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Full text of "Lettre d'appel [microform]; réunion constitutive, bureau; but de l'œuvre .."

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97-84056-5 

French Institute in the U.S. 
Lettre d'appel 

[Paris] 
[1911] 



COLUMBIA UNIVERSITY LIBRARIES 
PRESERVATION DIVISION 

BIBLIOGRAPHIC MICROFORM TARGET 



MASTER NEGATIVE # 



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308 
Z 

Q 

B03E8 



Institut frangais aux états-Unis • 

Lettre d'appel» réunion constitutive # bureau» 
but de l'âeuvre.»* [Paris » 1911] 

22 p« 26 tm. (Publ* no. l) 




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TECHNiCAL MICROFORM DATA 



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MAIN ENTRY: French institute in the U.S. 



Lettre. d'appM 



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NSTITUT FRANÇAIS 




AUX 



ÉTATS-UNIS 




/ 



m* 



'-ettre d'appel. 



Réunion Constitutive. 
But de l'Œuvre. 



Bureau. 




Musée d Art Français 



1 



New-York 



- PUBL. N* !• 

INSTITUT FRANÇAIS 

AUX 

ÉTATS-UNIS 



Lettre d'appel. — Réunion Constitutive. — Bureau. 

But de l'Œuvre. 



Musée d'Art Français 

A 

New-York 
AVEC Succursales 




PROJET D'UN INSTITUT FRANÇAIS AUX ÉTATS-UNIS 



LETTRE d-APPEL 



Paris, le 2 juin 1911. 

Monsieur, 

Fédération de l AUi.nc te d^u» p.js. . . ^ 

1. ri»» refli<»oi'* de so» acuon, Hév,l„D«r e.U. Am«c««s « Français, l»s rel.l.ons 

Mai. par u. élargis,»»». <!^'J' St°, I ' d .hS^e. d. Vh».^* 1. ï»"»-* ^ 
,n.„ç.l» dan»»», 1„ *»»»«(«»«>« P"«» " n n.t.tul apnr, V.an, la v.l», de» -"«i*,!™-; 



— 4 — 



\ 



La direction de l'Institut serait dévolue à : 

Un Comité français ayant son siège à Paris, qui aurait poor fonctton d*étadier les initUiliTes à prendre et d'en 
poursuivre la réalisation parles soins de son bureau exécutif. 

A un Conseil général avec Comité administratif, ayant leur siège à New<-York et chai^ës d'asanrar ii^ 
fonctionnaneot de l'Institut. ( 

Les deux comités se tiendraient en rapports constants, de façon à agir toujours en complète unité de vues. 

Telles sont It s grandes lignes du projet, au sujet desquelles nous sollicitons votre avis. 

La réunion du 14 juin aura à se prononcer tant sur l'opportuniti' de la création que sur les détails de l*orga|. 
nisation. Elle pourra se constituer en Comité d'initiative et arrêter la liste des personnes susceptibles de foi 
avec les membres du Comité d'initiative, le Comité Irançus qui désignera son bureau exécutif. 

Si TOUS voulez Inen vous intéresser à notre œuvre, vous êtes prié de vouMf bien honorer cette réunion d^. 
votre présence. 

Dans le cas où, tout en acceptant d'avance de laire partie du Comité d^initiative, vous seriez empêché* 
de vous rendre à la réunion, nous vous serions obligés de nous en aviser avant le 14 juin à midi, par un tél^^raœme i 
«mvoyé à cette adresse enregistrée : HALKREN-PÂHIS. 



Veuillez agréer Tassurance de notre considération distinguée. 



Ont signé cette invitation : 



MM. Charles BA.YËT, Conseiller d'Etat, Directeur de TEnseigneraent supériemr au Minist^ de rinstructîon 
publique; 

Léon BOURGEOIS, Sénateur, ancien Prémdent du Conseil des Ministres; 

Emile BOUTROUX, Membre de l'Institut; 

Francis CAHNOT, Député» Président de l'Union centrale des Arts décoratifs; 

Jutes COULET, Directeur de TC^ce national des Universités et Ecoles françaises; i* 
Paul DESCHANEL, de 1* Académie française, député, ancien président de la Chambre ; 

Paul DOLMER, ancien président de la Chambre des Députés; 

J.-Ë. G A Y, Syndic du Conseil mimicipal de Paris; 

Gabriel HANOTAUX, de TAcadémie française, anden Ministre «tes Aflkires étrangères, prémdokt du ComUèl 
France-Amérique; 

Me Dougall HAWKES, Membre du Conseil de la Fédération de l'Alliance française des Etats4Jttis, vice- 
président du groupe local de FAIliance française ée New- York; 

Théophile IKjMOLLE, Membre de l'Institut, Directeur des Musées nationaux ; 

Adolphe LANDRY, Député; 

Emesf LA VISSE, de TAcadémie française. Directeur de l'Ecole normale supérieure; 
Charles LEGRAND, Président de la Chambre de Commerce de Paris ; 

Anatole LEKOY-BEAULIEU, Membre du l'Institut, Directeur de rE< ole libre des Sciences politiques, 
président du Comité français des anciens conférenciers officiels de la Fédération de l'Alliance française aux 
Etats-Unis; 

J. LE-ROY WHITË, Président de la Fédération de rAlliance française aux Etats-Unis ; 
Louis LIARD, Memlnne de Flnstitut, Vice-recteur de TAcadémie de Paris; 

André MICHEL, Conservateur au Musée du Louvre, vice-président du Comité français des anciens confé- 
renciers officiels de la Pédéra^on de TAlliance française des Etats-Unis ; 



— 5 — 



MM. Marcel POÈTE, Conservateur de^a Bibliothèque de la Ville de Paris, secrétaire du Comité français des 

anciens conférenciers officiels de la Fédération de TAlliance française des Etats-Unis; 

Raymond POINCARÉ, de l'Académie française, Sénateur, ancien Ministre. 
En réponse à cette lettre, les personnes suivantes, en j^us des signataires, donnèrent leur adhésion au projet : 



MM. BAPST, Conseiller d'État, Directeur des affaires 
politiques et commensales au Ministère des affres 
étrangères. 

Perry BELMONT. 

Léonce BÉNÉDITE, Conservateur du Musée du 
Luxembourg. 

D' Raoul BLOXDEL. 

Adolphe BRISSON, Directeur des Anmks poli- 
tiques et liUéraires. 

Le général BRU6ÈRE. 

Henri CACHARD. 

CAUWES, Doyen de la Faculté de DnÀt de Paris. 
Ogden CODMAN. 

Jules COMTE de TAcad^e des Beaux -Arts, 
Directeur de la Reme de VAH Ancien et Moderne. 

(;ORMON, Président de l'Académie des Beaux- 
Arts. 

COUYBA, Sénateur, Ministre du Cooimerce et de 
rindustrie. 

Alfred CROIS ET, de l'institut. Doyen de la Faculté 
des Lettres de Paris. 

DAMOUR, député. 

DARBOUX, Secrétaire i^erpétuel deFAcadémio des 
sciences. 

DAUSSET, Conseiller municipal, rapporteur géné- 
ral du budget de la Ville de Paris. 

Charles DAUZATS. 

Armand OAYOT, Inqpect^ général des Beaux- 
Arts. 

DBFRASSE, Président de la Société des Andiitectes 
diplômés par le Gouvernement. 

Gaston DESCHAMPS. 

DIEHL, de rinstitut, professeur à la Faculté des 
Lettres de Paris. 

Jacques DOUCET. 

Efi|LART, Directeur du Musée de Sculpture com- 
parée. 

ESMEIN, de rinstitut, professeur à la Faculté de 
Droit de Paris. 



MM, John H. FINLEY, Président of the Collège of the 
City of New-York. 

Jean PINOT, Directeur de la c Hevue ». 

Paul PLAT, Directeur de la Revue Bleue. 

FOUGÈRES, Professeur à la Faculté des Lettres 
de Paris. 

FUNCK-BKEXTAXU. Conservateur delà Biblio- 

thè<|ue de l'Arsenal. 
FKEEDLAKNDER, Président de la Société des 

anciens élèves des Beaux-Arts à New- York, 

GASQUET, Directeur de TEnseignement primaire 
au Ministre de llnstruction publique.^ 

FrédMc DB 6ÉRIN, Avocat à la Cour d'appd de 
Paris. 

Thomas HASTINGS. 

HOliKTICQ, Inspecteur des Beaux-Arts de la Ville 

de Paris. 
Archer llLN'riiNGTON. 

Gabriel-Louis JAKAY. Se<M«taire général du Comité 
France- Amérique. 

CamUle JULLIAN, de rinstitut. professeur au 
Collège de France. 

Albert KAHN. 
Otto KAHN. 

Raymond KOECliLlN, Président de la Société des 

Amis du Louvre. 
LALOUX, de rAcadéniiedes Beaux-Arts, Président 
delà Société des Artistes français. 

LANSON, PfOÉesseur à la Faculté des Lettres de 

Paris. 
Gastra LA TOUCHE. 

PemMid LAUDBT, Direct^r de la « Revue heèdo- 
madtdre ». 

Max LECLERC, Libraire-éditeur. 

Abel LEFKAN'^, Professeur au Collège de France. 

Paul LÉON, Chef de division au Sous-Secrétariat 
d'État des Beaux-Arts. 

Hugues LË ROUX. 

LEVASSEUR, de Tlnstilut, Administrateur du Col- 
I lège de France. 



2 



MM. Charles LE VEKRIEK. 

Lécipold MÂBILLëâU, Directeur du Musée Social. 
Cautncellor Mo CRACKEN. 

Louis MADELIN. 

Frédéric 7< ►W RSEN D MA RTl N . 

Louis ME TMÂN, Conservateur du Musée des Arts 
Décoratifs. 

MICHAUD, Professeur à la faculté des Lettres de 
Paris. 

NÉNOT, de rAcadémîe des Beaux-Arts. 

De N(JLHAC, Conservateur du Musée de Ver- 
sailles. 

Charles OSTËR* 

PASCAL, de l'Académie des Beaux-Arts, Inspec- 
teur général des bfttiuients civils. 

Edmond PERRIER, de l'Institut, Administoateur 
du Muséum d'Histoire naturelle. 

