ci-dessous. 

10X 14X 18X 22X 



26X 



30X 



J 



12X 



16X 



20X 



24X 



2SX 



32X 



The copy filmed hère has been reproduced thanks 
to the generosity of: 

Library of the Public 
Archives of Canada 

The images appearing hère are the best quality 
possible considering the condition and legibility 
of the original cupy and in keeping with the 
filming contract spécifications. 



Original copies in printed paper covers are filmed 
beginning with the front cover and ending on 
the last page with a printed or illustrated impres- 
sion, or the back cover when appropriate. Ail 
other original copies are filmed beginning on the 
first page with a printed or illustrated impres- 
sion, and ending on the last page with a printed 
or illustrated impression. 



The last recorded frame on each microfiche 
shall contain the symbol — *- (meaning "CON- 
T:NUED"), or the symbol V (meaning "E.MD"), 
whichever applies. 

Maps, plates, chartr, etc., may be filmed at 
différent réduction ratios. Those too large to be 
entirely included in one exposure are filmed 
beginning in the upper left hand corner, left to 
right and top to bottom, as many frames as 
required. The following diagiams illustrate the 
method: 



L'exemplaire filmé fut reproduit grâce à la 
générosité de: 

La bibliothèque des Archives 
publiques du Canada 

Les images suivantes ont été reproduites avec le 
plus grand soin, compte tenu de la condition et 
de la netteté de l'exemplaire filmé, et en 
conformité avec les conditions du contrat de 
filmage. 

Les exemplaires originaux dont la couverture en 
papier est imprimée sont filmés en commençant 
par le premier piat et en terminant soit par la 
dernière page qui comporte une empreinte 
d'impression ou d'illustration, soit par le second 
plat, selon le cas. Tous les autres exemplaires 
originaux sont filmés en commençant par la 
première page qui comporte une empreinte 
d'impression ou d'illustration et en terminant par 
la dernière page qui comporte une telle 
empreinte. 

Un des symboles suivants apparaîtra sur la 
dernière imag» de chaque microfiche, selon le 
cas: le symbole — »- signifie "A SUIVRE", le 
symbole V signifie "FIN ". 

Les cartes, planches, tableaux, etc., peuvent être 
filmés à des taux de réduction différents. 
Lorsque le document 3st trop grand pour être 
reproduit en un seul cliché, il est filmé à partir 
de l'angle supérieur gauche, de gauche à droite, 
et de haut en bas, en prenant le nombre 
d'imïjges nécessaire. Les diagrammes suivants 
illustrent la méthode. 



1 


2 


3 




1 


2 


3 


4 


5 


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SUR SA 



ROSSINANTE 



ou 




M. Dessaulles et la Grande Guerre 

Ecclésiastique 



PAR 



XrttJxca-i 





MONTREAL 

PuHLiÉ PAR LA Société des Écrivains CATiiOLiQ^rEs 




1873 




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PRÉLIMINAIRES 



M. Dessauîlesdoit se sentir soukoc^. Le pauvre homme souf- 
frait d'une furieuse indigestion, si Ton en juge par la masse in- 
forme ot putride qu'il a vomie. L'indigestion est un mal fré({uent 
chez ceux qui n'usent pas d'une nourriture saine ; M. Dessaulles 
est là pour nous en fournir la preuve. Il s'obstine à grianoter les 
plantes vénéneuses qui ont été implantées dans le parc fangeux 
que l'on nomme l'Institut-Caiiadion de Montréal ; or, tant^qu'il 
grignotera de ces choses-là, il aura le hoquet, éprouvera des nau- 
sées et des spasmes, puis finira par aégobiller s^ns cérémonie en 
pleine place publique. 

Il ne se croit pas malade du tout cependant. Il est même 
l'homme du monde le plus satisfait de sa santé, surtout de sa 
san^^ morale et intellectuelle. Il en est si satisfait qu'il pone 
complaisammeni comme type de candeur et d'innocence, de sin- 
cérité ot de justice, de zèle éclairé et de yété tendre, de looique 
et de savoir. '^ 



Qui connaît ce morlo. Fait que dopui.s longtemps la candeur et 
f innocence, la sincérité ci la justice u.it déserté de chez lui pour 
établir domicile ailleuri^. Elles se trouvaient si mal logées ! 

Le zMe. dont il senible brûler pour tant de choses maintes, 
qu'il voit outrager avec stupeur, comme il dit, est un feu qui 
n'est pas malin du tout. S'il n"a que lui pour se réchauffer, il 
n'échappera certainement pas au fricson. 

Sa piété est du même genre que son zèle à peu près ; elle a 
ceci de particulier que c'e t une grimace qui n'est pas du tout 

belle à voir. •. i, . 

Quant à la logique et au savoir, il est fort amusant te 1 enten- 
dlro se vanter d'en avoir la possesi^ion pleine et entière. S'il se 
d,<cidc un bon jour à émigrer au pays des oies et des singes, ses 
«vréligionnairos, M. Tes^auUes pourra peut-être prétendre à oc- 
capcrlà une place quoique peu distinguée à titre de penseur et 
de lo'vicien ; «jais hors de là, bernique ! Le dernier oeuf qu'il a 
pondu n'a (lue du volume ; pour de la logique et du sens .om- 
mun, il n'en contient pas un atome. 

Et s'il s'agit du savoir, comment xM. DessauUos peut-il préten- 
^ic en avoiH N'a-t-iî pas pris soin de lui fermer hermétique- 
mtcnt toutes les avenues en se cuirassant do cent épaisseurs 
a-i-norance? Qu'on ne m'objecte pa^' qu'il doit être savant, puis- 
qu'il fait des livres. Etre autour comme il l'est, n'est pas chose 
difficile : il suffit de pavoir salir du papier, voilà tout. 

Il ne laisse pas cependant de se prendre au sérieux et il aime 
i ae rendre hommage. Il se sent infiuimont sage, raisonnable, 
l«t>fond, savant, inspiré, religieux. Il le dit et le répète, sans 
«roir pourtant assez de ressources pour varier ses tours de phra- 
«». Avec tout cela, il ne po.^séde de disciple convaincu que lui- 
même. . T^j. 
Ridiculement barbouillé de Voltaire, Rousseau, Quinet, Mi- 
ehclet Eugène Sue, Victor Hugo et d'autres de même acabit, 
il se dre-sse fièrement sur les pattes de derrière, et se proclame m 
phis ni moins que le seul interprête -éridiquc et infaillible des 
Lintes Ecritures. C'est la pure vérité ; je n'exagère pas le 
«oius dE monde. A l'entendre, c'est lui qui est le vrai pontife 



— H — 

•du catholicisme ; il n'j en a p.s eu et il n'y en a pas d'autres 
.que lui. Il veut forcément noun amener i conclure qu'il n'y a 
de Dieu que Dieu et que Deafaulle» ent «on prophcto. 

Pui^iue M. DesBaulles en est rendu à copier Maboniot, j'ai- 
merais beaucoup à savoir s'il a, lui aussi, voyagé sur la jument 
El-Borac, et si la divinitc< l'a favorisé jusqu'au i)oint de lui per- 
mettre des entretiens intimes avec le ^'raud coq blanc que son 
précurseur et maître a rencontré dans le premier ciel. J'incline 
à croire qu'il a eu ces privilèges, car il affirme carrément que 
l'Ejilise n'a jamais bien compris ce qu'était l'esprit du Christ. 
Pour lui, il le comprend, et si l'Eglise veut avoir aasez de bonno 
volonté pour suivre ses cours de dogme, il lui promet de lui com- 
muniquer en quelques jours seulement plus d'intelligence que n'a 
pu lui en communiquer le Saint Esprit en dix-huit longs siècles. 
M. DessauUes accuse les Papes de vouloir se faire Dieux : 
n'est-ce pas lui plu+^t qui est travaillé de cette sacrilège manie ? 
Les Papes ! il en dit Lng sur leur compte. Il trouve qu'ils 
ne s'y entendent guère en religion. Quant aui évêques et aux 
prêtres, il n'hésite pa.s à déclarer q^ 'ils n'y entendent rien du tout. 
Il se propose de ramener tout ce m )nde-là à la ra'son, non pas 
à la raison telle qu'on l'a entendue jusqu'ici, mais à la raimn 
htiqne. Disons-le de suite : dans ses mirobolantes cogitations 
l'illustre Dessaulles, cet homme-puits, comme dirait Victor-Hu'»-© 
a découvert «ju'à une certaine période de la vie, (ju'il ne déter- 
mine point, la raison humaine se bifunjue : d'une part, elle 
•devient vaixon hn<ptc et de l'autre, rninon rcdé.'itdsflqiie. La 
première est excellente : la seconde ne vaut iibsoliinient rien. 
Pourquoi cela ? C'est ce que notre vase d'érudition n"expli(|ue 
point : mais il est à présuni(>r (|ue c'est parcequ'uue soutane ne 
permet pus «les allures aussi dégagées (ju"un iiabit à (|ueue. 

Entre tous les évê<jucs. il en est un qui a le privilège de lui 
-déplaire singulièrement, et c'est surtout j.our harceler cet évêque 
<][u'il a mis au jour le monstrueux j anq.Iilet héréti(jue qu'il inti- 
tule : (( Le 'jriinde giicrrr crdéslmtiqnc.n Cet éve((ue, ost Mgr. 
-de Montréal, il se plaint que le vénérable prélat est toujours 
.sur son dos. C'est peu croyable, car jamais Mgr. de Montréal ne 



— 4 — 

s'ept scvvi d'une an!«Ri ch(<tive mon tnre, quelque mmotir de l'Iiu- 
uiiliU^ qu'il ait. Néanuioinp, il persiste à so plaindre et répète 
l'i même r(3frain jus<iu'il s'ennuyer lui-même, quelque soit son 
froût pour l'assoumiaiit. 

Qu'a donc fait à M. DessauUes le vénérable évêquo de Mont- 
réal, ce pasteur si pieux, si saint, si rempli de mansuétude ? 
(( Plein de mansuétude, de piété et de sainteté ! interrompt M. 
« Dessaulles en trépifçnant de eolère. Ce n'e.st j>a8 vrai ; vous vous 
« trompez j^oasièrement. Oubliez-vous donc qu'il a condaumé 
« l'enseignement qu'on puise à l'Institut-Canadien de Montréal et 
I qu'il a fait ratifier cette condamnation par Rome ? Oubliez-vous 
« encore qu'il a condamné et fait condamrior par la Congrégation 
« de r Index l'Annuaire du dit Institut qui se sentait fier et heu- 
« reux de porter dans ses flancs la plus belle dissertation que m'ait 
«jamais inspirée la raison laïque ? Comment après cela lui trou- 
« ver de la mansuétude, de la piété, de la sainteté surtout. C'ei^t 
« un opiniâtre, un bypocrite, un homme qui tmd à exercer partout 
M 8a domiruition. Mon cher Institut ! ma belle dissertation ! 
« Ça me saigne le cœur de les voir voué& à l'exécration publicjuo. 
(i Ça m'exaspère aussi, et je veux les vonger, coûte que coûte.» 
Et là-dessus le voilà partit, Pour démontrer que son cher Ins- 
titut-Canadien et sa belle ^disscrUition, pure expression de la 
raison laïque, sont aussi immaculés que le grand coq blanc que 
vit Mahomet dans le premier ciel, malgré les flétrissures indélé- 
biles que leur ont imprimées les très-justes condamnations de 
liome et de Mgr. de Montréal, il compile gauchement tout ce 
que les plus sots d'entre les impies se sont avisés de dire contre 
la divinité et l'autorité de l'Eglise, contre la puissance spiri- 
tuelle et temporelle du Pape, contre la pureté de sa doctrine et 
gon infaillibilité, contre les prétentions irtolérahles et les virrs 
du clergé ; il jette tout cela dans un efi"royable pôle-mêle, sans 
autre ciment qu'une bave insolente, puis il s'écrie : <( Voyez si 
l'Institut et moi ne devions pas être immanquablement condam- 
nés, n'ayant affaire qu'à des ignorants, des fourbes, de.^ hypo- 
Ciites, des mécréantfl.» Se calmant peu à peu, il finit par prendre 
le ton plaintif en constatant que le manteau d'innocence le 



■i* H^'' 



recouvre et que l'ann-ole de justice, (pii brille sur son front, tou- 
jours demeura candide, ne sont vus (jue de lui seul. 

l^til possible ! Rester incompris, (juand on a tant d'esprit, 
niriuf du ^'énit; ! N'être pas aimé, (juand on a tant de vertus ! 
î^e voir dédai.irné, I(.rs(|u"ni a tant de charmes ! Grand Dieu ! 
Mallierbe ne s'est donc pas trompé lorsqu'il a dii que dans ce 
bas monde, 

If"» I>lllN bflIoH clionos, 

Ont le plrt> UestUi. 
Aimable et pur M. Bessaulles !.)e compatis beaucoup i\ truites 
•vos infortunes. Pour vous consoler, je vais jeter un léj,'er coup 
d'œil sur votre GruTi(h guerre eceUsiasthpw, et vous faire cn,-- 
tater ce que vous ne soupçonnez peutn'tre pas, qu'il y a là-dedans 
des bêtises et des énormités en si j,'rand nombre que ein(|uante 
paires de bœufs ne les porteraient pas. Or, ayant été <,'ros 
d'autant. non-r^eule:nent pendar<t quelques mois, mais pendant 
des années encières, vous êt<;s nécessai renient une puissance de 
première ordre. La c^onclusion est rigoureuse. 

Comme vous t*;nez à ne pas r^ii^i^ir confondu dans la foule, 
makné les feintes tendresses que vous lui témoignez, je suis bien 
sur de vous faire grand plaisir en établissant (|ue les prémi.sses 
<iui amènent cette conclusion sont de tout point inattaquables. 
Vos droits à ne plus figurer parmi le commun des mortels seront 
ainsi publiquement reconnus, et l'on vous casera là où personne 
ne s'avisera plus de vous déranger. 



M. DpsmuUes H'emhromlh et se contredit. —Son prétendu pro- 

grèn.—En quoi cousiMe h véritahie jirogrès — Ce que 

sont les idées de M. Dessaulles à ce propos. 

Vous vous êtes permis, illustre Dessaulles, d'adresser directe- 
ment la parole à Mgr. de Montréal. Vous ne trouverez donc 
pas mauvais que je vous l'adresse directement à vous-même. 
X)e que vous vous permettez est permis à autrui, quelque soit 
^otre puissance à produire des énormit^s. 

' i 



- 6 — 

»Si j'entre en conversation avec vous, ce n'est pas fjue je 
V0U8 estime ; non, je vouh nulprino pouveraineniont, parce (jut; 
vouH VOUH rendez di^Tie de tout uiéprin. Je ne vieti.s (pie vous 
combattre en faveur de ceux que voh sopliismeH pourraifdit sur- 
premlre. 8i je n'avais pas cette rai.son de vous considérer eu 
face, je uie regarderais comme <,'ravemeut coupable de le faire. 
Nec ave ei dixeritiK, a dit l'ajMÎtre St. l'aul, en parlant des hom- 
mes de votre espèce Vous devez connaître cette parole, vous 
qui vous faites un mérite d'invoquer l'Ecriture Sainte pour ap- 
puyer vos stupidités sacrilèges. Vous conviendrez que je l'appli- 
que fort à propos. 

Votre visage est offensant et il l'est au suprême degré. Je le 
cinglerai donc de boune encre et je vous avertis que je m'y em- 
ploierai. Quand on est ce «jue vous êtes et (pi'on fait profession 
de l'être, on ne mérite pas plus d'égards que le gamin qui 
vous insulte sur la rue. Cependant, je ne vous traiterai paft 
comme tel, uniquement par respect pour moi. Je pousserai 
même la bienveillance à votre égard jusqu'à ne point sortir du 
cadre de votre grande guerre ecclésiastique. J'ai assez là jv)ur 
yousjlduher comme il suffit. 

Cette grande guerre ecclésiastique, savez-vous que vous l'avez 
bêtement faite. -Oui, bêtement, c'est le mot propre. Quel chaos f. 
vous parlez de tout sans ordre aucun, et puis vous vous laissez 
aller à des répétitions qui ne finissent plus. Biffez vos redites 
et votre grande guerre ecclésiastique sera réduite de moitié.. 
Quand au fond, elle sera tout aussi bête ; mais, quand à la for- 
me, elle sera bien moins lourde. On la lit par pénitence, ou par 
devoir ; soyez-en sûr. C'est pourquoi, on n'aura pas de peine à se 
c )nfbrmer à l'injonction de Mgr. de Montréal qui défend de \a 
lire. 

A la page 48 do cette grande guerre ecclésiastique, que 1» Mi- 
ncrve a quelque peu fait connaître, toute dévote qu'elle soit, il 
vous est arrivé d'écrire ce qui suit : li'humanité marche irrésis- 
« tihlement vers Dieu, son but suprême, comme le fleuve ^oule 
« vers l'océan dans îa durée des siècles ! Et ni l'un ni l'autr. né 
(t sauraient suspendre leur marche ou remonter vers leur source. »■' 



— 7 — 

V(»iliV du pompeux, M. Dcssnullou, et cetto phrane eH la phiis 
roiiflaiit<'<|uo Vdu.s n'ayez jamais lutic Mallicumisi nici.t, l'idiV 
(|u'('lli! habille ot abHoluniunt Ïhhshv. Je mVtoiuif (|u un pin 
wnir, (|ii'un ainatit de la Hb'rté eoinnie vous faites j)rnrcssi(in de 
rétro, ait pu se résoudre à l'écrire. JVn-picaee C(»niuie vous pr<';- 
tendez l'être, ne vous apercevez-vous pas <|uc vous détruisez toute 
liberté en soumettant U»ut à une lin^yisfihf'' né<rs)ti(é. Mais al«ri« 
que devient votre fameux i)amphlet '/ Tout ce que vous blâmez, 
même le plus petit détail, est nécessaire ; c'est le fl.uve cpii, 
quoique vous en di-'i.^z, coule vers l'océan, en suivant la voie qui 
est la meilleure pour y arriver. Qu'en dites-voufi ? Admettez le, 
ei la raison lnujnc, dont vous parlez tant, a quelque valeur, vt 
avouez ([ue les cent trente pa-jes de votre pamphlet ne ^iJalifiont 
rien depuis le premier mot jusqu'au dernier. Est-il possible 
qu'un géant de votre taille se réduise ainsi en quelques lijrnes à 
n'être plu.s que zéro ! Vraiment, vous perdez à écrire. 

Et puis, vous voudrez bien admettre encore que vous ne vous 
comprenez guère vous-même, soit dit en pnsc'ant. Vous convenez 
que l'humanité vient de Dieu ; vous reconnaissez qu'elle doit 
irrésistiblement marcher vers lui, et cependant vous lui reUm-i 
la faculté de p( rvoir remonter vers sa source ! Vous êtes asmu 
rément le plus lumeux farceur que je connaisse. Mais cttttr. 
raison, cette chère raison, que vous dorlottez avec tant de 
tendresse, que devient-elle avec des affirmations aussi contradk^ 
toires ? Voua l'assassinez ni plus ni moins, hci mis donc que «e 
(pie vous appelez ruiwn laïque ne soit que folie pure, ce tpiâ 
pourrait bien être. Quand on est M. Dessaulh», l'honoraWe 
Desi-aulles ; «juand on se déclare pontife suprême et qu'on pose 
comme supérieur par l'intelligence à l'I' Mse catholique, au Paj» 
et j'ux Evêques, il faut au moins fiiire reuve de sens commua 
Avouez (jue ce n'en^t pas trop exiger. 

En vérité, M. PessauUes, votre belle Hélène, c'est-à-dire cetl* 
raison Imque, que vous vous glorifiez de posséder dans >^a pléni- 
tude et que vous désirez nous voir adorer tous, a beaucoup 4e 
r issemblance avec la Dulcinée de Don Quichotte ; elle vous poH»- 
83 à de siugulièies escapades. Ou elle vous gouverne fort mal 



■ — 8 — 

ou vous n'ôtcs pas susceptible d'être assujeth" à un goiivornuil. 
Dans l'un ou l'autre cas. laissez les gens tranquilles e. ne les in- 
vitez pas à voguer à votre suite. 

Vous poursuivez et vous dites : « La vraie formule du pro- 
". grès, c'est la grande parole prononcée il y a ('ix-huit siècles : 
(( Soj/ez parfit Itii comme votre père eut parfait. ,> Voilà qui est 
très-bien. C'est court, mais plein de bous sens chrétien. A'ous 
ne 'e soupçonnez pas ou vous avez un instant oublié qui vous 
ôtes M. Dessaulles. Ce qui me conflrme dans cette idée, c'est 
que vou« ajoutez immédiatement : u Or, comme l'homme ne 
'.(s;<urait jamais égaler Dieu en perfection, ce précepte signifie 
(( '(u'il doit se perfectionner toujours autant que sa nature le lui 
uj'ermet.n 

Vous ftiitcs erreur ici en regardant l'homme comme placé dans 
l'ordre puremen'^^ naturel et e-ette erreur est capitale. On la 
nomme naturalisme. 

8' vous voulez bien me prêter un peu d'attention, je vous 
ferai un court exposé des premières leçons du catéchisme que 
vous ne savez ])lus, si jamais vous l'avez appris. Cet exposé 
vous donnera une bien plus haute idée de la dignité humaine 
que celle que vous avez puisée dans tous vos volumes de philo- 
sophie trauHeendante. 

Les créatures intelligent s, l'ange et l'homme, ont été créées 
pour une fin qui n'est autre que Dieu. Le connaître par une 
vision et le posséder par un amour parfaitement conformes à 
leur nature était tout ce qu elles pouvaient exiger, et tout ce 
dont elles étalent capables par ePes-mêmes. Mais, da \s son 
infinie miséricorde, Dieu n'a pas -.oulu que vjette fin, qui est 
pun.-.nent naturelle, fut la leur. \\ les a destinées à une fin 
absolument suriiaturelle, en les appelant à le jonnaître et à 
l'aimer, non pas d après un mode naturel, mais d'après un mode 
essentiellement divin. 

Dieu, qui est l'infini par essence, se connaît et s'aime dan* 
toute la mesure où il est intelligible et aimable, c'est-à-dire, infi- 
niment. Tl a donc un mode particulier de se connaître et de 
s'aimer, et ce mode est incommunicable par nf.ture. Il constitue 



— 9 — 

les opérations essontidleraent divines qui font que Dieu existe en 
trois personnes, ]ȏre, Vhs ct^aint-E.sprit. 

Eh bien ! Dieu nous a desti.iés à le voir, non pas d'un, vue 
qui nous est propre, mais de la vue divine eile-niême avec laquelle 
il ^0 contemple ; il nous a destinés à rainu.-, n.m pas d'ur 
araour découlant de notre propre nature, nu-i. de l'amour divin 
dont .1 s ai^we lui-même. Au ciel, n-.us n errons Dieu comme il 
se voit lui-mome. c'est-à-dire dans le V^erbe et par le Verbe' 
iH hmn>r fuo videhirnHs Inm.n ; nous l'aimerons comme il* 
s aime lui-même, dans le 8aint Esprit et par le Saint Esprit 

signaU rs^s .pMtn sancto Qnl habitat In vohh. En nnt 

que communiqués, cette vue et cet amour seront finis car la 
créature ne saurait p.rter l'infini ; mais, dans leuis principes, i. 
sont esHentiellemcnt divins. 

Puisque notre fin dernière consiste à faire des opérations véri- 
tablement divines, il faut nécessairement que nous soyons nou^- 
mêmes divi„ué«, car autrement nous ne pourrions pas être mis 
eu rapport avec.notre fin. C'est ce (,ue Dieu, qui est infiniment 
^age, n a pas omis de faire. 1 >ar la grâce sanctifiante, que no-is 
communiquent les sacrements et que le péché mortel seul peut 
nous lairc perdre, nous devenons réellement participants de la 
nature divine, suivant cette parole de l'apôtre Saint Pierre • ut 
per hamc fffidamlnldivinœ comnrte. natnnr Voilà pourquoi 
Dieu nous dit par la bouche du Psalmiste : E^jo di ri ■ />/ 

T^Tr!:^:^ ''''"'' ^ ^^"^ '^^ '-' '^^"^' ^' '' '''-> ^' ^- 

La grâce sanctifiante ne pcutexi.stei en nous comme substance 
divine, car ,1 nya qu'un Dieu et conséquemment qu'une seule 
substance divine. C'est un mode, une forme divine imprimée à 
nos âmes par 1 application Immédiate de la substance de Dieu 
nieme. Ainsi, une .Ime ayant la trrâce sanctifiante, e.st «ne drne 
don la fome est divine, et, dans l'ordre de l.v grflce, cett.3 forme 
tient heu de nature. 

Ainsi donc participer à la nature divine pour arriver à jouir 
de Dieu comme lui-même jo Jt de lui-même, et user de mcoens ' 
en rapport parfait avec cette fin à atteindre, c'est-à-dire vraiment 



— 10 



gurnatureli*, voilà ce qui constitue l'ordre surnaturel dans lequel 
seul nous Hoiunies placds. L'ordre naturel, pris purement comme 
tel, n'a jamais existé de fait, indépendamment de l'ordre surna- 
turel, quoiqu'il eut pu exister indépendamment de lui, si Dieu 
eu eut disp(),-)é autrement ; il n'existe que comme fbndomont de 
ce dernier dans lequel il se trouve englobé. Voilà pourquoi tout 
est purdu pour l'homme, s'il n'atteint pas la fin surnaturelle à 
laquelle Dieu a daigné l'élever. Dieu ne lui ayant pas laissé de 
fin naturelle à atteindre, il tombe alors dans l'enfer, qui n'est 
pas une fin, mais le lieu de supplices où gémiront éternellement 
ceux qui ont ref-asé d'arriver là où ils étaient miséricordieusement 
appelés. 

La grâce sanctifiante étant finie, en tant qu'elle nous est com- 
muniquée, quoique essentiellement divine en elle-même et dans 
son principe, il en résulte qu'elle peut croître indéfiniment en 
Dous. Or, augmenter constamment la grâce qui est en nous par 
les moyens surnaturels que Dieu a mis à notre disposition, voilà 
ce qui constitue le seul, le véritable progrès, et c'est à réaliser 
un tel progrès que N.-S. Jésus-Christ nous convie, lorsqu'il nous 
dit : aSoj/cz par/dits connue votre Père céleste est parfait. 

Le progrès dans l'ordre naturel n'est pas défendu ; ce serait 
une erreur que do le prétendre ; il est môme très-permis. Mais 
il doit être contenu dans de justes limites et ne jamais contrarier 
le progrès dans l'ordre surnaturel. Loin de là. il doit lui être 
en tout subordonné et il n'a de raison d'être que }/our le favo- 
riser. 

Donc, M. Dessaullos, prétendre, comme vous le l'uites, ([uo les 
paroles d : Xotro-Seigneur : Soi/ez parfaite (.'ùiniiie cotre Père 
céleste es' p'irfall signifient que nous devons nous perfectionner 
autatil qtic il .latnrc iions le permet, c'est-à-dire, d'une façon tout- 
àrfait naturelle et rien de plus, est absolument i'aux et contraire 
à l'ens iignemenf ''vungéli(juc. Pour notre perfection véritable, la 
nature ne [)eut absolument rien ; bien plus, elle y met souvent les 
plus terrible^ r.bstacles. 

Les anciens («recs et les anciens Romains, qui vivaient em- 
bourbés dans la vie des sens, ne voyaient que la nature, et iia 



— 11 ~ 

avaient sur la perfection humaine exactement les mfmesid.^osque 
vous, M. Des^aulles. Voua n'a ver donc pas belle frrAce à venir 
nous chanter, de la voix qu'on vous connaît, (jue le Pape les «:.v(^- 
ques et les prêtres ?ont des arriéras et que vous, vous seul, Oies 
llionune révélateur du véritable progrès. Vos prétentions ne sont 
pas minces ; mais elles ne manquent pas de ridicule non plu?. 
Songez donc qu'il y a longtemps, bien longtemps que l'E-li e a 
décrotté tous vos pureils. Avec vos vieilles idées de." peuples en- 
fants et malpropres, voua nous faites l'effet d'une hideuse momie 
d'Egypte. 

N'étant pas plus avancé que vous n'êtes dans vos études, il est 
à croire qu'il s'écoulora encore bien des temps avant que vous rat- 
trappiez sur le savoir, les bons moines du Moyen Age que vous 
honorez de vos mépris. Soyez donc économe de votre temps et 
ne le perdez pas à écrire des pamphlets qui vous accusent de la 
plus incroyable simplicité. Je ne m'explique guère le plaisir que 
vous trouvez à passer pour inepte en nous exhibant de temps à 
autre, comme de magnlûques trouvailles, quelques vieilles nippeg 
païennes que le christianisme a enterrées il y a dix-huit siècleg. 

II. 

De fa raison laïque de M. DessauUes et de la raison humaine — 
Nécessité de la fui. — De la liberté. 

Vous comptez beaucoup, niême entièrement, sur la rai.«on hu- 
maine, sur la vôtre en particulier. Toute rrinf,ante (,u'die soit, 
je viens de voun démontrer que ce n'est pas c.jpendanf un bijou! 
A votre i)roprc maison, vous donnez la prélerencc mu l'autoiité de 
l'Eglise, du Pap" Cl des l-:vè.|uc,s. Vous Oti's donc déiste, c'est-à- 
dire (|u.^ vous ot 'S dans cette catégorie .l'impies ,>X de blaspiiéma- 
t«urs qui croient .,uo c'est avoirasspz faitquede reconnaître l'ex- 
istence de Dieu, {^lant au reste, vous en faites racileu.cf.t et 
joyeusement justice. Avec Dieu et .sa parole, parole (|ue vous in- 
terprétez à votre guise et (,ui n'est plus (,ue la vôtre par co„s«'- 
quent, vous vous déclarez satisfait. Pour n.oi, je vous avouerai 
(iuun oisillon de votre espèce ne m'inspire pasla moindiecontian- 



12 



'f 



«ce quand je le vois interpréter la parole do Dieu. Quoi(jue vous 
-disiez, j'aime mieux les explications et intorprtUations de l'E-ilise 
que les vôtres. Vous venez un peu tard, voyez-vous, et avec une 
raison qui semble bien peu affermie et même fortement engagée 
dans la voie du radotage. ^ 

Cette '•aison humaine., considérée humainement, que pcut-clîe 
la plupart du tomps ?, Vous le .savez par expérience ; je viens de 
vous le mettre sous les yeux : se contredire et entasser inepties 
sur inepties sitôt qu'elle veut construire de ses propres mains \\\\ 
édifice religieux. Où en serions-nous, par exemple, s'il nous fallait 
accepter un code religieux de votre fabrique ? A admettre ni 
plus ni moins que des ineffabilit<'s semblables à celles (jue Maho- 
met, votre modèle, nous dit lui avoir été révélées par son grand 
co*! blanc. 

La raison humaine seule ne peut nous servir de guide et rien 
de surprenant daîis cette proposition. A^'ous vous raî)pelez ce ((ue 
je vous ai dit relativement à l'oi-dre surnaturel. 8i vous m'avez 
compris, vous avez dû voir que Thomme, étant appelé à une 
fin absoluuKmt surnaturelle, doit de toute nécessité* croire des véri- 
tés absolument .surnaturelles c'est-à-dire des vérités que nulle in- 
telligence créée, si parfaite qu'on la suppose^ ne comprendra ja- 
mais. La chose est évidente, car autrement l'ordre surnaturel ne 
serait pas lui-même, ce qui est absurde. 

