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Full text of "Les manuscrits économiques de François Quesnay et du marquis de Mirabeau aux Archives nationales (M. 778 à M. 785) [microform]. Inventaire, extraits et notes"

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MASTER NEGATIVE # 


COLUMBIA UNIVERSITY LIBRARIES 
PRESERVATION DIVISION 

BIBLIOGRAPHIC MICROFORM TARGET 


ORIGINAL MATERIAL AS FILMED - EXISTING BIBLIOGRAPHIC RECORD 


Weulersse, Georger^ 1874- [ 

Les manuscrits économiques de François Quesnay [ 
et du I»Iarquis de Mirabeau aux Archives nationales : 
(M. 778 à M« 786); inventaire, extraits et notes 
Paris, Geuthner IPiO 
7 + 150 P 0 

Doctor’s dissertation al. Paris university 


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RESTRICTIONS ON USE: Reproductions may not be made without permission from Columbia University Libraries 



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35 mm 


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(M. -S à M. -So). 

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IXVENTAmK, KX'l'HAITS I-;T XuTKS 



1 Iu'6e CfjtHjui*nvn)tiùro pour lo Docloraf ès-lrttref^ 
preni^uteo à La Faculté des Lettres de I I niversité de Paris 


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GEOKorES V7EULERSSE 

An 'if»n rh\ e Uf' / lu nie fiV-^rTitaie Supérieure 
Professeur J îlistoire et de (iéo:^raphie nu Lycée Carnot 



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LIBRAIUIE PAUL 


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îutI)cCin)ofîîfiuPork 


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KKANI'OIS (iL'ESNAY ET DE MAKQLTS DE AliliAliEAU 

AUX AHCIIIVKS NATIONALES 
iM. jy8 à M. ~S5) 






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FRANÇOIS QllESNAT ET DE MARQEIS DE MIRABEAE 

ACX AUCIllVKS XATIOXAI.KS 


(. 1 /. --N à - 85 J 




IWKXTAIUK. KXTUAITS VA' XUTHS 


Thèse c<fmplémeniaire pour le l)or/onit ès-leflres 
présentée à lu Fneiilté des Lettres de f rniversité de Paris 


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GEORGES WEULERSSE 

Ancien élève de l'Ecole Xorinale Supérieure 
Erofessenr ai{rèfré d' Histoire et de Géographie au Lycée (Airnot 


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PARIS 

LIBRAIRIE PAUL GKUTIINER 

G8, lil'K MAZAKIXE, G8 


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L'existence d'écrits économiques inédits du marquis de 
Mirabeau et du docteur Quesnay dans les cartons M. 
~^S-^85 des Archives nationales était connue. Quelques- 
uns de ces manuscrits ont été récemment publiés, soit par 
M. Knies, dans la (Correspondance du marquis de Mira- 
beau et de Duponl de \emours avec le margrave et le 
prince héréditaire de Bade' iiSp 2 ); soit parla British 
Economical Association, et par M. St. Bauer dans The 
Economie Journal, en i8ç)5 -; soit par M. A, Oncken dans 
/"‘V/c.sffGeschichleder National-œkonomie^ {igo 2 ); 
soit par M. Schelle, dans son livre sur Le docteur Ques- 
nay* iipo^); mais l'ensemble n'avait jamais fait l'objet 
d' un inventaire détaillé : et nombre de pièces qui n'avaient 
jamais été même signalées méritaient cependant l honneur 
d'une publication partielle, ou parfois intégrale. Il nous 
a paru qu'il j' avait là matière à un utile travail de dé- 
pouillement et de choix. 

Peut-être nous trouvions-nous mieux préparés qu'un 
autre pour l'accomplir. Les papiers du Marquis et du 
Docteur sont en ejjet répartis dans huit cartons sans au- 
cun ordre, et sans porter jamais que les indications les 


1. V. ci-dessous, p. 4. 

'2. V. ci-ilessüus, pj>. 1- et 13. 

3. V. ri-(lessous, p, \2. 

4. V. ci-dessous, p. - (‘I pp. 1- et 13. 




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PRl'FACE 

/>//. s va^mcs. Pour identifier chaque pièce, j)oui‘ en recon- 
nu tre raufeur, pour en fixer la date, pour en apprécier 
rirdérèt — soueent pour trancher la question de saeoii- 
si I article ou l'opuseule dècoueert n'était pas le simple 
brudllon d'un imprimé plus ou moins ignoré — il était 
inü(spens(d)le de connaître intimement l'histoire et la lit- 
lèr dure de l' Ecole ph )'siocr<dique. 

A'otis aeons donc procédé à une eentilation ndnulieuse 
des huit cartons : on en trmieera ci-dessous le résultat. 
é\ü is y aeons p>int queh/ues renseignemeids sur certains 
ma ’iuscrits de Mi/‘(d)eau et de Quesnay que Jious aeons 
rencontrés sous d'autres cotes; présentant le même carac- 
tére et appartenant à la même période que ceux contenus 
dut s la série que nous aeons inee/doriée, ils complètent la 
cohection dont nous aeons essayé tout d'abitrd de dresser 

le lataloo-ue. 

1 » 

]*our la publication .forcés de nous limiter, nous n'aeons 
ret( /lu que les documents d'ordre économoiue — au sens 
la/‘ge ai) le l)octeu/‘ et le Marquis entendent ce mot — 
réd’gés par ces deux auteurs durant les années i-ô6 à 
léééd. Encore aeons-nous été obligés de hdsser de côté 
certains textes trop considérables — comme le lirH' Etal 
de Mirabeau sur les moyens de restaurei’ raiitorité 
(lu ioi et ses liiianees ' ou ou la Lettre [du 

mène) à Big'ot de Sainte-Croix sur le eomuierce des 
hlc'i - — qui auraienl grossi démesurément notre eolume, 
et <; U éditera .sans doute bientôt la Revue d'histoire des 
doctrines économiques et sociales. 

é oüs nous sommes attachés plus parlieulièrement à 
faii e connaître les UK/nuscrils — jusqu'à de simples notes 
('e (Juesnay, parce (jue, des deu.x fondateurs de la 
doCii'ine physiocrati([ ue, le Docteur esl de beaucoup ce- 

J . ] I. 7N3, 11' 

] 1. 784, II" 3. 




l 












l'RKFACE 


VII 


lui qui a le moins publié. Mais maintes fois aussi les 
plus humbles produclions de l'iuépuisable Marquis, qui 
sont peut-être celles où cette nature fougueuse s'exprime 
sur les grâces problèmes de l'époque avec la plus pit- 
toresque fra/ichise , nous ont paru dignes d'ét/‘e, nu 
moins par fragments, reproduites. Le contraste entre les 
deux hommes, qui éclate dans leur correspondance, et 
nisque dans le détail de leui‘ collaboi‘ali(tn , est en lui- 
mé/ne significatif et quelquefois piquanl. Xous espérons 
que le recueil de ces te.xtes dont il ne nous avail pas été 
possible de faire ])asser toute la substance dans notre 
étude générale sur le Mouvement pliysiocratiqmv et le 
bref commentaire qui en facilite f intelligence, pourront, 
dans une modeste mesure, sercir à l'étude d'uu siècle 
dont la principale gn/ndeur fut .sans doute dans la har- 
diesse des idées. 


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IXVEXTAinE I) ET A II. LE DES CAinOXS 

M. - -<y à M. ~8ô . 


M. -S. 


iY" I. Brouillon (1111) ouvrage de Mirabeau, iuliluK' Traité de 
la Monarchie ou Essai sai‘ la Monarchie. — En 1758, Mi- 
rabeau songe à publi(*r enfin sous son nom son Mémoire 
sur Vutilité des Etats procincian.w (jiii avait paru en 
IT.'iO sans indication d'auleur.et dont une réi^difion rema- 
niée, mais toujours anonyme, avait été donnée en 1757*. 
Mais il (‘utend celle lois le faire précéder d'une impor- 
lante introduction : il eomjiose à cet ellcl le Traité de 
ta Monarchie. — Ce traité devait être lui-mème pré- 


cédé d'un Discours préliminaire et d’une Préface inti- 
tulée : Le Syndic des Pane res [on Traité de V organisa- 
tion < et comprenaul un Dialogue entre le surintendant 
d'O et L. d. IL (L’Ami des Hommes). 

De tous ees écrits, le Dialogue seul a été publié tel ipiel, 
en tète de V Introduction au Mémoire qui a remplacé le 
Traité sur la Monarchie % et (pii a paru dans la X partie de 
l’A/iu' des hommes. Le Discours préliminaire et le Traité 
inédits sont aecompagnés de notes marginales de la main 
de (^uesnay; nous avons ci-dessous reproduit les plus 
intéressantes. V. infra, pp. 2(1 et S(jq. 


iY** ‘ 2 . Analyse du Mémoire sur riitililé des Etals [irovineiaux. 
C’est, à ce (pi’il semble, le brouillon de l'édition renia- 


1. Cf. M. 778. Il" — Une seconde «‘diüon de l’ouvrag-e. un peu différente 
de la preniière. avait déjà paru en ITàl. 

:2. (7est prohahleinent sur le conseil de <^)uesnay (pie Mirabeau a renoncé 
à [>ui>Iier cel ini{)rud('nt traitt'e Voici en (dlet la note (pie le Docteur a mise 
au Discours préliminaire : « Je commence [>ar protester contre l'objet de 
l’ouvrage, (pii me paraît trop dillicile à rciujilir, et trop dangereux à mon- 
trer ({uand ou l’aura rem[>li. » 


1 



1N\ 1:M AIliH 


iiii't' (lu Mémoire <|ui a [)arii anoiiMiie i>n 17;;7 c! (|ui a 

(‘usiiih* r(‘[)i'()(luiU‘ « mol poiii- mol » dans la i' pai'lie de 
17 1 //li des hommes ( 1 7.')S , . 

). Maïuiscril demi-ueljde la Réponse aux objections sur 
le Mémoire, im[)rimé(* en I7:;S, à la snile du Mémoire Ini- 
méme. dans la i'-' partie de 1’ l//n des hommes. — Mul- 
tiples correelions d(‘ (hu'snay dans le texte; et observa- 
tions sur feuilles inelusces. Nous avons re|)roduit ei-des- 
sous les plus importautc's de e(‘s observations. pp. op 
et S(|([. 

3 ’ i his. Premier brouillon dn préeédent. 

i 1(0 . Net drtinitil du (iréci'dent. loutes les eorreetions 
l)ro[)a.sées par ( biesnay au n'> d ont été adoptées. Le Doe- 
leur [irésenle mieore ([uelipies observations sur la forme. 

j. Lettre d(‘ Mirabeau a (biesnay, où le marejuis indiipie 
au Doeteur quels remainements il entend apporter à son 
Mémoire primitit. — De I7.')7. [)robablement. 


::y. 

A” J . Essai sur le (Commerce en g-énéral . Analyse di* l'ouvrage 
de (ùantillon ipii |)orte ee litre, j>ar Mirabeau. — Cf. ^1. 
780, II" I. 

Iiielus dans la liasse, uik' envelo[)p(‘ « ontenant une 
lettre de (Juesnay à Mirabeau au sujet de la Philosophie 
/ iifuie.\ ers 17(11. — Publiée dans Sebelle, le IM Oiiesnaj' , 
|) 1 >. 

A" ; . Lettres de Mirabeau sur le (-ommeree des yo-ains ou sur 
1 Ordre légal ( 1707 j. — La plupart d(“ ees lettres, sinon 
toutes, lurent publiées. Llles [lortent des notes margi- 
nales de ( biesnay (|ui ont en général passé dans le texte. 

.Y" ‘ . Economie p-énérale de l' ap-riciiUure . brouillon de la 
Philosophie rurale. Les notes marginales de (luesnay 
sont sans importunée. Mais des passages entiers ont été 






iidereab's par le Docteur. Notamment le thème tinaLsur 
" la Pro\ idenei* ([ui éclaire b‘s bomnu's et ne b‘s foice 
pas, » est tout enlii'rde (}nesnav. 


4- fLv/m/ Tableau Economique. Autre bi-mullon de la 
Philosophie rurale. Antérieur au précédent. 


A" éj bis. Antre brouillon du Grand Tableau Economique. 


Notes maiginales de (hiesnay. Nous avons leproduil 
(juelipies-unes de eidles ipii n'ont [mini [lassé dans le texte. 


A^" Réponse à la lettre insérée dans le Journal d'agrieul- 
lure de mars i~-Jjsiir les substitutions. Ti-ois leltri'sde 
[Mirabeau, <|ui forment un tout: la P" est écrite à Viteaux. 

< :18 avi'il !77i. — ([es trois h'Itres ont été jiubliées 
dans les n"' de si'ptembre. d oetobi-e (*1 de novembre du 
Journal de la même année. 


3 /. ~So. 


/. Mémoire sur la Population, ([ommentaire de l'ouvrage 
de ([antillon, [)aragra[)lie [>ar paragraphe ('Pexle et eom- 
menlaire en regard). — (['est l'ébauche de l'Ana' des 
hommes. — (7f. M, 770. N" 1. 


A" a. Science de V homme ou Instructions familières sur 
l'ordre naturel et sur l'ordre social. [lar demandes et 
réponses. — lAi trois exenqilaires; annotations de ()ues- 
nav sur l'un des trois. — ([’esl le manuseiit des Leçons 


économiques, publiées |)ar Mirabeau en 1770. Cf. la note 
tinale du Docteur : « Cela peut sortir glorieusement de 
la presse. » 


A’" ‘L L'Ami des femmes ou Traité de la ehulisation. Brouil- 
lon de Mirabeau. Inachevé. — A'ers 1708, sans doute. 


èf. De V institution des femmes. Manuscrit de Miralicau. 
Annotations marginales de ()uesnav. — De 1708, sans 

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doute. Premier brouillon d'un ouvrage que le aianiuis a 


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IttâA 


1 INVKNTAIHE 

i cnoiicé à publier sous celle forme, probablement sur le 

I oiiseil du Docteur. 

5. Traité sur V éducation des filles. Manuscrit de Mirabeau 
)Our les Kphémérides. — Vers 1768 également. Autre 
“squisse de l’ouvrage préparé par le marquis, et qui n a 
)as été publiée non plus. 

A’" à bis. Brouillon du précédent. 

5 ter. Autre manuscrit réduit, sur le meme sujet, avec 
“C louches marginales de (^ucsnay. Publié tel (piel dans 
es Ephéiné rides de mars 1768. 

A’" ( . Discours d’ouverture des Assemblées économitiues en 
177.8. De Mirabeau. — Publié par C. Knies, dans sa Cor- 
'"cspondance de Mirabeau et de Dupont acec le margrave 

3 t le prince héréditaire de Bade. 

— Discours prononcé à la clôture de la 8'’ année des 
Assemblées, 8 mai 1774. De Dupont. Publié par 
Knies. 

— <( Discours pour la rentrée de nos Assemblées pour 
riiiver 1774-17iu. >> De Alirabeau. — Public par Ivnies. 
— Dans la publication de Knies, il manque cependant 
le passage connu sur les paysans du Mont-Dore ; mais 
cette description avait déjà été insérée dans i Ami des 

hommes. 

— « Discours pour la rentrée de nos Assemblées de 
riiiver 1778-1776. » — De Mirabeau. — Inédit. Voir les 
IVagmenls les plus intéressants ci-dessous, pp, 12.8 et s([q. 

— Discours pour la rentrée de Phiver 1/76-1^77. De 
Mirabeau. — Inédit; très important : voir notre publica- 
tion ci-dessous, pp. 12!) et s({(|. 

M. :Si. 

i . Manuscrits (brouillon et net) d'une partie des Lettres de 
Mirabeau sur VOrdre légal, 1768-176!). — Nombreuses 
additions ou retouches de Quesnay; la plupart passées 
dans le texte. 


M. :.si-7s:{ 


A’" 2 . Avis de l’Editeur du Précis de VOrdre légal, 1768. De 
Mirabeau. 

— Plusieurs brouillons de la Théorie de Vimpàt. — Notes 
et retouches de (Quesnay. — Nous en avons releve quel- 
cpies-unes, (jui, par exception, n’ont point passé dans le 
texte. Voir ci-dessous, p{), 88 et sq(j. 

A’° 8. Epreuves de la Théorie de l'impôt, 1760. Edition in-4. 


M. y 82 . 

— Avertissement des Leçons économiques de Miral)eau. 
1770. — Quel(|ues retouches de (Quesnay. 

— Manuscrit des Economiques. Les deux premières par- 
ties, publiées en 176!). — Copieuses notes de Quesnay; 
des pages entières passées dans le texte. — A oir 
ci-dessous (juehiues-unes des notes criti(|ues, qui sont 
naturellement inédites. 

— Fragment sur la Prévoyance rurale. — Deux pages, 
sans importance. Sans doute publié dans les Ephémé- 
rides. 

M. -8‘i. 

A"" /. Système pol'itique sur l'intérêt présent de la France. 
De Alirabeau. Postérieur à 1748, antérieur à 1757. — 
Considérai ions de polilicpie extérieure intéressantes. 

A" 2 . Bref Etat des moyens pour la restauration de l'auto- 
rité du Boi et de ses finances. De Alirabeau. A’ers 1787 ou 
1788. Notes de (^hiesnay. — Intéressant, mais très long; 
rései vé poui* une [)ublication ultérieure. 

X^ ‘i. Projet relatif à l’iilililé de Gibraltar. De Alirabeau. 

A" 4- « Des vrais moyens de rendre heureuses les sociétés 
politiques. Suite et apologie du livre intitulé : Pensées 
sur l'agriculture, » par AL Ferdinand Paoletti, curé de 
A'illa Alagna en Toscane. Dédié au Grand-duc. Florence, 
1772. — Analyse de l’ouvrage par Alirabeau. 


% • 




(; INVENI'AIHK 

■). Maiiusciit du Mémoire mr rao-riciiltiire du Mirabeau. 
)ul)lié dans la :i« partie de VAmi des hommes. n.'lU. — 
leaueoup de notes de la main de (^uesnay. Nous n'avons 
‘elenu (pie les plus importantes de eelles (pn n’ont point 
)asst( dans le texte. Voir pp. (*l s([<[. 

V’’ ( . NK'inoire explicatif sur la mine de Glan^<‘s. — (tlang^es 
‘st anjourd hui une eommune du canton de St Germain- 
es- Belh's, voisin de celui de Pierre-Butlière, dans lo 
Haute \ ienne. 11 s’a^dl d’une mine de plomb (pie Mira- 
lieau essaya d'ex{)loiler à partir de 1 ifi-1; mais l entre- 
prise échoua 

V'" ' . Eloi>e historique de Fénelon. \\nWe\ 1773 DeVNIirabean. 

Brouillon et net. Inédit. — Voir ei-dessous (piehpies 
extraits. |>p. lit» et s([([. 

Klo^e historique de Vauban. Sur la Dime royale. Dé- 
cembre 1772. — De Mirabeau. — Brouillon d'une lecture 
dillieile. Inédit — \ oir M. 781, n“ 2. 

.V p. Moles sur JkdsouiUebert.Xye Mirabeau. 17.")8 ou 17.")!). 
Publié tout réeennnent par la Reeue d histoire des 

docl ri II es économ iqii es . 

A'^iO. « Manuscrits de Sethos ». Analyse de lou\rai,m de 
l abbé Terrasson, [lar Miralx'au. 

V '* ^i. Vie dn comte de Plélo, par Mirabeau. 

.V" J. Mémoire o pour la justiüeation de la conduite de 
M. de Saint-Cézaire. » député de la Provence à la Cour. 
De Mirabeau, août I7:')i. 

A " r l. Manuscrits (!(' Va Réponse à l Essai sur lu eoirie^Y^whWée 
dans la ti' partie de VAmi des hommes, 17.’)!). — Brouillon 
et net. 

Y" r^. Mémoire de la Société de Lille, adressé a M. le mar- 
(piisde M. — Gritupie de la M partie de lélmi des hom- 





I 


. .M. ‘ 

mes. 17")!). — Réponses marp:inalcs de Mirabeau. \oir 
([uehpies extraits ci-dessous, pp. 22 et S(](j. 

,V'‘ iù . Discours prononcé dans une Académie. 

V'°" lii. i(> bis, it) 1er. iti quatci . Trois lettres de Mirabeau 
à M. de S. sur les jioésies sacrées de M. Le Fianc de 
Pom[)i^man]. 1 7.")."). 

A'" i~. Extraits de lettres de M. le M'^ de M [irabeau . Du 
10 novembie 1770 au 8 novembre 1788. — Lettres 
d'alfa ires. 

A " rS. « Jirouillons de eers de la main de M. le M'' de 
M [ira beau . » — Ge sont surtout d(‘s pot'^ies amou- 
reusi's. 

A’" T(). « Rrouillons de Mémoires et Itinéraires. » De Mi- 
rabeau. 173!). — Titre du premier cha[)iti‘(“ : Journal de 
ma vie. 

A’" i() bis. Récit de la « (iam[)aü:ne de 1731 », [)ar Mirabeau. 
— Gampatfiu' du Rhin. 

i() ter. Sixième cahier des Mémoires du manpiis de Mi- 
rabeau. — Récit de la Gampagne de 173."). 


M. :S4. 

N" I. Frayunent d’un discours de Mirabeau, contenant une 
criti(pie de la Déclaration des Droits de Virudnie dn 
P'' juin 1770. — Voir ci-dessous (pichiues extraits, pp. 1 13 

(“t S(}([. 

Brouillon des lierons économiques. Abréjîé des deux 

premières parties des Economiques, par Mirabeau lui- 
mèinc. Publié en 1770. 


; J (. 


8 


IN V i:\TA llîl' 



-- Mamiscril (on double; du Discours préliminaire des 
Eléments de la Philosophie rurale, do Miraboau. Publié 
en 17()7. — ■ Notes de Quesnav, incluses, sur la forme. 


Cf. note liliale : « M. de Mirabeau me pardonnera, s'il lui 
[liait, ma témérité, ma véracité, mon ij^noranoe et mon 
i^rilfonnai^e. » L’écriture du Docteur est un peu vieillie, 
et dillicile à lire 

Avertissement do l'Edi leur des Lettres sur les Eléments 
de la Philosophie rurale. Ces lettres. <[ui sont de Mirabeau 
lui-même, constituent une analvse du nouvel oiivraii'e, 
et ont [laru dans les Ephémérides ( 11 “' d’avril et de 
mai 17t)7). 

Discoui's préliminaire du Traité de la Monarchie. — 


Double du manuscrit inscrit sous la cote M. 778, n“ 1. 

Manuscrits divers du Discours préliminaire de Y Intro- 
duction au Mémoire sur les Etats provinciaux, publié 
dans la P partie de Y Ami des hommes eu 17.78. — L’un 


des manuscrits, au net, est corrif^é, li[,'-ne [lar liii’ue, par 
()uesnav. 


-J. Avertissement d’un traité à chapitre unique : « Rendre 
le peuple riche. » I7(i4. De Mirabeau. 1 feuilles, sans 
importance. 

-- Idées sur la Providence de Dieu dans Vinég'ale réparti- 
tion des richesses. — De Miraboau. Sommaire: peu im- 
portant. 


-- Epitre dédicatoire d'un ouvrai^e au roi de Suède. — 
De Mirabeau, [lostéiâeur à 1772. 

-- Ué[)onse de M. *, CousiMllor au Parlement, îi M. le 
chevalier de *** (sur la Conslitutiou (*t les moliuisles). 

-- Avertissement de la Iraduclion Saisons de Thom- 
son (sous forme de discouis à l’.l//;i des hommes). — De 
Mirabeau, revu [>ar (Quesnav. — Publié avec ([uelques 



variantes sans importance en Icle de la traduction de 
Mme Boiilem[)s, 177!), in- 12. Cote à la IL N : 8" Yk. (i84.j 
Dédicace d’un ouvratfe à une Altesse Royale, u tils 
d’une aut>:uste mère. » — De Mirabeau, 17(ü). C’est un 


[)rcmier brouillon de la dédicace des Economiques au 
yrand-duc de Toscane. Voir ci-dessous, M. 7 84, n" .'L 
Lettre de Mirabeau à M. Erey, autcui- du Socrate rus- 








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M. 7Si 


9 


tique, du 8 novembre 17li2. — Retouchée par Quesnay. 
Publiée ci-dessous, pp. 87 et sqq. 

Observations sur la Déclaration des Droits du bon 
peuple de Virginie, portée le P^' juin lyyd. — De Mira- 
beau. — Sans doute un fi-aj^ment [1 feuille] du Discours 
sur le même sujet inscrit sous la cote ]M. 784, n" I. 

- Era[>;ment d'un ouvraj^e de Mirabeau intitulé : « L’A- 
miable. » Inédit: vers 1768. Voir ci-dessous, j)p. !)!) et sqcj. 

- M émoire de Mirabeau sur les affaires présentes (Poli- 
ti([ue extérieure, affaires européennes), ^'ers 1776, au 
début de la iiuei*re de Sept ans. 

- Plan d'arrang'ement pour Va faire de la répartition du 
vingtième sur les différents corps qui composent la pro- 
vince (la Provence). — De Mirabeau. 

- Le curé d'Oribeau. — Article de Mirabeau, publié 
dans les Ephémérides de 1770 (n" 7) sans aucune indi- 
cation d'auteur, et (pie nous avions cru. pour cette raison, 
devoir attribuer à Dupont. 

- Article de Rienfaisance. - Article de Mirabeau, écrit 
pour les Ephémé/ ides de septimibrc* 1767. mais qui n’a 
ét(' [Miblié ([U(“ dans le n" 2 de 1760. 

Triple Mémoire de Mirabeau. — Affaires politiijues 
européennes. — Entre 1776 (prise de Port-Mahon) et 
1778 perte de Louisbourjï). 

- Cahier de Pensées, de Mirabeau. Commencé en 177Î), 
s'arrête (‘n 1744. — Notes journalières. 

- Requête des habitants de Maj‘seille au Contrôleur-gé- 
néral. — D(‘ Mirabeau. A [iropos de la délibération du 
Cons(‘il municipal de Marseille du 10 août 1767. 

- Requête des Etats d’Artois au Roi. — Vers 1777. Lé- 
j^creiiumt postérieur à la naissance du comte d’Artois. 

- Première lettre de Mirabeau à M. de Silhouette en 
177!). — Publiée ci-dessous, p. 7!). 

- Manuscrit de la Réponse du correspondant à son ban- 
quier, de Mirabeau, [)ul)liée en 177!). 

- Deuxième lettre de Mirabeau à M. de Silhouette. 177!). 
Accouqiajfnée d'un Mémoire à la suite, qui n’est autre que 
la Réponse du correspondant . — Voir ci-dessous, [). 47. 

- Requête à M. le Dauphin de Erance en faveur de M. de 
Mail a sise, [iropriélaire à Naudy, entre Corbeil et Melun. 




INVKN'rAlIÎK 

« 

\ ors IT.'JS. — I)(‘ Mirahoau. Inédit. Voir oi-dossous, 

— A^ orlissemoni de dea hommes. IT.'iT. Début 

inédit. Voir oi-dossoiis, j). lit. 

— Annonoe d'nn Cours économique^ qui s'ouvrira le la 
se[)toml)rc 17(»7. 1)<‘ Miralx'au. — Incilit. \'oir oi-des- 
sotis. pp. !);{ et s(p], 

— (b‘iti(jue do l'oinrai^-o d(* Moiadlot intitulé : lîéfle.xions 
sur les avanfa^es d'écrire et d’im/)rimer sur les matières 
d'administration. !)(' Mira!)oau. 177t. — Inédit. Voir ei- 
dessous, pp. I2U ot s(|(|. 

— Ejdtre dédicatoire à Monseigneur, .. j mai 
Miral)oau. — Cette é[)itre est très probableimuit adressée 
au inarurave de Hade. bdle devait sans doute être j)laeéo 
en tète de la Science <ju les Droits et les Decoirs de 
l'Homme , ouvrai>o d' Instruction populaire demandé au 
inai'(piis par le inars;iave, et publié eu 177t. (d'. Kni('s. 
Corresp. Marp\ de Bade et Mitnd>eau, t. I, p. (iti et 
p. S.b 

- — Réponse d(‘ Mirabeau au n" ‘i du 3‘‘ colume [en 
réalité e'est le 2'J d(‘ la (i‘‘ année des Epliémérides . 

A la lin du ■>" volume l'éditeur i Dupont j annonce ([u'il a 
reeu des réponses aux problèuu's poses par un eorres- 
pondant dans le volume 2, mais (pi’il a dù les renvoyer 
au volume suivant. C(‘ volume n" t — (pd devait être 
d ailleurs le dernier d(“ la publication — mam[ue à la 
Ribliotlièipie nationale Xous ne savons doue pas si la 
réponse de Mirabeau a ét(‘ etl'eetivement publiée: elle ne 
[)résent(‘ d'ailleurs <pi un inti-rèt seeondaire : c’est la dis- 
cussion lie ([U(d([ues points de doctriiu' sur lesipiels les 
cliel's de rCeole s'étaient maintes fois e\[)liqués. 

Vauban it la Dime royale. Manuscrit de l'Klo^e de 
Vauban, [>ar Miiabeau. Déeembre 177i’. — \et. incom- 
plet. Voir un brouillon plus conqilel M 7K.1. iC S. 


Caquet de pauclie en ouvrant 


V° tio. Cote C . — Notes de Mirabeau) poui‘ l'abbé Nicole 
sur les movens de détruire la numdieiti'. 





;*T' ' *■ 


.^r. :m 11 

AV’/q. Cote C . — Klotre et analyse* de la Iddlosophie rurale 
ou des Eléments di* la Philosophie rurale*. — Parait 
être d(* .Mirabi*au lui-mème. Vers 17117. i paj^es sans 
importance, brouillon qui [larail ménu* inaelu*\ é. 

liV" K). Cote* R . — Lettre de Mirabeau à Jlignd-de-Sainte- 
C roi. X sur le commerce des g rains. 112 paires <1 éei itui e 
serrée. A ers 17t!N. pendant la disette. — Inédit. RéserM* 
pour publication idtérieure. 

A" iS. Cote C.]. — Noti* di* Mirabeau donnée à l'Kvèipie de 
A'ilna, 17(»M. — Inédit. Voir ci-dessous, p. loi. 

— Lettre di* Mirabeau à Du|)ont. sij^née Fiançois 
r.Vmiable. 17liS. — Inédit, ^\)ir ci-dessous. [>. 100. 

A “ 'Ji. Coti* C . — Notes de Mirabeau touchant le Mémoire 
du Clerg'é de Guyenne sur la proposition d'exemption 
de dîmes. 17l)i. — ■ Inédit. A Oir ei-dessous, p[>. S!) et sijij. 

Pas (11* cote . — Dédicace* une Altesse rovale el'un liM*e 
» d'instruction popnlaire. >* De* Mirabeau: revue et cor- 
iâa:ée par (^uesnay. I7(i!). — C'est le manuseril elélinitif 
de* la eléelicace* Economiques im f^rand-eluc ele Toscane. 

A" l'L Cote* C . — Lettre ele Mirabeau à un ami sur les llu- 
rciienols actuels. '1\ elécembre 17.")7. 

A '^ U. Cote C . — Rèsflement el'une Compai^nie* pour le* 
commerce* ele's lies élu ^ e*nt. eloni Mirabeau el(*vait être 
le* elireete'ur. 2 mars I7a.‘{. 


A'-’ 'L 

Caquet de droite en ouvrant. 

A " /y. Cote G . — Re'epiéte ele Mirabeau jeour obtenir la 
lixation ele la taille imposée sur ses terres élu Limousin. 
— .Vvee lies observations ele (juesnay (Voir noti-e d/euo’. 
phj's., t.I,p. 4(l7). — Entre* 17’)X et 177i. 

A’' If. (iote* R . — Diseours ele Mirabeau à propos d'un non- 




IXVKNTAIHn 

vel afrouaj?emont (en Provence). — Mirabeau proteste 
eonire ce nouvel afïbuaj»'einent qui le surcliarfrerait, en 
raison des dépenses qu il a tait(*s pour 1 amélioration de 
ses terres. Ce discours doit dater de la période qui nous 
intéress(“; car il a été prononcé assez loiii^lemps après la 
publication du Mémoire sur les Etats provinciaux. 

•\ ’ (^ote (' . — Article de bienfaisance, de Alirabeau. Pu- 
blié dans les Ap/nvnérû/e.s' de; juill(>t I7(i7. 

Pus de cote]. — Manuscrit de V Explication du Tableau 
économique, de Mirabeau, i)ubliée dans la .'i'' parti(‘ de 
des hommes. 



• (.■ote R . Projet d hdit sur la liberté des q'rains. 
De Mirabeau. En double exeiiq)laire. — Vers 17(iS. \\)ir 
ei-dessous. p[>. IU.7 et s(}<[. 

d/. 3 liasses'. 

Liasse. 

" iî3. Brouillon du Tableau économique original, de ()ues- 
nay, 17. — Base de iUO livres. 22 Bemanpies. Notes 
sommaires encadrant le zip-zag-. — Bepioduetion cm lae- 
simile par A. Cliieken, Creschichte der Nationul-œhono- 
mie. t. I, p. 22i. 

A '* a/. Lettre de ()ue.sina\ à Mirabeau, en lui envoyant la 
première édition du Tableau économhjue. Décembre 
I7.7X ou commencement de I7.'i!). — Publiée* d’abord par 
St. Bauer, dans 'The Economie .Journal de mars IS!).'); 
(nus dans Sclielle*. J,e Docteur Quesnay. pp. 

A’*' ‘ 2 ‘ 2 . Lettre de Quesnay à Mirabeau, où il bu annonce l’en- 
voi prochain d’une seconde édition du 7’a/^/euM à base de 
(100 livres), 17.')!). — Publiée d’abord par Si . Bauer, op.cit., 
puis par Schelle, op. cit., pp. ;i!)0-:i!)(i. 

A" 24- Tableau Economique. Imprimé. ’T' édition, 17.'1!). — 


1. incluses dans l<‘ carton M. TSi. dont nous resp<‘ctons iv d(‘Sordr(‘. 


V 


M. Tsi 


13 


Base de (100 livres. Accompagné de 23 Observations, 
sous le titre apocryphe : E.xtrait des Economies royales 
de d/. de Sully . — Cette édition du Tableau a été repro- 
duite en lac-simile d abord par la British Economical 
Association en 1803, pour h* deuxième centenaire de la 
naissance de Quesnay : puis .sans les observations ni les 
notes) par Hector Denis, Histoire des sjystèmes écono- 
miques et socialistes. 1004, 1. I, [>. 04. — A oir encoi'e. 
l)our les Observations (ou. Maxinu'S i, le livre de M. Schelle, 
Le Docteur (Juesnaj-, pp. 271 et s(jq. La maxime n« 21 a 
été ajoutée dans la 3'‘ édition. — Voir entin notre Moue, 
phys., t. I, pp. 70-71. 

A” /J". Note de (Juesnay sur les effets de la liberté du com- 
merce e.xtérieur des g' ra ins, en K) paragrai)hes. — lùdre 
1737 0 1704. 

A" f 2 . 'Tableau léconomique imprimé, à base de 2.000 livres. 
C’est le P‘’ Tableau de la Philosophie rurale, dressé [)ar 
Mirabeau, et coriigé de la main de Quesnay. 

A" To. Brouillon du précédent. 

A " S. Brouillon d’un autre des Tableaux de la Idiilosophie 
rurale. 

A " I.). Tableau manuscrit (de (hiesnavj : de la dégradation 
du revenu par la dégradation progressive des avances de 
la culture. — - C'est un des Tableaux insérés dans la 
Philosophie rurale. Voir pp. 230-200. 

A”" et 26 . Tableau Economique avec son explication. 
Imprimé. Epreuve de l'ouvrage de Mirabeau, inséré dans 
la 0'' partie de l’.Im/ des hommes. 


A" 3 n. Notes de (Quesnay, très brèves et détachées, sur la 
Idiilosophie rurale; notamment sur le titre. 


2 '' liasse. 

A 20 . De l étendue des succès de la bonne éducation des 


I 



1 1 


IXVKN l A11U-; 


/(’jiwirs. Notes (le (hu'siiay. avec (I(“s leuvois (nii se 
l■aj)[)o^lenl sans aucun doute à un ouvratre de Mirabeau. 
17t»7. — b ue s(‘ule pa^n*. 

■\'u >. Noirs marginales de ( bu'snay a 1 ^[nnoftcc d uu (,oiirs 
àcononiKjiie, i>ar Mirabeau, 1 d>7. (d. M. 7^!i, n" 2. Inédit. 
Voir ei-dessous, p. Ui. 

V " i(). Note de ( bie'itav au sujc'l (b's prol(‘statit)ns éle\ees 
par le elerjue de (luyenne eonire les exemptions de 
dîmes, I7tii. Cf. M. 7Si. N" 3, n'> 2 1 . — Inédit. Voir ei- 
dessous. p. !I 2 . 

-- Série de lettres et de notes de ( hiesnay relatives à 
la Théorie de linipi'd attachées pai' uin; licelle). Voir ci- 
dessous. p|). 7),3 (“t s(p[. 

-- Lettre de ( hiesnay à Mirabeau au sujet, de la Théorie 
de rimpéd. aloi's en [)réi)aralion. 17()U. — Inédit. A oir ei- 
dessous. [>. 7i. 

-- Uéllexions d'un anonyme sur la Théorie de V impôt, 
I 7 (;i) _ Crititpie modérée du [)rojel de relorme tiseale 

de Alirabeau. 

-- Le reste de cette liass(‘ ne comprend 411 e des brouil- 
lons épars (pii nous ont paru sans intérêt 


‘T Tasse. 

-- Longs brouillons de (hiesnay destinés à la Thilosophie 
rurale. 

-- Lettre de Alirabean à (hiesnay du 13 juin 1 dil. et 
réponse de (hiesnay. — Inédit. A'oir ci-dessons, p. 78. 

.A ' /.>. Cote (7. Fragment sur la noblesse. De Mirabeau, a\ ec 
des notes de (^tnesnay.' — Inédit. A oir ci-dessous, p. ’2b. 


M. -Sô. 


,\ " [ . T’ssai sui' l'orii^ine de la noblesse J'raneaise. Ouvrage 
liistoriipie de Mirabeau. La date de juillet !7(i3 est ins- 
crite en tète de l un des chapitres. — L Lssai est aeconi- 
[lagné d’un Alémoire à consulter imprimé pour la mar- 
([uise de Cabris. 



r 


♦V 


[?■ 

» 



M. 7>:. la 

.A'" ‘J. l)e V impôt anticipé. Avec la mention : « Hédigé sous 
les veux de AL (tuesnav. » — L'auteur est certainement 

<. '^ 1 , 

un Pliysiocrate ; [lent-èlre est-ee Saint-Féravy. Ce mor- 
ceau est [leut-ètre inédit ; mais les principes (pii y sont 
dévelop[)és S(‘ trouvent exposés en termes presipie sem- 
blables dans divers ouvrages de l’Ecole. 

A*' 3. Rien de Alirabean, ni de (tuesnav. 

.A " 33 . Mémoire toiiekant le commerce de la France et les 
moyens de le rétablir. Publié vers 1(»!I7 par un homme 
(pii a longtem[)S ocoiipé « une des premières charges de 
judieature de la marine. » — Copie. 

.A ‘',5. Aoiicelles (/aestions su/- le eo/nmeree des Français au 
Tecant . Entre 1738 et I7(i3. N’est sans doute pas de Alira- 
beau. 

-A ” a. I*récis d(‘ ce /j/ii concerne le port de Loi lent et le 
commerce des Indes et de la Chine. Postérieur à 1770. 
N'est pas de Alirabean. 

A"’ Mémoire.^ touchant le néi>'oce et la nacio'ation des 

me i~ 1 » 

Jfollandais. Dressés <m Amsterdam en juin i()()(). — 
Clo|)ie. 



A“ H. Mémoire concernant le commerce d' Espa<pne. A'ers 
17 18. — Ne parait pas être de Alirabeau. 

A " (). Mémoire sur le commerce du Fortiipal. — A ers 1730. 
— Ne paraît [las être de Alirabean. 


X'’ 10 . Fragment d’une étude sur U‘ 
Postérieur à 1740. 


1 ‘oyaume de Naples. 


A" //. Projet d’une Bourse eommuiK' id d’actions de eom- 
meree. par le sieur Ilumbhdot. — Note marginale de 
Alirabeau : « Bon loi (jue AL Ilumblelot, voyage dans la 
lune, et par le chemin à se casser le col. » 



I 





lo INVEM'AIHE 

-J. Règlements de la Société établie à Londres pour V en- 
couragement des arts, des manufactures et du commerce . 

‘i. Mémoire pour servir èi Vhistoire des conf érences poli- 
tiques tenues à l'Entresol depuis /j"a4 jusqu'en ly'h. 
Copie d’un comple rendu des séances du (did) rédigé [>;ir 
le marquis d’Argenson. Cf. Onckeii, Frankenstein's 
Viei'lelialisrchrlft, l. 1S97^ note p. 2!)1. 

A " j. Kxainen de la Rodopune do Corneille. 

A" Traité de l'amitié, imité de Cicéron. De Mirabeau, 
seinble-t-il. 


A" a. De la Providence, imitation de Sénèque. Du même, 
à ce ([u'il semble. 

A ° ”. Stances sur les Pensées de Sénè(pie de Vita Reata. — 

Du même, à ce (pi'il semble. 


A" ^S’. Les Conseils de la Sap'e.sse. Ode. — « Extrait en 
partie des LiA res saints. » IT.'ifi. 

A ‘’ op Ode a la Xuit sur la Divinité. 

AA : O. l'oème ou Epltre sur V Emploi du Temps. Imilation 
de l’ouvrage de Sénèque sur la Rrièveté de la vie. — 
Parait être de Mirabeau. 

X" II. V Amour piqué par une abeille, ou l'Amour corrigé. 
Comédie. 

A"" > 2 . Poésies diverses. 

X° i 'L Tableau sommaiie du commerce de Bordeaux. 

A'° ip Notes sommaires sur la \ ille de Bayonne. 


A’“ ià. Mémoire sur le commerce des colonies d’Améri(jue 
— Adressé au comte de Toulouse. 


( 


K. yn<) 


V 


A'" 2 (j’. » Projet d’exportation de IVomages de Salers à 
Souillac, et de ce dernier lieu à Bordeaux, avec une 
exportation de sels pour les retours de Souillac au mou- 
lin d’.Vrnac, et du moulin d'Arnac à Salers. » — De Mi- 
rabeau. 


A“ Jo. Devis pour la construction (h* greniers. 


A titre de complément, nous signalons ci-dessons quchpics écrits 
inédits et intéressants, soit de Mii'ahean, soit de Quesnay. ({ue 
nous avons rencontrés dans d'autres carions des Ai’chivcs. et dont 
«pielqnes ('xlraits d'ailleurs ont trouvé place s(»it dans le texte, 
soit dans les notes de cette publication. 


E. /J". I. <)()(). 5. Elope de l abbé de Saint-Pierre, [>ar 

Mirabeau, ^’ers 1773. Canevas ditlicile à lire Voir ci- 
dessous. p. 11!). 


K. pot) (Dossier VI). 


A" Sur la nécessité des encourap'cments pour l'ap-ricul- 
ture, 17ol). De Mirabeau — A oir ci-dessous, pp. 4b et 
s(!(i. 


A"" 'jfi. Notes de .Mirabeau à un Ib’ojet d'établissement d'une 
Société d'ap'ricul turc pratique en Forez, avril 1777. 


3 3. Deux leürt's de Mirabeau à l autenr de la Lrance 
ap-ricole et marchande (Coyon de la Plombanie , oc- 
tobre et novembre 17b2. 


A'" 36' (pour mémoir(‘ . Co[)ie d’une lettre écrite par (hiesnay 
à l’intendaid de Soissons (Méliand de Thoisy en 17b0. 
— Publié par Ottomar Tbieby dans le Vierteliahrschrift 
J'iir Sozial-und iitbscbaf'tp'eschichte, X vol., l'IÜb, 
p[). ()33 et s(|(j. 


A*'' 3p Crili<pie ([>ar Mirabeau) d'un Projet d'établissement 
d'une Société d'apriculture à Arras, 17(12. 


1. Ia‘s U"" 1*11 et 1*7 ne contiennent (ine <|uelques notes sans intérêt sur des 
entreprises de iiàlimenl. Le n^ i*8 n’est pas en place. 


y 







v\'n!A!'rS !)HS MAX! SCÜITS 




L'AMI 1)l:s ii()MMl:s 


La date exacte de sa /tatdieatian 


i-a-. 


La publicalioM de lAl//// des tawiaies par K“ inaripiis de 
Mirabeau es! un é\('neinenl assez iiujK)rlanl dans l’Iiisloire 
des idées au wiii'' siècle' pour <ju’il soi! intéressanl d'en üxei' 
exae'lenieul la dale. (a-rlains aub'urs, eoiuiue M. de Loinénie. 
tienueul [)our !7a7: les aulres. eoiuine M. Uouxel L i)e)ur 17.'l(i. 
Les deux avis nous paraisseul poinoir [)arrailenienl se eon- 
eiliei' si l’on a soin d(' dislin, i>uei- le nionieid de la eoni|)o- 
silion el celui de l'apieaiiliou. 

Il n’y a poini de doide ([iie l’ouvrage' n’ait élé écrit ('n I7."»(i. 
MAmi e/e.s 7/0/// //n’.v, citant h' li\ i‘ede (Liulillon. déclare epi il a 
élé publié raniu't' jjassée' ’ : or \ ltss(d sur ta nature du coai- 
///e/‘ce du baïupiii'r irlandais avait paru vers le milieu de !7')a 
Le marepns déclare ('iieore ailleurs * : " (’.eei était écrit avant 
la li'uei'i'e* |U'és('ntt': >» or la i^uerre d(' Sc[)t ans. la seule dont il 
puisse èli'(‘ (pieslion. a éclaté à la lin d aot’d [7;j(i. J) autre* |)arl 
l’aute'ur lui-inème a\oue epie se>n eeuvre* a été e eempeesée en 
six nu)is ; mais e'e* n'est pas une' l'aisem sullisante [)oiU' aHii nu'i- 
(|u’e'll(' a élé publiée* cette même année I7'')ti. 

L’éelitie)!! el’Avii>non, celle même ejiie* re*produil M. Remxel. 
peerte il est vrai ce millésime: mais il y a toutes les raise)ns 
ele penser lavee- M. ele Le)niénie) e|u'e'lle* est antielatée. Kn 
ellel le Journal économique ne siyniale [>as le* livre parmi 
ceux ejui ont |)aru e'ii I 7é(i. mais bien parmi les publications 
de l'année suivante, (irimm l analyse* e*l le* erili(|ue à la elate 


1. Voii‘ la d(‘ son édition de \ Anti drs hontmes. \)\). 

'2. (If. A. d. IL, éd. d'A\ ijçnon. l. I. |>. . 

VA'. Griinni, (^ori'es/t., ITôo. 

4. VA\ A. d. 7/,, 2 - ch. \ in. 




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20 


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; juillet 17.")7 eoinine une nouveauté’. Kntin nous avons 
é aux Areliives nationales - un brouillon (l’Avertissement 
ermet de taire à eliaeune des deux opinions en présence 
rt (|ui lui revient, 
ici coininent débute ee morceau : 

b monealiier n'eùt été livré à rimprimenr avant le eom- 
•ement de l’année, l’horrible attentat (pii en a souillé les 
iers jours eût pour jamais supprimé cet (tuvrage. Quel 
acle pour VAnii des honunes, de les voir tous trappés 
même coup, de voir la tête la plus précieuse et la plus 
^saire de l’univers menacée, (jue dis-je? alla([uée ! » 
ittentat de Damiens, aiupiel il est fait ici une allusion 
parente, se place le ') janvier 1757. Il est donc certain 
1 ouvrage a été composé entièrement, et sans doute 
e imprimé, en 175t>, mais ([u il n’a paru ([u en 1757. L .\- 
ssemcnt manuscrit dont nous avons cite les premières 
s était bien destiné à l’Am/ des hommes; car toute la 
St identi([ue à celle de raverlissement imprimé. Le eom- 
■ement seul diliere : les éloges dithyrambiques adressés 
oi dans le premier moment d'émotion ([ui suivit l atten- 
ont disparu. 


II 


LE TIÎAITÈ DE LA MOXARCHIE 


\otes de Qiies/iny sur le manuscrit (le Miraheair. 

(fToS 


C( ii'cst pas le lirouilloii même d(‘ ce traité inédit cpû nous a 
)ari intéressant; mais certaines tles Notes ([ne (hiesiiay y a mises. 


1. I 


i>. 1 


‘ 

je (lé 
rui^c 
ilessi 
eel a 
eom] 


nîus‘ 
l>as i 


■k. 


;r. (lorresp., t. III. [>. 

I 7S4 n” 

Prince également respectable et elier. a Qiii du fond de nia reliaitf 
éoiie un hommage pur et désintéressé.... 1 Inimanite na plus de re- 
pfeii vous: c'est dans ce cœur M'aiment royal, toujours calme et au- 
s de l oraî^e des émotions humaines en tout ^œnre, (piVlle retrouvera 
■;ile si >ùr qui lui est refusé partout ailleurs; un |)ére tendre, un mailre 
atissant. un héros désarmé. Roi i>ar le cœur plus encore (pie par la 
anee et par ronction céleste, vous êtes homme : ])ourrait-on ne les 

imer? » 
d. 778. 1. 


h 



DE LA MONARCHIE 


Il est cui'ieux d’entendre le bourgeois Docteur, dans 1 intimité d une 
sorte de conversation écrite, endoctriner son nouveau disciple 
pour l'amener à dc])ouiller ce <pii pouvait subsister en lui du 
marquis calholiipie et féodal. 


La question religieuse. 

Les religions particulières' ne doivent-ètre envisagées dans 
un système politiipie (pi'autant ([u’elles sont déjà établies.... 
(7ar, à la réserve de la religion calboli([ue% elles sont toutes 
fausses, et ne peuvent convenir aux Etats (pi’aulant ([u’elles 
sont assujetties à la morale d’institution divine, c'est-à-dire à 
la loi naturelle, ([ui est de toutes les religions, de tous les pays, 
de tous les siècles, et (jui est le guide souverain de toute légis- 
lation, le fondement de toute piété et la règle universelle des 
bonnes nnrurs. Cette religion divine et pure est depuis plus 
de deux mille ans la religion du gouvernement de la C.liine.... 
Lu polili([ue pent-il donc croire qu’un Etat serait sans religion 
parce ((u’il n’aurait pas une religion particulière?... Les reli- 
gions d’institution humaine (je ne parle pas de la religion 
catholique ([ui est la seule vraie, avec la religion univer- 
selle), ces religions, dis-je, d’institution humaine ne doivent 
avoir de rapport avec le gouvei nemenl dans les Etats où elles 
sont établies que parce (ju'elles ont elles-mêmes besoin d'être 
gouvernées. Or, dans un système politi([ue, on ne doit pas 
prendre le change à cet égard; l’erreur de l'auteur serait 
trop visible; l'avantage de plaire à (piehpies uns serait acheté 
trop cher par la jrerte ([ui (ui résidterait au tribunal de la rai- 
son.... (7ar, pour une bonne législation, nous n’avons besoin 
([ue d'une bonne morale, d'une morale complète, que de la 
morale divine universelle, de la morale par essence et avouée 
de tout le genre humain. La croyance dans ([uelque religion 
([ue ce soit n'y peut rien reli'ancher, ni rien ehanger, (ju’au 
préjudice de la jusli(‘e. de la vérité et de la piété, l n Dieu 
créateur, une providence, une justice suprême, un rémuné- 

1. Passa^œ du Traité aiuiuel sr rapporte la noU* : u La r<di^ion est tou- 
jours le meilieui' ^ai'aiit <|u’ou puisse avoir des mœurs des hommes. » (ula- 
lion <pie Mirai>eau fait sienne. — (d*. Traité, eliap. i. seelion. p. Ht. 

Formuh' de précaution toujours utile à Ih'pixpie, necessaire ici pour 
ménager la susceptibilité du martpiis. 


i 


. ^ 1 >• 




22 (^>rEsxAV 

niloi r, une vie future, une loi ohlisîaloire, des cluiliments. des 
réeo npenses peudanl la vi(‘ et après la mort — sont de l’es- 
seue' de la relii,dou nalurcdle el reconnue des philosophes 
mori ux dans tous les temps et dans tous les pays. 

C(tt<‘ (‘xpression* est trop va^me. S‘a,s,dt-il de relif>;ion par- 
ticulière'?. . Le [)eu[)le <lu royaume de Castille était-il meil- 
leur ([ue le peujeh' du royaume' de (Irenaele? .. Il ne s as?il 
pas ici élu métier ele e'e'ux epii sont e-hari^és par état eh' de)j>:ma- 
tiseï . mais du métier de législateur. C.es eleux métiers se ren- 
contrent, mais ils ne se e-onloneU'ut [>as — 

... Le théoh)^den n'a pas plus el’avantaj^e epie le léf^islateur 
sur e elroit nalure'l, epd est une loi souveraine pour run e't 
pe)ur l'aidre: ainsi le lég-islateur est plénij)e)te'idiaire par l'au- 
teerité ele e-e'tte loi. elistiiie-te' ele la théeelof-ie mystérieuscL . . . 

1.; nole'-is'pouse' seiivaiile. iiiseiâle i^ar Miraheem eu marge erim 

êh loii'C critie[iu' ele’ l;i Seeeie'le* de Lille* sur la i' partie de* 1 Ami 
(les loinines \ nionU-e bien e[uel était e*u lT.')!t’, sur ta ([uestimv cpii 
iu)U( oeeupe*. le point de* vue* du mar(pns. tort ditU re'iit de celui du 
doel eur. 

,h a’tii [)e)inl elet prétre's élans m;i rae*e, et ny e'ii eid jamais, 
eheeee rare : mais je eloniu'rais ma vie. s’il e*n était e[ue*stiem, 
pe)ur le maintie*n eles [erivilège'S et élu rang ele eet orelre* en 
Fra lee. Lit [eeelitieiue n’est autre chose epie le lie’ii des soeie-te's. 
Le's heemme's ne se réuniront jamais epie élans l'ohje't eiù ils 
e*re) re>nt trouver le'ur avantage*. Le e*entre e*t la source de's 
ava liages est Dieu, où se trouvent heauté. bonté, justice et 
har nemie. i piveits ele* tems les biens e[tie meus recherchons 
ie*i- >as. même* élans mes illusiems. Le plus [uiissant peiint ele’ 
re*u liejii e*ntre le*s hommes est deme Dieu'’: mais 1 hennme 

I. '■ 1.1* iti*\ i)ir li a (te rcjîle sure ([iii* flans la reliyion. » I rli. i. - sec- 

tion [I. 17. 