Lucien POLNCARK, Directeur de l' Enseignement 
secoinluire au Ministère de Tinstruction publique. 

Hon B. SPINCER-PRATT- 
RAFFAELU. 

Sal<Hncm llELNACIl. de l'institut. 



MM. Marcel REYMOND. 

A. de ROALDES. 

RODIN. 

ROLU Présideat de la Société Natîiwale des 
Beaux-Arts. 

Firinin ROZ. 

SALONE, Sécrétaire général de rAlliance Fran- 
çaise. 

Gabriel SÉ AILLES, Professeur à la Faculté des 
Lettres de Paris. 

Db SELVES, de l'Académie des Beaux-Arts, Séna- 
teur, Ministre des Affaires étrangères. 

SH0NIN6ER, Préddent de la Chambre amértcûne 
de Commerce de Paris. 

James STILLMANN. 

Julien TIERSO T. 

S. BRECK-'mOWBRIDGE. 

Edward TUCK. 

WHITNEY-WARREN. 

T. TILESTON-WELLS, Président de TAlUance 
française de New-York. 

Lazare WEILLER. 



ASSEMBLÉE CONSTITUTIVE 



Réunion du l 'i juin IDll, au Ministère de Tlnstruction PubUque et des Beaux-Arts, présidée par M. Charles 
Bayet, Directeur de rEoseigneaient Supérieur, dans le salon des Tapisseries : 

Discours de M. BAYET 

Messieurs, 

Je ne suis pas candidat à la préndence et j'ajoute même qu'il serait très regrettable à mon avis qv\mc o-uvre 

comme celle à laquelle vous songez eût pour président un fonctionnaire. Notre rôle doit être de vous apporter 
une collaboration très active, très cordiale, mais aussi discrète d'allures (pie possible. Toutefois, puisque vous avez 
bien voulu choisir le Ministère de Tlnstruction publique pour lieu de réunion, j'ai le devoir et le plaisir de vous y 
souhaiter la bienvenue au nom de M. le Ministre qui s'intéresse vivement à votre projet et fait des vœux pour son 
succès. 

Son Excellence, M. l'Ambassadeur des Etats-Unis m*a fait Thonneur de me rendre visite hier. Il a Tintention, 
u la réoq»tion de M. le Ministre des Affaires Etrangères le lui permet, d'assister au moins à une partie de la 
séance. Il m'a autorisé à vous dire que votre initiative avait toutes ses sympathies. Il ne peut être question, bien 
entendu, que de sympathies personnelles et qui n'engagent que lui, non d'une adhésion oflicielle, puisque Tu-uvre 
n'existe pas encore. Mais ainsi compris, ce témoignage de bienveillance nous est d'autant plus préci(Mix que nous 
savons combien M. Bacon est toujours heureux de s'employer, avec sa haute autorité, à multiplier les relations 
artistiques, littéraires, scientifi<iues entre nos deux pays. Nos deux Républiques sont sœurs et, si longue que Soit 
notre histoire, nr)us saluons dans la R.'publique des Etats-Unis la sœur aînée. Tant de souvenirs noi» unissent dans 
le passé, tant de sympathies dans le présent ! Les Français qui sont ici remerdent re^»ectiieiisenieat M. l'Am- 
bassadeur des Etats-Unis de l'avoir si amicalement affirmé et je puis assurer d'avance, sans oraii^ d'être d^neoti 
que nous rencontrerons la même sympathie auprès de l'Ambassadeur de France aux Etats-Unis, M. Jp ww^^^ 
M. Jusserand, Docteur ès Lettres, auteur d'une lemarquable Htitotre de la méraÉure angUnMe, aoocmlera «^ertaUR 
mrat son concours à une œuvre qui a pour objet de resserrer les relaticms inteUectoetles eirtre les d^x pays. « 

J'invite M. M'^ Dougall Ilawkes à prendre la parole. L'honneur lui revient d'exposer un projet dont il a pris 
l'initiative avec M. Le-Roy White. Je tiens à les remercier tous deux de leur actiwté généreuse. Je tiens anasià dire 
la joie profonde (^ue j'éprouve à collaborer avec des hommes de leur caractère qui unissent â tant de ^stinotiM natu- 
relle et simple une si grande élévation d'idées et une si sincère amitié pour la France. 



Dtoemirs de M. DOUGALL HAWKES, de New-York, Membre du ConeeU de la 

Fédération de l'Alliance Française des Etats-Unis et Vice-Président du groupe 
local de la Fédération à New-York (l'Alliance française de New-York). 



Monsieur le Direoteur, 

Vous voulez bien me demander d'exposer, au nom de mes compatriotes, par quelle suite de drocmstanoes 
nous nous réunissons aujourd'hui; j'accepte votre invitation et en vous répMdant, j'e«saierai, quoiqu'en termes 
assez brefs, de marquer nettement le but vers lequel le projet qui DOUS occupe dwt se porter, au moins en 

premier lieu. 

J'entre de suite eu matière. 



t 



Tlya peu de temps, quelques semaines à peine, à un déjeuner d'honneur offert an Président de la Fédé- 
ration de i'Allia.ice française des Etats-Unis, Mr. J. Le-Roy White, de Baltimore, nous fètionB, à Paris, leBUCoèg 
aux Etats-Unis de l'CEuvre de la Fédération. 

L'Alliance française, une a?.sociation française nationale, dont le siège social est à Paris, boulevard Saint- 
Germain, a comme but, vous le savez, de faire connaître dans les colonies françaises, la langue et la litté- 
rature delà France; de seconder dans le Levant, la fondation et l'entretien des écoles qui enseignent la langue 
française- d'entrer en relations partout ailleurs, avec les amis de la langue et de la littérature françaises a6n 
do resserrer les liens de sMiipathic littéraire et morale qui unissent la France aux autres peuples; Ôas» le môme 
sens, la Fédération de l'Alliance française des Etats-Unis, une assodation MO&icaiBe, a pour bot, dans l'intérût 
de là" culture intellectuelle de mon pays, de faire connaître à mes concitoyens Vôtre langue, votre Httér^Mre 
et votre drame, et particulièrement d'en jjojjulartter feu connatMoncc»; l'Assedation amérioaiBe est done «n rela- 
tions très sympathiques avec l'Association française. 

Cette Vssociation américaine, cette Fédération, est composée d'un grand nombre de groupes, plus OU moins 
autonomes qui se sont formés dans ces dernières années, dans les divfflw centres de commerce et d'indnstne 
auK Etals Unis, ou .lui, existant depuis plusieurs années, se sont dernièrement affiliés à la Fédération; par 
exemple, il y a V Alliance française de New-York, le SaUm françaù de Boston, etc., Cîhaque groupe local gère 
ses affaires propres , quelques-uns de ces groupes, par exemple l'Alliance française de New-York, dispose de fonds 
et de moyens considérables; le nombre de ses membres s'élève à 800; elle s'est constituée un cercle dramatique 
(lui donne chaque hiver des représentations de pièces françaises ; elle entretient à ses frais à New- York des 
cours gratuits de français le soir, ainsi que des conférences dont un bon nombre sont faites par des savants 
professant régulièrement à nos Universités; elle distribue des médailles, comme prix, aux élèves des écoles 
municipales, qui excellent daus l'étude de la langue française. D'autres groupes locaux disposent de moyens 
pit» modest'B, mais tous les groupes ont le même objectif. 

Ce sont tons ces groupes réunis, qm composent la Fédération. Chaque groupe envoie, une fois par an, 
des délégués à une Assemblée générale de la Fédération, qui se lient à New- York au mois d'avril et où est 
élu le Conseil se renouvelant en partie chaque année, et dont j'ai en ce moment l'honneur d'être membre ; le Conseil 
choisit un bureau, dont Mr. Alexander T. Masonest, en ce moment, Vice-l'résident, Mr. Louis Delamarre Secrétaire, 
et Mr T Tileston Wells, Trésorier. Le Conseil avec ce Bureau et aidé d'un Comité exécutif, dirige l'œuvre adminis- 
trative de la Fédération à New- York; d'un autre coté l'œuvre de la Fédération est, pour ainsi dire, inspirée à 
Pari" car le Conseil de la Fédération choisit chaque année, parmi les notiibihtés de la France, des conféren- 
ciers 'de distinction que l'on appelle conférenciers officiels, qui, en Amérique, vont en tournée dans un plus 
ou moins L-rand nombre de k. ol.ih s locaux, selon les occasions qui se présentent, et apportent ainsi, ici et là, la 
bonne parole de la France, "directement; ces conférenciers officiels, que vous connaissez tous, sont choisis par le 
Conseil de la Fédération sur l avis de notre Président, qm lui-même est assbté, à Paris, par un Comité çoBSttltatif 
de la Fédération, composé des anciens conférenciers officiels. 

Chaque ''roupe local de la Fédération pave au Trésor de la Fédération une cotisation annueUe propor- 
tionnée au nombre de ses adhérents et subvient aussi aux frais des conférences que le groupe demande; chaque 
groupe local a ses frais payés par les cotisations annuelles des membres du groupe et par des dons; souvent le 
Tré or de la l'^édération reçoit de ses amis des dons en espèces, tantôt pour équilibrer le budget, tantôt m vue 
d'un travail ou d'une mission spéciale. 

L'œuvre de la Fédération, prenant pour ainsi dire comme je Vm dit son inspiration à Paris, U nous a semblé 
que Paris était l'endroit tout indiqué pour fêter, cette année, le succès toujours croissant de l'œuvre et c'est dans 
CCS ciHlitiuns que vous. Monsieur le Directeur, et quelques autres amis de l'œuvre, ave» l^n voulu vous réunir à 
n.His et i nos anciens conférenciers dans un témoignage d'honneur â notre Président, - Déjeuner aMqoèl j d fittt 
allusion au coiuiiiencement de mon discours. 

Passons maintenant à une extension possible de l'œuvre de la Fédération, extension qui constitue ce projet 
d'un Institut Français aux Etats-Unis et indiquons-en nettement le but. 

Depuis deux ans déjà certains membres du Conseil de la Féd,'ration, étant donné le succès grandissant de 
l'œuvre, avaient examiné à New-York s'il n'y avait pas lieu d'étendre cette œuvre dans d'autres directions analogues; 
tout de suite l'idée s'est présentée de faire, au point de vue de l'Art Fiançais, ce qui s'était fait au point de vue de 
la Littérature, c'est-à-dire de populariser aux Etats-Unis les connaissances de l'Art et des Styles Artistiques bien 
marqués de la France. 