Ya d'ailleurs n'a Imettez-vous pas vous-même l'i vérit<j sur la- 
quelle j'insiste ici, lors(juc vous dites, page 48 de vos abomina- 
tions, que Vhomme nd naur'dt j(tmaiH égaler Dieu ? Or, si l'hora- 
Tîie ne .saurait jamais égaler Dieu, il s'en .suit rigoureusement que 
l'homme ne couq>rendra jamais Dieu parfaitenumt, et que Dieu', 
par conséquent, peut nous révéler, connue c'est en effet ce qui a 
•eu lieu, une feule de vérités touchant sa nature, ses opérations, 
.-etc., que nous ne pourrons jamais comprendre. Donc la foi, dans 
notre état présent, est absolument nécessaire et quiconque le nie 
renonce par là mCMne au titre d'être raisonnable. Pourriez-vous 
refuser d'admettre c "tte conclusion, vous, l'homme raisonnable et 
philosophique par excellence, si l'on en croit vos affirmations ? 

D(»nc, encore en matière de foi, il n'y a pas à discuter, 



'f 



— 13 — 

mais il faut admettre. Tout le rôle de la raison, on pareille 
matière, 8e borne à bien établir le fait de la réxéhtum Ce fait 
une fois dtabli. il ne re.te plus qu'à courber le front et qu'a dire 
amen Est-ce !à cependant cti (,ue vou. fait... ? I>a. le moins ch mon- 
de. Pour vous, mali^ré «certaines affirmations ,pn vous allaient à 
merveille (,uand elles servaient à fortifier une partie de votre tl.ù- 
«e, mais dont vous vous ^o:ardez bien de tirer les cons(^quences i} 
n y a pas de fo>. C'est la rai,^)n humaine qui décide de Umt la 
raison humaine incarnée dans votre individu. Lu preuve vous 
me la donnez page 87 de votre (Jnmde gvare ,rdési<ntinùe lors- 
que vous dites : „ D'une personne à une autre, d'une int.^lli..en- 
.. ce à une autre, il ne ..aurait y avoir d'autre rapport possible 
« que la parole et la discussion. Pour faire accepter une vérité 
. Il ne faut pas .seulement affirmer, mais il faut eiaminer, discuter 
. et convaincre. Et le seul ré.sultat possible de notre entretien 
« vous m affirmant une opinion et moi l'examinant, c'est la condu- 
« sion : Je snts conrmnn> oà Je ne h suis pa,. Si je ne le suis 
« pas, comme h loi dn Christ est la loi parfaite de la lihertê 
< vous n'avez pas le ,lroit de m'imposer une opinion dont, dans 
« ma conscience, cette lumière intérieure que Dieu m'a donnée 
■< jene puis voir la rectitude. La violence pourra .«^ans doute me 
« iaire taire, mais produira-t-elle Vadhésion de V Esprit V Cer 

" t«"»«'»«"t non L-ultramontani.me veut que ce soit le Pape 

.< con.seillé par un entourage (,ui^ depuis des siècles, se montre 
<^ absolument étranger aux plus simples notions de la philosophie 
« du droit, qui ,MÙt l'arbitre .upreme des principes et des opinions 
«des hommes. )i 

Ainsi, d'après vous, M. Dcssaulles. Dieu ou celui qui le repré- 
sente très-certainement ne saurait être cru sur ses seules affir- 
mations. Il faut qu'il discute, qu'il vous convainque par des 
raisons que vous agréez, et, s'il vousplait de n'être pas convaincu 
vous 1 enverrez promener. Peut-on rien imaginer de plus affreux' 
de plus orgueilleusement bète •> Je ne le pense pas. II ny a pas 
de système plus propre que celui-là à mettre la stupidité "en 
honneur. En effet, plus oa est stupide, moins on comprend et 
comme on ne doit admettre que les vérités que l'on comprend' 



— 14 — 



^ 



11 s'en suit que les plua ntupîdefl seront les plus libre?, n'étant pas 
obli<:(?H (le croire IcvS vérités dont ils ne voient p<jint la rectitude 
et «|ui les gêneraient dans la pratique. Cette théologie, qui est 
la vôtre, est bonne pour les veaux ; mais les hommes, qui 
portent le visage tourné vers le ciel, ne sauraient s'en contenter. 
Vous invoquez ce passage des Saintes Ecritures où il est dit 
que la loi du Christ esU la loi (le la parfaite liberté. Mais vous 
interprétez ces paroles en vrai luron que voua êtes. Allez-vous, 
en bonne vérité, vous mettre en tête de nous faire accroire que 
Notre-Seigneur Jésus-Christ est venu sur la terre ô'^^v tout frein 
à la pensée comme aux passions humaines ? Pourquoi descendre 
du ciel dans lo but de nous apprendre que nous n'avions qu'à 
vivre en pourceaux, comme les grands philosophes de l'antiquité, 
pour être agréables à ses yeux ? C'était parfaitement inutile ; 
il n'avait qu'à laisser aller le monde comme il allait. 

La liberté, que nous donna la loi du Christ, est une liberté 
qui nous affranchit du mal, tant dans nos pensées ou opinions 
que dans nos actes. Lo pouvoir de penser comme de fiiire le 
mal ne constitue pas la vraie liberté ; c'est, au contraire, une 
faiblesse, par conséquent un manque de liberté. Tous ceux qui, 
en ce bas monde, ont le moins do liberté, et vous comptez parmi 
ces gens-là, illustre M. DessauUcs, sont ceux qui boivent l'erreur 
et l'iniquité comme l'eau. Dieu est le plus libre des êtres. 
pan;e(|u'il n'est sujet ni à Terreur ni au mal. Plus on lui 
Tesst^mble, c'est-à-dire moins on tombe dans l'erreur et moins on 
commet de fautes, plus on est libre. 

La conclusion i\ tirer de là, c'est que l'EglL^e romaine, par ses 
Congrégations, surtout par 'a Congrégation de l'Index, favorise 
extrêmement la liberté, loin de la restreindre, ({noiijtron dise 
votre pauvre petite raison ([ui clioppe à la moindre difficulté. En 
comprimant la licence des oj)inioris, la liberté de pen.ser, d(î même 
qu'en défendant sous les peines les plus sevore;i les (cuvres où 
pullulent les erreurs de toute sorte, elle ne fait rien autre chose 
que nous maintenir dans la vraie liberté des eiifants d(> Dieu. 

Il j a une vérité et c'est le plus excellent de tous les biens ; 
vous êtes forcé d'en convenir. Si donc il ert légitime, comme on 



— 15 — 

ne saurait on donf<^r, de comprimer l'audace des voleurs ot des 
bngands qu, tentent de fions ravir des biens pun-mont t.nnporels 
<.omment ne le serait-il pas de n^duire à l'impuissance d'u'ii -os 
mécréants qui veulent tuer la vérit<' et nous «lonner en retour ies 
élucubrations de leur esprit malade et fiévreux y 

L'erreur conduit immanquablement au -nai,' et le mal e.t un 
as^ujetisseraent aux mauvaises passions et au démon. Donc tout 
•ce qui tend à nous soustraire à l'erreur et au niai nous préserve 
delesdayageetnous maintient dans la liberU^ C'est ce que 
fait la Sainte Eglise romaine par l'intermédiaire des Con-^réL- 
tions qu'elle a établies. ^""o^t^a 

Je sais que vous n'admettez point cette conclusion et que voug ' 
<.on muerez de pester contre les Congrégations romaines/surt .ut ' 
•con re eelle de l'Index. Mais toutes vos injurieuses éloquence 
à 1 dresse de ces saintes Congrégations ne prouvent p s plus 
contre elles que les clameurs des repris de justice ne prouvent 
contre le tribunal civil qui les a condamnés. 

iir. 

L a liberté dr conscience. ~Q„eIqvcs mot, sur VlnCex. 

Vousêtes M Oossaulles, un curieux et inexplicable compc 
^..Toutes les doctrines révolutionnaires et impies, vous les 
prc^ssez, et ^.endant. malgré cela, vous persistez à vous d ^ 
c. . .que. Vous aile, même jusqu'à flureUnd cas des sa':: 
^i n . de I K.h.e, puisque le r.fus d'absob.^.,, en certaines ci.- 
instances, vous semble quelque cl.oso C^uVcux. Si vn„s ne 
e-y.oz pas aux sacrements et à lour vertu toute divine, vous n-^ 
]-loncz p.. an.i. H U.t donc vous prendre uu pJu au s^: 

Je profiterai des bons sentiments que vous manifestez par ci 

■u la, pour vous dire un mot de la liberté do conscience. J'a,. 

2 ;rtuo chose à vous dire touchant l'Eglise et l'InfUillibilité 

^iu i ape, ma.s r.en n empêche que j. vous parle de la liberté de 

-l^ce avant de traiter ces importants snjets, dont vo^ t 

r r """'}" ^^^"' ^^'' ""^^'^"' ^i""'<l-^ vous en parliez 
iort hardiment et fort insuleumient. 



mmm 



— 10 — 



Il y u une lil)ort<î do conscience, c'est incont î-table ; mai.; ce 
n'e.-t pas celle ([uj vous patronisez. La vé;-!tul)l.; liberté de 
conscience consiste à. n'être pas forcé de parlfi du d'aj'ir contrai- 
rement à cotte voix intérieure qui vous dit ({u'il ïawt n'Hprcter 
les ordres de Diim, et les injonctions de ceux tjH^iil a cLar^és de 
tenir sa place sur la terre pour guider les honinien daiis la voie 
de la vérité et du bien. Eu un mot, la véritable liberté de 
conscience, c'est la faculté d'opérer notre salut en usant libi'c- 
ment de tous les moyens que Dieu a mis à notre disposition pour 
que nous puissions graviter constamment vers lui tt arriviu- à 
son entière et pleine possession. ' 

Mais ce n'est pas ainsi que vous entendez la libertin de cons- 
cience. Pour vous, cette liberté n'est que la licence, couini'.; je 
vous l'ai fait toucber du doigt dans le cbapître précédent. Vous: 
prétendez ([ue la conscience n'est libre que si elle peut tout .>^e 
permettre. Mais alors que devient la loi de Dieu ? Votre li- 
berté de conscience ne rend elle pas l'iiomme supérieur à Dieu T 
S'il est vrai que Dieu nous a donné des vérités h croire et des 
préceptes à suivre, et vous-même l'admettez, il est absolument 
nécessaire de recovinaître que nous ne pouvons pas profe.^ser les 
opinions qui sourient à la luiturc corrompue et qui contredi- 
sent les vérités que nous devons croire et mettre en pratique. 
Vous pouvez, rien de plus sûr, vous laisser aller pendant cette 
vie, qui e;-;t le temps de l'épreuve, à toutes opinions perverses que 
vous voudrez, et vous abandonner à toutes fredaines imagina- 
bles; mais la preuve que vous n'usez pas de la liberté véritable 
en agi.ssaut de la sorte, c'est (ju'uu sortir de la vie, vous rencon- 
trerez un juste juge qui vous fera payer clier vos coupables jouis- 
sances. 

Vous n'avez pas, dans votre vocabulaire, de mots assez inju- 
rieux pour qualifier l'Eglise et les congrégations romaines qui 
défendent de professer certaines opinions, de même que la lectu- 
re de certains livres oii la foi et les mœurs sont attaquées. En 
revanche, vous ne tarissez pas d'éloges à l'adresse de la loi ci- 
vile qui vous semble l'expression de toute sagesse et de toute 
justice. 



~ 17 — 



s JOUIS- 



Et cependant, savantissiine M. Dertsaullcs, ip^norcz-vous que 
•cette loi civile, que vous aduiin'Z à un si haut df^grc?, ne permet 
|)a.s à tous iudistipctement d'user de certaiius armes, de vendre 
des liqueurs enivrantes, de garder et de distribuer des niatii'jres 
cx})l')!sives, de délivrer des poisons ? Pounjuoi cola ? Pour pro- 
té^xer la vie corj»orclle des individus, en prt'venant les mallieurs 
que pourrait occasionner l'incousidération, la n<?jïli<^'enee ou la 
malice. A vez-vous jamais songé et songerez-vous jamais à blâ- 
mer la loi civile de prendre de semblables mesures et de restrein- 
dre ainsi la liberté des citoyens? Assurément non. Maia ce 
que peut la loi civile pour -a pa :o qui la concerne, la kl reli- 
gieuse et ccclésiasti(jue no le peut-elle pas en faveur des Ames 
qu'elle a pour but de protéger et d'aider à atteindre leur fin der- 
nière ? Evidemment oui. (Jr, comme les poisons moraux, tels 
que les opinions fausses, erronées, destructives de toute morale 
et d'i toute religion^ et les livres et les journaux, où on les trouve 
con.-^ignées, sont uifiniment plus pernicieux que les poisons physi- 
ques, et que leurs ravages sont bien autrement déplorables, il 
s'en suit que l'Eglise non-seulement peut, mais même doit les 
proscrire et user, pour être efficacement obéie, d'une juste sévé- 
rité, si cela est nécessaire. 

Les auteurs, dont les œuvres sont condamnées, se plaignent 
assez souvent; mais cela arrive à tous ceux qu'att.-igncnt les ri- 
gueurs de la justice. Que faire alors ? Les laisser se plaindre 
déraisonnablement et continuer à appliquer la loi qui est la sau- 
vegarde de tout ce que la société a de plus cher. Ces principes 
sont élémentaires et de la dernière évidence. Il faut être irré- 
médiablement condamné à déraisonner pour trouver à ledire. 

Vous soutenez qu'il y a d'excellents livres à l'Index. Nom- 
bre de vauriens soutiennent auKsi que les pénitenciers et les ba- 
gnes sont peuplés de très-honnêtes personnages. On sait pour 
quelles raisons ils parlent ainsi et l'on ne se donne pas la peine de 
les réfuter. 

"\''ou3 objectez que des évêques et des archevêques lisent des 

livres à l'Index. C'est très-vrai. Je dirai plus : des prêtres et 

.mêmes des laïques en lisent aussi. Mais il est à remarquer que 

• 2 



— 18 



laïques, pn-tros, dvéquos et arclicvCMjucs n'(»btit;nnont la permis- 
hion de lire un livre à l' Index (jue pour d'eicelleriteH raison.-» (jui 
toutes, en dernière analyse, hc résument à ceci : mettre des en- 
traves au mal ({u'un pareil livre est destiné à produire. 

l'rétendro, conimo vous le faites, qu'on a le droit de lire dc.-s 
mauvais livres, parce qu'on appartient à une association littérai- 
re qui su place en dehors de tnut<; sphère roli^icuw, c'est le 
comble de la folie. Autant vaudrait-il dire qu'on a le droit de 
tuer, parce qu'on fait partie d'une société de bri;/ands. Faire 
partie d'une telle société ou association est un j>remier crime ; 
c'en est un second que d'au;ir conformément à son esprit. 

A propos de la Con^répration de l'Index et de bien d'autres 
choses, vous en revenez t<>ujour.s à vous, et vous vous plaignez^ 
innocente brebis, d'avoir été inhumainement immolé. Comme 
c'est triste et que je compatis à vos maux ! Au moment de flé- 
trir votre fameuse dissertation sur la tolérance, dis.sertatioa qui 
vaifct votre grande guerre ecelésiastique, voici d'après l'honnCte 
supposition que vous faites, comment se serait parlé i\ elle-même 
la sainte Cougrégalion : 

(( Ce discours sur la tolérance n'a rien d'anti-catholiquc, mais 
(I il n'est pas assez ultramontain. Et puis l'auteur donne quel- 
« que peu à entendre que nous pourrions bien être des violenf.s 
« et non des imsteurs, comme disait St. Grégoire le Grand, qu'il 
« nous faudra peut-être mettre aussi kV Index, si l'on se met à ci- 
« ter les portraits anticipés, mais si ressemblants, qu'il a fait de 
(( nous. L'auteur semble d'ailleurs insinuer qu'au moyen de 
« leur conscience et de- leur raison, les hommes peuvent arriver 
<( au vrai, chose que nous ne pouvons tolérer pui.sque ce serait 
(( admettre que l'on peut se passer de nous. Nons allons donc le 
u condamner mais sans indiquer où est lo mal. C'est un moyen -tou- 
« jours infaillible de faire supposer les livres pires qu'ils ne sont 

<( par les aveugles Il faut bien faire ce petit plaisir à, notre 

<( bon évêque de Montréal. » 

Quand la Congrégation de l'Index sera composé d'hommes de 
TOtre trempe, M. Dcssauilcs, ce qui n'aura pas lieu d'ioi à long- 



— 10 — 



tcnipp, on pourra l'outragor. coujino \om k faïUs m-tmWvment. on 
lui nu'ttarit au cœur \on iiuiuvais in,sti»ots<, etdaus la bouclu- um 
propres paroles. 

IV. 

Comment M. Df-miullrs irai/, (' lùjlliU'.—Ctquest l'KijUKe. 

L'EijtÎHL romaine eut la vérihtLU hJylise. 

Vous vous (]It;8 toujours catholicjue. M. IV^haullcM, ce ,|iii ne 

vouH cniprclu' j as do nous roprm^iitor lEolise sous h .s tniits de 

lîabylone. D'apn's vous, c'tist mm arvL'rw, un l'ttimioir, une 

têto dure, une iiiarritro de ia liberté, une u.HirpatnVr, une awiso- 

ciation de bri^niuds, un cloaque où pullulent tous Ich vices. 

Blasphémateur insiffne ou superbe idiot ! Comment ohcz-vouh 
vous affubler du noble titre de eatholinue, après avoir proféié de 
telles abominations, puisque ceux-là sont catlioli(iues (jui recon- 
naissent l'E-^lise pour leur mère et la vénèrent en consé(iuenee ? 
C'est pour mieux la couvrir de boue (jue vous vous dites son en- 
ihnt. Non, vous n'êtes pas son enfant. Par vos insultes, vos mépris 
et vos doctrines à vous, vous vous rangez parmi ceux aux(|ucls 
vous appartenez véritablement ; vous marchez .sous les étcmiards 
de celui que Saint Polycarpe a nommé le premier-né de 8atan. 
Eu usant de telles paroles, je ne suis pas trop .>^évère à votre 
<5gard ; je ne fais que vous exhiber comme il vous à plu de vous 
montrer. 

Puisque vous attaquez rEulise il est de mon devoir de la dé- 
fendre, et, pour la défendre, il me suffit de fiiire voir ou de rap- 
peler ce qu'elle est. 

L'Eglise tient ici-bas la place de Jésus-Christ ; c'e^^t le prolon- 
gement de l'Incarnation du Verbe dans la durée des siècles. 

Il y a une Eglise et Jésus-Clirist lui-même s'en proclame le 
fondateur, nous dit qu'elle est sienne, sa bieii-aimée (st qu'elle du- 
rera jusqu'à la consommation des siècles. Super hune pctrnm 

œdijrcaho eccksiam meayn Ego vohlsaim sum «??t- 

nihus diebususqne ad conaitmmaiiontm sœcnl i ; axir cette pier- 



OA 

•■— w" ——• 

Te jf britinii mon Vj<^\Uo, voici quo jo nuis avec voustoua 

lc« jour«, jusqu'à la coiirtoinmation tl(>s Hièclcs. 

Cotto K'^\'m> est une «ocidtt? parfait»!, et par suite absolument 
indépcrulaiito de tout pouvoir hunjuin. 

Que rFi,(rwe soit une «)('iët(S l'Kcriture et la traditiou nous 
l'aftirnitMit. Cent le troupeau de Jé.su8-0lirist ovlle Cliriaii ; 
connue dit l'apôtre J^aint Jean, et ce troupeau a été parfaite- 
BOfnt orp;aniw» hous la dépendance d'un seul chef, le Pontife ro- 
main aufjuel a et»'! conft^ré la pléïùtudc du pouvoir dan» la person- 
ne du IVincc des apôtres : Pusi'c agnon mros, j>n.sce ovea meut ; 
pais mes ai^ueaux, pais mes brebis. 

L'Kji^lise a seule le pouvoir d'enseigner, car A elle seule il a 
^t*^ dit da-Hs la personne des apôtres qui ont eu pour successeurs 
les l*apt!s «>t les «îvêijues ; Dorrte onniwa (jcutcH prodiaite E- 
vangrlirum rwju' mvr///m', enseigniez toutes les nations et prê- 
cher: rEvau<îile à toute crt^ature.. 

Elle ne peut se tromper ni ni(T; elle e?t infaillible dans ses 
cnsei<:^n(i>hMits, car Notre 8ei:;neurJi'su.s-Christ, qui est la vérité 
mr^uie, î ayant cbargée d'ensei.^ner et lui ayant promis de l'assis- 
ter jus<ji:'à la fin dos siècles, ne saui-ait permettre qu'elle tombe 
daux Terreur, sans enseigner lui-niOinc! l'erreur, ce qu'on ne j)eut 
dire sans se rendre coupable d'un horrible blasphème. Elle seule 
et noR M. Dei-saulles, qui plus d'une fois a prouvé qu'il n'est pas 
infiiiîliblo, elle seule pxssède toute vérité, et c'est l'Esprit Saint 
qui lui eonmmuiquc ce glorieux privilège : 111e vox docehit om- 

nia Jll-e doo'hit vos onmcm Vcritatem. L'Esprit Saint nous 

«enseignera toutes choses il vous enseignera tonte vérité. 

Donc, tout véritable enseignement vient directement de l'Eglise 
ou doit être dicté par elle. 

1/Eglise a de plus pouvoir sur toutes les choses saintes et elle 
iteule a ce jxjuvoir. Do même que mon Père m'a envoyé, de même 
aussi je vous envoie, a dit Jésus-Christ à ses aiiôtres et à, leurs 
successeurs. Sicxit minit me Pater, et ego mitto vos. Faites ceci 
en mémoire de moi ; hocfacite in i7ieam commemorationem. Les 
péchés aèrent remis à ceux à qui vous les remettez ; quorum re- 
mifcritis pcccata, ranittuntiu' cis. 




o\ 



"ité. 
ise 



Les 

re- 



L'Eglise a enfin le droit do se r<?;;ir ello-môiuo, tt sw loin sorii 
strictement obligatoires, iiult')K'iu!aiiiiueut de lu vaiietion du 
pouvoir civil. Tout ce (jue ce denier dtVî te en opposition a\e» 
ces lois est nul de plein droit. Kn effet, rEgli.«<e tient lu place 
do Jéius-Clirisit, car cet adorable Sauveur et Maître a dit à .«h.'» 
fondateurs : m Do nifMnetiueninn IVre m'a envoyé, de n.êine uusai 
je VOU8 envoie.)! Or, ((uel eut le pouvoir de Jé.<u.s-CliriMt ? (./"est 
un pouvoir aana limite-^, 8'cxer(;ant sur la terre et danw le ciel : 
Data eit 7nihi omnis potestus in ni!o et in terra, tout jH)Uvoir 
m'a 6i6 donné au ciel et sur la terre. A Jé.-^u.s-Christ ont été 
léguées en héritage toutes les nations de la terre : dit(>o tifn ijenffg 
hareditatem tua ru, et poasctsionem tuam terminai terra, et il 
doit les régir avec une autorité absolue ; rege$ eoê in cirgit 
ferra', et tanquam voit Jigiili con/riiigfs eos. 

D'ailleurs, la loi étant un bien il e.st évidet-.t ({ue l'Eglise, qui 
possède le pouvoir légishitif dans toute :a plénitude, n'est s*ouuii.so 
à aucun contrôle humain dans l'exercice de ce pouvoir, pui«juo 
Jésus-Christ a dit à .ses apôtres et î*. leurs successeurs : Tout ce 
que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel : (luwcumque 
alligavcriti» super terrain eriint ligata et in ctrlo. 

Vous voudrez bien le remarquer, M. nes.saulles ; ce pouvoir 
de lier, que ..''ésus-Christ confère à son Eglise, e.st absolu ; il n'y 
a pas de conditions posées ;'. son exercice. Où avez-vous done 
pris que le pouvoir civil a une espèce de suprématie 8ur lui ? 
C'est une pure invention de votre part, homme véridi(iue par 
excellence. 

Remarquez, de plus, que celui qui n'écoute pas l'Egli.se, et, u 
plus forte raison celui qui la bafoue, comme vous faites insolem- 
ment du haut de votre grandeur, doit être regardé comme uq 
paién et un publieain, c'est-à-dire, c(>ninie un homme sur' lequel 
pèse ostensiblement la malédiction de Dieu, et qui, par consé- 
quent, ne mérite aucun égard. Si EccUsiam non auJitrity 
tit tilii sicut etliricns et publicaiins Nec ave ci dixcritis. 

S'il vous prenait fantaisie, pour échapper aux terribles consé- 
quences qu'appellent vos inconcevables avancés et vos bévues troi» 
fois irrévérencieus 'S, de nier que l'Eglise romaine, dont la doctrine 



0-7 



.est tout-à-fait luépi-isable pour vou?î et que tous désignez fious le 
nom à'iflfrconontanisme^ fût la véritable Eglise du Christ, je voua 
r('[)oii(lraiH qae hors de la véritable Eglise il n'y a pas de salut, 
ci que par conséquent, cette Eglise porte nécessairement avec 
,1e des caractères qui la rendent visible à tous. Et, eu effet, 
Dieu, voulant sauver tous les hommes, selon que lu' nême 
l'assure, a dû fournir à tous, les moyens do la connaître, puisqu'on- 
no peut être sauvé que par elle. « Personne ne vient à mou 
Père, c'est-à-dire, n'arrive au salut que par moi, dit Jésus-Christ» 
Nemo renlt ad Patrem nù\ per me » Or, l'Eglise représente ce 
divin Sauveur sur la terre ; on en a la certitude d'après ces 
paroles déjù citées : (( Comme mon Père m'a envoyé, de même 
je vous envoie.» Donc, per.-?onnc n'arrive au salut qu'en faisant 
partie de la véritable Eglise, au moins par l'esprit. 

Mais, quels sont les caractè-es de la véritable Eglise, caractè- 
res auxquels tous peuvent la reconnaître, puisque tous sont appe- 
lés à en f;iu-e partie ? Ce sont l'unité, la sainteté, la catholicité 
<ît l'apostolicité. 

Or, ces caractères sont ceux de l'Eglise romaine et l'on ne les 
trouve qu'on elle. Elle est une. Toujours elle est demeurée la 
miême ; ses enseignements, comme sa constitution, sont aujour- 
«d'hui ce qu'ils oui, constamment été. Les imp.es tels que vous, 
3i. Dosi^aulles, le savent si bien qu'un des plus amers reproches 
<^u'il8 adressent à cette sainte mère, c'est de rester immobile daus 
ses croyances et son organisation, malgré le firogrès des siècles. 
Vous oubliez ce que Dieu a fait est bien fait et que l'homme 
n'a pas à le perfectionner. Pauvre M. DessauUes ! Aidé de la 
science de tous les savant.'i, vous no seriez pas capable de com- 
prendre, et encore moins d'explitjuer le jeu des nerfs dans votre 
organi-<me, et vous avez la prétention de vouloir réformer l'œu- 
vre do Dieu par excellence, sa sainte Eglise ! Quelle audace in- 
sensée ! 

L'i<iglise est sainte dans sa doctrine, dans sa morale, dans ses 
■œuvres et dans ses niinnlu-'-s. A so>< accusateurs elle peut répon- 
dre eon)mo répondait Jésus-Christ à ses plus farouches ennemis : 
■4 Qui de vous pourra me convaincre de péché ? » Sa doctrine et 






:fla morale sont tellement exemptes de souillures qu'on en prend 
occasion de se soulever contre elle. On prétend qu'elle ne tient 
pas compte des faiblesses liumaines. Elle Cî^t sainte dans ses œu- 
vres, car c'est elle qui a civilisé le monde, et c'est elle aussi oui 
l'a doté de ces innombrables maisons de prière, oii se pratiquent 
les plus sublimes vertus, comme les plus admirables dévouements. 
Elle est sainte dans ses membres, et, ce qui le prouve irréfutable- 
ment, c'est qu'elle seule peut montrer avec uu légitime ortrueil 
une multitude innombrable d'enfants, qui ont mérité l'honneur 
d"etre placés sur nos autels, à cause du t<^moionage éclatant que 
Dieu a lui-même rendu à leur sainteté, en faisant de nombreux 
miracles pour l'atteriter. 

VjWq est catholique, car elle a part»jut des enfants, même cheis; 
les peuples les plus barbares. Sou admirabK fécondité est la ré- 
compense du zèle qu'elle a mis à accomplir la sublime mission 
qui lui a été confiée, de prêcher l'Evantdle à Unité la terre. 

Elle est enfin apostolique, et qui pf)Urrait le nier, puisque, d'a- 
près tous les témoignages de l'histoire, elle peut remonter jus- 
qu'aux apôtres par une suit« non iuterromjme de pasteurs. 

Donc, l'Eglise romaine est la seule et véritable Eglise ; donc, 
t'ile est infaillible dans ses enseignements, elle a une autorité pro- 
pre que nul pouvoir humain ne saurait contrôler, et quicounue 
veut arriver au salut éternel doit lui être entièrement soumis, et 
•dfi coeur et d'esprit. 

Peut-être, M. Dessaulles, trouvez-vous à redire à cette démons- 
tration. Je n'en serais pas surpris. Vous aimez mieux penser 
librement que raisonnablement. C'est votre affaire. En cons- 
cience, vous demeurez obligé à d'éclatantes réparations. Que 
Dieu vous éclaire et vous accorde la gifice de pouvoir les faire. 
Réfléchissez bien aux obligations que vous avez contractées, car 
-ce n'est pas en vain qu'on dénigre, comme vous l'avez fait, la 
î'ainte épouse du Christ. 



I 



tn 



24 — 



M. DcsmuUes en face dcVEglhc Hu Ch-UL-Emvh'lcemcnUdc 

marioje. 

Vous avoir àémonivé, M. Dossaulles, ce qu'est l'Eglise romai- 
ne, c'ent-à-dire l'Eoliso catholique, c'est vous avoir ddniontrcS 
combien il est abominable de mettre à sa char-e tout ce que vous 
yme..ï en le défigurant, et surtout de qualifier sa doctrine 
comme vous le faites, sous le nom à'ultmmont.nnsme. Lcspa-es 
49 et 50 de- votre Grande guerre ecdésùatique, pages que jo 
m'abstiens de' citer, parce qu'elles se réfutent d'elles-mêmes, mon- 
trent jusqu'à qu.el point l'impiété vous aveugl,-. Vous ne vivez 
que de mensonges, et c'est vous qui m'en fournissez h. preuve la 
plus évidente. 

Il y a une manière de mentir qui est la plus exécrable de tou- 
tes: elle consiste à défigurer la vérité par des affirmations incor.- 
plètes. Mentir de cette fayon est un art que vous cultivez, hom- 
me sincère, et vous êtes parvenu à y exceller. C'est un triste 
mérite ; mais, n'en possédant point d'autres qui vous si-nalent 
à l'attention du public, vous aimez mieux être connu par des mé- 
faits que do vivre dans l'oubli. 

A propos du mariage et des empC-chements qu'y met l'Eulise 
en certains fxs, vous ressassez toutes les bourdes que les gallicans 
et les impies jnt jamais imaginées et débitées. Vous voudriez 
que ce fut l'Etat, et non l'Eglise, ^ui eût le droit de créer des 
empêchements de mariage. Jésus-Christ, et il faut croire qu'il a 
eu raison, n'a pas jugé à propos de vous consulter, ni vous, ni 
vos pareils, quand il a élevé le contrat naturel de mariaae à la 
dignité de sacrement, et quand il l'a ainsi mis sous le contrôle 
exclusif de l'Eglise. Ce que ce divin .^auveur a fait est bien fait, 
et il reste et restera fait, malgré vos réclamations, L'Etat tout 
puissant que vous le rroclaraiez, ne peut absolument rien en c3 
qui concerne le mariage comme sacrement, surt*jut en ce qui 



— 25 — 



concerne Ba vahaitt<. Il n'a que le droit de Mt,a.Iater snr ses ef^ 
fête cmHot l'Eglise, n'ayant jamais prétendu le contraire n'a 
jamais tenté non plus de porter atteinte à ce droit. 

Ayant reçu le pouvoir de tout lier et de tout délier sur la terre 
Il n e,st pas étonnant qu'elle en ait u«é en établissant des enn-ê' 
chements dirinuints de mariage, et, comme elle est constamment 
diroée par le Saint Esprit, selon la pron.os.e qui lui a été faite 
Il faut nécessairement croire qu'elle a été divinement inspirée' 
lorsqu e le a établi eeux qui ont été en vigueur dans le cours des 
dmerents siècles. 