Loc. cit.. p. IS. 

:î. M. T8;1, ir 14. 

4. La li'ttn* par laipieltc la Socit'-tc remcrfic M i raliciiii ilc scs réponses est 

(lati e (lu iii mars IT.il). 

.1. Note à la page (i du Méuioire. 

II . l.'ulilitarisine. si I on peut .lire, et la religion se iiudent ici enriense- 
inei l. Le priiieipi* dt* riiitérèl Itien entendu sera relui de l;i inoi'ale pliysio- 
erali((ue: mais l interèl roud;niient;il (jui eonstiluera .. le point de reunion ■> 
des lioiuiues en soi iétc. ee sera, non plus Dieu, mais la propriété loneiere 
l(‘ / rodnit nrt. 


■ Il W' ' 











DE EA MONAHCHIE 

charnel étoulle souvent et presipie toujours l’homme intelli- 
gent; il convient donc que tout ce qui rappelle Dieu à nos 
sens soit fort honoré, comme l’organe du premier lii'ii de la 
société. Mais relativement aux pays d'Ltats.le clergé en France 
est [)Our idnsi dire le seul Ivlre imparlitil (|ui [misse [laraitu 
dans CCS assemblées, attendu cpi il eontrihm’ a part aux 
charges dont il est (juestion'. 


La (/lias/ ion de la 7ioblesse\ 

H ne fallait [>as oublier ‘ ([ue c’est l’industrie <[ui alimente 
le militaire et (jui fait toute la force de FElat. Ainsi le mot 
de médiocrité joue mal ici. Otte partie est le eham|), et !e 
militaire est le fossé formé de la terre du champ; ([ue cette terre 
soit plus élevée (|ue le chanq). celui-ci n’en est pas moins [iré- 
cieux. ni moins le dépôt'. Une faut point ainsi dénigrer cette 
[)arti(’:on y verrait peut-être lro|)de parlialili' — 

. 

... Malgré ees pi'éeautions, qui intéressent [)lus les lignées 
([ue l’LtatL la noblesse s’éteint et renait continuellement de 
la masse c-'inmime roturière. Les i*ichesses y ont un dr*oit 
immédiat. Ainsi tout n’est que gr*adation successive dans cet 
oi'dr'c politi([ue, et tout cela, considéré avec sagesse, est bien 
[losticlu’ à la nature humaine. C est [)onr([uoi il n en tant par*u*r 
([ue dignement, pour* lui assur-cr une eonsidération qui n'est 
réellement due ([u’au mérite, et <[ui n’a pas toujours une si 
belle origine, [mis([iu' les tinancir'i's y ont le droit ad i‘ein le 
plus assuré.... Dans le tenqis du despotisme féodal.... c’était 
le tief (jui faisait le noble: la noblesse se ti’ansinettait pari ac- 
([uisition du tief, e’est-à-dii'e par la tinance. L'état militaire 

I. .Miealieau sen.Iile eoiisulérei* (pie les dnnft ^rralnits consliluent de la 
part (lu l'Ierg’É uiu‘ (•oiitrii>ulioii sullisantc. 

Reprise des uoU's île (hiesnay. . - i • i 

:i Texte de Mirala au : Il n’esi (pie «leux moyens d ae«pienr les riehesses : 

la force et rindustrie. Je diriire le premier de ce.-’; mo>ens vers le devoir, et 
lui accorde dans cette earril're toutes les distinelions et les rangs. .Je lai.se 
n fautre toute lilierti* dans le eereli* eireonserit par l(*s lois, mats la horm* 

pour jamais à la medioeriU*. » Traité, cli. I. section i, p. l’L 

4. df. (t .art. (hain.s. PU., p, : <* I/homme dKtat regretle l.-s hommes 

destim's a la guerre comme le proprii'-laire regretle la terre employée a lor 
mer le fosst* (pü est nécessaiif* pour conserver le eliamp. » 

;i. l.nc. vil., p. i-2. 




r 


rr 









21 


OUESNAY 




était une redevance attachée au tief, et (|ui s'est étendue à la 
i‘Olu‘e.... On iu‘ dit point aujourd’hui noblesse' inililaire; on 
dit r ation militaire. Le nohh* y tient le haut raii^; mais la bra- 
voui e est attribuée à toute la nation' . 

.. Une noblesse d’une ori.a;ine et d’un état obscur- donne 
moins de prise à la cousidéi-ation, car on sait (pi'il y a de la 
noblesse peu estimable [)ar l’orijïine ; et ranti(piité qui ne sert 
qu'à cacher l'oriij^ine n'en [)rouve pas la (lij,mité. 11 faut, {)our 
riiouncur de la noblesse, accorder (pieh[ue chose à la bonne 
ori«: ne, s'il lui est avauta,e:eu\ (pie l’on [lense (pi'elle a (piel- 
([uelois un princi[)e honorabh'. On ne demande point si Aris- 
tote E{)iclète, Sixte-Quint étaient nobles, parce que cette qua- 
lité l'ajouterait rii'ii à leur célébrité. Ainsi la noblesse ne pré- 
vaul [)as toujours sur la distinction. Li‘ disrernement (h‘s 
bon mes ne se prêterait pas à de telh's idées.... 

... I e mérite ré(‘l ‘ n'est attaché par la nature à aucune !i:éné- 
rati( né La noblesse héréditaire ne peut être (pi’une propriété 
léija.e, et au défaut de titre possessio valet , comme pour toute 

autr * propriété légitime 

... 1 a noblesse {lersonnelle ne consisti* (jne dans un mérite 
distingué et inhérent dans l'individu. Or c(‘ n'est pas de 
celh -ci dont il s'agit, la noblesse héréditaii‘(‘ eu fait trop peu 
de c is. Mais le discernement h* lui rend bien. Heureusement 
le [) éjugé prévaut, mais moins par le fond (pu* par les faveurs 
de la fortune et du [)rinc(*. (jui rélléchissent juscpie sur la 
pau re nolilesse qui lu* charme pas les yeux par (*ll(*-même. 
La loblesse héréditaire ne peut donc être regardée |(pie] 
coimne un ordre d’institution publicpie, (*t non d’institution na- 
ture le. Mais cette institution (*st la même ([lu* celh* des [irinces : 


1. 11 (Hait ini|)o.ssil>Io d(‘ mieux earaelériser la dr-eadeiua* sttciale de la no- 
hless ‘ et la dt'‘eomi)osition de i Ordre nobiliaire. 

I d‘. Traité, ch. i, section o, |>[). bî-14. 
d. I ;r. Loa. cit., J». 1(1. 

'f. î'iiivant Mirabeau, au contraire, les lamilles nol)lcs constituent une 
dite iont riniluence doit eoiitrebalanetu* les [trélenlions i)Oï>ulaires : <• Les 
notables de race doi\ ent être |)lus pias itnix encore au peuple <[u'à leurs 
senil tables. (Juaud des portions de socitHé ont etc livrch‘s par la f‘ou<^ue et 
l’eria ur d(‘ Ih^^^alitc* à des Artavelle, di*s Mazanielle. etc., (‘ (‘st peu[)le lui- 
nièui ■. c Ost riiuinanité* (jui en a le plus souUert. » X<^te à la |>age l.‘> du 
Méni nre dr la Socii^tt* de Lille. M. n'^ 14. — Les Pliysiocrates seront 
moins aristocratf^s, mais parce (judls seront plus l)our‘»*eois. 


! ‘ i’ i. 


1 


DE LA .MOXAimUlE 25 

aussi on ne doit point tortiller pour dire le lait tel qu’il est. 
La nation institue le monarque, le monarque institue la no- 
blesse. 11 (*st vrai (pi’il ne donne qm* le titre de noble, et qu’il 
ne donne pas le mérite cpii rend digne du titre ; mais cette 
distinction n’est pas bonne à développer. 

... La richesse et l'illustration forment la haute noblesse', 
nos grands propriétairt's, nos magnats. Voilà le beau coup 
d'(cil de la noblesse : c’est un vice dans le fond, mais il (*st 
inévitabh*, et dominera toujours sur la vertu héro'icpie. (jui 
brilh' rarement et (jui, quand elle brille, n'est regardée ([ne 
comme un phénomène. Mais il ne faut pas moins faire valoir 
la noblesse héréditaire [>ar ce c(')té-là. C est fraude pieuse 
dans la société : mais il ne faut pas sonner tro[> haut, de 
crainte ([u’on n'ouvre les yeux. Du moins ne faut-il [>as fausser 
les i(lé(‘s jus([u’à voiler l’essence des choses. 

Vous êtes franc, [)ur et rigoureux sur h‘s autres étatsL 
[)our([uoi laisser a[)ci‘cevoir de l’intérêt et du faible pour la 
noblesse '? Voulez-\ous la rendre honorable? Ne [larlez ([ue 
de ses de^ oirs, et non d(* son état et de ses droits. La consi- 
dération ne [)(*ut }>orter ([ue sur le mérite, mais ne le bornez 
pas à la valeur militaire : le courage n’est (pi'une des vertus 
cai'dinales ; sé[)arée des aulres.ee n'est ([u’une vertu instru- 
mentale. La vertu générale du noble est le zèle patrioti([ue en 
tout g(*nre. et éclairé sur h* bien de l’Etat Blâmez au con- 

traire la tyianni(* et l’atrocité de l’épée: elle rapproclu* trop 
h* noble (h* la bête féroce.... Prêchez ces vérités à la noblesse; 
[)ersuad(*z-en la nation; la noblesse aura ses titres et ses droits 
dans le ca*ur des citoyens.... Surtout civilisez-la ; inspirez-lui 

l’éducation utile en tout genre digne de son rang Le noble 

doit commander dans les armées;... mais pour commander 
dignenu'ul, il faut des lumières, une intelligence et des talents 
[)ré[)arés par une éducation qui généralise l’homme dans les 
grandes facultés [)ati‘ioti([ues \ 


1. Traité, ch. i, Sf‘Ct. o. note p. 18. 

Traité, cli. i, section 4. note p. :24. 

Mirabeau, rn ITà'.t, eslime (|u'il faut maintenir le pri\ilège des teri'rs 
nobles. Cf. Noie aux pag*es li* et 14 du Mémoire de la Société de Lille (M. 7So. 
n^* 14| : « On ne parviendra jamais à faire des pays d'Etats, si Ton attache 
à celte opération réf^alité rurale absolue. Si nous parvenions à établir seu- 
lemt'iit la taille réelle, les privilègt'S seraient réduits à pr(‘S(jue rien, et la 
campagne l>ien soulagée. » 

L Cf. infra, l'annonee du Cours de Lalibé Choquarl. — Soit (jii'il craigne ib* 








n\Ksy\\ 

-\ .us int.MTalons ici deux nol(>s ,Ic Qucsnav inscciics en mai-re 
(lu. Iya^>menf sur la nol, lasse M. 781, ;{e 

' l'<‘ 'I îollcucs qu nu morceau d.'tachc du Trailê ,/ela mnnarcliie 
l>'-ouil on de Vriilna/ae/inr, an Mémoire snr les Etals 

[>i < ( ui( iU( - oi (*oin]»l(‘t(Mil. 

T..„l eu- morceau' saisi! I.vs l,ien le r„n,i ,l„ suie! eoufor. 
meuiejil a la eoiisliluli.m ,nouanlii,|ue, Ceiieii.lanl. eouniie 
<> M' eoiislil„|i„ii II,. siihsisler |,ar riiilelliiteiu-e ,l„ 

nar, ue seul. varie s, -Ion l,.s ,|„alil,.s cl la < a|,acilé ou l iu- 

ea|,acile(l,.s|,nu,es,|ui se sueeialenl „cul 

eou.ev.ur,ie, orislil„liou uuma,chi,|ue ilurahl,. sans un eou- 
>■■""■"1 ■nieliiwu,.,. ,.nlre les ,lillë,.,.„|s ,.„r|is ,1e la nalion. I.a 
uolil .sse. ,|ui In.iil I,. lueuiier ,an,ï ,lans |■o,■,ll■,■ |„,lili,,,„.. 

iloll- -Ile y elr,. ,.|msa!r,.e ,|ue comme militaire el ,|ue eonime 
une larlie exeeulri, e el |mremenl insl|.mn,.ulal,.?i),. là leiii,e 
verl, . : c.;/n„> arma /o/r,r. l-a,- la ,.ol,e ou eul,.„,| i,.| |e savoir 
l>:'""l;-l"<- e esl.à tiire ces vues el ees ,.„unaissanees ,n,i 
■'eleuli.nl sur toni I,. ,,lau ,i nn l.on Konvem,.menl l'.eoi.o- 
"iu|ue el imlil„|„e. I.a noliiesse ue iloil-elle nas y Iburiiir 
"ni, .oiilmyenl.soil ilans les emplois, soil ,|ans les inslrm- 
liolis par Iles ,.,.,ils puMics'.' S il y avail seul,.menl ,lans le 
i-o.va, me eeni sei.ïm.nrs rVlairc.s el wi,S eomm,. M. I,. mar- 

■juis , e .Miralu.an. de ,,u,.|s poiils serai,. ni l,.ur- iuslrm lions 

( ans |(‘ pïihiic e( dans U» i^oin cnieineiil ! 

. ,.sl la séenril,-. ,1e I al.us ,1e l aulo 

ni,. ,.,. 1111 ,.,.. I.a nolil,.sse se,livis,. eu il,.|iy , lasses : ,.|i eonrli- 

sans , I ,.„ ..doyens. ( )n annis,. les pr,.„ii,.rs par .les I bons 

•I" nu lenrlail a,.|„.|,.r par beaucoup ,1c bassess,.. ( )„ m'...|i.u. 
es au r,.s pan e ,p,-,ls soûl in,.apabl,.s ,1e limm r comme 
ln,ven..,.|,,„ i| snllil ,1e ,.apler une parli,. pour abaiss,.,. le 

'■'■sle. pn,.r„„pil ,la„s I iiruorau,.,. ,.| .lans r..nso„r,lis.s,.uie,ll. 
el 'pu s|. borne a parvenir s,.rvil,.|nenl a ,|ii,.|,|ii,. c'nule niili- 
l'iin.. sans p, ,p, ib soiil , iloy,.ns ,l,i pr,.mier onlre. Ils 

» i„ 

il Iimoi en I . , ,7 . • cnliT l;i s,,ci,.i,. ,irl ii,.||,. et e,,|ie 

.l uis (•.• Ic-ci! si\7l!'h''Vei!/^ Ouesnay ailim.i ,|,u. h, noblesse ama ' 

liti.liin; lissi et |.,',le ,i ' ■ '• .|."i<“r : mie niilitiiii-e. rôle 

.ouïes 

î . M . s f . 1 iass(‘. 


I 

1 ^ 


•'tiW 




DK LA .MONAUCIIIE 

savc'iil à la vûrilc (juMls sont du |>romioi‘ ordre : mais pom eiil- 
ils iü[’!U)rer (juou les v me[)riso. laule d y être cilOAeus claii- 
voyaiils el zélés pour la [>alrie; élait-ee là le personiialîe de la 
haute noblesse romaine? L'édueation supérieure ii'élail-elle 
pas la première (jiuilile i[ui souttuiail leur dignité ' ? Le des- 
potisme .[id ensuite la leur lit ué^li,ü:er prouve assez bien tpie 
l(*s moiiareliies. aussi hii'u (jue les repuhli.pies, ii auront point 
de consistanee lorstpie le eoi-ps de TLlat le plus relevé et le 
j)lus imposant sera aveuj^le. 

Vous le savez, une monarchie m* peut snhsisti'r solidmnent 
par le mommpie et [)ar ses ministres; c'est nn corps, comme 
on ledit, (pii ehani^e continuellemenl de tète: ainsi, aban- 
donné à la tète, c'est h* livrer à rineonstanee la plus danttie- 
reuse. Sa solidité doit eonsisti'r dans l éapnlibre des [lonvoirs 
réels des corps de la nalion: ces pouvoirs doivent consister 
dans les làcultés physiipies et intelleetnelles, et dans le bon 
ordre. indéjuMidanl des \ ieissitudes dn ebel. Le bon oidre, 
(pii est pour ainsi dire le résultat des facultés inlelleeluelles 
des corps de la nalion. doit former l'essence de la monarchie 
et doit être imvisayi'é sons deux faces. relaliA emcnt aux avan- 
tas^es. et lelativmnenl à la durée. Ainsi il faut <pi il y ait dans 
les cor[)s de la nalion éipiilibre de facultés intellectuelles 
comme écpiilibre de fonction^. L(‘s dernières doivent èti-e ri- 
^onrenscunent bornées dans cbaipie classe, mais les [na'iniei'es 
doivent tout embrasser. 

Vous direz peut-être <pie cela (‘st essentiel en supposant 
des assemblées d'Etats; mais les monar([nes les évitimt el 
rc'iidenl inutile le savoir de la noblesse. Il lanl [.onrtant ou 
de ces Ass(*mblées, ou un Conseil auli(pie [H-rmaïu'iil etnom- 
hi'cux (b“s [)rndes de toutes les elasses. pour la direelion ijé- 
uérale du royaunn* V Sans ([uoi, il est inutile de [.arler mo- 
narebie; car autrement la monarebie ne pent être (pi'une folle 
le i>:laiv(> à la main '. Ainsi envisai-ez doue la noblesse telle 
(pi'elle doit [l'être . dans l'état politi(pie aussi bien (pu* dans 
l'étal militaire. Car vous ne pouvez éviter de bien établir les 


1. On seul <ïut* c'e^t ici le s;n;mt. le i'nndateur de science (|ni [>aile. 

•2. (hu'snav semble pn-reicr le Conseil, oii tonte tlislinction d'ordres sera 

ciracee. 

;î. (a'S lignes sont cnrienses. écrites par le l’utnr chef d<* riaadi* qui allait 
célcln-er- le ilespnlisniE léi^al. 




. V. -»A 



UlESNAV 


mo\ens de former mie constitution monarchi<[ue immuable. 

A 1 lieu delre puisé à la source, où la peieeption serait 
sim| le. on lève le tribut dans la circulation par le secours de 
trait ints: c(‘ qui forme un ordre de riches infâmes, dont les 
rich ‘sses obscurcissent par elles-mêmes et par les niésal- 
liam es tout le lustre de la noblesse et éteij^nent le caractère 
eomtitutil delà noblesse mèuu*. Car les richesses, ([vi’im[)orte 
où e les se trouvent, tiendront toujours le rang' siq)rème. Un 
ordi\?de riches infâmes dans un Etat brille par ses richesses 
mcn es, et le[)réjugé d infamie et de brigandage disparait avec 
la V M'iu — A ous ne [)ouvez pas parler sérieusement de la 
noblesse et de sa dignité vis-à-vis un gouvermunent monar- 
ehi(j le où l’état destructif de traitants deviendi-a dominant. 
La 1 obh'sse y sera une chimère. La noblesse de même (pie 
la 111 marchie et les iiueurs ne peuvent subsister ([ue par l’ara- 
toii'C 1 ont linaneier et tous commerces postiches dérangent 
luiu et l'autre'. 


^ oiwt’üiile et utilita de la science économique. 

Le^ sciences mêmes abandonnent le systèim* du teri itoire 
et vont se perdre dans le système de runivers^ La législa- 
tion du gouveinement économiipie. sans [irincipes (‘t sans in- 
striic ions, se [irête aux préjugés, à riiiqiosture et au brigan- 
dage Les souverains et les grands ministres ont établi des 
eons( ils et des tribunaux pourdéeid(*r dusort de l’agricujture 
et du commerce de ses [iroductions. Mais ils n ont pas insti- 
tué d ‘S écoles et des académies pour former, dans cette science 
si es!-entielle au succès du gouvernement di's ministres, des 
consi illers et des juges. Le célèbre et vertueux Fénelon 
avait vivement apergii (pi’elle est une des parties les plus 
iui|)o ■tantes de rédueation des princes ; mais le sage Mentor 
n eta t {>as lui-nieme assez instruit pour conduire Téléma(|ue 


I. l.« ih'veloppement de ragrieulUire exiffcait à la fois le eoncours des 
gr.iiid> |»i‘oprii‘taii'es iiolilt's el la reloriiie des abus (jiii duniiaieiit iiaissaiiee 

<uix 1() tunes finaueieees. hn llattaiit les désirs d(* son diseipb' Ouesnav tra- 
vaille , U succès de ses propres desseins. 

Cl Traité, cli. i. sect. 4, note p. :i(;. 


1 > 






DKS KT.VTS l’HOMNClAlX 

à la source de la jirospérité el de la puissance des Etals. Où 
aurait-il puisé ces connaissances jirécienses de réconomie 
politi(jue? Les nations anciennes el modernes ne paraissent 
pas les avoir cultivées; du moins n’ont-elles pas passé dans 
leurs écrits. Les auteurs polititpies semblent n'en avoir pas 
même connu la nécessité' 


A.l niéPOySK AiX OUJECTIOXS 


.\ofes de (Juesnay sur le munuscrit île Mirubeau . 

[lyoS) 

En IT.'iH encore, Mirabeau publie sa Réponse aux objections 
(ju avait soulevées la réédition de son Mémoire sur les Etats pro- 
vinciaux-. Le brouillon de Réponse ÇSl. 77S. n'’ d) fut soumis 
à Quesnay t[ui l'ajiprouva Quelques-unes des notes ([ue le Doc- 
teur a mises au manusci'it sont intéressantes, parce qu elles nous 
montrent que le fondateur de la nouvelle doctrine ne craignait 
pas — dans 1 intimité — de formuler en un langage presque révo- 
lutionnaire les principes d’nne réforme d'ailleurs modérée. — Les 
observations reproduites ei- dessous ont toutes été choisies parmi 
celles des Notes de (juesnay qui n'ont point passé dans l imprimé. 

Les Etats provinciaux d’anjoard'hui ne j)eiivent j)as être 
comparés aux anciens^ ce n’est plus ni la même forme, ni la 
même étendue d’objet; el si les anciens Etats n’ont pas été 
dangereux, ceux d’aujourd’hui sont Inen plus éloignés de ce 
prétendu danger, [)arce (pi’ils n'ont tle consistance, de forme 
et d’autorité <pie j>ar le pouvoir même du souverain. .Vinsi. 
(juand on dirait ({ue les anciens Etats pourraient [être"' dange- 
reux aujourd'hui parce (pi’ils seraient moins conformes à l’étal 

I. (JuDsnay réclame ici i>oiir les sciences pratiques une partie tle la faveur 
tpie le public avait justju'alors accordét* |)res(pie exclusivement aux (‘tudes 
théoriques. La deuxième moitié du siècle devait réaliser sou vœu. 

Cf, La 4* |>arlie de LA/m des hommes. 

:î. Cf. La note linale : « Tout l’ouvrag-e est excellent d'un bout à Lautre. ^ 
— (]f. Notre Moiw. /thj's., t. l, p[». 

4. Note de Quesnay à la pa^œ lé du ms. de Mirabeau tsm* feuille dela- 
cliée incluse). 



I^n KSXAV 

acti (‘1 (lu i^otn cMiuMiuMil . oii n'eu jx'iil laii e aucune a])|)lica- 
tiou aux Etals proN iueiaiix ac'luels, (jui n'ont (l’aulre soulicni 
([U(‘ l'autorité sonviu-aine clle-inèine et d'autre lonne (|ue celle 
<|u’( Ile leur accorde. 

1'] les l'dals [)roviiieiau\ (|ui serai<'ul laits dans les pays 
d'E celions n'aui-aient d'autre inslitulioii ou d'autre eonslilu- 
lion (pie la volonté souveraiiu' ' : il ne serait (loinl (pu'slion 
ici ( (‘ dons ^-ratuits, de préro<>'a(i\'(’s. d'inununités ; {'{ ce iu‘ 
st'rai(Mil ([ue des assiunhlées de eoininissaires ])oui‘ l'adininis- 
Iralion de la portion de rétiie (pii leur serait eonliée, (d (pii ne 
peu (’-Ire bien connue et bien conduite (pu‘ par eux. et dont 
l'ob et est le plus important du ; 4 'ou verneineni , pnisipi’il s'agit 
de 1 i eonserx alion ou du niainlien des r(“\cnus du rovaunie, 
et [) ir eonsé([uenl de lapiiissanec' eide la [)ros|iéi‘ilé de l'Etat, 
l'oul porte sur (elt(‘ base: ([u’on jus^e parla si elle doit être 
exposée aux méprises et aux écarts d'une administiation ha- 
sar< ('-e et deslrueti\ eo 


X‘ vaudraii-il pas mieux se servir du imd repi-ésental ions 
(jue de celui de plaintes, et appuyer Ibrl sur la nécessité de 
ei's •eprésenlations ‘ : la [irouver. eell(“ nécessité, par l'exjié- 
rien -e de la décadence du royaume depuis un siècle, cpii est 
mèiiie encore iirnorée du i,^on\ (‘rnemenl (d de 1 administration 
part lenlièie des commissaires départis. Si !(' maître était 
aveili. il y remédierait : car le dépérissement ! intéresse autant 
(pie la nation. 11 y a un beau tableauà l'aire delà destruction 
du loyamm* arrivée par nue administiation aveuirle. 

('.( ci l'ail naître la nécessité (pi'il y aurait encore que eliaque 
l'itat provincial l'ormàt comme a l'ait no<^dssimè Và. Kretaj^ne ' 


^ UlCl 
|>ro|b 
apùh 


(■> Ktats pr<i\ iiifiaiix rt‘SS(Miil)k‘ii t braiicouj) plus au v AssemhltW's pro- 
iU‘s ((u'instiliUMa XtH'ktu' (pi'â la liicraroliio il(* imiuiiupalilcs élues (pie 
•sera 'luri^o*. Cepeiulaiit. (piaiid les Pli ysioeralt's se seiont faits les 
es liu despolisiue It’^^al. ils paraîtront se soucier encore i)ien moins 
miser un eonlia'ile elleeüf de radiuinislralion souveraine. Ils se repo- 
l pi‘(‘S(pie entièriunent sur l‘é\ idfmce [)uhli(pie. 

'économiste ici ius[)ire le politi(pic : c’est un des principes de la non- 
lorli'ine (pie du la'vtmu de l’Etat — de son i-evenu territorial — déjieml 


issanee. 


ot(‘ d(‘ ( hiesnay. o/> rit., p. 18. — Mirabeau a maintenu ici h* mot 
PS (("f. Kd ITtiié |(. léip mais dans le Résumé |)lac<- à la lin de l'ou- 
. il emploie le tf’rine d** représentations (('d'. pp. i*fî8. et liTip. Il s’aj^it. 
d(‘\ ine. des plaintes ou des représentations ipie les nouveaux hdats 
leiaiix seraient autorisés à adresser au souvt'rain. 

a Société d'agriculture, du commerce et des arts de Urela^^ne» bmdée 


V 


/ 


1 )I<:.S ETA I S l'l{()\ IXCEVI X :u 

dans sa capitale um* société d'Iiommes dont rélude ou l(>s 
reeliercbes auraient pour objet la connaissance des détails 
des moyens d’auf^meiiter les revenus des biens de la pro- 
vince; [des] obstacles (pii s'y opposent: des causes pliysi(pies 
ou morales (pii déterminent les habitants à des usa^-es plus 
ou moins avantaii;eux au progrès des revenus: des moyens de* 
remédier à ces causes sans contraindre la liberté des éco- 
nomes ou des particuliers qui gouvernent leurs biens. Car 
ceux-ci ne suivent de mauvais usages que parce (|u’ils ne 
peuvent pas mieux faire ; en vain voudrait-on les gêner ou 
les assujettir à d'autres règles sans (Mer les causes qui les 
arrêtent'. Ces sociétés académicpies- entretenues par lt“s Etats 
prox inciaux pour étendre la science du gonvei nement écono- 
mique de cluupie pi-ovinee éclaireraient b's Etats, et les Etats 
inslruiraimd le maître sur s(‘s pro|)res intérêts et sur ceux de 
la nation. Mais ces académies doivent [être bien averties 
de ne pas chercher le bien particulier de cba([U(“ [irovinee au 
préjudice des autres prox inces, surtout par des règlements ou 
privilèges injustes. Les tailles des poids et mesures de tous 
genres et de tous les lieux devraient être données pour la 
correspondance du commerce et rintelligence des prix dans 
chaque lieu. Les mémoires de ces académies, imprimés avec- 
la {lermission des Etats, seraient des instructions récipro(]ues 
pour toutes les provinces et le plus l'ernu' ajipui des Etats; 
car les connaissances devenues jmbli(pies imposent à l'auto- 
rité [u-écaire (pii ne tend qu'à l'arbitraire à la faveur des 
ténèbres. — au détriment des revenus du rovaunie et des 

V 

forces de l’Etat '. 

Il n’y a (pie les représentations appuyées des connaissances 
rendues publiques sur un olijet si intéressant qui puissent 
arrêter ou faire cesser les désordres du des[)olisme de l’auto- 
rité précaire, dont notre ignorance a tant favorisé les abus 


par 1rs Etals de crllr [imviiuv. a\ail élé consl ituéf (*ii janvier-mars IT.jT, 
(k‘. Xolre 3/o/n\ pfiys . [. II. p. ILO. 

I. La iil)ei’té de eulliire est im des principes vie la Ph ysit»eratie. 

:2. Tout le [>assage (jiii eommenee iei et (|ui linil au premier membre de 
[dirase du para^n*aphe suivant a été inséré [iresipie textuellement par Mira- 
iu'au dans sa Ré’ponse. Voii* p. 

d. Lt's Sociétés d agrieulture (jui S(‘ronl inslitm'es en ITtil (*l les années sni- 
N antes ne [lourront, au ^raiid re^n-et des Physiocrates. remplir le rôle impor- 
tant (|ue !(‘ Docteur b'ur assif.;i»e ici d'avance : le ministère ne leur permet- 
tra i>as de criti((uer ouvertement les ^'•rands abus. 


MIHABKAl* 




• X 
i 


is un siècle au ^rand {)i'éjiidice du souverain et de la 
U. Ou a eru ([u'il n’y avait que le paysan maltraité, les 
êtes g^ens l'ont plaint, et l’Ktat n’a pas aperçu cpie e’était 
ème et le souverain qui étaient à plaindre'. 

L royaume qui perd ses revenus perd sa puissance et sa 
dération: or les intendants n’auraient pas tenu eontre 
si puissants motifs si la nation eût été plus éclairée, 
î \IV. (pii ne connaissait point la ditférence entre uu 
1 potentat et un grand Roi. n’a été ni l’iin ni l’autre. Si 
s ses [irovinces avaient été érigées en Etats, il aurait été 
,\ instruit <pie [lar Louvois, qui ne lui inspirait (pie la 
•e. et par C’.olbert, qui lui fournissait des ünances à 
lit : et les lauriers (ju’ils ont plantés se sont changés en 


i sait bien ([ue toutes ces objections ne sont (pie des 
alions et des [irétextes des ministres pour soutenir le 
otisinc dont ils sont passionnés^: et ils sont les maitres 
écisions du (Conseil: eomment toucher les M'aies raisons? 
lient leur dire (pi’il n’est pas de leur intéi(’‘t. ni de h'ur 
eur. du réduire le gouvernement au pouvoir arbitraire : 
lient les [lersuader? Ge[)endant tout le suecès dépend 

tte es[)èee d’autorité dont ils s’emparent avec tant d’ar- 
est également ennemie du Roi et d(' la nation. Mais 
rôt jiartieulier n’a rien de sacré. Le ministère des finances 
étruit [lar le despotisme du ministre même des tinances. 
3 fait exereer odieusement et impunément par ses subal- 
•s. Gomment parler vis-à-vis d’eux en faveur des intérêts 
mverain et de la nation? Plus les raisons sont fortes, et 
elles dévoilent leurs pertidies, plus elles les blessent, et 

■f*st comme une i-squisse de la formule : Pauvres paysans, pauvre 
me, qui n'apparaîtra (ju'un an j>his lard dans la Réponse de Mira- 
à l'Essai sur la voirie. A. d. h., p‘*. t. III. p. S:2. Le complément : 

V* royaume^ pauvre souverain, se trouve dans VOri^ine et progrès 
science nouvelle, de Du[>ont idccemhre 17(17). Lf. Physiocrates. 
aire. p. lîfiL 
ifi. cil, Note [). 

Miesnay n'envisaii’e même pas la possibilité d une rt votlution violente, 
il tant dénoncer les al>us avec (MierKio pour éveiller la protestation 
jue. Il compte d'ailleurs sur les levons de rexpérience. sur les néces- 
nalérielles ([ui contraindront Itientol la monarchie a se réformer elle- 




-- 






ULi^HÈTE .\r DAUPHIN .33 

plus elles les révoltent. En un mot. ils mettent toute leur 
existence dans le despotisme, et font consister toute l’essence 
du puvernemenl dans cette barbarie destructive. La Divi- 
nité régit toute la nature par des lois immuables', et on veut 
persuader aux souverains qu’un tel gouvernement, (jui gêne- 
rait leurs volontés journalières, détruirait leur suprême auto- 
rité! La tyrannii', en ruinant h'iir royaume, les alfaiblit et les 
abaisse vis-à-vis de leurs voisins: mais elle les satisfait plus 
que la [missance et la considération. 

-\insi leurs préposés se moquent de tous les elforts des bous 
royalistes et des bons citoyens: ce (pii tient à l’iiistiiict est 
plus fort (pie la raison. Les grands coups doivent jiorter sur 
la ruine des revenus et de la puissance du souverain. On 

commence aujourd’hui à sentir cette mine. Aussi est-elle à 
un terrible deg'ré. 


liiyjrKTE EX FAVEin DE M. DE MALASSISE^ 

(Ee/'.v i~ôH) 

Celle re(piète. rédigée par Mirabeau au nom des paysans d'une 
paroisse de la Brie, présenle un lahleau très pillores(|'ue de l’e.xis- 
lence (lue pouvail mener un pelil « gentilhomme campagnard » et 
des bienlails qu il pouvait répandre autour de lui. 

A M‘ le Dauphin de Erance. 

...^ ous savez, M% que nous sommes les bonnes gens de la 
paroisse de Nandy, entre Gorbeil et Melun, près de la forêt de 
Senars. Nous étions maladroits, un tantin paresseux, et bien 
pauvres faute de savoir faire autrement. Il y avait bien quel- 
(pies gros voisins, de ces Messieurs qui ne savent que faire de 
1 argent, qui nous baillaient à gagner quelques bonnes jinir- 
ilées pour faire de la montagne une jilaine et de la rivière un 
chemin. Mais tout cet argent-là n’est pas semailles, il s’en va 
plus vite qu’il ne vient ; le cabaret en emportait une partie, 
nous lui donnions ^ olontiers à serrer le reste, et nos femmes 
ni nos enfants n’en étaient pas plus gras. 

1. Souvenir de Malebranche. 

2. M. 78 L IV* 


1 


■Al 





Adkiiil [)oui- iioU't' bDiiheur (jut' M. de Malassise', reveiianl 
de la ^iiei-iv où il avait alli‘a[)é sou lait, s eu \ iul piauler le 
piipu t elic“/, nous. Il s aeetHuiuoda d(“ la terre, et le \oda eu 
hesorue pour nous montrer notre bee jaune, a tous tant (pie 
nous ('lions. Ob dame! celui-là sait ee ([iie e'est (pie l'argent : 
Une ,elle pas le lard aux eliiens: mais (pioiipi'il larraebe de 
la te -re tout eomme nous, il n'en est pas eliidie pour bien 
faire Le bon Dieu lui a donim' la IxirnHlielion d'Esaii. Il a le 
secri I de tir(*r la graisse de la terre. S'il plante un arbre, on 
dirai (pi'il a jour'' des gobelets pour avoir le plus beau fruit. Il 
laboure, oli dame! il faut voir eomme ses ehamps sont tenus, 
fiiims. marnés, liersés, etc. Il ménage le moindre canton de 
lem: in (pi'on dirait (pie e’esi [)ain béni: ses fermes sont gar- 
nies au mieux, tous les chemins boisés: il a récuré et empois- 
soai é tous les man liais du [lays. voife même de la forêt : il 
fait U's chaussées de terre, l'eau y tient eomme en pot: des 
boiK es (h* pierre, elles jouent eomme si elles étaient de carte. 
Liili ion le dirait sorcier: mais il n’a d'autres sortilèges (pie 
de sr lever le plus malin, d'aller où il faut, de saxoir ee (pi'il 
fait . et de l'aire ee (pi'il sait. 

Ce n'est là tout. ( hiehpiefois ces habiles gens le font aux 
déi»( ns du voisin : mais eelui-ei, au contraire, il nous a mis a 
tous le iiaiii à la main. Il prèle à eelui-ei de l’argent, à l’autre 
des .émaillés. Si nous avions du bien dans les ('carts, il aime, 
lui, .1 avoir ses pièces arrondies. Un vah'l de charrue passe le 
sillo 1 à travers: et adii'u le eham[)! L(‘s premiers, un {leu 
peu; mis. furi'iit à lui : <c Monsieur, votre labouri'ur m’a pris 
ma )ièee. — Ta pièei', reprit-il, la voilà, leur montrant des 
(piai tiers meilleurs (pu avaient toutes leurs fa(.‘ons et ([ui 
étaidil à portée du village. " Oh dame! c(' fut à ([iii se trou- 
verait sur son chemin. 

Luis, chacun guetlanl de l'(eil sa manière, tous se mirent à 
imili'i' son labourage, à semer eomme lui des saintoins, etc. 
Ht tj nt a été dit (pie tous travaillent et protiteul, ('I jiliis ne se 
Süuiient d'aller gagner ces belles journées ipii inan([uaienl 
d'au ant sur notre bien. Aussi le village a prospéré, faut voir 

1. . M. Orandoz de Malassi.se. seigneur de la terre de Namlis [irès Meliiii. - 
est ci é par Patiillo en IT.KS eoiiiine un des premiers agrieidtenrs (pii ont 
réuss à établir des prairies artilicielles. Cf. Ksaai sur l’ainrliurdtion d<-s 
terrr, , pp. To-T7. 



1 




/ 




J 


V 




SI H lu*: 

(vous n'en direz rien aux Klus au moins, car ils nutis (‘luirge- 
raii'iil de ttiilles! Comme aussi eeei n'est p;is totti gain, il y 
('litre b(‘aueou[) de charité de notre bon seigiu'ur. SitiM (pu* 
nous sommes imiladi's, le pot est au feu. et le foret au tonneau 
pour nous dans le château. A deux conditions nétmmoins. ipii 
tiennent un peu di* la manie : mais ehaeun a la sii'iine. L'um' 
de ces (‘onditions est (pie nous ne vi'rroiis point de chirur- 
gien'. Ces gens ne savent (pu' saigiu'r et bailler des méde- 
cines, et M. de Malassise dit eomme (‘ela (pie le sang du 
paysan lui fait faute. (*1 (jiie n'est besoin de lui rtieler les 

boyaux tpii sont assez s('cs. L'autre est (pi'il n'y ;iil point 

« 

entre nous de |)apier manpié. H appelle les gi'iis de lettres 
les méd(*eins de la bourse. 11 appointe nos débats conjoin- 
tement avec M. h' Curé ou (|U(*l(pie autre sa\ant non suspect: 
et tout est dit. Du plus loin (pie nos enfants le voyent. ils se 
mettent en bi'sogm'. (pii à ramasser de l'herbe, (pii à (*pierr('r, 
(pii à faire des f('uillards. La raison de cela est (pi'il les tance 
s'ils ne font rien, et leur donne la pièce (piand ils travaillent. 
Bref, c'est la bénédiction de nos cantons (pie ee si'igneur- 
là"-!... 


L/: MEMOIRE sr/l L AORlCri/rrRE 

Xolcs (/(> (Jtirsna)' sur !<• iiuinusrril <lr Miruhruu ' 

1 -Di) 


<)uesuav avait soigneuseinenl i('\ii le maii'iscril du Mriiioiri’ 
ra^'ricuUkirc. <|ui était lu preiniui* oiivra^'t* puoprumcMit écoim 

I. (7‘. I\ , îHii;. ir ::!ll ; (. Il rctii'iiil tout secours ;i (|iii a\ai( ap[u7e médecin 
on chiriir^'-ien. I! Umait d(‘s re^dslrcs et proinail qu'il ya^nail sm* les auli-es 
paroisses neiil" dixièini's de morts pai* <a*Ue mctiiode. (pi'il poussait justpi’à 
rcnvo\erde sa maison tout sur^l■nant en visit(* de l*ai*is (|ui aurait eu lie- 
soin de im'diHMU. -> 

1 *. (aquMulanl on ne veut point rccoimaîlrt' à M . de Malassisi' la (lualile d(’ 
noble, et on lui réclame un droit de IVane-lier. Lui se refuse à le pa\ [)our 
i'Iionneur .surtout ; n'est-it |)as tils et pelit-lils de mousipietair-e? Son iii- 
saïeul était meme un ])etil î^enlilliomme. Mais il lui mampu* les papiers 
nécessaires p(uir établir la tilialion rémiliére. Le lu-océs va cire tranché 
an Conseil du Koi : les si^’-nalaires de la retpiéte [n ient le Dautdiin d inter- 
^ (Miir. et l(‘rmiuent ainsi : a Si noti’e oraison est e\aueé(\ h' dimaneln', à la 
suite du SaU'iim J'ac nous crierons tous de bon mnir : « Vi\ e u<)tre 

bon l)au[)hin ! Aiusi-soit il ! » 

;>. M. 7(S3. n 



(^n KSNAY 

composé }>ac le maiviuis depuis sa conversion aux nouveaux 
pes. Le< correclions el les annotations du Docteur ont 
le toutes passé dans l imprimé. Nous nous soiuines hoi-nés à 
luire ici trois notes tlu correcteur qui n ont pas été intégra- 
t ou exactement adoptées par l’auteur ; l’une nous permet 
sir sur le vil’ l’originalité de jugement et la \erdeur do cri- 
de (hiesnay: les deux autres nous laissent entri'voir les dis- 
lenl's (lui subsistaient encore entre le Maître el le premier 


neur 
le pl 
1)0111 
Le 
(les J 
(lisse 
que ) 
gouv 


te ([lieue' traîne un peu Iroj) par endroits, sort de 
t, sent le catécliisiue. U faut [lenser ([u'on t'crit à une 
é savante ^ Des choses communes doivent au moins 
ives et ra[)ides, el doivent porter les sentiments jus([u a 
tion; elles ne peuvent ohe supportables (jue [lar là. 
([uel(}ues endroits ([ni sont dans ce goût, et qui me 
Iraient sufïire. Le corps du mémoire (*tant plein de 
s intijressantes et important(“s, il ne doit [las linir par 
enu. Peigne/, si vous voulez, noblement les douceurs, 
rrémenls et la digniti’’ de la vie champêtre; le tableau 
ntéressant et récrf'atif : on vous en saura bon gré. Déni- 
le fat et glorieu.v citadin, élevez le riche (i rmier; c est 
cr de riches habitants à la campagne : vous suivrez 
objet conformément à la (piestion [)ro[)Osée. Lt ce 
de vue sera digne de votre génie et de vos clans su- 
■s. C’est dans les villes où résident les hommes édu([ues, 
vants. les philosojihes ; mais il n’en font pas plus d hon- 
à leur discernement par leur travers et leur dédain sur- 
is grand objet de la philosophie. Ils méritent bien une 
e touche. 

i petites découvertes', les petites ex[)ériences curieuses 
.cadémies des Sciences, les petites recherches, les petites 
rtalions problémali([ues des anti([uaires, ne paraissent 
les badinages auprès de l’étude des objets essentiels du 
3rnement économi(£ue, envisagés dans leurs ditierents 


I . .N >te iinale. , ... 

Mémoire allait être [)réseiité à un concours i>uverl par la Société 

éeoiu) uitpie de Berne. 

3. i >ute la lin de ce morceau se retrouve presifue textuellement dans 
l'ouvr ige de Miralieau, [>[>. 103-103. 


1 » 












Sl'lî l-.\grici:lti RE 

rapjiorts, dans leurs dillérents effets. C’est la clef de I histoire 
des nations, relativement à leur puissance, à leur succès, à 
leur prospérité, à leur gloire, à leur indigence, à leur abais- 
sement, à leur décadence. Que sont donc nos historiens 
Des conteurs de batailles, de sièges, de jirocédés politi([ues, 
d’adresses, d'astuces, des dilférents r(Mes joués par les grands 
acteurs en politi([ue, en guerre, en religion, en galanterie: 
ils ont ignoré l’étal de la base sur laipielle [lortaient les 
nations ([ui ont subi tes révolutions ([u’ils raconteid'. 

La morale du bonheur a ici un beau cliamp. Les philo- 
sophes ont beaucou[) éerit sur le bonheur ; mais ils ne nous 
parlent point du boidieur naturel-. Leur bonheur factice et 
étudié est un habit (pii ne convient pas aux ditférentes tailles, 
je veux dire aux ditféreiits goûts, aux dilférents génies, aux 
dilférents caractères. Il faudrait sans cesse combattre ses 
désirs et ses penchants pour être heureux, ce c[ui impli(jue 
contradiction. Le laboureur riche (jui n’espère (jue dans ses 
travaux, son industrie et sa vigilance; ([ui aliorne son état 
el son ambition à sa ferme: ([ui s'y est fixé par un bail 
volontaire, (pii est indépendant, (jui ne sollicite ([ue la terre, 
qui gouverne, (pii ordonne en chef, ([ui est endurci aux 
injures du temps: qui, toujours occupé à des exercices inté- 
ressants et toujours variés, ne connaît ni l’ennui ni le besoin 
de chercher des plaisirs el des amusements, ni de recourir 
aux illusions du faste : ([ui est redevable à son activité de 
sa vigueur et d’un bon a[)pétil ([ui lui fait trouver les ali- 
ments communs délicieux; ([ui trouve de la félicité dans 
la société de sa famille, de ses amis, dans Laspecl de ses 
champs, de ses récoltes, de ses troupeaux, dans ses exercices, 
ne connait rien au delà pour le bonheur. Il peut croire que 
d’autres sont plus heureux (jue lui : mais cette idée ne l’alfecte 
point. Toujours dans son élément, sans impiiétude pour sa 
subsistance ni [)our ses besoins réels, sans projets chimé- 
riques, sans dessein de sortir de son état, sans s’en dégoûter, 
sans désirs ambitieux el importuns, sans intrigues et sans 
agitation tumultueuse, il jouit de son indépendance, de sa 
modération décidée, de la vue d'objets intéri-ssants qui le 


l. C'est tléjâ le principe «le Vinferprétation écononwpie de Thistoire. 

\'oilà maintenant le principe de la morale utilitaire ou hédonistv[ue. 






’^È 


as MlliAHKAi; 

i reré •, (la [)laisii- de pourvoir à ses lu'soins, d’agir, desei'(‘j)n- 
ser, (le eomerser, de vivre. 

\ O là, je crois, le honlieia- nalurel, ([ui se sent, (jai ne se 
nionti-e point, (jiii ne [)arail pas on il est, ({ni n est pas oii il 
[)ara;L (dre, (pn ne peut (Hre eonlrefail partes Idiilosoplies. 
((ui M'! refuse à l'oisiveté, à la mollesse, à la mai?nilieenee, 
à la ( étieatesse. aussi dillieiles à contenter (|u'à garantir des 
ineoi unodités, des dégoûts, des rev('rs et du malaise. 


a deuxième page de son brouillon, Mirabeau, profondé- 
meni imbu de l'esprit chrétien, avait (lualitié la philosophie » 
nou\elle en ces termes : « l ue absurde et monstrueuse 
méta physi(pie. » Ami (U‘s Kncyelop(‘disles, (^uesnay propose 
cette atténuation : « des systèmes ])lus ingénieux et plus 
amui ants (|u’instructifs et utiles. » Le maiapiis accepte la 
varie nte : " des systèun's [>tus ingénieux (]u’instructifs et 
utile » mais il ne [)eut s'empêcher d’ajouter: « des amuse- 
men s corrupteurs, et une école d’erreur et de vanité', » 

La^e tSdu manuscrit, Mirabeau avait écrit : « De toutes 
h's I ianières d(“ cultiver les blés, celle ({ui ra{>|)orle le plus 
est 1 I culture à bras. « 

« l'irreur, observe ( hiesnay en marge; lesuecès d(' la culture 
est ( ans le fermier, et non dans rinstrument. Si des cultures 
à bia s donnent d'abondantes récoltes, c’est dans des terres 
fertih's et bien fumées, ce (pii n’est point une prérogative pour 
la culture à bras; elh' est commune à la charrue. Vous en 
avez la preuve dans les plaines (h* Dammartind cultivées par 
de riches fermiers. Id ordinairement \c [lauvre [laysan (pii 
culti e à bi'as n’a pas de bestiaux assez pour se [irocurer des 
engr lis <|ui pourraient l'aire fructitier son lia\ ail. De là vient 
(pi’iD ne daigiuuit [>as cultiver la terre dans les [lays on elle 
r‘('st( incult(‘. Corrigez cet endroit, si visiblement contraire à 
l’ex| érience. " 

F.t le Docteur indirpie lui-méme la correction; il sulïit de 


1 . 1 I 1 lie rin4)rinu*. 

î?ans doute i^amiuai tin tui (loele, dans la llaiitc-Brie lSeine-et-Marne|. 




( 


li:ttiu;s .m me silhoi kttk 


3!) 


mettre : « la forfe eultme à bras. Mii'ab(*au accepte la 
retouche'. 


VI 

J)h( \ LhlTHKS DK MIH AB E AF 
A SIUlOl KTIi:, cniilrnleur ^nhièruD 

m 

La |)i‘(*inièi*c IcUi'C doit cIhUm* du mois de mars ou d avril I : 
(*ar elle a été éerile peu <le temps a[u*ès Tarrivée dt' Silhouette au 
eoulrdh'-^énéral (i marst. La tleuxieim* est posliu'ieure dt‘ plus 
d'un mois. Toutes les deux nous montrent comment 1 Ami des 
liommes, ilevenu diseiplt^ ih‘ (^uesnav, s im|>i*o visait eonseilhu' 
du ministère, IaMcs sont curieuses surtout parle ton. Silhouelle 
nt' devait (railleurs pas réaliseï' les espt'rances tpie les l'ondaUMirs 
ih‘ la nouvelle doctrine avaient un moment placées en lui *. 


y 


Première lettre. 

On a dit tant d(“ mal de vous, on (M 1 espère tant de bi('ii, 
vous avez une huineui- si laborieuse (>t une étoile si marquée, 
(pie vous êtes cei tainement un homme extraordinaire. Mais un 
homme ('xtraordinaire n'est jamais (ju'un être fort borne, à 
moins (pi'il ne rallie à soi les conceptions, les facultés et les 
atfections des autres hommes : ce (jui ne se peut (pi en étant 
homme de bien. Vous avez tro[) d’es[)ril pour ne pas conc(‘- 
voir (pie c'est la seule fortune (pii vous reste à faire, supposé 
(pie vous ne l’ayez pas faite*. Car : 1" Une se peut, malgré h‘s 
alfairi's, (pi’eii vous mettant au lit, vous ne pensiez (pie c est 
une fois de moins ipie vous nous y mettrez, et ([ii au bout il 
est plus (pie [U'obable (pie vous rendrez conqite et (h* votre 
fortune et de vos moyens; t' \ oiu avez un poids énorme à 
souh'ver ou à être écrasé dessous, (pioiepie ce ne soit pas 
vous ipii l’ayez amoncelé ; or il n (*st di* bous bras (|iic ceux 
de l’éipiité. 'fous ces scélérats cpie la sott(* postérité a[)[)elle 

1. CA'. A. (/. //., O" partie, t. III. pp. iiS :V.C 

:i. M. 7S4, IC* i'. 

:î. Cf. Notre MofU\ phrs., t. I. [►. TU. 


I 


U) 


MIKABEAT 


V( 
dont 
(jue 
(]ui ] 
ou : 
celui 
et P 
Tuai 

VOUH 

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et (ji 

\ ()U> 

laiss 

voli' 

eliai 

Si 

(jues 

peiii 


aiids ministres, et qui n’étaient que des ambitieux têtus 
les eirconslanees élranjîères ont aidés, n'ont au fond fait 
e mallieiir de riiumanité et remis à leur maître que des 
unes ruinés. Mais aujourd’liui on ne peut même faire 
on par des [)restiijes d’éclat (jui cachent la misère. On a 
JUS ces moyens ; il ne nous reste de ressource que de 
faire, et celle ressource est sans bornes, (d ses fruits 
août votre espérance. 

us n'a\ ez pas le temps d’en lire bien loiii,". Je vous dis 
que ce (ju (‘.xii^e de vous l’é([uité en ce nioment% c’est 
cous ne fassiez [>as comme la l.luparl des minislr(‘s. 
ic lisent [)oint(‘t renvoient tous les mémoires, on au feu, 
des sous ordres pour leur en rendre compte. Lisez 
-ci, il vous vient d’un homme (pn ne n ous demande rien, 
jur (pu NOUS ne pouvez rien faire <pi’en faisant pour 
versalité, niais(pn s'intéresse à votre réprime parce (pie 
êtes la dernière la'ssource de l'Etal; ne vous rebut(‘zpas 
i*eniiei‘ mot ([ui cho([uera vos o[)inions. l’n ministre ne 
[)lus avoir de pré'jui^és, il doit tout écouter, sauf à lui, 
5. à tout combiner; toutes nos notions, et les véiti'esel les 
•s, ne sont peul-clre ([ue préjugés. Frimiu', mais écouta, 
[ Tliémistocle à Euribate' ; il éeouta. et s’en trouva bien, 
ci n’est (pi’une es(p;isse première; on rélendra sur telle 
lie autre partie (pie vous le désirerez. Ce secours, si c'en 
n. ne vous eoùtera rien; il sutlit (pie vous gardiez le 
■t envers et contre tous; ear vous êtes peut-être entouré 
ns de la connaissance de celui ({ui vous é-crit. (jui fait en 
une démarche (pii ne va ni à sa [losition ni à sa manière, 
i ne veut [loint être eonnu. pas même d(‘ vous. Ainsi ne 
informez [)oint ; prenez ce (pii vous [laraitra bon, et 
‘Z le rest(‘. Le bien [uiblie est tout ce (pi’on désire, et 
‘ maintien alin (pie ces malheureuses tinances ne 
gent plus de nourrice ^ 

donc vous désirez extension sur quelqu’une de ees 
lions ou éclaircissement sur d'autres jioints, prenez la 
‘ de mettre le fait en ({uatre mots, et sur h‘ paipiel ceux- 


1. )ur Euryhiîule. 