_9_ 



Sur la demande du CoUseU de l'AUiaBoe Française de New-York. j'eus avec quelques personnalités marquantes 
des entretiens à ce sujet tant à Paris qu'à New^lîitk et dans cette dernière vUle tout particulièrement 
avec des personnes qui s'intéressent à des œuvres d'initiative privée se portant du côté artistique, comme la Société 
des Elèves Diplômés des Beaux-Arts, la Société des Anciens Elèves des Beaux- Arts; tous ont exprimé lopmion 
qu'une telle extension de l'œuvre da rAllianoe m pounait manquer d'ôtre très favorablement accueillie, et que le 
mom«at étùt arrivé de s'en occuper. 

Je me suis donc permis à ce Déjeuner d'honneur de suggérer la création d'un InstKut Français aux Etats- 
Unis qui pourrait s'occuper de cette extension; vous, Monsieur le Directeur, avez bien voulu vous intéresser à ce 
projet; grâce i votre intérêt et à la collaboration d'autres personnes, la lettre d'appel qui nous réunit aiyourd bm 
(im à Paris oii l'Institut doit logiquement voir lejon^, a été lancée. 

Il nous semble, à nous autres Américains, que l'Institut pourra tout d'abord s'occuper tout paraoïUèremeni 
de populariser aux Etats-Unis les connaissances de l'Art Français, Art pur et appUqué, Art passé et Art présent; 
un tel travail spécial n'est encore entré dans le cadre d'aucune œuvre déjà entreprise et die s'accomplirait 
avantageusement par la création aux Etats-Unis d'un grand Musée d'Art Français, qui tout en ne faisant pas double 
emploi avec nos grands Musées, tels que le MctropoKïan Muséum de New-York, fournirait cependant les documents 
nécessaires pour cette popularisation ; mais pour que l'œuvre puisse comporter dans la suite, s'il y a lieu, des élargis- 
sements progressifs dans des directions universitaires, scientifiques et économiques, etc., nous n'avons pas cru 
devmr pour ainsi dire fermer la porte par un qualificatif aussi restreint pour l'œuvre, que le mot Aiu*ee seul 
oomportoait. Voilà donc comme nous sommes arrivés à nous servir du mot liislUtu. 

Au reste notre pays est tout préparé pour aocudUir une œuvre de popularisation des connaissances de l Art et 
des S^les Français; le pays commence à être puissamment porté, comme résultat de notre prospérité matérielle 
et par l'entremise de manifestations architecturales, dans la direction de l'Art décoratif; «l auire part, .les initia- 
tives privées, d'ordre artistique, touchant plus ou moins à l'enseignement, les uness, écialisées <lans l'Art llispaiiniue, 
comme la Société Hispano-Américaine, d'autres s'appliquant en partie à l'Art en général, c.jmiue Cooper Union, 
contribuent puissamment, avec nos grands Musées de New- York, Boston, Chicago, W ashington, l'Institut de 
Pittsburg, de Worcester, etc., etc., à faire naître le désir de s'entourer de belles productions d art; sous l'impul- 
sion des jeunes architectes américains, auxquels vous avez si généreusement ouvert les portes de votre incomparable 
Ecole des Beaux-Arts, l'Architecture dans nos villes, voire même à la campagne, t«^ sensiblement à se laMgr 
influencer par l'Art français; cette tendance dans l'architecture, tant publique que privée, fait naître ^® ^'"'JHI 
surtout dans nos intérieurs particuliers, un goût pour l'Art décoratif français, et ce goût lui^tttoie pourra ôtoe b^^ 
coup accru par des documents adaptés à l'usage populaire; forcément ce goût, s'il s'aooentufi senâbtement dans le 
sens indiqué, va se porter de plus en plus du côté de l'Industrie d'Art Français pour se satisfaire, car nous n avons 
pas chez nous les ouvrier» nécessaires pour la production, sur une échelle proportionnée à une demande sensible- 
m^t croissante, de l'artide décoratif de grand Imce, m mânede Fartide décoratif qui est chez vous d'usage courant; 
et les ouvriers d'wt habiles ne se format pas d'tm momentà l'autre. 

Ce qu'il faut, c'est que ce goût naissant soit bien dirigé; pour une diredion efficace et popul^re, on ne peut 
se contenter de U contemplation seule des pièces artistiques hors ligne que la générosité des personnes intéres- 
sées à notre éducation estliétique nationale a fait entrer dans les collections de nos grands Musées; il '^ut aussi 
des documents bien choisis, qui s*adresseront à la amipréheni^ de toueet impas parti<»iUèrMft^ aux spécia- 
listes, ni à ceux dont la sensibilité artistique est déjà raffinée. 

C'est pour répondre à ce point de vue populaire que le Musée d'Art Françds s^ créé, et Ton devra concevoir 
ce Musée autant comme un laboratoire d'études, avec des photographes, des moulages, des olxdiés de pro.ections, 
que comme une exposition vers laquelle les curieux et les badauds s'adhemineront pour passer le temps ; est-ce à 
dire que ce Musée devra reftiser les pièces beDes et raares que les amis de l'œuvre lui offriront? Loin de là; ces 
^èces rentrent essentiellement dans le programme que nous venons de tracer; elles constitueront pour ainsi dire 
te rhétorique de l'œuvre que nous venons de suggérer, dont la partie la plus importante sera formée counne de 
droit, par des études de grammaire, si vous me permettez de me servir de cette comparaison; ((ui don.- <.s< rait 
prétendre que votre œuvre magnifique de TUnion Centrale des Arts C'ccratifs, avec son Mus< e mc<»iiipa! :il)le, 
ses expositions annuelles qui attirent les gens de goût du monde entier, lait du tort au Louvre ou à rinl*-rtH que nous 
prenons tous dans ses suites superbes de pièces historiques; le succès marquant de la Société des Anus du Louvre 
servirait plmnement de réponse à une aussi sotte prétention. 

Partout ans Etate-Unia, îl se produit, depuis quelque temps, une impulsion, un mouvement vers l Art pur et 



décoratif, qui ne demande qu'à être activé ; nous qui avons eu le bonheur d'observer les manifestations exquise» de 
l'Art de la Frant-e en étudiant chez vous les styles des dit'térentes périodes, nous vous demandons de nous aider à en 
populariser les connaissances chez nous, comme nous vous avoiiS demandé une sympathie active dans rœuvre 
de vulirarisation de la Langue Française entreprise par la Fédération de l'Alliance Française des Etats-Unis ; pour- 
quoi, lorsqu'il s'agit d'études artistiques, setounie-ion tout naturellement, en Amérique, du côté de la Fmnee? Voilà 
une question à laquelle justiu'à ce moment, je n'ai jamais entendu donner de réponse satis&isante par rapport aux 
causes; on cite habitoellement l'existence de documents ; il va sans dire que cette réponse confond la cause et 
l'effet; nous serions bien aise de trouver la vraie solution de ce problème. 

En attendant cette solution, contentons-nous de constater la tendance de rapprochemmt qui se manifeste &i 
dilîéreuts endroits, et à ce propos permettez-moi de vous lire un extrait d'une letb« écrite dernièrement à un des 
Conférenciers officiels de la Fédération de rAlliance, une de vos personnalités marquantes qui du reste s'intéresse 
vivement À notre nouveau mouvement, lettre qui montre peut-être que l'œuvre de vulgarisation de la Langue peut 
conduire à un rapprochement artistique; la lettre est écrite par un des membre du groupe local de la Fédération, 
à Bridgeport, une viUe de jdus de cent mille habitants, sur la Côte, entre New-Yoric et Boston ; ce groupe local a 
essayé précisément de constituer, daim une salie d'une ée^ de la ville» un oasmeaçraient de Musée piMir encadrer 
FEnseignemœt littéraire. 

Voici rentrait : 

« Aux quatre coins de notre salle nous avons Racine, Molière, Corneille et Napoléon I« (en pl&tre, bien entendu);, 
sous la pendule une statuette de Jeanne d'Arc; sur la muraille une carte de France, un Plan de Paris, deux eaux-fortes 
de Notre-Dame (ti es joliesi, des photographies de la Madeleine, des Invalides, du Panthéon^ de la Sainte-Chapelle, de la 
Colonne de Juillet, de TArc de Triomphe et plusieurs photographies prises au Louvre. 

«On appelle notre salle la Salle Française» et nous éprouvons une vive sensation de plaisir, quand nous y entrons. • 

Cette lettre est presque touchante dans sa sincérité; je vous la cite pour faire Wen sentir les sentiments aveo 
lesquels l'œuvre de l'Institut sera accueillie dans les milieux où la Fédération a déjà préparé unt^rain, qnisera^ 
vous le voyez, très propice au succès rapide de TcBUvre. 

Tels sont, Messieurs, en peu de mots, Tidée ou plutôt une sorte de programme au pointde vue américain, de 
Faction d'un Institut Français aux Etat-Unis, action qui ^it io^rgément être inspirée id, pour donner des résultats 
satisfaisants, avec administration aux Etats-Unis, et siège s^iâTi New-York (Je dis New-York, parce que c'est la 
capitale commerciale du pays) ; ce siège central devra naturellement avoir des attaches aveo les autres grandes villes, 
telles que Washington, Philadelphie, Chicago, etc., sans oublier nos centres universitaires; de plus, l'action de l'Ins- 
titut pourra se porter réciproquement vers certaines choses américunes dans un sens qui tendrait à les faire mieux 
ocmnattra en France. Je ne m'arrètmû pas, en ce moment, sur plus dedélaib; U mffit d'avmr ^posé quelques 
grandes lignes du projet. 

Cependant, avant de terminer, je me permets, en vous félicitant de cette réunion si brillante, de remercia tons 
les Français ici présrats pour leur généreux intérêt dans le dèvelopement intellectuel de FAmérique, et vous, 
M* Bayet» tout particulièrement, pour Tinitiative que vous venex de prendre; je puis vous donner Fasauranoe qne 
mon pays vous en conservera un souv^ir reeonnaîssant» 



Discours de M. André MICHEL, Conservateur au Louvre. 