Contre ce pouvoir qu'a l'Eglise de eréer des empêehements de 

mariage, sous peine de nullité et de pée! .rave, vous raisonnez 

de la manière suivante : « Tel degré de parenté, qui constituait . 

jadis un emi ôchement dirimant de mariage, a depuis longtemps 

cessé de produire l'effet qu'on lui attribuait ; donc, l'Eglise met 

des péchés là où il n'y en a pas, et c'est tellement vrai que ce 

qui a été péché jadis est aujourd'hui devenu indifférent, même 
acte de vertu. )> 

Après av(nr proféré ces hideux blasphèmes, vous ajoutez que 
1 Eglise, par les empêchements de mariage et autres prohibitions 
tout.à-fait illégitimes, selon vous, n'a d'autre but que de se créer 
des revenus en calculant sur la bonne foi du peuple et en en abu- 
Ban t. 

Permettez-moi de vous le dire : vous êtes un fourbe fieffé et 
un insigne calomniateur. Vous le sentez vous-même ; je dirai 
plus, vous le savez fort bien ; mais le plaisir que vous trouvez à 
satisfaire vos haines sacrilèges l'emporte sur l'amour do la vérité 

Tout ce que vous avez dit et tout ce que vous direz contre 
1 Eglise se trouvant réfuté dans le chapitre précédent, je ne vok. 
cite que pour vous livrer à la vindicte publi<iue. T.mtelois j<> 
ne puis m'empêcher de faire appréciera leur juste valeur 1<..* 
gens de votre espèce, puisque vous m'en fournissez l'occasion 
Quand il s'agit de certaines questions, vous criez contre VK-\\hc 
parce qu'elle vous oppose constamment son .Von 2>»ssinn>n a 
vous l'accusez de ne savoir pas ou de no vouloir pas être dc's.-u 
temps. Sur d-autres questions, quai.d elles viennent à être trai- 



Si 

Si! 



— 26 — 



iéQs, vous l'accusez de varier. Voua êtes donc mille fois dérsi- 
sounablc, et c'est la seule passion qui vous conduit. 

Il y a des empêchements de mariage qui varient, quant aux 
limites que l'Eglise leur assigne, et cela s'explique facilement, 
même pour ceux qui n'ont pas eu l'avantage de recevoir une 
éducation qu'on appelle cultivc'e. Mais pour vous, qui trouvez 
fort bon que le pouvoir civil modifie chaque année les mêmes 
lois et qui ne cessez pas pour cela de regarder ces lois comme 
plus strictement obligatoires que la loi divine, vous feignez d'être 
pris do scrupule lorsque l'Eglise, en pure matière disciplinaire , 
se permet d'être raisonnablement de son temps ! Hypocrite vous 
ne sauriez ôtrs couvert de trop de mépris ! 

Les enipôchemeiits de mariage sont, les uns de droit divin et 
. les autres de pur droit ecclésiastique. L'Eglise a constamment 
maintenu les premiers tels qu'ils ont toujours été ; quant aux 
seconds, comme ils ne dépendaient que d'elle seule, elle les a 
modifiés, eu égard au plus grand bien, sans y avoir été aucune- 
ment forcé par la raison laïque, comme vous ]e prétendez. 

L'Eglise reconnaît au pouvoir civil le droit plein et entier de 
.poser de justes empêchements à la validité des contrats qui sont 
de son pur ressort, et elle lo reconnait si bien qu'elle prend les 
décisions de ce pouvoir comme point de départ de sa manière 
d agir en pareille matière. Vous ne trouvez rien à redire à cela, 
pieux M. Dovssaulles. Pourquoi donc l'Eglise n'aurait-elle pas 
le droit, dans .'a matière où elle a plein pouvoir de législation, 
d'agir comme fait le pouvoir civil ? Un esprit d'élite, ,. nme 
vous avez la prétention de l'être, ne devrait pas se contredire 
aus.-'i manifestement. 

Vous avez le front d'avancer qup l'Eglise a établi des empê- 
chements de mariage pour ho créer d'abondants reveuus. Ceux- 
là seuls, qiû sont dévorés par d'injustes convoitises, peuvent avt)ir 
de pareilles idées, li'l'jglise n'a enrichi q-'o les malheureux et 
les pauvres avec la faible obole qu'elle exige comme bonne œuvre 
en compiMisatioQ de la brèche faite à la loi, en accordant à prix 
d'argent des dispenses aux différents empêchements de mariage 
. qui sont de droit purement ecolésiastique. 



97 

Que de deniers ont (?té prélevas sur h- pauvre ppvpJe par vos 
chers pnuvcrnements démocrates et républicains, sans que vous 
y ayiez trouvé à redire ! Et cependant, ces deniers, ainsi ])réle- 
vés, ne l'ont u'énéralenieiu été que par rapacité, et. comme on 
devait s'y attendre, ils ont été employés à toute autre chose qu'à 
des bonnes œuvres. 

Pieux M. Dcssaullcs ! je vous prierais d'avoir d'antres balan- 
vces, si vous voulez poser parmi nous comme l'expression incarnée 
de l'exacte justice. 



VI 



UEgJUe, dejniis M. Dtsmiilln^, ,<;>.<!/ trompée shr les questions 
de droit et de phihsoj^hie. 

Vous avez, M. Dessaulles. l'incroyable audace de soutenir que, 
-depuis six siècles. l'Eirlise, sur toutes les questions de philosophie 
• et de droit, a été forcée par Iz. faillible raixon logique de recon- 
. naître ses torts, et de renoncera mille prétentions qu'elle ap- 
puyait faussement sur la parole de Dieu ou la révélation. Vous 
répétez ce stupide blasphème plus de dix fois dans le cours de 
votre Grande guerre ccrUsia^tirqne. C'est un peu fort pour un 
homme qui prétend crever de dévotion. En revancîie, plus de 
dix fois aussi vous nous reb/îchez que l'Eglise, comme Mgr. de 
Montréal, a la tête infiniment dure et qu'elle ne cède rien sur ce 
qu'elle nomme les principes. Comment, en vérités, faite.s-vous 
pour ne pas voir que vous tombez par ces dires dans une contra- 
diction flagrante ? De pareils avancés, il n'y a qu'une conclusion 
à tirer : c'est que vous parlez en l'air, sans savoir ce que vous 
dites. Cette conclusion est aussi légitime qu'elle est inexorable. 

Cv.;nfondant tout, surtout ce qui, dans l'Eglise, est de simple 
organisation extérieure et temporaire avec ce qui est strictement 
de foi, vous vous en donnez, on indiscipliné (jue vous Otos. Vous 
.croyez enta.sser Pélion sur Ossa en fornmlant vos futiles o))jec- 
tions ; mais il suffit d'un seul grain de bon sens pour en avoir 
.vite raison. 






— 28 — 

Si l'Eglise a le pouvoir de faire des lois, elle peut aussi le?? 
défaire : ces deux, choses sont corrélatives. Quand il s'a<^it de l'au- 
torité civile, vous ne faites pas difficulté de l'admettre. Et pour- 
quoi ue le pourrait-elle pas ? Avec le pouvoir de lier, n'a-t-elle' 
pas aussi reçu celui de délier, comme l'attestent les saints Evan- 
giles ? C'est incontestable, et alors vos objectiouh' no sont plus 
que des impertinences de la pire espèce. Je ne puis dire moins, 
quelque désir ({uo j'aie de vous être agréable. 

Quant aux principes, ils sont immuables et l'Eglise le sait 
mieux ((ue vous. A ce sujet, vous parlez de philosophie. Vous 
seriez bien embarrassé de dire quand et comme;it l'Eglise a renié 
les vrais principes de cett'^ science. C'est elle, .lu contraire, qui 
les a conservés, car, sans elle, ils auraient eertainoment péri dans 
tous les naufrages qu'a subis la pauvre raison humaine, en s'a- 
bandonnant aux débauches de l'orgueil. 8i vous aviez, non pas 
de la science, car ce serait trop exiger de vous, mais une légère 
teinture de la seule histoire contemporaine, vous sauriez que 
l'Eglise a plus éncrgiquement pris la défense des véritables droits 
de la raison que tous les prétendus philosophes que vous hantez, 
philosophes dont la doctrine aboutit, en dernière analyse, à faire 
de l'homme un pur animal, quelque peu pins élégant et plus per- 
fectionné que le singe. On conçoit que vous, M. De>;^aulles, 
vous aimiez une philosophie qui ne trouve pas mauvais i^ue 
l'homme se permette parfois de marcher à quatr(! pattes. L'E- 
glise, qui n'a jamais cessé et ne cessera jamais de prêcher que 
Jésus-Christ e.-^t sou modèle, ne peut lui permettre des amuse- 
ments de ce geuie. 

Vous parlez aussi du droit que l'Eglise a toujours méconnu, 
si l'on vous en croit. J'ignore quel plaisir vous pouvez prendre 
îl aborder ce chapitre, car le droit, comme son nom l'indi/pie, a 
pour effet de redresser. Or, vous ne devez guère l'avoii" en esti- 
me, si l'on en juge par la propension ([ue vous avez à aller de 
travers. N'importe, disons-en un mot, puis<[uc cvla vous agréc 

ïout ce ([ui a ra{)port au droiù se rattache nécossairem.'nt à 
la morale. Or, l'Eglise ne pouvant pas errer eu iiareille matière, 
puisqu'elle est chargée, d'après les injonctions vie Jéius-Clirist 



I 






•— 29 — 

iui-môme, de conduire L« hommes dans les voies du salut, il en 
rt<sulte que, à priori, on peut affirmer, sans crainte aucune' de se 
troaiper, que le droit eccld.siasLque a toujours Hé cont()rme à la 
plus stricte équité. Ce que dit le bon sens chrétien, l'histoire 
tant ancienne que moderne, vient le confi rmer, et nombre dé 
protestants l'ont eux-mêmes reconnu. La preuve, c'est que pen- 
dant le dernier concile général, le célèbre protestant ani^lais, M. 
Lrguhart, était à Rome, suppliant tous les jours le saint concile 
de développer les principes du droit politi(jue chrétien, et de lui 
donner la haute sanction de son autorité. 

Qu'il y ait eu, dans le cours des siècles, des variante!^ dans le 
droit ecclé-siastique, rien, de surprenant, et cela devait être. Nos 
a.ssemblées législatives reconnaissent, par la tenue annuelle de 
leurs assises, qu'à des besoins ou à des pro-rès nouveaux il est 
. nécessaire d'apporter dos modifications da.is l'application des 
principes du droit, m)n pas ij^irce que plusieurs d'entre eux ve- 
nant en eoncurreneo et .levant être appliqués simultanément il 
.aut en prendre la résultante, c'est-à-dire, adopter une solution 
qui les satisfasse tous .sans en blesser aucun. 

Cela explique comment il se fait que l'Eglise ait donné des 
solutions diverses aux questions proposées relativement au prêt à 
usure. Le principe est toujours là, consigné dans les saintes 
iîiCntures : le prtf par lui-même ne doit absolument rien rappor- 
ter. Mais il peut arriver, et de fait la chose a eu lieu, que le 
prêt d'argent, eu égard aux circonstances qui l'accompa-nent 
permette d'ériger quelque chose à son occasion. Ce quelque cho' 
,-56 s'apprécie diversement, suivant les diverses circonstances. 
L Eglise l'a toujours ainsi compris et enseigné. Tant que ces 
circonstances no se sont pas présentées, elle a strictement défen- 
•du le prêt à usure, et elle le devait. Elle l'a permis, dans de 
ju.«tes limites, sitôt que les circonstances, devenues autres, l'ont 
«xigé. En cela, comme en toutes les autres matières, l'Eglise a 
une fois de plus prouvé qu'elle est dirigée par la sagesse ''d'En- 
Haut. 

C'est ici le lieu de vouer à l'exécration publique cette phrase, 
la plus inepte qu'aient jamais écrite les impies et que voua nous 



30 — 



<loan»;z, page 9G de votre Grande guene ecr^ési'.'sfûjuf, coîiiirr 
omergoant de votre propre cerveau, pour lurK.iti.,' .ans dout'' 
vos iru'rites personnels :(( Le progrès veut (juc ee (^11 eyt vérité 
« aujourd'hui dovicaue erreur demain. » 

\ l'occasion do cette étourderio sans nom, voih me permettez 
savantissime M. Dossaulies, vous, le grand pontife de lareligioi» 
laïque, de vous faire remarquer que toutes vos ti'.ades sont du 
plus .suprême ridicule et de votre aveu même. Si la vérité n'en 
pas iuiniuablc ; si elle varie, comme vous le pi-étendez, quelle 
peut être la raison d'être do votre pamphlet. Démontrer que 
vous n'êtes qu'un sot qui n'a pas eu la .«agesse do se tairo, et vn:- 
làtout. Ce que vous vilipendez aujourd'hui eoumu faux sera 
vrai demain; à quoi bon alors tant vous trémousser ? 

Vous dites ce qui suit, page 9-4 de votre Gramit ynerre : « Le 
(( prêt à intérêt est donc enfin permis, après avoir été si infioxi- 
(( blement flétri, malgré la célèbre parabole où Jésus loue deux 
(( serviteurs fidèles (jui avaient doulîié, en les faisant profiter 
« les sommes que leur maître leur avait laissées, et blâme si sé- 
« vèrement le troisième pour avoir enfouie son taloif, au lieu de 
« le mettre entre les mains des charicjturs. )> Les italiques sont 
de vous et, à propos des dernières paroles citées, vous mettez en 
note, au bas de la page : /es- bauqulers du temps. A''oudriez- 
vous bien me dire où vous avez péchez ces mots : entre les mains 
des changeurs qu'une note explicative, de votre fabrique, traduit 
par ces autres mots : les banquiers du temps ? 

Impie et mille fois sacrilège ! Non content de fiilsifier l'his- 
toire, vous osez faire dire à l'Ecriture Sainte ce qu'elle ne dit 
point. Dans la parabole, que vous citez, il n'est nullement 
<inestion de ehangrnrs, ni de près ni de loin. Vous l'affirmez 
cependant. C'est de la dernière imprudence. Il fiiut être vous 
pour se permettre autant. Jjq ehangciir, c'est vous, ni plus ni 
moins, et l'Ecriture Sainte se garde de mentionner votre nom, 
parce qu'il désigne une personnalité moins respectable que celle 
de Pilate, Caïphe et Judas. Vous trahissez la justice et la vé- 
rité, sans éprouver le moindre remords. Il n'y a pas de sisrnc 
plus évident que vous êtes de ceux qui pèchent contre le Saint- 
Esprit. 



••"- I •iiiii 'riy.igjif 



— ni 



VII. 

Les dîmes. 



"A 



Vno autre ((uostloii vous a-ace Mn.truliôrcment les nerfs, 
f-avuntifiant 31. JJey.^auljes : c'est celle des dîmes. II y a lon-- 
tomps que vous et les vôtres désirez brouter dans les cliaiiii-s de 
rp]glise, et ce (jui vr,u,s irrite,- c'est que vous donnez inutilement 
de la corne contre le mur (jui 1q protège. Toutefois, vouk accordez, 
({uelle condescendance ! Que le clergé a droit de vivre d'hono- 
raires prélevés sur les revenus des particuliers ; mais vous vou- 
driez que ce fut la pouvoir civij qui décidât de tout, et de par 
autorité propre, eu pareille matière. 

C'est grand dommage (jue le Dieu de Moïse et d'Aai-on, et, 
après lui, Jésus-Christ Notre Seigneur et l'apôtre saint Tau! 
n'aient pas prévu que vous, M. Dessaulles, pouviez naître un 
jour, tout resplendissant des lumières de la raison laïque du dix- 
neuvième siècle. Ils auraient certainement pris garde à eux et 
n'auraient pas parlé et agi à la légère comme ils ont fait, à i)ro- 
pos de dîmes. Ils se so.it malheureusement tromj.és, et c'est 
vous, M. Dessaulles, le grand propliè-te de notre époque, (jui le 
prétendez. Vous affirmez, en outre, avoir reyu mission du ciel 
pour réiormer ce qu'il y a d'imparfait dans l'organisation de 
l'Eglise conuue société. Ça se peut ; mais, comme l'âne de 
Balaam ne parle pas tous les jours, il faut que vous donniez des 
preuves tout-à-fait évidentes de la mission que vous dites avoir 
reçue, si "ous voulez que Von v«>uâ croit. 

Il y a lieu do pouffer de rire en face de toutes les extrava- 
gances que vous débitez. Comment vous, M. Dessaulles, qui, 
tout M. Dessaulles que vous êtes, n'avez pas morne juridiction 
sur les simples affaires de ménage de votre voisin, et qui vou.« 
gardez bien d'y mettre le nez, sachant qu'on vous forcerait à 
renifler tout autre chose que le pot aux roses, comment osez-vou?r 



m 

.il: 



» 



— 32 — 



TOUS môler dos affaires do l'E^'llsfi que son Pivin FondaU'ur a 
nou-sculoment Boustraitiî îl votre juridiction, mais à colle môme 
<les princes et d s rois, de tout gouverucmout civil, quelle que 
soit sa forme cxt<j ieure ? 

Pauvre homme ! Vous seriez pay«$ pour radoter que vous ne 
feriez pas mieux. C'est une fameuse raison que celle que vous 
alléj^uez pour démontrer (ju*; la question des dîmes doit être 
réglée par la jiiuissanco temporelle ! Si la puissance ecclésias- 
tique intervient en pareille matière, dites-vous, elle se constitue 
en même temps juge et partie en ce qui la concerne. Or, concluez- 
vous, rien de plus contraire au seul gros bon sens. 

Vous cn)yez, savant homme ? Sachez d'arbord que la plus 
-chère de toutes les thèses que vous défendez : l'omnipotence du 
pouvoir civil, se trouve ruinée de fond en comble par votre 
argumentation. Comment, rn effet, pouvez-vous avoir le cerveau 
confectionné pour ne pas vous a])ercevoir que si votre raisonne- 
ment vaut contre la puissance ecclésiastique, il vaut également 
contre la puissance temporelle ? Et vous-même, cher M. Des- 
saullos, vous vous motti'Z complaisamment le carcan au cou en 
appliquant, comme vous faites, le principe q-M; vous invoquez. 
Vous aim ;z pourtant, pour vous-même au luoins, les allures 
libres et dégagées. Songez-y ; on peut fort bien vous rogner les 
ongles et d'autres choses aussi, rien qu'en s'appuyant sur vos 
simples dires, car, d'après votre manière d'envisager et de pré- 
senter les choses, toute société ou tout particulier ne peut agir 
gans être juge et partie dans sa propre cause. 

Sachez, en second lieu, que le principe que vous invoquez, tout 
incontestable qu'il soit, n'a d'application que dans les matières 
■oontentieuses. Il dirige dans l'organisation régulière d'un tri- 
bunal ; mais, hors de là, surtout quand il s'agit de savoir si l'E- 
glise a droit d'ac((uérir et de posséder par telle et telle voie, il 
n'a plus à figurer. Autant vaudrait, si on l'invoque en ce der- 
nier cas, recourir à n'importe quel principe de géométrie ou de 
physique ; on serait tout aussi avancé. 

Comme vous rue faitas pitié par votre phénoménale ignorance, 



— 33 — 



TOUS me perniottcz, illustre M. Dessaullos, de développer une 
question que jiù d(5jà suffisamment démontrée pour tout autre 
que vous. 

De ce que i'Ejrlisc, société visible et parfaite, a eu une subli- 
me mission à remplir sur la terre, guider l'iioinme vers sa fin 
surnaturelle et la lui faire obtenir, il en résulte qu'elle a droit 
aux moyens, au moins strictement nécessaires, de remplir cette 
mission. Or, le maintien de son indépendance, l'exorciee du culte 
divin, l'entretien des ministres sacrés, l'administration des affai- 
res ecclésiastiques, la pratique des œuvres de charité exiuent des 
ressources considécables, elle doit nécessairement, pour subvenir 
à ces besoins, posséder des biens temporels. La simple raison le 
veut ainsi et l'Ecriture le confirme, car l'apôtre Saint Paul dit, 
dans la première épitre aux Corinthiens : « jVê suvez-vous pas que 
ceux qui servent à VaxiU'l ont part aux ohhitîons de Vautel'i 
Ainsi, le Seir/nrur a ordonné à ceux qui annoncent VEvungile 
de vivre de V Evangile. » 

Par ces paroles, Dieu, souverain maître de toutes choses, dis- 
pose qu'un.! partie desbioris des fidèles sera la propriété de son 
Eglise. Voilà qui est de droit divin. 11 ne détermine jias ((uellc 
sera cette portion, puis((u'elle peut et doit varier selon les temps, 
les lieux et les persotmes ; mais il laissera la prudence et à la 
sagesse de la sainte épouse du Christ de la déterminer elle-même, 
en tenant compte des diverses circonstances. Voilà, en ])areille 
matière, ce qui est de pur et de seul droit ecclésiastique. Aussi, 
dès le temps des apôtres, les fidèles contribuaient-ils de leurs 
biens au culte et aux besoins de l'Eglise, et tout ce qu'ils devaient 
donner, sans que le pouvoir civil intervint, était une propriét<î 
sacrée dont il n'était permis de rien détourner. Ananie et 8a- 
phire, frappés de mort aux pieds de saint Pierre, pour avoir usé 
de mensonge dans le but de retenir une partie des biens par eux 
d'abord consacrés au service des autels, le prouvent surabondam- 
ment. 

Depuis lors, l'Eglise n'a cessé de posséder des biens, même des 
immeubles considérables. Dans les temps mêmes où elle fut le 



— :u 



plu» cruclUniont iK'rfc'cud'e, elle iioK'-C'dait <lo8 vaspt d'or et d'ar- 
jrent et de» objets luobilierw en grand nombre, nuii.s aussi des 
bienH-fonds d'une f;rande valeur. Les païenH «|uel(juefbia res- 
])eetaient, (|uelquef'oi.s lui enlevaient violemment ecH propriétés. 
Certains édits de proseription contre les ebrt'tiens ne lurent mê- 
me lancés qu'a la suite de sollieitations pressantes de la part de 
(jueUiueH }:;ouverneurs rapaces, ((ui convoitaient ces biens et dési- 
raient s'en emparer jtour les faire servir à leurs plaisirs. Mais, 
lorsque C"»<stantin, n'ayant pas (iiicorc reçu le baj>tême, eut rendu 
la i»aix au monde par la défaite de Maxenec, il ordoima, non 
pas (/r/iùre don, mais de KESTITIIER au clergé, les muisons, Us 
j/oxscssicms, les cliniiips, /ta jardins et autris hiens dont il avait 
été iiijuHtanfnt dépniiiUL Chose étrange ! le paganisme recon- 
nut ù l'Eglise ce droit de proj)riété que lui contestent aujourd'hui 
des nations qui se disent chrétiennes, des jtartieuliers qui s'inti- 
tulent ses fils dévoués et soumis, des politiijues et des ministres 
d'Etat qui veulent passiir pour franchement catholi({ues. Tant 
il est vrai que des chrétiens dégénérés tombent jilus bas que dei 
I)aïen8 ! ! ! 

])'ailleurs, l'Eglise infaillible, qui ne peut se tromper quand 
elle affirme, i)uis(iu'elle doit, d'après Jésus-Christ, enseigner toute 
vérité, OMNKM vcritatvm, affirme qu'elle a le droit de posséder 
et elle possède réellement ; donc elle l'a. Colonne de lu vérité, 
gardienne incorruptible de la saine morale, elle ne peut errer en. 
pareille uiatière. Le penser, le dire serait un crime. 

Si l'Eglise a le droit de posséder, et il n'est pas possible, sans 
blesser la foi, d'émettre le plus léger doute à cet égard ; si, de 
plus, elle est une société tout-îVfait indépendante, ce dont on ne 
saurait douter nor plus, il faut en conclure que ce droit qu'elle 
a de posséder nev'i t pas être limité j)ar le j^ouvoir civil ; qtCelle 
seule a juridictio sur les Mens qu^ellejMssède ; qu'elle seide doit 
les administrer et faire (//s règlements en ce qui les concerne. 
Toute ingérence du pouvoir civil dans l'administration des biens 
ecclésiastiques est une usurpation sacrilège, une absurdité mani- 
feste et révoltante, car on ue saurait exercer de droit là où il 



-m(- 




— 35 — 

ii'r'«f ji:i« po'sn)l-> qu'on on ait. Qiio dirait-on d'un pouvcrnoin-nt 
'l'ii \>i\H -nd.-ait ninlre U .ouM des astres dt'p(Hi(laiit de ses vo- 
lnntt<H, ot (|ui Itîjislaterait en consd.|uence ? On le taxorait do 
t'oll" et l'oîi n • 1 ..uiniit assurément l'aire moins. Or, le pouvoir 
civil, (jui prétend avoir juridiction sur l.'s hiens de l'E-lise et (pli, , 
partant (!■' là, s'en emj.are on décret' (pi'ijs seront emplovés en ' 
tout ou en pa-ti ■ A telle ou t -11.' lin. les soumet à des impôts. deH 
r"(K.viinci;s, dos ciiarjes quelcouipies, a,.,'it tout nusni foUemont, 
et. ';iii plus e^t ^a iV.lie rovét la malice du saerilé.i;o. 

Do tout cela, il résulte que TM-lise seuh» a le droit de lé.ixisla- 
t r, ;; prop.M (Ir ilîmes, ((ue ses ré-leiuents sont Ptrictoment obli- 
pat. n-'s (t i;n • j.> ji'invoir civil n'a rien à voir en [.areHle matière. 
I M' s>'u!.' clifs^ lui o-t, non s.'nleni-nt )»cnnis<', mais comman- 
^lé '. ; il veuf al. .ilnmeni exercer sa p.uis:-anee lé,-,'ishitive à l'éirard 
(1 'S biens cedé-ia ti(pi.:'s : c'est d(! pn.mnl-uer, comme lois do 
1 Ktit. l's 1 "l; (le l'K-lise en j-areillc matière; c'est d'user do 
tous l,s nury (is (|ui sont à ,sa disposition pour qu'elles soient 
luix.s à exé'/ution et strictcm"nt observées. 

Sur ce, pennettJZ, M. Dessaulles, que je vous laisse à do salu- 
taires réflexions. 



VITI 

Pouvoir temporel du Pape.— Textes de V Ecriture cités par 

M. .Dessaulles. 



De ce que je vous ai démontré dans le chapitre précédent, il 

résulte évidemment que rien n'est plus lé,î.'itime que le pouvoir 

temporel du Pape à Rome. Il faut l'admettre ou renoncer à 

porter le titre de catholique. Je dirai plus : il faut l'admettr 

ou avouer qu'on n'a plus la rais )n en partage. j 

« On peut dire, écrit un historien catholique de notre temps 

« que la souveraineté temporelle des Papes remonte à Saint Piei- 

« re lui-môme, quoiqu'on n'eu aperçoive les premiers développe- 



— 36 — 

n ments que dans les lois et les actes de Constantin, La maniô- 
« re dont elle s'exerçait, dès le temps des apôtres, ne diffère pas 
<( de celle qu'on a vue dans les siècles suivants, qui n'ont fait 
« que lui donner plus d'indépendance et un territoire sur lequel 
<( mn pv^uvoir s'exerce avec plus d'empire. Les actes des Apô- 
« très et les Epiires de Saint Paul en fournissent la preuve. 
« Dès les premiers temps, les fidèles apportaient le prix de leurs 
« biens aux pieds des Apôtres ; Anunie et Saphire, qui avaient 
il retenu secrèteiuont une partie de l'argent qu'ils devaient ap- 
« porter à la musse commune, furent vivement réprimandés par 
« siiat Pierre et trappes de mort. Eu même temps, saint Pier- 
« r& jugeait, les fidèles, et cet arbitrage s'étendait à toutes les 
« affaires, mcme teiv.por elles, à toutes les coutostations qui pou- 
« valent troubler la paix des familles, » 

Voilà, savantissime, savantifiaiit et saA-antifié M. Dcssaulles, 
ce que dit la véritable histoire. Ce n'est pas de votre goût, 
mais il faut cependant en passer par là, car nulle part, soit dans 
l'Ecriture, soit <liiii.-i la tradition, il n'est dit qu'on doive consul- 
ter vos goûts pai ticulier :.. . 

S'il y a au monde une royauté temporelle légitime, c'est assu- 
Témeut celle du J*apo, L'hiirtoire l'atteste si bien que tous les 
protestants de bonne foi ne peuvent s'empôcLer de le reconnaî- 
tre. 

Mais vous, qui vous faites un niéritc de ne pas penser et sur- 
tout de ne pas parler bon sens, vous croyez devoir vous élever 
contre cet t ' ! royauté pontilicale qu'ont respectée tous les siècles, 
et vous avez môme la sacrilège impudence de torturer l'Ecritu- 
re Sainte pour lui faire dire justement le contraire de ce qu'elle 
enseigne. 

« Mon royaume n'est pas de ce monde,» a dit Jésus-Christ,» 
prét(mdez-vous eu traduisant ce passage de l'Evangile de saint 
Jean ; regnvra metmi non est de hoc mundo, comme l'ont traduit 
ioas les impies de notre époque. Vous savez le latin do la mê- 
me maniôre que vous savez l'histoire, la philosophie et le droit 
canonique, c'est-à-dire que vous n'en possédez pas les premiers 
éléments. Eu vérité, c'est une humiliation profonde que d'avoir 



m 



— 37 — 



à causer avec un cuistre tel que voub ; mais, puisque je m'y su's 
condamné, je subirai mon sort jusqu'à la fin. 

Jésus-Christ n'a jamais dit, dans le sens que vous attacliez à 
ces mots, que son royaume n'est pas de ce monde. Ce.- l faire 
mentir l'Ecriture Sainte que de mettre semblables paroles en la 
bouche de ce divin Sauveur. Ce qu'il a dit, c'est ceci : h Mon 
« royaume, c'est-à-dire l'autorité que j'ai, car je suis roi et roi 
« de toutes les nations qui m'ont été données en héritage, n'a pas 
« une origine humaine. Mon pouvoir ne m'a pas été donné par 
« le monde ; il vient d'En-Haut. » 

Voilà ce que signifie la préposition latine de. Elle indique 
l'origine céleste du pouvoir de Notre-Seigneur Jésus-ub .ist, et 
non pas le lieu où il doit s'exercer. Autrement la préposition 
de serait remplacée par la prépositions. C'est ainsi qa'ci 
parlant de ce divin Sauveur, l'Eglise dit dans son Credo : Dcs- 
cendl de cœlis, il est descendu du ciel. C'est du ciel qu'il a son 
origine et il est part' de là pour ycnir sur la tt'rre. 

Comprenez-vous, savantissime M. Dessaulles? Retenez dé- 
sormais qu'ava.^t de s'aventurer à faire la leçon au Pape et aux 
Evêques, il ne faut pas se mettre dans le cas d'être repris, à pro- 
pos de traduction latine, comme rougirait de l'être un élève de 
collège qui étudie ses éléments. Vous faites le savant, mai» oa 
sait ce que vaut votre science. 

Vous citez cet autre texte de nos saints Evangiles : « Les 
« rois des nations les gouvernent ; il n'en sera pas ainsi parmi 

(( vous, reges gentium domlnantur eornm vos aufem. non 

« sic. » Que signifient ces paroles? Que le pouvoir donné par 
Jésus-Christ à ses apôtres ne doit pas s'exercer de la même ma- 
nière que les Césars ont exercé le leur, et voilà tout. Les po- 
tentats païens ne régnaient que pour eux-mêmes, et ils considé- 
raient les peuples comme un vil troupeau destiné à pourvoir à tous 
leurs plaisirs. Notre Sei,";neur, dans ce texte, dit à tous ceux 
qui sont constitués en aut/irité, et à ses apôtres en particulier, 
qu'ils ne doivent user de leur pouvoir qu'en faveur de leurs su- 
bordonnés, et voilà pourquoi il ajoute que celui q'ii veut être le 
premier doit se faire le serviteur de tous. 



f 



38 — 



L'enseignement, que renferme ce texte par vous cit(5, M, Des- 
Stxulles, est admiraMement beau ; mais il n'a nul rapport avec la 
question du pouvoir teuiporcl du Pape, Vous avez citd à contre 
sens et démontré par là que vous parlez sans savoir ce que vous 
dites. 