'-2. 1' a moins ilt* ti’ois ans trois conlrolrurs ^ôiiéraux vi liaient de se suc- 
céder 




' <5 


LETTRES A M. DE SILllül’ETTE d 

ei ; A qui Je demandera; puis faites mettre une enveloppe à 
cette adresse ; A M. V aJd)é Moreau, chez M. Chapin, rue 
Ste-Marpuerite. A Paris. 


Principes de conduite actuelle. 

Le nouveau ministre doit penser que le temps le plus con- 
venable (ju il aura dans toute sa gestion est le premier 
temps, quoiipie sans doute il lui paraisse bien dur. Le temps 
du Français ; la nouveauté. Tout dépend de ses commence- 
ments; il manque tout s’il n’en protite. 

La seule manière d’en proliter est de s’approprier les 
affaires. Entre tant de ministres depuis 20 ans, les uns ont 
voulu avoir le maître ; d'autres, la famille royale ; d’autres, 
les parlements; d’autres, le clergé; d’autres, des intrigues; 
(pielques-uns, des amis. Tous s’y sont trompés et s’y trom- 
[leront, jusiiu’à ce (pi'il y en ait un ([ui ail pour lui les affaires. 

La seule manière d’avoir les atfaires pour cette jiartie uni- 
verselle, c’est d’avoir le peuple. Je ne dis pas ce sot et usu- 
rierf?) public qu’on sillle par l’organe des cafés, linesse plate 
et rebattue; je dis le peuple. 

L’é[)uisement des provinces ne peut être imaginé, non pro- 
venu de 1 argent qu on leur (')le, mais de celui (ju’on leur 
empêche d’avoir. Tout est friche, désertion, vente de bes- 
tiaux'. cl monopole sur le reste. 

11 ne sullit pas d’aimer le peuple, de penser à lui. il faut 
le réveiller. Faites (juelque coup voyant, qui témoigne ([ne 
vous [leusez à lui. Pres([ue tout ce qui le dévore ne dépend [>as 
aujourd’hui de vous, attendu la nécessité; pres([ue tout ce 
(jiii le violente est hors de votre main ; ces insensées milices, 
ces déprédantes et abusives classes, ces convulsives garde- 
c()tes. tout cela vous échappe, ainsi que les monopoles y 
annexés, et (pi on a trouvé moyen d’insérer jus([ue dans le 
régime du huguenotisme ([ui n’a été réveillé ([ue pour celaL 
^lais ne [)ourriez-\ ous pas ordonner la liberté des grains, 
prohiber les corvées; que sais-je? 

Surtout de l’éclat à ce (pie vous ferez ; on a tant multiplié 

1. Par voie de saisie, pour non paiement des impôts. 

2, Voir lu lettre de Mirabeau sur les Huguenots actuels. M. 784, n 3. 


42 


MIHAHKAr 







i juijm 




i 


'■■rV ■'. '• 




et ivili les arrêts du Conseil (|u’ils sont devenus comme les 
Dé ‘l étales de Rabelais. De l’éclat Ji vos opérations, et jmis 
sovez obéi. 

t 

' e pouriie/.-\ ous pas letrouver sous d'autres noms cette 
imjiositiou insensée appelée industrie. Vous ne saïuiez croire 
COI ibien on eu abuse: j(‘ connais tel intendant ([ui taxe à 
riiidustrie tout bourf^eois (pii passe plus de trois mois à sa 
eai ipap:nc. prétendant (pi'alors il y travaille. X(“ verra-t-on 
jamais (pi'il n est aucune nature d'iinix'it ipii m‘ nuise à 
unr autre, <“l <pie multiplier b‘s êtres, c'est l'essemu- b'uis 
('onctions '. 

. i.pproclu‘z de vous des liomines au i>'i é du [uiblic: vous 
av( z l'ait (“u ce fleure un choix (pii a bien l'ait hausser \ os 
act OUS-. 

^'ous atta([uez, dit-on. les abus par le détail. Si c'est 
COI une dé[)rédations. c’est bien t’ait, il n'en est aucune à 
né| lii*-er. Si c'est coinine économii*, c’est prendre l’oinbre 
pour le corps. Un i^rand Ktat ne se mène point par l éco- 
noiuie. c’est par l'ordre (“t par la justic(‘. (Juand il en t'audra 
vei ir aux vraies déjirédatious, à attaipier uiu' [)oliti(jue (pii 
nous assimile à l’astrologui' (|ui rej^arde dans la lune et tombe 
dans un puits: une i>u(‘ire i^i^antesipu' (pii, s(‘inblabl(“ au 
col ibat d(“ Scaramouche, t'rap[)e la coulisse ( ( tourne le dos 
à s )u ennemi ': um‘ marine (pii reyiiil et é(‘ril d(‘s hutres': et 
toi t cela (pii demande d(“ raii;(‘nl pour le distribuer à des 
an lées de préposés à une besogm‘ (jui \a au diable : alors 
sei.mt les vraies dillicultés. Ou criera /laro sur le premier 
mi listre, et si nous n a\ ez le peuple et les all'airi's derrière 
vous, gare la déroute, et la pension dont moitié réversible 
sui la tête de ^Madame. (]e ne serait peut être pas tant |)is 
pcMir NOUS, mais si serait bien pour nous; i‘t c'est c(‘ (pie nous 
me permettrez di' ( oiisidérer dans les conseils <pie je vous 
(loi me. 

^ ous ('Il êtes aujourd'hui aux e\[)édienls de Mme la 


I. Mirabeau pose déjà implieilemeul b* priiieipe de l'impôt uni(|ue. 
iV II sa^it de FttrlKMina is. ([ui lui qiieitjiie tem|)s le principal conseiller 
tie : dllioiietle. Kl jusqu'en ITfili Ftu itonnais nt‘ se poseiM nullcinent tui ail- 
\ er: aire dt' la nouvelle écobu (d‘. Moin'. fth)'s.. t. I. p. 

:i. Allusion à la <juei‘re de Sept juin : peut-être Mirabeau veut-il dirt‘ <|in‘ 
la I laince né^li»^e son plus redoutabb* advtrsaire, l'Angleterre. 

F Allusion obscure à l'inaction de nos escadres. 


13 







LKTTHKS A M l>K SIMIOFKTTK 1*^ 

Ressource. Vous avez eu toute votre vie trop d'ordre pour ne 
pas savoir (pie c’est la [iremière personne à chasser d une 
maison dont on veut rétablir les atï’aires. Aurez-vous le cou- 
rag(‘ de dire : « Arr(inf^'f‘z-\'oiis d ici à /cl terme. Sire;. sinon 

je cous (jiiit/e à ce temps mnrqiié. » 

Si NOUS vous laissez gagner au délire d(‘s gens du jiays. qui 
semblent tous lU' songer ;i vivre (pi'uii jour, nous sommes 
mal. Si au contraire vous conservez des vues étendues, 
mettez an plus tôt le pcaple derrière cous. 

Pardon de la liberté de c(‘ei. ('/est ma manière, (pii n’i'n est 
(pie [)lus suscejitible de vérité. 


Deii.xième lettre. 

On a un singulier pardon à vous demander. Il n'est sans 
doute jamais arrivé (pi’un particulier se soit avisé d’écrire à 
un ministre accablé d’all'aires, de lui donner une adresse 
inconnue comme l’on ferait à un lionime a bonnes lortunes ; 
(jue ce ministre ait eu la bonté d’y répondre, et qm* le 
demandeur ait été si bien servi (pie la réponse soit demeuree 
un mois au moins au bureau d adresse sans lui parvenir. 
... .le ne connais point M. t abbe Moreau, chez M. (diapin, 
rue Ste-Mar^uerile . à Paris, de manière à lui rien conüer: on 
m en avait seulement ré[»ondii comme d’un homme sur. ,1e 
m’étais sans doute mal explicpié avec le tiers répondant: et 
c'est seulenumt par hasard ([ue j'ai su (pie ledit abbe avait 
depuis un mois un pa([uet dans les mains que personne ne 
venait prendre. 

... .Te voudrais que vous lissiez cesser la cynique et anar- 
chiipie liberté de la librairie imur tout ce qui touche aux 
iiKcurs et à la religion, tant pour (pie contre 

...Eh (pioil n'y a-t-il donc [ilus de littératuri' (pie cette 
chienne de philosophie rebouillie des rêveries des Anciens, etc..’ 
ou d’autre part d’aller casser les dents à ces gens-là avec le 
prétendu manche de la bannière. On les nomme, on les 

1. A l;i dilVértMïCr <b‘ (biesnay. Mirabeau se montre vit>lemment hostile 
à la [)liilosoi>hie anti-religieuse. 


1 




injur 
leurs 
religi 
A I 
cons< 
preni 
magi 
part 
sans 
et les 
à V h 
polic' 
(lu t( 
denu 
Les ] 
pour 
un P 
[)lus 
semo 
berge 
rues ( 
pire 
c’esi 
alors 
à dire 
()u 
belles 
ignoi- 
sage , 
roii t 
CoriK 
sueèr 
due e 


. -MIRABEAl’ 

e, on attaque tous leurs ouvrages, et l’on i échauffe ainsi 
blasphèmes: est-ce de la sorte qu'il faut défendre une 
on de paix et de charité...? 

:ela il y a deux remèdes : Lun caustique, et qui doit par 
quentètre légèrement appliqué, l’autre émollient. Le 
ier est de faire parler fortement les premières tètes au 
ilrat de la librairie* pour que cela cesse entièrement de 
et d’autre, et à celui de la police pour qu’il découvre 
’aute l’auteur de la première brochure contre la religion 

imeurs, et icelui livrer au Parlement Après avoir crié 

({lüsitiun, on se tairait. Il est encore d’autres moyens de 
tout simples et clairs. Je me rappelle ti'ès bien ([ue, 
mps du Cardinal-, il n’était si haut huppé (pii eût osé 
tirer chez lui en robe de chambre le matin le dimanche, 
•hilosophes du beau coin s’étaient fait des assemblées 
■es jours-là, et encore, quand elles étaient trop voyantes, 
‘lit avis survenait ; le pauvre abbé Alary, qui n’est pas 
urc (pie vous et moi, rompit la sienne pour pareille 
ice *. On ne donnait aucunement en gras dans les au- 
s, et l’on ne travaillait point audacieusement dans les 
omme aujourd'hui. L'empire des dévots, dit-on, est le 
le tous ; je le veux, mais le vrai moyen de l’attaquer, 
le r(*ndre tout le monde conformiste à l’extérieur, sauf 
à les renvoy(‘r à leur bréviaire s’ils ont ([uelque chose 
par delà ‘ ! 

int au moyen émollient, le voici... : e est de relever les 
-lettres. Il faut de l’occupation à tant d’es[)rits oisifs et 
ints.... La vraie littérature est mâle, forte, noble et 
et ce ne fut jamais dans Platon et Homère, dans Cicé- 
1 Virgile, dans Bacon et Millon, dans Pascal, Bossuet, 
il le et Despréaux, ([ue les avortons de nos jours 
“lit le lait qui forma leur carnation luisante, boullie, ten- 
toujours prête a abceder. Mais cette lace d iiisectes 


1. (Tt tait Mal<‘shcrlu*s. 

Lp cardinal Flciirv. 

Il ; ’a«-it ilu ^.7///; d(* I Kniresol. 

4. Mi aheau cntciul que l’on oblige tout le inonde a prati(|iier le catholi- 
cisme; mais il n'est point partisan de l'ingérence du eiergt' dans les atïaires 
politiqi es. — Sur une l'euille volante jointe à cette lettre, il indique qu'il 
laudi'ail al>aisser le prix des chaises dans les églises pour jiermeltre aux 
[laiivre . gens d'assister régulièrement à la messe. 


LETTRES A M. DE SILHOUETTE 45 

arrive en un temps où les dictionnaires, les journaux et la 
paresse ont fait disparaître toutes bonnes études — Cette 
tournure guillochée, bienlijt à la portée de tout le monde, 
multiplie cet essaim de moucherons, et l’on dir-ût que la na- 
ture, avare d’esprit pour nos pères, en a été prodigue dans 
les siècles précisément dont il ne demeurera rien (pie de mé- 
prisable, Le bon sens néanmoins se révolte; ses dédains 
irritent ce vol de moucherons présomptueux, et tandis (pu* 
les grands hommes des beaux siècles louaient et respectaient, 
ces pygmées parlent, agissent et écrivent tous en mécontents 

de riiumanité entière* 

11 faut un remède, et le voici : c’est de vous rendre le pro- 
tecteur des lettres. Colbert ne fut jamais homme de lettres, 
et vous l’avez été^ 

... Peut-être, direz-vous, cet homme-cl croit que je n’ai autre 
chose à faire qu'à reg'arder par la fenêtre. Et moi, je vous dis 
({lie si vous n’envoyi'z au diable tous les jirocès dont on vous 
fait le rapporteur, et la manufacture éternelle de papiers 
dont on vous environne, de manière (pie les inlendanls des 
linanees, ces Messieurs dont Sullj’ ci Colbert^ surent si bien 
se défaire à leur grand avantage, sont toujours également nos 
vrais maîtres (juel cpie soit le chef qu’on leur donm*; — que 
si, dis-je, vous n'éloigiuv. tout cela de façon ([ue vous ayez h‘ 
temps de rélléchir, de causer avec les gens de mérite, de me- 
ner les hommes en un mot, vous ne serez jamais un grand 
ministr(“. 

... On doit comiiK'ncer de s’apercevoir en France (|ue l’in- 
(piiétude y est pres(pie générale, et ({ue si elle ne se mani- 
feste pas comme autrefois par des troubles et des séditions. 


1. Mirabeau caractérise assez bien l’esprit nouveau (jui anime la littéra- 
ture. 

~1, Silhouette avait publié en IT^î» un opuscule : Idée jfénérale du Gouver- 
nement des Chinois, il avait aussi traduit certaines œnvies de Pope, de Bo- 
lingbroke, de Warburton. — Suivent des recommandations en faveur du 
poète Lefranc de Poinpignan. du philanthrope Chamousset. aussi d*un cer- 
tain abbé Arnaud, qui « hait la philosophie moderne et la iné[>rise ainsi 
(^ue ses fa'tus. » 

Les Pliysiocrates cesseront bientôt d-envelopjier ainsi Sully et Colbert 
dans un même éloge. 






n*> MiUAUKAr 

c’est (|iie les iiKcurs sont éteintes' et les earaetèees déliants, 
et (|i (‘ eliaeiin espère an moyen d'iin peu d’encK' et de papier 
s'avfntaürer sur son voisin.... Le remède ii cela est d'encou- 
rai;e * l aifriculture. Elle ollr<* un territoire vaste : elle ne 
(loin e ni aux propiiétaires ni aux ai^imls le temps de penser 
à m.il taire, ni de chercher à (léj)lacer lenr voisin, attendu 
<[U(“ es possessions sont circonscrites. Elle donne des j)rotits 
et pins encore d’espérance, et elt(‘ met tmlre les hommes h*s 
rap|!orts de besoins et de scr\iccs à la [)lace d(‘ la coîiinnini- 
cati( n des \ ices 


Vil 

sr/l LA XKCKSSITh 
DKS 

/•;; cn( IL i (iLMLW rs rorn /:. i g/uc( l h iil? 

Ce mémoire de MiralxMU doit dal<*i' de IV.'éJ: ear ou v retromt* 

% 

un plissage c’csl le dernier d(> ceux (pie lions avons reproduits) 
de la lettre à Silhouette. Sans doute il (“tait aussi destiné à ce 
niiiii tre; c’est l'esipusse d'ini projet j^PneiMl ,1^ rél'orines l'oiidé 
sur 1 j néc(‘ssit('“ de relever l'a^rienltiire. 


( )i sait (pie l a^ricullure est la seule base de la puissance 
(les j'dals. cl |)onr dire mii'iix. ipi’elle sc'iile conslilm^ eelle 
[Miis; anc(“. 

I l Etal militaire sans une af^ricullnre alimentaire jiropor- 
lioni ce à la l'orce et au nombre de ses années est un (;am|) 
(pii ii(“ peut subsister ipie par l’action, et ipii doit compunir 

on piiir Le commerce n est autre chosi* (pic le débouché 

des produits de rai^riculltire. ou h“ courtier tnercenaire de la 
[larc'sc d autrui, cl toujours dans l’un et dans l’autre cas 
(lépciidaut des sources de la produclioir'. (hiand on dil ipie 

I. L iUlS Ir mênioirr que nous publions immédiateiiK'nt a|»rês ecUe ieltre. 
et oii passade se retroine, on lit. au lieu de éfrintes, êreinlêes. (Télail là 
sans ( ouïe l'expia^ssion originale de Miral>eau; rallénualion doit a\oii' élê 
propO"ée jiar (hu'snay. A moins qu'il s'agisse trune simple faute de eopie. 

i. K . !MMi, IV 

3. K itendons : de la production agricole. 


I 






I. 

fi 


KNaU H.XGE.MKN ts l“()t 11 i;.voiU(:fLTniK 

nos cidonies sont néeessaires au cüminerc(“, comme il est 
vrai, c’est dire ipie 1 ai^ricullure de tel ou tel canton d’oui re- 
nier est nécessaire à nos besoins'. 

L as^riculture est néylif^ée, ruinée et presipie abandonnée 
en France par plusieurs raisons i[ue je vais raniter en deux 
classes. 


1 1 
1 , 


Preniii'rc clas.se. 


I" L’énorme méprise (pic lit M. (’.olberl. non seulemenl 
de croire fonder la puissance d'un jj;rand Etat sur la main- 
d’(euvre et sur la mercerie jiresipie uniipiement. mais encore 
de faire tomber le prix des denrées de premier besoin, comme 
on le voit par les tarifs de son temps, jiensant (pi’il iui[)orlait 
surtout ipie ses maiKCUvriers vécussent à bon marché, etigno- 
ranl ce <pie Sully avait si utih'inent senti, (jne ipiand le labou- 
reur est riche tout est riche avec lui. 

2" Par le danmable aveu;,dement, postérieur au tem[»s de 
ce minislri', d’ailleurs habile, de vouloir établir une poliee 
sur les ^>-raius, (“I d(“ leur (’iter toute liberté, ce qui est (’iler 
l’i'au aux poissons. 

Par la mauvaise polirK[ue ipii a attiré comme forcément 
les grands propriélairi's dans le sé-jour des villes, et surtout 
dans la capitah'. 

i ’ Par la déprédation et extension des rameaux de linane(“s. 
(pii ont bouché cl éti’any-lé de douanes tous les débouchés du 
produit . 

Par l’(‘xlensiou des impi'ils sur h“s consommations cpii. 
in(lé[)endaniment d’autres donimaf^es. on! fait lever d(“s 
aimées de commis cl d’cxacli'urs. un à cluupie bouche, de 
manière ([u’il n’est jeunesse (jui ne veuille savoir écrire et 
avoir un emploi. 

h" Pai“ la mull i[)licatiou énorme des charges et otïices, (|ui 
inondent les villes et villages, mandent le peu qui reste, et 
éloignent autant d(“ gens de la terre ([ue la gabille(’.^) des Esjia- 
irnols. 


l. (]‘<L’st là uiio vue intêressanle. et très originale à répotjiie. 


7 




MlHABEAl' 

7" Par la taille arbitraire, source d’abus de toute espèce, 
([ui fait que quand le paysan a dix écus dans sa poche, il se 
garde bien de les mettre sur son champ, où ils feraient grossir 
sa cote désordonnément. 

8“ Par la corvée, invention de nos jours*, qui ne fut jamais 
dans Pordre des vues du souverain et de son Conseil, et <pii 
a été et sera poussée aux excès les plus rebutants par leur 
tyrannie et les plus cruels par leurs ellets. 

0" Par les milices, invention moderne paieillcment^ «pii 
fait déserter les campagnes, et à lacpielle le miracle de faire 
aller le Frar,çais à la guerre en pleurant était réservé. 

10” Par rimp«)t appelé industrie, «pii sèche to«it ce «pii vou- 
drait s’introduire dans les villages de savoir-faire de détail, si 
nécessaire pour rendre commode l'babitalion des campagnes, 
pour ménager les heures précieuses du colon, pour lui 
apprendre à employer utilement les longues soirées d hiver, 
les jours de neige et de forte gelée, {)Our servir enlin de 
base nécessaire à l’industrie perfectionnée ^ 

11” Par tous les privilèges et encouragements donnes aux 
arts et métiers, non-seulement en dédain, mais souvent a«i 
détriment de la maiii-d'ceuvre par excellence qui seule tait 
vivre toutes les professions, à commencer par le Ht)i et Unir 
par te portefaix*. 

12” Par la multi|>licité des rentes, «pu ont multiplié a 1 infini 
foi'dre rongeur des oisifs et détourné l’argent de tout emploi 
utile. 


Seconde classe. 


I” Le génie et tempérament de notre nation portée à l’acti- 
vité, au déplacement et aux espérances hasardeuses. 

2” La nature de notre sol et climat, trop avantageux 
pres«pie partout ; car on voit «pie l’iiomme aime naturellement 

1. Lf système des corvées avait été généralisé et régularisé par Orry 
en 1T3N. 

2 . On sait que les milices avaient été instituées en 1720. 

3. Les Physiocrates admettent que la petite industrie campagnarde est utile 
(piand elle ne tlétourne pas le jtaysan de la culture. 

4. Il s'agil, bien entendu, de l'agriculture. 



ENCOUHA(iEMENTS POrU léAGHlcrLTl RE 


à se raidir contre les dilïicultés, et à mollir à c«)té de la faci- 
lité. Nos plus à[)res climats, le Haut-Dauphiné, les Cévennes, 
l’Auvergne, les pays de Foix et de Comminges. portent les 
peuples les plus laborieux. 

3” La (jualité «le notre émulation, factice et provenant du 
gouvernement, qui de la fureur «les armes a passé to«it ii 
coup à la convoitise «le bureau, tinances, emplois «le toute 
espèce. 

4” L’espèce «le nos connaissances : nous avons jiassé «le la 
plus profon«lc ignorance au vaste savoir, «le là aux choses «le 
goût et «l'élégance, oubliant «lans la transition les connais- 
sances natui'elles. 

L'urbanité générale qui a fait abandonner toutes les cam- 
pagnes. 

()" Le peu «l'attention «ju’on a fait en tout temps à l'agiicul- 
ture et le peu «le distinctions «ju'on lui a accordé: «l’où s'en- 
suit l’abamlon général «le cette science et fonction nourricière 
à «les mains mercenaires, sans émulation, sans volonté et sans 
pouvoir. 

7” Le peu «le communication entre les «litférentes pro- 
vinces, soit au moral, soit au physi«jue. 


Voyons maintenant ce qu'il y aurait à faire sur les 7 articles 
compris «lans cette deuxième classe*. 

1” Le génie «le notre nati«^n est actif: c'est «lu fon«l «le cette 
«pialité «ju il tant savoir tirer des ressources iutinies [lar le 
moyen «le l'émulation. Rien ne «lemande tant d’activité «pie 
l'agriculture; et «lès «pie cette action nécessaire cessera «l’être 
mécani«{ue et «leviendra inventrice, le Français redoublera de 
jambes «lans cette carrière [)lus «{ue dans toute autre. Il aime 
le dé|)lacement, tant mieux ; car il faut que le peujile des 
provinces tardives ai«le les récoltes «les autres; «jue les trou- 
peaux nombreux aillent des montagnes aux marais salants 
selon la saison; «pie les pradiers du Limousin montrent à 
rigoler les prairies mal tenues des bord du Loing et de la 

1. L’auteur lui-iiièine réserve pour en l'aire l’objet d'un autre inéiuoire 
l’exposé des moyens destinés à réparer les fautes énumérées dans la i)re- 
mière classe. 


t 


.MlItAISEAT 


Loiie; (J le les jui-diiiiers des j)roviiices pota,a:ères, la Tou- 
raiiu*. l'( rléaiiais, eic.. api)feniieid aux niéi idionaux à perlec- 
lionner l-s tVuils (pie la nature leur donne presque sans soins, 
et (ju ils laissent t(ds (pi ils viennent naturellement. 

2" (let e règle' n'est pas à beaueoup près générale. Le nieil- 
lenr sol le la France, ce sont les provinces de, la Flandre, 
e! ce s( iit loutetbis les mieux cultivées. La facilité des 
déboueli's a en cela beaueoup favorisé le goi'it naturel des 
liabilant; pour l’agrieulture : e’esl un avantage (iii’on pourrait 
rendre cLuninun à [)rt*s(pie toute la France.... Liu* autre rai- 
son (pii 'end les Flamands très laborieux, c'est la simplicité 
de leurs niteurs ; nous sommes bien mal de ce ciité-la, mais 
s'il est uii moyen de rétablir nos mmurs, chose indispensable, 
c’est sai s doute d(‘ promouvoir ragrieulture ([ui. replaçant 
tout 1(> inonde, amortira cette aveugle cupidité (pii bienti'it 
nous ibicerait à nous entr'égorger les uns les autres. Nos 
montagi ards sont laborieux, de près cela gagnera aisément, 
et dans les pays ouverts il ne faut (pi'nn débouché et des 
labourei rs riches. Partout où il y a de (‘es gens-la. on ne ^oit 
point d'( isiveté. 

:p Ce troisième jioiiit - dépend surtout du gouvernement; 
mais pour p(*u (pi il y ait de jirotit et de [irivation d(* misère 
et d'esc avage dans une profession ipii ne demande guère 
d'autre ; pprentissage (pie l’emploi de ses membres et l’imita- 
tion. et )our buiuelle on a du goût dès renfance (car tous les 
inarmol: [iletiriMil pour éerir(“ et font des jardins par goutl. 
on s'élo gnerade la triste ambition d'emplois toujours dépen- 
dants, durs ou asservissants. et ([iii demandent des années de 

triste é(ole. 

i" C/ed ici ■' (pi'nne vigilance toujours active rendrait les [iliis 
grands ; er\ ici's. L’esprit de la nation, (‘xeiti* [lar ipielques 
ouvrages (pii ont ouvert la carrière L eommence à se tourner de 
ce côté- à; mais les provinces sont pauvres et isolées ménu' 
de leur!- propres capitales; on n y a point de livres de detail, 


4 > 


1. les [taysiuis les plus lalK)rieux sont ceux îles i)avs où le sol est 

pauvre, 

La <1 minutioii tlu noiiilu’e des eamÜilats aux eiiipLùs puLUes. 

;î. Pour répandre les connaissances natundles. « Voii‘ ci dessus. 

L Allu: ion aux traités a^ronouiiipies de Duliauiel du ÎMoiieeau. de 1 ti- 
tullo. de a ^alle de rElan^’, etc. 


i 


KXCOl lîAGE.MEXtS POI R L'AGHICl EU UE 


/g,",-.' 


51 


on n'y sait, on n’y peut rien, et on n'a ni la force, ni guère la 
volonté. Un homme préposé à cette partie en général établi- 
rait des correspondances, exciterait l'établissement d’.\ca- 
démies d'agriculture dans cliaijiie province, ferai! passer les 
livres reconnus bons sur cette partie, enverrait di^s ouvriers, 
des graines, des plants à ceux ipii lui en demanderaient, ferait 
imprimer les mémoires et découvertes faites dans cliaipie jiro- 
vinee. Les mémoires des Académies d'agriculturi* vaudraient 
bien ceux de l'-Vcadémie des sciences, et seraient répandus 
partout ; on tirerait d(‘s lumières en ce giuiri* d(‘s (‘trangers 
([u’on ferait traduire dans notre langue et distribuer à bon 
marclié '. 

.a” Les mesures princi[uiles pour renvoyer les propriétaires 
dans les campagm's sont sans doute résultantes des soins du 
gouvernement et dépendantes de lui. ainsi (pie les partii's 
(pie nous avons mises dans la première classe: et le Diri'ctenr 
général ne pourrait rien à cela. Mais ipiant à ce ipii est d'opé- 
i‘(*r dans peu (pie cliacun se jilùt à sa campagne et y [lassàt 
utilement une partie de l’année, emjiloyant son suiierlln à la 
lionilication du sol, c(da dépend uniipiement des lumières 
ré()andu(“s sur celte partii*, du goût qu’on [(rendrait bientiit 
à ragrieulture. et du prolil (ju’on (*n retirerait. 

b" Il est impossible de calculer rimmense dis[)arilé ([ui se 
trouve entre l'agricnlture éclairée (‘t cbérii*. et celle ipii n'est 
(pu‘ de routine et de nécessité. Mon cbamp nu“ rapporte cimj 
boisseaux par arpent ; on croira d'abord (pie si j(“ lui en fais 
rapporter six. j'aecrois mon jirolil d'un sixième. Mais l'i'r- 
renr est bien grande: car des ciiKj priuniers lioisseaiix. 
([iialre se trouvent consommés indispensablement par les 
frais de ciiltnri' et d'exjdoitation : mon [u otit donc est d'un 
boisseau; d’où s'ensuit qii'i'ii en taisant ra[)porter six. je 
double mon [iroüt : et à sept, je le tripb'. Li“ [u otit de l'agri- 
cultiire est e(* ([ni fait aller tout l’Etat. Il me serait aisé de laii“(> 
concevoir ici. par diverses démonstrations aussi claires, (jii'il 
s'en faut bien (jiie les s[)écnlations de ce gimre relativement à 
l'avantage d(“ l’Etal soient dans les idées d(‘ tout le monde. 
()iiant aux distinctions à accorder aux agriculteurs pour 


t. Miral>oau liii-iuùnu*. annùc IT.'i'J. doiinu dans la .'l- partie de l'-lz/tt 

deft hommes un Extrait d'un ouvra^^c agronomique anglais. 





Il 


II 






MlHABEAl' 

T entre eux l’éniulatiou. ee serait la luatit're d un nie- 
à part. 

,e Direeteur lïénéral serait précisément le Iruclienient 
un et le nœud entre les aj?riculteurs et amateurs des 
‘iites provinces. Il obvierait au défaut de eorrespondanee 
les provinces pour se communiciuer les unes aux autres 
nnaissances (pie le hasard, l'expérience, ou l'induslrie 
ce par un débit plus luci-atif, aura procurées en Cbam- 
par exempU*, tandis ([ii (*lli‘s sont absoluiiK'nt ineon- 
mx climats méridionaux. Au physiipie, il proposerait au 
rnement, aux corjis et aux [irovinces. des canaux aux- 
les eaux qui rij^olent la France de toutes parts invitent 
n; exciterait par rexemple et la persuasion les habitants 
des campa^nies à entretenir les ehemins de traverse et 
lunieation entriî eux; procur(‘rait la multi[)lieation des 
rts établis d’un lieu à un autre, par des piétons, des mar- 
)ien situés, des fêtes votives bien placées, des assemblées 
[les prix, eomme eourses de ebevaux, lutte, eoursc*, saut, 
et autres rapports bien entendus, autrefois établis ail- 
mais de tout temps négligés en France. 


Toit ceci n’est <[ue désiiïiié, et fort en abrégé; mais on se 
(■ont ‘iite de ré[)éler (pie c’est une erreui- d imai^iner (pie la 
prof( ssion primitive, l’art par excellenee, soit le seul cpii aille 
de lui-même et n'ait pas besoin d'eneourai?ement dans un 

j;ran 1 Etat. 

Il faudrait bien se ^uirder de vouloir le rép^ir et i^ouverner. 
Cett( méprise des gouvernements trop organisés nuit a toutes 
les pirties (pi’ils embrassent; en ceei elle serait mortelle. Mais 
alita it il importe de laisser semer et recueillir à ehacun ce 
(pi'il lui plait, autant il est essentiel de faire penser à l’agri- 
eulli re (pie le souverain eonnait le prix de ses travaux, (pi il 
les voit, (ju’il les protège, et distingue le labeur utile de la 

uiép isable (dsiveté. 

El mettant donc toujours pour base la défense absolue de 
toul( gêne ni contrainte en cette matière, il laudrait doue 






LA THKORIK DE LI.MPOT ^ 

donner à l’agriculture une voie pour se faire connaître du 
gouvernement. 

•le tinis... par une réflexion d’FAat. plutôt (jue d’agriculture. 
Je dis donc ([u’on doit commencer à s’apercevoir en F'rance 
(pie l’iiirpiiétude y est presque générale’ 

Je dis donc (pi’il serait utile de créer un Directeur général 
de l’agriculture (pii, par l’énoncé de ses patentes, lût •au 
service de l'agriculture au lieu de [>ouvoir la dominer; ([ui 
fût établi le correspondant universel et le truebement des 
agriculteurs auprès du Prince; ([ui fit tous les ans des tour- 
nées dans (pielrpies provinces, et fût obligé tous les 5 ans 
d’avoir achevé celle du royaume, (^uc les patentes fussent 
enregistrées dans tous les Parlements et atïichées à toutes les 
paroisses de campagne, pour (pie le [lauvre ainsi (pie le riche 
pût s’adresser à lui. Que cet bomme fût tel (pi il pût à cet 
égard avoir la conliance du public; et observer surtout de ne 
lui point donner de brevet à vie. piiisipi’indépendamment 
d’autres nombreux inconvénients de cet abus en fait de 
(•barge publiipie, il faut (pie cet bomme soit en état d’aller. 


VIII 


XOTES DE ÜUESXAY 

AE MAXESCniT DE LA TllÈOlUE DE EIMPOT^- 

iryOoj. 

(À's ii()t(*s sont très développées: (|uelques-unes constituent de 
véritables articles. Quesuay y traite avec !uui)leur. avec clair- 
voyance, avec hardiesse. (|uel(pies-ims des plus graves i)roblèines 
de la philosophie et de la politique contemporaines; et son style fa- 
milier touche parfois à la haute éloquence. 

... La souveraineté et les rois ne sont jias la même choses 

1. Ici se [tlace le passage que nous avons trouvé (et reprmluil) à la lin de 
la deuxième lettre à Silhouette. Voir ci-dessus, p, 4;i. 

M. 781, n'” 1 et et M. TSi, ± liasse. 

?>. Note à la jiage :ÎU du manuscrit 3®Kntretien . (]ette note, il est facile de 
s'en rendre compte, ne [ïouvait [)oint passer dans le texte. M. 781. n® I. 


\ 


51 


< JUESXA V 


Dans l>ien des royaumes, les rois n'y ont (jn’nne j)orlion de 
sonveiainelé, et parlonl la souveraineté doit être telle qn’elle 
était (.ans la nation avant ([iie la nation s’en soit démise. Ainsi 
elle n est pas moins la rèi^le du souverain que celle des snji'ts. 

Il faut avoir toujours eeei au moins dans la pensee (piand on 
écrit air la matière dont il s’agit, qui (*st l’objet de noise et de 
dérè.idement. C’est pouripioi la pliqiart des nations ne cèdent 
point à leurs rois l'administration des linanees ni le droit 
d’inq (’it. Il semble (pi'il snllirait d(‘ bien établir l’unité d’in- 
térêt entre le souverain et les sujets pour tenir tout dans la 
règle; mais les vanqiires minent les snjids et le Iloi de par le 
Hui. le vois par ma fenêtre <pie les elumilb^s ont dépouillé 
tonte la forêt de Hambouillct: elles en rongeraient bien 
d’ant ‘CS. 11 faut au moins ipie votre principal obj(d, en traitant 
de lîi science de l’impôt, soit d en établir si ebdrement et si 
ritroi; rensenient la régnlai ité, la légitimité et les [iroportions, 
([lie a règle essentielle bien ex[)osée déclame d’elle-même 
eonti e les abus, ([ue le souverain et les sujets la voient si elai- 
renunt qn’elle en impose par son évidence. Dans la doctrine 
de 1 impôt, on peut se taire (et c’est le mieux) sur le droit 
indé ini du souverain d’imposer, droit (jui (“st l’abolition de 
tout droit de propriété: car, au fond, le propriétaire [irivé 
du r ‘venu de sa propriété est un pi-oprietaire dé[»oss(“de. 
Or 11 droit indétini d’imposer est le droit indetini d enlever 
l(* i-e\enn des pnquiétaires, droit qui n’a jamais pu être 
aeeo (lé au souverain, (hioiqu’on [misse snp|)oser des cas 
exlr; ordinaires de [lérils pour l’I^tat si grands (pi’il ny 
ait [lins rien à ménager [lonr la défimscq ces cas extraordi- 
nairi s ne [lenvmit être, dans l’ordri* réglé de la société, le 
fondement d’un droit déréglé. Kl ces cas extraordinaires sont 
asse manifestes [)oui‘ être aussi connus aux sujets ([ii an sou- 
verain; alors ce sont l(“s [irineipanx. les grands pro[)riétaires, 
(|ui doi\ enl êirt' juges avec lui, [misipi ils connaissent comme 
lui le dangei', et (pie ce sont [irineipalement eux qui ont à 
siqipoiler l<* dommage (jiie la nécessité exige Mais en tout 
genit' la nécessité n a point de loi. 

Mais bois de là, il y a des lois, de l'ordre, de la règle, (jni 
soni dictés et inainlenus [>ar le droit naturel , et en ceci le 
droit naturel doit être éclairé [lar la eoiinaissanee de la nature 
d’ui inqu'il convenable et régulier Kt c’est cette connaissance 


I 


r'i 


' J- 




LA TllKOHIK DK l/I.MLOT 

approfondie et mise en évidence (pii doit elle-même donner 
la loi an souverain et aux sujets, loi naturelle et souveraine 
sans lacpielle il ne peut y avoir de gouvernements assurés. 
C’est pourquoi la doctrine de l’impôt doit être la principale 
base de la constitution des Etals, et surtout des Etals monar- 
ebi(jues, on il ne peut y avoir d’autre préservatif contre la 
tyrannie et contre la rébellion (jue la connaissance de la règU* 
naturelle de l’impôt. C’est poimpioi cette matière doit être 
traitée avec tonte la solidité et toute l’exactitude possibles, 
sans entrei- à cet égard dans aucun examen des droits du 
souverain ni des droits de la nation. (,est a la lumière naln- 
relle bien (“xposée à éclairer rime cl l’antre; à contenir les 
conseillers perfides, les protecttmrs et les agents avides, par 
la connaissance qu’ils auront cpie la nation est instruite, 
qu’elle est en garde contre l’aulorilé tyrannique, et (pie le 
mascjnc de riniipiilé est Iransjiarent. C’c'st d'ailleurs à ceux 
([ui traitent du droit public, à maripier les limites des souve- 
rains et des nations lelativcmeni à la naliirc* des gouverne- 
ments légitimes des dilféiamls Etats; instruits de la nature de 
rim[)ôl. qui est la même jiarlont relativement à la justice et à 
l’intérêt commun, ils feront prononcer clairement et rigou- 
i-eusemenl la loi suprême et éternelle. 


... Il ne paraît pas' (pi’on puisse déterminer le produit net 
autrement que par la [lart <[ui revient au [iropriétaire et qui a 
été débattue sur le marché entre le fermier et le propriétaire. 
Tournez-vous de quel cc'ité il vous plaira, vous donnerez dans 
le pot au noir. 

Le prix de la vente des productions et des bestiaux n a 
aucun rapport proportionnel général et fixe avec le produit 
net. Dans telle terre il y aura le double de productions et 
moins de frais ; dans telle autre il y aura le double de frais 
annuels et d’avances primitives et moins de productions. 
Tirrz-\'oiis de là! 


1. X’oto à la paifc 3!) du maniiscrit U' Kiitrelicn . (à-tte noie n'a [las non 
])liis passé dans ie texte. — Quesnay veut démontrer à Mirabeau i]u il est 
inutile et inéine dangereux de eherelier. pour asseoir 1 impôt territorial, 
d'autres éléments d’e\abialion ipie les baux île terma^e. M. .Ml. n 1. 


I 








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QIESNAV 

déclaration annuelle des quotités de productions et de 
)rix mettrait l'état du térmier trop à découvert vis-à-vis 
J, vis-à-vis le propriétaire, et vis-à-vis les concurrents. 

, malheur à réinulation, à l’amélioration de la terre, au 
riétaire et à l’Etat. 

le partie des productions sc consomment en nature 
le fermier, et il y a des fermiers qui préfèrent de payer la 
riture à une partie de leurs gens, et d’autres préfèrent de 
ourrir. Faudra-t-il établir ici la loi pénale du trop lui et 
'O P manp^ê? 

ûlà. à proprement parler, une taxe sur les marehandises de 
hère oi igine, et une manutention de détail, ([ui intéi-esse 
le laboureur dans le secret de ses alfaires que la taxe ' dont 
dédommagera sur le prix du fermage. Faudra-t-il, pour 
manulenlion, comme dans eelU' des aides, établir des 
leurs, et mettre en eonllit la fraude et l’exaetion; et ne 
rait-il pas aussi, comme ont fait les fermiers généraux, 
iluer des tribunaux [)atibulaires contre les infracteurs? 

‘ remet-on |>as ici le lal)oureur, <pii est sans défense, 
vis du tisc, au lieu d'y mettre les propriétaires, (pu sont 
imi^ortanls, surtout les grands [)ro[)riétaires, assujettis 
me les autres à la loi généiale de l’impôt proportionnel 
le produit net h 

“ eontr(')leur-général a trouvé moins de ditlieultés (|ue vous 
*(‘tte foruu* d imp(’)t, dans 1 établissement du 20', du 10' 
INIais, avec un })eu plus d'ordre et de [)récautions, il 
it facile d’arriver au degré d’exactitude suÜisant pour cet 
L, m'i l'on ne peut, de quelque manière (ju on s'y prenne, 
endre à une exactitude rigoureuse. Le graud ‘point est 
)ii>ner les inconvénients, les obstacles, et 1 injustice de 

Ir 


LA THKOHΠDE L'IMPOT 




1. taxe actuelle, la taille d’exiiloitatiou. 

:i. lerrilorial S(u*a |)aye par tous les proiirietaircs. sans aucun 

priv lè^e. i- • 

3. Les baux formaient en eüet une tles principales bast's I»our l assiette 

(les in^tiènies. 

lLest-à-(lire de su[)priiner les taxes de consominatitui et les ihi[)ùts de 
r('[>a rtition arbitraire. 


Je ne reconnais pas ici les principes prospères et lermes de 
M. le M[arquis'j. Cette peine du talion n'est ici autre chose que 
gène pour gène ; ainsi double gène au préjudice du commerce. 
Dans le point de vue dont il s agit ici. est-ce le commerce de 
la nation, ou le commerce du commerçant, que I on veut 
venger? Ce ne peut être <pie le dernier. Mais combien cette 
vengeance ne serait- elle |)as préjudiciable au commerce de la 
nation. puis([u'elle ne peut avoir d'autre effet (pie d’éearl(‘r 
une partie des acheteurs de nos denrées! Or, (pie nous 
importe si unaclndeur est Anglais, français, flollandais, etc., 
[)ourvu ([lie nous ayons la plus grande concurrence possible 
d'acheteurs [)Our vendre an meilleur |)rix possible. S il était 
aussi [([ueslion] de nous faire [layer la sortie de nos marchan- 
dises à cause ipie l'étranger nous en fait payer l'entrée chez 
lui, ce serait sans doute les accabler d'une double charge (pii 
pèserait d’autant sur la vente de la première main au [iréju- 
dieedu vendeur, et de plus une diminution certaine de débit, 
d’où résulte encore une diminution certaine de [irix. Enfin 
est-il ([uestion encore de faire payer l’entrée des marchandises 
de l’étranger parce ([U il fait payer chez lui l’entrée des nôtres ? 
Sur ([ui tombera cette entrée que nous ferons payer chez nous? 
Ne sera-ee pas, du moins pour la plus grande [lartie, sur 
nous? N’est-ee pas là battre notre cheval parce ([ue notre 
voisin l’a battu. Feine du talion bien entendue ! 


Discutez l’objet- pour le bien de la nation, et ne le 
décidez pas [>ar ménagement pour les négociants regnieoles; 
[du nioins^ ([ue ce ménagement ne soit pas injurieux a votre 
intelligence et encore moins à votre probité, en prenant sur 
votre compte un parti ([ue la raison et le bien de la nation 
ne peut adopter. Vous avez éclairé la raison au point 
([UC vous devez à [irésent la redouter comme votre juge. 

« 

1. Note au S' Entretien en partie repro(inite par M. Sehelle. dans son 
livre sur (hiesnay. i>p. — .\Iiral)ean. tout en proposant la suppres- 

sion ffénérale des droits de douane à l entrée des produits étrangers, deinan 
dail cepeiui.'uit <pi’on les inaintint par représailles al égard dune |)uissanee 
coiuine rAugleterre, (pii Irainmit nos articles de droits proliihilifs. - 
:\I. 7S1. Il" i. 

- 2 . M. 7S4, 2 - liasse. 


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5 ! 


Le coninieree des négoeiants legnicoles' ne doit être 
Il i-inêine envisagé par la nation que du même (eil (jne le 
commerce des négociants étrangers qui achètent et qui 
V Mident chez vous. II n'en est pas de même du commerce 
(I • la nation et du commerce des nations étrangères, où les 
il térêts peuvent êti-e fort ditférents. 

11 y a des nations <pii vendent ; voilà l'I^gyjite. II v en a 
(j li revendent : voilà Tyr ; dans ce point de vue Tvr n’est 
<1 l'un appendice ('xj)loitant de l’Fgypte. On envisageait Tyr 
comme la nation commercante; et. point du tout, c’était 
r Egypte (pii était foncièrement la nation commercante, 
et i'yr n était (pie l’agent de son commcire. Mais envi- 
si geons le commerce de deux nations <pii s'enti-evendent 
Its productions deleui* ciii ; car celle ipii a le plus à vendre, 
el (pii vend le plus, et (pii vend le mieux, a bien dès avan- 
tcges sur lautn*. La principah> condition, la condition 
(îi sentielle du commerce d’une nation, tel (pie je l’entends 
ici. est de vendre. (>t non celle d achetm*. (’ar on ne |)eut 
a( heter (pi’à proportion de ce (pie l’on vend. D'ailleurs on a 
(M général bien moins lu'soin d’acheter (jue de vendri*. 
A nsi il faut (mi toutes manières se projiicier- les acheteurs 
(piels ([ii’ils soient, s'ils favorisent notre débit. Or ce ne 
p( ut pas être en chargeant d'inqK’it nos marchandises (jue 
m us [irovoipieronschez nous la concurrence des acheteurs, à 
m lins (jue rimpi')! ne soit payé par le vendmir, c’est-à-dire 
([I il ne soit pris sur h* [>rix de li vente (mi [iremière main. 
L( lait ('St si évident |>ar lui-même (pi’il n exige pas d’antres 
c( laircissenients : ce n’est pas là où l’on peut faire porter la 
p( ine du talion. 

(Considérez sous ce même point (h* vue l’étranger vemh'iir ; je 
lit dis jias 1 étranger marchand, car celui-ci pourrait, comme 
eu France, chercher à dup 'i- l'autre. Mais si ce dernier, c'(‘st- 
a- lire la nation, voit clair à son intérêt, (‘Ih* ne [lensera, 
comme elle h* doit, (|ii à favoriser sa condition (h* vendeur. 


I Tout <-e ((assiijff s(> retrouve. a\ee ([uehiues variantes sans iiniHU'tanfe, 
ilaiis l iniprinie. lài. 17(10. pp. l’Otl-i’Oo ps' Entrelienl. Il nous a semblé 
i(U 1 y avait lieu de le reproduire iei. en le restituani à son vérital)l<^ au- 
teur; ear. eoinine dans les observations jirécédeiites. c'est la ^rave (jiies 
tio i du libre-éeban>ce (pu y est discutée et tranchée, du petint de vue très 
paiticulier des l’tiysioerates. 

- D.ins t'im[)riiné on lit procurer. 


I 




LA THÉORIE DE L IMPOT 

En ce cas la franchise des marchandises et la liberté de 
commerce s’établira partout, surtout si elle commence a 
s’établir entre quelques nations : car alors il y aurait trop à 
perdre pour celles (jui voudraient persister dans leur ancien 

système. 

Mais, dit-on, il \ a trop à perdre aussi a renoncer au com- 
nu'rci* maritime, (pu* ces nations s assurent exclusixenumt {)at 
leurs prohibitions, et (pii leur produit .”•() "/o de benetice au 
préjudice du commerce maritime de leurs voisins. U peut y 
avoir sur cela (luehpie réalité dans la concurrence du com- 
merce maritime, (pii est un commerce de marebands ou de 
revendeurs : mais c’est le commerce de vendeurs (pii est le 
commerce de la nation, et (pii ne doit se prêter en rien à son 
préjudice au commerce de revendeurs. Je dis ; a son préju- 
dice ; car je n'onblie pas que le commerce des revendeurs 
est une suite nécessaire du commerce des vendeurs. Mais 
(pi’importe à une nation agricole, à une nation (pii ne |)ent 
prospérer (pie par la vente de ses productions, si les reven- 
deurs sont regnicoles on étrangers. 

Il importe sans doute, dira-t on, que ce soient des reven- 
deurs regnicoh's (pii protitent du bénétiee de ce commerce de 
revendeur. Oui, pourvu (pie ce bénétiee soit pris sur 1 étran- 
ger. Disons plus, pourvu encore (pie nos revendeurs regnicoles 
ne prennent sur nous (pie le bénétiee (pie les revendeurs 
étrangers retireraient d(‘ leur commerce avec nous Mais 
ces elfets ne peuvent exister (pi'en accordant aux uns et aux 
autres la même liberté et l(*s mêmes conditions. Autrement 
nous établirions en faveur de nos marchands un monopole 
contre nous. 

(Lest l’usage, dit-on. des autres nations, (pii eroieni favo- 
riser par leurs prohibitions le commerce de leurs négociants. 
Mais ces nations sont-elles agricoles? Ont-elh's jumr princi- 
pal objet dans cette conduite de faire prospérer le commerce 
de l(‘ur territoire, et v rénssis.sent-elles complètement f 

Mais s’il y a à [lerdre de ce c(Hé-là. on le regagne bien, me 
direz-vous, par les avantages de la navigation, (pii donne 
sur les iiK'rs une supériorité (pii soutient la [uiissanci' des 
nations maritiim's, comiiK' étant le fondement de la marine 
militaire ; et tout cela s’obtient en repoussant le mareband 
étranger par des droits imposés sur les marchandises. Si ce 


t 


i 


(lu (,)l’ESNAY 

mo /en est sûr. notre marine doit être formidable: car ce 
mo/en n’a pas été négli^^é. Mais on en connaît un plus sûr 
encore : ce sont lc*s ricliesses. Lc*s richesses s’obtiennent 
dai s un Etat ajj;ricole [)ar le dcl)it et le bon prix des den- 
rée ■; du cru; on se procure le débit et le bon prix par la con- 
currence des aclieteurs, et on favorise cette* concurrence par 
rimmunilé et la liberté dans vos ports, même pour les étran- 
s vendeurs, (iar le vendeur (]ui a débité sa marchandise 
dai s un |)ays (h'vient acheteur dans le même pays. D’ailleurs 
la •oncurrencc' des vendeurs procure encore à ce* [eays le prix 
le* phrs faveirable jeour ses achats. 

Le fameux Acte de la Navii,uitiou en Angleterre est fort op- 
j)oié, e!ira-t-e>n. à ces [)riucipe*s ; e*t c’est à cet acte epie l’An- 
gle erre* doit sa prospcrilc. Tous les Anglais ne conviennent 
pa* ele ces prétendus avantages, et beaucoup j reconnaissent 
eju ils tiennent celle* [irospérilé ele raccroisseme*iil ele leur 
agi iculture souleuue* par la vente ele leurs grains à l’élranger, 
epi leur a été eraulant plus favorable ejue ce commerce a été 
int *relit e-hez nous. C’est e-etle prohibition cjui a été le plus 
av: iitageuse à leur navigation : elle les a enrichis, et elle neius a 
aj)]»auvris: elouble effet eju’elle a proeluit élans l’état des 
rie lesses res[)cctives entre deux nations rivales. Leur Acte ele 
Na/igation n'est en effet qu’une déception suggérée par le 
génie marchanel. encore plus elominant en Angleterre epi’en 
Fr mee, jiarce epi’ayant les deux tiers moins de territoire, la 
na ion tcnel à s’en dédommager par les avantages de la mer; 
et lous, par les mêmes raisons, dt*vons tendre à profiter des 
avantages de notre territoire, (jui sont supérieurs à ceux de la 
me r (piand ce territoire est environné de mers cpii peuvent 
y î mener (h*s marchands de toutes les nations : car l’avantage 
est toujours alors pour la nation (plia le [)lus de marchandises 
à eendre. 

. e me suis uu peu étendu sur cet objet parce (pie je vous ai 
trt u\ é un peu ébi'anlé par le [ilaidoyer spécieux du com- 
iiu rce marchand regnicole, (pii dans le cas dont il s agit doit 
ôti e soigneusement distingué du comni(*rce d une nation agri- 
cole. 11 y a des nations qui n’ont (pie h* commerce marchand, 
ce (pi on aiipelle vulgairement commerce: el d’autres qui sont 
en partie commerçantes (*t [(*n jiartie agricoles, parce ([ue leur 
tel riloiri* est tro[i borné pour être pleinement agricoles. Ce 







L\ THÉOlUE DE I/IMl'OT 

ne sont point ces nations (jui doivent nous servir de modèles: 
elles ne doivent pas non plus se fixer à nos princijies. G est 
ce que n'ont [loint démêlé ceux (pii bavardent commerce'. Ils 
n’ont pas vu que les états agricoles sont beaucoup plus com- 
m(*rçants ([ue ceux qu’ils appellent commerçants: que les 
premiers sont les vendeurs, et (pie ces derniers ne sont (pie 
revendeurs; el n’ont pas non plus remarqué que ce n'est pas 
de part et d’autre la même conduite ni le même intérêt. C’est 
pour(pioi le rev(*ndeur regnicole d un royaume aratoire a 
toujours eu assez beau jeu pour tromper le ministère de sa 
nation-. Mais je ne veux point (pie vous m’en croyiez sur ma 
[larolc : je me borne à déployer la matière sous vos yeux. 
Vous avez lionne vue : je m’eu rapporterai à vous à mon 
tour. 

M. de Hutré m’a dit que vous hésitiez un peu à l'égard de 
l’exemption de la taxe (h* supplément sur les fermiers des 
biens contribuables. Vous avez dû trouver une remarque à cet 
égard dans le dernier envoi ({ui suflit pour vous convaincre 
(pie ce serait avec raison que les propriétaires des biens con- 
tribuables auraient lieu cette fois de se plaindre (h* vous". 