Mesùeurs, 

M, Bayet veut bien m*inviter à prendre la parole sur la partie du projet qui concerne plus spécialement 
les rapports artistiques des Etats-Unis et de la France. C'est le département des Beaux-Ar(s, qui, dans la pensée 
des promoteurs de ce projet, semble devoir occuper, tout au moins pendant la période des débuts, la première 
place... Je ne saurais improviser un plan d'organisation de ce département ; mais je puis apporter le témoignage 
d'une expérience personnelle. 



— U — 

Au cou» tfnne longue tournée de conférences dont le thème était l'histoire^ l'art françms à ses grandes 
époques, j*ai constaté Tintérêt très intense et trèelntelligent que tous les auditoires devant lesquels j*ai eu l'honneur 
de piller, à Chicago comme à Boston, à Québec comme à Baltimore, prenaient à ces sujets. Je suis donc convaincu 
que la constitution d'un ou plusieurs centres d'études où seraient disposées, exposées et -classées, des collections de 
d'.cuments, moulages, photographies, livres, permettaïit de suivre, à travers leurs transioraiations, la civilisaiioii 
et l'art de notre France, est éminemment désirable, serait très bien accueillie, et rendrait tous les services 
qu'on en peut espérer. Il faudrait d'ailleurs qu'à coté de ces documents on phu^dt des guides compétents pour les 
expliquer à ceux qui n'en comprendraient pas directement la signification et le langage. 

Nos amis paraissent altîicher un grand intéréf à la constitution préalable d'une collection de niodrle.s d'Art 
décoratif et spécialement de notre xvnr siècle. Si l'on entrait dans cette vue, rien ne serait plus lacile que de 
former un pareil musée, il suflirait de puiser dans la riche série des moulages dont Tatelier du I^)uvre conserve 
les bons creux. 

Mais il ne m'appartint pas — en ce moment surtout — d'entrer dans le détail de l'organisation future — 
d'Maminer dans quelle mesure l'Institut projeté et dont je souhaite de tout co.^ur la fondati(^n et 1<- succès 
pourrait tirer parti des richesses artistiques déjà réunies dans les collections privées des amateurs américains dans 
les Musées dont la concurrence est à certains jours si redoutable pour les nôtres, même dans les universités, qui ont 
elles aussi, leurs moulages et photographies. Il existe déjà aux Etats-Unis d'admirables éléments de culture 
française; l'Institut les mettrait en valeur, leur créerait une clientèle toujours plus nombreuse et mieux préparée 
et comme nos artistes ont toujours été nos plus persuasifs missionnaires, il en résulterait immanquablement, entre les 
deux pays, un redoublement d'amitié. 



Discours de M. Joseph BBDIBR, Professeur au Collège de France* 

Messieurs, 

Que rinstitut projeté soit d'abord un musée, oui, cela est sage et bon, et prestiue nécessaire. Mais, s'il doit 
prospérer, il convient, je crois, qu'il serve d'autres intéièts encore que ceux de notre art : il devra témoigner 
Ineutôt que la France est grande aussi par son activité scientiGque. 

n ne s'agirait pas d'une tentative de propagande indiscrète. Nous Français, cultivant la science, nous ne 
serons jamais de ceux qui disent notre science, et comment serions-nous tentés de l'aller dire lâ-bas, au pays des 
Newoomb et des Edison, des Child et des William James, au pays, qui, pour avoir compris mieux .jn aucun autre 
avec quelle largeur la science doit être organisée, possède aujourd'hui les universités les plus ri.-lies du monde, Its 
plus puissantes, les mieux soutenues par la coniiance et l'amour des citoyens, bâties qu'elles sont en belles pierres, 
mais elles aussi déjà bâties en hommes? Non, la science américaine n'a plus à recevoir de nous, ni de i>er^onne, 
des directions. Mais nous avons besoin les uns des autres. Quelle nation pourrait s'isoler sans fausser son 
originalité scientifique et sans s'appauvrir? C'est pourquoi les savants des Euts-Unis tiennent à rester en contact 
avec les savants d'Europe. Ils viennent fréquemment les visiter; ils les appellent ches eux; ils leur envvHent v(4<Mitiers 
leurs étudiants. 

Seulement leurs étudiants, jusqu'à ces dernières années, ce n est guère en France qu*its les envoyaieui. tPrenoe« 
mère des arts... » ; mais la science, croyaient-ils, c'est ailleurs (luelle se fait. Ki la répartition était simple : en France 
venaient les jeunes architectes américains, les sculpteurs, les peintres; mais les futurs philosophes, philologues, his- 
toriens, physiciens, chimistes, mathématiciens, naturalistes, s'en allaient en Allemagne. 

Ce prestige de la science allemande s'explique, et par des raisons tpii ne nous sont que trop présentes. Il n'y 
a guère que trente ans, quarante ans au plus, (pie les Etats-Unis entreprirent de constituer plus puissauiuieni leur 
haut enseignement, c'est-à-dire de superposer à leurs vieux collèges du type anglais des universités au sens européen 
du mot. On était au lendemain de la guerre : c'est sur le type allemand qu'ils les ont modelées. Les fondatavs de 
ces jeunes universités, leurs plus anciens professeurs, leurs mdlleurs étudiants vinrent alors cherdier en Allemagne 
des idées directrices, programmes d'enseignement ou méthodes de recherche. La tradition s'est perpétuée, et c'est 



ainsi qii'aujourdluii les professeurs dWvermté «niérieaifis sottl^ poor lea sept dixièniefty d'iuiciea^^ élodiants de 
Berlin, de Marburg ou de Leipsig, 

Il existe, entre l*une des plus belles univ^^tés américaines, Yaie, et oelle de Leipzig» des relati<niB m ^troîles 
qu^elles rappellwt les pactes de firatemîté des abbayes du moyen Age. Quand Leipzig, il y a trois ans, célébra son 
jubilé, Yale lui dédia un volume de mémoires scientifiques composés par vingt de ses pr^esseurs, tous andens 
- étudiants de FUniversité saxonne. 

L'Allemagne est justement fière de ces nobles amitiés. Elle sait en outre qu'aux Etats-Unis, plus encore 
qu*ailleur8, agir sur les universités, c^est agir sur le pays entier et qu'elle dispose par là de moyens d'influence 
d'une force incomparable. Aussi pas un congrès, pas une féte umversitaire où elle n'envoie des d^égués, et le 
cftblpgramme de félicitations du ministre des cultes prussien ne manque jamais de traverser TAtlantique pour arriver 
là-bas à la minate propice. Tous les deux ans, le jour on le professeur de Harward envoyé & Berlin ouvre son cours, 
rcmpweur, quand il n'y assiste pas en personne, s'y fait du moins représenter par un prince de sa maison. En vertu 
do conventions régulières, un professeur de Leipzig vient chaque année enseigner à Yale, à Chicago, un professeur 
<le l'une des universités prussiennes; ils y (Haient deux, quand j*y passai. Et ce ne sont pas des doublures^ mais 
des hommes de premier plan, et qui s'honorent d'être chargés de telles missions. 

Et tandis que de loin en loin un conférencier français vient, brille quelques heures, et puis s'en va, l'Allemand 
séjourne. Il ne fait pas figure de conférencier, mais de professeur : dans les séances de faculté, dans les jurys 
d'examen, il est un collèirue parmi des collègues; dans le séminaire, dans le laboratoire, un savant parmi des 
savants. Ainsi se maintient l'idée ([ue rAUeniagnecherclie et découvre et que la France vulgarise. 

Mais c'est là, Messieurs, le tableau des choses d'hier; il n'est plus vrai tout à fait aujourd'hui. Depuis un 
demi-siècle, la France a tant travaillé dans tous les champs de la pensée, tant inventé! On commence à moins 
la méconnaître. Les premiers quelques jeunes professeurs américains (|u';ivait attirés isolément le renom de tel et 
tel de nos érudits, et particuHèrement, à ma connaissance, quelques élèves de Gaston Paris, de M. Gabriel Monod, 
de M. Ch.-V. T.andois, ont dit chez eux qu'ils avaient vu en France des universités prospères, actives, pleines de 
vie scicntifiquf; et, malgré les préventions contraires, cette notion nouvelle, cette révélation qu'ils apportaient fut 
accueillie; beaucoup de leurs collègues les crurent sans effort parce que chacun deux, dans la mesure même oiî il 
«'•tait un savant, avait constaté déjà que, dans l'ordre de sa spécialité, il avait à compter chaque jour avec des idéés 
et des découvertes françaises. Ce fut alors en notre faveur, et d'abord à notre insu, un éveil de curiosité, bientôt de 
sympathie, un esprit nouveau, presque un revirement. Les universités américaines se prirent à croire que, sans rien 
relâcher des liens qui les unissent à rAllemagne savante, dles auront à gagner ausaô, «t beaucoup, si dies entrent 
en communication plus intime avec la pensée française. Et comme aux Etats-Unis les m<Mivements d'idées scml 
prompts à se propager, et promptes les sympathies à s'exprimer par des actes, voici que, depuis quelques années, 
des étudiants américeôns, en nombre croissant, fréquentent nos laboratoires et nos salles de cours; voici que 
rUniversité Columbia, à New-York, a adiessé à plusieurs professeurs français d'honorables invitations; et voici un 
fait dont ceux-là mesureront la portée qui savent que TUniversité Harward est Tune des grandes puissances 
morales des Etats-Unis : le nouveau président de cette université, M. Lawrence Lowell, a négocié avec notre 
directeur de l'enseignement supérieur, M. Bayet, des échanges réguliers de professeurs. Désormais, alternant 
avec le professeur allemand, un professeur français ira tous les deux ans enseigner à Harward durant un semestre. 
Et, dès cette année, trois de nos meilleurs savants, un historien, M. Charles Diehl, un critique littéraire, M. Gustave 
Xianson, un mathématicien, M. Hadamard, seront les hùtes, soit de Harward, soit de Columbia. 

Ce ne sont là que les premiers symptômes, très pn'*cieux déjà, d'un rapprochement intellectuel entre nos deux 
nations. Qui ilonc y a travaillé et y travaille? 11 est bon de le dire, car le dire, c'est dénombrer les forces dont 
disp<^sera notre Institut français. 