Un autre texte de l'Ecriture est par vous cité, toujours en vue 
d'en arriver ù cette conclusion que J^ape, évC(|ues et p'-'tres no 
doivent aucunement s'o3Cuper des allures du monde, quand il 
s'agit d'aflaires temporelles. Je uc puis m'cripêcher de vous 
dire de suite qu'eu agissant comme vous faites, vous vous rangez 
parmi les partisans de la IJC-to de l'Apocalypse. Le texte que 
vous citez est le suivant : nemo mlUtans Dm implicat se negn- 
tiis sœcnlai'ihifs, ((ue nul do ceux qui militent dans les intérêts 
de Dieu uc s'eriibarrasse d'affaires séculières. 

Ce texte, comme il est facile do le voir pour quicon<fUO a une 
L'gère teinture de h, langue latine et comme il import, de •■"- 
marquer, no s'ap{)li((uc j.as plus aux clercs qu'aux laï(ju«-.'. j.i dit 
à tous, quels qu'ils soient, que les afi'aires de ce bas monde ne 
sont qu'enrantillage et bagatt lie, et qu'ur.o fois dévoués au servi- 
ce de J)ieu, comme nou« le sommes par notre baptême, nous ne 
devons pas nous embarrasser des cLoses d'^ la terre do fa(;on à 
porter i>réjudiee à nos intérêts spirituels. 

Do là au pouvoir temporel du Pape il y a loin, et vous serez 
forcé d'en convenir. Le negotiia sa'cnlarihii/i, dont vous avez 
cru jmuvoir abuser, retombe de tc^ut son poids sur vous. 

Si vous vouliez suivre mon conseil, illustrissime M. Desfraulles, 
vous ne vous consumeriez pas en vain à interprêter des textes 
dont le sens est tort-à-fait hors de la portée de votre intelligence, 
de votre raison Inique, comme vous disiez. Le texte, que vous 
ôtes en état de comprendre et dont la méditation habituelle peut 
vous rendre le plus grand service, est le suivant, : JJomo, anro 
in honnrc esscf, non intelfe.rit ; comparahis es< jnmentis iwsi- 
pientihus vt iimih's fiicttia est ilfts, l'homme n'a pas compris le 
degré d'honneur où Dieu l'a élevé ; il s'est rangé parmi les ani- 
maux !^^ns raison et leur est devenu semblable. 



— 39 — 



IX. 



St. Gélase à propos du imuvoir temporel du P,ip>\ 

Contre le pouvoir temporel du Pape, vous citez certainos paro- 
les de Saiut Géla.se I, qui occupa le troue pontifical à la fin du 
Ve siècle. 

Avant cru que ces paroles pouvaient f-icilomont être pli(5o.s au 
sens anti-catholique que vous aviez on vue, vous avez comblé 
Saint Gdlase de toutes vos perfides caresses, et n'avez pas manqué 
de lui attribuer une autorité doctrinale véritablement infaillible. 
Je voudrais bien savoir pourquoi Saint (Jélase aurait été plus 
infaillible que les autres Papes, ses prédécesseurs et successeurs, 
ou pourquoi ces derniers l'auraient été moins .(ue lui. Si l'infail- 
libité du Pontife romain est un priviîé-e (,ui découle de vos 
goûts capricieux, et c'est ainsi ..u'il .^embUM^ue vous vous plaisez 
à la représenter, nous pouvons en rire vi-aiment, connue vous ne 
vous gênez pas de le faire en maintes cire. m.^ tances, lorsque l'en- 
seignement de certains Papes ne cadre pas avec les inspirations 
qui vous viennent du ventre ou d'un cerveau détraqué. 

Mais, veuillez bien avoir la complaisance de remarquer, illus- 
tre M. DessauUes, que l'infaillibilité pontificale est tout-à-fait 
indépendante, de par institution divine, de vos capri(!es aussi 
bien que de vos pass;ons. 8i .y-:,;! Gélaso parle avec une auto- 
rité mfaillible incontestable, comme vous l'admettez, tous les 
autres Papes, même Saint Grégoire VII et l'immortel Boni- 
face VIII, .pie vous maln.enez avec la brutalité malséante d'un 
valet mal-appris, parlent avec la même autorité. 

Si vous prétendez que Gélase I est infaillible à cause de sa 
►sainteté, n'oubliez pas que Grégoire VII est un saiut lui aussi, 
et que l'Eglise, .jui a proclamé la saint^>té de l'un, n'est pas 
>difréren:e de celle qui a placé l'autre sur les autels. ' Donc, en 
invoquant, comme vous le faites, l'autorité de quelques Papes et 
en rejettant celle des autres, vous nous autorisez à conclure que 



— 40 



chevaucher sur la grande jument de Mahomet vous donne un 
vertige qui menace d'(?tablir perTxStuellement domicile chez vous. 
L'enseignsment de l'Eglise catholique, qu'il nous soit donné 
par le corps des pp'^teurs rtîiinis en Concile ou par le successeur 
de Pierre, parlant ex cathedra, est un, c'est-à-dire invariable et 
toujours le même. Donc, à priori, on peut et même l'on doit 
croire que les Souverains Pontifes n'ont rien enseigné de contra- 
dictoire. Et si, comme le renard du bon Lafontaine le disait à 
un bouc peu rusé, vous aviez eu autant de jugement que de 
barbe au menton, vous n'auriez pss cité Saint Gélase contre le 
pouvoir temporel du Pape, lorsque tant de Pontifes romains l'ont 
défendu avec une admirable énergie. 

M'iis voyons quelles sont les paroles de Saint Gélase, que 
Ti-\is rapportez avec une si grande complaisance. 

^v4 ■ t la venue de Jésus-Christ, nous dit-il, il n'était pas 
impobtr .e que la royauté et le sacerdoce se trouvassent réunis 
en la même personne, coMme l'Ecriture nous l'apprend de Mel- 
chisédcch. Mais depuis l'avènement de Celui qui est vérita- 
blement Roi et Pontife tout ensemble, l'empereur n'a plus porté 
le nom de Pontife et le Pontife ne s'est plus attribué la dignité 
royale. Dieu, pour ménager la faiblesse humaine, a séparé les 
fonctions de i une et l'autre puissance, en sorte que les empereurs 
chrétiens fussent soumis aux Pontifes dans l'ordre spirituel, et 
que les Pontifes fussent soumis aux ordonnances des empereurs 
dans l'ordre temporel.» ;v? -v^iu 

Que signifient ces paroles ? Que ie Pape, souverain spirituel, 
est incapable de posséder, comme roi temporel, un domaine qui 
assure son indépendance temporelle en même temps que le repos 
et la paix du monde ? Point du tout. Elles ne font qu'indiquer 
les attributions spéciales de chaque puissance, sur le domaine des- 
quelles ni l'un ni l'autre ne peut empiéter. Ce (jue Saint Gélase 
enseigne, c'est ceci ni plus ni moins : on n'est pas Pontife par 
cela seul qu'on est Iloi, et l'on n'est pas Roi par cela seul qu'où 
est Pontife. Il veut montrer bien clairement que Jésus-Christ, 
par son miséricordieux avènement en ce mon 'e, a détruit le 



— 41 — 



que 



règne des Cdsc.s païens qui mettaient toutes leurs volontés 
même les plus coupables, au nombre des ordres dmands du ciel, 
et que le successeur de Pierre, tout en étant souverain chez lui, 
n'a pas à se mêler des affaires temporelles des autres souverains, 
excepté le cas où la loi de Dieu ne serait pas respectée. Mais 
dans ce cas, comme l'enseigne si bien Boniface VII, le Pape 
intervient, non pas à raison du domaine qu'il a sur les Etats des 
Souverains temporels, mais à raison du péché, non ratione 
dominii sed peccati. 

Vous aviez, savantissime M. Dessaulles, les paroles si claires 
de Saint Gélase traduites en bon français ; comment se fait-il 
donc que vous n'ayez pu en saisir le sens ? Ah ! c'est que 
toujours en croupe sur une cavale indisciplinée, vous êtes trop 
vioLjiment remué et que la tête vous tourne. Croyez-moi, je 
vous prie ; pour recouvrer le bon sens et la claire vue de Tesprit, 
il faut que vous laissiez là cette vilaine monture. 



S 



par 

■'ou 

rist, 

It le 



Saint Bernard anssi cité contre le pouvoir temporel du Pape. 

Caracolant toujours de la même triste façon à travers des tex- 
tes dont vous n'avez aucune intelligence, vous croyez voir le grand 
Saint Bernard la main levée contre le pouvoir temporel du Pape, 
et le maudissant avec indignation. Pauvre M. Dessaullt^ ! Vous 
allez encore éprouver une déconvenue et obligé de vous mordre 
les lèvres de dépit. J'allais dire babino.'-, tant vous paraissez 
avoir horreur de parler bon sens et V( rite. 

Je me permettrai de vous dire que, à propos de saint Bernard, 
vous avez là une de ces berlues fréquentes chez ceux que travailUe 
le mal de l'impiété. Il n'est pas difRcile de s'en convaincre \ 
écoutez ce qui siiit. 

« On a voulu, de nos jours, disent tous les meilleurs historiens, 
présenter saint Bernard comme hostile au pouvoir temporel des 
Papes, parce (ju'il regrette la ferveur de la primitive Eglise et le 
détachement des biens de ce monde que montraient les chrétiens 



42 — 



et leurs pasteurs. Ce n'est pas saisir la pensée du saint abbd, 
qui n'a jamais conseillé au Pape do renoncer à son pouvoir, mais 
qui désirait que ce pouvoir fut employé non pour le luxe et pour 
l'orgueil, mais pour la fin qui l'avait t'ait naître, c'est-à-dire pour 
la liberté de l'E^dise et le salut des âmes. Saint Bernard avait 
les idées les plus justes ot les plus élevées sur la politique ou 
l'art de gouverner les peuples. Pour lui, Dieu seul est propre- 
ment Souverain. Le Fils do Dieu fait homme, le Christ, en nais- 
sant, a été investi par son Père de cotte puissance souveraine. 
Parmi les hommes, il n'y a de puissance ou droit do commander, 
si ce n'est de Dieu et par son Verbe. Le Fils de Dieu fait hom- 
me, Jésus-Christ est tout il la fois Souverain Pontife et Roi Sou- 
verain ; il rcu'iit dans sa personne, et par là même dans son 
■Ey^Use, et le sacerdoce et la royauté. Mais L sacerdoce est un, 
comme Dieu est un, comme la Foi est une, connue r^nlise est 
une, comme l'iinmatiité est une ; la royauté est multiple comilio 
les nati(ms ; la royauté e.-t fractionnée entre plusieurs rois indé- 
pendants les uns des autres, comme l'humanité est fractionnée 
entre plusieurs nations indépendantes les unes des autres. Mais 
ces nations si diverses sont ramenées et à l'unité humaine et à 
l'unité divine par l'unité do la foi chrétienne, par l'unité de l'E- 
glise cat1iolii[ue, par l'unité de son sacerdoce. Le devoir, l'hon- 
neur, la prérogative du premier roi chrétien, tel qu'était l'Empe- 
reur, c'est d'être le bras droit et l'épée de la chrétienté pour dé- 
fendre tout le corps, principalement la tête, et seconder son in- 
fluence civilisatrice et au-dedans et au-dehors. Voilà la politique 
vraiment royale, à la fois l\umainc et divine, politique dont le 
moyen-âge entrevit la grandeur, et à lac[uellc il faudra se ratta- 
cher quand on voudra faire de grandes et d'utiles choses, n 

Ce n'est donc pas en découpant une bribe quelconque, plus ou 
moins bien traduite d'un passage de saint Bernard, qu'on peut 

' connaître à quel point de vue cet illustre abbé a parlé du pou- 
voir temporel du Pape. Il faut ou citer ou analyser exactement 

i' tout le passage qui se rapporte à cette importante question. Voilà 
ce que vous auriez dû faire, mais ce que vous n'avez pas fait par 



abbi5, 



1(3 l'E- 

rhoii- 

Empe- 

)our Jc- 

ra iu- 

i tique 

lont le 

ratta- 

)lu.s ou 
n peut 
u pou- 
tenient 
Voilà 
ait par 



— 43 — 

ignorance ou par nialico. Je viens de réparer vos torts ou votre 
gaucherie en pareille matière, et de vous dé:noiitrer que i^aint 
Bernard n'a janui dit ce que vous prétendez. Il ne vous reste 
plus maintenant, si vous êtes capable de voir clair ou d'être im- 
pressionné par un sentiment honnête, qu'à avouer, en vous frap- 
pant la poitrine ou en produisant des actes d'humilité, que vous 
êtes un fourbe ou un imbécile. 

Veuillez mo pardonner si j'use de termes aus.4 ronds ; mais, 
que voulez-vous ? U ne m'est guère possible d'en employer d'au- 
tres pour ([ualifier exactement vos avancés, qui outragent un 
grand saint en même temps qu'ils blessent profondément la saine 
doctrine. ' ■ r ^ 



XI. 



Liberté de r Eglise. — Fausse lUcr étales. 

L'orgueil abêtît et démonifie. Le roi de la création, amoin- 
dri dans ses plus nobles facultés à cause de î^a révolte contre 
Dieu, .sortit de l'Eden et se couvrit de peaux de bêtes, et avant 
cette chfito, le ciel avait vu Lucifer, le plus beau des esprits an- 
géliques, devenir le hideux prince des ténèbres pour avoir pro- 
noncé le non scrvimn. 

Sous aucun rapport, M. DesauUes, vous n'avez été un privilé- 
gié de la beauté, soit intellectuelle, .soit physique. C'est assez 
dire que cet immense orgueil, qui vous pousse à prodiguer les 
outrages à l'Eglise, épouse du Christ, colonne do la vérité et 
gardienne infaillible de la morale', tandi.-) que vous n'avez que les 
plus grands égards pour toute association de mécréants, imprime 
sur le front rétréci de votre chétive petite personne un caractère 
ignominieux de laideur, de malice et de sottise cultivée qui pro- 
voque un immense et indéfinissable dégoût. Aux stupides ex- 
presfùons de haine voltairienne que vous exhalez contre TPÎglise, 
on divine aisément que vous vous grattez le front pour en faire 
disparaître b seul ornement qui vous tient, comme malgré vou.s, 
la tête tournée vers le ciel ; le signe sacré du baptême. ' ^ 



Il 



I i, 



n 




— 44 — 

Je n'exagère rien et, pour le prouver, je vous remettrai sou» 
les yeux vos inqualifiables paroles. 

« Que l'Eglise soit libre comme elle l'entend, dites vous à la 
page 100 de votre Grande Guerre ecclésiastique, ai la liberté du 
Législateur et celle du Juge seront détruites, car celui-là ne 
pourra voter les lois, ni celui-ci les appliquer, sans donner en 
tout ot partout le pas sur la loi civile au droit canon, cette pro. 
digieuse compilation de 2^rincipes faux et de contradictions 
étonnantes. Sans doute le droit canon contient aussi de très- 
belles dispositions, mais trop souvent l'esprit arriéré de la Curie 
Romaine y a faussé toutes les notions du droit, et on ne pour- 
rait l'appliquer aujourd'hui comme règle de la vie politique et 
sociale, sans bouleverser le monde, parccqu'il est resté saturé en 
quelque sorte de l'esprit des fausses décrétales, la plus impru- 
dentes fraude^^et le plus honteux mensonge dont l'histoire fasse 
mention, et où pourtant un si grand nombre de Papes sont allés 
puiser tout leur arsenal de prétentions insoutenables. Que l'E- 
glise soit libre comme elle l'entend, et l'on devra fermer tous les 
établissements d'éducation où son esprit étroit et exclusif n'aura 
pu pénétrer ; et l'on verra enlever les jeunes enfants aux parents 
sous divers prétextes ; et on la verra accaparer en moins d'un 
siècle une portion notable de la fortune publique On la ver- 
ra aussi pratiquer la captation testamentaire sur la plus large 
échelle » 

L'Eglise a l'esprit étroit, dites- vous, M. Dessaulles. Vous ne 
pouviez certes dire autre chose en prenant le vôtre comme mesu- 
re ; mais comme le procédé est mauvais, la conclusion ne vaut 
absolument rien. 

L'Eglise, dites-vous encore, enlève les jeunes enfants à leurs 
parents sous divers prétextes. On ne vous croira point, car 
vous a-t-elle enlevé, vous le bijou des bijous ? 

Je vous ai démontré brièvement, quoique irréfutablement, que 
la sainte Eglise catholique ne saurait errer, assurée qu'elle est, 
de par la promesse de Jésus-Christ même, de l'assif^ttuice perpé- 
tuelle de l'Esprit Saint. Si elle enseignait l'erreur ou si elle 



trai BOUS 

ous à la 
liberté du 
elui-là ne 
lonner en 
cette pro. 
"adictiont 

do très- 
I la Curie 

ne pour- 
(litique et 

saturé en 
us irapru- 
oire fasse 
sont allés 

Que l'E- 
r tous les 
isif n'aura 
IX parents 

oins d'un 

n la ver- 
plus large 

Vous ne 

Inie mesu- 

ne vaut 

à leurs 
loiut, car 

lient, que 

[elle est, 
te perpé- 
si elle 



— 45 — 

prescrivait des choses immorales, il faudrait nécessairement en 
conclure que Dieu est le mal, ce qui est le phus abominable des 
blasphèmes. C'est cependant ce que vous dites, car vous pré- 
tendez que les lois do l'Eglise, c'est>à-dire le droit cajon, ne sont 
(\[x'\xnÇi prodigieuse conipilation de principes faux et de contra- 
dictions étonnantes. 

Du droit canonique, vous ne connaissez tn'ïs-ccrtainement quo 
le nom et pas davantage. Vous êtes si ignorant que vous n'a- 
vez pas mcMue le triste et honteux mérite do tirer de votre pro- 
pre fonds les énormes bêtises dont vous émaillez chaque .para- 
graphe de votre Grande Guerre ; vous copiez servilement, sans 
vous occuper de contrôler leurs avancés, les auteurs impies (jui 
servent de pâture aux intelligences éti([ues et dévoyées que l'on voit 
fréquenter l'Institut-Canadien. Si le droit canonique est ce que 
vous affirmez, pourquoi ne le faites-vous pas honnêtement voir ? 

Pourquoi ne tentez-vous pas non plus d'établir par des preu- 
ves, qui aient au moins une apparence de valtMir, les autres ac- 
cusations calomnieuses que vous lancez à la face de la sainte 
Eglise ? Selon vous, parangon de justice et d'])nnnêtet<', elle 
vit de fraudes et d'injustices ; elle veut bouleverser le monde eu 
substituant la rapine au droit ; elle entrave le libre développe- 
ment de rintelligenco dans les maisons d'éducation soumises à, 
son contrôle ; elle enlève les enfants à leurs parents ; elle acca- 
pare la fortune pu)>lique et veille au chevet des mourants pour 
s'approprier leur.s dépouilles ; que ne démontrez-vuus par des 
faits concluants et bien attestés que vos affirmations ont un fon- 
dement (luclconque ? Ah ! c'est que vous sentez bien que la tâ- 
che est de tout point impossible. Mais, disciple de Voltaire, 
imprégné de son esprit satanique, vous accumulez mensonges sur 
mensonges, sûr qu'il en restera toujours <|uelque chose dans 
l'esprit de quelques-uns de vos lecteurs, et ce résultat satisfait la 
haine qui vous tourmente. Vous bâtissez une Eglise imaginaire 
et vous la faites à l'image de votre coeur, cloaque où grouillent 
toutes les basses convoitises, et puis ensuite vous jetez les hauts 
«ris, vous feignez l'indignation et l'épouvante. Si vous avit.i le 




M;: 



é 



_ 46 — 

moindre soiitiment d'honneur, vous ne pourriez mppncrt^r la 
lunjièrc du soleil, aprtis vous être abandoiuié à co8 débauches de 
l'intelligence. 

Vous pestez encore contre la liberté telle que IVntiiid l'Eirlif^c p 
c'est cependant la pcule et véritable liberté, et je vous l'ai claire- 
ment prouvé. Vous maudissez cette liberté et n'en voulez point, 
parcequ'elb suppose nécessairement l'ordre et «pie vous et vos 
pareils, qui aimez à pêcher en eau trouble, êtes des homiues de 
désordre. A'ous accusez l'E'^lise de mille inlaniics, ])Our exer- 
cer contre elle vos ven^xeance!'., parce qu'elle no tolère pas ces iti- 
l'amics. Qu'elle vous les permette, et l'on vous entendra vous 
proclamer vertueux en mCnie temps que vous vou.« vautrerez dans 
cette fange. Voilà eo que vous êtes et l'on vous eounait de vieille 
date. 

Enfin, à bout d'arguments contre les droits que font valoir l'E- 
glise et son bienheureux Chef, vous prétendez <ine ces droits ont 
pour origine ]c^ fausses décrétahs, hi plus unj>ii(/entej'raiulc, di- 
tes-vous, et le j^l'Ks honteux mensonge dont VliUtolre fuyse men- 
tion. C'est rond et bientôt dit. 

Homme pudi(|ue et scrupuleux ! De quelle admirable délica- 
tesse de conscience je vous vois pris en ce moment ! ]'our tout 
au monde, s'il faut en croire vos protestations, vous ne voudriez 
pas blesser, même légèrement, la vérité liistorifjue, et cependant 
je 3onstate que vous êtes toujours à l'école de Voltaire, le plus 
infâme et le plus clï'ronté menteur qui se soit rencontré dans la 
Buîte des âges, et dont tout le travail à peu près a consisté à falsi- 
fier l'histoire. Je vous vois toujours à cette école, à celle de 
ses enfants spirituels, et je ne puis m'empêcher de reconnaître 
que vous y faites chaque jour de grands progrès. Cessez donc^ 
je vous prie, de crier si fort contre la plus imjwrfantc fronde et 
le 2>lns honteux vien songe dont V histoire fasse mention. Cette 
fraude et ce mensonge ne sont que bagatelle, comparés à vos pé- 
chés quotidienB en pareille matière. D'ailleurs, vous parlez des 
fausses décrétales comme de tout le reste, c'est-iVdire sans savoir 
de qnoi vous ])arlcz. Vous n'êtes que l'écho inintelligent des im- 
pies du dernier siècle. 



ipnort r la 
Imuc'lus (le 

l'ai clairc- 
•ulcz j.oirit, 

IIH et \(,S 

oiuiiies (le 
]K)ur ( xcr- 
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— 47 — 

je !;:::l;^;'rr:,,r:rr ^r-'''^'"-'' '"- 

mer mes avancés. ^"^ ^' '"'''■- 

l<es/«MMC5 (lécréfalrs, compilation rLn* l' * 

«•Fi.d^nt cxk„i,„t ù,m, al, „,,„„„ I., "-■"'». '"■•"■•' 'I". 

tu«K.« rtelIcuH CM vi..„oùr " """"•' '' ''^» '•""- 

tua?;/;™™-; i;'';- L!'"'™ ""° "^ ''"'*^' "•" ->■" >■' r'^^-'- 

r>rée\i«t-int i*I« I > r- .. , ' " " > h pa.s de droit f xc 

ucMstant, 11. le /ont jar leurs prescription» Uién.cs Or 1 

tes , loin de la, tl. „ ont réclamd et exercé que leurs droit. î 



— 48 — 



XII 



M. 



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ii 



':Îi! 



n 



Ce qu'ont /'lit pour hn penph» VEglhcet la Révolution. — Ripa- 
cité (la Clergé. — aS lint Louis, roi de France, 

L'ordre social, basd sur la religion, vous déplaît infiairaonfc, 
M. DossaulKia ; vous no cessez de le dire et de le répéter war un 
ton vraiment ahurissant. Mais pourquoi tant vous démener ? 
Il y a un moyeu bien simple et bien facile de mettre un terme 
aux crises de nerfs que vous éprouvez en voyant l'Eglise figurer 
parmi vous avec quclfjue chose de cette attitude de Reine qu'elle 
avait jadis, quand tous les peuples de l'Europe étaient fonciè- 
rement cln'étiens. Eniigi'cz et allez planter votre tente au 
milieu des Peaux-Rouges, puisque la vie f-auvagc a tant d'attraits 
pour vous. Vous êtes à peu près le seul dans le pays qui ait les 
goûts (|ue vous manifestez ; pounjuoi tourmenter les gens inuti- 
lement et les engager à partager une manière de voir qui leur 
répugne invinciblement ? Laissez-nous donc en repos, et, encore 
une fois, si vous voulez vivre libre comme Rdb Rouget dans 
la plaine, ne prenez pas la peine de l'écrire ; émigiez et 

faites-nous grâce de vos scandaleux propos. Nul ne vous retient 
ici malgré vous ; qu'avez-vous donc à tant japper, puisque vous 
vous obstinez à demeurer dans un pays où tout le monde est 
content ? 

Vous êtes aujourd'hui parmi nous le très chétif et à peu près 
seul représentant, grcâce à Dieu, de l'hydre révolutionnaire. Par 
votre bouche, elle maudit ce qui entrave ses eftorts ; elle exalte 
ce qui est de nature à lui frayer la route à la domination. Le 
diable recrute ce qu'il peut. 

Inspiré par lui, vous aboyez contre l'Eglise et l'accusez d'ap- 
pauvrir les peuples en les dilapidant, de les tenir dans un escla- 
vage abrutissant. Menteur fieffé ! calomniateur insigne ! L'his- 
toire est là debout, écrite non sur un parchemin ou un papier 
fragile, mais en monuments de toutes sortes, monuments qui 
couvrent encore la face de l'Europe, malgré les efforts que l'on a 







— 49 — 



'Ripa- 



ni ment, 
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mener ? 
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^z d'ap- 

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L'his- 

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l'on a 






faite pour los anéantir, afin d'effacer jM)ur tonjcmrs le témoij^nage 
qu'ilw rendant à la vérité, et ces moMumcnts attestent que l'Kgli- 
tvi K tout fait potu la prospérité des peuples, et qu'elle les a réel- 
K^mout rcnduh pr^spi^rcs à un dej^ré dont nous ne jx>uvon.s plus, 
dans no. temps de «uprôme nnsère, nous faire une idée exacte, 
tirtt qu'elle a tenu parmi les nations le rang d'honneur et d'au- 
torit,é (ju'elle df>it occuper. Et aujourd'hui encore, si nous avons 
un reste de civilisation, si nous jouissons de quelque bien-Ctre et 
do quelque sécurité, c'est ù elle que nous le devons et à nul autre. 
C'est l'Kglise (jui a civilisé le nionde, en y faisant pénétrer, 
«'.ommu goutte ù goutte, au prix An plus pur de son sang, les idées 
d'ordre, de ju.stice, de noble obéissance et de charité ; c'est elle 
qui a aboli l'esdavago et proclamé les véritables droits de l'hom- 
me, en apprenant aux riches et aux pauvres, aux petits et aux 
grands, aux faibles et aux puissants à se regarder tous conjmc* 
dc8 frères ; c'ti.-«t elle qui a réconcilié les peuples avec le pouvoir, 
par le .soin qu'elle a pris de rendre ce dernier paternel, de despo- 
tique qu'il était ; c'est elle ui a assaini le sol de l'Europe, en 
restituant il la culture, par i travail incessant de ses régions de 
moines, d'immenses dé.serts et de nombreux marécages qui jusque- 
là n'avaient vomi que la putréfaction et la mort ; c'est elle qui a 
amélioré, perfectionné et encouragé i'agj-iculture ; c'est elle qui a 
couvert la face de la terre de maisons de prières, dont plusieurs 
sont des monuments proclamés les plus parfaits modèles de'l'art*; 
c'est clic qui a soulagé toutes les misères et toutes les infortunes, 
et qui a bâti de véritables palais pour recueillir les membres 
souffrants de Jésus-Christ; c'est elle qui, si force d'avertisse- 
ments donnés aux grands et aux puissants de la terre, de prières 
et de sollicitations, a diminué le nombre des guerres, les a ren- 
dues moins barbares, moins funestes, moins désastreuses, lors- 
qu'elle n'a pu les empêcher ; c'est elle et elle seule qui, en po-s- 
«ession de la plénitude de la science, l'a fait couler à pleins bords 
dans tout le cours des âges, et à tel point que los hommes, au- 
jourd'hui réputés savants, ne sont pas capables, à moins de mé- 
diter des mois et des années entières, de comprendre dix ligne? 
d'une de ces pages admirables (pi'out écrit d'humbles moines 



50 



<laus des siècles qu'on qualitic de barbares ; c'est elle enfin qui 
<ievait i amener l'Eden sur la terre, si le virus de l'orfrueil sata- 
nique ne se fut pas infiltré dans le cœur de l'homme. 

Quand on sait cela, mille et mille voix, mille et mille monu- 
ments î'attest^^nt, on se sent pris d'une inexprimable indignation, 
lorsqu'on vous entend dire, M. Bessaulles, que si on laisse faire 
l'Eglise, elU accaparera la fortune publique, puis rejettera le$ 
charges communes sur le j^'uple seul, s'en déclarant exempte t/c 
droit ili vin. 

Pauvre cervelle démantibulée que la vôtre ! J/Eglise ayant 
droit de posséder, tout ce qu'elle possède lui appaitient en propre, 
et elle peut, de n)ême que tout propriétivire, faire de ses biens 
l'usage qu'elle jugera le plus convenable. Ses potsossions, très 
considérables autrefois, n'étaient pas la fortune publique dans le 
sens que vous avez en vue ; mais elles l'étaieni; réellemcui j^ar 
l'usa^^e que cette mère si charitable en faisait. Je. viens devons 
dire coui'nent elle les employait, et l'hi.stoire en est encore à men- 
tionner un seul gouvernement qui ait accompli la centième partie 
de ce qu'elle a opéré en faveur des peuples. 

Mai;ji vous et le» vôtres, qui vou.s montrez si charitables en pa- 
roles envers ce pauvre peuple, et qui accusez l'Eglise de le fouler 
aux pieds en l'exploitant, qu'avez-vous fait, que faites-vous en sa 
laveur ? Hypocrites que vous êtes ! On le sait depuis longtemps ; 
on vous a jugés d'après vos œuvres, comme le dit la Sainte Ecri- 
ture. Des ruines immenses, des mares de sang encore fumantes, 
gang qui n'est que celui des prêtres et du peuple et non le vôtre, 
car, pour le vôtre, vous le ménagez extrêmement et vous êtes en- 
core à en donner une soûle goutte pour n'in)})crte quelle noble 
cause, attestent ce que vou.-; savez accomplir en .sa faveur- Vous 
avez ra;agé les temples, saccagé les hôpitaux, les monastères, les 
couvents et dépouillé l'Eglise de tout ce qu'elle possédait. Vous 
êtes entré dans cetttî voie depuis 89, ci aujourd'hui en Italie, en 
Espagne, en France, en Allemagne et en d'autres endroits encore 
vous continuez à exercer le même système de pillage et de dévas- 
tation. Les peuples en .sont-ils plus heureux ? L'immense cri, 
de la misère publique, du paupérisme affreux, qui règne partout 



■f 'mm 



— 51 



1, JV.M 

''ous 
., en 
Icore 

pvas- 

cri 

Itout 



•où vous r-tcs ùM'œuvro, vous réjx.ud iitille K.Ls : u.ni. Lvi affreu- 
pcâ saturnales do la lU'volution, dont vous êtes Tapôtre très-dévot, 
n'ont enrielii que certains particuliers, rapaees comme vous, et ces 
particuliers, une fois repus, une fV's entrraissés des dé})ouilles de 
rEglise, no se sont plus i^uère souciés du jxuine peujilc. 