Je crois (pi'il y a aussi de grandes raisons pour vous rendre 
à la division de la taxe de supplément ; sur les loyers, et (*n 
forme de capitation, malgré votre répugnance pour l'arbi- 
traire. 

M. l’abbé de *'* s’est adressé de votre part à moi pour 
présenter à Mme de P." un bomjuet de fleurs naturelles con- 
servées. Elle l'a reçu, mais avecquehpie [leine, parce (|u’elle 
déteste les présents. Celui-là est sûrement très curieux: elle 
l'a trouvé fort beau. Je ne puis le maripierà M. l'abbé *** parce 
(pie ses lettres sont restées avec le présent et (pie je n'ai pas 
son adresse. 



1. ('f. le texte imprimé : « C est ce (jue n'ont point tlémèlé ceux <pii jar- 
^onnenf ce jjrand mol (Jommprc(^, (le^■enn si trivial sans avoir jamais ét<^ 
bien analysé. »> 

Ici se terminent les emprunts de Mirabeau. 

:i. II s'agit d’une taxe supplémentaire provisoire pour subvenir à rinsul* 
üsance du nouvel impôt territorial dans les circonstances actuelles. 

4. Voir les observations rei)roduites ci-après. 

.‘i. Mme de Pompadour. 


i 




3. 


(KKSNAV 


(j nsidcrafio/is sur la répartition de la taxe de supplément 
sur les fermiers des biens contribuables' 


1*^ L'imj)Osition acliu'lle sur les l)i(‘iis eonlrihua’oles - reste 
en entier sur ees biens, au lieu ({lie 1 imposition aetuelle ( taille, 
ea )italion, etc'.) sur tous autres états sont eonvei-ties en taxe 
(le su[)pléinent . Kn sorte (jiie ceux-ci en payant la tax(“ de su[>- 
pl ’inent sont décliaiiu''és de riinju)sition aetuelle; ce (pu ne 
s(‘ ait pas à l é^uird des biens contribuables s'ils payaient, 
outre l'imposition actuelle', leur part (b* la taxe de su[)- 
j)l ‘ment. 

Dans le dé[)éi'issement actuel de la culture, les biens 
CO itribuablcs m* pourraient pas soutenir cette (loid)le impo- 
sit on. attendu (pie la lax(* de supplcnumt. (pii est le tripb* d(‘ 
rimp(')t t('rritorial *. jiorterait dans la icpartition une cbarife 
ac ‘ablanlc sui- les rei'iniers des biens-fonds. Ce serait les 
remettre dans le même état d où bon veut les tirer, c est à- 
diie dans l'état de taille ai-biti-aire (p.ii a ruiné l’a^n-icultui'i* Ce 
pr tjet non-seub'nu'nt impliipu'rait contradiction, mais de 
plus y attirerait un nouM'au surl'aix ipii accélérerait sa ruine 
en i(‘re. Pour moi, je trouve ce point de vue effrayant, et |<pi"ilj 
l'ai \()ir le remède pis (pu* le mal. cl contredit tout le plai- 
dot(*r ipu* l'auteur fait en fav(*ur de raj^ricultnre. On |)cut 
fai e des fautes sui' les branches, mais celles (pii détruisent 
les racines ne sont pas pardonnables. Du moins, tant ipie les 
ra< incs pourront fournir de la s(‘\ e aux branches, elles conti- 
nu .iront de l(*s \iviti(*r; mais tout meurt (piand la racine 
pé‘il. Pensez (pie la taxe personnelle sur le fermier ne peut 
[)a i avoir comme ailleurs son jeu de communication (jui doit 
diDribuei' le dédommaifenienl (pu* chacun doit en retirer. 11 
y ; à cet éjjard impossüiilité décidée par raj)[)ort au fermier. 


1 M. TSi. liasse. — Mirabeau pi’oposait (juc la taxe de su[)plênieiit — 
iiu] b[ co!ij[)kMneiilaire de l impol teiTitorial — iïit ]>a\ jiar It's fermiei'S 
aussi t»ien tpie par les aulr(‘s eontril>uahles. (Juesnay eninbat celte inanièiv 
de oir. et le luartpiis se laissera convaincre (CT. Théorie de riwpfd. éd. 17(10, 
j»p. ;>T0-3Tlïi. Mais i»rêciséiuent [lour cette raisitn les ol>jfetions dêv(‘Iop[»êes 
pai le Docteur sont restées inédites. 

Il s a^^il des biens-l'onds. 

;i Trausrorniée en impôt sui* le }>r(»duil net. 

( On voit (ju'à celte dalt' les deux chefs de la nouAelle école étaient fort 
lüii de réclamer rinstitution immédiate de l’impôt territorial uniepu'. 






L.V THKÜHIK DE El.MCOT 

3" L’iinjiosition sur l'exploitation stérile' est sans conse- 
([uence pour ceux (pii la payent, paree (pi ils la retirent de 
ceux (pii achètent leurs ouvraj^es. (pi elle se repartit conlor- 
mément aux facultés de ceux (jui en ont la dépense, et (pi elle 
se trouvera toujours (*n dernier ressort payée par l(*s revenus 
proportionnellement aux (*harges et aux franchises des biens 
(pii produis(*nt les revenus, .\insi la répartition se tait d elle- 
nième en raison des charjîes et exemptions des propriétaires : 
[xiurvu (pi’(*lle n’enlève pas forcément les l'ichesses de 1 ex[)îoi- 
tation [)roductive^ ce (pii anéantirait tous revenus, toutes 
rétributions et le fond de toutes impositions. 

4“ Le redoubleni(*nt d'imposition sur la culture tomberait 
sur les fermiers (pii sont liés par leurs baux ; ils ne [lourraient 
pas soutenir cette surcharf^e imprévue. Et rien ne serait plus 
criant (pie cette nouveauté si onéreuse et si disproportionnée 
à l’état actuel de la culture et aux arrangements des fermiers 
sur le prix de leurs baux. Ce serait donc établir une spoliation 
cruelle, ([ni abîmerait tout. ()u est-ce ([ue c’est qu un royaume 
réduit à la petite culture, qui louche immédiatement à la 
non-valeur à l'égard du [iroduit ii(*t! 

De là un cri universel contre l’ouvrage et ses inconsé- 
([uences dans ses vues si contradictoires. On verrait sur la 
culture nm* surcharge (pie la tyrannie fiseale elle-même n a 
pas cru soutenable, tandis ipi’on \ errait (pu* dans les autres 
états la lax(* de su[)[)lément y abolirait au moins les ^mqio- 
sitioiis actuelles dont ils sont chargés directement. J'ai cru 
(h'voir [ilacer sur cela une addition au llesume'’. [lage 31. Si 
elle n est [las selon vos idéi*s, su[)|)rimez-la. 

Vous m'avez dit hier (jue vous ii'iiidhjuiez ni les loyers des 
maisons ni la forme de capitation pour la taxe de supplément, 
parce (jiie les inipositeurs pourront suivre d’autres règles. 
Cela peut cire; mais cela n'em[)cche pas ([ii'on se décide pour 
le meilleur dans une théorie (|ui doit saisir le vrai. Les nioditi- 
calions défectueuses, imprévues et forcées [lar des circon- 
stances, ne contrarient [loint théori([uenient ce qui est évi- 
demment l(* meilleur. 


!. (7est-à-dire sur les niaiiufactiiriers. artisans, ouvriers et sur les coiii- 
niereants. 

d. (7est-à-tlire de Texploilalion a^^rieole. 

O. Le liésarné (|ui lei'iiiine la '1 liéorie de l impôt. 


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trouve eependanl à la pai^e 7 du liésaïuf' cpie vous 
lissez la taxe de supplément sur les liahitalions et (pie 
. I évaluez au (piarl du loyer; ce (pii sij^nitierait (pie les 

rs des maisons seraient dans le rovaume de 6()() millions. 

« 

est-il possible dans une nation ipii n'a (pie 400 millions 
3venu? Pensez-y, si vous voulez évitei les mé[)rises dans 
uvrag-e aussi essentiel et aussi durable (pie eelui-ei : sur- 
dans un ouvrap:e (pii peut être véritié [lar la tentative de 
cution, et où le taux pourrait fournir des objeetions déei- 
; eonlre l’entreprise. Pour moi (pii dois être fidèle à la 
lance dont vous m’bonorez. je vous projioserai toujours 
‘renient mes doutc's [lour vous enj^a^^er à les éclaircir par 
lumières. 

L taxe sur la capitale doit-elle y être éternelle? Ou doit- 
s’éteindre par participation aux aecroits des revenus des 
s-fbnds. du moins de ceux des pays d’éleetion'?... Mais 
ne dites rien de cela : donc la taxe sera pour toujours 
la capitale, tandis (pi elle s éteindra dans les provinces. 

I ce (pi on en peut conclure d après votre silence paj;e 7. 
(‘ cas vos idées seraient bien peu d’accord entre elles, 
ien peu suivies dans l’exposition d’une matière on la 
sse doit être le premier mérite, et on le vaf^ue est une 
rfection dani^ereuse, surtout dans la narration des points 
euliers (pii ne [laraissent vus qu’à travers le brouillard. 


\t'us prouverez au moins à ceux (pii croient (pi’(“n temps 
de c lierre on ne peut pas remédier aux maux de l’Etat, (pie 
vous avez raison d(* soutenir (pie non-seulement on le peut, 
mais ([lie c est dans ees temps-là mêmes que les remèdes sont 
les [ lus nécessaires et les plus urgents-. Du reste un goiiver- 
nem ‘lit ignorant, aflàiné et débile, s’appuyera toujours sur 
eetfc (jj)inion triviale pour éviter une entreprise au-dessus de 
ses tirées, et combattue par de.s intérêts [larticuliers et domi- 
nant .. Et d'ailleurs on trouverait ([ue ce sont là de mauvais 


t. I iissa'j'e obscur, intime en partie illisible, tjue nous avons pris la liberté 
(le sii: iplilier. en en respectant le sens fcénéral. 

-. I -.1 1 héoric ds / impôt \'a [laraitre au milieu des tlésastres de la guerre 
de Seiil ans ITOoi. 


\ 












- * 


bA THKOlUE DE I.•1.M1>()T 


65 


[iropos dans le moment où il l'aut invoquer le crédit publie 
pour soutenir ce bel arrangetnent de finance si bien inventé 
pour assurer les tonds di* la canqiagne [iroebaine. 

Monsieur, il faudra faire examiner les tableaux de >E Le (D. 
[)ar M. Butré- ou M. Morin. Il y a des aritbméticiens ([ui 
savent calculer les cliiffres et d’autres ([ui savent ealenler les 
choses. 


/ 


,1’ai été fort content du Réswn<’' ; il v a de très beaux mor- 
ceaiix : j’ai donné le coup de pouce à (jueltpies endroits, sur- 
tout au (!'' Entretien ([iii est bien, comme vous le remaripiez. 
le plus inqiortant : imiis il s’agit de la part du lion. 

11 faut sur ce [loint [larler aux souverains comme s il n’y 
avait ni Dien ni Diable, ni juste ni injuste, ni foi, ni droit, ni 
loi; car ils ne connaissent (jue ce ({ui arrête [)bysi([uement 
leurs volontés, surtout ([uand les prêcheurs n’ont pas le droit 
[losilif de réclamation inqiosante. et encore bien moins quand 
on leur tolère à [icine l’usage de la jiarole retenue sévèrement 
sous le joug de la soumission'*. 

Le mieux est donc de ne paraître prêcher i[ue pour eux. 
et (le les mettre, non vis-à-vis de leurs sujets, mais vis-à-vis 
(le la nature, c’est-à-dire vis-à-vis plus fort (pi'eux, ee (ju’ils 
reconnaissent au moins quoi(pie avec [leine et donleurb 
Aussi est-ce la base la [)lus triomphante et la plus iné- 
branlable de la })hilosophie [)oliti([ue. mais la moins connue 
et la moins bien établie jusipi’à jirésent. Le prêtre et le 
juriste, (|ui se sont chargés de l’enseignement de cette science 
sublime, se sont bornés, l’un à invoquer la religion, l’autre à 
invo(jiier le droit civil : faibles moyens à op[)oser à l'autorilé 

1. H s'agit lies eaieuls üuanciers qui doiveiil illustrer l'ouvrage. 

Vn (les premiers disciples de (Juesnay et uu des serviteurs modestes de 
la nouvelle doctrine. 

H. Miral)eau allait s'apercevoir (pril avait dépasse les limites de cette tolé- 
rance. 

4. Cf. note de Ouesnay à la tin du Discours préliminaire du Traité de la 
monarchie (M. TSi. n" 1) : « On réussit mieux à eüVayer les puissances qirà 
les exhorter, (^est pouripioi les tableaux terri!>les de la tvrannie et du des- 
])otisnie sont les plus (>uissants freins de la monarchie, pour contenir ceux 
<|ui ne veulent reconnaître d'autre maître que leurs volontés ou l'impuis- 
sance physique. Il faut donc les emprisonner par Tessence même des réa- 
lités qu’ils ont à redouter.... » 


I 


1 


♦ii; (^)l HSNAY 

iuoiiai'chi(iiu‘. à ceüo su])n'malio iiii|H-iicuse et absolut* ([ui 
s t*\ >l•iIlU' |)ai' ft's j)ai*olt*s : (2(ir tel est noire plaisir. De noire 
proj re anlorilé et pleine piiDsance eonlons que la présente 
disi/)sitionde notre i'olontê soif e.xaetement ob'^ers'ée dans 1rs 
pa)‘< de notre ohé issa nee ; expft'ssious choisies ox[)i t*s pom* lit* 
i*t*ct nuaili ‘0 tpit* lt*ur [iiiissaiift^ cl celle de lt*urs seiiiblaliles, 
élal lies sur la foret*. 

Mais au moins [leut-tm leur faire sentir combien leur 
aiilt rite* et leur puissanet*. <jn ils tonl eonsisU*r dans la toree, 
est ( onlrebalaiieée [lar d autres foiees. (i t*st alors les assnjt*t- 
tirii reconnaître ([U à eet é^ard ils ont |)ouiiant un maître, un 
mai re fort dan^'-ereux. 

('- *s principes ut* stmt [>as les [irineipes des bonnèles ijeiis: 
mai i c'est leur tlt*rnii*re ancre contre les abus tlu pouvtiir : 
tl'ui côté, c'est la faiblesse; tle l'autre, c'est raveuiïlement. 
Ttmtt* la ressouret* tle l'un est de ramener l’autre à la lumièrt*. 
t[ui est la seule sauveirartle tles sujets etmlre 1 t)[»prt*ssion 
mt)i arcbitpit*. (Test sur e» tte base, si nit*etmniit* a la nation 
i*t <u stniverain. tpit* vous avez établi les t^ios murs tl un 
jît)u .'ernement monarcbitpie. d un ü^t)uvernemt*nt tpii n a aucun 
poil 1 tixe tlans h* moral. 

L * moral n'est à ct*l éi^artl tpie |)rt'jni^t* pour les sujets t*l 
dérision [)t)ur It* ministère. La [tolititpie t*st ernt*lle. e t*st 
l’ax orne tlu ministère; la relijiioii et le (Irt)it pt)sitil sont la 
toilr tl'araiü;né(* (jue ct*ux là lui oppt)sent. L un et 1 autre 
mai Lîhant ainsi sans y;uitle tlécisif, ils tombent ttins tleux dans 
la fosse, la nation la {)remiî*re, td le clud' après. 

L iirnorance tlt* la nation sur ces vérités intléfeclibles est 

*1 

fuui 'Ste à e(*lle-ei: car les ministres t[ni la i?t)uv<*rneni stint [iris 
tlans la natitm et stmt tout tlisjiosés [lar leur i;>;norance a 
atlo lier sans prévoyance les horreurs du ministère; ainsi les 
i>;raiitls [iriiicijies, les principes rii^oiireux. ne pénètrent ptiint 
tlans les conseils tles souverains t|iiantl ces ])rinci})es sont 
iijnoréspar la nation même. 

,li* me rendrais volontiers à vos raisons à 1 t*fj:ard tle la part 
tle 1 1 taxe tle su[)plément sur les eulti\ atenrs. si je ne trtmvais 
pas une sorte irinconjîrnité à taxer 1 habitation d un labou- 
reui habitation qui fait partie tle son fermage et tlont la 


1. tout le [lassagi? (lui suit sr trouve pres(jue textiu lleiiient reprtnluit 




\.\ riiiamn; or: i.imi’ot OT 

laxt* doit r(*lt)inber immédi;itt*menl surit* prtipriélaire tpii t*st 
oliligi* tlt* log(*r son ft*rmier. ('.'est jiourijnoi. tlans lt*s achats 
des biens, les bàlim(*nls tlt*s ft*rm(*s nt* sont point etmqités 
tlans lejuixtlt* l'acipiisilitm, ni distingués dans les baux; car 
ce n (*sl tpi une annext* condilitmnt*lle au revt*mi. Ainsi, selon 
votre plan, le [irtijiritdaire ebaigé tit*s répartilions, jiayant le 
tiers franc de stm rev<*nu, [layant lui-méme sur son lt)gt*menl, 
[layant tl ailleui’s sa [larl de la taxe de supplément jirojitirtion- 
nellt*ment à ce tpii lui reste tlt* revenu. [layera encore mit* 
[lart de cette taxe sur l'habilalion tpt'il est obligé tle fournir 
t*t tl'entrelenir à stm ft*rmier sans tpie cette partie portt* 
aucune adtlilion de revenu; et eela se propose dans un temps 
où le même revenu est tle [dus chargé d'nn o'' par le ving- 
tit'ine dt* sulivention actuelle. t[ui, je crois, ne s'etfaeera pas 
tle sitôt, delà s'appelle enlever le vin jusqu’à la lie inclusive- 
ment. 

(biand un artisan tlt* la ville [laye sur son loyer, il reprentl 
en tlt*lail cet inqiôl sur h* débit tle ses ouxTages; il ne tombe 
[las sur le [)ro[)rietaire de la maison; au lieu t[u'un pareil 
inqiot tloit retomber sur le [)i t>[)riélaire tles bâtiments d'une 
ferme, tpi'il fautlra arbitrer, ne dtmnant [las de loyer, et qui 
est auetmiraire [>ar les réparalitms la partie onéreuse tlu bien 
allermt*'. ( )naml tm a tltmblé en tlernit*r lieu les capitatitms, 
on reconnut tin moins f[ui* cela ne ptmrrait [>as s’étentlrt* sur 
It's fermiers. A tiilà nu*s dernit'*res re[)rést*nlatitms sur ce chef. 
XtMis sommt*s neutres, vous et nmi, dans et*ttc cause, et c est 
en cette tpialilt* t|ii il faut juger, h*s raisons étant mises en 
évidence. Pensons tpi'il ne s'agit pas ici tl’iin arrêt, mais tl'une 
sentt*nce. t[ui sera sujelit* à révision, .\ussi les sentences 
dt»ivent-elli*s rentlre raison du jugement [lorlé. 

( hianl au ntunbre tlt* feux, la d(*falealion tlont il s airit est 
[mm'Uh* [)()m* 1.2011 f(Mi\ dans \c caUad. AOilà mon suHVag‘(‘: le 
voire élani [>ré|)on(lérant , il n\*sl [)as besoin de déi)arlir les 
Aoi\ pour (h‘(*ider. 

Arhilïr/, si vous le pouw*/, les loireinenls des eullivaleurs 
des leria^s (pii payiml liin[u'>l. (letle lorine esl de nouvelle 


dans l'ouvra^^p .AliraifPau. Ed. ITüO, j)|t. :i71-;î7i ir entivtien . 
ji*t (!(‘ la discussion, voir ci-dessus, p. 

1. Ici SC Icrinimmt les emprunts de Mirabeau. 


— I^our Fol)- 


V 


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nlion. (Juant à l'arbitraire (jiie je suggère, il est au moins 
’able ; 1" parce i[ue c’est ici un plan Ibree et étranger à 
inpôt régulier ; 2° parce (pie eet arbitrage n est point à la 
sion de (piebpies jiartieuliers tranchant de par le Roi; 
iree (pi’il ne tombe (pie sur une [lortion. l’autre portion 
t décidée par le loyer'; ainsi l'eUet en est moins redou- 
e on [loiirrait même n’indiipier la capitation (pie pour 
[liait aün de resserrer encore le ehani[) de l’arbitraire): 
arec ([ii’on ne conviendra jamais (pie les loyers puissent - 
une mesure [iroportionnelle aux tacultés des habitants, 
lie suis trouvé à Mantes en [)lciu dans ce genre de besogne, 
l fallut abandonner dans l’exéeution dès les[)remiers pas '. 
erlo Roberto. Ainsi dans un [lareil projet il faut au moins 
r deux cordes à son are pour ne [>as passer [lour pri/ne- 
ier. A vous la balle. Je n'ai [las [larlé de détailler la con- 
itioii, mais de donner seulement un aperçu des cotes, où 
■un pourra juger de l'etfeL de la taxe. 

liant aux pays d’Ktats, je n’en parle (pie d'après la [U*é- 
ption établie par les \ ingtièmes, (jui sans doute ne sont 
moins exagérés dans les [>ays d’Pdeetions (jue dans les 
i d'Etats. Fit d'ailleurs ceux-ci ne contribuant point à 
inction de la taxe de la capitale, j'avais du moins l'a[)pa- 
e pour moi. Suivez sur cela vos lumières [lartieulières. 
es-en de même [lartout où vous me trouverez la vue trop 
•te. 


Vous êtes en garde [lartoiit et avec raison à ne pas prêter le 
tlan ‘ à l’extorsion présente et future: votre théorie iFimpliijue 
pas contradiction à cet égard. Si des marclies forcées et irré- 
gulijres vous y exposent, e est (pie vous ne pouvez faire 
mie IX, et vous ne maïupiez pas (Favertir ([ue la règle plie au 
besoin, mais ([U(‘ nécessité ii est pas loi; ainsi elle est ici, 
eon me [lartout ailleurs, extra rem. Sauf à faire ce (|ue l’on 
peu pour revenir avec sûreté à la règle en pliant ce[)endant 
le e il à la violence. Le sage a tout dit, et se eonforme à tout 


1. Uu'snay cnlendail que la taxe de supplément comprit deux cléments : 
une ote niohilière basée sur le loyer, mais aussi une sorte de cote person- 
nelle ou capitation. 

-2. )n moins à eux seuls. 

;î. Vllusion à un essai d’application de la taille tarifée. 


1 


LA THÉORIE DE I/IMPOT 


69 


avec discernement ; ses propres maximes ne l’enrayent point 
à eontretemps'. 


Les six raisons de l’auteur- sont excellentes pour le bien 
public, et les six raisons belvétiennes" sont fort [irudcntes 
[)Our l’auteur, Mù des mêmes sentiments, j’adopte ces der- 


nières. 


Il serait à souhaiter ([ue ce digne [ilaidoyer tombât tout 
imprimé du ciel, et ([ue l'ondée fût abondante. Car il est vrai 
([u’après la paix faite comme pirndant la guerre^ la misère 
même de l’Etat sera continuellement le prétexte des scélérats 
pour éloigner la réforme du mal, ou du moins pour la réduire 
au tâtonnement ([ui ne la laissera [lasser (jue par parcelles: 
conduite très redoutable ([ui endormirait le gouvernement 
[)ar des palliatifs, ([ui en imposeraient et laisseraient [lénétrer 
la carie jus([u’à la moëlle des os. Les intendants, les publi- 
eains et adhérents, présenteront de ces [lerüdes remèdes, 
([ui enferment, comme l’on dit, le lou[) dans la bergerie. Ils 
opposeront donc tant ([u’ils le [lourront la ruse à la raison, et 
la ruse (pli leur réussira toujours le mieux sera de faire craindre 
au Maître une diminution de son Trésor: rien de si etfravant 
et de si sur pour le retenii- dans la même route jus([u’à ce 
([u'il tombe dans la fosse (ju’ils lui creusent v Tant que les va- 
lets peuvent voler, et tant (jue le Maître peut emprunter", 
tout parait bien aller à la maison. Les traitants volent, dit-on, 
mais ils sont le salut de l’Etat dans ses besoins. Tant (jue le 
crédit se soutient, le monanjue est redoutable à ses ennemis. 
Le contribuable croit (jue le crédit lui évite des surcharges 
d'impiits, et cjue la baiKjueroute délivre[ra] l’Etat. Le créancier 
de l’Etat croit (jue c'est j>ar le crédit qu'on lui paiera ses 


<^)u('snay ne fut donc point toujours le théoricien absolu, ignorant ou 
dédaigneux des nécessités de la pratique, (jue Ton s’est j)arfois représenté. 

2. Note à la péroraison de la Théorie de l'impôt. 

:i. C'est-à-dire les six raisons fondées sur l'intérêt bien entendu du souve- 
rain. llelvelius venait de proclamer l'accord de l’intérét bien entendu et de 
la vertu. 

4. La suite a été insérée pres(jue textuellement par Mirabeau dans sa pé- 
roraison. Ed. 17(10, pp. 515-510. 

. 1 . On lit dans rimprimé : « Tant que le maître peut emprunter, et clia- 
cun faire ses affaires, ... » 



70 


OÎESNAV 





(ieHes', cl (jue los suliveiilions r(M'onl toiijouis face au ei-édil; 
loiile la nation est attentive à juy-er si les o|>érations d'un eon- 
tr(')li'ur-i,a‘néi‘al - sont la\oral)l(‘s ou pi éjudieialdes au crédit ; 
et (jiiand les sources sont épui>ées, on raccus(‘ (“iicore d'avoir 
don )é atteinte au eri'dit. Le royaume ' est ruiné par h' (‘rédit. 
et O 1 eroit (pie c’(*st le uiinistr(' de la tinanc(“ ([ui a ruiné le 
cré( it. S’il pince les üuanciers*, ils menacent de faire tomber 
le e -édit, et toute la nation vimit à leur secours '. Lors([ue la 
ban pieroute arrive. 1(“ crédit se relève, parce (pie l'Ktat. dé- 
livre dt> s(‘s dettes, devient plus solvable pour d(> nouv('au\ 
eni[ runts; le ci-édit et le commerce marchands sont les deux 
divi lités tutélaires du pillai^e et des es[)éiances[?J de la na- 
tion . 

— Or, vous atta(piez nos Dieux; vous voulez faire ci'sser 
toul a 1 heure le j)illaf>:(': vous ellarouchez le crédit; nous 
dés: luisez du eommerce: vous détruisez tout. 

— Non, dites-vous; je ne détruis (pu* ce ([ui est destructif 
ou illusoire, et je rétablis la source des biens, l’af^riculture. 

— lion, vous dira-t-on, vous travaillez pour la race future 
au préjudice des \ i\ants. Nous sommes aveui^les, dites-vous ; 
mai i nos préventions sont notre b:Uon (pii nous fait marcher. 
\ oi s nous pressez d’ouvrir les yiuix et d(' (piitter ce b:'iton; 
mai > c'est notr(‘ ajifuii. et (pie deviendrons-nous, nous (pii 
sommes accoutumés à cet appui? Nous avons des boriques 
(jui nous eonduisent, (pii mjus assurent ipie sans cet ajipui 
non ( ne [lonrrions ni marcher ni nous défendri*. On nous 
vol( ; cela nous dé[)lait iorsipie nous ne faisons pas attention 
(pie ce sont ces voleurs cpii raniment tout [>ar le crédit et 
par le commerce ; ils sont les préteurs, ils sont les acheteurs ; 
sam (‘ux tout lani^uirait. Nous sommes jaloux, il est vrai, de 
leurs fortunes; mais [irenons li'arde ({iie l envie ne nous des- 
sècl e. Kt, sans pénétrer ce (pu* c'(‘st ([iie crédit et ce (pie c’est 
(pie commerce, nous sommes assurés [>ar l’cA|)érience et par 
ccm; ([ui nous j^oiivernent ipie tout subsiste par là. Vos chan- 
i?en dits nous ell'rayent, surtout dans un temps on la res- 


- 

•> 
O . 

4. 

O. 


)ans i ini[)ï‘inu‘ ; « Scs revenus. » 

Du eliel* la Finance. » 
l/Etat. » 

S’il n’obéit aux tinanciers. » 
ci s<* termine 1<‘ passaj^e inséré par Mirab(‘aii, 


.s 




/ 


l..\ THKOlUF. 1>K I/IMI’OT -1 

source du crédit est tout ce que nous avons pour enlever un 
reste d'ar^miit oisif ipii nous est si necessaire pour soutenir 
la ^doire de nos armes et les ofiérations de notre ministère. 

\ Oilà comment hi liaison Helvétienne voit notre nation, 
notre administration, et vos elforts, et la mauvaise humeur 
(pi ils peuvent causer en dévoilant les lourberics de Sca[)in. 
(àmtentez-vous de votre instriietion .ymnérale. et ne forcez jias 
le tii^re dans sa taniiue'. Peut-être (pie dans un an il sera 
permis de fureter partout, c’est-à (lire à lu /iiori du crédit. 
(‘t d (Ml adoucir li' d(*uil (Mi lui reprochant sa mauvaisi' \ ie. A 
l'iippui des maux (piecausiua sa bampieroute. et en attribuant 
à la nation inème, si avide d intérêts, la ruine de 1 Ltat, le 
g’oiiverneinent trouvd'a son excus(‘ dans le derè^lenuMit 
même des sujets, et on fera mieux sentir à ceux-[ci] hoir bles- 
sure. 

.le crois (pie vous ne faites p;is mal d'abandonner le projet 
d(* votre lettre. 

Si vous linissiez votri' (cun re [lar une jietite péroraison laii- 
dativ(* sur les tra\aux de M. de Nauban. d(‘ M- de henelon, 
de M. de liois^niillebert L (pii ont vu naître les maux de l’Ltat, 
(pii en ont instruit la nation et le f,n)nvernement, ([ui les ont 
mis à découvert, [(piand on ne les sentait pas encore assez 
vivement pour y remédier au [iréjudiee des intérêts jiartieii- 
liers([ui s’y opposaient trop puissamment, vous aiitoris er i(‘z 
voti‘(“ f>;énéreuse sincérité jiar celle de ces honorables citoyens, 
(pii se sont du moins attiré l'estime et la ri'connaissance de la 
nation; (dje [lense même ipu' cela peut faire pass(U‘ votre der- 
nier artich*, en élaguant les détails de la baïujueroute (pie j ai 
soulif>’nés. 

Le voyage de (dioisy a dérangé nos eommunications. 


I. Cf. note à la lin du ii* Knlrotien ; « Li'.s cmliDits forts do cotte partie 
(car il y on a do 1res forts cl très lions . anraiont [liosoin de ipiolquos petits 

inlorcalairi*s iniellonx pour le soin crain. » 

~ 2 . .Miialioau a suivi ce conseil — Cf. p. àl'i 'le riiuiiriiné ; « Ces citoyens 
reconiiuandablos et conUuuiiorains uni vu naître les inanx, et on ont a%eili 
lo ijonverneinent ot la nation; niais on no les sentait pas encore assez vive- 
jnent alors.,., * 


I 





72 


Ql’ESXAY 


J ai une inquiétude sur ce que vous me proposez'. La lec- 
tur< du Résumé ne peut, seule, donner qu une idée trèsiinpar- 
faili‘ de votre travail, et qui se plaeera diversimient dans les 
tètes. Celle confusion et le malentendu pourra jeter d’avance 
une prévention g:énérale contre l’ouvrage, (jui pourrait être fort 
désavantageuse et fort ditlicile à dissiper (juand elle aurait 
pris racine dans les tètes et qu elle sera bien arrosée par les 
puLlicains et adhérents. Ce n est pas ici un cas où il ne faille 
([lie trapper à demi ; il faut assommer du [iremier coup. L(‘ petit 
li^^l“t séparé serait troj) aisé a intt*r[)rcler, et à détigurer, i“t 
à terrasser le fond, s'il n'est pas dévelop[)é et soutenu par 
toutes les raisons intéressantes et décisives. (',c petit livret au- 
rait cent lecteurs, tandis ([ue le corjis de 1 ou\ rage n’en aurait 
peu -être qu un; et ce seraient cent houclies ([ui bavarderaient 
a to ‘t et à travers, contre une ([ui serait en étal de parler doc- 
tein 3iit. 

Ni. jugez [)as, vous ipii êtes instruit, de votre* Résumé et de 
son effet sur les autres non instruits. Cet <*xtrait est fait pour 
rapprocher, réunir et fortifier les idées coiH*ues déjà par le 
lecteur du corps de l’ouvrage.... Son esprit alors se déploiera 
de lii-mème, toujours dans le vrai sens ampiel il doit tenir. 

Lu grosseur du volume estime incongruité de forme malé- 
riell • fort étrangère au fond, et à laquelle vous ne devez pas 
conmromettre le moinsdu monde le succès de votre ouvrage.... 
Pou • gagner ipielque chose sur la grosseur, il faudrait mettre 
le 1 ésuine en plus petits caractères, même lieaucoiqi [)lus 
jietils que celui du corps de l’ouvrage u 11 vaut mieux sacrifier 
celu -la a celui-ci ipie c(*lui-ci a celui-là. Cela ne s ajusfera [>as 
si bi *11 aux vues du Ribliopole (pd a déjà sans doute fait son 
calcul sur le pied de duplicature. Autrefois on faisait des bil- 
lots: aujourd hui on \(*nd les livri's par morceaux. Tout est 
esca noteur. Comme la grosseur ne regarde que l'in-l^, et 
<pie ’in-l:2 regarih* [)rinci[)aiement les gens d'epargne, ceux- 
ci ni seront [las facliés d avoir de 1 cloffe j)our leur argent, 
surtout si le libraire est un [>eu indulgent sur le [>rix de l'in- 12. 
C'esl ce (jui raccommodera bien les choses. D’autant plus ([u’on 


l. irahean son^TRÜt à j>ui)lier son RéRiwié à ]>arl. j)oui* ne pas Grossir 
dénie; nrémenl l’ouvrajife. 

"1, 1 ans la preniièiv étiition in-I:2 tout au moins, le Résumé est imprimé 
aussi ,^ros que le corps de l’ouvraye. 




1 


i 


LA THEORIE DE L'IMPOT 


s’est plaint d’avoir été écorché dans l’achat du dernier; et on 
s’est plaint même ipie l'A/ui des hommes n’avait pas veillé 
à l'intérêt de ses lecteurs. Il est bon ([ue l’on croie ([u’il y a 
pensé cette fois. Ce ne sont (pie de petites attentions : mais 
elles entraînent avec elles le point capital, ((ui est la réunion 
de deux parties d’un individu. 

Monsieur votre frère' ne se laisse pas ébranler par les 
ojiinions triviales et erronées ([iii sont l’aliment uni([ue de 
l'ignorance. C'est cependant ce qui lui a fait naître cette 
réflexion judicieuse ; Où est rhomme assez instruit, assez cou- 
rageux et assez imposant pour administrer le remède? (,)uelle 
anti[)é*ristase à subir en effet entre le bien et les intérêts 
o[)|)osés au bien, entre une lumière subite et l’aveuglement 
de naissance! Ceux à (pii vous ouvrez les yeux n’oiil pas 
encore eu le temps de discerner les objets. La précipitation 
éloignerait le concours : le contraste des plaidoyers augmen- 
terait la confusion. C est une fermentation paisible ([ui doit 
[irécipiter la lie. Il faut que la connaissance du mal fasse 
acce[)ter le remède. Hé! malheureusement, dans certaines 
disjiositions, il faut plus encore: il faut que la violence du mal 
pliysi([ue trionqihe du mal moral. Alors la [irévoyance du 
sage se borne à former des magasins jiour le temps de famine 
((lie le désordre, le brigandage lui annoncent: ces magasins, 
ce sont les instructions (pii serviront de boussole pour con- 
duire le vaisseau jiar la tempête. Voilà donc à ipioi s’occiqie 
le sage dans les dérèglements des bommes; il éclaire, il 
pré()ai‘(* la réparation du mal pour le terme de la chute. 

Kl votre frère parle fort judicieusement finance; autre 
article encore [)lus conl(*nlieux et [)lus dangeri'ux à dilucider 
([lie 1 iiiqiosition. On Irom e là non-seulement les gros finan- 
ciers, mais encore les gros de toutes es()èces, et tous se 
tiennent. Ni* touchons pas là, si ce n’est obliqiu'inent, en 
conduisant à l’ordre par un cêité pour l’étendre [dus loin [lar 
corres[)ondance d’objets. 


1. Le bailli de Miral)eau. 


/ 







71 


OlKSNA’l KT MIHAlU'Ar 


1\ 


FIL l (LMKMS DF COnnFSPOXDAXCE 
FXrnF (JFFSXA y FT MUiAUFAr 

( / ~6<>-i ~(>i I 


l 

Lettre de (Jiiesnny à Mirabeau 
ii-ti<)\. 

Monsieur'. 


y[. Dumont ^ antmir do ([lu'hjuos traités l!istorioo-j)oliti(jiu‘s 
dos oolouios aui,daisos. luo doiuaiuh* ma luodialiou pour vous 
l'air ‘ aoooptor sa produotioii (d sou ooiuiuoutaii e sur lo raïuoux 
Aolo d(“ uavij>:atiou du ooiuuu'roo auy:lais, ot pour s(* l'airo oou- 
uai re à vous, Mousi(‘ur. V'.u tout oela il u'y a riou cpio d’élro 
ooi ,i>ru: ainsi jo lu ao<piitt(' do ma oliari^o a\eo j)laisir. 

•le vous dirai [u*u do ohos(*s di* la justilioatiou vi(* riuteiidaut 
do l^aou étant établie sur les [)riuoipos do Satan. 11 l'aut. 
dit- ou, dos corvées commo joup: (ro[)|)i'ossiou uéoossairo [)Our 
assujettir dos sujets à uiio autorité tyrauui<j[UO si obère aux 
iiiti udauts. Si les corvées ne sont pas acapiittéos persouuol- 
lou ont, il est tout natui-ol, dans ce système abominable, (juo 
la I )crsouuo soit puui(‘ ou ari>-onl. ('etto punition étant une 
am ‘udo, il u v a ni caisse*, ni comptabilité*, ni tribunal pour 
eu •ouuaili-e: o'e'st à riut(*udaut seul à ju^mr eb* ramonde ot 
do ['(*m[)loi. (l’est lui aussi <pii traite avec les eutropreueurs : 
ainsi nulle autre* rèi>lo e|ue sou arbitiairo et sa oaiieloiir, (pu 
ele»i être telle ejuo se*s principes. Ku veeiei bie*u un autre. Les 


1 CfUi* Irlire di* Qiu'siuiy :i .Miralx'aii (M. 784, liassel parait avoir ('■té 
i‘cri ('Il 17(11). au moment oii le mar(|iiis pri'iiarait sa Théorie de Timjtàl. 
La I erorme de la eorvtie dans la f^éniM-alité de (laen. dont it est (piestion au 
den cii'ine [)aragra[)he, date aussi de 1780. — Lomenie donne La eiate de 
se[i emhre 1700. Cf. t. 11 . p. l’OS, note. 

1 *. 11 s'agit, sans aucun doute, de Uutel-Dnmont. un auteur qui se ratta- 
cha l dans une certaine mesure à L « eeole » de eiournay et <|ui avait pu- 
blie en 17.'i.'i 'ine Histoire du eotiiiiierce des colonies nn^rlaises. et en 1700 
une Histoire du commerce des Antilles anglaises. — Nous n avons [loint 
con laissanec* que cet auteur ait etl'eclivement [iiihlie un commentaire de 
r.\c e de navigation. 

ô. M. de Fontette. (]ui venait d'autoriser dans son iiit' iidance le rempla- 
cen eut de la corvi'-e par i.n supplément à la taille. 




/ 


’J" 


COHHESl’OXUAXCE -U 

corvées sont tint* dé|)Oudanoc de la taille et doivent eu suivre 
le sol la livre: oolui-oi est-il [tuisé dans le droit publie? Il fait 
bon marobé, selon lui, ou ne prenant tpie lo tpiart eu sus de 
la titille. Pauvre nation ' ! 

.l'iii été bien sousibb*, t*u lisant volrt* letlri*, à vos htmontii- 
tions sur le tiers du r(*veiiu abandonné à 1 im[)(')l. Le n est ptis 
là. je 1 avoue, unirait dii^iie de 1 Ami des hommes. Miiis iuissi 
oet excès ne doit-il pas lui être imputé: il ne peut (pt'en 
frémir tout liant comme ami dos hommes, pour m* [>as com- 
promettre 0 (*llo bonne tpialilé avec un ox[)osé des vexatituis 
excessives du lise. Mais cet étal de vexations existe sans ([u'il 
soit en votre [touvoir d'y rien clianjîer réellement. Vous 
'pouvez à la vérité, sauf les [troduits du lise, proposer d'autr(*s 
iirranjïemenls, (*t c’est tout ce ([ue vous pouvez faire. Mais 
vous les l'eriez inulilcmenl, s’ils m* [)ouvait*nl pas se concilier 
av(*c l avidilé du lise et le délabrement des alfiiires de l'Etat. 
Autrement ce st*rail se eonfondre avec tant d’imaginaires ([ui 
ont l'ail en ce genre delà bouillie {tour b*s cbats. Il ne s'agit 
pas ici d'un système libre où l’on coupe et taille à diserétion, 
mais du nieilleur système possible assujetti à notre ét;it 
actuel: et il faut <pu* cet état soit bien débrouillé et bien cal- 
culé L 

Il faut, et c’est là de <pioi il s'agit, ([ue le fisc y trouve son 
compte, et que la nation au moins ne pa ye j)us plus que le fisc 
ne reçoit , et qu'elle soif tirée des mains des voleurs-', et déli- 
vrée de toutes impositions et percejjtions confuses, disjHUi- 
dieuses et désordonnées. Voilii l'objet de votre travail, ('e 
n'(*sl |>as à vous de décider de ht (piolité de rim[)ùt. et vous 
(l(*vez bien vous en e.\})li(}ticr avec le public et l’Etat. Mais 
vous avez le droit de tout démêler et de trouver les règles les 
[)lus sûres et les [»lus avantageuses pour la forme de rim[) 0 - 
sition et d(* la rec(*tle, ([uelle (pie soit la (piolité de rim[)()l 

1. Il faut observer (jut* Turbot. iorsfju'U supprimera la corvée en Limou- 
sin (eu 17(1.')), ne ti'ouvera nul moyen de l'aire partiei|)er les privilégiés au 
paiement tie la taxe de remi)lacement. i.es Phy sioeratt*s ne ménageront 
tl'ailbmrs pas leurs éloges à l'inlendant Fonlelle. 11 est vrai (|ue riionnéteté 
de Fonlelte n't'lait pas à toute é[>reuve comme celle de Turgot. Cl', pour « l'ai- 
l'aire Fontette ». ArdascIielL Les intendants de fivoidnee sons Louis XVI, 
'J'rad. IV., FJO'J. p[). Vr2 Vil [cote à la IL X. : 8** Lt‘ ol Ins lUl. 

2. Dans la pensée de (Juesnay et de Mirabeau, la Théorie de l im/tôt devait 
aboutir à un ])lan de rérorme tinancière immédiatemenl réalisable, 

O. Les b'rmiers généraux, les linanciers en général. 





(Jt'ESXAY P:T MIHABEAT 


7() 


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[)i()l 

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al tel 
eliei 


iiaire et actuel de l’Etat, abstraction faite des subventions 
aordinaires sur lesipielles vous g^ardere/ le silence. 

2 s règles doivent être d’une vérité absolue et éternelle, 
(pie vous soyez obligé de partir de la situation où nous 
mes pour ({u’elles puissent s’y arranger pour le mieux par 
>ort à l’Etat et par rapport à la nation. Il ne peut y a voir 
p()t (pii soit en proportion connue, dans une nation ara- 
*,(pie celui (pii se tire sur le produit net eonnu. Aiitrement 
■ peut y avoir aucun compte régulier et à découvert entre la 
jii et le üsc. et le lise serait toujours à même de s’écarter 
loiiil coiiMuiable et d’imposer avee confusion, à discré- 
, et sans mesures connues à lui-inèiiu' et à la nation, qu’il 
e sans le croire et sans (pi'elle y pense ell(*-mème. 
s'agit donc d'examiiier si la souche de 1 impôt réel et 
é doit être laissée telle qu’elle est à présent sur le pro- 
des biens-fonds, ou s'il eonvient de la diminuer, et d’v 
)léer [)ar uiu* plus grande tax(* établie sur le fond stérile, 
•ois (pie les calculs siitliront pour décider l’Etat et la 
)ii sur le parti le [ilus convenable. Jus([ues-là tout ce (pi’oii 
dire n’est ([u'un bavardage contre lequel vous devez être 
en garde pour ne pas vous écarliu* vous-mème du point 
us convenable. Attendez (pie vous soyez }>lus savant sur 
mis (pie ceux qui vous parlent; votre ouvrage les iu- 
ra : avant cela vous ne pouv ez vous arranger avec leur 
U de penser. Vous ne pouv ez agir seulement que d'ajirès 
innaissance du fond, ([ui répondra jiar lui-même en [mblic 
otre marche. Contentez-vous, ({ueh{ue parti (pie vous 
iez, de dire formellement (pie vous ne [iréteiidez décider 
piotités de riiiq)()t,qui paraissent se régler d’elles-mèmes 
• la répartition par l’état actuel de riin|)ôt territorial, et 
c’est de là (pie vous êtes parti, sauf le plus ou le moins 
le peut être décidé (pie par ceux (pii en ont le droit, 
vous dirai seulement ({ue si vous diminuez l’impôt ter- 
ial. vous ferez une place au lise chargé de dettes ([iii en 
tera [)oui perpétuer h‘s subventions, ^'otr(■ complaisance 
l(‘s propriétaires aurait un cruel revers [uuir eux. Votre 
dion à votre cpialité d’ami des hommes leur coûterait 


1 ) 


mnez-moi, je vous prie, des nouvelles d(“ votre sauté. 

Va LE. 






» 


COKHESPONOAXCE «< 

Les biens-fonds payent aujourd’hui en impôt ordinaire le 
tiers de leur revenu, et trois vingtièmes (pii, avec les appoints, 
forment au moins un cinquième. Ainsi ces deux parties 
ensemble enlèvent la moitié du revenu. Si vous réduisiez le 
tiers de l’impôt territorial au cimpiième, ce (pii n’est pas 
convenable, vu (pie vous augmenteriez d’autant la taxe de 
supplément, ce (pie le lise saisirait volontiers, et n’oublierait 
pas votre diminution sur les terres pour y souder hermétiipie- 
ment et à toujours les vingtièmes, (pi’il voudrait bien ne jamais 
éteindre’. Je vois (pie l’intérêt de vos projiriétaires ne les 
rend jias délicats sur les moyens les plus désastreux, en pré- 
férant les Fermes pour tirer parti de (juelque diminution sur 
leurs terres. Mais ils en seraient bien punis par l’événement: 
car ils auraient, comme aujourd’hui, et les Fermes et leurs 
funestes effets de plus. L’intérêt aveugle bien les hommes. 
Mais il ne* faut pas croire (pi’on trichera impunément avec un 
maître aussi redoutable (]ue le fisc ; car il ne mampie pas de 
vous envelopper dans vos propres ülets. 

Vous ferez encore attention que l'exploitation, des biens est 
exemptée de la taxe de supplément, ce qui dédommage les 
terres de plus d’uii tiers de l’impôt qu’elles payent, et (pii au 
fond réduit l’impôt territorial du tiers au quart au moins. Mais 
on n’ose faire valoir trop clairement cette réduction aux pro- 
priétaires, parce (pie le fisc nous entendrait et saurait la 
mettre à protit [lour lui. Cette réduction se tire de l’abolition 
des Fermes générales, (pii chargent de bien plus encore l'ex- 
ploilation des terres. 


En 17(il sans doute, Onesnav adresse à Mirabeau une autre 
lettre, on il lui fait connaître son sentiment sur les premiers cha- 
pitres de la Philosophie rurale, dont le marquis lui avait soumis 
le brouillon. Cette lettre a été publiée par M. Schelle, en appendice 
à son livre sur Quesnay, pp. .‘{IKi-Jùh. On y voit que Mirabeau a 
accordé à Hutel-Dumont l’entretien que celui-ci avait sollicité par 
l’entremise du Docteur. Une controverse s’est engagée entre les 
deux auteurs sur la circulation des richesses, et il semble que Mira- 
beau ait apjielé Quesnay à son aide pour triompher des objections 
([ui lui étaient faites : « M. Dumont vous a donc poussé et rencoi- 
gné dans le revirement de la classe stérile, etc. - « 


l. La phrase est mal construite, mais le sens en est assez clair. 
:2. Cf. Schelle, Le Docteur Quesnay, p. 3'.I8. 


<,>i Ks\AV i:r MiiîAiîKAr 

(. 4lo tliscussiou <*rili*e un tlis(*i[)le de (loui'imy <'t l(*s fondaleurs 
«le a doctrine [)h\ sioc*rali(jii(' st‘ lermiiu' par une ru[)ture eoin- 
plele. Voici en ellel ce ([ue nous lisons à la suite «robservalions 
[>re .(uilci^s par ( hu'snay sur un des chapiliM'S de la Philosophie 
i‘Uf‘ de^ : « Voli'e lettre au sieur Diiinonl est adiniral)le, et Tort 
au-( (*ssus de la portée' de ce petit monsieur, epii s’arroge h' ton 
«lec sit de maître dans une science ou les [dus instruits ne marchent 
(pi ; vec Ix'aucoup de circonspection. M. de I\lesaii*u('s a été témoin 
d ni e scéiH' <[ue j’ai essuyée d(' ce petit mutin au point de me 
lair ' (‘onnaîlri' son ineptie et sou (‘aractéia' de dofuination. Il aura 
dor naN'ant la satislaclion d a\'oir loujoui's raison avec moi. Car 
j<‘ n ' v('ux point me luMirlei' contre um' han'C de lei*. >> 


Leltre de Mirabeau à (Jaesnaj - 
i3 Juin l’jlii. 

A olre lettre in'a fait i^i*aix(l plaisir, allemln (pTil u v avait 
pas s('ul(nneul au bas du chapitre des (*fje/s, <pu est celui 
don vous avez été eouteul, le be/u\ (a*ne (pie vous av('z mis 
ad iiilres (pii iTonl pas été dans le cas ^ : et ([noi(pie je s(ui- 
liss( (jue je in’tdais mis eu train, j'ai liini de me mé(i(u* de 
moi meme : et d ailleurs ou a si [>eu d (‘iieourai?(unent v(m*s 
1 an OUI* du bien publie, (pii tri's ess('nli(dh'menl me dévori' 
v\ (I 'vient ma piopre snbslanee — on a, dis-je, si peu d'en- 
(*oni ai^('inent dans (*e pays-ei’\ (pfon tomlx'. non pas en lan- 
U*U(nir, attendu (pu' ma tète n est pas eomnu' celle de Hutré ' 
(pii ' e latii^ue, mais dans une sorte de misanthropie morne ({ui 
iK' r ' 11(1 pas pro[)re à bien faire. 

J li d’aulant mi(‘u\ si'iiti ce (pie ^()us me dili's sur les 
seiem*('s, (jue j'avais résolu (*et arli(*le (|ui était meme désiii^né 
dan: vos matériaux. Il m'éeha[)j)a dans la (*om position, et main- 
b'iia ut j'ai cru (h'voir h' raccourcir Ix'auconp, parce (pi'il 
doit entrer où vous dites, ('t (pie h' chapitre ('st di'ja néan- 

1 . r 1 . 78 L lias.S(\ 

2. : I. TSi liasse. 

)î. ( Micsnay a\ait sans iloutc mis o/itime. X’oir jta^c suivaiilc. — Le mar- 
quis c fait ecoiier. 

4. .'Jlusiou a rfuiiprisonncmcnt <jiu* lui a\ait \alu la [uiLHcalion <lc la 
Théo 7C fie /'impôt. 

I e statistici(Mi agronome. Vf. notre Mom\ phys., t. 1, p. .M ; tU ci-dessus. 
[>. Ôl). 


* ■ 






A ' 


V 


COUHESl'ONDANCK <•* 

moins assez allongé. En voie! ei-joint la copie. Le nioireau 
est tonl Inait et pris suc la eliaude. Mamlt'z moi si vous le 
Icouvez bien, et je l'insécecai à l'endcoit désigné, (pie j ai 
placé au-dessous de la dislinclioii de fonds el Jbiines,([ii\ 
comme vous veccez m était nécessaire. .le n ai [loint M. Uéal, 
et si son mor(*eau est long, eelui-ci vaudra mieux. 

.l’obsei'vei'ai ce que vous me dites de la subdix ision des 
petits Titres, <pii est très bien [lensé'. 

Idem, dans le premier clia|)itre. sur la distinetion des 
dé[)enses des biens d’avec [lesj dépenses d argent. 

Idejii de votre addition au deiaiier envoi, (jui est exeellente. 
.le me sens maintenant le même zèle [uuir la eonfeetion et 
perléction de ceci, ([ue je me sentais ci-devant [lour le 
précédent. Ouebpiel'ois le découragement pourrait prendre, 
en jiensant eombien l'on est encore bete ajirès avoir tant 

lu l’autre- et tant décidé Nous m* dirons au fond rien 

ici ({ue nous n ayons dit adleurs : mais enlin. ne lùt-ce <pie 
pour remplir sa mission, il faut fournir encore cette tâche. 
•T’en ai la tète pleine de matériaux pour tout à [irésmit. 
(Ànnjitez (pie, vu le nombre d'all’aires (d de menus devoirs 
(pie j’ai, c’est encore miracle ([ue j'en fasse autant. 1 ale. 

Réponse de (Jnesnayé 


.le n'ai jias mis roplimè au dernier envoi parce (pie j'en 
avais chargé très ex[)lieit(“ment Madame de Pailly ' ; et malgré 
vos feintes, je crois (pi elle s en sera bien aeipiittee. ,Ie suis 
actuellement aux [irises avec M. le Contriileur-général'' sur 
1<> hix(‘ de décoration". 11 [irétend. ou du moins il dit (jue 
l’on soutient opiniâtrement, (jue ce luxe ne jieul être pivjudi- 
eiable à une nation: s'a[ipuyant toujours sur rarguuKmt tri- 


1. Il s'agit (L‘S petits litres marginaux: «pii rendent en elfel plus facile la 
lecture du \'olumineux et compact in 4 ([ue toruu* la Philosophie rurale. 

2. Allusion à la Théorie de l'impôt. 

Vil mol illisible. 

i. f.oe. cil. 

a. L'amie de Mirabeau. 

(i. Hertin. Il ne demandait pas mieux <pie d'atlopler les nouveaux prin- 
cipt'S. 

7. (biesnay appelle liuxe de décoration le luxe qui consiste en aclials à la 
classe stérile. 