Nos amis, ce sont les professeurs de TUniversité Harward, qui sont venus enseigner en Sorbonne, et qui sont 
restés depuis en communion de pensées avec leurs collègues français; et réciproquement, nos zélateurs, ce sont les 
conférenciers français, de TAlliance française, qui ont aux Etats-Unis représenté chacun quelque noble aspect du 
tempérament de notre nation : et qu'il me soit permis de nommer ici du moins leur doyen d'âge, M. Emile Boutroux. 

Nos zélateurs, nos champions, ce sontencore les dix ou douze Français qui servent avec honneur dans les 
Universités américaines, et en outre, occupant dans les collèges, dans les écoles, des postes plus modestes, cette 
centaine dents compatriotes qui forment sous la présidence d'un homme excellent, M. George, l'Association des 
professeurs Ir.tnr.iis aux Etats-Unis : ils n'apprennent pas seulement notre langue aux enfants américains; par 
la dignité de leur vie, ils leur montrent aussi ce que sont les fortes vertus françaises. r 



Nos champions, nos àmia, ce sont encore lea groupes de l'Alliance française, si énergiques, si ardents, et, à 

leur tête, ces hommes admirables (je ne les nomme pas tous), M. J. Le Roy White, M. M' Dougall Hawkes, M. Frédéric 
R. Coudert, M. Alexander T. Mason, M. T. Tileston Wells, de New-York, M. J.-G. Rosengarten, de Philadelphie, 
qui donnent aux œuvres françaises leur argent, leur temps, leur talent, et qui ont choisi, comme étant leur manière 
à eux d'être de bons citoyens américains, d'aider leur patrie à mieux connaître et à mieux aimer la nôtre. 

Et enSn, de ce côté-ci de l'Atlantique, les ouvriers de ce rapprochement, ce sont quelques hommes d'Etat' 
c'est ce rapporteur du budget de T Instruction publique, aujourd'hui notre ministre, qui a si heureusement défini 
c la politique extérieure de nos universités ». C'est le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, à qui principalement nos 
universités doivent leur réoriranisation, c'est le directeur de l'Enseignement supérieur, qui a su rt'-pondre avec tant 
d'activité et de cœur :iu\ initiatives américaines par des initiatives françaises ; qui a travaillé à constituer roilii-e 
national des Universitf's et écoles françaises; <pji a favorisé dans nos uni\ ersités la cn'ation de cours, de dijdômes, 
de grades propres à attirer et à retenir les étudiants étrangers; qui confie à déjeunes Américains des postes d'assis- 
tants dans nos lyci'es; qui, !ors(ju*on nous demande pour l'Amérique un jeune agrégé, le choisit parmi les meilleurs; 
qui prou\ e par des actes aux Français enseignant en Amérique que 'a mère-patrie ne les considère pas conune des 
déracinés, mais comme les meilleurs de ses enfants. 

Aussi sont-ils nombreux df'*jà. les professeurs et les étudiants français qui admirent, pour des raisons réfléchies, 
les universités américaines et qui les savent à Tavant-garde. Aussi sont-ils nombreux déjà, les professeurs et les 
étudiants américains qui savent que la France aussi est à Pavant-garde, et que jamais elle ne fut plus saine, plus 
laborieuse, plus créatrice. Ils sont nombreux les Français et les Américains, qui pour s'être rencontrés dans Tintimité 
du travail quotidien, sont devenus amis, et qui ont compris le grand sens de parole :«c Ungchascun preste, un 
chascun doibve. Tous Sôieiit debteurs, tous soient presteurs; Nature n*a cr.'é l'homme que pour preste et emprunta». 
Ils sont nombreux, les Américain et les Français qui pensent que multiplier entre nos deux pays les ooitfaef^ 
les liens, les échanges, o^est une des meiUénree iacons que nous ayon$ ^ eux leur patrie, et nous la nôtre. 

L'Institut Français aux Etats-Unis pourra devenir le lieu dé toofeâ ces sympathies, le foyer de toutes ces 
énergies. Cela sans contrarier les initiatives déjà prises, sans empiéter sur dles, en les servant an oontram. Vous 
saurez bientôt, Mesûeurs, définir les modes principaux de son activité, arrêter les grandes lignes et les détails de son 
^)rogramme. Je n'ai voulu que définir Tesprit qui nous anime tous et qu'exprime bien la pmde deBabdws : « Crogràs 
que chose divine est preater; debvMr est vertu h^ique «. Si oela est vrai, Tbistitat PraDçids pourra n^èke pas 
seulement un musée, mais vraiment, ià4»as, la Maison Fma^jaise. 



4 



Discours de M. Emile BOUTROUX, Membre de rinstitut 



Je ne i)uis ([ue répéter, pour l'avoir constaté, expérimenté, vécu, ce qui vient d'être si bien dit sur Topportunitt 
de multiplier et de resserrer les rapports intellectuels entre les Etats-Unis et la Pranœ. 

Jadis, le irrand penseur américain Emerson écrivait : The oid is for slaves, & Lf vieux est pour les esclaves. » 
Alors, les Américains sentaient surtout quel avantage c'est, pour avancer avec rapidité et ouvrir des voies nouvelles, 
de n'être ])as enchaîné à un passé ma.ssii' et immobile. Tradition, histoire, legs des ancêtres, c était là, pensaient-ils, 
avant tout, une hérédité oppressive : Weh dir, dasz du ein Enkel bist. 

Or il m'a semblé, en respirant Tair des Etats-Unis, que la disposition des esprits s'était, à cet éirard, modifiée. 
Plus que jamais, l'Amérique veut être vivante, active et créatrice. Mais elle a observé que riiomme, en fait, ne crée 
jamais rien, et que les innovations les plus profondes se sont toujours a]jpuyées sur le passé, se sont même pré- 
sentées comme des restaurations du passé le plus lointain et le plus oublié. Mon elier liote et ami le professeur 
William James aimait à me répéter cette phrase du philosophe B.-P. lilood ; The smiie retum» not, «ave to briiuj ihe 
dilJerent, « Le même ne revient que pour amener l'autre. » 11 ajoutait que cette proposition était convertible, et 
que réciproquement, Tautre ne peut se produire qu'à la faveur du même. 



7 



— 14 — 

Un jour, il me fit remarquer, dans Inscription consacrée à la mémoire de PlnUips Brooks, an sendl de la 
maison d'études religieuses ouverte à toutes les religions, que cet esprit généreux créa à Qunbridge, en Massa* 
chusetts, ces mots où gît tout une philosophie : He brought freak meanin^ to aneieni creed», < Il mit des sens 
nouveaux dans des symboles anciens. » Le seul moyen humain de réaliser Toriginalité, selon cette doctrine, c'est de 
greffer le nouveau sur Fanden, c'est de donn^, à ^lelque partie ou face de Fœime de nos devanciers* un dévek^-^ 
pemrat que c^-ci n'avaient pas prévu. « Les mômes pensées, dit ^ocaA, poussmt ^ueUpi^is tout autrement dans 
mu autre que dans leur auteur. » 

Vidée d*appliquer ce principe à Féducaticm artistique, a reçu, à Cambridge môme, un eomm^ieement 
d'exécution. Un très beau Musée édacatif offrant dc»9 reproduotims des plus bellejt œuvres de tous les pays, The Bo^ 
Art Muséum, y est composé avec autant de ssèle que d%telligence, pi^r le petit-âls 4*&ner8on^ M. Edward Forbes. 

• 

Que riinportance de cette idée, non seulement dans l'ordre artistique, mais dans Tordre intellectuel et scien- 
tifique, soit irénéralement reconnue en Amérique, c'est ce qui, je crois, est assez sensible. Mais est-il vrai qu'actuel- 
lement Tattention des Américains se porte spécialement sur la France; et y a-t-il, à ce fait, s'il est réel, queli^ue 
raison importante? 

La place que tient en ce moment la France dans le monde scientifique, le nombre et la valeur des travaux 
qui la représentent dans toutes les branches du savoir, suffiraient à expliquer Testime dont elle jouit, à cet égard, 
parmi les Américains, si activement mêlés au progrès universel des connaissances scientifiques. Il est vraisem- 
blable, selon lopinion générale» que 1 époque présente comptera parmi celles où les Français se seront particulière- 
ment distingués par le zèle et l'opiniâtreté dans la recherche, joints à l'effort pour voir, non seulement dair, mais 
juste, pour subordonner les plus précieuses qualités : finesse, ingéniosité, logique, sens de la vie, Â la probité intel- 
lectuelle. 

Les Américains apprécientla brillante contribution de notre paysan pn.grès de la science. Ils ne sont pas non 
plus insensibles aux caractères plus proprement français qu'ils distinguent dans les travaux de nos compatriotes. 
Ils estiment, et en cela ils professent une op nion que j'ai entendu exprimer en différents pays, que les Français 
ont particulièrement excellé dans les parties de l'œuvre humaine qui ressortissent à ce qu'on appelle proprement 
l'intelligence. Les merveilles de goût, de mesure, d'élégance, de perfection éhm la compontion et l'expresnon» 
d'art, en un mot, que nous a léguées l'antiquité classique, les Français en ont hérité d*une façon en quelque sorte 
privilégiée. Ils possèdent, à un degré lemarquable, toutes lesqnaUtés qui s'enseignent, qui se COT amon i q uent, qui 
s'acquièrent: ce qui, sans doute, ne vent pas dire qu'ib ne possèdent que celles-là* 

Ils savent être habiles avec naturel, fondre intimementla forme et le fond, mettre, sur la moindre chose, cette 
marque insaisissable, qui l'empêche d'être jamais vulgaire : le style. Voilà ce que j'ai entendu dire en Amérique; 
tel est le talent dont on se plait à nous demander le secret. 

\'oici encore — et je ne prétond.s faire ici autre chose que répéter des discours restés dans ma mémoire — voici 
un autre caractère que les Américams, avec d'autres, relèvent volontiers dans les manifestations de l'esprit 
français. 

Les Français ont cultivé avec ardeur, avec succès, les lettres et les sciences. Ils les ont cultivées dans un 
ontaân esprit, qu'il est intéressant de noter. 