Aujourd'hui, partout où les belles idées, (jue vous patronisez, 
ont pris corps dans les faits, la misère pii))li(|ue est t'ile que ja- 
mais on n'a rien vu de semblable, dejniis le rèiine des Césars 
païens. Les i^ouvernements mémo, (|ui se sont rendus coupables 
de tant de spoliations sacriléi^es, en sont tous réduits, à l'heure 
qu'il est, à déclarer banqueroute, et. peur se maintenir, ils ton- 
dent, à i[\\i mieux mieux, ce jxfuvre jH'tipIc, émancipé de l'Eglise, 
comme jamais vil troupeau n'a été tondu. Et V(»us, iucumpara-- 
ble M. De.ssaulles, qui désirez juvndre de rembon])ouit. en man- 
geant le bien d'autrui. vous ne jappez contre l'Eulise et ne prê- 
chez la Révolution que pour voir enfin vos grossiers désirs ac- 
complis. 

Quiconque a as.sez d'intelligence pour cofnjM-endre ce <{ue di- 
sent journellement, même des feuilles peu amies de IJ'jgli.se, sait 
quel triste sort la Kévolution a fait aux peuples de la Fi-aiice, de 
l'Italie et de l'Espagne. Et vous, le grand redresseur de toutes 
les injustices, pourcpioi donc ne parlez-voas pas des abominations 
que ne cesse de commettre le gouvernement italien ? Vous n'a- 
vez de malédictions que contre le pouvoir tcnifiorel du Pape ; 
mais, quant au gouverneuient de Victor-Enjuianud, dont la j)lu- 
ine se refuse à relater les infamies ((uotidiennes, vous n'en dite* 
mot. Homme juste ! de quel éclat vous brillez ! 

Une chose à remarquer, c'est que vous et ceux le votre espèce 
TIC prêchez l'omnipotence des gouvernements et h ur supériorité 
sur 1 JlJglise, que pour mieux mettre à exécuti' ■ vos idées dévas- 
tatrices. Vous savez fort bien qu un gouv-ernement. ami de 
l'Eglise, est immensément fort, et, pour parvenir A lo rei»verser 
plus sûrement, vous feignez de prendre en main ses intérêts et 
de h débarrasser d'une tutelle importune et désJKUiorante. Mais, 
quand est enfin arrivé le jour où les gouvernements ne sont plus- 






, i! 




unis à l'Eglise, vous vous jetez sur eux comme des loups avidc,'^ 
et vous en faites bel et bien justice. TiCa Communenx viennent 
de nous dire ce que vous savez faire. 

Les faits étant tels que je viens de les exposer succinctement. 
on ne peut s'empêcher de lever les épaule.< de di^poût, lorsqu'on 
vous entend dire, avec tout l'aplomb que donnent d'ordinaire 
rignoranc3 crasse, la mauvaise foi et rimpiété suiis vergogne, 
que jamais la rapacité du clergé n'a c^unu de bornes ; qu'au 
douzième et qiiinzième siècle T Angleterre /W^>/-f\»î.s«;w </ manrjée 
de toxUes manières par lri< légats et /es ércqitrti que les Papes lui 
ont imposés ; qu'enfin saint Louis fut lui-même obiig»'^ et, à di- 
verses reprises, de faire, saisir les sommes ransidérahles que les 
Papes prélevaient en France^ m dépit du pouvoir riril^ soit pour 
e^atretenir le luxe effréné de leur Vom\ soit pour défrayrr les 
dépenses des guerres injustes, et quelquefois mêiuf. ahomina!)les 
dans leurs moyens comme d^nis leur hut. 

Il n'y a pas un mot de vrai dans toute cette tirade que vous 
ont inspirée les plus vils instincts, et écrire l'histoire de la façon 
que vous le faites, c'est copier Voltaire mot-à-mot, et, par suite, 
mentir honteusement. ]*ourquoi tant vous monter contre les 
■ fausses décrétales, lors(jUC vous commettiez des indignités aussi 
révoltantes ? Tartuffe incarné ! Si vous faites semblant d'avoir 
voué un culte à la justice et ù la vérité, ce uest que pour vous 
autoriser à les mieux bafouer et salir ensuite. 

Vous portez même l'audace jusqu'à dire que saint Louis a été 
gallican, qu'il a su ramener à Tordre le pap*' <îrégoire IX, et 
'jue, si le gallicanisme esi une iitréne, saint Louis hérétique a^ 
étendant été reçu à bras ouverts d^ins le ciel. Et à l'appui de 
oes avancés vous parlez de hi prétendue Pragmatique sa/ie- 
tien de saint LouL«. 

Tous les meilleurs historiens rejettent cette fable. Je nen 
citerai qu'un, M. J. Chantrel, dont les travaux sur l'histoire ont 
été très-considérables et très consciencieux, qui a consulté toutes 
les sources où ses devanciers ont puisé, et (jui a fait une saine et 
très-savante critique de leurs avancés. 'Voici ce qu'il affirme re- 
lativement à saint Louis : 



53 



_ « irajnt I,ou.s, ilu-on, a d&appi„,,v,l h conduite des Papes II 
» y a r,e,i dans sou l.istoire ,,ui c«»fi,-,ac cette assertion On 
d.t encore ,iue c'est à saint Louis ,|„'il fa„t faire rcnonter ce 
<|U on appela dan» la suite les UUrta *• rjC^UM ya!tl,;,„e On 
8 app,„e surtout pour cela sur une pic^e, la Pragn,a,lg,.e sanc- 

'.«.., qu. est lom d'f.tre authentic|„c K„ supposant cette pièce 

authcntniue dans tous- ses articles, il ne s'y trouverait rien de 
contraire à hnl'aillibilité dogmatique du Souvmin Pontife 'l 
uy aura.t mên.o rien d'hostile au Saint-.Si^sfc, excepté dans' 'o 
unième article qui se lit comme suit : ' ' ' 

«Nous ne voulons aucunement qu'on »ve ou qu'on recueille 
«les impôts et les charges que la cour de Rome a imposa u 
.. pourrait imposer aux églises de notre rovaunie, si ce n'est pour 
. une cause urgente, et de notre plein et lihre consentement l 

. Mais on a prouvé péremptoirement ,|ue ce dernier article ne 
.e ..ouve I«.s dans les plus anciens tcvtes ; il est démontré n„r 

00 querelle avec le .Saii,t.Siégc, probablement .sous Phillippede- 
Bel... La date de 'acte, I2,iS ou 12fi!l, qui est la date de la 
plus m,i„,„ amitié du Pape et du Roi, .suffirait seule A le faire 
rejeter, et L. expressions qui s'y ,ronvent-c„ réfutent complet 
e ment 1 aiUieoticité.,, Et, en eife. la prétendue P„.,„J,,,. 
.««.-^-o„,d ,Samtl,„„,s.eomm,.„e„ • .,., ,, M ,LJa,„. 

.ont servi, ot qui est propre „„ .,... «ouvcams de laplpa^r 
^ oda, M. J)es,.aulles, eoinment vo., ,., ,.s vôtres, quiètes de, 
~rs.nés, tan. vous «es pos.sédés de l'es: H, de Z To^Z 
1 bgli,se. écrivez I histoire des ...ints et des Papes. 






'i' 






— 54 



XIII. 



m 



M. Dessojllcs nie V lufniUUjUité pontificale. — Comment^ en con- 
séquence, il qualijie les bulles des Papes.— Choses immo- 
rales enseignées par les Papes. 

Si vous malmenez l'Eglise, en digne fils de Voltaire que voua 
êtes, vous ne faites grâce à la Papauté d'aucun de vos crachats. 
Vous vous acliarnez contie les Pontifes romains avec la rage qu'y 
mettrait un mandarin chinois. Vous niez carrément tout 
d'abord leur infaillibilité doctrinale, et vous taxez de folie leura 
actes et leurs paroles. Ayant raison, comme vous prétendez, 
l'avoir, contre l'Kglise et contre les Papes, et ayant toujours 
raison, il en résulte que vous êtes le seul infaillible. Et 'a voilà 
bien nichée, cette sainte infaillibilité i bêtise humaine ! Vous 
ne voulez pas reconnaître l'infaillibilité là où Dieu l'a évidem- 
ment mise, et, de fait, vous vous en aflTubicz vous-même. 

Il est très-peu question de vous cependant, dans la Sainte 
Ecriture, comme docteur universel, et vous finirez, bien sûr, par 
faire un procès à Dieu à cause de cette lacune ; mais en revan- 
che, il y est beaucoup parlé de Pierre et de ses successeurs légi- 
times comme devant être les pi-écepteurs infaillibles du monde, 
après la descente du Saint-Esprit. Si vous avez, M. Dessaulles, 
des promesses divines qui vous autorisent à parler comme vous le 
faites, exhibez-les. Le cas présent est tel que vous ne devez pas 
en faire mystère. 

A l'heure qu'il est, l'on ne saurait reconnaître dans votre 
cliétif individu qu'un pauvre sire, travaillé d'une maladie de 
cervelle et qui gr'gnotto, pour se consoler, de l'Institut-Canadien 
qu'ont flétri les plus solennelles comme les plus justes condam- 
nations. Tant que vous n'aurez que ces titres à la confiance 
publique, vous pouvez être sûr ([u'on préférera toujours la reli- 
gion, U^lle que l'a établie Jésus-Christ, îl celle que vient nous, 
révéler votre fringante raison laïque. 



» 



Sainte 
Ir, par 

revan- 
irs légi- 
monde. 

aulles, 
vous le 

cz pas 

votre 
die de 
madien 
ondam- 
•nfiance 
la reli- 

t 110 U fi 



Nier l'Eglise et son infaillibilitt, c'eiï't, comme je voup l'ai 
démontre, nier Jésus-Christ et J)ieu lui-mOme. Vous ne préten- 
dez pas, quoiqu'en cela vous ne soyez point logique, aller aussi 
loin. Or, l'Eglise, dans ses dernières assises solennelles, tenues 
au Concile du Vatican, à proclamé que l'Evêque de Rome, le 
Pape, successeur de Saint-Pierre, est infaillible quand, «'adres- 
sant aux fidèles et aux pasteurs, il décrète quelque chose concer- 
nant la foi et les mœurs. Elle affirme, de plus, que cette vérité 
est contenue dans le dépôt de la révélation et qu'il faut y adhé- 
rer de cœur et d'esprit pour continuer de vivre dans son sein, et 
par suite, mériter d'arriver à la béatitude éternelle. Donc, l'infail- 
libilité personnelle du Pontife romain est dogme de foi, étant une 
vérité révélée de Dieu et proclamée comme telle par l'Eglise ; 
donc, il faut nécessairement y croire. 

Cela dérange un peu, beaucoup même votre théologie Dessaul- 
lienne et aussi certains vôtres petits calculs. C'est malheureux 
que Dieu n'ait pas compté avec vos mécomptes ; mais, encore 
une fois, vous lui intenterer une action eu dommage. Pour vous 
tirer d'aflFaire, vous prétendez que le dogme de l'infaillibilité 
pontificale n'est contenue ni dans l'Ecriture, ni dans la tradition, 
et que, par conséquent, l'Eglise a erré on le proclamant. 

Mais c'est l'Eglise, et non vous, M. Dessaulles, que Jésus- 
» Christ a chargé de garder intact le dépôt de la foi et d'enseigner 
tous les hommes ; c'est l'Eglise, et non vous, qui, d'après les- 
garanties divines les plus expresses, ne peut pas Ctre sujette à 
l'erreur ; donc, puisque l'Eglise a déclaré que le dogme de l'in- 
faillibilité pontificale est révélé, il l'est certainement, et il faut de 
toute nécessité qu'il soit consigné dans l'Ecriture Sainte eu dans 
la tradition. C'e«t aussi ce qui est hors de tout conteste. 

En eflfct, on lit, dans ."^aint Luc, les paroles suivantes que 
Notre Seigneur Jésus-Christ a adressé à Pierre, et, dans sa per- 
sonne, à tous so'3 rucccsseurs : Simon, Simon, voici que Saton 
a ihmandé. de te rrihler comme on crible h froment ; m,ais j'ai 
jjrié pour foi "fin que ta foi ne défaille point, et, lorsque tu 
seras converti, confirme tes frères. 



'w 



56 — 



Si donc Pierre, c'ch«t-à-dire le Pape, pouvait errer dans la foi, 
la prière de Jésus-Christ aurait été vaine, et Satan aurait obtenu 
ce que ce divin Sauveur assure lui avoir été refuf-é, Jésus- 
Christ annonce de plus i\ Pierre qu'il chancellera a\i moment de 
sa passion ; mais il lui annonce en même temps que sa conversion 
sera pleine et entière, et que c'est lui, étant constitué l'infaillible 
tur la terre, qui aura mission de confirmer les autres dans la foi. 
Donc, il faut nécessairtinent admettre que IMerre et ses succes- 
seurs légitimes sont infaillibles ; autrement, ils auraient inuti- 
lement et même dérisoirement été établis pour confirmer leurs 
frères dans la foi. 

Dans Saint Mathieu, nous lisons ce qui suit : Tu es Pierre et 
sur cette Pierre je, bâtirai rnoit Eglise, et les portes de l'enfer ne 
prévaudront point contre elle. La conclusion évidente à tirer de 
ce texte, c'est que si Pierre et ses successeurs pouvaient errer eu 
fait de doctrine, l'Eglise, qui doit s'appuyer sur leur autorité et 
adhérer à leurs enseigncnients, puisqu'ils en sont les pierres fon- 
damentales, errerait elle aussi, ce qui répu;^ne à ce (jii'elle est 
essentiellonicnt, d'après son institution divine. 

Enfin, pour abréger, je me contenterai de vouscit<;r ces autres 
paroles que Notre Seigneur adresse à Saint Pierre et à ses 
successeurs, et que ra])porto l'apôtre Saint Jean : Fais mes 
agneaux, pais raes brebis. J)'après ces parole.-?, il est clair comme 
le jour que si l'E-^lise ou quelqu'autrc pouvait réformer les 
décrets pontificaux, ce ne serait plus le Pasteur (jui aurait soin 
des brebis, mais bien les brebis (jui prendraient soin du Pasteur. 

Vous avouerez, M. Dessaulles, si toutefois il y a dans votre 
cerveau (juelque fissure <[ui permette au bon sens d'y péné- 
trer, que l'Eglise a eu mille fois raison de s'appuyer sur l'Ecritu- 
re sainte pour promulguer, comme dogme de foi. rinl'aillibilité 
pontificale. 

La tradition d'ailleurs, (|U(>i(nic vmis en disiez, suffit à elle 
seule pour baimir tout doute relativement à l'exi.stence de ce dog- 
me, car toujoiiis les Papes ont enseigné la vérité et condamné 
l'erreur, au nom d'une autoiité infaillible et irréformable. ._;, ^,- 



..* %- 



57 — 



Saint Clément, de son autorîtt' propre, condamna Ebion com- 
me hérésiarque ; Saint Hygin fit de même !\ l'éf^ard de ('erdon 
et de Valentin, et Saint Anicet, à l'égard de Marcion qu'il ex- 
communia. Les erreurs de MonUm furent prtjscrites par Saint 
Klenthère, et celles des Cataphyges par Saint Victor. Saint 
Corneille condamna l'hérésie de Novatien et Saint Denys pros- 
crivit l'erreur de Sabellius. Toisces papes ont agi et parité 
comme docteurs intadlibles et persoiuie n'a réclamé. 

' Plus tard, quand vint Arius, c'est le pape .saint Sylvestre qui 
ratifia les condamnations portées contre lui par le concile de 
Nicée. Saint Damase condamna les erreurs d'Appolinaire et de 
Macédonius, et (|uand Saint Innocent 1er confirma les deux con- 
ciles d'At'ricjue contre Diérésiarque Pelage, Saint xVugustin s'é- 
cria : Rome a parlé, la cause est finie. 

Saint iMartin Ter condamna l'hérésie Monothélite, Saint Gré- 
goire II et Saint Adrien 1er, celle des Icono-lastes. Saint Léon 
IX, Victor lIjNicliolas II ont condamné Bérenger, et les erreura 
d'Amauld de Brescia furent anathémaCisées par Innocent II. 

J'omets, pour abréger, les nombi*eu.ses définitions doguiaticjuCH 
itîndues par les [*apes et qui ont si bien été reyues sans réclama- 
tions par l'Eglisu universelle qu'elles ont été insérées dans le 
Corps du Droit, à partir d'Alexandre ITT. 

Innocent III détermina par une lettre dogmatique la profession 
de foi que l'on devait exiger des Vaudois avant de les admettre 
à la réconciliation, et ces Vaudois hérétiques et hérétiques, scanda- 
leux de la pire espèce, vous o.sez, vous, M. I>es!<aulles, homme 
pudique s'il en fut, les déclarer irréprochables sous tous les rap- 
ports. Ils vivalcnl pourtant de la vie des pourceaux. Est-ce 
donc à cette haute perfection que vous avez l'ambition de fain*, 
tendre vos adoptas, en discréditant l'œuvre de Dieu sur la terre et 
ceux qu'il a chargés d'en prendre soin ? 

Alexandre I^' et Clément IV condamnèrent les erreurs de 
Saint-Amour, et Jean XXII flétrit les extravagances de Marsile 
de Padoue et d'JCkkard. Pie II condamna, dans la bulle l'Jxe- 
■^jrabiUs, ceux qui eu appellent du jugement du Pape au futur 



58 




Concile ; Sixte IV déclara scandaleuses et ht'rt'tirjues les propo- 
sitions de Pierre d'Osma et Léon X proscrivit les erreurs de 
Lutlier, 

Après le Concile de Trente, les Pontifes romains ont continué 
à exercer leur droit d'enseigner l'Eglise du haut de la Chaire 
apostolique et de flétrir toutes les erreurs qui blessaient l'ortho- 
doxie. Qu'il me suffise de vous rappeler les condamnations por- 
tées par Innocent X, Alexandre VII et Clément XI contre le 
jansénisme, et par Innocent XI et Pie VI contre le gallicanisme. 
Grégoire XVI et Pie IX n'ont pas montré moins de rigueur que 
leurs devanciers ; au nom de la vérité infaillible, ils ont broyé 
toutes les erreurs modernes dans leurs immortelles encycliques. 

Les Papes, ayant toujours, depuis saint Pierre jusqu'à Pie IX, 
jugé comme docteurs infaillibles en matière de doctrine et de 
mœurs, et leurs jugements ayant toujours été acceptés sans ré- 
clamations dans l'Eglise, et même avec une soumission parfaite, 
il faut nécessairement admettre que le dogme de l'infaillibilité 
pontificale est on ixe peut plus explicitement enseigné par la tra- 
dition. 

D'ailleurs, les Pères de l'Eglise, tels que saint Irénée, Ori- 
gène, saint Cyprien, saint Grégoire de Nazianze, saint Basile, 
Paint Ephreni, saint Epiphane, saint Jérôme, saint Ambroise, 
«aiiit Augustin, saint Pierre Chrysologue reconnaissent évidem- 
ment l'infaillibilité pontificale, et l'on pourrait citer le témoignage 
de mille et mille autres saints et savants personnages en faveur 
de cette vérité. 

Donc, en définitive, l'Ecriture Sainte, par les textes les plu.s 
clairs, la tradition, par une masse de témoignages, aussi impo- 
sants et décisifs que nombreux, puis l'Eglise, réunie en Concile, 
par une définition des plus explicites, proclament que Pierre, 
toujours vivant dans ses successeurs, est infaillible (juand, du 
haut de la Chaire apostolique, il décrète quelcuio chose concer- 
nant les mœurs et la doctrine. La conclusion à déduire de ià, 
c'ert que nulli; Ni'rité n'est plus certainement de foi c'atholi<iue 
que l'infaiUlbllité personnelle du Pontife romain, et que refuser 
d'y croire est a],ij)elor ;?ur sa tête les plus'terribles anatlièmesi 



59 — 



Vous regimbez iidanmoins, M. Dcssaulles, et, quoique dépourvu 
des connaissances les plus vulgaires, incapable de parler et d'é- 
crire correctement la langue dont vous vous servez, vous osez di- 
re, page 46 de votre Grande guerre, « que l'infaillibilité pontifi- 
cale d'un homme sur les queutions de mœur^, c'est-à-dire en ma- 
tière sociale, jii^Hfique, législative, légale on scienti/ique, paroon- 
sëquent sur tous les sujets de Vordre temporel e^t la plus terrible 
aberration de l'histoire. » 

Et cependant, tout balourd fieffé que vous rtes, vous n'hésitez 
pas, apr«>s avoir refusé aux Papes la compétence en pareilles ma- 
tières, de porter sur les mêmes matières un jugement que vous 
prétendez bien être sans appel. Peut-on imaginer un orgueil 
plus stupide et une contradiction plus flagrante? Ce n'est guè- 
re possible. 

Parlant ailleurs de certaine?- bulles pontificales, vous trouvez 
fort mauvais que les catholiques s'ii.clinent devant elles avec le 
plus profond respect et vous dites : « Ce sont les aberrations ab- 
solutistes des bulles Unam sanctavi, Clericis laicos, In ccena 
Domini Snpernœ dispos it ion itt, Cum ex apostolatuii offi,cio et 
plusieurs autres qu'on nous présente comme les consciences ca- 
tholiques. )) Et, dans un autre endroit, vous dites : « Le Pape, 
s'aflBrraant infaillible sur les quet>tions de mœurs, il ne reste dlai- 
rement au pouvoir civil qu'à plier le genou et obéir sans con- 
teste. C'est précisément ce qu'exigeait la bulle Unam sanctara... 
suprême expression de l'orgueil ecclésiastique. » 

Enfin, à la page 91 de votre abominable pamphlet, après avoir 
mal rendu et mal interprété ce qu'ont fait et décrété certains 
Papes, entr'autres Innocent III, que les protestants instruits ho- 
norent même de leur admiration et de leur respect, vous laissez 
couler de votre plume ces paroles grossières, mensongères et 
boueuses : « Je n'ai cité qu'une petite jtartie des choses immora- 
les, ou fausses en droit et en rai.^on, que les papes ont comman- 
dées ou permises. Et si les eeelésiastiques étudiaient un peu mieux 
leur propre histoire, ils cesseraient d'affirmer, avec l'arrogance 
qu'ils y mettent, qiie ce n'est qu'à Kouie ({ue l'on peut trouver 
la définition certaine du vrai. 



— GO — 

Il faut être un étounioail dt; votro espèce pour parler avec ootto 
outrecuidance. Vous possédez l'histoire ecclésiastique comm» 
vous possédez le français, la uraniiuaire et la syntaxe, c'est-à-dire 
que vous n'en savez rien du tout. l>'uno i«i;norance fabuleust?, 
vous sint^ez l'érudit et vous croyez avoir fait preuve de savoir en 
copiant nuiladroittinient des auteurs impies dont les dires ont été 
cent fois réfutés. Ce (jui vous accuse, non seulement d'ij^noran 
00, mais d'imbécilité pou commune, c'est que vous ne compreaez 
pas mcMue toujours les auteurs que vous citez et ({uc vous les fai- 
t*îs plus bêtes qu'ils ne sout. 

XIV. 




De ta minorité du Ooiicilr du Vnttcan. — Dins i'( contradlc.tiona 
de M. Dessaidlets à ce sujet. — Pie IX tjran. 

Une des prétondues fortes raisons que vous alléguez pour ne 
point croire à l'iiifaiHibilité pontificale, savantissime et savanti- 
fiant M. DessauUes, c'est qu'un certain nombre de Pères du Con- 
cile du Vatican se sont prononcés contre ce dogme. 

Les choses, telles que vous les présentez, sont tout-à-fait in- 
exiictes. Le sentiment des Pères que vous invoiiuez n'est pas ce 
que vou'^ dites. Ces P^res ont combattu Y(ipj)ortunitc de la dé- 
iîuitiou du dogme de 1 infaillibilité, mais ils ont toujours protet»- 
té qu'ils ne voulaient pas s'attaquer à ce dogme lui-monie. Voi- 
là donc déjà une différence très-notable entre les faits tels qu'ils 
se sont passés et la relation que vous en donnez. Vous en con- 
viendrez, homme juste et véridi((uc, qui vous indignez si forte- 
ment contre ceux qui falsifient l'iiistoire. 

Vous ajoutez que les Pères, qui s'opp<.saient à la définition de 
l'infaillibilité, étaient, quoiqu'en minorité, ceux chez qui s'étaient 
réfugiées A', vraie science eccléninstique et la véritable droiture 
d'intention. Et qu'en savez-vous et que pouvez-vous en dire ? 
Science ecclésiastique ! droiture d'intention ! En vérité, voilà 
bien de quoi peut juger celui qui ne sait pas même les premiers 
cléments Je la religion chrétienne ; celui qui, dominé par mille 



— Gl — 

pa^tàionH luauvaisos, n'a jamais i^n t'tre autre eho.sî qu'un artisan 
de mensonges ! Ne tentez pas de vouh lanjLrer parmi les purs et 
les savants ; vous êtes assez ridieule roniine cela. 

Vous demandez ensuite : « Où sont donc les réponses, je no 
dirai pas aérieustn, mais f>i/n-til>frs, aux discours si pleins de mo- 
dération, de fait*;, de savoir et de lo<;i(jue des Iléfélé, des Strojw- 
inayer, des i)arboy, dc-i Muret, d'-i l)uj»anl(»up, etc. etc. ? Voi- 
là lefi esprits vraiment émiiients du (,'oncile. n De tels brevets 
de capacité ne mènent jtas au temple de lu t^loire. Ces réponses, 
que vous semble/, eluMeluT en vain, existent dejiuis longtem])*» ; 
elle-s ont été répandues partout et elles «ont <le t<<ut point irréfu- 
tables. Si vous ne les avez pas lues, vous ne p(juvez pas eonelu- 
Te, à cause de cola seul, qu't'Ues n'existent point, et si, les ayant 
lue.s, vous ne les avuz pas comprises, il ne vous sied point de lef« 
apprécier. Yom* seriez payé pour jouer l'insensé (jue vous ne 
réussiriez pas mieux. Quant aux paroles ineptes que vous met- 
tez dans la boucbe de (pielques évoques de la maji»rité, elles sont 
de votre invention pure. Vous péchez trop visiblement ct)ntre la 
vraisemblance en faisant parler ex»mme vous les honnêtes <]çens et 
les hommes d'ei*prit. 

D'après vous toujours, les évêfjues de la majorité du Cc.ncile 
ont accablé d'injures leurs frères de la minorité, et le Pape hn'~ 
■tmme na pas rfrulé devant Cintiynidation divrcte et les repro- 
ches àcerhrs pour ohtoilr lu prochim<ition de mn in/nUlilnlité. 
La vérité est qu'il n'y a eu d'injures proférées, à propos de cette 
question, que par quelques brochuriers et pamphlétaires anony- 
mes, partisans outrés de la minorité et que le Pape a été si loin 
de jouer le rôle odieux que vous lui attribuez, que tous les Pères ,^ 
qui ont voulu parler contre loppru-tunité de la définition de l'in- 
faillibilité ont eu pleine liberté de monter à l'ambon. d'y péro- 
rer des heures entières, et (jue même deux Xon placrt se sont 
distinctement fuit entendre à la .session solennelle du 18 juillet 
1870. Si le l*ape eut exercé sur ses frères dans l'épiscopat la 
pression que vous dites, comment tous ces faits auraient-ils pu 
se produire, faits que vous relatez vous-même, sans avoir l'esprit 






— «2 — 

de comprendre (juil.^ anéantiHwent vos uccusation.s. Tant qu'à 
mentir, niettc/y donc un peu do navoir-faire. 

Je noterai d • suite iei que vous vous complaisez ;\ redire, vous 
faisant l'éeho des niazziniêns et deH •^aribaldiciiH, (jue Pie IX est 
un insupportable tyran. Ce pape ni bon, dites-vous avec une 
ironie saerilt'iîo, a fait exécuUir à peu près trolis cents innocents, 
cntr'aut»•e^ Locatelli, Monti et To^nctti. Le procès do ces der- 
niers, ajiiutez-vouM, a été une niorpierie de toute justice. Et, 
pour aehever d'attendrir les cœurs, vous nous apprenez que voug 
êtes compris dans ce massnrri' des innocents. On n'a pas [)u pré- 
cisément vous occire, mais, en revanche, on s'est acharné contre 
l'Annuaire de l'Institut, à qui votre belle dissertation donnait 
tant de prix. 

Pauvre liomm»; ! si vous saviez imiter JMe TX de loin seule- 
ment, vous n'auriez pas constamment au cœur «ette rage satani- 
que qui vous pousse à vous ruer, comm'^ un Vandale ivre, con- 
tre tout ce qui tend à brider vos passions, surtout votre immense 
orgueil. 

Il est curieux de vous voir épouser' chaudement la cause de la 
minorité du Concile du Vatican, et de vous entendre affirmer 
qu'on aurait dû adopter ses opinions, quand, ii propos de n'im- 
porte quelle assemblée délibérante, vous sou t' nez comme vérité? 
indéniable que c'est la majorité qui fait la loi et que tout ce 
qu'elle décrète est juste, obligatoire et même sacré. Mais si l'o- 
pinion de la majorité est infiniment respectable, lorsque cette 
majorité se compose de laïque, pourquoi n'ea serait-il pas de 
même quand elle est formée des princes de l'Eglise ? La blouse, 
surtout la blouse révolutionnaire, commuui(jue-t-elle aux votes 
une vertu que ne possède pas la mître ? Veuillez, M. Dessaul- 
les, refléchir lù-dessus et nous expliquer ensuite le mystère de 
vos contradictions. 

Comme la majorité ne fait pas le vrai et qu'elle est tout aussi 
exposée à errer que la minorité dans ses opinions, puisque rien 
ne lui garantit l'infaillibilité, il en résulte que le véritable Con- 
cile et par con,?é(|uent l'Eglise du Christ, ne se trouve pas là où. 



im- 
érité 
t ce 

l'o- 
cctte 
de 
ouse, 
votes 

saul- 
e de 

aussi 
rien 
Con- 

llàoù 






— 63 — 

il j a le plus d'KvO(|ues du mfMiic pontimcnt, mais là on sont \('A 
Ev^ucH uni?» au Pape, qu'ils soient en |>etit nombre ou en trrand 
nombre, peu importe. JtWs-Christ a voulu qu'il en fut ainsi 
et il faut, quoi qu'en dise l'orf^ueil, en passer ])ar 1;\. Donc, c'est 
une question parfaitement oiseuse, au sujot dos Coneiles, «pu* de 
.parler de majorité (»u de minorité. iSeulement. fpinnd la majo- 
rité des Pères d'un couoile œcuménique, et surtout la ;:raiide 
majorité pense comme le Pape, c'est un spectacle plus coii.solant 
que quand il se produit de malheureuses scissions. Mais alors, 
les seuls à plaindre sont ceux qui s'obstinent dans leurs senti- 
ments propres. l'our l'Kjjrlise du Christ, elle est toujours là où 
est Pierre, scion la belle parole de Saint Ambroise. 

Les Pères de la minorité ne vous donnent pas complète satis- 
faction cependant : ils ont fini par adhérer au do<;me de l'infail- 
libilité. « C'est triste, dites-vous, que de voir tant d'hommes 
érainents par leur savoir et leurs vertus préférer abdi(|uer leur 
conscience plutôt ijue de maintenir inflexiblement ce qu'ils ont 
dé/nontréavec évidence être le vrai : )» 

îîs n'avaient pas démontré avec évidence qu'ils étaient dans 
le vrai, puis(jue rE:;lise, qn'inspire et dirige l'Esprit-Saint, a 
prononcé contre eux. Ils ont reconnu qu'ils avaient eu tort, et 
ils ont eu, en se soumettant consciencieusement aux décisions de 
l'Eglise, un esprit de foi et d'humilité que vous n'êtes pas en 
état de comprendre, car l'Ecriture dit que l'/tom^/jt; animal ne 
peut pas percevoir les choses de Dieu. 



XV. 