I 


QlESNAY 


1.1W 


M) 


^ ial (le Melon, (|ui est qu on ne voit dans la dépense dn Inxe 

( n nn retour continuel de la [)oelie i^auelie à la poche droite, 
( t c/ce K'ersa. 

II 11 y a pas de doute, lui dis-je, sur les ret(3iirs; c’est 


sur la mesure, et ce n’esl pas] par le raisonnenumt qu’on en 
1 eut juf^er; il faut c‘ompter. 

Mais le calcul, dit-il, n’est-il pas hasardeux? 

Ce hasard, au moins, lui ré[)ondis-je, est bien admirable 
cans la prédiction des éclijises'. 

Celle réponse trancha net, et il me pria de lui donner la 
mesure des dilFérents retours d(‘s dé'penses, comme on donne 
c die des retours éclipses, afin de réduire les entêtés (pi’il a à 
c unbatlre. Je lui [iromis la victoire; en consécpience j’ai l'ait 
nu petit morceau pour leur imposer sih'nce; on le copie, et 
j< vous envoyerai le brouillon: vous vous en dépètrier|ez 
liien. J’ai relu le morceau sur les sciences de M. Réal; Je n’en 
a pas él(“ si satislait (pie lorsipie je 1 ai parcouru la première 
f( is. II faut aussi que vous caviez un peu plus cidte matière: 
c ir vous 11 en parlez qu’en ballot, eomiiie on a jiarlé du com- 
n créé. 11 faut se montr(*r clairvoyant dans le royaume des 
cl airvovants. 

Je vais monter à ma manière la lunette. 


X 


XOTES CIUTIOI KS DK OVKHXA Y SVH 
LK IWnriLLOX DK LA PlIfLOSOKIIlK lll liALK^ 


Ou sait (jue la Philosophie rurale fut le produit d’uue intime 
( c 11,1 horatioii entre Mirabeau et Quesuay. Des passag'es entiers 
(l’ >\ainen des manuscrits le prouve' et tout un chapitre ont 
et “ redi<i[es [>ar (^uesnay, qui a d’ailleurs minutieusement revu, 
re ouché cluupie page *. Des additions ou des corrections du Doc- 
te ir ([ui ont passe dans le texte imprime, nous ne nous occu]»erons 
pis: mais quebpies notes critiques nous ont ])aru mériter d'ctre 
re )i'()duites, parce ([u’elles nous montrent (pie (Juesnay ne prol'es- 


loute 1 intransige.mee du do{,'ni,atismc plivsiocraliciuc ai)parait dans 
ce te phrase. 

; . M. 78 K liîisse, 

: . ilï. Moiu\ fjhj-s.. l. I, pj). T'J-8ü. 


"y 


V 


I i.jinijpii 'l-VV' - • • - . ' y-- .T »■ ««'■V "J" 


▼ 


T 


1 ' 


NOTES srii E.\ 


rillI.OSOPHIE Kril.VLE 


St 


sait pas sur les ([uestioiis de style cette indin’érence parfaite, et à 
l’égardple fhistoire et des preuves de fait qu'elle t)eut fournir cet 
absolu dédain, (pi'oii lui ;i souvent reprochés. 



Souci de la forme. 


Méditez, voilà de (pioi. Mais jireiiez garde à ceci : aug- 
mentation de prix et diminution de choses vénales n augmen- 
tent [las la richesse. Augmentation de marchandises el dimi- 
nution de prix n’augmentent pas la richesse : ce dernier cri 
est{)ourtanl l’objel de nos imbéciles académies d’agricullure. 
Je vous [ilains pour le langage; les choses inconnues n’ont 
point de noms. Faites-vous entiuidre par des phrases et des 
exemples bien imaginés pour luire dans les ténèbres. 


Texte de Mirabeau . — « C’est ainsi (ju’eutre le besoin de 
cba(pie joui- et b‘ travaU journalier, points de la vie humaine dont 
la connexité fut si puissamment décrétée. Dieu voulut mettre un 
truchement et un entremetteur indisjiensable dans le secours 
mutuel, aotrement la charité et sociabilité. Et ce secours mutuel 
(‘st propreimnit ce qui conquise et fonde la richesse, médiateur et 
coopérateur indis[)en.sahle entre le besoin et le travail. » 


(icci est un peu du genre abstrait el métaphysique, (pie vos 
lecteurs ap[>ellenl obscur'; c’est réduire en idées ce (jui est 
du ressort des yeux f Celle chimie spirilueuse coûte plus aux 
lecteurs ({ue les hiéroglyphes arithméticpies, (pii vous déplai- 
sent [)lus (pi’à eux. Corporitiez ceci par un exemple sensible 
pris dans la chose même *. 


t. C.f. Note lie (niesn.iy .tu hrouillon îles Econorniffiie.s. p. Ififi : « Le conimen- 
cernent ite ect entretien emploie Lien liu temps à é])luchcr des herbes... en 
petits détails obscurs. .. Il faudrait éclaircir et resserrer ce fretin métaphy- 
si({ue qui fatigue l'esprit sans le nourrir. » (M. 78i.) 

-. Cf. note de Quesnay au brouillon de l'avertissement des Economiques : 
« Retranchez ces demandes de philosophie abstraite qui sont pour un autre 
genre d'école. Ici il faut se renfermer dans la sphère de la vue et des sens, 
qui ne commencent encore qu’à apercevoir grossièrement les objets sen- 
sibles. Il faut montrer aT ant ipie d'expliipier. » M. 78i. 

:t. Note au Grand Tableau économique premier titre de la Philosophie 
rurale), p. dO. 


t) 




OI KSNAV 

V al (le Melon, ([iii est (ju'oii ne voit dans la dépense dn luxe 
(|ii un retour eontinuel de la poelie jîauelie à la poelu' droiU*. 
e v’/ce versa. 

— Il n’y a j>as de doute, lui dis-je, sur les retours; c'est 
s ir la mesure, et ee n'est [pas] par le raisonnement (pi’on en 
{)eut juj>er; il faut eom[)ter. 

— Mais le calcul, dit-il, n’est-il pas hasardeux? 

— Ce hasard, au moins, lui ré{)ondis-je, est bien admirable 
d ms la prédiction des éclipses'. 

('et le réponse trancha net, et il me pria de hn donner la 
n esure des dilî’érenls l'ctours des dé|)enses, comme on donne 
Cl ‘lie des retours écli[)ses, atin de réduire les entêtés (pi'il a à 
e ombattre. Je lui promis la victoire : (*n eonsétpience j’ai lait 
U 1 petit morceau [)our leur imposer silence: on le copie, et 
j( vous envoyerai le brouillon: vous vous en dépêtrier|ez 
1) en. J’ai relu le morceau sur les scicnees de M. Réal: je n’en 
a pas été si satisfait (pie lorsipie je l ai pareoui-u la première 
fr is. Il faut aussi que vous caviez un peu plus celle matière: 
Ci r vous n’en parlez ([u’en ballot, comme on a parlé du com- 
n erce. H faut se montrer clairvoyant dans le royaume des 
clairvovants. 

.levais monter* à ma manière la lunette. 


xoTEs cniTini Ks DE ni ESXA Y srn 
LE lUîOriLLüX DE LA PllIU )S()EIIIE lU nALÆ^ 

On sait ([ue la Philosophie f urale fut le produit d’une intime 
ec llahoratiou entre Mirabeau et Quesnay. Des passages entiers 
(I 3xainen des manuscrits le prouve' et tout un chapitre ont 
et * rédigés par Quesnay, qui a d ailleurs minutieusement revu, 
re ouclié chaque page ^ Des additions ou des corrections du Doc- 
te II* qui ont passé dans le texte imprimé, nous ne nous occujïcrons 
pjs: mais quelques notes critiques nous ont jiaru mériter d’etre 
reproduites, parce qu'elles nous montrent ({ue Quesnay ne profes- 

. route 1 intransigeance du dogmatisme priysiocralique ai>paraît dans 
ce le plirase. 

: . M. 78 i, ;i' liasse. 

: . Cl’. Moiiv. phys.. t. I, pp. 79-8Ü. 




NoiKs sril i,.\ « rim.o.sopHiK ki h.uj-; .. <si 

•sail pas sur les ([iiestions de style cette inditférenci' parl’aile, et à 
l’égardple riiistoire et des preuves de fait qu elle [)cut fouruir cet 
alisolu dédain, (pi'oii lui a souvent reproeliés. 


Souci de la forme. 

Méditez, voilà de (pioi. Mais prenez garde à ceci : aug- 
mentation de prix et diminution de choses vénales n'augmen- 
tent [las la richesse. Augmentation de marchandises et dimi- 
nution de prix n’augmentent pas la richesse : ce dernier cri 
estpourtant l’objet de nos imbéciles académies d’agriculture. 
Je vous plains pour le langage: If^; choses inconnues n’ont 
[)oinl de noms. Faites-vous entendre par des phi'ases et des 
exemples bien imaginés pour luire dans les ténèbres. 


Te.xte de Mirabeau . — « C'est ainsi (pi’entre le besoin de 
elnupie joui- et h' travaU jourr.alier. points de la vie humaine dont 
la connexité fut si puissamment décrétée. Dieu voulut mettre un 
truchement et un entremetteur indispensable dans le secoui's 
mutuel, autrement la cluirih* et sociabilité. Fit ce S(’coui's mutuel 
est proprement ce qui compose et fonde la richesse, médiateur et 
coopérateur indispensable entre le besoin et le travail, r 

('oci est un peu du genre abstrait et métaphysitpie. que vos 
lecteurs appellent obscur': c’est réduire en idées ce (pii est 
du ressort des yeux ^ Celte chimie spiritneuse coûte plus aux 
lecteurs (pie les hiéroglyphes arithmétiques, (pii vous déplai- 
sent [)lus (pi’à eux. Corporitiez ceci par un exemple sensible 
pris dans la chose meme '. 


t. r.f. NotcdelUiesnay au hrouülon Economiques. If, fi : « Le commen- 
cement (te cet entretien emploie bien du temps à é|)lucher des herbes... en 
j)etits détails obscurs. .. 11 faudrait éclaircir et resserrer ce fretin métaphv- 
sûjue qui fatigue l'esprit sans le nourrir. » (M. 78^.) 

i. Cl. note tle Quesnay au brouillon de l'avertissement des Economiques : 
« Retranchez ces demandes de philosophie abstraite qui sont pour un autre 
genre d'école. Ici il faut se renfermer dans la sphère de la vue et des sens, 
(jui ne commencent encore (ju'à apercevoir grossièrement les objets sen- 
sibles. Il faut montrer avant (pie d'expli(pier. » M. 78i.) 

Note au Grand Tableau économique premier titre de la Philosophie 
rurale), p. 10. 


■* 


A^ 


r . 










1.2 


La iuai'clu' (l’une irrande [)arlie d(‘ ce eliapiire ('sl alamlii- 
(|uée (‘I pénilde poue le> leeU'urs : rendez \os idet^ j)lns 
^ ensihles. Les exi'inples eonnns et sensibles sont d Une ^a‘and(‘ 
lessoui'ce dans les inalÜTes ahsirailes. et ils i'(‘dnis('nl 1 an- 
lenr à bien d('‘velopj)ei‘ et inonlrer elaireineni ses p(“nsées. 
()nand je dis des exeinpbes, je n'(‘nlends [>as des nn'lapboies 

I i des allé”'oiies (a‘ sont des parties mêmes du suji't (pu“ l'on 
trait(*; ee sont des éeliaid illons (pu font eonnaitrc* ('xaelement 

II nature du tout. Faites sortir vos idt'i's en [>lein joui". Som- 
iiezNos leetimrs dt“ bien le^-ai'der; elles me paraissent trop 
( datées: elles n’onl pas assez de masse ni assez de l'oiee'. 


... \'olre style est plus démaillotté et plus piéeis. sans 
j rendi-e de la séelu'resse (*t de la dureté. .Mais le jirineipal est 
( eeondniri' son lecteur parle chemin le pins éclairé, It* pins 
(' )url et le plus beau : conditions <pi’on a droit d’exig'er des 
auteurs parce ([u'ils Ibrment (‘ux-mémes le elu'inin. Mais b' 
torraiu((ue l'on parcourt ne permet [las toujours de le décorer 
de bordui'cs ([ui bornent la vue et obscurcissent la route- 


y 


II 


Souci de r/iistoirc. 

\ ()us avez oublié ici nos énumérations bisloriipies di* l'an- 
e enne population du royaume, dans l'étendue ([u’il a aujour- 
d liui, sous la domination de nos rois. .Fa\ais recueilli de iids 
t; itsa\ ee prédilection : car ee sont des preuves parlantes du 
e.deul des |)roduetions (pie peut fournir notre territoire. 
Preuves nécessaires ii eeux([ui ne seiilent (jue les faits. 


I. Xole au (rrnnd Tableau êconotniffue, p. K». 

?. Xole nu (jrand Tableau écononfit/ue, jt. 3î. — (M‘. note ilt‘ (Juf'snay au 
luouUion (le la î»' Letlre sur la reslauralion de L'Ordre léi^al (i novemlua* 
17 i7| *. (I (a‘lU* leltr(‘ <*sl d'uu lueiileiir Ion; il y a plus d'a I i^-'neiuen ( daii.s les 
id (*s: moins d'aj)oealyps(\ [dus de elarU* (*t de jnstesv(* dans rexpicssion ; 
la matière y est 1res bien a[»|U‘ot’ondie et dilueidi'-e. Le style n’y a rien 
pf rdu jiour la chaleur, la force et la variété, et y ^aj:ne en sagesse et en 
ii( ljl(‘sse » (M. 781. n" 1 . 


r 



XO'i'LS sriî I.A (• IMIILOSOIMIIK lUUAId': » 

Les historiens' font remaripier à leuis lecteurs la modicité 
d(“s i^aii^es et des dé|)enses du temps de (diarles ^ ; ils sont 
étonnés de la simplicité des vêlements, iiaree ([ue la robe d'un 
conseiller au Parlement ne coûtait (jue lU livres, qui ramenés 
à noiri' numéraii (“ font iltiO. ipi ils auraient dû doubler pour 
y coinprendri* aussi la valiuir réelle de 1 arii'eni ; et ils auraient 
trouvé (pie eette robe valait 72Ü livres de notre monnaie 
d'aujourd hui. l)a[)rès ces jirineipes. on peut ju|4:i’i' d(“ la 
valeur des 21 millions de rés(*rve ([ui se ll•ou^ i‘renl an Trésor 
royal à la mort de Charles V. et de la puissance et de la cause 
d(‘s succès des armes et de la politiipie de ee sage monar(|ue, 
(pii d’aillcuis avait léuni par ae(|uisition à la couronne plu- 
sieurs prinei[)autés ou grands tiefs. — ^lais nos bistoriims 
ealeulateurs eonfondiml (‘iieore dans leurs calculs, (pii se 
réduisent au simple numéraire, le jirix de rargent-mareban- 
dise ou malièn* première avec h‘ prix de l'argent monnayé. 
.\insi la parli(' fondamentale de l'iiistoire est si négligée ([u'il 
semble que les historiens li aient d'autre objet (pie la narra- 
tion d(‘s évéïK'inents merveilleux d’un jeu de hasard-. 


LETTHK ne: mihahkai' .1 m. inhir 

(tuteur du <' Socrate rustitfue' » 

(i-frj 

... Des premi(“rs [leut-êlre à donner l'essor à eett(‘ mod(* 
éphémère (h‘ goût [loui- l'agrieulture />rali(/ue'^ (pii s'est 
emparé de notre nation, j’ai vu avec (piehpie jieim' (hqniis 
([u'en un pays où personne n'en eonnait h*s dépendanees. 


1. l a lin (le cette note a passé intégralement dans l imprimé. Cf. Ph. 
riii p. f0:2. 

2. V. suprft. p. A7. 

). M. 7<S1. IC 2, — Sous h‘ |»seudonyme : Un ollieii'r suisst'. M. Frey d(cs 
Landres venail de traduire de rallemaiid rouvrag:e de Ilirzel inliluié : Le 
Soet'ulc rnsluiue ou la eonduite êconoinb}ue et morale d un paysan philo- 
soj}lte. 

4. L(*s ilali(|U(‘s iiuliciuenl les adjonelioiis ou les e(u*reelions i\e (Juesnay. 
Mirabeau soumetlait au Docteur même sa eorresimudanci'. (|uand il y trai- 
tait de ((uestions économiipies. 


V 


I MiRABKAr 

>ul le nioiule a voulu renseiguor. Présom|)l ion uiarclic à c(Mv 
iy^noraiice, c’est l’ocdinaire. Les cultivaleui-s de cabinet ont 
onné de jïcos volumes, que tous acliètenl. ({ue [)eu lisent, 
ne nul beureusenient ne prati<juera. D'autres nous ont im- 
rudeinnienl vante leurs prétemlus essais. ( bielqiu‘s-uns se 
)nt bornés à dct'ricber sur le })api(‘r : il est très prudent en 
tf'et (le ne se pus lierer ineonsidérenient à des dépenses sur 
ne terre disp'râciée (fiii ne les restlfueruit pas. Des sociétés 
atriotitpies se sont formées dans les villes. On a vanté des 
•moirs. imaginé de nouvelles cbarrues. disserté sur des pro- 
uctions inconnues, fait des essais de jardins fort coûteux (*1 
c nul rapport, réformé la [)rati(pie des mailres. Ceux-ci n'ont 
U voii' (ju'avec dédain ces docteurs en bas blancs venir, le 
ïirasol à la main, leur proposci- l'abandon des usages 
idi(jués et contirmés par rexj)érience. Quebpies hommes 
idicieux ont donné de bonnes et courtes mélliodes. fruit de 
■ur travail et de leur succès. Mais ces productions en [)etit 
ombre, novéesdansle fatras de la moderne érudition, n'ont 
é connues cl prisées <pie d'un très petit nombre. Mon zèle 
our ravanc(‘menl cl la [)erfeclion d'un art dont j'ai reconnu 
vanté l'utililé première sans avoii- jamais prélendu à la 
loilié de ses détails, me faisait voir avec chagrin (pie celte 
ouvelle doetrine n'était qu'un roman p-éorpique qui peint 
•s fausses marches d'une nation fouivoyée. 

Lb(juoi! disais-je. aurions-nous des arts et des sciences, si 
)us n’avions eu ([ue des tictions el des rhéteurs? (Jiii'on nous 
iricliisse d'exemples: ([u'on nous ramène du moins au vi-ai 
ir des tableaux insliuctifs et riants. Ne sachant trop où les 
•endr(“, j'(“xcitai à la traduction du [loème des S(tisons de 
liomson'. Je vis bien (pie c(‘ n'étaient là (pie des tableaux 
des paysages d'imagination. J’en cherchais ({ui fussent 
eins de réalité et de vi(*. ; el le Socrate rustique me donne 
us ([U(“ je ne voulais. Il i‘(Miferme les méthodes el l'exemple 
‘ la [)lus saine et éclairée agriculture, de la plus noble philo- 
iphie el de la plus digm* piété. Klioiigg est mon héros à tous 
rards. (amibien tous nos petits préjugés tombent en pré- 


I. La traduction des Saisons [mi>licc pai- Mme Hoiitemps en 175!* est dê- 
di ;e à l'Ami des hommes, et elle est précédée d’un avertissement <jui est de 
la main même de Miralu'au. Cf. M. TîSL n*^ t. 


1 


f 


SUR LE « SOCRATE RrSTKjlE « 

sence d'im tel homme! Quelle dignité réelle et prise dans 
riioinme même, (jui sait la voie qui lui est prescrite par l'Etre 
suprême! Si ma position me permettait de voyager, avec (picl 
fruit j’irais converser avec un tel homme!... Je lui apprendrais 
qu’il n’y a rien de chimériipie dans sa prétention de tribu, 
puisipie les clans d’Ecosse ne furent autre chose. Mais on 
pourrait m'objecter (pi’ils trouvèrent la terre déshabitée. Je lui 
citerais donc aussi les Jlautpentois de Saint-Omer (pii, occu- 
pant le faubourg d’une grande ville et ne subsistant (pie du 
commerce qui mélange nécessairement, ont néanmoins, pai- 
l’attention à ne s’allier (pi’cnlre eux, conservé un langage, 
des inoiurs el une prudhoinmie distingués sur laquelle est 
fondée leur prosjiérité. 

Mais pour nous rapprocher de l'état du digne Kliougp-, 
bien plus propre à donner une base solide à son dessein, je lui 
apprendrai (pie Piip-on. cultivateur en Auvergne, a eu la même 
idée il y a plus d'un siècle ; (pi'ayant marié quatre tils, il leur 
a ordonné de faire aussi tribu et de conserver précieusement 
1(‘ feu sacré de l’union, de la communauté des biens, et de la 
probité. Cette institution sainte à tellement protité ([ue les 
Pinçon ont, non-seulement un chef-lieu dans ces montagnes 
où se trouvent toutes les commodités de la vie, l'hospitalité 
el de beaux logements pour les étrangers du plus haut parage, 
mais encore plusieurs villages qui ne sont habités que par 
eux. Les curés, les notaires, tous enün sont de la même 
souche. Tous les arts nécessaires sont exercés dans cette tribu 
pour les besoins communs, el ils viuident l'excédent dans les 
inarcliés el dans les foires voisines, où ce (jui vient d’eux 
[)orte son titre de cautionnement. Je ne sais tout ceci ([ue par 
récit. J'ai passé, dans la grande tournée que j ai faite cet été, 
à S lieues de ce singulier étalilisseincnt, sans le savoir. Je me 
serais détourné pour le voir et en relever moi-mème les insti- 
tutions. Mais je réparerai cela (piehpie jour, mes terres du 
Limousin n’élanl (ju’à JO lieues de là. 

A l'égard de la famille (pie vous citez. Monsieur, dans la 
Haute-Provence, je suis de ce pays-là, et je n’y avais jamais 
rien oui dire de pareil. D’ailleurs il me semble (pie c'est de la 
communaalé de biens et d’intérêts dont il est ici question, 
plul(jl que de la [lerlinacilé dans un genre de vie obscur. Ce 
dernier point lient beaucoiq) à la misère: 1 antre n’en saurait 



'"'I <,)rE.SNAY 

èire susceptihle. An resle Klioii^''iï l'onde un ordre-de céno- 
1) l(‘s ai,n-i( nlt(‘ni‘s, mais il le l'ondi' de pai la nature, sans 
aiieun secours de l'analisine asialicpie, ni des moyens 
e drèmes lonjours séduisants poni- les hommes visionnairrs 
([ li ignorent leurs (kvoirs essentiels. Tout esl siui[)l(‘ et j^i-and 
[) ir eousccpieni dans son inslilutioii, et j’os(Mais [)rédire ([ue 
1 j race de cet hommc-là fera I honneur. la force et la hcné- 
(1 etion de sa patrie. Mais ce projet serait p('at-ôtre singulier 
e peu analogue à la const itation d an grand empire'. 


XII 


LinTUt: DK (jUKSSAY J Mlll.XHKAV^ 

{ fin (le i~di2 ou conuneiicemenl de 

Je suis taché comme vous, Monsieui*. qu'il se trouve 
a itant de fautes typoi^ra})hi(pies dans rinqu imé^ J’en ai cor- 
r ijé des milliei's; mais il m'en échappe {)lus (pi'à un autre. 
J ro[) oceiq)é du fond, et trop préocciq)é des idées énoncées, 
ma tète marche sans voir ce (jui maïupie sur le papit'r. Ce 
1 e sei-ait (pie }>ar des lectures répétées (pic je pourrais l'aper- 
c “voir exactement ; mais n’étant pas assez à portée de la 
[iresse, et étant oblij^é de renvoyer an plus l()t [)our m* pas 
uian(|uer certaines commodités dont nous prolitons. l’atl(‘n- 
tion n’a pas le temps d(“ se parlajî(“r :i tout à dilférentes 
r “prises, surtout à la partie d’exactitu(l(“ servil(“: (raill(“uis 
mon esprit y esl lr(“s peu propi“(“. Continuez votre Errata: 
ou l'inquimera à la tète de l'ouvrage, av(“e avis au lecteur de 
c nriger ou d’ètre en gard(“ contre les fautes dont on le pré- 
vient de jirime abord: alors c'est son alfaire; une autre édi- 
t on [unirra y remédier conqilètcment. II faut aller (“omme on 
|ieul. sans s(“ fâcher de p(“tiles choses (pii intéressent plus la 
form(“ ([U(“ le fond, et (pie le lect(“ur peut ré[)arer facilement. 

,1e suis fort content des vues [irésentées à l’assemblée de 

I. Ouesiiay n’est pas. eoimiie Miralieau. séduit partout ce (pii présente 
U i caractère [latriareal (d religieux. 

-1. K. imii. IV 

U. AHusion à la Philosophie rnvnle, (pii était alors (Mi cours d'inyua'ssion. 


V 


t 


4 


socii'/ri: DAGmcri/rriîK s* 

votre pi'o\ince'. \'ous pouv(“z lui être d'une grande res- 
soiu'ce |)our la guider: mais il n'est pas encore t(“iiq)S. Il y a 
dans (“clt(“ pr(jvinc(“ diverses cultures particulières au pays, 
et dont il fîiut être bien instruit avant ([ue d'en raisonner. Il 
faut laisser établir le (amscil d'agriculture projeté: j(“ dis 
Cons(“il, et non .\cadémi(“ dont le plan serait la pratiipu* 
même de l'agiicultnie. 11 faut d'abord trouver un homme 
supéiieur pour (“Il èti(“ 1(“ s(“ci“(“taire, (“t le bien [layer: car il 
y a beaucoup de tiavail pour rédiger avec jugemcnl, utilité 
(“t honneur les ouM“ag(“s (pie la Société donnera au [uiblic. 

Klle doit d'abord s’occujier à faire un bon inventair(“ des 
cultures du jiays, de leurs profits, de leurs dépenses, de 
l(“ur état, de leur j)référenci“. des caus(“s (jui y ajiporlent de 
1 obslacl(“. de celles (pii sont nécessaires pour les faire [iros- 
pércr. Knvisag(“i‘ le commerce rural, et non le comm(“rce 
extérieur él ranger % ni h“ commerce de marchandises (h“ 
main-d (ciivre; mais le commerce lilire de débouché des pro- 
ductions du cru par les diverses [irovinces (pii avoisinent 
la Provenc(“ : et h“ coinmerci* de retour de ces provinc(“s. pour 
assurer jiar une pleine et libre concuirence les denrées (pie 
le |)ays a b(“soin d'acheter. Rechercher les facilités de com- 
munication (pie l'on peut établir. Détailler et prouver toutes 
l(‘s méprises et tous h“s obstacles (jue la [lolice mal informé(“ 
opjKise à ce comnierc(“. et les préjudices (pie les péages. h“s 
douanes et les autres avaries lui causent: mais il faut tenir 
cette int(“nlion secrète jusipi’aii temps où la Société sera bien 
autorisée *. 

hnsuite on (“iitrera dans le détail d(“s [)rtyj(“ts (h“ chemins, 
de eanaiix, et autres ouvrages publics et protitables aux biens- 
tonds du territoire. ( )n compar(“ra les dillcrentes espèces d(“ 
culiur(“ relativement aux dé[)ens(*s. aux prolits, aux (jiialités 
du terrain, aux facultés des babitants. et aux auti(“s circon- 
stances. La [irovince devrait rassembler un fond [)Our aider 


I. Il s’agit d im projet d'élabnssiMiK'nt d'une Soeiélé d a^rieiilture (ui Pro- 
vt'iice. \ oir a ee sujet l\. !HMl. n ' 'd>) ta didihération de l Assemi>l'‘e j^éné- 
raie des communautés du octobre ITfii. et la déliliéralion des Procu- 
reurs du tO mars 17G;;. 

Au moins jiour comimmcer. car Ouesnay est (lartisan en prlncii>e de 
l'expoidation des denrées. 

O. En etlet, le j*-ouvernenient nVtail pas disposé à laisstu- les Sociétés 
d aj^rieultui*(‘ discultu' librement ces (juestions. — Voir ci dessus, p. !>!. 


U 


88 


qiksnay 



i 



par des prêts de peu d’années et sans intérêts les eolons 
inrortunés, mais eonnus laborieux et de bonne volonté, 
surtout eeux (pu ont essuyé des inalbeurs dans leurs moissons 
ou d.ms leurs bestiaux (Le, maréchal de Mirepoix avait dans 
sa terre depuis longtemps un fond de réserve employé à cet 
iisaiire.il n a pas soullért de jærte. On rendait fidèlement, 
^‘t cela a sauvé de la ruine une multitude de familles I è 
bnd était de ;il).()l)U livres' . Ce secours serait bien plus 
ouable et bieni)lus avantai>eux (pie des [uix ou récomiienses 
)our les succès des (‘ssais singuliers d’agriculturi'. Car l’agri- 
-ulture ne demande pour prosjiérer (pi'un bon débit, la priva- 
lon (k's obstacles, de bonnes instructions, et des exemples 
1 amélicjrations laites par les citoyens riches; alors l intérct 
)articulier se livrera avidement aux nouvelles pratiques qui 
luront des succès évidents. C’est aux riches, et non aux 

lauvres. à frayer les nouv(‘lles routes (pu* l'étude et le génie 
x'uvent suggérer. 

Voilà en gros les principaux objets (pu* doit se proposer 
ne s(x*iété patriothpie d'agriculture: et à mesure (pie les 
lées des associés se déploieront, en travaillant à les apjiro- 
mdir et à les dévelopjier, ils en découvriront une multitude 
autres qui mériteront de nouvelles recherches et de nou- 
elles instructions; notamment sur la multiplication et la 
onservation des bestiaux. Mais cette partie a préalablement 
esoiii de toutes les conditions qui assurent les succès de 
agriculture; celle-ci fournit les fourrages, ceux-là fournissent 
•s engrais. Mais si la première est enrayé(* par des obstacles 
isurmontables. on ne peut espérer de^progrès dans l’autre 

arlie. On doit donc penser aux conditions avant (pu* de se 

u'ttre a 1 ouvrage: il ne faut [>as imiter l'ordre renversé que 
mis tracent ces Sociétés d’agricultureL (onduites par les 
(tendants des provinces. Icsipiels n’ont d’aulre intention 
lie (1 amuser le public de leur prétendu zèle pour h* bien de 
Ltat, alin (i ajiaiser les clameurs de la nation contre leur 
Iministration ruineuse, dont l’examen est inti'rdit à ces 
ociétés devenues un objet de dérision. 


I. Le iiicii'ccliiil Mii’t'poix. 
vt lit mort raniiét* sui\ ante. 
i. Douze Sociétés r(»yales d'n 
uéralités en ITfii et ITiii*. 


nommé f^nuverneiir du Lan^Mie.loc 
griculture avaient été l'ontiées dans 


en IT.'ît), 
di\ erses 




i 


j i OTfc «Kl «awCMi 



SOCIÉTÉ 1) AGRICn.Tl'RE 


89 


Dans la suite, votre livre' leur ajiprendra davantage, et 
leurs ti*avaux académiques vous donnci-ont les notions parti- 
culières du pays, sur lesijuelles vous poum*z les aider de vos 
rellexions. Les idées confuses de l’auteur- sur la juste égalité 
de circulation (pii multiplie l’argent, sont bien parisiennes, et 
c est tout dire. L agriculture ne connait d’autre accroît et 
(1 autre circulation (pie son produit et son débit de la pre- 
mière main; plus l’argent circule par la réjiétition des ventes 
et des achats des mêmes denrées, plus il y a de |)erte sur cette 
circulation, (le mol circulation trouble bien des têtesL 

^'ALE. 


XllI 


^ V 


nnsE/iVAT/oys 

Di: MIIÎA/iKAr KT DK (Jl'KSXAY 

sur 1rs projets de suspension des dîmes en fureur 

des défrichements 

rt sur les protestutions qu'ils soûlèrent dans une partie 

du clenrè '. 

( ler.s 

Je dirai mon avis en bref sur celte question inqiortante avec 
(1 autant plus de liberté que je ne suis [las accusé d’être des 
norateurs anüthéologiques., des philosophes modernes, et que 
j ai paru, il y a plus de ij a/is^, si attaché aux pririlèges <tu 
clergé, considéré comme corps dans VEtat, qu'on m'appelait 
Vérêque laïque. 

Je ne crois pas (praujourd’hui personne s’avisât de soute- 
nir ((lie la (lime est de droit divin. On connait la date du 
renouvellement de eet usage, les méthodes de sa i)erce|)lion 
variées à cha((ue siècle selon les temps, à cha((ue (.as selon 
les beux, les révolutions qui en ont fait vendre et engageraux 

I. La Philosophie rurale. 

± L'auteur du projet présenté à l’Assemblée de Provence. 

. . Le ^octeur combat ici un des principes du néo-mercanldisme. 

lio„ ',1e ‘ "* 1“ 

ü. Allusion au .Mouioire sur les Etals provinciaux, publié en IT.>u 


(,)ri;sNA^ i;r .miuaiu:.u 





!l ) 

1 lûiiies et icnlrer un<‘ jurande partie dans l'ordre d('s droits 
s Mj^iuMirianx, les conveidions loeah's entiu ()ar les([iielles d(*s 
t ‘l'l•iloires <“idiers s en sont a jamais rédiniés pardes eoinpen- 
s liions, (‘te. Ln nn mot, si e (’st eomhatti'e* anjonrd Imi une 
e limi're (pie 1 liypolh('se du droit divin pour les portions du 
r)\aumedi‘ ce monde (pii appartiennent aux eeelesiasli(pu‘s 
e (jui seront d(‘sormais mieux didendues sous le pavois de la 
I» opriéti' sacrée envers et contre Ions, à plus l'orh* raison 
SI rait-il absurde de le réclanu'r pour la dîme, <pie je démon- 
lierai contraire au droit naturel, (pii (>sl la premii're des lois 
divines. 

( )n ne dira pas non plus ([iie la dime soit di* droit [losilif. 
.\ucnne loi positive ne statue sur cel objet, et toutes b‘s déci- 
si ^ns de tribunaux s(* bornent à coidirmer les usai;es locaux 
e la |»oss(‘ssion immcmoria le. 

L(‘ droit de la dîme n (“st donc établi (pie par h* l'ait, cl 
(J land le dérivé serait le seul décimaltuir dans le royamm*. ce 
(] li n'(‘st [>as : (piand il (limerait partout où il y a des produits. 
Cl' (pii n est [las; il ne s en suivrait pas d(‘ là qii il lût en droit 
d ‘ sli[)uler pour la culture à venir et de jirétendri* à (limer 
SI r des produits encore en (piestion. 

I.(‘ (*l(‘rif(“ ne doit donc s(‘ r(“g'ardc*r en cec: (pu* (*onini(* 
partie consultante, et non comme partie contractante. Dans 
c( Ite première (jualité. nos aïeux se sont toujours bien trouvés 
de 1 admettre dans leurs conseils et dans l(‘s assemblées de la 
ii ition. Dans la secomb* . ils n ont jirestpie jamais é‘t(‘ r(‘(‘us([ue 
|)i rerreur. et révéïK'inent a souvent montré (pi'il mampiail à 
s( s représentants la pri'inière des (pialités atl'eclionnaidi's au 
bi ‘Il public, a sa\oii' la (pialité de propriétair(‘s. 


... L im[)ot |roya!| ne se j>er(.‘oit point (*n nature de rriiits-; 
il ne \ a point sur le cbaiip). la |)ercbe à la main, (‘iilev(‘r son 
(boit laisse par las dans b‘s sillons; b‘ soin jiour s'en garantir 
n ‘st point anatliematise comme vol lait au sanctuaire* : dans 
le. |>ays encadastres, c est au pro[)iï(‘laire (piOn le demande: 
oï il n'y a rien (*nlin, b* roi perd ses droits, et là où b‘ cnlli- 
\ il t eiir n a (pu* son [lain. il n y a iï(“ii pour I imj)(')l pecunitiire. 


I -Mut ;t ivlranclicr |imic ri'-talilif la eoiislnicliuii de la |ilirasc. 

: (i ilii luamisci'ii. 









I 


, f. 


sril u;s KXFMI’TIONS DE DIME 




Mais la dime ne pi'rd rien, du moins sur ce (pii sort de la 
terre, et c'est elb*. purement elle, ipii, selon le calcul ci-des- 
sus. imprime b' sceau de la stérilité sur les anciennes terr(*s 
ipii lomlient en friche. 

L('s iwm'eaux (h’frirlie/nrnis ne mut que des remiducements ' . 

Voilà (bmc.de ieur aveu, les décimateurs réduits à prendre 
sur le travail des nations errantes: et C (*st à celle condition 
(pi'ils tiennent si fort, ipéils se refusent aux arran^umi(*nls 
propres à lixer des hommes et des richesses sur un sol inculte. 
Oli! combien la cupidité du jour nuit à la [uudcuce du len- 

(b'inain ! 

* 

L Etat n'a personne à consulter' alors (pi il s aj>;il d ac- 
corder des exi'inptionsipielcompies à des entr(‘pris(‘s de jj;ran(ls 
défricliements. et ne doit jamais les refuser, jmisipi il s'a^dt de 
c/ieenl donné, comme dit le proverbe : tous op[)osants à cet 
é"-ard font acte d'ennemis de la iiatrie et de riinmanite — 

Mais de toutes les oppositionsMa plus absurde serait 
(•(‘lie des ^eiis (pii ont droit à prendre leur part sur les fruits 
du travail de tout cultivateur (pielcon([ue. et (pii ne voudraient 
pas l(‘ur donner le temps d'etre en nourrice avant de leur 

imposer (b‘s fardeaux. 

11 serait fort aisé de montrer" (pie c'est jnécisément dans la 
rmyenne. et surtont dans la Gaseof,me i)roi)r(‘ment dit(‘. (pu 
les (limes sont sur un [lied insu|)portable et nécessairement 
abusif, duràt-il deimis trente siècles. Le nombre (rénorm(‘s 
bénéticiers ipii sont dans celle province, comparé à la pau- 
vreté des seiitneurs et propriétaires, en serait nue preuve par- 
lante à (piicomiue ne vomirait pas s instruire du taux usa^mr 
de (‘(‘Ile cbarife. et voir b(s (limes au (i‘, au /' ou au S'. (*t 
non-senlement sur les d(‘urees conu'stibles, mais sou\enl sur 
les fourrages, etc. 

Le clerg'é doit considérer (|ue le [irincipe (b* tontes révo- 
lutions fut toujours mu* nouvelle ré[)artition des biens amon- 


I. Miral)ciui cxainiuc l’une a[)rùs l'autre It-s ohjeetiim^ iin'-seiilees par !«' 

cUm-ijé (le (jiiyeime. 

t. Pa^e î( (lu inanuseriL 
l*aiî(‘ U) (in manuscril. 


'r Pa^(‘ 11. 








• ^ MIRABEAU 

( elés en trop f^rosses parts par les abus de l’aneien ordre de 
Il société; cpie cette révolution, en fait de biens ecclésiastiques, 
i.e peut s’opérer que par un chanjïeinent dans la religion, et 
( u’ainsi, soit connue corps [lolitique, soit coinine corps ecclé- 
ï-iastiijue, il a double intérêt a seconder les arrangements (pii 
iMulenl à diminuer ses accpiisitions, [larce ([ue c’est les assu- 
I *r. Lui [imposer de déclieoir de son état est ce qu’on ne fait 
( ue dans des temps calamiteux, (pie Dieu nous préserve de 
\oir: mais jirélendre conserver sur des arrangements aven- 
I fs, en un siècle ou il n existe plus qu’une puissance tenqio- 
r die, des avantages établis (*n des tenijis où ses [irincipaux 
I lembres étaient en même tem[)s suzerains temporels et spi- 
r tuels, et où chacun cliercliait par tous moyens à se prévaloir 
de la faiblesse et de l’ignorance de son voisin,, c’est vouloir 
perdre le nouveau et s’exposera faire regrater sur l’aucien'.... 

... Il n y aura donc" (jue les terres disproportionnées à la 
redevance irrégulière de la dime (pii resteront en friche [lour 
e , iter une redevance ruineuse qui est contre le droit naturel 
e contre l’ordre de la justice. Cepmidant voilà l’objet des 
i'( [irésentations du clergé; il e.^t à [irésumer (ju’il n’a [las cal- 
culé et (ju’il défend sans le savoir un droit ([ui s’étend au delà 
d>s bornes naturelles. Mais il y [irétend inutilement: car, s’il 
n ‘ calcule pas, le propriétaire calcule et abandonne la culture 
des terres surchargées par la dime. Et en ce cas, voilà le pro- 
duit de ces terres anéanti au [iréjudice de la nation, à cause 
d iiii(‘ redevance injuste [lar sa disproportion avec les ([ualités 
dus terres, et qui devient nulle elle-même par son irrégula- 
ri c. L exemption de cette rede\ ance est donc une exem[)tion 
(h droit, et celte exemption, (pii peut [irocuier une amé- 
liuration aux terres ingrates sullisante pour la continuation de 
le ir culture, red('vient à l’avantage de la dime. Il n’v a donc 
(|unninlcrêl mal entendu (jui [misse s’o[>[»o.ser, au [iréjudice 
(h bien gi'iicral, a uiu^ loi si contornu' au droit nalurid, i*t 

. (lu croirait cutemlrc le Miralieaii de la Ucvoliition. le lits et non le 
pe -e. L inllnence de (Jnesnay a été profonde sur l’esprit du niaripds. 

Ces dernières oliservations sont textnelleinent reproduites d'un tiroiiil- 
loi de (^luesnay .M. 781. liasse dont elles forment la com lnsion. Hans le 
eoips de ce lirindlon on remarque cette pliras.- (|iie f intenr a soulii^née : 

•< ( et axiome : il faut semer avant ipie de recueillir, est inconnu au clergé « 
Cl. noire Moiiv. /ihys.. t. I. ji. 4lü, 


4 




COURS ÙC.OXO.MKpK '.'3 

([ui. ([uand même elle ne serait [las avantageust* au clergé, ne 
peut jamais être à son désa\antage relativement à l’état 
actuel de son droit, ([ue I on est forcé d’éluder au [iréjudice 
du bien général. C’est le coup d’teil du bien général même 
([ui porte le clergé à s’en emparer [lar anlici(iation : prétention 
incompatible avec l’ordre naturel et peu digne d'un cor[is 
respectable et édilianl'. 


.\IV 


OL\ FJÎ Tl II F !)' l \\ COI ns FCONl )M/Q L IF- 

( ) 


Le discours par lequel Mirabeau annoiict' l’ouverture de et* 
(iours a sans doute été [irononeé à l'un de ses piauniers Mardin, 
entre le l“‘ et le t.'i septembre ITùT. C’est le moment où l’Ecole 
aehèvi* d(* s'organiser. 

... Lu de ces hommes de bien, eonvaincu par sa [iro|ire 
expérience du zèle et de la fermeté en ce genre de M. l’abbé 
C[ho([uart]\ lui a proposé d’établir chez lui un eours de 
science économi([ue‘ à l’usage de la jeunesse: et à [leine lui 
en a-l-il eu développé l’objet, ([ue sa proposition a été saisie 
avec l’ardeur et la facilité pour l’exécution ([ui distinguent ce 
niait re estimable et la sorte d’école qu’il a fondée. 

La sclriice économique est l’étude des racines de la subsi- 
stance. et de la population (pii s’étend toujours au niveau de 
rélendiK' des subsistances"’: cette connaissance est nécessaire 
à tous les hommes, comme la religion et la morale, pai-ce 
([u’elle nous dévelop[ie les lois immuables du Créat(’ur ([ui 
établissent l’ordre naturel et essentiel des sociétés'^: ([ue dans 

1. Il faut (|ue vers ITOO les chambres diocésaines furent unanimes a 
accepter IVxem[>tion temporaire des dîmes sur les terres nouvellement défri- 
chées, Cf. notre Moiw. phj s.y t. IL p. i8<i. 

û. Brouillon de Mirabeau. M. 78i, n*' 2. 

3. Ou Choquard. 

L Cm’rection d<‘ Quesnay sur le net : « (rarithiuétique économique » 
(M. 784. ± liasse). 

;i. C est là un des principes fondamentaux tie la Physiocratie, en oj)posi- 
lion au « pot>ulationnisme. » 

fi. Cette formule rappelle le titre même du grand ouvrage de Mercier de la 
Rivière, qui venait de paraître. 


t 


f 


M 


MlUAIîKAl 


}' 
< . 

V 


i! 


1 

i 


e (li'VfloppenuMit (h* ces lois on voit la nécessilé physicjue et 
(Miiporelle de la soumission à ces grandes lois divines de la 
■onlValernité et du seeonis mnimd entre les lionunes. de la 
M'oscriplion absolue de ton! essor de l’intérêt particulier (pii 
(onrrail nuire à son prochain'. Or comme tout se tient dans 
a soci('‘U’“ humaine, (pie les j^rands et les (letits, les paiivia's 
‘t les lâches, ne sont tous ([U(‘ des aniu'aiiv d'um» même chaine. 
1 importe (’>a:alemenl (pic tous soi(*nt instruits de la contextim* 
le droits et de dexoirs (pii rcsultimt de leur admission dans 
a soci('té. et (|ni sont clairmiient d('‘siü:nés dans les prinei[)es 
le la s( ience ('■conomi(pie. 

... L(*s dillV'rcnts états- (d les dillcrentes conditions des 
âtoyens ri-irlent la destination des enfants à dilférents emplois 
)u à dilférentes professions (pii à cet (‘^ard e\ii^(Mit des ins- 
ructions particulières et détermiiu'es : de manière (pie cette 
lartie du plan de l éducation est toute réi>lée. Mais indcpen- 
iaminent des destinations à d(‘s édats |)arti( iiliers. il y a ridlii- 
•ation de riiommi' moral, considéré comnu* ( itoyen, comme 
diefde famille, (d comme économe ou administrateur de son 
latrimoiiie, de ses alfaires, de sa fortune, de l’ordre inti'rienr 
le sa maison et de la diri'Ction de sa •famille, des intérêts 
larticuliers, des droits (d devoirs d(* chacun, conforménu'nt 
iii\ ri'g-les inviolables de la justice (d conformément à l'ordiM* 
général de la sotâédé, (pii non-seulement ti\e les droits et les 
devoirs réci[)ro(jues des citoyens, mais (pii aussi inilue |)iiis- 
: animent sur l'ordre éconoiniijiie (h* (dia([ue citoyen en par- 
I iciilier. 

...Une nation n’est [las un individu, mai.^ un comiiosé d’indi- 
"idiisdont l union forme [)our ainsi dire l’état de ehaipie indi- 
idii, de manière (pie radminisi ration des alfaires et de la 
lortuiK' d(‘ (diaipie particulier est nuifermce dans 1 ordre de 
radministratioii générale d(‘ la société. La connaissance de 
( et ordre, considéré t(‘l ([ue la nature l’a institué, (d enxisa^é 
dans l’état de dépravation où il se trouve [lar les méprises ou 
l.?s écarts de la conduite des hommes, est donc un des objets 
1 -s plus importants d(‘ réducation de la jeunesse: cependant 


l. Addition dt* <hn‘snay an net : « et e\|»oser < liacMiii dans son admiiiis- 
l alion t‘Cüinnui([m‘ à dt'S méprises i'iiinens(*s. *> 

Noie inar^^inale d(‘ <^)uesnay an tliseonrs mis an net M. 78 L ri* liasse), 
oui nous a ])arii [(onvoir s iiitercaler ici. 


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Coias la.ONO.MK.UK 


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cet ohj(d a [)eu attiré 1 attention de ceux (pii se sont appliipics 
à former des projets de plan d éducation. 

La voi(‘ la plus sùri' (d la jilus courte pour conduire à la 
connaissauee de Tordre économi(pi(* ^'l‘neral et particulier i‘st 
cidle de Tarithmét i(pie appli(piée aux calculs de la siâence 
économi(pie. 

Au reste ' C(dt(‘ étude n’(‘st une science compliipiée (pie 
pour c(*ux (pii sont déjà imbus d(_* la multitude ou de partie 
des préjiiiiés par lesip.iels l’intérêt particulier, déiruisé sous 
le inas(}iie du bien publie, a institué. diVoré et réduit en 
science une fausse poliliipie foiuU'C sur laid dt* faire la\an- 
ta^'C national an [MH'judice des autres nations : ce (pii sup()os(* 
(d établit toujours... la i^uerri' sourde de tous contre tous- et le 
ri'j>ne de Tinjustice palliée* de faux dehors, lin en (*st [tas ainsi 
des (‘iifants, dont le cerveau, (pii présente une tabb* rast* et ou- 
verte aux notions (ju’oii veut leur faire rec(*voir. [irendra bi(*n 
jilus sûrement et plus aisément aux princi[)es simples (*t dan-^la 
iiaturi*. (Ujiit toutes U‘s démonstrations sont sous leurs \i'ux, 
(pTil n (‘ùt fait aux systèmes comiiliipies d une malicieusi* 
astuce ([ui iK* convient ([u’à l’àsi:e inùr, où les désirs de la cupi- 
dité et de Tambition viennent remplacer le déchet delà fouy:u(“ 
des sens. 

« 

Pour tixer les principes de la scieiu*e et faiâliler la démons- 
tration de s(*s résultats, on a réduit (*n un tableau tiuiiré et 
aritlimétiipie Tordri* des sociétés (*t de la distiâbution des sub- 
sistances : c’est ce (pTon ap[)elle le Tableau érononilqae. et ce 
qui sera mis d abord sous les yeux des (*nlants. Notre imaj^i- 
nation est le truclieinent néc(*ssaire entre nos sens et notre 
iiiti'lliiîence.... r/(‘sl donc par l’explication du Tableau (‘cono- 
iiTupii* (pie le sieur (!lourt de tiébeliii', [irofesseur et démons- 

1. U(*|)i*is(‘ du tuxU* de Miralu'au. 

û. Souvenir de llobhes. <loul les IMiysiocrates ont eoiui)aUu les théories 
sur l'orifoue des soeiétés. 

:î. (loiirl de (iél)elin. membre d(* PAcadémie franeaise et de l'Aeadémit* 
des luserii>lious et Belles-Lettres, ne devait publier qu’à la iin de sa vie, de 
I77o à I78i. son prineipal ou\ rag'e : une vaste etude en It volumes in-i- sur 
le Mondr primitif analyse et coinpuvé arec le monde moderne. 11 s (dloree d y 
démontrer qm* la plupart des mythes de ranticpiité sont la la^présentation 
symlK)li(|U(‘ des opérations de l'a^ïdeuliure. Bien (pi'il déelare lui-méme 
tt. N'iil. |>. éS! avoir etmeu {‘ell(‘ ex[)lieation de la mylholojïie l’O ans avant 
la Condation de la d-adriiie physioeratique. il passera pour un disei|»le des 
Keonomisles. ( hiesnay le tenait en paitieuliére estime, et i un tles bioo-raphes 
du l)oe[(Mir. h‘ eonite d'Albon, eouqtosera aussi son Elo^e. CL (iriimn. 
Corresp.., t. XIV. p. i*34. 1783. 


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ilcur d(* la scieiico ('‘cononiiijue choz M. Pahlu' Cho(|iiai(l. 
e et barrièn* Saint- l)omiiii<[ue, eommeiicera et eontiuuera 
n cours d'instruction. 

(a* cours sera composé de deux classes, dont la [iremière 
l la base essentielle et necessaire de l’antre, (pioUpie puri'- 
ent aritlunéti(jue : l’autre est d'extension et d’institution 
lative au [)lus ou moins d’ouverture et d'émulation des 
iprentis. (ibacunede ces classes sera divisée en trois parties 
>ur se contbrmer aux forces des diderents élèves. 

La classe d'instruction apprendra: 1° A connaître et 

ilendre le Tableau tel (pi’il est...; c’est ici le plus essentiel, 
où les élèves doivent demeurer jusiju’à ce <[ue tout soit 
•avé dans leur entendement. 2° Alors on changera les 
innées: par exemple, on sujiposera ipie les avances jiroduc- 
ces ne rendent plus (pie au lieu de lU0“/o comme le 

‘ésente le Tableau, et l’on leur laissera faire à eux-mèmes 
iddition et trouver le résultat; le tout justpi’à ce (pie cet 
cercice n ait jilus rien ([ue de facile pour eux dans tous les 
is. soit d’augmentation, soit de diminution, .‘to ( hiand ils en 
•ront à ce point, on en viendra aux problèmes, e’est-à-dire 
des dérangeuK'nts arbitraires dans la distribution, tels (pie 
Philosopfne rurale en présente ([uelques-uns. tels (pi’on 
i trouvera aussi dans la J^hrsiocratie\ avec la différence 
le c(‘ux-ci sont a[)pli(piés sur des données politiipies dont 
IX seuls développent le i*ésiiltat calculé, tiu lieu (pie les 
i‘ol)l(‘ines {irésentés aux écoliers n'auront aucun objet 
iparent d’o|)ti(iiie raisonnée et ne paraîtront avoir en vue 
le la simple habitude de familiariser les élèves avec le jeu 
.1 Tableau.... 

Ici tinit la partie d éducation absolument nécessaire et indis- 
ensable en ce genre à tout ce (pii peut recevoir assez 
éducation pour apprendre les f premières règles d’aritb- 
iéti(pie ; et au fond, tout gouvernement ne pourra jamais 
mipter au nombre de ses hommes, de ses sujets volontaires, 
irs et lidèles, (pie ceux ([ui sont en état d’en ajiprendre 


« 

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N. 


I. La Physiocratir ne devait [)ai'aitre <iue deux mois plus tard; mais 
.rateur, et sans doute aussi l'auditoire, savaient (|u'elle était en prépa- 


ri tion. 


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COI HS KCOXO.MK^U E 

jus(pie-là, de stivoir leurcomjtte. de connaître et de défendre 
leur petite projiriété '. 

Tous cettx ((ti'il honore de sa conliance, tous cetix tpii 
exeretml (piel([tie portion de pouvoir dans la société doivent 
considérer comme b* premier point de leur devoir, comme le 
[uemier objet de bienfaisance, le soin continuel d étendre et 
de faciliter l'insiruclion jtistjue dtins les moindres classes 
d’iiommes; les hommes ne sont au jiouvoir de la société (pie 
par les liens ({ui les y retiennent ; le [iri'iiiiiM' lien t‘sl leur 
propriété, et la [tremière jiropriété. ce sont nos conniiissances ; 
sans rinstruclion. riiomme n'est (pt’iine brute, et une Itrute 
d’une espèce fauve et iucoui[)atil)ie. 