L'art pour l'art, au sens propre de cette formule, n'a guère eu de représentants dans ce pays. Pareillement, 
m vif que soit en France l'amour de la science, on a peine à y apprécier une étude, même très savante, pour cette 
seule raison qu'elle établit invinciblement un fait inconnu, quels que soient d'ailleurs l'importance et le rôle de ce 
fait. On n'y considère pas non plus comme une (in dernière Tapplication pure et simple de la science à l'industrie, 
doù résulte la conquête des forces de la nature et l'accroissement indétini de la puissance humaine. 

Un illustre philologue, l'un de nos maîtres les plus aimés, M. Michel Bréal, dans son célèbre Easai 
sur la Sémantique, expose qu'il ne faut pas considérer le langage comme une chose existant en soi et évoluant par 
soi, selon des lois indépendantes de rhomine. Tout ce qui est condition extérieure, estime-t-il, joue uniquement dans 
l'évolution du langage, un rôle de cause seconde et occasionnelle. La seule cause vraie, c'est l'intelligence et la 
volonté buuiaine* 



— 15 



Ce qr.e M . Bréai dit du langage, les Françaiiont une disposition à le 4i*e des sdenoes et des arts en gèoini. 
Tontes les sciences, lisons-nous dans Descartesy^titf sont autre chose que la sagesse humaine, laquelfai émmm 
une et identique, quelle que soit la diversité des objets auxquels elle s'applique. Et comme Thomme est la cause, 
ainsi il est. lui-même, la fin de la science et de l'art, Oette doctrine fait le fond de la philosophie d'Auguste Cc«te, 
et elle est bien française. Hausser la dignité humaine; accroître, embellir la vie sociale; rendre Thomme plus 
amoureux de sdenoe, de justice, de beauté, de bcmté, plus ouvert à mutes les idées et à tous les sentiments nobles 
efgénéreux; développer, en un mot, par-dessus tout, les facultés (jui sont le propre de Thomme. faire Thomme plus 
homme : tel est, en France, estîme^n, l'objet suprême de Téducation, des études, de Tactivité adeiitiCqae, 
artistiquer iiulBStrieUe, politique. - 

Il semble que la Prince ait pour mission de vérifier cette maxime de Ménandre : « Qodile chose aimable que 
l'homme, quand il est vnument homme! » 

* * 

Ces traits spéciaux, que les Américains remarquent dans la dvilisation française, présentant à leur pcnnt de 
vue, un grand intérêt. 

Tout en gardant les solides qualités morales : maîtrise de soi, culte de la loyauté, fatr ]Way, respect de la 
personnalité d'autrui, obéissance à la loi et esprit public, qu'ils ont héritées de leurs ancêtres, et qui leur assurent 
la dignité individuelle et la liberté politique, ils ont, par leur lutte avec une nature vierge, développé en eux, 
au plus haut point, les qualités d énergie, d'audace, d^endurance, d'actirité, de confiance sd, qui permettent 
d'affronter les tAches les plus ardues. 

D'autre part, ils ont accumulé les moyens d'action, les ressources de toute sorte, les possibilités, t the 
possibilities », comme on dit en anglais. Et ils se sont mis avec ardeur à l'école de celle qui multipUe indéfinimmt 
les forces et les possibilités : la science. 

Aujourd'hui, plus distinctement que jamais, possédant, et la vigueur physique et morale, et les ressources 
scientifiques, ils rêvent à quelque chose de plus : la combinaison de ces deux éléments en vue d'une lin supérieure. 
Cette fin, c'est l'organisation de la société humaine : c'est la perfection de Tordre social et humain, obtraue par 
l'union appropriée de la valeur des individus et des forces de la nature. 

Dès lors, n'est-il pas intelligible qu'ils se tournent vers la nation qui leur apparaît comme ayant parùcu- 
iièrement développé, cultivé, afAné l'instinct social de la nature humaine? 



* ♦ 



Mais pourquoi ne pas se borner à étudier les œuvres des Français, ou mémo à multiplier, d'une manière 
générale, les relations avec les hommes et les choses de notre pays? Pourquoi projeter précisément la création d'un 
institut Français aux Etats-Unis? 

Parmi les privations que m'a paru ressentir ce peiq>le, confiant dans son avenir, mais habitué de longue date, 
par ses origines religieuses, à la pratique de l'examen de conscience, j'ai cru remarquer celle d'un milieu social, 
exerçant sur les individus une influence excitatrice dans un sens déterminé. Certes, le génie est chose individuelle; 
mais son activité est mise en branle par des chiquenaudes venues de rextcrieur. Et cet ensemble de conditions 
définies, permanentes, enveloppantes, impersonnelles, pour lesquelles on a forgé l'expression de milieu, a, s'il s'agit 
de provoquer l'invention, une tout autre efficacité qu'une infinie diversité d'influences individuelles, s'exerçanten 
tout sens et se contrariant les unes les autres. 

Or les Américains ont, certes, entre eux et>vec les hommes des autres pays, des relations individuelles 
aussi multiples et aussi cordiales qu'on le peut souhaiter. Il n'est guère de peuple qui aime autant les réunions, qui 
s'entende aussi bien à les rendre familières, aisées, aimables, gaies, éh'gantes et charmantes. Mais, chose étrange, 
ces individus ont beau multiplier leurs relations : ils restent des individus. On ne vdit guère se former, en Amérique, 
ce qu'on appelle une atmosphère sociale, cette chose invisible, dont la réaUté est, dit-on, si visible dans notre pays. 

Cest pour ess^ de crter une l»Ue atiiioqibère, et une atnoe^i^ 



16 



à organiser à New-Yoric, non seuloaent des enseignements isolés, mais un véritable Institut, un fojrer d*étades 
françaises, de {dus en plus large et d'un rayonnement de plus en plus éfeendn. 



Comment se manifestera l'activité de cet Institut? Je ne songe pas ici à entrer dans le détail. Mais peut-être 
ne serait-ce pas méconnaître la pensée des Américains, que de distinguer, en cette matière, deux objets, à leurs yeux 
aussi importants Tun que l'autre. 

L'Institut Français olTrira des enseignements en règle, des cours et des directions d'études, iavorisant les 
reoberohea originales et fécondes dans tel ou tel domaine de l'art ou de la science. 

liais ce n*est pas tout : l'Institut Français mettra, en outre, les Américains en contact avec des Français de 
distinction^ placés en quelque manière dans leur cadre national. Les Américains ont un vif désir dr voir, non 
seulement les oeuvres, mais les hommes. L'œuvre acquiert, à leurs yeux, plus de réalité, un intérêt plus fort et 
plus vivant, un sens plus finement et plus sûrement défini, quand ils connaissent personnellement Tauteur lui-môme. 
De là le culte des portraits, si profond en Amérique, comme en Angleterre, d'ailleurs. 

Et ce n'est pas là un caprice de dilettante. Que veulent les Américrâis? En dernière analyse, ils cherchent, 
pour leur génie propre, les excitations qui aideront à son développement original. Or, ils pensent que, si l'étude d'un 
ouvrage est un stimulant, la communication directe avec l'esprit «créateur en est un plus puissant encore. Le grand 
Américain William James était très préoccupé d'enseigner aux esprits à triompher de la cécité naturelle qui les 
empêche de voir les uns dans les autres, d'entrer dans leurs pensées et leurs sentiments réciproques; il exhortait 
les hommes à acquérir, par la sympathie, cette vue directe du dedans des âmes, qui nous fait découvrir des 
merveilles, et qui éveille en nous-nième des puissances insoupçonnées. Participer en ce sens à la vie intérieure d'un 
artiste, d'un savant, d'un penseur; allumer, peut-être, à sa flamme, notre propre flambeau: c'est, si je ne me 
trompe, l'un des avantages que les Américains esi)èrent de la création d'un Institut Français, et que nous devons 
nous elïorcer de leur procurer, comme de recueillir nous-mêmes. 

Tels sont» peut-être, quelques^s des motifis du projet qui nous occupe en ce moment, projet si honorable 
pour notre pays, et dont la réalisation ne sera certes pas jmmn profitable à la Frai^ qtt*ft sa sœuri la Grande 
RépaUiqna de YÂmésnqjae du Nord. 



Discoura de M. Ctà. U^RAND, Pféiident de la Chasnbra de Commerce de Paris. 

Je ne m'attendais pas à l'honneur de prendre la parole dans cette réunion, mais je n*hésite pas à affirmer 
^toute ma sympathie pour Toeuvre projetée. Nos amis américains sont assurés de trouver auprès des industriels 
f françaU, et en particulier auprès des industriels parisïeiiSt le ooncours le plus dévoué et le plus eflicaoe. 

Âtt nom de la Chambre de Commerce et en mon nom personnel, je forme les vœox les {dus ardents pour le 
succès du futur Institut Français aux États-Unis, qui même au point de vue économique ne peut qu'avoir les j^lus 
heureux féfloitatB. 



Deuxième Dlscou» de M. BAYBT 

Messieurs^ 

Voulez-vous me permettre de reprendre un instant la parole pour prédser sur qudques pœnts nos intentions? 

■ • D*abor.l, nous tenons à n'éveiller aucune inquit'tude, aucune défiance. Plusieurs sociétés, plusieurs craiités se 
'«MBfedéjà formés t^ui travaillent à développer les relations entre les États-Unis et la France. Ils ont rendu de grands 

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servièM, et MUS leur én exprimons toute m*» reconnaissance. Nous ne voulons en aucune foçon, ni empiéter sur 
leur rôle, ni noua substituer à eux. Pour le plus grand bien de la cause que nous entendons servir avec eux, à côté 
d*eux, il faut qu'ils conservent toute leur indépendance. Notre ambition serait de nous mettre à leur disposition, de 
nous fedre leurs auxiliaires, de seconder la générosité de leurs e£forts. 