Autres espiègleries et fredaines de M, Dessaulles. 

Vous prétendez, M. Dessaulles, que l'ultramontanisme, c'est-à- 
dire la doctrine de l'Eglise romaine, enseigne que le Pape est 
non-seulement infaillible, mais impteccaUe, parce qu'on le nomme 
saint. C'est une fausseté que je signale, non pas précisément 
pour la réfuter, mais pour montrer quel est le nombre et la qua- 
lité des niaiseries que vous avez accumulées dans votre Grande 



— 64 



queiTf. Tout ic monde sait parfaitement bien (jue le Pape e^t 
qualifié (le aaint, non pas en eonsidi^ration de sa .-sainteté pe»*K»D- 
nelle, mais à cause de l'éminente dignité de sa charge. ^"«»t 
ainsi que dans le Nouveau Testament tous les tideles sont apj)0- 
Jés saints, à cause de la suhlimitc de leur vocation. 

Vous trouvez exor^'itant fju'cw dise les sainicx congrégations» 
tomaines, et, pour jeter du di.scrédit sur cette très-juste (jualifi- 
catiou, vous ajoutez : « Tout ce qui touche au Pape est i^aiiit, 9t 
la population ignoran<'c et fanatisée de Rome dit encore à l'heure 
qu'il est : le saint cuisinier, et elle va même jusqu'à dire ks 
Hai^ite!' écuries, les saints carosses on les saints chciuntx, ([uand 
cil'- voit pas.ser les équipages du Pape. » Voilà t'vt;os du nou- 
veau. Personne jusqu'ici ne s'était encore douté que les écuries 
du Pape fussent mol)iles, et pusiîcnt fij^iurci* dans ses écjuipageïi.- 
Vous dc.ueurr^ez célèbre ])our avoir fait cette trouvaille. 

Et puis, supposons qu'il soit vrai qu'on dise les saintcsétmriee.- 
los saints carosses, les saints chevaux du Pape : en quoi cela 
jurerait-il |>lus que de dire Vhonorahle Dessaulles. Vous tolérez 
vM'pendant (;cttc dc-jière alliance de mots, et vous l'approuvez 
uiême ; alors, ne soyez plus si délicat à propos de ([ualificatioas 
honorifiquos. , , 

A la page 87 de votre Grande cjverre, vous vous ruez de nou- 
veau contre K\s buPos dogmaïKjues des Papes et vous dites : 
(I Ceux qui Cut étudié le -droit caViOn et surtout médité sur ce^: 
innombrables bulles où les I^apes ont proclamé tant de principes 
faux, à t/ous les peints de vue, et particulièrement /aw:<; eu mo- 
rale ; ceux-là, dis-je, sont loin d'être dispo.sés ^ voir chez eux la 
source inspirée du juste et du vrai. » Ces paroles sont foncière, 
ment héréti(jues et vous mettent sous le coup de l'anathème. 
Peut-être eci»endant que la bêtise vous excusera devant Dieu : 
mais votre œuvre n'en demeure pas inoiiis criniinell'^ en elle-mê- 
me. Aussi, v(.il;i pourquoi elle a nécessairement dû être proscrî- 
w'. Tout ce que vous vous é->jrtuezà mettre à la charge de 
«Certains P«pes, par de longues citations, afin d'étajer cette 
-odieuse proposition, est réduit en poussière par la définition dog- 



(i5 



œatiquo do l'înfaiHibiHtt'. D'ailKnirs, quand même; cotte détini- 
don n'aurait pas eu lieu, v((.s accusations tomberaient d'elles-mê- 
mes, car elles portent le cacliet de l'iiinorance et du mensonge. 

Vous trouvez étranujo que Srionfo ait affirmé que le Pape a, 
droit aux mêmes honinnri< que lp.i Saints et !•■< Anges. Si ces 
paroles sont ir>exactes, c'est parce ((u'ellcs ne disent pas assez ; 
cai' le Pape tient sur la terre la place de Celui qui est infiniment, 
au-dessus des Saints et des An:;es, puisqu'il tient la place de Jé- 
sus-Christ lui-môme. Si donc vous saviez votre petit catéchisme, 
vous ne feriez pas de ces tirades qui ai)pellent h; sourire sur les 
lèvres d'un petit enfant qu'on prépare à la première communion. 
savantifié et savantifiant ^[. Dessaulles ! Que vous avez de. 
choses à apprendre pour (ju'on puisse dire (pie vous po.ssédez vos 
éléments ! 

Toujours en vuq de discréditer les Papes, de les livrer même 
au ridicule, vous écrivez ce qui suit : h II s'est trouvé un cano- 
nistc italien pour montrer, par un calcul matliéiniiri<|u<; en règh', 
que le Pape était 1744 fois plus gran<l (|ue rKni|Kr<Mir. ^fais 
ua canonisto français trouva son confrère du Sud beaucoup trop 
modeste dans son calcul, et il en fit un autre démontrant (pie la 
grandeur du Pape équivalait à 6045 fois celle de l'empereur. 
Et un mauvais plaisant de l'époque vint à son tour démontrer 
encore une légère erreur chez ce dernier, et prouva irrésistible- 
ment, par de nouveaux calciils. qu'il s'était tronqu' de près d'un 
huitième dî^us son estimation. » 

Ces jeux d'esprit, (jui n'ont jamais tiré à conséqiienc»'. me rap- 
pellent que quelqu'un, faisant des opérations Tuatliéniatiques sur 
le nombre (îtTlî, qui est celui de la Hêtc de l'AjMicalyjise, a trou- 
vé que votre honorable individualité exprimait une val<Mir nu- 
mérique égale à la millième partie de son éehin(i. y comprit un 
petit bout de la queue. Ces mathématiques ! «îUes diserit de 
drôles de choses ! 

Vous êtes scandalisé de ce (|ue la ('ii-ilfà rapp^'lle cett > vérité 
que le Piipe est Jxge sonvernia des loin ri i lies. Uien de plus 
vrai, néaiunoins ; car, s'il en était autrement, il y aurait une mo- 
i-aie qui uo serait pas dépendante de la loi divine, ce qui répugna 



■>.■'■;■ 



— 66 






<^videniuient. Le pouvoir civil a h droit de législatcr dans ia 
tphère rjui lui est propre et de l.-i maiiière qu'il l'entendra, pour- 
vu cependant qu'il ne blesse en rievi le dogme ou la morale. Si- 
tôt que l'un ou l'autre est mis eu cause, le Pape a le droit et le 
devoir d'intervenir. 

Je sais bien que cette théorie ne vous va guùrc, à, cause de voft 
passions politi(iues ; mais la loi divipe ne saurait être modifiée 
par cela seul qu'elle vous déplait. Ce q\uî vous dites des loiB 
ecclésiastiques, à ce propos, est le simpeternel refrain que vouh 
rebâchez : les Pajic.s et l'Eglise exercent mi pouvoir qails n'onC 
pas. Ce refiaiu est une protestation de l'hérésie, et voilà pour- 
quoi vous n'êtes plus catholique, quoique vous prétendiez l'être.- 

Vous parlez de la sévérité de Nicolas V, relativement à 
Etienne Porcaro. S'il faut accuser ce Pape, à l'occasion d'ua 
tel mécréant, c'est assurément de trop d'indulgence, et non pas 
de Bévérit<\ Porcaro était un révolutionnaire de la pire espèce. 
Voici ce que dit de lui le protestant (Jibbon, non su.spect de par- 
tialité à l'égard des Papes : 

Il Porcaro se fit des partisans et ourdit une consj)îration. Son 
neveu, audacieux jeuiîc homme, réunit une bande de volontaires^ 
et, à un soir marqué, prépara une fête dans sa maison pour left. 
amis de la république. Le chef des conjurés qui était parvenu 
à s'écliapper de Bologne, se présenta au milieu d'eux en habit de 
pourpre et d'or. Sa voix, sa contenance, ses gestes, tout révélu 
l'homme qui avait donné sa vie à la glorieuse cause. Il déroula, 
dans une harangue soigneusement préparée, les motifs et les res- 
sources de l'entreprise, le nom et les libertés de Rome, la fai- 
néantise et l'orgueil des tyrans ecclésiasticpies et surtout du pap« 
Nicolas ; l'assentiment probableet le concours actif des Romains ; 
trois cents soldats et (juatre cents exilés exercés à manier les ar- 
mes ; le plaisir de la vengeance, et de l'or pour payer la victoire. 
H II sera facile demain, fête de T Epiphanie, ajr»uta-tril, de saisi - 
■A le Pape et les cardinaux devant les portes ou à l'autel de Saint- 
« Pierre, de les cor.duire enchaînés au château Saint-Ange, d3 
.« monter au Capitolo, de sonner la cloche d'alarme et de rétablir 
gi la république romaine. » Mais, au moment où il cioyait tou- 



— b< — 



left. 

rvenu 

bit de 

vêla 

ula, 

res- 

fai- 

papc 



I 






Ubli! 
'OU- 



ther au triomplu', il ('(ait déjà trahi ^,u un do ses cojriplicop. Le 
Ki'nati'ur investit la maison où 8e trouvaient les conjurés. Le 
>»eveu de Povoaro parvint à .s"é..'liapper. Etienne l'orcaro fut 
s^aisi et ])endu avi-e neuf de ses conipliees. Après tant de révoltes 
répétées, c'est touj<jursle protestant (4ibbon qui parle, la démen- 
ée de Nicolas V devait se taire. » 

Vous ajoutez. M. Dessaulles, qu'on refusa l'absolution à Por- 
caro au luonu'ut de la mort, et vous déclarez qu'un td refus est 
abominable. Vous- croyez donc aux saerem nit.s de l'Euliso et 
par cansé<iuent à r]']zlise elle-mêm). Alors, pourquoi vous in- 
f>;énicz-vous à la vilipender? Kn vérité, vous donnez da)is d'é- 
lranc:es contradictions! Si l'on a vefu.'^é l'absolution à Porcaro 
au solennel moment de la mort, c'est (^u'il n'était pas repentant, 
et, eu pareil ea-i, eusse été Jésus-Christ lui-niême qui l'eut assis- 
té à ses derniers uioments, il ne lui aurait pas plus donné l'abso- 
lution de î*cs péchés qu'il ne l'a donnée à Judas et au mauvais 
larron, crucifié avec lui sur le mont du (.i\lvaire. 

Autre étrauji'c contradiction ! Plein de compassion pour Por- 
caro, devant qtà vous voyez s'ouvrir 1;îs portes du Ciel, vous êtes 
pans entrailles à l'endroit de JDesfor<;es et de 3Iarie (h-ispin, con- 
damnés à mort et exécutés pour assassinat. Le prêtre, qui les 
a assistA^^s à leurs derniers moments, les voyant accepter, plein dt- 
repentir, la peine capitale avec une résignation ])arfaite, en expia- 
tion de K'ur crime, leur a dit que de l'échafaud ils allaient 
monter au ciel. Ces paroles vous scandalisent à tel point que 
vous les qualifiez de blasphématoires. Vous avez de singuliers 
scrupules parfois, et il serait à désirer fpi'ils portassent sur d'au- 
tres matières. 

En bu'ii des cas, le prêtre peut jui^cr tl<' la vérité comme d».- 
l'intensité du repentir, et, par conséciuent, donner l'assurance du 
pardî)!! M de pauvre.»' malheureux. 8i le bon larron, pjur avoir 
lais.se échaj^per (juelqnes mots exprimant un ripentir sincère, a 
entendu sortir de la bouche de Notre-.Soigneur Jésus-(Jhrist lui- 
même ces consolant-t^s paroles : '( En vérité, je vous le dis, vous 
serez aujourd'hui avec moi dans le paradis. ,) pounjuoi d'autres 
coupables, et. des coupables qui ne le sont pas au même degré que 



w,- *•.>- 



08 



l'a ëtécc pi'ôiléjrié des Diist^iiconK-.s divines, ne pourraifjit-ils pan, 
en vertu de leur contrition parfaite, mériter dentendr(^ les mêmes 
consolantes paroles^? Rien ne s'y oppose, car il ne faut pas met- 
tre au nombre des obstacles à la ,i;r;i(!C votre volonté bitsn arrêtée 
de trouver toujours en défaut les prêtres et l'Eglise, qu'ils exercent 
la miséricorde ou qu'ils usent d'une juste sévérité. Vous en con- 
viendrez. puis<{ue vous vous proelame/< un des apôtres de la cha- 
rité. 

Théolofiicn comme vous l'avez toujours été. et surt^mt comme 
vous l'avez éU^ dans l'aiitoiMne di- lH6t). lorsque vous avez écrit 
sur le défunt Pai/i' tant d'abominations contre la reli<:ion et les 
prêtres, vous dites à Mi>'r. de MontJ-éal, pa<;e 75 de votre OraiKh- 
guerre : « Votre Grandeur nous informa graveiiier>t. comme Evê- 
que, qu'il n'y avait pas d'absolution à la mort pour des catholi- 
ques, qui gardaient chez eux un livre à Vinde-.r. Le Pape, en 
pareille cas, dit prérisémmf /r contraire et excepte txjujours l'ar- 
ticle de la mort. » 

Le Pape, que vous navez cessé de bafouer et doiit vous invo- 
quez maintenant l'autorité, ce (jui uxmtro combien vous avez de 
'in sens ou de bonne i'oi. n'a jamais dit ce que vous prétendez. 
Il y a t-oujour.- absolution à la moit, non scidement des péchés, 
mais même de toutes les censures ecclésiastiques p;'.r n'importe 
quel prêtre, quand le moribond est repentant et s-itisfait, comme 
tel, à toutes ses oblij>ations, ou témoigne le désir d'y satisfaire 
par la suite, s'il ne le peut pas hir H mine ; mais il n'y a ja- 
mais eu et il n'y aura jamais d'ab.s(>lution donnée à un moribond 
qui persiste à aimer le mal et à désobéir à l'Eglise. Ainsi donc, 
quoique vous en disiez, celui qui s'a'harne à garder chez lui des 
livres à Vinde.^ est indigiu' d'absolution. Criez tant *jue vous 
voudrez, ia loi éternelle, qui défend d'aimer le mal, est immua- 
ble, et tous les Dessaulles du monde ne sauraient l'abroger. 

Puis<[ue j'en suis à glaner dans ce chapitre, ji- signalerai enco- 
re un de vos curieux avancés. Vous prétendez que sur les 1.300.- 
000, ('^''^ d'hommes, (^ui formeutla population du globe, lesévêques 
en damnent 1,275,000.000. Ces chiffres, produits dans le dessein 
défaire sensation, ne prouvent quiine chose : <(ue vous n'avez pas 



-"/émigm 1 






— G9 — 

assez 'd'esprit, tant la rajic vous domine, et j(. vous ai d(?jà fait 
cotte remarque, pour donner quel(|ue vraisemblance à vos meu- 
songesi. 

« Lésé vêques ne danment personne. Tous ceux qui tombent 
en enfer y tombent parce qu'ils l'ont bien voulu. Ils ont fait, 
chacun à leur manière, une grande guerre eccUsiastlipte. 

Rééditant ce que vous avez écrit cent fois au moins, surtout 
dans le Pays, vous vous attaquez à la confession et vous dites 
<|uc les prêtres se servent du confessionnal pour dominer le mon- 
de. La preuve, que vous en donnez, c'est qu'une respectable 
mère de f imiUe, trè,-,-pieuse, et qui allait à confesse par consé- 
((uent, ne cessait de .ffourmaudor son fils; parce qu'il appartenait 
à votre nuuoux Institut, u C'était le confe.s.seur de cette femme, 
plus pieuse f| n'éclairée, dites-vous, qui était eause que ce pauvre 
enfant ne pouvait goûter de paix à la maison. Il a été obligé 
de sortir de l'Institut. » 

Encore un manque de juuemcDt, M. DessauUes. Ce que vous 
f.résentez comme un abus du confessionnal, prouve que c'a été, 
au contraire, un grand service rendu. Une des âmes, que vous 
pervertissiez, a été arrachée de vos griffes. On comprend que 
cette brèche, faite dans vos rangs, est de nature à vous mettre 
de mauvaise humeur; mais l'on no s'explique guère comment il 
Hc fait que vous on informiez le public d'une fac/on très compro- 
mettante poui- vous. 



xvr. 

Sourrraln'-f,'' d„ ■i>enph'.—Edac'tflon.~Tm.mHn'ué>< ecdénmfl- 

ques. 

Vous dites. M. IX'ssaulles, page 51 de votre (h-ande guerre : 
« La l'apauté n'a-t elle pas coudamné toutes hîs constitutions dé- 
ccmlant du principe de la muveralneté du peuple, et consacrant 
la liberté de consetence et des cultes ? Donc, il faut détruire 
les institutions p-.pulaires et tous les établissements d'éducation 
que le clergé ne (-(.ntrôle pas. >. 



70 



Si vous aviez asstz tl"iiitellit;ciicc pour ne pas tout coi)fondi-o 
et t<>ut embrouiller, vous sauriez que les Papes n'ont eondamné 
aucuîie forme de gouvernement. Ce qu'il.s ont condamné et ce, 
qu'ils condanmeront toujours, en s'appuyant sur l'autorité de 
Dieu même, ce sont les f\iux principes sur les<imls on prétend 
faire reposer ces formes de ^'ouvernement. Lorsqu'un n'est pas 
toqué, on voit cola comme par intuition. La vraie dénK>cratie, 
la démocratie chrétienne, est, on peut dire, en }>leine vigueur 
dans l'Eglise, car tout s'y fait pour le plus grand bien des adiu- 
uistrés ; mais, de là à dire que le peuple est souverain, il y a un 
abîme. • 

La souveraineté du peuple est un non-sens, une absurdité. 
Quelques considérations sufll >t pour* établir cette proposition. 
Si le peuple est souverain, u .ommande: il n'est pas possible 
qu'il en soit autrement. Mais à qui peut-il commander, en ver- 
tu de sa prétendue souveraineté ? A nul autre qu'à lui-même, 
c'est évident. Le voilà donc en même temps souverain v.t sujet; 
souverain et sujet de lui-même, ce qui répugne au plus iiaut dé- 
gré. Il faut être ignorant, comme on l'est à notre épo((uè. p<nir 
avoir inventé cette bêtise de la souveraineté du peuple. Ce n<! 
sont pas les nations du moyen-âge qui auraient consenti à s'hu- 
milier justjues là. • * 

■ Qvu'lles que soient les paroles flatteuses dont on réiiale le peu- 
ple pour le tromper et l'exploitei-, une chose reste toujours vraie 
en théorie comme en piatique : c'est que le peuple n'exerce et 
n'exercera jamais le moindre acte de souveraineté. Il dépend 
toujours d'un pouvoir qui le domine. Au temps des élection.s, le 
peuple est un simple et vil instrument, un instrument intelligent 
qui désigne les per.sonnagea aux mains de qui sera confié l'exerci- 
ce du pouvoir ; en accomplisant ce rôle, il est .soumis à des lois 
nombreuses qu'il n'a nullement confeetioimées et ((ui lui rappellent . 
qu'il est loin, bien loin d'être .souverain. Donc, mensonge, et 
men.soiige de la ])ire espèce que ce prétendu principe delà .souve- 
raineté du peuple. 

Je no dis rien ici de la liberté de conscience et des cultes, car 



— 71 — 

jo voiH on ai loiio-uoment parlé ailleurs, et je vous ai .lémontrtT 
que ces libertés sont fausses et que leur vrai nom est la /t- 

Quant aux établissements d'éducation que le clergé ne contrÔ- 
k pas, il est dans l'ordre qu'ils disparaissent, puisque tout ensei-. 
^n«-ment, d'après la volonté bien f.n-nielle de Dieu, doit venir do 
^'Eglise ou être surveillé par elle. Les impies de votre trempe 
ne veulent pas qu'il en soit ainsi, car, sachant que l'éducation 
fait l'homme, ils n'ont rien tant à cœur que d'en doctriner la 
jeunesse, afin de lui inoculer la haine dont ils sont animés contre 
Oieu et son Eglise, et par suite de s'en servir pour réaliser leurs 
criminels desseins. Partout où vos pareils ont réussi à se ren- 
dre maître de 1 éducation de la jeunesse, il s'est échappé des 
âancs maudits de leurs institutions une engeance stupide et féro- 
ce qui n'a su que se gorger de sang et se vautrer dans la plus 
hideuse de toutes les fanges. Vos derniers élèves sont les Com- 
œuneux et Ion n'ignore pas ce que valaient leurs doyens. 

Voyant vos réclamations inefficaces et vos écoles désertes, vous 
plaignez cette pau.-rejemiess,' que fa(;onne le clergé, lequebparrf^.» 
souplesses infinies Jes pins r/mcirnses niinex, tra^ille à ne la fai- 
re penser que par lui, et l'empêcho de se livrer à des étudesap- 
profondies. à examiner le jwur et le contre. Triste et déplorable 
lacune dans l'éducation, en vérité, que d'ignorer ce que disent 
ies sots et les impies ! Lorsqu'on sait que vous, M. Dessaulles, 
êtes un des plus brillants nourrissons du système que vous pré- 
conisez, on se sent peu de gofit pour en essayer. II vous faut 

nécessairement changer d'allures, si vous désirez devenir popu- 
laire. 

Les immunités ecclésiastiques, immunités personnelles, réelles 
et mixtes vous mettent en fureur. Mais rappelez vous donc, 
pacifique et charitable M. D^s^aulles, que l'Eglise .se gouver- 
ne par elle-même, indépendamment <le tout autre pouvoir, et 
que conséquemment elle peut établii- les immunités <^xte\\G juge- 
ra convenables, et que ces immunités valent, malgré vos protes- 
tations. D'ailleurs, pourquoi tant parler contre les immunités 
ecclésiastiques lor.^que tous les gouvernements, mÔme les gouver- 



72 



Tiements démocratiques, 8Î clicrs à votre cœur, se montrent trèp- 
libérauxcii lait d'iinriunités ? Pour ne pas vous fatiguer par une. 
longue énuuK'ration, qu'il me suffise de vous remettre en mt- 
înoire que Ick hommes de profession sont, de par la loi civile, 
exempts du service militaire, et (jue les «raj^es des salariés du 
;rouvernement ne tombent pas sous le coup de la saisie judiciaire^ 
au moins dans leur majeure partie, immunités qui vous vont à 
merveille et contre lesquelles vous ne trouvez rien à dire, puisque 
vous en profitez. 

XVII. 

IJlfctioits. — Décirlx des Conciles. — Mgr. de Rlnwvi<ki et Mgr.. 

Bailhirgeon. 

Vous trouvez mauvais, j\F. Dessaulles, <|ue les prêtres se mê- 
lent d'élections, comme on dit chez vous, et en parlent en chaire, 
Soulevant cette (fuestion, vous énoncez, contre votre habitude, 
fjuelque chose de vrai, mais, la mauvaise nature reprenant son 
empire, vous tombez de suite dans les exagérations outrées. 

Qu'il soit tombé du haut de la chaire, dans le temps des élec- 
tions, des paroles peu mesurées, imprudentes, parlbis inopportu- 
nes et même déplacées, tout le monde le conçoit et même l'avoue. 
Il y a des écrivains, des pamphlétaires, qui devraient ]trendre le 
temps de réfléchir, parce <|ue rien ne les presse, et qui donnent 
dans bien d'autres écarts. Soyez donc indulgent, M. Dessaulles, 
81 vous voulez qu'on le soit pour vous. 

Pour remédier aux maux que vous signalez, et ces maux, on 
les avait vus avant vous, nos conciles provinciaux, qui n'inovent 
en rien, mais ne font que développer et appli<iuer aux cas parti- 
culiers les règles générales de TEglise, ont formulé d'in\portants 
décrets, qui ont été vus et revisés à Home, et que nous sommes 
t^trictement obligés de respecter. 

Ces décrets ne disent point que les prêtres ne doivent prendre 
îiucune part à la politique ; c'est le contraire qu'ils affirment. 
Ils indiquent, de plus, quelles sont les qualités des candidats 
qu'il convient d'ai)puyer, de même que les défauts de ceux qu'il 



/jmëm 



— 73 



i > 



faut repousser. I*ar lii iiiOino. ils autorisent les prêtres à .se pro- 
noncer énergiquement tn laveur de certains eauditlats et iV met- 
tre les gens en garde cuntrc d'autres. Rien de }>lus clair. VeHi, 
ce que vous n'admettez point cependant. Mais la doctrine, que 
vous prêchez comme étant ci'lle de l'Evangile, ne l'est pas le 
moins du monde ; loin de là, elle contredit formellement les en- 
seignements de Jésus-C'lirisi. Si votre doctrine était vraie, le 
troupeau du Seigneur se trouverait bien à la merci de loups ra- 
vissants, et ceux qui ont été chargés de veiller à la conservation 
do ce troupeau n'auraient ])as la faculté de le défendre. 

C'est donc à tort, et à grand tort, (}ue vous avance/, ù l'appui 
de votre manière d'envisager les choses, (|ue iionihri- de ctncilex 
et novihre ilévêques ont défendu aux prêtres de surveiller et de 
tliriger les élections. Je vous mets au défi de citer une seule 
autorité qui vaille, en faveur de vos dire«. 

Il est bien vrai que vous invoquez l'autorité de Mgr. de Ki- 
mouski ; mai- les ])aroles du vénérable prélat n'ont pas la signi- 
fication qu'il vous plait de leur donner. Mgr. de ilimouski ne 
parle que des cas ordinaires où les candidats politiiiues, quoique 
difFérant d'opinion relativement à des (juestious d'un intérêt pu- 
rement local et particulier, professent néanmoins le même respect 
et le même amour pour les principes qu'a toujours défendus l'E- 
glise. Il désire que son clergé ne se prononce alors ni contre l'un 
ni contre l'autre des candidats, vu que le débat n'intiires.se aucu- 
nement la religion. 

Cette doctrine est oïdle que tout lo mond(; admet, maïs n'est 
pas du tout celle (jue vons voudriez faire [irévaloir, en la mettant 
à la charge d'un évri|ue. Ivlle en dift'ère essentiellement. 

Il est pour le moins curieux de vous entendre faire grand 
bruit à propos de l'autorité doctrinale de Mgr. de Himouski, 
dont vous travestissez gauchement les paroles, lorsque d'autre 
part vous refusez .le recevoir les enseigu<iments des ]'.;pes et des 
conciles généraux. Si Mgr. de Rimouski avait le malheur d'être 
ce que vous dites, c'est-à-dire de partager vos idées anti-chrétien 
nés, il ne serait plus une autorité, car toute autorité enseignante 



— 74 — 




vient du Pape, ot celui (jui on est ro\('tu doit nîdiiv fidùlcnjent 
la doctrine d<> Rome, mère et maîtresse de t<^mtes les E'^lises. 

Vous insistez, de plus, sur ces paroles du défunt arehcvtk{Uft 
<Je Québec, Mgr. Baillargeon : i Votez d'après votre conscienco 
et non d'après celle d'un autre ; » et vous vous en faites une ar- 
me contre les prêtres qui repoussent la candidature de vos pa- 
reils et aussi contre les évêrjues qui défendent la lecture de vos 
journaux. Les paroles, que vous citez, comme étant de Mgr. 
Raillarjicon, ne peuvent réellement signifier que ceci : « Ne vous 
laissiez pas diriger par des aveugles, encore moins par des impies, 
quand il s'agit de donner votre vote ; mais, si vous n'êtes pa.i 
«apables de prendre par voiis-mêmes une détermination qu'ap 
prouvent la raison et la conscience éclairée, consultez vos guider 
naturels, c'est-iVdire vos prêtres, et, après avoir ref;u leurs avis, 
vous vous formerez une conscience que vous pourrez suivre sans 
craindre d'offenser Dieu. » 

Tel est évidemment le sens de ccsquel((ncs mots, qui d'ailleurs 
n'ont pas besoin d'être expli<jués, tant ils sont clairs par eux-mê- 
mes. Mais pour vous, M ssauUes, qui saisissez d'autant moin,s 
les choses qu'elles sont pius intelligibles, vous faites jaillir de 
<3es mots, -en dépit du simple bon sens, tout un monde d'énormité^i. 
Il fallait s'y attendre, car vous avez depuis longtemps contracté 
l'habitude de cette façon d'agir ; c'est ainsi (jue vous procédiez, 
lor,s|ue vous dogmatisiez au Pai/x. Tous vos écrits, soigueu»se- 
ment distillés et passés à l'alambic, ne donneraient pas au réci- 
pient, la millième partie d'une once de sens commun. 



XVITl. 



Dea discussions. — Divergences (ropiniorm entre nos Evêques.- — 
Ce quil/iiut entendfe pour et contre un livre afin de le juger. 

Vous vous élevez fortement contre les discussions qui ont eu 
lieu ces dernières années, dans la province ecclésiastique de Qué- 
bec, ;i propos de questions religieuses, et vous feignez d'avoir été 
très-mal édifié ù cette occasion. 



Voua êtes un lioiimif cxtivmcnieut difficile ù cniitcnter, M» 
PeHSûulle.s ; vous l'avez cent foirf [trouvé en vous attaiiuant à pciii 
près ik tout ce qui a 6té divinement dtahli par Notre Sei^ieur 
JéHU8-Chrit»t. Kt counnent Dieu lui-même pourrait il réussir à. 
v<U8 donner ]ilt'inc .satisfaction, piiis<|ue vous ue savez pas co que 
vous voulez ? 

Kn effet, si l'E^liao, pour des raisons que tout lionimo scns(^ 
reconnaît excellentes et décisives, défend les discussions en cer- 
tains cas, surtout quand il s'agit de propositions évideuimfnt cer- 
taines ou de vérités clairement définies comme t-tant de toi. vous 
crieit ù l'injustict', à l'intolérance, au despotisme le plus affreux. 
Vous voulez à tout prit qu'on discute et qu'on dispute. 

Mais que l'EglLse tolère, permette ou encourage les discu-wions 
consciencieusement faites, lors((u'il s'agit de défendre la vérité et 
la foi, d'élucider des questions demeurées libres, parce (jue les 
rai.sons allé-uécs pour et contre sont à peu près d'égale valeur, 
vous jetez de nouveaux les hauts cris et vous répétez à .«atiété, 'X 
tous ceux ((ui ont assez dabnégation pour prêter l'oreille à vos 
dires incohérent*;, (jue les plus grands scandales régnent dans lo 
liea saint ! 

A quoi bon répandre tant de flots d'encre pour attester ce qu^ 
vous ne comprenez |)as vous-même ? Quoi ! il n'y a qu'un ias- 
taût vous maud usinez l'Egli.se sous lo prétexte qu'elle com|)riui.'. 
la liberté de penser et d'écrire, et maintenant vous la maudis.S4» 
encore sous cet autre prétexte qu'elle accorde trop de liberté à. 
ses enfants ! i>rave homme, vous êtes éviilemment mêlé ! Tra- 
vaillez d'abord à vous mettre d'accord avec vous-même ; vou,s 
pourrez ensuite songer à régenter les autres. 

Ce qui aujourd'hui Jîurtout vous mal édifie singulièrement, ce 
sont les di-^cussions entre prêtres, les divergences d "pinions entr • 
évêques. Mai;- l'Ecriture Sainte ne nous déclare-t-elle pas que 
bon nombre de (juestions ont été lais.sées ;\ la dispute «les hommes, 
et i'histoir-4' ecclésiastique ne nous apprend-elle jioiut d'auti ■ part 
que, dans tous les siècles, il y a eu de ces discussions et do cen 
divergences d'upiuions que vous déployez comme quelque chose 



— 76 — 

ilab«(tluiii"nt iiisolito ? De quel droit pr<<t(Muloz-voiis (|ue Ion Dr^ 
ires et les cvOques ne doivent point discuter quand il y a réelle- 
ment niiitiùre à discussion, ou doivent être du mémo avis sur d»« 
(|UCstions embarrasst^es et obscures, que la discusnion seule jK'ut 
(•lueidor ? Quand il s'aj^it de r.ensei<rnoment de l'Eglise, tous 
sont nécessairement du même avis, en dehors df cet enseignement, 
les opinions peuvent être partaiçëes, comme elles le sont Ti'»]]e- 
ment. A vous en croire, vous êtes voué dans les matières t!»éo- 
logiques et ecclésiastiques ; comment pouve/.-vous donc iLiiorer 
les choses élémentaires sur lesquelles vous me forcez d'apjt.'lor 
votre attention ? Ce n'est pas en débitant perpétuellement des 
' somett' 8, des non-sens et des impiétés i^rossières que vous con- 
vaincrez le public instruit que vous possédez Valp/ni et Vnméga 
de la science. 