M. Chotpiard, dont l’attrait fut de se vouer à l’éducation 
dune partie de l’élite de la société ^ a cru devoir lui faciliter 
la connaissance de la science économiffiie dans toute son étendue 
et ses consé(|uences, à l’usage de ceux du moins (i'entr(> ses 
(‘lèves (pii auraient l'émulation de se rendre propres à devenir 
de bons et utiles pro{)riétaires, des militaires de distinction — 
ce (pii suppose les connaissances relatives à un homme 
(ILtal. sans les(juelles un militaire n'est (pi'un instrument 
passif employé à la défense de son pays, instrument hono- 
l'itble a ht \ érit(‘. mais incapable dV*tre januiis homme de tète 
(bms 1(‘ grtmd et homme de conseiP. 

Cette seconde classe compose un second cours, également 
divisé en trois parties d’études. Dans la jtremière, on fera 
lire et étudier aux élî-ves les Eléments de la PhUosojthie 
rurale*, jus({u’au I"' chapitre inclus seulement.... Dans la 
2'' [tarlie, on fera lire et extraire aux élèves, alors sevrés, les 
derniers ehapitres des Eléments, la Physioeratie, la Philosophie 
rurale, l' Ordre naturel et essentiel des sociétés politiques, les 
Ephémérides du Citoyen, etc. Et le maître, alors (jti'ils seront 
arrêtés, les remettra sur la voie, et leur fera taire l'explica- 
tion vivante des problèmes dont ils auront contracté l’habi- 
tude dans le premier cours. Dans la ;T' enfin, on leuf mettra 


I. liCs Physiocrales doivent être coni[>tcs parmi les t>rêcurseurs de ren- 
seignement primaire nniversei. 

Oïl verra pins loin qu'il s'aj^it de la jeune noblesse militaire. 

•î. On (leeouvre dans la doctrine [)Ii ysioeralitjue, comme nous dirions 
anjonrd lini. des tendances anti-militaristes. 

4. Ahre-c de la Philosophie rurale, publié par i auteur lui-même en 
mars ITtiT. 


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'■> MlliAlîKAf 

iuiis lcs mains Ions les livres ('li-aiiy-oi'S (i coiilradirtoiies aux 
U'iiiriju's (1(“ la sciciu‘0 (‘C‘OUoinit|iie siii- h' droit naturel, sur 
e droit de la ^uerix' et di'si^ens. sui- les lois positives', sur la 
)liysi(pie . sur le eoiuiueree. la liuauee, etc. Ou les laissera 
“U lilnuté aloi's de elioisir. de [>roposcr leui's dillleultés. de 
ravailler enliu sur ees matières, (d ceux dont les ouvrages 
;erout digues d’être revus par les journaux y seront emoyés. 

Tel est le plan du (<ours éeouomi(pie eommemM* elle/ 
d. (dioipiart au 1''' se|)temlue d(' la présente année 17(17 ^ 
*(‘rsnadé de l utilité d<* eelte seienee Idudamentale, il se 
latte (pie la société lui saura un jour <iuel([ue gré d'avoir ("dé 
e [iremier instituteur d'une école en ce genre '. 

Pour (pie 1(01 et rex[)érienee viennent au secours de l’eii- 
en lemenf’, ou du moins aident à graver les [uineipes dans 
a m'unoire, M. (dioijuart observera de faire conduire s('s 
• 'lè\es dans leurs promenades elle/ ipiel pie lérmiei- de la 
(laine. (à> sont ees liomim's rustiipies ipii. dans les [(remiers 
eiiips. ont 1(‘ plus aisénumt entendu la nécessité et l’apjué- 
•ialion des avances [)roduetiv(‘s. dont le (bdail [laiaissait aux 
lutresde tous états un grimoire exagéré : e(“ seront eux ipii 
.lideront h‘s él(''\es à réaliser leurs calculs sur la eliosi* 
néiiie. et (pii h-s renveri'onl elle/ eux |)leins des sentiments 
de respect inviolable (pi'exigimt ees avances mères de toute la 
: oeiété, et les liommes ipii savent \ ciller (d suer pour les 
mdtre en anivri' à [uolit. 

lit (jii'on ne (bunande point ce (pie des noti(jns agraires 
Huiveiit im[)orter à tle la jeuiu' noblesse destinée à la 
(lofession militaire, [uiisipie e'(‘st uniipiemeiit eet ordre 


I. On peut rpinarqnor que ces <{ueNlioiis d'onlia' |»Iiilosoplii(|in' et juri- 
li(|iie sont eeinoyées à la tin du Cours, et eonsidéiM'es comme renti'anl dans 
e cadïH* des études d'économie a]q)lit|m'*e. 

l'in* note |»laeée en tête de ranmuice indique <[ue U‘ (’.ours s'ouvrira 
eulement h' l.î septembre. 

;i. Ici s(‘ termine le discours de Mirabeau mis au net M. 7«Si, liass<‘). 
i Miesnay \' apporte cette addition linale : « D'ailleurs celle éalucation est 
t ssentielle à la noblesse militaire <*onsideî*ée conum* citoyens, ('ommc [m‘o- 
I rietairt's des terres, comme conseils et bienfaiteurs de Ieui*s vassaux. 
( oinme chefs de famille, et comme de condition à drxcnir hommes d'Ktal 
< U à remplir di^^nement les em|>lois d'un ordrt* supérieur <pü (‘xi^tmt des 
t onnaissances exactes et ai>[>rofondies sur les droits rt les intérêts de la 
] aiion. » 

4. Suite du discours de Mirabeau sur le lu'ouillon. M. TSi, n'^ 2. 


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Ca H'iis >MK q !•; p!i 

d liommes doni M. <:iio(fuarl a embrassé l’éduealion. Le 
militaire n’esi pn'eieux (pie comme eonservaltmr des soeiél(*s. 
Les lumières du siècle piéseiAcnt (b'sormais b‘s lliéàires de 
la guerre des ravages di* la brulalilé. tels (pie les ineimdies 
(‘t (■(' (pi on apj)elail aiili tdois !r ilé^'âl d un jxi)'.:; mais 

ceux de 1 ignorance sont aujoiird lmi d’aiilaiit plus (iréjudi- 
eiables (|iie les sociétés |)liis lA-uiiies eut rel ienncnl mainlenani 
d(* plus forles ariiK'es'. 

Savoir vivre dans un jiays est eerlaimmuml la plus utile des 
eoniiaissanees d'iin général ; elle dépend de celle des racines 
des subsislane(*s. ()n -est di* tout Umips eon\(‘iiu (pi'il é'iait 
indispensable de eonnaitre le pays où l'on doit faire la 
gmire. et (pi est-ee (pi une notice pris(’ sur la carte, ou au 
(()U[) d(eil. un tabb'aii d('s bois, des liauleiirs. d(‘s ri\ières. 
( t( auj)r(‘s (1 une liabiludc* di* jxmseï’ (pii calcule b's a\aiie(*s 
et la reprodiietion d'une |)rovinee; celle des terri's adjaeemtes. 
tonjoiirs prêtes à reversm* leur produit là où se [)orte la 
dépmise et la eonsommalioii d’une armée bien disciplinée: ce 
(pi’oii peut eoiisommer de tout cela sans détruire. ce (pi'il faut 
réserver au milieu même des plus grands besoins; de eon- 
naitre. dis-je. l’étendiK' des cas fortuits, le (loids <pie [leut 
[(orler un pays, le temjis (pie toutes ees combinaisons prêtimt 
a line exjieditioii (pieleompie : de réti-éeii- entin l’empiri* du 
hasard, fonde sur 1 impéritie et 1 im].rudenee liumaim*. de tout 
«•e (pi une sagesse éidairée, et (jui met riniagination au pied 
des barrières [)liysi(pu*s de l'impossibilité, peut lui ('(ter. 


L 


XV 

F/IAXÇO/S L'AMIMU.F/- 
ee/’.v mai r-iiS 

Km pour achever de gagner le public à la iKc.ivelle doc- 

trine. Mirabeau se résout à essayer du style [dai^ant. 11 adoi)te 
le pseudonyme d(‘ François l'Amiahlc et adresse à Dupont, 'pii 
venait de r(‘in[(lacer liandeau eoinine rédaeleur en elnd' des Enlu'- 
mérides. la leltie (pii suit, où il lui otfre une collaboration nou- 

I. Frc(Jenc II venait île ilévaslee la .Saxe, et les armées russes la Prusse. 

.M. / X » . n ’ ,5. 



1’*' MIHAHKAl 

V '11(' maniiMH», el lui amiouce l’oiivui (rime (‘UKh' sur V I nstilulinn 
d '.s femmes. 


lA’Urc. de Miraheau à Duponl. 

Monsieur. 

Ou (lit (jue vous succédez dans la couliaucc de MM. les 
K •ouomistes au dii^nc orakuir (jui va liarau^nicr la pospolitc 
(\e produit net'. Tant mieux, car vous avez bien 
(1‘ la ré{)ulatiou, el ^()us êtes (ui eflel ti-ès disi inique dans 
ri)rdre des secs el des nerveux, el vous eoidraslci'cz par eoii- 
s((pienl iuüuiiueid plus avec mou [)ro|)re i^eure (pie ne faisait 
voire prédécesseur très amiable d(‘ sou naturel. Or j(“ vous 
a’ erlis <[ue VAmiahie esl mou nom, el (pie, quoiipi'il y ait 
bien du cbamaillis sur votre lerritoireS ,j<“ n'ai pourtant pu 
risisler à la ü^ràee ipii m'a rendu éeouomisie par la \ oie de la 
piédiealiou de votre susdit prédécesseur. 

J'ai maiuteuaul la présom[)tiou d(“ [leuser que mou yeui'c el 
ma voix [lourraieut servira la eaus(“ eoiumiiue. ne IVit-ee cpie 
ju r le eoulrast(‘ avec vos nerveuses diss(“rlatious. Car, ^ ()y(*z- 
v( us. les hommes v(‘uleut l'iia* ou uiaiser [larf'ois, el même le 
[)lus souvent (pi'ils b* peuvent. ( )ii e(*ssez de diie (pu* vous 
[K riez [)our ruuiversalilé des humains, ou [larsemez vos 
reeiK'ils. du moins, de (piebpies lardons de badina, y-e. .\ 
Irivers Ions les traits ipie le bon sens el meme le bon s^oùl 
oi I lancés sur b* Mercure, il a 2.21)0 souscripteurs^ Ou 
s'rmpresse à (b'viner s(*s énili'mes. ipii ne valent pas les 
V( Ires. IM [louripioi s’enqua'sse-t-on ? (i'esi (ju il piétend à 
ai luser : on lui en sait ,t^ré, alors même (pi il enniiii*. Vous 
[)i étendez instruire : on croit revenir sous un barbaeole, on 
eriiiil la lérule et les piiu/ons. 

>\ NOUS a|)[)oinlo/ ma r(Hjuele..., jo vous demaiide la 


I I/ahhc Haïulcau. pourvu d'nw hcnclicc en Polo^'-ue. 

^ Allusion aux pol('ini((ues enga^'‘ees (litre l(*s l^a'ononiisles et leurs advei* 
suires. 

i] Les E/>hémt}ri(les n’en avaient alors ({ut* 160. 


ikiisa 






riWiir ’Miirr rlm 




FRAMAHS lAA.MIABLF 101 

lettre F’. Car mon nom de bajitènie est François. Oui. 
M. François i' Amini>ie, élèv(* ([liant au fonds de Fraïu^ois 
(Juesnay, et (piant à la forme de François Rabelais, ('.es deux 
j»èlerins-lâ n'ont pas l'air de s'ennuyer l'un l'autre ([iiand ils 
se relrouvi'ronl dans l’autre niomb*. Fn allendani je les 
voudrais ri'joindre dans eelui-ei.... 

F. S Te v(‘ux bravement dérob(*r son siiji'l à l un 

de nos plus mémorables [latriarebes'b II avait [iromis au 
publie L' institution des femmes, et cela dans un laiifi:aji:e (pii 
lui fut autrefois très liabiluel, et ampiel il eût, sauf respect, 
fait peut-être mi(*ii.x de si* tenir. 

Sans doute que les fortes perrmjues ipii le saisirent au 
collet après son [iremier ouvrage 0*t ([ui b* tirent tellement 
dégorger (*n eau eoiirante (pi’il en est sorti eomme régénéré à 
la gràei* imposante, métaphysique, et jiresipie so[)orative jiour 
les bonnes gens du moins, avouant son [M'cbé, désavouant sa 
manière, et semblable à une jeune tille ([ui se croit d'autant 
mieux faite qu'i'lle se sent plus gênée dans son corps*; — 
sans doute, dis-je, (pie ces mêmes [lédagogues sont encore 
v(*niis lui barrer le sitllel : car il vient de nous donner un 
avant-goiit d'introdiietion si see ([lie le beau sexe, dont 1 a- 
m()ur-[)ro[)re, [)i([iié par son prospectus, attendait sa leçon 
avec assez d'im[)atienee, voyant son tbènu* envelop[)é dans le 
roulis (b*s nations, des conventions et des législations, va se 
démonter tout le bas du visage pour s'empêeber de bailler'*. 

(Tuant à moi, (pii ne suis ([ii un (*nfant auprès de ee digm* 
élève de la ualure^ je me eaelierai si bien ([ue j’éeliap[)erai à 
ceux (jiii l'ont couvert de rides avant le lem|)s, qui lui ont 
lait écrire tant de livr(*s (pi'on ne [leut lire et ([u'il faut 
[XHirlanI étudier. Le laissant aller à la froide [lostérité sur les 
ra([iiel les (b* la froide raison et de la [irofonde évidence^ je 


t. Les (R)llal)orat(Mirs liahiUiels des Ephémérides ii'élaient presijue jamais 
désig-nés (|ue par une initiale convenue. 

U s’aj^it de Miraheaii lui-mème. 
iS. Miraiieau entend ici VAnii des hommes. 

f. Mirabeau S(* venge des contraintes de style (jue lui imposait (Jnt'snay. 
;t. Allusions a la lettre que Mii’aheau avait écrite sur l'Education morale 
di'S lilles, dans le numéro d'octobre J 767 des Ephémérides, et à l artiele snr 
l'Education economitpie des lilles. qui venait de paraître dans le numéro de 
mai's 1768. (d‘. M. 780. ii ’ 6 et S(p[. 

6. Mirabeau continue de se nnxpier dt' lui-méme. 

J. Un d(‘s mots dont les Ecîonomistt's usaient et almsaient le plus. 


MIHAIU* AT 


K 2 

Il i coii[HM‘ai I lu'i lx* sons le pied des reinincs, el poui taiil je 
s( lai eeoHomisIe, ni plus ni moins' 


II 


Frof-nir/if d' une pré/acc de .< François iAmitdde- . » 

.Ma seele. on son jioini de lallieinenl. eonsisle à léjtarer 
aiijourd hin les loits irsnltanl de l'astnee de Mine Keheeca 
el à faire prédominer le parlatre d'Ksaii sur eeliii de .laeoh 
Jf ni (‘xpliipie. Noire syslènu' est de démontrer ([iie (k‘ la 
i,n aissed(“ la lerre déri\ e. sauf 1(‘ res[)cel, la rosée du Ciid ; 
(j le le moral esl lié iM iioii\erné par le [)li\si(pie. Point de 

scandale : nous n v eliaiufeons licm 

Voilà toul iiolrt* secrrl . (Icllc s(h*I<‘ est loil in()(l<‘iiu\ vl 
CM lies aucMiu ii‘ouv(M iuMiient de riun*oiH‘ (|uc je saela» n'en a 
|) is les (MMMMiHMils. Aiiisau conli*air(‘. Kn vain diiait-oii (|u'on 
\ ( »il (les InÜM's (1 expression de s(*s pr'opIn'Mt's dans tonU's les 
p; naphi'ases da psaunu* i)//.s*e/vv'e (pie (m*s lenijisoiil vu éelore: 
ou U en a [ums cpie le son.... 


. Voici, sur Vluiiicatiofi rconomi<iue des jilles. un rra^nuent d une longue 
cl curieuse note de (Juesnay mise en iiiar^e d'un des brouillons de Mira- 
Ix ni oii cette (|uestion est traitée M. 780. le é his : 11 semble (jne l'on 

nt se soit [tas encore aperçu que les femmes ne sont pas moins liées «pie 
le: hommes a 1 ordrt' subliim* de la justice, et (pie cet ordi'e di\ in exi^e um* 
iiiitruetion tort a|qu‘olondi(* <*( lort (dtMidue. (In se con(ent(‘. [umr hoir ins- 
pi er une bonne conduite moi*ale, de leur prononcer i( mot vertu. (a‘ bruit 
pt .it avoir pour elles (pieUpu* si^niilieation (larticuliere. mais très Imrnée. 
CO unu‘ 1(‘ son dt‘ ct*rtaines paroles en a pour h‘s animaux dttmesliipies el 
[M ur les hommes bruttxs; car en ^'cneral feducation consiste dans l’obscu- 
lit des mots les plus usités en morale.,.. Les hiles, destinées à devtuiir mères 
d(* famille, tpii doivent, de concert avec leurs maris. It nir le f^ouvernail th‘ 
la conduite des maisons et de 1 administr.itiou des bitms et des alfaires; ipii 
j>< i\ent de\ fiiir Neuves <‘t av(ïir toute la char^i' du ^ou\ crinunent écono- 
m tpie du patrimoim* de la communauté, et les lumières et le discerne- 
m nt necessaires pour 1 éducation et I établissement de leurs enfants, 
do i\ ent-elles donc être b(u*nces a une éducation de |nir agrément? Le nia- 
rii ^e forme une soci<‘tc sci’iimse. oii les intérêts de la familb* bitm concertés 
(Il le le mari (*t la bminn* loninmt le principal lien de cetti* société priiui- 
ti\e (*t loiidannaitale du bon ordre dis sociétés naliunales; o:i la laison 
ect iirceel pcrtcctiounce par les connaissances soiidt‘S attire à une com- 
[)a *:ne de la di^^nite et de la considération, el est. |>our ainsi dirt*], raliment 
de . esprits dans iiiu* société t)ai'ticulière et assidin*.... 

Cet ouvraiic. dont Mirabeau avait commencé la rédaction, n'a point 
[»a U. 

.. Jusqu(‘ dans ses plaisanteries Mirab(‘au reste bii»li(pn*; cela ne l'tmi- 
pé 'lie [Joint de [»rofess(‘r des maximes matérialistes. 







FÜAM’.OIS I.'AMIAIÎI.E KKî 

Ainsi, si vous allô/ de travers, e esl <pi(‘ vous marchez sans 
ilinéi'airi' : e’esi ipu* nous inarehez sans hoiissole. el ipii [>is 
est. sans pilotes côtiers: c'est vous el la routine, el non pas 
lions, (pi'il en faut accuser. .Vu reste, e'esi vous qui k‘ dites, 
coiiiine c<‘l autî(‘ ipii trouve la ru(“ trop étroite parce ipie sa 
tète n'est pas hiim d'accord avec ses [lieds: car, (piant à nous, 
toul est calculé. (‘I vos [letils emharras du joui* (M de la 
semaine nous [laraissimt aussi importants a la machine l'onde 
(pie l’est le désespoir d'nn maître* de miisiipie (|ui entend un 
faux Ion dans une répétition'. 

Accoise/.-vous donc, on ne vous accoisez [las-: car it n't*u 
sera ni plus ni moins; le sort en (*st jeté. Si nous calculons 
des (“ri*curs. c’est ri'cume d'une onde ae;itée, hienlôl nu cou- 
rant Irampiille en lera raison: si c’est an contraire des vérités. 
(“Ik's sont [iliis IVirtes (pie vous el seront plus durahles. Mais 
il imporli* ([lu* nous soyons juifés : el surtout (jue nous mon- 
trions aux yeux de tous (pie. loin d’altaepier aucune pnis- 
saiic(‘ élahlii*, nous les avouons, assurons (*l atfermissons 
tontes; ([ue loin de limit(*r aneuii pouvoir, nous le (k'‘li\ rons 
(k* toutes liarrièri's humaines' 

.Vu reste ne craigiu'z [las un j^ros livre; un des nôtres en a 
fait un fort lion et fort heau, dont tous les autres ne sont (pu* 
l’extrait ou l'analyse (*l le développenu'iit * ; on le cite, mais on 
ne le lit ,i>'uère; on y ^ ien(lra (jiiand on aura le temps. Il est 
même l'orl sérieux, ce (pii convient à nn [)hiloso[)he, et souvent 
ohscnr, ce (|ui fait encore mieux; son auteur en sera récom- 
pensé un jour dans k* (]i(*l. Mais moi (pii ainu* assez mes con- 
l(*mporains. Je veux leur donner |)àture jilus léjïère ; jiour 
(‘ela même je iiu* livre à mon août pour la [ilaisanterie, dont 
notre consistoiri*" nu* ferait honl(* si j(* l'i*!! av(*rlissais. Mais 
je ne lui (*n dirai mol, (*l Ton me lira. Kl si les siècles aiHves 
disent : d'esf doin/nap's! tant mi(*ux : c'est mon é[)itaphe! 


1. L'étal d‘fsi»rit de Miral)oau n'esl j)las h* même ([u'au temj)s oh il éeri- 
vait la TliéorÎJ de t'inipot : il ne travailh* plus à obtenir la ndbrnu* imme- 
diabMles abus les [>lus criants: ses ambitions. <pii sont celles de la nouN (dle 
école, sont à la fois [iliis vast('s et [>lus lointaines. 

Mirabeau multi[di(‘ vtjlonlairement les ex[iressions archaï(ju(‘s ; il aimait 
ce « styh‘ maroti<[m‘ » (pie bu reiUAJchait le Docteur. 

:î. i.es Keonomislt^s font ap|>el au desjiotisme éclairé. 

K .Vllusiou à la Philosopliie rurale. 

a. Allusi(m aux Assemblées (*eonomi(pies du maiali 




MIHABEAl 


XYl 

XOTt: UK MUiAUEAV KOI II L'KVKOUK 

UK VILAW 

iiyds ] 

Au mois (le novembre ITtiS, rabln'- Baudeiin <|iiiUt‘ la Fi-ama' 
[ OUI- aller prendre possession d'un b(me(ice (pii lui esl olleii en 
l’ülogne. C’esl vers cetle ('•porpie sans doule .pie Mirabeau, son 
conlï-ère en Idiysiori atie, se trouva mis en relations avec 1 évêcpie 
te Vilna. Certaines [ibrases permetttmt daillmirs dalliriiuM- ipie 
tes observations ont éli- rédigé js vers le milieu de IT(i<S, entre b‘ 
I lonient où la Uiissie ini[)ose à la diète polonaise le ridablisse- 
I lent di'dinitif du liberwn veto lévrier), et la dt'udaration de 
!. lierre du Sultan aux Russes (octobre). 

Loi S([ii il prenait la liberté d adresser a ( ialluM'im' 11 b's curiiuix 
conseils ({U(* l’on va lire, le marcjuis se soiiven.iit sans doule ipie 
1 année précédente l’impéralrice de Russie avait daigné faire 
tenir a sa cour Mercier de la Rivière jioiir lui demander une con- 
s iltation politi({ue. 

... La vraie pente des opinions tpii assure anjotird'lini un 
parti formidable à tout souverain à t[ni l'aelion est nécessaire 
e (jui saura se mettre à sa tète, e’t'st un frissonnement nni- 
v nsel et un appétit de lumièi-es éeonomiipies et [lolitiqnes, 
d )iit le ternit' sera de convertir tons les gou\ ernt'unmls ou de 
It s ébranlerb Ce ferment sera d'autant pins durable tpi’il 
[orte an vrai et an règne [uospère de Lordi'e natui'el. 

\ oila on la souveraine du Nord pt'ut se prendre, et le timon 
<1 l’elle doit saisir pour se mettre à la tète dt* son siècle et de 
bi postérité — t)n’elle prenne lianttunent le scejitre de rini- 
n anité et s'annonce [)our la restauratrice de ses droits et la 
n ère et la protectrice du gcnrt' bumain. 

11 en esl temps encoie; mais il ne faut pas un pas de plus. 
Lcja, si Ion en ci'oit les nouvelles [)iddi([ues, les tlécrcts tpii 
t'iiianenl de son inllnence briistpit* t*l passugèrt' en Pologne 
semblent tourner vers la politi([iie vile (d \ nlgaireet triviale 

. M. 78*, n** ;i. 

. H(‘mar(|ual)If propJiciic. 




i . 


POrU L’KVEUUE DE VILNA 


qui veut tenir ses voisins dans l'abaissement'. Que peut-elle 
gagnera cela ? D'aigrir les opinions d’un pôle à l'autre, de jus- 
tiüei' les attentats ([u’on pourra méditer contre élit* et le mal- 
vouloir des puissances étrangères toujours dû à un puissant 


ennemi. 


Croirait-ell(‘ faire un grand couj) de politique si, à force d’af- 
faiblir la Pologne en v fonu'ntant ranarchie, elle parvenait à 
la réduire en province. Eli! si elle ne trouve pas son enqiirc 
assez grand, (pi’elle achève le Turc sur son déclin absolu: 
([u’elle rétablisse l’Empire grec dans la vraie cajiitale du 
monde... : ce projet est plus facile et [ilus b(*au tpie celui d'at- 
terrer ses voisins déjà flétris. 

Mais i)our opérer de grandes choses, il faut avoir assuré de 
grands moyens. Les Polonais ont plus de lumièrt's et [ilus de 
vi'rdeur (pie les Pusses: (pi'elle les remue et les plie vt'rs le 
grand plan (ju'elle doit vouloir établir dans ses Etats: qu elle 
y déciî'le \\i propriété Ja liberté, la .s7//-e/c. (Lest alors (ju'elle 
(b'vieiulra l'étoile jiolaire de l'inimanité. la reine véritable de 
1 Emojie et de l'.\sie. Son j)lan écrit jiar le [loim/on de l'auto- 
rité en lettres d'émail (*t de verdure sera annoncé à son jirojire 
empire [uéjiaréà l'obéissance et(jui enverra le terme et la tin. 
Les ajijilandissements du jiarterre d(‘ riùirojie feront taire les 
envieux des autres théâtres: elle s'assurera nn règne heureux 
et brillant et une gloire immortelh'. Et jmr le jilan contraire 
elle ne sera (ju'nn boutefeu de jilus dans les annales des 
délir(‘s d(‘ la fortune et des dérèglements de l imagination 
humaine. 


XVII 

riiojKT u'KUir 

SI II LK COMMKHCK UKS (IIIAIXS 

par Mirabeau - (eer.s i~b‘S) 

Plusieurs ordonnances relatives à la liberté du commerc(' des 
grains, par (‘xemple la Déclaration du :2.'i mai ITbà. l'Kdil du 

I. Allusion à la pression exercée [>ar les troupes russes sur la diète ])olo- 
nuise ]>our lui faire ai>olir les réformes accoiu[)Iies en ITlli, ci dont le inain- 
tii'ii aurait pn sain er la Pologne l'anarchie tinahv 
M. 784, 11'^ 




MlIiAHKAl* 


TT"” ' 

-•s—--»' 





IO(i MlHAHKAr 

IS juilh'l ITCt^^, l'AiTèt (lu i;{ scptcMiiIne ITTi, oui ('lé diiochMiUMit 
aspirés par les principes d(‘s l’Iiysioci-ates. niénie réd ij^és par des 
iKMuhres de leur école on th's amis de IcMir parti. C(>s acl(*s olli- 
•icls (‘('pendant ne pouvaient exprimer dans toute sa pnr(‘lé la 
loctrine des nouveaux tliéoriciens ; il est intéressant de la voir 
drmulée avec la dernW re rigueur dans le projet d’Kdit (pu' nous 
)uhl ions ci-dessous. Mirala'au l'a sans doute composé aux en\i- 
■ons (!(' l<(iS, au moment on la ld)(‘rt(' du coinnn'rci* interii'ur, 
■elle sur hupielle le projet insiste le |dus, s(> trouvait plus parli- 
■uliérement en l)utt(* aux atla({ues des k réi;lem(‘nlair(‘s. » 

I.ouis, .losepli. ( iliarles. ( leor^es ou l'ri derie. n iiiiporh' ' . 
A' [)ou\oii‘ (ju(‘ nous tenons de Dieu et du eousenleinent 
.oeial et uni\ ersel ’. ainsi (]ue lotis les autres lioiuines lienneni 
(‘tirs droits et leurs possessions, étant h jdus eleiidu d(‘s 
droits, nous oblige à dt>s de\oirs ([ui lui sont pro|>ortioniu‘s. 
•t surtout à veiller au maintien dt* la jusiiee et à en dtuiner 
exemple sans resli-ietion. (l est donc dans la jusiiee primiti\(‘ 
‘t essentielle (|ue nous devons elierelu'r la rt'^U* de nos 
levoirs. Le plus important sans doute est d empêcher tpie h' 
•mu'ours des iutth'êds |)arlieuliers, principe dt* l'iinion entre 
es honum's, ne dt'vienne elioe, (M tpie la l'oi'ce [irivée ou 
mblitpie u'en vienne à léser le moindre particulier dans son 
droit miturel. 

('/est miilheureustuneid et' tpii est iirrivé justpi'à nous, 
larmi nous, et {irestpie ehe/ tous les jieujiles policés th* l'Hu- 
■opt', sur l'artiele im[)ortant dw ^ 'ommerce des ^-rdins . 

.. La jusiiee veut et oi-donne tpie tout lioinnu' soit libre en 
a [lersonne et en ses biens. L es|)i il de eon([uèlt‘. jiréjuj^é 
ondamental des Homains. et plus encore besprit dt* ré[m- 
ditpie, tpii n'a dt' ressort (jue l exelusion tle tt)ut ce tpii lui est 
'■trant>'t'r, était'id absolument contraires à eettt' loi tl'éüralilé 

O 

ialin*(‘ll<‘ <]ui l'ail la has(^ de toute jusliei* <Milre li^s hommes. 
A‘s lois i‘omaiues, <Mn|)!*einl(‘s de eesdiuix viei's, ori.^'iiiaires 
' ‘llc*s-mèiiu‘s en ({uel({iie sorh* d(' la (ireee toujours inquièle 


I. Miralieau tMiuiiu're tes noms des |)riiu*i|>au\ somerains rt'^aaiils : 
] .unis W. Jos(‘pli 11. (diarlrs 111, G(M>i'^(*s 111. Frédéric* II. Jos(‘pii II ii avant 
( t(* élu enqjerenr ([u’en ITio», le i>r(»jet est en tout ’as [ïosttu-ieui’ à eetle 
• !ate. 

Il s a^it. I)ien ( ïiIimuIu. d'un eonsenteinenl taeite h* droit des rois, sui- 
’ ant les l*h vsioerates. se Tonde d'al)ord siii* la tradition. 





T,X fi •» é 






lM!O.IET ni:i)lT 

et ré[)ublieaine, iidéetèrent de ee mèmt' esprit nt)s cités nais- 
santes et croissantt's et les atiministralions nmnici[)ales. Les 
map^islrats tles anciennes républi([ues avaient pour prt'inier 
soin celui de ntmrrir ou j^ratidtement ou à bas prix la [lopulace 
des villes <lt)minantes : les denit'i's piddics. It's prohiltititms t*t 
la force t)uverte étaient employés à ct't tibjet unitjue t'I capital. 
(Jut'ls excès ne sont |>as juslitiés p;ir le [Méjugé, l'iisayu* t't 
l'habitutle! l)t' là cette |)olice tles ^^rains préettnisée aujour- 
d hui, tpii tlt's atlministratitins munici[)ales s'est étt'iitlue sur 
les juridictions [u-tivineiales et jusque sur It' ü:ouvernement . I)e 
là It' [U'éjuiié i^énéial et si tlaniîereux. tpie l'autoiité tlttil 
ptuirvoir à la subsislanct' tlu jieujile: tl'où résidte rojiinion 
tjiu' dans les cas majeurs le [>euple est t'ii tlroil tle la lui 
tlemander. 

Nous étions né ntms-inèmt' et ax ions étt' élt'vé tlans eettt' 
t'rreur; et enell'el la misère et la faim tle nos st'uiblables, de 
nt>s frèrt's. conqiarée avec ropulence d'un y^ranil nombre et le 
siqu'i'llu tpii semble être le nécessaire des cours, est un con- 
traste bien propre à nous faire retîarder comnu' coniptable 
ilt'vant Dieu et tlevant les hommes des maux qut' la tlisette 
ap[)orte à nos suji'ts. Plus toutefois nous nous t'ii sommes 
ticcupé et avons voulu tenir la balance des subsistances, 
plus nous ax ons vu les maux s'accroître, s'étendre et st' mul- 
tiplier; et c'est par répuisenient de mitre trésor, par h' tléran- 
ii;ement du commeri'e, par la ruine de i'ai^rit'ultm-e, par 
les variatitms excessives tles valeurs. p:ir la misère enlin 
du [H'uple des cam|)a;?nes [lartout, et de celui des villes 
tantôt en nn lieu tantôt en d'autres, tjue nous avons entin 
a[)pris tpie l'autorité ne jieut {miter t|u'une main saerilèj,u* et 
meurtrièri' sur les rt'ssorls di' l action {u éordonnée [lar le ^'■rand 
( )rtlonnateur, ressorts t{ui tloivent aller d eux-mêmes au bien 
dt' rimmanilé. 

(/est alors que, nous abaissant dt'vant la Majesté Siqu ème, 
ntnis soumettant à I tirtlre natui'el tpi'il a [ireserit. éclairés [lar 
notrt' soumission même, ntms avons reconnn tpie c'est à Dit'u 
st'ul, tpii lionne les récoltt's, à en ré^der la tlistribution ; t{ut' 
celte ilistribution se fait toujours é([uilabh‘menl [lar la nature 
même tles choses, tle manièrt' tjue chacun en reçoit sa {lart 
en échaim:e de son travail, et en raison tles avances t{u‘il a 
enqiloyées {mur actpiérir ct'lle {lart : t{ue la source tl'oii cou- 




MIRABEAT' 

lent los suhsislances est iiiépuisabh* et fournit toujours avec 
sureroit en raison du travail el des avances ([ui la sollieitenl. 
e’esi là l’cLHivre de Dieu et de la nature; (|ue l'œuvir de 
1 lioinnie dans celte ac([uisition [)réliminaire el eonservatoire 
de la société, c'est d'employer sans relàelie son travail el ses 
avances pour ()om{)er à celle souree de la vie pour Ions; qu<‘ 
tous les travaux (pielcompies de riiuinanité. <pii |>ar leur mul- 
tiplication el leur variété semhleni ne [>as appartenir el 
n’adhérer [>ar aucun endioit au travail primitif (pii puise à 
e<‘lle source, n'ont néanmoins d’aulri' objet <pie d’attirer à 
ceux (pii s'y emploient une part sur le niaj,uisin des subsi- 
stances de première nécessité; (pie c’est celle nécessité (jui 
établit le rapport indispensabl(‘ de Ions les travaux humains 
avec le travail productif des subsistances ; .pie par là tout tra- 
vail est une aide pour le cultivateur, el le eullivaleur lU' réiis- 
dl (pi'en proportion de l’aide qu’il iveoil, aide qm* la terre le 
aiet toujours en étal de jiaym- avec juotit ; que dans ce ;,nan(l 
-•ercle de travaux divers, de spéculations et de voilures, par 
eipiel 1 industrie el le besoin opèrent la distribution des sub- 
astances el rap[)rocIienl la consommation et la production, 
autorité (]ui intervient sous (piehpie [uélexie que ce soit, 
mire (pie l(‘ devoir de proté, ^-er et maintenir la liberté générale 
'■t particulière, ne [leut que se faire illusion à elh'-mènie el 
eux autres et opérer la lé'sion de (piehpies-nns, d’ot'i résulte 

< ( lie de tous; (pie si 1 autorité v(‘ut régler h» jirix (k*s achats ('t 
( elui des N e'nles, elle force nécessaireiiKuit (piehpies-uns de 
(CS ressorts destinés à aller tous d’eux-mémes par l’impulsion 
( U besoin et l’interposition des li-avaux (M d(>s échang(‘s libres 
( e toutes parts; ([ue le motif (h* venir au s(‘cours du pauvre 
( ans (pielque cas (pu* ce puisse être n’(‘sl ({u'un vain prétexte 

< un acte vraiment tyranniipie dont le premii'r effet retombe 
s ir h' jiauvre lui-mème, loujoui-s h“ premier lésé (lar h* déran- 
i^emenl du commerce d(‘s subsistances (pn entraine toujours 
(iiminulion de leur masse; (pie dans les .-as de disette' le 
c Hiimerce seul et la concurrence peuvent remplir le vide el 
iMinener 1 abondance, attendu (pie clwrié foisonne, el (pi’il 
U y a (1 autre moyen d'y faire [)arlici[)er le [lanvre (pi’eii lui 
O fiant de bons salaires; (pie sur ce point-lii même l’autorité 
(1 >il elre très cireonsp(‘el(‘. puis(pi'elle ne dispose (pie des 
d ‘iiiers publics, fruits de la eonlribiilion dt* tous, c[ (pu‘ c’est 














PROJET O’EDIT HT* 

un cercle vicimix (pie d(‘ lever sur le peiqile pour nourrir le 
(K'uple ; (pi’enlin (el c’est ici la raison sommaire et décisive 
l’anlorité ne piml s’enlrmiiellre dans le cercle des convmilions 
el des échanges sans altérer la lilx'rté d(* (piehpi un, (*l par 
conséquent h* droit humain, le droit divin, el opérer 1 injus- 
tice, eomni(“ (Ui elfet il se Irouvi'ra j>ar l’elfet de toute taxe' 
(pie le [iroducleur aura travaillé pour le eonsommaleiir ou le 
eonsommaleur |)our le jiroducteur à un [irix au-dessous de ce 
(pi’il aurait \oiilu le faire s’il efit été libre. 

A ces causes el autres à ce nous mouvants et devant nous 
mouvoir, de notre s( ience certaine puis({u’elle est celle de la 
loi de Dieu el d(* l'oi-dii' (pi’il a [irescrit à la nature, [ib'ine 
puissance |niis(iue nous ne voulons (jue la justice et (jue 
Dieu et les hommes la veulent-; aussi voulons, ordonnons ce 
(pii suit. 

Art. b'. 

Nous faisons avant tout amende honorable et réparation 
pour nos a’ienx. [irédéeesseurs, el pour noiis-mème. à Dieu el 
à la justice (pii voit tout, mais (pii pardonne les crimes de 
l’erreur '; aux hommes, (jui ont tant souffert de cette juridic- 
tion fatale, el à la postérité (pii coiinaitra le juste el riujusie 
mieux (}ue nous — d’avoir pai- une jiolice téméraire attenté 
aux droits des propriétaires, aux droits des culli\ ateurs, aux 
droits des coiisommaleurs, aux droits naturels d(> riiumanité 
entin. Nous reconnaissons celte juridiction injuste au [iremier 
chef, et [)ar conséipient sacrilège et attentatoire à tout droit 
divin el humain, sous (piehpte [irélexte ([u’elle puisse s’exercer. 

Art. 11. 

Pour éviter toute exceiilion sur ce point sous prétexte de 
cas majeurs où rinlerveiilion de l’autorité devieiil nécessaire, 
nous déclarons (pie l'autorité n'a nul droit à intervenir en 


1. (”cst-ii-ilire <• .le t.mlc laxatinn » piililiquo du Id.!' ou du pain. 

Voilà une des formules du « despotisme éclairé. » 

3. Le tou religieux, rahondance même des expressions chrétiennes, suf- 
firaient à nous révéler rauteur de cet étrange projet de loi; Ouesnay lent 
rédigé d'un aiure style Mais les j)rincit>es sont bien ceux auxtjuels l'Ecole 
s’est détinilivement arretée vers 1T(»8. 


110 


Mlli.VliKAl 



inani(‘i'(‘ (iucIcoikiiu* dans i(‘s couvenlions des hoinines, si cc 
n'esi pour laiee ([u'elles soient lil)fes et volontaires, eoinine 
aussi poni' leeevoir et eonserver dans des dé|)dts pnhiies 
celles de ees eonveidions dont les eonsécpienees doivent 
avoii' des ellets assurés et constants dans 1 avenir pour des 
personnes on <pn n’existent pas. on (pu lu* sont point (>n état 
d(“ veillei' a lenis interets'. Les né”^oeiations dn e(ainineree 
journalier et courant ne sont pas dans ce eas-là, et moins 
(pu* tons antres le coinnuM'ee des eoineslihles ; d'on suit (pie 
la justice n y a rien à l'aire, (‘t (piant à la polie('. elle n a 
(1 antre ressort (jui ne soit pas tyranni(pu (|ue de maintenir 
la liberté et la sûreté de tous. 


Art III. 


loutc autoriti* eoereitixc (piis exeria* ou peut s'exercer dans 
1 Ltat, de tel ^'•enre (pi elU' [misse être et sous quel([ue lorine 
et dénomination (jiielle soit connue, est censée taire portion 
de celle dn souverain et ne saurait émaner (jue de lui ', l-'m 
c(msé(|uence le r(moncement [uihlic (pie nous venons de 
faire à cette jnridietion tyranni(|ue est pour nous et pour tous 
nos otiiciei's ([uelcomjnes. tant municipaux (juc civils et 
militaires. coi[)s nationaux, corps de provinces, de villes, de 
communautés, de maii;ist l'ature. d ayi^re^ation etc., de 
manii're (pie [lersonne désormais, telle (ju’elle soit, et 
(|uel(|U(“ ([ualite (jii (die [misse s’attribuer, n Ose se mêler de 
ce (ju on ap[)ela jus([n’à ce joui- la [loliee des [frains. 


Art. IV. 


(aMtc juridiction ([ue nous [iroliibons i(d désormais à nous 
et à tons nos olHiders ([nelcon([U('s. il ne faut [las ([ne le 
|H“U[dc. les bourn'cois. nobles, s(dfjneurs, ([ne ([ui ([ue ce soit 
“Il un mot. manant, habitant on transéant aux lieux soumis à 
lotri* juridiction et eonliés à notre sauvegarde, [uétende 


I. .Miralicau foriuule ici avec l)eaiic(Mi|i de prc'cision ee (jii'on ap]iellera 
a « eonee|ttioii jiiridiipie » <le l’Ktat. 

i“. Voici maintenant posé le principi' de rnnité legislative dn rovaninc, 
pie la Declai'ation des Droits (je ITNli proclamera en snhslituant à la son- 
eraineté universelle du roi celle de la nalion. 



sssitaiiÊm 




<■ « 








111 


/ 


s(“ l arroger. en tout ou [lartie. directement ou indirecte- 
ment: e;tr nous déchirons ([tie nous tiendrons désormais 
tout ticle tendant à cela [umr erinu“ de lèse majesté divine 
et btimaim^ an [uemier chef [mis((ti’il ;itta([ue riiuiminité 
entière. 

Art. V. 

(’e serait néiinmoins commettre crime ([tie d’oser dorémi- 
viint deimuider eom[)te aux magistrjits, et aux [irtqtosés 
(pielcompies à la [loliee, de la cherté du [min. non [tins ([ue 
de tout autri“ genre de comestibles, à moins ([ne la ( huneur 
à cet égard ne fût fondée sur qtiehpu' acte t(“ndant à gêner 
le commerce des denrées. Dans (“es cas-là l’aecnsation est 
[trouvée par le fait : mais sit(')t (pie le commt'rce des denrées 
et la niani[mlation des comestibles seront libres dans tontes 
leurs [larties.... [lersonne n’est res[)onsable du dérangement 
des saisons et des ri'coltes, et de rinsnllisance des moyi'iis 
de ceux ([ni ne [leuvent atteindre an [iiix du [lain. Nous 
voulons donc ([ne non-senlement tout acte de fait, mais 
encore tout murmure [lublic de ci“ geni(“ soit [uini comme 
[iréhide et invitation au genre de sédition le [iliis dangereux 
de tous, (hest du blé en abondance ([ii’il faut au [leuple ; 
[)Our avoir du bh“ (“ii abondance il faut ([ue la terre en [iro- 
(biise; la [iroduction ne [leut se maintenir et s'accroitre ([ne 
[)ar la valeur vénale des [iroduits: la valeur vénale lu* tient 
([u’au commerce, et le vrai eommeree ([u’à la [ileine et 
entière lib(“rté. 

Art. VI. 

Km eonsé([uence, nous ordonnons ([ne l’entrée, la sortie et 
1(“ commerce de tons grains ([ueleon([ues sera entièrement 
libre et dedans (“t dehors' le royaume, ([uelle ([ue soit la 
région ([ni les a [iroduits et celh“ où on les vent trans[)ortei‘, 
et c(“la dans tous les teni|)s. soit de dis(*tte ou d’abondanee, 
de guerre ou de [laix, soit de la [lart de l'ami ou de r(“nnenii, 
sans [louvoir être assujetti à aucnn droit, vérification, révi- 
sion ni jnridietion. Le blé est à celui ([ui l’a ae([iiis, et il n’est 




1. Voilà, ilans cc vcrluMix tàlil, seul mot (jiii inditjue ((iio la liht'rU* du 
commerce des grains impli({ue celle tie roxporlaliou. 


f 






mih.vbeac 


)t‘rmis a [)ersoime au inonde d alleulei' à la [iropriélé dn 
iei's. Tonie proprii'té est inviolable: e’est la loi de Dieu el de 
a nature sur bupielle est fondée avant tout tonie société. 


An. VH. 

l*ennellons à loiil pailieulier, on luopiiélaire, on inai- 
( liand, on aulie (pieleoinpie, d(‘ faire lel amas (|ii’il voudra de 
f rains ou autres comestibles sans être pour cela sujet en 
< uebpie lien. teni[)s, saison ou circonslaiice ipie ce puisse 
( tre, à être iminieté en anciiiie façon. 


Art. MIL 

Didendons a ipii ipie ce juiisse être d’en enlever, amasser, 
jicbeter jamais antrenu'iil <pie de g'ré à j?ré. dans (jnebpie cas 
( ne ce soit ni [)uisse être. la loi de Dieu n’admettant ancune 
cvci'plion tell(‘ ({ne cadle de la [irovision de la cajiilale. de la 
( oni-; el l ien, sous une autorité légitime, x igilante (M éclairée. 
1 e peut Jnslitier le viiAlemenl dn droit naturel, h* gnel-a[)ens, 
l vol el 1(* meurtre, Ions crimes renfermés dans celte fatale 
police. La lilunlé seule et le bon {>rix doivent {larer à tous ces 
c is et antres, prevus on non [irévns. et tonte antre mani(‘r(“ 
d’y {)onr\oir est déténdm» par ces jirésenles sons [>eine de 
c mcnssion el de mort. 

Art. IX. 

Prenons dans notre j)rotection immédiate tons marchands 
e emmagasiiienrs d(* blé — Voulons (ju’il leur soit toujours 
e en tons lemjis et lieux permis d'acea{)arei , acheter en vert 
e en sec, avant el après la récolte, |)lnsienrs aimées à 
1 avance, enlin de faire Ions les marchés possibles de gré à 
gie: jxnsnadé (jne ceux de ces marchés (pii sont on pinivent 
{) naître onéreux aux culti\ atenrs sont l’effet de la misère, 
dont rien ne [lenl le délèndre (jne la jdeim' lilierlé d(‘ dispo- 
s( r de ses |)iodnits. ^'onlons (jne tous et un chacnn desdits 
marchands et commerçants jinisseni vendre, conserver, 
emmagasiner, garder, juéjiarer, bri'der en eau-de-vie et bois- 
sc ns, en faire entiii comme de leur chose propre, sans que 




113 








Kvwpÿ- 


1’1u).ii:t dédit 113 

jamais ils piiissinit être inquiétés ni forcés en manièia* quel- 
conque; de sorte (pie si un marchand de blé jiassait à travers 
la |)lace d um* ville dont le marché maïujneiait, (M refusait de 
délier à tout prix, cen.x qui le forc(*raient en surpavant n en 
seraient pas moins coiqiables de concussion et {lunis de mort. 

Art. X. 

(.omme nous voulons absolument (jue tout désordre à cet 
(‘gard cesse, nous rendons désormais responsables d(‘ la tran- 
(inillile publi({ne à eet égard tons les magistrats et gens en 
autorité dans les villes et campagnes; et voulons (pie ceux ({ni 
seront convaincus de les avoir fomentés sons main, on seule- 
ment d a\ oir lâchement toléré le moindre abus en ce genre, 
s(3ient punis de moiâ comme coupables dn même crime. (]e 
n est |)as sur la masse d une elincelle {lortée dans un magasin 
a poudre ({u il faut juger du délit de celui ({ni exjiose tout le 
monde à rembrasement. 

Art. XL 

Nous exenqitons de tous droits d’entrée, de sortie, de péage 
et tons autres ((nelcon({ues les blés et grains de tonte es{)èee, 
même dans les péages ({ni ne nous ap|)artiennent pas! 
attendu ({ne le droit naturel dont nous sommes les conserva- 
teurs, et ({ni rend la nourriture des hommes sacrée et {irivilé- 
giée, est au-dessus dn droit positif, si respectable d’ailleurs, 
qui réglé les droits des {)articnliers. Si. d'entre ees droits 
devenus comme patrimoniaux {>ar le la{)s de lenqxs, il en est 
([ni contrastent avec les lois de l’ordre naturel et essentiel des 
sociétés, c est à nous à en opérer l'abolition en vertu de la 
loi, et le rachat légitime pour l’intérêt des familles et {lonr 
1 édification [mbliqne. Ce soin nous regarde, mais le rétablis- 
sement du droit des gens et de la nature ne {leut être retardé. 

Art. XII. 

Le présent Edit, perpétuel et irrévocable tant que la loi de 
Dieu et de la nature à laquelle il est conforme subsistera, 
sera lu, {mbiié et afïiché dans tous les lieux de notre obéis- 








8 


111 





Mlü.UiKAt 


■'aiicp. pai loiit où s'asscml)l(Mil les lioiniiu's cl où ils onl droil 
(le s'assem!)ler: aliii (pi’aueun ii'eii puisse i^^norer ni pra*- 
lendre eausp d'ip;norauee, puiscpi'il s'ai,dl de la tank' la |)lus 
yrrave et d'eneourii- inaMid^sikleinenl la [)eine de moi l. 

Si mandons, ele. 


Win 


Il/':/*oys/ÙS DK MIHAKKAr 

-i DKs rnorosmnxs de m. di saillaxt^ 

(IV/'.S' [-<)(}?] 

1/1 clici-Lc du pain csl à son cr)inl)!(‘; k's ad\ (U'saires des Pli\sio- 
erak's prck'ndeiit (pu* c ('sl la lihiu’l»' nouvelle du eoinuieire des 
;^i'uius (pii (‘Il (‘st la eaus(‘ ; les Iveouoiiiisles r(‘pli(pi(‘ut ipu' c'est 
au eouliaii'(‘ du (k'daiit de lilieek' (pu* peox ieul tout 1 (‘ mal. Les 
« re[)ons(‘s » du uiaiapiis soûl iuleressaules pae le loii i'aiiiilier (d 
’aU'tiipie sur hupul il toriuule — dailkuirs avec uiu' rigoureuse' 
e.xarliiude — les ari'umenls de l'Keole. 

I ... Allendu ([lie U' pain el le eouleau seraient eeni ans en 
[iresenee sans se* taire mal si la main ne les rajiproelie, (piand 
e eommeree. ({ni (*sl la main entre' le besoin el la denrée*, est 
'Haronehé el banni, la non-valeur de's [U'oeluelions au lieu de 
eui' naissanee et la eherlé des {iroduils au lien des eonsom- 
nalions sont des eonséepienees naturelles de Létal deselioses. 

' 1 . La neeessile de* vendre au marelié eoùle^ aux sujets du 
lîoi une* inijiosil ion de 1:1 millions, en eh'oits de mina{>;(', bal- 
afre. ele. C’est un ealeul inijirimé et non démenti. La juri- 
lietion des ble's ne [)eut avoir d’objet licite* e{ue de* maintenir 
e niveau de*s [irix. (]e nive*au esl immanepi'dilement et uni- 
[uement un etlet naturel de Létal de liberté. Donc celte juri- 
liction, av(*c une telle* clause, esl un brevet ele médecin d’un 
leumne à ejui Lem \ a e*assci* la tète. 

d. Si meen e*tat e*tait de faire des soidiers, je* ne [laierais jias 
des eordonniers. Si Létal de*s habitants des villages était 
d acheté*!' des blés chez le voisin, h*s blatie*rs e*l autie*s com- 
iiiei'canls de détail n’y feraient j)as leurs atfaire*s. Mais chacun 

1. K. 'JOeS, U® il.i. — M, (in Saillant était un dos j^ciidros du iiiar(|uis. 








sne !.!■: e:o.\i.\ii:ue:i-: di;s oü.mns 115 

tait son métier eh* gu'é à gré dans l'état naturel, et chacun vit. 
Otez un de* ce*s métiers, teins les autres seiutfrent'. 

()bse*rvez encore* epie (juiuid j’aurai acheté des lilés chez mon 
Ae^isin, je* ne* jiarle* jias de* la jie'i te* de* le*m{)s el ele*range*ment 
ele mes voitures, ce (pii esl énoiine*. Chacun se cieiil en droil 
de* me demiindei' eiù j’ai ju is ce* grain, eiù je* le {leii le. et ele 
re*clainei' le {irivilè'ge* du mai'ehé. Xeius n’avems beseùn de* 
magistrats vivandiers epie [lour main-forte à libe*rté Ils e)tfi'e*nt 
leilérance*: il s e*n tant bien ejue* ce* soit assez. 

i. Lavez l’ave*n d’une administratiem epii, sous main. éfe*nel 
em l'etient la e'oui i'oie* eh* la leii jiublie.jue. Je sa\ais bien epie* 

cela se* taisait; nuiis toutes veu'ilésne* sont jias bonne*s à dire: 
je ^<)us |)roiïuds 

Dans le* fait, le* commerce* n’est jieùnt libre* dans l’intérieur. 
e*l ne* le* s;iui*ait abseiluni(*nl elle*, à meiins ejue* l)ie*u ne* e-hange 
el ne* recrée l’ordre des choses : I" tant epie la lib(*rlé ne sera 
jias au deheirs comme* au (h*dans ’ : epie diriez-vous el'nn 
homme* ejui vems {iromeltrait de ronijire toute eibslrueliem che*z 
NOUS (*n exce'plani les e*vacuations {)rine'i|)ale*s‘.^ :2" tant (ju'il y 
aui'a des ae*e*a|)are*urs leiyaux. 