Quant à Faction propre de l'Institut, elle pourrait, je crois, se manifester sous diverses formes. 
D*abord Taotion artistique à laquelle M. Hawkes attache, avec raison, une si grande importance. Nos amisdes 
États-Unis veulentbien nous dire que Tart français a tenu dans l'histoire, et tient encore aujourd'hui, une place d'hon- 
neur, nous les en remercions, et je crois que, sans vanité, nous pouvons en convenir avec eux. Il est un mot d.uit on 
l^use aujourd'hui et pour lequel, je n'ai pas grande amitié, mais qui, dans la circonstance, trouve iMuit-étre son 
^ploi, l'art français a été un art mondial. Dès le xiii-^ siècle l'art gothique, répandu a traveis tout le monde chrétien 
s'appelait l'art français, « opus francigenum*, et nos maîtres d'œuvres l'implantaient en Allemagne, en Angleterre, 
en Italie, dans les pays Scandinaves, en Orient. Plus tard, au xvn'' et au xviii* siècles, l'Europe entière s'est éprise 
tour à tour du style Louis XIV, du style Louis \\\ et de nos jours encore, il est tels de nos artistes dont les œuvres 
sont aussi admirées chez vous que chez nous. Nous serions donc très heureux qu'à New-York pût se former unMusée 
d'art fran(;ais, véritable centre d'enseignement, où grAce à des reproductions de tout genre, moulages, gravareSy 
photographies, on pût suivre l'évolution de Tart français à travers les siècles. Une bibliothèque devrait y être joôiité 
où on trouverait les livres essentiels, monographies, ouvrages à planches. On éviterait tout ce qui est éniditi(Mi pure, 
curiosités, raretés, pour ne s'attacher qu'à la documentation pratique. Il serut dérâable que dans ce Musée pussent 
avoir lieu des cours et des confér^iœs qui guideraient ceux qui veulent y travailler ^ mettraient en valeur les ori- 
lections. On pourrait aussi demander à des personnes qui s'intéresseraient à notre œuvre de nous pr^er pour 
quelques semaines leurs collections, ainsi que cela se fait en Angleterre, au South Kensineton et en France au musée 
des Arts Décoratifs; on aurait ainsi, tantôt une exposition temporaire de hois sculptés, tantôt de faïences, tantôt de 
tapisser!- s, etc. ; enfin je voudrais que les manifestations artistiques qui se produisent en France eussent leur 
répercussion à New- York. Quand à Paris s^ouvre une exposition de Chardin ou d'Ingres, quand une collection 
importante comme la collection Chauchard ou la collection Camondo entre au Louvre, quand s'inaugurent les salons 
annuels, le même jour dans une salle du Musée auquel nous songeons devraient être groupées les photographies 
désœuvrés exposées à Paris. 

D'autre part, Tlnstitut sVfforcera de développer les relations entre .les Universités américaînes et les Univer- 
sités françaises. Ces relations existent et nous sommes heureux de \e< voir se fortilier chaque année. Dos professeurs, 
venus de chez vous, ont enseigné à la Sorbonue, dans les Universités de province, ils y ont été chaleureusement 
accueillis ; nous avons été heureux de saluer en eux des collègues et des amis. L'un d'eux, M. Barrett Wendell, a 
écrit sur la France d'aujourd'hui un livre qui nous a profondément touchés parce qu'il a su, derrière la France de 
la mode, la France des journaux et des romans, voir la vraie France, simple et laborieuse, qu'il Ta observée 
avec beaucoup d'ingéniosité et qu'il en a parlé avec beaucoup de cœur. A leur tour, nos professeurs ont passé 
l'Océan, non seulement pour ffldre des conférwces, mais, ce qui importe plus encore, pour enseigna* pendant 
quelques mois dans vos Universités. Us gardent un souvenir ému de l'accueil que vous leur avez Mt, Tout 
récemment, un d'eux était votve hdte. Je le prie de se rassurer, je ne le nommerai pas. C'est un savant original qui 
a introduit dans l'étude de nos chansons de geste, une méthode très ingénieuse et, je croîs, très féconde. Chez nous 
partutti où il a ^iseigné il a été adoré des étudiants. Mais il est d'une modestie légendaire, presque coupable, et 
nous noua demandions si Texcès de cette modestie ne lui nuirait pas auprès de vous. Nos étudiants ont aussitôt 
compris ce qu'il valait, vous l'avez aimé comme nous l'aimons et c'est là entre vos Universités et les nôtres, un 
lien de plus. Cette année, un des maîtres les plus remarquables de notre histoire littéraire, M. Lanson, enseignera à 
l'Université Columbia, à côté de lui professera un de nos meilleurs mathématiciens, M. Hadamard et, à Ilarward, 
M. Diehl parlera de ces études byzantines dont il s'occupe avec tant de science et d autorité, tandis qua la 
Sorbonne, un de taos savants les plus estimés, M. Davis, exposera les résultats de ses recherches géographiques. 
Nous souhaiterions que dans quelques années d'ici il y eût, dans chacune de nos grandes Universités, le 
semestre français. 

Avec les professeurs viendront les étudiants. Nous serions heureux que beaucoup dV-ntre eux, au cours de 
leurs études, vinssent passer dans les Universités IVançaiscs six mois ou un an. Les portes leur en seront toujours 
largement ouvertes. L'Université de Paris entre toutes a derrière elle un long pa^sé de traditions. Dès le xiii" siècle, 
on rappelait la mère des Universités « mater studiorum », 1 1 bien des Universités en dehors de la France se fondaient 
« ad instar sludii Parisiensis ». Les étudiants qui y allluaient de tous pays s'y constituaient en nations: il y avait la 
nation anglaise, la nation allemande. 11 n'y avait pas de nation américaine : nous ne nous connaissions pas encore. 



— 18 — 

Il parait que ces jours dmaiers à Rouen, à l'ouverture du Millénaire normand, on a produit une très précieuse 
intdriptkffii qui prouve que, dès le xiv* siècle, des marins normands vous avaient rendu visite. S'ils sont revenus 
dm nous. Os ont oobÛé de nous ramener des étudiants américains. Il font que nous réparicms les erreurs et les 
oublis du passé. J*espère que le xx* siècle v^rra se former à l'Université de Paris aussi bien qu'à Vécole des 
Beaux*Ârts une nation américaine nombreuse, prospère. Mais il n*y a pas que Paris en France et nos Universités 
ptovincialea aimt prêtes à offrir aux étudiants am&ricains une bos|»taUté qui, sous quelque latitude que ce smi, 
djWfAttioise, normande ou br^nne, sera toujours cwdfade. 

Nous soi^rons aussi à tout ce qui peut développer l'enseignement normal de la langue et de la littérature 
françaises aux Etats-Unis. Non seulement dans vos Universités, mais dans vos oollètges et dans vos éooles, vous 
avec» wom te savons, beauco«ip de professeurs de français. Quand ils sont Américains, noos sonuaes rassanb, ib 
ensrignwoat notre langue en amis. Mais quand, pour rei^uter oes professeurs, voas jugez bon de vous adresser à 
TEurope, nous désirerions que ce fût de préférence à la France et que chez nous vous chdsissies les hommes qui, se 
destinant à l'Enseignement, en ont frdt l'apprentissage. Nous nous efforcerons de mettre à votre disposition les 
agrégés, les licenciés qui vous présenteraient les garanties pédagogiques nécessaires. Il existe aux États-Unis 
une association des professeurs français qui a vos sympathies et dont j*ai toujours entendu citer avec éloges le 
Président, M. Georges» Nous entrerons en relations avec elle et nous lui offrirons notre ooncours. 

Mais on enseigne par le livre autant et peut-être plus que par la parole. On ne connaît la langue et la litté- 
rature d'un peuple, on ne pénètre jusqu'à son âme que par un commerce assidu avec les écrivains qui ont été les 
interprètes de sa pensée et de ses sentiments. Nous voudrions donc que, dans les bibliothèques des Etats-Unis, 
la France fût représentée par les écrivains qui lui font le plus d*honneur, poètes, orateurs, philosophes, historiens et 
aussi par ceux qui font le mieux connaître ses insUtutions, ses destinées, son évolution. Nous nous y emploierons 
de notre mieux. 

Enfin Tlnstitut aspire à être un bureau de renseignements, un intermédiaire entre tous les savants qui, des 
dena côlés de rOoéan* s'occupent des mêmes questions et poursuivent les mômes recherches. 

Mais je voudrais encore en terminant envisager un autre côté de la question. Il ne s'agit pas seulement de 
mieux faire connaître la France aux États-Unis ; nous autres Français nous demandons à nos amis d'Amérique de 
nous aider à mieux faire connaître les États-Unis en France. La véritable amitié veut la réciprocité des services. 
Au siècle dernier on avait essayé de pratiquer dans renseignement primaire Técole mutuelle où les enfants étaient 
tour à tour maîtres et élèves. Je ne crois pas que cette tentative ait eu grand .'-uccès, elle convient mal au jeune âge. 
Mais par contre je croi.s qu'elle est une loi pour les nations, que de plus en plus elles reconnaîtront qu'elles doivent 
s'enseigner les unes les autres. Et combien cette école mutuelle parait naturelle et aisée entre deux peuples 
qu*unit cette fraternelle amitié qui remonte aux origines mêmes de votre grande République. Oui certes, si ce 
vieux pays de France peut encore vous apprendre quelque chose, comme vous voulez bien le croire, nous avons, 
nous, beaucoup à apprendre de vous, nous avons à profiter de ces exemples d'activité féconde, d'énergie et de 
loyauté de caractère, de hardiesse dans les idées et dans les actes que vous donnez au monde, et si nous désirons 
que les jeunes Américains viennent apprendre à connaître la France et à Faimer, nous voulons encourager les 
jeunes Fiançais à traverser TOcéan de plus en plus nombreux pour apprendre à oonnaltreet à aimer les États-Unis 
et d'accord avec vous» nous nous emplcûerons à mieux fsbe aimer chez nous, vos insdtutiimSy vos écrivaiuSf vos 
penseurs, tos savantis, vos artisles» 

L'Assemblée s'étant constituée en Comité d'initiatiTe, le projet fut approuvé à Tunanimité et riastitut Français 
aux Etats-Unis déclaré fondé. 

Un bureau fut constitué comme suit et chargé de présenter des statuts : 

PRÉSIDENTS D'HOEUfEUR 



MM. le Ministre de Tlustruction pttbli(|ue et des Beaux- 
arts. 

le Ministre des Affaires Etrangères, 
le Sous-Secrétaire d*Etat aux Beaux-Ârts. 
TAmbassadeur des Etats-Unis à Paris. 
l'Ambassadwr de France aux Etatfr-Unis. 