Sur quoi, en dernière analyse, ont porté les diverj^eiuies d'opi- 
nions qui ont dernièrement éclaté entre les princes derE<;lise du 
Canada ? Unifjuement sur des faits laissés à leur appréciation. 
Tous se sont montrés d'accord sur les principes qui régissent ces 
faits, et c'est là ce (jui importait ; mais, relativement à l'applica- 
tion des jirincipcs, ils ont exprinu; divernes manières de voir. 
Qu'est-ce <iue cela prouve ? Que quelques-uns d'entre eux, pour 
des causes qui peuvent être multiples et exonérer complètement 
leur conscience, i\\mt pas eu l'avantage de connaître suffisamment 
les faits sur lewjuels ils avaient à se prononcer, bien (ju'ils aient 
cru, d'après l'exjtosé qu'on leur en a donné, pouvoir porter leur 
jugement avec parfaite connaissance de cause. 

La mCnno chose ne se produit-elle pas fréqu(;nuuent dans tous 
corps délibérants, depuis le plus infime jusqu'au ]>lit- élevé ? Mais 
oui, et personne ne songe, pas même vous qui Otts .«-i pur, à les 
incriminer à ce ^ujet. Pourquoi cela ? Parce (|ne iiiille ciroa*- 
tances modifient dop faits qui semblent identifjucs au preraier 
coup d'œil, mais qui exigent des solutions fort (litférciit-s, et que 
pour résoudre un cas pratique, il faut la plupart du temps pren- 
dre la résultante de plusieurs prhicipes d'une application diflijile. 



< t 



à caas«ft »iu vaunt' » t <lo rindéteruiiné qui ivuiu ut dnu* Icxposo 
des iait^, (jiuUjuo noiu (juc l'ua preaue à en bien oonnaitiv teuton 
lc8 particularitj'x. 

Lorwiuon rail It; procès à un livre ou i\ uu t^crit queltonqno, 
Il n'y a pas liru de t«înir compte de Hcmblahlos considération-^ 
car quelles qu«; soient Ion Iwnnc» intentions de l'auteur, son livre 
est ce qu'il est : il prouve et dépose contre lui-même, sans «|uil 
■oit besoin d'entendre autre que lui. Voilà pouniuoi, (|u;!iid il 
arrive qu'une Congrégation romaine, par exemple, a pou; )»e-s(»gne 
d'examiner un livre, afin de se prononcer ensuite sur la bonté, la 
malice ou le danger de ce livre, elle n'a nul besoin d'entendre des 
explications ou des justifications ; elle ne le doit pas même, si ce 
n'est en quelques cas fort rares pour rendre justice aux bonnes 
intentions de l'auteur dont le livre est condanmé. 

Ve \à. il faut nécessairement conclure que les plaintes, quft 
vous formule/, contre les Congrégations romaines, qui ont con- 
damné rannuaire de l'ïnstitut-Canadien et votre superbe disser- 
tation, parce (^wv vous n'avez pas été admis X faire entendre vo- 
tre plaidoyer, n'mit pas le plus léger fondement et sont mCmes 
ridicules. Car. encore une fois, un écrit porte en lui-mén 
tout ce qui peut déposer en sa faveur ))u le rendre digne de 
v-ensT;re. 

XIX. 

■ Mauvais coniph'iiff'nf:/ qnmh-em', M. Densaulles à Mgr. l'Arrhe- 
• vêqiie dr (Québec, et à quelques-uns de ses stijfra- 
gaiits. — }fg)\ d^ Montréal reconnu pour It 
' ; défemenr de raltramontanisme. 



Vous profitez. ^F. Dcssaulles, des discussions et des divergen- 
ces d'opinions, dont je viens déparier, pour adres.ser un très- 
pauvre compliment à Mgr. l'Archevêque de Québec, de même 
qu'aux évê(|ues de saint Hyacinthe et de Kimou.ski. Vous les 
félicitez, en effet, de favoriser des opinions qui finiront, espère'.:- 



— 78 — 



vous, par étouffer '"ultraniontanisinc en Canada. !*'un autre 
côte, vous vous dépensez à établir que Mgr. do Montréal est i'.-r 
le vrai rcpréf>cntant de rultramon^anisnie, pui;-', en je ne sais» 
c'onibi'^n de pages ce votre odieux pamphlet, vou.s ramassez tcu- 
tes les boucs imaginables pour en anphyxier, s'il e.-t })ossiblo, le 
vénérable préhit, et ruiner par ce moyen les idées (ju'il représen- 
te. Vous attaquez aussi Mgr. des Trois-Rivières nnnne ultr-i- 
montain. 

Tout le monde sait '^•arfaitement ce qu'on désigne sous le nom 
d'ultramontanisme. L est ni plus ni moins que la pure doct; i- 
ne de l'Eglise romaine, c'est-à-dire la pure doctiine de l'Eglise 
catholique. C'est donc toujours la vérité révélée, l'Eglise, Jé- 
fcius-Christ lui-même (jue vous persécutez, lorsque vous faites do^ 
si risiblcs efforts pour écraser rnltramontanisme, qu'on affection- 
ne tva notre pays. Il résulte de là, qu'eu accablant Mgr. àe 
Montréil de mille injures, comme vous faites, parce qu'il est 
vraiment ultramoutain, vous décernez à ce vénérable piélat, qui 
le mérite bien du reste, le plus magnitique éloge (ju'il soit pos,?!- 
Me de concevoir. Vous reconnaissez qu'il tient à Kome par i-v 
entrailles, c'c^t-à-dirc qu'il est prêt à s'immoler pour maintenir 
intacts tous les droits de la vérité, et c'est pour le punir de son 
attacùomont à la vérité et à la justice que vous vous acharneîi 
contre lui, et lui prodiguez les plus misérables insultes : 

Si bêtes que soient les impies, ils ont le flair excellent pour 
Tcconnaitre la vérité là où elle se irouve. Soit, instinct brutai, 
soit inspiration f atanique, ils se sentent pris d'une rage insensée 
à sou seul aspect. Ils se livrent alors à mille contorsions et s'é- 
puisent à salir ceux qui la représentent, à exalter ceux qu'ils 
croient être ses adversaires. 

Je ne ferai pas à Mgr. l'archevê(jue de Québec, non plus qu'à 
N.N. t-5.S. les '5vêques de Saint Hyacinthe et de Rimouski, l'in- 
jure de croire que vous les avez bien jugés. Non, certes ; ces 
vénérables prélats veulent être franchement ultrumonfains et ils 
i'oni/ déclaré en de solennelles eircouf<tiinees. Vous n'avez donc 
pas raison de les prendre sous votre égide et de 'es. réclamer 
C(.mme vôtres, <|uoi«j|Ue puissent donner à croire certains de leing 



— 70 — 

actes qu'ont applaudis les corypliées dr l'imjtiétt.' et du nuiLiiMv.o 
en Canada. Mais yi no puis ui'einpôc!i"r d'avouer ({u'ils ^'ubiJ'- 
hent aujourd'hui devant tmit le pays la plus terrible de tout<M 
les épreuves, en recevant vus ai>prubations. vas applaudisseuKînts 
et vos homuiafies. (,'etto épreuve .si profondément ]iumiliant<\ 
Dieu la permet sann doute pour épurer leur veitii et leur faire 
aimer davantaj^e ces duetrinjs ((u'uii désirerait leur voir répUr- 
dier. 

XX.. 

La Polémiqiie rtliijicn.sr eu Otnuda. — On se dérhltr riifir prètri^i 

etévequen. — Le n ''"médle Li/h-twle » — Lr n .Yoin-ran- 

Mondti .1 et le (( Franc-Parleur. >i 



"La polémique reliuietiso, l(U'sqii'elle est surtout conduite et 
faite par des prêtres, excite voti-e rage, M. Dessaullcs. 11 rrcr-t 
guère possible que ce pbénomèrie ne se produise point, étani ce 
que vous êtes. Comme tous ceux qui exercent le briganda-re. 
vous redoutez que la lumière se fasse et jéeouvre la profondeur 
des abîmes où vous et les vôtres désirez précipiter notre société, 
afin de trôner sur ses débri». après vous être engraissé de ses dé- 
{jouilles. 

Vous faîtes mine d'éprouver une vive horreur en voyant des 
ecclésiastiques discuter contre d'autres ecdésiastitiues, et, pour 
mettre davantage en relief le calme où .se C(unplait votre vertu, 
vous peignez la tempête bien plus grosse ((u'elle n'est en réalité, 
ijtîs hyperboles uutiées vous semblent le meilleur moyen de réa- 
liser les coupables es[»érances que vous avez conyu»;s. Jiap[iele/. 
vous cependant que la vérité seule e.*t féconde et (juon ne b.'itif 
rien de durable sur le mensonge. 

S'il était vrai (jue vous fu.ssiez convaincn (juc; les di.scus.v:iotis 
entre ecclésiastiques ont été ce que vous dites ; s'il (Hait vrai que 
vous fussiez plein de cette charité chrétienni; ((ue votre bel u-il 
ne découvre plus dans l'Eglise, auriez-vous renchéri, et n uchéri 
au-dclil de toute expression, sur tout ce ((u'ont été obligés dé- 




— 80 — 

crin', pour défoiidn' lus droits do la \éiil/! et de la justice, ceux 
que vous incriiniuez aujourd'hui ? Vous trouvez blûmablf, 
affreux, même horrible, que des prêtres usent à légurd de leurs 
contrères d'un rlroit, que la raison et la reli<;ion reconnaissent (t 
consacrei't, et vous, vous allez, sous prétexte de redresser leurs 
prétendus t<i /ts. accumuler injures sur injures, calomnies sur ca- 
lomnies ; vous entiissez même ordures s\iv ordures ! Vons vili- 
pendez, en ternies les plus hideux, homme charitable que vous 
^t(^,s, l'Eglise du Chrif^t et ses aufiusU's chefs et ministres, le 
Pape, les Kvô(|ues, les Prêtres et les Religieuses, que vous traitez 
de ienéaiiis et de misérables ; et puis, après avoir ainsi sali de 
votre bave immonde tout ce qu'il y a de plus sacré sur la tcirc, 
vous veiu'z prêchez la charité chrétienne et le respect dû aux 
choses sainUis ! Est-ce donc ainsi qu'on procède, lorsqu'on est autre 
chose qu'un Tartuffe raffiné 'f Quand donc un seul jet de pure 
lumière péuétrera-t-il dans votre esprit dépravé, et vous fera-t-il 
au moins soupçonner ((ue tous vos écrits ne sont qu'un verbiage 
incohérent, un radotage sacrilège "* 

Si les diseussions vous offusquent tan t. pourquoi, homme juste, 
ne vons élevez-vous point contre cette fange (juc ballottent et se 
{■•envoient constamment la plupart des journaux canadiens, à pro- 
p<is d'intérêts sordides, d'odieux tripotages, d'affaires de cuisiiKi 
et parfois dé<nirie ? Tl y aurait là de <nioi txercer votre zèle. 

Quand les ecclésiastiques du Canada se sont fait ce qu'on a 
improprement appelé la guerre, ils n'ont été mus que par le désir 
de s'éclairer les uns les autrep, de faire triompher ce qu'ils ju- 
geaient le plus propre à produire le bien général. Quel<(ues-uns 
ont pu se tromper ; Di"u seul jugera de leurs intentions et d<; 
leur culpabilité. 

Quant à vous, vous vous proposez tout autre chose que de 
servir la vérité et la justice, de rendre honimage à la charité 
chrétienne, lorsque, chétif putois, vous tentc;z d'imprégner l'E- 
glise et ses ministres de votre odeur de putréfiiction. La preuve 
en est toute f'aitx\ Puur la compléter, s'il en est besoin, je vcms 
rap])ellorai que vous menacez le clergé, dans le cas où il reuipli- 



■^ 




ceux 



- 



; 



— 81 — 

rait, en temps d'élection, les devoirs dont l'ont chariié Dieu et 
l'Eglise, de publier, au ri(squ(î de causer un ininiense scandale, 
tous les désordres, mémo secrets, dont quelques-uns de ses mem- 
bres ont pu se rendre coupables. On sait d'avance ce que votre 
liaino et la dépravation de votre esprit peuvent exauérer et in- 
venter en pareille matière ; mais, ce qu'on ne comprend pas, 
c'est que. nourris.sant, dans la bout' de votre (Mour, d'aussi crimi- 
nels desseins, vous ne cessez point de vous vanter de modération 
de justice et de cbarité. 

Entrons ujaintenant dans ((uelques détails. A propos des^ 
affaires des MM. de Saint-8ulpice avec Mgr. l'évêque de Mont- 
réal, vous avouez que, dans le priiuMpe, ce dernier avait par-ftute- 
ment raison d'exiger ce qu'il exigeait ; mais vous le blâmez d'a- 
voir perse veram ment tenu à empk»yor les moyens les plus propres 
à obtenir complète satisfaction. ,Si vous étiez un bomme de loi 
de quelque valeur, vous, comprendriez (|ue quiconciue a droit à 
la fin a par là même droit aux moyens darriver îl cette fin ; l'un 
ne va pas sans l'autre. 

Vous répliquez que Mgr.de Montiéal a pris de mauvais 
moyens pour se réintégrer dans ses droits d'évC([ue usurpés ; que 
les congrégations romaines ont condanmé ces moyens, et que, 
malgré cela, Mgr. de Montréal n'a pas voulu céder. A l'appui 
de semblables avancés, vous invoquez uae lettre que Mgr. l'ar- 
chevêque de Québec écrivait l'autonme dernier, et de cette lettre 
vous concluez que Mgr. de 3fontréal ejierclie des faux- 
fnyantH pour éluder les décrets de Rome, que la soumission avec 
laquelle il semble les recevoir n'est m fninrhr. ni lai/dlc. ni com- 
plète. 

Je ne nierai pas que Mgr. rarelievêque de Québec a paru dire 
ce que vous rappelez ! nuiis l'accusation. p(u-tée contre son vé- 
nérable collègue, serait si grave et si dénuée de fondement, qu'il 
n'est pas possible de croire que le prélat, reconnu et exalté par 
vous-même comme pacifique, charitable r\ très-calme, ait eu lin- 
tcntion que vous lui prêtez. Aurait-il eu cette intention d'ail- 
leurs, tous les torts auraient été de son côté, puisque Rome a 

6 



.:#. 



82 




maintenu tout ce que Mj^r. de ^Iontr('al a\ait réglé comme con- 
forme aux décrets rendus par elle et les a même amplifiés en sa 
faveur.. v.„. „ -, :, ..i -■■ ,'■.•;-, -.-.^r^'.v -;";:■ 

Une cho.>e qu'il ne faut pas perdre de vue. c'est que Mgr. 
rarchevê(i|uo de Qiu^bec peut se tromper sans que l'Eglise en 
soit ébranlée ou compromise. On a déjà vu des archevêques, 
et mémos dos patriinclics. non seulement se tromper, mais s'opi- 
niâtrer dans leur erreur, et l'Eglise, malgré leur défection, n'a 
pa- ces.^é d"exi.stcr et d'exister telle qu'elle était. 

Vous vous constituez ''avocat des MM. de Saint-Sulpice, ce 
qui certes ne pi'ouve pas en faveur l'e leur cause, et, jouant ce 
rôle pour le moment, vous ne pouvez manquer de porter un juge- 
ment quelconque sur la Comédie infernale. A'^ous n'hésitez pas 
d'abord à prcu-lanior (juc les faits, rapportés dans cette œuvre, 
ne .-^ont pas du tout prouvés. Malheureusement c'est tout juste 
le contraire qui est vrai : il y a surabondance de prouves dans 
la Comédie iii/enirde, et c'est si bien le cas, ([ue, ne pouvant 
l'attaquer dv iront, on en est réduit à la c.v'iouniier. Si elle ne 
prouve pas, démontrez-le ; c'est bien le moins qu'on puisse exi- 
ger. 

An nom do la charité chrétienne et du respect que méritent 
des hommes revêtus d'un caractère sacré, vous reprochez ensuitt) 
à l'auteur de la Comédie, très-édifiant M, Dessaulles, de flétrir 
publi(}uement des prêtres honorés de l'estime de tous. A cela, 
je répondrai que l'auteur de la Comédie n'a nullement flétri les 
MM. de 8aint-Sulpice. Si ces Messieurs sont flétris, ils ne doi- 
vent accuser qu'eux-mêmes, car enfin la Comédie ne renferme 
rien autre chose à leur charge (jue leurs propres actes, et ees ac- 
t^îs, l'auteur de la Comédie les a ramassés là où chacun pouvait 
les prendre, c'est-à-dire dans le domaine du public. Il était jua- 
te, même néces.saire que, dans un débat, qui n'aurait pas dû 
avoir le triste retentissement qu'il a eu, mais qui a ému la ma- 
jeure partie du pays par la seule indiscrétion dos MM. de Saint- 
Sulpice, quoiqu'un prit la défense de Mgr. de Montréal et fit en- 
visager les faits sous leur vrai jour. 



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(( ]iOS MM. de Saint-Sulpiee pont donc des rebelles, des révol- 
tai?, des prêtres araveniont coupables. di<iries de toutes les censu- 
res ecclésiastifjues, olncetez-vous? Mais alors, il y a donc des 
prêtres qui iailliss<'nt dans l'acconiplissenient de leurs devoirs? 
Et, quant aux 31M. de Saint-Sulpice, s'ils sont tels qu'on nous 
l&s peint, couanent explifjnez-vous que Mjir. de Montréal ait pu 
les qualifier de Soiitts ? Ah ! «juand l'intérêt de tout le corps 
le demande, ou nliésitr, pas à scî décerner i)nbliquenient les titres 
les plus flatteurs ; mais, à luiis-eb)s, on se déchire, on s'écorche à 
qui mieux mieux, et l'on fait bon marché de toutes ces (jualifî- 
cations d(>iit on n'use (jue pour leurrer les simples et les igno- 
rants, (juand les t'sprits s'échauffent, ils la i.«sont pénétrer à l'ex- 
térieur les petites misères (jui K;s rongent. n 

Voilà comme vous parlez, M. J)essaull<^s. et votre langage, cet- 
te î"ois-ci comme toujours, est au service du mensonge et de l'im- 
Jilcte. 

«^)u"il y ait en iKs prêtres, même de hauts dignitaires ecclésias- 
tiques, qui aient liianqui' à leur devoir ; (ju'i! y en ait encore qui ne 
marclient pas da»!> k" droit chemin, c"e-<t ce qw tout le monde 
sait et déplore. Les uns tombent pour ne plus se rel<;ver ; les 
autres faiblissent un monjent et se nîcvent. C'e.-<t là l'histoire 
de tous les tempt- depu;> quv' l'Eglise e^t fondée. Judas est à 
la tête des un^ . -^aint Pierre' à la, tête n > autres. 

Personne n'a jaBiais prét^idu ,,,ie les MM. de Miint-Suipiee 
•iont de*i prêtres vémablement en lévoltc contre leur évêque et 
dignes à interdit:, non. jamais. Ces Messieurs reeomiaissent 
rauf/>rTtît- de leur npemier pasteur : mais ils hii ont refusé, relati- 
vement à eux. ilh*-ii)o:més par de uangereustîs doctrines ([u'ils ont 
pu croire exemptes d'erreur, l'exenncf! de toute sa juridiction. 
Mgr. de Montréal. rec<tnnaissant qu«' ces prêtres valaient infini- 
ment mieux <(ue plusieurs de leurs idées, a }m et même dû leur 
dripiuer des éloges quand il.s opéraient le biei> le?' (jualifier même 
di' prêtres saints et zélés, tout en travaillant patiemment et pa- 
ternellement tV les débarrasse du funeste Wga;z'e «juils portaient. 
Vous, l'hoînme charitiible p.w excellence. aerinai-vouH donc oppo- 
sé à ce^tte la ch&mé fut autre ehow (|u «o \4>.n mot 'i 



.r\.'% 



:^, _ ai — 




Lorsqu'on a des idées faites depuis longtemps et qu'elles ont 
surtout servi de règle de conduite, on s'en débarrasse difficile- 
ment. Mgr. de Montréal, on véritable évêque (ju'il est, a com- 
pris cela. Il n'a rien voulu brusquer ; mais il a usé d'une gran- 
de douceur et de beaucoup de longanimité à l'égard des MM. do 
Saint-.Sulpice, «acbant, encore une fois, qu'il n'avait point aftairc 
s\ de vrais coupables, mais à des fils trop pleins, sans le soupçon- 
ner, de leurs propres manières de voir. Iiors(iue leui' résistance 
a pris des proportions qui la rendaient intolérable, il t;st devenu 
nécessaire d'élever la voix contre eux. tant pour sauvegarder les 
droits de l'autorité, que pour amener ces Messieurs à réfléchir, 
leur ouvrir les yeux et par suite les replacer dans l'ordre. 

Voyez-vous ici, M. J)essanllcs, l'immense diiférence qui existe 
entre votre manière de procéder à l'égard des prêtres et des évê- 
ques, et celle des écrivains véritablement catholiques ? Sou:> 
prétexte do donner au clergé d'utiles leçons et de le reformer, 
vous le représentez connue infâme, afin de le faire tomber, s'il 
est possible, sous le coup du mépris public, et par suite de rui- 
ner la religion de fond en comble. Pour les écrivains catholif[ues^ 
s'ils disent })arfois des choses peu agréables aux prêtres et aux 
évoques, ils le font uniquement par devoir, tik-hant toujours, en 
obéissant à leur conscience, du ne blesser en rien les plus strictes 
convenances ; ils n'ont pour hv'o que d'avertir ceux qu'ils aiment 
de toute leur âme du danger , qu'ils courent eux-mêmes et au- 
<(uels ils exposent les autres, de les amener insensiblement, non 
seulement à briller d'un vif éclat dans le temple du Seigneur, 
mais à en être les colonnes vivantes. 

A votre âge, M. DcssauUes, dans votre position et avec le sa- 
voir incomparable que vous êtes si fier de posséder, vous devriez 
être eu état de comprendre qu'il n'y a aucuiîe parité, aucune si- 
militude entre votre cas et celui des prêtres et des évêques jui 
no professent pas les nu'mes opinions, (^es derniers sont tous 
d'accord sur les princi} < s auxquels ils tiennent plus qu'A leur 
vie même ; ils ne sont divisés ({Xio. sur la manière d'applicpxer 
*e8 principes, advenant tels et tels faits, acconqjagnés de telles et 
telles circonstances. Mais vous, c'est aux principes mêmes que 






— 85 



lies ont 
difficile- 
, a com- 
ne grati- 
MM. de 
it aftairo 
soupço)!- 
L'sistanco 
, du venu 
avder le» 
léfléeli'uv 

ni exi>to 
; des (5vê- 
. ? Sous 
1-efbvmer. 
ubcr, s'il 
> de rui- 
lioliques, 
s et aux 
ijouvs, en 
s stricte:-* 
Is aiment 
lies et au- 
iient, non 
Sei;^neur. 

rec le sa- 
us devriez 
ucune vsi- 
?ques jui 
sont tous 
qu'ù leur 
'appliquer 
le telles et 
lêmes ([ue 



vous vous attaquez, et vo^ prétendez (ju'ils n'existent point, 
parcequils sont parfois d'une application difficile. Autant 
vaudrait dire qu'il n'y a ni physique, ni chimie, ni médecine, ni 
. droit, ni pliilosophie, vu (ju'il arrive souvent qu'on ne sait trop 
comment apj>li({uer les principes qui régissent ces diverses 
sciences. 

N'accusez donc plus le A^oja-fvf/f-lA'XfA' et le Franc-Parlmr 
d'avoir maltraité les prêtres et les évCniues, et d'avoir franchi des 
limites que vous avez toujours resjHctées. (( Cela donne le ver- 
tige, Mgr ! » dites-vous. Hypocrite ! oui, il faut que vous soyez 
réellement pris de vertige pour voir les eho.ses de cette façon. 
Dans les luttes qu'ils ont faites et soutenues, le NoKnnn-Monih. 
et le Fnnic-P(i rieur n'ont combattu (ju'en faveur de la 
vérité catholi(|Ut', (piils ont crue lésée dans la manière d'ap- 
pliijuer les principes lors(|ue certains faits se sont produits. Qu'ils 
se soient trompés ou non dans rappréciation de ces faits, une 
chose reste très-bien établie : c'est qu'ils n'ont que développé les 
enseignements de la doctrine catholi(|iie. tandis que vous, aveu- 
glé par l(^s émanations inq)urcs du fruit de l'abîme, vous n'écri- 
veiUqu'en haine de la vérité révélée ; leurs reproches et leurs 
attaques ne sont au fond que charitables avertissements ; les 
vôtres ont pour but de salir et d'étouffer dans la boue ceux à qui 
ils s'adressent. ■' .' • - 

",--:' . r XXI. . 

Lettre de Mf/r. f ArchcêqKf; ilc Quéhec an sujet du u. Nouvemi- 
Monde » et du « Fni ne- Parleur» à Voccasion d'un avertis- 
sement du Cardinal Burînho. — Réplique de Mgr. de 
. Montréal. 

Immédiatement après soti retour de Rome, Mgr. l'Archevêque 
.se hâta de livrer à la publicité un averti.ssement du Cardinal 
Barnabo, ayant trait à la conduite que les Evêques du Canada 
doivent tenir à l'égard des journaux du pays, daus les circons- 
tances actuelles. Cette pièce était évidemment confidentielle, 
et il y était question, non de quelques journaux en paiciculier 



— 86 — 



mais (le tous en jijénéral. Kii la traduisant, le vt'iu'rable prélat 
crut ne devoir pas s'astreindre à en donner riuoureusenicnt le 
sens, et il fit accompagner sa publication d'une lettre aux jour- 
naux de^oii diocèse, dans Uujuelle il applicjuait au seul Nouveau'^ 
Monde et au seul Franc-Furhur ce que le Cardinal Barnabe 
disait de toutes les feuilles catlioli(jues du pays. Quoiqu'indi- 
rectement, il incrimina ^Igr. de Montréal. Ce dernier, mis en 
cause contre son attente, se crtit, comme il l'était en effet, oblii>çé 
de répli(|uer et il répli(]ua. Sa répon.se a été juuée, dans toute 
la province ecclésiasti(iue, comme un modèle de louiqm^ de noble 
fermeté, de modération chrétienne et de zèle apostolique. 

Ce n'est pas ainsi cependant, perspicace M. Dessaulles, que 
vous jugez la répliijue de Mgr. de Montréal à Mgr. l' Archevêque 
de Québec. (( Il serait facile, dites-vous, de montrer que ce n'est 
pas Mgr. Taschercau, mais bien Mgr. Bourget seul ([ui contour- 
ne péniblement la lettre du Cardinal pour y trouver ce qui n'y 
est certainement pas. » 

S'il est si facile de faire cette démonstration, que ne la faite 
vous 31. Dessaulles? Contre vos habitudes, vous voilà tout-i\-cûi|p 
bien avare de votre encre, de votre papier, et surtout de votre 
temps ! Cin([uante fois au moins vous avez rebâché fastidieuse- 
ment les mêmes choses pour grossir votre premier pamphlet et 
donner naissance à un second. En un tel état de pénurie intel- 
lectuelle, auriez-vous négligez l'occasion de régaler vos lecteurs 
de quelcjuc chose de neuf, si la démonstration, que vous n'entre- 
])renez point, avait été possible ? Assurément, non. Il est donc 
évident que vous déguisez votre impui.ssance en vous accrochant 
à une manière banale de se tirer d'affaire. Ici, au moins, je re- 
connaîtrai que vous avez assez d'esprit pour ne point vous ris- 
<iuer ù prêter trop au ridicule. 

Vous trouvez déplacées les humbles représentations que Mgr. 
de Montréal a faites, dans .sa réplique, à Mgr. l'Archevêque de 
Québec. Je me permettrai de justifier Mgr. de Montréal, bien 
qu'il n'est guère besoin de justification, tant le cas est facile à 
décider. Pour cela, je vous rapporterai uu fait de l'histoire ec- 



— 87 — 



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cléaiiistique ancioiiiie, tc\ (juc ccniiiioiité par Saint Gri'iïoire-lc- 
(rrand, que vous (U'darez être ai,i;ne de toute votre acliuiratiou. 
L'Apôtre Saint Pierre, sans blesser aucunement la toi, mais 
par pure condeseentlanee, avait usé vis-îl-\is de certains juifs, à. 
propos de la distinction dos viandes prescrites par la loi mosaï- 
que, d'une dissimulation (jui était dan-cicusc. Saint l'aul com- 
prit aussitôt (piellos funestes suites pouvaiiMit iivoir un acte de 
faiblesse, provenant d'une bonne intention, mais qui pouvait en- 
traver la conversion des Oentils. Il pensa donc qu'il ne fallait 
nen ménaj-ei-, (jue ce n'était pas le momeni d'user de réserve, et 
il reprit publiquement Saint Pierre, le chef du collège des Apô- 
tres, le représentant de Jésus-Christ sur la terre, choisi par Jé- 
4 su8-(>hrist même. Saint Pierre accueillit la réprimande avec 
docilité et une ])rof<mde humilité ; bien plus, il nhésita pas a 
qnnViÛQV d'(tdminih/,f< les épitrea de Saint Paul <ui se trouve le 
récit de sa taute. Là-dessus, le pape Saint (îréiïoire-le-Grand 
fait les réflexions suivantes, dati^une homélit; : 

« Paul, dans ses épitrcs, dit que Pierre a été répréhensible. et 

u Pierre, dans les siennes, dit (pie Paul est admirable dans ses 

« écrits. Puis(,u'il les trouve digues d'élo-es, c'est (ju'il les a 

« lues ; s'il les a lues, il y a vu ce qui le regarde. Son amour 

(( pour la vérité la emporté sur toute autre considération ; il a 

« approuvé le récit même de sa faute ; il a écouté l'avis dé son 

(( mférieur et la suivi. Le premier par son suprême apostolat, 

« il devait être aussi le premier par son humilité. Voye/. il est 

(i repris par son inférieur, et il ne s'indigne pas d'être repris. Il 

.( ne fait pas observer qu'il a été le premier appelé à Tapostolat, 

« qu'il a revu les clefs du royaume des cieux, que tout ce qu'il a 

« délié sur la terre est délié dans le ciel. Tl ne rappelle pas 

(( qu'il a marché sur les eaux, qu'il a redressé d'un mot un para- 

u lytique au nom de Jésus, que l'ombre de son corps a guéri des 

(( malades, que sa parole a fait expirer Ananie et Saphire, que 

(I sa prière a ressuscit- les morts. Aux reproches qu'on lui fai- 

u sait, il n'a rien voulu opposer, afin de ne rien perdre du mérite 

« de cet acte d'humilité. Qui de nous, s'il avait fait le plus pe- 

« tit miracle, recevrait avec cette patience les réprimandes de son 

« inférieur ? n 



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- — 88 •— / ' ' 

Ces paroles, qui sont d'un saint et d'un grand pape, sont ddli- 
cieusoK. S'il y avait eu des journalistes, et surtout des pamphlé- 
taires au tel ps de 8aint T'anl. ils n'auraient pas niancjué de 
hurle, aux quatre vents qu'il était un fauati(jue, un eonttnupteur 
de l'autorité, un révolté, un sehisniatit|ue. Ils n'auraient pas 
manqué surtout de qualifier d'abominables les éerits où le grand 
apôtre dit que Saint Pierre est répréhensible ; ils auraient enfin 
porté le zèle jusqu'à vouloir (jue les fidèles désavouassent les 
écrits de Saint Paul et en fissent litière. On se divertirait bien 
à leurs dépens aujourd'hui ! 