• ' • • * • • ♦ • . ♦ 
(• 2 Les gi'ains royaux, loin de* tue'i' le*s Sjie'e'tdatieins de* 

gre*nier. les teint naiire*: e-ai- iL éteignent e*l écartent teinte e*ein- 
currenee*. Ils Lécarle*nl dans la ve*nte*; il sullit de Lave*u élu 
commissaire* ejue* .sein agent a eirehe* de* [lerehe*. A’eius e-royez 
(|ue Kl et 12 seils {lour"/,, n’e*sl rien: c’e*sl tout jieiur h* e*eim- 
nu're'e*. ejui ne* vil epu* de* jielils jireilils niultiiiliés. ejui ne 
Ncul {uiint jeiuler av(*e* epii délit jie'rdre*, moins avec ce* epii e*st 
/ e//, nuiins eiK'eire. s il est possible, ave*c ejui s’alliche* jiour 
libe*ral(*ur el le* eh'none'e*. bu, meinojioleur. e*lc., e*le., ele. Oi-, 
privilège e'xe'lusif des ventes jiar la retraite des e'one urre'nls 
devient jirivilège exclusif des achats {larloul ailleurs epi'au 
inai'ché. De leuil e-ela suivent lalerreiu'. Ie*s faux lu'uils, le haut 
jii'ix et la neiii-vah'ui' à ce'ilé Lun de l’autre*, et la e le*f de leiules 
les bouche*-, élans les mains eles agents. lie'*s inlide'les el au 
moins aussi e'ujiiele's epie* leius auti'e*s. ele* Ladminisiralion. 


I. Les r.dvcryiircs du iiouvcjui i(‘i,diue des sul).sist;mc(‘s voulaient (lu il lïu 
iiiioi’dit aux nlatu'i's do lairi'Ir oommoroo dos yrains. 

i. .N lu lin de l7(iS le.s piineipaux du royauiiie se Irouvaient IVnués 

pour la sorlK' dos grains. 


/ 



1 H) MlKABKAr 

H ... La foncurrcncc* est toujours (Milrc ayant inOino 

objet. Or. si c’est la eoiieurreiice eiili-e les i>7*e/o'e/'.v (nvires et 
les g-rain.'i ([u'on veut dire, cela ik‘ la saurait établir; 

car ou coimait de dix lieues loin les aeea[)areurs royaux. 
S’ils ai’rivent })ar ordr<* du i^ouverneinenl. ou sait que cela ne 
durera pas; car la c-liarité n’a ([ue des l>onHces; l'intérêt seul 
est tenace et suivi. Si, ce <(ui est le plus conunun, la inamcuvre 
est pour l(“ur compte, ils savent bien les moyens de boucler 
les lïreniers, pour peu (pi’ils soi<“nt éloif>;nésdu mai-ebé, pnis([ue 
dès (pie les forains royaux paraissent, auenn autre amas ne 
saurait marcher. (Ce sont là des faits (pi’on ni(*rait \ ainemenl, 
et que les yeux voient mieux cpie les comptes rendus à des 
i^i'iis à (pii on a a[)[)ris (pie la métiiode de tenir- ou relâcher la 
main sous main est eucouraifée. ne sauraient l’apprendre). 
Tout convoi donc (jui n'est pas royal, on semi-royal par des 
[lermissions, est arrêté [lartout. imjuiété et ruiné. La préten- 
due eoiicurreu(;e doue est seulement avec les ji-reniers de la 
banlieue. Belle ressoure(‘! 

!l ... Quand le eommissaire ' aurait un télescope portant à 
2IMI lieues, bra([ué sur un [livot t(jujours tournant [)our i-efîard('i‘ 
lartout. et à e(')té une eouleuvrine eliari^ée de l)lé [lonr l’en- 
voyer so/i/eo au marché, encore ne saurait-il. à cause de la 
entenr et i)ro[)ortion des achats, de la lentimr des avis, de 
étendue des distances, etc., faire au [uixdu couiantla méde- 
•ine universelle de la faim. L’intérêt fïénéral, universel et 
•on(*u!‘rent, est le seul spéciti(pie contre cette maladie. 


X 1 \ 

ÊI.onES DE EÈXEUiX 
ET DE L'AmîÊ DE SAIXT-ElEnnE 
EAU .MinAliEAr 

I W'/’.S /-~2j 


Mirah(*au a conqiosê utie si'uie (l'Kloi^es sur les « précurseurs » 
( e la Phvsioeralie. L' Elog-e dp Sully seul a paru ; publié (Tabord 
I ans les Ephpineridp.': eu 1770 et 1771, il a été reproduit par le 


1. tic rap[»rovisiorinement j^énéral du royaume. 




KLOGE DE FÉXELOX Î17 

P. Boscovich dans un ouvrage intitulé : Hommes à célébrer pour 
avoir en ces derniers âges mérité de leur siècle et de l'humanité 
relativement à l'instruction politique et économique (178!))*. qui 
d ailleurs, malgré les promesses de son titre et ses proportions 
(i tomes in-8), ne contient ()ue cet uni((ue opuscule. 

L’Eloge de Vauban (pour la Dime royale) et celui de Fénelon 
pour le l’élémaqiie). i\\i\ devaient suivre celui du ministre de 
Henri IV, étaient cependant composés dès 177:2 b Ils ont sans 
doute été lus aux Assemblées du imu di en 1772 ou en 1773: ils 
devaient ensuite paraître \vs Ejihémérides ; mais la publica- 
tion de ce journid s’étant trouvée suspendue en novembre 1772, 
ils sont i‘estés inédits-*. 

■Mirabeau avait encore composé un Eloge de l'Abbé de Saint- 
Pierre: le brouillon (|ue nous avons trouvé se réduit [iresipie 
à une analyse des ouvrages de fabbé, volume par volume, page 
par page. 


hênelon et Têlémiujiic' . 

Je ne sais si les autres hommes sont comme moi : mais 
il me semble ([ne le [)lus doux assemblage de lettres et de 
syllabes que puisse former notre langue, c'est le mot de 
Fénelon ’. 

(,)nel est l’homme'* (|ui le [iremier a enseigné (pie la dé- 
pense devait précéder le travail? Celui-là, mais celui-là seul 
est l’inventeui- et le fondateur de la science économiqueb Fl 
si dès ce simple cartouche on s’arrête, et I on pense (pie c est 
faire tort au bienfaiteur et au père de l’humanité future (jue de 
lui chercher des précurseurs, combien [)lus ceux ([ui furent 
les témoins gratiliés du travail constant et ojiiniàtre av(“c 
le([uel cet homme, déjà dans l’àge du re[)osb [larvint à déeou- 


1. CoU' à la B. 8i. 

1 *. Ci', lettre <le Mira!»eau au margrave de Bade. 20 août 1772 , Knies, l. I, 

p. 11,'). 

8 . Pour r « éioj^e » de Bois^uilIeUerl. voir dans notre Inventaire la cote 
M. 7S3, n*’ 0. 

4 . M. 78 :i. N** 7 . 

0 . 1’’’^ partie, p. 1. 

'1. 2'* partie, p. 3. 

7. Il s'agit. hii*n entendu, de (Juesiiay. 

vS. (^)uesnav avait 6* ans iorsiju d e«uuposa le Tableau économUjiie. 


A ' 





118 


Mil! Alii: Al 


vlir et i-rduii'O eu uii liloe inullainialile lous les résnllals les 
plus el()iii:nes de celle décoiiverle iinuieuse, doiveul-ils se 
rejieiilii' d a\oii“ [irononee ({u’ils legardenl un liomuu' ([ui l’a 
[H't'cédi* cDiuiue uu des Idudaleiics di* la science écononiiqnel 
...Nous [lariimes'. armes d ohseuiilés et laulciu's de para- 
doxes : mais ees {irhieipes élaieul de ealeidjeiirrésullat el leur 
admission devail laire le houlieiir des limuaius el le noire. 
Nous sorlimes avec bonne inlenlion. lioniu' volonli- el 
eourai^-e. id nous avons pi reé. la* lesle v iendra avec le lemps: 
mais dès l(*s [>remii*rs jours (b* noire mission, nous avons vu le 
j^oùl des proprii'laires. des nolables. (*l en ipielipie sorle des 
i^ou\ ernants, se lom-ner \eis les eampai^nes : l'ati:ii(‘ullui'e, 
ipii sous iu)s j^olldijues aïeux fui sealemeid loléréi*, devenir 
en lioniK'ur: réeonomie poliliipie enlin oeeipier les bons 
es[)rits, el les vérins éeonomiipies i-i'rmer dans l(*s bons 


eieursM 


Ob! si les lieatix esprils. si les hommes di* <;éiue saisissaieni 
aujourd hui ee l'i'i'inent de réi^i'iiéialion. n v trouv eraieni- 
ils pas des Irails d'un i^enri* neuf el inléiessani ? Je 
demandi* si le seiniieui' de Malcsfcoi/ . siéy'eaid à la lèU* 
de son Hureau de eoneilialion n’y vaudrail pas le Palamon 
des aneiennes c!,do^ues... etc.; si de lels tableaux oU'erls aux 
yeux de nos jeunes poêles n'exeileraient pas en (*ux renlliou- 
siasme ([ui lit parler la lyre des Housseau el des Pompili'nan? 


I . i);ii-tic, |i. II. 

-■ (.1. K. !H)(i. Il ' -I) (1777) : i< Aut l'crois. dans 1rs pioviiirrs cliaiii|irl rrs. 1rs 
^rillrs^qui rniisrr\'rül ilr la imhlrssr difj'iir dr rr lilrr.Mrs (drfjanls rl 1rs 
ollirirrs ru sriiirsli r \ uns jin^iiairid ru parui'i' dr vilir. parlairiil f^auclir- 
luriit dr \crs. dr prose rt dr uoiivrllrs ; rl sauf rrsprcl. ils iii'rii iiii yair ii 1 
lort. Depuis I.) ans rii\ iroii. 1rs choses à rr! r^Mi'd sr sont forl rrlablirs; on 
a rrfjai'dr roimiir un iiirrilr dr Idrii faire ^aloir sou doiiiaiur, rl 1rs 
lionimrs qui y l'russisseul Ir iiuriix ayant [iris rn qiirlqiir sorte le haut 
bout, couiiur rr sont d'ordiuairr des f^'riis dr bon sriis rl de bouiir \ oloutr. 
rrla a rliani'r 1rs pmrnrs rxtrrirures; 1rs cou versai ions soûl iiitrrrssanlrs 
rl utiles, rt 1rs divers ra|)i>üi ts a\aulai;eux. Maiv Ir p?iuci[ial avautagr con- 
siste dans les drprusrs ru ar^riit, ru travaux, eu \ ig'ilaucr. ipir 1rs proprie- 
taires loul \()l()utirrs sur leurs biens, au lieu qiiaulrrfois ou 1rs Irailail 
coiuiur uu charrriirr i\ i'e tl'aitr sou clir\al ipii sr rend parer ([ii'oii lui a 
refuse ra\'oiur. » 

:î. Lr luanjuis dr .Srrriit \t uail d'idablir dans ses terres de Malrslroit. ru 
Krrtarur, uu c Hureau dr roueilial ioii » pour i i'frlrr a l'auiiablr rl sans frais 
1rs eoulrslalioiis d, s paysans, (if. Eph. 1771. u 7. |q>. 181-ltlü. .Mirabeau rn 
|>rrsoiiur. a\-r • l'aidr dr sou lils, avait dr luriiir (dabli à Aig'ur |irrsr . dans 
'.ou domaiiir dr l’irri'r-Hullirrr ru l.iiuousin. uuryi (iour dr prudliouiiurs. >> 
qui jouait aussi le rolr d'uur c juslicr dr [laix » eauqiaffuardr. Cf. Kph. 1771. 
U" 0 . et Loiuriiir. l. III. pii .'l'j r| sini. 


sri! L.VlîBK 1)K .s.VlNl PlKIUîK 


119 




V 




Ne nous phiiifiions jamais de la naluie, jamais elle m* sera 
sièrile, jamtiis sur ses Iraees d inlércssanls jtttysaifes ne man- 
(jiieionl à nos [dnceatix. ('/est en s'en éloiirnanl et st* (U'Iotir- 
nanl à ht poiirsuile de Vidns ornemenls td rang-ers ;ï son inépui- 
sable simplicité, tpi On trouve aisément les bornesde limitation 
|)rét(‘ndu(* inv(*nlive et l'épinsemenl de noire faible géide 


Il 


h'loi>e (le l'abbi’ de Saint- Pien'c-, 


...La partie proprement éeonomiipie n’(*nlrail pas dans 
ses sjtéeiilalions '. Mais, d’une pari, sa manièri* d'envisagn'r la 
[tolitiipie était toiile éeonomitpie. en ee tpi'elle était nnitpie- 
nu'ut K'ialive à l’ordre et au bonbeur inlérieiir des sociétés. 
De raitlre. on sait aujourd’hui tpie la science économi([ii(* 
n est rurale tpie dtins ses bases. (*t tpie. sans s’t'blotiir des 
hautes spécuhilions el des petits secrets (h's pelils hommes 
(pii joiK'nl le grand sous le parapluie (*l en jtrésence du 
soleil, il n’esi tracas de (Àmr ou simagrées de ('ons(*il (pi elle 
ne ealciile. el ([u’elle a tout embrassé (hins h* genre polili(pie. 
même malgré elle, [misiju’il est vrtii de dire que tout se tient, 
el (pi’il faut préaliiblemenl ipie le monde entier connaisst* 
l’ordiA* et le révère, avant de pouvoir s .issnrer de labourer 
un seul chanij) à [terpéluilt*. . . Tout ee (pii conceriu* la poli- 
liipii* est de notre ressort, (pnind elh* est dirigée vers l ainé- 

lioration du sol (*t de ses baldlants L’objet donc' de lous 

les travaux (h* cet homme de bien bit de rendre ses sem- 
blabh*s lieiireux. 11 en chercha les movens dans celui de les 

K 

rendre jiisli's et bienfaisants. 11 oublia, ou [loiir mii'iix dire 
il ignora le [ilus ct'i lain de lous pour les rendre lels. tpii <*st 
de les rendre riches. 


!. Nr (M'oirail MHi [>as cnUMulra mi critunu' pia'aMirsfur* du lauuautisme? 
F. I.OlMi. IL* 

Drluit de 1 Elo^r, 
k. !*a^(‘ ;iT du inanuscril. 




t 




120 








MIHABEAT 


\.\ 

(:niTl()UE DK L'OrVRAKK ni: MOnKLlKT 

IMITVLÈ : 

lié fl exions sur les (wanfa^rcs d'écrire et d'imprimer 
sur les nuitières d'administration^ 

PMI Min Ain: AP' 

Fin i~~^ on commencement de /”5). 

Ce [)etil ouvrage est éerit à l’oeeusioii d’une très suj)ertlue 
Déelaratioii de raimée ITtil (jui défeiidait d'éerire sur l’admi- 
iiislratioii des üiiaiieesC eomiue si le ministère n’eùt pas su 
({ue (piaud le temps est bien mauvais, il est inutile de 
détendre de porter sa petite lumière dans la rue. attendu 
(pie personne ne s'en avisera. L'ouvrage lut (ui etlét tenu à 
eouvert jus(j[ues en 1774. temps où. la tempête ayant eessé^ il 
1 a lait [laraître. Les notes nous montrent (jue. quoi(]ue l’ouvrage 
lut éerit il y a dix ans. l’édition en est réeente 

* • • • • • a 

Le ton de cet ouvrage, si l’on veut bien se reporter au 
temps et aux eireonstanees. dira plus (jue ne saurait faire un 
éloge formel. Je n’imtends pas parler ici de celte lucidité 
noble et soutenue (pii fait le caractère distinelif du style de 

M. 1 a. M ; j(‘ Il entends pas non [ilus cette progr(*ssion 

facile, (|ui vous invite et vous guide sans jamais paraître vous 
entraîner, (pii vous persuade sans rien disputer, (pii dit tout 
sans epuiser la matière, (jui prouve sans allirmer. qui tou- 
jours éclaire et jamais n’éblouit, (pii laisse des traces pro- 
fondes sans être apesanliesb J’entends pai- ee que j’appelle le 
ton de eet ouvrage l’expression d’une assurance intérieure en 


1 M. 78t. n" 

J. II s a^it (If* la ncclaratioii <Iu mars I7(î4. rendue pour mellre un 
terme à la eami)a<,Mie de l)roclmres dont lit i)iil)licalion de la lUcliesse de 
'/•-/«/ (de Roussel de la Tour avait donné le siyiial. Celte Déelaration 
1 avait d’ailleurs pas été r<‘spectée. 

Miraix*au fonde de u'randes t‘sp(*ranci\s sur le nouveau régné. 

4. Miral)eau sait ap[>récier ehez un confrère des <|ualités qu'il m* possède 
)as lui inèim*; il nous lait ici très bien eoin[)rendr(* [»our(|U(»i Voltaire 
enait l'ahhé en [trofonde estime. 


STR L'ABBE MORELLET 


121 




la certaine science et pleine puissance de la raison iiarmi les 
li(jmiiH‘s, assurance ipii passe son chemin sans prendre gardt* 
au vent (pii domine sur l’orageuse mer d(‘s opinions régnantes. 

-\u reste, attendu les petits [iréjugés du temps, et mi {lareil- 
lement la rectitude des vues (pie montre rautimr, on croira 
(leut-ètre (^ue j(‘ m’apprête à louer un économiste: et j'avertis 
d’aliord (pi’il ne l’est point, ensuite (jue son ouvr;ige ne l’est 
jias non jilus! Il m* l’est jioint : il l’a lui-même dit formellemeut 
dans un écrit beaueouj) plus considérable ([ue eelui-ci'. Il a 
cru do'iiK'r à son désav(‘ii toute raulhenticilé jiossible en 
ajoutant : Aulliiis addicfiis jiuare in eerba mag'isfri . Il a cru 
sans doute (jue nous avions des maîtres, jiarce (ju’on les 
nommait tels, tandis (pu‘ la première let;on de notia* école est 
de ii(‘ ri(‘ii aeeord(‘r a 1 autoritt'. de marcher pied à jiied, et de 
n t'ii croii‘(‘ (jue sti |)i‘oj)r(* intelligence. Si nous eûmes des 
maîtres, nous n en avons jilus. François (,)uesnav, (pu* nous 
venons (h* ()erdre%... le vénérable François Quesnay. fut 
notre maître, à tous, et le s(*rade bien d’autres ; il le fut même 
de ceux (jiii voulurent lui (‘cha|)|)er et (jiii lui doivent les 
[larcelles de himièie (jui les éclairent aujourd’hui. 

... L auteur eciit en Lfii, tenijis où la Pfdlosophie rurale 
était écrite et publiée; il jniblie en 1774, temps où les livres 
de ces sectaires nommés économistes sont rejiandus jiartoul, 
où trois souverains ne dédaignent jias d’en faire la base de 
leur administration faNorable où les tribunaux, les j)ro\ ine(*s 
(Ui eor|)s‘ et les peuples en adoptent le langagi*. en juéeo- 
nisenl les [iriiicijies et demandent les résultats; et il dit : Je 
ne crois pas que dans noire lanr/ue on attache des idées pré- 
cises aux mots : commerce, richesse, circulation, crédit, luxe, 
hherté, propriété. Oh! certainement, si les économistes ont 
(ait quelque travail, il est toujours jiarti de la détinition tixe 
d abord de toutes ces exjiressions 

1. La liéfiitniion <les Dialogues de Galiani, que l'ablié avait niihlice 

en 1770. ^ 

2. Quesnay est mort le l(i déceml)re 1774. — Page ± du manuscrit. 

3. Le roi de Suède, le grand-duc de Toscane, le margrave de Hade. 

4. Mirabeau lait ici allusion à diverses déclarations des Etats de Lan- 
guedoc et du i^arlement de Toulouse, des Parlements d'Aix et dt* Grenoble. 
iiis|)ii-e«‘s dv c.Ttaiiis principes des Economistes et lavorahles à la réali- 
sation d(* certains points de leur programme. 




1 ' 


MllîAUKAr 




U 

1 w 


.. Aujourd'Ilui la Philosophie rurale, inaljîrr le vice de ses 
édilions el la niairlie eouveile (|iu‘ les cireonslaïua's j)iii‘eiit 
h i prescrire', a l)i('u des lecleiirs éclaii'cs el nVst plus iiii 
Il croj^lyiilie pour j)ersonne 




% 


Le dii>iie et à jamais renrellahle (lournav- avait, il (‘sl 
\ ai, pris ce [u-iiicipe poui- l’cdendard absolu de sou o|)iuioii, 
c^ul•a,^•euse ('U un temps où elle fut cl dut cire si contrariée, 
(*l axait allichc celle <‘\cellenle dexise : laissez- faire et laissez 
/Hisser. Son activité el ses emplois m* lui axaient permis de 
jeter an-delà de la carrière dn comimuee (pu* de ces coups 
d leil (U* lumière et de bienfaisance (|ui ne saluaient mamjuer 
au i>enie, mais ipii ne sont (pie des éclaiis. Son c(eur. véri- 
liible [>alrit“ de rimmanilé, était fermé d'ailleurs à tout or^oieil, 
à toute pei'sonnalité vaine, .le 1(‘ vis accourii dans mon cabi- 
n *t dès mon [tremier essai . J'i^uiorais tout alors: (piani à 
b i. il connaissait mjti'e maître el b* rey^ardail comme le sien *. 

ais nous perdîmes cet excellent citoyen avant (pu* le Tableau 
éi'onomiipie eût (larii ': (*'est là la base d(‘ la science écono- 
n iipie, el (lournay rii^nora". (pliant à nous, ipii les premii'rs 
a ons embrassé toutes les branclies ipielcompies d(* Tordre 
social, la liberté eu ifénéral. eonsiibù'ée comme [larlie inté- 
t; ‘ante de la propriété, nous peut être cin' re comme prin- 
cipe. mais non la lilx'rte [)arli(*ulii‘r(* du commerce, ([ui 
n est poiii' nous (pTun résultat, ('lie/, nous, pour nous, tout 
e t pliysicpie. et tout U* moral en dérive. 

()r nos piincipes pliysiipies sont les avances, leur distine- 
li m (‘I leur [iroporlion axec le produit net, etc.... N'oilà tout 
1( secret de nolie cabab*. et Ton ne nous reproclu* ra [>as (b* 
n ‘ pas Taxoir assez répi'lé. Dans tout cela néanmoins, il s'(*n 


\ 


< 


\ 


I. ('/Hait ic prcmiri* (ni\ ra^''D qiK‘ Miralu'au avait piihlii* aprt‘s son cnipri- 
.s( nnnnvnf à Vinconnes. 
i'ai^c ;; îlu manuscril. 

î. ( '/(‘st-a-(lir(‘ (iôs la i>ul)licati<tn dt* r.W/n* dps hommes. Ir ouvra^-t* 

(h iuai‘(piis (pli no lïit jias ainniymo. 

K II osl Tort d(»iitoux <|no (lournay el (^)ucsnav so s<o(‘nt connus avant 
l'î [)parition de VAmi des hor/tmes : il ( sl moins vraisrnii>lal)U* encore epu* 
(1 tnrnay ait jamais rHconnu le Docteur pour son maiti (\ 

La prenii(*rc édition jmlditjue du Tableau dal(‘ de la tin de (lour- 

m y était mort en juin. 

1 . (louimay n’aurait donc |>as connu le Tableau par 1 ('dition jadeée (pii ïmi 
l'n l'aile d(‘s decemhia» l7.'t(S; cela smulde bien indiipier (pic les relaliims 
cï tre rjnt(’n'*ant du conimerc(' et le Docteur n étaienl pas tirs intimes. 


sru i;abbk mobkllet 


Î23 


faut bien <pi(* nous considérions la liberté mercantile comme 
priiiciiie, si ce n’est peut-être (pTen un cercle bien lié et bien 
compact tout se tient; il s'en faut bien, dis-je, junsipi on voit 

(pie la sainte propriété elle-même iTest (pTun résultat'. 

• • « * * 

• • • * * 

Il est dilTu'ile de comjirendre c(‘s mots : Rechercher i/uelles 
.sont les lois les plus /)ro/)res à aj/aiblir insensiblement et à 
pri’venir pour la suite l'inêiralité monstraease des /mo/a-iétés 
et des riehes.ses, ce eice destractear des sociétés. On voit clai- 
rement par l’expression à'ajfaiblir insensiblement (pie 1 au- 
teur ne veut ni (b* la méthode de Tanpiin, ni de celle de 
DtMiys le tyran: je doute, à toiil prendre, (pTil voulût de celle 
de Lvcnrii'ue ou des réductions du lbira,ü:uay ; moins encore 
pourrait-on soup(;onner un bomme (pii a naturellement les 
i(bies justes de se faire, avec ([uebpu‘s atrabilaiirs de caliinet, 

le point de vue de l’éj^alilé des fortunes- 

Ce n’est point Tiné^ndité di's fortunes’ (pii est mon- 
strueuse: car le monstraea.x est hors de la nature, c est sa 
détinition propre: et Tinéij:alilé des fortunes est dans la na- 
ture, eomim* cclb* (b* la taille, des forces, de la santé. et( . 
Llle est et sera donc toujours entre deux bommes el produira 
ei'lle de leurs fortunes. En raison de ce (pic la société s’étend, 
les accidents pour el contre se multiplient, d oû suit ([iie celle 
inéjïalité devient immense. El loin (pie ce soit un eice des- 
tractear des .sociétés, c’est au contraire un état naturel el 
prospère de la société, (pii n'est instituée (pu* pour proté, i;er 
et (léfendr(“ ces disproportions élémentaires. Je dis effet na- 
turel : je viens de déduire pouripioi el comment. Je dis un 
effet /)ros/)ère : car les grandes fortunes ne sont [)his a leur 
titulaire pour i>eu (pTil en veuille jouir (‘xclusivement ; c’est 
le bassin oû se rendent bimi des lilels d’(‘au. mais (pii n’est 
(pTun marais s’il ne se vide pour le continuel arrosape^.... 
Les ^n-andes fortunes m* sont monstrueuses ([iie (piand elles 


I. Celle (téelaralion siilliiait à prouver que ler( principes sociaux procla- 
més par les Pliysiocrates ue soûl pas considérés par eux eomme i'ormanl la 
hase, mais seuiement le couronnement de leur système 

- 2 . Morellet en est ceiemdant bien moins éloigné que les Economistes. 

:t. i tbi manuscrit. 

L Hossiu‘1. dans l’Oraison tuiudirr du prince de Condé, avait a peu près 
de niéiue e(nnparé les fortunes des ^M’ands à »* C(‘S tontaines (pi(‘ Ion Iielc^e 
(lue pmir b‘S répandre. 




J 


124 MIRABEAl 

sont à colt' de la misère, preuve que, seiublaMes à l'eullure 
(riiu? loiqu*. elles sont redcl d’un arrêt forcé dans la distri- 
hulion naturelle des richesses, condition (pii ne permettrait 
jann is aux fortunes de j^rossir q.ie [>ar échelons. Rendez 
leur cours libre et naturel aux ra[)ports des travaux et des 
dé|)( uses, tout sera fortune dans l’Rtat, l't rien misère: et 
cela encore, nous l avons prouvé et calculé. Et si c’est, selon 

I auteur. /r système social à décoiterir et à démontrer, comme 

Copernic et \en'ton ont décoiicert celui du nuaide /)lnsi<jue. 
je m saurais être fâché ipie ce soit chose fait(* à son insu, et 
certi inement mieux ipie (à)[)ernic ni New ton n ont découvert 
le monde [ihysiipie 

... Notre* maître', plus ipéocto^énaire, était autant (*t plus 
(pu* jamais ardent pour h* bien, autant et plus (pie jamais 
touclié d(*s récits du malh(*ur (h*s |)eu[)les. autant et plus (pie 
jam; is zélé [)our l’eAtension des lumières et d(* rinstruction. 
\'iei X müi-même% je n'ai i>as [)(*rdu la mémoire de ce ([ue 
j’éta s il y a vinji:t ans; j’aurais donné ma vie pourvu (pi’on 
établit tel ordre d(* choses ; aujourd’hui je n'en rej^rette les 
heuies perdues (pie [larce ([ue je sais (pi’un autre n’aura [las 
mor c(jeur et ma tête. ([iioi([u'il y en ail de meillenres, et (pie 
je s( ns (jne sous peu les hommes perdront un bon ami. En 
un 1 lot. il n’est pas vrai ([ue l’amour de rhum. mité se refroi- 
disse 

E auteur eidin n'est point économisl(* '. je l'ai [mmvé [lar 
son a\(*u, [>ar ses alléij^ations et par s(*s rélicences: il n'est 
[loii t de C(*tte secte atlirmative comme rarillmiéli(pie, et dan- 
ü;(*ri*iise comme la maréchaussée. 11 n'en (*st [loint ; mais il est 
(*cla ré, juste. é([uitable. droit <*t couraijenx surtout. 11 eut le 
mér te (ratla([uer les abus (*n détail, ce (pii sans doute est 
plus [léi illeux cent fois (pie de les désigner et noter en gros. 

II i( m[)it dans h* temps le pr(*mier nœud de 1 exclusif, et le 
juin ipal à bien des égards, en attaijuant la juiverie fabri- 
cant *, en arrachant les toiles jieintes des grilf(*s de la [uolii- 


I. 0 (lu manuseril. 

] a* mar*(|ui.s a pros do IK) ans. 
d. 1 ’aj»(* (i du manuscu'il. 


.N . 








mseorns de re\thi:f 


1 ( 7o 


125 


bition': et biavant la nué(* marchande et ses alguazils, il 
mérita d’entendre un jour le l’ère des jiauvres et de la cha- 
rité lui aj)|)li(pier ces consolantes jiai'oles : J'ai été nu, et cous 
m'(n'ez vêtu. Il ajijuiya dejmis du jilus ardent travail la 
liberté du jiain du [leujile- ; J'ai eu faim, et cous m'acez 
nourri. Soit vaiinpieur. soit rejioussé aux altacjues du niono- 
j)ole. son couragt* ne s'est jioint démenti. On n’imaginerait 
jias dans un désert ([u'il en fallut beaucouj) [)onr annoncer à 
un |)euj)le endetté, ruiné, (ju il lui convient d’abandonnei* un 
commerce où il a perdu jilus de 4U0 millions en tll années: 
mais jiour jieu fjii'(4n connaisse les hommes, on trouvera 
(juehpie mérite à oser dénoncer cette chose au milieu des 
hommes (jui ont mangé les millions E Entin il attache le gre- 
lot aujourd’hui sur un sujet de la jilus grandi* imjiorlan(*e 
sans doute pour riinmanité, mais en conséijuence donné jiIus 
(jue tout autre en garde à la trijile gueule du (N'rbère des 
frauduleuses autorités. . . . 

Nous nous acijnittons ici de notre jiorlion du tribut géné- 
ral (jui lui est dû d autant jilus volonti(*rs (ju'il ne sera jias 
taxé de jiartialité. jiuisijue l'auteur n’est jioint économiste. 
Mais nous osons annonc(*i*. attendu (jue les (cuvres attirent 
infailliblement la gràei*. (jue Dieu lui fera celle de le dev(*nir 
un jour et de l’étri* jusipi'à la lin. 


\N1 


mseorns riîoxoxcf: par mirabe-kp .1 la 
rlxtrél: des assemblées écoxomiopes ^ 

ifj. décembre r~~o) 


Ce Discours (*st jircsqu’uu chant de Irioinjihe de l'ajuMi-e de la 


1. Les Ré/Uw'ions de Morellet sur les avantaf^’es de la libre fabrication et 
île rusag-e des toiles peintes ont paru en ITiiN. La [)rohibition <|uc reprou' 
vait Tahhe fut levée en ITri’i. 

t. Allusion au Fragment d'une lettre sur la police des grains <^ue Morellet 
avait pui)lic en 17(14, et surtout à la Réfutation des Dialogues de Galiani 
(1770). 

3. Allusion au Mémoire de Morellet sur la situation actuelle de la Com- 
pagaie des Indes, publié eu 1709, et <jui précéda de peu la suppression du 
privilège de la Coii.pagnie. 

4. M. 780, n“ 0. 



MIÜAHKAI 


1 MIÜAHKAI 

1 hysiocratic ; Miralu'au a oiicorr pleine eonlianee dans le sneeès 
des opérai ions de Tiiri^ol. eonseillt* par Dupont. 

... .le n’étais [ilus Jeum'' ([iiaïul h* |)reiniei‘ j’annonpai les 
lois (le l'ordre natnrtd- et dévouai aux Dieux iuleruaux les 
l ‘uauts et les satellites aulorisés du désordre liseal. de la pré- 
< (uuiuatiou mereaulih* et d(* la |)olili<iue prohihilive ; je u'élais 
I lus jeuiK' (Ml ellel : et je u’étais pas vieux eueoie (piaud j'ai 
\u l(‘urs prétendus secrets, ei-devaut révéï'és. désormais livi'és 
à la dispul(' des hommes et au munuure raisonné, présai^e de 
1 analliimie uuiA ers(d. .It‘ u'élais plus j(Mim“ déjà.cpiaud ou pré- 
s mlait eueoi e au soin eraiu les accapareurs de l'imp(')l 
e mime les eolouues de Th.lal, (pi Ou s'aAouait travailleur de 
I rovinees eu liuauees (pi’ou \ aulail au i^orn eruemeul les 
e irvées eomme propres surtout à aeeoulumer h>s peuples à 

I ohéissaiiee; et je u étais pas vieux (“iieore. «pie les puhlieaiiis 
eut Irmuhlé dans leur rejiaire d’uu frémissemeul (pii ne les 
(juiltera (pi’au l(“rme [iroeliaiii de leur [lom oir: (pu‘ leur fatale 
s •ienee. (jiioiipie trop exercée eiieor(‘, a iiéaumoius (dé [tres- 
e -ite dans les opinions; (pie l’ordre de suppiimer les corvées a 
é é [iroiioiieé. .le u'éiais plus jeune tU'jà, (pi'ou exaltait encore 
le cerveau des sou\ ('raiiis lettrés [lar les fumées de lîiieia e et de 
e impiété; (pi’oii Unir inspirait d’aulri' part (pie h' secret d’Elai. 
h dissimulaliou. et U' soin de u Cmiiloyer et de u’avaiieei' (pie 
(1 'S ^'(‘us de peu *, (‘laii'iil les r(‘ssorls d un i^oii\ (‘riiemeul 
sii^a; taudis (pi(‘ d'autre part des pluloso|)lies eiilorl ilh-s et 
\ ligues, soi-disant poliliipii's, prèeliaieiil au peiiph* je lie sais 
(| lelle liberté, l'opposilioii. les contrepoids resjK'elifs. et tout 
h fatras d’iiiteiilioiis, d'atleiitioiis et de préleiilious sédi- 
li Mises ’ dont le terme nécessaire est l'eselax at>e [iréciirsiMir de 
r iiiarchie ou celui (pii la suit; et je u’élais pas vieux encore 
(| laiid j'ai vu des sonvm-aiiis reeouiiailre l'ordre naturel 
Cl mime la Loi sacrée (pii oblige également et les rois (d leurs 
P Mi[)les, et s adresser à ses orgaïu's a\ ec la sage et soumise 

II odeslie d’iiii (Mifaiil ; un jeune prince'', don du ('.iel, la siii\ re. 


I . <iu manuscrit. 


Lors(|u*il a\ait |m!>Hc la Thvorie de l'impôt, Mirabeau a^ail b'i ans. 
>. Allusion à un oavraj^t' de Na\’eau inlilub- le Financier citoyen . 

K C’e n'est pas rEconomisle (\\\i pirU* ici. e'e>( le mar(|uis. 
t. Crilnpie de Montesquieu. 

1 , Le niar^rave de Bade. 





4 







UlSt'Ol l>L HKNIlîld-: : ITT.i 

reiisiMgiier. et la gravm* pour ainsi dire sur le terrain avec nu 
soin ('xact et assidu, [irodige égalemeii! de patience et de 
sagesse. Lu jeune Roi’, l alcyoïi des souv(‘raiiis. vaimpieur 
de riiydre des partis, sauviuir d'un peuple épars, ruiné, liale- 
laii! (Mitre le découragemeul et le désespoir farouche, barrière 
contre h“ désert (|ui du fond du Nord s'avam.-ait pour etfacer 
les bilans multiplié's (h* rKiirope bampieroulière. eu uii jour 
[iroserit. armé. trioui[)haiil . souverain absolu et legislaliMir de 
lui-mcme et de son peuiile-;... ce héros, dis-je, (U'veuu le 
père de sa iialioii, met sou soin iiriiieiiial à la faire iiislruire 
des lois de l’ordre naturel Voilà des princes; et d’autre part 
la [ihilosophie vague, impiièle et souvent destructive, coni- 
ineiice à dire (pi’idU' n entend rien a l ('eoiiomii* poliliipie . 
Vainement 1 orgueil et les ris amers d(‘ ([uehjiies public isl( s 
atrabilaires* et de leurs échos dispersés ont voulu salla(]uer 
a la maiii(*re dont ces veritc's turent aiiiioiieées. le lidiculc 
porlé sur les organes de l'ordre naturel, suppose ipi il ail 
jamais eu d(* prise, n'a cerlainement pas nui à la [uiblicite 
de Ic’urs principc’s; ils se sont ét(‘udus et a\anc*t*s dans h s 
opinions, ils ont instruit leurs détracteurs mêmes; nous 
n'avons presipie plus (pi à coudre les idées é[iarses dans 

les tètes.... 

, ....♦••*•****** 

Kt loiL Hrulus". aussi loi (pi'aulrefois mou iiiaitre et moi 

nous élevâmes pour jiarler. et (pi’oii oblige aujourd hui a 
se lair(*; loi <[ui eons(Aiumas douze années dans le travail eeo- 
nomi(pie U* [ilus assidu ; d(*ja connu par tant dou\iag(s. 
objc't des aga(*eries de la fortune, et toujours a peu près aux 
l)orl(‘sde ri(*n’*; réduit aujourd’hui, sous de belles appareu(*(‘s. 
au sort du Hat de la fable* <pii ronge les chaînons du rets (pii 
(*nlace le lion'-'; toujours fidèle à nos iirincipc's et aux liens, tu 


1. Le roi do Sncilc. GiisLivo 111. 

1 *. Allusion au oou]> d'Hlat de L*-. 

:i. L'oralour \ iso les Kncyclo|u‘dislos. 

L Allusion à (irinuu cl a (laliani. 

D. Page du manuscrit. 

7. Los proiniors corils i‘oonoiui<|uos tb‘ Dujxuil datent on oiîtd de liii.». 

8. CL Sohollf'. Dupont, p. Dupont s'elail endetté de oO.tmO francs pour 

venir servir son pays. » Pour ropondro à l'appel de Tur^^)t il avait aban- 

donno une brillante situation en INdoi^ne. 

H. Dupont avait été nommé ins[>octour ^auiéral îles manufactures le iMt s<*p- 

tembre 1774: et il était depuis lors installé au eontrùle général. 


^ • 


ne (VM'oi^eias point au devoir (reuseig'iier et de praticpier la 
jnst ce. et tes enfants ne sei-ont ni fermiers-jiénéraux ni rien 
d ai i)rochant : mais ils hériteront de Ion nom et de ton équité, 
et r en ne leur man([ueia. 

Nous avons üxé' la nomenelatnre d’une laiiKHi' faite 
pou ■ être entendue d un bout de l hemisj)lière a 1 autre. Nous 
l’avons fait sans rien ehanj^er néanmoins aux expressions 
reçi es, mais s(‘uU*m(‘nt en lixant et a[)pli<[nant l idée <pi elU's 
renlLunient à des réalités naturelles, universelles et néees- 
saii 'sà tous. Voilà l uniiiue serviee (pie nous ayons rendu.... 

.. Nous ne sommes pas eneore à heaueoup [irès au temps 
où 1 instruetion n'aura besoin (pie d’être eontinuée et surveil- 
lée il faut pour eela ipi’elle soit avouée, et reeonnue [lour 
indispensable, et annexée à l’instruetion relii,d(‘use. Elle n’est 
eneore enseii,’-née dans les éeoles publi(pies <pi’en Suède, et 
biei (pie parmi nous, où elle est nt'e, nous soyons prêts a de 
tels exemples, on y voudrait eneore essayei- de 1 atta(pier [lar 
1(‘ I idieuh' ; on nous aeeuse d entbousiasme, d ambition et 
d’opiniâtreté sectaire, (pie sais-je? L’élite nombreuse des dé- 
trae Leurs sait bien ee (pie la science une fois consacrée (d ses 
rési bats établis huaient de tous les moyens de iiéeulat et de 
l’(‘X letion réi^bunentaiia' ([u’ils regardent eomme leur [latri- 
inoiiu', [ilumes éparses et enlevées au [laon d(“ la jiatrie dont 
ees geais orgueilleux et criards conqiosent leurs vêlements 
('mpruntés. l)(‘s monopoleurs d’orgueil se joignent en eeei a 
e(ui^ d(‘ l’intérêt.... Le reste riqiète pai' écho. Mais enlin, po- 
pul liiHunent parlant, du moins à la capitale, nous sommes 
eue >re des gens étranges, et c’est ee (pi il laut ([ue nous ces- 
sions d’être.... Enfants de la synagogueLne riez pas sur nous..., 
mai s sur vous-mêmes (d sur \os enlants, siqipose (}ue ee soit 
tou de bon ([ue vous veuilliez rire: ne riez pas sur nous..., 
ma s sur vous, (pie nos neveux veriont délaisses, ou du moins 
vos bureaux et ^ ()s [lataebes, vous dont les petits-lils porteront 
la 1 landille s’ils n’ont d’autre savoir-faire (pie celui (pii pas- 
sa"- ‘rement enricbit leur maison. 


1. 'S.* (lu manuscrit. 

iV Les liiiauciers. 






. ■.'‘V 


DISCOURS DE RENTREE : C7G 


XXII 


DISCOriîS DE MllîABEAr .1 
I.A DEA TUÉE DES A SSE^IIUJiES É(:()^ ()^I^n 

POin EHIVEIÎ 

l>e ton de ce second Discours est bien dilVérent de celui qui 
règne dans le précédent. C'est eu (|uelque sorte, au lendemain tle 
la chute de Tnrgot, le tesiamenl du [>arti économiste, (j est en 
méni(‘ temps un document {)récieu\ sur le désaccord (jui scpiira le 
luinislre «les purs Plwsiorrates. 

... Le ministre- qui voulut mettre nos prinei[)(‘s en pra- 
ti([ue renvoyé et remplacé par ses antagonistes mêmes; le 
seul d'entre les Economistes qui eût un accès jirivilégié auprès 
de lui et [>ar là une iniluenee réputée décisive sur ses opéra- 
tions retiré et eomme domicilié dans une campagne éloignée^ ; 
nos deux jilus vigoureux et renommés athlètes [loursuivis, 
attaqués, exilés, opprimés, même sans réelamationL et c(‘tte 
réclamation, dénoneée par d’imprudents amis au tribunal soi- 
disant ennemi du pouvoir arbitraire, n’en ayant obtenu qu’ap- 
probation de ees mêmes actes et anathème injurieux^ toute 
instruction et impression interdite; ({uehpies autres [lartieu- 
larités eneore que je pourrais citer, toutes ces choses frap- 
pantes au dehors font penser à (jui n’a [las vu le fond inté- 
rieur des choses que, semblable an roug-e du mutin ({lourme 
servii“ d’une ex[)ression de la campagne) rpii annonce au voya- 
geur ex[)ériinenté la leiiqiête de la journée, l auror(‘ d’une admi- 


I. M. 780. n® 0. 

1 du manuscrit. 

3. Dupont, exilé dans sa propriété de Bois-les-Fossés, près (dievannes. en 
Gàtinais. 

4. Les abbés Bandeau et Roubaud. exilés le premier en Auvergne, le 
second en Normandie. 

D. Allusion au [>laidoyer prononcé le Ht août 1770 par un memitre de la 
3* chambre des Entjuétes (du Parlement de Paris) pour faire rapï>orter les 
« ordres [>articuliers » signiliés aux <!eux abbés. Le Paidement refusa 
d'intervenir j>our faire annuler les lettres de cachet qui avaient envoyé 
les deux Econo;.xistes en exil. Cf. Flammermont, Hem. Pari. Pariai, t. III. 
p. 380. 


f 


Mll!.\iu;.u 



13 » 


n sli'ation ôfonomi'iiu' (jui nous luisail 1 aiim'c j»rcc('(l(MiU‘ 
s' ‘Si chaui^ée ccHi'-i i en une saison siiWili'iiu'nl oi-a^M'us»* cl 

il ijHcvue. 

(A*[)eu(lant, Messieurs, di's lors les choses s aunoiivaienl a 

[)'‘u [U‘cs lolli's (jut'lli's soûl ari‘i\ocs*. 

... ( hiaiid le Ikhi S(M 1 s. WHndv et la n'Ilexuva suimIcs inaliè- 
ri s au\(nu‘lles (le()uis 2.") ans j’ai consacré Ions les loisirs (le 
n a vie ne in anraienl [tas éclairé sur ces ol)j(‘ls si ra[)|)i‘oelu‘s, 
r *x[)érienee seule m’aurait averli en ce ^eiire. Dans l’annee 
r (13, nous eûmes, ou nos |)rinei[)es du moins jtarurent aux 
yux du vulyiir avoir, une sorte de fav(‘iir auprès du i;ou- 
v'rnemeut. Tu ministre say (‘t mesuré dans sa manière 
a liant ([ue dans sa conduite- avait dès les premiers temps d(‘ 
h [>aix soulaifé rexiraelion des farines (‘ii luinots*. allranclii 
e ‘11(‘ des i^rains et li-renailles'. (jui couvrait la sortie et le 
d‘l)il d(‘ hi(‘u des .t^rains. Attentif à ménayr k‘s esprits et 
s irtoiit à n'avertir jamais, il était pai-venu a [trononeei' et 
é ahlirsans (‘clal la liherlé du eommeree iiiliu'ieur des grainsA 

Tu autre. aj)i)orlé par un eou[) de vent d’une terre absolu- 
ment élranyre". trouvant le ministre [irineipal. ou le favori 
du tein[)s% dans l’idée (pie la liberté absolue était avanta- 
li ‘lise, la [iroposa, et [>ar son crédit (‘t celui de sou patron, 
il en lit passer l’édit dans les (:om[)a,i>:nies. Mais on obtint de 
lui des restrictions ^ et d’autre part les barrières se relevèrent ; 
1rs maïuetivres rallendaient aux cas portés [larles restrictions, 
cl bienl(')t suri'iit 1(‘S faire naître^ Le monopole, dont le vieil 
e-t l’ànie de tout tratic ou coininerce de revendeur, toujours 
1 arré [>ar la eoncurrence, ne [leiil s (‘tabiir ipi a l aide de 
l autorité. Il l’a intéressée dans sa cause de nation à nation 


1. Miral>pan iiavail i>as été aussi lion propliéte (lu’il le preteml apres 

I évéïuMiient. Voir ilisconrs prcciMU'iit. 

“2. Hrrliii. dont l elo^^e st'id ici de [)rtdaee a la critique de l ur^^ol. 

L'exportation <les farines Unes, expédiées en i»ards. avait ete autorisée 

I ar arrêt du mars l7fé>. 

4 . Arrêt du 2 janvier 17t>L 

:i. Allusion il ia Déclaration du ié mai I7(i:i. 

(i Laverdv était un Parlementaire sans expérience aucune des choses de 
1 nance. 

7. Choistuil. , 

s. l/Kdit du I8,iuill.‘t ITtii n’aulori.sait r.-xporlatioii des -ram s que sous 

( erlaines réserves. . . • i r , i., 

9. Vllusion aux luaiuruvres <(ui eu t"•><> al)outirent a la feriiieturc t 

1 orl de Nantes. Voir notre Moih'. phys., l. 11, pp. -'i(i. et à87-a88. 


♦ 


DlSCOt US D1-: lU-NrUKK ; ITT'i Idl 

SOUS le prétexte d(‘ l:i balance du eommeree; tuais dans le 
s(‘in (!(' la société, il lui faut un prétext(“ (“t eaelu'r le véritable 
motif ([ui serait trop rriaiil. /a ciijjidifé (’e [irelexti* 

est i Ordre, la crainte du mono[)ole lui-méme. 1(“ [lain des 
[laiixres. l’édililé. Sil(')t (jue l’autorité, ou lrom[)ée ou Ironi- 
[leiise elU“-mème, a saisi ce prétexit'. tout est dit. et le mono- 
pole Iriomplu* néeessairemenl. 11 lui est doue t'i^al (jite le 
<;ou\ eriiemenl [trononet* les l•(‘^i■l(*uu*nls ou l;i liberté, si e est 
lui (jui ht \ eiil faire, eel le liberté. 

... .\insi doue la liberté des j-rains fut prononcée ;i bi tin 
de ITtii. (“t (l(‘s ITtié on av;ut d('‘jà trouvé b' moyen de fairt* 
ft'rmer (|uel(|ue port; lélutudemenl se eontimmiipia en ITtiti. 
fat iTtiT 1(“^ accident s des récoltes ajouli'rt'nt au trouble (“I au 
mouveiiu'iil. lailin eu ITtiS les ré.i,demeutaires. les muniei- 
paux. les jui idielioniK'ls ( jtK'lcoiKpies. tout s ameuta. L on lit a 
l’aris eelt(‘ CCI laiiu* ass(“iublé(‘ de notables si bien choisie, si 
instruite, et (jui [larul si sensée'. Nous a\ ions (‘le les amis 
des boinmes jusipi alors. et tout à coup on nous denonea 
eomm(‘ fauteurs de l’autorité (‘I du mono|)ole : (|uel(|u’un- 
nous dit corrompus, et si e(‘lle sailli(‘ parut risible, attendu 
nos UKCiirs (‘onniu's. nous n’(‘U lûmes [>as moins menacés et 
livras ati\ al)()V(Mii‘s du (aunaul, j)ai(*(^ (|n on nous savait 
appuyps (lu L*‘ou\ (M'iieinunl : pairi' qu'un do nous y cxilt' 
aujoui'd'imi pour a\()ii* fail c<‘ ipi il lit alni*>. i* (^si a-dir*(' vvril 
stdou sa (*ous(*i(MKa‘ à la dvinandt' td sur l(*s maliu iaux a lui 
IVuirnis par l’Iiomine du rossoîl. tdail rinployp par le sous- 
ininislre" [)oui* laii*e parUu' dans st‘s If(^presrnf (fl foj}s aux 
mai!'i-^/ritfs-* le s(Mi^ (amunun des ehos(‘s td d(‘s faits. 

A la tandis ipie l\u*is, Uomui el ptuil-èli'e Dijon 

nous d(‘\(>uaienl à l’anathenuL I'ouIoiiml .\ix ei (inuiohle 
h‘s f'tats du I.an^inaioe ainsi <pie (*eu\ d(^s autres [)i‘ovim‘es ■, 
nous (ulai(‘id (*oinnu^ K‘s vrais eonst‘ill(M*s des rois: mais nous 
n'a\()us lu'soin ni de hlàme ui i\c louan^’e; nous axons besoin 


1. tl (le 1 AsS(Miil)lée iréni'-ralc d»* polic<‘ tenue h* ri.S novemhit 170N. 

2. Le Ihw'.sident Le Pciletici* de Saiiil Fai'^’cau. 
a. L'al)Lé Uouhaud. 


L 'i'rmlaine dt‘ Monli^ny. 


a. Pul)lli*es en I7h*.f 

(i. Mii'alK'an entend parier des Parleimmls résidant dans ces dherses 
villes. 

7. On ne voit pas bien (|iielîesvt autres provinces » Mirab(‘au aurait pu citer. 




135 MlkAKkAt' 

<Hi OU nous cH-oulo. cl nous s;ivoiis (|uc la |)rcveuliou cl 
l e igoiicmcul ne saluaient ée(jntei'. On nous aeensa, 1 on nous 
(lé lonea au peuple, et je n’onhlierai jamais mon premier 
étonneimmt (piand on me manda (pie se l éelamer de moi 
(la is les rues de la ville de Konen serait alors le seei-et de 
se faire la[)ider. J avais toujours etc aimé du penpk*. eoiuhle 
de maiapies d'alleetion méritées, et j'ignorais alors (pi il fan- 
driit nu jour s'aeeoutmner à l’excès des jugements lémé- 
ra res. 

rentalive doue d’assemblée séditieuse’, sons le nom d(' 
eo ivoeation des nolahles. La Irompelte du jugement nous 
désiiïue elairement secte, détinie (*n termes bonrsonlles; le 
Tl ersiU* des éeri\ ailleurs de ce temps - nous attaipia comme 
docteurs modernes. ()n se souvient de la rrjionse noble et 
fei me de l’auteur des lieprésentations au.x map^istrats à l'ad- 
m nisiraleur (pii l’avait chargé de ce travail, et ipii lui man- 
dait, au moment ([ue son ouvrage allait paraître, (pi’il prît 
gandeà lui, et ([ue si les Parlements ralta(piaient la (iour ne 
le soutiendrait [>as En un mol nous eûmes tout lieu de sentir 
ce (pie vaut la moindre apparence de faveur auli(pie à toute 
ne uvelle doctrine. 

le me tins dès lors pour averti, et cette eonnaissanee réllé- 
eliie fut un des principaux motifs de mon (([iposition a ce 
<p ’on dédiât les Ephémérides à M. le Dauphin (le Roi d au- 
jo ird’hui .arrangement fait et accepté sans ma [lartieipation'’. 
El s eireonstanei's ayant elairement changé deux ans après, 
et ^i |)alemment que l'adminislralion osa se |)rivilegier elle- 
m Mue |)our le mono[)ole\ les [irrnhuds d entre mes amis 
v( nlnrenl m’ellVaver sni‘ le sort de mes assemble('s. .le n eus 
p< int [HMu\ |)ar(*e ([ur je savais <ine \v i^ouvei DemenI (Taloi'S’^ 

Hait pas [)our s'alta(‘luM' à Trcorce des elioses, el (pie de 
lu -nu'Mue il nous rendrait ralVeetion du [lublie. Il en a!*riva 

1. L’Ass(Miil>lée lie jïolice avait vioii'nimenl critiqui- la nouvelle lê^nslalion 
su les crains. 

Linguet. Sa lîéftonse aux Doctruvs modernes dat(‘ de 17^1. 

I']n 17r»7 une première fois, ]>uis eiïcore im 176.S. (hiesnay avait ciierche 
à ( htenir pour l(‘s Kfihémérides le patronaj^e <iu Dauphin. Cf. 3ique. phys., 

l. ] . pp. Hil-H'nî. 