MM. le Préfet de la Seine. 

le Président du Conseil Municipal de Paris. 
HANOTAUX, de l'Académie française, ancien 

Ministre des Affisires Étrangères» Prérident dn 

Comité France- Amérique. 
BOOIN. 



PRÉSIDENT 

M. Raymond POINGARÉ, de TAcadémie frsaiçaise, S^kateur, ancien Ministre. 

VIGE-PBÉSIDEMTS 

MM. BAYET, Conseiller d'Etat, Directeur de l'Enseignement supérieur au Ministère de l'instruction publique. 
François CARNOT, Député, Président de l'Union centrale des Arts décoratifs. 

M*" Dougall HAWKËS, Membre du Conseil de la Fédération io TAlUance française aux Etats-Unis, Vice- 
Président du groupe local de rAllianoe française de New-York. 
LEGRANDy Présidât de la Chambre de Commerce de Paiis. 

J. tE-ROY WHITE» Présidant de la Fédération de rAllianoe française aux Bti^Uma. 
' LIARD, Membre de TlnsUtut» Vice-Rect^ de TAcadémie de Paris. 



SECRÉTAIRES 

MM. BBDIER, Professeur au Collège de France. 

J. COULBT, Directeur de TOffice National des Universités et Ecoles françaises. 

TRÉSORIER 

M . Marcel POËTE, Inspecteur des Travaux histoiiqnes. Conservateur de la BibUothèqne de la ville de Parts. 

MEMBRES DU COMITE 

MM. BAPST, Ministre plénipotentiaire, (Conseiller d'Etat, Directeur des Affaires politiques et commerciales au 
Ministère des Affaires Étrangères, 
BOUTROUX, Membre de llnstitut. 
CORMON, Membre de l'Institur. 
CROISBT, de rinstitnt. Doyen de la Faculté des Lettres. 
Gaston DESCHAMPS. ^ , ^ 

GASQOET, IKrecteur de TEnseignement primaire au Ministère de;p Affiiiiiss fitraagèwwr ' 
HOMOLLB, de Tlnstitut, Directeur des Musées nationaux. 
Raymond KŒCHLIN, Président de la Société des amis du Louvre. 
Albert K A HN. 

LAl.OUX, Président de la Société des Artistes français. 
LANSON, Professeur à la Faculté des Lettres de Paris. 

LAVISSE, de TAcadémie fran(;aise, Directeur de l'Ecole Normale supérieure. 
Abel LEFRANtJ, Professeur au Collège de France. 

Paul LEON, Chef de Division au Sous-Secrétariat d'Etat des Beaux-ArtS. 

Louis METMAN. Conservateur au Musée des Arts décoratifs. ^^^^ 
André MICHEL, Conservateur au Musée du Louvre, Vice-Président du Comité français des JMRI conféren- 
ciers officiels de la Fédération de rAllianoe française des Etats-Unis. 
PASCAL, de l'Institut, Inspecteur général des Bâtimrats civils. 

Lucien POINCARË, Directeur de rEnseignement secondaire au Ministère de rinstraotit»! publique. 

ROLLt Préffident de la Société Nationale des Beaux- Arts. 

SHONINGER, Préndent de la CSuuubre sunéricaîne de commuée de Paris. 

Edward TUCK. 



A ime réunion du bureau, au Ministère^ le 22 juin, un {myet de statuts &it examiné et les bases suivantes 
pcmr ce piojet adoptées à l'unanimité; 



INSTITUT FRANÇAIS AUX ÉTATS-UNIS 

1 

BUT DE L'ŒUVRE 
L'Institot français ans Etats-Unis a pour but : 

1" De développer entre la France et les Etats-ruis, par tous moyens appropriés, les relations d'ordre artistique, 
littéraire et scientifique; de faciliter aux deux pays la connaissance récipro(|ue des deux civilisations et de collaborer 
sur ce terrain avci." tous coux, irroupenients ou individus, qui déjà travaillent dans le même sens; 

2" Au point de vue artistique, de réi)andro aux Etats-Unis, dans toutes les classes de la société, la connaissance 
de l'art francjais, de sa technique, de son histoire et des conditions sociales qui l'expliquent; 

3*" De faire mieux connaître aux ËUUs-Unis la culture française en général eu travaillant à propager la langue, 
la littérature, la science françaises ; 

4* De faire mieux emin^tre aux Françiâs les institiiticMiB, la littérature et les diverses aianife8taii<»us de la 
pnsée améiîcaiâe. 

U a son siège à Paris à TOffice Nati<Hial des Universités et Ecolee françaises (provisoirenient A la Sorbonne} 
et A New-York (provisiMrenient à 32 Nassau ^a^t). 

U 

MOYENS D AGTION 

Les moyens d'action que l'Institut se propose d'employer progressivement sont : 

l** La création à New-York d'un musée de l'art français, musée d'enseignement où, soit par des œuvres 
originales, soit par des reproductions (photographies, moulages, gravures, et«^) on s'eûbrcera de donner une idée 
complète de cet art sous ses diverses formes et depuis ses origines jusqu'à nos jours ; 

Des expositions temporaires seront complétées par toutes démonstrations pratiques, expofiés et wiaeignements 
jugés utiles pour la fdus liû^ vulgarisation des oeuvres et de la technique de l'art français ; 

2* L'oi^nisatîiHi d'enseignements destinés à mettre en valeur les collections du mmée; 

3** L'organisation dans certaines villes de musées d'art français, conçu dans le même esprit que celui de New 
York, rattachés à ce dernier, et qui pourraient profiter des ressources réunies par lui; 

4** L'aide éventuelle à prêter aux bibliothèques américaines par la création de tonds français ; 

&* Le développement des échanges réguliers (te professeurs entre les Universités américaines et les Universités 
françaises; 

6" L*organisation au Musée de New- York d*un office permanent d*informations, au service de tontes perscmnes 
désirant conm^tre la vie artistiqae, littéraire, mentiSqae des Etats-Unis et de la France ; 

7-" La création d'un Bulletin où s'inscrirait périodiquement l'activité de l'Institut et qui souti^idrait Teflort 

nécessaire de propagande. 

III 

BUDGET ET RESSOURCES MATÉRIELLES 

Le fonctionnaient de l'Institut Français aux Etats-Unis est assuré par deux budgets distincts : 
L'un qui pourvoit spédalement à l'œuvre d'éducation et de propagande entreprise oar l'Institut^ est administré 
exclusivement par le Comité américain, en amformité avec les lois et règlements américains* 



L'autre ({ui est destiné à assurer le fonctionnement et l'action du Comité français, est administré spécialement 
par ce Couiité, dans la mesure des ressoiirces qu'on met à sa dispositian pu qu'il se procure par lui-même, et dans les 
conditions spécifiées ci -dessous : 

A. — Les reseouross annuelles du budget du CSomité français se composent : 
i* Du revenu du fonds de réserve; 

2** De subventions et de souscriptions; 

S*" Du produit des ressources exoeptionnelles . 

B. — Le fonds de réserve de ce même budget comprend : 
1" Les sommes spécialement données pour sa constitution. 

2* Le produit des libéralités autorisées sans affectation spédale ; 

3** Le dixième au moins de l'excédent des ressources annuelles. 

Pour préparer le travail des Comités de Paris et de New- York, deux commissions furent constituées : 

1* Commimon du musée chargée de dresser des Itties de coUectûms «usoep^tbles d'elle dons le musée. 

Membres ; 



MM. BAYET. 

BENOIT (de Lille). 
BEaTAUX(deLyon). 
EN LA FIT. 
HAWKE8. 
HOMOLLE, 



MM. HOURTICQ. 
KŒCHUN. 

MALE. 

METfMAN. 

MICHEL. 

POETE. 



2* Commtcston lUééraire dwrgée de dres$er de» lûtes d'ouvrantes pomant eonsiâuer un fond français ém 
btWoAé^ue. 

Membres : 



MM. BEDIER. i MM. Abel LEFRANC. 

Gaston DESCHAMPS. | LANSON. 

Lldée ayant été émise et adoptée d'établir un conéotos parmi les jeunes artistes et élèves des Écoles 
sirtistiques, de la France pour un projet de sceau de l'Institut français aux États-Unis, une comuiission chargée 
d*établir le programme de ce concours lut nommée : 



Membres ; 



MM. LALOI X, Président de la Société des Artistes 

français. 

CURMON, Président de l'Académie des Beaux- 
Arts. 

PASCAL, de l'Institut lAcad. des B.-A.i. 
METFMAN, Conservateur du musée des Arts- 
I>écorattCs. 



MM. IIUMBEKT, de l'Institut (Aead. des B.-A.i. 

Hapha.'! COLLIN, de l'Institut i Acad. des 15. -A.). 
8t-MAKCEAUX, de rinstitut (Acad. dts B.-A.). 
MKRCIÉ. (le rinstitiil <Aca<l. des H. -A.). 
W ALTXKl'i, de Tliistitut i Aead. des B.-A.). 
VEIiNON, de rinsiitut (Aead. des lî.-A.i. 
Gaston LA TOUCHE, i^de la Soc. nat. des B.-A.). 



4 



Le Directeur de l'Office national des Universités et Ecoles françaises fut prié de préparer le texte exa J 
in extenso des Statuts d'après le projet adopté et de prcseater ce texte à une réunioa des adhérents de Tœuvi^ 
le 3 juillet liUl. 



Leiire adressée à M, le Directeur de i'0//îce Naiiotiai des Université* et Écoles françaises. 



Ambassade de France à Washington. 



1« jlûn 1911. 



Monsieur, 

Je m'empresse de vous accuser réception de votre lettre du 2 juin [accompagnant la lettre d'appel de mévne da 
me faisant part de l'intention de« organisateurs d'un Institut Français aux États-Unis, de me dwiander, au cas où 
projet se réaliserait, d'accepter la Préfflctence d'honneur du comité dé New- York. ^ 

Je serai très heureux de me conformer au vœu ilatteur dont vous voulez bien me donner connaissance, et i 
vous prie d'agréer, avec mes vœux pour la réussite du projet, l'expression de mes très dévoués sentiments. 

JUSSBBAND. 




1 



0 



Parti. — Uê^ no. iMMHr (aj. TtaoumuK. d^. - «QS4.e.ii.