Comme vous dites, .M. DessauUes, on tire de grands avant^iges 
de la eounaissance de l'histoire ecclésiasti(|ue ; mais il tant la 
bien coiinaUre. , 

XXTT. 



Qncalioii (liL/'lliu'rcrslfc. 

Dans les débats, <|ui ont eu lieu relativement jiux démarches 
faites j»our obtenir une Université eatholique à Montréal, on a dé- 
montré que rUiiiversité-liaval ne remplit pas le but qu'elle était 
destinée à atteindre, pour rexeelicnte raison que son enseigne- 
ment, dans ses ]n-iiieipales i»avfies, se donne en dehors de toute 
religion, c'est-à-dire au s(nil poini de vue de la science naturelle. 
Pour l'homme surnaturali.sé, comme il Test, le naturel seul ne 
suffit plus. 

Vous prenez note, 31. DessauUcs, de ces accusatiims portées 
contre l' Université-Laval, afin de l'aire voir d'abord qu'on ne se 
ménage pas entre ecclésiasti(jues. puis ensuite de prouver qu'on 
ne peut rien dire de plus injurieux à l'adresse d'une institution 
qui est dirigée par des prêtres et sous la surveillance de l'arche- 
vêque, que ce qu'ont dit les écrivains catholi<[ues. 

Vous vous trompez, M. Dcssaulles, et, de ])lus. vous voulez 
tromper les autres. Lorsque les écrivains catholiques ont atta- 
qué rUniver.sité-Jjaval, ils n'ont jamais prétendu que les prêtres 
qui la dirigent ont agi !>.vec malice en ne christianisant pas assez 
l'enseignement qui se donne sous leur égide. Ils savaient fort 



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— 89 — 



bien que ces prêtres veulent avant tout le rrfrne de Dieu et de 
son Kl-^Hho 1 11 (•<• monde, ('e (ju'ils leur ont reprocha'', c'est de 
n'être trop fiés \\ des professeurs qui, suivant la route battue pur 
les prétendus savants de ces derniers siC-cles, éliminent Dieu de 
la science. 

Jamais, on en est convaincu, les MM. du Séminaire de Quélnn? 
ne souffriront qu'on enseijme directement l'erreur dan.<iles chaires 
de rUniversité-Laval ; mais, jusqu'à c,cs derniers temps, eux et 
Je vénérable Visiteur de 1 Tniversité ne se sont pas assez inquië- 
tés de savoir s'il fallait ou non fuit pénétrer davantage l'élément 
reli<!;ieux dans les cours scientifiques duiniés aux »'l('*ves en méde- 
cine et en droit. Ils n'ont pas non plus examiné d'assez prés les 
livres que les professeurs mettent aux mains des élèves. Ajoutons 
à cela (jue l'amour-propre, qui se frlisse habilement partout, sans 
qu'on s'en aper(;oive assez souvent, a poussé à défendre et à 
maintenir ce (jui doit nécessairement être réfornu'. 

Voilà ce qu'on a reproché aux MM. du Séminaire df Québec 
dans les termes que vous reproduisez et d<mt cependant vous 
faussez la sii;iiification. Ces reproches n'avaient point jumrbutde 
ruiner leur institution, mais u i<juement de les convaincre qu'il 
importait de rendre son ense'<îi.«ment plus e!itboli<(ue. 

A^ous blâmez, M. I)t^ssaulle!^ les réclamations qui ont eu lieu 
(contre rUnivcrsité-Laval, et l'on en est pas surpris, car avec les 
idées que vous nourrissez, moins la reliirion ]iéiiétrera dans son 
enseignement, plus vous serez satisfait. Soyez sûr cependant 
que les Messieurs qui dirigent l'Université-Laval, ayant une fois 
ouvert les yeux sur ce qu'il ne croyait pas être un danger et 
encore moins un mal, ne tiendront nul compte des éloges (|ue 
vous leur donnez, et qu'ils s'empresseront de modifier l'enseigne- 
ment de leur TJniversité, de façon à ce <|uil soit ce qu'il doit 
être. 

V(ius affirmez encore autre chose, relativement à l'Université- 
Lavai, et cela se trouve dans votre second jromphlct qui, soit dit 
entre parenthèse, n'est (jue la folie à cheval sur l'absurde. Vous 
prétendez là que Mgr. de Montréal, en signant avec les autres 
«'•vêques de la Province ecclésiastique de Québec, la Lvttre pus- 



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— 90 — 



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tonde des Pères du cinquième concile d« cette Province, lettre 
où il est question de l'Univcrsité-Laval, est en contradiction for- 
melle avec ce qu'il a laissé écrire sur le Nouveau-Monde et le 
Franc- Parleur, touchant cette institution. 

Rien de plus faux. En effet, que dit la Li^ttrc jxistonde dc-s- 
Pères du cinquième concile de Québec, il propos de l'Universifec- 
Laval ? Elle dit d'abord ((uc les Pères ont vu avec peine cette 
institution exposer, remarquez bien le mot, à des accusations 
fort graves. Qui la exposée à de telles accusations ? Elle-même^ 
évidemment. ]ics i*ères en conçoivent du chagrin ; rien de plus 
naturel, puisque l' Université-Laval, dans l'intention de tou.s, de- 
vait être fj'anchoment catholique et qu'elle ne s'est pas montrée 
telle. Us ne disent 'imint que les accusations, portées contre elle, 
sont fausses ; loin de là, ils s'escomptent déjuger le paKsé. mais, 
se contentant des explications données par les professeurs et de 
leur volonté de se atuformei en tout aux voloittcs du Saint-Siège^ 
ils veulent que dés^ormais on ne l'attaque plus publiquement. 

Pour quicoïKjue n'est pas privé de l'exercice; de ses facultés 
intellectuelles, cela signifie uniquement que les .^lessieurs de 
rUniversité-Laval ont tenu compte des plainti's formulées contr*^ 
eux, qu'ils ont promis de donner satisfaction et qu"<tn a agréé 
leur promesse. 

Donc k's a\ ancés des écrivains catholiques, eonceruant FUni- 
versité-Laval, loin d'être détruits par la Leffc p'ts'orole que 
vous invoquez, sont de tout pomt confirmés dans cette Lettre. 

Quand brillera-t-il donc enfin, M. Dessaulles, le jour où vous 
saurez de la logique autre chose que le nom ? le j<inr où vous 
comprendrez qu'autre chose est de signaler cliaritablonient '.e 
danger à des prêtres (jui ne le soupçonnent guèie, et autre chose 
est de travailler à ruinei leur réputation ? Que les passions que 
soulèvent chez vous l'impiéU'ï se calment, et do suite vous verrez 
clair. 



-"j^iai" 



91 



XXIII. 



^fgr. Baillargcon (^ Mgr. Bourgct à Rome. — Juatlve de Roynr, 



de 



En décembre 1872, le Franc- Parleur, sous le titre Les Quatre 
i/e«ms, publiait ce qui suit : (( Eu 18G2, Mgr. de Montréal 
voyant les immenses besoins de sa ville épiscopale croître 
d'année eu année, et l'impuissant Laval incapable de venir au 
secours de notre jeunes.se, crut que le temps était venu pour 
Montréal d'avoir sou tour, .selon les promesses faites à Québec- 
Plein de confiance dans ces promesses, souvent réitérées, il en 
donne avis à l'archevêque, alors Mgr. Baillargcon. Celui-ci s'y 
opposant avec ardeur, Mgr. dj Montréal l'invita à se rendre à 
Rome avec lui. pour y soumettre l'affaire à S. E. le Cardinal 
Préfet de la Propagande. L'archevêque accepta, mais n'arriva 
à Rome que plusieurs semaines après révê((ue de Montréal. 

« Celui-ci, agissait avec la plus scru})uleu.se bonne foi. pou «-a 
la délicatesse jus(ju "à att':>ndre l'arrivée de sou confrère, avant dt; 
se pré.senter ù la Propagande. 

« Dans l'intorvalie, Tarehevêque qui. ne .se piquait pas ue tant 
de délicatesse, écrivit aux Evê(iues de lu Province, et réu.ssit à 
obtenir d'eux des lettres favorables à .<es vues. 

« 8ur quoi, il ;h! lulta d'écrire directement au Pape, lui en- 
voyant en même teuqis l'opinion de .ses collègues. Le Saint- 
Père, s'en rapportant à la boime foi de l'archevCMiue, dit au Car- 
dinal Préfet de la Propagande, en lui parlant de cette affaire, 
(( cela n'est pas expédient pour le moment, « non expedire. » Tout 
cela se passa ù linsu de lévêque de Montréal, alors à Kome 
depuis un mois. Enfin, Mgr. Baillargcon, qui n'avait pas perdu 
son temps, comme Ion sait, arrive à Rome. Il ne dit rien à son 
collègue, et se rend avec lui à la Propagande, sans beaucoup 
d'inquiétudes. Mgr. de Montréal expose .son projet, disant qu'il 
est prêt à s'en rapporter à l'opinion de Son Emir.ence. — Shjivn 



Il; 



— 92 



4 " 



Vescovo, répond le bon Cardinal, je ne puis rien faire pour voua 
«en ce moment, car le Saint-Père a déjà dit : Non cxjicdirc. 

(( Je tombai des nues, dit Mgr. de Montréal, racontant cette 
« scène à un ami dévoué. L'archevêque qui i^av "t tout ne m'a- 
it vait rien dit ; j'ignorais qu'il eut agi on secwt, pendant que je 
(1 l'attendais à Rome pour y agir ensemble loyalement et au grand 
(( jour. » 

De cette narration. M. DessauUes, vous prenez occasion de 
dire, prétendant vous appuyer sur les aveux mômes de Mgr. de 
Montréal, qu'à Rome on juge les causes sans les entendre. Quelle 
bonne fortune pour l'Institut ! car c'est en sa faveur que vous 
écrivez. 

La calomnie est insigne et digne d'êtie notée et mise à votre 
charge. La volumineuse note, qui lui sert de véhicule, n'inté- 
resse que par la démonstration que vous y faites de votre prodi- 
gieuse ignorance ou de votre inqualifiable mauvaise foi. 

Il n'y avait pas l'ombre de procès entre l'Archevêque de Qué- 
bec et l'évêque de Montréal, dans l'affaire en question. Il nt 
s'agissait seulement pour l'un de faire confirmer les privilèges 
accjrdés à l'Université-Laval, et pour l'autre, d'obtenir une 
restriction de ces privilèges. L'un se présentant à Rome sans 
faire mention de l'autre, rien ne pouvait faire croire à Rome que 
deux parties devaient être entendues. 

Mgr. l'archevêque de Québoc, appuyé de ses suffragants, ob- 
tint, pour un temps, la confirmation pleine et entière des privi- 
lèges accordés à l' Université-Laval, et cela, avant que Mgr. de 
Montréal, qui comptait (jne l'affaire ne se traiterait avant qu'il 
fut averti, put prendre connaissance de ce qui se passait. A 
Rome, on crut tout naturellement que rien ne s'opposait à cette 
continuation de certains privilèges, vu que personne ne recla- 
mait, et on l'accorda. 

Lorsque Mgr. de Montréal fit ses observations, la chose était 
réglée, et on lui répondit qu'il n'était pas expédient, non expa- 
(Hre, de revenir là-dessus. Cependant, si Mgr. de Montréal eut 
<|uelquc peu insisté pour que ses raisons fussent entendues, il 






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— 93 — 

eût ét^ écouté, niais il aiii a mieux, far un ^f-cntimeiit d'exquise 
délicatesse chréticiiiie, s't u tt iiir à ce qui avait «té décidé. Voi- 
là pourquoi la réjeu.-e de lUiUie eet, juHiuà ce jour, restée ce 
qu'elle était. 

S'il y a du bliîmc à déverser sur quelqu'un en cette affaire, ce 
n'est pas sur Mj^r. de Montréal, encore moins mr le Pape et les 
Cou«'-régations romaines, nuiis uniquement sur le défunt arche- 
vêque de Québec, yiixw Baillar^eon, (|ui n'a pas agi à Home 
avec la loyauté quOn ét-.)it <n drait d'exiger de lui. 

R,om3 est infaillible, mais son infaillibilité ne porte pas sur 
les questions de faits. Après le plus mûr examen possible, elle 
BC prononce infailliblemeiit en ce qui concerne la ioi et les 
mœurs, mais conl'orniément toujours aux faits tels qu'on ks lui 
a fait connaître. Si on la trompe dans l'expor^ition des laits, 
ses réponses doivent être respectées, sans cependant valoir com- 
me rèo-le de conduite hîc et ninic, mais seulement comme déci- 
sion doctrinale, 

Rome peut être trompée sur les faits, on le reconnaît et on Va 
toujours reconnu. Rome elle-même le sait, et voilà pounjuoi 
elle rend ses jugements avec tant de lenteur. Il faut, M. Des- 
sauUes, excepter le cas où des écrits sont dénoncés pour des rai- 
sons qui portent avec elles l'évidence, comme la chose a eu lieu 
relativement à l'Annuaire de l'Institut-Canadien. 

Ce qui démontre, on ne peut mieux, votre phénoménale igno- 
rance de tout ce dont vous parlez, c'est que vous concluez de 
l'affaire de Mgr. Bourget avec le défunt archevêciue de Québec, 
qu'il n'y a pas de justice à attendre de Rome, parce qu'on peut 
tromper, comme on Ta ftiit, à propos de l'opuscule de M. l'abbé 
B. Paquet, la Jîcvue itaUenne qui a nom Civilta CathoUca. 

N'oubliez donc pas, cher M. DessauUes, que la CiviUa n'est 
qu'une Revue, un journal en d'autres termes, et pas du tont unc 
Congrégation romaine. Par ignorance ou par mauvaise foi, 
vous mettez sur le même pied deux choses essentiellement diffé- 
rentes. % 



94 — 



XXIV. 



tUn mot encore, sur les causes portées à Rome. — Contradictions 
de M. Dessaiilles. — Une histoire à jyropos de la distri- 
bution défausses reliques. 



li' 






I 



Quoique j'aie suffisamment dit, dans le cliapîtrc précc^dent, 
pour venger Kome des injustes attaques que vous dirigez contre 
elle, en l'accusant de juger les causes sans les enteadre, je revien- 
drai encore sur le sujet. 

Le Pape n'a point la claire vue de tous les faits (jui se produi- 
sent dans le monde ; il ne les connaît que par le témoignage hu- 
main, comm( ton.s les autres juges. D'oii il suit qu'il peut être 
trompe par de faux exposes. Mais, sujet à erreur sous ce rap- 
port il n'en demeure pas moins infaillible dans la sphère où 
Dieu a voulu qu'il le fut, c'est à-dire dans les ([uestians qui in- 
t'éressent la foi et les mœurs. 

Pour démontrer que le Pape n'est pas infaillible ou bien qu'il 
ne rend pas justice dans les sentences qu'il prononce, il ne suffit 
nullement de dire, de prouver même qu'il a été trompé sur les 
faits ; mais il faut de toute nécessité établir par des preuves ir- 
réfutables qu'il a décrété quelque chose de contraii-e à la justice 
ou à îa vérité, relativement aux faits tels qu'on les lui a expo- 
sés. 

P'où il résulte que Rome, interrogée par télégrammes, ne peut 
pas faire autrement que de donner des réponses en harmonie 
avec les questions telles que posées. Ceux-là seuls doivent être 
accusés d'avoir manqué à la vérité ou à la justice qui sciemment 
ont mal présenté les cas à résoudre. 

La haine que vous nourrissez contre Rome, M. Dessaulles, est 
si déraisonnable et si aveugle, que vous écrivez des choses abso- 
lument contradictoires dans un paragraphe de douze lignes seu- 
lement. C'est ainsi qu'après avoir fait aux tribunaux romains 
jhonneuv de reconnaHre .( qu'ils étudient, examinent et Jugent les 



— 95 — 

causes de In même manière que les trlhinwir.r ririls,. vous ajontoz 
déduite,, qirih offissntfsoHs un mode de proréd,nr nhsnrdednn'f 
iesvicessontévuhvts et rmstatés défont t. m p., un- le, nmin 
mêmes de h Co,,,- de Rome, et dont les jnsin-e. hmp,rs se sont 
tontes affiunuliim. n 

Ailleurs vous soutenez que les ultramo.itai.is re-ardent l(«s 
congréirations romaines comme infaillibles, et. à la j»mo suivan- 
te, vous dites : « Les saintes congrégations r.>nuu.,e.s j u- en t -elles 
infiiilhblenient ? \on ; personne ne Ta jamais prétendue" » 

Ces contradictions prouvent, M.-Dessaulles. que vous êtes fort 
divertissant; mais en même temps elles font une terrible brêeho 
u votre .nfaillibilité. Si les Papes eussent commis une seule de 
vos bévues, ils seraient à jamais perdus de réputation Heu- 
reux mortel qu.^ vous êtes ! Plus vous nagez dans les contradic- 
tions et 1 absurde, plus vous croyez avoir droit de i.oser comme 
grand sire et d'endoctriner les autres mortels. 

Dans votre second pamplet, vous faites une lon-ue tirade c.n 
tre les saintes reliques. C'est un morceau soigné ; on dirait mê- 
uie que vous avez visé à la littérature. Vous prétendez que rien 
n e>st moins établi que leur authen '.cité, et que Ion fait à Rome 
un commerce très-lucratif en distribuant de fausses reliques. 
Pour le prouvez. v..us racontez une longue liistoire puisée, dites- 
vous, dans un lixye très-somnt, dont on vous a -ratifié ces jours 
derniers. Or, ce très-savant Uere rapporte que, plusieurs pré- 
iHts et autres ayant été accusés de f\iire en urand le commerce 
des fausses reliques, il y eut enquête sérieuse, et que la dite en- 
quête prouva que tous les accusés étaient innocents. C'est 
ajoutez-vous, depuis (,ue Victor-Emmanuel est en possession dé 
Rome et que les libéraux peuvent élever la voix. (,ue des faits 
semblables viennent à la connaissance du public. 

En vérité, tout cela est mirobolant, et donne le verti«^e d'a- 
pK-s votre manière de dire ! Il a été prouvé. ^^ictor-Emmanuel 
trônant à Rome, qu'on ne fait pas. dans la ville sainte, le com- 
merce des fausses reliques. D^rès-savant firre l'assure; t^ut 
de même, ce commerce existe, dScluez-vous, M. Dessaull >s. On 
vous pa.sse d-être extravagant, puisque vous vous êtes mis hory 
h loi ; mais il ne faut pas abuser de la permission. 



^ 



96 — 



XXV. 



Les Noces d'Or de Mgr. de Montréal 

('oiiuuc (Ic! raison, M. DcasauUes, vous troiiv.'z mauvais qu^î 
M<jrr. do M.»i)tréal ait eu ses Nocvh d'Or. Vous |;>s dépréciez efc- 
vous dites que ce fut une affaire montée par iKvêché. Vout* 
donnez clairement à entendre qu'on n'aurait pas dfl se réjouir 
da:us le Seigneur, à l'occasion du cinquantiôm ; a;mivcrsairo de 
Mgr. de Montréal lorsque vous, l'aimable et le jiur M. Dessaul- 
Ics, vous étiez plongé dans le deuil le plus conqdct, étant tou- 
jours sous le coup d'une indélébile flétrissure, depuis que Rome 
a condanmé votre belle dissertation, la jugeant ineptj et impie. 
Quelle indécence (jue de se réjouir, lorsque vous êtes dans la 
trist ssc à propos de \otre cher Institut ! 

Si les Nocea d Or ont été une affaire montée par l'Evéché, 
elles ont tout de même été magnifi(i[ues. Cela prouve que l'af- 
faire a été montée à propos, quoique vous en disiez, et parfaite- 
ment du goût de tout le monde. Lorsqu'on donne abondam- 
ment, sans y être obligé et encore moins forcé, c'est signe (][ue le 
cœur seul pousse à agir. Tout ce qui procède du cœur est in- 
compréliensible pour vous, qui n'en avez jamais eu. 

C'est une simplivnté de premier ordre, et à laquelle ou ne croi- 
rait pas, si vous ne vous étiez donné la peine do la faire impri- 
mer, (jue de soutenir qu'une fête telle que les Noces d'Or do 
3Igr. Bourget, fête à laquelle étaient conviés, non seulement le» 
prêtres du diocèse de Montréal, mais aussi ceux des autres dio- 
cèses de la province ecclésiastique de Québec, de même qu'un 
certain nombre de laïques, dut se faire sans organisation aucune. 
Vous vous donnez le souci, vous et les vôtres, très-pieux M. 
DessauUes, d'organiser de simp^^ pique-niques, même des bals 
masqués ; pounjuoi ne serait-il'^s de la plus haute convenance 
d'organiser une fête religieuse d'un caractère tout-à-fait extraor- 



3- 



(linj^iro ? ].es années de Matlmsalom no vouh suffiront mn «i 
vous cntrei.renez la tâcho de coordonnor toutes lo. idées qui vou« 
grouillent dan.'j le cerveau. 

Doux choses vous ont sin.uuHùroment déplu dans la fêt* des 
AW crOr : ce sont le. sermons prononcés par M. l'abbé Alexis 
l c Ictier et le 11. P. Braun. Répétant les pauvretés quont dé- 
bitées certains journaux, à cette occasion, et qu'on a mille fois 
répétées, vous maintenez que ces sermons ont été une insulte lan- 
cée a la fi.-tire de Mgr. l'Archevêque do Québec. Les insul- 
tours^du vénérable prélat no sont autres que ceux qui prétendent 
que Sa Grandeur a été froissée par la prédication de vérités 
que Jésus-Christ ordonne do proclamer sur les toits. 

Si Sa Grandeur a été froissée, c'est à elle do le dire, non pas 
à vous qui n'êtes que le porte-voix do l'erreur. 

Vous attaquez le sermon du K. P. Braun parce(iu'il proclame 
les vérités qu'affirme le ^>//M,ns, et surtout cotte vérité que la 
major, té n'est jhis la source du droit. Si vous vous étiez rappelé 
ce que vous avez dit relativement au Concile du Vatican, lors(|ue 
vous avez soutenu (juo la majorité de ce Concile ne devait rien 
décider en face d'une minorité assez importante, vous n'auriez 
peut-être pas été aussi prompt h accuser. Que penser cependant? 
Les contradictions voua coûtent si pou ! 

LeSj/lhbus, que vou.- maudissez, est l'enseignement du Pap.^ 
parlant ,x cathedra ; les catholiques doivent le respecter ; quant 
aux impies, qui no respectent aucune loi, pas mômo colles que 
J)ieu a promulguées, on doit s'attGn<îro qu'ils le mépriseront 

XXVI. 

M. DessauUes prêche lu charité à Mgr. de Montréal. 

Vous avez, M. DessauUes, traîné l'Eglise du Christ dans la 

boue, et vous avez outragé son auguste Chef, do mGme que ses 

ministres sacrés. Mgr. do Montréal a défondu la lecture de 

abominable pamphlet que j'ai refuté et où se trouvent consignées 

lei horreurs que je signale. ■ 



— •98 



Cette maiiiùre d'ajrir du v<?in.'rable prc/lat voua ddifie peu, et 
vous la <iualifioz d'injurieuse et le vifdente. Cela se conçoif. 
juw{u'î\ un certain point, luais ne prouve pas du tout que vos 
plaintt'8 ont (juclque fondement. Les PharifienH géuiinsaient 
comme voua lornqu'ils se voyaient acculés dans une impapse. 

Vouis êtes ainsi faits, vous qui ne savez que vonûr de très- 
grossiers outrages ù, l'adresse de ce qu'il y a au monde de plus 
vénérable. Si l'on vous riposte et si l'on tente de mettre un frein 
à votre désinvolture, de suite vous criez au manque de charité, à 
la persécution. Vous vous arrogez le droit de tout salir, et vous 
ne voulez pas qu'on vous dérange dans vos allures. C'est ainsi 
que vous entendez la charité et la modération. Veuillez, M. 
Dessaulles, vous rappeler que cetto charité et cette modération 
ne sont pas celles que prêche l'Evangile, qui défend même de 
saluer les hommes de votre espèce. 

Comme le diable a toujours été et sera toujours h grand sin- 
ge de Dieu, il inspire à ses organes de se couvrir, tant bien que 
mal, du manteau de la charité et de faire appel à certaines vertus 
défigurées, afin de recruter des approbateurs et des adeptes. Voilà 
ce qui explique pourquoi vous feignez d'êtro victime de la colère 
de Mgr. de Montréal, qui a répondu à vos blasphèmes et à vos 
sottes injures, en défendant la lecture de votre pamphlet. La 
charité, bien entendue, exigeait qu'il fit cette défense. 

Vous aimez à citer l'Ecriture Sainte ; or, voici ce qu'elle dit 
du mode d'après lequel la correction doit être infligée aux enne- 
mis de la vérité, sur qui la raison semble avoir perdu son empire : 

u Flagellum equo, et camus asino et virga in donso impru- 
dentiam. » Le fouet est pour le cheval, le mors pour i'âne et 
la verge pour le dos de l'insensé. 

Retenez bien ces paroles : la verge est pour le dos de V insensé, 
c'est-à-dire de celui qui outrage la vérité d'une manière coupable ; 
de douceurs, de caresses, il n'en eot pas du tout question. Im- 
médiatement après, le Saint-Esprit ajoute : Ne. respondeas stulto 
jvjxta stultitiam suam, ne ejfficiarîs ei similis ; responde stidto 
jiixta stultitiam, suam, ne sibi sapiens esse videatur : ne répon- 



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et 



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dez pas au fou selo» sa folie, de jwur que vous ne lui dévouiez 
scn:bî«Vile ; répondez au fou selon sa folio, de peur qu'il ne siuui- 
;iine être m<:e.. 

Que signifient ces paroles qui semblent un peu contrudietoires 
tout d'abord ? Le voici, d'apri^s les eoninientairos les plus auto- 
risés : « Lorsfjue vous aurez répondre i\ l'insensé, ne vous 
abaissez point jusqu'à son niveau, en disant comme lui tics choses 
sottes ; mais que vos réponses soient Uîlles qu'elles fassent ressor- 
tir toute sa folie. Répondez en termes tels qu'il se voie déraison- 
nable, insensé dans toute la mesure où il l'est : Jitxtd ntultitiam 
muni. » 

Vous voudrez bien avouez, M. Dessa. Iles, qu'il n'y a pas 
d'autre moyen de mettre en pratique ce qui est ici recommandé 
que d'appeler les choses par leur nom, dans la langue dont on se 
sert. Vous n'en voudrez donc pas à Mgr. de ]\IontréaI ni à moi 
non plus, parce que nous avons apprécié votre œuvre à sa juste 
valeur. 

(( Ah ! Mgr., dites-vous, en vous adressant au vénérable pré- 
lat, et en lui reprochani sa manière d'agir à votre égard. Saint 
Frs. de 8ales parlait tout autrement que cela aux âmes jn'euseg 
qu'il dirigeait. » Ne vous scandalisez pas pour si peu, brave 
homme que vous êtes. Les paroles de Saint Frs. de Sales ne 
prouvent rien dans le cas présent. Vous ne pourrez les invoquer 
que lorsque vous compterez parmi Ze* âmes jneuses que dirige 
leur évê({ue. Lorsque d'impie que vous ôtes, vous serez devenu 
une âme véntabhment jneuse, soyez sûr que Mgr.de Montréal 
ne vous dira plus de gros mots, pour la bonne raison que vous ne 
vous mettrez plus dans le cas de les mériter. 

En attendant que cet heureux changement s'opère, je vous 
prierai de relire votre Saint Frs. de Sales. Vous en conseillez 
la lecture ù, Mgr. de Montréal. Ce travail ne sera pas sans pro- 
fit pour vous, et je puis affirmez que c'est vous qui en profiterez 
davantage, si vous voulez bien être docile à la grâce. Pour Mjrr. 
de Montréal, il y a longtemps qu'il connaît Saint Frs. de Sales ; 
on le devine rien qu'à, sa manière d'agir à l'égard de ses persécu- 
teurs. 



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— 100 — 

Parlant dos impies, et cola vouw r M^nrtle tout particniliiTciiiont, 
M. J)<!H«aullcH, puisque voua u'ivi rEj;li.s<i, .son inlnillibilité et 
celle du Papo, Saint Fi's. de Haies dit ; « Il ne faut pa.s, huus 
(( prétexte de fuir le viee de la ujéJi.sancj, favoriser, flatter et 
« nourrir les autres vices, fl faut dire rondument et franche- 
« ment du mal de ces vices, et blfiuier les choses blâumbleH. Il 
(( faut observei, e». blâmant le viee, d epar}.j;ner le plus que vou« 
(( pourrez les personnes en qui il se trou vc.... Mais, ji''ej;('o>^!, eu- 
.( fre fouH, les ennemis de l'Eglise et de Dieu, car, quant à ceux- 
« là, IL LTLS l-'AUT DÉCUIEll ïi* NT QU'oN PEUT. » 

Voilà ce quo dit Siint Frs. de Salos. Si vous reconnaisses! 
so'i autorité, lors<iu'il s'adrosse inr.r ûmcH plaints, vous devez pu- 
reillcment la roeonnaitrc quand il s'ai^it des l^ér^^tiquen et des 
impies, parmi Icf^quols vous oniptez. 

Vous dites avoir annoté les œuvres do Saint Frs. de Sales. 
Qucll(;s notes avez-vous mises ù propos du texte que je viens de 
vous citer ? Ou serait curieux de le savoir et il n'y pas de mal à 
cela. 



^ 



xxvit. 



Conclusions. 

La conclusion à tirer de tout ce quevous avez écrit, honor<iU<; 
DessauUos, dans votre Gniudc yuerre ecfJésiastiiiiie, c'est que je 
n'ai rien exagéré en affirmant que cinquante paires de bœufs ne 
porteraient pas les bévues et les énormité» qu'elle contient. Vous 
Ctes un ignorant fieffé, et cependant vous vous targuez d'un 
grand s;, voir, parce que vous copiez assez malhabilement des au- 
tours impies dont tous les dires sont depuis longtemps refutés. 
Los honnêtes protestants, qui tiennent à n'avoir rien de com- 
mun av c vous, refusent de puiser aux sources que vous faites 
valoir ( «mme véridiques. 



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J'ai évideiiiUKut droit, eu égard à la besc.gne (,ue vouh m'avez 
•ioimec, da vous adrcascr nn petit conseil en terminant. Soyez 
prudent à l'avenir et no cddez plus à la tentation de traiter n'im- 
I)orte .,uel sujet religieux. Les homn.es de votre espèce n'enten- 
dent ner. aux choses spirituelles, car il est écrit : Jlomo, cu,n in 
honore, .sxef, non intdlemt ; romj.nofn. .st jnmentis insipienti- 
'^'>' '^t s^nulisj^u-f ,,....( UNS ;V\unnuu.,,^^i n'a pas compris le 
degré d honneur où Dieu l'a élevé. „W rendu comparable aux 
betes de soumie et leur est .îevenu semblable ; et encore, anivut- 
Us honio non p.,dpU m qua sunf Splritu, IM ; l'hon.me ani- 
maUe perçoit pas les cho.ses qu'inspire et que produit l'Esprit de 

Si jamais il vous arrive de vouloir mettre de nouveau la vmin 
a lu plume, n'obé.ss^^ plus aux mauvais instincts de la nature 
afan de n'avoir pas à dire, en empruntant les paroles que J j' 
Rousseau laissait échapper dans un' moment de sincérité : 

'< Jene regarde aucun de mes livres sans ftémir ; au lieu 
d instruire, je corromps j au lieu de nourrir, j'empoisonne ; mais 
la passion m'égare, et avec tous mes beaux discours je ne suis 
(ju un scélérat. » 



LuiGl. 



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IMPK.MKKZK "Le Fra^c-Parleur", ... Rue St' g 



ABRIEL, MoNTRtCAL.