4 Allusion au rélahlissenient de la Coinpa^mie royale d'ap|)rovision- 
ne lient el à l'extension de ses operations en 1770. (d. Mouv. pky'S.^ t. II. 
[). »07. 

L C’est-à-dire le Triunu'iral.. 



V 


4 


mSCOriîS DK HEXTKKH 076 


133 


/ 


> 


ainsi. Le gouvernement, content de s attribuer le lait, ne piit 
(pie [leii d’humeur sur la (piestion du droit; il entra même en 
liee,el sans tyiannie; on se souvient de ce préambule d arrêt 
du Conseil ipii crut se mesurer en raisonnement avec 1 l'crit 
du Parlement de Toulouse sur cette matière’: et si les écrits 
d’alors furent fatigués et comme arrêtés à la censure^ ceint 
plnl(')t pour fait de monopole (pie pour le londsL 

Dupont se rebuta, entraîné par d antres eirconstaneesL 
mais l’abbé Rouband” tint bon, usa d’interloeutions [umr la 
forme, harassa son censeur pour le fonds, el se soutint eonlre 
la tempête, jusipi’au temps du prétendu vent lavorable, ou, 
s’étant chargé de voiler à la recommandation du pilote, celui- 
ci l’a fait ('.ehoner avant même (jiie le temps eût changé L 
Ceei nous amène à l’époque (pi’on crut nous devoir être si 
favorable, (pie je [lensai pouvoir l'être ou plus t(')t ou plus 
lard à la chose, mais non à nous, que je vis généralement 
dévoués dans peu à ranimadversion pnbliipie. 

Dès les preniieis tenqis de celti* révolution, on dut [U-évoir 
(ju’un très jeune roi (pii, touché de la meilleure Milonté de 
bien faire et de la plus grande métianee de soi-même, se 
liviail à un vieux ministre ipi il n avait jamais vu jusipie-la . 
certainement resterait dans la vieille ornière, (piehiue dill’é*- 
renee (pi’il y eût eidre son caractère et celui de son prédéees- 
senr. H ne tallait donc pas être sorcier alors pour prédire 
continuation du même sujet, ('.et boi'oseope néanmoins ne 
pouvait être qui* pour la roiitim* de 1 administration et [lour 
l(*s [M'ineipes du gonvernenu'iit, mais non pas pour 1 alluiv de 
la chose et des alfaires, celle du précédent règiu* étant telle 


1. .Vllusioii à l’an-èl ilii l‘arU‘ment de Toulouse du 14 uoveuil)rc 1. .2 en 
laveur <le la lil)ertc des ^u-ains [Cf. Lettre de Dupont. Knies, t. 11, p. 144i. et 
sans .loute aussi à farrèl du Conseil du 14 février ITT:!, <iui prétendait .lostilier 
par les prineiiies mêmes de lEeole le retal.lissement du régime proliilntit. 

•2. Cf. Condoreel, t.etlre à Turjfol. 14 janv. DTI : « L imiuisition ipii s appe- 
santit sur notre littérature. » (lùu-res. t, I. p. Dit. Cl. p. IHO- 

;i. Mirabeau veut dire sans doute que le {rouvernement interdit toute 
attaque contre les monopoles partieuliers. plutôt qg ü n i‘mpcclia la pio- 
iiaffande en faveur du prineijie général de la liberté éeonomiiiiie. 

i. Les Kphéinerides ne furent point proiirement suiiprimées; mais la mau- 
vaise volonté de radministration avait contribué à leur échec ünal. l.c der- 
nier numéro parut en novembre \~~2. 

W.cdi\cU-\iv vn c.he( dn Journal d'agriculture. __ n 

(i. I.e Journal d'af^ricuiture cesse de paraître a la lin de D<4. (d. Sehelle, 
furicol. p. ±n ; i( Roubaiid n avait jamais été estime de Turgot. » 

T. Maurei>as. 







MIU \HK.\r 


(li ns ces (let-niers leni|)s (|iie loiile espèce de conlianc(' el par 
cc iisc(puMil toute ()l»',ussa,nce touchaient à leur tin. 

Il était donc à peu près visihh* (pie la (amr deuuMirerait 
noinbreusi', intriguante, roiui-cuse el anarchiipie, el le tout 
aM’c proiîression ; ([ue radininisiration serait laildc, conlice à 
i>:( us de peu par res|)('(‘(‘ (d par l’acipiit. rendue aux inailri's 
des !‘e({ucl(‘s : (pi'ou donneiail, coiuuk' l'on dit. un coup sur 
la caisse et l’autre sur le lainhour; ipiOn nicnag'erail tout le 
ii’oiuh*. ipéon pousserait le temps avi'c rc[)aulc; coinnu' aussi 
q l’on alliclicrail , (piaul aux princi[)es. la inodcralion. l’ainour 
d(‘ la [laix, etc.; maisipianl au Idnd des choses doincsliipies, 
la justice était nulle dans h‘ royaume cl lenu(“ pour exilée, et 
le s linances jiassaicnt [lour n'étre plus ipi un pillasse a\(‘iyuU‘ 
(‘I inqmdcni. La pri\ation d'un seul de ces objets peut 
(1 ssüudre um* société ; aussi la lu'ilrc n’i'lail-elh' plus ipie le 
ri iide/-vous d'une multitude de pciili's associations bri^andi's 
el des ('niants |)erdus(pi<' i-ela traîne loujouis à sa suite. 

Il importait [u'u à la (’.apilale d’avoir juslici' ou de n’en 
a 'oir [)as ; ou n y cherclu' (pu* crédit. la\('ur, bienl’ails, 
c u[>ruuts, prolits, all’aires. et tout cela n Vs (loint du ii'ssori 
d' la justice. Mais il lui imjiortait d’avoir un moyi'ii de plus 
(1* pilh'i- un m'iand ressort: de irrossir ses déprédations di* 
1( Us les prolits des sangsues vivantes à la suil(‘ du Palais; de 
n * [>as voir ce vasl(' édilici' désert, décoloré, vide de clercs 
e de y:relliers; de voir revenir d un (‘xil .'pii ressemblait à 
1; proscri[)l ion scs boiiri,u'ois notables dispersés par une 
V olencc oppressiva* cl sans excinph*. 11 importait peu aux 
P'ovinces d’avoir li'iirs Parlements; clics lu' h*s aimaient pas. 
P irci' (pi’ils roiii^enl le [uiblic. sont trop n unbreux cl trop 
(1 ‘[)ourv us de notables pour étr(' ri'speclés, trop faibles pour 
è l'c jamais utiles coniri' le lise qui est aujourd’hui la l('|)r(' 
d Occident; mais il leur iiiijiorlail de viiir cess('r le scandale 
(I ‘S dévolus el celui surtout d’avoir des ju,i,--cs sans pudeur. 

Telle était la disposition iî('nérale du peuple par rapport à 
r in (h* CCS deux articles de ruine publiipic (pie je v iens de 
c ter. < biani à l’aulri' article, à savoir les linances. l’opinion 
é ail «générale (pu* la Kranei' était perdue si 1 on ne rétablissait 
a i [)his l()t cette partie, ruinée, détruili' et |)leinemenl i>-ani> ren<‘e 
d'puis Louis \1\', replâtrée ;i faux pendant les 30 premières 
a niées du rèj^iie précédent, el livréi' dcjuiis à une dépréda- 


i 



, T 


-31 


Disr.orus DF, HFNTIIFF : IT:6 


135 


lion sans bornes, sans inesuiv, et peut-être sans exemple 
depuis (p.’il est des nations. C’était là le IV.yer du nia le 
pHneipe de tous les autres, c’était avant tout ou il bdlait 
appliquer le remède; mais ci'tte opération demandait la 
connaissance des vraies causes de la maladie, celle des moyens 
de la guérison. ('I enlin la volonté et la forci' de les employer, 
'foutes ces choses élaienl iiarfaitemcnl ignorées des ministres 
du vieux l('inps,el notre principal' en était un. . . • • 


Les circonstances étaient favorables, uniipii's iiiciiK' à bien 

des éi^uirds. pour entreprendre ce grand œuvre, au coinmen- 
cemenl de ce règne’-. Mais autant il fallait de génie pour les 
saisir dans leur ensembh' sans s’arrèti'r aux dehors habiles el 
palliés dont l’engeanci' spéculai rici' sait masipier son guet- 
apens. autant il fallait de jirudi'nce. de volonli'. de lorce el d(' 
patience pour en suivre le [ilaii el en mouv oir les ressorts sans 

paraître v louclu'r. . 

I n jeune roi sans semence aucum' de passion, ennemi de 

tout faste, de toute déjiense, n ayaiil de volonté ipie celle de 
rétablir l’ordre el les mœurs; une cour honteuse de son avi- 
lisseim-lil l.ussé, cl icsisucc à lonlc cspccc .le ic- 

forme; le ministère entier confus d’avance el lugiUt assidu, 
horreur de la nation, eifrayé di' son proiire vide, ipii semblait 
exprès choisi iiour sceller à jamais les gonds de 1 arbitraire, 
comme on ferme la porte d’un pestiféré: la ville, hideuse et 
coupable.se hâtant d’invo.p.cr la ri'gle future el la modi'slie 
comme pour faire oublier (pi’elle était encore couverte des 
iHuibeauxdu pillage el de la prostitution: runmense colonne 
des rentiers encore etfarée, comme écluqipée du pillage, 
n’osant regarder derrière soi: chacun entin paraissant se taire 
justice cl demaiidanl rigueur pour les autres, ne voulant au 
fonds (iu’amnislie pour soi. TH était le coup d’œ'il général ipn 
sautait aux vœux des moins habiles: mais ce coup d œd avait 
un fonds pins réel, plus nécessaire à considérer, ci à la portée 

seuh'inenl d’un homme d Idat. • 

La Cour el la nation étaient au fonds de labiine de l arbi- 
traire. On y touche, ipiand on en est au iioini ipie le [nince 


1. Ost si.ns .loiilc Miun-.'pa-’ -1'“^ Miralx'au ciUciui ilosifïncr. 
:i 1 i tlu luîiuuscrit. 


À 




MIHAlîK.U' 







3t) 


le juMü plus îivt)ir de volonté (juo ruineuse, el ({uand la 
lation, bien eonvaiueue (pie lotis la livrent et (praucun ne la 
jfouverue, obéit sans eesser de niurinurer et toujours obéit 
•t inuriniire sans savoir a <|ui elle obéit, (’^et état, (pi on peut 
ipiieler la décrépitude de la tyranni(% est une suite nécessaire 
le la [M'évarication tournée en habitude. Or, dans ce sens, les 
'•\cès honteux et ré\oltauls en tout f^cuire des dernièrt's 
lunées du précédent rci»'nc étaient une circonstance heureuse 
tlont il ne fallait [las perdre une seule nuance, le inoindr(“ 
ap[)ort. 

Les déprédations révoltantes dans tout ^uuire de inanie- 
iiKuit; 1 iin[)udene(‘ des dépenses, odieuses à coin[)arcr avec 
une pénurie toujours avouée, toujours mise en avant pour 
( ta' lir de nouveaux droits el faire de imuveaux enpirunts ; 
l abus énorme des aeipiits patents' [loussé à un excès in- 
( royable: h? jeu cruel et insultant d un juif froidement féroee ’ 
Mir les fonds publics de tout g'enre, tant enrci,dstrés et censés 
|>ar la dette nationale <pie simples feuilh's et monnaie d'agio; 

^ on imjHidence à doubh'r les imjx'its par une [lerci'ption palem- 
ment arbitraire et à courir sus à toute affaire d arj?ent comme 
1 ats à un tas de blé; l’effronterie enfin du monopole exclusif 
(les «■rains avoué et érij»-é en droit domanial ', et le sanj? du 
l»euple versé pour une si Ixdle cause'; l'afliche d’un nouveau 
bail des fermes où la listi* des cr(ju[)iers était hautement 
I ubiiée, et où le roi et la famille royale se réservaient des 
i itéréts partai*;és avec les filous et les catiiis du second ordre ; 
l )utes ces choses, et tant d’autres si étraiiü^es, étaient au vu 
( t au su de tous. On les voyait, on en parlait, mais sans émo- 
t on, comme les esclaves de Sardana[)ale allumèrent le bûcher 
( ui succéda à sou dernier repas. 

Mais rien n’etait si facile ([ue de h*s relevtu', de les offrir en 
I lasse a 1 indit^nation publiipie, et d’en faire sentir toutes les 
( onsé(piences et tout le [loids. Un conjurateur (s il en poii- 
\ait naitre un au sein d’une nation entièrement énervée n’au- 
I lit pas mampu' d(‘ telles circonstances ; et ce conjurateur, 

i. Les actjuils au comptant. 

Ce « juif », c est l'abltc Terray. 

•î. Mirabeau semble laisser eiitemlri' ici (jue le Trésor retirt' des benélices 
d ■ ses entrc[ïrises d'ai)[>rovisiomiement. alors (pie c'était le contraire. 

i. Km II (3 des éimmtes causées par la chei'le avaient éclaté à Aix, à 
A ont[>elIier, à Toulouse, à Hoialeaux, à Limoges. 


DISCOl'HS DK HKNTUKK 


177(3 


137 




tout [•éj^éiiéi-ateur doit l’èln' contre les abus, et tout homme (}ui 
réfléchit sur le sort futur de sa patrie se suppose ce ré|^éné- 
rateur. 


( 


Si la réjîénération' dont j(* viens de ero(juer h‘ plan- est 
folle el danp:creuse. il Tétait infiniment davantaiyc d(‘ Tan- 
noncer, de s’en montrer incaiiable. et de la mampiei ’. (Test 
ce (pie nous vîmes dès le premier pas. Annoncer la liberté 
des j^rains, limitée encore, Tannoncer par un arrêt du Conseil 
el un sjrand [iréambule ; faire sij<ner au roi et confirmer ce 
scandaleux bail des fermes ; s’occuper el permettre (pTon 
s’occupât du rétablissement du Parlement avant d'avoir 
frappé les g'rands eou[)s ; nulle démarche (jui relève la con- 
tianee du peuple et (pii fasse prendre (piebpie eniîajjement au 
roi ; mai che ai-bilraire et sombre, régénération mélaphysicjue 
et lente, el surtout cette crainte de se noyer à chaque pas, 
celte é([ualion de la colonne des revenus et de celle des 
dépenses, ([ui est le nec plus ultra des pilotes ciMiers en fait 
d’administration el le mérite du caissier d'une grande maison". 


1 ( 






t. Page 57 du manuscrit. 

:2. Les pages 17 ù 57 du Discours contiennent un exposé du programme 
classi(pie des Economistes. Nous nous contentons d'en extraire un passage 
intéressant sur la féodalité française (p. IV2} ; 

K On a pris en tâche dans ces derniers temps de livrer à ranathème le 
gouvernement féodal; il n*est écrivaiUeur. qui à peine en traite I histoire sui- 
des tables chronoIogi(jues, qui ne lui donne son iai'don. C'est un pri-jiigt- 
de ces sottes villes qui ne vivent que de traüc, de cliicaiu*. de maltote ou 
d'usure, tous olijets (|iii dans les temps dt; l>ai*barie n’eurent pas à se louer 
de l’ordre public; comme aussi le bourgeois, trop humilié dans les temps 
militaires, cherche à bon droit à jirendre aujourd'liui sa revanclie sur son 
palier. L'ordre féodal ne lit point la barbarie, il aida même en quel(|Ui- ma- 
nière à en sortir, et empêcha <iu’elle ne détruisit tout. Il répara les pertes 
énormes de la France après les guern-s alfreuses des enfants de Cliarle- 
magne, les ravages des Normands, nos convulsions el nos désastres; il la tint 
ensemble, ü en lit un corjis. bien alfaissé sans doute, bien chargé d’humeurs. 
Mais enfin toute l'Europe était ravagée, partagée, sam âge; chaque contrée 
actuelle était découpée en petits royaumes ou principauté.-, tandis que la 
France fut uu royaume, eut des rois connus par leurs vassaux quoitju in- 
dépendants. et redoutables au-dehors où seulement ils pouvaient donner 
des ordres et les taires exécuter. Le régime féodal, seul intérim fjui puisse 
régir un pays de conquête en attendant des lois, ne vaut rien toutefois, etc... » 

3. Ici commence la critique, sévère et même injuste, du ministère de 
Turgot. 

4. 11 s’agit de l'arrêt du 13 septembre 1774. 

5. Tout pleins de leurs vastes projets de réforme tiscale, les Economistes 
ne se sont jau-ais formé une idée exacte des nécessités quotidiennes de 
l’administration linaneière. 






% — 




. » . 


.MIHAIÎE Vr 


OitainenuMit pou (riioniines oui ;i[)porté dans les alîaioes 
une volonté plus droite, une àine plus incomi[)til)l(* (pie 
eelui-là; mais [>ar ses d('dauts de l'espril. de rinliahitude, et 
de rii,nioranee des honiiues, nul aussi ikî fut moins [)io|)re à 
entamer et à suivre un projet peut-être inpiralieahle attendu 
riinmalurité de rinstruelion [larini nous, mais dont rexéeulioii 
demandait l’espial le plus laeile (d le earaetiMa* en son ij:enre 
le ])lus souple, joint aux ressourees du i^énie le [)lus abon- 
dant. 

Dès loi“s je prévis, et nous pré\ nues tous, l'oi-aiie. non pas 
eonire lui. ear e'esi leur all'aiia', mais eonire ees méchants 
économistes déjà avertis [>ai- la s^iboulée de ITtèS'. D’abord 
les parasites de la jiliilosopliie, ayant eiitouié le ministre de 
Mare Aurèle, lui persuadèrent (pu* les lù-onomisles. yens 
iiu|)rudents et toujours cassant les villes, d'une part le eom- 
promettrai(*nt sans cesse a\ ec les abus <pi'il ne lui convenait 
pas d’ell'aioucher. de l’autre lui eid(‘\erai(‘iit tout riionneur 
de ses opérations^ Kt le bon homme (pii, la mêim* année 
(“iicoia*. était venu à nos assemblées, h* crut, nous abjura, 
cl lit écho sur notre ambition de déliVuier tous les bons 
[-.rinces et tous les bons minisli*es et les (jualilier nos ag-ents. 

A dire \ rai, c’était dommai^e ([iic les princip(*s économiipies 
fussent des lomçtem[)s si connus; mais sans ce dommag-e-là, 
nous comme lui. lui comme nous, aurions bi(*n pu demeurer 
lon^'-tem[)s ('iicore muets et sourds de naissance. Knsuite le 
déchainemeni des écri\aius à nac-es. Kl l’on [leut se rappeler 
les sales injures de Lin^-uel (|ui. maltraité en r('“ponse par un 
tenant des j*hicycloj)édisies \ s'eu ^ en^■ea sur les Kcono- 
misles'*, et surtout eu confondant h*s uns et les autres, élranf>-e 


I. (Tost t‘u tTdiS qu'avait cclatv l'oppcsition contn* la mnnclle 

0 scclt*. »» Voi !• l*i (lt‘.s;SUS. p. I!îl. 

(^r. ia‘üi*D (If Miraheau au iuar^ra\ (* dt* lîadt*. a\ ril 1775 : « ... Ils 1rs 
rimrmis (1rs nouveaux luiiuMprs ont dcc<ui\crl et nourri le faihlr du mi- 
nislrr mènn*. en lui [Mrsuadanl (|ur Ion nous lUriltucrait tout ce qu'il 

lVi‘ail de l)irn ,ra\ais p!A \ u la eliose: je me suis conduit vu tumséqiuuice 

<‘ii ne 1(* voyant point du tout ... Knies. l. I. p »S7. (d‘. Sehelle. Turbot, 
p. -Mt : (( En dehors de Diipmil. aucun «‘eonoiuislt* av(U*('‘ n'avait tra\aillt' 
a\ t*c lui. I.,e marquis de MiralM'Uu ne l'a\ail \ u (|u une lois au cours de son 
ministère et avait été n‘çu Iroidemeiït. » 

Morellet. 

i. Allusion à la T}iêoric <ln lihvNe, de Lint>uet (!7”.‘)1. oin raj^e <pii l'ut 
d'ailleurs su[»i>i’im(\ ( 1*. Mvm. secrets, \:t mars I77à. t. \’ll. pp. et 

Orinun, Corresp., t. XI. p]t. iSAîi. 


-r 




4 » ■ 


DlSCOl lis DE IlEXTllÉE ; iTTd 


130 


l 


alliance dont nous dûmes raccusation et même les apparences 
à rinaujïuralion s(*ule du même ministre ipii nous reniait. 
Celle accusation eut, à mou très jirand chagrin, d abord une 
sorte de vogue dans le public'. 

Mais bienl()l notri* homme, tâté sur la liberté des grains, 
dès le jour mêim* où l’avocat général reprit sa [ilaceC vit l'in- 
térêt des ap[)rovisionncmcnls, des juridictions, (‘te., se joindre 
à tant d’autres intérêts menaef's maladroitenu'ul et faire une 
sédition générale des [)lus maripiées et j)alemment suscitée '. 
,Ie ne [larle de toutes ces choses (pie relativement à C(* (pi’il 
nous (*ii la'vini ( )n nous meinupiil alors (h* voir le j)eu[)le et 
enfouc(“r nos [lortes et casser nos \ iti‘es, (*t je me i‘a[H)ellerai 
longtemps ce certain mercredi de la bagarre de Paris : je vis 
arriv(‘r [ilusieurs de nos amis chez moi >enanl commi' aux 
nouN clles. et je n’ai su (ju’a[)rès qu’ils avai(*nt la boute d y 
\enir comnu* (.‘raiguanl ipie la [(ojmlace ny lit insidte. Ke 
i-égénéraleur perdit, dil-ou, alors l’occasion de dcvenii' tout- 
[luissant; (pianl à ce point c’est all'aire de cour, mais je sais 
bien (pi’il ne pouvait être longlenqis ^'értéra/issinte. 

Il me siéiail mal de faire ici la critiijuc d’une administra- 
tion bien intentionnée, [lalcmmcnt é(|uilable, populaire et 
auliliscah*. Mais enlin ci* ministre désormais en bulle a la 
Cour, à la \illc et à loul(*s h*s juridiclious i(^ngeuses. suivant 
sou earactèr(* opiniâtre, xoiihil s’en faire aecroiix* et alta(pia 
d(‘ front celle (’ompagnie dont I (*spril lui lut toujours anlijia- 
lhi(|ue, (ju’il avait laissée i(‘naitre avant d’être lui-même sorti 
des bra-^sièri's (*l (jii il Ncnait de mettre à la tête d un puissant 
parti. Si son intention était de lui faire perdre la contianee 
du [H*u[)le. dont elle avait voulu [)araîlr(‘ la sauvegarde lors 
de (piehjues c[h)(|U(*s liscah's; (U* la discréditer chez I etran- 
ger: de la livri'i' à des em[)oi lem(‘uls [u*u (h'-eenls, d en tirer 
des remoni ranc(‘s l idicules pai' h‘ golhiipn* (U‘s [u incipes et 


l. Miralican reste j(iS(|ii'aii ln.iit remieiiii îles I*iiiloso[ilies. (.1. Lettre «lu 
iiiar([iiis au l.ailli i’!i mai IT7à : « I.es l'ri|ious nrinieilleux [les Liieyelope- 
(listes qui entourent le l’i-cniier. et i|ui sont selon ni«)i la plus nui.-,ilile 
espèce ili‘ iiK‘elianls. n allaquent rien tant «pie les ee«>nomisles. On c«mi- 
menee partout à «lire «pi’ils sont n«)s euneinis. (Test tout ce <pi«‘ je voulais, 
cl ri«‘ii ne m'avait tant «•h«)«pii‘ «pic cette aeeolaile «pi’on taisait «1 eux avec 
rions » Lilii [lar l.oimluiie. t. 11. p. iU‘. 

-2. (1 est-à-«lire «l«'s le jour oii le l’arl'uuent fut ri'inslalle. L a\ «>eat-ff«^'neral 
St’-ffuier «‘tait «l aill«'ui‘s un adversaire «liielan- <1«‘ la lil)«‘rt«‘ «l«‘s forains. 

'6. La ,i> ((e;‘/'e tics J'iiriiies. 




/ 


140 


MIHABKAl 


la iausselé des arjîiimeiils — eertaiiiement il ari-iva à ses 
tins. Mais les ennemis qu'il s'élait faits iven furent (jue plus 
emportés; et pendant ce temj)s. (piel triste personnai^e étions- 
nous forcés de faire ! Dénoncés de toutes parts comme bou- 
tefeux, on nous imputait tous les toits d’un ministre en 
faveui' de (jui fon en inventait sans cesse, tandis <pie lui- 
méme. harcelé par i?ens ipii craiirnaient (ju'il n’emiiloyàt ses 
vrais appuis et (pie des plumes habituées à tixer l’athMition 
ne dévoilassent leur propre pertidie, se laissait dire et répétait 
sans cesse ipie les économistes le perdaimit Il en vint 
jusqu’à demander en ^'•ràce à Ronbaud de (piitter la (iazrtle 
d’ag'ricultnro, jusqu’à ri'pousser les Kphérnérides^ Jusipi’à 
se plaindre sans cesse de \'oiis an/rrs, comme il disait à 
Dupont, jusipi’à laisser étoulfer les [iresses. Kt nous, où <pie 
nous {lortassions nos pas dans une ville ameutée* par les 
monopoleurs de tous les ü:enres, et ([ui ne vit ipie de cela, 
partout de 1 aig'reur, des mots couverts et souvent très 
découverts contre les fjens à système; partout le déchaîne- 
ment, les exa^-érations, et souvent les injures indirectes. Elles 
m le turent pas trop dans les lieux meme les plus r(*s[)ec- 
tables. et ceux de Messieurs du Parlement, les plus irrépro- 
chables et honorés jus(pie-là, (pii furent atteints ou seulement 
soupçonnés d’être dans nos (uincipes, n'auraient pas eu à se 


1. ( n Kconoiniste au moins avait compiomis Turgol : c’était Bandeau. 
1. al> he ne s était pas contenté de commettre d'imprudentes indiscrétions 
touchant les grandes réformes .[ue [irojetait le ministre; lors de la guerre 
des Jarines il avait dénoncé |ml)li([uemenl. et sans pouvoir en faire la 
preu\e, le secrétaire d Etal à la marine Sartines comme un des auteurs 
responsahles de la sédition. Turgot avait <lù s'excuser auprès de son col- 
lègue; et il avait désormais « fermé sa [lorte .. à son dangereux auxiliaire. 
Le plus grave est que Bandeau, pour se venger de sou ancien ami, « s’était 
jete dans les bras de M. Xecker. composant pour lui et [lour le petit Pezav 
les mémoires ijue ce ilernier remettait contre .M. l’iirgot au Boi. .. 11 en- 
voyait encore d autres méimnres à M. de Maur.qias. et celui-ci i tait charme 
«le pouvoir dire au Boi et à tout le monde «jiie les amis même de .M. Turo-ot 
damaient ses projets. « Lettre de Bupont au prince héréditaire de Bade 
b'iev. I,SJ Ivnies, t. 11, p. 3SU, Cf. Méin. secrets, t. VllI, iip, èi et s.ni,; et 
.or/-e.s/i ^4/ebvi, t, II, [>. i>8. Cf. encore Galiani. Lettr.' à .Mme d'E[iinay, 

I l août l,,.i ; « Croyez-moi. et souvenez vous-en loi-Miii'il en sera leniiis le.s 
économistes casseront le cou à M. Turgot. » i > • 

-2. Il sagit des Xoncelles lydiémérides que dirigeait Bandeau et <jui pa- 
rurent de la hn de 1774 au commencement de 177(1. — Cf. Schelle, Turo-ot. 
I). « Turgot essaya de calmer les «q)|)o.sants en rompant les jiens”iul 

seinidaient I attacher aux économistes lu-iqirement dits: il invita amieale- 
ment Boubaud et Bandeau à cesser la publication de leurs journaux. .. 
,Dai)res des Lettres de Bandeau, aux archives nationales de .Suède.) 






msCOlRS 1)L HKXTHKE : IT7i. 111 

louer (le la leteiiue et de la déeence de leurs improbaleurs. 

Eiitin la eataslrojihe an ive ; el ees lionnes fjens au e(eur 
droit et à l'esprit gauche' s’en vont ensemble, se tenant 
eonune ()ar la main ; mais le venin demeura et demeure 
encore. , l'étais malade lors de cet événement; (pielqu’un le 
dit au ParlemenI : « Il ne iest pas autant que ses prin- 
cipes. » dit un jeum* homme en grande charge tpii croit sans 
doute (ju’un arrêt rendu les (ihambres assemblées ferait 
reculer le soleil-. En eff(*t. ce fut comme le temps des 
miracles. Des tinanciers deviennent délicats sur le [loint 
d’honneur el demandent des réparations jxmr d(*s redresse- 
ments de calcul; on laissi* discuter devant les tribunaux le 
bien ou le mal d’un monopole ci-devant autorisé, et de 
tous ceux (pi'avail tués le défunt, celui-là seul ne se relève 
pas", ün avocat célèbre ‘ et verbeux demeure muet et con- 
fondu devant un homme ([ui n’avait jamais plaidé de sa vie '. 
Le vaincu gagne cent louis, le vaimpieur perd son temps, sa 
plume, sa liberté. Le hors de cour envoyé l'im grommeler 
chez son voisin, et |)ousse l'autre jusqu’en .Auvergne. L’abbé 
Ronbaud, (pii n’écrivait plus, (*t ne plaidait contre personne, 
est arraché au repos nécessaire à sa santé perdue, et envoyé 
eu Normandie nonobstant clameur de haro. D’autres p(*rsé- 
cutions moins éclatantes ne sont peut-être pas moins dan- 
gereuses. La soeur d’un de nos meilleurs, ([ui lui écrivait 
dernièrement pour (juehpies discussions de famille, répondit 
à l’olfre ({u’il lui faisait de la laisser choisir tout pour éviter 
de plaider ; «< Toutes cos libéralités ne calent pas le plaisir 
que j’aurai de t ympaniser Me.*isieu/‘s les économistes dans un 
mémoire qui comparera leur conduite à leurs principes sur 
la propriété. 

Mais l’indirect ne doit être ni prévu, ni deviné; tout ce (pie 
je viens de tracer fut direct, et contre nous et contre nos 


1. Cr. Otte mè.iie expression ; » Le cœur droit et Tesprit gauche, » dans 
une lettre du martpiis à Longo, du :>1 aoiit citée dans Mêm. dv Monti- 

f(Tiy, t. III. note, p. 100. 

t, (’f. Lettre de Mirabeau au Bailli, t juillet 177(i. (atée par Loniénie. t. IL 
p. 409. 

3. Il s'agit de la (baisse de Poissy. 

4. L'avocat (jerl)ier. 

O. L'abbé Bandeau. Cf. Mém. secrets. 10 et -.‘i juillet 1776, t. IX, p. 188 et 
I>p. 191-10^; et Griium, Corresp., août 1776. t. XI, pp. 31o-316. 


9 


■ \ 






f*V5A-:u' -.• r' w- 


I *- MlKAlîKAC 

assemblées. A moi -meme, et dans (H‘s deinitM's lem{)s, m 
homme puissant et ;i qui je fus des longtemps obligé m a lait 
din‘, eom///e ami e! nofi comme ministrr. (pi’i! me eons(dllail 
i\c i(‘s interrompre, .le répondis (pie e<‘ ([ui se [lassait ebe/ 
moi ne devait aiuain eonqile ni à la ju>lie<\ ni à la police, ni 
a lautoi'ile; <pi ainsi doue Je n aurais ri(Ui à n'qxuidre au 
ministr(‘: mais que, pai* (*gard (xmr rami sage (‘I bien inten- 
tionné, je f(M*merais ma port(' pi’éeisénumi h‘s mardis aux 
(dï*ang(M*s c\ auli't‘s g(ms ipii u y vtMiaimd (jm* pour et‘s assem- 
bh‘es sans y a\oir aucun di'oil, et méiiu* aux \isil<‘s; mais (pie 
<piant a nu^s anus aec'oulunu’s a nu* voir e(* Jour-là, (*l à ceux 
(pii s'oeeiqiaieid d(*s méiiu*s objets (jui lir(*nl d(* tout l<*mps 
mon élude, dont J(* :u* nu* eaelu* pas. ils avait*ni droit à ma 
maison, moi à l(*ur (compagnie : (pi'il n'y en a\ ait pas de meil- 
li*ur(* dans Paiis (*1 ipii pù| èlri* moim- suspt*eU*. (à*rlt*s b* 
minisiri* (pii ma lait dire (*ela n'(*sl ni d(* g*(*nie, ni d(* earae- 
((*re a s alla('lu*i* a d(* t<*lles mis(*rt*s ; mai'' il sait miiMix (pruii 
autri* les prexentions eouranl(*s, et e’élail (*>S(*nli{*llemeul pour 
moi. et un avis r<*lat if S(‘ulenu*nt à nu*s (‘iri'onslanees parlieu- 
li('ri‘s. 

\ oila doue. ,Messi(*urs. on nous en lïiines. où nous (‘ii 
somiiu*s (*neor(* (*n ajiparenee, <‘l où \ rai '(*mblablemenl nous 
(*n s(*rous toujours. ()ui. Mi'ssieurs, si e est nolia* amour- 
propit* personne! ipii s intér(*ssait à avoii* raison dans \c fait 
eomnu* dans \c droit, (*! (pu* et‘ll(* raison nous lut atlribuéi*. et 
<pie It* ser\ iet* d(* 1 a\oir lait eonnaitia* nous fût [)réeompb\ je 
(*rois (pu* nous soniuu*s, et nous (*| noiri* mémoire, à Jamais 
lruslri*s d(* ei*tli* l'speranee. Toujours U* plus grand nombrt*. 
ménu* (Il suivant nos prineijH*s (*l prolilant d(* nos travaux, 
dii*a (pie b*s (*eonomisles luia^nt uiu* s(*el(* d(* g(.*ns dang(*r(*ux 
a l‘ore(* d(* /î*l(* mal entendu et à (amlr(‘t(*mps. de présomp- 
tion, et (1 opinion de 1 inl*aillibilit(** d(* leurs prineipc's: g(*ns à 
imagination (*l a systi'iiu*, (pii ebiouir(*nl <*l lir(*nt illusion à 
loiaa* de s(* létre fait à eux-ménu*s : g<*ns ne pouxani laisser 
all(*i* le mond(* comme il va, et moins (‘ucore (*.q)abl(*s de le 
mener a leur maniéré; (pd ne tir(*nl <pu* liauibi(*r b*s sociétés 
et (pu rendiia'iit (U* lies bons priu(*ipt*s dangeia*ux (‘ii leur 
donnant la lix rée d(* l(*ur (*nllumsia>me incapable de ména- 
genu*nl ni de Jointuia*. Ils disent c(*Ia. Messieurs, et ils léau- 
ronl [>as tort ; et cc[)endanl nous aurons eu raison, {larce (pie 


1 




1-13 




■> " ,■ ,*i 


SI I! i.Ks imorrs de lhom.me 

nous aui'ons l'ail comiailre lus bons [)rin(*i{)es <*l I(‘s aurons 
él(‘vos cl l'oineulés au point (pi'ils ne pourront plus ùlre cloul'- 
lus. Kt 1 IminanilÉ on pi'olilora. ol loul à l liouro; ot t'ilo (*n 
prolilo, ol môino do hion dos ro>los dos ossais du bouto-on- 
Irain, d’aillours r(“S[)oolablo, dont jo viens do oro(pior l'adini- 
nisti-alion. 

Si doue o(‘ fut aux prinoi[)es ([uo nous t'ùnios vrainu'ut alla- 
olu's, absiraolion t'aito do notro ainoui-[>iopro, du moins à la 
rôlloxion nous (lovons ôlro oontonts. Ils dovaioni 0‘tro prt'olK's 
sur los toits pour (!*tro connus d(* tout lo inondo,(*l pour [>oioor 
la doubb' ol tri[)lo j)halani»'o dos irdérossi's aux abus ol arri\ci' 
au plus “tand nombro. mais ('pars ('I sans ralliomonl. dos 
inb'rossi's il l'ordiM' social naturel'. 


W'ili 


/'jLu^M/:xTs /) frri Dh: {or irr\ 
niscurns) />/*; 

siu‘ la I déclaration des Idroils de X’irmnié 

du /"'■ /(lin 

(a*s Iragniciils monireut (pu'lle <>j>[)ositiou prolbiulc st'-parc la 
pliysiocratie dt* la dtùuorralie. Pour Mirabeau Mirloul. c'i*sL une 
(picstion de eousi’ienet* de combattre les priuei[>es d'égalit»' poli- 
liipio, aussi I>i<*n (jue ceux d'égalili* soeiab*. 

... Dans ce si(*ele méme^ lîoisg'uilleherL (pii (*si le bon 
sens eivi(pie personnilié, fut persécuté pour avoir dit xrai, 
sans (*lre connu si ce n’est de ses coneilovens. tpii ne ren- 
diivnt <pi à ses vertus perr onneil(*s I bommage (pie riiuma- 
nite enlièia* devait à son dévoùmenl. Api*(*s bu, apiebpies 

1. Dans ccUe (h'rnicre partie de son Discours, le niar(|uis parle à bien des 
e^^ards le lan^^ai^e de la postérité; mais il y avait bien de 1 injustice dans le 
ju^nunent ((u'il avait porté sur Tur^n)l.(d il ne se corrij^era |»oint. Cl‘. Lettre 
aul>ailli. du août Iii8 : ' (Tétait une tète t’élée. pliilosophi(fue à la mode 
de ces Messieurs, et dont les systèmes polili([ues allaient atout coni'omlre. 
(Juant a son plan liscal, il n'était pas à lui; mais sa manière prématurée 
de 1 annoncer, idéale (d ijauehe de le j>rendrc, dédai^uieuse et Imtée de le 
c(»nduire. l'aurait reculé d(‘ cent ans. s'il était possÜ)le. (^e n'idait (pi un vrai 
easse-col. » (ate par Loiuénitn t. IL p. 411. 

M. 7N L n 1 et n" 

3 M. LSL n-^ i>. 



f 






11 


MIKABE AT 


éc ivaiiis s’exci-ccrenl pour el conlre lo Iuao. prônèreiil le 

IrMic. ([u'ils a[)pel(‘rent le commerce. On les laissait dire, ef 
oïl les mettait en vers*. 

.e pléhiseisine politiipie, s’il est permis de s'exprimer 
ail si, [>rit naissanee au milieu de ce sièele. Le brillant eié- 
pu^eule en fut annoneé \)diV Montesquieu. Son travail, préma- 
tmé ipiant au fond, achevé par les formes autant qu’il pou- 
va I l’ètre, éveilla la nation entière^ (pu ne vit pas clair 
en -ore et ne sut où on l’appelait, mais <pii sentit qu’il fallait 
ail ‘r. L’aurore véritable se préparait à la cime des monts, et 

le docteur Quesnay se contenta de montrer la lumière et de 
l’ai surer. 

.q)é)trede l'ordre naturel, un tel homme n’avait garde de 
s’é -arter de la marche de la nature. Il savait qu’une même 
sai.on ne voit pas les semailles et la récolte: que plus les 
plantes sont destinées a la «luree, plus leur croissance parait 
lente, el plus elles tardent à porter des fruits dans leur matu- 
rit( . II se contenta donc de bien défoncer le terrain, et d’y 
pla -er un [ilaneon à pivot** garni de bonnes et impéris- 
sables racines, de le munir de toutes parts contre les injures 
de I ouragan et contre les dents voraces des fauves de la 
COI trée, contre les atteintes du bétail privé de la basse-cour 

et e venin gluant des rejitiles.... Il prépara la lice où ses 
dis( iples entrèrent avec zèle. 

. . ()n les accusa' [les Economistes] d’avoir obscurci la 
madère au lieu de l’éclairer: et (piand quel(]u’un d’entre eux 
atle:;ta le style populaire au point de sacritier son amour- 
pro )re a la simplicité des questions, on objecta la déro- 
gea ice, on parut dédaigner de lui répondre ^ On leur reprocha 
un dyle obscur et amphibologique, comme aussi d’affecter 

1. illusion il ï Essai sur le commerce de Melon et aux poésies de Voltaire 
sur i * Mondain. 

i. ':i. M. 7,S4. n" 1 (fraifriient sur le inèiue sujet) : « J’ai dit. j’ai souvent 
ripele. que (luelipies pages de riiomme célèbre qui m'a iirécédé renier- 
niaie U en substance claire et marquée tout ce que j’ai ilit et tout ce nue 
.1 aurais pu dire. .. Le marquis ne caclie pas qu'il a suivi souvent de toutes 
aulrt, conseil uenccs cpie les siennes»; mais il prétend « n’avoir jamais 

J‘"'.t''‘‘*'t‘*Pe UUP -Montesquieu ait méconnu, c'est que u! popii- 
latioa dépend iinufiiernent de la subsistance. » 

•>. ia\s Physiocrates aiment à employer les expressions techniques de 
1 ecü) oinie agricole. ■•»ques ue 

•i. I I. 7 S 4 , n'' 1 , 

a. .illusion aux divers ouvrages en forme de dialogues, de leçons ou de 
catcc iisiut. (jiu* Mirabeau lui-mènie a publiés à partir de ITG'J, 




) 


m 










sriî LES imons dk luo.m.me 145 

une nomenclature inusitée, étrange et forcée, tandis tpic. sp 
servant des exjiressions les plus communes employées selon 
leur projire sens, ils les ont seulement appliquées à l’énon- 
ciation de \crites capitale.s dont 1 erreur des âges avait dé- 
tourné les regards: et cette nomenclature a passé dans le 
langage même des opposants. On feignit enfin de les livrer 
au ridicule: mais c’est la seule arme tpii se brise dans les 
mains de l’acbarnement et tpii tourne contre lui-même. ïroj> 
d e.ssais d ailleurs, résultant de leurs [trincipes encore mal 
digérés, démontrent (pie le grand Jour s’avance lentement et 
dissipera les brouillards de la matinée. 



... Le devoir des Economistes, ipii n’ont jamais fait leur 

chose propre des éléments de la natim-, qui n’ont pas pré- 
tendu avoir rien inventé, pourrait être aujourd’hui (s’ils 
existaient (mcorei d avertir leui's frères (jue la sag(*sse est 
dans le juste milieu 

... La Uberté, mal <mtendue el mal développée, mène infail- 
liblement l’homme à la servitude par l’anarcbie et le despo- 
tisnie* son mortel associé. 

Il nous est tombé sihis la main ce (|iic 1 Américjue, ou les 
htats-Uiiis, cette nouvelle pépinière du j^enre humain, a[)pelle 
la déclaration des droits, (>t ce cpie ce peuple agricole en sa 
verdeur, el par conséqmmt excellent, regarde comme le pal- 
ladium de son repos.... Celle déclaration fut bonne pour la 
Virginie : imisse-t-elle l’être mille ans el plus! Mais elle con- 
sacre ({uelques princijies (pie je croirais être dangereux et 
exagères dans leurs conséquences s’ils étaient posés comme 
base universelle des constitutions sociales. 

... N’est-ce pas se dévoyer dès le début..., que de dire : 
Tous les hommes naissent éo-alement libres et indépendants' . 

. . . Regardez cette pauvre créature qui vient de naître, et appli- 
quez-lui ces pompeuses paroles. Puisse celui (pii les a pronon- 
cées en enthousiaste de riiumanité ajipreiidre dans une longue 
et douce vieillesse el qu’il est destiné à mourir dépendant 
comme il est né, et comme il jugera avoir vécu s’il veut bien 
penser à son dîner et à son sommeil. 

... Qui dit libre, dit franc et quitte, à ce quil me semble. Or 

1. Critique de larlicle U* de la Déclaration. 


10 


MlHABKAi: 


r- w 


il (a II avoir mis à côté cl parraitemeiil oublie les devoirs, [)onr 
ne ]»as écouter celui de la reconnaissance [>our un lien. Tous 
les I loinines doivent à leui- mère une sorte de respect reliy-ieux. 

... L,cs luMjnomistes ' ont rc'commandé (|ue tout le monde 
cou 'ourtil au ivtablissement de la théocratie bienlaitrice et 
a<lü table: ils ont appelé les petits comme les ü:rands à la con- 
naii sanee de ces lois simpb's et immuables; mais ils s<‘ sont 
bi(‘ 1 i^ardés de dire <[ue (ouïr auloritô appartient an peuple et 
par conséquent émane de lui ; car ils auraient cru dii-e mal. 

I s ont dit seulement ([ue l’opinion était au fond la piiis- 
saii ‘C dominante (Mitre les homim's ; ([ue la domination de 
ehaLMiiK' d’elles était solide* et durable en [U‘o[)ortion de ce 
([u' ‘lie s’accordait avec les lumièr(*s de la raison;... et ils ont 
inv lé les opinions à se tourner v(*rs l’étude des éléments de 
la i(* humaine et de rintérct ü:énéral et calculé de notre 
espèce. Ce* sont ces élénu*nts (*l ces calculs (pii composent ce 
([U m ap[)ell(* le système des Kconomisles. (pii heureusement 
(“Si celui de la natur(*. (pii ne s'im[)atiente [loinl, mais ([ui se 

fait raison tôt ou tard si on ne récoul(* 

... Le ch(“L ([uel (pi’il jmissc être, doit eom])te à la raison 
|iubli(pi(“% Ce compte est pinson moins demandé en propor- 
tion de l'état (graduel des connaissane(*s et de rinstruction 
nationale. Puissent nos nev(*ux parvenir an [loinl de repous- 
ser sans commotion civile un acte public (pielcompie anli-so- 
cia . comme le serait aujourd’hui un édit (pii ordonnerait aux 
entants d'enfermer leur propre père^! 


M 


A 1 


\'u, le 7 mars I91Ü, 

Le Doyen de la Faculté des Lettres 
de V Lnicersité de I*aris, 

A. GROISET. 

Vu et permis d'imprimer. 

Le \ ice-lîecteur de l' Académie de Paris, 

L. LIARD. 

1. Critique de l articie ±. 

iV Crititiuede hi suite de l'article qui est ainsi conçue : Les lua^nstrats 

sou tenus <le rendre compte au ptmple en tout tenqis de Uuirs opérations. » 
;i. La tin de la critique inaii(|ue. 




IXDHX 


Agriculture, 1(>, 17. Il', 

Agriculture (Sociétés d'^ 81. ol, 
SI, S7-SS. 

rlmi (les hommes, 3, lî). 
Angleterr(\ (iU. 

Artois, !). 17. 

Ass(Muldéeséconomi(]ues, Kl3. 1 12. 

Bade (margrave de), U), I2(i. 

Bailli de Miralu'au, 73. 

Bandeau (ahhé), 100, 120, 110 n, 
I 11. 

Berlin, controleur-général. 70-SÜ, 
130. 

Bigot de Sainte-Croix, 11. 
Boisguilleberl, 0, 71, 1 13. 

Bretagne, 30. 

Brie, 33, 3S. 

Butel-Dumonl, 71, 77-78. 

Entré, 01, 05, 78. 

Canlillon, 2, 3, 10. 

Catherine II, 101-105. 

Cévennes, 10. 

CluKjuart (ahhé), 03, !Hi, 07-0!». 
Clergé, 23, V. 

Colhert, 32, 45, 47. 

Corvées, 41, IS, 74-75, 120. 
Culture, 38. 

Dauphiné, 4!», 131. 

Dijon, 131. 

Dîme, 811-03. 

Dupont {(le N<‘mours), lon. 127-128: 
120, 133. 


Liais Provinciaux, 1, 2, 2f/-32, 
iMluculitm, !il, 00-07: 102. 
EphêmêrUles du Citoyen, 07, 132, 
110 . 

l'énelon, 0, 28, 71, 1 17. 
réodalilé, 137 n. 

Fermiei'S, 37, 55, 50, 02-03; 73, 08- 
Financiers, 28, (>0-71 ; 120, 128, 1 11. 
I Flandrt* 50. 

Foix (|»ays de), 10. 

Fonlidle (de», intendant de Caen, 
7 1-75. 

Gascogne, 01. 

Gàtinais, 40. 

(iéhelin (Court de), 05. 
(ientilhommes campagnards, 5/- 

35 : 118. 

Gerhier (avocat t, 141 . 

Gournay, 122. 

Govmi delà IMombanie, 17. 

Grains i C'.omnuu'ce des), 11. 12, 13, 
17, 18, 41, 47, i()5-i lO] 130 131. 

Histoire économique, 30, 37, 82-83. 

Impé>ts, 42, 47, 18, 51, 55, 50, 02-61 ; 

00-08 ; 75-* * ; 114. 
lné‘galité lies lortunes, 123-121. 

Languedoc, 131, 133. 

Laverdy, conlroleur-générai, 130. 
Liberté poliliipie, 120. 1 15 1 10 
Lihre-échang(‘. 57-01 . 

Lill<' (Stïciélé dtM. 0. 






118 


INDEX 


limousin, 1 1, 19. 

.iiijïuet, 132, 139. 

Jttératui-e, 11, 15, 118-119. 
jOuis XIV, 32. 

Jaurepas, 133, 135. 

•leion, 80, ! 14. 

1ère lire, 100. 

Milices, 11. 18. 

: linisli-es, 32, 33, K), 11, (3(i. 
Mirepoi.v (marédial de), 88. 
Monarchie, 1, 2(1, 27,51, .55, 0,5-00. 
Montes(}uieu, 111. 

Morale, 21, 37-38, 102, 119. 
Morellel, 120-125. 

Noblesse, 97, 98-99. 

( Irléanais, 50. 

1 ailli (.Mme de), 79. 

1 aolelli, 5. 

1 aris (el Parlement de), 131, 131, 
139,110,111. 

I liilosophes,38. 13. 11. 15, 120, 127, 
138-139. 

l 'hilosophie rurale, 2. 3, 13, 1-1, 78- 
82; 80, 90, 97, 103, 122. 

J 'hysioeratie, 9(i, !»7. 

I oloiîiie, 101-105. 

1 om[)ailonr (Mme de), 01. 

I ompi^-iian (LelVanc de), 7. 118. 
Irovence, 0. 9. 12, 17, 87, 131. 


Qnesnay, 11~, 121, 121, 1 11. 
Rabelais, 101. 

Religion, 11. -ji-tiS, 41, 89. 107- 
109. 

Ronband (abbé), 129, 131. 132, 133. 
140, 1 11. 

Rouen, 131, 132. 

Saint-Omer, 85. 

Saint-Pierre (abbé de), 119. 
Silbouetle, contrôleur-général, 9, 

Science économitine. 

117-118. 

Suède, 8, 127, 128. 

Sidly, 15, 17, 117. 

Tableau écouornique, 12, 13, 95-90. 
l'erray, coni rôlem-général, 132- 
133; 130. 

Théorie de riuipùt, 5 1 1, 5 3 -y 3: 
i ( G. 

Thomson, <S, SI. 

Toscane (Grand Duc dei, 8, 11. 
Touraine, 50. 

Trudaine de Monligny, 131, 132. 

riir^^ot, conlrdlem 120, 

133. i3y-i ;/; 1 13 n. 

Vauhan, G, 10. Tl . 



s 



TAllbK DES M.VTIÈRES 


Préface 




inventaire détaillé des Carions M. ~-S à M. -H5 


(omplcmenl (Cartons F'' I oyt». K. ÎH)r. et 'JU8) 


Extraits des Manuscrits 


1. L Ami des hommes. La date exacte île sa |nihlication (ITaT). . . 


:29-33 




3ü-39 


39-4G 


IL Notes de Ouestiay sur le manuscrit du Traité de la Monar- 
chie (inédit) de Mirabeau, 1758 20-29 

III. Notes de Ouesnay sur le manuscrit de la Réponse aux objec- 

tions de Mirabeau, 1738 29-33 

IV. Requête au Dauphin en laveur de M. de Malassise, par Mi- 

rabeau. ^'eJ■s 1758 

OO-.).» 

V. Note.s de Qnesnay sur le luanuscrit du Mémoire sur l’agri- 
culture de M'ii'abeau, 17.')9 ” 3îi-:i9 

VI. Deux lettres de Mirabeau à .Silhouette, contrôleur-général. 



Vil. Mémoire île IMirabeau .sur la nécessite des encouragements 

pour l'agriculture, 17o!) Ui-lci 

VIII. Notes de Quesnay sur le manuscrit de la Théorie de l'impôt 

de Mirabeau, 17liU .53-73 

IX. E'ragments de Correspondance entre Ouesnay et Mirabeau 

.’ 74-Sü 

X. Notes critiipies de Quesnay sur le brouillon de la Thiloso- 

phie rurale de Mirabeau, 1701-1763 SO-83 

XI. Lettre de .Mirabeau à M. Frey. auteur du Socrate rustùiue. 

83-80 

XII. Lettre de Qiuesnay à Mirabeau sur un projet de fondation 

d’une Société d'agriculture en Provence, 1702 ou 1703 80-89 

XIII. Observations de Mirabeau et de Quesnay sur les projets de 
susjiension de dîmes en faveur des défrichements et sur 
les protestations ipi ils soulèvent dans une partie du clergé. 

’ 89-93 


89-93 


4 




150 TABLE DES MATIÈRES 

Pages 

XIV. Annonce de louverlure d’un Cours économique, par Mira- 


beîiu, 17(17 

XV. Lettre et préface de François V Amiable, pseudonyme <ie Mi- 
rabeau, 17(18 9iMU3 

XVI. Xote de Mirabeau pour révè<[ue de A'ilna, 17(18 104-105 

XVH. Projet d’Edit pour la liberté du commerce des grains, par 

Mirabeau. Vers 1708 lOa-114 

XVIII. Réponses de Mirabeau à M.du Saillant sur la Iii)erté du com- 
merce des grains. Vers 1700 114-110 

XIX. Eloges de Fi'-nelon et de ra!>l>é de Saint-Pierre, par Mira- 
beau. Vers I77i* 1 10-110 


XX. Criti<[ue de Touvrage de Morellet intitulé : Ilétlexions sur 
les avantages d écrire et d imprimer sur 1>‘S matières d'ad- 


ministration, par Mirabeau (Fin 1774 ou commenceiiKUit 

I:î0-li5 

XXI. Discours prononcé par Mirabeau à la renlrée des .4.s.s‘em- 

blées économiques, décembre 177.1 1 ±1-1:28 

XXII. Discours prononcé par Mirabeau à la renliaO* des Assemblées 

économiques pour l'hiver 1776-1777 li*0-U3 

XXIII. Observations de Mirabeau sur la Déclaration des Droits de ^ 

Virginie du P" juin 1770 U3-I40 

Index J 47 


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b( low, and if not returned at or before that time a fine of 
e cents a dav will be incurred. 



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JUN 18 1934 V